{
 "numero_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23",
 "tome": "1910",
 "source": "Digithèque « Revues littéraires belges », ULB (ELB-ULB-DL2864764-1910-f) ; OCR LightOnOCR (API Albert)",
 "articles": [
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-001",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 177,
   "page_fin": 177,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=184",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 184,
     "page_imprimee": 177,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 563,
     "texte": "TRENTIÈME ANNÉE.                                      N° 23.                                      5 JUIN 1910.\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE, 13 FRANCS. — LE NUMERO, 25 CENTIMES\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nElektra (HENRY LESBROUSSART) — Mili Balakirew (M.-D. CALVO-CORESSI). — Poètes (FRANCIS DE MIOMANDRE). — L'Invitation au voyage. — L'Art d'Henri-Edmond Cross. — Chronique théâtrale : Le Grand Mogol, la Bourse ou la Vie (G. R.). — Petite Chronique.\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=184"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-002",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 177,
   "page_fin": 179,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=184",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 184,
     "page_imprimee": 177,
     "debut_caractere": 565,
     "fin_caractere_exclue": 3181,
     "texte": "## ELEKTRA (1)\n\nIl faut considérer cette œuvre comme une manifestation de l'ame germanique moderne; pour apprécier la valeur significative d'Elektra nous devons oublier notre culture latine. La plupart des jugements qui de ce côté-ci du Rhin ont été portés sur elle sont inexacts, parce qu'ils sont subjectifs. De tels jugements n'ont d'intérêt qu'à raison de celui dont ils émanent. Tolstoi, et, parfois, Nietzsche ont pu émettre sur Richard Wagner des appréciations qu'on ne saurait négliger si l'on veut fixer les personnalités de Tolstoi et de Nietzsche, mais qui constituent de monumentales sottises lorsqu'on veut déterminer le rôle artistique et social du maître de Bayreuth. Jugeons donc le Strauss de Salomé et d'Elektra avec prudence, et ne perdons pas de vue la\n\n(1) Tragédie en un acte, livret de Hugo von Hoffmannsthal, traduction française de H. Gauthier-Villars, musique de Richard Strauss op. 58, représentée pour la première fois en langue française au théâtre royal de la Monnaie, le 28 mai 1910.\n\nrace qui l'a enfanté, la terre qui l'a nourri, le milieu qui l'a formé, — ou déformé.\n\nPassons de l'autre côté du Rhin. Nous entrons en plein bouillonnement. Un tumulte ordonné; d'après luttes, formidables et tenaces. Une terre en fermentation, où se multiplient en quelques mois les usines et les villes. Une bousculade épaisse et étouffante, des travaux de géants, des plaisirs violents. Pénétrez dans ces masses humaines, cherchez à séparer leurs éléments, à classer avec méthode vos observations: le vertige vous gagne, le vertige d'un développement frénétiquement rapide.\n\nLe peuple allemand n'existe comme peuple allemand que depuis le milieu du siècle dernier. Le sentiment de ses caractéristiques, de sa cohésion, de sa grandeur ne lui est venu que d'hier. Le peuple allemand est un peuple enfant. En même temps qu'il prenait conscience de soi-même, l'ambition est née, l'envie ardente d'afficher sa personnalité, de faire connaître au monde une âme exclusivement allemande, une expression allemande, une beauté allemande, — une civilisation allemande. Créer en quelques jours une civilisation! Rêve vaniteux et puéril! Rien n'est plus soumis qu'une civilisation à la loi sereine du temps. Long et patient affinement des qualités d'une race; ciselure de ses ornements spirituels; lent équilibre des perfections d'art qui s'établit peu à peu entre les formules extrêmes! Il faut la févreuse exaltation, l'orgueil sans mesure de l'Enfant allemand pour vouloir défier le Temps lui-même.\n\nAussi ne pouvait-il réussir. Si laborieux, si fécond, si riche, si fort, le peuple allemand reste un peuple",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=184"
    },
    {
     "page_pdf": 185,
     "page_imprimee": 178,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 5699,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nincivilisé. Une élite restreinte garde seule l'idéalisme fidèle, la belle puissance morale de l'âme germanique, comme une fleur pure dans une nature désordonnée; mais la culture de cette élite n'a pas pénétré le peuple lui-même, qui reste primitif.\n\nMais l'enfant, ayant constaté sa force, a voulu s'émanciper. Par son endurance et son ambition il s'est promptement enrichi; il n'est aujourd'hui tributaire de personne; il s'est forgé ses propres armes industrielles, maritimes, économiques. Les nations voisines, ses sœurs ainées, plus réfléchies, moins ardentes au gain matériel, considèrent avec un peu d'inquiétude la dernière venue, si arrogante et si audacieuse. Elles se disent entre elles : quel mauvais goût ! et devinent en même temps l'immense réservoir de vie que recèlent ces gestes violents, cette hâte de jouir comme les autres, plus encore que les autres. La nation-enfant s'affirme maladroitement, orgueilleusement. Sans doute envie-t-elle ses sœurs latines si mesurées, si sûres de leur grâce, si clairement informées des sources et des causes de leurs génies. Réussira-t-elle à les égaler, à se comprendre, elle aussi? Elle s'agace à si mal se connaître et oublie qu'elle doit plaire. Ne pouvant démêler sa beauté, elle veut au moins prouver sa force : elle crie, tape, casse, elle est rouge, elle est ivre. Elle s'empare des idoles classiques, les affuble de vêtements germaniques, les travestit en marionnettes brutales qu'elle impose à grand vacarme. Mais, au milieu de ses jeux, une mélancolie la saisit; elle sent tout ce qui pourrait s'exhaler d'elle-même de profonde poésie, elle devine le secret trésor rageusement gaspillé sans qu'il ait pu s'épanouir; elle s'épouvante de voir son cœur si flétri avant d'avoir vécu, et pleure amèrement.\n\nVoilà tout Elektra.\n\nM. H. von Hoffmannsthal connut les Choéphores d'Eschyle et l'Electre de Sophocle. Il fut ému, rêva de transformer ces œuvres en une autre simplifiée, contenant seulement les éléments de son émotion. Or, celle-ci était réaliste et sauvage. L'idée religieuse qui dans Sophocle sanctifie l'action d'Electre et d'Oreste le justicier a disparu. L'Elektra germanique vit pour se venger et non pour venger des dieux offensés. L'Oreste germanique n'est pas l'instrument des dieux, forgé longuement par un gouverneur patient : c'est l'instrument de sa sœur Elektra. Aussi les pe.sonnages de M. von Hoffmannsthal sont-ils plus uniformes, plus diminués, moins nobles et moins humains. Relisez, dans Sophocle, la scène si haute, si harmonieuse de la reconnaissance d'Oreste par sa sœur. La joie de celle-ci lui fait oublier un instant sa mission de vengeance; c'est Oreste qui la lui rappelle. L'auteur allemand supprime ce trait, si juste et si féminin : Elektra reconnaît le frère, mais se refuse le baiser d'affection tant que le père n'a pas été vengé. L'Electre grecque est une femme héroïque, qui en souhaitant le meurtre de sa mère, reste femme, se désolé, se réjouit, se passionne, inspire de la terreur, de l'admiration, de la pitié. L'Elektra moderne a perdu tout caractère sacré. C'est une bête fauve, épouvantable et têtue. Et qu'est devenu votre Oreste, ô dieux! Un être falot, brute docile, qui marche aveuglément comme Elektra le conduit. — Voilà le travestissement, les héros antiques figurés par des marionnettes réalistes.\n\nRéalisme sans noblesse, mais non sans puissance, ni sans justification. On pourrait soutenir que l'apreté brutale de M. von Hoffmannsthal est plus proche de l'aventure vraie, dans mycènes préhistorique, que la prosodie nuancée de Sophocle, « l'abeille attique ». M. von Hoffmannsthal, appartenant à un peuple sans civilisation, exprime plus aisément les sentiments d'une époque non civilisée.\n\nC'est aussi pourquoi M. Richard Strauss a préféré la transposition allemande moderne aux originaux anciens; son âme sauvage et discourtoise s'y trouvait mieux à l'aise. Le drame ramassé et puissamment scénique de son compatriote a éveillé en lui des accents inégaux, d'une exagération frénétique ou d'une qualité musicale - intérieure » assez nouvelle dans son œuvre. Ainsi les scènes de Clytemnestre et d'Oreste sont des pages profondément expressives, douloureusement enfantées. Combien a-t-il fallu épuiser de volupté desséchante pour composer l'amer monologue de Clytemnestre ! Quel malaise décevant dans cette grisaille sonore qui enveloppe la plainte de l'odieuse hallucinée ! Quelle mélancolie particulière dans la scène d'Oreste et de sa sœur en guenilles ! Que ces douceurs, que ces caresses d'harmonie sont tristes et maudites, comme une contrée qui ne verrait jamais le soleil !\n\nPour oublier ces mornes horizons, le compositeur se jette furieusement dans la sensation la plus impétueuse. Il y apporte une maîtrise effroyable. Rappelez-vous la sortie de Clytemnestre : sa fille l'a maudite; un esclave murmure à son oreille un message mystérieux; la gorge étranglée de joie, elle lève et secoue ses poings, lourds d'effroyables menaces, vers l'ennemie; elle s'en va, dans un fracas de sonorités hurlantes; — le spectateur se reprend à peine : Chrysothémis accourt, hagarde : Oreste est mort! — Tais-toi! ce n'est pas vrai ! crie sa sœur. Quels écroulements ! Quel formidable orchestre ! Quelles palpitations, quels irrésistibles déchainements ! Richard Strauss fonce éperdument dans le tragique, il se grise d'émotion, de violence et d'excès. Que l'idée musicale soit originale ou non, vulgaire ou fine, brève ou déployée, peu importe! Hâtivement, elle est jetée au tourbillon et s'y incruste, unie à plusieurs idées voisines, de tonalités, d'allure, de significations différentes; tout se tient, tout conserve son équilibre par la force souveraine du rythme.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=185"
    },
    {
     "page_pdf": 186,
     "page_imprimee": 179,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1657,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nNous disions, ici même, il y a deux ans : Salomé n'est pas une œuvre de génie. Elektra l'est-elle davantage? On ne sait. On entend, dans ce cauchemar, comme des clameurs d'anges déchus. C'est d'une puissance effrayante; on sort frémissant; mais ce n'est pas la fièvre sacrée de l'émotion de beauté. Pendant deux heures, l'imagination est emprisonnée dans un monde ténébreux et satanique. Il y fait hostile. Les instincts sont primaires, les âmes inquiétantes, mal équarries. Le manque de foi leur enlève tout héroïsme. Ce sont des impulsifs obstinés. Leurs sentiments sont stériles. Après l'orgie grandiose de rythme qu'est la danse d'Elektra, celle-ci meurt; vous sortez du théâtre : Elektra est vraiment morte en vous-même. Il ne reste rien, pas le moindre petit souvenir glorieux ou pitoyable. La pitié! Ces êtres hargneux n'en veulent pas. Le dernier accord tombe lourdement comme l'outil rejeté par le praticien qui renonce. On se retrouve hébété, le corps tremplant, le cœur sec, l'esprit incertain, le jugement à la dérive. Où est le bien d'une pareille œuvre? Une telle émotion, assénée avec un art aussi formidable, qu'exalte-t-elle en nous? Pourquoi cet effort cyclopéen laisse-t-il, chez qui l'a contemplé, une sorte de dégoût de l'action, une infinie mélancolie?\n\nStrauss fut merveilleusement doué par la déesse Musique : mais il a mal usé de ses dons. Il accomplit, dans le paroxysme, un labeur titanesque pour réaliser de la beauté; elle reste inaccessible. Et il semble qu'il comprend, au cours de ses nostalgies amères, que le fruit délicat de la civilisation allemande ne peut être cueilli par la force.\n\nHENRY LESBROUSSART",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=186"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-003",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 179,
   "page_fin": 180,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=186",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 186,
     "page_imprimee": 179,
     "debut_caractere": 1659,
     "fin_caractere_exclue": 6462,
     "texte": "## MILI BALAKIREW.\n\nLe télégraphe nous apporta hier la nouvelle de sa mort : nouvelle attendue sans doute, puisque depuis plusieurs années déjà le maître, fort âgé, était fréquemment malade et que souvent on avait eu à son égard les plus vives inquiétudes; et cependant, c'est avec une particulière tristesse et sous le choc d'une douloureuse surprise que je l'enregistre ici. Balakirew avait soixante-treize ans : on sait qu'il fut le chef de file, le maître incontesté de l'école russe moderne, celui qui forma et Borodine et Moussorgsky et Rimsky Korsakow, le conseiller et l'ami de la brillante et conquérante pléiade de tous ceux qui, continuant l'œuvre de l'initiateur Glinka, dotèrent leur pays d'une école nationale. Le groupe qu'on appela les « Cinq », ou la « Coterie », donna d'abord un exemple, unique dans l'histoire de l'art, de solidarité, de camaraderie intime et d'unité de vues. Pourtant, il comprenait des natures foncièrement différentes, l'indiscipliné Moussorgsky à côté du très puriste Rimsky-Korsakow, le tendre Borodine à côté du doctrinaire César Cui. Des chefs-d'œuvre naquiers, différents et néanmoins inspirés d'un commun idéal de simplicité et de force. Ce furent : Thamar, de Balakirew, et le Prince Igor, Boris Godounow et Antar, maints autres encore qui nous sont familiers. Cependant, la vie sépara ceux que leurs goûts artistiques avaient rassemblés, et une sorte de scission tacite se produisit, dont on écrira mieux l'histoire une fois acquis, avec le temps, le recul nécessaire. Puis moururent Moussorgsky d'abord, Borodine ensuite. Et quand, en 1908, Rimsky-Korsakow disparut à son tour, les deux doyens du groupe, Balakirew et M. Cui restèrent seuls, chacun dans son isolement.\n\nToutes ces dernières années, Balakirew avait fait preuve d'une activité, d'une juvénilité créatrices des plus extraordinaires; et tandis qu'auparavant il composait peu et ne se dessaisissait que comme avec peine de ses œuvres terminées, il avait fait paraître — grâce en partie aux exhortations amicales de son éditeur Zimmermann — une assez grande quantité de productions superbes : deux symphonies, la musique du Roi Lear, le poème symphonique En Bohème, des mélodies et des pièces de piano. Ses compatriotes ne se montrèrent point très justes envers lui et témoignèrent d'une certaine indifférence pour ses œuvres comme pour sa personnalité. En ce pays par excellence des jubilés qu'est la Russie, on ne pensa point à fêter avec éclat, même le cinquantenaire du premier des héritiers de Glinka, du musicien qui, non content de produire de magnifiques compositions, avait consacré la majeure partie de sa vie à l'éducation artistique de ses cadres et à la défense de leurs œuvres.\n\nPas plus en Russie qu'en France, Balakirew ne fut ni ne sera le musicien des foules, mais il compte parmi ceux que tout vrai ami de la musique doit chérir le plus. C'est un exemple sans pareil que donne son œuvre par l'alliance qu'on y observe de l'émotion et de l'éclat, de la classique eurythmie et de l'inventive liberté. Beaucoup se rappelleront la surprise de Thamar, révélée en 1895 par Charles Lamoureux, d'Islamey, des Scherzi et des Nocturnes que fin connaître Ricardo Vinès. Plus récemment encore, l'exécution à Philharmonia par M. Alfred Bachelet de la symphonie en ut majeur, que Balakirew écrivit à l'âge de soixante ans passés, fut pour tout l'aud toire une profonde joie artistique, constatée par l'unanimité de la presse. Et cette exécution à Paris, ce succès furent la dernière des joies de Balakirew qui, méconnu en son pays, attachait le plus grand prix aux témoignages de sympathie et d'intérêt qu'il recevait de Paris. Aussi bien est-ce ici, parmi les jeunes musiciens, Ravel, Debussy, Florent Schmitt et autres qu'il fut le mieux compris et le mieux apprécié : il le savait et s'y montrait particulièrement sensible.\n\nIl y a quelque huit ans, la tâche de traduire les œuvres vocales de Balakirew mit en rapport avec lui le signataire de ces lignes, qui depuis eut maintes occasions d'appréciation et la grande bonté, et la juvénile ferveur de pensée qui toujours furent le propre du maître. A cette bonte clairvoyante, tous ceux qui l'approchèrent ont rendu un juste hommage. Et jadis Borodine, accueilli par Liszt avec cette cordialité spontanée et compréhensive qui est restée célèbre, ne trouva pas mieux que de s'écrier : « Liszt est un véritable Balakirew ! », — éloge peu commun et qui fait le plus grand honneur au maître de Weimar aussi bien qu'au maître russe. Et je n'en voudrais formuler de meilleur en cette heure de tristesse où vient de disparaître une des forces vives de la musique moderne, un homme dont le souvenir restera ineffaçable dans le cœur et dans l'esprit de tous ceux qui eurent la bonne fortune de connaître et lui et son œuvre.\n\nM.-D. CALVOCORESSI.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=186"
    },
    {
     "page_pdf": 187,
     "page_imprimee": 180,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 15,
     "texte": "# L'ART MODERNE",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=187"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-004",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 180,
   "page_fin": 181,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=187",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 187,
     "page_imprimee": 180,
     "debut_caractere": 17,
     "fin_caractere_exclue": 6133,
     "texte": "## POÈTES\n\nPresque en même temps, Mme Natalie Clifford-Barney, à qui nous devons une très noble et courageuse étude sur Renée Vivien, vient de faire paraître deux livres, l'un de vers, l'autre d'aphorismes. Le premier s'appelle Actes et Entr'actes (1), et il contient quelques pièces d'un sentiment intense et désespéré, au rythme grave et mélancolique. J'y retrouve ce qui me plaît peut-être plus que tout : l'amère sérénité du désenchantement dont est imprégnée l'âme moderne.\n\nCela n'empêche ni l'ironie, ni la passion, ni la colère, ni l'enthousiasme, mais cela est au bout de tout comme un abîme à l'extrémité de toutes les routes et, dans sa plus légère promenade, le poète sait.\n\nJe ne pense pas que beaucoup de critiques trouvent cela dans les vers de Mme Barney, et cependant cela s'y trouve, avoué quelquefois, presque toujours latent. Et c'est à cela que quelques-uns de ses vers empruntent je ne sais quel mystérieux accent. Ah ! qu'il est doux de découvrir en une chose ce qui ne semble pas s'y cacher et par exemple dans ces poèmes orgueilleux ou passionnés, ou pervers, ou tendres, enfin dédiés aux illusions humaines, mettre le doigt sur le battement secret du cœur.\n\nLe dernier mot d'Actes et Entr'actes est stoïcisme. Le stoïcisme est essentiellement la vertu suprême, celle des âmes qui ne croient plus aux autres vertus, la morale des hommes qui sourient de toutes les autres morales, l'attitude de ceux qui préfèrent souffrir la tête haute qu'éviter, en se baissant, les coups de la vie. Le stoïcisme ne s'abstient pas de la passion, mais il s'attend à tout pour y avoir touché. Et c'est en cela que réside la noblesse de son caractère.\n\nCe stoïcisme je le retrouve dans le second livre, si différent à tous les autres points de vue, de Mme Barney : Éparpillements (2). Mais il a une autre allure, plus familière, plus amusée, gouailleuse quelquefois.\n\nC'est un ensemble de petites no's extrêmement aigus pour la plupart, amères comme la vérité et souvent si cruelles qu'on ne peut plus qu'en sourire. J'ouvre au hasard et je tombe sur ceci :\n\nPourquoi ceux qui sont pauvres n'inventent-ils pas d'autres valeurs : seraient-ils vraiment pauvres?\n\nOn a un petit sursaut. Quelle méchanceté ! Non, revenez voir de près. Alors vous voyez bien que la notion de cruauté disparaît lorsqu'il s'agit d'une telle constatation de l'inévitable. Encore une désillusion de plus. C'est de l'ensemble des désillusions qu'est faite la sagesse. Ce petit livre, qui tue au moins deux illusions par page, est terriblement sage.\n\nEt ceci (toujours au hasard) que signerait l'amant le plus désenchanté :\n\nSi les femmes savaient à combien on renonce lorsqu'on dort avec elles !\n\nEt ceci, effrayant :\n\nOn se fait à sa peine et ce n'est pas là le moins triste.\n\nEt ceci, d'une coquetterie... philosophique :\n\nJe lui ai dit un petit mensonge, et il m'a crue — quel dommage qu'il m'ait crue !\n\n(1) NATALIE CLIFFORD-BARNEY : Actes et entr'actes. Paris, Sansot.\n(2) Id. éparpillements. Paris, Sansot.\n\nEt ceci, qui juge sans appel toutes les conversations et toute la dialectique :\n\nIl y a deux sortes de questions, l'interrogation et la réponse : ceux qui interrogent posent la question, ceux qui répondent la déplacent.\n\nEnfin ceci, comme une conclusion à ces clairvoyances :\n\nMes yeux me font mal. Est-ce la vengeance des choses trop bien vues ?\n\nEt cependant une très vive sensibilité se cache derrière ces aphorismes implacables. D'ailleurs, sinon ils ne seraient que paradoxes destinés à nous étonner au lieu d'être des maximes amicalement proposées à notre désenchantement.\n\nJ'étais à tout le monde, elle n'était à personne : nous nous attendions autrement et cependant nos solitudes se ressemblaient.\n\nEt :\n\nJe ne te savais pas si grand... C'est que je n'ai jamais été à genoux devant toi.\n\nEt :\n\nJe voudrais vous faire ce dou merveilleux d'un amour que vous auriez pour moi.\n\nEt ceci, où vibre toute la poésie de la pudeur du sentiment, et par quoi je finirai :\n\nJe suis avec toi comme ces mères timides qui ne savent pas dorloter leurs enfants et qui, seulement lorsqu'ils dorment, osent s'approcher et, en se penchant, les toucher d'une furtive carese. Je t'aime dans l'obscurité et dans la solitude de moi-même. Mieux vaudrait sans doute être tendre au jour le jour, et dans la lumière des petites choses simples, définies. Mais l'on n'aime pas comme l'on voudrait — on aime comme l'on est !\n\nM. Paul Gallimard s'est attaqué à l'ouvrage le plus difficile qui se pouvait imaginer : la traduction des poèmes de Keats (1) et il en a réussi tout ce qui, humainement, pouvait en être réussi.\n\nC'est-à-dire qu'il a restitué le sens de ces fluides poèmes, leur pensée, et, de leur émotion, ce qui touche à la pensée. Et il a rendu là un grand service à tous ceux qui ne savent pas l'anglais, et qui désiraient connaître Keats. (Et je ne parle pas de l'étude préliminaire, une page critique de premier ordre). Grâce à lui, nous sommes un peu plus près du sanctuaire. Mais personne au monde ne pouvait nous y faire pénétrer. La langue anglaise, ici, est inviolable. Keats a senti en anglais aussi organiquement que Baudelaire ou Verlaine en français. Nous ne saurions trop remercier M. Gallimard, qui le savait mieux que personne, d'avoir quand même tenté ce qu'il a tenté, et qu'aucun écrivain n'avait osé jusqu'ici, ni trop admirer le tact avec lequel il a su éviter la tentation de suggérer les harmonies de l'original lorsque s'y oppose l'inertie prosaïque de la langue française.\n\nSous le vocable du chêne (2), tel est le titre du dernier recueil de M. Paul Drouot. Quelle heureuse surprise pour moi de voir la rapidité avec laquelle ce jeune poète a su répudier tout ce que son imagination contenait de facile et sa technique de virtuosité (dans la Grappe de raisin, par exemple), pour revenir, mais avec plus de maturité, aux inspirations pures et fières de la Chanson d'Eliacin !... Je ne lui ferai même pas reproche d'un certain rela-\n\n(1) JOHN KEATS : Poèmes et poésies, traduction précédée d'une étude par PAUL GALLIMARD. Paris, Mercure de France.\n(2) PAUL DROUOT : Sous le vocable du chêne. Paris, Dorbon aîné.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=187"
    },
    {
     "page_pdf": 188,
     "page_imprimee": 181,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 2635,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\n**chement qui atteint parfois son vers, sa phrase, son image, sa pensée. J'ai confiance dans la qualité de son inspiration pour le purifier de ces défauts-là, et très vite. Avec les dons qu'il possède : le mouvement, l'enthousiasme, l'écllosion vive d'une image forte et soudaine, la sensibilité presque exaspérée, et sur tout cela je ne sais quelle dénégation de la pénitence, je ne sais pas du tout jusqu'où pourra aller le talent de M. Paul Drouot. Mais je ne compte déjà plus ceux qu'il laisse derrière lui. On est vite au premier rang quand on a la force de n'imiter personne.**\n\nIl me plaît assez d'associer le nom de M. Edmond Gojon à celui de M. Paul Drouot. Car, si je ne me trompe, ces deux poètes sont de la même génération et ils ont débuté ensemble. *Le Visage penché* (1) de M. Edmond Gojon est un livre d'une poignante tristesse, au titre révélateur. Ce visage penché, c'est celui du poète sur sa table, sous la lampe familière et amicale. Il se rappelle son enfance, son adolescence visitée par les enthousiasmes et les déconvenues. Il dit le charme des amours premières, charme trouble, discret et si merveilleusement timide et pur (*le Livre d'Hélène*), il dit les toutes premières sensations du jeune être qui s'ouvre à la vie, à la nature *Au jardin de mon oncle et le Refuge de l'enfance*, il dit Paris, l'effroi de son premier contact, l'écrasement de la pensée sous sa grandeur et sa beauté d'artifice si vieille qu'elle est devenue comme une chose de la nature (Paris). M. Edmond Gojon appartient à cette frissonnante famille d'âmes délicates, toutes repliées dans leur univers intérieur à laquelle appartenaient Rodenbach et Samain. Leurs ombres doivent l'aimer.\n\nAvec toutes sortes de restrictions, de menues grâces, et charmantes, M. Émile Henriot nous présente les *Idylles et poèmes champêtres* (2) de Léonard, un bien mauvais poète, mais qui offre cette particularité étrange d'être tout de même le meilleur du XVIIIe siècle. Les autres étaient tout à fait inexistants. On sent bien que celui-là est sensible (sa vie est là pour le prouver) mais comme il faut aller le chercher sous sa pauvre rhétorique!\n\nLa place me manque, malheureusement, pour parler plus longuement de *Quelques lames de la mer sauvage* 3), tumultueux et ardents poèmes de M. Jean Clary, parus dans une ravissante édition; de *l'Orgueilleuse lyre*(4) de M. Alfred de Bengoechea, d'une inspiration jeune et pure, de rythmes élégants, et de *En sourdine* (5), gentil volume de gentilles choses où M. Charles Moulié me semble en grand progrès sur son précédent livre : *Les Mignardises*.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=188"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-005",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 181,
   "page_fin": 182,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=188",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 188,
     "page_imprimee": 181,
     "debut_caractere": 2637,
     "fin_caractere_exclue": 7010,
     "texte": "## L'INVITATION AU VOYAGE\n\nBruxelles applaudira demain les extraordinaires danseurs et mimes russes qui, depuis deux ans, ont éveillé à Paris des sensations nouvelles de grâce, de force, d'agilité, de beauté. On lira avec intérêt, au moment où, pour la première fois, va se lever en Belgique le rideau sur l'un des spectacles les plus évocatifs qui soient, la jolie page inspirée à M. Jean-Louis Vaudoyer par les représentations données au Châtelet, l'année dernière, par les artistes russes qui viennent de faire à Paris un retour triomphal. Dans un style coloré, avec une remarquable justesse d'expressions, cette *Invitation au voyage* décrit d'une façon saisissante une des fêtes chorégraphiques auxquelles le théâtre de la Monnaie convie les spectateurs.\n\nCertains spectacles, comme certaines lectures, enrichissent plus que des voyages; certains spectacles sont eux-mêmes des voyages. Par eux nous quittons l'horizon coutumier, nos préoccupations, nos soucis; par eux nous oublions l'ennui; par eux nous favorisons et nous excitons nos rêves... Ces Russes nous versaient «l'opium qui rend les corps légers», qui donne au cerveau une agilité délicate. Le printemps dernier, nous franchissions le seuil du Châtelet comme le seuil d'une gare, avides de départ, enivrés à l'avance par ce trajet magique, qui, dans la stalle immobile, allait s'effectuer comme sur le tapis du conte persan.\n\nEt le rideau se levait...\n\nC'était le steppe désolé du *Prince Igor*; la toile du fond avait le sombre éclat de certaines boîtes de laque où transparaît, sous l'or usé, un rouge poudreux. Ou sentait le ciel bas, vers lequel montaient de grands feux tristes. Quelle détresse majestueuse dans ce paysage indéfini! La lumière de cuivre qui baignait l'espace devenait, semblait-il, la couleur même de la fièvre. Et sur la plaine, terrassées par la nostalgie, étaient couchées et répandues vingt ou trente femmes : esclaves et prisonnières. Eclairées par le morne orage, elles étaient vraiment le «bétail pensif» dont parle le poète; elles ressemblaient à des tigresses alangues, à de trompeuses panthères au repos; elles paraissaient attendre que vinssent, par les portes du Soir, les heures du transport et du carnage. Parfois l'une d'elles, parmi ses compagnes immobiles, levait un bras mol et lent; une autre, dans sa robe de pourpre, avec sa chair de ténèbres, ressemblait, à plat ventre, accoudée le menton sur les poings, à quelque sphinx de rubis et de bronze; une troisième, sur le dos, s'anéantissait, comme morte.\n\nElles portaient des costumes de soie de Boukhara, mordorés ou vert sombre, battus par de larges chinures de lapis ou de sang. Leurs visages luisaient entre leurs tresses noires et lourdes. Chacune de leurs attitudes était une plainte muette que l'une d'entre elles, bientôt, exprima par le chant. A se lamenter ainsi, quelle volupté cette captive n'éprouvait-elle pas? Il semblait que le cœur gémissant poussait la voix, de même que le vent poussse un trop pesant parfum. Ces accents avaient une orgueilleuse tendresse; soumis à la fatalité, ils ne troublaient pas plus le silence que l'argent de la lune ne trouble la nuit.\n\nMais comment définir par des mots la poésie de l'Orient; poésie où la promesse se mêle à la résignation, où la force n'est point vaniteuse, où le plaisir parle à voix basse, où la mort est une fête, où le luxe a la richesse du crépuscule, mais aussi sa retenue et sa mélancolie. Le rythme d'un sang épais donne ici, à tout ce qui respire, une solennelle cadence. Le décor oriental, c'est un jardin de roses grasses, où la colombe gonflée roucoule dans un cyprès, pour répondre au paresseux concert des fontaines a-servies...\n\nEnfin, sur la plaine où les femmes endormaient leur désir par des chants, apparurent avec des clameurs les guerriers et les jeunes garçons!\n\n«J'oubliai la réalité de l'heure et le nom du siècle», écrivit à Ispahan la princesse Bibesco lorsqu'elle écouta des flûtes, la nuit,\n\n---\n\n(1) EDMOND GOJON : *Le Visage penché*. Paris, Fasquelle.\n\n(2) LEONARD : *Idylles et poèmes champêtres*, choisis et précédés d'une introduction par ÉMILE HENRIOT. Paris, Sansot. (Petite bibliothèque surannée).\n\n(3) JEAN CLARY : *Quelques lames de la mer sauvage*. Paris Éditions de Pan.\n\n(4) ALFRED DE BENGEOECHA : *L'Orgueilleuse lyre*, poèmes Paris, Bernard Grasset.\n\n(5) CHARLES MOULIÉ : *En sourdine*. Paris, Gustave Ficher.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=188"
    },
    {
     "page_pdf": 189,
     "page_imprimee": 182,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 732,
     "texte": "182\n\nL'ART MODERNE\n\ndans un champ de jacinthes. Plusieurs soirs, nous aussi, nous oublâmes, dans une salle de théâtre, à Paris, le temps et la cité. Le spectacle incroyable décrivait l'invincible amour, ses ardeurs et ses poursuites. Les hommes, furieux de joie, frappaient le sol, lançaient au ciel leurs armes; les femmes agitaient dans une langueur heureuse leurs écharpes où d'éclatantes couleurs traduisaient le feu dont elles brûlaient. A ce moment, ce n'était plus l'Orient : le décor était aboli. La mimique et les chants dépassaient l'anecdote du drame. Nous avions devant nous les esclaves enivrés et séduits des dieux dont l'un élève un thyrse au feuillage éternel et dont l'autre porte un carquois qui ne se vide jamais.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-006",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 182,
   "page_fin": 182,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 189,
     "page_imprimee": 182,
     "debut_caractere": 734,
     "fin_caractere_exclue": 3365,
     "texte": "L'ART D'HENRI-EDMOND CROSS\n\nM. Émile Verhaeren a, dans Paris-Journal, rendu un éloquent hommage au peintre que la mort vient de terrasser au moment où son talent atteignait son complet épanouissement. Il rappelle en ces termes les luttes qu'il soutint :\n\n« Avant qu'il n'eût conquis sa place parmi les plus beaux peintres de son âge, l'attaque et la chicane ne lui furent guère épargnées. On ne lui tint compte ni de sa conscience d'artiste très probe, ni de ses recherches sans cesse renouvelées, ni de sa volonté d'ouvrir pour les autres de nouvelles voies vers la beauté; on méconnut ses efforts en chacun de leurs essais. Sous prétexte qu'il n'était point devenu, dès ses trente ans, un maître, on décida, sans plus, que le système d'art qu'il pratiquait l'en empêcherait toujours. La critique d'il y a quelques lustres s'insurgeait contre l'originalité avec un aveuglement que notre temps ne connaît plus. L'école néo-impressionniste, précisément parce que son procédé se montrait en sa franchise nue, s'exposait plus que toute autre à la raillerie facile. Nul ne se donnait la peine d'en étudier les ressources variées; chacun l'accablait de mots drôles et faciles. Jamais théorie estelle que ne provoqua un tel tumulte dans la bêtise humaine.\n\nHenri Cross avait dans son art une foi absolue. Quand il jugeait qu'une de ses toiles était mauvaise, il ne s'en prenait jamais au système qu'il défendait, mais toujours à soi-même. Il s'acharnait à traduire la plus glorieuse ou la plus fine lumière, sans abandonner jamais quoi que ce fût de la plus implacable et de la plus stricte des théories. Peu lui importaient les difficultés presque insurmontables, et les tentatives ratées, et la dureté obtenue au lieu de la souplesse cherchée, et la touche qui ne s'assouplissait pas suivant ses vœux, et la gaucherie du métier instaurant dans l'œuvre entière on ne savait quoi d'ingrat et de textuel.\n\nAvec un héroïsme continu et muet — le même qu'il cultiva pendant ses plus atroces souffrances — il perséverait dans la voie choisie. Seul, là-bas, dans son atelier de Saint-Clair, en face des sites et des paysages familiers qu'il connaissait comme son corps et son cœur, il revenait au travail un instant délaissé; il se remettait à apprendre, à se contrôler, à se modifier lentement et prudemment, et à perfectionner ainsi, avec une vigilance sûre, depuis la vision qu'il avait des choses jusqu'au coup de pinceau qu'il donnait sur ses toiles. »\n\nDans son feuilleton hebdomadaire de Comadra, M. Arsène Alexandre consacre un souvenir ému au peintre, dont il caractérise avec bonheur l'esthétique par ce mot : l'art vermeil de Cross.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-007",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 182,
   "page_fin": 182,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 189,
     "page_imprimee": 182,
     "debut_caractere": 3367,
     "fin_caractere_exclue": 5259,
     "texte": "CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\nLe Grand Mogol. — La Bourse ou la Vie.\n\nJe me souviens d'une étonnante représentation du Grand Mogol dans un théâtre de province. Le ténor était un gros homme quinquagénaire, particulièrement grotesque dans le rôle du jeune et innocent prince Mignapour. Il obtenait un effet extraordinaire quand, poussif et ventru, en prenant un petit air candide, il chantait l'air fameux :\n\nDans ce riant parterre,\nTout en nous promenant,\nVoilà comment, ma chère,\nNous aurons un enfant!\n\nCe souvenir m'a longtemps rendu la jolie opérette d'Audran parfaitement insupportable. Et voilà encore un argument contre ceux qui prétendent, bien à tort, qu'une mauvaise interprétation ne nuit pas aux œuvres représentées.\n\nQuoi qu'il en soit, j'ai été réentendre le Grand Mogol aux Galeries, et j'avoue que je ne le regrette pas. Il y a des choses délicieuses dans cette vieille partition, et l'excellente troupe des Galeries les fait merveilleusement valoir. Même fortement enrhumée, Mme Tariol-Baugi est une diverte exquise; M. Grillières est le plus charmant ténor léger que je connaisse, et il est jeune, il a du souffle et pas de ventre! M. Villot est toujours le comique aux trouvailles spirituellement drôles que l'on a maintes fois applaudi. Mme de Brasy, MM. Tournis et Bailly complètent une interprétation de premier ordre. Quel dommage que les dames des chœurs ne soient pas un peu moins laides! Leur groupe disgracieux fait une tache déplaisante dans un ensemble qui, n'était cela, serait parfait.\n\n* * *\n\nA l'Alcazar la troupe d'été, qui compte de fort bons éléments, a repris avec succès la Bourse ou la Vie de Pierre Veber. Cette fantaisie, datant de quatre ou cinq ans, — c'est l'extrême vieillesse pour un vaudeville, — s'entend encore sans ennui : preuve certaine que si elle est d'une drôlerie très réjouissante, elle n'est pas, d'autre part, sans style et sans esprit.\n\nG. R.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-008",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 182,
   "page_fin": 183,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 189,
     "page_imprimee": 182,
     "debut_caractere": 5261,
     "fin_caractere_exclue": 7355,
     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nLe Musée de Munich vient d'acquérir à l'exposition des œuvres de Manet ayant fait partie de la collection Pellerin et qui fut ouverte dernièrement dans les galeries de M. Cassirer à Berlin une toile importante du maître. Ce tableau, intitulé le Déjeuner dans l'atelier, exposé au Salon de 1869 avec le Balcon, actuellement au Luxembourg, groupe trois figures dont la principale, — un jeune homme debout, coiffe d'un canotier de paille, vu de face, à mi corps, adossé à une table couverte d'une nappe et des reliefs d'un déjeuner. — est le portrait d'un ami de Manet, M. Leenhof. Dans le fond de la composition on aperçoit le profil de M. Claude Monet.\n\nUne dizaine de tableaux du même peintre ont été achetés par divers collectionneurs à des prix très élevés. L'ensemble de la collection est exposé en ce moment à la Galerie Bernheim jusqu'au 15 juin. Elle comprend entre autres, outre le Déjeuner, les toiles intitulées l'Artiste (Marcellin Desboutin), Au Café le graveur Guérard), la Promenade, la Dame rose (Mme Martin), Un bar aux Folies-Bergère, Claude Monet dans son atelier, etc., toutes œuvres capitales de Manet.\n\nLe musée des coins et matrices de monnaies et médailles installé dans une aile du rez-de-chaussée de l'Hôtel des Monnaies pourra, dit la Chronique, être prochainement rendu accessible au public.\n\nLe classement des collections est effectué sous la direction de M. A. de Witte, secrétaire de la Société royale de numismatique. En ces derniers temps, le musée s'est enrichi d'œuvres nombreuses de Devreese, Du Bois, Le Croart, Samuel, Wissaert, etc. La famille Wiener a également offert les portraits encadrés des trois graveurs Jacques Wiener, Léopold Wiener et Charles Wiener, dont le musée possède la plupart des œuvres originales.\n\nLa direction de la Monnaie vient d'engager pour une représentation de Salomé, fixée à vendredi prochain, miss Mary Garden, qui vient de reprendre ce rôle à Paris après l'avoir chanté avec un très grand succès à New York. Les autres rôles de la tragedie de R. Strauss seront interprétés par MM. Swolfs, Bouilliez, Billot,",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=189"
    },
    {
     "page_pdf": 190,
     "page_imprimee": 183,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 5255,
     "texte": "L'ART MODERNE\n\nDua, La Taste, Deshayes, Deleek, Vinck, Danlée, Debbaut, Mmes Beaumont, De Boile et Sonia.\n\nCe soir, à la Monnaie, troisième représentation d'Elektra.\n\nC'est demain, lundi, que débutera la troupe de ballet russe, qui comprend les principaux artistes chorégraphes des théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg et de Moscou, en tête desquels Mme Ida Rubinstein, M.W. Nijinsky et Fokine. Au programme : Cléopâtre, le Festin et les Sylphides.\n\nAu théâtre du Parc, la troupe du Deutsches Theater de Berlin, sous la direction de M. Max Reinhart, donne en ce moment une série de spectacles du plus puissant intérêt artistique. Ce soir, dimanche, Hamlet ; demain, les Brigands (Schiller) ; mardi, le Marchand de Venise ; mercredi, Faust ; jeudi, les Brigands ; vendredi, Faust.\n\nGrâce à une entente entre la direction du théâtre du Parc et les directeurs de la Monnaie, le Comité du Théâtre Français a autorisé les sociétaires de la Maison de Molière à donner à Bruxelles, à l'occasion de l'Exposition Universelle, six représentations avec des distributions exactement pareilles à celles de Paris, les chefs d'emploi tenant les rôles dont ils sont titulaires et les pensionnaires jouant les petits rôles.\n\nVoici l'ordre dans lequel se succèderont les spectacles :\n\nSamedi 18 juin (au théâtre du Parc), Adrienne Lecouvreur, comédie en cinq actes de Scribe et Legové, interprétée par M.W. de Féraudy, Dehelly, Delaunay, Fenoux, etc. et Mmes Bartet, Sorel, Géniat, Clary, Maille, etc.\n\nMardi 21 (au théâtre de la Monnaie), les Burgraves, drame en trois actes de Victor Hugo, interprété par M.W. Mounet-Sully, Silvain, A. Lambert fils, Paul Mounet, Delaunay, Fenoux, Dessonnes, Brunot, etc., et par Mmes Lara, Second-Weber, Faylis et Lherbay.\n\nJeudi 23 (au théâtre du Parc), la Joie fait peur, comédie en un acte de Mme Emile de Girardin, interprétée par M.W. Truffier, Dehelly, G. Le Roy, Mmes R. du Minil, Géniat et Y. Lifraud, et l'Ami Fritz, comédie en 3 actes d'Ereckmann-Chatrian, musique d'H. Maréchal, interprétée par M.W. de Féraudy, Truffier, Dehelly, Grand, Siblot, etc. et Mmes Leconte, Fayolle et Lynnes.\n\nSamedi 25 (au théâtre de la Monnaie), le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes de Beaumarchais, interprétée par M.W. Georges Berr, Fenoux, Siblot, Joliet, etc. et Mmes Leconte, Sorel, Cerny, Fayolle et Lifraud.\n\nMardi 28 (au théâtre du Parc), le Passant, comédie en un acte de F. Coppée, interprétée par Mmes Second-Weber et G. Robinne ; le Monde où l'on s'amuse, comédie en trois actes d'E. Paileron, interprétée par M.W. Truffier, Delaunay, Siblot, Dessonnes, Joliet, Falconnier, etc. et Mmes Pierson, Leconte, Kolb, Géniat, Fayolle, Persoons, Lynnes, Clary et Provost.\n\nJeudi 30 (au théâtre de la Monnaie), Gringoire, comédie en un acte de Th. de Banville, interprétée par M.W. Silvain, Georges Berr, Joliet, Ravet, Mmes Lara et Lynnes ; Edipe-Roi, tragedie en cinq actes, de Sophocle, traduite par M. J. Lacroix, musique d'Ed. Membrée, interprétée par M.W. Mounet-Sully, Paul Mounet, Delaunay, Fenoux, Falconnier, Ravet, Alexandre, Mmes Delvair, Madeleine Roch et Maille.\n\nLa critique de province est toujours divertissante, mais celle qu'on pratique à Mons détient, semble-t-il, le record du comique. Jadis, c'était la Verveine qui amusait les artistes par la bouffonnerie de ses appréciations. Le Journal de Mons remplace aujourd'hui avec avantage cette feuille défunte. Dans le compte rendu d'une exposition récente, il s'exprime en ces termes sur l'un des maîtres de notre école, M.Van Rysselberghe : « C'est ici le pointillisme qui sévit avec une désespérante exagération. Seule, une amusante pochade consacrée au violoncelliste Georges Pitsch trouve grâce !) devant l'opinion générale.\n\nPeut-être un paysage hollandais entrevu sous deux éclairages différents peut-il être toléré (!), mais la Baie de Jersey et Pins et Eucalyptus sont fantastiquement peinturlures (sic). Il y a encore, il y a surtout la Femme au collier rose qui étonne et choque ceux qui excusent (!) pourtant bien des hardiesses chez les novateurs. Les chairs sont décolorées. Est-ce une noyée retirée de l'eau après un long séjour ? Ces tons cadavéreux sont horribles. Pourquoi M. Van Rysselberghe prête-t-il à son modèle une carnation décomposée faisant songer à la morgue ou à l'amphithéâtre? Nous regrettons, en toute sincérité, la participation de cet invité à l'exposition du Bon Vouloir. Je ne suis pas seul de cet avis, j'en suis persuadé.\n\nBon Vouloir serait un salonnet plein d'attrait et de mérite s'il ne s'était malheureusement chargé d'hospitaliser quelques non-valeurs et quelques outranciers qui ont peut-être une esthétique fort personnelle, mais si phénoménale qu'elle déroute. Il y a pour l'avenir une bonne revanche à prendre. »\n\nA quelle tarasque, à quel « chin chin » le Journal de Mons abandonne-t-il sa chronique artistique? Et à quels peintres espère-t-il désormais pouvoir faire appel pour les expositions dont, tout récemment, il nous priait d'annoncer la création dans ses bureaux?\n\nSottisier.\n\nLes concerts de l'Exposition ont été inaugurés dimanche dernier. « Au programme, consacré à la musique allemande, figuraient, dit la Chronique, toutes les œuvres connues ». Voilà une seance qui n'a pas dû être terminée en un jour !",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=190"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1910-06-05-n23-009",
   "tome": "1910",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1910-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 183,
   "page_fin": 184,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=190",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 190,
     "page_imprimee": 183,
     "debut_caractere": 5257,
     "fin_caractere_exclue": 6583,
     "texte": "SAINTE-ANNE, près SLUIS (ZÉLANDE)\n\nJolie habitation d'artiste, meublée, à louer. Pour les conditions écrire :\n\nDREYDORFF, à Knocke.\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & C°\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître\n\nLA SEMOIS\n\nAlbum de 22 eaux-fortes originales\n\nde S. A. R. Mme la Comtesse de Flandre,\n\npréface de M. H. CARTON DE WIART.\n\nDimensions des eaux-fortes avec marges : 40×58 centimètres\n\n200 exemplaires sur papier de Hollande « Van Gelder Zonen », numérotés de 1 à 200.\n\nPrix en portefeuille : 75 FRANCS\n\n50 exemplaires sur papier Impérial du Japon numérotés de 1 à L, signes par S. A. R. Mme la Comtesse de Flandre et imprimés au n m du souscripteur.\n\nPrix en portefeuille de plein parchemin : 200 FRANCS\n\nCet album est publié, sous déducti n des frais d'établissement, au pr fit exclusif de l'Association pour l'amélioration des logements ouvriers, dont S. A. R. Mme la C mtesse de Flandre est Présidente d'honneur.\n\nTAPIS D'ORIENT\n\nDALSÈME 2, RUE LÉOPOLD, 2\n\nBRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE A PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ A L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18, RUE SAINT-MARC\n\nET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=190"
    },
    {
     "page_pdf": 191,
     "page_imprimee": 184,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 3507,
     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, Rue de la Charité, BRUXELLES\nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\n---\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\n\nCh. XHROUET\n\n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadre de tous styles et d'après dessin pour tableaux\naquarelles, pastels, etc.\n\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\n---\n\nL'Art et les Artistes\n\nRevue d'Art ancien et moderne des Deux-Mondes\n\nDirecteur-Fondatrice : Armand DAYOT.\nSecrétaire : Francis de MIOMANDRE.\n\nAbonnement. — France : 20 francs; Étranger : 25 francs.\nLe numéro : France, 1 fr. 75; Étranger, 2 fr. 25.\n\nDIRECTION ET ADMINISTRATION :\n10, Rue Saint-Joseph. — PARIS\n\n---\n\nMERCURE DE FRANCE\n\n26, RUE DE CONDE, PARIS\n\nParait le 1er et le 15 de chaque mois et forme dans l'année\nsix volumes\n\nLittérature. Poésie, Théâtre. Musique. Peinture,\nSculpture, Philosophie, Histoire,\nSociologie. Sciences, Voyages, Bibliophilie, etc.\n\nPrix du numéro : France, 1 fr. 25; étranger, 1 fr. 50\nAbonnement annuel : France, 25 francs; étranger, 30 francs.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\n---\n\nFernand Lauweryns\n\nÉDITEUR DE MUSIQUE\n\n38, rue du Treurenberg, Bruxelles.\nTÉLÉPHONE 9782\n\nLIBRAIRIE D'ESTHÉTIQUE MUSICALE\n\nABONNEMENT\nPIANOS — HARMONIUMS — LUTHERIE D'ART\nMÉTRONOMES — CORDES JUSTES\n\n---\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE\n\nBUREAU DE COUPURES DE JOURNAUX FRANÇAIS ET ÉTRANGERS\nFONDÉ EN 1889\n\n21, boulevard Montmartre, PARIS, 2°\nGALLOIS ET DEMOGEOT\n\nAdresse télégr. : COUPURES PARIS — TÉLÉPHONE 121.50\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE :\n\nReçoit, lit et découpe tous les Journaux et Revues et en\nfournit les extraits sur tous sujets et personnalités.\n\nService spécial d'Informations pratiques pour Industriels et\nCommerçants.\n\nTARIF : 0 fr. 30 par coupure\nTarif réduit, paiement d'avance, sans période de temps limité :\nPar 100 coupures : 25 fr. Par 250 coupures : 55 fr.\n\" 500 \" 105 fr. \" 1000 \" 200 fr.\nOn traite à forfait pour 3 mois, 6 mois, un an.\n\n---\n\nBULLETIN FRANÇAIS\nDE LA\nS. I. M.\n\nSociété internationale de musique (Section de Paris)\nANCIEN MERCURE MUSICAL\nPARAISSANT LE 15 DE CHAQUE MOIS\n\nLe numéro : 1 franc.\nAbonnements : { Étranger, 15 francs par an.\nFrance, 10 francs par an.\nRédaction et Administration : 6, chaussée d'Antin,\nPARIS\n\nVILLE DE BRUXELLES\n\nLes mardi 7, mercredi 8 et jeudi 9 juin\nà 2 h 1/2 précises,\n\nÀ la requête de M. A. Tyman, notaire, rue du Hainaut, 33, à Gand, sous la direction\n(et dans la Salle de ventes du libraire-expert E. DEMAN, 88, rue de la\nMontagne.\n\nVENTE PUBLIQUE\nDE\nLIVRES ANCIENS\n\nProvenant des collections\nδ SULLIVAN DE TERDECK (châteaux de Terdeck et de Meldert).\n\nDEUXIÈME PARTIE\nOuvrages illustrés du XVIIIe siècle, Romantiques, Reliures, etc.\n\nExposition particulière du lundi 30 mai au jeudi 2 juin, de 2 à 6 heures.\nIl n'y aura pas d'exposition publique.\n\nLe catalogue, accompagné d'un album de 82 reproductions, est en distribution\nchez M. le notaire TYMAN, à Gand, et chez l'expert-vendeur.\n\nPrix : 5 francs.\n\nImprimé sur papier ce le Maison KELM, rue de la Guanderie, 12-14\n\nBruxelles. — Imj. v. Monnom, 32, rue de l'Indus rie.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1910-f.pdf#page=191"
    }
   ]
  }
 ]
}