{"numero_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_sha256": "8c07a259117f7448590656b30357f3917cd3f6306982dc14ddf9ef12890905c0", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1920/04_01/bmtnaac_1920-04_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1920/04_01/bmtnaac_1920-04_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c002", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "197", "page_fin": "204", "image_debut": 3, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.2", "titre_corps": "La Maison Idéale telle qu'elle fut présentée au public à l'exposition organisée à Londres par le quotidien anglais « The Daily Mail ».", "titre_sommaire": "La Maison Idéale telle qu'elle fut présentée au public à l'exposition organisée à Londres par le quotidien anglais « The Daily Mail ».", "signature_source": "Jean EGGERICX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.3", "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "La Maison Idéale\ntelle qu'elle fut présentée au public à l'exposition organisée\nà Londres par le quotidien anglais « The Daily Mail ».\n\nCe n'est pas sans une certaine répugnance que je dépose le crayon afin\nde reprendre la plume» restée inactive d'une façon à peu près absolue durant\nces six dernières années. La somme de travail surhumain que l'architecte doit\nfournir dans ce pays permet difficilement à celui-ci de produire et d'écrire en\nmême temps.\nPourtant, dans un pays où tout confort apparaît aux yeux de la généralité\ncomme un luxe superflu, la lutte intense qui se poursuit devient âpre lorsqu'il\ns'agit d'obtenir la réalisation immédiate de nécessités premières absolument\nindispensables à tout être organisé qui vit en commun et qui ne veut pas périr.\nCette lutte, ajoutée à l'inertie de la masse, à l'avidité ou à la stupidité\ndes confrères, augmente encore ma répugnance. « Nous manquons de tout »,\nm'objecterez-vous, « et vous, vous venez nous parler de confort appliqué à\nl'habitation et de réalisation de la maison idéale à un moment où tout con-\ncourt et conspire, semble-t-il, à rendre cette réalisation impossible sinon uto-\npique ». Ma réponse sera brève. Etudions nos plans premièrement au point de\nvue de l'économie stricte et deuxièmement au point de vue du confort et de\nla facilité d'entretien. Lâchons une bonne fois tout le vieux bagage et ne nous\npréoccupons que de ces deux points. Faisons des maisons dans lesquelles il\nnous sera permis de vivre aussi agréablement, aussi économiquement que\npossible et d'une manière aussi hygiénique que possible; le reste viendra tout\nseul, la question esthétique étant en l'occurrence une question absolument\nsecondaire lorsqu'il s'agit de tenir compte du bonheur des gens qui doivent y\npasser leurs jours. Il faut rejeter impitoyablement le côté romantique de la\nquestion. Une maison sans confort, sans hygiène, mais douée d'une silhouette\nremarquable peut, sans doute, être intéressante à bien des points de vue et\nà bien des gens, particulièrement à l'excursionniste et aux membres d'un\nCongrès qui se paient le luxe d'itinérer au long des routes; mais dans de nom-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.4", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "breux cas elle devient mortelle pour ceux qui doivent l'habiter et la sentir jour\npar jour dvenir le magnifique sépulcre qui les contient.\nLa Maison Idéale dont je veux vous entretenir est simplement une habi-\ntation dans laquelle les nombreux travaux» toujours pénibles, que nécessitent\nl'entretien constant de la vie quotidienne, ont été réduits à leur plus strict\nminimum. La Maison Idéale a été étudiée en vue de remédier à F insuffisance\ndu nombre de sujets; insuffisance qui se fait cruellement sentir à la classe aisée\nde presque tous les pays anglo-saxons. Les Anglais, gens pratiques, se sont\nrapidement aperçu que, malgré leurs énormes revenus, ils étaient incapables\nde soutenir le train de maison qu'ils possédaient avant la guerre. Les sujets\ndeviennent rares, exigeants; ils ont, durant ces derniers dix ans, achevé de se\nrendre compte qu ils étaient, en somme, des gens comme les autres, ayant un\ndroit égal, si non supérieur, parfois, au confort et aux égards dont jouissaient\ndepuis des temps immémoriaux la classe qualifiée de privilégiée. Ces Anglais\nse sont donc dit : Puisque le bon temps est fini, ou est en train de finir, il est\nune chose dont nous ne pouvons manquer; passe encore [ absence de nom-\nbreux sujets, soit; mais nous priver de confort cela n'est guère possible. Ils sont\ndonc parvenus à diminuer la main-d'œuvre, à améliorer la tenue de leur\n« home » et indirectement aussi à augmenter la valeur de la personne qui\nreste attachée à les servir. C'est vous dire que la Maison Idéale n'est pas à la\nportée de toutes les bourses; mais qu'importe? demain ils étudieront la maison\nsans servante; ils standardiseront tous ces appareils; ils les vulgariseront; ils\nles employeront peut-être en commun, par groupement, que sais-je, et réali-\nseront bientôt la cité idéale.\n%\nDans tous les cas, tel est le problème que le « Daily Mail » posa aux archi-\ntectes anglais sous forme d'un concours orné de prix alléchants et qui, je me\nhâte de le dire, furent intégralement décernés! Le jury se composait d archi-\ntes, d experts, hommes d'esthétique et de technique, Il eut la sagesse de s'ad-\njoindre, en outre, la science précieuse d'une personne habituée à présider aux\ndestinées d'un ménage.\nEn examinant quelque peu les plans ci-joints, vous trouverez avec suffi-\nsance que nous n ignorons aucun des détails, aucune des qualités qui s'y trou-\nvent réunis, et que, par conséquent, il n'y a rien de neuf là-dedans. Au fait,\npouvions-nous ignorer quelque chose, nous, architectes belges? Et je pense\négalement que nous ne pousserions pas l'indécence jusqu'à permettre de voir\nfigurer au sein de nos jurys d architectes, la présence d'une personne qualifiée\nen sciences ménagères. Et moi-même (voyez-vous, c'est tellement contagieux\net tellement national cette maladie-là) je me suis dit en examinant et en redes-\nsinant ces plans, cela ne m est pas inconnu; j'ai vu cela quelques part; mais\n0ù?... Certes, ce n est pas le pian de mon ami Machin qui me suggère ces\nréminiscences; ni celui de petit X... Je suis même sûr que ce n'est pas à Bru-\nxelles que je l'ai rencontré. Non, à ce sujet, je n'éprouve aucun doute; du reste,\nil n'y a pas de « Daily Mail » ici, ni de jurys au sein desquels on trouve un\ncordon bleu! Et puis, les architectes ont tout de même autre chose à faire que"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.5", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "de passer leur temps à étudier les moyens qui pourraient réduire le travail\nformidable et pénible qu'exige à chaque heure du jour l'entretien d'un\nménage.\nMais diable! où donc ai-je rencontré tout cela? Je ne l ai pas rêvé pourtant!\nJ'en arriverais à dire (voyez la contagion) qu'il existait à l'état latent dans\nmon esprit!...\nMais voilà que, détails par détails et morceaux par morceaux, au fur et\nà mesure que j'écris ces lignes, je m'aperçois que l'analyse graduelle des élé-\nments qui constituent ce plan provoque une dislocation en moi-même et\nm'amène à opérer l'analyse graduelle des éléments différents qui ont coopéré\nà ce que j'appellerai mon éducation professionnelle (quoique cette dernière\nait été si souvent bousculée, comprimée et vouée à tous les saints sinon à tous\nles... diables). Chacun de ces éléments correspond à une période de cette\néducation; c'est-à-dire que je retrouve dans le plan, qui n'est pas nécessaire-\nment ce plan-ci mais bien un plan équivalent, les données qui président à\nI édification et à 1 entretien d'un laboratoire, d une clinique et d'une usine\naméricaine. Seulement le tout s'est humanisé, ce qui revient à dire qu'il y a\nconfort, car lorsque je déclare qu'une maison est confortable, je ne fais\nqu exprimer qu elle est destinée à I homme et non aux animaux.\nDans le cas qui nous occupe, il y a combinaison des trois éléments pré-\ncités et qui sont : le laboratoire, la clinique et F usine américaine. Combinai-\nson, dis-je, et non mélange; ce qui signifie que c'est un nouveau corps qui,\ncertes, je le veux bien, n'a rien d'académique, sans doute, ni de régional,\nhélas! mais qui découle en ligne directe de la nécessité à laquelle il obéit aveu-\nglément. De la nécessité qui est, j'ose le dire, le tempérament de Fart archi-\ntectural et qui s'appuie sans réserve aucune sur l'économie à longue ou à brève\néchéance, mots sur lesquels j'insiste et sur lesquels je reviendrai en temps\net lieu.\nCe plan possède en outre, à défaut d'autres, des qualités de confort et\nd hygiène. Ce confort, je l'avoue, peut paraître extravagant à ceux qui ne\nsavent pas vivre; toutefois, il ne touche ni au luxe ni au disparate. Cette\nhygiène, j allais écrire cette stérilisation, est indispensable à l'homme qui vit\ndans les endroits surpeuplés. A tout prendre, 1 énumération nous semble à\nnous qui manquons (est-ce bien le mot?) de tant de choses primordiales,\nquelque peu exagérée. Pourtant ce confort qui fut peut-être atteint jadis par\nquelques-uns, était obtenu grâce au concours, grâce à la mobilisation d'un\nnombre considérable d esclaves et, plus récemment, de domestiques, ayant\nchacun dans leurs attributions respectives un rôle et un emploi bien définis;\nne jouissant guère eux-mêmes de la moindre parcelle de ce bien-être qu'ils\nprocuraient au maître. Et c'est exactement ce que ce plan, qui est loin d'être\nune utopie ou une fantaisie puisqu'il sera bientôt réalisé et tiré à 50 exem-\nplaires, supprime radicalement.\nJe le considère donc comme un produit destiné à révolutionner Fart de"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.6", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "se loger, ou mieux, l'art de se bien loger. Il libérera, chaque fois qu'il sera\nexécuté» tout© une classe d'individus qui ont dépensé leur temps, leur énergie\net leur intelligence à servir adroitement quelque royal parvenu bien plus en\nquête de domination et de luxe que de réel confort. Cette classe qui fut com-\nprimée jusqu'à la négation d'elle-même, pourra, j'en suis sûr, prendre con-\nscience de son humanité et jouir bientôt, je l'espère, elle aussi, d'un confort\nrelatif. Elle pourra dans tous les cas être employée plus utilement au service\nde la masse collective. En vue de restreindre la dépense que nécessite la réali-\nsation de ce projet, l'auteur a réduit dans la mesure du possible les frais de\nconstruction; aucun luxe, aucun ornement superflu; tout l'excès habituel a\nété remplacé par des appareils dont le prix est très élevé sans aucun doute,\nmais qui, considérés dans leur ensemble autant qu'en raison des services\ninnombrables qu'ils rendront, amèneront une économie telle qu'ils restitueront\ndix fois sûrement les débours occasionnés par leur achat et par leur mise en\nplace. Considérez un instant qu une habitation de cette importance nécessite-\nrait I emploi de six ou sept sujets, plus peut-être, étant donné que le sujet\nanglais jouit de plus de liberté que celui de notre pays; tandis qu au grand\nmaximum, une cuisinière et une servante pourvues de l'aide plus ou moins\nefficace de la maîtresse de la maison pourront amplement suffire à 1 entretien\nde la Maison Idéale. D'une manière générale, sinon absolue, l'architecte a\néliminé toutes les moulures; il a arrondi tous les angles des pièces, des murs,\ndes passages, des plafonds, des fenêtres, des portes et des plinthes. Il a sup-\nprimé les balustres. 11 a exclu, et ceci d'une manière intégrale, les doubles,\nles triples et les portes, les ébrasements et les chambranles. Les\nsurfaces des murs, celles des planchers, celles des plafonds, des portes et des\nfenêtres peuvent être facilement et rapidement nettoyées sans le moindre\ndommage pour la peinture ou la décoration; les tableaux pour la plupart sont\nremplacés par une décoration lavable et d'un effet agréable à l'œil. Les meu-\nbles isolés ont également été réduits; leur emploi se borne à quelques pièces\nrares : aux tables de jour, de nuit et de toilette, aux fauteuils, aux chaises et\naux lits. En général, I architecte a conservé I emploi de ce qui peut facilement\nse déplacés et a remédie a î emploi des pièces lourdes en-dessous desquelles\ns agglomèrent la poussière et la crasse, en incorporant toutes les armoires\ndans le corps de I édifice même; en ventilant celles qui doivent être venti-\nlées, en surélevant le niveau intérieur de quelques centimètres au-dessus de\ncelui de la plinthe qui contourne l'appartement. Non seulement le coin où Ton\nne peut aller n existe plus, mais la surface même qui reste à nettoyer a été de\nce fait singulièrement restreinte. La surface des planchers est sans aucun joint;\neîîe est constituée par une matière imperméable, chaude, agréable et repo-\nsante aux pieds qui s'y meuvent, et la marche même y est silencieuse. Les\nmétaux brillants qui exigent un entretien constant ont été remplacés par des\nproduits émailles. La tes appareils de chauffage, de cuisson, de\nlavage, etc., sont également émailles. Les châssis de fenêtres sont suspendus\nou: attachés et construits de manière telle que, même lorsqu'ils s'ouvrent"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.7", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "extérieurement, les faces extérieures et intérieures peuvent être aisément net-\ntoyées de l'intérieur. Chacune des chambres possède un ou plusieurs radia-\nteurs à eau chaude posés dans des niches à angles arrondis dont le niveau est\nsitué à quelques centimètres au-dessus du niveau général de la chambre. Ces\nradiateurs sont montés sur charnières et peuvent être écartés du mur à la\nsuite d'une simple manœuvre qui les rabat de haut en bas, permettant ainsi le\nnettoyage de la niche et du radiateur. Quelques-unes des chambres du rez-\nde-chaussée jouissent en outre du privilège d être pourvues d'un appareil de\nchauffage électrique introduit ici afin de sauvegarder l'apparence du feu ouvert\nau charbon que les Anglais aiment beaucoup, tout en évitant la poussière et\nl'entretien permanent qu'exige l'emploi de ce feu, Des lavabos munis de robi-\nnets à double emploi sont établis dans chacune des chambres à coucher.\nL écoulement est assuré au moyen de tuyaux accessibles et munis des derniers\nperfectionnements; la position même de ces lavabos a été choisie en vue\nd opérer F écoulement direct et à Lair libre sans engendrer de ce fait une lon-\ngueur énorme de tuyaux rampants. Un système de nettoyage par le vide est\naménagé dans la maison. Le centre acteur se trouve à l'étage; il est muni d'un\nréservoir à eau où viennent se noyer toutes les poussières de 1 habitation\nrecueillies au cours des promenades purificatrices de la trompe aspirante.\nL étage comporte encore un déversoir général, une salle de bain, un W. C.,\nun monte-charge et aussi un couloir de chute permettant de transmettre rapide-\nment le linge sale dans un bac roulant placé au rez-de-chaussée, disposition\nqui supprime les longues stations habituelles au transport du linge.\nSuivant Fhabitude chère aux Anglais, ce plan divise l'habitation en trois\nparties bien distinctes qui sont : une partie de l'habitation où l'on vit le jour;\nune seconde partie où Ton vit la nuit et une troisième partie où 1 on s occupe\nspécialement de tous les travaux de ménage. Jusqu'ici je n ai décrit que ce qui\nest relatif aux deux premières parties., Il me reste à examiner en détail les\nimprovisations apportées à la plus importante partie de l'habitation, c'est-\nà-dire de celle où se concntre le travail par excellence. Tout dabord voici\nle passage qui réunit la cuisine à la salle à manger; une porte en pont-levis\nclôture chacune des extrémités, mais lorsqu elle est suspendue elle crée une\nétagère qui recevra les plats. Une bouche de ventilation est établie dans la\npartie supérieure de ce compartiment. Elle a pour mission d'aspirer fortement\nles odeurs de cuisine qui pourraient se glisser dans le passage et s'introduire\ndans la salle à manger. La plaque sur laquelle les plats sont déposés est munie\nd'un réchauffeur électrique qui s'actionne automatiquement dès le moment où\nun plat ou tout autre objet vient à y être placé.\nLa cuisine-laverie est admirablement conçue. Ses murs sont couverts d'un\nrevêtement en carreaux de céramique blanc; le pavement est sans aucun\njoint; les mêmes avantages énumérés plus haut au sujet des angles des plin-\nthes, des portes et des fenêtres sont appliquées ici avec plus de rigueur encore\nque partout ailleurs. D'un côté, bien en évidence et bien éclairé, on trouve un"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.8", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 3301, "texte": "fourneau électrique monté sur roulettes à billes et susceptible de monter ou de\ndescendre à volonté tout l'appareil. Le fourneau est placé en-dessous d une\nhotte qui aspire immédiatement, au fur et à mesure de leur production, toutes\nles odeurs et toutes les fumées qui proviennent de la cuisson des aliments.\nBien en évidence et à portée de la main de celle qui surveille le four-\nneau, se trouve à gauche et à droite une étagère où sont rangés certains pots\nd'un usage fréquent. Un évier, pourvu d'un récupérateur destiné à capter la\ngraisse qui flotte sur les eaux de vaisselle est accolé au mur de façade\nde la cuisine. A côté et à gauche de l'évier on a placé l'égouttoir, et, au-dessus,\nbien à hauteur de la main, un séchoir pour plats et assiettes. Une armoire de\ncuisine est encastrée dans le mur opposé; elle se ferme au moyen d'un\nvolet roulant et automatique; Tordre et la méthode ont présidé ici plus que\npartout ailleurs peut-être au classement et à la conservation de la pureté des\nmatières alimentaires; le pain et la farine occupent des tiroirs spéciaux.\nLa table de cette cuisine-laverie est mobile et roule sur boîte à billes. Elle tient\npar la nature de sa disposition beaucoup plus d une armoire basse avec\ntablette que du meuble que nous convenons communément d'appeler table\nde cuisine; elle est pourvue de nombreux tiroirs et de divers compartiments\n,îans lesquels se trouvent rangés immédiatement à portée de la main tous les\ninstruments qui sont indispensables lorsque la confection des aliments est en\nopération. La tablette supérieure est en marbre, ce qui je pense constitue la\nmeilleure surface possible. Cette table est mobile, ai-je dit, et vous la verrez\ntantôt se rapprocher de F évier, en vue du lavage des légumes; tantôt se placer\nprès de ! armoire en vue de la préparation des pâtisseries; ou bien encore se\ndisposer vis-à-vis du fourneau lorsque se fera la cuisson; en un mot, c'est la\ntable d'opération qui accompagne l'opérateur,\nVous remarquerez la présence sur le plan d'un rectangle pointillé qui\nindique un bac roulant. Ce bac roulant joue le rôle de satellite; il se déplace\nvers 1 endroit où habituellement, dans une cuisine ordinaire, les déchets s'accu-\nmulent. Nettcie-t-on la vaisselle, vous la trouverez à gauche ou à droite de\nl'évier; pèle-t-on les pommes de terre, épluche-t-on les pois, lave-t-on les\nlégumes, découpe-t-on la viande, et voici qu'il rôde autour de la table.\nEcume-t-on les confitures ou ie bouillon et il se présente près du fourneau.\nIl fait disparaître tous les déchets dont la présence prolongée dans F atmos-\nphère pourrait amener un véritable empoisonnement de l air intérieur si carac-\ntéristique pourtant au plus grand nombre de nos cuisines bourgeoises et\nautres. La capacité de ce, bac est assez minime, de manière à ce que les\ndéchets ne puissent s y accumuler, ce qui deviendrait une nuisance au lieu\nd être une amélioration. 11 est armé d angles arrondis qui facilitent le nettoyage\nrapide et méticuleux et Supporte aisément un petit air de feu. Dans l'angle\nprès de la fenêtre à droite de 1 évier, les appareils nécessaires au lavage du\nlinge sont répartis sur une surface assez restreinte. Ce sont tout\nd abord, disposées sur une table, une lessiveuse et une essoreuse mues par"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.11", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3197, "texte": "un petit moteur électrique dissimulé sous la tablette. Sous cette table, dont une\npartie est basculante, une étuve électrique a été aménagée. J'ajouterai que\ntous les appareils et ustensiles qui se trouvent dans la cuisine sont fixés sur\nconsoles mobiles, reposent sur roulettes à billes, s'abattent ou se relèvent de\nmanière telle que le nettoyage complet de toute la surface du pavement puisse\nêtre effectué sans le moindre embarras. Une porte glissante sépare la cuisine\ndu magasin à provision. Ce dernier est divisé en quatre parties bien\ndistinctes, savoir : 1 ) un magasin réservé aux denrées sèches et aux con-\nserves; 2) un châssis divisé en six compartiments munis de guichets et desti-\nnés à recevoir les livraisons de chaque fournisseur; 3) un magasin réservé aux\naliments putrescibles, et 4) un garde-manger réfrigéré. La matière qui consti-\ntue les étagères posées dans ces différentes réserves est le marbre ou la glace,\ncette dernière étant non seulement propre et facilement nettoyée, mais offrant\nencore F avantage précieux d'être transparente, diminuant de ce fait les nom-\nbreux coins noirs dans un endroit où il y a souvent trop peu de lumière.\nLe châssis muni de compartiments à guichets a pour but de supprimer autant\nque possible les allées et les venues de la ménagère se rendant à l'appel de\nchacun des fournisseurs. Il faut remarquer que les fournisseurs se présentent le\nplus souvent à un moment assez critique pour la ménagère et qu'ils sont les\nauteurs involontaires de la plupart des plats ratés. Ces compartiments sont en\nréalité de petites armoires séparées ayant toute l'épaisseur du mur et chacune\nd'elles possède deux portes : une extérieure et une intérieure.\nLe boucher se présente avec la viande, ouvre une des armoires, dépose\nla commande à l'intérieur et ferme la porte dont la serrure agit automatique-\nment et fait apparaître à l'extérieur un mot qui signifie que le compartiment\nest déjà occupé. Dès lors, ce compartiment ne peut être ouvert que de l'in-\ntérieur seulement; il n'y a donc aucune crainte d être volé, et comme il y a\nquatre compartiments semblables, il en reste trois vacants pour les autres four-\nnisseurs. Un panneau mobile comportant une ardoise est disposé au centre\nde ce châssis; il est destiné à exposer les commandes que prendront les four-\nnisseurs et qu'ils apporteront le lendemain. Je dois avouer que je ne puis\nm'imaginer ce qu'il adviendrait des clients belges s'ils se prêtaient un seul\ninstant à la pratique de ce système; pour ma part, j'estime qu étant donné\nla grande honnêteté qui caractérise et qui a toujours caractérisé nos commer-\nçants, iî suffirait de supprimer la fermeture automatique ce qui serait une\néconomie assez sensible, me semble-t-il!\nLe garde-manger est incorporé dans la construction; il est muni d'une\nchemise d'eau qui l'entoure complètement; la consommation entière de l'eau\nnécessaire à î habitation est obligée de passer par ce réservoir et la circula-\ntion de ce courant d eau fraîche se manifeste dans toutes les parties de ce\nréservoir.\nIl me reste à dire quelques mots de la réserve de charbon et du système\nde chauffage. La cave au charbon possède une capacité d'environ"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.12", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "7,000 kilos. Son niveau est établi en contre-bas du niveau général du rez-\nde-chaussée. Un dispositif spécial permet de rentrer le charbon avec facilité.\nL anthracite est le seul combustible employé dans la maison qui dispose d'un\nseul foyer. Ce dernier chauffe toute la maison et l'alimente en eau chaude.\nIl a également pour mission de détruire tous les déchets qui proviennent de\nla cuisine. Il est à remarquer en outre qu'aucune partie de l'habitation n a été\nsacrifiée au détriment d'une autre; que l'appartement des sujets ne se dis-\ntingue en rien de celui des maîtres, tout au moins en ce qui se rapporte à la\nconstruction et la répartition des avantages; qu'il n'existe aucun sous-sol;\nque les portes et les châssis ont été réduits à un ou à deux types, tout au plus,\net que, malgré tout ce confort et toute cette hygiène, les façcides possèdent\ndu calme et un caractère plus imposant en somme que toutes les façades\nhabituelles auxquelles nous ne parvenons pas, malgré tout, à acclimater notre\nœil.\n\nJean EGGERICX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c003", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.2.1", "titre_corps": "LA MAISON IDÉALE", "titre_sommaire": "LA MAISON IDÉALE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 167, "texte": "upplément a « La Cité ».\nN° 10, Avril 1920.\nPLANCHE XIX\nD'après les plans de C. J. KAY\nLicentiate R. I. B. 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J. KAY\nLicentiate R. I. B. A., Architect\nparus dans le “ Daily Mail „.\nLA MAISON IDÉALE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c005", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "204", "page_fin": "205", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.3", "titre_corps": "A propos de la Grande Boucherie", "titre_sommaire": "A propos de la Grande Boucherie", "signature_source": "J. F", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.12", "debut_caractere": 1048, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "A propos de la Grande Boucherie\n\nQue l'Art n'a rien à gagner à ces reconstitutions maladroites d'un passé\nà jamais écroulé, mais ne peut vivre que de l apport d'idées nouvelles, voilà\nune thèse qui trouve de plus en plus de défenseurs.\nC est la conclusion, aussi, de ces judicieuses réflexions que J. F. publie\ndans la « Nation Belge » à propos de la Grande Boucherie, qu'il souhaite ne\npas voir reconstruite.\n« Certes, dit-il, nous sommes sensibles à la poésie des vieilles choses,\nau charme des eaux muettes où glissent des cygnes, des murs penchés sur les\nvenelles, des tuiles pâlies où se reflètent tant d'aubes et de couchants, à\njamais éteints; nous aimons, comme des aïeules, les bonnes vieilles maisons.\nEt nous faisons un précepte de cette opinion du grand Ruskin, qu'il faut, le\nplus qu'on peut, garder les monuments d'autrefois, les consolider, les entre-\ntenir, les étayer de béquilles, mais non les « refaire », si l'on n'a pu les\nconserver.\nOr, on n a pas sauve la Grande Boucherie, parce qu on a négligé les\nprécautions élémentaires. Sans doute, les questions de propriété indivise\ns'enchevêtraient comme ronces et chiendents; pendant que les gens de loi s'y\nempêtraient, la ruine faisait son œuvre et la Grande Boucherie, un beau\nmatin, s effondra; les litiges étaient, du coup, résolus, mais Bruxelles perdait\nun beau morceau d'architecture, un éloquent souvenir du passé."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.13", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "Riâmons ceux dont 1 impéritie a causé cette perte, alors que des mesures\nénergiques pouvaient épargner ce détriment au patrimoine public. Mais ne\nreconstruisons pas la Grande Boucherie, ne refaisons pas ce qui fut. Ce qui\nfait sacrées les vieilles maisons, ce sont les amours, les gloires et les douleurs\ndont leurs pierres se sont imprégnées; ce sont les vies passées à leur ombre.\nLe pastiche le plus habile n'est jamais qu'une contrefaçon. Et pourquoi, seule\nde tous les arts, larchitecture est-elle exposée à cet outrage? Propose-t-on de\nrefaire le Jordaens qui périt dans le bombardement de Dixmude, de recon-\nstruire le jubé qui fleurissait dans la vieille église flamande? Pourquoi pasti-\ncherait-on les monuments d'autrefois?\nCe serait donc, dans ce pays qui compte de grands architectes, et toute\nune jeunesse frémissante de projets et d'espoirs, ce serait une erreur de\nreconstruire ce que nous n'avons su conserver : nous souhaitons donc que\nl'on ne refasse pas la Grande Boucherie.\nMais cela étant, il demeure une place étriquée et froide, bordée de\nfaçades plâtrées et de la triste muraille de briques de la Maison du Roi.\nCete trouée, dans le populeux Marché-aux-Herbes, il faut la conserver,\ncomme une clairière dans la forêt pressée des maisons. Il faut restaurer (ici,\nnous sommes d'accord avec les archéologues), les vieilles maisons de la rue\naux Harengs, de la rue Chair-et-Pain ; débarrasser leur honnête visage des\nbadigeons accumulées; planter un jardin.\nDes arbres croîtraient-ils sur le sol appauvri? Ne priveraient-ils pas\nd'air et de jour les étages voisins? Un intéressant problème se pose, pour\nl'aménagement de ce coin de ville; la solution en serait aisée, si la façade\npostérieure de la Maison du Roi, démasquée par l'effondrement, ne s'était\nrévélée de la plus banale laideur. Les architectes d'autrefois soignaient\nmême ce qu on ne voyait pas, s'ils 1 ornaient moins; ceux d'hier, hélas!...\nAprès avoir restauré les façades qui longent la placette; planté celle-ci\nd arbustes et de fleurs; rendu ainsi plus aisé l'accès de la Grand' Place, le\nproblème se résoudrait à l'aménagement ou au « camouflage » de la\nMaison du Roi. Mais îe camouflage est-il une solution? »\n\nJ. F."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c006", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "214", "image_debut": 14, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.4", "titre_corps": "URBANISME", "titre_sommaire": "URBANISME", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.14", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "URBANISME\n\nPour la reconstitution des\nAgglomérations détruites\nL'Etat de la question en France\nCe qui manque chez nous\n\n( I ) Je dois communication des textes sur les-\nquels s appuie cette étude à I obligeance empressée\nde M. Théodore Steeg, ministre de 1 intérieur, qui\nme permettra de lui réitérer ici l'hommage de ma\nvive gratitude.\n\n(1)\nPlus nous serrons de près le problème de\nla reconstitution des agglomérations dévas-\ntées, et plus nous nous sentons impressionnés\npar l'ampleur et la complexité de la ques-\ntion.\nL évolution des idées en matière d hy-\ngiène et de salubrité publiques; F impérieuse\nnécessité d'assurer aux agglomérations des\nconditions de vie qui abaissent le taux de la\nmortalité et favorisent le comblement des\nvides affreux creusés directement ou indirec-\ntement par la guerre; le souci d'apporter\nune solution satisfaisante au problème du\nlogement ouvrier et du logement à bon mar-\nché; celui de rendre au plus tôt un habitat\ndéfinitif au paysan dont le labeur tenace\ndoit s'attaquer au défrichement des territoi-\nres momentanément frappés de stérilité;\n1 impossibilité de rétablir dans les recon-\nstructions les tracés défectueux de voirie,\nconçus pour d'autres âges» et quit depuis\nlongtemps, constituaient une nuisance publi-\nque; le devoir d'adapter ' dans toute la me-\nsure du possible la tradition des formes\nrégionales aux transformations modernes,\naux conditions économiques de l'heure pré-\nsente, aux matériaux nouveaux dont l'usage\ns impose; le désir de conserver les sites ur-\nbains caractéristiques, les souvenirs du passé,\nles témoins de l'histoire» les beautés archi-\ntecturales et les richesses archéologiques\nd autant plus précieuses aujourd'hui que no-\ntre patrimoine a été plus douloureusement\nébréché; le besoin de développer les œuvres\nsociales, d améliorer les services publics,\nd éduquer les classes populaires, etc., etc...\nce sont là autant de facteurs aux exigences\nmultiples, pressantes, parfois contradictoires\nen apparence, et qu il importe cependant de\nconcilier sous la préoccupation dominante\nde faire vite, de hâter partout la reprise de\nla vie normale du pays, de mettre fin à une\ncrise sans précédent et qui n'a que trop duré.\nDans une telle occurrence, il n'est pas sans\nintérêt et il peut être de grand profit\nde jeter un coup d'œil par delà nos frontiè-\nres et de considérer ce qui se passe en\nFrance, dans ce grand pays voisin qui tant\nde fois a donné, dans bien des domaines,\nle plus noble exemple, auquel nous ratta-\nchent tant de traditions communes et, à\nprésent, une si profonde similitude d'inté-\nrêts.\nLe problème de la reconstruction des\nagglomérations dévastées s'y pose sur des\ndonnées identiques, mais sur une échelle\ninfiniment plus vaste. Mêmes nécessités,\nmême urgence, même crise, mais étendues à\nun front de plus de 400 kilomètres de lon-\ngueur et dont les fluctuations en profondeur\nen ont parfois atteint plus de 100!\nOr, ce qui frappe au premier examen des\nlois, circulaires et instructions qui ont été\npromulguées à ce sujet en France, c'est\n« 1 esprit de méthode » qui les domine. En\nprésence de 1 énormité de l œuver à accom-\nplir, le gouvernement français a compris\n1 obligation primordiale d établir des règles\net conditions d études, d unifier les systèmes,\nde canaliser rigoureusement les efforts. Et\nsous ce rapport, 1 examen de ces documents\nest d autant plus suggestif qu'il apparaît\nbien que c est précisément l'imprécision des"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.15", "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 4466, "texte": "méthodes, le manque de coordination des\ntendances, l'absence de directives qui para-\nlysent chez nous l'indéniable énergie natio-\nnale.\nLes séances du Comité consultatif d'archi-\ntecture du ministère de l'intérieur révèlent\nnettement l'écueil.\"Rien n'est plus significa-\ntif à ce props que la forme sous laquelle lui\nparviennent indistinctement TOUS les plans\nd'aménagement et de reconstruction des\ncommunes dévastées. Ces documents sont\nsoumis à son examen sous forme de tracés\nindiquant plus ou moins vaguement les mo-\ndifications proposées à l'alignement des\nrues, des chaussées, comme si le problème\nde la reconstitution n'était autre chose qu'un\nproblème de voirie! En aucun cas on ne\ntrouve, joints au projet, les renseignements\nspécifiant l'état de dévastation de l'agglomé-\nration et de ses édifices, les éléments qu il\nconvient de maintenir, les souvenirs qu'il est\nindispensable de respecter, le chiffre de la\npopulation, le caractère de l'activité de la\ncommune, les facteurs de prospérité ou de\ndécadence, les défectuosités anciennes aux-\nquelles il convient de porter remède,les amé-\nliorations désirables, etc., etc., toutes choses\nenfin qu'il importe cependant au plus haut\npoint de connaître, si l'on veut émettre sur\nles projets présentés un avis qui ait quelque\nchance d'être profitable. Les plans de ni-\nveaux sont virtuellement inconnus. De la si-\ntuation sanitaire, il n'en est pas question.\nAucune indication n'est fournie sur le trafic,\nsur les espoirs de la municipalité quant à la\nrenaissance de la commune, sur ses vues\nquant à son accroissement futur, sur les be-\nsoins, sur le développement souhaitable de\nses services publics. La photographie\naérienne, pourtant si précieuse pour fournir\nd emblée une vue d'ensemble précise, sem-\nble ne pas exister, pas plus d'ailleurs que la\nphotographie toute simple, faite sur les lieux\npar 1 auteur même du plan, et qui pourrait,\ndans des cas nombreux, éviter au Comité de\nfastidieux déplacements et des enquêtes for-\ncément hâtives et incomplètes.\nDans de telles conditions, l'œuvre du Co-\nmité, profondément désireux de bien faire,\ndevient formidable, Il lui appartient de me-\nner les enquêtes, de fixer les points essentiels\ndu programme, alors que la solution lui est\ndéjà soumise. Le dévouement de ses mem-\nbres s'épuise à combler une telle insuffisance-\nDéjà l'encombrement devient menaçant; il\nn est pas douteux qu'il sera, à bref délai,\ninextricable, et que l'on se trouvera acculé\nà des décisions hâtives et franchement re-\ngrettables à tous points de vue.\nUne méthode s'impose donc. 11 est de\ntoute urgence de fixer des directives, d'im-\nposer l'unification dans l'effort. Il ne suffit\npas que quelques architectes, urbanistes, ou\nsoi-disant tels, se soient appropriés ou fait\nconfier des travaux multiples qu'ils sont ma-\nnifestement incapables de mener à bien. Cet\naccaparement d'un nouveau genre menace\nde paralyser toute la reconstitution nationale\net de l'orienter finalement dans la voie la\nplus détestable. L intérêt de quelques indivi-\ndus ou celui de quelques groupes doit s'effa-\ncer devant l'intérêt général. Il n'est pas de\nconsidérations de personnes qui puissent te-\nnir. Le plan d'aménagement ou d'extension\nd'une agglomération est le fondement de sa\nrenaissance, de ses développements ulté-\nrieurs, de son essor. Il fixe les conditions de\nla santé publique. Son importance est\nénorme, et pour résoudre de tels problè-\nmes, il ne suffit pas de surcharger purement\net simplement un ancien plan cadastral de\nquelques tracés rouges marquant les aligne-\nments nouveaux, dont personne ne com-\nprend, au surplus, la raison, l'intention ou\nl'idée directrice.\nLe mode actuellement en honneur a déjà\nconduit le Comité consultatif à se reporter,\npour l'étude premières des questions, aux\nbons offices de l'Union des Villes et Com-\nmunes belges. M. le ministre de l'intérieur\naccepte sa collaboration à titre officiel. C'est\nparfait. Mais ce n'est pas là résoudre la dif-\nficulté. Tout au plus est-ce la déplacer. Il est\ninadmissible que les membres d'une com-\nmission, quelles que puissent être leur com-\npétence ou leur activité, soient astreints à\nune besogne qui incombe normalement aux\nspécialistes chargés de Fétude particulière\nd'un problème. Et si certains ont pu solliciter\nou accepter un tel nombre de travaux de ce\ngenre que leur étude, comprise comme élit\ndevrait l'être, dépasse à l'évidence les capa-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.16", "debut_caractere": 79, "fin_caractere_exclue": 4382, "texte": "cités humaines eu égard surtout à l'ur-\ngence qui s'impose de toutes parts je\nn'hésite pas à affirmer qu'il faut y voir leur\nincompréhension manifeste de l'importance\ndes missions qu'ils ont assumées-\nj estime donc que 1 étude des dispositions\nprises en France peut être d'un grand profit\net c est dans ce but que je publie ci-dessous\ndes extraits et des résumés de ces travaux si\nsagement conçus.\nL obligation pour les agglomérations to-\ntalement ou partiellement détruites par fait\nde guerre, d'avoir à établir un plan général\net directeur des travaux à effectuer, résulte\nde la loi du 14 mars 1919 relative à l'ex-\ntension et à l'aménagement des villes. Celle-\nci ne limite d ailleurs pas ses dispositions\nctux localités sinistrées. Elle les étend notam-\nment à toutes les villes de 10,000 habitants\net plus; à celles de 5,000 à 10,000 habi-\ntants, dont la population a augmenté de plus\nde 1 0 p. c. dans l'intervalle de deux recen-\nsements quinquennaux consécutifs; aux sta-\ntions balnéaires, maritimes ou sportives,dont\nla population augmente de plus de 50 p. c.\nà certaines époques; aux agglomérations\nprésentant un caractère pittoresque, artisti-\nque ou historique, et reconnues telles par les\ncommissions compétentes, etc., etc. Toutes\nces localités sont tenues de faire établir un\nprojet d'aménagement, d'embellissement et\nd extension dans un délai maximum de trois\nans. Quant aux localités totalement ou par-\ntiellement détruites par fait de guerre, et\nquel que soit le chiffre de leur population,\nil leur est imposé de faire établir, en plus du\nplan d'alignement et de nivellement prévu\npar la loi du 5 avril 1 884, une étude som-\nmaire du projet d'aménagement, d embellis-\nsement et d extension, et ce, dans un délai\nde trois mois. Tant que le plan d'alignement\net le nivellement n'est pas approuvé, aucune\nconstruction, sauf celle d'abris provisoires,\nne peut être faite.\nLa loi du 1 4 avril 1919 prévoit dans cha-\nque département l'institution d'une commis-\nsion dite : « Commission départementale\nd'aménagement et d'extension des villes et\nvillages », et, au ministère de l'intérieur, une\ncommission supérieure. Elle règle la compo-\nsition de ces commissions.\nElle impose aux conseils municipaux\nl'obligation de désigner l'homme de l'art ou\nla société qui seront chargés de l'étude et de\nla confection des plans et de projets. Si cette\ndésignation n'est pas faite dans un délai de\ndeux mois, le préfet fera la désignation d'of-\nfice, après mise en demeure au conseil muni-\ncipal.\nCe dernier n'a pas seulement l'obligation\nde faire dresser le plan qui fixera la direc-\ntion, la largeur, le caractère des voies à créer\nou à modifier, les emplacements des espaces\nlibres, les réserves boisées à constituer, les\nemplacements des édifices et services pu-\nblics; il a, en outre, celle d'établir UN PRO-\nGRAMME déterminant les servitudes hygié-\nniques, archéologiques et esthétiques et tou-\ntes les autres conditions y relatives, ainsi que\nles prévisions concernant la distribution\nd'eau potable, le réseau dégoûts, l'évacua-\ntion et la destination finale des matières\nusées et, s'il y a lieu, l'assainissement du sol.\nLa loi prévoit enfin le cas où le projet de\nreconstruction, d'aménagement, d'embellis-\nsement ou d extension est de nature à inté-\nresser plusieurs communes limitrophes- Des\nservices généraux peuvent, en effet, être éta-\nblis en commun; il peut être désirable de\nfaciliter les relations d'une commune à une\nautre; dans ce cas, le préfet peut provoquer\nune étude d'ensemble et des conférences in-\ntercommunales en vue de la constitution de\nsyndicats de communes.\nTelle est, dans ses grandes lignes, la te-\nneur de cette loi dont on est en droit d'atten-\ndre les résuatats les plus bienfaisants. Déjà\napparaît ici l'esprit de méthode, d ordre et\nde coordination des efforts, ainsi qu'un prin-\ncipe nettement défini de répartition ration-\nnelle des études. La loi du 1 4 mars 1919\nn'est d'ailleurs pas la première prescription\nadressée aux communes d avoir à établir des\nplans généraux. Deux circulaires du ministre\nde l'intérieur (2 7 septembre 1916 et 12 no-\nvembre 1917) avaient déjà imposé cette\nobligation aux communes atteintes par les\névénements de guerre. Dès le 1 5 mars 1919,\nle ministre des régions libérées adressait aux\npréfets la loi nouvelle et y joignait une cir-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.17", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 4287, "texte": "culaire commentant le mode de sa mise en\npratique. Cette circulaire les invitait à consti-\ntuer d urgence la commission départemen-\ntale d'aménagement et d'extension des villes\net villages, et à prendre, SANS AUCUN DE-\nLAI, son avis sur les communes sinistrées qui\nrentrent dans les conditions prévues. « Il\nsemble, dit la circulaire d une façon\ngénérale, et sauf examen de cas particuliers,\nque ces communes pourraient être celles où\nla proportion des destructions atteint au\nmoins 10 p. c. du nombre des immeubles.\nCependant, même pour celles où cette pro-\nportion n est pas atteinte pour l'ensemble de\nFagglomération, mais où cependant certains\nquartiers ont été particulièrement touchés,\nil conviendra d'apprécier si elles ne doivent\npas être comprises dans la liste des agglomé-\nrations visées explicitement par la loi. »\nLes communes sont désignées par arrêté\npréfectoral; en même temps que de la noti-\nfication de cet arrêté, remise est faite aux\ncommunes d un exemplaire du « TABLEAU-\nGUIDE pour l'établissement du plan d'ex-\ntension et d'aménagement».\nL'administration municipale reçoit donc\nimmédiatement une directive minutieuse-\nment définie. Elle ne peut se méprendre sur\nla portée de ses obligations. Le technicien,\n1 homme de Fart qu'elle charge d étudier le\nplan directeur, ne peut, à son tour, hésiter\nsur le caractère de sa mission. II connaît\n! étendue de l'étude qu on exigera de lui.\nEn quoi consiste donc ce tableau-guide)\nDeux tableaux de ce genre ont été éta-\nblis- L'un vise spécialement les aggloméra-\ntions URBAINES; l'autre, les aggloméra-\ntions RURALES. Ce sont deux opuscules\ndistincts qui ont tous deux pour titre :\n« NOTICE sur les questions à examiner et\nsur la documentation à réunir en vue de\n1 établissement du projet d'aménagement,\nd embellissement et d'extension des agglo-\nmérations et TABLEAU-GUIDE pour l'éta-\nblissement du dossier devant servir à la ré-\ndaction du projet ».\nLa notice sert d introduction et de com-\nmentaire au tableau. Elle spécifie, en débu-\ntant, que les architectes, urbanistes, techni-\nciens, etc., ne pourront travailler utilement\net rapidement en vue de répondre aux\nprescriptions de la loi, que s'ils sont pourvus\ndun PROGRAMME complet et sérieuse-\nment élaboré, leur fournissant tous les élé-\nments nécessaires à l'exécution de leur tra-\nvail. L importance de ce programme, pres-\ncrit d'ailleurs par la loi, est tout spécialement\nmise en relief. Le programme doit servir de\npoint de départ à la réalisation d'un état de\nchoses répondant tout d'abord aux nécessi-\ntés présentes, et susceptible, en outre, d'une\nadaptation facile aux besoins futurs; il ne\nsaurait donc être établi avec trop d atten-\ntion. Le problème qui se pose devant les mu-\nnicipalités des régions dévastées est d'une\nimportance capitale. Le programme est, en\nquelque sorte, la résultante de l'examen de\ntoutes les défectuosités de l'état ancien de\n1 aggloméra tion ; il détermine les mesures à\nprendre pour assurer, dans l'avenir, le libre\ndéveloppement de l'agglomération. Le vil-\nlage, comme la ville, doit bénéficier des pro-\ngrès de l'hygiène et du confort, facteurs\nessentiels de la santé, du bien-être et de pros-\npérité du pays.\nLe TABLEAU-GUIDE est une sorte d in-\nventaire qui résume les principaux sujets à\nretenir pour donner aux études à entrepren-\ndre une direction précise. Il a pour but de\nclasser méthodiquement ces objectifs qui\nprendront, suivant les cas, plus ou moins\nd'importance dans l'élaboration du pro-\ngramme à fournir au technicien.\nfl appelle tout d'abord l'examen sur les\nconditions naturelles de l'agglomération et\naussi sur son origine, son développement, ses\ntraditions, F histoire des industries et com-\nmerces locaux. Il prescrit de mentionner les\nminuments et les lieux historiques, en y com-\nprenant ceux qui ont été témoins de faits mé-\nmorables survenus au cours de la guerre\n1914-1918. Il recommande de réunir à ce\nsujet des documents graphiques et photo-\ngraphiques.\n11 exige ensuite une enquête sur l'état de\nl'agglomération avant la guerre,relativement\nà la densité de la population, à l'état sani-\ntaire, à 1 hygiène. Quels sont notamment les\nconditions générales de la cité au point de\nvue de la voirie, de 1 évacuation des matiè-\nres résiduaires? N'existe-t-il pas de causes"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.18", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 4253, "texte": "d'insalubrité particulières à la localité, telles\nque fumées et poussières industrielles, voisi-\nnage de marais, surpeuplement de certains\nquartiers, insuffisance d'eau potable?\nQuel est le caractère général de l'agglé-\nomration : agricole, industriel, commer-\nçant, ou mixte? Quelle était la valeur des\nterrains et de la propriété bâtie?\nQuel est le développement ou la déca-\ndence économique de l'agglomération, l'im-\nportance de ses industries, de son commerce\nlocal, etc., etc.?\nLorsqu il s agit de localités fréquentées\npar les touristes et ce sera le cas de bien\ndes villes et villages auxquels se rattachent\ndes souvenirs de guerre il faut se préoc-\ncuper des auberges et hôtelleries qui sont des\norganes essentiels dans la vie des agglomé-\nrations. Les devoirs qui s'imposent de ce chef\naux municipalités sont intimement liés à la\nprospérité de l'agglomération; or, l'on sait\ncombien ces établissements laissaient géné-\nralement à désirer avant la guerre.\nDans les villes, la question de la circula-\ntion est d'un intérêt capital. Il convient d'en\ndéterminer les défectuosités et leurs causes.\nIl convient de mentionner l'intesnsité du tra-\nfic local et son caractère. Dans les villes\naussi, il importe de mentionner les espaces\nlibres, promenades et jardins, leur insuffi-\nsance éventuelle, la convenance des empla-\ncements.\nVient ensuite le problème des édifices pu-\nblics : mairies, écoles, églises, bureaux de\nposte, hospices et hôpitaux, gares, etc. ; celui\ndes services publics, d'alimentation, d'hy-\ngiène, d'éclairage, de sécurité publique, etc.\nQuels sont les défauts ou avantages des édi-\nfices existants, leur degré de conservation,\nles transformations, les désaffectations ou les\ndéplacements désirables?\nL enquête portera enfin sur les œuvres so-\nciales de fondation publique ou privée,\nasiles, refuges, crèches, colonies de jardins\nouvriers, terrains de récréation, habitations\nouvrières et à bon marché.\nEn ce qui concerne les villages, la notice\nn'hésite pas à affirmer qu'il est désirable que\nchaque village de France soit doté d'une\nmaison ou salle commune, centre de réu-\nnionne représentations cinématographiques,\naccompagné d une petite bibliothèque, afin\nde veiller à l'état moral de la collectivité et\nde combattre l'influence pernicieuse du ca-\nbaret.\nBeaucoup de communes avaient arrêté,\ndès avant la guerre, des projets d'aligne-\nment, de nivellement, de transformations.\nCes études doivent être sérieusement revues.\nDans les villages traversées par des routes\nnationales et départementales, des disposi-\ntions avaient été prévues pour améliorer la\ncirculation. Il importe de mentionner les me-\nsures prises, et, au besoin, d'indiquer les\naméliorations ou les revisions désirables.\nTous ces points se trouvent répartis par\nchapitres au Tableau-Guide; il est aisé aux\nmunicipalités de constituer le dossier, de dé-\nterminer le programme, et de fournir ainsi\naux commissions supérieures qui auront à se\nprononcer sur le projet, les éléments indis-\npensables pour pouvoir émettre un avis en\ntoute connaissance de cause.\nCette méthode d'examen des divers points\nqui rentrent en ligne de compte dans l'étude\ndes problèmes d'urbanisme, n'est évidem-\nment pas neuve et n'est pas particulière à\nla France- C'est la méthode que, depuis de\nlongues années, préconise l'Union des Villes\net Communes belges. La récente conférence\nnationale de l'habitation à bon marché a\nfourni à cet organisme une nouvelle occasion\nde l'affirmer. Mais il ne suffit pas d'émettre,\ndans les congrès, des idées excellentes, dont\nchacun s'accorde à reconnaître la judicieuse\nlogique. Encore faut-il faire passer ces idées\ndans la pratique, et c'est sous ce rapport que\nl'initiative prise par le gouvernement fran-\nçais constitue une innovation pleine d'ensei-\ngnement.\nLe 5 mars dernier, M. Th. Steeg, ministre\nde l'intérieur, adressait aux préfets une nou-\nvelle circulaire relative à l'application de la\nloi du 14 mars 1919 sur les plans d'aména-\ngement et d'extension des agglomérations.\nCette circulaire, dont ont parlé tous les quo-\ntidiens, même en Belgique,insiste sur la com-\npétence toute particulière qui devra être celle\nde l'homme de l'art choisi pour l'étude du\nplan.ll lui faut une connaissance aussi appro-"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.20", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "fondie que possible des questions d'hygiène,\nd'esthétique, d'architecture et de voirie.\nD'autre part, il peut y avoir intérêt à deman-\nder, en vue de l'établissement du plan, des\nrenseignements aux Chambres de commerce,\naux groupements industriels, archéologiques\nou artistiques, aux œuvres sociales, etc.\nEnfin, elle autorise les municipalités à sou-\nmettre à la Commission supérieure du minis-\ntère de l'intérieur un avant-projet ou esquisse\ndu plan, afin d'éviter d'engager les études\ndans une voie qui pourrait ne point être\napprouvée par la suite.\nElle est accompagnée d'une annexe qui\nconstitue une sorte d addenda aux Notice et\nTableau-Guide dont nous avons parlé plus\nhaut. Il n'est pas sans intérêt de reproduire\nici qu elques-uns des conseils qu'on y trouve\nei qui s'inspirent du plus évident bon sens.\n« Etre raisonnable dans l'étude et le tracé\ndu plan d'extension,d'aménagement et d'em-\nbellissement; raisonnable, parce que les bud-\ngets de la France appauvrie ne se prêtent pas\nà des fantaisies coûteuses; raisonnable, parce\nqu'il faut tenir compte de ce qui existe; rai-\nsonnable, enfin, parce que les chemins\nde fer jadis, l'automobilisme aujourd'hui,\nl aéronautique demain, peuvent mettre en\nmorceaux une conception trop rigide, trop\nabsolue; raisonnable, aussi, pour donner par\ndes vues suffisamment larges, satisfaction à\nl'esprit de prévision du législateur.\n» Améliorer, plutôt que bouleverser, afin\nde ne point détruire le caractère, l'individua-\nlité de la ville, son aspect pittoresque et dé-\ncoratif. Il n'est pas nécessaire de favoriser les\ngrandes vitesses dans les centres populeux\net il est inutile d'élargir systématiquement les\nrues où il ne passe personne- Les obligations\nde l'hygiène doivent s'attaquer bien plus\nénergiquement aux cours obscures qu aux\nrues étroites.\n» Ménager les anciens tracés; penser aux\ndépenses et se rappeler qu'une voie nouvelle\nsouhaitable, mais que son coût empêche de\nréaliser jamais, est moins intéressante qu une\nrue améliorée; que, à cause des pentes, le\nmeilleur chemin d'un point à un autre n est\npas toujours la ligne droite; que 1 alignement\nrectiligne gâte souvent l'aspect d une voie\nancienne sans profit appréciable. Eviter tou-\ntefois que, dans le but de supprimer une dé-\npense minime, dans l'ensemble, on grève\nF agglomération d'une gêne irrémédiable.\n» Eviter la création de répétitions inutiles\nou de pastiches invraisemblables, sous ré-\nserve, bien entendu, des architectures obli-\ngatoires nécessaires à la mise en valeur d un\nmonument, ou à la composition d'un ensem-\nble décoratif.\n» Il s'agit, dans nos villes, de mettre beau-\ncoup plus d'arbres et beaucoup moins d'ha-\nbitants à l'hectare. L'important est la distri-\nbution proportionnelle de F air pur et de l'es-\npace libre à chaque habitant. Favoriser les\nmaisons en retrait derrière les jardins et les\njardins en général.\n> Etudier les emplacement destinés aux\nmonuments, édifices et services publics. Il est\nélémentaire que les services administratifs\nque fréquente la foule : mairie, caisse d'épar-\ngne, poste, etc., soient rapprochés du cen-\ntre; il est naturel que les services spécialisés :\néglises, gares, écoles, bains, marchés, soient\nrépartis suivant les besoins et facilement des-\nservis; il est indispensable que les hôpitaux,\nhospices, prisons, soient construits à la péri-\nphérie; que les abattoirs, marchés aux bes-\ntiaux, usines malodorantes, cimetières, etc.,\nsoient éloignés des agglomérations et placés\ndans des endroits judicieusement détermi-\nnés, notamment par rapport aux vents domi-\nnants.\n» Ménager les monuments existants; évi-\nter les dégagements malencontreux qui ont\ndésencadré et dénudé si bêtement trop de\nchefs-d'œuvre de l'architecture nationale.\nDévier une voix si cela est nécessaire à leur\nconservation. Ne pas rechercher l'unification\ndes styles dans un ensemble ancien, mais y\nmaintenir l'harmonie des architectures et des\ncolorations; ne pas oublier que dans l'his-\ntoire, les belles époques artistiques ont tou-\njours fait « du moderne ».\n» Distribuer largement aux habitants\nl'eau potable et l'eau de lavage. Aménager\ndes piscines, des bains, des bains-douches.\nDonner aux populations le goût de l'hygiène,\nde la propreté, de la tenue de leur ville, des\nrues, des maisons, des personnes. Ne pas ou-\nblier que l'intérêt général prime l'intérêt des"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.21", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1792, "texte": "individus et n'est pas seulement la somme\ndes intérêts particuliers- 2»\nOn voit par cet exposé quel esprit de mé-\nthode et d'organisation préside à la recon-\nstitution des régions françaises dévastées par\nla guerre. En Belgique, le désir de hâter la\nreconstitution de nos foyers et de nos villes\na fait négliger un peu les assises fondamen-\ntales de cette œuvre gigantesque. D'incontes-\ntables abus, qui ne sauraient être tolérés plus\nlongtemps, créent d'autre part un malaise\nqui déjà paralyse les énergies. 11 ne s'agit pas\nde concentrer entre les mains de quelques-\nuns la besogne écrasante devant laquelle\nnous nous trouvons. «L'intérêt général prime\nl'intérêt des individus». 11 importe avant tou-\ntes choses que la reconstruction de nos\nagglomérations ne soit pas la négation même\nde toutes les idées généreuses qui se sont\naffirmées depuis un quart de siècle. Nous\navons à en faire la mise en pratique aujour-\nd'hui, si nous voulons que le pays se relève\nde la crise effroyable qu'il traverse. Et si,\npour atteindre ce résultat, il convient, en\nquelques points, de faire machine en arrière,\nde revoir des études trop hâtives, de remet-\ntre sur le métier une organisation dont on\nperçoit de plus en plus les défectuosités et les\ndangers, on ne saurait hésiter pendant qu'il\nen est temps encore. M. le ministre de l'in-\ntérieur possède une vision trop claire des né-\ncessités pour reculer devant des décisions qui\ns'affirment chaque jour plus impérieuses.\nLa reconstitution de nos agglomérations\ndétruites manque de directives et de police.\nIl importe de les créer sans retard.\n(Repris, avec l'autorisation de Fauteur, du nu-\nméro de mai du Bulletin mensuel de la Société\nCentrale d'Architecture, dans lequel ces pages ont\nparu tout d'abord).\n\nEug. DHUIQUE."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.22", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "Le Dégagement des Vieux Edifices\n4 plusieurs reprises, lon a protesté dans\ncette Revue contre le dégagement intempestif\ndes vieux édifices. Insistance qui, à d'aucuns\npeut paraître intempestive. Mais nous som-\nmes convaincus que, malgré les enseigne-\nments de Bals les idées que l'on professe\nchez nous en cette matière sont encore bien\nrétrogrades. Or la question du dégagement\ndes vieux édifices est, peut-on dire, primor-\ndiale pour l'urbanisme puisqu'elle se réduit\nsomme toute a savoir si ïon attache plus\nd'importance dans une ville au « monument »\nqu'au site urbain.\nNous ne cesserons donc d'éclairer cette\nquestion et c'est à ce titre que nous reprenons\nune page que nous trouvons ,parmi nos dé-\ncoupures de journaux et dont nous ne parve-\nnons malheureusement pas à identifier la\nsource. La question qui nous préoccupe y est\ntraitée avec tant de science que nous ne résis-\ntons pas au désir de publier ici cet article :\nProblème angoissant pour beaucoup de\npetites cités où l'œuvre de la reconstruction\nest nécessaire depuis les désastres de la\ngrande guerre, Faut-il encore rétablir les pe-\ntites maisons qui grouillaient au chevet des\néglises et parachevaient le pittoresque du ca-\nractère urbain des placettes minuscules où\ndort un peu du passé?\nA Louvain, le problème a été résolu. On\nreconstruira l'église Saint-Pierre, mais on ou-\nbliera de lui restituer les petites bicoques qui\ncréaient naguère un peu de vie devant l'Hô-\ntel de ville de Mathieu de Loyens et qu'on\nvenait d'abattre au moment de la guerre.\nA Audenarde on se préoccupe présente-\nment de la question. On a décidé de démo-\nlir; puis de voir... Sans doute reconstruira -\nt-on ce qu'on a démoli si l'on juge que Ton\na eu tort...Faire et défaire, c'est évidemment\ntoujours travailler.\nLes partisans de la suppression de ces\nmaisonnettes ne se basent pas sur les droits\nde 1 hygiène,lesquels seraient assurément une\nexcuse; ils revendiquent la nécessité de réta-\nblir la situation des temples selon les plans\nles plus anciens, c'est-à-dire ceux datant des\népoques lointaines où le chevet des églises\nétait appuyé d'un cimetière. A Louvain, il y\nen avait deux : te petit cimetière et le grand\ncimetière. Ce n'est que plus tard que furent\nconstruites les maisons, lors de l'évasion des\nchamps de repos vers la campagne.\nOn oublie donc que ces bicoques sont un\napport du temps et de la civilisation et que\npuisqu on ne peut logiquement reconstituer\nles cimetières de jadis, il y aurait intérêt à\nconserver les constructions qui les ont rem-\nplacés. Car les géants de pierre dus aux maî-\ntres du moyen âge ne sont pas faits pour res-\nter isolés tels qu'on les souhaite. Les cimetiè-\nres les ornaient d'un charme grave et péné-\ntrant; ils étaient, en effet, plantés d'arbres\nqui enroulaient l'église d'une parure ver-\ndoyante très pittoresque. Les petites maisons\nauxquelles ont fait aujourd'hui la guerre les\nremplacèrent agréablement et logiquement,\npuisque peu à peu s'accentuaient le mouve-\nment urbain et la circulation autour des égli-\nses.\nMais ies archéologues, qu'il ne faut, Dieu\nmerci! pas confondre avec les artistes, n'en\nveulent démordre. Pourtant l'exemple de\nGand où la plupart des vestiges architectu-\nraux dégagés, nettoyés, repolis, clinquants,\nfont plutôt piètre figure, n'est pas de ceux\nqui doivent convaincre-\nLes archaïsants impénitents en font d'ail-\nleurs souvent de drôles. N'est-ce pas eux qui\nont réclamé, — avec raison, — un écran ar-\nchitectural pour empêcher de voir de trop\nloin la façade de l'Hôtel de ville de Lou-\nvain? Or, ce sont les mêmes qui, à Dînant,\npréconisaient de ne pas rebâtir l'écran des\npetites maisons plantées au bord de la"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.23", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "Meuse, parce qu'elles coupaient la vue de la\nfaçade de Saint-Perpète !\nVérité à Louvain, erreur à Dinant...\nMais je gage que ces messieurs trouvent à\ntout cela de bonnes raisons. Us puisent à\nlarges mains dans leur sac à surprises, mais\ntout de même le bon sens et la logique ont\npeut-être des droits.\nVa- t-on, sous prétexte d'en revenir aux\nplans initiaux du moyen âge, organiser le\nvide et la mort sur nos places publiques, au-\ntour de nos églises?\nLes archéologues, qui sont les amoureux\ndu passé, ne devraient pas oublier qu'ils vi-\nvent dans le présent et que la reconstruction\ndoit tenir compte du souci de l'avenir.\n11 faut, sans doute, « reconstituer », mais\ncela ne veut pas dire qu'il faut copier servi-\nlement les vieilles images des époques à ja-\nmais défuntes. Il sied d'adapter avec intel-\nligence et clarté les vieilles formules aux né-\ncessités de l'heure.\nImaginerait-on le dégagement de l'église\nSaint-Nicolas, à deux pas de notre Grand'-\nPlace et de la Bourse? Ce serait absurde et\nlaid, et les pierres de la rue au Beurre se sou-\nlèveraient d'indignation et de dégoût...\nPourtant on en parla naguère. On rêvait\nce dégagement comme on en avait déjà réa-\nlisé d'autres.\nCeux-là qui se livrent à ce sport facile doi-\nvent se frotter les mains devant les ruines :\nla guerre a fait plus qu'ils n'eussent osé sou-\nhaiter. Certains édifices sont tellement bien\n« dégagés » qu'il convient de les reconstruire\npoui s'offrir la joie de les revoir débarrassés\nde toute entrave!\nLes archéologues sont de bien braves\ngens. Mais cela ne suffit pas. Ce ne sont pas\ndes gens pratiques. Ils ne sont pas de leur\nsiècle : ils sont de tous les siècles... passés.\nSény.\n\nCREER ET NON IMITER : tel devrait\nêtre la devise de ceux qui travaillent à la re-\nnaissance des régions dévastées. Ne perdons\npas nos énergies à reconstituer un passé à\njamais disparu : c'est peine perdue. Mais tâ-\nchons de créer une beauté nouvelle qui ré-\nponde à des besoins nouveaux.\nDans cet ordre d'idées, une revue hebdo-\nmadaire publiait récemment des réflexions\nqui nous paraissent tout à fait convaincantes\net dont nous reproduisons ici un passage :\n« Nous entourons les œuvres du passé\nd'un culte presque fétichiste; nous entrete-\nnons les moindres reliefs des civilisations qui\nont précédé la nôtre; nous mettons plus de\nsoins à consolider les ruines qu'à provoquer\nde la création nouvelle. En vérité, c est un\nsigne de notre faiblesse et de notre impuis-\nsance. Nous nous attachons à ces vestiges,\nparce que nous sentons vaguement que nous\nne sommes pas capables de les remplacer.\n» Les hommes dont nous perpétuons les\noeuvres n'étaient pas si prudents. Ils détrui-\nsaient,d'un cœur léger,pour faire de la place\nà de jeunes conceptions, ou parce qu'ils\navaient besoin, tout simplement, de ter-\nrains ou de matériaux. Ils démolissaient les\nmonuments antiques avec une âme joyeuse\nde barbares et construisaient, sur les fonda-\ntions mises à nu, des édifices plus conformes\nà la vie sociale de leur temps. Presque toutes\nles églises de Rome sont bâties avec les mar-\nbres des anciens temples et ne sont pas\nmoins belles que les temples abolis.\nCes hommes se trompaient quelquefois, mais\nils étaient féconds et généreux. Ils avaient en\neux-mêmes une claire confiance. Ils se sen-\np\ntaient des muscles sûrs et des volontés indé-\npendantes. Ils ne respectaient rien des œu-\nvres du passé; ils les adaptaient au présent\nqu'ils aimaient, comme on doit aimer la vie.\n» Aujourd'hui, la chute d'un monument\nde jadis semble une catastrophe irréparable\net fait gémir les peuples comme une famine.\nCertes, c'est une famine de l'esprit et une ca-\ntastrophe pour notre misère intellectuelle;\nc'est un vide nouveau que personne n ose\nremplir. Il arrive même qu'on relève une co-\npie. Nous avons des cervelles d'antiquaires\net nous réchauffons nos pensées anémiques\nau foyer des anciennes grandeurs. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c007", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "212", "image_debut": 14, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.4.1", "titre_corps": "L'Etat de la question en France Ce qui manque chez nous", "titre_sommaire": "L'Etat de la question en France Ce qui manque chez nous", "signature_source": "Eug. 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Théodore Steeg, ministre de 1 intérieur, qui\nme permettra de lui réitérer ici l'hommage de ma\nvive gratitude.\n\n(1)\nPlus nous serrons de près le problème de\nla reconstitution des agglomérations dévas-\ntées, et plus nous nous sentons impressionnés\npar l'ampleur et la complexité de la ques-\ntion.\nL évolution des idées en matière d hy-\ngiène et de salubrité publiques; F impérieuse\nnécessité d'assurer aux agglomérations des\nconditions de vie qui abaissent le taux de la\nmortalité et favorisent le comblement des\nvides affreux creusés directement ou indirec-\ntement par la guerre; le souci d'apporter\nune solution satisfaisante au problème du\nlogement ouvrier et du logement à bon mar-\nché; celui de rendre au plus tôt un habitat\ndéfinitif au paysan dont le labeur tenace\ndoit s'attaquer au défrichement des territoi-\nres momentanément frappés de stérilité;\n1 impossibilité de rétablir dans les recon-\nstructions les tracés défectueux de voirie,\nconçus pour d'autres âges» et quit depuis\nlongtemps, constituaient une nuisance publi-\nque; le devoir d'adapter ' dans toute la me-\nsure du possible la tradition des formes\nrégionales aux transformations modernes,\naux conditions économiques de l'heure pré-\nsente, aux matériaux nouveaux dont l'usage\ns impose; le désir de conserver les sites ur-\nbains caractéristiques, les souvenirs du passé,\nles témoins de l'histoire» les beautés archi-\ntecturales et les richesses archéologiques\nd autant plus précieuses aujourd'hui que no-\ntre patrimoine a été plus douloureusement\nébréché; le besoin de développer les œuvres\nsociales, d améliorer les services publics,\nd éduquer les classes populaires, etc., etc...\nce sont là autant de facteurs aux exigences\nmultiples, pressantes, parfois contradictoires\nen apparence, et qu il importe cependant de\nconcilier sous la préoccupation dominante\nde faire vite, de hâter partout la reprise de\nla vie normale du pays, de mettre fin à une\ncrise sans précédent et qui n'a que trop duré.\nDans une telle occurrence, il n'est pas sans\nintérêt et il peut être de grand profit\nde jeter un coup d'œil par delà nos frontiè-\nres et de considérer ce qui se passe en\nFrance, dans ce grand pays voisin qui tant\nde fois a donné, dans bien des domaines,\nle plus noble exemple, auquel nous ratta-\nchent tant de traditions communes et, à\nprésent, une si profonde similitude d'inté-\nrêts.\nLe problème de la reconstruction des\nagglomérations dévastées s'y pose sur des\ndonnées identiques, mais sur une échelle\ninfiniment plus vaste. Mêmes nécessités,\nmême urgence, même crise, mais étendues à\nun front de plus de 400 kilomètres de lon-\ngueur et dont les fluctuations en profondeur\nen ont parfois atteint plus de 100!\nOr, ce qui frappe au premier examen des\nlois, circulaires et instructions qui ont été\npromulguées à ce sujet en France, c'est\n« 1 esprit de méthode » qui les domine. En\nprésence de 1 énormité de l œuver à accom-\nplir, le gouvernement français a compris\n1 obligation primordiale d établir des règles\net conditions d études, d unifier les systèmes,\nde canaliser rigoureusement les efforts. 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Ces documents sont\nsoumis à son examen sous forme de tracés\nindiquant plus ou moins vaguement les mo-\ndifications proposées à l'alignement des\nrues, des chaussées, comme si le problème\nde la reconstitution n'était autre chose qu'un\nproblème de voirie! En aucun cas on ne\ntrouve, joints au projet, les renseignements\nspécifiant l'état de dévastation de l'agglomé-\nration et de ses édifices, les éléments qu il\nconvient de maintenir, les souvenirs qu'il est\nindispensable de respecter, le chiffre de la\npopulation, le caractère de l'activité de la\ncommune, les facteurs de prospérité ou de\ndécadence, les défectuosités anciennes aux-\nquelles il convient de porter remède,les amé-\nliorations désirables, etc., etc., toutes choses\nenfin qu'il importe cependant au plus haut\npoint de connaître, si l'on veut émettre sur\nles projets présentés un avis qui ait quelque\nchance d'être profitable. Les plans de ni-\nveaux sont virtuellement inconnus. De la si-\ntuation sanitaire, il n'en est pas question.\nAucune indication n'est fournie sur le trafic,\nsur les espoirs de la municipalité quant à la\nrenaissance de la commune, sur ses vues\nquant à son accroissement futur, sur les be-\nsoins, sur le développement souhaitable de\nses services publics. La photographie\naérienne, pourtant si précieuse pour fournir\nd emblée une vue d'ensemble précise, sem-\nble ne pas exister, pas plus d'ailleurs que la\nphotographie toute simple, faite sur les lieux\npar 1 auteur même du plan, et qui pourrait,\ndans des cas nombreux, éviter au Comité de\nfastidieux déplacements et des enquêtes for-\ncément hâtives et incomplètes.\nDans de telles conditions, l'œuvre du Co-\nmité, profondément désireux de bien faire,\ndevient formidable, Il lui appartient de me-\nner les enquêtes, de fixer les points essentiels\ndu programme, alors que la solution lui est\ndéjà soumise. Le dévouement de ses mem-\nbres s'épuise à combler une telle insuffisance-\nDéjà l'encombrement devient menaçant; il\nn est pas douteux qu'il sera, à bref délai,\ninextricable, et que l'on se trouvera acculé\nà des décisions hâtives et franchement re-\ngrettables à tous points de vue.\nUne méthode s'impose donc. 11 est de\ntoute urgence de fixer des directives, d'im-\nposer l'unification dans l'effort. Il ne suffit\npas que quelques architectes, urbanistes, ou\nsoi-disant tels, se soient appropriés ou fait\nconfier des travaux multiples qu'ils sont ma-\nnifestement incapables de mener à bien. Cet\naccaparement d'un nouveau genre menace\nde paralyser toute la reconstitution nationale\net de l'orienter finalement dans la voie la\nplus détestable. L intérêt de quelques indivi-\ndus ou celui de quelques groupes doit s'effa-\ncer devant l'intérêt général. Il n'est pas de\nconsidérations de personnes qui puissent te-\nnir. Le plan d'aménagement ou d'extension\nd'une agglomération est le fondement de sa\nrenaissance, de ses développements ulté-\nrieurs, de son essor. Il fixe les conditions de\nla santé publique. Son importance est\nénorme, et pour résoudre de tels problè-\nmes, il ne suffit pas de surcharger purement\net simplement un ancien plan cadastral de\nquelques tracés rouges marquant les aligne-\nments nouveaux, dont personne ne com-\nprend, au surplus, la raison, l'intention ou\nl'idée directrice.\nLe mode actuellement en honneur a déjà\nconduit le Comité consultatif à se reporter,\npour l'étude premières des questions, aux\nbons offices de l'Union des Villes et Com-\nmunes belges. M. le ministre de l'intérieur\naccepte sa collaboration à titre officiel. C'est\nparfait. Mais ce n'est pas là résoudre la dif-\nficulté. Tout au plus est-ce la déplacer. Il est\ninadmissible que les membres d'une com-\nmission, quelles que puissent être leur com-\npétence ou leur activité, soient astreints à\nune besogne qui incombe normalement aux\nspécialistes chargés de Fétude particulière\nd'un problème. Et si certains ont pu solliciter\nou accepter un tel nombre de travaux de ce\ngenre que leur étude, comprise comme élit\ndevrait l'être, dépasse à l'évidence les capa-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.16", "debut_caractere": 79, "fin_caractere_exclue": 4382, "texte": "cités humaines eu égard surtout à l'ur-\ngence qui s'impose de toutes parts je\nn'hésite pas à affirmer qu'il faut y voir leur\nincompréhension manifeste de l'importance\ndes missions qu'ils ont assumées-\nj estime donc que 1 étude des dispositions\nprises en France peut être d'un grand profit\net c est dans ce but que je publie ci-dessous\ndes extraits et des résumés de ces travaux si\nsagement conçus.\nL obligation pour les agglomérations to-\ntalement ou partiellement détruites par fait\nde guerre, d'avoir à établir un plan général\net directeur des travaux à effectuer, résulte\nde la loi du 14 mars 1919 relative à l'ex-\ntension et à l'aménagement des villes. Celle-\nci ne limite d ailleurs pas ses dispositions\nctux localités sinistrées. Elle les étend notam-\nment à toutes les villes de 10,000 habitants\net plus; à celles de 5,000 à 10,000 habi-\ntants, dont la population a augmenté de plus\nde 1 0 p. c. dans l'intervalle de deux recen-\nsements quinquennaux consécutifs; aux sta-\ntions balnéaires, maritimes ou sportives,dont\nla population augmente de plus de 50 p. c.\nà certaines époques; aux agglomérations\nprésentant un caractère pittoresque, artisti-\nque ou historique, et reconnues telles par les\ncommissions compétentes, etc., etc. Toutes\nces localités sont tenues de faire établir un\nprojet d'aménagement, d'embellissement et\nd extension dans un délai maximum de trois\nans. Quant aux localités totalement ou par-\ntiellement détruites par fait de guerre, et\nquel que soit le chiffre de leur population,\nil leur est imposé de faire établir, en plus du\nplan d'alignement et de nivellement prévu\npar la loi du 5 avril 1 884, une étude som-\nmaire du projet d'aménagement, d embellis-\nsement et d extension, et ce, dans un délai\nde trois mois. Tant que le plan d'alignement\net le nivellement n'est pas approuvé, aucune\nconstruction, sauf celle d'abris provisoires,\nne peut être faite.\nLa loi du 1 4 avril 1919 prévoit dans cha-\nque département l'institution d'une commis-\nsion dite : « Commission départementale\nd'aménagement et d'extension des villes et\nvillages », et, au ministère de l'intérieur, une\ncommission supérieure. Elle règle la compo-\nsition de ces commissions.\nElle impose aux conseils municipaux\nl'obligation de désigner l'homme de l'art ou\nla société qui seront chargés de l'étude et de\nla confection des plans et de projets. Si cette\ndésignation n'est pas faite dans un délai de\ndeux mois, le préfet fera la désignation d'of-\nfice, après mise en demeure au conseil muni-\ncipal.\nCe dernier n'a pas seulement l'obligation\nde faire dresser le plan qui fixera la direc-\ntion, la largeur, le caractère des voies à créer\nou à modifier, les emplacements des espaces\nlibres, les réserves boisées à constituer, les\nemplacements des édifices et services pu-\nblics; il a, en outre, celle d'établir UN PRO-\nGRAMME déterminant les servitudes hygié-\nniques, archéologiques et esthétiques et tou-\ntes les autres conditions y relatives, ainsi que\nles prévisions concernant la distribution\nd'eau potable, le réseau dégoûts, l'évacua-\ntion et la destination finale des matières\nusées et, s'il y a lieu, l'assainissement du sol.\nLa loi prévoit enfin le cas où le projet de\nreconstruction, d'aménagement, d'embellis-\nsement ou d extension est de nature à inté-\nresser plusieurs communes limitrophes- Des\nservices généraux peuvent, en effet, être éta-\nblis en commun; il peut être désirable de\nfaciliter les relations d'une commune à une\nautre; dans ce cas, le préfet peut provoquer\nune étude d'ensemble et des conférences in-\ntercommunales en vue de la constitution de\nsyndicats de communes.\nTelle est, dans ses grandes lignes, la te-\nneur de cette loi dont on est en droit d'atten-\ndre les résuatats les plus bienfaisants. Déjà\napparaît ici l'esprit de méthode, d ordre et\nde coordination des efforts, ainsi qu'un prin-\ncipe nettement défini de répartition ration-\nnelle des études. La loi du 1 4 mars 1919\nn'est d'ailleurs pas la première prescription\nadressée aux communes d avoir à établir des\nplans généraux. Deux circulaires du ministre\nde l'intérieur (2 7 septembre 1916 et 12 no-\nvembre 1917) avaient déjà imposé cette\nobligation aux communes atteintes par les\névénements de guerre. Dès le 1 5 mars 1919,\nle ministre des régions libérées adressait aux\npréfets la loi nouvelle et y joignait une cir-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.17", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 4287, "texte": "culaire commentant le mode de sa mise en\npratique. Cette circulaire les invitait à consti-\ntuer d urgence la commission départemen-\ntale d'aménagement et d'extension des villes\net villages, et à prendre, SANS AUCUN DE-\nLAI, son avis sur les communes sinistrées qui\nrentrent dans les conditions prévues. « Il\nsemble, dit la circulaire d une façon\ngénérale, et sauf examen de cas particuliers,\nque ces communes pourraient être celles où\nla proportion des destructions atteint au\nmoins 10 p. c. du nombre des immeubles.\nCependant, même pour celles où cette pro-\nportion n est pas atteinte pour l'ensemble de\nFagglomération, mais où cependant certains\nquartiers ont été particulièrement touchés,\nil conviendra d'apprécier si elles ne doivent\npas être comprises dans la liste des agglomé-\nrations visées explicitement par la loi. »\nLes communes sont désignées par arrêté\npréfectoral; en même temps que de la noti-\nfication de cet arrêté, remise est faite aux\ncommunes d un exemplaire du « TABLEAU-\nGUIDE pour l'établissement du plan d'ex-\ntension et d'aménagement».\nL'administration municipale reçoit donc\nimmédiatement une directive minutieuse-\nment définie. Elle ne peut se méprendre sur\nla portée de ses obligations. Le technicien,\n1 homme de Fart qu'elle charge d étudier le\nplan directeur, ne peut, à son tour, hésiter\nsur le caractère de sa mission. II connaît\n! étendue de l'étude qu on exigera de lui.\nEn quoi consiste donc ce tableau-guide)\nDeux tableaux de ce genre ont été éta-\nblis- L'un vise spécialement les aggloméra-\ntions URBAINES; l'autre, les aggloméra-\ntions RURALES. Ce sont deux opuscules\ndistincts qui ont tous deux pour titre :\n« NOTICE sur les questions à examiner et\nsur la documentation à réunir en vue de\n1 établissement du projet d'aménagement,\nd embellissement et d'extension des agglo-\nmérations et TABLEAU-GUIDE pour l'éta-\nblissement du dossier devant servir à la ré-\ndaction du projet ».\nLa notice sert d introduction et de com-\nmentaire au tableau. Elle spécifie, en débu-\ntant, que les architectes, urbanistes, techni-\nciens, etc., ne pourront travailler utilement\net rapidement en vue de répondre aux\nprescriptions de la loi, que s'ils sont pourvus\ndun PROGRAMME complet et sérieuse-\nment élaboré, leur fournissant tous les élé-\nments nécessaires à l'exécution de leur tra-\nvail. L importance de ce programme, pres-\ncrit d'ailleurs par la loi, est tout spécialement\nmise en relief. Le programme doit servir de\npoint de départ à la réalisation d'un état de\nchoses répondant tout d'abord aux nécessi-\ntés présentes, et susceptible, en outre, d'une\nadaptation facile aux besoins futurs; il ne\nsaurait donc être établi avec trop d atten-\ntion. Le problème qui se pose devant les mu-\nnicipalités des régions dévastées est d'une\nimportance capitale. Le programme est, en\nquelque sorte, la résultante de l'examen de\ntoutes les défectuosités de l'état ancien de\n1 aggloméra tion ; il détermine les mesures à\nprendre pour assurer, dans l'avenir, le libre\ndéveloppement de l'agglomération. Le vil-\nlage, comme la ville, doit bénéficier des pro-\ngrès de l'hygiène et du confort, facteurs\nessentiels de la santé, du bien-être et de pros-\npérité du pays.\nLe TABLEAU-GUIDE est une sorte d in-\nventaire qui résume les principaux sujets à\nretenir pour donner aux études à entrepren-\ndre une direction précise. Il a pour but de\nclasser méthodiquement ces objectifs qui\nprendront, suivant les cas, plus ou moins\nd'importance dans l'élaboration du pro-\ngramme à fournir au technicien.\nfl appelle tout d'abord l'examen sur les\nconditions naturelles de l'agglomération et\naussi sur son origine, son développement, ses\ntraditions, F histoire des industries et com-\nmerces locaux. Il prescrit de mentionner les\nminuments et les lieux historiques, en y com-\nprenant ceux qui ont été témoins de faits mé-\nmorables survenus au cours de la guerre\n1914-1918. Il recommande de réunir à ce\nsujet des documents graphiques et photo-\ngraphiques.\n11 exige ensuite une enquête sur l'état de\nl'agglomération avant la guerre,relativement\nà la densité de la population, à l'état sani-\ntaire, à 1 hygiène. Quels sont notamment les\nconditions générales de la cité au point de\nvue de la voirie, de 1 évacuation des matiè-\nres résiduaires? N'existe-t-il pas de causes"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.18", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 4253, "texte": "d'insalubrité particulières à la localité, telles\nque fumées et poussières industrielles, voisi-\nnage de marais, surpeuplement de certains\nquartiers, insuffisance d'eau potable?\nQuel est le caractère général de l'agglé-\nomration : agricole, industriel, commer-\nçant, ou mixte? Quelle était la valeur des\nterrains et de la propriété bâtie?\nQuel est le développement ou la déca-\ndence économique de l'agglomération, l'im-\nportance de ses industries, de son commerce\nlocal, etc., etc.?\nLorsqu il s agit de localités fréquentées\npar les touristes et ce sera le cas de bien\ndes villes et villages auxquels se rattachent\ndes souvenirs de guerre il faut se préoc-\ncuper des auberges et hôtelleries qui sont des\norganes essentiels dans la vie des agglomé-\nrations. Les devoirs qui s'imposent de ce chef\naux municipalités sont intimement liés à la\nprospérité de l'agglomération; or, l'on sait\ncombien ces établissements laissaient géné-\nralement à désirer avant la guerre.\nDans les villes, la question de la circula-\ntion est d'un intérêt capital. Il convient d'en\ndéterminer les défectuosités et leurs causes.\nIl convient de mentionner l'intesnsité du tra-\nfic local et son caractère. Dans les villes\naussi, il importe de mentionner les espaces\nlibres, promenades et jardins, leur insuffi-\nsance éventuelle, la convenance des empla-\ncements.\nVient ensuite le problème des édifices pu-\nblics : mairies, écoles, églises, bureaux de\nposte, hospices et hôpitaux, gares, etc. ; celui\ndes services publics, d'alimentation, d'hy-\ngiène, d'éclairage, de sécurité publique, etc.\nQuels sont les défauts ou avantages des édi-\nfices existants, leur degré de conservation,\nles transformations, les désaffectations ou les\ndéplacements désirables?\nL enquête portera enfin sur les œuvres so-\nciales de fondation publique ou privée,\nasiles, refuges, crèches, colonies de jardins\nouvriers, terrains de récréation, habitations\nouvrières et à bon marché.\nEn ce qui concerne les villages, la notice\nn'hésite pas à affirmer qu'il est désirable que\nchaque village de France soit doté d'une\nmaison ou salle commune, centre de réu-\nnionne représentations cinématographiques,\naccompagné d une petite bibliothèque, afin\nde veiller à l'état moral de la collectivité et\nde combattre l'influence pernicieuse du ca-\nbaret.\nBeaucoup de communes avaient arrêté,\ndès avant la guerre, des projets d'aligne-\nment, de nivellement, de transformations.\nCes études doivent être sérieusement revues.\nDans les villages traversées par des routes\nnationales et départementales, des disposi-\ntions avaient été prévues pour améliorer la\ncirculation. Il importe de mentionner les me-\nsures prises, et, au besoin, d'indiquer les\naméliorations ou les revisions désirables.\nTous ces points se trouvent répartis par\nchapitres au Tableau-Guide; il est aisé aux\nmunicipalités de constituer le dossier, de dé-\nterminer le programme, et de fournir ainsi\naux commissions supérieures qui auront à se\nprononcer sur le projet, les éléments indis-\npensables pour pouvoir émettre un avis en\ntoute connaissance de cause.\nCette méthode d'examen des divers points\nqui rentrent en ligne de compte dans l'étude\ndes problèmes d'urbanisme, n'est évidem-\nment pas neuve et n'est pas particulière à\nla France- C'est la méthode que, depuis de\nlongues années, préconise l'Union des Villes\net Communes belges. La récente conférence\nnationale de l'habitation à bon marché a\nfourni à cet organisme une nouvelle occasion\nde l'affirmer. Mais il ne suffit pas d'émettre,\ndans les congrès, des idées excellentes, dont\nchacun s'accorde à reconnaître la judicieuse\nlogique. Encore faut-il faire passer ces idées\ndans la pratique, et c'est sous ce rapport que\nl'initiative prise par le gouvernement fran-\nçais constitue une innovation pleine d'ensei-\ngnement.\nLe 5 mars dernier, M. Th. Steeg, ministre\nde l'intérieur, adressait aux préfets une nou-\nvelle circulaire relative à l'application de la\nloi du 14 mars 1919 sur les plans d'aména-\ngement et d'extension des agglomérations.\nCette circulaire, dont ont parlé tous les quo-\ntidiens, même en Belgique,insiste sur la com-\npétence toute particulière qui devra être celle\nde l'homme de l'art choisi pour l'étude du\nplan.ll lui faut une connaissance aussi appro-"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.20", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "fondie que possible des questions d'hygiène,\nd'esthétique, d'architecture et de voirie.\nD'autre part, il peut y avoir intérêt à deman-\nder, en vue de l'établissement du plan, des\nrenseignements aux Chambres de commerce,\naux groupements industriels, archéologiques\nou artistiques, aux œuvres sociales, etc.\nEnfin, elle autorise les municipalités à sou-\nmettre à la Commission supérieure du minis-\ntère de l'intérieur un avant-projet ou esquisse\ndu plan, afin d'éviter d'engager les études\ndans une voie qui pourrait ne point être\napprouvée par la suite.\nElle est accompagnée d'une annexe qui\nconstitue une sorte d addenda aux Notice et\nTableau-Guide dont nous avons parlé plus\nhaut. Il n'est pas sans intérêt de reproduire\nici qu elques-uns des conseils qu'on y trouve\nei qui s'inspirent du plus évident bon sens.\n« Etre raisonnable dans l'étude et le tracé\ndu plan d'extension,d'aménagement et d'em-\nbellissement; raisonnable, parce que les bud-\ngets de la France appauvrie ne se prêtent pas\nà des fantaisies coûteuses; raisonnable, parce\nqu'il faut tenir compte de ce qui existe; rai-\nsonnable, enfin, parce que les chemins\nde fer jadis, l'automobilisme aujourd'hui,\nl aéronautique demain, peuvent mettre en\nmorceaux une conception trop rigide, trop\nabsolue; raisonnable, aussi, pour donner par\ndes vues suffisamment larges, satisfaction à\nl'esprit de prévision du législateur.\n» Améliorer, plutôt que bouleverser, afin\nde ne point détruire le caractère, l'individua-\nlité de la ville, son aspect pittoresque et dé-\ncoratif. Il n'est pas nécessaire de favoriser les\ngrandes vitesses dans les centres populeux\net il est inutile d'élargir systématiquement les\nrues où il ne passe personne- Les obligations\nde l'hygiène doivent s'attaquer bien plus\nénergiquement aux cours obscures qu aux\nrues étroites.\n» Ménager les anciens tracés; penser aux\ndépenses et se rappeler qu'une voie nouvelle\nsouhaitable, mais que son coût empêche de\nréaliser jamais, est moins intéressante qu une\nrue améliorée; que, à cause des pentes, le\nmeilleur chemin d'un point à un autre n est\npas toujours la ligne droite; que 1 alignement\nrectiligne gâte souvent l'aspect d une voie\nancienne sans profit appréciable. Eviter tou-\ntefois que, dans le but de supprimer une dé-\npense minime, dans l'ensemble, on grève\nF agglomération d'une gêne irrémédiable.\n» Eviter la création de répétitions inutiles\nou de pastiches invraisemblables, sous ré-\nserve, bien entendu, des architectures obli-\ngatoires nécessaires à la mise en valeur d un\nmonument, ou à la composition d'un ensem-\nble décoratif.\n» Il s'agit, dans nos villes, de mettre beau-\ncoup plus d'arbres et beaucoup moins d'ha-\nbitants à l'hectare. L'important est la distri-\nbution proportionnelle de F air pur et de l'es-\npace libre à chaque habitant. Favoriser les\nmaisons en retrait derrière les jardins et les\njardins en général.\n> Etudier les emplacement destinés aux\nmonuments, édifices et services publics. Il est\nélémentaire que les services administratifs\nque fréquente la foule : mairie, caisse d'épar-\ngne, poste, etc., soient rapprochés du cen-\ntre; il est naturel que les services spécialisés :\néglises, gares, écoles, bains, marchés, soient\nrépartis suivant les besoins et facilement des-\nservis; il est indispensable que les hôpitaux,\nhospices, prisons, soient construits à la péri-\nphérie; que les abattoirs, marchés aux bes-\ntiaux, usines malodorantes, cimetières, etc.,\nsoient éloignés des agglomérations et placés\ndans des endroits judicieusement détermi-\nnés, notamment par rapport aux vents domi-\nnants.\n» Ménager les monuments existants; évi-\nter les dégagements malencontreux qui ont\ndésencadré et dénudé si bêtement trop de\nchefs-d'œuvre de l'architecture nationale.\nDévier une voix si cela est nécessaire à leur\nconservation. Ne pas rechercher l'unification\ndes styles dans un ensemble ancien, mais y\nmaintenir l'harmonie des architectures et des\ncolorations; ne pas oublier que dans l'his-\ntoire, les belles époques artistiques ont tou-\njours fait « du moderne ».\n» Distribuer largement aux habitants\nl'eau potable et l'eau de lavage. Aménager\ndes piscines, des bains, des bains-douches.\nDonner aux populations le goût de l'hygiène,\nde la propreté, de la tenue de leur ville, des\nrues, des maisons, des personnes. Ne pas ou-\nblier que l'intérêt général prime l'intérêt des"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.21", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1792, "texte": "individus et n'est pas seulement la somme\ndes intérêts particuliers- 2»\nOn voit par cet exposé quel esprit de mé-\nthode et d'organisation préside à la recon-\nstitution des régions françaises dévastées par\nla guerre. En Belgique, le désir de hâter la\nreconstitution de nos foyers et de nos villes\na fait négliger un peu les assises fondamen-\ntales de cette œuvre gigantesque. D'incontes-\ntables abus, qui ne sauraient être tolérés plus\nlongtemps, créent d'autre part un malaise\nqui déjà paralyse les énergies. 11 ne s'agit pas\nde concentrer entre les mains de quelques-\nuns la besogne écrasante devant laquelle\nnous nous trouvons. «L'intérêt général prime\nl'intérêt des individus». 11 importe avant tou-\ntes choses que la reconstruction de nos\nagglomérations ne soit pas la négation même\nde toutes les idées généreuses qui se sont\naffirmées depuis un quart de siècle. Nous\navons à en faire la mise en pratique aujour-\nd'hui, si nous voulons que le pays se relève\nde la crise effroyable qu'il traverse. Et si,\npour atteindre ce résultat, il convient, en\nquelques points, de faire machine en arrière,\nde revoir des études trop hâtives, de remet-\ntre sur le métier une organisation dont on\nperçoit de plus en plus les défectuosités et les\ndangers, on ne saurait hésiter pendant qu'il\nen est temps encore. M. le ministre de l'in-\ntérieur possède une vision trop claire des né-\ncessités pour reculer devant des décisions qui\ns'affirment chaque jour plus impérieuses.\nLa reconstitution de nos agglomérations\ndétruites manque de directives et de police.\nIl importe de les créer sans retard.\n(Repris, avec l'autorisation de Fauteur, du nu-\nméro de mai du Bulletin mensuel de la Société\nCentrale d'Architecture, dans lequel ces pages ont\nparu tout d'abord).\n\nEug. DHUIQUE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c008", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.4.1.1", "titre_corps": "LA Architecte : C. J. KAY Licentiate R. I. B A.", "titre_sommaire": "LA Architecte : C. J. KAY Licentiate R. I. 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Insistance qui, à d'aucuns\npeut paraître intempestive. Mais nous som-\nmes convaincus que, malgré les enseigne-\nments de Bals les idées que l'on professe\nchez nous en cette matière sont encore bien\nrétrogrades. Or la question du dégagement\ndes vieux édifices est, peut-on dire, primor-\ndiale pour l'urbanisme puisqu'elle se réduit\nsomme toute a savoir si ïon attache plus\nd'importance dans une ville au « monument »\nqu'au site urbain.\nNous ne cesserons donc d'éclairer cette\nquestion et c'est à ce titre que nous reprenons\nune page que nous trouvons ,parmi nos dé-\ncoupures de journaux et dont nous ne parve-\nnons malheureusement pas à identifier la\nsource. La question qui nous préoccupe y est\ntraitée avec tant de science que nous ne résis-\ntons pas au désir de publier ici cet article :\nProblème angoissant pour beaucoup de\npetites cités où l'œuvre de la reconstruction\nest nécessaire depuis les désastres de la\ngrande guerre, Faut-il encore rétablir les pe-\ntites maisons qui grouillaient au chevet des\néglises et parachevaient le pittoresque du ca-\nractère urbain des placettes minuscules où\ndort un peu du passé?\nA Louvain, le problème a été résolu. On\nreconstruira l'église Saint-Pierre, mais on ou-\nbliera de lui restituer les petites bicoques qui\ncréaient naguère un peu de vie devant l'Hô-\ntel de ville de Mathieu de Loyens et qu'on\nvenait d'abattre au moment de la guerre.\nA Audenarde on se préoccupe présente-\nment de la question. On a décidé de démo-\nlir; puis de voir... Sans doute reconstruira -\nt-on ce qu'on a démoli si l'on juge que Ton\na eu tort...Faire et défaire, c'est évidemment\ntoujours travailler.\nLes partisans de la suppression de ces\nmaisonnettes ne se basent pas sur les droits\nde 1 hygiène,lesquels seraient assurément une\nexcuse; ils revendiquent la nécessité de réta-\nblir la situation des temples selon les plans\nles plus anciens, c'est-à-dire ceux datant des\népoques lointaines où le chevet des églises\nétait appuyé d'un cimetière. A Louvain, il y\nen avait deux : te petit cimetière et le grand\ncimetière. Ce n'est que plus tard que furent\nconstruites les maisons, lors de l'évasion des\nchamps de repos vers la campagne.\nOn oublie donc que ces bicoques sont un\napport du temps et de la civilisation et que\npuisqu on ne peut logiquement reconstituer\nles cimetières de jadis, il y aurait intérêt à\nconserver les constructions qui les ont rem-\nplacés. Car les géants de pierre dus aux maî-\ntres du moyen âge ne sont pas faits pour res-\nter isolés tels qu'on les souhaite. Les cimetiè-\nres les ornaient d'un charme grave et péné-\ntrant; ils étaient, en effet, plantés d'arbres\nqui enroulaient l'église d'une parure ver-\ndoyante très pittoresque. Les petites maisons\nauxquelles ont fait aujourd'hui la guerre les\nremplacèrent agréablement et logiquement,\npuisque peu à peu s'accentuaient le mouve-\nment urbain et la circulation autour des égli-\nses.\nMais ies archéologues, qu'il ne faut, Dieu\nmerci! pas confondre avec les artistes, n'en\nveulent démordre. Pourtant l'exemple de\nGand où la plupart des vestiges architectu-\nraux dégagés, nettoyés, repolis, clinquants,\nfont plutôt piètre figure, n'est pas de ceux\nqui doivent convaincre-\nLes archaïsants impénitents en font d'ail-\nleurs souvent de drôles. N'est-ce pas eux qui\nont réclamé, — avec raison, — un écran ar-\nchitectural pour empêcher de voir de trop\nloin la façade de l'Hôtel de ville de Lou-\nvain? Or, ce sont les mêmes qui, à Dînant,\npréconisaient de ne pas rebâtir l'écran des\npetites maisons plantées au bord de la"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.23", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "Meuse, parce qu'elles coupaient la vue de la\nfaçade de Saint-Perpète !\nVérité à Louvain, erreur à Dinant...\nMais je gage que ces messieurs trouvent à\ntout cela de bonnes raisons. Us puisent à\nlarges mains dans leur sac à surprises, mais\ntout de même le bon sens et la logique ont\npeut-être des droits.\nVa- t-on, sous prétexte d'en revenir aux\nplans initiaux du moyen âge, organiser le\nvide et la mort sur nos places publiques, au-\ntour de nos églises?\nLes archéologues, qui sont les amoureux\ndu passé, ne devraient pas oublier qu'ils vi-\nvent dans le présent et que la reconstruction\ndoit tenir compte du souci de l'avenir.\n11 faut, sans doute, « reconstituer », mais\ncela ne veut pas dire qu'il faut copier servi-\nlement les vieilles images des époques à ja-\nmais défuntes. Il sied d'adapter avec intel-\nligence et clarté les vieilles formules aux né-\ncessités de l'heure.\nImaginerait-on le dégagement de l'église\nSaint-Nicolas, à deux pas de notre Grand'-\nPlace et de la Bourse? Ce serait absurde et\nlaid, et les pierres de la rue au Beurre se sou-\nlèveraient d'indignation et de dégoût...\nPourtant on en parla naguère. On rêvait\nce dégagement comme on en avait déjà réa-\nlisé d'autres.\nCeux-là qui se livrent à ce sport facile doi-\nvent se frotter les mains devant les ruines :\nla guerre a fait plus qu'ils n'eussent osé sou-\nhaiter. Certains édifices sont tellement bien\n« dégagés » qu'il convient de les reconstruire\npoui s'offrir la joie de les revoir débarrassés\nde toute entrave!\nLes archéologues sont de bien braves\ngens. Mais cela ne suffit pas. Ce ne sont pas\ndes gens pratiques. Ils ne sont pas de leur\nsiècle : ils sont de tous les siècles... passés.\nSény."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c011", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "214", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.4.3", "titre_corps": "CREER ET NON IMITER : tel devrait", "titre_sommaire": "CREER ET NON IMITER : tel devrait", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.23", "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "CREER ET NON IMITER : tel devrait\nêtre la devise de ceux qui travaillent à la re-\nnaissance des régions dévastées. Ne perdons\npas nos énergies à reconstituer un passé à\njamais disparu : c'est peine perdue. Mais tâ-\nchons de créer une beauté nouvelle qui ré-\nponde à des besoins nouveaux.\nDans cet ordre d'idées, une revue hebdo-\nmadaire publiait récemment des réflexions\nqui nous paraissent tout à fait convaincantes\net dont nous reproduisons ici un passage :\n« Nous entourons les œuvres du passé\nd'un culte presque fétichiste; nous entrete-\nnons les moindres reliefs des civilisations qui\nont précédé la nôtre; nous mettons plus de\nsoins à consolider les ruines qu'à provoquer\nde la création nouvelle. En vérité, c est un\nsigne de notre faiblesse et de notre impuis-\nsance. Nous nous attachons à ces vestiges,\nparce que nous sentons vaguement que nous\nne sommes pas capables de les remplacer.\n» Les hommes dont nous perpétuons les\noeuvres n'étaient pas si prudents. Ils détrui-\nsaient,d'un cœur léger,pour faire de la place\nà de jeunes conceptions, ou parce qu'ils\navaient besoin, tout simplement, de ter-\nrains ou de matériaux. Ils démolissaient les\nmonuments antiques avec une âme joyeuse\nde barbares et construisaient, sur les fonda-\ntions mises à nu, des édifices plus conformes\nà la vie sociale de leur temps. Presque toutes\nles églises de Rome sont bâties avec les mar-\nbres des anciens temples et ne sont pas\nmoins belles que les temples abolis.\nCes hommes se trompaient quelquefois, mais\nils étaient féconds et généreux. Ils avaient en\neux-mêmes une claire confiance. Ils se sen-\np\ntaient des muscles sûrs et des volontés indé-\npendantes. Ils ne respectaient rien des œu-\nvres du passé; ils les adaptaient au présent\nqu'ils aimaient, comme on doit aimer la vie.\n» Aujourd'hui, la chute d'un monument\nde jadis semble une catastrophe irréparable\net fait gémir les peuples comme une famine.\nCertes, c'est une famine de l'esprit et une ca-\ntastrophe pour notre misère intellectuelle;\nc'est un vide nouveau que personne n ose\nremplir. Il arrive même qu'on relève une co-\npie. Nous avons des cervelles d'antiquaires\net nous réchauffons nos pensées anémiques\nau foyer des anciennes grandeurs. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c012", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "215", "page_fin": "216", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.5", "titre_corps": "ECHOS ET NOUVELLES", "titre_sommaire": "ECHOS ET NOUVELLES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.24", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "ECHOS ET NOUVELLES\nEXPOSITION DU BATIMENT, A\nGAND, EN 1921. Une Exposition inter-\nnationale d'architecture, du bâtiment et des\nindustries connexes, aura lieu à Gand, au\nprintemps 1921, dans le grand hall du Palais\ndes Fêtes, sous les auspices du gouverne-\nment, de la province et de la ville.\nCette exposition a pour but de concourir\npar une documentation artistique, utile et\naussi complète que possible, au relèvement\nde la Belgique dévastée. La durée de cette\nexposition sera de deux mois. Son pro-\ngramme est des plus vastes; il comprend :\nArchitecture en général; matériaux, matériel\net documentation; construction et agence-\nment de l'immeuble; habitations à bon mar-\nché; hygiène de l'habitation; appareils\nd éclairage et de chauffage; électricité dans\ntoutes ses applications; arts décoratifs;\nameublement de luxe et ordinaire; confort\nde la maison; Œuvre de l'Union des villes;\nembellissement de la vie rurale; petit outil-\nlage; brochures, journaux, revues et publica-\ntions diverses.\nDes Congrès d'architecture, d'entrepre-\nneurs, etc., auront lieu à cette occasion.\nPour de plus amples renseignements on\nest prié de s'adresser à l'administration, Co-\nupure, 1 5, Gand.\nEXPOSITION DE PROJETS DE CAN-\nDELABRES.— Le 3 juin prochain sera inau-\ngurée, à l'Union des Arts décoratifs, à Paris,\nsous !a présidence de M. P. Léon, directeur\ndes Beaux-Arts, l'exposition du concours\npour les projets de candélabres destinés à\nl'éclairage de villes et petites villes, organisé\npar la Renaisance des Cités, sur F initiative\nde MM. Bagues frères, fabricants de bronze,\nUne clause capitale de ce concours con-\ncerne l'attribution d un droit d'auteur aux ar-\ntistes, auteurs de modèles, qui, bien qu'in-\ndustriellement reproduits sont avant tout\ndes œuvres d art par leur conception, leur\nforme et leur aspect. Ce droit, qui s'appli-\nquera aux ventes pratiquées tant en France\nqu'à l'étranger, prendra une sérieuse impor-\ntance, offrant aux artistes un gain dont ils\nont été trop souvent privés.\nIXe CONGRES NATIONAL DES AR-\nCHITECTES BELGES. La Fédération\ndes sociétés d'architectes de Belgique orga-\nnise une dernière session du Congrès, qui se\ntiendra au Palais de la Bourse (entrée par\nle boulevard), le dimanche 2 7 juin, à 1 0 h. :\nséance plénière : 1. Conclusions des rapports\nsur les habitations à bon marché; 2. Examen\ndes modifications à apporter au barème des\nhonoraires de l'architecte; 3. Le diplôme\nd'architecte. Communication; 4. Fixation de\nla date et du lieu du prochain Congrès-\nA I heure, déjeuner intime « Aux Trois\nSuisses », place de la Monnaie.\nUNE EXPOSITION DE L'HABITATION\nECONOMIQUE EN SUISSE. La Section\nromande de l'Union suisse pour l'améliora-\ntion du logement organise, avec l'appui de\ndiverses associations professionnelles et\nd'utilité publique de la Suisse romande, une\nExposition de lhabitation économique qui\naura lieu à Lausanne du 10 au 26 juillet\n1920 et qui pourra être transportée ensuite\ndans d autres localités si les circonstances le\npermettent.\nCette exposition sera précédée d'un con-\ncours de types d habitations économiques\nouvert entre tous les architectes suisses. Elle\ncoïncidera avec un Congrès de la normalisa-\ntion dans lequel certains types d'éléments\nconstructifs seront fixés, de façon à permet-\ntre la fabrication en série-\nL'exposition comprendra les divisions sui-\nvantes :\n1. Types d'habitations économiques pour\nune ou plusieurs familles : projets présentés\nau concours, plans et vues de types d'habi-\ntations économiques exécutés en Suisse, do-\ncumentation sur l'habitation familiale à\nl'étranger.\n2. Procédés et matériaux de construc-\ntion : maçonnerie et béton armé, charpente,\net couverture, gypserie et peinture, parquets,\ncarrelages et revêtements.\n3. Installations utilitaires et hygiéniques :\nappareillage sanitaire, appareils économi-\nques pour le chauffage, l'éclairage et la cui-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.25", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "sine, assainissement du logement, ventila-\ntion.\n4. M odèles de construction exécutés sur\nplace.\nL'exposition est ouverte à tous les artistes\nindustriels et artisans suisses ou établis en\nSuisse.\n-:- AMENAGEMENT DE CHAUNY\n(France). Un concours très important a\nété organisé, l'année passée, pour l'aména-\ngement de cette ville sinistrée..\nSous les auspices et avec la collaboration\nde l'Œuvre d'Entr aide sociale, la Renais-\nsance des Cités, la ville de Chauny ouvre un\nnouveau concours interallié qui a pour\nobjet :\n1° l'établissement d'un projet pour l'as-\nsainissement;\n2° l'établissement d'un projet pour l'ai -\nmentation en eau de îa ville de Chauny-\nLe concours s'ouvrira le 1 5 juin et sera\nclos le 1 5 octobre.\nCe concours intéresse tous les ingénieurs,\nhygiénistes, entrepreneurs et spécialistes\nfrançais et alliés.\nIl sera alloué pour chaque concours une\npremière prime de 2,000 francs et une deu-\nxième prime de 1,000 francs.\nL exposition des projets se fera à l'lnstitut\nPasteur, à l'occasion de la Réunion sanitaire\nprovinciale organisée sous les auspices de la\nSociété de médecine publique et de génie\nsanitaire.\nPour tous renseignements, s'adresser au\nsiège administratif de l'œuvre, 23, rue Louis\nle Grand (Paris).\nNOUVEAUX MATERIAUX ET PRO-\nCEDES DE CONSTRUCTION. Tous\nceux qui s'intéressent aux méthodes nou-\nvelles de construction aimeront à prendre\nconnaissance des résultats du concours or-\nganisé pendant la Foire de Lyon (mars\n1920) par l'Office central de la construction\net de l'habitation.\nV oici le palmarès :\nIre1re division. - Procédés extraction et\nexploitation des matériaux naturels. Pas\nde récompense.\n2e division. Procédés de transforma-\ntion de matériaux naturels en matériaux\ndemi-ouvrés et ouvrés. E. Pollieno (bri-\nques Gep), médaille d'argent; Duffieux (Le\n« Moellon Dux »), médaille d'argent; So-\nciété du « Bloc Equerre », médaille de\nbronze.\n3e division. Section A. Démolitions,\nterrassements. Pas de récompense.\n3e division. - Section B. Maçonneries.\n- Machines à agglomérés pour grands\nchantiers : Bonnet aîné et ses fils, médaille\nde vermeil; E. Pollienc «Machine Gep», mé-\ndai lie c argent. Machines à agglomérés\npour moyens chantiers : J. Peltier et Marcel\nGenevois, médaille de bronze. Machines\nà agglomérés pour petits chantiers : Marc\nPerret, médaille de vermeil; Pasquier, Kie-\nfer et Bizot» médaille d'argent; veuve D.\nZondervan, médaille de bronze. Béton-\nnières et monte-charges : Couturier, Aebi\net Cie (pour leur bétonnière mélangeuse),\nmédaille de vermeil) ; S. Thievenaz (pour\nson treuil-applique pour levage), médaille\nd'argent.\n3e division Section C. Béton armé.\nPeinard, Considéré, Caquot et Cie (Ma-\nchines à cintrer et dispositif de scellement),\nmédaille d argent.\n•3\" division. Section F. Couverture.\nSociété anonyme « Le Verre souple »,\nmédaille de bronze.\n3e division. Section I- Peinture, vi-\ntrerie, miroiterie. MM, Ch. Michel et Cie\n(Ateliers de construction « Charmic », ma-\nchines à peindre au moyen de l'air com-\nprimé), médaille d argent; MM.Feron et Cie,\n(vitrage armé translucide pour stores et iso-\nlants) , médaille de bronze.\n3e division. Section J. Procédés de\ntransport pour entreprises, Automobiles\nSaurer, médaille de vermeil; Omnium des in-\nventions nouvelles, médaille d'argent; Cou-\nturier, Aebi et Cie (wagonnet motoriné),\nmédaille de bronze.\nNota. Une mention a été accordée à la\nsociété « Solidit » qui présentait un nou-\nveau procédé pour la construction des chaus-\nsées. Toutefois, les modèles et échantillons\nexpédiés n étant pas arrivés en temps utile\npour être étudiés par le jury, il n a pas été\npossible d'accorder une récompense."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c013", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.6", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.2", "debut_caractere": 1103, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "rouLon ÈRE? Â VISE\nCOMÔTRUCTIOnS JgCOJiQAlloues\n//\n/\n/\ny\n\\\n/\n/\ny\n£\n/\ny\n/\n2\në\n*a\nL.\nL-"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c014", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.7", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 198, "texte": "GÊDRŒTITOÔrEErBI\nCHAUSSEEotLA HULPE 228AZ34\nSQiTSFQRT C et An g) _\n«\n2*\n>2\n>\n•QV\nv:\n*r\nS\"=>\nS\n' :-*' ii*. [ nj,\nSPÊCIALiTE ..À 'cS2Sffi¥àiSS9|\nPSBRiOUE de CLOTURES nETAIUQUESI\nHATERiEL d'ELEVAGE «t."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c015", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.8", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.26", "debut_caractere": 200, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "SOCIETE ANONYME\n« BOIS, CIMENT, MATERIAUX »\n■jj\"»\n-À--, - ri\n-\n&ssr.\n■A\nAnee firme Nicolas Josson\nMaison fondée en 1809\n43, QUAI AU FOIN, 43 BRUXELLES\n(derrière le Théâtre Flamand)\nSuccursales :\nl#; St-GILLES, 20, ruè Théodore en\n2° ETTERBEEK, 20, rue du Gén.-Leman\nTéléphones\nMaison principale : Br. 3364\nSuccursale t Br. 6115\nBois de chêne de toutes provenances\nBois du Nord et d'Amérique\nCzment-Portl&nd de Niel-on-Rupel!\n72-f"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c016", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.9", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.26", "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "is et en acier\nu\nrm-r-T-vi\n•>\nAdresse télégr. s BOELWERF Tamise\nTéléphone Tamise 1C"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c017", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.10", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.27", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 167, "texte": "Bois - Scierie à vapeur\nTAMISE (W«e*)\nDébit sur cammult\nConstruction de maisons dtmontikln «a M»\n« Livraison rapide"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1920-04-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaac_1920-04_01#c018", "volume": "bmtnaac_1920-04_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.2.11", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.27", "debut_caractere": 169, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "«\n.s\n| Carton bitumé 1' |\ng POL MADOU\n« 279. boni, de l'lndustrie. 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I! sera rea&u\ncompte dans « la Cité » de tout ouvrage dont deux exemplaires serepit envoyés à la Revue.\nPour la réduction, l'administration et les demandes d'abonnement» s'adresser au Siège de\nla Revue : 10, Place Loix, St-Gilies- Bruxelles.\nPour la vente au numéro, s'adresser exclusivement aux libraires. Dépôt principal :\nLibrairie Lamertin, 58-62, Coudenberg, Bruxelles.\nABONNEMENT : 10 fr.; Etranger, 12 francs; numéro, Un franc.\nLes abonnements peuvent se prendre en versant la somme de 10 francs au srédît du\nCompte-chèques-postaux : n° 16621 (Revue : La Cité).\n\nrouLon ÈRE? Â VISE\nCOMÔTRUCTIOnS JgCOJiQAlloues\n//\n/\n/\ny\n\\\n/\n/\ny\n£\n/\ny\n/\n2\në\n*a\nL.\nL-"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.3", "texte": "REVUE MENSUELLE BELGE\nLA CITÉ\nURBANISME ta ARCHITECTURE sa ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES RÉGIONS DÉVASTÉES\nlre ANNÉE\nCE NUMÉRO RENFERME 3 PLANCHES HORS-TEXTE\nNUMÉRO iO\nLA CITÉ\n■■■■■■■■■■■■■■\nAVRIL 1920\n\nLa Maison Idéale\ntelle qu'elle fut présentée au public à l'exposition organisée\nà Londres par le quotidien anglais « The Daily Mail ».\n\nCe n'est pas sans une certaine répugnance que je dépose le crayon afin\nde reprendre la plume» restée inactive d'une façon à peu près absolue durant\nces six dernières années. La somme de travail surhumain que l'architecte doit\nfournir dans ce pays permet difficilement à celui-ci de produire et d'écrire en\nmême temps.\nPourtant, dans un pays où tout confort apparaît aux yeux de la généralité\ncomme un luxe superflu, la lutte intense qui se poursuit devient âpre lorsqu'il\ns'agit d'obtenir la réalisation immédiate de nécessités premières absolument\nindispensables à tout être organisé qui vit en commun et qui ne veut pas périr.\nCette lutte, ajoutée à l'inertie de la masse, à l'avidité ou à la stupidité\ndes confrères, augmente encore ma répugnance. « Nous manquons de tout »,\nm'objecterez-vous, « et vous, vous venez nous parler de confort appliqué à\nl'habitation et de réalisation de la maison idéale à un moment où tout con-\ncourt et conspire, semble-t-il, à rendre cette réalisation impossible sinon uto-\npique ». Ma réponse sera brève. Etudions nos plans premièrement au point de\nvue de l'économie stricte et deuxièmement au point de vue du confort et de\nla facilité d'entretien. Lâchons une bonne fois tout le vieux bagage et ne nous\npréoccupons que de ces deux points. Faisons des maisons dans lesquelles il\nnous sera permis de vivre aussi agréablement, aussi économiquement que\npossible et d'une manière aussi hygiénique que possible; le reste viendra tout\nseul, la question esthétique étant en l'occurrence une question absolument\nsecondaire lorsqu'il s'agit de tenir compte du bonheur des gens qui doivent y\npasser leurs jours. Il faut rejeter impitoyablement le côté romantique de la\nquestion. Une maison sans confort, sans hygiène, mais douée d'une silhouette\nremarquable peut, sans doute, être intéressante à bien des points de vue et\nà bien des gens, particulièrement à l'excursionniste et aux membres d'un\nCongrès qui se paient le luxe d'itinérer au long des routes; mais dans de nom-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.4", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nbreux cas elle devient mortelle pour ceux qui doivent l'habiter et la sentir jour\npar jour dvenir le magnifique sépulcre qui les contient.\nLa Maison Idéale dont je veux vous entretenir est simplement une habi-\ntation dans laquelle les nombreux travaux» toujours pénibles, que nécessitent\nl'entretien constant de la vie quotidienne, ont été réduits à leur plus strict\nminimum. La Maison Idéale a été étudiée en vue de remédier à F insuffisance\ndu nombre de sujets; insuffisance qui se fait cruellement sentir à la classe aisée\nde presque tous les pays anglo-saxons. Les Anglais, gens pratiques, se sont\nrapidement aperçu que, malgré leurs énormes revenus, ils étaient incapables\nde soutenir le train de maison qu'ils possédaient avant la guerre. Les sujets\ndeviennent rares, exigeants; ils ont, durant ces derniers dix ans, achevé de se\nrendre compte qu ils étaient, en somme, des gens comme les autres, ayant un\ndroit égal, si non supérieur, parfois, au confort et aux égards dont jouissaient\ndepuis des temps immémoriaux la classe qualifiée de privilégiée. Ces Anglais\nse sont donc dit : Puisque le bon temps est fini, ou est en train de finir, il est\nune chose dont nous ne pouvons manquer; passe encore [ absence de nom-\nbreux sujets, soit; mais nous priver de confort cela n'est guère possible. Ils sont\ndonc parvenus à diminuer la main-d'œuvre, à améliorer la tenue de leur\n« home » et indirectement aussi à augmenter la valeur de la personne qui\nreste attachée à les servir. C'est vous dire que la Maison Idéale n'est pas à la\nportée de toutes les bourses; mais qu'importe? demain ils étudieront la maison\nsans servante; ils standardiseront tous ces appareils; ils les vulgariseront; ils\nles employeront peut-être en commun, par groupement, que sais-je, et réali-\nseront bientôt la cité idéale.\n%\nDans tous les cas, tel est le problème que le « Daily Mail » posa aux archi-\ntectes anglais sous forme d'un concours orné de prix alléchants et qui, je me\nhâte de le dire, furent intégralement décernés! Le jury se composait d archi-\ntes, d experts, hommes d'esthétique et de technique, Il eut la sagesse de s'ad-\njoindre, en outre, la science précieuse d'une personne habituée à présider aux\ndestinées d'un ménage.\nEn examinant quelque peu les plans ci-joints, vous trouverez avec suffi-\nsance que nous n ignorons aucun des détails, aucune des qualités qui s'y trou-\nvent réunis, et que, par conséquent, il n'y a rien de neuf là-dedans. Au fait,\npouvions-nous ignorer quelque chose, nous, architectes belges? Et je pense\négalement que nous ne pousserions pas l'indécence jusqu'à permettre de voir\nfigurer au sein de nos jurys d architectes, la présence d'une personne qualifiée\nen sciences ménagères. Et moi-même (voyez-vous, c'est tellement contagieux\net tellement national cette maladie-là) je me suis dit en examinant et en redes-\nsinant ces plans, cela ne m est pas inconnu; j'ai vu cela quelques part; mais\n0ù?... Certes, ce n est pas le pian de mon ami Machin qui me suggère ces\nréminiscences; ni celui de petit X... Je suis même sûr que ce n'est pas à Bru-\nxelles que je l'ai rencontré. Non, à ce sujet, je n'éprouve aucun doute; du reste,\nil n'y a pas de « Daily Mail » ici, ni de jurys au sein desquels on trouve un\ncordon bleu! Et puis, les architectes ont tout de même autre chose à faire que"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.5", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nde passer leur temps à étudier les moyens qui pourraient réduire le travail\nformidable et pénible qu'exige à chaque heure du jour l'entretien d'un\nménage.\nMais diable! où donc ai-je rencontré tout cela? Je ne l ai pas rêvé pourtant!\nJ'en arriverais à dire (voyez la contagion) qu'il existait à l'état latent dans\nmon esprit!...\nMais voilà que, détails par détails et morceaux par morceaux, au fur et\nà mesure que j'écris ces lignes, je m'aperçois que l'analyse graduelle des élé-\nments qui constituent ce plan provoque une dislocation en moi-même et\nm'amène à opérer l'analyse graduelle des éléments différents qui ont coopéré\nà ce que j'appellerai mon éducation professionnelle (quoique cette dernière\nait été si souvent bousculée, comprimée et vouée à tous les saints sinon à tous\nles... diables). Chacun de ces éléments correspond à une période de cette\néducation; c'est-à-dire que je retrouve dans le plan, qui n'est pas nécessaire-\nment ce plan-ci mais bien un plan équivalent, les données qui président à\nI édification et à 1 entretien d'un laboratoire, d une clinique et d'une usine\naméricaine. Seulement le tout s'est humanisé, ce qui revient à dire qu'il y a\nconfort, car lorsque je déclare qu'une maison est confortable, je ne fais\nqu exprimer qu elle est destinée à I homme et non aux animaux.\nDans le cas qui nous occupe, il y a combinaison des trois éléments pré-\ncités et qui sont : le laboratoire, la clinique et F usine américaine. Combinai-\nson, dis-je, et non mélange; ce qui signifie que c'est un nouveau corps qui,\ncertes, je le veux bien, n'a rien d'académique, sans doute, ni de régional,\nhélas! mais qui découle en ligne directe de la nécessité à laquelle il obéit aveu-\nglément. De la nécessité qui est, j'ose le dire, le tempérament de Fart archi-\ntectural et qui s'appuie sans réserve aucune sur l'économie à longue ou à brève\néchéance, mots sur lesquels j'insiste et sur lesquels je reviendrai en temps\net lieu.\nCe plan possède en outre, à défaut d'autres, des qualités de confort et\nd hygiène. Ce confort, je l'avoue, peut paraître extravagant à ceux qui ne\nsavent pas vivre; toutefois, il ne touche ni au luxe ni au disparate. Cette\nhygiène, j allais écrire cette stérilisation, est indispensable à l'homme qui vit\ndans les endroits surpeuplés. A tout prendre, 1 énumération nous semble à\nnous qui manquons (est-ce bien le mot?) de tant de choses primordiales,\nquelque peu exagérée. Pourtant ce confort qui fut peut-être atteint jadis par\nquelques-uns, était obtenu grâce au concours, grâce à la mobilisation d'un\nnombre considérable d esclaves et, plus récemment, de domestiques, ayant\nchacun dans leurs attributions respectives un rôle et un emploi bien définis;\nne jouissant guère eux-mêmes de la moindre parcelle de ce bien-être qu'ils\nprocuraient au maître. Et c'est exactement ce que ce plan, qui est loin d'être\nune utopie ou une fantaisie puisqu'il sera bientôt réalisé et tiré à 50 exem-\nplaires, supprime radicalement.\nJe le considère donc comme un produit destiné à révolutionner Fart de"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.6", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nse loger, ou mieux, l'art de se bien loger. Il libérera, chaque fois qu'il sera\nexécuté» tout© une classe d'individus qui ont dépensé leur temps, leur énergie\net leur intelligence à servir adroitement quelque royal parvenu bien plus en\nquête de domination et de luxe que de réel confort. Cette classe qui fut com-\nprimée jusqu'à la négation d'elle-même, pourra, j'en suis sûr, prendre con-\nscience de son humanité et jouir bientôt, je l'espère, elle aussi, d'un confort\nrelatif. Elle pourra dans tous les cas être employée plus utilement au service\nde la masse collective. En vue de restreindre la dépense que nécessite la réali-\nsation de ce projet, l'auteur a réduit dans la mesure du possible les frais de\nconstruction; aucun luxe, aucun ornement superflu; tout l'excès habituel a\nété remplacé par des appareils dont le prix est très élevé sans aucun doute,\nmais qui, considérés dans leur ensemble autant qu'en raison des services\ninnombrables qu'ils rendront, amèneront une économie telle qu'ils restitueront\ndix fois sûrement les débours occasionnés par leur achat et par leur mise en\nplace. Considérez un instant qu une habitation de cette importance nécessite-\nrait I emploi de six ou sept sujets, plus peut-être, étant donné que le sujet\nanglais jouit de plus de liberté que celui de notre pays; tandis qu au grand\nmaximum, une cuisinière et une servante pourvues de l'aide plus ou moins\nefficace de la maîtresse de la maison pourront amplement suffire à 1 entretien\nde la Maison Idéale. D'une manière générale, sinon absolue, l'architecte a\néliminé toutes les moulures; il a arrondi tous les angles des pièces, des murs,\ndes passages, des plafonds, des fenêtres, des portes et des plinthes. Il a sup-\nprimé les balustres. 11 a exclu, et ceci d'une manière intégrale, les doubles,\nles triples et les portes, les ébrasements et les chambranles. Les\nsurfaces des murs, celles des planchers, celles des plafonds, des portes et des\nfenêtres peuvent être facilement et rapidement nettoyées sans le moindre\ndommage pour la peinture ou la décoration; les tableaux pour la plupart sont\nremplacés par une décoration lavable et d'un effet agréable à l'œil. Les meu-\nbles isolés ont également été réduits; leur emploi se borne à quelques pièces\nrares : aux tables de jour, de nuit et de toilette, aux fauteuils, aux chaises et\naux lits. En général, I architecte a conservé I emploi de ce qui peut facilement\nse déplacés et a remédie a î emploi des pièces lourdes en-dessous desquelles\ns agglomèrent la poussière et la crasse, en incorporant toutes les armoires\ndans le corps de I édifice même; en ventilant celles qui doivent être venti-\nlées, en surélevant le niveau intérieur de quelques centimètres au-dessus de\ncelui de la plinthe qui contourne l'appartement. Non seulement le coin où Ton\nne peut aller n existe plus, mais la surface même qui reste à nettoyer a été de\nce fait singulièrement restreinte. La surface des planchers est sans aucun joint;\neîîe est constituée par une matière imperméable, chaude, agréable et repo-\nsante aux pieds qui s'y meuvent, et la marche même y est silencieuse. Les\nmétaux brillants qui exigent un entretien constant ont été remplacés par des\nproduits émailles. La tes appareils de chauffage, de cuisson, de\nlavage, etc., sont également émailles. Les châssis de fenêtres sont suspendus\nou: attachés et construits de manière telle que, même lorsqu'ils s'ouvrent"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.7", "texte": "LA CITE\nAVRIL 1920\n\nextérieurement, les faces extérieures et intérieures peuvent être aisément net-\ntoyées de l'intérieur. Chacune des chambres possède un ou plusieurs radia-\nteurs à eau chaude posés dans des niches à angles arrondis dont le niveau est\nsitué à quelques centimètres au-dessus du niveau général de la chambre. Ces\nradiateurs sont montés sur charnières et peuvent être écartés du mur à la\nsuite d'une simple manœuvre qui les rabat de haut en bas, permettant ainsi le\nnettoyage de la niche et du radiateur. Quelques-unes des chambres du rez-\nde-chaussée jouissent en outre du privilège d être pourvues d'un appareil de\nchauffage électrique introduit ici afin de sauvegarder l'apparence du feu ouvert\nau charbon que les Anglais aiment beaucoup, tout en évitant la poussière et\nl'entretien permanent qu'exige l'emploi de ce feu, Des lavabos munis de robi-\nnets à double emploi sont établis dans chacune des chambres à coucher.\nL écoulement est assuré au moyen de tuyaux accessibles et munis des derniers\nperfectionnements; la position même de ces lavabos a été choisie en vue\nd opérer F écoulement direct et à Lair libre sans engendrer de ce fait une lon-\ngueur énorme de tuyaux rampants. Un système de nettoyage par le vide est\naménagé dans la maison. Le centre acteur se trouve à l'étage; il est muni d'un\nréservoir à eau où viennent se noyer toutes les poussières de 1 habitation\nrecueillies au cours des promenades purificatrices de la trompe aspirante.\nL étage comporte encore un déversoir général, une salle de bain, un W. C.,\nun monte-charge et aussi un couloir de chute permettant de transmettre rapide-\nment le linge sale dans un bac roulant placé au rez-de-chaussée, disposition\nqui supprime les longues stations habituelles au transport du linge.\nSuivant Fhabitude chère aux Anglais, ce plan divise l'habitation en trois\nparties bien distinctes qui sont : une partie de l'habitation où l'on vit le jour;\nune seconde partie où Ton vit la nuit et une troisième partie où 1 on s occupe\nspécialement de tous les travaux de ménage. Jusqu'ici je n ai décrit que ce qui\nest relatif aux deux premières parties., Il me reste à examiner en détail les\nimprovisations apportées à la plus importante partie de l'habitation, c'est-\nà-dire de celle où se concntre le travail par excellence. Tout dabord voici\nle passage qui réunit la cuisine à la salle à manger; une porte en pont-levis\nclôture chacune des extrémités, mais lorsqu elle est suspendue elle crée une\nétagère qui recevra les plats. Une bouche de ventilation est établie dans la\npartie supérieure de ce compartiment. Elle a pour mission d'aspirer fortement\nles odeurs de cuisine qui pourraient se glisser dans le passage et s'introduire\ndans la salle à manger. La plaque sur laquelle les plats sont déposés est munie\nd'un réchauffeur électrique qui s'actionne automatiquement dès le moment où\nun plat ou tout autre objet vient à y être placé.\nLa cuisine-laverie est admirablement conçue. Ses murs sont couverts d'un\nrevêtement en carreaux de céramique blanc; le pavement est sans aucun\njoint; les mêmes avantages énumérés plus haut au sujet des angles des plin-\nthes, des portes et des fenêtres sont appliquées ici avec plus de rigueur encore\nque partout ailleurs. D'un côté, bien en évidence et bien éclairé, on trouve un"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.8", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\nllifliiliiiiailiii\n\nfourneau électrique monté sur roulettes à billes et susceptible de monter ou de\ndescendre à volonté tout l'appareil. Le fourneau est placé en-dessous d une\nhotte qui aspire immédiatement, au fur et à mesure de leur production, toutes\nles odeurs et toutes les fumées qui proviennent de la cuisson des aliments.\nBien en évidence et à portée de la main de celle qui surveille le four-\nneau, se trouve à gauche et à droite une étagère où sont rangés certains pots\nd'un usage fréquent. Un évier, pourvu d'un récupérateur destiné à capter la\ngraisse qui flotte sur les eaux de vaisselle est accolé au mur de façade\nde la cuisine. A côté et à gauche de l'évier on a placé l'égouttoir, et, au-dessus,\nbien à hauteur de la main, un séchoir pour plats et assiettes. Une armoire de\ncuisine est encastrée dans le mur opposé; elle se ferme au moyen d'un\nvolet roulant et automatique; Tordre et la méthode ont présidé ici plus que\npartout ailleurs peut-être au classement et à la conservation de la pureté des\nmatières alimentaires; le pain et la farine occupent des tiroirs spéciaux.\nLa table de cette cuisine-laverie est mobile et roule sur boîte à billes. Elle tient\npar la nature de sa disposition beaucoup plus d une armoire basse avec\ntablette que du meuble que nous convenons communément d'appeler table\nde cuisine; elle est pourvue de nombreux tiroirs et de divers compartiments\n,îans lesquels se trouvent rangés immédiatement à portée de la main tous les\ninstruments qui sont indispensables lorsque la confection des aliments est en\nopération. La tablette supérieure est en marbre, ce qui je pense constitue la\nmeilleure surface possible. Cette table est mobile, ai-je dit, et vous la verrez\ntantôt se rapprocher de F évier, en vue du lavage des légumes; tantôt se placer\nprès de ! armoire en vue de la préparation des pâtisseries; ou bien encore se\ndisposer vis-à-vis du fourneau lorsque se fera la cuisson; en un mot, c'est la\ntable d'opération qui accompagne l'opérateur,\nVous remarquerez la présence sur le plan d'un rectangle pointillé qui\nindique un bac roulant. Ce bac roulant joue le rôle de satellite; il se déplace\nvers 1 endroit où habituellement, dans une cuisine ordinaire, les déchets s'accu-\nmulent. Nettcie-t-on la vaisselle, vous la trouverez à gauche ou à droite de\nl'évier; pèle-t-on les pommes de terre, épluche-t-on les pois, lave-t-on les\nlégumes, découpe-t-on la viande, et voici qu'il rôde autour de la table.\nEcume-t-on les confitures ou ie bouillon et il se présente près du fourneau.\nIl fait disparaître tous les déchets dont la présence prolongée dans F atmos-\nphère pourrait amener un véritable empoisonnement de l air intérieur si carac-\ntéristique pourtant au plus grand nombre de nos cuisines bourgeoises et\nautres. La capacité de ce, bac est assez minime, de manière à ce que les\ndéchets ne puissent s y accumuler, ce qui deviendrait une nuisance au lieu\nd être une amélioration. 11 est armé d angles arrondis qui facilitent le nettoyage\nrapide et méticuleux et Supporte aisément un petit air de feu. Dans l'angle\nprès de la fenêtre à droite de 1 évier, les appareils nécessaires au lavage du\nlinge sont répartis sur une surface assez restreinte. Ce sont tout\nd abord, disposées sur une table, une lessiveuse et une essoreuse mues par"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.9", "texte": "upplément a « La Cité ».\nN° 10, Avril 1920.\nPLANCHE XIX\nD'après les plans de C. J. KAY\nLicentiate R. I. B. A., Architect\nparus dans le “ Daily Mail „.\nLA MAISON IDÉALE"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.10", "texte": "Supplément à « La Cite ».\nN° 10, Avril 1920.\nPLANCHE XX\nD'aprés les plans de C. J. KAY\nLicentiate R. I. B. A., Architect\nparus dans le “ Daily Mail „.\nLA MAISON IDÉALE"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.11", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nun petit moteur électrique dissimulé sous la tablette. Sous cette table, dont une\npartie est basculante, une étuve électrique a été aménagée. J'ajouterai que\ntous les appareils et ustensiles qui se trouvent dans la cuisine sont fixés sur\nconsoles mobiles, reposent sur roulettes à billes, s'abattent ou se relèvent de\nmanière telle que le nettoyage complet de toute la surface du pavement puisse\nêtre effectué sans le moindre embarras. Une porte glissante sépare la cuisine\ndu magasin à provision. Ce dernier est divisé en quatre parties bien\ndistinctes, savoir : 1 ) un magasin réservé aux denrées sèches et aux con-\nserves; 2) un châssis divisé en six compartiments munis de guichets et desti-\nnés à recevoir les livraisons de chaque fournisseur; 3) un magasin réservé aux\naliments putrescibles, et 4) un garde-manger réfrigéré. La matière qui consti-\ntue les étagères posées dans ces différentes réserves est le marbre ou la glace,\ncette dernière étant non seulement propre et facilement nettoyée, mais offrant\nencore F avantage précieux d'être transparente, diminuant de ce fait les nom-\nbreux coins noirs dans un endroit où il y a souvent trop peu de lumière.\nLe châssis muni de compartiments à guichets a pour but de supprimer autant\nque possible les allées et les venues de la ménagère se rendant à l'appel de\nchacun des fournisseurs. Il faut remarquer que les fournisseurs se présentent le\nplus souvent à un moment assez critique pour la ménagère et qu'ils sont les\nauteurs involontaires de la plupart des plats ratés. Ces compartiments sont en\nréalité de petites armoires séparées ayant toute l'épaisseur du mur et chacune\nd'elles possède deux portes : une extérieure et une intérieure.\nLe boucher se présente avec la viande, ouvre une des armoires, dépose\nla commande à l'intérieur et ferme la porte dont la serrure agit automatique-\nment et fait apparaître à l'extérieur un mot qui signifie que le compartiment\nest déjà occupé. Dès lors, ce compartiment ne peut être ouvert que de l'in-\ntérieur seulement; il n'y a donc aucune crainte d être volé, et comme il y a\nquatre compartiments semblables, il en reste trois vacants pour les autres four-\nnisseurs. Un panneau mobile comportant une ardoise est disposé au centre\nde ce châssis; il est destiné à exposer les commandes que prendront les four-\nnisseurs et qu'ils apporteront le lendemain. Je dois avouer que je ne puis\nm'imaginer ce qu'il adviendrait des clients belges s'ils se prêtaient un seul\ninstant à la pratique de ce système; pour ma part, j'estime qu étant donné\nla grande honnêteté qui caractérise et qui a toujours caractérisé nos commer-\nçants, iî suffirait de supprimer la fermeture automatique ce qui serait une\néconomie assez sensible, me semble-t-il!\nLe garde-manger est incorporé dans la construction; il est muni d'une\nchemise d'eau qui l'entoure complètement; la consommation entière de l'eau\nnécessaire à î habitation est obligée de passer par ce réservoir et la circula-\ntion de ce courant d eau fraîche se manifeste dans toutes les parties de ce\nréservoir.\nIl me reste à dire quelques mots de la réserve de charbon et du système\nde chauffage. La cave au charbon possède une capacité d'environ"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.12", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\nm\n\n7,000 kilos. Son niveau est établi en contre-bas du niveau général du rez-\nde-chaussée. Un dispositif spécial permet de rentrer le charbon avec facilité.\nL anthracite est le seul combustible employé dans la maison qui dispose d'un\nseul foyer. Ce dernier chauffe toute la maison et l'alimente en eau chaude.\nIl a également pour mission de détruire tous les déchets qui proviennent de\nla cuisine. Il est à remarquer en outre qu'aucune partie de l'habitation n a été\nsacrifiée au détriment d'une autre; que l'appartement des sujets ne se dis-\ntingue en rien de celui des maîtres, tout au moins en ce qui se rapporte à la\nconstruction et la répartition des avantages; qu'il n'existe aucun sous-sol;\nque les portes et les châssis ont été réduits à un ou à deux types, tout au plus,\net que, malgré tout ce confort et toute cette hygiène, les façcides possèdent\ndu calme et un caractère plus imposant en somme que toutes les façades\nhabituelles auxquelles nous ne parvenons pas, malgré tout, à acclimater notre\nœil.\n\nJean EGGERICX.\n\nA propos de la Grande Boucherie\n\nQue l'Art n'a rien à gagner à ces reconstitutions maladroites d'un passé\nà jamais écroulé, mais ne peut vivre que de l apport d'idées nouvelles, voilà\nune thèse qui trouve de plus en plus de défenseurs.\nC est la conclusion, aussi, de ces judicieuses réflexions que J. F. publie\ndans la « Nation Belge » à propos de la Grande Boucherie, qu'il souhaite ne\npas voir reconstruite.\n« Certes, dit-il, nous sommes sensibles à la poésie des vieilles choses,\nau charme des eaux muettes où glissent des cygnes, des murs penchés sur les\nvenelles, des tuiles pâlies où se reflètent tant d'aubes et de couchants, à\njamais éteints; nous aimons, comme des aïeules, les bonnes vieilles maisons.\nEt nous faisons un précepte de cette opinion du grand Ruskin, qu'il faut, le\nplus qu'on peut, garder les monuments d'autrefois, les consolider, les entre-\ntenir, les étayer de béquilles, mais non les « refaire », si l'on n'a pu les\nconserver.\nOr, on n a pas sauve la Grande Boucherie, parce qu on a négligé les\nprécautions élémentaires. Sans doute, les questions de propriété indivise\ns'enchevêtraient comme ronces et chiendents; pendant que les gens de loi s'y\nempêtraient, la ruine faisait son œuvre et la Grande Boucherie, un beau\nmatin, s effondra; les litiges étaient, du coup, résolus, mais Bruxelles perdait\nun beau morceau d'architecture, un éloquent souvenir du passé."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.13", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nRiâmons ceux dont 1 impéritie a causé cette perte, alors que des mesures\nénergiques pouvaient épargner ce détriment au patrimoine public. Mais ne\nreconstruisons pas la Grande Boucherie, ne refaisons pas ce qui fut. Ce qui\nfait sacrées les vieilles maisons, ce sont les amours, les gloires et les douleurs\ndont leurs pierres se sont imprégnées; ce sont les vies passées à leur ombre.\nLe pastiche le plus habile n'est jamais qu'une contrefaçon. Et pourquoi, seule\nde tous les arts, larchitecture est-elle exposée à cet outrage? Propose-t-on de\nrefaire le Jordaens qui périt dans le bombardement de Dixmude, de recon-\nstruire le jubé qui fleurissait dans la vieille église flamande? Pourquoi pasti-\ncherait-on les monuments d'autrefois?\nCe serait donc, dans ce pays qui compte de grands architectes, et toute\nune jeunesse frémissante de projets et d'espoirs, ce serait une erreur de\nreconstruire ce que nous n'avons su conserver : nous souhaitons donc que\nl'on ne refasse pas la Grande Boucherie.\nMais cela étant, il demeure une place étriquée et froide, bordée de\nfaçades plâtrées et de la triste muraille de briques de la Maison du Roi.\nCete trouée, dans le populeux Marché-aux-Herbes, il faut la conserver,\ncomme une clairière dans la forêt pressée des maisons. Il faut restaurer (ici,\nnous sommes d'accord avec les archéologues), les vieilles maisons de la rue\naux Harengs, de la rue Chair-et-Pain ; débarrasser leur honnête visage des\nbadigeons accumulées; planter un jardin.\nDes arbres croîtraient-ils sur le sol appauvri? Ne priveraient-ils pas\nd'air et de jour les étages voisins? Un intéressant problème se pose, pour\nl'aménagement de ce coin de ville; la solution en serait aisée, si la façade\npostérieure de la Maison du Roi, démasquée par l'effondrement, ne s'était\nrévélée de la plus banale laideur. Les architectes d'autrefois soignaient\nmême ce qu on ne voyait pas, s'ils 1 ornaient moins; ceux d'hier, hélas!...\nAprès avoir restauré les façades qui longent la placette; planté celle-ci\nd arbustes et de fleurs; rendu ainsi plus aisé l'accès de la Grand' Place, le\nproblème se résoudrait à l'aménagement ou au « camouflage » de la\nMaison du Roi. Mais îe camouflage est-il une solution? »\n\nJ. F."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.14", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nURBANISME\n\nPour la reconstitution des\nAgglomérations détruites\nL'Etat de la question en France\nCe qui manque chez nous\n\n( I ) Je dois communication des textes sur les-\nquels s appuie cette étude à I obligeance empressée\nde M. Théodore Steeg, ministre de 1 intérieur, qui\nme permettra de lui réitérer ici l'hommage de ma\nvive gratitude.\n\n(1)\nPlus nous serrons de près le problème de\nla reconstitution des agglomérations dévas-\ntées, et plus nous nous sentons impressionnés\npar l'ampleur et la complexité de la ques-\ntion.\nL évolution des idées en matière d hy-\ngiène et de salubrité publiques; F impérieuse\nnécessité d'assurer aux agglomérations des\nconditions de vie qui abaissent le taux de la\nmortalité et favorisent le comblement des\nvides affreux creusés directement ou indirec-\ntement par la guerre; le souci d'apporter\nune solution satisfaisante au problème du\nlogement ouvrier et du logement à bon mar-\nché; celui de rendre au plus tôt un habitat\ndéfinitif au paysan dont le labeur tenace\ndoit s'attaquer au défrichement des territoi-\nres momentanément frappés de stérilité;\n1 impossibilité de rétablir dans les recon-\nstructions les tracés défectueux de voirie,\nconçus pour d'autres âges» et quit depuis\nlongtemps, constituaient une nuisance publi-\nque; le devoir d'adapter ' dans toute la me-\nsure du possible la tradition des formes\nrégionales aux transformations modernes,\naux conditions économiques de l'heure pré-\nsente, aux matériaux nouveaux dont l'usage\ns impose; le désir de conserver les sites ur-\nbains caractéristiques, les souvenirs du passé,\nles témoins de l'histoire» les beautés archi-\ntecturales et les richesses archéologiques\nd autant plus précieuses aujourd'hui que no-\ntre patrimoine a été plus douloureusement\nébréché; le besoin de développer les œuvres\nsociales, d améliorer les services publics,\nd éduquer les classes populaires, etc., etc...\nce sont là autant de facteurs aux exigences\nmultiples, pressantes, parfois contradictoires\nen apparence, et qu il importe cependant de\nconcilier sous la préoccupation dominante\nde faire vite, de hâter partout la reprise de\nla vie normale du pays, de mettre fin à une\ncrise sans précédent et qui n'a que trop duré.\nDans une telle occurrence, il n'est pas sans\nintérêt et il peut être de grand profit\nde jeter un coup d'œil par delà nos frontiè-\nres et de considérer ce qui se passe en\nFrance, dans ce grand pays voisin qui tant\nde fois a donné, dans bien des domaines,\nle plus noble exemple, auquel nous ratta-\nchent tant de traditions communes et, à\nprésent, une si profonde similitude d'inté-\nrêts.\nLe problème de la reconstruction des\nagglomérations dévastées s'y pose sur des\ndonnées identiques, mais sur une échelle\ninfiniment plus vaste. Mêmes nécessités,\nmême urgence, même crise, mais étendues à\nun front de plus de 400 kilomètres de lon-\ngueur et dont les fluctuations en profondeur\nen ont parfois atteint plus de 100!\nOr, ce qui frappe au premier examen des\nlois, circulaires et instructions qui ont été\npromulguées à ce sujet en France, c'est\n« 1 esprit de méthode » qui les domine. En\nprésence de 1 énormité de l œuver à accom-\nplir, le gouvernement français a compris\n1 obligation primordiale d établir des règles\net conditions d études, d unifier les systèmes,\nde canaliser rigoureusement les efforts. Et\nsous ce rapport, 1 examen de ces documents\nest d autant plus suggestif qu'il apparaît\nbien que c est précisément l'imprécision des"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.15", "texte": "URBANISME\n■■«■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■ a\nLA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nméthodes, le manque de coordination des\ntendances, l'absence de directives qui para-\nlysent chez nous l'indéniable énergie natio-\nnale.\nLes séances du Comité consultatif d'archi-\ntecture du ministère de l'intérieur révèlent\nnettement l'écueil.\"Rien n'est plus significa-\ntif à ce props que la forme sous laquelle lui\nparviennent indistinctement TOUS les plans\nd'aménagement et de reconstruction des\ncommunes dévastées. Ces documents sont\nsoumis à son examen sous forme de tracés\nindiquant plus ou moins vaguement les mo-\ndifications proposées à l'alignement des\nrues, des chaussées, comme si le problème\nde la reconstitution n'était autre chose qu'un\nproblème de voirie! En aucun cas on ne\ntrouve, joints au projet, les renseignements\nspécifiant l'état de dévastation de l'agglomé-\nration et de ses édifices, les éléments qu il\nconvient de maintenir, les souvenirs qu'il est\nindispensable de respecter, le chiffre de la\npopulation, le caractère de l'activité de la\ncommune, les facteurs de prospérité ou de\ndécadence, les défectuosités anciennes aux-\nquelles il convient de porter remède,les amé-\nliorations désirables, etc., etc., toutes choses\nenfin qu'il importe cependant au plus haut\npoint de connaître, si l'on veut émettre sur\nles projets présentés un avis qui ait quelque\nchance d'être profitable. Les plans de ni-\nveaux sont virtuellement inconnus. De la si-\ntuation sanitaire, il n'en est pas question.\nAucune indication n'est fournie sur le trafic,\nsur les espoirs de la municipalité quant à la\nrenaissance de la commune, sur ses vues\nquant à son accroissement futur, sur les be-\nsoins, sur le développement souhaitable de\nses services publics. La photographie\naérienne, pourtant si précieuse pour fournir\nd emblée une vue d'ensemble précise, sem-\nble ne pas exister, pas plus d'ailleurs que la\nphotographie toute simple, faite sur les lieux\npar 1 auteur même du plan, et qui pourrait,\ndans des cas nombreux, éviter au Comité de\nfastidieux déplacements et des enquêtes for-\ncément hâtives et incomplètes.\nDans de telles conditions, l'œuvre du Co-\nmité, profondément désireux de bien faire,\ndevient formidable, Il lui appartient de me-\nner les enquêtes, de fixer les points essentiels\ndu programme, alors que la solution lui est\ndéjà soumise. Le dévouement de ses mem-\nbres s'épuise à combler une telle insuffisance-\nDéjà l'encombrement devient menaçant; il\nn est pas douteux qu'il sera, à bref délai,\ninextricable, et que l'on se trouvera acculé\nà des décisions hâtives et franchement re-\ngrettables à tous points de vue.\nUne méthode s'impose donc. 11 est de\ntoute urgence de fixer des directives, d'im-\nposer l'unification dans l'effort. Il ne suffit\npas que quelques architectes, urbanistes, ou\nsoi-disant tels, se soient appropriés ou fait\nconfier des travaux multiples qu'ils sont ma-\nnifestement incapables de mener à bien. Cet\naccaparement d'un nouveau genre menace\nde paralyser toute la reconstitution nationale\net de l'orienter finalement dans la voie la\nplus détestable. L intérêt de quelques indivi-\ndus ou celui de quelques groupes doit s'effa-\ncer devant l'intérêt général. Il n'est pas de\nconsidérations de personnes qui puissent te-\nnir. Le plan d'aménagement ou d'extension\nd'une agglomération est le fondement de sa\nrenaissance, de ses développements ulté-\nrieurs, de son essor. Il fixe les conditions de\nla santé publique. Son importance est\nénorme, et pour résoudre de tels problè-\nmes, il ne suffit pas de surcharger purement\net simplement un ancien plan cadastral de\nquelques tracés rouges marquant les aligne-\nments nouveaux, dont personne ne com-\nprend, au surplus, la raison, l'intention ou\nl'idée directrice.\nLe mode actuellement en honneur a déjà\nconduit le Comité consultatif à se reporter,\npour l'étude premières des questions, aux\nbons offices de l'Union des Villes et Com-\nmunes belges. M. le ministre de l'intérieur\naccepte sa collaboration à titre officiel. C'est\nparfait. Mais ce n'est pas là résoudre la dif-\nficulté. Tout au plus est-ce la déplacer. Il est\ninadmissible que les membres d'une com-\nmission, quelles que puissent être leur com-\npétence ou leur activité, soient astreints à\nune besogne qui incombe normalement aux\nspécialistes chargés de Fétude particulière\nd'un problème. Et si certains ont pu solliciter\nou accepter un tel nombre de travaux de ce\ngenre que leur étude, comprise comme élit\ndevrait l'être, dépasse à l'évidence les capa-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.16", "texte": "URBAN I S M E\nlaiiiiiiiiiiHiiiiiiiiaiiiiisiiiiidßißiiniii\nLA CITE\nAVRIL 197.0\n\ncités humaines eu égard surtout à l'ur-\ngence qui s'impose de toutes parts je\nn'hésite pas à affirmer qu'il faut y voir leur\nincompréhension manifeste de l'importance\ndes missions qu'ils ont assumées-\nj estime donc que 1 étude des dispositions\nprises en France peut être d'un grand profit\net c est dans ce but que je publie ci-dessous\ndes extraits et des résumés de ces travaux si\nsagement conçus.\nL obligation pour les agglomérations to-\ntalement ou partiellement détruites par fait\nde guerre, d'avoir à établir un plan général\net directeur des travaux à effectuer, résulte\nde la loi du 14 mars 1919 relative à l'ex-\ntension et à l'aménagement des villes. Celle-\nci ne limite d ailleurs pas ses dispositions\nctux localités sinistrées. Elle les étend notam-\nment à toutes les villes de 10,000 habitants\net plus; à celles de 5,000 à 10,000 habi-\ntants, dont la population a augmenté de plus\nde 1 0 p. c. dans l'intervalle de deux recen-\nsements quinquennaux consécutifs; aux sta-\ntions balnéaires, maritimes ou sportives,dont\nla population augmente de plus de 50 p. c.\nà certaines époques; aux agglomérations\nprésentant un caractère pittoresque, artisti-\nque ou historique, et reconnues telles par les\ncommissions compétentes, etc., etc. Toutes\nces localités sont tenues de faire établir un\nprojet d'aménagement, d'embellissement et\nd extension dans un délai maximum de trois\nans. Quant aux localités totalement ou par-\ntiellement détruites par fait de guerre, et\nquel que soit le chiffre de leur population,\nil leur est imposé de faire établir, en plus du\nplan d'alignement et de nivellement prévu\npar la loi du 5 avril 1 884, une étude som-\nmaire du projet d'aménagement, d embellis-\nsement et d extension, et ce, dans un délai\nde trois mois. Tant que le plan d'alignement\net le nivellement n'est pas approuvé, aucune\nconstruction, sauf celle d'abris provisoires,\nne peut être faite.\nLa loi du 1 4 avril 1919 prévoit dans cha-\nque département l'institution d'une commis-\nsion dite : « Commission départementale\nd'aménagement et d'extension des villes et\nvillages », et, au ministère de l'intérieur, une\ncommission supérieure. Elle règle la compo-\nsition de ces commissions.\nElle impose aux conseils municipaux\nl'obligation de désigner l'homme de l'art ou\nla société qui seront chargés de l'étude et de\nla confection des plans et de projets. Si cette\ndésignation n'est pas faite dans un délai de\ndeux mois, le préfet fera la désignation d'of-\nfice, après mise en demeure au conseil muni-\ncipal.\nCe dernier n'a pas seulement l'obligation\nde faire dresser le plan qui fixera la direc-\ntion, la largeur, le caractère des voies à créer\nou à modifier, les emplacements des espaces\nlibres, les réserves boisées à constituer, les\nemplacements des édifices et services pu-\nblics; il a, en outre, celle d'établir UN PRO-\nGRAMME déterminant les servitudes hygié-\nniques, archéologiques et esthétiques et tou-\ntes les autres conditions y relatives, ainsi que\nles prévisions concernant la distribution\nd'eau potable, le réseau dégoûts, l'évacua-\ntion et la destination finale des matières\nusées et, s'il y a lieu, l'assainissement du sol.\nLa loi prévoit enfin le cas où le projet de\nreconstruction, d'aménagement, d'embellis-\nsement ou d extension est de nature à inté-\nresser plusieurs communes limitrophes- Des\nservices généraux peuvent, en effet, être éta-\nblis en commun; il peut être désirable de\nfaciliter les relations d'une commune à une\nautre; dans ce cas, le préfet peut provoquer\nune étude d'ensemble et des conférences in-\ntercommunales en vue de la constitution de\nsyndicats de communes.\nTelle est, dans ses grandes lignes, la te-\nneur de cette loi dont on est en droit d'atten-\ndre les résuatats les plus bienfaisants. Déjà\napparaît ici l'esprit de méthode, d ordre et\nde coordination des efforts, ainsi qu'un prin-\ncipe nettement défini de répartition ration-\nnelle des études. La loi du 1 4 mars 1919\nn'est d'ailleurs pas la première prescription\nadressée aux communes d avoir à établir des\nplans généraux. Deux circulaires du ministre\nde l'intérieur (2 7 septembre 1916 et 12 no-\nvembre 1917) avaient déjà imposé cette\nobligation aux communes atteintes par les\névénements de guerre. Dès le 1 5 mars 1919,\nle ministre des régions libérées adressait aux\npréfets la loi nouvelle et y joignait une cir-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.17", "texte": "URBANISME\nLA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nculaire commentant le mode de sa mise en\npratique. Cette circulaire les invitait à consti-\ntuer d urgence la commission départemen-\ntale d'aménagement et d'extension des villes\net villages, et à prendre, SANS AUCUN DE-\nLAI, son avis sur les communes sinistrées qui\nrentrent dans les conditions prévues. « Il\nsemble, dit la circulaire d une façon\ngénérale, et sauf examen de cas particuliers,\nque ces communes pourraient être celles où\nla proportion des destructions atteint au\nmoins 10 p. c. du nombre des immeubles.\nCependant, même pour celles où cette pro-\nportion n est pas atteinte pour l'ensemble de\nFagglomération, mais où cependant certains\nquartiers ont été particulièrement touchés,\nil conviendra d'apprécier si elles ne doivent\npas être comprises dans la liste des agglomé-\nrations visées explicitement par la loi. »\nLes communes sont désignées par arrêté\npréfectoral; en même temps que de la noti-\nfication de cet arrêté, remise est faite aux\ncommunes d un exemplaire du « TABLEAU-\nGUIDE pour l'établissement du plan d'ex-\ntension et d'aménagement».\nL'administration municipale reçoit donc\nimmédiatement une directive minutieuse-\nment définie. Elle ne peut se méprendre sur\nla portée de ses obligations. Le technicien,\n1 homme de Fart qu'elle charge d étudier le\nplan directeur, ne peut, à son tour, hésiter\nsur le caractère de sa mission. II connaît\n! étendue de l'étude qu on exigera de lui.\nEn quoi consiste donc ce tableau-guide)\nDeux tableaux de ce genre ont été éta-\nblis- L'un vise spécialement les aggloméra-\ntions URBAINES; l'autre, les aggloméra-\ntions RURALES. Ce sont deux opuscules\ndistincts qui ont tous deux pour titre :\n« NOTICE sur les questions à examiner et\nsur la documentation à réunir en vue de\n1 établissement du projet d'aménagement,\nd embellissement et d'extension des agglo-\nmérations et TABLEAU-GUIDE pour l'éta-\nblissement du dossier devant servir à la ré-\ndaction du projet ».\nLa notice sert d introduction et de com-\nmentaire au tableau. Elle spécifie, en débu-\ntant, que les architectes, urbanistes, techni-\nciens, etc., ne pourront travailler utilement\net rapidement en vue de répondre aux\nprescriptions de la loi, que s'ils sont pourvus\ndun PROGRAMME complet et sérieuse-\nment élaboré, leur fournissant tous les élé-\nments nécessaires à l'exécution de leur tra-\nvail. L importance de ce programme, pres-\ncrit d'ailleurs par la loi, est tout spécialement\nmise en relief. Le programme doit servir de\npoint de départ à la réalisation d'un état de\nchoses répondant tout d'abord aux nécessi-\ntés présentes, et susceptible, en outre, d'une\nadaptation facile aux besoins futurs; il ne\nsaurait donc être établi avec trop d atten-\ntion. Le problème qui se pose devant les mu-\nnicipalités des régions dévastées est d'une\nimportance capitale. Le programme est, en\nquelque sorte, la résultante de l'examen de\ntoutes les défectuosités de l'état ancien de\n1 aggloméra tion ; il détermine les mesures à\nprendre pour assurer, dans l'avenir, le libre\ndéveloppement de l'agglomération. Le vil-\nlage, comme la ville, doit bénéficier des pro-\ngrès de l'hygiène et du confort, facteurs\nessentiels de la santé, du bien-être et de pros-\npérité du pays.\nLe TABLEAU-GUIDE est une sorte d in-\nventaire qui résume les principaux sujets à\nretenir pour donner aux études à entrepren-\ndre une direction précise. Il a pour but de\nclasser méthodiquement ces objectifs qui\nprendront, suivant les cas, plus ou moins\nd'importance dans l'élaboration du pro-\ngramme à fournir au technicien.\nfl appelle tout d'abord l'examen sur les\nconditions naturelles de l'agglomération et\naussi sur son origine, son développement, ses\ntraditions, F histoire des industries et com-\nmerces locaux. Il prescrit de mentionner les\nminuments et les lieux historiques, en y com-\nprenant ceux qui ont été témoins de faits mé-\nmorables survenus au cours de la guerre\n1914-1918. Il recommande de réunir à ce\nsujet des documents graphiques et photo-\ngraphiques.\n11 exige ensuite une enquête sur l'état de\nl'agglomération avant la guerre,relativement\nà la densité de la population, à l'état sani-\ntaire, à 1 hygiène. Quels sont notamment les\nconditions générales de la cité au point de\nvue de la voirie, de 1 évacuation des matiè-\nres résiduaires? N'existe-t-il pas de causes"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.18", "texte": "URBA NISME\nLA CITE\nAVRIL 1920\n\nd'insalubrité particulières à la localité, telles\nque fumées et poussières industrielles, voisi-\nnage de marais, surpeuplement de certains\nquartiers, insuffisance d'eau potable?\nQuel est le caractère général de l'agglé-\nomration : agricole, industriel, commer-\nçant, ou mixte? Quelle était la valeur des\nterrains et de la propriété bâtie?\nQuel est le développement ou la déca-\ndence économique de l'agglomération, l'im-\nportance de ses industries, de son commerce\nlocal, etc., etc.?\nLorsqu il s agit de localités fréquentées\npar les touristes et ce sera le cas de bien\ndes villes et villages auxquels se rattachent\ndes souvenirs de guerre il faut se préoc-\ncuper des auberges et hôtelleries qui sont des\norganes essentiels dans la vie des agglomé-\nrations. Les devoirs qui s'imposent de ce chef\naux municipalités sont intimement liés à la\nprospérité de l'agglomération; or, l'on sait\ncombien ces établissements laissaient géné-\nralement à désirer avant la guerre.\nDans les villes, la question de la circula-\ntion est d'un intérêt capital. Il convient d'en\ndéterminer les défectuosités et leurs causes.\nIl convient de mentionner l'intesnsité du tra-\nfic local et son caractère. Dans les villes\naussi, il importe de mentionner les espaces\nlibres, promenades et jardins, leur insuffi-\nsance éventuelle, la convenance des empla-\ncements.\nVient ensuite le problème des édifices pu-\nblics : mairies, écoles, églises, bureaux de\nposte, hospices et hôpitaux, gares, etc. ; celui\ndes services publics, d'alimentation, d'hy-\ngiène, d'éclairage, de sécurité publique, etc.\nQuels sont les défauts ou avantages des édi-\nfices existants, leur degré de conservation,\nles transformations, les désaffectations ou les\ndéplacements désirables?\nL enquête portera enfin sur les œuvres so-\nciales de fondation publique ou privée,\nasiles, refuges, crèches, colonies de jardins\nouvriers, terrains de récréation, habitations\nouvrières et à bon marché.\nEn ce qui concerne les villages, la notice\nn'hésite pas à affirmer qu'il est désirable que\nchaque village de France soit doté d'une\nmaison ou salle commune, centre de réu-\nnionne représentations cinématographiques,\naccompagné d une petite bibliothèque, afin\nde veiller à l'état moral de la collectivité et\nde combattre l'influence pernicieuse du ca-\nbaret.\nBeaucoup de communes avaient arrêté,\ndès avant la guerre, des projets d'aligne-\nment, de nivellement, de transformations.\nCes études doivent être sérieusement revues.\nDans les villages traversées par des routes\nnationales et départementales, des disposi-\ntions avaient été prévues pour améliorer la\ncirculation. Il importe de mentionner les me-\nsures prises, et, au besoin, d'indiquer les\naméliorations ou les revisions désirables.\nTous ces points se trouvent répartis par\nchapitres au Tableau-Guide; il est aisé aux\nmunicipalités de constituer le dossier, de dé-\nterminer le programme, et de fournir ainsi\naux commissions supérieures qui auront à se\nprononcer sur le projet, les éléments indis-\npensables pour pouvoir émettre un avis en\ntoute connaissance de cause.\nCette méthode d'examen des divers points\nqui rentrent en ligne de compte dans l'étude\ndes problèmes d'urbanisme, n'est évidem-\nment pas neuve et n'est pas particulière à\nla France- C'est la méthode que, depuis de\nlongues années, préconise l'Union des Villes\net Communes belges. La récente conférence\nnationale de l'habitation à bon marché a\nfourni à cet organisme une nouvelle occasion\nde l'affirmer. Mais il ne suffit pas d'émettre,\ndans les congrès, des idées excellentes, dont\nchacun s'accorde à reconnaître la judicieuse\nlogique. Encore faut-il faire passer ces idées\ndans la pratique, et c'est sous ce rapport que\nl'initiative prise par le gouvernement fran-\nçais constitue une innovation pleine d'ensei-\ngnement.\nLe 5 mars dernier, M. Th. Steeg, ministre\nde l'intérieur, adressait aux préfets une nou-\nvelle circulaire relative à l'application de la\nloi du 14 mars 1919 sur les plans d'aména-\ngement et d'extension des agglomérations.\nCette circulaire, dont ont parlé tous les quo-\ntidiens, même en Belgique,insiste sur la com-\npétence toute particulière qui devra être celle\nde l'homme de l'art choisi pour l'étude du\nplan.ll lui faut une connaissance aussi appro-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.19", "texte": "Supplément à « La Cité ».\nN° 10, Avril 1920.\nPLANCHE XXI\nProjet classé premier au\nConcours du DAILY MAIL.\nLA MAISON IDÉALE\nArchitecte : C. J. KAY\nLicentiate R. I. B A."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.20", "texte": "URBANISME\nLA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nfondie que possible des questions d'hygiène,\nd'esthétique, d'architecture et de voirie.\nD'autre part, il peut y avoir intérêt à deman-\nder, en vue de l'établissement du plan, des\nrenseignements aux Chambres de commerce,\naux groupements industriels, archéologiques\nou artistiques, aux œuvres sociales, etc.\nEnfin, elle autorise les municipalités à sou-\nmettre à la Commission supérieure du minis-\ntère de l'intérieur un avant-projet ou esquisse\ndu plan, afin d'éviter d'engager les études\ndans une voie qui pourrait ne point être\napprouvée par la suite.\nElle est accompagnée d'une annexe qui\nconstitue une sorte d addenda aux Notice et\nTableau-Guide dont nous avons parlé plus\nhaut. Il n'est pas sans intérêt de reproduire\nici qu elques-uns des conseils qu'on y trouve\nei qui s'inspirent du plus évident bon sens.\n« Etre raisonnable dans l'étude et le tracé\ndu plan d'extension,d'aménagement et d'em-\nbellissement; raisonnable, parce que les bud-\ngets de la France appauvrie ne se prêtent pas\nà des fantaisies coûteuses; raisonnable, parce\nqu'il faut tenir compte de ce qui existe; rai-\nsonnable, enfin, parce que les chemins\nde fer jadis, l'automobilisme aujourd'hui,\nl aéronautique demain, peuvent mettre en\nmorceaux une conception trop rigide, trop\nabsolue; raisonnable, aussi, pour donner par\ndes vues suffisamment larges, satisfaction à\nl'esprit de prévision du législateur.\n» Améliorer, plutôt que bouleverser, afin\nde ne point détruire le caractère, l'individua-\nlité de la ville, son aspect pittoresque et dé-\ncoratif. Il n'est pas nécessaire de favoriser les\ngrandes vitesses dans les centres populeux\net il est inutile d'élargir systématiquement les\nrues où il ne passe personne- Les obligations\nde l'hygiène doivent s'attaquer bien plus\nénergiquement aux cours obscures qu aux\nrues étroites.\n» Ménager les anciens tracés; penser aux\ndépenses et se rappeler qu'une voie nouvelle\nsouhaitable, mais que son coût empêche de\nréaliser jamais, est moins intéressante qu une\nrue améliorée; que, à cause des pentes, le\nmeilleur chemin d'un point à un autre n est\npas toujours la ligne droite; que 1 alignement\nrectiligne gâte souvent l'aspect d une voie\nancienne sans profit appréciable. Eviter tou-\ntefois que, dans le but de supprimer une dé-\npense minime, dans l'ensemble, on grève\nF agglomération d'une gêne irrémédiable.\n» Eviter la création de répétitions inutiles\nou de pastiches invraisemblables, sous ré-\nserve, bien entendu, des architectures obli-\ngatoires nécessaires à la mise en valeur d un\nmonument, ou à la composition d'un ensem-\nble décoratif.\n» Il s'agit, dans nos villes, de mettre beau-\ncoup plus d'arbres et beaucoup moins d'ha-\nbitants à l'hectare. L'important est la distri-\nbution proportionnelle de F air pur et de l'es-\npace libre à chaque habitant. Favoriser les\nmaisons en retrait derrière les jardins et les\njardins en général.\n> Etudier les emplacement destinés aux\nmonuments, édifices et services publics. Il est\nélémentaire que les services administratifs\nque fréquente la foule : mairie, caisse d'épar-\ngne, poste, etc., soient rapprochés du cen-\ntre; il est naturel que les services spécialisés :\néglises, gares, écoles, bains, marchés, soient\nrépartis suivant les besoins et facilement des-\nservis; il est indispensable que les hôpitaux,\nhospices, prisons, soient construits à la péri-\nphérie; que les abattoirs, marchés aux bes-\ntiaux, usines malodorantes, cimetières, etc.,\nsoient éloignés des agglomérations et placés\ndans des endroits judicieusement détermi-\nnés, notamment par rapport aux vents domi-\nnants.\n» Ménager les monuments existants; évi-\nter les dégagements malencontreux qui ont\ndésencadré et dénudé si bêtement trop de\nchefs-d'œuvre de l'architecture nationale.\nDévier une voix si cela est nécessaire à leur\nconservation. Ne pas rechercher l'unification\ndes styles dans un ensemble ancien, mais y\nmaintenir l'harmonie des architectures et des\ncolorations; ne pas oublier que dans l'his-\ntoire, les belles époques artistiques ont tou-\njours fait « du moderne ».\n» Distribuer largement aux habitants\nl'eau potable et l'eau de lavage. Aménager\ndes piscines, des bains, des bains-douches.\nDonner aux populations le goût de l'hygiène,\nde la propreté, de la tenue de leur ville, des\nrues, des maisons, des personnes. Ne pas ou-\nblier que l'intérêt général prime l'intérêt des"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.21", "texte": "URBANISME\nLA CITE\nAVRIL 1920\n\nindividus et n'est pas seulement la somme\ndes intérêts particuliers- 2»\nOn voit par cet exposé quel esprit de mé-\nthode et d'organisation préside à la recon-\nstitution des régions françaises dévastées par\nla guerre. En Belgique, le désir de hâter la\nreconstitution de nos foyers et de nos villes\na fait négliger un peu les assises fondamen-\ntales de cette œuvre gigantesque. D'incontes-\ntables abus, qui ne sauraient être tolérés plus\nlongtemps, créent d'autre part un malaise\nqui déjà paralyse les énergies. 11 ne s'agit pas\nde concentrer entre les mains de quelques-\nuns la besogne écrasante devant laquelle\nnous nous trouvons. «L'intérêt général prime\nl'intérêt des individus». 11 importe avant tou-\ntes choses que la reconstruction de nos\nagglomérations ne soit pas la négation même\nde toutes les idées généreuses qui se sont\naffirmées depuis un quart de siècle. Nous\navons à en faire la mise en pratique aujour-\nd'hui, si nous voulons que le pays se relève\nde la crise effroyable qu'il traverse. Et si,\npour atteindre ce résultat, il convient, en\nquelques points, de faire machine en arrière,\nde revoir des études trop hâtives, de remet-\ntre sur le métier une organisation dont on\nperçoit de plus en plus les défectuosités et les\ndangers, on ne saurait hésiter pendant qu'il\nen est temps encore. M. le ministre de l'in-\ntérieur possède une vision trop claire des né-\ncessités pour reculer devant des décisions qui\ns'affirment chaque jour plus impérieuses.\nLa reconstitution de nos agglomérations\ndétruites manque de directives et de police.\nIl importe de les créer sans retard.\n(Repris, avec l'autorisation de Fauteur, du nu-\nméro de mai du Bulletin mensuel de la Société\nCentrale d'Architecture, dans lequel ces pages ont\nparu tout d'abord).\n\nEug. DHUIQUE."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.22", "texte": "UR BANISME\nLA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nLe Dégagement des Vieux Edifices\n4 plusieurs reprises, lon a protesté dans\ncette Revue contre le dégagement intempestif\ndes vieux édifices. Insistance qui, à d'aucuns\npeut paraître intempestive. Mais nous som-\nmes convaincus que, malgré les enseigne-\nments de Bals les idées que l'on professe\nchez nous en cette matière sont encore bien\nrétrogrades. Or la question du dégagement\ndes vieux édifices est, peut-on dire, primor-\ndiale pour l'urbanisme puisqu'elle se réduit\nsomme toute a savoir si ïon attache plus\nd'importance dans une ville au « monument »\nqu'au site urbain.\nNous ne cesserons donc d'éclairer cette\nquestion et c'est à ce titre que nous reprenons\nune page que nous trouvons ,parmi nos dé-\ncoupures de journaux et dont nous ne parve-\nnons malheureusement pas à identifier la\nsource. La question qui nous préoccupe y est\ntraitée avec tant de science que nous ne résis-\ntons pas au désir de publier ici cet article :\nProblème angoissant pour beaucoup de\npetites cités où l'œuvre de la reconstruction\nest nécessaire depuis les désastres de la\ngrande guerre, Faut-il encore rétablir les pe-\ntites maisons qui grouillaient au chevet des\néglises et parachevaient le pittoresque du ca-\nractère urbain des placettes minuscules où\ndort un peu du passé?\nA Louvain, le problème a été résolu. On\nreconstruira l'église Saint-Pierre, mais on ou-\nbliera de lui restituer les petites bicoques qui\ncréaient naguère un peu de vie devant l'Hô-\ntel de ville de Mathieu de Loyens et qu'on\nvenait d'abattre au moment de la guerre.\nA Audenarde on se préoccupe présente-\nment de la question. On a décidé de démo-\nlir; puis de voir... Sans doute reconstruira -\nt-on ce qu'on a démoli si l'on juge que Ton\na eu tort...Faire et défaire, c'est évidemment\ntoujours travailler.\nLes partisans de la suppression de ces\nmaisonnettes ne se basent pas sur les droits\nde 1 hygiène,lesquels seraient assurément une\nexcuse; ils revendiquent la nécessité de réta-\nblir la situation des temples selon les plans\nles plus anciens, c'est-à-dire ceux datant des\népoques lointaines où le chevet des églises\nétait appuyé d'un cimetière. A Louvain, il y\nen avait deux : te petit cimetière et le grand\ncimetière. Ce n'est que plus tard que furent\nconstruites les maisons, lors de l'évasion des\nchamps de repos vers la campagne.\nOn oublie donc que ces bicoques sont un\napport du temps et de la civilisation et que\npuisqu on ne peut logiquement reconstituer\nles cimetières de jadis, il y aurait intérêt à\nconserver les constructions qui les ont rem-\nplacés. Car les géants de pierre dus aux maî-\ntres du moyen âge ne sont pas faits pour res-\nter isolés tels qu'on les souhaite. Les cimetiè-\nres les ornaient d'un charme grave et péné-\ntrant; ils étaient, en effet, plantés d'arbres\nqui enroulaient l'église d'une parure ver-\ndoyante très pittoresque. Les petites maisons\nauxquelles ont fait aujourd'hui la guerre les\nremplacèrent agréablement et logiquement,\npuisque peu à peu s'accentuaient le mouve-\nment urbain et la circulation autour des égli-\nses.\nMais ies archéologues, qu'il ne faut, Dieu\nmerci! pas confondre avec les artistes, n'en\nveulent démordre. Pourtant l'exemple de\nGand où la plupart des vestiges architectu-\nraux dégagés, nettoyés, repolis, clinquants,\nfont plutôt piètre figure, n'est pas de ceux\nqui doivent convaincre-\nLes archaïsants impénitents en font d'ail-\nleurs souvent de drôles. N'est-ce pas eux qui\nont réclamé, — avec raison, — un écran ar-\nchitectural pour empêcher de voir de trop\nloin la façade de l'Hôtel de ville de Lou-\nvain? Or, ce sont les mêmes qui, à Dînant,\npréconisaient de ne pas rebâtir l'écran des\npetites maisons plantées au bord de la"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.23", "texte": "URBANISME\nLA CITE\nAVRIL 1920\n\nMeuse, parce qu'elles coupaient la vue de la\nfaçade de Saint-Perpète !\nVérité à Louvain, erreur à Dinant...\nMais je gage que ces messieurs trouvent à\ntout cela de bonnes raisons. Us puisent à\nlarges mains dans leur sac à surprises, mais\ntout de même le bon sens et la logique ont\npeut-être des droits.\nVa- t-on, sous prétexte d'en revenir aux\nplans initiaux du moyen âge, organiser le\nvide et la mort sur nos places publiques, au-\ntour de nos églises?\nLes archéologues, qui sont les amoureux\ndu passé, ne devraient pas oublier qu'ils vi-\nvent dans le présent et que la reconstruction\ndoit tenir compte du souci de l'avenir.\n11 faut, sans doute, « reconstituer », mais\ncela ne veut pas dire qu'il faut copier servi-\nlement les vieilles images des époques à ja-\nmais défuntes. Il sied d'adapter avec intel-\nligence et clarté les vieilles formules aux né-\ncessités de l'heure.\nImaginerait-on le dégagement de l'église\nSaint-Nicolas, à deux pas de notre Grand'-\nPlace et de la Bourse? Ce serait absurde et\nlaid, et les pierres de la rue au Beurre se sou-\nlèveraient d'indignation et de dégoût...\nPourtant on en parla naguère. On rêvait\nce dégagement comme on en avait déjà réa-\nlisé d'autres.\nCeux-là qui se livrent à ce sport facile doi-\nvent se frotter les mains devant les ruines :\nla guerre a fait plus qu'ils n'eussent osé sou-\nhaiter. Certains édifices sont tellement bien\n« dégagés » qu'il convient de les reconstruire\npoui s'offrir la joie de les revoir débarrassés\nde toute entrave!\nLes archéologues sont de bien braves\ngens. Mais cela ne suffit pas. Ce ne sont pas\ndes gens pratiques. Ils ne sont pas de leur\nsiècle : ils sont de tous les siècles... passés.\nSény.\n\nCREER ET NON IMITER : tel devrait\nêtre la devise de ceux qui travaillent à la re-\nnaissance des régions dévastées. Ne perdons\npas nos énergies à reconstituer un passé à\njamais disparu : c'est peine perdue. Mais tâ-\nchons de créer une beauté nouvelle qui ré-\nponde à des besoins nouveaux.\nDans cet ordre d'idées, une revue hebdo-\nmadaire publiait récemment des réflexions\nqui nous paraissent tout à fait convaincantes\net dont nous reproduisons ici un passage :\n« Nous entourons les œuvres du passé\nd'un culte presque fétichiste; nous entrete-\nnons les moindres reliefs des civilisations qui\nont précédé la nôtre; nous mettons plus de\nsoins à consolider les ruines qu'à provoquer\nde la création nouvelle. En vérité, c est un\nsigne de notre faiblesse et de notre impuis-\nsance. Nous nous attachons à ces vestiges,\nparce que nous sentons vaguement que nous\nne sommes pas capables de les remplacer.\n» Les hommes dont nous perpétuons les\noeuvres n'étaient pas si prudents. Ils détrui-\nsaient,d'un cœur léger,pour faire de la place\nà de jeunes conceptions, ou parce qu'ils\navaient besoin, tout simplement, de ter-\nrains ou de matériaux. Ils démolissaient les\nmonuments antiques avec une âme joyeuse\nde barbares et construisaient, sur les fonda-\ntions mises à nu, des édifices plus conformes\nà la vie sociale de leur temps. Presque toutes\nles églises de Rome sont bâties avec les mar-\nbres des anciens temples et ne sont pas\nmoins belles que les temples abolis.\nCes hommes se trompaient quelquefois, mais\nils étaient féconds et généreux. Ils avaient en\neux-mêmes une claire confiance. Ils se sen-\np\ntaient des muscles sûrs et des volontés indé-\npendantes. Ils ne respectaient rien des œu-\nvres du passé; ils les adaptaient au présent\nqu'ils aimaient, comme on doit aimer la vie.\n» Aujourd'hui, la chute d'un monument\nde jadis semble une catastrophe irréparable\net fait gémir les peuples comme une famine.\nCertes, c'est une famine de l'esprit et une ca-\ntastrophe pour notre misère intellectuelle;\nc'est un vide nouveau que personne n ose\nremplir. Il arrive même qu'on relève une co-\npie. Nous avons des cervelles d'antiquaires\net nous réchauffons nos pensées anémiques\nau foyer des anciennes grandeurs. »"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.24", "texte": "LA CITÉ\nAVRIL 1920\n\nECHOS ET NOUVELLES\nEXPOSITION DU BATIMENT, A\nGAND, EN 1921. Une Exposition inter-\nnationale d'architecture, du bâtiment et des\nindustries connexes, aura lieu à Gand, au\nprintemps 1921, dans le grand hall du Palais\ndes Fêtes, sous les auspices du gouverne-\nment, de la province et de la ville.\nCette exposition a pour but de concourir\npar une documentation artistique, utile et\naussi complète que possible, au relèvement\nde la Belgique dévastée. La durée de cette\nexposition sera de deux mois. Son pro-\ngramme est des plus vastes; il comprend :\nArchitecture en général; matériaux, matériel\net documentation; construction et agence-\nment de l'immeuble; habitations à bon mar-\nché; hygiène de l'habitation; appareils\nd éclairage et de chauffage; électricité dans\ntoutes ses applications; arts décoratifs;\nameublement de luxe et ordinaire; confort\nde la maison; Œuvre de l'Union des villes;\nembellissement de la vie rurale; petit outil-\nlage; brochures, journaux, revues et publica-\ntions diverses.\nDes Congrès d'architecture, d'entrepre-\nneurs, etc., auront lieu à cette occasion.\nPour de plus amples renseignements on\nest prié de s'adresser à l'administration, Co-\nupure, 1 5, Gand.\nEXPOSITION DE PROJETS DE CAN-\nDELABRES.— Le 3 juin prochain sera inau-\ngurée, à l'Union des Arts décoratifs, à Paris,\nsous !a présidence de M. P. Léon, directeur\ndes Beaux-Arts, l'exposition du concours\npour les projets de candélabres destinés à\nl'éclairage de villes et petites villes, organisé\npar la Renaisance des Cités, sur F initiative\nde MM. Bagues frères, fabricants de bronze,\nUne clause capitale de ce concours con-\ncerne l'attribution d un droit d'auteur aux ar-\ntistes, auteurs de modèles, qui, bien qu'in-\ndustriellement reproduits sont avant tout\ndes œuvres d art par leur conception, leur\nforme et leur aspect. Ce droit, qui s'appli-\nquera aux ventes pratiquées tant en France\nqu'à l'étranger, prendra une sérieuse impor-\ntance, offrant aux artistes un gain dont ils\nont été trop souvent privés.\nIXe CONGRES NATIONAL DES AR-\nCHITECTES BELGES. La Fédération\ndes sociétés d'architectes de Belgique orga-\nnise une dernière session du Congrès, qui se\ntiendra au Palais de la Bourse (entrée par\nle boulevard), le dimanche 2 7 juin, à 1 0 h. :\nséance plénière : 1. Conclusions des rapports\nsur les habitations à bon marché; 2. Examen\ndes modifications à apporter au barème des\nhonoraires de l'architecte; 3. Le diplôme\nd'architecte. Communication; 4. Fixation de\nla date et du lieu du prochain Congrès-\nA I heure, déjeuner intime « Aux Trois\nSuisses », place de la Monnaie.\nUNE EXPOSITION DE L'HABITATION\nECONOMIQUE EN SUISSE. La Section\nromande de l'Union suisse pour l'améliora-\ntion du logement organise, avec l'appui de\ndiverses associations professionnelles et\nd'utilité publique de la Suisse romande, une\nExposition de lhabitation économique qui\naura lieu à Lausanne du 10 au 26 juillet\n1920 et qui pourra être transportée ensuite\ndans d autres localités si les circonstances le\npermettent.\nCette exposition sera précédée d'un con-\ncours de types d habitations économiques\nouvert entre tous les architectes suisses. Elle\ncoïncidera avec un Congrès de la normalisa-\ntion dans lequel certains types d'éléments\nconstructifs seront fixés, de façon à permet-\ntre la fabrication en série-\nL'exposition comprendra les divisions sui-\nvantes :\n1. Types d'habitations économiques pour\nune ou plusieurs familles : projets présentés\nau concours, plans et vues de types d'habi-\ntations économiques exécutés en Suisse, do-\ncumentation sur l'habitation familiale à\nl'étranger.\n2. Procédés et matériaux de construc-\ntion : maçonnerie et béton armé, charpente,\net couverture, gypserie et peinture, parquets,\ncarrelages et revêtements.\n3. Installations utilitaires et hygiéniques :\nappareillage sanitaire, appareils économi-\nques pour le chauffage, l'éclairage et la cui-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.25", "texte": "ECHOS ET NOUVELLES\nLA CITE\nAVRIL 1920\n\nsine, assainissement du logement, ventila-\ntion.\n4. M odèles de construction exécutés sur\nplace.\nL'exposition est ouverte à tous les artistes\nindustriels et artisans suisses ou établis en\nSuisse.\n-:- AMENAGEMENT DE CHAUNY\n(France). Un concours très important a\nété organisé, l'année passée, pour l'aména-\ngement de cette ville sinistrée..\nSous les auspices et avec la collaboration\nde l'Œuvre d'Entr aide sociale, la Renais-\nsance des Cités, la ville de Chauny ouvre un\nnouveau concours interallié qui a pour\nobjet :\n1° l'établissement d'un projet pour l'as-\nsainissement;\n2° l'établissement d'un projet pour l'ai -\nmentation en eau de îa ville de Chauny-\nLe concours s'ouvrira le 1 5 juin et sera\nclos le 1 5 octobre.\nCe concours intéresse tous les ingénieurs,\nhygiénistes, entrepreneurs et spécialistes\nfrançais et alliés.\nIl sera alloué pour chaque concours une\npremière prime de 2,000 francs et une deu-\nxième prime de 1,000 francs.\nL exposition des projets se fera à l'lnstitut\nPasteur, à l'occasion de la Réunion sanitaire\nprovinciale organisée sous les auspices de la\nSociété de médecine publique et de génie\nsanitaire.\nPour tous renseignements, s'adresser au\nsiège administratif de l'œuvre, 23, rue Louis\nle Grand (Paris).\nNOUVEAUX MATERIAUX ET PRO-\nCEDES DE CONSTRUCTION. Tous\nceux qui s'intéressent aux méthodes nou-\nvelles de construction aimeront à prendre\nconnaissance des résultats du concours or-\nganisé pendant la Foire de Lyon (mars\n1920) par l'Office central de la construction\net de l'habitation.\nV oici le palmarès :\nIre1re division. - Procédés extraction et\nexploitation des matériaux naturels. Pas\nde récompense.\n2e division. Procédés de transforma-\ntion de matériaux naturels en matériaux\ndemi-ouvrés et ouvrés. E. Pollieno (bri-\nques Gep), médaille d'argent; Duffieux (Le\n« Moellon Dux »), médaille d'argent; So-\nciété du « Bloc Equerre », médaille de\nbronze.\n3e division. Section A. Démolitions,\nterrassements. Pas de récompense.\n3e division. - Section B. Maçonneries.\n- Machines à agglomérés pour grands\nchantiers : Bonnet aîné et ses fils, médaille\nde vermeil; E. Pollienc «Machine Gep», mé-\ndai lie c argent. Machines à agglomérés\npour moyens chantiers : J. Peltier et Marcel\nGenevois, médaille de bronze. Machines\nà agglomérés pour petits chantiers : Marc\nPerret, médaille de vermeil; Pasquier, Kie-\nfer et Bizot» médaille d'argent; veuve D.\nZondervan, médaille de bronze. Béton-\nnières et monte-charges : Couturier, Aebi\net Cie (pour leur bétonnière mélangeuse),\nmédaille de vermeil) ; S. Thievenaz (pour\nson treuil-applique pour levage), médaille\nd'argent.\n3e division Section C. Béton armé.\nPeinard, Considéré, Caquot et Cie (Ma-\nchines à cintrer et dispositif de scellement),\nmédaille d argent.\n•3\" division. Section F. Couverture.\nSociété anonyme « Le Verre souple »,\nmédaille de bronze.\n3e division. Section I- Peinture, vi-\ntrerie, miroiterie. MM, Ch. Michel et Cie\n(Ateliers de construction « Charmic », ma-\nchines à peindre au moyen de l'air com-\nprimé), médaille d argent; MM.Feron et Cie,\n(vitrage armé translucide pour stores et iso-\nlants) , médaille de bronze.\n3e division. Section J. Procédés de\ntransport pour entreprises, Automobiles\nSaurer, médaille de vermeil; Omnium des in-\nventions nouvelles, médaille d'argent; Cou-\nturier, Aebi et Cie (wagonnet motoriné),\nmédaille de bronze.\nNota. Une mention a été accordée à la\nsociété « Solidit » qui présentait un nou-\nveau procédé pour la construction des chaus-\nsées. Toutefois, les modèles et échantillons\nexpédiés n étant pas arrivés en temps utile\npour être étudiés par le jury, il n a pas été\npossible d'accorder une récompense."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.26", "texte": "GÊDRŒTITOÔrEErBI\nCHAUSSEEotLA HULPE 228AZ34\nSQiTSFQRT C et An g) _\n«\n2*\n>2\n>\n•QV\nv:\n*r\nS\"=>\nS\n' :-*' ii*. [ nj,\nSPÊCIALiTE ..À 'cS2Sffi¥àiSS9|\nPSBRiOUE de CLOTURES nETAIUQUESI\nHATERiEL d'ELEVAGE «t.\n\nSOCIETE ANONYME\n« BOIS, CIMENT, MATERIAUX »\n■jj\"»\n-À--, - ri\n-\n&ssr.\n■A\nAnee firme Nicolas Josson\nMaison fondée en 1809\n43, QUAI AU FOIN, 43 BRUXELLES\n(derrière le Théâtre Flamand)\nSuccursales :\nl#; St-GILLES, 20, ruè Théodore en\n2° ETTERBEEK, 20, rue du Gén.-Leman\nTéléphones\nMaison principale : Br. 3364\nSuccursale t Br. 6115\nBois de chêne de toutes provenances\nBois du Nord et d'Amérique\nCzment-Portl&nd de Niel-on-Rupel!\n72-f\n\nis et en acier\nu\nrm-r-T-vi\n•>\nAdresse télégr. s BOELWERF Tamise\nTéléphone Tamise 1C"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192004-01.1.27", "texte": "Imp. H. KUMPS-ROBYN, 81-85. rue Keyenyeld, Ixelles\n\nBois - Scierie à vapeur\nTAMISE (W«e*)\nDébit sur cammult\nConstruction de maisons dtmontikln «a M»\n« Livraison rapide\n\n«\n.s\n| Carton bitumé 1' |\ng POL MADOU\n« 279. boni, de l'lndustrie. GAND n\nEntreprises de Toitures-Terrasses\nMémo» de premier ordre\nRI\nKZf"}]}