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     "texte": "TRENTE-DEUXIÈME ANNÉE. N° 46. 17 NOVEMBRE 1912\n\n# L'ART MODERNE\n\nREVUE CRITIQUE HEBDOMADAIRE\n\nBUREAUX : RUE DE L'INDUSTRIE, 32, BRUXELLES\n\nABONNEMENT : BELGIQUE, 10 FRANCS L'AN; UNION POSTALE 13 FRANCS. — LE NUMÉRO, 25 CENTIMES\n\n---\n\n## SOMMAIRE\n\nMédaillons d'artistes : Jean Janvier (FRANCIS DE MIOMANDRE). — Sur la Musique russe (P. LEMOINES). — Notes de musique : Au Cercle Artistique. — Deux Salonnets à Liege (GEORGES RITTER). — Les Livres (F. M.). — Memento musical. — L'Esthétique de Bruxelles : A l'Abbaye de Forest (JOSEPH-BARTHÉLEMY LECOMTE). — Nécrologie : Joseph Wieniawski (O. M.). — Petite Chronique.\n\n---",
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     "texte": "## Médaillons d'artistes.\n\n### JEAN JANVIER\n\nDe tous les acteurs qui se partagent aujourd'hui la faveur du public parisien, M. Janvier est peut-être celui que je préfère. Je voudrais dire un peu les raisons de mon sentiment.\n\nPour beaucoup de gens, il en est de plus grands. Entendez par là qu'il en est de plus pompeux, qui font beaucoup plus d'effet. Mais comme c'est presque toujours aux dépens de la vraisemblance, de l'observation de la vie, de la mesure, ces illustres personnages finissent par d'autant plus exaspérer les délicats qu'ils enthousiasment le vulgaire. Le vulgaire aime ce qui ronronne, ce qui crie, ce qui fait du bruit; il adore l'emphase, l'exagération, la redondance, l'excès en tout. Bref, il a le goût du faux.\n\nAussi je souffre beaucoup lorsque je vais au théâtre. Et les acteurs les plus célèbres m'irritent tout particulièrement. La Comédie-Française me semble l'école idéale du saugrenu, le conservatoire de tous les tics, de toutes les ficelles indignes du plus pauvre cabotin. Les théâtres du boulevard ne valent guère mieux : leurs étoiles, pour être moins grotesques, ne sont pas non plus tout à fait exemptes de ridicule. Chose curieuse, et cependant indiscutable : c'est le Music-Hall qui détient encore le plus d'artistes pondérés, intelligents, fins diseurs. J'ai vu Polin dans une bluette du théâtre Michel, j'ai vu Claudius dans Un Client sérieux de Courteline. Voilà des gens qui savent jouer, qui n'horripilent point. Ils comprennent leurs textes. Mais enfin ils ne peuvent pas être à la fois au café-concert et à la Comédie...\n\nDonc, je suis assez malheureux au théâtre, sauf quand j'ai la bonne fortune d'y voir jouer M. Janvier. Alors, c'est tout autre chose.\n\nEt tout d'abord, je n'ai pas la sensation que c'est un acteur. Il n'interprète pas, il vit : tout est là. Je sais que cette illusion représente une patience, un travail, un goût, un art prodigieux et de longues, très longues approximations; par une comparaison tout involontaire que j'en fais avec le jeu des autres acteurs, j'en devine parfois les difficultés et le mérite. Mais cela m'est égal, et me doit l'être. L'essentiel, c'est que M. Janvier campe un bonhomme, n'importe lequel, de façon telle qu'on ne peut plus le démêler, lui, d'avec ce bonhomme. Que sa diction soit nette et pure, articulée parfaitement, peu importe : ce dont on s'aperçoit, c'est qu'il parle conformément à la psychologie du personnage, et qu'il y efface complètement le relief de sa personnalité propre. Et ainsi de suite pour la composition de la physionomie, pour l'accent, pour les attitudes, pour tout.\n\nCe qui m'irrite par exemple dans les acteurs du boulevard, c'est leur vanité, si agressive. Cette vanité, que je leur pardonnerais à la ville, m'offense sur la",
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     "texte": "360\n\nL'ART MODERNE\n\nscène : et ils la gardent. Ils semblent dire : « C'est moi, vous savez. Le rôle que j'interprète est le dernier de mes soucis. L'important, c'est qu'au-dessous du masque transparent que je daigne ici accepter, vous reconnaissiez ma figure célèbre. » Et le fait est qu'on la reconnaît toujours. Seulement, à recopier ainsi toute la vie les effets qui les rendirent illustres à leurs débuts et dont l'ensemble leur fait une parodie d'originalité, ils ne s'aperçoivent pas qu'ils passent indéfiniment à côté de la question, qui est de se subordonner soi-même à un être nouveau : le rôle.\n\nChacun ainsi joue toujours le même personnage et donne à tous les êtres qu'il devrait animer les mêmes gestes, la même âme.\n\nM. Janvier subordonne. On ne le reconnaît qu'au timbre de sa voix, qui est d'ailleurs extrêmement sympathique. C'est la seule chose qu'il ne puisse modifier : tout le reste lui est plastique, il le modèle à volonté.\n\nCette simplicité, cette aisance, cette horreur de l'emphase semblent avoir donné aux directeurs de théâtres l'idée que M. Janvier était surtout destiné aux rôles bourgeois, effacés, neutres, tout en nuances insensibles. C'est selon moi une erreur dont ils feraient bien de se corriger. Car, s'il est vrai que nul autant que lui ne sait exprimer les émotions des existences pauvres, réduites, malheureuses, personne ne peut savoir à quel sommet il atteindrait s'il animait des psychologies plus larges, plus héroïques. Ou du moins, si, je le sais bien.\n\nJe le voyais, hier encore, dans Un grand nom, pièce adaptée de l'allemand par M. Pierre Veber, au Théâtre des Arts où il jouait le rôle de Brandt Meyer, le musicien méconnu. Que de fois il aurait pu éclater! (Et avec quelle expansion terrible ne l'eût-il pas fait!) Mais outre que l'ambiguïté tragi-comique de la pièce le gênait, son rôle particulier comportait une grande part de résignation et de bonté. Alors il s'arrêtait juste à temps, n'ayant laissé qu'entrevoir l'énergie latente de son indignation.\n\nJe me le rappelle aussi dans la Profession de Mme Warren, où il était le baronnet Croft. Il fallait le voir, hypocrite démasqué, ivre de fureur. On s'attendait à un meurtre. Ce n'était qu'un éclair. Mais quel frisson!\n\nM. Janvier excelle à ces contrastes. Son jeu tout en douceurs, ébauché, délicat, est prodigieusement riche de possibilités. Il semble faire une allusion perpétuelle à une force immense et toujours cachée, réserve secrète de silencieuse méditation. Comme je l'imagine bien, dans des rôles plus importants, plus en dehors que ceux qu'il accepte, un peu comme s'il prenait toujours pour lui le plus difficile, le plus ingrat! Comme il saurait les ramener à leurs proportions justes d'intimité et d'extériorisation, comme il saurait en éliminer tout le conventionnel pour les charger au contraire, magné- tiquement, de tout le fluide de sincérité qu'il porte en lui!\n\nPlus que ses gestes, plus que ses attitudes, pourtant si saisissantes, plus que sa voix, ce sont ses regards qu'il faut suivre lorsqu'il est en scène. Personne ne regarde comme lui. Tout ce qu'il dédaigne de confier au bras qui s'étend, au pied qui frappe le sol, à la contorsion, au sursaut, à tous les mouvements d'un corps qu'il maintient en arrêt, il le laisse dire à ses yeux, à ses sourcils. Et l'on devine à cela seul la plus secrète nuance de ses sentiments. Et par cela seul il peut nous émouvoir jusqu'au plus profond.\n\nC'est un précieux comédien, c'est l'acteur des délicats.\n\nFRANCIS DE MIOMANDRE",
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     "texte": "SUR LA MUSIQUE RUSSE\n\nLa musique russe, dont nous comprenons aujourd'hui toute l'importance et qui est, d'ailleurs, relativement récente, ne nous a été révélée que fort tard, et il y a peu de temps que nous la connaissons véritablement.\n\nLorsque Boris Godounow fut représenté à l'Opéra, lorsque cette musique presque ignorée chez nous chanta pour la première fois au milieu d'un public français, il nous sembla que nous venions de découvrir la musique russe.\n\nDepuis longtemps Borodine, Balakirew et Rymsky-Korsakow nous avaient enchantés au concert; déjà, et ce fut une initiation plus profonde, Mme Marie Olénine nous avait fait pénétrer dans l'intimité si rare et si précieuse des lieds de Moussorgsky. Mais, cette fois, la révélation fut complète, et il nous sembla que nous n'avions fait jusqu'alors qu'entrevoir à demi une vérité qui, tout à coup, nous apparaissait. Les œuvres antérieurement connues s'éclairaient différemment au jour de cette nouvelle lumière, et peut-être à beaucoup de nous apparurent-elles différentes de ce qu'elles avaient semblé jusqu'alors. Leur signification réelle et leur véritable physionomie nous étaient peut-être restées cachées jusque-là. Boris Godounow semble être, en effet, l'œuvre la plus significative et la plus originale de l'École russe, et si nous voulions déterminer les caractères essentiels de celle-ci, c'est sans doute là qu'il nous faudrait les aller chercher.\n\nDéjà grâce à Dostoïewsky et à Tolstoï nous avions pénétré très avant dans la connaissance du peuple russe. Mais ces voix nouvelles ont fait plus que préciser cette connaissance; elles l'ont rendue plus complète, plus vivante et plus directe.\n\nMalgré ses origines italienne et allemande, nulle musique n'est plus pure d'éléments étrangers que celle-ci. Tout en s'emparant de formes qu'elle n'a pas créées, elle les a vivifiées et renouvelées au point de les rendre méconnaissables. Aucun art n'est aussi exclusivement national.\n\nCertes la musique de Bach, celle de Beethoven et celle de Wagner sont bien allemandes par l'esprit comme par le style, mais elles sont avant tout exclusivement humaines. Au contraire, la musique d'un Moussorgsky est slave avant tout. Même lorsque Wagner écrit une œuvre plus particulièrement germanique, elle n'a pas à ce degré le caractère national.\n\nIl serait intéressant à ce point de vue de comparer, par exemple,",
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     "texte": "# L'ART MODERNE\n\n## l'Anneau du Nibelung et Boris Godounow.\n\nIl semble que rien n'est plus allemand que la tétralogie wagnérienne, depuis la légende qui en est la base et la poésie qui fleurit en elle jusqu'à la philosophie qui l'anime. Et néanmoins, par cette philosophie même Wagner cherche à se placer hors du contingent; il y a très nettement chez lui le désir d'exprimer non seulement le german, mais l'homme en général.\n\nDans Boris Godounow, au contraire, le personnage principal est le peuple, et le peuple slave. Les scènes les plus belles, les plus intenses et les plus nouvelles sont les scènes populaires, qui ont une physionomie nationale très caractérisée. Pour exprimer la misère, la tristesse ou la révolte d'une foule allemande ou française, cet e musique ne pourrait convenir.\n\nPresque autant que son caractère populaire, l'orientalisme de la musique russe contribue à lui donner sa physionomie autochtone. Car cet orientalisme se différencie de tout ce que nous connaissions jusqu'ici sous ce nom. Il y a entre une œuvre comme Antar et ce qui, dans notre musique, par exemple, a l'intention d'être oriental, la différence qui existe entre la réalité et une pâle imitation faite de chic. Nous avions accoutumé d'entendre dans nos opéras certains rythmes et certaines harmonies conventionnels qui prétendaient évoquer l'Orient-et n'étaient que d'une banalité rudimentaire. Qu'était-ce que cela à côté de l'éblouissement que nous apporta Antar ou Shéhérazade? C'est qu'ici le musicien trouve en lui-même et dans sa race de quoi exprimer ce qu'il veut peindre.\n\nPar sa situation mi-asiatique, la Russie est déjà un pays d'Orient. La vague byzantine passa sur elle, lui apportant ses ors, ses couleurs et ses formes. Après avoir déterminé le caractère de l'architecture slave, elle devait naturellement influer sur la musique de la race. Peut-être ne serait-il pas inexact de dire que l'élément oriental dans la musique russe vient de la même source que l'élément populaire et qu'il n'en est qu'une variété un peu spéciale.\n\nC'est assurément à cet élément populaire que l'Ecole russe doit son originalité et sa puissance. C'est là, sans doute, la véritable révélation qu'elle nous a faite, et peut-être était-ce sa mission dans l'art musical européen. Nos musiciens du xvi^e siècle s'emparèrent souvent de thèmes populaires pour en faire la base de leurs constructions polyphoniques. Mais si l'œuvre ainsi créée pouvait être supérieure en beauté à la mélodie primitive, elle en avait dénaturé le charme particulier. L'esprit n'était plus le même.\n\nIl en est tout autrement dans une œuvre comme Boris Godounow, où les thèmes importent peu, mais que le sentiment populaire vivifie. Le peuple joue ici le rôle principal; c'est lui qui ouvre le drame, c'est lui qui le termine. Et même lorsqu'il ne paraît pas, on le sent toujours présent; le rôle de Boris, si fortement tracé cependant, n'existe qu'en fonction de lui. Qu'est-ce que l'extraordinaire discours de Pimène au dernier acte, sinon l'évocation la plus sublime peut-être que nous possédions de la foi populaire? C'est tout un peuple qui s'attendrit, s'étonne et s'émerveille au récit du miracle.\n\nL'enthousiasme, la colère, la naïveté, la servilité, la foi mystique, tout cela chante, pleure et vit d'une vie merveilleuse en cette œuvre absolument unique dans l'histoire de la musique et qu'il y aurait lieu d'étudier page par page si l'on voulait voir ce qu'une telle simplicité peut cacher de profondeur et d'infini.\n\nUn certain nombre de nouveaux compositeurs russes semblent malheureusement enclins à dépouiller leur inspiration de ce caractère national et se tournent les uns vers l'Allemagne, les autres vers la France. Si naturel et si louable que puisse être leur désir de renouvellement, il est à crâ ndre qu'ils perdent leur originalité en s'efforçant de devenirs Européens.\n\nP. LEMOIGNE",
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     "texte": "## NOTES DE MUSIQUE\n\n### Au Cercle artistique.\n\nLa saison musicale du Cercle artistique a débuté d'heureuse façon par un charmant concert consacré à l'aud tion de quelques pages choisies parmi les œuvres lyriques et instrumentales des vieux maîtres italiens. Présentés au public par une conférence soigneusement documentée de notre collaborateur M. G. Jean Aubry, ces maîtres — Monteverde, Caldara, les deux Scarlatti, Marcello, Sarri, Paradisi, Pergolèse et autres — trouvèrent en M^me Speranza Calo, cantatrice à la voix souple et harmonieuse, et en M Joachim Nin, qui excelle dans l'exécution des clavecinistes, des interprètes de premier ordre. L'auditoire goûta particulièrement le lamento d'Arjana de Monteverde, le Come raggio di sol d'Antonio Caldara et les délicieuses sonates de Domenico Scarlatti, jouées par M. Nin avec autant d'humour que de précision et de délicatesse\n\nArtistes et conferencier remportèrent le p us vif su cès",
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     "texte": "## Deux Salonnets à Liège.\n\nJe me complairais à analyser amplement les œuvres symboliques de M. Khnopff si l'Art moderne ne l'avait fait maintes fois et si une bonne part des pastels et des crayons exposés dans la salle des dépêches du Journal de Liège n'avait déjà paru en diverses grandes Exhibitions. L'élégance tout artistique du maître, l'étrangeté obsédante de ses figures féminines, l'immobilité hiératique des silhouettes enveloppées de silence, la fatalité des ges es mystérieux ont marqué dans toutes les mémoires la personnalité du peintre-poète. Les paysages et les monuments complètent à l'heure actuelle la révélation de sa pensée où le moyen âge se marie à l'époque actuelle en une mélancolie somnambulesque. Ses palais, ses plaines, ses caux, ses routes nous induisent aux mêmes rêveries que ses têtes aux yeux hypnotisants, ses sphinx inquiétants, ses feminites impassibles et fatidiques.\n\nLe problème de ses conceptions n'est pas toujours soluble pour tout le monde et je me permettrais de discuter la teneur de quelques formules allégoriques si le charme de l'exécution ne me dominait invinciblement. Sapho, par exemple, et Frontispice sont de délicieux rebus que je ne pénètre pas. Je ne comprends point l'obscurité qui enveloppe Brunnhilde au milieu des flammes lumineuses; mais mon impression n'en est pas moins vive et troublante. Le succès de M. Khnopff est sensationnel.\n\n* * *\n\nM. Lemaître a rapporté d'Espagne une cinquantaine de toiles qui éclatent aux murs de la salle des Chiroux Œuvre des a tistes . Cordoue et Grenade ont des coins exquis que notre jeune et avisé Liégeois a découverts; le Guadalquivir y paraît plusieurs fois, moins beau que son nom.",
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     "texte": "362\n\nL'ART MODERNE\n\nJe n'ai pas visité l'Espagne et ne la connais que par les peintres; je me demande maintenant qui cherche à nous illusionner ou s'illusionne plus ou moins volontairement. Dans un paysage, l'ombre et la gradation des couleurs en relation avec la distance jouent un rôle prépondérant; l'opposition entre les tons vibrants et les nuances du clair obscur en fait tout le charme. Or, j'ai cru de bonne foi aux ombres fortes, grises, noires ou bleuâtres, coupant durement les points ensoleillés; j'ai cru aux ciels bleu de Prusse, pareils à ceux de nos nuits hivernales sans nuages. Mais voilà que M. Lemaître ne consigne que des ombres translucides, variant en nuances suivant les lieux, les heures et les réverbérations réciproques. Les reflets et les réfractions à travers les couches superficielles du sol et des objets multiplient, selon lui, les tons déficats en gammes assez diverses, sans excès de mauve, de violet ou de bleu, et je me rappelle qu'un peintre espagnol a une vision analogue à la sienne; me voilà perplexe!\n\nTout d'abord ses toiles donnent l'impression que l'atmosphère fait de faut; les plans sont indiqués parle des-in plutôt que par les intensités de la couleur; il arrive qu'un premier plan est moins vigoureux qu'un second ou un troisième. Est-ce l'effet de l'air sec et pur? L'atmosphère limpide au suprême degré est-elle donc si peu hygrométrique en cette vaste presqu'île, même près des fleuves et non loin de la mer? Mais pourquoi des ciels comme chez nous? Pas de poussière, pas de vapeur, pas de brume, pas de brouillard. Quelle révolution optique pour un Liégeois! Cela caractériserait donc un pays où les intimités délicieuses de nos vallées n'existent pas ou ne sont possibles qu'à l'aube et au crépuscule, et encore! Mais quel étonnement pour l'œil que la fuite d'un long escaleur ou d'un chemin vers la lumière et non vers la pénombre du lointain, la saillie des monuments aux horizons au lieu de nos détails indéchiffrables, et la réalisation des rapports fixée par les choses elles-mêmes plutôt que par l'intermédiaire de l'air ambiant!\n\nNotre jeune peintre a-t-il raison? Je n'en décide point. Quand il retournera en Espagne et qu'avec plus de soin, plus de travail, plus de connaissance coutumière il «finera ses coups de pinceau, il nous fournira probablement des documents vrais et artistiques qui nous mettront en communion avec ces pays d'or et de feu.\n\nLa sculpture est représentée par les œuvres de Mlle Ceuterer à ce Salon. Une collection de bustes nous prouve que l'artiste verviétoise est surtout hantée par les problèmes psychologiques; elle est, en effet, portraitiste fidèle et elle approprie la matière sculptée à la variété des personnes; elle adoucit l'épiderme du marbre, s'il est permis de le dire, ou lui laisse de l'apreté suivant la modalité morale du sujet. C'est un genre de technique; mais on aimerait aussi le coup d'ébauchoir victorieux. Le meilleur morceau est peut-être Un Vieillard; mais tout émane d'un talent sérieux.\n\nGEORGES RITTER",
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     "texte": "LES LIVRES\n\nPAUL MARGUERITTE : Les Fabrecé, roman. (Paris, chez Plon). — C'est l'histoire d'une famille d'aujourd'hui, mais dans une crise donnée, car n'était cette restriction, il y aurait là le sujet d'une fresque sociale à la Zola, non plus d'un livre. Deux générations : d'un côté le père et la mère, de l'autre leurs enfants, et cela suffit pour qu'éclatent les conflits secrets et profonds des êtres. On a beaucoup parlé de ce livre et somme toute assez bien.\n\nTout le monde a remarqué le talent avec lequel M. Paul Margueritte mène une intrigue aussi complexe, nous rendant présents, vivants, chacun de ses héros. Pour moi, ce que j'y admire le plus, c'est une qualité qui, abstraction faite de toutes les autres, grandit sans cesse chez l'auteur de la Flamme : l'impartialité. Tout d'abord on s'étonne qu'elle puisse coexister à une sensibilité si vive, si personnelle, et surtout à des parti-pris si connus de sociologie. Puis on s'aperçoit qu'elle s'en accommode au contraire fort bien, qu'elle les domine même, et les intègre en elle. Ainsi mûrit sans cesse le talent d'un vrai romancier.\n\nPIERRE HAMP : Vieille histoire; contes écrits dans le Nord. (Paris, Nouvelle Revue française). — Ces contes ne sont pas loin d'être des chefs-d'œuvre. Ils ont toute la force et l'angoisse contenue dans des romans comme le Rait, mais ils gagnent infiniment à se présenter sous des dimensions saisissables, à être pleinement intelligibles, à entrer d'un seul coup dans le champ de l'attention. Une âpre préface nous avertit que l'auteur ne croit plus à l'avenir des histoires d'amour et s'excuse d'avoir écrit celle-ci. N'importe : elle vaut mieux que bien des histoires d'ouvriers, sauf les siennes bien entendu, car M. Pierre Hamp sait vraiment les raconter avec une intensité dont le seul Kipling nous paraissait jusqu'ici capable. Coqueleuse, Un bon ouvrier surtout sont admirables.\n\nROBERT DE TRAY : Les Désirs du Cœur, roman (Paris, chez Calmann-Lévy). — Si ce petit roman se contentait d'un scénario devenu bien banal : le voyage en Italie, avec, pour le relever, une aventure d'amour qui se déroule dans ce décor entre un jeune homme discret, timide et à velléités cyniques et une femme indifférente et corrompue, il n'aurait pas grand intérêt, mais il se trouve que ce jeune homme ne ressemble qu'extérieurement à ses contemporains, il cache en lui un secret.\n\n« Ce que la réalité lui refusait, il se l'était accordé lui-même. Puisqu'il ne rencontrait pas autour de lui les consolateurs que son âme réclamait, il inventa des personnages qui pussent l'aimer et le distraire. Ses véritables amis étaient des créatures composées par lui et d'autant plus dociles à ses vœux. Ainsi pouvait-il se dispenser des autres. Trop souvent froissé, dédaigné par les hommes et les femmes qui l'entouraient, il reprenait ainsi des avantages illusoires mais innombrables. »\n\nEt lorsque, après une déception d'amour, il croit bon de changer de tactique :\n\n« Il croyait ainsi avoir changé de manière, alors qu'il se ressemblait toujours davantage. Mais il trouvait à ce renouveau un élan de vie qui l'excitait. Une fois de plus, il profitait de la solitude pour combiner les choses à son gré et conduire les personnes. Sur la scène, vide encore, il arrangeait un intéressant scénario, auquel les acteurs, sans doute, n'obéiraient pas. »\n\nTout le roman est ainsi éclairé, toutes choses sont vues dans ce demi-jour d'une illusion demi-volontaire. Et rien ne donne mieux le sentiment de l'adolescence.\n\nQue de souvenirs évoque ce livre doux! quels regrets!\n\nSALOMON REINACH : Cornélie ou le latin sans pleurs (Paris, chez Hachette). — Ce petit livre, tout à fait charmant sous sa belle couverture écarlate et souple, fait pendant à Eutalie ou le grec sans larmes, du même auteur. Et il est même d'une lecture plus facile pour les jeunes filles, auxquelles il s'adresse après tout. Mais il n'est pas sans profit pour ceux qui ont trop oublié leur latin. Jamais je n'ai vu plus dorée la pilule d'une grammaire. Et j'ai",
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     "texte": "L'ART MODERNE\n\nrarement entendu accents de professeur plus persuasifs. On a une envie folle de réapprendre cette langue splendide, si mâle, si forte, mère authentique et modèle encore de la nôtre. Puis le temps passe, mille occupations nous requièrent. On oublie...\n\nMais peut-on dire qu'on oublie jamais ce qui était essentiel dans l'étude du latin : sa vertu?...\n\nF. M.",
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     "texte": "MEMENTO MUSICAL\n\nAujourd'hui, dimanche, à 2 heures précises, au théâtre de la Monnaie, deuxième Concert populaire sous la direction de M. Peter Raabe, chef d'orchestre de la Cour de Weimar, et avec le concours de M. Frédéric Lamond, pianiste. Au programme : Symphonie n°5 et Concerto pour piano et orchestre (Tschaikowsky), Suite romantique (J. Wieniawski), Pièces de Chopin, la Moldau, poème symphonique (Smetana).\n\nDemain, lundi, à 8 h. 1/4, à la Grande-Harmonie, concert du Deutscher Gesangverin de Bruxelles avec le concours de Mme P. Reimer-Wendeborn, soprano (Essen), Mlle F. Lautman, alto (Düren), MM. Ausseau, tenor (Bruxelles) et E. Vander Borght, basse (id.). Au programme : Requiem de Mozart, Rhapsodie de Brahms, la Mort d'Ophélie de Berlioz, Alleluia de Haendel. Location chez Breitkopf et chez Schott. — A 8 h. 1/2, récital de M. F. Charlier, violoncelliste, à la Scola Musicæ, 90 rue Gallait.\n\nPour rappel, mardi prochain, à 8 h. 1/2, à la Grande-Harmonie, récital Vantyn. Au programme : Beethoven, Schumann, Schubert, Chopin, etc.\n\nLe deuxième concert Ysaye (festival Brahms) aura lieu au théâtre de l'Alhambra dimanche prochain, 24 novembre, à 2 h. 1/2, sous la direction de M. Ernst Wendel, directeur de l'Orchestre Philharmonique de Brême et avec le concours de M. Jacques Thibaud, violoniste. Au programme : l'aristique sur un thème de Haydn; Sérénade; Concerto pour violon; Symphonie n° 4. Répétition générale la veille, à 2 h. 1/2. Location à la maison Breitkopf et Haertel.\n\nLes quatre séances du Quatuor Chaumont auront lieu à la Salle nouvelle (13 rue Ernest Allard) les jeudi 21 novembre, mardi 17 décembre, mardi 28 janvier et mercredi 26 février. Elles seront données respectivement avec le concours de MM. Émile Bosquet, pianiste, A. Jourdain, clarinette-solo des Concerts Ysaye, Théo Ysaye, pianiste, et Mme Suzanne Godenne, pianiste. Au programme de la première séance : Quatuor n° 4 de Beethoven, Quatuor n° 3 de Schumann, Quatuor avec piano d'E. Chausson. — Location à la maison Schott frères.\n\nDeux séances de musique de chambre seront données par Mme H. Eggermont, pianiste, et M. Edouard Lambert, violoniste, les mardi 26 novembre et vendredi 20 décembre, à 8 h. 1/2. Au programme de la première séance : Beethoven, Schumann, Brahms.\n\nLe pianiste Severin Eisenberger donnera un récital à la Grande-Harmonie le mercredi 27 novembre. Au programme : Beethoven, Schumann, Brahms, Chopin, Haendel et Scarlatti. — Location à la maison Schott frères.\n\nMme Gabrielle Tambuyser, pianiste, et M. Marcel Jorez, violoniste, annoncent pour le jeudi 28 novembre, à la Grande-Harmonie, un concert de musique ancienne consacré à l'audition d'œuvres des Écoles allemande, française et italienne. — Location à la maison Schott frères.\n\nM. Mathieu Crickboom donnera avec le concours de M. Jacques Gaillard et de Mme Berthe Marx-Goldschmidt trois séances de musique de chambre exclusivement consacrées à Beethoven. Ces auditions auront lieu, par abonnement, à la Grande-Harmonie les jeudi 3, mercredis 11 et 18 décembre. Au programme : sonates pour violon et piano, sonates pour violoncelle et piano, audition intégrale des trios. — Location à la maison Schott frères.\n\nUn concert de musique russe sera donné à Liège Émulation) jeudi prochain, à 8 h. 1/2, avec le concours de Mme Olga de Nabokoff, MM. M. Jaspar et J. de Ponthière, au profit de l'œuvre de l'amour fraternel (secours aux étudiants russes) placée sous le haut patronage du Consulat impérial de Russie.\n\nCe concert sera précédé d'une causerie sur l'Histoire de la musique russe par M. Florent Desoer. — Location à l'Émulation, place de l'Université.\n\nLa Société des Nouveaux Concerts d'Anvers organise au Cercle artistique quatre séances de musique de chambre fixées aux mercredi 18 décembre, 15 janvier, 12 février et 19 mars. Ces auditions auront lieu respectivement avec le concours de Mme A. Falk Mehlig et M. Hugo Becker, de Mmes Elsa et Caecilie Satz, de M. et Mme Schnabel et du Quatuor Capet.\n\nLe Conservatoire grand-ducal de Luxembourg inaugurera aujourd'hui, à 4 h. 1/2, la série de ses concerts de la saison 1912-1913. Au programme : l'ouverture de Phèdre, le concerto pour piano et orchestre de Schumann (Mme Kuhn-Fontenelle), l'ouverture de Fidelio, la Forêt enchantée, Symphonie-ballade pour orchestre de Vincent d'Indy, deux airs d'Orphée (Mme Prost-Nuel), la Jeunesse d'Hercule de St Saëns et la Marche hongroise de Berlioz.\n\nIl faut féliciter M. Victor Vreuls, directeur du Conservatoire, d'avoir réussi, en quelques années, à former à Luxembourg, où tout était à faire au point de vue musical, un orchestre capable d'interpréter un programme aussi intéressant.",
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     "texte": "L'ESTHÉTIQUE DE BRUXELLES\n\nA l'abbaye de Forest (1)\n\nL'« assainissement » des anciens bâtiments de l'abbaye de Forest est consommé. Et malgré les déclarations rassurantes et les déments, il a consisté, comme je l'appréhendais, à hausser les baies du premier étage d'une partie des constructions et à détruire ainsi l'ensemble de la cour.\n\nLes journaux ont annoncé qu'il est question de dégager la tour de l'église Saint-Denis, actuellement enclavée dans les terrains du propriétaire de l'abbaye. Ce dégagement est parfaitement inutile et l'église n'y gagnera rien. Aussi suis je tenté de croire que ce projet de dégagement n'est qu'un appât habilement présenté par le propriétaire de l'abbaye à la commune de Forest dans le but de l'allécher, de la séduire et d'obtenir indirectement, sans presque avoir l'air de la demander, une issue vers la chaussée de Bruxelles.\n\nCette sortie, que ledit propriétaire désire, pourrait lui être accordée très facilement en perçant discrètement le mur de l'abbaye. Démolir complètement ce mur antique serait une faute, car, outre qu'il est un élément de l'ensemble pittoresque dont il s'agit, ce mur cache heureusement un peu les transformations dont l'abbaye vient d'être victime.\n\nJ'espère, en tout cas, que la commune de Forest, en autorisant ce nouvel « assainissement », veillera à ce qu'il n'entraîne pas l'abattage de l'admirable et gigantesque saule planté au pied du mur en question et qui pleure si pittoresquement, de ses innombrables branches tordues, sur l'abbaye mutilée.\n\nJOSEPH-BARTHÉLEMY LECOMTE",
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     "texte": "NÉCROLOGIE\n\nJoseph Wieniawski.\n\nLe pianiste et compositeur Joseph Wieniawski, est mort à Bruxelles lundi dernier dans la soixante-quinzième année de son âge. Il était né à Lublin (Pologne) le 23 mai 1838.\n\n(1) Voir l'Art moderne du 10 mars 1912 et la Vie Intellectuelle des 15 mars et 15 avril 1912.",
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     "texte": "364\n\nL'ART MODERNE\n\nSans atteindre à la célébrité de son frère, l'illustre violoniste Henri Wieniawski, il remporta au cours d'une brillante carrière de virtuose de nombreux succès et fut lié avec toutes les hautes personnalités musicales de son temps, sur lesquelles il se plaisait à raconter, avec une inarissable verve et un esprit très fin, maintes anecdotes et souvenirs.\n\nSes compositions (Concerto pour piano et orchestre, Sonate pour violoncelle, Fantaisie pour deux pianos, mélodies, pièces pour piano, Suites d'orchestre, etc.) reflètent le romantisme de son époque. On peut les rattacher — par leur style sinon par des analogies d'idées — à la pensée tour à tour fougueuse, tendre et nostalgique de Chopin.\n\nJoseph Wieniawski s'était fixé il y a environ vingt-cinq ans à Bruxelles, où il donna soit seul, soit avec Eugène Ysaye et d'autres virtuoses, soit avec ses élèves, des concerts qui avaient toujours une belle tenue d'art. Le professorat absorba presque exclusivement les dernières années de sa vie.\n\nO. M.",
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     "texte": "PETITE CHRONIQUE\n\nLa Société des Aquarellistes ouvrira samedi prochain au Musée moderne son exposition annuelle. Y prendront part, outre ses membres effectifs, un certain nombre d'invités français, anglais, allemands et autrichiens, parmi lesquels MM. G. La Touche, Bani-cotte, Luigini, Ch. Bartlett, N. Jungman, R. Nisbet, M. Bauer, Haverman, Mmes Clara Montalba et E. Barnard, etc.\n\nUne exposition d'œuvres de MM. Smeers et Wagemans a été inaugurée hier à la Galerie Georges Giroux. — La Galerie d'Art (138 rue Royale) abrite, depuis hier également, des œuvres de Mme E. Penso et H. Rollin, MM. P. Dillens et P. Servais. — Au Cercle artistique, où l'exposition de MM. Boonen et Delaval s'achèvera mercredi prochain, M. Langaskens expose un ensemble de panneaux décoratifs et d'eaux-fortes. — La cimaise du Studio est occupée par MM. Genot, peintre, et Canneel, sculpteur.\n\nLa province de Brabant a porté à son budget un crédit de 2,000 francs en vue de l'organisation d'un concours annuel des Beaux-Arts. Cette année le concours était réservé à la peinture monumentale et neuf concurrents y ont pris part : Mme Alice Colin, MM. M. Langaskens, G. Nyssens, E. Faut, Van Humbeek, R. Hubert, Vermeersch, Vilain et Montfort. C'est M. Langaskens qui a remporté le prix pour deux panneaux destinés au Musée d'histoire naturelle.\n\nIl y a là une belle initiative qui doit être encouragée. Nous croyons savoir que l'an prochain le concours sera consacré à la sculpture monumentale; l'architecture viendra ensuite, puis l'art appliqué.\n\nLes œuvres présentées au concours de peinture sont exposées publiquement dans la salle de la Madeleine jusqu'à mardi prochain exclusivement, de 10 à 4 heures.\n\nLes répétitions d'ensemble du Chant de la Cloche sont poursuivies tous les jours au Théâtre de la Monnaie sous la direction de M. Vincent d'Indy qui, on le sait, est un chef d'orchestre de premier ordre. Artistes du chant, instrumentistes, masses chorales, tous les interprètes de cette magnifique partition subissent le prestige de l'œuvre et de son auteur. Jeudi dernier, à l'issue de la répétition, ils ont, d'un même élan, fait à celui-ci l'ovation la plus enthousiaste à laquelle aient assisté les directeurs depuis leur entrée en fonctions.\n\nL'œuvre est parfaitement sue musicalement, et il ne reste plus à régler que des détails de mise en scène. Celle-ci est d'autant plus compliquée que jamais il n'y eut sur le plateau un personnel aussi nombreux. Les cadres des chœurs habituels du théâtre, qui comprennent quatre-vingts chanteurs, ont été renforcés de plus de cent auxiliaires fournis par l'Orphéon et par l'Ecole de chant du théâtre et qui ont été admirablement préparés par M. G. Steveniers, chef des chœurs. En y ajoutant les solistes, les membres du corps de ballet, les figurants et les musiciens qui jouent sur la scène on obtient un total d'interprètes qui n'a jamais été atteint jusqu'ici. Tout ce monde évolue avec une régularité et une discipline qui font grand honneur à l'excellent régisseur général, M. Merle-Forest. Certains tableaux, notamment ceux de la Fête, de la Vision et de l'Incendie, feront sensation.\n\nLa première représentation, que tout fait présager triomphele et à laquelle assisteront de nombreuses personnalités parisiennes, est fixée à jeudi prochain, 24 novembre. La deuxième aura lieu le mardi 26, la troisième le samedi 30. M. Vincent d'Indy a consenti à diriger ces trois représentations, après lesquelles il cédera la baguette à M. G. Lauweryns, qui a conduit toutes les études préparatoires de l'orchestre.\n\nL'interprétation vocale, dont l'auteur est enchanté, est confiée à M. Girod (Wilhelm), Mme Hedly (Lénore), Mme Bardot (la Mère), MM. Bouilliez (le Doyen des Maitres), Dua (Pyk), Dognies (Bitterli), Demarcy (Dumm), Danlée (Hartkopf), Grommen (Diétrich), Du-franne (Johann), Mmes Gianini et Carli, deux Esprits du rêve.\n\nL'ouvrage, qui se compose d'un prologue et de sept tableaux, sera divisé en trois actes. Premier acte : Prologue; Le Baptême; l'Amour. — Deuxième acte : la Fête; la Vision; l'Incendie. — Troisième acte : la Mort; le Triomphe.\n\nLes tableaux s'enchaîneront et il n'y aura que deux entr'actes de vingt minutes environ.\n\nLa première représentation du Jardin des Délices, le nouveau ballet de MM. Paul Max et Ambrosiny, musique de M. Paul Goossens, aura lieu mercredi prochain.\n\nM. Vincent d'Indy est actuellement l'un des compositeurs les plus joués. Pendant que le théâtre de la Monnaie répète le Chant de la cloche, l'Opéra prépare les représentations de Fervaal, dont la première aura lieu le 13 décembre et qui sera, en outre, monté en mars prochain au Grand Théâtre de Lyon. Aujourd'hui même on exécute avec un orchestre et des chœurs extrêmement nombreux le Chant de la cloche au Concertgebouw d'Amsterdam, tandis qu'au Conservatoire de Luxembourg M. Vreuls dirige la Forêt enchantée.\n\nLe Comité des Amies de Dentelle a décidé de consacrer une somme de 500 francs à un prix qui sera décerné au meilleur dessin de dentelle de Binche. Les conditions de ce concours seront affichées à l'Académie de dessin de Bruxelles et dans les Ecoles Professionnelles du pays.\n\nDes renseignements complémentaires peuvent être obtenus en écrivant à Mme Kefer-Mali, rue du Noyer 463, à Bruxelles.\n\nLe théâtre royal d'Anvers vient de représenter avec un succès considérable l'Enfant Prodigue de Debussy. L'interprétation a droit à tous les éloges, ainsi que l'actif directeur, M. Coryn.\n\nDe Paris :\n\nM. Louis Vauxcelles a inauguré hier une série de conférences qui auront lieu tous les samedis, de 5 à 7 heures, à l'Académie Yvon, à Passy. L'orateur a traité de la Renaissance du portrait, en s'appuyant sur les beaux exemples depuis David jusqu'à nos jours.\n\nLe Ménestrel a publié un fragment d'une lettre adressée de Leipzig le 18 mars 1839 par Mendelssohn à sa mère au sujet de deux morceaux écrits par lui pour Ruy Blas.\n\n« Vex-tu savoir ce qui s'est passé avec l'ouverture de Ruy Blas? C'est assez drôle. Il y a six ou huit semaines, on était venu me demander, pour une représentation au bénéfice de la caisse des retraites du théâtre (bonne et utile association qui voulait donner à son profit Ruy Blas), de composer une ouverture et la romance qui se trouve dans la pièce, avec l'espoir d'une meilleure recette si mon nom figurait aussi sur l'affiche. Je lus la pièce, qui est exécérable, si au-dessous de tout qu'en vérité c'est à ne pas croire. Je prétextai donc que je, n'aurais pas le temps d'écrire une ouverture et je donnai simplement la romance. 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     "texte": "## TAPIS D'ORIENT\n\n**DALSÈME**  \n2, RUE LEOPOLD, 2  \nBRUXELLES  \n\nMAISON SPÉCIALE FONDÉE À PARIS EN 1844, LA PLUS ANCIENNE ET LA PLUS IMPORTANTE, DONT LES TAPIS D'ORIENT IMPORTÉS DIRECTEMENT DE LA TURQUIE, DE LA PERSE ET DES INDES ET GARANTIS AUTHENTIQUES FORMENT L'UNIQUE SPÉCIALITÉ À L'EXCLUSION DE TOUTE IMITATION.\n\nA PARIS : 18 RUE SAINT-MARO  \nET EN DOUANE POUR L'EXPORTATION\n\n---\n\nVient de paraître chez MM. DURAND ET FILS (DURAND ET Cie) éditeurs, 4, place de la Madeleine, Paris :\n\n- LOUIS AUBERT. — Suite brève pour deux pianos (op. 6). Transcription pour piano à 4 mains par l'auteur. — Prix net : 5 francs.\n- ID. — D'un berceau !... (A. L. HETTICH), chant et piano. — Prix net : 1 fr. 75.\n- ID. — Secret aveu (Ed. HARAUCOURT), chant et piano. — Prix net : 2 francs.\n- J. ERMEND BONNAL. — Légende pour violon et piano. — Prix net : 3 fr. 50.\n- AD BORCHARD. — Deux mélodies pour chant et piano. I. Dédicace (H. DE RÉGNIER). — Prix net : 1 fr. 75. — II. Invocation (A. DE MUSSET). — Prix net : 1 fr. 75.\n- LAURENT CEILLIER. — Choral-Obstinato pour voix d'enfants, voix d'hommes et orgue sur un verset de SIMON GRAF. — Prix net : 1 fr. 75.\n- L. DELAFOSSE. — Deuxième barcarolle pour le piano. — Prix net : 2 francs.\n- C. DEBUSSY. — Première rhapsodie pour orchestre avec clarinette principale en si bémol. Partition d'orchestre format de poche. — Prix net : 5 francs.\n- ID. — Gigues (Images pour orchestre n° 1. Réduction pour piano à 4 mains par ANDRÉ CAPLET. — Prix net : 4 francs.\n- PAUL DUKAS. — La Péri, poème dansé. Transcription de concert pour deux pianos à 4 mains par G. SAMAZEUILH. — Prix net : 12 francs.\n- ID. — Fanfare pour précéder la Péri. Transcription pour piano à 4 mains par G. SAMAZEUILH. — Prix net : 1 fr. 75. — Pour piano à 2 mains par D.-E. INGHELBRECHT. — Prix net : 1 fr. 75.\n- PAUL DUPIN. — Sonate (en la mineur) pour violon et piano. — Prix net : 10 francs.\n\n---\n\nBIBLIOTHÈQUE DES CLASSIQUES FRANÇAIS\n\nLes Clavecinistes français des XVIIe et XVIIIe siècles (IVe volume), vingt pièces choisies, révision par C. SAINT-SAËNS, VINCENT D'INDY, P. DUKAS, A. GUILMANT, etc. Prix net : 5 francs.\n\n---\n\nPÉDAGOGIE MUSICALE\n\nGASTON CHOISNEL. — Cours complet de solfège comprenant un choix de leçons extrait des solfèges les plus célèbres avec accompagnement de piano réalisé d'après la basse chiffrée. Cours élémentaire, net : 4 francs. Cours supérieur, net : 5 francs.\n\n---\n\nLIBRAIRIE NATIONALE D'ART & D'HISTOIRE  \nG. VAN OEST & Cie, Éditeurs  \nBRUXELLES - 4, PLACE DU MUSÉE, 4 - BRUXELLES\n\nEN SOUSCRIPTION :\n\nL'Exposition de la Miniature à Bruxelles en 1912\n\nRecueil des œuvres les plus remarquables des miniaturistes de toutes les écoles, du XVIe au XIXe siècle.\n\nPublie sous la Direction du Comité avec la collaboration d' : MM. le baron H. KERVYN DE LETTENHOVE, le Comte M. DE BOUSIES, le Dr G. C. WILLIAMSON, P.-A. LEMOISNE, le Dr KARL PURGOLD et PAUL LAMBOTTE.\n\nL'ouvrage paraîtra en octobre ou novembre prochain et formera un beau volume in-4e, texte et planches sur papier d'Arches à la cuve, d'environ 120 à 150 pages de texte et 80 à 100 planches hors texte, reproduisant approximativement 300 miniatures des différentes écoles, en couleurs et en héliotypie.\n\nTirage limité à 400 exemplaires numérotés.\n\nPRIX DE L'OUVRAGE : 125 FRANCS",
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     "texte": "Maison Félix MOMMEN & C°, Brevetés\n\nFABRIQUE ET ATELIERS : 37, Rue de la Charité, BRUXELLES\nTéléphone 1947\nFabrique de Couleurs, Panneaux, Toiles, Vernis, etc., etc.\n\nSpécialité de tous les articles concernant la peinture, la sculpture,\nla gravure, l'architecture et le dessin.\n\nRENTOILAGE, NETTOYAGE ET VERNISSAGE DE TABLEAUX\n\nGRAND PRIX ET MÉDAILLE D'OR A L'EXPOSITION DE S-LOUIS 1904\n\nPremières médailles aux Expositions d'Amsterdam, Paris, Liverpool, Le Havre, Bruxelles, Chicago, etc. etc.\n\nLa Lecture Universelle\n86; rue de la Montagne, BRUXELLES\n(entre les rues d'Arenberg et d'Assaut).\n\n250.000 volumes français et étrangers. — 100 revues.\nCatalogue (1.070 pages) Prix : 2 francs.\nABONNEMENTS : 10 francs par an, 2 francs par mois.\nService de périodiques à domicile.\nArrangements spéciaux pour la province et les villégiatures.\n\nCOLLECTION HENRI ROUART\nPREMIÈRE VENTE\nTABLEAUX ANCIENS & MODERNES\n\nBoilly, Breughel, Ph. de Champagne, Chardin, David,\nFragnard, Goya, Greco, Poussin, Ribera, Teniers, Tiepolo,\nVelasquez, etc.\nBoudin, Cels, Mary Cassatt, Cézanne, Corot, Courbet,\nDaumier, Decamps, Degas, Delacroix, Devéria, Diaz, Fantin-\nLatour, Forain, Gauguin, Ingres, Jongkind, Lépine, Manet,\nMillet, Monet, Monticelli, Berthe Morisot, Pissarro, Renoir,\nTh. Rousseau, Toulouse-Lautrec, etc.\nLes lundi 9, mardi 10 et mercredi 11 décembre 1912, à 2 h.\nprécises, Galerie MANZI-JOYANT, 15, rue de la Ville l'Évêque,\nParis.\nCommissaires prises : M° F. LAIR-DUBREUIL et HENRI\nBAUDOIN. Experts : MM. DURAND-RUEL et fils et M. HECTOR\nBRAME.\nExpositions : particulière le samedi 7 décembre, de 1 h. 1/2\nà 6 heures; le dimanche 8 décembre, de 1 h. 1/2 à 6 heures.\n\nS. I. M.\nREVUE MUSICALE MENSUELLE\nFONDÉE PAR LA\nSOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE\n(Section de Paris.)\nDirecteur : J. ÉCORCHEVILLE\nLe numéro : France et Belgique, 1 fr. 50.\nUnion postale, 2 francs.\nAbonnements : { Étranger, 20 francs par an.\n{ France et Belgique, 15 francs.\nRédaction et Administration : 22, rue St-Augustin\nPARIS\nPour la Belgique : M. René Lyr, Boitsfort.\n\nDEMANDER CHEZ TOUS LES PAPETIERS\nL'Encre à écrire indélébile\nBLUE-BLACK Van Loey-Noury\nSUPÉRIEURE A TOUTES LES AUTRES MARQUES\n\nE. DEMAN, Libraire-Editeur\nRUE DE LA MONTAGNE (Entresol)\nÉditions d'Art. — Œuvres de J. BARBEY d'AUREVILLY,\nMALLARMÉ, MAETERLINCK, VERHAEREN, VILLIERS DE L'ISLE-\nADAM, CONSTANTIN MEUNIER, FÉLICIEN ROPS, etc.\nLivres rares ou précieux, anciens et modernes.\nESTAMPES ANCIENNES, EAUX-FORTES et DESSINS DE F. ROPS\nExpertises, Direction de ventes publiques.\nSalle d'Exposition\n\nL'ŒUVRE\nThéâtre subventionné (20° année).\nDirecteur : A.-F. LUGNÉ-POR.\nLe Bulletin de l'Œuvre (administration et rédaction : 22 rue Turgot,\nParis), publie chaque mois des études d'esthétique théâtrale, des docu-\nments variés, notes, dessins, gravures, sur les progrès, innovati-\nns et manifestations scéniques de France et de l'étranger. Il tient ses\nlecteurs au courant des efforts les plus remarquables tentés par les\nauteurs, leurs interprètes et les directeurs de théâtre. Il a des corres-\npondants partout. Il circule dans tous les pays. Il publie des dessins\noriginaux et s'encarte de reproductions en couleurs de tableaux des\nmaîtres modernes\nNuméro spécimen envoyé sur demande.\n\nARGUS DE LA PRESSE\nFONDÉ EN 1879\nLe plus ancien bureau de coupures de Journaux\n« Pour être sûr de ne pas laisser échapper un journal qui l'aurait\nnommé, il était abonné à l'Argus de la Presse, » qui lit, découpe et\ntraduit tous les journaux du monde, et en fournit des extraits sur\nn'importe quel sujet ». HECTOR MALOT (ZYTE p. 70 et 323).\nL'Argus de la Presse se charge de toutes les recherches\nrétrospectives et documentaires qu'on voudra bien lui\nconfier.\nL'Argus lit 8.000 journaux par jour.\nÉcrire : 12, rue du Faubourg-Montmartre, PARIS.\nAdresse Télégraphique : ACHAMBURE-PARIS.\n\nLE MASQUE\nREVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE D'ART ET DE LITTÉRATURE\nBUREAUX\n59, avenue Fontaine, BRUXELLES\nAbonnement . . . . . . 10 francs par an.\nLe numéro . . . . . . 1 franc . . .\nImprimé sur papier de la Maison KEYM, rue de la Buanderie 12-14.\n\nBruxelles. — L'IMPRIMERIE (anc. Établi V° Monsom soc. anon.",
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