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     "texte": "TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. N° 8. 25 FÉVRIER 1912.\n\nL'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\nSOMMAIRE\n\nHommage à Pierre Quillard (à suivre) (ANDRÉ FONTAINAS). — Régionalisme ou Internationalisme (OCTAVE MAUS). — Les Livres : Les Frères Karamasov; Nos Directions; Lettres de jeunesse à Henri Van-deputte (FRANCIS DE MIOMANDRE). — Musicologie; Musique d'autrefois et d'aujourd'hui (O. M.). — Au théâtre de la Monnaie : Rhéan (CH. V.). — Publications d'art : Mort de l'amour (F. H.). — Chronique théâtrale : Le Quant à soi; les Nanfragés; le Marchand de Bonheur ; Saint Genest (GEORGES RENCY). — Memento musical. — Petite chronique.\n\n---",
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     "texte": "Hommage à Pierre Quillard.\n\nLa vie de Pierre Quillard participe à la fois de tendances qu'on estime trop souvent, à tort, contradictoires. Il sut éveiller et maintenir par la parole et par l'exemple d'effectives énergies, en même temps qu'à l'aide des fictions et des créations subtiles de son cerveau, il réalisait de purs poèmes, dont la signification hautement symbolique atteste la grandeur réfléchie et désabusée de son intelligence, de ses sentiments et de sa pensée. Jamais il ne se fût écrié, à l'instar de Charles Baudelaire :\n\nCertes, je sortirai, quant à moi, satisfait,\nD'un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve,\n\nmais il fournit la démonstration durable et solide que le rêve et l'action s'exaltent admirablement l'un par l'autre et peuvent se fournir un appui vivifiant et réciproque.\n\nPeu nombreuses, dans les dernières années, s'étaient faites les circonstances où Pierre Quillard consentait à délaisser le bon combat quotidien, à laisser tomber de ses mains l'épée et la pioche, et à reprendre la lyre du chanteur. Il s'était penché trop avant sur le gouffre des misères sociales, et avait compati de trop près à la souffrance universelle. Il sentait bien aussi que les indignations et les enthousiasmes, comme les siens féconds, ingénus et désintéressés, sont infiniment rares, et que, pour ébranler la lourde masse des iniquités et des tyrannies, il est nécessaire, à toutes les persévérances, à toutes les obstinations, de s'unir pour se fortifier.\n\nNéanmoins il se plaisait toujours à ouvrir d'un large et bienveillant accueil les portes du jardin enchanté où médita son adolescence merveilleuse. Quand un nouveau survenant franchissait le seuil et gagnait l'ombre apaisante des allées, il lui adressait des paroles doctes de bienvenue, le conduisait avec d'aimables gestes vers les charmilles ou vers les treilles, l'encourageait doucement à s'abreuver aux sources salutaires et à laisser son âme candidement chanter.\n\nL'indulgence surprenante des chroniques qu'il donnait au Mercure de France provenait du respect qu'il portait à toute œuvre de poésie sincère, quelles qu'en fussent la valeur définitive et l'inspiration, pourvu toutefois que l'auteur ne lui parût pas se méprendre sur la suprême destination, sur la nécessité absolue de l'art idéal et incorruptible; mais il montrait une rigueur impitoyable contre la très dangereuse erreur esthétique dans laquelle sont plongés les soi-disant poètes qui prétendent répandre par leurs chants un enseignement direct et immédiat, pour ceux, d'une façon plus générale, qui s'ingénient à remplacer dans leurs vers l'instinct musical, la connaissance approfondie du vocabulaire, l'invention",
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     "texte": "58\n\nL'ART MODERNE\n\ndes images, par un étalage plus ou moins déclama- toire de sentiments traditionnels ou patriotiques, destinés à voiler l'indigence de la pensée et l'insuf- fisance de la forme.\n\nJamais Pierre Quillard n'a renoncé à poursuivre ses lectures et ses travaux d'érudit. Nul n'était plus pro- fondément instruit, plus sereinement épris, dans le détail, de toutes les œuvres les plus illustres et les plus secrètes que le génie hellène ait proposées à notre admiration. Quand il lui fut donné d'aborder, pour la première fois, au Pirée, de gravir le rocher de l'Acro- pole, de pénétrer parmi les ruines du Parthénon, frémissantes des outrageuses spoliations que leur infligèrent honteusement des Barbares occidentaux, ce fut, en réalité, la patrie impérissable de sa raison et de ses désirs intellectuels dont il reconnaissait, débordant de joie et d'extase sacrée, les monuments glorieux et les sites pressentis.\n\nDès 1888, il avait publié, en collaboration avec M. Marcel Collière, une Étude phonétique et mor- phologique sur la langue de Théocrite dans les Syracusaines, qui assura aux jeunes auteurs l'atten- tion et le suffrage des plus réputés hellénistes; ce furent, ensuite, les traductions, claires, habiles et pré- cises de l'Antre des Nymphes, de Porphyre, et du Livre de Jamblique sur les Mystères; en outre, prose infiniment nuancée et délicate, les Lettres rus- tiques de Claudius Ælianus Prenestin, traduites du grec en français par Pierre Quillard, illus- trées d'un avant-propos et d'un commentaire latin, gracieux délassement, aimable jeu d'esprit auxquels le traducteur dédia quelques-uns de ses loisirs, durant qu'il habitait Byzance. Une version harmonieuse, ardente et cependant littérale, du Philoktétès de So- phocle fut, à l'Odéon, en novembre 1896, admirable- ment interprétée par Mme Segond-Weber. Il donna encore quelques fragments d'auteurs peu connus : Iôn de Khios, Phœnix de Kolophôn, Théognis l'Historien, Kharès de Mytilène, textes recueillis et conservés par Plutarque ou par Athénée dans ses Deipnosophistes, et, enfin, en 1900, la « traduction littérale, accompa- gnée de notes » des Mimes d'Herondas, où sont dépeints, selon la malicieuse assertion de la dédicace à Octave Mirbeau, « quelques honnêtes gens d'après l'antique ».\n\nQuillard travaillait, de plus, à une transposition, qui eut été authentique, des Comédies d'Aristophane; quelques parties de ce gigantesque labeur ont été termi- nées et verront le jour; et un éditeur lui avait com- mandé une Saphô pour une édition de luxe illustrée.\n\nIl est temps de remarquer à quel point la langue qu'écrivit partout Pierre Quillard est une langue pleine, sonore, souple et nombreuse. La puissante métaphore anime d'images la phrase robuste et vivace qui chante; l'hyperbole échauffe, en souriant, son geste; l'allusion y introduit un peu de mystère et de songe à demi voilé. De telles qualités de noblesse et d'harmonie subtile forment, avant toute autre, la substance de ses vers. Quand la première Pléiade, dans son numéro d'avril 1886, publia la Fille aux mains coupées, mystère, que, cinq ans plus tard, délicieusement porta à la scène le Théâtre d'Art, la surprise et la joie furent unanimes de découvrir en Pierre Quillard un poète de la lignée souveraine et savante, de qui le rêve n'éclôt pas en balbutiements hasardeux, et de qui la pensée n'est ni hésitante ni futile.\n\nDes précisions de décors, de mouvements et de gestes sont indiquées dans une ample et magnifique prose, d'où s'élèvent les rythmes touffus du rêve, de la détresse ou de l'espoir : la jeune fille agenouillée prie, les yeux tournés vers le Christ, et elle écoute comme en elle-même un choeur d'anges qui repousse l'adoration des immaculées avant qu'elles aient vécu, leur ferme « les cieux songés, les jardins semés d'étoiles, » annonce à son esprit déjà troublé la venue prochaine d'Eros, que le Rédempteur a laissé reverdir, seul d'entre les Maudits, en lui donnant pour royaume la Terre :\n\nImmortelle, la soif des lèvres vous altère,\nEt l'enfer des baisers vaut notre Paradis.\n\nLa jeune fille, inquiète, invoque en vain le secours de la Vierge Marie; son père, guerrier brutal, alors survient, la surprend, couvre ses mains de caresses incestueuses. Prise d'une frénétique horreur, elle s'est enfuie, rencontre le Serviteur qui fourbit les glaives, et, si impérieusement qu'il obéit, lui intime l'ordre de saisir l'épée purificatrice et de lui trancher les mains. Le Père fait entrer la Jeune Fille dans une nef qu'il livre, sans rames ni voilures, à la mer flagellée par l'âpre vent du nord, mais la nef n'est pas engloutie, la jeune fille dans l'extase croit aborder aux rives du Paradis, cependant que s'épanouit « la fraîcheur blonde de ses mains ressuscitées », que, aux sons d'hymnes étranges, des enfants font cortège, et que s'unit à Elle, dans l'enchantement et dans l'enthousiasme, le Poète-Roi à qui, depuis toujours, elle fut prédestinée.\n\nLa conception philosophique qui dominera l'œuvre du poète apparaît, avec toute sa netteté, dans l'argu- ment de ce mystère. Quiconque, par le désir de son cœur ou de son cerveau, vole, comme il dit,\n\ndans les splendeurs et les accords\nFaits de flamme subtile et de claire harmonie,\n\nla vie terrestre le violente, le torture implacablement avec ses réalités grossières, mais il n'importe! s'il se conserve altier, et évite le dégoûtant contact des brutes orgueilleuses et malfaisantes; même s'il meurt, selon",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n---\n\nles apparences, vaincu et écrasé, son rêve n'aura pas fleuri en vain : il s'ajoute magnifiquement à la somme des autres rêves dont la vertu rédemptrice exalte et magnifie notre humanité.\n\nIl n'oppose pas seulement aux turpitudes coutumières de l'existence la beauté du songe et de la pensée ; il s'enquiert des destinées futures de la race, il se fonde sur ce que l'histoire a débrouillé des ténèbres du Passé pour prévoir que, de l'héritage promis par les penseurs et les poètes, sortira un jour le monde pacifié, fraternel et confiant, dont ses espérances d'homme d'action lui font, dans l'avenir, pressentir la lente ascension. Tout ce qui fut aimé et admiré prépare de la sorte la naissance des temps nouveaux, quand un interprète divin, quand un chanteur a revêtu son rêve de l'immortelle splendeur des rythmes et des images. Que ce soit Homère, que ce soit Ronsard, Goethe ou Hugo, l'univers s'emplit du frémissement fatidique de leur inspiration ; tout s'élabore et se constitue dans ce qu'il nomme enfin, titre éclatant à son recueil de poèmes : *la Gloire du Verbe*.\n\nANDRÉ FONTAINAS\n\n*(La fin prochainement.)*\n\n---",
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     "texte": "## Régionalisme ou Internationalisme?⁽¹⁾\n\nLes grandes forces de la pensée subissent les courants universels qui en modifient l'orientation. Nous ne pouvons que constater ces variations sans tenter le stérile effort de les diriger. Autant vouloir gouverner le vent ou interrompre les marées.\n\nDes artistes illustres, en Hollande comme ailleurs, ont alimenté leurs énergies créatrices au seul spectacle des scènes familières qui se déroulaient sous leur toit. D'autres ont éprouvé la hantise du voyage, de l'inconnu, des continents et des îles lointaines. Affaire de tempérament. Mais ceux-ci furent-ils moins grands que ceux-là ?\n\nOn ne peut nier l'effet salutaire des influences locales sur la production artistique. Comme les arbres, comme les plantes, l'art est fécondé par les sucs du sol dans lequel il a germé. Exaltation de la vie, il subit les lois naturelles qui règlent le développement organique. A un jeune peintre qui lui annonçait son départ pour l'étranger à la recherche du « motif », Courbet dit brutalement : « Vous n'avez donc pas de pays, vous ? »\n\nIl n'en est pas moins certain que l'éducation de l'œil, comme celle de l'esprit, serait incomplète si elle demeurait limitée à un cycle restreint de sensations. Un artiste véritable gardera sa personnalité quelle que soient les spectacles offerts à ses yeux. Van Dyck fut-il moins lui-même en Italie qu'en Flandre, en Angleterre qu'en Italie ? Et pour prendre des exemples plus proches, les voyages à l'étranger ont-ils empêché Delacroix de rester fidèle à la tradition française, Turner à celle de l'art britannique? Corot en Italie, Claude Monet en Hollande et à Londres ont-ils perdu quoi que ce fût de leurs dons divins ?\n\n⁽¹⁾ Réponse à une enquête ouverte par la Gazette de Hollande.\n\n---\n\nRemarquez que maintes fois les peintres trouvent dans certains pays ou au contact de tel ou tel maître la source d'une exaltation qui développe et magnifie leurs sensations. L'Espagne et Velasquez n'ont-ils pas révélé Manet à lui-même ? Que serait devenu Van Gogh ailleurs que sous l'éclatant ciel de Provence ? Et Gauguin, s'il n'avait découvert dans les îles du Pacifique la nature vierge qui fit éclore sa puissante personnalité et détermina son épanouissement définitif ?\n\nQue des natures faibles sombrent sous certaines influences trop servilement ressenties, peu nous importe. Ceux-là seuls comptent, parmi les artistes, qui ont assez de ressources en eux-mêmes pour n'imiter personne. Qu'ils restent prisonniers du régionalisme ou qu'ils explorent les contrées lointaines, qu'ils étudient les écoles étrangères ou qu'ils les ignorent, ils accompliront leur destinée. Car s'ils ont une parcelle de génie, ils créeront de la beauté où que le hasard les ait conduits, quels que soient les éléments mis par le sort entre leurs mains. De la comparaison de leurs interprétations avec celles des maîtres étrangers, du spectacle des efforts tentés ailleurs naîtra toutefois un renouvellement salutaire des formes et des procédés. L'évolution esthétique est incompatible avec un régionalisme étroit.\n\nOCTAVE MAUS\n\n---",
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     "texte": "## LES LIVRES\n\n*Les Frères Karamazov*, drame en cinq actes d'après Dostoevski, par Jacques Copeau et Jean Croué (1).\n\nJe ne pense pas que beaucoup de lecteurs de l'Art moderne n'aient point vu jouer les Frères Karamazov qui fut, sans contredit, la plus belle pièce représentée à Paris depuis longtemps. Mais je ne pense pas non plus que de l'avoir vu jouer soit une raison pour ne pas la lire. Car la prose de cette interprétation française a une qualité si forte qu'il convient de s'en rendre compte d'un peu plus près qu'à la scène. Non pas que la scène nuise à cette langue qui est, au contraire, admirablement de théâtre, faite pour le plateau, portant à forte distance et articulée avec une science extraordinaire des ressources de la diction comme celles de la syntaxe. Mais le sujet karamazovien est si riche qu'à en suivre seulement les événements, extérieurs et psychologiques, on risque de ne pas faire assez attention au langage des acteurs; ou, plus exactement, on ne l'apprécie qu'en fonction de leur jeu, ce qui est d'ailleurs d'une excellente économie scénique et concourt merveilleusement à l'effet synthétique que doivent produire les éléments de la pièce : mimique, décors, développement de l'action, diction, etc.\n\nMais je veux dire simplement que la prose de MM. Jacques Copeau et Croué mérite d'être examinée à part. On sera frappé, si on entr'ouvre seulement le livre, des qualités organiques, vivantes, qu'elle possède. Comme écrivain, je demeure étonné d'une alliance aussi étroite entre la plus irréprochable écriture et le plus parlé des langages : chaque réplique ramasse en elle, de par la volonté des auteurs, plusieurs moments psychologiques, épars dans le roman original, et trouve moyen de les assimiler et de les résorber à tel point qu'il semble naturel, fatal, que l'acteur parle ainsi, entraîné par le mouvement où le poussent ses propres sentiments et ceux de ses partenaires.\n\n⁽¹⁾ Paris, édition de la Nouvelle Revue Française.",
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     "texte": "60\n\nL'ART MODERNE\n\nCertes, cette langue, que je trouve si parfaite, doit l'essentiel de sa vitalité a ceci : qu'elle fait étroitement corps avec le développement — je le répète — organique de la pensée. Et l'admirer, c'est encore admirer l'intuit on extraordinaire avec laquelle les auteurs ont reconstruit, restitué Dostoïevski.\n\nJ'évite à dessein, lorsque je parle de cette adaptation, les mots tels que : adresse, habileté, etc. Car le talent ici va beaucoup plus loin ; il est fait de compréhension psychologique et d'amour. A mon avis, et pour tant de qualités, les Frères Karamazov sont une pièce plus originale, certes, que bien des pièces qui ne doivent rien qu'à l'imagination de leur auteur. Dans cette inépuisable matière qu'est l'œuvre de Dostoïevsky, MM. Copeau et Croué ont puisé, mais comme ils l'auraient fait à même l'expérience de la vie et leur part : construction des caractères, développement de l'action et conflit des sentiments au point de vue théâtral, langue, etc., demeure la même. Ainsi, c'est en respectant le plus profondément, le plus servilement Dostoïevski, qu'a été atteinte la plus vive originalité.\n\nNos Directions, par Henri Ghéon (1).\n\nC'est vrai qu'il est inutile de préméditer un livre de critique, mais il est impossible également qu'un écrivain d'une culture solide et de principes arrêtés sur certains sujets ne s'aperçoive pas, lorsqu'il réunit ses études, qu'elles se réfèrent à des idées générales précises. Ce que je reprocherais à M. Henri Ghéon, ce seraient ces idées précisément : problème du « classicisme », problème d'une renaissance lyrique de théâtre, problème du rythme dans la poésie.\n\nJe me permets de m'écarter du point de vue où se place M. Ghéon. A mon avis, il n'est pas de problème littéraire, surtout lorsqu'il s'agit de poésie. Il y a des œuvres, et l'origine spirituelle de ces œuvres, si on pouvait la saisir et l'étudier, nous éloignerait de plus en plus de toute idée de problème.\n\nMais je trouve excellente la façon dont M. Henri Ghéon conduit ses arguments. C'est un analyste d'une perspicacité aiguë, capable de démontrer avec la dernière finesse les rouages les plus délicats d'une pensée. Ainsi ses pages sur M. Rostand. Ainsi, dans une tout autre vue, son explication de l'Echange de M. Paul Claudel. Sa dialectique est d'une surprenante adresse, une de ces adresses inconscientes comme en ont les gens très convaincus qui veulent vous convaincre. Ce qu'ils omettent, c'est par oubli. Sa langue est souple, précise, exacte, abstraite quand il le faut et imagée jusqu'à la poésie, quand il le veut (par exemple les pages sur les Ballets russes). C'est un remarquable critique et je ne regrette qu'une chose c'est de ne point partager ses principes. Je seris fier de défendre mes idées avec ce talent. Avec le mieux seul, je ne m'y risquerai jamais.\n\nLettres de jeunesse à Henri Vandeputte, par Charles-Louis Philippe 2).\n\nCes lettres, à une première lecture, en livraisons de la revue, m'avaient fortement déplu. Sans doute la gêne qu'elles m'avaient causée n'était-elle que de surface, car elle disparut en grande partie à une seconde lecture, — en livre. Et j'en suis heureux, car cela m'avait dissimulé l'émotion, souvent pathétique, qu'elles contiennent. Certaines sont absolument déchirantes. Il y\n\n(1) Paris, édition de la Nouvelle Revue Française.\n2) Idem.\n\navait en lui un côté primaire et primaire homme de lettres assez désobligeant, agressif même parfois. Mais il y avait aussi un homme tendre, tendre souvent jusqu'à la jobardise (son aventure avec la petite Marie), un enthousiasme non livresque pour les livres, une ardeur enfantine, un sens profond de la douleur. Et puis, il aimait beaucoup Max Elskamp, et je pardonne tout à quelqu'un qui aime Max Elskamp!\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE",
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     "texte": "MUSICOLOGIE\n\nMusique d'autrefois et d'aujourd'hui, par Jean Marnold. Paris. Dorbon aîné.\n\nSi l'on peut ne pas souscrire à toutes les opinions esthétiques de M. Jean Marnold, il faut lui reconnaître, avec une très réelle compétence musicale, une indépendance de pensée et une sincérité d'appréciation qui marquent sa critique d'un caractère nettement tranché. Incisifs, ironiques, appuyés sur une dialectique serrée qu'alimente une sûre érudition, ses jugements échappent aux compromissions coutumières, au chèvrechoutement dans lequel se complaisent les musicographes soucieux de se ménager des influenc s.\n\nSes chroniques du Mercure de France, qui viennent d'être réunies en volume, attestent cette constante droiture. On y trouvera des pages remarquables sur quelques-uns des compositeurs de jadis et d'aujourd'hui. Monteverdi, Rameau, Schubert, Beethoven, Weber, Liszt, Schumann voisinent avec Richard Strauss, Debussy, Ravel, au hasard de l'actualité. Et tels chapitres de ce livre très documenté : L' « Orfeo » de Monteverdi, Alceste, Jean-Philippe Rameau, le Rythme et la Musique espagnole, d'autres encore, dépassent de beaucoup la portée d'une simple chronique musicale. C'est avec raison que M. Jean Marnold les a sauvés de l'oubli où tombent nécessairement les pages éphémères des périodiques.\n\nOn consultera avec fruit Musique d'autrefois et d'aujourd'hui, qui éclaire quelques phases de l'histoire de la musique.\n\nO. M.",
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     "texte": "AU THÉÂTRE DE LA MONNAIE\n\nPremière représentation de Rhéna, drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux, paroles de M. Michel Carré fils, musique de M. Jean Van den Eeden.\n\nCette première d' « auteur belge », comme on a coutume de dire en Belgique, a été un beau succès à l'actif du musicien quelque peu oublié qu'était M. Van den Eeden, le directeur du Conservatoire de Mons.\n\nSuccès de bon aloi, certes : car Rhéna appartient à cette catégorie d'œuvres dans lesquelles on trouve un maximum de conscience et de probité artistiques uni à une science sûre et à une inspiration qui, sans être très originale et de nature transcendant, n'en est pas moins dénuée de toute vulgarité et de tout esprit d'arrivisme.\n\nLe filtre de M. Carré est fort bien fait. Son principal mérite consiste dans le développement ingénieux du conflit intérieur qui se passe dans l'âme d'un prêtre tenu par le secret de la confession et qui a toutes les raisons du monde pour le trahir. Pourtant l'héroïsme triomphe chez lui et il se voue à la mort plutôt que de renoncer à faire son devoir jusqu'au bout. La belle Rhéna joue un rôle de premier plan dans le drame : elle est l'élément indispensable sans lequel le conflit ne pourrait surgir ; mais, en réalité, le personnage le plus important est Don Gesnaldo, le prêtre.\n\nLa musique de M. Van den Eeden possède des qualités de jeunesse surprenantes pour un homme de sa génération et de son",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\n61\n\nâge. Il est beau de voir qu'un musicien de soixante-dix ans ait pu suivre à ce point la pente de l'évolution et se libérer de toutes attaches avec les conventions du passé.\n\nRhéna se conforme au type du drame lyrique entièrement détaché du découpage en « tranches » du vieil opéra; elle utilise dans une certaine mesure le leitmotiv, mais d'une façon moins impérative que dans l'œuvre wagnérienne.\n\nL'harmonie de M. Van den Eeden n'a pas encore perdu toute solidarité avec le concept antérieur à l'école franciste ou debus-syste, mais elle en use avec une grande liberté et sans s'effaroucher devant les dissonances et les modulations téméraires.\n\nLa thématique de Rhéna est souvent d'une invention charmante et atteint parfois, dans ses développements, à une réelle puissance, comme, par exemple, dans le troisième acte, qui est remarquable par son homogénéité et sa gradation. Le défaut principal de l'œuvre consiste dans la tension un peu trop constante de son lyrisme, à laquelle vient se joindre une certaine monotonie dans l'orchestration, qui est, à part cela, richement colorée et d'une belle solidité dans son ensemble.\n\nM. Corneil de Thoran conduit Rhéna avec rythme, vigueur et souplesse. L'interprétation individuelle est très soignée. Mlle Béral — n'était son hoquet et sa diction un peu pâteuse — joue et chante fort bien le rôle de Rhéna. M. Boulliez est un excellent Don Gesnaldo, M. Audouin un Falco plein de vie, et M. Billot un Raffaggiolo qui ne laisse rien à désirer. Chœurs bien disciplinés. Beaux mouvements de foule. Décors pris sur le vif (l'action se passe près de Naples) par M. Delescluze.\n\nCh. V.",
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     "texte": "PUBLICATIONS D'ART\n\nMort de l'amour, par Rouveyre. — Paris, éditions du Mercure de France.\n\nVoici un essai de rénovation xylographique tout à fait intéressant et curieux. Le texte en est entièrement de la main du graveur P.-E. Vibert et constitue un travail de réelle valeur. On se souvient de l'album de Rouveyre : le Gynécée, paru en 1909 au Mercure de France, composé par le même graveur, et qui fit du bruit dans les annales de l'imprimerie. Mort de l'amour n'est pas un ouvrage moins considérable et révèle en P.-E. Vibert un graveur original, d'un goût très averti. Les dessins de Rouveyre qui accompagnent ce texte artistique sont d'une âpre et déroutante personnalité; art paradoxal, inquiétant, sans voiles, mouvementé, impressionnant. L'album est agrémenté de quelques pages que Jean Moréas avait confiées à Rouveyre peu de temps avant sa mort; ce sont des pensées brèves et personnelles sur l'amour, des aphorismes, des notes concises, d'un style rapide et coloré. On ne pouvait joindre aux dessins de Rouveyre pages plus curieuses et plus savoureuses.\n\nBref, voilà un album qui fera les délices des bibliophiles et transportera de joie tous les amis de la vie intense, harmonieuse et claire.\n\nF. H.",
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     "texte": "CHRONIQUE THÉATRALE\n\nLe Quant à Sol. — Les Naufragés. — Le Marchand de Bonheur. — Saint Genest.\n\nLe vendredi 16 février a eu lieu, au théâtre des Galeries, la représentation des pièces primées au Concours dramatique du Soir. Belle salle : des ministres, le gouverneur, le bourgmestre, des représentants du Roi, une foule de littérateurs et d'artistes... Succès? Beu, heu!... Mais tout d'abord il faut féliciter le Soir de ses initiatives littéraires. Il pourrait imiter tant de journaux qui ne font rien pour nos lettres : c'est si facile et si peu coûteux!... Au moins, lui, il organise des concours, il publie un numéro de Noël que nos écrivains remplissent seuls; il s'apprête à publier, à l'occasion de son xxve anniversaire, une anthologie complète de notre littérature, depuis les temps les plus reculés. C'est quelque chose, au moins, et il est séant de lui en savoir gré.\n\nCeci dit, tâchons de formuler sur les pièces primées un avis que n'influenceront ni les éloges dithyrambiques des uns, ni les critiques excessives des autres. Dans les Naufragés, de M. Léon Sonnemans, il y a une idée dramatique, mais elle est traitée un peu longuement. Il s'agit d'une famille parisienne échouée, au Tyrol, vers le soir, sur une sorte de plate-forme, dans la montagne. D'abord père, mère et fils blaguent et raillent. Ils grognent un peu contre les difficultés du chemin, mais ils sont unis, heureux, bruyants, un peu agaçants même. Et, entre parenthèses, ils parlent un argot terriblement factice et déplaisant. Henri, le fils, s'éloigne pour visiter une grotte voisine. La nuit vient. Les parents prennent peur. Leur angoisse se change en fièvre, puis en folie. Leur fils est mort, sans doute; il est mort, sûrement, puisqu'il ne revient pas. Ils crient. Ils pleurent. Et la toile tombe sur cette désolation. Mieux faite, moins lente, cette pièce pourrait réussir au grand guignol.\n\nLe Quant à Sol, la pièce de M. F. Ch. Morisseaux, a un premier acte excellent, et deux autres qui ne valent pas le premier. C'est une adaptation moderne du Bourgeois Gentilhomme. Sous l'influence de son valet de chambre, l'étonnant Félix, M. Arthur Zup, rentier bruxellois, veut imiter la noblesse et patauge dans un ridicule énorme. Malheureusement, des souvenirs d'Arsène Lupin et de Mlle Beulemans viennent se mêler à cette amusante satire et font dévier la pièce. Quelques coupures, de-ci de-là, auraient cependant fait passer le morceau sans trop de douleur. Après le premier acte, le public était absolument conquis. Une malencontreuse scène de Kakebtockerie, au deuxième acte, jeta un froid. Il est acquis qu'on ne peut recommencer, même par fragments, le Mariage de Mlle Beulemans. Ses auteurs eux-mêmes le tenteraient en vain.\n\nM. Morisseaux, certes, a du talent, de l'esprit, de la verve : il ne pèche que par excès, il a voulu trop mettre dans sa pièce et il a abouti à une surcharge qui décourage la gaîté. Traité plus simplement, dans la note du premier acte, son sujet aurait fourni une comédie c-pable de courir une belle carrière.\n\nLes acteurs des Galeries ont fort bien joué ces deux ouvrages dans des décors superbes.\n\n* * *\n\nAux Galeries également, le Marchand de Bonheur, une autre pièce d'auteur belge, M. Henri Kistemaekers. Chose étrange : cette fois encore, ce qu'il y a de mieux dans l'œuvre, c'est le premier acte. Dans la loge de Monique Méran, grande vedette, nous voyons s'ébaucher trois drames dont le Marchand de Bonheur, René Brizay, le petit chocolatier, est le centre et le pivot. Ce jeune homme, trop riche et qui s'ennanie, veut faire le bonheur de tout le monde. Il fera celui de Monique Méran qui, pour lui, quittera un ami, Barroy, le jeune premier classique, infatué de soi, mais en qui la douleur de cet abandon réveillera une conscience. Il fera celui de Ginette Dubreuilh, une humble figurante, à qui il préférera un hôtel, des toilettes, des bijoux. Il fera enfin celui de Jacques Ferrier, un ingénieur, inventeur d'un nouvel aéroplane, à qui il permettra de réaliser ses rêves et de s'envoler dans l'espace. Mais Monique Méran est obligée de quitter le théâtre et est obsédée par la crainte que Brizay n'apprenne sa liaison avec Barroy. Mais Gilberte Dubreuilh est amoureuse de Brizay et horriblement jalouse de son amie Monique. Mais Ferrier trompe sa femme, qui souffre, et il finit par se casser le cou dans une chute qui termine le deuxième acte et qui secoue la salle d'un frisson rien moins que littéraire. Et tout le monde, à cause du Marchand de Bonheur, tout le monde est malheureux. Le paradoxe est moins faux qu'il ne paraît : il prouve, à tout le moins, qu'il faut faire la charité avec discernement. Il y a, dans l'œuvre de M. Kistemaekers, de très belles scènes que Mme Marthe Mellot et Paule Rolle, MM. Berry, Gildès et Francen interprètent avec le talent qu'on leur connaît.\n\nMais cette idée du Marchand de Bonheur, elle est dans Daudet, s'en souvient on?\n\n* * *\n\nAu Parc, où l'on prépare activement les Liens, la pièce de M. Gustave Van Zype, qui passera mercredi et qui promet d'être",
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     "texte": "62\n\nL'ART MODERNE\n\nun très grand succès, M. Reding a monté pour ses matinées littéraires le vieux Saint-Genest, le chef-d'œuvre de Rotrou. M. G. Dwelshauvers faisait la conférence préliminaire. Cette sombre tragédie n'a pas depuis : elle a de puissantes qualités et rappelle en certaines scènes Polyuecte qui lui est antérieure d'ailleurs de quelques années. Corneille appelait Rotrou « son père ». Ce n'était pas simple courtoisie et le terme est juste. Corneille a été plus haut et plus loin. Mais il fallait Rotrou entre lui et Hardy.\n\nLa vaillante troupe du Parc a fort bien joué ce drame un peu obscur et dont les vers sont parfois si tourmentés, si alambiqués même. Et l'on a beaucoup admiré la fidélité et le soin de la mise en scène.\n\nGEORGES RENCY\n\n---",
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     "texte": "**MEMENTO MUSICAL**\n\nPour rappel, aujourd'hui dimanche, à 2 heures, troisième concert du Conservatoire sous la direction de M. Tinel.\n\nLundi, 26, à 8 h. 1/2, à la Salle Erard, séance de musique ancienne par la section belge de la Société internationale de musique (groupe de Bruxelles). Au programme : des œuvres de Loeillet, J.-S. Bach, Françoer, D. Scarlatti, Pugnani et Mozart, exécutées par Mlle A. Koch, pianiste, à La Haye, et M. L. Angenot, violoniste, professeur au Conservatoire royal de La Haye.\n\nMardi 27, à 8 h. 1/2, à la Salle Nouvelle, récital Chopin par Miss Gladys Mayne.\n\nMercredi 28, à 8 h. 1/2, à la Salle Nouvelle, quatrième séance du Quatuor Zimmer (audition intégrale des quatuors de Beethoven). Au programme : quatuors op. 18, n° 6 (VIe), op. 132 (XVe), op. 59, n° 4 (VIIe).\n\nJeu di 29, à 2 h. 1/2, au Théâtre des Galeries, quatrième séance du Quatuor Capet. Au programme : quatuors de Beethoven op. 127 (VIIe), op. 135 (XVe) et op. 131 (XVe). — A 4 h., deuxième séance d'orgue (maîtres des xvi, xvii, xviii et xix siècles), par M. Jongen. — A 8 h. 1/2, Salle Mercelis, représentation de gala au bénéfice de l'Association pour l'amélioration des logements ouvriers (tableaux vivants et musique) sous la direction de M. F. Khnopff et E. Closson : Les Cours du XIXe siècle d'après Richter, Thomas, Winterhalter, etc. Ce spectacle sera répété le 2 mars à 8 h. 1/2 et le 3 mars à 3 h.\n\nSamedi 2 mars, à 8 h. 1/2, à la Scola Musicæ 90 rue Gallait concert donné avec le concours de MM. d'Archambeau, Strauwen et F. Charlier, des chœurs et lauréats de l'École.\n\nDimanche 3 mars, à 2 h. 1/2, à l'Alhambra, cinquième Concert Ysaye sous la direction de M. Max Schillings et avec le concours de M. Emil Sauer. Au programme : Eine Lustspiel-ouverture Max Reger), Symphonie pathétique (Tschaikowsky), Concerto en mi bémol pour piano et orchestre (Liszt), Entr'acte d'Ingweld et Das Erntefest de Moloch (Max Schillings), pièces pour piano (Schumann et Chopin), ouverture du Carnaval romain (H. Berlioz). Répétition générale la veille, à 2 h. 1/2, à la même salle.\n\nLundi 4 mars, à 8 h. 1/2, à la Grande-Harmonie, récital de M. Mischa Elman. Au programme : Haendel, Bach, Beethoven, Bruch, Brahms, Tschaikowsky.\n\nMardi 5 mars, à 8 h. 3/4, au Cercle artistique, Concert Mozart sous la direction de M. Otto Lohse.\n\nMercredi 6 mars, à 8 h. 1/2, à l'École allemande, quatrième séance du Quatuor Chaumont avec le concours de M. Emile Bosquet. Au programme : quatuor en sol majeur de Mozart, quatuor op. 74 (n° 10) de Beethoven, quintette de Franck. — Même heure, à la Grande-Harmonie, concert de Mlle T. Serata, violoniste, et M. L. Uzielly, pianiste.\n\nSamedi 2 mars, à 8 heures, salle du Conservatoire à Liège, deuxième concert par l'Association des Concerts Debefve, avec le concours de MM. Mischa Elman, violoniste, et Ernest Charlier, hautboiste. Au programme : Schumann, Ravel, Gilson, Mendelssohn, d'Indy, Chabrier.\n\n---",
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     "texte": "**PETITE CHRONIQUE**\n\nLe gouvernement vient d'acquérir pour le Musée de Bruxelles à la vente Weber, à Berlin, un Portrait d'Hélène Fourment par Rubens et un Portrait d'homme par Philippe de Champagne.\n\nLe prince de Lichtenstein a envoyé de Vienne à l'Exposition des Miniatures quelques pièces choisies dans sa collection célèbre. On remarquera particulièrement deux petits portraits par Antonello de Messine, des œuvres du maître dit des « demi-figures », du maître de la Mort de Marie, etc.\n\nLe Salon de l'Art Contemporain, qui s'ouvrira à Anvers le 9 mars prochain, groupera, outre un grand nombre d'artistes belges, quelques peintres français parmi lesquels MM. Bernard Boutet de Monvel, René Ménard, Xavier Prinet, Ernest Laurent et Vuillard.\n\nAu cours du Salon de la Libre Esthétique, des auditions de musique moderne, en grande partie inédite, seront données le mardi à 2 h. 1/2 avec le concours des compositeurs P. de Bréville, J. Jongen, Poldowski, Th. Ysaye, de Mmes M. Demest et Marie-Anne Weber, de Mlle Marguerite Rollet, Th. Chaumont et Carry Ysaye, de MM. S. Austin, Sir A. Dean Paul, E. Bosquet, du Quatuor Chaumont, du Quatuor Zimmer, etc.\n\nOn sait l'intérêt qu'offrent ces séances par le choix des programmes et l'interprétation des œuvres.\n\nFaisant droit aux réclamations qui lui ont été adressées, le Comité de l'Association pour l'encouragement des Beaux-Arts de Liège a décidé qu'il y aurait au sein du jury du Salon triennal un délégué élu par les artistes exposants des deux Flandres et un autre délégué élu par les artistes exposants de la province d'Anvers, au lieu d'un seul délégué pour ces trois provinces. Les artistes exposants des provinces des deux Flandres et de la province d'Anvers sont instamment priés de tenir compte de cette modification dans la confection de leur bulletin de vote.\n\nLe Comité rappelle également aux exposants que le délai pour l'envoi des bulletins d'adhésion et des bulletins de vote expire le 17 mars. Le dépouillement des bulletins de vote se fera le lendemain.\n\nA partir du 4e mars il ne sera plus délivré de programmes du Salon ni de bulletins. L'assé ce délai, la liste d'inscriptions sera close. Les artistes désireux d'exposer et n'ayant pas encore reçu les documents nécessaires sont priés de s'adresser avant la date précitée au Secrétariat, 23 rue Bassenge, à Liège.\n\nLes exposants auront la faculté de soumettre au jury une œuvre ayant déjà été exposée à Liège dans un des Salons du Cercle des Beaux-Arts, de l'Œuvre des Artistes et du Journal de Liège.\n\nL'Union de la Presse périodique belge se réunira en assemblée générale statutaire aujourd'hui dimanche, à 11 heures du matin, au siège social, 3 bis rue de la Régence.\n\nM. Ernest Verlant, directeur-général des Beaux-Arts, fera jeudi prochain, à 8 h. 1/2, à l'Université Nouvelle (67 rue de la Concorde), une conférence sur Foppa, Borgognone et G. Ferrari.\n\nCette conférence, qui fait partie de la série des entretiens organisés par l'Université Nouvelle sur l'Art en Lombardie aux xve et xvie siècles, sera illustrée de projections lumineuses.\n\nOn nous signale le succès remporté récemment au Grand-Théâtre de Gand par la Bacchante, ballet mimosymphonique dû à la collaboration de MM. Duplessy et Ambrosiny pour le scénario, et Léon Delcroix pour la musique. Cette œuvre, à tendances toutes modernes, a quelque peu déconcerté les Gantois par sa nouveauté, mais les a charmés par la part d'imprévu qu'elle leur apportait. M. Delcroix, bien connu par sa musique de chambre, dont le public de la Libre Esthétique se rappelle la délicatesse et la distinction, a écrit pour la Bacchante une partition où se retrouvent ces mêmes qualités et, en outre, le coloris orchestral fin et léger que l'on a pu apprécier lors de l'exécution de sa symphonie aux Concerts Ysaye l'hiver dernier.",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nLa première représentation d'Edenia, le drame lyrique de MM. Camille Lemonnier et Léon Dubois, que nous avons annoncée dimanche passé, aura lieu au Théâtre Lyrique d'Anvers le jeudi 7 mars prochain.\n\nM. Jacques Durand, éditeur de musique à Paris, vient d'être nommé chevalier de l'Ordre de Léopold II. Tous ceux qui ont été en contact avec lui connaissent sa bonne grâce, sa courtoisie, son esprit d'initiative et sa culture musicale. Ils se réjouiront d'une distinction d'autant plus justifiée que parmi les compositeurs édités par M. Durand figurent plusieurs musiciens belges, au premier rang desquels M. Joseph Jongen.\n\nLe Passant annonce la publication prochaine d'un album de luxe, format in-folio, renfermant environ 50 planches choisies parmi les plus belles compositions parues depuis sa fondation et tirées en couleurs sur Japon à grandes marges. L'albun du Passant, auquel collaborent MM. Blandin, Dom, Ensor, de Feure, J. Gaspar, Hevenbrok, Langaskens, M.-H. Meunier, Navez, Oleffe, Paulus, Rassenfosse, Smeers, Sys, Swyncop, H. Thomas, F. Toussaint, R. Wouters, etc., est mis en souscription à 50 francs l'exemplaire. Adresser les demandes à M. R. Havermans, 40 Galerie du Commerce, Bruxelles.\n\nDe Paris :\n\nUne importante nouvelle artistique encore inédite : Mme Trouhanowa, qui s'est signalée à l'attention par maintes initiatives intéressantes dans l'art de la danse, a composé, sous les auspices du Théâtre des Arts et avec le concours des principaux collaborateurs de M. Rouché, un spectacle d'un exceptionnel intérêt qui sera donné au Châtelet le 20 avril en matinée, le 22 en soirée.\n\nLe programme se composera de la Péri, le ballet de M. Paul Dukas que des circonstances fortuites empêchèrent de représenter l'an dernier au cours de la Saison russe, d'Istar, poème symphonique de M. Vincent d'Indy adapté pour la première fois à la scène, de Salomé, mimosymphonie de M. Florent Schmitt, et de Paméla, chorégraphie réglée sur les Valses nobles et sentimentales de M. Maurice Ravel.\n\nC'est M. René Piot qui composera le décor et le costume de la Péri. Ceux d'Istar seront l'œuvre de M. Georges Desvallières. MM. Maxime Dethomas et Jacques Dréa ont été chargés respectivement de Salomé et de Paméla.\n\nPrélude de la grande saison annuelle du Châtelet, ce spectacle est appelé à un très grand retentissement.\n\nMme Georgette Leblanc-Maeterlinck est revenue des Etats-Unis à bord de la Provence, qui a abordé au Havre jeudi dernier. Elle n'a fait que traverser Paris et est partie aussitôt pour Nice où elle a rejoint M. Maurice Maeterlinck.\n\nNous l'avons vue à son passage, enchantée de son bref voyage, heureuse de l'accueil enthousiaste qu'elle a reçu dans le Nouveau-Monde et pleine de projets d'avenir. Son succès à l'Opera de Boston fut tel qu'au lieu de deux représentations de Pelléas et Mélisande (dans la version lyrique de Debussy) pour lesquelles elle avait été engagée elle dut en donner cinq. M. Riddez (Pelléas et Marcoux (Gollaud) lui donnèrent d'une manière parfaite la réplique et l'orchestre fut, sous la direction de M. Alfred Caplet, absolument remarquable.\n\nMme Georgette Leblanc-Maeterlinck joua en outre à Boston le drame de Maeterlinck sous sa forme originale et chanta à New-York dans trois soirées particulières. Ses engagements en Europe l'obligèrent malheureusement à interrompre son séjour en Amérique, malgré les vives sollicitations qu'elle reçut de toutes parts en vue de le prolonger.\n\nM. Paul Adam est candidat à l'Académie française. La jeunesse littéraire se réjouira de l'y voir entrer. C'est ce qui fait dire à M. L. Dumont-Wilden dans Paris-Journal : « Paul Adam, après Henri de Régnier, après Barrès, c'est l'entrée à l'Académie de toute une génération dont on peut seulement aujourd'hui apprécier le bienfaisant effort, une génération qui a tiré la littérature française de l'ornière naturaliste et du verbalisme parnassien, qui l'a rendue à ses traditions véritables, à ses traditions vivantes. »\n\nEt notre confrère, définissant d'un mot juste le romancier du Trust et de la Ville inconnue, ajoute : « D'autres ont pu donner des livres plus parfaits, d'un art plus dépouillé, plus mûri : il est le seul romancier épique de sa génération qui, à l'exemple d'un Balzac ou d'un Zola, ait eu la vision romanesque de toute une société. Un romancier épique, c'est bien ainsi qu'apparaîtra Paul Adam dans l'histoire littéraire. »\n\nUne nouvelle revue littéraire, la Flora, vient d'éclore à Paris (44 avenue du Maine sous la direction de M. Georges de Okinczyc. Redacteur en chef : M. Lucien Rolmer. « On lira ici souvent des auteurs contemporains célèbres : on n'y lira jamais que d'excellents auteurs. On n'y trouvera jamais que le plus grand souci des traditions littéraires françaises, le plus profond respect de notre Langue, le plus ardent amour, un amour italien, de la nouveauté secrète et des belles formes, du soleil et des ténèbres, de la vie et de l'idée; on ne trouvera jamais ici que la ferveur et le style, le rythme et le talent. »\n\nAinsi s'exprime un « avertissement » dont les promesses, nous l'espérons, seront suivies.\n\nC'est au mois de juin qu'aura lieu au Panthéon, dit Paris-Journal, l'inauguration du tombeau de Jean-Jacques Rousseau. M. Léon Berard, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts, se rendra cette semaine au Panthéon pour choisir l'emplacement, d'accord avec le statuaire Bartholomé. Le motif central du tombeau comprend un groupe où la Philosophie est assise entre la Vérité et la Nature. La Gloire littéraire tend une palme au-dessus de la dalle funéraire où se trouve enchâssé le portrait de Jean-Jacques et vers lequel s'incline la Musique.\n\nLa Société des Artistes décorateurs ouvrira du 1er mars au 1er avril au Pavillon de Marsan (Musée du Louvre), un Salon qui sera inauguré mercredi prochain, à 2 h. 1/2, par le Président de la République.",
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     "texte": "LIBRAIRIE NATIONALE D'ART & DHISTOIRE\nG. VAN OEST & Cie, Éditeurs\nBRUXELLES - 16, PLACE DU MUSÉE, 16 - BRUXELLES\n\nEN SOUSCRIPTION :\n\nTRÉSOR DE L'ART BELGE\nAU XVIIe SIÈCLE\nMémorial de l'Exposition d'Art ancien\nà Bruxelles en 1910.\nPublié sous la direction du Comité\navec la collaboration de :\n\nMM. le Baron Descamps, le Baron Kervyn de Lettenhove, Fierens-Gevaert, Ch.-Léon Cardon, P. Buschmann, le Dr G. Glück, le Dr G. de Terey, Paul Lambotte, H. Rousseau, Paul Vitry, E. W. Moes, Jules Guiffrey, R. Van Bastelaer, Cyr. Van Overbergh, De Ridder, le général Comte de t'Serclaes, Cuvelier, Joseph Destre, L. Gilmont, l'Abbé F. Crooy et A. Roersch.\n\nL'ouvrage paraît en 10 fascicules et formera deux beaux et forts volumes in-4°, de 400 à 500 pages de texte et d'environ 180 planches hors texte, en héliogravure et en héliotypie, le tout imprimé sur papier de Hollande à la cuve.\n\nTirage limité à 500 exemplaires numérotés.\nPRIX DE L'OUVRAGE COMPLET : 200 FR.\nIl sera tiré de cet ouvrage 25 exemplaires de grand luxe, sur papier impérial du Japon, numérotés et nominatifs. Prix : 400 francs.",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, RUE DE LA CHARITÉ, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\nE. DEMAN, Libraire-Editeur\nRUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\n\nÉditions d'Art. — Œuvres de J. BARBEY D'AUREVILLY,\nMALLARMÉ, MAETERLINCK, VERMAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-\nADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIEN ROPS, etc.\n\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.\nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES ET DESSINS DE F. ROPS\nExpertises, Direction de ventes publiques.\n\nSalle d'Exposition\n\nLa Lecture Universelle\n86, rue de la Montagne, BRUXELLES\n(entre les rues d'Arenberg et d'Assaut).\n\n250.000 volumes français et étrangers. — 100 revues.\nCatalogue (1,070 pages) Prix : 2 francs.\nABONNEMENTS : 10 francs par an, 2 francs par mois.\nService de périodiques à domicile.\nArrangements spéciaux pour la province et les villégiatures.\n\nLES MARGES\nGazette littéraire fondée en 1903 par M. Eugène Montfort\nParaissant six fois par an.\nParis : 5, rue Chaptal, et chez Floury,\nprès le Café Napolitain.\nAbonnements : 5 francs par an ; sur Japon : 10 francs.\nLe numéro : fr. 0,85.\n\nTAPIS D'ORIENT\n\nDALSÈME 2, RUE LEOPOLD, 2 BRUXELLES\n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS\nANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS\nD'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE\nLA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES\nFORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE\nIMITATION.\n\nA PARIS : 18 RUE SAINT-MARO\nET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION\n\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie 12-14.\n\nBrux. . . . . Imp. V° MOMMEN, 32, rue de l'Industrie\n\nMlle M. PEUSSENS\navise sa très élégante clientèle qu'elle a transféré ses ateliers et salons d'essayage\n\nRue du Gouvernement - Provisoire, 12\n\nA cette occasion, elle a créé des modèles aussi nouveaux qu'élégants et réuni un magnifique assortiment des tissus derrière nouveauté de Paris.\n\nARGUS DE LA PRESSE\nFONDÉ EN 1879\nLe plus ancien bureau de coupures de Journaux\n\nPour être sûr de ne pas laisser échapper un journal qui l'aurait nommé, il était abonné à l'Argus de la Presse, qui lit, découpe et traduit tous les journaux du monde, et en fournit des extraits sur n'importe quel sujet.\n\nHECTOR MALOT (ZYTE p. 70 et 323).\n\nL'Argus de la Presse se charge de toutes les recherches rétrospectives et documentaires qu'on voudra bien lui confier.\n\nL'Argus lit 8.000 journaux par jour.\nÉcrire : 12, rue du Faubourg-Montmartre, PARIS.\nAdresse Télégraphique : ACHAMBURE-PARIS.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPERIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES",
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