{
 "numero_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24",
 "tome": "1907",
 "source": "Digithèque « Revues littéraires belges », ULB (ELB-ULB-DL2864764-1907-f) ; OCR LightOnOCR (API Albert)",
 "articles": [
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-001",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 185,
   "page_fin": 185,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=198",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 198,
     "page_imprimee": 185,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 975,
     "texte": "VINGT-SEPTIÈME ANNÉE. N° 24. 16 JUIN 1907.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMERO, 25 CENTIVES\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\nSOMMAIRE\n\nArt et Solidarité (GUSTAVE GEFFROY). — L'Amour et les Livres (FRANCIS DE MIOMANDRE). — L'Art à Paris (O. M.) — Exposition internationale de Barcelone. — La Vision chez les Peintres (CLAUDIEN FERRIER). — Clovis Hugues. — Concours lyrique. — Publications musicales. — Petite Chronique.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=198"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-002",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 185,
   "page_fin": 187,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=198",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 198,
     "page_imprimee": 185,
     "debut_caractere": 977,
     "fin_caractere_exclue": 3218,
     "texte": "ART ET SOLIDARITE\n\nÉcrire pour tous, cela ne veut pas dire chercher le succès auprès de tous, cela veut dire penser à tous. Le feuilletoniste, lu par tant et tant d'avides, se soucie peu de son public. Il cuisine indifféremment le mets quelconque désiré par la faim inquiète. Mais écrire pour quelques-uns, pour un petit groupe, quelle misère aussi! Quel pauvre public incertain, peu stable! Comme si les grands livres où les peuples ont trouvé leur nourriture d'esprit, leur réconfort, leur excitant, n'étaient pas, en même temps que des livres populaires, de hautes œuvres d'art! Quel livre curieux, spécial, étroitement conçu pour un petit nombre, contient ce que contiennent les Védas, la Bible, les Évangiles, le Coran, l'Imitation? Les drames d'Eschyle n'étaient-ils pas joués pour les citoyens assemblés? Vers qui allait Shakespeare? Rabelais n'était-il pas humain? Et comme lui, tous ceux qui ont duré? A tous les degrés, les subsistants de la littérature, de l'Odyssée au Don Quichotte, n'ont-ils pas répondu à l'attente ardente de ce que les précieux de tous les temps désignent comme le vulgaire : l'immense troupeau humain?\n\nCe troupeau, — malgré les révolutions qu'il a faites, malgré ses efforts désespérés pour vivre, son instinct douloureux et tenace, sa persistance de travail, malgré son apparition définitive sur la scène, malgré 1789, malgré 1848, malgré 1871, malgré le suffrage universel, malgré le socialisme, malgré le siècle qui est, dit-on, le sien, le fameux siècle des ouvriers, malgré tout, — il semble qu'on veuille l'ignorer, le maintenir dans l'ombre ancienne, comme la figuration confuse de l'Histoire. Sous prétexte d'individualisme, ceux qui sont nés de cette masse s'ingénient à mettre leur moi en formules, se grissent d'observations immédiates sur eux-mêmes et sur leurs pareils, de rythmes personnels, à peine nés, sitôt évanouis.\n\nIl y a en ce temps un émiettement certain de la littérature et de l'art. A mesure que l'on va, que l'on mesure les étapes, que l'on voit l'étendue occupée par le flux incessant de la vie, on est de plus en plus stupéfié par l'absence de cette vie essentielle dans l'œuvre d'art. Cette œuvre, trop souvent, se sépare du monde, s'en va agoniser sous la cloche pneumatique.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=198"
    },
    {
     "page_pdf": 199,
     "page_imprimee": 186,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 5693,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nLe roman, qui a été, qui pourrait être encore l'Histoire, n'a guère vécu depuis nombre d'années, chez la majorité des romanciers, que de la chétive expérience amoureuse, de la sempiternelle et pauvre aventure physiologique et pathologique de la femme chercheuse de sensations, monotone héroïne qui relève plus de la douche que de l'analyse psychologique. Nous a-t-on assez raconté, sur tous les tons, cet état d'âme de la femme riche en mal de sexe, incapable de se passionner pour autre chose qu'elle-même, et qui prétend à l'enthousiasme pour sa morphine et son éther, mêlés à ses ardeurs et à sa mélancolie?\n\nEst-ce pour échapper à l'oiseux de ces histoires que les poètes se sont réfugiés aux arcanes de l'art, ont voulu se parer des grâces incertaines de l'obscur? Mais l'abdication, au nom de la formule de l'art pour l'art, ne pouvait durer, et la question se pose aujourd'hui de savoir si toutes ces forces immobilisées et enchantées vont rallier la vie. Quelques-unes déjà ont rompu le charme délétère du sommeil et du rêve, et les voici chercheuses, hésitantes. Les vivaces se décideront pour l'action, rejoindront l'humanité.\n\nLa plupart des peintres, des sculpteurs, sont aussi restés en marge. Les exceptions, ici comme dans la littérature, ne font que mieux apparaître l'absence de la vie collective. Presque tous, appartenant au groupe social ou à la secte, perdus par la manière ou par la mode, se préoccupent d'être en accord avec des affiliés ou avec une clientèle, et non avec l'humanité qu'ils pourraient aider à vivre, à découvrir son esprit.\n\nJe laisse de côté ceux qui ne voient dans l'art qu'une production négociable, une frivole distraction, une manière de mise en valeur sociale. Je pense aux seuls artistes qui méconnaîtraient leur rôle, qui laisseraient tarir en eux la puissance d'action que peut-être ils possèdent, s'il se refusaient à prendre leur part du destin de tous, et préféraient à l'en-avant de la solidarité l'attitude inutile du dédain.\n\nIls se mettraient à l'écart du grand mouvement qui est celui de l'humanité, et qui ne sera pas supprimé par le seul fait qu'une esthétique ne l'aurait pas jugé intéressant. Il y a dans l'ensemble une force qui est supérieure à notre force individuelle. L'individualité, si puissante chez les êtres représentatifs, se rétrécit, devient toute petite, impuissante, si elle veut supprimer follement la communication avec ce monde immense d'où elle vient, qui lui a donné la vie, qui continuera à l'alimenter de sève.\n\nPourquoi la séparation de l'artiste et de la foule? La revendication de l'individualité n'a aucun sens si elle n'est pas sous-entendue pour tous, étendue à tous. La foule, qu'est-ce autre chose qu'un composé d'individualités? Réclamer le droit de tous, c'est donc réclamer le droit de chacun. Créer une aristocratie, ou créer simplement son moi, que pourrait bien signifier cela, si c'est vraiment la création bornée, la vie conquise par quelques-uns ou par un seul? Quelle différence, au contraire, si cette région, abordée par une élite, devient le rendez-vous auquel tous sont conviés, si l'étape d'affranchissement est indiquée, si le moi s'augmente des anonymes et leur offre en retour une idée d'eux-mêmes plus consciente, si c'est le moi du grand homme qui pense avec tous et pour tous et donne son esprit et sa vie à tous, et non le moi du génie carnassier qui prend son semblable comme jouet et se nourrit de sa substance.\n\nLa préoccupation de reconnaître et de suivre le grand courant humain qui traverse l'histoire de notre terre est heureusement commune à un certain nombre des écrivains, des artistes de maintenant. Désormais, il est prouvé qu'un accord peut se faire entre les bonnes volontés de partout, que les désirs semblables se cherchent, se rencontrent, pourront tout à l'heure se changer en volontés agissantes.\n\nL'art est destiné, de plus en plus, à jouer dans l'avenir un grand rôle. C'est la force que nous avons à notre disposition pour créer une harmonie sociale, une entente humaine, qui n'ont jamais existé. Il y a des exemples de sociétés hiérarchisées, maintenues en factice équilibre, mais au prix de quel silence, de quelle mort des foules! Aujourd'hui, la masse humaine veut vivre d'une vie personnelle et non représentative, elle sort déjà de l'ombre, elle s'avance, vient occuper la scène de l'histoire. Il lui faut se reconnaître, parler un même langage, achever de créer la conscience universelle, la vie harmonieuse de l'esprit.\n\nL'art est le signe visible de cette vie de l'esprit. C'est la représentation du monde par des images réfléchies en nous, c'est la rencontre de l'homme avec tout ce qui existe, la preuve de l'éveil de l'inconscient. Tout ce qui a mené les troupes humaines, régi les sociétés, a été l'affirmation plus ou moins sensible de cette éternelle évolution. Les religions et les politiques sont les pressentiments et les bégaiements de cette humanité à la recherche d'elle-même. Nous avons à continuer l'œuvre de compréhension, à nous hâter toujours vers la prise de possession plus complète.\n\nCette assimilation nécessaire des masses à la vie de l'idée fut commencée, sera achevée par l'art. Les destructions forcées, assainissantes, qui ont été une des besognes d'hier, et qui seront aussi une des besognes de demain, ouvrent l'espace, marquent le départ d'étapes nouvelles. Ce qui doit être aperçu nettement, c'est qu'il faut enseigner à l'humanité qu'elle est maîtresse de son bonheur, qu'elle doit trouver sa joie, sa fin, en elle-même, sur place. Cette philosophie, qui n'a été que le lot de quelques esprits, qui est maintenant en partage à un plus grand nombre, doit devenir créatrice de la beauté du sort de tous.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=199"
    },
    {
     "page_pdf": 200,
     "page_imprimee": 187,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 767,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nOr, une préparation aura été faite lorsqu'il aura été démontré au plus humble, au plus obscur, au plus ignoré, qu'il est maître de créer de la vie, que le moindre objet façonné par ses mains est aussi animé par la faculté individuelle qui est en lui, qu'il est à la marque particulière de sa sensation et de son esprit. C'est ici qu'ils se confondent, et que tout labeur s'éclaire. Donnez cet étonnement et ce bonheur à tout homme de lui révéler qu'il possède une parcelle du pouvoir créateur, et vous aurez provoqué en lui le sursaut qui le sauvera de tout ennui et de tout désespoir.\n\nAppeler à la vie des forces qui s'ignorent, affirmer le rôle social de l'art, c'est annoncer la vie de demain, c'est rêver la réalité de l'avenir.\n\nGUSTAVE GEFFROY",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=200"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-003",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 187,
   "page_fin": 188,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=200",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 200,
     "page_imprimee": 187,
     "debut_caractere": 769,
     "fin_caractere_exclue": 6402,
     "texte": "## L'AMOUR ET LES LIVRES\n\nC'est un truisme familier, une sorte de paradoxe courant que de dire à propos d'un sentiment faux ou exagéré : « C'est de la littérature ». J'ai la plus profonde conviction que la littérature ici n'est pas coupable et qu'elle n'a rien à voir avec l'éclosion de ce sentiment dans les âmes, généralement faibles, où il se développe.\n\nCela signifie d'ailleurs, tout simplement : « de la mauvaise littérature ». Car la bonne littérature, la vraie, celle qui est sincère à défaut même d'être belle, — la littérature tout court, en un mot, — ne peut ni exciter ni créer de sentiments faux, puisqu'au contraire elle représente ce qu'elle voit et qu'elle est, au fond, le véritable miroir des mœurs.\n\nPauvre littérature ! Il vous prend parfois de fureuses envies de la réhabiliter, de la respecter. C'est devenu si facile de s'en plaindre, tellement à la portée du premier imbécile venu incapable de distinguer Théodore Cahu de Courteline, qu'il y a quelque coquetterie de courage à dire tout simplement cette opinion infiniment logique et banale pourtant : « Non, la littérature est un art, un des plus nobles et des plus désintéressés de tous, celui dont les moyens sont les plus idéaux et dont, surtout, la sincérité devant la vie est la moins soupçonnable, la moins truquable. »\n\nLa littérature, au bout du compte, c'est la vie; et comme l'amour est au fond des mœurs et de la vie le levier puissant et éternel qui les soulève, lorsque la littérature touche à l'amour il est impossible qu'elle nous trompe.\n\nCes réflexions me sont vécues à l'esprit en lisant l'Amour sans ailes (1) de M. Édouard Ducoté.\n\nVoilà un livre d'une réalité profonde. Pas un instant il ne s'y glisse une erreur de psychologie ou de décor; c'est pénible et triste comme l'existence médiocre. Ce n'est pas sympathique du tout, mais comme c'est juste! M. Ducoté a écrit là son chef-d'œuvre et, à mon avis, c'est un chef-d'œuvre.\n\nIl raconte la banale histoire d'une pauvre fille de café-concert qui devient la maîtresse d'un jeune médecin pauvre de Lyon et qui finit par le quitter tant il devient insupportable par les scènes répétées de jalousie qu'il lui inflige... Je me trompe, ce n'est même pas pour cela... C'est par lassitude, par usure naturelle d'un sentiment fort, par la puissance secrète, lente et corrosive de la vie.\n\nM. Ducoté a su tirer de ce fait-divers tout le pathétique secret qu'il comporte, et cela par des moyens qui sont en dehors de ce qu'on appelle couramment la littérature : le style est volontairement sobre, dépouillé, aride même, n'ayant pour tout ornement que sa stricte correction, une sûre propriété de termes; aucun lyrisme n'essaie d'agrandir les situations; en un mot rien de personnel, de dû à l'auteur, ne tente de transformer les données primitives du récit.\n\nMais, précisément pour cela, nous sommes émus d'une manière profonde. C'est la fatalité même de l'amour qui plane sur cette plate liaison provinciale. Le héros ne se dit point, avec de grands mots, qu'il est pris par l'Inconscient, que la Passion le soulève, ou que le Désir des Sens est devenu son maître. Non. Mais il subit ces grandes lois sans s'en rendre compte. Sa maîtresse est ce qu'elle est, fatiguée, vulgaire et vieillie, et il la juge; mais pour lui elle est la forme unique de l'Amour : il ne peut ni la tromper, ni s'empêcher d'étaler son inquiétude et sa jalousie, il souffre sans raison, il ne l'oubliera plus, il commet pour elle des sottises, puis des vilenies; et lorsqu'elle partira, c'est comme s'il était mort.\n\nJe sais gré à M. Ducoté de la mesure avec laquelle il a traité un sujet aride, et surtout de la tendresse humaine dont il a su l'imprégner. Pour mon compte, j'ai éprouvé en lisant l'Amour sans ailes ce terrible sentiment de la brièveté irréparable de la vie, beaucoup plus qu'en face des grandes phrases lyriques sur ce sujet. C'est avec une pitié infinie et comme fraternelle que j'ai suivi ce pauvre Laurent Herbier, qui n'est pas même, selon l'expression de Léon Cladel, un martyr ridicule, mais un martyr ordinaire. Je me suis dit, avec la même ingénuité (et j'en suis fier) que ressent devant les péripéties de son feuilleton l'ouvrier ou la modiste : « Quand sortira-t-il de là? Aura-t-il le temps d'être heureux? Sera-t-il assez prudent pour sauver ce morceau, puis cette brique, puis cette parcelle de son lamentable bonheur? » Eh bien! justement, pas du tout. Il n'en fait rien, il ne sait pas, il court à sa perte, parce que, comme cela se passe dans la réalité réelle, il éprouve la vie, il ne la voit pas. Ah! que tout cela est profondément humain! Que c'est quotidien et éternel!\n\nInfiniment plus poétique dans l'expression, mais aussi réel par le fond même du sujet, le dernier roman de M. Remy de Gourmont Un Cœur virginal (1).\n\nJ'ai tellement parlé de M. de Gourmont, et ici même surtout, que j'éprouve quelque scrupule à y revenir. Mon admiration pour lui n'a pourtant rien de discipulaire, mais je ne voudrais pas qu'elle le parût, par sa persistance. Je me risque cependant, encore une fois.\n\nSon œuvre est l'étude d'une jeune fille. Elle aime follement un monsieur qui, trop scrupuleux pour la prendre et ayant des sens, la trompe. Elle l'apprend et épouse, plus tard, un autre monsieur qu'elle aime d'autant plus profondément que son amour a été, par une première expérience, dépouillé de sa primitive et juvénile et imaginative ardeur. Ah! si vous saviez comme en termes galants ces choses-là sont dites! On goûte à les lire, un plaisir rare.\n\n(1) REMY DE GOURMONT, Un Cœur virginal, roman — Paris, Mercure de France.\n\n(1) ÉDOUARD DUCOTÉ, L'Amour sans ailes. — Paris, Calmann Lévy.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=200"
    },
    {
     "page_pdf": 201,
     "page_imprimee": 188,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 5236,
     "texte": "188\n\nL'ART MODERNE\n\nC'est une suite de tableaux licencieux, appuyés ou légers, se déroulant dans le paysage de l'été normand. Et les psychologies sont d'une sûreté déconcertante (qui tient sans doute à la parfaite qui tu le d'esprit du physiologiste qui les essaya). Et il circule, parmi toutes ces subtilités et ces élégances, un parfum d'ironie bien particulier, un parfum, si j'ose dire, philosophique. On dirait une toile de Fragonard, libérine et vaporeuse à la fois, pleine d'observation, de fantaisie et de sens de la nature, dont la facture est insaisissable et le trouble certain. C'est exquis.\n\nM. Emile Sicard, dont j'ai analysé dans l'Art moderne, l'hiver dernier, le jeune talent de poète, se révèle, avec la Mort des yeux (1), un romancier de valeur. Ce n'est pas précisément un roman, mais une monographie : celle d'un jeune homme qui devient aveugle. Le charme d'une imagination ravissante, baignée de tendresse, contribue à nous masquer l'angoisse latente que nous inspire le sujet. Mais, malgré tout, cette angoisse monte, domine, et nous finissons par oublier tout ce qui n'est pas elle-même pour n'être plus que le spectateur bouleversé et compatissant de l'agonie du pauvre héros.\n\nDeux figures de femmes se dressent dans ce petit livre, douces, vagues, estompées, et (avec une adresse qui est directement issue de sa parfaite sincérité) l'auteur a su nous les montrer aussi incertaines et brûillées qu'elles le sont aux yeux du malade. Elles finissent par s'évanouir.\n\nEt quelles adorables notations ! Il y a un chapitre appelé « Sommeil », décrivant une ville qui ne serait habitée que par des aveugles, qui est tout à fait hallucinante. Et un dialogue entre le malade, définitivement perdu, et sa fiancée, que je ne peux me retenir de citer :\n\n— Resey, est-ce bien vous qui êtes près de moi? Il me semble que depuis que je n'y vois plus je ne devais plus vous voir.\nVoilà vos cheveux, voilà vos mains, voilà votre voix...\nÊtes-vous bien assise?\nPrenez le grand fauteuil... Il doit être là, dans ce coin que je vous montre...\nJe vous retrouve après un long voyage toute la même ; il n'y a guère que mes yeux qui ont vieilli !\nParlez moi! Je vous vois mieux quand vous me parlez.\n— Je veux que vous ne souffriez pas... Il faut que votre vie soit une rue égale où il fait calme toujours. Nous nous promenons dans la rue et nous y promènerons si longtemps que vous ne penserez plus qu'il y a d'autres rues et que vous pourriez aller ailleurs.\nVous voulez bien, n'est ce pas, ma promettre de m'aime dans cette rue?\n— Comme ma rue vous sera monotone! Il n'y aura pas de maisons et de fenêtres ouvertes, il n'y aura que des brumes et votre cœur prendra mal...\nComme vous m'en voulez si un jour vous reconnaissez le soleil!\n— Je ne reconnais pas le soleil qui vous a quitté; il sera un indifférent que je verrai passer sans demander à le voir. Le soleil qui n'est pas pour tout le monde ne ressemble plus au soleil.\n— Ma rue! Je crois que nous n'y entrons que le tintement des sous dans le creux des sèbilles!\n— Il y aura le bruit des cloches! Les cloches, dans le soir, sonnent mieux parce qu'on ne les voit pas!\n— Notre amour n'aura pas de couleur!\n— Il sera intime comme la nuit...\n— Vous auriez peur de tout cette o abre que je réfugierai près de vous.\n\n(1) EMILE SIGARD, La Mort des yeux, roman. — Marseille, édition du Feu\n\n— L'ombre tombe sur les mains, mais ne les désunit pas.\n— Je vous aime...\n— Voulez-vous marcher un peu?\n— Dans ma rue?\n— Dans notre rue.\n— Fermez les yeux... sentez lorsqu'on n'y voit pas comme pésent sur la pensée les choses qui existent! Il y a tant de vide devant les yeux morts, qu'étonné de ne point trouver une forme à chaque pas, on a la crainte d'être exilé de la vie ! On appelle, on crée... On se dit : là, il doit y avoir un meuble, et l'on s'appuie constamment sur son imagination; quand elle est lisse, un moment on se laisse aller à la route, et c'est lorsqu'on est confiant, habitué au large, que l'on se heurte du front et que l'on ne se plaint pas parce que l'on a honte, près des autres, de s'être fait mal...\nOù sommes-nous?\n— Sur la terrasse du jardin. Il y a trois marches... Un... deux... trois...\n— Je sens la terre.\n— Il fait très doux. Les amandiers ont des fleurs.\n— Je sens les arbres...\n— Appuyez-vous mieux sur mon bras...\n— Je m'appuie.\n— Voyez, nous marchons bien maintenant; vos pas sont sûrs.\n— Je sens le jet d'eau...\n\nPetit livre triste et doux, réel et cependant hors la vie, hanté d'un parfum malade.\n\nC'est, je crois, la première fois que M. André Fontainas fait du théâtre (1). Sa comédie est discrète, neutre comme la vie courante, et les énergies et les passions qui s'y agitent soulèvent, sans pouvoir s'en débarrasser, une sorte de poids insinuant, un enchevêtrement subtil. Tous ses personnages sont des personnages de salon, sauf un seul, Hélène Pradier, dont la décision et la violence font contraste, lutte contre tout, contre les préjugés, contre l'ordre social dont elle est victime. On la croit folle, c'est tout ce qu'elle obtient.\n\nMais, encore une fois, cette intrigue se dénoue dans une atmosphère de correction et de froideur, et de cette contradiction ne laisse pas de ressortir un certain pathétique, distingué.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=201"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-004",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 188,
   "page_fin": 189,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=201",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 201,
     "page_imprimee": 188,
     "debut_caractere": 5238,
     "fin_caractere_exclue": 6392,
     "texte": "L'ART A PARIS\n\nL'Exposition Chardin et Fragonard vient de s'ouvrir, avec un éclatant succès, dans la galerie Georges Petit (et non à l'École des Beaux-Arts, dont il fut question au début, mais qui est encore occupée par la rétrospective Eugène Carrière.\n\nGrâce à l'initiative, aux démarches, à l'activité inlassable de M. Armand Dayot, l'hommage rendu aux deux illustres maîtres du XVIIIe siècle est digne de leur renommée. Les plus belles toiles, les plus délicats dessins et pastels des deux peintres sont réunis, pour la plus grande joie des yeux. Et rien n'est plus attrayant et plus instinctif que l'étude attentive de ce musée temporaire, formé, — à part l'inévitable déchet auquel n'échappent point les organisateurs d'expositions, — de chefs-d'œuvre d'une éblouissante beauté. Toutes les qualités de grâce, de souplesse, de volupté qui marquent le génie du maître de Grasse s'y décelent; et l'art de Chardin si simple dans ses moyens, si somptueux dans ses réalisations, si « peintre » en un mot, n'est jamais apparu plus\n\n(1) ANDRÉ FONTAINAS, Hélène Pradier, comédie en trois actes. — Bruxelles, éditions de la Belgique artistique et littéraire.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=201"
    },
    {
     "page_pdf": 202,
     "page_imprimee": 189,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1849,
     "texte": "L'ART MODERNE\n\n189\n\nvarié et plus fort. Il y a là cinquante tableaux au moins, — figures, intérieurs, études d'accessoires, — qui célèbrent à l'envi sa maîtrise. Comme l'a écrit ju licieusement M. Arman I Dayot, Chardin apprend aux artistes à voir juste et à dire vrai la leçon est de celles dont devraient profiter tous les peintres.\n\nElle est admirable, — et unique.\n\nLes plus célèbres collections se sont ouvertes pour enrichir le magnifique écrin de cette double rétrospective. Et il faut savoir gré à tous ceux. — MM. Henri de Rothschild, le prince de Lichtenstein, Pierpont Morgan, Bur. au, Léon et Henri Michel Lévy, le baron Vitia, Menier, Decourcelle, Chéramy, Bureau, le docteur Tuffier, Bardac, Beurdeley, Flameng, Henri Cain, Volland, Hébert, Charcot, le comte Pastré, etc., et jusqu'à l'empereur d'Allemagne lui-même! — qui ont consenti à se dépouiller momentanément, en vue de ce solennel hommage, des merveilles qu'ils possèdent. Grâce à eux, le public a sous les yeux l'essentiel de la production des deux peintres. Chardin triomphe avec son Portroit de Sédain, son Souffleur, les diverses versions de sa Pourvoyeuse, son Jeune violoniste et son Enfant au toton (acquis tous deux, le jour de l'inauguration, par le Musée du Louvre pour 350,000 francs), maintes natures mortes de premier ordre, quantité de tableautins exquis; les Amants heureux, la Toilette de Vénus, les Marienettes, la Jeune Femme au petit chien et une foule d'autres compositions galantes, — baigneuses surprises, dormeuses à demi découvertes, nus caressés d'un pince in voluptueux, caractérisent le mieux du monde Fragonard. Et si tout a été dit et rédigé sur l'un et l'autre, jamais pareille ou asion ne fut offerte au public de pénétrer dans l'intimité de leur pensée.\n\nL'exposition Chardin et Fragonard va clore triomphalement la « saison » parisienne.\n\nO. M.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=202"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-005",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 189,
   "page_fin": 189,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=202",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 202,
     "page_imprimee": 189,
     "debut_caractere": 1851,
     "fin_caractere_exclue": 3275,
     "texte": "Exposition internationale de Barcelone.\n\nVoici la liste des recompenses obtenues par les artistes belges à la cinquième Exposition d'Art de Barcelone :\n\nPEINTURE. Diplôme exceptionnel : M. Franz Courtens. — Médailles de 1re classe : MM. Georges Buysse, Jean Delvin, Edgard Farnsyn, Victor Gil-soul, Fernand Knoepff, Auguste Oleffe et Herman Richir. — Médailles de 2e classe : MM. Georges Morien, Isidor Opsomer, Henri Thomas et Emmanuel Viéin. — Médailles de 3e classe : Mlle Alice I onner.\n\nPEINTURE MONUMENTALE. Médailles de 1re classe : MM. Albert Clamberlani, Emile Fabry.\n\nAQUARELLES. DESSINS. CRAYURES. Médailles de 1re classe : MM Henry Cassiers, Armand Rassenfosse et Albert Bartsoen. — Médailles de 2e classe : MM. Frans Hens et Henry Meunier. — Médailles de 3e classe : MM. Alex. Marcette, J.-Fr. Maréchal.\n\nART APPLIQUÉ. Médailles de 1re classe : Mlle Jenny Minne-Dansaert (dentelles), Mlle Henriette Bossché (dentelles et broderies) et Mlle Gabrielle Montald (tissus peints).\n\nSCULPTURE. Hommage à l'œuvre de feu C. Meunier, mentionné dans le procès-verbal. — Diplôme exceptionnel : M. Egide Lombaux — Médailles de 1re classe : MM. Jules Lagie et Charles Samuel — Médaille de 2e classe : M. Philippe Wolfers. — Médaille de 3e classe : M. Henry Bonquet.\n\nS'étaient mis hors concours : MM. A.-J. Heymans, Emile Claus, Mme Juliette Wytsman, MM. R. Wytsman (président du jury), Victor Rousseau et Guillaume Charlier.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=202"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-006",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 189,
   "page_fin": 190,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=202",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 202,
     "page_imprimee": 189,
     "debut_caractere": 3277,
     "fin_caractere_exclue": 7976,
     "texte": "LA VISION CHEZ LES PEINTRES(1)\n\nTout récemment, au début d'un article sur l'œil de l'artiste, je faisais allusion à la théorie du docteur Fortin qui incline à croire que le peintre Eugène Carrière était atteint d'achromatisme, c'est-à-dire ne percevait pas la couleur, et à vouloir trouver dans cette anomalie visuelle l'explication de la manière de ce virtuose du blanc et du noir. Je constatais, à ce propos, les rapports étroits qui existent entre la vue ou plutôt la vision d'un peintre et les caractères généraux de sa couleur et de son dessin.\n\nLe docteur Fortin vient de me faire tenir une étude qu'il a publiée, il y a quelques semaines, dans l'Union médicale du Nord-Est, précisément sur cette question de la vision chez les peintres, non moins intéressante au point de vue de la critique d'art qu'à celui de la physiologie et de la pathologie.\n\nIl note d'abord comment un peintre peut, en se plaçant dans des conditions d'éclairage spéciales, obtenir des effets de couleur particuliers. Il cite, notamment, une expérience typique, celle des ombres colorées, qui explique le coloris observé chez certains peintres : « Étant donné, dit-il, deux foyers lumineux, l'un blanc et l'autre rouge (par l'interposition d'un verre coloré), plaçons un crayon entre ce dernier et un écran blanc; le crayon va projeter sur l'écran deux ombres. Si l'on règle bien les distances, l'une de ces ombres sera rouge et l'autre franchement verte, et cependant il n'existe nulle part de lumière verte.\n\n« A la fin d'une après-midi, dans un appartement, à l'heure où le jour commence à baisser, si l'on allume une lampe, les objets projeteront sur du blanc deux ombres colorées, l'une jaunâtre et l'autre nettement bleue.\n\n« Le peintre Bensard est assurément l'un des artistes qui a su tirer le parti le plus intéressant de ce phénomène : dans son atelier, il a, en effet, coutume de placer ses modèles entre deux sources lumineuses, la lumière du jour et une lampe recouverte d'un abat-jour. Il obtient ainsi ces tons irisés et si s'aduisants qui sont un des plus grands charmes de ses tableaux »\n\nLe docteur Fortin estime que la plus ou moins grande pigmentation des membranes de l'œil peut exercer une influence très sensible sur la perception des couleurs chez les peintres, notamment en ce qui concerne les violettes : « Ainsi, les peintres blonds, dont la chorioide est peu pigmentée, les percevront différemment, par exemple, d'une grande partie des peintres de l'école italienne, dont la chorioide, au contraire, est, en général, riche en pigment. »\n\nParmi les affections qui peuvent le plus déterminer une défectuosité dans la couleur que le peintre attribue aux objets, c'est le daltonisme qui vient en premier lieu. Des daltonistes ou daltoniens, les uns (pro anopes) ne distinguent pas le rouge; les autres (deutéranopes), ne voient pas le vert.\n\nQuoique très différentes scientifiquement, ces deux variétés du daltonisme produisent chez ceux qui en sont atteints certains effets identiques : qu'ils soient aveugles pour le rouge ou qu'ils le soient pour le vert, ils confondent le rouge et le vert et, par exemple, pour eux la cerise rouge et la feuille verte du cerisier ont la même coloration\n\n« Il ne faut cependant pas, dit le docteur Fortin, s'imaginer que le daltonien, tout au moins le plus souvent, ignorera que ce fruit, que cette fleur soit de couleur rouge; leur forme le guidera, et la maturation aidant, il sera en mesure d'affirmer qu'ils sont bien de telle couleur. Il y a là, en somme, une question d'éducation de l'œil; et c'est ce qui explique qu'un daltonien puisse parfaitement être peintre, et même peintre de grand talent. Malgré tout, cependant, bien qu'averti par les conseils de ses familiers, bien que toujours sur ses gardes, le peintre daltoniste ne pourra éviter certaines erreurs : ainsi il confondra le bleu et le violet; il verra notre rouge jaune foncé, et jaune pâle notre vert; pour lui un gris jaune sera l'egal d'un gris brun, un gris rouge d'un gris pur. De là le coloris très spécial de nombre de peintres connus et cotés, coloris dont le public s'étonne à juste titre et dont certains critiques d'art se sont ingénées à rechercher bien loin et bien vainement les raisons. »\n\nLe docteur Fortin cite plusieurs affections acquises du sens de la couleur : la vision bleue des personnes qui ont été opérées de la cataracte, la vision jaune de celles qui ont absorbé de la santonine, la vision jaune des alcooliques : « L'on sait, dit-il, que ces derniers sont atteints du scotome central pour le vert et qu'ils distinguent fort mal, par exemple, une pièce de 50 centimes d'une\n\n(1) Ce curieux article est extrait de la Libérée, qui l'a publié il y a quelques jours.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=202"
    },
    {
     "page_pdf": 203,
     "page_imprimee": 190,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 857,
     "texte": "190\n\nL'ART MODERNE\n\npièce de 10 francs. Turner, le peintre célèbre, dut très probablement, vers la fin de sa vie, être atteint de cette maladie; ce diagnostic s'impose, en effet, lorsqu'on se trouve en présence de ses dernières œuvres, toutes conçues dans une manière jaune très accentuée. »\n\nCette étude de la vision chez les peintres et de son influence sur leur peinture est un peu spéciale, mais elle est féconde en remarques originales et a ce mérite de nous aider à comprendre certaines particularités ou certains caractères de la manière de tel ou tel artiste. Plus d'une fois, il nous est certainement arrivé à tous d'admirer ou de critiquer des effets qui nous paraissaient voulus et qui n'étaient que le résultat forcé d'une affection visuelle, ou d'attribuer au parti pris ce qui n'était que la conséquence d'une infirmité.\n\nCLAUDIEN FERRIER\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-007",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 190,
   "page_fin": 190,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 203,
     "page_imprimee": 190,
     "debut_caractere": 859,
     "fin_caractere_exclue": 3122,
     "texte": "## CLOVIS HUGUES\n\nLe poète des Évocations, des Soirs de bataille et des Jours de combat, l'historien épique de Jeanne d'Arc, le dramaturge du Sommeil de Danton dans lequel revit toute l'époque tumultueuse de la Convention, vient de mourir, terrassé au moment où il achevait son dernier roman, Au Temps des cerises. Ce fut à la fois un penseur et un homme d'action. Jamais il ne dissocia son rôle d'écrivain de sa mission sociale. Et ses écrits témoignent d'une personnalité ardente, d'une imagination lyrique, d'une foi inébranlable dans un avenir de justice et de bonheur. Il avait la bonté des âmes simples et gardait dans les vicissitudes de sa vie accidentée la candeur de sa jeunesse.\n\nM. Gustave Kahn lui consacre dans le Gil Blas une étude fort belle dont nous détachons cette émouvante conclusion: « Il n'avait que cinquante-six ans, ce matin, quand la mort est venue mettre son doigt sur ses lèvres. Mais les jeunes années d'incarcération comptaient double, mais il avait connu les désillusions et les déboires de la politique, les souffrances des âmes simples et touchées du don de la poésie, parmi la bousculade des représentants autorisés des intérêts matériels. C'est avec lui une nuance d'hommes qui s'en va, de ceux qu'avaient chauffés le grand exemple de Lamartine et celui d'Hugo, voulant mêler l'action au rêve, et les deux sont meurtriers.\n\nMais, en revanche, le poète des Roses du laurier restera cher aux poètes. Il est de ceux qui leur ont montré la belle et large route de l'art social, de la belle ode ample, tragique et joyeuse, entraînant dans son frisson rythmé l'âme populaire.\n\nLe poète, dans l'idéal socialiste du monde — et c'était celui de Clovis Hugues — le poète, c'est celui qui, pendant que les autres hommes forgent, maçonnent, labourent, vaquent aux besognes de la vie, leur prépare pour la minute de repos et de rêve, après le repas du soir, une minute d'art. Parmi la bonne lassitude des autres, ses heures de travail continuent encore, il se lève et leur dit le reflet de son rêve et du leur, des joies et des mélancolies et des tendresses de leur œuvre.\n\nCe rôle de poète populaire de l'avenir, Clovis Hugues l'a, mieux que tout autre, rempli, et les roses demeureront fraîches au laurier qui verdira sur sa tombe. »\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-008",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 190,
   "page_fin": 190,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 203,
     "page_imprimee": 190,
     "debut_caractere": 3124,
     "fin_caractere_exclue": 5667,
     "texte": "## CONCOURS LYRIQUE\n\nVoici le règlement du concours lyrique institué par la Société des Bains de mer d'Ostende et dont nous avons parlé récemment:\n\nARTICLE PREMIER. — Il est ouvert, entre musiciens belges, un concours pour la composition d'une œuvre dramatique et lyrique, en un ou plusieurs actes.\n\nART. 2. — Les partitions seront inédites, c'est-à-dire qu'elles n'auront pas été publiées ni exécutées antérieurement au jugement du concours.\n\nART. 3. — Les poèmes, soit français, soit flamands, devront être l'œuvre d'écrivains belges.\n\nART. 4. — Toute liberté est laissée aux concurrents dans le choix du sujet et des moyens d'expression (éléments vocaux et instrumentaux).\n\nART. 5. — Les concurrents devront présenter à la direction musicale du Kursaal la partition d'orchestre complète et parfaitement lisible. Une réduction pour piano de la partie orchestrale sera réalisée au bas de chaque page.\n\nART. 6. — Chaque partition portera une devise; cette devise sera reproduite sur une enveloppe cachetée contenant les nom, prénoms et adresse du compositeur.\n\nART. 7. — Le jury, sélection faite entre les partitions présentées au concours, pourra, s'il le juge utile, inviter les auteurs des partitions réservées à donner une audition de leurs œuvres, dans les conditions qu'il déterminera.\n\nART. 8. — Une somme de 50,000 francs est affectée à ce concours, pour être répartie comme suit: premier prix, 25,000 francs; deuxième prix, 15,000 francs; troisième prix, 10,000 francs.\n\nART. 9. — Les œuvres présentées au concours resteront la propriété de leurs auteurs. Toutefois, M. Marquet, directeur général de la Société des Bains de Mer, se réserve le droit de faire exécuter, en première audition, les œuvres primées, soit dans le texte original, soit en traduction. Dans ce cas, le ou les auteurs s'engagent à ne pas disposer de leurs œuvres avant l'expiration du délai d'un an à partir du jugement du concours.\n\nART. 10. — Les partitions manuscrites doivent être déposées à la direction musicale du Kursaal d'Ostende au plus tard le 31 décembre 1907.\n\nART. 11. — Le jury rendra son jugement au plus tard le 31 mars 1908.\n\nART. 12. — Le jury aura seul le droit de résoudre les questions relatives au concours non prévues au présent programme. Toute demande de renseignements complémentaires devra être adressée à la direction musicale du Kursaal d'Ostende.\n\nArrêté en séance, à Ostende, le 30 mai 1907.\n\nLe jury: MM. Léon Rinskopf, président; Jan Blockx, Gustave Huberti, Maurice Kufferath, Émile Mathieu, Edgar Tinel, Léon Leserauwaet.\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-009",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 190,
   "page_fin": 190,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 203,
     "page_imprimee": 190,
     "debut_caractere": 5669,
     "fin_caractere_exclue": 6269,
     "texte": "## PUBLICATIONS MUSICALES\n\nNous signalons aux futurs chanteurs, parmi les ouvrages pédagogiques récents, les Critiques et Conseils pour l'étude de l'Art du chant de M. Th. Nachtsheim, édités par M. Georges Oertel (Maison Beethoven), à Bruxelles. L'auteur y développe des considérations auxquelles une longue expérience donne une particulière autorité et s'efforce d'enseigner aux élèves l'art de développer les moyens naturels dont ils disposent sans recourir aux artifices qui, trop souvent, perdent irrémédiablement les voix. Des exercices pratiques gradués complètent ces excellents conseils.\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-010",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 190,
   "page_fin": 191,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 203,
     "page_imprimee": 190,
     "debut_caractere": 6271,
     "fin_caractere_exclue": 6853,
     "texte": "## PETITE CHRONIQUE\n\nLe quatrième salon annuel des Indépendants s'est ouvert hier au Musée moderne. Citons parmi les artistes qui y prennent part MM. A. Bastien, R. Heintz, R. De Man, A. Blandin, W. Jelley, F. Lantoine, A. Oleffe, L. Thévenet, M. Jefferys, W. Paerels, etc. On sait que les expositions du Cercle des Indépendants sont toujours, par la variété de tendances qu'elles affirment et l'inédit qu'elles apportent, au nombre des manifestations les plus intéressantes de la vie artistique bruxelloise.\n\nDes conférences et des concerts seront organisés au cours du Salon.\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=203"
    },
    {
     "page_pdf": 204,
     "page_imprimee": 191,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 6774,
     "texte": "L'ART MODERNE\n\nL'Exposition triennale de Namur a été inaugurée le 9 juin au Kursaal de Meuse.\n\nM. Charles Buls, qui s'est toujours vivement intéressé à tout ce qui concerne l'esthétique des villes, a suggéré l'idée d'une exposition rétrospective qui ne peut manquer d'avoir un grand succès : celle de l'Habitation en Belgique.\n\nElle s'ouvrira le 14 juillet prochain à Gand, dans le nouvel Hôtel des Postes, et réunira un grand nombre de documents iconographiques relatifs à l'histoire de l'habitation depuis le Moyen Age jusqu'à l'Empire.\n\nC'est M. De Mont, l'excellent flûtiste solo du théâtre de la Monnaie, qui remplace, comme professeur au Conservatoire, le regretté flûtiste Anthoni. M. De Mont l'a emporté, au concours, sur ses cinq concurrents.\n\nLes concours du Conservatoire auront lieu dans l'ordre suivant : mardi 18, à 9 h. 1/2, trombone, trompette; jeudi 20, à 9 h. 1/2, basson, clarinette; même jour, à 3 heures, hautbois, flûte; samedi 22, à 9 heures, contre-basse, alto; même jour, à 2 h. 1/2, violoncelle; mardi 25, à 9 heures, piano (jeunes gens); mercredi 26, à 9 heures, musique de chambre, harpe et prix Laure Van Cutsem; jeudi 27, à 9 heures et à 3 heures, piano (jeunes filles); lundi 1er juillet, à 9 heures et à 3 heures, violon; mardi 2, à 9 heures et à 3 heures, violon; samedi 6, à 3 h. 1/2, chant théâtral (jeunes gens); lundi 8, à 9 h. 1/2 et à 3 heures, chant théâtral (jeunes filles, duo de chambre); lundi 15, à 2 h. 1/2, tragédie et comédie.\n\nL'École de musique et de déclamation d'Ixelles organise pour le mercredi 26 juin, à 8 heures du soir, dans la grande salle des fêtes du Musée communal d'Ixelles, un récital de déclaration par Mme Eve Francis, lauréate de l'école. Au programme : œuvres de Verhaeren, Giraud, Maeterlinck, Van Lerberghe, Gilkin, Max Waller, Eekhoud, Séverin, Rency, de Waleffe, Liebrecht, Garnir, Paul André et Marcel Angenot.\n\nLe Cercle dramatique de Schaebeek a fixé aux 7, 8 et 9 septembre prochain le Congrès d'Art dramatique que nous avons annoncé. Ce Congrès, qui a reçu l'adhésion d'un grand nombre de notabilités littéraires, sera divisé en trois sections : le Théâtre, les Sociétés, l'Education. La première traitera de l'Art dramatique, du Théâtre populaire, du rôle des sociétés d'art dramatique, du répertoire des représentations populaires, de l'encouragement aux auteurs belges. La deuxième étudiera la création de fédérations de sociétés françaises, flamandes et wallonnes, les concours d'art dramatique, etc. La troisième section délibérera sur l'éducation littéraire des amateurs, l'éducation scénique des élèves des conservatoires, etc. Adresser les adhésions au secrétariat général du Congrès, rue Royale Ste-Marie, 37, à Bruxelles, qui fera parvenir un programme détaillé à ceux qui lui en feront la demande.\n\nLe Syndicat des industries du Livre de la Flandre orientale organise un concours pour le dessin d'ex-libris. Ce concours comprendra plusieurs sujets ou catégories; un prix d'une valeur de 50 francs sera affecté à chaque catégorie. Il coincidera avec l'Exposition d'ex-libris anciens et modernes qui aura lieu dans une salle de la bibliothèque de l'Université et de la ville de Gand pendant les mois de juillet et d'août prochains.\n\nLe concours pourra comprendre en outre des sujets désignés par des amateurs.\n\nLe programme détaillé sera envoyé aux personnes qui en feront la demande au Secrétariat, rue Longue des Violettes, 23, à Gand.\n\nLa ville de Venise vient d'acquérir, pour son Musée, la Messe basse de M. Alfred Delaunois, actuellement exposée au pavillon belge du Salon des Beaux-Arts. Une toile de M. Viérin, En Flandre, a été achetée par le Musée d'Udine. Le Musée de Rome a acquis une Hiercheuse d'A. Rassenfosse et une aquarelle, Veere, d'H. Cassiers. Le Roi d'Italie a choisi pour sa collection particulière le Dégel (eau-étoile d'A. Baertsoen, et, pour le Musée de Venise, une aquarelle d'A. Marcette : Vers l'anbe.\n\nLe Lac d'amour, de F. Khnopff, diverses eaux-fortes et aqua-relles de Baertsoen, Rassenfosse, Cassiers; des bronzes de V. Rousseau, etc., ont été vendus à des particuliers.\n\nPour réjouir Max Elskamp et Edmond de Bruyn, fondateurs, à Anvers, du Musée de la Tradition populaire : On vient d'ouvrir à Rouen, dans un des vieux logis contigus à la cathédrale, une exposition d'imageries de toutes époques, empruntées aux collectionneurs rouennais : calendriers religieux, royaux, républicains, images de saints très adroitement classées, cantiques populaires, jeux de cartes, de l'oie et autres, abécédaires, images découpées, vieilles éditions, images genre Épinal, jusqu'à un lit normand qui meuble l'ancienne demeure : ensemble pittoresque dans un cadre adéquat.\n\nC'est le Comité pour le rachat de la maison de Pierre Corneille qui a pris l'initiative de cette manifestation.\n\nOn nous écrit de Londres que Mme Schmidt a donné la semaine dernière, avec le plus grand succès, un concert à la Salle Bechstein. L'auditoire l'a particulièrement applaudié pour la pureté de style et la sonorité limpide avec laquelle elle a interprété un concerto de Mozart, la sonate le Tombeau de J.-M. Leclaire, une Allemande et une Gigue d'E. Walther. « Parmi les nombreuses violonistes femmes qui résident à Londres, Mme Henriette Schmidt est certainement la plus sérieusement et la plus musicalement douée. » Telle est, sur notre compatriote, l'opinion du Morning Post, qui reflète exactement l'impression générale.\n\nDe Paris :\n\nLe Salon d'automne ouvrira ses portes du 4er au 22 octobre prochain. La réception des envois aura lieu au Grand-Palais, porte C, les 6, 7, 8, 9 et 10 septembre. On peut dès maintenant envoyer les projets d'architecture et d'art décoratif, qui seront reçus tous les jeudis, de deux à quatre heures. Les manuscrits pour la section musicale doivent être adressés à M. Armand Parent, 37, rue de l'Université. Les intéressés trouveront des règlements et des notices au Grand-Palais, porte C.\n\nL'État français vient d'acquérir le Torse de femme de B. Hoetger, qui figura il y a deux ans au Salon de la Libre Esthétique, ainsi qu'un groupe en bronze de Mme Camille Claudel, — l'un et l'autre exposés dans la nouvelle galerie que viennent d'ouvrir MM. Richepanse et Eugène Blot.\n\nM. Gabriel Pierné achève en ce moment une partition du Bourgeois gentilhomme sur un livret tiré par MM. Auguste Germain et Paul Moncousin du chef d'œuvre de Molière.\n\nPelléas et Mélisande de M. Claude Debussy sera joué prochainement à New-York. M. Hammerstein, directeur du Manhattan, en a acquis le droit exclusif dans cette ville. Mme Mary Garden a été spécialement engagée pour interpréter Mélisande.\n\nParaitre incessamment chez MM. Schott frères à Bruxelles : L'Œuvre dramatique de César Franck (Hulda et Giselle), par Ch. VAN DEN BORREN. Un vol. in-8°; prix : 3 fr. 50.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=204"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1907-06-16-n24-011",
   "tome": "1907",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1907-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 191,
   "page_fin": 192,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=204",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 204,
     "page_imprimee": 191,
     "debut_caractere": 6776,
     "fin_caractere_exclue": 7589,
     "texte": "LIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & C°\n\n16, rue du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nALFRED STEVENS\n\npar\n\nCamille Lemonnier.\n\nET SON ŒUVRE\n\nUn volume de grand luxe, de format in-folio, contenant 42 planches hors texte, tirées en hélotypie sur presse à bras, d'après les chefs-d'œuvre d'Alfred Stevens actuellement exposés à Bruxelles.\n\nLe texte de Camille Lemonnier est, en même temps qu'une étude approfondie de la personnalité et de l'art d'Alfred Stevens, une reconstitution brillante de la vie artistique et mondaine à Paris sous le second Empire. Ce texte est suivi des « Impressions sur la Peinture » d'Alfred Stevens lui-même.\n\nL'ouvrage est tiré à 350 exemplaires numérotés, reliés en parchemin avec titre et ornementation dessinés par l'artiste Georges Lemmen.\n\nPrix : 80 francs.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=204"
    },
    {
     "page_pdf": 205,
     "page_imprimee": 192,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 3855,
     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,  \nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\n---\n\n## LE COURRIER EUROPÉEN\n\nHEBDOMADAIRE INTERNATIONAL  \n280, BOULEVARD RASPAIL, PARIS\n\nComité de direction : Bjørnsjørne Bjørnsen, Jacques Novicow,  \nNicolas Salmeron, Gabriel Séailles, Charles Seignobos, Giuseppe Sergi.\n\nRédacteur en chef : Louis Dumur\n\nCollaborateurs de premier rang de tous pays. — Informations originales. — Indispensable à toute personne désirant suivre le mouvement politique international.\n\n<table>\n  <tr>\n    <th>FRANCE</th>\n    <th>UNION POSTALE</th>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Un an . . . . . . fr. 12,00</td>\n    <td>Un an . . . . . . fr. 15,00</td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Six mois . . . . . . 7,00</td>\n    <td>Six mois . . . . . . 8,00</td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Trois mois . . . . . . 3,50</td>\n    <td>Trois mois . . . . . . 4,00</td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Le n° . . . . . . 0,25</td>\n    <td>Le n° . . . . . . 0,30</td>\n  </tr>\n</table>\n\nDemandez un numéro spécimen gratuit.\n\n---\n\n## ÉDITIONS SCHOTT FRÈRES, A BRUXELLES\n\nBLOCKX, Jan — Triptyque symphonique pour orchestre.  \nPartition et parties, chaque 10 francs net.\n\nBOSQUET, E. — Ecole du Pianiste virtuose . . . . 7 fr. 50 net.\n\nDUPUIS, Albert. — Fantaisie rapsodique, dédiée à Ysaye,  \npour violon et orchestre ou violon et piano 7 fr. 50.\n\nMOSZKOWSKI, M. — Deux morceaux pour piano :  \n1. Caprice; 2 l'Agilità (Etudes). chacune 2 fr. 50.\n\nTHOMÉ, Francis. — Cinq morceaux pour piano.  \n1. Gavotte madrigal; 2. Pendant la valse;  \n3. Duo d'amour (Idylle); 4. Menuet de la Reine; 5. Sarabande.  \nChacune 2 francs.\n\nWIENIAWSKI, Jos. — Suite romantique, pour orchestre.  \nLa partition . . . . . . 10 francs.\n\nSchott Frères, Editeurs, 56, Montagne de la Cour.  \nMagasins de Pianos, 21, chaussée de Wavre (Ixelles).\n\n---\n\n## E. DEMAN, Libraire-Éditeur\n\n14, rue de la Chancellerie, à Bruxelles\n\nŒUVRES de MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN,  \nVILLIERS de l'ISLE ADAM  \nConstantin MEUNIER, Félicien ROPS, etc.\n\nBulletins périodiques d'ouvrages rares et précieux en vente aux prix marqués.\n\nCatalogue envoyé gratuitement sur demande.\n\nDirection de ventes publiques de livres et estampes. Expertises.\n\n---\n\n## Le Courrier musical\n\nDirecteur : M. Albert DIOT  \nParaissant le 1er et le 15 de chaque mois.  \nRédaction et Administration : 29, rue Tronchet, Paris.\n\nABONNEMENTS : France, 12 francs l'an; Étranger, 15 francs.  \nDépôt pour la Belgique chez MM. Breitkopf et Hertel, Bruxelles.\n\n---\n\n## MERCURE DE FRANCE\n\n26, RUE DE CONDÉ, PARIS\n\nParait le 1er et le 15 de chaque mois et forme dans l'année six volumes\n\nLittérature, Poésie, Théâtre, Musique, Peinture,  \nSculpture, Philosophie, Histoire,  \nSociologie, Sciences, Voyages, Bibliophilie, etc.\n\nPrix du numéro : France, 1 fr. 25; étranger, 1 fr. 50.  \nAbonnement annuel : France, 25 francs; étranger, 30 francs.\n\n---\n\n## Fabrique de cadres pour tableaux.\n\nCh. XHROUET  \n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadre de tous styles et d'après dessin pour tableaux  \naquarelles, pastels, etc.\n\nLE PLUS GRAND CHOIX DU PAYS  \nPRIX MODÉRÉS\n\n---\n\n## La Presse Européenne\n\nCoupures de journaux artistiques, commerciaux,  \npolitiques et financiers\n\nBruxelles, 54, rue de Longue-Vie.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \nL'Encre à écrire indélébile  \nBLUE-BLACK Van Loey-Noury  \nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\n---\n\nBruxelles. — Im. V° MONNOM, 32 rue de l'Industrie.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1907-f.pdf#page=205"
    }
   ]
  }
 ]
}