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     "texte": "VINGT-HUITIÈME ANNÉE.\n\nN° 36.\n\n6 SEPTEMBRE 1908.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Floury, 1, boulevard des Capucines.\n\nSOMMAIRE\n\nCamille Mauclair (FRANCIS DE MIOMANDRE). — Le Mont des Arts (OCTAVE MAUS). — La Madone de Bruges. — Publications artistiques : Gli impressionisti francesi, da Vittorio Pica (O. M.). — Au Casino de Spa (J. S.). — Le Congrès d'Arlon. — Le Métier d'Ecrivain. — La Statue de Province. — Glanures. — Théâtre royal de la Monnaie. — Petite Chronique.",
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     "texte": "CAMILLE MAUCLAIR\n\nLes Clefs d'or, autrefois, et, plus récemment, le Mystère du visage avaient donné au public la mesure de M. Camille Mauclair comme conteur. Mais il n'a pas voulu s'en tenir là et il a tenté de renouveler sa manière en écrivant l'Amour tragique (1).\nJ'emploie ici — faute de mieux — une expression inexacte. On ne renouvelle pas une manière, on l'applique à d'autres sujets de l'expérience, du rêve et de la vie. M. Camille Mauclair a employé son style si parti-\nculier d'analogiste et de poète à l'exposition de quelques crises morales, et son tact de psychologue à ne pas les dénouer. Car pas plus qu'un adroit romancier, la vie ne dénoue ce qu'elle a resserré, et lorsqu'on ne devine pas cela, on travaille dans l'artificiel.\nA vrai dire ces courtes nouvelles ne sont pas précisément des contes mais plutôt des abrégés de romans, des raccourcis et des schémas de drames. Elles sont prodigieusement intenses et, lorsqu'on les a achevées, on garde, avec je ne sais quelle gêne de cette constriction insolite et de ces dénouements brusques et désespérés, une admiration de plus pour le prodigieux talent de l'écrivain qui les a conçues.\nEn effet, je ne sais si vous vous en apercevez (et je crains bien que non, car la critique est fort mal faite), mais M. Camille Mauclair est l'écrivain le plus étonnant d'aujourd'hui. Je ne sais pas où s'arrête ce qu'il sait, mais je sais qu'il devine le reste. Il a le style le plus solide et le plus doux, un tel sens de la composition qu'il traitera le même sujet suivant les proportions d'un livre ou d'un article de journal avec la même maîtrise, et aussi complètement, et aussi en ordre dans les deux cas. Il a un système d'idées générales si fortement articulé, si délié, qu'il embrasse et retient tout objet quelconque de la connaissance. Il n'envisage jamais rien de séparé.\nA côté de lui, certains, dont l'intelligence passe pour illustre, paraissent de pauvres petits rhéteurs, essoufflés, acharnés sur une idée ou deux par peur de n'en pouvoir saisir trois, font bien piètre figure en un mot, et je préférerais être à sa place qu'à la leur, malgré qu'ils aient la gloire, l'Académie, le suffrage des vieux, fati-\n\n(1) L'Amour tragique, par M. CAMILLE MAUCLAIR. Paris, Calmann-Lévy",
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     "texte": "282\n\nL'ART MODERNE\n\ngués, et des jeunes, trop naïfs, l'argent, les succès mon-\ndains, les théâtres, et que lui soit obligé de se réimposer\nau public à chaque œuvre nouvelle, avec la même verve\nbrillante et jamais fatiguée, bizarre victime d'une éter-\nnelle jeunesse.\n\nMais ce qu'il a de tout à fait particulier, de plus inté-\nressant que son intelligence, que l'étendue de ses con-\nnaissances, que sa raison jamais en défaut, c'est le\ntimbre que je découvre en son style, le je ne sais quoi\nde vibrant et de secret qui nous fait voir que nous\nsommes en présence de la poésie et non de l'écriture et\nque je ne vois guère que lui, aujourd'hui, à posséder.\nNotez que dans sa production courante il s'ingénie à\nétouffer ce timbre, mais il ne parvient pas à le faire\ndisparaître, et on l'entend malgré tout. Jamais plus,\ncependant, que lorsque, permettant à sa fastueuse ima-\ngination de s'attarder aux spectacles qui lui plaisent et\nd'écouter les chants qui la charment, il écrit par\nexemple le Poison des Pierreries, ce conte à la fois\npsychologique et oriental, hanté d'occulte et réel, bar-\nbare et subtil, vivant et fabuleux. Je ne veux parler\nni de l'invention, qui en est géniale, ni des détails, qui\nsont de la plus riche qualité picturale, mais seulement\nde cette phrase, souple, étirée, nombreuse, s'avancant,\nonduleuse et sûre, et sans cesse, du terme concret au\nterme abstrait, gracieuse d'adjectifs rutilants et rares,\npareille vraiment, en ses subtiles démarches, à un corps\nde serpent dont l'échine serait les quelques points\nsolides de ces verbes dont M. Camille Mauclair a le\nsecret: tant ils sont simples, nécessités par tout le reste,\net cependant inattendus, et uniques.\n\nDepuis Villiers, je n'en avais pas entendu de pa-\nreilles.\n\nLa vérité, c'est qu'il y a en M. Camille Mauclair,\nmalgré qu'il ait fort peu écrit de vers, un poète, un\nvrai poète. Et un vrai poète, c'est extrêmement rare.\nDepuis Verlaine il n'y en a pas eu beaucoup, et il est\nfort curieux (encore que ce soit pour le principal inté-\nressé la source d'un nuisible malentendu) qu'un des seuls\nauthentiques poètes que nous ayons, soit un des écri-\nvains qui ait le plus écrit en prose, — tellement que\nquelques-uns, bonnes âmes, affectent de le tenir pour\nun chroniqueur.\n\nC'est une des fiertés de l'Art moderne qu'il laisse à\nses collaborateurs la liberté la plus entière d'exprimer\nleurs opinions. Je sais que nulle part ailleurs je n'au-\nrais pu dire tout ce que j'y ai dit depuis deux ans, bra-\nvant tantôt l'opinion vulgaire et tantôt (ce qui est\nfameusement plus malaisé) l'opinion des coteries.\n\nLe gros, gros public ignore M. Mauclair, et les petites\nchapelles ne sont pas prodigues envers lui de leur en-\ncens. Mais tout cela, pour moi, n'a aucune importance.\n\nCe que je viens de dire à propos de l'écrivain de\nl'Amour tragique ne s'applique pas précisément à\n\nl'Amour tragique, mais l'apparition de ce livre était\npour moi une excellente occasion d'exprimer certaines\nidées qui me sont très chères. J'ai trop souvent, par\nune politesse d'ailleurs fort mal appréciée, fait preuve\nd'une bienveillance banale envers des livres qui ne\nvalaient guère que par l'honnêteté des intentions. Mais\nle ton fait la chanson, il me semble.\n\nEt si je répète ici que je considère M. Camille Mau-\nclair comme un écrivain tout à fait unique, et très\nvilainement méconnu, et qui a laissé passer devant lui\nbien des imbéciles, je tiens à ce qu'on sache que je\nle pense complètement, sans politesse.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE",
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     "texte": "LE MONT DES ARTS\n\nLe malencontreux projet du Mont des Arts a décidément une\n« mauvaise presse ». Bruxelles s'est à peine ressaisi de la stupeur\ndont l'a frappé, il y a quelques mois, l'exposition d'une réduction\ndu mastodonte en pierres de taille proposé à son admiration. De\ntoutes parts surgissent les protestations. Cette fois, c'est la com-\nmission sénatoriale du budget extraordinaire qui attaque le mons-\ntre de front. Ce collège de sages conclut, en effet, au rejet de tous\nles projets du gouvernement. Il condamne l'idée du Mont des\nArts, blâme celle d'empiéter à nouveau sur le Parc et déclare inu-\ntile la jonction des gares du Nord et du Midi. C'est un « patatras »\nqui a dû résonner douloureusement au ministère des travaux\npublics.\n\nCertes la délibération de la Commission sénatoriale n'a-t-elle\nqu'une valeur consultative. Elle n'en est pas moins importante\nen ce qu'elle reflète officiellement une opinion que le Sénat, selon\ntoutes vraisemblances, consacrera d'une manière définitive et qui\nest d'ailleurs, en ce qui concerne tout au moins les deux premiers\npoints, celle du pays.\n\nC'est à l'unanimité que les membres de la Commission ont\nrepoussé le projet actuel du Mont des Arts et proposé d'étudier\nd'autres projets pour loger les musées. S'il faut approuver ces con-\nclusions on peut s'étonner de certaines considérations émises au\ncours de la discussion et dont le rapport se fait l'écho. Un des\nmembres a conseillé, paraît-il, de réunir toutes nos collections\nartistiques au Palais du Cinquantenaire et d'affecter les bâtiments\ndu Musée ancien à quelque autre destination, à un ministère par\nexemple! C'est méconnaître le rôle éducateur des musées, qu'il\nimporte d'installer au centre des agglomérations afin que chacun\npuisse jouir, sans perte de temps, des enseignements qu'ils dis-\npensent. Nous le disions, tout récemment, à propos du Musée\nd'Ixelles, et la presse quotidienne s'est associée à nous pour\ndemander le prompt déménagement de ce musée dans un édifice\nplus aisément accessible au public.\n\nL'argument invoqué pour exiler à l'une des extrémités de la\ncapitale les musées de peinture et de sculpture qui en sont la plus\néclatante parure est tout à fait inattendu. Il dénote chez le sénateur\nqui l'a imaginé un « budgétarisme » vraiment excessif. A l'en\ncroire, « il serait impossible de continuer à multiplier sur le ter-\nritoire de Bruxelles les bâtiments publics qui ne paient pas de con-",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## tributions » (sic). En ce cas, pourquoi ne pas convertir les églises en maisons de rapport? Songe-t-on à expédier les fidèles dans la banlieue pour y entendre la messe?\n\nLes musées sont les temples où s'exerce le culte esthétique. Ils sont une nécessité sociale au même titre que les hôtels de ville, les palais de justice, les casernes et les gares. Mais pour qu'ils répondent à leur destination ils doivent être ouverts aux passants dans les centres les plus populieux.\n\nL'idée de classer les bâtiments du Musée, en les désaffectant, au rang des immeubles frappés par l'impôt révèle une mentalité de receveur des contributions, sans plus. On nous permettra de ne pas en tenir compte. La commission ne s'en est heureusement pas souciée davantage. Regrettons toutefois que le rapport ne nous ait pas livré le nom du tondeur de liards qui l'a émise. Il mérite de passer à la postérité.\n\n---\n\n**OCTAVE MAUS**",
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     "texte": "## LA MADONE DE BRUGES\n\nDans son dernier feuilleton artistique du Journal de Bruxelles (1), notre collaborateur M. Fierens-Gevaert s'occupe de Bruges, et spécialement de la célèbre Vierge, attribuée à Michel-Ange, qui, à l'église de Notre-Dame, surmonte l'autel du Saint-Sacrement.\n\n« Il n'est plus personne, je crois, dit-il, qui conteste qu'elle soit l'œuvre du sublime Florentin. Romain Rolland, Marcel Reymond, Corrado Ricci la donnent sans hésitation au maître. Pourtant, la preuve irréfutable de cette attribution fait défaut. Essayons donc d'asseoir notre conviction et celle des critiques.\n\nUn élève de Michel-Ange, Ascanio Condivi, dans la Vie de son maître qu'il écrivit en 1533; dit que le Buonarroti coula en bronze une Madone avec son fils sur ses genoux, laquelle lui fut payée 200 ducats par certains marchands flamands, les Moscheroni (les Mouscron) appartenant à une famille très noble, et qui expédierent l'œuvre en Flandre. Vasari se contente de reproduire Condivi, en ajoutant toutefois que le bronze était circulaire : una Nostra Donna in tondo. Les Flandres ne possèdent aucune œuvre répondant à cette description. Mais comme le remarque M. Ricci, les biographes, écrivant un demi-siècle après l'achèvement de la Madone, ont pu fournir des indications inexactes au sujet d'un groupe qui depuis longtemps avait quitté l'Italie et parler d'un tondo en bronze quand il s'agissait d'un groupe de marbre. L'erreur est forte pourtant. Mais voici qui commence à nous sortir du doute. Plusieurs membres de la famille des Mouscron ont leurs sépultures dans la chapelle où brille la Nostra Donna. En outre, le 8 avril 1531, Albert Dürer traversant Bruges note dans son journal : Darnach sahe das Alabaser Marien-Bilt zu Unser Frauen, das Michael Angelo von Rohm gemacht hat. Ce témoignage, suivant de si près la date où les Mouscron offrirent l'œuvre, doit suffire à dissiper toute hésitation.\n\nLequel d'entre les Mouscron est le donateur, et à quelle date exactement la Madone fut-elle placée dans la chapelle du Saint-Sacrement? M. Weale dit que le groupe fut offert en 1514 par Jean Mouscron. C'est possible; mais ce n'est point Jean Mouscron qui commanda l'œuvre. Une lettre adressée le 4 août 1506\n\n(1) 24 août 1908.\n\npar le banquier Giovanni Balducci à son ami Michel-Ange et dans laquelle il n'est malheureusement pas question de la Madone contrairement à ce que dit Gaetano Milanesi) nous fait croire que Jean n'est qu'un héritier des deux Mouscron cités par Balducci dans ladite lettre : Giovanni e Alessandro Moscheroni, qui semblent les véritables acheteurs. Balducci, dans sa lettre, parle de leurs héritiers de Bruges, et conseille de leur envoyer un mandataire, Francesco da Puglie-e, qu'il recommande à Michel-Ange. J'ajouterai seulement, pour ne point prolonger ces notes, que Jean Mouscron, fils d'Alexandre, reçut sans doute la Madone en héritage et l'offrit à l'église Notre-Dame en mémoire de son père.\n\nL'exquis chef-d'œuvre fut exécuté vers 1505. Le Buonarroti était rentré à Florence après avoir exécuté à Rome sa Pietà, ce premier chef-d'œuvre où le Christ mort repose sur les genoux de sa mère restée miraculeusement jeune et belle. A Florence le maître sculpte le David colossal qui le fait proclamer le premier sculpteur de son temps. En 1505 il peint pour Angelo Doni la Sainte-Famille des Offices et compose son célèbre carton de la Bataille des Cascine qui n'est plus connu que par des gravures. Et tandis qu'il conçoit et exécute cette formidable mêlée d'athlètes où ses modèles sont les frères de ressuscités qui tendent leurs muscles dans le Jugement Dernier, de Luca Signorelli, il taille les deux adorables Madones circulaires de Londres et de Florence et sa Vierge des Moscheroni...\n\nGrimm place le groupe de Bruges au rang des principales productions du maître, — et non sans raison. Son élégance semble ravie à Mino da Fiesole, sa gravité à Donatello ou à Jacopo della Quercia. Le modélé des chairs est une pure caresse; les ombres et les lumières vibrent doucement autour de l'œuvre, l'enveloppent d'un clair-obscur saisissant qui semble se dégager du marbre. De plus le maître excelle à cette époque dans la reproduction de l'enfance. Le petit Jésus — le même que celui du tondo de Londres, — a bien les formes pleines, rebondies, le sourire d'un enfant; plus tard les enfants du terrible sculpteur seront trop souvent de petits hercules... L'influence de Jacopo della Quercia, de qui les travaux avaient tant frappé Michel-Ange à Bologne, est particulièrement piquante à souligner. Ce sculpteur, qui apparaît un peu comme un isolé parmi les marbriers de son temps, doit sa gravité, sa fermeté d'exécution, son système de draperies aux imagiers flamands qu'il connut sans doute par des moulages. Et dès lors n'est-il pas curieux de constater son action sur ce Michel-Ange qui affecta dans la suite un pittoresque dédain pour l'art des Flandres et cela dans une œuvre du Buonarroti, conservée à Bruges, première capitale de l'art flamand?\n\nL'expression douce et mélancolique de la Vierge des Mouscron reste en parfaite harmonie avec la grâce de Bruges. Cette Madone italienne est chez elle dans la Maria-Stede, la ville de Marie Les archives de l'église Notre-Dame qualifient l'admirable image de « seer rikelic ende costelic ». Ce langage brugeois est bien expressif; mais on peut voir un peu plus dans la « Nostra Donna dei Moscheroni ». Pour un moment l'antiquité cesse d'absorber Michel-Ange; le souvenir des sermons de Savonarole, la lecture de Dante et de la Bible vont façonner son âme de grand chrétien. Le sourire triste de la Madone de Bruges prélude aux évocations pathétiques de la Sixtine, et la délicieuse figure qu'on admire dans la mystique cité du Nord annonce l'humanité douloureuse et grandiose que l'Angiol divino de la Renaissance va créer pour les voûtes du plus illustre sanctuaire de la Rome papale. »",
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     "texte": "AU CASINO DE SPA\n\nSans doute, ce n'est pas précisément à des manifestations de grand art que sont consacrés les kursaals, casinos et autres établissements élevés, souvent à grands frais, par les cités balnéaires, et rares sont les salles qui ne pèchent par des défectuosités considérables et toujours répétées : les exigences de l'acoustique, celles des installations de l'orchestre, etc., semblent choses de trop minime importance pour ne plier point devant la recherche de l'espace toujours plus vaste réservé à l'auditoire.\n\nM. Chambon, l'intelligent architecte de l'élégant Casino de Spa, — dont la rapidité de construction a tenu du prodigieux, — n'a pas trop mal réussi à concilier ces desiderata si divers : les concerts et représentations dramatiques donnés jusqu'à présent ont attesté que le local répond, dans toute la me-ure du possible, aux conditions voulues pour éviter les échos, toujours si redoutables, et la saxiphonie qui s'ensuit inévitablement. C'est un grand point.\n\nParmi ces représentations, il convient de tirer hors de pair celles de Carmen et de Mireille qui ont fourni au très nombreux public assistant l'occasion d'adminer et d'applaudir sans réserve les qualités si complètes de Mmes Marguerite Sylva et Eyreams.\n\nJ. S.\n\n---",
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     "texte": "PUBLICATIONS ARTISTIQUES\n\nGli Impressionisti francesi, da Vittorio Pica. Deux cent cinquante-deux illustrations dans le texte et dix hors-texte. Bergame, Institut italien d'arts graphiques.\n\nPoursuivant avec autant d'ardeur que de clairvoyance ses études et notices sur l'art d'aujourd'hui, M. Vittorio Pica, l'infatigable apôtre de l'esthétique moderne, vient de résumer en un attrayant volume l'évolution accomplie par les peintres impressionnistes français. On y peut suivre, étape par étape, dans un texte clair et précis qu'illustrent les portraits des artistes cités et d'excellentes reproductions de leurs œuvres principales, au nombre de plus de deux cent cinquante, le développement du grand mouvement libérateur. « Dans l'histoire si variée et si glorieuse de la peinture française au xixe siècle, dit l'auteur, il faut envisager surtout trois grandes périodes d'une évolution émancipatrice née de la haine des conventions académiques et qui a exercé une large et profonde influence sur l'art des aures nitions. La première est celle des paysagistes de Fontainebleau; la deuxième, celle du réalisme de Courbet, de Millet et de Daumier; les impressionnistes incarnent la troisième. »\n\nM. Pica retrace en historien fidèle les origines de l'impressionnisme. Il consacre à ses précurseurs et initiateurs une introduction dans laquelle sont évoquées incidemment les sympathiques physionomies de Lépine, de Jongkind, d'Eugène Boudin. Les grands noms: Édouard Manet, Claude Monet, Renoir, Degas, Pissarro, Sisley, Cézanne, s'inscrivent en tête de chapitres spéciaux ou, groupés, sont réunis à ceux des artistes que leur vision a rapprochés de la leur. M. Pica rend hommage, en tel chapitre, à Eva Gonzalès, Marie Bracquemond, Berthe Morisot, Mary Cassatt. En tel autre, il étudie le néo-impressionnisme de Seurat, de Signac, de Cross, de Van Rysselberghe et la vision synthétique d'un Gauguin, d'un Van Gogh. Il montre comment les plus récents des maîtres d'aujourd'hui, les Maurice Denis, les Vuillard, les Roussel, les Bonnard, s'apparentent, bien que leurs procédés s'éloignent des leurs, à leurs illustres prédécesseurs. Mais pour ceux ci, l'auteur se borne à des indications sommaires. Sans doute se propose-t-il, et l'on en peut exprimer l'espoir, de les étudier de plus près dans un volume nouveau, destiné à compléter la publication qu'il vient d'achever.\n\nSon livre est un excellent ouvrage de vulgarisation et une contribution utile à l'histoire de l'art. Le choix judicieux des illustrations lui confère un incontestable intérêt documentaire, qui est plus grand, il est vrai, si M. Pica avait ajouté aux titres des tableaux reproduits la mention des musées ou collections qui abritent ceux-ci. Le grief est d'ailleurs léger, et l'omission pourra être réparée dans une prochaine édition. L'auteur devrait, en outre, lorsqu'il fera réimprimer ou traduire son ouvrage, restituer au tableau de Fantin-Latour erronément intitulé par lui Hommage à Manet son véritable titre, qui est Un atelier aux Batignolles. Il importe de respecter l'état-civil des œuvres d'art, afin de ne pas compliquer inutilement la tâche des historiographes.\n\nO. M.\n\n---",
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     "texte": "LE CONGRÈS D'ARLON\n\nNous avons annoncé la prochaine réunion à Arlon d'un congrès pour la culture et l'extension de la langue française.\n\nLe Gil Blas consacre à ce projet, par la plume de M. Ernest Charles, des réflexions que nous reproduisons d'autant plus volontiers qu'elles constituent pour notre compatriote M. Maurice Wilmotte un hommage auquel nous sommes heureux de nous associer.\n\n« Le congrès d'Arlon consacrera et développera une œuvre déjà très considérable accomplie depuis le premier congrès pour l'extension et la culture de la langue française qui eut lieu à Liège pendant l'Exposition, dit M. Ernest Charles. Il faut tout de suite rendre l'hommage qui lui est dû au promoteur de ce congrès, à l'éminent professeur de l'Université de Liège, M. Maurice Wilmotte. M. Maurice Wilmotte, qui est un savant très érudit des choses anciennes, est en même temps un esprit très moderne. Il a écrit sur la Belgique contemporaine considérée au point de vue politique, moral et même littéraire, une étude excellente, riche en renseignements, nette et d'une clarté toute française. On lui doit un ouvrage intitulé : Trois Semeurs d'idées, où il a fait d'Emile Faguet, entre autres, une étude approfondie qui pour être très flatteuse n'en est pas moins très juste. Il collabore fréquemment aux importantes revues parisiennes, à la Grande Revue, particulièrement. Il écrit régulièrement sur les mille et une questions que soulève l'actualité intellectuelle dans les journaux de Belgique. Il trouve le loisir, néanmoins, de faire de nombreuses conférences. Et il est, en effet, un conférencier disert, toujours élégant, dont la parole facile, abondante, souple, n'est jamais vaine... Il a le goût de l'action. Et il l'a prouvé de la façon la plus heureuse et la plus efficace. Il a compris que le moment était opportun, non pas seulement pour lutter en faveur de la langue française, mais aussi, mais d'abord pour dénombrer et par conséquent pour rassembler les sympathies que peut compter encore la langue française dans l'univers, pour mesurer les conquêtes qu'elle a réalisées, pour mesurer également, hélas! le terrain",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nqu'elle a perdu depuis le temps où l'Académie royale de Berlin mettait au concours ce sujet : Quelles sont les raisons qui ont fait de la langue française la langue universelle? Est-il à présumer que la langue française conserve cette universalité? Enfin, pour maintenir intégralement et accroître si possible le domaine de la langue qui fut, qui est toujours la langue par laquelle se propagent toutes les idées nouvelles bienfaisantes à l'humanité...\n\nDe l'initiative hardie et persévérante de M. Maurice Wilmotte résulta ce congrès de Liège qui fut un succès notable, on pourrait presque dire un triomphe pour la cause de l'extension et de la culture de la langue française. Ensuite, des congrès, des associations se formèrent, durables, définitives, pour l'extension et la culture de la langue française. La Suisse elle-même ne demeura pas complètement réfractaire.\n\nLe congrès d'Arlon précisera les résultats obtenus, et M. Maurice Wilmotte, en se rappelant les premiers débuts, pourra certainement se dire que ces résultats sont déjà significatifs et qu'il n'a pas en pure perte dépensé si généreusement son activité prévoyante... Sans nul doute le congrès donnera à l'œuvre une impulsion plus grande encore, en ranimant le zèle de tous les adhérents des associations, et en déterminant les tâches qu'il est désormais le plus urgent d'accomplir... Les quatre sections du congrès, la section de propagande, la section littéraire, la section pédagogique, la section scientifique ont, chacune, un programme copieux. Pour ne parler que de la section littéraire, elle étudiera les questions les plus spéciales, ainsi la réduction de taxe postale comme adjuvant de la propagande intellectuelle de la France, et les questions les plus générales, mais en même temps de l'actualité la plus pressante, ainsi la pornographie et les lettres françaises. Et à cet égard, aucune incertitude possible : le congrès s'associera à la campagne vigoureuse qui a été menée depuis quelques années par les plus clairvoyants champions de notre influence littéraire, il approuvera pleinement les principes vivement exposés ces derniers mois par Georges Lecomte, au nom de la Société des Gens de Lettres, et il proposera vraisemblablement des mesures efficaces pour dérouter la bande des pornographes, qui font impudemment métier de pornographie, qui jusqu'ici ont pu prendre rang parmi les gens de lettres, grâce à l'indulgence complice des camaraderies parisiennes, mais qui commencent à être démasqués, et seront mis peu à peu, j'en ai le ferme espoir, hors d'état de nuire à notre bonne réputation intellectuelle et morale et, par suite, à notre influence, même dans les autres nations. »\n\nAjoutons que le congrès d'Arlon aura lieu les dimanche 20, lundi 21, mardi 22 et mercredi 23 septembre.",
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     "texte": "## LE MÉTIER D'ÉCRIVAIN\n\nNotre époque, dit-on, est particulièrement fructueuse pour les écrivains de talent ou même pour ceux qui ont simplement de la chance. On cite telle pièce de théâtre qui a rapporté plus de deux millions à son auteur, tel roman qui a rapporté 300,000 francs. Mais ces recettes sont exceptionnelles. On peut d'ailleurs leur comparer la vente de certains ouvrages écrits il y a plus d'un demi-siècle.\n\nL'Histoire du Consulat et de l'Empire, de Thiers, a été payée 500,000 francs, dont la moitié acquittée d'avance. L'éditeur a de plus acheté à Thiers, comme instruments de travail, pour 13,000 francs de cartes, collections, livres, etc., ce qui faisait en tout pour l'historien du Consulat la coquette somme de 513,000 francs.\n\n« Le vent du siècle, écrivait un cri que illustre, est à Napoléon, et la plume de Thiers, comme sa parole, est celle qui voltige le mieux au vent du siècle. Le Voltaire de ce temps, c'est un peu M. Thiers. »\n\nLamartine aurait, dit-on, lui aussi réalisé de grosses ventes, ce qui ne l'a pas empêché de mourir dans une situation proche de la misère. Un libraire s'est en effet trouvé pour acheter ses œuvres passées, présentes et futures. Byron, Walter Scott, Chateaubriand et d'autres se sont enrichis par la seule vente de leurs livres et s'il n'est rien resté à quelques-uns au moment de leur mort, ce ne fut certainement pas la faute de leurs lecteurs. Rappelons enfin que le Constitutionnel de Véron, l'ancien directeur de l'Opéra, avait publié le Juif errant d'Eugène Sue contre le joli cachet de 100,000 francs.\n\nVoilà des chiffres qui feront rêver nos auteurs à la mode. Mais il y a, hélas! aussi le revers de la médaille. Becque, Verlaine, Villiers de l'Isle-Adam, Laforgue, Samain n'ont gagné quelque argent... qu'après leur mort.\n\n---",
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     "texte": "## LA STATUE DE PROVINCE\n\nDans une spirituelle chronique du Gil Blis, M. Gustave Kahn réhabilite la Statue en tant qu'elle sert, dans les villes de province, à évoquer le souvenir des écrivains :\n\n« En province, plus il y aura de statues d'hommes de lettres, mieux cela vaudra. Plus il y aura de redingotes de bronze sur les places, plus il y aura de porte plume de même métal entre des doigts également de bronze, bien en vue parmi les allées du ma I et du cours, les jours de musique et les jours de marché, mieux cela vaudra pour la gloire des lettres et leur bon recrutement.\n\nCar ce jour de musique, alors que les cuivres émettent du rêve facile, ce jour de marché, alors que des fleurs amoncellent autour de la statue leurs formes et leurs parfums, le personnage du statufié disparait, le personnage s'engouffre dans une entité, dans un symbole.\n\nLa statue est la preuve que la ville a pu fournir autre chose que des ambitieux, des fonctionnaires, des industriels, des négociants, qu'elle a pu produire autre chose que des capacités pratiques, que non seulement les pommes de terre, les roses et les raisins y ont pu croître à la satisfaction de tous, mais encore que le pays a pu faire éclore de la fantaisie, du rêve, du talent, du génie; si le porte-plume est au bout des doigts qui sont au bout des manches de la redingote de bronze, avec un brin d'inscription sur le socle, indiquant que le scribe ici présenté n'était point celui de la loi, n'était point un excellent notaire, les gens ont la notion qu'on peut arriver à quelque chose avec de l'inutile, avec du luxe, avec de la littérature; ils se demandent même si la littérature est de l'inutile. Elle ne peut être inutile, puisqu'elle peut aboutir à une statue, à une décoration posthume infiniment plus importante que le Mérite agricole à ses plus hauts échelons, à ses grades les plus magnifiques.",
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     "texte": "286\n\nL'ART MODERNE\n\nEt alors, s'il y a dans la petite ville de province où se dresse le monument d'un écrivain de premier ordre ou de vingtième ordre un galopin qui montre du goût pour les lettres, un jeune clerc qui versifie sur la table devant les cartons verts, une jeune fille qui refait du Lamartine en songeant à du Musset, ces apprentis de lettres trouvent autour d'eux l'accueil moins hargneux, les difficultés moins insolubles, les barrières moins infrangibles. On les gêne, mais on ne les méprise pas. Parfois on laisse faire, et voici des candidats de plus parmi lesquels le Moloch littéraire choisit les siens. »\n\n---",
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     "texte": "**GLANURES**\n\nLe bon sens est presque toujours la négation de l'art.\n\nGUSTAVE MOREAU.\n\nAprès avoir joué du Chopin, il me semble que je viens de pleurer sur des péchés que je n'ai jamais commis, et que des t âgées ne me concernant point m'ont plongé dans la désolation. La musique me produit toujours cet effet. Elle nous crée un passé que nous ne connaissions pas et nous donne le sentiment de chagrins qui ont été cachés à nos larmes. J'imagine un homme ayant mené toujours la vie la plus banale, et qui, entendant par hasard un intense morceau de musique, découvrirait que son âme traversa de terribles épreuves, des joies effrayantes, des amours sauvages et de vastes sacrifices, à son insu.\n\nOSCAR WILDE.\n\nQuand on est en état de sentir la beauté et d'en saisir le caractère, franchement on ne se contente plus de la médiocrité, et ce qui est mauvais fait souffrir et vous tourmente à proportion que vous êtes enchancté du beau. Il est donc faux de dire qu'il ne faut point avoir de goût exclusif, si l'on entend par là qu'il faut supporter dans les ouvrages de l'art la médiocrité, et même tirer parti du mauvais. Les gens qui sont d'une si bonne composition n'ont jamais eu le bonheur de sentir l'enthousiasme qu'inspirent les chefs-d'œuvre des grands génies, et ce n'est pas pour eux qu'Homère, Sophocle, Raphaël ont travaillé... Si jamais cette indulgence pour les poètes, les peintres, les musiciens devient générale dans le public, c'est une marque que le goût est absolument perdu... Les gens qui admirent si aisément les mauvaises choses ne sont pas en état de sentir les belles.\n\nGrimm.\n\n---",
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     "texte": "**THÉÂTRE DE LA MONNAIE**\n\nTableau du personnel pour la saison 1908-1909\n\nChefs de services : MM. Sylvain Dupuis, premier chef d'orchestre; Fritz Ernaldy, chef d'orchestre; Léon Van Hout, chef d'orchestre; Anthony Dubois, chef d'orchestre et chef des chœurs; Ch. De Beer, régisseur général; G. Merle-Forest, régisseur général; G. Délères, régisseur-inspecteur; F. Ambrosiny, maître de ballet; Nicolay, chef du chant; Jean Cloetens, contrôleur en chef; A. Dubosq et J. Delescluze, peintres-décorateurs.\n\nArtistes du chant : Chanteuses, Mmes Lina Pacary, Charles-Mazarin, Yvonne de Trévile, Claire Croiza, Jeanne Laffitte, Berthe Seroen, Juliette Lucey, Lilly Dupré, Etty, Jane Bourgeois, Eva Olchansky, Cécile Eyrems, Marthe Symiane, Henriette De Bolle, Alice Berelly, Jane Paulin, Suzanne Beaumont, Anny Bénonard, Alice Florin, Renée Aubry.\n\nTénors, MM. Léon Laffitte, Verdier, André Moratii, Paul Saldou, Raoul Nandès, L. Delrue, Octave Dua, Victor Caisso.\n\nBarytons, MM. Maurice de Cléry, Jean Bourbon, Louis Lestelly, Georges Petit, Raoul Delaye, Raymond Hiernaux, Louis Collin.\n\nBasses, MM. Galinier, Henri Artus, Billot, G. La Taste, Charles Danlée.\n\nCoryphées, Mmes Piton, Derudder, Patrice, J. Kohl, T. Kohl,\n\nHégle, MM. Van Acker, Deshayes, Debbaut, Simonis, Deville, Vandermies.\n\nArtistes de la danse: Danseurs, MM. F. Ambrosiny, J. Duchamps. Danseuses, Mmes J. Cerny, A. Pelucchi, Irma Legrand, Paulette Verdoot, Dora Jamet, E. Beruccini. — 8 coryphées; 32 danseuses, 10 danseurs.\n\n---",
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     "texte": "**PETITE CHRONIQUE**\n\nLe succès remporté l'an dernier par l'exposition d'Art belge organisée au Salon d'Automne sur l'initiative du directeur de la Libre Esthétique a suscité cette année l'idée d'une manifestation analogue à Berlin.\n\nPréparée avec le concours du gouvernement par les comités réunis de l'Art contemporain et de la Société des Beaux-Arts sous le haut patronage du ministre des Sciences et des Arts et la présidence d'honneur du Baron Greindl, ministre de Belgique à Berlin, de MM. C. Grisar et le Marquis de Beaufort, présidents des deux associations organisatrices, l'exposition groupera un choix d'œuvres modernes — peinture, sculpture, aquarelles, pastels, gravures et dessins — et évoquera en outre quelques-uns de nos maîtres défunt. Elle sera installée au Salon de la Sécession et annoncée par une affiche illustrée composée par M. Langaskens.\n\nUne salle spéciale sera réservée à la peinture monumentale et réunira des toiles de MM. Montald, Delville, Fabry, Ciamberlani, etc.\n\nL'ouverture est fixée au 1er octobre. La clôture aura lieu en novembre.\n\nOn construit au Palais du Cinquantenaire un édifice destiné à grouper chronologiquement, dans des locaux spécialement aménagés en vue de leur destination, les collections d'art ancien qu'possède la Musée des Arts décoratifs et industriels.\n\nDes salles de style classique s'ouvriront, dit le Petit Bleu, sur une galerie enserrant la cour de sa colonnade. Cette colonnade et toute l'architecture vers la cour seront conçues en gothique de l'époque primitive, évoquant, ainsi qu'une chapelle construite au fond, un ensemble monacal. C'est dans cet édifice que sera groupé l'art religieux. Dans la cour du « cloître » seront disposés, au milieu de massifs de verdure, les éléments d'architecture et de décoration du moyen âge : puits en fer forgé, fontaines, baillies, sépultures, etc. Entre les colonnes gothiques de la galerie seront sculptés les attributs des trente-deux anciens métiers. On espère que cet ensemble produira grand effet sur les visiteurs et contribuera à les initier au caractère de notre art au moyen âge. La crypte de la chapelle même sera garnie de collections.\n\nMais une place non moins large sera faite aux manifestations de la Renaissance et des styles qui se sont succédé jusqu'à nos jours. Ses immenses salles de l'étage, éclairées par le dessus, leur donneront une hospitalité digne de leur importance et de leur signification.\n\nL'Université populaire de Frameries organise pour le 20 septembre prochain une représentation en plein air, qui aura lieu dans le parc de la Garde. Au programme : Polyphème, poème dramatique en deux actes d'Albert Samain, musique de scène de Raymond Bonheur; Ode à la louange du plein air, de Louis Piéraid; Le Lundi de la Pentecôte, comédie en un acte, de Maurice Pottecher.\n\nLa quatrième exposition internationale des Beaux-Arts organisée par l'Association des artistes italiens aura lieu à Florence du 1er novembre 1908 au 30 juin 1909. Chacun des exposants ne pourra faire recevoir qu'une seule de ses œuvres, et celle-ci ne sera pas admise si elle a déjà figuré à une autre exposition. Les sculptures devront, pour être reçues, ne pas dépasser en superficie un mètre carré.\n\nUn droit d'inscription de dix francs est imposé aux exposants, à l'exception des associés et des invités.\n\nUne exposition technique musicale sera ouverte l'an prochain, du 1er au 15 juin, à Leipzig. Elle réunira d'une façon aussi com-",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## 287\n\nplète que possible tous les moyens qui servent à apprendre et à pratiquer l'art musical. Instruments du passé et du présent, fragments d'instruments, méthodes, outils et machines pour leur construction, littérature, impression et gravure musicales, perfectionnements éprouvés ou non, nouvelles inventions, etc., tout sera présenté dans un ordre méthodique et clair. Le produit des entrées sera versé dans la caisse de bienfaisance de la Ligue centrale des musiciens allemands.\n\nParmi les pièces nouvelles dont le théâtre du Vaudeville, à Paris, annonce officiellement la représentation pour la saison prochaine figure la Route d'émeraude, drame en cinq actes, en vers, tiré par M. J. Richepin du roman de notre collaborateur M. Eugène Demolder.\n\nCe dernier avait lui-même, à la demande de M. Guitry, écrit un drame en prose dont son livre lui avait fourni le sujet. L'idée de donner à l'œuvre la forme poétique naquit ensuite, et M. Richepin, très enthousiaste de la Route d'émeraude, offrit à M. Eugène Demolder sa collaboration, qui fut acceptée avec empreinte.\n\nC'est la version nouvelle et définitive que M. Porel a inscrite au programme de ses prochains spectacles. Par l'époque et le milieu dans lesquels elle se déroule, la Route d'émeraude prête à une mise en scène extrêmement pittoresque. A tous égards, le drame poétique de MM. Demolder et Richepin éveillera de sympathiques curiosités.\n\nCe prodigieux Théocopuli Greco, dont le Salon d'automne organise une rétrospective qui fera courir tout Paris, était, dit le Gil Blas, un homme fort singulier. Il mettait autant de difficultés à se dessaisir de ses toiles que feu M. Ingres, lequel voulait toujours racheter ses portraits à ses modèles, et ne les laissait — les portraits — quitter l'atelier qu'avec regrets cuisants et remords brûlants. Greco, lui, « louait ses tableaux. Quand l'artiste crétois avait terminé un de ces magnifiques moines en prière ou une effigie de gentilhomme espagnol, allongé et stylisé, tels qu'on en voit chez Paul Gallimard ou chez Ignacio Zuloaga, il consentait à les céder pour trois mois à quelque riche seigneur, moyennant deux cents écus. Et Greco avait plus de joie à revoir le délai expiré, son tableau rentrer au berceau qu'il n'en ressentait à toucher le prix de la location.\n\nBeaucoup de nos artistes — et non des moindres — n'apportent pas, dans la façon de s'entendre avec les clients, d'aussi nobles scrupules. De nos jours, Greco aurait dû se conformer aux us ambiants, à moins qu'il n'eût vécu solitaire et méprisant, en quelque coin de province, tel ce bon père Cézanne, qui présente avec le maître espagnol de si frappantes analogies.\n\nNous apprenons avec plaisir la nomination de M. Arsène Alexandre, critique d'art, au poste de conservateur du Palais de Compiègne.\n\nLe Musée de Cluny vient de s'enrichir de deux legs importants. Le premier, le legs de Torcy, comprend des ivories, des orfèveries et des dinanderies du xviie siècle, parmi lesquels une vierge flamande, demi-nature, très caractéristique. Le second, le legs Balet, se compose de faïences italiennes, plats, coupes à fruits, assiettes, vases de pharmacie, des fabriques de Deruta, Gubbio, Urbino, Casteldurante et Castelli.\n\nEn même temps que ces dons précieux sont exposées quelques acquisitions faites par M. Edmond Haraucourt. Il faut signaler particulièrement parmi elles un rouet portatif, œuvre du fameux horloger et constructeur Mercier, qui vers le milieu du xviie siècle habitait au faubourg Saint-Antoine, puis au faubourg Saint-Honoré. Ce dernier objet est extrêmement curieux, en ce que, d'après la version de l'aimable conservateur, les dames du temps se l'attachaient à la ceinture, et pendant les cérémonies ou leurs visites, ne manquaient point, durant qu'elles conversaient, de filer élégamment, à seule fin de protester contre les mœurs dissoutes du siècle, en se donnant une attitude sérieuse, voire sévère. C'est un petit appareil en bronze et en acier muni d'une planchette que l'on fixait sur une table. A l'intérieur une double roue à engrenage tourne rapidement dans un boîtier en bronze ciselé. Il a été donné par M. le docteur Guède.\n\nUn amateur anglais, sir John Tollemache Sainclair, a offert au Louvre, « en témoignage de son attachement à l'entente cordiale entre la France et l'Angleterre », un tableau de Murillo de grande valeur provenant de la célèbre galerie Beresford Hope et représentant le Christ avec la couronne d'épines posée près de lui.\n\nDécidément les serres de la ville de Paris, construites au Cours-la-Reine pour l'Exposition universelle de 1900, vont disparaître. Un entrepreneur vient d'en être déclaré adjudicataire au prix de 25,400 francs et les travaux de démolition vont commencer.\n\nElles laisseront un souvenir artistique : celui des huit Salons des Indépendants qu'elles abritèrent et que marquèrent d'audacieux efforts.\n\nLes fêtes solennelles qui viennent d'avoir lieu à Liège en l'honneur de Grétry remettent en mémoire l'anecdote suivante :\n\nAu hasard de ses courses dans les rues de Paris, Grétry entendit un jour un air familier. Un vieil homme, à quelques pas de là, tirait d'un orgue de Barbarie le grand air de Richard Cœur de Lion.\n\nL'auteur s'arrête, et s'adressant au mendiant :\n\n— Vous allez trop lentement, dit-il, c'est ainsi qu'il faut jouer.\n\nEt, s'emparant de la manivelle, il joua lui-même le morceau de son véritable mouvement.\n\nPuis, souriant, il sortit quelque monnaie de sa poche et dit au vieillard stupéfait :\n\n— Je m'y connais, je suis Grétry.\n\nLe lendemain, dans les rues de Paris, on pouvait voir un loqueteux poussant un orgue sur lequel se détachait ce simple avis :\n\nMascarelli, élève de Grétry\n\nL'élève, en l'occurrence, n'eut pas moins d'esprit que le maître !\n\nSottisier :\n\nLe général quitta sa femme pour aller chercher à quelque distance ses « clubs » de golf.\n\n(Le Journal, 26 août 1908.)",
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     "texte": "VILLÉGIATURE incomparablement recommandable dans le coin le plus joli, le plus sain, le plus pictural de Belgique :\n\nHOUFFALIZE, Hôtel des Postes et du Luxembourg.\n\nInstallation pittoresque et confortable, joli jardin, lawn-tennis, grandes salles de réunion, cuisine des plus soignées.\n\nHouffalize peut répondre aux exigences artistiques et mondiales. Le printemps et l'automne y réunissent des peintres de talent, attirés par le charme des mystérieuses vallées, émus par la majesté des grands horizons aux belles teintes sévères.\n\nA l'époque des vacances on y rencontre une société choisie qui contribue à rendre agréable la vie à la campagne.\n\nPension pour séjour de plus de huit jours depuis 6 francs et 6 fr. 50 par jour.\n\nArrangements mensuels en dehors de la saison.\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître dans la\n\nCollection des Artistes Belges contemporains\n\nHENRI EVENEPOEL\n\nPAR\n\nPAUL LAMBOTTE\n\nUn beau volume grand in-8°, contenant 31 planches hors texte en héliogravure et en typogravure et 14 reproductions dans le texte d'après les peintures, eaux-fortes, dessins, cartons de tapisseries, etc., d'Evenepoel.\n\nPrix : 10 francs\n\nIl a été tiré de ce livre 25 exemplaires de luxe sur papier Impériat du Japon, à grandes marges, texte réimposé, numérotés de 1 à 25. Ces exemplaires sont enrichis de trois eaux-fortes originales en couleurs d'Henri Evenepoel tirées sur Japon.\n\nPrix : 40 francs.",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR À L'EXPOSITION DE S'LOUIS 1904\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\nLE COURRIER EUROPEEN\nHEBDOMADAIRE INTERNATIONAL\n280, BOULEVARD RASPAIL, PARIS\nComité de direction : Bjarnstjerne Bjarnson, Jacques Novicow,\nNicolas Salmeron, Gabriel Séailles, Charles Seignobos, Giuseppe Sergi.\nRédacteur en chef : Louis Dumur\nCollaborateurs de premier rang de tous pays. — Informations originales. — Indispensable à toute personne désirant suivre le mouvement politique international.\nFRANCE\nUn an. . . . . . fr. 12,00\nSix mois . . . . . . 7,00\nTrois mois . . . . . . 3,50\nLe n° . . . . . . 0,25\nUNION POSTALE\nUn an. . . . . . fr. 15,00\nSix mois . . . . . . 5,00\nTrois mois . . . . . . 4,00\nLe n° . . . . . . 0,30\nDemandez un numéro spécimen gratuit.\n\nVient de paraître à l'ÉDITION MUTUELLE\n(En dépôt à la Schola Cantorum rue Saint Jacques, 269, à Paris\net chez MM. Breitkopf et Hertel.)\nRené de Castéra. SERENATA (op. 11) pour piano.\nPrix net : 2 fr. 50.\nId. JE NE SAIS POURQUOI (op. 10)\npour chant et piano. Poème de P. Verlaine.\n\nÉDITIONS DE LA LIBRE ESTHÉTIQUE\nCLAUDEL et SUARES\npar\nFrancis de MIOMANDRE\nTirage limité à 100 exemplaires sur papier Hollande Van Gelder\net à 100 exemplaires sur velin.\nIl reste dix exemplaires sur Hollande, à 5 francs, et vingt-cinq\nsur velin, à 4 francs. Adresser les demandes, par écrit, à la direction\nde la Libre Esthétique, 27, rue du Berger, Bruxelles, et 44, rue\ndes Belles Feuilles, Paris.\n\nLe Courrier musical\nDirecteur : M. Albert DIOT\nParaissant le 1er et le 15 de chaque mois.\nRédaction et Administration : 29, rue Tronchet, Paris\nABONNEMENTS : France, 12 francs l'an; Étranger, 15 francs.\nDépôt pour la Belgique chez MM. Breitkopf et Hertel, Bruxelles.\n\nVient de paraître chez MM. SCHOTT frères\n(Paris, Max Eschig, 13, rue Laffitte).\nGabriel Grovlez. RECUEILLEMENT\n(Louis PAYEN) pour chant et piano.\nId. CLAIR DE LUNE MYSTIQUE\n(Ephraim Mikhaël) pour chant et piano.\n\nE. DEMAN, Libraire-Editeur\nBureaux et magasins retransférés\n86, RUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\nÉditions d'Art. — Œuvres de J. BARBET d'AUREVILLY,\nMALLARMÉ, MASTERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-\nADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIEN ROPS, etc.\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.\nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS\nCommission, Achat, Expertises, Direction de ventes publiques.\nSalle de Vente et d'Expositions.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPÉRIEURE À TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n192, rue Royale, Bruxelles\nCadre de tous styles et d'après dessin pour tableaux\n-aquarelles, pastels, etc.\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\nVient de paraître chez MM. ROUART, LEROLLE et Cie, éditeurs,\n18, boulevard de Strasbourg, Paris.\nPIERRE COINDREAU. En Forêt, suite pour piano.\nÉveil. — Quelqu'un passe.\nLe long du Ruisseau. — Ébats de paysans.\nPrix net : 5 francs.\n\nImprimé sur papier de la Maison KEVM, rue de la Buanderie, 12-14.\n\nBruxelles. — Imp. V° MOMMEN, 32, rue de l'Industrie.",
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