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     "texte": "TRENTE-ET-UNIÈME ANNÉE. N° 17. 19 NOVEMBRE 1911.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CFNTIMES\n\n---\n\nSOMMAIRE\n\nRestauration des Monuments : Un excellent discours de M. H. Carton de Wiart, ministre de la Justice (H. CARTON DE WIART). — Futurisme (FRANCIS DE MIOMANDRE). — Les Livres (F. M.). — Le XVIIe Salon du « Sillon » (FRANZ HELLENS). — La Musique à travers les âges (O. M.). — Le Concert Ysaye (Cir V.). — La Musique à Mons : le VIIIe concert Pitsch (L. P.). — Mort de Ziem (Louis VAUXCELLES). — Chronique judiciaire des Arts : le procès de M. Anatole France; « le Courrier de Chine » et « le Vaisseau des Caresses » (O. M.). — Memento musical. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "Restauration des Monuments\n\nUn excellent discours de M. H. Carton de Wiart, ministre de la Justice (1).\n\n1835-1910. Combien il serait intéressant, Messieurs, si j'en avais le moyen et le loisir, de rappeler l'heureuse évolution marquée par ces deux dates dans la science archéologique des monuments, dans l'art de les conserver, de les construire, de les restaurer. Ce n'est pas calomnier cette belle génération de 1830 à laquelle nous devons, par ailleurs, tant de gratitude, que de reconnaître le marasme artistique dont notre nationalité indépendante souffrit à ses débuts. « Édi-\n\n(1) Le Ministre de la Justice est, on le sait, doublé d'un esthéticien de goût et de savoir. La protection des monuments et des sites, entre autres, a trouvé en lui un défenseur éloquent. C'est à son initiative et à celle de M. Jules Destrée qu'est due la loi récente (12 août 1911) qui enjoint aux concessionnaires de mines, carrières, travaux publics, etc., de réparer l'atteinte qu'ils portent à la beauté du paysage en couvrant d'un manteau de verdure les débris, excavations et remblais que nécessite leur exploitation. A la dernière assemblée générale de la Commission royale des Monuments, le 30 octobre,\n\nfices publics, maisons, meubles, ustensiles, a pu dire M. Beernaert, tout était également mauvais, également lamentable » (2).\n\nLe sens de nos traditions était abandonné au profit de vagues formules académiques mal assimilées et médiocrement réalisées. Il semblait vraiment que l'inutilité fût une des fonctions de l'œuvre d'art. Tout comme le tableau, la statue était faite sans souci de l'emplacement auquel elle était destinée. Le monument était compris comme un décor derrière lequel il importait peu qu'on établit une bourse de commerce, une église ou un opéra. Quant à faire descendre l'art aux modestes usages de la vie courante, c'eût été, croyait-on, le profaner et l'avilir.\n\nLentement, à travers d'ardentes controverses, au prix de maints tâtonnements maladroits, des notions plus saines se sont accréditées. Pen à pen, le goût des constructeurs et du public s'est épuré. Certes, tout n'est pas à louer dans notre œuvre architecturale la plus récente. Bien des fautes sont encore commises chaque jour. Mais ces fautes ont souvent leur excuse dans une soif d'originalité qui n'exclut pas la soif de la beauté. Et ces fautes mêmes ne demeurent pas impunies. Elles provoquent la critique, et parfois le remords.\n\nM. Carton de Wiart a brillamment exposé les motifs d'ordre moral qui commandent, tant pour les ed fices du passé que pour les sites pittoresques, des mesures spéciales de conservation. Il a bien voulu — et nous l'en remercions — communiquer à l'Art moderne le texte de son discours, qui cont et, avec d'utiles conseils, des idées élevées qu'on ne saira t assez répandre.\n\n(2) Discours prononcé à la distribution des prix de l'École Saint-Luc, Bruxelles, Van Gompe, 1896.",
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     "texte": "370\n\nL'ART MODERNE\n\nDes principes de sagesse s'imposent, en dépit d'une certaine anarchie des styles.\n\nS'il s'agit de construire, nous comprenons de mieux en mieux qu'il faut adapter l'œuvre, non seulement à sa destination, mais aussi à notre climat, à notre sol, à nos matériaux. Le bâtisseur est plus attentif aux ressources et aux moyens d'exécution dont il dispose.\n\nNous revenons peu à peu de l'erreur, — dont la Belgique ne fut pas seule à souffrir, — qui consiste à vouloir donner à de petites églises rurales l'aspect de cathédrales en miniature et à édifier des bureaux d'octroi semblables à de minuscules temples grecs. Nous nous guérissons, — du moins je veux le croire, de l'habitude de reproduire le même édifice public sur toute la surface du pays, comme on tire une épreuve photographique à de multiples exemplaires. Nous nous guérirons, — du moins je veux l'espérer, — de cette sotte manie de calquer le mobilier du pauvre sur le mobilier du riche, sauf à compenser la différence des prix par une différence de qualité, en employant les zincs qui jouent le cuivre, les papiers peints qui jouent le bois et les bois peints qui jouent le marbre.\n\nS'il s'agit non plus de construire, mais de conserver, nous comprenons de mieux en mieux qu'une infinie prudence s'impose à nous dans la protection des belles œuvres que le passé nous a léguées et dont nous sommes comptables envers l'avenir. Ces œuvres, il nous faut les défendre non seulement contre la décrépitude de l'âge, mais contre les prétentions outrées de l'utilitarisme, parfois contre les fantaisies de la mode, contre le fétichisme de l'unité de style, contre la tendance au dégagement inconsidéré.\n\nNous comprenons qu'il est sage d'entretenir afin de ne pas devoir réparer et que, si l'entretien ne suffit plus, mieux vaut réparer que restaurer.\n\nCette restauration, si elle est jugée indispensable, nous voulons qu'elle s'éclaire à toutes les lumières de la documentation. Il ne nous suffit plus qu'elle restitue au monument ses lignes et ses surfaces. Nous entendons qu'elle utilise à tout prix les matériaux conformes à l'appareil primitif et qu'elle s'efforce de les traiter ou de les tailler suivant les procédés anciens, afin de conserver à l'œuvre ce que sa physionomie a de plus intime.\n\nEn tout ceci, je le répète, une infinie prudence devient la règle. *Ne quid nimis*. Rien de trop. Telle est la devise de tout restaurateur consciencieux. Souvent même, lorsqu'il s'agira de monuments morts, c'est-à-dire abandonnés, cette prudence doit aller jusqu'à l'abstention. Et mieux vaut assurément s'abstenir que de procéder à des réfections radicales d'où sortiraient des fac-simile en vieux-neuf, dénués à la fois d'autorité et de poésie, et qui ne satisferaient pas plus les archéologues que ces naïfs admirateurs des vieilles choses que vous avez un peu cruellement appelés, Monsieur le Président, les « *pilloresques* ».\n\nAinsi la lumière s'est faite peu à peu au choc des controverses. Le goût public s'est corrigé et s'est élevé. Et nulle influence plus que la vôtre, Messieurs, n'a contribué à cet heureux progrès.\n\nEn préparant la classification de nos édifices, en procédant à cet inventaire de tous nos trésors artistiques et archéologiques que le gouvernement souhaite voir se poursuivre sans plus de retard, vous avez ouvert et vous ouvrez chaque jour les yeux à tous ceux qui, souvent sans s'en douter, côtoient des chefs-d'œuvre.\n\nOn dit qu'il est des hommes pour qui la beauté des choses n'existe pas. Je crois qu'on se trompe. Tous les hommes ont des yeux pour la beauté. Mais il faut leur apprendre à s'en servir. Il faut s'emparer de cet instinct esthétique qui dort en tant de créatures humaines, pour le réveiller, le diriger, le développer et le transformer ainsi, de simple virtualité qu'il était, en une réserve de joie et de force morale.\n\nS'il s'agit de belles choses destinées à tous, ce n'est plus seulement aux monuments que le public voue son admiration et sa sollicitude. C'est aussi au mobilier de nos édifices religieux et civils, où revivent les apports des époques successives et que des instructions formelles défendent rigoureusement contre les convoitises des brocanteurs. Ce sont aussi, — et cela est plus nouveau, — les sites urbains ou champêtres qui sont le décor de notre vie et, suivant le beau mot de Ruskin, le visage même de la patrie. La foule commence à éprouver que ces beautés naturelles, tout comme les beautés artistiques, ont avec notre âme des liens mystérieux et chers, qu'elles constituent des richesses et doivent, au même titre que le monument, inspirer le respect.\n\nL'heure viendra, — si elle n'est venue, — d'appliquer aux sites, qui sont des monuments naturels, les règles protectrices qui ont été instituées pour mettre les monuments à l'abri des attentats de l'igorance ou d'un utilitarisme outré. Cette préoccupation, qui s'est déjà affirmée dans votre avant-projet de 1887, vient de se traduire, vous le savez, dans la loi du 12 août 1911, qui s'efforce de concilier les exigences de l'industrie avec la beauté des paysages, en obligeant les exploitants à recouvrir les tranchées, les talus, les terrils, les carrières abandonnées, au moyen de ce merveilleux cache-misère qui s'appelle la végétation.\n\nSimple expédient, dira-t-on. Sans doute. Mais que cet expédient est fertile! Et je ne sais, je le dis en passant, s'il ne faudrait pas aussi en recommander l'usage lorsqu'il s'agit non plus des sites, mais de certains édifices. Combien d'entre eux, — vieilles tours, vieux contreforts, vieux pignons, vieux ponts, vieux clochers, — s'embelliraient à être tapissés de lierre!",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n371\n\nJ'entends bien l'objection et peut-être l'anathème Quoi! me dira-t-on, sous prétexte de conserver nos monuments, vous voulez qu'on les dégrade! — Que les âmes timorées se rassurent. Je ne parle qu'à bon escient et sur la foi des sommités de l'horticulture officielle. Certes, le lierre mal surveillé peut, à la faveur du temps, insinuer ses rameaux entre des descentes d'eau et désagréger les toitures. Mais pourquoi le lierre échapperait-il à la surveillance?... Et quant au reproche qu'on lui fait d'entretenir l'humidité des murailles, simple calomnie. Ses feuilles, dispersées en ardoises, empêchent précisément la pluie d'arriver à l'appareil. Elles empêchent celui-ci de se refroidir. On m'assure que les menus crampons qui lui servent d'attaches puisent l'humidité plutôt qu'ils ne l'entretiennent. Et tel est bien le sentiment d'un peuple encore plus familier que nous avec les brumes et les autans. Qui de vous n'a vu avec émotion les vieux châteaux et les vieilles abbayes d'Angleterre vêtus, comme d'un harmonieux manteau, de leurs feuilles de lierre, d'aristoloches et de vignes folles, souvent égayées de fleurs de glycine ou de passiflores? Ne croyez-vous pas que notre Porte de Hal, à Bruxelles, ou le vieux Steen d'Anvers ne pourraient que gagner à de telles parures?\n\nMais je m'empressé d'ajouter, comme à propos des restaurations: *Ne quid nimis*, rien de trop...\n\nLorsqu'il s'agit de ces chers ancêtres que sont nos vieux monuments, la prudence est toujours de mise. Chez vous, leurs attentifs tuteurs, elle est une vertu professionnelle. C'est cette prudence, s'unissant à votre science, qui vous a permis de guider si sûrement les administrations publiques dans la conservation de ce patrimoine d'art que vous nous avez instruit à mieux apprécier, à mieux aimer. Ainsi, vous et vos prédécesseurs, vous avez réalisé une tâche dont je ne saurais assez dire le bénéfice pour la nation et la société entière. Grâce à vous, nous goûtons, nous comprenons mieux les leçons que ces vieux édifices nous donnent chaque jour: leçons de patriotisme, leçons de beauté. « Les vieux monuments, a dit M. Paul Clemen, parlent de plus haut que les livres, car ils sont ouverts devant tous les yeux » (1).\n\nOui, devant tous les yeux, même des hommes qui ne lisent pas les livres, parce qu'ils ne savent pas ou n'en ont pas le goût ou le loisir. A tous, ils parlent un réconfortant langage. Même aux plus ignorants, ils disent la science et la conscience technique des aieux. Ils découvrent quelque chose de leur âme qui a lutté, souffert, prié entre ces murs, — quelque chose de leur âme religieuse, communale ou corporative.\n\nPour d'autres, ils précisent le souvenir de notre foi\n\n(1) Dr PAUL CLEMEN, *Die Denkmalspflege der Rheinprovinz*. Dusseldorf, 1896.\n\népanouie, de nos libertés conquises. Quelle leçon d'histoire plus éloquente que les Halles d'Ypres, Notre-Dame de Tournai ou la Grand'Place de Bruxelles? Leçon d'histoire. Et leçon de beauté, qui élève le passant, comme d'un coup d'aile, au-dessus des soucis quotidiens et vulgaires. Comment une telle leçon, si elle est écoutée et méditée, ne favoriserait elle pas chez l'individu, avec le sens du beau, la rectitude des actes et la bonté du cœur? Et si de l'individu cette leçon s'étend à la société, n'est-il pas certain qu'un peuple qui a des préoccupations artistiques constantes se transformera et s'élèvera? Qu'un besoin incompressible naîtra en lui d'éviter de plus en plus la laideur, les vulgarités, la méchanceté, l'injustice?\n\nAinsi, en haussant la vision des âmes, votre œuvre, dont le désintéressement accroît la noblesse, développe la plus saine des fraternités et le plus fécond des patriotismes. Organe de la nation, le gouvernement vous doit une ardente gratitude.\n\nH. CARTON DE WIART\n\n---",
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     "texte": "## FUTURISME\n\nPour apprécier comme il convient la valeur du mouvement créé par M. F.-T. Marinetti, il faut faire abstraction du ton dont il se sert. C'est ce ton, ces criaileries, ces « engueulades » qui nous éloignent, qui nous répugnent. Mais il y a un fond de vérité dans ce qu'il dit, et s'il n'était pas besoin de nous le dire avec cette véhémence dans les pays gallo-romains, il paraît que c'était nécessaire dans les pays latins. Pure question de mise au point.\n\nIl suffit d'avoir entendu parler entre eux des Italiens pour savoir combien le hurlement est chez eux inoffensif. On les voit se jeter les uns contre les autres comme des fous, les yeux hors de la tête, avec des cris terribles, et c'est simplement pour se féliciter mutuellement d'aimer le Dante ou Carducci. Ils ne peuvent rien dire avec calme; leur geste va toujours un mètre plus loin que nous ne l'arrêterions; ils sont toujours tendus au suprême degré de l'exaltation. Lorsque M. Marinetti annonce qu'il enfoncera l'épérone de son automobile dans le ventre d'une cathédrale, cela veut dire tout simplement qu'il est un peu las des vieux monuments et du culte qu'on leur rend. Et c'est nous qui commettrions le péché de lourdeur si nous nous moquions de ces paroles, car ce serait supposer qu'il les pense tout à fait.\n\nFaisons la mise au point. S'il parlait à ses compatriotes avec la modération académique et les demi-sourires dont nous enveloppons toutes nos idées, ils ne l'entendraient même pas. Le tort de M. Marinetti, c'est d'écrire et de parler en France sur le même ton que dans une conférence à Trieste ou à Milan. Nous l'écoutons bouche bée et nous le prenons pour un fou lorsqu'il annonce ses intentions destructrices, tou pour un fumiste lorsque nous le surprenons en train de sourire de son exagération. Mais cette exagération est forcée. Il lui faut bien crier pour se faire entendre dans une assemblée d'énergumènes. Pour que nous le saisissions bien, il faudrait qu'un phonographe idéal nous transmit avec le son de sa parole le bruit de celles où elle se débat. Alors, c'est a peine si nous la percevions comme un murmure de conseil.\n\nIl faut se mettre à la place de M. Marinetti. Il représente la Jeune Italie. Il en a assez de vivre dans une atmosphère de musées et de villes mortes, dans cette ambiance de sacristie chic, où toute l'Europe vient, sur la pointe des pieds, hypocrite et à voix basse, tripoter les objets précieux d'un culte auquel on ne croit plus. Elle donne, en s'en allant, un pourboire au gardien, suprême injure.",
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     "texte": "372\n\nL'ART MODERNE\n\nCette sensation d'être devenu un objet de curiosité et de désuétude pour le reste de l'univers est profondément humiliante pour l'orgueil d'un peuple qui se sent au contraire remaire, qui se développe de jour en jour, fait et réalise un effort industriel et commercial considérable, inonde les pays encore neufs de son émigration, bref vit avec intensité. Alors il est tout naturel qu'il ait un mouvement de réaction excessive contre une tradition qui est, chez lui, parce que constante, longue et inoubliable, infiniment plus opprimante que chez tout autre peuple. Il jette les yeux sur les rations d'énergie et d'impérialisme, il s'en confusément en lui se lever des enthousiasmes nouveaux à motifs nouveaux, il rêve de créer une esthétique dont les forces modernes et scientifiques, avec leur appareil, lui donneront les formules. Il veut percevoir la beauté des foules, des uines, de l'action brutale.\n\nM. Marinetti dit toutes ces choses, se fait le porte-paroles de toutes ces protestations : il le fait avec une rage extraordinaire, absolument comme s'il avait à répondre d'avance à la contradiction de toute l'Italie religieuse et esthète, de toute l'Italie du passé et aussi même à sa propre contradiction, à ses anciens goûts d'artiste, d'homme mesure et fin, capable de goûter et de très bien comprendre une belle vie! e chose.\n\nLe voilà chef de parti, engage dans une voie où le pousseraient ses disciples s'il s'attendait un instant à rêver dans un chemin de traverse, à ramasser un joli fragment de statuette brisée.\n\nC'est peut-être aussi cela qui accentue son irritation.\n\nD'ailleurs, il sait sourire, il sait atténuer. Les dernières pages du Futurisme (1) contiennent une interview que M. Jules Bois obtint de lui pour Le Temps.\n\nSi nous avions employé le langage diplomatique, avoue-t-il, si nous avions été bien sages, bien doux, nous n'aurions pas rencontré d'écho. Il y a des natures veules qu'il faut éveiller à coups de poing. C'est parce que nous voulons réussir que nous allons droit au but avec crânerie, que nous nous obéons violemment à rebours du goût et de la mesure ordinaires. En fait, nous n'avons rien inventé, et nous ne faisons que synthétiser sous une forme agressive des sentiments, des idées qui cherchaient à s'exprimer. Le futurisme n'est que l'éloge, ou, si vous préferez, l'exaltation de l'originalité et de la personnalité.\n\n— Le reste n'est qu'arguments?\n\n— Arguments, et clairon, et coups de poing!\n\n— Vous ne brûlerez aucune bibliothèque?\n\n— Aucune.\n\n— Vous n'inonderez aucun musée?\n\n— Aucun.\n\nC'est clair.\n\nEncore une fois, je ne cherche ni à louer, ni à excuser M. Marinetti. Je fais la psychologie du futurisme. Je le comprends. Pour apprécier ce qu'il vaut, il faudrait que je pusse devner quelle esthétique peut sortir d'un peuple qui n'aura qu'un idéal scientifique et matériel. Je me méfie...\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE",
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     "texte": "LES LIVRES\n\nILLADAN — L'art idéaliste et mystique précédé de la Refutation esthétique de Taine. Paris, chez Sansot. — De ce livre, un des plus célèbres et des plus caractéristiques du brillant auteur du Vice suprême, ont disparu, dans cette réédition, les violences dues à l'effervescence du moment. On en apprécie mieux la poite générale. Si certaines de ses propositions appellent des développements plus complets, si d'autres paraissent uniquement dépendre du principe d'autorité, sans portée persuasive, on en peut tirer de l'ensemble une grande noblesse et une vérité profonde. Si l'art, si les artistes ne sont pas au moins à leur insu, ce que les désire M. P. Iadan, ils sont indignes d'exister. Je dis à leur insu, car l'esprit critique qu'il semble exiger d'eux, lorsqu'ils le possèdent en effet, les sterilise bien souvent.\n\n1 F. T. MARINETTI : Le Futurisme. Paris, Sansot.\n\nMARCEL IMER. — Le Jardin sans lumière. Paris, chez Bernard Grasset. — Le jardin sans lumière, c'est la vie sans amour. Cette idée est grave. Ce dont je suis reconnaissant à l'auteur, c'est de l'aviro développée avec humour. De se dissimuler sous tant d'ironies elle conserve plus de force et surtout une plus précieuse pudeur. M. Marcel Imer a un sens du comique qui lui appartient en propre : attendri et féroce, exact et furieusement fantaisiste, avec quelque chose de bourru... C'est très personnel. La composition de ce roman est symétrique, sans surprises, et cela contraste vivement avec ce qui remplit ce cadre un peu artificiel : une substance très vivante.\n\nMARCEL ROGNIAT. — L'Aube grise Paris, chez Bernard Grasset — C'est aussi l'histoire d'un jeune homme, et qui recherche l'amour. Les analogies ne s'arrêtent pas là : même ironie, même férocité parfois. Mais M. Rogniat est plus volontaire, plus travaillé et il apporte dans des milieux plus étendus (plus fouillés aussi) un désir trop évident de les trouver sots ou vils. Il s'en excuse d'ailleurs en sa préface, preuve qu'il se sait cruel.",
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     "texte": "Le XVIIIe Salon du « Sillon ».\n\nAujourd'hui que la plupart des artistes se sont rallés aux théories de l'impressionnisme, que tous ont plus ou moins profité de ses enseignements, on ne peut s'empêcher de constater combien, parmi les jeunes surtout, l'on se soucie peu de tirer de ce mouvement ses vraies conclusions. Il en est air si de tous les courants artistiques irrésistibles ; la plupart des artistes n'en veulent retenir que les principes et ne peuvent l'aller au delà. L'impressionnisme dégagea l'art des formes conventionnelles et donna libre carrière à l'artiste. Aussi sont-ils légion ceux qui ne voient là qu'un moyen d'échapper aux efforts longs et soutenus qu'ex ge l'élaboration de l'œuvre d'art. La fantaisie et une certaine virtuosité d'exécution remplaça trop souvent la véritable inspiration. On s'en tient à des ébauches, à des à-peu-près, à de simples notations, et on ne cherche guère à faire mieux. Que ceux qui n'aperçoivent dans l'impressionnisme que le principe de liberté n'oublient pas que ce mouvement a produit des œuvres ach vées, décisives, et fort bien équilibrées, quoi qu'en disent ses détracteurs.\n\nLes artistes du Sillon font preuve de louables efforts pour sortir de l'ornière traditionnelle. Et pourtant, je ne sais quel relâchement semble régner parmi eux. Etudes, pochades, ébauches, essais, foisonnent à cette exposition ; on travaille, on produit, on ne perd pas un instant, on ose beaucoup ! Ou, pour mieux dire, on s'imagine dépenser beaucoup d'audace. Mais quel est celui qui cherche à se tracer une voie, à se créer une originalité dégagée de toute ambiance, à s'imposer seulement la difficulté de mener son œuvre au delà d'une simple et passagère impression?\n\nIl en est quelques-uns auxquels il faut se bâtir de reconnaître un réel et remarquable talent. Parmi les toiles qui me paraissent mériter surtout d'attirer l'attention, il faut signaler celles de M. Rik Wouters ; le coloris en est vraiment original, curieux, imprévu, très harmonieux, malgré des dissonances bizarres et charmantes. L'Étude pour un portrait est en même temps un tableau bien conçu, et qui ne manque ni d'allure ni d'unité. Très curieux aussi sont ses dessins ; la manière en paraît à première vue lâchée, l'artiste semble à peine tracer la surface des formes, et sans plus insister il atteint cependant parfaitement au cœur du sujet. Les dessins de M. Schirren sont moins etables, mais ils at estent une vision non moins pénétrante ; tout en opposition d'éclairs et d'ombres mouvementées, ils sont animés d'une vie en ense : Sarquine, la Vieille dame sont beaucoup mieux que de simples croquis. M. W. Paerels, à côté de deux paysages bien agréables, reexpose sa grande toile, le Balcon, dont nous avons déjà signalé le coloris charmant et la delicate atmosphère. L'œuvre semble néanmoins peu étudiée, elle sent un peu le décor, le provisoire ; c'est plein de qualités qu'il ne s'agit plus que d'établir d'une façon plus sû e e plus égale. Les Portraits d'enfants de M. Swyncop sont très joliment spirituels. Les grands paysages de M. F. Beauch ont de l'allure et tont penser aux evocations grandioses de Ménard.",
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     "texte": "C'est avec plaisir qu'on retrouve à l'exposition du Sillon quelques œuvres de M. Jean Gaspar. On n'a pas la bonne fortune de les rencontrer souvent; le sculpteur ne les prodigue pas. Mais il s'en faut qu'une œuvre de M. Gaspar soit jamais indifférente. Son Étude de chien Saint-Hubert est un superbe morceau de sculpture. L'artiste a beaucoup élargi sa manière; la forme est chez lui d'une richesse extraordinaire, opulente et châtiée à la fois, puissante et retenue, large et serrée. Parmi les sculptures il faut encore admirer les masques expressifs de M. Rik Wouters et la Tête d'enfant, fine, spirituelle et très vivante, de M. De Kat, qui expose d'autre part des dessins curieux, d'une facture bien personnelle.\n\nFRANZ HELLENS",
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     "texte": "La Musique à travers les âges.\n\nD. Paris:\nM. et Mme Engel-Bathori ont inauguré mercredi dernier, à l'Athéâne Saint-Germain, une très intéressante série d'auditions par lesquelles ils comptent donner, avec le concours de plusieurs artistes et des chœurs de leur école de chant, un aperçu chronologique de la musique lyrique à travers les poètes et les âges. Le cycle comprend dix séances au cours desquelles seront successivement passés en revue les Temps patens (Grèce et Rome), le Moyen-Âge (chants de foi, de guerre et d'amour), la Renaissance, le Grand Siècle (chants de cours et pastorales), le XVIIIe siècle, la Révolution (l'Épopée impériale, le Romantisme, les Temps modernes, Dilettantisme, Psychologie, Symbolisme, Chansons de révolte), les Chants de la terre, des eaux et des bois; l'audition finale sera intitulée A travers le monde.\n\nVaste programme, établi avec autant d'érudition et de goût, et qui, outre son attrait artistique, a une portée éducatrice réelle. Comme l'a fort bien exposé M. Engel en ouvrant la séance, les concerts dont il a, avec Mme Bathori-Engel, inauguré le genre sous le titre « Une heure de musique » ont été caractérisés par la subordination de l'interprète à l'œuvre, — le but proposé étant de faire entendre des pages intéressantes et non de faire applaudir des virtuoses. Élargissant leur programme, M. et Mme Engel ont voulu, cette fois, donner à leurs auditions une portée historique. Ils entendent évoquer toutes les étapes de la musique non seulement par les œuvres de l'époque qui les inspira, mais par celles qui les reflètent en d'autres temps; c'est là une direction neuve qui permet d'utiles confrontations. Et ce n'est pas l'unique point de vue musical qui les guide dans le choix à faire, mais le sens littéraire ou philosophique du texte; car il importe, ajoute M. Engel, de combattre énergiquement le préjugé qui consiste à placer au second rang le poète en accordant la première au compositeur.\n\nLa première séance eut un succès complet. On y entendit l'Hymne à Apollon (IIIe siècle avant J.-C.) transcrit par Gabriel Fauré avec accompagnement de flûte et harpe, des fragments du Couronnement de Poppée de Monteverde, des Fêtes d'Hébé de Rameau, etc., et un choix d'œuvres modernes — signées Saint-Saëns, G. Hie, R. Hahn, C. Debussy, E. Vuillermoz — sur des sujets emprunés à la Grèce et à la Rome païenne, et auxquelles l'interprétation parfaite de Mme Jane Bathori, de M. Emile Engel, des chœurs excellemment syles et de quelques solistes de leur école donnèrent un charme exquis. On goûta particulièrement l'art émouvant avec lequel M. Engel chanta l'air d'Orphée: « J'ai perdu mon Enrydice » et la façon nerveusement expressive avec laquelle Mme Bathori interpreta, en s'accompagnant elle-même, les Chansons de Bilitis.\n\nO. M.",
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     "texte": "LE CONCERT YSAYE\n\nConcert très brillant, en grande partie à raison du concours du v'oloniste Capet, qui fut admirable de son, de sty e, de noblesse et de sens poétique dans le concerto de violon de Beethoven et dans le Poème de Chausson. Deux primeurs: un Poème symphonique de M. Risse, bien pensé, bien développé et bien orchestré, et une Siate burlesque de M. Albert Dupuis, pastiche amusant, mais un peu monotone, des spirituelles fantaisies orchestrales des impressionnistes français de la dernière heure.\n\nLe concert débutait par la belle symphonie en sol mneur de Mozart, et se terminait par la Bourrée fantasque de Chabrier, vailinement orchestrée par Mottl. M. Ysaye dirigeait lui-même, fort bien.\n\nCH. V.",
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     "texte": "LA MUSIQUE A MONS\n\nLe VIIIe concert Pitsch.\n\nIl faut savoir gré aux jeunes et infaillables artistes que sont Mlle Valentine Pitsch et M. Georges Pitsch de la ferveur et de la ténacité avec laquelle ils s'efforcent d'initier leurs concitoyens aux beautés de la musique moderne. Le concert qu'ils donnent chaque année au début de l'hiver n'est pas pour eux le prétexte à un étalage de banale virtuosité; ils s'effacent derrière les musiciens qu'ils servent et qu'ils défendent pieusement.\n\nPour la huitième fois, le 6 novembre, ils conviennent le public montois à entendre un programme de musique moderne française et belge. Les quatuors de Chausson et Joseph Jongen, dont il est inutile de redire les beautés aux lecteurs de l'Art moderne, ont reçu une interprétation merveilleusement compréhensive et d'une parfaite cohésion de la part de Mlle Pitsch et de WM. Jean Lensen, Englebert et Georges Pitsch. Des melodies de Duparc, Chausson, Cesar Franck, Debussy, Berthe Busine et Rylandt, chantées avec beaucoup de goût par Mlle Renée de Madre, complétaient le très-beau programme de ce concert, qui avait attiré un public nombreux.\n\nL. P.",
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     "texte": "MORT DE ZIEM\n\nZ em est le type de l'artiste qui, doué magnifiquement, n'eut pas le courage et la dignité de travailler pour soi, versa et sombra dans le bas commerce de la rue Lafitte. Il confectionna, à la grosse, dans sa maison de la rue Lepie, des campanile, et des aurores roses parsemées de colombes blanches, et des firmaments de carton bleu, et des Giudeccas et des Santa Maria della salute et des palais Focari, et des Esclavons et des Rial os. Et toutes ces Venises mettent une joie vulgaire et une facile gaiet au mur des salles à manger de notaires, et des salons de pharmaciens.\n\nOn ne saurait dire pourtant que Z em eut l'âme mercantile. Mais il travaillait trop vite, et de chic. Et puis, s'il refusa, selon l'anecdote connue, les sept cent cinquante mille francs que l'Amérique lui offrit de quarante toiles du Petit Palais, il ne céda au musée Lapauze ce bouquet polychrome qu'en échange d'une cravate de commandeur.\n\nIl était admirablement doué. Claude Lorra n, Guardi, Bonington, Turner, ava ent contribué à la formation de son talent chatoigny. Il adora la lumière, il se chauffa au soleil d'Egypte, de Constantinople, et, loin de se cantonner dans la formule aisée de la vignette orientaliste d'un p'toresque si lassant, il préféra peindre à ses débuts des ciels legers, des couchants flamboyants, des voles exploitées et des oriflammes claquant a la brise, et des eaux d'une transparence nacrée.\n\nSes Ven s sont illus res. Il en est quelques-unes de brillamment réussies. Ma s que de redites ! Il fit la joie des lit érateurs, pour qui ses toiles sont un thème de rhétorique éperdue. Théophile Gautier, Paul de Saint-Vicor, Arsène Houssaye, et, plus près de nous, M. Claretie, oit vidé le carquois aux épithètes fastueuses: ferries, magicien, et les dolares, et la sernissime, et Lordan, semp ternelle bimbeloterie ven tienne dont on nous rebat les oreilles depuis trois siècles !\n\nPour ma part, oserai-je confesser qu'a ses Venises superfic elles je préfère celles de Walter Sickert, que le vrai lyrique de la lumière est à nos veux Claude Monet, et que je donnerais tous les S leils levants à Sainte-S ph e et tous les Coups de canon du Petit Palais pour un bon Monticelli?\n\nLOUIS VAUXCELLES",
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     "texte": "**Chronique judiciaire des Arts.**\n\nLe Procès de M. Anatole France. — « Le Courrier de Chine » et « le Vaisseau des Caresses ».\n\nL'action intentée par M. Anatole France à l'éditeur Lemerre aux fins de faire interdire à celui-ci la publication de l'Histoire de France dont il lui livra le texte il y a trente ans (1) est entrée dans une phase nouvelle. Le conseil du demandeur, M. Raymond Poincaré, avait, au cours de sa plaidoirie, déclaré à la partie adverse (simple boutade ou proposition délibérée?) : « Je vous autorise à éditer l'Histoire de France si vous consentez à imprimer sur chacun des volumes : « Publié contre le gré de l'auteur. »\n\nL'offre, malgré sa forme dédaigneuse, sourit à l'éditeur, et à la dernière audience M. Georges Dreyfous déposa des conclusions par lesquelles M. Lemerre demande acte au tribunal de ce qu'il est prêt à imprimer sur la couverture ou à la première page des volumes la mention suivante : Cetouvrage a été écrit de 1877 à 1882, et la présente publication n'a plus l'assentiment de M. Anatole France, ou toute autre formule qu'il plairait au tribunal d'indiquer, dans le même ordre d'idées, de façon à éviter toute confusion dans l'esprit du public.\n\nC'est là, évidemment, une solution. Il y en avait une autre, qui eût fait plus d'honneur à M. Lemerre. Mais à tout prendre M. Anatole France ne peut être que flatté de l'insistance que met l'éditeur à vouloir publier l'ouvrage malgré lui. Le fait, qui est sans précédent, montre que la signature, même désavouée, de l'illustre écrivain a une valeur commerciale considérable.\n\nCelle de M. Jules Bois atteindra-t-elle un jour à une cote semblable? Rien ne le fait prévoir, mais tout est possible. Elle a, tout au moins, donné naissance ces jours-ci à un procès assez curieux. L'auteur du Courrier de Chine, le Dr Hacks, assigna M. Jules Bois en dommages-intérêts pour avoir, dans un volume intitulé le Vaisseau des Caresses, fait à son livre des emprunts qu'il jugeait excessifs. Il demandait au tribunal de lui allouer la moitié des droits d'auteur versés à l'écrivain dont il avait été le collaborateur involontaire, sanction d'ailleurs spirituelle et qui eût été équitable si ses affirmations avaient été complètement justifiées.\n\nElles ne furent admises qu'en partie, et dans une proportion trop faible pour avoir pu causer au demandeur un préjudice. « Attendu, dit le jugement, que les deux ouvrages ont des buts différents et qu'il est impossible de confondre; que si l'auteur du roman peut encourir le blâme de la critique littéraire pour avoir fait au Courrier de Chine des emprunts trop visibles, l'ensemble du Vaisseau des Caresses forme une œuvre originale; que les idées ou les expressions prises ou puisées dans le Courrier de Chine n'apparaissent que dans certaines parties de l'ouvrage de Jules Bois et sont insuffisantes pour faire décider qu'une atteinte a été portée au droit de propriété de Hacks; qu'au surplus, il n'est nullement justifié la publication du Vaisseau des Caresses, faite en 1908, a occasionné un préjudice à Hacks, dont le Courrier de Chine était publié depuis 1891. » C'est pour M. Jules Bois une victoire un peu amère.\n\nO. M.\n\n---",
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     "texte": "**MEMENTO MUSICAL**\n\nM. Jacques Gaillard vient d'être nommé professeur de violoncelle au Conservatoire de Liège en remplacement de M. Jean Gérardy, démissionnaire. C'est un choix excellent, unanimement approuvé par ceux qui ont eu l'occasion d'apprécier le grand talent de M. Gaillard, l'autorité de ses conseils et la fermeté de ses convictions artistiques.\n\nLe nouveau professeur, qui enseigna pendant quelque temps le violoncelle aux Conservatoires de Genève et de Mons, appartenait depuis nombre d'années au Quatuor Schörg, qui s'est fait une grande célébrité à l'étranger, notamment en Allemagne, en Hollande, en Suisse, en Norvège, en Suède, etc. et jusqu'au Mexique, où ses engagements le retinrent tout un hiver. La perte sera\n\n(1) Voir notre dernier numéro.\n\n---\n\nsensible pour le Quatuor, qui trouvera difficilement un collaborateur possédant à la fois la maîtrise de M. Gaillard et la discipline à laquelle l'avait assoupli sa longue pratique de la musique de chambre.\n\nLa Société de Musique de Tournai a arrêté comme suit son programme pour 1941-1942 :\n\nPremier concert, dimanche 26 novembre, à 2 heures : La Passion selon saint Mathieu, de J.-S. Bach. Solistes : Mmes Mellot-Joubert et Julia Demont, MM. Plamondon et Jean Reder.\n\nDeuxième concert, dimanche 28 janvier : Roméo et Juliette, de Berlioz. Solistes : Mlle Julia Demont, MM. Vanderschrieck et Houx.\n\nDimanche 14 avril, concert annuel : Judas Macchabée, de Händel. Solistes : Mmes Mellot-Joubert et Julia Demont, MM. Plamondon et Jean Reder.\n\nPour rappel : demain, lundi, à 8 h 1/2, deuxième Concert populaire (Festival Beethoven) au théâtre de la Monnaie, sous la direction de M. Otto Lohse.\n\nMercredi, à 8 h. 1/2, à la Grande Harmonie, première séance des Sonates de Beethoven pour piano et violon par MM. A. De Greef et Ed. Deru.\n\nJeudi, à 2 heures, au théâtre de la Monnaie, seconde audition du deuxième Concert populaire (Festival Beethoven). — A 8 h. 1/2, à la Grande-Harmonie, premier Concert classique avec le concours de M. Fritz Kreisler.\n\nVendredi, à 8 h. 1/2, à la Grande-Harmonie, deuxième séance des Sonates de Beethoven pour piano et violon par MM. A. De Greef et Ed. Deru.\n\nLundi 27, même heure, même salle, première séance des Sonates de Beethoven pour piano et violon par Mme Berthe Marx-Goldschmidt et M. Crickboom.\n\nMardi 28, à 8 heures précises, salle Sainte-Elisabeth, 45 rue Mercelis, séance de musique ancienne donnée par le Quatuor vocal Henri Carpay avec le concours de Mme Tiny Béon, claveciniste, Mme Alfred Mahy-Dardenne, cantatrice, et M. Van Neste, viol de gambe. Au programme, des œuvres polyphoniques vocales des xvi^e et xvii^e siècles (Lassus, Waelrant, Verdonck, Schütz, etc.); des pièces pour clavecin et pour viole de gambe; de vieilles chansons françaises harmonisées par M. Alexandre Béon; des fragments de Lully, etc.\n\nM. Sylvain Dupuis inaugurera les concerts du Conservatoire de Liège par une audition de Rédemption (César Franck) et d'un acte d'Orphée (Gluck) avec le concours de Mme Croiza.\n\n---",
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     "texte": "**PETITE CHRONIQUE**\n\nLes barons A. et C. Goffinet ont mis leur hôtel de l'Avenue des Arts à la disposition des organisateurs de l'Exposition de miniatures anciennes que nous avons annoncée. Celle-ci sera inaugurée le 1er février 1942. MM. Flanneau et Cardon se sont chargés de faire effectuer les aménagements nécessaires et le cadre sera digne des collections précieuses qui y seront réunies.\n\nLe Comité, que préside Mme la comtesse Jean de Merode, est composé de la comtesse L. van den Steen de Jehay, du baron H. Kervyn de Lettenhove, du baron Janssen, du comte Maxime de Bousies, de MM. F. Empain, Flanneau, Ch.-L. Cardon; trésorier : M. P. Lambotte; secrétaires : MM. R. Steens, comte L. de Villegas de Saint-Pierre et baron Ed. Kervyn de Lettenhove.\n\nC'est jeudi prochain, sauf imprévu, qu'aura lieu au théâtre de la Monnaie la reprise d'Obéron. Complètement montée à neuf, reconstituée dans son caractère original par MM. Maurice Kufferath et Henri Cain, la délicieuse féerie de Weber aura l'attrait d'une véritable « première ».\n\nLes répétitions de Déjanire sont poursuivies activement, en même temps que celles de la Farce du cuvier, la nouvelle comédie lyrique de M. Gabriel Dupont.\n\n---",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nLa représentation que devait donner mardi prochain Mme Lina Cavalieri au théâtre de la Monnaie a été reportée au mois de mars.\n\nLe théâtre Royal de Gand représentera prochainement une œuvre nouvelle de M. Léon Delcroix, dont ce sera le début au théâtre. Cette partition, intitulée la Bucchante, est une reconstitution de danses grecques sur un scénario dû à la plume de MM. Duplessy et Ambrosiny. Le but des auteurs a été surtout d'adapter à la scène une forme nouvelle du ballet-pantomime.\n\nLe Monde, encyclopédie mensuelle illustrée, est une fort intéressante anthologie des revues de tous les pays. Fondée à Bruxelles il y a six mois, elle publie la traduction française d'un choix d'articles parus à l'étranger et relatifs à la politique internationale, à la littérature, aux arts, aux sciences, au mouvement économique, financier et industriel, à l'activité des associations internationales, etc. Son but est de fournir au lecteur une documentation rapide empruntée de première main à des savants faisant autorité dans leur pays. L'idée est neuve, pratique, et ne peut être qu'approuvée. Les bureaux du Monde sont établis 47 rue du Fossé-aux-Loups, à Bruxelles. Le prix d'abonnement annuel est de 30 francs pour la Belgique et la France, de 35 francs pour les autres pays.\n\nLes artistes belges à l'étranger.\n\nDans le bref discours qu'il a prononcé, dimanche dernier, à l'occasion de la distribution des prix du Conservatoire, M. Lagasse-de Locht a particulièrement attiré l'attention sur l'engagement important que vient d'obtenir à l'Opéra de Paris le tenor Ch. Fontaine, de Dinant, élève de la classe de chant du distingué professeur M. Désiré Demest. Les journaux de ces jours derniers enregistrent le vif succès remporté par le jeune artiste dans le rôle de Lohengrin. Si la mort n'avait enlevé, d'une manière si tragique et si prématurée, le ténor Godart, la classe de M. Demest serait représentée en ce moment à l'Opéra par trois éléments de premier plan, le troisième étant le bariton Hector Dufranne. Ajoutons que M. Swolfs, élève de cette même classe, a chanté plusieurs fois à l'Opéra, et qu'il est en ce moment à l'Opéra-tomique pour y créer un des rôles principaux de la Berénice de M. Albéric Magnard.\n\nLes Hollandais de la province de Groningue viennent de constituer un comité dans le but d'élever un monument à la gloire du peintre Josef Israels.\n\nDe Londres :\n\nLa Galerie Nationale vient de s'enrichir d'un chef-d'œuvre de Jean Gossart, dit Jean de Maubeuge ou de Mabuse, bien connu des curieux d'art : l'Adoration des Mages. Ce tableau, exécuté vers l'an 4500 pour l'abbave de Grammont, fut transféré à Bruxelles en 1605 par l'archiduc Ferdinand. Au siècle suivant, l'Adoration des Mages figurait dans la galerie du prince Charles de Lorraine, d'où elle passa dans la célèbre collection du château d'Howard, appartenant au cinquième comte de Carlisle. C'est la comtesse Rosalinde, veuve du feu comte, qui cèda directement le chef-d'œuvre du maître flamand à la National Callery.",
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     "texte": "TAPIS D'ORIENT\n\nDALSÈME 2, RUE LÉOPOLD, 2 BRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18 RUE SAINT-MARO ET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION\n\nLa mort de Félix Ziem donne de l'actualité à cette anecdote du Cassels Magazine sur le peintre de Venise, qui fut, on le sait, un ami intime de Chopin.\n\nZiem habitait à Nice une chambre pauvrement meublée, dont les seuls ornements étaient un vieux piano et un squelette. « J'offrais, dit-il, à dîner dans ce petit espace. Nous étions pauvres comme des rats, mais nous étions jeunes et nous étions gais. Il était près de minuit et les bougies achevaient de brûler, lorsque quelqu'un me pria de jouer une valse. Je me levai, et en passant je me heurtai contre le squelette que j'empoignai et dont j'employai les doigts osseux à frapper sur le piano les premières mesures d'une valse.\n\nSubitement, je fus repoussé du piano en même temps que le squelette m'était arraché des mains, et Chopin prit ma place. Et comment joua-t-il! Tout le monde retenait son souffle. Je vois encore les visages des assistants : Alfred de Musset, les plis de son front profondément accusés; Balzac, éclatant de joie et de vie; Houssaye, George Sand, blanche comme un linge, et dont les grands yeux brillaient comme des étoiles; Rossini, Delacroix, je les vois tous.\n\nLes bougies s'éteignirent, l'obscurité d'une nuit d'été fit place à la pâle lueur du jour et c'est alors seulement que nous pensâmes à remuer. Dans cette nuit, dans cette chambre, Chopin composa sa marche funèbre. »\n\nAutres souvenirs sur Ziem. A Venise, il vécut tout un été sur l'eau, en compagnie de ses amis Favart et Cherubini; ce dernier faisait la cuisine. « Un soir, raconte Ziem, nous allumâmes sur notre barque des feux de Bengale. Les vives clartés attirèrent l'attention des gardes; un policier vint à bord. A cette époque, je peignais le portrait d'un original Vénitien, qui m'avait apporté des vêtements splendides et des insignes de doge. Ces accessoires, étalés sur des chaises, resplendissaient à la lumière. Lorsque le policier vit ces merveilles, il fut ébloui, il recula épouvanté; il crut sans doute que sur un bateau fantôme, les ombres des Doges étaient revenues célébrer une nuit de printemps. Il s'inclina et se retira.\n\nVers le même temps, j'avais loué, près du Rialto, une boutique où je vendais des bibelots, des bijoux vulgaires. J'avais pour but d'attirer des filles, des femmes du peuple, afin de les dessiner. Tandis qu'un jeune commis leur montrait la marchandise et les laissait bavarder, du fond de ma boutique, un crayon à la main, je prenais des croquis. Arsène Haussaye a raconté l'histoire d'une marchande de colombes qui, ayant refusé de poser pour la figure, entra sans défiance au magasin, marchanda des boucles d'oreilles et posa ainsi malgré elle. »\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nDans la Collection de l'Art belge au XIXe siècle.\n\nLes Peintres Animaliers\n\nPAR GEORGES EEKHOU\n\nDans le présent ouvrage, M. G. Eekh du so upe des Peintres Animaliers belges du XIXe siècle. Dans l'intr du ti n il trace un rapide et substantiel hist rique du genre, et d nne aux Verwee, aux Stevens et aux St bbaerts, Jacques Jordaens p ur principal ancêtre. Un premier chapitre s c upe ensuite des p intres d'animaux au commen ement et jusque vers le milieu du XIXe sie le. Le corps de l'ouvrage est pris par Stevens, Jan St bbaerts, Al red Verwee et Charles Verlat, q ii font cha un l'objet d n ch pitre t ut entier. En un dernier chapitre il traite des animaliers c n-temporains.\n\nL'ouvrage forme un beau volume in-8e illustre de 40 plan hes hors texte, en typ gravure, d'apres les œuvres maîtress s des artistes traites dans ce travail.\n\nPrix de l'ouvrage : 5 francs.",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\nGRAND PRIX ET MEDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\nMlle M. PEUSSENS\navise à très élégante clientèle qu'elle a transféré ses ateliers et salons d'essayage\nRue du Gouvernement - Provisoire, 12\nA cette occasion, elle a créé des modèles aussi nouveaux qu'élégants et réuni un magnifique assortiment des tissus dernière nouveauté de Paris.\n\nFabrique de cadres pour tableaux.\nCh. XHROUET\n145, chaussée d'Ixelles, Bruxelles\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels etc.\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\nE. DEMAN, Libraire-Editeur\nRUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\nÉditions d'Art. Œuvres de J. BARBEY D'AUREVILLY, MALLARMÉ, MASTERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLIGIEN ROPS, etc.\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes\nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS\nCommission, Achat, Expertises, Direction de ventes publiques.\nSalle d'Exposition\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\nImprimé sur papier de la Maison KLYM, rue de la Buanderia 12-14.\n\nVient de paraître chez A. DURAND & FILS, Editeurs,\n4, place de la Madeleine, PARIS.\n\nMUSIQUE MODERNE\nMAURICE PESSE. — En écoutant tomber la pluie! pièce pour le piano. — Prix net : 2 fr. 50.\nMAURICE RAVEL. — Ma Mère l'Oye, cinq pièces enfantines pour piano à 4 mains. Réduction pour piano à 2 mains. — En recueil : à 2 mains. — Prix net : 3 fr. 50.\nROGER-DUCASSE. — Ave, Regina Coelorum, pour chant avec accompagnement d'orgue ou de piano. — Prix net : 2 francs.\nID. — Sarabande, poème symphonique pour orchestre et voix. Partition d'orchestre, format de poche. — Prix net : 7 francs.\nID. — Le Joli Jeu de Furet, chœur pour voix d'enfants avec accompagnement d'orchestre. Réduction pour deux pianos à 4 mains par l'auteur. — Prix net : 7 francs.\nALBERT ROUSSEL. — Évocations pour orchestre. Réduction pour 2 pianos à 4 mains par l'auteur I. Les dieux dans l'ombre des cavernes. — II. La Ville Rose. — Prix net : 8 francs chacune.\nG. SAMAZEUILH. — Quatuor en ré. Réduction pour piano à 4 mains par l'auteur. — Prix net : 10 francs.\nID. — N fades au soir pour le piano. — Prix net : 2 francs.\nFLORENT SCHMITT. — Trois mélodies pour chant et piano textes de MAUCLAIR, VERLAINE et GANIVET). En recueil — Prix net : 3 fr. 50.\nID. — Un soir pour le piano. — Prix net : 1 fr. 25.\nVICTOR STAUB. — Murmures (op. 32) pour le piano. — Prix net : 2 fr. 50.\nID. — Impromptu-duo pour le piano. — Prix net : 1 fr. 75.\n\nBrux. — Imp. V M 880, 8, rue de l'Industrie",
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