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     "texte": "TRENTE-ET-UNIÈME ANNÉE. N° 51. 17 DÉCEMBRE 1911\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nSOMMAIRE\n\n« Jours de famine et de détresse » (PIERRE MILLE). — Les Eaux-fortes de Jacob Smits (FRANZ HELLENS). — Florence (FRANCIS DE MIOMANDRE). — Les Livres (F. M.). — Le Théâtre à Paris (OCTAVE MAUS). — Au « Studio » (M. K. M.). — Les Amis de la Littérature (G. R.). — Chronique théâtrale « Le Scandale » au théâtre du Parc (GEORGES RENCY). Memento musical. — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "« Jours de famine et de détresse »\n\npar NEEL DOFF.\n\nJe pris ce livre un soir, sur ma table, avant d'aller me mettre au lit. J'aime les lectures nocturnes : dans le grand silence, sous l'impression de l'obscurité qui de toutes parts assiège les lueurs de la petite lampe, elles participent au rêve, on voit mieux les choses, elles apparaissent. Et ce livre-là était court, divisé en brefs petits chapitres, je me croyais sûr d'en achever la lecture avant de m'endormir. Au bout de quelques pages, pourtant, je le fermai. C'est qu'il vous prend à la gorge, qu'il vous étreint atrocement. Si j'eusse continué, je n'eusse plus trouvé le sommeil. J'avais voulu voir : je voyais trop.\n\nC'est une chose étrange que ce mélange intime de sensibilité et de réalisme qu'on trouve chez les artistes septentrionaux. Je parle des vrais, ceux qui sont grands, ceux qui sont forts. Chez nous, écrivains de la France du centre ou du sud, l'observation, le souvenir, le tableau, ont presque toujours quelque chose de sobre, même de sec, ou bien au contraire la splendeur et l'aspect généralisé d'une grande composition décorative. Cela va, si vous voulez, de Maupassant à Zola. Ici, l'impression est toute différente. Le dessin est très net, tous les détails s'en accusent avec une exactitude, une minutie de primitif. Quand on vous montre une fleur, un haillon, une dentelle, quand on vous fait entendre le cri d'un misérable, ce sont ces pistils et ces pétales, ces effilochures de loques, ces rosaces de fil tenu, c'est la parole même du malheureux qui sont sous vos yeux ou dans vos oreilles. Mais en dessous ou par-dessus — je ne sais — il y a une sorte de frémissement intense, une espèce de sonorité qui vient du fond de l'âme, un timbre particulier qui vous atteint et vous pénètre ; et les choses ne sont plus simplement ce qu'elles sont : elles signifient.\n\nC'est sans doute pourquoi ces pages agissent sur les nerfs et l'imagination avec une puissance qui déchire. « L'altération lente, sûre, contenue, et comme méthodique, que la misère fait subir aux natures les mieux trempées... » Oui, c'est cela que l'auteur a voulu nous faire saisir. Il y a réussi. Jamais on n'a peint la misère aussi féroce. On se dit : « Ça existe, ça existe comme ça. Non, ce n'est pas possible ! Je ne veux pas que ça existe. Il y aurait de quoi ne plus vouloir vivre, ne plus vouloir que l'humanité vive. » Mais quoi ? C'est une femme qui vous raconte ses souvenirs de petite fille : une âpreté farouche est dans le son de sa voix, mais on sent bien qu'elle n'a rien inventé. C'est comme ça, on n'en peut douter...\n\nLa femme qui a écrit ce livre effrayant emploie une langue qui n'est pas celle de sa race ni de son enfance, l'instrument qu'elle a pris n'est pas encore bien dans sa main. Il ne faut pas trop s'en plaindre : cela ne fait",
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     "texte": "402\n\nL'ART MODERNE\n\nguère qu'augmenter une impression de sincérité, de rudesse, de sourde révolte qui grandit à chaque ligne. Et l'on pense à l'un des événements de la vie désolante qu'elle conte, à cette petite fille riche dont la pauvresse de dix ans qu'elle était alors refusa un jour l'aumône. « Donne-lui la main, » dit en français à sa fille la mère de cette heureuse du monde. Mais l'enfant, froissée dans son orgueil, répondait : « Non ! non ! » Et ce mot qu'elle ne connaissait pas, ce mot d'une langue étrangère, dit d'une voix énergique, mais délicieuse, parut à la petite Hollandaise le plus beau, le plus aristocratique qui puisse être dans l'univers ; elle ne l'oublia jamais.\n\nEt l'on pense que le français est encore aujourd'hui, tout de même, la langue dans laquelle on peut le mieux protester contre tout ce qui est laid, tout ce qui est mauvais, tout ce qui est injuste ou mensonger. La langue dans laquelle on peut dire « non » avec le plus de chances d'être écouté du monde entier : n'est-ce pas, encore aujourd'hui, non seulement la plus belle, mais la plus utile? Neel Doff a bien fait de la parler.\n\nPIERRE MILLE",
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     "texte": "Les Eaux-fortes de Jacob Smits\n\nM. Jacob Smits vient de publier, en un album luxueux, une série de ses plus curieuses eaux-fortes. C'est une bonne fortune pour ceux qui s'intéressent à l'art de notre pays que ces pages réunies par le peintre de la Campine, où se trouvent quelques-unes des visions les plus personnelles de celui qui a su chanter avec force et poésie l'âme des humbles e: la physionomie recueillie des paysages\n\nL'album est précédé d'une préface de M. Georges Eekhoud. Nul mieux que l'auteur des Kermesses flamandes n'était désigné pour cette tâche. Eekhoud a décrit et exalté les figures et les paysages que Smits a peints. Ils ont tous deux la même puissance d'expression, le même pieux enthousiasme, et la même connaissance approfondie des hommes et des sites qu'ils décrivent. L'étude de M. Georges Eekhoud est, en même temps qu'une charmante page littéraire, une analyse brève mais complète de l'œuvre de Jacob Smits.\n\nCette œuvre, que l'on se plaît à discuter comme toutes celles qui présentent la marque d'une originalité authentique, est remarquable à plus d'un point de vue. Jacob Smits est un peintre synthétique. « Il voit ses paysages avec des yeux d'apôtre, des yeux pour ainsi dire évangéliques. » Ses figures réalistes ont une valeur éternelle et universelle, de même que celles de Millet, avec qui le peintre a certains points de ressemblance. « Il cueille à pleines grappes, dit Georges Eekhoud dans sa notice, les appétissantes réalités dont son art quintessencié composera un vin bien autrement tonique et capiteux que le jus naturel des bons fruits croqués à même les pommiers et les treilles » C'est de plus un poète de la couleur et de certaines atmosphères troublantes tamisées par des rideaux épais, régnant dans les intérieurs étroits où la vie des humbles paysans est comme auréolée à la lueur du foyer. Il se ménage « de mystérieuses pénombres, des jours de crépuscule mordoré ou argenté dans lesquels les person-\n\nnages rayonnent de leur vie propre et s'éclairent d'autant plus intensément à leur lumière intérieure, à leur fluide psychique ». Le paysagiste montre la contrée en rapport constant avec les hommes qui l'habitent. Le pittoresque en général le laisse indifférent. S'il note certains détails, c'est qu'ils sont typiques et c-ractériques, et qu'ils tiennent ramassée en eux l'âme intense du pays. Smits est un peintre intransigeant; ses paysages ont quelque chose de rébarbatif. Dans certains de ces tableaux, les objets prennent l'aspect « de personnages réfractaires ». Ces tableaux « s'insurgent » dit Eekhoud en parlant de l'un d'eux. « Il s'affirme à l'encontre des gammes, des éclairages et des teintes à la mode. » Le peintre du Symbole de la Campine a toujours vécu solitaire, il s'est volon airement confiné dans cette sorte d'ermitage d'Achterbosch d'où il observe, farouche et défiant de toute inspiration exotique, les hommes et les choses de chez lui. Son art acquiert de la solitude une puissance étrange, mais il reste abrupt, sauvage, particulier, et, à mon sens, un peu figé. Il semble d'un primitif qui se serait incomplètement affranchi à l'école de Rembrandt. Il possède des côtés admirables, de la plus pure inspiration, mais son envergure est souvent confinée. Il est en tout cas, après Charles De Groux, le peintre le plus puissant et le plus émouvant de l'âme rustique.\n\nDes eaux-fortes sorties du burin de Jacob Smits aucune n'est indifférente : bien mieux, chacune de ces pages, généralement de dimensions restreintes, est un petit chef-d'œuvre à la fois d'exactitude et de poésie. Rien de plus concentré, de plus concis, mais aussi rien de plus pathétique. On ne peut s'empêcher d'admirer sa « technique âpre et opiniâtre, sa patience, son énergie » dans ces morceaux qui ont toute la force des estampes d'un Van Oslade ou d'un De Braeckeleer, avec plus de sobriété, un souci plus grand de la ligne et de l'unité. Plusieurs de ces planches sont des réductions ou des interprétations de tableaux du peintre, comme la Fuite en Égypte, le Moulin, les Disciples d'Emmaüs, le Symbole de la Campine. Rien de truqué, aucune virtuosité d'exécution. C'est travaillé et, en quelque sorte, peint. Il y a là des choses d'une saveur puérile et exquise, comme la Ronde, des paysages pathétiques comme le Moulin, de petits sujets d'une simplicité touchante, un paysan accroupi sur sa brouette c-ousant avec une femme, des commères sur le pas d'une porte, des intérieurs minuscules qui ressemblent à des jouets d'enfants, et cette page vraiment grande et inspirée, la Charette aux bœufs, qui peut être comparée aux plus belles œuvres gravées de toutes les écoles. Smits affectionne les contrastes violents de lumière. Ses noirs sont « veloutés », et la lumière vibre étrangement par ces oppositions curieuses.\n\nBref, par ses eaux-fortes, Jacob Smits semble se surpasser. Il y corrige les excès d'apreté qui rebutent dans ses peintures ; il s'y montre plus dégagé, plus élevé, non moins puissant; la matière ne l'arrête pas, il la domine et la divinise.\n\nFRANZ HELLENS",
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     "texte": "FLORENCE\n\nOn n'a jamais tant fait peut-être de livres d'art, mais on n'en a jamais fait d'aussi inutiles, d'aussi indigents. Presque toutes les librairies lancent des collections, chères ou à bon marché, et chaque ville du passé, chaque musée, chaque église, chaque artiste possède ainsi sa petite monographie. Le texte en est confié",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n403\n\nà quelque vague professeur au style endormi, à quelque fonctionnaire harcelé de besogne et ignorant de la langue française, qui bâcle ça entre deux corvées officielles. C'est plein de dates et de renseignements du genre Badeker et il n'y a d'art là-dedans que les œuvres dont on reproduit les aspects. Encore faut-il que les photographies n'en soient point réduites jusqu'à l'inintelligible.\n\nCette abondance d'écrivains d'art masque la pénurie des esthéticiens. J'en connais bien peu qui soient dignes de ce nom. Et il est rare qu'on leur confie un travail important. C'est pourquoi je garde une véritable reconnaissance à l'éditeur Fontemoing d'avoir songé à demander à M. Camille Mauclair le texte d'un livre d'art sur Florence, magnifiquement illustré d'ailleurs (1). On ne pouvait mieux choisir.\n\nM. Camille Mauclair a étudié Florence sous tous ses aspects : il envisage tour à tour son histoire politique et sociale, celle de ses arts, ses musées, ses sanctuaires, ses palais, ses habitants, ses environs et aucune de ces considérations n'est séparable des autres. Dès les premiers mots, l'écrivain affirme sa volonté habituelle de relier tout ce dont il va parler par les rapports de l'analogie. Ainsi possède-t-il ce qu'il envisage avec une empreinte extrêmement forte, une autorité particulière. Il lui est aussi impossible de séparer un objet de tout ce qui l'entoure qu'à d'autres, au contraire, de synthétiser. Il voit d'ensemble et induit de chaque chose à toutes les autres.\n\nAinsi son premier chapitre *Histoire politique et sociale de Florence* contient-il, quoique très ramassé et abrégé, le germe de tous les développements futurs. C'est, en effet, dans l'examen des qualités politiques et sociales des citoyens de Florence à travers les vicissitudes de leur histoire que l'écrivain découvre les causes qui ont fait s'épanouir l'art florentin. Et plus tard, lorsqu'il reprendra séparément l'évolution de chacun des arts représentés à Florence, il la montrera intimement liée à celle du sentiment patriotique et religieux. Ainsi il ne lui sera pas besoin de longs développements pour nous faire comprendre la qualité et la valeur de tel peintre ou de tel héros, quelques traits suffiront à préciser une figure déjà préparée pour ainsi dire par les traits des figures environnantes. En le montrant encastré dans son époque, dans son moment, et de quels amis il est entouré, et dans quelle conviction morale il respire, en un mot comment de partout déterminé il a presque tout fait pour nous le rendre intelligible. Il lui suffira de quelques lignes pour caractériser l'appoint de son génie personnel, forcément réduit dans une époque aussi formidablement chargée de génie collectif.\n\nC'est très mal exprimer ce qu'une telle méthode garde précisément d'antiméthodique, de chaleureux, de personnel, de vivant. M. Camille Mauclair, qui a des tendances métaphysiques, garde la vision et le langage du poète lyrique. C'est en poète qu'il parle de Florence, et comme s'il la voyait vivre encore, dans -on plus lointain passé. Et ce n'est qu'à la réflexion que nous nous rendons compte de la somme énorme de connaissances, de renseignements contenus dans son livre. Il l'écrit avec une aisance absolue, mais cette aisance vient chez lui de la netteté toute présente avec laquelle il a vu lui-même ces événements et ces œuvres.\n\nIl ne s'est pas occupé, en effet, que des arts plastiques. Un chapitre entier est consacré aux *Lettres florentines*, et il y montre la fraternité profonde qui lie les écrivains aux artistes, la commu-\n\n(1) CAMILLE MAUCLAIR : *Florence*. Paris, Fontemoing.\n\nnauté de leurs tendances. Le portrait qu'il trace de Machiavel est admirable :\n\n> « Peu de figures, dit-il, ont été plus calomniées que celle de ce grand travailleur, de ce fondateur de la philosophie de l'histoire, de ce sincère patriote qui, rêvant le salut de l'Italie et prévoyant sa ruine, ne voyait d'issue que dans la rencontre providentielle d'un homme assez fort pour constituer un État, un centre de résistance et d'unité nationale. A ce but, l'ardent Italien jugeait utile de sacrifier jusque à la morale et à la religion : ou plutôt, théoricien impassible, observateur d'une clairvoyance surprenante, aussi déterministe et expérimental qu'un Taine, il laissait de côté ces domaines, appréciait les faits et les nécessités, cherchait ce que l'Italie de son temps pouvait espérer des hommes de son temps, et ces hommes étaient bien tels qu'ils les a dépeints. Le « machiavélisme » est donc une légende absurde : c'est aux hommes parmi lesquels vécut Machiavel et non à lui qu'il faut s'en prendre si l'on défend la moralité et la foi.... »\n\n> C'était un homme de génie : et cet homme fut a laissé une réputation de perfidie et de monstruosité morale qui un sacrifié, un méconnu, un penseur pauvre dont la famille dépérit dans la misère. »\n\nM. Camille Mauclair voit dans le mysticisme religieux et patriotique la vertu profonde qui a maintenu Florence vivante malgré toutes les infortunes. Et c'est fort justement qu'il observe :\n\n> « Florence ne se corrompit pas. Elle cessa par degrés. »\n\nMais entre cette naissance mystique et cette fin, quelle prodigieuse, quelle incroyable histoire, quelle succession d'héroïsmes et de chefs-d'œuvre ! Je ne puis ici entrer dans l'examen détaillé d'un ouvrage aussi important. On se rendra compte, en le li-ant, des hautes qualités de pénétration psychologique, de ferveur esthétique et de style dont l'auteur fait preuve à chaque page.\n\nAinsi ce passage, étonnant, sur la transition du roman au gothique dont je ne cite que quelques lignes :\n\n> « La crypte romane primitive, ténébreuse et trapue, encore pareille à une caverne au fond de laquelle s'entrevoit confusément le dieu, s'étira sur ses piliers, s'exhaussa, se cambra vers en haut, par l'ogive de plus en plus hardie, et, se dégageant du lien pesant de ses contreforts qui la rivaient au sol des villes pressant leurs maisons alentour, devint par tout son corps magnifique un élan d'aspiration céleste dont la flèche de cathédrale fut la flamme suprêmement jaillie. »\n\nNul, autant que M. Camille Mauclair, n'aurait pu comprendre et exprimer cette âme de Florence, cette force mystérieuse et vitale de la ville la plus pure de l'Italie :\n\n> « Libre et pure beauté, conclut-il, telle est la leçon immortelle, tel est l'apport de la cité du Lys rouge à la sensibilité moderne. Elle a concilié la vieillite autonomie du réel et du rêve : son art fait du rêve la transposition de la réalité dans les âmes, et plus il définit cette réalité d'un trait ferme, plus la faculté du rêve se développe en nous. Ce rêve n'est point la trouble et sensuelle somnolence, la paresse indéfinie de l'âme, telle que les époques de décadence l'ont conçue : c'est le sur-saut de vitalité lucide de l'esprit auquel les formes livrent leur secret. Nulle morbidesse à Florence, rien de vague, rien de languide ni de fiévreux : la saine élévation de la pensée, la confiance de l'homme en son pouvoir d'idéaliser, la « gaie science »",
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     "texte": "404\n\nL'ART MODERNE\n\nde Nietzsche, la respiration aisée et optimiste de la vie, voilà le trésor ouvert à votre conscience dans la ville du Lys... L'art florentin, qui jamais ne semble comporter une visée moralisatrice et n'a d'autre fin apparente que la recherche raffinée de la beauté formelle, est pourtant la preuve la plus saisissante des propriétés morales incluses dans l'expression du beau : par lui l'esprit se tonifie et toute la vitalité se tourne vers des désirs plus nobles, par lui nous exigeons plus de nous-mêmes...\n\nConclusion admirable et dont l'élévation philosophique comparée aux lamentables phrases des ordinaires manuels de villes d'art fait mesurer l'écart qu'il y a entre le travail du pédantisme patient et la méditation d'un poète.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE\n\n---",
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     "texte": "LES LIVRES\n\nŒuvres complètes de Cha-Cha Vana, publiées par les soins et aux dépens de M. A. M. P., docteur de l'Université de N. Paris, chez Dorbon aîné. — Ces fumisteries, blagues, impertinences et funambulismes m'ont bien l'air d'être les sœurs de celles d'un certain Makoko-Kangourou, qui ne prenait pas la vie au sérieux. Makoko lui-même n'était pas sans rappeler le Franc-Nohain des Inattentions et sollicitudes. Mais, chut ! ne remontons pas jusqu'à La Fontaine...\n\nMARCEL PROUILLE. — Impressions, poèmes. Paris, chez Dorbon aîné). — Vers élégants, dépris et voluptueux, et d'une mélancolie que je trouve, à mon humble avis, trop réservée. En poésie il faut plus d'abandon, je ne dis pas dans la forme, mais dans l'émotion. Quand on la possède, comme M. Marcel Prouille, tout espoir est permis.\n\nGEORGES DELAQUYS. — La bonne clairière, poèmes, ornés de cinq dessins inédits de CLAUDE CHÉREAU. Paris, « A la Belle Edition. » — Fastueusement imprimé, M. Georges Delaquys doit avoir plaisir à relire ses vers. Il chante dans de larges rythmes classiques et calmes des émotions de tout ordre, des plus familières aux plus idéales. Sa muse est simple et sans perversité : elle s'effarouche des laideurs du monde, puis les nie avec optimisme, avec courage. Et elle se réfugie dans la Nature et dans l'Art. Dans cette bonne clairière de méditation, elle se recueille, et se console, et prépare de nouveaux élans.\n\nCHARLES BRUN. — Renée Vivien. Paris, chez Sansot. — Courte mais sympathique et fervente étude sur un poète dont on parla si peu de son vivant. Elle se tenait à l'écart, dans « un coin de violettes ». Elle méprisait tout et surtout le succès. La gloire est le soleil des morts.\n\nF. M.\n\n---",
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     "texte": "LE THÉÂTRE A PARIS\n\nBérénice, tragédie en musique en trois actes, par M. ALBÉRIC MAGNARD. (Première représentation le 15 décembre 1941 au Théâtre de l'Opéra-Comique.)\n\nM. Albéric Magnard poursuit dans l'isolement un labeur opiniâtre et fécond. Étranger aux compromissions, indifférent aux variations de la mode — car, hélas ! la mode sévit même dans la production musicale ! — il demeure dans la maturité de sa vie ce qu'il fut à ses débuts, l'artiste volontaire et conscient, affiné par la culture classique, dont l'esprit essentiellement latin se plaît aux plus hautes, aux plus nobles spéculations. Les années n'ont pas entamé ce bloc de pur cristal. Mais avec l'âge est venue la maîtrise, et si Yolande, que nous fûmes douze ou quinze à applaudir jadis au Théâtre de la Monnaie, trahissait\n\nl'inexpérience de la jeunesse, Bérénice, qui triompha hier à l'Opéra-Comique, est une œuvre définitive, d'une forme impeccable, à laquelle la sobriété de l'action, l'unité du style, l'aristocratie de la pensée mélodique donnent une physionomie exceptionnelle, sans équivalent dans le théâtre lyrique contemporain, et qui impose la sympathie et l'admiration.\n\nA peine est-il utile de rappeler — l'auteur s'en est chargé — qu'en choisissant Bérénice pour héroïne de son drame, M. Magnard n'a pas eu l'irrévérence de substituer sa musique à l'harmonieuse cadence des vers de Racine. Il n'a utilisé les figures historiques célèbres par le poète que pour créer un débat de conscience enveloppé de tendresse et de douleur, en réduisant les péripéties habituelles de la scène à ce qui était indispensable pour justifier le conflit sentimental. Encore a-t-il remplacé la reine de Judée par une Bérénice égyptienne dont la jeunesse ardente rend plus pathétique le combat que livre Titus à son amour.\n\nLa tragédie se déroule tout entière dans le cœur des amants. Au milieu de la nuit printanière qui les a réunis, Titus est avisé que Vespasien, dont la dernière heure est imminente, l'appelle à lui. Il va régner, et Bérénice gravira avec lui les marches du trône. Mais le peuple est hostile à l'étrangère, que sa stérilité frappe de réprobation. Instigué par Mucien, qui incarne l'austérité romaine, Titus sacrifie sa tendresse à la raison politique. Repris par Bérénice suppliante, il lui promet une dernière nuit d'amour, et pour la seconde fois parjure et lâche, il laisse luire l'aurore sans avoir rempli sa promesse. Sur la nef qui va l'emporter à jamais, la délaissée invoque Vénus Anadyomène et pour obtenir de l'infidèle un suprême baiser d'adieu, elle jure à la déesse de lui sacrifier ce qu'elle possède de plus précieux, l'abondante chevelure noire, son orgueil et sa beauté. Titus paraît. Il souffre, il est vaincu, il propose à Bérénice de la ramener à Rome, couronnée du diadème, ou de fuir avec lui. Mais l'irréparable est consommé. Deux fois Titus l'a trahie ; sa lâcheté a tué leur amour. Que le sort s'accomplisse. « Prends sur moi, s'il le faut, dit tristement Bérénice, l'exemple du courage. Ma vie est terminée et la tienne commence. Accepte le destin ! Epouse une vierge romaine, aime-la comme tu m'aimas, et que les fils issus de vos entrailles assurent l'avenir ! » Et tandis que Titus s'éloigne, défaillant, Bérénice coupe lentement et laisse tomber dans le sillage de la trirème emportée vers l'Orient la chevelure de ténèbres qui enveloppa leur dernière étreinte.\n\nLa partition musicale qui commente cet émouvant et grave poème est, comme celui-ci, dépouillée de tout élément épisodique. Coupée de récits qui laissent à l'orchestre le rôle prépondérant, selon l'esthétique wagnérienne, elle se développe symphoniquement avec une pureté toute classique. Quelques thèmes fondamentaux en forment la structure, et ces thèmes, nettement diversifiés, ont une plasticité qui donne aux sentiments qu'ils évoquent un saisissant relief. Par son caractère polyphonique, par les formes qui la régissent (parmi elles domine le canon à l'octave, cher à César Franck, et qui donne aux scènes d'amour une extrême douceur), Bérénice s'écarte des tendances actuelles de l'art lyrique en France. Sans doute ne manquera-t-on pas de traiter M. Magnard de réactionnaire, lui qui passait naguère encore pour incarner l'anarchie musicale ! Son œuvre est incontestablement plus proche des modèles classiques que des dernières partitions inspirées par le génie de M. Debussy, si funeste à ses imitateurs. Et c'est ce qui fait son originalité et sa force. La personnalité du musicien",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n405\n\nest demeurée intacte parmi les hésitations contemporaines. C'est le roc que le flot bat sans l'ébranler. Orgueil, obstination, maîtrise, — ici ces mots sont synonymes.\n\nOn ne peut qu'admirer le compositeur, même si l'on ne partage pas ses convictions, pour l'exceptionnel exemple de fermeté et de loyauté qu'il dispense. Mais comment n'être pas ému aux accents expressifs qu'il prête à Bérénice, accents d'une musicalité si pure en même temps que profondément humains? Car M. Magnard ne craint pas de chanter, et le lyrisme des sentiments qu'il décrit trouve dans la musique une traduction fidèle.\n\nD'acte en acte croit l'intérêt musical de ce drame ramassé et contenu, bref comme une tragédie antique. Les tortures qu'inflige à Titus, au deuxième acte, la résolution du sacrifice, la faiblesse à laquelle il cède lorsque l'implore Bérénice surpassent en beauté expressive la scène d'amour du premier. Et le troisième acte tout entier est d'un élan, d'une éloquence, d'une inspiration superbes. La noblesse du caractère de Bérénice s'y dévoile avec ampleur, en même temps que se précise la veulerie d'un César falot indigne de gouverner les hommes puisqu'il ne peut se gouverner lui-même. Très belle conclusion d'une œuvre dont la sévère beauté n'attirera peut-être pas la foule éprise de spectacles frivoles et de grossiers artifices scéniques mais qui emporte avec soi l'estime des artistes et dont s'honore grandement le théâtre lyrique français.\n\nPour remplir à souhait les deux rôles qui concentrent l'action de Bérénice, il faudrait des tragédiens de premier ordre. M. Swolfs, qui a une belle voix et qui est excellent musicien, est malheureusement loin de réaliser, tel qu'on le souhaiterait, le personnage fluctuant de Titus. Et le jeu artificiel de Mlle Mérentié, si « conservatoire », si figé dans des attitudes et des gestes convenus, ne donne pas un instant l'illusion de la reine altière et amoureuse; tous deux se soucient d'ailleurs plus de l'éclat que des nuances et prononcent d'une manière à peu près inintelligible la prose rythmée de M. Magnard. Seul M. Vieulle (Mucien) échappe à cet insupportable défaut.\n\nL'orchestre, dirigé par M. Ruhlmann et dont le rôle est capital, mérite, ainsi que les chœurs, toutes louanges.\n\nOCTAVE VAUS\n\n---",
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     "texte": "## AU « STUDIO »\n\nExposition d'œuvres d'Auguste Donnay, Georges Le Brun, Maurice Pirenne, Philippe Derchain, Pierre Delcour.\n\n« Exposition Wallonne » serait plus explicite.\n\nCe qui frappe à première vue c'est le ton gris, presque incolore, de l'ensemble. Les habitués des Salons et Salonnets flamands sont déroutés — et j'en connais qui ne vont pas plus avant. Tant pis pour eux! S'ils s'arrêtent seulement quelques minutes devant une œuvre de Donnay, de Pirenne ou de Lebrun, voire de Derchain, ils seraient retenus par la beauté, la sincérité, l'émotion du dessin, par le sens de la mesure et de l'harmonie qui se dégage de toutes ces œuvres.\n\nLes recherches passionnées de la tache de couleur qui séduisent les habitants des plaines ou des lagunes, Flamands ou Vénitiens, ne touchent pas les montagnards qui bien rarement voient s'étendre devant eux de grandes nappes de lumière chatoyante. Leurs yeux sont faits à la poésie des détails, des demi-teintes, aux finesse des clairs-obscure et surtout, — surtout! à la magie de Sa Majesté la Ligne, — cette belle maîtresse des Florentins et des Français, pour ne pas aller plus loin dans l'histoire.\n\nNos petites montagnes d'Ardenne endeuillent le paysage sans le rendre aussi dur que ne le font les terribles montagnes de Suisse aux verdeurs et aux ombres menaçantes. Elles ont des coins de douceur infinie, où la sensibilité de Donnay découvre un charme combien reposant et évocatif! Je lui en veux, à celui-là, — un de nos plus grands artistes belges de l'heure actuelle, — de ne pas avoir donné encore à Bruxelles une exposition complète de ses œuvres. C'est en les voyant réunies qu'on aurait la révélation de notre petit coin de Wallonie, de ce qu'il récèle de beautés simples et de pénétrante poésie. Le peintre liégeois les a comprises comme aucun ne l'avait fait avant lui, par la seule magie de son labeur assidu et de son amour tranquille pour la terre où il vit heureux. Il est pour l'Ourthe ce que Claus, qui l'admire, est pour la Lys.\n\nMaurice Pirenne habite Verviers, petite ville enfumée, où la poussière vieillit encore les coins un peu anciens, bien humbles, où s'abritait jadis toute une population de travailleurs, logés maintenant dans des casernes en brique noirâtre. Ces maisons basses, ces rues étroites et tortueuses, cette lumière grise, ce dessin respectueux des moindres détails et pourtant jamais oubliex de l'ensemble, tout cela nous émeut et nous étreint comme si nous sentions pour la première fois le côté dramatique de la petite ville wallonne isolée près de la frontière germanique, dont Maurice Pirenne donne une si probe synthèse. Tragique, ce viaduc vu au crépuscule qui en accuse les lignes impressionnantes. D'une tonalité fine et douce, cette petite place du « Perron » dont aucun éclat de lumière ne vient troubler la tranquillité.\n\nGeorges Le Brun peint Theux, sa jolie vieille maison du xviie siècle, la lumière déjà un peu plus claire d'une vallée plus ouverte, les adorables demi-teintes d'un intérieur qu'il a voulu bien conforme aux traditions d'intimité, de simplicité et d'harmonie d'une époque moins agitée. Pourquoi devant ces « intérieurs » qui évoquent la vie familiale, le travail ordonné, sans fièvre, du véritable artiste, pensai-je à Mellery? Même lumière enveloppante, même amour d'artiste-ermite pour le charme des coins qu'on voit tous les jours.\n\nCharmante évocation de la vieille église de Limbourg, si vraie dans son demi-jour calme et triste, dans les lignes encore un peu romanes de son architecture, — d'une impression bien plus pénétrante en sa bienveillante simplicité, si je puis ainsi dire, que les églises aux ombres trop fortes et aux lumières trop dramatisées.\n\nLa sincérité de M. Derchain est à elle seule une belle promesse; et tels de ses jolis dessins, le Quinconce et la Mare, aux tons flateurs, sont déjà de chatoyantes réalisations.\n\nPour M. Delcour, il nous donne d'assez jolies espérances pour que nous perfections d'attendre, avant de le juger, qu'il ait encore un peu approfondi son art.\n\nMais l'impression générale de cette très curieuse et très marquante exposition, c'est qu'on se trouve devant des seigneurs de la Ligne, de la Mesure, devant un groupe d'artistes bien wallons — bien latins, — bien personnels, sur lesquels aucune mode n'a eu de prise, et qui se sont trouvés semblables ou apparentés par le seul fait de leur sincérité, de leur amour pour le coin de terre qu'ils comprennent\n\nM. K. M.\n\n---",
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     "texte": "## LES AMIS DE LA LITTÉRATURE\n\nLa campagne de cette année s'est ouverte par une causerie de Maurice des Ombiaux sur les sources populaires de la poésie. Le conférencier a très heureusement rattaché notre mouvement poétique au mouvement poétique français et montré l'influence que Paul Verlaine a exercée sur nos poètes. Il a caractérisé ensuite le talent de Gérardy, de Mockel, de Maeterlinck, d'Elskamp, de Grégoire Leroy et de Verhaeren. Le succès de M. des Ombiaux a été très vif. La salle de mariages de l'Hôtel de ville de Bruxelles était comble et, aux côtés de M. Edmond Picard qui présidait la séance, on remarquait M. Poullet, ministre de l'État, M. Max, bourgmestre, M. Beco, gouverneur du Brabant, le maître Camille Lemonnier et la plupart de nos écrivains.\n\nG. R.",
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     "texte": "**CHRONIQUE THÉÂTRALE**\n\n- *Le Scandale* au Théâtre du Parc.\n\nMaurice Férioul, gros industriel de Grasse, est à Luchon avec sa femme Charlotte et ses deux enfants. Le ménage est uni, heureux, mais Charlotte, presque inconsciemment, a soif d'un bonheur moins quotidien. Elle attend quelqu'un qui viendra de par delà l'horizon... Celui qui vient, c'est un abominable rasta, joueur décavé, tapeur, eseroc, qu'elle croit être ce qu'il se dit : un noble étranger, et à qui elle se donne tout de suite, dans un coup de folie, prise aux moelles par un désir plus fort que toute sa pudeur et que toute sa volonté... Il ne resterait de cette aventure qu'un peu de boue dans la mémoire de Charlotte Férioul bientôt désillusionnée, si un bijoutier à qui le rasta a fait des emprunts en donnant le nom de Mme Férioul en gage, ne s'avaisit de poursuivre son mauvais débiteur et d'assigner Charlotte comme témoin. La situation de celle-ci est effroyable. Elle veut à tout prix cacher l'affaire à son mari. Mais comment éviter le bruit odieux d'un scandale, comment empêcher les journaux de parler, les sournoises médicinales de courir? Tout au moins, le séducteur, lui, n'est plus à craindre. En une belle scène dramatique et poignante, il est venu imprimer son pardon, rapporter à Charlotte les lettres compromettantes qu'il détenait. Au lieu du maître-chanteur qu'elle redoutait, elle trouve dans cet homme vil une conscience réveillée. Et, soudain, sa faute lui apparaît moins ignoble. Elle se reproche moins d'avoir failli, puisque tout de même celui qu'elle a aimé, celui qui désormais est son passé, n'est pas tout à fait aussi infâme que sa conduite avait permis de le supposer. Et comme, déjà, un ami de la famille à qui elle s'est confiée a couru prévenir discrètement la justice et a obtenu qu'on arrêterait le soir même le rasta, c'est elle qui s'oppose aux poursuites, qui empêche l'arrestation de l'homme — non pas parce qu'elle l'aime encore : son amour est bien mort!... mais pour sauver au moins l'honneur de sa faute!\n\nC'est ici, à mon sens, le point central du drame. Du point de vue anecdotique il est certes très intéressant de savoir si le mari apprendra la vérité et, dans ce cas, quelle sera sa conduite; mais du point de vue psychologique, combien je m'intéresse davantage à ce qui se passe dans la tête de Charlotte, à ce qu'elle pense d'elle-même, à l'idée qu'elle se fait de sa faute! La femme naturelle, la femme d'instinct, lutte en elle contre la femme sociale, contre l'épouse et la mère. La première ne peut pas admettre complètement qu'elle a eu tort de s'abandonner à la joie divine de cet e passion, de cette folie. Elle a été merveilleusement heureuse: n'est-ce pas sa justification? Mais la seconde proteste au nom de tous ses devoirs, au n in de la pudeur, au nom de l'honneur. Et cette tragédie intérieure est d'une grande noblesse. Il s'agit de savoir qui l'emportera, en face d'une conscience qui se juge d'elle-même, de l'instinct, fondement de toute force et de toute beauté humaines, ou de la société, représentée par ses obligations les plus chères et les plus sacrées, les devoirs du mariage et de la maternité... L'épouse et la mère triomphent, mais la femme ne renie pas tout à fait l'heure divine de la faute : elle ne chargera pas le séducteur au procès, et sa déposition franche le fera acquitter. Ce mouvement d'âme est très beau et ferait pardonner à M. Henry Bataille d'autres gestes infiniment moins heureux qu'il a prêtés à certains de ses héros. On approuve ici, sans trop de peine, Charlotte Férioul, non d'avoir failli, mais d'avoir accepté courageusement les conséquences de sa faute et de ne pas avoir lâché l'homme qui la partagée. Je n'éprouve pas la même sympathie pour les personnages d'autres pièces du même auteur, et la Vierge folle ou l'Enfant d'amour, par exemple, essayeraient en vain ne m'attendrir sur leur malheureux sort...\n\nLe drame cependant se poursuit et s'intensifie. Maurice Férioul a le soupçon qu'il se passe à son foyer des événements insolites. Il presse de questions un pauvre diable qui a servi d'intermédiaire à sa femme dans toute cette affaire, et il finit par lui arracher l'effrayant secret. La scène est admirable. Henry Krauss — Férioul — l'a jouée en grand artiste, et M. Gournac, — le pauvre hère en question — ne lui a pas été inférieur. Que va faire Férioul? Sa colère est tout d'abord formidable. Il veut chasser publiquement l'impure, puis il hésite, il tremble, il recule : il la gardera, il se taira, il feindra de tout ignorer. Au dernier acte, la simulation n'est plus possible. Le scandale a éclaté. La politique s'en est mêlée. Maurice Férioul est obligé de donner sa demission de maire, de conseiller général, et de renoncer à une candidature senatoriale de tout repos. Qu'importent ces misères? Deux jours se sont passés pendant lesquels Charlotte est allée à Paris pour l'ignoble proc's, et Maurice est demeuré seul à souffrir, à pleurer, à réfléchir surtout. Il lui est venu d'étranges remords pour des actions d'autrefois qu'il croyait bien enterrées : une fille séduite, un enfant qui peut-être est le sien... Lui non plus, il l'épouse homme, n'est pas tout à fait irréprochable... Et quand l'épouse coupable revient, après le premier feu de sa colère, il s'apaise, il s'adoucit et voit s'estomper dans le brouillard de l'avenir la figure sublime du Pardon. Mais, tandis qu'il parle, qu'il s'anime, qu'il dit de belles choses sensées et généreuses, Charlotte, vaincue par la fatigue de ce terrible voyage, s'est peu à peu endormie. Voilà la réponse de la vie aux belles théories des hommes! La na ure, l'instinct reprennent toujours le dessus. Et comme, bruyamment, les enfants envahissent la pièce, le mari trompé, ulcéré, ridiculisé, ruiné d'honneur, les arrête d'un grand geste : « Chui! Pas de bruit! Votre mère dort!... »\n\nJe me suis laissé aller à raconter un peu longuement cette pièce mouvante, — sincèrement et profondément humaine, au moins, celle-ci! — et il me reste à peine la place nécessaire pour louer comme il convient la belle interprétation qu'en donne la troupé du Parc, dans des décors superbes. Mme Berthe Bady, c'est Charlotte Férioul au naturel, et l'on oublie en la regardant, en l'écoutant, qu'elle joue un rôle M. Henry Krauss, je le répète, est un grand, un très grand artiste. Guitry lui-même ne lui est pas supérieur dans les passages de force, et Krauss a plus de style, plus de distinction. Le succès du Scandale est très grand. D'un fait-divers banal, le génie tragique de M. Bataille a tiré une pièce qui ne paraît pas loin du chef-d'œuvre.\n\nGEORGES RENCY\n\n---",
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     "texte": "**MEMENTO MUSICAL**\n\nC'est aujourd'hui, dimanche, à 11 heures du matin, qu'aura lieu au Conservatoire (Classe de Déclamation) la manifestation organisée en l'honneur de M. Guillaume Guidé, qui a pris sa retraite après vingt-cinq ans d'une carrière professorale admirablement remplie.\n\nAujourd'hui dimanche, à 3 heures, Salle Patria (23 rue du Marais), premier concert de la Société J.-S. Bach sous la direction de M. Albert Zimmer avec le concours de Mmes Caponsacchi, violonecelliste, et Stapelfeld, cantatrice; de MM. G.-A. Walter, t-nor, Th. Hess Van der Wyck, basse, et G. Minet, claveciniste.\n\nDemain lundi, à 8 h. 4 2, au théâtre de la Monnaie, quatrième Concert populaire (Festival Beethoven) sous la direction de M. Otto Lohse et avec le concours de M. Marcel Laoureux. Au programme : VIIe symphonie, concerto en ut mineur pour piano et orchestre, VIIIe symphonie. — La seconde audition aura lieu le jeudi 28 décembre, à 2 heures.\n\nMercredi 20, à 8 h. 4 2, à l'École allemande, deuxième séance du Quatuor Chaumont. Au programme : Quatuors de Mozart, Schumann et Vincent d'Indy (n° 4)\n\nVendredi 22, à 8 h. 4 2, Salle Erard, conférence-audition de M. Ch. Delgouffre sur l'École française moderne depuis César Franck.\n\nM. Sylvain Dupuis, qui a dirigé hier le deuxième concert du Conservatoire (solistes : Raoul Pugno; au programme : IIIe symphonie de Saint-Saëns, Concerto n° 5 de Beethoven, Saugefleurie de Vincent d'Indy, Concerto en la majeur de Mozart, Ouverture des Mattes Chanteurs, a fixé aux 24 février et 23 mars les troisième et quatrième concerts de la saison. Le troisième aura lieu avec le concours de Mme Edith de Lys, cantatrice; le quatrième",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nsera consacré à l'audition de la Messe en ré de Beethoven Solistes : Mmes A. Stronk-Kappel et H. K. Durigo, MM. G.-A. Walter et L. Rains.\n\nLe premier concert du Conservatoire est fixé à dimanche prochain, 24 décembre, à 2 heures. On y exécutera pour la première fois en langue française (version de M. F. Glosion), l'Oratorio de Noël (1664 de Heinrich Schütz et la Neuvième Symphonie (avec chœur) de Beethoven. Les soli de ces deux œuvres seront chantés par Mmes T. Fahnbley-Hincken et S. Kalker, MM. R. Plamondon et L. Froelich. Repétitions générales, jeudi 24 et vendredi 22, cette dernière pour les abonnés.",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nLa Galerie Nationale de Rome a fait l'acquisition, pour son cabinet d'estampes, des eaux-fortes ci-après : Bouillon (Ardennes), par l'Imme la comtesse de Flandre; Vieux Marché en Flandre, par De Bruycker; Pont sur la Tamise, par A. Bazledine; la Rose, par A. Rassenfosse.\n\nLes dix grands prix de 40,000 francs ont été décernés par le jury de l'Exposition internationale des Reaux-Arts aux artistes suivants : 1° H. Anglada (Espagne); 2° W. Hammershoj (Danemark); 3° G. Klimt (Autriche); 4° L. Mestrovic (Autriche); 5° A. Vancini (Italie); 6° Victor Rousseau (Belgique); 7° P. Szinyei-Merse (Hongrie); 8° E. Tito (Italie); 9° A. Zorn (Suède); 10° Zuloaga (Espagne).\n\nCinq prix de 4,000 francs ont été attribués à MM. 1. Max Burri; 2. Keiren Imao; 3. E. Laermans; 4. H.-W. Mesdag; 5. Halfden-Strom.\n\nLe jury a en outre attribué à la gravure en médailles trois prix de 4,000 francs et quatre de 500 francs; au Blanc et Noir, cinq prix de 4,000 francs, dont l'un à M. F. Khnopff, et vingt de 500 francs.\n\nLes écrivains belges qui désirent concourir pour le prix institué par M. Beernaert ne devront pas perdre de vue que la première période du concours sera close le 31 décembre courant.\n\nCe prix de mille francs, fondé pour encourager la littérature belge de langue française, sera attribué à l'auteur belge ou naturalisé qui aura produit l'œuvre la plus remarquable, sans distinction de genre ou de sujet, au cours des années 1910 et 1911.\n\nDe Paris :\n\nLa troisième séance de la Musique à travers les poètes et les âges, consacrée à la Renaissance, valut à M. Engel et à Mme Bathori-Engel un succès égal à celui qui les accueillit aux deux premiers concerts. Chansons à 3 et 4 voix de Boesset et de Baif mises en musique par M. Reynaldo Hahn, chansons populaires régionales harmonisées par M. E. Vuilleminoz, pages lyriques d'A. Roussel, M. Ravel, Marcel Labey, A. Gruz, G. Enesco, etc. sur des poèmes de Ronsard, de Marot, de Malherbe et autres composés, avec le recit de Walter de Stolzing Am stillen Herd délicieusement chanté par M. Engel, un programme attrayant que couronneront les trois enouvants poèmes de Tris an Lhermyte\n\nTAPIS D'ORIENT\n\nDALSÈME 2, RUE LEOPOLD, 2 BRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18 RUE SAINT-MARO ET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION\n\nmis en musique par Debussy et dont Mme Bathori fit valoir avec un talent supérieur l'éloquente beauté, a nsi que d.s fragments du Roi malgré lui de Chibrier.\n\nDans un intermède, M. Georges Pitsch interpréta avec un goût parfait une Pavane et une Chanson de Louis XIII de Couperin, ainsi qu'une transcription de la Pavane pour une Infante défunte de Maurice Ravel.\n\nMme Georgette Leblanc-Maeterlinck s'embarquera mercredi prochain à Cherbourg, à bord de l'Olympic, pour New-York. Elle chantera à l'Opéra de Boston le rôle de Mélisande dans le drame lyrique de M. Debussy et jouera le même rôle dans la version originale de Maeterlinck, avec la musique de scène et d'entr'actes composée par M. Gabriel Fauré. Elle donnera en outre une représentation de Monna Vanna et fera une conférence dans laquelle elle analysera Pelléas et Mélisande en confrontant le texte de Maeterlinck avec l'émoquante partition, si expressive et si fidèle, dont l'a commentée le compositeur.\n\nUn comité est en formation dans le but d'élever un monument à Eugène Carrière. MM. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts, et Auguste Rodin en ont accepté la présidence d'honneur. Le monument sera exécuté par ce de nier, assisté de M. Jules Desbois.\n\nM. Arsène Alexandre a, dans le Figaro, justement attiré l'attention sur la très intéressante Bibliothèque d'art et d'archéologie fondée par M. Jacques Doucet dans une dépendance de son hôtel de la rue Spontini et qui n'est connue que de quelques artistes, bien que l'accès en soit hospitalièrement accordé à tous ceux — écrivains, critiques, peintres, professeurs, etc. — qui souhaitent y faire des recherches.\n\n« Il y a là, dit M. Arsène Alexandre, de soixante-dix à quatre-vingt mille volumes et albums représentant, en exemplaires précieux, introuvables souvent, tout ce qu'il a paru, depuis trois siècles, de typique et d'attachant sur l'histoire de l'art.\n\nCet ensemble formidable, cet instrument de travail unique à Paris et tel qu'on ne le trouve que par chapitres épars dans les grandes bibliothèques de France et de l'étranger, c'est M. Jacques Doucet qui l'a mis à la disposition du public, — ou, plus exactement, de ceux qui sont chargés de faire l'instruction du public.\n\nOn rencontre là l'élève de l'Ecole du Louvre à côté de M. René Piot qui vient se documenter pour quelque décor du théâtre des Arts; l'historien à côté de l'amateur de belles choses; le vieil érudit à côté du jeune chercheur. C'est un lieu de travail parfait, complet, exquis, et, encore une fois, ouvert à tous ceux qui ont un titre à y venir contribuer à l'œuvre de beauté et de savoir universel.\n\nIl importait de signaler le geste si généreux et si fraternel de l'homme qui a établi, à la porte même de la maison où sont rassemblés des incomparables trésors d'art, la discrète et féconde officine du mieux connaître et du mieux comprendre. »",
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     "texte": "LIBRAIRIE NATIONALE D'ART ET D'HISTOIRE\n\nG. VAN OEST & Cie\n\n16, place du Musée, BRUXELLES.\n\nVient de paraître :\n\nDans la Collection de l'Art belge au XIXe siècle\n\nLes Peintres Animaliers\n\nPAR GEORGES EEKHOU\n\nDans le présent ouvrage, M. G. Eekhoud s'occupe des Peintres Animaliers belges du XIXe siècle. Dans l'introduction il trace un rapide et substantiel historique du genre, et donne aux Verwée, aux Stevens et aux Stobbaerts, Jacques Jordaens pour principal ancêtre. Un premier chapitre s'occupe ensuite des peintres d'animaux au commencement et jusque vers le milieu du XIXe siècle. Le corps de l'ouvrage est pris par Stevens, Jan Stobbaerts, Alfred Verwée et Charles Verlat, qui font chacun l'objet d'un chapitre tout entier. En un dernier chapitre il traite des animaliers contemporains.\n\nL'ouvrage forme un beau volume in-8e illustré de 40 planches hors texte, en typogravure, d'après les œuvres maîtresses des artistes traités dans ce travail.\n\nPrix de l'ouvrage : 5 francs.",
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     "texte": "# Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES  \nTéléphone 1947\n\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture, la gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\n---\n\n## Mlle M. PEUSSENS\n\navise sa très élégante clientèle qu'elle a transféré ses ateliers et salons d'essayage\n\nRue du Gouvernement - Provisoire, 12\n\nA cette occasion, elle a créé des modèles aussi nouveaux qu'élégants et réuni un magnifique assortiment des tissus dernière nouveauté de Paris.\n\n---\n\n## L'Art et les Artistes\n\nRevue d'Art ancien et moderne des Deux-Mondes  \nDirecteur-Fondateur : Armand DAYOT.  \nSecrétaire : FRANCIS DE MIOMANDRE.\n\nAbonnement. — France : 20 francs ; Étranger : 25 francs.  \nLe numéro : France, 1 fr. 75 ; Étranger, 2 fr. 25.\n\nDIRECTION ET ADMINISTRATION :  \n23, Quai Voltaire. — PARIS\n\n---\n\n## MERCURE DE FRANCE\n\n26, RUE DE CONDÉ, PARIS\n\nParait le 1er et le 15 de chaque mois et forme dans l'année six volumes.\n\nLittérature. Poésie. Théâtre. Musique. Peinture. Sculpture. Philosophie. Histoire. Sociologie. Sciences. Voyages. Bibliophilie. etc.\n\nPrix du numéro : France, 1 fr. 25; étranger. 1 fr. 50  \nAbonnement annuel : France, 25 francs; étranger, 30 francs.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS  \nL'Encre à écrire indélébile  \nBLUE-BLACK Van Loey-Noury  \nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\n---\n\n## Fabrique de cadres pour tableaux.\n\nCh. XHROUET  \n145, chaussée d'Ixelles, Bruxelles\n\nCadres de tous styles et d'après dessin pour tableaux aquarelles, pastels, etc.\n\nLe plus grand choix du pays. — Prix modérés\n\n---\n\n## E. DEMAN, Libraire-Editeur\n\nRUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\n\nÉditions d'Art. — Œuvres de J. BARBEY D'AUREVILLY, MALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIE ROPS, etc.\n\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.  \nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS  \nCommission, Achat, Expertises, Direction de ventes publiques.\n\nSalle d'Exposition\n\n---\n\n## LE PASSANT\n\nGazette hebdomadaire illustrée et fantaisiste.\n\nDIRECTEURS : PIÉRARD et BLANDIN\n\nBUREAUX : 40, Galerie du Commerce. Bruxelles.\n\nABONNEMENT : Belgique 7 fr. 50; Étranger 12 francs.\n\nA partir du 1er Janvier 1912, l'abonnement sera porté à 10 fr. 50.\n\n---\n\n## S. I. M.\n\nREVUE MUSICALE MENSUELLE  \nFONDÉE PAR LA  \nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE  \n(Section de Paris.)\n\nDirecteur : J. ÉCORCHEVILLE\n\nLe numéro : France et Belgique, 1 fr. 50.  \nUnion postale, 2 francs.\n\nAbonnements : { Étranger, 20 francs par an.  \nFrance et Belgique, 15 francs.\n\nRédaction et Administration : 22, rue St-Augustin  \nPARIS\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderis 12-14.\n\n---\n\nBruxelles — Imp. V - MOMMEN, 32, rue de l'Industrie",
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