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     "texte": "TRENTIÈME ANNÉE. N° 10. 6 MARS 1910\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMERO, 25 CENTIMES\n\nSOMMAIRE\n\nQuelques impressions du Paysage moderne (Octave Maus). — Eros vainqueur (H. L. B.). — Livres neufs Francis de Miomandre). — Notes de musique : Concert César Franch (J. C.); le Concert Durant, la Distribution des prix de l'Institut des Hautes Etudes et de l'Ecole de Musique et de Déclamation d'Ixelles (Ch. V.) — Chronique théâtrale : L'Ami des Femmes, le Fils naturel (Georges Rency). — Concerts annoncés. — Petite Chronique.",
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     "texte": "Quelques expressions du Paysage moderne.\n\nLe sentiment de la nature, — j'entends l'émotion que nous font éprouver le frais bruissement d'un ruisseau, la mélancolie de la lande, le mystère des futaies, la silhouette d'une roche inclinée sur le miroir d'une source, — n'a dans l'humanité, et par conséquent dans l'art, où se reflète celle-ci, qu'une origine relativement récente. L'antiquité l'ignora. Le moyen-âge n'en eut point conscience. Si la Renaissance, en Italie et en Flandre, comprit la beauté des arbres, des montagnes, des eaux et des nuages, elle ne l'exprima que pour mieux encadrer les héros et les dieux, qu'elle jugeait seuls dignes d'un hommage esthétique. Durant des siècles, tableaux religieux ou profanes, fresques, miniatures ne permettent d'apercevoir le paysage qu'à travers les arcades d'un cloître, dans le recul d'une perspective de palais ou d'église, aux arriere-plans d'une composition inspirée par les Textes sacrés, l'Histoire, la Fable ou l'intimité de la Vie.\n\nL'Ecole hollandaise, avec Wynants, Van Goyen, avec Ruysdael et Hobbema, mena la première les artistes au coeur des secrets de la nature, tandis qu'en France Nicolas Poussin [et Claude Lorrain accordaient au paysage une importance que leurs prédécesseurs lui avaient refusée. Mais quel chemin à parcourir encore avant d'assister à la communion qui, deux siècles plus tard, allait unir l'exaltation des peintres aux trésors enfin dévoilés de la création!\n\nLa floraison du paysage hollandais au XVIIe siècle fut éphémère : quatre ou cinq noms, isolés, en perpétuent seuls la mémoire. Et comment espérer que les maîtres français du Grand Siecle eussent pu échapper aux pompeux artifices dont la cour du Roi Soleil imposait le goût? « Le Poussin composait des sites majestueux, épiques, dignes des dieux de l'Olympe, dit M. Lucien Solvay dans son excellente étude sur l'évolution du paysage 1, et Claude Lorrain façonnait, avec le sentiment de la lumière qu'il est juste de lui reconnaître, une nature magnifiquement décorative que les architectes de jardins s'ingéniaient à imiter, pliant la réalité au caprice des hommes au lieu que ce fut elle qui leur dictat ses ordres... Mais tout — meme Dieu — ne devait-il pas obeir aux fantaisies des rois? »\n\nEn éveillant dans les cœurs l'amour de la nature, Jean-Jacques a préparé la révolution qu'allait accom-\n\n1 Le Paysage et les Paysages. Theo or Verst ete, par Lucien Solvay. Nouvelle edt n. Bruxell s, G. V n Oest et Cie, 1906.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nplir le xixe siècle dans la peinture du paysage et à laquelle les écrits de Bernardin de Saint-Pierre ne furent peut-être pas étrangers. On comprit enfin que les vallons et les plaines, les bruyères et les forêts, les rives des fleuves et les horizons maritimes ont leur beauté propre, et que pour en faire goûter l'éloquence il suffit de traduire avec fidélité leur charme expressif.\n\nLa sensibilité des maîtres de France et de Belgique, des Corot, des Rousseau, des Millet, des Diaz, des Daubigny, des Jules Dupré, des Courbet, des Lépine, des Jongkind, des Fourmois, des Boulenger, des Dubois, des Baron — double pléiade guidée par un idéal unique — s'exerça, durant un demi-siècle, à pénétrer et à extérioriser le « pittoresque » dont le sens émotif avait échappé à leurs prédécesseurs. Aux paysages héroïques et académiques construits suivant d'invariables méthodes ils substituèrent les sites familiers dont les aubes, les midis, les couchants diversifient et magnifient à tout instant les aspects. Ils accoutumèrent les yeux à admirer la nature telle qu'elle s'offre à nous, dans sa splendeur ingénue, sans la romantiser ni la « poétiser » par des fictions. Admirable école, dont l'enseignement fut décisif.\n\nMais la génération suivante, celle qui s'honore des noms de Claude Monet, Renoir, Sisley, Pissarro, et aux tendances de laquelle se rattachent, entre autres, nos Heymans et nos Claus, nos Lemmen, nos Finch, nos Morren, tenta une conquête nouvelle en subordonnant la réalité objective à l'impression fugitive qu'elle fait naître. La subtilité de leur vision décomposa la lumière, étudia ses vibrations, fragmenta ses effets, nota ses dégradations et ses reflets, scruta les réactions réciproques des clairs et des ombres dans le ruissellement des rayons solaires. La vérité, pour eux, ne réside pas seulement dans l'exactitude des formes et des couleurs, mais dans la fidélité de l'impression ressentie et exprimée : subjectivisme qui donna naissance à des techniques nouvelles et à des conceptions individuelles d'un passionnant intérêt.\n\nIci, deux courants se forment. Au néo-impressionnisme de Seurat, de Cross, de Signac, de Van Rysselberghe, qui s'efforcent d'atteindre la vibration lumineuse par la division du ton, s'opposent les harmonies puissantes, volontaires, d'un Cézanne, d'un Gauguin, d'un Van Gogh, dont l'indépendance anarchique se moque des dogmes et proclame fièrement : « Devant son chevalet, le peintre n'est esclave ni du passé, ni du présent, ni de la nature, ni de son voisin. Lui, encore lui, toujours lui. » Le génie seul peut justifier cette orgueilleuse parole, dont la race, l'hérédité et la tradition tempèrent d'ailleurs l'absolutisme.\n\nC'est vers ces grands instinctifs que tendent aujourd'hui quelques-uns des artistes les mieux doués. Tout au moins se sont-ils, à leur exemple, émancipés des formules qui encerclaient l'art dans une doctrine, quelque libérale et tolérante fût-elle. Pour un Matisse, pour un Marquet ou un Manguin, l'impressionnisme même apparaît comme un asservissement. L'esprit d'individualisme a dispersé les groupes, de même qu'il avait naguère détruit les écoles.\n\nEst-ce à dire que cette dernière étape soit sans connaissance avec les précédentes? Qu'on ne le croie pas. A leur insu et malgré eux, les peintres les plus audacieusement novateurs perpétuent une lignée spirituelle. Leurs toiles réfléchissent un atavisme contre lequel luttent vainement les tentatives les plus énergiques de libération. Gauguin lui-même a écrit : « L'artiste ne naît pas tout d'une pièce. Qu'il apporte un maillon à la chaîne commencée, c'est déjà beaucoup. » (1) Mais le perpétuel renouvellement de l'art diversifie à l'infini les sensations esthétiques et en modifie l'expression dans la forme, sinon dans l'essence. Si les conceptions nouvelles déconcertent au premier abord, elles n'en seront pas moins admirées le jour où l'on aura pénétré la pensée qui les a fait naître, — car les artistes véritables sont toujours en avance sur leur temps. Seuls les médiocres répètent ce qui a été dit avant eux.\n\nPermettre au public d'embrasser d'un coup d'œil les transformations qu'a subies depuis Corot en France, depuis Fourmois en Belgique, l'esthétique du paysage, montrer par des exemples typiques l'effort parallèle des deux nations, rendre hommage à quelques précurseurs tout en maintenant à l'évolution contemporaine l'importance qu'entend lui donner la Libre Esthétique, tel est le programme que s'est assigné celle-ci en vue du Salon qu'elle ouvrira samedi prochain. Elle a cru instructif d'y joindre, en raison de l'influence qu'ils exercèrent sur le paysage contemporain, quelques spécimens de l'art des maîtres du Japon, et en particulier d'Hiroshigé et d'Hokusai. Elle s'excuse des lacunes inévitables qu'offrira cet exposé, tout en exprimant aux collectionneurs qui ont bien voulu seconder ses desseins l'expression de sa profonde reconnaissance.\n\nOCTAVE MAUS",
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     "texte": "## ÉROS VAINQUEUR\n\nAujourd'hui, la présentation ; à huitaine, les appréciations. La mère d'Éros est connue depuis plus de vingt-cinq siècles : son père l'était moins. Il vient de se révéler sous les espèces de M. Pierre de Bréville. Celui-ci vit le jour, il y a bientôt cinquante années, à Bar-le-Duc, bourgade mosane, proche de nos wallonies. Instruit dans la carrière juridique et diplomatique, il ne tarda pas à lui préférer le deux art des sons. Élève de Th. Dubois, puis de César Franck, chez lequel il rencontra Vincent d'Indy (2),\n\n(1) Paul Gauguin, par JEAN DE ROTONCHAMP. Paris, E. Druet, 1906.\n\n(2) Auquel la partition d'Éros Vainqueur est dédiée.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nil se livra entièrement à la composition. On lui doit une messe, des motets, des pièces orchestrales parmi lesquelles des illustrations de la Princesse Malvine et des Sept Princesses de Maeterlinck, de nombreux morceaux pour piano, pour orgue, et des mélodies délicieuses qui l'initient à merveille au maniement de la voix féminine. Éros Vainqueur est son œuvre maîtresse et son début au théâtre.\n\nÉros ! Symbole exquis et éternel ! Dieu créateur, élément primordial de la théogonie grecque, il est depuis le vi<sup>e</sup> siècle avant notre ère le dieu de la passion. Les poètes et les artistes lui doivent leurs plus frémissantes inspirations. Dès les premiers temps, il fut l'objet d'un culte; on célébrait en son honneur, tous les cinq ans, à Thespies, des Erotia, où la légende sacrée servait de prétexte à des figurations symboliques, danses et spectacles.\n\nC'est presqu'une Erotia que M. Jean Lorrain semble avoir voulu esquisser. Il en a situé le cadre en Illyrie, l'époque en pleine Renaissance; l'union de la mythologie antique et de la plus belle floraison de l'Italie du xve siècle est l'occasion d'un mariage harmonieux entre un rêve tangible et une réalité flottante.\n\nTrois actes partagent l'œuvre. L'action est peu compliquée. Au premier tableau, un groupe de lansquenets fait bonne garde autour du verger du roi, dont le mur rouge de vignes et de roses coupe la scène. La ronde passe; d'une anfractuosité fleurie, Éros espiegle sort. Il a regardé par-dessus la muraille: « Parmi l'herbe écumante d'anémones, sous les pommiers neigeux, trois princesses sont là, dormant dans l'or de leurs cheveux! » Trésor gardé par un vieux prince avare! Il faut s'en approcher: le garçon a tôt fait d'appeler un jardinier peu subtil et sa femme apitoyée, et de simuler la détresse pour se faire introduire dans le parc interdit, les yeux bandés, l'âme toute tendue d'émoi.\n\nAu deuxième tableau, le verger du Roi nous présente l'un des plus adorables décors qu'aucun artiste ait conçu pour le théâtre. C'est la fin de mai; les fleurs parsèment le tapis gazonné. Le ciel est doux, l'atmosphère est rose. Sous un pommier, Tharsyle, Argyne et Floriane, en somptueux costumes de cour, dorment gracieusement. On songe au tableau anglais le Jardin des Hespérides, de Leighton, je crois. Éros passe, conduit par le jardinier; le bandeau qui l'aveugle ne l'empêche pas de deviner la triple présence; « je reviendrai », dit-il en souriant, tandis qu'on l'entraîne. Et, malgré les précautions que le roi promeneur ordonne, en un bref intermède, il revient vraiment. — L'action est posée, et d'un coup d'aile s'élève en pleine poésie. « Qu'elles sont belles! s'extasie l'enfant lumineux, et bénit son nom, ma mère Cythérée! Par ces fleurs, ces parfums, elles seront à moi toutes trois ». L'enchantement commence; à chacune, une fleur est dédiée; à toutes trois, le trouble de la mus que. Au dernier et strident accord de la mandoline, les princesses s'éveillent; elles ont vu en rêve l'Éros incomparable et le retrouvent réel, heureux d'apaiser leur soif fébrueuse par l'offrande de l'eau, et leur ardeur par le chant. Au moment de la plus douce extase, il s'évanouit, dans une subite intensité de lumière! Le jardinier Terkau, sa femme Lisbeth accourent aux cris des jeunes filles: était ce le gueux qu'elles ont vu, ou sont-elles folles toutes trois? C'était un rêve?....\n\nAu deuxième acte, les pauvres princesses jolies, que l'Amour a marquées, ne trouvent plus de joie dans la vue d'un divertissement qu'exécutent leurs suivantes. Les chants favoris les ennuien. Lisbeth elle-même est écartée de leur secret. Oh! quelle exaltation, quel trio fremissant, lorsque, restées seules dans leur gynécée somptueux, elles peuvent librement multiplier leur bonheur par le récit de leurs songes et le rappel de l'apparition du verger magique! Pour le revoir, elles appellent le rêve et s'endorment, blotties sous un large dais.\n\nLa nuit est venue. La tapisserie de soie qui fermait le fond de la scène s'éclaire. Les personnages s'animent. Éros et son cortège de songe, Graces, Muses, Nymphes, Ægypans quittent le cadre brodé; et, tandis qu'un chœur invisible emplit l'air d'harmonie fine et sensuelle, se déroule en scène le charme mimé d'un ballet-action plein de tiède allégresse, de volupté délicate: Amour, longtemps retenu par les Muses, leur échappe et saisit les Graces heureuses, tandis que les Ægypans triomphent des Muses, et que tous les gestes, toutes les attitudes, tous les sourires consacrent le triomphe d'Éros vainqueur!\n\nL'obscurité envahit de nouveau la scène, la tapisserie se recompose, s'immobilise; un rayon de lune flotte seul... Éros reparait: « Tharsyle! Écoute... Une prière ardente et pure au bois t'implore; déserte ton passé qui dort! Dans l'aventure et la lumière, viens! Ame en fleur, prends ton essor! » Tharsyle se lève, comme hallucinée, et passionnément soulevée par le baiser du dieu, se laisse entraîner dans la nuit bleue...\n\nCris, appels: « Un homme en fuite! Tirez aux fugitifs! » Le roi courroucé apparaît; les deux sœurs abandonnées entendent seules la voix lointaine d'Éros, et l'acte se termine dans la plus grande confusion.\n\nAu troisième, la fantaisie se donne plus libre cours encore. Un prélude, animé et sonore, décrit la bataille qui se livre au pied du donjon royal, dont nous ne voyons que la terrasse haute. Argine est étendue, languissante, sur un lit de parade. Lisbeth et des suivantes sont auprès d'elle. Depuis deux mois, les princesses vivent en détresse, par la faute du gueux que le verger accueillit. C'est lui qui combat les armées du roi. Aujourd'hui, il traîne deux princesses avec lui, car Floriane a suivi Tharsyle. La pauvre Argine se meurt de rester seule: « Quel est cet étranger que, passive et docile, suit la race des rois? »\n\nDe nouveau, la bataille s'acharne au pied du donjon; les femmes nous en racontent les péripéties. « Un homme casqué d'or conduit les ennemis; il se défend bien; tous ses coups portent. » Lisbeth le reconnaît; c'est l'enfant aux yeux d'azur, le bohémien secouru... Argine semble delirer: est-ce de l'extase, de l'agonie? Les partisans du roi entrent en chantant victoire; le roi lui-même triomphe. « La ville est libre, chante Argine; mais captif est mon cœur. » Nul ne la comprend; comme ses soeurs, mais invisiblement, elle a été marquée par le vrai triomphateur: « La robe de drap de Venise qui dort dans l'ambre et le santal du vieux coffret oriental, prépare-la! » Mon bien aimé est de retour! » Nul ne comprend son extase, sauf le public auquel s'offre, comme à elle-même, la significative vision d'un Éros casqué d'or, tenant dans ses bras Tharsyle et Floriane pâmées, gorges et bras nus: « Argine, dit le dieu, ta prière ardente et pure a force le destin: je viens à toi, dans la lumière e d'un sor plus beau que le matin; ton désir a créé le rêve où m'anima ta volonté! » Les princesses unissent leurs voix à celles du chœur invisible, et le corps d'Argine meurt, son âme envolée auprès du dieu vainqueur.\n\nC'est ainsi qu'Éros, symbole imperieux, après trois actes de poésie, de t ouble subtil, de lumière parfumée et de sonorité voluptueuse, tient enfin, comme il en avait fait serment, trois destinées de femmes entre ses doigts.\n\nH. L. B.",
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     "texte": "LIVRES NEUFS\n\nM. Maurice des Ombiaux vient de publier une monographie anecdotique et documentaire de Camille Lemonnier (1) tout à fait intéressante. Certes il admire, mais il n'admire pas niaissement. Il critique. Je veux dire que, ignorant du dithyrambe comme du dénigrement, il suit avec sympathie la vie et l'œuvre de l'homme qu'il étudie. Et celles de M. Camille Lemonnier imposent le respect. Que d'anecdotes, que de faits que je ne connaissais pas et qui me rendent encore plus digne d'estime cette belle figure d'écrivain!\n\nM. Camille Lemonnier est le type de l'homme de lettres. Cette noble profession, devenue pour tant d'arrivistes un métier et par leur vilaine présence trop décriée, cette profession, le romancier de Mme Lupar et de Un Mâle la relève aux yeux du public par son honnêteté magnifique et sans concessions, par l'enthousiasme constant avec lequel il l'a exercée, malgré souvent de dures épreuves. Sa vie et sa carrière sont pour nous des exemples et des encouragements. Et M. des Ombiaux nous l'a rappelé avec beaucoup de verve.\n\nLa Correspondance de Paul Roulier Davenel (2) est une fantaisie, souvent charmante, de cet être délicieusement absurde et funambuleuse : M. Sacha Guirty. C'est une série de réflexions sur les hommes et les choses qui touchent au théâtre, entremêlées des épisodes d'une vie de bâtons de chaises : celle du héros présumé de cette vague et folle histoire. Et les caricatures surtout sont très bien, — caricatures de littérateur, un peu dans le genre de celles de M. Ernest La Jeunesse mais tout de même plus jolies et plus fines, plus justes.\n\nM. Léon Legavre retrace dans Un Crime social (3) les horreurs de la récente affaire Francisco Ferrer et en tire les conclusions sociales qu'elle comporte. Peut-être en s'exagérant cependant l'influence de l'Église. L'Espagne est un pays bien à part! Du même auteur : Les Basiliques (4), poèmes un peu bien influencés de Verhaeren, mais tout de même énergiques et sincères.\n\nDans Les Sagesses (5) de M. C.-Francis Caillard, vous trouverez de mêmes et justes notations de la vie provinciale : petites choses et petites gens, dans une manière qui rappelle à la fois Jules Renard pour la qualité de l'observation et Francis Jammes pour celle du sentiment. Dans un avertissement, l'auteur explique comment l'emploi continu du vers octosyllabique lui a paru nécessaire pour concorder avec l'inspiration de ses poésies. Je pense, amicalement, qu'un peu plus de variété dans les rythmes n'aurait fait que davantage ressortir les nuances des sentiments et des descriptions.\n\nQuant à M. François Mauriac, j'ai remarqué son livre au milieu de l'abondante production versifiée de ces derniers temps (hélas! en fait-on, des vers! en fait-on! c'est effrayant). Mais les Mains jointes (6) sont de petits poèmes de dévotion d'une telle simplicité, d'une telle justesse de souvenirs qu'ils s'imposent. Pas de grands cris lyriques, mais pas non plus de digressions vagues et abstraites.\n\nDes souvenirs d'une enfance pieuse et recueillie, les impressions d'un écolier qui se confesse et communique, ses craintes, ses scrupules, ses élans de ferveur mystique. Par ces temps d'irréligion universelle, un poète qui parle des choses de la piété avec cet accent si doux et si prenant est chose tellement rare! Et puis, cela donne aux émotions profanes qu'il ressent quelque chose de\n\n(1) MAURICE DES OMBIAUX : Camille Lemonnier. Monographie. Paris et Bruxelles, Ch. Carrington.\n\n(2) Correspondance de Paul Roulier-Davenel remueillie par Sacha Guirty, illustrée par lui et éditée par Dorbon l'aîné, à Paris.\n\n(3) Léon Legavre : Un Crime social. Paris, Mons, Édition de la Société nouvelle.\n\n(4) Id. : Les Basiliques, poèmes (Id.)\n\n(5) C.-FRANCIS CAILLARD : Les Sagesses. Bibliothèque du Temps présent. Paris, Falque.\n\n(6) FRANÇOIS MAURIAC : Les mains jointes. (Id.)\n\npudique et de profond qu'elles n'auraient pas sans cela. Écoutez ces vers, si simples et si nus, mais évocateurs d'un spleen si subtil :\n\nFAIBLESSE\n\nL'âme pleure d'être inconnue. Elle s'étonne Qu'on passe indifférent à ses yeux de langueur. Elle ne songe pas qu'il est d'autres automnes Tristes comme le sien, au fond de tous les coeurs.\n\nElle voit seulement les larmes qu'elle pleure Et pense qu'il n'est pas au monde d'autre nuit Que celle appesantie au toit de sa demeure Et que les autres ont le bonheur qui la fuit.\n\nLasse de s'émerveiller à la douceur des voix Du passé qu'elle aimait jadis à reconnaître, L'âme regarde un peu ses larmes d'autrefois Sans plus se rappeler ce qui les a fait naître.\n\nElle n'éveille plus le bon désir de vivre, Ni même de trouver un soir les yeux élus ; Stupide et les yeux clos, elle ne cherche plus Celui qu'il faut aimer ni celui qu'il faut suivre.\n\nEt ceci, sans titre :\n\nJe suis seul avec mon livre. Ce ne m'est plus un tourment : Accepter l'isolement C'est se résigner à vivre.\n\nDans notre cœur plein de nuit, Qui jamais songe à descendre ? Même l'ami le plus tendre Ne me parle que de lui.\n\nM'aime-t-on? Et-ce que j'aime? Ai-je aimif... Je ne sais pas. Je sais n'être jamais las De m'attendrir sur moi-même.\n\nSans prétention, tout gentiment, dans Les Glumes éparses (1) M. Marcel Prouille disperse au vent quelques vers faciles et légers nés d'une juvénile et fraîche inspiration.\n\nCitons enfin : Le Jeu des dix-huit ans (2) de M. Prosper Roidot, série de poèmes consacrés à la ville de Bruxelles et à sa banlieue, dans une note à la fois spirituelle et émue ; les Saisons mystiques (3), poèmes éloquents de M. Georges Ramaekers ; les Matinales (4) de Mme France Dargat ; Sur la Flûte de roseaux (5) de M. Maurice Kunel ; Fidélaine (6) de M. Honoré Lejeune ; l'Ombre au flambeau (7) de M. Yniold-René Bertrand ; les Fleurs sanglantes (8) de Mme Juana-Richard Lesclide ; Quelques Vers (9) du Comte d'Arschot, et enfin Anacréon (10) de Léon Marie Thylienne, transposition des plus... dirai-je audacieuses ? de ce pauvre Anacréon, qui n'en peut mais.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE\n\n(1) MARCEL PROUILLE : Les Glumes éparses. Paris, Édition de Chloé.\n\n(2) PROSPER ROIDOT : Le Jeu des dix-huit ans. Bruxelles, 15, rue du Midi.\n\n(3) GEORGES RAMAEKERS : Les Saisons mystiques. Bruxelles, Librairie moderne.\n\n(4) FRANCE DARGAT : Les Matinales. Paris, C. Ficker.\n\n(5) MAURICE KUNEL : Sur la flûte de roseaux. Bruxelles, Éditions de la Belgique artistique et littéraire.\n\n(6) HONORÉ LEJEUNE : Fidélaine, conte lyrique en trois actes. Musique de A. Dupuis. (Id.)\n\n(7) YNIOLD-RENE BERTRAND : L'Ombre au flambeau. Paris, Sansot\n\n(8) JUANA-RICHARD LESCLIDE : Les Fleurs sanglantes Id.\n\n(9) COMTE D'ARSCOT : Quelques vers. Bruxelles, P. Lacombez.\n\n(10) LÉON-MARIE THYLIENNE : Anacréon. Odes érotiques (transposition). Liège, Société belge d'Éditions.\n\n---",
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     "texte": "## NOTES DE MUSIQUE\n\n### Concert César Franck.\n\nAvant de nous fa re entendre les œuvres annoncées, M. Ch. Delgouffre avait voulu nous exposer la chère figure de César Franck. Il est arrivé à l'an mer, bien qu'il se soit placé peut être à un point de vue trop spécial, bien qu'il n'ait considéré que le seul côté d'austère séréné parmi les caractères multiples du genre de Franck. Mais il faut le louer d'en avoir parlé avec émotion et sincérité.\n\nLa plupart des œuvres inscrites au programme étaient de la dernière pér ode, donc de la manière la plus sûre et la plus caractéristique. Les exécutants ont tous apporté la conscience artistique nécessaire à l'interprétation des pièces qu'ils exécutaient. M. Lambert mit les sonorites vibrantes de son instrument au service d'une compréhension très intéressante de la Sonate pour piano et violon. Il traduisit fort bien la douloureuse tendresse de l'Allegro et exposi avec charme les phrases réveuses de Recitativo.\n\nOn apprécia le jeu de M. Delgouffre surtout dans l'Aria de Prélude, Aria et Final, qu'il joua au début; dans Prélude, Choral et Fugue il ne se défendit pas d'une certaine brusquerie, mais aussi, chaque fois que se présenta le thème sur lequel est construite la fugue (il apparaît dès le prélude), il l'exposa avec clarté, et souvent avec grandeur.\n\nDes pièces pour harmonium furent exécutées par une dame amateur qui désire, je crois, garder l'anonyme. Elle mit beaucoup d'expression dans l'Offertoire, dont la pureté m'lodique seduit davantage chaque fois qu'on l'entend. Mais son interprétation ne sauva pas la « sortie » d'une certaine lourdeur. Elle et M. Delgouffre équilibrèrent leurs jeux aux qualités si différentes e réalisèrent Prélude, Fugue et Variation de façon très satisfaisante.\n\nMme Lambert, si elle mettait plus d'intime discrétion dans les mélodies qu'elle chante, arriverait certes à produire plus d'émo- tion.\n\nEnfin, la soirée fut d'un grand intérêt et on ne peut que souhaiter que des artistes se réunissent plus souvent pour jouer la musique de celui qui est aujourd'hui pour presque tous les musiciens un enseignement et un réconfort.\n\nJ. C.\n\n### Le Concert Durant.\n\nLe programme symphonique du dernier concert Durant éta t charmant et varié, et nul n'aurait pu se plaindre de la façon dont furent interprétées la deuxième Symphonie(en si mineur)de Borodine, le Tasse de Liszt et l'Apprenti sorcier de M. Paul Dukas. M. Durant excelle dans la direction des œuvres dont le coloris orchestral est pittoresque et très accentué; aussi est-ce avec une virtuosité parfaite qu'il a conduit l'œuvre si attachante de Borodine, dont il avait d'ailleurs donné une prem e audition en 1908 au cours d'une seance entièrement consacrée à la musique russe.\n\nL'Apprenti sorcier, dont on ne saurait trop vanter la valeur esthétique et musicale, et qui restera certainement l'une des productions les plus puissantes et les plus originales du début du xx° siècle, fut également pour M. Durant l'occasion d'un beau succès. Le Tasse n'est pas le moins bon parmi les poèmes symphoniques de Liszt: il est d'une grande clarté et d'une allure noble et dramatique qui, si elle ne passionne pas, intéresse tout au moins et force à rendre hommage à la belle conviction romantique du mal re.\n\nLe soliste du concert, le violoncelliste hollandais Hollmann, appartient à une génération qui ne pratiquait pas encore la souveraine simplicité d'un Casals. C'était alors la période du beau son, systématiquement éclatant dans le forte, doux, caressant, presque mièvre dans le piano; on recherchait les contrastes, on était romantique avec abondance et non sans un certain charme. Malheureusement le deux ème Concerto de Saint-Saens dans lequel s'est produit le virtuose dépasse tout ce que l'on peut ima- giner en fait de sécheresse, de pauvreté d'invention et de « neutralité ». L'Andante de Molique 1, qu'il a joué ensuite et dont on ne peut dire ni bien ni mal, a jeté une note agréable après les arides élucubrations de l'auteur de Samson et Dalila.\n\n### La Distribution des Prix\n\nde l'Institut des Hautes Études et de l'École de Musique et de Déclamation d'Ixelles.\n\nOn ne pourra certes reprocher à l'actif et original directeur de l'École de musique d'Ixelles d'avoir organisé une distribution des prix banale et officie lement ennuyeuse. A part sa longueur, la cérémonie — si on peut l'appeler ainsi — a été d'un bout à l'autre vivante, captivante et d'une allure toute spéciale, bien caractéristique, des idées renovatrices que M. Thiébaut tente d'y me tre en pratique.\n\nAprès un bref discours, bien écrit et bien lu par M. Liebrecht, et une lecture rapide du palmarès, il y a eu une partie musicale au cours de laquelle élèves, professeurs et adjoints se sont fait entendre dans des morceaux d'ensemble pour piano. Puis est venue la partie dramatique avec l'exécution du troisième acte de Sœur Béatrice de M. Maeterlinck et des scènes finales du troisième acte du Juré de M. Edmond Picard, musique de M. Henri Thiébaut. Louons l'idée de faire jouer aux élèves de l'École une œuvre aussi parfaitement belle que le drame de M. Maeterlinck plutôt que les mélodrames et les comédies de troisième ordre dont on entend souvent encore des fragments dans les concours de Conservatoire.\n\nLe « clou » de la matinée était le fragment du Juré. Il m'a toujours semblé que le monodrame de M. Picard se prêtait peu à la musique, même à la simple musique d'« atmosphère ». Le style extrêmement personnel de M. Picard, le réalisme rugueux et tourmente auquel son sujet l'a contraint, s'opposent par essence à un commentaire musical, et, l'on aura beau dire, à l'exécution la parole parlée vous distraira toujours de la musique et celle-ci vous empêchera d'accorder à la parole une attention soutenue... Ceci dit, je me plais à reconnaître que la partition de M. Thiébaut a été pour moi une vraie révélation.\n\nBien qu'exécutée dans une réduction pour piano, quatuor à cordes et harmonium avec intervention du gong, elle produit un grand effet. Simple, originale sans recherche expresse d'originalité, la musique du Juré se recommande par une facture à la fois délicate et solide, et par un sens expressif très pur et dénué de banalité; le travail thématique est bien conçu et ne donne point l'impression de l'artificiel. M. Thiébaut se sert souvent, avec bonheur, de la voix humaine chantant en vagues mélopées des choeurs quasi-instrumentaux, tantôt a cap lia, tantôt accompagnés : il y a là un effet nouveau et de fort bon aloi. Le prélude par lequel débute la quatrième scène du troisième acte du Juré est particulièrement bien venue et prépare admirablement à ce qui va suivre.\n\nL'un des éléments de succès de l'œuvre a été la perfection de son exécution. La lecture du texte avait été confiée à Mme Eve Francis, la meilleure parmi les anciennes élèves de l'École ; on sait qu'elle poursuit à l'heure actuelle une carrière théâtrale digne de son beau talent. On ne pouvait s'adresser mieux qu'à elle pour remplir cette mission difficile entre tou es; elle n'y a pas fa lli, et c'est avec une intelligence et une autorité remarquables qu'elle a lu les scènes du Juré. L'exécution de la partie musicale a été en tous points parfaite, sous la direction de l'au eur.\n\nLa matinée s'est terminée par une partie plastique tout à fait réussie qui a permis de juger des résultats excellents qu'a produits à l'École l'enseignement de la gymnastique rythmique et esthétique selon la méthode de M. Jaques-Dalcroze.\n\nCm. V.\n\n1 Violoncelliste et compositeur allemand, mort en 1869.",
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     "texte": "## CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\n**L'Ami des Femmes. — Le Fils naturel.**\n\nLa semaine fut, semble-t-il, dédiée à Alexandre Dumas fils : reprise de *L'Ami des femmes* à l'Alcazar; reprise du *Fils naturel* au Parc; et partout public nombreux et enthousiaste. On s'abordait dans les couloirs avec des mines satisfaites : « Hein! ce Dumas! Comme il « tient » encore! Quel esprit! Quel dialogue! C'est autrement fort que ce qu'on fait aujourd'hui! »\n\nN'exagérons rien, pourtant. Si, dans l'ensemble, les pièces de Dumas peuvent encore affronter la rampe et remporter de jolis succès — à tel point que le *Fils naturel* a été acclamé au Parc et a fait pleurer toute la salle, — dans le détail, il faut bien convenir que maintes scènes y ont vieilli, et que les effets sont souvent obtenus par des moyens très factices, parfois même un peu simplistes. Il arrive aux personnages de dire en *a porte* des choses que le public a parfaitement devinées et comprises : et cela produit une impression désagréable, comme si l'auteur n'avait pas confiance dans l'intelligence des spectateurs. Il arrive également que les personnages eux-mêmes soient terriblement conventionnels, comme dans le *Fils naturel*, par exemple, où les deux familles Sternay et Vignot s'opposent un peu trop mathématiquement l'une à l'autre.\n\nN'importe! Dumas fils plait encore par le charme d'un dialogue extraordinairement animé et spirituel, par le sérieux de ses pièces, par leur honnêteté, par leur intrigue toujours si adroitement soutenue jusqu'au dénouement, qui n'a pourtant jamais rien d'inattendu ou de romanesque.\n\nEt puis, je l'ai déjà dit plusieurs fois, on commence à être très fatigué du théâtre boulevardier dont les audaces ont atteint leur extrême limite, et qui ne trouvera plus rien pour réveiller notre curiosité blasée. Même l'intervention d'un cinématographe obscène, comme dans le *Circuit*, ne galvanisera pas longtemps l'attention des foules. On veut autre chose. Après les piments, on désire le « béni grand bol de lait de ferme » dont parle Laforgue. Et comme les dramaturges du présent ne nous donnent pas encore cet « autre chose » dont nous sommes avides, nous l'allons demander à ceux du passé. Dumas fils est du nombre, et profite de cette réaction. On en reviendra à Augier, voire à Scribe. C'était inévitable.\n\n*L'Ami des femmes* a été merveilleusement joué à l'Alcazar par M. Le Bargy, étonnant d'esprit, de verve aimable, de fine et souviante malice, de philosophie à la fois élégante et profonde. A côté de lui, Mlle Jeanne Lion, de l'Odéon, a obtenu un succès personnel très flatteur dans le rôle de Jeanne de Simerose.\n\nAu Parc, le *Fils naturel* n'a pas rencontré l'interprétation homogène qu'il lui eût fallu. Si MM. Carpentier et Richard étaient excellents dans les rôles du notaire Fressart et du marquis d'Orjebac, les autres interprètes laissaient plutôt à désirer. Plusieurs d'entre eux, d'ailleurs, ne connaissaient que très imparfaitement leurs rôles.\n\n***\n\nLa matinée Maeterlinck organisée par M. Louis Piérard n'avait attiré que peu de monde au théâtre du Parc. Les absents ont eu tort. La causerie de M. Piérard sur Maeterlinck était agréable à entendre si elle ne nous apprenait rien de bien neuf, et elle était illustrée d'intéressantes projections lumineuses. On projeta même le portrait du maître, ce qui était peut-être superflétation. Mlle Rollet a fort bien chanté quelques chansons de Maeterlinck mises en musique par Chausson et par Fabre, et Mlle Kalff a lu avec un talent de premier ordre des extraits des principales œuvres dramatiques du poète. Ces lectures ont produit une profonde impression sur le public. Mlle Kalff serait, pour les œuvres de Maeterlinck, à côté de Mme Georgette Leblanc, une interprète infiniment compréhensive. Elle sait rendre, très simplement, très naturellement, ce qu'il y a, à la fois, d'enfantin, de candide, d'innocent, de cruel, de tragique, de désespéré dans les drames du maître. Mlle Kalff est une grande artiste.\n\nGEORGES RENCY\n\n---",
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     "texte": "## CONCERTS ANNONCÉS\n\nAujourd'hui dimanche, à 2 h. 1/2, Salle Patria, cinquième Concert Ysaye sous la direction de M. O. Lohse avec le concours de M. A. Cortot, pianiste, qui interprétera le concerto de Schumann, l'*Andante*, *Spinato* et *Polonaise* de Chopin. Au programme orchestral : ouverture de Benvenuto Cellini, symphonie n° 3 (Beethoven), le *Tasse* (Liszt) et Prélude des *Maîtres chanteurs* (Wagner).\n\nDemain, lundi, à 8 h. 1/2, Salle Patria, festival Schumann par le Trio Cortot, Thibaut, Casals. Trios op. 63, op. 80, op. 440.\n\nMardi, à 8 h. 1/2, à l'École allemande, concert de Mlle F. Hiard avec le concours de Mme B. Bernard.\n\nMercredi, à 8 h. 1/2, à l'École allemande, quatrième séance du Quatuor Zimmer (Mozart, Grieg, Beethoven). — A la même heure, Salle Patria, audition du Cercle symphonique *Crescendo* sous la direction de M. L. Poliet (XVe anniversaire de la fondation du Cercle). — Le même jour, à 8 heures, à Liège (Salle du Conservatoire), troisième concert Debefve avec le concours de MM. Cortot, Thibaut et Casals.\n\nVendredi, à 8 h. 1/2, à la Grande-Harmonie, récital Henri Albers avec le concours de Mme Roger-Miclos.\n\nDimanche 13, à 2 heures, à la Monnaie, quatrième Concert populaire sous la direction de M. S. Dupuis et avec le concours de Mme Plaichinger, de l'Opéra impérial de Berlin. Œuvres de R. Strauss : *Mort et Transfiguration*, poème symphonique; grand monologue d'*Elektra*, chanté par Mme Plaichinger (1re audition); les *Équipées de Till Eulenspiegel*, poème symphonique. Œuvres de R. Wagner : *Siegfried-Idylle*; le *Crépuscule des Dieux*, Marche funèbre de Siegfried; Final, chanté par Mme Plaichinger.\n\nLa *Société de musique de Tournai* organise pour le 3 avril une exécution intégrale de *Godelive*, drame musical en 3 actes de M. E. Tinel.\n\n---",
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     "texte": "**ELRATUM.** — Au lieu des initiales M. F. M. imprimées par erreur la semaine dernière à la suite des articles sur le Conservatoire et sur le récital de Mlle M. Rollet, il faut lire M. S. M.\n\n---",
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     "texte": "## PETITE CHRONIQUE\n\nLe Cercle des Arts, des Sciences et des Lettres de Schaerbeek a ouvert hier une exposition des Œuvres de ses Membres dans les locaux de la *Scola Musicæ*, rue Gallait, 90.\n\nM. Célestin Demblon, professeur d'histoire de la Littérature française à l'Université Nouvelle de Bruxelles, y donnera mardi prochain, à 3 h. 1/2, une conférence sur : *l'École d'Antoine Watteau*.\n\n---\n\nAutres expositions ouvertes :\n\nMusée Moderne. *Pour l'Art* (clôture aujourd'hui dimanche, à 5 heures). — Cercle artistique. Mlle Berthe Art, M. Ph. Zwyncop (clôture le 9). — *Le Studio*. M. et Mme Tony Hermant (clôture le 7). — Salle Deman, 86, rue de la Montagne. M. Félix Guilleaume (clôture le 9).\n\n---\n\nOutre ceux que nous avons cités, plusieurs collectionneurs de Paris et de Bruxelles ayant mis la *Libre Esthétique* à même de compléter la sélection d'œuvres qu'elle a formée en vue de son prochain Salon (1), celui-ci s'annonce comme devant avoir pour l'histoire du Paysage en Belgique et en France une importance capitale. Pour la première fois on verra les maîtres du Romantisme et du Réalisme, désormais consacrés, réunis aux représentants de l'Impressionnisme le plus « subversif », — Corot et Courbet, Boulenger et Dubois voisinant avec Van Gogh et Gauguin, avec Matisse, Marquet ou Manguin. On ne manquera pas d'engager à ce propos\n\n(1 Notamment MM. Cels, M. Sainctelette, M. Vauthier, E. Ysaye, H. Aubry, A. Schuffenecker, M. et Léo D. Stein.",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nde vives discussions et de faire d'instructives comparaisons entre les cinquante peintres sur lesquels s'est arrêté le choix des organisateurs.\n\nC'est samedi prochain qu'aura lieu le Vernissage, exclusivement réservé aux membres de la Libre Esthetique, aux artistes invités et à la presse. A partir du lendemain, dimanche, le Salon sera accessible dès 10 heures du matin au public. Il restera ouvert jusqu'au 17 avril.\n\nM. J. Merckaert ouvrira au Cercle artistique, le 10 mars, une exposition de ses tableaux récents.\n\nLes bureaux du Comité exécutif de l'Exposition de Bruxelles sont transférés à l'Exposition. Le public y a accès par la porte de service B, avenue de Solbosch. Seul le bureau des abonnements reste en ville, 14, rue des Colonies.\n\nLa répétition générale d'Eros Vainqueur a eu lieu vendredi dernier au théâtre de la Monnaie devant un public restreint de critiques et d'artistes. La belle partition de M. Pierre de Breville a excité une profonde émotion : de l'avis unanime, c'est l'une des œuvres lyriques les plus parfaites que l'École française ait produites. Elle a le mérite rare d'unir à des qualités techniques de premier ordre un charme melodique d'une extrême séduction. L'exécution qui en a été donnée fait présager un éclatant succès.\n\nJamais, peut-être, le souci d'une mise au point minutieuse n'a été poussé aussi loin. Et si l'on a admiré l'œuvre, on n'en a pas moins félicité les interprètes, M. Sylva n Dupuis, dont l'orchestre est au-dessus de tout éloge, et les directeurs du théâtre, qui ont réalisé des merveilles scéniques. Les décors de M. Delescluze sont délicieux et le ballet, réglé par M. Ambrosiny, est absolument charmant.\n\nM. Vincent d'Indy, qui assistait à la répétition générale avec plusieurs compositeurs et critiques parisiens, n'a pas ménagé ses félicitations aux interprètes, au chef d'orchestre et aux directeurs.\n\nLa Reine, que le deuil de la Cour empêche de se rendre à la première représentation, avait tenu à applaudir l'œuvre de M. de Breville. Accompagnée du duc et de la duchesse de Vendôme et de l'auteur, elle assista, mercredi dernier, à une répétition d'ensemble d'Eros Vainqueur et se rendit ensuite sur la scène pour exprimer aux artistes et aux directeurs la grande joie qu'elle avait éprouvée.\n\nC'est demain, lundi, qu'aura lieu la première représentation, donnée au bénéfice de l'Association de la Presse, et qui réunira un grand nombre de personnalités artistiques et mondiales de Paris. Les représentations suivantes sont fixées aux mercredi 9, lundi 14 et vendredi 18 courant.\n\nLe Musée de Gand a acquis à Paris, la semaine dernière, à la vente de la collection Jean Dolent, un excellent portrait d'Eugène Carrière par lui-même, et ce pour la modique somme de 6,400 francs, tandis que l'État français se rendait acquéreur pour le Musée du Luxembourg, au prix de 22,000 francs, du portrait de Verlaine par le même artiste. Ce portrait fut exposé en 1896 au Salon de la Libre Esthetique avec un ensemble d'œuvres de Carrière.",
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     "texte": "TAPIS D'ORIENT\n\nDALSÈME 2, RUE LÉOPOLD, 2 BRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIFYNF ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18, RUE SAINT-MARC ET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION\n\nA citer encore, parmi les plus hauts prix atteints par les toiles du maître à la même vente, le Portrait de Jean Dolent et de sa fille, ad u.e 20,400 francs; le Sculpteur, 9,800 francs; Femme nue couchée, 5,600 fr., etc.\n\nM. E. Tinel vient d'être nommé maître de chapelle du Roi.\n\nC'est mardi prochain, à 2 heures, qu'aura lieu au Conservatoire (Classe de Déclamation) la manifestation de sympathie organisée en l'honneur de Mme Jeanne Tordeus.\n\nM. Emile Vandervelde fera mardi prochain, à 8 h. 1 2, à la Maison du Peuple, une conférence sur : Six semaines de villégia-ture au Bas Congo projections lumineuses.\n\nLa conférence de M. Maurice Kuffrath sur la Musique roman-tique annoncée pour le 2 mars au Cercle artistique est journée à mercredi prochain, à 5 heures.\n\nLe Festival Schumann est fixé aux 14 et 15 mars.\n\nElektra de Richard Strauss vient d'être représentée à La Haye avec un succès éclatant. L'auteur, qui dirigeait lui-même, a été l'objet d'ovations sans fin. Le rôle d'Elektra était tenu par Mme Plaichinger, qui interprétera l'une des principales scènes de l'ouvrage au Concert populaire du 13 mars, à Bruxelles.\n\nLa Société des Gens de lettres, présidée par M. Georges Lecomte, a eu l'aimable pensée, pour resserrer les liens de confraternité qui unissent aux écrivains français ceux de Belgique, de donner à Paris, le 14 mars, chez Margueri, un banquet en l'honneur de la Littérature belge. Ce banquet sera présidé par le ministre de Belgique en France. Les invités de la Société des Gens de lettres seront Mme Camille Lemonnier, Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren, Octave Maus, L. Dumont-Wilden, Eugène Gil-bert et Maurice Wilmotte.\n\n« Expansion belge » :\n\nUn concert consacré aux œuvres de M. Joseph Jongen aura lieu prochainement à Paris, à la salle Pleyel, sous les auspices du marquis de Polignac. Au programme : Quatuor pour piano et cordes, Trio pour piano, violon et violoncelle, Prélude et variations pour violon, alto et piano, pièces pour piano, mélodies. Les interprètes seront MM. Imbart de la Tour, Léon Jongen, Lensen, Englebert, G. P. tsch et l'auteur.\n\nMme Mirie-Anne Weber donnera le jeudi 17 mars, à 9 heures, à la Schola Cantorum, un festival Schubert avec le concours de Mme Nun et M. F. Motte-Lacroix, pianistes, E. Borrel, violon-solo de la Société Haendel, etc.\n\nM. A. Marcette a ouvert le 1er mars dans les galeries Georges Petit, à Paris, une exposition de peintres à l'eau qui restera ouverte jusqu'au 15.\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & C°\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître\n\nPEINTRES DE RACES\n\npar MARIUS-ARY LEBLOND\n\nLAURÉATS DU PRIX GONCOURT POUR 1909\n\nCet ouvrage est consacré à Anglada, Brangwyn, Dirks, Dufrenoy, Frederic, Gauguin, van Gogh Lacoste, Laermans, Liebermann, Morice, Nire, Segantini, Tarkh ff. Il forme un beau v lumière petit in 4, comprenant 240 pages de texte, et est illustré de 96 reproduits, dont 28 en p an hes hors-texte.\n\nPRIX : 12 FRANCS\n\nEn distribution :\n\nNotre catalogue illustré et son supplément Envoi gratuit sur demande",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, Rue de la Charité, BRUXELLES\nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\n---\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\n\nCh. XHROUET\n\n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadre de tous styles et d'après dessin pour tableaux\naquarelles, pastels, etc.\n\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\n---\n\nLa Lecture Universelle\n\n86, rue de la Montagne, BRUXELLES\n(entre les rues d'Arenberg et d'Assaut).\n\n250.000 volumes français et étrangers. — 100 revues.\nCatalogue (1.070 pages) Prix : 2 francs.\nABONNEMENTS : 10 francs par an ou 2 francs par mois.\nService de périodiques à domicile.\nArrangements spéciaux pour la province et les villégiatures.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\n---\n\nFernand Lauweryns\n\nÉDITEUR DE MUSIQUE\n\n38, rue du Treurenberg, Bruxelles.\nTÉLÉPHONE 9782\n\nLIBRAIRIE D'ESTHÉTIQUE MUSICALE\n\nABONNEMENT\n\nPIANOS — HARMONIUMS — LUTHERIE D'ART\nMÉTRONOMES — CORDES JUSTES\n\n---\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE\n\nBUREAU de COUPURES de JOURNAUX FRANÇAIS et ÉTRANGERS\nFONDÉ EN 1889\n\n21, boulevard Montmartre, PARIS, 2°\n\nGALLOIS ET DEMOGEOT\n\nAdresse télégr. : COUPURES PARIS — TÉLÉPHONE 121.50\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE :\n\nReçoit, lit et découpe tous les Journaux et Revues et en\nfournit les extraits sur tous sujets et personnalités.\n\nService spécial d'Informations pratiques pour Industriels et\nCommerçants.\n\nTARIF : 0 fr. 30 par coupure\n\nTarif réduit, paiement d'avance, sans période de temps limité :\nPar 100 coupures : 25 fr. Par 250 coupures : 55 fr.\n\" 500 \" 105 fr. \" 1000 \" 200 fr.\n\nOn traite à forfait pour 3 mois, 6 mois, un an.\n\n---\n\nBULLETIN FRANÇAIS\n\nDE LA\n\nS. I. M.\n\nSociété internationale de musique (Section de Paris)\nANCIEN MERCURE MUSICAL\n\nPARAISSANT LE 15 DE CHAQUE MOIS\n\nLe numéro : 1 franc.\n\nAbonnements : { Étranger, 15 francs par an.\nFrance, 10 francs par an.\n\nRédaction et Administration : 6, chaussée d'Antin,\nPARIS\n\n---\n\nE. DEMAN, Libraire-Editeur\n\n86, RUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\n\nÉditions d'Art. — Œuvres de J. BARBEY D'AUREVILLY,\nMALLARMÉ, MASTERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-\nADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIEN ROPS, etc.\n\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.\nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS\nCommission, Achat, Expertises, Direction de ventes publiques.\n\nSalle d'Exposition\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14\n\nBruxelles. — Imp. V° MONNOM, 32, rue de l'Industrie.",
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