{"numero_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_sha256": "7b91e8d94ba88008307a0e0e6905e82e22a3bf9346f09ed7fb0ee050c37a6f52", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaab/issues/1920/12_01/bmtnaab_1920-12_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaab/issues/1920/12_01/bmtnaab_1920-12_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c001", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.1", "titre_corps": "SOMMAIRE", "titre_sommaire": "SOMMAIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.2", "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "SOMMAIRE\nLe Zodiaque Poétique . . Léonard Pieux\nConseil du Mois .... André Salmon\n«+Astrologie Max Jacob\nVariétés Littéraires .. . André Salmon\nPoèmes P. A. Birot\nn t?\n)} fAUL\n• Max Jacob\n)} . . Alfred Jarry\n» Jules Laforgue\n» G. Papini\n» Jean Puech\n» André Salmon\n» Vlaminck\nJeux Georges Gabory\nPour les générations fu-\ntures Roch Grey\nPetites Annonces .... Max Jacob\nLes Arts : Modigliani . . Roch Grey\n» Picasso.... Apollinaire\n» Barcelone. . . Maurice Raynal\nEssai sur la synthèse plas-\ntique de Vespace et son\nrôle dans la peinture . . Survage\nCritique des ouvrages reçus : Benjamin Peret,\nPol Michels, Florent Fels\nBois originaux de : *< *\nRené Ben Sussan et Hermine David"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c002", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.2", "titre_corps": "VERSEAU", "titre_sommaire": "VERSEAU", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 916, "texte": "VERSEAU\nProdigieux Janvier toujours éclatant\nC'est toi qui charrie les marrons glacés\nLes truffes au chocolat, la nouvelle Année\nLe chiffre implacable sous la poussée du Temps\nEphémérides\n26 Janvier 1855. —Gérard de Nerval est trouvé pendu rue de\nla Vieille-Lanterne.\n30 Janvier 1842. — Alfred de Vigny, candidat à l'Académie\nFrançaise rend visite à Royer Collard, qui le reçoit dans l'antichambre.\n2 Février 1553. — Joachim du Bellay quitte la France pour l'ltalie\n7 Février 1856. — Flaubert est acquitté du délit d'outrages à la\nmorale.\n8 Février 1849. — Victor Hugo se rend de l'Académie Française\nà l'Assemblée Nationale dans la voiture du chancelier Pasquier,\nlaquelle « était un escargot garni de velours épinglé gris. »\nConseil du mois\nPromets-toi douze mois d'un labeur très lyrique\nPends au calendrier un brin de mimosa\nEt, tandis que les sots courent au cinéma\nVa fêter Van nouveau dans les bars à musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c004", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.3", "titre_corps": "POISSONS", "titre_sommaire": "POISSONS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "POISSONS\nLe fleuve figé sert de route aux piétons\nAucun danger ne menace les poissons sous la couche de glace\nQuelques-uns se plaignent pourtant car trop bien soudé\nCe couvercle leur dérobe le soleil bien aimé.\nÉphémérides\n23 Février 1863. — Dîner littéraire à Paris en l'honneur de Tour-\nguenief.\n25 Février 1830. — Théophile Gauthier enfile un gilet rouge\npour assister à la première d'Hernani.\n2 Mars — 300. — Hippocrate invente le clisthère.\n14 Mars 1778. — Voltaire croit mourir. Il est sauvé par le lait\nd'ânesse et les éloges que lui vaut sa tragédie Irène.\n18 Mars 1842. — Naissance à Paris, de Stéphane Mallarmé.\nConseil du mois\nFévrier n'a que vingt-huit fours\nIl est trop court pour les amours,\nVa plutôt au son du tambour\nGuerroyer — pensons y toujours !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c006", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.4", "titre_corps": "BÉLIER", "titre_sommaire": "BÉLIER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "BÉLIER\nMâle de la brebis machine de guerre pour renverser les murailles\nVilles assiégées hémisphère boréal\nTroupeau-constellation suivant ton désir\n0 promesse du Printemps gui languit de fleurir.\nÊphémérides\n4 Avril 1743. — M. de Voltaire raconte à M. d'Aiguebère la repré-\nsentation de M rope, il lui écrit : « Le parterre était fou, il a crié à\nla duchesse de Villars de me baiser, et il a tant fait de bruit qu elle\na été obligée d'en passer par là, par l'ordre de sa belle-mère. J'ai été\nbaisé publiquement comme Alain Chartier par la princesse Marguerite\nd'Ecosse ; mais il dormait et j'étais bien éveillé. »\n5 Avril 1858. — Dîner maigre chez la Païva.\n17 Avril 1780. — Un plaisant dit à M. de Franklin : «\nde vôtre K faites un Q et vos papiers vous serviront ».\nConseil du mois\nMois des guerriers, des assassins !\nPoète en ce mois sois funèbre\nConstruis en quatre actes ou cinq\nUn chef-d'œuvre issu des ténèbres."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c008", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.5", "titre_corps": "TAUREAU", "titre_sommaire": "TAUREAU", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "TAUREAU\nTon aspect brillant agace le bœuf laborieux\nFront casqué cle boucles, yeux striés de sang\nA la vue de tes ébats toujours victorieux\nLes demoiselles du château rougissent en fuyant.\nÉphémérides\n2 Mai 1773. — Le marquis de Sade, incarcéré au château de\nMiolaus par la justice Sarde, parvient à s'échapper, grâce à l'aide de\nsa jeune femme.\n8 Mai 1791. — L'assemblée nationale décrète le retour du corps\nde Voltaire au Panthéon.\n15 Mai 1859. — Flaubert marchande chez un brocanteur un\ncasse-tête carthaginois.\n18 Mai 1782. — M. Linguet se purge en quittant la Bastille.\nConseil du mois\nTu remettras ta robe blanche\nDont tu te parais autrefois\nEt dormiras sur une planche\nLe cor est triste au fond des bois !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c010", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "5", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.6", "titre_corps": "GÉMEAUX", "titre_sommaire": "GÉMEAUX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 903, "texte": "GÉMEAUX\nUn seul nombril vous lia à jamais\nAttachés au ciel vous n'avez que deux yeux\nLa renommée vous allia à Homère\nAinsi qu'à l'amitié dont vous faites l'honneur\nPensées\nLa seule richesse durable, c'est l'énergie humaine.! Zangwill.\nA l'heure de la mort nous 11e possédons plus que ce que nous\navons donné. Daniel Halévy.\nEt le désir s'accroît quand l'effet se recule. P. Corneille.\nL'homme étant le sujet et l'interprète de la Nature, peut seule-\nment comprendre et faire ce qu'il a observé en fait, ou pense des\nvérités de la nature. En dehors de ceci il ne connaît rien et ne peut\nrien faire. F. Bacon. . „ . ~. „\nLe drame dépeint la pensée, qui veut devenir Fait, par 1 Action\nou la Souffrance. Hebbel.\nConseil du mois\nHâte-toi d'achever, pauvre poète a gages\nTon livre, fruit d'hiver que l'on cueille en été\nAfin que la mondaine étendue sur la plage\nSe livre à ton tourment jusqu'à l'heure du thé"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c012", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "6", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.7", "titre_corps": "CANCER", "titre_sommaire": "CANCER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "CANCER\nLes médecins profanèrent lon nom pour designer un mal incuiablt\nEn plein Eté écrevisse gigantesque du mois de Juin\nTu brilles dans le Ciel nocturne, tu veilles sur nos foins\nEt sur nos blés gui somnolent sous lon Œil admirable.\nPensées\nToute œuvre d'art doit être infinie par le contenu et finie pai\nla forme. Hebbel. .\nSacrifie, sacrifie toujours les niaiseries de la vie a ton art. Bee-\nthoven. . , , , _\nTout ce qui se passe ici n'est qu'apparence. Mais c est le charme\ncruel de la femme qui nous élève aux deux. Gœthe.\nCalembours de Musset. Conversant avec Victor Hugo, du procès\nde Mme Lafarge, accusée de l'empoisonnement de son mari : «Ah\nmon Dieu ! nous savons que l'art scénique vous doit ses plus beaux\ntriomphés !»— Il dit de l'auteur de Sous les Tilleuls «Je connais\nmon Karr à fond. » — De lui encore un jour de déveine « avec quel\nas-perds-je ? »\nConseil du mois\nAutour du drapeau tricolore\nSerais-tu camelot du roi,\nBois, poète, jusqu'à Vaurore\nEt crois qu'on pavoise pour toi !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c014", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "7", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.8", "titre_corps": "LION", "titre_sommaire": "LION", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "LION\nLe canari frémit sous une feuille dans sa cage\nLes bêtes domestiques fuient vers l'abri\nGronde le tonnerre c'est le lion qui rugit\nGalopant sur le ciel lacéré par forage.\nÉphémérides\n4 Août 1875. — Francis Viélé Griffin obtient un accessit d'Anglais.\n18 Août 1862. — Théophile Gauthier inaugure les chemins de\nfer algériens. • '\n20 Août 1887. — Mort de Jules Laforgue.\nConseil du mois\nQue ton âme en ce mois sur la plage jetée\nSavoure le repos au Bar de la Jetée\nN'écris pasy ne lis rien, presse la mie et fume\nEt trempe aussi les mains si lasses, dans l'écume."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c016", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.9", "titre_corps": "VIERGE", "titre_sommaire": "VIERGE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "VIERGE\nEtre subalterne puissant et îêiu\nTu gardes jalousement ion fragile avantage •\nTu ignores Vavenir la longueur de ton stage\nFA VAutomne si proche de jaune revêtu.\n«\nCLAUDE BERNARD\nPoète tragique\nOn savait que le grand homme avait écrit en sa jeunesse des\ntragédies, mais on ne les savait pas aussi détestables. Les fiagmeuts\nde Rose du Rhône et de Arthur de Bretagne que nous fit connaître\nM. Régis Huard furent propres à plonger les lettrés en un abîme de\nIl est au moins singulier que Claude Bernard, après de tels débuts\net après une telle carrière scientifique, eût maintes fois tiahi 1 expé-\nrance d'achever sa vie en écrivant de nouvelles tragédies. Qui sait\nsi nos plus fâcheux auteurs dramatiques ne sont pas des savants\nderdus pour la Science.\nConseil du mois\nL'officieux Bulletin des Halles et Marchés\nAnnonce lin arrivage énorme de bourriches\nD'huitres et de perdreaux, de quoi se pourlécher\nVoici les mois en R qui veulent qu'on soit riche,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c018", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.10", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "FOUQUET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "FOUQUET"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c019", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.11", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "FOUQUET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "FOUQUET"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c020", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.12", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "FOUQUET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "FOUQUET"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c021", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.13", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "FOUQUET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7, "texte": "FOUQUET"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c022", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.14", "titre_corps": "BALANCE", "titre_sommaire": "BALANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "BALANCE\nC'est pour peser les feuilles mortes\nLes soupirs qui s'échappent les fleurs qui flétrissent\nLe bilan de l'Eté les choses qui finissent\nLes tristesses qui attendent sur le pas de la porte.\nÉphémérides\n27 Septembre 1808. — Napoléon rencontre Gœthe.\nler1er Octobre 1919. M. André Lhote découvre le musée du\nLouvre.\n' 5 Octobre 1919. —M. Dermée prophétise la naissance d'une nou-\nvelle revue.\n16 Octobre 1628. — Malherbe mourant néglige le salut de son\nâme pour châtier le fâcheux langage de sa servante.\n20 Octobre 1854. — Un assis de la mairie de Charleville, dresse\nl'acte de naissance de Jean Arthur Rimbaud. M. Paterne Berrichon\npressent le génie de l'enfant et jure de devenir son beau-frère.\nConseil du mois\nLe jeune malade à pas lents\nS'en revient de Contrexéville\nSi las ! Qu'il rêve en un beuglant\nA quelque acrobate immobile."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c024", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.15", "titre_corps": "SCORPION", "titre_sommaire": "SCORPION", "signature_source": "JARRY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1173, "texte": "SCORPION\nJARRY.\nSous les abris de pierre pareils aux montagnes\nTu emportes le poison renfermé dans ton sein\nRêve de domination tu fuis la campagne\nLes souvenirs te suivent comme des assassins.\nBARDES ET CORDES\nLe roi mort, les 21 coups de la bombarde\nTonnent, signal de deuil, place de la Concorde.\nSilence, joyeux luth, et viole et guimbarde :\nTendons sur le cercueil la plus macabre corde.\nPour accompagner l'hymne éructé par le barde...\nLe ciel veut l'oraison funèbre pour exorde\nL'encens vainc le fumet des ortolans que borde\nLa maritome, enfant butorde non moins qu'orde.\nAux barrières du Louvre elle dormait la garde :\nLes palais sont de grands ports où la mort aborde ;\nCorse, kamoulke, kurde, iroquoise et lombarde.\nLe catafalque est ceint de la jobarde horde.\nLa veille n'eût point fait camuse la camarde\nIl faut qu'un rictus torde et qu'une bouche morde.\nLa lame ou la dent tranche autant que le plomb arde.\nPoudre aux moineaux, canons place de la Concorde\nArme blême, le dail ne craint point Vespingarde ;\nTonne, signal de deuil ; irbre macabre corde.\nLes Suisses au pavé heurtent la hallebarde\nSeigneur, prends le défunt en ta miséricorde.\nde la Revue Blanche)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c026", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.16", "titre_corps": "SAGITTAIRE", "titre_sommaire": "SAGITTAIRE", "signature_source": "JARRY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "SAGITTAIRE\nJARRY.\nLes cors! La forêt retentit du bruit des sabots\nTu chevauches tes propres flancs beau Centaure tiré de l'Olympe\nVélu suant la foie fonçant dans les flots\nTu évite le gibier pour trouver une nymphe.\nMADRIGAL\nM a fille — ma, car vous êtes à tous,\nDonc aucun d'eux ne fut valable maître,\nDormez enfin, et fermons la fenêtre :\nLa vie est close et nous sommes chez nous.\nC'est un peu haut, le monde s'y termine\nEt l'absolu ne se peut plus nier;\nIt est si grand de venir le dernier\nPuisque ce jour a lassé Messaline.\nVous voici seule et d'oreilles et d'yeux\nTomber souvent désapprend de descendre.\nLe bruit terrestre est loin, comme la cendre\nGît inconnue à l'encens bleu des dieux.\nTel le clapotis des carpes nourries\nA Fontainebleau\nA des voix meurtries\nDe baisers dans Veau.\nComment s'unit la double destinée ?\nTant que je n'eus point pris votre trottoir\nVous étiez vierge, et vous n'étiez point née,\nComme un passé se noie en un miroir.\nLa boue à peine a baisé la chaussure\nDe votre pied infinitésimal,\nEt c'est d'avoir mordu dans tout le mal\nQui-vous a fait une bouche si pure.\n{Extrait de la Revue Blanche)*"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c028", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.17", "titre_corps": "CAPRICORNE", "titre_sommaire": "CAPRICORNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "CAPRICORNE\nA travers les neiges ravins collines boisées\nL'Hiver galoppe violent bousculant les hommes\nIl rit ail vieux Noël qui s'éveille tout paré\nPour son rite annuel et pour la joie des gnomes.\nÉphémérides\n31 Décembre 1831. — Alfred de Vigny se déclare à lui-même ;\n« Je n'ai fait de mal à personne. Je n'ai pas écrit une ligne contre ma\nconscience, ni contre aucun être vivant. »\n4 Janvier 1857. — Les Goncourts baptisent Béranger l'Ana-\ncréon de la Garde Nationale.\n16 Janvier 1875. —• Verlaine quitte la prison de Mons.\n17 Janvier 1536. — Le papa autorise Rabelais à reprendre\ni foabit de bénédictin sans renoncer à l'exercice de la médecine.\nConseil du mois\nMil neuf cent vingt et un expire\nMil neuf cent vingt deux, sera-ce\nPour Claude Terrasse\nOu William Shakespeare ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c030", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "18", "image_debut": 19, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.18", "titre_corps": "ASTROLOGIE", "titre_sommaire": "ASTROLOGIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "ASTROLOGIE\nVERSEAU\n21 Janvier au 31. — Nature tendre, heureuse union, voyageur,\nmarcheur, noble mais injuste par passion.\nler1er Février au 11. — Poursuite de la fortune à travers les alter-\nnatives de succès et de revers, amour des beaux-arts et des belles-\nlettres, le bourru bienfaisant, dispositions pour les sports, danger\nd'accidents, colères.\n11 Février au 21.— Grandes espérances de fortune, médiocres\nrésultats, nécessité de la probité, périls venant de la banque. Très\nsecret sur ces affaires, de la gaîté qui ne peut pas sortir, rêveur,\nbizarre.\nIls ont pour : plantes symboliques : le Serpentaire et le Prunier\nsauvage — pour animaux : le Mouton et le Paon — pour pierre : le\nCristal — leurs anges sont les Martyrs — leurs démons les Apostats\n— leur apôtre Saint-Mathieu avec sa hallebarde — leur prophète\nAbabuc — ils sont de la tribu de Zabulon — leur force est dans le\ngras de la jambe — le nombre 2 est dédié à Junon, la déesse qui\nprotège les dignes et bonnes personnes nées sous le signe du Verseau —\nelles doivent se parfumer à l'euphorbe.\nPOISSONS\n21 au 28. — Ce signe recommande la prudence dans le désir\net le choix des affections. Excellent signe, qui fait réussir les gens\nmodestes, avec des alternatives de revers et de succès. Fidèle, joyeux,\nhardi, éloquent, aimant ses amis, vite apaisé dans ses colères.\n28 au 11 Mars. — Dégradation par l'amour désordonné des\nrichesses, ou chute par trop de désir de bien faire, envie de s'entre-\nmettre pour des choses sublimes, dissipation, prodigalité, humble\net silencieux, très doux, plus aimable avec le monde qu'avec sa\nfamille.\n11 au 21. — Nécessité de la prudence pour ne pas faire échapper\nla fortune, type de la coquette sale, mélange de prétention et de\ngrossièreté, bavardage, poésie, débauche.\nIls ont pour : animaux symboliques : le Cygne et le Cheval —\npour plante : le Sarrasine — pour pierre : le Saphir — leurs anges\nsont les Confesseurs — leurs démons les Infidèles — leur Apôtre\nJacques le Mineur avec son bâton — leur prophète Sohel — ils sont\nde la tribu d'Ephraïm — Le Dieu qui protégeait les grands philo-\nsophes un peu rudes nés sous ce signe est Neptune auquel le nombre\n11 est dédié — le thym est leur parfum."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "BÉLIER\n21 au 31. — Force et caprice, ambition, chicane, précision dans\nle langage, hardiesse a soutenir son droit, tendre avec ses amis, terrible\navec ses adversaires, simple mais confortable, ascension, protection\ndes grands, sacrifices, désir de pénitence.\nler1er Avril au 11. — Concours de chance favorable àla fortune,\nrichesse ,noblesse, amour du luxe simple, enquêteur des choses d'au-\ntrui, prodigue pour ce qui est du confort, solitaire en sa vie, médite\ndes choses frauduleuse, utile, habile, prompt.\n11 au 21. — Péril de se perdre en obéissant à une inspiration\nirréfléchie, excès de sensibilité amenant au raffinement du vice,\nforce dans les amitiés, très policier, intelligence précise et froide,\ngoût de la science, de la théologie, très capable en tout, volonté.\nIls ont pour plantes : la Sauge et l'Olivier — pour animaux :\nle Hibou, la Chèvre, le Serpent, le Coq — pour pierre : la Sardoine —\nleurs anges sont les Séraphins — leurs démons : les adorateurs de\nfaux dieux -— leur apôtre : Saint-Mathieu avec sa hallebarde — leur\nprophète : Malachie — ils sont de la tribu de Dan — leur force dans\nie regard et la face — Ils sont protégés par Pallas la déesse aux yeux\nbrillants à laquelle le nombre 7 est dédié — ils doivent se parfumer\nà la mirrhe.\nTAUREAU\n21 au 30. — Travaille pour l'avenir dans le bien commun ,dans\nïe mal, corps massif, esprit récréatif, apte, et subit, aimé des femmes,\nmagnanime, courageux, aimé, et agréable à tous. Assez hargneux et\nmurmurant au fond de son caractère, travaille en se plaignant.\nler1er mai au 11. — Avortement dans les entreprises si on manque\nde persévérance, obstacles, embarras, écueils, retards, indécision\nCorps lent, esprit vif, grand travailleur, très positif, aimant la plai-\nsanterie.\n11 au 21. — Grandes luttes contre l'adversité, joue et perd,\nassea chicaneur, reproches, maladies, beaucoup d'amour.\nAnimaux symboliques : la Colombe et le Bouc — plantes :\nle Mirthe et la Verveine mâle — pierre : la Cornaline — anges : les\nChérubins — démons : Esprits de Mensonge — apôtre : Thaddée\navec sa hache — prophète : Aggée — ils sont de la tribu de Ruben —\nils sont protégés par Vénus, la déesse aux beaux seins — leur force\nest dans le cou — le nombre 6 leur est favorable — ils doivent se\nparfumer au coq."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "GÉMEAUX\n21 au 31. — Efforts sans fruit, asservissement aux intérêts des\nautres, organise le plaisir au point d'en faire même un travail, gaîté,\njeunesse, goûts variés, connaissance des nombres, beaucoup d'enfants,\ninstinct du théâtre, du tact, de la correction.\nler1er Juin au 11. — Manque de sens moral, goût du burlesque et\nde la plaisanterie, possession de tous les moyens qui font réussir,\ncaprices, variations, colères vite apaisées.\n11 au 21. — Intelligence, subtil, excellente mémoire, joyeux,\nhardi, ne le cède à personne, malheur prochain.\nAnimal symbolique : le Taureau — plantes : le Laurier et la\nVerveine femelle — pierre : la Topaze — anges : les Thrônes — dé-\nmons : les Vases d'lniquité — leur apôtre : Simon avec sa scie —\nprophète : Zaccharie — ils sont de la tribu de Juda — les gens char-\nmants nés sous le signe des Gémeaux ont pour parrain Phebus aux\nbeaux fbras — leur force est dans les bras et dans la volonté —le\nnombre 12 leur est favorable — ils doivent se parfumer au mastic.\nCANCER\n21 au 30. — Goût des arts et des sciences, équilibre des entre-\nprises, activité, subtil et ardent pour ses intérêts, ferme et brûlant,\nimpénétrable, fécond en ressources.\nler1er Juillet au 11. — Liaison avec une femme à laquelle on devra\nson bonheur, esprit alerte et un peu petit, pas beaucoup de scrupules\nuni à une excessive délicatesse pour certaines choses, beaucoup de\npromesses dans la jeunesse, souriant, moqueur, gaffeur.\n11 au 21. — Consolation dans les afflctions, délivrance de ses\nennemis, conquête par la force, piraterie, amour de l'exceptionnel\net du rare, susceptibilité, paroles inutiles.\nAnimaux symboliques : l'Oiseau du Soleil et le Chien — plantes :\nl'Oreille d'âne et le Coudrier — pierre : la Calcidoine — anges : les\nDominations — démons : les Vengeurs de Crimes — leur apôtre est\nSaint-Jean : il porte un calice d'où sort le dragon — leur prophète\nest Amos — ils sont de la tribu de Manassi — le dieu de l'antiquité\nqui protégeait les innocents nés sous ce signe était Mercure le voya-\ngeur — leur force est dans la poitrine — le nombre 5 leur est favo-\nrable — ils doivent se parfumer au camphre."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "LION\n21 au 31. — Nécessité de la patience et de la prudence au milieu\ndes contradictions et des retards, marins et soldats, grandeur, colère,\nmagnanimité.\nler1er Août au 11. — Rivalités en amour, tromperies en affaires\nd'intérêt, parler rustique, préoccupations positives mêlées à des\ngoûts de grandeur et de beauté, excès, orgueil, opportunistes dans\nl'âge mûr.\n11 au 21. — Entreprises d'ennemis puissants et acharnés, grands\nsacrifices pour plaire à ses amis, beaucoup de gestes inutiles et comme\nsoulevé par une force. Goût de la gaîté.\nAnimaux symboliques : l'Aigle et le Cerf — plantes : le Chêne\net la Mousse — pierre : le Jaspe — anges : les Puissances — démons :\nles Sorciers — apôtre : Saint-Pierre avec ses clefs — prophète : Osée\n— ils sont de la tribu d'Assez — ces gens heureux sont protégés par\nJupiter à la large poitrine — leur force est dans le cœur — le nombre\n1 leur est favorable — ils doivent se parfumer à l'encens.\nVIERGE\n21 au 31. — Voyages, entreprises» végétarien, goût de la nature,\nmodestie dans la tenue et mouvements d'orgueil inattendus. Etudes,\ncollections, bibliothèques, économie, dépenses pour son ménage et\nson intérieur.\nler1er Septembre au 11. — Trahisons de toutes espèces dont on\nne se méfiera pas. Voyages à l'étranger. Coups de tête. Vie bohémienne,\nva dans le monde et plaît, fortune tardive, fond sérieux.\n11 au 21. — Etude des causes naturelles et des arts. Talent d'écrire\nvite, ingénieux mais extrême modestie qui nuira, regrette de n'être\npas plus savant, beaucoup de respect et d'admiration pour les grands\nhommes, visage calme et froid, danger de rhumatisme, péril d'infor-\ntune complète en argent et en affection.\nAnimaux symboliques : Je Passereau et le Porc — p antes :\nle Calament et le Pommier — pierre : l'Emeraude — anges : les Vertus\n— démons : les Puissances de l'air — leur apôtre : Saint-André qui\nporte la Croix en sautoir — prophète : Miellée — ils sont de la tribu\nde Siméon — les personnes prudentes nées sous ce signe sont proté-\ngées par Gérés aux beaux flancs — leur force est dans le ventre •—\nle nombre 10 est dédié à la Vierge — ils doivent se parfumer au Santal."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "2\n\nBALANCE\n21 au 30. — Caractère féminin, nature aimable, douceur, honnête-\nteté, constance dans les affections, bienveillant pour les gens dont les\ntraits charment leurs yeux, superficiels, mais gracieux. Les femmes\nont une tendance à l'amour. Union, sympathie, dévouement, amour\nde la justice.\nler1er Octobre au 11. — Union avec une veuve, fureur, émotions,\npassions, entreprises, on arrange toujours sa vie, voyages multiples,\nchangements de professions.\n11 au 21. — Soutien de la chance dans les entreprises, plaisirs\nde l'esprit, vie légère, amour de l'élégance, pas d'autre ambition que\nde bien vivre, beaucoup de souplesse, moins de succès que de bonheur\nAnimaux symboliques : l'Oie et l'Ane —- plantes : le Buis et le\nTournesol — pierre : le Béril — anges : les Principautés — démons :\nles Furies — prophète : .Tonas — apôtre : Saint Bartholomé avec son\ncouteau — ils sont de la tribu d'lssachar — les intelligentes personnes\nnées sous ce signe sont protégées par Vulcain, l'artisan, boiteux\ncomme la Justice humaine — leur nombre est 8 — leur parfum le\nGalbanon.\nSCORPION\n21 au 31. — Approche d'une grande joie, âme meurtrière et péni-\ntente, combats contre soi-même et les autres, malheurs par les femmes,\ngoûts ouvriers, esprit réaliste uni à des coquetteries, malice, reste coi\nquand il est pris.\ntor Novembre au 11. — Beaucoup de bonté, mais méconnu,\nn'a pas la situation qu'il mérite, mais satisfait de son sort, apparence\naustère, mais seulement l'apparence, histoires de femmes.\n11 au 21. — Acquisition de biens, mélange d'humilité et de vio-\nlence, beaucoup de discours, d'éclats de rire, capable de dévouement,\npréoccupé de ce qui est noble et des idées. Nature étroite, inconsis-\ntante et brouillonne.\nAnimaux symboliques : le Loup et le Pic-vert — plantes : l'Ar-\nmoise et le Cournouiller — pierre : l'Améthyste — anges : les Archanges\n—• démons : les Exécuteurs ou les accusateurs — apôtre : Saint-\nPhilippe avec sa haute croix — prophète : Abdios — tribu : Benjamin\n— les malheureux nés sous ce signe sont protégés par Mars le flam-\nboyant — leur force est dans les génitoires qui sont le siège de la\npensée terrestre — leur nombre est 9 — ils doivent se parfumer à\nl'oppoponax."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2063, "texte": "SAGITTAIRE\n21 au 30. — Sûreté pour les espérances du cœur, grands dons,\nnatures sportives, grandes ambitions, aptitudes aux mathématiques\net aux sciences, vie vaste et brillante, esprit aigu, amateur de tout\nce qui est bon.\nler1er Décembre au 11. — Complot de la scélératesse, guct-apens,\ndésire se retirer en soi-même, songe à de nouvelles affaires. Ferveur\nde cœur et douces paroles unies à la convoitise, embarras de son\npropre corps.\n11 au 21. — Grandes capacités pour se défendre, vie déréglée,\nrepentir tardif, grandes passions, fortune paralysée, grande impor-\ntance donnée aux choses, convictions, chasseur, force, libéralité.\nAnimaux symboliques : la Biche et la Corneille — plantes : le\nDattier et la Macie — pierre : la Hyacinthe — anges : les anges véri-\ntables — démons : les démons tentateurs et guetteurs — apôtre :\nSaint-Jacques Majeur avec son bourdon et ses coquilles — prophète ;\nSophonie — les grandes âmes nées sous ce signe ont pour divinité\nDiane la chaste — leur nombre est 9 — ils doivent se parfumer à\nfalas.\nCAPRICORNE\n21 au 31. — Pénitence de ses péchés, alternatives dans la vie,\nhonnête mais habile, grande importance donnée à la correction et à\nla politesse. Collection d'habits, goût de l'argent, de la nourriture.\nMalheur par les enfants.\nler1er janvier au 11. — Grande confiance en soi, autorité sur ses\namis, chimères, quitte la proie pour l'ombre, carnassier, dépravé,\ncolère, incapable de déguisement.\n11 au 21. — Etude des causes naturelles et des arts, gourmet,\nprudence de gouvernement, désir du bien, envie de s'enrichir, personne\nsérieuse et agréable, aime la magnificence dans les habits et les repas,\ndifficile à mettre en colère, mais n'en sort plus, labeur, faiblesse.\nAnimaux symboliques : le Lion et le Héron — plantes : la Pareille,\nl'Orme, le Pin — pierre : la Chrysoprase — anges : les Innocents —\ndémons : les Méchants — leur apôtre est Thomas avec la lance ou\ni'équerre — prophète : Naum — tribu : Gad — ces personnes graves\net correctes sont protégées par Vesta dont le nombre est 3 — leur\nparfum est le Naid."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c036", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "36", "image_debut": 29, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.25", "titre_corps": "POÈMES", "titre_sommaire": "POÈMES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.29", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "POÈMES\n\nLe chant du beau matin\n\nJe ne veux pas une ligne noire autour de mon chant\nIl serait fermé comme un département\nComme Vesprit d'un homme à barbe blanche\nBonjour mes dieux\nBonjour peuples d'autrefois\nNous sommes bien ici ce malin ensemble\nA manger et à boire notre joie sur l'herbe\nComme une tarte aux fraises avec des vins blonds\nEt vous aussi mes descendants\nEl vous aussi peuples de l'avenir\nJe vous invile et vous offre une part\nPeuples de l'an 2.000\nPeuples de Van 10.000\nJe vous aime ce matin\nEl vous m'aimerez\nQuand vous serez\ni i i i i î i i iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii\nMon chant est sphérique\nComme une œuvre de Dieu\n«\nAimerez-vous encor tout ce que nous aimons\nVivrez-vous en famille avec les arbres et les animaux\nAvec la mer avec les monts\nHommes de l'an 10.000\nAimerez-vous comme nous aimons\nBanderez-voiis comme nous\nComme je voudrais vous serrer la main"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "Et choisir parmi vous des amis\nMoi qui marche sur la Terre huit mille ans avant voua:\nQuel palais aurez-vous bâti\nÀ la place où ce malin je suis assis\nOu peut-être que vos bateaux y feront naufrage\nEt qu'une vieille légende où j'apparaîtrai\nGrandira ces parages\nMais aurez-vous de vieilles légendes\nComme vous serez vieux peuples de Van dix mille\nComme vous serez jeunes\nComme je serai vieux\nAimerez-vous ce que nous aimons\nLa tarte aux fraises et le vin blond\nAimerez-vous ce que j'aime\nQuel est celui de mes poèmes\nQue vous aimerez le mieux\nOù la maison que je vais bâtir\nDes roulements d'auto\nDes sifflets de locomotives\nDes vrombissements d'avions\nDes sons de cloches\nSont enfermés dans mon chant\nAvec mes sentiments\nEt toutes les choses de mon temps\nEt là-bas c'est Paris\nLa ville qu'on a dans la peau\nLa ville qui sent Vhomme\nLa ville grise où je travaille avec mes mains\nQuand il pleut\nQuand il fait froid\nLa ville nourricière où j'ai eu vingl ans\nTout ce qui s'est passé n'est jamais arrivé\nJ'étais dans le ventre de la Ville\nMe voici né\nVoici que je marche en tenant toute la rue\nComme un homme riche\nVoici que je regarde la Terre\nQue je deviens amoureux d'elle\nVoici que je deviens éternel\nPourtant je regarde ma montre\nJe vais jouer au tennis de toute ma jeunesse\nEt j'ai faim comme un chien\nLe Nord était derrière moi\nLe Nord est à ma gauche\nEt bientôt je l'aurai en face"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "Mouches de cet Eté\nNous allons nous quitter\nVous pour rester pattes en Vair\nMoi pour aller dans l'avenir\nQui est peut-être au Nord\nOu peut-être au Midi\nMais nous nous retrouverons dans la grande cornue\nPetites sœurs - -\n''- * \\ *\nIl est l'heure.\n\nPIERRE ALBERT-BIROT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c036a", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c036a", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "25", "image_debut": 29, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.25.2", "titre_corps": "Le chant du beau matin", "titre_sommaire": "Le chant du beau matin", "signature_source": "PIERRE ALBERT-BIROT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.29", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "Le chant du beau matin\n\nJe ne veux pas une ligne noire autour de mon chant\nIl serait fermé comme un département\nComme Vesprit d'un homme à barbe blanche\nBonjour mes dieux\nBonjour peuples d'autrefois\nNous sommes bien ici ce malin ensemble\nA manger et à boire notre joie sur l'herbe\nComme une tarte aux fraises avec des vins blonds\nEt vous aussi mes descendants\nEl vous aussi peuples de l'avenir\nJe vous invile et vous offre une part\nPeuples de l'an 2.000\nPeuples de Van 10.000\nJe vous aime ce matin\nEl vous m'aimerez\nQuand vous serez\ni i i i i î i i iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii\nMon chant est sphérique\nComme une œuvre de Dieu\n«\nAimerez-vous encor tout ce que nous aimons\nVivrez-vous en famille avec les arbres et les animaux\nAvec la mer avec les monts\nHommes de l'an 10.000\nAimerez-vous comme nous aimons\nBanderez-voiis comme nous\nComme je voudrais vous serrer la main"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "Et choisir parmi vous des amis\nMoi qui marche sur la Terre huit mille ans avant voua:\nQuel palais aurez-vous bâti\nÀ la place où ce malin je suis assis\nOu peut-être que vos bateaux y feront naufrage\nEt qu'une vieille légende où j'apparaîtrai\nGrandira ces parages\nMais aurez-vous de vieilles légendes\nComme vous serez vieux peuples de Van dix mille\nComme vous serez jeunes\nComme je serai vieux\nAimerez-vous ce que nous aimons\nLa tarte aux fraises et le vin blond\nAimerez-vous ce que j'aime\nQuel est celui de mes poèmes\nQue vous aimerez le mieux\nOù la maison que je vais bâtir\nDes roulements d'auto\nDes sifflets de locomotives\nDes vrombissements d'avions\nDes sons de cloches\nSont enfermés dans mon chant\nAvec mes sentiments\nEt toutes les choses de mon temps\nEt là-bas c'est Paris\nLa ville qu'on a dans la peau\nLa ville qui sent Vhomme\nLa ville grise où je travaille avec mes mains\nQuand il pleut\nQuand il fait froid\nLa ville nourricière où j'ai eu vingl ans\nTout ce qui s'est passé n'est jamais arrivé\nJ'étais dans le ventre de la Ville\nMe voici né\nVoici que je marche en tenant toute la rue\nComme un homme riche\nVoici que je regarde la Terre\nQue je deviens amoureux d'elle\nVoici que je deviens éternel\nPourtant je regarde ma montre\nJe vais jouer au tennis de toute ma jeunesse\nEt j'ai faim comme un chien\nLe Nord était derrière moi\nLe Nord est à ma gauche\nEt bientôt je l'aurai en face"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "Mouches de cet Eté\nNous allons nous quitter\nVous pour rester pattes en Vair\nMoi pour aller dans l'avenir\nQui est peut-être au Nord\nOu peut-être au Midi\nMais nous nous retrouverons dans la grande cornue\nPetites sœurs - -\n''- * \\ *\nIl est l'heure.\n\nPIERRE ALBERT-BIROT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c037", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.25.1", "titre_corps": "Bois de Hermine David.", "titre_sommaire": "Bois de Hermine David.", "signature_source": "Hermine David", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.29", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 22, "texte": "Bois de Hermine David."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c053", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "37", "page_fin": "45", "image_debut": 47, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.41", "titre_corps": "JEUX : Fragments d'un livre à paraître", "titre_sommaire": "JEUX : Fragments d'un livre à paraître", "signature_source": "GEORGES GABORY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "JEUX\nFragments d'un livre à paraître\n\nQuelque éloignement qu'ait l'auteur à livrer au public sa vie senti-\nmentale, il se décide à publier ces souvenirs, vrais ou faux, en songeant\nque s'ils sont agréables à quelques lecteurs, ils ne seront utiles à per-\nsonne. .\nVendredi soir.\nDimanche dernier, nous étions, René L. et moi, chez lui, assis\ndevant des verres vides et faisant une partie de dames. On s'ennuyait\ncomme on s'ennuie le dimanche, quand la sœur et la fiancée d'un\ncamarade vinrent nous inviter à goûter. Thé, confitures amères, ma-\ndrigaux sucrés ; on joue au poker, aux devinettes, aux petits papiers.\nJe raconte des anecdotes littéraires et des histoires de reve-\nnants (mon succès). La fiancée de mon camarade pense à lui, on\nparle de son départ au régiment : tristesse des gares, rires de la\nlampe.\nQuelqu'un frappe à la porte : C'est Lucienne, une amie qui\nrevient du bal, souple, élégante, rieuse. Ses yeux sont tendres et\ncraintifs.\nLes maladies nerveuses et les perversions sexuelles font le sujet\nde la conversation. Nous en sommes aux confidences. Je regarde\nLucienne. Emotion cardiaque des premières rencontres. Je voudrais\nqu'elle vint s'asseoir près de moi, lui dire des mots inutiles et doux.\nDouceur de la présence féminine ! Elle est partie et quand je lui serrai\nla main, il m'a semblé que cette main n'était pas indifférente et qu'elle\ns'attardait un peu dans la mienne.\nJ'ai pensé à elle un peu, le soir : Elle est gentille, Lucienne.\nLes jours sont morts l'un après l'autre, sans cérémonie. Mardi\nou mercredi, je commence d'écrire une nouvelle où figure une maî-\ntresse égarée. Je veux choisir pour elle un prénom plus aimable que\nle sien Berthe. Sans réflexion, j'écris Lucienne, puis, pris d'un scrupule\nd'exactitude, je rends à mon fantôme le nom qui lui fut donné à son\nbaptême.\nJ'ajoute que j'ai pensé à ma vraie Lucienne (Anticipation du\npossessif).\nAujourd'hui enfin, René m'apprend que je dois bientôt rencontrer\nLucienne. J'applique mon oreille contre mon cœur. Que dis-tu petit\nphonographe ? Lucienne.\nPlus de doute..."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "Samedi.\nJe deviens un brillant rameau de Saltzbourg (cf. Stendhal).\nJe vais tout-à-I'heure chez René et soudain une idée ridicule me\npoursuit. Lucienne sera chez lui avec Mado. Je tiemble, je cours,\nje pousse la porte. René cause avec un fâcheux giotesque à prétentions\nso ci aies\nCe garçon veut faire des romans pour élever l'âme des hommes.\nQue m'importe l'âme des hommes ! Je préfère le petit corps sans\nâme de Lucienne et son visage... Quel ennui ! Après le départ de ce\npersonnage inutile j'entretiens René de mes espérances, d'un ton\ndégagé ; je plaisante pour cacher un peu de tristesse qui vient sour-\nnoisement me taquiner. Ah ! Lucienne...\nDimanche.\nArrivée à Clichy de Georges, le frère de Mado, je vais chez lui ce\nmatin. Joies de la famille, tendresses de la fiancée. On sonne à la\nporte, Mado se précipite, mon cœur tressaille, si c'était Lucienne.\nCe n'est pas elle et la tristesse coule en moi comme un petit ruisseau.\nJ'ai envie d'écrire à Lucienne, mais je crains de me livrer sans\ndéfense. Je suis tenté d'imiter l'exemple de Julien Sorel, l'âme tor-\nturée et le visage impassible auprès de Mathilde de la Mole qu'il\naime à en mourir, etc. Pourtant, je songe que Lucienne serait peut-être\ntouchée par un aveu, que cet aveu même pourrait être un moyen de\ngagner ses faveurs. Si j'ai le pouvoir de ne pas renoncer à 1 observa-\ntion de mes sentiments et au contrôle de mes actes et si elle me croit\nprivé de ce pouvoir, ne puis-je pas profiter de cette illusion ?\nPerplexités.\nLundi.\nInquiétants symptômes ! Un songe me réveille cette nuit. J'ai\nla fièvre (ce n'est pas de la littérature — oh ! si) ; j'ai des palpitations\nde cœur, enfin, je suis dans le même état nerveux qu'après avoir bu\ntrop de Champagne. J'ai rêvé de Lucienne, évidemment. Ma mère\nalarmée par ce réveil nocturne, me croit malade, me fait boire des\ntisanes, avaler des pilules.\nJ'étais la veille au bal Tabarin.\nLes projecteurs, caméléons lumineux, regardaient danser des\nAndréïdes. L'orchestre jouait des cantiques. Il est né le divin Enfant.\nou Venez, divin Messie en accélérant le rythme pour le cancan.\nLe souvenir de Lucienne me frôlait tendrement à l'heure du dernier\ntango.\nJournée de Toussaint. Je ne verrai pas Lucienne aujourd'hui.\nJe pense à une jeune fille qui est morte à vingt ans et que j'ai aimée\nautrefois. Les cimetières sont fleuris de chrysanthèmes et mes petites\nsœurs, les feuilles d'automne, dansent autour de mon amie morte."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "Lucienne est phtisique, je crois, comme cette jeune fille que j'ai\nconnue. Elle porte aux joues les taches roses fatales. Que la phtisie\nest sympathique ! Je cloue pour notre amour un charmant cercueil.\nNous nous endormirons ensemble.\nJ'imagine des romans. Elle m'aime autant que je l'aime; ce n'est\npas peu dire; elle va mourir et moi, las de vivre, je désire l'accompa-\ngner. Le décor représente la chambre d'un hôtel de Montmartre.\nSur la table, deux ampoules de morphine vides, beaux fruits défendus,\nprès de la lettre à monsieur le commissaire !\n« Nous prenons la liberté de vous quitter...\nSur le lit défait, deux amants sont couchés, Lucienne et moi.\nElle appuie sa tête sur mon épaule, ses yeux sont fermés, ses mains\nblanches, je sens ma vie se défaire lentement, sans tristesse. La fenêtre\nest entrouverte et dans la rue tombent de petites étoiles mortes.\nIl semble qu'on cherche à me réveiller ; je veux dormir. Je souris aux\nderniers soupirs de la terre. Un vers de Baudelaire :\nQue nos rideaux fermés nous séparent du monde\nLe visage de mon ami André M. que j'ai nommé exécuteur de\nmes hautes œuvres littéraires, les lumières des boulevards, l'ombre\nde Tabarin.\nLe rideau tombe et se relève avant nous. La pièce est finie,\non nous enterre dans la boîte du souffleur. Famille en pleurs, confrères\nhypocrites, commentaires :\n— « Quel avenir ! — vous croyez ? ce suicide, une réclame !\npour une grisette ! — c'est ridicule — on le disait intelligent — on\navait tort !... »\nJe m'amuse tranquillement..\nEcrirai-je à Lucienne ? oui je compose une lettre genre aveux\nsincères.\nExemples : Je reviens du bal, toutes les danseuses, c'étaient\nvous (mauvais compliment), la lumière, vos regards, la musique,\nvotre voix.\nLa lettre est ornée de ratures, signes d'un trouble passionné.\nA la première ligne, je l'appelle « mademoiselle », à la dernière, « petite\nchérie ».\nJe suis amoureux, c'est certain. La nuit est venue, il est tard,\nje suis seul dans la maison déserte. Elle dort maintenant sans savoir\nque j'écris son nom sur le livre rose du cœur, poupée fermant les yeux\ndisant : « je t'aime ».\nJe voudrais être aimé d'elle; pourquoi ne le serais-jc pas ?\nJusqu'à présent Lucienne a été courtisée par des employés de\nbanque, des commis de magasin ignorant l'art du madrigal,\nElle sera sensible aux galanteries distinguées, aux mots d'esprit\nque je ferai pour lui plaire. Sans doute miaule un démon familier,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "assis sur mes papiers, sans doute, mais elle est également sensible\naux grâces des employés de commerce. Elles sont tellement sensibles !\nUne petite naïade blonde sort de mon encrier.\nMardi, une heure après minuit.\nJe sors d'un dancing. Lampions éteints, miroirs déserts. Je\nreviens chez moi, seul, à travers les rues lactées ; passant sur les bou-\nlevards extérieurs, au milieu des baraques foraines, des manèges\ndormant dans la boue, la pipe éteinte. Lucienne a reçu ma lettre.\nQu'a-t-elle dit en voyant ce cœur s'envoler de l'enveloppe déchirée ?\nL'oisiveté, mon cœur, est la mer de tous les vices. Méfie-toi des\npoissons rouges de ce triste océan, garde-toi des sirènes bavardes et\ndes pieuvres tendres ! J'en ai connu plusieurs. L'une d'elles..»\nHeureusement, Lucienne, que je n'aime que toi!\nDemain, je me lèverai à six heures, ma mère sera stupéfaite, et,\ncomme un amant espagnol, j'irai me promener sous les fenêtres de\nLucienne en attendant qu'elle sorte. Je m'approcherai d'elle en trem-\nblant. Elle rougira, surprise de me voir, agréablement, car elle doit\nm'ai mer, pourquoi ne m'aimerait-elle pas, d'ailleurs ?\nMercredi soir.\nLucienne (refrain), Lucienne, pourquoi t'ai-je aimée? pourquoi\nt'ai-je vue? Thème des regrets inutiles. J'ai voulu faire de mon\namour un rameau tendre et fragile et le vent l'a brisé. Beau poignard\nde la douleur, les plaies de mes blessures ont fleuri et je t'ai couronnée\nde roses, blanche dryade délivrée...\nVoilà tout ce qui s'est passé.\nJ'attendais Lucienne, ce matin, près d'un terrain vague ; elle\nvint vers moi sans me voir et je doutais de ma tendresse en l'aperce-\nvant, car je la trouvais aussi jolie que la semaine dernière et je ne\ndésirais pas l'éviter. Si j'avais été réellement amoureux, ne me serais-\nje pas éloigné à son approche, n'aurais-je pas été déçu en voyant son\nvisage. Qu'est-ce qu'un amour sans crainte et sans illusion ?\nJe m approchai d'elle en tremblant ainsi que je l'avais prévu,\naprès quelques secondes d'hésitation, à peine le temps de penser :\nce n est pas Elle, ce n'est pas Elle et de chasser cette idée importune.\nElle me regardait avec un peu d'embarras. Premiers mots, sou-\nrires.\n— « Avez-vous reçu ma lettre, lui demandai-je ?\nT Pu*> mais je ne puis y répondre, je ne sais pas écrire ! »\n, , e tus pris d une inquiétude qui augmenta jusqu'à ce qu'elle\nm eut coiihe qu elle avait un ami et qu'elle tenait à lui être fidèle,\ngene que j éprouvais devint alors de l'indifférence, toutefois, la\npolitesse voulait que je montrasse de la mélancolie. Je crus devoir\nmsistei pour obtenir d'elle un rendez-vous nocturne. Elle refusa de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "nie I accorder et aussi de croire à mes se ntiments (l'insolente) exprimés-\nen phrases élégantes qu'elle comprit mal.\nJe la quittai vers neuf heures devant la porte d'un magasin de\nfleurs où elle travaillait.\nJe marchais sur le boulevard quand devant moi s'arrêta une petite\nfille blonde et perverse, Simone, qui voulut s'emparer de mon cœur,,\nun jour de pluie.\nElle baisse les yeux en parlant et parle d'une voix naturellement\némue, un peu artificielle, qui fait penser à une source, comme il\nconvient, mais à une source d'eau minérale. Elle me dit qu'elle s'en-\nnuyait, que la vie était triste. Je m'enfuis.\nPourtant, je devais consacrer cette matinée à Vénus.\nDurant quelques minutes, j'eus des regrets en songeant que\nj'avais perdu Lucienne et surtout mon amour pour elle. Je regrettais\nencore de terminer si vite mon journal sentimental, enfin j'étais déses-\npéré. Mon âme était couleur du jour, le jour était le jour des Cendres...\nJe manquai un rendez-vous sérieux et je me rendis à pied à\nMontmartre, ayant l'intention de visiter un ami pour oublier mes\nchagrins d'amour. Je montais la rue des Martyrs sans regarder autour\nde moi, lorsque j'entendis prononcer mon nom à quelques pas.\nJe tournai la tête et je reconnus la silhouette sombre de mon\namie Berthe qui m'embrassa cordialement sur les lèvres. Berthe fut\nma grande passion. Je l'ai connue un jour d'été, dans un cabaret.\nC'était la femme d'un de mes amis, nous étions ivres. Elle me montra\nses jarretières : des rubans de taffetas pompadour.\nNotre amour se cachait dans l'atelier d'un peintre, boulevard\nde Clichy ; une amie de Berthe nous offrait ce refuge. Le soir, assis\nsur le divan, j'écoutais les deux femmes, parler de leur passé. Berthe\nme serrait la main avec tendresse et soupirait en me regardant.\nL'amie se retirait, emportant la lampe :\n— Je vous laisse mes enfants.\nBerthe m'aimait trop pour consentir à se partager entre son\nmari et moi. Elle le pria de quitter le domicile conjugal, ce qu'il fit\nnon sans un peu d'humeur.\nPlus tard, Berthe voulut jouer à la jalousie et me trompa avec\nun soldat colonial revenant du Tonkin. Cet égarement précipita\nnotre séparation\nDepuis cette rupture chaque fois que nous nous étions revus,\nnous avions rappelé le souvenir de notre ancien attachement par des\ncaresses plus vives que les premiers baisers des rencontres.\nCe matin, Berthe m'offrit une tasse de thé, chez elle ; je l'acceptai\net une demi-heure plus tard couchée près de moi, elle regrettait le\ntemps passé dans mes bras, l'année dernière.\nEn sortant de chez Berthe, qui me souriait à la fenêtre, les che-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.56", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2513, "texte": "veux dénoués et le visage heureux, je pensai à Lucienne. Je l'oublierai.\nEncore un souvenir qui tombe a la mer. On le repecheia. J ai passe la\njournée dans les grands bars avec André M. On boit la vie avec des\npailles.\nCe soir, j'évoque des possibilités amoureuses. De l'une à l'autre,\nSimone, les yeux langoureux, la voix mourante, surnommons-là\n« Pendant l'étreinte », Lucienne, marraine de ce petit écho du cœur,\nBerthe, ma bonne sœur de plaisir...\nJe suis un peu fatigué.\ne » e * « * * • * • •\nElle.\nUne personne blonde et pâle, des yeux verts assez doux, un\ngrand nez courbé, fin ; des lèvres minces et roses. Sans âge et sans\nautres expressions que celles du dédain et de la vanité, sa physiono-\nmie n'était pas laide, mais absolument privée du charme féminin,\nterne, grise.\nElle faisait penser à une chèvre avec sa figure plate et longue,\nsans barbe au menton, cependant.\nQuand elle marchait, rapide, passage Jouffroy, enveloppée dans\nsa robe noire inusable, 011 aurait dit qu'elle venait de sortir des livres\nde Charles Dickens ou d'Alphonse Daudet qu'elle feuilletait respec-\ntueusement aux étalages des bouquinistes. Il fallait la voir, le chapeau\nen arrière, le manteau flottant, un parapluie sous le bras, des bottines\nde cuir épais chaussant de grands pieds — des pieds de curé, disait\nmadame Alice P. sa meilleure amie — la démarche agitée» le nez rouge\net les yeux humides, l'hiver, l'été le visage en sueur et la main pleine\nd'un grand mouchoir de toile qui, déplié, lui servait d'éventail. Une\nsilhouette de vieille fille balzacienne.\nJe l'avais connue au Théâtre-Français « à la queue », dans les\nbarrières de bois qui emprisonnent chaque soir, deux heures durant,\nles fidèles spectateurs pauvres. Un camarade m'avait présenté.\nMademoiselle Marthe Milon.\nMoi.\nJ'avais quinze ou seize ans, l'âge des nuits chastes et des débauche\nimaginaires : j'aimais le clair de lune, Alfred de Musset, la Comédie\nFrançaise où je fréquentais assidûment. Mes cheveux étaient longs\net bouclés ; je portais une cravate Lavallière, un grand chapeau de\nfeutre. Timide et rougissant, j'allais voir les actrices au foyer dans leur\nloge ; je leur offrais des bouquets ; j'écrivais des sonnets pour elles ;\nrêvant d'être aimé d une reine de tragédie.\nJe pense à mademoiselle Jeanne Delvair, à ses grand yeux de\ncouleur sombre, à sa voix qui me troublait profondément. On jouait\nAndromaque 011 Polyeucte, assis dans une stalle de galerie, attentif,\nfrémissant, j'étais en Paradis. Le spectacle terminé, j'allais attendre"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.57", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "Hermione à la petite porte des artistes sous les arcades. Elle passait,\nenveloppée de fourrures, souriante, parfumée.\nAdolescent, j'accordais une égale importance à la fiction et à la\nréalité. Un intérêt passionné m'identifiait à mes héros préférés. Trop\nfaible pour exister sans prétexte, j'étais amoureux de toutes les\nfemmes. C'est alors que je rencontrai Marthe, cherchant la sœur de\nson âme. Elle reconnut à la mienne cette parenté. Les sentiments\nqu'elle conçut pour moi m'inspiraient en sa présence un orgueil\nattendri ; loin d'elle, le regret de cette faiblesse. Mais je ne m'avouais\npas cela. Je voulais aimer. Je l'aimais. Nous étions innocents, d'ail-\nleurs. C'était l'amour sans le dire et sans le faire. Je m'exaltais le soir,\ndans mon lit, me promettant de la posséder la prochaine fois que je\nla verrais ou de lui écrire une lettre d'amour, le matin.\nJe choisissais mes mots. Idéal, Rêve, Extase. Une tête charmante\napparaissait dans l'azur du filigrane. Ce n'était pas celle de Marthe.\nJ'étais le jouet d'un songe et les lettres qu'on n'envoie pas n'arrivent\njamais. Je m'éveillais honteux, dégrisé, mes projets nocturnes aban-\ndonnés et, si j'écrivais à Marthe, c'était pour la prévenir que je n'irais\npas chez elle, le jour convenu.\nMarthe se livrait, selon ses expressions, au « labeur mathématique\ndans le domaine bureaucratique)). J'étais à cette époque employé de\ncommerce et je la voyais chaque jour à l'heure du déjeuner. Mon\nrepas était simple : Un sandwich et du chocolat que je prenais au\nbar ; celui de Marthe était sans doute aussi bref. Elle m attendait\ndans la boutique sombre d'un libraire, près du square Montholoi)\net nous allions lire des bouquins dans les galeries vitrées des passages\ndu boulevard. C'était l'hiver et nous marchions vite. La littérature\nétait toujours le thème de nos conversations. Marthe faisait de grands\ngestes et criait. Je l'écoutais, les mains dans les poches du pardessus,\nle col relevé sous une frange de cheveux blonds, le chapeau sur les\nyeux ; des noms claquaient au vent : Baudelaire, Vigny, I lugo.\nUn passant se retournait parfois en souriant et nous regardait dis-\nparaître au coin d'une rue.\nJ'avais accepté de déjeuner chez Marthe, certain dimanche de\ngivre. Un brouillard léger flottait entre les trottoirs et le ciel blancs\net des nuages s'arrêtaient dans les arbres étoilés. A onze heures et\ndemie, je descendis d'un tramway, place de la Bastille et je me\nrendis boulevard Beaumarchais numéro 75, où Marthe habitait au\nsixième étage d'une vieille maison, deux petites chambres séparees\npar un couloir.\nLa première était encombrée de deux lits, de trois armoires, d une\ntable, d'un buffet, de quatre chaises et d un mannequin de carton-\ntoile vêtu d'une petite jaquette qui avait toujours été demodee et\ncoiffé d'un grand chapeau à plumes noires."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.58", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "Mais plus tard seulement, je pénétrai dans cette chambre.\nLa seconde, c'était le bureau contenant un grand bahut plein\nde linge rigide, deux bibliothèques, deux secrétaires, dont l'un à\nrideau mobile, une table-bureau, un guéridon, deux consoles, trois\nétagères, six grandes chaises et pour terminer cett inventaire, un\npupitre à musique. Marthe jouait du violon.\nL'une des bibliothèques était remplie de livres achetés neufs ou\nd'occasion, recouverts de papier d'emballage avec le nom d'auteur et\ntitre au dos, écrits en ronde. Dans l'autre, dormaient des bibelots de\nporcelaine, bergers, bergères, nymphes, amours. Des fleurs artifi-\ncielles mauves se penchaient hors des pots de cuivre placés sur les\nconsoles. Posée contre une glace reflétant sa chevelure, une tête\nd'enfant en terre cuite parait le stuc de la cheminée, entre deux\nlampes, à pétrole de verre vert et de métal doré. Aux murs, ornés\nde rubans défraichis, des calendriers-réclames pendaient près des\néventails-primes qui s'ouvraient sur des paysages désuets, parmi les\nroses du papier. Le bureau était chargé d'un réveille-matin made in\nGermant] et d'un encrier-prisme de faux cristal, vide pour éviter les\ntaches d'encre. Sur une des étagères, une pendule en biscuit mesurait\nle temps, entourée de photographies.\nMarthe m'ouvrit la porte, émue.\nDes côtelettes, des herbes, de la crème composaient le repas.\nQuand il fut achevé, mon amie fit bouillir l'eau pour le thé qu'elle\nservit avec des gâteaux secs.\nMarthe, excitée, me taquinait ; dénouait ma cravate ; passait\nsa main dans mes cheveux, confisquait mes cigarettes. Il m'était\npermis d'enfumer le Japonais, dit-elle. Le Japonais était un cendrier\nde porcelaine bleue, genre nippon et nommé Mikado.\nMarthe avait le goût des intimités. L'habitude de vivre seule\nlui avait donné celle de nommer ses objets familiers : par exemple,\nson parapluie.\nCelui-là Fidélio, était l'ami le plus ancien ; il avait résisté plu-\nsieurs années au vent d'octobre, aux orages parisiens. Le guéridon\nou table magnétique s'appelait Spiriiza, pour les fantômes. L'enfant,\npêcheur italien, de la cheminée, restait muet au nom de Georges,\nle mien. La bibliothèque se nommait Sophie, mot grec signifiant\nsagesse, ce qu'on apprend dans Madame de Ségur, née Rostopchine,\nle violon Marco ou Cœur de Tzigane, ma pipe Opioma, le lit Reposoir\nou Volupta.\nMarthe avait des pseudonymes dont elle signait les poèmes,\nles comédies, les romans qui s'accumulaient inachevés dans les tiroirs\ndu secrétaire. Elle rimait des épithalames pour les mariages, des\nélégies pour les peines de cœur, tour à tour, Kervencelli, Rodolpho\nHendello, Raphaël Ermahelda, poétesse trismégiste."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2325, "texte": "Je passe à la scène des portraits.\nL'image du cousin Léon, tué à la guerre, souriait dans un cadre\nde bois peint, parc d'un thermomètre au mercure pour indiquer,\nsans doute, les degrés du souvenir. Des amies, des familles se grou-\npaient sur le bureau, sur les étagères, connues, celles-ci dans le salon\nfané de la veuve Milon, celles-là au cours de diction. On remarquait\npourtant, parmi ces grandes filles laides, Valentine, jolie provinciale\nvenue à Paris par amour pour un carabin de l'Ecole et restée au\nQuartier Latin, la passade finie, pour le plaisir, les copains du Boni'\nMich', l'apéritif au d'Harcourt, la Terrasse, les tavernes, enfin toute\nla vie d'artiste. Une autre encore sortait de son cadre de peluche\ngrenat, Raymonde ; elle avait espéré faire son mari d'un marquis\nDuplessis, des Richelieu. Il ne fut que son amant, mais cette liaison\nincertaine, peut-être imaginaire, lui avait laissé un prestige, un éclat\nagréables, factices.\n— Quand Richelieu m'aimait, murmurait-elle souvent, pensive.\nLe dernier portrait, le mien, rêvait, les yeux au ciel, lauré de\nfeuilles et gardé par quatre chimères.\nMarthe avait le cœur tendre, mais c'était un esprit positif, un\nesprit fort. La ligne droite est le plus court chemin... Elle affectait\nde ne croire qu'aux sciences naturelles, à la philosophie, à la Raison\net maudissait le siècle, parlait du progrès.\n*■\nJe l'ai entendue, chez des amis, émettre d'étranges aphorismes.\n— Les tables tournantes sont mues par l'électricité contraire.\nOu encore, d'un ton absolu :\n— Le lion peut déchoir et devenir hyène. Ces deux sortes d'ani-\nmaux peuvent symboliser les êtres suivant les échelons qu'ils gra-\nvissent dans la montée intellectuelle.\nElle se croyait belle et disait, devant les miroirs :\n— Je ressemble au duc de Reichstadt.\nElle méprisait l'élégance des parisiennes, leur grâce, leur luxe\ndélicat, recevait des jeunes gens chez elle, vivait sa vie.\nMarthe avait l'âme ciel-à-ciel. « Il faut songer au temporel »,\ndéclara-t-elle un soir, avant le repas. Je laisse quelques-uns de ses\ntrait dans l'ombre, ne m'écrivait-elle pas :\n— « Nous sommes modestes comme les violettes que vous aimez\ntant ».\nEn cendres, le bouquet fané ! dans ma mémoire, la seule fleur\nqui me rappelle Marthe, un maigre et mélancolique pissenlit tremble\nau vent du souvenir.\n\nGEORGES GABORY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c054", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 51, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.41.1", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "MODIGLIANI ; Choumoff", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 46, "texte": "Photo Choumoff\nMODIGLIANI\nCollection Zborowski"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c055", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 52, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.41.2", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "MODIGLIANI ; Çhoumoff", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "Collection Georges Menier\nMODIGLIANI\nPhoto Çhoumoff"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c056", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 53, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.41.3", "titre_corps": "Dessins", "titre_sommaire": "Dessins", "signature_source": "MODIGLIANI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 31, "texte": "MODIGLIANI\nCollection Zborowski"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c059", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "47", "image_debut": 60, "image_fin": 61, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.44", "titre_corps": "Pour les générations futures", "titre_sommaire": "Pour les générations futures", "signature_source": "ROCH GREY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2461, "texte": "Pour les générations futures\n\nIl y a des hommes qui vivent directement avec la terre. Le paysan\nla cultive, le grand propriétaire surveille les péripéties de cette culture.\nIl y en a qui, de père en fils, s'adonnent avec passion à ces travaux,\net aucun rêve de pays lointain ne vient jamais troubler leur esprit.\nLe déplacement, c'est autant de supplice qu'ils évitent avec soin.\nLes espaces inhabités qui entourent leurs demeures, les\npréservent contre tous les maux, contre toutes les exaspérations\nde grandeurs qui gisent dans les soubassements mêmes de la ville,\net qui planent au-dessus de la dernière limite de son liissement at-\nmosphérique.\nInexercée, leur imagination s'atrophie, comme des organes\ndisparaissant faute d'exercice. Manquer d'imagination, c'est gagner\nen énergie de résistance utile pour garder la vie.\nComme partout, il arrive que le courant de ces existences pai-\nsibles prend les proportions et la violence d'un torrent qui enlève\ntoutes les digues : quelque fils ayant perdu l'équilibre au contact de\nla ville, quelques filles s'éveillant à la lecture de la Bible, sa mère\nignorant l'importance de ce poeme, ainsi que la présence du Cantique\ndes Cantiques...\nLongtemps, du presbytère jusqu'à le dernière cabane du village,\non s effraye de l'affreuse destinée qui balaya les habitants du manoir,\ntel un cyclone.\nCes catastrophes n'arrivent, à de rares exceptions près, qu'à\nceux qui consentent à quitter leur contact direct avec la terre, en\naffrontant les collissions de nouvelles atmosphères.\nParfois, une gloire inattendue vient à la suite d'un pareil dépla-\ncement, rayonnant au-dessus de ces lieux abandonnés et toute la\ncontrée de s'ébahir à la violence de cet incompréhensible événement.\nHeureuse ou effrayante, la Destinée ne se met en marche qu'au\nmoment où l'homme de la campagne se décide à un déplacement,\noù le vide inhabité autour de sa demeure se réduit à un obstacle,\ntel un mur.\nLe sort de ceux qui cloués à l'uniformité inerte de leur vie,\ns'élancent hors de leur atmosphère et se mettent à voyager...\nVoici la frontière où butte le train qui te dépose et t'abandonne\nprécipitamment.\nComme un anneau imperceptible brusquement détaché de la\nchaîne infinie qui détermina son apparition dans le monde, tu deviens\ntout d'un coup une chose non comprise dans la totalité d'un organisme.\nAucun registre ne signale ici ta naissance. L'état actif de toutes\nles hérédités ignore la tienne ; ton nom ne fut jamais englobé par le"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "récepteur-gardien-métaphysique de la zone nationale, il ne fut jamais\naccroché dans la suite interminable des vivants et des morts qui\nconstituent le fond humain de ce pays. Ses habitants te ressemblent\nen espèce-homme, souvent le poids de leur corps correspond au tien,\nmais la couleur du Vide qui sert de champ aux évolutions matérielles\nqui constituent leur présence terrestre, est différente de celle que\ntu héritas de tes ancêtres.\nLe savoir a su poursuivre la matière jusqu'à l'avant-dernière\npossibilité de ses instruments. Il compta l'éphémère inexistant de\nsa ponctuation, mais il se désintéressa trop généreusement du Vide,\nce véhicule principal de toutes les unités partageables, car c'est lui\nqui consent à les désunir, à les garder dans les limites voulues, autre-\nment qui empêcherait à la personnalité X de se disséminer dans l'Uni-\nvers jamais assez comblé.\nC'est la couleur-densité-insistance de ce Vide inter-moléculaire,\nqui précise le caractère définitif d'une race, le caractère particulier\nd'un homme, car la cellule organique étant partout la même, d'où\nviendraient ces incompatibilités qui font ainsi varier les hommes et\nleur destinée.\nQuelque part, sous la coupole nettement dessinée qui recouvre\ntoute bleue les émanations familières de ton pays, ainsi que dans les\nprofondeurs de cette terre même, malgré ton absence matérielle,\nton nom fait la ronde suivant le mouvement prescrit par sa nature.\nTa présence sur la terre étrangère, apparaît d'abord plus méca-\nnique que la chute d'une feuille tombée d'un arbre de tous ses\nsucs appartient à cette terre. Tu la parcours perçue qu'un coup de\nvent qui dans sa vaste fougue sert à changer pour un instant l'aspect\nd'un paysage.\nTel un atome évoluant hors de son atmosphère, toi, voyageur\nanonyme décroché de la suite des choses états-émanations qui te\nproduisirent dans le monde, tu deviens le surplus indépendant de\ntout ce qui t'entoure.\nC'est le moment où l'artificiel basé sur l'enthousiasme puisé\ndans les Arts, condense les capacités de ton amour, les éparpille en\nex-votos étincelants s'accrochant aux éléments transcendants du\npays choisi pour ton pélérinage.\nC'est le moment de transfusion, où suivant tes possibilités\ntu te confondras dans l'état général des nouvelles atmospnères, où\ncapable de t'engendrer toi-même sous la pression du courant étranger\nà ta conformation, tu créeras une inédite formule d éléments contra-\ndictoires propre à activer l'état-effervescence de la vie terrestre.\n\nROCH GREY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c060", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 62, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.45", "titre_corps": "PETITES ANNONCES", "titre_sommaire": "PETITES ANNONCES", "signature_source": "MAX JACOB", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "PETITES ANNONCES\nMAX JACOB.\nUtilisation des règlements de police aéronautique pour établir\nceux des rapports planétaires.\nUtilisation des vieux romans de 1840 pour en faire des neufs.\nOn demande un homme d'Etat bien au courant des affaires\npour partager, départager et remanier l'Europe en tenant compte\npartout des appétits, des races, des nationalités et des idiomes y\ncompris l'espéranto.\nOn demande des dames sans connaissances spéciales pour grandes\nassemblées délibérantes.\nOn demande des attentats de bonne volonté pour en dégoûter\nles autres.\nOn demande des actionnaires.\nOn demande professeur sachant enseigner.\nParents demandent à se débarrasser d'un enfant trop clairvoyant\net qui a du sens moral. (Les personnes n'ayant pas de sens moral\nsont priées de s'abstenir).\n. On demande boucher capable de tuer, anéantir et faire disparaître\nà jamais le divin Agneau Pascal.\nLe Japon renoncerait au gouvernement effectif de la Chine\ncontre bonne compensation équivalente.\nOn demande des canons et des munitions pour F armée de la\nSociété Pacifiante des Nations.\nOn demande un homme de théâtre ne connaissant pas le théâtre\nOn demande la formule chimique de l'âme immatérielle pour stop-\nper les déchirements de l'amour. Antiquités à vendre. 1° Un\nautographe du Père Eternel. 2° La première poupée de Mozart.\n3° Les neuf lyres des muses convenablement repeintes avec la mé-\nthode pour jouer facilement de cet instrument à l'usage des gens du\nmonde. 4° Notre coiffeuse Louis XVI, établie à 550 francs toutjiois\nplein (garantie ancienne).\nUn vieux parisien offre les conseils de son expérience à jeune\nfemme ambitieuse, en échange d'adroites réclames pour produitst\nhygiéniques.\nOn demande un marteau capable d'ébrécher des idées ou des\nidées capables d'ébrécher les marteaux.\nUn grand Etat profondément désenchanté demande idéal tout\nneuf ou de l'ancien retapé.\nUn esprit que le bonheur n'a pas tué, que le malheur n\"a pas tué,\nque n'ont tué ni le travail, ni la paresse, ni le plaisir, ni la passion,\nni 1 ennui, un esprit désintéressé est demandé pour travaux de copies\nà faire chez soi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c061", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "49", "page_fin": "53", "image_debut": 63, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.46", "titre_corps": "LES ARTS", "titre_sommaire": "LES ARTS", "signature_source": "ROCH GREY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.63", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "LES ARTS\nModigliani\n\nSortis de l'enceinte de notre pays, au lieu de porter simplement\nun nom et un prénom faits pour nous préciser entre nos compatriotes,\nnous recevons une désignation de plus, celle d'étranger.\nMoitié nom, moitié adjectif, il se transforme en un sobriquet\nplus ou moins insultant, suivant les traditions du pays et les mœurs\ndu peuple qui nous reçoit.\nLe mot étranger, pris comme tel, porte en lui une mélancolie\ncomme tout ce qui signifie solitude et abandon ;\nSeul, un étranger qui voyage à sa guise, roulant dans toutes les\nsp'endeurs, sort de règle, s'identifie avec la prospérité dûe à la\nrichesse.\nL'étranger des contes et des ballades, personnage légendaire\nqui faisait, autrefois, pleurer les jeunes filles, c'est celui qui s'aven-\nture, sans un sou, dans un pays inconnu, et en affrontant tous les\npérils, cherche à réaliser son rêve.\nC'est la destinée des hommes voués à la création.\nPlusieurs fois, au cours de l'histoire de la terre, le centre du\nSavoir et des Arts changea de place en se fixant aux endroits où\nl'affluence d'amour et de passion, créait un noyau aux irradiations\nà longue portée, travaillant la fantaisie des plus lointains.\nIls y venaient, attribuant de leur génie à l'exaltation sublime de\ntoutes les capacités humaines, et, c'étaient leurs ombres qui paraient\nl'Harmonie Universelle.\nMaintenant, les hommes voués à la création, se dirigent vers\nParis qui comme un immense caillou de radium, brille au milieu du\nmonde qui l'aida à prendre cette posture.\nA chacun de juger de l'accueil que lui réserve le milieu local où\nson art l'oblige à évoluer : la Ville s'ouvre à tous, mais elle n'appar-\ntient qu'à celui qui lui donne un nouvel attrait, une nouvelle capacité\nde grandeur.\nIl y en a qui, dès le début, incapables de résister à la marée\nmontante de corrosifs qui grouillent, puissants, dans ce centre de la\nvie mondiale, succombent sans avoir achevé leur œuvre.\nA vingt ans, Modigliani suivait son époque, et comme tout\nitalien touchant les arts, déclamait les poèmes die d'Annunzio et\nrêvait de paradis artificiels."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "Fils d'une honorable famille juive de Livorno, peut-on savoir\nquelle collision d'événements le priva de tout soutien matériel...\nCondamné à la misère, cet artiste de grand talent, s'éternisa,\nsouvenir cruel, entre le boulevard du Montparnasse et le boulevard\nRaspail où il s'égara en arrivant d'ltalie.\nA-t-il jamais connu d'autres paysages parisiens que ces deux\nboulevards noués en croix de toutes les expiations, aux pieds du tumul-\ntueux café de la Rotonde, dont il était l'hôte le plus assidu.\nSa beauté le disposait à l'orgueil, la surprise de se trouver sous\nla couche de haillons a dû l'affecter comme un outrage : l'élégance\nde son esprit très élevé guidant ses goûts, il daignait peut-être de\nse montrer en pleurs et préféra crâner en buvant.\nPr.s dans l'engrenage des stupéfiants, avant que le monde con-\nnaisse la valeur de son art, l'ininterrompu de son ébriété lui créa\nune renommée fâcheuse.\nCeux qui jusqu'aujourd'hui gardent, hostiles, le souvenir de son\nirritabilité, ignorent, que c'est dans leur propre imperfection qu'ils\ndoivent chercher la cause de cette violence.\nIl est possible que l'unique milieu où il serait capable de se\nraffermir, de revenir à la sobriété et au calme propices à tous les\nbonheurs, serait un magnifique palais tapissé de marbre, peuplé des\nêtres dont l'envergure exceptionnelle chasserait pour toujours la possi-\nbilité de l'ennui.\nL'hiver de 1913, les récits de sa misère tellement dispropor-\ntionnés a ses qualités physiques et intellectuelles arrivaient de partout\ncomme des injures.\nSimulacre humain, une vieille concierge vivait de ses rentes au\n216 du boulevard Raspail, à côté d'un poêle qui envoyait sa grande\nchaleur jusqu'au milieu du sentier traversant un jardin couvert de\nneige : au bout de ce jardin, une baraque aux vitres brisées, servait\nd'habitacle et d'atelier à Modigliani, encore sculpteur.\nPersonne n'a jamais vu des mains comme les siennes, aussi\nglacées, aussi vulgairement humiliées, rouges, pareilles à des grandes\ntumeurs.\nLa baraque était jonchée de pierres, débris, esquisses de statues.\nLa situation apparaissait insoutenable, l'idée du feu, inadmissible\ndans cet emplacement.\nC est la police qui devrait intervenir portant le brancard et tous\nles attributs de sauvetage rapide, employés dans les glaciers de\nhautes montagnes.\nModigliani devint phtisique sans qu'on sache à quel moment\nprécisément le mal l'ajusta, dans cette baraque où les amoncellements\nde pierres aidaient la stabilisation du froid ou peut-être dans la douce\nchaleur du café de la Rotonde."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "Plusieurs têtes taillées dans la pierre, solennelles clans leur\ntenue funèbre, datent de cette époque. Elles témoignent combien\n1 artiste avait la main sûre, le goût noble ainsi que la mesure dans\nce funèbre qui ne laissait deviner aux profanes de son milieu l'incom-\nmensurable de sa misère.\nCes têtes-statues aux joues lisses, aux cous élancés, c'est encore\nle témoignage de son désir — pouvoir — insistance d'aimer à crier,\nmême ivre, même au fond de l'enfer, car pour exécuter un tel travail\nil fallait un effort de volonté, une longue suite d'heures, un labeur\nmécanique inspiré par la vision de la perfection.\nLes circonstances durent dresser quelques objections à son\nélan de sculpteur : brusquement il devint peintre exclusivement.\nSans le sortir de la misère, un marchand de tableaux commença\nà lui prendre des toiles ; il lui procurait du matériel et l'argent de\npoche qui lui permettait de continuer à boire.\nSur de nombreuses toiles de diverses dimensions, on peut suivre\nle rapide progrès de son art pictural, l'harmonie parfaite de l'expres-\nsion exécutive, alliage de concordances morales et physiques du\nmodèle, avec les moyens accordés par sa peinture. Dans ces portraits,\nesquisses, l'esprit suraigu, la violence de la tension nerveuse du peintre,\nincapable déjà de longs efforts, s'exerce, élan prodigieux — à donner\nd'un seul coup la totalité de l'œuvre.\nC est à cette époque qu'il rencontra un jeune écrivain polonais,\nLéopold Zborowski, qui voulant bâtir sa fortune, devint par inspi-\nration un marchand de tableaux.\nOn connaît les efforts qu'il fit pour sauver Modigliani. 11 est\nprobable que sa surveillance servit pendant quelque temps à enrayer\nla crise finale. C'est le moment où, secondé par une force supérieure,\nil aurait pu sauver cet homme tout de sensibilité et de fière ardeur.\nChacun possède en soi une formule — exigence définitive d'une\nbeauté toute puissante, capable de le perdre ou de le sauver. L'admi-\nration passionnée, la possession d'un être le plus beau que l'on puisse\ns'imaginer sur la terre, c'est l'unique remède destructeur de toutes\nles autres passions, de tous les vices, car la sublime satisfaction de\nl'instinct sexuel nouant en gerbe tous les nerfs, exclue la possibilité\nd'autres secousses, sauf celles de l'esprit.\nModigliani tremblait d'amour à la seule vue même partielle d'un\ncorps féminin bien formé, ceci prouve, unique appui réel, que sa sen-\nsibilité n'était jamais entièrement fixée.\nAucune des femmes ne sut, ne put transformer son désir de stu-\npéfiants en un amour-passion, aucune non plus ne se révolta de\nson excès de négligence, car sorti de la détresse, il continua à vivre\ncomme un mendiant. Rare le misérable, qui avant de parvenir à\n4"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": "un ultime abaissement, aurait le courage de vêtir les hardes qui ha-\nbillaient ce beau jeune homme.\nA Nice, sous un grand soleil vivifiant, il se traînait d'un pas\ndéjà alourdi, vite fatigué, il s'asseyait sur des bancs, le plus possible\néloignés de la tumultueuse promenade des Anglais. Les dalles presque\nblanches, les gens habillés de couleurs claires ou chatoyantes, seul\nModigliani affalé sur son banc, semblait l'unique point noir, reflet\ndu brumeux Paris hivernal, du Montparnasse* quartier des étrangers\noù circulent toutes les gloires du inonde moderne, reflet du génie\ncréateur.\nImmense village, bondé d'or et de toutes les félicités, c'est encore\nles garde-champêtres qui veillent sur la sécurité publique à Nice.\nModigliani était de ces rares étrangers, qu'ils osaient inquiéter à\nplusieurs reprises, ce qui l'affectait comme un outrage. Il semblait\nignorer combien toute sa personne vêtue de sombre et de crasseux,\nson allure si peu adaptée à cet aspect d'indigence, sa visible intempé-\nrance, combien tout cela froissait ce peuple habitué à vivre des miettes\nde grande fortunes, s'étalant avec faste le long de son pays merveil-\nleux.\nUne jeune fille ayant quitté la maison paternelle, portait alors\nle nom de sa femme : de lourdes nattes tombaient, étrange ornement\ndéfiant la mode, des deux côtés de sa figure, qui 11e ressemblait à\naucune de celles qu'on était habitué à voir.\nPetites et grandes, les toiles de cette époque la représentent\nferme, immobilisée dans une attitude presque hiératique, sorte de\nJoconde aux traits d'une irrégularité séduisante que le pinceau de\nl'amant exagérait, allongeant l'ovale, rétrécissant les pommettes,\nrapprochant les yeux, ainsi transformée en un fantôme, parfois malen-\ncontreux dans l'exaspération fervente de celui qui la fixait, elle\napparaît, multiples images de son humeur, parfois presque répugnante,\nou très jeune et jamais gaie, nue, elle séduit comme une chose\nbelle, figée dans une obéissance sans bornes.\nL'odeur de boisson, l'inquiétant de cette beauté qui se décompo-\nsait sous la pression ininterrompue des corrosifs — rien n'altérait\nl'irrésistible de sa soumission. Nature viciée et convulsée, incapable\naux longues analyses, Modigliani a su éviter toutes les influences, il\nporta t en lui l'hérédité ardente de son pays où naquirent et se déve-\nloppèrent les arts, il gardait aussi le rêve —- reflet — souvenir des\nchoses vues et aimées dans sa première jeunesse, quand tout se fixait\nprépondérant dans sa sensibilité toute neuve.\nSaisi par la vue du grand art, chaque chose qu'il avait faite\nporte 1 empreinte d'un grand art; il y a de petites toiles, parfois\nune seule tête qui donne l'impression du religieux monumental\nd'un fragment d'une œuvre immense."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.67", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "Il rêvait de construire un temple dont il laissa les esquisses et\nles dessins de ses ornements.\nRare entre les juifs de son milieu, il annonçait avec fierté son\norigine et aimait parler de sa religion, usages, rites, s'attendrissant\nsur les particularités de ses souvenirs.\nUne étonnante fierté se dégageait de toutes ses attitudes, c'est là\nqu'il trouvait la force pour acquérir, pour garder ce vaste esprit qui\nlui faisait dire des choses profondes, ardemment senties, exprimées\ndans un langage choisi, prouvant une pensée et de hautes lectures.\nLa grandeur de ses capacités artistiques qui, dans des circons-\ntances pareilles au lieu de sombrer purent tenir et même progresser,\nlui donne une des premières places dans notre temps, une prépondé-\nrance presque solennelle, car personne n'endura autant que lui.\nCe rire de fou qui en contractant sa figure lui donnait parfois\nl'air insensé, n'était que la suite d'un spasme de l'estomac convulsé\npar le froid et la faim.\nL'homme tellement doué, l'artiste que la grande destinée aban-\ndonnait de plus en plus, Modigliani réapparaît en 1920 dans le quar-\ntier du Montparnasse.\nTard dans la nuit, on entendait des cris, comme si quelqu'un\nappelait au secours : c'était lui qui déjà méconnaissable, s'exaspérait\ndans son ivresse, ayant dépassé les limites du possible.\nPour l'œil d'un passant, pour un indifférent, cet être qui s'était\nainsi perdu, devenait un objet de crainte et de répugnance.\nL'hôpital portant le nom glacial de la Charité, devrait placer une\néclatante* plaque commémorative sur ses murs crasseux. C'est là\nque d'un seul coup s'éteignit cette vie qui aurait pu être bonheur et\ngloire, aussi lumière éclairant de vastes horizons.\nLes funérailles furent celles d'un homme illustre.\nJamais l'affreuse bâtisse n'a vu autant d'hommes célèbres : dans\ntoute sa vie de misère, Modigliani n'a jamais ni vu, ni touché autant de\nfleurs.\nIl y avait aussi la grandiose présence d'un fait qui d'un trait\nde sa puissance extrême effaçait tout souvenir de déchéance et de\nlaideur, remontait le mort à sa véritable place qu'il abandonna par\nmégarde, à celle d'un homme jeune et très beau dont la merveilleuse\nséduction entraîna une femme dans la mort.\nElle lui donna sa vie et celle de son second enfant qu'elle portait\npeut être avec effroi et chagrin, sacrifice sublime d'une inaltérable\ntendresse qui ne voulait jamais limiter la joie de l'amant.\nQuand l'enfant née de cet amour deviendra majeure défiant\nles inhumains qui séparèrent les restes de ses parents, elle les réunira\ndans un même cercueil, ainsi Jeanne Hébuterne reposera à côté de celui\nau'elle aima plus que sa vie.\nParis, le 13 octobre 1920.\n\nROCH GREY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c062", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "54", "page_fin": "56", "image_debut": 68, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.47", "titre_corps": "Picasso", "titre_sommaire": "Picasso", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.68", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "Picasso\n\nSi nous savions, tous les dieux s'éveilleraient. Nés de la connais-\nsance profonde que l'humanité retenait d'elle-même, les panthéïsmes\nadorés qui lui ressemblaient se sont assoupis. Mais malgré les sommeils\néternels, il y a des yeux où se refièrent des humanités semblables\nà des fantômes divins et joyeux.\nCes yeux sont attentifs comme des fleurs qui veulent toujours\ncontempler le soleil. 0 joie féconde, il y a des hommes qui voient\navec des yeux.\nPicasso a regardé des images humaines qui flottaient dans l'azur\nde nos mémoires et qui participent de la divinité pour donner les\nmétaphysiciens. Qu'ils sont pieux ses ciels tout remués d'envolement,\nses lumières lourdes et basses comme celles des grottes.\nIl y a des enfants qui ont erré sans apprendre le catéchisme.\nIls s'arrêtent et la pluie se tarit r « Regarde ! Il y a des gens qui vivent\ndevant ces bâtisses et leurs vêtements sont pauvres. » Ces enfants\nqu'on n'embrasse pas comprennent tant. Maman, aime-moi bien !\nIls savent sauter et les tours qu'ils réussissent sont comme des\névolutions mentales.\nCes femmes qu'on n'aime plus se rappellent. Elles ont trop\nrepassé aujourd'hui leurs idées cassantes. Elles ne prient pas ; elles\nsont dévotes aux souvenirs. Elles se blottissent dans le crépuscule\ncomme une ancienne église. Ces femmes renoncent et leurs doigts\nremueraient pour tresser des couronnes de paille. Avec le jour elles\ndisparaissent, elles se sont consolées dans le silence. Elles ont franchi\nbeaucoup de portes : les mères protégeaient les berceaux pour que\nles nouveaux-nés ne fussent pas mal doués ; quand elles se penchaient\nles petits enfants souriaient de les savoir si bonnes.\nElles ont souvent remercié et les gestes de leurs avant-bras\ntremblaient comme leurs paupières.\nEnveloppés de brume glacée, des vieillards attendent sans\nméditer, car les enfants seuls méditent. Animés de pays lointains,\nde querelles de bêtes, de chevelures durcies, ces vieillards peuvent\nmendier sans humilité.\nD'autres mendiants se sont usés à la vie. Ce sont des infirmes,\ndes béquillards et des bélîtres. Ils s'étonnent d'avoir atteint le but\nqui est resté bleu et n'est plus l'horizon. Vieillissant, ils sont devenus\nfous comme des rois qui auraient trop de troupeaux d'éléphants\nportant de petites citadelles. Il y a des voyageurs qui confondent les\nfleurs et les étoiles. ~ *\nVieillis comme les bœufs meurent vers vingt-cinq ans, les jeunes\nont mené des nourrissons allaités à la lune."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "Dans un jour pur, des femmes se taisent, leurs corps sont angé-\nliques et leurs regards tremblent.\nA propos du danger leurs sourires sont intérieurs. Elles attendent\nl'effroi pour confesser des péchés innocents.\nL'espace d'une année, Picasso vécut cette peinture mouillée,\nbleue comme le fond humide de l'abîme et pitoyable.\nLa pitié rendit Picasso plus âpre. Les places supportèrent un\npendu s'étirant contre les maisons au-dessus des passants obliques.\nCes suppliciés attendaient un rédempteur. La corde surplombait\nmiraculeuse, aux mansardes ; les vitres flambaient avec les fleurs\ndes fenêtre .\nDans des chambres, de pauvres artistes-peintres dessinaient\nà la lampe des nudités toisonnées. L'abandon des souliers de femme\nprès du lit signifiait une hâte tendre.\nLe calme vint après cette frénésie.\nLes arlequins vivent sous les oripeaux quand la peinture recueille,\nréchauffe ou blanchit ses couleurs pour dire la force et la durée des\npassion . quand les lignes limitées par le maillot se courbent,se coupent\nou s'élancent.\nLa paternité transfigure l'arlequin dans une chambre carrée,\ntandis qtie sa femme se mouille d'eau froide et s'admire svelte et\ngrêle autant que son mari le pantin. Un foyer voisin attiédit la rou-\nlotte. De belles chansons s'entrecroisent et des soldats passent ailleurs,\nmaudissant la journée.\nL'amour est bon quand on le pare et l'habitude de vivre chez soi\ndouble le sentiment paternel. L'enfant rapproche le père, de la femme\nque Picasso veut glorieuse et immaculée.\nLes mères, primipares, n'attendaient plus l'enfant, peut-être à\ncause de certains corbeaux jaseurs et de mauvais présage. Noël !\nElles enfantèrent de futurs acrobates parmi les singes familiers, les\nchevaux blancs et les chiens comme les ours.\nLes sœurs adolescentes, foulant en équilibre les grosses boules\ndes saltimbanques, commandent à ces sphères le mouvement rayon-\nnant des mondes. Ces adolescentes ont, impubères, les inquiétudes\nde l'innocence, les animaux leur apprennent le mystère religieux.\nDes arlequins accompagnent la gloire des femmes, ils leur ressemblent,\nni mâles, ni femelles.\nLa couleur a des matités de fresques, les lignes sont fermes.\nMais placés à la limite de la vie, les animaux sont humains et les\nsexes indécis.\nDes bêtes hybrides ont la conscience des demi-dieux de l'Egypte ;\ndes arlequins taciturnes ont les joues et le front flétris par les sensibi-\nlités morbides.\nOn ne peut pas confondre ces saltimbanques avec des histrions."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.70", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "Leur spectateur doit-être pieux, car ils célèbrent îites muets\navec une agilité difficile. C'est cela qui distingue ce peintre des potiers\ngrecs dont son dessin approche parfois. Sur les terres peintes, les\nprêtres barbus et bavards offraient en sacrifice des animaux résignés,\net sans destinée. Ici, la virilité est imberbe, mais se manifeste dans les\nnerfs des bras maigres, des pépliats du visage et ies animaux sont\nLe °oût de Picasso pour le trait cui fuit, ciiange et pénétré et\nproduit des exemples presqu'uniques de pointes sèches linéaires où\nles aspects généraux du monde ne sont point alteies pai leo lumièies\nqui modifient les formes en changeant les couleuis.\nPlus que tous les poètes, les sculpteurs et les autres peintres,\ncet Espagnol nous meurtrit comme un froid bref. Ses méditations\nse dénudent dans le silence. Il vient de loin, des richesses de compo-\nsition et de décoration brutale des Espagnols du dix-septième siecle.\nCeux qui l'ont connu se souviennent de truculences rapides\nqui n'étaient déjà plus des essais.\nSon insistance dans la poursuite de la beauté l a dirigé sur des\nchemins. Il s'est vu plus latin moralement, plus arabe rythmiquement.\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c063", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "56", "page_fin": "60", "image_debut": 70, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.48", "titre_corps": "Barcelone", "titre_sommaire": "Barcelone", "signature_source": "MAURICE RAYNAL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.70", "debut_caractere": 1198, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "Barcelone\n\nL'activité fébrile de Barcelone contraste avec le flegme somno-\nlent du reste de l'Espagne. Elle est exactement l'activité impatiente\nd'une destinée qui se cherche, d'une personnalité qui, suivant le mot\nde Shakespeare, veut forger son propre destin. Cette activité est le\nfruit d'une foi profonde en les particularités de son essence, et d'une\nentière confiance en son propre génie. Mais si cette personnalité\nqui se crée a la sécheresse un peu rugueuse des époques primitives,\nsi elle a encore la rudesse de la ferveur aveugle des néophytes, c'est\nque les désirs faciles à satisfaire, les contentements fugitifs, et les\njouissances superficielles n'ont pas encore amolli sa grandeur, ni\nl'affectation arrondi ses angles incisifs. Elle ne connaît pas d'idéal,\nelle est seulement en passe d'en créer un. Nécessairement cette\nactivité vitale et politique est un peu de l'agitation, puisque l'acti-\nvité n'est que de l'agitation réglée et que toutes règles imposées à\nBarcelone y sont inopérantes parce qu'étrangères. Toutefois l'on\nsent dans l'intense vivacité qui règne dans la ville une tendance à\ns'organiser, un penchant à coordonner des lois qui veulent réagir\nsa virulence.\nMalgré son effervescence, toute vie active qui a sa propre"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.71", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3073, "texte": "fin en soi ne regarde qu'en soi. Les gouvernements politiques\nnouveaux ne s'inspirent pas de la tradition parce qu'ils ont à faire\nface aux exigences sensibles du moment. Il leur arrive sans doute\nde chercher les conseils derrière les siècles écoulés, mais ils font tou-\njours un départ entre ce qui peut convenir ou nuire aux destinées du\nmoment. Ils s'en inspirent mais ne les imitent pas. Il ne faudrait\ndonc pas hésiter à dire sans craindre le pléonasme que la vie aussi\nvivante que l'Art, tel qu'il est universellement défini, est mort. L'Art\nest la momie qui repose au Musée sous sa glace de verre et qu'un\nhabile restaurateur vient de temps en temps rafraîchir et rajeunir.\nL'Art en un mot, cherche perpétuellement à apitoyer le spectateur\npar des affectations et des supplications sur la dignité d'un aspect\nbien conservé pour son âge. Si bien que le visiteur du Musée ne\nressent au cours de sa promenade que des petites satisfactions ou\ndes jouissances à fleur de peau ; jamais devant les spectacles qui\ns'ordonnancent seulement pour ses yeux, il ne lui arrive d'éprouver d'é-\nmotions véritablement profondes. N'étant pas professionnel et partant\nne goûtant jamais le plaisir froid de la science de 1 artiste, il recherche\ncoûte que coûte des satisfactions absolument étrangères à ces moyens\nd'expression de la sensibilité qui défilent sous ses yeux. Le visiteur\ndu Musée est toujours par quelque côté l'homme qui s'extasie sur la\npetite coupe de verre exhumée intacte des profondeurs de la terre\ngrecque où elle séjournait depuis des siècles. Les images anciennes\nsont, comme les souvenirs, une pépinière d'habitudes sensibles et\ntrès déprimantes qui se plaisent à nous taire des avances et qui\ncréent des entraves à tout esprit d'évolution. La plus grande somme\nd'émotion qu'elles tirent de nous, paraît surtout lorsque nous appre-\nnons que l'une d'elles a été soit détériorée soit détruite. Ce sentiment\nne contient sans doute aucune noblesse et je m'en veux de trouver\naujourd'hui la cathédrale de Reims plus belle qu elle 11 était avant\nson incendie. Mais par ailleurs nous connaissons assez la quali té de l'é-\nmotion qui nous assaille toujours lorsque nous apprenons la mort\nd'une belle jeune fille. Il faut seulement tenir que ce qu'il est convenu\nd'appeler un chef-d'œuvre de l'Art ne peut pas tirer de nous d'autre\némotion, où le cœur ait véritablement une part prépon-\ndérante.' Ce sentiment vulgaire, origine, lorsqu'on le cultive\nou l'entretient, de tous les dilettantismes, de toutes les « morts pai-\nfumées ». de toute l'artisterie de l'Art avec son grand A, de toutes les\ndéliquescences des modes comme de la parfumerie moderne à bases\nchimiques est certes le plus grand dissolvant de 1 activité sensible\nvéritable. Quelle emprise, certes, ce penchant 11 a-t-il pas sui nos\nsens et quelle énergie 11e faut-il pas pour résister à un charme qui\ns'il finit par décevoir toujours, en ce qu'il offre nécessairement d'in-\ncomplet à ce que le véritable amour exige, aiguise quotidiennement\nnos appétits. Nous pouvons heureusement dire que les pionnieis de"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.72", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "la personnalité neuve n'ont pas à se montrer si héroïques que de\nrésister à ces tentations, car, ils les ignorent ou surtout les situant\nà leurs places, ils consultent fort heureusement leurs cœurs qui les\npréservent de l'attirance des suggestions dangereuses.\nBarcelone possède de ces héros qui pour créer une oeuvre en\ncorrélation avec les nécessités de l'heure, ne consultent ou plutôt\nn'agissent que suivant les penchants de leurs âmes propres et pure-\nment représentatives de leur race. Toutefois, il ne faut pas s'étonner\nque dans cette ville de pareils événements ne se rencontrent pas dans\nle domaine de l'expression pure de la sensibilité, et que les prédilec-\ntions actuelles et généralement marquées de l'élite catalane pour telle\nforme d'art ne soient pas en rapport avec l'aspect sensible de la vie\nde la cité. Les artistes de par la somme inférieure d'activité qu'ils\ndéploient sont perpétuellement tentés de succomber aux habitudes.\nOr, si à Sparte l'on exposait les enfants qui n'étaient pas parfaitement\nrobustes et que pour cette raison, comme on l'a remarqué cette ville\nne produisit jamais d'artistes, il lui arriva, lorsque disparut cette\ncoutume de vouloir s'initier aux Arts. Dés lors elle dut avoir recours\naux influences étrangères. La robustesse de Barcelone ne respire\nencore ce qu'il est convenu d'appeler l'Art que dans une admirable\nactivité prise dans son sens le plus élevé. Ville un peu cosmopolite,\nelle centralise des aspirations multiples qui se traduisent en spec-\ntacles à quoi la grandeur ne manque pas.\nToutefois l'on sent que l'art lui a été représenté comme un\nobjet de luxe ou d'ameublement et non comme une nécessité imposée\npar la sensibilité. Aussi le voyageur est-il surpris de sentir en lui des\némotions suscitées par des spectacles où l'Art n'a jamais mis la main,\net que des artistes personnels pourraient extérioriser en leur donnant\nde la Beauté. Si donc l'emprise de l'art grec est encore prépondérante\nà Barcelone, rien d'étonnant. Les artistes personnels n'attendent\npas que la Beauté vienne à leur rencontre. Cette Méditerranée bleue\nqui monte jusqu'au ciel n'est saus doute pas un lac et les navires\nles plus rapides comme les escadres les plus puissantes y apportent\nen les traînant dans leurs sillages les eaux occidentales. Il est donc\nassez curieux pour souligner encore les différences qui peuvent\nrégner entre l'Art et la Vie de remarquer à côté de l'activité d'un\npeuple qui veut sa liberté, l'acceptation docile d'un art de tout\nrepos et régi, semble-t-il encore, par le fatum antique. Ici en effet,\nle charme qui nous invite perpétuellement et mollement au spectacle\ncomplaisant qui séduit nos yeux, interdit à l'émotion d'aller plus loin.\n« Laissez-vous faire, cônseille-t-il, il n'est pas nécessaire d'engager\nvotre coeur là où vos sens peuvent vous fournir des avantages agréables\nLe désir et la grâce sont rois et tout le reste est vanité. Il est écrit\nqu'ii ne doit pas en être autrement, et il est illusoire de courir après\nune liberté dangereuse et inutile. »"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "Ce n'est pas sans étonnement que visitant le Musée de Barcelone\nj'ai vu, reléguées dans un cabinet fermé au public comme aux artistes\net abandonnées en désordre, une collection de statuettes nègres et\nsurtout d'idoles Colombiennes dont la beauté attestait la puissance\nd'une autonomie sensible. Il serait curieux de rapprocher ceci du l'ait\nque l'Espagne a découvert le Nouveau-Monde pour en tirer la conclu-\nsion que non seulement l'art véritable et la vie ne se mêlent pas, mais\nencore que celui-ci ne suit jamais celui-là pas à pas. Que M. Millerand\nait magnifié dans son discours au Panthéon l'œuvre de Renoir et\nde Cézanne, ce dont on ne sait trop s'il faut se féliciter ou se fâcher,\nil est clair que les soi-disant libertés républicaines ne furent pour\nrien dans la libre expression de ces deux magnifiques sensibilités.\nN'oublions pas qu'elles sont encore généralement considérées, comme\nle fruit d'exacerbations maladives. Les artistes les plus libres ont\nquelquefois été des fonctionnaires très sages quand tout au moins\nils n'en avaient pas l'âme. Et, au surplus l'emprise qu'avait sur\neux le culte de leur sensibilité ne leur permettait guère de se préoccu-\nper du monde des affaires, c'est-à-dire de la politique et du gouverne-\nment. Tant il y a que les artistes les plus grands, n'ont jamais un\nsens parfait des affaires même s'ils en donnent l'illusion, car il est\nbien difficile de tirer profit des richesses abstraites de l'émotion sen-\nsible. Henri Poincaré montra que la Vérité ne peut jamais figurer\ndans les débats de la vie publique, seules les spéculations artistiques\nou scientifiques gardent, suivant lui, ce monopole. Il y aurait hélas !\nbien des distinctions à apporter à cette généralisation. Lorsque l'ar-\ntiste à la sensibilité véritablement libre va réapprendre ou « repasser »\nla grammaire dans les Musées, il s'étonne un peu que tel grand Maître\nlui crie soudainement : « Je sais tout ! ». Il ajouterait volontiers :\n« Moi aussi, et bien d'autres choses encore ! » La vie active faite de\ntoutes les contingences, de toutes les compromissions nécessaires et\nde toutes les exigences d'autrui et de nos sens est incapable de voir\nune vérité personnelle fleurir dans des terrains multiples dont les\nproduits dépassent les connaissances acquises. Mais 1 artiste qui ne\nconsulte que son cœur a, tout au moins, l'avantage d y puiser la\npropre expression de sa volonté sensible. Le véritable beau a sa source\ndans la vie intérieure ; la vie extérieure généralement réglée par des\nmesures communes et nécessaires peut seulement engendrer une sa-\ngesse relativement reposante pareille a celle qui règne généralement\ndans les Musées sous la parure de l'attirance de l'agréable. L'agréable\nque réclame donc la vie extérieure donne toujours naissance à un\nart superficiel, éminemment profiteur, pétri de grâces présentées\nsous de petites formules. Les œuvres grâcieuses où régnent seulement\nle charme offrent cette contradiction curieuse de fixer pour l'éternité\nce qui n'est que l'image d'une satisfaction passagère. Qui nous déli—"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.78", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2983, "texte": "vrera de l'éternel sourire de cette dame ? Qui prescrira le repos\nà cette autre qui s'exténue en une pose où les mines et les afiectations\nmenacent de tomber à terre ? Quelle automobile nous entraînera loin\nde ce paysage éternellement le même? Je pense que le cinématographe\nfera un jour bon marché de ces «ralentis» par trop figés et trop exaspé-\nrants. Le charme musical s'enfuit, le charme pictural hélas ! demeure.\nL'on 11e devrait jamais acheter aux artistes leurs toiles charmantes,\non ne devrait que les leur louer. Ell vérité la vie intérieure ardente-\nautonome, ignore les complaisances de la grâce et les caprices de la\nmode ; elle ne sent que le besoin de s'extérioriser par ses propres\nmoyens, de se faire jour d'entre le chaos qui 1 entoure et de crier sa\nfoi brutale et son amour violent à la mondanité religieuse comme\naux flirts ridicules et charmants, comme à la débauche enfin.\nIl serait curieux de voir l'élite de Barcelone qui, je pense, croît\nà la communion intime de l'Art avec la Vie, mais la vie extérieure,\ntenter de justifier cette différence entre l'esprit d'autonomie de leur\nville et le renoncement fatidique de leurs artistes. Qui de Joan Sacs\ndont les écrits sur l'art font justement autorité à Barcelone, ou du\ntrès très délicat poète qu'est Junoy ou de l'éruditet fin Eugénie d'Ors\ndont nous 11 avons pas oublié l'excellent article « Poch a pocli »\nécrit en 1912 sur la première Exposition Cubiste à Barcelone, qui\ndis-je, éclaircira cette contradiction que je t eus pour inévitable.\nL'un de ces trois écrivains me disait : « Louis XIV ou Lénine mais pas\nMillerand ». Mais Millerand chante la gloire de Cézanne qu'il ignore\ntotalement et Lénine celle de quelque David à tout faire et qu'il\nconnaît trop. Louis XIV ou Lénine asserviront l'art à leurs besoins\npolitiques. Mais la République réactionnaire de M. Millerand, comme\ncelle de se prédécesseurs vit si bien au jour le jour, au petit bonheur\nla chance et d'une façon empirique comme l'on sait qu'elle n'a heureu-\nsement pas encore entrevu l'utilité qu'il y aurait pour sa vie propre\nà tyranniser l'Art et apprivoiser ses personnalités les plus puissantes.\nC'est pourquoi M. Millerand célèbre Cézanne et oublie M. Cormon\nqui pourtant se tient à ses côtés. Peut-être est-ce pour cette raison\nque la République a donné naissance à la plus riche floraison d'écri-\nvains, de savants et d'artistes personnels que la France ait connue\ndepuis longtemps et qu'elle est actuellement le centre de l'activité\nartistique mondiale ? Il est donc fort probable qu'au jour où\nla République Catalane devenue solide ou paraissant telle, ne s'occu-\npera plus à l'instar de la Française ni des sciences ni des lettres, ni\ndes arts en le culte de quoi elle trouve comme une sorte d'aristo-\ncratie, les sensibilités les pins neuves et les plus fécondes jailliront\nde son sol vivant, de son sol riche d'une activité sur laquelle la\npoésie 11' a qu'à se pencher pour cueillir les fleurs les plus rares.\n\nMAURICE RAYNAL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c064", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.48.1", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "SURVAGE ; L. Rosenberg", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.73", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 26, "texte": "SURVAGE\nPhoto L. Rosenberg"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c065", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.48.2", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "L. Rosenberg ; SURVAGE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.74", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 48, "texte": "Photo L. Rosenberg\nSURVAGE\nCollection M. A. Sidy"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c067", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.48.3", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "SURVAGE ; L. Rosenberg", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.75", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 69, "texte": "Collection H. P. Roché\nSURVAGE\nPhoto L. Rosenberg"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c068", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.48.4", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "ÇSAKY ; L. Rosenberg", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Photo L, Rosenberg"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c069", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.48.5", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "ÇSAKY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.76", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 33, "texte": "ÇSAKY\nFigures"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c070", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "61", "page_fin": "62", "image_debut": 79, "image_fin": 80, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.50", "titre_corps": "Essai sur la synthèse plastique de l'espace et son rôle dans la peinture", "titre_sommaire": "Essai sur la synthèse plastique de l'espace et son rôle dans la peinture", "signature_source": "SURVAGE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.79", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "Essai sur la synthèse plastique de l'espace\net son rôle dans la peinture\n\nL'infini et l'espace absolu sont d'ordre spéculatif et inaccessible\nà une représentation par une démonstration plastique.\nLa notion de l'espace est due à la distance physique entre les\nobjets et corps de notre ambiance. L'espace physique est constaté\npar l'intermédiaire du sens tactile et du sens visuel, il s'exprime\npour nous en trois dimensions, hauteur, longueur et profondeur.\nC'est la troisième dimension, qui a gêné les peintres de tous les temps,\nétant en réalité plastique pour nos sens, en même temps que la source\net un élément de contradiction avec les propriétés de la surface\nplane, qui est le champ d'action (d'évolution) de la peinture.\nLe procédé d'investigation de notre ambiance physique par\nnotre œil a été analysé et reconstitué par l'optique, ce qui amène\nà combiner un moyen géométrique graphique de fixer le résultat de\ncette investigation, qui est la perspective géométrique italienne.\nC'est la reconstitution directe de notre ambiance, fixée par l'appareil\noptique, qu'est notre œil, sur son écran, qu'est la rétine. Cette recons-\ntitution au moyen de la perspective est d'ailleurs toujours inférieure\nà notre vision, n'étant pas stéréoscopique. Toute création plas-\ntique, proprement dite était éliminée par ce procédé imitatif, et\ndepuis la Renaissance le peinture s'est appliquée aux sujets littéraires,\nou imitation en trompe-l'œil pictural, nature morte, paysage et por-\ntrait, toujours un assemblage d'objets copiés. Le seul travail créa-\nteur se bornait à la disposition de ces objets en certain rythme, ou\néquilibre, qui s'appelait la composition. L'impossibilité d'une cons-\ntruction plastique véritable était masquée par le sujet ou la disposition\ndes différents objets dans la réalité optique au moyendela perspective.\nL'abandon de cette voie amena plusieurs artistes à la découverte\nde l'objet comme source unique de faits plastiques, en dehors de l'am-\nbiance. Chaque détail de l'objet choisi constituait un fait plastique\nen soi, parfaitement viable, occupant sa place sur la toile selon son\nimportance et signification plastique, constate et classe chaque fois\npar l'artiste. L'ensemble physique réaliste de 1 objet subissait une\nviolation, pour servir à une construction plastique non moins\nréaliste -— représentant l'analyse plastique de 1 objet. Comme cai-\ncasse ou pivot pour la construction, 011 se servait d un objet central,\nen gardant sa grandeur naturelle et son conloui appioximatif, et en\ngroupant les éléments d'objets accessoires. La dimension de 1 objet\ncentral déterminait la dimension de la construction et de la suiface.\nLa nécessité de couvrir une surface plus vaste amena de grandes\ndifficultés, car agrandir un objet, ou Je réduire, au-dessus de ceitames\nlimites, menaçait du grotesque. Le corps humain était à peu pies"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.80", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2814, "texte": "l'objet le plus grand, qui représentait toutes les qualités d'ordre\nplastique et esthétique réunies.\nEn cherchant à réunir plusieurs objets dans une seule composi-\ntion, pour l'étendre, on était menacé du danger de tomber dans un\namoncellement de groupes distincts, analytiques non reliés par aucun\nmoyen général, d'ordre strictement constructif et plastique. L'abandon\nforcé de l'ambiance se vengeait.Notre œil, étant un appareil de centra-\nlisation, se révolte et condamne tout ce qui n'est pas centralisé,\nc'est-à-dire amorphe.\nDonc le seul procédé d'analyse plastique de l'objet, comme source\nplastique ne suffît pas, et nous sommes forcés de revenir a une réalité\njlus vaste, c'est l'espace. Notre notion de l'espace étant formée par\ne fait de l'isolement et la distance entre les objets de notre ambiance\n— chaque constellation d'objets est capable de fournir une synthèse\nnouvelle de l'espace.\nd'un fait compliqué dans ses\néléments essentiels au moyen d'une analogie.\nEn dépouillant un groupe d'objets de tout ce qui est accidentel\ndans chacun des objets, et en fixant leur position réciproque par leurs\naxes intérieurs, 011 arrive à des formes géométriques simples, qui sont\nles plus pures et grandioses en même temps, et qui représentent cha-\ncune, une synthèse de l'espace. Parmi tous, c'est peut-être l'hexagone\nqui apparaît comme la synthèse plastique de l'espace la plus ample\net la plus sobre en même temps. Ne sortant pas des deux dimensions\nde la surface à traiter, il contient les indication complètes de la troi-\nsième dimension, par ses diagonales, formant un centre.\nPlusieurs formes géométriques simples, enchâssées les unes dans\nles autres, liées par un centre général, constituent pour l'œil un en-\nsemble organique et centralisé, capable de suggérer la profondeur,\nsans creuser la surface plane à traiter, sans imiter le raccourci des\nobjets par la perspective ordinaire. La capacité d'observation d'un\nartiste, son imagination plastique le guident pour transformer entiè-\nrement ou pour peupler partiellement d'objets ou détails plastiques d'un\nobjet, résultat de son analyse plastique, ou d'interrompre par ces\ndernières, les plans formant la synthèse, en enrichissant et humanisant\nla surface par la transposition picturale de sa structure ou de sa ma-\ntière. N'étant pas un système figé et général comme la perspective\nde la Renaissance, laquelle servait seulement comme moyen auxi-\nliaire, la synthèse de l'espace est capable d'être le but et le moyen\nen même temps, et peut se passer de tout sujet littéraire ou thème,\nen utilisant seulement ies éléments plastiques des objets, qui servent\nde source pour former cette synthèse. En même temps la dimension\nd'une construction de cet ordre ne dépend que de l'intention et de\nla volonté de l'artiste.\nParis, le 27 novembre 1920.\n\nSURVAGE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c071", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[63]", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 81, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.51", "titre_corps": "Ouvrages reçus", "titre_sommaire": "Ouvrages reçus", "signature_source": "P. M ; F. F", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": "[63]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.81", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3872, "texte": "Ouvrages reçus\n\nLIVRES\nUn apostolat. T'serstevens. Albin Mi-\nchel — La danse macabre. Carlos Lar-\nronde. — Revivre. Roland Ciiarmy. —\nDeïrdre des Douleurs. Synge. — La gloire\nd'errer. Jean Tailhade. Figuière. — L'art\nvivant. A. Salmon. Crés. — Mélusine.\nFranz Hellens. La voile rouge. — La\nDanse Macabre. Fagus. Le Hérisson, Amiens.\n— Paroles Juives. Albert Cohen. Kundig.\n— The Portrait of the artist as a young\nMan. J. Joyce. Egoist, I^ondon.\nREVUES\nL'amour de l'Art. — 391. — Les Ecrits\nNouveaux. — La Revue Critique. — Le\nProducteur. — Pœsia. — La Vie des Lettres.\n— Les arts à Paris. — L'Esprit Nouveau. —\nThe Dial. — Vell I Nou.\nLa danse macabre. Carlos Larronde. —\nJe n'aime des enterrements que ceux de\npremière classe.\nUn Apostolat. A. T'sterstevens. — Si le\nchien de Madame la Comtesse de M... ne\nportait pas de vêtements, il aurait des puces,\nce n'est un secret pour personne que les chiens\nqui ne sont pas vêtus ont des puces. Or il\nporte un vêtement et il a des puces. A quoi\nbon chercher à dissimuler. La marquise\nest avare et il s'en suit que le vêtement est\nvieux et facilite l'éclosion des parasites.\nQuelqu'un a appelé ce vêtement un apos-\ntolat. Ça n'est vraiment pas drôle.\nLa gloire d'Errer. Jean Tailhades. —\nCe n'est pas une gloire d'Errer (Parlez-en\nau chemineau) et encore moins une gloire\nd'avoir écrit la Gloire d'Errer. Un jour on\npensera au livre inconnu et on le mettra\nsous les pieds du soldat idem. B. P.\nLa Danse Macabre. M. Fagus est un homme\nde bonne volonté, et me dit être poète\nd'Action française.Danse macabre à laquelle\nj'aimerais assez prendre part :\nLa chemise glisse,\nUn sein failli :\nL'autre se hérisse\nA demi relient\nLe lin suspendu...\nJusque sur la croupe\nLa chemise glisse,\nUn moment hésite\nAu-dessus des cuisses\nEt puis se répand.\nSes deux seins sont deux sorbets,\nSon ventre une grappe mûre,\nSon sexe une confiture...\nL'Action française doit-être, si j'en crois\nM. Fagus, line boite où l'on ne s'ennuie\npas.\nParoles Juives. — Les critiques de l'é-\npoque Moschéiste aimeraient peut-être ce\nlivre, il n'a le tort que de retarder de quelques\nquarante siècles et depuis, Salomon nous\ndonna la charmante plaquette du Cantique\ndes cantiques que l'œuvre de M. Albert\nCohen ne nous fait jamais oublier, au con-\ntraire.\nDeirdre des Douleurs. — Les thèmes éter-\nnels, un livre éternel. La langue des héros\nde tous les âges, la moins actuelle des tra-\ngédies, l'une des plus parfaites aussi, la terre\nd'lrlande toute meurtrie est proche, fleurie\nde sacrifices et vivante par ses morts. La\ntraduction de Mlle Marie Amouroux est\nun autre chef-d'œuvre.\nMélusine. — Un joli roman d'aventure\ntraité dans la technique expressionniste.\nPortrait oj the artist as a young man. The\nEgoist. James Joyce. — Errant de Trieste\nà New-York, de Paris à Zurich, il promène\nsa fantaisie à travers Je monde suivant la\ntradition des grands écrivains britanniques.\nIl est implacable et cruellement réaliste,\nmais non de ce réalisme stercoraire qui com-\nmence à Uuysmans et finit avec « l'Enfer »,\nmais du plus cérébral, celui qui va au bout\nde toute pensée et souffre de pessimisme\nanalytique.\nLe dernier livre de Joyce, Ulysse est plus\nqu'un roman, c'est une expérience, expé-\nrience psychologique et expérience de style.\nPar la pensée, il n'a d'autre proche que\nPascal. Ainsi que lui, il a mis tout son espoir\nen Dieu, s'est absorbé en lui jusqu'à y perdre\nvolonté et quiétude. Il s'est mortifié dans sa\nchair et mortifié dans son âme. Les tourments\nde l'enfer, les plus cruels, les plus douloureux,\nde l'effroi au doute, il les a vécus et incliné\ndevant Dieu a voulu s'anéantiser, se perdre\ndans l'Un, tout puissant et cruel. Comme\nPascal, il a atteint le paroxysme de la piété\nau delà duquel il n'y a plus de possibilité\nque pour un moine ou pour un athée. Comme\nPascal des pensées il a douté , et tout son\nlivre est un grand cri de doute. Il a cherché"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "[64]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.82", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "à se convaincre que sa foi était raisonnable\net au contact de la raison voici que cette foi\nlui échappe peu à peu et qu'il reste seul,\nlamentablement seul devant le vie, effrayé\nde tout un idéal à reconstruire. Le livre de\nJoyce ne se termine pas sur un événement\nquelconque, l'œuvre nous laisse suspendus\ndans l'attente du futur et de tout le possible\navenir ; comme la vie, il ira ni commencement\nni fin, il est un devenir. La vie d'un jeune\nhomme placé dans le milieu le plus tradi-\ntionnaliste mais y développant son indivi-\ndualité, jusqu'à se séparer violemment de\nson entourage d'lrlandais catholiques, est\ntoute l'histoire, la mince histoire, mais dont\ntoute la presse littéraire britannique s'est\némue.\nA l'occasion d'une retraite, il s'essaie en\ncette existence future de grand chrétien,\nprêt à entrer dans les ordres. Un prédicateur\nlyrique s'empare de l'esprit du jeune postu-\nlant et lui montre toute la sublimité de la\nreligion, mais aussi quels tourments atten-\ndent ceux qu'attache quelque passion hu-\nmaine. Stephen Dedalus, souhaite la morti-\nfication constante qui le préparera à la vie\nsainte. Il est un exemple de contrition et\nde piété, il va quitter l'existence publique\npour entrer en religion et voici que la vie\nl'emporte, lentement, doucement, mais sûre-\nment et que dans un insensible mouvement\nde reflux, il s'éloigne peu à peu du catho-\nlicisme puis de la foi.\nEst-il athée ? Pas encore, il discute, il\nraisonne et la raison emporte ses derniers\nscrupules de croyant. Il se révèle à lui-\nmême définitivement irreligieux, mais cro-\nyant en la vie. F. F,\nDas Kunstbl'att. Verleg Gustav Kiepen-\nheuer. Berlin. — En parcourant les pages\nde la - précieuse collection du Kunstblatt,\non porte les yeux vers un meilleur devenir de\nl'art allemand. Jusqu'à présent il n'y avait\npas de peintres en Allemagne, il y avait des\nécoles, et c'est un des esprits les plus avertis\nde là-bas, Ferdinand Hardekopf, qui nous\nen fait l'aveu. Il semble cependant que de\nnos jours un mouvement se dessine et que\ndes artistes vont s'affirmer. C'est peut-être la\nnaissance d'un art pictural qui s'effectue par\nl'entremise de la revue de Westheim. Les\nAllemands ont le don fatal des compromis-\nsions en art et s'ils veulent aboutir cette\nfois, il faudra absolument qu'ils se réfu-\ngient d'abord en un climat de fièvres brû-\nlantes, en une atmosphère de destruction.\nQu'ils se créent un génie, au lieu d'entre-\nprendre par exemple une déification et —\nce qui serait pire — une application du Cu-\nbisme, art essentiellement français.\nWestheim, votre rôle n'est pas celui d'un"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.83", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "veilleur de nuit, mais... d'un porteur de\ntorche.\nS\nDas Forum. Gustav Kiepenheuer Yer-\nlag. Berlin. — Organe du communisme\nintégral, souvent sympathique, Wilhelm\nHerzog, qui pendant la guerre a combattu\navec énergie l'attentat à la dignité humaine,\nen est le clairvoyant et prud'homesque direc-\nteur. Son cerveau est lucide et son jugement\ncritique est un leurre. Pour Herzog, l'intelli-\ngence française dominée par Romain Rolland,\nse résume en Barbusse. Il manque d'ironie\net de sens critique à tel point qu'il consi-\ndère en Barbusse le plus grand écrivain\nde la France contemporaine.\nLu, sans avoir haussé un sevd moment les\népaules, dans le dernier numéro du Forum\nle « journal » vivant, bariolé, instruit et ins-\ntructeur, que Wilhelm Herzog a écrit avec\nune entière bonne foi sur son voyage d'Eté\nen la sainte Russie.\nRépétons et répétons encore : La réalité\nrusse n'est pas la nôtre.\nDer Neue Merkur, Munich. — Revue\nd'avant-garde qui renoue des liens solides\navec la tradition et qui se voue à une œuvre\nrégulatrice du mouvement dit expression-\nniste. D'aucuns appréhendent une évolution\ntrop brusque de la Pensée allemande con-\ntemporaine et pour eux le « Nouveau Mer-\ncure » marque un arrêt salubre dans le Pro-\ngrès intellectuel. Ceux qui dirigent, avec\nun bon sens parfait d'ailleurs, cette revue\néclectique, étalent devant le lecteur des\nvaleurs nouvelles en une atmosphère de\njadis, alors qu'on aimerait voir notre\ntemps lourd de passé, ailé d'avenir.\nDr Alfons Goldschmit : Moskau 1920.\nErnst Rowohlt Verlag, Berlin. — M. Golds-\nchmit se promène en Bussie un peu en\nphotographe amateur qui ne comprend pas\nla langue du pays. Ce docteur en beaucoup de\nsciences, dépourvu certes de pédantisme, est\nun écrivain qui exprime son époque au moyen\nd'une formule périmée et qui, en nous don-\nnant un livre sur la Bussie soviétique, n'é-\ncoute que la dictée impressionniste. Golds-\nchmit exalte le pittoresque, les couleurs,\nla vie anecdotique et (à peine) l'extérieur\nde la Bévolution, mais pourquoi ne se\ndonne-t-il pas la peine, de nous en montrer\nle contenu, le dynamisme, la puissance\nhumaine, de nous faire participer au travail\ncréateur de l'intelligence russe, à l'activité\ninlassable des esprits de l'Est. Que vaut pour\nnous la présentation de cette Bévolution\nque Goldschmit ne juge pas de haut, qu'il\nne voit qu'à travers son tempérament de\nmembre du parti communiste, du parti\nrévolutionnaire officiel donc, et à laquelle"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "il sacrifie tout sentiment de distance, si\nprécieux à la critique d'une société.\nMoscou est le milieu du monde, la pleine\nlune qui grimace au suicide de l'Europe\noccidentale. D'autres préopinent avec le\nmême engouement que c'est le « génie latin »\nqui est immortel et dompteur de l'éternité.\nLes deux adversaires oublient que l'Orient\net l'Occident forment deux plans à valeurs\négales et que c'est leur équilibre qui servira\nde base à une civilisation future.\nSachons gré à M. Goldschmit que, tout en\nayant été très myope, il nous a pu donner\nde la Russie rouge un livre d'images vivantes\net sincères et qu'il ne l'a pas traversée avec\nla mentalité de commis voyageur politique.\nLES REVUES\nL'Amour de l'art. — Excellent choix de\nreproductions des œuvres détestables du\nSalon d'automne. Un bel article sur Derain,\nintéressante étude sur l'art nègre.\n391. — On a toujours plaisir à retrouver\nPicabia joyeux garçon qui se moque de tout\net ose le dire. Ribemont Dessaigne fut seul\npendant un an à clamer son dégoût pour les\nmauvais peintres et leurs managers ; bon\naccoucheur de dures vérités, il sait qu'elles\nne sont point bonnes à dire, et s'en fout.\n391, la seule qui garantisse l'impeccabilité\ndes dessous, indispensable à toute femme soi-\ngnée.\nLes Ecrits Nouveaux. — Anthologie de\ntout ce qui, de la littérature d'avant garde\nest en passe de devenir d'expression classique\nLa meilleure revue située, le bon sleeping\nintellectuel, sans cahots, sans heurts, mais\nnon sans charmes. Un article de Billy,\nqu'on désirait peut-être moins familier, un\ngrave essai de Max Jacob et de jolies notes\nde Suarès claires comme pensers du matin.\nLa .Revue critique. — Est-ce le but de tels\norganes, que de mettre le lecteur dans un\nétat voisin de la mort morale.. « Etat où le\ncœur ne peut être ému en son fond ; et quoi-\nque le monde lui montre ses beautés, ses\nhonneurs, ses richesses, c'est tout de même\nque s'il les offrait à un mort,qui demeure sans\nmouvement et sans désirs, insensible à tout\nce qui se présente ». Nous apprenons par\nailleurs, et sans étonnement, que, parmi\nles amis de la susdite, l'Académie en corps\nest représentée, par ses membres les plus\nfrigides\nLe mort est encore agité par dehors,\nXavier de Courville et André Thérive ne\nle ressusciteront pas, malgré leur talent.\nLe producteur. — M. Henri Clouard nous\napprend que le « moderne Julien Sorel,\nl'intellectuel, le producteur industriel, l'ou-\n\nP. M."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.85", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1432, "texte": "vrier qui veut tenter l'aventure, voit aujour-\nd'hui s'ouvrir des perspectives». On s'étonne\npeu de la confusion des lettres, des arts, et des\nerreurs des producteurs actuels, s'ils puisent\nleurs protégés dans ceux de M. Clouard,\nchoisis sur le modèle de Julien Sorel, arri-\nviste forcené et assassin délicat.\nPœsia. — La gloire de cette revue fut\ncelle d'en donner à M. Mercereau dont nous\nconnûmes ainsi le génie.D'autres laissés pour\ncompte sont soldés dans le dernier numéro,\nSébastien Yoirol, Fernand Mazade,. Joachim\nGasquet, Fernand Gregh, et jusqu'à M. Jules\nBois. Quel retard, messieurs du Futurisme.\nLa Vie des Lettres. — Anthologie des œu-\nvres de M. Nicolas Beauduin.\nLes Arts à Paris. — Cette revue dirigée\npar Paul Guillaume, actif apologiste de\nl'art nègre, donne aux amateurs de précieuses\nindications sur la peinture modernes.\nL'Esprit nouveau. — Excellente revue\nenrichie de nombreuses reproductions Seurat\net Picasso, pour le premier numéro, Cézanne\npour le second. Un bon article sur Eric Satie.\nThe Dial. — Sous l'intelligente direction\n(pour le Continent) d'Ezra Pound, paraît\ndevoir s'affirmer comme le meilleur magasine\nlittéraire des Etats-Unis. Au sommaire des\ninédits de Gourmont, le Belphégor de Benda,\nun très intéressant essai d'Eliot, une jolie\nnouvelle de Georges Moore, de beaux poèmes\nde Yeats.\nVelt I Nou. Barcelone. — Bevue d'art\nancien et moderne, très vivante. Un bel\narticle sur Derain.\n\nF. F."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c074", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[64]", "page_fin": "[64]", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.52", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "[64]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.82", "debut_caractere": 2577, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "fiAT FPTF\n\\J il, JRI JL Jur\nSIMON\n29bis? RUE D'ASTORG\nPARIS VHP\n(PRES SAINT- AUGUSTIN)\nBRAQUE, DERAIN, GRIS\nLAURENS, LEGER\nMANOLO, PICASSO\n-- VLAMINCK -"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c075", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[64]", "page_fin": "[64]", "image_debut": 82, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.53", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": "[64]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.82", "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": ": C \"112 lON\nTARIF DE PUBLICITE:\nUne page .. 200 fr.\nUne demi-page.. .. 120 fr.\nUn quart de page.. 80 fr.\n25 0/0 de reduction\npour 6 insertions\nPOUR LA PUBLICITE ECRIRE A\nACTION -FELS\n18, Rue Feydeau-PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c076", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 83, "image_fin": 83, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.54", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.83", "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "GALERIE\nPAUL\nGUILLAUME\n108, Fg. St-Honore, PARIS\nm\n■-'-l\n. >:\nm\nm-\n■;-p\n:/*r«\n1\n-w\n£1\nr ft\nS&S&\nim\n'<V\nx\n>• ;\nm\n■t\nm-\nm\n:*-Vv\n3*\nwt\n$\n•GfcVS'.V\nw-'i\nim\n-•••.:\n■v\nv:\ni\n•yfcfr\nACHAT ET VENTE\nDE TABLEAUX DE\nA. DERAIN\nGAUGUIN\nH. MATISSE\nLAURENCIN\nMOD IG LI AN!\nPICASSO\nRENOIR\nUTRILLO\nVLAMINCK\nC^s\nSCULPTURES\nNEGRES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c077", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.55", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.84", "debut_caractere": 2417, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "SELECTION\n62, Rue des Colonies\nRRUXELLES\n©\nPeinture, Sculpture\nLitterature\nModernes\np\n©\nDepositaire pour la Belgique\nde la revue ACTION '"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c078", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.56", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.84", "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "Galerie Weill"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c079", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 84, "image_fin": 84, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.57", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.84", "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "Expositions\nde Peinture Modern©\nEn Janvier\nMine Reno Hassenberg\nEn Fevrier\nCENTIEME\nEXPOSITION\nDE LA GALERIE\n46, RUE LAFFITTE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c080", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 85, "image_fin": 85, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.58", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.85", "debut_caractere": 1601, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "Critique\nMaisons recommandees\nII sera fait 20 0/0 sur toute commande\na qui se recominandera\nde la revue ACTION\nAU MARIN\nfitablissements van Dongen\nManteaux, fourrures, capotes.\nCoupe irreprochable.\nDeshabilles suggestifs.\nA LA PALETTE D'OR\nLot & G°\nCouleurs, vernis, travaux de copie.\nReproductions. Lemons de peinture\npar correspondance\nNos teinture ne sont pas garanties lavables.\nPICARIA\nInstallations Electriques\nSoudure autogfene\nPose d'ascenseurs\nSonneries de Haute Epoque\nLA TOTALE\nAutomobile Populaire\nPieces interchangeables,\nreversibles, remontables\nPieces d6tach£es en series\ntubes etires\nUsine Leger — Rillancourt\nA LA MARQUISE DU FIE\nFruits confis, founds et glaces\nSpeciality pour baptSmes\nPralines et Dragees\nPieces\nCompotes\nUn salon de coiffure est joint a I'etablissement\nSoupez tous chez\nPABLO\nMusique negre\nguitaristes\nF.F."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c081", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.59", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.86", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "ACTION\nSOMMAIRE DU TOME PREMIER\nI\nLa Conception stendhalienne du heros : Julien Sorel, Gabriel Brunet. — Entrepot Voltaire,\nMax Jacob. — Poeme, Marcel Millet. — Premiere chambre du museum criminel du policier\nLaitance, Andre Salmon. — Plantin, Christian. — Eloge de Landru, Georges Gabory. —\nL'harmonie des mouvements, Florent Fels. — Notes sur la Pathogenie, Blaise Cendrars. —\nLa peinture, Maurice Raynal. — La musique de Stravinsky, Leigh Henry. — Memoires d'un\nmarin, Gabory.\nII\nTitania, Andre Suares. — Eric Satie, Jean Cocteau. — 1910-1920, Andre Salmon. —\nPo&mes, Max Jacob. — Rondeau, Andre Mary. — Han Ryner, Renee Dunan. — Max Jacob,\nHenri Hertz. — La Peinture, Andre Therive. — Quelques Peintres, Roger Allard. —\nEncycliques, Renee Dunan. — Plantin, Christian. — L'expressionnisme, I. Goll.\n111\nArt et Philosophic, Dora Marsden. — Poemes, Jean Charazac. — Les hommes de la mort,\nJean Marville. — Enquete sur VArt Negre. — Uaffaire Dada, Albert Gleizes. —La genese des\nChants de Maldoror, Andre Malraux. — Les idees de J.-K. Chersterton, A. B. — Les Mysteres\ndes Colonies d'Oullins, Roman, G. Seraphin. — Vlaminck, Leon Werth. — Matisse, G. Du-\nthuit. — Le theatre, G. Seraphin. — Encycliques, Renee Dunan.\nIV\nPobmes en prose, Max Jacob. — Poemes, Vlaminck. — Poemes, Benjamin Peret. — Voyage\nen Autobus, M. Sauvage. — Mobilites, Andr£ Malraux. — Systeme 7, Roch Grey. — Souvenirs\nsur Guillaume Apollinaire, A. Germain. — Nous sommes toutes la, Henri Hertz. — Propos\nAmorphes, Jacques Rigaut. — Les Arts : Pablo Picasso, J.-E. Blanche. Lautrec, Th. Duret.\nLipchitz, Bissiere. Chronique, G. Duthuit. — Commentaires des temps presents, H.-L. Follin.\n— Lettres allemandes, La jeune Poesie, Pol Michels. — Lettres italiennes, Tokine. — Curiosites\nlitteraires, Le Suburbanisme.\nV\nPo&mes, G. Apollinaire, L. Aragon, Francis Carco, Jean Cocteau, V. Huidobro, Max\nJacob, Leonard Pieux, Andre Salmon, Radiguet. — Une Nuit d'Aout, Dans un Palace,\nRoch Grey. — Prologue, Andre Malraux. — Le potte au miroir, Andre Suares. — Lettres\nrusses «Les Scythes», Alex. Blok. — UOmnipresent, Gorki. — Chronique, G. Duthuit. — Archi-\npenko, Ivan Goll.— Le peinture au Salon d'Automne : Fels. — Anthologie d'ecrivains allemands\ncontemporains : K. Adler, J. B. Becher, T. Daubler, C. Einstein, Claire Goll, Ivan Goll,\nJacob van Hoddis, J.T. Keller, Pol Michels, Adolf Loos, Karl Otten, Rubiner, Schic-\nkele, Else Lasker Schuler, Franz Werfel.\nVI\nLe Zodiaque Podique, Leonard Pieux. — EpMmerides. — Conseil du mois, Andre Salmon. —\nAstrologie, Max Jacob. — Varietes Litteraires, Andre Salmon. — Poemes, P. A. Birot, Paul\nEluard, Max Jacob, Alfred Jarry, Jules Laforgue, G. Papini, Jean Puech, Andr£\nSalmon, Vlaminck. — Jeux, Georges Gabory. — Pour les generations futures, Roch Grey.\nPetites Annonces, Max Jacob. — Les Arts, Modigliani, Roch Grey. Picasso, Apollinaire.\nBarcelone, Maurice Raynal. — Essai sur la synthase plastique de Vespace et son role dans\nla peinture, Survage. — Critique des ouvrages regus, Benjamin Peret, Pol Michels,\nFlorent Fels.\nDroits de traduction et de reproduction des textes et clichis reserves pour tous pays."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c082", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.60", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.86", "debut_caractere": 3128, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "Imp. Union, Chalit, 46, Bd Saint-Jacques, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c083", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 86, "image_fin": 86, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.61", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.86", "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3212, "texte": "La Dincttur-Girant : Florkht Fbls."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1920-12-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnaab_1920-12_01#c084", "volume": "bmtnaab_1920-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 87, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.2.62", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.87", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "LES\nYOIX DE L ALLEMAGNE AFFRANCHIE\nR. E. CURTIUS\nDie Literarischen Wegbereiter des Neuen Frankreich\nEssais sur les pionniers litt6raires de la France nouvelle:\nRomain Rolland, Charles Peguy, Paul Claudel, Andr£ Gide, Andre Suar£s.\nPrix : 18 Marks\n«*7VV\nDAS KUNSTBLATT\nDirecteur: Paul WESTHEIM\nRevue d'art international, importante pour les renseignements sur le mouvement\nde renaissance artistique en Allemagne\nLe cahier: 9 Marks; 3 mois (3 cahiers): 24 Marks\nvvv\nPAUL WESTHEIM\nOuvrages sur les grands artistes de PAllemagne moderne:\nWILHELM LEMBRUCK Prix\nOSKAR KOKOSCHKA »\nDIE WELT ALS VORSTELLUNG (essais sur Tintuition artistique) .. »\nVVV\nDIE DICHTUNG\nRevue Litteraire\nDirecteur: WOLF PRZYGODE\nCollaborateurs: Hofmannsthal, Rilke, Borchart, Heinrich Mann, Georg Kaiser, etc.\nCes cahiers, sans s'attacher particuli£rement k la critique, contiennent\nles ceuvres animees de puissance creatrice d'un mouvement allemand\nmoderne, visant au renouvellement de Tesprit et des formes par un\nsentiment approfondi de responsabilite artistique et humaine.\nCes prix sont a majorer de 100 0/0 — Prospectus sur demande\nDepositaire pour la France : ACTION - FELS\n58 Marks\n40 »\n48 »\ni———————————————————————^\nEditions Gustav Kiepenheuer - Potsdam - Allemagne"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.1", "texte": "ACTION\nALMANACH\n1921"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.2", "texte": "DÉCEMBRE 1920\nNUMÉRO 6\nACTION\nCAHIERS DE PHILOSOPHIE ET D'ART\nDIRECTEUR\nFLORENT FELS\nLa revue paraît tous les deux mois — Abonnement d'un an: 30 francs pour tous pays\nDÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX:\nAllemagne : Gustav Kiepenheuer - Potsdam - Berlin\nAngleterre : Chelsea Book Club - Cheyne Walk - Chelsea - London\nBelgique : Sélection - 62, Rue des Colonies - Bruxelles\nScandinavie: A.B. Nordiska Bokhandeln - Fredsgatan - Stockholm\nSuisse : Kundig - 1, Place du Lac - Genève\nPour la France et les autres pays:\nACTION - I-ELS - 18, RUE FEYDEAU - PARIS\n\nSOMMAIRE\nLe Zodiaque Poétique . . Léonard Pieux\nConseil du Mois .... André Salmon\n«+Astrologie Max Jacob\nVariétés Littéraires .. . André Salmon\nPoèmes P. A. Birot\nn t?\n)} fAUL\n• Max Jacob\n)} . . Alfred Jarry\n» Jules Laforgue\n» G. Papini\n» Jean Puech\n» André Salmon\n» Vlaminck\nJeux Georges Gabory\nPour les générations fu-\ntures Roch Grey\nPetites Annonces .... Max Jacob\nLes Arts : Modigliani . . Roch Grey\n» Picasso.... Apollinaire\n» Barcelone. . . Maurice Raynal\nEssai sur la synthèse plas-\ntique de Vespace et son\nrôle dans la peinture . . Survage\nCritique des ouvrages reçus : Benjamin Peret,\nPol Michels, Florent Fels\nBois originaux de : *< *\nRené Ben Sussan et Hermine David"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.3", "texte": "VERSEAU\nProdigieux Janvier toujours éclatant\nC'est toi qui charrie les marrons glacés\nLes truffes au chocolat, la nouvelle Année\nLe chiffre implacable sous la poussée du Temps\nEphémérides\n26 Janvier 1855. —Gérard de Nerval est trouvé pendu rue de\nla Vieille-Lanterne.\n30 Janvier 1842. — Alfred de Vigny, candidat à l'Académie\nFrançaise rend visite à Royer Collard, qui le reçoit dans l'antichambre.\n2 Février 1553. — Joachim du Bellay quitte la France pour l'ltalie\n7 Février 1856. — Flaubert est acquitté du délit d'outrages à la\nmorale.\n8 Février 1849. — Victor Hugo se rend de l'Académie Française\nà l'Assemblée Nationale dans la voiture du chancelier Pasquier,\nlaquelle « était un escargot garni de velours épinglé gris. »\nConseil du mois\nPromets-toi douze mois d'un labeur très lyrique\nPends au calendrier un brin de mimosa\nEt, tandis que les sots courent au cinéma\nVa fêter Van nouveau dans les bars à musique."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.4", "texte": "POISSONS\nLe fleuve figé sert de route aux piétons\nAucun danger ne menace les poissons sous la couche de glace\nQuelques-uns se plaignent pourtant car trop bien soudé\nCe couvercle leur dérobe le soleil bien aimé.\nÉphémérides\n23 Février 1863. — Dîner littéraire à Paris en l'honneur de Tour-\nguenief.\n25 Février 1830. — Théophile Gauthier enfile un gilet rouge\npour assister à la première d'Hernani.\n2 Mars — 300. — Hippocrate invente le clisthère.\n14 Mars 1778. — Voltaire croit mourir. Il est sauvé par le lait\nd'ânesse et les éloges que lui vaut sa tragédie Irène.\n18 Mars 1842. — Naissance à Paris, de Stéphane Mallarmé.\nConseil du mois\nFévrier n'a que vingt-huit fours\nIl est trop court pour les amours,\nVa plutôt au son du tambour\nGuerroyer — pensons y toujours !"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.5", "texte": "BÉLIER\nMâle de la brebis machine de guerre pour renverser les murailles\nVilles assiégées hémisphère boréal\nTroupeau-constellation suivant ton désir\n0 promesse du Printemps gui languit de fleurir.\nÊphémérides\n4 Avril 1743. — M. de Voltaire raconte à M. d'Aiguebère la repré-\nsentation de M rope, il lui écrit : « Le parterre était fou, il a crié à\nla duchesse de Villars de me baiser, et il a tant fait de bruit qu elle\na été obligée d'en passer par là, par l'ordre de sa belle-mère. J'ai été\nbaisé publiquement comme Alain Chartier par la princesse Marguerite\nd'Ecosse ; mais il dormait et j'étais bien éveillé. »\n5 Avril 1858. — Dîner maigre chez la Païva.\n17 Avril 1780. — Un plaisant dit à M. de Franklin : «\nde vôtre K faites un Q et vos papiers vous serviront ».\nConseil du mois\nMois des guerriers, des assassins !\nPoète en ce mois sois funèbre\nConstruis en quatre actes ou cinq\nUn chef-d'œuvre issu des ténèbres."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.6", "texte": "TAUREAU\nTon aspect brillant agace le bœuf laborieux\nFront casqué cle boucles, yeux striés de sang\nA la vue de tes ébats toujours victorieux\nLes demoiselles du château rougissent en fuyant.\nÉphémérides\n2 Mai 1773. — Le marquis de Sade, incarcéré au château de\nMiolaus par la justice Sarde, parvient à s'échapper, grâce à l'aide de\nsa jeune femme.\n8 Mai 1791. — L'assemblée nationale décrète le retour du corps\nde Voltaire au Panthéon.\n15 Mai 1859. — Flaubert marchande chez un brocanteur un\ncasse-tête carthaginois.\n18 Mai 1782. — M. Linguet se purge en quittant la Bastille.\nConseil du mois\nTu remettras ta robe blanche\nDont tu te parais autrefois\nEt dormiras sur une planche\nLe cor est triste au fond des bois !"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.7", "texte": "GÉMEAUX\nUn seul nombril vous lia à jamais\nAttachés au ciel vous n'avez que deux yeux\nLa renommée vous allia à Homère\nAinsi qu'à l'amitié dont vous faites l'honneur\nPensées\nLa seule richesse durable, c'est l'énergie humaine.! Zangwill.\nA l'heure de la mort nous 11e possédons plus que ce que nous\navons donné. Daniel Halévy.\nEt le désir s'accroît quand l'effet se recule. P. Corneille.\nL'homme étant le sujet et l'interprète de la Nature, peut seule-\nment comprendre et faire ce qu'il a observé en fait, ou pense des\nvérités de la nature. En dehors de ceci il ne connaît rien et ne peut\nrien faire. F. Bacon. . „ . ~. „\nLe drame dépeint la pensée, qui veut devenir Fait, par 1 Action\nou la Souffrance. Hebbel.\nConseil du mois\nHâte-toi d'achever, pauvre poète a gages\nTon livre, fruit d'hiver que l'on cueille en été\nAfin que la mondaine étendue sur la plage\nSe livre à ton tourment jusqu'à l'heure du thé"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.8", "texte": "CANCER\nLes médecins profanèrent lon nom pour designer un mal incuiablt\nEn plein Eté écrevisse gigantesque du mois de Juin\nTu brilles dans le Ciel nocturne, tu veilles sur nos foins\nEt sur nos blés gui somnolent sous lon Œil admirable.\nPensées\nToute œuvre d'art doit être infinie par le contenu et finie pai\nla forme. Hebbel. .\nSacrifie, sacrifie toujours les niaiseries de la vie a ton art. Bee-\nthoven. . , , , _\nTout ce qui se passe ici n'est qu'apparence. Mais c est le charme\ncruel de la femme qui nous élève aux deux. Gœthe.\nCalembours de Musset. Conversant avec Victor Hugo, du procès\nde Mme Lafarge, accusée de l'empoisonnement de son mari : «Ah\nmon Dieu ! nous savons que l'art scénique vous doit ses plus beaux\ntriomphés !»— Il dit de l'auteur de Sous les Tilleuls «Je connais\nmon Karr à fond. » — De lui encore un jour de déveine « avec quel\nas-perds-je ? »\nConseil du mois\nAutour du drapeau tricolore\nSerais-tu camelot du roi,\nBois, poète, jusqu'à Vaurore\nEt crois qu'on pavoise pour toi !"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.9", "texte": "LION\nLe canari frémit sous une feuille dans sa cage\nLes bêtes domestiques fuient vers l'abri\nGronde le tonnerre c'est le lion qui rugit\nGalopant sur le ciel lacéré par forage.\nÉphémérides\n4 Août 1875. — Francis Viélé Griffin obtient un accessit d'Anglais.\n18 Août 1862. — Théophile Gauthier inaugure les chemins de\nfer algériens. • '\n20 Août 1887. — Mort de Jules Laforgue.\nConseil du mois\nQue ton âme en ce mois sur la plage jetée\nSavoure le repos au Bar de la Jetée\nN'écris pasy ne lis rien, presse la mie et fume\nEt trempe aussi les mains si lasses, dans l'écume."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.10", "texte": "VIERGE\nEtre subalterne puissant et îêiu\nTu gardes jalousement ion fragile avantage •\nTu ignores Vavenir la longueur de ton stage\nFA VAutomne si proche de jaune revêtu.\n«\nCLAUDE BERNARD\nPoète tragique\nOn savait que le grand homme avait écrit en sa jeunesse des\ntragédies, mais on ne les savait pas aussi détestables. Les fiagmeuts\nde Rose du Rhône et de Arthur de Bretagne que nous fit connaître\nM. Régis Huard furent propres à plonger les lettrés en un abîme de\nIl est au moins singulier que Claude Bernard, après de tels débuts\net après une telle carrière scientifique, eût maintes fois tiahi 1 expé-\nrance d'achever sa vie en écrivant de nouvelles tragédies. Qui sait\nsi nos plus fâcheux auteurs dramatiques ne sont pas des savants\nderdus pour la Science.\nConseil du mois\nL'officieux Bulletin des Halles et Marchés\nAnnonce lin arrivage énorme de bourriches\nD'huitres et de perdreaux, de quoi se pourlécher\nVoici les mois en R qui veulent qu'on soit riche,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.11", "texte": "FOUQUET"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.12", "texte": "FOUQUET"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.13", "texte": "FOUQUET"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.14", "texte": "FOUQUET"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.15", "texte": "BALANCE\nC'est pour peser les feuilles mortes\nLes soupirs qui s'échappent les fleurs qui flétrissent\nLe bilan de l'Eté les choses qui finissent\nLes tristesses qui attendent sur le pas de la porte.\nÉphémérides\n27 Septembre 1808. — Napoléon rencontre Gœthe.\nler1er Octobre 1919. M. André Lhote découvre le musée du\nLouvre.\n' 5 Octobre 1919. —M. Dermée prophétise la naissance d'une nou-\nvelle revue.\n16 Octobre 1628. — Malherbe mourant néglige le salut de son\nâme pour châtier le fâcheux langage de sa servante.\n20 Octobre 1854. — Un assis de la mairie de Charleville, dresse\nl'acte de naissance de Jean Arthur Rimbaud. M. Paterne Berrichon\npressent le génie de l'enfant et jure de devenir son beau-frère.\nConseil du mois\nLe jeune malade à pas lents\nS'en revient de Contrexéville\nSi las ! Qu'il rêve en un beuglant\nA quelque acrobate immobile."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.16", "texte": "SCORPION\nJARRY.\nSous les abris de pierre pareils aux montagnes\nTu emportes le poison renfermé dans ton sein\nRêve de domination tu fuis la campagne\nLes souvenirs te suivent comme des assassins.\nBARDES ET CORDES\nLe roi mort, les 21 coups de la bombarde\nTonnent, signal de deuil, place de la Concorde.\nSilence, joyeux luth, et viole et guimbarde :\nTendons sur le cercueil la plus macabre corde.\nPour accompagner l'hymne éructé par le barde...\nLe ciel veut l'oraison funèbre pour exorde\nL'encens vainc le fumet des ortolans que borde\nLa maritome, enfant butorde non moins qu'orde.\nAux barrières du Louvre elle dormait la garde :\nLes palais sont de grands ports où la mort aborde ;\nCorse, kamoulke, kurde, iroquoise et lombarde.\nLe catafalque est ceint de la jobarde horde.\nLa veille n'eût point fait camuse la camarde\nIl faut qu'un rictus torde et qu'une bouche morde.\nLa lame ou la dent tranche autant que le plomb arde.\nPoudre aux moineaux, canons place de la Concorde\nArme blême, le dail ne craint point Vespingarde ;\nTonne, signal de deuil ; irbre macabre corde.\nLes Suisses au pavé heurtent la hallebarde\nSeigneur, prends le défunt en ta miséricorde.\nde la Revue Blanche)."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.17", "texte": "SAGITTAIRE\nJARRY.\nLes cors! La forêt retentit du bruit des sabots\nTu chevauches tes propres flancs beau Centaure tiré de l'Olympe\nVélu suant la foie fonçant dans les flots\nTu évite le gibier pour trouver une nymphe.\nMADRIGAL\nM a fille — ma, car vous êtes à tous,\nDonc aucun d'eux ne fut valable maître,\nDormez enfin, et fermons la fenêtre :\nLa vie est close et nous sommes chez nous.\nC'est un peu haut, le monde s'y termine\nEt l'absolu ne se peut plus nier;\nIt est si grand de venir le dernier\nPuisque ce jour a lassé Messaline.\nVous voici seule et d'oreilles et d'yeux\nTomber souvent désapprend de descendre.\nLe bruit terrestre est loin, comme la cendre\nGît inconnue à l'encens bleu des dieux.\nTel le clapotis des carpes nourries\nA Fontainebleau\nA des voix meurtries\nDe baisers dans Veau.\nComment s'unit la double destinée ?\nTant que je n'eus point pris votre trottoir\nVous étiez vierge, et vous n'étiez point née,\nComme un passé se noie en un miroir.\nLa boue à peine a baisé la chaussure\nDe votre pied infinitésimal,\nEt c'est d'avoir mordu dans tout le mal\nQui-vous a fait une bouche si pure.\n{Extrait de la Revue Blanche)*"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.18", "texte": "CAPRICORNE\nA travers les neiges ravins collines boisées\nL'Hiver galoppe violent bousculant les hommes\nIl rit ail vieux Noël qui s'éveille tout paré\nPour son rite annuel et pour la joie des gnomes.\nÉphémérides\n31 Décembre 1831. — Alfred de Vigny se déclare à lui-même ;\n« Je n'ai fait de mal à personne. Je n'ai pas écrit une ligne contre ma\nconscience, ni contre aucun être vivant. »\n4 Janvier 1857. — Les Goncourts baptisent Béranger l'Ana-\ncréon de la Garde Nationale.\n16 Janvier 1875. —• Verlaine quitte la prison de Mons.\n17 Janvier 1536. — Le papa autorise Rabelais à reprendre\ni foabit de bénédictin sans renoncer à l'exercice de la médecine.\nConseil du mois\nMil neuf cent vingt et un expire\nMil neuf cent vingt deux, sera-ce\nPour Claude Terrasse\nOu William Shakespeare ?"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.19", "texte": "ASTROLOGIE\nVERSEAU\n21 Janvier au 31. — Nature tendre, heureuse union, voyageur,\nmarcheur, noble mais injuste par passion.\nler1er Février au 11. — Poursuite de la fortune à travers les alter-\nnatives de succès et de revers, amour des beaux-arts et des belles-\nlettres, le bourru bienfaisant, dispositions pour les sports, danger\nd'accidents, colères.\n11 Février au 21.— Grandes espérances de fortune, médiocres\nrésultats, nécessité de la probité, périls venant de la banque. Très\nsecret sur ces affaires, de la gaîté qui ne peut pas sortir, rêveur,\nbizarre.\nIls ont pour : plantes symboliques : le Serpentaire et le Prunier\nsauvage — pour animaux : le Mouton et le Paon — pour pierre : le\nCristal — leurs anges sont les Martyrs — leurs démons les Apostats\n— leur apôtre Saint-Mathieu avec sa hallebarde — leur prophète\nAbabuc — ils sont de la tribu de Zabulon — leur force est dans le\ngras de la jambe — le nombre 2 est dédié à Junon, la déesse qui\nprotège les dignes et bonnes personnes nées sous le signe du Verseau —\nelles doivent se parfumer à l'euphorbe.\nPOISSONS\n21 au 28. — Ce signe recommande la prudence dans le désir\net le choix des affections. Excellent signe, qui fait réussir les gens\nmodestes, avec des alternatives de revers et de succès. Fidèle, joyeux,\nhardi, éloquent, aimant ses amis, vite apaisé dans ses colères.\n28 au 11 Mars. — Dégradation par l'amour désordonné des\nrichesses, ou chute par trop de désir de bien faire, envie de s'entre-\nmettre pour des choses sublimes, dissipation, prodigalité, humble\net silencieux, très doux, plus aimable avec le monde qu'avec sa\nfamille.\n11 au 21. — Nécessité de la prudence pour ne pas faire échapper\nla fortune, type de la coquette sale, mélange de prétention et de\ngrossièreté, bavardage, poésie, débauche.\nIls ont pour : animaux symboliques : le Cygne et le Cheval —\npour plante : le Sarrasine — pour pierre : le Saphir — leurs anges\nsont les Confesseurs — leurs démons les Infidèles — leur Apôtre\nJacques le Mineur avec son bâton — leur prophète Sohel — ils sont\nde la tribu d'Ephraïm — Le Dieu qui protégeait les grands philo-\nsophes un peu rudes nés sous ce signe est Neptune auquel le nombre\n11 est dédié — le thym est leur parfum."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.20", "texte": "BÉLIER\n21 au 31. — Force et caprice, ambition, chicane, précision dans\nle langage, hardiesse a soutenir son droit, tendre avec ses amis, terrible\navec ses adversaires, simple mais confortable, ascension, protection\ndes grands, sacrifices, désir de pénitence.\nler1er Avril au 11. — Concours de chance favorable àla fortune,\nrichesse ,noblesse, amour du luxe simple, enquêteur des choses d'au-\ntrui, prodigue pour ce qui est du confort, solitaire en sa vie, médite\ndes choses frauduleuse, utile, habile, prompt.\n11 au 21. — Péril de se perdre en obéissant à une inspiration\nirréfléchie, excès de sensibilité amenant au raffinement du vice,\nforce dans les amitiés, très policier, intelligence précise et froide,\ngoût de la science, de la théologie, très capable en tout, volonté.\nIls ont pour plantes : la Sauge et l'Olivier — pour animaux :\nle Hibou, la Chèvre, le Serpent, le Coq — pour pierre : la Sardoine —\nleurs anges sont les Séraphins — leurs démons : les adorateurs de\nfaux dieux -— leur apôtre : Saint-Mathieu avec sa hallebarde — leur\nprophète : Malachie — ils sont de la tribu de Dan — leur force dans\nie regard et la face — Ils sont protégés par Pallas la déesse aux yeux\nbrillants à laquelle le nombre 7 est dédié — ils doivent se parfumer\nà la mirrhe.\nTAUREAU\n21 au 30. — Travaille pour l'avenir dans le bien commun ,dans\nïe mal, corps massif, esprit récréatif, apte, et subit, aimé des femmes,\nmagnanime, courageux, aimé, et agréable à tous. Assez hargneux et\nmurmurant au fond de son caractère, travaille en se plaignant.\nler1er mai au 11. — Avortement dans les entreprises si on manque\nde persévérance, obstacles, embarras, écueils, retards, indécision\nCorps lent, esprit vif, grand travailleur, très positif, aimant la plai-\nsanterie.\n11 au 21. — Grandes luttes contre l'adversité, joue et perd,\nassea chicaneur, reproches, maladies, beaucoup d'amour.\nAnimaux symboliques : la Colombe et le Bouc — plantes :\nle Mirthe et la Verveine mâle — pierre : la Cornaline — anges : les\nChérubins — démons : Esprits de Mensonge — apôtre : Thaddée\navec sa hache — prophète : Aggée — ils sont de la tribu de Ruben —\nils sont protégés par Vénus, la déesse aux beaux seins — leur force\nest dans le cou — le nombre 6 leur est favorable — ils doivent se\nparfumer au coq."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.21", "texte": "GÉMEAUX\n21 au 31. — Efforts sans fruit, asservissement aux intérêts des\nautres, organise le plaisir au point d'en faire même un travail, gaîté,\njeunesse, goûts variés, connaissance des nombres, beaucoup d'enfants,\ninstinct du théâtre, du tact, de la correction.\nler1er Juin au 11. — Manque de sens moral, goût du burlesque et\nde la plaisanterie, possession de tous les moyens qui font réussir,\ncaprices, variations, colères vite apaisées.\n11 au 21. — Intelligence, subtil, excellente mémoire, joyeux,\nhardi, ne le cède à personne, malheur prochain.\nAnimal symbolique : le Taureau — plantes : le Laurier et la\nVerveine femelle — pierre : la Topaze — anges : les Thrônes — dé-\nmons : les Vases d'lniquité — leur apôtre : Simon avec sa scie —\nprophète : Zaccharie — ils sont de la tribu de Juda — les gens char-\nmants nés sous le signe des Gémeaux ont pour parrain Phebus aux\nbeaux fbras — leur force est dans les bras et dans la volonté —le\nnombre 12 leur est favorable — ils doivent se parfumer au mastic.\nCANCER\n21 au 30. — Goût des arts et des sciences, équilibre des entre-\nprises, activité, subtil et ardent pour ses intérêts, ferme et brûlant,\nimpénétrable, fécond en ressources.\nler1er Juillet au 11. — Liaison avec une femme à laquelle on devra\nson bonheur, esprit alerte et un peu petit, pas beaucoup de scrupules\nuni à une excessive délicatesse pour certaines choses, beaucoup de\npromesses dans la jeunesse, souriant, moqueur, gaffeur.\n11 au 21. — Consolation dans les afflctions, délivrance de ses\nennemis, conquête par la force, piraterie, amour de l'exceptionnel\net du rare, susceptibilité, paroles inutiles.\nAnimaux symboliques : l'Oiseau du Soleil et le Chien — plantes :\nl'Oreille d'âne et le Coudrier — pierre : la Calcidoine — anges : les\nDominations — démons : les Vengeurs de Crimes — leur apôtre est\nSaint-Jean : il porte un calice d'où sort le dragon — leur prophète\nest Amos — ils sont de la tribu de Manassi — le dieu de l'antiquité\nqui protégeait les innocents nés sous ce signe était Mercure le voya-\ngeur — leur force est dans la poitrine — le nombre 5 leur est favo-\nrable — ils doivent se parfumer au camphre."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.22", "texte": "LION\n21 au 31. — Nécessité de la patience et de la prudence au milieu\ndes contradictions et des retards, marins et soldats, grandeur, colère,\nmagnanimité.\nler1er Août au 11. — Rivalités en amour, tromperies en affaires\nd'intérêt, parler rustique, préoccupations positives mêlées à des\ngoûts de grandeur et de beauté, excès, orgueil, opportunistes dans\nl'âge mûr.\n11 au 21. — Entreprises d'ennemis puissants et acharnés, grands\nsacrifices pour plaire à ses amis, beaucoup de gestes inutiles et comme\nsoulevé par une force. Goût de la gaîté.\nAnimaux symboliques : l'Aigle et le Cerf — plantes : le Chêne\net la Mousse — pierre : le Jaspe — anges : les Puissances — démons :\nles Sorciers — apôtre : Saint-Pierre avec ses clefs — prophète : Osée\n— ils sont de la tribu d'Assez — ces gens heureux sont protégés par\nJupiter à la large poitrine — leur force est dans le cœur — le nombre\n1 leur est favorable — ils doivent se parfumer à l'encens.\nVIERGE\n21 au 31. — Voyages, entreprises» végétarien, goût de la nature,\nmodestie dans la tenue et mouvements d'orgueil inattendus. Etudes,\ncollections, bibliothèques, économie, dépenses pour son ménage et\nson intérieur.\nler1er Septembre au 11. — Trahisons de toutes espèces dont on\nne se méfiera pas. Voyages à l'étranger. Coups de tête. Vie bohémienne,\nva dans le monde et plaît, fortune tardive, fond sérieux.\n11 au 21. — Etude des causes naturelles et des arts. Talent d'écrire\nvite, ingénieux mais extrême modestie qui nuira, regrette de n'être\npas plus savant, beaucoup de respect et d'admiration pour les grands\nhommes, visage calme et froid, danger de rhumatisme, péril d'infor-\ntune complète en argent et en affection.\nAnimaux symboliques : Je Passereau et le Porc — p antes :\nle Calament et le Pommier — pierre : l'Emeraude — anges : les Vertus\n— démons : les Puissances de l'air — leur apôtre : Saint-André qui\nporte la Croix en sautoir — prophète : Miellée — ils sont de la tribu\nde Siméon — les personnes prudentes nées sous ce signe sont proté-\ngées par Gérés aux beaux flancs — leur force est dans le ventre •—\nle nombre 10 est dédié à la Vierge — ils doivent se parfumer au Santal."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.23", "texte": "2\n\nBALANCE\n21 au 30. — Caractère féminin, nature aimable, douceur, honnête-\nteté, constance dans les affections, bienveillant pour les gens dont les\ntraits charment leurs yeux, superficiels, mais gracieux. Les femmes\nont une tendance à l'amour. Union, sympathie, dévouement, amour\nde la justice.\nler1er Octobre au 11. — Union avec une veuve, fureur, émotions,\npassions, entreprises, on arrange toujours sa vie, voyages multiples,\nchangements de professions.\n11 au 21. — Soutien de la chance dans les entreprises, plaisirs\nde l'esprit, vie légère, amour de l'élégance, pas d'autre ambition que\nde bien vivre, beaucoup de souplesse, moins de succès que de bonheur\nAnimaux symboliques : l'Oie et l'Ane —- plantes : le Buis et le\nTournesol — pierre : le Béril — anges : les Principautés — démons :\nles Furies — prophète : .Tonas — apôtre : Saint Bartholomé avec son\ncouteau — ils sont de la tribu d'lssachar — les intelligentes personnes\nnées sous ce signe sont protégées par Vulcain, l'artisan, boiteux\ncomme la Justice humaine — leur nombre est 8 — leur parfum le\nGalbanon.\nSCORPION\n21 au 31. — Approche d'une grande joie, âme meurtrière et péni-\ntente, combats contre soi-même et les autres, malheurs par les femmes,\ngoûts ouvriers, esprit réaliste uni à des coquetteries, malice, reste coi\nquand il est pris.\ntor Novembre au 11. — Beaucoup de bonté, mais méconnu,\nn'a pas la situation qu'il mérite, mais satisfait de son sort, apparence\naustère, mais seulement l'apparence, histoires de femmes.\n11 au 21. — Acquisition de biens, mélange d'humilité et de vio-\nlence, beaucoup de discours, d'éclats de rire, capable de dévouement,\npréoccupé de ce qui est noble et des idées. Nature étroite, inconsis-\ntante et brouillonne.\nAnimaux symboliques : le Loup et le Pic-vert — plantes : l'Ar-\nmoise et le Cournouiller — pierre : l'Améthyste — anges : les Archanges\n—• démons : les Exécuteurs ou les accusateurs — apôtre : Saint-\nPhilippe avec sa haute croix — prophète : Abdios — tribu : Benjamin\n— les malheureux nés sous ce signe sont protégés par Mars le flam-\nboyant — leur force est dans les génitoires qui sont le siège de la\npensée terrestre — leur nombre est 9 — ils doivent se parfumer à\nl'oppoponax."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.24", "texte": "SAGITTAIRE\n21 au 30. — Sûreté pour les espérances du cœur, grands dons,\nnatures sportives, grandes ambitions, aptitudes aux mathématiques\net aux sciences, vie vaste et brillante, esprit aigu, amateur de tout\nce qui est bon.\nler1er Décembre au 11. — Complot de la scélératesse, guct-apens,\ndésire se retirer en soi-même, songe à de nouvelles affaires. Ferveur\nde cœur et douces paroles unies à la convoitise, embarras de son\npropre corps.\n11 au 21. — Grandes capacités pour se défendre, vie déréglée,\nrepentir tardif, grandes passions, fortune paralysée, grande impor-\ntance donnée aux choses, convictions, chasseur, force, libéralité.\nAnimaux symboliques : la Biche et la Corneille — plantes : le\nDattier et la Macie — pierre : la Hyacinthe — anges : les anges véri-\ntables — démons : les démons tentateurs et guetteurs — apôtre :\nSaint-Jacques Majeur avec son bourdon et ses coquilles — prophète ;\nSophonie — les grandes âmes nées sous ce signe ont pour divinité\nDiane la chaste — leur nombre est 9 — ils doivent se parfumer à\nfalas.\nCAPRICORNE\n21 au 31. — Pénitence de ses péchés, alternatives dans la vie,\nhonnête mais habile, grande importance donnée à la correction et à\nla politesse. Collection d'habits, goût de l'argent, de la nourriture.\nMalheur par les enfants.\nler1er janvier au 11. — Grande confiance en soi, autorité sur ses\namis, chimères, quitte la proie pour l'ombre, carnassier, dépravé,\ncolère, incapable de déguisement.\n11 au 21. — Etude des causes naturelles et des arts, gourmet,\nprudence de gouvernement, désir du bien, envie de s'enrichir, personne\nsérieuse et agréable, aime la magnificence dans les habits et les repas,\ndifficile à mettre en colère, mais n'en sort plus, labeur, faiblesse.\nAnimaux symboliques : le Lion et le Héron — plantes : la Pareille,\nl'Orme, le Pin — pierre : la Chrysoprase — anges : les Innocents —\ndémons : les Méchants — leur apôtre est Thomas avec la lance ou\ni'équerre — prophète : Naum — tribu : Gad — ces personnes graves\net correctes sont protégées par Vesta dont le nombre est 3 — leur\nparfum est le Naid."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.25", "texte": "Variétés Littéraires\n\nMANIES ET MANIERES\nAvant de prendre une plume, Laurent Tailhade donnait quelques\nsoins à son papier. Il l'étalait soigneusement, il le caressait, il le repas-\nsait comme si c'était du linge, puis il écrivait d'abondance pour\ns'arrêter les yeux hauts levés, et reprendre son sacré labeur, le chef\nlégèrèment incliné.\nM .Maurice Barrés entre dans son cabinet de travail un Brévas\nà la bouche. Il vide une très petite tasse de café, va respirer à la fenêtre\nl'arôme du Bois et, enfin, s'asseoit à sa longue et vaste table flanquée\nd'aigles d'or, juste sous le portrait de Napoléon. Il écrit alors, d'une\nécriture fortement inclinée, à l'encre violette, sur de larges feuillets\nbleus pliés en deux, à la manière des diplomates, encore que M. Mau-\nrice Barrés n'ait jamais appartenu à la Carrière.\nLe poète Francis-Viélé-Giiffin écrivait, jadis, à M. Pierre Louvs\nqu'il avait le plus grand tort d'user d'encre violette, car le temps la\ndécolore et c'est faire tort aux collectionneurs d'autographes. Désor-\nmais, il écrit tout d'abord au crayon sur du papier écolier. Il recopie\nensuite avec soin. Pour tromper l'énervement lorsque l'inspiration\nest rétive, il fume une pipe en terre ou ripoline en jaune quelque sta-\ntuette moderne, car le blanc pur l'irrite.\nC'est à la façon d'un boxeur que M. Tristan Bernard pénètre dans\nson studio encombré de livres. Il jette sur un meuble, voire sur le\ntapis, sa machine à écrire et se met à pianoter.\nM. Henry Bataille se déplace énormément. Il s'énerve, va tapoter\nles vitres, revient, sourit, grimace et puis écrit, écrit, heureux de sa\nfacilité.\nM. Abel Hermant, se souvenant du bureau de l'escadron fume\nune grosse pipe de doublard et pond un chapitre d'une écriture solide,\ncomme s'il le calligraphiait. Il commence toujours par noter\nles six dernières lignes.\nDirai-je que le Prince des poètes tire la langue en écrivant ?\nM. Henri de Régi lier fume la pipe, il écrit avec soin, c'est un\nexcellent calligraphe. Il n'écrit que le monocle à l'œil. Il ne se laisse\npas volontiers distraire de son labeur, fut-ce par la visite d'un de\nses meilleurs amis.\nA sa table de travail, qu'il achève un acte truculent ou qu'il\nécrive quelque discours académique sur les prix de vertu à décerner\naux jeunes filles qui ont beaucoup dansé le tango, M. Jean Richepin\nest un spectacle magnifique. Il fait crisser le papier et grincer la plume\nqu'il secoue pour pointer les i. Parfois il se lit à haute voix, de sa\nbelle voix, sans cesser d'écrire. Il n'écrit pas volontier en présence de\nvisiteurs qui ne sont pas des familiers."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.26", "texte": "Notre maître Anatole France écrit pour sa joie et pour la nôtre.\nSon attitude est connue. En son vaste fauteuil, frileusement enve-\nloppé, il évoquerait Voltaire si son sourire n'était plus pur !\nLa robe de chambre de Rémy de Gourmont était plus balza-\ncienne et sa calotte plus écclésiastique, le tout couleur poussière, la\npoussière qui enveloppe les vieux bouquins et les collections de revues\nsymbolistes. Le nez chaussé de lunettes, se grillant avec sa cigarette\nles doigts qui pesaient sur la page, Rémy de Gourmont écrivait avec\nrégularité et application. Au Café de Flore, le soir, il allait lire les\njournaux, il n'écrivait jamais et souriait à ouïr les propos de ses\nvoisins, de ses cadets, ies néo-classiques.\n\nLE PILOTIN BAUDELAIRE\nOn a longtemps et vainement discuté le point de savoir si Baude-\nlaire embarqué par le général Aupick sur un voilier voguant vers les\nIndes, fit réellement le commerce des bœufs dont il eût approvi-\nsionné l'armée des Indes.\nThéophile Gautier l'affirme. Son Baudelaire, marchand de bœufs\nlui plaisant, il l'accepte sans réserve. Maxime du Camp donne une\ninterprétation embrouillé que contredit Pradon, autre biographe du\npoète. Enfin, Crépet, dans son introduction aux Œuvres posthumes\nde Baudelaire, s'égare tout à fait en des rêveries romantico-mytho-\nlogiques. Il crée un Baudelaire inventant la fable du troc des bœufs\npour s'être souvenu d'Apollon bouvier. Fumées !\nOr, une de nos confrères, ancien officier de marine, M. René Da-\nlize, auteur d'une pénétrante étude sur la Littérature des Intoxiqués,\nfeuilletant avec nous l'édition Crépet, nous a spontanément donné la\nseule explication plausible. Il ne s'embarrasse pas de songes creux\npour donner un sens aux propos du poète embarqué comme pilotm\nainsi qu'il était d'usage dans les familles encombrées d'un fils déclaré\n« bon à rien ». La sévérité du général fut d'ailleurs inutile ; quant aux\nmauvais sujets d'aujourd'hui, ils font tout de suite de la littérature,\nsans passer par la marine marchande !\nMais laissons la parole à M. René Dalize dont, au surplus,\ncertain grand-oncle fit, en qualité de second pilotin le même voyage\nque Baudelaire : « Certes, l'absence de Baudelaire ayant duré dix mois,\ndont neuf de navigation, aller et retour, il n'a pas eu le temps de pour-\nvoir les Tômmies des Indes de bœufs français. Pourtant, Baudelaire\nn'a pas menti. Un marin de la flotte marchande dit couramment :\n«Je navigue au commerce. » Si un navire transporte du phosphate,\nil dira, parlant au nom de l'armateur, du capitaine et de l'équipage\ntout entier : « Je fais le commerce des phosphates ». La vaisseau de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.27", "texte": "Baudelaire devait avoir une cargaison de bœufs. Donc, le pilotin\nétait-il fondé, à dire plus tard, parlant de son voyage : « Je faisais\nle commerce des bœufs ».\nQue de temps perdu ! Il suffisait d'en appeler au bon sens d'un\nmarin lettré et baudelairien..\\.\nNous tirons quelque vanité d'y avoir songé.\n\nUN POEME\nDU FILS DE VERLAINE\nHeureux l'enfant né sans le sou\nD'une catin et d'un homme saoul\nIl ne geint pas à la mamelle\nQue lui offre toute femelle\nDans les bras de son paternel\nIl ne fait qu'un tour et puis, tel\nUn vif météore s'envole\nNarguant sa mère bénévole\nLe voilà content, né de rien\nLibre d'escarper en vaurien\nLa cime abrupte de la vie\nQu'un enrichi certes n'envie\nA jongler avec les fardeaux\nPuis se les poser sur le dos\nSans un faux pas ! Vrai, c'est d'un brave\nEt qui ne mérite nulle entrave !\nO dérision de nos curiosités anecdotiques î Misère de nos méthodes\nhistoriques ! Pardon, pauvre Lélian !\n\nNOTES INÉDITES DE VOLTAIRE\nIl s'agit de notes prises durant le séjour en Angleterre qui suivit\nune villégiature à la Bastille.\n« Bolingbroke était un aussi grand homme d'Etat qu'un grand\nfréquentateur de courtisanes. Dans la pleine vigueur de sa jeunesse\net de son dérèglement, la reine le fit nommer ministre de la guerre.\nUn groupe de courtisanes passait dans le parc de Saint-James,\nquand la nouvelle se répandit que Bolingbroke avait obtenu ce poste\ndont les émoluments sont de 125.000 francs par an. Aussitôt ces dames\nbattirent des mains en criant : « Bravo ! voilà encore 125.000 francs\nqui vont nous revenir. »\n« L'Anglais est très réfléchi, alors que le Français se montre"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.28", "texte": "prolixe, et prodigue les compliments et les vaines paroles. En réalité,\nsous les dehors d'une aimable modestie, ce dernier n'est préoccupé\nque de lui-même. L'Anglais, au contraire, est sobre de paroles, ouver-\ntement orgueilleux et insouciant ; il émet ses idées le plus vite pos-\nsible, comme s'il craignait de perdre son temps. En Angleterre, l'in-\ntérêt public, domine toujours l'intérêt privé. »\n« Nous nous montrons habituellement indifférents et insoucients\npour les choses qui méritent davantage notre observation et notre\nenthousiasme. Peu de personnes ont la sagesse d'admirer la naissance\nquotidienne de la lumière et la création nouvelle de toutes les choses\nqui germent chaque jour, avec cette lumière, l'éternelle harmonie\ndes étoiles, les miracles perpétuels de la génération, les effets de la\nchaux qui brûle au contact de l'eau. Peu de personnes s'attardent à\nadmirer ces prodiges journaliers dont la répétition semble triviale,\nmais dont les causes restent cachées ».\n\nDÉJÀ !\nANDRÉ SALMON\nAux beaux jours du Romantisme. — oui, beaux jours, en dépit\nde tout, dirait avec nous ce critique malicieux qui, ayant loué l'in-\ntention des néo-classiques, ajoutait : « Si vous pouviez avoir autant\nde talent que les romantiques, ce serait très bien ! » — aux beaux jours\ndu Romantisme donc, on disputait déjà sur le choix d'une rive\nlittéraire. Gauche ou droite ? Et c'est exactement à la Closerie des\nLilas, et pas ailleurs, que s'assemblaient coiffés à la Rembrant.\neux aussi, prince Paul ! les champions gauchers et gauchards.\nDans une comédie à couplets, Le Pays des Amours, pat-\nEdouard Plouvier, créée aux Variétés, le 15 mars 1858, un acteur\nchantait :\nJe reconnais ton toit d'ardoise\nVieil Odéon, où tant de fois\nA'os cris, nos clefs ont cherché noise\nA la tragédie aux abois !\nPlus loin encor, la closerie\nOù chaque été les frais Lilas\nFont une campagne fleurie\nA tant d'amants qui n'en ont pas.\nLe dernier vers est faible, mais qu'importe ! On chante encore :\nUn four, on passe la rivière....\nEdouard Plouvier ! Il débuta humblement dans les cuirs et\npeaux pour expirer dans le drame et le vaudeville. Accordons un\nsouvenir à ce mégissier dramatique, champion bénévole de l'autre\nrive. AN H Rtf S AIM O N"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.29", "texte": "Bois de Hermine David.\n\nPOÈMES\n\nLe chant du beau matin\n\nJe ne veux pas une ligne noire autour de mon chant\nIl serait fermé comme un département\nComme Vesprit d'un homme à barbe blanche\nBonjour mes dieux\nBonjour peuples d'autrefois\nNous sommes bien ici ce malin ensemble\nA manger et à boire notre joie sur l'herbe\nComme une tarte aux fraises avec des vins blonds\nEt vous aussi mes descendants\nEl vous aussi peuples de l'avenir\nJe vous invile et vous offre une part\nPeuples de l'an 2.000\nPeuples de Van 10.000\nJe vous aime ce matin\nEl vous m'aimerez\nQuand vous serez\ni i i i i î i i iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii\nMon chant est sphérique\nComme une œuvre de Dieu\n«\nAimerez-vous encor tout ce que nous aimons\nVivrez-vous en famille avec les arbres et les animaux\nAvec la mer avec les monts\nHommes de l'an 10.000\nAimerez-vous comme nous aimons\nBanderez-voiis comme nous\nComme je voudrais vous serrer la main"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.30", "texte": "Et choisir parmi vous des amis\nMoi qui marche sur la Terre huit mille ans avant voua:\nQuel palais aurez-vous bâti\nÀ la place où ce malin je suis assis\nOu peut-être que vos bateaux y feront naufrage\nEt qu'une vieille légende où j'apparaîtrai\nGrandira ces parages\nMais aurez-vous de vieilles légendes\nComme vous serez vieux peuples de Van dix mille\nComme vous serez jeunes\nComme je serai vieux\nAimerez-vous ce que nous aimons\nLa tarte aux fraises et le vin blond\nAimerez-vous ce que j'aime\nQuel est celui de mes poèmes\nQue vous aimerez le mieux\nOù la maison que je vais bâtir\nDes roulements d'auto\nDes sifflets de locomotives\nDes vrombissements d'avions\nDes sons de cloches\nSont enfermés dans mon chant\nAvec mes sentiments\nEt toutes les choses de mon temps\nEt là-bas c'est Paris\nLa ville qu'on a dans la peau\nLa ville qui sent Vhomme\nLa ville grise où je travaille avec mes mains\nQuand il pleut\nQuand il fait froid\nLa ville nourricière où j'ai eu vingl ans\nTout ce qui s'est passé n'est jamais arrivé\nJ'étais dans le ventre de la Ville\nMe voici né\nVoici que je marche en tenant toute la rue\nComme un homme riche\nVoici que je regarde la Terre\nQue je deviens amoureux d'elle\nVoici que je deviens éternel\nPourtant je regarde ma montre\nJe vais jouer au tennis de toute ma jeunesse\nEt j'ai faim comme un chien\nLe Nord était derrière moi\nLe Nord est à ma gauche\nEt bientôt je l'aurai en face"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.31", "texte": "PAOLO DONO\nDIT L'UCCELLO"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.32", "texte": "PICASSO\nCollection H. K."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.33", "texte": "MARIE LAURENCIN\nPhoto Paul Guillaume"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.34", "texte": "MODIGLIANI\nCollection Zborowski"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.35", "texte": "Mouches de cet Eté\nNous allons nous quitter\nVous pour rester pattes en Vair\nMoi pour aller dans l'avenir\nQui est peut-être au Nord\nOu peut-être au Midi\nMais nous nous retrouverons dans la grande cornue\nPetites sœurs - -\n''- * \\ *\nIl est l'heure.\n\nPIERRE ALBERT-BIROT.\n\nPOEMES\nPAUL ELUARD.\nLe cœur sur Varbre, vous n'aviez qu'à le cueillir,\nSourire et rire, rire et douceur d'outre-sens.\nVaincu, vainqueur et lumineux, pur comme un ange,\nHaut vers le ciel, avec les arbres.\nAu loin, geint une belle qui voudrait lutter\nEt qui ne peut, couchée au pied de la colline.\nEt que le ciel soit misérable ou transparent\nOn ne peut la voir sans l'aimer\nLes jours comme des doigts repliant leurs phalanges.\nLes fleurs sont desséchées, les graines sont perdues,\nLa canicule attend les grandes gelées blanches.\nA l'œil du pauvre mort. Peindre des porcelaines.\nUne musique, bras blancs tout nus.\nLes vents et les oiseaux s'unissent — le ciel change."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.36", "texte": "Complainte électorale\n\nI\nEcoutez tous la lamentable histoire\nD'un héros mort, tué pour ses opinions,\nCar il vivait pendant ces temps barbares\nQui sont avant la grand' Révolution\nDans ce temps-là, il marchait au supplice\nCelui qu'osait rêver d'égalité\nUlndépendance, l'amour de la justice,\nC'étaient des mots qu'fallait pas prononcer.\nII\nLa Barre était d'une noble famille\nIl étudiait pour se faire officier.\nIl habitait dans la cité d'Abbeville\nPar la police il était suspecté,\nOr, par malheur, un' nuit dans un cimetière\nUn crucifix par quelqu'un fut brisé\nEt comme La Barre était un libertaire\nSur lui tombèrent les soupçons des curés.\nIII\n« Ce garçon-là a des livres-z-anarchistes,\nDit un évêque avec indignation\nJ'en fais serment, m'sieu l'chef de la police,\nII nous prépare un\" grande Révolution,\nIl a brisé un Christ au cimetière !\nLe Sacrilèg' mérite un châtiment.\nIl n'salue pas quand passent nos bannières\nIl chant' sur Dieu des refrains inconvenants.\nIV\n— Pour ce méfait tout supplice est trop tendre\nCoupez ses bras, arrachez-lui Vgosier ;\nBrûlez-le tout et dispersez les cendres,\nDirent les jug's sans avoir contrôlé.\n— Mes opinions sont ici mal cotées,\nRépond La Barre au tribunal d'Amiens,\nMais croyez-le, ma mémoire s'ra vengée,\nLe sang cVvos fils rachètera le mien.\nV\nDeux mois après, dans la foule en alarme,\nLa Barr' marchait gaîment à Véchafaud"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.37", "texte": "Environné par cent archers en armes,\nLes bois d' fustic' que suivaient cinq bourreaux.\nOr, cet enfant au milieu des souffrances\nJe dis « enfant » il avait clix-sept ans,\nCriait à tous « Je meurs, c'est pour la France »\n« Si l'ldée germe, amis, je meurs content ».\nVI\nNon, non, nous ne t'oublierons pas La Barre\nCar ton nom brille dans l'Histoire des Martyrs\nC'est un flambeau qui luira comme un phare\nPour nous, tes frères, les Révoltés d' l'Avenir\nTu étais né dans un sied' de servage\nMais tu as bien prévu les Temps nouveaux !\nAu lieu de vivf comm' les riclï de ton âge\nTu préféras mourir comme un héros.\nLE MARCHAND DE GANTS DE GAND\nIl était un peu fou, c'était dans la famille !\nMême il avait encore au fond d'une charmille\nDans une maison bourgeoise à la Chaux-de-Fond\nLe buste d'un vieil oncle défunt à Charenton.\nDéjà à l'âge de cinq ans,\nC'étùii lamentable vraiment !\nOn ne pouvait le mener nulle part.\nSans qu'il pissât dans les crachoirs.\nUne dame de qualité\nLui ayant offert une tasse de thé\nUn moment après, par guignon,\nIl dégueulait dans le salon,\n— Diable, s'écria-t-il, c'est sans dout' vol' liqueur\nQui m'aura fichu mcd au cœur.\nPlus tard, s'il présentent une requête au ministre\nPour être indemnisé de tel ou tel sinistre\nII n'était pas encore entré au vestibule\nQu'il embrassait la bonne et lui tâtait le cul.\nS'il était, malgré tout invité par l'altesse\nIl se saoùlait de vin et lui montrait les fesses.\nUn jour quelqu'un lui reprochait ses tours\n— Je n'entends rien, dit-il aux tactiques des cours »\nC'est vrai. Il n'est pas intrigant\nPourtant il est devenu marchand de gants\nà Garni\nExtrait de Frère Matorel. Publié avec l'autorisation de l'éditeur H. Kahnweiler.\n\nMAX JACOB."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.38", "texte": "SOLUTIONS D'AUTOMNE\nTout, paysage affligé de tuberculose\nBâillonné de glaçons au rire des écluse:s\nFA la bise soufflant de sa pécore emphase\nSur le soleil qui s agonise\nEl} fichue biaise*****\nOr, maint vent d'arpéger par bémols et par diezes\nTantôt en plainte d'un nerj qui se cicatrise,\nSoudain en bafouillement fol à court de phrase\nEt puis en sourdines de ruse\nAux portes closes. ?\nYeux de hasard, pleurez-vous ces ciels de\nRuisselant leurs midis aux nuques des faneus ,\nEt le linqe séchant en damiers aux pelouses\nEt les stagnantes grêles phrases\nDes cornemuses ?\nLa chatte file son chapelet de recluse\nVoilant les lunes d'or de ses vieilles topaze ,\nQue ion Delta de deuil m'emballe en ses ventouses,\nAh ! là, je m'y volatilise\nPar les muqueuses /....\nPuis ça s'apaise\nEt s'apprivoise\nEn larmes niaises\nBien sans cause...\n\nMOEURS\n\n0 virtuosités à deux et vrai / si seules.\nEles-vous bien la clef des havres ri.- I Oubi .\n/ii'ï nnuc faut-il tourner à mort la grise meule\nDes froments pour l'Hostie à qui Dieu fait la gueule\nEn cœur ? Errer jusqu'à l'Octroi des Ramollis .\nDonc, aux abois du fond des raides leth^lf.\nSous ces yeux bovins, morts en pièces de cent sous,\nL'âme alitée absout Vheure, et se refu9ie\nT)p bonne foi* dans les passes dont la V\nNe croit plus d'ailleurs aux « Sœur Anne, où etes-vom ."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.39", "texte": "Le bien-être des sens d'un cœur frais par lui-même\nN'était pas fait pour nous, voilà le vrai du vrai.\nQui sait pourtant si quelque étourdissant je t'aime\nN'eût pas redrapé net nos langes de baptême !\nNous n'attendions que ça ; ce n'est pas un secret.\nRentrez, petits Hamlets, dans les bercails licites ;\nPoussez, du bout de l'escarpin verni vainqueur\nCes heures ; circulez, ayez l'air en visite,\nVoyez âme qui vive, exultez! — Tout haut, dites :\nSurs 11 m corda ? et tout bas : Ah! oui, haut le cœur.\nEntrait des « Entretiens Politiques et Littéraires ».\n\nJULES LAFORGUE.\n\nPREMIÈRE\nPOÉSIE\n\nDeux en confiance, droits comme des rois\nNous allons par les routes, hors des poésies.\nUne fleur pour toi, une feuille pour moi\net délions les fantaisies.\nNous étions deux, seuls entre mur et mur\nindifférents pour ce qui passe, pour ce qui voit.\nL'œil vide mais le pas sûr,\nempereur de bonne foi.\nLes montagnes se rencontraient une à une\nles branches saluaient en jaunes balancements.\nOn ne parlait à personne,\nChacun était pour Vautre son dieu.\nCombien était large le monde. Autour\nhabitait dans Vair l'odeur de Vamour.\nNous, presque amants du premier four\nNous sentions aux foues la chaleur.\nMais nous étions aussi heureux, essoufflés,\nGrisé d'égoïsme parfait\nNous semblions être des soldats\navec des décorations sur la poitrine."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.40", "texte": "Au fin, au fin de la montée\ndans la dernière baie de l'horizon\nune lune chiffon sans vie\nse détache légère d'une montagne\nC'est tout, égal et pareil à l'infini\ncomble est le cœur, pour rien il résonne.\nCependant un moment j'ai senti,\nl'humide baiser de ta bouche.\n\nG. PAPINI.\n\nLA CUEILLEUSE\nI\n\nBlancheurs encore somnolentes\nsur des fleurs qui de tous côtés jonchent la salle.\nMonée. Et te voilà vivant de ma vie et c'est moi\nqui t'ai créé comme une image de lumière\net te voici avec les mains de mon mystère\net te voici avec un corps\nqu'au gré des doigts\npassés ainsi que des caresses sur ta chair,\nj'ai suscité en âme errante et parfumée\nque tu portes en toi déjà comme une fleur.\nCar tu n'es que le geste incertain et vague du poète\nVers ce qui ne coule pas dans la vie\nVers la foie.\nei tu demeures au fond de moi\nComme parée d'habits de fêtes.\nAinsi je t'ai vêtue de l'âme que je porte\net tes mains sont fleuries d'hélianthèmes et d'iris\nqui ne passeront pas comme d'autres\ncueillies là-bas dans les vallées ;\nmais tend vers le soleil tes mains consolatrices\net ramène vers toi ce qui dormait au fond de moi\npour que de ce seul geste où ton âme s'éprend\ntu couvres toute notre vie de tes mains claires\net laissant fuir la joie qui glisse de tes doigts\nlaissant fuir ce soleil qui pénètre tes membres,\ntu scelles le pacte de lumière sur les fronts.\nCar, tu es celle que l'on cherche mystérieuse\ndont les baisers sentent le miel et l'été rouge"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.41", "texte": "dont les gestes ont la douceur des choses qui demeurent,\net que ion craint pourtant de saisir au passage ;\net Von t'ignore et Von te veux — ô fleur votive !\net Von sait depuis Venfance que tu es là\nquelque part — qu'on peut te voir —\nmais que personne\nn'a retenu les pans de ta robe fleurie.\nEt voici que tu viens vers moi\net c'est ma fièvre\nqui Va donnée la vie,\nc'est de la cendre de mes rêves\nque tu Vélèves\nimmarcessible ;\nCar je te sais lumineuse et sereine\net te voyais depuis l'enfance\nquand naissait l'harmonie aux rythmes des étoiles\nfleurir clans les nuits abyssales\nail chemin des voies lactées ;\net dans les soirs pendant les jours d'aberration\nlorsque toutes les pousses niveales étaient mortes,\net qu'on ne voyait plus les étoiles\nje te sentais parmi la cendre de l'été\nje savais bien que tu restais encore\net que lu n'avais pu mourir et te faner,\net je savais que je pourrais te retrouver\nen rappelant toutes les joies toutes les peines\net tous les deuils de nos années.\nMaintenant tu vis du rappel de ces choses,\nqûe nous avions quittées peut-être pour longtemps\net que nous retrouvions parfois vers le printemps\ncomme l'odeur des arbres clairs qu'on se souvient\navoir senti parfois dans les jeunes années\nlorsqu'il a plu et qu'il fait beau\nque tout le soleil donne aux terres cette senteur de fleurs coupées\nce parfum qui reste toujours malgré les peines\net qui semble nous consoler\nde tout ce qui n'a pu vivre aussi longtemps que nous,\nLa Cueilleuse. Je sais qu'il est des gestes qui s'inclinent\net qui descendent plus bas que d'autres\nvers les âmes et vers les forces que Von ignore\net je sais qu'il suffit d'un seul rappel\npour attirer à soi les blancheurs qui somnolent"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.42", "texte": "El celle torpeur des champs quand vient le soir ; .\nje sais que Von peut rappeler ce qui semble\n— comme les oiseaux s'appellent entre eux dès leur éveil —\net que Von ne peut passer comme cette ombre,\nqui palpite aux pieds des arbres tout le jour\npour se perdre la nuit dans les campagnes.\nMonée. Les gestes et les voix qui chantent\noui cela, tu les enseigneras\nel les paroles seront claires\ncomme à midi les plaines sous le soleil,\net les mots seront comme des musiques de fêtes\noù Von verra passer des formes de lumière\net ce seront des teintes affaiblies ou des bruits vagues de campagne\ntout cela qui tremble dans les âmes\nque tu recueilleras d'un geste\ncar ta joie sera là parmi les peines\nqui fera les travaux moins lourds\net les tristesses moins amères\npour ceux que la terre courbe ainsi que les saisons vers elles,\nceux qui connaissent cette angoisse\nde ne savoir de quel côté tourner la tête\nceux qu'assiège un besoin incessant de marcher\net qu'on apaise doucement par des paroles\n■comme des enfants qui sentent que Von est près d'eux et qu'on les garde.\nLa Cueilleuse. Il leur suffit des souvenances natales\nde celles qu'on ne sait si ce sont bien les nôtres\net que Von garde sans savoir, par habitude\n— celles d'odeurs connues et de couleurs passées —\net de chagrins qu'il nous paraît déjà connaître\net que nous n'avions jamais senti\nceux qui ne sont peut-être plus\nque les vieux souvenirs des pères des aïeux\net de tous les parents qui dorment\nparmi les terres parfumées. —\nMonée. Et puisque tu as senti en toi bien des nuances\ncelles qui sont gardees par les enfants des pères\net celles des fouïes que nous avons croisé\net qui nous ont crié des mots à leur passage\ndont nous n'avons pas su le sens et les préceptes\n— toutes ces sympathies errantes et nomades\nque l on sait bien ne plus voir durant le voyage —\nva — parmi ceux qui ne connaissent pas la joie\n■celle qui fait monter le soleil"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.43", "texte": "et celles des fruits murs sur les arbres d'été\nquand les cigales chantent et qu'il y a de la poussière\nsur les vignes qui commencent à rougeoyer\ndès que les raisins sont pressés dans les cuves\net lorsque viennent de la mer les flamands roses\nqui présagent que l'automne est déjà là —\nva vers les âmes des campagnes\ncelles qu'on voit fleurir près des maisons, des routes\net des villages de soleil,\nlà pare-les d'habits de fêtes lumineux\net donne-leur des mains fleuries comme les tiennes\net des yeux qui sachent sourire,\nafin que leurs doigts touchent aux choses nouvelles\nsans que celles déjà connues ne meurent en eux. —\n\nJEAN PUECH.\n\nLA CAMPAGNE\n\nI\nOn aime la maisonnette\nEn chaume dans le verger.\nDu rouge aux lèvres\nLes fleurs du pêcher.\nRenaissent tous les ans\nDe leur fragile beauté\nElle a un châle\nEt une brouette\nLe soleil tape sur sa tête\nEt dans ses cheveux\nSon corsage est templi\nSa gorge rebondie\nEt ses yeux...\n.J'envie celui\nQui le soir dans les coins\nOh sur le foin\nEmbrasse la fille\nL'orage prochain\nEst dans le ciel\nEt mon vélo\nFile sur la route\nCalme est la vieillesse\nC'est la vieille qui trotte\n3"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.44", "texte": "L'autre qui tricote\nPrès de la chandelle\nLa fleur fanée\nConnaît l'inutilité\nDe recoller\nSes pétales\nAvec des bouts de ficelle\nII\nLe vieux poirier sait\nQue la branche cassée\nDoit se dessécher\nLa femme à pas lents\nChemine sur la rouie\nUn bonnet blanc\nUn panier\nUn fagot\nOn voit des femmes comme ça\nDans les tableaux\nUn calme serein\nDu bonheur goutte à goutte\nOn ne demande pas l'âge\nA l'oiseau qui passe\nJe ne me souviens pas\nDes rides de ma grand'mère\nJe me rappelle son bonnet\nEt ses vieilles chansons\nEt le son de sa voix\nQuand elle appelait sa fille\nEt ses petits-enfants\n\nVLAMINCK."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.45", "texte": "Dimanche\naux Églantines\n\nC'est de cette place qu'en un printemps pareil,\nA coups de bélier, nous battions le ciel,\nLe ciel traître livré au vol ennemi\nEn quel autre printemps ?\nDouze mois! Ce n'est pas assez à notre compte\nOu c'est trop, et qu'importe!\nLa paix que nous forgeons dépasse de si haut la guerre\nSoumettant à sa loi les espaces et les nombres,\nLa paix plus grande que la guerre\nQue nous fîmes avec nos bras d'hommes-bêches,\nNos bons yeux de bons tireurs.\nNos jambes fermes de fantassins, ,\nDe tout notre coeur plein des douceurs déchirantes de lArrieie\nDe toute notre âme mutilée!\nEt aujourd'hui, frères qui voulons le règne de la Paix sw le monde,\nC'est toujours et pour combien de jours encore l'Avant\nLà où nous voulons recréer les douceur de l'Arrière\nArrière dans nos mémoires\nAvant dans notre faim sacrée\nDe vivre\nLibres et bienfaisants!\nA 2 h. 30, rendez-vous des Sections et des groupes place du 1 rocade ro.\n— Qui n'a pas son églantine ?\n— Achetez-moi, la vôtre, citoyen,\nEn voilà une bien coquette pour la citoyenne.\nEt quelle journée!\nUn joli temps pour aller au Bois de Boulogne\nLes textiles ? c'est à trente mètre devant toi, camarade,\n— Qu'est-ce que c'est que ceux-là ? ,\n— Les casquettiers de la rue des Rosiers qui dressent leui banniere\nhébraïque ainsi qu'un étendard impérial.\n— Tu parles!\nUne automobile noire plantée d'un drapeau rouge\nMonte et remonte l'avenue\nEt vire, et fuit pour reparaître\nEt il semble à plusieurs la regardant\nOu. ils tournent encore les pages de l illustré de la semaine,\nDont une automobile rouge, dans un identique décor d ailleurs\nCrevait le papier satiné."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.46", "texte": "Les camelots, d'un geste professionnel, inimitable,\nLes camelots, pareils à des bouchers,\nJettent sur la poussière de la place des blocs de papier\ncomme des morceaux de viande.\nDemandez /'Heure !... le Populaire !... /'Humanité !...\nTout en haut d'une pcdissade\nPlus haut que les balcons chargés de riches grâces\nLe chansonnier du peuple soulève son chapeau\nEt bat la première mesure...\nEn avant!...\nLe fot roule pendant trois heures\nEt quand le flot s'apaise\nN'est-ce ailleurs qu'il déferle ?\nOù vont trois cent mille homme chantant d'une seule voix ?\nQuelle lumière absorbe — ô clartés éternelles! — trois cent mille ombres!\nDe la poussière soulevée comme une houle\nBalance le Trocadéro galère baroque\nChargée à fond de cale\nDe nègres empaillés et de charognes pharaoniques.\nA son balcon de pierre, une jeune femme\nUn peu moins rose, un peu plus pâle, un peu plus belle\nS'attarde à mesurer\nLe vide profond de l'avenue opulente et rêve\nVers où s'en vont les trois cent mille marcheurs ?\nVers quoi montent les voix des trois cent mille chanteurs ?\nLe jaloux sans amour la ravit au grand rêve\n-— Rentrez, il faut se garder ma chère, des premiers soirs d'avril...\n— Et le piano ouvert est là — vide autant qu'une opulente avenue —\nQue des doigts animés d'un sang riche\nEt des effluves d'une âme intacte\nPeuvent peupler infiniment\n■— Quel est cet air ?... Que jouez-vous !... Y songez-vous !...\nLe piano refermé longuement vibrera\nDes pas de ces chanteurs\nDes voix de ces marcheurs !...\n6 Avril î919.\n\nANDRÉ SALMON."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.47", "texte": "JEUX\nFragments d'un livre à paraître\n\nQuelque éloignement qu'ait l'auteur à livrer au public sa vie senti-\nmentale, il se décide à publier ces souvenirs, vrais ou faux, en songeant\nque s'ils sont agréables à quelques lecteurs, ils ne seront utiles à per-\nsonne. .\nVendredi soir.\nDimanche dernier, nous étions, René L. et moi, chez lui, assis\ndevant des verres vides et faisant une partie de dames. On s'ennuyait\ncomme on s'ennuie le dimanche, quand la sœur et la fiancée d'un\ncamarade vinrent nous inviter à goûter. Thé, confitures amères, ma-\ndrigaux sucrés ; on joue au poker, aux devinettes, aux petits papiers.\nJe raconte des anecdotes littéraires et des histoires de reve-\nnants (mon succès). La fiancée de mon camarade pense à lui, on\nparle de son départ au régiment : tristesse des gares, rires de la\nlampe.\nQuelqu'un frappe à la porte : C'est Lucienne, une amie qui\nrevient du bal, souple, élégante, rieuse. Ses yeux sont tendres et\ncraintifs.\nLes maladies nerveuses et les perversions sexuelles font le sujet\nde la conversation. Nous en sommes aux confidences. Je regarde\nLucienne. Emotion cardiaque des premières rencontres. Je voudrais\nqu'elle vint s'asseoir près de moi, lui dire des mots inutiles et doux.\nDouceur de la présence féminine ! Elle est partie et quand je lui serrai\nla main, il m'a semblé que cette main n'était pas indifférente et qu'elle\ns'attardait un peu dans la mienne.\nJ'ai pensé à elle un peu, le soir : Elle est gentille, Lucienne.\nLes jours sont morts l'un après l'autre, sans cérémonie. Mardi\nou mercredi, je commence d'écrire une nouvelle où figure une maî-\ntresse égarée. Je veux choisir pour elle un prénom plus aimable que\nle sien Berthe. Sans réflexion, j'écris Lucienne, puis, pris d'un scrupule\nd'exactitude, je rends à mon fantôme le nom qui lui fut donné à son\nbaptême.\nJ'ajoute que j'ai pensé à ma vraie Lucienne (Anticipation du\npossessif).\nAujourd'hui enfin, René m'apprend que je dois bientôt rencontrer\nLucienne. J'applique mon oreille contre mon cœur. Que dis-tu petit\nphonographe ? Lucienne.\nPlus de doute..."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.48", "texte": "Samedi.\nJe deviens un brillant rameau de Saltzbourg (cf. Stendhal).\nJe vais tout-à-I'heure chez René et soudain une idée ridicule me\npoursuit. Lucienne sera chez lui avec Mado. Je tiemble, je cours,\nje pousse la porte. René cause avec un fâcheux giotesque à prétentions\nso ci aies\nCe garçon veut faire des romans pour élever l'âme des hommes.\nQue m'importe l'âme des hommes ! Je préfère le petit corps sans\nâme de Lucienne et son visage... Quel ennui ! Après le départ de ce\npersonnage inutile j'entretiens René de mes espérances, d'un ton\ndégagé ; je plaisante pour cacher un peu de tristesse qui vient sour-\nnoisement me taquiner. Ah ! Lucienne...\nDimanche.\nArrivée à Clichy de Georges, le frère de Mado, je vais chez lui ce\nmatin. Joies de la famille, tendresses de la fiancée. On sonne à la\nporte, Mado se précipite, mon cœur tressaille, si c'était Lucienne.\nCe n'est pas elle et la tristesse coule en moi comme un petit ruisseau.\nJ'ai envie d'écrire à Lucienne, mais je crains de me livrer sans\ndéfense. Je suis tenté d'imiter l'exemple de Julien Sorel, l'âme tor-\nturée et le visage impassible auprès de Mathilde de la Mole qu'il\naime à en mourir, etc. Pourtant, je songe que Lucienne serait peut-être\ntouchée par un aveu, que cet aveu même pourrait être un moyen de\ngagner ses faveurs. Si j'ai le pouvoir de ne pas renoncer à 1 observa-\ntion de mes sentiments et au contrôle de mes actes et si elle me croit\nprivé de ce pouvoir, ne puis-je pas profiter de cette illusion ?\nPerplexités.\nLundi.\nInquiétants symptômes ! Un songe me réveille cette nuit. J'ai\nla fièvre (ce n'est pas de la littérature — oh ! si) ; j'ai des palpitations\nde cœur, enfin, je suis dans le même état nerveux qu'après avoir bu\ntrop de Champagne. J'ai rêvé de Lucienne, évidemment. Ma mère\nalarmée par ce réveil nocturne, me croit malade, me fait boire des\ntisanes, avaler des pilules.\nJ'étais la veille au bal Tabarin.\nLes projecteurs, caméléons lumineux, regardaient danser des\nAndréïdes. L'orchestre jouait des cantiques. Il est né le divin Enfant.\nou Venez, divin Messie en accélérant le rythme pour le cancan.\nLe souvenir de Lucienne me frôlait tendrement à l'heure du dernier\ntango.\nJournée de Toussaint. Je ne verrai pas Lucienne aujourd'hui.\nJe pense à une jeune fille qui est morte à vingt ans et que j'ai aimée\nautrefois. Les cimetières sont fleuris de chrysanthèmes et mes petites\nsœurs, les feuilles d'automne, dansent autour de mon amie morte."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.49", "texte": "Lucienne est phtisique, je crois, comme cette jeune fille que j'ai\nconnue. Elle porte aux joues les taches roses fatales. Que la phtisie\nest sympathique ! Je cloue pour notre amour un charmant cercueil.\nNous nous endormirons ensemble.\nJ'imagine des romans. Elle m'aime autant que je l'aime; ce n'est\npas peu dire; elle va mourir et moi, las de vivre, je désire l'accompa-\ngner. Le décor représente la chambre d'un hôtel de Montmartre.\nSur la table, deux ampoules de morphine vides, beaux fruits défendus,\nprès de la lettre à monsieur le commissaire !\n« Nous prenons la liberté de vous quitter...\nSur le lit défait, deux amants sont couchés, Lucienne et moi.\nElle appuie sa tête sur mon épaule, ses yeux sont fermés, ses mains\nblanches, je sens ma vie se défaire lentement, sans tristesse. La fenêtre\nest entrouverte et dans la rue tombent de petites étoiles mortes.\nIl semble qu'on cherche à me réveiller ; je veux dormir. Je souris aux\nderniers soupirs de la terre. Un vers de Baudelaire :\nQue nos rideaux fermés nous séparent du monde\nLe visage de mon ami André M. que j'ai nommé exécuteur de\nmes hautes œuvres littéraires, les lumières des boulevards, l'ombre\nde Tabarin.\nLe rideau tombe et se relève avant nous. La pièce est finie,\non nous enterre dans la boîte du souffleur. Famille en pleurs, confrères\nhypocrites, commentaires :\n— « Quel avenir ! — vous croyez ? ce suicide, une réclame !\npour une grisette ! — c'est ridicule — on le disait intelligent — on\navait tort !... »\nJe m'amuse tranquillement..\nEcrirai-je à Lucienne ? oui je compose une lettre genre aveux\nsincères.\nExemples : Je reviens du bal, toutes les danseuses, c'étaient\nvous (mauvais compliment), la lumière, vos regards, la musique,\nvotre voix.\nLa lettre est ornée de ratures, signes d'un trouble passionné.\nA la première ligne, je l'appelle « mademoiselle », à la dernière, « petite\nchérie ».\nJe suis amoureux, c'est certain. La nuit est venue, il est tard,\nje suis seul dans la maison déserte. Elle dort maintenant sans savoir\nque j'écris son nom sur le livre rose du cœur, poupée fermant les yeux\ndisant : « je t'aime ».\nJe voudrais être aimé d'elle; pourquoi ne le serais-jc pas ?\nJusqu'à présent Lucienne a été courtisée par des employés de\nbanque, des commis de magasin ignorant l'art du madrigal,\nElle sera sensible aux galanteries distinguées, aux mots d'esprit\nque je ferai pour lui plaire. Sans doute miaule un démon familier,"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.50", "texte": "assis sur mes papiers, sans doute, mais elle est également sensible\naux grâces des employés de commerce. Elles sont tellement sensibles !\nUne petite naïade blonde sort de mon encrier.\nMardi, une heure après minuit.\nJe sors d'un dancing. Lampions éteints, miroirs déserts. Je\nreviens chez moi, seul, à travers les rues lactées ; passant sur les bou-\nlevards extérieurs, au milieu des baraques foraines, des manèges\ndormant dans la boue, la pipe éteinte. Lucienne a reçu ma lettre.\nQu'a-t-elle dit en voyant ce cœur s'envoler de l'enveloppe déchirée ?\nL'oisiveté, mon cœur, est la mer de tous les vices. Méfie-toi des\npoissons rouges de ce triste océan, garde-toi des sirènes bavardes et\ndes pieuvres tendres ! J'en ai connu plusieurs. L'une d'elles..»\nHeureusement, Lucienne, que je n'aime que toi!\nDemain, je me lèverai à six heures, ma mère sera stupéfaite, et,\ncomme un amant espagnol, j'irai me promener sous les fenêtres de\nLucienne en attendant qu'elle sorte. Je m'approcherai d'elle en trem-\nblant. Elle rougira, surprise de me voir, agréablement, car elle doit\nm'ai mer, pourquoi ne m'aimerait-elle pas, d'ailleurs ?\nMercredi soir.\nLucienne (refrain), Lucienne, pourquoi t'ai-je aimée? pourquoi\nt'ai-je vue? Thème des regrets inutiles. J'ai voulu faire de mon\namour un rameau tendre et fragile et le vent l'a brisé. Beau poignard\nde la douleur, les plaies de mes blessures ont fleuri et je t'ai couronnée\nde roses, blanche dryade délivrée...\nVoilà tout ce qui s'est passé.\nJ'attendais Lucienne, ce matin, près d'un terrain vague ; elle\nvint vers moi sans me voir et je doutais de ma tendresse en l'aperce-\nvant, car je la trouvais aussi jolie que la semaine dernière et je ne\ndésirais pas l'éviter. Si j'avais été réellement amoureux, ne me serais-\nje pas éloigné à son approche, n'aurais-je pas été déçu en voyant son\nvisage. Qu'est-ce qu'un amour sans crainte et sans illusion ?\nJe m approchai d'elle en tremblant ainsi que je l'avais prévu,\naprès quelques secondes d'hésitation, à peine le temps de penser :\nce n est pas Elle, ce n'est pas Elle et de chasser cette idée importune.\nElle me regardait avec un peu d'embarras. Premiers mots, sou-\nrires.\n— « Avez-vous reçu ma lettre, lui demandai-je ?\nT Pu*> mais je ne puis y répondre, je ne sais pas écrire ! »\n, , e tus pris d une inquiétude qui augmenta jusqu'à ce qu'elle\nm eut coiihe qu elle avait un ami et qu'elle tenait à lui être fidèle,\ngene que j éprouvais devint alors de l'indifférence, toutefois, la\npolitesse voulait que je montrasse de la mélancolie. Je crus devoir\nmsistei pour obtenir d'elle un rendez-vous nocturne. Elle refusa de"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.51", "texte": "Photo Choumoff\nMODIGLIANI\nCollection Zborowski"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.52", "texte": "Collection Georges Menier\nMODIGLIANI\nPhoto Çhoumoff"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.53", "texte": "MODIGLIANI\nCollection Zborowski\n\nDessins"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.54", "texte": "MODIGLIANI\nColletion Bernheim jeune"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.55", "texte": "nie I accorder et aussi de croire à mes se ntiments (l'insolente) exprimés-\nen phrases élégantes qu'elle comprit mal.\nJe la quittai vers neuf heures devant la porte d'un magasin de\nfleurs où elle travaillait.\nJe marchais sur le boulevard quand devant moi s'arrêta une petite\nfille blonde et perverse, Simone, qui voulut s'emparer de mon cœur,,\nun jour de pluie.\nElle baisse les yeux en parlant et parle d'une voix naturellement\némue, un peu artificielle, qui fait penser à une source, comme il\nconvient, mais à une source d'eau minérale. Elle me dit qu'elle s'en-\nnuyait, que la vie était triste. Je m'enfuis.\nPourtant, je devais consacrer cette matinée à Vénus.\nDurant quelques minutes, j'eus des regrets en songeant que\nj'avais perdu Lucienne et surtout mon amour pour elle. Je regrettais\nencore de terminer si vite mon journal sentimental, enfin j'étais déses-\npéré. Mon âme était couleur du jour, le jour était le jour des Cendres...\nJe manquai un rendez-vous sérieux et je me rendis à pied à\nMontmartre, ayant l'intention de visiter un ami pour oublier mes\nchagrins d'amour. Je montais la rue des Martyrs sans regarder autour\nde moi, lorsque j'entendis prononcer mon nom à quelques pas.\nJe tournai la tête et je reconnus la silhouette sombre de mon\namie Berthe qui m'embrassa cordialement sur les lèvres. Berthe fut\nma grande passion. Je l'ai connue un jour d'été, dans un cabaret.\nC'était la femme d'un de mes amis, nous étions ivres. Elle me montra\nses jarretières : des rubans de taffetas pompadour.\nNotre amour se cachait dans l'atelier d'un peintre, boulevard\nde Clichy ; une amie de Berthe nous offrait ce refuge. Le soir, assis\nsur le divan, j'écoutais les deux femmes, parler de leur passé. Berthe\nme serrait la main avec tendresse et soupirait en me regardant.\nL'amie se retirait, emportant la lampe :\n— Je vous laisse mes enfants.\nBerthe m'aimait trop pour consentir à se partager entre son\nmari et moi. Elle le pria de quitter le domicile conjugal, ce qu'il fit\nnon sans un peu d'humeur.\nPlus tard, Berthe voulut jouer à la jalousie et me trompa avec\nun soldat colonial revenant du Tonkin. Cet égarement précipita\nnotre séparation\nDepuis cette rupture chaque fois que nous nous étions revus,\nnous avions rappelé le souvenir de notre ancien attachement par des\ncaresses plus vives que les premiers baisers des rencontres.\nCe matin, Berthe m'offrit une tasse de thé, chez elle ; je l'acceptai\net une demi-heure plus tard couchée près de moi, elle regrettait le\ntemps passé dans mes bras, l'année dernière.\nEn sortant de chez Berthe, qui me souriait à la fenêtre, les che-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.56", "texte": "veux dénoués et le visage heureux, je pensai à Lucienne. Je l'oublierai.\nEncore un souvenir qui tombe a la mer. On le repecheia. J ai passe la\njournée dans les grands bars avec André M. On boit la vie avec des\npailles.\nCe soir, j'évoque des possibilités amoureuses. De l'une à l'autre,\nSimone, les yeux langoureux, la voix mourante, surnommons-là\n« Pendant l'étreinte », Lucienne, marraine de ce petit écho du cœur,\nBerthe, ma bonne sœur de plaisir...\nJe suis un peu fatigué.\ne » e * « * * • * • •\nElle.\nUne personne blonde et pâle, des yeux verts assez doux, un\ngrand nez courbé, fin ; des lèvres minces et roses. Sans âge et sans\nautres expressions que celles du dédain et de la vanité, sa physiono-\nmie n'était pas laide, mais absolument privée du charme féminin,\nterne, grise.\nElle faisait penser à une chèvre avec sa figure plate et longue,\nsans barbe au menton, cependant.\nQuand elle marchait, rapide, passage Jouffroy, enveloppée dans\nsa robe noire inusable, 011 aurait dit qu'elle venait de sortir des livres\nde Charles Dickens ou d'Alphonse Daudet qu'elle feuilletait respec-\ntueusement aux étalages des bouquinistes. Il fallait la voir, le chapeau\nen arrière, le manteau flottant, un parapluie sous le bras, des bottines\nde cuir épais chaussant de grands pieds — des pieds de curé, disait\nmadame Alice P. sa meilleure amie — la démarche agitée» le nez rouge\net les yeux humides, l'hiver, l'été le visage en sueur et la main pleine\nd'un grand mouchoir de toile qui, déplié, lui servait d'éventail. Une\nsilhouette de vieille fille balzacienne.\nJe l'avais connue au Théâtre-Français « à la queue », dans les\nbarrières de bois qui emprisonnent chaque soir, deux heures durant,\nles fidèles spectateurs pauvres. Un camarade m'avait présenté.\nMademoiselle Marthe Milon.\nMoi.\nJ'avais quinze ou seize ans, l'âge des nuits chastes et des débauche\nimaginaires : j'aimais le clair de lune, Alfred de Musset, la Comédie\nFrançaise où je fréquentais assidûment. Mes cheveux étaient longs\net bouclés ; je portais une cravate Lavallière, un grand chapeau de\nfeutre. Timide et rougissant, j'allais voir les actrices au foyer dans leur\nloge ; je leur offrais des bouquets ; j'écrivais des sonnets pour elles ;\nrêvant d'être aimé d une reine de tragédie.\nJe pense à mademoiselle Jeanne Delvair, à ses grand yeux de\ncouleur sombre, à sa voix qui me troublait profondément. On jouait\nAndromaque 011 Polyeucte, assis dans une stalle de galerie, attentif,\nfrémissant, j'étais en Paradis. Le spectacle terminé, j'allais attendre"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.57", "texte": "Hermione à la petite porte des artistes sous les arcades. Elle passait,\nenveloppée de fourrures, souriante, parfumée.\nAdolescent, j'accordais une égale importance à la fiction et à la\nréalité. Un intérêt passionné m'identifiait à mes héros préférés. Trop\nfaible pour exister sans prétexte, j'étais amoureux de toutes les\nfemmes. C'est alors que je rencontrai Marthe, cherchant la sœur de\nson âme. Elle reconnut à la mienne cette parenté. Les sentiments\nqu'elle conçut pour moi m'inspiraient en sa présence un orgueil\nattendri ; loin d'elle, le regret de cette faiblesse. Mais je ne m'avouais\npas cela. Je voulais aimer. Je l'aimais. Nous étions innocents, d'ail-\nleurs. C'était l'amour sans le dire et sans le faire. Je m'exaltais le soir,\ndans mon lit, me promettant de la posséder la prochaine fois que je\nla verrais ou de lui écrire une lettre d'amour, le matin.\nJe choisissais mes mots. Idéal, Rêve, Extase. Une tête charmante\napparaissait dans l'azur du filigrane. Ce n'était pas celle de Marthe.\nJ'étais le jouet d'un songe et les lettres qu'on n'envoie pas n'arrivent\njamais. Je m'éveillais honteux, dégrisé, mes projets nocturnes aban-\ndonnés et, si j'écrivais à Marthe, c'était pour la prévenir que je n'irais\npas chez elle, le jour convenu.\nMarthe se livrait, selon ses expressions, au « labeur mathématique\ndans le domaine bureaucratique)). J'étais à cette époque employé de\ncommerce et je la voyais chaque jour à l'heure du déjeuner. Mon\nrepas était simple : Un sandwich et du chocolat que je prenais au\nbar ; celui de Marthe était sans doute aussi bref. Elle m attendait\ndans la boutique sombre d'un libraire, près du square Montholoi)\net nous allions lire des bouquins dans les galeries vitrées des passages\ndu boulevard. C'était l'hiver et nous marchions vite. La littérature\nétait toujours le thème de nos conversations. Marthe faisait de grands\ngestes et criait. Je l'écoutais, les mains dans les poches du pardessus,\nle col relevé sous une frange de cheveux blonds, le chapeau sur les\nyeux ; des noms claquaient au vent : Baudelaire, Vigny, I lugo.\nUn passant se retournait parfois en souriant et nous regardait dis-\nparaître au coin d'une rue.\nJ'avais accepté de déjeuner chez Marthe, certain dimanche de\ngivre. Un brouillard léger flottait entre les trottoirs et le ciel blancs\net des nuages s'arrêtaient dans les arbres étoilés. A onze heures et\ndemie, je descendis d'un tramway, place de la Bastille et je me\nrendis boulevard Beaumarchais numéro 75, où Marthe habitait au\nsixième étage d'une vieille maison, deux petites chambres séparees\npar un couloir.\nLa première était encombrée de deux lits, de trois armoires, d une\ntable, d'un buffet, de quatre chaises et d un mannequin de carton-\ntoile vêtu d'une petite jaquette qui avait toujours été demodee et\ncoiffé d'un grand chapeau à plumes noires."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.58", "texte": "Mais plus tard seulement, je pénétrai dans cette chambre.\nLa seconde, c'était le bureau contenant un grand bahut plein\nde linge rigide, deux bibliothèques, deux secrétaires, dont l'un à\nrideau mobile, une table-bureau, un guéridon, deux consoles, trois\nétagères, six grandes chaises et pour terminer cett inventaire, un\npupitre à musique. Marthe jouait du violon.\nL'une des bibliothèques était remplie de livres achetés neufs ou\nd'occasion, recouverts de papier d'emballage avec le nom d'auteur et\ntitre au dos, écrits en ronde. Dans l'autre, dormaient des bibelots de\nporcelaine, bergers, bergères, nymphes, amours. Des fleurs artifi-\ncielles mauves se penchaient hors des pots de cuivre placés sur les\nconsoles. Posée contre une glace reflétant sa chevelure, une tête\nd'enfant en terre cuite parait le stuc de la cheminée, entre deux\nlampes, à pétrole de verre vert et de métal doré. Aux murs, ornés\nde rubans défraichis, des calendriers-réclames pendaient près des\néventails-primes qui s'ouvraient sur des paysages désuets, parmi les\nroses du papier. Le bureau était chargé d'un réveille-matin made in\nGermant] et d'un encrier-prisme de faux cristal, vide pour éviter les\ntaches d'encre. Sur une des étagères, une pendule en biscuit mesurait\nle temps, entourée de photographies.\nMarthe m'ouvrit la porte, émue.\nDes côtelettes, des herbes, de la crème composaient le repas.\nQuand il fut achevé, mon amie fit bouillir l'eau pour le thé qu'elle\nservit avec des gâteaux secs.\nMarthe, excitée, me taquinait ; dénouait ma cravate ; passait\nsa main dans mes cheveux, confisquait mes cigarettes. Il m'était\npermis d'enfumer le Japonais, dit-elle. Le Japonais était un cendrier\nde porcelaine bleue, genre nippon et nommé Mikado.\nMarthe avait le goût des intimités. L'habitude de vivre seule\nlui avait donné celle de nommer ses objets familiers : par exemple,\nson parapluie.\nCelui-là Fidélio, était l'ami le plus ancien ; il avait résisté plu-\nsieurs années au vent d'octobre, aux orages parisiens. Le guéridon\nou table magnétique s'appelait Spiriiza, pour les fantômes. L'enfant,\npêcheur italien, de la cheminée, restait muet au nom de Georges,\nle mien. La bibliothèque se nommait Sophie, mot grec signifiant\nsagesse, ce qu'on apprend dans Madame de Ségur, née Rostopchine,\nle violon Marco ou Cœur de Tzigane, ma pipe Opioma, le lit Reposoir\nou Volupta.\nMarthe avait des pseudonymes dont elle signait les poèmes,\nles comédies, les romans qui s'accumulaient inachevés dans les tiroirs\ndu secrétaire. Elle rimait des épithalames pour les mariages, des\nélégies pour les peines de cœur, tour à tour, Kervencelli, Rodolpho\nHendello, Raphaël Ermahelda, poétesse trismégiste."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.59", "texte": "Je passe à la scène des portraits.\nL'image du cousin Léon, tué à la guerre, souriait dans un cadre\nde bois peint, parc d'un thermomètre au mercure pour indiquer,\nsans doute, les degrés du souvenir. Des amies, des familles se grou-\npaient sur le bureau, sur les étagères, connues, celles-ci dans le salon\nfané de la veuve Milon, celles-là au cours de diction. On remarquait\npourtant, parmi ces grandes filles laides, Valentine, jolie provinciale\nvenue à Paris par amour pour un carabin de l'Ecole et restée au\nQuartier Latin, la passade finie, pour le plaisir, les copains du Boni'\nMich', l'apéritif au d'Harcourt, la Terrasse, les tavernes, enfin toute\nla vie d'artiste. Une autre encore sortait de son cadre de peluche\ngrenat, Raymonde ; elle avait espéré faire son mari d'un marquis\nDuplessis, des Richelieu. Il ne fut que son amant, mais cette liaison\nincertaine, peut-être imaginaire, lui avait laissé un prestige, un éclat\nagréables, factices.\n— Quand Richelieu m'aimait, murmurait-elle souvent, pensive.\nLe dernier portrait, le mien, rêvait, les yeux au ciel, lauré de\nfeuilles et gardé par quatre chimères.\nMarthe avait le cœur tendre, mais c'était un esprit positif, un\nesprit fort. La ligne droite est le plus court chemin... Elle affectait\nde ne croire qu'aux sciences naturelles, à la philosophie, à la Raison\net maudissait le siècle, parlait du progrès.\n*■\nJe l'ai entendue, chez des amis, émettre d'étranges aphorismes.\n— Les tables tournantes sont mues par l'électricité contraire.\nOu encore, d'un ton absolu :\n— Le lion peut déchoir et devenir hyène. Ces deux sortes d'ani-\nmaux peuvent symboliser les êtres suivant les échelons qu'ils gra-\nvissent dans la montée intellectuelle.\nElle se croyait belle et disait, devant les miroirs :\n— Je ressemble au duc de Reichstadt.\nElle méprisait l'élégance des parisiennes, leur grâce, leur luxe\ndélicat, recevait des jeunes gens chez elle, vivait sa vie.\nMarthe avait l'âme ciel-à-ciel. « Il faut songer au temporel »,\ndéclara-t-elle un soir, avant le repas. Je laisse quelques-uns de ses\ntrait dans l'ombre, ne m'écrivait-elle pas :\n— « Nous sommes modestes comme les violettes que vous aimez\ntant ».\nEn cendres, le bouquet fané ! dans ma mémoire, la seule fleur\nqui me rappelle Marthe, un maigre et mélancolique pissenlit tremble\nau vent du souvenir.\n\nGEORGES GABORY."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.60", "texte": "Pour les générations futures\n\nIl y a des hommes qui vivent directement avec la terre. Le paysan\nla cultive, le grand propriétaire surveille les péripéties de cette culture.\nIl y en a qui, de père en fils, s'adonnent avec passion à ces travaux,\net aucun rêve de pays lointain ne vient jamais troubler leur esprit.\nLe déplacement, c'est autant de supplice qu'ils évitent avec soin.\nLes espaces inhabités qui entourent leurs demeures, les\npréservent contre tous les maux, contre toutes les exaspérations\nde grandeurs qui gisent dans les soubassements mêmes de la ville,\net qui planent au-dessus de la dernière limite de son liissement at-\nmosphérique.\nInexercée, leur imagination s'atrophie, comme des organes\ndisparaissant faute d'exercice. Manquer d'imagination, c'est gagner\nen énergie de résistance utile pour garder la vie.\nComme partout, il arrive que le courant de ces existences pai-\nsibles prend les proportions et la violence d'un torrent qui enlève\ntoutes les digues : quelque fils ayant perdu l'équilibre au contact de\nla ville, quelques filles s'éveillant à la lecture de la Bible, sa mère\nignorant l'importance de ce poeme, ainsi que la présence du Cantique\ndes Cantiques...\nLongtemps, du presbytère jusqu'à le dernière cabane du village,\non s effraye de l'affreuse destinée qui balaya les habitants du manoir,\ntel un cyclone.\nCes catastrophes n'arrivent, à de rares exceptions près, qu'à\nceux qui consentent à quitter leur contact direct avec la terre, en\naffrontant les collissions de nouvelles atmosphères.\nParfois, une gloire inattendue vient à la suite d'un pareil dépla-\ncement, rayonnant au-dessus de ces lieux abandonnés et toute la\ncontrée de s'ébahir à la violence de cet incompréhensible événement.\nHeureuse ou effrayante, la Destinée ne se met en marche qu'au\nmoment où l'homme de la campagne se décide à un déplacement,\noù le vide inhabité autour de sa demeure se réduit à un obstacle,\ntel un mur.\nLe sort de ceux qui cloués à l'uniformité inerte de leur vie,\ns'élancent hors de leur atmosphère et se mettent à voyager...\nVoici la frontière où butte le train qui te dépose et t'abandonne\nprécipitamment.\nComme un anneau imperceptible brusquement détaché de la\nchaîne infinie qui détermina son apparition dans le monde, tu deviens\ntout d'un coup une chose non comprise dans la totalité d'un organisme.\nAucun registre ne signale ici ta naissance. L'état actif de toutes\nles hérédités ignore la tienne ; ton nom ne fut jamais englobé par le"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.61", "texte": "récepteur-gardien-métaphysique de la zone nationale, il ne fut jamais\naccroché dans la suite interminable des vivants et des morts qui\nconstituent le fond humain de ce pays. Ses habitants te ressemblent\nen espèce-homme, souvent le poids de leur corps correspond au tien,\nmais la couleur du Vide qui sert de champ aux évolutions matérielles\nqui constituent leur présence terrestre, est différente de celle que\ntu héritas de tes ancêtres.\nLe savoir a su poursuivre la matière jusqu'à l'avant-dernière\npossibilité de ses instruments. Il compta l'éphémère inexistant de\nsa ponctuation, mais il se désintéressa trop généreusement du Vide,\nce véhicule principal de toutes les unités partageables, car c'est lui\nqui consent à les désunir, à les garder dans les limites voulues, autre-\nment qui empêcherait à la personnalité X de se disséminer dans l'Uni-\nvers jamais assez comblé.\nC'est la couleur-densité-insistance de ce Vide inter-moléculaire,\nqui précise le caractère définitif d'une race, le caractère particulier\nd'un homme, car la cellule organique étant partout la même, d'où\nviendraient ces incompatibilités qui font ainsi varier les hommes et\nleur destinée.\nQuelque part, sous la coupole nettement dessinée qui recouvre\ntoute bleue les émanations familières de ton pays, ainsi que dans les\nprofondeurs de cette terre même, malgré ton absence matérielle,\nton nom fait la ronde suivant le mouvement prescrit par sa nature.\nTa présence sur la terre étrangère, apparaît d'abord plus méca-\nnique que la chute d'une feuille tombée d'un arbre de tous ses\nsucs appartient à cette terre. Tu la parcours perçue qu'un coup de\nvent qui dans sa vaste fougue sert à changer pour un instant l'aspect\nd'un paysage.\nTel un atome évoluant hors de son atmosphère, toi, voyageur\nanonyme décroché de la suite des choses états-émanations qui te\nproduisirent dans le monde, tu deviens le surplus indépendant de\ntout ce qui t'entoure.\nC'est le moment où l'artificiel basé sur l'enthousiasme puisé\ndans les Arts, condense les capacités de ton amour, les éparpille en\nex-votos étincelants s'accrochant aux éléments transcendants du\npays choisi pour ton pélérinage.\nC'est le moment de transfusion, où suivant tes possibilités\ntu te confondras dans l'état général des nouvelles atmospnères, où\ncapable de t'engendrer toi-même sous la pression du courant étranger\nà ta conformation, tu créeras une inédite formule d éléments contra-\ndictoires propre à activer l'état-effervescence de la vie terrestre.\n\nROCH GREY."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.62", "texte": "PETITES ANNONCES\nMAX JACOB.\nUtilisation des règlements de police aéronautique pour établir\nceux des rapports planétaires.\nUtilisation des vieux romans de 1840 pour en faire des neufs.\nOn demande un homme d'Etat bien au courant des affaires\npour partager, départager et remanier l'Europe en tenant compte\npartout des appétits, des races, des nationalités et des idiomes y\ncompris l'espéranto.\nOn demande des dames sans connaissances spéciales pour grandes\nassemblées délibérantes.\nOn demande des attentats de bonne volonté pour en dégoûter\nles autres.\nOn demande des actionnaires.\nOn demande professeur sachant enseigner.\nParents demandent à se débarrasser d'un enfant trop clairvoyant\net qui a du sens moral. (Les personnes n'ayant pas de sens moral\nsont priées de s'abstenir).\n. On demande boucher capable de tuer, anéantir et faire disparaître\nà jamais le divin Agneau Pascal.\nLe Japon renoncerait au gouvernement effectif de la Chine\ncontre bonne compensation équivalente.\nOn demande des canons et des munitions pour F armée de la\nSociété Pacifiante des Nations.\nOn demande un homme de théâtre ne connaissant pas le théâtre\nOn demande la formule chimique de l'âme immatérielle pour stop-\nper les déchirements de l'amour. Antiquités à vendre. 1° Un\nautographe du Père Eternel. 2° La première poupée de Mozart.\n3° Les neuf lyres des muses convenablement repeintes avec la mé-\nthode pour jouer facilement de cet instrument à l'usage des gens du\nmonde. 4° Notre coiffeuse Louis XVI, établie à 550 francs toutjiois\nplein (garantie ancienne).\nUn vieux parisien offre les conseils de son expérience à jeune\nfemme ambitieuse, en échange d'adroites réclames pour produitst\nhygiéniques.\nOn demande un marteau capable d'ébrécher des idées ou des\nidées capables d'ébrécher les marteaux.\nUn grand Etat profondément désenchanté demande idéal tout\nneuf ou de l'ancien retapé.\nUn esprit que le bonheur n'a pas tué, que le malheur n\"a pas tué,\nque n'ont tué ni le travail, ni la paresse, ni le plaisir, ni la passion,\nni 1 ennui, un esprit désintéressé est demandé pour travaux de copies\nà faire chez soi."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.63", "texte": "LES ARTS\nModigliani\n\nSortis de l'enceinte de notre pays, au lieu de porter simplement\nun nom et un prénom faits pour nous préciser entre nos compatriotes,\nnous recevons une désignation de plus, celle d'étranger.\nMoitié nom, moitié adjectif, il se transforme en un sobriquet\nplus ou moins insultant, suivant les traditions du pays et les mœurs\ndu peuple qui nous reçoit.\nLe mot étranger, pris comme tel, porte en lui une mélancolie\ncomme tout ce qui signifie solitude et abandon ;\nSeul, un étranger qui voyage à sa guise, roulant dans toutes les\nsp'endeurs, sort de règle, s'identifie avec la prospérité dûe à la\nrichesse.\nL'étranger des contes et des ballades, personnage légendaire\nqui faisait, autrefois, pleurer les jeunes filles, c'est celui qui s'aven-\nture, sans un sou, dans un pays inconnu, et en affrontant tous les\npérils, cherche à réaliser son rêve.\nC'est la destinée des hommes voués à la création.\nPlusieurs fois, au cours de l'histoire de la terre, le centre du\nSavoir et des Arts changea de place en se fixant aux endroits où\nl'affluence d'amour et de passion, créait un noyau aux irradiations\nà longue portée, travaillant la fantaisie des plus lointains.\nIls y venaient, attribuant de leur génie à l'exaltation sublime de\ntoutes les capacités humaines, et, c'étaient leurs ombres qui paraient\nl'Harmonie Universelle.\nMaintenant, les hommes voués à la création, se dirigent vers\nParis qui comme un immense caillou de radium, brille au milieu du\nmonde qui l'aida à prendre cette posture.\nA chacun de juger de l'accueil que lui réserve le milieu local où\nson art l'oblige à évoluer : la Ville s'ouvre à tous, mais elle n'appar-\ntient qu'à celui qui lui donne un nouvel attrait, une nouvelle capacité\nde grandeur.\nIl y en a qui, dès le début, incapables de résister à la marée\nmontante de corrosifs qui grouillent, puissants, dans ce centre de la\nvie mondiale, succombent sans avoir achevé leur œuvre.\nA vingt ans, Modigliani suivait son époque, et comme tout\nitalien touchant les arts, déclamait les poèmes die d'Annunzio et\nrêvait de paradis artificiels."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.64", "texte": "Fils d'une honorable famille juive de Livorno, peut-on savoir\nquelle collision d'événements le priva de tout soutien matériel...\nCondamné à la misère, cet artiste de grand talent, s'éternisa,\nsouvenir cruel, entre le boulevard du Montparnasse et le boulevard\nRaspail où il s'égara en arrivant d'ltalie.\nA-t-il jamais connu d'autres paysages parisiens que ces deux\nboulevards noués en croix de toutes les expiations, aux pieds du tumul-\ntueux café de la Rotonde, dont il était l'hôte le plus assidu.\nSa beauté le disposait à l'orgueil, la surprise de se trouver sous\nla couche de haillons a dû l'affecter comme un outrage : l'élégance\nde son esprit très élevé guidant ses goûts, il daignait peut-être de\nse montrer en pleurs et préféra crâner en buvant.\nPr.s dans l'engrenage des stupéfiants, avant que le monde con-\nnaisse la valeur de son art, l'ininterrompu de son ébriété lui créa\nune renommée fâcheuse.\nCeux qui jusqu'aujourd'hui gardent, hostiles, le souvenir de son\nirritabilité, ignorent, que c'est dans leur propre imperfection qu'ils\ndoivent chercher la cause de cette violence.\nIl est possible que l'unique milieu où il serait capable de se\nraffermir, de revenir à la sobriété et au calme propices à tous les\nbonheurs, serait un magnifique palais tapissé de marbre, peuplé des\nêtres dont l'envergure exceptionnelle chasserait pour toujours la possi-\nbilité de l'ennui.\nL'hiver de 1913, les récits de sa misère tellement dispropor-\ntionnés a ses qualités physiques et intellectuelles arrivaient de partout\ncomme des injures.\nSimulacre humain, une vieille concierge vivait de ses rentes au\n216 du boulevard Raspail, à côté d'un poêle qui envoyait sa grande\nchaleur jusqu'au milieu du sentier traversant un jardin couvert de\nneige : au bout de ce jardin, une baraque aux vitres brisées, servait\nd'habitacle et d'atelier à Modigliani, encore sculpteur.\nPersonne n'a jamais vu des mains comme les siennes, aussi\nglacées, aussi vulgairement humiliées, rouges, pareilles à des grandes\ntumeurs.\nLa baraque était jonchée de pierres, débris, esquisses de statues.\nLa situation apparaissait insoutenable, l'idée du feu, inadmissible\ndans cet emplacement.\nC est la police qui devrait intervenir portant le brancard et tous\nles attributs de sauvetage rapide, employés dans les glaciers de\nhautes montagnes.\nModigliani devint phtisique sans qu'on sache à quel moment\nprécisément le mal l'ajusta, dans cette baraque où les amoncellements\nde pierres aidaient la stabilisation du froid ou peut-être dans la douce\nchaleur du café de la Rotonde."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.65", "texte": "Plusieurs têtes taillées dans la pierre, solennelles clans leur\ntenue funèbre, datent de cette époque. Elles témoignent combien\n1 artiste avait la main sûre, le goût noble ainsi que la mesure dans\nce funèbre qui ne laissait deviner aux profanes de son milieu l'incom-\nmensurable de sa misère.\nCes têtes-statues aux joues lisses, aux cous élancés, c'est encore\nle témoignage de son désir — pouvoir — insistance d'aimer à crier,\nmême ivre, même au fond de l'enfer, car pour exécuter un tel travail\nil fallait un effort de volonté, une longue suite d'heures, un labeur\nmécanique inspiré par la vision de la perfection.\nLes circonstances durent dresser quelques objections à son\nélan de sculpteur : brusquement il devint peintre exclusivement.\nSans le sortir de la misère, un marchand de tableaux commença\nà lui prendre des toiles ; il lui procurait du matériel et l'argent de\npoche qui lui permettait de continuer à boire.\nSur de nombreuses toiles de diverses dimensions, on peut suivre\nle rapide progrès de son art pictural, l'harmonie parfaite de l'expres-\nsion exécutive, alliage de concordances morales et physiques du\nmodèle, avec les moyens accordés par sa peinture. Dans ces portraits,\nesquisses, l'esprit suraigu, la violence de la tension nerveuse du peintre,\nincapable déjà de longs efforts, s'exerce, élan prodigieux — à donner\nd'un seul coup la totalité de l'œuvre.\nC est à cette époque qu'il rencontra un jeune écrivain polonais,\nLéopold Zborowski, qui voulant bâtir sa fortune, devint par inspi-\nration un marchand de tableaux.\nOn connaît les efforts qu'il fit pour sauver Modigliani. 11 est\nprobable que sa surveillance servit pendant quelque temps à enrayer\nla crise finale. C'est le moment où, secondé par une force supérieure,\nil aurait pu sauver cet homme tout de sensibilité et de fière ardeur.\nChacun possède en soi une formule — exigence définitive d'une\nbeauté toute puissante, capable de le perdre ou de le sauver. L'admi-\nration passionnée, la possession d'un être le plus beau que l'on puisse\ns'imaginer sur la terre, c'est l'unique remède destructeur de toutes\nles autres passions, de tous les vices, car la sublime satisfaction de\nl'instinct sexuel nouant en gerbe tous les nerfs, exclue la possibilité\nd'autres secousses, sauf celles de l'esprit.\nModigliani tremblait d'amour à la seule vue même partielle d'un\ncorps féminin bien formé, ceci prouve, unique appui réel, que sa sen-\nsibilité n'était jamais entièrement fixée.\nAucune des femmes ne sut, ne put transformer son désir de stu-\npéfiants en un amour-passion, aucune non plus ne se révolta de\nson excès de négligence, car sorti de la détresse, il continua à vivre\ncomme un mendiant. Rare le misérable, qui avant de parvenir à\n4"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.66", "texte": "un ultime abaissement, aurait le courage de vêtir les hardes qui ha-\nbillaient ce beau jeune homme.\nA Nice, sous un grand soleil vivifiant, il se traînait d'un pas\ndéjà alourdi, vite fatigué, il s'asseyait sur des bancs, le plus possible\néloignés de la tumultueuse promenade des Anglais. Les dalles presque\nblanches, les gens habillés de couleurs claires ou chatoyantes, seul\nModigliani affalé sur son banc, semblait l'unique point noir, reflet\ndu brumeux Paris hivernal, du Montparnasse* quartier des étrangers\noù circulent toutes les gloires du inonde moderne, reflet du génie\ncréateur.\nImmense village, bondé d'or et de toutes les félicités, c'est encore\nles garde-champêtres qui veillent sur la sécurité publique à Nice.\nModigliani était de ces rares étrangers, qu'ils osaient inquiéter à\nplusieurs reprises, ce qui l'affectait comme un outrage. Il semblait\nignorer combien toute sa personne vêtue de sombre et de crasseux,\nson allure si peu adaptée à cet aspect d'indigence, sa visible intempé-\nrance, combien tout cela froissait ce peuple habitué à vivre des miettes\nde grande fortunes, s'étalant avec faste le long de son pays merveil-\nleux.\nUne jeune fille ayant quitté la maison paternelle, portait alors\nle nom de sa femme : de lourdes nattes tombaient, étrange ornement\ndéfiant la mode, des deux côtés de sa figure, qui 11e ressemblait à\naucune de celles qu'on était habitué à voir.\nPetites et grandes, les toiles de cette époque la représentent\nferme, immobilisée dans une attitude presque hiératique, sorte de\nJoconde aux traits d'une irrégularité séduisante que le pinceau de\nl'amant exagérait, allongeant l'ovale, rétrécissant les pommettes,\nrapprochant les yeux, ainsi transformée en un fantôme, parfois malen-\ncontreux dans l'exaspération fervente de celui qui la fixait, elle\napparaît, multiples images de son humeur, parfois presque répugnante,\nou très jeune et jamais gaie, nue, elle séduit comme une chose\nbelle, figée dans une obéissance sans bornes.\nL'odeur de boisson, l'inquiétant de cette beauté qui se décompo-\nsait sous la pression ininterrompue des corrosifs — rien n'altérait\nl'irrésistible de sa soumission. Nature viciée et convulsée, incapable\naux longues analyses, Modigliani a su éviter toutes les influences, il\nporta t en lui l'hérédité ardente de son pays où naquirent et se déve-\nloppèrent les arts, il gardait aussi le rêve —- reflet — souvenir des\nchoses vues et aimées dans sa première jeunesse, quand tout se fixait\nprépondérant dans sa sensibilité toute neuve.\nSaisi par la vue du grand art, chaque chose qu'il avait faite\nporte 1 empreinte d'un grand art; il y a de petites toiles, parfois\nune seule tête qui donne l'impression du religieux monumental\nd'un fragment d'une œuvre immense."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.67", "texte": "Il rêvait de construire un temple dont il laissa les esquisses et\nles dessins de ses ornements.\nRare entre les juifs de son milieu, il annonçait avec fierté son\norigine et aimait parler de sa religion, usages, rites, s'attendrissant\nsur les particularités de ses souvenirs.\nUne étonnante fierté se dégageait de toutes ses attitudes, c'est là\nqu'il trouvait la force pour acquérir, pour garder ce vaste esprit qui\nlui faisait dire des choses profondes, ardemment senties, exprimées\ndans un langage choisi, prouvant une pensée et de hautes lectures.\nLa grandeur de ses capacités artistiques qui, dans des circons-\ntances pareilles au lieu de sombrer purent tenir et même progresser,\nlui donne une des premières places dans notre temps, une prépondé-\nrance presque solennelle, car personne n'endura autant que lui.\nCe rire de fou qui en contractant sa figure lui donnait parfois\nl'air insensé, n'était que la suite d'un spasme de l'estomac convulsé\npar le froid et la faim.\nL'homme tellement doué, l'artiste que la grande destinée aban-\ndonnait de plus en plus, Modigliani réapparaît en 1920 dans le quar-\ntier du Montparnasse.\nTard dans la nuit, on entendait des cris, comme si quelqu'un\nappelait au secours : c'était lui qui déjà méconnaissable, s'exaspérait\ndans son ivresse, ayant dépassé les limites du possible.\nPour l'œil d'un passant, pour un indifférent, cet être qui s'était\nainsi perdu, devenait un objet de crainte et de répugnance.\nL'hôpital portant le nom glacial de la Charité, devrait placer une\néclatante* plaque commémorative sur ses murs crasseux. C'est là\nque d'un seul coup s'éteignit cette vie qui aurait pu être bonheur et\ngloire, aussi lumière éclairant de vastes horizons.\nLes funérailles furent celles d'un homme illustre.\nJamais l'affreuse bâtisse n'a vu autant d'hommes célèbres : dans\ntoute sa vie de misère, Modigliani n'a jamais ni vu, ni touché autant de\nfleurs.\nIl y avait aussi la grandiose présence d'un fait qui d'un trait\nde sa puissance extrême effaçait tout souvenir de déchéance et de\nlaideur, remontait le mort à sa véritable place qu'il abandonna par\nmégarde, à celle d'un homme jeune et très beau dont la merveilleuse\nséduction entraîna une femme dans la mort.\nElle lui donna sa vie et celle de son second enfant qu'elle portait\npeut être avec effroi et chagrin, sacrifice sublime d'une inaltérable\ntendresse qui ne voulait jamais limiter la joie de l'amant.\nQuand l'enfant née de cet amour deviendra majeure défiant\nles inhumains qui séparèrent les restes de ses parents, elle les réunira\ndans un même cercueil, ainsi Jeanne Hébuterne reposera à côté de celui\nau'elle aima plus que sa vie.\nParis, le 13 octobre 1920.\n\nROCH GREY."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.68", "texte": "Picasso\n\nSi nous savions, tous les dieux s'éveilleraient. Nés de la connais-\nsance profonde que l'humanité retenait d'elle-même, les panthéïsmes\nadorés qui lui ressemblaient se sont assoupis. Mais malgré les sommeils\néternels, il y a des yeux où se refièrent des humanités semblables\nà des fantômes divins et joyeux.\nCes yeux sont attentifs comme des fleurs qui veulent toujours\ncontempler le soleil. 0 joie féconde, il y a des hommes qui voient\navec des yeux.\nPicasso a regardé des images humaines qui flottaient dans l'azur\nde nos mémoires et qui participent de la divinité pour donner les\nmétaphysiciens. Qu'ils sont pieux ses ciels tout remués d'envolement,\nses lumières lourdes et basses comme celles des grottes.\nIl y a des enfants qui ont erré sans apprendre le catéchisme.\nIls s'arrêtent et la pluie se tarit r « Regarde ! Il y a des gens qui vivent\ndevant ces bâtisses et leurs vêtements sont pauvres. » Ces enfants\nqu'on n'embrasse pas comprennent tant. Maman, aime-moi bien !\nIls savent sauter et les tours qu'ils réussissent sont comme des\névolutions mentales.\nCes femmes qu'on n'aime plus se rappellent. Elles ont trop\nrepassé aujourd'hui leurs idées cassantes. Elles ne prient pas ; elles\nsont dévotes aux souvenirs. Elles se blottissent dans le crépuscule\ncomme une ancienne église. Ces femmes renoncent et leurs doigts\nremueraient pour tresser des couronnes de paille. Avec le jour elles\ndisparaissent, elles se sont consolées dans le silence. Elles ont franchi\nbeaucoup de portes : les mères protégeaient les berceaux pour que\nles nouveaux-nés ne fussent pas mal doués ; quand elles se penchaient\nles petits enfants souriaient de les savoir si bonnes.\nElles ont souvent remercié et les gestes de leurs avant-bras\ntremblaient comme leurs paupières.\nEnveloppés de brume glacée, des vieillards attendent sans\nméditer, car les enfants seuls méditent. Animés de pays lointains,\nde querelles de bêtes, de chevelures durcies, ces vieillards peuvent\nmendier sans humilité.\nD'autres mendiants se sont usés à la vie. Ce sont des infirmes,\ndes béquillards et des bélîtres. Ils s'étonnent d'avoir atteint le but\nqui est resté bleu et n'est plus l'horizon. Vieillissant, ils sont devenus\nfous comme des rois qui auraient trop de troupeaux d'éléphants\nportant de petites citadelles. Il y a des voyageurs qui confondent les\nfleurs et les étoiles. ~ *\nVieillis comme les bœufs meurent vers vingt-cinq ans, les jeunes\nont mené des nourrissons allaités à la lune."}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.69", "texte": "Dans un jour pur, des femmes se taisent, leurs corps sont angé-\nliques et leurs regards tremblent.\nA propos du danger leurs sourires sont intérieurs. Elles attendent\nl'effroi pour confesser des péchés innocents.\nL'espace d'une année, Picasso vécut cette peinture mouillée,\nbleue comme le fond humide de l'abîme et pitoyable.\nLa pitié rendit Picasso plus âpre. Les places supportèrent un\npendu s'étirant contre les maisons au-dessus des passants obliques.\nCes suppliciés attendaient un rédempteur. La corde surplombait\nmiraculeuse, aux mansardes ; les vitres flambaient avec les fleurs\ndes fenêtre .\nDans des chambres, de pauvres artistes-peintres dessinaient\nà la lampe des nudités toisonnées. L'abandon des souliers de femme\nprès du lit signifiait une hâte tendre.\nLe calme vint après cette frénésie.\nLes arlequins vivent sous les oripeaux quand la peinture recueille,\nréchauffe ou blanchit ses couleurs pour dire la force et la durée des\npassion . quand les lignes limitées par le maillot se courbent,se coupent\nou s'élancent.\nLa paternité transfigure l'arlequin dans une chambre carrée,\ntandis qtie sa femme se mouille d'eau froide et s'admire svelte et\ngrêle autant que son mari le pantin. Un foyer voisin attiédit la rou-\nlotte. De belles chansons s'entrecroisent et des soldats passent ailleurs,\nmaudissant la journée.\nL'amour est bon quand on le pare et l'habitude de vivre chez soi\ndouble le sentiment paternel. L'enfant rapproche le père, de la femme\nque Picasso veut glorieuse et immaculée.\nLes mères, primipares, n'attendaient plus l'enfant, peut-être à\ncause de certains corbeaux jaseurs et de mauvais présage. Noël !\nElles enfantèrent de futurs acrobates parmi les singes familiers, les\nchevaux blancs et les chiens comme les ours.\nLes sœurs adolescentes, foulant en équilibre les grosses boules\ndes saltimbanques, commandent à ces sphères le mouvement rayon-\nnant des mondes. Ces adolescentes ont, impubères, les inquiétudes\nde l'innocence, les animaux leur apprennent le mystère religieux.\nDes arlequins accompagnent la gloire des femmes, ils leur ressemblent,\nni mâles, ni femelles.\nLa couleur a des matités de fresques, les lignes sont fermes.\nMais placés à la limite de la vie, les animaux sont humains et les\nsexes indécis.\nDes bêtes hybrides ont la conscience des demi-dieux de l'Egypte ;\ndes arlequins taciturnes ont les joues et le front flétris par les sensibi-\nlités morbides.\nOn ne peut pas confondre ces saltimbanques avec des histrions."}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.70", "texte": "Leur spectateur doit-être pieux, car ils célèbrent îites muets\navec une agilité difficile. C'est cela qui distingue ce peintre des potiers\ngrecs dont son dessin approche parfois. Sur les terres peintes, les\nprêtres barbus et bavards offraient en sacrifice des animaux résignés,\net sans destinée. Ici, la virilité est imberbe, mais se manifeste dans les\nnerfs des bras maigres, des pépliats du visage et ies animaux sont\nLe °oût de Picasso pour le trait cui fuit, ciiange et pénétré et\nproduit des exemples presqu'uniques de pointes sèches linéaires où\nles aspects généraux du monde ne sont point alteies pai leo lumièies\nqui modifient les formes en changeant les couleuis.\nPlus que tous les poètes, les sculpteurs et les autres peintres,\ncet Espagnol nous meurtrit comme un froid bref. Ses méditations\nse dénudent dans le silence. Il vient de loin, des richesses de compo-\nsition et de décoration brutale des Espagnols du dix-septième siecle.\nCeux qui l'ont connu se souviennent de truculences rapides\nqui n'étaient déjà plus des essais.\nSon insistance dans la poursuite de la beauté l a dirigé sur des\nchemins. Il s'est vu plus latin moralement, plus arabe rythmiquement.\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\n\nBarcelone\n\nL'activité fébrile de Barcelone contraste avec le flegme somno-\nlent du reste de l'Espagne. Elle est exactement l'activité impatiente\nd'une destinée qui se cherche, d'une personnalité qui, suivant le mot\nde Shakespeare, veut forger son propre destin. Cette activité est le\nfruit d'une foi profonde en les particularités de son essence, et d'une\nentière confiance en son propre génie. Mais si cette personnalité\nqui se crée a la sécheresse un peu rugueuse des époques primitives,\nsi elle a encore la rudesse de la ferveur aveugle des néophytes, c'est\nque les désirs faciles à satisfaire, les contentements fugitifs, et les\njouissances superficielles n'ont pas encore amolli sa grandeur, ni\nl'affectation arrondi ses angles incisifs. Elle ne connaît pas d'idéal,\nelle est seulement en passe d'en créer un. Nécessairement cette\nactivité vitale et politique est un peu de l'agitation, puisque l'acti-\nvité n'est que de l'agitation réglée et que toutes règles imposées à\nBarcelone y sont inopérantes parce qu'étrangères. Toutefois l'on\nsent dans l'intense vivacité qui règne dans la ville une tendance à\ns'organiser, un penchant à coordonner des lois qui veulent réagir\nsa virulence.\nMalgré son effervescence, toute vie active qui a sa propre"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.71", "texte": "fin en soi ne regarde qu'en soi. Les gouvernements politiques\nnouveaux ne s'inspirent pas de la tradition parce qu'ils ont à faire\nface aux exigences sensibles du moment. Il leur arrive sans doute\nde chercher les conseils derrière les siècles écoulés, mais ils font tou-\njours un départ entre ce qui peut convenir ou nuire aux destinées du\nmoment. Ils s'en inspirent mais ne les imitent pas. Il ne faudrait\ndonc pas hésiter à dire sans craindre le pléonasme que la vie aussi\nvivante que l'Art, tel qu'il est universellement défini, est mort. L'Art\nest la momie qui repose au Musée sous sa glace de verre et qu'un\nhabile restaurateur vient de temps en temps rafraîchir et rajeunir.\nL'Art en un mot, cherche perpétuellement à apitoyer le spectateur\npar des affectations et des supplications sur la dignité d'un aspect\nbien conservé pour son âge. Si bien que le visiteur du Musée ne\nressent au cours de sa promenade que des petites satisfactions ou\ndes jouissances à fleur de peau ; jamais devant les spectacles qui\ns'ordonnancent seulement pour ses yeux, il ne lui arrive d'éprouver d'é-\nmotions véritablement profondes. N'étant pas professionnel et partant\nne goûtant jamais le plaisir froid de la science de 1 artiste, il recherche\ncoûte que coûte des satisfactions absolument étrangères à ces moyens\nd'expression de la sensibilité qui défilent sous ses yeux. Le visiteur\ndu Musée est toujours par quelque côté l'homme qui s'extasie sur la\npetite coupe de verre exhumée intacte des profondeurs de la terre\ngrecque où elle séjournait depuis des siècles. Les images anciennes\nsont, comme les souvenirs, une pépinière d'habitudes sensibles et\ntrès déprimantes qui se plaisent à nous taire des avances et qui\ncréent des entraves à tout esprit d'évolution. La plus grande somme\nd'émotion qu'elles tirent de nous, paraît surtout lorsque nous appre-\nnons que l'une d'elles a été soit détériorée soit détruite. Ce sentiment\nne contient sans doute aucune noblesse et je m'en veux de trouver\naujourd'hui la cathédrale de Reims plus belle qu elle 11 était avant\nson incendie. Mais par ailleurs nous connaissons assez la quali té de l'é-\nmotion qui nous assaille toujours lorsque nous apprenons la mort\nd'une belle jeune fille. Il faut seulement tenir que ce qu'il est convenu\nd'appeler un chef-d'œuvre de l'Art ne peut pas tirer de nous d'autre\némotion, où le cœur ait véritablement une part prépon-\ndérante.' Ce sentiment vulgaire, origine, lorsqu'on le cultive\nou l'entretient, de tous les dilettantismes, de toutes les « morts pai-\nfumées ». de toute l'artisterie de l'Art avec son grand A, de toutes les\ndéliquescences des modes comme de la parfumerie moderne à bases\nchimiques est certes le plus grand dissolvant de 1 activité sensible\nvéritable. Quelle emprise, certes, ce penchant 11 a-t-il pas sui nos\nsens et quelle énergie 11e faut-il pas pour résister à un charme qui\ns'il finit par décevoir toujours, en ce qu'il offre nécessairement d'in-\ncomplet à ce que le véritable amour exige, aiguise quotidiennement\nnos appétits. Nous pouvons heureusement dire que les pionnieis de"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.72", "texte": "la personnalité neuve n'ont pas à se montrer si héroïques que de\nrésister à ces tentations, car, ils les ignorent ou surtout les situant\nà leurs places, ils consultent fort heureusement leurs cœurs qui les\npréservent de l'attirance des suggestions dangereuses.\nBarcelone possède de ces héros qui pour créer une oeuvre en\ncorrélation avec les nécessités de l'heure, ne consultent ou plutôt\nn'agissent que suivant les penchants de leurs âmes propres et pure-\nment représentatives de leur race. Toutefois, il ne faut pas s'étonner\nque dans cette ville de pareils événements ne se rencontrent pas dans\nle domaine de l'expression pure de la sensibilité, et que les prédilec-\ntions actuelles et généralement marquées de l'élite catalane pour telle\nforme d'art ne soient pas en rapport avec l'aspect sensible de la vie\nde la cité. Les artistes de par la somme inférieure d'activité qu'ils\ndéploient sont perpétuellement tentés de succomber aux habitudes.\nOr, si à Sparte l'on exposait les enfants qui n'étaient pas parfaitement\nrobustes et que pour cette raison, comme on l'a remarqué cette ville\nne produisit jamais d'artistes, il lui arriva, lorsque disparut cette\ncoutume de vouloir s'initier aux Arts. Dés lors elle dut avoir recours\naux influences étrangères. La robustesse de Barcelone ne respire\nencore ce qu'il est convenu d'appeler l'Art que dans une admirable\nactivité prise dans son sens le plus élevé. Ville un peu cosmopolite,\nelle centralise des aspirations multiples qui se traduisent en spec-\ntacles à quoi la grandeur ne manque pas.\nToutefois l'on sent que l'art lui a été représenté comme un\nobjet de luxe ou d'ameublement et non comme une nécessité imposée\npar la sensibilité. Aussi le voyageur est-il surpris de sentir en lui des\némotions suscitées par des spectacles où l'Art n'a jamais mis la main,\net que des artistes personnels pourraient extérioriser en leur donnant\nde la Beauté. Si donc l'emprise de l'art grec est encore prépondérante\nà Barcelone, rien d'étonnant. Les artistes personnels n'attendent\npas que la Beauté vienne à leur rencontre. Cette Méditerranée bleue\nqui monte jusqu'au ciel n'est saus doute pas un lac et les navires\nles plus rapides comme les escadres les plus puissantes y apportent\nen les traînant dans leurs sillages les eaux occidentales. Il est donc\nassez curieux pour souligner encore les différences qui peuvent\nrégner entre l'Art et la Vie de remarquer à côté de l'activité d'un\npeuple qui veut sa liberté, l'acceptation docile d'un art de tout\nrepos et régi, semble-t-il encore, par le fatum antique. Ici en effet,\nle charme qui nous invite perpétuellement et mollement au spectacle\ncomplaisant qui séduit nos yeux, interdit à l'émotion d'aller plus loin.\n« Laissez-vous faire, cônseille-t-il, il n'est pas nécessaire d'engager\nvotre coeur là où vos sens peuvent vous fournir des avantages agréables\nLe désir et la grâce sont rois et tout le reste est vanité. Il est écrit\nqu'ii ne doit pas en être autrement, et il est illusoire de courir après\nune liberté dangereuse et inutile. »"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.73", "texte": "SURVAGE\nPhoto L. Rosenberg"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.74", "texte": "Photo L. Rosenberg\nSURVAGE\nCollection M. A. Sidy"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.75", "texte": "Photo L. Rosenberg\n\nCollection H. P. Roché\nSURVAGE\nPhoto L. Rosenberg"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.76", "texte": "Photo L, Rosenberg\n\nÇSAKY\nFigures"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.77", "texte": "Ce n'est pas sans étonnement que visitant le Musée de Barcelone\nj'ai vu, reléguées dans un cabinet fermé au public comme aux artistes\net abandonnées en désordre, une collection de statuettes nègres et\nsurtout d'idoles Colombiennes dont la beauté attestait la puissance\nd'une autonomie sensible. Il serait curieux de rapprocher ceci du l'ait\nque l'Espagne a découvert le Nouveau-Monde pour en tirer la conclu-\nsion que non seulement l'art véritable et la vie ne se mêlent pas, mais\nencore que celui-ci ne suit jamais celui-là pas à pas. Que M. Millerand\nait magnifié dans son discours au Panthéon l'œuvre de Renoir et\nde Cézanne, ce dont on ne sait trop s'il faut se féliciter ou se fâcher,\nil est clair que les soi-disant libertés républicaines ne furent pour\nrien dans la libre expression de ces deux magnifiques sensibilités.\nN'oublions pas qu'elles sont encore généralement considérées, comme\nle fruit d'exacerbations maladives. Les artistes les plus libres ont\nquelquefois été des fonctionnaires très sages quand tout au moins\nils n'en avaient pas l'âme. Et, au surplus l'emprise qu'avait sur\neux le culte de leur sensibilité ne leur permettait guère de se préoccu-\nper du monde des affaires, c'est-à-dire de la politique et du gouverne-\nment. Tant il y a que les artistes les plus grands, n'ont jamais un\nsens parfait des affaires même s'ils en donnent l'illusion, car il est\nbien difficile de tirer profit des richesses abstraites de l'émotion sen-\nsible. Henri Poincaré montra que la Vérité ne peut jamais figurer\ndans les débats de la vie publique, seules les spéculations artistiques\nou scientifiques gardent, suivant lui, ce monopole. Il y aurait hélas !\nbien des distinctions à apporter à cette généralisation. Lorsque l'ar-\ntiste à la sensibilité véritablement libre va réapprendre ou « repasser »\nla grammaire dans les Musées, il s'étonne un peu que tel grand Maître\nlui crie soudainement : « Je sais tout ! ». Il ajouterait volontiers :\n« Moi aussi, et bien d'autres choses encore ! » La vie active faite de\ntoutes les contingences, de toutes les compromissions nécessaires et\nde toutes les exigences d'autrui et de nos sens est incapable de voir\nune vérité personnelle fleurir dans des terrains multiples dont les\nproduits dépassent les connaissances acquises. Mais 1 artiste qui ne\nconsulte que son cœur a, tout au moins, l'avantage d y puiser la\npropre expression de sa volonté sensible. Le véritable beau a sa source\ndans la vie intérieure ; la vie extérieure généralement réglée par des\nmesures communes et nécessaires peut seulement engendrer une sa-\ngesse relativement reposante pareille a celle qui règne généralement\ndans les Musées sous la parure de l'attirance de l'agréable. L'agréable\nque réclame donc la vie extérieure donne toujours naissance à un\nart superficiel, éminemment profiteur, pétri de grâces présentées\nsous de petites formules. Les œuvres grâcieuses où régnent seulement\nle charme offrent cette contradiction curieuse de fixer pour l'éternité\nce qui n'est que l'image d'une satisfaction passagère. Qui nous déli—"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.78", "texte": "vrera de l'éternel sourire de cette dame ? Qui prescrira le repos\nà cette autre qui s'exténue en une pose où les mines et les afiectations\nmenacent de tomber à terre ? Quelle automobile nous entraînera loin\nde ce paysage éternellement le même? Je pense que le cinématographe\nfera un jour bon marché de ces «ralentis» par trop figés et trop exaspé-\nrants. Le charme musical s'enfuit, le charme pictural hélas ! demeure.\nL'on 11e devrait jamais acheter aux artistes leurs toiles charmantes,\non ne devrait que les leur louer. Ell vérité la vie intérieure ardente-\nautonome, ignore les complaisances de la grâce et les caprices de la\nmode ; elle ne sent que le besoin de s'extérioriser par ses propres\nmoyens, de se faire jour d'entre le chaos qui 1 entoure et de crier sa\nfoi brutale et son amour violent à la mondanité religieuse comme\naux flirts ridicules et charmants, comme à la débauche enfin.\nIl serait curieux de voir l'élite de Barcelone qui, je pense, croît\nà la communion intime de l'Art avec la Vie, mais la vie extérieure,\ntenter de justifier cette différence entre l'esprit d'autonomie de leur\nville et le renoncement fatidique de leurs artistes. Qui de Joan Sacs\ndont les écrits sur l'art font justement autorité à Barcelone, ou du\ntrès très délicat poète qu'est Junoy ou de l'éruditet fin Eugénie d'Ors\ndont nous 11 avons pas oublié l'excellent article « Poch a pocli »\nécrit en 1912 sur la première Exposition Cubiste à Barcelone, qui\ndis-je, éclaircira cette contradiction que je t eus pour inévitable.\nL'un de ces trois écrivains me disait : « Louis XIV ou Lénine mais pas\nMillerand ». Mais Millerand chante la gloire de Cézanne qu'il ignore\ntotalement et Lénine celle de quelque David à tout faire et qu'il\nconnaît trop. Louis XIV ou Lénine asserviront l'art à leurs besoins\npolitiques. Mais la République réactionnaire de M. Millerand, comme\ncelle de se prédécesseurs vit si bien au jour le jour, au petit bonheur\nla chance et d'une façon empirique comme l'on sait qu'elle n'a heureu-\nsement pas encore entrevu l'utilité qu'il y aurait pour sa vie propre\nà tyranniser l'Art et apprivoiser ses personnalités les plus puissantes.\nC'est pourquoi M. Millerand célèbre Cézanne et oublie M. Cormon\nqui pourtant se tient à ses côtés. Peut-être est-ce pour cette raison\nque la République a donné naissance à la plus riche floraison d'écri-\nvains, de savants et d'artistes personnels que la France ait connue\ndepuis longtemps et qu'elle est actuellement le centre de l'activité\nartistique mondiale ? Il est donc fort probable qu'au jour où\nla République Catalane devenue solide ou paraissant telle, ne s'occu-\npera plus à l'instar de la Française ni des sciences ni des lettres, ni\ndes arts en le culte de quoi elle trouve comme une sorte d'aristo-\ncratie, les sensibilités les pins neuves et les plus fécondes jailliront\nde son sol vivant, de son sol riche d'une activité sur laquelle la\npoésie 11' a qu'à se pencher pour cueillir les fleurs les plus rares.\n\nMAURICE RAYNAL."}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.79", "texte": "Essai sur la synthèse plastique de l'espace\net son rôle dans la peinture\n\nL'infini et l'espace absolu sont d'ordre spéculatif et inaccessible\nà une représentation par une démonstration plastique.\nLa notion de l'espace est due à la distance physique entre les\nobjets et corps de notre ambiance. L'espace physique est constaté\npar l'intermédiaire du sens tactile et du sens visuel, il s'exprime\npour nous en trois dimensions, hauteur, longueur et profondeur.\nC'est la troisième dimension, qui a gêné les peintres de tous les temps,\nétant en réalité plastique pour nos sens, en même temps que la source\net un élément de contradiction avec les propriétés de la surface\nplane, qui est le champ d'action (d'évolution) de la peinture.\nLe procédé d'investigation de notre ambiance physique par\nnotre œil a été analysé et reconstitué par l'optique, ce qui amène\nà combiner un moyen géométrique graphique de fixer le résultat de\ncette investigation, qui est la perspective géométrique italienne.\nC'est la reconstitution directe de notre ambiance, fixée par l'appareil\noptique, qu'est notre œil, sur son écran, qu'est la rétine. Cette recons-\ntitution au moyen de la perspective est d'ailleurs toujours inférieure\nà notre vision, n'étant pas stéréoscopique. Toute création plas-\ntique, proprement dite était éliminée par ce procédé imitatif, et\ndepuis la Renaissance le peinture s'est appliquée aux sujets littéraires,\nou imitation en trompe-l'œil pictural, nature morte, paysage et por-\ntrait, toujours un assemblage d'objets copiés. Le seul travail créa-\nteur se bornait à la disposition de ces objets en certain rythme, ou\néquilibre, qui s'appelait la composition. L'impossibilité d'une cons-\ntruction plastique véritable était masquée par le sujet ou la disposition\ndes différents objets dans la réalité optique au moyendela perspective.\nL'abandon de cette voie amena plusieurs artistes à la découverte\nde l'objet comme source unique de faits plastiques, en dehors de l'am-\nbiance. Chaque détail de l'objet choisi constituait un fait plastique\nen soi, parfaitement viable, occupant sa place sur la toile selon son\nimportance et signification plastique, constate et classe chaque fois\npar l'artiste. L'ensemble physique réaliste de 1 objet subissait une\nviolation, pour servir à une construction plastique non moins\nréaliste -— représentant l'analyse plastique de 1 objet. Comme cai-\ncasse ou pivot pour la construction, 011 se servait d un objet central,\nen gardant sa grandeur naturelle et son conloui appioximatif, et en\ngroupant les éléments d'objets accessoires. La dimension de 1 objet\ncentral déterminait la dimension de la construction et de la suiface.\nLa nécessité de couvrir une surface plus vaste amena de grandes\ndifficultés, car agrandir un objet, ou Je réduire, au-dessus de ceitames\nlimites, menaçait du grotesque. Le corps humain était à peu pies"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.80", "texte": "l'objet le plus grand, qui représentait toutes les qualités d'ordre\nplastique et esthétique réunies.\nEn cherchant à réunir plusieurs objets dans une seule composi-\ntion, pour l'étendre, on était menacé du danger de tomber dans un\namoncellement de groupes distincts, analytiques non reliés par aucun\nmoyen général, d'ordre strictement constructif et plastique. L'abandon\nforcé de l'ambiance se vengeait.Notre œil, étant un appareil de centra-\nlisation, se révolte et condamne tout ce qui n'est pas centralisé,\nc'est-à-dire amorphe.\nDonc le seul procédé d'analyse plastique de l'objet, comme source\nplastique ne suffît pas, et nous sommes forcés de revenir a une réalité\njlus vaste, c'est l'espace. Notre notion de l'espace étant formée par\ne fait de l'isolement et la distance entre les objets de notre ambiance\n— chaque constellation d'objets est capable de fournir une synthèse\nnouvelle de l'espace.\nd'un fait compliqué dans ses\néléments essentiels au moyen d'une analogie.\nEn dépouillant un groupe d'objets de tout ce qui est accidentel\ndans chacun des objets, et en fixant leur position réciproque par leurs\naxes intérieurs, 011 arrive à des formes géométriques simples, qui sont\nles plus pures et grandioses en même temps, et qui représentent cha-\ncune, une synthèse de l'espace. Parmi tous, c'est peut-être l'hexagone\nqui apparaît comme la synthèse plastique de l'espace la plus ample\net la plus sobre en même temps. Ne sortant pas des deux dimensions\nde la surface à traiter, il contient les indication complètes de la troi-\nsième dimension, par ses diagonales, formant un centre.\nPlusieurs formes géométriques simples, enchâssées les unes dans\nles autres, liées par un centre général, constituent pour l'œil un en-\nsemble organique et centralisé, capable de suggérer la profondeur,\nsans creuser la surface plane à traiter, sans imiter le raccourci des\nobjets par la perspective ordinaire. La capacité d'observation d'un\nartiste, son imagination plastique le guident pour transformer entiè-\nrement ou pour peupler partiellement d'objets ou détails plastiques d'un\nobjet, résultat de son analyse plastique, ou d'interrompre par ces\ndernières, les plans formant la synthèse, en enrichissant et humanisant\nla surface par la transposition picturale de sa structure ou de sa ma-\ntière. N'étant pas un système figé et général comme la perspective\nde la Renaissance, laquelle servait seulement comme moyen auxi-\nliaire, la synthèse de l'espace est capable d'être le but et le moyen\nen même temps, et peut se passer de tout sujet littéraire ou thème,\nen utilisant seulement ies éléments plastiques des objets, qui servent\nde source pour former cette synthèse. En même temps la dimension\nd'une construction de cet ordre ne dépend que de l'intention et de\nla volonté de l'artiste.\nParis, le 27 novembre 1920.\n\nSURVAGE."}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "[63]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.81", "texte": "Ouvrages reçus\n\nLIVRES\nUn apostolat. T'serstevens. Albin Mi-\nchel — La danse macabre. Carlos Lar-\nronde. — Revivre. Roland Ciiarmy. —\nDeïrdre des Douleurs. Synge. — La gloire\nd'errer. Jean Tailhade. Figuière. — L'art\nvivant. A. Salmon. Crés. — Mélusine.\nFranz Hellens. La voile rouge. — La\nDanse Macabre. Fagus. Le Hérisson, Amiens.\n— Paroles Juives. Albert Cohen. Kundig.\n— The Portrait of the artist as a young\nMan. J. Joyce. Egoist, I^ondon.\nREVUES\nL'amour de l'Art. — 391. — Les Ecrits\nNouveaux. — La Revue Critique. — Le\nProducteur. — Pœsia. — La Vie des Lettres.\n— Les arts à Paris. — L'Esprit Nouveau. —\nThe Dial. — Vell I Nou.\nLa danse macabre. Carlos Larronde. —\nJe n'aime des enterrements que ceux de\npremière classe.\nUn Apostolat. A. T'sterstevens. — Si le\nchien de Madame la Comtesse de M... ne\nportait pas de vêtements, il aurait des puces,\nce n'est un secret pour personne que les chiens\nqui ne sont pas vêtus ont des puces. Or il\nporte un vêtement et il a des puces. A quoi\nbon chercher à dissimuler. La marquise\nest avare et il s'en suit que le vêtement est\nvieux et facilite l'éclosion des parasites.\nQuelqu'un a appelé ce vêtement un apos-\ntolat. Ça n'est vraiment pas drôle.\nLa gloire d'Errer. Jean Tailhades. —\nCe n'est pas une gloire d'Errer (Parlez-en\nau chemineau) et encore moins une gloire\nd'avoir écrit la Gloire d'Errer. Un jour on\npensera au livre inconnu et on le mettra\nsous les pieds du soldat idem. B. P.\nLa Danse Macabre. M. Fagus est un homme\nde bonne volonté, et me dit être poète\nd'Action française.Danse macabre à laquelle\nj'aimerais assez prendre part :\nLa chemise glisse,\nUn sein failli :\nL'autre se hérisse\nA demi relient\nLe lin suspendu...\nJusque sur la croupe\nLa chemise glisse,\nUn moment hésite\nAu-dessus des cuisses\nEt puis se répand.\nSes deux seins sont deux sorbets,\nSon ventre une grappe mûre,\nSon sexe une confiture...\nL'Action française doit-être, si j'en crois\nM. Fagus, line boite où l'on ne s'ennuie\npas.\nParoles Juives. — Les critiques de l'é-\npoque Moschéiste aimeraient peut-être ce\nlivre, il n'a le tort que de retarder de quelques\nquarante siècles et depuis, Salomon nous\ndonna la charmante plaquette du Cantique\ndes cantiques que l'œuvre de M. Albert\nCohen ne nous fait jamais oublier, au con-\ntraire.\nDeirdre des Douleurs. — Les thèmes éter-\nnels, un livre éternel. La langue des héros\nde tous les âges, la moins actuelle des tra-\ngédies, l'une des plus parfaites aussi, la terre\nd'lrlande toute meurtrie est proche, fleurie\nde sacrifices et vivante par ses morts. La\ntraduction de Mlle Marie Amouroux est\nun autre chef-d'œuvre.\nMélusine. — Un joli roman d'aventure\ntraité dans la technique expressionniste.\nPortrait oj the artist as a young man. The\nEgoist. James Joyce. — Errant de Trieste\nà New-York, de Paris à Zurich, il promène\nsa fantaisie à travers Je monde suivant la\ntradition des grands écrivains britanniques.\nIl est implacable et cruellement réaliste,\nmais non de ce réalisme stercoraire qui com-\nmence à Uuysmans et finit avec « l'Enfer »,\nmais du plus cérébral, celui qui va au bout\nde toute pensée et souffre de pessimisme\nanalytique.\nLe dernier livre de Joyce, Ulysse est plus\nqu'un roman, c'est une expérience, expé-\nrience psychologique et expérience de style.\nPar la pensée, il n'a d'autre proche que\nPascal. Ainsi que lui, il a mis tout son espoir\nen Dieu, s'est absorbé en lui jusqu'à y perdre\nvolonté et quiétude. Il s'est mortifié dans sa\nchair et mortifié dans son âme. Les tourments\nde l'enfer, les plus cruels, les plus douloureux,\nde l'effroi au doute, il les a vécus et incliné\ndevant Dieu a voulu s'anéantiser, se perdre\ndans l'Un, tout puissant et cruel. Comme\nPascal, il a atteint le paroxysme de la piété\nau delà duquel il n'y a plus de possibilité\nque pour un moine ou pour un athée. Comme\nPascal des pensées il a douté , et tout son\nlivre est un grand cri de doute. Il a cherché"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "[64]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.82", "texte": "à se convaincre que sa foi était raisonnable\net au contact de la raison voici que cette foi\nlui échappe peu à peu et qu'il reste seul,\nlamentablement seul devant le vie, effrayé\nde tout un idéal à reconstruire. Le livre de\nJoyce ne se termine pas sur un événement\nquelconque, l'œuvre nous laisse suspendus\ndans l'attente du futur et de tout le possible\navenir ; comme la vie, il ira ni commencement\nni fin, il est un devenir. La vie d'un jeune\nhomme placé dans le milieu le plus tradi-\ntionnaliste mais y développant son indivi-\ndualité, jusqu'à se séparer violemment de\nson entourage d'lrlandais catholiques, est\ntoute l'histoire, la mince histoire, mais dont\ntoute la presse littéraire britannique s'est\némue.\nA l'occasion d'une retraite, il s'essaie en\ncette existence future de grand chrétien,\nprêt à entrer dans les ordres. Un prédicateur\nlyrique s'empare de l'esprit du jeune postu-\nlant et lui montre toute la sublimité de la\nreligion, mais aussi quels tourments atten-\ndent ceux qu'attache quelque passion hu-\nmaine. Stephen Dedalus, souhaite la morti-\nfication constante qui le préparera à la vie\nsainte. Il est un exemple de contrition et\nde piété, il va quitter l'existence publique\npour entrer en religion et voici que la vie\nl'emporte, lentement, doucement, mais sûre-\nment et que dans un insensible mouvement\nde reflux, il s'éloigne peu à peu du catho-\nlicisme puis de la foi.\nEst-il athée ? Pas encore, il discute, il\nraisonne et la raison emporte ses derniers\nscrupules de croyant. Il se révèle à lui-\nmême définitivement irreligieux, mais cro-\nyant en la vie. F. F,\nDas Kunstbl'att. Verleg Gustav Kiepen-\nheuer. Berlin. — En parcourant les pages\nde la - précieuse collection du Kunstblatt,\non porte les yeux vers un meilleur devenir de\nl'art allemand. Jusqu'à présent il n'y avait\npas de peintres en Allemagne, il y avait des\nécoles, et c'est un des esprits les plus avertis\nde là-bas, Ferdinand Hardekopf, qui nous\nen fait l'aveu. Il semble cependant que de\nnos jours un mouvement se dessine et que\ndes artistes vont s'affirmer. C'est peut-être la\nnaissance d'un art pictural qui s'effectue par\nl'entremise de la revue de Westheim. Les\nAllemands ont le don fatal des compromis-\nsions en art et s'ils veulent aboutir cette\nfois, il faudra absolument qu'ils se réfu-\ngient d'abord en un climat de fièvres brû-\nlantes, en une atmosphère de destruction.\nQu'ils se créent un génie, au lieu d'entre-\nprendre par exemple une déification et —\nce qui serait pire — une application du Cu-\nbisme, art essentiellement français.\nWestheim, votre rôle n'est pas celui d'un\n\nfiAT FPTF\n\\J il, JRI JL Jur\nSIMON\n29bis? RUE D'ASTORG\nPARIS VHP\n(PRES SAINT- AUGUSTIN)\nBRAQUE, DERAIN, GRIS\nLAURENS, LEGER\nMANOLO, PICASSO\n-- VLAMINCK -\n\n: C \"112 lON\nTARIF DE PUBLICITE:\nUne page .. 200 fr.\nUne demi-page.. .. 120 fr.\nUn quart de page.. 80 fr.\n25 0/0 de reduction\npour 6 insertions\nPOUR LA PUBLICITE ECRIRE A\nACTION -FELS\n18, Rue Feydeau-PARIS"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.83", "texte": "veilleur de nuit, mais... d'un porteur de\ntorche.\nS\nDas Forum. Gustav Kiepenheuer Yer-\nlag. Berlin. — Organe du communisme\nintégral, souvent sympathique, Wilhelm\nHerzog, qui pendant la guerre a combattu\navec énergie l'attentat à la dignité humaine,\nen est le clairvoyant et prud'homesque direc-\nteur. Son cerveau est lucide et son jugement\ncritique est un leurre. Pour Herzog, l'intelli-\ngence française dominée par Romain Rolland,\nse résume en Barbusse. Il manque d'ironie\net de sens critique à tel point qu'il consi-\ndère en Barbusse le plus grand écrivain\nde la France contemporaine.\nLu, sans avoir haussé un sevd moment les\népaules, dans le dernier numéro du Forum\nle « journal » vivant, bariolé, instruit et ins-\ntructeur, que Wilhelm Herzog a écrit avec\nune entière bonne foi sur son voyage d'Eté\nen la sainte Russie.\nRépétons et répétons encore : La réalité\nrusse n'est pas la nôtre.\nDer Neue Merkur, Munich. — Revue\nd'avant-garde qui renoue des liens solides\navec la tradition et qui se voue à une œuvre\nrégulatrice du mouvement dit expression-\nniste. D'aucuns appréhendent une évolution\ntrop brusque de la Pensée allemande con-\ntemporaine et pour eux le « Nouveau Mer-\ncure » marque un arrêt salubre dans le Pro-\ngrès intellectuel. Ceux qui dirigent, avec\nun bon sens parfait d'ailleurs, cette revue\néclectique, étalent devant le lecteur des\nvaleurs nouvelles en une atmosphère de\njadis, alors qu'on aimerait voir notre\ntemps lourd de passé, ailé d'avenir.\nDr Alfons Goldschmit : Moskau 1920.\nErnst Rowohlt Verlag, Berlin. — M. Golds-\nchmit se promène en Bussie un peu en\nphotographe amateur qui ne comprend pas\nla langue du pays. Ce docteur en beaucoup de\nsciences, dépourvu certes de pédantisme, est\nun écrivain qui exprime son époque au moyen\nd'une formule périmée et qui, en nous don-\nnant un livre sur la Bussie soviétique, n'é-\ncoute que la dictée impressionniste. Golds-\nchmit exalte le pittoresque, les couleurs,\nla vie anecdotique et (à peine) l'extérieur\nde la Bévolution, mais pourquoi ne se\ndonne-t-il pas la peine, de nous en montrer\nle contenu, le dynamisme, la puissance\nhumaine, de nous faire participer au travail\ncréateur de l'intelligence russe, à l'activité\ninlassable des esprits de l'Est. Que vaut pour\nnous la présentation de cette Bévolution\nque Goldschmit ne juge pas de haut, qu'il\nne voit qu'à travers son tempérament de\nmembre du parti communiste, du parti\nrévolutionnaire officiel donc, et à laquelle\n\nGALERIE\nPAUL\nGUILLAUME\n108, Fg. St-Honore, PARIS\nm\n■-'-l\n. >:\nm\nm-\n■;-p\n:/*r«\n1\n-w\n£1\nr ft\nS&S&\nim\n'<V\nx\n>• ;\nm\n■t\nm-\nm\n:*-Vv\n3*\nwt\n$\n•GfcVS'.V\nw-'i\nim\n-•••.:\n■v\nv:\ni\n•yfcfr\nACHAT ET VENTE\nDE TABLEAUX DE\nA. DERAIN\nGAUGUIN\nH. MATISSE\nLAURENCIN\nMOD IG LI AN!\nPICASSO\nRENOIR\nUTRILLO\nVLAMINCK\nC^s\nSCULPTURES\nNEGRES"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.84", "texte": "il sacrifie tout sentiment de distance, si\nprécieux à la critique d'une société.\nMoscou est le milieu du monde, la pleine\nlune qui grimace au suicide de l'Europe\noccidentale. D'autres préopinent avec le\nmême engouement que c'est le « génie latin »\nqui est immortel et dompteur de l'éternité.\nLes deux adversaires oublient que l'Orient\net l'Occident forment deux plans à valeurs\négales et que c'est leur équilibre qui servira\nde base à une civilisation future.\nSachons gré à M. Goldschmit que, tout en\nayant été très myope, il nous a pu donner\nde la Russie rouge un livre d'images vivantes\net sincères et qu'il ne l'a pas traversée avec\nla mentalité de commis voyageur politique.\nLES REVUES\nL'Amour de l'art. — Excellent choix de\nreproductions des œuvres détestables du\nSalon d'automne. Un bel article sur Derain,\nintéressante étude sur l'art nègre.\n391. — On a toujours plaisir à retrouver\nPicabia joyeux garçon qui se moque de tout\net ose le dire. Ribemont Dessaigne fut seul\npendant un an à clamer son dégoût pour les\nmauvais peintres et leurs managers ; bon\naccoucheur de dures vérités, il sait qu'elles\nne sont point bonnes à dire, et s'en fout.\n391, la seule qui garantisse l'impeccabilité\ndes dessous, indispensable à toute femme soi-\ngnée.\nLes Ecrits Nouveaux. — Anthologie de\ntout ce qui, de la littérature d'avant garde\nest en passe de devenir d'expression classique\nLa meilleure revue située, le bon sleeping\nintellectuel, sans cahots, sans heurts, mais\nnon sans charmes. Un article de Billy,\nqu'on désirait peut-être moins familier, un\ngrave essai de Max Jacob et de jolies notes\nde Suarès claires comme pensers du matin.\nLa .Revue critique. — Est-ce le but de tels\norganes, que de mettre le lecteur dans un\nétat voisin de la mort morale.. « Etat où le\ncœur ne peut être ému en son fond ; et quoi-\nque le monde lui montre ses beautés, ses\nhonneurs, ses richesses, c'est tout de même\nque s'il les offrait à un mort,qui demeure sans\nmouvement et sans désirs, insensible à tout\nce qui se présente ». Nous apprenons par\nailleurs, et sans étonnement, que, parmi\nles amis de la susdite, l'Académie en corps\nest représentée, par ses membres les plus\nfrigides\nLe mort est encore agité par dehors,\nXavier de Courville et André Thérive ne\nle ressusciteront pas, malgré leur talent.\nLe producteur. — M. Henri Clouard nous\napprend que le « moderne Julien Sorel,\nl'intellectuel, le producteur industriel, l'ou-\n\nP. M.\n\nSELECTION\n62, Rue des Colonies\nRRUXELLES\n©\nPeinture, Sculpture\nLitterature\nModernes\np\n©\nDepositaire pour la Belgique\nde la revue ACTION '\n\nGalerie Weill\n\nExpositions\nde Peinture Modern©\nEn Janvier\nMine Reno Hassenberg\nEn Fevrier\nCENTIEME\nEXPOSITION\nDE LA GALERIE\n46, RUE LAFFITTE"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.85", "texte": "vrier qui veut tenter l'aventure, voit aujour-\nd'hui s'ouvrir des perspectives». On s'étonne\npeu de la confusion des lettres, des arts, et des\nerreurs des producteurs actuels, s'ils puisent\nleurs protégés dans ceux de M. Clouard,\nchoisis sur le modèle de Julien Sorel, arri-\nviste forcené et assassin délicat.\nPœsia. — La gloire de cette revue fut\ncelle d'en donner à M. Mercereau dont nous\nconnûmes ainsi le génie.D'autres laissés pour\ncompte sont soldés dans le dernier numéro,\nSébastien Yoirol, Fernand Mazade,. Joachim\nGasquet, Fernand Gregh, et jusqu'à M. Jules\nBois. Quel retard, messieurs du Futurisme.\nLa Vie des Lettres. — Anthologie des œu-\nvres de M. Nicolas Beauduin.\nLes Arts à Paris. — Cette revue dirigée\npar Paul Guillaume, actif apologiste de\nl'art nègre, donne aux amateurs de précieuses\nindications sur la peinture modernes.\nL'Esprit nouveau. — Excellente revue\nenrichie de nombreuses reproductions Seurat\net Picasso, pour le premier numéro, Cézanne\npour le second. Un bon article sur Eric Satie.\nThe Dial. — Sous l'intelligente direction\n(pour le Continent) d'Ezra Pound, paraît\ndevoir s'affirmer comme le meilleur magasine\nlittéraire des Etats-Unis. Au sommaire des\ninédits de Gourmont, le Belphégor de Benda,\nun très intéressant essai d'Eliot, une jolie\nnouvelle de Georges Moore, de beaux poèmes\nde Yeats.\nVelt I Nou. Barcelone. — Bevue d'art\nancien et moderne, très vivante. Un bel\narticle sur Derain.\n\nF. F.\n\nIl a été tiré de cet Almanach 10 exemplaires sur Chine\ndont 5 hors - commerce chiffrés I à V\net 5 numérotés de 1 à 5 dont le prix est 100 trancs.\nExemplaire Numéro :\n\nCritique\nMaisons recommandees\nII sera fait 20 0/0 sur toute commande\na qui se recominandera\nde la revue ACTION\nAU MARIN\nfitablissements van Dongen\nManteaux, fourrures, capotes.\nCoupe irreprochable.\nDeshabilles suggestifs.\nA LA PALETTE D'OR\nLot & G°\nCouleurs, vernis, travaux de copie.\nReproductions. Lemons de peinture\npar correspondance\nNos teinture ne sont pas garanties lavables.\nPICARIA\nInstallations Electriques\nSoudure autogfene\nPose d'ascenseurs\nSonneries de Haute Epoque\nLA TOTALE\nAutomobile Populaire\nPieces interchangeables,\nreversibles, remontables\nPieces d6tach£es en series\ntubes etires\nUsine Leger — Rillancourt\nA LA MARQUISE DU FIE\nFruits confis, founds et glaces\nSpeciality pour baptSmes\nPralines et Dragees\nPieces\nCompotes\nUn salon de coiffure est joint a I'etablissement\nSoupez tous chez\nPABLO\nMusique negre\nguitaristes\nF.F."}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.86", "texte": "ACTION\nSOMMAIRE DU TOME PREMIER\nI\nLa Conception stendhalienne du heros : Julien Sorel, Gabriel Brunet. — Entrepot Voltaire,\nMax Jacob. — Poeme, Marcel Millet. — Premiere chambre du museum criminel du policier\nLaitance, Andre Salmon. — Plantin, Christian. — Eloge de Landru, Georges Gabory. —\nL'harmonie des mouvements, Florent Fels. — Notes sur la Pathogenie, Blaise Cendrars. —\nLa peinture, Maurice Raynal. — La musique de Stravinsky, Leigh Henry. — Memoires d'un\nmarin, Gabory.\nII\nTitania, Andre Suares. — Eric Satie, Jean Cocteau. — 1910-1920, Andre Salmon. —\nPo&mes, Max Jacob. — Rondeau, Andre Mary. — Han Ryner, Renee Dunan. — Max Jacob,\nHenri Hertz. — La Peinture, Andre Therive. — Quelques Peintres, Roger Allard. —\nEncycliques, Renee Dunan. — Plantin, Christian. — L'expressionnisme, I. Goll.\n111\nArt et Philosophic, Dora Marsden. — Poemes, Jean Charazac. — Les hommes de la mort,\nJean Marville. — Enquete sur VArt Negre. — Uaffaire Dada, Albert Gleizes. —La genese des\nChants de Maldoror, Andre Malraux. — Les idees de J.-K. Chersterton, A. B. — Les Mysteres\ndes Colonies d'Oullins, Roman, G. Seraphin. — Vlaminck, Leon Werth. — Matisse, G. Du-\nthuit. — Le theatre, G. Seraphin. — Encycliques, Renee Dunan.\nIV\nPobmes en prose, Max Jacob. — Poemes, Vlaminck. — Poemes, Benjamin Peret. — Voyage\nen Autobus, M. Sauvage. — Mobilites, Andr£ Malraux. — Systeme 7, Roch Grey. — Souvenirs\nsur Guillaume Apollinaire, A. Germain. — Nous sommes toutes la, Henri Hertz. — Propos\nAmorphes, Jacques Rigaut. — Les Arts : Pablo Picasso, J.-E. Blanche. Lautrec, Th. Duret.\nLipchitz, Bissiere. Chronique, G. Duthuit. — Commentaires des temps presents, H.-L. Follin.\n— Lettres allemandes, La jeune Poesie, Pol Michels. — Lettres italiennes, Tokine. — Curiosites\nlitteraires, Le Suburbanisme.\nV\nPo&mes, G. Apollinaire, L. Aragon, Francis Carco, Jean Cocteau, V. Huidobro, Max\nJacob, Leonard Pieux, Andre Salmon, Radiguet. — Une Nuit d'Aout, Dans un Palace,\nRoch Grey. — Prologue, Andre Malraux. — Le potte au miroir, Andre Suares. — Lettres\nrusses «Les Scythes», Alex. Blok. — UOmnipresent, Gorki. — Chronique, G. Duthuit. — Archi-\npenko, Ivan Goll.— Le peinture au Salon d'Automne : Fels. — Anthologie d'ecrivains allemands\ncontemporains : K. Adler, J. B. Becher, T. Daubler, C. Einstein, Claire Goll, Ivan Goll,\nJacob van Hoddis, J.T. Keller, Pol Michels, Adolf Loos, Karl Otten, Rubiner, Schic-\nkele, Else Lasker Schuler, Franz Werfel.\nVI\nLe Zodiaque Podique, Leonard Pieux. — EpMmerides. — Conseil du mois, Andre Salmon. —\nAstrologie, Max Jacob. — Varietes Litteraires, Andre Salmon. — Poemes, P. A. Birot, Paul\nEluard, Max Jacob, Alfred Jarry, Jules Laforgue, G. Papini, Jean Puech, Andr£\nSalmon, Vlaminck. — Jeux, Georges Gabory. — Pour les generations futures, Roch Grey.\nPetites Annonces, Max Jacob. — Les Arts, Modigliani, Roch Grey. Picasso, Apollinaire.\nBarcelone, Maurice Raynal. — Essai sur la synthase plastique de Vespace et son role dans\nla peinture, Survage. — Critique des ouvrages regus, Benjamin Peret, Pol Michels,\nFlorent Fels.\nDroits de traduction et de reproduction des textes et clichis reserves pour tous pays.\n\nImp. Union, Chalit, 46, Bd Saint-Jacques, Paris.\n\nLa Dincttur-Girant : Florkht Fbls."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.87", "texte": "LES\nYOIX DE L ALLEMAGNE AFFRANCHIE\nR. E. CURTIUS\nDie Literarischen Wegbereiter des Neuen Frankreich\nEssais sur les pionniers litt6raires de la France nouvelle:\nRomain Rolland, Charles Peguy, Paul Claudel, Andr£ Gide, Andre Suar£s.\nPrix : 18 Marks\n«*7VV\nDAS KUNSTBLATT\nDirecteur: Paul WESTHEIM\nRevue d'art international, importante pour les renseignements sur le mouvement\nde renaissance artistique en Allemagne\nLe cahier: 9 Marks; 3 mois (3 cahiers): 24 Marks\nvvv\nPAUL WESTHEIM\nOuvrages sur les grands artistes de PAllemagne moderne:\nWILHELM LEMBRUCK Prix\nOSKAR KOKOSCHKA »\nDIE WELT ALS VORSTELLUNG (essais sur Tintuition artistique) .. »\nVVV\nDIE DICHTUNG\nRevue Litteraire\nDirecteur: WOLF PRZYGODE\nCollaborateurs: Hofmannsthal, Rilke, Borchart, Heinrich Mann, Georg Kaiser, etc.\nCes cahiers, sans s'attacher particuli£rement k la critique, contiennent\nles ceuvres animees de puissance creatrice d'un mouvement allemand\nmoderne, visant au renouvellement de Tesprit et des formes par un\nsentiment approfondi de responsabilite artistique et humaine.\nCes prix sont a majorer de 100 0/0 — Prospectus sur demande\nDepositaire pour la France : ACTION - FELS\n58 Marks\n40 »\n48 »\ni———————————————————————^\nEditions Gustav Kiepenheuer - Potsdam - Allemagne"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192012-01.1.88", "texte": "ÉDITION\nACTION\nPRIX : 5 FRANCS"}]}