{
 "numero_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9",
 "tome": "1911",
 "source": "Digithèque « Revues littéraires belges », ULB (ELB-ULB-DL2864764-1911-f) ; OCR LightOnOCR (API Albert)",
 "articles": [
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-001",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 65,
   "page_fin": 65,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=72",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 72,
     "page_imprimee": 65,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 732,
     "texte": "TRENTE-ET-UNIEME ANNEE. N° 9 26 FÉVRIER 1911.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES.\n\n---\n\nSOMMAIRE\n\nL'Évolution des Arts industriels (suite et fin) (Octave Maus). — Le Salon de « Pour l'Art » (Franz Hellems). — L'Art à Paris : Philippe Zilken (Gabriel Mourey). — L'Interprétation de Chopin : Récital d'Auguste de Radwan (Jacques Hermann). — Le Théâtre à Paris : Malazarte (O. M.). — Exposition de Charleroi : Groupe des Beaux-Arts. — Notes de musique : Le Concert populaire (H. L. B.). — Chronique théâtrale : Le Bois sacré; Jules (Georges Rency). — Agenda musical. — Petite chronique.\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=72"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-002",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 65,
   "page_fin": 66,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=72",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 72,
     "page_imprimee": 65,
     "debut_caractere": 734,
     "fin_caractere_exclue": 3468,
     "texte": "L'Évolution des arts industriels\n\nLe développement des industries d'art n'a malheureusement été soutenu ni par les pouvoirs publics, ni par l'initiative privée. Tandis que d'autres pays, la France et l'Allemagne notamment, ont largement favorisé l'évolution, la Belgique lui est demeurée, en général, hostile. Fraternellement accueillis aux Salons des XX et de la Libre Esthétique, du Cercle Pour l'Art, de la Société des Beaux-Arts, les arts mineurs n'ont pénétré qu'à grand'peine dans les expositions officielles. Si à la demande de M. Delvin le Salon de Gand leur concéda une salle en 1895, si, à la dernière heure, sur d'instantes démarches, l'Exposition Universelle de 1897 consentit à leur entr'ouvrir ses portes, ce n'est qu'en 1903 que l'effort collectif des artisans d'art fut officiellement consacré.\n\nOn put croire alors que la cause était gagnée. Il n'en est rien. Bien que la section d'art appliqué du Salon triennal de Bruxelles eût réuni près de quatre-vingts exposants, bien que le compartiment, disposé avec goût par M. Fierens-Gevaert, offrit un intérêt d'autant plus vif qu'on y vit, rassemblées, la plupart des œuvres exposées l'année précédente par les artistes belges à la brillante exposition internationale d'art décoratif de Turin qui leur valut des éloges unanimes, les Arts d'industrie furent exclus du Palais des Beaux-Arts de l'Exposition universelle de Liège en 1905; la section belge de l'Exposition de Bruxelles en 1910 leur refusa, de même, tout abri.\n\nC'est mal récompenser le labeur accompli. C'est méconnaître une des manifestations les plus belles de notre activité artistique. D'autre part, la petite collection d'objets d'art moderne acquise par le gouvernement attend depuis quelque douze ou treize ans son installation au Musée des Arts décoratifs. Après avoir provoqué le formidable mouvement qui a modifié dans toute l'Europe le cadre de l'existence, après avoir, à l'instigation des Van de Velde, des Horta, des Serrurier, créé une esthétique neuve, si foncièrement originale qu'on la nomme à l'étranger « le Style belge », notre pays n'a même pas le plus petit coin de musée documentaire qui rappelle cette importante étape de notre histoire artistique. Qu'on se figure la surprise d'un Allemand, d'un Hollandais, d'un Autrichien venu en Belgique pour étudier dans ses origines et son développement l'art auquel le sol belge a donné naissance et qui n'en trouverait de traces ni dans nos musées, ni dans nos expositions!\n\nL'esthétique moderne demeure, ici, exceptionnelle. Tandis qu'à l'étranger l'architecture nouvelle a transformé l'aspect des villes, la Belgique perpétue dans la construction de ses édifices publics les facheuses tra-\n\n(1) Suite et fin. Voir nos deux derniers numéros.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=72"
    },
    {
     "page_pdf": 73,
     "page_imprimee": 66,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 3157,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nditions d'un style administratif monotone et lourd, ou bien elle ressuscite pour ses hôtels de ville, ses gares, ses palais, des poncifs anachroniques. La gare d'Anvers en apporte un désolant témoignage. De même, nos grandes industries demeurent rebelles aux idées nouvelles. Seul, le Val Saint-Lambert a fait dans la verrerie d'intéressantes tentatives d'assimilation. Quant à l'ornementation des édifices du culte, à l'imagerie et à la librairie religieuses, l'influence néfaste de l'École de Saint-Luc, dont le pastiche est la loi, ferme obstinément la voie au progrès.\n\nLes artistes restent donc isolés. Des groupements ont été tentés. La Maison d'Art et la Libre Esthétique, à Bruxelles, le Cercle Onze Kunst, à Courtrai, les Scalden, à Anvers, ont essayé d'exciter parmi les artistes séduits par le même idéal une féconde émulation. Mais que peuvent les bonnes volontés contre l'indifférence des autorités et l'esprit routinier des foules ?\n\nOsons proclamer la décadence des applications industrielles de l'art en Belgique. Notre pays aurait pu s'y maintenir au premier rang. Il a laissé tomber le flambeau qu'il avait allumé. Peut-être est-il temps encore de le ressaisir. L'initiative des artistes est inlassable. Ils ont montré, nous l'avons dit, dans toutes les branches de l'art appliqué, des aptitudes universellement reconnues. Qu'on les soutienne, qu'on crée un enseignement théorique et technique en rapport avec les nécessités actuelles, qu'on intéresse à leurs efforts l'industrie et le public, qu'on les encourage par des commandes et des achats, qu'on leur restitue dans les Salons officiels la place à laquelle ils ont droit, qu'on leur ouvre — enfin ! — dans les musées des galeries d'exposition permanente et temporaire.\n\nCes mesures, dont l'urgence s'impose, ramèneront la confiance dans les cœurs et provoqueront un nouvel élan. Déjà en 1897, le rapporteur du Jury international des récompenses réuni sous la présidence de M. J. Van der Linden, membre de la Chambre des Représentants, avait soumis au Gouvernement un programme de réformes.\n\nQu'on nous permette, pour conclure, de rappeler le plus important des vœux formulés par ce collège, en souhaitant le voir promptement réalisé : « Le jury espère que le Gouvernement contribuera au développement de la renaissance des industries d'art par la création d'Écoles d'arts et métiers qui comporteraient, en même temps que des cours théoriques et des leçons d'esthétique, des ateliers où les jeunes gens apprendraient, sous la direction d'artisans de mérite, le métier pour lequel ils se seraient reconnu des aptitudes. Chaque métier aurait un atelier distinct, ouvert toute la journée, et le professeur serait tenu d'y pratiquer lui-même. L'élève y exécuterait l'œuvre de son choix. Cette éducation, impossible dans les ateliers d'un industriel qui impose ses goûts et les œuvres à réaliser, serait complétée par des cours et des conférences que le Gouvernement pourrait demander à tous les artisans capables d'enseigner ».\n\nIl est grand temps, si l'on veut prévenir la faillite de nos arts d'industrie, que cet enseignement soit méthodiquement organisé.\n\nOCTAVE MAUS",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=73"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-003",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 66,
   "page_fin": 67,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=73",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 73,
     "page_imprimee": 66,
     "debut_caractere": 3159,
     "fin_caractere_exclue": 6035,
     "texte": "## LE SALON DE « POUR L'ART »\n\nSuivant la coutume, le Salon du cercle Pour l'Art est nombreux, varié, très touffu et l'on peut y découvrir des efforts intéressants, comme aussi, d'ailleurs, d'assez lamentables échecs. Mais passons sur ceux-ci et reconnaissons la bonne tenue d'ensemble du Salon et le bon goût qui a présidé à son installation. Car il faut noter que le Salon annuel de Pour l'Art est un des plus soignés au point de vue décoratif. On ne se contente pas d'y mettre des tableaux et des sculptures, ce qui, à la rigueur, serait suffisant; on a soin de leur ménager un cadre agréable, ce qui est excellent.\n\nParmi les nombreux envois de peintres, il en est deux qui frappent ici particulièrement par le contraste qu'ils présentent : ce sont les natures mortes et intérieurs de M. A. Verhaeren et les fleurs et fruits de M. J.Van den Eeckhoudt. Deux visions différentes ou plutôt deux conceptions de la forme absolument opposées. Verhaeren enveloppe les objets qu'il peint d'un coloris moelleux, très vif et très intense, quoiqu'en apparence assourdi et discret. Chez lui la forme semble absorber la couleur et s'en imprégner; au contraire Van den Eeckhoudt étend sans ménagement ses pâtes, la couleur jaillit des formes qui semblent projeter ainsi un rayonnement incessant. Très peintre aussi s'avère M. Camille Lambert, dont je m'obstine à préférer les simples notations, si vives et si spirituelles, aux grandes compositions incohérentes et fantaisistes. M. Viandier, toujours fidèle aux aspects automnaux de la forêt de Soignes, expose deux toiles fort belles et d'un sentiment profond, notamment celle qu'il intitule Automne, page pleine de grave poésie. M. Binard, de son côté, exprime avec beaucoup de talent la mélancolie des brouillards enveloppants. Dans la même note mélancolique se déroule la belle et émouvante série Jours d'orage en Flandre de M. Valérius de Sadeleer, où l'artiste a une fois de plus exprimé, avec une intensité de sentiment remarquable, la poésie de la Lys aux méandres mystérieux. Certes, on peut ne pas aimer les archaïsmes voulus de cette peinture, mais il faut reconnaître que celle-ci a de la force et de l'envergure.\n\nLe cercle Pour l'Art a coutume d'octroyer une grande part, dans ses expositions, à la peinture décorative. Cette année encore, on peut y trouver d'intéressants efforts dans ce domaine. Les panneaux de Fabry, quoique d'une note peu renouvelée, se distinguent par leur vigoureuse facture et par un mélange de réalité et de rêve toujours empreint d'optimisme viril. MM. Langaskens et Ciamberlani sont de la même école, le premier avec un art moins volontaire, plus voluptueux, le second avec moins de poésie mais avec autant de mâle vigueur. J'aime beaucoup les compositions si sobres et d'un mouvement si harmonieux de M. Colmant. Et ne sont-ce pas des essais décoratifs que les larges paysages de M. Ottevaere?",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=73"
    },
    {
     "page_pdf": 74,
     "page_imprimee": 67,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1397,
     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nMais c'est la sculpture qui donne à ce Salon son principal attrait. Les expositions de cet hiver en ont été bien avares et le peu qu'elles nous ont montré n'était pas pour nous séduire. Le bel ensemble qu'expose ici M. Victor Rousseau suffit pour combler cette lacune. On y retrouve la grâce concentrée, l'équilibre harmonieux qui caractérisent toutes les compositions de ce grand artiste. Le Portrait de Mme A. D. et cette merveilleuse Maternité emportent l'admiration. M. Victor Rousseau sait fixer à chacune de ses figures une attitude de l'esprit; c'est ce qui leur donne le charme à la fois grave et léger dont elles sont empreintes. M. Lagae a l'inspiration plus rude; ses deux bustes sont des œuvres d'un art très sûr et très vivant. Plus extérieures, les sculptures de M. P. Braecke révèlent un sens très vif de l'attitude et un sérieux souci de l'harmonie des lignes. C'est un art de joaillier que celui de M. Ph. Wolfers, un art raffiné, élégant, gracieux; citons surtout le marbre exquis qui s'intitule Léda et les petites figurines de Danseuses, d'un mouvement si curieux. Enfin M. Isidore De Rudder expose une statue de la Douleur, fort émouvante dans sa simplicité.\n\nN'oublions pas les écrans brodés par Mme Hélène De Rudder, Avril et l'Ennemi de l'oiseau, qui ne le cèdent en rien aux précédents travaux de cette consciencieuse et excellente artiste.\n\nFRANZ HELLENS",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=74"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-004",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 67,
   "page_fin": 67,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=74",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 74,
     "page_imprimee": 67,
     "debut_caractere": 1399,
     "fin_caractere_exclue": 5006,
     "texte": "## L'ART A PARIS\n\nPhilippe Zilcken.\n\nLa définition que Whistler a donnée de l'Art dans son Ten O' Clock : « L'Art est une divinité d'essence délicate, tout en retrait et qui hait de se mettre en avant... » vient d'elle-même au bout de ma plume pour épigrapher ces brèves notes sur le peintre-graveur Philippe Zilcken.\n\nLe talent de Philippe Zilcken est, en effet, de l'essence la plus délicate : ses traits dominants sont la subtilité, le raffinement, l'amour de la nuance. Tant dans ses peintures que dans ses eaux-fortes et ses pointes-sèches, Zilcken ne nous montre jamais les choses que sous leurs aspects les plus subtils, les plus raffinés, les plus nuancés.\n\nLe talent de Philippe Zilcken est, aussi, tout en retrait. D'instinct il néglige les contrastes violents, les oppositions brètes, les effets faciles. Du pinceau comme du burin, comme de la pointe de diamant, il ne se plaît à fixer que les harmonies rompues de couleurs et de lignes : ce sont les seuls auxquelles il soit sensible.\n\nLe talent de Philippe Zilcken hait de se mettre en avant. Jamais il ne fait étalage ou tapage de son métier. Il ne s'adresse qu'à des sensibilités discrètes et délicates que toute insistance blesse, que toute vulgarité offense. Les autres passeront devant les toiles ou les gravures de Zilcken sans même les voir : il n'y a rien là qui les puisse séduire.\n\nLa Hollande et l'Algérie, Venise et Paris, tels que les voit et que les sent, tels que les peint et les grave Zilcken, ressemblent si peu aux images qui courent les salles d'expositions! C'est que Zilcken, au lieu de chercher à représenter de ces paysages ce qu'ils contiennent de plus extérieurement caractéristique et par quoi ils sont le plus fameux, se préoccupe surtout d'en pénétrer et d'en traduire ce que seuls sont capables d'y découvrir de rares yeux : l'atmosphère de leur intimité. Telles et telles planches de ses suites vénitiennes et algériennes m'apparaissent, à ce point de vue tout spécial, comme de miraculeusement parfaite réalisation. Je ne crois pas que l'on puisse aller plus loin dans l'art de dire le plus de choses avec le moins de mots, dans l'art de fixer les traits essentiels de la physionomie d'un paysage, de donner toute son expression avec autant de simplicité, autant de précision... et autant de mystère en même temps, au visage d'un ciel, d'une maison, d'un arbre, d'une étendue d'eau.\n\nC'est par cet amour de la vérité, par là seulement, j'y insiste, que Zilcken s'avoue Hollandais, car, pour le reste, surtout ce sens si raffiné, si profond, si sûr de la mesure, des belles proportions, de la clarté, c'est à la France, me semble-t-il, à cette France qui est son pays d'élection, dont il connaît, parle et écrit si finement la langue, qu'il me paraît le devoir : Zilcken est un graveur français. Plus que dans son pays natal, chez nous il se sait et se sent chez lui: son éducation, sa culture, sont françaises... et quel est le Français, écrivain, artiste, amateur d'art qui ne connaît la charmante petite maison qu'il habite au bord d'un canal, près du Bois de La Haye...\n\nVous ne m'en voudrez pas, mon cher Zilcken, d'évoquer ici le souvenir des bonnes causeries d'antan dans la claire demeure où notre grand Verlaine fut votre hôte, le souvenir des vibrantes heures de camaraderie parmi les chers bibelots, les gravures, le décor d'Hélène Villa: ce m'est une trop douce joie de vous apporter publiquement, à l'heure où s'ouvre, dans ce Paris que vous aimez tant, l'exposition de vos œuvres, et en vous souhaitant tout le succès auquel vous avez droit, l'hommage de ma vieille et fidèle amitié.\n\nGABRIEL MOUREY",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=74"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-005",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 67,
   "page_fin": 68,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=74",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 74,
     "page_imprimee": 67,
     "debut_caractere": 5008,
     "fin_caractere_exclue": 6440,
     "texte": "## L'INTERPRÉTATION DE CHOPIN\n\nRécitals d'Auguste de Radwan.\n\nOn connaît la fatalité qui pèse depuis plus d'un demi-siècle sur le génie de Chopin. Il fut la cible choisie par tous les concours de tous les conservatoires; il fut le but de tous les virtuoses du clavier; il fut l'idéal vers lequel tendirent les mains aristocratiques ou bourgeoises des jeunes filles et des femmes de tous les mondes, — suprême épreuve.\n\nRubinstein, dans sa glorieuse carrière, le révéla à ses contemporains; après quoi, — à part une rare élite, — cette âme de feu, cette expression psychique de la diversité des sentiments humains ne rencontra plus d'instrument vivant digne d'elle. Quelques-uns même de ses compatriotes virtuoses — et des plus admirés — le trahissent.\n\nAuguste de Radwan, le dernier d'entre eux peut-être, semble venir sonner l'heure réparatrice où le public parisien qui essaie de parachever l'éducation de son oreille et de son style apprend à entendre en consentant à écouter.\n\nLe pianiste polonais apporte l'interprétation complète la plus personnelle du génie complexe de sa race et du génie de son illustre compatriote. Il donna ces jours-ci à la salle Erard deux récitals qu'il ouvrit sous l'invocation de Bach et de Beethoven (Fantaisie et fugue en sol mineur, Trente-trois Variations sur la valse de Diabelli). Et à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Chopin, il rendit à celui-ci un merveilleux hommage.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=74"
    },
    {
     "page_pdf": 75,
     "page_imprimee": 68,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1857,
     "texte": "68\n\nL'ART MODERNE\n\nLa place dont je dispose ne me permet ni d'analyser chacune des œuvres nombreuses et si connues qu'il exécute, ni même de les énumérer. Je ne prétends que signaler ici l'interprétation générale de l'exécutant, si conforme, semble-t-il, à celle du créateur de ces œuvres. Pour le public parisien (lisez : qui habite Paris), pour le public dilettante (le pire des publics), voilà la véritable et sans doute unique révélation de Chopin depuis Rubinstein. A écouter M. de Radwan, des mystérieux Préludes aux dramatiques Ballades, en passant par la fantaisie enivrante des Valses et des Mazurkas si saturées de couleur locale, on ne sait lequel, du Musicien ou du Patriote, extériorise sa pensée. C'est l'âme de toute la Pologne héroïque et charmante, qui danse et pleure, et se défend en chantant; c'est aussi l'âme à la fois la plus tendre et la plus virile de ce génie slave, qui fut surtout un génie profondément humain. M. de Radwan ne crée pas un Chopin subjectif où l'exécutant se raconte lui-même. Il évoque fidèlement le maître dans l'intégralité de sa vie pathétique. Il le montre ardent et non exalté; sensible et non malade; fort et non amollis; résigné, et non plaintif; viril et non efféminé; saignant, souffrant, pleurant, implorant, mais héroïque et religieux; aimant, se donnant, répandant des flots de larmes et de sourires, des gerbes de fleurs et de lumière sur sa race et sur la terre entière.\n\nAinsi Auguste de Radwan en ressuscite, ainsi qu'en un rayonnement direct, l'entité psychique. C'est un ruissellement de sonorités délicates et puissantes, une succession d'accents expressifs correspondant à la diversité des sentiments exprimés, et comme l'émanation spontanée d'une des plus hautes poésies musicales que nous ait données, par le pénétrant génie de Frédéric Chopin, le mystérieux monde des sons.\n\nJACQUES HERMANN",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=75"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-006",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 68,
   "page_fin": 68,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=75",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 75,
     "page_imprimee": 68,
     "debut_caractere": 1859,
     "fin_caractere_exclue": 4969,
     "texte": "LE THÉÂTRE A PARIS\n\nMalazarte, tragédie en trois actes, par M. GRAÇA ARANHA (Théâtre de l'Œuvre).\n\nMalazarte, personnage de légende façonné par l'imagination populaire, c'est, au Brésil, un symbole d'insouciance et de liberté, de joie et d'amour, et aussi de ruse et d'astuce. Ses bonnes fortunes, ses mauvais tours, ses farces, ses exploits, transmis par la tradition orale (nul ne songea jusqu'ici à les fixer dans une œuvre littéraire) sont, là-bas, célèbres au même titre qu'en Flandre et en Germanie les pittoresques équipées de notre Tyl Eulenspiegel.\n\nCe héros sympathique et burlesque devait tenter la verve d'un dramaturge. Ses aventures fabuleuses ne se prêtent-elles pas merveilleusement au développement d'une tragi-comédie? En les adaptant au théâtre, M. Graça Aranha, dont il faut louer l'idéal élevé mais qui paraît manquer de l'expérience scénique nécessaire pour construire une pièce propre à émouvoir le public (et surtout le public parisien), a cru devoir les encadrer d'un appareil philosophique saturé de pessimisme nietzschéen et semé d'ardentes tirades qui opposent l'instinct à la civilisation, la vérité nue au mensonge social, l'indépendance à la morale, l'éternelle beauté de la nature à la détresse humaine. Ces dialogues et ces soliloques, pour intéressants qu'ils soient, entravent terriblement la marche de l'action, indispensable pivot de toute œuvre dramatique. Ibsen, dont l'influence est sensible dans la conception de M. Aranha, a fait jaillir du conflit des caractères, de la psychologie des personnages les vérités qu'il voulut énoncer. Et ces drames demeurent profondément éloquents parce que la réalité ou tout au moins la vraisemblance y est respectée. Nous ne sommes touchés au théâtre que par les joies et les douleurs qui peuvent nous atteindre, dans lesquelles nous percevons un reflet de nos propres joies, de nos propres douleurs. La vérité de M. Aranha ne compense pas ce que ses personnages — Malazarte à part — ont de falot et d'inconsistant. Ceux-ci se meuvent dans une atmosphère irréelle qui serait admissible dans un conte féerique mais que rendent inexplicable les éléments de vie mis en œuvre par l'auteur. Les détails épisodiques seuls — une amusante histoire de vautour, des traits de mœurs locales — fixant l'atten ion au cours de cette dissertation qu'on écoute avec agrément mais qui n'a avec le théâtre que des rapports éloignés.\n\nCeci ne m'empêche pas d'apprécier le généreux effort accompli par M. Aranha, qui tente de soustraire la scène aux vulgarités coutumières, ainsi qu'à M. Lugné-Poe, dont le théâtre s'ouvre toujours hospitalièrement aux initiatives inspirées par une foi artistique sincère. Valgré ses défauts, Malazarte doit être préféré pour la parcelle de beauté qu'il renferme aux pièces, mieux faites, dont un industrialisme mercantile alimente avec trop d'abondance le théâtre d'aujourd'hui.\n\nM.M. De Max, qui composa un Malazarte pittoresque, raillleur et voluptueux à souhait, Paul hamret, Lugné-Poe, Savoy, Mmes Greta Prozor, Barbieri, Bouchetal, etc., donnèrent de la tragédie de M. Aranha une interprétation excellente.\n\nO. M.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=75"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-007",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 68,
   "page_fin": 69,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=75",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 75,
     "page_imprimee": 68,
     "debut_caractere": 4971,
     "fin_caractere_exclue": 7352,
     "texte": "EXPOSITION DE CHARLEROI\n\nGroupe des Beaux-Arts.\n\nPlacé sous le haut patronage du Roi, le Groupe des Beaux-Arts de l'Exposition de Charleroi est administré par un Comité directeur composé de MM. Jules Destrée, président, E. Verlant, président-adjoint, Ch. Gendebien, commissaire, A. Charles, commissaire-adjoint, R. Sand, secrétaire général, et par des Comités de classes divisés en deux sections: I. Les Arts anciens du Hainaut; II. Salon d'Art moderne.\n\nVoici, pour chacune de ces sections, la composition des Comités.\n\nLES ARTS ANCIENS DU HAINAUT\n\nArchéologie. — Président: M. le baron Houtart. Secrétaire: M. Foulon.\n\nPeinture et Sculpture. — Président: M. le baron Kervyn de Leitenhove. Vice-président: M. A.-J. Wauters. Secrétaire: M. L. Piérard. Membres: MM. Ch.-L. Cardon, dom Bruno Destrée, Fierens-Gevaert, A. Goffin, Hulin de Loo, Camille Lemonnier.\n\nArts décoratifs et industriels. — Président: M. E. Van Overloop. Vice-président: M. Soil de Morialmé. Secrétaire: M. H. de Nimal. Membres: MM. Brughmans, abbé Crooy, dom Bruno Destrée, baron Houtart, abbé Puissant, Victor Rousseau.\n\nSALON D'ART MODERNE\n\nPeinture. — Présidente: Mlle Anna Boch. Vice-président: M. E. Motte. Secrétaire: M. A. Biernaux. Membres: MM. A. Bastien, M. des Ombiaux, F. Khnopff, G. Lemmen, G. N. Stevens, F. Toussaint.\n\nSculpture. — Président: M. Victor Rousseau. Vice-président: M. Paul Du Bois. Secrétaire: M. H. Feldmann. Membres: MM. L.-H. Deville, M. des Ombiaux, dom Bruno Destrée, G. Devreese, E. Rombaux, Th. Vinçotte.\n\nGrauvre et lithographie. — Président: M. A. Danse. Vice-président: M. A. Rassenfosse. Secrétaire: M. P. Gérard. Membres: MM. G. Combaz, L. Delattre, M.-H. Meunier, R. Van Bastelaer.\n\nArts décoratifs et industriels. — Président: M. Octave Maus. Vice-présidents: MM. G. Combaz et P. Du Bois. Secrétaire: M. M. Cambier. Membres: MM. dom Bruno Destrée, F. Khnopff, G. Lemmen, M.-H. Meunier, Marius Renard, Vandenhoutten.\n\nUn pavillon spécial étant réservé aux Arts de la Femme, les œuvres d'art appliqué de cette catégorie y seront renvoyées, et partant exclues du Salon d'Art moderne.\n\nLes demandes d'admission doivent être adressées au Comité directeur au plus tard le 15 mars.\n\nAdresser toute correspondance relative à l'Exposition à M. le Commissaire général du Gouvernement à l'Exposition de Charleroi. Beaux-Arts (franchise postale dans le rayon de la poste belge).",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=75"
    },
    {
     "page_pdf": 76,
     "page_imprimee": 69,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 15,
     "texte": "# L'ART MODERNE",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=76"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-008",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 69,
   "page_fin": 69,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=76",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 76,
     "page_imprimee": 69,
     "debut_caractere": 17,
     "fin_caractere_exclue": 3030,
     "texte": "## NOTES DE MUSIQUE\n\n### Le Concert populaire.\n\nLa Symphonie en ut majeur de Richard Wagner est une pièce de musée. Entendons-nous : d'un de ces musées de grands hommes, qui exhibent aux regards attendris l'écritoire usée, la première culotte ou le bilhoquet du génie disparu. Cela excite les imaginations sensibles ; c'est pueril, un peu ridicule, et touchant. Le manuscrit de la Symphonie eût mérité d'être rangé dans une collection de ce genre. On l'a éclaté, et la composition, tardivement exhumée, est révélée en ce moment aux publics européens.\n\nPour une œuvre de début, elle offre ce mérite rare d'être courte. La Sonate pour piano, opus 1 de R. Wagner, n'a pas cette qualité ; elle est verbeuse, maladroite et imper-sonnelle. La Symphonie est meilleure. On y trouve même, en l'écouant de près, certains traits individuels : tentatives d'effets dramatiques, usage théâtral du tremolo, un peu de chromatisme, emploi des cuivres, et des cors qui indique le futur coloriste. Tout cela reste fort sage et l'élève respectueux ne s'éloigne pas des formules que Beethoven, Haydn, Schubert et Gluck même avaient consacrées.\n\nLa première exécution de l'ouverture du Corsaire de Berlioz présentait un intérêt plus vif. Production inégale, soulevée d'élan et de folie, malade de la démesure d'un génie victime volontaire de l'épidémie romantique. L'auteur d'Harold et de la Symphonie funèbre se retrouve dans cet orchestre fouetté, avec ses négligences, ses abandons et ses vulgarités.\n\nM. Gabriel Dupont, dont le Chant de la Destinée s'entendait pour la première fois, s'y affirme symphoniste hardi. Son orchestre bien rempli, d'une instrumentation variée, cultive résolument la dissonance ; dissonance un peu agressive, avec des tournants de mélodie volontairement imprévus. C'est dramatique et vivant ; l'écriture semble plutôt d'un homme de théâtre. On reprocherait à M. Gabriel Dupont l'abus des harmonies de soutien, des pédales continues, qui embrument et uniformisent l'ensemble. Je crois bien qu'il n'est pas une mesure où le chant se libère de cet accompagnement trop fidèle. On aimerait trouver au milieu de cette forêt dense quelques clairières d'atmosphère plus libre.\n\nLa vedette sans laquelle, assure-t-on, une salle de concert serait vide de toute humanité, était Mme Leffler-Burckardt, contatrice allemande. Cette dame possède une voix mieux conduite que posée. Elle a chanté avec habileté, — sinon avec chaleur, — les grands airs de Fidelio et d'Obéron. Que cette musique appelle la scène ! Et qu'il est dommage de se priver de l'entendre dans son vrai cadre ! Mme Leffler a détaillé d'une façon charmante la jolie Berceuse de R. Strauss et une Fête d'amour de Weingartner, qui ne renverse rien. En bis, les Souffrances de R. Wagner. Le choix était bon, mais quelle interprétation inattendue ! Cette artiste, qui bénit la nature de la faire tant souffrir, conserve un calme surprenant. C'est beaucoup de sang-froid dans l'exaltation — V. Lauweryns tenait le piano de façon délicieuse.\n\nH. L. B.\n\n---",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=76"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-009",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 69,
   "page_fin": 70,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=76",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 76,
     "page_imprimee": 69,
     "debut_caractere": 3032,
     "fin_caractere_exclue": 8465,
     "texte": "## CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\n### Le Bois Sacré. — Jules.\n\nLe Bois sacré sous la troisième République. Le séjour des Muses et d'Apollon hanté par les fonctionnaires de M. Briand. C'est la Direction générale des Beaux-Arts. Elle est occupée en ce moment par un extraordinaire personnage pour qui les opinions politiques des artistes ont infiniment plus d'importance que leur talent. C'est lui qui distribue les commandes et les croix de la Légion d'honneur, et, naturellement, il est assailli de sollicitations de toute espèce. Au moins, quelqu'un qu'on ne verra pas dans son bureau... et sur son canapé, c'est Mme Margerie, l'auteur d'une foule de romans applaudis ; elle n'est pas encore décorée mais elle professe un mépris tout viril et presque spartiate des hochets qui amusent la vanité de ses contemporains. Elle le croit, elle en est sûre. Hélas ! ses belles résolutions sombrent lamentablement quand elle apprend qu'une de ses rivales va recevoir l'étoile des braves. Elle se doit à elle-même, elle doit à son mari de voir le ruban rouge épinglé sur sa poitrine. Et sans doute ce revirement est dans l'ordre logique des cho-es humaines, mais ce qui le rend ici particulièrement comique, c'est le rôle que va jouer le mari dans la petite intrigue qui s'apprête. Ce bon M. Margerie est un gros garçon sans malice, qui aime sa femme de tout son cœur et ne l'a jamais trompée. Pour lui plaire, pour qu'elle obtienne cette croix jadis tant méprisée, à présent si ardemment convoitée, il renonce à sa chère villégiature, il court les salons et les salles de rédaction, il se sent devenu d'une platitude telle et se dégoîte et ne se serrerait pas la main à soi-même s'il se rencontrait dans la rue. Ce n'est pas tout : Pousset par son épouse affolée, qui a remarqué qu'il plaisait à l'inflammable directrice des Beaux-Ars, il fait, d'abord sans goût, puis avec un plaisir croissant, la cour à cette amusante et pétulant petite femme.\n\nEt ce qui devait arriver arrive : Mme Margerie, pour avoir voulu porter la croix, monte au calvaire des épouses trompées. Le jour où elle découvre son milleur et où elle reproche sa trahison à son mari, celui-ci déclare tout uniment qu'elle est la cause de tout le mal. Est-ce qu'il pensait, lui, à chercher aventure ? Mais la sacrée littérature d'aujourd'hui, qui ne parle que d'amour et d'adultère, détraque les cerveaux et les cœurs. Et les romans de l'honnête Mme Margerie elle-même, que font-ils sinon peindre au naturel des maris qui trompent leurs femmes et des femmes qui leur rendent la pareille ? Quoi d'étonnant donc à ce que le pauvre M. Margerie se soit lai-sé aller à imiter les héros des romans de sa célèbre épouse ? Il n'ignore pas d'ailleurs que sa femme a bien failli elle-même perdre sa belle vertu entre les bras tout-puissants de M. le Directeur des Beaux-Arts, empressé à la décorer moyennant quelques petites complaisances qui ne coûtent rien, ou si peu de chose, à la plupart des femmes de lettres d'aujourd'hui, s'il faut en croire une trop galante légende. Quoi qu'il en soit, le mari a de si bonnes raisons, et les fait si bien valoir, que sa femme convaincue lui pardonne son péché et déclare qu'elle l'aimera encore plus qu'auparavant. Tout est donc bien qui finit bien.\n\nJ'ai fort mal conté cette pièce étourdissante, où l'esprit de MM. De'Caillavet et de Flers s'est donné libre carrière, avec une verve, une abondance qu'il n'avait peut-être jamais atteintes. Je n'ai pas même indiqué le personnage le plus amusant, le plus original de tout l'ouvrage : je veux dire le comte Zakouskine, colonel et maître de ballet, irrésistible séducteur et danseur mondain aux grâces inénarrables. Lui aussi a connu et partagé l'amour fantasque de la petite directrice.\n\nMais il l'a trahie, et elle l'a su : d'où une scène terrible qu'elle lui fait, tandis que son mari, presque à côté d'eux, prête toute son attention à l'exécution d'une partition qui doit être jouée à l'Elysée. Ne faut-il pas s'assurer que cette musique est bien conforme aux idées du Gouvernement ? Il y a là un des meilleurs moments de la pièce : une extraordinaire pantomime entre les deux amants, au son de la musique. Mais on ne s'arrêterait pas s'il fallait citer tous les hors-d'œuvre, si finement savoureux, de cette jolie comédie. L'interprétation que la Direction des Galeries lui a donnée, est-il besoin de le dire ? est extraordinairement brillante avec M. Brasseur, dont la voix éraillée est bien un peu désagréable, mais dont les jeux de physionomie sont d'une dolérie irrésistible : dans le rôle de M. Margerie, il est impossible de supposer un acteur qui rende mieux les ahurissements et les hésitations du personnage. Mme Ballela est charmante dans le rôle de Francine Margerie. Mme Renouard a moins plu dans celui de la petite directrice, mais dans la scène de danse du troisième acte, elle a montré tant de grâce souple qu'elle a rallié tous les suffrages. MM. Darcey et Blanche ont été excellents tous deux, l'un dans le rôle du directeur des Beaux-Arts, l'autre dans celui d'un petit jeune homme gaffeur, qui est une des joies de la pièce. Quant à M. Bressol, acteur parfait, mime prodigieux, danseur élégant et léger, son succès a été aux nues. On irait pour lui seul voir Le Bois sacré, si tant d'autres motifs que j'ai à peine pu indiquer ici, — et je n'ai rien dit des décors, des costumes et des toilettes, — ne suffisaient pas déjà pour faire de ce spectacle un véritable enchantement.\n\n*",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=76"
    },
    {
     "page_pdf": 77,
     "page_imprimee": 70,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 1443,
     "texte": "70\n\nL'ART MODERNE\n\nQuelle aventure! Deux hommes d'esprit, deux journalistes de talent, MM. Masset et Souguenet, ont voulu faire du théâtre. Ils ont mis en commun leur talent et leur esprit, et ils ont accouché de la pièce la plus insignifiante, la plus plate, la plus maladroite que l'on ait jamais vue. Jules, ce n'est pas le Triomphe de la vertu, comme l'indique le sous-titre : c'est le Triomphe, ou plutôt la Revanche de MM. Liebrecht, Morisseaux, Bonmariage et Giraud, de tous ceux des notres enfin qui connurent les fours mémorables. Et ce qu'il y a de tout à fait piquant dans cet échec, c'est qu'il n'est pas le fait de deux écrivains belges. L'un des deux est un Français de France et passe, chez nous, à tort ou à raison, pour le plus fin et le Spiritual des hommes. C'est à n'y rien comprendre; et puisque M. Morisseaux nous a expliqué récemment comment on fait une pièce de théâtre, M. Souguenet rendrait un fier service à ses contemporains en leur expliquant comment on la manque. Jule: n'est resté que deux jours à l'affiche de l'Olympia : nous aurions mauvaise grâce à attacher plus d'importance à cette œuvre sensationnelle que la direction elle-même qui la montée. Constatons simplement que la vaillante — oh oui, bien vaillante — troupe de l'Olympia a fait tout son possible pour donner un semblant de cohérence et de gaieté à cette bouffonnerie grossière que le dernier des vaudevillistes eût rougi de signer.\n\nGEORGES RENCY",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=77"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-010",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 70,
   "page_fin": 70,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=77",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 77,
     "page_imprimee": 70,
     "debut_caractere": 1445,
     "fin_caractere_exclue": 4138,
     "texte": "AGENDA MUSICAL\n\nAujourd'hui dimanche, à 2 h 1/2, Salle des Fêtes de la Madeleine, deuxième Concert Durant, avec le concours de M. Edouard Deru, violoniste. Au programme : Le Carnaval romain (H. Berlioz), Suite française (Roger-Ducasse), Concerto pour violon et orchestre (Ed. Lalo), Introduction au premier acte de Fervaal (Vincent d'Indy), Rhapsodie espagnole (M. Ravel), Rondes de printemps (C. Debussy), Pièces pour violon (J.-B. Senailié et J.-M. Leclair), Jeux d'enfants (G. Bizet), Marche héroïque (Saint-Saëns). — Au Cercle artistique, même heure, deuxième concert de la Société J.-S. Bach sous la direction de M. Albert Zimmer (soli, choeurs, orchestre, orgue et clavecin), avec le concours de Mme Noordewier-Reddingius, P. de Haan-Manifarges, Wanda Landowska, de MM. A. Kohman et L. Froelich.\n\nJeudi 2 mars, à 8 h. 1/2, à la Grande-Harmonie, deuxième concert Crickboom. L'orchestre sera dirigé par M. Louis Kefer. Au programme : Poème de M. Crickboom, Concerto en sol majeur de Haydn (première audition), Concerto en mi majeur de Vieuxtemps, Pièces de F. Benda, Haendel, Tartini et Pugnani.\n\nVendredi 3, à 8 h. 1/2, Salle Mercelis, troisième et dernière séance J. et L. Samuel avec le concours de Mme M. Laenen et de M. Maurice Bureau. Œuvres de MM. Ed. et Léop. Samuel.\n\nSamedi 4, à 8 h. 1/2 du soir, à la Salle de la Scola Musicæ, 90 rue Gallait, séance de musique de chambre avec le concours de Mme M. Linet, soprano; M. et Mme Pieltain et M. Fernand Charlier, professeurs à la Scola. Au programme : Trios de Mendelssohn et François Rasse, Sonates de Saint-Saëns et Grieg, Scène et air de Freischutz de Weber, Mélodies de Schumann, R. Hahn et Théo Charlier.\n\nDimanche 5, à 2 heures, troisième Concert du Conservatoire sous la direction de M. Tinel. Programme : IIe symphonie (en ré maj.) de Brahms; quatuor concertant pour hautbois, clarinette, cor et basson avec accompagnement d'orchestre, de Mozart; fragments de la Suite en si min. pour instruments à vent et flûte, de J.-S. Bach; Ve symphonie (en ut min.) de Beethoven. La répétition générale publique de ce concert aura lieu le jeudi 2 mars, à 2 heures (au lieu du mercredi).\n\nVendredi 10, à 8 h. 1/2, Salle Erard, récital de Mme Miry-Merck, cantatrice.\n\nDimanche 12, à 2 h. 1/2, à l'Alhambra, cinquième concert Ysaye. Mardi 14, à 8 h. 1/2, à la Nouvelle Salle, 11 rue Ernest Allard, récital de Mme Alice Jones, pianiste.\n\nPar suite d'une circonstance de force majeure, la séance de la Section belge de la Société internationale de musique (conférence de M. Martens sur les Débuts de l'Oratorio et audition musicale organisée par Mme Emma Beauck), annoncée pour hier samedi 25 février, a dû être remise à une date ultérieure.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=77"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-011",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 70,
   "page_fin": 71,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=77",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 77,
     "page_imprimee": 70,
     "debut_caractere": 4140,
     "fin_caractere_exclue": 7781,
     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nL'exposition rétrospective des œuvres de feu H.-E. Cross que prépare la Libre Esthétique se composera d'un choix de vingt-cinq à trente tableaux — paysages et figures — et d'une douzaine d'aquarelles. Ces œuvres datent principalement de la dernière période du peintre, marquée par le lyrisme de ses interprétations et la complète libération de son ar.\n\nOutre les ensembles de peintures de MM. Van Rysselberghe et Jean Van den Eeckhoudt, le Salon groupera des toiles de Mme Boch, de MM. Delaunois, Laermans, Lemmen, Oleffe, G.-M. Stevens, des bustes et figures de MM. Paul Du Bois et R. Wouters, des céramiques de M. Finch, etc. L'art français sera représenté par Mme L. Cousturier, MM. Maurice Denis, Maxime Dethomas, Flandrin, Guérin, Lebasque, Marquet, Martinez, Louis Moret, Louis Sue et André Wilder; les écoles allemande, italiennne, suisse, espagnole et russe par MM. Bauriedl, Giacometti, Tealdi, Fornerod, Anglada, Roig, Mme Ténichef.\n\nUn hommage spécial sera rendu à la mémoire de Charles Van der Stappen, dont la Libre Esthétique réunira une vingtaine d'œuvres résumant les diverses étapes de sa carrière.\n\nExpositions ouvertes :\n\nMUSÉE DE PEINTURE MODERNE. Cercle Pour l'Art. Clôture le 12 mars.\n\nCERCLE ARTISTIQUE. Mme Louise Danse (eaux fortes et pointes sèches), MM. Pierre Paulus (peinture et dessins) et Armand Bonnetain (sculpture et gravure en médailles). Clôture le 3 mars.\n\nLe samedi 4 mars, à 8 h. 1/2 du soir, aura lieu, à la Maison du Livre, l'ouverture de l'Ecole du Livre, organisée et dirigée par M. Oscar Grojean, conservateur à la Bibliothèque royale, avec le concours de plusieurs spécialistes : MM. Eugène Bacha, François Lemesie, Louis Paris et Louis Stainier.\n\nLa conférence inaugurale sera faite par M. Paul Otlet, président du Musée du Livre, qui parlera du Livre.\n\nLe 5 mars s'ouvrira l'exposition de l'œuvre inédite de Charles Doudelet : « La Beauté du Livre », suite de planches qui révèlent les documents les plus caractéristiques de l'histoire du Livre à travers les âges et qui résument vingt années de travail de l'artiste-écrivain belge.\n\nL'Exposition triennale des Beaux-Arts aura lieu à Anvers, dans la nouvelle Salle de Fêtes et d'Expositions, du samedi 15 avril au dimanche 24 mai. Elle ne comprendra que la peinture, la sculpture et la gravure en médailles. Les œuvres seront reçues du 20 au 30 mars. Celles-ci devront être expédiées à la Société royale d'Encouragement des Beaux-Arts, rue des Arquebusiers, Anvers, et précédées d'une demande d'admission adressée à la société avant le 18 mars.\n\nLe gouvernement vient d'acquérir un tableau de M. René Gevers, la Cour des pénitents, exposé au dernier Salon des Beaux-Arts.\n\nM. Maurice des Ombiaux publie à Paris, chez Calmann-Lévy, un roman intitulé Le Maugré où il met en scène les terribles vengeances rurales qui sévissent depuis des siècles dans le Tournois et l'Artois et qu'aucune répression n'a encore pu faire disparaitre. Un tel sujet ne peut manquer d'intéresser vivement les lecteurs.\n\nLa Vie intellectuelle du 15 février publie un très curieux article de M. Georges Rency sur le sculpteur Rude et son séjour en Belgique.\n\nAu théâtre de la Monnaie on répète en ce moment, dit l'Éventail, la Salomé de R. Strauss, dont une reprise est imminente avec Mme Claire Friché dans le rôle principal. On n'a pas oublié avec quelle puissance vocale et quelle intensité d'expression Mme Friché incarnà naguère le personnage de Salomé, lors de la première reprise de l'œuvre à la Monnaie en 1908. Elle n'y fut pas moins admirable que, tout récemment, dans Elektra.\n\nC'est M. Swolfs qui chantera le rôle d'Hérode, qu'il a créé, en",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=77"
    },
    {
     "page_pdf": 78,
     "page_imprimee": 71,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 6032,
     "texte": "L'ART MODERNE\n\nfrançais, au théâtre de la Monnaie. M. Bouillez interprétera Ioka-naan, qui y fut son rôle de début.\n\nLes répétitions à orchestre du Feu de la Saint-Jean, du même auteur, ont commencé la semaine dernière. Ce fut pour tous un ravissement. Cette partition ne ressemble en rien à la sombre Elektra ni à la forieuse Salomé. C'est la verve joyeuse, l'esprit mordant, l'humour primesautier de Don Quichotte et des Joyeuses Equipées de Til Eulenspiegel, ces deux poèmes symphoniques que M. Strauss vint, jadis, diriger lui-même aux Concerts populaires et qui lui vaturent, dès le début, une si grande popularité à Bruxelles.\n\nUne Revue de l'Enseignement du dessin en Belgique paraîtra incessamment sous la direction de M. G. Bille, professeur à l'Athénée d'Ostende. S'adresser pour les abonnements (3 francs par an) à MM. A. Leys et J. Pilaeis, à Ostende.\n\nNous avons reçu ces jours-ci la nomenclature des ventes réalisées l'an dernier à l'Exposition des Beaux-Arts de Venise. Le total des acquisitions est de 579,108 lire. C'est le chiffre le plus élevé qui ait été atteint jusqu'ici. Il est à remarquer que ce chiffre a d'ailleurs augmenté beaucoup depuis l'origine des expositions, ainsi qu'on en peut juger par la statistique suivante : 1895, L. 360.000; 1897, 420.000; 1899, 366.515; 1901, 380.000; 1903, 390.000; 1905, 500.816; 1907, 526.978; 1909, 566.908. Total général : L. 4.090.025.\n\nDe Paris :\n\nLes nouvelles de la santé de M. Vincent d'Indy sont de plus en plus rassurantes. Le maître se lève chaque jour pendant plusieurs heures et reprend peu à peu sa vie normale. Il compte partir demain pour le Midi, où, comme nous l'avons dit, il fera, sur le conseil de ses médecins, un séjour de convalescence qu'il prolongera jusqu'aux fêtes de Pâques.\n\nUne exposition d'œuvres de M. Théo Van Rysselberghe — panneaux décoratifs, portraits, figures, etc. — sera inaugurée demain, lundi, à la Galerie Druet.\n\nLe drame tiré par MM. J. Copeau et J. Croué des Frères Karamazov de Dostofewski est entré en répétitions au Théâtre des Arts et passera à la fin de mars. Une artiste belge, Mme Van Doren, qui remporta de grands succès au théâtre Antoine et à l'Odéon, créera le rôle de Katerina. Les autres rôles ont été distribués à Mme Margel, à MM. Henry Krauss, Baumé, Dullin, etc.\n\nM. Gustave Charpentier a terminé la partition de Julien, qui forme la suite de Louise. L'œuvre sera jouée à l'Opéra-Comique l'hiver prochain.\n\nLe compositeur a, en outre, écrit de la musique de scène pour une pièce, Guguse, qui sera représentée au théâtre Sarah Bernhardt. Enfin, il a adapté à la scène, en la développant considérablement, son œuvre symphonique la Vie du Poète.\n\nDe même qu'il l'a fait l'an dernier pour les compositions orchestrales, l'éditeur J. Durand va passer en revue, au cours de cinq soirées, les principales œuvres de musique de chambre publiées par sa maison. Ces concerts, auxquels prendront part Mme B. Selva et M. Dron, MM. Debussy et Chevillard, MM. Cortot, Parent, Pollain, Risler, Thibaud Viñés, etc. et le Quatuor Hayot, auront lieu les mercredis 1er, 8, 15, 22 et 30 mars, à 9 h. du soir, à la Salle Erard. Il suffit, pour en faire constater l'intérêt, d'énumérer les auteurs dont on exécutera des œuvres : Ed. Lalo, C. Saint-Saëns, Ch. Widor, Vincent d'Indy, Guy Ropartz, A. Magnard, C. Debussy, C. Chevillard, P. Dukas, A. Roussel, M. Ravel et Roger-Ducasse.\n\nM. Serge de Diaghilew ramènera à Paris, au printemps prochain, les magnifiques ballets russes qui excitérent l'an passé et l'année précédente un si vif enthousiasme parmi les artistes et le public. En tête de la troupe, nous reverrons Nijinsky, Mme Kar-savina, Sophie Féodorowa, Lopoukhova et tous les autres premiers sujets des théâtres impériaux de Moscou et de Saint-Pétersbourg. C'est au Châtelet qu'auront lieu les représentations, dont M. Gabriel Astruc vient d'arrêter avec M. de Diaghilew le programme. Outre les reprises de l'Oiseau de feu et de Shéhérazade, celui-ci comprendra, en première audition, les ballets Petrouchka, de Strawinsky, Narkis, de Tchérepnine, Sadko, de Rimsky-Korsakow, et des adaptations chorégraphiques d'Orphée de Liszt, de la Rhapsodie n° 14 du même auteur et de l'Invitation à la valse, de Weber.\n\nUn festival Beethoven dirigé par M. F. Weingartner, des représentations du Saint-Sébastien de M. Gabriele d'Annunzio avec une partition musicale de M. Debussy compléteront le programme de la « Saison parisienne », pour laquelle des pourparlers sont engagés au su jet d'autres attractions, et non des moindres.\n\nEn souscription et sous presse chez Messein, 19 quai Saint-Michel, Paris, Vingt Portraits par M. Louis Thomas : Elémir Bourges, François de Curel, Jules de Gaultier, Anquetin, Claude Debussy, Gabriel Fabre, Emile Bernard, Pierre Louys, Henry Bataille, René Boylese, Marcel Boulenger, Renée Vivien, G. de Pawlowski, Claude Farrère, Legrand-Chabrier, Edmond Jaloux, Rouveyre, Joseph Bossi, Léon Bocquet et Nandor Sonnenfeld.\n\nLes Festspiele de Cologne sont fixés aux 11 juin (Tristan et Isolde), 15 juin (les Mattres Chanteurs), 18 juin (Carmen, interprétée par la troupe du théâtre de la Monnaie), 25 et 27 juin (Der Rosenkavalier) et 29 juin (Die Fledermaus, interprétée par une troupe viennoise).\n\nLes représentations seront dirigées par MM. Otto Lohse, Félix Mottl, Sylvain Dupuis, Max Schillings et Richard Strauss.\n\nOn commémorait récemment à Venise la mort de Wagner par un bas-relief en marbre orné du portrait du maître.\n\nLa Spezzia serait-elle, dit Paris-Journal, jalouse de la reine de l'Adriatique? Elle vient de décider d'élever, elle aussi, un monument à la mémoire du poète-musicien des Nibelungen. C'est, en effet, à la Spezzia, en septembre 1853, que Wagner commença le Rheingold. « Sans sommeil, dans une auberge de la Spezzia, l'inspiration musicale du Rheingold me vint; je regagnai ma triste résidence pour travailler à la création de mon ouvrage gigantesque », a écrit Wagner. Il rentra, en effet, à Zurich « souffrant, démoralisé, prêt à mourir, » disait-il à Liszt à son retour.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=78"
    }
   ]
  },
  {
   "article_id": "ulb-art-moderne-1911-02-26-n9-012",
   "tome": "1911",
   "volume": "ELB-ULB-DL2864764-1911-f",
   "texte_sans_correction": true,
   "ocr_source": "LightOnOCR (lightonocr-2-1b, API Albert) sur les images du PDF de l’ULB",
   "page_debut": 71,
   "page_fin": 72,
   "pages_selon": "folios des numéros voisins",
   "controle": "découpage d’après le sommaire ; OCR des images, le PDF de l’ULB n’ayant pas de couche de texte pour ce numéro",
   "url_article": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=78",
   "pages": [
    {
     "page_pdf": 78,
     "page_imprimee": 71,
     "debut_caractere": 6034,
     "fin_caractere_exclue": 6814,
     "texte": "LIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\nG. VAN OEST & Cie\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nLes anciennes Écoles de Peinture dans les Palais et Collections privées russes.\n\nCet ouvrage comporte : une étude de M. P. P. Weiner sur les Collections et collectionneurs russes; les Primitifs du Nord (écoles flamande et allemande) par James A. Schmidt; les Écoles italiennes et espagnole, par E. de Liphart; la Peinture hollandaise au XVIe siècle, par le baron N. Wrangell; les Paysagistes hollandais, par A. A. Troubnikoff; la Peinture française et anglaise au XVIIIe siècle, par Alex Benois; l'Art russe, par Serge Makowsky.\n\nUn beau volume petit in-4e, illustré de 120 planches hors-texte, tirées en héliogravure, en héliotype et en typogravure.\n\nPrix : 25 francs.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=78"
    },
    {
     "page_pdf": 79,
     "page_imprimee": 72,
     "debut_caractere": 0,
     "fin_caractere_exclue": 2593,
     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,  \nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MEDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières medailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\n---\n\n## Vient de paraître chez MM. DURAN & Cie, éditeurs  \n4 place de la Madeleine, PARIS\n\nC. SAINT-SAËNS — Déjanire, tragédie lyrique en quatre actes, poème de LOUIS GALLET et C. SAINT-SAËNS. Partition pour piano et chant réduite par l'auteur. — Prix net : 20 fr.\n\n---\n\n## Vient de paraître à la Société Musicale G. Astruc & Cie  \n32, rue Louis-le-Grand (Pavillon de Hanovre). Paris.\n\nERNEST BLOCH. — Macbeth, drame lyrique en sept tableaux (un prologue et trois actes),  \npoème de M. EDMOND FLEG d'après SHAKESPEARE Partition piano et chant.  \n— Prix net : 20 francs.\n\n---\n\n## Le Messager des Bibliophiles\n\nOrgane mensuel  \ninsérant les offres et demandes d'achat ou d'échange de livres  \net supprimant tout intermédiaire.\n\n**ABONNEMENT : 3 FRANCS L'AN**\n\nEnvoi d'un numéro spécimen sur demande adressée à  \n**M. F. MERLIN**  \nADMINISTRATEUR  \n35, rue des Francs-Maçons, Saint-Etienne (Loire).\n\n---\n\n## BULLETIN FRANÇAIS  \nDE LA  \n**S. I. M.**\n\nSociété internationale de musique (Section de Paris)  \nANCIEN MERCURE MUSICAL\n\n**PARAISSANT LE 15 DE CHAQUE MOIS**\n\nLe numéro : 1 franc.  \nAbonnements : { Étranger, 15 francs par an.  \nFrance, 10 francs par an.\n\nRédaction et Administration : 6, chaussée d'Antin,  \nPARIS\n\n*Imprimé sur papier de la Maison REYM, rue de la Guanderie, 12-14*\n\n---\n\n## LE MASQUE\n\nREVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE D'ART ET DE LITTÉRATURE\n\n**BUREAUX**  \n59, avenue Fontaine, BRUXELLES\n\nAbonnement . . . . . . 10 francs par an.  \nLe numéro . . . . . . 1 franc \" \"\n\n---\n\n## E. DEMAN, Libraire-Editeur  \n86, RUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\n\nÉditions d'Art. Œuvres de J. BARBET D'AUREVILLY,  \nMALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIEN ROPS, etc.\n\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.  \nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES et DESSINS DE F. ROPS  \nCommission, Achat, Expertises, Direction de ventes publiques.\n\nSalle d'Exposition\n\n---\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \nL'Encre à écrire indélébile  \n**BLUE-BLACK Van Loey-Noury**  \nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\n---\n\nBruxelles - Imp. V° MOMMEN, 37, rue de l'Indusar v.",
     "source": "LightOnOCR (API Albert)",
     "url_page": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-DL2864764-1911-f.pdf#page=79"
    }
   ]
  }
 ]
}