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     "texte": "VINGT-SIXIÈME ANNÉE. N° 14. 8 AVRIL 1906.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nEugène Carrière (suite et fin) (Octave Maus). — Expositions : Gustave Biot au Cercle artistique (L.); MM. Houben et P. De Wit (M). — Georgette Leblanc (O. M.). — Théâtre de la Monnaie : Déidamia (Ch. V.). — La Libre Esthétique et la Presse O. M.). — Notes de musique : Le Concert Kaim (H. L.). — « Information ». — Correspondance musicale de Paris : Concert de la Société Nationale (M.-D. Calvocoressi). — Chronique théâtrale (G. R.). — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## EUGÈNE CARRIÈRE$^{(1)}$\n\nDans le même temps que son art se haussait à de si magnifiques expressions de la figure humaine, ses « maternités », ses poétiques évolutions d'humanité prenaient une égale ampleur. Développement logique et parallèle. C'est toujours la beauté de la vie intime qui charme Carrière. Mais comme nous voilà loin de la gracieuse et touchante anecdote familiale, finement observée, sentie avec tendresse, rendue par un souple dessin, mais tout de même pittoresque et menue!\n\nA présent tout s'agrandit, se simplifie, se résume. La vérité, affranchie de l'anecdote, s'élève jusqu'au symbole, mais sans que rien soit sacrifié du réel.\n\nLa mère apparaît dans sa magnifique beauté de créatrice et de gardienne. Elle est calme comme les grandes forces continues de la nature. L'amour sain et fort est écrit sur son noble visage de bonté, de même que sa forme puissante révèle sa fécondité heureuse, inlassable. Belle de l'amour qu'elle inspire, elle l'est plus superbement encore de toute la vie qu'elle a créée, du don généreux que, sans cesse, elle a fait d'elle-même.\n\nAvec quelle grandeur forte et simple, fait encore remarquer M. Lecomte, Carrière a su traduire toutes les péripéties familières, le drame si poignant de la maternité! O les beaux yeux d'amour mélancoliques, qui parfois semblent scruter l'avenir et parfois aussi ranimer de leur lumière ardente la chair trop faible du petit! O les passionnés gestes caresseurs, les étreintes éperdues qui révèlent un élan frénétique de tout l'être! Et quels enroulements de bras autour des corps frêles! Quels pétrissements des mains prudentes, adroites! Et comme l'on sent bien que les lèvres tendues pour le baiser voudraient offrir non seulement la câlinerie qui apaise, mais faire passer un peu de vie encore dans les petits membres trop débiles!\n\nC'est à la sculpture qu'à partir de ce moment surtout l'art de Carrière fait songer. Son dessin a tant de puissance qu'on peut dire de ses formes qu'elles sont comme modelées dans une terre immatérielle.\n\n---\n\n$^{(1)}$ Suite et fin. Voir notre dernier numéro.",
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     "texte": "108\n\nL'ART MODERNE\n\nA un tel degré d'expression et de force, c'est plus que de la vérité. C'est de la vérité concentrée et agrandie.\n\nLe philosophe, le poète, l'observateur intuitif et tendre qu'est Carrière a définitivement trouvé les moyens d'expression qui lui conviennent. Dans la pleine vigueur de son cerveau, dans la fraîcheur persistante de sa sensibilité, ayant en outre les bienfaits de l'expérience et du travail, il possède toute la maîtrise qu'il faut pour traduire en majestueuses et simples compositions son noble rêve, grave et fraternel, devant l'humanité, qu'il comprend parce qu'il vit en lui-même ses flèvres, ses passions, ses douleurs ; devant la nature, dont il sent la poésie délicate ou grandiose.\n\nL'œuvre si riche, si varié, si haut, d'Eugène Carrière s'explique suffisamment par lui-même. Tout de même la genèse d'un tel talent paraît bien plus logique encore lorsqu'on la sait déterminée pour ainsi dire par le caractère et par les croyances de l'homme.\n\nLa tendresse, l'amour, le respect de l'être humain que Carrière montre à chaque page de son œuvre, il s'est efforcé d'en faire le noble principe de toute son existence.\n\nPar lui nous est donné le réconfortant et trop rare exemple d'un homme aussi respectable par sa vie que par son art. Les principes qu'il apporta dans ses graves évolutions plastiques d'humanité, il les a sans cesse traduits en actes dans toute son existence. Aucune vie n'est plus harmonieuse que la sienne.\n\nA trois reprises on a pu apprécier à Bruxelles les qualités de style et de sentiment d'Eugène Carrière. Invité à participer au premier Salon de la Libre Esthétique (1894), il y exposa une toile groupant les portraits de sa femme et de ses enfants, — celle-là même qui figure actuellement au Musée du Luxembourg. M. Émile Verhaeren l'apprécia en ces termes : « Ce portrait de famille émerge de la pénombre ambrée où l'artiste noie les personnages de ses tableaux. Art de peintre subtil et attendri, qui paraît évoquer, comme en une vision, des figures toujours familiales et d'un charme profond et délicat. Il enfume, dirais-je, ses toiles de rêverie. Le ton brusque le heurte; il met des sourdines à sa palette et trempe son pinceau dans l'idylle qu'on devine chantante dans son cœur... Plus on regarde Carrière, plus il apparaît d'un art profond et complet (1) ».\n\nDeux ans après, la Libre Esthétique consacra à Carrière toute une salle. Ce fut, croyons-nous, la première exposition collective de ses œuvres. Outre le Théâtre populaire, l'une des toiles capitales du maître, on y vit rassemblés les effigies de Verlaine, de Daudet, de Gabriel Séailles, de Gustave Geffroy, de Jean Dolent, la Fillette aux Œillets de la collection Galli-\n\n(1) L'Art moderne, 1894, p. 65.\n\nmard, le Sommeil de la galerie Pontremoli, — au total trente-sept tableaux : figures, nus, paysages, intérieurs, qui classèrent l'artiste parmi les plus grands.\n\nEn 1899, enfin, une composition célèbre, le Christ en Croix, affirma, une fois de plus, la sympathie d'Eugène Carrière pour le vivant centre d'art qui révéla tant d'artistes inconnus, parmi lesquels d'illustres. Une conférence de M. Charles Morice sur ce Crucifiement souligna l'hommage spécial qu'on entendait rendre au peintre (1).\n\nAujourd'hui que le souffle de l'éternité a passé sur lui, ces souvenirs s'évoquent à la fois émouvants et glorieux.\n\nOCTAVE MAUS\n\n---",
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     "texte": "EXPOSITIONS\n\nGustave Biot au Cercle artistique.\n\nBiot fut dans son art un maître parfait. Il appartenait à la forte école des Jean-Baptiste Meunier et des Auguste Danse, pour ne citer que les deux ouvriers robustes dont la puissance coloriste, toute flamande, s'oppose à sa grâce plutôt latine et nourrie des maîtres français. Le bon maître Danse, seul des trois, vit encore. Même à côté des Le Nain, des Bernier, des Durieu, des Dujardin, de Mmes Des Ombiaux (Lisette Wesmael) et Nels Weller, presque tous sortis de ses vivifiantes leçons, il atteste une âme alerte et vaillante qui surtout refléchit en ses deux filles, Mmes Marie Destrée et Louise Sand.\n\nLes quelques planches gravées réunies au Cercle, le Triomphe de Galathée, la Madeleine, la Madonna della Scala, etc., rappellent les incomparables qualités qui valurent à Gustave Biot une universelle renommée. Mais on connaissait moins ses dessins et c'est comme une maîtrise nouvelle qu'ils nous révèlent. Quelle fraîcheur et quelle clarté dans les délicates estompes et le grain léger de ces crayons, l'exquis Quentin Metsys, le Raphaël et le Corrège! On veut espérer que M. Verlant saura retenir pour les collections de l'État les témoignages précieux d'un art si parfait.\n\nL'artiste y mit les mêmes dons charmants qu'il prodigua dans ses portraits d'après le modèle vivant : ceux-ci sont de purs chefs-d'œuvre d'intimité pensée. Un œil jeune et pénétrant y réfléchit la vision limpide des visages et des âmes. On a pu voir, à côté de têtes d'enfants et de jeunes femmes, le masque aux sourcils et aux narines de faune qui fut l'Auguste Rodin du séjour à Bruxelles.\n\nC'est là un grand art simple et naturel, avec telles beautés insignes, comme, par exemple, la vie parlante et le lumineux orient des yeux, le don de construction d'un visage, l'âme concentrée des traits, où le maître s'égalé aux plus décisifs portraitistes. Il suffirait à faire l'intérêt du petit salon du Cercle si ne s'attestait là partout le plus bel exemple de probité et de noblesse d'art.\n\nL.\n\n(1) Voir l'Art moderne 1899, pp. 90, 98, 107, 127, 136. Cette conférence, ornée d'une eau-forte gravée tout exprès par Eugène Carrière, fut éditée à petit nombre par la Libre Esthétique et distribuée aux membres de l'Association.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## MM. Ch. Houben et P. De Wit.\n\nM. Charles Houben a rapporté de Normandie et de Bretagne d'aimables études de falaises, de plages, de rochers, de fermes, qui attestent du goût et du savoir faire. A défaut d'accent personnel, ces toiles, groupées au Cercle Artistique, expriment, dans leur variété, la sensibilité d'un artiste délicat. Une Marine aux nuages plombés reflétés dans les flaques de l'estuaire, une Maison de Pêcheur pittoresquement accrochée à la falaise, un Coin de Ferme d'une agréable harmonie blonde, un petit Effet de Neige promptement réalisé en quelques touches nous ont particulièrement intéressé par la justesse de l'observation et l'agrément du coloris. Des sites de Nismes, Spa et Mariembourg complètent l'exposition.\n\nCertes M. Houben n'est-il pas un novateur. Il n'apporte dans ses recherches aucune inquiétude, mais la sincérité de sa vision, sa bonne foi, son amour de la nature rendent sympathiques des peintures qui, pour n'être que des redites, n'en sont pas moins plaisantes aux yeux.\n\nLe partenaire que le hasard lui a donné en la personne de M. P. De Wit cultive l'anecdote avec plus d'habileté que de charme. De petites scènes à intentions malicieuses, des paysannes passablement vulgaires, des intérieurs de cabaret et d'atelier ressuseit un genre qui exigerait, pour être tolérable, un talent supérieur. M. De Wit n'a malheureusement que de l'adresse.\n\nM.",
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     "texte": "## GEORGETTE LEBLANC\n\nA diverses reprises, la semaine dernière, Mme Georgette Leblanc reprit contact avec le public bruxellois qui l'aime et qu'elle aime. Depuis les soirées, déjà lointaines, où dans la Navarraise, Carmen, Thaïs et Fidelio s'affirmèrent au théâtre de la Monnaie les qualités multiples de son tempérament exceptionnel, depuis son exquise création de la Légende de Sainte-Cécile à la Libre Esthétique, en mars 1895, chacune des apparitions de la comédienne ou de la cantatrice — voire de la conférencière — provoqua la plus sympathique curiosité. Cette fois encore, à la Scola Musicæ, au théâtre du Parc, à la Grande-Harmonie, Mme Georgette Leblanc chanta devant un auditoire enthousiaste qui ne lui ménagea ni les rappels, ni les acclamations.\n\nA la Scola ce fut dans le cadre d'une très élégante soirée de bienfaisance donnée au bénéfice des victimes de la catastrophe de Courrières et à laquelle prirent généreusement part, outre Mme Leblanc, MM. Seguin, Bosquet, Chaumont, Englebert, Merck et Jongen. Tous rivalisèrent de talent dans l'interprétation d'un programme forcément éclectique, qui rassembla (la charité ne fait-elle pas tout excuser?) les noms de Bach et de Chaminade, de Franck et de Vidor, de Fauré et de Théodore Dubois...\n\nAu Parc, on applaudit Mme Leblanc dans une représentation de la Mort de Tintagiles qui confirma le très grand succès remporté la semaine précédente au Cercle artistique par ce petit drame concentré et violent. La beauté de l'artiste, son jeu pathétique, l'eurythmie de ses attitudes et de ses gestes exercèrent leur prestige habituel. Mme Leblanc se surpassa d'ailleurs dans l'interprétation du dernier acte, dont la puissance émotive s'accrut de toute l'impétueuse véhémence avec laquelle elle réalisa l'intention du poète.\n\nUne soirée de lieder (Poèmes de jade traduits du chinois par Mme Judith Cauthier, poèmes de Maeterlinck mis en musique par E. Chaussion et par H. Février, chansons populaires de P. de Bréville et de Ch. Bordes) fit valoir, après la tragédienne, la cantatrice à la voix caressante, à la diction impeccable. Mme Leblanc ne fut pas moins applaudie vendredi que la veille, et l'intérêt de l'exécution eût égalé l'attrait d'un programme de choix si M. Geeraert, chargé de l'accompagnement et des intermédies, eût montré quelque compréhension musicale. Mais Franck, Debussy, Bordes et Bréville lui demeurent aussi étrangers que l'astronomie à une borne kilométrique.\n\nO. M.",
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     "texte": "## THÉÂTRE DE LA MONNAIE\n\n### Déidamia (1).\n\nCe que je vais vous dire de la pièce de M. Rasse n'a pas la prétention d'être autre chose que l'appréciation du « monsieur » qui, — sans autre préparation que ses habitudes d'assister à des concerts et à des représentations théâtrales et, rentré chez lui, de condenser en quelques traits son impression générale, — est allé à une première de drame lyrique sans avoir, au préalable, étudié la partition, et sans connaître autre chose que le livret de ce drame. Quand il s'agit d'œuvres que le librettiste et le musicien ont voulu avant tout claires et non subversives, — comme c'est le cas pour Déidamia, — on a des chances de ne se tromper que fort peu dans une appréciation formulée dans de semblables conditions.\n\nPas n'est besoin de s'appesantir sur le livret de M. Solvay. Il n'est pas plus mauvais que la plupart des poèmes de drames lyriques. La Coupe et les lèvres de Musset s'y retrouve, écourtée et par-ci par-la modifiée pour les nécessités de la scène, sans que sa physionomie d'ensemble soit gravement compromise : bref, une habile, une trop habile transaction. Mais, au fond, un poème même médiocre peut donner lieu à de belle musique; il suffit que le compositeur ait la faculté d'idéalisation et un tant soit peu de sens dramatique.\n\nM. Rasse, qui est un parfait technicien connaissant à fond les ressources de l'orchestre, ne me semble pas s'être bien rendu compte de ce qu'il aurait pu tirer de Déidamia. Sa partition est atone, incolore, étonnamment ménageuse de chèvre et de chou. Des effets symphoniques très modernes, et, à côté de cela, des inspirations mélodiques sans aucune originalité, un certain sens « mélodramatique » qui fait que la pièce passe par de continuelles alternatives de violence factice et de douceur pleurnicharde; pas d'atmosphère du tout, pas même de couleur locale : un peu de mélodie populaire eût convenu dans ce cadre montagnard, surtout au premier acte. Rien d'épouvant, rien qui fasse vibrer ; personnages sans individualité musicale bien déterminée. Premier acte qui fait regretter qu'il n'ait pas été écrit par Weber, qui en aurait si bien saisi le côté pittoresque et dramatique. Deuxième acte déparé par un lourd et maladroit ballet. Troisième acte moins mauvais, surtout dans sa partie symphonique; à certains moments fort bien traité, et qui, dans le duo entre Frank et Belcolore, a parfois de la justesse d'accent. Quatrième acte pas inférieur au troisième, un peu mélodramatique vers la fin.\n\nSomme toute, et pour résumer mon impression, Déidamia me paraît être une œuvre consciencieuse, bien travaillée, honnête,\n\n(1) Drame lyrique en quatre actes, d'après la Coupe et les lèvres, d'Alfred de Musset. Poème de M. Lucien Solvay, musique de M. François Rasse. — Première représentation au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le 3 avril 1906.",
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     "texte": "110\n\nL'ART MODERNE\n\n---\n\npropre, exempte de prostitution bien qu'ultra « transigeante », mais timide, d'inspiration courte. Elle présente un ensemble de qualités moyennes qui suffisent à donner à la pièce une relative homogénéité mais qui ne lui confèrent pas l'ardeur sacrée indispensable pour produire sur l'auditeur un effet d'émotion.\n\nL'interprétation fut bonne. M. Albers tira ce qu'il put du rôle de Frank; Mme Bressler-Gianoli se montra experte comédienne dans celui de Belcolore; Mme Eyreams, le parfait Chérubin des Noces de Figaro, se mit à la torture pour réaliser une Déidamia suffisamment ingénue.\n\nCh. V.\n\n---",
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     "texte": "**La Libre Esthétique et la Presse.**\n\nLa critique se montra, en général, cette année, assez favorable aux exposants de la Libre Esthétique, ce qui ne laissa pas d'inquiéter quelque peu ceux-ci. L'hostilité des journaux est d'ordinaire, quand il s'agit de tendances et d'idées nouvelles, d'un heureux augure. N'est-ce pas Courbet qui a dit : « Le peintre qui, à ses débuts, n'a pas été insulté par la presse ne sera durant toute sa vie qu'un croûtard ? »\n\nIl y eut, heureusement, assez de mécontentements exprimés pour donner confiance en l'avenir. Le critique de l'Étoile, par exemple, dont le père avait déjà tant de talent, a spirituellement raillé, sinon les œuvres exposées, du moins la préface du catalogue. L'idée que le Salon pouvait « refléter les tendances de la jeune génération des peintres et sculpteurs occidentaux » l'a particulièrement divertit.\n\nM. Sulzberger paraît n'avoir pas lu que cette phrase ne s'applique, dans la préface, qu'aux esprits clairvoyants.\n\nLe Patriote emboîte le pas à l'Étoile et reproduit la même raillerie. Quand on signe « Nervien », il est naturel qu'on retarde un peu...\n\n---\n\nMais ceci est mieux. C'est extrait d'un journal qui, naguère, était rédigé en français et avait même quelque littérature :\n\n« M. Octave Maus, qui s'est fait depuis de nombreuses années le cornac de la Libre Esthétique, le barnum de la lumière nouvelle, le cicerone du luminisme et le conservateur de la religion de l'éclairage, vient de commettre un attentat à la pudeur.\n\nParmi la bande de louphoques ou de fumistes dont il exhibe annuellement les élucubrations, il n'a pas craint, cet homme, pour faire un corps à son exhibition débile, de déterrer le cadavre d'Isidore Verheyden et d'étager sur la renommée de ce peintre sage, honnête et consciencieux l'intérêt de sa dernière et désolante foire. »\n\n« L'art dont M. Maus s'est réservé le délicat apostolat a surtout pour qualité flagrante d'éviter à l'artiste les ennuis du dessin; voyez un des personnages qui étoffent ces œuvres, c'est une larve amorphe qu'on peut prendre indifféremment, suivant les nécessités, pour un chien, une vache ou bien un homme; voyez une fleur, c'est un peu de glaire de tuberculeux mêlé de sang; un ciel, c'est un fouillis de touches bleues, blanches, mauves, vertes, jaunes et rouges, mais ce n'est pas le volume d'air respirable qui nous environne, c'est obscur, opaque et dégoûtant.\n\nM. Octave Maus ne s'est pas contenté de faire à l'ombre d'Isidore Verheyden l'outrage posthume de l'exhibitionner parmi un ramassis de croûtes; de faire jouer à ce peintre honnête le rôle de batteur d'estrade de son exposition et de bouche-trou de son insuffisance; il ne lui a pas suffi de faire faire à l'âme de ce paysagiste sobre et pondéré le trottoir, pour amener le public en son aréopage; il n'a pas été satisfait d'Isidore Verheyden comme homme-sandwich, il préface cette lamentable épopée, il l'enveloppe dans la pompe d'un style redondant, il prémédite de faire éternel l'idéal de son art artificiel et déjà périmé et, par des verbo-cinations copieuses et indigestes, veut en faire présumer au bon public la pérennité. »\n\n---\n\n« Si les grands maîtres de l'impressionnisme resteront (sic) honorés et célèbres, il est aisé de préjuger ce qui adviendra de leurs frauduleux satellites, qui n'ont suivi leur manière que parce qu'elle leur facilitait la peinture en leur permettant d'en négliger les éléments fondamentaux.\n\nMais ne nous acharnons pas sur des cadavres; l'art de la Libre Esthétique est bien mort, et M. Maus n'oserait jamais, dans dix ans, nous remonter les neuf dixièmes des choses qu'il nous présente aujourd'hui avec une ostentation déjà moindre. » (?)\n\nIl y a plusieurs colonnes de ces élégantes dissertations, dont nous craindrions d'affaiblir par le moindre commentaire le charme précieux.\n\n---\n\nAutre charabia, plus germanique celui-ci que marollien, mais non moins divertissant :\n\n« On a crié au pilori avec Maus, n'ayant que des tendances hostiles à l'art national, en gâtant le goût du public par l'importation d'incroyables pâtes de couleurs aburissantes. Mais voyons le miracle : M. Maus en personne converti maintenant à l'art simple et robuste ! Pour nous donner l'exemple de sa conversion sincère, il n'a trouvé rien de plus simple que de nous offrir des tableaux directement affreux de peintres français en contact immédiat avec des artistes flamands, plus ou moins découverts par lui, comme il prétend. Eh bien, Monsieur Maus, toutes mes félicitations : en estimant qu'il n'y a pas deux âmes dans votre corps, je conclus que vous êtes redevenu partisan sincère de l'école flamande et je vous souhaite de continuer vos découvertes dans le pays même. Si cette fois vous n'êtes pas encore tombé sur des riches gisements d'or pur, elles font déjà honneur à votre devise d'un « art simple, sain et robuste ». Et seulement pour mettre plus en évidence vos tendances nouvelles, pour convaincre les incrédules qui s'attachent malheureusement encore en trop grand nombre à vos talons d'autrefois... vous avez mis à la rampe les horreurs d'un Alcide Le Beau (Paris) dont les visions de couleurs et de dessins paraissent tordues comme les arbres de ses toiles; d'un Henri-Charles Manguin (Paris), qui doit être un vulgaire amateur d'instincts sanglants (!!!); et de Jean Puy (Paris). Dans les natures mortes et les vues des villes de Mme Lucie Cousturier (Paris) même, je ne vois, malgré leur technique (sic) splendide et hardie, qu'une décadence de l'art français autrefois si beau. Ce que nous donnent G.-L. Dufrénoy (Paris), Stephen Haweis, un Anglais domestiqué de Paris, c'est une nature maladive, c'est la sensation à tout prix, c'est un raffinement justement bon pour ces grands enfants de Parisiens, qui ne savent plus vivre sans les émotions les plus recherchées, parce qu'ils ont une peur bleue de la vérité pure sans décors et couleurs artificielles ! Mais ces toiles et ces artistes porteront leurs fruits ici, et la Libre Esthétique a bien fait de nous les montrer pour nous prouver que l'art moderne français ne peut pas tomber plus bas qu'il n'est. »\n\nNos remerciements aux agences de publicité sans lesquelles nous aurions peut-être été privés de l'agrément que nous ont causé ces remarquables échantillons de critique compréhensive et élevée.\n\nO. M.\n\n---\n\nA la liste des articles concernant le Salon de la Libre Esthétique (1) il faut ajouter :\n\n**Exposition.**\n\nLe Petit Messager belge, 4er avril; De Distel (Malines), 1er avril; L'Art et les Artistes (Paris), avril.\n\n**Concerts.**\n\nThéâtre et Musique, mars; le Petit Messager belge, 4er avril; le Courrier musical (Paris), 1er avril.\n\n(1) Voir notre dernier numéro.\n\n---",
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     "texte": "## NOTES DE MUSIQUE\n\n### Le Concert Kaim.\n\nLa quasi unanimité des opinions des critiques bruxellois sur le concert de l'orchestre Kaim est significative. Tous, comparant les caractéristiques de cette compagnie avec celles de nos orchestres bruxellois, ont tiré de cette audition des enseignements utiles. Il nous paraît particulièrement intéressant de reprendre deux observations, d'ordre général et particulier : la première de M. Systermans, la seconde de M. Cattier.\n\nM. Systermans préconise depuis plusieurs années l'institution d'un orchestre permanent ; il est hors de doute que la nécessité de cette mesure s'impose de jour en jour, et que le temps paraît venu de l'examiner en détail, avec la volonté nette d'aboutir promptement. Certes, il y a de gros obstacles, et la question est complexe. Un orchestre permanent implique une salle d'auditions et de répétitions toujours disponible, un budget suffisant pour soutenir l'entreprise à ses débuts, peut-être aussi la fusion des sociétés de grands concerts actuelles, dont aucune n'est assez puissante pour réaliser officiellement le projet de plus en plus nécessaire. Ce n'est pas le lieu de l'examiner en détail. Nous nous bornons à joindre notre appel à celui de G. Systermans et convions vivement nos confrères à appuyer de même son excellente suggestion.\n\nL'observation d'ordre particulier est de M. Cattier ; elle concerne l'inattention trop fréquente des instrumentistes, pris individuellement. Il est exact qu'un chef d'orchestre doit s'imposer par la seule force de son autorité ; mais s'il ne rencontre pas, chez les exécutants, cette vive ardeur de bien faire, cet élan de bonne volonté artistique sans lesquelles il n'est pas d'émotion communicative, le fruit de ses plus nobles efforts restera perdu. Nos artistes ne fournissent le maximum de leurs talents que lorsqu'un célèbre capellmeister étranger saisit le bâton de direction. Un chef trop connu n'est plus obé qu'avec une certaine veulerie, résultant d'un esprit tout particulier (peut être très bruxellois) de demi-fronde et de prétendue indépendance. De telles tendances sont déplacées et mesquines ; il suffirait à nos excellents instrumentistes de leur faire entendre quelquefois les grands orchestres allemands pour qu'ils apprécient les merveilleux résultats que donne la discipline librement consentie et jalousement gardée par la volonté de tous.\n\nCeci dit, il ne nous reste plus qu'à confirmer les observations unanimement faites. Cette même discipline. — on ne peut se dispenser de répéter le mot, — est la précieuse génératrice des qualités d'unité, de cohésion, d'ensemble rigoureux de chaque groupe instrumental, de souplesse, de nerf et de limpidité qui caractérisaient l'exécution du 1er avril ; c'est elle aussi qui assure le respect absolu, presque religieux, des nuances et surtout la logique des accents. Quelle infinie variété dans la sonorité de ces soixante-douze instruments, qui sans peine passent du pianissimo le plus scabreux aux plus éclatantes explosions des amples tutti ! Quelle heureuse animation dans les ensembles vifs, et quelle homogénéité dans les largo et andante, où l'on n'entend jamais un chef de pupitre entraîner le groupe plus ou moins docile de ses compagnons !\n\nIl faut admirer, admirer sans réserve (quel que soit le côté parfois mécanique d'une si perpétuelle rigueur), parce que nous sommes certains, en tenant compte des deux observations ci-dessus reprises, de réaliser au moins aussi bien. Une troupe choisie, constamment tenue en haleine, entraînée au fécond coude à coude et à l'obéissance « active », atteindrait chez nous un niveau de beauté au moins égal dans l'interprétation. Nous possédons, ne l'oublions pas, des éléments instrumentaux meilleurs que l'orchestre de Munich : notre quatuor, nos bois et surtout nos hautbois sont d'une sonorité sensiblement supérieure, encore que les basses nous aient paru étonnantes de légèreté, de couleur et de vie. Et s'il est vrai que nos cors, nos trombones, nos batteries ne valent pas, à beaucoup près, leurs pareils d'outre Rhin, le remplacement de cette partie du matériel sonore ne présentera, lorsqu'on le voudra, aucune difficulté.\n\nAprès avoir tant parlé des exécutants anonymes, il y aurait injustice à ne pas signaler leur chef excellent. M. Schneevoigt, au moyen d'une gesticulation généreuse, conduit avec intelligence, couleur, ampleur et attention un orchestre à la formation duquel il a consacré depuis plusieurs années sa science et ses forces. On peut, avec chaleur, le féliciter du résultat d'un si noble travail.\n\nH. L.\n\n---",
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     "texte": "## « INFORMATION »\n\nLes journaux quotidiens La Métropole et L'Indépendance belge ayant critiqué d'une façon discourtoise la décision du Comité de l'Union de la Presse périodique belge concernant la réunion à Ostende, en juillet prochain, du deuxième Congrès de la Presse périodique, la lettre suivante leur a été adressée au nom de l'Union :\n\nBruxelles, le 30 mars 1906.\n\nMonsieur le Rédacteur en chef,\n\nEn réponse à l'article dans lequel votre collaborateur s'étonne que l'Union de la Presse périodique belge ait songé à réunir en un Congrès, à Ostende, en juillet prochain, les directeurs des publications périodiques belges et y faire discuter la question : « Le droit à l'information et à l'enquête pour tout ce qui se rapporte à la presse périodique », nous vous prions de bien vouloir insérer la liste suivante des membres de notre Union :\n\nArt moderne. — Annales de l'Imprimerie. — Action catholique. — Art culinaire. — Action catholique de Florennes. — Annales de l'Association belge des Inventeurs. — Ancien pays de Looz. — Annales du Sanatorium d'Ostende. — Alimentation. — Assureur. — Avant-Garde.\n\nBelgique militaire. — Bulletin de l'Institut international de Bibliographie. — Bulletin de l'Association belge de Photographie. — Bibliographie de Belgique. — Burgerwelzijn. — Bulletin pratique du Brasseur. — Bulletin de l'Association internationale des Médecins-Experts. — Bulletin officiel du Touring-Club de Belgique. — Bulletin officiel des Inventeurs. — Belgique financière. — Bulletin du Syndicat général des Voyageurs. — Bulletin de la Ligue maritime belge. — Boucherie. — Bourse pour tous. — Belgique judiciaire. — Boulangerie. — Brabant wallon. — Bulletin technique de l'Association des Ingénieurs. — Bulletin mensuel de l'Université populaire N.-E. — Bakkerij. — Belgique artistique et littéraire. — Bulletin de la Société centrale d'architecture. — Bulletin mensuel de l'Union de la Presse.\n\nCourrier de l'Orneau. — Conservateur de Thuin. — Chempostel. — Clairière. — Club fraternel. — Commerce-Industrie. Chine et Belgique. — Coiffeur. — Chronique coloniale. — Candidat aux Concours.\n\nDurme en Schelde. — Demokraat.\n\nEcho de Courtrai. — Economie domestique. — Emulation. — Echo judiciaire. — Eveil d'Ixelles. — Eendracht. — Echo des Etudiants. — Echo de la Dendre. — Education familiale. — Essor littéraire. — Echo de La Roche. — Eveil de Seraing. — Etudiant liégeois.\n\nFamille. — Franc-Tireur. — Fédération artistique. — Finances liégeoises — Fraternitas.\n\nGazette de Schaerbeek. — Gazette des Assurances. — Glaneur. — Gazette de la Bourse. — De Gazet van Leuven. — Gazette de Louvain. — Gildeblad.\n\nHobokenaar.\n\nImmobilier. — Indicateur des Flandres. — Indépendance scientifique et médicale. — Information européenne. — Institu teur belge.",
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     "texte": "112\n\nL'ART MODERNE\n\nJadis. — Jeune Effort. — Journal des Touristes. — Journal de Ciney. — Journal de la Ligue patriotique contre l'alcoolisme. — Journal des Tribunaux. — Journal des Intérêts maritimes. — Journal belge d'homœopathie. — Journal de la Droguerie. — Journal des Inventeurs. — Journal des Mères. — Journal médical. — Journal des Jeunes Gardes.\n\nLibéral de Louvain. — Liège-Exposition. — Ligue. — Laboureur. — Laekenaar. — Limonadier-Restaureur. — Louvain-Journal.\n\nMédecin. — Marché alimentaire. — Moniteur du Commerce. — Moniteur horticole belge. — Moniteur des Assurances. — Moniteur de la Brasserie. — Messager financier. — Morisons-Review. — Méphisto. — Mémorial. — Moniteur des Notaires.\n\nNieuwsblad. — Nouveaux médicaments.\n\nOrgane industriel et commercial. — Okygraphe. — Organe du Tabac. — Ostende-Cure. — Onze Kringen. — Ons Brabant. — Ons Leven.\n\nProgrès brassicole. — Petite Feuille de Wavre. — Petit Bruxellois. — Petit Messager belge. — Policeman. — Pigeon verviots. — Progrès d'Ypres. — Petites Affiches. — Pensioen.\n\nRevue belge de Photographie. — Revue opologétique. — Revue vinicole. — Revue typographique. — Revue graphique belge. — Renommée universelle. — Revue de Comptabilité et de Finances. — Revue pratique du Notariat. — Revue américaine. — Repos dominical. — Réforme alimentaire. — Revue pratique des Sciences commerciales. — Revue de la Banque. — Revue internationale. — Revue générale du Lait. — Revue universelle. — Revue économique internationale. — Revue bibliographique belge. — Revue des Sciences. — Revue des Produits chimiques. — Revue générale agronomique. — Revue de Belgique. — Revue contemporaine. — Revue sportive. — Revue nationale. — Revue belge de Numismatique. — Revue sténographique belge. — Revue des Bibliothèques et Archives de Belgique. — Régional.\n\nSouvenir. — Semaine brainoise. — Suffrage universel.\n\nThéâtre. — Toekomst. — Tout-Louvain. — Tribune artistique. — Trèfle. — Tout-Verviers. — Terre. — Travail.\n\nUniversitaire catholique. — Union catholique. — Union libérale. — Union des Commerçants. — Ville de Gand. — Voyageur. — Val de l'Amblève. — Vie mondaine. — Frede.\n\nWallonie. — Wallonia. — Waarheid. — Werkman.\n\nVos lecteurs, au rappel de ces noms, jugeront de la naïveté de certains organes de la Presse quotidienne qui se figurent représenter à eux seuls tout le mouvement de l'information périodique et pouvoir en revendiquer tous les droits.\n\nVeuillez agréer, Monsieur le Rédacteur en chef, l'assurance de notre considération distinguée.\n\nLe Secrétaire, Le Président,\nGASTON MERTENS OCTAVE MAUS",
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     "texte": "Correspondance musicale de Paris.\n\nConcert de la Société Nationale.\n\nTrès diverses et de valeur et de style furent les œuvres inédites groupées au programme du dernier concert : d'abord, un Prélude et Fugue pour piano sur un thème de Bach par M. H. Thiébaut, œuvre longue et lourde que M. Van Doren joua avec beaucoup de dévouement. Une Chanson pour violoncelle, de M. Lamotte, interprétée par M. Feuilard, s'avéra plus aimable. La mélancolie la plus dense s'exprime dans le poème pour voix et quatuor à cordes de M. de Saint-Requier, que chanta Mlle Braquaval.\n\nPour terminer la partie inédite du concert, M. Grovlez joua la Sonatine pour piano de M. Maurice Ravel. Cette œuvre rétive aimable, simple, plut et par la forme qui en est claire et solide, et par le sentiment musical à la fois discret et intense qui l'anime. L'architecture est basée sur une application, heureuse parce que naturelle et sans lourdeur, du principe de l'unité cyclique : un même thème vit et se transforme dans le joli mouvement initial (conforme au type classique), dans le minuetto, gracieux et pénétrant, dans le finale plus libre et plus divers. Si cette Sonatine n'a pas une signification aussi considérable que les Miroirs récemment joués, elle reste un très joli et solide spécimen de sincère et fraîche musique.\n\nFurent encore entendus le quatuor de Franck (exécution convaincue par le Quatuor Gélos) et des mélodies de Chausson et de M. Pierre de Bréville chantées par Mlle Braquaval.\n\nM.-D. CALVOCORESSI.\n\nP. S. — En recopiant mon dernier compte rendu, j'ai sauté une mention relative à une œuvre d'orgue de M. Philipp. Je tiens d'autant plus à réparer cette omission que j'avais fort goûté cette œuvre, une des mieux réalisées qu'on ait entendues au concert où elle figurait.\n\nM.-D. C.",
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     "texte": "CHRONIQUE THÉATRALE\n\nFin de saison, liquidation générale! On nous sert par fournées les reprises et les articles de seconde qualité. Partout, c'est la même lassitude, le même désir d'en avoir bientôt fini avec toutes ces fausses lumières et tous ces artifices : le soleil brille, les anémoles blanchissent les bois. C'est l'automne du théâtre et le printemps des champs et des cieux.\n\nQue dire de la Poupée, l'opérette d'Audran, qu'on reprend au Molière, sinon que Mme Flor'Albine y est une poupée délicieuse, à la voix grêle de mannequin, aux gestes précis et saccadés du plus adorable des automates? Mlle Mistinguette, à l'Alcazar, dans la Dame de chez Maxim — chose curieuse, cet ouvrage n'a pas encore trop vieilli — chahute avec élégance et gaffe avec assez de verve. C'est une gracieuse petite Polaire pour exportation. Le Pompier de Service, qui avait connu de si beaux soirs à l'Alcazar il y a douze ans, a eu bien tort, avant de se représenter à Bruxelles, sur le théâtre des Galeries, de ne pas s'assurer une meilleure interprétation. Quant à Chambre à part, un vaudeville de M. Veber que le Parc nous montra un instant, (au Parc, les pièces maintenant sont comme les marionnettes : elles font trois petits tours et puis s'en vont !) c'est vraiment si peu de chose que cela ne vaut pas la peine d'en parler.\n\nMais nous avons eu le spectacle Max Waller, organisé au profit du monument, et qui se composait d'une conférence de M. Georges Eekhoud, d'un intermède et de la représentation de Frère François Rabelais, la pièce de M. Bodson. L'empressement du public et des écrivains a été tel que, même en tenant compte de la collecte et de la vente des éventails, les organisateurs auront quelque peine à couvrir leurs frais. Ne pensent-ils pas que le public a donné pour le monument Waller tout ce qu'il est capable de donner et que c'est aux pouvoirs, maintenant, à faire le reste?\n\nDevant une demi-salle d'initiés, connaissant l'œuvre de Waller aussi bien que lui, M. Eekhoud a parlé sans grande originalité, mais avec beaucoup de chaleur, de l'auteur de Daisy. L'intermède a été charmant. M. Joachim, a, notamment, très bien lu deux contes bruxellois de Waller et Mlle Derives, la nouvelle ingénue du Parc, a séduit à la fois toutes les oreilles et tous les yeux par sa voix douce et sa radieuse beauté.\n\nG. R.",
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     "texte": "## PETITE CHRONIQUE\n\nM. Fritz Toussaint a donné au Musée de Bruxelles vingt-cinq tableaux et dessins de maîtres belges et étrangers, anciens et contemporains. Entreront au Musée ancien : l'Enfant prodigue belle décoration de Jordaens, qui figura à l'Exposition du maître à Anvers, une curieuse toile, les Crêpes, attribuée à Breugel, et deux jolies natures-mortes de Chardin. Au Musée moderne : trois Artan (Barque échouée, le Jour, la Nuit); la Mare de L. Dubois; trois Boulenger : un Chemin creux, un Hiver, la Mare aux cochons; un petit portrait de femme, par Alfred Stevens; l'esquisse de l'Homme à la fenêtre de H. De Braeckeleer et, du même maître, des Roses blanches et des Nefles; un paysage de Fourmois; un Orage de Vogels; deux paysages de De Greef; un dessin de Rops, un portrait de Van der Haert, un Singe fumant (aquarelle) de J. Stevens.\n\nEnfin un portrait de fillette par Reynolds, des Cerises de Volon, des Moutons de Mauve, des Bateaux de Jongkind et une Petite Mendiante de J. Maris.\n\nLes membres du Comité Joseph Dupont, réunis dimanche dernier dans l'atelier de M. Paul Du Bois, ont, à l'unanimité, approuvé le projet de monument qui leur a été soumis par MM. Du Bois et Barlier. Il se compose de trois figures de femme dont l'une, la main appliquée en cornet à l'oreille, semble écouter les deux autres qui symbolisent l'art lyrique et la musique symphonique.\n\nCe groupe, de grandes dimensions, sera érigé en marbre sur un piédestal devant lequel s'élèvera le buste en bronze de Joseph Dupont. Un dispositif de balustrade complète le projet, dont le coût, assez élevé, requiert l'intervention des pouvoirs publics.\n\nExpositions ouvertes :\n\nAu Musée moderne, la Société des Beaux-Arts (5 avril-13 mai). Salle Boute, M. Léon Corthals (7-16 avril).\n\nM. Armand Apol expose ses dernières œuvres du 5 au 13 avril (de 11 à 5 heures) dans son atelier, 403, rue Charles-Quint.\n\nAu Cercle artistique aura lieu du 10 au 25 avril, une exposition rétrospective des œuvres de Julien Dillens (statues, groupes, bas-reliefs, terres cuites, aquarelles, dessins, esquisses, etc.).\n\nOn vient de distribuer aux membres du Comité exécutif du monument Zénobe Gramme une médaille commémorative gravée par M. M. de Mathelin. Gramme y est représenté en ouvrier, assis devant son établi sur une enclume, un livre ouvert devant lui. L'autre face porte un profil de l'inventeur vers la fin de sa vie, avec les inscriptions : Jehay-Bodegnée, 1826 ; Bois-Colombes, 1901.\n\nLe président et le commissaire spécial du groupe de l'éducation et de l'enseignement à l'Exposition de Liège, assistés des présidents de classe des trois enseignements primaire, moyen et supérieur, ont remis à M. de Trooz, ministre de l'intérieur et de l'instruction publique, trois exemplaires en or, argent et bronze d'une médaille décernée aux exposants des sections des sciences et de l'enseignement.\n\nCette médaille, très artistement conçue, fait honneur à son auteur, le sculpteur Ch. Samuel. A l'avers, un profil du Roi se détache entre le millésime 1830-1903. Au revers, la Science, élévant son flambeau de la main droite, montre de la gauche le soleil levant vers lequel elle s'avance drapée dans les plis d'un vaste manteau.\n\nAujourd'hui, dimanche, à 2 heures, quatrième et dernier concert du Conservatoire. On y exécutera la Chasse du jeune Henri (ouverture), de Méhul, la cent qu-rante-sixième symphonie de Haydn et l'Ode à sainte Cécile, de Hændel.\n\nLa direction prie MM. les abonnés de présenter visiblement leurs cartes au contrôle, afin de faciliter le service des employés. On se battra évidemment à la porte, — l'intérêt et la nouveauté d'un tel programme dépassant toute attente.\n\nMme G. Suggia, violoncelliste, donnera, mercredi prochain, à 6 h. 1/2, un récital à la Grande-Harmonie. Au programme : Concerts de Saint-Saëns, Klengel et d'Alberte; ces deux derniers exécutés pour la première fois à Bruxelles.\n\nC'est M. Fernand Crommelynck qui, à l'unanimité, a été déclaré lauréat du concours dramatique organisé par le Thyrase pour une comédie en un acte, en vers, intitulée : Nous n'irons plus au bois...\n\nCette pièce sera représentée au théâtre du Parc avant l'expiration de la saison en cours.\n\nFleurs éparses. D'un confère quotidien :\n\n« M. V.... d'une voix robuste chante un air au premier acte, un duo et tous deux font éclater les applaudissements. »\n\nCe chanteur serait-il ventriloque?\n\nL'auteur ajoute : « Nous voudrions nous étendre sur la partition de M. Mathieu. » Désir inspiré sans doute par l'étonnement.\n\nPlus loin : « Citons quelques noms pris au hasard de la vue (sic) : M. et Mme l'avocat P. L... »\n\nDe la chronique mondaine de l'Indépendance, toujours fertile en curiosités linguistiques :\n\n« Le baron et la baronne de F... donneront un nouveau dîner le ... »\n\n« Le comte d'U..., conseiller de légation de Belgique à Berlin, qui vient d'être transféré à Paris, a épousé une Française, Mme de F..., ce qui lui ouvre doublement (?) tous les salons du faubourg Saint-Germain. »\n\n« M. et Mme J. A... donneront une nouvelle soirée le ... »\n\n« Lundi dernier, M. et Mme Ch. T... réunissaient, pour un après-midi dansant, un groupe nombreux de jeunesse... »\n\nIl est vrai que la circulaire ci-après — dont nous certifions l'authenticité — a été adressée récemment à un grand nombre de personnes :\n\n« Le chroniqueur mondain de l'Indépendance belge présente ses compliments à Monsieur ..... et famille (sic), et lui serait très obligé de vouloir bien lui envoyer d'une façon suivie à son adresse particulière... (prière de vouloir bien n'écrire que d'un seul côté du papier) tous les renseignements mondiaux les concernant : fêtes, réceptions, bals, diners, noms des invités, toilettes des dames, faire-part de mariages, naissances et décès, congés (?), déplacements, villégiatures, chasses, etc., etc., en y joignant un mot pour en garantir l'authenticité (pas au journal où il ne va jamais).\n\nIl le prie d'agréer ses remerciements anticipés. »\n\nSi les « mondiaux » auxquels a été adressé cet appel rédigent eux-mêmes les informations qui concernent leurs réceptions, tout s'explique!\n\nDe la même Indépendance :\n\n« De plus en plus, M. Ch. B... goûte de la joie à consacrer ses loisirs à exécuter des paysages sans éclat, sans personnalité, mais d'où il tire, sans doute, une satisfaction intime. »\n\nPour paraître incessamment chez Plon-Nourrit et Cie, à Paris : la Jeunesse d'un romantique. Hector Berlioz (1803-1831), d'après de nombreux documents inédits et avec trois portraits.",
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     "texte": "LIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, rue du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nLE BREVIAIRE GRIMANI\n\nle chef-d'œuvre de la miniature flamande.\n\nUn beau volume in-8°, relié, contenant 112 planches en typogravure et 6 planches en chromo, d'après les miniatures attribuées à Memling, Liévin de Gand, etc., et une introduction historique.\n\nPrix : 25 francs.",
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     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITE, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,  \nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc., etc.\n\n---\n\n## Vient de paraître chez MM. A. DURAND & FILS, éditeurs  \n4, place de la Madeleine, PARIS\n\nCAMILLE SAINT-SAËNS. — La Jeunesse d'Hercule (op. 50), poème symphonique.  \nPartition d'orchestre in-16. Net : 4 francs.\n\nMAURICE RAVEL. — Cinq mélodies populaires grecques (traduction par M.-D. CALVOCORESSI).  \n1. Le Réveil de la mariée. 2. Là-bas vers l'Église. 3. Quel galant!  \n4. Chanson des cueilleuses de lentices. 5. Tout gai!\n\nAUGUSTE CHAPUIS. — Impressions sylvestres. Cinq pièces pour violoncelle et piano.  \n1. Au bord de l'étang. 2. Le Vieux chêne. 3. Sous les grands hêtres.  \n4. Dans la clairière. 5. Les ombres du soir.\n\n---\n\n## INSTRUMENTS DE CONCERTS ET DE SALONS\n\n### PIANOS J. OOR\n\nDiplômes d'Honneur et Médailles d'or à toutes les Expositions\n\n### PHONOLA\n\nappareil merveilleux, s'adaptant à tous pianos et permettant à chacun de jouer en virtuose avec nuances et sentiment.\n\nBRUXELLES, 83, RUE NEUVE\n\n---\n\n### E. DEMAN, Libraire-Éditeur\n\n14, rue de la Chancellerie, à Bruxelles.\n\nŒUVRES de MALLARMÉ, MASTERLINCK, VERHAEREN,  \nVILLIERS de l'ISLE ADAM  \nConstantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\n\nBulletins périodiques d'ouvrages rares et précieux en vente aux prix marqués.  \nCatalogue envoyé gratuitement sur demande.  \nDirection de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n\n---\n\n### Fabrique de cadres pour tableaux.\n\n#### Ch. XHROUET\n\n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux  \naquarelles, pastels, etc.\n\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS  \nPRIX MODÉRÉS\n\n---\n\n## FABRIQUE DE CADRES\n\nPOUR  \nTABLEAUX, GLACES. GRAVURES, AQUARELLES, ETC.\n\n### PH. CERISIER\n\n29, RUE DES DEUX-ÉGLISES, 29  \nBRUXELLES\n\nSpécialité de cadres pour tableaux. — Passe-partout en tous genres.  \nCadres anciens et modernes en tous styles.\n\nLavage et restauration de gravures.  \nDorure à l'eau et au four (genre ancien) pour l'ameublement.\n\nTransport et expéditions — Prix modérés.\n\n---\n\n## Le Courrier musical\n\nDirecteur : M. Albert DIOT  \nParaissant le 1er et le 15 de chaque mois.\n\nRédaction et Administration : 29, rue Tronchet, Paris\n\nABONNEMENTS : France, 12 francs l'an ; Étranger, 15 francs.\n\nDépôt pour la Belgique chez MM. Breitkopf et Hertel, Bruxelles.\n\n---\n\nDEMANDEZ CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \nL'Encre à écrire indélébile  \nBLUE-BLACK Van Loey-Noury  \nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\n---\n\nBruxelles — Imp. V° MONNOM, 32, rue de l'Industrie.",
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