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     "texte": "TRENTE-ET-UNIÈME ANNÉE. N° 38. 17 SEPTEMBRE 1911\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nSOMMAIRE\n\nIn memoriam (Jules Destrée). — La Ville inconnue (suite et fin) (Francis de Miomandre). — Henry de Groux au Salon d'Automne (O. M.). — Publications d'art: les Peintres animaliers; la Sculpture aux XVIIe et XVIIIe siècles; Charles Van der Stappen; How to understand sculpture (Franz Hellems). — Au Salon des Arts Anciens du Hainaut. — Exposition des Beaux-Arts de Charleroi. — Nécrologie: Georges Imbart de la Tour (O. M.). — Petite chronique.\n\n---",
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     "texte": "IN MEMORIAM (1)\n\n« Ce que signifient ces roses, que nous apportons sur sa tombe?\n\nElles disent qu'après treize ans son souvenir est encore vivant au cœur de tous ceux qui l'ont connu. Ceux-là savent combien il aimait les roses, combien il en envoya durant sa vie, combien il les cultivait avec amour en ses derniers jours, à la Demi-Lune, en cette exquise résidence d'Essonnes, où il termina doucement, entouré d'affections anciennes, une existence extraordinairement agitée. Ceux-là ont gardé la joie de l'avoir connu comme une réchauffante caresse: ce fut un si prodigieux et si intense foyer! Même en ses dernières années, il donnait une impression de jeunesse et d'im-\n\n(1) Pour la seconde fois l'Exposition des Beaux-Arts de Charleroi honore la mémoire de Félicien Rops. Le 23 août, jour anniversaire de sa mort, une gerbe de roses fut déposée devant ses œuvres. Dimanche dernier, sous la conduite de M. Jules Destrée, dont nous publions l'épouvant discours, des artistes, des écrivains et d'anciens amis se rendirent à Namur, au cimetière de Belgrade où, en présence de Mme Paul Rops et de ses enfants, ils fleurirent la tombe du maître.\n\npétuosité. Sa conversation était délicieuse; la culture la plus avertie et la plus raffinée, l'esprit le plus mordant et le plus imprévu, la faisait bondir et étinceler sans cesse. C'était un charmeur à nul autre pareil.\n\nMais nos roses ne sont point seulement le témoignage d'une amitié persistante pour un incomparable ami, elles sont aussi l'hommage fervent de notre admiration pour son art prestigieux.\n\nL'ami est mort, hélas! mais l'œuvre nous reste. A mesure que passent les ans, le nombre de ceux qui ont connu l'homme diminue, mais le nombre de ceux qui ont connu l'œuvre augmente. Finies aujourd'hui, bien finies, les discussions, les colères et les injures qui assaillirent les gravures de Félicien Rops; apaisées, les tempêtes; en déroute, les sentencieux dédains, les pudibonds opprobes; vaincue, l'indifférence elle-même. Nul ne songe plus, à l'heure présente, à dénier à Félicien Rops une place éminente en notre art.\n\nPouvions-nous oublier, nous, lors de cette rétrospective wallonne qui devait réunir la lignée de nos artistes depuis Hugo d'Oignies jusqu'à Constantin Meunier, que Félicien Rops était né à Namur, et que son œuvre constituait l'un des trésors dont nous pouvions le plus légitimement nous enorgueillir?\n\nJe sais bien que Rops, Parisien d'adoption, aimait à s'attribuer une origine hongroise; mais ce ne fut là qu'une de ces aimables facéties dont il était coutumier; il apportait parfois un zèle méticuleux à combiner des farces énormes. Les bons tours mystificatoires qu'il jouait aux bourgeois graves le remplissaient d'aise. Mais je vois autre chose encore dans la légende de son ascendance magyare; ce fut une façon d'expliquer et de justifier combien il se sentait autre que les gens au",
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     "texte": "298\n\nL'ART MODERNE\n\nmilieu desquels il était né et avait vécu. Ce qu'il écrivit un jour sur un album : « A un tzigane, joueur de czardas » est significatif : « Erre longtemps, éternel indompté. Reste encore quelque temps sur terre pour le plaisir de nos yeux et la joie de nos âmes fatiguées de convention, de convenu, de convenable. Rends-nous les grandes folies et les belles ardeurs montées au ciel avec les dieux. Dis l'amour, la gloire et le vieil honneur. Célèbre encore avec moi, frère, dans ce coin perdu de la Puszta où les réguliers ne peuvent nous entendre, toutes les nobles passions qui ne servent à rien, heureusement.\n\nApostrophe du même genre à Jean Van Dierendonck, pêcheur flamand. Commentaire analogue au frontispice des Œuvres inutiles et nuisibles. Verve railleuse d'un tour toujours très littéraire pour exprimer son besoin fou d'indépendance et de liberté, sa réaction violente contre le milieu. Le minotisme est la loi des insectes, elle n'est pas celle des artistes.\n\nCeux qui créent, qui donnent à notre sensibilité une impressionnabilité élargie, ne le font presque toujours qu'en révolte contre leur milieu; ils ne peuvent point s'y adapter; dans la vie commune, le poète paraît étrange, parfois gauche :\n\nExilé sur la terre, au milieu des huées,\nSes ailes de géant l'empêchent de marcher.\n\nLa Belgique bourgeoise de 1860 était vraiment peu faite pour être sympathique à un artiste puissant et original. Aussi comprenons-nous facilement que Rops ait été chercher à Paris une atmosphère plus respirable et un public plus compréhensif.\n\nToutefois, ceux qui pouvaient l'apprécier restaient rares, même là-bas.\n\nQu'importait! L'art de Rops est un domaine d'élection pour quelques initiés; il le proclamait avec une aristocratie fière dans une lettre à un ami qui lui demandait d'exposer : « J'ai horreur de la grande « fama » si facile pour les « ohnêtes » gens. Je chéris mon obscurité : j'en ai fait un dilettantisme et, par ce temps où tous les peintres triquent à la toile comme queues rouges en foire, n'être pas su constitue une enviable distinction. Je n'expose pas pour ne pas m'exposer à recevoir une mention honorable. Je ne reconnais à personne le droit de m'honorer, cette reconnaissance me paraissant être le comble de l'humilité. Je ne sais si je ferai quelque chose qui me plaise; quant à plaire aux autres, je m'en moque comme de mes gants de l'an dernier. Je n'ai qu'une qualité : un idéal mépris du public, et certains de mes dessins n'ont été qu'une façon d'abaisser ma face au niveau de sa face. « Et comme on lui demandait à quoi faire il se peinait en un art qui n'estoit à la connoissance que de peu de gens; j'en ai besoin de peu, dit-il; j'en ai besoin d'un; j'en ai besoin de pas un. » Ça, c'est du Montaigne. »\n\nNéanmoins, ceux qui se croient enfermés au plus strict de leur tour d'ivoire n'échapperont point aux liens qui les rattachent à leur race et à leur sol natal. Malgré sa prétention à des origines hongroises, malgré son établissement à Paris, malgré sa volonté de ne travailler que pour lui seul, Félicien Rops garda à sa patrie une affection profonde. Après ses courses fantaisistes à travers le monde, il aimait à revenir à Thozée, à Namur, à Anseremme; et la Meuse, notre beau fleuve wallon, connut en lui un de ses canotiers les plus intrépides.\n\nUne lettre de Rops nous a appris, en outre, ses rêves et ses projets, sa propagande pour la rénovation de la gravure en Belgique. Vers 1862, il s'en fut à Paris apprendre les secrets de son art chez le graveur Jacquemart, puis revint à Bruxelles.\n\n« Ma bonne âme de Belge s'émeut de l'état piteux dans lequel se trouve la gravure en Belgique; je rêve toutes sortes de choses nobles, patriotiques et grotesques : la rénovation de l'eau-forte en Belgique, la création d'une chalcographie, et je me fourre dans la tête de faire de cette petite Belgique, si bien placée entre l'Angleterre, la France et l'Allemagne, un centre de publications comme Leipzig... »\n\nLes temps n'étaient point venus, et la Société Internationale des Aquafortistes ne put vivre. Mais on peut affirmer que l'initiative de Félicien Rops, qui avait paru infructueuse et stérile, eut la plus salutaire influence et qu'elle est pour beaucoup dans cette rénovation magnifique de l'estampe à laquelle nous assistons depuis quelques années, surtout en pays wallon.\n\nNos graveurs sont maintenant suffisamment nombreux et doués pour que nous ayions à reprendre ce projet de chalcographie esquissé par Rops il y a cinquante ans.\n\nCe fut par le scandale que le nom de Rops parvint jusqu'au grand public; encore maintenant pour beaucoup de gens mal informés, ce nom n'est que celui d'un dessinateur licencieux. Certes, il est dans l'œuvre de Rops bon nombre de pièces libertines qui sont destinées aux cabinets secrets des musées et des collectionneurs plutôt qu'à l'éducation des enfants et des jeunes filles. Mais Michel-Ange aussi a fait des dessins de ce genre, et c'est tout de même un des Titans de l'art ! Ceux qui ont l'âme assez haute pour ne voir en pareilles œuvres que les éclatants mérites d'art pourront les voir sans péril ; quant aux autres, qu'ils s'en abstiennent et que la porte du musée leur reste close.\n\nD'autres ne connaissent Rops que comme un illustrateur habile et fécond.\n\nCe sont là les petits aspects de son œuvre formidable; en réalité le labeur de Rops fut autrement colos-",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## 299\n\nsal. Non seulement il est tout d'invention, attestant l'imagination la plus vive et la plus créatrice, avec toujours un sens étonnant de grandeur et d'absolu, mais il est admirable entre tous comme technique : son dessin a la sûreté et la précision d'un Durer, son métier est d'une souplesse et d'une habileté qui n'ont point été dépassées ; sa lithographie *l'Enterrement au pays wallon* est une des plus belles du XIXe siècle, et ses innombrables vernis, ses dessins rehaussés, ses pointes sèches sont d'incomparables modèles.\n\nEnfin, par-dessus tout, la spiritualité aiguë de cet art est l'une des plus hautes qui soient. Avec raison J.-K. Huysmans, le romancier catholique, l'a rapproché de celle d'un Memling ou d'un Fra Angelico. « Il a restitué à la luxure si niaisement confinée dans l'anecdote, si bassement matérialisée par certaines gens, sa mystérieuse omnipotence ; il l'a religieusement replacée dans le cadre infernal où elle se meut ; et, par cela même, il n'a pas créé des œuvres obscènes et positives, mais bien des œuvres catholiques, des œuvres enflammées et terribles... Il a peint l'extase démoniaque comme d'autres ont peint les élans mystiques. »\n\nC'est un grand artiste qui git ici. Tandis que son corps retourne à la poussière, son œuvre s'éclaire et grandit dans le respect de tous. Voici la Gloire, lente et boiteuse, qui s'approche avec ses couronnes.\n\nDes roses, voici des roses...\n\nJULES DESTREE\n\n---",
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     "texte": "## LA VILLE INCONNUE (1)\n\nCe dont une critique ne peut donner aucune idée, c'est le souffle héroïque qui traverse ces pages brûlées du soleil africain, c'est le talent avec lequel sont décrites les foules diverses en action, surtout, enfin, ce sont les idées générales qui demeurent comme l'axe de l'œuvre. Contrairement à l'avis de commentateurs superficiels qui voudraient que rien dans ce récit n'en vint entraver la marche rapide vers l'aventure et le combat, je prétends que ces idées générales sont plus essentielles au livre que les faits eux-mêmes, qu'on eût pu imaginer différents après tout. Tandis qu'elles sont indispensables : elles furent à l'origine du roman comme les inspiratrices de son action et elles le coucluent, avec une tranquille et patriotique sérénité. Sans elles, il serait une aventure passionnante mais d'une façon enfantine et primitive. Avec elles, il possède un sens, une portée, une signification supérieure.\n\nDu reste, reprocher à M. Paul Adam d'avoir et d'énoncer des idées générales, c'est en vouloir profondément et inconsciemment à son style, à son existence même dans les lettres. C'est, au fond, lui demander de ressembler à n'importe qui. La véritable attitude de la critique, au contraire, serait ici de comprendre et de dénoncer la persistance de ces idées générales chez l'auteur du *Mystère des Foules*, de voir comment depuis la Force il en a pris une conscience plus nette, comment il les prouve, avec plus de clarté que jamais, dans la Ville inconnue.\n\n(1) Suite et fin. Voir notre dernier numéro.\n\n---\n\nQu'importe d'ailleurs qu'elle manque une fois de plus à sa fonction ? Je suis persuadé que sans souci de ses commentaires, le public, empoiné par l'ardeur et la noblesse de cette aventure, saura en saisir la réelle beauté idéologique, et ainsi prendre plus pleinement conscience d'un idéal, qui est celui de sa race.\n\nEt puis, ces pensées, ces aphorismes, l'auteur ne les énonce pas lui même : il les met, au cours du récit, dans la bouche même des personnages. Elles gagnent ainsi une vraisemblance plus forte. Car rien ne s'oppose à ce que les officiers d'élite qui commandent la colonne soient des intellectuels : il est tout naturel au contraire qu'ils se rendent compte de leur rôle, qu'ils recherchent à rattacher leur modeste action à un ensemble d'actions où soit intéressée la pensée de leur nation. Je dirai même : le type de ces officiers-là existe. Et pour ne citer que lui, M. Robert Randau, dans ses romans de brousse, en a aussi, de manière très truculente, équissé quelques-uns.\n\nVoyez comme l'officier juif Schnoor, érudit, philologue, kabbaliste (un personnage savamment reconstruit par l'auteur), explique, en même temps que son cas, après tout si étrange, « cette force opiniâtre de notre évolution méditerranéenne nous ramenant aux lieux jadis civilisés par Carthage et par Rome... »\n\nIl y a certains êtres que de très anciens courants d'idées possèdent, conduisent. Moi, petit juif d'Alsace, j'ai ignoré la langue française jusqu'à près de quatorze ans. L'instituteur prussien m'apprit, le premier, l'histoire, celle de la grandeur et de la suprématie germaniques. Alors comment, dès cet âge, ne sachant rien de la France, ai-je tourné mon père pour devenir officier de zouaves ? Des images d'Épinal, quelques récits de guerre contés par un voisin qui avait servi avec le général Mac-Mahon en Algérie, à Magenta, à Froeschwiller ; voilà seulement ce qui me valut cette impérieuse volonté de revêtir l'uniforme imaginé par Lamoricière. Mon pauvre rabbin de père, plus Alsacien que Français lui, n'y a jamais rien compris. Moi non plus, au reste. Et que n'ai-je pas fait pour obtenir son autorisation ? J'ai appris l'hébreu, comme un ange, tous les soirs, afin de lui complaire. J'ai su par cœur le Sepher Bereschit et le Sepher Gezirah, avec les gloses des commentaires allemands et des abbatistes israélites. Cela m'a servi dans la suite. J'ai vaincu, de douze à quinze ans, toutes les difficultés les plus rébarbatives que m'opposèrent mes parents : ma mère pacifique, sentimentale et gourmande, mes oncles courtiers en grains, marchands de bestiaux, et qui prétendaient m'enrichir avec eux. J'ai refusé la fortune, les bons plats, la sainteté d'un prophète, pour venir à Paris, dans une pension israélite, apprendre les mathématiques et le latin de Saint-Cyr... Et encore ma qualité de Juif était-elle un obstacle à mon admission vers l'an 1900. L'antisémitisme frémissait dans le cœur de tous les vieux officiers, émus par l'« Affaire ». Et je n'ai même pas revêtu l'uniforme de mes rêves enfantins. Me voici simple marsouin, avec ma compagnie de moricauds, prêt à mourir comme cet admirable Campion, en dépit de mes illusions un peu défraîchies ; belles tout de même... Il me paraît toujours l'homme idéal, celui qui n'a pas peur, celui qui libère les races faibles des races tyranniques et sanguinaires. Je fredonne souvent la vieille chanson des soldats jacobins :\n\nTrembles, tyrans, vous allez expier vos forfaits.\nPlutôt la mort que l'esclavage !...\nLes peuples libres sont français !\n\nEt il me semble que je continue l'œuvre des Custine, des Kleber, des Desaix... Tant pis si le tyran n'est, ici, qu'un Daoudmourah, un Tadjadine ou un Andogo ! Ce sont des tyrans tout de même, et qui réduisent en esclavage nos bons nègres du Kanem, du Barguirmi ou du Ouadai, les bons nègres dont les conventionnels ont proclamé l'affranchissement. Hein ! Voilà mon idée, à moi.",
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     "texte": "300\n\nL'ART MODERNE\n\nIl y a aussi une chose dont la critique ne peut donner aucune idée : c'est l'impression réelle que fait un livre. Ce sont mille et mille détails insaisissables, mille fugaces allusions et analogies. La mémoire les retient confusément, mais il serait impossible de s'en expliquer. J'ai eu l'impression, en lisant la Ville inconnue, que jamais l'auteur, pourtant si virtuose et si savant, de Irène et les Eunuques, n'avait été plus heureux, n'avait eu plus de légèreté, de tact, de nuances, tout cela sans préjudice de ses habituelles qualités de suggestion et de puissance. Tout le monde a cité ses pages sur la sortie de l'aéroplane, admirables et héroïques certes; et la double description d'Agadem, vue du ciel, puis d'en bas, et la nuit d'orgie dans cette ville mystérieuse sont des passages littéralement prodigieux, ce dernier surtout : tableau d'une intensité si réelle qu'on en éprouve jusqu'à de l'angoisse. Mais ce dont on a moins parlé, c'est, par exemple, la manière dont il différencie ses personnages, notamment les noirs. On a évoqué à ce propos le nom de Zola. Enfantin rapprochement, pas même justifié par un analogue emploi d'une formule descriptive toujours pareille pour annoncer un personnage survenant plutôt que pour le caractériser. Mais les bonhommes de Zola sortent de son imagination et gardent les contours fixes et la raideur automatique d'êtres qui ne reprennent jamais plus contact avec l'observation de la réalité. Tandis que, chaque fois que M. Paul Adam touche à nouveau un personnage, c'est pour lui l'occasion. — même s'il semble ne l'accentuer que d'un trait physique. — de l'approfondir moralement, de suggérer quelque chose d'encore inconnu de son âme. On dirait qu'il n'a jamais assez vécu avec eux, aux moments de l'incubation de l'œuvre, et qu'il les retrouve toujours avec une passionnée curiosité de savant.\n\nAinsi, ce personnage extraordinaire de Yoro Combo « ses belles cadenettes autour des joues, ses longs yeux de Peuhl attentifs et tendres ». Avec quel doigté M. Paul Adam a-t-il su en esquisser le portrait, en suggérer, chaque fois qu'il le revoyait, le caractère fermé, sournois et dominateur, la diplomatie subtile jusqu'à la dernière et équivoque trahison ! Et Sampo Taoré, par contre, le paladin noir, le type du tirailleur dévoué jusqu'à la mort aux blancs libérateurs et qui se conduit comme un héros. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'un Français, qui vit en Seine-et-Marne, décrit des Tourangeaux, des Parisiens, des Marseillais, des Juifs alsaciens; mais qu'il caractérise avec cette maîtrise les types mâles et femelles de ces races soudanaises si mélangées, et qu'il s'y reconnaisse avec cette aisance, et qu'il ne nous donne la sensation de leur foule et de leur confusion qu'autant que cela est nécessité à certains moments par l'action, voilà qui confond. Cette science est révélatrice d'un phénomène autrement important que la parfaite assimilation d'une énorme lecture. M. Paul Adam est un divinateur de l'âme des races.\n\nOn entend souvent des faiseurs d'enquêtes littéraires, — auxquels font écho leurs correspondants. — se plaindre que nous n'ayons plus aujourd'hui en France que des écrivains sans style et sans idéal, d'élégants et inutiles coupeurs de cheveux en quatre. Ils n'auront plus désormais ce droit. La Ville inconnue est une œuvre chaleureuse, idéale et enthousiasmante comme une épopée, une œuvre puissamment significative, et comme une date patriotique.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE",
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     "texte": "Henry De Groux au Salon d'Automne.\n\nM. Henry De Groux a été, — nous l'avons dit, — invité par la Société du Salon d'Automne à exposer cette année au Grand-Palais un ensemble de ses œuvres, et l'artiste, qui s'était loigné depuis quelque temps des Salons parisiens pour s'absorber, à l'ancienne abbaye de la Cambre où il a installé son atelier, dans un travail incessant, a saisi cette occasion de reprendre contact avec le public dont il conquit jadis la sympathie.\n\nIl s'en explique dans une charmante lettre qu'il nous adressa ces jours-ci et dont nous reproduisons un passage (qu'il nous pardonne cette indiscrétion) :\n\n« Comme vous le savez, ma vie s'est toujours un peu passée au Cap des Tempêtes, mais voici quelques bons mois que j'ai trouvé du répit et le moyen de travailler réellement, ayant eu par la bonne grâce du ministre de la Guerre, le général Hellebaut, un atelier admirablement spacieux pour me donner carrière. J'y ai pu exécuter d'une seule randonnée presque tout ce que vous verrez de moi, en peinture et en sculpture, au prochain Salon d'automne.\n\nJ'y aurai vingt et une pièces de sculpture, dont une grande statue de Tolstoï et quelques autres effigies. Comme vous le savez, je me suis fait depuis longtemps de ces « études de physionomies » un genre spécial, auquel je n'ai pu pendant des années que me préparer... Je crois que certaines des œuvres que j'exposerai à Paris sont tout de même, enfin, réalisées.\n\nJ'ai réduit à sa plus simple expression l'élément rétrospectif de mon exposition, soucieux que je suis de « ressusciter » dans ma peau actuelle... Car il paraît que je suis porté comme défunt sur la liste des membres du Champ-de-Mars dont je faisais partie. Au cours de ma carrière de « décédé » je ne me suis pas beaucoup aperçu que la gloire fût le « Soleil des morts. » Mourir ne réussit qu'aux autres. Il me faut ressusciter. Allons-y !... »\n\nL'envoi de M. Henry De Groux, très important, se composera, indépendamment des œuvres dont il parle dans sa lettre, d'une quarantaine de tableaux à l'huile ou au pastel et d'une série de quinze à vingt lithographies. Il comprendra notamment le Christ aux outrages, qui fit sensation lorsqu'il fut exposé pour la première fois; plusieurs des compositions inspirées à l'artiste par l'Epopée : la Retraite de Russie, la Bataille d'Austerlitz, Sainte-Hélène; celles qu'il conçut d'après la « Divine Comédie » : Dante et Virgile, Hercule terrassant l'hydre de Lerne, les Chevaux blessés, etc.; quelques interprétations de l'histoire romaine : Néron devant Rome incendiée, César à la bataille de Philippes, César à la tête de ses légions, etc. Parmi les portraits, ceux de Beethoven, Baudelaire, Balzac, Wagner, plus quelques effigies contemporaines: Mme A. Lambotte, Mme Michot, Mme Janssens, Mme Henry De Groux, Mlle Elisabeth De Groux, le peintre James Ensor, d'autres encore. Enfin trois compositions pour illustrer les Charniers de M. Camille Lemonnier et une suite d'études.\n\nDans la série des lithographies : le Cortège de la Fiancée, Diane, les Vendanges, le Carnage. Circé, la Vrillée de Waterloo, la Reine de Saba, la Mort et le Bûcheron, Fafner, Pan et Syrinx, en un mot l'essentiel de la production abondante dans laquelle l'artiste dépensa généreusement les trésors de son imagination ardente et inquiète.\n\nC'est, croyons nous, la première fois que M. Henry De Groux fait publiquement la confession générale de son art, qu'il dévoile d'une façon complète le secret de sa pensée. Souhaitons que",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nl'épreuve lui soit favorable. Elle excitera tant en France, où le peintre s'est acquis de nombreuses amitiés, qu'en Belgique, dont il ne s'exila bruyamment que pour y revenir bientôt et s'y attacher davantage, un intérêt que justifient à la fois le talent de l'artiste, la hardiesse de son esprit et les légendes qui encadrent sa vie mouvementée.\n\nO. M.",
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     "texte": "## PUBLICATIONS D'ART\n\nLes Peintres animaliers belges, par GEORGES EEKHOUD. — La Sculpture aux XVIIe et XVIIIe siècles, par HENRY ROUSSBAU. — Charles Van der Stappen, par ARNOLD GOFFIN. — How to understand sculpture, par MARGARET THOMAS.\n\nM. Georges Eekhoud est un critique d'art prestigieux. Sa phrase repeint, en quelque sorte, les tableaux dont il parle pour ceux qui ne les auraient pas vus. Il a, de plus, l'enthousiasme, le don d'exprimer pleinement l'émotion qu'il ressent devant une belle œuvre et la franchise d'expliquer les plus secrets mouvements de sa sensibilité. Don rare et qu'il faut se bâtir de proclamer. Il en est encore qui prétendent que le rôle du critique est de demeurer impassible devant l'œuvre qu'il étudie, et ils insinuent volontiers par là qu'il faut à tout prix y faire la part du bon et du mauvais, des qualités et des défauts. J'ai la naïveté de croire qu'on peut faire œuvre de critique excellent en ne mettant sous les yeux du lecteur que le bien que l'on a admiré dans une œuvre et en se laissant aller franchement à son admiration, mieux encore, en louant ses défauts s'ils se manifestent avec beauté. Et je suis de l'avis d'Anatole France lorsqu'il dit de la critique : « Il faut savoir que c'est un art et y mettre la passion et l'agrément sans lesquels il n'y a point d'art. »\n\nLes Peintres animaliers belges (1) que publie M. Georges Eekhoud en un volume charmant et luxueusement illustré est une œuvre toute pleine de pages admirables et colorées. L'auteur des Kermesses flamandes y met en relief ces grandes figures de peintres, dignes de succéder à leurs puissants devanciers du xviie siècle, les Verwée, les Stevens, les Stobbaerts, les De Cock, les Claus, les Courtens. Chacune de ces figures y est dessinée de main de maître. J'aime particulièrement le chapitre que M. Georges Eekhoud consacre à Joseph Stevens, le peintre des chiens misérables, de ces gueux des rues et des campagnes, et cet autre où il parle si éloquemment de J. Stobbaerts. Je me souviens d'une conférence qu'Eekhoud fit sur le peintre de L'Étable. C'était à Schaerbeek, il y a quelques années ; il n'y avait là que quelques amis du peintre et de l'écrivain. Au milieu des tableaux que Stobbaerts exposait dans ce Salon, le conférencier parla simplement, avec émotion ; on sentait vibrer dans sa voix le plus profond et sincère enthousiasme. Et de la part de celui qui chanta si puissamment nos campagnes flamandes, l'hommage était grand et digne d'être rappelé.\n\n* * *\n\nL'ouvrage de M. Henry Rousseau: La Sculpture aux XVIIe et XVIIIe siècles (2), parue dans la « Collection des Grands artistes des Pays-Bas » chez l'éditeur Van Oest, est une contribution remarquable à l'histoire de l'art dans les Pays-Bas. Conçue sur\n\n(1) Bruxelles, G. Van Oest et Cie.\n(2) Bruxelles, id.\n\nun plan original, cette étude embrasse à la fois la sculpture, l'architecture et l'art de l'ornement. Étude méthodique et claire, complète et judicieuse, écrite en une langue élégante, abondamment illustrée des plus beaux monuments d'architecture et de sculpture que notre pays a vus fleurir pendant les xviie et xviiie siècles.\n\n* * *\n\nDans un numéro spécial de l'Art flamand et hollandais, M Arnold Goffin étudie l'œuvre abondante, inégale, incontestablement curieuse et puissante de Charles Van der Stappen. Étude approfondie, écrite par un artiste très pénétrant, judicieux, et qui sait aller droit aux beautés d'une œuvre sans s'attarder à de vaines et presque toujours faciles critiques.\n\n* * *\n\nHow to understand sculpture (1), tel est le titre du nouvel ouvrage de Margaret Thomas, dont nous connaissons déjà ce remarquable essai esthétique : How to understand picture. Comme l'auteur le dit dans sa préface, il ne faut pas juger cet ouvrage d'un point de vue purement littéraire. Ce traité, d'une conception curieuse et neuve, s'occupe uniquement des principes qui sont à la base de chaque art et qui sont par là même le fondement de la critique. L'auteur note que la sculpture est généralement mal appréciée et qu'on y attache beaucoup moins d'importance qu'à la peinture. Il faut une éducation spéciale et une connaissance approfondie de la forme « pour comprendre son charme froid et sobre, sa pure et impassible noblesse ». C'est à la recherche de ces bases d'appréciation que Margaret Thomas consacre son ouvrage. Elle le fait avec science et méthode, et son étude fait preuve d'érudition et de goût. L'évolution de la sculpture et sa technique, le modelage de l'argile et le moulage en plâtre, le marbre et le bronze font l'objet de chapitres documentés. Mais l'auteur ne s'en tient pas à des données techniques; un chapitre spécial nous amène à ses idées sur le sentiment et le style. Sentiment, style, simplicité, beauté, proportion, originalité, autant de points soigneusement étudiés par un esprit cultivé, d'un goût très sûr, et qui voit large et juste. Suivent des chapitres sur la sculpture grecque, la sculpture de la Renaissance, la sculpture française, anglaise, flamande et allemande, qui, pour être concis, n'en sont pas moins intéressants. Bref, un ouvrage abondant, bien écrit et plein d'idées neuves et originales.\n\nFRANZ HELLENS",
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     "texte": "## Au Salon des Arts anciens du Hainaut.\n\nNous n'avons pu rendre compte des dernières conférences qui ont eu lieu à l'Exposition des Beaux-Arts de Charleroi.\n\nElles se sont suivies avec méthode devant le même public élégant, fidèle et studieux que ne rebutait point l'excessive chaleur. De jeudi en jeudi, le domaine artistique wallon est ainsi exploré et si chacune de ces conférences est, à elle seule, une découverte et un régal, que dire de la forte impression qui se dégage de l'ensemble?\n\nM. Fierens-Gevaert est venu parler du Paysage, de Patinir et Bles à Boulenger. Qu'il l'ait fait avec compétence, avec un goût sûr et averti, il est inutile de le dire à ceux qui ont lu ses Primitifs Flamands, mais on doit ajouter qu'il sut donner à sa cause-\n\n(1) Londres, G. Bell and Sons Ltd.",
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     "texte": "302\n\nL'ART MODERNE\n\nrie un tour éloquent et démonstratif qui attesta un conférencier de premier ordre.\n\nM. Louis Delattre vint ensuite parler des Écrivains modernes de la Wallonie. Il entreprit de les dénombrer sans oubli, d'étonner son auditoire par leur nombre, et, afin d'être complet, lut une bonne partie de sa conférence, où chacun de nos auteurs wallons reçut au passage une louange et un mot bienveillant. On connaît l'optimisme et l'indulgence de M. Louis Delattre; l'aménité est pour lui aussi naturelle que l'ironie et la rossette pour d'autres. Vers la fin de sa causerie, il s'anima, disant avec émotion combien de conteurs avaient feuri ainsi sur la terre wallonne, combien tous étaient profondément racinés et devaient le meilleur de leur saveur à leur petite patrie.\n\nL'exploration du champ littéraire n'eût point été complète si entre les écrivains de jadis, célèbres par M. Wilmotte, et ceux d'aujourd'hui signalés par M. Delattre, il n'eût été rendu justice aux XVIIe et XIXe siècles. C'est M. Louis Dumont-Wilden qui s'est chargé de ce soin et, prenant pour thèmes de sa démonstration le prince de Ligne et Octave Pirmez, il a confronté les Wallons et l'esprit européen, et a conclu que lorsque des Wallons avaient voulu se hausser à des conceptions générales ils l'avaient toujours fait, avec un rare bonheur et une distinction parfaite, par la culture française. La remarquable conférence de M. Louis Dumont, élégante de forme et bien dite, semblait, à certains moments, une confession : n'est-ce pas aussi par la culture française que M. Louis Dumont peut noblement, avec bonheur et distinction, agiter les idées générales dont il aime à noter ingénieusement les divers aspects?\n\n---",
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     "texte": "L'Exposition des Beaux-Arts de Charleroi.\n\nLe groupe des Beaux-Arts de l'Exposition de Charleroi a complété la série de ses publications par son Catalogue général, un volume de 360 pages avec 48 illustrations hors texte. C'est non seulement le guide indispensable à toute visite sérieuse, mais c'est aussi un ouvrage de bibliothèque. Tous les tableaux, toutes les sculptures de la section d'art ancien sont minutieusement décrits; pour chaque artiste une notice d'une documentation serre retrace sa biographie et donne l'énumération de ses principales œuvres. Enfin pour l'Archéologie et pour les Arts décoratifs et industriels, les meilleurs écrivains spécialistes ont écrit de longues préfaces qui à elles seules constituent une sorte d'histoire d'archéologie du Hainaut et des Arts mineurs dans cette province.\n\nIl est remarquable de voir que les organisateurs de l'Exposition des Beaux-Arts de Charleroi n'ont pas reculé devant le labeur énorme que comportait pour une manifestation temporaire l'élaboration d'un catalogue établi sur le modèle des meilleurs catalogues de musées.\n\nSauf pour la Peinture ancienne pour laquelle W. A.-J. Wauters a assumé personnellement ce travail, les Musées de Bruxelles se sont montrés jusqu'à présent incapables d'offrir des catalogues aussi parfaits à leurs visiteurs.\n\n---",
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     "texte": "NÉCROLOGIE\n\nGeorges Imbart de la Tour.\n\nTous ceux qui, au cours des dix années qu'il passa au théâtre de la Monnaie, applaudirent le ténor Imbart de la Tour, seront douloureusement affectés par la nouvelle de sa fin. Né à Paris en 1865, l'artiste avait fait à Bordeaux des études de droit qu'il mena jusqu'au doctorat. Mais plus que le Barreau, le Théâtre l'attirait, et, dédaignant son diplôme, au lieu de se faire inscrire au stage, le jeune juriste entra au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1890 le premier prix de chant et le deuxième prix d'opéra-comique. Sa carrière se dessina aussitôt rapidement : Genève d'abord, qui l'accueillit avec succès, puis l'Opéra-Comique de Paris en 1893, où il s'affirma dans les rôles du répertoire chanteur de style et comédien excellent. Mais il aspirait au grand opéra, et c'est à la Monnaie qu'il atteignit le but de ses ambitions d'artiste. Qui ne se souvient du talent avec lequel il créa en 1897 Fervaai, qu'il chanta l'année suivante à Paris, de l'interprétation personnelle, si musicale et si expressive, dont il marqua les premiers rôles de Tannhäuser, de Lohengrin, des Maîtres-Chanteurs, de la Valkyrie, de l'Or du Rhin, de Samson et Dalila, d'Aida, de Faust, de Roméo et Juliette?\n\nSon cœur généreux et sa nature sensible lui inspirèrent maintes initiatives en faveur des humbles, du petit personnel du théâtre, des ouvriers de la Maison du peuple pour lesquels il se dépensait librement en auditions et en conférences. Très cultivé, passionné pour tout ce qui touchait à l'histoire du théâtre, il fut désigné en 1908 pour créer au Conservatoire de Paris une chaire d'esthétique théâtrale où ses leçons, alimentées par une érudition sûre, exercèrent la plus salutaire influence. Il fut chargé concurremment, l'année suivante, de la classe de chant que la mort de Duvernoy avait laissée sans titulaire. Mais l'état précaire de sa santé (l'artiste souffrait d'une maladie du foie) l'obligea malheureusement, après les derniers concours, à prendre sa retraite. Ses élèves, ses amis, regrettèrent sa décision. Aujourd'hui, c'est une profonde affliction qu'ils ressentent, car l'artiste qui leur dispensa un enseignement précieux était un homme loyal et bon qui avait conquis le cœur de tous.\n\nIl avait gardé de son séjour en Belgique un reconnaissant souvenir. Tous ses étés, il les passait à Bouillon, dans une propriété qu'il avait acquise. Là encore, où il noua de solides amitiés, sa mort aura un douloureux retentissement.\n\nO. M.\n\n---",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nL'exposition annuelle du Cercle artistique de Tournai a été inaugurée la semaine dernière en présence du Directeur général des Beaux-Arts. Parmi les artistes dont les œuvres sont particulièrement remarquées, citons les sculpteurs G. Charlier et H. Le Roy; les printres F. Baes, F. Willaert, R. Wyman, A. et R. Boudry, A. Levêque, M. Sys, E Van Dooren, t.h. Van den Eycken, S. Detilleux, Mmes B. Art, A. Leclaire, J. Wytsman, M. de Bièvre; les aquarellistes V. Uytterschaut, F. Van Leemputten, Mmes K. Gilsoul-Hoppe, Georgeit Meunier, e.c. Le Salon groupe environ cinq cents numeros.\n\nLa Société des Aquarellistes ouvrira le samedi 23 novembre prochain son Salon annuel au Musée de peinture moderne.\n\nM. G. Van Zype fera jeudi prochain, à 3 heures, au Salon des Arts anciens du Hainaut, à Charleroi, une conférence sur le Portrait, de Lucidet à Navez.\n\nLa dixième Exposition internationale des Beaux-Arts de la ville de Venise aura lieu du 15 avril au 31 octobre 1912. Elle sera, comme les précédents, divisée en : salles nationales, salles étrangères, salles internationales. Le délai d'envoi est, pour les notices en double exemplaire) le 1er janvier 1912; pour les œuvres, le 10 mars. Les artistes invités ou admis par le jury jouissent pour le transport de leurs œuvres de la réduction de 30 p. c. (aller et retour). Une commission de 40 p. c. sera prélevée sur les ventes. S'adresser pour tous renseignements à M. A. Fradeletto, secrétaire général, Municipio di Venezia.\n\nL'inauguration du monument commémoratif de la bataille de Jemappes aura lieu dimanche prochain, à 2 heures et demie. La cérémonie promet d'être impressionnante tant par les paroles des orateurs : général Langlois, M.W. Masson et Destree, que par les souvenirs évoqués, la beauté du site et le chant de la Marseillaise, où les hommes et les enfants du Boringage feront écho au baryton Dufrane, de l'Opéra.\n\nDes places spéciales sont réservées aux souscripteurs. On souscrit à Mons, chez M. G. Heupgen, boulevard Dolez 49.\n\nLe Théâtre de la Monnaie annonce pour le 3 octobre une représentation extraordinaire des Maîtres-Chanteurs en langue allemande, donnée sous les auspices du Comité du commerce",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\n303\n\nbruxellois. Ont été engagés pour cette soirée de gala : MM. H. Knote (Walter), A. Van Rooy (Hans Sachs), J. Geis (Beckmesser), P. Kuhn (David), P. Bender (Pogner), Tillmann-Liszewsky (Koshner), Mmes H. Bosetti (Eva) et L. Höfer (Magdaleine).\n\nLa direction des Concerts populaires vient, d'accord avec M.W. Kufferath et Guidé, directeurs du Théâtre de la Monnaie, de fixer aux dates ci-après les six concerts de la saison.\n\nPremier concert, samedi 21 octobre, à 2 heures, et lundi 23, à 8 h. 1/2. Deuxième concert, samedi 18 novembre, à 2 heures, et lundi 20, à 8 h. 1/2. Troisième concert, samedi 2 décembre, à 2 heures, et lundi 4, à 8 h. 1/2. Quatrième concert, samedi 16 décembre, à 2 heures, et lundi 18, à 8 h. 1/2. Cinquième concert, samedi 6 janvier, à 2 heures, et lundi 8, à 8 h. 1/2. Sixième concert, samedi 3 février, à 2 heures et lundi 5, à 8 h. 1/2.\n\nLes cinq premiers concerts seront consacrés, ainsi que nous l'avons annoncé, à un Festival Beethoven qui comprendra l'exécution des neuf symphonies, de trois concertos de piano (solistes MM. A. De Greef, E. Bosquet et M. Laoureux) et du concerto de violon.\n\nLe Festival sera dirigé par M. Otto Lohse et les interprètes seront les musiciens de la Monnaie, avec les solistes et les chœurs du théâtre pour l'exécution de la Neuvième symphonie.\n\nLes quatre concerts du Conservatoire de la saison sont fixés aux dimanches 24 décembre, 28 janvier, 25 février et 31 mars. La répétition générale pour les abonnés aura lieu le vendredi; la répétition générale accessible au grand public, le jeudi précédant chaque concert, à 2 heures.\n\nM. Tinel a engagé des solistes du chant choisis parmi les plus réputés dans le domaine de l'oratorio : Mmes Tilly Cahnbley-Hinken, Maria Philippi, Wybauw-Detilleux; MM. R. Plamondon et Froelich. Plusieurs professeurs du Conservatoire seront appelés à participer en solistes aux concerts, notamment MM. De Greef, Desmet, Gürickx, Mahy et Thomson.\n\nLe premier concert sera consacré à l'Oratorio de Noël de Heinrich Schütz et à la Neuvième Symphonie de Beethoven. Parmi les autres ouvrages dont l'exécution est projetée figurent deux Cantates de J.-S. Bach, la Rapsodie pour contralto et chœur d'hommes de Brahms, le Te Deum de Bruckner, l'oratorio Rédemption de Cesar Franck, des Symphonies de Havdn, Mozart et Schumann, un Concerto brandebourgeois de Bach, un Concerto d'orgue de Haendel, etc.\n\nLa réouverture des cours de l'Institut des Hautes Etudes musicales et dramatiques d'Ixelles aura lieu le 2 octobre.\n\nLes cours comprennent l'enseignement artistique complet : musical, dramatique, littéraire et plastique; le français, l'histoire, la géographie et les mathématiques; la gymnastique rythmique d'après la méthode Dalcroze.\n\nPour les inscriptions et renseignements, s'adresser à l'Institut, rue Souveraine 35, à partir du 21 septembre.\n\nC'est le lundi 2 octobre que l'Ecole de Musique de Saint-Josseten-Noode-Schaerbeek, sous la direction de M. François Rasse, rouvrira ses cours.\n\nL'enseignement comprend le solfège élémentaire, le solfège approfondi, le chant individuel, les duos et mélodies ainsi que la diction pour jeunes filles.",
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     "texte": "TAPIS D'ORIENT\n\nDALSÈME 2, RUE LÉOPOLD, 2 BRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18 RUE SAINT-MARC ET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION\n\nLes inscriptions seront reçues : pour les jeunes filles et demoiselles, à l'école moyenne, rue Royale-Ste-Marie 168, le jeudi 28 septembre, de 2 à 4 heures, le dimanche 1er octobre, de 10 heures à midi, et les dimanches suivants, de 10 à 11 heures; pour les jeunes garçons, à partir du 28 septembre, de 6 h. 1/2 à 7 h. 1/2 du soir, à l'école moyenne, rue Traversière 17; pour les hommes, à partir du 28 septembre, de 7 h. 1/2 à 8 h. 1/2 du soir, au même local.\n\nLe concours annuel de la Société Centrale d'Architecture de Belgique aura lieu du 30 septembre au 2 octobre.\n\nLes élèves architectes âgés de moins de 30 ans qui désirent participer à ce concours doivent adresser leur demande au président de la Société, à l'Hôtel Ravenstein à Bruxelles, avant le 29 septembre.\n\nLes Danseuses de Forain, qui s'étaient vu refuser l'accès du Musée de Bruxelles, ont été données en dépôt par le gouvernement au Musée de Gand sur la demande du président des Amis du Musée de cette ville.\n\nUne souscription a été ouverte récemment parmi les admirateurs hollandais de Richard Wagner en vue de construire à Scheveningue un théâtre où seules seront représentées les œuvres du maître. Cette souscription a produit un million. L'inauguration du théâtre aura lieu en 1943, date où les œuvres de Wagner tomberont dans le domaine public.\n\nOn nous écrit de Cesena (Italie) que Samson et Dalila a reçu un accueil triomphal au théâtre de cette ville. Les artistes et le chef d'orchestre ont été acclamés, et l'ovation s'est prolongée jusque dans les rues.\n\nVILLÉGIATURE incomparablement recommandable dans le coin le plus joli, le plus sain, le plus pictural de la Belgique :\n\nHOUFFALIZE, Hôtel des Postes et du Luxembourg.\n\nInstallation pittoresque et confortable, joli jardin, law-tennis, grandes salles de réunion, cuisine des plus soignées.\n\nHouffalize peut répondre aux exigences artistiques et mondiales. Le printemps et l'automne y réunissent des peintres de talent, attirés par le charme ces mystérieuses vallées, emus par la majesté des grands horizons aux belles teintes sévères.\n\nA l'ép que des vacances on y rencontre une société choisie qui contribue à rendre agréable la vie à la campagne.\n\nPension pour séjour de plus de huit jours depuis 6 francs et 6 fr. 50 par jour.\n\nArrangements mensuels en dehors de la saison.\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nDans la Collection de l'Art belge au XIXe siècle.\n\nLes Peintres Animaliers\n\nPAR GEORGES EEKHOU\n\nDans le présent ouvrage, M. G. Eekhoud s'occupe des Peintres Animaliers belges du XIXe siècle. Dans l'introduction il trace un rapide et substantiel historique du genre, et donne aux Verwée, aux Stevens et aux Stobbaerts, Jacques Jordaens pour principal ancêtre. Un premier chapitre s'occupe ensuite des peintres d'animaux au commencement et jusque vers le milieu du XIXe siècle. Le corps de l'ouvrage est pris par Stevens, Jan Stobbaerts, Alfred Verwée et Charles Verlat, qui font chacun l'objet d'un chapitre tout entier. En un dernier chapitre il traite des animaliers contemporains.\n\nL'ouvrage forme un beau volume in-8e illustré de 40 planches hors texte, en typogravure, d'après les œuvres maîtresses des artistes traités dans ce travail.\n\nPrix de l'ouvrage : 5 francs.",
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     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture, la gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\n---\n\n## Mlle M. PEUSSENS\n\navise sa très élégante clientèle qu'elle a transféré ses ateliers et salons d'essayage\n\nRue du Gouvernement - Provisoire, 12\n\nA cette occasion, elle a créé des modèles aussi nouveaux qu'élégants et réuni un magnifique assortiment des tissus derrière nouveauté de Paris.\n\n---\n\n## ARGUS DE LA PRESSE\n\nFONDÉ EN 1879\n\nLe plus ancien bureau de coupures de Journaux\n\n« Pour être sûr de ne pas laisser échapper un journal qui l'aurait nommé, il était abonné à l'Argus de la Presse, » qui lit, découpe et traduit tous les journaux du monde, et en fournit des extraits sur n'importe quel sujet ».\n\nHECTOR MALOT (ZYTE p. 70 et 323).\n\nL'Argus de la Presse se charge de toutes les recherches rétrospectives et documentaires qu'on voudra bien lui confier.\n\nL'Argus lit 8.000 journaux par jour.\n\nÉcrire : 12, rue du Faubourg-Montmartre, PARIS.\n\nAdresse Télégraphique : ACHAMBURE-PARIS.\n\n---\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\n\nL'Encre à écrire indélébile\n\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\n\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14\n\n---\n\n## Fabrique de cadres pour tableaux.\n\nCh. J'HROUET\n\n192, rue Royale, Bruxelles\n\nCadre de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels, etc.\n\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\n---\n\n## E DEMAN, Libraire-Editeur\n\nRUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\n\nÉditions d'Art. - Œuvres de J. BARBEY d'AUREVILLY, MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FELICIE ROPS, etc.\n\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.\n\nESTAMPES ANCIENNES, FAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS Commission, Achat, Expertises, Direction de ventes publiques.\n\nSalle d'Exposition\n\n---\n\n## La Lecture Universelle\n\n86, rue de la Montagne, BRUXELLES\n\n(entre les rues d'Arenberg et d'Assaut).\n\n250.000 volumes français et étrangers. — 100 revues.\n\nCatalogue (1.070 pages) Prix : 2 francs.\n\nABONNEMENTS : 10 francs par an, 2 francs par mois.\n\nService de périodiques à domicile.\n\nArrangements spéciaux pour la province et les villegiatures.\n\n---\n\n## LE COURRIER EUROPEEN\n\nHEBDOMADAIRE INTERNATIONAL\n\n280, BOULEVARD RASPAIL, PARIS\n\nComité de direction : Bjørnstjerne Bjørnson, Jacques Novicow, Nicolas Salmeron, Gabriel Séniilles, Charles Seignobes, Giuseppe Sergi.\n\nRédacteur en chef : Louis Dumur\n\nConaborateurs de premier rang de tous pays. — Informations originales. — Indispensable à toute personne désirant suivre le mouvement politique international.\n\n<table>\n  <tr>\n    <th>FRANCE</th>\n    <th>UNION POSTALE</th>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Un an . . . . . . fr. 12,00</td>\n    <td>Un an . . . . . . fr. 15,00</td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Six mois . . . . . . 7,50</td>\n    <td>Six mois . . . . . . 8,00</td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Trois mois . . . . . . 3,50</td>\n    <td>Trois mois . . . . . . 4,00</td>\n  </tr>\n  <tr>\n    <td>Le n° . . . . . . 0,25</td>\n    <td>Le n° . . . . . . 0,30</td>\n  </tr>\n</table>\n\nDemandez un numéro spécimen gratuit.\n\n---\n\nBruxelles.— Imp. V° MOMMEN, 32, rue de l'Industrie.",
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