{"numero_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_sha256": "9d6100e992cdc987ca7bfb99d76c6c01db2cdb213e743483d36b0e867edb14c7", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaab/issues/1921/05_01/bmtnaab_1921-05_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaab/issues/1921/05_01/bmtnaab_1921-05_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c001", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.1", "titre_corps": "SOMMAIRE", "titre_sommaire": "SOMMAIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.1", "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "SOMMAIRE\nHenri Rousseau. . . Roch Grey Bébuquin (suite) . . . C. Einstein\nPoèmes. . . ~ . . . René Edme Ossip Zadkine Waldemar George\n» ....... Georges Gabory Raccourcis ...... Franz Hellens\n» Ivan Goll Etat humain ou état ani-\n» Béatrice Hastings mal ? Schulte -Vaerting\n» Vincent Huidobro Critique des ouvrages reçus :\n» ....... Rastes Pétrovitch Florent Fels, Ivan Goll, Kharis.\n» Léonard Pieux\n» André Salmon Bois de Galanis, Hermine David\n» Marcel Sauvage et Vlaminck.\n» Else Lasker Schuler\n» . Maurice Vlaminck Reproductions d'œuvres de Rousseau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c002", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.2", "titre_corps": "LE BOUQUET", "titre_sommaire": "LE BOUQUET", "signature_source": "HENRI ROUSSEAU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 26, "texte": "Cliché D. 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Il ne voyait que des\nchoses qui habillent l'indigence, tout ce provisoire, ce pis aller qui\nécrase d'un bout à l'autre l'existence des pauvres. L'uniformité de la\nvie ouvrière, c'est le barrage à toutes les possibilités de l'effervescence\nintellectuelle, un courant irrésistible qui, pareil à un flot indomptable,\nrecouvre l'individu de sa masse, l'unifiant avec sa nullité.\nIl suffit à l'enfant de montrer une tendance à quelque rêve le\ndétachant de l'âpre souci du pain quotidien, pour que non seulement\nsa famille, mais tous les corps adhérents à tous les métiers, se révoltent\nironiques et vengeurs.\nIl faut une force exceptionnelle pour dominer cette prépondérance\nqui offre les mêmes facilités que toute approbation de choses convenues.\nComme enfoui dans une île inexplorée, Henri Rousseau naquit et\nvécu dans ce monde obscur où seul le saisissement salubre du di-\nmanche, prend des proportions catastrophiques ; linge frais, pot-au-\nfeu traditionnel, habits dont, pendant la semaine, on oublie la coupe\net la couleur... et les cloches de l'église qui appellent à la gaîté.\nBruyante, elle se transforme souvent en brutalité qui se termine pour\nles femmes par des pleurs ; le lendemain c'est l'humeur morose du\nlundi où elles reprennent le gouvernail."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "A 40 ans, Henri Rousseau était encore employé d'octroi,\nfouillant les marchandises. Vie de mille bagarres, le chahut\nGrossièrement enchâsse de toutes les fanges, où seule la rudesse\ns'orne du succès immédiat.\nDans quel coin, sous quel auvent, cet homme de génie pouvait-i!\nse recueillir, trouver la ligne droite du merveilleux sentiei qui le mena\nvers son bonheur ?\nIl est possible que dès l'enfance il admira tout ce qui était bien\nfini, bien exécuté, lisse, égal : une vieille crédence lustrée par l'usure,\nla surface d'une fontaine immobile au crépuscule, le mécanisme d'une\nmontre paternelle pareille à un oignon d'étain. En feuilletant les\nvieux almanachs, en regardant les réclames de parfums, de liqueurs,\nil pouvait prendre goût à dessiner.\nTravaillant toute la semaine, fatigué vers la fin de la journée, ahuri\nde la bestialité qui extérieurement l'englobait lui aussi comme un\nde ses attributs actifs, il est possible que sorti du cabanon de l'octroi\nil trouvait la paix chez lui.\nTout homme qui travaille pour vivre, possède un appui, un espoir,\nun point de résistance qui l'aide à endurer la besogne, c'est le\ndimanche.\nCinquante-deux fois l'an, l'ouvrier pourrait trouver le loisir pour\neffleurer le fonds même de sa propre substance, pour avoir quelque\npressentiment d'un autre ordre d'idées, d'occupation et de vie que la\nsienne. L'unique terrain où il parvient à le faire, c'est la révolte contre\nl'insuffisance matérielle qui l'accable, contre l'insensé de tous les\nrégimes qui l'assomment.\nProduit des coïncidences de la nature agissant hors de toutes les\nhérédités, pour compte de quelque superflu paradisiaque à l'usage\nde l'harmonie universelle, Henri Rousseau vivait sans fiel, attendant\ncomme les autres son dimanche. Aux heures de répit pendant la\nsemaine de corvée, il regardait voltiger les oiseaux, fleurir les arbres,\npasser les carrioles, et les bestiaux rentrant dans les faubourgs ;\nau crépuscule tombant, tout prenait des teintes suaves, nourries,\nsans reflet trop apparent d'aucune essence, car à cette heure le soleil\nest invisible, et des semaines s'écoulent sans que la lune arrive à sa\nrondeur opulente lui permettant d'éclairer. C'est à ces heures aussi,\nque les femmes finissent leurs travaux de ménage, et assises dans leur"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "verger, sans se donner de peine, suivent les progrès que la clémente\nnature fait accomplir aux légumes qu'elles ont plantés.\nA cette heure, les figures humaines prennent des teintes unies,\nlibres des ombres qui accentuent les traits, qui soulignent les varia-\ntions de leurs humeurs... Tout cela, Henri Rousseau l'a vu, l'a aimé,\nl'a peint, le jour de grand dimanche où la densité de la joie prend\ndans le monde entier les proportions d'un élément atmosphérique.\nLe changement physique dans l'atmosphère, dépend de mille\ncoïncidences du hasard ainsi que de la conformation du sol ; la pointe\nd'une montagne peut accrocher le nuage le plus menaçant qui, au\nlieu de déverser la pluie sur la plaine, s'endort au sommet qui le capta ;\nla même pointe aidée par le vent peut l'envoyer par delà le mont ;\nsouvent après un tunnel où l'on s'engouffre aux rayons du soleil, on\ntrouve une pluie torrentielle.\nLa joie du dimanche, élément atmosphérique universel. Son\nrythme régulier, ayant sa source dans le cœur des hommes, d'un seul\ncoup envahit l'entier de la terre, escaladant les plus hauts sommets,\nles plus profonds abîmes jamais habités. Exempts de dimanche, ils\ndurent sans joie dans une inaltérable suite de siècles, dégageant une\ntristesse qui même adoucie par le soleil ne perd jamais son aspect\npathétique.\nNous vivons à une époque, où le dimanche a cessé d'être une joie\nessentiellement chrétienne ; tous les peuples, même ceux qui, comme\nles israélites et les mahométans, célèbrent à part leurs jours de fête,\nparticipent à sa gaîté, à l'irrésistible de cet élan mondial. Seuls les\nsaints l eux de pélérinages où la dévotion d'un culte spécial créa un\nétat passionnément haineux, enfermant comme La Mecque où les\nruine du temple de Salomon, des germes de tristesse et de résistance,\nqui réduites jusqu'à l'extrême, s'effacent sous la masse géante de la\njoie dominicale.\nIl est probable que cette joie ayant déjà sa formule dans la chimie\nencore ignorée de la métaphysique universelle, comme les états atmos-\nphériques qui accélèrent ou diminuent les possibilités de n'importe\nquel accès dans la mécanique humaine, ajoute, forte de son élan\ngigantesque, à l'état-capacité du bonheur individuel.\nL'art d'Henri Rousseau naquit et se forma le dimanche. Libéré de"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "son travail, il pouvait le cœur en fête composer des images en écoutant\nchanter les faubourgs.\nToute besogne suspendue, même les jours brumeux, même sous la\npluie, le peuple vit dehors, savoure en entier son loisir changeant de\nfond en comble l'état-extériorisation du ton organique de la ville.\nLe bruit qu'elle dégage le dimanche, est l'opposé de celui qui la comble\nles jours de la semaine. Même la respiration des hommes, au lieu d'être\nfiévreusement accélérée, sous la pression de l'ordre donné par la néces-\ncité, se calme suivant le va-et-vient naturel à sa cadence. Même les\nbêtes, même les plus harassées comme les chevaux, à l'exception de\nquelques exigences inhumaines, s'assoupissent paisibles dans leurs\nécuries ; les chiens appartenant aux moins fortunés participent\nla tendance universelle, à la gaîté, à l'accalmie dominicale.\nDès l'enfance Henri Rousseau s'habitua à considérer ce jour\ncomme uniquement destiné à la joie.ll le voyait naître et se consumer\ndans une trêve, religieusement obligatoire, de tout effort. L'élan général\nle portait dehors pour boire avec les autres un verre de vin, pour fêter\nle mieux possible ce jour de repos.\nLa pression de toutes les atmosphères s'opposait à sa tendance\ncontredisant l'hérédité ouvrière, exécrant le travail du dimanche.\nAu lieu de se dissoudre dans la liesse universelle, il l'engloba\nen bloc, source miraculeuse centuplant sa propre joie de travailler\ndans une liberté inaltérable, sous la seule loi de son désir, défiant la\ntyrannie de toutes les contraintes, même celle du peuple entier qui\nle fit naître et dès son début d'artiste le combla d'ironie et de désap-\nprobation.\nL'; me en fête, chacune de ces œuvres, est le moment de sa joie\nfixée dans l'expression que lui donnait son dévouement sans borne.\nPersonne ne saura jamais l'étendue des difficultés qu'il surmonta,\nI effort de volonté qu'il déploya pour résister aux circonstances, toutes\nayant 1 envergure de forces majeures tendant à son anéantissement.\nII arriva un moment où déjà âgé, ignoré du monde, ayant infructueu-\nsement exposé aux « Indépendants », qui à son époque se présentaient\nau public, pauvrement casés dans des baraques où l'on ne venait que\npour rire, il se libéra de l'octroi et vécut en jouant du violon ; la mu-\nsique occupait son cœur et son imagination ; c'est encore le dimanche"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2355, "texte": "qu'il pouvait lui consacrer les moments où heureux de contempler\nses toiles, il voulait chanter sa joie.\nOn ignore les étapes de son ascension s'eftectuant à l'ombre des\nmasures qui encombrent les faubourgs de Paris, le quartier de Plai-\nsance où même les pavés semblent être jetés de travers.\nOn manque de documents pour établir à quelle époque il approcha\ndes intellectuels, des hommes de lettres qui s'intéressèrent, sans rien\nchanger au courant misérable de son existence, à la bonhommie\néclatant au milieu de ses œuvres, comme une surprise de foire. Personne\nparmi ces hommes ne prit Henri Rousseau suffisamment au sérieux\npour se glorifier de le tirer de la misère, étalant à la stupéfaction des\nautres, ahuris de cette nouvelle valeur, si étrangère à leur esprit,\nl'œuvre déjà toute faite, où par un miracle surprenant, on ne peut\njamais trouver aucune trace de faiblesse et d'apprentissage.\nSans préciser le cas de cette apparition extrême, quelques artistes\ns'avisèrent de l'approcher, certains, malicieusement, le considérant\ncomme un demi-fou, bonasse et joyeux, d'autres, ébauchant une\nsorte d'admiration facile à diminuer ou à se modifier sous la poussée\ndes rires malveillants.\nFigé dans les cabanons de l'octroi, Henri Rousseau ne rêva\njamais de si hautes relations. Sa simplicité touchant à l'extrême aris-\ntocratie, à la souveraine possession de soi-même, sans aucune né-\ncessité des attributs étrangers, il évoluait dans ce nouveau milieu\navec une parfaite aisance parée d'un bon sourire aimable et bienveil-\nlant. Jamais, il n'abandonna ses amis ouvriers, parmi lesquels se\nforma sa renommée, surtout celle de maître de musique.\nPour une minime rétribution, il se chargeait d'élèves qui venaient\ndans son atelier où sans interrompre son travail, il leur enseignait\nla musique.\nAssis devant son chevalet, il suivait sans inconvénient sa pensée\nguidant sa ma n et l'ineptie d'un enfant raclant le violon de ses doigts\nengourdis. Il est probable que ces deux courants ne pouvant subir\naucun heurt d'équivalence, il arrivait à garder une inaltérable sérénité\nd'humeur, isolant peut être comme un élément subalterne, son ouïe\nlivrée au service de la nécessité.ll donnait aussi des leçons de dessin,\nmais il ne parvint jamais à avoir d autres élèves que deux vieillards\nde 72 à 80 ans, qui souvent, la leçon terminée, lui reprochaient d'avoir"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "embrassé un métier aussi ingrat, lui conseillant de redevenir un hon-\nnête fonctionnaire de l'Etat, renonçant à sa folie.\nLes cours de musique ayant pris de l'extension parmi les habitants\ndes faubourgs,il donnait des soirées auxquelles participaient ses élèves\nsuivis de leurs parents ouvriers, ainsi que ses amis du monde littéraire\net artistique. Le souvenir de ces assemblées provoque encore, chez\ncertains artistes, témoins oculaires de ces fêtes, des souiiies moitié\nmoqueurs, moitié indulgents.\nElles se présentaient comme des galas extraordinaires, précédées\nd'invitations formulées et ornées de des ins : paysages, oiseaux,\nfleurs, par Henri Rousseau lui-même. Vêtu d'une redingote, cravaté\nde blanc, chef de son orchestre puéril, compositeur de ritournelles\net de chansons dont il revêtait ses poèmes, il faisait tellement rire\nses invités de marque, que ces dames s'oubliaient parfois, ne se maî-\ntrisant, que pour ménager la sérieuse considération dont les mères des\npetites musiciens entouraient Henri Rousseau.\nLa rue Perrel, coupant la rue Vercingétorix, voyait un mouve-\nment inusité les nuits de ces réunions, où plusieurs hommes déjà\ncélèbres, s'acheminaient pour s'amuser chez le « père Rousseau ».\nL'atelier débordait ; le savoir-vivre reculait les familles ouvrières\nvers le palier, sur l'escalier, dans la cour, qui recevait en entier le\nconcert exécuté selon le programme, où souvent figurait le nom de\nHenri Rousseau : « solo de violon dans ses oeuvres et créations. ». Il\ny avait des programmes fait entièrement de ses compositions si\némouvantes quand on pense à son âge, à sa jeunesse anéantie par\nune écrasante besogne, à son désir de vivre et d'aimer.\nLa tradition garde le souvenir de sa libéralité extrême, car pauvre,\ndénué de tout confort, de toutes commodités dans sa vie de\nprivations, il servait à ce public insoucieux, des verres de vin, des bis-\ncuits, les enfants recevaient des pommes qu'ils cherchaient à avoir\nles plus rouges et les plus brillantes possible. Jamais une cargaison de\nbouteilles et de gâteaux ne vint généreusement offerte, égayer son\nvieux cœur, pour monter au comble l'exubérance de la gaîté.\nL'histoire de sa vie sentimentale a dû suivre le cours des événe-\nments auxquels connaissant la fermeté de l'impossible, il se soumettait"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "sans révolte. Deux fois marié, deux fois veuf, il est probable qu'il\naima mieux Clémence que Joséphine, car c'est ce nom qu'on rencontre\nà la tête de ses poèmes à chanter. Il y avait aussi une Yadviga, demoi-\nselle polonaise dont, comme de tout ce qui concerne la vie d'Henri\nRousseau, on ne possède d'autre renseignement que le sourire un peu\nmoqueur. Vieux, il garda le cœur juvénile. Les dernières années de sa\nvie s'assombrirent par une suite interminable d'ennuis que lui donna\nson ultime effort pour être heureux. Une Léonie, âgée de 54 ans, s'obs-\ntinait à être indécise : son père ne voulait rien entendre de ce mariage ;\ncomme les autres, il trouvait Henri Rousseau misérable, grotesque\ndans ses prétentions d'artiste. Personne dans le quartier ne pouvait se\nprononcer sur cet art qui ne lui fournissa taucuneaisance.il était\nquestion d'une expertise, d'un lecours aux compétences propres à\ndonner un avis définitif sur sa peinture.\nPar pure gentillesse, un peu maussade, sa blanchisseuse, les notes\ndu linge paraissant difficiles à régler, accepta de petites toiles, ainsi\nque le restaurateur où souvent il prenait ses repas ; mais son menuisier\nse montra intraitable : pour rien au monde, il ne voulut échanger un\ngrand châssis pour une de se 3 toiles.\nTout cela parvenait à la fiancée. Vendeuse au Bazar de l'Hôtel-de-\nVille, connaissant le prix de l'argent, elle cherchait à profiter le plus\npossible de sa situation de femme aimée. Elle arriva à lui enlever ses\nmaigres économies ; elle sut qu'il projetait une donation en sa faveur\nde tout ce qu'il pouvait avoir, ainsi que le profit de toutes ses\nœuvres errant de par le monde... elle voyait ses pieds saigner, la\ncirculation de son \"sang étant déjà mal assurée, une maladie qui devait\nl'emporter gagnant ses jambes qu'il ne ménageait point.\nTous les jours, Henri Rousseau, âgé de 65 ans, parcourait Paris\nd'un bout à l'autre, pour rejoindre aux heures des repas, celle qu'il\nnommait « la pauvre petite ».\nQuelques amis voyant son exaspération, tentèrent d'ébranler\nLéonie : elle ne parut point au jour fixé pour le mariage. C'est alors\nqu'on a vu Henri Rousseau,pâle et tremblant, courir à travers les rues,\nse lamenter de sa défaîte,se plaindre devant les gens qui s'aLtroupaient.\nPendant ce temps, sa personnalité s'affirmait de plus en plus\ndans le monde des Arts. Peu soucieux de « ce pauvre vieux », faisant\nune peinture qui ne ressemblait en rien à ce qu'ils s'habituèrent à"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "nommer ainsi, ses camarades du métier, par pure négligence, par\naveuglement facile à comprendre, le laissèrent sans difficulté entrer\nsur la piste. C'est qu'il était inofïensif, pauvre et vieux, ses épaules\nlégèrement courbées vers la terre, sa bonne figure au teint clair, aux\n%\nyeux bleus comme ceux d'un enfant. A qui pouvait porter préjudice,\nqui pouvait effacer cette apparition si bonasse ? On ne travailla point\nles critiques pour les obliger au silence : les ignorants qui au temps\nde Henri Rousseau dirigèrent la marche de toutes les gloires, pour ne\npas avoir usé envers lui d'aucune arme défensive, d'aucune violence,\nentreront eux-mêmes convenablement dans l'éternité.\nJeux du Destin, où quelque ombre familière aux génies étouffa un\néclat de rire.\nAinsi son chemin aplani, à la date régulièrement fixée pour les\nexpositions des Indépendants, plus tard du Salon d'Automne, il\ns'attelait à une voiture à bras pour y mener ses toiles. Jamais elles ne\nmontèrent dans les salles d'honneur, inaccessibles à leur aspect si peu\ncommun qu'on se plaisait de nommer amicalement « puéril » Leur place\nétait en bas, dans ce grand vide pareil, malgré sa hauteur,à un sous-sol,\nvaste emplacement inhospitalier, jugé peu utilisable où l'on casait le\nrebut de cette grande foire. Cela a duré pendant vingt-quatre ans\n(1886-1910).\nQui le premier osa faire voyager ses tableaux ? Sortis de Paris,\nimmédiatement ils trouvèrent les esprits prêts à les admirer. Des\nmarchands commencèrent à s'intéresser à lui, à lui prendre avec pru-\ndence quelques toiles, ce qui le fit rêver à une aisance extrême équi-\nvalent à vingt francs par jour. Les peintres de son quartier, de bons amis\nsans malice et sans fiel, s'amusèrent beaucoup en excitant ces rêves\npar des lettres où des illustres étrangers imaginaires, lui commandaient\ndes travaux importants. Tout heureux, il courait chez le marchand de\ncouleur, chez son menuisier, rien ne l'étonnait, les moqueries filtrées\npar sa foi, se transformaient en des faisceaux d'hommages qu'il accep-\ntait comme un acquittement, comme une petite part d'une immense\ndette. Aucune désillusion ne pouvait l'ébranler. Habitué à un courant\nininterrompu de contraintes et de désapprobations, seul son bonheur\nde peindre le confirmait dans l'inébranlable de sa destinée.\nCeux qui le croient naïf, sans un grand savoir, suivent une prédis-\nposition malheureuse de leur propre nature, ou peut-être intimidés"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "par la déprimante admiration pour leurs prédécesseurs, n'osent pas\ns'aventurer dans les nouvelles conjectures.\nJamais la personnalité ne peut arriver à une si définitive éclosion,\nà une précision aussi ferme sans le savoir absolument conscient, non\nseulement du métier, mais de sa propre valeur.\nElevé sous le fléau des âpres exigences de la finition dans le travail,\nil les appliquait à lui-même, élargissant ainsi son pouvoir basé sur la\nconscience, le soin extrême, le désir de pousser l'accomplissement jus-\nqu'à l'impossible. Chaque tableau de Henri Rousseau, c'est la\nfière sûreté de ses moyens, l'adresse extrême de la mise en\nscène, infaillible d'équilibre et de proportion. Ce n'est pas\nl'abrégé d'une formule préconcue, ni le triage savamment\nallégé, un trompe-l'œil tapageusement expressif. C'est une vision\nimposée par une fantaisie d'un raffinement inassouvi, ne cherchant\nque sa propre satisfaction, que l'éblouissement définitif se dégageant\ndu désir inquiet de servir son objet le mieux possible, le chemin le plus\ndroit qui exclut toute hésitation. Son génie c'est l'égalité de la valeur\nexécutive : sur toute la surface de chacune de ses toiles, l'inextinguible\namour, patience, volonté, guident le pinceau. Jamais de coupable\nrelâchement, jamais de désir de paraître sans avoir assumé le joyeux\nsacrifice jusqu'au bout. Ainsi la densité de sa valeur picturale est\ntelle, que même les bords les plus cachés de ses tableaux portent\nl'empreinte de cette sollicitude ardente dont il les entourait.\nLes moments, les figures qu'il y fixait n'étaient que ses grands\nbeaux dimanches à lui où il respirait avec aise le oisir transformé en\nun travail si âpre dans son ardeur. Aucune trace de servitude ne se\ndégage de ses figures-portraits de ceux qu'il abordait dans la vie.\nEux aussi semblent vivre de beaux moments de dimanches,\nornés de faux-cols et de cravates fraîchement blanchis, de redingotes\naccessoires inévitables d'une fête, d'une pose devant un photographe\nau jour solennel d'une noce ou d'un baptême. La nature aussi semble\nfêter sa plus belle éclosion, chaque feuille dans sa précision dentelée,\nc'est une apparition toute neuve où aucun insecte n'avait le temps\nde se poser ; chaque fleur, c'est un songe, une forme inédite suggérée\npar son nom. Les gradations de ses cieux le plus souvent sans nuage,\nce n'est pas la copie du vrai ciel, c'est l'art de transmettre sa disposi-\ntion pour l'ensemble de la chose qu'il se proposait d exécuter."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2410, "texte": "Henri Rousseau inventa lui-même ses moyens d'exécution. Ses\ntableaux sont des copies de ses rêves d'après la nature de son ceiveau,\nrespectueux devant la grandeur de tout ce qui précéda son apparition\ndans l'Art.\nAimant la discipline dans le travail, nourri de savoir-faire, il\nestimait l'Académie et les professeurs apprenant à dessiner et à peindre.\nL'impressionnisme devait lui sembler une tentative sublime d éludei\nles difficultés de la précision s'acquittant par des tâches équivalent\nà la fugacité de la lumière qui eftace tous les attriouts de la forme.\nIl est plus que sûr que côté raisonnement, combinaisons à priori,\net tout ce qui infecte de nos jours les milieux artistiques transfoimés en\nacadémies de rhétorique, lui fut étranger. Mais, comme tout artiste\nde génie ne travaillant qu'avec son cœur, exigence de plastique ne\nlui laissant aucun doute de sa vérité, il suivit sa passion par le chemin\nqu'elle lui imposait, celui du plus grand effort vers la perfection. Ses\ntableaux sont d'un luxe extrême, car ils représentent un état libéré\nde tout autre souci que leur réalisation, que les lois de sa vie et celle\nd'un peuple entier lui interdisent.\nSon indigence l'ayant enfermé dans l'infranchissable, ne lui per-\nmettant de dépasser son déplacement plus loin que la banlieue pan-\nsienne, son imagination, son goût pour le merveilleux, le portèrent\nhors de toutes les limites vers l'inaccessible, vers le plus lointain,\nle plus beau, le plus exorbitant.\nOn croit que tout jeune, il participa à la guerre du Mexique, et\nque ses forêts vierges, singes, tigres, enchanteurs, fleurs suggérées\npar les lotus, palmiers, orchidées, sont les souvenirs des jours qu'il y\npassa en suivant son régiment. Est-il possible qu'il laissa ses impres-\nsions se ternir sous les couches poudreuses du temps, sous la misérable\ngrisaille de sa vie parisienne ? Ces tableaux exotiques, cette fantaisie\nd'une fraîcheur aussi jeune que son cœur, n'apparurent que dans les\ndernières années de sa vieillesse, vers 1904, six ans avant sa mort.\nPeut-on croire qu'inutilisés, il garda ses souvenirs pendant quarante\nans ? d'ailleurs, la flore du Mexique ne ressemble en rien à ce que\nl'on admire dans ses tableaux : « plateaux parfois désertiques encadrés\npar de hautes chaînes de montagnes volcaniques au milieu desquelles\nse développent de fertiles vallées. »\nSouvent le dimanche, Henri Rousseau, vieux et fatigué, devait,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "au lieu de chercher la banlieue trop lointaine, se promener dans le\nJardin des Plantes ou d'Acclimatation. Habitué à la pauvreté de son\natelier, de tous ses attributs où seul le canapé recouvert de l'utrecht\nlie de vin déteint, apparaissait splendide, s'adossant contre un mur,\nil se figeait dans une admiration sans borne, au seuil de serres où\ngraduées savamment, des plantes merveilleuses s'exhibent en parasols,\npanaches, éventails, fusées, chutes pareilles à celles d'un torrent qui\ndévale du plus haut de la montagne jusqu'au plus profond de l'abîme.\nDes fleurs aux calices immaculés, aux corolles jamais vues, et d autres\npareilles à des constructions impossibles à définir, éclatent dans les\nverdures, s'ouvrent et s'effeuillent dans une atmosphère où l'artifice\nde la chaleur rend leur exaltation plus dense sous la voûte des vitres\nqui s'irisent de plus d'arcs-en-ciel, que sous leur propre climat.A côté\nles lions rugissent, les tigres flairent la mort des bêtes qu'ils vou-\ndraient terrasser, de gros serpents s'exténuent de tristesse dans leurs\ncouvertures héritées des hôpitaux, les perroquets rouges, bleus et\njaunes, crient dés injures au-dessus des oies qui ne se doutent de rien,\net les singes désœuvrés meurent doucement d'amour.\nL'ardeur extrême, les rêves presque effrayants envahissaient\nle cœur de ce vieillard de génie, qui contredisant par sa seule présence\nle convenu déjà classé, au lieu de trébucher sous l'action du temps,\nprenait en s'embaumant d'émanations tropicales, un essor inattendu,\nune audace nouvelle, tout imprégné de l'émerveillement qui guidait sa\nfantaisie.\nLa série de ses tableaux ainsi inspirés, c'est le trésor de l'inédit\nappartenant à l'art pictural. Le parfait du beau lisse, où les yeux ne\nheurtent jamais contre les obstacles, contre les défaillances de la\nvolonté créatrice. Le mystère doux et pénétrant, presque le parfum\nivre de sa propre essence, se dégage de ses forêts aux feuilles merveil-\nleusement raffinées, aux fleurs gigantesques d'une pureté passionnée.\nSon goût dans le choix d'emplacement est tel, qu'une joie intarissable,\némue, saisit à jamais le spectateur asservi.\nUne mort violente due au manque de soins et de confort, le plus\nindispensable à son âge, l'emporta humblement affaissé sur un lit\nd'hôpital."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "Physiquement détruit, il continue à multiplier par son art, ses\ncapacités de vivre.\nVéritable phénomène de la nature, puisant sa force dans sa\npropre substance, il apparaît unique formule du jamais existant,\nd'inabordable, car pour l'approcher il faudrait reconstruire toutes\nles coïncidences de la vie réelle, s'appuyant sur une base de combi-\nnaisons métaphysiques introuvables, comme les origines de l'Univers.\nAucune admiration, aucun effort de l'absorbé, ne pourront activer\nla familiarisation que dans l'état passif qui exclut toute possibilité\nde patronage. Son art jailli du sol populaire, par une contradiction\nqui n'est admissible que dans ce cas exceptionnel, ne pourra jamais\nséduire que le monde de la plus haute intelligence sentimentale et\nartistique. Le phénomène des disproportions, entre son désir de satis-\nfaire aux exigences convenues de la beauté et sa tendance instinctive\nde dépasser les limites du permis dans sa conception, le fera toujours\ngrotesque aux yeux du peuple : les mains d'une extrême grandeur ou\nd'une extrême petitesse, ainsi que la raideur des membres là où l'on\n11 admet que les courbes et les plis, la remise au premier plan de frag-\nments naturellement destinés à l'arrière, et, ce qui est attaché indisso-\nlublement à chaque œuvre d'Henri Rousseau, que l'objet n'est qu'un\nsimulacre, 1 idée de la chose qu'il se propose de représenter, que malgré\nla réalité de ses formes imagées, elle ne contiennent aucun élément de\n1 éalisme et vivent hors de 1 atmosphère, ceci le fera toujours unique-\nment accessible à l'élite.\nL Histoire de 1 Art devrait enregistrer l'avènement de cette\nnouvelle grandeur jusqu'à présent indéterminée. Au moment où\n1 Impressionnisme dota la jeune peinture d'un fâcheux relâchement\nHenri Rousseau ébranla les goûts, effara les esprits, fit virer l'époque\ndu côté du vrai art, Il doit être considéré comme un des plus grands\npeintres français ayant droit à l'immortalité.\n\nROCH GREY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c005", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.3.2", "titre_corps": "PORTRAIT DE PIERRE LOTI", "titre_sommaire": "PORTRAIT DE PIERRE LOTI", "signature_source": "ROUSSEAU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 48, "texte": "PORTRAIT DE PIERRE LOTI\nROUSSEAU\nCliché D. 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dit le papa, en voilà des façons !\nSavez-vous que ma fille a de V instruction ! »\nIl désigne au-dessus de la porte du home,\nDu baccalauréat le superbe diplôme !\nLe prince en eut une muselière.\nSon père le voulant obliger a l hymen\nDu sexe lui montrait les plus beaux spécimens.\nNon, disait-il au roi son père,\nIl me faut une bachelière !\nAh, ce n'est pas dans voire palais de crétins\nQu'on la dénichera ! Pas de perle dans le crottin ».\nOn lui proposa bien quelques femmes dcspiit,\nMais non garanti sur papier par écrit.\nLe prince avait le spleen\nOn lui chercha Peau d'Ane.\nAllez, mesdames, allez-dans nos Facultés,\nDévelopper vos facultés.\n\nNOCTURNE\nPygmalion danse la mattchiche\nTenant Phébé par la main.\nPuisque Jupiter s'en fiche\nNous les marierons demain\nVoici la nuit qui s'avance,\nNeptune est sorti de Veau\nLe menuet qui commence\nSe danse sur les tréteaux.\nA la lumière électrique\nLes dieux sont-ils des ours blancs ?\nLa lune est bien trop étique,\nBougeoirs sur les petits bancs.\nQu'on cherche dans Montparnasse\nDes instruments musiciens\nPrenez une calebasse\nEt la corde d'un chat marin."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "Pour faire des castagnettes\nCes dames auront nos cœurs.\nEt des grelots sur nos têtes,\nLa folie, c'est le bonheur.\n\nSIGNOR CALAMAR\nIl avait la voix brève et le pas saccadé\nMais il était malin et savait en changer.\nToujours vêtu de noir et de rouge mêlés\nCalamar s'entourait de moines et d'abbés.\nEt très souvent près d'eux il déplorait ses crimes:\nComme son nez en scie, il a des mois en limes.\nIl ne parle jamais que la langue cles camps\nDit « le pied » du sergent, « juteux » de l'adjudant;\nLa cafetière pour lui est le « percolateur »,\nLe soldat de première classe est un « zonar ».\nLe chef des embusqués « caporal des flemmards »\nEt le sergent-major un « doublar ».\nIl menaçait sa femme de la lessiver.\nTramoniana sa femme était comme un agneau\nMais elle avait des mœurs plus sales qu'un pourceau.\nElle était couronnée de rose et d'églantine\nMais elle avait du feu et du sang dans l'urine\nLeur fille Lassépia é ait une étourdie.\nElle n'avait pas de père ; elle en avait trente-six.\nSignor Calamar était menteur et fou,\nCupide tellement qu'il raclait les gros sous :\nAvec le vert de gris il faisait cle la soupe,\nQu'il faisait avaler aux soldais de ses troupes.\n« Vingt-cinq mille sesterces et autant de talents\nA qui m'inventera la soupe aux ortolans !.. »\nDit-il en dévissant du salon la pendule,\nCar en horlogerie il était très habile.\nLes génois dans la gène contractent un emprunt\nIl prépare sa part et ne partage rien.\nIl marie Lassépia avec un vieux sous-off,\nBien que Tramoniana soit une Romanoff."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "MORALITÉ\nCalamar supprima les lois sur le divorce :\nLe malheur des parents est la leçon des gosses.\nIl enseignait le vice aux enfants des villages,\nAfin que la vertu semblât le prix de l'âge;\nSupprima la conversation et la lecture\nPour que chaque apprit à voir à sa mesure .;\nIl enferma les vrais savants dans les prisons,\nLoin des sols visiteurs et des décorations.\nLes autres furent livrés à Vlnquisition ;\nDécréta que jamais plus rien ne serait beau;\nAnnula les ventes de tableaux vrais ou faux;\nPermit qu'on se passât de toutes religions ;\nLes Dieux ont sur chacun d'occultes intentions,\nJésus-Christ n'ayant pas écrit sur ses mystères.\nCe serait le braver que de ne pas s'en taire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c011", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.1", "titre_corps": "Bois de VlamincK.", "titre_sommaire": "Bois de VlamincK.", "signature_source": "Vlaminck", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 17, "texte": "Bois de VlamincK."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c012", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "14", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.2", "titre_corps": "RIQUET A LA HOUPPE", "titre_sommaire": "RIQUET A LA HOUPPE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.20", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "RIQUET A LA HOUPPE\nUne princesse, dit Perrault, devait donner à son mari\nDe sa beauté et, lui, la payer en esprit.\nD'aucuns ne content pas ainsi.\nUn grand roi, m'a-t-on dit, avait un fils difforme.\nLes courtisans saluaient ce fils très bas.\n« On me salue, pensait l'enfant, c'est pour la forme.\nCar si je n'étais pas le fds de mon papa\nJ'aurais même du mal a trouver un emploi.\nDans une tour restant à lire il lut tant qu'à la fin,\nIl se fit lui-même écrivain.\nRiquet avait beaucoup d'esprit pour l'opinion.\nUne princesse idiote mais fort belle\nAyant ouï parlé dans sa ruelle^\nDu prince très savant et de ses éditions"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "Fit venir à sa cour les livres et l'auteur,\nEspérant prendre au moins son cœur.\nIl fallait bien sortir le Riquet à la houpe.\nEn voyant le bossu et ses cheveux d éloupe,\nFemme bête et riche est souvent impertinente,\nElle a tant ri, tant ri, qu'elle s'en tenait la hanche.\n« Les livres du petit qu'on les rende au libraire,\nEt qu'on fasse atteler sa voiture sur l'aire ».\nQuand on n'a pas de grâce et qu'on est un nabot,\nEût-on l'esprit cent fois plus beau,\nOn n'est aux yeux des gens pourtant qu un escarjot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c013", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "14", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.3", "titre_corps": "MADAME BARBE-BLEUE", "titre_sommaire": "MADAME BARBE-BLEUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.21", "debut_caractere": 509, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "MADAME BARBE-BLEUE\nMadame Barbe-Bleue appelle un serrurier\nRend les clefs bien en ordre et fait chercher ses frères.\n« Quand vous saurez ce qui m arrive vous rirez.\n'« Le juge par mes soins est instruit de l'affaire.\n« Mon mari, mes amis, est un grand assassin.\n« J'en ai trouvé la preuve en sortant ce malin.\n« Et comme il n'a pas de parent\n« Nous héritons de son argent ».\nLes femmes, on Va dit sont des êtres sublimes.\nFolles jusqu'au génie et grandes jusqu'aux crimes,\nCe qui augmente encore leurs charmes et leur prix\nC'est que dans les moments critiques\nAu milieu des sanglots, des larmes et des cris.\nElles perdent les sens mais non le sens pratique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c014", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "15", "image_debut": 21, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.4", "titre_corps": "PEAU D'ANE OU LA QUESTION FÉMINISTE", "titre_sommaire": "PEAU D'ANE OU LA QUESTION FÉMINISTE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.21", "debut_caractere": 1168, "fin_caractere_exclue": 1456, "texte": "PEAU D'ANE\nOU LA QUESTION FÉMINISTE\n\nLe conte cle Peau d'Ane a de la renommée\nC'est le roman des diplômées !\nEn ce temps là les rois épousaient des bergères\nMais non encore des bachelières.\nLa mode en vint.\nUn prince étant entre deux vins\nChez un de ses vassaux fermier des plus gaillards"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "Buvait un jour et par hasard. _ •\nLe prince était bon prince et même joyeux di ille.\nIl prend en s'amusant la taille de la fille.\nHolà ! dit le papa, en voilà des façons !\nSavez-vous que ma fille a de V instruction ! »\nIl désigne au-dessus de la porte du home,\nDu baccalauréat le superbe diplôme !\nLe prince en eut une muselière.\nSon père le voulant obliger a l hymen\nDu sexe lui montrait les plus beaux spécimens.\nNon, disait-il au roi son père,\nIl me faut une bachelière !\nAh, ce n'est pas dans voire palais de crétins\nQu'on la dénichera ! Pas de perle dans le crottin ».\nOn lui proposa bien quelques femmes dcspiit,\nMais non garanti sur papier par écrit.\nLe prince avait le spleen\nOn lui chercha Peau d'Ane.\nAllez, mesdames, allez-dans nos Facultés,\nDévelopper vos facultés."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c015", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.4.1", "titre_corps": "L'OCTROI", "titre_sommaire": "L'OCTROI", "signature_source": "Rousseau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 26, "texte": "L'OCTROI\nCliché Flechtheim"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c016", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.4.2", "titre_corps": "LA CARRIÈRÉ", "titre_sommaire": "LA CARRIÈRÉ", "signature_source": "Rousseau ; Lepoutre", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.22", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 54, "texte": "IA CARRIÈRÉ\nPhoto Lepoutre"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c017", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.4.3", "titre_corps": "LA RÉCOLTE DES BANANES", "titre_sommaire": "LA RÉCOLTE DES BANANES", "signature_source": "Rousseau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 38, "texte": "LA KÉCOLTE DES BANANES\nCliché D. 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.6", "titre_corps": "SIGNOR CALAMAR", "titre_sommaire": "SIGNOR CALAMAR", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.27", "debut_caractere": 115, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "SIGNOR CALAMAR\nIl avait la voix brève et le pas saccadé\nMais il était malin et savait en changer.\nToujours vêtu de noir et de rouge mêlés\nCalamar s'entourait de moines et d'abbés.\nEt très souvent près d'eux il déplorait ses crimes:\nComme son nez en scie, il a des mois en limes.\nIl ne parle jamais que la langue cles camps\nDit « le pied » du sergent, « juteux » de l'adjudant;\nLa cafetière pour lui est le « percolateur »,\nLe soldat de première classe est un « zonar ».\nLe chef des embusqués « caporal des flemmards »\nEt le sergent-major un « doublar ».\nIl menaçait sa femme de la lessiver.\nTramoniana sa femme était comme un agneau\nMais elle avait des mœurs plus sales qu'un pourceau.\nElle était couronnée de rose et d'églantine\nMais elle avait du feu et du sang dans l'urine\nLeur fille Lassépia é ait une étourdie.\nElle n'avait pas de père ; elle en avait trente-six.\nSignor Calamar était menteur et fou,\nCupide tellement qu'il raclait les gros sous :\nAvec le vert de gris il faisait cle la soupe,\nQu'il faisait avaler aux soldais de ses troupes.\n« Vingt-cinq mille sesterces et autant de talents\nA qui m'inventera la soupe aux ortolans !.. »\nDit-il en dévissant du salon la pendule,\nCar en horlogerie il était très habile.\nLes génois dans la gène contractent un emprunt\nIl prépare sa part et ne partage rien.\nIl marie Lassépia avec un vieux sous-off,\nBien que Tramoniana soit une Romanoff."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c022", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "17", "page_fin": "17", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.4.7", "titre_corps": "MORALITÉ", "titre_sommaire": "MORALITÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "MORALITÉ\nCalamar supprima les lois sur le divorce :\nLe malheur des parents est la leçon des gosses.\nIl enseignait le vice aux enfants des villages,\nAfin que la vertu semblât le prix de l'âge;\nSupprima la conversation et la lecture\nPour que chaque apprit à voir à sa mesure .;\nIl enferma les vrais savants dans les prisons,\nLoin des sols visiteurs et des décorations.\nLes autres furent livrés à Vlnquisition ;\nDécréta que jamais plus rien ne serait beau;\nAnnula les ventes de tableaux vrais ou faux;\nPermit qu'on se passât de toutes religions ;\nLes Dieux ont sur chacun d'occultes intentions,\nJésus-Christ n'ayant pas écrit sur ses mystères.\nCe serait le braver que de ne pas s'en taire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c023", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "17", "page_fin": "17", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Elle les tourne, les retourne ces charmantes cocardes rapides,\net finit par monter dans le plus petit cabriolet, laid qui s'envole,\nhélicoptère. C'est un insecte.\nSuperbe tricorne de polytechnicien avec plumes, canne de\nmaître de cérémonies, beau jeune homme rose. Le wagram est la trei-\nzième pierre du pectoral des prêtres bibliques. On en décore 1 enfant\nde chœur ou de cœur. Ceci se passe dans l'école communale qui est\npeut-être une sacristie. Gants clairs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c024", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "17", "page_fin": "17", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.6", "titre_corps": "LE DÉMON", "titre_sommaire": "LE DÉMON", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.28", "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "LE DÉMON\nL'océan sombre et soulevé par le vent ! figure de ta face énorme\net laide ô démon ! Parfois mon lit a la figure du démon, les plis de ses\ndraps font sa face : alors moi je suis la pudique femme nue, horrifiée\npar une présence ! une présence."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c025", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "18", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.7", "titre_corps": "CAREME 1921", "titre_sommaire": "CAREME 1921", "signature_source": "MAX JACOB", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.29", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "CAREME 1921\nMAX JACOB.\nC'est un paysage d'Alsace, me dit-on. Beaucoup de voyageurs\ndans le Touring Mail. Que la nature est triste là ! des touffes de bois\nsur des collines ! les arbres sont couverts de fleurs couleurs d automne.\nApparences ! Apparences ! ces arbres sont secs, Heurs mm^es.\nL'hôtellerie a bel aspect : genre wagon restaurant a 1 *\nil n'y a rien à manger. Ainsi est mon âme et celle des dévots. Beaucoup\nde pratiques, de dévotion et l'aspect de la vertu ; mais point de\nferveur, et plus d'habitude que de foi. Que la nature est triste »\nles fleurs sont mortes, les arbres secs et il n'y a point a manger a\nl'hôtellerie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c026", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "19", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.8", "titre_corps": "DÉVOUEMENT", "titre_sommaire": "DÉVOUEMENT", "signature_source": "R. EDME", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.29", "debut_caractere": 636, "fin_caractere_exclue": 1438, "texte": "DÉVOUEMENT\n\nCe fut cette nuit\nAu falbaia électrique\nD'une gare\nQu'un rapide dérailla.\nJ'eus pitié de la locomotive jusqu'à ce que\nCharbon en terre, son sang épuisé\nElle s'endormit lourdement.\nJe dis le Dies Irae sur cette héroïque machinerie\net m'emballai de complexion avec la science.\nMais tout l'autre criait\nPoint du tout choraux ; ces appels en fer blanc étamés parla charcuterie\net le sommeil, m'empêchaient de chanter.\nNe pouvant dans ce fracas lancer ma ballade à l'aube en baptême; je\nrésolus d'en sauver quelques-uns par geste et esthétiquement; car seul\nle Daïmon Erotique des V/. C. sait combien je reiiiai de plasma d origine,\nMes amis.\nLes fleurs du mal à la boutonnière\nJ'arrachai ail cercueil\n« Fumeur »\n2me et 3me classe\nAu Dining Room\nEt surtout au sleeping-car, car j'aime les amants"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 990, "texte": "Deux ou trois douzaines d'imbéciles\nQui exultaient cinq minutes avant Varrêt : «\nLa Vie, Monsieur ?\nça ne vaut pas la peine\nAllez ! »\nMais je m'aperçus, blessé au visage.\nEt le lendemain\nj'étais bandé devant de très hygiéniques carreaux d'hôpital.\nLe Cantonal bréviaire annonça : « Qu'un jeune-poète-de-Paris-avait\nsauvé quinze personnes un-livre-à-la-main ».\npuis\nDe solennels œufs-sur-le-plat, à la voix de bure me greffèrent\nla Légion d'honneur.\n« Moi ? Monsieur ?\nMoi et un marchand cle beurre\nun épicier ?\nun financier ?\nQue non ! Monsieur !\nPouvez-vous mettre dans mes poches une demi-livre de soleil ?\nJ'ai sauvé esthétiquement et par geste\nparce qu'ils criaient trop fort\nEt brouillaient ma cantate à l'aube en baptême »\nCombien d'amis là.\n« Seuls\nles W. C. du dining room vous diront mon sacrifice »\nLe lendemain :\nLe cantonal bréviaire annonça que j'étais un pâle voyou\net que peut-être c'était\nMoi\nqui avait aveuglé la locomotive\n« Les fleurs du mal à la boutonnière ».\n\nR. EDME."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c027", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "25", "image_debut": 31, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9", "titre_corps": "PLUMES", "titre_sommaire": "PLUMES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.31", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 891, "texte": "PLUMES\n\nI\n0 jeunes filles sans pareilles\nPour qui j'ai fait tant de chansons !\nTirez les cheveux de Samson\nQui, dans vos bras, rêve et sommeille.\nVénus que j'ai trop attendue,\nNe peut donner que ce qu'elle a.\nCheveux coupés par Dalila...\nEurydice cent fois perdue...\nTout au fond des jardins du Tendre\nNous nous en irons, si tu veux...\nUne mèche de tes cheveux\nSera la corde pour me pendre.\n\nII\nPuisque Vénus notre marâtre\nDe ses doigts divins n'a mouché\nQue la chandelle de Psyché\nOu le faux nez de Cléopâtre,\nAllons cueillir la mandragore\nAu jardin des fruits défendus,\nBeaux corps sans âme, enfants perdus,\nTendres colombes de Gomorrhe :\nVoici mon péché solitaire...\nPetits amours, clansez en rond...\nQue de paradis s'ouvriront\nDans le ciel rose de Cythère.\n\nIII\nTombé du ciel dans la mansarde,\nAu chevet de mon lit étroit,\nLe nez rouge et tremblant de froid,\nLa nuit, un ange me regarde,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "Et dans l'ombre où mon cœur se musse,\nAssis mélancoliquement,\nJ'aime à chercher mes sentiments\nComme un singe cherche ses puces.\nUn cœur du passé se délivre,\nDu présent ou de l'avenir,\nEt ne veut plus se souvenir.\nQue d'avoir oublié de vivre.\n\nMASQUE\nL'éventail, le bouquet, le masque\nCachent les beaux yeux de la dame,\nMais l'ennui chante dans son âme,\nComme un jet d'eau dans une vasque.\nQu'entre mes doigts son cœur se brise !\nQue sa ceinture se dénoue,\nTandis que la musique joue\nL'air du Carnaval de Venise.\nAu fond d'un cœur plein de fumée\nS'élève une voix suppliante,\nLe jour se lève... Adieu passante\nToi que je n'eusse pas aimée !\n\nUN SOIR D'ENNUI\n\nCe soir, j'ai vu sourire un visage moqueur,\nDans Vombre, tout au fond du miroir solitaire,\nMais les petites mains qui font tourner la terre\nN'ont pas beaucoup changé la forme de mon cœur.\nJe sais que le plaisir embellit ton visage,\nOmbre que j'ai tenue, un soir entre mes bras...\nRevienne un autre hiver et tu t'endormiras,\nLes yeux levés, colombe au ciel de mon lit-cage.\nEntre dans tous les paradis qui s\"ouvriront,\nCher ange et que demain, frissonnante et pâmée,\nDans des bras inconnus tombe la bien-aimée !\nIl fait froid dans ma chambre, amours, dansez en rond '"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.33", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "Feuille morte, où le vent m'emportera demain ,\nLes voyages du cœur ont formé ma jeunesse ;\nJ'aurai toujours connu leur charmante tristesse.\nSans qiïElle soit passée, un jour sur mon chemin.\n\nGEORGES GABORY.\n\nCHANSON DE LA LANTERNE\nPetits tramways aux ailes cVor\nVous en allez ! Vous en allez !\nTous les quarts d'heure avec des femmes en iussor\nEt des messieurs entulipés.\nNous restons seuls ! Nous restons seuls !\nOuai noctambule\n\"V»\nBar fraternel\nA!fiches rouges qui s'en fichent.\nSi seuls ! Si seuls !\nCombien de bateaux s'en vont à Saint-Cloud\nHirondelles qui meurent\nEt tant de tangos non dansés !\nLanterne pâlement malade\nMon Cœur : qu'attends-tu donc au coin du monde ?\n\nJOAILLERIE\nIVAN GOLL.\nLes bijoutiers n'ouvrent que le soir\nCollier de lampes à arc au cou de V Opéra\nMonsieur Saturne descend de son auto bleue pâle\nUne Vénus de — Cent mille francs\nEst née dans sa cravate de satin\nVierge sans nom de famille et sans carte de pain\nBallérine de gala pendant les feux d'artifice\nQui donc a acheté le film du zodiaque ?\nJ'ai jeté dans la Balance mon cœur de rubis."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "LE PÈLERIN REVIENT\nVoilà le pauvre Thom, gris de froid sur le grand chemin !\nEh ! Les amis ! Voilà Thom de retour de la Terre Sainte.\nQui lui racontera la nouvelle ? Tirons au sort !\nLa femme de Thom, elle aussi, est en pélérinage\n— en compagnie d'un troubadour.\nFemme et meneslrel vont mieux ensemble que femme et pèlerin.\nThom, mon vieux, retourne à Jérusalem !\n\nUN BATEAU PÊCHEUR COULE A MIDI\n0 Pêcheur ! tu n'oublies pas ton goût pour le poisson : les dieux n'oublient\npas leur goût pour toi.\nTu tords les doigts dans les entrailles, et les orbites ne connaissent\nplus les yeux.\nTout ça pour ton dîner!\nDe même, pour leur genre de goûter, les dieux éventrent ion corps plein\nde vie, et quand ils ont envie de se régaler, ils ie boivent.\nQu'es-lu de plus que le poisson, loi ?\nMais comme tu t'indignes de l'induction.\n\nLA PESTE\nNi Vamour, ni la luxure ne peuvent étouffer la puanteur du cadavre\nverclâtre, encore sur la poussière adoratrice.\nDonne, ô homme, à la poussière ce qui est à elle, et rends grâce aux dieux\nd'avoir laissé dans leurs combinaisons au pays des vivants d'autres\nfemmes.\n\nUN OIGNON SUR UNE ECHARPE ROUGE\nBÉATRICE HASTINGS.\n0 trésor brun ! 0 Perle ! 0 Oignon !\nqui t'a mis là sur son écharpe cle dimanche, en Vappelant\n« La zolie sose ! »\nQui — sinon le petit chérubin ?\nMais voilà, la fi lie, Voreille toute rose du torchon vengeur de la cuisinière.\n0 trésor brun doré ! 0 Perle — pour le pot !"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "AUTOMNE RÉGULIER\nLa lune tourne en vain\nDans ma main\nLa nuit et le jour\nSe sont rencontrés\nEt l'angle ouvert mieux qu'une bouche\nAvale mes pensées\nLa lune moulin à vent\nTourne tourne tourne en vain\nLe paysage au fond des âges\nEt l'étang dans sa cage\nEn vain tu cherches\nArbre d'automne\nH n'y a plus d'oiseaux\nIl n'y a plus d'oiseaux\nEn regardant sur les vallées\nOn voit partout des sons de cloches fanés\nLe jour est plein mes mains aussi\nA l'autre bout s'en sont allés\nLes pas sans bruit.\n\nC'EST L'AUTOMNE DES CLOCHERS\n\nJe ne sais plus de blonde ou brune\nLaissons la place aux matelots\nViens regarder dans mes ilôts\nLa nature morte du clair de lune\nAvec l'assiette au bord de Veau\nEt la rose s'effeuillant sur Voiseau qui chante\nA minuit quarante.\nOublie-moi\nPetit astre caché\nC'est l'heure où j'embaume ma forêt\nOublie-moi"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "Pilote sans navire et sans loi\nAu fond de mes yeux\nChantera toujours le poète noyé.\n\nVINCENT HUIDOBRO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c028", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "20", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.4", "titre_corps": "MASQUE", "titre_sommaire": "MASQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.32", "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "MASQUE\nL'éventail, le bouquet, le masque\nCachent les beaux yeux de la dame,\nMais l'ennui chante dans son âme,\nComme un jet d'eau dans une vasque.\nQu'entre mes doigts son cœur se brise !\nQue sa ceinture se dénoue,\nTandis que la musique joue\nL'air du Carnaval de Venise.\nAu fond d'un cœur plein de fumée\nS'élève une voix suppliante,\nLe jour se lève... 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Vous en allez !\nTous les quarts d'heure avec des femmes en iussor\nEt des messieurs entulipés.\nNous restons seuls ! Nous restons seuls !\nOuai noctambule\n\"V»\nBar fraternel\nA!fiches rouges qui s'en fichent.\nSi seuls ! Si seuls !\nCombien de bateaux s'en vont à Saint-Cloud\nHirondelles qui meurent\nEt tant de tangos non dansés !\nLanterne pâlement malade\nMon Cœur : qu'attends-tu donc au coin du monde ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c034", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "22", "page_fin": "22", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.7", "titre_corps": "JOAILLERIE", "titre_sommaire": "JOAILLERIE", "signature_source": "IVAN GOLL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.33", "debut_caractere": 677, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "JOAILLERIE\nIVAN GOLL.\nLes bijoutiers n'ouvrent que le soir\nCollier de lampes à arc au cou de V Opéra\nMonsieur Saturne descend de son auto bleue pâle\nUne Vénus de — Cent mille francs\nEst née dans sa cravate de satin\nVierge sans nom de famille et sans carte de pain\nBallérine de gala pendant les feux d'artifice\nQui donc a acheté le film du zodiaque ?\nJ'ai jeté dans la Balance mon cœur de rubis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c035", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.8", "titre_corps": "LE PÈLERIN REVIENT", "titre_sommaire": "LE PÈLERIN REVIENT", "signature_source": "BÉATRICE HASTINGS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "LE PÈLERIN REVIENT\nVoilà le pauvre Thom, gris de froid sur le grand chemin !\nEh ! Les amis ! Voilà Thom de retour de la Terre Sainte.\nQui lui racontera la nouvelle ? Tirons au sort !\nLa femme de Thom, elle aussi, est en pélérinage\n— en compagnie d'un troubadour.\nFemme et meneslrel vont mieux ensemble que femme et pèlerin.\nThom, mon vieux, retourne à Jérusalem !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c036", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.9", "titre_corps": "UN BATEAU PÊCHEUR COULE A MIDI", "titre_sommaire": "UN BATEAU PÊCHEUR COULE A MIDI", "signature_source": "BÉATRICE HASTINGS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.34", "debut_caractere": 365, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "UN BATEAU PÊCHEUR COULE A MIDI\n0 Pêcheur ! tu n'oublies pas ton goût pour le poisson : les dieux n'oublient\npas leur goût pour toi.\nTu tords les doigts dans les entrailles, et les orbites ne connaissent\nplus les yeux.\nTout ça pour ton dîner!\nDe même, pour leur genre de goûter, les dieux éventrent ion corps plein\nde vie, et quand ils ont envie de se régaler, ils ie boivent.\nQu'es-lu de plus que le poisson, loi ?\nMais comme tu t'indignes de l'induction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c037", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.10", "titre_corps": "LA PESTE", "titre_sommaire": "LA PESTE", "signature_source": "BÉATRICE HASTINGS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.34", "debut_caractere": 822, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "LA PESTE\nNi Vamour, ni la luxure ne peuvent étouffer la puanteur du cadavre\nverclâtre, encore sur la poussière adoratrice.\nDonne, ô homme, à la poussière ce qui est à elle, et rends grâce aux dieux\nd'avoir laissé dans leurs combinaisons au pays des vivants d'autres\nfemmes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c038", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.11", "titre_corps": "UN OIGNON SUR UNE ECHARPE ROUGE", "titre_sommaire": "UN OIGNON SUR UNE ECHARPE ROUGE", "signature_source": "BÉATRICE HASTINGS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.34", "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "UN OIGNON SUR UNE ECHARPE ROUGE\nBÉATRICE HASTINGS.\n0 trésor brun ! 0 Perle ! 0 Oignon !\nqui t'a mis là sur son écharpe cle dimanche, en Vappelant\n« La zolie sose ! »\nQui — sinon le petit chérubin ?\nMais voilà, la fi lie, Voreille toute rose du torchon vengeur de la cuisinière.\n0 trésor brun doré ! 0 Perle — pour le pot !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c039", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "24", "page_fin": "24", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.12", "titre_corps": "AUTOMNE RÉGULIER", "titre_sommaire": "AUTOMNE RÉGULIER", "signature_source": "VINCENT HUIDOBRO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "AUTOMNE RÉGULIER\nLa lune tourne en vain\nDans ma main\nLa nuit et le jour\nSe sont rencontrés\nEt l'angle ouvert mieux qu'une bouche\nAvale mes pensées\nLa lune moulin à vent\nTourne tourne tourne en vain\nLe paysage au fond des âges\nEt l'étang dans sa cage\nEn vain tu cherches\nArbre d'automne\nH n'y a plus d'oiseaux\nIl n'y a plus d'oiseaux\nEn regardant sur les vallées\nOn voit partout des sons de cloches fanés\nLe jour est plein mes mains aussi\nA l'autre bout s'en sont allés\nLes pas sans bruit."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c040", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "24", "page_fin": "25", "image_debut": 35, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.9.13", "titre_corps": "C'EST L'AUTOMNE DES CLOCHERS", "titre_sommaire": "C'EST L'AUTOMNE DES CLOCHERS", "signature_source": "VINCENT HUIDOBRO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.35", "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "C'EST L'AUTOMNE DES CLOCHERS\n\nJe ne sais plus de blonde ou brune\nLaissons la place aux matelots\nViens regarder dans mes ilôts\nLa nature morte du clair de lune\nAvec l'assiette au bord de Veau\nEt la rose s'effeuillant sur Voiseau qui chante\nA minuit quarante.\nOublie-moi\nPetit astre caché\nC'est l'heure où j'embaume ma forêt\nOublie-moi"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "Pilote sans navire et sans loi\nAu fond de mes yeux\nChantera toujours le poète noyé.\n\nVINCENT HUIDOBRO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c041", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "25", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.10", "titre_corps": "LE MOT DE LA SOIF", "titre_sommaire": "LE MOT DE LA SOIF", "signature_source": "RASTES PETROVITCH", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.36", "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "LE MOT DE LA SOIF\nRASTES PETROVITCH.\nNos rouies sont infinies, mes frères,\nOn cl déjà chargé le chariot paysan.\nLe chariot de Vêles ploie sous le fardeau,\nLe grincement prolongé de ses roues s étend dans la font.\nLe voici ! Comme on la pose sur des seins adores,\nJe poserais ma tête sur la lourde roue, npcnnlp •\nSur la roue. Que la roue m'écrase dans sa marche Plante ,\nPar son grand amour pour les voyages : qu elle m écrasé.\nNos routes sont sans limites. .\nLes montagnes sont si calmes, les pâturages si etend. s.\nEt ie donne à toutes les routes mon amour insondable,\nEt toutes les routes me désirent et m'appellent :\n— Viens, viens, toi, amant si patient,\nLe lourd chariot paysan grince de grand matin .\nLorsgue la locomotive s'éloigne mon cœur se serre,\nLes raies s'embrassent derrière elle et disparaissent.\nMnn rrpnr s? nloie La solitude du pont est lugubre.\nTlocZoUveTsi enfuie dans le grincement du chanot paysan.."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c043", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "28", "image_debut": 37, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.11", "titre_corps": "LETTRES DU DÉSERT", "titre_sommaire": "LETTRES DU DÉSERT", "signature_source": "LÉONARD PIEUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.37", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "LETTRES DU DÉSERT\n\nI\nRespectueuse devant le destin aveugle\nGarder cet oiseau empaillé savamment\nEt sans rire! plus rapide qu'un aigle, plus violent\nLe sable furieux viendra vous punir\nIl est arrivé chez moi par le Désert à pied\nSeul, oublié de sa tribu volante\nSon bec rouge de soif son cerveau troublé\nTraînant ses ailes brisées sur la plaine ardente\nJe l'ai recueilli précieux souvenir de sa joie\nEtre déchu, fini sans illusion ni but\nFixant le beau soleil d'un regard\" jaloux\nEt les nuages qui volaient au-dessus de nous\nServiable je lui construis un aéroplane\nL'ajustant bien à sa couleur à sa taille\nJ'attachais ce pilote léger comme une paille\nEvitant ses yeux ronds suppliants et doux\nJe lançai l'appareil déroulant la ficelle,\nHeureux peut-être inquiet de cette maigre galté\nRetenant mon haleine pour mieux le voir\nL'appareil-oiseau dans sa félicité\nIl revint vers la terre en tombant à mes pieds\nDétaché de son siège par un effort suprême\nSans pattes sans ailes affreux mutilé\nPréférant la mort à ce bonheur extrême\nC'est un fakir savant qui le remplit d'herbages\nMe parlant d'une voix dure au sujet de la mort\nEt le joaillier du Caire vieux et presque aveugle\nSculpta sa merveilleuse si dernière demeure.\n\nII\nLe portrait qu'on me traça cle toi\nAveugle incident coupant l'aube mauresque\nQuelqu'un presque semblant une caricature\na F."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "Trouvée dans un album dédié aux grotesques\nSeule la côtelette se hisse triomphale Vos en l'air\nPoint d'interrogation tombé à l'envers\nSouvenir des festins bibliques où des moulons entiers\nHécatombes toutes prêtes pour être dévorées\nVins limpide vertige renfermé dans des cruches\nFruits galettes palpiiant sous la cendre\nEt vous femmes aux têtes plus vicies que celles d'autruches\nArdeur cles nuits lèvres prises étreintes taciturnes\nCette digression c'est l'hommage à ton génie culinaire\nParticipation d'un convive à jamais absent\nOui hissé sur son cheval arabe trop ardent\nLonge les mers escalade les rochers\nFait sentinelle attentive aux assauts des aigles\nEt rêve. ..\nL'Europe est une écharpe bleue glissant sur les flots\nRumeur ininterrompue qui couvre le bruit de la mer\nSoupirs vêtus d'éclairs.\nDes constellations géantes éclatent à Vhorison\nCe sont des quais des docks ou peut être seulement Paris\nMirage qui vient me rejoindre ici\nVision effrayant l'arabe\nPrésage d'une mort jamais désirée\nJe veux venir assister ciu plus vite ci la candeur de vos joies familiales\nOasis niché à l'ombre d'une vie prise d'assaut\nFtempart d'une aube à l'autre secoué par les feux.\nPersonne ne sait plus de quel côté doit venir le coup de grâce\nEt l'on boit du vin et l'on rit\nTu t'élances l'occiput à plat\nLa protubérance de ion crâne le suit présomptueuse en boule en œuf\nS'harmonise à merveille avec ion grand nez\nJe sais que l'or de tes lunettes fait penser à un singe aveugle\nLa grâce n'est pas clans l'harmonie classique tu le sais\nJ'entends bruire les casseroles\nGicler l'huile vider les callebasses\nGrésiller les tomates qui ornent avec succès\nTout plat du Midi, d'Orient, cle toutes cuisines\nQui conduites d'une main diligeanie '■\nElève l'âme voisine du Paradis."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "Solide sur les jambes la crées de l'inédit\nDes combinaisons de homards nageant dans la béatitude\nD'une sauce qui défie l'assaisonnement vulgaire des gens du métier\nL'inspiration conduit ton œil vigilant là où le garde-manger\nAbrite les restes tristement affaissés.\nC'est alors que pris dans la même transe que Dieu au moment de la création\nTu inventes pour le bonheur de les amis les hommes\nMais silence !\nUne trombe de sable marche à ma rencontre\nPins parasols balayant le ciel de leurs têtes démesurées\nInconcevable composition de branches tournées dans du sable.\nTrouverais-je un abri\nPassera-t-elle sans briser sur moi ses illusions-rameaux.\nAdieu !\n\nLÉONARD PIEUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c045", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "26", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.11.2", "titre_corps": "I", "titre_sommaire": "I", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.37", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1214, "texte": "I\nRespectueuse devant le destin aveugle\nGarder cet oiseau empaillé savamment\nEt sans rire! plus rapide qu'un aigle, plus violent\nLe sable furieux viendra vous punir\nIl est arrivé chez moi par le Désert à pied\nSeul, oublié de sa tribu volante\nSon bec rouge de soif son cerveau troublé\nTraînant ses ailes brisées sur la plaine ardente\nJe l'ai recueilli précieux souvenir de sa joie\nEtre déchu, fini sans illusion ni but\nFixant le beau soleil d'un regard\" jaloux\nEt les nuages qui volaient au-dessus de nous\nServiable je lui construis un aéroplane\nL'ajustant bien à sa couleur à sa taille\nJ'attachais ce pilote léger comme une paille\nEvitant ses yeux ronds suppliants et doux\nJe lançai l'appareil déroulant la ficelle,\nHeureux peut-être inquiet de cette maigre galté\nRetenant mon haleine pour mieux le voir\nL'appareil-oiseau dans sa félicité\nIl revint vers la terre en tombant à mes pieds\nDétaché de son siège par un effort suprême\nSans pattes sans ailes affreux mutilé\nPréférant la mort à ce bonheur extrême\nC'est un fakir savant qui le remplit d'herbages\nMe parlant d'une voix dure au sujet de la mort\nEt le joaillier du Caire vieux et presque aveugle\nSculpta sa merveilleuse si dernière demeure."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c046", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "28", "image_debut": 37, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.11.3", "titre_corps": "II", "titre_sommaire": "II", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.37", "debut_caractere": 1216, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "II\nLe portrait qu'on me traça cle toi\nAveugle incident coupant l'aube mauresque\nQuelqu'un presque semblant une caricature\na F."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "Trouvée dans un album dédié aux grotesques\nSeule la côtelette se hisse triomphale Vos en l'air\nPoint d'interrogation tombé à l'envers\nSouvenir des festins bibliques où des moulons entiers\nHécatombes toutes prêtes pour être dévorées\nVins limpide vertige renfermé dans des cruches\nFruits galettes palpiiant sous la cendre\nEt vous femmes aux têtes plus vicies que celles d'autruches\nArdeur cles nuits lèvres prises étreintes taciturnes\nCette digression c'est l'hommage à ton génie culinaire\nParticipation d'un convive à jamais absent\nOui hissé sur son cheval arabe trop ardent\nLonge les mers escalade les rochers\nFait sentinelle attentive aux assauts des aigles\nEt rêve. ..\nL'Europe est une écharpe bleue glissant sur les flots\nRumeur ininterrompue qui couvre le bruit de la mer\nSoupirs vêtus d'éclairs.\nDes constellations géantes éclatent à Vhorison\nCe sont des quais des docks ou peut être seulement Paris\nMirage qui vient me rejoindre ici\nVision effrayant l'arabe\nPrésage d'une mort jamais désirée\nJe veux venir assister ciu plus vite ci la candeur de vos joies familiales\nOasis niché à l'ombre d'une vie prise d'assaut\nFtempart d'une aube à l'autre secoué par les feux.\nPersonne ne sait plus de quel côté doit venir le coup de grâce\nEt l'on boit du vin et l'on rit\nTu t'élances l'occiput à plat\nLa protubérance de ion crâne le suit présomptueuse en boule en œuf\nS'harmonise à merveille avec ion grand nez\nJe sais que l'or de tes lunettes fait penser à un singe aveugle\nLa grâce n'est pas clans l'harmonie classique tu le sais\nJ'entends bruire les casseroles\nGicler l'huile vider les callebasses\nGrésiller les tomates qui ornent avec succès\nTout plat du Midi, d'Orient, cle toutes cuisines\nQui conduites d'une main diligeanie '■\nElève l'âme voisine du Paradis."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "Solide sur les jambes la crées de l'inédit\nDes combinaisons de homards nageant dans la béatitude\nD'une sauce qui défie l'assaisonnement vulgaire des gens du métier\nL'inspiration conduit ton œil vigilant là où le garde-manger\nAbrite les restes tristement affaissés.\nC'est alors que pris dans la même transe que Dieu au moment de la création\nTu inventes pour le bonheur de les amis les hommes\nMais silence !\nUne trombe de sable marche à ma rencontre\nPins parasols balayant le ciel de leurs têtes démesurées\nInconcevable composition de branches tournées dans du sable.\nTrouverais-je un abri\nPassera-t-elle sans briser sur moi ses illusions-rameaux.\nAdieu !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c047", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "29", "page_fin": "32", "image_debut": 40, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.12", "titre_corps": "L'Age de 1'Humanité : Fragments", "titre_sommaire": "L'Age de 1'Humanité : Fragments", "signature_source": "ANDRE SALMON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 29, "texte": "L'Age de 1'Humanité\nFragments"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.40", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 1274, "texte": "Le jour qu'il s'est foutu une balle dans la peau\nOn venait lui livrer des gants et un chapeau.\nL'enfant qui portait le chapeau dans une caisse de carton jaune et bleue\nsur les bords à l'imitation d'un tambour,\nEt les gants dans une pochette\nEntendit du troisième partir le coup et s'affala sur la carpette\nEt se releva pour fuir, il eut voulu courir toujours.\nC'est un flic moustachu qui l'empoigna par un des trente-six boutons\nDe son gilet de groom.\nUn sale gosse qui volait son patron,\nSon compte est bon,\nQu'est-ce qu'il va prendre pour son rhume !\nLe mort mal mort vint témoigner chez le commissaire.\nVous ne connaissez pai un mot de l'affaire\nCet enfant m'appartient\nEt ce chapeau aussi m'appartient\nEt ces gants et tout est payé\nVous ne pouvez pas le condamner puisque tout est acquitté !..\nIl est bon ! il est bon ! rigolèrent les sergots.\nJ'emmène le gosse, je le réclame\nAu nom de nos malheurs égaux,\nJe le nomme Théodore\nOu Isidore\nAu choix de sa petite âme,\nJe l'aime pour la peur qu'il eut de ma mauvaise mort,\nViens essuyer le sang et manger mes gâteaux !\nJe t'apprendrai à tirer au pistolet\nEntre le blanc sec du plastron et l'ombre moite de la peau,\nTu seras mon page et mon prestolet,\nMon fils de prédilection,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1057, "texte": "Mon ange gardien et mon élève en sensations\nEt quand tu seras grand c'est toi qui le porteras, ce chapeau !\nAlors l'enfant espiègle ouvrit la poche aux gants,\nDes gants blancs brodés de gris\nQui s'envolèrent par le judas avec des battements d'ailes extravagants\nÊt le maître dit : Il m'a déjà compris !\nVoici la Peste enfin\nAvec le froid, avec la faim\nVoici la Peste enfin\nLa première des Terreurs revenues de l'An Mil.\nUn étroit vol glacé qui fait battre les cils.\nTôt ou tard, fille folle\nIl fallait te soumettre et te rendre à l'Eglise,\nIl a passé le mer ton bel Américain.\nLa voici au chœur de l'Eglise\nToute blanche en sa blanche chemise,\nDes plumes noires au baldaquin,\nPeste ! comme la voilà mise !\nPeste !\nGrippe espagnole\nDit le toubib en son argot d'école\nFeria de la Malaria\nLa mort gitane en boléro\nT'aurait repris la couronne\nPâle mort des héros ?\nC'est la Grippe\nC'est la Peste\nDans les nippes\nSous la veste\nDans les plis cle la nappe\nSous les jupons de la bonne\nOn l'allrappe\nOn la donne\nC'est le jeu de la saison\nLa Peste est dans la maison."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1248, "texte": "3\n\nDix-huit-cent-trente, havre\nOuvert aux vaisseaux d'une Mort d'Opéra\nAge des cheveux longs et de la mort-aux-rats\nDes vapeurs et du Choléra.\nLe choléra des hugolâtres ?\nFi donc ! Faux art !\nMauvais théâtre !\nCharnier de Cannes ! de Palestine !\nCharniers troyens ! Charniers de Lombardie !\nCharniers puniques !\nCharniers des Champs catalauniques !\nDe Saint-Gond ! D'Y près ! Du Vardar !\n0 très classique puanteur\nMiracle ordonné d'infâmie\nLa Peste est digne des vainqueurs !\nLa première Terreur revenue de l'An Mil,\nLa première, vous dis-je !\nTu peux ne pas prier, l'Ange s'en rit\nL'attente est religieuse\nEt tous nous attendons sur nos grabats pourris\nMieux soumis si la révolte est plus orgueilleuse\nLa prochaîne Terreur et le nouveau Prodige !\nPolonais, cela va sans dire\nAppartement historique quai Voltaire\nEscalier superbe au fond d'une cour sordide,\nC'est par son art qu'au monde fut épargné le ridicule de voir loucher un\nroi d'Angleterre\nQuel homme ! Quel oculiste !\nEt sur les vingt-quatre murs son incomparable collection de toiles\ncubistes.\nIl joue avec les yeux comme avec des lotos,\nComme avec des numéros de loterie,\nLe bleu ! Le bleu, mamour 1 .\n*\nA vous le bleu d'azur !\nQuelle triperie 1\nTous ces yeux vivants dans des saladiers."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "À toi le vert, Toto !\nOn peut choisir ! On peut dédier !\nOh ! cet œil noir, cet œil espagnol ou je pleure !\nCiel ! l'œil de mon mari !\nLes moins chers sont les gris.\nJe suis riche, très riche, je veux des yeux de pauvre !\nJe veux pour moi des yeux hagards !\nTous les mêmes confondant les yeux avec les regards l\nMais la Science permet tout\nJ'ai dans mon jeu plus d'un atout\nEt ma publicité\nFait vivre dix journaux dont cinq soutiens de l'Ordre\nEt cinq dont meurt la Société.\n\nANDRE SALMON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c048", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 42, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.12.1", "titre_corps": "ÈVE", "titre_sommaire": "ÈVE", "signature_source": "Henri Rousseau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 19, "texte": "ÈVE\nCliché D. 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.12.4", "titre_corps": "LA TOUR EIFFEL", "titre_sommaire": "LA TOUR EIFFEL", "signature_source": "Henri Rousseau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.45", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 32, "texte": "LA TOUR EIFFEL\nCliché Kunstblatt"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c052", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "32", "page_fin": "33", "image_debut": 47, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.13", "titre_corps": "NOTES SUR LA LUNE", "titre_sommaire": "NOTES SUR LA LUNE", "signature_source": "MARCEL SAUVAGE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.47", "debut_caractere": 491, "fin_caractere_exclue": 948, "texte": "NOTES SUR LA LUNE\n\nI\nLes cathédrales\nbercent la peine des hommes\nLes étoiles décrochées\nindiquent les carrefours du monde\net la vague repasse à l'autre vague\nun fil de lune\nElle\nplacide à l'état du ciel.\nII\nLes heures\naux 7 écharpes de couleur\nsont mortes au son des tambourins.\nLe ciel rêveur s'accoude aux quenouillées du soir,\nVorage immobile pèse aux cimes des pins.\nOn attend :\nc'est la pleine lune qui monte\nmaquillée\n—• lente\ncomme un ballon d'enfant"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 372, "texte": "III\nUn chat sur un toit s'endort\nparmi les champs en châles d'or.\nAAAAttl«l*\nDes spectres patinaient sur la mer\ncueillant des poignards d'argent\n.... et le monde ressuscite\nLa lune (dernier quartier)\nsur un cyprès noir\nau vent — dans le soir\nflamme de cierge\nVois\nSi nous montions sur les collines\nnous pourrions nous coucher\ndans les draps bleus du ciel.\n\nMARCEL SAUVAGE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c053", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "33", "page_fin": "33", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.14", "titre_corps": "RÉCONCILIATION", "titre_sommaire": "RÉCONCILIATION", "signature_source": "ELSE LASKER SCHULER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.48", "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "RÉCONCILIATION\nIl tombera une grande étoile dans mon sein...\nNous voulons veiller la nuit\nPrier dans des langues,\nQui sont profondes comme des harpes.\nNous voulons nous réconcilier la nuit,\nTellement Dieu nous inonde.\nNos cœurs sont des petits enfants :\nIls voudraient se reposer doucement.\nNos lèvres aimeraient se rencontrer.\nQiïattends-tu ?\nMon cœur ne voisine-t-il auprès du tien —\nEt c'est ton sang qui colore mes tempes\nSi nous nous embrassons, nous ne mourrons point.\nUne grande étoile tombera dans mon sein."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c054", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "34", "page_fin": "34", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.15", "titre_corps": "CHANT D'AMOUR", "titre_sommaire": "CHANT D'AMOUR", "signature_source": "ELSE LASKER SCHULER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "CHANT D'AMOUR\nELSE LASKER SCHULER.\nSur tes tempes\nIl y a. des pigeons d or.\nTon cœur est un tourbillon.\nTon sang frappe comme le mien\nDoux\nLe long des framboisiers\n0 ce que je pense à toi...\nDemande à la nuit !\nPersonne ne joue aussi bien\nAvec tes mains,\nPersonne ne bâtit des châteaux\nComme moi, de tes doigts d'or\nEt des forteresses avec des tours !\nEt puis nous serons des flibustiers !\nQuand tu es là,\nJe suis riche.\nTu me prends vers toi :\nJe vois ton cœur s'étoiler.\nDes lézards phosphorescents\nParcourent ton ventre.\nTu es tout en or :\nToutes les lèvres retiennent leur haleine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c055", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "35", "page_fin": "35", "image_debut": 50, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.16", "titre_corps": "VILLÉGIATURE", "titre_sommaire": "VILLÉGIATURE", "signature_source": "VLAMINCK", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.50", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "VILLÉGIATURE\n\nDans la campagne\nDes petites maisons de paysans\nOù dorment la femme et les enfants\nEt aussi des villas prétentieuses et meublées\nInhabitées\nOù les riches ne viennent que l'été\nOn a cambriolé\nLa maison d'à côté\nJ'ai scandalisé le gendarme\nQui faisait les constatatations\nEn disant tout simplement\nLe colimaçon n'a qu'une maison."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c056", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "35", "page_fin": "35", "image_debut": 50, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.16.1", "titre_corps": "Bois de Vlaminck.", "titre_sommaire": "Bois de Vlaminck.", "signature_source": "Vlaminck", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 17, "texte": "Bois de Vlaminck."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c057", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "36", "page_fin": "36", "image_debut": 51, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.17", "titre_corps": "HÉSITATION", "titre_sommaire": "HÉSITATION", "signature_source": "VLAMINCK", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "HÉSITATION\nVLAMINCK.\nOn vient au monde\nSans le savoir\nÇa l'air de rien\nDe rester en vie\nMéfie-toi\nOn meurt souvent\nSans savoir pourquoi\nIl y a la maladie\nEl le service obligatoire\nLes assassins\nEt la faim\nEt l'amour parfois\nMais, réfléchis bien\nIl vaut mieux être\nBien vivant\nQue d'être le Poilu Inconnu\nOu même Napoléon\nMort depuis longtemps."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c059", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "37", "page_fin": "38", "image_debut": 52, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.18", "titre_corps": "Bébuquin", "titre_sommaire": "Bébuquin", "signature_source": "CARL EINSTEIN ; Ivan Goll", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1966, "texte": "Bébuquin\nL'HISTOIRE DES RIDEAUX\n\nJe me trouvais devant une grande tenture en toile à sacs et\ncriais : « Vous êtes des fripouilles ».\n« Aurez-vous donc toujours à dire quelque chose ? ».\n« Ne m'interrompez pas î J'éprouve le besoin, de me documenter.\nBientôt je remarquai que je représentais moi-même cette tenture.\nCe fut la première connaissance de mon Moi. Puis je poussai plus\nloin. Ce fut d'abord un grand fracas. Une tempête me déchira. La dou-\nleur me fit crier. Je compris, que la plus grande partie de la toile\ns'en allait au diable. Puis je fus complètement aveuglé par moi-même.\nJ'étais (le croirez-vous) une montagne d'acier sise sur son sommet.\nDe tendres fleurs d'âme cachaient les abîmes, que n auraient pu\ncombler des quantités de coussins. Alors je compris toute l'absur-\ndité de vivre, et qu'un grain de sable valait beaucoup plus qu un\nmonde innombrable. Je compris aussi le miracle de la qualité, qui\nn'est explicable par aucun cours d'histoire et ne sera jamais défini.\nCependant je conçus qu'il ne s'agissait en tout et partout que du\nmouvement le moins encombré. J'avoue qu'en ce point la logique ne\nsuffit plus, car un axiome contredit l'autre. Pensez donc, que le\nprincipe de la causalité mène toujours à l'acausalité.\nJe me suis dit : Boehm, viens hors de toi. L'individuel n'est pas\nproductif. Sois tenture et déchire-toi ! Engueule-toi toi-même, jusqu à\nce que tu sois devenu autre chose. Sois rideau et drame en même temps.\nSi tu as une nostalgie, agis toujours à l'encontre d'elle, car sans cela\ntu seras bientôt fini. Je l'ai toujours : le contraire est tout aussi juste.\nMais ne marchez plus sur deux jambes. Pourquoi n en amputez-vous\npas une sous le drap de lit ?\nLa jouissance exige la maîtrise de soi-même et du mal. La\nmaxime c'est : évitez tout équilibre !\nVous voyez, mon crâne argenté n'est pas symétrique. C est là la\ncause de ma productivité. Les combinations qui changent à tout\n* Voir les chapitres 1 et 2, ACTION numéro 5."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "instant vous font perdre la triste mémoire des choses et l'attachement\ndouloureux ou définitif. C'est ce que, jusqu'à présent, vous n'osiez\ndécouvrir. Le monde est le moyen de susciter la pensée. Il ne s'agit\npas de la connaissance, car ce n'est qu'une tautologie fantastique.\nIci il s'agit de penser, de penser ! Ce qui change toute l'affaire, Mon-\nsieur, les génies n'agissent jamais, ou ne le font que par apparence.\nLeur but, c'est une pensée, une nouvelle, la plus nouvelle pensée.\nComprenez-vous maintenant, Monsieur, le grand Napoléon ? Cet\nhomme n'était pas ambitieux. Cette affirmation n'est qu'intrigue\nd'université et de dilettantes. Cet homme cherchait toujours de\nnouveaux moyens de penser : seulement il fut un peu idéologue.\nJe vous prie : ne me confondez pas avec la sentimentalité sans fond\nd'un panthéiste. Ces gens-là n'ont jamais compris un bon tableau :\nvoilà leur défaut. Ils sont des écoliers qui ne peuvent se concentrer\net qui pour cela ne se détachent pas d'une idée : or, c'est celle-là\nmême que je nie. L'idée est un non-sens comme la chose même. On\nne se départit jamais de la combine. L'idée veut aller vers les choses :\nmoi je veux le contraire. Toute mon attention s'attache à la jouis-\nsance. Aussi vous savez, que ma fin va être pour ainsi dire tragique.\nHabillez-vous. Nous allons assister à une action hypothétique : à la\nmesse de mon âme ».\n(A suivre) (Trad. Ivan Goll).\n\nCARL EINSTEIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c060", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "38", "page_fin": "40", "image_debut": 53, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.19", "titre_corps": "OSSIP ZADKINE.", "titre_sommaire": "OSSIP ZADKINE.", "signature_source": "WALDEMAR GEORGE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.53", "debut_caractere": 1425, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "OSSIP ZADKINE.\n\nEntre les sculpteurs issus de Rodin, encore que répudiant l'héritage\ndu maître et cette jeune phalange de statuaires qui créent une architec-\nture formelle, pleinement assujettie à la lumière considérée comme élé-\nment de construction, Ossip Zadkine poursuit la solution d'un problème\nréputé insoluble depuis qu à la suite de Buonarotti les artistes occiden-\ntaux, indifférents aux lois de la matière, brisent les blocs de granit\nou de mai bre et fragmentent 1 ossature naturelle de poutres de bois. Le\ndivorce entre l'architecture et la sculpture étant un fait accompli\nau 16 siècle, il ne lestait plus aux tailleurs de pierre qu'à intensifier\ndans le sens diamatique les vertus expressives de leurs œuvres vouées\na une cruelle solitude. Et tandis qu'à la faveur de la grande Renais-\nsance la peinture prend vie, s anime, se libère de sa mission décora-"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "tive pour conquérir un nouveau champ d'action, la statuaire fléchit\net dégénéré, nonobstant l'apport des hommes de génie qui consa-\ncrent par d'immortels chefs d'œuvre des formules esthétiques erro-\nnées. En Italie, Michel Ange puis Pierre de Cortone et le Bernin\ncréent un canon splendide mais déjà arabesque. En France, Puget\ntord à la manière des maîtres italiens les corps herculéens de ses\npersonnages, Jean Goujon stylise ses déesses aux membres harmo-\nnieusement allongés, Coysevox étire avec un souci évident de compo-\nsition décorative ses femmes nues aux augustes attitudes et tels des\npeintres, Bouchardon et Girardon conçoivent leurs eurythmies orne-\nmentales. Les Dianes graciles et les portraits aigus de Houdon, les\npurs reliefs de David d'Angers, les monuments robustes et puissam-\nment modelés de Rude, les fauves romains de Barye, voici la lignée\nd'œuvres incomparables dues au génie statuaire de cette France qui\naujourd'hui encore est le berceau d'un mouvement artistique dont\nelle sous estime la valeur. La France, patrie de Rodin, de Bourdelle\net d'Aristide Maillol, méconnaît plus qu'aucun autre pays, le rôle de\nla sculpture moderne et atteste un mépris désormais proverbial à\nl'endroit de ceux dont les oeuvres l'honorent et contribuent à son\nrenom. Mais la France a subi tout comme les autres contrées 1 impla-\ncable loi de la décadence qui n'a épargné ni l'ltalie, ni l'Allemagne.\nEt tandis que l'effort de redressement entrepris par Rude et par\nBarye se montrait sans lendemain, le naturalisme triomphait bien-\ntôt de l'art romantique de Maindron. Rodin, tributaire de la Grèce,\nparvenait cependant à une science de la forme dont son Balzac de-\nmeure le plus beau témoignage. Il semble que le vieillard ait pres-\nsenti dans cette œuvre l'orientation prochaine de la sculpture. Mail-\nlol serre la forme et la réduit à l'état d'élément architectonique,\nConstantin Brankusi la simplifie, la dépouille et l'épure au point d en\nbannir tous les accessoires, sans rompre toutefois sa structure natu-\nrelle. Ossip Zadkine travaille dans les limites étroites que lui assigne\nsa matière. Je voudrais que prit fin une fois pour toutes la légende\nde l'ascendance africaine de cet émouvant artiste. Je ne sais pas, je\nne veux pas savoir ce que sont les prétendues déformations de Zad-\nkine. Pour avoir voulu res' ituer au métier de sculpteur le sens de la\ndignité professionnelle, pour avoir respecté jusqu à la superstition\nles propriétés et les ressources de sa matière première, il passe aux\nyeux du public, plus sensible aux jongleries des virtuoses qu aux\nessais des plus austères artisans, pour un descendant direct de ces\nNègres d'Afrique, dont l'art a exercé une si forte emprise sur 1 en-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "semble de la production contemporaine. Or Zadkine n'est pas plus\nredevable de son style aux Nègres que ne le sont certains peintres\ncubistes. Si seulement l'on veut consentir à faire abstraction du\nvisage, voire de l'aspect extérieur de ses figures, l'on ne tardera pas\nà s'apercevoir, que seul son mode de travail, et non pas une esthé-\ntique préétablie, détermine le style de ses œuvres. C'est ainsi que\nZadkine est tout l'opposé d'un décorateur ...\nIl est peut-être nécessaire de faire ressortir la grandeur de sacri-\nfice consenti par un artiste qui sciemment se plie à une discipline de\nfer et s'impose l'humble et immense labeur de révision des valeurs\nplastiques. Rebelle à toutes les tentatives de corruption, Zadkine bâtit\navec l'admirable probité des premiers maitres d'œuvres. Il est aux anti-\npodes du réalisme. Les corps denses et massifs de ses mythiques mater-\nnités ressemblent à des fûts de colonnes, dont les chapiteaux seraient\ndes têtes minuscules. Epurée de la sorte une œuvre d'art ne saurait\ncourir le risque de passer pour archaïque ou pour néo-primitive.\nElle constitue l'affirmation d'une forte personnalité et peut être\naussi un enseignement dont tireraient profit ceux qui au labeur\nmodeste mais bien exécuté de l'ouvrier ardent à la tâche, préfèrent le\ntravail hâtif de l'amateur impressionniste qui pratique la transposition,\nconfond les genres et se contente de moduler les surfaces. Les sculp-\ntures de Zadkine sont des organismes homogènes que n'altère pas\nle temps, qui peuvent se ternir ou même s'émietter, mais qui restent\nà l'abri des mutilations, parce que le « beau morceau » n'en est pas\nla base essentielle et parce qu'elles forment d'idéales, d'indestruc-\ntibles synthèses.\n\nWALDEMAR GEORGE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c061", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "40", "page_fin": "41", "image_debut": 55, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.20", "titre_corps": "RACCOURCIS", "titre_sommaire": "RACCOURCIS", "signature_source": "FRANZ HELLENS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.55", "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 2233, "texte": "RACCOURCIS\n\nI\nLa simple parole. — Toute fraîche, un peu dégrafée, comme\nune fille au jardin. Elle vibre si bien, à cause du sang profond. Si elle\nrésonnait dans la terre, en y appliquant l'oreille, on l'entendrait battre\ncomme un cœur ; si elle éclatait au ciel, on la prendrait pour une co-\nmète. Mais elle a jailli du matin, sans but, et personne ne l'écoute.\nLorsque les lampes seront allumées, on lira dans les livres des phrases\nqui parlent de Rome, du Kremlin, des cataractes lointaines et des"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.56", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "fleuves du Japon. Car aujourd'hui, chacun doit avoir fait son tour\ndu monde. On y va comme on peut. Mais la simple parole perdue dans\nl'air, si quelqu'un l'avait écoutée, elle l'aurait conduit tout droit à tout.\nII\nL'hiver saison de style et de méditation. — Les dernières\ngouttes de la journée d'hiver, où l'on s'abreuvait comme le chevreuil\nà l'étang, tiennent maintenant dans l'étroite coupe de cette chambre\ndont la fenêtre s'élève au niveau du jardin. A travers cette eau pré-\ncieuse, on voit la terre avec ses arbres, ses bosquets, et ses dessins\ntraçés en arabesques à la surface ; une gloriette en lattis, l'ovale d'un\nparterre retourné, une Diane peinte en rouge, un banc voûté, et, domi-\nnant tout cela, le berceau dépouillé d'une vigne. Chaque chose est\nà sa place et dans sa nudité d'un contour si précis, t haque chose a\nson visage et sa part d'accompli. L'hiver a pris soin de classer son\nouvrage. Mais il faut se hâter pour le voir. Le jardin va s'abîmer\ndans l'ombre comme un musée qu'on ferme à l'heure du soir. Il reste\ntoute la nuit pour méditer sur la perfection, et tout le jour suivant\npour oublier.\n\nFRANZ HELLENS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c063", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "42", "page_fin": "49", "image_debut": 57, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.21", "titre_corps": "Etat humain ou état animal ?", "titre_sommaire": "Etat humain ou état animal ?", "signature_source": "SCHULTE-VAERTING", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.57", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "Etat humain ou état animal ?\n\nNous croyons être les maîtres de l'Univers. Et nous supposons\nmême avoir été ce couronnement de l'édifice de la nature depuis qu'elle\nexiste.\nDans l'antiquité, lorsque Philolaùs prétendit que la Terre ne se\ntrouvait pas au centre du système stellaire, mais tournait autour\nd'un point fixe, il fut voué au mépris. Beaucoup plus tard seulement\nKopernic réussit, malgré mille attaques, à faire entrer cette notion\ndans l'acceptation de tous. La ténacité de se croire lui-même et son\nespèce le Centre et le Sommet, de croire que toujours il le fût et toujours\nil le sera, cette ténacité a des racines profondes dans l'âme de l'Homme.\nLe point de vue égo-centris'e est un instinct puissant, propre à\ntous les êtres vivants. Or, toute violation d'instinct provoque la ré-\nvolte.\nChaque homme ayant des instincts intacts, ressent de l'exaspé-\nration lorsqu'il est arraché du centre où il se place instinctivement.\nIl nous faut comprendre que par la découverte de Copernic\nun des instincts vitaux les plus forts de l'humanité fut démoli et toute\nla tendance de son évolution en fût défavorablement influencée.\nLe siècle qui vient appréciera ce fait.\nNous reconnaitrons que la découverte de Copernic vînt réelle-\nment trop tôt, et que les Grecs avaient des raisons intuitives pour\nrejetter Philolaùs.\nEn voici le motif :\nLa connaissance que notre terre ne se trouve point au centre de\nl'Univers a été préjudiciable à notre évolution, parce qu'il manquait\nun chaînon intermédiaire entre notre point de vue naturellement\négo-centriste et cette connaissance. Maintenant il faut essayer de\nrattacher ce chaînon.\nAyant conscience de la portée des dissertations ci-dessous, nous\nne voudrions qu'exposer ces pensées en vue d'une discussion, et non\npas exiger qu'elles soient acceptées comme vérités.\nLes évolutionnistes se placent encore de nos jours à ce point de\nvue égo-centriste. abandonné, quant aux notions sur le système\nstellaire par Copernic.\nNous, les hommes, nous nous considérons comme les êtres vivants"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.58", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2518, "texte": "les plus importants sur la Terre, et nous basons toute notre science sur\nce plan.\nNous ne douterons d'ailleurs certes pas de ce que l'homme pos-\nsède, à cette heure, l'intelligence la plus développée. Mais en admet-\ntant que nous soyons actuellement vraiment les êtres les plus intelli-\ngents sur terre, rien ne prouve que nous l'ayons été de tout temps.\nPourtant ceci nous l'admettons également par instinct. C'est là le\ncommencement de la grande erreur.\nPar ce point de vue faux, la conception des évolutionnistes est\ndevenue égo-centristes, ou comme nous dirons en ce cas particulier :\nhomo-évolutionnaire. Nous devons le rejeter, de même que jadis\nla conception géocentrique, l'un n'ayant pas plus de commun avec\nla réalité des faits que n'en avait l'autre.\nSi les hommes sont actuellement les maîtres, c'est qu'ils se sont\ndéveloppés dans un sens différent des animaux. Tandis que l'organisme\ndes animaux, s'adaptait aux conditions imposées par l'existence, les\nhommes ont surmonté en partie ces conditions grâce à des «inventions».\nTandis que, par exemple, l'animal reçoit en hiver de la nature une\nfourrure chaude, les hommes doivent s'habiller eux-mêmes, et si la\nnature prépare d'ordinaire à elle seule la table des animaux, nous\ndevons labourer, semer, et ainsi de suite.\nAinsi l'organisme des animaux s'est développé plus avantageuse-\nment que celui de l'homme. Ce développement physique profitable\ndût se faire aux dépens de la psychée, ceux qui s'adaptaient le mieux\nquant à leur corps étant parmi les animaux plus particulièrement\nconservés. Quant aux hommes, la première invention permettant\nde surmonter l'adaptation physique et ayant prouvé 1 efficacité de\nl'intelligence une fois faite, ceux dont l'esprit fût actif furent conservés\nautant que ceux qui s'adaptèrent physiquement. Plus tard même, ceux\nqui avaient l'intelligence éveillee furent principalement conservés,\njusqu'à ce que finalement l'esprit seul fut le facteur décisif, et\nque le corps humain ainsi s'atrophia.\nDarwin, parlant des fourmis qui ont, pour nous un intérêt tout\nparticulier, dit qu'elles travaillent avec des instincts héreditaiics et\ndes outils héréditaires; tandis que l'homme travaille avec des connais-\nsances acquises et des outils manufacturés.\nCette différence est marquée par une] conséquence très stricte,\net l'on peut dire : les outils et instincts héréditaires sont des caracté-\nristiques de la tendance animale de l'évolution, de même que les\noutils manufacturés caractérisent la tendance évolutionniste humaine."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.59", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "Cr, il semble bien y avoir une différence énorme entre le dévelop-\npement des êtres qui fabriquent des armes et de ceux dont les armes\npoussent organiquement. Et ceci, parce que le développement organi-\nque des armes, s'il se fait dans l'organisme lui-même, doit se faire\naux dépens de l'esprit. Si l'esprit avait été assez fort pour les inventer,\nelles n'auraient pas poussées. Etant donné cependant qu'elles poussent\nl'esprit non utilisé est retardé dans son développement. v\nNous pouvons dire :\nAux dépens de la défense organique et par l'invention de l'outil-\nlage l'organisme de l'homme s'est atrophié ; et au profit du développe-\nment organique l'esprit s'est atrophié chez les animaux. Nous appelle-\nrons la première tendance brièvement la tendance de l'évolution\nhumaine, la seconde la tendance de l'évolution animale, quoique la\npremière, ne se montre pas exclusivement toujours chez les hommes, la\nseconde pas toujours exclusivement chez les animaux.\nOr, en cherchant à discerner si des animaux, et lesquels, ont domi-\nné avant nous, nous arriverons peut-être le plus sûrement à un résultat\nexact en considérant les conceptions idéales d'aujourd'hui. En effet,\nsi l'on peut démontrer qu'elles aient déjà été réalisées chez certains\nanimaux, on pourrait se demander si ce ne sont pas eux qui domine-\nront avant nous. Car les conceptions idéales d'aujourd'hui sont la\nréalité de demain.\nLe plus haut idéal de l'état exige que l'individu se voue entière-\nment à lui, qu'il se sacrifie pour la communauté.\nCette conception idéale suprême de l'état n'est cependant pas\nencore passée à la réalité pratique. Notre plus grande avance vers cette\nréalisation c'est peut-être le « lapinisme » en procréation et le travail\nobligatoire de tous les nationaux. « Nous sommes des prolétaires,\nœuvrant jour par jour pour produire une tâche toujours égale».\nSi nous passons en revue le monde animal, nous y voyons réali-\nsées nos suprêmes et nos plus fortes conceptions idéales de l'état, à\nsavoir chez les animaux vivants en communauté sociale.\nLes fourmis, les abeilles, les termites vivent sous un régime d'état\ntrès idéal. Elles n'ont point de souverain fort, au-dessus de tous règne\nla loi, exactement selon l'idéal de nos philosophes politiques. Il est\nvrai que les termites sont soumis, tout comme les hommes, à une sur-\nveillance de police très sévère. Mais même cette\"surveillance est réglée\npar une légalité minutieuse.\nLes fourmis, les abeilles et les termites ont atteint le fait de la dis-\ncipline sociale, de cet amour pour l'être collectif, ce dévouement à"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.60", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "la cause commune, que Platon et après lui tant d'autres philosophes\npolitiques ont prêché et prêchent encore en vain à l'humanité.\nBuchner a dit avec raison : « Les états des hommes sont sur ce\npoint encore bien arriérés en comparaison avec une telle discipline\net un ordre pareil ». De même pour l'idéal de l'art milita re de nos jours:\nune armée bien entraînée, bien prête et courageuse, malgré tous les\nefforts aucun général ne l'a encore jusqu'à maintenant si bien réalisée\nque les fourmis. Elles ont réussi à lever et à maintenir en permanence\nune armée audacieuse, servant la collectivité. Même les plans de\ncampagne des fourmis sont supérieurs à ceux des meilleurs stratèges\nhumains ; leurs troupes étant de beaucoup plus sûres, ils peuvent\nse permettre des conceptions « idéales ». Et ces plans de campagne\n« idéaux » sont exécutés de manière « idéale ».\nUn grand idéal de notre économie politique est la division du\ntravail. Nous disons même, que la division du travail est inséparable\nde la civilisation progressive.\nIci encore, ces petits être:, ont devancé les hommes tant, que nous\nméconnaissons même souvent leur refus d'accomplir une besogne qui\nn'est pas de leur compétence. Nous les croyons incapables d'accomplir\ncette tâche. Peut-être même ne le peuvent-ils vraiment pas ; mais il\nfaudrait entendre cela dans le même sens que nos savants sont inca-\npables de moudre le blé et cuire le pain et que nombre parmi eux\npériraient de faim, même s'ils disposaient de moulins et de sacs plein\nde blé.\nLa division du travail mécanise les êtres vivants.\nNotre mentalité tend déjà d'une façon dangereuse vers cette\nmécanisation qui est à la base de l'esprit d'état. Même notre travail\nintellectuel n'est souvent plus une récréation mais une peine, à cause\nde la division du travail.\nLes formes de plus en plus rigides dans lesquelles les individus hu-\nmains doivent agir, s'ils ne veulent pas succomber, sont en grande\npartie l'effet de la division du travial.\nLes individus des états animaux nous ont également devancés de\nbeaucoup dans la mécanisation. Mais sans aucun doute possible, c'est\nle même facteur qui cause là-bas comme chez nous cette mécanisation :\nla division du travail, qui anéantit l'intelligence (ce qui a déjà été\nreconnu par les économistes politiques anglais avant Marx).\nLe principe de beaucoup d'économistes politiques, qui demandent\nque l'état se charge d'élever la progéniture, est mis également en\npratique de façon parfaite par les fourmis. L'élevage de la progéniture"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "par l'état, qui n'est encore chez nous qu'ébauchée, est réalisée de la\nfaçon la plus merveilleuse par les fourmis.\nMême les conceptions idéales de l'état qui dominent déjà chez nous\nen pratique : la procréation en masse et l'ardeur au travail, ont été\nréalisées dans les états d'animaux, et cela sur une échelle beaucoup\nplus grande que ches nous. Qui serait capable de produire plus d'in-\ndividus que les états d'animaux, de les élever plus conformément aux\nrègles de l'art, de travailler plus intensément qu'eux.\nLe-travail intense engendre cependant la dégénérescence. Si nous\nne l'avons pas encore constaté pour l'homme, nous le savons déjà\npour les animaux. Les étalons de race, les taureaux d'élevage, nous\nles libérons du travail afin qu'ils ne produisent pas une progéniture\ndégénérée. Xénophon a déjà dit des chiens que les bêtes devraient\nêtre délivrées du travail avant l'accouplement.\nOr, il semble bien que les états d'animaux aient été jadis envahis\npar cette dégénérescence. La stérilisation de leurs ouvriers et la déter-\nmination du sexe semblent avoir été les armes employées alors par\neux pour combattre la dégénérescence.\nEn ce qui concerne la prédétermination du sexe nous cherchons à\nles imiter, quoique tout à fait inconsciemment. L'ardeur dans la\nrecherche des biologistes humains pour trouver les lois de la procréa-\ntion permettant par la science de déterminer d'avance le sexe de l'en-\nfant, n'a certes pas encore atteint son but. Mais à la longue elle devra\nréussir. Les états d'animaux nous ont ici tant devancés, que nous\nne pouvons même pas encore comprendre leurs moyens d'intervention.\nAu lieu de nous assurer par un mode de procréation sain le sur-\nplus des naissances de garçons, vers lequel nous tendons instinctive-\nment, nous cherchons à h réaliser par des moyens artificiels. Si cette\ntentative réussissait elle sanctionnerait définitivement la dégénéres-\ncence, comme chez les fourmis, et amènerait la nécessité de rendre\nles ouvriers stériles.\nAvec le plus de zèle nous cherchons à imiter les plus dangereuses\nhabitudes des animaux vivant socialement. Celles qui ne sont pas\ndangereuses nous laissent indifférents. Et les bonnes, nous les com-\nbattons.\nNous prêchons les louanges du zèle des femelles atrophiées,\ntandis que nous ironisons la manière de vie, si utile à la procréation\névolutive, des faux-bourdons. Et pourtant, nous pourrions peut-être\nbien apprendre quelque chose de ces derniers.\nCertes, la vie du faux-bourdon, telle qu'elle se présente à nous,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.64", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "4\n\nne peut-être attrayante. Pourtant il ne faudrait plus longtemps\nnégliger ce fait, que les abeilles, les termites et les fourmis font\nsubir aux mâles productifs le même traitement que nous faisons\nsubir à nos animaux mâles destinés à la reproduction, et qu'ils ex-\ncluent de la procréation tous les individus travailleurs.\nPar cela même, les faux-bourdons s'avèrent comme l'une des\ndéfenses contre la dégénérescence. Le fait que nous usons du même\nprocédé chez les animaux destinés à la reproduction, prouve que les\nétats d'animaux jadis, ayant atteint le faîte de leur développement\nintellectuel, doivent avoir fait des tentatives énergiques pour échapper\nencore à la dégénérescence.\nLe mode d'existence des faux-bourdons avait cependant aussi\ndes conséquences funestes. Nous ne devons en effet pas perdre de vue,\nque la situation sociale détenue par les mâles dans les états d'animaux\nest probablement la cause de ce que le principe masculin est pour\nainsi dire exterminé dans l'organisation des états d'animaux. Certes,\npas dans tous. Il y a des états de termites, où des mâles castrés occu-\npent des emplois ainsi que les femelles rendues stériles.\nIl existe peut-être même des états de termites où les mâles occupent\nla majorité de ces emplois. Mais il n'en existe point, où les mâles\nrégnent seuls.\nPar contre il existe des états d'animaux où seules les femelles\nrégnent. Peut-être apprendra-t-on à déduire de ceci que le principe\nféminin, contrairement à ce que l'on suppose actuellement, est le\nplus conséquent par rapport à la formation des états.\nA mon avis il n'existe dans le cerveau de l'homme aucune conce-\ntion idéale de l'état qui n'aurait pas encore été réalisée par les animaux\nvivants en communauté sociale.Leurs institutions d'état sont de beau-\ncoup supérieures aux nôtres.\nOr, étant donné que nous savons que les animaux vivant sociale-\nment appartiennent aux espèces les plus anciennes, ne devons-nous\npas en conclure que ce sont ces êtres-là qui dominaient avant nous ?\nSi, chez eux, nous voyons réalisées, et même renforcées, nos\nconceptions idéales de l'état, cela ne démontre-t-il pas clairement\nl'importance du danger que, l'homme, devenu un citoyen idéal,\ny perdra son intelligence et deviendra un animal social ?\nCertes, il ne perdra son intelligence que peu à peu, et non pas\ncomplètement. Les fourmis aussi ne l'ont pas entièrement perdue.\nLeur intelligence est même encore de nos jours considérable. Sir\nJohn Lubbock exprime l'opinion de nombre de savants, en prétendant"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "que les fourmis nous approchent le plus, quant à l'intelligence, de\ntous les animaux.\nCe que nous perdons seulement de vue, c'est que leur intelligence\nn'est pas en voie de progression, mais va vers son déclin, et que notre\npropre intelligence a une tendance marquee a suivre le me me chemin\nque celle des animaux vivants en communauté sociale.\nL'exemple donné par les hommes primitifs donne l'espoir que\nl'humanité vaincra la tendance animale dans 1 évolution des états.\nLes hommes qui inventèrent les premiers outils, se trouvèrent\ndans des conditions à peu près analogues aux nôtres. L'homme créa\njadis des outils qui rendirent inutiles les mâchoires fortes et causaient\nleur régression. De même notre conception idéale qui vit déjà en nous\net qui nous réjouit de la même façon que les fortes defenses dentaires\ndevaient réjouir les hommes primitifs, peut-être rendu inutiles et\nvouées à l'atrophie par des inventions politiques.\nNous croyons aujourd'hui que notre évolution physique est\nvirtuellement terminée. Et nous avons raison..\nMais dans nos états le développement animal ne fait que commen-\ncer actuellement. Et si nous ne la surmontons pas à l'aide d'inventions\npolitiques, comme nos aïeuls surmontèrent l'évolution animale de\nleur organisme par les inventions techniques, le développement animal\nde nos organes risque même de recommencer. Notre progéniture\ns'adaptera alors à son tour, physiquement. Par l'évolution vers\n« l'état idéal » notre atrophie physique animale prendre fin.\nLe développement des états dans le sens de la tendance animale\naura comme conséquence le développement animal de l'organisme\nhumain. Car révolution des états, progressant comme elle l'a fait\njusqu'ici, triomphera bientôt de l'individu et par conséquent de\nVintelligence individuelle. Forel a fait l'observation si importante pour\nnous à ce point de vue, que chez les fourmis ce n'est plus l'intelligence\nindividuelle qui constitue le facteur essentiel de leur vie psychologique\nmais l'instinct social.Et les plus grands entomologistes s'accordent en\ncela avec Forel. L'âme de l'état des fourmis fut victorieuse de l'âme\nde la fourmi individuelle. Ainsi l'âme de l'état vaincra l'âme de\nl'homme étant de beaucoup plus grande et plus forte. Ce sera le mal-\nheur de l'esprit de l'humanité, si l'âme de l'état est animale où si le\ndéveloppement ultérieur s'oriente dans le sens de la tendance animale,\nainsi que c'est le cas chez nous actuellement.\nSi nous n'intervenons pas par des inventions politiques dans\nl'évolution animale cles états, l'intelligence humaine sera tellement"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.66", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1299, "texte": "rejettée en arrière par le développement animal social, que même\ndans l'organisation physique, l'évolution animale reprendra le dessus.\nAinsi deux tendances de développement ennemis de l'intelligence se\nrencontreront, et la débâcle s'accomplira avec une vitesse double\ncomme il semble avoir été le cas chez les fourmis. Le développement\nanimal progresse chez elles aux dépens de l'intelligence. Ainsi Forel a\nfait la découverte intéressante que le sens visuel de la fourmi des bois\nd'une capacité très grande, s'est développé aux dépens de l'intellect,\nces animaux donnant des signes d'une intelligence fort réduite.\nAu point de vue animal, le développement dans ce sens peut\navoir des avantages ; mais au point de vue humain il n'en a pas.\nLes yeux les mieux développés ne nous remplaceraient jamais l'in-\ntelligence, même s'ils nous permettaient de percevoir les rayons\nultra-violets.\nNous ne pouvons dire s'il existera un jour des inventions qui\nnous permettront de réunir les deux avantages. Mais en tout cas nous\ninventerons plutôt des yeux perfectionnés grâce à une intelligence\ndéveloppée, que les yeux les plus parfaits ne nous donneront une\nsubstitution de notre intelligence.\nL'lntelligence perdue, tout sera perdu !\n\nSCHULTE-VAERTING.\n\n/ Extrait de a die Freude » \\\n\\ traduction Kharis. /"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c064", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 62, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.21.1", "titre_corps": "FORÊT VIERGE", "titre_sommaire": "FORÊT VIERGE", "signature_source": "Henri Rousseau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.62", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 28, "texte": "FORÊT VIERGE\nCliché D. 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L'enchanteur pourrissant. —\nJ. Romains. Le Voyage des Amants. —\nA. Rouveyre. Souvenirs de mon Commerce. —\nA. Salmon. C'est une belle fille. — Ratin-\ndranath Tagore. La Corbeille de fruits. —\nCrommelynck. Le Cocu Magnifique. —\nFabre. Les Théories d'Einstein. — A. Jarry.\nGestes. — P. Morand. Tendras stocks. —\nG. Boiin. Le Mouvemmt biologique en Europe.\n—A. Salmon. L'Amant, des Amazones. —\nH. L. Follin. La Révolution du 4 septembre\n19. .. —H. Duvernois. Gisèle. — Rachilde.\nLa souris japonaise. — A. Salmon. Le Calu-\nmet. — Apollinaire. Alcools. — A. Gide.\nPdludes. — P. Cazin. L'humaniste à la\nguerre. — L. Wertii. Yvonne et Pijallet. —\nP. A. Birot. Cinéma. — J. E. Blanche.\nDates. — Florian Parmentier.L'Ouragan.\n— H. Hertz. Lieux Communs. — F. Fïel-\nlens. La femme au Prisme. — Vollard.\nLe père Übu à la guerre.\nEditions de luxe\nDiable Amoureux. — Matisse.\n50 dessins. — André Suarès. Bouclier du\nZodiaque. — Elie Faure. L'art Moderne. —\nR. Dorgelès. 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Fernand Leprette.— On n'est\npoète qu'à la condition de sort ir de sa peau et\nde faire jaillir, par le lyrisme, l'esprit du\nlecteur hors des contingences et du temps.\nUn bon ouvrage peut être parfaitement\nillisible, s'il n'étonne par l'invention ou la\nperfection verbale.\nEncore l'invention ne se justifie-t-elle\npoint, si le bon sens de l'écrivain ne justifie\nles audaces. Le Bar Nicanor, par Clément\nPansaers, est bien la chose la plus sotte qui\nait vu le jour sous l'étiquette Dada.\nGeorges Piguet. Dileclions, inspirées\nen vers futiles sur les thèmes Baudelaire,\nVerlaine, Rimbaud, etc. Un tempérament\nqui gagnerait à se trouver lui-même en mon-\ntrant quelque irrespect pour les maîtres.\nHenri Hertz écrit pour sa joie et la nôtre.\nSes poèmes portent couleurs d'amour et de\nsanté. Aimer la vie, suffit parfois pour faire\nune belle œuvre et Lieux Communs, est un\nmince ouvrage qui nous donne l'appétit d'un\nplus copieux recueil. Dans Dates, nous retrou-\nvons le critique J. E. Blanche, qui fait\nnaître, note, commente les histoires les plus\nsavoureuses de la chronique artistique et\nmondaine. Trésor pour ceux qui prisent\nautant et plus, l'anecdote pour elle même\nque pour sa véracité. Conteur attrayant, et\ngai, animé d'une réelle jeunesse spirituelle\nqui le rend toujours aimable.\nSi le Père Übu a pris pour tâche de con-\nnaître tous les abus qui se commettent des\nPyrénées au Rhin, Ambroise Vollard, n'en\nest pas à sa dernière plaquette.\nP. A. Birot dans Cinéma, guide les spé-\ncialistes vers des réalisations qui rajeunic-\nraient cet art déjà vétusté et insipide. Parmi\ndes « plots » originaux, on retrouve cette mer-\nveille du rythme coloré de Léopold Survage,\nart auquel Guillaume Apollinaire accordait\nla dixième muse.\nP. Mondrian. Le Néo-Plasticisme. Le dé-\nsordre dans les idées, mène à la confusion\ndans les œuvres. Ecrit en français, révé-\nlerait sans doute de précieuses indications,\nun esthétique nouvelle, mais que déchiffrer\ndans un texte semblable :\n« La logique veut que Fart soit l'expression\nplastique de tout notre être : qu'il doit donc\nêtre également l'apparition plastique du\nnon-individuel qui en est l'opposition absolue\net annulante — que, d'autre part, il doit être\nl'expression directe de l'universel en nous,\nc'est-à-dire Vapparition exacte de l'universel\nen dehors de nous.\nL'universel ainsi compris est ce qui est\net reste toujours : pour nous le plus ou moins\ninconscient, en opposition du plus ou moins\nconscient — l'individuel, qui se répète et se\nrenouvelle ».\nLa femme au prisme. Franz Hellens. —\nUn joli livre, dont la présentation typogra-\nphique est une beauté ajoutée à celle des\npoèmes. 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Griseledis est\nillustré par le P. A. Moras de bois sobres et\ndélicats. Un Baudelaire est paru anté-\nrieurement : Causeries parues dans la\nTintamare de 1846. Le Sagittaire met en\nvente ces jours-ci : Cœurs à prendre, poèmes\npar Georges Gabory, illustrés de 16 eaux-\nfortes originales de Galanis.\nDe Maurice Raynal, qui,pour avoir vécu\nles temps héroïques du cubisme, est le plus\nqualifié pour en parler, viennent de paraître\naux éditions Valori Plastici une bonne pla-\nquette sur Braque, comprenant un texte\nvivant et simple, suivi de quelques reproduc-\ntions. La meilleure monographie parue à ce\njour, un livre très important sur Picasso, au\nDelphin Verlag de Munich. 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L'ouragan qui les\na dispersés, non désunis, chante encore dans\nles strophes de Costal l'lndien :\n0 père ton enfant perdu\nNe couvrira pas ses blessures\nD'un lourd manteau de chevelures,\nLes guerriers d'ici sont tondus\nMaître. les dévots de la Croix\nM'ont enseigné, dans ton langage,\nCe qu'était la guerre du droit\nVers laquelle un monde s'engage\nLe recruteur était un traître\nCar on fait faire, il m'a menti\nAux grands la guerre des petits\nPour les marchands et pour leurs prêtres.\nEt mal grisé d'un dernier chant\nJ'attends que la mort me délivre\nDes blancs sensibles et méchants\nQui font la guerre avec des livres.\nC. de Lazerme. Tendre Paris, est un\nlivre de poèmes où l'auteur se montre\nrespectueux des maîtres, mais affirme\ncependant une personnalité évidente, faite\nde noblesse et de simplicité. 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L'enfant regarde la nuit de haut\n(Ne croyez pas aux avions, aux oiseaux,\nIl est plus haut).\nSi l'enfant meurt, la nuit prendra sa place.\n♦"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.69", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "Fêtes. La valse est jolie,\nLes grand élans du cœur le sont aussi.\nRues,\nUne roue valsait éperdûment.\nDes roues, des robes, des chapeaux, des roses.\nArrosée,\nLa plante sera prêle pour la fête à souhaiter.\nLisez ce livre et votre cœur sera plein de\nbelles images.\nLes éditions du Sagittaire : Les deux der-\nniers volumes parus Gestes et Paralipomènes\nd'Ubu, par Alfred Jarry et La Patience\nde Griseledis par Rémy de Gourmont sont\ndes petits chefs-d'œuvre de goût et de tenue.\nDes eaux fortes, Übus ventrus, Arlequins\nmaigres, femmes échevelées dansent dans\nles marges. Ils sont doués par l'artiste d'une\nvie fantasque et délicieuse. Griseledis est\nillustré par le P. A. Moras de bois sobres et\ndélicats. Un Baudelaire est paru anté-\nrieurement : Causeries parues dans la\nTintamare de 1846. Le Sagittaire met en\nvente ces jours-ci : Cœurs à prendre, poèmes\npar Georges Gabory, illustrés de 16 eaux-\nfortes originales de Galanis.\nDe Maurice Raynal, qui,pour avoir vécu\nles temps héroïques du cubisme, est le plus\nqualifié pour en parler, viennent de paraître\naux éditions Valori Plastici une bonne pla-\nquette sur Braque, comprenant un texte\nvivant et simple, suivi de quelques reproduc-\ntions. La meilleure monographie parue à ce\njour, un livre très important sur Picasso, au\nDelphin Verlag de Munich. On retrouve dans\nles 95 reproductions qui accompagnent un\ntexte puissant et nourri de faits, d'anecdotes\net d'érudition, l'œuvre du peintre, des adoles-\ncents chétifs, et des « tendres canailles » du\ncirque ou des bars, jusqu'à la pure renaissance\nclassique, en passant par la discipline cubiste.\nChez le même éditeur, der Weg Zum Kubis-\nmus, par Daniel Henry où est exposée\nla genèse du cubisme. Der Kubismus, par\nPaul Kuppers, aux éditions Klinkhart et\nBiermann, Leipzig, ouvrage plus léger et\nmoins documenté, mais très intéressant, enfin\nune œuvre de bonne volonté, mais où\nrègne une grande confusion, l'art français\ndepuis 1914, par Otto Grautoff, Mauri-\ntuis Verlag, Berlin. Chez Kiepenheuer\nun livre que doivent posséder tous les xylo-\ngraphes et ceux qui s'intéressent à cet art,\nde Paul Westheim, reproduit de nombreux\nbois, des primitifs aux plus modernes. Un\nalbum de quatre lithographies hâtives de\nMarie Laurencin chez Flechheim de Dussel-\ndorf, qui est pour beaucoup responsable de la\nsympathie qu'on éprouve en Allemagne pour\nles peintres français modernes,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c068", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.27", "titre_corps": "La musique nouvelle en Allemagne", "titre_sommaire": "La musique nouvelle en Allemagne", "signature_source": "H. H. STUCKENSCHMIDT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.75", "debut_caractere": 1788, "fin_caractere_exclue": 2240, "texte": "La musique nouvelle en\nAllemagne\n\nGuslav Mahler fut le premier des musiciens,\net ses dix symphonies, les premières manifes-\ntations d'un nouvel esprit, éthique et révolu-\ntionnaire, base des réalisation actuelles. Il\ncombattit la « musique à programme »,\nrégénéra la musique symphonique, qu'il situa\nsur le fond d'une expression uniquement\nhumaine et purement spirituelle. Il reste « le\nmaître de la tonalité », épuiseur des possibi-\nlités harmoniques."}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.76", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "Arnold Schonberg est en révolte contre\nl'harmonie, la mélodie et les formes tradition-\nnelles. Ayant débuté par des œuvres de\nmusique de chambre (sextet « Verklarte\nNacht », quatuors op. 7 et 10) il s'affirma\ndoué d'un style nouveau. L'harmonie n'est\nplus fondée ni sur la cadence traditionnelle,\nni sur le système tonal en général. Schonberg\nne forme pas ses accords de tierces, mais sou-\nvent de quartes pures ou altérées. Pour lui\nil n'y a pas de dissonnances. Chaque conson-\nnance de tons est possible, chaque progrès\npermis. Au lieu des formes architectoniques\nil m®t des formes psychologiques ; des formes\nqui sont déterminées par la logique des mélo-\ndies et du développement du timbre. Les\nrythmes flottent sans égard pour le joug des\nbarres. La mélodie extrêmement expressive\nest le fondement général de la musique\nschonbergienne. Dans ses dernières œuvres,\nles cinq pièces d'orchestre et les mélodrames,\nil approche d'un nouveau style polyphonique\net polychromique. C'est une musique, dont\nles voix partielles sont d'une individualité\nétonnante, dont les accords ne sont pas la\nforce motrice, mais seulement le produit\nquasi-accidentel de la consonnance des voix,\nil ne faut pas entendre cette musique comme\nde la musique homophonique comme une\nsuite d'harmonies, mais comme des parallèles\nqui se combattent et se joignent.\nMais toute théorie est grise et ces constata-\ntions ne sont que de mots. L'essentiel est\nque cette musique d'une expression tout à\nfait inattendue, d'une passion brûlante et\nd'une logique d'autant moins à définir par\nl'intelligence qu'elle convaint chaque senti-\nment sans jugements préalables. Et il est\nintéressant de voir combien ces tendances\nmusicales nouvelles sont internationales.\nIgor Stravinsky, écrit une musique analogue\naux dernières œuvres de Schonberg. Nous\nconstatons [là une pareille polyphonie. Béla\nBartok, le chef de la musique moderne hon-\ngroise écrit dans un même style.Karol Szyma-\nnowsky en Pologne et les Tchèques sont\nde tendances analogues\n\nH. H. STUCKENSCHMIDT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c070", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.28", "titre_corps": "A NOS LECTEURS", "titre_sommaire": "A NOS LECTEURS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.77", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "A \"NOS LECTEURS\nACTION n'est point faite pour la satisfaction de quel-\nques écrivains mais pour celle des lecteurs attachés à la\nrévélation d'œuvres ardentes et novatrices qui garantissent\nnotre force vitale.\nLa revue accepte la collaboration de quiconque veut\nexprimer librement sa pensée, à condition que notre titre\nsoit justifié, notre dessein étant de rester hors les écoles,\nles tendances et les opinions, afin de réaliser une œuvre\ndépassant l'actualité. Nous sommes animés d'une puissance\nde volonté qui nous permet d'espérer les plus belles desti-\nnées pour notre entreprise. Notre époque abonde en essais de\ntous genres, économiques, philosophiques et artistiques.\nACTION situe et commente les problèmes du temps\nprésent et en fait la Somme.\nLe style viril, combattant toutes décadences et avant\ntout créatrice, elle ne s'attachera qu'à étudier les idées des\nhommes vivants et leurs œuvres. On dit couramment qu'en\nFrance, tout ce qui a de la valeur ne peut subsister, que\nseule la médiocrité triomphe.\nProuvez-nous le contraire ; aidez-nous à vivre et à créer.\nSi notre effort vous est sympathique, procurez-nous des\nabonnés, confiez-nous le soin de vos éditions, travaux d'im-\npression, catalogues et publicité. Toute personne nous ayant\nprocure cinq abonnements recevra la revue gratuitement\npendant un an."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c071", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.29", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.72", "debut_caractere": 2424, "fin_caractere_exclue": 3401, "texte": "COMITE\nAPOLLINAIRE\nO o\nLes anciens compagnons d'APOLLINAIRE.\nles temoins de sa vie, ses intimes, ont\ndecide l'immediate realisation du projet\nforme k la disparition du pofete, de lui\ndonner une tombe durable autant que son\nsouvenir.\nUn comite a forme, compost de :A. Al-\nbalat, P.-A. Birot, Elemir Bourges, Andre\nBilly, J.-J. Brousson,Cremnitz, Andre Derain,\nSerge Ferat, F. Fleuret, Louis de Gonzague\nFrick, Gaston Gallimard, Roch Grey,\nHenri Hertz, Max Jacob, Leautaud, Andre\nLevel, Toussaint Lucas, Bobert Mortier,\nPierre Mac-Orlan, Georges Pioch, Pablo Pi-\ncasso, Andre Bouveyre, Jean Boyfere, An-\ndre Salmon, Jean Sfeve, Soffici, Alfred Valette,\nMaurice Vlaminck, Florent Fels.\nLa maquette du monument est l'oeuvre\nde Picasso.\nLes peintres mettront h la disposition du\ncomite, des toiles ; les ecrivains, des exem-\nplaires rares et des manuscrits ; les amis et\nadmirateurs, sont pries d'adresser leurs\nsouscriptions a:\nSerge Jastrebzof, 229, boulevard Baspail,\nPABIS (14e)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c072", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.30", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.72", "debut_caractere": 3403, "fin_caractere_exclue": 3599, "texte": "Souscriplions regues a ce jour:\nMme Nelly Claudet 2 jr.\n3/me Errazuris 500\nM. 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Blanche,\nJean-Bichard Blocli, Louis Chadourne,\nPaul Claudel, Guy-Charles Cros,\nGeorges Duhamel, Leon-Paul Fargue,\nHenri Gheon, Andre Gide, Bene Gillouin,\nJean Giraudoux, Max Jacob,\nEdmond Jaloux, Tristan Klinhsor,\nValery Larbaud, Leo Larguier,\nFrancis de Miomandre, Paul Morand,\nComtesse de Noailles, Jean Pellerin\nJules Bomains, Andre Bouveyre,\nAndre Salmon, Andre Suares,\nJerome et Jean Tharaud, Paul Valery\n100, Rue du Faubg. 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Chaque annee deux forts volumes format\n30 x 22 c/m avec plus de 700 reproductions.\nPriere d'adresser les souscriptions a ACTION\nou a l'adresse suivante :\nVERLAGSANSTALT ALEXANDER KOCH\nDARMSTADT W. 39 (Allemagne)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c076", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 75, "image_fin": 75, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.34", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.75", "debut_caractere": 2242, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "Editions de la galerie\nSIMON\n29b, RUE D'ASTORG\nPARIS VIIIs\n(PRES SAINT- AUGUSTIN)\nViennent de paraitre:\nTrois lithographies de\nMAURICE DE\nYLAMINCK\nTirees & 100 exemplaires nunierotes et signes\npar I'Artiste\n1. VerviHe Prix de l'ex. 60 fr.\n2. Rue a Herouville . . » » » 60 fr.\n3. 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S. Eliot,\nWyndham Lewis, George Moore,\nNewinson, Paul Rosenfeld,\nEzra Pound, etc.\nREVUE D'ART ET DE\nLITTERATURE MODERNES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c078", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.36", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.76", "debut_caractere": 2026, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "Editions „ LIBER\"\n::: 69, Faubourg Saint-Martin, 69 :::\n♦♦♦❖♦♦♦♦♦♦♦♦ PARIS (Xe) ♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦\nVIE NT DE PARAITRE :\nVOYAGE\nen AUTOBUS\npar Marcel SAUVAGE\nPoemes avec 4 images de Max Jacob\nII est tire cle ce curieux ouvrage:\n30 cxcmplaircs sur Hcllande dont 2 hors commerce.\n28 nurpcrotcs ct signes a la n>aip de I a XXVIII,\nL'exemplaire 25 fr. »\n1.000 cxemplaires dc 1 a 1.000,\nL'exemplaire *7"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c079", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.37", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.76", "debut_caractere": 2418, "fin_caractere_exclue": 3179, "texte": "SELECTION\nCHRONIQUE DE LA VIE ARTISTIQUE\n, ( Andr6 de Ridder\neurs ( Paul Gustave van Hecke\nLa Revue d'Art que publie \"Selection\" de\nBruxelles parait mensuellement (sauf pendant\nles deux mois d'ete), sur vingt pages, en edition\nde luxe sur papier Gainsborough, et est riche-\nment illustree par des reproductions, des bois\net des oeuvres graphiques originales. Elle publie\ndes etudes sur les mouvements nouveaux de la\nsculpture et des divers arts decoratifs et donne\ndes articles signes des principaux critiques d'art\nChaque mois elle publie un Billet\nParisien cl'Andre Salmon, resumant la vie\nartistique francaise.\nPrix du Numero 3fr.50\nAbonneiient d'Un an 30 fr.\nRedaction et Administration:\n62, RUE DES COLONIES, BRUXELLES\nDepositaire d'Action pour la Belgique"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c080", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 78, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.38", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.78", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 62, "texte": "Weill\n'\nExpositions\nde\nPeinture Moderne\nS\ns\n46, RUE LAFFITTE\nI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c081", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 78, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.39", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.78", "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "ECOLE\nM. 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L. FOLLIN\nEn souscription :\nLe chateau de\nKRASNY STAW\npar ROCH GREY\nRoman orn6 de 4 images sur bois, en trois\ncouleurs de\nLEOPOLD SURVAGE\n20 exempl. luxe sur hollande 100 fr.\n700 exempl. ordinaires 20 fr.\nFormat \"Action\"\nMODIGLIANI\npar ANDRE SALMON\nOuvrage orne\" de 2 portraits de l'artiste\net 22 reproductions de ses oeuvres\n50 exempl. sur hollande .. .. 100 fr.\n700 exempl. sur beau couche 20 fr.\nFormat in-4° coquille\nAdresser les commandes a\nACTIONFELS«EuPARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaab-1921-05-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnaab_1921-05_01#c083", "volume": "bmtnaab_1921-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 79, "image_fin": 79, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.2.41", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.79", "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 1328, "texte": "LES\nYOIX DE LALLEMAGNE AFFRANCHIE\nR. E. CURTIUS\nDie Literarischen Wegbereiter des Neuen Frankreich\nEssais sur les pionniers litt6raires de la France nouvelle:\nRomain Rolland, Charles P£guy, Paul Claudel, Andre Gide, Andre Suar£s.\nPrix : 18 Marks\nVVV\nDAS KUNSTBLATT\nDirecteur: Paul WESTHEIM\nRevue d'art international, importante pour les renseignements sur le mouvement\nde renaissance artistique en Allemagne\nDans chaque numero : Chronique de I'art frangais, par F. Fels\nLe cahier: 9 Marks; 3 mois (3 cahiers): 24 Marks\nVVV\nPAUL WESTHEIM\nOuvrages sur les grands artistes de l'Allemagne moderne:\nWILHELM LEMBRUCK Prix\nOSKAR KOKOSCHKA »\nDIE WELT ALS VORSTELLUNG (essais sur I'intuition artistique) .. »\nVVV\nDIE DICHTUNG\nRevue Litteraire\nDirecteur: WOLF PRZYGODE\nCollaborateurs: Hofmannsthal, Rilke, Borchart, Heinrich Mann, Georg Kaiser, etc.\nCes cahiers, sans s'attacher particuli£rement a la critique, contiennent\nles oeuvres anim6es de puissance cr6atrice d'un mouvement allemand\nmoderne, visant au renouvellement de l'esprit et des formes par un\nsentiment approfondi de responsabilit6 artistique et humaine.\nCes prix sont a majorer de 100 0/0 — Prospectus sur demande\nDepositaire pour la France : ACTION - FELS\n58 Marks\n40 »\n48 »\nEditions Gustav Kiepenheuer - Potsdam - Allemagne"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.1", "texte": "DEUXIÈME ANNÉE N» 7 — MAI 1921\n%\nc/\\niec/ ide priiio/optiic d'^rt\nLa revue paraît tous les deux mois — Abonnement d'un an: 30 francs pour tous pays\nDÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX :\nAllemagne : Gustav Kiepenheuer - Potsdam - Berlin\nAngleterre : Chelsea Book Club - Cheyne Walk - Chelsea - London\nBelgique : Sélection - 62, Rue des Colonies - Bruxelles\nScandinavie: A.B. Nordiska Bokhandeln - Fredsgatan - Stockholm\nSuisse : Kundig - 1, Place du Lac - Genève\nPour la France et les autres pays :\nACTION - FELS - 18, RUE FEYDEAU - PARIS\n\nSOMMAIRE\nHenri Rousseau. . . Roch Grey Bébuquin (suite) . . . C. Einstein\nPoèmes. . . ~ . . . René Edme Ossip Zadkine Waldemar George\n» ....... Georges Gabory Raccourcis ...... Franz Hellens\n» Ivan Goll Etat humain ou état ani-\n» Béatrice Hastings mal ? Schulte -Vaerting\n» Vincent Huidobro Critique des ouvrages reçus :\n» ....... Rastes Pétrovitch Florent Fels, Ivan Goll, Kharis.\n» Léonard Pieux\n» André Salmon Bois de Galanis, Hermine David\n» Marcel Sauvage et Vlaminck.\n» Else Lasker Schuler\n» . Maurice Vlaminck Reproductions d'œuvres de Rousseau."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.2", "texte": "Cliché D. K. D.\nLE BOUQUET"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.3", "texte": "i\n\\\n»\n;' \" •\nCE Pi-iiLo/oPi-iic ET caci\n%\n<\nm\n-*m-\nTOME\nII"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.4", "texte": "HENRI ROUSSEAU\n\nNé dans la pauvreté et dans le labeur, là, où même l'ombre que\nprojettent les hommes se hisse ou s'étale lourde et disloquée, aucune\ntrace de cette hérédité inspirative, aucune influence du milieu ne\npoussèrent Henri Rousseau à devenir artiste. Il ne voyait que des\nchoses qui habillent l'indigence, tout ce provisoire, ce pis aller qui\nécrase d'un bout à l'autre l'existence des pauvres. L'uniformité de la\nvie ouvrière, c'est le barrage à toutes les possibilités de l'effervescence\nintellectuelle, un courant irrésistible qui, pareil à un flot indomptable,\nrecouvre l'individu de sa masse, l'unifiant avec sa nullité.\nIl suffit à l'enfant de montrer une tendance à quelque rêve le\ndétachant de l'âpre souci du pain quotidien, pour que non seulement\nsa famille, mais tous les corps adhérents à tous les métiers, se révoltent\nironiques et vengeurs.\nIl faut une force exceptionnelle pour dominer cette prépondérance\nqui offre les mêmes facilités que toute approbation de choses convenues.\nComme enfoui dans une île inexplorée, Henri Rousseau naquit et\nvécu dans ce monde obscur où seul le saisissement salubre du di-\nmanche, prend des proportions catastrophiques ; linge frais, pot-au-\nfeu traditionnel, habits dont, pendant la semaine, on oublie la coupe\net la couleur... et les cloches de l'église qui appellent à la gaîté.\nBruyante, elle se transforme souvent en brutalité qui se termine pour\nles femmes par des pleurs ; le lendemain c'est l'humeur morose du\nlundi où elles reprennent le gouvernail."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.5", "texte": "A 40 ans, Henri Rousseau était encore employé d'octroi,\nfouillant les marchandises. Vie de mille bagarres, le chahut\nGrossièrement enchâsse de toutes les fanges, où seule la rudesse\ns'orne du succès immédiat.\nDans quel coin, sous quel auvent, cet homme de génie pouvait-i!\nse recueillir, trouver la ligne droite du merveilleux sentiei qui le mena\nvers son bonheur ?\nIl est possible que dès l'enfance il admira tout ce qui était bien\nfini, bien exécuté, lisse, égal : une vieille crédence lustrée par l'usure,\nla surface d'une fontaine immobile au crépuscule, le mécanisme d'une\nmontre paternelle pareille à un oignon d'étain. En feuilletant les\nvieux almanachs, en regardant les réclames de parfums, de liqueurs,\nil pouvait prendre goût à dessiner.\nTravaillant toute la semaine, fatigué vers la fin de la journée, ahuri\nde la bestialité qui extérieurement l'englobait lui aussi comme un\nde ses attributs actifs, il est possible que sorti du cabanon de l'octroi\nil trouvait la paix chez lui.\nTout homme qui travaille pour vivre, possède un appui, un espoir,\nun point de résistance qui l'aide à endurer la besogne, c'est le\ndimanche.\nCinquante-deux fois l'an, l'ouvrier pourrait trouver le loisir pour\neffleurer le fonds même de sa propre substance, pour avoir quelque\npressentiment d'un autre ordre d'idées, d'occupation et de vie que la\nsienne. L'unique terrain où il parvient à le faire, c'est la révolte contre\nl'insuffisance matérielle qui l'accable, contre l'insensé de tous les\nrégimes qui l'assomment.\nProduit des coïncidences de la nature agissant hors de toutes les\nhérédités, pour compte de quelque superflu paradisiaque à l'usage\nde l'harmonie universelle, Henri Rousseau vivait sans fiel, attendant\ncomme les autres son dimanche. Aux heures de répit pendant la\nsemaine de corvée, il regardait voltiger les oiseaux, fleurir les arbres,\npasser les carrioles, et les bestiaux rentrant dans les faubourgs ;\nau crépuscule tombant, tout prenait des teintes suaves, nourries,\nsans reflet trop apparent d'aucune essence, car à cette heure le soleil\nest invisible, et des semaines s'écoulent sans que la lune arrive à sa\nrondeur opulente lui permettant d'éclairer. C'est à ces heures aussi,\nque les femmes finissent leurs travaux de ménage, et assises dans leur"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.6", "texte": "verger, sans se donner de peine, suivent les progrès que la clémente\nnature fait accomplir aux légumes qu'elles ont plantés.\nA cette heure, les figures humaines prennent des teintes unies,\nlibres des ombres qui accentuent les traits, qui soulignent les varia-\ntions de leurs humeurs... Tout cela, Henri Rousseau l'a vu, l'a aimé,\nl'a peint, le jour de grand dimanche où la densité de la joie prend\ndans le monde entier les proportions d'un élément atmosphérique.\nLe changement physique dans l'atmosphère, dépend de mille\ncoïncidences du hasard ainsi que de la conformation du sol ; la pointe\nd'une montagne peut accrocher le nuage le plus menaçant qui, au\nlieu de déverser la pluie sur la plaine, s'endort au sommet qui le capta ;\nla même pointe aidée par le vent peut l'envoyer par delà le mont ;\nsouvent après un tunnel où l'on s'engouffre aux rayons du soleil, on\ntrouve une pluie torrentielle.\nLa joie du dimanche, élément atmosphérique universel. Son\nrythme régulier, ayant sa source dans le cœur des hommes, d'un seul\ncoup envahit l'entier de la terre, escaladant les plus hauts sommets,\nles plus profonds abîmes jamais habités. Exempts de dimanche, ils\ndurent sans joie dans une inaltérable suite de siècles, dégageant une\ntristesse qui même adoucie par le soleil ne perd jamais son aspect\npathétique.\nNous vivons à une époque, où le dimanche a cessé d'être une joie\nessentiellement chrétienne ; tous les peuples, même ceux qui, comme\nles israélites et les mahométans, célèbrent à part leurs jours de fête,\nparticipent à sa gaîté, à l'irrésistible de cet élan mondial. Seuls les\nsaints l eux de pélérinages où la dévotion d'un culte spécial créa un\nétat passionnément haineux, enfermant comme La Mecque où les\nruine du temple de Salomon, des germes de tristesse et de résistance,\nqui réduites jusqu'à l'extrême, s'effacent sous la masse géante de la\njoie dominicale.\nIl est probable que cette joie ayant déjà sa formule dans la chimie\nencore ignorée de la métaphysique universelle, comme les états atmos-\nphériques qui accélèrent ou diminuent les possibilités de n'importe\nquel accès dans la mécanique humaine, ajoute, forte de son élan\ngigantesque, à l'état-capacité du bonheur individuel.\nL'art d'Henri Rousseau naquit et se forma le dimanche. Libéré de"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.7", "texte": "son travail, il pouvait le cœur en fête composer des images en écoutant\nchanter les faubourgs.\nToute besogne suspendue, même les jours brumeux, même sous la\npluie, le peuple vit dehors, savoure en entier son loisir changeant de\nfond en comble l'état-extériorisation du ton organique de la ville.\nLe bruit qu'elle dégage le dimanche, est l'opposé de celui qui la comble\nles jours de la semaine. Même la respiration des hommes, au lieu d'être\nfiévreusement accélérée, sous la pression de l'ordre donné par la néces-\ncité, se calme suivant le va-et-vient naturel à sa cadence. Même les\nbêtes, même les plus harassées comme les chevaux, à l'exception de\nquelques exigences inhumaines, s'assoupissent paisibles dans leurs\nécuries ; les chiens appartenant aux moins fortunés participent\nla tendance universelle, à la gaîté, à l'accalmie dominicale.\nDès l'enfance Henri Rousseau s'habitua à considérer ce jour\ncomme uniquement destiné à la joie.ll le voyait naître et se consumer\ndans une trêve, religieusement obligatoire, de tout effort. L'élan général\nle portait dehors pour boire avec les autres un verre de vin, pour fêter\nle mieux possible ce jour de repos.\nLa pression de toutes les atmosphères s'opposait à sa tendance\ncontredisant l'hérédité ouvrière, exécrant le travail du dimanche.\nAu lieu de se dissoudre dans la liesse universelle, il l'engloba\nen bloc, source miraculeuse centuplant sa propre joie de travailler\ndans une liberté inaltérable, sous la seule loi de son désir, défiant la\ntyrannie de toutes les contraintes, même celle du peuple entier qui\nle fit naître et dès son début d'artiste le combla d'ironie et de désap-\nprobation.\nL'; me en fête, chacune de ces œuvres, est le moment de sa joie\nfixée dans l'expression que lui donnait son dévouement sans borne.\nPersonne ne saura jamais l'étendue des difficultés qu'il surmonta,\nI effort de volonté qu'il déploya pour résister aux circonstances, toutes\nayant 1 envergure de forces majeures tendant à son anéantissement.\nII arriva un moment où déjà âgé, ignoré du monde, ayant infructueu-\nsement exposé aux « Indépendants », qui à son époque se présentaient\nau public, pauvrement casés dans des baraques où l'on ne venait que\npour rire, il se libéra de l'octroi et vécut en jouant du violon ; la mu-\nsique occupait son cœur et son imagination ; c'est encore le dimanche"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.8", "texte": "qu'il pouvait lui consacrer les moments où heureux de contempler\nses toiles, il voulait chanter sa joie.\nOn ignore les étapes de son ascension s'eftectuant à l'ombre des\nmasures qui encombrent les faubourgs de Paris, le quartier de Plai-\nsance où même les pavés semblent être jetés de travers.\nOn manque de documents pour établir à quelle époque il approcha\ndes intellectuels, des hommes de lettres qui s'intéressèrent, sans rien\nchanger au courant misérable de son existence, à la bonhommie\néclatant au milieu de ses œuvres, comme une surprise de foire. Personne\nparmi ces hommes ne prit Henri Rousseau suffisamment au sérieux\npour se glorifier de le tirer de la misère, étalant à la stupéfaction des\nautres, ahuris de cette nouvelle valeur, si étrangère à leur esprit,\nl'œuvre déjà toute faite, où par un miracle surprenant, on ne peut\njamais trouver aucune trace de faiblesse et d'apprentissage.\nSans préciser le cas de cette apparition extrême, quelques artistes\ns'avisèrent de l'approcher, certains, malicieusement, le considérant\ncomme un demi-fou, bonasse et joyeux, d'autres, ébauchant une\nsorte d'admiration facile à diminuer ou à se modifier sous la poussée\ndes rires malveillants.\nFigé dans les cabanons de l'octroi, Henri Rousseau ne rêva\njamais de si hautes relations. Sa simplicité touchant à l'extrême aris-\ntocratie, à la souveraine possession de soi-même, sans aucune né-\ncessité des attributs étrangers, il évoluait dans ce nouveau milieu\navec une parfaite aisance parée d'un bon sourire aimable et bienveil-\nlant. Jamais, il n'abandonna ses amis ouvriers, parmi lesquels se\nforma sa renommée, surtout celle de maître de musique.\nPour une minime rétribution, il se chargeait d'élèves qui venaient\ndans son atelier où sans interrompre son travail, il leur enseignait\nla musique.\nAssis devant son chevalet, il suivait sans inconvénient sa pensée\nguidant sa ma n et l'ineptie d'un enfant raclant le violon de ses doigts\nengourdis. Il est probable que ces deux courants ne pouvant subir\naucun heurt d'équivalence, il arrivait à garder une inaltérable sérénité\nd'humeur, isolant peut être comme un élément subalterne, son ouïe\nlivrée au service de la nécessité.ll donnait aussi des leçons de dessin,\nmais il ne parvint jamais à avoir d autres élèves que deux vieillards\nde 72 à 80 ans, qui souvent, la leçon terminée, lui reprochaient d'avoir"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.9", "texte": "embrassé un métier aussi ingrat, lui conseillant de redevenir un hon-\nnête fonctionnaire de l'Etat, renonçant à sa folie.\nLes cours de musique ayant pris de l'extension parmi les habitants\ndes faubourgs,il donnait des soirées auxquelles participaient ses élèves\nsuivis de leurs parents ouvriers, ainsi que ses amis du monde littéraire\net artistique. Le souvenir de ces assemblées provoque encore, chez\ncertains artistes, témoins oculaires de ces fêtes, des souiiies moitié\nmoqueurs, moitié indulgents.\nElles se présentaient comme des galas extraordinaires, précédées\nd'invitations formulées et ornées de des ins : paysages, oiseaux,\nfleurs, par Henri Rousseau lui-même. Vêtu d'une redingote, cravaté\nde blanc, chef de son orchestre puéril, compositeur de ritournelles\net de chansons dont il revêtait ses poèmes, il faisait tellement rire\nses invités de marque, que ces dames s'oubliaient parfois, ne se maî-\ntrisant, que pour ménager la sérieuse considération dont les mères des\npetites musiciens entouraient Henri Rousseau.\nLa rue Perrel, coupant la rue Vercingétorix, voyait un mouve-\nment inusité les nuits de ces réunions, où plusieurs hommes déjà\ncélèbres, s'acheminaient pour s'amuser chez le « père Rousseau ».\nL'atelier débordait ; le savoir-vivre reculait les familles ouvrières\nvers le palier, sur l'escalier, dans la cour, qui recevait en entier le\nconcert exécuté selon le programme, où souvent figurait le nom de\nHenri Rousseau : « solo de violon dans ses oeuvres et créations. ». Il\ny avait des programmes fait entièrement de ses compositions si\némouvantes quand on pense à son âge, à sa jeunesse anéantie par\nune écrasante besogne, à son désir de vivre et d'aimer.\nLa tradition garde le souvenir de sa libéralité extrême, car pauvre,\ndénué de tout confort, de toutes commodités dans sa vie de\nprivations, il servait à ce public insoucieux, des verres de vin, des bis-\ncuits, les enfants recevaient des pommes qu'ils cherchaient à avoir\nles plus rouges et les plus brillantes possible. Jamais une cargaison de\nbouteilles et de gâteaux ne vint généreusement offerte, égayer son\nvieux cœur, pour monter au comble l'exubérance de la gaîté.\nL'histoire de sa vie sentimentale a dû suivre le cours des événe-\nments auxquels connaissant la fermeté de l'impossible, il se soumettait"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.10", "texte": "PORTRAIT DE PIERRE LOTI\nROUSSEAU\nCliché D. K. D."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.11", "texte": "L’HEUREUX QUATUOR\nCliché Deutsche Kunst und Dekoration"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.12", "texte": "Cliché D. K. D.\nGUILLAUME APOLLINAIRE ET SA MUSE"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.13", "texte": "Paysage ua dirigeable\nCliché Kunstblatt"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.14", "texte": "sans révolte. Deux fois marié, deux fois veuf, il est probable qu'il\naima mieux Clémence que Joséphine, car c'est ce nom qu'on rencontre\nà la tête de ses poèmes à chanter. Il y avait aussi une Yadviga, demoi-\nselle polonaise dont, comme de tout ce qui concerne la vie d'Henri\nRousseau, on ne possède d'autre renseignement que le sourire un peu\nmoqueur. Vieux, il garda le cœur juvénile. Les dernières années de sa\nvie s'assombrirent par une suite interminable d'ennuis que lui donna\nson ultime effort pour être heureux. Une Léonie, âgée de 54 ans, s'obs-\ntinait à être indécise : son père ne voulait rien entendre de ce mariage ;\ncomme les autres, il trouvait Henri Rousseau misérable, grotesque\ndans ses prétentions d'artiste. Personne dans le quartier ne pouvait se\nprononcer sur cet art qui ne lui fournissa taucuneaisance.il était\nquestion d'une expertise, d'un lecours aux compétences propres à\ndonner un avis définitif sur sa peinture.\nPar pure gentillesse, un peu maussade, sa blanchisseuse, les notes\ndu linge paraissant difficiles à régler, accepta de petites toiles, ainsi\nque le restaurateur où souvent il prenait ses repas ; mais son menuisier\nse montra intraitable : pour rien au monde, il ne voulut échanger un\ngrand châssis pour une de se 3 toiles.\nTout cela parvenait à la fiancée. Vendeuse au Bazar de l'Hôtel-de-\nVille, connaissant le prix de l'argent, elle cherchait à profiter le plus\npossible de sa situation de femme aimée. Elle arriva à lui enlever ses\nmaigres économies ; elle sut qu'il projetait une donation en sa faveur\nde tout ce qu'il pouvait avoir, ainsi que le profit de toutes ses\nœuvres errant de par le monde... elle voyait ses pieds saigner, la\ncirculation de son \"sang étant déjà mal assurée, une maladie qui devait\nl'emporter gagnant ses jambes qu'il ne ménageait point.\nTous les jours, Henri Rousseau, âgé de 65 ans, parcourait Paris\nd'un bout à l'autre, pour rejoindre aux heures des repas, celle qu'il\nnommait « la pauvre petite ».\nQuelques amis voyant son exaspération, tentèrent d'ébranler\nLéonie : elle ne parut point au jour fixé pour le mariage. C'est alors\nqu'on a vu Henri Rousseau,pâle et tremblant, courir à travers les rues,\nse lamenter de sa défaîte,se plaindre devant les gens qui s'aLtroupaient.\nPendant ce temps, sa personnalité s'affirmait de plus en plus\ndans le monde des Arts. Peu soucieux de « ce pauvre vieux », faisant\nune peinture qui ne ressemblait en rien à ce qu'ils s'habituèrent à"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.15", "texte": "nommer ainsi, ses camarades du métier, par pure négligence, par\naveuglement facile à comprendre, le laissèrent sans difficulté entrer\nsur la piste. C'est qu'il était inofïensif, pauvre et vieux, ses épaules\nlégèrement courbées vers la terre, sa bonne figure au teint clair, aux\n%\nyeux bleus comme ceux d'un enfant. A qui pouvait porter préjudice,\nqui pouvait effacer cette apparition si bonasse ? On ne travailla point\nles critiques pour les obliger au silence : les ignorants qui au temps\nde Henri Rousseau dirigèrent la marche de toutes les gloires, pour ne\npas avoir usé envers lui d'aucune arme défensive, d'aucune violence,\nentreront eux-mêmes convenablement dans l'éternité.\nJeux du Destin, où quelque ombre familière aux génies étouffa un\néclat de rire.\nAinsi son chemin aplani, à la date régulièrement fixée pour les\nexpositions des Indépendants, plus tard du Salon d'Automne, il\ns'attelait à une voiture à bras pour y mener ses toiles. Jamais elles ne\nmontèrent dans les salles d'honneur, inaccessibles à leur aspect si peu\ncommun qu'on se plaisait de nommer amicalement « puéril » Leur place\nétait en bas, dans ce grand vide pareil, malgré sa hauteur,à un sous-sol,\nvaste emplacement inhospitalier, jugé peu utilisable où l'on casait le\nrebut de cette grande foire. Cela a duré pendant vingt-quatre ans\n(1886-1910).\nQui le premier osa faire voyager ses tableaux ? Sortis de Paris,\nimmédiatement ils trouvèrent les esprits prêts à les admirer. Des\nmarchands commencèrent à s'intéresser à lui, à lui prendre avec pru-\ndence quelques toiles, ce qui le fit rêver à une aisance extrême équi-\nvalent à vingt francs par jour. Les peintres de son quartier, de bons amis\nsans malice et sans fiel, s'amusèrent beaucoup en excitant ces rêves\npar des lettres où des illustres étrangers imaginaires, lui commandaient\ndes travaux importants. Tout heureux, il courait chez le marchand de\ncouleur, chez son menuisier, rien ne l'étonnait, les moqueries filtrées\npar sa foi, se transformaient en des faisceaux d'hommages qu'il accep-\ntait comme un acquittement, comme une petite part d'une immense\ndette. Aucune désillusion ne pouvait l'ébranler. Habitué à un courant\nininterrompu de contraintes et de désapprobations, seul son bonheur\nde peindre le confirmait dans l'inébranlable de sa destinée.\nCeux qui le croient naïf, sans un grand savoir, suivent une prédis-\nposition malheureuse de leur propre nature, ou peut-être intimidés"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.16", "texte": "par la déprimante admiration pour leurs prédécesseurs, n'osent pas\ns'aventurer dans les nouvelles conjectures.\nJamais la personnalité ne peut arriver à une si définitive éclosion,\nà une précision aussi ferme sans le savoir absolument conscient, non\nseulement du métier, mais de sa propre valeur.\nElevé sous le fléau des âpres exigences de la finition dans le travail,\nil les appliquait à lui-même, élargissant ainsi son pouvoir basé sur la\nconscience, le soin extrême, le désir de pousser l'accomplissement jus-\nqu'à l'impossible. Chaque tableau de Henri Rousseau, c'est la\nfière sûreté de ses moyens, l'adresse extrême de la mise en\nscène, infaillible d'équilibre et de proportion. Ce n'est pas\nl'abrégé d'une formule préconcue, ni le triage savamment\nallégé, un trompe-l'œil tapageusement expressif. C'est une vision\nimposée par une fantaisie d'un raffinement inassouvi, ne cherchant\nque sa propre satisfaction, que l'éblouissement définitif se dégageant\ndu désir inquiet de servir son objet le mieux possible, le chemin le plus\ndroit qui exclut toute hésitation. Son génie c'est l'égalité de la valeur\nexécutive : sur toute la surface de chacune de ses toiles, l'inextinguible\namour, patience, volonté, guident le pinceau. Jamais de coupable\nrelâchement, jamais de désir de paraître sans avoir assumé le joyeux\nsacrifice jusqu'au bout. Ainsi la densité de sa valeur picturale est\ntelle, que même les bords les plus cachés de ses tableaux portent\nl'empreinte de cette sollicitude ardente dont il les entourait.\nLes moments, les figures qu'il y fixait n'étaient que ses grands\nbeaux dimanches à lui où il respirait avec aise le oisir transformé en\nun travail si âpre dans son ardeur. Aucune trace de servitude ne se\ndégage de ses figures-portraits de ceux qu'il abordait dans la vie.\nEux aussi semblent vivre de beaux moments de dimanches,\nornés de faux-cols et de cravates fraîchement blanchis, de redingotes\naccessoires inévitables d'une fête, d'une pose devant un photographe\nau jour solennel d'une noce ou d'un baptême. La nature aussi semble\nfêter sa plus belle éclosion, chaque feuille dans sa précision dentelée,\nc'est une apparition toute neuve où aucun insecte n'avait le temps\nde se poser ; chaque fleur, c'est un songe, une forme inédite suggérée\npar son nom. Les gradations de ses cieux le plus souvent sans nuage,\nce n'est pas la copie du vrai ciel, c'est l'art de transmettre sa disposi-\ntion pour l'ensemble de la chose qu'il se proposait d exécuter."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.17", "texte": "Henri Rousseau inventa lui-même ses moyens d'exécution. Ses\ntableaux sont des copies de ses rêves d'après la nature de son ceiveau,\nrespectueux devant la grandeur de tout ce qui précéda son apparition\ndans l'Art.\nAimant la discipline dans le travail, nourri de savoir-faire, il\nestimait l'Académie et les professeurs apprenant à dessiner et à peindre.\nL'impressionnisme devait lui sembler une tentative sublime d éludei\nles difficultés de la précision s'acquittant par des tâches équivalent\nà la fugacité de la lumière qui eftace tous les attriouts de la forme.\nIl est plus que sûr que côté raisonnement, combinaisons à priori,\net tout ce qui infecte de nos jours les milieux artistiques transfoimés en\nacadémies de rhétorique, lui fut étranger. Mais, comme tout artiste\nde génie ne travaillant qu'avec son cœur, exigence de plastique ne\nlui laissant aucun doute de sa vérité, il suivit sa passion par le chemin\nqu'elle lui imposait, celui du plus grand effort vers la perfection. Ses\ntableaux sont d'un luxe extrême, car ils représentent un état libéré\nde tout autre souci que leur réalisation, que les lois de sa vie et celle\nd'un peuple entier lui interdisent.\nSon indigence l'ayant enfermé dans l'infranchissable, ne lui per-\nmettant de dépasser son déplacement plus loin que la banlieue pan-\nsienne, son imagination, son goût pour le merveilleux, le portèrent\nhors de toutes les limites vers l'inaccessible, vers le plus lointain,\nle plus beau, le plus exorbitant.\nOn croit que tout jeune, il participa à la guerre du Mexique, et\nque ses forêts vierges, singes, tigres, enchanteurs, fleurs suggérées\npar les lotus, palmiers, orchidées, sont les souvenirs des jours qu'il y\npassa en suivant son régiment. Est-il possible qu'il laissa ses impres-\nsions se ternir sous les couches poudreuses du temps, sous la misérable\ngrisaille de sa vie parisienne ? Ces tableaux exotiques, cette fantaisie\nd'une fraîcheur aussi jeune que son cœur, n'apparurent que dans les\ndernières années de sa vieillesse, vers 1904, six ans avant sa mort.\nPeut-on croire qu'inutilisés, il garda ses souvenirs pendant quarante\nans ? d'ailleurs, la flore du Mexique ne ressemble en rien à ce que\nl'on admire dans ses tableaux : « plateaux parfois désertiques encadrés\npar de hautes chaînes de montagnes volcaniques au milieu desquelles\nse développent de fertiles vallées. »\nSouvent le dimanche, Henri Rousseau, vieux et fatigué, devait,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.18", "texte": "au lieu de chercher la banlieue trop lointaine, se promener dans le\nJardin des Plantes ou d'Acclimatation. Habitué à la pauvreté de son\natelier, de tous ses attributs où seul le canapé recouvert de l'utrecht\nlie de vin déteint, apparaissait splendide, s'adossant contre un mur,\nil se figeait dans une admiration sans borne, au seuil de serres où\ngraduées savamment, des plantes merveilleuses s'exhibent en parasols,\npanaches, éventails, fusées, chutes pareilles à celles d'un torrent qui\ndévale du plus haut de la montagne jusqu'au plus profond de l'abîme.\nDes fleurs aux calices immaculés, aux corolles jamais vues, et d autres\npareilles à des constructions impossibles à définir, éclatent dans les\nverdures, s'ouvrent et s'effeuillent dans une atmosphère où l'artifice\nde la chaleur rend leur exaltation plus dense sous la voûte des vitres\nqui s'irisent de plus d'arcs-en-ciel, que sous leur propre climat.A côté\nles lions rugissent, les tigres flairent la mort des bêtes qu'ils vou-\ndraient terrasser, de gros serpents s'exténuent de tristesse dans leurs\ncouvertures héritées des hôpitaux, les perroquets rouges, bleus et\njaunes, crient dés injures au-dessus des oies qui ne se doutent de rien,\net les singes désœuvrés meurent doucement d'amour.\nL'ardeur extrême, les rêves presque effrayants envahissaient\nle cœur de ce vieillard de génie, qui contredisant par sa seule présence\nle convenu déjà classé, au lieu de trébucher sous l'action du temps,\nprenait en s'embaumant d'émanations tropicales, un essor inattendu,\nune audace nouvelle, tout imprégné de l'émerveillement qui guidait sa\nfantaisie.\nLa série de ses tableaux ainsi inspirés, c'est le trésor de l'inédit\nappartenant à l'art pictural. Le parfait du beau lisse, où les yeux ne\nheurtent jamais contre les obstacles, contre les défaillances de la\nvolonté créatrice. Le mystère doux et pénétrant, presque le parfum\nivre de sa propre essence, se dégage de ses forêts aux feuilles merveil-\nleusement raffinées, aux fleurs gigantesques d'une pureté passionnée.\nSon goût dans le choix d'emplacement est tel, qu'une joie intarissable,\némue, saisit à jamais le spectateur asservi.\nUne mort violente due au manque de soins et de confort, le plus\nindispensable à son âge, l'emporta humblement affaissé sur un lit\nd'hôpital."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.19", "texte": "Physiquement détruit, il continue à multiplier par son art, ses\ncapacités de vivre.\nVéritable phénomène de la nature, puisant sa force dans sa\npropre substance, il apparaît unique formule du jamais existant,\nd'inabordable, car pour l'approcher il faudrait reconstruire toutes\nles coïncidences de la vie réelle, s'appuyant sur une base de combi-\nnaisons métaphysiques introuvables, comme les origines de l'Univers.\nAucune admiration, aucun effort de l'absorbé, ne pourront activer\nla familiarisation que dans l'état passif qui exclut toute possibilité\nde patronage. Son art jailli du sol populaire, par une contradiction\nqui n'est admissible que dans ce cas exceptionnel, ne pourra jamais\nséduire que le monde de la plus haute intelligence sentimentale et\nartistique. Le phénomène des disproportions, entre son désir de satis-\nfaire aux exigences convenues de la beauté et sa tendance instinctive\nde dépasser les limites du permis dans sa conception, le fera toujours\ngrotesque aux yeux du peuple : les mains d'une extrême grandeur ou\nd'une extrême petitesse, ainsi que la raideur des membres là où l'on\n11 admet que les courbes et les plis, la remise au premier plan de frag-\nments naturellement destinés à l'arrière, et, ce qui est attaché indisso-\nlublement à chaque œuvre d'Henri Rousseau, que l'objet n'est qu'un\nsimulacre, 1 idée de la chose qu'il se propose de représenter, que malgré\nla réalité de ses formes imagées, elle ne contiennent aucun élément de\n1 éalisme et vivent hors de 1 atmosphère, ceci le fera toujours unique-\nment accessible à l'élite.\nL Histoire de 1 Art devrait enregistrer l'avènement de cette\nnouvelle grandeur jusqu'à présent indéterminée. Au moment où\n1 Impressionnisme dota la jeune peinture d'un fâcheux relâchement\nHenri Rousseau ébranla les goûts, effara les esprits, fit virer l'époque\ndu côté du vrai art, Il doit être considéré comme un des plus grands\npeintres français ayant droit à l'immortalité.\n\nROCH GREY"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.20", "texte": "Bois de VlamincK.\n\nContes de Fées\n\nRIQUET A LA HOUPPE\nUne princesse, dit Perrault, devait donner à son mari\nDe sa beauté et, lui, la payer en esprit.\nD'aucuns ne content pas ainsi.\nUn grand roi, m'a-t-on dit, avait un fils difforme.\nLes courtisans saluaient ce fils très bas.\n« On me salue, pensait l'enfant, c'est pour la forme.\nCar si je n'étais pas le fds de mon papa\nJ'aurais même du mal a trouver un emploi.\nDans une tour restant à lire il lut tant qu'à la fin,\nIl se fit lui-même écrivain.\nRiquet avait beaucoup d'esprit pour l'opinion.\nUne princesse idiote mais fort belle\nAyant ouï parlé dans sa ruelle^\nDu prince très savant et de ses éditions"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.21", "texte": "Fit venir à sa cour les livres et l'auteur,\nEspérant prendre au moins son cœur.\nIl fallait bien sortir le Riquet à la houpe.\nEn voyant le bossu et ses cheveux d éloupe,\nFemme bête et riche est souvent impertinente,\nElle a tant ri, tant ri, qu'elle s'en tenait la hanche.\n« Les livres du petit qu'on les rende au libraire,\nEt qu'on fasse atteler sa voiture sur l'aire ».\nQuand on n'a pas de grâce et qu'on est un nabot,\nEût-on l'esprit cent fois plus beau,\nOn n'est aux yeux des gens pourtant qu un escarjot.\n\nMADAME BARBE-BLEUE\nMadame Barbe-Bleue appelle un serrurier\nRend les clefs bien en ordre et fait chercher ses frères.\n« Quand vous saurez ce qui m arrive vous rirez.\n'« Le juge par mes soins est instruit de l'affaire.\n« Mon mari, mes amis, est un grand assassin.\n« J'en ai trouvé la preuve en sortant ce malin.\n« Et comme il n'a pas de parent\n« Nous héritons de son argent ».\nLes femmes, on Va dit sont des êtres sublimes.\nFolles jusqu'au génie et grandes jusqu'aux crimes,\nCe qui augmente encore leurs charmes et leur prix\nC'est que dans les moments critiques\nAu milieu des sanglots, des larmes et des cris.\nElles perdent les sens mais non le sens pratique.\n\nPEAU D'ANE\nOU LA QUESTION FÉMINISTE\n\nLe conte cle Peau d'Ane a de la renommée\nC'est le roman des diplômées !\nEn ce temps là les rois épousaient des bergères\nMais non encore des bachelières.\nLa mode en vint.\nUn prince étant entre deux vins\nChez un de ses vassaux fermier des plus gaillards"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.22", "texte": "L'OCTROI\nCliché Flechtheim\n\nIA CARRIÈRÉ\nPhoto Lepoutre"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.23", "texte": "LA KÉCOLTE DES BANANES\nCliché D. K. D."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.24", "texte": "PAYSAGE DE PRINTEMPS\nCliché D. K. D."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.25", "texte": "LA BERGE AUX FLAMANTS\nCliché D K. D."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.26", "texte": "Buvait un jour et par hasard. _ •\nLe prince était bon prince et même joyeux di ille.\nIl prend en s'amusant la taille de la fille.\nHolà ! dit le papa, en voilà des façons !\nSavez-vous que ma fille a de V instruction ! »\nIl désigne au-dessus de la porte du home,\nDu baccalauréat le superbe diplôme !\nLe prince en eut une muselière.\nSon père le voulant obliger a l hymen\nDu sexe lui montrait les plus beaux spécimens.\nNon, disait-il au roi son père,\nIl me faut une bachelière !\nAh, ce n'est pas dans voire palais de crétins\nQu'on la dénichera ! Pas de perle dans le crottin ».\nOn lui proposa bien quelques femmes dcspiit,\nMais non garanti sur papier par écrit.\nLe prince avait le spleen\nOn lui chercha Peau d'Ane.\nAllez, mesdames, allez-dans nos Facultés,\nDévelopper vos facultés.\n\nNOCTURNE\nPygmalion danse la mattchiche\nTenant Phébé par la main.\nPuisque Jupiter s'en fiche\nNous les marierons demain\nVoici la nuit qui s'avance,\nNeptune est sorti de Veau\nLe menuet qui commence\nSe danse sur les tréteaux.\nA la lumière électrique\nLes dieux sont-ils des ours blancs ?\nLa lune est bien trop étique,\nBougeoirs sur les petits bancs.\nQu'on cherche dans Montparnasse\nDes instruments musiciens\nPrenez une calebasse\nEt la corde d'un chat marin."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.27", "texte": "Pour faire des castagnettes\nCes dames auront nos cœurs.\nEt des grelots sur nos têtes,\nLa folie, c'est le bonheur.\n\nSIGNOR CALAMAR\nIl avait la voix brève et le pas saccadé\nMais il était malin et savait en changer.\nToujours vêtu de noir et de rouge mêlés\nCalamar s'entourait de moines et d'abbés.\nEt très souvent près d'eux il déplorait ses crimes:\nComme son nez en scie, il a des mois en limes.\nIl ne parle jamais que la langue cles camps\nDit « le pied » du sergent, « juteux » de l'adjudant;\nLa cafetière pour lui est le « percolateur »,\nLe soldat de première classe est un « zonar ».\nLe chef des embusqués « caporal des flemmards »\nEt le sergent-major un « doublar ».\nIl menaçait sa femme de la lessiver.\nTramoniana sa femme était comme un agneau\nMais elle avait des mœurs plus sales qu'un pourceau.\nElle était couronnée de rose et d'églantine\nMais elle avait du feu et du sang dans l'urine\nLeur fille Lassépia é ait une étourdie.\nElle n'avait pas de père ; elle en avait trente-six.\nSignor Calamar était menteur et fou,\nCupide tellement qu'il raclait les gros sous :\nAvec le vert de gris il faisait cle la soupe,\nQu'il faisait avaler aux soldais de ses troupes.\n« Vingt-cinq mille sesterces et autant de talents\nA qui m'inventera la soupe aux ortolans !.. »\nDit-il en dévissant du salon la pendule,\nCar en horlogerie il était très habile.\nLes génois dans la gène contractent un emprunt\nIl prépare sa part et ne partage rien.\nIl marie Lassépia avec un vieux sous-off,\nBien que Tramoniana soit une Romanoff."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.28", "texte": "MORALITÉ\nCalamar supprima les lois sur le divorce :\nLe malheur des parents est la leçon des gosses.\nIl enseignait le vice aux enfants des villages,\nAfin que la vertu semblât le prix de l'âge;\nSupprima la conversation et la lecture\nPour que chaque apprit à voir à sa mesure .;\nIl enferma les vrais savants dans les prisons,\nLoin des sols visiteurs et des décorations.\nLes autres furent livrés à Vlnquisition ;\nDécréta que jamais plus rien ne serait beau;\nAnnula les ventes de tableaux vrais ou faux;\nPermit qu'on se passât de toutes religions ;\nLes Dieux ont sur chacun d'occultes intentions,\nJésus-Christ n'ayant pas écrit sur ses mystères.\nCe serait le braver que de ne pas s'en taire.\n\nDans ce pays les fleurs sont de diamants, les fruits de saphirs,\net l'on allègue à tort la présence des alligators.\nElle fabrique des aéroplanes qui ont plutôt l'air de moulins à\nvent. Elle les tourne, les retourne ces charmantes cocardes rapides,\net finit par monter dans le plus petit cabriolet, laid qui s'envole,\nhélicoptère. C'est un insecte.\nSuperbe tricorne de polytechnicien avec plumes, canne de\nmaître de cérémonies, beau jeune homme rose. Le wagram est la trei-\nzième pierre du pectoral des prêtres bibliques. On en décore 1 enfant\nde chœur ou de cœur. Ceci se passe dans l'école communale qui est\npeut-être une sacristie. Gants clairs.\n\nLE DÉMON\nL'océan sombre et soulevé par le vent ! figure de ta face énorme\net laide ô démon ! Parfois mon lit a la figure du démon, les plis de ses\ndraps font sa face : alors moi je suis la pudique femme nue, horrifiée\npar une présence ! une présence."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.29", "texte": "CAREME 1921\nMAX JACOB.\nC'est un paysage d'Alsace, me dit-on. Beaucoup de voyageurs\ndans le Touring Mail. Que la nature est triste là ! des touffes de bois\nsur des collines ! les arbres sont couverts de fleurs couleurs d automne.\nApparences ! Apparences ! ces arbres sont secs, Heurs mm^es.\nL'hôtellerie a bel aspect : genre wagon restaurant a 1 *\nil n'y a rien à manger. Ainsi est mon âme et celle des dévots. Beaucoup\nde pratiques, de dévotion et l'aspect de la vertu ; mais point de\nferveur, et plus d'habitude que de foi. Que la nature est triste »\nles fleurs sont mortes, les arbres secs et il n'y a point a manger a\nl'hôtellerie.\n\nDÉVOUEMENT\n\nCe fut cette nuit\nAu falbaia électrique\nD'une gare\nQu'un rapide dérailla.\nJ'eus pitié de la locomotive jusqu'à ce que\nCharbon en terre, son sang épuisé\nElle s'endormit lourdement.\nJe dis le Dies Irae sur cette héroïque machinerie\net m'emballai de complexion avec la science.\nMais tout l'autre criait\nPoint du tout choraux ; ces appels en fer blanc étamés parla charcuterie\net le sommeil, m'empêchaient de chanter.\nNe pouvant dans ce fracas lancer ma ballade à l'aube en baptême; je\nrésolus d'en sauver quelques-uns par geste et esthétiquement; car seul\nle Daïmon Erotique des V/. C. sait combien je reiiiai de plasma d origine,\nMes amis.\nLes fleurs du mal à la boutonnière\nJ'arrachai ail cercueil\n« Fumeur »\n2me et 3me classe\nAu Dining Room\nEt surtout au sleeping-car, car j'aime les amants"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.30", "texte": "Deux ou trois douzaines d'imbéciles\nQui exultaient cinq minutes avant Varrêt : «\nLa Vie, Monsieur ?\nça ne vaut pas la peine\nAllez ! »\nMais je m'aperçus, blessé au visage.\nEt le lendemain\nj'étais bandé devant de très hygiéniques carreaux d'hôpital.\nLe Cantonal bréviaire annonça : « Qu'un jeune-poète-de-Paris-avait\nsauvé quinze personnes un-livre-à-la-main ».\npuis\nDe solennels œufs-sur-le-plat, à la voix de bure me greffèrent\nla Légion d'honneur.\n« Moi ? Monsieur ?\nMoi et un marchand cle beurre\nun épicier ?\nun financier ?\nQue non ! Monsieur !\nPouvez-vous mettre dans mes poches une demi-livre de soleil ?\nJ'ai sauvé esthétiquement et par geste\nparce qu'ils criaient trop fort\nEt brouillaient ma cantate à l'aube en baptême »\nCombien d'amis là.\n« Seuls\nles W. C. du dining room vous diront mon sacrifice »\nLe lendemain :\nLe cantonal bréviaire annonça que j'étais un pâle voyou\net que peut-être c'était\nMoi\nqui avait aveuglé la locomotive\n« Les fleurs du mal à la boutonnière ».\n\nR. EDME."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.31", "texte": "PLUMES\n\nI\n0 jeunes filles sans pareilles\nPour qui j'ai fait tant de chansons !\nTirez les cheveux de Samson\nQui, dans vos bras, rêve et sommeille.\nVénus que j'ai trop attendue,\nNe peut donner que ce qu'elle a.\nCheveux coupés par Dalila...\nEurydice cent fois perdue...\nTout au fond des jardins du Tendre\nNous nous en irons, si tu veux...\nUne mèche de tes cheveux\nSera la corde pour me pendre.\n\nII\nPuisque Vénus notre marâtre\nDe ses doigts divins n'a mouché\nQue la chandelle de Psyché\nOu le faux nez de Cléopâtre,\nAllons cueillir la mandragore\nAu jardin des fruits défendus,\nBeaux corps sans âme, enfants perdus,\nTendres colombes de Gomorrhe :\nVoici mon péché solitaire...\nPetits amours, clansez en rond...\nQue de paradis s'ouvriront\nDans le ciel rose de Cythère.\n\nIII\nTombé du ciel dans la mansarde,\nAu chevet de mon lit étroit,\nLe nez rouge et tremblant de froid,\nLa nuit, un ange me regarde,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.32", "texte": "Et dans l'ombre où mon cœur se musse,\nAssis mélancoliquement,\nJ'aime à chercher mes sentiments\nComme un singe cherche ses puces.\nUn cœur du passé se délivre,\nDu présent ou de l'avenir,\nEt ne veut plus se souvenir.\nQue d'avoir oublié de vivre.\n\nMASQUE\nL'éventail, le bouquet, le masque\nCachent les beaux yeux de la dame,\nMais l'ennui chante dans son âme,\nComme un jet d'eau dans une vasque.\nQu'entre mes doigts son cœur se brise !\nQue sa ceinture se dénoue,\nTandis que la musique joue\nL'air du Carnaval de Venise.\nAu fond d'un cœur plein de fumée\nS'élève une voix suppliante,\nLe jour se lève... Adieu passante\nToi que je n'eusse pas aimée !\n\nUN SOIR D'ENNUI\n\nCe soir, j'ai vu sourire un visage moqueur,\nDans Vombre, tout au fond du miroir solitaire,\nMais les petites mains qui font tourner la terre\nN'ont pas beaucoup changé la forme de mon cœur.\nJe sais que le plaisir embellit ton visage,\nOmbre que j'ai tenue, un soir entre mes bras...\nRevienne un autre hiver et tu t'endormiras,\nLes yeux levés, colombe au ciel de mon lit-cage.\nEntre dans tous les paradis qui s\"ouvriront,\nCher ange et que demain, frissonnante et pâmée,\nDans des bras inconnus tombe la bien-aimée !\nIl fait froid dans ma chambre, amours, dansez en rond '"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.33", "texte": "Feuille morte, où le vent m'emportera demain ,\nLes voyages du cœur ont formé ma jeunesse ;\nJ'aurai toujours connu leur charmante tristesse.\nSans qiïElle soit passée, un jour sur mon chemin.\n\nGEORGES GABORY.\n\nCHANSON DE LA LANTERNE\nPetits tramways aux ailes cVor\nVous en allez ! Vous en allez !\nTous les quarts d'heure avec des femmes en iussor\nEt des messieurs entulipés.\nNous restons seuls ! Nous restons seuls !\nOuai noctambule\n\"V»\nBar fraternel\nA!fiches rouges qui s'en fichent.\nSi seuls ! Si seuls !\nCombien de bateaux s'en vont à Saint-Cloud\nHirondelles qui meurent\nEt tant de tangos non dansés !\nLanterne pâlement malade\nMon Cœur : qu'attends-tu donc au coin du monde ?\n\nJOAILLERIE\nIVAN GOLL.\nLes bijoutiers n'ouvrent que le soir\nCollier de lampes à arc au cou de V Opéra\nMonsieur Saturne descend de son auto bleue pâle\nUne Vénus de — Cent mille francs\nEst née dans sa cravate de satin\nVierge sans nom de famille et sans carte de pain\nBallérine de gala pendant les feux d'artifice\nQui donc a acheté le film du zodiaque ?\nJ'ai jeté dans la Balance mon cœur de rubis."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.34", "texte": "LE PÈLERIN REVIENT\nVoilà le pauvre Thom, gris de froid sur le grand chemin !\nEh ! Les amis ! Voilà Thom de retour de la Terre Sainte.\nQui lui racontera la nouvelle ? Tirons au sort !\nLa femme de Thom, elle aussi, est en pélérinage\n— en compagnie d'un troubadour.\nFemme et meneslrel vont mieux ensemble que femme et pèlerin.\nThom, mon vieux, retourne à Jérusalem !\n\nUN BATEAU PÊCHEUR COULE A MIDI\n0 Pêcheur ! tu n'oublies pas ton goût pour le poisson : les dieux n'oublient\npas leur goût pour toi.\nTu tords les doigts dans les entrailles, et les orbites ne connaissent\nplus les yeux.\nTout ça pour ton dîner!\nDe même, pour leur genre de goûter, les dieux éventrent ion corps plein\nde vie, et quand ils ont envie de se régaler, ils ie boivent.\nQu'es-lu de plus que le poisson, loi ?\nMais comme tu t'indignes de l'induction.\n\nLA PESTE\nNi Vamour, ni la luxure ne peuvent étouffer la puanteur du cadavre\nverclâtre, encore sur la poussière adoratrice.\nDonne, ô homme, à la poussière ce qui est à elle, et rends grâce aux dieux\nd'avoir laissé dans leurs combinaisons au pays des vivants d'autres\nfemmes.\n\nUN OIGNON SUR UNE ECHARPE ROUGE\nBÉATRICE HASTINGS.\n0 trésor brun ! 0 Perle ! 0 Oignon !\nqui t'a mis là sur son écharpe cle dimanche, en Vappelant\n« La zolie sose ! »\nQui — sinon le petit chérubin ?\nMais voilà, la fi lie, Voreille toute rose du torchon vengeur de la cuisinière.\n0 trésor brun doré ! 0 Perle — pour le pot !"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.35", "texte": "AUTOMNE RÉGULIER\nLa lune tourne en vain\nDans ma main\nLa nuit et le jour\nSe sont rencontrés\nEt l'angle ouvert mieux qu'une bouche\nAvale mes pensées\nLa lune moulin à vent\nTourne tourne tourne en vain\nLe paysage au fond des âges\nEt l'étang dans sa cage\nEn vain tu cherches\nArbre d'automne\nH n'y a plus d'oiseaux\nIl n'y a plus d'oiseaux\nEn regardant sur les vallées\nOn voit partout des sons de cloches fanés\nLe jour est plein mes mains aussi\nA l'autre bout s'en sont allés\nLes pas sans bruit.\n\nC'EST L'AUTOMNE DES CLOCHERS\n\nJe ne sais plus de blonde ou brune\nLaissons la place aux matelots\nViens regarder dans mes ilôts\nLa nature morte du clair de lune\nAvec l'assiette au bord de Veau\nEt la rose s'effeuillant sur Voiseau qui chante\nA minuit quarante.\nOublie-moi\nPetit astre caché\nC'est l'heure où j'embaume ma forêt\nOublie-moi"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.36", "texte": "Pilote sans navire et sans loi\nAu fond de mes yeux\nChantera toujours le poète noyé.\n\nVINCENT HUIDOBRO.\n\nLE MOT DE LA SOIF\nRASTES PETROVITCH.\nNos rouies sont infinies, mes frères,\nOn cl déjà chargé le chariot paysan.\nLe chariot de Vêles ploie sous le fardeau,\nLe grincement prolongé de ses roues s étend dans la font.\nLe voici ! Comme on la pose sur des seins adores,\nJe poserais ma tête sur la lourde roue, npcnnlp •\nSur la roue. Que la roue m'écrase dans sa marche Plante ,\nPar son grand amour pour les voyages : qu elle m écrasé.\nNos routes sont sans limites. .\nLes montagnes sont si calmes, les pâturages si etend. s.\nEt ie donne à toutes les routes mon amour insondable,\nEt toutes les routes me désirent et m'appellent :\n— Viens, viens, toi, amant si patient,\nLe lourd chariot paysan grince de grand matin .\nLorsgue la locomotive s'éloigne mon cœur se serre,\nLes raies s'embrassent derrière elle et disparaissent.\nMnn rrpnr s? nloie La solitude du pont est lugubre.\nTlocZoUveTsi enfuie dans le grincement du chanot paysan.."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.37", "texte": "LETTRES DU DÉSERT\n\nI\nRespectueuse devant le destin aveugle\nGarder cet oiseau empaillé savamment\nEt sans rire! plus rapide qu'un aigle, plus violent\nLe sable furieux viendra vous punir\nIl est arrivé chez moi par le Désert à pied\nSeul, oublié de sa tribu volante\nSon bec rouge de soif son cerveau troublé\nTraînant ses ailes brisées sur la plaine ardente\nJe l'ai recueilli précieux souvenir de sa joie\nEtre déchu, fini sans illusion ni but\nFixant le beau soleil d'un regard\" jaloux\nEt les nuages qui volaient au-dessus de nous\nServiable je lui construis un aéroplane\nL'ajustant bien à sa couleur à sa taille\nJ'attachais ce pilote léger comme une paille\nEvitant ses yeux ronds suppliants et doux\nJe lançai l'appareil déroulant la ficelle,\nHeureux peut-être inquiet de cette maigre galté\nRetenant mon haleine pour mieux le voir\nL'appareil-oiseau dans sa félicité\nIl revint vers la terre en tombant à mes pieds\nDétaché de son siège par un effort suprême\nSans pattes sans ailes affreux mutilé\nPréférant la mort à ce bonheur extrême\nC'est un fakir savant qui le remplit d'herbages\nMe parlant d'une voix dure au sujet de la mort\nEt le joaillier du Caire vieux et presque aveugle\nSculpta sa merveilleuse si dernière demeure.\n\nII\nLe portrait qu'on me traça cle toi\nAveugle incident coupant l'aube mauresque\nQuelqu'un presque semblant une caricature\na F."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.38", "texte": "Trouvée dans un album dédié aux grotesques\nSeule la côtelette se hisse triomphale Vos en l'air\nPoint d'interrogation tombé à l'envers\nSouvenir des festins bibliques où des moulons entiers\nHécatombes toutes prêtes pour être dévorées\nVins limpide vertige renfermé dans des cruches\nFruits galettes palpiiant sous la cendre\nEt vous femmes aux têtes plus vicies que celles d'autruches\nArdeur cles nuits lèvres prises étreintes taciturnes\nCette digression c'est l'hommage à ton génie culinaire\nParticipation d'un convive à jamais absent\nOui hissé sur son cheval arabe trop ardent\nLonge les mers escalade les rochers\nFait sentinelle attentive aux assauts des aigles\nEt rêve. ..\nL'Europe est une écharpe bleue glissant sur les flots\nRumeur ininterrompue qui couvre le bruit de la mer\nSoupirs vêtus d'éclairs.\nDes constellations géantes éclatent à Vhorison\nCe sont des quais des docks ou peut être seulement Paris\nMirage qui vient me rejoindre ici\nVision effrayant l'arabe\nPrésage d'une mort jamais désirée\nJe veux venir assister ciu plus vite ci la candeur de vos joies familiales\nOasis niché à l'ombre d'une vie prise d'assaut\nFtempart d'une aube à l'autre secoué par les feux.\nPersonne ne sait plus de quel côté doit venir le coup de grâce\nEt l'on boit du vin et l'on rit\nTu t'élances l'occiput à plat\nLa protubérance de ion crâne le suit présomptueuse en boule en œuf\nS'harmonise à merveille avec ion grand nez\nJe sais que l'or de tes lunettes fait penser à un singe aveugle\nLa grâce n'est pas clans l'harmonie classique tu le sais\nJ'entends bruire les casseroles\nGicler l'huile vider les callebasses\nGrésiller les tomates qui ornent avec succès\nTout plat du Midi, d'Orient, cle toutes cuisines\nQui conduites d'une main diligeanie '■\nElève l'âme voisine du Paradis."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.39", "texte": "Solide sur les jambes la crées de l'inédit\nDes combinaisons de homards nageant dans la béatitude\nD'une sauce qui défie l'assaisonnement vulgaire des gens du métier\nL'inspiration conduit ton œil vigilant là où le garde-manger\nAbrite les restes tristement affaissés.\nC'est alors que pris dans la même transe que Dieu au moment de la création\nTu inventes pour le bonheur de les amis les hommes\nMais silence !\nUne trombe de sable marche à ma rencontre\nPins parasols balayant le ciel de leurs têtes démesurées\nInconcevable composition de branches tournées dans du sable.\nTrouverais-je un abri\nPassera-t-elle sans briser sur moi ses illusions-rameaux.\nAdieu !\n\nLÉONARD PIEUX."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.40", "texte": "L'Age de 1'Humanité\nFragments\n\nTHEME VULGAIRE\n\nLe jour qu'il s'est foutu une balle dans la peau\nOn venait lui livrer des gants et un chapeau.\nL'enfant qui portait le chapeau dans une caisse de carton jaune et bleue\nsur les bords à l'imitation d'un tambour,\nEt les gants dans une pochette\nEntendit du troisième partir le coup et s'affala sur la carpette\nEt se releva pour fuir, il eut voulu courir toujours.\nC'est un flic moustachu qui l'empoigna par un des trente-six boutons\nDe son gilet de groom.\nUn sale gosse qui volait son patron,\nSon compte est bon,\nQu'est-ce qu'il va prendre pour son rhume !\nLe mort mal mort vint témoigner chez le commissaire.\nVous ne connaissez pai un mot de l'affaire\nCet enfant m'appartient\nEt ce chapeau aussi m'appartient\nEt ces gants et tout est payé\nVous ne pouvez pas le condamner puisque tout est acquitté !..\nIl est bon ! il est bon ! rigolèrent les sergots.\nJ'emmène le gosse, je le réclame\nAu nom de nos malheurs égaux,\nJe le nomme Théodore\nOu Isidore\nAu choix de sa petite âme,\nJe l'aime pour la peur qu'il eut de ma mauvaise mort,\nViens essuyer le sang et manger mes gâteaux !\nJe t'apprendrai à tirer au pistolet\nEntre le blanc sec du plastron et l'ombre moite de la peau,\nTu seras mon page et mon prestolet,\nMon fils de prédilection,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.41", "texte": "Mon ange gardien et mon élève en sensations\nEt quand tu seras grand c'est toi qui le porteras, ce chapeau !\nAlors l'enfant espiègle ouvrit la poche aux gants,\nDes gants blancs brodés de gris\nQui s'envolèrent par le judas avec des battements d'ailes extravagants\nÊt le maître dit : Il m'a déjà compris !\nVoici la Peste enfin\nAvec le froid, avec la faim\nVoici la Peste enfin\nLa première des Terreurs revenues de l'An Mil.\nUn étroit vol glacé qui fait battre les cils.\nTôt ou tard, fille folle\nIl fallait te soumettre et te rendre à l'Eglise,\nIl a passé le mer ton bel Américain.\nLa voici au chœur de l'Eglise\nToute blanche en sa blanche chemise,\nDes plumes noires au baldaquin,\nPeste ! comme la voilà mise !\nPeste !\nGrippe espagnole\nDit le toubib en son argot d'école\nFeria de la Malaria\nLa mort gitane en boléro\nT'aurait repris la couronne\nPâle mort des héros ?\nC'est la Grippe\nC'est la Peste\nDans les nippes\nSous la veste\nDans les plis cle la nappe\nSous les jupons de la bonne\nOn l'allrappe\nOn la donne\nC'est le jeu de la saison\nLa Peste est dans la maison."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.42", "texte": "ÈVE\nCliché D. K. D."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.43", "texte": "FORÊT VIERGE\nCliché D. K. D."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.44", "texte": "LA FAMILLE\nCliché K."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.45", "texte": "LA TOUR EIFFEL\nCliché Kunstblatt"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.46", "texte": "3\n\nDix-huit-cent-trente, havre\nOuvert aux vaisseaux d'une Mort d'Opéra\nAge des cheveux longs et de la mort-aux-rats\nDes vapeurs et du Choléra.\nLe choléra des hugolâtres ?\nFi donc ! Faux art !\nMauvais théâtre !\nCharnier de Cannes ! de Palestine !\nCharniers troyens ! Charniers de Lombardie !\nCharniers puniques !\nCharniers des Champs catalauniques !\nDe Saint-Gond ! D'Y près ! Du Vardar !\n0 très classique puanteur\nMiracle ordonné d'infâmie\nLa Peste est digne des vainqueurs !\nLa première Terreur revenue de l'An Mil,\nLa première, vous dis-je !\nTu peux ne pas prier, l'Ange s'en rit\nL'attente est religieuse\nEt tous nous attendons sur nos grabats pourris\nMieux soumis si la révolte est plus orgueilleuse\nLa prochaîne Terreur et le nouveau Prodige !\nPolonais, cela va sans dire\nAppartement historique quai Voltaire\nEscalier superbe au fond d'une cour sordide,\nC'est par son art qu'au monde fut épargné le ridicule de voir loucher un\nroi d'Angleterre\nQuel homme ! Quel oculiste !\nEt sur les vingt-quatre murs son incomparable collection de toiles\ncubistes.\nIl joue avec les yeux comme avec des lotos,\nComme avec des numéros de loterie,\nLe bleu ! Le bleu, mamour 1 .\n*\nA vous le bleu d'azur !\nQuelle triperie 1\nTous ces yeux vivants dans des saladiers.\n\nTHEME FARCE"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.47", "texte": "À toi le vert, Toto !\nOn peut choisir ! On peut dédier !\nOh ! cet œil noir, cet œil espagnol ou je pleure !\nCiel ! l'œil de mon mari !\nLes moins chers sont les gris.\nJe suis riche, très riche, je veux des yeux de pauvre !\nJe veux pour moi des yeux hagards !\nTous les mêmes confondant les yeux avec les regards l\nMais la Science permet tout\nJ'ai dans mon jeu plus d'un atout\nEt ma publicité\nFait vivre dix journaux dont cinq soutiens de l'Ordre\nEt cinq dont meurt la Société.\n\nANDRE SALMON.\n\nNOTES SUR LA LUNE\n\nI\nLes cathédrales\nbercent la peine des hommes\nLes étoiles décrochées\nindiquent les carrefours du monde\net la vague repasse à l'autre vague\nun fil de lune\nElle\nplacide à l'état du ciel.\nII\nLes heures\naux 7 écharpes de couleur\nsont mortes au son des tambourins.\nLe ciel rêveur s'accoude aux quenouillées du soir,\nVorage immobile pèse aux cimes des pins.\nOn attend :\nc'est la pleine lune qui monte\nmaquillée\n—• lente\ncomme un ballon d'enfant"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.48", "texte": "III\nUn chat sur un toit s'endort\nparmi les champs en châles d'or.\nAAAAttl«l*\nDes spectres patinaient sur la mer\ncueillant des poignards d'argent\n.... et le monde ressuscite\nLa lune (dernier quartier)\nsur un cyprès noir\nau vent — dans le soir\nflamme de cierge\nVois\nSi nous montions sur les collines\nnous pourrions nous coucher\ndans les draps bleus du ciel.\n\nMARCEL SAUVAGE.\n\nRÉCONCILIATION\nIl tombera une grande étoile dans mon sein...\nNous voulons veiller la nuit\nPrier dans des langues,\nQui sont profondes comme des harpes.\nNous voulons nous réconcilier la nuit,\nTellement Dieu nous inonde.\nNos cœurs sont des petits enfants :\nIls voudraient se reposer doucement.\nNos lèvres aimeraient se rencontrer.\nQiïattends-tu ?\nMon cœur ne voisine-t-il auprès du tien —\nEt c'est ton sang qui colore mes tempes\nSi nous nous embrassons, nous ne mourrons point.\nUne grande étoile tombera dans mon sein."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.49", "texte": "CHANT D'AMOUR\nELSE LASKER SCHULER.\nSur tes tempes\nIl y a. des pigeons d or.\nTon cœur est un tourbillon.\nTon sang frappe comme le mien\nDoux\nLe long des framboisiers\n0 ce que je pense à toi...\nDemande à la nuit !\nPersonne ne joue aussi bien\nAvec tes mains,\nPersonne ne bâtit des châteaux\nComme moi, de tes doigts d'or\nEt des forteresses avec des tours !\nEt puis nous serons des flibustiers !\nQuand tu es là,\nJe suis riche.\nTu me prends vers toi :\nJe vois ton cœur s'étoiler.\nDes lézards phosphorescents\nParcourent ton ventre.\nTu es tout en or :\nToutes les lèvres retiennent leur haleine."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.50", "texte": "Bois de Vlaminck.\n\nVILLÉGIATURE\n\nDans la campagne\nDes petites maisons de paysans\nOù dorment la femme et les enfants\nEt aussi des villas prétentieuses et meublées\nInhabitées\nOù les riches ne viennent que l'été\nOn a cambriolé\nLa maison d'à côté\nJ'ai scandalisé le gendarme\nQui faisait les constatatations\nEn disant tout simplement\nLe colimaçon n'a qu'une maison."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.51", "texte": "HÉSITATION\nVLAMINCK.\nOn vient au monde\nSans le savoir\nÇa l'air de rien\nDe rester en vie\nMéfie-toi\nOn meurt souvent\nSans savoir pourquoi\nIl y a la maladie\nEl le service obligatoire\nLes assassins\nEt la faim\nEt l'amour parfois\nMais, réfléchis bien\nIl vaut mieux être\nBien vivant\nQue d'être le Poilu Inconnu\nOu même Napoléon\nMort depuis longtemps."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.52", "texte": "Bébuquin\nL'HISTOIRE DES RIDEAUX\n\nJe me trouvais devant une grande tenture en toile à sacs et\ncriais : « Vous êtes des fripouilles ».\n« Aurez-vous donc toujours à dire quelque chose ? ».\n« Ne m'interrompez pas î J'éprouve le besoin, de me documenter.\nBientôt je remarquai que je représentais moi-même cette tenture.\nCe fut la première connaissance de mon Moi. Puis je poussai plus\nloin. Ce fut d'abord un grand fracas. Une tempête me déchira. La dou-\nleur me fit crier. Je compris, que la plus grande partie de la toile\ns'en allait au diable. Puis je fus complètement aveuglé par moi-même.\nJ'étais (le croirez-vous) une montagne d'acier sise sur son sommet.\nDe tendres fleurs d'âme cachaient les abîmes, que n auraient pu\ncombler des quantités de coussins. Alors je compris toute l'absur-\ndité de vivre, et qu'un grain de sable valait beaucoup plus qu un\nmonde innombrable. Je compris aussi le miracle de la qualité, qui\nn'est explicable par aucun cours d'histoire et ne sera jamais défini.\nCependant je conçus qu'il ne s'agissait en tout et partout que du\nmouvement le moins encombré. J'avoue qu'en ce point la logique ne\nsuffit plus, car un axiome contredit l'autre. Pensez donc, que le\nprincipe de la causalité mène toujours à l'acausalité.\nJe me suis dit : Boehm, viens hors de toi. L'individuel n'est pas\nproductif. Sois tenture et déchire-toi ! Engueule-toi toi-même, jusqu à\nce que tu sois devenu autre chose. Sois rideau et drame en même temps.\nSi tu as une nostalgie, agis toujours à l'encontre d'elle, car sans cela\ntu seras bientôt fini. Je l'ai toujours : le contraire est tout aussi juste.\nMais ne marchez plus sur deux jambes. Pourquoi n en amputez-vous\npas une sous le drap de lit ?\nLa jouissance exige la maîtrise de soi-même et du mal. La\nmaxime c'est : évitez tout équilibre !\nVous voyez, mon crâne argenté n'est pas symétrique. C est là la\ncause de ma productivité. Les combinations qui changent à tout\n* Voir les chapitres 1 et 2, ACTION numéro 5."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.53", "texte": "instant vous font perdre la triste mémoire des choses et l'attachement\ndouloureux ou définitif. C'est ce que, jusqu'à présent, vous n'osiez\ndécouvrir. Le monde est le moyen de susciter la pensée. Il ne s'agit\npas de la connaissance, car ce n'est qu'une tautologie fantastique.\nIci il s'agit de penser, de penser ! Ce qui change toute l'affaire, Mon-\nsieur, les génies n'agissent jamais, ou ne le font que par apparence.\nLeur but, c'est une pensée, une nouvelle, la plus nouvelle pensée.\nComprenez-vous maintenant, Monsieur, le grand Napoléon ? Cet\nhomme n'était pas ambitieux. Cette affirmation n'est qu'intrigue\nd'université et de dilettantes. Cet homme cherchait toujours de\nnouveaux moyens de penser : seulement il fut un peu idéologue.\nJe vous prie : ne me confondez pas avec la sentimentalité sans fond\nd'un panthéiste. Ces gens-là n'ont jamais compris un bon tableau :\nvoilà leur défaut. Ils sont des écoliers qui ne peuvent se concentrer\net qui pour cela ne se détachent pas d'une idée : or, c'est celle-là\nmême que je nie. L'idée est un non-sens comme la chose même. On\nne se départit jamais de la combine. L'idée veut aller vers les choses :\nmoi je veux le contraire. Toute mon attention s'attache à la jouis-\nsance. Aussi vous savez, que ma fin va être pour ainsi dire tragique.\nHabillez-vous. Nous allons assister à une action hypothétique : à la\nmesse de mon âme ».\n(A suivre) (Trad. Ivan Goll).\n\nCARL EINSTEIN.\n\nOSSIP ZADKINE.\n\nEntre les sculpteurs issus de Rodin, encore que répudiant l'héritage\ndu maître et cette jeune phalange de statuaires qui créent une architec-\nture formelle, pleinement assujettie à la lumière considérée comme élé-\nment de construction, Ossip Zadkine poursuit la solution d'un problème\nréputé insoluble depuis qu à la suite de Buonarotti les artistes occiden-\ntaux, indifférents aux lois de la matière, brisent les blocs de granit\nou de mai bre et fragmentent 1 ossature naturelle de poutres de bois. Le\ndivorce entre l'architecture et la sculpture étant un fait accompli\nau 16 siècle, il ne lestait plus aux tailleurs de pierre qu'à intensifier\ndans le sens diamatique les vertus expressives de leurs œuvres vouées\na une cruelle solitude. Et tandis qu'à la faveur de la grande Renais-\nsance la peinture prend vie, s anime, se libère de sa mission décora-"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.54", "texte": "tive pour conquérir un nouveau champ d'action, la statuaire fléchit\net dégénéré, nonobstant l'apport des hommes de génie qui consa-\ncrent par d'immortels chefs d'œuvre des formules esthétiques erro-\nnées. En Italie, Michel Ange puis Pierre de Cortone et le Bernin\ncréent un canon splendide mais déjà arabesque. En France, Puget\ntord à la manière des maîtres italiens les corps herculéens de ses\npersonnages, Jean Goujon stylise ses déesses aux membres harmo-\nnieusement allongés, Coysevox étire avec un souci évident de compo-\nsition décorative ses femmes nues aux augustes attitudes et tels des\npeintres, Bouchardon et Girardon conçoivent leurs eurythmies orne-\nmentales. Les Dianes graciles et les portraits aigus de Houdon, les\npurs reliefs de David d'Angers, les monuments robustes et puissam-\nment modelés de Rude, les fauves romains de Barye, voici la lignée\nd'œuvres incomparables dues au génie statuaire de cette France qui\naujourd'hui encore est le berceau d'un mouvement artistique dont\nelle sous estime la valeur. La France, patrie de Rodin, de Bourdelle\net d'Aristide Maillol, méconnaît plus qu'aucun autre pays, le rôle de\nla sculpture moderne et atteste un mépris désormais proverbial à\nl'endroit de ceux dont les oeuvres l'honorent et contribuent à son\nrenom. Mais la France a subi tout comme les autres contrées 1 impla-\ncable loi de la décadence qui n'a épargné ni l'ltalie, ni l'Allemagne.\nEt tandis que l'effort de redressement entrepris par Rude et par\nBarye se montrait sans lendemain, le naturalisme triomphait bien-\ntôt de l'art romantique de Maindron. Rodin, tributaire de la Grèce,\nparvenait cependant à une science de la forme dont son Balzac de-\nmeure le plus beau témoignage. Il semble que le vieillard ait pres-\nsenti dans cette œuvre l'orientation prochaine de la sculpture. Mail-\nlol serre la forme et la réduit à l'état d'élément architectonique,\nConstantin Brankusi la simplifie, la dépouille et l'épure au point d en\nbannir tous les accessoires, sans rompre toutefois sa structure natu-\nrelle. Ossip Zadkine travaille dans les limites étroites que lui assigne\nsa matière. Je voudrais que prit fin une fois pour toutes la légende\nde l'ascendance africaine de cet émouvant artiste. Je ne sais pas, je\nne veux pas savoir ce que sont les prétendues déformations de Zad-\nkine. Pour avoir voulu res' ituer au métier de sculpteur le sens de la\ndignité professionnelle, pour avoir respecté jusqu à la superstition\nles propriétés et les ressources de sa matière première, il passe aux\nyeux du public, plus sensible aux jongleries des virtuoses qu aux\nessais des plus austères artisans, pour un descendant direct de ces\nNègres d'Afrique, dont l'art a exercé une si forte emprise sur 1 en-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.55", "texte": "semble de la production contemporaine. Or Zadkine n'est pas plus\nredevable de son style aux Nègres que ne le sont certains peintres\ncubistes. Si seulement l'on veut consentir à faire abstraction du\nvisage, voire de l'aspect extérieur de ses figures, l'on ne tardera pas\nà s'apercevoir, que seul son mode de travail, et non pas une esthé-\ntique préétablie, détermine le style de ses œuvres. C'est ainsi que\nZadkine est tout l'opposé d'un décorateur ...\nIl est peut-être nécessaire de faire ressortir la grandeur de sacri-\nfice consenti par un artiste qui sciemment se plie à une discipline de\nfer et s'impose l'humble et immense labeur de révision des valeurs\nplastiques. Rebelle à toutes les tentatives de corruption, Zadkine bâtit\navec l'admirable probité des premiers maitres d'œuvres. Il est aux anti-\npodes du réalisme. Les corps denses et massifs de ses mythiques mater-\nnités ressemblent à des fûts de colonnes, dont les chapiteaux seraient\ndes têtes minuscules. Epurée de la sorte une œuvre d'art ne saurait\ncourir le risque de passer pour archaïque ou pour néo-primitive.\nElle constitue l'affirmation d'une forte personnalité et peut être\naussi un enseignement dont tireraient profit ceux qui au labeur\nmodeste mais bien exécuté de l'ouvrier ardent à la tâche, préfèrent le\ntravail hâtif de l'amateur impressionniste qui pratique la transposition,\nconfond les genres et se contente de moduler les surfaces. Les sculp-\ntures de Zadkine sont des organismes homogènes que n'altère pas\nle temps, qui peuvent se ternir ou même s'émietter, mais qui restent\nà l'abri des mutilations, parce que le « beau morceau » n'en est pas\nla base essentielle et parce qu'elles forment d'idéales, d'indestruc-\ntibles synthèses.\n\nWALDEMAR GEORGE\n\nRACCOURCIS\n\nI\nLa simple parole. — Toute fraîche, un peu dégrafée, comme\nune fille au jardin. Elle vibre si bien, à cause du sang profond. Si elle\nrésonnait dans la terre, en y appliquant l'oreille, on l'entendrait battre\ncomme un cœur ; si elle éclatait au ciel, on la prendrait pour une co-\nmète. Mais elle a jailli du matin, sans but, et personne ne l'écoute.\nLorsque les lampes seront allumées, on lira dans les livres des phrases\nqui parlent de Rome, du Kremlin, des cataractes lointaines et des"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.56", "texte": "fleuves du Japon. Car aujourd'hui, chacun doit avoir fait son tour\ndu monde. On y va comme on peut. Mais la simple parole perdue dans\nl'air, si quelqu'un l'avait écoutée, elle l'aurait conduit tout droit à tout.\nII\nL'hiver saison de style et de méditation. — Les dernières\ngouttes de la journée d'hiver, où l'on s'abreuvait comme le chevreuil\nà l'étang, tiennent maintenant dans l'étroite coupe de cette chambre\ndont la fenêtre s'élève au niveau du jardin. A travers cette eau pré-\ncieuse, on voit la terre avec ses arbres, ses bosquets, et ses dessins\ntraçés en arabesques à la surface ; une gloriette en lattis, l'ovale d'un\nparterre retourné, une Diane peinte en rouge, un banc voûté, et, domi-\nnant tout cela, le berceau dépouillé d'une vigne. Chaque chose est\nà sa place et dans sa nudité d'un contour si précis, t haque chose a\nson visage et sa part d'accompli. L'hiver a pris soin de classer son\nouvrage. Mais il faut se hâter pour le voir. Le jardin va s'abîmer\ndans l'ombre comme un musée qu'on ferme à l'heure du soir. Il reste\ntoute la nuit pour méditer sur la perfection, et tout le jour suivant\npour oublier.\n\nFRANZ HELLENS."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.57", "texte": "Etat humain ou état animal ?\n\nNous croyons être les maîtres de l'Univers. Et nous supposons\nmême avoir été ce couronnement de l'édifice de la nature depuis qu'elle\nexiste.\nDans l'antiquité, lorsque Philolaùs prétendit que la Terre ne se\ntrouvait pas au centre du système stellaire, mais tournait autour\nd'un point fixe, il fut voué au mépris. Beaucoup plus tard seulement\nKopernic réussit, malgré mille attaques, à faire entrer cette notion\ndans l'acceptation de tous. La ténacité de se croire lui-même et son\nespèce le Centre et le Sommet, de croire que toujours il le fût et toujours\nil le sera, cette ténacité a des racines profondes dans l'âme de l'Homme.\nLe point de vue égo-centris'e est un instinct puissant, propre à\ntous les êtres vivants. Or, toute violation d'instinct provoque la ré-\nvolte.\nChaque homme ayant des instincts intacts, ressent de l'exaspé-\nration lorsqu'il est arraché du centre où il se place instinctivement.\nIl nous faut comprendre que par la découverte de Copernic\nun des instincts vitaux les plus forts de l'humanité fut démoli et toute\nla tendance de son évolution en fût défavorablement influencée.\nLe siècle qui vient appréciera ce fait.\nNous reconnaitrons que la découverte de Copernic vînt réelle-\nment trop tôt, et que les Grecs avaient des raisons intuitives pour\nrejetter Philolaùs.\nEn voici le motif :\nLa connaissance que notre terre ne se trouve point au centre de\nl'Univers a été préjudiciable à notre évolution, parce qu'il manquait\nun chaînon intermédiaire entre notre point de vue naturellement\négo-centriste et cette connaissance. Maintenant il faut essayer de\nrattacher ce chaînon.\nAyant conscience de la portée des dissertations ci-dessous, nous\nne voudrions qu'exposer ces pensées en vue d'une discussion, et non\npas exiger qu'elles soient acceptées comme vérités.\nLes évolutionnistes se placent encore de nos jours à ce point de\nvue égo-centriste. abandonné, quant aux notions sur le système\nstellaire par Copernic.\nNous, les hommes, nous nous considérons comme les êtres vivants"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.58", "texte": "les plus importants sur la Terre, et nous basons toute notre science sur\nce plan.\nNous ne douterons d'ailleurs certes pas de ce que l'homme pos-\nsède, à cette heure, l'intelligence la plus développée. Mais en admet-\ntant que nous soyons actuellement vraiment les êtres les plus intelli-\ngents sur terre, rien ne prouve que nous l'ayons été de tout temps.\nPourtant ceci nous l'admettons également par instinct. C'est là le\ncommencement de la grande erreur.\nPar ce point de vue faux, la conception des évolutionnistes est\ndevenue égo-centristes, ou comme nous dirons en ce cas particulier :\nhomo-évolutionnaire. Nous devons le rejeter, de même que jadis\nla conception géocentrique, l'un n'ayant pas plus de commun avec\nla réalité des faits que n'en avait l'autre.\nSi les hommes sont actuellement les maîtres, c'est qu'ils se sont\ndéveloppés dans un sens différent des animaux. Tandis que l'organisme\ndes animaux, s'adaptait aux conditions imposées par l'existence, les\nhommes ont surmonté en partie ces conditions grâce à des «inventions».\nTandis que, par exemple, l'animal reçoit en hiver de la nature une\nfourrure chaude, les hommes doivent s'habiller eux-mêmes, et si la\nnature prépare d'ordinaire à elle seule la table des animaux, nous\ndevons labourer, semer, et ainsi de suite.\nAinsi l'organisme des animaux s'est développé plus avantageuse-\nment que celui de l'homme. Ce développement physique profitable\ndût se faire aux dépens de la psychée, ceux qui s'adaptaient le mieux\nquant à leur corps étant parmi les animaux plus particulièrement\nconservés. Quant aux hommes, la première invention permettant\nde surmonter l'adaptation physique et ayant prouvé 1 efficacité de\nl'intelligence une fois faite, ceux dont l'esprit fût actif furent conservés\nautant que ceux qui s'adaptèrent physiquement. Plus tard même, ceux\nqui avaient l'intelligence éveillee furent principalement conservés,\njusqu'à ce que finalement l'esprit seul fut le facteur décisif, et\nque le corps humain ainsi s'atrophia.\nDarwin, parlant des fourmis qui ont, pour nous un intérêt tout\nparticulier, dit qu'elles travaillent avec des instincts héreditaiics et\ndes outils héréditaires; tandis que l'homme travaille avec des connais-\nsances acquises et des outils manufacturés.\nCette différence est marquée par une] conséquence très stricte,\net l'on peut dire : les outils et instincts héréditaires sont des caracté-\nristiques de la tendance animale de l'évolution, de même que les\noutils manufacturés caractérisent la tendance évolutionniste humaine."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.59", "texte": "Cr, il semble bien y avoir une différence énorme entre le dévelop-\npement des êtres qui fabriquent des armes et de ceux dont les armes\npoussent organiquement. Et ceci, parce que le développement organi-\nque des armes, s'il se fait dans l'organisme lui-même, doit se faire\naux dépens de l'esprit. Si l'esprit avait été assez fort pour les inventer,\nelles n'auraient pas poussées. Etant donné cependant qu'elles poussent\nl'esprit non utilisé est retardé dans son développement. v\nNous pouvons dire :\nAux dépens de la défense organique et par l'invention de l'outil-\nlage l'organisme de l'homme s'est atrophié ; et au profit du développe-\nment organique l'esprit s'est atrophié chez les animaux. Nous appelle-\nrons la première tendance brièvement la tendance de l'évolution\nhumaine, la seconde la tendance de l'évolution animale, quoique la\npremière, ne se montre pas exclusivement toujours chez les hommes, la\nseconde pas toujours exclusivement chez les animaux.\nOr, en cherchant à discerner si des animaux, et lesquels, ont domi-\nné avant nous, nous arriverons peut-être le plus sûrement à un résultat\nexact en considérant les conceptions idéales d'aujourd'hui. En effet,\nsi l'on peut démontrer qu'elles aient déjà été réalisées chez certains\nanimaux, on pourrait se demander si ce ne sont pas eux qui domine-\nront avant nous. Car les conceptions idéales d'aujourd'hui sont la\nréalité de demain.\nLe plus haut idéal de l'état exige que l'individu se voue entière-\nment à lui, qu'il se sacrifie pour la communauté.\nCette conception idéale suprême de l'état n'est cependant pas\nencore passée à la réalité pratique. Notre plus grande avance vers cette\nréalisation c'est peut-être le « lapinisme » en procréation et le travail\nobligatoire de tous les nationaux. « Nous sommes des prolétaires,\nœuvrant jour par jour pour produire une tâche toujours égale».\nSi nous passons en revue le monde animal, nous y voyons réali-\nsées nos suprêmes et nos plus fortes conceptions idéales de l'état, à\nsavoir chez les animaux vivants en communauté sociale.\nLes fourmis, les abeilles, les termites vivent sous un régime d'état\ntrès idéal. Elles n'ont point de souverain fort, au-dessus de tous règne\nla loi, exactement selon l'idéal de nos philosophes politiques. Il est\nvrai que les termites sont soumis, tout comme les hommes, à une sur-\nveillance de police très sévère. Mais même cette\"surveillance est réglée\npar une légalité minutieuse.\nLes fourmis, les abeilles et les termites ont atteint le fait de la dis-\ncipline sociale, de cet amour pour l'être collectif, ce dévouement à"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.60", "texte": "la cause commune, que Platon et après lui tant d'autres philosophes\npolitiques ont prêché et prêchent encore en vain à l'humanité.\nBuchner a dit avec raison : « Les états des hommes sont sur ce\npoint encore bien arriérés en comparaison avec une telle discipline\net un ordre pareil ». De même pour l'idéal de l'art milita re de nos jours:\nune armée bien entraînée, bien prête et courageuse, malgré tous les\nefforts aucun général ne l'a encore jusqu'à maintenant si bien réalisée\nque les fourmis. Elles ont réussi à lever et à maintenir en permanence\nune armée audacieuse, servant la collectivité. Même les plans de\ncampagne des fourmis sont supérieurs à ceux des meilleurs stratèges\nhumains ; leurs troupes étant de beaucoup plus sûres, ils peuvent\nse permettre des conceptions « idéales ». Et ces plans de campagne\n« idéaux » sont exécutés de manière « idéale ».\nUn grand idéal de notre économie politique est la division du\ntravail. Nous disons même, que la division du travail est inséparable\nde la civilisation progressive.\nIci encore, ces petits être:, ont devancé les hommes tant, que nous\nméconnaissons même souvent leur refus d'accomplir une besogne qui\nn'est pas de leur compétence. Nous les croyons incapables d'accomplir\ncette tâche. Peut-être même ne le peuvent-ils vraiment pas ; mais il\nfaudrait entendre cela dans le même sens que nos savants sont inca-\npables de moudre le blé et cuire le pain et que nombre parmi eux\npériraient de faim, même s'ils disposaient de moulins et de sacs plein\nde blé.\nLa division du travail mécanise les êtres vivants.\nNotre mentalité tend déjà d'une façon dangereuse vers cette\nmécanisation qui est à la base de l'esprit d'état. Même notre travail\nintellectuel n'est souvent plus une récréation mais une peine, à cause\nde la division du travail.\nLes formes de plus en plus rigides dans lesquelles les individus hu-\nmains doivent agir, s'ils ne veulent pas succomber, sont en grande\npartie l'effet de la division du travial.\nLes individus des états animaux nous ont également devancés de\nbeaucoup dans la mécanisation. Mais sans aucun doute possible, c'est\nle même facteur qui cause là-bas comme chez nous cette mécanisation :\nla division du travail, qui anéantit l'intelligence (ce qui a déjà été\nreconnu par les économistes politiques anglais avant Marx).\nLe principe de beaucoup d'économistes politiques, qui demandent\nque l'état se charge d'élever la progéniture, est mis également en\npratique de façon parfaite par les fourmis. L'élevage de la progéniture"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.61", "texte": "par l'état, qui n'est encore chez nous qu'ébauchée, est réalisée de la\nfaçon la plus merveilleuse par les fourmis.\nMême les conceptions idéales de l'état qui dominent déjà chez nous\nen pratique : la procréation en masse et l'ardeur au travail, ont été\nréalisées dans les états d'animaux, et cela sur une échelle beaucoup\nplus grande que ches nous. Qui serait capable de produire plus d'in-\ndividus que les états d'animaux, de les élever plus conformément aux\nrègles de l'art, de travailler plus intensément qu'eux.\nLe-travail intense engendre cependant la dégénérescence. Si nous\nne l'avons pas encore constaté pour l'homme, nous le savons déjà\npour les animaux. Les étalons de race, les taureaux d'élevage, nous\nles libérons du travail afin qu'ils ne produisent pas une progéniture\ndégénérée. Xénophon a déjà dit des chiens que les bêtes devraient\nêtre délivrées du travail avant l'accouplement.\nOr, il semble bien que les états d'animaux aient été jadis envahis\npar cette dégénérescence. La stérilisation de leurs ouvriers et la déter-\nmination du sexe semblent avoir été les armes employées alors par\neux pour combattre la dégénérescence.\nEn ce qui concerne la prédétermination du sexe nous cherchons à\nles imiter, quoique tout à fait inconsciemment. L'ardeur dans la\nrecherche des biologistes humains pour trouver les lois de la procréa-\ntion permettant par la science de déterminer d'avance le sexe de l'en-\nfant, n'a certes pas encore atteint son but. Mais à la longue elle devra\nréussir. Les états d'animaux nous ont ici tant devancés, que nous\nne pouvons même pas encore comprendre leurs moyens d'intervention.\nAu lieu de nous assurer par un mode de procréation sain le sur-\nplus des naissances de garçons, vers lequel nous tendons instinctive-\nment, nous cherchons à h réaliser par des moyens artificiels. Si cette\ntentative réussissait elle sanctionnerait définitivement la dégénéres-\ncence, comme chez les fourmis, et amènerait la nécessité de rendre\nles ouvriers stériles.\nAvec le plus de zèle nous cherchons à imiter les plus dangereuses\nhabitudes des animaux vivant socialement. Celles qui ne sont pas\ndangereuses nous laissent indifférents. Et les bonnes, nous les com-\nbattons.\nNous prêchons les louanges du zèle des femelles atrophiées,\ntandis que nous ironisons la manière de vie, si utile à la procréation\névolutive, des faux-bourdons. Et pourtant, nous pourrions peut-être\nbien apprendre quelque chose de ces derniers.\nCertes, la vie du faux-bourdon, telle qu'elle se présente à nous,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.62", "texte": "FORÊT VIERGE\nCliché D. K. D."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.63", "texte": "PAYSAGE FORESTIER\nCliché K."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.64", "texte": "4\n\nne peut-être attrayante. Pourtant il ne faudrait plus longtemps\nnégliger ce fait, que les abeilles, les termites et les fourmis font\nsubir aux mâles productifs le même traitement que nous faisons\nsubir à nos animaux mâles destinés à la reproduction, et qu'ils ex-\ncluent de la procréation tous les individus travailleurs.\nPar cela même, les faux-bourdons s'avèrent comme l'une des\ndéfenses contre la dégénérescence. Le fait que nous usons du même\nprocédé chez les animaux destinés à la reproduction, prouve que les\nétats d'animaux jadis, ayant atteint le faîte de leur développement\nintellectuel, doivent avoir fait des tentatives énergiques pour échapper\nencore à la dégénérescence.\nLe mode d'existence des faux-bourdons avait cependant aussi\ndes conséquences funestes. Nous ne devons en effet pas perdre de vue,\nque la situation sociale détenue par les mâles dans les états d'animaux\nest probablement la cause de ce que le principe masculin est pour\nainsi dire exterminé dans l'organisation des états d'animaux. Certes,\npas dans tous. Il y a des états de termites, où des mâles castrés occu-\npent des emplois ainsi que les femelles rendues stériles.\nIl existe peut-être même des états de termites où les mâles occupent\nla majorité de ces emplois. Mais il n'en existe point, où les mâles\nrégnent seuls.\nPar contre il existe des états d'animaux où seules les femelles\nrégnent. Peut-être apprendra-t-on à déduire de ceci que le principe\nféminin, contrairement à ce que l'on suppose actuellement, est le\nplus conséquent par rapport à la formation des états.\nA mon avis il n'existe dans le cerveau de l'homme aucune conce-\ntion idéale de l'état qui n'aurait pas encore été réalisée par les animaux\nvivants en communauté sociale.Leurs institutions d'état sont de beau-\ncoup supérieures aux nôtres.\nOr, étant donné que nous savons que les animaux vivant sociale-\nment appartiennent aux espèces les plus anciennes, ne devons-nous\npas en conclure que ce sont ces êtres-là qui dominaient avant nous ?\nSi, chez eux, nous voyons réalisées, et même renforcées, nos\nconceptions idéales de l'état, cela ne démontre-t-il pas clairement\nl'importance du danger que, l'homme, devenu un citoyen idéal,\ny perdra son intelligence et deviendra un animal social ?\nCertes, il ne perdra son intelligence que peu à peu, et non pas\ncomplètement. Les fourmis aussi ne l'ont pas entièrement perdue.\nLeur intelligence est même encore de nos jours considérable. Sir\nJohn Lubbock exprime l'opinion de nombre de savants, en prétendant"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.65", "texte": "que les fourmis nous approchent le plus, quant à l'intelligence, de\ntous les animaux.\nCe que nous perdons seulement de vue, c'est que leur intelligence\nn'est pas en voie de progression, mais va vers son déclin, et que notre\npropre intelligence a une tendance marquee a suivre le me me chemin\nque celle des animaux vivants en communauté sociale.\nL'exemple donné par les hommes primitifs donne l'espoir que\nl'humanité vaincra la tendance animale dans 1 évolution des états.\nLes hommes qui inventèrent les premiers outils, se trouvèrent\ndans des conditions à peu près analogues aux nôtres. L'homme créa\njadis des outils qui rendirent inutiles les mâchoires fortes et causaient\nleur régression. De même notre conception idéale qui vit déjà en nous\net qui nous réjouit de la même façon que les fortes defenses dentaires\ndevaient réjouir les hommes primitifs, peut-être rendu inutiles et\nvouées à l'atrophie par des inventions politiques.\nNous croyons aujourd'hui que notre évolution physique est\nvirtuellement terminée. Et nous avons raison..\nMais dans nos états le développement animal ne fait que commen-\ncer actuellement. Et si nous ne la surmontons pas à l'aide d'inventions\npolitiques, comme nos aïeuls surmontèrent l'évolution animale de\nleur organisme par les inventions techniques, le développement animal\nde nos organes risque même de recommencer. Notre progéniture\ns'adaptera alors à son tour, physiquement. Par l'évolution vers\n« l'état idéal » notre atrophie physique animale prendre fin.\nLe développement des états dans le sens de la tendance animale\naura comme conséquence le développement animal de l'organisme\nhumain. Car révolution des états, progressant comme elle l'a fait\njusqu'ici, triomphera bientôt de l'individu et par conséquent de\nVintelligence individuelle. Forel a fait l'observation si importante pour\nnous à ce point de vue, que chez les fourmis ce n'est plus l'intelligence\nindividuelle qui constitue le facteur essentiel de leur vie psychologique\nmais l'instinct social.Et les plus grands entomologistes s'accordent en\ncela avec Forel. L'âme de l'état des fourmis fut victorieuse de l'âme\nde la fourmi individuelle. Ainsi l'âme de l'état vaincra l'âme de\nl'homme étant de beaucoup plus grande et plus forte. Ce sera le mal-\nheur de l'esprit de l'humanité, si l'âme de l'état est animale où si le\ndéveloppement ultérieur s'oriente dans le sens de la tendance animale,\nainsi que c'est le cas chez nous actuellement.\nSi nous n'intervenons pas par des inventions politiques dans\nl'évolution animale cles états, l'intelligence humaine sera tellement"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.66", "texte": "rejettée en arrière par le développement animal social, que même\ndans l'organisation physique, l'évolution animale reprendra le dessus.\nAinsi deux tendances de développement ennemis de l'intelligence se\nrencontreront, et la débâcle s'accomplira avec une vitesse double\ncomme il semble avoir été le cas chez les fourmis. Le développement\nanimal progresse chez elles aux dépens de l'intelligence. Ainsi Forel a\nfait la découverte intéressante que le sens visuel de la fourmi des bois\nd'une capacité très grande, s'est développé aux dépens de l'intellect,\nces animaux donnant des signes d'une intelligence fort réduite.\nAu point de vue animal, le développement dans ce sens peut\navoir des avantages ; mais au point de vue humain il n'en a pas.\nLes yeux les mieux développés ne nous remplaceraient jamais l'in-\ntelligence, même s'ils nous permettaient de percevoir les rayons\nultra-violets.\nNous ne pouvons dire s'il existera un jour des inventions qui\nnous permettront de réunir les deux avantages. Mais en tout cas nous\ninventerons plutôt des yeux perfectionnés grâce à une intelligence\ndéveloppée, que les yeux les plus parfaits ne nous donneront une\nsubstitution de notre intelligence.\nL'lntelligence perdue, tout sera perdu !\n\nSCHULTE-VAERTING.\n\n/ Extrait de a die Freude » \\\n\\ traduction Kharis. /"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "[50]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.67", "texte": "OUVRAGES REÇUS\n\nLivres\nNous signalons clans cette rubrique,\nles ouvrages qui semblent se justifier\nau choix des lecteurs, soit par leur valeur\nlittéraire ou documentaire, soit par leur\nintérêt bibliographique.\nApollinaire. L'enchanteur pourrissant. —\nJ. Romains. Le Voyage des Amants. —\nA. Rouveyre. Souvenirs de mon Commerce. —\nA. Salmon. C'est une belle fille. — Ratin-\ndranath Tagore. La Corbeille de fruits. —\nCrommelynck. Le Cocu Magnifique. —\nFabre. Les Théories d'Einstein. — A. Jarry.\nGestes. — P. Morand. Tendras stocks. —\nG. Boiin. Le Mouvemmt biologique en Europe.\n—A. Salmon. L'Amant, des Amazones. —\nH. L. Follin. La Révolution du 4 septembre\n19. .. —H. Duvernois. Gisèle. — Rachilde.\nLa souris japonaise. — A. Salmon. Le Calu-\nmet. — Apollinaire. Alcools. — A. Gide.\nPdludes. — P. Cazin. L'humaniste à la\nguerre. — L. Wertii. Yvonne et Pijallet. —\nP. A. Birot. Cinéma. — J. E. Blanche.\nDates. — Florian Parmentier.L'Ouragan.\n— H. Hertz. Lieux Communs. — F. Fïel-\nlens. La femme au Prisme. — Vollard.\nLe père Übu à la guerre.\nEditions de luxe\nDiable Amoureux. — Matisse.\n50 dessins. — André Suarès. Bouclier du\nZodiaque. — Elie Faure. L'art Moderne. —\nR. Dorgelès. Les Croix de bois. —G.Geof-\nf\nfroy. Constantin Guys. — Fernand Fleu-\nret et Louis Perceau. Le Livret de Folcs-\ntries de Ronsard. — Œuvres Satiriques\ndu Sieur Sigogne.\nGisèle, cl' Henri Duvernois, est un livre\nde chemin de fer. Soigné, avec juste ce qu'il\nfaut de paillardise pour plaire aux dames\nsans les troubler, sentimental et mondain,\nde lecture facile, il sera le compagnon ai-\nmable d'un voyage, mais on le laissera dans\nle filet à l'arrivée.\nFlorian Parmentier offre un carnet de\nguerre, Y Ouragan, peut-être plus touffu,\nplus cruel et véridique que les ouvrages\nauxquels nous sommes accoutumés. Il y a\nlà des notations d'un écrivain sensible' qui\njuge des faits avec bon sens. Morale : Fal-\nlait pas qu'y aille !\nTriptyque. Fernand Leprette.— On n'est\npoète qu'à la condition de sort ir de sa peau et\nde faire jaillir, par le lyrisme, l'esprit du\nlecteur hors des contingences et du temps.\nUn bon ouvrage peut être parfaitement\nillisible, s'il n'étonne par l'invention ou la\nperfection verbale.\nEncore l'invention ne se justifie-t-elle\npoint, si le bon sens de l'écrivain ne justifie\nles audaces. Le Bar Nicanor, par Clément\nPansaers, est bien la chose la plus sotte qui\nait vu le jour sous l'étiquette Dada.\nGeorges Piguet. Dileclions, inspirées\nen vers futiles sur les thèmes Baudelaire,\nVerlaine, Rimbaud, etc. Un tempérament\nqui gagnerait à se trouver lui-même en mon-\ntrant quelque irrespect pour les maîtres.\nHenri Hertz écrit pour sa joie et la nôtre.\nSes poèmes portent couleurs d'amour et de\nsanté. Aimer la vie, suffit parfois pour faire\nune belle œuvre et Lieux Communs, est un\nmince ouvrage qui nous donne l'appétit d'un\nplus copieux recueil. Dans Dates, nous retrou-\nvons le critique J. E. Blanche, qui fait\nnaître, note, commente les histoires les plus\nsavoureuses de la chronique artistique et\nmondaine. Trésor pour ceux qui prisent\nautant et plus, l'anecdote pour elle même\nque pour sa véracité. Conteur attrayant, et\ngai, animé d'une réelle jeunesse spirituelle\nqui le rend toujours aimable.\nSi le Père Übu a pris pour tâche de con-\nnaître tous les abus qui se commettent des\nPyrénées au Rhin, Ambroise Vollard, n'en\nest pas à sa dernière plaquette.\nP. A. Birot dans Cinéma, guide les spé-\ncialistes vers des réalisations qui rajeunic-\nraient cet art déjà vétusté et insipide. Parmi\ndes « plots » originaux, on retrouve cette mer-\nveille du rythme coloré de Léopold Survage,\nart auquel Guillaume Apollinaire accordait\nla dixième muse.\nP. Mondrian. Le Néo-Plasticisme. Le dé-\nsordre dans les idées, mène à la confusion\ndans les œuvres. Ecrit en français, révé-\nlerait sans doute de précieuses indications,\nun esthétique nouvelle, mais que déchiffrer\ndans un texte semblable :\n« La logique veut que Fart soit l'expression\nplastique de tout notre être : qu'il doit donc\nêtre également l'apparition plastique du\nnon-individuel qui en est l'opposition absolue\net annulante — que, d'autre part, il doit être\nl'expression directe de l'universel en nous,\nc'est-à-dire Vapparition exacte de l'universel\nen dehors de nous.\nL'universel ainsi compris est ce qui est\net reste toujours : pour nous le plus ou moins\ninconscient, en opposition du plus ou moins\nconscient — l'individuel, qui se répète et se\nrenouvelle ».\nLa femme au prisme. Franz Hellens. —\nUn joli livre, dont la présentation typogra-\nphique est une beauté ajoutée à celle des\npoèmes. Le parallélisme entre les gestes quo-\ntidiens delà femme civilisée et le lyrisme de\nl'extérieur, évoque une atmosphère de bon-\nheur somptueux et calme."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "[51]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.68", "texte": "L'art moderne. — L'intérêt qui s'attache\naux livres à images. Quant au texte de\nM. Elie Faure sottise homérique et pâmée.\nL'érudition d'un répétiteur de 6e, puisée dans\nle Larousse, assaisonnée à la sauce démocra-\ntique. Quelle splendide machine à discours,\nquel magnifique dictateur aux Beaux-Arts\npour la future république des Soviets et des\nincompétences.\nLa Révolution du 4 Septembre 19... —\nVoici un ouvrage qui aborde la question\nd'une révolution libertaire. Il est précieux,\nnon seulement, par son individualisme, en-\n. nemi de toute dictature financière ou pro-\nlétarienne, mais parce que son auteur, H. L.\nFollin, est un homme habitué aux réalisa-\ntions pratiques. Or je dois dire que ce livre\nest encore trop spéculatif et je regrette\nque des matières comme l'organisation éco-\nnomique et pratique d'une internationale ou\nplutôt d'une société anationale, eût demandé\nplus d'insistance et de soins. L'organe dont\nFollin est le promoteur, Y Ordre Naturel, peut\nnous réserver, j'espère, ce projet de trans-\nformation de la vie sociale, qui serait le com-\nplément nécessaire au crédo spirituel qu'il\német dans le dernier numéro de son journal :\nDu point de vue universellement individua-\nliste, le programme du mouvement pourra se\ndéfinir ainsi :\nElargir les conditions et accroître les garan-\nties de la sécurité et de la liberté individuelles.\nDévelopper le sens et fortifier les sanctions de\nla responsabilité individuelle.\nSubstituer les manifestations individuelles\nou collectives, mais concrètes et volontaires de\nla solidarité naturelle, aux manifestations\nabstraites et coercitives de la solidarité artifi-\ncielle.\nPurifier le milieu social par Vexercice de la\nsincérité individuelle et par la dénonciation\ndes mensonges conventionnels collectifs.\nLa Souris japonaise. Rachilde. — Voici\nun livre léger et charmant, inspiré de récents\nouvrages à succès étrangers, et où nous\nretrouvons le satanisme aimable d'Ewers et\nde Przybyszewski. Ceux qui aiment la luxure\ncomme un divertissement et lui accordent\ndeux heures quotidiennes à la chute du jour\nentre chat et loup, pourront le feuilleter,\ndurant les entr'actes galants.\nLes poètes modernes ont la nostalgie de\nnulle part et de nulle chose. Ceux de la\nplace du Tertre rêvent à l'lle de la Tortue,\ndu carrefour de l'Observatoire, aux nocturnes\ndes châteaux d'lle-de-France et ceux du fau-\nbourg Saint-Honoré « ont des visions » du\nTexas ou des Antilles. Les conquêtes durables\nsont privilège du cœur et non de l'esprit.\nMélancoliques, ironiques, mais point désabu-\nsés, Le Calumet et le Livre et la bouteille, luxu-\neusement ornés, offrent les aspects divers du\ntalent d'ANDRÉ Salmon. Images chantantes,\noù se retrouve son goût pour la couleur et\npour les peintres qu'il affirme ; la pipe et\nle livre, la palette et la bouteille, soirs loin-\ntains, quand le crépuscule envahissait le\nnavire de bois amarré à la plage de la rue\nRavignan. Pour Picasso, le port était proche,\nApollinaire fut perdu dans la grande nuit de\ncinq ans, Salmon, va vers d'autres escales et\nMax Jacob prie sous les étoiles ou sous l'aile\nblanche du Sacré-Cœur. L'ouragan qui les\na dispersés, non désunis, chante encore dans\nles strophes de Costal l'lndien :\n0 père ton enfant perdu\nNe couvrira pas ses blessures\nD'un lourd manteau de chevelures,\nLes guerriers d'ici sont tondus\nMaître. les dévots de la Croix\nM'ont enseigné, dans ton langage,\nCe qu'était la guerre du droit\nVers laquelle un monde s'engage\nLe recruteur était un traître\nCar on fait faire, il m'a menti\nAux grands la guerre des petits\nPour les marchands et pour leurs prêtres.\nEt mal grisé d'un dernier chant\nJ'attends que la mort me délivre\nDes blancs sensibles et méchants\nQui font la guerre avec des livres.\nC. de Lazerme. Tendre Paris, est un\nlivre de poèmes où l'auteur se montre\nrespectueux des maîtres, mais affirme\ncependant une personnalité évidente, faite\nde noblesse et de simplicité. Il y a là un\npeu de ce charme vivant en Montaigne et\nqui rend plus aimable sa grandeur, un peu\nde cette bonté supérieure de ceux qui ont de\nla force naturelle, issue de la race.\nLes nécessités de la vie. Paul Eluard. —\nUn beau fruit, seul, posé sur la nappe,\nfascinant comme un rubis. Je le préfère aux\nsacs de pommes de terre de M. Duhamel.\nJe préfère une fleur au manchon d'une jolie\nfemme, au bouquet offert à Mme Millerand\npar la Confédération des mutilés de l'lntelli-\ngence. Il y a longtemps que les poètes en ont\nfini avec la fugue et le contrepoint. Le thème\nsuffit :\nOuvrier. Voir des planches dans les arbres.\nDes chemins dans les montagnes\nAu bel âge, à l'âge de la force,\nTisser du fer et pétrir de la pierre,\nEmbellir la nature,\nLa nature sans sa parure,\nTravailler.\nCantique. L'enfant regarde la nuit de haut\n(Ne croyez pas aux avions, aux oiseaux,\nIl est plus haut).\nSi l'enfant meurt, la nuit prendra sa place.\n♦"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.69", "texte": "Fêtes. La valse est jolie,\nLes grand élans du cœur le sont aussi.\nRues,\nUne roue valsait éperdûment.\nDes roues, des robes, des chapeaux, des roses.\nArrosée,\nLa plante sera prêle pour la fête à souhaiter.\nLisez ce livre et votre cœur sera plein de\nbelles images.\nLes éditions du Sagittaire : Les deux der-\nniers volumes parus Gestes et Paralipomènes\nd'Ubu, par Alfred Jarry et La Patience\nde Griseledis par Rémy de Gourmont sont\ndes petits chefs-d'œuvre de goût et de tenue.\nDes eaux fortes, Übus ventrus, Arlequins\nmaigres, femmes échevelées dansent dans\nles marges. Ils sont doués par l'artiste d'une\nvie fantasque et délicieuse. Griseledis est\nillustré par le P. A. Moras de bois sobres et\ndélicats. Un Baudelaire est paru anté-\nrieurement : Causeries parues dans la\nTintamare de 1846. Le Sagittaire met en\nvente ces jours-ci : Cœurs à prendre, poèmes\npar Georges Gabory, illustrés de 16 eaux-\nfortes originales de Galanis.\nDe Maurice Raynal, qui,pour avoir vécu\nles temps héroïques du cubisme, est le plus\nqualifié pour en parler, viennent de paraître\naux éditions Valori Plastici une bonne pla-\nquette sur Braque, comprenant un texte\nvivant et simple, suivi de quelques reproduc-\ntions. La meilleure monographie parue à ce\njour, un livre très important sur Picasso, au\nDelphin Verlag de Munich. On retrouve dans\nles 95 reproductions qui accompagnent un\ntexte puissant et nourri de faits, d'anecdotes\net d'érudition, l'œuvre du peintre, des adoles-\ncents chétifs, et des « tendres canailles » du\ncirque ou des bars, jusqu'à la pure renaissance\nclassique, en passant par la discipline cubiste.\nChez le même éditeur, der Weg Zum Kubis-\nmus, par Daniel Henry où est exposée\nla genèse du cubisme. Der Kubismus, par\nPaul Kuppers, aux éditions Klinkhart et\nBiermann, Leipzig, ouvrage plus léger et\nmoins documenté, mais très intéressant, enfin\nune œuvre de bonne volonté, mais où\nrègne une grande confusion, l'art français\ndepuis 1914, par Otto Grautoff, Mauri-\ntuis Verlag, Berlin. Chez Kiepenheuer\nun livre que doivent posséder tous les xylo-\ngraphes et ceux qui s'intéressent à cet art,\nde Paul Westheim, reproduit de nombreux\nbois, des primitifs aux plus modernes. Un\nalbum de quatre lithographies hâtives de\nMarie Laurencin chez Flechheim de Dussel-\ndorf, qui est pour beaucoup responsable de la\nsympathie qu'on éprouve en Allemagne pour\nles peintres français modernes,\n\nRevues\n\nL'attitude du jour est l'indifférence. J'ai\ndit aux funérailles de Taillade, le dégoût que\nm'inspirait cette peur des responsabilités\nque le pamphlétaire, qu'on voulut travestir\nen pur poète, n'a jamais fui, et qui fit sa\ngloire. Peut-être seuls, parmiles grandes revues\nfrançaises, Les Cahiers d'aujourd'hui ont osé\naffirmer un programme pacifiste, anational,\nhumain. Il faut féliciter Werth, Besson, Tis-\nserand, Vildrac de reprendre dans ce sens\nleur tâche d'autrefois. Dans le N° 2, une nou-\nvelle de Werth, Racine, où se retrouve con-\ndensée la philosophie du bon sens et de la\nsincérité qui est sienne. Des notes sur la pein-\nture, de Vlaminck, un chapitre très coloré\nd'un roman de Neel Doff, de jolis dessins\nmarginaux de Friez, Marchand, Renoir.\nLes Ecrits Nouveaux abondent en jolis\nessais de Suarès, André Germain.Deux magni-\nfiques nouvelles, de Biaise Cendrars, et de\nPaul Morand, prouvent que les voyages\ndéforment la jeunesse. Enfin, le beau poème\nde Jean Cocteau, Hôtel de France et de la\nPoésie :\nArbre, bocal d'oiseaux,\nfeu de bengale entre les îles\nLe soleil fait chanter les tramways dans la ville\nLe ciel est un marin assis sur les maisons\nIrai-je, en un miroir où nous recommençons,\nengloutir le poitrail fabuleux du quadrige\nde cuirassiers mourant parmi les écussons\nIl est des jours, la mer pour enjôler le mousse\nlui découvre ses lits agite ses dessous\ndébouche bruyamment un Champagne qui\nmousse\nmauvais livre de poche acheté quatre sous\n(Ses yeux demain feront sourire l'équipage)\nBallon bocal d'oiseaux légers pris au filet.\nLa Nouvelle revue française. Cette « opinion»\nd'André Gide sur le classicisme :\n«Le triomphe de l'individualisme et le\ntriomphe du classicisme se confondent. Or,\nle triomphe de l'individualisme est dans le\nrenoncement à l'individualité. Il n'est pas\nune des qualités du style classique qui ne\ns'achète par le sacrifice d'une complaisance.\nLes peintres et les littérateurs que nous\nlouangeons le plus aujourd'hui ont une\nmanière; le grand artiste classique travaille à\nn'avoir pas de manière ; il s'efforce vers la\nbanalité. S'il parvient à cette banalité sans\neffort, c'est qu'il n'est pas un grand artiste,\nparbleu! L'œuvre classique ne sera forte et\nbelle qu'en raison de son romantisme dompté.\nUn grand artiste n'a qu'un souci : devenir\nle plus humain possible, — disons mieux :\ndevenir banal, — écrivais-je il y a vingt ans.\nEt chose admirable, c'est ainsi qu'il devient"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.70", "texte": "le plus personnel. Tandis que celui qui fuit\nl'humanité pour lui-même, n'arrive qu'à deve-\nnir particulier, bizarre, défectueux... Dois-je\nciter ici le mot de l'Evangile ? — Oui, car je\nne pense pas le détourner de son sens :\n« Celui qui veut sauver sa vie (sa vie person-\nnelle) la perdra; mais celui qui veut la perdre\nla sauvera (ou, pour traduire plus exactement\nle texte grec : la rendra vraiment vivante)..»\nJ'estime que l'œuvre d'art accomplie sera\ncelle qui passera d'abord inaperçue, qu'on ne\nremarquera même pas ; où les qualités les\nplus contraires, les plus contradictoires en\napparence : force et douceur, tenue et grâce,\nlogique et abandon, précision et poésie —\nrespireront si aisément, qu'elles paraîtront\nnaturelles et pas surprenantes du tout ».\nLes feuilles libres. Excellente revue jeune,\ndes notes de voyages spirituels de Max Jacob,\ndes proses de J. Rivière, Latourette, Marcel\nRaval, Jean Borgé et un triptyque de Sauvage\nqui est vraiment un beau poète.\nLes Humbles. Avec quelle joie nous retrou-\nvons la chère et courageuse revue, qui ac-\ncueillit notre copie pendant la guerre. Des\npages de Wullens, qu'il faut lire et méritent\nréponses, Gabriel Maurien a du talent, mais\nnon moins de jeunesse. De bon poèmes de\nMarcel Millet, René Edme. Chassin fait parler\nles morts Rictus et Richepin. Aux éditions\nLes Humbles, une plaquette Anarchie par\nLazare, pour ceux qui discutent bénévo-\nlement et trop impudemment de l'individua-\nlisme libertaire :\n« L'individu, qui a voulu s'abstraire de la\nsociété, puis combattre ouvertement la\nviolence ou lui céder pour la faire dévier, et\nenfin l'anéantir, se rend compte de la stérilité,\nde l'inutilité, de l'impossibilité de sa tentative.\nQue lui reste-t-il à faire dans ces conditions,\nsi ce n'est tirer du sentiment même de sa\nfaiblesse matérielle une notion plus vive et\nplus intense de sa grandeur morale ? Puisque,\nmalgré ma haine de la force sociale à laquelle\nje me sens moralement supérieur,je ne puis\nla détruire, je ne dois pas me sacrifier plus\nlongtemps, en luttant contre elle, car ce qui\nvaut le plus ne doit pas être détruit pour ce\nqui vaut le moins ».\nLes Cahiers Idéalistes. La bonne volonté\nne suffît point pour créer. Il y là une poignée\nde gens sympathiques qu'on retrouve à\ntous les carrefours, mais qui crient plus\nqu'ils ne chantent, menacent plus qu'ils ne\ncognent.\nLittérature. Pourquoi nous doter de l'aca-\ndémie Dada? Où vous réunirez-vous ? Sous\nla coupole où chez Drouant ? Vous avez\ncomme les autres, voté au sentiment. Et vous\nsavez bien que cela ne remplace pas un beau\npoème.\n« On ne s'attendait pas à trouver des noms\ncélèbres dans Littérature. Mais, voulant\nen finir avec toute cette gloire, nous\navons cru bon de nous réunir pour décerner\nà chacun les éloges qu'il mérite. A cet effet\nnous avons dressé la liste suivante et établi\nune échalle allant de -25 à 20 (-25 exprimant\nla plus grande aversion, 0 l'indifférence abso-\nlue).\nLes Premiers :\nAndré Breton 16,85\nPhilippe Soupault 16,30\nCharlie Chaplin 16,09\nArthur Rimbaud 15,95\nPaul Eluard 15,10\nIsidore Ducasse 14,27\nLouis Aragon 14,10\nTristan Tzara 13,30\nAlfred Jarry 13,09\nJacques Rigaut 13,00\nGeorges Ribemont-Dessaignes. . 12,50\nGuillaume Apollinaire 12,45\nLes Derniers :\nHenri de Régnier . -22,90\nAnatole France -18,00\nMaréchal Foch -18,00\nStuart Mill -17,45\nRomain Rolland -17,36\nPaul Fort -16,54\nLouis Pasteur -16,27\nAuguste Rodin -16,00\nSoldat inconnu -15,63\nVoltaire -15,27\nCharles Maurras -14,90\nMax Linder . -14,63\nL'esprit nouveau. Tout le monde sait que\nchez Dufayel on peut acheter à la petite\nsemaine, un piano mécanique, une biblio-\nthèque genre renaissance, une machine agri-\ncole, un bureau américain fabriqué rue\nSaint-Antoine, une villa à la campagne,\ndes ouvrages de vulgarisation. Dufayel n'a\npas besoin pour cela d'avoir inventé le piano,\nraboté les planches du buffet, construit la\nmachine, lu ce que contiennent ses\nbouquins. Il suffît que d'autres y aient pensé,\nqu'il ait monté la boutique, et que la\nmaison fasse des affaires.\nParis-Revue. Nous devons à Georges\nGabory la découverte de ce précieux organe.\nLes « poètes » entre guillemets, qui portent\ndes cravates Lavallière et des cheveux\nbouclés, les pâles adolescents qui rêvent sous\nles étoiles n'ont pas toujours une revue\naccueillante à leurs sonnets et à leurs stances.\nMadame Jane Bureaux qui leur offre l'hospi-\ntalité pour la somme de dix francs, écrit\n« quelques pages de la vie » :\n«— Depuis quelques jours, Gaston, tu\nme caches ta pensée... que t'ai-je fait ?"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.71", "texte": "Voilà cinq années que nous vivons ensemble.\nLa misère nous a visités, bien souvent, mais\nnotre amour profond est toujours sorti\nvainqueur des douleurs que la vie a semées\nsur notre route. Pourquoi, maintenant que\nla fortune commence à nous sourire alors\nque ton labeur constant, vient d'être cou-\nronné de succès, ne me parles-tu comme\navant ?... Crois-tu que le premier prix que tu\nviens de décrocher au Salon, me laisse indif-\nférente ?...\nCelle qui me remplacera ne saura pas te\ncomprendre, son cœur semé à tous les vents\nn'aura pour toi qu'une étincelle, plus vite\néteinte qu'allumée !... Mais, elle fera bel effet\nà ton bras... Ce sera, sans doute, la mondaine\nrenommée, celle qui fascine, qui ruine, et\nrit quand l'amant n'est plus qu'un décavé... »\n*••••••••••••«\nGaston, indifférent écoute le déluge de\nparoles de sa maîtresse.\nSon nom inconnu, tout à coup sorti de\nl'ombre, lui ouvre des portes jusqu'alors\nfermées.\nDes amis de sa famille qu'il avait négligés,\nparce que sa situation ne répondait pas à la\nleur, lui envoyèrent de chaleureuses félicita-\ntions, et l'invitèrent à un dîner donné en\nson honneur...\nIl lui faut une vie nouvelle, et maintenant\nque son cœur se refuse aux baisers d'autrefois,\nil n'a qu'à fuir ce logis où plus rien ne le\nretient...\nLes serments que l'on fait un soir... ne sont\nque des folies dont on rit plus tard... Rien fous\nsont les êtres qui croient au bonheur éternel !.\nJ'ai cru comme tant d'autres... j'avais si\ngrande confiance en toi I\nFuis-moi !... Il te faut la richesse, ne lève\ndonc pas un regard sur la pauvreté qui traîne\nà tes pieds... son escarcelle est vide... mais\nson cœur fut un trésor, lorsque désespéré, tu\npleurais dans ses bras, n'a-t-elle pas relevé\nton courage !... Ce n'est rien tout cela-\nPourquoi remuer la cendre de cet horrible\ncauchemar !...\nlu emportes avec toi, le seul trésor que\na\\ ais . mon ame... Il me semble ne plus\nl'entendre battre dans ma poitrine !... »\nPœsia. Avec le portrait des artistes.\nM. Marinetti en uniforme de sous-officier-\ncoi iïeur-démobilisé. La comtesse de Noailles\n(croix de guerre, 5 citations, 3 colliers perdus)\nlaisse entendre qu'elle est bien seule et qu'elle\na des malheurs. Paul Fort... de plus en plus\nPaul et de moins en moins Fort, dans ses\nimitations. De P. A. Rirot, ce poème où tout\nle monde verra son cœur mis au numisme :\nChers pieds\nPauvres grands incompris\nVous qui vivez toujours en bas\nComme vous voyez les choses de haut\nQue vous êtes bons et généreux\nDe nous promener\nVraiment vous êtes meilleurs que nous\nMerci mes pieds\nCreacion. Revue d'art international. Au\nsommaire : Radiguet, Huidobro, Claire et\nIvan Goll, Maurice Raynal, et ce poème de\nJuliette Roche :\nEtat... Colloïdal\nL'Apocalypse est calme au fond du Muséum\nd'histoire naturelle de la 81e rue.\nElle y est faite\nde cristallisations\nd'insectes\nde squelettes\net des cris au dehors des marchands de journaux\nMais les instruments de bois des jazz-bands\nles gin-fizzes\nles rag-times\nles conversations\ncontiennent toutes les possibilités.\nSerez-vous le danseur ?\nle fakir ?\nou l'athlète ?\nTransfusion\ngoût natal des antipodes\net le plaisir de transporter\nune imagination de luxe\nà un exemplaire\nbien relié\navec soi dans ses bagages.\nJe ne peux vraiment plus\nentendre parler de dynamisme moderne.\nZénith, à Zagreb, Yougoslavie, revue inter-\nnationale, fusion de nouvelles tendances\neuropéennes en art et littérature. Au som-\nmaire : Sauvage, Ivan Goll, Tokine, Lounart-\ncharsky, etc...\nSelection. Rruxelles. Cette revue illustrée\na fait connaître, aimer, les meilleures\nœuvres des peintres modernes français :\n«ft\nSommaire du n° 2. — Opinions sur le\nCubisme par Albert Gleizes, André Lhote,\nGuillaume Apollinaire, André Salmon, Mau-\nrice Raynal, Biaise Cendrars, Michel Puy.\nŒuvres de Picasso, Braque, Derain, Le\nFauconnier, Fernand Léger, Laurens, Lhote,\nZaraga, Survage, Severini, Pr. Detroyer,\nP. Joostens, Fl. Jespers .\nSommaire du n° 4. — Marie Laurencin,\npar P. G, Van Hecke — Maurice Utrillo,\npar André de Ridder — Kisling, par G. Gabo-\nry Modigliani, par Francis Carco — Les\nbois de Gustave de Smet, par Paul Fierens.\nŒuvres de Marie Laurencin, Maurice\nUtiiho, Kisting, Modigliani, Lagar.\nSommaire du n° 5. — La Section d'Or, par\nFlorent Fels — L'Art nouveau, par Wa *émav"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.72", "texte": "Georges —~ Musique nouvelle, par Paul\nCollaer — Parlons peinture, par Léonce Rosen-\nberg — Les lithos de Marie Laurencin, par\nAndré de Ridder.\nŒuvres de L. Survage, Férat, Archipenko,\nLambert, Marcoussis, Duchamp-Villon, Lau-\nrens, G. Buchet, Angiboult, Tour Donas,\nJacques Villon, Fernand Léger, Georges\nBraque, Albert Gleizes, Marie Laurencin.\net des pages de André Lhote, Paul Colin,\nAndré de Ridder, Franz Hellens, Francis\nCarco. Dans chaque numéro, une chronique,\nLes arts à Paris d'André Salmon.\nValori Plastici. Rome. Revue copieuse,\nardente, où se réfugient les meilleurs écri-\nvains et novateurs italiens. Tous les numéros\nsont à connaître, nul n'est indifférent. De\nbelles reproduction de peinture moderne,\nKunstblatt. Berlin. Arche d'alliance où\nTon combat pour des artistes tels que :\nKokochka, Kandinski, Chagall, Georges Gross\net qui affirma en Allemagne, Picasso, Léger,\nBraque, Derain, Vlaminck, Matisse. Un essai\nsur le cinéma considéré comme art.\nDeutsche Kunst und Dekoration. Darmstadt,\nIl y a là à puiser pour les architectes, les\norfèvres, les décorateurs. Magnifiquement\néditée, a donné des articles abondamment\nillustrés sur Vlaminck, Rousseau, les primi-\ntifs allemands, etc.\nDer Ararat. Munich. De Max Goth, dont\non retrouve avec joie les critiques, un article\nsur l'esposition internationale de Genève.\nL'auteur devrait se documenter plus scrupu-\nleusement. Il est impossible de situer, côte à\ncôte, si mal à propos, Derain et Dufresne, et\nd'ignorer à ce point les acquisitions du cu-\nbisme, dont il fut à l'origine, un des meilleurs\navocats. Tandis qu'en France les meilleurs\nd'entre les jeunes artistes ne sont point\ndéfendus, il y a pour soutenir leurs efforts\nforts une vingtaine de revues allemandes.\nLieu commun. Nous vivons ici, de lieus\ncommuns, nous en mourrons aussi. Der\nSturm, de Walden, Berlin, comprimé explosif,\ncapsule détonante qui a déterminé l'explo-\nsion d'art. La commotion à plaquée aux\nmurs des musées officiels Picasso, Derain,\nMatisse, Vlaminck et Henri Rousseau, dont\nl'œuvre exaltée par Uhde et Flechtheim, s'en\nest allé outre-Rhin. Mais nous gardons l'es-\npérance, M. Besnard et quelques autres.\nDer Cicerone, Leipzig. L'art jeune. Il y a\nla tactique de l'autruche. Quant la France\nsoulevant ses ailes, redressera la tête, elle\nverra qu'il y avait là-bas de magnifiques\ntalents, Franz Mark, Campendonk, Morgner,\nMeidner, Pechstein, etc, que cette revue fit\nconnaître.\n\nCOMITE\nAPOLLINAIRE\nO o\nLes anciens compagnons d'APOLLINAIRE.\nles temoins de sa vie, ses intimes, ont\ndecide l'immediate realisation du projet\nforme k la disparition du pofete, de lui\ndonner une tombe durable autant que son\nsouvenir.\nUn comite a forme, compost de :A. Al-\nbalat, P.-A. Birot, Elemir Bourges, Andre\nBilly, J.-J. Brousson,Cremnitz, Andre Derain,\nSerge Ferat, F. Fleuret, Louis de Gonzague\nFrick, Gaston Gallimard, Roch Grey,\nHenri Hertz, Max Jacob, Leautaud, Andre\nLevel, Toussaint Lucas, Bobert Mortier,\nPierre Mac-Orlan, Georges Pioch, Pablo Pi-\ncasso, Andre Bouveyre, Jean Boyfere, An-\ndre Salmon, Jean Sfeve, Soffici, Alfred Valette,\nMaurice Vlaminck, Florent Fels.\nLa maquette du monument est l'oeuvre\nde Picasso.\nLes peintres mettront h la disposition du\ncomite, des toiles ; les ecrivains, des exem-\nplaires rares et des manuscrits ; les amis et\nadmirateurs, sont pries d'adresser leurs\nsouscriptions a:\nSerge Jastrebzof, 229, boulevard Baspail,\nPABIS (14e)\n\nSouscriplions regues a ce jour:\nMme Nelly Claudet 2 jr.\n3/me Errazuris 500\nM. Andre Level , . . . 50\nM. Andre Lefevre 100\nM. Jacques Seligmann 100\nM. Jean Tournaire 20\nTotal a ce jour .... 772 jr."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.73", "texte": "Dial. New-York. Le Mercure de France des\nU. S. A., où l'on commence àse montrer avide\nde bonne littérature, que ce magazine s'em-\nploie à faire connaître. Des traductions\nd'œuvres de R. de Gourmont, Benda, Van-\nderpilt, des textes originaux d'Eliott, Pound,\nMoore, etc.\nLittle Review. De parution aussi intermit-\ntente qu'Action même, c'est là que se forme\nune jeune et ardente génération d'écrivains.\nC'est là que Joyce, publie ses romans,\ndont la traduction en français s'impose.\nVell I Nou. Barcelone. De très belles repro-\nductions d'œuvres catalanes et espagnoles,\ntrésors des églises, bois sculptés, tableaux\ninconnus de maîtres d'autrefois. Des erreurs\naussi. Pourquoi supposer que M. Marcel\nLenoir soit un peintre, alors qu'il se contente\nde la gloire d'être un bon commerçant.\n\nFELS.\n\nEZRA POUND.\nLe deuxième livre de Major C. H. Douglas,\n« Crédit Power and Democracy » vient de\nparaître. On n'en trouvera pas les nouvelles\ndans les journaux métallurgistes. La presse\nd'Angleterre est la presse la plus discipliné\ndu monde. Toutes les conditions que Steed\ncite dans ses œuvres sur l'Autriche, d'avant-\nguerre commencent à se montrer ici. L'a-\nrôme d'un empire en décadence monte.\nDouglas est un homme qui a connu les\naffaires. Il a écrit sur les banques et les ini-\nquités du système actuel de Crédit une ana-\nlyse subtile et claire. Il est un des très rares\nhommes qui luttent contre les conditions\néconomiques qui conduisent à la nécessité\néconomique d'une prochaine guerre.\n« Economie Democracy » 5 /-, « Crédit\nPower and Democracy » 716, published by\nCecil Palmer, Oakley House, Bloomsbury\nSt. London W. C. 1.\n« The Sacred Wood », essais de critique\nlittéraire par T.S. Eliot, tentative très noble\nde percer le mur de Chine, de la stupidité\nanglaise. Déguisé en professeur-gentilhomme\nM. Eliot aborde les sujets traditionnels avec\ndes manières traditionnelles.\nTout de même une tentative courageuse.\nMalheur au pays où pour faire imprimer\nquelques dissociations lucides d'idées il faut\nse couvrir des styles du « Times Literary\nSupplément », et des pompes funèbres.\n« Otherworld », Cadences by F. S. Flint.\nCommence par une préface très élogieuse\nde plusieurs auteurs français, et présente\nles poèmes de Flint en vers livres.\nThe Sacred Wood, by T. S. Eliot, 6 /-,\nPub. by Methuen Otherworld, by F. S. Flint,\nPoetry Book Sliop.\n\nLudwig Rubincr, groupa une élite révolu-\ntionnaire dans deux livres collectifs de haute\ntenue idéale et artistique:» Die Gemeinsehaft »\net « Kamcnaden der Mcnschheit », dont le\n\nL A\nGALERIE\nPAUL\nest\ntransferee\n59, Rue La Boetie\nPARIS"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.74", "texte": "dernier ctait une anthologie des poètes alle-\nmands contre la guerre. Edition Kiepenheuer\nPois dam.\nRowohlt Verlctg, Berlin, vient d'éditer une\nanthologie de prose moderne « Die Enlfallung»\n(L'éclosion) où Max Knell a groupé les meil-\nleurs auteurs contemporains.\nEn poésie, il convient de citer une autre\nanthologie, que le Roland-Verlag à Munich\npublie sous le titre « Verkiiendigung » (An-\nnonciation).\nLa maison Kaemmcrer à Dresde concentre\ndans un livre remarquable « Die Neue Bu-\nchue » (La scène nouvelle), toutes les questions\nvisant au complet remaniement du théâtre\nmoderne le très qualifié directeur de la\nrevue « Die Neue Schanbuehue », Hugo\nZehder, s'est chargé de composer ce livre col-\nlectif, qui est un manuel pour régisseurs,\nacteurs et auteurs.\nAjoutons à cette nomenclature la série de\nplaquettes que Erich Reiss à Berlin public\nsous la direction du grand romancier Kasimir\nEdschmid : « Tribune der Kunst und Zeit ».\nKasimir Edschmid : Sur l'Expression-\nnisme en poésie ; Paul Bekker : La Musique\nnouvelle ; Hausenstein : ïExpressionnisme\nen peinture; René Schickele : Le neuf no-\nvembre; Willi Wolfradt : Plastique moderne;\nGottfried Benn : Le Moi moderne ; Paul\nColin : Bas la Victoire ; Henri Barbusse :\nPour la Vérité ; Walter Rilla : Révolution\net Force, etc.\nVoici donc une forêt touffue, où les sentiers\nqui mènent vers fart, la politique, la religion\ns'entrecroisent constamment, et où il est\ndifficile de voir toujours percer un coin de\nciel bleu : forêt vierge, dense et intense où\nbeaucoup de plantes d'un jour étalent leur\nfeuillage maladivement grossi, lourd d'une\neau malsaine, du sang impur des dernières\nguerres et révolutions. Il fait peut-être\nmeilleur s'asseoir près d'un ruisseau, où coule\nla poésie et où percent encore quelques cris\nd'oiseaux, sans qu'il soit certain que ceux-ci\nne sont pas mécaniques.\nIl y a le poète Albert Ehrenstein dont les\npoèmes disséminés dans plusieurs recueils\nviennent de paraître en un fort volume chez\nEd. Strache à Vienne.\nCari Einstein écrit une prose toute nou-\nvelle et encore incomprise par ses contem-\nporains. Son style est dur comme du béton,\nsvelte comme un pont indéfinissable comme\nun gratte-ciel aux cent mille petites fenêtres.\nLe « Bébuquin » ( dont les lecteurs d'Action\nont pu lire quelques chapitres), paru en\n1913 ; « Der Unentwegte Platouiker (des nou-\nvelles, chez Kurt Wolfî, à Munich) ; « Au-\nmerkungen », quelques essais, dont un sur\nles différences du roman français et allemand,\nqui fait preuve d'une rare compréhension\ndes deux esprits opposés, et enfin la « Neger-\nplastik », la première étude en Allemagne\nsur l'Art nègre, parue en 1916, rééditée en\n1920 qui fait époque.\nUn autre rénovateur de la poésie alle-\nmande Herwarth Walden a un nom mondial\ncomme éditeur de la revue « Sturm », où il\n\nLes\nw\nEcrits Nouveaux\nRecueil mensuel de litterature\nCOLLABORATEURS ;\nGabriele d'Annunzio, Louis Aragon\nPierre Benoit, Andre Billy, J.-E. Blanche,\nJean-Bichard Blocli, Louis Chadourne,\nPaul Claudel, Guy-Charles Cros,\nGeorges Duhamel, Leon-Paul Fargue,\nHenri Gheon, Andre Gide, Bene Gillouin,\nJean Giraudoux, Max Jacob,\nEdmond Jaloux, Tristan Klinhsor,\nValery Larbaud, Leo Larguier,\nFrancis de Miomandre, Paul Morand,\nComtesse de Noailles, Jean Pellerin\nJules Bomains, Andre Bouveyre,\nAndre Salmon, Andre Suares,\nJerome et Jean Tharaud, Paul Valery\n100, Rue du Faubg. Saint-Honore\n\nDeutsche Kunst\nund Dekoration\nRevue Mensuelle Illustree de Luxe\nChaque numero contient 60 illustrations\nen grand format et de nombreux hors-\ntextes en couleurs et simiii-gravures sur\nles sujets suivants:\nPEINTURE, SCULPTURE, ARCHI-\nTECTURE, ART DE L'HABITATION\nET DU JARDIN, BRODERIES ET\nARTS APPLIQUES.\nL'abonnement a un trimestre est de 15 francs en\nFrance. Chaque annee deux forts volumes format\n30 x 22 c/m avec plus de 700 reproductions.\nPriere d'adresser les souscriptions a ACTION\nou a l'adresse suivante :\nVERLAGSANSTALT ALEXANDER KOCH\nDARMSTADT W. 39 (Allemagne)"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.75", "texte": "mène Un combat âpre et douloureux contre\ntout ce qui est « fabriqué », « littérature »,\n« classique » et pour un art vrai, neuf. Mais\nà côté du critique on connaît trop peu le\ncréateur de nouvelles valeurs tel qu'il se ré-\nvêle dans ses pièces de théâtre.\n\nIVAN GOLL.\n\nKHARIS.\nDie Freude. — Wilhelm Uhde. Une pu-\nblication qui prouve, une fois de plus,\nque malgré les tourmentes de la Guerre\net de la Révolution, la nation allemande n'a\ncessé ni d'exister, ni de produire. Le génie\nallemand résidant non pas à Berlin, mais en\nFranconie, en Souabe,en Bavière et en Saxe,\na un éclecticisme curieux. L'Europe et\nl'Humanité entière, subiraient du fait de\nl'anéantissement de ce génie et de sa produc-\ntion une perte toute aussi irréparable, que\npar la perte du génie lyrique français, ou\ndu génie critique anglo-saxon.\nOn trouvera dans Action la traduction d'un\narticle extrait de la revue de Uhde.\nDeh Neue Merkur. Pas moins symptôma-\ntique pour l'esprit productif de l'Allemagne\nnouvelle que la revue précédente, le Neuer\nMerkur manifeste cependant une nuance\ndifférente.La précédente publicationtémoigne\nde ce « Sturm und Drang », qui caracté-\nrisent la jeunesse et la production jeune :\nGœthe avant le voyage en Italie. Le« Neuer\nMerkur » porte plutôt le sceau de la matu-\nrité, légèrement classiciste de Weimar\nd'il y a un siècle.\nFranz Ferdinand Bamngarten y donne\nune critique de Max Reinhardt. Il y\nfait ressortir ses qualités et ses défauts ;\nsurtout ce qui sera reconnu comme\nétant le vrai caractère du théâtre de Rein-\nhardt : son origine dans le milieu de l'Alle-\nmagne Impériale. Julius Meier- Graefe conte\navec un fond de documentation sérieuse,\nl'histoire tragique de la fin de van Goghl\nLe conflit émotif entre le malade génial et\nle médecin. Puis le drame et le dénouement.\n\nLa musique nouvelle en\nAllemagne\n\nGuslav Mahler fut le premier des musiciens,\net ses dix symphonies, les premières manifes-\ntations d'un nouvel esprit, éthique et révolu-\ntionnaire, base des réalisation actuelles. Il\ncombattit la « musique à programme »,\nrégénéra la musique symphonique, qu'il situa\nsur le fond d'une expression uniquement\nhumaine et purement spirituelle. Il reste « le\nmaître de la tonalité », épuiseur des possibi-\nlités harmoniques.\n\nEditions de la galerie\nSIMON\n29b, RUE D'ASTORG\nPARIS VIIIs\n(PRES SAINT- AUGUSTIN)\nViennent de paraitre:\nTrois lithographies de\nMAURICE DE\nYLAMINCK\nTirees & 100 exemplaires nunierotes et signes\npar I'Artiste\n1. VerviHe Prix de l'ex. 60 fr.\n2. Rue a Herouville . . » » » 60 fr.\n3. La Route de Nesles . » » » 60 fr.\n\n\"THE DIAL\"\n152 WEST THIRTEENTH STREET 152\n$ 5 NEW YORK CITY 50 cents\nCOLLABORATEURS :\nJulien Benda, Jean Cocteau,\nJoseph Conrad, T. S. Eliot,\nWyndham Lewis, George Moore,\nNewinson, Paul Rosenfeld,\nEzra Pound, etc.\nREVUE D'ART ET DE\nLITTERATURE MODERNES"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.76", "texte": "Arnold Schonberg est en révolte contre\nl'harmonie, la mélodie et les formes tradition-\nnelles. Ayant débuté par des œuvres de\nmusique de chambre (sextet « Verklarte\nNacht », quatuors op. 7 et 10) il s'affirma\ndoué d'un style nouveau. L'harmonie n'est\nplus fondée ni sur la cadence traditionnelle,\nni sur le système tonal en général. Schonberg\nne forme pas ses accords de tierces, mais sou-\nvent de quartes pures ou altérées. Pour lui\nil n'y a pas de dissonnances. Chaque conson-\nnance de tons est possible, chaque progrès\npermis. Au lieu des formes architectoniques\nil m®t des formes psychologiques ; des formes\nqui sont déterminées par la logique des mélo-\ndies et du développement du timbre. Les\nrythmes flottent sans égard pour le joug des\nbarres. La mélodie extrêmement expressive\nest le fondement général de la musique\nschonbergienne. Dans ses dernières œuvres,\nles cinq pièces d'orchestre et les mélodrames,\nil approche d'un nouveau style polyphonique\net polychromique. C'est une musique, dont\nles voix partielles sont d'une individualité\nétonnante, dont les accords ne sont pas la\nforce motrice, mais seulement le produit\nquasi-accidentel de la consonnance des voix,\nil ne faut pas entendre cette musique comme\nde la musique homophonique comme une\nsuite d'harmonies, mais comme des parallèles\nqui se combattent et se joignent.\nMais toute théorie est grise et ces constata-\ntions ne sont que de mots. L'essentiel est\nque cette musique d'une expression tout à\nfait inattendue, d'une passion brûlante et\nd'une logique d'autant moins à définir par\nl'intelligence qu'elle convaint chaque senti-\nment sans jugements préalables. Et il est\nintéressant de voir combien ces tendances\nmusicales nouvelles sont internationales.\nIgor Stravinsky, écrit une musique analogue\naux dernières œuvres de Schonberg. Nous\nconstatons [là une pareille polyphonie. Béla\nBartok, le chef de la musique moderne hon-\ngroise écrit dans un même style.Karol Szyma-\nnowsky en Pologne et les Tchèques sont\nde tendances analogues\n\nH. H. STUCKENSCHMIDT.\n\nEditions „ LIBER\"\n::: 69, Faubourg Saint-Martin, 69 :::\n♦♦♦❖♦♦♦♦♦♦♦♦ PARIS (Xe) ♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦\nVIE NT DE PARAITRE :\nVOYAGE\nen AUTOBUS\npar Marcel SAUVAGE\nPoemes avec 4 images de Max Jacob\nII est tire cle ce curieux ouvrage:\n30 cxcmplaircs sur Hcllande dont 2 hors commerce.\n28 nurpcrotcs ct signes a la n>aip de I a XXVIII,\nL'exemplaire 25 fr. »\n1.000 cxemplaires dc 1 a 1.000,\nL'exemplaire *7\n\nSELECTION\nCHRONIQUE DE LA VIE ARTISTIQUE\n, ( Andr6 de Ridder\neurs ( Paul Gustave van Hecke\nLa Revue d'Art que publie \"Selection\" de\nBruxelles parait mensuellement (sauf pendant\nles deux mois d'ete), sur vingt pages, en edition\nde luxe sur papier Gainsborough, et est riche-\nment illustree par des reproductions, des bois\net des oeuvres graphiques originales. Elle publie\ndes etudes sur les mouvements nouveaux de la\nsculpture et des divers arts decoratifs et donne\ndes articles signes des principaux critiques d'art\nChaque mois elle publie un Billet\nParisien cl'Andre Salmon, resumant la vie\nartistique francaise.\nPrix du Numero 3fr.50\nAbonneiient d'Un an 30 fr.\nRedaction et Administration:\n62, RUE DES COLONIES, BRUXELLES\nDepositaire d'Action pour la Belgique"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.77", "texte": "A \"NOS LECTEURS\nACTION n'est point faite pour la satisfaction de quel-\nques écrivains mais pour celle des lecteurs attachés à la\nrévélation d'œuvres ardentes et novatrices qui garantissent\nnotre force vitale.\nLa revue accepte la collaboration de quiconque veut\nexprimer librement sa pensée, à condition que notre titre\nsoit justifié, notre dessein étant de rester hors les écoles,\nles tendances et les opinions, afin de réaliser une œuvre\ndépassant l'actualité. Nous sommes animés d'une puissance\nde volonté qui nous permet d'espérer les plus belles desti-\nnées pour notre entreprise. Notre époque abonde en essais de\ntous genres, économiques, philosophiques et artistiques.\nACTION situe et commente les problèmes du temps\nprésent et en fait la Somme.\nLe style viril, combattant toutes décadences et avant\ntout créatrice, elle ne s'attachera qu'à étudier les idées des\nhommes vivants et leurs œuvres. On dit couramment qu'en\nFrance, tout ce qui a de la valeur ne peut subsister, que\nseule la médiocrité triomphe.\nProuvez-nous le contraire ; aidez-nous à vivre et à créer.\nSi notre effort vous est sympathique, procurez-nous des\nabonnés, confiez-nous le soin de vos éditions, travaux d'im-\npression, catalogues et publicité. Toute personne nous ayant\nprocure cinq abonnements recevra la revue gratuitement\npendant un an."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.78", "texte": "Weill\n'\nExpositions\nde\nPeinture Moderne\nS\ns\n46, RUE LAFFITTE\nI\n\nECOLE\nM. L. SONDAZ\n»\nEDUCATION PLASTIQUE\nHARMON IE DES\nMOUVEMENTS\nEcrire:\n139, BOULEVARD SAINT-MICHEL, 139\nPARIS\n\nEditions action\nEn rente:\nLIPCHITZ\npar MAURICE RAYNAL\nOuvrage orne de 21 reproductions d'oeuvres\ndu sculpteur\n50 exemplaires luxe 100 fr.\n500 exemplaires ordinaires .. 15 fr.\nCOLLECTION DES TRACTS\nL'ELITE\nQUI NE VIENT PAS\npar H. L. FOLLIN\nEn souscription :\nLe chateau de\nKRASNY STAW\npar ROCH GREY\nRoman orn6 de 4 images sur bois, en trois\ncouleurs de\nLEOPOLD SURVAGE\n20 exempl. luxe sur hollande 100 fr.\n700 exempl. ordinaires 20 fr.\nFormat \"Action\"\nMODIGLIANI\npar ANDRE SALMON\nOuvrage orne\" de 2 portraits de l'artiste\net 22 reproductions de ses oeuvres\n50 exempl. sur hollande .. .. 100 fr.\n700 exempl. sur beau couche 20 fr.\nFormat in-4° coquille\nAdresser les commandes a\nACTIONFELS«EuPARIS"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.79", "texte": "lœp» « UNION », Boulevard Saint-Jacques* Paria\n\nLES\nYOIX DE LALLEMAGNE AFFRANCHIE\nR. E. CURTIUS\nDie Literarischen Wegbereiter des Neuen Frankreich\nEssais sur les pionniers litt6raires de la France nouvelle:\nRomain Rolland, Charles P£guy, Paul Claudel, Andre Gide, Andre Suar£s.\nPrix : 18 Marks\nVVV\nDAS KUNSTBLATT\nDirecteur: Paul WESTHEIM\nRevue d'art international, importante pour les renseignements sur le mouvement\nde renaissance artistique en Allemagne\nDans chaque numero : Chronique de I'art frangais, par F. Fels\nLe cahier: 9 Marks; 3 mois (3 cahiers): 24 Marks\nVVV\nPAUL WESTHEIM\nOuvrages sur les grands artistes de l'Allemagne moderne:\nWILHELM LEMBRUCK Prix\nOSKAR KOKOSCHKA »\nDIE WELT ALS VORSTELLUNG (essais sur I'intuition artistique) .. »\nVVV\nDIE DICHTUNG\nRevue Litteraire\nDirecteur: WOLF PRZYGODE\nCollaborateurs: Hofmannsthal, Rilke, Borchart, Heinrich Mann, Georg Kaiser, etc.\nCes cahiers, sans s'attacher particuli£rement a la critique, contiennent\nles oeuvres anim6es de puissance cr6atrice d'un mouvement allemand\nmoderne, visant au renouvellement de l'esprit et des formes par un\nsentiment approfondi de responsabilit6 artistique et humaine.\nCes prix sont a majorer de 100 0/0 — Prospectus sur demande\nDepositaire pour la France : ACTION - FELS\n58 Marks\n40 »\n48 »\nEditions Gustav Kiepenheuer - Potsdam - Allemagne"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaab192105-01.1.80", "texte": "ÉDITION\nACTION\nPRIX Ï £ FRANCS"}]}