{"numero_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_sha256": "a9869aaa503a74a46b8e7ad5ee9a4d63927ae11fc0b9fa7b013cbf436de2d6d8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1920/03_01/bmtnaac_1920-03_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1920/03_01/bmtnaac_1920-03_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c002", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "173", "page_fin": "175", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.2", "titre_corps": "Le rôle économique et social des Tours", "titre_sommaire": "Le rôle économique et social des Tours", "signature_source": "Jean DE LIGNE, architecte", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.3", "debut_caractere": 183, "fin_caractere_exclue": 1771, "texte": "Le rôle économique et social des Tours\n\nLa « reconstruction » réclame certaines études préalables, et, au moment\noù Ton va devoir reconstruire les tours des églises détruites et où l'on parle\nmême de relever les beffrois moyenâgeux, je crois qu'il est utile de montrer\nsuccinctement quel rôle ces constructions ont eu et quel rôle elles pourront\navoir encore.\nEn cherchant à dégager ces rôles des différentes expressions architectu-\nrales, on ouvre encore un nouveau foyer de lumière à ceux qui, demain, rebâ-\ntiront.\nDans notre aperçu, nous ne considérons les tours ni au point de vue de\n1 époque précise de leur construction, ni au point de vue de leur style. Celui-ci\nest secondaire et n est, pour ce qui nous concerne, qu'un habillage indépendant\nde 1 évolution de la masse structurale; mais nous considérons celle-ci au point\nde vue du rôle social et économique qu'elle a rempli.\nLes tours ont été construites pour élever et abriter les cloches de fort\nvolume lorsqu'elles firent leur apparition. Sur cette raison d'être sont venues\ns en greffer d'autres qui ont transformé les masses de l'édifice : elles étaient\nd ordre social et d'ordre économique.\nC'est une nécessité générale et dominante qui, à certaine époque, a fait\nconverger les expressions architecturales : les donjons, les clochers et les bef-\nfrois, vers des éléments structuraux à peu près identiques. Ces trois sortes de\ntours, d'accès difficile et munies d'échauguettes, sont devenues un guet et un\ndernier refuge dans les agglomérations urbaines naissantes et ont permis à\ncelles-ci de survivre et de se développer."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.4", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2686, "texte": "Les tours ont donc été un véritable axe autour duquel les premières orga-\nnisations urbaines ont pu s'aggréger et se former en « Droit urbain ».\nEncore aujourd'hui, dans les campagnes, les clochers indiquent au loin\nles groupements d'hommes régis par ce droit qui a évolué. Cette idée de réu-\nnion d êtres, évoquée par les clochers, est toujours émouvante, surtout dans\nles contrées peu peuplées.\nEn Flandre, les tours aux structures carrées et massives répondent par-\nfaitement à cet esprit de bornes et sont facilement visibles à Y horizon d'un\npays plat.\nCette nécessité ne se faisait pas sentir dans la région valonnée ou monta-\ngneuse, où un massif de maçonnerie même important aurait été caché par les\nplis du terrain qui facilitaient, au contraire, la perception de clochers plus\ndélicats et plus fins protégés des vents violents.\nOn peut remarquer l'emploi de masses de maçonnerie imposantes pour\nles tours qui ont eu, plus spécialement et outre leur caractère religieux, la mis-\nsion de signaler l'entrée des ports ou l'embouchure des fleuves.\nLes grosses tours de Sainte-Anne-ter-Muyden, de Lisseweghe et de\nDamme délimitaient le Zwyn aux bateaux qui se rendaient à Bruges. Le\nbeffroi de Bruges fut surélevé à l'époque du grand mouvement du port. Les\nlarges tours de Westkapelle et de Veere, dans l'île de Walcheren, ont joué un\nrôle à peu près identique; la première, à la pointe occidentale de l'île, indi-\nquait l'entrée de l'Escaut et la seconde signalait le port de la ville de Veere\nà l'époque de son apogée.\nA Nieuport, lorsque la mer se retira et s'éloigna de la ville et de son\nclocher, on construisit, au bord du chenal, une tour afin d'en annoncer l'en-\ntrée.\nCette tour (* ), qui se dégageait de toutes autres significations et qur se\ndébarrassait de sa fonction communale ou religieuse, devint une construction\nspéciale à rôle unique.\nLe phare abandonna les cloches dont il n'avait pas usage, les remplaça\npar des feux et appropria sa structure supérieure à cet effet.\nA Malmoe, en Suède, lors de l'exposition nationale de 1914, on éleva\nun campanile. Cette construction, par sa hauteur, indiqua aux navires étran-\ngers qui suivaient la voie maritime du détroit, l'endroit où des échantillons des\nproduits de l'industrie et de l'activité de l'homme étaient réunis et exposés,\nafin de favoriser l'échange international économique.\nLe campanile s'éleva en un seul jet, sans contrefort, dans une belle\nexpression d'architecture moderne, simple et robuste, correspondant ainsi à\nl'atmosphère de l'activité intense de l'industrie et du commerce.\n\n(*) Elle fut détruite par des bombardements successifs de la grosse artillerie alle-\nmande, en 1915.\n»"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.5", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "11 faut remarquer que les endroits où avaient eu lieu les grandes foires\ndu moyen âge avaient été également indiqués par une tour : les beffrois res-\npectifs des communes marchandes et les campaniles des villes commerçantes\nitaliennes. Ce n'est pas inspiré par un esprit de tradition que Ton éleva le cam-\npanile de Malmoe, mais parce qu'il y eut, à des époques très distantes, simi-\nlitude de faits économiques.\nAprès la destruction des bourgades par les premières invasions, les agglo-\nmérations rurales et urbaines se sont reformées sur les bases d'une coopéra-\ntion défensive.\nAujourd'hui, nous aurions voulu voir le regroupement des villes et des\nvillages complètement détruits se refaire — guidé par une idée pratique de\ncoopération économique, réclamée par la situation générale des pays.\nL'édifice central, tels qu'avaient été le château ou l'église, aurait abrité\nles locaux et les annexes d'une coopérative de consommation ou d'une coopé-\nrative agicole. Et, pour entretenir l'esprit de communauté d'intérêts et pour\nrappeler à chaque individualité que son effort collaborerait à l'effort commun,\nun beffroi coopératif, cette fois, aurait été élevé.\nSa structure logique aurait abandonné les mâchicoulis et les échauguettes\ndu beffroi communal et se serait dressée en une silhouette neuve.\nDans un des numéros du « Mouvement communal », M. Otlet\nenvisageait la création d'une ville internationale. Ce centre essentiel-\nlement moderne n'aura pas l'étroitesse de relations que les villes à clochers\nou à beffrois avaient eue.\nLes relations et la rapidité de ces relations avec le monde entier seront les\nfacteurs vitaux de la ville internationale. La tour répondra encore à ces besoins\net, à nouveau,, elle sera l'axe de ce milieu social évolué. Pour cela elle aura\nà abandonner les cloches aux ondes trop peu puissantes et elle aura à les rem-\nplacer par les appareils vibrateurs de la télégraphie sans fil.\nLa construction nécessaire adaptera sa structure à sa fonction internatio-\nnale et aux exigences de l'électricité et... telles, seront les tours futures.\n\nJean DE LIGNE, architecte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c003", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "176", "page_fin": "184", "image_debut": 6, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.3", "titre_corps": "Les “Préliminaires d'Art civique„ et l'activite du C.N.B.A.C.", "titre_sommaire": "Les “Préliminaires d'Art civique„ et l'activite du C.N.B.A.C.", "signature_source": "André DE RIDDER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.6", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "Un Urbaniste belge : Louis van der Swaelmen\nLes “Préliminaires d'Art civique„ et l'activite du C.N.B.A.C.\n\nM. Louis van der Swaelmen n'était certes pas un inconnu avant la\nguerre, dans les milieux d'architectes et de peintres principalement. Il avait\nfait partie du comité du « Plus grand Bruxelles », il avait publié un excellent\nguide pour la Foret de Soignes, il avait signé différents articles très intéres-\nsants dans diverses revues et enfin et surtout il avait déjà donné comme\nartiste créateur, dans sa branche d'art même, qui est l'architecture des jardins,\nla très belle œuvre que sont les parcs du château de Mailhard, sans parler d'en-\ntreprises moindres mais pour cela pas moins remarquables; citons encore le\nparfait plan de reconstruction des jardins de la Cambre dont il avait suscité\nla généreuse idée. Mais si déjà la paix l'avait animé d'une ardeur de tra-\nvail très puissante et s'exerçant en bien des domaines, d'un goût très sûr et\nd une énergie toujours éveillée, ce fut l'épreuve de la guerre cependant qui,\ntout en révélant son existence à un public plus étendu que celui des spécia-\nlistes, l'incita lui-même à agrandir son domaine d'action, à se dépenser plus\nque jamais, avec une ardeur inlassable et un esprit de persévérance dignes\nde nos plus grands éloges, et à se dévouer à une vaste œuvre, en même temps\nd'art et de patriotisme. C'est pendant son exil de Hollande qu'il nous a\ndonné les deux manifestations les plus caractéristiques et les plus fécondes\nde son existence, je présume. J'ai eu le bonheur de connaître van der Swael-\nmen à Amsterdam et de pouvoir, en tant qu'ami, en Jtant qu'artiste et en\ntant que Belge désireux, moi aussi, de me consacrer à la cause générale,\nm'intéresser de près à son activité si multiple et si fervente.\nEt ce fut un double acte civique de grande valeur qu'il commit en écri-\nvant d'une part l'admirable livre qu'il intitule « Préliminaires d'art civique »\net en se consacrant d'autre part, quotidiennement, à la constitution d'abord,\nà la direction ensuite du « Comité néerlando-belge d'art civique ». Ces deux\nœuvres se tiennent par des liens si directs que je ne puis songer à rendre\ncompte ici du volume de van der Swaelmen, sans rappeler d'abord ce que\nfut et ce que réalisa le « Comité néerlando-belge d'art civique », dont il eut\nl'initiative, au lendemain de la Conférence de Londres. Les résolutions de\ncette conférence, si importante au point de vue de l'urbanisme belge, formu-\nlées par M. le Ministre Helleputte lui-même et votées à l'unanimité par l'as-\nsemblée, laquelle était composée de techniciens et d'artistes de chez nous en\nmême temps qu'alliés ou appartenant aux nations neutres, avaient fort bien\ndéfini les grandes lignes de la tâche à accomplir pour la reconstruction de la\nBelgique. C'est sous l'impulsion de l'indignation générale créée par la destruc-\ntion systématique de nos anciennes villes d'art, par les dommages infligés à\ntant de nos cités et de nos villages, par l'amoncellement des ruines à travers"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.7", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "toute la Belgique que cette Conférence se réunit, en février 1915, à l'initia-\ntive de l'Union internationale des Villes, pour préparer l'œuvre de notre res-\ntauration, pour établir les assises spirituelles et préparer les moyens documen-\ntaires nécessaires en vue de reconstituer le pauvre pays martyre, tout de suite\naprès la guerre, pour ne pas retarder le nouvel essor qu'on escomptait déjà,\ndans l'univers entier.\nLes résolutions de Londres, qui reçurent par la suite la consécration d'un\narrêté-loi (25 août 1915, « Moniteur belge » des 18-24 septembre 1915),\ndéterminèrent les directives de l'œuvre que le Comité néerlando-\nbelge allait, de son coté, entreprendre, pour faire suite à l'initiative de la\nConférence et développer ses conséquences. A l'issue de cette Conférence, un\néchange de vues qui eut lieu à La Haye entre M. Emile Vinck, l'éminent\nsénateur, directeur de l'Union des Villes et Communes belges et de l'Union\ninternationale des Villes, M. P. Otlet, secrétaire général de l'Union des Asso-\nciations internationales, et M. L. van der Swaelmen, fortifia chez ces patriotes\nla conviction que la contribution des Pays-Bas pouvait constituer un appoint\nconsidérable à la préparation des études qu'on avait décidé d'entamer. Les\nPays-Bas sont les premiers, en effet, à pouvoir faire état d'une école d'archi-\ntecture moderniste aussi profondément autochtone et puissante que celle\ndont il nous a encore été donné d'admirer les effets à la récente Exposition\nde la Reconstruction. L'art architectural y est puissamment développé et au\ncourant du temps. On y poursuit un idéal esthétique trèS avancé et qui pou-\nvait donc former une excellente base pour l'urbanistique nouvelle que notre\npays avait à appliquer, s'il voulait faire répondre sa restauration aux exi-\ngences des temps nouveaux et aux aspirations de la génération présente.\nDans le domaine de l'urbanisme proprement dit, la Hollande a également\nréalisé depuis des années des innovations qui sont encore inconnues chez\nnous et ailleurs; c'est ainsi qu'ils sont un des seuls pays d'Europe ayant imposr\nl'élaboration régulière de plans d'extension pour les villes et villages; a\nl'instar de l'Angleterre, ils possèdent donc ce « Town Planning Act » indis-\npensable, que nous ne cessons de réclamer.\nCes messieurs savaient du reste le sentiment de douleur et de pitié qui\ns était emparé des intellectuels hollandais, aussi bien que de tout le peuple,\nlorsqu'avait éclaté le conflit armé dont la Belgique fut immédiatement la\nvictime; lorsque l'on vit à Louvain les trésors inestimables accumulés au\ncours des siècles devenir la proie des flammes, les artistes de Hollande ont\nfait entendre une mémorable protestation.\n. Aussi lorsque les patriotes belges qui eurent l'idée de la création d'un\ncomité consultatif pour la reconstruction de la Belgique vinrent faire appel\nau concours des artistes et techniciens des Pays-Bas pour coopérer à l'étude\ndu problème qui se posait pour les cités détruites ou endommagées de notre\npays, trouvèrent-ils leurs confrères hollandais tout prêts à seconder de tout\nleur pouvoir cette initiative. A la suite de leurs démarches fut organisé un\ncomité d étude qui prit le nom de « Comité néerlando-belge d'art civique » et"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.8", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "qui se composa de MM. P. Otlet, l'illustre architecte Berlage, assumant les\nfonctions de président, F ingénieur-architecte Cuypers, le professeur Henri\nEvers et Louis van der Swaelmen, secrétaire général-directeur du comité,\nauquel vinrent s'adjoindre plus tard comme secrétaires l'architecte hollan-\ndais Jan Pauw et l'architecte belge Hubert Hoste, et plus tard encore le signa-\ntaire du présent article.\nLe « Comité néerlando-belge » s'organisa en connexion avec l'Union\ninternationale des Villes et reconnut aussi, tout de suite, la nécessité d'associer\nson activité à celle des autres comités fondés en Angleterre dans le même\nbut, celle du « Belgium Town Planning » Committee >, issu de la Conférence\nde Londres, de F « International Garden-Cities and Town Planning Associa-\ntion », du « Town Planning Institute > et du « Royal Institute of British Arehi-\ntects ». Désirant encore étendre cette contribution mondiale à l'étude du\nproblème urbanistique et civique belge, le C. N. B. A. C. s'efforça, à son tour,\nde promouvoir la constitution de comités internationaux. Répondant à cet\nappel, différents groupements se constituèrent, tels aux Etats-Unis une délé-\ngation du « American Society of Landscape architects », en Suisse le comité\n€ Pour la reconstruction des\" villes », au Danemark la société « Akademisk\narchitekt forening» ou surgirent spontanément comme la «Commission d'étude\nfranco-belge » (Ecole supérieure d'art public, au Musée social); tous ces\ncomités internationaux d'art civique agirent de concert et formèrent avec\nl'Union internationale des Villes une puissante organisation documentaire.\nCar il doit être bien entendu que le but qu'envisagèrent les initiateurs de\ncette vaste entreprise fut un but purement intellectuel. Ils se laissèrent guider\nen toutes matières par le principe : « la reconstruction de la Belgique aux\nBelges » et ne désirèrent donc s'assurer de la part de l'étranger qu'une col-\nlaboration strictement morale. Toute entreprise d'ordre commercial ou finan-\ncier fut, par le fait même, exclue du champ d'action tant du C. N. B. A. C.\nque de celui des autres comités groupés par l'Union internationale des Villes.\nLe C. N. B. exista trois années, van der Swaelmen en fut l'âme et la\ncheville ouvrière du premier jour au dernier et je sais combien lourde fut la\ntâche qui lui incomba. Son bureau du Ryksmuseum à Amsterdam devint un\nvéritable centre de documentation internationale au point de vue de l'art\ndu « town planning », un vaste asile de toutes les matières premières dont un\njour il espère faire ou voir sortir l'encyclopédie des villes, un laboratoire\naussi où il prépara déjà le programme-table des matières de cette encyclopé-\ndie des villes et de l'art civique, base de l'œuvre à réaliser de toutes parts.\nCette table est le commentaire des principes fondamentaux de Fart des villes\net un guide analytique pour l'étude comparée des connaissances internatio-\nnales relatives à l'urbanisme. Nous trouverons ces principes épars dans un\ncertain nombre d'ouvrages ainsi que dans une foule d'études fragmentaires\nen toutes langues, parues sous forme de brochures, dans des périodiques, dans\nla presse quotidienne et dans les comptes rendus des congrès. Mais aucun\ninstrument n'existe jusqu'à présent au moyen duquel les administrations"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.9", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "publiques ou les auteurs de projets puissent mettre en accord leurs plans avec\nces principes universels. Il s'agit donc de les rassembler et de les coordonner,\npar voie d'enquête et de coopération internationale; cet « outil » serait en\nquelque sorte un code raisonné des principes généraux d'art civique ainsi\nqu'un manuel de notions et renseignements pratiques sur I*aménagement,\nl'extension et la construction des agglomérations. C'est en réunissant toutes\nles données au sujet de ce qui a été fait, dans l'univers entier, au point de\nvue urbanistique, en dégageant clairement les principes esthétiques et sociaux\nindispensables qu'on pourrait en arriver, un jour, à rattacher tous les projets\ndéjà nés ou encore à naître, au lendemain de cette guerre, au plan général\nd'aménagement de la Belgique, souhaité par le Congrès de Londres. Il y aurait\nlà un moyen pour permettre aux communes et à tous les pouvoirs publics\nintéressés à la reconstruction de la patrie à toute sa restauration, dans le\nsens le plus large du mot, d'assimiler, sous une forme accessible à tous,\nles résultats de l'expérience internationale et la somme condensée des idées et\nconnaissances actuelles en cette matière, van der Swaelmen a dressé le pro-\ngramme complet de cette vaste entreprise* a fixé même la méthode de clas-\nsification des documents et de préparation des notices et modèles. Il s'est\nlaissé guider lui-même en tout ceci par le système de classification décimale\nen usage à l'lnstitut international de bibliographie.\nCe programme-table, dont l'importance ne peut être assez mise en\nvedette, a été la principale publication du C. N. B. A. C., et si nos communes\nbelges voulaient s'en inspirer, il est certain que nous verrions enfin dans notre\npays un travail d'ensemble, basé sur des principes immuables et scientifiques,\ntenant compte des derniers progrès et des plus récentes acquisitions en\nmatière civique; ce serait la fin de tous ces projets fantaisistes dûs au caprice\nd'un chacun et laissés au hasard de conditions bien peu consciemment étu-\ndiées et qu'on regrette toujours trop tôt. Le C. N. B. publia ensuite une adap-\ntation de la capitale étude de V. Lanchester : « Civic development survey »,\ndont le but aussi est la constitution du dossier des localités, le terme de dossier\nétant pris dans son sens le plus large et englobant tout ce qui, de loin ou de\nprès, touche à la vie publique, à l'existence de la commune. Il se préoccupa\nencore de la question si vitale pour nous de la restauration des monuments\ndétruits ou abîmés par la guerre et publia notamment une enquête sur Ypres,\nrelativement à l'opportunité de reconstruire les Halles. Cette question fut\nposée aux cent vingt plus hautes personnalités artistiques et littéraires de la\nHollande et aux trente ou quarante associations techniques qui avaient com-\npétence en la matière; donc aux meilleurs architectes, archéologues, artistes,\nécrivains, historiens, savants, religieux, journalistes, hommes politiques, etc.\net leurs associations. Les réponses furent unanimes : ce référendum aboutit\nà la condamnation la plus formelle du « vieux-neuf », de la restauration en\nstyle ancien avec des matériaux nouveaux et d'après des plans nouveaux;\nla plupart des réponses conclurent même à la nécessité d'une restauration\ndes monuments anciens en style moderne. Ajoutons, du reste, qu'il s'est trouvé"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.10", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "en Hollande une fédération de toutes les sociétés d'archéologie (Neder-\nlandsche Oudheidskundige Bond) pour adopter un semblable code. Diffé-\nrents autres volumes sont en préparation. Enfin, le matériel rassemblé à\nAmsterdam, et avec quelle méthode de classification et quel ampleur de\nvues! a pu figurer, en partie, à l'Exposition de la Restauration de la Bel-\ngique, dont nous profitâmes récemment au Palais d'Egmont.\nMais venons-en au livre de van der Swaelmen, à ces « Préliminaires\nd'art civique mis en relation avec le cas clinique de la Belgique >, dont le\ntitre indique si bien la portée. Ce n'est pas un livre de guerre, heureusement,\ndonc pas une œuvre de valeur passagère et d'intérêt seulement actuel. Si pen-\ndant la guerre déjà le problème de la restauration s'était posé de bien angois-\nsante façon, si déjà à ce moment tous nous sentions le devoir d'aider à prépa-\nrer l'œuvre de reconstitution intégrale qu'il s'agissait d'entreprendre au len-\ndemain de la paix, et si donc il est vrai que van der Swaelmen aussi s'en est\npréoccupé, ce n'est pas en proposant des paliatifs ou des solutions plus ou\nmoins directes et locales, mais d'une façon plus générale et plus durable, en\nformulant un livre très beau sur l art civique même, un volume dont la\nvaleur sera tout aussi grande dans quelques années comme étude esthétique\nqu'à l'heure présente. Les résultats qu'il avait enregistrés pendant son enquête\nen tant que secrétaire général du C. N. B. A. C., les études qu'il avait faites\nde tous les grands principes et règles du « town planning », il les utilisa pour\nécrire ce livre. Le malheur avait été grand pour notre pays; il fallait qu'il nous\nprofitât et qu'après avoir souffert atrocement des ravages de la guerre, nos\nvilles ne devinssent pas victimes de ce que le critique hollandais Jan Veth a si\npittoresquement appelé les « vredesverwoestingen », les dévastations de la\npaix, entendant par là le vandalisme des édiles incompétentes ou des proprié-\ntaires intéressés, le gâchis des restaurateurs et des replâtreurs de vieux-neuf,\ndes fantaisies vétustés des archéologues et de l'utilitarisme des traceurs de\nrues, mais qu'au contraire il bénéficiât de tout ce qu'on avait fait de bien et de\nbeau, de moderne à l'étranger, afin d'y refaire non du « vieux-neuf >, mais\nd'y créer du neuf tout court, de l'art et de l'organisation appartenant à\nnotre propre temps et à notre propre génie et répondant de même à nos\nbesoins à nous.\nvan der Swaelmen ne se dissimule pas qu'une réaction forte, au lende-\nmain de la guerre, agira en sens bien opposé aux idées modernistes qu'il\npréconise et que défendent les grands comités internationaux de l'urbanisme»\n«Celui qui, s'adressant aux foules, atterrées par la douleur encore toute récente\ndes pertes éprouvées, leur dira : Consolez-vous! moi je vais vous les ren-\nN dre!, aura beaucoup de chances d être cru sur parole. Et peut-être n'aura-t-il\npas honte d'abuser la candeur des peuples en dressant une mascarade en\nvieux-neuf, inévitablement odieuse dans son effronterie dérisoire. >\nLe vieux-neuf, tel est le premier danger..."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.11", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3272, "texte": "La reconstruction hâtive, sans plan d'ensemble, sans études préalables\ndes lois régionalistes, telle est l'autre grande menace...\nC'est pour éclairer les reconstructeurs futurs, pour les mettre en garde\ncontre ces deux crimes nationaux, que van der Swaelmen a principalement\npublié son volume. Et le pubîiciste suisse,à Genève,qui a caractérisé son œuvre\ncomme suit : « ses « Préliminaires d'art civique » sont un véritable manifeste\nde l'urbanisme moderne, un éloquent plaidoyer en faveur de la beauté dans la\nCité », a fort bien saisi l'importance de son geste en cette heure critique.\nSa portée, en effet, dépasse de bien loin son utilisation possible en Bel-\ngique. Ce n'est qu'à F occasion du « cas clinique » belge que Fauteur s est mis\nà la besogne, mais en voyant plus loin. Je tiens à souligner expressément\nque c'est la première œuvre d'ensemble originale et en langue française\nparue sur Furbanisme et qu elle reste la seule jusqu'à ce jour. Tout ce qui\na été publié depuis sont des études fragmentaires. Et jamais nous n'avons\npossédé d'œuvre française aussi complète et méthodique sur ce sujet; nous\ndevions continuer d avoir recours à des auteurs anglais ou américains, et\nsurtout à des auteurs allemands, pour savoir quelque chose du « Stadtebau »\net du « Town Planning ». Bénissons van der Swaelmen d'avoir réellement\ncomblé cette lacune.\nA ce propos, j'ai lu un jour dans «De Ingénieur», l'importante revue néer-\nlandaise, un compte rendu de M. E. Jacobs, dans lequel cet éminent technicien\nexprimait surtout sa vive satisfaction de ce que le livre de L. van der Swael-\nmen ressemble si peu aux volumes techniques allemands et se distingue si\nparticulièrement par son enthousiasme et son optimisme, sa fraîcheur de forme\net d'idée, des livres arides et dogmatiques d'outre-Rhin. En même temps\n1 ingénieur hollandais s'étonnait que ce n'était pas des fameux organisateurs\ndu côté du Rhin ou de Dusseldorf que cette fois était venue la conception\npratique et organisatrice de Furbanisme; là où Camilo Sitte et Stiïbben avaient\ntraité l'architecture des villes avec des soucis uniquement esthétique, van\nder Swaelmen est venu avec un projet d'ensemble positif, dont le couronne-\nment suprême doit être la loi qui consacrera au point de vue de Furbanisme\nla subordination de l'individu à des principes généraux et civiques...\nJe ne crois pas que M. van der Swaelmen ait pu lire un éloge qui lui fut\nplus sensible. C'est une grande victoire pour lui que cet hommage à l'esprit\nfrançais et à l'initiative belge, à lui rendu par l'importante revue hollandaise.\nC est dans son livre aussi que pour la première fois a été appliqué à\nFurbanisme la méthode des sciences biologiques, et c'est encore une chose\nbien frappante. L'urbanisme pouvant être considéré comme la socio-biologie\ndes cités, il est fort utile d'appliquer à la cité la définition même de la Vie,\nsuivant la théorie biologique de Félix Le Dantec que van der Swaelmen aime\net suit avec tant de conviction : « La Cité est un organisme vivant collectif en\nvoie de continuel devenir et qui crée à chaque moment de son évolution sa\nforme spécifique par assimilation fonctionnelle ». Les auteurs qui précédem-\nment s'étaient occupé de la description des cités s'étaient contentés d em-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.12", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "ployer la méthode historico-narrative ou une méthode d'application esthé-\ntique. van der Swaelmen peut revendiquer pour lui l'honneur d'avoir été le\npremier à adapter la méthode scientifique et biologique à F étude de la science\nurbanistique. Il a démontré sa thèse admirablement là où il invoque l'exemple\nd'Amsterdam, qui ne fut mentionné par aucun auteur jusqu'ici comme type\nde conformation régulière caractéristique illustrant pas à pas la théorie biolo-\ngique. Nous assistons à un spectacle vraiment bien analysé de formation orga-\nnique, de développement vital d'une grande cité. Il y aurait d'autres exem-\nples à démontrer suivant la même méthode, celui d'Anvers, par exemple, qui\nest des plus typiques aussi, et il est à souhaiter que van der Swaelmen s'en\ncharge un jour, quand il consacrera un volume spécial à la biologie des villes.\nEn somme, ce qu'il a voulu dans ses « Préliminaires », cest poser le\nproblème dans sa sphère philosophique, biologique et esthétique, en pleine\nvie, au-dessus des unilatéraux soucis par lesquels se laissent guider presque\ntoujours les constructeurs de villes, puis analyser les faits et, troisièmement,\nen extraire, dans la récapitulation et les conclusions générales, ainsi qu'en\nconclusion de chaque chapitre, quelques directives d'ordre universel, en vue\nde leur application aux cas concrets de la reconstruction belge. Il a ainsi réuni\nles éléments d'une doctrine générale de la science urbanistique, dont l'Ency-\nclopédie, avec sa série de monographies à l'infini, doit être le creuset en per-\npétuelle ébullition, et dont un jour il voudra bien lui-même, espérons-le,\nformuler le dogme.\nLe livre est très rempli, et les idées s'y pressent et s'y agglomèrent. Le\nrésumer est chose fort difficile, car le plan méthodique d'après lequel il est\ndressé rend fort délicat un développement partiel de ses principes. Tâchons\ncependant de donner un très succinct aperçu de quelques-unes des idées géné-\nratrices de F œuvre.\nLes thèses considérables de Fauteur sont au nombre de quatre :\nque le véritable « principe fondamental de classification > des notions\nurbanistiques est le principe fonctionnel, la Cité considérée comme un orga-\nnisme vivant collectif, toutes les autres méthodes de classification des élé-\nments d'agrégation de la Cité pouvant se ranger sous ce principe synthétique;\nque « Furbanisme », Fart civique, lequel doit rassembler et régénérer\ntous les autres arts architecture, peinture et sculpture monumentales, art\ndes jardins est susceptible de favoriser, avec le temps, Féclosion d'une\nhaute conscience civique communément partagée, capable à son tour d'en-\ngendrer un mode ou style nouveau dans l'architecture et les arts apparentés,\ndont le modernisme actuel, particulièrement significatif aux Pays-Bas et aux\nEtats-Unis d'Amérique, apporte les prodromes incontestables;\nque, de même qu'à toutes les grandes époques la puissance de Fentité\ncivique ou nationale s'est exprimée en de « grands ensembles monumentaux »\ndans l'ordonnance urbaine, aujourd'hui où règne l'idée de la ville-jardin et\ndes réserves de verdure, le parc public monumental moderne, encore à naître,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.13", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "1 s v\nsaura devenir à son tour F occasion génératrice de grands ensembles urbains\nsymbolisant à nouveau la puissance municipale;\nenfin, que dans l'œuvre de reconstitution des cités détruites ou endom-\nmagées « deux phases distinctes » apparaissent : 1 ° le « cas clinique » aigu de\nla reconstruction et les mesures transitoires que la situation comporte; 2e l'or-\nganisation définitive de l'inspection du développement civique des régions et\nlocalités, à décréter d'intérêt public et à sanctionner par la loi.\nLa voirie avait été jusqu'à présent l'unique préoccupation des traceurs\nde villes, van der Swaelmen n'en diminue point l'importance. Mais à côté de\nroutes directes, larges et adoptées au trafic local, la ville a d'autres besoins.\nElle n'est pas seulement un centre utilitaire de commerce et de circulation, elle\ndoit être un centre civique. A cet égard elle doit donc posséder des ensembles\nurbains, où les citoyens prennent conscience de leur solidarité, où ils s'initient\nà la grandeur de leur cité, où ils peuvent se rencontrer en un amour et une\nadmiration communs. Tel était le forum des villes célèbres de l'antiquité, tel\nétait le marché des villes du Moyen âge, tel était le parc de Le Nôtre, pour le\nXVIIe siècle. Tel est encore l'ensemble civique parfait que constitue le parc de\nBruxelles avec le palais royal et le palais de la Nation, les rues Royale, Ducale\net de la Loi et les places Royale et des Palais qui l'environnent. Tel est aussi,\nà Paris, l'ensemble eurythmique des boulevards suggéré par Haussmann.\nLa ville doit posséder aussi des parcs et squares, des espaces libres con-\nsidérables, des cités-jardins et des quartiers industriels plantés et aérés...\nLa question si éminemment sociale du logement populaire est dans tout\ncela un élément prépondérant, van der Swaelmen y voit le fondement de\ntoute urbanistique future.\nIl affirme encore que le régionalisme est la véritable école du traceur de\nvilles. L'étude systématique des relations physionomiques entre les districts,\nle pays, et les cités, est le grand principe inspirateur de l'architecte, en ce\nqu'elle le rend apte à démêler les intimes correspondances entre la nature,\nles êtres et les choses et à découvrir et respecter par la suite les grands rythmes\nqui relient et organisent ces relations. Il exige des sources d'information com-\nplètes : cartes et guides, statistiques, tableaux de passages et d'intérieur, cartes\npotales illustrées, photographies, diagrammes, etc.\nToutes les notions se tiennent très étroitement dans ce système, comme\non le voit : la nature et l'homme, et dans lè site naturel la cité que l'homme\ns'est construite et où se développent ses besoins de plus en plus complexes.\nSi de tels principes sont adoptés plus tard, la Patrie sortira grandie et\nembellie et consolidée de l'épreuve...\nLe livre de M. van der Swaelmen a donc une triple portée résultant l'une\nde l'autre : « une portée patriotique, une portée esthétique et une portée\nscientifique ».\nEt ce n'est pas une des moindres attractions de son livre que de concilier\nfort harmonieusement deux éléments qu'on nous avait habitués à considérer\ncomme ennemis : les soucis de beauté et d'esthétique totale avec les exigences"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.14", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "scientifiques et les préoccupations sociales; et la statistique même devient\nvivante dans ce livre, jusque belle et fort éloquente. C'est un disciple de\nVerhaeren qui nous parle, du reste, un homme qui a fort bien compris toute\nla splendeur moderne du travail et de la démocratie, du grand trafic et de\n1 industrie fiévreuse, des automobiles et des aéroplanes, et qui déjà les incor-\npore dans la cité...\n11 écrit avec beaucoup d éloquence, en une langue parfois bien belle,\nbien qu'un peu trop touffue, avec beaucoup de foi et d'enthousiasme. Et c'est\nchose bien réconfortante que de lire ce livre, en ce moment où bien souvent\non est tenté de douter de l'avenir de notre pays, lorsqu'on voit les gaffes qui\ns'accumulent, les bévues qui s'enchaînent, les sottises qui se commettent.\n\nAndré DE RIDDER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c004", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.4", "titre_corps": "Supplément au n° 9 de LA CITÉ, 1920", "titre_sommaire": "Supplément au n° 9 de LA CITÉ, 1920", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 108, "texte": "PLANCHE XVII\nTour de Veere\nd'après un dessin à la plume de\nJean DE LIGNE\nSupplément au n° 9\nde LA CITÉ, 1920"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c005", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.5", "titre_corps": "Supplément au n° 9 de LA CITÉ, 1920.", "titre_sommaire": "Supplément au n° 9 de LA CITÉ, 1920.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 115, "texte": "PLANCHE XVIII\nTour de Lisseweghe\nd'après un dessin à la plume de\nJean DE LIGNE\nSupplément au n° 9\nde LA CITÉ, 1920."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c006", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "185", "page_fin": "187", "image_debut": 17, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.6", "titre_corps": "L'Edifice et le Milieu", "titre_sommaire": "L'Edifice et le Milieu", "signature_source": "Adolphe DERVAUX ; C. T", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.17", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3059, "texte": "L'Edifice et le Milieu\npar Adolphe DERVAUX\n\n(D\nIl y a lieu de recommander la lecture de cet ouvrage, fort bien écrit, inté-\nressant par son sujet tout d'actualité, instructif par la précision et l'origina-\nlité de ses aperçus. L auteur débute en adjurant ceux à qui incombent les\ninnovations, dans la tâche de la reconstruction, d'être sincères. Comme il a\nraison! et quelle heureuse entrée en matière pour Ai livre qui s adresse à la\ngrande masse anonyme des bâtisseurs, à cette multitude irresponsable. « Les\nconstructeurs, dit-il, ne déguiseront pas une cité industrielle en lieu de villé-\ngiature. » Et que l'on s'inspire donc, à cet effet, des conditions du climat,\nde la nature du sol, tant au point de vue du pittoresque qu'à celui des maté-\nriaux qu'offre la production locale. « Ne vous ingéniez pas, dit-il, à substituer\n1 enduit peint à la pierre ou à la terre-cuite apparentes ». Ceci nous conduit\nau chapitre des préjugés qui veulent certaines constructions obligatoirement\ndécoratives, tandis que d'autres, exclusivement utilitaires, doivent être sim-\nplement laides. L'auteur s'élève contre ces vocables employés improprement\net fait remarquer que toute bâtisse conçue en tenant un compte intelligent,\nrationnel, de sa destination, doit fatalement être belle et décorative, en dépit\nde ses fins utilitaires. Et ce lui est une occasion de nous rappeler les qualités\nrequises de l'architecte, dont le goût et l'esprit pratique doivent aller de pair.\nToutes ces idées sont illustrées d'exemples historiques bien choisis, d'évoca-\ntions saisissantes des gloires de 1 architecture. « La devise de 1 archiecture\nsaine et complète, c'est : « le Vrai, le Beau, l'Utile », à condition toutefois\nque ces inséparables qualités soient envisagées simultanément et qu aucune\nd elles ne soit réalisée aux dépens des autres «.\nAprès ces éloquentes pages liminaires, l auteur entre dans le vif de son\nexposé et examine méthodiquement ce qu'il appelle la technique générale des\nvilles, emploi des sites et des édifices, composition des ensembles. 11 envisage\nsuccessivement le paysage en général, le climat, le choix des matériaux, la\nnature du sol, les conditions du milieu social, le régionalisme dans ses réali-\nsations.\nSuivant qu'elles se sont formées au fond d'une vallée, sur une\nau bord de la mer ou d'un lac, au milieu d'une forêt, à proximité d'exploita-\ntions agricoles, industrielles, ou dans un site choisi spécialement en raison\nde sa salubrité, les villes se sont peuplées et développées de façons différentes.\nLes apports humains déterminés par les débouchés que permet la situation\ngéographique de la cité influent sur la composition de celle-ci. Il en résulte\ndes mélanges de race qui déterminent, de concert avec les nécessités climato-\nlogiques, l'aspect architectonique de l'agglomération. En des chapitres sépa-\nrés, chaque cas est examiné à la lumière d exemples abondants qui dénotent\nune saine érudition» La France et la Belgique urbanistes sont ainsi passées en\n\n(I ) Editions Ernest Leroux, 28, rue Bonaparte, Paris."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.18", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "revue; et, d'un crayon sûr et délicat» les beautés originales en sont\nnotées. Mais, au cours du voyage qu'il nous fait faire, Fauteur n'a, hélas! que\nde trop fréquentes occasions de déplorer l'envahissement des plus beaux coins\npar une « soudaine et opulente architecture » de villes d'eau et autres stations\nde villégiature à palaces et casinos. Ce qui ne l'empêche pas de prévoir la pro-\nchaine nécessité de créer de nouvelles résidences estivales à l'usage du peuple\nqui, lui aussi, a besoin d'un repos annuel au grand air. Et il accompagne cette\nprédiction du souhait de ne pas voir copier, en mauvais matériaux, le luxe\nmaccesible des « reines des plages ». A ce propos, n'y a-t-il pas une mélancolie\nà se représenter l'Europe au temps où il n'y aura plus un coin de nature invio-\nlée où aller se réfugier contre la vie contemporaine?\nA signaler aussi une critique très judicieuse de la loi dite de protection\ndes paysages, laquelle loi, sacrifiant la beauté de certaines banlieues de petites\nvilles à celle des campagnes, ne tend à rien moins qu'à l'encerclement des\ncités par une muraille d'affiches.\nAprès ces considérations générales, nous trouvons un examen raisonné\ndes facteurs les plus importants dont l'urbaniste doit tenir compte : le soleil,\nles vents, la pluie, la neige, l'altitude. 11 faudrait tout citer de ces pages rem-\nplies d'aperçus ingénieux qui ouvrent aux architectes un champ fécond en\ninnovations salutaires. Je note, en passant, cette maxime que je donne à\nméditer aux bâtisseurs : Tout ce qui est utile à l'homme a le droit de possé-\nder la beauté.\nDu chapitre consacré à la nature du sol, on me permettra d'extraire ces\nlignes qui en résument les tendances :\n« 11 est remarquable que, des siècles durant, on ait su conserver les qua-\nlités de rationalisme et la beauté à des régions particularistes utilisant les\nmatériaux de leur sol, tandis que la laideur a inévitablement surgi chaque fois\nque 1 on a voulu imiter, au moyen de produits de revêtement, des matériaux\ninexistants dans la contrée. Le simili, copie fausse de la matière, partage le\nsort du pastiche, copie abusive de la forme ». v\nJ abuse, malgré moi, des citations; aussi me contenterai-je d'attirer l'at-\ntention sur les pages relatives aux conditions esthétiques du béton armé, tant\ndécrié, paraît-il, par les bourgeois esthètes.\nUne des parties les plus intéressantes est celle qui traite des voies de com-\nmunication. L auteur s'y élève contre le dégagement sans raison des grands\nédifices et aussi contre le redressement souvent puéril des vieilles artères de\nnos capitales. Les vastes parvis et les voies rectilignes, lorsqu'ils ne sont pas\nimposés par les plus impérieux besoins de la circulation, constituent une\ndéplorable hérésie esthétique dont Fauteur développe toutes les fâcheuses\nconséquences. Evitons, dit-il, des « embellissements » de ce genre.\nLe chapitre intitulé : « La démographie » nous met en garde contre le\npastiche des styles périmés, si glorieux soient-ils. Eh oui! c est Féternelle ques-\ntion de notre pauvreté d'imagination nous ramenant sans cesse aux maîtres\nd autrefois. Cependant, ne se trouve-t-il personne pour traduire en beauté les"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.19", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "aspirations contemporaines et continuer ainsi l'évolution en restant digne des\nancêtres? Rester dans la tradition nous écartera toujours de la copie, dit l'au-\nteur, car la tradition est essentiellement évolutive. Il faut donc s'inspirer de\nl'exemple du passé» non pour le copier, mais pour se convaincre de la néces-\nsité d'être de son temps, du XXe siècle, de l'ère de la victoire mécanicienne,\nselon l'expression du sociologue Pierre Hamp. Et aussi, qu'il y ait quelque\ncohésion dans l'effort qui doit nous unir dans l'œuvre de la reconstruction.\nUne entente entre plusieurs communes rurales voisines s'impose pour l'édifica-\ntion, à frais communs, de ces établissements d'utilité publique dont, indivi-\nduellement, elles ne pourraient supporter toute la charge. Que d'avantages à\nretirer de cette communion, en ce qui concerne l'enseignement, la voirie, la\ndirection morale dont le besoin se fait sentir aujourd'hui jusque dans les pro-\nvinces les plus reculées; et aussi, quelle économie de personnel, de transports,\nde matériaux, etc.\nDans le chapitre des édifices voisins et du paysage immédiat, nous appre-\nnons que ce n'est guère que depuis 150 ans que l'on constate un déplorable\nrelâchement dans le mode de construire un immeuble ou une ville, un obscur-\ncissement dans le clair génie de l'architecture. Un besoin maladif d'originalité\nà tout prix, une mégalomanie d'épiciers enrichis pousse les propriétaires à\nélever des villas normandes sur la côte d'Azur et des palais grecs dans la ban-\nlieue de Londres. Est-ce que des architectes-conseils, armés au besoin d'un\nmandat officiel, n'auraient pas bien mérité de la patrie s'ils parvenaient à dé-\ntourner désormais les dits épiciers de la réalisation de leurs desseins incongrus?\nPlus loin, établissant avec un goût très éclairé la différence entre la\nmonotonie et la symétrie dans le tracé des rues et des places, Fauteur rappelle\nces paroles de Montesquieu : « Les choses que nous voyons successivement\ndoivent avoir de la variété; celles que nous apercevons d'un coup d'œil, de la\nsymétrie. »\nEnfin, les pages consacrées à l'aménagement et à l'extension des agglo-\nmérations nous proposent, par mesure d'hygiène, le déplacement vers la péri-\nphérie nouvelle des établissements insalubres que Faggrandissement de la cité\na englobés dans des quartiers devenus centraux. Le terrain laissé libre par la\ndémolition de ces immeubles indésirables sera toujours profitablement trans-\nformé en parcs et plaines de jeux.\nEn ce qui concerne la reconstruction des cités détruites, on nous montre\nF inanité des « conceptions de cabinet », en insistant sur la nécessité d'établir\ndes plans subordonnés aux facteurs géographique, économique, et, en géné-\nral, à tous les desiderata d'un sain régionalisme.\nEt le livre se termine par cette exhortation d'une si haute moralité artis-\ntique :\n« Pour relever les ruines et améliorer ce qui subsiste, renouons la filiation\navec Fart laïque né au XIIe siècle sur notre sol, répandu glorieusement à tra-\nvers toute l'Europe et dissout au XVIe siècle par l'invasion italienne. »\n\nC. 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M. Henri Baudin, dont nous reproduisons ci-dessous un article paru\ndans La Feuille de Genève, n'est d'ailleurs pas un inconnu chez nous, où ses\nécrits et tout particulièrement le magistral ouvrage qu'il a consacré à l'archi-\ntecture des écoles, lui ont attiré bien des sympathies.\nLa nécessité de la réforme de l'enseigne-\nment architectural est indiscutable. Il suffit\nde jeter un regard autour de soi pour en être\nconvaincu. Les auteurs, unanimes, se lamen-\ntent avec raison sur la déchéance des pro-\nductions contemporaines, car notre époque\nse trouve en face d'un art impuissant et dé-\ngénéré. Parlant du XIXe siècle, Fierens-Ge-\nvaert dit : « La Science détachée de la réa-\nlité, conduisait les architectes à l'impuissance\nfunèbre. Ils élevaient partout les tristes\ntombeaux de leur art. » L'architecture n est\npresque plus qu'une « expression archéolo-\ngique », écrit Guadet. Enfin, s'écrie M. de\nBaudot : « L'architecture est morte, les ar-\nchitectes l'ont tuée! »\nLa cause de la faillite de F architecture\nmoderne tient à un vice radical de constitu-\ntion qui réside en premier lieu dans un ensei-\ngnement en contradiction absolue avec les\nexigences actuelles. Et s il n'y a qu'une mino-\nrité d'architectes à la hauteur de leur profes-\nsion, cela tient encore à l'enseignement, qui\nest de deux sortes. D'un côté, nous voyons\nl'enseignement dit « académique », caracté-\nrisé par un développement en surface plus\nqu'en profondeur» un savoir littéral et livres-\nque, une orientation vers des données pure-\nment abstraites et spéculatives, le dédain du\ncaractère pratique et du métier» un esprit\ntourné exclusivement vers les programmes\nabstraits et monumentaux, la croyance aux\ntrucs et aux recettes. La superstition de l'an-\ntiquité, les hautes spéculations de l'esprit,\ndes métaphysiciens, les images habiles, un\nenseignement exclusivement artistique. Et\nI on a des architectes-artistes,faits pour vivre\ndans l'absolu, un grand nombre de ceux qui\nsortent de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris,\ncette école dont Camille Mauclair a dît :\n« Elle prend des naïfs et elle rend des ma-\nlins ». D'un autre côté, nous voyons rensei-\ngnement « rationaliste » qui se caractérise\npar le développement du côté scientifique,\nraisonné et mathématique, par un matéria-\nlisme désséchant et vide de vie, un manque\ntotal d'imagination, un asservissement aux\nformules et aux calculs rigides; un enseigne-\nment exclusivement scientifique. Et Ton a\ndes architectes-ingénieurs, ou plutôt, plus\nsimplement, des ingénieurs, des bâtisseurs\nd'oeuvres vides de beauté.\nLes premières études aboutissent à un\nidéal trompeur, les secondes à un terre-à-\n-terre décevant; les élèves, qu'ils soient ar-\nchitectes-artistes ou architectes-ingénieurs,\ns'aperçoivent, mais un peu tard, au contact\nde la vie et des réalités, qu ils n'ont pas été\narmés en vue des exigences de leur temps.\nUne réforme est donc nécessaire. Tous les\navis éclairés sont unanimes sur ce point.\nCependant, l'influence académique, le res-\npect conventionnel des choses de F Etat, la\nforce des préjugés, la peur des innovations®\nla routine d'une partie du personnel ensei-\ngnant, l'ignorance des administrations» enfin,\nl'indifférence de F opinion publique, empê-\nchent tout changement de régime, et, conti-\nnuant sa marche, F enseignement de F archi-\ntecture suit les ornières et les chemins bat-"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.21", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 4414, "texte": "tus. Et cependant, la création d'un enseigne-\nment rénové et rationnel d'architecture\nétabli sur des bases modernes qui ferait\nune juste part à la raison et au sentiment,\nprésente à l'heure actuelle un intérêt d'une\nhaute importance. 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Pour avoir une utilité, il doit\ndonc préparer des élèves pour la vie, en vue\nde 1' exercice de la profession qui les attend.\nL'idée ne vaut que selon l'expérience ou la\nvie, selon Léon Werth; cela revient à dire\nqu'une connaissance n'a de valeur que si l'on\nsait s'en servir. Il est donc nécessaire de ten-\ndre à un enseignement « professionnel », en\ncontact permanent avec la réalité, avec la\npratique, en un mot avec la vie. Abandon-\nnant l'instruction purement livresque, ab-\nstraite et spéculative, il faut recourir à un\nenseignement réaliste, positif et concret, en-\nchaîner étroitement, unir indissolublement,\nla théorie, la technique et la pratique qui se\ncomplètent en se prêtant de mutuelles lu-\nmières, mais en ayant toujours en vue que\nla pratique doit constituer le fond solide, la\nbase de l'enseignement nouveau. 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Du\nreste, l'architecture, comme les autres arts,\ns'acquiert rarement par une théorie puisée\ndans un livre ou un enseignement, il s'ac-\nquiert par l'imitation, par l'usage, par la pra-\ntique..\nEn faisant ainsi circuler la vie dans les\nformes scolastiques, on donne à l'enseigne-\nment sa pleine valeur et l'on met les élèves\nen mesure de matérialiser leur pensée et de\ntrouver les solutions particulières des pro-\nblèmes de notre époque et de l'avenir.\nUn véritable enseignement sera-t-il artis-\ntique ou scientifique, à votre point de vue,\nme direz-vous? 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La\nvieillesse, leur dit-on, est une présomption\nde beauté, parce que nos pères avaient des\ntraditions, des principes, et qu'une chose\nvieille, même si elle n'est pas une merveille,\nconstitue un document historique.\nJe ne suis pas bien sûr que les têtes de bois\naient été convaincues; mais à force de les\ninjurier ou de les amadouer, elles ont fini\npar laisser vivre et mourir en paix un tas de\nchoses antiques qu'elles auraient autrefois\nvoué au feu ou à la pioche.\nSeulement, les voilà qui vont un peu fort.\nIl y avait cette grande boucherie dont la\nprincipale qualité était d'être vieille. Per-\nsonne ne demandait qu'on la détruisit : le\nfeu s'en chargea et découvrit sur son empla-\ncement une placette charmante qui fait très\nfiante bonne vieille Grande Boucherie. Trop\nde zèle, Messieurs, trop de zèle!\nbien dans le pourtour de la Grand' Place.\nEt voilà les dites têtes de bois qui veulent\nrefaire à neuf à neuf! cette insigni-\nFauti-il vous redire que l'antiquité n'est\nqu'une « présomption » de beauté du\nvieux-neuf on ne peut dire autant et que\nla Grande Boucherie n'a jamais eu la splen-\ndeur de Reims, du Parthénon et des Halles\nd'Ypres, dont les ruines sacrées méritent\nqu'on les laisse telles quelles. Bruxelles est\nune ville empoisonnée par les architectes,\net ils embrouillent les notions les plus saines.\nLe culte du vieux pour le vieux ne vaut\npas mieux que le neuf à tout prix. Nos têtes\nde bois n'achètent sans doute pas de lit ou\nd'armoire qui n'ait deux siècles d'âge et n'ait\nnourri et hébergé des générations de punai-\nses!\nC'est ce qu'avait compris, semble-I—il, le\nConseil communal et l'on croyait l'affaire\ndans le sac, quand on annonça un retour\noffensif des têtes de bois.\nLa Grande Boucherie reconstituée sera un\nlieu de pèlerinage où nous irons vérifier les\ndieux du cocasse et de l'absurde, dieux qui,\ncomme on sait, ont des têtes de bois!"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c008", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "188", "page_fin": "190", "image_debut": 20, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.7.1", "titre_corps": "Pour devenir bon architecte", "titre_sommaire": "Pour devenir bon architecte", "signature_source": "Henri BAUDIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.20", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "Pour devenir bon architecte\n\nAu moment où la réforme de nos instituts d'enseignement de l'architecture\nest si vivement discutée, et met en conflit les aspirations des jeunes avec\nïesprit de routine de ceux qui ont des situations acquises, il n est pas sans\nintérêt iïécouter ïavis d'un architecte étranger des plus estimés dans son\npays. M. Henri Baudin, dont nous reproduisons ci-dessous un article paru\ndans La Feuille de Genève, n'est d'ailleurs pas un inconnu chez nous, où ses\nécrits et tout particulièrement le magistral ouvrage qu'il a consacré à l'archi-\ntecture des écoles, lui ont attiré bien des sympathies.\nLa nécessité de la réforme de l'enseigne-\nment architectural est indiscutable. Il suffit\nde jeter un regard autour de soi pour en être\nconvaincu. Les auteurs, unanimes, se lamen-\ntent avec raison sur la déchéance des pro-\nductions contemporaines, car notre époque\nse trouve en face d'un art impuissant et dé-\ngénéré. Parlant du XIXe siècle, Fierens-Ge-\nvaert dit : « La Science détachée de la réa-\nlité, conduisait les architectes à l'impuissance\nfunèbre. Ils élevaient partout les tristes\ntombeaux de leur art. » L'architecture n est\npresque plus qu'une « expression archéolo-\ngique », écrit Guadet. Enfin, s'écrie M. de\nBaudot : « L'architecture est morte, les ar-\nchitectes l'ont tuée! »\nLa cause de la faillite de F architecture\nmoderne tient à un vice radical de constitu-\ntion qui réside en premier lieu dans un ensei-\ngnement en contradiction absolue avec les\nexigences actuelles. Et s il n'y a qu'une mino-\nrité d'architectes à la hauteur de leur profes-\nsion, cela tient encore à l'enseignement, qui\nest de deux sortes. D'un côté, nous voyons\nl'enseignement dit « académique », caracté-\nrisé par un développement en surface plus\nqu'en profondeur» un savoir littéral et livres-\nque, une orientation vers des données pure-\nment abstraites et spéculatives, le dédain du\ncaractère pratique et du métier» un esprit\ntourné exclusivement vers les programmes\nabstraits et monumentaux, la croyance aux\ntrucs et aux recettes. La superstition de l'an-\ntiquité, les hautes spéculations de l'esprit,\ndes métaphysiciens, les images habiles, un\nenseignement exclusivement artistique. 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Et Ton a\ndes architectes-ingénieurs, ou plutôt, plus\nsimplement, des ingénieurs, des bâtisseurs\nd'oeuvres vides de beauté.\nLes premières études aboutissent à un\nidéal trompeur, les secondes à un terre-à-\n-terre décevant; les élèves, qu'ils soient ar-\nchitectes-artistes ou architectes-ingénieurs,\ns'aperçoivent, mais un peu tard, au contact\nde la vie et des réalités, qu ils n'ont pas été\narmés en vue des exigences de leur temps.\nUne réforme est donc nécessaire. 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Quatre sessions pléniè-\nres seront tenues dans le Hall central, à\nWestminster.\nPour le dimanche 6 juin, des services di-\nvins spéciaux sont prévus pour les Congres-\nsistes.\nLe samedi 5 juin, et du lundi 7 au vendre-\ndi 1 1 juin, inclusivement, une série de visi-\ntes seront faites aux centres les plus impor-\ntants pour étudier sur place les nouvelles ha-\nbitations actuellement bâties sous le régime\nde la loi de juillet 1919.\nLe Congrès sera clôturé par une réception\nou un dîner dans la soirée du vendredi\n1 1 juin.\nSujets discutés par le Congrès. 1° Me-\nsures d'après-guerre, ayant un caractère na-\ntional concernant Y habitation et le plan ur-\nbain et rural.\nDans cette section, le Congrès passera en\nrevue la situation actuelle d'après-guerre,\nconcernant la législation dans les différents\npays. 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Ils\ncomprendront, de plus, les nationaux des\npays neutres suivants :\nNorwège, Suède, Danemark, Hollande,\nSuisse, Espagne, et les républiques neutres de\nF Amérique du Sud.\nSeront membres du Congrès :\na) Les représentants officiels des Gouver-\nnements désignés ci-dessus;\nb) Les représentants des principales auto-\nrités municipales de ces pays;\nc) Les représentants des différentes socié-\ntés de ces mêmes pays, directement intéres-\nsés aux progrès de l'habitation et du plan ur-\nbain et rural;\nd) Les personnalités les plus éminentes\nqui ont contribué à créer le mouvement de la\nréforme de l'habitation et du plan urbain et\nrural.\nOrganisation du Congrès. - L*organisa-\ntion du Congrès, comme en 1907, au Con-\ngrès International tenu à Londres, est con-\nfiée au Conseil National de l'habitation et du\nplan urbain et rural. 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Ces cartes les autoriseront\nà participer aux visites aux différents centres,\nau même titre que les membres du Congrès.\nNe pourront participer aux visites que les\nmembres officiels du Congrès et les membres\nhonoraires indiqués ci-dessus.\nBureaux du Congrès. Bureaux du Con-\ngrès, 41, Russel Square, London, W. C. I.\nL'Union des Villes, 3bis, rue de la Ré-\ngence, à Bruxelles, centralise les adhésions\npour la Belgique.\n\nLE PROBLEME DE L'HABITAT OU-\nVRIER.— SON IMPORTANCE SOCIALE.\nLa construction d'habitations ouvrières\nsur une grande échelle ne peut plus être re-\ntardée. La restauration morale de notre pays\nen dépend. M. Carton de Wiart le signalait\ndernièrement dans un article du « Soir »,\nen commentant ces paroles récentes du Car-\ndinal Mercier :\n« N'ayons de cesse, que nous n'ayons ob-\ntenu pour les ouvriers, de nos législateurs,\nune maison salubre et, si possible, un coin\nde terre. Les réduits où des ménages étouf-\nfent et s'étiolent sont une honte pour notre\nsociété civilisée... Nous rendons hommage à\nl'effort qui nous a donné une loi pour la ré-\npression de l'alcoolisme. Quand, enfin, en\nviendra-t-il une qui pourvoie à l'hygiène des\nhabitations ouvrières? »\nEt 1' ancien ministre de la Justice ajoute :\n« Il faut bien reconnaître que jusqu'au-\njourd'hui cette grande question sociale de\nl'habitation non seulement de I habita-\ntion ouvrière, mais de l'habitation à bon\nmarché n'a pas été aussi favorablement\nrésolue par nos pouvoirs publics que les\nproblèmes relatifs à la réglementation du\ntravail ou même aux risques d'accident et\nde vieillesse. Si les progrès des institutions\net les progrès de la science ont profondé-\nment amélioré depuis plus d'un siècle, les\nconditions de la vie matérielle de la masse,\net nivelé, dans une certaine mesure, les jouis-\nsances des individus, à quelque classe so-\nciale qu'ils appartiennent, cette amélioration,\nqui est évidente pour la nourriture, le\nvêtement, 1 éclairage et pour les conditions\ngénérales du travail, l'est beaucoup moins\nlorsqu'il s'agit d'un besoin aussi universel\net primordial que celui du logement. La de-\nmeure des classes riches s'est métamorpho-\nsée. Celle des paysans est plus confortable\nque jadis. Mais le logis des ouvriers et ar-\ntisans des villes est demeuré pour la\ngrande majorité d'entre eux aussi défec-\ntueux, sinon plus défectueux que dans le\npassé, sous le rapport de la place, de l'air\net de l'hygiène. Michelet disait avec raison :\n« De toutes les fleurs, la fleur humaine nst\ncelle qui a le plus besoin de soleil. » A ceux\nqui veulent savoir par quelle ironie cruelle\nla réalité répond à cette parole, nous con-\nseillons une promenade dans certains quar-\ntiers populeux de notre Grand-Bruxelles.\nIls y trouveront, en dépit de toutes les me-\nsures, très louables, prises par la ville et\nplusieurs faubourgs, de nombreuses familles\nde sept, huit, neuf et même dix personnes\nobligées de dormir sous un même plafond.\nCes taudis ne valent pas mieux, au point\nde vue hygiénique, que ceux d'il y a deux\ncents ou trois cents ans. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c011", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "191", "page_fin": "193", "image_debut": 23, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.8.1", "titre_corps": "Congrès interallié", "titre_sommaire": "Congrès interallié", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.23", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "Congrès interallié\nLes séances du Congrès auront lieu dans\nle Hall Central Westminster, et seront ac-\ncompagnées d une série de visite dans des\nvilles et villages anglais pour l'étude des\nhabitations construites sous le régime de la\nloi de juillet 1919.\nLes travaux du Congrès s'étendent sur\nune période de neuf jours, commençant le\njeudi 3 juin et finissant le vendredi 1 1 juin.\nDeux journées, les 3 et 4 juin, seront con-\nsacrées à la mise au point de la marche des\ntravaux du Congrès. Quatre sessions pléniè-\nres seront tenues dans le Hall central, à\nWestminster.\nPour le dimanche 6 juin, des services di-\nvins spéciaux sont prévus pour les Congres-\nsistes.\nLe samedi 5 juin, et du lundi 7 au vendre-\ndi 1 1 juin, inclusivement, une série de visi-\ntes seront faites aux centres les plus impor-\ntants pour étudier sur place les nouvelles ha-\nbitations actuellement bâties sous le régime\nde la loi de juillet 1919.\nLe Congrès sera clôturé par une réception\nou un dîner dans la soirée du vendredi\n1 1 juin.\nSujets discutés par le Congrès. 1° Me-\nsures d'après-guerre, ayant un caractère na-\ntional concernant Y habitation et le plan ur-\nbain et rural.\nDans cette section, le Congrès passera en\nrevue la situation actuelle d'après-guerre,\nconcernant la législation dans les différents\npays. 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LA SECTION\nHOLLANDAISE A L'EXPOSITION DE\nLA RECONSTRUCTION. On nous si-\ngnale que nous avons attribué par erreur à\nM. l'architecte Noorlander le « Plan d'un\ncomplexe de 3,000 habitations au nord\nd'Amsterdam » que nous avons reproduit\ndans le numéro 4 et 5 de «La Cité». Ce plan\nd'agrandissement de la partie nord du\nBuiksloterham a été élaboré au contraire\npour la division des bâtiments du service des\ntravaux publics de la ville d'Amsterdam, par\nl architecte dirigeant cette division sous la\ndirection de M. Bos, directeur des travaux\npublics de la ville d'Amsterdami. L'erreur\nd'attribution qui s'est produite est imputable\nà un glissement de fiches lors de la manuten-\ntion en vue de la photographie. Il n'y a là\nqu'un petit accident dû à la fatalité et dont\npersonne n'est réellement responsable. Il est\ndonc asquis que ce n'est pas M. Noorlander\nqui est l'auteur de ce remarquable projet,\nmais on serait heureux de connaître le nom\nde l'auteur véritable q.ui n'est malheureuse-\nment pas mentionné sur le cadre.\nLA CRISE DE L'ART MODERNE.\nUne revue qui porte le titre bien féminin\nd'Eve, poursuit en ce moment une enquête\nsur la Rénovation des arts appliqués. Après\navoir interrogé Louis Sue et Paul Follot,\nc'est à Maurice Dufrène qu'elle s'adresse.\nLes anciens lecteurs «d'Art et Technique»\nse souviendront de l'élégance avec laquelle\nce maître du meuble et du bibelot manie la\nplume. Virtuosité qui lui permet, sans cesser\nd'être galant de dire à ses aimables lectrices\nde rudes vérités. Voici quelques reflexions\nbien exactes sur la crise de l'Art moderne :\n€ Nous vivons, « Eve », en une époque\nétrange; quiconque émet des idées moder-\nnes fait des gestes modernes, conçoit ou réa-\nlise des œuvres modernes, passe pour un\nanormal. On l'observe, le discute, l'interroge\net, se reculant un peu, on dit en le toisant :\n« Ah! Monsieur est moderne! Comment\npeut-on être moderne? »\nVous me demandez, « Eve », si candi-\ndement que je n'en suis que charmé *—\npourquoi, comment et depuis quand je suis\nmoderne. Ne prenez point ma réponse pour\nune impertinence je suis moderne parce\naue je suis.\nNotre défaut, notre grand défaut, Voyez-\nvous? est de ne pas être modernes tous, avec\nsimplicité, de ne pas faire même du moder-\nnisme comme M.Jourdain faisait de la prose,\nsans nous en apercevoir.\nNous perdons beaucoup de temps à ana-\nlyser nos sensations et nos idées. Nous\navons, en ce siècle, la maladie de la disséca-\ntion, nous disséquons nos cerveaux, nos\nâmes, nos cœurs et nos corps et nous tirons\nvanité de l'exposé privé ou public de nos\nanalyses. Cela nous conduit à chercher bien\nplus à intéresser et à étonner qu'à vouloir\nrendre service ou faire plaisir tout simple-\nment. On vise à être original, on ambitionne\nd'être « un cas ». Je décline près de Vous\nThonneur d'en être un. Ce n'est point parmi\nnous, les modernistes, que vous devriez cher-\ncher les exceptions, les « cas », mais bien\nplutôt parmi ceux qui ne le sont pas.\nLes anormaux, les curiosités, ce sont, à\nmon avis, du moins, ceux qui se baignent,\ns'habillent, se soignent, se chauffent, s'éclai-\nrent, voyagent, téléphonent, dansent beau-\ncoup, et pensent peu, comme en\n1920, et se meublent comme en 1645, en\n1 792 ou en 1807. >\nUN BUREAU D'ETUDE DES MATE-\nRIAUX. Grâce à la générosité d'un Amé-\nricain, M. Bemis, de Boston, « La Renais-\nsance des Cités » de Paris est à même de\ncréer une Commission d'études des procédés\ndes matériaux de remplacement. Les travaux\nde cette commission seront, nous n'en dou-\ntons pas, d'une grande utilité pour aider à\nrésoudre la très délicate question de l'emploi\ndes agglomérés.\nUNE MAISON TRANSPORTABLE.\nLes procédés modernes de construction\nrapide se sont, comme bien l'on pense, mul-\ntipliés depuis l'armistice. Le revue « Art et\nDécoration », qui les passe succintement ©n\nrevue en signale un qui ne manque certes pas\nd'originalité, et qui est exploité en France\npar la firme d'aéroplanes de Gabriel Voi-\nsin. Imaginez, dit l'auteur de l'article auquel"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.27", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "nous empruntons ces renseignements que\nvous possédez une maison composée d'un\nseul rez-de-chaussée recouvert d'une toiture\nà deux pentes. Vous voulez la transporter;\nque ferez-vous? Rien, probablement, car\nvous avez une construction des plus hétéro-\ngènes. Eh bien, Gabriel Voisin coupe la\nsienne par tranches de largeur convenable,\npose chacune d'elles sur une remorque et\nemmène le tout. Arrivé sur le terrain choisi,\nil suffit de décharger ces fractions de mai-\nsons, puis de les réunir en faisant un tout ho-\nmogène à l'aide de plusieurs boulons, opé-\nration achevée en quelquees heures.\nVotre habitation est terminée : les papiers\nsont collés, les tentures clouées, les meubles\nen place, les armoires garnies de linge, la\nbatterie de cuisine prête à être utilisée.\nL'opération du montage eçt la seule que Y on\nait effectuée sur place. Tout est préparé en\natelier, la maison en trois parties prête à\nêtre habitée.\nOn n'a pu obtenir ce résultat qu'en met-\ntant en œuvre des matériaux jusqu'à présent\nà peu près inemployés dans le bâtiment. Les\nparois extérieures et la toiture de cette mai-\nson sont en tôle, les parois intérieures en bois\ncontreplaqué. Des tubes d'acier jouent leur\nrôle de colonnettes dans cette ossature par-\nfaitement rigide. Le parement extérieur est\nparfois orné de dessins obtenus par embou-\ntissage, parfois il est recouvert de déchets de\nliège qui adhèrent fort bien sur la surface\nlisse de la tôle à l'aide d'un vernis très ré-\nsistant. Tout cet ensemble a d'ailleurs un\naimable aspect dû au talent des architectes\nNoël et Patoux, qui ont su tirer un effet ar-\ntistique de matériaux que l'on méprise si\nprofondément à l'ordinaire.\nLes reproductions qui complètent cette\ndescription montrent que cette idée originale\nn'est plus du domaine des rêves et à trouvé\ngrâce à d'habiles architectes, une expression\naussi artistique que pratique.\nEXPOSITION BRITANNIQUE DU\nBOIS DE CONSTRUCTION EN 1920.\nLe Department of Overseas Trade organise\nune exposition de bois de construction pro-\nvenant des forêts britannique, qui aura lieu\nau Holland Park Skating Rink de Londres,\ndu 5 au 1 7 juillet 1920. Le but principal de\nl'Expositiion est de faire connaître aux archi-\ntectes, aux inspecteurs forestiers, aux firmes\nfaisant usage de bois de construction ainsi\nqu'aux consommateurs directs, toutes les es-\npèces de bois provenant des forêts de l'Em-\npire britannique et spécialement les espèces\nde bois qui jusqu'à présent ne sont que peu\nconnues en Grande-Bretagne. En même\ntemps, l'Expositiion démontrera les usages\nprincipaux auxquels ces bois peuvent servir.\nL'exposition comprendra :\na) des spécimens de bois;\nb) des articles démontrant les usages di-\nvers auxquels les bois sont appropriés, c'est-\nà-dire des planchers, lambris, escaliers, meu-\nbles, et articles d'usages courant;\nc) Pâte de bois.\nPour tous renseignements, s'adresser au\nSecrétariat Commercial de l'Ambassade Bri-\ntannique, 8, rue Belliard, Bruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-03-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-03_01#c014", "volume": "bmtnaac_1920-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "196", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.2.10", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.28", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3597, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nRevues\nLE BULLETIN MENSUEL DE LA SO-\nCIETE CENTRALE D'ARCHITECTURE\nDE BELGIQUE a fait peau neuve depuis\njanvier et paraît sous les couleurs vertes de\n1 espérance. Serait-ce un renouveau? Nous y\napplaudirions volontiers.\nSignalons dans le numéro de janvier une\ncorrespondance échangée au sujet du pro-\nblème d'Ypres entre MM. Rosenboom et\nDhuicque dans laquelle celui-ci fait entendre\nune émouvante protestation contre les pro-\njets de reconstruction. Le numéro d'avril\ndonne d'ailleurs, du même, un exposé com-\nplet de la question. On trouvera dans ce\nmême numéro une intéressante étude de\nM. Puissant sur les matériaux.\nLE BULLETIN DE L'OFFICE DES RE-\nGIONS DEVASTEES est, comme on le sait,\nune source précieuse d'information pour tous\nceux qui sont mêlés à la réparation des dom-\nmages de guerre.\nLe fascicule II (février 1920) donne tous\nles détails concernant le nouveau pro-\ngramme de reconstruction du gouverne-\nment : Reconstruction par l'Etat des immeu-\nbles privés endommagés et détruits par les\nfaits de la guerre.\nLe fascicule 111 fait connaître les dimen-\nsions de modèles de portes et fenêtres que\nl'Office des régions dévastées mettra en\nvente dans les magasins communaux. Les\narchitectes sont invités à en prévoir l'usage.\nL'on trouvera dans la même publication\nune carte de la Flandre indiquant toutes les\ncommunes adoptées et les ressorts des Hauts\nCommissaires Royaux. Document précieux\npour ceux qui doivent pouvoir trouver leur\nchemin dans le dédale des divisions admi-\nnistratives.\n« DE BOUWGIDS » consacre dans son\nnuméro de février un article dû à la plume\nd'Edward Léonard au Monument édifié par\nles internés belges en Hollande d'après les\nplans de l'architecte Huib. Hoste. Il y\napporte le témoignage d'admiration de\nmaint écrivain hollandais pour cette belle\nœuvre d'art moderne.\nLe numéro de mars nous laisse voir une\nsérie intéressante d'illustrations extraites de\nl'Annuaire de l'Association néerlandaise des\nmétiers d'art; donne un commentaire du pro-\njet primé au concours pour la reconstruction\ndu centre de Lierre.\n\nLivres\n« L'EDIFICE ET LE MILIEU », le livre\nde M. Adolphe Dervaux auquel un de nos\ncollaborateur consacre dans ce même nu-\nméro un article, est le premier volume de\nla collection « Urbanisme » qui se publie\nsous la direction de M. Léon Rosenthal. Les\nvolumes de cette collection formeront plu-\nsieurs séries : série théorique; série techni-\nque; série pratique; série hygiène; série des\nréalisations. On nous annonce dès à présent\nune étude de M. Charles Brun sur le Régio-\nnalisme; un écrit de Jaussely sur l'Etude\nd'un plan de ville; d'Abercrombie sur l'Ur-\nbanisme en Angleterre et bien d'autres\nétudes intéressantes.\nAGENDA DU BETON ARME, 1920, à\nl'usage des ingénieurs, architectes, construc-\nteurs, entrepreneurs, etc., par V. Muzak,\ningénieur des Ponts et Chaussées. Bruxelles,\nrue de la Loi, 50. 18 francs.\nCet agenda est, en fait, un formulaire très\ncomplet et très précieux pour tous ceux qui\nont à s'occuper du béton armé et par consé-\nquent pour la plupart des architectes. Certes,\nbien d'entre eux s'effrayeront à la vue des\nformules qu'on y trouve. L'auteur s'est ce-\npendant imposé la tâche difficile quand on\ntraite de ces matières, de se mettre au niveau\nde ceux qui n'ont pas fait d'études appro-\nfondies en mathématiques. 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H'ÊRNFLLSTEENS\nCHAUSSÉE AE LFL HULPE , 220 «254\n3QiTSPÛRT(E;T/in&1\nTEL\nI . .V\n&\nm\nCQ..\nKm-\n?S\n- VLZ^LA\nm\n'Bit'i a\ny.\nla&r s\n■JPz\n- I\ni-l\nQD\nP\nIW\n«* '\nni\n=.—JE\nSERRES 55nraî[l1fll|FFflEE5 POUR COUCHES\nILOFIBREUSES DISTINUTIORIS AUX EXPDSITIOHS\n\nConstructions en bois et en acier\nil Maisons démontables A\nJos. BOEL 4 Zonen\nà T amise\n*> 1\nAdresse téiérf».t BOELWERF Tamise\nTéléphone Tamise 10"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.3", "texte": "REVUE MENSUELLE BELGE\nLA CITÉ\nURBANISME m ARCHITECTURE ® ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES RÉGIONS DÉVASTÉES\nVe ANNÉE\nCE NUMÉRO RENFERME 2 PLANCHES HORS-TEXTE\nNUMÉRO 9\nLA CITÉ\nMARS 1920\n\nLe rôle économique et social des Tours\n\nLa « reconstruction » réclame certaines études préalables, et, au moment\noù Ton va devoir reconstruire les tours des églises détruites et où l'on parle\nmême de relever les beffrois moyenâgeux, je crois qu'il est utile de montrer\nsuccinctement quel rôle ces constructions ont eu et quel rôle elles pourront\navoir encore.\nEn cherchant à dégager ces rôles des différentes expressions architectu-\nrales, on ouvre encore un nouveau foyer de lumière à ceux qui, demain, rebâ-\ntiront.\nDans notre aperçu, nous ne considérons les tours ni au point de vue de\n1 époque précise de leur construction, ni au point de vue de leur style. Celui-ci\nest secondaire et n est, pour ce qui nous concerne, qu'un habillage indépendant\nde 1 évolution de la masse structurale; mais nous considérons celle-ci au point\nde vue du rôle social et économique qu'elle a rempli.\nLes tours ont été construites pour élever et abriter les cloches de fort\nvolume lorsqu'elles firent leur apparition. Sur cette raison d'être sont venues\ns en greffer d'autres qui ont transformé les masses de l'édifice : elles étaient\nd ordre social et d'ordre économique.\nC'est une nécessité générale et dominante qui, à certaine époque, a fait\nconverger les expressions architecturales : les donjons, les clochers et les bef-\nfrois, vers des éléments structuraux à peu près identiques. Ces trois sortes de\ntours, d'accès difficile et munies d'échauguettes, sont devenues un guet et un\ndernier refuge dans les agglomérations urbaines naissantes et ont permis à\ncelles-ci de survivre et de se développer."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.4", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nLes tours ont donc été un véritable axe autour duquel les premières orga-\nnisations urbaines ont pu s'aggréger et se former en « Droit urbain ».\nEncore aujourd'hui, dans les campagnes, les clochers indiquent au loin\nles groupements d'hommes régis par ce droit qui a évolué. Cette idée de réu-\nnion d êtres, évoquée par les clochers, est toujours émouvante, surtout dans\nles contrées peu peuplées.\nEn Flandre, les tours aux structures carrées et massives répondent par-\nfaitement à cet esprit de bornes et sont facilement visibles à Y horizon d'un\npays plat.\nCette nécessité ne se faisait pas sentir dans la région valonnée ou monta-\ngneuse, où un massif de maçonnerie même important aurait été caché par les\nplis du terrain qui facilitaient, au contraire, la perception de clochers plus\ndélicats et plus fins protégés des vents violents.\nOn peut remarquer l'emploi de masses de maçonnerie imposantes pour\nles tours qui ont eu, plus spécialement et outre leur caractère religieux, la mis-\nsion de signaler l'entrée des ports ou l'embouchure des fleuves.\nLes grosses tours de Sainte-Anne-ter-Muyden, de Lisseweghe et de\nDamme délimitaient le Zwyn aux bateaux qui se rendaient à Bruges. Le\nbeffroi de Bruges fut surélevé à l'époque du grand mouvement du port. Les\nlarges tours de Westkapelle et de Veere, dans l'île de Walcheren, ont joué un\nrôle à peu près identique; la première, à la pointe occidentale de l'île, indi-\nquait l'entrée de l'Escaut et la seconde signalait le port de la ville de Veere\nà l'époque de son apogée.\nA Nieuport, lorsque la mer se retira et s'éloigna de la ville et de son\nclocher, on construisit, au bord du chenal, une tour afin d'en annoncer l'en-\ntrée.\nCette tour (* ), qui se dégageait de toutes autres significations et qur se\ndébarrassait de sa fonction communale ou religieuse, devint une construction\nspéciale à rôle unique.\nLe phare abandonna les cloches dont il n'avait pas usage, les remplaça\npar des feux et appropria sa structure supérieure à cet effet.\nA Malmoe, en Suède, lors de l'exposition nationale de 1914, on éleva\nun campanile. Cette construction, par sa hauteur, indiqua aux navires étran-\ngers qui suivaient la voie maritime du détroit, l'endroit où des échantillons des\nproduits de l'industrie et de l'activité de l'homme étaient réunis et exposés,\nafin de favoriser l'échange international économique.\nLe campanile s'éleva en un seul jet, sans contrefort, dans une belle\nexpression d'architecture moderne, simple et robuste, correspondant ainsi à\nl'atmosphère de l'activité intense de l'industrie et du commerce.\n\n(*) Elle fut détruite par des bombardements successifs de la grosse artillerie alle-\nmande, en 1915.\n»"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.5", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\n11 faut remarquer que les endroits où avaient eu lieu les grandes foires\ndu moyen âge avaient été également indiqués par une tour : les beffrois res-\npectifs des communes marchandes et les campaniles des villes commerçantes\nitaliennes. Ce n'est pas inspiré par un esprit de tradition que Ton éleva le cam-\npanile de Malmoe, mais parce qu'il y eut, à des époques très distantes, simi-\nlitude de faits économiques.\nAprès la destruction des bourgades par les premières invasions, les agglo-\nmérations rurales et urbaines se sont reformées sur les bases d'une coopéra-\ntion défensive.\nAujourd'hui, nous aurions voulu voir le regroupement des villes et des\nvillages complètement détruits se refaire — guidé par une idée pratique de\ncoopération économique, réclamée par la situation générale des pays.\nL'édifice central, tels qu'avaient été le château ou l'église, aurait abrité\nles locaux et les annexes d'une coopérative de consommation ou d'une coopé-\nrative agicole. Et, pour entretenir l'esprit de communauté d'intérêts et pour\nrappeler à chaque individualité que son effort collaborerait à l'effort commun,\nun beffroi coopératif, cette fois, aurait été élevé.\nSa structure logique aurait abandonné les mâchicoulis et les échauguettes\ndu beffroi communal et se serait dressée en une silhouette neuve.\nDans un des numéros du « Mouvement communal », M. Otlet\nenvisageait la création d'une ville internationale. Ce centre essentiel-\nlement moderne n'aura pas l'étroitesse de relations que les villes à clochers\nou à beffrois avaient eue.\nLes relations et la rapidité de ces relations avec le monde entier seront les\nfacteurs vitaux de la ville internationale. La tour répondra encore à ces besoins\net, à nouveau,, elle sera l'axe de ce milieu social évolué. Pour cela elle aura\nà abandonner les cloches aux ondes trop peu puissantes et elle aura à les rem-\nplacer par les appareils vibrateurs de la télégraphie sans fil.\nLa construction nécessaire adaptera sa structure à sa fonction internatio-\nnale et aux exigences de l'électricité et... telles, seront les tours futures.\n\nJean DE LIGNE, architecte."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.6", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nUn Urbaniste belge : Louis van der Swaelmen\nLes “Préliminaires d'Art civique„ et l'activite du C.N.B.A.C.\n\nM. Louis van der Swaelmen n'était certes pas un inconnu avant la\nguerre, dans les milieux d'architectes et de peintres principalement. Il avait\nfait partie du comité du « Plus grand Bruxelles », il avait publié un excellent\nguide pour la Foret de Soignes, il avait signé différents articles très intéres-\nsants dans diverses revues et enfin et surtout il avait déjà donné comme\nartiste créateur, dans sa branche d'art même, qui est l'architecture des jardins,\nla très belle œuvre que sont les parcs du château de Mailhard, sans parler d'en-\ntreprises moindres mais pour cela pas moins remarquables; citons encore le\nparfait plan de reconstruction des jardins de la Cambre dont il avait suscité\nla généreuse idée. Mais si déjà la paix l'avait animé d'une ardeur de tra-\nvail très puissante et s'exerçant en bien des domaines, d'un goût très sûr et\nd une énergie toujours éveillée, ce fut l'épreuve de la guerre cependant qui,\ntout en révélant son existence à un public plus étendu que celui des spécia-\nlistes, l'incita lui-même à agrandir son domaine d'action, à se dépenser plus\nque jamais, avec une ardeur inlassable et un esprit de persévérance dignes\nde nos plus grands éloges, et à se dévouer à une vaste œuvre, en même temps\nd'art et de patriotisme. C'est pendant son exil de Hollande qu'il nous a\ndonné les deux manifestations les plus caractéristiques et les plus fécondes\nde son existence, je présume. J'ai eu le bonheur de connaître van der Swael-\nmen à Amsterdam et de pouvoir, en tant qu'ami, en Jtant qu'artiste et en\ntant que Belge désireux, moi aussi, de me consacrer à la cause générale,\nm'intéresser de près à son activité si multiple et si fervente.\nEt ce fut un double acte civique de grande valeur qu'il commit en écri-\nvant d'une part l'admirable livre qu'il intitule « Préliminaires d'art civique »\net en se consacrant d'autre part, quotidiennement, à la constitution d'abord,\nà la direction ensuite du « Comité néerlando-belge d'art civique ». Ces deux\nœuvres se tiennent par des liens si directs que je ne puis songer à rendre\ncompte ici du volume de van der Swaelmen, sans rappeler d'abord ce que\nfut et ce que réalisa le « Comité néerlando-belge d'art civique », dont il eut\nl'initiative, au lendemain de la Conférence de Londres. Les résolutions de\ncette conférence, si importante au point de vue de l'urbanisme belge, formu-\nlées par M. le Ministre Helleputte lui-même et votées à l'unanimité par l'as-\nsemblée, laquelle était composée de techniciens et d'artistes de chez nous en\nmême temps qu'alliés ou appartenant aux nations neutres, avaient fort bien\ndéfini les grandes lignes de la tâche à accomplir pour la reconstruction de la\nBelgique. C'est sous l'impulsion de l'indignation générale créée par la destruc-\ntion systématique de nos anciennes villes d'art, par les dommages infligés à\ntant de nos cités et de nos villages, par l'amoncellement des ruines à travers"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.7", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\ntoute la Belgique que cette Conférence se réunit, en février 1915, à l'initia-\ntive de l'Union internationale des Villes, pour préparer l'œuvre de notre res-\ntauration, pour établir les assises spirituelles et préparer les moyens documen-\ntaires nécessaires en vue de reconstituer le pauvre pays martyre, tout de suite\naprès la guerre, pour ne pas retarder le nouvel essor qu'on escomptait déjà,\ndans l'univers entier.\nLes résolutions de Londres, qui reçurent par la suite la consécration d'un\narrêté-loi (25 août 1915, « Moniteur belge » des 18-24 septembre 1915),\ndéterminèrent les directives de l'œuvre que le Comité néerlando-\nbelge allait, de son coté, entreprendre, pour faire suite à l'initiative de la\nConférence et développer ses conséquences. A l'issue de cette Conférence, un\néchange de vues qui eut lieu à La Haye entre M. Emile Vinck, l'éminent\nsénateur, directeur de l'Union des Villes et Communes belges et de l'Union\ninternationale des Villes, M. P. Otlet, secrétaire général de l'Union des Asso-\nciations internationales, et M. L. van der Swaelmen, fortifia chez ces patriotes\nla conviction que la contribution des Pays-Bas pouvait constituer un appoint\nconsidérable à la préparation des études qu'on avait décidé d'entamer. Les\nPays-Bas sont les premiers, en effet, à pouvoir faire état d'une école d'archi-\ntecture moderniste aussi profondément autochtone et puissante que celle\ndont il nous a encore été donné d'admirer les effets à la récente Exposition\nde la Reconstruction. L'art architectural y est puissamment développé et au\ncourant du temps. On y poursuit un idéal esthétique trèS avancé et qui pou-\nvait donc former une excellente base pour l'urbanistique nouvelle que notre\npays avait à appliquer, s'il voulait faire répondre sa restauration aux exi-\ngences des temps nouveaux et aux aspirations de la génération présente.\nDans le domaine de l'urbanisme proprement dit, la Hollande a également\nréalisé depuis des années des innovations qui sont encore inconnues chez\nnous et ailleurs; c'est ainsi qu'ils sont un des seuls pays d'Europe ayant imposr\nl'élaboration régulière de plans d'extension pour les villes et villages; a\nl'instar de l'Angleterre, ils possèdent donc ce « Town Planning Act » indis-\npensable, que nous ne cessons de réclamer.\nCes messieurs savaient du reste le sentiment de douleur et de pitié qui\ns était emparé des intellectuels hollandais, aussi bien que de tout le peuple,\nlorsqu'avait éclaté le conflit armé dont la Belgique fut immédiatement la\nvictime; lorsque l'on vit à Louvain les trésors inestimables accumulés au\ncours des siècles devenir la proie des flammes, les artistes de Hollande ont\nfait entendre une mémorable protestation.\n. Aussi lorsque les patriotes belges qui eurent l'idée de la création d'un\ncomité consultatif pour la reconstruction de la Belgique vinrent faire appel\nau concours des artistes et techniciens des Pays-Bas pour coopérer à l'étude\ndu problème qui se posait pour les cités détruites ou endommagées de notre\npays, trouvèrent-ils leurs confrères hollandais tout prêts à seconder de tout\nleur pouvoir cette initiative. A la suite de leurs démarches fut organisé un\ncomité d étude qui prit le nom de « Comité néerlando-belge d'art civique » et"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.8", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nqui se composa de MM. P. Otlet, l'illustre architecte Berlage, assumant les\nfonctions de président, F ingénieur-architecte Cuypers, le professeur Henri\nEvers et Louis van der Swaelmen, secrétaire général-directeur du comité,\nauquel vinrent s'adjoindre plus tard comme secrétaires l'architecte hollan-\ndais Jan Pauw et l'architecte belge Hubert Hoste, et plus tard encore le signa-\ntaire du présent article.\nLe « Comité néerlando-belge » s'organisa en connexion avec l'Union\ninternationale des Villes et reconnut aussi, tout de suite, la nécessité d'associer\nson activité à celle des autres comités fondés en Angleterre dans le même\nbut, celle du « Belgium Town Planning » Committee >, issu de la Conférence\nde Londres, de F « International Garden-Cities and Town Planning Associa-\ntion », du « Town Planning Institute > et du « Royal Institute of British Arehi-\ntects ». Désirant encore étendre cette contribution mondiale à l'étude du\nproblème urbanistique et civique belge, le C. N. B. A. C. s'efforça, à son tour,\nde promouvoir la constitution de comités internationaux. Répondant à cet\nappel, différents groupements se constituèrent, tels aux Etats-Unis une délé-\ngation du « American Society of Landscape architects », en Suisse le comité\n€ Pour la reconstruction des\" villes », au Danemark la société « Akademisk\narchitekt forening» ou surgirent spontanément comme la «Commission d'étude\nfranco-belge » (Ecole supérieure d'art public, au Musée social); tous ces\ncomités internationaux d'art civique agirent de concert et formèrent avec\nl'Union internationale des Villes une puissante organisation documentaire.\nCar il doit être bien entendu que le but qu'envisagèrent les initiateurs de\ncette vaste entreprise fut un but purement intellectuel. Ils se laissèrent guider\nen toutes matières par le principe : « la reconstruction de la Belgique aux\nBelges » et ne désirèrent donc s'assurer de la part de l'étranger qu'une col-\nlaboration strictement morale. Toute entreprise d'ordre commercial ou finan-\ncier fut, par le fait même, exclue du champ d'action tant du C. N. B. A. C.\nque de celui des autres comités groupés par l'Union internationale des Villes.\nLe C. N. B. exista trois années, van der Swaelmen en fut l'âme et la\ncheville ouvrière du premier jour au dernier et je sais combien lourde fut la\ntâche qui lui incomba. Son bureau du Ryksmuseum à Amsterdam devint un\nvéritable centre de documentation internationale au point de vue de l'art\ndu « town planning », un vaste asile de toutes les matières premières dont un\njour il espère faire ou voir sortir l'encyclopédie des villes, un laboratoire\naussi où il prépara déjà le programme-table des matières de cette encyclopé-\ndie des villes et de l'art civique, base de l'œuvre à réaliser de toutes parts.\nCette table est le commentaire des principes fondamentaux de Fart des villes\net un guide analytique pour l'étude comparée des connaissances internatio-\nnales relatives à l'urbanisme. Nous trouverons ces principes épars dans un\ncertain nombre d'ouvrages ainsi que dans une foule d'études fragmentaires\nen toutes langues, parues sous forme de brochures, dans des périodiques, dans\nla presse quotidienne et dans les comptes rendus des congrès. Mais aucun\ninstrument n'existe jusqu'à présent au moyen duquel les administrations"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.9", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\npubliques ou les auteurs de projets puissent mettre en accord leurs plans avec\nces principes universels. Il s'agit donc de les rassembler et de les coordonner,\npar voie d'enquête et de coopération internationale; cet « outil » serait en\nquelque sorte un code raisonné des principes généraux d'art civique ainsi\nqu'un manuel de notions et renseignements pratiques sur I*aménagement,\nl'extension et la construction des agglomérations. C'est en réunissant toutes\nles données au sujet de ce qui a été fait, dans l'univers entier, au point de\nvue urbanistique, en dégageant clairement les principes esthétiques et sociaux\nindispensables qu'on pourrait en arriver, un jour, à rattacher tous les projets\ndéjà nés ou encore à naître, au lendemain de cette guerre, au plan général\nd'aménagement de la Belgique, souhaité par le Congrès de Londres. Il y aurait\nlà un moyen pour permettre aux communes et à tous les pouvoirs publics\nintéressés à la reconstruction de la patrie à toute sa restauration, dans le\nsens le plus large du mot, d'assimiler, sous une forme accessible à tous,\nles résultats de l'expérience internationale et la somme condensée des idées et\nconnaissances actuelles en cette matière, van der Swaelmen a dressé le pro-\ngramme complet de cette vaste entreprise* a fixé même la méthode de clas-\nsification des documents et de préparation des notices et modèles. Il s'est\nlaissé guider lui-même en tout ceci par le système de classification décimale\nen usage à l'lnstitut international de bibliographie.\nCe programme-table, dont l'importance ne peut être assez mise en\nvedette, a été la principale publication du C. N. B. A. C., et si nos communes\nbelges voulaient s'en inspirer, il est certain que nous verrions enfin dans notre\npays un travail d'ensemble, basé sur des principes immuables et scientifiques,\ntenant compte des derniers progrès et des plus récentes acquisitions en\nmatière civique; ce serait la fin de tous ces projets fantaisistes dûs au caprice\nd'un chacun et laissés au hasard de conditions bien peu consciemment étu-\ndiées et qu'on regrette toujours trop tôt. Le C. N. B. publia ensuite une adap-\ntation de la capitale étude de V. Lanchester : « Civic development survey »,\ndont le but aussi est la constitution du dossier des localités, le terme de dossier\nétant pris dans son sens le plus large et englobant tout ce qui, de loin ou de\nprès, touche à la vie publique, à l'existence de la commune. Il se préoccupa\nencore de la question si vitale pour nous de la restauration des monuments\ndétruits ou abîmés par la guerre et publia notamment une enquête sur Ypres,\nrelativement à l'opportunité de reconstruire les Halles. Cette question fut\nposée aux cent vingt plus hautes personnalités artistiques et littéraires de la\nHollande et aux trente ou quarante associations techniques qui avaient com-\npétence en la matière; donc aux meilleurs architectes, archéologues, artistes,\nécrivains, historiens, savants, religieux, journalistes, hommes politiques, etc.\net leurs associations. Les réponses furent unanimes : ce référendum aboutit\nà la condamnation la plus formelle du « vieux-neuf », de la restauration en\nstyle ancien avec des matériaux nouveaux et d'après des plans nouveaux;\nla plupart des réponses conclurent même à la nécessité d'une restauration\ndes monuments anciens en style moderne. Ajoutons, du reste, qu'il s'est trouvé"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.10", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nen Hollande une fédération de toutes les sociétés d'archéologie (Neder-\nlandsche Oudheidskundige Bond) pour adopter un semblable code. Diffé-\nrents autres volumes sont en préparation. Enfin, le matériel rassemblé à\nAmsterdam, et avec quelle méthode de classification et quel ampleur de\nvues! a pu figurer, en partie, à l'Exposition de la Restauration de la Bel-\ngique, dont nous profitâmes récemment au Palais d'Egmont.\nMais venons-en au livre de van der Swaelmen, à ces « Préliminaires\nd'art civique mis en relation avec le cas clinique de la Belgique >, dont le\ntitre indique si bien la portée. Ce n'est pas un livre de guerre, heureusement,\ndonc pas une œuvre de valeur passagère et d'intérêt seulement actuel. Si pen-\ndant la guerre déjà le problème de la restauration s'était posé de bien angois-\nsante façon, si déjà à ce moment tous nous sentions le devoir d'aider à prépa-\nrer l'œuvre de reconstitution intégrale qu'il s'agissait d'entreprendre au len-\ndemain de la paix, et si donc il est vrai que van der Swaelmen aussi s'en est\npréoccupé, ce n'est pas en proposant des paliatifs ou des solutions plus ou\nmoins directes et locales, mais d'une façon plus générale et plus durable, en\nformulant un livre très beau sur l art civique même, un volume dont la\nvaleur sera tout aussi grande dans quelques années comme étude esthétique\nqu'à l'heure présente. Les résultats qu'il avait enregistrés pendant son enquête\nen tant que secrétaire général du C. N. B. A. C., les études qu'il avait faites\nde tous les grands principes et règles du « town planning », il les utilisa pour\nécrire ce livre. Le malheur avait été grand pour notre pays; il fallait qu'il nous\nprofitât et qu'après avoir souffert atrocement des ravages de la guerre, nos\nvilles ne devinssent pas victimes de ce que le critique hollandais Jan Veth a si\npittoresquement appelé les « vredesverwoestingen », les dévastations de la\npaix, entendant par là le vandalisme des édiles incompétentes ou des proprié-\ntaires intéressés, le gâchis des restaurateurs et des replâtreurs de vieux-neuf,\ndes fantaisies vétustés des archéologues et de l'utilitarisme des traceurs de\nrues, mais qu'au contraire il bénéficiât de tout ce qu'on avait fait de bien et de\nbeau, de moderne à l'étranger, afin d'y refaire non du « vieux-neuf >, mais\nd'y créer du neuf tout court, de l'art et de l'organisation appartenant à\nnotre propre temps et à notre propre génie et répondant de même à nos\nbesoins à nous.\nvan der Swaelmen ne se dissimule pas qu'une réaction forte, au lende-\nmain de la guerre, agira en sens bien opposé aux idées modernistes qu'il\npréconise et que défendent les grands comités internationaux de l'urbanisme»\n«Celui qui, s'adressant aux foules, atterrées par la douleur encore toute récente\ndes pertes éprouvées, leur dira : Consolez-vous! moi je vais vous les ren-\nN dre!, aura beaucoup de chances d être cru sur parole. Et peut-être n'aura-t-il\npas honte d'abuser la candeur des peuples en dressant une mascarade en\nvieux-neuf, inévitablement odieuse dans son effronterie dérisoire. >\nLe vieux-neuf, tel est le premier danger..."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.11", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nLa reconstruction hâtive, sans plan d'ensemble, sans études préalables\ndes lois régionalistes, telle est l'autre grande menace...\nC'est pour éclairer les reconstructeurs futurs, pour les mettre en garde\ncontre ces deux crimes nationaux, que van der Swaelmen a principalement\npublié son volume. Et le pubîiciste suisse,à Genève,qui a caractérisé son œuvre\ncomme suit : « ses « Préliminaires d'art civique » sont un véritable manifeste\nde l'urbanisme moderne, un éloquent plaidoyer en faveur de la beauté dans la\nCité », a fort bien saisi l'importance de son geste en cette heure critique.\nSa portée, en effet, dépasse de bien loin son utilisation possible en Bel-\ngique. Ce n'est qu'à F occasion du « cas clinique » belge que Fauteur s est mis\nà la besogne, mais en voyant plus loin. Je tiens à souligner expressément\nque c'est la première œuvre d'ensemble originale et en langue française\nparue sur Furbanisme et qu elle reste la seule jusqu'à ce jour. Tout ce qui\na été publié depuis sont des études fragmentaires. Et jamais nous n'avons\npossédé d'œuvre française aussi complète et méthodique sur ce sujet; nous\ndevions continuer d avoir recours à des auteurs anglais ou américains, et\nsurtout à des auteurs allemands, pour savoir quelque chose du « Stadtebau »\net du « Town Planning ». Bénissons van der Swaelmen d'avoir réellement\ncomblé cette lacune.\nA ce propos, j'ai lu un jour dans «De Ingénieur», l'importante revue néer-\nlandaise, un compte rendu de M. E. Jacobs, dans lequel cet éminent technicien\nexprimait surtout sa vive satisfaction de ce que le livre de L. van der Swael-\nmen ressemble si peu aux volumes techniques allemands et se distingue si\nparticulièrement par son enthousiasme et son optimisme, sa fraîcheur de forme\net d'idée, des livres arides et dogmatiques d'outre-Rhin. En même temps\n1 ingénieur hollandais s'étonnait que ce n'était pas des fameux organisateurs\ndu côté du Rhin ou de Dusseldorf que cette fois était venue la conception\npratique et organisatrice de Furbanisme; là où Camilo Sitte et Stiïbben avaient\ntraité l'architecture des villes avec des soucis uniquement esthétique, van\nder Swaelmen est venu avec un projet d'ensemble positif, dont le couronne-\nment suprême doit être la loi qui consacrera au point de vue de Furbanisme\nla subordination de l'individu à des principes généraux et civiques...\nJe ne crois pas que M. van der Swaelmen ait pu lire un éloge qui lui fut\nplus sensible. C'est une grande victoire pour lui que cet hommage à l'esprit\nfrançais et à l'initiative belge, à lui rendu par l'importante revue hollandaise.\nC est dans son livre aussi que pour la première fois a été appliqué à\nFurbanisme la méthode des sciences biologiques, et c'est encore une chose\nbien frappante. L'urbanisme pouvant être considéré comme la socio-biologie\ndes cités, il est fort utile d'appliquer à la cité la définition même de la Vie,\nsuivant la théorie biologique de Félix Le Dantec que van der Swaelmen aime\net suit avec tant de conviction : « La Cité est un organisme vivant collectif en\nvoie de continuel devenir et qui crée à chaque moment de son évolution sa\nforme spécifique par assimilation fonctionnelle ». Les auteurs qui précédem-\nment s'étaient occupé de la description des cités s'étaient contentés d em-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.12", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nployer la méthode historico-narrative ou une méthode d'application esthé-\ntique. van der Swaelmen peut revendiquer pour lui l'honneur d'avoir été le\npremier à adapter la méthode scientifique et biologique à F étude de la science\nurbanistique. Il a démontré sa thèse admirablement là où il invoque l'exemple\nd'Amsterdam, qui ne fut mentionné par aucun auteur jusqu'ici comme type\nde conformation régulière caractéristique illustrant pas à pas la théorie biolo-\ngique. Nous assistons à un spectacle vraiment bien analysé de formation orga-\nnique, de développement vital d'une grande cité. Il y aurait d'autres exem-\nples à démontrer suivant la même méthode, celui d'Anvers, par exemple, qui\nest des plus typiques aussi, et il est à souhaiter que van der Swaelmen s'en\ncharge un jour, quand il consacrera un volume spécial à la biologie des villes.\nEn somme, ce qu'il a voulu dans ses « Préliminaires », cest poser le\nproblème dans sa sphère philosophique, biologique et esthétique, en pleine\nvie, au-dessus des unilatéraux soucis par lesquels se laissent guider presque\ntoujours les constructeurs de villes, puis analyser les faits et, troisièmement,\nen extraire, dans la récapitulation et les conclusions générales, ainsi qu'en\nconclusion de chaque chapitre, quelques directives d'ordre universel, en vue\nde leur application aux cas concrets de la reconstruction belge. Il a ainsi réuni\nles éléments d'une doctrine générale de la science urbanistique, dont l'Ency-\nclopédie, avec sa série de monographies à l'infini, doit être le creuset en per-\npétuelle ébullition, et dont un jour il voudra bien lui-même, espérons-le,\nformuler le dogme.\nLe livre est très rempli, et les idées s'y pressent et s'y agglomèrent. Le\nrésumer est chose fort difficile, car le plan méthodique d'après lequel il est\ndressé rend fort délicat un développement partiel de ses principes. Tâchons\ncependant de donner un très succinct aperçu de quelques-unes des idées géné-\nratrices de F œuvre.\nLes thèses considérables de Fauteur sont au nombre de quatre :\nque le véritable « principe fondamental de classification > des notions\nurbanistiques est le principe fonctionnel, la Cité considérée comme un orga-\nnisme vivant collectif, toutes les autres méthodes de classification des élé-\nments d'agrégation de la Cité pouvant se ranger sous ce principe synthétique;\nque « Furbanisme », Fart civique, lequel doit rassembler et régénérer\ntous les autres arts architecture, peinture et sculpture monumentales, art\ndes jardins est susceptible de favoriser, avec le temps, Féclosion d'une\nhaute conscience civique communément partagée, capable à son tour d'en-\ngendrer un mode ou style nouveau dans l'architecture et les arts apparentés,\ndont le modernisme actuel, particulièrement significatif aux Pays-Bas et aux\nEtats-Unis d'Amérique, apporte les prodromes incontestables;\nque, de même qu'à toutes les grandes époques la puissance de Fentité\ncivique ou nationale s'est exprimée en de « grands ensembles monumentaux »\ndans l'ordonnance urbaine, aujourd'hui où règne l'idée de la ville-jardin et\ndes réserves de verdure, le parc public monumental moderne, encore à naître,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.13", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\n1 s v\nsaura devenir à son tour F occasion génératrice de grands ensembles urbains\nsymbolisant à nouveau la puissance municipale;\nenfin, que dans l'œuvre de reconstitution des cités détruites ou endom-\nmagées « deux phases distinctes » apparaissent : 1 ° le « cas clinique » aigu de\nla reconstruction et les mesures transitoires que la situation comporte; 2e l'or-\nganisation définitive de l'inspection du développement civique des régions et\nlocalités, à décréter d'intérêt public et à sanctionner par la loi.\nLa voirie avait été jusqu'à présent l'unique préoccupation des traceurs\nde villes, van der Swaelmen n'en diminue point l'importance. Mais à côté de\nroutes directes, larges et adoptées au trafic local, la ville a d'autres besoins.\nElle n'est pas seulement un centre utilitaire de commerce et de circulation, elle\ndoit être un centre civique. A cet égard elle doit donc posséder des ensembles\nurbains, où les citoyens prennent conscience de leur solidarité, où ils s'initient\nà la grandeur de leur cité, où ils peuvent se rencontrer en un amour et une\nadmiration communs. Tel était le forum des villes célèbres de l'antiquité, tel\nétait le marché des villes du Moyen âge, tel était le parc de Le Nôtre, pour le\nXVIIe siècle. Tel est encore l'ensemble civique parfait que constitue le parc de\nBruxelles avec le palais royal et le palais de la Nation, les rues Royale, Ducale\net de la Loi et les places Royale et des Palais qui l'environnent. Tel est aussi,\nà Paris, l'ensemble eurythmique des boulevards suggéré par Haussmann.\nLa ville doit posséder aussi des parcs et squares, des espaces libres con-\nsidérables, des cités-jardins et des quartiers industriels plantés et aérés...\nLa question si éminemment sociale du logement populaire est dans tout\ncela un élément prépondérant, van der Swaelmen y voit le fondement de\ntoute urbanistique future.\nIl affirme encore que le régionalisme est la véritable école du traceur de\nvilles. L'étude systématique des relations physionomiques entre les districts,\nle pays, et les cités, est le grand principe inspirateur de l'architecte, en ce\nqu'elle le rend apte à démêler les intimes correspondances entre la nature,\nles êtres et les choses et à découvrir et respecter par la suite les grands rythmes\nqui relient et organisent ces relations. Il exige des sources d'information com-\nplètes : cartes et guides, statistiques, tableaux de passages et d'intérieur, cartes\npotales illustrées, photographies, diagrammes, etc.\nToutes les notions se tiennent très étroitement dans ce système, comme\non le voit : la nature et l'homme, et dans lè site naturel la cité que l'homme\ns'est construite et où se développent ses besoins de plus en plus complexes.\nSi de tels principes sont adoptés plus tard, la Patrie sortira grandie et\nembellie et consolidée de l'épreuve...\nLe livre de M. van der Swaelmen a donc une triple portée résultant l'une\nde l'autre : « une portée patriotique, une portée esthétique et une portée\nscientifique ».\nEt ce n'est pas une des moindres attractions de son livre que de concilier\nfort harmonieusement deux éléments qu'on nous avait habitués à considérer\ncomme ennemis : les soucis de beauté et d'esthétique totale avec les exigences"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.14", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nscientifiques et les préoccupations sociales; et la statistique même devient\nvivante dans ce livre, jusque belle et fort éloquente. C'est un disciple de\nVerhaeren qui nous parle, du reste, un homme qui a fort bien compris toute\nla splendeur moderne du travail et de la démocratie, du grand trafic et de\n1 industrie fiévreuse, des automobiles et des aéroplanes, et qui déjà les incor-\npore dans la cité...\n11 écrit avec beaucoup d éloquence, en une langue parfois bien belle,\nbien qu'un peu trop touffue, avec beaucoup de foi et d'enthousiasme. Et c'est\nchose bien réconfortante que de lire ce livre, en ce moment où bien souvent\non est tenté de douter de l'avenir de notre pays, lorsqu'on voit les gaffes qui\ns'accumulent, les bévues qui s'enchaînent, les sottises qui se commettent.\n\nAndré DE RIDDER."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.15", "texte": "PLANCHE XVII\nTour de Veere\nd'après un dessin à la plume de\nJean DE LIGNE\nSupplément au n° 9\nde LA CITÉ, 1920"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.16", "texte": "PLANCHE XVIII\nTour de Lisseweghe\nd'après un dessin à la plume de\nJean DE LIGNE\nSupplément au n° 9\nde LA CITÉ, 1920."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.17", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\nL'Edifice et le Milieu\npar Adolphe DERVAUX\n\n(D\nIl y a lieu de recommander la lecture de cet ouvrage, fort bien écrit, inté-\nressant par son sujet tout d'actualité, instructif par la précision et l'origina-\nlité de ses aperçus. L auteur débute en adjurant ceux à qui incombent les\ninnovations, dans la tâche de la reconstruction, d'être sincères. Comme il a\nraison! et quelle heureuse entrée en matière pour Ai livre qui s adresse à la\ngrande masse anonyme des bâtisseurs, à cette multitude irresponsable. « Les\nconstructeurs, dit-il, ne déguiseront pas une cité industrielle en lieu de villé-\ngiature. » Et que l'on s'inspire donc, à cet effet, des conditions du climat,\nde la nature du sol, tant au point de vue du pittoresque qu'à celui des maté-\nriaux qu'offre la production locale. « Ne vous ingéniez pas, dit-il, à substituer\n1 enduit peint à la pierre ou à la terre-cuite apparentes ». Ceci nous conduit\nau chapitre des préjugés qui veulent certaines constructions obligatoirement\ndécoratives, tandis que d'autres, exclusivement utilitaires, doivent être sim-\nplement laides. L'auteur s'élève contre ces vocables employés improprement\net fait remarquer que toute bâtisse conçue en tenant un compte intelligent,\nrationnel, de sa destination, doit fatalement être belle et décorative, en dépit\nde ses fins utilitaires. Et ce lui est une occasion de nous rappeler les qualités\nrequises de l'architecte, dont le goût et l'esprit pratique doivent aller de pair.\nToutes ces idées sont illustrées d'exemples historiques bien choisis, d'évoca-\ntions saisissantes des gloires de 1 architecture. « La devise de 1 archiecture\nsaine et complète, c'est : « le Vrai, le Beau, l'Utile », à condition toutefois\nque ces inséparables qualités soient envisagées simultanément et qu aucune\nd elles ne soit réalisée aux dépens des autres «.\nAprès ces éloquentes pages liminaires, l auteur entre dans le vif de son\nexposé et examine méthodiquement ce qu'il appelle la technique générale des\nvilles, emploi des sites et des édifices, composition des ensembles. 11 envisage\nsuccessivement le paysage en général, le climat, le choix des matériaux, la\nnature du sol, les conditions du milieu social, le régionalisme dans ses réali-\nsations.\nSuivant qu'elles se sont formées au fond d'une vallée, sur une\nau bord de la mer ou d'un lac, au milieu d'une forêt, à proximité d'exploita-\ntions agricoles, industrielles, ou dans un site choisi spécialement en raison\nde sa salubrité, les villes se sont peuplées et développées de façons différentes.\nLes apports humains déterminés par les débouchés que permet la situation\ngéographique de la cité influent sur la composition de celle-ci. Il en résulte\ndes mélanges de race qui déterminent, de concert avec les nécessités climato-\nlogiques, l'aspect architectonique de l'agglomération. En des chapitres sépa-\nrés, chaque cas est examiné à la lumière d exemples abondants qui dénotent\nune saine érudition» La France et la Belgique urbanistes sont ainsi passées en\n\n(I ) Editions Ernest Leroux, 28, rue Bonaparte, Paris."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.18", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\nrevue; et, d'un crayon sûr et délicat» les beautés originales en sont\nnotées. Mais, au cours du voyage qu'il nous fait faire, Fauteur n'a, hélas! que\nde trop fréquentes occasions de déplorer l'envahissement des plus beaux coins\npar une « soudaine et opulente architecture » de villes d'eau et autres stations\nde villégiature à palaces et casinos. Ce qui ne l'empêche pas de prévoir la pro-\nchaine nécessité de créer de nouvelles résidences estivales à l'usage du peuple\nqui, lui aussi, a besoin d'un repos annuel au grand air. Et il accompagne cette\nprédiction du souhait de ne pas voir copier, en mauvais matériaux, le luxe\nmaccesible des « reines des plages ». A ce propos, n'y a-t-il pas une mélancolie\nà se représenter l'Europe au temps où il n'y aura plus un coin de nature invio-\nlée où aller se réfugier contre la vie contemporaine?\nA signaler aussi une critique très judicieuse de la loi dite de protection\ndes paysages, laquelle loi, sacrifiant la beauté de certaines banlieues de petites\nvilles à celle des campagnes, ne tend à rien moins qu'à l'encerclement des\ncités par une muraille d'affiches.\nAprès ces considérations générales, nous trouvons un examen raisonné\ndes facteurs les plus importants dont l'urbaniste doit tenir compte : le soleil,\nles vents, la pluie, la neige, l'altitude. 11 faudrait tout citer de ces pages rem-\nplies d'aperçus ingénieux qui ouvrent aux architectes un champ fécond en\ninnovations salutaires. Je note, en passant, cette maxime que je donne à\nméditer aux bâtisseurs : Tout ce qui est utile à l'homme a le droit de possé-\nder la beauté.\nDu chapitre consacré à la nature du sol, on me permettra d'extraire ces\nlignes qui en résument les tendances :\n« 11 est remarquable que, des siècles durant, on ait su conserver les qua-\nlités de rationalisme et la beauté à des régions particularistes utilisant les\nmatériaux de leur sol, tandis que la laideur a inévitablement surgi chaque fois\nque 1 on a voulu imiter, au moyen de produits de revêtement, des matériaux\ninexistants dans la contrée. Le simili, copie fausse de la matière, partage le\nsort du pastiche, copie abusive de la forme ». v\nJ abuse, malgré moi, des citations; aussi me contenterai-je d'attirer l'at-\ntention sur les pages relatives aux conditions esthétiques du béton armé, tant\ndécrié, paraît-il, par les bourgeois esthètes.\nUne des parties les plus intéressantes est celle qui traite des voies de com-\nmunication. L auteur s'y élève contre le dégagement sans raison des grands\nédifices et aussi contre le redressement souvent puéril des vieilles artères de\nnos capitales. Les vastes parvis et les voies rectilignes, lorsqu'ils ne sont pas\nimposés par les plus impérieux besoins de la circulation, constituent une\ndéplorable hérésie esthétique dont Fauteur développe toutes les fâcheuses\nconséquences. Evitons, dit-il, des « embellissements » de ce genre.\nLe chapitre intitulé : « La démographie » nous met en garde contre le\npastiche des styles périmés, si glorieux soient-ils. Eh oui! c est Féternelle ques-\ntion de notre pauvreté d'imagination nous ramenant sans cesse aux maîtres\nd autrefois. Cependant, ne se trouve-t-il personne pour traduire en beauté les"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.19", "texte": "LA CITÉ\n#\nMARS 1920\n\naspirations contemporaines et continuer ainsi l'évolution en restant digne des\nancêtres? Rester dans la tradition nous écartera toujours de la copie, dit l'au-\nteur, car la tradition est essentiellement évolutive. Il faut donc s'inspirer de\nl'exemple du passé» non pour le copier, mais pour se convaincre de la néces-\nsité d'être de son temps, du XXe siècle, de l'ère de la victoire mécanicienne,\nselon l'expression du sociologue Pierre Hamp. Et aussi, qu'il y ait quelque\ncohésion dans l'effort qui doit nous unir dans l'œuvre de la reconstruction.\nUne entente entre plusieurs communes rurales voisines s'impose pour l'édifica-\ntion, à frais communs, de ces établissements d'utilité publique dont, indivi-\nduellement, elles ne pourraient supporter toute la charge. Que d'avantages à\nretirer de cette communion, en ce qui concerne l'enseignement, la voirie, la\ndirection morale dont le besoin se fait sentir aujourd'hui jusque dans les pro-\nvinces les plus reculées; et aussi, quelle économie de personnel, de transports,\nde matériaux, etc.\nDans le chapitre des édifices voisins et du paysage immédiat, nous appre-\nnons que ce n'est guère que depuis 150 ans que l'on constate un déplorable\nrelâchement dans le mode de construire un immeuble ou une ville, un obscur-\ncissement dans le clair génie de l'architecture. Un besoin maladif d'originalité\nà tout prix, une mégalomanie d'épiciers enrichis pousse les propriétaires à\nélever des villas normandes sur la côte d'Azur et des palais grecs dans la ban-\nlieue de Londres. Est-ce que des architectes-conseils, armés au besoin d'un\nmandat officiel, n'auraient pas bien mérité de la patrie s'ils parvenaient à dé-\ntourner désormais les dits épiciers de la réalisation de leurs desseins incongrus?\nPlus loin, établissant avec un goût très éclairé la différence entre la\nmonotonie et la symétrie dans le tracé des rues et des places, Fauteur rappelle\nces paroles de Montesquieu : « Les choses que nous voyons successivement\ndoivent avoir de la variété; celles que nous apercevons d'un coup d'œil, de la\nsymétrie. »\nEnfin, les pages consacrées à l'aménagement et à l'extension des agglo-\nmérations nous proposent, par mesure d'hygiène, le déplacement vers la péri-\nphérie nouvelle des établissements insalubres que Faggrandissement de la cité\na englobés dans des quartiers devenus centraux. Le terrain laissé libre par la\ndémolition de ces immeubles indésirables sera toujours profitablement trans-\nformé en parcs et plaines de jeux.\nEn ce qui concerne la reconstruction des cités détruites, on nous montre\nF inanité des « conceptions de cabinet », en insistant sur la nécessité d'établir\ndes plans subordonnés aux facteurs géographique, économique, et, en géné-\nral, à tous les desiderata d'un sain régionalisme.\nEt le livre se termine par cette exhortation d'une si haute moralité artis-\ntique :\n« Pour relever les ruines et améliorer ce qui subsiste, renouons la filiation\navec Fart laïque né au XIIe siècle sur notre sol, répandu glorieusement à tra-\nvers toute l'Europe et dissout au XVIe siècle par l'invasion italienne. »\n\nC. T."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.20", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\nARCHITECTURE\n\nPour devenir bon architecte\n\nAu moment où la réforme de nos instituts d'enseignement de l'architecture\nest si vivement discutée, et met en conflit les aspirations des jeunes avec\nïesprit de routine de ceux qui ont des situations acquises, il n est pas sans\nintérêt iïécouter ïavis d'un architecte étranger des plus estimés dans son\npays. M. Henri Baudin, dont nous reproduisons ci-dessous un article paru\ndans La Feuille de Genève, n'est d'ailleurs pas un inconnu chez nous, où ses\nécrits et tout particulièrement le magistral ouvrage qu'il a consacré à l'archi-\ntecture des écoles, lui ont attiré bien des sympathies.\nLa nécessité de la réforme de l'enseigne-\nment architectural est indiscutable. Il suffit\nde jeter un regard autour de soi pour en être\nconvaincu. Les auteurs, unanimes, se lamen-\ntent avec raison sur la déchéance des pro-\nductions contemporaines, car notre époque\nse trouve en face d'un art impuissant et dé-\ngénéré. Parlant du XIXe siècle, Fierens-Ge-\nvaert dit : « La Science détachée de la réa-\nlité, conduisait les architectes à l'impuissance\nfunèbre. Ils élevaient partout les tristes\ntombeaux de leur art. » L'architecture n est\npresque plus qu'une « expression archéolo-\ngique », écrit Guadet. Enfin, s'écrie M. de\nBaudot : « L'architecture est morte, les ar-\nchitectes l'ont tuée! »\nLa cause de la faillite de F architecture\nmoderne tient à un vice radical de constitu-\ntion qui réside en premier lieu dans un ensei-\ngnement en contradiction absolue avec les\nexigences actuelles. Et s il n'y a qu'une mino-\nrité d'architectes à la hauteur de leur profes-\nsion, cela tient encore à l'enseignement, qui\nest de deux sortes. D'un côté, nous voyons\nl'enseignement dit « académique », caracté-\nrisé par un développement en surface plus\nqu'en profondeur» un savoir littéral et livres-\nque, une orientation vers des données pure-\nment abstraites et spéculatives, le dédain du\ncaractère pratique et du métier» un esprit\ntourné exclusivement vers les programmes\nabstraits et monumentaux, la croyance aux\ntrucs et aux recettes. La superstition de l'an-\ntiquité, les hautes spéculations de l'esprit,\ndes métaphysiciens, les images habiles, un\nenseignement exclusivement artistique. Et\nI on a des architectes-artistes,faits pour vivre\ndans l'absolu, un grand nombre de ceux qui\nsortent de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris,\ncette école dont Camille Mauclair a dît :\n« Elle prend des naïfs et elle rend des ma-\nlins ». D'un autre côté, nous voyons rensei-\ngnement « rationaliste » qui se caractérise\npar le développement du côté scientifique,\nraisonné et mathématique, par un matéria-\nlisme désséchant et vide de vie, un manque\ntotal d'imagination, un asservissement aux\nformules et aux calculs rigides; un enseigne-\nment exclusivement scientifique. Et Ton a\ndes architectes-ingénieurs, ou plutôt, plus\nsimplement, des ingénieurs, des bâtisseurs\nd'oeuvres vides de beauté.\nLes premières études aboutissent à un\nidéal trompeur, les secondes à un terre-à-\n-terre décevant; les élèves, qu'ils soient ar-\nchitectes-artistes ou architectes-ingénieurs,\ns'aperçoivent, mais un peu tard, au contact\nde la vie et des réalités, qu ils n'ont pas été\narmés en vue des exigences de leur temps.\nUne réforme est donc nécessaire. Tous les\navis éclairés sont unanimes sur ce point.\nCependant, l'influence académique, le res-\npect conventionnel des choses de F Etat, la\nforce des préjugés, la peur des innovations®\nla routine d'une partie du personnel ensei-\ngnant, l'ignorance des administrations» enfin,\nl'indifférence de F opinion publique, empê-\nchent tout changement de régime, et, conti-\nnuant sa marche, F enseignement de F archi-\ntecture suit les ornières et les chemins bat-"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.21", "texte": "ARCHITECTURE\nLA CITÉ\nMARS 1920\n\ntus. Et cependant, la création d'un enseigne-\nment rénové et rationnel d'architecture\nétabli sur des bases modernes qui ferait\nune juste part à la raison et au sentiment,\nprésente à l'heure actuelle un intérêt d'une\nhaute importance. En effet, les bouleverse-\nments politiques, sociaux et économiques de\nF époque troublée, que nous traversons font\nsurgir chaque jour des milliers de vastes pro\nblêmes nouveaux et imprévus, et les archi-\ntectes d'aujourd'hui sont incapables de les\nsolutionner, parce qu'ils n'ont pas été pré-\nparés et formés en vue des besoins et des\nexigences à exprimer.\nEt nous devons faire cette constatation\ndouloureuse qu'à l'heure où nous aurions be-\nsoin, pour résoudre les problèmes actuels,\nd' € architectes sociaux, d'architectes ur-\nbanistes, d'architectes salubristes », nous ne\npossédons qu'une génération d'architectes-\nartistes qui, nourris d'exercices esthétiques,\nhabiles sur le papier, n'excellent que dans\nl'art de faire des relevés archéologiques ou\nde monuments antiques.\nCes considérations étaient nécessaires\npour faire saisir pleinement l'importance des\nréformes qu'il importe d'introduire sans tar-\nder dans 1 enseignement actuel et pour mon-\ntrer que si l'on veut réellement travailler à\nune renaissance architecturale, il faut donner\nà cet enseignement des tendances novatri-\nces, lui infuser un sang nouveau et régénéré.\nEt pour arriver à ce résultat, il faut briser les\nvieux cadres et travailler dans un sens révo-\nlutionnaire.\nTendre à un enseignement « profession-\nnel », employer la méthode intuitive et dé-\nductive, de même que l'enseignement par\n« l'image », coordonner les diverses bran-\nches, adopter un enseignement simultané ou\nsynchronique, ne pas faire du classique la\nbase exclusive des études, renouer les formes\nde l'architecture nationale et régionale, rédi-\nger des programmes en accord avec les be-\nsoins de l'époque contemporaine, considérer\nle dessin comme un moyen et non un but,\nenfin prolonger hors de l'école l'action de\nl'enseignement; telles sont les principales\nthèses cardinales d'une réforme de l'ensei-\ngnement que nous allons examiner rapide-\nment.\nL'enseignement de l'architecture doit en\npremier lieu viser à des fins pratiques, à des\nbuts utilitaires. Pour avoir une utilité, il doit\ndonc préparer des élèves pour la vie, en vue\nde 1' exercice de la profession qui les attend.\nL'idée ne vaut que selon l'expérience ou la\nvie, selon Léon Werth; cela revient à dire\nqu'une connaissance n'a de valeur que si l'on\nsait s'en servir. Il est donc nécessaire de ten-\ndre à un enseignement « professionnel », en\ncontact permanent avec la réalité, avec la\npratique, en un mot avec la vie. Abandon-\nnant l'instruction purement livresque, ab-\nstraite et spéculative, il faut recourir à un\nenseignement réaliste, positif et concret, en-\nchaîner étroitement, unir indissolublement,\nla théorie, la technique et la pratique qui se\ncomplètent en se prêtant de mutuelles lu-\nmières, mais en ayant toujours en vue que\nla pratique doit constituer le fond solide, la\nbase de l'enseignement nouveau. En un mot,\ndans tous les cas, dans tous les travaux, en\nclasse et hors classe, il faut poursuivre, d'une\nmanière continuelle, la parfaite éducation du\n« métier » : Mise en face de la matière, sub-\nstance qui sert à concrétiser les besoins et les\nconceptions; mise en face de la nature, sour-\nce inspiratrice des formes et des couleurs;\nmise en face de la vie réelle aux prises Hvec\nles difficultés de programme, d'exigences, de\nsujétions; mise en face des procédés de\nconstruction et des solutions techniques. Du\nreste, l'architecture, comme les autres arts,\ns'acquiert rarement par une théorie puisée\ndans un livre ou un enseignement, il s'ac-\nquiert par l'imitation, par l'usage, par la pra-\ntique..\nEn faisant ainsi circuler la vie dans les\nformes scolastiques, on donne à l'enseigne-\nment sa pleine valeur et l'on met les élèves\nen mesure de matérialiser leur pensée et de\ntrouver les solutions particulières des pro-\nblèmes de notre époque et de l'avenir.\nUn véritable enseignement sera-t-il artis-\ntique ou scientifique, à votre point de vue,\nme direz-vous? Je réponds ni l'un ni l'autre\nexclusivement, mais Fun et l'autre, car ce\nsont deux valeurs équivalentes qui ne doi-\nvent pas être sacrifiées l'une à l'autre, mais\nréaliser un accord, un équilibre, car l'archi-\ntecture est tout à la fois un art et une science."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.22", "texte": "ARCHITECTURE\nLA CITE\nMARS 1920\n\nEn réalisant cet équilibre, les jeunes étu-\ndiants éviteront de s'égarer, comme je l'ai\ndit, vers un idéal trompeur ou de tomber\nvers un terre-à-terre décevant. J'ajouterai\nque, dans l'intérêt de l'art et de la beauté,\nil est nécessaire de lutter de toutes nos forces\ncontre les tendances actuelles qui tendent à\nruiner l'art architectural au seul profit de I*art\nde l'ingénieur, qui instaurera un nouveau\nrègne de la laideur.\n\nHenri BAUDIN.\n\nLa manie du vieux=neuf\nBOB.\nUn rédacteur de « Demain », dénonce\ndans ses menus-propos le ridicule de ce qu'il\nappelle très exactement « L'autre mauvais\ngoût ».\nIl se passe, remarque-t-il, à propos de la\nGrande Boucherie qu'on veut refaire à neuf,\nquelque chose de comique. Pendant près\nd'un siècle, les gens de goût, les artistes, les\nlettrés, se sont évertués à démontrer à de\ndures têtes de bois, qu'il ne fallait pas de\nparti-pris détruire tout ce qui est vieux\néglise ou bahut sous prétexte que c'était\nvieux, pour le remplacer par du neuf. La\nvieillesse, leur dit-on, est une présomption\nde beauté, parce que nos pères avaient des\ntraditions, des principes, et qu'une chose\nvieille, même si elle n'est pas une merveille,\nconstitue un document historique.\nJe ne suis pas bien sûr que les têtes de bois\naient été convaincues; mais à force de les\ninjurier ou de les amadouer, elles ont fini\npar laisser vivre et mourir en paix un tas de\nchoses antiques qu'elles auraient autrefois\nvoué au feu ou à la pioche.\nSeulement, les voilà qui vont un peu fort.\nIl y avait cette grande boucherie dont la\nprincipale qualité était d'être vieille. Per-\nsonne ne demandait qu'on la détruisit : le\nfeu s'en chargea et découvrit sur son empla-\ncement une placette charmante qui fait très\nfiante bonne vieille Grande Boucherie. Trop\nde zèle, Messieurs, trop de zèle!\nbien dans le pourtour de la Grand' Place.\nEt voilà les dites têtes de bois qui veulent\nrefaire à neuf à neuf! cette insigni-\nFauti-il vous redire que l'antiquité n'est\nqu'une « présomption » de beauté du\nvieux-neuf on ne peut dire autant et que\nla Grande Boucherie n'a jamais eu la splen-\ndeur de Reims, du Parthénon et des Halles\nd'Ypres, dont les ruines sacrées méritent\nqu'on les laisse telles quelles. Bruxelles est\nune ville empoisonnée par les architectes,\net ils embrouillent les notions les plus saines.\nLe culte du vieux pour le vieux ne vaut\npas mieux que le neuf à tout prix. Nos têtes\nde bois n'achètent sans doute pas de lit ou\nd'armoire qui n'ait deux siècles d'âge et n'ait\nnourri et hébergé des générations de punai-\nses!\nC'est ce qu'avait compris, semble-I—il, le\nConseil communal et l'on croyait l'affaire\ndans le sac, quand on annonça un retour\noffensif des têtes de bois.\nLa Grande Boucherie reconstituée sera un\nlieu de pèlerinage où nous irons vérifier les\ndieux du cocasse et de l'absurde, dieux qui,\ncomme on sait, ont des têtes de bois!"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.23", "texte": "LA CITÉ\nMARS 1920\n\nHABITAT\n\nCongrès interallié\nLes séances du Congrès auront lieu dans\nle Hall Central Westminster, et seront ac-\ncompagnées d une série de visite dans des\nvilles et villages anglais pour l'étude des\nhabitations construites sous le régime de la\nloi de juillet 1919.\nLes travaux du Congrès s'étendent sur\nune période de neuf jours, commençant le\njeudi 3 juin et finissant le vendredi 1 1 juin.\nDeux journées, les 3 et 4 juin, seront con-\nsacrées à la mise au point de la marche des\ntravaux du Congrès. Quatre sessions pléniè-\nres seront tenues dans le Hall central, à\nWestminster.\nPour le dimanche 6 juin, des services di-\nvins spéciaux sont prévus pour les Congres-\nsistes.\nLe samedi 5 juin, et du lundi 7 au vendre-\ndi 1 1 juin, inclusivement, une série de visi-\ntes seront faites aux centres les plus impor-\ntants pour étudier sur place les nouvelles ha-\nbitations actuellement bâties sous le régime\nde la loi de juillet 1919.\nLe Congrès sera clôturé par une réception\nou un dîner dans la soirée du vendredi\n1 1 juin.\nSujets discutés par le Congrès. 1° Me-\nsures d'après-guerre, ayant un caractère na-\ntional concernant Y habitation et le plan ur-\nbain et rural.\nDans cette section, le Congrès passera en\nrevue la situation actuelle d'après-guerre,\nconcernant la législation dans les différents\npays. Il sera examiné plus spécialement les\nmesures législatives et financières prises pour\nimposer une nouvelle politique concernant\nles devoirs de l'Etat, des municipalités et des\ncommunes pour résoudre d une manière dé-\nfinitive la crise mondiale de l'habitation.\n2° Préparation et réalisation des program-\nmes dans les divers pays assurant des con-\nditions de saine habitation à toute famille.\nLe Congrès discutera la possibillité d'as-\npour déterminer la politique de l'habitation\net du plan urbain et rural - Londres, juin 1920\nsurer la préparation et l'acceptation offi-\ncielle par le Gouvernement de chaque pays,\nd'un programme d'habitations. Ce program-\nme devra être réalisé par l'Etat» en coopéra-\ntion intime avec les autorités municipales.\nIl devra assurer, dans un délai de vingt ans,\nà toute famille une habitation conforme aux\nlois de l'hygiène et aux conditions d'indé-\npendance et d'agrément du voisinage.\n3° Le programme minimum des condi-\nditions nécessaires à l'habitation, afin d'as-\nsurer à la famille son plein et heureux déve-\nloppement.\nLe Congrès déterminera la surface mini-\nmum qui doit être assurée à l'habitation\nmoyenne d'une famille ouvrière, et le rap-\nport entre cette surface et les différentes\nformes que revêtira la construction. On dis-\ncutera les avantages respectifs de la con-\nstruction par cottages ou par blocs urbains,\nen tenant le plus grand compte des nécessi-\ntés modernes d'hygiène et de confort aux-\nquels ont droit également tous les membres\nde la communauté.\n4° Règles de construction des habitations\net développement de leurs méthodes mo-\ndernes; emploi de nouveaux matériaux.\nLe Congrès discutera :\na) les règles de construction et les métho-\ndes nouvelles adoptées en d'autres contrées;\nb) les meilleures méthodes qu'il convient\nd'encourager pour développer de nombreux\nmoyens de construire et de nouveaux maté-\nrieux.\n5° Développement du plan urbain natio-\nnal et régional.\nSous ce titre, le Congrès passera en revue\nles progrès accomplis par le différents pays,\nconcernant le plan urbain et rural, qui doit\nfaire prospérer les cités, les villes et les vil-\nlages, en intime rapport avec les nouvelles\nfacilités de transport conçues sur un plan\nnational et régional."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.24", "texte": "HABITAT\nLA CITE\nMARS 1920\n\nRapports du Congrès, - Un volume de\nrapports imprimé en anglais, avec édition\nfrançaise, sera soumis au Congrès. Ce volu-\nme de rapports sera complété par les répon-\nses à des questionnaires envoyés aux chefs\ndu mouvement en faveur de la réforme de\nl'habitation dans tous les pays qui auront\ndes représentants au Congrès. Ce volume ne\nsera pas seulement un témoignage unique du\nmouvement mondial en faveur de l'habita-\ntion et du plan urbain, mais il permettra aux\nhommes d'Etat des différentes nations de se\nrendre compte de la position relative oc-\ncupée par leur pays.\nUne des caractéristiques de ce volume de\nrapports sera de donner pour la première\nfois une vue générale d'ensemble du pro-\ngramme actuel de l'habitation dans les dif-\nférents pays.\nCes données n'auront pas seulement une\nvaleur éducative mais leur publication sera\nun stimulant efficace pour la politique nou-\nvelle qu'il est du devoir dans chaque pays\nd'adopter vis-à-vis de la question fondamen-\ntale de l'habitation et du plan urbain et rural.\nVisites d'Etudes des Projets d'Habitations\net de Plan Urbain et Rural. - La partie la\nplus originale du Congrès consistera dans îa\ndémonstration pratique des progrès de l'ha-\nbitation et du plan urbain et rural. Sept jours\nseront donc consacrés à des visites, pour étu-\ndier sur les lieux les types les plus importants\ndu mouvement anglais.\nCes visites permettront d*étudier entre\nautres :\nLes plans d'habitations de la Municipalité\nde Bristol. Les plans d'habitations rurales\ndans la banlieue de Bristol ou sur la route\nvers Bristol. Les plans d'habitations de la\nMunicipalité de Birmingham. Les plans d'ha-\nbitations de la Municipalité de Manchester.\nLes plans d'habitations sur la route vers\nManchester.\nBristol, Birmingham et Manchester ont été\nchoisies parce que,, dans ces trois villes, on a\nétabli des Commissaires spéciaux concer-\nnant l'habitation. Nous espérons que des ex-\npositions de plans et modèles concernant ces\nvastes districts pourront être organisées pour\nle Congrès. Les membres du Congrès pour-\nront ainsi se rendre compte de l'activité\ndéveloppée par les Commissaires et leurs\nétats-majors, travaillant en plein accord avec\nles autorités locales et les sociétés d'utilité\npublique.\nEu égard à la difficulté d'assurer des loge-\nments dans les hôtels de ces villes, les visites\nseront faites par des trains spéciaux» partant\nchaque jour le matin de Londres et y reve-\nnant le soir.\nUne visite spéciale sera faite aussi à l'une\ndes créations de la Municipalité de Londres\nprobablement celle de Roehampton.\nDes visites seront également organisées\npour étudier les meilleurs exemples d'avant-\nguerre d'habitations et plans urbains et ru-\nraux. Elles comprendront :\nBournville Village (Birmingham) ; Fau-\nbourgs d'Hampstead garden; Letchworth,\npremière Cité-Jardin.\nMembres du Congrès. Les membres du\nCongrès appartiendront exclusivement aux\npays Alliés pendant la grande guerre. Ils\ncomprendront, de plus, les nationaux des\npays neutres suivants :\nNorwège, Suède, Danemark, Hollande,\nSuisse, Espagne, et les républiques neutres de\nF Amérique du Sud.\nSeront membres du Congrès :\na) Les représentants officiels des Gouver-\nnements désignés ci-dessus;\nb) Les représentants des principales auto-\nrités municipales de ces pays;\nc) Les représentants des différentes socié-\ntés de ces mêmes pays, directement intéres-\nsés aux progrès de l'habitation et du plan ur-\nbain et rural;\nd) Les personnalités les plus éminentes\nqui ont contribué à créer le mouvement de la\nréforme de l'habitation et du plan urbain et\nrural.\nOrganisation du Congrès. - L*organisa-\ntion du Congrès, comme en 1907, au Con-\ngrès International tenu à Londres, est con-\nfiée au Conseil National de l'habitation et du\nplan urbain et rural. Ce Conseil agira en\npleine coopération avec le Ministère de la\nSanté Publique, le Ministère du Commerce,\nle Ministère des Transports, le Ministère du\nTravail et d'autres départements du Gouver-\nnement britannique."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.25", "texte": "HABITAT\nLA CITÉ\nMARS 1920\n\nComité de Réception. Comme en\n1907, un Comité de réception sera formé.\nEn feront partie» la plupart des Associations\nnationales qui s'intéressent à la réforme de\nl'habitation et du plan urbain et rural,, et à\nd'autres œuvres d'amélioration sociale.\nCotisation des Membres du Congrès.\nVu le coût élevé des imprimés, par suite de\nl'importance des travaux du Congrès, la con-\ntribution est fixée à 2 livres 2 sh. par mem-\nbre.\nAu cas où des dames accompagneraient\nles délégués désignés pour assister au Con-\ngrès, des cartes de membre honoraire leur\nseront distribuées. Ces cartes les autoriseront\nà participer aux visites aux différents centres,\nau même titre que les membres du Congrès.\nNe pourront participer aux visites que les\nmembres officiels du Congrès et les membres\nhonoraires indiqués ci-dessus.\nBureaux du Congrès. Bureaux du Con-\ngrès, 41, Russel Square, London, W. C. I.\nL'Union des Villes, 3bis, rue de la Ré-\ngence, à Bruxelles, centralise les adhésions\npour la Belgique.\n\nLE PROBLEME DE L'HABITAT OU-\nVRIER.— SON IMPORTANCE SOCIALE.\nLa construction d'habitations ouvrières\nsur une grande échelle ne peut plus être re-\ntardée. La restauration morale de notre pays\nen dépend. M. Carton de Wiart le signalait\ndernièrement dans un article du « Soir »,\nen commentant ces paroles récentes du Car-\ndinal Mercier :\n« N'ayons de cesse, que nous n'ayons ob-\ntenu pour les ouvriers, de nos législateurs,\nune maison salubre et, si possible, un coin\nde terre. Les réduits où des ménages étouf-\nfent et s'étiolent sont une honte pour notre\nsociété civilisée... Nous rendons hommage à\nl'effort qui nous a donné une loi pour la ré-\npression de l'alcoolisme. Quand, enfin, en\nviendra-t-il une qui pourvoie à l'hygiène des\nhabitations ouvrières? »\nEt 1' ancien ministre de la Justice ajoute :\n« Il faut bien reconnaître que jusqu'au-\njourd'hui cette grande question sociale de\nl'habitation non seulement de I habita-\ntion ouvrière, mais de l'habitation à bon\nmarché n'a pas été aussi favorablement\nrésolue par nos pouvoirs publics que les\nproblèmes relatifs à la réglementation du\ntravail ou même aux risques d'accident et\nde vieillesse. Si les progrès des institutions\net les progrès de la science ont profondé-\nment amélioré depuis plus d'un siècle, les\nconditions de la vie matérielle de la masse,\net nivelé, dans une certaine mesure, les jouis-\nsances des individus, à quelque classe so-\nciale qu'ils appartiennent, cette amélioration,\nqui est évidente pour la nourriture, le\nvêtement, 1 éclairage et pour les conditions\ngénérales du travail, l'est beaucoup moins\nlorsqu'il s'agit d'un besoin aussi universel\net primordial que celui du logement. La de-\nmeure des classes riches s'est métamorpho-\nsée. Celle des paysans est plus confortable\nque jadis. Mais le logis des ouvriers et ar-\ntisans des villes est demeuré pour la\ngrande majorité d'entre eux aussi défec-\ntueux, sinon plus défectueux que dans le\npassé, sous le rapport de la place, de l'air\net de l'hygiène. Michelet disait avec raison :\n« De toutes les fleurs, la fleur humaine nst\ncelle qui a le plus besoin de soleil. » A ceux\nqui veulent savoir par quelle ironie cruelle\nla réalité répond à cette parole, nous con-\nseillons une promenade dans certains quar-\ntiers populeux de notre Grand-Bruxelles.\nIls y trouveront, en dépit de toutes les me-\nsures, très louables, prises par la ville et\nplusieurs faubourgs, de nombreuses familles\nde sept, huit, neuf et même dix personnes\nobligées de dormir sous un même plafond.\nCes taudis ne valent pas mieux, au point\nde vue hygiénique, que ceux d'il y a deux\ncents ou trois cents ans. »"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.26", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\nECHOS ET NOUVELLES\nRECTIFICATION. LA SECTION\nHOLLANDAISE A L'EXPOSITION DE\nLA RECONSTRUCTION. On nous si-\ngnale que nous avons attribué par erreur à\nM. l'architecte Noorlander le « Plan d'un\ncomplexe de 3,000 habitations au nord\nd'Amsterdam » que nous avons reproduit\ndans le numéro 4 et 5 de «La Cité». Ce plan\nd'agrandissement de la partie nord du\nBuiksloterham a été élaboré au contraire\npour la division des bâtiments du service des\ntravaux publics de la ville d'Amsterdam, par\nl architecte dirigeant cette division sous la\ndirection de M. Bos, directeur des travaux\npublics de la ville d'Amsterdami. L'erreur\nd'attribution qui s'est produite est imputable\nà un glissement de fiches lors de la manuten-\ntion en vue de la photographie. Il n'y a là\nqu'un petit accident dû à la fatalité et dont\npersonne n'est réellement responsable. Il est\ndonc asquis que ce n'est pas M. Noorlander\nqui est l'auteur de ce remarquable projet,\nmais on serait heureux de connaître le nom\nde l'auteur véritable q.ui n'est malheureuse-\nment pas mentionné sur le cadre.\nLA CRISE DE L'ART MODERNE.\nUne revue qui porte le titre bien féminin\nd'Eve, poursuit en ce moment une enquête\nsur la Rénovation des arts appliqués. Après\navoir interrogé Louis Sue et Paul Follot,\nc'est à Maurice Dufrène qu'elle s'adresse.\nLes anciens lecteurs «d'Art et Technique»\nse souviendront de l'élégance avec laquelle\nce maître du meuble et du bibelot manie la\nplume. Virtuosité qui lui permet, sans cesser\nd'être galant de dire à ses aimables lectrices\nde rudes vérités. Voici quelques reflexions\nbien exactes sur la crise de l'Art moderne :\n€ Nous vivons, « Eve », en une époque\nétrange; quiconque émet des idées moder-\nnes fait des gestes modernes, conçoit ou réa-\nlise des œuvres modernes, passe pour un\nanormal. On l'observe, le discute, l'interroge\net, se reculant un peu, on dit en le toisant :\n« Ah! Monsieur est moderne! Comment\npeut-on être moderne? »\nVous me demandez, « Eve », si candi-\ndement que je n'en suis que charmé *—\npourquoi, comment et depuis quand je suis\nmoderne. Ne prenez point ma réponse pour\nune impertinence je suis moderne parce\naue je suis.\nNotre défaut, notre grand défaut, Voyez-\nvous? est de ne pas être modernes tous, avec\nsimplicité, de ne pas faire même du moder-\nnisme comme M.Jourdain faisait de la prose,\nsans nous en apercevoir.\nNous perdons beaucoup de temps à ana-\nlyser nos sensations et nos idées. Nous\navons, en ce siècle, la maladie de la disséca-\ntion, nous disséquons nos cerveaux, nos\nâmes, nos cœurs et nos corps et nous tirons\nvanité de l'exposé privé ou public de nos\nanalyses. Cela nous conduit à chercher bien\nplus à intéresser et à étonner qu'à vouloir\nrendre service ou faire plaisir tout simple-\nment. On vise à être original, on ambitionne\nd'être « un cas ». Je décline près de Vous\nThonneur d'en être un. Ce n'est point parmi\nnous, les modernistes, que vous devriez cher-\ncher les exceptions, les « cas », mais bien\nplutôt parmi ceux qui ne le sont pas.\nLes anormaux, les curiosités, ce sont, à\nmon avis, du moins, ceux qui se baignent,\ns'habillent, se soignent, se chauffent, s'éclai-\nrent, voyagent, téléphonent, dansent beau-\ncoup, et pensent peu, comme en\n1920, et se meublent comme en 1645, en\n1 792 ou en 1807. >\nUN BUREAU D'ETUDE DES MATE-\nRIAUX. Grâce à la générosité d'un Amé-\nricain, M. Bemis, de Boston, « La Renais-\nsance des Cités » de Paris est à même de\ncréer une Commission d'études des procédés\ndes matériaux de remplacement. Les travaux\nde cette commission seront, nous n'en dou-\ntons pas, d'une grande utilité pour aider à\nrésoudre la très délicate question de l'emploi\ndes agglomérés.\nUNE MAISON TRANSPORTABLE.\nLes procédés modernes de construction\nrapide se sont, comme bien l'on pense, mul-\ntipliés depuis l'armistice. Le revue « Art et\nDécoration », qui les passe succintement ©n\nrevue en signale un qui ne manque certes pas\nd'originalité, et qui est exploité en France\npar la firme d'aéroplanes de Gabriel Voi-\nsin. Imaginez, dit l'auteur de l'article auquel"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.27", "texte": "ECHOS ET N OUVELLES\nLA CITÉ\nMARS 1920\n\nnous empruntons ces renseignements que\nvous possédez une maison composée d'un\nseul rez-de-chaussée recouvert d'une toiture\nà deux pentes. Vous voulez la transporter;\nque ferez-vous? Rien, probablement, car\nvous avez une construction des plus hétéro-\ngènes. Eh bien, Gabriel Voisin coupe la\nsienne par tranches de largeur convenable,\npose chacune d'elles sur une remorque et\nemmène le tout. Arrivé sur le terrain choisi,\nil suffit de décharger ces fractions de mai-\nsons, puis de les réunir en faisant un tout ho-\nmogène à l'aide de plusieurs boulons, opé-\nration achevée en quelquees heures.\nVotre habitation est terminée : les papiers\nsont collés, les tentures clouées, les meubles\nen place, les armoires garnies de linge, la\nbatterie de cuisine prête à être utilisée.\nL'opération du montage eçt la seule que Y on\nait effectuée sur place. Tout est préparé en\natelier, la maison en trois parties prête à\nêtre habitée.\nOn n'a pu obtenir ce résultat qu'en met-\ntant en œuvre des matériaux jusqu'à présent\nà peu près inemployés dans le bâtiment. Les\nparois extérieures et la toiture de cette mai-\nson sont en tôle, les parois intérieures en bois\ncontreplaqué. Des tubes d'acier jouent leur\nrôle de colonnettes dans cette ossature par-\nfaitement rigide. Le parement extérieur est\nparfois orné de dessins obtenus par embou-\ntissage, parfois il est recouvert de déchets de\nliège qui adhèrent fort bien sur la surface\nlisse de la tôle à l'aide d'un vernis très ré-\nsistant. Tout cet ensemble a d'ailleurs un\naimable aspect dû au talent des architectes\nNoël et Patoux, qui ont su tirer un effet ar-\ntistique de matériaux que l'on méprise si\nprofondément à l'ordinaire.\nLes reproductions qui complètent cette\ndescription montrent que cette idée originale\nn'est plus du domaine des rêves et à trouvé\ngrâce à d'habiles architectes, une expression\naussi artistique que pratique.\nEXPOSITION BRITANNIQUE DU\nBOIS DE CONSTRUCTION EN 1920.\nLe Department of Overseas Trade organise\nune exposition de bois de construction pro-\nvenant des forêts britannique, qui aura lieu\nau Holland Park Skating Rink de Londres,\ndu 5 au 1 7 juillet 1920. Le but principal de\nl'Expositiion est de faire connaître aux archi-\ntectes, aux inspecteurs forestiers, aux firmes\nfaisant usage de bois de construction ainsi\nqu'aux consommateurs directs, toutes les es-\npèces de bois provenant des forêts de l'Em-\npire britannique et spécialement les espèces\nde bois qui jusqu'à présent ne sont que peu\nconnues en Grande-Bretagne. En même\ntemps, l'Expositiion démontrera les usages\nprincipaux auxquels ces bois peuvent servir.\nL'exposition comprendra :\na) des spécimens de bois;\nb) des articles démontrant les usages di-\nvers auxquels les bois sont appropriés, c'est-\nà-dire des planchers, lambris, escaliers, meu-\nbles, et articles d'usages courant;\nc) Pâte de bois.\nPour tous renseignements, s'adresser au\nSecrétariat Commercial de l'Ambassade Bri-\ntannique, 8, rue Belliard, Bruxelles."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.28", "texte": "LA CITE\nMARS 1920\n\nBIBLIOGRAPHIE\n\nRevues\nLE BULLETIN MENSUEL DE LA SO-\nCIETE CENTRALE D'ARCHITECTURE\nDE BELGIQUE a fait peau neuve depuis\njanvier et paraît sous les couleurs vertes de\n1 espérance. Serait-ce un renouveau? Nous y\napplaudirions volontiers.\nSignalons dans le numéro de janvier une\ncorrespondance échangée au sujet du pro-\nblème d'Ypres entre MM. Rosenboom et\nDhuicque dans laquelle celui-ci fait entendre\nune émouvante protestation contre les pro-\njets de reconstruction. Le numéro d'avril\ndonne d'ailleurs, du même, un exposé com-\nplet de la question. On trouvera dans ce\nmême numéro une intéressante étude de\nM. Puissant sur les matériaux.\nLE BULLETIN DE L'OFFICE DES RE-\nGIONS DEVASTEES est, comme on le sait,\nune source précieuse d'information pour tous\nceux qui sont mêlés à la réparation des dom-\nmages de guerre.\nLe fascicule II (février 1920) donne tous\nles détails concernant le nouveau pro-\ngramme de reconstruction du gouverne-\nment : Reconstruction par l'Etat des immeu-\nbles privés endommagés et détruits par les\nfaits de la guerre.\nLe fascicule 111 fait connaître les dimen-\nsions de modèles de portes et fenêtres que\nl'Office des régions dévastées mettra en\nvente dans les magasins communaux. Les\narchitectes sont invités à en prévoir l'usage.\nL'on trouvera dans la même publication\nune carte de la Flandre indiquant toutes les\ncommunes adoptées et les ressorts des Hauts\nCommissaires Royaux. Document précieux\npour ceux qui doivent pouvoir trouver leur\nchemin dans le dédale des divisions admi-\nnistratives.\n« DE BOUWGIDS » consacre dans son\nnuméro de février un article dû à la plume\nd'Edward Léonard au Monument édifié par\nles internés belges en Hollande d'après les\nplans de l'architecte Huib. Hoste. Il y\napporte le témoignage d'admiration de\nmaint écrivain hollandais pour cette belle\nœuvre d'art moderne.\nLe numéro de mars nous laisse voir une\nsérie intéressante d'illustrations extraites de\nl'Annuaire de l'Association néerlandaise des\nmétiers d'art; donne un commentaire du pro-\njet primé au concours pour la reconstruction\ndu centre de Lierre.\n\nLivres\n« L'EDIFICE ET LE MILIEU », le livre\nde M. Adolphe Dervaux auquel un de nos\ncollaborateur consacre dans ce même nu-\nméro un article, est le premier volume de\nla collection « Urbanisme » qui se publie\nsous la direction de M. Léon Rosenthal. Les\nvolumes de cette collection formeront plu-\nsieurs séries : série théorique; série techni-\nque; série pratique; série hygiène; série des\nréalisations. On nous annonce dès à présent\nune étude de M. Charles Brun sur le Régio-\nnalisme; un écrit de Jaussely sur l'Etude\nd'un plan de ville; d'Abercrombie sur l'Ur-\nbanisme en Angleterre et bien d'autres\nétudes intéressantes.\nAGENDA DU BETON ARME, 1920, à\nl'usage des ingénieurs, architectes, construc-\nteurs, entrepreneurs, etc., par V. Muzak,\ningénieur des Ponts et Chaussées. Bruxelles,\nrue de la Loi, 50. 18 francs.\nCet agenda est, en fait, un formulaire très\ncomplet et très précieux pour tous ceux qui\nont à s'occuper du béton armé et par consé-\nquent pour la plupart des architectes. Certes,\nbien d'entre eux s'effrayeront à la vue des\nformules qu'on y trouve. L'auteur s'est ce-\npendant imposé la tâche difficile quand on\ntraite de ces matières, de se mettre au niveau\nde ceux qui n'ont pas fait d'études appro-\nfondies en mathématiques. Les méthodes et\nles exemples choisis peuvent être\nde tous ceux qui possèdent des notions so-\nlides de la construction en général.\nOn trouve de plus dans cet agenda bien\ndes tableaux et données d'utilité générale.\nC'est un livre précieux pour la bibliothèque\ndu constructeur"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.29", "texte": "KfcVUt MENSUELLE BELGE\nLA CITÉ\n\\\nURBANISEE ■ ARCHITECTURE « ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES REGIONS DÉVASTÉ ES\nRédacteurs : MM. Fer*. Bod&on, artichtecte (Bruxelles) ; André de Ridder Publicité\n(Anvers) ; Huib* Hoste, architecte ( Bruges) ; Raymond Moenaert, architecte\n(Bruxelles) ; L. van der Swaelmen, architecte-paysagiste (Bruxelles). MM. Tu-\nMer, homme de lettres (Bruxeles) ; Raph. Verwilghe», Ingénieur Urbaniste\n(Bruxelles), Secrétaire de la Rédaction.\nLee Rédacteurs ét Collaborateurs sont seuls T« sponseble* de leurs articles. Il sera\ncompte dtM < k Cité > de tout ouvrage dont deux exemplaires seremt «Ntreyés à k Revu*.\nPour la rédaction, I*administration et les demandes d*abonnement, s'adresser au Siège de\nla Revue : 10, Place Loix, St-Gilles- Bruxelles.\nPour la vente au numéro, s'adresser exclusivement aux libraires. Dépôt prinsipal\nLibrairie Lamertin* 56-62, Coudenberg, Bruxelles.\nABONNEMENT : 10 fr.; Etranger, 12 francs; le numéro, Un franc.\nLes abonnements peuvent se prendre en versant la somme de 10 francs au crédit du\nCompte-chèques-postaux : »* 16621 (Revue : La Cité).\n\nrouLon etC? â vise\nCOMSTRUCTIOrtS\nE N BEXÇ\nAiipues\nCOM\n//\n/\nu\n/\n<7.\n\\\n/\nI.\n/\n7/\n/.\n/\n2\nV\nr\nM\ni\ni\nnn\nL\n2"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192003-01.1.30", "texte": "y w -M* « ' J*ii*El#f> ■y-' 'mi «V TïFM\nImp.-H. KUMPS-ROBYN, 81-85, rue Kcyonvcld, Ixelles\n\nBois - Scierie vapeur\nMAURICE\nTAMISE (Wm)\nDébit sur commande\nConstruction de maisons démontables en bote\ns Livraison rapide\n\nPo\n279, boni, de\nRéférencer\nJ!\nou\nn ml,\ni 11 Ju\nie, GAND\n«\nTerrasses\nde premier ordre"}]}