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     "texte": "VINGT-HUITIÈME ANNÉE.\n\nN° 41.\n\n11 OCTOBRE 1908.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 40 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 43 FRANCS — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\nL'ART MODERNE est envoyé à l'essai, pendant un mois, aux personnes qui nous en font la demande ou qui nous sont indiquées par nos abonnés.\n\nLes demandes d'abonnement et de numéros à l'essai doivent être adressées à l'Administration générale, rue de l'Industrie, 32, Bruxelles.\n\nOn est prié de renvoyer la revue à l'Administration si l'on ne désire pas s'y abonner.\n\nL'ART MODERNE est en vente, à Paris, à la librairie H. Flourney, 1, boulevard des Capucines.\n\nSOMMAIRE\n\nLe Salon d'Automne : Les Rétrospectives Greco et Monticelli (G. JEAN-AUBRY). — Le Tribut de la Gloire (OCTAVE MAUS). — La Suppression du Ministère des Sciences et des Arts (O. M.). — Propos de Théâtre. — Chronique théâtrale : Le Roi aux Galeries; Voe Victis et la Madone à l'Alcazar (GEORGES RENCY). — Les Billets de Faveur. — Petite Chronique.",
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     "texte": "LE SALON D'AUTOMNE\n\nLes Rétrospectives Greco et Monticelli.\n\nPour la seconde fois, l'Art moderne me fait l'honneur de me demander de parler du Salon d'Automne à ses lecteurs. Ce n'est point sans appréhension que j'accepte cet honneur, car s'il y a tout lieu de se réjouir en constatant une fois de plus des témoignages de beauté ou la réparation d'injustices anciennes, d'un autre côté, à mesure que l'on avance dans l'ingrate voie de la critique d'art, on se persuade davantage de la difficulté de traduire son émotion, on découvre mieux l'impossibilité d'enseigner l'art à d'autres qu'à ceux qui en savent déjà l'essentiel, on comprend l'incapacité de l'esprit humain en face de nouvelles expressions, et que l'histoire de l'art doit nous pénétrer non seulement d'admiration et de respect, mais de modestie et de prudence.\n\nNul Salon ne sait mieux que le Salon d'Automne dégager un tel enseignement, car si les œuvres audacieuses qui s'y avouent attestent la vertu de l'audace et l'infinie ressource de l'avenir, les rétrospectives se dressent comme le plus sanglant reproche muet du passé à l'éternelle incompréhension des temps. Peut-être aucune réunion n'eut-elle autant de puissance pour des esprits sensibles que celle de Greco et de Monticelli que le Salon d'Automne nous propose cette année, tant elle vient à son heure, tant elle marque les liens par quoi, à travers et au delà des techniques, le rêve et la pensée d'époques différentes se joignent par de semblables vertus.\n\nContraste involontaire, passagère réunion de ces deux peintres nés à trois siècles d'intervalle et qui marquent excellemment les deux aspects selon lesquels se traduisit et se traduira encore la mentalité méditerranéenne : lyrisme concentré et rayonnement de rêve, sombre somptuosité et scintillement de joie, — Titien et Velasquez, le Tintoret et le Greco, Ricard et Monticelli.\n\nCertes, entre l'esprit débordant de fougue et d'ardentes visions et l'esprit replié sur son ardeur, et qui ne l'exprime qu'avec une mesure puissante, l'avantage doit rester à ce dernier, et tout le charme de Monticelli cède à la grave noblesse de son ancêtre.",
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     "texte": "322\n\nL'ART MODERNE\n\nDonc il ne sied point de comparer, mais de considérer combien l'âme humaine est riche et combien les années ne parviennent par à épuiser la richesse de ses témoignages. Il sied surtout de considérer combien tout s'explique par tout, combien, si le passé explique le présent, les œuvres du passé prennent une lumière nouvelle à certains spectacles de notre heure.\n\nNous ne sommes point les seuls à avoir senti combien la beauté de Greco s'éclairait pour nous depuis que notre curiosité et notre respect s'attachèrent à l'œuvre de Cézanne; les liens sont là indéniables : il n'en est point d'un peu avertis de peinture moderne qui n'en furent, dès l'instant, frappés. Ainsi ce xvi^e siècle pictural nous semble infiniment proche. Au reste, Greco reste un jeune, car rien ne conserve mieux la jeunesse des chef.-d'œuvre que l'oubli des siècles, puisqu'ils gardent ainsi vierges encore des enseignements et des vertus dont on n'eut point le loisir de faire encore des pastiches. Il n'y a point si longtemps que l'on consent à ne pas négliger son nom parmi ceux des grandes figures de la peinture universelle. La justice est lente pour certains. En est-il à l'égard desquels elle le fut plus que pour Domeniko Theotokopoulos, dit le Greco, né en Crète vers 1547?\n\nCe fut d'abord l'élève de Titien, puis passa en Espagne où l'appela Philippe II et où il semble avoir trouvé l'atmosphère la plus propice au développement de son âme tourmentée, amère et sensible à la fois, sereine et torturée. A vrai dire, on cherche où il eût pu découvrir un milieu plus conforme à sa sombre ardeur, à la hantise de synthèse qui le domine, à l'effort qu'il fait sans cesse pour dégager des éléments formels, qu'il déforme selon son vœu, une unité primordiale : cet « absolu » de la peinture que poursuivit, de nos jours, Cézanne.\n\nOn ne saurait trop regretter que des circonstances contraires aient empêché les organisateurs de cette retrospective de la composer plus nombreuse.\n\nCependant, telle qu'elle est, un enseignement inoubliable s'en dégage, de grave beauté. D'autres peintres nous donneront plus de joie, mais celui-ci ne veut point s'en soucier. Il convient que certains êtres géniaux enclosent de temps en temps, à travers les siècles, l'expression de cet insaisissable essentiel qui est l'armature persistante de nos éphémères réalités : par eux, l'art plastique atteint la profondeur des plus pénétrantes philosophies; par eux, l'art nous rappelle qu'il n'est pas seulement le divertissement et le charme de la vie, mais aussi, en reprenant les mots du grand prédicateur, « une grande et une terrible leçon ».\n\nA l'heure où, lasse des joies de la couleur qui la divertit un moment (et où il faut de temps en temps se retremper), la jeune peinture revient par un mouvement naturel vers le souci de la composition, vers la concentration expressive, à cette heure, l'exemple de Greco est équitablement proposé, non point tant pour l'esprit particulier qui en anima les expressions que pour la leçon de noblesse, de recueillement et d'audacieuse gravité que son art manifeste durablement. Qui donc, les ayant considérés, pourra, de sa vie, arracher la hantise de cette Vue de Tolède, gigantesque en sa sobriété et prodigieuse d'expression, ou ces portraits de saint François d'Assise, ou cette Méditation sur la mort? C'est un art un peu inquiétant pour les « mondains » qui se délectent aux petits divertissements des bons faiseurs. Ceux qui aiment l'art jusqu'à la moelle ne peuvent être incommodés par l'apparition de ces « statues de commandeur »; ils doivent savoir que c'est auprès d'elles qu'il faut puiser la force nécessaire pour subir l'inquiétude vivante de la pensée.\n\nAprès la méditation et la prière, la divine exubérance, l'ivresse de vivre et de répandre dans l'univers matériel l'univers infini des songes : Adolphe Monticelli.\n\nDepuis longtemps déjà la plupart d'entre nous s'étaient enquis des galeries particulières qui abritent les toiles du prodigieux Marseillais : par-ci par-là, nous pûmes voir des œuvres, une à une, de côté et d'autre, souvent admirables. Je me rappelle entre autres deux merveilleux tableaux que j'admirai l'an passé dans la collection de M. Meyer, à Zurich : nous composions en nous-mêmes ce musée Monticelli puisque le Luxembourg ni le Louvre ne se soucient point de son œuvre, lui préférant Bouguereau ou Benjamin-Constant.\n\nLa féerie qu'ainsi en nos souvenirs nous évoquions, elle est au Salon d'Automne cette année, plus belle, plus nombreuse, plus ensorcelante que nous ne la pûmes jamais imaginer.\n\nAh! comme après avoir vu ces visions somptueuses d'un peintre épris de son rêve inoui et cependant familier, comme auprès de cette œuvre l'art d'un Diaz ou d'un Ziem se rapetisse à sa juste valeur, au rang d'une habileté souvent aimable mais sous laquelle manque cette enthousiaste ardeur et cette folie, cette gourmandise d'irradiations! Et certains persistaient à colporter sur le compte d'un tel artiste de calomnieuses erreurs : on lui reconnaissait certains dons magiciens de coloriste, mais on lui déniait l'équilibre; fou de couleur, mais fou, surtout, disaient certains, croyant qu'on fait de la critique d'art avec des mots d'esprit.\n\nLa retrospective du Salon d'Automne ne pouvait guère rien nous enseigner que nous ne sachions sur les vertus miraculeuses de ce poète de la palette; une seule œuvre de Monticelli suffit à en proposer à l'esprit le spectacle stupéfiant. Mais ce que cet ensemble affirme victorieusement, à l'encontre de la pensée d'un grand nombre, c'est la cohésion de ces œuvres diverses, c'est",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nle logique essor de ce peintre allant de la sobriété de Ricard à la rayonnante expression de son ame légendaire et fantasque, sorte de Watteau méridional qui n'a point su atteindre à la profondeur sensible de son mélancolique et délicat aïeul, mais qui en a prolongé sous de plus étincelantes apparitions le goût des assemblées charmantes et des paysages émouvants.\n\nCe que nous avions pu malaisément saisir jusqu'à présent, c'est l'évolution de ce magicien en quête de son rêve. C'est là ce que nous dévoile cet ensemble de près de deux cents œuvres : conscience claire, mais inexpri- mable par des mots, de ce lyrique adorateur de la lumière. « Je peins pour dans trente ans », dit-il. Peut-être ne s'est-il pas lui-même rendu un compte exact de la place qu'il devait tenir : Monticelli demeure, non comme le chainon d'une lignée de grands peintres, mais plutôt comme l'un de ces promontoires adorables et mystérieux que l'art prolonge parfois vers l'infini du rêve (1).\n\nOn pourra démêler ce qu'il doit à Watteau, à Ricard, à Diaz, à Delacroix aussi; mais le secret de son art nous échappe; la matière de son rêve est presque aussi insaisissable que son rêve lui-même : il s'y révèle des accords d'une audace inouïe et d'une résonnance inana- lysable. Aucune autre matière n'était plus propre à exprimer ce que ses visions contenaient de mystère et d'étincellement. Sourde à la fois et fastueuse, sa palette enveloppe de pénombre l'émerveillement de ses magies comme pour les protéger du contact de cette réalité dont il semble qu'il ne perçut, de son vivant, qu'une forme lointaine tant le moindre objet lui fut un prétexte à s'abandonner à ce vertige de beauté, de charme et de joie dont il laissa pour nous sur la toile un impérissable reflet.\n\nG. JEAN-ALBRY",
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     "texte": "## LE TRIBUT DE LA GLOIRE\n\nLes artistes se plaignent fréquemment, et à bon droit, de l'hostilité de la vie à leur égard. Quelles lutte n'ont-ils pas à soutenir lorsque leur idéal s'écarte des conventions acceptées ! Quels jours sombres traversent-ils avant d'arriver à imposer leur vision ! Quels débats entre leur conscience, qui leur interdit les concessions, et la misère implacable !\n\nIl semble toutefois qu'aujourd'hui le talent est plus promptement reconnu et célébré que jadis. Si les batailles sont toujours passionnées, elles durent moins qu'autrefois. La victoire se dessine plus rapidement. Il est rare qu'un peintre, s'il est réellement doué, demeure obscur; qu'un musicien de valeur reste ignoré. Des occasions plus nombreuses de se produire sont offertes aux artistes, et si la foule garde un farouche entêtement à préférer aux efforts nouveaux les recettes conventionnelles, toute tentative de libération n'en trouve pas moins, dans cette\n\n1) Je me fais un plaisir de signaler l'excellente étude que mon confrère et ami Camille Mauclair vient de publier à la Librairie de l'Art ancien et moderne touchant ADOLPHÉ MONTICELLI.\n\nment ému les artistes. Ceux-ci ne peuvent s'expliquer les motifs foule, une fraction disposée à l'approuver et à la seconder. C'est un progrès. Il est minime, sans doute, mais il ouvre à l'espoir de claires perspectives.\n\nSi l'on écarte encore tels peintres juges deconcertants, tels musiciens dont les hardiesses heurtent les règles imposées par l'enseignement des conservatoires, on tolère que ces peintres, que ces musiciens aient leurs partisans ; il n'est même pas inélégant de flirter avec leur anarchie. Les comprend-on mieux que jadis? C'est peu probable. Mais on se risque moins à les accabler d'in- vectives et de quolibets, on respecte davantage leur intransi- geance, et la dignité de l'art en est rehaussée.\n\nLes Salons des XX et de la Libre Esthétique en Belgique, le Salon d'Automne et le Salon des Indépendants en France, les expositions sécessionnistes d'Allemagne ont amené peu à peu cette orientation nouvelle des esprits. N'est-il pas surprenant — et encourageant — de voir les grands journaux quotidiens eux- mêmes discuter avec déférence les audaces d'un Henri Matisse, d'un Vlaminck, d'un Van Dongen? Proclamer — enfin! — la maîtrise d'un Maurice Denis? Saluer en un René Piot l'un des plus nobles représentants de la peinture monumentale contemporaine?\n\nC'est la joyeuse surprise que nous réservait l'inauguration du Salon d'Automne. En présence de cette bonne volonté, les artistes novateurs ont le droit d'espérer en des temps meilleurs. Et l'on ne verra plus, souhaitons-le ardemment, un Jean-François Villet, par exemple, écrire les lettres lamentables qui viennent d'être mises au jour et dans lesquelles on relève des constatations de ce genre : « L'autre jour je suis allé à Paris, tâcher de placer quelques dessins à 30 francs l'un. Je n'ai point réussi et suis rentré les mains vides. Les enfants m'attendaient sur le seuil, espérant quelque friandise ou quelque jouet de la capitale... Ah! mes pauvres petits, je suis parti trop tard, la boutique de la marchande était fermée. »\n\nAilleurs : « C'est le vrai moment de crier comme Panurge, pendant la tempête : « Au secours, amis, je naye! je naye! » Avec cette différence que nous nous noyons à sec... enfin voici l'extrême bout du rouleau... Nous avons du bois pour deux ou trois jours encore, et nous ne savons comment nous en procurer, car on ne nous en donnera pas sans argent... Les enfants ne peuvent pourtant pas rester sans feu. »\n\nTrente ans après, M. Chauchard payait l'Angelus de Millet 600,000 francs.\n\nOCTAVE MAUS",
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     "texte": "## La Suppression du Ministère des Sciences et des Arts.\n\nUne stupéfiante nouvelle s'accrédite en Belgique. Le gouvernement se propose, assure-t-on, de supprimer le Ministère des Sciences et des Arts qu'il a créé il y a deux ans à peine, aux applaudissements unanimes de tous les partis. L'Art, les Lettres, les Sciences, — élément négligeable en politique, — iraient rejoindre l'Agriculture, qui les tint jadis en tutelle, ou tel autre département dont le chef leur accorderait, à ses instants de loisir, une attention distraite.\n\nCe désastreux projet, dont la réalisation détruirait les espérances légitimes que fondaient sur l'heureuse initiative de l'État tous ceux que préoccupe l'essor intellectuel du pays, a profondé-",
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     "texte": "324\n\nL'ART MODERNE\n\n(s'agit-il d'une misérable question d'économie budgétaire?) d'une mesure réactionnaire dictée par la méconnaissance du développement constant de l'Art en Belgique, du niveau auquel il s'élève de plus en plus, de l'importance croissante que lui accordent les nations étrangères.\n\nDès que le dessein du gouvernement fut divulgué, l'Association des Écrivains belges, qui compte parmi ses membres l'élite de nos littérateurs, fit parvenir au président du Conseil des ministres une protestation dont voici le texte :\n\n« Parlant en son nom propre, et persuadée, en outre, qu'elle se fait l'interprète fidèle des sentiments de tous les artistes, de tous les hommes de science, de tous les intellectuels de Belgique, l'Association des Écrivains belges proteste avec énergie, et de toutes ses forces, contre le projet de suppression du ministère des Sciences et des Arts. Après avoir lutté pendant plus de vingt ans contre l'indifférence invincible de leur patrie, les écrivains belges avaient vu, avec une profonde joie, se constituer, il y a quelques mois à peine, ce ministère où ils auraient enfin quelque chose à dire. Son apparition fut saluée au Parlement et dans toute la presse par de véritables dithyrambes. Chacun se félicitait de ce que la Belgique s'était décidée à proclamer que les intérêts intellectuels d'un pays comme le nôtre, d'une terre qui a donné au monde des artistes, des écrivains, des savants de génie, méritent, aussi bien que ceux de l'agriculture ou du travail manuel, d'occuper toute l'attention d'un ministère spécial. Par une heureuse rencontre de circonstances, le premier titulaire du nouveau département était un homme de goût, aimant sincèrement les arts, les sciences et les lettres. Tout semblait donc promettre à ce beau ministère une vie aussi longue qu'active et fructueuse pour le plus grand bien du pays. Quelques mois ont passé et voilà que, pour des raisons d'économie — raisons bien plus apparentes d'ailleurs que réelles — on annonce qu'il faudra supprimer un ministère et que ce sera précisément celui des Sciences et des Arts! L'agriculture, les travaux publics, la garde civique même, conserveront leur ministère. Et les intérêts les plus sacrés d'un peuple, ceux qui regardent l'enseignement à tous les degrés, l'art dans ses multiples manifestations, la science dans son activité féconde, les lettres dans leur épanouissement radieux, ces intérêts, donc, cesseront d'être représentés directement dans les conseils du Roi! Incapables d'empêcher l'exécution éventuelle de ce néfaste projet, les écrivains belges ont tenu cependant à formuler nettement leur mécontentement et à exprimer l'espoir qu'on ne donnera pas suite à ce malencontreux dessein. »\n\nCette démarche fut suivie d'une protestation signée par les délégués de la Libre Académie de Belgique, la Libre Esthétique, Vie et Lumière, l'Estampe, Tertullio, le Musée du Livre et les représentants des revues littéraires Durendt, la Belgique artistique et littéraire, la Vie intellectuelle, l'Art moderne, à la suite d'une assemblée qui vota l'ordre du jour suivant :\n\n« Les groupes scientifiques, artistiques et littéraires qui ont vu le gouvernement consacrer leur vœu en instituant un ministère des sciences et des arts, se sont réunis ce jour pour protester contre l'intention prêtée au même gouvernement de supprimer ce ministère, alors que les faits ont démontré nettement son incontestable utilité. »\n\nD'autres protestations suivront. De toutes parts, une vive opposition se manifeste. Souhaitons que le gouvernement en tienne compte et qu'il désarme devant le mécontentement unan me.\n\nO. M.",
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     "texte": "PROPOS DE THÉÂTRE\n\nIl y a des gens qui se plaignent de la décadence de l'art théâtral ou, tout au moins, de son croupissement, et, chose amusante, ils ne font point partie du public. Ce sont des gens du métier, et il semble qu'il leur serait facile de créer en faveur des frissons nouveaux et des tentatives courageuses un certain mouvement de bienveillance. Mais, sans doute, leur peur de l'inconnu est-elle plus forte que leur besoin de changer d'émotion, et ils préfèrent aux chances d'erreur le prolongement d'une situation dont ils gémissent. Chaque saison théâtrale voit le succès des mêmes pièces, un peu retapées, un peu arrangées.\n\nIl y a des femmes, comme cela, qui tordent chaque année les formes de leurs chapeaux, en rafraîchissent les rubans, en changent les fleurs. Ça leur épargne d'importuner Lévis, Georgette ou Suzanne Talbot, et elles ne sont pas plus mal que d'autres : mais c'est toujours le même laiton.\n\nA Paris, chaque scène a sa petite spécialité. Les boulevards ont des théâtres appelés : théâtres du boulevard qui servent chaudes des pièces dites : pièces de boulevard, ou comédies parisiennes. L'Odeon est le théâtre de la poésie et de la rive gauche. Le Théâtre Français abrite Mlle Sorel. Quant au Théâtre Antoine, il offre un compromis, un mélange plutôt, de pièces réalistes et de pièces... comme les autres. C'est quelque chose comme le Grand-Guignol mâtiné d'Athénée, avec une pincée d'Odeon.\n\nDans la soirée du 30 septembre dernier, l'Auberge rouge représentait la quote-part du Grand-Guignol et la Répudiée celle de l'Odeon-Boulevard (1).\n\nPersonnellement, je n'aime ni l'un ni l'autre genre. J'ai horreur des coups de poing et, malgré que ce soit déjà dans Balzac, je n'admets pas qu'on viole mon émotion par des moyens qui ne sont plus artistiques, j'estime que les acteurs seuls et l'auteur ont le droit, les uns par l'expression nuancée de leur jeu et l'observation de la vie dont ce jeu témoigne, l'autre au moyen de ses phrases, de me toucher. Tout autre procédé me semble déloyal, comme si on me tirait un coup de fusil dans un duel à l'epée de combat, et lorsque mes nerfs, sollicités aussi indiscrètement, ont avéré leur faiblesse, mon esprit se reprend et se montre un juge d'autant plus sévère.\n\nQue le Grand-Guignol le fasse, et le Little-Palace, je l'admets. C'est une spécialité qu'ils se sont faite, une denrée qu'ils vendent et qu'on serait stupéfait de n'y point trouver. Lorsque, fatigue de la littérature dramatique du boulevard, et, par ailleurs, trop déprimé pour juger sainement ce qu'il y a de séduisant et de féerique dans des exhibitions de music-hall, on va dans les Grand-Guignol, c'est pour s'y secouer, à peu près comme on assisterait à un combat de coqs ou à un tournoi de boxe. Mais le Théâtre Antoine ne devrait pas tomber dans les naïvetés de ce réalisme de fantaisie et davantage respecter la tradition de la maison dans ce qu'elle avait d'artiste et d'audacieux.\n\nQuant à la Répudie, que vous dire? Il est navrant que la salle se soit montrée si houleuse et si mal élevée. Le public des Répétitions générales abuse vraiment des droits que lui confère la faveur d'avoir été invité gratuitement. Et il insulte avec une aisance exquise l'auteur qui lui a fait envoyer des billets. Mais les sifflets de l'autre jour, pas plus que les applaudissements, ne s'adres-\n\n1) L'Auberge rouge, par M. SERGE BASSET (tirée d'une nouvelle de Balzac. — La Répudiée, par Mme LOUISE DARTIGUE.",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\n325\n\nsaient à la pièce, mais bien à l'auteur, ce que je trouve de mauvais goût dans un cas comme dans l'autre. Car la personnalité d'un auteur doit toujours être mise à part. Comme je n'ai manifesté aucun sentiment, je puis bien donner mon appréciation : elle est sans fiel, mais aussi sans miel. Que voulez-vous? La pièce est naïve et cousue de bonnes intentions morales. C'est un drame noir et vertueux, et, de temps à autre, des tentatives d'écriture plus soignée se font jour. Si je ne me trompe, c'est ce qui a mis en joie une certaine partie du public. En quoi il avait bien tort, mais en quoi il se montrait bien public, en effet, c'est-à-dire ennemi de tout art véritable, incurablement sceptique, hostile à toute nouveauté.\n\nComme toujours, depuis six mille ans qu'il y a des acteurs, et qui jouent, ce sont les acteurs qui remportèrent le succès. M. Gaillard, dans l'Auberge rouge, a été poignant à souhait, et dans la Répudie on a beaucoup admiré Mme Marie Marcilly et Mme Marthe Mellot, que l'on peut appeler l'héroïne du théâtre libre. Mais c'est M. Janvier le roi de la soirée. Cet acteur, que les critiques dramatiques maintiennent dans une ombre distinguée, probablement parce qu'il n'a pas en lui une once d'arrivisme ni de cabotinage, cet acteur de premier ordre dont on se contente, avec une vague politesse, de dire le minimum, c'est-à-dire qu'il a de la diction et de la tenue, fut simplement parfait. Et je profite de cette occasion pour dire tout le bien que je pense — et que beaucoup pensent aussi — de cet artiste de valeur, qui compose admirablement ses rôles et les joue avec une intelligence, un tact, une sûreté, un sentiment de la nuance, une distinction impeccables. Cet homme charmant est un des premiers acteurs de Paris.\n\nF. DE M.",
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     "texte": "CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\nLe Roi aux Galeries; Vee Victis et la Madone à l'Alcazar.\n\nLe Roi, la pièce de MM. de Caillavet, de Flers et feu Emmanuel Arène, que le théâtre des Galeries joue en ce moment avec un succès triomphal, est certes l'un des spectacles les plus agréables auxquels il nous ait été donné d'assister depuis longtemps. La comédie elle-même est charmante de satirie un peu poussée à la charge, d'ironie un peu mêlée de blague, d'esprit qui ne répugne pas toujours à la grosse farce. Mais que dire de l'interprétation, sinon qu'elle est étincelante, et que M. Huguenet, le Roi, si bonhomme, si excellent, si délicieusement plein de mépris pour la République et ses chefs ; que Mmes Lantelme et Félyne, si adorablement jolies, si artistes, si pleines de séduction de toute espèce, y compris celles que des toilettes radieuses ne manquent pas d'ajouter aux plus belles, que toute la troupe des Galeries enfin, M. Gabier, M. Darcey, M. Frémont et leurs camarades des deux sexes nous donnent l'illusion, renforcée encore par le cadre luxueux où ils évoluent, que Bruxelles peut désormais offrir des spectacles aussi parfaits que Paris. C'est l'activité intelligente et fastueuse de M. Fonson qui nous vaut ces splendeurs ; sachons lui en marquer ici toute notre reconnaissance.\n\nMais il faut raconter la pièce, et c'est une tâche bien difficile. Le Roi de Cerdagne est attendu à Paris et doit chasser chez un vieux réactionnaire, le marquis de Chamarande. Celui-ci a pour voisin le député socialiste Bourdier qui, comme tout député socialiste qui se respecte, — du moins en France, — est plusieurs fois millionnaire. Bourdier a épousé en secondes noces une ex-petite ouvrière, sorte de madame Sans-Gène au verbe ultra-faubourien. De son premier lit il a gardé une fille qui — c'était obligé — est aimée par le fils — assez sot — du marquis de Chamarande.\n\nBourdier meurt d'envie d'être invité par le marquis à la chasse du Roi. Le marquis n'y songe pas. Il ne songe pas davantage à accorder à la fille de Bourdier la main de son fils, que le député a l'outrecuidance de lui demander. Furieux, Bourdier soufflera au marquis sa maîtresse, une très élégante et très fine actrice de la Comédie, Mme Thérèse Marly.\n\nMais le roi de Cerdagne, il y a huit ans, s'est arrêté quelques heures chez la belle artiste et, maintenant qu'il est revenu à Paris, il éprouve à son égard un irresistible revenu-y. Une première fois, donc, Bourdier a l'honneur d'être fait... ce que vous devinez, par un roi! Il se fâcherait si le Roi, en guise de compensation, ne lui promettait d'aller chasser chez lui au lieu de se rendre à l'invitation du marquis.\n\nVoilà donc le Roi chez Bourdier. Mme Bourdier, très émue, oubl e toutes les recommandations protocolaires, et gaffe avec une sublime candeur. Elle est si séduisante dans son trouble que le Roi, l'ayant trouvée à minuit, quand les lampions de la réception sont eteints, en train de souper dans la galerie du château, se sent pris devant elle d'un émoi passionné dont l'aimable étourdie n'évite pas la contag on. Bourdier, pour la seconde fois, est fait... qui parfaitement... par un roi! Cette fois, la coupe a débordé, et il va se passer de v la nes choses. Ma s Therèse Marly — des ex machina de cette gentille intri,ue — la dénoue à la satisfaction générale en suggérant au président du Conseil avec qui, cette nuit même, elle a eu un entretien extrêmement confidentiel, l'idée de donner à Bourdier un portefeuille, mon Dieu, le premier venu, celui qui est vacant, le portefeuille du commerce Bourdier est content. Le Roi est content et, comme preuve de sa joie, il signe un traité de commerce, favorable à la France, qui lèse gravement les intérêts de ses nationaux. Les finances sont contents, car le Roi aplanit des difficultés qui s'offraient à leur mariage. Et il n'y a dans tout cela, de mécon ente, ou du moins de tendrement mélancolique, que la naïve Mme Bourdier qui fut aimée une fois comme une reine et qui ne peut se consoler de ne l'être plus jamais.\n\nUn groupe très amusant de ministres socialistes donne à cette comédie satirique une allure assez caricaturale, mais fort rejouissante. Tous les rois en visite à Paris ne sont peut-être pas aussi bonhommes, aussi je m'enfichistes que le roi de Cerdagne; tous les marquis n'ont point, sans doute, la hautaine hypocrisie et la suffisance ridicule du marquis de Chamarande; tous les personnages de la République ne sont pas, — il faut l'esperer, — les fantoches sans scrupules ou sans politesse que l'on nous montre dans la pièce. Mais... mais il y a bien quelque cho-e de tout cela qui est vrai, finement observé et joyeusement mis à la scène Les exagerations voulues sont comme le sucre que l'on donne aux enfants après un remède amer : elles aident à faire passer le morceau. Je crois, pour ma part, que le Roi restera comme restent certaines pièces de Meilhac et Halevy : il représente une époque et la caractérise avec un singulier bonheur.\n\nM. Lugné-Poe est venu jouer, à l'Alcazar, en spectacle de gala, deux pièces d'auteurs belges. Malgré le nom de M. Spaak, inscrit à l'affiche, il y avait à peine deux cents personnes dans la salle. Et voilà comment, en dépit du succès de Kaatje, notre théâtre a conquis notre public! Une fois de plus, d'ailleurs, le public a eu tort, car si le Vee victis, la pièce de M. Marguerite Duterme, dont M. Maus a rendu compte ici même lors de sa création à Paris, est d'une noirceur voulue, tout à fait déplaisante et un peu ridicule, la Madone de M. Paul Spaak n'est pas indigne de l'auteur de Kaatje. J'avouerai cependant que j'en aime peu le sujet. Il s'agit d'un moine italien du xive siècle, qui aime une petite paysanne. Il lutte contre cet amour sacrilège, mais la Madone se refuse à l'en guérir. Qu'à cela ne tienne : la petite paysanne, très désireuse de sauver son âme et celle de son farouche amoureux, prendra la place de la Madone et, à la faveur de la nuit, réconfortera le pauvre pecheur. Malheureusement, le moine s'aperçoit que la statue a les traits de l'enfant, et, dans un mouvement d'épouvantable passion, il s'élançe pour étreindre la Vierge. Alors, affolé devant ce blasphème et préférant sa propre damnation à celle de son amant, la petite simulatrice révèle la supercherie. Les bras s'enlacent, les lèvres se joignent, et le rideau tombe. Je dis que je n'aime pas beaucoup ce genre de sujets, car je pense malgré moi aux gens qui",
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     "texte": "326\n\nL'ART MODERN\n\nsont dans la salle et que ce mélange de religion et d'amour, de prières et de baisers, de pénitence et de volupté, froisse dans leurs convictions les plus intimes. Mais passons. M. Spaak a traité largement, en beaux vers vibrants et pittoresques, cette histoire un peu spéciale, et il a placé en tête de la pièce un sermon du moine qui, pour rappeler un peu le *Curé de Cucugnan* de Daudet et, par d'autres côtés, la confession de Balthazar, dans le *Clotre* de Verhaeren, n'en a pas moins de superbes et savoureux accents. M. Lugné-Poe a bien joué ce rôle ardent et nuancé. Nous ne dirons rien du reste de sa troupe : plus les ombres sont fortes, plus a de relief la figure centrale du tableau.\n\nGEORGES RENCY\n\n---",
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     "texte": "## LES BILLETS DE FAVEUR\n\nOn voulut les supprimer. On les supprima. Il y eut des protestations, des récriminations, des grincements. La chronique donna. La Commission des auteurs, les directeurs de théâtres s'agitèrent sans arriver à s'entendre. Et l'institution des billets de faveur sortit, triomphante, de cet homérique conflit. Les secrétaires de théâtres seront, comme devant, assaillis tous les jours de demandes pour le spectacle du soir, et le banquet mensuel des « mille regrets » aura toujours sa raison d'être.\n\nLe mal est, paraît-il, incurable. Mais est-ce un mal ? M. Georges Price prend spirituellement dans le *Gil Blas* la défense des billets de faveur et en justifie l'attribution à la presse :\n\n« La critique est une obligation envers notre public. De même, nous sommes tenus, en vertu du contrat moral qui nous lie à ceux qui nous lient, de leur donner les programmes, et quelques informations essentielles.\n\nMais il y a loin de là aux quatre ou cinq colonnes que les grands quotidiens consacrent chaque jour aux choses de la scène. Lorsque, sur la foi de communiqués dithyrambiques, nous annonçons que tel directeur est menacé d'un conseil judiciaire parce qu'il se ruine dans une luxueuse mise en scène, nous faisons une pure réclame au susdit impresario. Lorsque nous publions des avant premières qui excitent, par d'heureuses indiscretions, la curiosité des spectateurs, nous rendons au théâtre le même service qu'à l'exploitant de la souveraine *tisane des Lascars*, — exploitant qui ne songe pas à nous payer en infusions. Lorsque nous apprenons au public que tel auteur est parti pour Rome afin de rechercher le squelette de la louve du Romulus, en vue de la mise en scène de sa tragédie de *Rhia Silvia*, nous taillons une belle réclame à l'écrivain et au directeur qui le joue.\n\nC'est là, on en conviendra, de la publicité pure. C'est de la publicité que les autres commerçants rémunéreraient en espèces sonnantes, et que MM. les directeurs de théâtre ont le privilège de solder en morceaux de papier.\n\nEncore convient-il de remarquer qu'ils ne donnent les susdits morceaux de papier que quand le public ne les leur achète pas. Ils nous habillent richement avec les laissés pour compte des grands auteurs.\n\nSi l'on voulait appliquer, en l'espèce, le calcul du baron de Courcel, et établir la balance entre la valeur des réclames faites, au tarif des journaux, et les places données, au tarif des théâtres, on verrait l'énorme différence qui se dessinerait en faveur des premières. Les directeurs bénéficient d'un écart hors de toutes proportions, et leurs plaintes amènent le sourire. Si les grands magasins de nouveautés pouvaient payer leurs annonces avec des\n\ncoupons défratichis, des fonds de magasin, et même des marchandises neuves, ils n'auraient pas la naïveté de réclamer ! Puisque les directeurs ont renoncé à poursuivre le projet annoncé à grand orchestre, c'est que, probablement, ils ont compris qu'ils ne pourraient jamais, eux, se passer de publicité, tandis que les journalistes pourraient facilement se passer d'aller voir dix inepties pour une bonne pièce, et que, surtout — oh ! surtout ! — la délivrance des insupportables sollicitations dont ils sont victimes compenserait largement le regret d'être privés du théâtre.\n\nMais je crois que les directeurs feront sagement en ne renouvelant pas périodiquement ce petit jeu. L'attention est, maintenant, trop éveillée. Je n'ai pas été seul à faire les calculs exposés ci-dessus. Et il pourrait très bien arriver qu'un jour, devant les menaces de suppression des billets légitimes, les directeurs de journaux s'entendissent pour y renoncer, et supprimer, du même coup, les réclames de faveur. »\n\n---",
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     "texte": "## PETITE CHRONIQUE\n\nDès les premiers jours de novembre prochain aura lieu, au théâtre du Parc, une importante manifestation en l'honneur de notre illustre compatriote Emile Verhaeren. A la tête du comité organisateur figurent les noms de Camille Lemonnier, d'Edmond Picard et de quelques autres de nos plus éminents écrivains.\n\nLes admirateurs d'Emile Verhaeren désireux de participer à cette manifestation sont priés d'adresser leur adhésion au trésorier du comité, rue de Wautier, 76, à Bruxelles-Laeken.\n\nLa huitième exposition internationale des Beaux-Arts de Venise sera ouverte du 22 avril au 31 octobre 1909. Elle comprendra des salles italiennes, des salles étrangères et des salles internationales. Oùire les invités, tout artiste qui aura envoyé son adhésion, en y joignant un mandat postal de dix francs, avant le 4<sup>er</sup> janvier 1909, pourra soumettre ses œuvres au jury d'admission. Celui-ci sera composé de trois peintres et de deux sculpteurs, élus par les exposants parmi les artistes étrangers et italiens invités aux expositions de Venise. A l'exception de ces derniers, les artistes ne pourront exposer chacun que deux œuvres. Les envois seront reçus au Palais de l'Exposition (Jardin public) du 10 au 23 mars. Une commission de dix pour cent sera prélevée sur les ventes. S'adresser pour tous renseignements à M. A. Fradeletto, secrétaire général, Municipio di Venezia, à Venise.\n\nLa distribution des prix aux lauréats de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles aura lieu aujourd'hui dimanche, à 10 h. 1/2, au Palais des Académies.\n\nParmi les solistes dont le concours est assuré aux six concerts d'abonnement et à la matinée extraordinaire organisés par l'administration des Concerts Ysaye et fixés aux dates indiquées dans notre dernier numéro, figurent : MM. Fritz Kreisler et Jacques Thibaud, violonistes ; Pablo Casals, violoncelliste ; Raoul Pugno, pianiste, et Anton Van Rooy, baryton. Des négociations sont également entamées avec M. Paderewski et M<sup>me</sup> Carreno, pianistes, et M<sup>me</sup> Frieda Hempel, cantatrice.\n\nUn comité est en formation pour organiser au Cercle artistique de Bruxelles, au mois de novembre prochain, une exposition publique comparée des projets et idées relatifs au Mont des Arts.\n\nLes inscriptions des personnes désireuses de participer à cette exposition sont reçues par M. Schleisinger, au Cercle artistique, Waux-Hall.",
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     "texte": "Sous les auspices et à l'initiative de l'association d'art Union une conférence sera donnée au Musee moderne le jeudi 8 octobre, à 2 h. 12, par M. Albert Croquez, de l'Autorité de Paris, qui a pris pour sujet : « La Flandre, d'après ses peintres contemporains ».\n\nM. Jules Jourdain vient d'être chargé de l'exécution d'un monument qui sera élevé à la mémoire de Juste-Lipse à Louvain, devant la façade de l'Université où professa le célèbre philologue.\n\nC'est jeudi prochain qu'aura lieu au théâtre du Parc, pour la réouverture des Matinées littéraires, la première représentation de la Dernière Dulcinée, poème tragé que du Comte Albert du Bois, qui remporta l'an dernier à Paris, au théâtre des Escholiers, un retentissant succès. M. Caullé Mendès présentera au public, dans une conférence préliminaire, l'auteur de la Dernière Dulcinée.\n\nSamedi prochain, inauguration de la Saison d'opérette au théâtre Molière. Au programme : La Cigale et la Fourmi, d'Edouard Audran.\n\nLes matinées d'opéra-comique au théâtre Molière sont fixées comme suit : série A, les jeudis 12 novembre, 40 décembre, 44 janvier, 44 février et 48 mars ; série B, les jeudis 49 novembre, 47 décembre, 21 janvier, 48 février et 44 mars. Au programme : Haydée, Zampa, Galathée, Le Châlet, Martha et le Docteur Crispin.\n\nLes Matinées mondaines seront inaugurées à l'Alcazar le mercredi 18 novembre et se succéderont de quinzaine en quinzaine. On y entendra successivement MM. Reynaldo Hahn (la Mélodie harmonieuse), Claude Terrasse (l'Opérette à travers les âges), Laurent Tailhade (l'Opéra à travers les âges), Robert Eude (Lettres d'amour).\n\nEn outre, quatre auditions seront données sur les sujets suivants : le Personnage historique au théâtre, Cours de femmes, Musque poétique et poésie musicale, Au pays du rêve et des Chimères.\n\nMme Felicien Durant ouvrira chez elle un cours de piano à partir du 15 octobre. Inscriptions de 2 à 4 heures, 449, rue de la Victoire, Bruxelles.\n\nLa Société des Nouveaux concerts d'Anvers a fixé comme suit les dates de ses auditions : Premier concert, sous la direction de M. S. Rachmaninow, lundi 9 novembre (solistes : WM. Mischa Elman et S. Rachmaninow) ; deuxième concert, sous la direction de M. L. Mortelmans, lundi 21 décembre (solistes : Mme Leffler-Burkhard et M. Ernest Van Dyck) ; troisième concert, sous la direction de M. L. Mortelmans, 41 janvier (solistes : MM. Jacques Thibaud et Pablo Casals) ; quatrième concert, sous la direction de M. Max Schillings, lundi 15 février (soliste : M. Ludwig Hess, ténor ; cinquième concert, sous la direction de M. Georges Marty, mardi 6 avril (soliste : M. Alfred Cortot).\n\nParmi les œuvres nouvelles inscrites au programme : concerto pour violon de Glazounow, le Christ marchant sur les flots, poème symphonique de Mme Marguerite Laenen, trois pièces orchestrales (Von Spielman's Leid und Freud, Seemorgen et Erntefest de Max Schillings, Glockentieder du même auteur, etc.\n\nS'adresser pour les abonnements à M. Huffmann, trésorier, 8, rue du Margrave, Anvers.\n\nD'autre part, la société Antwerpsch Koor prépare l'audition de deux cantates peu connues de Peter Benoit, Jucht met ons et De Leye. Cette audition aura lieu vers la fin de décembre.\n\nDe Paris :\n\nPar suite d'une entente entre l'Automobile Club, qui devait avoir la jouissance du Grand-Palais à partir du 1er novembre pour son Salon annuel, et la Société du Salon d'automne, il vient d'être décidé que ce dernier Salon occupera, jusqu'au 8 novembre, les salles de l'avenue d'Antin. Le Salon restera ainsi ouvert quarante jours.\n\nLa Société internationale de la gravure origine en ir, presidée par M. Rodin, ouvrira prochainement dans les galeries Dewambez une exposition où seront réunies les œuvres des meilleurs graveurs contemporains, parmi lesquelles celles de WM. Anders Zorn, Carl Larsson, Bernard Naud n. Alexandre Lunois, Emile Friant, Charles Huard, Lequeux, Pester-Sing, Van Muyden, etc.\n\nCe sera, avec le Salon d'Automne, une brillante inauguration de la saison artistique.\n\nLa Dame qui n'est plus aux Cim t as, de M Maurice de Faramond, constituera un des premiers spectacles du théâtre de l'OEuvre. M. Lugne Poe compte donner un grand éclat à cette pièce très curieuse.\n\nLes premiers spectacles du Nouveau Théâtre Indépendant auront lieu, Salle Fémina, les 4 et 6 novembre. Trois œuvres inédites y seront représentées : Le Fissé, trois actes de M. Georges Jouvent ; Le Libertaire, un acte de M. Olivier de Trévillé, et Le Chat parti, les souris dansent, un acte de M. Géo Thier et R. Delime. Location pour la répétition générale et la première, rue Pigalle, 8.\n\nParmi les œuvres nouvelles que M Albert Carré a inscrites au programme des représentations de l'Opera-Comique figurent le Coeur du Moulin, poème yrique en dux actes de M. Déodat de Séverac sur des paroles de M. Magre, et l'Heure espagole, un acte de M. Maurice Ravel, texte de M Franc-Nohain.\n\nLa liste, fort longue, des ouvrages reçus comprend en outre : Solange, trois actes de M. Salvayre ; Sanga, trois actes de M. Isidore de Lara ; Myrtil, deux actes de M. Erne t Garnier ; Chiquit, un acte de M. Jean Nougues ; Leone, quatre act s de M. Samuel Rousseau ; Noel, trois actes de M. Fred. d'Erlanger ; Pierre le Védique, trois actes de M Xavier Leroux ; On ne badine pas avec l'am ur, trois actes de M. Gabriel Pierne ; Macbeth, trois actes de M. Ernest Bloch, un acte de M. Maréchal ; Le Puits, un acte de M Marick ; Den sette, un acte de M. Fijan ; Messaouda, un acte de M. Ratez, etc.\n\nUne reprise intéressante à signaler : celle de la Flute enchantée, qui ouvrira un cycle Mozart. L'œuvre sera représentée telle qu'elle fut créée à Vienne en 1791. MM. P. Ferrier et A. Bisson ont été chargés d'en faire une traduction nouvelle, conforme au texte allemand qui fut, on le sait, denature dans la ve sion de MM J. Barbier, Nuitter et Beaumont.\n\nAutres reprises annoncées : Sapho, la Tosca, Orphée, le Roi d'Ys.\n\nParmi les œuvres du répertoire étranger : Feuersnoth, de M. Richard Strauss, traduit par M. Jean Marnold ; Ib et Christine, de M. Leoni, traduit par M. Jean Richepin ; La D rise, de M Galeotti, traduction de M. P. Ferrier ; Paillasse, de M. Leoncavallo.",
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