{"numero_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_sha256": "d6bebc09bf5b1abde2735528199a7ce8f2a7e988f7797283d602aa21eabd73d8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1919/09_01/bmtnaac_1919-09_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1919/09_01/bmtnaac_1919-09_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c002", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "37", "page_fin": "40", "image_debut": 3, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.2", "titre_corps": "S. U. B. MANIFESTE de la Société des Urbanistes belges", "titre_sommaire": "S. U. B. MANIFESTE de la Société des Urbanistes belges", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.3", "debut_caractere": 204, "fin_caractere_exclue": 1492, "texte": "S. U. B.\nMANIFESTE\nde la Société des Urbanistes belges\n»\nL'évolution sociale qui caractérise une époque ne réalise le complet\népanouissement de ses possibilités que lorsqu'elle en est arrivée à créer\nautomatiquement une harmonie sensible dans le milieu où cette évolution\nse développe.\nCe sont les vestiges visibles d'une telle harmonie, réalisée à toutes\nles belles époques de l'histoire, que nous admirons encore aujourd'hui.\nKt si nous pleurons nos morts, si nous déplorons nos pertes matérielles,\nnous regrettons amèrement aussi les mutilations infligées au « beau »\nvisage de la patrie. Nous ne souhaitons pas seulement d'être indemnisés\nde nos pertes et de retrouver un état social stable, nous voulons aussi\nvoir restaurer ce « beau visage » meurtri.\nSi l'accord est unanime sur cette volonté de retrouver nos biens et\nnotre tranquillité, il n'est pas moins unanime sur celle de voir réparer les\noutrages commis sur les choses dont l'aspect nous était cher et cette\nvolonté se traduit chez certains de la manière la plus spontanément sen-\ntimentale et simpliste par le désir de refaire « pour l'œil » ce qui existait\nauparavant, quitte à y apporter quelques accommodements pour le pra-\ntique, l'utile et le sain.\nD'autres qui veulent tout autant que les premiers cette résurrection"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.4", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "physionomique du pays, voient plus clair et plus juste ; ils la compren*\nnent dans le sens évolutionniste de la Vie universelle et songent aux\nmoyens vrais de réaliser cette fin, car il savent quelle affreuse déception\nquelle pénible diminution aux yeux de l'univers attentif, guettent le pays\ntout entier s'il allait se contenter de se couvrir le visage d'un masque.\nC'est le rôle de spécialistes, capables d'idées générales, instruits de\nbeaucoup de sciences et de techniques et doués de beaucoup de goût,\nd'intelligence, de bons sens et de sens pratique, que de disposer à nou*\nveau ce théâtre de la vie sociale, que sont les cités et les régions, d'une\nmanière qui soit avant tout adéquate aux rôles à jouer dans la vie écono»\nmique et sociale, mais aussi de manière à ce que soit renouvelé le visage\naimé des choses au milieu desquelles cette vie s'exerce. C'est à eux, à\nces spécialistes de dire et de faire appliquer les moyens vrais de réparer\nles outrages subis.\nCes spécialistes d'un nouveau genre il n'est nouveau qu'en tant\nque juxtaposition particulière de compétences et par la préparation spéciale\nqu'il nécessite ces spécialistes sont nommés actuellement Urbanistes.\nConsidérant que le terme d'aboutissement de l'Urbanisme est un\nplan régulateur, générateur du « paysage urbain > <« Stadsbeeld »> et\nexpression graphique d'une synthèse organique d'éléments fonctionnels\ndont l'étude fait l'objet de la science urbanistique ,-\nque l'Urbanisme contemporain se fonde essentiellement sur la\ndes Cités et repose sur trois principes fondamentaux :\n1) la recherche de l'optimum de perfection technique en toutes\nchoses/\n2> l'adaptation du type d'agrégation civique aux caractéristiques\nphysionomiques du site et de la région ,■\n3) le caractère esthétique actuel (moderne) de tous les dispositifs et\nconstructions,\nque dans l'état actuel des connaissances et des techniques trois espèces\nde professionnels peuvent être à même de réunir les conditions nécessaires\npour réaliser ce terme d'aboutissement, à savoir : l'architecte, l'ingénieur,\nl'architectopaysagiste\n- I'ARCHITECTE, pourvu qu'il acquière avec les connaissances gén\nraies et complémentaires propres àla science urbanistique la pratique de\nmanier les vastes espaces et l'habitude de considérer l'architecture dans"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.5", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "le milieu ambiant, c'est>à=dire dans l'espace concret et dans ses relations\navec ce qui l'entoure / /\ni'INGENIEUR , de préférence s'il est ingénieur-architecte, au sens que\ndonnent à ce mot diverses Universités techniques de l'étranger, et qu'il\nréunisse au surplus les conditions formulées ci=dessus pour l'architecte,-\n- I'ARCHITECTESAySAGISTE, au sens que donnent à ce terme\n(Landscape Architect) les Universités Américaines, pourvu qu'il pos=\nsède de larges connaissances complémentaires d'architecture et celles\npropres à la science urbanistique (sans lesquelles l'architecte=payagiste\nne fait que du jardinage), parce qu'habitué à manier et à organiser les\ngrands espaces il est particulièrement apte à situer le plan de la Cité\ndans le paysage, à pénétrer le caractère du site et à démêler les intimes\ncorrespondances entre la nature, les êtres et les choses, à découvrir les\ngrands rythmes générateurs qui doivent organiser ces relations, rythmes\nqui ont imprégné les cités dès l'origine, qui sont le substratum générateur\ndu « Stadsbeeld » et qui sont l'accord esthétique en lequel doit se résou*\ndre le complexe organique et fonctionnel de la cité ,-\nles Urbanistes de Belgique ont décide de se grouper en une associa-\ntion qui a pris le nom de\nSOCIÉTÉ DES URBANISTES BELGES\nLa S. U. B. sera à la fois un cercle d'études et un groupement\nmilitant.\nPourront y avoir accès à titre de les architectes,\nles ingénieurs, les architectes-paysagistes, qui déclareront adopter la\nprofession de foi moderniste et les principes généraux cr=dessus formulés,\nqui auront été admis au ballotage de leurs pairs et qui auront fait preuve\nde leurs capacités urbanistiques :\nsoit que leurs travaux aient été primés, retenus ou acquis à l'un\ndes grands concours internationaux d'urbanisation :\nsoit qu'ils aient exécuté des travaux d'urbanisation caractérisés ou\nqu'ils soient auteurs de projets d'urbanisation remarquables\nsoit qu'ils aient proposé des solutions excellentes au problème de\nl'Habitation,-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.6", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "soit qu'ils aient présenté au jugement de leurs pairs une thèse\nconsidérable, ou l'équivalent de celle-ci <*>, qui révèle la possession de\nconnaissances urbanistiques étendues et d'idées générales sur la matière.\nPourront faire partie de la Société en tant que Membre associé\ntous les techniciens, artistes, savants et penseurs, qui s'intéressent, à un\ntitre quelconque, aux problèmes urbanistiques. Ils pourront en tous temps\naccéder à la qualité de membre effecti dès qu'ils fourniront la preuve\nqu'ils réunissent les conditions exigées de ceux-ci.\nLe titre de Membre d'honneur de la Société pourra être offert à des\nspécialistes, techniciens, artistes, savants et penseurs éminents.\nLa Société pourra désigner des étrangers\nLa S. U. B. sera administrée par un Conseil technique composé de\n5 membres au moins, mais dont les 4/5 seront toujours choisis parmi les\neffectifs.\nLes charges d'adjoints au Secrétariat et la Trésorerie seront des\nfonctions non délibératives au Conseil.\nLa première Assemblée générale, sera appelée à ratifier ou amender\nles Statuts qui lui seront proposés par le Secrétariat provisoire de la\nS. U. B.\nLe programme général annuel d'action de la S. U. B. sera discuté\nen Assemblée générale.\nLes Membres associés et (es Membres d'Honneur auront voix\nconsultative au Conseil.\nF. BODSON, Architecte-Bruxelles,-H; DE BRUyNE,\nArchitecté-Bruxelles,- F. DE RIDDER, Architecte-\nAnvers,- J. DE LIGNE, Architecte-Bruxelles,- HUIB.\nHOSTE, Bruges,- C. THIRION, Archi-\ntecte-Verviers,- CH. PATRIS, Architecte=Bruxelles\net Paris,- VAN AVERBEKE, Architecte-Anvers,- VAN\nDER SWAELMEN, Architecte»paysagiste=Bruxelles,-\nO. VAN DE VOORDE, Architecte-Gand,- RAPH.\nVERWILGHEN, Ingénieur=Bruxelles.\n(1) Ouvrages, conférences, études, etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c003", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "41", "page_fin": "41", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.3", "titre_corps": "A Architecte", "titre_sommaire": "A Architecte", "signature_source": "F. B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.7", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "A la mémoire de GABRIEL CHARLE\nArchitecte\nF. B.\nAu moment de parler de l'ami, de l'artiste que nous avons perdu, j'ai voulu\nrendre visite à quelques-unes des oeuvres qu'il a parsemées dans Bruxelles.\nGabriel Charle n'est plus, mais son œuvre reste. L'âme douce et\nfine de l'artiste qu'étayait une haute conscience, vit dans ses oeuvres.\nEt si elles nous sont infiniment chères, à nous qui furent ses amis, elles rester\nront pour tous, ce qu'elles furent dès le jour de leur éclosion : un réconfort contre\ntoute la laideur envahissante et un enseignement précieux.\nCertes, Gabriel Charle ne nous laisse peut-être pas d'oeuvres importantes ,♦\nmais il nous lègue davantage : un grand enseignement est inscrit dans toutes les\npetites demeures qu'il édifia et qui, où qu'elles soient, sont une joie pour les yeux\net pour l'esprit.\nCharle, dernier d'une lignée de profonds artistes son fils qui allait le\nnuer, est mort au sous les premières balles de l'envahisseur —,\navait ce sentiment de l'harmonie couleur, volume, rythme —si rare à notre\népoque, il fut moderniste par instinct et par conscience. Peu de fois il consentit à\ndes redites d'art ancien et toujours il en souffrit.\nIl ne s'essaya pas au rôle d'urbaniste, hasard ou modestie, qui sait! mais l'art\ncivique sait ce qu'il lui doit.\nJ'en prends à témoin cette petite demeure qu'il édifia près de la Cambre,\ndans cette avenue où Hancart construisit un simple mur qui lui aussi est un\npoème et un enseignement.\nPetite façade sur laquelle court un ampélopsis qui va bientôt s'effeuiller, que\nne pas dans l'harmonie de tes proportions, petite façade moderne si humaine,\net si vivante !\n1 U rééditas dans cette avenue, cher ami trop tôt disparu, une de ces mêmes\nvisions délicieuses, dont l'instinct des grands artistes de la renaissance parsema\nnos cités et par cela même tu t'apparentas à eux, tu les continuas.\nEt au moment où tant de beautés urbaines se sont écroulées, on pouvait\ncompter sur toi pour en faire rejaillir sur le sol du pays, d'aussi belles mais plus\nneuves, mais tu t'en es a11é...\nNous conserverons ta mémoire, Elle restera en nous, infiniment chère."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c004", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "42", "page_fin": "47", "image_debut": 8, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.4", "titre_corps": "La renaissance des arts décoratifs français", "titre_sommaire": "La renaissance des arts décoratifs français", "signature_source": "C. T", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.8", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "La renaissance\ndes arts décoratifs français\n\nLa crise que nous traversons est remarquable par la vague de matérialisme\nqu elle entraîne. C'est une humanité en proie à un désir effréné de jouissances\nqui s'apprête à reconstruire ce que la guerre a détruit. Que sera cette recon-\nstruction? Nul, sans doute, ne pourrait 1 entrevoir ni apprécier l'influence que\nl'art exercera sur elle. Et cet art, se contentera-t-il de camoufler bénévolement\nun utilitarisme circonstancié, ou bien saura-t-il opposer la Pensée à la Matière\npour lutter contre la recrudescence de bestialité qu'a provoquée la guerre?\nCertes, l'art reflet de l'époque évolue suivant le courant des idées\net des besoins. Mais l'expression en est réservée à une élite moralement res-\nponsable des sentiments de la masse. C'est dans la rue surtout que l'art devient\npublic, celui qui enseigne, celui qui parle au peuple. Si c'est le climat et la\nnature du sol qui déterminent le caractère d'une nation, on peut assigner à\nl'art public une part de collaboration artificielle si l'on peut dire à la\ncréation dé cette atmosphère, à l'établissement de cette ambiance; et l'on est\nautorisé à charger ceux qui en sont les promoteurs, non seulement d'interpréter\nla race, d'en faire palpiter l'âme dans les monuments et les rues de la cité,\nmais encore de guider, d'élever cette âme vers plus de sérénité et de noblesse.\nL'art public, peut et doit, en effet, avoir des vertus enseignantes, il faut que\nla « ligne » se mette au service des moralistes pour populariser la pensée con-\ntemporaine. L'évocation d'un passé historique plein d'honneur est infiniment\nrespectable. Mais nous sommes encombrés de pastiches, le rappel constant\ndu Grand Siècle est devenu stérile, et trop de « grands hommes » statufiés\nentravent la circulation. Déblayons le terrain de ce fatras, soyons nous-mêmes\net de notre temps.\nLes artistes décorateurs français nous donnent, à cet égard, un salutaire\nexemple. La guerre leur a ouvert les yeux sur le danger que constituait pour\nla France le déclin de ses arts industriels qui ne se nourrissaient plus que de\nla copie servile du passé. Ils ont reconnu la nécessité, dans leur pays affaibli\nqui veut renaître, d'un art conforme aux aspirations de notre temps. Ils ont\ncompris que, pour vaincre dans la lutte économique, il leur fallait se tourner\nvers les sources rhêmes du génie de leur race et y puiser de nouveaux éléments-\nNi la Renaissance, ni le siècle de Louis XIV ne constituent l'étape définitive\ndes arts plastiques. Ils sont la manifestation ou l'aboutissement grandiose\nd'une civilisation, voilà tout. Ils ne répondent plus à la société du XXe siècle.\nAussi, l'art industriel français veut-il s'en dégager, se régénérer et devenir\nrésolument moderniste. On trouve l'expression éloquente de cette résolution\ndans le discours prononcé récemment par M. Prouvé à la séance de clôture"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.9", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3067, "texte": "de la deuxième session normale des Comités techniques des arts appliqués,\nqui s*est tenue à Paris. Prononcées dans le milieu très officiel de l'Ecole des\nBeaux-Arts, ces paroles acquièrent une si grande signification, elles font naître\nici du « Petit Messager des Artistes », où elle a été publiée, quelques passages\nde la conférence de M. Prouvé.\n• » • • • • » 9 * . . • .\n«L'art appliqué (ainsi distingue-t-on aujourd'hui par ce terme les arts de\n-■ habitation et du mobilier des autres productions artistiques) a été, nous\nle savons tous, pour tous les peuples, depuis les temps les plus reculés, la\nforme d'expression la plus intensivement révélatrice de la pensée, des\ncroyances, des aspirationset des mœurs. Il n'est pas, en effet, de plus simple\nligne architecturale ni de moindre objet qui ne contienne en sa forme et son\ndécor cette émouvante empreinte des tourments de l'homme, de l'homme\npensant en mal de création, emporté par l'irrésistible besoin d'avouer sa foi,\nson adoration et sa tendresse; et en notre beau pays, nos cathédrales, nos\npalais, nos maisons, nos chaumières et nos musées, offrent à notre examen\net à notre admiration des milliers d'exemples qui en sont le témoignage le\nplus affirmatif, et cela à la plus grande gloire du génie français fait de clarté,\nde sincérité, de bon sens et de haute probité... A ces époques de pure inspi-\nration, la France tenait en mains la clef d'or du domaine dans lequel s'épa-\nnouissent les merveilleuses floraisons de nos incomparables styles; le monde\nentier en fut subjugué, car il n'est pas de peuple civilisé qui n'en ait été\ninfluencé.\n» Un jour vint, cependant, où, après s'être exprimé avec une si ardente\nferveur et une touchante expansion de sentiment de vérité, certaines causes\nvinrent en troubler la pureté. Les mouvements sociaux, les régimes gouverne-\nmentaux, les voyages, les conquêtes, les découvertes, les relations internatio-\nnales, la science grandissante, ayant transformé le cours des idées et des\nmœurs ainsi que les modes de travail, il se fit que l'inspiration artistique, tou-\njours adéquate au milieu social, se déforma. La pompe ou la courtisanerie des\ncours, voulut que ceux-làque l'on voulait glorifier ou flatter fussent comparés\naux héros ou aux hommes illustres de l'antiquité; ceux de la Grèce, de Rome\net d'autres contrées, furent évoqués. On se plut à regarder en arrière, à imi-\nter : l'inspiration saine et franche s'éteignit.\n» Toutefois, pendant un certain temps encore, ce qu'il y avait en nous\nd inviduel et d élan acquis fit qu'en adaptant ces éléments on les tranforma\nau point que ce fut encore de la création; mais s'inspirer des autres en s'ap-\npropriant ce qui en constitue le typique, ne va pas sans faire perdre toute\npersonnalité; ce fut ce qui, de degré en degré, arriva immanquablement et\nl'on descendit la pente au bout de laquelle était, non pas la vallée fleurie et\nenchanteresse, source d'émerveillement et d'inspiration, mais le sombre\ngouffre.\n» Pendant plus d'un siècle, sans aucune vergogne, on copia avec servilité,"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": "rééditant d'année en année les époques passées. Le pire est que dans la\nfamille artistique cela fut trouvé naturel, la formule académique ayant faussé\ntoute saine conception. L'art appliqué fut ravalé à un rang inférieur,, on le\nméprisa même. C'est alors que l'industrie, forte de ses moyens de production\net de propagation, grande accapareuse de tout ce qui est à la portée, de son\nsens d exploitation, eut beau jeu; rien ne la retenant, et agissant en vertu de\nson âpre mercantilisme, elle pilla en tout aisance.\n» Les vautours du plagiat s'abattirent sur nos musées, nos collections, nos\nmonuments, et l'on vit nos styles si beaux, si purs, si respectables, mis en\ncoupe réglée et violés sans merci; on les dépeça, on les tortura, on les sin-\ngea, pour le béat et niais usage de foules ignorantes et inaverties; on leur\nservit à foison du Gothique, de la Renaissance, des François, des Henri et\ndes Louis de tous numéros et de tous calibres, à quoi, par surcroît, s'ajouta\nl'Empire, que sais-je encore! Toutes les classes sociales purent s'en donner à\ncœur joie... Les humbles mêmes furent servis à souhait, car ne leur offrit-on\npas des demi-styles, le demi-Louis XIV et le demi-Louis XVI, trouvaille\ndéconcertante de ces sinistres laboratoires...\n» Ceci serait risible, tant c'est grotesque, si cela ne révélait tant d'in-\nconsciente turpitude. Je dis « inconsciente », parce que c'était devenu chez\nceux-là, d'imagination baroque, une conception des plus naturelle... Des\nmodes se lançaient au petit bonheur du caprice et des nécessités de la fabri-\ncation, car ne fallait-il pas brasser des affaires? Parallèlement se développait\nle goût de l'antiquaille, le vieux-neuf florissait et alimentait de nombreux\nateliers. L'art appliqué devenait un trucage de bricoleur. La déchéance était\ncomplète, et, à parler franc ici, n'était-ce pas une honte nationale? La France\navait perdu le plus beau fleuron de sa couronne!\n» Le mal était si profond, la perversité si grande, l'aveuglement si absolu,\nque cette fabrication fit loi, et qu'à cette heure encore l'on n'ose le croire\non rencontre des hommes sérieux qui ont le triste courage de prendre sa\ndéfense, et cela, oh! ironie! au nom de la « tradition ».\n» Et nous savons, pour nous qui nous comprenons, quelle signification\nnous donnons à ce mot « tradition », qui en France veut dire : vitalité,\nlumière, création!\n» Les années passèrent. Mais certains veillaient, attentifs à tout ce qui pou-\nvait provoquer un réveil. Le choc des idées, le sens de l'évolution et de\nl'émancipation, et il faut bien le dire aussi, le simple bon sens, firent qu'à\nl'aube de ce siècle de vaillants artistes rallumèrent le flambeau, précédés en\ncela par un admirable inspiré né provincial... là-bas dans un coin de l'Est,\net qui eut le courage de rester provincial. Celui-là ne relevait d'aucune école\nni d'aucun clan; cerveau libre, adorateur passionné de la nature, dont l'in-\nspiration se révèle dans toute son œuvre, il créa, simplement, sans forfan-\nterie; amoureux de la matière, il la fit palpitante de son cœur, et quoique"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.11", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "l'on puisse penser des fluctuations de son génie, fait d'érudition et de poésie,\nil fut le grand précurseur.\n» Il fut aussi un provocateur. Sachant que l'association est une force, il\nsut grouper autour de lui quelques indépendants déterminés, qui, à son exem-\nple, avaient rompu avec la routine et étaient décidés d'agir en communauté\nd esprit et d'action. C'est en cela qu'il fit école, mieux encore, une école pro-\nvinciale.\n» L'Ecole de Nancy, qu'on le sache bien, n'était pas une association d'es-\nprit étroitement doctrinal. Son champ était libre; ses principes se résumaient\nen celui-ci : « Le respect des conceptions de chacun pour le plus grand bien\nde tous. » Aucun dogmatisme; mais il se trouva que le milieu restreint rendit\nles rapports plus intimes, l'esprit plus déterminé; en vertu du sentiment com-\nmun de solidarité, son actionimprima une pesée qui marqua sa place. Son\ninfluence, dans son propre cercle, s'exerça sur le développement des capa-\ncités artisanes et industrielles, qu'elle intéressa à son idéal et à sa cause, en\nles faisant se poindre et s'entr'aider. Les résultats furent des plus heureux et\nconcluants. C'est alors que son titre d'Ecole fut justifié.\n» On doit cela à Emile Gallé. A son exemple, la province s'aperçut qu'elle\npouvait bouger. Elle bougea. C'est ce qu'il avait voulu.\n» Plus tard se fonda à Besançon « l'Union provinciale des arts décoratifs »,\nqui eut aussi son action, en s'efforçant, par des congrès annuels, de répandre\nla bonne parole et d'étudier la possibilité d'un réveil général. A cet égard,\nsouvenons-nous du peintre Chudant et du sénateur Couyba, qui en furent les\nfondateurs.\n» A Paris, une belle pléïade d'artisteset d'artisans portent haut et ferme\nl'étendard de l'émancipation. Dressés fièrement contre la citadelle du came-\nlotage, hardis et obstinés, allant droit vers la lumière et le progrès, ils réin-\nstaurent noblement le bon renom français! En dépit d'une lutte opiniâtre et\ndes manifestations significatives, leur influence n'a pas encore toute l'étendue\ndésirable, car ils ont à lutter contre les retardataires et les rétrogrades, qui\nsont aussi des obstinés. Mais patience, il ne s'agit pour eux que de s'organiser.\n• ♦••••• •••••••\n» Nous ne pouvons passer sous silence certaines tentatives des plus inté-\nressantes, basées sur une nouvelle conception (suggérée d'ailleurs par une\nmise en œuvre d'origine provinciale, du coin de l'Est auquel j'ai déjà fait\nallusion), qui peuvent avoir une grande répercussion dans toute l'étendue\nde la production. Il s'agit de certains grands magasins parisiens dans l'orga-\nnisme desquels, sous une impulsion des plus louables, est établi un office\nde création de modèles d'objets mobiliers, propres à leur vente; des artisans\ny sont appelés, et nul doute que l'industrie n'y soit sollicitée l'idée fait\nson chemin, d'autres vont suivre. Ceux qui dirigent ces milieux de création,\nsont des artistes ou des esthéticiens estimés, bien de leur temps et bien dési-\ngnés pour une telle entreprise. La chose se développant, comme on doit s'y"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2848, "texte": "attendre, il est facile de prévoir quelle impulsion cela pourrait provoquer dans\ntout le domaine artistique et industriel; il devra en résulter une grande variété\ndans la création, un mouvement constant dans la production et une activité\ncommerciale qui peut devenir considérable.\n» N'est-ce pas une des meilleures façons de combattre la pénétration alle-\nmande tant redoutée? On voit donc que quelque chose de bien défini tend à\nse réaliser dans un sens de renouveau et de franchise bien française, et cela\nfait aussi apparaître combien seraient profitables des entretiens communs.\n» Une des raisons de la puissance de travail et de la production allemande,\nnous le savons, résidait dans le principe d'association. Unité d'esprit, unité de\nconception, unité de production, discipline, tel était le mot d'ordre, et cela\nvoulait dire : « Organisation ».\n» Créons donc de nouvelles méthodes à notre tour, pas à l'allemande,\ncertes, cela nous irait mal et serait choquant pour notre dignité nationale,\nmais organisons-nous...\n• • • « • • • • • • » * » • »\n» D'aucuns disent : vous vous illusionnez, vous voudriez voir les arts recou-\nvrer leur magnificence passée, et rayonner ainsi d'une nouvelle splendeur.\nNotre époque positive où la science va de plus en plus prendre la place pré-\npondérante, n'offrira plus les éléments d'inspiration, et ils ajoutent : impos-\nsible! Ne nous laissons pas influencer par les inconscients au cerveau deséché,\nque ne tourmente aucun idéal...\n» La beauté n'est pas morte, elle ne peut mourir. Si on a quelque peu\ndéfailli à sa dignité, ressaisissons-nous. La vie nouvelle nous dictera les gestes\net les actes qui conviennent au culte qu'on lui doit; elle est une nécessité\nsociale des plus impérieuses!\nAprès l'horrible bouleversement, qui creuse entre le passé et l'avenir un\ninsondable précipice, nous imaginons-nous qu'il n'y aura qu'à reprendre l'outil\ndélaissé pour l'arme, et que nous n'aurons qu'à continuer comme avant, avec\nle seul respect d'avoir perdu des parents, des amis, nos fils, ou d'avoir été\nsimplement troublés dans notre quiétude? Ce serait bien mal préjuger de la\nvaleur, de l'énergie et de la haute conscience des hommes, de ceux dont le\ndroit s'éclaire de la vision magnifique que leur fait concevoir, meilleur et plus\nbeau, le nouvel avenir.\n» D'autres encore disent: « La démocratie n'offre pas le terrain favorable\naux manifestations de l'art ». Rien n'est plus fauxî La vie démocratique n'im-\nplique pas forcément que l'homme ne pourra plus manifester ses sentiments\net ses besoins de beauté!\n» Lentement, au contraire, s'accomplit un effort pour que l'expression d'art\nparoles? Comprendrons-nous enfin qu'« admirer » la France ce n'est pas\nsion, si tant est qu'il en ait une, est d'œuvrer pour la plus grande et bienfai-\nsante communion universelle... »\n• , . . ,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "N'y a-t-il pas, pour nous autres, Belges, une leçon qui se dégage de ces\nparoles? Comprendrons-nous enfin qu« admirer » la France ce n est pas\n« copier » la France; et que notre émerveillement, en présence des manifes-\ntations de sa vitalité, doit nous inciter à renouveler, nous aussi, notre génie\nnational et à nous efforcer d'être les dignes et féconds descendants de ces\nglorieux artistes qui trouvèrent dans la cathédrale française les éléments d un\nart aussi autochtone que celui de nos grands primitifs et qui, plus tard, avec\nRubens, rapportèrent d'ltalie la source de la plus spontanée et de plus mer-\nveilleuse des Renaissances nationales que le monde ait jamais connues?\n\nC. T."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c005", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "47", "page_fin": "47", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.5", "titre_corps": "Le Concours d'Anvers", "titre_sommaire": "Le Concours d'Anvers", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.13", "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 2210, "texte": "Le Concours d'Anvers\nNOTRE PLANCHE HORS TEXTE\nParlant des plans dressés par M. l'architecte Smolderen pour l'aménage-\nment du centre de la ville d'Anvers, notre collaborateur M. André De Ridder,\ndisait, dans notre précédent numéro : « Projet irréalisable mais merveilleux,\nvu comme en un rêve fastueux, en une téméraire vision d'avenir : l'aspect\nd'un Anvers cosmopolite et mondial, surgi d'une imagination somptueuse et\nardente, qui ne recule devant aucun sacrifice et qui se hasarde à remanier et\nà reconstruire, d'après des conceptions idéalistes et absolues, tout le plan\nprimitif de la ville, dont on reconnaît à peine le style propre si ce n'est à\nquelques bâtiments, retrouvés comme des îles familières dans cette Babel uni-\nverselle ».\nNous aurions voulu reproduire tant ils sont remarquables tous les\ndessins que l'auteur de ce projet a mis à notre disposition. Des obstacles\nmatériels nous en empêchent. Mais la planche encartée dans le présent numéro\ndonnera une idée à nos lecteurs de la beauté des estampes en lesquelles\nM. Smolderen a traduit ses conceptions.\nERRATA\nl ' \\ * * r \\\nUne erreur de mise en page nous a fait commettre, dans notre précédent\nnuméro, une malencontreuse confusion. Le projet donné à la planche V\ncomme étant de M. Pol Berger est de M. Henri Van Dyck, et réciproque-\nment celui marqué comme étant de M. Van Dyck est, en réalité, de M. Ber-\nger. Nos lecteurs voudront donc bien intervertir les mentions qui figurent au\nbas des clichés reproduits à cette page."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c006", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "51", "image_debut": 14, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.6", "titre_corps": "URBANISME", "titre_sommaire": "URBANISME", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "URBANISME\n\nConcours pour l'aménagement\net l'extension de Paris\n\nL'on sait qu'une loi récente du\nI 4 mars 1919 oblige les villes françaises\nà dresser un plan général d'aménagement et\nd'extension. Cette obligation ne s'étend pas\nseulement comme c'est le cas chez nous\naux villes sinistrées, mais à toutes celles\nqui sont en croissance rapide. C'est évidem-\nment le cas de Paris. La Ville-Lumière n'a\npas essayé de se dérober à cette obligation,\nmais, avec la coquetterie habituelle qu'elle\nmet à s'offrir en exemple aux villes de pro-\nvince, elle a tenu à montrer comment l'on\npeut résoudre élégamment et disons non\nmoins parfaitement un problème aussi\nardu que celui qui consiste à dresser un plan\ngénéral d'aménagement pour une ville qui\ncompte plusieurs millions d'habitants. Elle\nvient, en effet, d'organiser un concours pu-\nblic qui comptera parmi les joutes les plus\nimportantes et les mieux organisées aux-\nquelles les urbanistes du monde entier au-\nront été convoqués. Je dis du monde entier,\ncar le concours étant ouvert « entre les\nFrançais et les ressortissants des puis-\nsances alliées ou associées ou faisant partie\nde la Société des Nations », c'est, sans nul\ndoute, des quatre points cardinaux que l'on\naccourra pour s'arracher les primes très con-\nséquentes offertes aux vainqueurs.\nSongez-y donc, une première prime de\n30,000 francs et quatre primes subisidiaires\nde 20, 15, 1 0 et 5 mille francs. Et si j'in-\nsiste sur la chose, ce n'est pas soyez-en\nsûr que je tienne les urbanistes pour plus\nintéressés que d'autres. La gloire qui s'atta-\nchera au nom de l'ordonnateur de la capiale\nde la France aurait, certes, suffi à attirer un\ngrand nombre de compétiteurs. Mais il n'est\npas mauvais au moment où, sous pré-\ntexte d'économie, Ton risque chez nous de\ndiscréditer l'institution des concours en orga-\nnisant sous cette étiquette l'exploitation des\ntechniciens et des artistes il n'est pas\nmauvais, dis-je, de relever F importance\nfinancière de cette joute sérieuse entre toutes.\nLeproblème est d'ailleurs très complexe.\nIl n'importe pas seulement de surveiller la\ncroissance du plus-grand Paris. 11 s'agit en-\ncore de projeter l'aménagement immédiat\ndes vastes terrains riverains des boulevards\nextérieurs. En effet, la loi sur l'aménagement\ndes villes a été suivie, à un mois de date,\nd'une loi spéciale à l'agglomération pari-\nsienne : la loi sur la démolition des fortifica-\ntions. « Il y a là autre chose qu'une simple\ncoïncidence, et le législateur a entendu,\navant tout, donner à la ville de Paris, par le\ndérasement de son enceinte fortifiée, l'occa-\nsion de s'étendre, de s'embellir et de modi-\nfier, au moyen d'un plan d'ensemble, les dis-\npositions générales de son alignement.\nLa ville de Parfis devra construire, sur\nl'emplacement même des fortifications, des\nhabitations à bon marché ou à loyer modéré\npour familles nombreuses, des casernes, des-\ntinées à remplacer en partie celles de l'inté-\nrieur de Paris; elle aura la faculté, afin de se\ncouvrir en partie de ses frais, de vendre,\npour la construction, les terrains les mieux\nsitués, en imposant, au besoin, aux acqué-\nrieurs des servitudes qui ne pourront qu'aug-\nmenter la valeur des immeubles édifiés.\nSur la zone, elle établira des parcs, des\nterrains de jeux, sans parler du Palais des\nExpositions, dont l'emplacement est, dès à\nprésent, fixé par une convention avec le mi-\nnistre de l'Agriculture (partie de la zone\nsise entre les portes de Meudon et de Saint-\nCloud ».\nEt ce n'est là qu'un des aspects du pro-\nblème. Le programme énumère longuement\ntoutes les autres questions essentielles. Ce\nsont, en particulier, les travaux de voirie à\nentreprendre à l'intérieur et en dehors de la\nville afin de répondre aux exigences de la\ncirculation moderne."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.15", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "C est ensuite le réseau du Métropolitain\nauquel les problèmes de la circulation sont\nintimement liés.\nL'établissement de squares, jardins et\nespaces libres apparaît également aux orga-\nnisateurs du concours comme étant un des\ncôtés important du problème. « C'est surtout\nen dehors de Paris dit le programme\nqu'il y aura lieu, semble-t-il, de prévoir des\nespaces plantés, notamment par la transfor-\nmation en parcs des forts déclassés de la pre-\nmière ligne de défense. Une partie de ces\nespaces devra être aménagée en cités-jardins.\nLe problème de l'habitation estdevenu si\npressant, si angoissant même, que seules les\ncollectivités semblent avoir le moyen de le\nrésoudre. La réduction des heures de travail\nfait que l'ouvrier sera plus souvent chez lui,\ncultivera avec plus de goût le jardinet qu'il\nsera possible de lui réserver. Le développe-\nment des moyens de transport, tramways élec-\ntriques, extension du Métropolitain en ban-\nlieue, permettra de reculer ces cités ouvrières\njusqu'aux limites de l'agglomération pari-\nsienne.\nLe Département de la Seine a déjà acquis,\ndans ce but, de vastes domaines à Plessis-\nRobinson (64 hectares), Malabry (54 hec-\ntares), Suresnes et Rueil (30 hectares),\nChampigny (12 hectares) et Stains (25 hec-\ntares) ».\nDes études sont également sollicitées en\nce qui concerne les différents services pu-\nblics, l'adduction d'eau potable, l'aménage-\nment du port.\nAfin de faciliter l'accession à ce con-\ncours, la matière en est partagée en quatre\nparties. Les concurrents pourront ainsi limi-\nter leurs travaux à une des divisions qui y\ncorrespondent.\nMais l'ensemble viendra prendre place,\ngrâce aux cadres bien définis qui sont tracés\nà ces études, dans un projet d'ensemble qui\nmettra la ville de Paris en possession de tous\nles éléments nécessaires à un aménagement\net une extension rationnels de son territoire.\nCe projet comprendra :\n« 1 ° Un plan qui fixe la direction, la lar-\ngeur et le caractère des voies à créer ou à\nmodifier, détermine les emplacements,l'éten-\ndue et les dispositions des places, squares,\njardins publics, terrains de jeux, parcs, espa-\nces libres divers, et indique les réserves boi-\nsées ou non à constituer, ainsi que les\nemplacements destinés à des monuments,\nédifices et services publics;\n2° Un programme déterminant les servi-\ntudes hygiéniques, archéologiques et esthé-\ntiques, ainsi que toutes les autres conditions\ny relatives et, en particulier, les espaces libres\nà réserver, la hauteur des constructions,\nainsi que les prévisions concernant la distri-\nbution d'-eau potable, le réseau d'égouts,\nl'évacuation et la destination finale des ma-\ntières usées et, s'il y a lieu, F assainissement\ndu sol ».\nOn conçoit qu'une étude aussi vaste ne\npeut être entreprise sans une documentation\nsérieuse et très étendue. Les organisateurs\ndu concours ont voulu épargner à ceux qui\ny prendront part des recherches ardues et\npénibles en les mettant en possession de toute\nune série de documents, que le programme\nénumère et qui comprennent en particulier\ntoute la série des plans et des cartes qui leur\nseront indispensables. Ces documents leur\nseront remis contre versement d'un droit de\n1 00 francs.\nD'autre part, « pendant toute la durée du\nconcours, les concurrents auront, sur présen-\ntation du reçu de leur versement, accès à la\nBibliothèque administrative de la ville de\nParis, et à la Bibliothèque de l'lnstitut d'his-\ntoire, de géographie et d'économie urbaines.\nUne exposition publique de plans, cartes\net documents divers intéressants à consulter\npour la préparation des projets, aura lieu,\npendant toute la durée du concours, dans\nune salle de cet institut.\nLes concurrents y trouveront, sur chacun\ndes documents qui peuvent être mis dans\nle commerce, l'indication de 1 adresse à la-\nquelle ils pourront se le procurer, et celle du\nprix de vente.\nEnfin, les concurrents trouveront, à la Di-\nrection de l'extension de Paris, les renseigne-\ngnements d'ordre technique ou administratif\ndont ils pourraient avoir besoin pour leurs\nrecherches ».\nLes techniciens français ont souvent in-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.16", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "sisté, ces derniers temps, sur la nécessité de\nn'entreprendre aucun travail d'urbanisation\navant d'avoir réuni une documentation fort\ncomplète et dressé un programme bien dé-\nfini. Constatons avec satisfaction que leurs\nconseils ont été pleinement suivis pour Y or-\nganisation de ce concours modèle.\nSi ron voulait à tout prix relever les quel-\nques points faibles de ce programme, ce se-\nrait, sans doute, aux clauses concernant la\ncomposition du jury qu'il faudrait s'attaquer\ntout d'abord. On y retrouve cette manie,\nassez générale chez nos voisins du Sud,\nd'accorder une place prépondérante au\nmonde officiel et administratif, au détriment\ndes techniciens et professionnels qui, on ne\npeut le nier, sont seuls bien à leur place\ndans les fonctions de juges. Les concurrents\ndoivent se demander, non sans frayeur, ce\nque sont des délibérations auxquelles pren-\nnent part tant de gens chamarrés et de beaux\nparleurs. Tous leurs espoirs iront, sans doute,\nvers leurs propres élus et les quelques jurés\nd'une autorité indiscutable.\nEt ils s'attendent, sans doute, à ce que\nparmi eux se trouve celui qui se montre un\nurbaniste clairvoyant en leur adressant, dans\nle programme, ces sages conseils qui situent\nexactement le problème :\n« Les concurrents ne devront jamais per-\ndre de vue que Paris et les communes de sa\nbanlieue, limitrophes ou non, ont une com-\nmunauté de relations et d'intérêts telle, que\npratiquement aucun problème économique\net social ne peut être envisagé et résolu pour\nParis seul, mais au moins pour une fraction\nde l'agglomération, sinon, le cas échéant,\npour l'agglomération tout entière. Il est, en\nconséquence, recommandé aux concurrents\nd'entreprendre l'étude demandée avec les\nvues les plus larges, sans se préoccuper des\ncirconscriptions administratives, et en englo-\nbant dans leur plan des communes du dé-\npartement de la Seine, et même, s'ils le\njugent nécessaire, des parties des départe-\nments voisins, en un mot, tout ce qui, dans\nleur conception constitue l'agglomération\nparisienne, non seulement telle qu'elle peut\nêtre définie à l'heure actuelle, mais l telle\nqu ils en imaginent le développement et\nl'extension dans l'avenir ».\nOrganisé avec une pareille largeur de vue,\nce concours dont la clôture est fixée au\n8 février 1920 ne peut manquer de susci-\nter des solutions fort intéressantes. 11 fixera\nune des étapes de l'urbanisme international.\n\nÉchos et Nouvelles\nYPROIS.\nLA RECONSTRUCTION D'YPRES .\nUn correspondant local nous adresse la note\nsuivante : •\n*« Avant la guerre, M. Cooman était l'in-\ngénieur et F architecte de la ville d'Ypres. Il\nl est encore et ses chefs hiérarchiques lui ont,\ntout naturellement, confié les plans de re-\nconstruction de la ville. Ces plans sont faits\ndepuis longtemps. Nous écrivons plans au\npluriel, car il n'y a pas que le plan terrien, il\ny a encore des plans d'élévation; ils sont\nconçus, évidemment, en style gothique\nYpres se doit cela, voyons! et furent\nexposés à la Cité reconstituée (Paris 1916),\noù ils provoquèrent maint sourire malicieux.\nVoici la « Gazette des Beaux-Arts y> de\nl'époque qui daigna consacrer à ces projets\nune note minuscule, en minuscules caractè-\nres, au bas d'une page : « En sa qualité de\n«membre de la Commission provinciale des\nmonuments», M. Cooman vient d'être dési-\ngné pour faire partie de la commission inter-\nministérielle adjointe au haut commissaire\npour le sud de la Flandre. Puisque, en cette\n,qualité, il ne pourrait porter de jugement\nsur son propre travail, et que, d'autre part,\nla ville d'Ypres ne peut évidemment se pas-\nser de l'avis de la Commission des monu-\nments, on dit M. Cooman a cédé son travail\nde reconstruction à un collègue ».\nNous apprécions fort le noble geste : il\nnous tarde d'apprendre le nom du vei-\nnard ...»\nTout ce qui concerne la reconstruction\n\nR. V."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.17", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "d Y près est d ailleurs enveloppé de mystères\nque les autorités locales ne semblent guère\ndésireuses de dissiper. De temps en temps,\nquelque renseignement précis nous par-\nvient... de l'étranger! C'est ainsi que le\n« Architect Journal », de Londres, nous\napprend que la Church Army a décidé de\ncommémorer par la construction d'un vaste\ntemple les deux cent mille soldats anglais\nmorts dans le secteur d'Ypres. L'architecture\nde 1 édifice s'inspirerait du cloître de la ca-\nthédrale d Ypres dont un magnifique frag-\nment subsiste encore. Les plans seraient\nconfiés à un architecte anglais en collabora-\ntion avec l'architecte de la ville d'Ypres.\nLes autorités communales, nous dit notre\nconfrère anglais, ont accueilli le projet avec\nsympathie et promis de donner le terrain\nnécessaire, Les initiateurs font dès à présent\nappel à la générosité du public anglais en\nvue de réunir la somme de 750,000 francs\nqu'ils estiment indispensable à la réalisation\ndu projet.\nPOLITIQUE FONCIERE. L'édilité de\nGanshoren lez-Bruxelles vient de prendre\nune décision qui montre bien l'évolution des\nidées dans la question de la propriété du sol.\nAlors que tant de communes n'hésitent\nguère à aliéner leurs biens fonciers, de con-\nnivence fort souvent avec quelques gros spé-\nculateurs qui « travaillent » au détriment de\nla grande masse de la population, se réser-\nvant à eux seuls le bénéfice de leurs opéra-\ntions, voici qu'une édilité a souci du bien\ngénéral et ce, suivant une modalité des plus\nélégante.\nDepuis le XVIII\" siècle, la commune de\nGanshoren possédait des biens communaux,\ndevenus prés et pâtures,d'une superficie d'en-\nviron 1 0 hectares. Ces biens, à travers heurs\net malheurs, se réduisirent de moitié, mais en\nfin de compte sont encore bien communaux,\nc'est-à-dire collectifs.\nDévolus pendant la guerre au « Départe-\nment Laiterie » du Comité National, c'est-\nà-dire affectés à la sauvegarde de la santé\npublique, ces pâtures, loin d'être définitive-\nment aliénées, vont, dans l'idée de l'édilité\nde Ganshoren, devenir un Parc-Laiterie des\nécoles* avec plaine de jeux, terrains de sports\net tous leurs compléments.\nOù sont donc les communes qui possèdent\nencore leurs «communaux» et les emploient à\ndes buts d'intérêt général? Rares sont-elles.\nEt combien ne faut-il pas appuyer sur l'exem-\nple que nous signalons, afin d'ouvrir les yeux\ndes édilités, là où l'irréparable n'est pas con-\nsommé.\n\nExpositions\nL'EXPOSITION DE LA RECONSTRUC-\nTION AU PALAIS D'EGMONT A BRU-\nXELLES. 15 septembre-1er novembre\n1919. Nos confrères de la presse quoti-\ndienne ont annoncé comme il convenait\n1 ouverture de cette manifestation importante\nqui marquera une époque dans l'histoire de\nnos activités urbânistiques et architecturales.\nLa présence du Roi du chef de notre\npays sinistré rehaussa très particulière-\nment la cérémonie dont on entoura 1 ouver-\nture de 1 exposition et, par cela même, a con-\ntribué à faire s'ouvrir les yeux quelque peu\nétonnés de bien des invités qui prenaient en\nce jour un premier contact avec les graves\nproblèmes de la reconstruction et de l'urba-\nnisme.\nNous ne redirons donc pas les détails de\nla visite inaugurale; nous réservons à nos lec-\nteurs un numéro spécial de notre Revue, où\nnos collaborateurs étudieront en détail le con-\ntenu des stands et où ils diront de quoi est\nfait le problème qui se pose en chaque lieu\nsinistré."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c007", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "50", "image_debut": 14, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.6.1", "titre_corps": "Concours pour l'aménagement et l'extension de Paris", "titre_sommaire": "Concours pour l'aménagement et l'extension de Paris", "signature_source": "R. 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Je dis du monde entier,\ncar le concours étant ouvert « entre les\nFrançais et les ressortissants des puis-\nsances alliées ou associées ou faisant partie\nde la Société des Nations », c'est, sans nul\ndoute, des quatre points cardinaux que l'on\naccourra pour s'arracher les primes très con-\nséquentes offertes aux vainqueurs.\nSongez-y donc, une première prime de\n30,000 francs et quatre primes subisidiaires\nde 20, 15, 1 0 et 5 mille francs. Et si j'in-\nsiste sur la chose, ce n'est pas soyez-en\nsûr que je tienne les urbanistes pour plus\nintéressés que d'autres. La gloire qui s'atta-\nchera au nom de l'ordonnateur de la capiale\nde la France aurait, certes, suffi à attirer un\ngrand nombre de compétiteurs. Mais il n'est\npas mauvais au moment où, sous pré-\ntexte d'économie, Ton risque chez nous de\ndiscréditer l'institution des concours en orga-\nnisant sous cette étiquette l'exploitation des\ntechniciens et des artistes il n'est pas\nmauvais, dis-je, de relever F importance\nfinancière de cette joute sérieuse entre toutes.\nLeproblème est d'ailleurs très complexe.\nIl n'importe pas seulement de surveiller la\ncroissance du plus-grand Paris. 11 s'agit en-\ncore de projeter l'aménagement immédiat\ndes vastes terrains riverains des boulevards\nextérieurs. En effet, la loi sur l'aménagement\ndes villes a été suivie, à un mois de date,\nd'une loi spéciale à l'agglomération pari-\nsienne : la loi sur la démolition des fortifica-\ntions. « Il y a là autre chose qu'une simple\ncoïncidence, et le législateur a entendu,\navant tout, donner à la ville de Paris, par le\ndérasement de son enceinte fortifiée, l'occa-\nsion de s'étendre, de s'embellir et de modi-\nfier, au moyen d'un plan d'ensemble, les dis-\npositions générales de son alignement.\nLa ville de Parfis devra construire, sur\nl'emplacement même des fortifications, des\nhabitations à bon marché ou à loyer modéré\npour familles nombreuses, des casernes, des-\ntinées à remplacer en partie celles de l'inté-\nrieur de Paris; elle aura la faculté, afin de se\ncouvrir en partie de ses frais, de vendre,\npour la construction, les terrains les mieux\nsitués, en imposant, au besoin, aux acqué-\nrieurs des servitudes qui ne pourront qu'aug-\nmenter la valeur des immeubles édifiés.\nSur la zone, elle établira des parcs, des\nterrains de jeux, sans parler du Palais des\nExpositions, dont l'emplacement est, dès à\nprésent, fixé par une convention avec le mi-\nnistre de l'Agriculture (partie de la zone\nsise entre les portes de Meudon et de Saint-\nCloud ».\nEt ce n'est là qu'un des aspects du pro-\nblème. Le programme énumère longuement\ntoutes les autres questions essentielles. Ce\nsont, en particulier, les travaux de voirie à\nentreprendre à l'intérieur et en dehors de la\nville afin de répondre aux exigences de la\ncirculation moderne."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.15", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "C est ensuite le réseau du Métropolitain\nauquel les problèmes de la circulation sont\nintimement liés.\nL'établissement de squares, jardins et\nespaces libres apparaît également aux orga-\nnisateurs du concours comme étant un des\ncôtés important du problème. « C'est surtout\nen dehors de Paris dit le programme\nqu'il y aura lieu, semble-t-il, de prévoir des\nespaces plantés, notamment par la transfor-\nmation en parcs des forts déclassés de la pre-\nmière ligne de défense. Une partie de ces\nespaces devra être aménagée en cités-jardins.\nLe problème de l'habitation estdevenu si\npressant, si angoissant même, que seules les\ncollectivités semblent avoir le moyen de le\nrésoudre. La réduction des heures de travail\nfait que l'ouvrier sera plus souvent chez lui,\ncultivera avec plus de goût le jardinet qu'il\nsera possible de lui réserver. Le développe-\nment des moyens de transport, tramways élec-\ntriques, extension du Métropolitain en ban-\nlieue, permettra de reculer ces cités ouvrières\njusqu'aux limites de l'agglomération pari-\nsienne.\nLe Département de la Seine a déjà acquis,\ndans ce but, de vastes domaines à Plessis-\nRobinson (64 hectares), Malabry (54 hec-\ntares), Suresnes et Rueil (30 hectares),\nChampigny (12 hectares) et Stains (25 hec-\ntares) ».\nDes études sont également sollicitées en\nce qui concerne les différents services pu-\nblics, l'adduction d'eau potable, l'aménage-\nment du port.\nAfin de faciliter l'accession à ce con-\ncours, la matière en est partagée en quatre\nparties. Les concurrents pourront ainsi limi-\nter leurs travaux à une des divisions qui y\ncorrespondent.\nMais l'ensemble viendra prendre place,\ngrâce aux cadres bien définis qui sont tracés\nà ces études, dans un projet d'ensemble qui\nmettra la ville de Paris en possession de tous\nles éléments nécessaires à un aménagement\net une extension rationnels de son territoire.\nCe projet comprendra :\n« 1 ° Un plan qui fixe la direction, la lar-\ngeur et le caractère des voies à créer ou à\nmodifier, détermine les emplacements,l'éten-\ndue et les dispositions des places, squares,\njardins publics, terrains de jeux, parcs, espa-\nces libres divers, et indique les réserves boi-\nsées ou non à constituer, ainsi que les\nemplacements destinés à des monuments,\nédifices et services publics;\n2° Un programme déterminant les servi-\ntudes hygiéniques, archéologiques et esthé-\ntiques, ainsi que toutes les autres conditions\ny relatives et, en particulier, les espaces libres\nà réserver, la hauteur des constructions,\nainsi que les prévisions concernant la distri-\nbution d'-eau potable, le réseau d'égouts,\nl'évacuation et la destination finale des ma-\ntières usées et, s'il y a lieu, F assainissement\ndu sol ».\nOn conçoit qu'une étude aussi vaste ne\npeut être entreprise sans une documentation\nsérieuse et très étendue. Les organisateurs\ndu concours ont voulu épargner à ceux qui\ny prendront part des recherches ardues et\npénibles en les mettant en possession de toute\nune série de documents, que le programme\nénumère et qui comprennent en particulier\ntoute la série des plans et des cartes qui leur\nseront indispensables. Ces documents leur\nseront remis contre versement d'un droit de\n1 00 francs.\nD'autre part, « pendant toute la durée du\nconcours, les concurrents auront, sur présen-\ntation du reçu de leur versement, accès à la\nBibliothèque administrative de la ville de\nParis, et à la Bibliothèque de l'lnstitut d'his-\ntoire, de géographie et d'économie urbaines.\nUne exposition publique de plans, cartes\net documents divers intéressants à consulter\npour la préparation des projets, aura lieu,\npendant toute la durée du concours, dans\nune salle de cet institut.\nLes concurrents y trouveront, sur chacun\ndes documents qui peuvent être mis dans\nle commerce, l'indication de 1 adresse à la-\nquelle ils pourront se le procurer, et celle du\nprix de vente.\nEnfin, les concurrents trouveront, à la Di-\nrection de l'extension de Paris, les renseigne-\ngnements d'ordre technique ou administratif\ndont ils pourraient avoir besoin pour leurs\nrecherches ».\nLes techniciens français ont souvent in-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.16", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "sisté, ces derniers temps, sur la nécessité de\nn'entreprendre aucun travail d'urbanisation\navant d'avoir réuni une documentation fort\ncomplète et dressé un programme bien dé-\nfini. Constatons avec satisfaction que leurs\nconseils ont été pleinement suivis pour Y or-\nganisation de ce concours modèle.\nSi ron voulait à tout prix relever les quel-\nques points faibles de ce programme, ce se-\nrait, sans doute, aux clauses concernant la\ncomposition du jury qu'il faudrait s'attaquer\ntout d'abord. On y retrouve cette manie,\nassez générale chez nos voisins du Sud,\nd'accorder une place prépondérante au\nmonde officiel et administratif, au détriment\ndes techniciens et professionnels qui, on ne\npeut le nier, sont seuls bien à leur place\ndans les fonctions de juges. Les concurrents\ndoivent se demander, non sans frayeur, ce\nque sont des délibérations auxquelles pren-\nnent part tant de gens chamarrés et de beaux\nparleurs. Tous leurs espoirs iront, sans doute,\nvers leurs propres élus et les quelques jurés\nd'une autorité indiscutable.\nEt ils s'attendent, sans doute, à ce que\nparmi eux se trouve celui qui se montre un\nurbaniste clairvoyant en leur adressant, dans\nle programme, ces sages conseils qui situent\nexactement le problème :\n« Les concurrents ne devront jamais per-\ndre de vue que Paris et les communes de sa\nbanlieue, limitrophes ou non, ont une com-\nmunauté de relations et d'intérêts telle, que\npratiquement aucun problème économique\net social ne peut être envisagé et résolu pour\nParis seul, mais au moins pour une fraction\nde l'agglomération, sinon, le cas échéant,\npour l'agglomération tout entière. Il est, en\nconséquence, recommandé aux concurrents\nd'entreprendre l'étude demandée avec les\nvues les plus larges, sans se préoccuper des\ncirconscriptions administratives, et en englo-\nbant dans leur plan des communes du dé-\npartement de la Seine, et même, s'ils le\njugent nécessaire, des parties des départe-\nments voisins, en un mot, tout ce qui, dans\nleur conception constitue l'agglomération\nparisienne, non seulement telle qu'elle peut\nêtre définie à l'heure actuelle, mais l telle\nqu ils en imaginent le développement et\nl'extension dans l'avenir ».\nOrganisé avec une pareille largeur de vue,\nce concours dont la clôture est fixée au\n8 février 1920 ne peut manquer de susci-\nter des solutions fort intéressantes. 11 fixera\nune des étapes de l'urbanisme international."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.16", "debut_caractere": 3831, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "R. V."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c008", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "50", "page_fin": "51", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.6.2", "titre_corps": "Échos et Nouvelles", "titre_sommaire": "Échos et Nouvelles", "signature_source": "YPROIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.16", "debut_caractere": 2420, "fin_caractere_exclue": 3829, "texte": "Échos et Nouvelles\nYPROIS.\nLA RECONSTRUCTION D'YPRES .\nUn correspondant local nous adresse la note\nsuivante : •\n*« Avant la guerre, M. Cooman était l'in-\ngénieur et F architecte de la ville d'Ypres. Il\nl est encore et ses chefs hiérarchiques lui ont,\ntout naturellement, confié les plans de re-\nconstruction de la ville. Ces plans sont faits\ndepuis longtemps. Nous écrivons plans au\npluriel, car il n'y a pas que le plan terrien, il\ny a encore des plans d'élévation; ils sont\nconçus, évidemment, en style gothique\nYpres se doit cela, voyons! et furent\nexposés à la Cité reconstituée (Paris 1916),\noù ils provoquèrent maint sourire malicieux.\nVoici la « Gazette des Beaux-Arts y> de\nl'époque qui daigna consacrer à ces projets\nune note minuscule, en minuscules caractè-\nres, au bas d'une page : « En sa qualité de\n«membre de la Commission provinciale des\nmonuments», M. Cooman vient d'être dési-\ngné pour faire partie de la commission inter-\nministérielle adjointe au haut commissaire\npour le sud de la Flandre. Puisque, en cette\n,qualité, il ne pourrait porter de jugement\nsur son propre travail, et que, d'autre part,\nla ville d'Ypres ne peut évidemment se pas-\nser de l'avis de la Commission des monu-\nments, on dit M. Cooman a cédé son travail\nde reconstruction à un collègue ».\nNous apprécions fort le noble geste : il\nnous tarde d'apprendre le nom du vei-\nnard ...»\nTout ce qui concerne la reconstruction"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.17", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2431, "texte": "d Y près est d ailleurs enveloppé de mystères\nque les autorités locales ne semblent guère\ndésireuses de dissiper. De temps en temps,\nquelque renseignement précis nous par-\nvient... de l'étranger! C'est ainsi que le\n« Architect Journal », de Londres, nous\napprend que la Church Army a décidé de\ncommémorer par la construction d'un vaste\ntemple les deux cent mille soldats anglais\nmorts dans le secteur d'Ypres. L'architecture\nde 1 édifice s'inspirerait du cloître de la ca-\nthédrale d Ypres dont un magnifique frag-\nment subsiste encore. Les plans seraient\nconfiés à un architecte anglais en collabora-\ntion avec l'architecte de la ville d'Ypres.\nLes autorités communales, nous dit notre\nconfrère anglais, ont accueilli le projet avec\nsympathie et promis de donner le terrain\nnécessaire, Les initiateurs font dès à présent\nappel à la générosité du public anglais en\nvue de réunir la somme de 750,000 francs\nqu'ils estiment indispensable à la réalisation\ndu projet.\nPOLITIQUE FONCIERE. L'édilité de\nGanshoren lez-Bruxelles vient de prendre\nune décision qui montre bien l'évolution des\nidées dans la question de la propriété du sol.\nAlors que tant de communes n'hésitent\nguère à aliéner leurs biens fonciers, de con-\nnivence fort souvent avec quelques gros spé-\nculateurs qui « travaillent » au détriment de\nla grande masse de la population, se réser-\nvant à eux seuls le bénéfice de leurs opéra-\ntions, voici qu'une édilité a souci du bien\ngénéral et ce, suivant une modalité des plus\nélégante.\nDepuis le XVIII\" siècle, la commune de\nGanshoren possédait des biens communaux,\ndevenus prés et pâtures,d'une superficie d'en-\nviron 1 0 hectares. Ces biens, à travers heurs\net malheurs, se réduisirent de moitié, mais en\nfin de compte sont encore bien communaux,\nc'est-à-dire collectifs.\nDévolus pendant la guerre au « Départe-\nment Laiterie » du Comité National, c'est-\nà-dire affectés à la sauvegarde de la santé\npublique, ces pâtures, loin d'être définitive-\nment aliénées, vont, dans l'idée de l'édilité\nde Ganshoren, devenir un Parc-Laiterie des\nécoles* avec plaine de jeux, terrains de sports\net tous leurs compléments.\nOù sont donc les communes qui possèdent\nencore leurs «communaux» et les emploient à\ndes buts d'intérêt général? Rares sont-elles.\nEt combien ne faut-il pas appuyer sur l'exem-\nple que nous signalons, afin d'ouvrir les yeux\ndes édilités, là où l'irréparable n'est pas con-\nsommé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c009", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "51", "page_fin": "51", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.6.3", "titre_corps": "Expositions", "titre_sommaire": "Expositions", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.17", "debut_caractere": 2433, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "Expositions\nL'EXPOSITION DE LA RECONSTRUC-\nTION AU PALAIS D'EGMONT A BRU-\nXELLES. 15 septembre-1er novembre\n1919. Nos confrères de la presse quoti-\ndienne ont annoncé comme il convenait\n1 ouverture de cette manifestation importante\nqui marquera une époque dans l'histoire de\nnos activités urbânistiques et architecturales.\nLa présence du Roi du chef de notre\npays sinistré rehaussa très particulière-\nment la cérémonie dont on entoura 1 ouver-\nture de 1 exposition et, par cela même, a con-\ntribué à faire s'ouvrir les yeux quelque peu\nétonnés de bien des invités qui prenaient en\nce jour un premier contact avec les graves\nproblèmes de la reconstruction et de l'urba-\nnisme.\nNous ne redirons donc pas les détails de\nla visite inaugurale; nous réservons à nos lec-\nteurs un numéro spécial de notre Revue, où\nnos collaborateurs étudieront en détail le con-\ntenu des stands et où ils diront de quoi est\nfait le problème qui se pose en chaque lieu\nsinistré."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c010", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "52", "page_fin": "53", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.7", "titre_corps": "ARCHITECTURE", "titre_sommaire": "ARCHITECTURE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3763, "texte": "ARCHITECTURE\n\nConcours\nR. M.\n• ■BB\nCONCOURS POUR LE GENRE AR-\nCHITECTURAL A ADOPTER POUR LA\nRECONSTRUCTION DE DINANT. Les\nrésultats du concours ne sont pas brillants.\nOnze concurrents y ont pris part et deux pro-\njets seulement témoignent de réelles quali-\ntés. Ce sont les envois de MM. Arthur Van-\ndewalle, à Bruxelles, à qui le jury a décerné\nune prime de 2,000 francs pour les façades\nau quai de Meuse, une prime de 2,000 fr.\npour celles de la place Saint-Nicolas et une\ntroisième prime de 500 francs pour 1 ensem-\nble de la place Patenier.\nAux projets très artistement présentés de\nM. Balthazar, de Dinant. membre d'un\nordre religieux, paraît-il. échoient une\nprime de 1,250 francs pour le quai de\nMeuse et 1,000 francs pour le quai Notre-\nDame.\nLe projet de M. Ed. Martens, à Bruxeles,\nobtient une prime de 500 francs et celui de\nM. F. Dony, d'Yvoir, une prime de 1 50 fr.\nLe programme avertissait que les projets\nne seraient pas réalisés, qu ils serviraient\nplutôt de guide aux architectes chargés par\nles particuliers de l'élaboration des plans de\nleurs maisons. La propriété artistique est\nainsi mise à une épreuve qui ne plaît guère\naux architectes et la participation à un con-\ncours organisé dans ces conditions en a ete\nforcément réduite.\nLe concours avait pour but de permettre\nà l'administration communale de Dinant\nd'adopter un genre architectural.\nLa plupart des projets - les meilleurs en\ntous cas - ont préconisé Tart mosan avec\nl'emploi des matériaux frustes, pittoresque\net coloris de la contrée.\nUn des concurrents prétendait nous doter\nd'une architecture prussienne, bien que sa\ndevise formulât cette profession de foi assez\ninattendue : « Plus rien d'allemand! » et\nun autre proposait de rebâtir Dinant en\nitalo-anglo-normand avec des façades blan-\nches, uniformément blanches, et des effets\nsymétriques de lucarnes et à clochetons.\nDans un long rapport, l'auteur prend le\nparti de son projet : « Dinant a été détruit,\ndit-il, il faut le reconstruire suivant des\nmodes nouveaux, reflétant le caractère de\nnotre époque », etc... Je l'aurais parié! Et\nle caractère de cette époque est le genre\nitalo-anglo-normand! L'architecture de la\nSociété des Nations. C'est inouï comme on\nfait parfois bon marché des préférences au\npublic! Car il n'est pas un seul Dinantais\nqui ne désire retrouver le visage aimé de son\ncher Dinant et il en est de Dinant comme de\nVisé, comme de toutes les villes détruites. Le\ngoût du public a besoin de guides, c'est en-\ntendu, mais ce public est très capable de por-\nter un jugement sain sut ses guides, et Ray-\nmond Duncan continue à se promener seul\nen « peplum » au milieu de Y indulgence des\nParisiens.\nCONCOURS DE MOBILIER. Nous\navons parlé longuement, ici même, du con-\ncours de mobilier à bon marché qui a été or-\nganisé par l'Union des Villes et Communes\nbelges. Les prix n'ont pas été décernés.\nDes primes ont été accordées à MM. Albert\nCallewaert, Richard Acke et Philibert De\nCelle.\nLes lauréats du CONCOURS DE MOBI-\nLIER POUR ECOLE MENAGERE, orga-\nnisé par la Commission pour l'Embellisse-\nment de la vie rurale, sont : MM. A. Caliez\nwaerfc et V. Acke ( 16F prix ex-œquo) R.\nAcke (2e prix, Ladrière (3® prix).\nUn nouveau CONCOURS DU € DAILY\nMAIL ». L'on sait que le grand journal\nanglais organise, quasi annuellement, un\nconcours d'architecture domestique. Cette\nfois, le concours a pour objet le dessin de\n<s Idéal Labour Saving Homes », c'est-à-dire\nd'habitations où le travail domestique est fa-\ncilité à l'extrême. Problème actuel sil en\nest en ce temps de crise des domestiques!\nDes primes de 7,500, 2,500 et 1,250 fr.\nsont offertes aux vainqueurs dont les plans\nseront réalisés à une Exposition de l'habita-\ntion modèle qui aura lieu à l'Olympia de\nLondres en février 1920."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.19", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3606, "texte": "Èchos et Nouvelles\nL'EXODE 5E NOS OUVRIERS DU BA-\nTIMENT prend des proportions inquiétan-\ntes. On estime qu'à ce jour 1 5,000 d'entre\neux sont déjà partis pour la France, chiffre\nénorme si Ton se rappelle que l'émigration\nsaisonnière n'affectait guère, autrefois, cette\nindustrie. 11 importe que l'on prenne sans\nretard des mesures énergiques si l'on ne\nveut voir la reconstruction de nos régions\ndévastées fâcheusement entravée. D'aucuns\nréclament l'intervention des organes inter-\nalliés. Une mesure plus efficace serait d'en-\ntreprendre immédiatement, sur une vaste\néchelle, la constructio nd'habitations ouvriè-\nres, comme cela se fait déjà en Hollande et\nen Angleterre. Rien ne sert d'attendre, car\ntout fait prévoir quen 1920 le prix de la\nconstruction sera plus élevé qu'à présent.\nL'INDUSTRIE DU BATIMENT connaî-\ntra une ère de prospérité peu commune.\nDans plusieurs branches déjà, la demande\nest considérable. L'«Economie Financière»\ndit à ce sujet que nos briquetiers belges ont\nà fournir non seulement à la Belgique, mais\nsurtout à la France. Peu après l'armistice,\ndes intermédiaires hollandais achetaient ici\ntout ce qu'ils pouvaient trouver en fait de\nbriques, pour les revendre en France, natu-\ntellement avec un beau bénéfice. Actuelle-\nment, la France a fait directement des propo-\nsitions à nos industriels. C'est ainsi qu'une\nseule fédération de briquetiers de la Cam-\npine a une offre de fournir pendant trois ans\n100 millions de briques par an, et cela à\nde fort beaux prix. Malheureusement, cette\ndemande dépasse de beaucoup la produc-\ntion.\nOn cote actuellement : Briques du pays,\n40 fr. le mille, 50 à 55 dans l'agglomération\nbruxelloise. Pierres de bâtiment, 500 fr. le\nmètre cube, prix de base. Bordures en petit\ngranit « type Bruxelles », fr. 12.50 le mètre\ncourant. Bois de mines, fr. 82.50 le mètre\ncube. Bois de construction de Suède ou Fin-\nlande, 2 75 à 300 fr. le mètre cube. Ciment\nportland artificiel, 120, 130 et 140 fr. pour\nles trois qualités. Ciment de laitier, 65 fr.\nChaux hydraulique pour constructions, 60 fr.\nChaux grasses pour plafonneurs, 55 fr. pris\nsur wagon départ. Tuiles rouges, 375 fr. le\nmille rendu sur wagon. Tuiles vernies, 450 fr.\nle mille. Tuiles rouges de Courtrai à simple\nemboîtement, 300 fr. le mille. Plâtre, 22 fr.\nles 1 00 kil.rendus. Ardoises du Luxembourg\n« type flamand » à 150 fr. le mille rendu.\nArdoises de Fumay, 180 fr. Pavés fournis à\npied d'oeuvre, 450 à 700 fr. le mille, rendu\nsuivant provenance et dimension.\nL'HABITAT POPULAIRE EN FRANCE.\nLe gouvernement français a déposé un\nprojet de loi autorisant le ministre des Finan-\nces à mettre à la disposition des sociétés et\nassociations dont l'objet est de bâtir des\nhabitations à bon marché, une somme de\n500 millions. Cet argent leur sera avancé au*\ntaux minime de 2 p. c.\n\nExpositions\nUNE EXPOSITION INTERNATIO-\nNALE d'art décoratif moderne aura lieu à\nParis en 1922. Le ministère de l'lnstruction\npublique ayant négligé de reprendre le pro-\njet qui en avait été formé avant la guerre,\nc'est son collègue du Commerce qui a pris\nl'initiative d'une manifestation de haute im-\nportance pour l'art industriel français et ce-\nlui des nations alliées.\nLE SALON D'AUTOMNE. Malgré\nF opposition de quelques réactionnaires,\n{ Administration des beaux-arts a concédé\npour cette année-ci à la Société du Salon\nd'automne une partie du Grand-Palais. Le\nSalon, qui aura lieu du 1*r novembre au»\n! 0 décembre, promet d' être un achemine-\nment à l'Exposition internationale dont\nnous avons parlé ailleurs. L'art appliqué\nsera, dit-on, brillamment représenté."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c011", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "52", "page_fin": "52", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.7.1", "titre_corps": "Concours", "titre_sommaire": "Concours", "signature_source": "R. 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Balthazar, de Dinant. membre d'un\nordre religieux, paraît-il. échoient une\nprime de 1,250 francs pour le quai de\nMeuse et 1,000 francs pour le quai Notre-\nDame.\nLe projet de M. Ed. Martens, à Bruxeles,\nobtient une prime de 500 francs et celui de\nM. F. Dony, d'Yvoir, une prime de 1 50 fr.\nLe programme avertissait que les projets\nne seraient pas réalisés, qu ils serviraient\nplutôt de guide aux architectes chargés par\nles particuliers de l'élaboration des plans de\nleurs maisons. La propriété artistique est\nainsi mise à une épreuve qui ne plaît guère\naux architectes et la participation à un con-\ncours organisé dans ces conditions en a ete\nforcément réduite.\nLe concours avait pour but de permettre\nà l'administration communale de Dinant\nd'adopter un genre architectural.\nLa plupart des projets - les meilleurs en\ntous cas - ont préconisé Tart mosan avec\nl'emploi des matériaux frustes, pittoresque\net coloris de la contrée.\nUn des concurrents prétendait nous doter\nd'une architecture prussienne, bien que sa\ndevise formulât cette profession de foi assez\ninattendue : « Plus rien d'allemand! » et\nun autre proposait de rebâtir Dinant en\nitalo-anglo-normand avec des façades blan-\nches, uniformément blanches, et des effets\nsymétriques de lucarnes et à clochetons.\nDans un long rapport, l'auteur prend le\nparti de son projet : « Dinant a été détruit,\ndit-il, il faut le reconstruire suivant des\nmodes nouveaux, reflétant le caractère de\nnotre époque », etc... Je l'aurais parié! Et\nle caractère de cette époque est le genre\nitalo-anglo-normand! L'architecture de la\nSociété des Nations. C'est inouï comme on\nfait parfois bon marché des préférences au\npublic! Car il n'est pas un seul Dinantais\nqui ne désire retrouver le visage aimé de son\ncher Dinant et il en est de Dinant comme de\nVisé, comme de toutes les villes détruites. Le\ngoût du public a besoin de guides, c'est en-\ntendu, mais ce public est très capable de por-\nter un jugement sain sut ses guides, et Ray-\nmond Duncan continue à se promener seul\nen « peplum » au milieu de Y indulgence des\nParisiens.\nCONCOURS DE MOBILIER. Nous\navons parlé longuement, ici même, du con-\ncours de mobilier à bon marché qui a été or-\nganisé par l'Union des Villes et Communes\nbelges. Les prix n'ont pas été décernés.\nDes primes ont été accordées à MM. Albert\nCallewaert, Richard Acke et Philibert De\nCelle.\nLes lauréats du CONCOURS DE MOBI-\nLIER POUR ECOLE MENAGERE, orga-\nnisé par la Commission pour l'Embellisse-\nment de la vie rurale, sont : MM. A. Caliez\nwaerfc et V. Acke ( 16F prix ex-œquo) R.\nAcke (2e prix, Ladrière (3® prix).\nUn nouveau CONCOURS DU € DAILY\nMAIL ». L'on sait que le grand journal\nanglais organise, quasi annuellement, un\nconcours d'architecture domestique. Cette\nfois, le concours a pour objet le dessin de\n<s Idéal Labour Saving Homes », c'est-à-dire\nd'habitations où le travail domestique est fa-\ncilité à l'extrême. Problème actuel sil en\nest en ce temps de crise des domestiques!\nDes primes de 7,500, 2,500 et 1,250 fr.\nsont offertes aux vainqueurs dont les plans\nseront réalisés à une Exposition de l'habita-\ntion modèle qui aura lieu à l'Olympia de\nLondres en février 1920."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c012", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "53", "page_fin": "53", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.7.2", "titre_corps": "Èchos et Nouvelles", "titre_sommaire": "Èchos et Nouvelles", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.19", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "Èchos et Nouvelles\nL'EXODE 5E NOS OUVRIERS DU BA-\nTIMENT prend des proportions inquiétan-\ntes. On estime qu'à ce jour 1 5,000 d'entre\neux sont déjà partis pour la France, chiffre\nénorme si Ton se rappelle que l'émigration\nsaisonnière n'affectait guère, autrefois, cette\nindustrie. 11 importe que l'on prenne sans\nretard des mesures énergiques si l'on ne\nveut voir la reconstruction de nos régions\ndévastées fâcheusement entravée. D'aucuns\nréclament l'intervention des organes inter-\nalliés. Une mesure plus efficace serait d'en-\ntreprendre immédiatement, sur une vaste\néchelle, la constructio nd'habitations ouvriè-\nres, comme cela se fait déjà en Hollande et\nen Angleterre. Rien ne sert d'attendre, car\ntout fait prévoir quen 1920 le prix de la\nconstruction sera plus élevé qu'à présent.\nL'INDUSTRIE DU BATIMENT connaî-\ntra une ère de prospérité peu commune.\nDans plusieurs branches déjà, la demande\nest considérable. L'«Economie Financière»\ndit à ce sujet que nos briquetiers belges ont\nà fournir non seulement à la Belgique, mais\nsurtout à la France. Peu après l'armistice,\ndes intermédiaires hollandais achetaient ici\ntout ce qu'ils pouvaient trouver en fait de\nbriques, pour les revendre en France, natu-\ntellement avec un beau bénéfice. Actuelle-\nment, la France a fait directement des propo-\nsitions à nos industriels. C'est ainsi qu'une\nseule fédération de briquetiers de la Cam-\npine a une offre de fournir pendant trois ans\n100 millions de briques par an, et cela à\nde fort beaux prix. Malheureusement, cette\ndemande dépasse de beaucoup la produc-\ntion.\nOn cote actuellement : Briques du pays,\n40 fr. le mille, 50 à 55 dans l'agglomération\nbruxelloise. Pierres de bâtiment, 500 fr. le\nmètre cube, prix de base. Bordures en petit\ngranit « type Bruxelles », fr. 12.50 le mètre\ncourant. Bois de mines, fr. 82.50 le mètre\ncube. Bois de construction de Suède ou Fin-\nlande, 2 75 à 300 fr. le mètre cube. Ciment\nportland artificiel, 120, 130 et 140 fr. pour\nles trois qualités. Ciment de laitier, 65 fr.\nChaux hydraulique pour constructions, 60 fr.\nChaux grasses pour plafonneurs, 55 fr. pris\nsur wagon départ. Tuiles rouges, 375 fr. le\nmille rendu sur wagon. Tuiles vernies, 450 fr.\nle mille. Tuiles rouges de Courtrai à simple\nemboîtement, 300 fr. le mille. Plâtre, 22 fr.\nles 1 00 kil.rendus. Ardoises du Luxembourg\n« type flamand » à 150 fr. le mille rendu.\nArdoises de Fumay, 180 fr. Pavés fournis à\npied d'oeuvre, 450 à 700 fr. le mille, rendu\nsuivant provenance et dimension.\nL'HABITAT POPULAIRE EN FRANCE.\nLe gouvernement français a déposé un\nprojet de loi autorisant le ministre des Finan-\nces à mettre à la disposition des sociétés et\nassociations dont l'objet est de bâtir des\nhabitations à bon marché, une somme de\n500 millions. 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Le livre n'est, d'ailleurs,\npas sans mérite. Une première partie traite\nde l'aménagement des villes en général. Une\ndeuxième partie s'applique au problème de\nTermonde et s'occupe successivement des\nterrains des fortifications, de 1 Escaut et de\nPendre, des inondations.\nVu l'importance de ce livre, nous avons\ndemandé à un de nos collaborateurs de lui\nconsacrer une étude critique que nous comp-\ntons publier prochainement.\nHEROPBOUW VAN DE SCHOEN-\nMARKT, door Alf. Franken et H. Qelvaux.\nGeillustreerd. Antwerpen, 1919. Uitgave\nvan « De Sikkel ». Prix : 2 francs.\nNos lecteurs connaissent, par les reproduc-\ntions que nous en avons données, les remar-\nquables projets de MM. Franken et Delvaux\npour la reconstruction du Marché aux Sou-\nliers, à Anvers. Ils trouveront dans cette bro-\nchure, abondamment illustrée, une descrip-\ntion complète du projet.\nYPRES. Jean De Ligne. Essai sur sa\nformation et sa reconstruction. Payot et Cie.\nParis 1918. 2 francs. Petit volume de très\ngrand intérêt. Le problème d'Ypres, au sujet\nduquel on a dit si peu de choses sensées, s y\ntrouve très exactement exposé. L'auteur fait\nmontre d'un esprit très objectif en même\ntemps que de solides connaissances urbanis-\ntiques. Nous espérons pouvoir consacrer à ce\npetit volume une étude étendue.\nLa Bibliothèque de îa renaissance des cités,\n23, rue Louis-le-Grand, vient de publier en anglais\nîes conférences de Town Planing qui ont eu lieu\nà la Société française des Urbanistes.\n\nLes Revues\nBELGIQUE\nComme nos lecteurs le sa\"#enî:, le MOU-\nVEMENT COMMUNAL s'applique, sous\nFéminente direction de M. le sénateur\nVinck, de guider les administrations publi-\nques pour tout ce qui concerne la construc-\ntion et l'administration des villes.\nLe numéro double de juillet reproduit\nin-extenso les discours prononcés par MM.\nBeco, Gheude et Vinck à l'assemblée géné-\nrale de l'Union des Villes Belges et de sa\nCommission de la Reconstruction qui s'est\ntenue le 6 juillet dernier.\nParmi les autres contributions, signalons\ncelle où M. Otlet trace, avec son ampleur de\nvue habituelle, le programme d'action que\nles problèmes nouveaux à l'Union\nInternationale des Villes.\nA cinq années d'intervalle, - mois pour mois\n« De Bouwgids », d'Anvers, reprend sa publica-\ntion. L'on a plaisir à retrouver sous sa vieille cou-\nverte et dans la forme typographique ancienne\ncette sympathique revue d'architecture,que sa fidé-\nlité au passé n'empêche pas d'être vaillamment\ncombattive. Ce mémoire parle de l'Art populaire,\ndu Centenaire de Ruskin, d'Art public, etc. Des\nnotices biographiques rendent un hommage ému a\ndeux disparus : à Van Hoecke-Dessels, dont les lec-\nteurs du <£ Bouwgids de € Tekhné >et d*€ Art\ntechnique > ont souvent pu apprécier l'idéal esthé-\ntique. C'était un artiste doué en même temps qu'un\nesprit généreux qui ne sut jamais s'adapter à Tho-\nrizon borné de nos foules béotiennes.\nAlexis Van Mechelen, architecte de la ville d'An-\nvers, est l'auteur de l'Opéra Flamand de cette ville.\nCes collègues conserveront le souvenir de sa\nscience étendue et de sa proverbiale bonté.\nLes revues d art et de littérature parlent trop\nrarement de nos architectes et de leurs œuvres.\nAussi est-ce une agréable surprise que de trouver\nen première page de la revue « Le Thyrse £ (nu-\nméro d'août) un hommage mérité au maître Vic-\ntor Horta.\nCharles Conrardy qui le lui adresse termine son\narticle par quelques phrases du discours qu'Horta\nprononça en 1913 et où, parlant de l'école routi-\nnière, il dit : « ... et j'en briserai les fenêtres aussi\npour que le bruit des leçons se mêle au bruisse-\nment de la nature, pour que l'air du dehors s'y\nmêle à l'air du dedans et qu'il n'y ait plus enfin\nqu'une seule atmosphère pour régénérer le sang\ndes hommes >, Il est réconfortant de lire de telles\npensées, dont la belle énergie nous permet encore\nd'espérer que les projets du maître deviendraient\nune prochaine réalité."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.21", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 4243, "texte": "L'ART LIBRE\nLa revue « L'Art Libre » (avenue de la\nCascade, 31, Bruxelles) , professe des idées\nfort avancées en matière politique et sociale.\n11 serait déplacé d'émettre ici, à ce sujet,\nune appréciation. Mais nous ne pouvons\nmanquer d'applaudir aux tendances artisti-\nques de cet organe. Il se révèle un apprécia-\nteur aussi clairvoyant qu'enthousiaste des\nmanifestations les plus intéressantes de 1 art\nmoderniste. Relevons dans son numéro du\n1 *r août une intéressante analyse d un petit\nvolume que notre illustre compatriote,\nHenry Van de Velcle, vient de publier à\nBerne : « Die drei Siinden wider die Schon-\nheit » (La triple offense à la Beauté) n est ni\nun traité d'architecture, ni un essai sur l'art\ndécoratif. « Ce sont nous dit M. Jacques\nOlivier des notes qui cherchent à détermi -\nner les grandes directions qu'ont suivies, de-\npuis quarante ans, les principaux réforma-\nteurs - les apôtres de 1 art rénové ».\nM. Van de Velde synthétise chacune des\ntrois tendances de la renaissance sous le\nnom d'un maître, d'un réformateur, d'un\napôtre. Et il montre la conception et l'œuvre\nde Ruskin, de William Morris et de lui-\nmême. M. Jacques Olivier résume comme\nsuit cette triple :\n« Ruskin et, après lui, Morris, cherchèrent,\nen effet, à ramener l'attention de leurs con-\ntemporains sur la perfection des arts anciens,\nqu'ils imitèrent, en réaction contre l'indus-\ntrialisation des produits d'art et de machi-\nnisme souverain. Van de Velde voulut créer\nun art nouveau, dégagé de toute imitation,\net, si possible, de toute influence. I! remit la\nraison en honneur dans la genèse de l'œuvre\nd'art, tandis que ses prédécesseurs anglais\nn'avaient basé leurs tentatives que sur le sen-\ntiment. Et comme ces trois offenses qu'il dé-\nnonce dans son petit livre, la plus impor-\ntante, esthétiquement (car celle à la dignité\nde l'ouvrier les dépasse toutes au point de\nvue humain et social) est l'illogisme, la plus\nféconde des trois réactions qu'elles susci-\ntèrent, est, sans contredit, celle de cet admi-\nrable artiste.\nDans le numéro suivant de cette même\nrevue, M. Jacques Olivier nous parle des\n« Trois conférences sur le nouvel art\nplastique » (Drie voordrachten over de\nnieuwe beeldende kunst), du peintre hollan-\ndais « Théo van Doesburg ». C'est la troi-\nsième de ces conférences celle qui traite\ndu « Style de l'avenir » qui intéressera\nle plus les architectes et les urbanistes. Les\nhantises d'« unité », de solidité architectu-\nrale, sont, d'après M. van Doesburg, les pro-\ndromes de l'évolution nouvelle. L'auteur\ns'attarde « à rechercher les causes de l'in-\nsuffisance architecturale de l'Europe intel-\nlectuelle. Le manque d'esprit, d'imagination,\nde vigueur dont souffrent les bâtisseurs mo-\ndernes, conduit l'architecture à dépendre, ou\nbien des formules du passé, ou bien des\nfausses conceptions de certains mercantis\ndont les efforts sont incohérents et les volon-\ntés ahuries ».\nEt c'est ici que la hantise d'« unité »\ntrouve la meilleure application. « Cette vo-\nlonté d'unité amènera certainement les ar-\ntistes à simplifier leurs œuvres, à les alléger\nd'une infinité de détails, qui distingueront,\nsous l'épithète « archaïque » les mouvements\nde la première période de cette rénovation\net à F affirmer sur des bases moins fantai-\nsistes. Cet art, à première vue, peut doit\nparaître extraordinaire à ceux que le\nsultat acquis par les ancêtres satisfait pleine-\nment. Il marque en fait un pas en avant dans\nl'évolution de l'art fiévreux où fatalement\nnous nous débattons à cette époque de tran-\nsition ».\n«ART ET DECORATION» était depuis\nplus de vingt-cinq ans la principale revue\nfrançaise consacrée à 1 art décoratif mo-\nderne. Les précurseurs, parmi lesquels il\nfaut citer Grasset et Mague, y avaient eu\nla plus heureuse influence en répandant la\nsaine doctrine et en faisant connaître les\nbelles techniques. Interrompue au début de\nla guerre, cette publication vient de repa-\nraître à la Librairie centrale des beaux-\nats. Relevons dans le numéro de mai-juin,\nune étude de J. Greber, sur les cités-jardins\net villes ouvrières en Amérique; dans le nu-\nméro de juillet-août, une étude de Marcel\nMasrne, sur l'Architecture et les matériaux\nnouveaux. 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Le livre n'est, d'ailleurs,\npas sans mérite. Une première partie traite\nde l'aménagement des villes en général. Une\ndeuxième partie s'applique au problème de\nTermonde et s'occupe successivement des\nterrains des fortifications, de 1 Escaut et de\nPendre, des inondations.\nVu l'importance de ce livre, nous avons\ndemandé à un de nos collaborateurs de lui\nconsacrer une étude critique que nous comp-\ntons publier prochainement.\nHEROPBOUW VAN DE SCHOEN-\nMARKT, door Alf. Franken et H. Qelvaux.\nGeillustreerd. Antwerpen, 1919. Uitgave\nvan « De Sikkel ». Prix : 2 francs.\nNos lecteurs connaissent, par les reproduc-\ntions que nous en avons données, les remar-\nquables projets de MM. Franken et Delvaux\npour la reconstruction du Marché aux Sou-\nliers, à Anvers. Ils trouveront dans cette bro-\nchure, abondamment illustrée, une descrip-\ntion complète du projet.\nYPRES. Jean De Ligne. Essai sur sa\nformation et sa reconstruction. Payot et Cie.\nParis 1918. 2 francs. Petit volume de très\ngrand intérêt. Le problème d'Ypres, au sujet\nduquel on a dit si peu de choses sensées, s y\ntrouve très exactement exposé. L'auteur fait\nmontre d'un esprit très objectif en même\ntemps que de solides connaissances urbanis-\ntiques. Nous espérons pouvoir consacrer à ce\npetit volume une étude étendue.\nLa Bibliothèque de îa renaissance des cités,\n23, rue Louis-le-Grand, vient de publier en anglais\nîes conférences de Town Planing qui ont eu lieu\nà la Société française des Urbanistes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c016", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "54", "page_fin": "55", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.8.2", "titre_corps": "Les Revues", "titre_sommaire": "Les Revues", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.20", "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 4224, "texte": "Les Revues\nBELGIQUE\nComme nos lecteurs le sa\"#enî:, le MOU-\nVEMENT COMMUNAL s'applique, sous\nFéminente direction de M. le sénateur\nVinck, de guider les administrations publi-\nques pour tout ce qui concerne la construc-\ntion et l'administration des villes.\nLe numéro double de juillet reproduit\nin-extenso les discours prononcés par MM.\nBeco, Gheude et Vinck à l'assemblée géné-\nrale de l'Union des Villes Belges et de sa\nCommission de la Reconstruction qui s'est\ntenue le 6 juillet dernier.\nParmi les autres contributions, signalons\ncelle où M. Otlet trace, avec son ampleur de\nvue habituelle, le programme d'action que\nles problèmes nouveaux à l'Union\nInternationale des Villes.\nA cinq années d'intervalle, - mois pour mois\n« De Bouwgids », d'Anvers, reprend sa publica-\ntion. L'on a plaisir à retrouver sous sa vieille cou-\nverte et dans la forme typographique ancienne\ncette sympathique revue d'architecture,que sa fidé-\nlité au passé n'empêche pas d'être vaillamment\ncombattive. Ce mémoire parle de l'Art populaire,\ndu Centenaire de Ruskin, d'Art public, etc. Des\nnotices biographiques rendent un hommage ému a\ndeux disparus : à Van Hoecke-Dessels, dont les lec-\nteurs du <£ Bouwgids de € Tekhné >et d*€ Art\ntechnique > ont souvent pu apprécier l'idéal esthé-\ntique. C'était un artiste doué en même temps qu'un\nesprit généreux qui ne sut jamais s'adapter à Tho-\nrizon borné de nos foules béotiennes.\nAlexis Van Mechelen, architecte de la ville d'An-\nvers, est l'auteur de l'Opéra Flamand de cette ville.\nCes collègues conserveront le souvenir de sa\nscience étendue et de sa proverbiale bonté.\nLes revues d art et de littérature parlent trop\nrarement de nos architectes et de leurs œuvres.\nAussi est-ce une agréable surprise que de trouver\nen première page de la revue « Le Thyrse £ (nu-\nméro d'août) un hommage mérité au maître Vic-\ntor Horta.\nCharles Conrardy qui le lui adresse termine son\narticle par quelques phrases du discours qu'Horta\nprononça en 1913 et où, parlant de l'école routi-\nnière, il dit : « ... et j'en briserai les fenêtres aussi\npour que le bruit des leçons se mêle au bruisse-\nment de la nature, pour que l'air du dehors s'y\nmêle à l'air du dedans et qu'il n'y ait plus enfin\nqu'une seule atmosphère pour régénérer le sang\ndes hommes >, Il est réconfortant de lire de telles\npensées, dont la belle énergie nous permet encore\nd'espérer que les projets du maître deviendraient\nune prochaine réalité."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.21", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 4243, "texte": "L'ART LIBRE\nLa revue « L'Art Libre » (avenue de la\nCascade, 31, Bruxelles) , professe des idées\nfort avancées en matière politique et sociale.\n11 serait déplacé d'émettre ici, à ce sujet,\nune appréciation. Mais nous ne pouvons\nmanquer d'applaudir aux tendances artisti-\nques de cet organe. Il se révèle un apprécia-\nteur aussi clairvoyant qu'enthousiaste des\nmanifestations les plus intéressantes de 1 art\nmoderniste. Relevons dans son numéro du\n1 *r août une intéressante analyse d un petit\nvolume que notre illustre compatriote,\nHenry Van de Velcle, vient de publier à\nBerne : « Die drei Siinden wider die Schon-\nheit » (La triple offense à la Beauté) n est ni\nun traité d'architecture, ni un essai sur l'art\ndécoratif. « Ce sont nous dit M. Jacques\nOlivier des notes qui cherchent à détermi -\nner les grandes directions qu'ont suivies, de-\npuis quarante ans, les principaux réforma-\nteurs - les apôtres de 1 art rénové ».\nM. Van de Velde synthétise chacune des\ntrois tendances de la renaissance sous le\nnom d'un maître, d'un réformateur, d'un\napôtre. Et il montre la conception et l'œuvre\nde Ruskin, de William Morris et de lui-\nmême. M. Jacques Olivier résume comme\nsuit cette triple :\n« Ruskin et, après lui, Morris, cherchèrent,\nen effet, à ramener l'attention de leurs con-\ntemporains sur la perfection des arts anciens,\nqu'ils imitèrent, en réaction contre l'indus-\ntrialisation des produits d'art et de machi-\nnisme souverain. Van de Velde voulut créer\nun art nouveau, dégagé de toute imitation,\net, si possible, de toute influence. I! remit la\nraison en honneur dans la genèse de l'œuvre\nd'art, tandis que ses prédécesseurs anglais\nn'avaient basé leurs tentatives que sur le sen-\ntiment. Et comme ces trois offenses qu'il dé-\nnonce dans son petit livre, la plus impor-\ntante, esthétiquement (car celle à la dignité\nde l'ouvrier les dépasse toutes au point de\nvue humain et social) est l'illogisme, la plus\nféconde des trois réactions qu'elles susci-\ntèrent, est, sans contredit, celle de cet admi-\nrable artiste.\nDans le numéro suivant de cette même\nrevue, M. Jacques Olivier nous parle des\n« Trois conférences sur le nouvel art\nplastique » (Drie voordrachten over de\nnieuwe beeldende kunst), du peintre hollan-\ndais « Théo van Doesburg ». C'est la troi-\nsième de ces conférences celle qui traite\ndu « Style de l'avenir » qui intéressera\nle plus les architectes et les urbanistes. Les\nhantises d'« unité », de solidité architectu-\nrale, sont, d'après M. van Doesburg, les pro-\ndromes de l'évolution nouvelle. L'auteur\ns'attarde « à rechercher les causes de l'in-\nsuffisance architecturale de l'Europe intel-\nlectuelle. Le manque d'esprit, d'imagination,\nde vigueur dont souffrent les bâtisseurs mo-\ndernes, conduit l'architecture à dépendre, ou\nbien des formules du passé, ou bien des\nfausses conceptions de certains mercantis\ndont les efforts sont incohérents et les volon-\ntés ahuries ».\nEt c'est ici que la hantise d'« unité »\ntrouve la meilleure application. « Cette vo-\nlonté d'unité amènera certainement les ar-\ntistes à simplifier leurs œuvres, à les alléger\nd'une infinité de détails, qui distingueront,\nsous l'épithète « archaïque » les mouvements\nde la première période de cette rénovation\net à F affirmer sur des bases moins fantai-\nsistes. Cet art, à première vue, peut doit\nparaître extraordinaire à ceux que le\nsultat acquis par les ancêtres satisfait pleine-\nment. Il marque en fait un pas en avant dans\nl'évolution de l'art fiévreux où fatalement\nnous nous débattons à cette époque de tran-\nsition ».\n«ART ET DECORATION» était depuis\nplus de vingt-cinq ans la principale revue\nfrançaise consacrée à 1 art décoratif mo-\nderne. Les précurseurs, parmi lesquels il\nfaut citer Grasset et Mague, y avaient eu\nla plus heureuse influence en répandant la\nsaine doctrine et en faisant connaître les\nbelles techniques. Interrompue au début de\nla guerre, cette publication vient de repa-\nraître à la Librairie centrale des beaux-\nats. Relevons dans le numéro de mai-juin,\nune étude de J. Greber, sur les cités-jardins\net villes ouvrières en Amérique; dans le nu-\nméro de juillet-août, une étude de Marcel\nMasrne, sur l'Architecture et les matériaux\nnouveaux. Prix de la livraison : fr. 4.50."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1919-09-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaac_1919-09_01#c017", "volume": "bmtnaac_1919-09_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "56", "page_fin": "56", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.2.9", "titre_corps": "Le Dessins et relevés photographiques", "titre_sommaire": "Le Dessins et relevés photographiques", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.22", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4143, "texte": "CONCOURS\nLe Concours de “La Cité„\nDessins et relevés photographiques\nEn parcourant la Flandre, un de nos colla-\nborateurs a été peiné de voir que la plupart\ndes petits monuments votifs qui jalonnaient\nautrefois les routes de ce pays si profondé-\nment mystique avaient disparu ou étaient en\nruines. La piété des gens du pays les relèvera\npeut-être. Mais quelles horreurs substituera-\nt-on, de la sorte, à ces monuments, très mo-\ndestes sans doute, mais d'une poésie si in-\ntense? Ce sera une perte sensible pour le\nfolklore et Fart régional.\nNotre collaborateur voudrait fixer le sou-\nvenir de ces petites constructions et attiirer\n! attention des foules distraites par des oeu-\nvres plus vastes sur leur harmonie et leur\nmérite architectural.\nIl nous demande de le documenter en fai-\nsant appel à tous ceux qui posséderaient des\nphotographies ou pourraient faire des relevés\nde petites chapelles encore existantes et qui\nprésentent un réel intérêt artistique. Nous\navons cru ne pouvoir mieux faire que d'ou-\nvrir dans ce but un concours entre nos lec-\nteurs.\nCONDITIONS GENERALES\nL Le concours est accessible à tous les lecteurs\n«Je < La Cité >. Il comporte deux catégories.\n2. Les envois seront anonymes. Ils porteront une\ndevise ou marque distinctive reproduite sur une\nenveloppe cachetée, jointe à l'envoi et renfermant :\na) Les noms et adresse du concurrent;\nb) Deux bons de concours à détacher de la\nRevue <S La Cité >.\n3. Les envois seront adressés à T-S Administra-\ntion de la Revue « La Cité >, 10, place Loix, Saint-\nGilles (Bruxelles).\n4. Les documents non primés pourront être reti-\nres au bureau du journal aux jours et heures qui\nseront indiqués dans <s La Cité >. Ils seront ren-\nvoyés à ceux qui en feront la demande par écrit —»\nen indiquant leur adresse et en joignant la somme\nnécessaire à 1 envoi —— dans le mois suivant la pu-\nblication des résultats du concours. Passé ce délai,\nf Administration de la Revue décline toute respon-\nsabilité au sujet des documents envoyés.\n5. Par le fait de la remise de son projet, tout\nconcurrent déclare :\na) Que le projet constitue une «euvre origi-\nnale dont il est l'auteur;\nb) Qu'il se soumet à toutes les conditions <3ù\nprogramme et aux décisions du jury.\n6. Le jury se réserve le droit de ne pas accorder\nies primes ou de modifier leur importance, si les\nconditions du concours n'avaient pas été observées,\nou s'il estimait que les envois ne présentent pas\nun intérêt suffisant.\n7. Lès projets primés deviennent îa propriété\npleine et entière du propriétaire de € La Cité ».\n8. 11 sera répondu dans € La Cité » à toute de-\nmande d'explication, au sujet du présent concours.\nCONDITIONS SPECIALES\n1. Les envois devront être remis avant le 15 dé-\ncembre 1919.\n2. Les primes à décerner sont d'un import 4e\n300 francs :\nSoit pour la catégorie A (photographies) :\net pour la catégorie B (dessins) :\nUne première prime de 75 francs;\nUne deuxième prime de 50 francs,\nUne troisième prime de 25 francs.\n3. Le jury chargé du classement sera composé\nde MM. F. Bodson, R. Moenaert, L. van der Swaeî-\nmen, Raph. Verwilghen.\n4. L'Administration de € La Cité » se réserve le\ndroit d'acquérir la propriété de tout envoi, nom\nprimé, moyennant une indemnité de 15 francs.\nPROGRAMME\nLes documents demandés doivent figurer un mo-\nnument votif tel que petite chapelle, calvaire,\ncroix, etc., situé ou ayant existé en Belgique et\nprésentant un intérêt artistique. Une note adjointe\ndevra indiquer l'emplacement précis du petit mo-\nnument figuré.\nCatégorie A. Photographie. - L'épreuve en-\nvoyée doit être obtenue par contact direct. Elle\nsera envoyée, à plat, non montée ou collée sur un\ncarton ne dépassant pas de plus de 3 centimètres\nles bords de la photographie.\nCatégorie B. - Relevé graphique. —Ce relevé\npourra consister en dessin perspectif ou géométraf\nou en tout autre document graphique, au choix du\nconcurrent.\nTous les dessins seront faits à l'encre de Chine,\nsans teintes plates ni lavées, et se prêter à îa re-\nproduction au trait.\nCes dessins ne pourront pas dépasser le format\nd'une feuille demi grand aigle. 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Tumer, homme de lettres (Bruxelles); Raph. Verwilrfhoa, Ingénieur\nUrbaniste (Bruxelles). Secrétaire de la Réd\nLes Rédacteurs et collaborateurs mnt seuls responsables ds leurs articles. —< il sera tméu\ncompte dans « La Cité » de tout «image dost deai exemplaires verset envoyés À la Revae.\nPour la rédaction, l'administration et les demandes d'abonnement, s'adresser au Siège de\nla Revue : 10» Place Loix, St-Gillea-Bruxelles.\n? v\nFour la vente au numéro, s'adresser exclusivement aux libraires. Dépôt principal s Librairie\nLamertin, 58-62, Coudenberg, Bruxelles.\nABONNEMENT rlO fr.; Etranger, 12 francs; le numéro, Ua franc.\n\nLoué par\nV-. <- •\nFAISONS\n- -\n■\nu\n.\n.\n-\nM\nm\nt.\nil\n■■ : '..\n«s>• •V-- ''\nV\n'•f-C\n-\n.\nie\nVISÉ\n®\nDÉMONTABLES"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.3", "texte": "REVUE MENSUELLE BELGE\nLA CITÉ\nURBANISME m ARCHITECTURE ■ ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES RÉGIONS DÉVASTÉES\ns !\nlrc ANNÉE SC« numéro renferme 2 planchai hors texte \" NUMERO 3\n* a\n: :\nLA CITE\nSEPTÈMBRE 1919\n\nS. U. B.\nMANIFESTE\nde la Société des Urbanistes belges\n»\nL'évolution sociale qui caractérise une époque ne réalise le complet\népanouissement de ses possibilités que lorsqu'elle en est arrivée à créer\nautomatiquement une harmonie sensible dans le milieu où cette évolution\nse développe.\nCe sont les vestiges visibles d'une telle harmonie, réalisée à toutes\nles belles époques de l'histoire, que nous admirons encore aujourd'hui.\nKt si nous pleurons nos morts, si nous déplorons nos pertes matérielles,\nnous regrettons amèrement aussi les mutilations infligées au « beau »\nvisage de la patrie. Nous ne souhaitons pas seulement d'être indemnisés\nde nos pertes et de retrouver un état social stable, nous voulons aussi\nvoir restaurer ce « beau visage » meurtri.\nSi l'accord est unanime sur cette volonté de retrouver nos biens et\nnotre tranquillité, il n'est pas moins unanime sur celle de voir réparer les\noutrages commis sur les choses dont l'aspect nous était cher et cette\nvolonté se traduit chez certains de la manière la plus spontanément sen-\ntimentale et simpliste par le désir de refaire « pour l'œil » ce qui existait\nauparavant, quitte à y apporter quelques accommodements pour le pra-\ntique, l'utile et le sain.\nD'autres qui veulent tout autant que les premiers cette résurrection"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.4", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nphysionomique du pays, voient plus clair et plus juste ; ils la compren*\nnent dans le sens évolutionniste de la Vie universelle et songent aux\nmoyens vrais de réaliser cette fin, car il savent quelle affreuse déception\nquelle pénible diminution aux yeux de l'univers attentif, guettent le pays\ntout entier s'il allait se contenter de se couvrir le visage d'un masque.\nC'est le rôle de spécialistes, capables d'idées générales, instruits de\nbeaucoup de sciences et de techniques et doués de beaucoup de goût,\nd'intelligence, de bons sens et de sens pratique, que de disposer à nou*\nveau ce théâtre de la vie sociale, que sont les cités et les régions, d'une\nmanière qui soit avant tout adéquate aux rôles à jouer dans la vie écono»\nmique et sociale, mais aussi de manière à ce que soit renouvelé le visage\naimé des choses au milieu desquelles cette vie s'exerce. C'est à eux, à\nces spécialistes de dire et de faire appliquer les moyens vrais de réparer\nles outrages subis.\nCes spécialistes d'un nouveau genre il n'est nouveau qu'en tant\nque juxtaposition particulière de compétences et par la préparation spéciale\nqu'il nécessite ces spécialistes sont nommés actuellement Urbanistes.\nConsidérant que le terme d'aboutissement de l'Urbanisme est un\nplan régulateur, générateur du « paysage urbain > <« Stadsbeeld »> et\nexpression graphique d'une synthèse organique d'éléments fonctionnels\ndont l'étude fait l'objet de la science urbanistique ,-\nque l'Urbanisme contemporain se fonde essentiellement sur la\ndes Cités et repose sur trois principes fondamentaux :\n1) la recherche de l'optimum de perfection technique en toutes\nchoses/\n2> l'adaptation du type d'agrégation civique aux caractéristiques\nphysionomiques du site et de la région ,■\n3) le caractère esthétique actuel (moderne) de tous les dispositifs et\nconstructions,\nque dans l'état actuel des connaissances et des techniques trois espèces\nde professionnels peuvent être à même de réunir les conditions nécessaires\npour réaliser ce terme d'aboutissement, à savoir : l'architecte, l'ingénieur,\nl'architectopaysagiste\n- I'ARCHITECTE, pourvu qu'il acquière avec les connaissances gén\nraies et complémentaires propres àla science urbanistique la pratique de\nmanier les vastes espaces et l'habitude de considérer l'architecture dans"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.5", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE\n\nle milieu ambiant, c'est>à=dire dans l'espace concret et dans ses relations\navec ce qui l'entoure / /\ni'INGENIEUR , de préférence s'il est ingénieur-architecte, au sens que\ndonnent à ce mot diverses Universités techniques de l'étranger, et qu'il\nréunisse au surplus les conditions formulées ci=dessus pour l'architecte,-\n- I'ARCHITECTESAySAGISTE, au sens que donnent à ce terme\n(Landscape Architect) les Universités Américaines, pourvu qu'il pos=\nsède de larges connaissances complémentaires d'architecture et celles\npropres à la science urbanistique (sans lesquelles l'architecte=payagiste\nne fait que du jardinage), parce qu'habitué à manier et à organiser les\ngrands espaces il est particulièrement apte à situer le plan de la Cité\ndans le paysage, à pénétrer le caractère du site et à démêler les intimes\ncorrespondances entre la nature, les êtres et les choses, à découvrir les\ngrands rythmes générateurs qui doivent organiser ces relations, rythmes\nqui ont imprégné les cités dès l'origine, qui sont le substratum générateur\ndu « Stadsbeeld » et qui sont l'accord esthétique en lequel doit se résou*\ndre le complexe organique et fonctionnel de la cité ,-\nles Urbanistes de Belgique ont décide de se grouper en une associa-\ntion qui a pris le nom de\nSOCIÉTÉ DES URBANISTES BELGES\nLa S. U. B. sera à la fois un cercle d'études et un groupement\nmilitant.\nPourront y avoir accès à titre de les architectes,\nles ingénieurs, les architectes-paysagistes, qui déclareront adopter la\nprofession de foi moderniste et les principes généraux cr=dessus formulés,\nqui auront été admis au ballotage de leurs pairs et qui auront fait preuve\nde leurs capacités urbanistiques :\nsoit que leurs travaux aient été primés, retenus ou acquis à l'un\ndes grands concours internationaux d'urbanisation :\nsoit qu'ils aient exécuté des travaux d'urbanisation caractérisés ou\nqu'ils soient auteurs de projets d'urbanisation remarquables\nsoit qu'ils aient proposé des solutions excellentes au problème de\nl'Habitation,-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.6", "texte": "LA' CITÉ-\nSEPTEMBRE 1919\n\nsoit qu'ils aient présenté au jugement de leurs pairs une thèse\nconsidérable, ou l'équivalent de celle-ci <*>, qui révèle la possession de\nconnaissances urbanistiques étendues et d'idées générales sur la matière.\nPourront faire partie de la Société en tant que Membre associé\ntous les techniciens, artistes, savants et penseurs, qui s'intéressent, à un\ntitre quelconque, aux problèmes urbanistiques. Ils pourront en tous temps\naccéder à la qualité de membre effecti dès qu'ils fourniront la preuve\nqu'ils réunissent les conditions exigées de ceux-ci.\nLe titre de Membre d'honneur de la Société pourra être offert à des\nspécialistes, techniciens, artistes, savants et penseurs éminents.\nLa Société pourra désigner des étrangers\nLa S. U. B. sera administrée par un Conseil technique composé de\n5 membres au moins, mais dont les 4/5 seront toujours choisis parmi les\neffectifs.\nLes charges d'adjoints au Secrétariat et la Trésorerie seront des\nfonctions non délibératives au Conseil.\nLa première Assemblée générale, sera appelée à ratifier ou amender\nles Statuts qui lui seront proposés par le Secrétariat provisoire de la\nS. U. B.\nLe programme général annuel d'action de la S. U. B. sera discuté\nen Assemblée générale.\nLes Membres associés et (es Membres d'Honneur auront voix\nconsultative au Conseil.\nF. BODSON, Architecte-Bruxelles,-H; DE BRUyNE,\nArchitecté-Bruxelles,- F. DE RIDDER, Architecte-\nAnvers,- J. DE LIGNE, Architecte-Bruxelles,- HUIB.\nHOSTE, Bruges,- C. THIRION, Archi-\ntecte-Verviers,- CH. PATRIS, Architecte=Bruxelles\net Paris,- VAN AVERBEKE, Architecte-Anvers,- VAN\nDER SWAELMEN, Architecte»paysagiste=Bruxelles,-\nO. VAN DE VOORDE, Architecte-Gand,- RAPH.\nVERWILGHEN, Ingénieur=Bruxelles.\n(1) Ouvrages, conférences, études, etc."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.7", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nA la mémoire de GABRIEL CHARLE\nArchitecte\nF. B.\nAu moment de parler de l'ami, de l'artiste que nous avons perdu, j'ai voulu\nrendre visite à quelques-unes des oeuvres qu'il a parsemées dans Bruxelles.\nGabriel Charle n'est plus, mais son œuvre reste. L'âme douce et\nfine de l'artiste qu'étayait une haute conscience, vit dans ses oeuvres.\nEt si elles nous sont infiniment chères, à nous qui furent ses amis, elles rester\nront pour tous, ce qu'elles furent dès le jour de leur éclosion : un réconfort contre\ntoute la laideur envahissante et un enseignement précieux.\nCertes, Gabriel Charle ne nous laisse peut-être pas d'oeuvres importantes ,♦\nmais il nous lègue davantage : un grand enseignement est inscrit dans toutes les\npetites demeures qu'il édifia et qui, où qu'elles soient, sont une joie pour les yeux\net pour l'esprit.\nCharle, dernier d'une lignée de profonds artistes son fils qui allait le\nnuer, est mort au sous les premières balles de l'envahisseur —,\navait ce sentiment de l'harmonie couleur, volume, rythme —si rare à notre\népoque, il fut moderniste par instinct et par conscience. Peu de fois il consentit à\ndes redites d'art ancien et toujours il en souffrit.\nIl ne s'essaya pas au rôle d'urbaniste, hasard ou modestie, qui sait! mais l'art\ncivique sait ce qu'il lui doit.\nJ'en prends à témoin cette petite demeure qu'il édifia près de la Cambre,\ndans cette avenue où Hancart construisit un simple mur qui lui aussi est un\npoème et un enseignement.\nPetite façade sur laquelle court un ampélopsis qui va bientôt s'effeuiller, que\nne pas dans l'harmonie de tes proportions, petite façade moderne si humaine,\net si vivante !\n1 U rééditas dans cette avenue, cher ami trop tôt disparu, une de ces mêmes\nvisions délicieuses, dont l'instinct des grands artistes de la renaissance parsema\nnos cités et par cela même tu t'apparentas à eux, tu les continuas.\nEt au moment où tant de beautés urbaines se sont écroulées, on pouvait\ncompter sur toi pour en faire rejaillir sur le sol du pays, d'aussi belles mais plus\nneuves, mais tu t'en es a11é...\nNous conserverons ta mémoire, Elle restera en nous, infiniment chère."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.8", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nLa renaissance\ndes arts décoratifs français\n\nLa crise que nous traversons est remarquable par la vague de matérialisme\nqu elle entraîne. C'est une humanité en proie à un désir effréné de jouissances\nqui s'apprête à reconstruire ce que la guerre a détruit. Que sera cette recon-\nstruction? Nul, sans doute, ne pourrait 1 entrevoir ni apprécier l'influence que\nl'art exercera sur elle. Et cet art, se contentera-t-il de camoufler bénévolement\nun utilitarisme circonstancié, ou bien saura-t-il opposer la Pensée à la Matière\npour lutter contre la recrudescence de bestialité qu'a provoquée la guerre?\nCertes, l'art reflet de l'époque évolue suivant le courant des idées\net des besoins. Mais l'expression en est réservée à une élite moralement res-\nponsable des sentiments de la masse. C'est dans la rue surtout que l'art devient\npublic, celui qui enseigne, celui qui parle au peuple. Si c'est le climat et la\nnature du sol qui déterminent le caractère d'une nation, on peut assigner à\nl'art public une part de collaboration artificielle si l'on peut dire à la\ncréation dé cette atmosphère, à l'établissement de cette ambiance; et l'on est\nautorisé à charger ceux qui en sont les promoteurs, non seulement d'interpréter\nla race, d'en faire palpiter l'âme dans les monuments et les rues de la cité,\nmais encore de guider, d'élever cette âme vers plus de sérénité et de noblesse.\nL'art public, peut et doit, en effet, avoir des vertus enseignantes, il faut que\nla « ligne » se mette au service des moralistes pour populariser la pensée con-\ntemporaine. L'évocation d'un passé historique plein d'honneur est infiniment\nrespectable. Mais nous sommes encombrés de pastiches, le rappel constant\ndu Grand Siècle est devenu stérile, et trop de « grands hommes » statufiés\nentravent la circulation. Déblayons le terrain de ce fatras, soyons nous-mêmes\net de notre temps.\nLes artistes décorateurs français nous donnent, à cet égard, un salutaire\nexemple. La guerre leur a ouvert les yeux sur le danger que constituait pour\nla France le déclin de ses arts industriels qui ne se nourrissaient plus que de\nla copie servile du passé. Ils ont reconnu la nécessité, dans leur pays affaibli\nqui veut renaître, d'un art conforme aux aspirations de notre temps. Ils ont\ncompris que, pour vaincre dans la lutte économique, il leur fallait se tourner\nvers les sources rhêmes du génie de leur race et y puiser de nouveaux éléments-\nNi la Renaissance, ni le siècle de Louis XIV ne constituent l'étape définitive\ndes arts plastiques. Ils sont la manifestation ou l'aboutissement grandiose\nd'une civilisation, voilà tout. Ils ne répondent plus à la société du XXe siècle.\nAussi, l'art industriel français veut-il s'en dégager, se régénérer et devenir\nrésolument moderniste. On trouve l'expression éloquente de cette résolution\ndans le discours prononcé récemment par M. Prouvé à la séance de clôture"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.9", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE j 919\n\nde la deuxième session normale des Comités techniques des arts appliqués,\nqui s*est tenue à Paris. Prononcées dans le milieu très officiel de l'Ecole des\nBeaux-Arts, ces paroles acquièrent une si grande signification, elles font naître\nici du « Petit Messager des Artistes », où elle a été publiée, quelques passages\nde la conférence de M. Prouvé.\n• » • • • • » 9 * . . • .\n«L'art appliqué (ainsi distingue-t-on aujourd'hui par ce terme les arts de\n-■ habitation et du mobilier des autres productions artistiques) a été, nous\nle savons tous, pour tous les peuples, depuis les temps les plus reculés, la\nforme d'expression la plus intensivement révélatrice de la pensée, des\ncroyances, des aspirationset des mœurs. Il n'est pas, en effet, de plus simple\nligne architecturale ni de moindre objet qui ne contienne en sa forme et son\ndécor cette émouvante empreinte des tourments de l'homme, de l'homme\npensant en mal de création, emporté par l'irrésistible besoin d'avouer sa foi,\nson adoration et sa tendresse; et en notre beau pays, nos cathédrales, nos\npalais, nos maisons, nos chaumières et nos musées, offrent à notre examen\net à notre admiration des milliers d'exemples qui en sont le témoignage le\nplus affirmatif, et cela à la plus grande gloire du génie français fait de clarté,\nde sincérité, de bon sens et de haute probité... A ces époques de pure inspi-\nration, la France tenait en mains la clef d'or du domaine dans lequel s'épa-\nnouissent les merveilleuses floraisons de nos incomparables styles; le monde\nentier en fut subjugué, car il n'est pas de peuple civilisé qui n'en ait été\ninfluencé.\n» Un jour vint, cependant, où, après s'être exprimé avec une si ardente\nferveur et une touchante expansion de sentiment de vérité, certaines causes\nvinrent en troubler la pureté. Les mouvements sociaux, les régimes gouverne-\nmentaux, les voyages, les conquêtes, les découvertes, les relations internatio-\nnales, la science grandissante, ayant transformé le cours des idées et des\nmœurs ainsi que les modes de travail, il se fit que l'inspiration artistique, tou-\njours adéquate au milieu social, se déforma. La pompe ou la courtisanerie des\ncours, voulut que ceux-làque l'on voulait glorifier ou flatter fussent comparés\naux héros ou aux hommes illustres de l'antiquité; ceux de la Grèce, de Rome\net d'autres contrées, furent évoqués. On se plut à regarder en arrière, à imi-\nter : l'inspiration saine et franche s'éteignit.\n» Toutefois, pendant un certain temps encore, ce qu'il y avait en nous\nd inviduel et d élan acquis fit qu'en adaptant ces éléments on les tranforma\nau point que ce fut encore de la création; mais s'inspirer des autres en s'ap-\npropriant ce qui en constitue le typique, ne va pas sans faire perdre toute\npersonnalité; ce fut ce qui, de degré en degré, arriva immanquablement et\nl'on descendit la pente au bout de laquelle était, non pas la vallée fleurie et\nenchanteresse, source d'émerveillement et d'inspiration, mais le sombre\ngouffre.\n» Pendant plus d'un siècle, sans aucune vergogne, on copia avec servilité,"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.10", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nrééditant d'année en année les époques passées. Le pire est que dans la\nfamille artistique cela fut trouvé naturel, la formule académique ayant faussé\ntoute saine conception. L'art appliqué fut ravalé à un rang inférieur,, on le\nméprisa même. C'est alors que l'industrie, forte de ses moyens de production\net de propagation, grande accapareuse de tout ce qui est à la portée, de son\nsens d exploitation, eut beau jeu; rien ne la retenant, et agissant en vertu de\nson âpre mercantilisme, elle pilla en tout aisance.\n» Les vautours du plagiat s'abattirent sur nos musées, nos collections, nos\nmonuments, et l'on vit nos styles si beaux, si purs, si respectables, mis en\ncoupe réglée et violés sans merci; on les dépeça, on les tortura, on les sin-\ngea, pour le béat et niais usage de foules ignorantes et inaverties; on leur\nservit à foison du Gothique, de la Renaissance, des François, des Henri et\ndes Louis de tous numéros et de tous calibres, à quoi, par surcroît, s'ajouta\nl'Empire, que sais-je encore! Toutes les classes sociales purent s'en donner à\ncœur joie... Les humbles mêmes furent servis à souhait, car ne leur offrit-on\npas des demi-styles, le demi-Louis XIV et le demi-Louis XVI, trouvaille\ndéconcertante de ces sinistres laboratoires...\n» Ceci serait risible, tant c'est grotesque, si cela ne révélait tant d'in-\nconsciente turpitude. Je dis « inconsciente », parce que c'était devenu chez\nceux-là, d'imagination baroque, une conception des plus naturelle... Des\nmodes se lançaient au petit bonheur du caprice et des nécessités de la fabri-\ncation, car ne fallait-il pas brasser des affaires? Parallèlement se développait\nle goût de l'antiquaille, le vieux-neuf florissait et alimentait de nombreux\nateliers. L'art appliqué devenait un trucage de bricoleur. La déchéance était\ncomplète, et, à parler franc ici, n'était-ce pas une honte nationale? La France\navait perdu le plus beau fleuron de sa couronne!\n» Le mal était si profond, la perversité si grande, l'aveuglement si absolu,\nque cette fabrication fit loi, et qu'à cette heure encore l'on n'ose le croire\non rencontre des hommes sérieux qui ont le triste courage de prendre sa\ndéfense, et cela, oh! ironie! au nom de la « tradition ».\n» Et nous savons, pour nous qui nous comprenons, quelle signification\nnous donnons à ce mot « tradition », qui en France veut dire : vitalité,\nlumière, création!\n» Les années passèrent. Mais certains veillaient, attentifs à tout ce qui pou-\nvait provoquer un réveil. Le choc des idées, le sens de l'évolution et de\nl'émancipation, et il faut bien le dire aussi, le simple bon sens, firent qu'à\nl'aube de ce siècle de vaillants artistes rallumèrent le flambeau, précédés en\ncela par un admirable inspiré né provincial... là-bas dans un coin de l'Est,\net qui eut le courage de rester provincial. Celui-là ne relevait d'aucune école\nni d'aucun clan; cerveau libre, adorateur passionné de la nature, dont l'in-\nspiration se révèle dans toute son œuvre, il créa, simplement, sans forfan-\nterie; amoureux de la matière, il la fit palpitante de son cœur, et quoique"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.11", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE j 919\n\nl'on puisse penser des fluctuations de son génie, fait d'érudition et de poésie,\nil fut le grand précurseur.\n» Il fut aussi un provocateur. Sachant que l'association est une force, il\nsut grouper autour de lui quelques indépendants déterminés, qui, à son exem-\nple, avaient rompu avec la routine et étaient décidés d'agir en communauté\nd esprit et d'action. C'est en cela qu'il fit école, mieux encore, une école pro-\nvinciale.\n» L'Ecole de Nancy, qu'on le sache bien, n'était pas une association d'es-\nprit étroitement doctrinal. Son champ était libre; ses principes se résumaient\nen celui-ci : « Le respect des conceptions de chacun pour le plus grand bien\nde tous. » Aucun dogmatisme; mais il se trouva que le milieu restreint rendit\nles rapports plus intimes, l'esprit plus déterminé; en vertu du sentiment com-\nmun de solidarité, son actionimprima une pesée qui marqua sa place. Son\ninfluence, dans son propre cercle, s'exerça sur le développement des capa-\ncités artisanes et industrielles, qu'elle intéressa à son idéal et à sa cause, en\nles faisant se poindre et s'entr'aider. Les résultats furent des plus heureux et\nconcluants. C'est alors que son titre d'Ecole fut justifié.\n» On doit cela à Emile Gallé. A son exemple, la province s'aperçut qu'elle\npouvait bouger. Elle bougea. C'est ce qu'il avait voulu.\n» Plus tard se fonda à Besançon « l'Union provinciale des arts décoratifs »,\nqui eut aussi son action, en s'efforçant, par des congrès annuels, de répandre\nla bonne parole et d'étudier la possibilité d'un réveil général. A cet égard,\nsouvenons-nous du peintre Chudant et du sénateur Couyba, qui en furent les\nfondateurs.\n» A Paris, une belle pléïade d'artisteset d'artisans portent haut et ferme\nl'étendard de l'émancipation. Dressés fièrement contre la citadelle du came-\nlotage, hardis et obstinés, allant droit vers la lumière et le progrès, ils réin-\nstaurent noblement le bon renom français! En dépit d'une lutte opiniâtre et\ndes manifestations significatives, leur influence n'a pas encore toute l'étendue\ndésirable, car ils ont à lutter contre les retardataires et les rétrogrades, qui\nsont aussi des obstinés. Mais patience, il ne s'agit pour eux que de s'organiser.\n• ♦••••• •••••••\n» Nous ne pouvons passer sous silence certaines tentatives des plus inté-\nressantes, basées sur une nouvelle conception (suggérée d'ailleurs par une\nmise en œuvre d'origine provinciale, du coin de l'Est auquel j'ai déjà fait\nallusion), qui peuvent avoir une grande répercussion dans toute l'étendue\nde la production. Il s'agit de certains grands magasins parisiens dans l'orga-\nnisme desquels, sous une impulsion des plus louables, est établi un office\nde création de modèles d'objets mobiliers, propres à leur vente; des artisans\ny sont appelés, et nul doute que l'industrie n'y soit sollicitée l'idée fait\nson chemin, d'autres vont suivre. Ceux qui dirigent ces milieux de création,\nsont des artistes ou des esthéticiens estimés, bien de leur temps et bien dési-\ngnés pour une telle entreprise. La chose se développant, comme on doit s'y"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.12", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nattendre, il est facile de prévoir quelle impulsion cela pourrait provoquer dans\ntout le domaine artistique et industriel; il devra en résulter une grande variété\ndans la création, un mouvement constant dans la production et une activité\ncommerciale qui peut devenir considérable.\n» N'est-ce pas une des meilleures façons de combattre la pénétration alle-\nmande tant redoutée? On voit donc que quelque chose de bien défini tend à\nse réaliser dans un sens de renouveau et de franchise bien française, et cela\nfait aussi apparaître combien seraient profitables des entretiens communs.\n» Une des raisons de la puissance de travail et de la production allemande,\nnous le savons, résidait dans le principe d'association. Unité d'esprit, unité de\nconception, unité de production, discipline, tel était le mot d'ordre, et cela\nvoulait dire : « Organisation ».\n» Créons donc de nouvelles méthodes à notre tour, pas à l'allemande,\ncertes, cela nous irait mal et serait choquant pour notre dignité nationale,\nmais organisons-nous...\n• • • « • • • • • • » * » • »\n» D'aucuns disent : vous vous illusionnez, vous voudriez voir les arts recou-\nvrer leur magnificence passée, et rayonner ainsi d'une nouvelle splendeur.\nNotre époque positive où la science va de plus en plus prendre la place pré-\npondérante, n'offrira plus les éléments d'inspiration, et ils ajoutent : impos-\nsible! Ne nous laissons pas influencer par les inconscients au cerveau deséché,\nque ne tourmente aucun idéal...\n» La beauté n'est pas morte, elle ne peut mourir. Si on a quelque peu\ndéfailli à sa dignité, ressaisissons-nous. La vie nouvelle nous dictera les gestes\net les actes qui conviennent au culte qu'on lui doit; elle est une nécessité\nsociale des plus impérieuses!\nAprès l'horrible bouleversement, qui creuse entre le passé et l'avenir un\ninsondable précipice, nous imaginons-nous qu'il n'y aura qu'à reprendre l'outil\ndélaissé pour l'arme, et que nous n'aurons qu'à continuer comme avant, avec\nle seul respect d'avoir perdu des parents, des amis, nos fils, ou d'avoir été\nsimplement troublés dans notre quiétude? Ce serait bien mal préjuger de la\nvaleur, de l'énergie et de la haute conscience des hommes, de ceux dont le\ndroit s'éclaire de la vision magnifique que leur fait concevoir, meilleur et plus\nbeau, le nouvel avenir.\n» D'autres encore disent: « La démocratie n'offre pas le terrain favorable\naux manifestations de l'art ». Rien n'est plus fauxî La vie démocratique n'im-\nplique pas forcément que l'homme ne pourra plus manifester ses sentiments\net ses besoins de beauté!\n» Lentement, au contraire, s'accomplit un effort pour que l'expression d'art\nparoles? Comprendrons-nous enfin qu'« admirer » la France ce n'est pas\nsion, si tant est qu'il en ait une, est d'œuvrer pour la plus grande et bienfai-\nsante communion universelle... »\n• , . . ,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.13", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nN'y a-t-il pas, pour nous autres, Belges, une leçon qui se dégage de ces\nparoles? Comprendrons-nous enfin qu« admirer » la France ce n est pas\n« copier » la France; et que notre émerveillement, en présence des manifes-\ntations de sa vitalité, doit nous inciter à renouveler, nous aussi, notre génie\nnational et à nous efforcer d'être les dignes et féconds descendants de ces\nglorieux artistes qui trouvèrent dans la cathédrale française les éléments d un\nart aussi autochtone que celui de nos grands primitifs et qui, plus tard, avec\nRubens, rapportèrent d'ltalie la source de la plus spontanée et de plus mer-\nveilleuse des Renaissances nationales que le monde ait jamais connues?\n\nC. T.\n\nLe Concours d'Anvers\nNOTRE PLANCHE HORS TEXTE\nParlant des plans dressés par M. l'architecte Smolderen pour l'aménage-\nment du centre de la ville d'Anvers, notre collaborateur M. André De Ridder,\ndisait, dans notre précédent numéro : « Projet irréalisable mais merveilleux,\nvu comme en un rêve fastueux, en une téméraire vision d'avenir : l'aspect\nd'un Anvers cosmopolite et mondial, surgi d'une imagination somptueuse et\nardente, qui ne recule devant aucun sacrifice et qui se hasarde à remanier et\nà reconstruire, d'après des conceptions idéalistes et absolues, tout le plan\nprimitif de la ville, dont on reconnaît à peine le style propre si ce n'est à\nquelques bâtiments, retrouvés comme des îles familières dans cette Babel uni-\nverselle ».\nNous aurions voulu reproduire tant ils sont remarquables tous les\ndessins que l'auteur de ce projet a mis à notre disposition. Des obstacles\nmatériels nous en empêchent. Mais la planche encartée dans le présent numéro\ndonnera une idée à nos lecteurs de la beauté des estampes en lesquelles\nM. Smolderen a traduit ses conceptions.\nERRATA\nl ' \\ * * r \\\nUne erreur de mise en page nous a fait commettre, dans notre précédent\nnuméro, une malencontreuse confusion. Le projet donné à la planche V\ncomme étant de M. Pol Berger est de M. Henri Van Dyck, et réciproque-\nment celui marqué comme étant de M. Van Dyck est, en réalité, de M. Ber-\nger. Nos lecteurs voudront donc bien intervertir les mentions qui figurent au\nbas des clichés reproduits à cette page."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.14", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nURBANISME\n\nConcours pour l'aménagement\net l'extension de Paris\n\nL'on sait qu'une loi récente du\nI 4 mars 1919 oblige les villes françaises\nà dresser un plan général d'aménagement et\nd'extension. Cette obligation ne s'étend pas\nseulement comme c'est le cas chez nous\naux villes sinistrées, mais à toutes celles\nqui sont en croissance rapide. C'est évidem-\nment le cas de Paris. La Ville-Lumière n'a\npas essayé de se dérober à cette obligation,\nmais, avec la coquetterie habituelle qu'elle\nmet à s'offrir en exemple aux villes de pro-\nvince, elle a tenu à montrer comment l'on\npeut résoudre élégamment et disons non\nmoins parfaitement un problème aussi\nardu que celui qui consiste à dresser un plan\ngénéral d'aménagement pour une ville qui\ncompte plusieurs millions d'habitants. Elle\nvient, en effet, d'organiser un concours pu-\nblic qui comptera parmi les joutes les plus\nimportantes et les mieux organisées aux-\nquelles les urbanistes du monde entier au-\nront été convoqués. Je dis du monde entier,\ncar le concours étant ouvert « entre les\nFrançais et les ressortissants des puis-\nsances alliées ou associées ou faisant partie\nde la Société des Nations », c'est, sans nul\ndoute, des quatre points cardinaux que l'on\naccourra pour s'arracher les primes très con-\nséquentes offertes aux vainqueurs.\nSongez-y donc, une première prime de\n30,000 francs et quatre primes subisidiaires\nde 20, 15, 1 0 et 5 mille francs. Et si j'in-\nsiste sur la chose, ce n'est pas soyez-en\nsûr que je tienne les urbanistes pour plus\nintéressés que d'autres. La gloire qui s'atta-\nchera au nom de l'ordonnateur de la capiale\nde la France aurait, certes, suffi à attirer un\ngrand nombre de compétiteurs. Mais il n'est\npas mauvais au moment où, sous pré-\ntexte d'économie, Ton risque chez nous de\ndiscréditer l'institution des concours en orga-\nnisant sous cette étiquette l'exploitation des\ntechniciens et des artistes il n'est pas\nmauvais, dis-je, de relever F importance\nfinancière de cette joute sérieuse entre toutes.\nLeproblème est d'ailleurs très complexe.\nIl n'importe pas seulement de surveiller la\ncroissance du plus-grand Paris. 11 s'agit en-\ncore de projeter l'aménagement immédiat\ndes vastes terrains riverains des boulevards\nextérieurs. En effet, la loi sur l'aménagement\ndes villes a été suivie, à un mois de date,\nd'une loi spéciale à l'agglomération pari-\nsienne : la loi sur la démolition des fortifica-\ntions. « Il y a là autre chose qu'une simple\ncoïncidence, et le législateur a entendu,\navant tout, donner à la ville de Paris, par le\ndérasement de son enceinte fortifiée, l'occa-\nsion de s'étendre, de s'embellir et de modi-\nfier, au moyen d'un plan d'ensemble, les dis-\npositions générales de son alignement.\nLa ville de Parfis devra construire, sur\nl'emplacement même des fortifications, des\nhabitations à bon marché ou à loyer modéré\npour familles nombreuses, des casernes, des-\ntinées à remplacer en partie celles de l'inté-\nrieur de Paris; elle aura la faculté, afin de se\ncouvrir en partie de ses frais, de vendre,\npour la construction, les terrains les mieux\nsitués, en imposant, au besoin, aux acqué-\nrieurs des servitudes qui ne pourront qu'aug-\nmenter la valeur des immeubles édifiés.\nSur la zone, elle établira des parcs, des\nterrains de jeux, sans parler du Palais des\nExpositions, dont l'emplacement est, dès à\nprésent, fixé par une convention avec le mi-\nnistre de l'Agriculture (partie de la zone\nsise entre les portes de Meudon et de Saint-\nCloud ».\nEt ce n'est là qu'un des aspects du pro-\nblème. Le programme énumère longuement\ntoutes les autres questions essentielles. Ce\nsont, en particulier, les travaux de voirie à\nentreprendre à l'intérieur et en dehors de la\nville afin de répondre aux exigences de la\ncirculation moderne."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.15", "texte": "URBANISME\nLA CITE\nSEPTEMBRE 1919\n\nC est ensuite le réseau du Métropolitain\nauquel les problèmes de la circulation sont\nintimement liés.\nL'établissement de squares, jardins et\nespaces libres apparaît également aux orga-\nnisateurs du concours comme étant un des\ncôtés important du problème. « C'est surtout\nen dehors de Paris dit le programme\nqu'il y aura lieu, semble-t-il, de prévoir des\nespaces plantés, notamment par la transfor-\nmation en parcs des forts déclassés de la pre-\nmière ligne de défense. Une partie de ces\nespaces devra être aménagée en cités-jardins.\nLe problème de l'habitation estdevenu si\npressant, si angoissant même, que seules les\ncollectivités semblent avoir le moyen de le\nrésoudre. La réduction des heures de travail\nfait que l'ouvrier sera plus souvent chez lui,\ncultivera avec plus de goût le jardinet qu'il\nsera possible de lui réserver. Le développe-\nment des moyens de transport, tramways élec-\ntriques, extension du Métropolitain en ban-\nlieue, permettra de reculer ces cités ouvrières\njusqu'aux limites de l'agglomération pari-\nsienne.\nLe Département de la Seine a déjà acquis,\ndans ce but, de vastes domaines à Plessis-\nRobinson (64 hectares), Malabry (54 hec-\ntares), Suresnes et Rueil (30 hectares),\nChampigny (12 hectares) et Stains (25 hec-\ntares) ».\nDes études sont également sollicitées en\nce qui concerne les différents services pu-\nblics, l'adduction d'eau potable, l'aménage-\nment du port.\nAfin de faciliter l'accession à ce con-\ncours, la matière en est partagée en quatre\nparties. Les concurrents pourront ainsi limi-\nter leurs travaux à une des divisions qui y\ncorrespondent.\nMais l'ensemble viendra prendre place,\ngrâce aux cadres bien définis qui sont tracés\nà ces études, dans un projet d'ensemble qui\nmettra la ville de Paris en possession de tous\nles éléments nécessaires à un aménagement\net une extension rationnels de son territoire.\nCe projet comprendra :\n« 1 ° Un plan qui fixe la direction, la lar-\ngeur et le caractère des voies à créer ou à\nmodifier, détermine les emplacements,l'éten-\ndue et les dispositions des places, squares,\njardins publics, terrains de jeux, parcs, espa-\nces libres divers, et indique les réserves boi-\nsées ou non à constituer, ainsi que les\nemplacements destinés à des monuments,\nédifices et services publics;\n2° Un programme déterminant les servi-\ntudes hygiéniques, archéologiques et esthé-\ntiques, ainsi que toutes les autres conditions\ny relatives et, en particulier, les espaces libres\nà réserver, la hauteur des constructions,\nainsi que les prévisions concernant la distri-\nbution d'-eau potable, le réseau d'égouts,\nl'évacuation et la destination finale des ma-\ntières usées et, s'il y a lieu, F assainissement\ndu sol ».\nOn conçoit qu'une étude aussi vaste ne\npeut être entreprise sans une documentation\nsérieuse et très étendue. Les organisateurs\ndu concours ont voulu épargner à ceux qui\ny prendront part des recherches ardues et\npénibles en les mettant en possession de toute\nune série de documents, que le programme\nénumère et qui comprennent en particulier\ntoute la série des plans et des cartes qui leur\nseront indispensables. Ces documents leur\nseront remis contre versement d'un droit de\n1 00 francs.\nD'autre part, « pendant toute la durée du\nconcours, les concurrents auront, sur présen-\ntation du reçu de leur versement, accès à la\nBibliothèque administrative de la ville de\nParis, et à la Bibliothèque de l'lnstitut d'his-\ntoire, de géographie et d'économie urbaines.\nUne exposition publique de plans, cartes\net documents divers intéressants à consulter\npour la préparation des projets, aura lieu,\npendant toute la durée du concours, dans\nune salle de cet institut.\nLes concurrents y trouveront, sur chacun\ndes documents qui peuvent être mis dans\nle commerce, l'indication de 1 adresse à la-\nquelle ils pourront se le procurer, et celle du\nprix de vente.\nEnfin, les concurrents trouveront, à la Di-\nrection de l'extension de Paris, les renseigne-\ngnements d'ordre technique ou administratif\ndont ils pourraient avoir besoin pour leurs\nrecherches ».\nLes techniciens français ont souvent in-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.16", "texte": "URBANISME\nLA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nsisté, ces derniers temps, sur la nécessité de\nn'entreprendre aucun travail d'urbanisation\navant d'avoir réuni une documentation fort\ncomplète et dressé un programme bien dé-\nfini. Constatons avec satisfaction que leurs\nconseils ont été pleinement suivis pour Y or-\nganisation de ce concours modèle.\nSi ron voulait à tout prix relever les quel-\nques points faibles de ce programme, ce se-\nrait, sans doute, aux clauses concernant la\ncomposition du jury qu'il faudrait s'attaquer\ntout d'abord. On y retrouve cette manie,\nassez générale chez nos voisins du Sud,\nd'accorder une place prépondérante au\nmonde officiel et administratif, au détriment\ndes techniciens et professionnels qui, on ne\npeut le nier, sont seuls bien à leur place\ndans les fonctions de juges. Les concurrents\ndoivent se demander, non sans frayeur, ce\nque sont des délibérations auxquelles pren-\nnent part tant de gens chamarrés et de beaux\nparleurs. Tous leurs espoirs iront, sans doute,\nvers leurs propres élus et les quelques jurés\nd'une autorité indiscutable.\nEt ils s'attendent, sans doute, à ce que\nparmi eux se trouve celui qui se montre un\nurbaniste clairvoyant en leur adressant, dans\nle programme, ces sages conseils qui situent\nexactement le problème :\n« Les concurrents ne devront jamais per-\ndre de vue que Paris et les communes de sa\nbanlieue, limitrophes ou non, ont une com-\nmunauté de relations et d'intérêts telle, que\npratiquement aucun problème économique\net social ne peut être envisagé et résolu pour\nParis seul, mais au moins pour une fraction\nde l'agglomération, sinon, le cas échéant,\npour l'agglomération tout entière. Il est, en\nconséquence, recommandé aux concurrents\nd'entreprendre l'étude demandée avec les\nvues les plus larges, sans se préoccuper des\ncirconscriptions administratives, et en englo-\nbant dans leur plan des communes du dé-\npartement de la Seine, et même, s'ils le\njugent nécessaire, des parties des départe-\nments voisins, en un mot, tout ce qui, dans\nleur conception constitue l'agglomération\nparisienne, non seulement telle qu'elle peut\nêtre définie à l'heure actuelle, mais l telle\nqu ils en imaginent le développement et\nl'extension dans l'avenir ».\nOrganisé avec une pareille largeur de vue,\nce concours dont la clôture est fixée au\n8 février 1920 ne peut manquer de susci-\nter des solutions fort intéressantes. 11 fixera\nune des étapes de l'urbanisme international.\n\nÉchos et Nouvelles\nYPROIS.\nLA RECONSTRUCTION D'YPRES .\nUn correspondant local nous adresse la note\nsuivante : •\n*« Avant la guerre, M. Cooman était l'in-\ngénieur et F architecte de la ville d'Ypres. Il\nl est encore et ses chefs hiérarchiques lui ont,\ntout naturellement, confié les plans de re-\nconstruction de la ville. Ces plans sont faits\ndepuis longtemps. Nous écrivons plans au\npluriel, car il n'y a pas que le plan terrien, il\ny a encore des plans d'élévation; ils sont\nconçus, évidemment, en style gothique\nYpres se doit cela, voyons! et furent\nexposés à la Cité reconstituée (Paris 1916),\noù ils provoquèrent maint sourire malicieux.\nVoici la « Gazette des Beaux-Arts y> de\nl'époque qui daigna consacrer à ces projets\nune note minuscule, en minuscules caractè-\nres, au bas d'une page : « En sa qualité de\n«membre de la Commission provinciale des\nmonuments», M. Cooman vient d'être dési-\ngné pour faire partie de la commission inter-\nministérielle adjointe au haut commissaire\npour le sud de la Flandre. Puisque, en cette\n,qualité, il ne pourrait porter de jugement\nsur son propre travail, et que, d'autre part,\nla ville d'Ypres ne peut évidemment se pas-\nser de l'avis de la Commission des monu-\nments, on dit M. Cooman a cédé son travail\nde reconstruction à un collègue ».\nNous apprécions fort le noble geste : il\nnous tarde d'apprendre le nom du vei-\nnard ...»\nTout ce qui concerne la reconstruction\n\nR. V."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.17", "texte": "URBANISME\nLA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nd Y près est d ailleurs enveloppé de mystères\nque les autorités locales ne semblent guère\ndésireuses de dissiper. De temps en temps,\nquelque renseignement précis nous par-\nvient... de l'étranger! C'est ainsi que le\n« Architect Journal », de Londres, nous\napprend que la Church Army a décidé de\ncommémorer par la construction d'un vaste\ntemple les deux cent mille soldats anglais\nmorts dans le secteur d'Ypres. L'architecture\nde 1 édifice s'inspirerait du cloître de la ca-\nthédrale d Ypres dont un magnifique frag-\nment subsiste encore. Les plans seraient\nconfiés à un architecte anglais en collabora-\ntion avec l'architecte de la ville d'Ypres.\nLes autorités communales, nous dit notre\nconfrère anglais, ont accueilli le projet avec\nsympathie et promis de donner le terrain\nnécessaire, Les initiateurs font dès à présent\nappel à la générosité du public anglais en\nvue de réunir la somme de 750,000 francs\nqu'ils estiment indispensable à la réalisation\ndu projet.\nPOLITIQUE FONCIERE. L'édilité de\nGanshoren lez-Bruxelles vient de prendre\nune décision qui montre bien l'évolution des\nidées dans la question de la propriété du sol.\nAlors que tant de communes n'hésitent\nguère à aliéner leurs biens fonciers, de con-\nnivence fort souvent avec quelques gros spé-\nculateurs qui « travaillent » au détriment de\nla grande masse de la population, se réser-\nvant à eux seuls le bénéfice de leurs opéra-\ntions, voici qu'une édilité a souci du bien\ngénéral et ce, suivant une modalité des plus\nélégante.\nDepuis le XVIII\" siècle, la commune de\nGanshoren possédait des biens communaux,\ndevenus prés et pâtures,d'une superficie d'en-\nviron 1 0 hectares. Ces biens, à travers heurs\net malheurs, se réduisirent de moitié, mais en\nfin de compte sont encore bien communaux,\nc'est-à-dire collectifs.\nDévolus pendant la guerre au « Départe-\nment Laiterie » du Comité National, c'est-\nà-dire affectés à la sauvegarde de la santé\npublique, ces pâtures, loin d'être définitive-\nment aliénées, vont, dans l'idée de l'édilité\nde Ganshoren, devenir un Parc-Laiterie des\nécoles* avec plaine de jeux, terrains de sports\net tous leurs compléments.\nOù sont donc les communes qui possèdent\nencore leurs «communaux» et les emploient à\ndes buts d'intérêt général? Rares sont-elles.\nEt combien ne faut-il pas appuyer sur l'exem-\nple que nous signalons, afin d'ouvrir les yeux\ndes édilités, là où l'irréparable n'est pas con-\nsommé.\n\nExpositions\nL'EXPOSITION DE LA RECONSTRUC-\nTION AU PALAIS D'EGMONT A BRU-\nXELLES. 15 septembre-1er novembre\n1919. Nos confrères de la presse quoti-\ndienne ont annoncé comme il convenait\n1 ouverture de cette manifestation importante\nqui marquera une époque dans l'histoire de\nnos activités urbânistiques et architecturales.\nLa présence du Roi du chef de notre\npays sinistré rehaussa très particulière-\nment la cérémonie dont on entoura 1 ouver-\nture de 1 exposition et, par cela même, a con-\ntribué à faire s'ouvrir les yeux quelque peu\nétonnés de bien des invités qui prenaient en\nce jour un premier contact avec les graves\nproblèmes de la reconstruction et de l'urba-\nnisme.\nNous ne redirons donc pas les détails de\nla visite inaugurale; nous réservons à nos lec-\nteurs un numéro spécial de notre Revue, où\nnos collaborateurs étudieront en détail le con-\ntenu des stands et où ils diront de quoi est\nfait le problème qui se pose en chaque lieu\nsinistré."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.18", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nARCHITECTURE\n\nConcours\nR. M.\n• ■BB\nCONCOURS POUR LE GENRE AR-\nCHITECTURAL A ADOPTER POUR LA\nRECONSTRUCTION DE DINANT. Les\nrésultats du concours ne sont pas brillants.\nOnze concurrents y ont pris part et deux pro-\njets seulement témoignent de réelles quali-\ntés. Ce sont les envois de MM. Arthur Van-\ndewalle, à Bruxelles, à qui le jury a décerné\nune prime de 2,000 francs pour les façades\nau quai de Meuse, une prime de 2,000 fr.\npour celles de la place Saint-Nicolas et une\ntroisième prime de 500 francs pour 1 ensem-\nble de la place Patenier.\nAux projets très artistement présentés de\nM. Balthazar, de Dinant. membre d'un\nordre religieux, paraît-il. échoient une\nprime de 1,250 francs pour le quai de\nMeuse et 1,000 francs pour le quai Notre-\nDame.\nLe projet de M. Ed. Martens, à Bruxeles,\nobtient une prime de 500 francs et celui de\nM. F. Dony, d'Yvoir, une prime de 1 50 fr.\nLe programme avertissait que les projets\nne seraient pas réalisés, qu ils serviraient\nplutôt de guide aux architectes chargés par\nles particuliers de l'élaboration des plans de\nleurs maisons. La propriété artistique est\nainsi mise à une épreuve qui ne plaît guère\naux architectes et la participation à un con-\ncours organisé dans ces conditions en a ete\nforcément réduite.\nLe concours avait pour but de permettre\nà l'administration communale de Dinant\nd'adopter un genre architectural.\nLa plupart des projets - les meilleurs en\ntous cas - ont préconisé Tart mosan avec\nl'emploi des matériaux frustes, pittoresque\net coloris de la contrée.\nUn des concurrents prétendait nous doter\nd'une architecture prussienne, bien que sa\ndevise formulât cette profession de foi assez\ninattendue : « Plus rien d'allemand! » et\nun autre proposait de rebâtir Dinant en\nitalo-anglo-normand avec des façades blan-\nches, uniformément blanches, et des effets\nsymétriques de lucarnes et à clochetons.\nDans un long rapport, l'auteur prend le\nparti de son projet : « Dinant a été détruit,\ndit-il, il faut le reconstruire suivant des\nmodes nouveaux, reflétant le caractère de\nnotre époque », etc... Je l'aurais parié! Et\nle caractère de cette époque est le genre\nitalo-anglo-normand! L'architecture de la\nSociété des Nations. C'est inouï comme on\nfait parfois bon marché des préférences au\npublic! Car il n'est pas un seul Dinantais\nqui ne désire retrouver le visage aimé de son\ncher Dinant et il en est de Dinant comme de\nVisé, comme de toutes les villes détruites. Le\ngoût du public a besoin de guides, c'est en-\ntendu, mais ce public est très capable de por-\nter un jugement sain sut ses guides, et Ray-\nmond Duncan continue à se promener seul\nen « peplum » au milieu de Y indulgence des\nParisiens.\nCONCOURS DE MOBILIER. Nous\navons parlé longuement, ici même, du con-\ncours de mobilier à bon marché qui a été or-\nganisé par l'Union des Villes et Communes\nbelges. Les prix n'ont pas été décernés.\nDes primes ont été accordées à MM. Albert\nCallewaert, Richard Acke et Philibert De\nCelle.\nLes lauréats du CONCOURS DE MOBI-\nLIER POUR ECOLE MENAGERE, orga-\nnisé par la Commission pour l'Embellisse-\nment de la vie rurale, sont : MM. A. Caliez\nwaerfc et V. Acke ( 16F prix ex-œquo) R.\nAcke (2e prix, Ladrière (3® prix).\nUn nouveau CONCOURS DU € DAILY\nMAIL ». L'on sait que le grand journal\nanglais organise, quasi annuellement, un\nconcours d'architecture domestique. Cette\nfois, le concours a pour objet le dessin de\n<s Idéal Labour Saving Homes », c'est-à-dire\nd'habitations où le travail domestique est fa-\ncilité à l'extrême. Problème actuel sil en\nest en ce temps de crise des domestiques!\nDes primes de 7,500, 2,500 et 1,250 fr.\nsont offertes aux vainqueurs dont les plans\nseront réalisés à une Exposition de l'habita-\ntion modèle qui aura lieu à l'Olympia de\nLondres en février 1920."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.19", "texte": "ARCHITECTURE\nLA CITE\nSEPTEMBRE 1919\n\nÈchos et Nouvelles\nL'EXODE 5E NOS OUVRIERS DU BA-\nTIMENT prend des proportions inquiétan-\ntes. On estime qu'à ce jour 1 5,000 d'entre\neux sont déjà partis pour la France, chiffre\nénorme si Ton se rappelle que l'émigration\nsaisonnière n'affectait guère, autrefois, cette\nindustrie. 11 importe que l'on prenne sans\nretard des mesures énergiques si l'on ne\nveut voir la reconstruction de nos régions\ndévastées fâcheusement entravée. D'aucuns\nréclament l'intervention des organes inter-\nalliés. Une mesure plus efficace serait d'en-\ntreprendre immédiatement, sur une vaste\néchelle, la constructio nd'habitations ouvriè-\nres, comme cela se fait déjà en Hollande et\nen Angleterre. Rien ne sert d'attendre, car\ntout fait prévoir quen 1920 le prix de la\nconstruction sera plus élevé qu'à présent.\nL'INDUSTRIE DU BATIMENT connaî-\ntra une ère de prospérité peu commune.\nDans plusieurs branches déjà, la demande\nest considérable. L'«Economie Financière»\ndit à ce sujet que nos briquetiers belges ont\nà fournir non seulement à la Belgique, mais\nsurtout à la France. Peu après l'armistice,\ndes intermédiaires hollandais achetaient ici\ntout ce qu'ils pouvaient trouver en fait de\nbriques, pour les revendre en France, natu-\ntellement avec un beau bénéfice. Actuelle-\nment, la France a fait directement des propo-\nsitions à nos industriels. C'est ainsi qu'une\nseule fédération de briquetiers de la Cam-\npine a une offre de fournir pendant trois ans\n100 millions de briques par an, et cela à\nde fort beaux prix. Malheureusement, cette\ndemande dépasse de beaucoup la produc-\ntion.\nOn cote actuellement : Briques du pays,\n40 fr. le mille, 50 à 55 dans l'agglomération\nbruxelloise. Pierres de bâtiment, 500 fr. le\nmètre cube, prix de base. Bordures en petit\ngranit « type Bruxelles », fr. 12.50 le mètre\ncourant. Bois de mines, fr. 82.50 le mètre\ncube. Bois de construction de Suède ou Fin-\nlande, 2 75 à 300 fr. le mètre cube. Ciment\nportland artificiel, 120, 130 et 140 fr. pour\nles trois qualités. Ciment de laitier, 65 fr.\nChaux hydraulique pour constructions, 60 fr.\nChaux grasses pour plafonneurs, 55 fr. pris\nsur wagon départ. Tuiles rouges, 375 fr. le\nmille rendu sur wagon. Tuiles vernies, 450 fr.\nle mille. Tuiles rouges de Courtrai à simple\nemboîtement, 300 fr. le mille. Plâtre, 22 fr.\nles 1 00 kil.rendus. Ardoises du Luxembourg\n« type flamand » à 150 fr. le mille rendu.\nArdoises de Fumay, 180 fr. Pavés fournis à\npied d'oeuvre, 450 à 700 fr. le mille, rendu\nsuivant provenance et dimension.\nL'HABITAT POPULAIRE EN FRANCE.\nLe gouvernement français a déposé un\nprojet de loi autorisant le ministre des Finan-\nces à mettre à la disposition des sociétés et\nassociations dont l'objet est de bâtir des\nhabitations à bon marché, une somme de\n500 millions. Cet argent leur sera avancé au*\ntaux minime de 2 p. c.\n\nExpositions\nUNE EXPOSITION INTERNATIO-\nNALE d'art décoratif moderne aura lieu à\nParis en 1922. Le ministère de l'lnstruction\npublique ayant négligé de reprendre le pro-\njet qui en avait été formé avant la guerre,\nc'est son collègue du Commerce qui a pris\nl'initiative d'une manifestation de haute im-\nportance pour l'art industriel français et ce-\nlui des nations alliées.\nLE SALON D'AUTOMNE. Malgré\nF opposition de quelques réactionnaires,\n{ Administration des beaux-arts a concédé\npour cette année-ci à la Société du Salon\nd'automne une partie du Grand-Palais. Le\nSalon, qui aura lieu du 1*r novembre au»\n! 0 décembre, promet d' être un achemine-\nment à l'Exposition internationale dont\nnous avons parlé ailleurs. L'art appliqué\nsera, dit-on, brillamment représenté."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.20", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nBIBLIOGRAPHIE\n\nLes Livres\nL'AMENAGEMENT DES VILLES, par\nle, chevalier Oscar Schellekens, sénateur.\nGand, chez Siffer, 1919, 234 pages.\nCe volumineux ouvrage, dû à la plume\ndun des membres les plus influent de la\nCommission royale des Monuments et des\nSites, réflète bien les idées régnant dans les\nmilieux officiels. Le livre n'est, d'ailleurs,\npas sans mérite. Une première partie traite\nde l'aménagement des villes en général. Une\ndeuxième partie s'applique au problème de\nTermonde et s'occupe successivement des\nterrains des fortifications, de 1 Escaut et de\nPendre, des inondations.\nVu l'importance de ce livre, nous avons\ndemandé à un de nos collaborateurs de lui\nconsacrer une étude critique que nous comp-\ntons publier prochainement.\nHEROPBOUW VAN DE SCHOEN-\nMARKT, door Alf. Franken et H. Qelvaux.\nGeillustreerd. Antwerpen, 1919. Uitgave\nvan « De Sikkel ». Prix : 2 francs.\nNos lecteurs connaissent, par les reproduc-\ntions que nous en avons données, les remar-\nquables projets de MM. Franken et Delvaux\npour la reconstruction du Marché aux Sou-\nliers, à Anvers. Ils trouveront dans cette bro-\nchure, abondamment illustrée, une descrip-\ntion complète du projet.\nYPRES. Jean De Ligne. Essai sur sa\nformation et sa reconstruction. Payot et Cie.\nParis 1918. 2 francs. Petit volume de très\ngrand intérêt. Le problème d'Ypres, au sujet\nduquel on a dit si peu de choses sensées, s y\ntrouve très exactement exposé. L'auteur fait\nmontre d'un esprit très objectif en même\ntemps que de solides connaissances urbanis-\ntiques. Nous espérons pouvoir consacrer à ce\npetit volume une étude étendue.\nLa Bibliothèque de îa renaissance des cités,\n23, rue Louis-le-Grand, vient de publier en anglais\nîes conférences de Town Planing qui ont eu lieu\nà la Société française des Urbanistes.\n\nLes Revues\nBELGIQUE\nComme nos lecteurs le sa\"#enî:, le MOU-\nVEMENT COMMUNAL s'applique, sous\nFéminente direction de M. le sénateur\nVinck, de guider les administrations publi-\nques pour tout ce qui concerne la construc-\ntion et l'administration des villes.\nLe numéro double de juillet reproduit\nin-extenso les discours prononcés par MM.\nBeco, Gheude et Vinck à l'assemblée géné-\nrale de l'Union des Villes Belges et de sa\nCommission de la Reconstruction qui s'est\ntenue le 6 juillet dernier.\nParmi les autres contributions, signalons\ncelle où M. Otlet trace, avec son ampleur de\nvue habituelle, le programme d'action que\nles problèmes nouveaux à l'Union\nInternationale des Villes.\nA cinq années d'intervalle, - mois pour mois\n« De Bouwgids », d'Anvers, reprend sa publica-\ntion. L'on a plaisir à retrouver sous sa vieille cou-\nverte et dans la forme typographique ancienne\ncette sympathique revue d'architecture,que sa fidé-\nlité au passé n'empêche pas d'être vaillamment\ncombattive. Ce mémoire parle de l'Art populaire,\ndu Centenaire de Ruskin, d'Art public, etc. Des\nnotices biographiques rendent un hommage ému a\ndeux disparus : à Van Hoecke-Dessels, dont les lec-\nteurs du <£ Bouwgids de € Tekhné >et d*€ Art\ntechnique > ont souvent pu apprécier l'idéal esthé-\ntique. C'était un artiste doué en même temps qu'un\nesprit généreux qui ne sut jamais s'adapter à Tho-\nrizon borné de nos foules béotiennes.\nAlexis Van Mechelen, architecte de la ville d'An-\nvers, est l'auteur de l'Opéra Flamand de cette ville.\nCes collègues conserveront le souvenir de sa\nscience étendue et de sa proverbiale bonté.\nLes revues d art et de littérature parlent trop\nrarement de nos architectes et de leurs œuvres.\nAussi est-ce une agréable surprise que de trouver\nen première page de la revue « Le Thyrse £ (nu-\nméro d'août) un hommage mérité au maître Vic-\ntor Horta.\nCharles Conrardy qui le lui adresse termine son\narticle par quelques phrases du discours qu'Horta\nprononça en 1913 et où, parlant de l'école routi-\nnière, il dit : « ... et j'en briserai les fenêtres aussi\npour que le bruit des leçons se mêle au bruisse-\nment de la nature, pour que l'air du dehors s'y\nmêle à l'air du dedans et qu'il n'y ait plus enfin\nqu'une seule atmosphère pour régénérer le sang\ndes hommes >, Il est réconfortant de lire de telles\npensées, dont la belle énergie nous permet encore\nd'espérer que les projets du maître deviendraient\nune prochaine réalité."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.21", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nLA CITÉ\nSEPTEMBRE 1919\n\nL'ART LIBRE\nLa revue « L'Art Libre » (avenue de la\nCascade, 31, Bruxelles) , professe des idées\nfort avancées en matière politique et sociale.\n11 serait déplacé d'émettre ici, à ce sujet,\nune appréciation. Mais nous ne pouvons\nmanquer d'applaudir aux tendances artisti-\nques de cet organe. Il se révèle un apprécia-\nteur aussi clairvoyant qu'enthousiaste des\nmanifestations les plus intéressantes de 1 art\nmoderniste. Relevons dans son numéro du\n1 *r août une intéressante analyse d un petit\nvolume que notre illustre compatriote,\nHenry Van de Velcle, vient de publier à\nBerne : « Die drei Siinden wider die Schon-\nheit » (La triple offense à la Beauté) n est ni\nun traité d'architecture, ni un essai sur l'art\ndécoratif. « Ce sont nous dit M. Jacques\nOlivier des notes qui cherchent à détermi -\nner les grandes directions qu'ont suivies, de-\npuis quarante ans, les principaux réforma-\nteurs - les apôtres de 1 art rénové ».\nM. Van de Velde synthétise chacune des\ntrois tendances de la renaissance sous le\nnom d'un maître, d'un réformateur, d'un\napôtre. Et il montre la conception et l'œuvre\nde Ruskin, de William Morris et de lui-\nmême. M. Jacques Olivier résume comme\nsuit cette triple :\n« Ruskin et, après lui, Morris, cherchèrent,\nen effet, à ramener l'attention de leurs con-\ntemporains sur la perfection des arts anciens,\nqu'ils imitèrent, en réaction contre l'indus-\ntrialisation des produits d'art et de machi-\nnisme souverain. Van de Velde voulut créer\nun art nouveau, dégagé de toute imitation,\net, si possible, de toute influence. I! remit la\nraison en honneur dans la genèse de l'œuvre\nd'art, tandis que ses prédécesseurs anglais\nn'avaient basé leurs tentatives que sur le sen-\ntiment. Et comme ces trois offenses qu'il dé-\nnonce dans son petit livre, la plus impor-\ntante, esthétiquement (car celle à la dignité\nde l'ouvrier les dépasse toutes au point de\nvue humain et social) est l'illogisme, la plus\nféconde des trois réactions qu'elles susci-\ntèrent, est, sans contredit, celle de cet admi-\nrable artiste.\nDans le numéro suivant de cette même\nrevue, M. Jacques Olivier nous parle des\n« Trois conférences sur le nouvel art\nplastique » (Drie voordrachten over de\nnieuwe beeldende kunst), du peintre hollan-\ndais « Théo van Doesburg ». C'est la troi-\nsième de ces conférences celle qui traite\ndu « Style de l'avenir » qui intéressera\nle plus les architectes et les urbanistes. Les\nhantises d'« unité », de solidité architectu-\nrale, sont, d'après M. van Doesburg, les pro-\ndromes de l'évolution nouvelle. L'auteur\ns'attarde « à rechercher les causes de l'in-\nsuffisance architecturale de l'Europe intel-\nlectuelle. Le manque d'esprit, d'imagination,\nde vigueur dont souffrent les bâtisseurs mo-\ndernes, conduit l'architecture à dépendre, ou\nbien des formules du passé, ou bien des\nfausses conceptions de certains mercantis\ndont les efforts sont incohérents et les volon-\ntés ahuries ».\nEt c'est ici que la hantise d'« unité »\ntrouve la meilleure application. « Cette vo-\nlonté d'unité amènera certainement les ar-\ntistes à simplifier leurs œuvres, à les alléger\nd'une infinité de détails, qui distingueront,\nsous l'épithète « archaïque » les mouvements\nde la première période de cette rénovation\net à F affirmer sur des bases moins fantai-\nsistes. Cet art, à première vue, peut doit\nparaître extraordinaire à ceux que le\nsultat acquis par les ancêtres satisfait pleine-\nment. Il marque en fait un pas en avant dans\nl'évolution de l'art fiévreux où fatalement\nnous nous débattons à cette époque de tran-\nsition ».\n«ART ET DECORATION» était depuis\nplus de vingt-cinq ans la principale revue\nfrançaise consacrée à 1 art décoratif mo-\nderne. Les précurseurs, parmi lesquels il\nfaut citer Grasset et Mague, y avaient eu\nla plus heureuse influence en répandant la\nsaine doctrine et en faisant connaître les\nbelles techniques. Interrompue au début de\nla guerre, cette publication vient de repa-\nraître à la Librairie centrale des beaux-\nats. Relevons dans le numéro de mai-juin,\nune étude de J. Greber, sur les cités-jardins\net villes ouvrières en Amérique; dans le nu-\nméro de juillet-août, une étude de Marcel\nMasrne, sur l'Architecture et les matériaux\nnouveaux. Prix de la livraison : fr. 4.50."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.22", "texte": "LA CITÉ\nSEPTEMBRÈ 1919\n\nCONCOURS\nLe Concours de “La Cité„\nDessins et relevés photographiques\nEn parcourant la Flandre, un de nos colla-\nborateurs a été peiné de voir que la plupart\ndes petits monuments votifs qui jalonnaient\nautrefois les routes de ce pays si profondé-\nment mystique avaient disparu ou étaient en\nruines. La piété des gens du pays les relèvera\npeut-être. Mais quelles horreurs substituera-\nt-on, de la sorte, à ces monuments, très mo-\ndestes sans doute, mais d'une poésie si in-\ntense? Ce sera une perte sensible pour le\nfolklore et Fart régional.\nNotre collaborateur voudrait fixer le sou-\nvenir de ces petites constructions et attiirer\n! attention des foules distraites par des oeu-\nvres plus vastes sur leur harmonie et leur\nmérite architectural.\nIl nous demande de le documenter en fai-\nsant appel à tous ceux qui posséderaient des\nphotographies ou pourraient faire des relevés\nde petites chapelles encore existantes et qui\nprésentent un réel intérêt artistique. Nous\navons cru ne pouvoir mieux faire que d'ou-\nvrir dans ce but un concours entre nos lec-\nteurs.\nCONDITIONS GENERALES\nL Le concours est accessible à tous les lecteurs\n«Je < La Cité >. Il comporte deux catégories.\n2. Les envois seront anonymes. Ils porteront une\ndevise ou marque distinctive reproduite sur une\nenveloppe cachetée, jointe à l'envoi et renfermant :\na) Les noms et adresse du concurrent;\nb) Deux bons de concours à détacher de la\nRevue <S La Cité >.\n3. Les envois seront adressés à T-S Administra-\ntion de la Revue « La Cité >, 10, place Loix, Saint-\nGilles (Bruxelles).\n4. Les documents non primés pourront être reti-\nres au bureau du journal aux jours et heures qui\nseront indiqués dans <s La Cité >. Ils seront ren-\nvoyés à ceux qui en feront la demande par écrit —»\nen indiquant leur adresse et en joignant la somme\nnécessaire à 1 envoi —— dans le mois suivant la pu-\nblication des résultats du concours. Passé ce délai,\nf Administration de la Revue décline toute respon-\nsabilité au sujet des documents envoyés.\n5. Par le fait de la remise de son projet, tout\nconcurrent déclare :\na) Que le projet constitue une «euvre origi-\nnale dont il est l'auteur;\nb) Qu'il se soumet à toutes les conditions <3ù\nprogramme et aux décisions du jury.\n6. Le jury se réserve le droit de ne pas accorder\nies primes ou de modifier leur importance, si les\nconditions du concours n'avaient pas été observées,\nou s'il estimait que les envois ne présentent pas\nun intérêt suffisant.\n7. Lès projets primés deviennent îa propriété\npleine et entière du propriétaire de € La Cité ».\n8. 11 sera répondu dans € La Cité » à toute de-\nmande d'explication, au sujet du présent concours.\nCONDITIONS SPECIALES\n1. Les envois devront être remis avant le 15 dé-\ncembre 1919.\n2. Les primes à décerner sont d'un import 4e\n300 francs :\nSoit pour la catégorie A (photographies) :\net pour la catégorie B (dessins) :\nUne première prime de 75 francs;\nUne deuxième prime de 50 francs,\nUne troisième prime de 25 francs.\n3. Le jury chargé du classement sera composé\nde MM. F. Bodson, R. Moenaert, L. van der Swaeî-\nmen, Raph. Verwilghen.\n4. L'Administration de € La Cité » se réserve le\ndroit d'acquérir la propriété de tout envoi, nom\nprimé, moyennant une indemnité de 15 francs.\nPROGRAMME\nLes documents demandés doivent figurer un mo-\nnument votif tel que petite chapelle, calvaire,\ncroix, etc., situé ou ayant existé en Belgique et\nprésentant un intérêt artistique. Une note adjointe\ndevra indiquer l'emplacement précis du petit mo-\nnument figuré.\nCatégorie A. Photographie. - L'épreuve en-\nvoyée doit être obtenue par contact direct. Elle\nsera envoyée, à plat, non montée ou collée sur un\ncarton ne dépassant pas de plus de 3 centimètres\nles bords de la photographie.\nCatégorie B. - Relevé graphique. —Ce relevé\npourra consister en dessin perspectif ou géométraf\nou en tout autre document graphique, au choix du\nconcurrent.\nTous les dessins seront faits à l'encre de Chine,\nsans teintes plates ni lavées, et se prêter à îa re-\nproduction au trait.\nCes dessins ne pourront pas dépasser le format\nd'une feuille demi grand aigle. Ils ne pouront être\nni encadrés, ni montés sur châssis."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac191909-01.1.23", "texte": "(•r.\nK\n4\n•t\nI l<l\nfa\nM\nMONOBLOC\nJ 76 ,C.bt?de Boondael -BroMllej\nPAVILLONS en BÉTON SEC\nSains - fntombusîibtes - Ropides * Economiques.\nHOURDIS CREUX sans COfTBAGES\npsi* tout® portées et toutes âueetoegç^.\n\nConstructions en boit et en acier\nM Maison» démontables il\nJos. 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