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     "texte": "TRENTE-ET-UNIÈME ANNÉE. N° 39. 24 SEPTEMBRE 1911.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nSOMMAIRE\n\nRodin à Ixelles (Octave Maus). — Polygraphie (Francis de Miomandre). — Jocondia (O. M.). — L'Ame moderne d'un Pharaon (M. K. M.). — Le Comédien. — Enseignement artistique : Graphique d'histoire de l'art. — Chronique judiciaire des arts : Engagement nul. Dédié valable. — Accusés de réception. — Nécrologie : Léopold Flameng. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "RODIN A IXELLES\n\nL'Exposition universelle de 1910 valut à la commune d'Ixelles l'honneur et l'heureuse fortune de posséder — temporairement, hélas! — trois des œuvres capitales de Rodin : les Bourgeois de Calais, dont la marche tragique commémore avec une émouvante éloquence l'abnégation d'Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons. le Baiser et Saint Jean préchant, répliques en bronze du groupe et de la figure ascétique qui, au musée du Luxembourg, marquent l'un des sommets de la statuaire française.\n\nAcquises il y a quelques années par un collectionneur de goût, M. Wouters-Dustin, ces œuvres, dans lesquelles le génie de Rodin s'affirme avec une égale puissance sous trois aspects nettement différents, devaient faire l'objet — leur propriétaire nous en fit lui-même la confidence — d'un legs à l'État ou à l'une des communes suburbaines. Mais la mort survint avant que le donateur eût rédigé la clause testamentaire dont sa pensée cherchait la formule définitive. Lors de la dispersion des objets d'art qui formaient sa galerie, les trois œuvres monumentales de Rodin passèrent aux mains d'un autre de nos concitoyens, qui offrit à la commune d'Ixelles — où l'illustre statuaire fit jadis ses premières armes et dont une rue porte son nom — de les ériger momentanément parmi les ombrages de ses jardins publics. Ainsi les étrangers qui affluèrent à l'Exposition de Bruxelles eurent-ils l'illusion d'une magnificence artistique dont les autorités administratives offrent rarement l'exemple.\n\nAujourd'hui les temps sont révolus. Les palais de l'Exposition sont démolis. Déblayés, les terrains qu'ils occupaient. Qu'adviendra-t-il des bronzes magnifiques qui ornèrent les squares parcourus par les visiteurs? Privera-t-on l'une de nos plus pittoresques promenades de leur imposante décoration? Ils avaient trouvé dans la verdure des bosquets, au détour des allées sinuées, un cadre digne de leur beauté. C'est pitié, vraiment, que de les en arracher.\n\nRécemment, un écrivain qui s'est signalé à maintes reprises par d'excellents avis sur l'esthétique des villes, M. Joseph-Barthélémy Lecomte, nous adressait la lettre suivante, écho de nos propres impressions :\n\n« Depuis plusieurs mois, quelques chefs-d'œuvre de Rodin ornent les abords des étangs d'Ixelles. Lorsqu'on vient de la place Sainte-Croix, on découvre en premier lieu le Saint Jean, à l'admirable musculature, marchant vers les incroyants. Puis, à l'entrée de la rue de Belle-Vue, on trouve, adossé à un massif d'arbustes, le gracieux Baiser, coulé dans un bronze clair, — onctueux, si j'ose dire ainsi, comme de la cire. Enfin, plus loin encore, on rencontre les Bourgeois de Calais allant se livrer au roi Edouard, — les uns désespérés, les autres hésitants, résignés ou têtus, tandis que, derrière eux, la ville s'éloigne, représentée par les maisons",
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     "texte": "306\n\nL'ART MODERNE\n\net le clocher d'Ixelles aperçus par une échancrure des plantations qui bordent le second étang.\n\nCombien ces admirables sculptures sont émouvantes, mêlées ainsi à la vie, disposées avec goût dans ce joli site, et quel dommage que tout cela ne soit que provisoire! Car il paraît que ces statues n'appartiennent ni à la commune d'Ixelles, ni au Gouvernement, et sont prêtées seulement par un collectionneur bruxellois.\n\nNe se trouvera-t-il pas un mécène, une « Ligue des Amis du Musée », que sais-je! pour rendre définitif cet admirable essai du musée en plein air? Toutes les grandes œuvres modernes de sculpture devraient, comme celles-ci, être placées dans le paysage urbain qui les ferait le mieux valoir (1). Il se conçoit qu'on abrite dans un musée des statues léguées par une civilisation abolie, mais non des chefs-d'œuvre encore bien vivants, trouvant un écho dans notre sensibilité.\n\nSi je pouvais disposer des Meuniers de la « rue de la Régence », — du Puddleur et du Grisou (sans parler, bien entendu, du Monument du Travail), je les arracherais sans hésiter à la mauvaise compagnie des déesses de Geefs et de Fraikin. Je les retirerais de cet atelier encombré qu'est la salle de sculpture du Musée ancien. Je les transférerais en pleine vie, ces œuvres si vivantes — non sur une « belle » place ou dans un square élégant, mais dans un carrefour industriel et l'épreux de l'agglomération bruxelloise. J'en connais un, à Molenbeek : un terre-plein noir, planté d'arbres anémiques, avec, pour fond, une église ou un entrepôt, — on ne sait au juste, tant la construction dont ils s'agit, souillée, écaillée, rapiécie, est triste et minable, — un coin qui me fait songer à quelque place de La Louvière ou de Charleroi. Qu'ils seraient beaux, dans ce cadre, le, Puddleur et le Grisou ! »\n\nOn ne peut qu'approuver ces réflexions. L'idée des « Musées en plein air » a été défendue, ici-même, à plusieurs reprises, et un article de M. Ch.-L. Cardon paru dans l'Art moderne l'an dernier lui a donné une sanction dont la qualité de notre collaborateur, membre de la Commission directrice des Musées de Bruxelles, augmente l'autorité.\n\nOui, il faut qu'à tout prix la commune d'Ixelles, secondée par l'État, entre définitivement en possession des œuvres de Rodin que les circonstances lui permettent d'acquérir à des conditions exceptionnelles. Il fut question, lorsque les Bourgeois de Calais excitèrent il y a une dizaine d'années l'universelle admiration à l'une de nos expositions triennales, d'en faire l'achat par le Musée de Bruxelles. Seule la promesse faite par leur possesseur de léguer ce groupe tragique\n\n(1) Et, à ce propos, je déplore que l'immensité du carrefour où se cabrent aujourd'hui les chevaux élégants de Vinçotte anéantisse cette œuvre qui a décoré si bien, jadis, l'avenue Louise.\n\nau gouvernement fit abandonner le projet. L'occasion s'offre aujourd'hui de reconquérir ce chef-d'œuvre. Ne la laissons pas échapper. Quoi de plus légitime, au surplus, que de commémorer par un durable témoignage le séjour que fit parmi nous l'une des gloires — la plus éclatante peut-être — de l'art contemporain?\n\nSi les fonds manquent, ne se trouvera-t-il pas un amateur éclairé assez généreux pour offrir au public ce royal présent? Quelle plus noble initiative à prendre? Et quel plus beau titre à la reconnaissance de ses concitoyens?\n\nThaulow, le peintre norvégien qu'il eût été excessif d'appeler un capitaliste, fit don à Christiania, sa ville natale, de la figure principale du groupe, celle d'Eustache de Saint Pierre, porteur des clefs de la cité. Tout récemment, quelques admirateurs de Rodin offrirent à la ville de Rome, pour l'ériger dans la cour d'honneur du Palais Farnèse, une autre statue du maître, l'Homme qui marche. Ce qu'on a réalisé à l'étranger, personne ne l'accomplira-t-il en Belgique? Nul n'aura-t-il la coquetterie de donner à ses contemporains cette haute leçon de goût? Comme l'a dit le poète Keats, A thing of beauty is a joy for ever. Il aurait pu ajouter que cette joie est double pour celui qui la dispense.\n\nOn a tenté, dans un journal bruxellois, d'amoincir l'admiration qui environne le créateur de tant d'œuvres expressives et émouvantes. L'agression, d'ailleurs isolée, fut si grossière et si méprisable que loin de nuire au maître elle tourna à la confusion de l'agresseur. Pareilles incartades sont heureusement exceptionnelles dans la presse belge, constatons-le à son honneur. Celle-ci professe de plus en plus le respect des artistes et, mieux qu'autrefois, prend conscience de leur mission. Son influence saura défendre contre un exode imminent les chefs-d'œuvre dont le hasard nous a généreusement dotés.\n\nOCTAVE MAUS",
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     "texte": "POLYGRAPHIE\n\nM. Émile Faguet m'effraie. A tant parler de tout, il me donne fatalement l'idée qu'il vaudrait mieux ne jamais parler de rien. Il m'inspire de la critique une espèce d'horreur. Très sincèrement, ses opinions ne m'agacent même pas, elles m'écrasent. Et après l'avoir lu, je pense carrément que l'on devrait supprimer tous les critiques.\n\nIl vient de commencer la publication d'une série qui s'appelle les Dix Commandements (1). (Quelle idée!). Il y déclare qu'il faut aimer soi-même, sa compagne, son père, sa mère et ses enfants, son ami, les vieillards, sa profession, son pays, le vrai, le devoir et Dieu. Et il trouve le moyen de faire un petit volume\n\n(1) ÉMILE FAGUET : les Dix Commandements, formant une série de dix volumes. Petit in-12 couronne.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\navec chacun de ces conseils. J'ai lu quelques-unes de ces brochures et j'ai éprouvé la sensation qu'on se moquait de moi. Comment un esprit distingué s'amusait-il à reproclamer des idées aussi évidentes, à rajeunir de pareils truismes? A qui s'adressent ces objurgations? Je n'ai pas encore compris.\n\nCar tout cela est développé longuement, suivant des procédés scholastiques invariables, mais dont le juste enchaînement vous entraîne malgré vous. On lit, on lit, agacé du banal contenu, mais intéressé par la formalité, curieux de savoir jusqu'où peut aller l'automatisme d'une dissertation. Eh bien! Cela n'a pas de raisons pour s'arrêter. Si M. Faguet vivait encore cent ans, à raison de dix volumes par an, il pourrait écrire mille livres, sans manifester le moindre trouble. C'est un exemple.\n\nIl y a des années que je réfléchis au cas de M. Faguet, mais je n'avais jamais osé en parler, de peur d'être injuste. Trop souvent, une étude exacte, intelligente, sur un écrivain que j'admire m'avait paru devoir suspendre un jugement, conclusion d'impressions moins agréables... Mais aujourd'hui je crois que je ne serai pas injuste.\n\nExact, intelligent, consciencieux, M. Faguet l'est toujours. Substantiel, jamais. Il a une méthode, il l'applique. On lui présente une œuvre. Il ne l'apprécie pas avec son cœur. Il ne laisse pas à son émotion le temps d'être touchée. Non, mais, prenant une sorte de cryptogramme acheté à l'Université, il le pose sur l'œuvre examinée, et il lit le texte ainsi obtenu. Comme c'est une très vieille clef, faite pour se juxtaposer à des œuvres de jadis, celles d'aujourd'hui ne trouvent grâce à ses yeux que si elles ressemblent à celles du passé, c'est-à-dire, donc, si elles sont mortes. Alors, il les trouve excellentes. C'est un professeur prodigieux. Mais si elles sont vivantes, elles échappent à toute lecture à travers le cryptogramme et M. Faguet les déclare mal faites.\n\nL'interprétation de pareils textes donne lieu à des développements indéfinis. Chaque pensée rencontrée en route en engendre, mais automatiquement, d'autres, et ainsi de suite, et l'on peut de plus en plus perdre de vue l'objet initial. Jamais M. Faguet n'a l'air ému pour son compte. Et c'est là le vice essentiel de sa pensée. Car on ne peut lui reprocher de ne pas aimer Baudelaire, par exemple. Mais les raisons qu'il donne pour justifier son admiration d'un autre poète pas un instant n'affectent son cœur. Il les énumère comme les éléments d'une démonstration mathématique. Et, vraiment, pour lui la poésie n'est en effet qu'un jeu abstrait, qu'un exercice de littérature un peu plus relevé, un peu mieux famé. En quoi il ne comprend rien à la poésie.\n\nLe pire, c'est qu'il est tiré en France à des milliers d'exemplaires. Et bien des jeunes gens qui écrivent et qui croient penser n'ont de différence avec M. Faguet qu'un peu moins de chance et moins de facilité, aussi moins de talent.\n\nQuand il ne parle pas poésie, il semble moins faux parce qu'il irrite moins, touchant à des choses moins essentielles. Pourtant il ne dit jamais rien qui fasse image, qui saisisse l'esprit et viole l'assentiment. Nous acquiesçons mollement à ce monotone défilement d'assertions, dont aucune n'est manifestement fausse, aucune lumineuse non plus, mais qui sont d'une pâle, triste et grise vérité. Ses meilleurs ouvrages, ceux qu'il a faits sur Nietzsche, Platon, Tolstoï, n'ont de bon que cette perfection tout oratoire de contenant. Mais le contenu est faible, banal, inutile. On a la sensation désobligeante de l'interchangeable. Si les hasards de la superposition du cryptogramme avaient nécessité un commentaire différent, M. Faguet eût développé ce commentaire avec la même virtuosité désabusee, la même conscience impersonnelle.\n\nOn a reproché à M. Faguet d'écrire beaucoup. On s'est trompe. Des critiques comme M. Rémy de Gourmont, comme M. Camille Maucclair écrivent énormément. Mais, le faisant avec un souci constant de se renouveler, ils voient leur pensée s'éclairer davantage à chaque écriture. Ce sont des artistes, et ils le restent toujours. Mais M. Faguet ne se donne jamais la peine de penser par lui-même. De même qu'il se contente d'un style correct mais neutre, il se contente aussi d'une pensée que pourrait aussi bien former à sa place un Français de culture moyenne. Il donne le change à cause de l'étendue de son érudition et de la sûreté de ses méthodes de développements (grâce auxquelles le plus petit thème est susceptible d'une extension surprenante), mais le contenu de cette littérature ne donne à l'analyse aucun élément vierge, aucune vraie substance. M. Faguet est un complet et illustre exemple de l'inutilité du travail littéraire lorsqu'il n'est pas vivifié par le sens artistique. Surtout que, malgré cela, il peut donner des joies à celui qui s'y livre, de trompeuses joies.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE\n\n## LES LIVRES\n\nPIERRE FONS : L'Offrande au mystère, roman. (Paris, chez Sansot.) — Dans un style qui parfois, souvent même, rappelle celui des premières œuvres — d'un romantisme si injustement méconnu — de Villiers de l'Isle-Adam, M. Pierre Fons nous raconte l'histoire d'un souverain pontife futur que ses mystérieux atavismes et ses doutes personnels prédisposent à une renégation terrible. Il se tait, le temps de laisser à son cœur le soin de retrouver une intuitive foi, meilleure que toutes les certitudes de l'apologétique. M. Pierre Fons a le sens de la grandeur et une noblesse soutenue.\n\nJ.-H. ROSNY AINÉ (ENACRYOS) : Amour étrusque, édition augmentée et définitive (Paris, chez Eugène Figuière). — M. Rosny aîné republie aujourd'hui cet ouvrage qu'il n'avait jadis donné que sous son pseudonyme. Ce petit livre d'amour antique, frais comme une idylle préhistorique, n'a pas vieilli, pas plus que ne semble jamais devoir se flétrir la jeunesse naturelle, vivace, végétale voudrait-on dire, de cet écrivain en perpétuel printemps de création.\n\nFRANZ HELLENS : Massacrons les innocents, pièce en un acte, ornée d'un dessin de GEORGES LEMMEN (Bruxelles, Editions du Masque). — Sur la grand'place d'une petite ville, l'hiver, un bateleur montre un jeu de massacre. Mais ses poupées sont Judas, Lucrèce Borgia, Néron, Messaline, Ravachol. Un joueur les abat. Chaque marionnette, abatue, proteste de son innocence... historique. Un manchot fait jouer pour lui, un aveugle tire au hasard, et gagne. Il flotte autour de ce petit drame bizarre la même atmosphère subtile d'angoisse que M. Franz Hellens a su mettre dans ses Hors-le-Vent, livre inoubliable. Là est son talent, là sa force.\n\nTALASAN CIAFFÉRI. Les amants raisonnables; essais sur une passion amorphe (Paris, chez Sansot). — Très amusante, cette fantaisie, malgré la volontaire façon dont elle perd pied parfois. Ayant pris deux personnages : la cocotte chic et le calicot, les ayant pris dans la réalité vraie, M. Giafféri s'en sert ensuite pour des combinaisons de sentiments et d'aventures de plus en plus irréelles. On dirait qu'il joue avec des chiffres, dont on ne sait plus bien ce qu'ils représentaient, aux origines du problème. Mais il paraît lui-même sourire des totaux excessifs obtenus. Et c'est ce sourire-là qui nous ramène dans le réel.\n\nFRANÇOIS LEONARD. Le Triomphe de l'homme, roman (Paris, Librairie générale des sciences, arts et lettres. Bruxelles, Oscar Lamberty). — Grande construction d'humanité future, à la Wells, malheureusement beaucoup plus sommaire dans la préparation",
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     "texte": "308\n\nL'ART MODERNE\n\ndes dessous scientifiques. Cette préparation est nécessaire si l'on veut jeter dans ces rêves assez de substance vivante pour que nous ne nous croyions plus en effet dans un rêve. La terre a quitté l'orbe solaire et tombe à travers les e-paces, ce qui change les conditions de vie de l'homme, qui devient poisson. Mais elle finit par entrer dans l'atmosphère de Véga, puis dans sa substance. De telle sorte que ce triomphe de l'homme est enfin le triomphe du feu.",
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     "texte": "JOCONDIANA\n\nDès que la Joconde eut fui le Louvre, on rapprocha l'événement des bruyants manifestes « futuristes » qui proclamèrent naguère l'urgence nécessité de détruire les reliques du passé, d'anéantir ou tout au moins de fermer définitivement les musées afin de ne pas entraver le libre essor de l'art moderne....\n\nBien qu'il n'y ait là, sans doute, qu'une coïncidence fortuite, les adeptes du Futurisme — on sait que l'état-major de cette belliqueuse cohorte va exposer prochainement dans les galeries Bernheim — feront bien de redouter, s'ils pénètrent au Louvre, les crocs des chiens de « Groenendael » promus à l'honneur d'assurer la sécurité des chefs-d'œuvre sur lesquels veillent si mal les conservateurs bipèdes. Et, soit dit en passant, n'est-ce pas vraiment une joyeuse invention que celle du molossegardien de musée? — « Joke-hound », me souffle une amie qui cultive l'anglais (Willy ne se consolera pas d'avoir été distancé !).\n\nMais revenons au Futurisme, dont le poète Marinetti, on le sait, est le clairon. A en croire certains esprits, c'est dans ses rangs qu'il faut chercher l'esthète paradoxal dont le prodigieux exploit suscita dans les deux hémisphères le tintamarre qu'on sait. Ainsi M. Georges Maurevert, dans une spirituelle chronique de l'Eclaireur de Nice, n'hésite pas à dire :\n\n« Je vois très bien Marinetti rêvant de dépasser la gloire de D'Annunzio, son modèle et son dieu. Et il sait que le nom d'Érostrate reste immortel, parce que ce mégalomane brûla le Temple de Diane...\n\nLe nom de ce brûleur de temple doit être révéré par celui qui parle d'anéantir les musées.\n\nPourquoi cette pensée de stupéfier le monde par un acte érostratique ne serait-elle point éclosé dans la cervelle d'un type dans le genre de Marinetti?...\n\nMais on ne brûle plus de temples aujourd'hui — ni davantage de musées. Cette manifestation serait, tout de même, du dernier mauvais goût ; et elle doit demeurer dans le domaine de la littérature... Et le vêtement Marinetti reste un artiste dont l'emportement dévastateur, dont l'exagération nihiliste sont encore une forme d'art.\n\nCeci dit, ne concevez-vous pas que l'idée aurait fort bien pu venir à un type dans le genre de cet artiste, de cet Italien, de ce Latin, de frapper l'imagination des Italiens et des Français par un acte réduit d'érostratisme qui garderait un caractère d'art?\n\nEt qui pourrait mieux passionner à la fois la France et l'Italie que l'« enlèvement », chez l'une, d'une œuvre d'art exécutée chez l'autre?\n\nOr, quelle est la plus célèbre œuvre d'art italienne que la France considère comme le joyau de son Louvre?... C'est, incontestablement, la Joconde du divin Léonard...\n\nEt voilà pourquoi je suis porté à croire que c'est un... type dans le genre de Marinetti qui a subtilisé le glorieux chef-d'œuvre.\n\nJe le répète : on n'a pas « volé » la Joconde ; on l'a « enlevée »... Cet enlèvement porte une marque artistique : il est frappé au chiffre futuriste?... Toutes les présomptions raisonnables sont en faveur de... du type dans le genre de Marinetti — et je présente d'avance à cet étonnant ravisseur mes plus admiratives félicitations. »\n\nVoilà pour la police une piste nouvelle. Mais l'énorme bévue qu'elle a commise en arrêtant M. Guillaume Apollinaire la rendra peut-être circonspecte à l'égard de la Littérature. Pour l'avoir attaquée sans motifs, elle eut en France une détestable presse; s'exposera-t-elle à déclencher en Italie le même charivari?\n\nAu surplus, est-il bien utile de rechercher le cambrioleur? C'est lui ôter l'idée (si naturelle) de rapporter spontanément le tableau lorsqu'on aura cessé de s'occuper de lui. Car l'objet du larcin, on l'a répété à satiété, n'est pas négociable; il ne peut servir à aucun usage, ni s'adapter à la vie d'un escroc, qui nécessite de fréquents déplacements. Il n'a de valeur aux yeux du maître filou dont la dextérité l'a conquis qu'en raison des efforts faits pour le lui reprendre. Affaire de vanité. Le recordman ne tient à sa coupe que parce qu'un rival la convoite. Le jour où la police abandonnera le sport dans lequel elle se montre lamentablement inférieure, la Joconde regagnera d'elle-même les quatre pitons historiques. Car la destinée des chefs-d'œuvre est d'achever leur carrière dans les musées, comme les vétérans aux Invalides. Pourquoi la vagabonde ferait elle exception à cette règle invariable?\n\nO. M.",
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     "texte": "L'Ame moderne d'un Pharaon.\n\nUne âme intrépide osa affronter les traditions immémoriales... pour propager des idées bien supérieures à celles que son temps pouvait comprendre.\n\nBREASTED, History of Egypt.\n\nNous ne pouvons savoir aujourd'hui jusqu'où s'étendirent exactement la science ou l'intuition d'Akhnoton; mais sa pensée a fait un bond que la pensée moderne n'a pas encore dépassé.\n\nPATRIE, History of Egypt.\n\nL'étrange vie de propagande religieuse et artistique que le roi mena dans sa nouvelle ville est une des choses les plus curieuses de l'histoire du monde.\n\nBUDGE, History of Egypt.\n\nL'enfant maladif qui reçut le nom d'Aménophis IV dans le temple d'Amon à Thèbes, à la fin de la XVIIIe dynastie, vers le xive siècle avant notre ère, n'aima jamais, semble-t-il, ni la religion solennelle ni l'art conventionnel de ses prédécesseurs.\n\nDès qu'il put lire dans sa propre pensée et l'imposer aux autres, il quitta Thèbes, cessa de soutenir les prêtres d'Amon et établit sa capitale à l'endroit où est aujourd'hui le village de Tel-el-amarna, — à la ville de l'horizon d'Aton, comme il l'appela.\n\nSa vie, la révolution dont il fut le soutien, connues depuis 1893, furent mieux comprises dans ces toutes dernières années. Prudemment (car les fouilles qui se poursuivent en Egypte modifient parfois d'un jour à l'autre les conceptions les mieux établies), historiens et philosophes ont évoqué Luther, Jean-Jacques, Tolstoï, voire le Christ, devant l'apparition de ce novateur.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\nQuoi qu'il en soit, et d'après ce que nous pouvons tous voir dès à présent, il semble que l'école réaliste moderne puisse de ce chef augmenter le nombre de ses quartiers de noblesse et se réclamer d'un ancêtre vieux de plus de trente-trois siècles.\n\nAkhnoton ou Khonnaton (c'est le nom que prit Aménophis IV) combattit comme nous la routine, l'art figé dans des formules immuables. Il voulut de la lumière, fût-elle crue, de la vérité, fût-elle dure. Son idéal religieux était imprégné de bonté : bonté du dieu, bonté des hommes entre eux.\n\nMais les artistes le comprirent mieux que les théologiens, race éternellement vouée aux brutalités intellectuelles.\n\nIl semble qu'on fit énormément de musique sous son règne. Parmi les statues ou les bustes d'Akhnoton et de ses filles, il en est dont le réalisme et la perfection font penser à Donatello (1).\n\nNéanmoins, dans toute cette merveilleuse et trop brève aventure, le sort de l'art décoratif m'arrêta davantage, tant ses vicissitudes avaient de ressemblance avec celles de l'art de notre temps !\n\nJ'ai devant les yeux l'image, — connue déjà de beaucoup, — de ce plancher de Tel-el-Amarna, où l'on voit parmi des branches folles d'arbustes et de plantes différentes bondir des veaux et voltiger des oiseaux, des papillons. Fleurs et animaux sont loin d'arriver à la perfection de dessin qu'on atteignit sous les premières dynasties. Les artistes cherchent visiblement à s'éman ciper et à revenir à un art plus libre, plus léger, plus simple, mais ils tâtonnent. Leurs oiseaux sont presqu'aussi grands que leurs quadrupèdes, et les fleurs des champs ont encore presque les groupements des solennels bouquets de lotus. Mais l'ensemble, coloré et charmant, dispose le tout bien d'aplomb.\n\nCet art moderniste a coupé toutes les attaches qui le reliaient à l'art ancien. Au lieu d'évoluer, il a innové, rejetant les vieilles règles des ancêtres sans discerner les lois nécessaires, le côté éternel de leur enseignement d'avec ses décadences ou ses routines. Il a d'ailleurs une excuse : il n'eut pas le temps de progresser. Les idées d'Akhnoton, « venues trop tôt dans un monde trop jeune », ne devaient s'affirmer que bien des siècles plus tard, dans d'autres pays, dans d'autres races. Et les prêtres d'Amon rayèrent son nom de la liste des rois dans le temple d'Abydos. Peut-être saurons-nous un jour si ce clergé superbe, savant et orgueilleux n'a pas raccourci les jours du roi afin d'étouffer une pensée qui renfermait tant de promesses, et tant d'indépendance.\n\nPeut-être cette religion, cette philosophie, cet art plus libres et meilleurs auraient-ils survécu, si, plantes de plus forte croissance, ils avaient simplement modifié, sans plus, et adapté à leur époque le trésor déjà riche du passé.\n\nMais qui dominera en soi-même la fougue novatrice de la jeunesse, ses espoirs fous, ses orgueils enfantins, ses excès qui appellent les réactions? Serons-nous de ceux-là?\n\nComme les artistes de la vieille Égypte au temps d'Aménophis IV, nous ne savons pas assez étudier, observer, améliorer. Ou nous copions servilement le passé, ou nous nous lançons dans le domaine désordonné d'une fantaisie qui ignore les proportions, l'adaptation d'un motif à une technique, l'harmonie d'un ensemble.\n\nAvant que se ferme le cycle de vie qui semble accordé à chaque civilisation, aurons-nous la force paisible des grandes époques heureuses et des réalisations qui s'imposent à l'admiration éternelle?\n\n(1) Voir la charmante statuette d'Aménophis IV au Louvre.\n\n---\n\nL'effort tragique, admirable et vain du pauvre Pharaon nous rendra-t-il plus sensibles à la beauté de la lutte et du travail patients, des évolut ons ralenties par leur importance même? Aurons-nous la force de combattre en nous-mêmes les hâtes fébriles et les en houiasmes trop prompts des arts sans racines?\n\nM. K. M.\n\n---",
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     "texte": "## LE COMÉDIEN.\n\nA méditer, ces très justes observations de M. Antoine, directeur de l'Odéon, — et mieux que qui que ce soit autorisé à les formuler, — sur la mission, les devoirs, le rôle des comédiens au théâtre. Ils furent adressés, au cours des répétitions de l'Amour brode, à M. Le Bargy qui, mécontent de son rôle, avait prié M. Antoine d'intervenir auprès de l'auteur, M. François de Curel, pour qu'il y apportât certaines modifications :\n\n« Le malheur est que vous confondez sans doute deux arts absolument distincts. Je voudrais — et ces réflexions n'ont pas d'autre but — tenter de vous convaincre que les comédiens ne connaissent jamais rien aux pièces qu'ils doivent jouer. I leur métier est de les jouer tout bonnement, d'interpréter le mieux possible des personnages dont la conception leur échappe; ils sont, en réalité, des mannequins, des marionnettes plus ou moins perfectionnées suivant leur talent, et que l'auteur habille et agite à sa fantaisie.\n\nCertes, après de longues années, ils acquièrent parfois une sorte d'expérience toute matérielle, ils peuvent dire à un auteur pourquoi un personnage doit sortir ou rentrer à droite plutôt qu'à gauche ; mais, dans aucun cas, ils ne peuvent ni ne doivent, sans sortir de leur fonction propre, tenter de faire modifier un caractère ou un dénouement.\n\nL'écart intellectuel entre le poète et son interprète est si infranchissable que jamais celui-ci ne satisfait complètement le premier. Il déforme toujours la vision de l'auteur, qui accepte l'à-peu-près et se résigne le plus souvent devant l'impossible.\n\nL'idéal absolu de l'acteur doit être de devenir un clavier, un instrument merveilleusement accordé, dont l'auteur jouera à son gré. Il suffit qu'une éducation technique toute matérielle ait assoupli physiquement son corps, son visage, sa voix, et qu'une éducation intellectuelle convenable l'ait mis à même de comprendre simplement ce que l'auteur le charge d'exprimer. S'il lui est demandé d'être triste ou gai, il doit, pour être bon comédien au sens du mot, exprimer supérieurement la tristesse ou la gaieté sans apprécier pourquoi ces sentiments lui sont demandés. Cela, c'est l'affaire de l'auteur, qui soit ce qu'il fait et qui reste seul responsable devant le spectateur. Vous admettrez encore avec moi que l'art du comédien, ainsi ramené à ses limites, reste encore singulièrement honorable et difficile. »\n\nIl y a dans ces quelques lignes une salutaire leçon d'art théâtral, — et de modestie.\n\n---",
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     "texte": "## ENSEIGNEMENT ARTISTIQUE\n\nGraphique d'histoire de l'art, par Joseph Gauthier (1).\n\nDans un précédent ouvrage, qui a obtenu un vif et rapide succès, M. Joseph Gauthier, en collaboration avec M. L. Capelle,\n\n(1) Un volume in 8° avec nombreuses gravures dans le texte et hors texte. — Paris, Librairie Plon-Nourrit et C°.",
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     "texte": "310\n\nL'ART MODERNE\n\navait défini les éléments essentiels de la composition décorative. Il vient d'entreprendre, dans un nouveau livre, de condenser en un exposé clair, méthodique, où le texte et le dessin s'éclairent l'un l'autre, où les détails sont enchaînés, dirigés vers un but exclusivement éducateur, la somme indispensable de connaissances générales sur l'histoire de l'Architecture, de la Sculpture, de la Peinture et des Arts industriels. Ce « graphique » substantiel s'adresse à la fois à la jeunesse des académies et écoles des Beaux-Arts, à ceux qui préparent les professorats de dessin et aux simples curieux qui désirent une documentation d'ensemble suffisante sous une forme accessible.\n\nLe livre va de l'Égypte à la fin du dix-neuvième siècle ; dans chaque style, les caractères particuliers sont soulignés sous cette réserve que, dans la lente évolution du goût, les séparations d'une époque à l'autre ne se font pas toujours d'une façon brusque et absolue. Les croquis qui illustrent cet enseignement sont destinés à être reproduits au tableau noir et doivent compléter leur aspect par des photographies.\n\nEn résumé, l'ouvrage est une sorte d'armature solide pouvant servir de base à des études plus complètes, d'introduction à la recherche de la haute culture artistique.\n\n---",
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     "texte": "**Chronique judiciaire des Arts.**\n\n*Engagement nul. Dédit valable.*\n\nLe tribunal civil de la Seine a décidé dernièrement, et le point de droit est assez particulier, qu'un artiste qui a employé des manœuvres illicites pour tromper son directeur ne peut se prévaloir contre lui de la nullité de son engagement. Si pour avoir manqué à ses obligations l'artiste est assigné en résiliation, le dédit stipulé est dû par lui, même dans le cas où le traité auquel il sert de sanction serait déclaré nul.\n\nCette solution ne paraît pas à l'abri de toute critique. On ne s'explique pas très bien, en effet, qu'une condamnation puisse résulter de l'inexécution d'une convention sans validité légale. Et peut-être la Cour, si elle est saisie de l'affaire, réformera-t-elle cette décision imprévue.\n\nCelle-ci fut prononcée en faveur d'un entrepreneur de spectacles, M. Alexandroff, directeur de l'Aquarium de Saint-Pétersbourg, qui, deux fois de suite, attendit vainement que Mlle Lina Ruby, l'une des divettes de *Parisiana*, vint remplir l'engagement qu'elle avait souscrit. Un médecin envoyé par M. Alexandroff constata que l'artiste, qui se disait malade, se portait à merveille et que rien ne l'empêchait de partir pour la Russie. Mlle Lina Ruby opposa alors la nullité du contrat : elle l'avait signé étant mariée, et sans avoir sollicité l'autorisation de son mari.\n\nBien qu'il déclarât qu'un engagement conclu dans ces conditions fut nul, le tribunal n'en condamna pas moins l'artiste à payer à son directeur le dédit stipulé, soit quatorze mille francs.\n\n---",
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     "texte": "**ACCUSÉS DE RÉCEPTION**\n\nPOÉSIE. — *La Nuit*, par IWAN GILKIN, Paris, *Mercure de France*. — *La Wallonie héroïque*, par JULES SOTTIAUX. Bruxelles, éd. de la Belgique artistique et littéraire. — *Le Cœur qui souffre*, par ACHILLE MISSON. Bruxelles, id. — *Anthologie des Poètes belges : Marie van Elegem*. Bruxelles, 1, rue Jenatzy.\n\nROMAN. — *Mort de Quelqu'un*, par JULES ROMAINS. Paris, Eugène Figuière.\n\nCRITIQUE. — *Chopin*, a discourse by I. J. PADEREWSKI, translated from the Polish by LAURENCE ALMA TADEMA. London, W. Adlington. — *Les Artistes de la pensée et du sentiment*, par Maria Biermé. Bruxelles, éd. de la Belgique artistique et littéraire. — *Albert du Bois*, essai-critique par JOSEPH GHOT. Paris, E. Sansot et Cie. — *Le Brabant inconnu*, par ARTHUR COSYN. Bruxelles, Ch. Bulens.\n\n---\n\nTHÉÂTRE. — *Massacrons les innocents*, par FRANZ HELLENS. Bruxelles, éd. du *Masque* (H. Lamertin). — *Pogge de Schuerbeck*, par CH. DESBONNETS et A. BAULY. Bruxelles, Société belge d'éditions.\n\nMUSIQUE. — Parnasse des organistes du XXe siècle : *Méditation* pour orgue ou harmonium, par F. NOWOWIEJSKI couronnée au concours international de 1911). Arras, Procure générale de musique religieuse.\n\n---",
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     "texte": "**NÉCROLOGIE**\n\nLéopold Flameng.\n\nLe doyen des graveurs français, Léopold Flameng, né à Bruxelles en 1831, s'est éteint le 4 septembre à Courgent, près de Mantes. Élève de Calamatta, il s'était fixé à Paris dès l'âge de vingt-deux ans et, soit par ses planches au burin ou à l'eau-forte, soit par ses illustrations de livres, se classa rapidement parmi les meilleurs graveurs de son temps. Collaborateur de la *Gazette des Beaux-Arts*, il publia dans cette revue plus de soixante-dix reproductions de tableaux de Rembrandt, de Franz Hals, de Murillo, de Gaindborough, de Prud'hon, d'Ingres, etc. Il faut citer aussi parmi ses meilleures œuvres les reproductions de *la Vierge au donateur*, de Van Eyck (musée du Louvre), de *la Ronde de nuit*, de *la Leçon d'anatomie* et des *Syndics* de Rembrandt (musées d'Amsterdam et de La Haye).\n\nLéopold Flameng avait reçu la médaille d'honneur au Salon de 1886. Il était officier de la Légion d'honneur depuis 1894 et membre de l'Institut depuis 1898.\n\n---",
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     "texte": "**PETITE CHRONIQUE**\n\nC'est aujourd'hui, dimanche, à 2 h. 1/2, qu'aura lieu l'inauguration du monument commémoratif de la bataille de Jemmapes. L'Académie française a désigné pour la représenter le général Langlois, sénateur, qui prendra la parole à cette cérémonie. M. Camille Lemonnier parlera au nom de la Société des gens de lettres.\n\nL'Exposition des anciennes industries d'art tournaisiennes restera ouverte jusqu'au 16 octobre.\n\nLe Comité organisateur rappelle à ce propos que les groupements professionnels, les collèges, écoles, pensionnats et sociétés jouissent d'une réduction de 50 p. c. sur le prix d'entrée.\n\nCes groupes peuvent obtenir gracieusement un guide qui se met entièrement à leur disposition pour la visite de l'Exposition et des monuments si remarquables et si nombreux de la vieille cité nervienne. Il suffit d'avertir le Comité organisateur par une simple carte au secrétaire de ce Comité.\n\nLe monument à la mémoire du statuaire liégeois Jean Delcour, dont *l'Œuvre des Artistes* a pris l'initiative, s'érigera bientôt place Saint-Paul, à Liège. L'édification, commencée fin juillet, est en voie d'achèvement, sous la direction de l'architecte Collin, et la date de la remise du monument à la ville de Liège a pu être fixée au lundi 6 octobre.\n\nLe gouvernement sera représenté à la cérémonie par le directeur général des Beaux-Arts.\n\nM. Léon Hennebicq fera jeudi prochain, à 3 heures, au Salon des Arts anciens du Hainaut, à Charleroi, une conférence sur les Arts industriels du Hainaut.\n\nLa direction du théâtre de la Monniae annonce que les prochaines premières représentations et reprises se succèderont, sauf imprévu, dans l'ordre ci-après : *La Tosca, Orphée, les Maîtres Chanteurs, Werther, Thérèse et le Secret de Suzanne, Hérodiade, Obéron, Robert-le-Diable, Déjanire*.\n\n*La Tosca* sera chantée par Mme Claire Friché, *Orphée, Werther, Thérèse* par Mme Croiza, *Hérodiade* par Mme Béral.",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\nNous avons publié dans ses grandes lignes le programme de la prochaine saison des Concerts populaires. La direction vient d'arrêter comme suit le détail des cinq premières auditions, exclusivement consacrées à l'œuvre symphonique de Beethoven.\n\nPremier concert (lundi 23 octobre : ouverture d'Égmont; première symphonie; concerto en mi bémol pour piano; deuxième symphonie.\n\nDeuxième concert (lundi 20 novembre) : troisième symphonie (Héroïque); concerto en ré pour violon; quatrième symphonie.\n\nTroisième concert (lundi 4 décembre) : cinquième symphonie; concerto en sol pour piano; sixième symphonie (pastorale).\n\nQuatrième concert (lundi 18 décembre) : septième symphonie; concerto en ut pour le piano; huitième symphonie.\n\nCinquième concert (lundi 8 janvier) : ouverture de Coriolan; pièces vocales; neuvième symphonie.\n\nLes concerts seront donnés sous la direction de M. Otto Lohse au théâtre de la Monnaie à 8 h. 1/2. Les répétitions générales publiques auront lieu dans la même salle le samedi précédant chaque concert, à 2 heures.\n\nLes quatre concerts de musique de chambre qui seront donnés à la Grande Harmonie sont fixés aux jeudi 23 novembre, vendredi 13 décembre, mardi 23 janvier et mardi 12 mars. Ils auront respectivement lieu avec le concours de M. Fritz Kreisler, Jacques Thibaud, du Quatuor Sevcik de Prague et de M. Suzanne Godenne, pianiste. S'adresser pour les abonnements (à 24, 16, 12 ou 6 francs) chez M. Schott frères, 28 Coudenberg, Bruxelles.\n\nMme Gabrielle Tambuyser et M. Marcel Jorez annoncent pour cet hiver trois séances de sonates. La première sera consacrée aux maîtres des XVIIe et XVIIIe siècles. L'école allemande fera l'objet de la deuxième séance et, à la troisième, les jeunes artistes interpréteront les œuvres les plus récentes de l'école française.\n\nDe Paris:\n\nLe Portrait de Gambetta par Alphonse Legros, légué à l'Etat par Sir Charles Dilke, vient d'entrer au musée du Luxembourg.\n\nUn comité est en formation pour élever un monument à la mémoire de Stéphane Mallarmé. On utiliserait pour ce monument le buste que sculpta, du vivant du poète, M. James Vibert.\n\nRodin achève en ce moment un buste de M. Georges Clémenceau, ancien président du conseil des ministres.\n\nLe sculpteur Injalbert vient de terminer le monument à Mirabeau commandé par l'Etat pour le Panthéon. Déjà, les praticiens taillent dans d'énormes blocs de carrare les sept figures qui composent ce monument.\n\nInjalbert a représenté Mirabeau à la tribune. Deux animaux symboliques, un lion et un aigle, sont à la base. Aux angles du piédestal se dressent la Royauté, la Révolution, l'Histoire et la Douleur.\n\nAprès une interruption de quelques mois, la Mélée, chronique des arts et des lettres, reprend le cours de sa publication régulière. Gazette de combat, manifeste d'indépendance, la revue définit nettement son programme : « Nous nous jetons résolument dans la mêlée : tous les novateurs, tous ceux qui n'ont pas craint devant la Vie de l'empoigner, de la disséquer, de la tra-\n\nduire, tous ceux qui ont su en leur art demeurer des hommes : voilà nos maîtres, voilà ceux dont nous nous réclamons. »\n\nA Paris, 6 rue de Belzunce, cinq francs par an.\n\nLa Ligue franco-italienne vient d'offrir un buste de Léonard de Vinci à la Ville d'Amboise, sur le territoire de laquelle, au château du Clos-Lucé, mourut le 2 mai 1519 l'auteur de la Joconde. L'inauguration de ce buste coïncidera avec celle de l'Institut d'art industriel Léonard de Vinci fondé au moyen de souscriptions italiennes et françaises.\n\nSi non e vero...\n\nM. Guillaume Apollinaire a connu, en un jour, dit le Gil Blas, une célébrité que plusieurs livres de valeur et deux cents articles de critique sagace ne lui valurent point. A quelque chose malheur est bon : M. Guillaume Apollinaire, grâce à sa complaisance pour un pauvre diable peu scrupuleux, sera désormais notoire.\n\nCe n'est point, d'ailleurs, un homme banal. Il était chargé de la rubrique des romans à la revue la Phalange, ce qui ne l'empechait pas de voyager d'un bout de l'année à l'autre. Ces continuels déplacements n'avaient qu'un inconvénient : c'est qu'il ne recevait que peu ou point les livres dont il avait à rendre compte. Que faisait-il ? Il en inventait... Parfaitement ! Il imaginait une production littéraire abondante dont il s'occupait scrupuleusement. Il inventait des titres de romans, des noms d'auteurs, des noms d'éditeurs, et sa critique ne se ressentait en aucune façon des conditions défavorables dans lesquelles il la faisait. Jamais rubrique ne fut tenue avec autant d'impartialité et de conscience.\n\nMais un jour, son directeur découvrit la chose. Il en fut malade pendant trois semaines et ne voulut revoir de sa vie un collaborateur doué d'une si belle imagination. Alors, Guillaume Apollinaire, délaisissant la production livresque, se mit à visiter les musées, fit de la critique d'art fort érudite. Et vous voyez s'il y a réussi !",
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     "texte": "VILLÉGIATURE incomparablement recommandable dans le coin le plus joli, le plus sain, le plus pictural de la Belgique: HOUFFALIZE, Hôtel des Postes et du Luxembourg.\n\nInstallation pittoresque et confortable, joli jardin, law-tennis, grandes salles de réunion, cuisine des plus soignées.\n\nHouffalize peut répondre aux exigences artistiques et mondaines. Le printemps et l'automne y réunissent des peintres de talent, attirés par le charme des mystérieuses vallées, émus par la majesté des grands horizons aux belles teintes sévères.\n\nA l'époque des vacances on y rencontre une société choisie qui contribue à rendre agréable la vie à la campagne.\n\nPension pour séjour de plus de huit jours depuis 6 francs et 6 fr. 50 par jour.\n\nArrangements mensuels en dehors de la saison.\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nDans la\n\nCollection de l'Art belge au XIXe siècle.\n\nLes Peintres Animaliers\n\nPAR GEORGES EEKHOU\n\nDans le présent ouvrage, M. G. Eekhoud s'occupe des Peintres Animaliers belges du XIXe siècle. Dans l'introduction il trace un rapide et substantiel historique du genre, et donne aux Verwée, aux Stevens et aux Stobbaerts, Jacques Jordaens pour principal ancêtre. Un premier chapitre s'occupe ensuite des peintres d'animaux au commencement et jusque vers le milieu du XIXe siècle: Le corps de l'ouvrage est pris par Stevens, Jan Stobbaerts, Alfred Verwée et Charles Verlat, qui font chacun l'objet d'un chapitre tout entier. En un dernier chapitre il traite des animaliers contemporains.\n\nL'ouvrage forme un beau volume in-8e illustré de 40 planches hors texte, en typogravure, d'après les œuvres maîtresses des artistes traités dans ce travail.\n\nPrix de l'ouvrage : 5 francs.\n\n## TAPIS D'ORIENT\n\n**DALSÈME**\n\n2, RUE LÉOPOLD, 2\n\nBRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18 RUE SAINT-MARC\n\nET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\nMlle M. PEUSSENS\navise à très élégante clientèle qu'elle a transféré ses ateliers et salons d'essayage\nRue du Gouvernement - Provisoire, 12\nA cette occasion, elle a créé des modèles aussi nouveaux qu'élégants et réuni un magnifique assortiment des tissus derrière nouveauté de Paris.\n\nARGUS DE LA PRESSE\nFONDÉ EN 1879\nLe plus ancien bureau de coupures de Journaux\n« Pour être sûr de ne pas laisser échapper un journal qui l'aurait nommé, il était abonné à l'Argus de la Presse, » qui lit, découpe et traduit tous les journaux du monde, et en fournit des extraits sur n'importe quel sujet ».\nHECTOR MALOT (ZYTE p. 70 et 323).\nL'Argus de la Presse se charge de toutes les recherches rétrospectives et documentaires qu'on voudra bien lui confier.\nL'Argus lit 8.000 journaux par jour.\nÉcrire : 12, rue du Faubourg-Montmartre, PARIS.\nAdresse Télégraphique : ACHAMBURE-PARIS.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie, 12-14\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n192, rue Royale, Bruxelles\nCadre de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels, etc.\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\nE DEMAN, Libraire-Editeur\nRUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\nÉditions d'Art. Œuvres de J. BARBEY D'AUREVILLY, MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIE ROPS, etc.\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.\nESTAMPES ANCIENNES, FAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS\nCommission, Achat Expertises, Direction de ventes publiques.\nSalle d'Exposition\n\nLa Lecture Universelle\n86, rue de la Montagne, BRUXELLES\n(entre les rues d'Arenberg et d'A-saut).\n250.000 volumes français et étrangers. — 100 revues.\nCatalogue (1.070 pages) Prix : 2 francs.\nABONNEMENTS : 10 francs par an, 2 francs par mois.\nService de périodiques à domicile.\nArrangements spéciaux pour la province et les villégiatures.\n\nLE COURRIER EUROPEEN\nHEBDOMADAIRE INTERNATIONAL\n280, BOULEVARD RASPAIL, PARIS\nComité de direction : Bjørnstjerne Bjørnson, Jacques Novicow, Nicolas Salmeron, Gabriel Séalies, Charles Seignebos, Giuseppe Sergi.\nRédacteur en chef : Louis Dumur\nConaborateurs de premier rang de tous pays. — Informations originales. — Indispensable à toute personne désirant suivre le mouvement politique international.\nFRANCE\nUn an. . . . . . fr. 12,00\nSix mois . . . . . 7,00\nTrois mois . . . . . 3,50\nLe ne . . . . . 0,25\nUNION POSTALE\nUn an. . . . . . fr. 15,00\nSix mois . . . . . 8,00\nTrois mois . . . . . 4,00\nLe ne . . . . . 0,30\nDemandez un numéro spécimen gratuit.\n\nBruxelles — Imp V° M. MOM, 31, rue de l'Indus.",
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