{"numero_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_sha256": "def0afe8e8bb6c02ee700e3a2bfe6ec17ea26dc6cf2b5cd9bbae0b357975e435", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1922/02_01/bmtnaac_1922-02_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1922/02_01/bmtnaac_1922-02_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c001", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.1", "titre_corps": "Editions \" TEKHNÉ „", "titre_sommaire": "Editions \" TEKHNÉ „", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.2", "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "Editions \" TEKHNÉ „\nLA ClTÉ.Première année (juillet 19.19, octobre 1920). Un volume de 260 pages,\nillustré de 29 planchés hors texte, fr. . . . . . . 10.—\nLA ClTE.Deuxième année (oct. 1920=déc. 1621), Un volume de 288.pages illus-\ntré de 24 planches hors texte . . . . . . . fr. 10.—\nL'Art et la Société, par H. P. Berlage, architecte à Amsterdam. Tirés à part de la\nRevue \" Art et Technique „ (septembre 1913-février 1914). Un volume\nluxueusement imprimé et illustré de 98 clichés: . . *. . . fr. 20.\nLa Conservatiou du cœur dé la Ville de Bruxelles-, par Charles Buis, avec\ntraduction d'une conférence de C. Giirlitt sur la \" Conservation du cœur\nd'anciennes villes. Une brochure de 24 pages fr. 2.—\nL'habitation coloniale. Sa construction au Congo Belge par Gaston Boghemans.\nUne brochure de 20 pages abondamment illustrée fr. 3.\nConstantin Meunier. L'historique de son m par R\" Thiry et\nG. Hendrickx. Une brochure illustrée . . . fr. 1.—\nL'abbaye de la Cambre. Historique, descriptien, projets de transformation, avec\n20 illustrations. Texte de G. Des Marez, archiviste de la ville de Bruxelles fr. 1.50\nL'Art des Jardins et le nouveau jardin pittoresque, par Louis van der Swaelmen,\narchitecte paysagiste . fr. 1.—\nLA REVUE \" TEKHNÉ „. Collection complète de la 2me année <1912-1913). Beau\nvolume de 516 pages, sur papier couché, illustré de 250 clichés. Prix fr. 15.—\nPour obtenir ces livres, il suffit de verser, dans n'importe quel bureau des postes, au\ncrédit du compte chèques postaux \"n° 166,21 Revue la Cité „. la somme due et d'inscrire\nsur lé bulletin de versement le titre du livre et les nom et adresse du souscripteur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c002", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "38", "image_debut": 3, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.2", "titre_corps": "Esthétique du Machinsme", "titre_sommaire": "Esthétique du Machinsme", "signature_source": "Elie FAURE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.3", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 1626, "texte": "Esthétique\ndu Machinsme\n\nI\nVous croyez savoir certaines choses. On vous les a dites, ou vous les avez\nlues, ou votre bon sens vous prévient qu'elles sont. Mais vous ne les savez\npas tant que vous n'avez pas senti, en les voyant, en les touchant, leur pré-\nsence sanglante serrer votre cœur. Ainsi de l'amour. Ainsi de la guerre.\nAinsi de la naissance et de la mort de l'enfant.\nJ'ai visité une usine. Je savais. J'avais lu « Germinal ». J'avais lu\nRuskin. J'avais lu les livres de Hamp. J'avais traversé les grandes gares,\nles grands docks. J'avais même entrevu des soutiers au fond d'une cale.\nCependant, je ne savais pas, avant d'avoir visité cette usine. Il y a beau\ntemps qu'on m'avait convaincu de la laideur et de la cruauté du « machi-\nnisme », l'outil impersonnel, impassible, insensible, substitué à l'outil vivant\nqui prolonge le cœur par la tête, le bras, le poing. J'avais vu des crânes\nscalpés, des ventres arrachés, des poumons que la poussière brûle, des yeux\nque le feu vide de leur eau, des mains atrophiées et paralysées par le plomb,\nles lèvres gercées du verrier par où entre la vérole. Mais je n'avais pas visité\ncette usine. Je n'avais pas « vu » l'ennui. J'ai vu l'ennui. J'ai surpris, à mon\npassage, les regards mauvais qu'on jette à celui qui vient du dehors quand\nil veut, retourne au dehors quand il veut. Hier l'homme, la femme\nl'enfant! vivait là dix heures, douze heures, pour enfoncer, toutes les sept\nsecondes, le même boulon dans le même trou, pour mettre, toutes les sept\nminutes, la même goûte d'huile dans la même articulation, pour jeter, tous"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3179, "texte": "les quarts d'heure, la même pelletée de charbon dans la même gueule de\nfour. Cela dure aujourd'hui huit heures. N'est-ce pas six de trop? Vous qui\njadis profitiez de toute la lumière qui s'écoule entre les deux crépuscules\npour tirer d'un panneau de chêne une grappe de raisin, vous qui, toute la\nnuit, plié jusqu'à la courbature sur l'angle de votre bureau, couvrez votre\npapier de signes, jets de flamme échappés du cœur, n'avez-vous pas joui\nde cette fatigue enivrante que procure la création et qui est le témoignage\nsplendide de la dignité de l'intelligence? Vous qui vivez de ce travail ou!\nqui avez pénétré l'âme de ceux qui vivaient de ce travail, comprenez-vous\nque ce n'est pas contre le travail que le travailleur s'insurge, mais contre\nl'absence de travail? Contre l'ennui? Que vous aurez beau accroître son\nsalaire, l'associer à vos bénéfices, proportionner sa récompense à ses besoins\net à son effort, que rien en lui, en nous, ne rétablira l'équilibre tant que\nl'ennui persistera? Qu'il a voulu huit heures pour dormir, huit heures pour\nfuir l'ennui? L'avilissement, l'abrutissement, la honte de l'ennui? Le spec-\ntacle morose d'une vie intérieure vide qui mène à la dégradation de 1 être\nou à la rage, la révolte, la justification sociale du meurtre et de la destruction?\nC'est un phénomène effroyable que la « classe ouvrière » ait cessé\nd'être l'ensemble des hommes exerçant un métier manuel, le métier qui\nennoblit l'homme, pour devenir un groupement de maudits avilis par ce\nmétier. Que ce groupement grandisse, même au sein de la richesse. Que la\nmachine ait frappé même le paysan, qui ne se sert plus de ses mains pour\nsemer et labourer, ni de ses pieds pour fouler la vendange. Que les besoins\ncréés par la machine, les procédés créés par la machine automobile,\ntrain emportant vers le motif, ignorant les chardons de la route et le pain\ngagné sur la route, photographie, compas, couleur prête d'avance aient\nfait du « travailleur intellectuel1 » même une prostituée exerçant son métier\nsans amour pour satisfaire, de 14 heures du jour à 3 heures de la nuit, les\ncaprices les plus tyranniques et les plus extravagants. Regardez bien. La\n« classe ouvrière » gagne de jour en jour en importance sociale ce qu'elle\nperd de jour en jour en valeur professionnelle. C'est un phénomène effroyable.\nMais il peut devenir divin. Connaissez-vous une révolution pareille depuis que\nsaint Paul, renversant les conditions de l'héroïsme' proclama la noblesse de\nl'esclave à l'heure même où l'intelligence et la richesse triomphaient.\nIncroyable malentendu! La machine, aux yeux de presque tous les\nhommes, représente le « Progrès ». Or, le progrès n'est pas ailleurs que dans\nla connaissance, et la connaissance n'est autre que l'approfondissement ininter-\nrompu de l'amour. Et la machine tue l'amour, Sortez de là, si vous pouvez.Sor-\ntez-en autrement que par le drame,qui seul peut recréer l'amour par le moyen le\nplus sanglant. Toujours, toujours c'est une mystique nouvelle qui sort de la\nrévolte et de l'ennui. Toute civilisation repose sur la science et la joie de\ncelui qui œuvre de ses mains. Dès qu'il ne peut plus lui offrir que son igno-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.5", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "rance et sa tristesse, il exige qu'elle se renouvelle par la lame de fond de\nla barbarie et de la foi.\nII\nJ'ai comparé, après bien d'autres, le métier d'un manœuvre d'aujour-\nd'hui et nous sommes devenus presque tous des manœuvres au métier\ndu travailleur manuel des temps les plus proches de ceux qui ont vu naître\nla science et les applications industrielles de la science. Il y a, de l'un à\nl'autre, l'abîme infranchissable de celui qui aime son métier à celui qui ne\nl'aime pas. Et l'ouvrier athée du XVIIIe siècle est ainsi bien plus loin de\nl'ouvrier athée du XXe que de l'ouvrier croyant du XIIIe. Avez-vous songé à\ncela? Et si oui, avez-vous songé que l'ouvrier du XXe siècle, comme nous\ntous peut-être un peu moins que nous tous, et là est toute l'espérance\nvit quand même selon les idées politiques, sociales, philosophiques de 1 ou-\nvrier du XVIIIe siècle? Liberté, Egalité, Démocratie, Justice, Progrès indé-\nfini de l'homme. C'est sur un pont ruiné que nous voudrions franchir\nl'abîme alors que, des bâtisseurs de cathédrales aux architectes d'Aix, de\nBordeaux, de Trianon et de la place Louis XV, le pont était encore solide,\ndense, continu, et que si nos idées changeaient ce n'était que pour mieux\ncomprendre et goûter les paysages et les incidents révélés par notre marche\nsur le pont. Quand on constate que ses planches sont vermoulues, c est la\nRévolution qu'on incrimine. Mais non. Ce qui a ruiné le pont et rendu\nl'abîme sensible, c'est la science. Le XVIIIe siècle 1 a lancée, mais elle a\ndépassé de loin ses prévisions les plus extravagantes. Interpréter désormais\nle monde selon le XVIIIe siècle est aussi impossible que de l'interpréter selon\nle christianisme, ou le paganisme, ou le fétichisme. C est vouloir faire ren-\ntrer l'homme dans le ventre maternel. La science a fait le monde plus diffé-\nrent depuis cent ans qu'il ne différait, il y a cent ans, de sa plus lointaine\naurore. Comme nous ne pouvons détruire la science, il faut en tirer parti.\nLe cadre idéologique de la société ne peut plus enfermer la science, les\napplications de la science, l'immense bouleveresment des esprits, des besoins,\ndes mœurs que la science et les applications de la science imposent. Voilà\nle fait. Il est terrible. Que l'homme, dans ce chaos, reste identique à lui-\nmême, un sexe, un estomac, une âme, c'est entendu. Mais c est précisé-\nment pour rester identique à lui-meme et repondre aux questions et aux\nexigences de son sexe, de son estomac, de son ame, qu il doit ordonner ce\nchaos. Sinon, loin de l'accroître, la science ruinera la civilisation. Je ne crois\npas, d'ailleurs, que cette catastrophe soit nouvelle, et contraire aux lois\nmême de notre développement. La civilisation, continue dans son esprit,\nest discontinue dans ses formes. Tout instrument nouveau qu elle imagine\nen compromet les habitudes, en brise le rythme parfois. Mais c est par\nlui qu'elle persiste, si elle sait s'en servir."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "Avant la science, avant du moins ce que nous appelons la science, c'est-\nà-dire l'adoption d'une méthode exclusiviste qui nous a permis de fixer, par\nséries convergentes d'approximations progressives, un grand nombre de lois\nde continuité et de constance dans l'univers matériel et d'en tirer des consé-\nquences matérielles que nous avons utilisées pratiquement, la science et l'art\nse confondaient. Ils se confondaient en profondeur, dans notre organisme\nspirituel dont ils exprimaient, par des moyens et non par des méthodes\ndifférentes, les aspirations. Ils étaient fonction de son unité même, et rappor-\ntaient à cette unité tous les aspects vivants du monde. C'est toute la civili-\nsation chinoise. C'est toute la civilisation égyptienne. C'est toute la civili-\nsation grecque même jusqu'aux sophistes qui ont employé la logique à sépa-\nrer l'art de la science et par là ont précipité la ruine du monde antique afin\nque le monde nouveau trouvât tout à rebâtir. Aristote, Archi,mède, Euclide,\nHipparque dissèquent l'agonisant, arrachent la connaissance intime au\ndomaine de la foi pour l'installer dans la raison pure et par là tuer l'enthou-\nsiasme. Toutes les fois, depuis toujours, que la science ou un rudiment de la\nscience apparaît, le même phénomène se fait jour. L'art japonais a disparu\nà I*instant même où la science occidentale a pénétré au japon. La voix de\nla musique allemande a été étouffée sous le corset de fer de 1 organisation\nindustrielle. Mais ce sont là des examples trop secs, trop immédiats, trop\nfaciles : le phénomène est bien plus général. Dans le monde moderne l'anta-\ngonisme entre l'art et la science a commencé, pour le plus grand malheur\ndes deux, avec la Renaissance d'Occidenst, s'est accentué de siècle en siècle\npour prendre un caractère tragique quand la méthode, définitivement orga-\nnisée, a aspiré dans les rouages du machinisme toutes les activités et presque\ntous les esprits. Pour le plus grand malheur des deux, je le dis bien, car la\nscience y a perdu l'animation humaine, l'élan intuitif et sensuel qui la main-\ntenait vivante dans l'unité de l'esprit. Et l'art, le squelette rationnel, la con-\nnaissance intime de la matière, de sa structure et de ses lois qui lui interdisait\nde sortir de cette unité bienfaisante pour s'égarer dans les sentiers mesquins\nde la virtuosité technique ou les habitudes abjectes du sentimentalisme lar-\nmoyant.\nJe sais bien que cette séparation ne s'est pas effectuée sans lutte, ce qui\nd'ailleurs témoigne du danger qu'y pressentaient les esprits. Songez aux\ncadavres ouverts, à la pourriture scrutée, à Vinci dessinant des élytres\nd'insecte, étudiant le vol de l'oiseau, 5 Ucello ramenant, dans ses toiles noires\net pourpres, le flottement des étendards et le choc des lances à des combinai-\nsons géométriques, songez aux théorèmes plastiques de Brunelleschi, de Dona-\ntello, de Piero délia Francesca. Le caractère tendu et douloureux de la Renais-\nsance italienne, de Masaccio à Michel-Ange, vient de l'effort qu'elle n'a cesse\nde tenter pour trouver l'accord absolu de la science et de l'art, du rrfonu,ment\nmoral qui s'effondrait et de l'enquête analytique qui s'annonçait universelle"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.7", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3167, "texte": "et impossible à retarder. Le cœur de. Michel-Ange est le théâtre de la dernière\net de la plus difficile victoire que l'unité chrétienne ait remportée. Après lui,\nPascal excepté, peut-être, et Milton, le drame formidable qui torture les\nesprits penche d'un autre côté. Cette unité perdue et qui se désagrège d'heure\nen heure, ce n'est plus dans le christianisme, c'est dans l'individualité libérée\npar une raison encore toute imprégnée des illusions de l'enfance, et toute\nréchauffée par Y interprétation imaginaire de l'Histoire, du Ciel, des Continents,\ndes Mers qui se découvrent, que persiste un paradis dramatique dont les\npeintres de Venise, Cervantès, Shakespeare, Rubens, Rembrandt, Mozart,\nWatteau, Sébastien Bach, Beethoven forcent les portes d'airain. Les grands\nsystèmes constructifs, celui de Copernic, celui de Spinoza, celui de Newton,\ncelui de Leibnitz, celui de Laplace, celui de Lamarck vont tous, en prenant\nun autre départ, vers un horizon identique. Us sont le pressentiment profond\nde ce que la science accueillant, dans une humilité magnanime,les illuminations\nde l'hypothèse délivrée de l'expérience étroite et de Tobsérvation mesquine,\npeut accepter des moyens et des fins de l'art pour apporter à l'art le support\nmétaphysique sans lequel il se traîne dans l'anecdote et le détail.\nIII\nEn fait, de nos jours, la séparation est complète. L'art du XIXe siècle,\nla science du XIXe siècle ont poursuivi leur enquête en se tournant le dos.\nEnquête féconde, il est vrai, puisque l'analyse a conquis à la peinture la\nlumière, au roman la psychologie,à la science le laboratoire et l'outil industriel.\nMais dont la science et l'art mourront, s'ils n'arrivent pas à se joindre, la\nlumière ayant dissocié la forme, la psychologie ayant disloqué le lyrisme, le\nlaboratoire et l'industrie ayant détruit le métier. Dont ils meurent en ce\nmoment, prenez-y garde, dans les âmes, avant de mourir dans les objets ou\nils ne se prolongent que par des moyens mécaniques qui vivent sur la vitesse\nacquise mais s'épuisent peu à peu. Parce que l'art disparaît de la science, un\ngarçon de laboratoire peut faire, avec un microscope, le diagnostic d'un mal\ncaché, et le soigner, du dehors. Mais il ne peut y découvrir, comme le clinicien\nd'autrefois, le drame organique profond que lui révélaient l'intuition, l'obser-\nvation, la connaissance morale et sociale des hommes, la science lentement\nacquise, l'introspection, pour lui permettre de le suivre, de le comprendre, de\nle combattre, sans perdre de vue ses liens subtils avec 1 hérédité, le milieu, les\nconditions de métier et de vie, la nature physique et spirituelle de qui le porte\net le transmet. Parce que la science disparaît de 1 art, un professeur d Aca-\ndémie peut construire un palais à grand renfort d argent, d epures, satisfaire\nla vanité ou l'avidité du client. Mais il ne sait plus pénétrer la vraie destination\nde l'édifice, mais il perd le souci de la constitution intime et du grain de ses\nmatériaux, mais il ne connaît plus les vertus propres, les moyens propres, les\nréactions spéciales vis-à-vis du travail à faire de chacun de ses ouvriers. Mais"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "il ne se doute plus que l'utilité coïncide avec l'harmonie qu'il dédaigne, alors\npourtant qu'elle répond à la connaissance intuitive d'une géométrie secrète\nqui enferme les nombres obéissants dans quelques masses simples et quelques\ncourbes continues que l'orne(ment rompt et disloque s'il ne sait pas les\nsouligner.\nCet antagonisme croissant a pris presque partout la forme d'une inimitié\nsourde entre le savant qui n'aime plus et l'artiste qui ne sait plus. Allons plus\nloin. C'est à lui qu'il faut imputer les malédictions dont on accable ici l'isole-\nment monstrueux de l'artiste dans une tour d'ivoire qu'il ne sait même plus\nmeubler, et là la cruauté horrible de la science qui, par l'industrie et la guerre,\nforce l'homme à marcher dans son sang et sa cervelle pour aller il ne sait où.\nMais qu'on ne s'y tromjpe pas, c'est l'unité qu'on pleure, c'est la souffrance\nde sa perte qu'on trahit quand on accuse, comme un mauvais ouvrier gâchant\net manquant son ouvrage, le redoutable outil qui a fini de la détruire, mais qui\nseul peut la recréer. La science n'est pas plus cruelle que l'art, ni que la religion\nmême. Nous avons tout accepté de la religion, et de l'art, nous accepterons\ntout de la science, comme nous acceptons tout de la vie quand, dévastés, sai-\n«\ngnants, à bout de larmes, nous sentons naître en nous la joie d'un ordre\ninconnu, d'une unité nouvelle conquis sur le drame intérieur et le chaos envi-\nronnants. L'industrie broyeuse d'enfants et de femmes, la guerre tueuse\nd'hommes? Soit. Avez-vous compté les victimes qu'il fallut entasser dans les\nrades de Mycale et de Salamine, égorger sur les promontoirs, noyer au fond\ndes golfes de Sicile et du Péloponèse, pour que Phidias conquît sur la fureur\ndes hommes la magnanimité de décorer un petit temple, pour qu'Eschyle\npuisât dans les tragédies de l'adultère l'harmonie du drame lyrique, pour\nqu'Aristophane distillât son rire de la sottise des partis. Avez-vous fouillé les\nossuaires des cryptes de la cathédrale pour y chercher les os qu'on avait\nbroyés sur la roue, savez-vous combien d'enfants, de femmes sont morts dans\nle fossé du rempart pour que le poème ogival de pierre et de verre emportât\ndans le ciel, aussi haut que leur confiance, la prière des vivants? Vous savez\nbien que quand les chevaux du prophète venaient boire l'eau froide que les\nkalifes enfermaient sous les palmes et les coupoles, leur sabot laissait sur le\nmarbre de ses berges des traces de sang. 11 y a l'Assyrie, les Aztèques, il y a\nl'lnde. Il y a les aqueducs et les routes des Romains qui progressaient dans les\nembûches des forêts et les fièvres des marécages. Il y a les républiques ita-\nliennes qui tendaient, au-dessus des pavés sanglants, l'esprit comme un arc.\nInutile d'aller plus loin. La civilisation est un drame terrible. Ce qui distingue\nses grands moments de ses dissolutions et de ses défaillances, c'est le courage\nà en accepter les risques et la puissance à conquérir sur ses désordres la sérénité\ndu cœur.\nEn dépit de son rôle actuel, la science, comme l'art, n'est qu'un instru-\nment destiné à créer l'unité du monde. Ernest Hello l'a parfaitement vu dans"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "cet admirable chapitre de l'Hotmme où il revendique la science comme appar-\nnant au Christ. Qu'on ne m'oppose pas le bûcher de St-Dominique, la sorcière\nde Michelet. Si l'Eglise brûlait les savants, ce n'est pas que la Science fût oppo-\nsée, dans son principe, à l'esprit de l'Eglise, c'est que leur science était en\nopposition apparente avec la science de l'Eglise. Cuvier ne pouvant pas brûler\nLamarck, il le ridiculisait, ce qui tue plus sûrement l'idée que de supplicier le\ncorps. Hello a raison, certes, mais précisément il suffit que l'unité du monde\nait été une fois chrétienne pour qu'elle ne puisse le redevenir.Quand une plume\nde fer a déchiré les pages d'un poème, ce n'est pas pour récrire le même. Une\nreligion, le christianisme comme les autres, est une explication poétique, plus\nou moins grandiose et durable, de l'unité. Mais cette explication, tout en\ngardant sa beauté propre, use peu à peu son pouvoir à susciter l'énergie de la\nmasse et à souder autour d'elle les cœurs. Le prêtre, qui est l'agent le plus\nactif de la récitation et de la diffusion du poème, est aussi le plus actif de sa\ndissociation. Tant qu'il croit il le fortifie, dès qu'il profite il le perd. L'artiste\net le savant depuis quatre siècles, l'ingénieur depuis un siècle ont joué ce rôle-\nlà. Plusieurs fois ils ont ébauché le poème, plusieurs fois ils l'ont détruit. Quel-\nques-uns, nous l'avons vu, pour l'usage d'un cœur profond qui se refusait aux\napparences et aux constatations médiocres, ont même imaginé une épopée\ncomplète, cathédrale intérieure, foule unanime tenant toute entre ses parois.\nAussi éloignés des masses qu'ils se tiennent, eux qui ont relevé les temples dans\nla force solitaire de leur foi désintéressée, la nécessité de revivre et de recréer\njettera dans leur sillage les masses qui les ignorent, mais dont l'esprit qu'ils\nsèment a remué le mysticisme propablement à leur insu. Et cela parce que les\nmasses, un jour, car c'est leur loi, réagissent au nom de la faim qu'elles ont et\nde l'amour qui leur manque contre l'artiste abêti par l'art sentimental, le\nsavant rétréci par la science expérimentale, l'industrie} avili par l'argent. Un\npoème est un état d'équilibre enthousiaste entre l'homme mobile ou l'huma-\nnité mobile et les éléments mobiles de l'univers qui les emplit et les entoure.\nComme leurs rapports se modifient sans cesse, cet état d'équilibre se traduit\npar un nouveau poème qui diffère du précédent. Mais les poèmes qui consti-\ntuent la substance même de l'Histoire ont un caractère commun dans tous les\ntemps, chez tous les peuples, dans le cœur de tous ceux qui les créent ou les\nvivent. Ce caractère est l'unité.\nIV\nLa science, qui a détruit un poème, refait donc un autre poème une\nautre unité comme l'intelligence grecque, rencontrant la passion juive, a\nrefait un nouveau poème après avoir ruiné l'ancien. Car il faut le contact\nd'une intelligence arrivée à l'extrémité de ses conquêtes et d'une passion\ncontenue au bord de son désir. La machine, surgissant au cœur de la mystique\nunanime des foules qui sont ses victimes, comme les esclaves, jadis, supportant"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3245, "texte": "tout le poids de la culture antique constituera le plus puissant des instruments\nde la nouvelle unité. Remarquez tout d'abord son action formidable sur les\nnotions les plus solides où s'accrochait l'intelligence : matériellement et morale-\nment,elle a supprimé la distance, elle a supprimé le temps. Elle a fait entrer la\ndurée dans les dimensions de l'espace. Elle a anéanti l'opacité des choses. Elle\ndécompose, recompose, ralentit, précipite, transforme le mouvement. Elle\neffectue la synthèse des corps. Elle atteint, en bouleversant ses rythmes et ses\nhabitudes, la nature même de l'esprit... Voici qui est nouveau, je pense, et\npuisque la mystique du bonheur la seule, la vraie, l'éternelle mystique\nannonce un terrible réveil, voici qui est bien fait pour changer radicalement\nl'équilibre moral du monde à la faveur de ce réveil.\nBien peu d'entre nous, au fond, ont accepté la machine. Et dans tous les\ncas les rapports spirituels nouveaux qu'elle révèle, les rapports moraux dont\nelle peut changer les conditions, les rapports esthétiques qu'elle renouvelle\navec une franchise et une précision si tranchantes qu'elles doivent tuer l'art,\nou l'accaparer. Il ne s'agit pas, Ruskin, de maudire la machine.Car tu n'ignores\npas ce que l'anathème a produit : contre elle, tu as fait appel à l'innocence de\nl'homme, et des hommes, pour t'obéir, ont singé l'innocence même dont tu\ninvoquais les traces matérielles pour les faire rougir d'exister. Il ne s'agit pas\nde maudire la machine. Elle est. On ne la chasserait pas plus facilement de\nl'Histoire que le geste de Prométhée ou la parole de Jésus. Il s'agit de s'en\nemparer. Et nous ne nous en s animes pas encore moralement ni même effec-\ntivement emparés. C'est elle qui nous tient. Elle nous réduit en servage. Je ne\nl'ai pas inventé. Nous obéissons aux moindres exigences de son appétit mon-\nstrueux. Elle a fait descendre notre âme de notre cœur dans nos entrailles. Et\ncela parce que nous n'avons pas encore autorisé notre esprit à s'emparer des\nnotions qu'elle modifie pour leur demander d'imprimer à notre éducation\ntraditionnelle une direction qui ne lui permette plus d'hésiter entre les grands\nsouvenirs d'une mystique agonisante et la haine de ces souvenirs. De l'une et\nl'autre part pauvre attitude, qui nous aveugle ou qui nous avilit. Je consens,\npour délivrer l'homme des parties basses de la machine, à travailler dans une\nusine une ou même deux heures par jour, comme j'ai peiné des mois dans une\ncaserne, comme j'accepte l'heure où le train doit m'attendre, le rythme de\nl'emploi qui me nourrit, comme je paie le loyer ou l'impôt. Et peut-être pas\npour longtemps : nous commencerons seulement à posséder la machine quand\nson automatisme, en réduisant le nombre des bras qu'elle exige, aura réparti\nsur nous tous un peu de sa tyrannie, quand ce prolongement terrible de l'intel-\nligence qui broie l'ordre social au profit de quelques individus, entrera dans\nl'ordre social pour lui subordonner l'ardeur de tous les individus.\nAttention! Ceci semble paradoxal, et je ne sais si je saurai me faire com-\nprendre. La conquête de la machine par l'homme, conquête qui doit aboutir\nà la revanche de l'homme sur la machine et à l'asservissement définitif de la"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.11", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "machine jusqu'ici maîtresse de Thamime, a commencé pour quelques-uns. Il est\ndes machines étranges, dont les boyaux, les artères, le cœur, directement\nrivés à Fhomme par ses nerfs, tous ses sens, sa volonté, sa passion même,\ngrandisent l'homme dès qu'il est digne de grandir. Ce sont ces machines\nmobiles qui exigent de sa part, en échange de leur puissance, le don d'une\npuissance égale pour mater leur caprice, leur révolte, diriger leur violence\naveugle, soustraire leur inertie même aux lois de la vitesse et de la pesanteur.\nL'automobile a ouvert cette veine immense, le sous-marin, l'avion surtout ont\nrévélé les trésors d'énergie, d'adresse, d'intelligence et d'imagination qu'elle\nnourrit, le cinématographe, par un retour inattendu de notre invention poé-\ntique, y a commencé la conquête, sur la science, d'un art nouveau à exploiter,\nen lui permettant de combiner à l'infini, dans un miraculeux espace où tient\net se meut la durée, les formes, les gestes, les masses et les valeurs en mouve-\nment. C'est le premier contact intime de notre dynamisme spirituel avec le\ndynamisme mystérieux de la matière, depuis que le premier nomade anima la\npremière flamme et que le premier pêcheur de la Polynésie ou des Cyclades\nfrappa la mer de la première rame et déploya le premier bout d'étoffe à la\nbrise qui se levait. C'est aussi ce jour-là, je pense, que le despotisme de la\nmachine a comimencé son recul. Et c'est en combinant les conquêtes que notre\nesprit a faites à la faveur de ce recul avec l'automatisme croissant des organes\nde la machine, que nous forcerons la machine à refaire l'équilibre intellectuel\net sociale qu'elle est venue bouleverser. Elle est encore hors de nous. Elle fera\npartie de nous.\nJ'ai pensé à ces choses, un jour, en regardant, dans une exiposition de\npeinture, un « tableau » fort singulier fait de combinaisons géométriques, ou\npseudo-géométriques, de rouages de métal réels, de sections de solides maté-\nriels ou figurés. Et aussi, un autre jour, en essayant de pénétrer le sens d'une\nsuccession kaléidoscopique du même geste, immobilisée sur la toile pour y\ntransporter la sensation visible, et non plus symbolique du mouvement. Il m'a\nsemblé, ces jours-là, que ceux qui se réclamaient le plus évidemment des\nnotions neuves que le mouvement transformé et les outils nouveaux du mou-\nvement nous dictent, en étaient à peine effleurés. Ils imitaient, au même titre\nque les plus sages parmi les bons élèves des ateliers officiels. Ils imitaient avec\naffectation des formes neuves, au lieu d'imiter avec résignation des formes\nvieilles. Ils restituaient ces idées et ces formes sans les avoir digérées. Ils\ncombinaient des images qui ne faisaient pas partie d eux. Ils imprimaient a ces\nimages des rudiments de rythme que les battements de leur cœur ne faisaient\npas passer dans les mouvements de leurs doigts. Ils se trompaient. Il convient\nde se pénétrer des nécessités organiques à quoi répondent des machines, les\nbesoins qu'elles satisfont et des lois vives que relevônt leur conception et leur\nfonctionnement. Le jour où le rythme de la machine sera fonction de notre\nesprit, nous laisserons à leur place les bielles et les pistons, nous ne verrons"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3003, "texte": "plus des fragments de machines sur nos tableaux et nos statues, nous n'enten-\ndrons plus des halètements de machines dans nos symphonies et nos poèmes :\nseulement des profils purifiés, des contours nets, des mouvement précis, des\ngestes catégoriques associés en combinaisons absolument imprévisibles, mais\ndébarrassées de nouveau du sentimentalisme anecdotique et de l'incident\npittoresque, exprimeront l'éternel sentiment de l'homme dans un langage que\nla fréquentation familière de la machine aura transformé. Phidias n'a jamais\nessayé de faire passer dans ses statues la métaphysique d'Anaxagore. Mais il\nen était imprégné. C'était la sienne. Et parce que c'était la sienne, il n'y son-\ngeait pas plus, quand il travaillait le marbre, qu'à la forme de sa main ou à\nl'énergie de son cœur. Sans que lui-même s'en doutât elle passait dans le\nmarbre comme la forme de sa main et l'énergie de son cœur.\nEt cependant, faut-il négliger ces symptômes, même quand ils affectent\nces allures tapageuses, même quand ils ne révèlent qu un désir intéressé ou\npuéril d'étonner ou d'indigner? Il y a, dans cet appel à la machine, aux formes\nextérieures de la machine, aux modifications infligées à notre conception\nancienne de l'espace et de la durée par l'action de la machine, une indication\nsaisissante. Ces manifestations se confondent parfois avec un mouvement plus\ngénéral, ou en dérivent, ou suivent une évolution parallèle, ou se solidarisent\navec les groupes qui tentent de le propager. Tout entières, la peinture et la\nsculpture sont entraînées vers des recherches qui se qualifient elles-mêmes de\n« constructives », qui tendent à restituer à la forme son sens architectural et\nqui vont, pour la retrouver, jusqu'à supprimer les reflets qui dansent sur elle,\nl'atmosphère qui l'enveloppe, ses apparences extérieures même, afin de la\nrestituer selon ses dimensions et ses volumes abstraitement envisagés. Un\nbesoin universel de redonner à l'œuvre d'art, à la société, à l'esprit, l'aspect\nmontfmental qui marque leurs grandes époques nous tourmente. Il ne s'apai-\nsera en nous que quand nous l'aurons satisfait. Et d'abord, n'est-ce pas, quand\nnous l'aurons accepté. Quand il aura quitté les théories et les systèmes pour\ns'épandre organiquement de la profondeur de nos âmes dans les expressions\nesthétiques et sociales que nous prétendons en donner.\nV\nOr la machine, à l'heure actuelle, est la seule forme construite. Et con-\nstruite organiquement, en partant du centre invisible des fonctions complexes\nà remplir pour aboutir à l'efflorescence tangible des organes à utiliser. Je dis\nla seule, qu'il s'agisse d'architecture, de peinture, de sculpture, de littérature,\nd'ordre politique ou social. Seule, au milieu des ruines, complète, dure, redou-\ntable, définie par tous ses profils, assise entre des plans catégoriques, résis-\ntante, attaquante, vivante par sa masse même et ses saillies, elle donne à\nl'esprit avide d'ordre la sécurité. Remarquez, dans le domaine de l'architec-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3242, "texte": "ture elle-même, signe extérieur d'un style social solide et fortement organisé,\nle rôle qu'a commencé à jouer la machine depuis à peu près cent ans. Elle\nest la seule architecture. Dès que la machine est apparue, l'architecture a fléchi.\nOn a cru qu'elle était perdue. Elle n'était que remplacée. Remplacée au début\npar un organe embryonnaire, croissant impitoyablement pour envahir de ses\nrigides ou mouvantes constructions le monde condamné à payer son tribut au\nmonstre qui exigeait que des hommes passent tous les jours de leur vie sous\nterre pour en tirer le charbon nécessaire à sa nourriture, que d'autres homimes\nsoient lentement brûlés vivants pour forger ses os et ses muscles, et qui broyait,\nrien qu'en marchant, des cervelles humaines dans ses articulations. Devant la\nbête de métal taillée pour le vent et la course, avec sa poitrine sonore, ses\nflancs effilés, ses membres durs jouant dans leurs jointures silencieuses, parfois\nses grandes ailes immobiles qui la bercent dans les hauteurs, la maison des\nhommes perdait son échelle, se couvrait d'ornements grotesques, embrouillait\nses profils, disloquait ses proportions. Avec le monstre, la tannière du monstre\nseule gardait les proportions logiques, arrêtait les profils nécessaires, suppri-\nmait l'ornement parasite, retrouvait l'échelle perdue. Quand l'ingénieur agis-\nsait, quand n'intervenait pas l'« artiste », le métal, le ciment armé, parfois\nmême la vieille pierre ressuscitaient, sur un rythme nouveau, la franchise\nauguste des lignes, la continuité musicale des courbes, la nécessité fonction-\nnelle des masses qui déterminent l'harmonie par la plus étroite, la plus inno-\ncente, la plus sincère adaptation. Le monstre et les lieux qu'habite le monstre,\nles routes qu'il parcourt, ses relais, permettaient à ceux qui l'acceptent et renon-\ncent à le vêtir d'oripeaux empruntés à des espèces mortes, d'entrevoir la\nbeauté que son accord définitif aivec l'intelligence imprimerait un jour au\nvisage rajeuni du sol.\nOn voit déjà des arches gigantesques franchir d'un seul élan le gouffre,\ncomme le jet de la pensée entre deux contradictions. On voit des locomotives\npuissantes effacer toutes leurs saillies pour mieux maîtriser l'orage, le col court,\nle poitrail tendu, les viscères cachés dans le tronc cylindrique, les bielles, les\npistons articulés comme les figures d'une danse, silencieux, précis, rythmiques\ncomme elles, obéissant comme elles à la combinaison secrète du vertige du\nmouvement et de l'ordre de l'esprit. On voit les automobiles dont le vernis\nnoir miroitant évoque les boîtes d'harmonie ou ces laques orientaux qui sem-\nblent condenser les transparences liquides des sources ombragées de pins,\nsupprimer automatiquement tout ce qui peut entraver leur essor vers la con-\nquête du temps, bander leur forme continue autour de leur cœur métallique,\nincorporer à l'unité intransigeante de leur masse la silhouette même de\nl'homme comme un organe essentiel. On voit l'aéroplane s'ordonner comme\nun grand insecte autour du corselet brillant et de l'hélice vrombrissante qui\nvrillent l'air et l'y balancent comme pour retrouver la justification de notre\nintelligence dans les formes que la nature organise pour le vol. Le sous-marin"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "répète, dans l'obscurité de l'abîme, cette obéissance ingénue à la structure\nrationnelle que ses besoins imposent à l'animal. Le canon, pour se soumettre\nà sa fonction mathématique de distribuer exactement la mort à quatre lieues,\nlaisse ses hausses et ses freins déterminer sa forme cruelle comme un théorème\nde fer. L'usine en mouvement recommence, par le vol des courroies* l'immense\nva-et-vient des bielles, la ronde imperturbable des volants, la légèreté gigan-\ntesque, la précision rythmique de tous ses organes en jeu, quelque chose comme\nla subordination à la même pensée centrale des lignes de la nef ogivale s équi-\nlibrant et se répondant sans arrêt, la musique sourde et lointaine qu évoque,\nà l'imagination captée, la gravitation des cieux. Fonction plus riche encore en\nressources insoupçonnées, l'écran lumineux associe à la forme géologique, la\nforme humaine et animale brisant incessamment leurs architectures (mouvantes\ndans les passages continus des valeurs qui naissent et meurent, pour révéler\nla symphonie visible dont les échanges combinés de la lumière et de la vie\naniment l'espace entier... Et remarquez, à propos de cet instrument merveil-\nleux qui souligne le caractère et la personnalité de tous les peuples, de tous les\nhommes qui s'en servent, remarquez que la machine même trahit, aussi bien\nqu'un tableau, F âme de son constructeur. Une marque d'automobile se recon-\nnaît à cinq cents mètres. A côté d'un navire de guerre allemand, un navire de\nguerre italien, par exemple, semble auprès d'un puissant pachyderme, quelque\nfélin nerveux, effilé, qui rampe et s'efface. Les cheminées d'usine ont la vigueur\ntrapue, le jet svelte ou les proportions mesurées des colonnes de temples, des\nfemmes ou des arbres du pays.\nLa science de l'ingénieur, probablement comme en Egypte, en Grèce, et\ncertainement comme à Rome, ramènera à ses conditions nécessaires d équi-\nlibre le métier de l'artiste qui perd pied et barbotte dans l'enlisement senti-\nmental. La machine n'est pas faite d'abord pour être vue. Elle est faite d'abord\npour être utile. Elle sert nos terribles jeux. Elle est jeu. La machine ne ment\npas. Là machine ne peut mentir. Non seulement elle introduit peu à peu dans\nnos besoins la connaissance de la matière, de ses qualités anciennes, d'autres\nqualités inconnues qu'on ne lui soupçonnait pas, des moyens d'utilisation que\ncette connaissance impose» mais aussi elle réapprend à subordonner toutes les\nformes extérieures à la tâche qu'elle accomplit. Si elle n'est pas logiquement et\nrationnellement construite, la machine ne marche pas, ou marche mal. Sa\nbeauté, cette beauté sobre et probe, qui tient de l'animal vivant ne se sachant\npas regardé et de la caidence imprimée à la vie des formes par le cheminement\nmécanique des astres, est une fonction nécessaire de sa plus obéissante et\nirrfmédiate adaptation. Elle est le noyau dur autour de qui, concentriquement,\ndoit s'organiser peu à peu l'ordre intellectuel qui s'annonce et dont la mystique\nnouvelle, si elle veut se maintenir et hiérarchiser ses valeurs, ne pourra pas se\npasser."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "VI\nAinsi, comme toujours, l'introduction d'un élément nouveau dans l'uni-\nvers matériel et moral de l'homme a rompu, mais doit rétablir l'équilibre tou-\njours instable qui est le but constant de son effort. On me dira qu'il n'y eut\njamais, le feu excepté peut-être, d'élément de cette importance introduit dans\ncet univers. Mais le feu est bien loin pour que nous puissions connaître ce qui\ns'est passé ce jour-là. Presque aussi loin, plus loin peut-être que la hache de\nsilex qui dut bouleverser de fond en comble l'organisation rudimentaire des\npremières sociétés. Peu importe, d'ailleurs. Les apparences seules rendent\nl'instrument scientifique très différent des moyens antérieurs d'investigation\net de conquête autour de qui les civilisations ont toiir à tour gravité. Tous les\nsystèmes cosmiques, toutes les explications synthétiques du monde, paga-\nnisme, brahmanisme, bouddhisme, christianisme, islamisme, ont produit ces\nruptures et ces rétablissements d'équilibre dont le machinisme nous offre\naujourd'hui un tragique exemple. En quoi diffère-t-il vraiment de ces mouve-\nments passionnés créés par l'égoïsme et l'antagonisme des classes, qui tradui-\nsaient la redoutable variation des relations de l'homime à l'homme, de\nl'esclave au profiteur, des besoins populaires aux disciplines aristocratiques,\ndu ventre à la tête, et qui s'organisaient en religion autour du choc des armes,\ndes migrations dans les chariots de guerre et les trirèmes et de la rumeur des\n!métiers? La « civilisation » dont l'Occident est si fier lui inflige en réalité\nl'effroyable vertige où ce flottement de valeurs qui caractérise les chutes de\ncivilisation ne permet plus à l'homme, pour en bâtir une nouvelle, que l'orga-\nnisation d'une mystique capable de servir de contrepoids à l'élément dont la\npesanteur entraîne l'esprit à l'abîme. Le « progrès » de l'Occident, qui a accru\njusqu'à l'aveuglement son dédain pour les civilisations orientales, n'est qu'un\npassage redoutable entre deux états d'équilibre. Remarquez qu'au XVIII*\nsiècle, par exemple, à l'heure où la musique allemande jette aux hommes le\ncri d'alarme qui les prévient du danger, la décadence de l'Europe est à peu\nprès aussi profonde que celle de l'Asie. La veille encore, toutes les civilisation»\nde la terre étaient dans un état de développement très comparable, il n'y\na pas cinquante ans d'intervalle entre le grand Shah Abbas, le grand Mogol\nAkbar, le grand Shogun Yeyas et le grand Roi Louis XIV qui couvrent la\nPerse, l'lnde, le Japon, la France des monuments les plus magnifiquement\nstylisés qui aient jamais défini l'activité et les tendances de ces contrées où\nrégnaient cependant quatre religions dissemblables. La différence n'éclate\nqu'un siècle à peine après eux, parce que la dissociation plus rapide de sa\nmystique permet à l'Occident de s'emparer d'un insrtument d'analyse qui va\nbientôt le déchirer. Cet instrument n'arrête pas la décadence, il la précipite\nau contraire, mais l'esprit, tenu en éveil par la brûlure de ses plaies et rejeté\ndans la solitude affreuse de son paradis dévasté, scrute les matériaux des"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "ruines quil a faites pour y chercher un point d'appui. 11 n est point vrai que\nla machine soit la civilisation. Mais il est vrai que l'hompne peut se servir de\nla machine pour recréer une civilisation dont 1 aube du développement spiri-\ntuel est encore à naître. La science, et par la science la machine, a ete comme\nle bâton que le noyé saisit et entraîne au fond de 1 abîme, mais dont il s aide»\ndès qu'il touche ce fond, pour en escalader les bords.\nCette analogie essentielle du machinisme scientifique avec les éléments\néconomiques et intellectuels qui ont ruine toutes les civilisations pour en\nrecréer d'autres et faire passer presque toujours la domination spirituelle dé\nI*oppresseur à l'opprimé en renversant les valeurs qu avait imposées 1 oppres-\nseur, doit nous mener plus loin dans 1 appréciation de son rôle. Il supprime\nI'« artiste » par deux voies, d'abord en développant les qualités logiques de\nl'esprit, ensuite en libérant le sentiment perverti par le faux art. Mais il recrée\nFart peu à peu. Les grandes époques d art ne connaissent pas 1 « artiste » :\nle sculpteur de tombe égyptien, le maçon de Rome, 1 imagier français, le déco-\nrateur, le brodeur, le céramiste hindou ou persan ou chinois sont des ouvriers,\nrien de plus. Enfin, en abaissant la culture generale pour instaurer le règne\nétroit du technicien et en rejetant, par sa cruauté, les foules vers la mystique\ndu bonheur, le machinisme crée, du même coup, une barbarie nouvelle qui sera\nla matière ardente de la société à refaire et le noyau compact d'une jeune\naristocratie qui trempera dans la bataille le courage inexorable de lui dicter ses\nvaleurs.\n\nElie FAURE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c004", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "39", "page_fin": "43", "image_debut": 17, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.3", "titre_corps": "QUELQUES IDÉES A PROPOS DE LA CONSTRUCTION DES ÉCOLES", "titre_sommaire": "QUELQUES IDÉES A PROPOS DE LA CONSTRUCTION DES ÉCOLES", "signature_source": "J. BORLEE. Architecte", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.17", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "QUELQUES IDÉES\nA PROPOS DE LA\nCONSTRUCTION DES ÉCOLES\n\nLe procédé d'imitation des formes créées par l'an-\ntiquité et le moyen-âge, exploitées en dehors des\nprincipes depuis la Renaissance, doit être\ndésormais radicalement abandonné. Les condi'\ndons sociales ,les exigences multiples ainsi que\nla nature des moyens d'exécution, en raison de\nleur nouveauté absolue, obligent l'architecte\ncontemporain à revenir à la théorie des principes\net à leur application méthodique.\nC'est dès lors une révolution sociale qui s'im-\npose aujourd'hui dans le domaine de la con-\ntsruction, et d'elle seule peut naître la solution\ndu problème architectural contemporain.\nA. de BAUDOT,\nVive-Président de la Commission des\nMonuments historiques, Professeur\nd'histoire de l'architecture française\nau Trocadéro.\nPRINCIPE\nLa salle de classé sera construite et aménagée de manière à donner satisfac-\ntion aux exigences de l'hygiène et de la pédagogie.\nNous n'étonnerons personne en constatant que le système actuel de con-\nstruction des écoles ne réalise nullement ce simple idéal- En effet, la disposi-\ntion des pupitres en rangs parallèles au mur porte-tabeaux offre un grand\ninconvénient : les élèves occupant les premières et les dernières places à droite\net à gauche de chaque rangée sont obligés, pour voir l'axe du tableau, de se\ntourner suir leurs bancs ou d'opérer une torsion du corps qui finit par nuire\naiu développement physique des enfants. En second lieu, les bancs-pupitres\nétant placés sur un plan horizontal (pavement ou plancher), l'instituteur est\nobligé de classer ses élèves suivant leur taille, les petits en avant, les grands\nen arrière, cherchant ainsi à remplacer l'amphithéâtre qui pemettrait la vue\nentière du tableau à tous les enfants.\nLe système actuel est à condamner parce que le classement des élèves doit\nse faire uniquement suivant la vue et l'ouïe plus ou moins bonnes des enfants,\nsans tenir compte de leur taille et que, de plus, la gradation ainsi obtenue\nest insuffisante. (Voir fi g. I.)\nIl y a un remède à ces divers inconvénients : c'est le système représenté\npar le schéma ci-joint (fig. II) et dont les caractéristiques sont les suivantes :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "1° Les bancs-pupitres sont disposés suivant des arcs de cercles tracés\nde l'axe du tableau comme centre; de cette façon, tous les élèves, assis nor-\nmalement, ont l'axe de leurs rayons visuels aboutissant au milieu de la lar-\ngeur du tableau;\n2° Les bancs-jpupitres sont fixés sur des gradins de façon que les rayons\nvisuels des élèves atteignent le bas du tableau sans rencontrer d'obstacle. Il"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "est à remarquer que ces gradins ne sont pas surélevés les tins SUT les autres\nd'une manière uniforme (ce système ne donne pas entière satisfaction), mais\nbien suivant une courbe, de sorte que la surélévation augmente à mesure qu'on\ns'éloigne du tableau."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.20", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 762, "texte": "CAS PARTICULIER :\nDEUX DIVISIONS DANS UNE MEME SALLE\nNouvel inconvénient actuel : la division la plus éloignée des baies d'éclai-\nrage, situées à gauche des élèves, est dans une pénombre; celle-ci ne peut\nêtre combattue que par des fenêtres établies dans le mur de droite, solution qui\nn'est plus admise aujourd'hui, à cause de son éclairage bilatéral.\nDans ce cas, la disposition indiquée par la fig. 111 donne toute satisfac-\ntion au point de vue éclairage puisque les deux divisions sont éclairées de\ngauche.\nAUTRES AVANTAGES DES DISPOSITIONS PROPOSEES ICI\nDOUCHES ET LAVABOS SCOLAIRES\nSi la population des écoles, des grands centres dispose d'établissements\nde bains publics, il n'en est pas de même dans les communes rurales; or, bon"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.21", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "nombre de ces communes ayant une distribution d'eau (1), il serait facile\net peu coûteux d'utiliser le vide existant sous les gradins pour y établir des\ndouches et des lavabos. Après la croisade « pour l'air et la lumière » n'est-il\npas opportun de commencer, au village, où le bain et la douche sont inconnus,\ncelle « pour l'hygiène et la propreté »?\nCHAUFFAGE\nLes inconvénients du chauffage par poêle chaleur divergente sont\ntellement nombreux que ce système devrait être complètement abandonné. Non\nseulement l'air est vicié (gaz et poussières), mais, avec une ventilation néces-\nsaire et suffisante, la température normale ne peut être obtenue que par un\nchauffage intensif qui rend intenables les places situées à proximité du foyer;\naussi, la température est généralement insuffisante et les élèves les plus éloi-\ngnés souffrent du froid.\nLe seul système vraiment efficace est le chauffage à l'eau chaude circu-\nlant, par tubes, dans les vides du plancher en ciment armé, dans l'intervalle\ndes murs creux et pour compenser la déperdition occasionnée par les\ngrandes baies vitrées par des radiateurs placés sous les fenêtres dans les\nmurs (chaleur convergente).\nAjoutons que ce système procurerait en même temps l'eau chaude néces-\nsaire pour les douches et lavabos-\nAMEUBLEMENT\nUne armoire, peu élevée, occuperait tout le mur apposé au tableau; sur\n!a tablette de cette armoire on disposerait quelques bons plâtres.\nLes bancs-pupitres seraient à une seuile place; la hauteur du banc serait\nréglable à volonté; le pupi'tre étant constitué par une planche mobile, permet-\ntrait à l'élève de s'en servir avantageusement pour les cours de dessin et de\ntravail manuel.\nCONCLUSIONS\nTels sont, à notre avis, les principes à appliquer dans la construction des\nécoles et, quand nous aurons ajouté qu'une école construite dans ces condi-\ntions ne coûterait guère plus cher que les écoles actuelles, dont une routine\nnéfaste a consacré le type, nous, croyons ne pas nous tromper en affirmant que\nla réalisation de ces quelques idées simples et pratiques doterait le pays de\nbâtiments d'écoile dignes de ce nom, modernes, hygiéniques et confortables.\n11 n'est comme le constatait encore dans son numéro spécial\n« La construction des Ecoles » (avril 1921) pas d'oeuvre plus hautement\nintéressante et plus patriotiquement utile à quoi puissent se conscarer actuel-\nlement ceux qui doivent songer à l'avenir du pays.\n(I) Un nouveau système die pompe rotative permet actuellement d'avoir l'eau sou*\npression là où il n'y a qu'un puits.\n\nJ. BORLEE. Architecte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c008", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "44", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.4", "titre_corps": "ARCHITECTURE", "titre_sommaire": "ARCHITECTURE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.22", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "ARCHITECTURE\nLES HONORAIRES DES ARCHITEC-\nTES. Nous cueillons dans la « Chronique\ndes Travaux publics » cet écho vraiment\nrenversant :\n« Préoccupé de réduire les dépenses dans\n» la plus large mesure et de favoriser ainsi\n» les intérêts du Trésor, le Conseil de Cabi-\n» net vient de décider de modifier le ré-\n» gime qui a été suivi jusqu'à présent, en ce\n» qui concerne les honoraires des architectes.\n» Il était de tradition que ceux-ci fussent ré-\n» triibués par l'Etat sur la base de 5 pour\n» cent du montant de l'entreprise. Avant la\n» guerre, cette proportion pouvait être con-\n> sidérée comme acceptable, mais aujour-\n» d'hui que la hausse des matériaux a élevé\n» dans des proportions considérables le coût\n» des entreprises, le gouvernement estime\n» qu'il serait abusif de persévérer dans un\n» système qui, s'il avantage dans une mesure\n» exagérée l'architecte, préjudicie dans une\n» mesure correspondante les intérêts du Tré-\n» sor. Et il songe à substituer au régime des\n» honoraires à pourcentage, le régime des\n» honoraires à forfait.\n» Il y a quelques années, un très gros litige\n» a surgi dans les mêmes conditions entre\n» l'Etat et feu l'architecte Maquet à propos\n» de l'élaboration des plans du Mont des\n» Arts. Maquet s'était livré à une étude ap-\n» profondie de ce grand travail. Sa concep-\n» tion du Monument qui devait couronner\n» la Montagne de la Cour avait dû être\n» maintes fois corrigée ou modifiée et la\n» mise au point des plans avait nécessité, de\n» sa part, un travail de plusieurs années, qui\n» ne servit à rien, puisque sa conception a\nété abandonnée en raison des proportions\n» trop massives du vaste édifice qu'elle com-\n» portait. Le différend dut être réglé à\n» l'amiable.\n» Aujourd'hui, nous nous trouvons en pré-\n» sence de situations assez analogues. Ainsi\n» l'Etat a passé des contrats avec différents\n» architectes pour l'exécution de certains\n» grands travaux, notamment les transfor-\n» mations apportées à l'ordonnance du châ<-\n» teau de Laeken, où l'on a exécuté d'impor-\n» liants agrandissements, ainsi qu'au Palais\n» de Bruxelles. Tels encore les plans du\n» Mont des Arts conçus dans une note très\n» différente de celle qu'avait imaginée Ma-\n» quet, par le grand artiste qu'est M. Calu-\n» waers. »\nAinsi 4pnc, c'est entendu, l'Etat, pour faire\ndes économies, réduira le pourcentage des\nhonoraires d'architectes. On ne nous dit pas\ns'il demandera aux banquiers de réduire l'in-\ntérêt de l'argent!...\nNous nous abstenons pour le moment de\ntout autre commentaire, mais nous revien-\ndrons sur cette question qui ne laissera pas\nimpassibles, il faut l'espérer, les associations\nd'architectes.\nCOMMISSION ROYALE DES MONUMENTS\nET DES SITES. Par arrêté royal du 15 octobre 1921,\nM. Cupper est nommé membre correspondant de la Com~\nmission Royale des Monuments et des Sites (Section des\nmonuments) pour le Brabant, en remplacement de M. Horta\nappelé aux fonctions de membre effectif. M. Cupper est\ndéchargé de ses fonctions de membre correspondant pour\nla province de Luxembourg. M» Périlleux est nommé mem*\nbre correspondant de la dite Commission (Section des Sites)\npour le Brabant, en remplacement de M. Dumont, décédé,\nM. Périlleux est déchargé de ses fonctions de membre cor-\nrespondant pour le Hainaut,\nM. Henri Blomme, architecte, membre correspondant\nde la Commission Royale des Monuments et des Sites,\npour la province d'Anvers* est nommé membre effectif de\ncette Commission, en remplacement de M. Dumont, décédé,\nPar arrêté royal du 14 novembre 1921, M. Camille Tûl-\npinck, de Bruges, membre correspondant de la Commission\nRoyale des Monuments et des Sites, est nommé officier de\nl'Ordre de la Couronne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c010", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "45", "page_fin": "45", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.5", "titre_corps": "CONFERENCES", "titre_sommaire": "CONFERENCES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "CONFERENCES\nLE GRAND BRUXELLES. Comité\ndrétnde pour le développement et l'embel-\nlissement de l'agglomération, L'Associa-\ntion « Le Grand Bruxelles » a dû, pendant\ntoute la durée de la guerre, et sous la pres-\nsion des événements, suspendre son activité.\nA l'heure où la question de l'union des\nfaubourgs à la Ville de Bruxelles revêt une\nurgence croissante, il importe que cette As-\nsociation reprenne la tâche qu'elle avait en-\ntreprise d'éclairer l'opinion publique sur la\ncoordination des grands problèmes d'urba-\nnisation qui vont se poser à Bruxelles et dont\nla solution ne pourra plus être différée.\nToutes les grandes villes du monde et en\nparticulier les capitales, dont le chiffre de\nla population est près d'atteindre ou dépasse\nl'ordre du million d'habitants Amster-\ndam, Paris, Berlin, Londres - pour ne par-\nler que de l'Europe et de celles qui nous en-\ntourent, ont dû prendre énergiquement en\nconsidération le vaste problème de leur ur-\nbanisation extensive et de leur réorganisation\nfonctionnelle pour se mettre à la hauteur des\nprogrès sociaux, économiques, techniques et\nmécaniques de la civilisation actuelle.\nA Bruxelles, le problème angoissant de\nl'habitation dite à bon marché, les exten-\nsions territoriales de l'agglomération bâtie,\nqui vont en résulter automatiquement, et le\nproblème des moyens de transport urbains\net suburbains accélérés, qui leur est corré-\nlatif, appellent des solutions dont l'ensemble\nmodifiera, dans un avenir relativement pro-\nche, toute la physionomie du « paysage ur-\nbain » bruxellois.\nSimultanément, la sauvegarde du patri-\nmoine de beauté naturelle et archéologique\nde notre vieille cité et de ses environs doit\nêtre assurée, tout comme doit être dirigée\ndans un sens qui soit l'expression des acqui-\nsitions contemporaines de l'art de l'architec-\nture, la transformation continue de la phy-\nsionomie urbaine actuelle.\nEntrant dans la voie des réalisations, « Le\nGrand Bruxelles » organise, d'accord avec\n!'« Union des Villes et Communes Belges »,\nune série de conférences, dont le premier\ncycle sera consacré à l'étude complète du\nproblème de la jonction directe Nord-Midi\net de toutes ses conséquences, tant au point\nde vue des relations ferroviaires entre les dif-\nférentes parties du pays, qu'à celui du déve-\nloppement et de F embellissement de T agglo-\nmération bruxelloise.\nLA JONCTION NORD-MIDI. Le pro-\nblème de la jonction Bruxelles-Nord-Bru-\nxelles-Midi est un des plus importants pro-\nblèmes de travaux publics que nos autorités\naient à résoudre pour le moment.\nIl est d'une importance énorme, non seu-\nlement pour Bruxelles-Ville, mais pour l'ag-\nglomération et même pour le pays tout en-\ntier.\nLa place que Bruxelles occupe dans le\nréseau de nos chemins de fer, l'importance\ndu trafic entre le Nord et le Sud du pays, les\ninconvénients des gares à rebroussement, et\nles dépenses énormes qu'entraînerait leur\nélargissement' spécialement celui de la gare\nc!u Nord, les inconvénients du pont tournant\nde Laeken avaient, il y a longtemps déjà,\nfait songer à la possibilité d'établir une jonc-\ntion.\nPlusieurs solutions furent présentées parmi\nlesqueles celle dont l'exécution fut commen-\ncée.\nIl est question aujourd'hui de renoncer à\nce travail ou à toute jonction.\nSans doute, ceux qui sont partisans de cet\nabandon, ont-ils de bons arguments pour\nadopter cette attitude, arguments d'ordre fi-\nnancier, d'ordre technique, d'ordre urbanis-\ntique.\nCependant, jusqu'ici, jamais ces argu-\nments n'ont fait l'objet d'un exposé systé-\nmatique, permettant à ceux que le problème\nintéresse, et à ceux qui auront à trancher la\nquestion de se faire une opinion.\n« Le Grand Bruxelles » et Y « Union des\nVilles et Communes Belges » ont décidé de\ncontribuer' dans la mesure de leurs moyens,\nà faire connaître la nature et l'importance de\nce problème.\nA cet effet, ils organisent une série de con-\nférences qui se donneront le dimanche ma-\ntin, à l'Union Coloniale, 34, rue de Stassart,\nà Bruxelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c011", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "46", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.6", "titre_corps": "CONGRES", "titre_sommaire": "CONGRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.24", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "CONGRES\nLa première de ces séances, qui se tiendra\nle dimanche 26 mars, à 10 heures, sera con-\nsacrée à un exposé introductif qui sera fait\npar M. Emile Vinck, sénateur, directeur de\nr« Union des Villes et Communes Belges ».\nCet exposé sera illustré de projections lumi-\nneuses. D'autres orateurs seront ensuite ap-\npelés à prendre la parole pour défendre ou\ncombattre les projets actuels.\nUne seconde séance qui aura lieu le di-\nmanche suivant, permettra de continuer\nl'étude de la question. Ceux qui désireraient\nprendre part à la discussion sont priés de\ns'annoncer au Bureau en indiquant l'objet\nde leur intervention. La Direction décidera\nde leur admission.\nXe CONGRES INTERNATIONAL DES\nARCHITECTES. Bruxelles, 4-1 1 septembre\n1922. Sur l'initiative de la Société Cen-\ntrale d'Architecture de Belgique, le Xe Con-\ngrès international des Architectes se tiendra\nà Bruxelles du 4 au 11 septembre 1922.\nSimultanément s'ouvriront une exposition\ninternationale d'architecture et une exposi-\ntion rétrospective nationale.\nJamais peut-être pareille manifestation ne\nse sera présentée sous des auspices plus fa-\nvorables.\nLa guerre avait brusquement interrompu\nles préparatifs du Xe Congrès international,\nqui devait tenir ses assises à Saint-Péters-\nbourg, en mai 1915, sous l'auguste protec-\ntion de S. M. l'empereur Nicolas.\nPendant la guerre, les architectes de tous\nles pays ont vécu dans l'isolement, et depuis\nl'armistice ils n'ont pu entretenir avec leurs\nconfrères mondiaux que des rapports pré-\ncaires.\nVoici que se renoue le fil des Congrès\ndans le même temps où la Société Centrale\nfêtera le cinquantième anniversaire de sa\nfondation. Cette heureuse circonstance inspi-\nrera à nos confrères étrangers des raisons de\nplus de participer aux réunions internatio-\nnales de cette année. Enfin, le théâtre de la\nguerre, où tant de peuples ont mêlé leur sang\nqu'il n'est pas téméraire d'affirmer que tous\nles êtres humains du globe pleurent la perte\nd'un parent ou d'un ami, sera, pour nos con-\nfrères étrangers, l'occasion d'assister plus\nnombreux au Xe Congrès et, disons-le avec\nfierté, de se convaincre de la vitalité de\nnotre pays.\nLe Congrès, qui réunira les délégués de\ntous les pays amis, sera placé sous la haute\nprésidence de M. Girault, membre de l'ln-\nstitut.\nDès à présent, le Comité belge, que pré-\nside M. J. Galuwaers, est assuré de la par-\nticipation de l'Espagne, de la Hollande, du\nCanada, du Portugal, de l'Angleterre, de\nl'ltalie, des Etats-Unis et de la Suisse.\nLe Comité fait appel aux architectes bel-\nges pour qu'ils prennent une part active afin\nd'assurer le recrutement des membres adhé-\nrents. R. MOENAERT. Secrétaire.\nFRANCE.\nCONGRES NATIONAL DE L'HABI-\nTATION A BON MARCHE ET DE LA\nPETITE PROPRIETE (Paris, 1, 2 et 3 avril\n1922). - En présence de la gravité de la\nquestion du logement, la Société Française\ndes habitations à bon marché a pensé qu'il\nétait urgent d'associer, dans une importante\nmanifestation, tous ceux, particuliers, éta-\nblissements publics, associations et sociétés\nprivées, etc., qui s'intéressent à l'œuvre de\nl'amélioration du logement. Dans ce but,\nelle a pris l'initiative de convoquer, sous\nson patronage, un Congrès natiônal de l'ha-\nbitation à bon marché et de la petite pro-\npriété, qui se tiendra à Paris, les 1, 2 et\n3 avril 1922.\nLe Congrès comportera des séances de\ntravail et des visites de cités-jardins dans la\nbanlieue de Paris, selon un programme dont\nle détail sera adressé aux adhérents, vers\nla fin du mois de février, en même temps\nque les rapports sur les questions mises en\ndiscussion.\nLes questions portées à l'ordre du jour du\nCongrès sont les suivantes : y\n10 Eléments caractéristiques à prendre\npour base de la définition légale de l'habi-\ntation à bon marché : rapporteur, M. Du-\nfourmantelle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c012", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "47", "page_fin": "47", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.7", "titre_corps": "EXPOSITIONS", "titre_sommaire": "EXPOSITIONS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.25", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4030, "texte": "EXPOSITIONS\n2° De -l'influence du logement à bon mar-\nché sur la mortalité et la natalité et des me-\nsures à prendre pour la conservation et l'ac-\ncroissement de la famille : rapporteur,\nM. Cayrol.\n3° Des moyens d'assurer à l'habitation à\nbon marché les capitaux nécessaires à son\ndéveloppement.\n4°Devoirs de l'initiative privée, devoirs\ndes pouvoirs publics : rapporteur, M. Senly.\nLes offices publics, les Sociétés d'habita-\ntion à bon marché et de crédit immobilier,\nles Fondations, les Caisses d'épargne, les\nComités de patronage, etc., pourront, s'ils\nle désirent, se faire représenter par plusieurs\ndélégués, mais il ne leur sera remis qu'une\ncarte de vote, chaque délégué recevant,\nd'ailleurs, en outre, une carte d'entrée au\nCongrès.\nLa cotisation qui comprend la remise des\nrapports et du compte rendu du Congrès, a\nété fixée à vingt francs. Ces cotisations de-\nvront être remises en même temps que les\nadhésions : le mode d'envoi le plus simple\nétant le versement dans un bureau de poste,\nau compte courant postal de la Société Fran-\nçaise des Habitations à bon marché, Paris,\nn° 226-13 (frais 0 fr. 15 par versement).\nToutes les communications relatives au\nCongrès doivent être adressées au secréta-\nriat de la Société Française des Habitations\nà bon marché, 37, rue de Valois.\nLYON. SALON DU MOBILIER ET DES\nARTS APPLIQUES. En plus du Con-\ngrès et du Concours de l'Hygiène, l'Office\nCentrale de la Construction et de l'Habita-\ntion ouvrira au Palais de la Foire, du ler\nau 15 octobre 1922, un Salon du Mobilier\net des Arts appliqués avec Concours de\n« Décoration moderne », auquel des récom-\npenses seront accordées aux lauréats.\nUne section sera réservée aux Arts fémi-\nnins (broderie, dentelles, cuir et métaux re-\npoussés, pyrogravure, travaux d'étoffe, etc.)\nIl y aura, en outre, une exposition rétros-\npective d'intérieurs et costumes de la région\ndu sud-est (Bourgogne, Bresse, Provence,\nAuveTgne, Savoie, etc.).\nCHARLEROI. UNE EXPOSITION DE\nPLANS D'HABITATIONS A BON MAR-\nCHE s'est ouverte, le samedi 4 mars, à Char-\nleroi, dans les locaux de l'Université du Tra-\nvail. Cette exposition, organisée sous le pa-\ntronage de la Société Nationale des Habita-\ntions à Bon Marché et de la province du Hai-\nnaut, restera ouverte durant plusieurs se-\nmaines.\nEXPOSITION INTERALLIEE D'HYGIENE.\nSTRASBOURG 1923. HYGIENE URBAINE.\nA 1 occasion des fêtes du centenaire du grand sa-\nvant Louis Pasteur, aura lieu, de mai à octo-\nbre 1923, une exposition interalliée d'hygiène à\nStrasbourg, dans laquelle ville le dit savant a dé-\nployé son activité de 1849 à 1854, comme pro-\nfesseur de chimie. Cette exposition sera organisée\nsous les auspices de l'lnstitut Pasteur de Paris, de\nla Ville et de l'Université de Strasbourg. Une des\nsections les plus importantes de cette exposition\nsera la € Section de l'hygiène urbaine », présidée\npar M. Keppi, adjoint au maire de Strasbourg.\nCette section comprendra : la construction des\nvilles et rues, les jardins populaires, les égouts, le\nnettoiement des voies publiques, I*enlèvement des\nimmondices, la construction des maisons, les loge-\nments, l'aménagement des appartements, l'aéra-\ntion, le chauffage, l'éclairage, l'approvisionnement\nen eau, les bains, les soins corporels, l'habillement\net accessoires, les inhumations.\nDans les derniers temps, de nombreuses maisons\net organisations ont été invitées à faire leurs décla-\nrations de participation à cette exposition à titre\nd'exposants; bien des adhésions nous sont déjà\nparvenues.\nToutes les personnes, maisons, sociétés, corpo-\nrations, etc., qui n'auraient pas reçu jusqu'à ce\njour une invitation de participation et qui s'inté-\nressent à cette exposition, sont priés de s'adresser\nà l'Exposition Interallliée d'Hygiène, Strasbourg\n1923, 2e section », 1, quai Lezai-Marnésia, où leur\nseront fournis tous renseignements utiles.\nLes corporations professionnelles et autres orga-\nnisations sont invitées à tenir leurs congrès et\nassemblées à Strasbourg en 1923 dans la période\ndu ler mai à fin septembre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c013", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.8", "titre_corps": "CONCOURS", "titre_sommaire": "CONCOURS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.26", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3442, "texte": "CONCOURS\nCONCOURS DE LA CLASSE DES\nBEAUX-ARTS POUR 1923 ET 1924.\nSous les conditions ordinaires de participa-\ntion, il est demandé pour l'année 1923 :\n1 0 Une monographie historique et critique\nsur un groupe de sculpteurs ,des XVIIe et\nXVIIIe siècles en Belgique. Prix : 2.000 fr.\n2° Au point de vue artistique, une histoire\nde l'illustration du livre dans les anciens\nPays-Bas, par la gravure sur bois, jusqu'au\nmilieu du XVIe siècle. Prix : 1,000 fr.\n3° Une histoire de la lithographie d'art\nen Belgique, en s'attachant à la valeur esthé-\ntique des œuvres. Prix : 1.000 francs.\n4° Une monographie de l'œuvre, comme\nportraitiste, de l'un des peintres suivants :\nJan van Bockhorst (Lange Jan), Erasme\nQuellin, Lucas et Pierre Franchoys.\nPrix : 3,000 francs.\n5° Plan d'un château d'eau à ériger au\nBois de la Cambre, à Bruxelles (question\ndéjà posée pour 1919). Prix : 1,500 fr.\nRenseignements complémentaires chez\nM. le secrétaire perpétuel de l'Académie,\nPalais des Académies.\nLa classe des Beaux-Arts de l'Académie\nroyale a fixé comme suit le programme an-\nnuel au concours pour 1924 :\nHistoire et critique : Ire1re question : Ap-\nporter une contribution originale à l'histoire\nd'une école de miniaturistes (par exemple\nl'école ganto-brugeoise). Prix : 2,000 fr.\n2e question : Faire l'histoire de la sculp-\nture belge au XVIIIe siècle. Prix : 2,000 fr.\n3° question : Etudier l'évolution de l'ar-\nchitecture vers les formes nouvelles depuis\n1860. Prix : 1,500 francs.\nArt appliqué : Ire1re question :On demande\nun panneau décoratif ayant comme élément\nprincipal la figure humaine. Prix : 1,500 fr.\n2e question : On demande une gravure\nsur bois originale comportant la figure hu-\nmaine. Prix : 1,000 francs.\nSERAING. CONCOURS D'HABITA-\nTIONS OUVRIERES. Le jury, au cours\nde sa réunion du 31 janvier dernier, a pris\nles décisions suivantes :\nPlan d'ensemble. Projet choisi pour exé-\ncution. M. Croîlaer de Liège. Première prime\nde î ,200 francs.\nPrimes spéciales pour détails intéressants :\n!° MM. Bruyninckx et Dubois, de Liège;\n2° MM. Jorgens et Joannès, de Liège;\n3 M. Rahier, de Grivegnée.\nPrime spéciale pour plans intéressants :\nMM. Vanderslagmolen et Verbist, de Bru-\nxelles.\nPlans d'habitations. Huit architectes sont\nproposés à la société pour l'exécution des\nplans d'habitations. Ils reçoivent, à titre\nd'avance sur honoraires, une somme de\n1,000 francs : 1. Croîlaer (Liège); 2. Van-\nderslagmolen et Verbist (Bruxelles) ; 3. Bai-\nwir (Liège) ; 4. Duesberg (Verviers) ;\n5. Michel et Jacquet (Liège) ; 6. Rahier\n(Grivegnée) ; 7. Caillaux (Ixelles) ; 8. Jor-\ngens et Joannès (Liège).\nLES MOBILIERS A BON MARCHE.\nIl y a quelques jours a été tenue au gouver-\nnement provincial du Brabant, sous la prési-\ndence de M. Richard, député permanent, la\npremière réunion du jury chargé d'examiner\nles projets envoyés au concours de mobiliers\nà bon marché organisé par les provinces de\nBrabant et de Hainaut.\nAssistaient à la réunion de Bruxelles,\nMM. Paul Pastur et Marius Renard, et les\nartistes faisant partie de la commission\nprovinciale des beaux-arts du Brabant ou de\nla délégation du Hainaut et parmi lesquels\nMM. Victor Horta, Fabry, I. De Rudder,\nCassiers, Talemans, Simons* etc.\nLe concours, au point de vue de... la\nquantité, a bien donné. Il y a, en effet, dix-\nneuf envois, dont le jury interprovincial va\ncommencer l'examen, avec le concours de\nMM. Bodson et Dewinne, architectes choisis\npar les concurrents."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c014", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.9", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "ONOBLOC\n, chsée de Boondael - Bruxelles\n% Maisons ouvrières et rurales\nen agglomérés poreux et en briques\n«s\nUSINES\n€**££>\nBéton armé de tous systèmes\nG?&£3\n' ' •**fTss\n, •< s 1 I\n. *f 3 ?t, *1\n. » / f / ! J Ï\nHourdis creux sans coffrages\nBLOCS ATHERMANES KNAPEN\n-MAGH l NES Rli!0 NN EU SES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c015", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.10", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.27", "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 499, "texte": "I\n%\n©\nI\nQ?\nS\nM\nConstructions en bois et en acier\n- 1 - ♦ « * - '\n.*4 ' *\n,Msi£3B«33ae- de tous genres\n& Maisons démontables &\n»\nKl\nm\n-4\nà Tamise\n> •\ns ->\nAdresse télégr. : BOELWERF Tamise\nTéléphone Tamise 10"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1922-02-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaac_1922-02_01#c016", "volume": "bmtnaac_1922-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.2.11", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.28", "debut_caractere": 65, "fin_caractere_exclue": 741, "texte": "Pol MADOU - Gand\nFabrique Belge de Carton»\nBitumés en tous genres\nDistillerie de Goudron\nEtablie depuis 1900\nmm charge de la fourniture des\nCartons Bitumés • Asphaltes» ferais\nGoudron*, Carbolineums • Vernis noir» Antirouille\nde l'entreprise de la pose de\nToitures en pente en simple et double couche*\nToitures-terrasses en ciment volcanique» asphaltages\nA DDrV V r tout spéciolemont l'attention «m «on omcoUont\nAil LLLL RUfcBERROOriNG (Toitnro çonuteteniée)\n1 TT•••ooriour ou s produits similaires ipportô»\nBitftPAClfM é*m' 4* toNnt-terrassoo placées on Ifff\nngICrCMtCO Production do plus do 3,N9,N« m* do Carton bitumé on IfS#\nMl ot échaatllloas gratis sur domaado\n? 41 r- ■"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.1", "texte": "• i;,-, 1-; ÈIL\n■nH IËNRB9 MBw\n• W—B lM,jiraw^\n• ■MMMMMMHMBMMMMMHiiiwWMBI\ni BiHBHHi\n1 j\n|TROISIÈME ANNÉE!\n(NUMÉRO 2 - FÉVR. 192 2J\nLire dans ce numéro : L'ESTHÉTIQUE DU\nMACHINISME p*r ELIE FAURE. M J*"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.2", "texte": "K C V U t A E îi 5 u t L L t BELGE\nLA CITÉ\nURBANISME a ARCHITECTURE H ART PUBLIC\nRE co INSTRUCTION\nDES.REGIONS DÉVASTÉES\nRédacteurs : MM. Fern. BODSON, architecte (Bruxelles) ; J. DE LIGNE, architecte\n(Bruxelles) ; J. EGGERICX, architecte (Bruxelles) ; Huib. HOSTE, archi-\ntecte (Bruges); Raymond MOENAERT, architecte (Bruxelles); L. van der\nSwaelmen, architecte-paysagiste (Bruxelles); J. M. van HARDEVELD (Am-\nsterdam; M. Raph. VERWILGHEN, Ingénieur Urbaniste (Bruxelles), Secré-\ntaire de la Rédaction.\nLes Rédacteurs et Collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles. Il sera rendu compte\ndans « la Cité » de tout ouvrage dont deux exemplaires seront-envoyés à la Revue.\nPour la rédaction, Y administration et les demandes d'abonnement, s'adresser au Siège\nde la Revue : 10, Place Loix, Saint-Gilles-Bruxelles.\nPour la vente au numéro s'adresser exclusivement aux librairies. Dépôt principal : Li-\nbrairie Lamertin, 58-62, Coudenberg, Bruxelles.\nABONNEMENT : Belgique 10 fr. ; Etranger, 15 fr. Le numéro, Un franc.\nLes abonnements peuvent se prendre en versant la èomme.de 10 francs au crédit du\nCompte chèques-postaux n° 16621 (Revue : La Cité). Moyennant un sup-\nplément de 3 francs les numéros sont envoyés mensuellement sous enveloppe\ncartonnée, v\n\nEditions \" TEKHNÉ „\nLA ClTÉ.Première année (juillet 19.19, octobre 1920). Un volume de 260 pages,\nillustré de 29 planchés hors texte, fr. . . . . . . 10.—\nLA ClTE.Deuxième année (oct. 1920=déc. 1621), Un volume de 288.pages illus-\ntré de 24 planches hors texte . . . . . . . fr. 10.—\nL'Art et la Société, par H. P. Berlage, architecte à Amsterdam. Tirés à part de la\nRevue \" Art et Technique „ (septembre 1913-février 1914). Un volume\nluxueusement imprimé et illustré de 98 clichés: . . *. . . fr. 20.\nLa Conservatiou du cœur dé la Ville de Bruxelles-, par Charles Buis, avec\ntraduction d'une conférence de C. Giirlitt sur la \" Conservation du cœur\nd'anciennes villes. Une brochure de 24 pages fr. 2.—\nL'habitation coloniale. Sa construction au Congo Belge par Gaston Boghemans.\nUne brochure de 20 pages abondamment illustrée fr. 3.\nConstantin Meunier. L'historique de son m par R\" Thiry et\nG. Hendrickx. Une brochure illustrée . . . fr. 1.—\nL'abbaye de la Cambre. Historique, descriptien, projets de transformation, avec\n20 illustrations. Texte de G. Des Marez, archiviste de la ville de Bruxelles fr. 1.50\nL'Art des Jardins et le nouveau jardin pittoresque, par Louis van der Swaelmen,\narchitecte paysagiste . fr. 1.—\nLA REVUE \" TEKHNÉ „. Collection complète de la 2me année <1912-1913). Beau\nvolume de 516 pages, sur papier couché, illustré de 250 clichés. Prix fr. 15.—\nPour obtenir ces livres, il suffit de verser, dans n'importe quel bureau des postes, au\ncrédit du compte chèques postaux \"n° 166,21 Revue la Cité „. la somme due et d'inscrire\nsur lé bulletin de versement le titre du livre et les nom et adresse du souscripteur."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.3", "texte": "LA CITÉ. - lIIe ANNÉE. - N° 2.\nFÉVRIER 1922,\n\nEsthétique\ndu Machinsme\n\nI\nVous croyez savoir certaines choses. On vous les a dites, ou vous les avez\nlues, ou votre bon sens vous prévient qu'elles sont. Mais vous ne les savez\npas tant que vous n'avez pas senti, en les voyant, en les touchant, leur pré-\nsence sanglante serrer votre cœur. Ainsi de l'amour. Ainsi de la guerre.\nAinsi de la naissance et de la mort de l'enfant.\nJ'ai visité une usine. Je savais. J'avais lu « Germinal ». J'avais lu\nRuskin. J'avais lu les livres de Hamp. J'avais traversé les grandes gares,\nles grands docks. J'avais même entrevu des soutiers au fond d'une cale.\nCependant, je ne savais pas, avant d'avoir visité cette usine. Il y a beau\ntemps qu'on m'avait convaincu de la laideur et de la cruauté du « machi-\nnisme », l'outil impersonnel, impassible, insensible, substitué à l'outil vivant\nqui prolonge le cœur par la tête, le bras, le poing. J'avais vu des crânes\nscalpés, des ventres arrachés, des poumons que la poussière brûle, des yeux\nque le feu vide de leur eau, des mains atrophiées et paralysées par le plomb,\nles lèvres gercées du verrier par où entre la vérole. Mais je n'avais pas visité\ncette usine. Je n'avais pas « vu » l'ennui. J'ai vu l'ennui. J'ai surpris, à mon\npassage, les regards mauvais qu'on jette à celui qui vient du dehors quand\nil veut, retourne au dehors quand il veut. Hier l'homme, la femme\nl'enfant! vivait là dix heures, douze heures, pour enfoncer, toutes les sept\nsecondes, le même boulon dans le même trou, pour mettre, toutes les sept\nminutes, la même goûte d'huile dans la même articulation, pour jeter, tous"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.4", "texte": "LA CITÉ\nFÉVRIER 1922.\n\nles quarts d'heure, la même pelletée de charbon dans la même gueule de\nfour. Cela dure aujourd'hui huit heures. N'est-ce pas six de trop? Vous qui\njadis profitiez de toute la lumière qui s'écoule entre les deux crépuscules\npour tirer d'un panneau de chêne une grappe de raisin, vous qui, toute la\nnuit, plié jusqu'à la courbature sur l'angle de votre bureau, couvrez votre\npapier de signes, jets de flamme échappés du cœur, n'avez-vous pas joui\nde cette fatigue enivrante que procure la création et qui est le témoignage\nsplendide de la dignité de l'intelligence? Vous qui vivez de ce travail ou!\nqui avez pénétré l'âme de ceux qui vivaient de ce travail, comprenez-vous\nque ce n'est pas contre le travail que le travailleur s'insurge, mais contre\nl'absence de travail? Contre l'ennui? Que vous aurez beau accroître son\nsalaire, l'associer à vos bénéfices, proportionner sa récompense à ses besoins\net à son effort, que rien en lui, en nous, ne rétablira l'équilibre tant que\nl'ennui persistera? Qu'il a voulu huit heures pour dormir, huit heures pour\nfuir l'ennui? L'avilissement, l'abrutissement, la honte de l'ennui? Le spec-\ntacle morose d'une vie intérieure vide qui mène à la dégradation de 1 être\nou à la rage, la révolte, la justification sociale du meurtre et de la destruction?\nC'est un phénomène effroyable que la « classe ouvrière » ait cessé\nd'être l'ensemble des hommes exerçant un métier manuel, le métier qui\nennoblit l'homme, pour devenir un groupement de maudits avilis par ce\nmétier. Que ce groupement grandisse, même au sein de la richesse. Que la\nmachine ait frappé même le paysan, qui ne se sert plus de ses mains pour\nsemer et labourer, ni de ses pieds pour fouler la vendange. Que les besoins\ncréés par la machine, les procédés créés par la machine automobile,\ntrain emportant vers le motif, ignorant les chardons de la route et le pain\ngagné sur la route, photographie, compas, couleur prête d'avance aient\nfait du « travailleur intellectuel1 » même une prostituée exerçant son métier\nsans amour pour satisfaire, de 14 heures du jour à 3 heures de la nuit, les\ncaprices les plus tyranniques et les plus extravagants. Regardez bien. La\n« classe ouvrière » gagne de jour en jour en importance sociale ce qu'elle\nperd de jour en jour en valeur professionnelle. C'est un phénomène effroyable.\nMais il peut devenir divin. Connaissez-vous une révolution pareille depuis que\nsaint Paul, renversant les conditions de l'héroïsme' proclama la noblesse de\nl'esclave à l'heure même où l'intelligence et la richesse triomphaient.\nIncroyable malentendu! La machine, aux yeux de presque tous les\nhommes, représente le « Progrès ». Or, le progrès n'est pas ailleurs que dans\nla connaissance, et la connaissance n'est autre que l'approfondissement ininter-\nrompu de l'amour. Et la machine tue l'amour, Sortez de là, si vous pouvez.Sor-\ntez-en autrement que par le drame,qui seul peut recréer l'amour par le moyen le\nplus sanglant. Toujours, toujours c'est une mystique nouvelle qui sort de la\nrévolte et de l'ennui. Toute civilisation repose sur la science et la joie de\ncelui qui œuvre de ses mains. Dès qu'il ne peut plus lui offrir que son igno-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.5", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nrance et sa tristesse, il exige qu'elle se renouvelle par la lame de fond de\nla barbarie et de la foi.\nII\nJ'ai comparé, après bien d'autres, le métier d'un manœuvre d'aujour-\nd'hui et nous sommes devenus presque tous des manœuvres au métier\ndu travailleur manuel des temps les plus proches de ceux qui ont vu naître\nla science et les applications industrielles de la science. Il y a, de l'un à\nl'autre, l'abîme infranchissable de celui qui aime son métier à celui qui ne\nl'aime pas. Et l'ouvrier athée du XVIIIe siècle est ainsi bien plus loin de\nl'ouvrier athée du XXe que de l'ouvrier croyant du XIIIe. Avez-vous songé à\ncela? Et si oui, avez-vous songé que l'ouvrier du XXe siècle, comme nous\ntous peut-être un peu moins que nous tous, et là est toute l'espérance\nvit quand même selon les idées politiques, sociales, philosophiques de 1 ou-\nvrier du XVIIIe siècle? Liberté, Egalité, Démocratie, Justice, Progrès indé-\nfini de l'homme. C'est sur un pont ruiné que nous voudrions franchir\nl'abîme alors que, des bâtisseurs de cathédrales aux architectes d'Aix, de\nBordeaux, de Trianon et de la place Louis XV, le pont était encore solide,\ndense, continu, et que si nos idées changeaient ce n'était que pour mieux\ncomprendre et goûter les paysages et les incidents révélés par notre marche\nsur le pont. Quand on constate que ses planches sont vermoulues, c est la\nRévolution qu'on incrimine. Mais non. Ce qui a ruiné le pont et rendu\nl'abîme sensible, c'est la science. Le XVIIIe siècle 1 a lancée, mais elle a\ndépassé de loin ses prévisions les plus extravagantes. Interpréter désormais\nle monde selon le XVIIIe siècle est aussi impossible que de l'interpréter selon\nle christianisme, ou le paganisme, ou le fétichisme. C est vouloir faire ren-\ntrer l'homme dans le ventre maternel. La science a fait le monde plus diffé-\nrent depuis cent ans qu'il ne différait, il y a cent ans, de sa plus lointaine\naurore. Comme nous ne pouvons détruire la science, il faut en tirer parti.\nLe cadre idéologique de la société ne peut plus enfermer la science, les\napplications de la science, l'immense bouleveresment des esprits, des besoins,\ndes mœurs que la science et les applications de la science imposent. Voilà\nle fait. Il est terrible. Que l'homme, dans ce chaos, reste identique à lui-\nmême, un sexe, un estomac, une âme, c'est entendu. Mais c est précisé-\nment pour rester identique à lui-meme et repondre aux questions et aux\nexigences de son sexe, de son estomac, de son ame, qu il doit ordonner ce\nchaos. Sinon, loin de l'accroître, la science ruinera la civilisation. Je ne crois\npas, d'ailleurs, que cette catastrophe soit nouvelle, et contraire aux lois\nmême de notre développement. La civilisation, continue dans son esprit,\nest discontinue dans ses formes. Tout instrument nouveau qu elle imagine\nen compromet les habitudes, en brise le rythme parfois. Mais c est par\nlui qu'elle persiste, si elle sait s'en servir."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.6", "texte": "LA CiTÉ\nFÉVRIER 1922.\n\nAvant la science, avant du moins ce que nous appelons la science, c'est-\nà-dire l'adoption d'une méthode exclusiviste qui nous a permis de fixer, par\nséries convergentes d'approximations progressives, un grand nombre de lois\nde continuité et de constance dans l'univers matériel et d'en tirer des consé-\nquences matérielles que nous avons utilisées pratiquement, la science et l'art\nse confondaient. Ils se confondaient en profondeur, dans notre organisme\nspirituel dont ils exprimaient, par des moyens et non par des méthodes\ndifférentes, les aspirations. Ils étaient fonction de son unité même, et rappor-\ntaient à cette unité tous les aspects vivants du monde. C'est toute la civili-\nsation chinoise. C'est toute la civilisation égyptienne. C'est toute la civili-\nsation grecque même jusqu'aux sophistes qui ont employé la logique à sépa-\nrer l'art de la science et par là ont précipité la ruine du monde antique afin\nque le monde nouveau trouvât tout à rebâtir. Aristote, Archi,mède, Euclide,\nHipparque dissèquent l'agonisant, arrachent la connaissance intime au\ndomaine de la foi pour l'installer dans la raison pure et par là tuer l'enthou-\nsiasme. Toutes les fois, depuis toujours, que la science ou un rudiment de la\nscience apparaît, le même phénomène se fait jour. L'art japonais a disparu\nà I*instant même où la science occidentale a pénétré au japon. La voix de\nla musique allemande a été étouffée sous le corset de fer de 1 organisation\nindustrielle. Mais ce sont là des examples trop secs, trop immédiats, trop\nfaciles : le phénomène est bien plus général. Dans le monde moderne l'anta-\ngonisme entre l'art et la science a commencé, pour le plus grand malheur\ndes deux, avec la Renaissance d'Occidenst, s'est accentué de siècle en siècle\npour prendre un caractère tragique quand la méthode, définitivement orga-\nnisée, a aspiré dans les rouages du machinisme toutes les activités et presque\ntous les esprits. Pour le plus grand malheur des deux, je le dis bien, car la\nscience y a perdu l'animation humaine, l'élan intuitif et sensuel qui la main-\ntenait vivante dans l'unité de l'esprit. Et l'art, le squelette rationnel, la con-\nnaissance intime de la matière, de sa structure et de ses lois qui lui interdisait\nde sortir de cette unité bienfaisante pour s'égarer dans les sentiers mesquins\nde la virtuosité technique ou les habitudes abjectes du sentimentalisme lar-\nmoyant.\nJe sais bien que cette séparation ne s'est pas effectuée sans lutte, ce qui\nd'ailleurs témoigne du danger qu'y pressentaient les esprits. Songez aux\ncadavres ouverts, à la pourriture scrutée, à Vinci dessinant des élytres\nd'insecte, étudiant le vol de l'oiseau, 5 Ucello ramenant, dans ses toiles noires\net pourpres, le flottement des étendards et le choc des lances à des combinai-\nsons géométriques, songez aux théorèmes plastiques de Brunelleschi, de Dona-\ntello, de Piero délia Francesca. Le caractère tendu et douloureux de la Renais-\nsance italienne, de Masaccio à Michel-Ange, vient de l'effort qu'elle n'a cesse\nde tenter pour trouver l'accord absolu de la science et de l'art, du rrfonu,ment\nmoral qui s'effondrait et de l'enquête analytique qui s'annonçait universelle"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.7", "texte": "LA CITÉ. - lIIe ANNÉE. - N° 2.\nFÉVRIER 1922.\n\net impossible à retarder. Le cœur de. Michel-Ange est le théâtre de la dernière\net de la plus difficile victoire que l'unité chrétienne ait remportée. Après lui,\nPascal excepté, peut-être, et Milton, le drame formidable qui torture les\nesprits penche d'un autre côté. Cette unité perdue et qui se désagrège d'heure\nen heure, ce n'est plus dans le christianisme, c'est dans l'individualité libérée\npar une raison encore toute imprégnée des illusions de l'enfance, et toute\nréchauffée par Y interprétation imaginaire de l'Histoire, du Ciel, des Continents,\ndes Mers qui se découvrent, que persiste un paradis dramatique dont les\npeintres de Venise, Cervantès, Shakespeare, Rubens, Rembrandt, Mozart,\nWatteau, Sébastien Bach, Beethoven forcent les portes d'airain. Les grands\nsystèmes constructifs, celui de Copernic, celui de Spinoza, celui de Newton,\ncelui de Leibnitz, celui de Laplace, celui de Lamarck vont tous, en prenant\nun autre départ, vers un horizon identique. Us sont le pressentiment profond\nde ce que la science accueillant, dans une humilité magnanime,les illuminations\nde l'hypothèse délivrée de l'expérience étroite et de Tobsérvation mesquine,\npeut accepter des moyens et des fins de l'art pour apporter à l'art le support\nmétaphysique sans lequel il se traîne dans l'anecdote et le détail.\nIII\nEn fait, de nos jours, la séparation est complète. L'art du XIXe siècle,\nla science du XIXe siècle ont poursuivi leur enquête en se tournant le dos.\nEnquête féconde, il est vrai, puisque l'analyse a conquis à la peinture la\nlumière, au roman la psychologie,à la science le laboratoire et l'outil industriel.\nMais dont la science et l'art mourront, s'ils n'arrivent pas à se joindre, la\nlumière ayant dissocié la forme, la psychologie ayant disloqué le lyrisme, le\nlaboratoire et l'industrie ayant détruit le métier. Dont ils meurent en ce\nmoment, prenez-y garde, dans les âmes, avant de mourir dans les objets ou\nils ne se prolongent que par des moyens mécaniques qui vivent sur la vitesse\nacquise mais s'épuisent peu à peu. Parce que l'art disparaît de la science, un\ngarçon de laboratoire peut faire, avec un microscope, le diagnostic d'un mal\ncaché, et le soigner, du dehors. Mais il ne peut y découvrir, comme le clinicien\nd'autrefois, le drame organique profond que lui révélaient l'intuition, l'obser-\nvation, la connaissance morale et sociale des hommes, la science lentement\nacquise, l'introspection, pour lui permettre de le suivre, de le comprendre, de\nle combattre, sans perdre de vue ses liens subtils avec 1 hérédité, le milieu, les\nconditions de métier et de vie, la nature physique et spirituelle de qui le porte\net le transmet. Parce que la science disparaît de 1 art, un professeur d Aca-\ndémie peut construire un palais à grand renfort d argent, d epures, satisfaire\nla vanité ou l'avidité du client. Mais il ne sait plus pénétrer la vraie destination\nde l'édifice, mais il perd le souci de la constitution intime et du grain de ses\nmatériaux, mais il ne connaît plus les vertus propres, les moyens propres, les\nréactions spéciales vis-à-vis du travail à faire de chacun de ses ouvriers. Mais"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.8", "texte": "LA CITÉ\nFÉVRIER 1922.\n\nil ne se doute plus que l'utilité coïncide avec l'harmonie qu'il dédaigne, alors\npourtant qu'elle répond à la connaissance intuitive d'une géométrie secrète\nqui enferme les nombres obéissants dans quelques masses simples et quelques\ncourbes continues que l'orne(ment rompt et disloque s'il ne sait pas les\nsouligner.\nCet antagonisme croissant a pris presque partout la forme d'une inimitié\nsourde entre le savant qui n'aime plus et l'artiste qui ne sait plus. Allons plus\nloin. C'est à lui qu'il faut imputer les malédictions dont on accable ici l'isole-\nment monstrueux de l'artiste dans une tour d'ivoire qu'il ne sait même plus\nmeubler, et là la cruauté horrible de la science qui, par l'industrie et la guerre,\nforce l'homme à marcher dans son sang et sa cervelle pour aller il ne sait où.\nMais qu'on ne s'y tromjpe pas, c'est l'unité qu'on pleure, c'est la souffrance\nde sa perte qu'on trahit quand on accuse, comme un mauvais ouvrier gâchant\net manquant son ouvrage, le redoutable outil qui a fini de la détruire, mais qui\nseul peut la recréer. La science n'est pas plus cruelle que l'art, ni que la religion\nmême. Nous avons tout accepté de la religion, et de l'art, nous accepterons\ntout de la science, comme nous acceptons tout de la vie quand, dévastés, sai-\n«\ngnants, à bout de larmes, nous sentons naître en nous la joie d'un ordre\ninconnu, d'une unité nouvelle conquis sur le drame intérieur et le chaos envi-\nronnants. L'industrie broyeuse d'enfants et de femmes, la guerre tueuse\nd'hommes? Soit. Avez-vous compté les victimes qu'il fallut entasser dans les\nrades de Mycale et de Salamine, égorger sur les promontoirs, noyer au fond\ndes golfes de Sicile et du Péloponèse, pour que Phidias conquît sur la fureur\ndes hommes la magnanimité de décorer un petit temple, pour qu'Eschyle\npuisât dans les tragédies de l'adultère l'harmonie du drame lyrique, pour\nqu'Aristophane distillât son rire de la sottise des partis. Avez-vous fouillé les\nossuaires des cryptes de la cathédrale pour y chercher les os qu'on avait\nbroyés sur la roue, savez-vous combien d'enfants, de femmes sont morts dans\nle fossé du rempart pour que le poème ogival de pierre et de verre emportât\ndans le ciel, aussi haut que leur confiance, la prière des vivants? Vous savez\nbien que quand les chevaux du prophète venaient boire l'eau froide que les\nkalifes enfermaient sous les palmes et les coupoles, leur sabot laissait sur le\nmarbre de ses berges des traces de sang. 11 y a l'Assyrie, les Aztèques, il y a\nl'lnde. Il y a les aqueducs et les routes des Romains qui progressaient dans les\nembûches des forêts et les fièvres des marécages. Il y a les républiques ita-\nliennes qui tendaient, au-dessus des pavés sanglants, l'esprit comme un arc.\nInutile d'aller plus loin. La civilisation est un drame terrible. Ce qui distingue\nses grands moments de ses dissolutions et de ses défaillances, c'est le courage\nà en accepter les risques et la puissance à conquérir sur ses désordres la sérénité\ndu cœur.\nEn dépit de son rôle actuel, la science, comme l'art, n'est qu'un instru-\nment destiné à créer l'unité du monde. Ernest Hello l'a parfaitement vu dans"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.9", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\ncet admirable chapitre de l'Hotmme où il revendique la science comme appar-\nnant au Christ. Qu'on ne m'oppose pas le bûcher de St-Dominique, la sorcière\nde Michelet. Si l'Eglise brûlait les savants, ce n'est pas que la Science fût oppo-\nsée, dans son principe, à l'esprit de l'Eglise, c'est que leur science était en\nopposition apparente avec la science de l'Eglise. Cuvier ne pouvant pas brûler\nLamarck, il le ridiculisait, ce qui tue plus sûrement l'idée que de supplicier le\ncorps. Hello a raison, certes, mais précisément il suffit que l'unité du monde\nait été une fois chrétienne pour qu'elle ne puisse le redevenir.Quand une plume\nde fer a déchiré les pages d'un poème, ce n'est pas pour récrire le même. Une\nreligion, le christianisme comme les autres, est une explication poétique, plus\nou moins grandiose et durable, de l'unité. Mais cette explication, tout en\ngardant sa beauté propre, use peu à peu son pouvoir à susciter l'énergie de la\nmasse et à souder autour d'elle les cœurs. Le prêtre, qui est l'agent le plus\nactif de la récitation et de la diffusion du poème, est aussi le plus actif de sa\ndissociation. Tant qu'il croit il le fortifie, dès qu'il profite il le perd. L'artiste\net le savant depuis quatre siècles, l'ingénieur depuis un siècle ont joué ce rôle-\nlà. Plusieurs fois ils ont ébauché le poème, plusieurs fois ils l'ont détruit. Quel-\nques-uns, nous l'avons vu, pour l'usage d'un cœur profond qui se refusait aux\napparences et aux constatations médiocres, ont même imaginé une épopée\ncomplète, cathédrale intérieure, foule unanime tenant toute entre ses parois.\nAussi éloignés des masses qu'ils se tiennent, eux qui ont relevé les temples dans\nla force solitaire de leur foi désintéressée, la nécessité de revivre et de recréer\njettera dans leur sillage les masses qui les ignorent, mais dont l'esprit qu'ils\nsèment a remué le mysticisme propablement à leur insu. Et cela parce que les\nmasses, un jour, car c'est leur loi, réagissent au nom de la faim qu'elles ont et\nde l'amour qui leur manque contre l'artiste abêti par l'art sentimental, le\nsavant rétréci par la science expérimentale, l'industrie} avili par l'argent. Un\npoème est un état d'équilibre enthousiaste entre l'homme mobile ou l'huma-\nnité mobile et les éléments mobiles de l'univers qui les emplit et les entoure.\nComme leurs rapports se modifient sans cesse, cet état d'équilibre se traduit\npar un nouveau poème qui diffère du précédent. Mais les poèmes qui consti-\ntuent la substance même de l'Histoire ont un caractère commun dans tous les\ntemps, chez tous les peuples, dans le cœur de tous ceux qui les créent ou les\nvivent. Ce caractère est l'unité.\nIV\nLa science, qui a détruit un poème, refait donc un autre poème une\nautre unité comme l'intelligence grecque, rencontrant la passion juive, a\nrefait un nouveau poème après avoir ruiné l'ancien. Car il faut le contact\nd'une intelligence arrivée à l'extrémité de ses conquêtes et d'une passion\ncontenue au bord de son désir. La machine, surgissant au cœur de la mystique\nunanime des foules qui sont ses victimes, comme les esclaves, jadis, supportant"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.10", "texte": "LA CITÉ\nFÉVRIER 1922.\n\ntout le poids de la culture antique constituera le plus puissant des instruments\nde la nouvelle unité. Remarquez tout d'abord son action formidable sur les\nnotions les plus solides où s'accrochait l'intelligence : matériellement et morale-\nment,elle a supprimé la distance, elle a supprimé le temps. Elle a fait entrer la\ndurée dans les dimensions de l'espace. Elle a anéanti l'opacité des choses. Elle\ndécompose, recompose, ralentit, précipite, transforme le mouvement. Elle\neffectue la synthèse des corps. Elle atteint, en bouleversant ses rythmes et ses\nhabitudes, la nature même de l'esprit... Voici qui est nouveau, je pense, et\npuisque la mystique du bonheur la seule, la vraie, l'éternelle mystique\nannonce un terrible réveil, voici qui est bien fait pour changer radicalement\nl'équilibre moral du monde à la faveur de ce réveil.\nBien peu d'entre nous, au fond, ont accepté la machine. Et dans tous les\ncas les rapports spirituels nouveaux qu'elle révèle, les rapports moraux dont\nelle peut changer les conditions, les rapports esthétiques qu'elle renouvelle\navec une franchise et une précision si tranchantes qu'elles doivent tuer l'art,\nou l'accaparer. Il ne s'agit pas, Ruskin, de maudire la machine.Car tu n'ignores\npas ce que l'anathème a produit : contre elle, tu as fait appel à l'innocence de\nl'homme, et des hommes, pour t'obéir, ont singé l'innocence même dont tu\ninvoquais les traces matérielles pour les faire rougir d'exister. Il ne s'agit pas\nde maudire la machine. Elle est. On ne la chasserait pas plus facilement de\nl'Histoire que le geste de Prométhée ou la parole de Jésus. Il s'agit de s'en\nemparer. Et nous ne nous en s animes pas encore moralement ni même effec-\ntivement emparés. C'est elle qui nous tient. Elle nous réduit en servage. Je ne\nl'ai pas inventé. Nous obéissons aux moindres exigences de son appétit mon-\nstrueux. Elle a fait descendre notre âme de notre cœur dans nos entrailles. Et\ncela parce que nous n'avons pas encore autorisé notre esprit à s'emparer des\nnotions qu'elle modifie pour leur demander d'imprimer à notre éducation\ntraditionnelle une direction qui ne lui permette plus d'hésiter entre les grands\nsouvenirs d'une mystique agonisante et la haine de ces souvenirs. De l'une et\nl'autre part pauvre attitude, qui nous aveugle ou qui nous avilit. Je consens,\npour délivrer l'homme des parties basses de la machine, à travailler dans une\nusine une ou même deux heures par jour, comme j'ai peiné des mois dans une\ncaserne, comme j'accepte l'heure où le train doit m'attendre, le rythme de\nl'emploi qui me nourrit, comme je paie le loyer ou l'impôt. Et peut-être pas\npour longtemps : nous commencerons seulement à posséder la machine quand\nson automatisme, en réduisant le nombre des bras qu'elle exige, aura réparti\nsur nous tous un peu de sa tyrannie, quand ce prolongement terrible de l'intel-\nligence qui broie l'ordre social au profit de quelques individus, entrera dans\nl'ordre social pour lui subordonner l'ardeur de tous les individus.\nAttention! Ceci semble paradoxal, et je ne sais si je saurai me faire com-\nprendre. La conquête de la machine par l'homme, conquête qui doit aboutir\nà la revanche de l'homme sur la machine et à l'asservissement définitif de la"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.11", "texte": "LA CITÉ. ~ IIIe ANNÉE. - N° 2.\nFÉVRIER 1922,\n\nmachine jusqu'ici maîtresse de Thamime, a commencé pour quelques-uns. Il est\ndes machines étranges, dont les boyaux, les artères, le cœur, directement\nrivés à Fhomme par ses nerfs, tous ses sens, sa volonté, sa passion même,\ngrandisent l'homme dès qu'il est digne de grandir. Ce sont ces machines\nmobiles qui exigent de sa part, en échange de leur puissance, le don d'une\npuissance égale pour mater leur caprice, leur révolte, diriger leur violence\naveugle, soustraire leur inertie même aux lois de la vitesse et de la pesanteur.\nL'automobile a ouvert cette veine immense, le sous-marin, l'avion surtout ont\nrévélé les trésors d'énergie, d'adresse, d'intelligence et d'imagination qu'elle\nnourrit, le cinématographe, par un retour inattendu de notre invention poé-\ntique, y a commencé la conquête, sur la science, d'un art nouveau à exploiter,\nen lui permettant de combiner à l'infini, dans un miraculeux espace où tient\net se meut la durée, les formes, les gestes, les masses et les valeurs en mouve-\nment. C'est le premier contact intime de notre dynamisme spirituel avec le\ndynamisme mystérieux de la matière, depuis que le premier nomade anima la\npremière flamme et que le premier pêcheur de la Polynésie ou des Cyclades\nfrappa la mer de la première rame et déploya le premier bout d'étoffe à la\nbrise qui se levait. C'est aussi ce jour-là, je pense, que le despotisme de la\nmachine a comimencé son recul. Et c'est en combinant les conquêtes que notre\nesprit a faites à la faveur de ce recul avec l'automatisme croissant des organes\nde la machine, que nous forcerons la machine à refaire l'équilibre intellectuel\net sociale qu'elle est venue bouleverser. Elle est encore hors de nous. Elle fera\npartie de nous.\nJ'ai pensé à ces choses, un jour, en regardant, dans une exiposition de\npeinture, un « tableau » fort singulier fait de combinaisons géométriques, ou\npseudo-géométriques, de rouages de métal réels, de sections de solides maté-\nriels ou figurés. Et aussi, un autre jour, en essayant de pénétrer le sens d'une\nsuccession kaléidoscopique du même geste, immobilisée sur la toile pour y\ntransporter la sensation visible, et non plus symbolique du mouvement. Il m'a\nsemblé, ces jours-là, que ceux qui se réclamaient le plus évidemment des\nnotions neuves que le mouvement transformé et les outils nouveaux du mou-\nvement nous dictent, en étaient à peine effleurés. Ils imitaient, au même titre\nque les plus sages parmi les bons élèves des ateliers officiels. Ils imitaient avec\naffectation des formes neuves, au lieu d'imiter avec résignation des formes\nvieilles. Ils restituaient ces idées et ces formes sans les avoir digérées. Ils\ncombinaient des images qui ne faisaient pas partie d eux. Ils imprimaient a ces\nimages des rudiments de rythme que les battements de leur cœur ne faisaient\npas passer dans les mouvements de leurs doigts. Ils se trompaient. Il convient\nde se pénétrer des nécessités organiques à quoi répondent des machines, les\nbesoins qu'elles satisfont et des lois vives que relevônt leur conception et leur\nfonctionnement. Le jour où le rythme de la machine sera fonction de notre\nesprit, nous laisserons à leur place les bielles et les pistons, nous ne verrons"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.12", "texte": "LA CITÉ\nFÉVRIER 1922.\n\nplus des fragments de machines sur nos tableaux et nos statues, nous n'enten-\ndrons plus des halètements de machines dans nos symphonies et nos poèmes :\nseulement des profils purifiés, des contours nets, des mouvement précis, des\ngestes catégoriques associés en combinaisons absolument imprévisibles, mais\ndébarrassées de nouveau du sentimentalisme anecdotique et de l'incident\npittoresque, exprimeront l'éternel sentiment de l'homme dans un langage que\nla fréquentation familière de la machine aura transformé. Phidias n'a jamais\nessayé de faire passer dans ses statues la métaphysique d'Anaxagore. Mais il\nen était imprégné. C'était la sienne. Et parce que c'était la sienne, il n'y son-\ngeait pas plus, quand il travaillait le marbre, qu'à la forme de sa main ou à\nl'énergie de son cœur. Sans que lui-même s'en doutât elle passait dans le\nmarbre comme la forme de sa main et l'énergie de son cœur.\nEt cependant, faut-il négliger ces symptômes, même quand ils affectent\nces allures tapageuses, même quand ils ne révèlent qu un désir intéressé ou\npuéril d'étonner ou d'indigner? Il y a, dans cet appel à la machine, aux formes\nextérieures de la machine, aux modifications infligées à notre conception\nancienne de l'espace et de la durée par l'action de la machine, une indication\nsaisissante. Ces manifestations se confondent parfois avec un mouvement plus\ngénéral, ou en dérivent, ou suivent une évolution parallèle, ou se solidarisent\navec les groupes qui tentent de le propager. Tout entières, la peinture et la\nsculpture sont entraînées vers des recherches qui se qualifient elles-mêmes de\n« constructives », qui tendent à restituer à la forme son sens architectural et\nqui vont, pour la retrouver, jusqu'à supprimer les reflets qui dansent sur elle,\nl'atmosphère qui l'enveloppe, ses apparences extérieures même, afin de la\nrestituer selon ses dimensions et ses volumes abstraitement envisagés. Un\nbesoin universel de redonner à l'œuvre d'art, à la société, à l'esprit, l'aspect\nmontfmental qui marque leurs grandes époques nous tourmente. Il ne s'apai-\nsera en nous que quand nous l'aurons satisfait. Et d'abord, n'est-ce pas, quand\nnous l'aurons accepté. Quand il aura quitté les théories et les systèmes pour\ns'épandre organiquement de la profondeur de nos âmes dans les expressions\nesthétiques et sociales que nous prétendons en donner.\nV\nOr la machine, à l'heure actuelle, est la seule forme construite. Et con-\nstruite organiquement, en partant du centre invisible des fonctions complexes\nà remplir pour aboutir à l'efflorescence tangible des organes à utiliser. Je dis\nla seule, qu'il s'agisse d'architecture, de peinture, de sculpture, de littérature,\nd'ordre politique ou social. Seule, au milieu des ruines, complète, dure, redou-\ntable, définie par tous ses profils, assise entre des plans catégoriques, résis-\ntante, attaquante, vivante par sa masse même et ses saillies, elle donne à\nl'esprit avide d'ordre la sécurité. Remarquez, dans le domaine de l'architec-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.13", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922,\n\nture elle-même, signe extérieur d'un style social solide et fortement organisé,\nle rôle qu'a commencé à jouer la machine depuis à peu près cent ans. Elle\nest la seule architecture. Dès que la machine est apparue, l'architecture a fléchi.\nOn a cru qu'elle était perdue. Elle n'était que remplacée. Remplacée au début\npar un organe embryonnaire, croissant impitoyablement pour envahir de ses\nrigides ou mouvantes constructions le monde condamné à payer son tribut au\nmonstre qui exigeait que des hommes passent tous les jours de leur vie sous\nterre pour en tirer le charbon nécessaire à sa nourriture, que d'autres homimes\nsoient lentement brûlés vivants pour forger ses os et ses muscles, et qui broyait,\nrien qu'en marchant, des cervelles humaines dans ses articulations. Devant la\nbête de métal taillée pour le vent et la course, avec sa poitrine sonore, ses\nflancs effilés, ses membres durs jouant dans leurs jointures silencieuses, parfois\nses grandes ailes immobiles qui la bercent dans les hauteurs, la maison des\nhommes perdait son échelle, se couvrait d'ornements grotesques, embrouillait\nses profils, disloquait ses proportions. Avec le monstre, la tannière du monstre\nseule gardait les proportions logiques, arrêtait les profils nécessaires, suppri-\nmait l'ornement parasite, retrouvait l'échelle perdue. Quand l'ingénieur agis-\nsait, quand n'intervenait pas l'« artiste », le métal, le ciment armé, parfois\nmême la vieille pierre ressuscitaient, sur un rythme nouveau, la franchise\nauguste des lignes, la continuité musicale des courbes, la nécessité fonction-\nnelle des masses qui déterminent l'harmonie par la plus étroite, la plus inno-\ncente, la plus sincère adaptation. Le monstre et les lieux qu'habite le monstre,\nles routes qu'il parcourt, ses relais, permettaient à ceux qui l'acceptent et renon-\ncent à le vêtir d'oripeaux empruntés à des espèces mortes, d'entrevoir la\nbeauté que son accord définitif aivec l'intelligence imprimerait un jour au\nvisage rajeuni du sol.\nOn voit déjà des arches gigantesques franchir d'un seul élan le gouffre,\ncomme le jet de la pensée entre deux contradictions. On voit des locomotives\npuissantes effacer toutes leurs saillies pour mieux maîtriser l'orage, le col court,\nle poitrail tendu, les viscères cachés dans le tronc cylindrique, les bielles, les\npistons articulés comme les figures d'une danse, silencieux, précis, rythmiques\ncomme elles, obéissant comme elles à la combinaison secrète du vertige du\nmouvement et de l'ordre de l'esprit. On voit les automobiles dont le vernis\nnoir miroitant évoque les boîtes d'harmonie ou ces laques orientaux qui sem-\nblent condenser les transparences liquides des sources ombragées de pins,\nsupprimer automatiquement tout ce qui peut entraver leur essor vers la con-\nquête du temps, bander leur forme continue autour de leur cœur métallique,\nincorporer à l'unité intransigeante de leur masse la silhouette même de\nl'homme comme un organe essentiel. On voit l'aéroplane s'ordonner comme\nun grand insecte autour du corselet brillant et de l'hélice vrombrissante qui\nvrillent l'air et l'y balancent comme pour retrouver la justification de notre\nintelligence dans les formes que la nature organise pour le vol. Le sous-marin"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.14", "texte": "LA CITÉ\nFÉVRIER 1922.\n\nrépète, dans l'obscurité de l'abîme, cette obéissance ingénue à la structure\nrationnelle que ses besoins imposent à l'animal. Le canon, pour se soumettre\nà sa fonction mathématique de distribuer exactement la mort à quatre lieues,\nlaisse ses hausses et ses freins déterminer sa forme cruelle comme un théorème\nde fer. L'usine en mouvement recommence, par le vol des courroies* l'immense\nva-et-vient des bielles, la ronde imperturbable des volants, la légèreté gigan-\ntesque, la précision rythmique de tous ses organes en jeu, quelque chose comme\nla subordination à la même pensée centrale des lignes de la nef ogivale s équi-\nlibrant et se répondant sans arrêt, la musique sourde et lointaine qu évoque,\nà l'imagination captée, la gravitation des cieux. Fonction plus riche encore en\nressources insoupçonnées, l'écran lumineux associe à la forme géologique, la\nforme humaine et animale brisant incessamment leurs architectures (mouvantes\ndans les passages continus des valeurs qui naissent et meurent, pour révéler\nla symphonie visible dont les échanges combinés de la lumière et de la vie\naniment l'espace entier... Et remarquez, à propos de cet instrument merveil-\nleux qui souligne le caractère et la personnalité de tous les peuples, de tous les\nhommes qui s'en servent, remarquez que la machine même trahit, aussi bien\nqu'un tableau, F âme de son constructeur. Une marque d'automobile se recon-\nnaît à cinq cents mètres. A côté d'un navire de guerre allemand, un navire de\nguerre italien, par exemple, semble auprès d'un puissant pachyderme, quelque\nfélin nerveux, effilé, qui rampe et s'efface. Les cheminées d'usine ont la vigueur\ntrapue, le jet svelte ou les proportions mesurées des colonnes de temples, des\nfemmes ou des arbres du pays.\nLa science de l'ingénieur, probablement comme en Egypte, en Grèce, et\ncertainement comme à Rome, ramènera à ses conditions nécessaires d équi-\nlibre le métier de l'artiste qui perd pied et barbotte dans l'enlisement senti-\nmental. La machine n'est pas faite d'abord pour être vue. Elle est faite d'abord\npour être utile. Elle sert nos terribles jeux. Elle est jeu. La machine ne ment\npas. Là machine ne peut mentir. Non seulement elle introduit peu à peu dans\nnos besoins la connaissance de la matière, de ses qualités anciennes, d'autres\nqualités inconnues qu'on ne lui soupçonnait pas, des moyens d'utilisation que\ncette connaissance impose» mais aussi elle réapprend à subordonner toutes les\nformes extérieures à la tâche qu'elle accomplit. Si elle n'est pas logiquement et\nrationnellement construite, la machine ne marche pas, ou marche mal. Sa\nbeauté, cette beauté sobre et probe, qui tient de l'animal vivant ne se sachant\npas regardé et de la caidence imprimée à la vie des formes par le cheminement\nmécanique des astres, est une fonction nécessaire de sa plus obéissante et\nirrfmédiate adaptation. Elle est le noyau dur autour de qui, concentriquement,\ndoit s'organiser peu à peu l'ordre intellectuel qui s'annonce et dont la mystique\nnouvelle, si elle veut se maintenir et hiérarchiser ses valeurs, ne pourra pas se\npasser."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.15", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nVI\nAinsi, comme toujours, l'introduction d'un élément nouveau dans l'uni-\nvers matériel et moral de l'homme a rompu, mais doit rétablir l'équilibre tou-\njours instable qui est le but constant de son effort. On me dira qu'il n'y eut\njamais, le feu excepté peut-être, d'élément de cette importance introduit dans\ncet univers. Mais le feu est bien loin pour que nous puissions connaître ce qui\ns'est passé ce jour-là. Presque aussi loin, plus loin peut-être que la hache de\nsilex qui dut bouleverser de fond en comble l'organisation rudimentaire des\npremières sociétés. Peu importe, d'ailleurs. Les apparences seules rendent\nl'instrument scientifique très différent des moyens antérieurs d'investigation\net de conquête autour de qui les civilisations ont toiir à tour gravité. Tous les\nsystèmes cosmiques, toutes les explications synthétiques du monde, paga-\nnisme, brahmanisme, bouddhisme, christianisme, islamisme, ont produit ces\nruptures et ces rétablissements d'équilibre dont le machinisme nous offre\naujourd'hui un tragique exemple. En quoi diffère-t-il vraiment de ces mouve-\nments passionnés créés par l'égoïsme et l'antagonisme des classes, qui tradui-\nsaient la redoutable variation des relations de l'homime à l'homme, de\nl'esclave au profiteur, des besoins populaires aux disciplines aristocratiques,\ndu ventre à la tête, et qui s'organisaient en religion autour du choc des armes,\ndes migrations dans les chariots de guerre et les trirèmes et de la rumeur des\n!métiers? La « civilisation » dont l'Occident est si fier lui inflige en réalité\nl'effroyable vertige où ce flottement de valeurs qui caractérise les chutes de\ncivilisation ne permet plus à l'homme, pour en bâtir une nouvelle, que l'orga-\nnisation d'une mystique capable de servir de contrepoids à l'élément dont la\npesanteur entraîne l'esprit à l'abîme. Le « progrès » de l'Occident, qui a accru\njusqu'à l'aveuglement son dédain pour les civilisations orientales, n'est qu'un\npassage redoutable entre deux états d'équilibre. Remarquez qu'au XVIII*\nsiècle, par exemple, à l'heure où la musique allemande jette aux hommes le\ncri d'alarme qui les prévient du danger, la décadence de l'Europe est à peu\nprès aussi profonde que celle de l'Asie. La veille encore, toutes les civilisation»\nde la terre étaient dans un état de développement très comparable, il n'y\na pas cinquante ans d'intervalle entre le grand Shah Abbas, le grand Mogol\nAkbar, le grand Shogun Yeyas et le grand Roi Louis XIV qui couvrent la\nPerse, l'lnde, le Japon, la France des monuments les plus magnifiquement\nstylisés qui aient jamais défini l'activité et les tendances de ces contrées où\nrégnaient cependant quatre religions dissemblables. La différence n'éclate\nqu'un siècle à peine après eux, parce que la dissociation plus rapide de sa\nmystique permet à l'Occident de s'emparer d'un insrtument d'analyse qui va\nbientôt le déchirer. Cet instrument n'arrête pas la décadence, il la précipite\nau contraire, mais l'esprit, tenu en éveil par la brûlure de ses plaies et rejeté\ndans la solitude affreuse de son paradis dévasté, scrute les matériaux des"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.16", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nruines quil a faites pour y chercher un point d'appui. 11 n est point vrai que\nla machine soit la civilisation. Mais il est vrai que l'hompne peut se servir de\nla machine pour recréer une civilisation dont 1 aube du développement spiri-\ntuel est encore à naître. La science, et par la science la machine, a ete comme\nle bâton que le noyé saisit et entraîne au fond de 1 abîme, mais dont il s aide»\ndès qu'il touche ce fond, pour en escalader les bords.\nCette analogie essentielle du machinisme scientifique avec les éléments\néconomiques et intellectuels qui ont ruine toutes les civilisations pour en\nrecréer d'autres et faire passer presque toujours la domination spirituelle dé\nI*oppresseur à l'opprimé en renversant les valeurs qu avait imposées 1 oppres-\nseur, doit nous mener plus loin dans 1 appréciation de son rôle. Il supprime\nI'« artiste » par deux voies, d'abord en développant les qualités logiques de\nl'esprit, ensuite en libérant le sentiment perverti par le faux art. Mais il recrée\nFart peu à peu. Les grandes époques d art ne connaissent pas 1 « artiste » :\nle sculpteur de tombe égyptien, le maçon de Rome, 1 imagier français, le déco-\nrateur, le brodeur, le céramiste hindou ou persan ou chinois sont des ouvriers,\nrien de plus. Enfin, en abaissant la culture generale pour instaurer le règne\nétroit du technicien et en rejetant, par sa cruauté, les foules vers la mystique\ndu bonheur, le machinisme crée, du même coup, une barbarie nouvelle qui sera\nla matière ardente de la société à refaire et le noyau compact d'une jeune\naristocratie qui trempera dans la bataille le courage inexorable de lui dicter ses\nvaleurs.\n\nElie FAURE."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.17", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nQUELQUES IDÉES\nA PROPOS DE LA\nCONSTRUCTION DES ÉCOLES\n\nLe procédé d'imitation des formes créées par l'an-\ntiquité et le moyen-âge, exploitées en dehors des\nprincipes depuis la Renaissance, doit être\ndésormais radicalement abandonné. Les condi'\ndons sociales ,les exigences multiples ainsi que\nla nature des moyens d'exécution, en raison de\nleur nouveauté absolue, obligent l'architecte\ncontemporain à revenir à la théorie des principes\net à leur application méthodique.\nC'est dès lors une révolution sociale qui s'im-\npose aujourd'hui dans le domaine de la con-\ntsruction, et d'elle seule peut naître la solution\ndu problème architectural contemporain.\nA. de BAUDOT,\nVive-Président de la Commission des\nMonuments historiques, Professeur\nd'histoire de l'architecture française\nau Trocadéro.\nPRINCIPE\nLa salle de classé sera construite et aménagée de manière à donner satisfac-\ntion aux exigences de l'hygiène et de la pédagogie.\nNous n'étonnerons personne en constatant que le système actuel de con-\nstruction des écoles ne réalise nullement ce simple idéal- En effet, la disposi-\ntion des pupitres en rangs parallèles au mur porte-tabeaux offre un grand\ninconvénient : les élèves occupant les premières et les dernières places à droite\net à gauche de chaque rangée sont obligés, pour voir l'axe du tableau, de se\ntourner suir leurs bancs ou d'opérer une torsion du corps qui finit par nuire\naiu développement physique des enfants. En second lieu, les bancs-pupitres\nétant placés sur un plan horizontal (pavement ou plancher), l'instituteur est\nobligé de classer ses élèves suivant leur taille, les petits en avant, les grands\nen arrière, cherchant ainsi à remplacer l'amphithéâtre qui pemettrait la vue\nentière du tableau à tous les enfants.\nLe système actuel est à condamner parce que le classement des élèves doit\nse faire uniquement suivant la vue et l'ouïe plus ou moins bonnes des enfants,\nsans tenir compte de leur taille et que, de plus, la gradation ainsi obtenue\nest insuffisante. (Voir fi g. I.)\nIl y a un remède à ces divers inconvénients : c'est le système représenté\npar le schéma ci-joint (fig. II) et dont les caractéristiques sont les suivantes :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.18", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\n1° Les bancs-pupitres sont disposés suivant des arcs de cercles tracés\nde l'axe du tableau comme centre; de cette façon, tous les élèves, assis nor-\nmalement, ont l'axe de leurs rayons visuels aboutissant au milieu de la lar-\ngeur du tableau;\n2° Les bancs-jpupitres sont fixés sur des gradins de façon que les rayons\nvisuels des élèves atteignent le bas du tableau sans rencontrer d'obstacle. Il"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.19", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nest à remarquer que ces gradins ne sont pas surélevés les tins SUT les autres\nd'une manière uniforme (ce système ne donne pas entière satisfaction), mais\nbien suivant une courbe, de sorte que la surélévation augmente à mesure qu'on\ns'éloigne du tableau."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.20", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nCAS PARTICULIER :\nDEUX DIVISIONS DANS UNE MEME SALLE\nNouvel inconvénient actuel : la division la plus éloignée des baies d'éclai-\nrage, situées à gauche des élèves, est dans une pénombre; celle-ci ne peut\nêtre combattue que par des fenêtres établies dans le mur de droite, solution qui\nn'est plus admise aujourd'hui, à cause de son éclairage bilatéral.\nDans ce cas, la disposition indiquée par la fig. 111 donne toute satisfac-\ntion au point de vue éclairage puisque les deux divisions sont éclairées de\ngauche.\nAUTRES AVANTAGES DES DISPOSITIONS PROPOSEES ICI\nDOUCHES ET LAVABOS SCOLAIRES\nSi la population des écoles, des grands centres dispose d'établissements\nde bains publics, il n'en est pas de même dans les communes rurales; or, bon"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.21", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nnombre de ces communes ayant une distribution d'eau (1), il serait facile\net peu coûteux d'utiliser le vide existant sous les gradins pour y établir des\ndouches et des lavabos. Après la croisade « pour l'air et la lumière » n'est-il\npas opportun de commencer, au village, où le bain et la douche sont inconnus,\ncelle « pour l'hygiène et la propreté »?\nCHAUFFAGE\nLes inconvénients du chauffage par poêle chaleur divergente sont\ntellement nombreux que ce système devrait être complètement abandonné. Non\nseulement l'air est vicié (gaz et poussières), mais, avec une ventilation néces-\nsaire et suffisante, la température normale ne peut être obtenue que par un\nchauffage intensif qui rend intenables les places situées à proximité du foyer;\naussi, la température est généralement insuffisante et les élèves les plus éloi-\ngnés souffrent du froid.\nLe seul système vraiment efficace est le chauffage à l'eau chaude circu-\nlant, par tubes, dans les vides du plancher en ciment armé, dans l'intervalle\ndes murs creux et pour compenser la déperdition occasionnée par les\ngrandes baies vitrées par des radiateurs placés sous les fenêtres dans les\nmurs (chaleur convergente).\nAjoutons que ce système procurerait en même temps l'eau chaude néces-\nsaire pour les douches et lavabos-\nAMEUBLEMENT\nUne armoire, peu élevée, occuperait tout le mur apposé au tableau; sur\n!a tablette de cette armoire on disposerait quelques bons plâtres.\nLes bancs-pupitres seraient à une seuile place; la hauteur du banc serait\nréglable à volonté; le pupi'tre étant constitué par une planche mobile, permet-\ntrait à l'élève de s'en servir avantageusement pour les cours de dessin et de\ntravail manuel.\nCONCLUSIONS\nTels sont, à notre avis, les principes à appliquer dans la construction des\nécoles et, quand nous aurons ajouté qu'une école construite dans ces condi-\ntions ne coûterait guère plus cher que les écoles actuelles, dont une routine\nnéfaste a consacré le type, nous, croyons ne pas nous tromper en affirmant que\nla réalisation de ces quelques idées simples et pratiques doterait le pays de\nbâtiments d'écoile dignes de ce nom, modernes, hygiéniques et confortables.\n11 n'est comme le constatait encore dans son numéro spécial\n« La construction des Ecoles » (avril 1921) pas d'oeuvre plus hautement\nintéressante et plus patriotiquement utile à quoi puissent se conscarer actuel-\nlement ceux qui doivent songer à l'avenir du pays.\n(I) Un nouveau système die pompe rotative permet actuellement d'avoir l'eau sou*\npression là où il n'y a qu'un puits.\n\nJ. BORLEE. Architecte."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.22", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nARCHITECTURE\nLES HONORAIRES DES ARCHITEC-\nTES. Nous cueillons dans la « Chronique\ndes Travaux publics » cet écho vraiment\nrenversant :\n« Préoccupé de réduire les dépenses dans\n» la plus large mesure et de favoriser ainsi\n» les intérêts du Trésor, le Conseil de Cabi-\n» net vient de décider de modifier le ré-\n» gime qui a été suivi jusqu'à présent, en ce\n» qui concerne les honoraires des architectes.\n» Il était de tradition que ceux-ci fussent ré-\n» triibués par l'Etat sur la base de 5 pour\n» cent du montant de l'entreprise. Avant la\n» guerre, cette proportion pouvait être con-\n> sidérée comme acceptable, mais aujour-\n» d'hui que la hausse des matériaux a élevé\n» dans des proportions considérables le coût\n» des entreprises, le gouvernement estime\n» qu'il serait abusif de persévérer dans un\n» système qui, s'il avantage dans une mesure\n» exagérée l'architecte, préjudicie dans une\n» mesure correspondante les intérêts du Tré-\n» sor. Et il songe à substituer au régime des\n» honoraires à pourcentage, le régime des\n» honoraires à forfait.\n» Il y a quelques années, un très gros litige\n» a surgi dans les mêmes conditions entre\n» l'Etat et feu l'architecte Maquet à propos\n» de l'élaboration des plans du Mont des\n» Arts. Maquet s'était livré à une étude ap-\n» profondie de ce grand travail. Sa concep-\n» tion du Monument qui devait couronner\n» la Montagne de la Cour avait dû être\n» maintes fois corrigée ou modifiée et la\n» mise au point des plans avait nécessité, de\n» sa part, un travail de plusieurs années, qui\n» ne servit à rien, puisque sa conception a\nété abandonnée en raison des proportions\n» trop massives du vaste édifice qu'elle com-\n» portait. Le différend dut être réglé à\n» l'amiable.\n» Aujourd'hui, nous nous trouvons en pré-\n» sence de situations assez analogues. Ainsi\n» l'Etat a passé des contrats avec différents\n» architectes pour l'exécution de certains\n» grands travaux, notamment les transfor-\n» mations apportées à l'ordonnance du châ<-\n» teau de Laeken, où l'on a exécuté d'impor-\n» liants agrandissements, ainsi qu'au Palais\n» de Bruxelles. Tels encore les plans du\n» Mont des Arts conçus dans une note très\n» différente de celle qu'avait imaginée Ma-\n» quet, par le grand artiste qu'est M. Calu-\n» waers. »\nAinsi 4pnc, c'est entendu, l'Etat, pour faire\ndes économies, réduira le pourcentage des\nhonoraires d'architectes. On ne nous dit pas\ns'il demandera aux banquiers de réduire l'in-\ntérêt de l'argent!...\nNous nous abstenons pour le moment de\ntout autre commentaire, mais nous revien-\ndrons sur cette question qui ne laissera pas\nimpassibles, il faut l'espérer, les associations\nd'architectes.\nCOMMISSION ROYALE DES MONUMENTS\nET DES SITES. Par arrêté royal du 15 octobre 1921,\nM. Cupper est nommé membre correspondant de la Com~\nmission Royale des Monuments et des Sites (Section des\nmonuments) pour le Brabant, en remplacement de M. Horta\nappelé aux fonctions de membre effectif. M. Cupper est\ndéchargé de ses fonctions de membre correspondant pour\nla province de Luxembourg. M» Périlleux est nommé mem*\nbre correspondant de la dite Commission (Section des Sites)\npour le Brabant, en remplacement de M. Dumont, décédé,\nM. Périlleux est déchargé de ses fonctions de membre cor-\nrespondant pour le Hainaut,\nM. Henri Blomme, architecte, membre correspondant\nde la Commission Royale des Monuments et des Sites,\npour la province d'Anvers* est nommé membre effectif de\ncette Commission, en remplacement de M. Dumont, décédé,\nPar arrêté royal du 14 novembre 1921, M. Camille Tûl-\npinck, de Bruges, membre correspondant de la Commission\nRoyale des Monuments et des Sites, est nommé officier de\nl'Ordre de la Couronne."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.23", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nCONFERENCES\nLE GRAND BRUXELLES. Comité\ndrétnde pour le développement et l'embel-\nlissement de l'agglomération, L'Associa-\ntion « Le Grand Bruxelles » a dû, pendant\ntoute la durée de la guerre, et sous la pres-\nsion des événements, suspendre son activité.\nA l'heure où la question de l'union des\nfaubourgs à la Ville de Bruxelles revêt une\nurgence croissante, il importe que cette As-\nsociation reprenne la tâche qu'elle avait en-\ntreprise d'éclairer l'opinion publique sur la\ncoordination des grands problèmes d'urba-\nnisation qui vont se poser à Bruxelles et dont\nla solution ne pourra plus être différée.\nToutes les grandes villes du monde et en\nparticulier les capitales, dont le chiffre de\nla population est près d'atteindre ou dépasse\nl'ordre du million d'habitants Amster-\ndam, Paris, Berlin, Londres - pour ne par-\nler que de l'Europe et de celles qui nous en-\ntourent, ont dû prendre énergiquement en\nconsidération le vaste problème de leur ur-\nbanisation extensive et de leur réorganisation\nfonctionnelle pour se mettre à la hauteur des\nprogrès sociaux, économiques, techniques et\nmécaniques de la civilisation actuelle.\nA Bruxelles, le problème angoissant de\nl'habitation dite à bon marché, les exten-\nsions territoriales de l'agglomération bâtie,\nqui vont en résulter automatiquement, et le\nproblème des moyens de transport urbains\net suburbains accélérés, qui leur est corré-\nlatif, appellent des solutions dont l'ensemble\nmodifiera, dans un avenir relativement pro-\nche, toute la physionomie du « paysage ur-\nbain » bruxellois.\nSimultanément, la sauvegarde du patri-\nmoine de beauté naturelle et archéologique\nde notre vieille cité et de ses environs doit\nêtre assurée, tout comme doit être dirigée\ndans un sens qui soit l'expression des acqui-\nsitions contemporaines de l'art de l'architec-\nture, la transformation continue de la phy-\nsionomie urbaine actuelle.\nEntrant dans la voie des réalisations, « Le\nGrand Bruxelles » organise, d'accord avec\n!'« Union des Villes et Communes Belges »,\nune série de conférences, dont le premier\ncycle sera consacré à l'étude complète du\nproblème de la jonction directe Nord-Midi\net de toutes ses conséquences, tant au point\nde vue des relations ferroviaires entre les dif-\nférentes parties du pays, qu'à celui du déve-\nloppement et de F embellissement de T agglo-\nmération bruxelloise.\nLA JONCTION NORD-MIDI. Le pro-\nblème de la jonction Bruxelles-Nord-Bru-\nxelles-Midi est un des plus importants pro-\nblèmes de travaux publics que nos autorités\naient à résoudre pour le moment.\nIl est d'une importance énorme, non seu-\nlement pour Bruxelles-Ville, mais pour l'ag-\nglomération et même pour le pays tout en-\ntier.\nLa place que Bruxelles occupe dans le\nréseau de nos chemins de fer, l'importance\ndu trafic entre le Nord et le Sud du pays, les\ninconvénients des gares à rebroussement, et\nles dépenses énormes qu'entraînerait leur\nélargissement' spécialement celui de la gare\nc!u Nord, les inconvénients du pont tournant\nde Laeken avaient, il y a longtemps déjà,\nfait songer à la possibilité d'établir une jonc-\ntion.\nPlusieurs solutions furent présentées parmi\nlesqueles celle dont l'exécution fut commen-\ncée.\nIl est question aujourd'hui de renoncer à\nce travail ou à toute jonction.\nSans doute, ceux qui sont partisans de cet\nabandon, ont-ils de bons arguments pour\nadopter cette attitude, arguments d'ordre fi-\nnancier, d'ordre technique, d'ordre urbanis-\ntique.\nCependant, jusqu'ici, jamais ces argu-\nments n'ont fait l'objet d'un exposé systé-\nmatique, permettant à ceux que le problème\nintéresse, et à ceux qui auront à trancher la\nquestion de se faire une opinion.\n« Le Grand Bruxelles » et Y « Union des\nVilles et Communes Belges » ont décidé de\ncontribuer' dans la mesure de leurs moyens,\nà faire connaître la nature et l'importance de\nce problème.\nA cet effet, ils organisent une série de con-\nférences qui se donneront le dimanche ma-\ntin, à l'Union Coloniale, 34, rue de Stassart,\nà Bruxelles."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.24", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nCONGRES\nLa première de ces séances, qui se tiendra\nle dimanche 26 mars, à 10 heures, sera con-\nsacrée à un exposé introductif qui sera fait\npar M. Emile Vinck, sénateur, directeur de\nr« Union des Villes et Communes Belges ».\nCet exposé sera illustré de projections lumi-\nneuses. D'autres orateurs seront ensuite ap-\npelés à prendre la parole pour défendre ou\ncombattre les projets actuels.\nUne seconde séance qui aura lieu le di-\nmanche suivant, permettra de continuer\nl'étude de la question. Ceux qui désireraient\nprendre part à la discussion sont priés de\ns'annoncer au Bureau en indiquant l'objet\nde leur intervention. La Direction décidera\nde leur admission.\nXe CONGRES INTERNATIONAL DES\nARCHITECTES. Bruxelles, 4-1 1 septembre\n1922. Sur l'initiative de la Société Cen-\ntrale d'Architecture de Belgique, le Xe Con-\ngrès international des Architectes se tiendra\nà Bruxelles du 4 au 11 septembre 1922.\nSimultanément s'ouvriront une exposition\ninternationale d'architecture et une exposi-\ntion rétrospective nationale.\nJamais peut-être pareille manifestation ne\nse sera présentée sous des auspices plus fa-\nvorables.\nLa guerre avait brusquement interrompu\nles préparatifs du Xe Congrès international,\nqui devait tenir ses assises à Saint-Péters-\nbourg, en mai 1915, sous l'auguste protec-\ntion de S. M. l'empereur Nicolas.\nPendant la guerre, les architectes de tous\nles pays ont vécu dans l'isolement, et depuis\nl'armistice ils n'ont pu entretenir avec leurs\nconfrères mondiaux que des rapports pré-\ncaires.\nVoici que se renoue le fil des Congrès\ndans le même temps où la Société Centrale\nfêtera le cinquantième anniversaire de sa\nfondation. Cette heureuse circonstance inspi-\nrera à nos confrères étrangers des raisons de\nplus de participer aux réunions internatio-\nnales de cette année. Enfin, le théâtre de la\nguerre, où tant de peuples ont mêlé leur sang\nqu'il n'est pas téméraire d'affirmer que tous\nles êtres humains du globe pleurent la perte\nd'un parent ou d'un ami, sera, pour nos con-\nfrères étrangers, l'occasion d'assister plus\nnombreux au Xe Congrès et, disons-le avec\nfierté, de se convaincre de la vitalité de\nnotre pays.\nLe Congrès, qui réunira les délégués de\ntous les pays amis, sera placé sous la haute\nprésidence de M. Girault, membre de l'ln-\nstitut.\nDès à présent, le Comité belge, que pré-\nside M. J. Galuwaers, est assuré de la par-\nticipation de l'Espagne, de la Hollande, du\nCanada, du Portugal, de l'Angleterre, de\nl'ltalie, des Etats-Unis et de la Suisse.\nLe Comité fait appel aux architectes bel-\nges pour qu'ils prennent une part active afin\nd'assurer le recrutement des membres adhé-\nrents. R. MOENAERT. Secrétaire.\nFRANCE.\nCONGRES NATIONAL DE L'HABI-\nTATION A BON MARCHE ET DE LA\nPETITE PROPRIETE (Paris, 1, 2 et 3 avril\n1922). - En présence de la gravité de la\nquestion du logement, la Société Française\ndes habitations à bon marché a pensé qu'il\nétait urgent d'associer, dans une importante\nmanifestation, tous ceux, particuliers, éta-\nblissements publics, associations et sociétés\nprivées, etc., qui s'intéressent à l'œuvre de\nl'amélioration du logement. Dans ce but,\nelle a pris l'initiative de convoquer, sous\nson patronage, un Congrès natiônal de l'ha-\nbitation à bon marché et de la petite pro-\npriété, qui se tiendra à Paris, les 1, 2 et\n3 avril 1922.\nLe Congrès comportera des séances de\ntravail et des visites de cités-jardins dans la\nbanlieue de Paris, selon un programme dont\nle détail sera adressé aux adhérents, vers\nla fin du mois de février, en même temps\nque les rapports sur les questions mises en\ndiscussion.\nLes questions portées à l'ordre du jour du\nCongrès sont les suivantes : y\n10 Eléments caractéristiques à prendre\npour base de la définition légale de l'habi-\ntation à bon marché : rapporteur, M. Du-\nfourmantelle."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.25", "texte": "LA CITÉ.\nFÉVRIER 1922.\n\nEXPOSITIONS\n2° De -l'influence du logement à bon mar-\nché sur la mortalité et la natalité et des me-\nsures à prendre pour la conservation et l'ac-\ncroissement de la famille : rapporteur,\nM. Cayrol.\n3° Des moyens d'assurer à l'habitation à\nbon marché les capitaux nécessaires à son\ndéveloppement.\n4°Devoirs de l'initiative privée, devoirs\ndes pouvoirs publics : rapporteur, M. Senly.\nLes offices publics, les Sociétés d'habita-\ntion à bon marché et de crédit immobilier,\nles Fondations, les Caisses d'épargne, les\nComités de patronage, etc., pourront, s'ils\nle désirent, se faire représenter par plusieurs\ndélégués, mais il ne leur sera remis qu'une\ncarte de vote, chaque délégué recevant,\nd'ailleurs, en outre, une carte d'entrée au\nCongrès.\nLa cotisation qui comprend la remise des\nrapports et du compte rendu du Congrès, a\nété fixée à vingt francs. Ces cotisations de-\nvront être remises en même temps que les\nadhésions : le mode d'envoi le plus simple\nétant le versement dans un bureau de poste,\nau compte courant postal de la Société Fran-\nçaise des Habitations à bon marché, Paris,\nn° 226-13 (frais 0 fr. 15 par versement).\nToutes les communications relatives au\nCongrès doivent être adressées au secréta-\nriat de la Société Française des Habitations\nà bon marché, 37, rue de Valois.\nLYON. SALON DU MOBILIER ET DES\nARTS APPLIQUES. En plus du Con-\ngrès et du Concours de l'Hygiène, l'Office\nCentrale de la Construction et de l'Habita-\ntion ouvrira au Palais de la Foire, du ler\nau 15 octobre 1922, un Salon du Mobilier\net des Arts appliqués avec Concours de\n« Décoration moderne », auquel des récom-\npenses seront accordées aux lauréats.\nUne section sera réservée aux Arts fémi-\nnins (broderie, dentelles, cuir et métaux re-\npoussés, pyrogravure, travaux d'étoffe, etc.)\nIl y aura, en outre, une exposition rétros-\npective d'intérieurs et costumes de la région\ndu sud-est (Bourgogne, Bresse, Provence,\nAuveTgne, Savoie, etc.).\nCHARLEROI. UNE EXPOSITION DE\nPLANS D'HABITATIONS A BON MAR-\nCHE s'est ouverte, le samedi 4 mars, à Char-\nleroi, dans les locaux de l'Université du Tra-\nvail. Cette exposition, organisée sous le pa-\ntronage de la Société Nationale des Habita-\ntions à Bon Marché et de la province du Hai-\nnaut, restera ouverte durant plusieurs se-\nmaines.\nEXPOSITION INTERALLIEE D'HYGIENE.\nSTRASBOURG 1923. HYGIENE URBAINE.\nA 1 occasion des fêtes du centenaire du grand sa-\nvant Louis Pasteur, aura lieu, de mai à octo-\nbre 1923, une exposition interalliée d'hygiène à\nStrasbourg, dans laquelle ville le dit savant a dé-\nployé son activité de 1849 à 1854, comme pro-\nfesseur de chimie. Cette exposition sera organisée\nsous les auspices de l'lnstitut Pasteur de Paris, de\nla Ville et de l'Université de Strasbourg. Une des\nsections les plus importantes de cette exposition\nsera la € Section de l'hygiène urbaine », présidée\npar M. Keppi, adjoint au maire de Strasbourg.\nCette section comprendra : la construction des\nvilles et rues, les jardins populaires, les égouts, le\nnettoiement des voies publiques, I*enlèvement des\nimmondices, la construction des maisons, les loge-\nments, l'aménagement des appartements, l'aéra-\ntion, le chauffage, l'éclairage, l'approvisionnement\nen eau, les bains, les soins corporels, l'habillement\net accessoires, les inhumations.\nDans les derniers temps, de nombreuses maisons\net organisations ont été invitées à faire leurs décla-\nrations de participation à cette exposition à titre\nd'exposants; bien des adhésions nous sont déjà\nparvenues.\nToutes les personnes, maisons, sociétés, corpo-\nrations, etc., qui n'auraient pas reçu jusqu'à ce\njour une invitation de participation et qui s'inté-\nressent à cette exposition, sont priés de s'adresser\nà l'Exposition Interallliée d'Hygiène, Strasbourg\n1923, 2e section », 1, quai Lezai-Marnésia, où leur\nseront fournis tous renseignements utiles.\nLes corporations professionnelles et autres orga-\nnisations sont invitées à tenir leurs congrès et\nassemblées à Strasbourg en 1923 dans la période\ndu ler mai à fin septembre."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.26", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1922.\n\nCONCOURS\nCONCOURS DE LA CLASSE DES\nBEAUX-ARTS POUR 1923 ET 1924.\nSous les conditions ordinaires de participa-\ntion, il est demandé pour l'année 1923 :\n1 0 Une monographie historique et critique\nsur un groupe de sculpteurs ,des XVIIe et\nXVIIIe siècles en Belgique. Prix : 2.000 fr.\n2° Au point de vue artistique, une histoire\nde l'illustration du livre dans les anciens\nPays-Bas, par la gravure sur bois, jusqu'au\nmilieu du XVIe siècle. Prix : 1,000 fr.\n3° Une histoire de la lithographie d'art\nen Belgique, en s'attachant à la valeur esthé-\ntique des œuvres. Prix : 1.000 francs.\n4° Une monographie de l'œuvre, comme\nportraitiste, de l'un des peintres suivants :\nJan van Bockhorst (Lange Jan), Erasme\nQuellin, Lucas et Pierre Franchoys.\nPrix : 3,000 francs.\n5° Plan d'un château d'eau à ériger au\nBois de la Cambre, à Bruxelles (question\ndéjà posée pour 1919). Prix : 1,500 fr.\nRenseignements complémentaires chez\nM. le secrétaire perpétuel de l'Académie,\nPalais des Académies.\nLa classe des Beaux-Arts de l'Académie\nroyale a fixé comme suit le programme an-\nnuel au concours pour 1924 :\nHistoire et critique : Ire1re question : Ap-\nporter une contribution originale à l'histoire\nd'une école de miniaturistes (par exemple\nl'école ganto-brugeoise). Prix : 2,000 fr.\n2e question : Faire l'histoire de la sculp-\nture belge au XVIIIe siècle. Prix : 2,000 fr.\n3° question : Etudier l'évolution de l'ar-\nchitecture vers les formes nouvelles depuis\n1860. Prix : 1,500 francs.\nArt appliqué : Ire1re question :On demande\nun panneau décoratif ayant comme élément\nprincipal la figure humaine. Prix : 1,500 fr.\n2e question : On demande une gravure\nsur bois originale comportant la figure hu-\nmaine. Prix : 1,000 francs.\nSERAING. CONCOURS D'HABITA-\nTIONS OUVRIERES. Le jury, au cours\nde sa réunion du 31 janvier dernier, a pris\nles décisions suivantes :\nPlan d'ensemble. Projet choisi pour exé-\ncution. M. Croîlaer de Liège. Première prime\nde î ,200 francs.\nPrimes spéciales pour détails intéressants :\n!° MM. Bruyninckx et Dubois, de Liège;\n2° MM. Jorgens et Joannès, de Liège;\n3 M. Rahier, de Grivegnée.\nPrime spéciale pour plans intéressants :\nMM. Vanderslagmolen et Verbist, de Bru-\nxelles.\nPlans d'habitations. Huit architectes sont\nproposés à la société pour l'exécution des\nplans d'habitations. Ils reçoivent, à titre\nd'avance sur honoraires, une somme de\n1,000 francs : 1. Croîlaer (Liège); 2. Van-\nderslagmolen et Verbist (Bruxelles) ; 3. Bai-\nwir (Liège) ; 4. Duesberg (Verviers) ;\n5. Michel et Jacquet (Liège) ; 6. Rahier\n(Grivegnée) ; 7. Caillaux (Ixelles) ; 8. Jor-\ngens et Joannès (Liège).\nLES MOBILIERS A BON MARCHE.\nIl y a quelques jours a été tenue au gouver-\nnement provincial du Brabant, sous la prési-\ndence de M. Richard, député permanent, la\npremière réunion du jury chargé d'examiner\nles projets envoyés au concours de mobiliers\nà bon marché organisé par les provinces de\nBrabant et de Hainaut.\nAssistaient à la réunion de Bruxelles,\nMM. Paul Pastur et Marius Renard, et les\nartistes faisant partie de la commission\nprovinciale des beaux-arts du Brabant ou de\nla délégation du Hainaut et parmi lesquels\nMM. Victor Horta, Fabry, I. De Rudder,\nCassiers, Talemans, Simons* etc.\nLe concours, au point de vue de... la\nquantité, a bien donné. Il y a, en effet, dix-\nneuf envois, dont le jury interprovincial va\ncommencer l'examen, avec le concours de\nMM. Bodson et Dewinne, architectes choisis\npar les concurrents."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.27", "texte": "ONOBLOC\n, chsée de Boondael - Bruxelles\n% Maisons ouvrières et rurales\nen agglomérés poreux et en briques\n«s\nUSINES\n€**££>\nBéton armé de tous systèmes\nG?&£3\n' ' •**fTss\n, •< s 1 I\n. *f 3 ?t, *1\n. » / f / ! J Ï\nHourdis creux sans coffrages\nBLOCS ATHERMANES KNAPEN\n-MAGH l NES Rli!0 NN EU SES\n\nI\n%\n©\nI\nQ?\nS\nM\nConstructions en bois et en acier\n- 1 - ♦ « * - '\n.*4 ' *\n,Msi£3B«33ae- de tous genres\n& Maisons démontables &\n»\nKl\nm\n-4\nà Tamise\n> •\ns ->\nAdresse télégr. : BOELWERF Tamise\nTéléphone Tamise 10"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192202-01.1.28", "texte": "iiœp, H. KUMPS-ROiyM, Ihi« ï«y«BT«W. 8,1-W> liejles, T«i. 17M&.\n\nPol MADOU - Gand\nFabrique Belge de Carton»\nBitumés en tous genres\nDistillerie de Goudron\nEtablie depuis 1900\nmm charge de la fourniture des\nCartons Bitumés • Asphaltes» ferais\nGoudron*, Carbolineums • Vernis noir» Antirouille\nde l'entreprise de la pose de\nToitures en pente en simple et double couche*\nToitures-terrasses en ciment volcanique» asphaltages\nA DDrV V r tout spéciolemont l'attention «m «on omcoUont\nAil LLLL RUfcBERROOriNG (Toitnro çonuteteniée)\n1 TT•••ooriour ou s produits similaires ipportô»\nBitftPAClfM é*m' 4* toNnt-terrassoo placées on Ifff\nngICrCMtCO Production do plus do 3,N9,N« m* do Carton bitumé on IfS#\nMl ot échaatllloas gratis sur domaado\n? 41 r- ■"}]}