{"numero_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_sha256": "646b1f6236272a357dff5988a2a9a65196c0a939e55354018436c5a7c4dd1512", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1923/01_01/bmtnaac_1923-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1923/01_01/bmtnaac_1923-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c001", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.1", "titre_corps": "Editions \" TEKHNÉ „", "titre_sommaire": "Editions \" TEKHNÉ „", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.2", "debut_caractere": 1260, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "Editions \" TEKHNÉ „\nLA CITÉ. Première année (juillet 1919, octobre 1920). Un volume de 260 pages,\nillustré de 29 planches hors texte, fr 10.—\nLA ClTE.Deuxième année (oct. 1920=déc. 1921). Un volume de 288 pages illus-\ntré de 24 planches hors texte fr. 10.—\nL'Art et la Société, par H. P Berlage, architecte à Amsterdam. Tirés à part de la\nRevue \" Art et Technique „ (septembre 1913-février 1914). Un volume\nluxueusement imprimé et illustré de 98 clichés fr. 20.—\nLa Conservation du cœur de la Ville de Bruxelles, par Charles Buis, avec\ntraduction d'une conférence de C. Giirlitt sur la \" Conservation du cœur\nd'anciennes villes. Une brochure de 24 pages fr. 2.—\nL'habitation coloniale. Sa construction au Congo Belge par Gaston Boghemans.\nUne brochure de 20 pages abondamment illustrée fr. 3.—\nConstantin Meunier. L'historique de son monument au travail, par R\" Thiry et\nG. Hendrickx. Une brochure illustrée fr. 1.—\nUabbaye de la Cambre. Historique, description, projets de transformation, avec\n20 illustrations. Texte de G. Des Marez, archiviste de la ville de Bruxelles fr. 1.50\nL'Art des Jardins et le nouveau jardin pittoresque, par Louis van der Swaelmen,\narchitecte paysagiste fr. 1.—\nLA REVUE \" TEKHNÉ „. Collection complète de la 2me année <1912-1913>. Beau\nvolume de 516 pages, sur papier couché, illustré de 250 clichés. Prix fr. 15.—\nPour obtenir ces livres, il suffit de verser, dans n'importe quel bureau des postes, au\ncrédit du compte chèques postaux \"n° 166.21 Revue U Cité „. la somme due et d'inscrire\nsur le bulletin de versement le titre du livre et les nom et adresse du souscripteur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c002", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "185", "page_fin": "200", "image_debut": 3, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.2", "titre_corps": "La Standardisation dans la Vie et dans l'Art", "titre_sommaire": "La Standardisation dans la Vie et dans l'Art", "signature_source": "HUIB HOSTE Architecte", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.3", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "La Standardisation dans la\nVie et dans l'Art\n\nLeçon d'ouverture du cours sur la Standardisation, faisant partie\ndes cours d'Urbanisme, organi\nEtudes de Belgique, l'Union des Villes et Communes Belges\net la Société des Urbanistes Belges. (Printemps 1921.)\nOn a normalisé de tout temps.\nOn l'a fait sciemment ou inconsciemment. Mais la normali-\nsation, telle que nous l'entendons, appartient en propre au temps\nque nous vivons; elle est, par conséquent, une méthode essentielle-\nment moderne.\n\"S\nPuisque je dois, à plusieurs reprises, vous entretenir de la\nnormalisation, j'ai pensé qu'il pouvait être utile, au cours de cette\nleçon d'ouverture, de situer mon sujet dans son cadre, c'est-à-dire\nd'examiner quels sont les caractères propres à notre temps, quelles\nsont les conclusions que nous impose cet examen, et la manière dont\nnous les mettrons en pratique en toutes circonstances; car, c'est à\ncela que nous devons en arriver, si du moins nous voulons être dignes\nde notre époque.\nJe me suis senti, du reste, d'autant plus porté à cet examen,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "que bien des personnes attachent au qualificatif de « moderne » un\nsens impropre, du moment qu'ils appliquent ce terme à l'art.\nFaire de l'art moderne consiste pour eux tout simplement à\ncréer un décor plus ou moins nouveau, ou à appliquer de façon\nnouvelle un décor ancien. Eh bien, il n'en est pas du tout ainsi. Si\nnous voulons aller au fond des choses, nous voyons qu'être moderne\nne signifie pas vouloir en tout état de cause trouver quelque chose de\nneuf à tout prix, mais que cela veut dire tout simplement : être de\nson temps et se comporter comme tel.\nNous transportant dans le domaine des arts plastiques, disons\nque l'art cherche à réaliser, à provoquer des émotions d'ordre plas-\ntique. L'art ne pourra y réussir auprès des personnes qui vivent la\nvie de leur temps, sont pénétrées de l'esprit de leur époque, que si elles\nsont imprégnées du même esprit. Mais bien des obstacles nous empê-\nchent d'atteindre du coup ce but, qui paraît cependant bien naturel.\nEn effet, que voyons-nous autour de nous? Le XIXe siècle est-il\nseulement parvenu à réaliser la devise de liberté, égalité, fraternité\nque la révolution lui avait léguée?\nSi la science s'est développée extraordinairement, si une\ntechnique merveilleuse s'est créée, les artistes n'ont pu suivre le\nmouvement. Leur fallait-il trop de temps pour se reconnaître dans\nle nouvel état de choses? Etaient-ils effrayés de ce prodigieux déve-\nloppement? Toujours est-il qu'ils ne parvinrent pas à s'incorporer\nl'esprit nouveau, à lui rendre témoignage dans leurs œuvres.\nVous savez ce qui s'ensuivit. Citons, pour nous borner à\nl'architecture, les nombreuses constructions où de nouveaux\nprogrammes,de nouvelles possibilités furent exprimées, au moyen de\nformes anciennes. Citons ce que nous devons, hélas, appeler la\nperfection dans l'imitation : nous connaissons ces musées et ces\nbanques, ayant l'apparence de temples antiques; des parlements\nressemblant à des églises; des villas ayant revêtu l'aspect de fermes;\nnous connaissons les stucs imitant la pierre naturelle, la peinture\nimitant le marbre et le bois, le linoléum imitant le parquet, le papier\npeint imitant les carreaux de revêtement; nous avons vu les arbres\nen ciment, et nous connaissons, hélas, quantité de personnes, ayant\nla prétention d'avoir du goût, admirant sincèrement toute cette\npacotille, dire naïvement : que c'est bien imitél\n\\"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.5", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2243, "texte": "Pauvres architectes modernistes, qui devons commencer par\ndémolir toute cette architecture fictive, laquelle restera une honte\néternelle pour le XIXe siècle!\nMais ce bel héritage n'est pas le seul obstacle que nous ayons\nà surmonter. Nous nous enorgueillissons à juste titre d'avoir pénétré\nle secret des époques passées; mais cette connaissance est un poids\nmort que traîne derrière lui l'artiste qui n'est pas suffisamment\nconscient de lui-même, et qui veut malgré tout créer.\nEnsuite, nous nous sentons chargés d une lourde hérédité, dont\nnos enfants n'auront plus à soufFrir.\nNous formons, si je puis ainsi dire, la transition entre deux\népoques; puisque nous ne voulons nullement condamner à priori\ntout ce que le passé; nous a légué, nous devons procéder à un\nvéritable triage, pour découvrir ce qui, dans ce passé, peut encore\nnous servir, et nous devons nous écarter, ensuite, avec respect, du\nsurplus. Abuser d'une chose, n'est-ce pas lui manquer de respect?\nEt qui d'entre nous peut se vanter de n'avoir, à cet égard, rien à se\nreprocher?\nNous avons, enfin, à combattre des survivances d'autant plus\ndifficiles à déraciner, que ceux qui veulent donner le ton ne se\ndemandent même pas si elles ont encore leur raison d'être.\nPrenons, par exemple, la toilette. Si je vous projetais sur la\ntoile, en regard l'un de l'autre, le portrait d'une négresse en costume\nd'apparat et celui d'une de nos élégantes, je vous aurais démontré\nsur le vif la vérité de l'aphorisme : les extrêmes se touchent.\nQuelques chiffons couvrent la nudité de la négresse, mais sa\ncoiffure est ornée de plumes, elle porte des anneaux au nez et aux\noreilles, des cercles d'or entourent ses bras et ses jambes. Dans la\ntoilette de soirée, la mondaine n'est pas moins nue que la négresse;\nvoyez les plumes qui ornent sa tête; voyez, comme elle s'est laissée\npercer des trous dans les oreilles, afin d'y accrocher des objets qui\nbrillent; elle se pare de multiples bagues et bracelets; se fait coudre\nsur la robe quantité de perles, de boutons, de paillettes; les deux\nfemmes ne sont-elles pas parées de la même manière?\nJe serais cependant mal venu à complimenter telle dame en\nlui disant qu'elle s'habille comme ou aussi bien qu'une négresse."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2327, "texte": "Voilà un exemple typique d'imitation servile. Je ne me préoc-\ncupe guère de l'objection que la forme a changé, car l'esprit demeure\nidentique. Et nous gardons ainsi bien des choses alors que tout a\nchangé, ou est en train de changer.\nN'avons-nous pas assisté à ce mouvement qui a conduit d'abord\nl'individu, et ensuite la communauté, à reprendre conscience d'eux-\nmêmes? Le grand poète hollandais Verwey affirmait, il y a des années\ndéjà, que notre temps se caractérise par le fait que nous avons\nconscience de nous-mêmes, et Monseigneur Mercier déclarait au\n4e Congrès de l'Evangile, à Montmartre, que la société moderne a le\nculte du savoir, est soucieuse de justice et de solidarité.\nII\nQu'il me soit permis, avant de rechercher d'autres caractères\nde notre temps, de vous faire observer que nous ne pouvons à cet\négard nous borner à regarder le petit cercle que nous fréquentons,\nou le petit pays que nous habitons, non seulement parce que nous\nsommes à la recherche des signes d'une culture universelle, mais\nencore parce que nous découvrons, dans notre pays, des situations\nparticulièrement inquiétantes, et cela, après une guerre où des\ncompatriotes de toute catégorie se sont offerts avec un héroïsme\négal. Et je pense en tout premier lieu à la situation qui nous est faite,\nà nous, Flamands, qui restons dans l'impossibilité de jouir du\ndéveloppement intellectuel auquel nous avons droit en vertu même\ndes lois naturelles qu'aucun étatisme ne peut abroger.\nNe craignez pas que je soulève ici la question flamande. Je tiens\nseulement à signaler que, personnellement, je ne parviens pas à\ndécouvrir une école privée ou officielle, où mes enfants puissent\nrecevoir un enseignement et une éducation dans leur langue mater-\nnelle; je vous demande ce que devient dans ces conditions, en notre\npays, la fameuse liberté du père de famille?\nIl n'y a pas que cela : nous vivons encore dans une atmosphère\nde victoire, qui profite à ceux qui nous gouvernent, mais qui ne nous\na apporté jusqu'ici que très peu de valeurs effectives quant au\ndomaine de l'esprit. La poussée démocratique doit rajeunir notre\nsystème d'organisation politique; mais les maîtres d'après l'ancien\nrégime devant être les victimes de ce renouveau, se servent de tous\nles moyens qui sont en leur pouvoir pour conserver les situations"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.7", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2182, "texte": "acquises. Enfin, nous trouvons, opposée l'une à l'autre, l'armée des\nprofiteurs de la guerre et la masse des sinistrés. Je crois que vous\npartagerez l'opinion que j'émettais tantôt, à savoir que nous devons\nen ce moment regarder ailleurs pour découvrir ce que nous recher-\nchons, les signes, les symptômes de la société future.\nLa génération précédente a pris conscience de sa valeur, elle\ns'est, en outre, dégoûtée du scepticisme qui fit tant de victimes, et\ns'est rendue compte qu'elle n'avait pas que des droits, mais encore\ndes devoirs.\nRemy de Gourmont ne nous donne-t-il pas l'impression d'un\nfossile, lorsqu'il déclare : « Personnellement, je ne donnerais en\néchange de ces terres oubliées (Alsace-Lorraine) ni le petit doigt de\nma main droite, car il me sert à soutenir ma main quand j'écris, ni\nle petit doigt de ma main gauche, il me sert à secouer la cendre de ma\ncigarette ». •\nQuelle mentalité véritablement égoïste!\nOpposons à cet écrivain d'un autre âge les jeunes d'aujourd'hui\nqui recherchent les responsabilités parce qu'ils y puisent et la volonté\net l'énergie. « Nous sommes plus curieux de ce qui nous arrête, écri-\nvent-ils, qu'avides de ce qui nous sert ». L'action leur paraît quelque\nchose de tout naturel et ils se déclarent franchement opposés à l'intel-\nlectualisme.\nNous voilà du coup devant ce que je considère comme le plus\ngrand caractère de notre époque : Tous\nces individus devenus conscients de leur valeur, de leurs droits, de\nleurs devoirs, gagnés aux grandes fluctuations internationales, ne se\ncontentent plus de leur savoir; ils ont vu se détacher sur des horizons\nencore éloignés l'image de la société future, et ils veulent tous aider\nà sa réalisation; ils le veulent, d'une noble volonté qui engendre des\nactes, c'est-à-dire des choses qui ne sont jamais perdues.\nAlors que d'autres générations démolissaient, l'homme qui est\nde notre temps veut rebâtir, non pas pour son profit à lui,\ncelui de la communauté.\nDe quels outils peut-il disposer à cet effet? Il y a d'abord une\nscience qui s'est développée prodigieusement, et qui peut le rensei-\ngner sur une foule de choses. Je ne m'arrête pas aux objections faites\n%"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "par Brunetière dans La Faillite de la Science, car je parle ici de la\nvraie science et non de celle qui se fait une arme contre l'idée religieuse.\nNous devons à la science l'origine de notre technique qui est\ndevenue si merveilleuse que nous ne pouvons entrevoir la limite de\nses progrès. Songez donc à la perfection d'une machine, d'un moteur,\nsongez à l'achèvement parfait de mille et une chose, des plus petites\naux plus grandes : de la vis qui n'a pas plus d'un millimètre de dia-\nmètre au Handley-Page ou au sous-marin. Songez au télégraphe et\naux téléphone, avec et sans fil. Pensez aux chemins de fer, aux autos,\naux aéroplanes, aux bateaux à moteur; souvenez-vous comment la\ncharge de grain est aspirée hors du bateau et conservée dans les silos.\nRegardez tout ce qui vous entoure et qui est, je dirais, devenu tech-\nnique, industrialisé; toutes choses qui nous sont devenues familières,\net comparez avec les temps anciens.\nCelui qui parvint, pour la première fois, à arrêter un cheval, et\nsongea à le dompter, était évidemment très audacieux : il trouva le\npremier moyen de transport. Les suivants furent le traîneau et le\nchariot, véhicules si primitifs qu'on inventa la chaise à porteur qui\npeut se vanter d'une vogue de plusieurs siècles. Puis vint la voiture\nqui offrait de grands avantages. Mais il fallut l'invention de la\nmachine à vapeur pour que l'évolution se fit à grands pas; vint la\nforce électrique, l'automobile, la découverte du plus lourd que l'air,\net qui sait ce que nous verrons encore!\nSuccessivement l'homme s'est familiarisé avec toutes ces inven-\ntions. Ne croyez-vous pas qu'il lui a paru aussi étrange de voir la\nchaise à porteur se garnir de roues et précédée d'un cheval, que de\nvoir disparaître le cheval, et la voiture se mettre en marche d'elle-\nmême?\nLe tricycle possède sa stabilité en lui-même, et cependant nous\nsommes anxieux en voyant déambuler par les rues pareil véhicule,\nalors que la bicyclette nous rassure complètement. Nous la savons\nstable dans son instabilité; la science nous le dit. Nous acceptons cette\nprestation technique; nous admettons tout ce que nous dit la science,\naussi longtemps qu'il s'agit de choses matérielles.\nEh bien, l'homme moderne, l'homme d'action, n'admet pas\nseulement ce qui regarde l'ordre matériel, il accepte aussi le reste."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.9", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "Il admet, par exemple, que la technique qui joue un si grand\nrôle dans notre vie, ne décore pas ce qu'elle produit, qu'elle y est\nmême opposée. Muthésius a fait remarquer, il y a bien des années\ndéjà, que les armes anciennes étaient complètes quand elles quittaient\nl'armurier, et que le graveur n'y surajoutait que d'inutiles arabesques.\nAdolphe Loos écrivait en 1913, dans les « Cahiers d'aujour-\nd'hui », sous le titre « Ornement et Crime », un article très intéres-\nsant, duquel vous voudrez m autoriser de faire quelques citations.\n« J'ai formulé et proclamé la loi suivante :\nculture se développe, Vornement disparaît des objets usuels. Je\ncroyais apporter à mes contemporains une joie nouvelle; ils ne m'en\nont pas remercié. Au contraire, ce message les a remplis de tristesse;\nils étaient accablés à l'idée de ne pouvoir « créer » un ornement\nnouveau... Alors j'ai commencé ma prédication. J'ai dit aux affligés :\n« Consolez-vous. Ouvrez les yeux et voyez. Ce qui fait justement la\ngrandeur de notre temps, c'est qu'il n'est plus capable d'inventer une\nornementation nouvelle. Nous avons vaincu l'ornement, nous avons\nappris à nous en passer... »\n» Mais j'avais compté sans les retardataires, les amis du passé,\nqui tenaient à ce que l'humanité continuât à subir la tyrannie de\nl'ornement... Même dans nos grandes villes, nous avons encore des\nattardés... qui sourient de plaisir devant un faisan sculpté et décoré\npar un cuisinier-esthète; des gens qui achètent des étuis à cigarettes\nornés de motifs Renaissance... Si je veux manger du pain d'épice, je\nchoisis un rectangle bien propre, et non un morceau qui représente\nun cœur, un enfant nouveau-né ou un cavalier. L'homme du\nXV' siècle ne pourrait me comprendre. Mais tous les hommes\nmodernes me comprendront ».\n» L'homme d'aujourd'hui n'invente pas de nouveaux orne-\nments. Il réserve et concentre sa faculté d'invention pour d'autres\nobjets ».\nMais il y a plus : la pureté technique d'un objet usuel est devenue\nla norme d'une certaine émotion d'ordre supérieur que nous ne pou-\nvons toutefois pas encore considérer comme une émotion esthétique.\nEt, malgré l'auteur que je viens de vous citer, j'estime que la masse\ndevient sensible à ce genre d'émotions. Avez-vous vu un seul profi-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "teur de guerre rouler en une auto de style gothique ou rococo? Même\nces gens-là comprennent le ridicule de ces choses.\nL'esprit de masse s'est développé en même temps que la tech-\nnique. Les individus se sont réunis afin de se mouvoir, d'agir»\ncomme individu collectif. Je crois inutile d'insister. Rappelez-vous\nque Zola s'est servi de la masse comme personnage dans ses romans;\nque vers la même époque les peintres sont parvenus à rendre sur leurs\ntoiles l'idée de la foule, qu'auparavant ils avaient représentée au\nmoyen d'une série de personnages juxtaposés.\nNous ne sommes pas au bout de cette évolution : la masse qui\nproduit collectivement veut consommer de même. Je me demande en\nvain ce qui s'opposerait à cela? Il fut un temps où chacun cuisait\nson pain et faisait sa lessive à domicile. Chaque maison avait sa\npompe, son puits d'eau de source, sa citerne d'eau de pluie. Pendant\ndes siècles, on a gardé chez soi ce qu'on est heureux de pouvoir\nprésentement envoyer à l'égout. Où est le temps où on avait chez\nsoi des bidons de pétrole et des lampes... vides au moment où on\ndevait s'en servir?\nTout cela a changé : nous sommes satisfaits du pain que le\nboulanger nous livre; nous donnons volontiers la lessive dehors;\nque ferions-nous sans distribution d'eau, de gaz, d'électricité? Mais\nqourquoi nous arrêter à mi-chemin? Pourquoi ne distribuons-nous\npas l'eau chaude pour le ménage, la chaleur pour la maison? On\nvient de faire à Dundee, en Ecosse, une expérience pour le chauffage\nde 250 maisons; l'installation marche à souhait et les frais de chauf-\nfage sont réduits de moitié.\nDes installations analogues fonctionnent dans environ 300\nvilles du Canada, où 600 centrales fournissent la chaleur nécessaire.\nToute une série de bâtiments publics de Dresde sont chauffés de la\nmême manière par le « Fernheizwerk ». Berlin, Neu-Kôlln suit et\nchauffe notamment des constructions situées à 2,5 km. du générateur\nde chaleur.\nMais nous sommes ennemis de ces progrès parce qu'ils dérangent\nnos habitudes, et nous nous mettons sciemment en travers du\nprogrès. Réfléchissons un moment. Nous avons des moyens de loco-\nmotion, des restaurants qui sont à la disposition d'un chacun et"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.11", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2369, "texte": "nous nous en servons même pour notre plaisir; des organismes\npublics distribuent notre correspondance, manient notre argent,\ngardent nos épargnes, viennent aspirer les poussières de nos maisons,\nvider nos puits, laver nos vitres; nous sommes enchantés, mais nous\ndéclarons que cela suffit ainsi.\nRéfléchissons, vous dis-je, et nous devrons nous avouer qu'il\ny a moyen de construire nos maisons bien plus simplement, et que\nle résultat financier sera d'autant plus appréciable que le coût de la\nconstruction est élevé. Mais il y a plus : nous savons qu'il existe\nune crise de sujets, qu'on doit leur payer de très forts gages, qu'ils\nsont très exigeants et que la maîtresse de maison doit user de beau-\ncoup de diplomatie pour garder ses sujets.\nSi nous examinons nos maisons en tenant compte de ces deux\nfacteurs, nous constatons que l'on a gaspillé bien des énergies et de\nl'argent pour construire des locaux qui pourraient disparaître ou\nêtre réduits à moitié; d'autre part, nous voyons qu'un travail\nénorme est consacré journellement à l'entretien de ces locaux!\nToutes nos maisons contiennent la même cuisine dans laquelle\nse fait chaque jour la même besogne : la préparation de certains\naliments. Si chaque groupe de maisons avait sa cuisine collective et\nson restaurant central, accessible de chaque maison, ne pourrait-on\ndu coup supprimer la salle à manger, diminuer la cuisine où ne\ndevrait être préparé que le petit déjeuner et les boissons chaudes, et\nréduire ainsi considérablement le service. Les chambres d'amis restent\nd'habitude inoccupées, elles doivent cependant être construites, meu-\nblées et entretenues. Par contre, quelle peine n'avons-nous pas à\ncaser chez nous une bicyclette et une voiture d'enfants. Cela me\nrappelle que nous affichons crânement à l'entrée de nos bâtiments\npublics : défense d'entrer les bicyclettes, et que nous omettons soi-\ngneusement d'ajouter où elles peuvent bien être remisées.\nN'empêche que nous dressons la tête en nous déclarant enfants\nde notre siècle!\nMais ce siècle se caractérise encore d'une autre façon. Dans tous\nles pays, la masse a pris conscience d'elle-même et s'est aperçue que\ndans les pays voisins existaient des masses similaires, ayant les\nmêmes besoins et les mêmes aspirations. Les frontières ont été effacées\nthéoriquement en attendant qu'elles le soient effectivement. Les"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "disciples du Christ se sont ressouvenus que catholique veut dire\nuniversel, et ils ont fondé l'internationale catholique. Les socialistes\nont crié : prolétaires de tous pays, unissez-vous, et ils ont fondé leur\ninternationale: les savants, les techniciens, les artistes sont entrés en\nrelations avec leurs collègues des pays voisins; ils ont organisé des\ncongrès, réalisé des accords internationaux. Ces liens étaient si forts\nque chez nous, par exemple, nous avons vu Pirenne publier son\nHistoire de Belgique en allemand, avant de la publier en français\net en néerlandais!\nNous avons pu constater ces derniers temps, à l'occasion du\nboycottage de la Hongrie, et de ce qui s'est passé en vue du transport\nde munitions destinées à la Pologne, ce que ces groupements interna-\ntionaux peuvent réaliser.\nEt enfin il y a le communisme, et je n'ai pas en vue ici le bol-\nchevisme russe dont nous pouvons difficilement nous faire une idée\nexacte dans le méli-mélo de reportages contradictoires. J'entends\nplutôt la grande vague d'amour qui s'est fait jour dans tant d'esprits\ndroits, et qui est, du reste, déjà contenue dans le commandement\nprononcé par le Christ.\nEcoutez le poète Wies Moens qui écrit de sa cellule au cours de\nses dix-sept mois de prison préventive : « que le salut vient de la\ncommunauté ». Cette foi est bâtie sur un miracle, car il se fait à,\nl'heure actuelle en ce monde un grand miracle. De jeunes hommes,\nde jeunes femmes, de tous pays, qui ne se sont jamais vus, n'ont\njamais entendu le son de leur voix, se sont soudain réveillés à la\nscience des mêmes nécessités et des mêmes possibilités. Lisez leurs\nécrits, écoutez leurs poésies, apprenez la voix de leurs rêves, et vous\nsaurez que toute une génération ayant la même volonté et un même\ndésir existe déjà. Et le vent qui passe au-dessus de tous les pays\nporte de par le monde la symphonie de ces cœurs jeunes et impétueux\nqui battent pour le même idéal : réconciliation et fraternité. De\nnouvelles frontières sont faites entre les nations, mais d'homme à\nhomme les frontières sont effacées.\nCar au-dessus de toutes les forces qui déchirent les hommes, il\ny en a une autre qui pousse les hommes dans les bras l'un de l'autre :\ncette force est l'amour.\nEcoutez Paul Colin, que je m'excuse de devoir traduire ici"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.13", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2328, "texte": "d'une traduction néerlandaise : « En France, l'idée de l'humanité\ndomine toutes les autres idées. Il n'existe pas de frontières entre les\nhommes, les cerveaux, les cœurs... Nous rejetons l'attitude hostile\net défiante que d'autres voudraient imposer, et qui ordonne le meur-\ntre et la fureur collective. Nous n'avons pas d'autre idéal que de\nconaître les frères que nous avons dans le monde entier, que de nous\nentretenir familièrement avec eux, et de nous réchauffer au rayon-\nnement de leur génie et à l'ardeur de leur amour ».\nLe grand peintre Toorop estime qu'en son pays l'art nouveau\ntend instinctivement vers une beauté universellement humaine, et\nque par suite la fraternisation internationale se réalisera sur le terrain\nde la beauté.\nLe célèbre acteur hollandais, le Dr Rooyaards, écrit que la\npolitique de rapprochement entre les peuples qui se pratique dans les\nsalles d'exposition, de concert et de théâtre est la meilleure, celle qui\ndevra être suivie à l'avenir, parce qu'elle apprend aux divers peuples\nà se connaître, se comprendre et à s'admirer.\nEcoutez enfin le D' Hubner qui, dans un ouvrage récent, dû\nà une collaboration internationale, définit ce qu'on comprend en\nAllemagne par l'expressionisme :\n« L'expressionisme est une compréhension de la vie qui se\nprésente à nous, maintenant que le monde est revenu au calme, afin\nde rebâtir une nouvelle époque, une nouvelle culture, un nouveau\nbonheur. La norme du naturalisme était la nature avec tous ses faits\npositifs; par contre, l'expressionisme possède comme régulateur l'idée\navec toutes ses réalités.\n» L'expressionisme se sent l'ennemi de la nature; il méconnaît\nsa suprématie et doute de sa vérité. Il constate que la science n'est\nqu'une tentative pour tout interpréter...La nature n'est pas une chose\nobjectivement immuable et n'est pas plus grande que l'homme. Elle\nest le Rien qui reçoit sa forme et son allure de l'homme, qui lui\ndonne un sens. Elle est la matière première, éminemment souple et\npétrissable et qui contient toutes les possibilités.\n» L'expressionisme croit que tout est possible... Il place une fois\nencore l'homme au milieu de la création, afin qu'il la peuple.\nL'homme se prend à refaire ce qu'il a fait il y a bien des siècles.\nIl ne s'épuise pas à l'étude du problème de la liberté individuelle, il"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "ne tâche pas de la solutionner, de systématiser; non, il cherche tout\nsimplement à supprimer le problème en posant des actes, en créant ».\nVoilà donc après quatre années d'horreurs de guerre l'amour\nqui fait son entrée dans la vie, non l'amour intéressé, non l'amour\nplatonique, mais l'amour de la collectivité, l'amour qui agit.\nN'est-ce pas ce que Péguy disait déjà en 1900 lorsqu'il fonda\nses « Cahiers » : « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité,\ndire bêtement la vérité, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, triste-\nment la vérité triste, voilà ce que nous nous sommes proposé, et non\npas seulement pour les questions de doctrine, de méthode, mais\naussi, mais surtout pour l'action ».\nEt les actions se posent sous forme de lutte contre tout ce qui\nempêche l'épanouissement plein et complet de la vie moderne, lutte\ndifficile, parce que tous ceux qui vivent de l'ancien régime et doivent\nmourir avec lui se cabrent et se défendent au moyen de toutes les\narmes dont ils disposent. Plusieurs ennemis sont déjà abattus,\nnotamment l'éclectisme, le dilettantisme et l'individualisme. Si, sur-\ntout dans notre pays, il nous arrive encore d'en voir des manifesta-\ntions, quelque peu bruyantes, nous devons les considérer comme les\ndernières convulsions de leurs partisans.\nLa lutte continue contre des ennemis plus forts; je nomme le\ncapitalisme, l'impérialisme et le militarisme, trumvirat monstrueux,\ndont les membres se complètent et s'entr'aident mutuellement.\n« Il n'est jamais superflu, écrit le critique littéraire J. Ernest-\nCharles, il est particulièrement opportun aujourd'hui de rappeler\nles idées qu'exprimaient tous nos hommes d'Etat des années 14-15-\n16-17, à savoir que les soldats de France se sacrifiaient pour que\ncette guerre fut la dernière des guerres, et pour que fussent épargnées\nau monde nouveau les horreurs, les monstruosités inévitables de\ntoutes les guerres ».\nN'avons-nous pas vu les capitalistes anglais se déclarer contre,\nles capitalistes français se déclarer en faveur de l'occupation de la\nRuhr, et cela non point à cause de la liberté des peuples ni à cause\nd'intérêts supérieurs et d'ordre élevé, mais à cause de leurs industries\nmenacées.\nLa bataille est engagée, la lutte continue; elle se caractérise d'une"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.15", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "part par une grande tolérance, d'autre part par la violence. En Angle-\nterre où on a le bon esprit de ne pas mêler la religion aux questions\nde parti et de politique, nous voyons des prêtres catholiques s'asso\ncier au parti socialiste; en Hollande, nous voyons se fonder le parti\ndes socialistes-chrétiens; chez nous, nous avons le parti du Front,\nqui proclame la paix des partis et accueille catholiques, libéraux et\nsocialistes pour essayer de résoudre les problèmes qui lui paraissent\nêtre les plus urgents. Voilà la tolérance.\nNous savons tous ce qui s'est passé, il y a deux ans environ,\ndans les usines italiennes. Voilà la violence.\nAutre exemple de tolérance : en Allemagne, les propriétaires\ndes charbonnages sont d'accord avec leurs ouvriers sur la nécessité\nde socialiser les mines.\nEt en vue de supprimer la crise du logement, ne parle-t-on pas\nsérieusement de la socialisation de la construction des maisons, de la\nsuppression pure et simple des propriétaires et de l'organisation de\nce que les Hollandais appellent des « woonschappen » et les Alle-\nmands les « Bauhiitte ».\nVous sursautez peut-être? Vous avez tort, car, fatalement,\nnous en viendrons là, et s'y opposer ne peut que nous procurer des\ndifficultés.\nVous me demandez ce que dans tout cela la normalisation\ndevient. Mais, je viens d'en parler... Parfaitement, sans la nommer.\nJe vous ai dit le rôle que joue la science; eh bien, il se peut,\nqu'à un problème donné, elle trouve plusieurs solutions, mais il est\nplus que probable qu'une des solutions lui paraîtra la meilleure. Si\non la met en pratique, celle-là, chaque fois que s'en présente l'occa-\nsion et pourquoi ne le ferait-on pas? on fait de la normali-\nsation.\nLa technique est un facteur important dans notre vie, c'est\nentendu. La machine fera plus facilement cent fois le même objet\nque cent objets présentant une légère différence. On fait donc cent\nfois le même objet parce que c'est plus facile et plus économique.\nOn a normalisé puisqu'on aura évidemment cherché à faire un objet\nusuel, à le faire aussi parfait que possible.\nLa poussée démocratique abolit les castes et les rangs; on"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "n'estime plus quelqu'un à cause de son origine, ou des particules\ndont son nom est paré, mais à cause de sa valeur propre, en raison du\ndegré auquel il se rend utile à la communauté. On normalise.\nL'amour universel s'est fait jour. On aime les hommes en tant\nque hommes, en tant qu'égaux, et on commence à réaliser le cri de\nguerre de la révolution française : fraternité, parce que égalité. On\nnormalise.\nOn normalise, et on normalise de plus en plus. Dans des villes\nd'ordre secondaire au point de vue mondial, se crée tout doucement\nune City, le centre des affaires. Voyez Bruxelles, voyez Amsterdam.\nCela équivaut à dire qu'on peut ranger les constructions en des\ncatégories bien distinctes : les bâtiments publics, les bureaux et les\nbanques, les grands magasins, les maisons d'habitation. Ces der-\nnières peuvent se subdiviser en maisons d'habitation avec boutique,\net en maisons d'habitations proprement dites; et quand, dans cette\ndernière série, nous aurons construit quelques hôtels, un certain\nnombre d'habitations bourgeoises, d'habitations pour employés et\nd'habitations ouvrières, nous aurons répondu à toutes les nécessités,\nsi, chaque fois, nous construisons en double série, pour les grands\net pour les petits ménages.\nVous voyez que la solution de la crise de logement peut se\nsimplifier singulièrement, si on veut se servir du remède tout indiqué,\nla normalisation des maisons. Elle se simplifie encore bien davantage\nsi on veut jusqu'à un certain degré normaliser sa manière de vivre,\nhabiter des maisons où tout est installé collectivement autant que\nfaire se peut: l'eau chaude et froide, le gaz et l'électricité, le chauffage,\nle vacuum cleaner, le jardin ou la cour; habiter des maisons où le\nconcierge soigne toutes ces installations collectives, garde le dépôt des\nbicyclettes et des voitures d'enfant, et vous loue les chambres à loger\nle jour où vous en avez besoin; habiter des maisons où est installée\nune nursery pour recevoir vos enfants quand vous devez vous absen-\nter ou que vous recevez du monde; habiter des maisons auxquelles\nest joint un restaurant collectif dans lequel tous les habitants du\ngroupe peuvent prendre leurs repas; habiter des maisons, enfin, qui\nseront outillées comme on les outillera le jour où vous désirerez\nhabiter des maisons aussi pratiques, et en exigerez de vos proprié-\ntaires.\nQuand sera-ce? Répondez vous-mêmes. Je ne puis que vous"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.18", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "dire qu'il en existe partout, en Angleterre, en Allemagne, en France,\nen Hollande, en Amérique, partout, excepté en Belgique... Et quand\nje demande à mes compatriotes s'il ne faudrait pas commencer à\nsonger à la construction d'immeubles analogues, on me répond...\nqu'il fera beau demain!\nEt dire que nous avons inventé la poudre et que nous ne\nvoulons recevoir de conseils de personne!\nMais en supposant, ce dont je n'ose pas me flatter, que vous ayez\ntous admis ce que je vous ai dit, vous avez, je le devine, encore une\nobjection à me faire qui vous paraît excessivement sérieuse. Vous me\ndites que je suis architecte, que je vous parle et vous parlerai de la\nnormalisation en relation avec l'architecture, que l'architecture est\nun art et que je n'ai traité que de choses techniques; qu'art et tech-\nnique sont, du reste, deux pôles contraires, que sais-je encore.\nJe réponds tout d'abord que la normalisation est un moyen et\nnon pas un but. J'ajoute ceci : qui dit art, dit vie. Lorsque la\nvie est saturée d'individualisme et de dilettantisme, l'art devient\nindividualiste et est le partage des dilettantes, des raffinés. Mais\nles temps sont passés où l'artiste se réfugiait dans sa tour d'ivoire\npour s'adonner au culte du moi, loin de l'œil des barbares, car il\nprofessait le plus profond dédain pour ceux qu'il paraît du titre de\nbourgeois, d'Ostrogoths, de Philistins.\nL'artiste se trouve en plein dans la vie; il entend la marche, le\nbruissement, le chant des vagues de la vie; il ressent les trépidations,\nles impulsions de la vie; il en partage les aspirations; et puisque\ntout cela s'est profondément modifié depuis la génération précédente,\nl'artiste à quitté, quitte sa solitude égoïste, brûle sa tour d'ivoire et\ns'avance dans la vie réelle; il le fait avec tant de conviction qu'il\ns'adonne même à la politique qu'il avait considérée jusqu'ici comme\nla plus basse des besognes. Voyez les rangs des jeunes partis qui se\ndressent devant la caste des conservateurs, devant le parti des réac-\ntionnaires, et vous serez étonnés d'y compter tant d'artistes. Voyez\nle rôle politique important que jouent les artistes en Russie, le seul\npays où, pour le moment, les travailleurs de l'esprit sont convena-\nblement rétribués.\nL'artiste s'adapte donc aux conditions de la vie moderne. Il\ndoit servir,disait au dernier congrès d'artistes, à La Haye, le Dr van\nGinniken, le jésuite littérateur bien connu. En effet, il doit servir ses"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2468, "texte": "concitoyens qu'il aime et, pour y arriver, il emploiera les moyens\nque la vie moderne, que la technique moderne met à sa disposition.\nQuand donc il se demande comment il servira, il s'entend\ndonner la réponse suivante : en faisant strictement de l'art, de l'art\npur. Le musicien sait donc qu'il doit rechercher la musique pure,\net non la musique à programme où se fait jour un élément étranger\nà son art, savoir un élément littéraire; il doit produire une émotion\nmusicale. Le littérateur sait qu'il doit faire de la littérature et non\nde la philosophie ou de la science; le peintre et le sculpteur ne doivent\npas raconter l'histoire ancienne ou contemporaine, ou interpréter\ndes faits ou faire de la spychologie, mais donner des émotions pure-\nment plastiques. L'architecte de son côté ne doit pas faire des\nédifices qui pourraient avoir été modelés, comme l'ont fait les archi-\ntectes de l'époque baroque, comme le fait l'architecte Henry Van de\nVelde, et certains contemporains espagnols, non, il doit traduire\nl'impression d'espace, de surface, de masse et de construction.\nC'est ainsi que le poète philosophe hindou Tagore pouvait\ndire dernièrement, à Amsterdam, qu'il savait goûter la beauté d'une\npoésie hollandaise, comme nous pouvons goûter le rythme d'un chant\nbengalais, quoique le sens des mots nous échappe.\nL'artiste moderne abandonne donc le monde des formes\nvisuelles pour s'avancer dans le monde des formes abstraites. Cela\néquivaut pour l'architecte, dont l'art a été de tout temps un art\nabstrait, à bannir de ses constructions les sculptures et les peintures\nqui ne s'harmonisent pas avec ses conceptions, parce que d'inspiration\nou de source visuelle. Il sait vers quel idéal il doit tendre; il sait qu'il\ndispose de moyens dont aucun architecte ancien ne disposera jamais:\nla science, la technique, l'organisation, l'industrie, la normalisation;\nil sait que son art ne doit pas être un but, mais qu'il doit servir, qu'il\ndoit avoir une signification universelle, accessible à tous. Il sait qu'il\nne doit point faire de la science, c'est-à-dire construire en style\nancien, ni de la technique, c'est-à-dire faire des bâtiments qui sont\ntout simplement solidement construits, ni de la normalisation, c'est-\nà-dire des édifices combinés de manière à pouvoir être reproduits en\ngrand nombre, aussi facilement que possible, et aussi économique-\nment que possible, mais qu'il doit faire de l'architecture.\n\nHUIB HOSTE Architecte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c004", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.2.2", "titre_corps": "Supplément à la Revue La Cité, IIIe Année N° 9", "titre_sommaire": "Supplément à la Revue La Cité, IIIe Année N° 9", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 125, "texte": "« STILLEVEN COMPOSITIE »\n1917\n<NATURE MORTE>\npar V. 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VERWILGHEN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.20", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "La Peinture Néo=Plastique\n\n« Il y a encore, il y aura encore des peintres, beaucoup de peintres.\n» Mais la peinture est finie » déclarait Elie Faure, ici même, dans\nsa magistrale étude où il constatait le recul de l'individualisme en\nmême temps que l'ascension d'un art d'essence architecturale.\nIl s'agissait, évidemment, dans la pensée du grand critique, du\ntableau de chevalet, de la peinture réaliste, art d'imitation.\nMais à côté d'elle peut se concevoir a existé dans le passé et\nrenaît dans le présent un art pictural qui s'associe à l'architecture\net obéit à ses lois.\nCe nouvel art aboutissement logique de l'évolution de la\n' U MU\npeinture contemporaine se détourne résolument et totalement,\ndu moins dans les manifestations extrémistes de la représentation\nde la nature. Il cherche uniquement à réaliser le rythme harmonieux\nde surfaces et de couleurs.\nDe même que l'architecture, cet art est pure création. « L'ar-\n» chitecture remarque « Le Corbusier-Saugnier sollicite les\n» facultés les plus élevées, par son abstraction même. L'abstraction\n» architecturale a cela de particulier et de magnifique que, se raci-\n» nant dans le fait brutal, elle le spiritualise, parce que le fait brutal\n» n'est pas autre chose que la matérialisation de l'idée possible. Le\n» fait brutal n'est possible d'idée que par l'ordre qu'on y projette.\n» Les émotions que suscite l'architecture émanent de conditions phy-\n» siques inéluctables, irréfutables, oubliées aujourd'hui ».\nLa peinture néo-plastique s'efforce, elle, aussi, de susciter à\nnouveau des émotions du même genre.\nIl nous a semblé que la campagne que nous menons dans cette\nRevue en faveur de l'Art architectural moderne nécessitait, comme\ncomplément, une initiation à la peinture néo-plastique.\nLe peintre V. Huszar, de Voorburg, en Hollande, a bien voulu\nnous promettre de nous seconder dans cette tâche. Nous sommes"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.21", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "heureux de pouvoir publier aujourd'hui, en même temps que la\npremière d'une série de ses œuvres, un commentaire où l'artiste\nexplique lui-même ses intentions, A la suite d'une traduction fran-\nçaise de ces notes, nous en publions le texte original afin que ceux\nde nos lecteurs qui comprennent la langue néerlandaise puissent sai-\nsir d'une façon plus complète la pensée de l'artiste.\nLe peintre Huszar fut, avec Théo van Doesburg et l'architecte\nOud, le fondateur en Hollande de l'école d'art nouveau nommée le\n« Styl Beweging », littéralement le Mouvement « du Style » d après\nle titre fort bien choisi de la Revue qui lui sert d'organe.\nLes compositions de ce peintre sont des oeuvres de « plastique\npure » (van zuivere beelding), dénomination qui souligne que le but\nde l'artiste n'a point été de représenter quelqu'aspect de la nature,\nmais, tout au contraire, de créer une image qui, à l'instar de la nature,\ndonne une sensation d'harmonie.\nL'intérêt que de pareilles œuvres présentent pour les archi-\ntectes, ne résulte pas seulement de leur mérite intrinsèque, mais du\nfait qu'elles trouvent leur cadre, tout comme leur raison d'être,\ndans l'Edifice dont elles deviendront un jour le complément indis-\npensable.\nC'est la réponse qu'il convient de faire à ceux qui, devant l'im-\nprévu de pareilles compositions, les trouvent énigmatiques et ne se\ndonnent point la peine de les comprendre.\nPour celui qui saisit l'immuable principe de beauté de ces\nœuvres, elles ne sont pas plus étranges que la structure linéaire des\nsculptures byzantines et les compositions géométriques des vitraux\nromans.\nLa peinture néo-plastique tend uniquement à restaurer l'unité des\narts en l'harmonie souveraine de l'architecture.\nD'une chronique que P. Bourgeois consacre, dans le dernier\nnuméro de « 7 Arts », au Salon de la Jeune Peinture, nous décou-\npons le commentaire suivant :\n«La « plastique pure » est une peinture décorative qui obéit?\n\nRaph. VERWILGHEN."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.22", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "» objectivement, physiquement au processus de la composition\n» architecturale. Comme une façade, elle ne représente rien, sinon\n» une harmonie : son destin s'est complètement réalisé dès qu'en\n» une pièce bien proportionnée (pleins et vides), elle pose un\n» ensemble équilibré de lignes et de couleurs.\n» Illustration : A) Conception de la décoration classique :\n» sur la frise de ma bibliothèque, peindre un coursier fougueux en\n» une plaine rousse.\n» B) Conception de la plastique pure : là où je dois méditer,\n» assembler des formes immobiles et graves.\n» Je n'insisterai pas sur l'importance considérable que peut\n» avoir la Plastique pure dans l'art du vitrail, du parquet, des\n» tapis, etc., etc. : ces quelques lignes suffisent à établir sa mission\n» dans la création de l'architecture moderne, c'est-à-dire du style\n» moderne (Mobiliers, façades, ustensibles, peintures).\n» Quant à l'objection : « Cela ne représente rien », je renvoie\n» à Pascal.On sait, en effet, que :\n» Le génial penseur français déplorait la vanité des artistes qui\n» prétendent représenter la nature. Les artistes modernes ont enfin\n» compris le sens prophétique de cette parole : ils ne représentent\n» plus, ils contruisent »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c006", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "204", "page_fin": "204", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.4", "titre_corps": "Composée en 1917 par V. Huszar = Voorburg <Hollande>", "titre_sommaire": "Composée en 1917 par V. Huszar = Voorburg <Hollande>", "signature_source": "V. HUSZAR", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "Description d'une nature morte\nComposée en 1917 par V. Huszar = Voorburg <Hollande>\nV. HUSZAR.\nAfin de faciliter la compréhension de mes « compositions\nd'espaces colorés » — dont j'entretiendrai prochainement les lec-\nteurs de cette revue — et qui se rencontrent dans des intérieurs\n(ou espaces à trois dimensions), il est utile que l'on connaisse le but\nque je poursuis dans mes compositions dans (ou espace\nà deux dimensions). ,\nQue pareille composition doive son origine à une nature morte,\nc'est chose sans importance; ce ne fut là, en effet, que le moyen ou\nle motif de la matérialisation d'une image; mais l'explication d'une\noeuvre d'art se trouve dans l'image matérialisée et non dans des\ncommentaires littéraires ou philosophiques.\nQue nous laisse voir la figure que nous reproduisons?\nTrois teintes : du blanc, du jaune, du rouge.\nDes surfaces petites et grandes.\nLa grande surface rouge de droite s'avance sous les grandes\nsurfaces jaune et blanche, tout comme ces dernières s'avancent sous\nelle.\nSur la grande surface rouge de droite se détachent des surfaces\njaunes et des surfaces blanches.\nSur la grande surface jaune de gauche se détachent des surfaces\nrouges et des surfaces blanches.\nSur la grande surface blanche du bas se détachent des surfaces\nrouges et des surfaces jaunes.\nChaque teinte envoie sur une surface colorée voisine des sur-\nfaces plus petites de sa propre teinte.\nL'espace plan se trouve dominé par un mouvement de\nment qui se retrouve dans le cadre qui enclôt l'ensemble de la com-\nposition.\nEn quoi pareille image est-elle belle?\nJe laisserai au spectateur le soin d'en juger, mon commentaire\nn'ayant d'autre but que d'expliquer l'intention que j'ai eue en\ncomposant cette œuvre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c007", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "205", "page_fin": "205", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.5", "titre_corps": "<1917> door V. Huszar = Voorburg <Holland>", "titre_sommaire": "<1917> door V. Huszar = Voorburg <Holland>", "signature_source": "V. HUSZAR", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.24", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "Beschrijving van een Stilleven=Compositie\n<1917> door V. Huszar = Voorburg <Holland>\nV. HUSZAR.\n$\nOm mijn « Ruimte-kleur-composities » in 't intérieur (drie\ndimensionale ruimte) beter te kunnen begrijpen {hietovet zal ik een\nvolgende keerschtijven), is het wen\nmet de nieuwe beelding in devlak-ruimte (f\nruimte).\nDat de aanleiding van deze compositie een stilleven was, doet\nniets ter zake, daar dat maar een midd\nveering van dit beeld en uit het geobjectiveerde beeld moet een\nkunstwerk verklaard worden en\nbeschouwingen.\nWat is op dit beeld te zien?\nDrie kleuren : d. i. wit, geel, rood.\nVlakken klein en groot.\nHet groote roode vlak rechts schuift onder het groote geele en\nop het groote witte, even zoo doen\nOp het groote roode vlak rechts zijn geel en witte vlakken,\nOp het groote geele vlak links zijn roode en witte vlakken.\nOp het groote witte vlak onde r in midden zijn roode en geele\nvlakken.\nDe eene kleur zendt kleinere\nkleur op een ander kleur vlak.\nDe vlakruimte is dus doorschuiving\nnomen is op de lijst, die het geheel\nWat is de schoonheid van zu\nOver de schoonheid te oordeelen, laat ik aan den beschouwet\nover, mijn doel was slechts uit een te zetten de bedoeling die ik met\ndit werk had."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c008", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "206", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.6", "titre_corps": "EXPOSITIONS", "titre_sommaire": "EXPOSITIONS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.25", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4047, "texte": "EXPOSITIONS\nANVERS. EXPOSITION INTERNATIONALE\nD HYGIENE appliquée à l'alimentation et à l'Agen-\ncement du Home (m ai-juin 1923).\n« Le Moniteur de l'Alimentation » organise pen-\ndant les mois de mai et juin î 923, dans les locaux\ndu Palais de Glace d'Anvers, 9, rue de la Santé,\nune Exposition Internationale d'Hygiène appliquée\nà l'Alimentation et à l'Agencement du Home ainsi\nqu'aux Industries connexes.\nA cette époque de pénurie de magasins et mai-\nsons de commerce, cette organisation fournira l'oc-\ncasion aux industriels et commerçants, de faire\nconnaître avantageusement les qualités de leurs ar-\nticles aux intéressés, attirés par une publicité col-\nlective intense et des étalages décoratifs.\nSTRASBOURG. EXPOSITION SCIENTIFI-\nQUE ET INDUSTRIELLE D'HYGIENE (JUIN-OC-\nTOBRE 1923). SECTION DE L'HYGIENE UR-\nBAINE. Le gouvenement français, approuvant\nl'iniative prise par l'Université et 1a ville de\nbourg, en accord avec la famille de Pasteur et avec\nl'lnstitut Pasteur de Paris, a décidé de fêter avec le\nplus grand éclat le centenaire de l'illustre savant\nà Strasbourg, où il a commencé sa carrière scienti-\nfique et universitaire.\nCette manifestation comportera entre autres\nchoses une Exposition ayant pour but essentiel de\nmettre en évidence toutes les conséquences de\nVœuvre de Pasteur dans le domaine de la méde-\ncine, de l'hygiène, de l'industrie et de l'agriculture.\nElle comprendra une section fort importante\nconsacrée à l'Hygiène Urbaine. Cette section doit\nparticulièrement démontrer comment aujourd'hui\nles recherches scientifiques faites par Pasteur et\nses successeurs sont 1a clé de la solution des pro-\nblèmes si importants de la construction des villes,\ndes maisons et des logements, de 1 évacuation des\neaux usagées, de l'enlèvement des ordures, de I ap-\nprovisionnement en eau, de l'éclairage et du chaur-\nfage, de l'aération, du vêtement, des soins du\ncorps, des jardins ouvriers, de la basse-cour, de\nl'inhumation, des établissements de bains et de bien\nd'autres encore.\nLe groupe de l'hygiène urbaine comprendra :\n1° Classe de la construction des villes et rues,\net le nettoiement des villes et la voirie;\n2° Classe de la construction de logements.\nLes intéressés montreront les efforts multiples que\ntous les pays invités déploient pour remédier à la\ncrise du logement et pour créer des habitations\npopulaires salubres et mêmes confortables jusqu à\nun certain point, des cités-jardins, des colonies\nouvrières. Dans ce cadre, les industries du bâti-\nment exposeront leurs produits et la façon de ces\ndernières, notamment les matériaux de remplace-\nment, et feront connaître les systèmes de construc-\ntions économiques qui ont fait leurs preuves dans\nla pratique. Les Associations d'utilité publique, les\nSociétés d'habitations à bon marché et les Admi-\nnistrations communales pourront représenter les\nefforts accomplis par elles pour la réforme de la\nconstruction d'habitations;\n3° Classe de l'ameublement ;\n4° Classe de l'aération, le chauffage, l'éclairage,\nl'approvisionnement en eau et le service des incen-\ndies;\n5° Classe réservée aux établissements de bains,\naux soins corporels et aux vêtements;\n6° inhumations;\n7° Jardins ouvriers.\nL'idée principale de l'Exposition de l'hygiène ur-\nbaine est de mettre en relief la collaboration de la\nscience spéculative, du travail administratif public\net de la technique industrielle au service de F hy-\ngiène publique. Son but est de convaincre la col-\nlectivité de la nécessité de cette collaboration. C'est\npour cela que le présent appel s'adresse à tous\nse ment des nombreux écrits qui paraissent dans le\nceux qui, en France et à l'étranger, consacrent leur\nactivée au service de l'hygiène urbaine, pour les\ninviter à contribxier dans la mesure de leurs forces,\npar leur participation active, à la réussite de îa\ngrande œuvre de l'hygiène urbaine qui est le fon-\ndement indispensable de toute vraie civilisation.\nPour tous renseignements complémentaires,\ns'adresser au Secrétariat général de l'Exposition\nPasteur, rue Koeberlé, 3, à Strasbourg."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c009", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "207", "page_fin": "208", "image_debut": 26, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.7", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.26", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3902, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nLivres\nH. H.\nCONSTRUCTIE VAN GEBOUWEN, door Prof.\nJ. S. Wattjes. T. 4. Kappen. N. V. Wed. J. Ahrend\nen Zoon, Amsterdam.\nC'est le cas de dire que cet ouvrage devrait être\nentre toutes les mains. Ï1 compte 500 pages,\n4 planches et plus de 1.000 figures. L'auteur, pro-\nfesseur à l'Université technique de Delft, s'est pro-\nposé de faire un livre d'études et en même temps\nun guide pratique pour l'architecte, l'ingénieur et\nle dessinateur de bureau.\nS'étant imaginé qu'il manquait surtout un bon\nlivre traitant des toitures diverses, Fauteur a vail-\nlamment commencé La publication ce son ouvrage\npar le tome 4, consacré à cette matière.\nEt voyez avec quelle méthode! Le premier cha-\npitre nous explique les diverses formes de toitures\n(régulières et irrégulières); des photographies en\nmontrent l'effet et le jeu particulier. Suivent les\nparties diverses et la composition des toitures, les\ndiverses espèces de couverture. Un chapitr spécial\ntraite des terminaisons et des lucarnes, lanter-\nneaux, etc.\nVoilà le lecteur suffisamment armé pour aborder\n1 étude détaillée des toitures : il voit défiler tour à\ntour !es fermes ordinaires, les fermes Philibert e*\nMansart, les charpentes françaises, anglaises et\nallemandes.\nSuit un chapitre de théorie à propos des fermes\nen bcvis, en fer et en béton armé, et l'auteur aborde\nce qui fait pour moi le plus grand intérêt de l'ou-\nvrage, c est-à-dire l'examen détaillé des charpentes\nen bois modernes à grandes portées, des charpen-\ntes en fer et des fermes en béton armé.\nUn chapitre spécial traite de l'exécution des toi-\ntures, un autre des toitures à coupole et des flè-\nches. Dans ce dernier chapitre Fauteur s'occupe\ndes fermes Sheds (ou Reikem) en bois, fer et béton\narmé.\nCe relevé sommaire est évidemment un peu\nrevêche; la manière dont l'auteur a traité\nsa matière ne 1 est pas du tout; les illustrations con-\ntenteront les plus difficiles : ce sont ou bien des\nphotographies tantôt de constructions existantes,\ntantôt de maquettes, ou bien des schémas, ou des\ndessins techniques parfaitement détaillés.\nQue de surprises nous réserve le chapitre sur les\ncharpentes modernes! Le bois est un matériau que\nnous connaissons depuis longtemps nous\nn avons plus rien de neuf à apprendre à son sujet.\nMais voici un hall pour dirigeables, construit com-\nplètement en bois : sa portée est de,.. 210 mètres!\nTranquillisez-vous, l'ouvrage en contient de 20, de\n35, de 63 mètres, etc.; vous verrez les fermes\nGestesch , Meltzer, Kiïbler, Dwars, Van de Wijn-\npersse, etc., etc.\nParmi les fermes en fer nous rencontrons en\nbonne place le système Vierendeel; la souplesse du\nbéton armé se remarque immédiatement aux diver-\nses figures; le béton armé se prête à toutes les for-\nmes, nous pourrions presque ajouter à toutes les\nportées. Nous en voyons d'abord de petites; il en\nsuit de plus grandes, de 17, de 31, de 43 mètres,\net enfin des fermes à rotules, et une ferme (sans\nrotules celîe-ci) pour un abri de dirigeable d'une\nportée de 93 mètres (exécutée par les établisse-\nments Fourré et Rhodes).\nC est dire assez 1 intérêt de cet ouvrage qui a été\nédité avec tous les soins voulus.\n\nRevues\nEUROPE. — UNE NOUVELLE REVUE D'ART\nMODERNE. — Dans son dernier numéro publié en\njuillet dernier, notre confrère 1' « Art Libre >\nannonçait qu'il disparaissait pour faire place à une\nrevue anthologique et critique, « l'Europe », qui\nallait reprendre et élargir son programme et son\naction.\nLes nécessités d'une mise au point minutieuse\nont retardé quelque peu la naissance de cette\ngrande revue, mais voici qu'on en annonce le pre-\nmier numéro pour le début de février. « Europe »\nsera dirigée en commun par MM. Paul Colin et\nRené Arcoz et éditée à Paris par la maison F. Rie-\nder et Cle.\nEIÎ© paraîtra mensuellement en fascicules in~8°\nde 128 pages. Constituant une grande tribune\ninternationale, elie publiera dans ses tout premiers"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.27", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 4365, "texte": "numéros, des romans, nouvelles, poèmes, essais,\nchroniques ou mémoires inédits de Maxime Gorki,\nRomain Rolland, Elle Faure, Henry Van de Velde,\nProf. Langevin, Georges Duhamel, Léon Werth,\nPierre Hamp, Valéry Larbaud, Comte de Gobineau,\nFrank Wedekind, Cari Sternheim, Charles Vildrac,\nJean-Richard Bloch, Roger Martin du Gard, Luc\nDurtain, Léon Bazalgette, Francis Birrell, Kasimir\nEdschmid, Franz Werfel, Roger Fry, Clémence\nDane, Dorothy Richardson, René Lalou, Manuel\nAzana, Douglas Goldring et Michael Kousmine.\nTABLETTES DOCUMENTAIRES MUNICIPA-\nLES. UN INSTRUMENT D'INFORMATION ET\nDE DOCUMENTATION MUNICIPALES. Les\nservices publics bien organisés sont généralement\nsoucieux d'être tenus au courant des faits, des ini-\ntiatives et des progrès réalisés dans les autres cités,\ncelles du pays même, comme celles de 1 étranger.\nLes loisirs leur manquent généralement po«av\nprocéder à une lecture, à une analyse et à un cîas-\nmonde et qui peuvent les intéresser. Encore fau-\ndrait-il qu'ils connaissent plusieurs langues et\nqu'ils reçoivent une profusion d ouvrages et de\nrevues.\nOn conçoit donc, que du Congrès international\ndes Villes, tenu à Gand en 1913, les nombreuses\nmunicipalités qui y étaient représentées, aient ex-\nprimé le vœu de voir faire ce travail de lecture et\nd'analyse par un office central. L Union Internatio-\nnale des Villes, Bruxelles, 3bis, rue de la Régence,\nconstituée lors de ce Congrès, a remis la question\nà l'étude aussitôt après la guerre et elle vient\nd'aboutir à l'organisation d'un important service\nde lecture et d'analyse, dont les travaux sont pu-\nbliés sous la forme des Tablette Documentaires\nMunicipales. Cet important recueil apportera\ndésormais, de semaine en semaine, aux services\nintéressés, un choix d'analyses des pricipaux écrits\npubliés dans des revues analogues à la nôtre et\nconcernant donc le mouvement municipal dans les\ndivers pays.\nCes Tablettes, dont le prix de souscription est\nde 240 francs l'an, sont partagées en six séries dis-\ntinctes répondant à des objets variés de 1 activité\nmunicipale. Chaque série comportant annuellement\nde 800 à 1.000 analyses peut être souscrite isolé-\nment au prix de 40 francs l'an, soit en réalité seu-\nlement 5 centimes par analyse. Le prix de la sous-\ncription représente une telle économie dans la\ntâche des dirigeants de nos services publics qu on\npeut se féliciter de voir apparaître un instrument\nd'information aussi pratique et aussi utile à la\nbonne administration de la chose publique.\nDonnons ci-dessous la table analytique des séries\n1 et II qui sont tout particulièrement de nature à\nintéresser nos lecteurs.\nSérie I. Urbanisation (Town Planning, City\nPlanning. Stâdtebau-und Siedlungswesen. Steden-\nbouw). Mouvement des idées urbanistiques.\nEtudes générales, sociales et économiques sur les\nagglomérations. Aménagement des agglomérations\n(Urbanisation.. Citéa-jardins. Faubourgs-jardins.\nVillages. Villes-satellites). Formation et tracé de\nla voirie. Affectation des voies. Législation. Trans-\nformation technique et économique du sol en ter-\nrain à bâtir. Politique foncière (lotissement, déve-\nloppement du commerce de terrains, conditions\nparticulières à la propriété du sol. Expropriation,\naffermage). Utilisation du sol et restriction de son\nusage, en prenant en considération les intérêts de\nla communauté, par le droit de coutume et la lé-\ngislation spéciale. Espaces libres. Zoning. Dévelop-\npement de l ensembîe urbain : le site, le paysage\nurbain, l'aspect de la rue (Landschaftliches Ge-\nsamtbild, Stâdtebild, Strassenbild). Architecture.\nSérie IL Habitation (Complexes. Hausbau-\nund Wohnungswesen. Housing). Casier sani-\ntaire (Statistique. Inspection sanitaire. Sluims). Ma-\ntériaux et matériel de construction. Plans et types\nde construction. Groupements d'habitations. Exé-\ncution des travaux de bâtisse. Organisation écono-\nmique et sociale du travail. Protection du travail.\nOrganisation de la construction (développement\ndes facteurs sociaux par rapport à la construction).\nAlignements. Règlements sur les bâtisses. La mai-\nson : 1. au point de vue individuel (mobilier et\ninstallations sanitaires) ; 2. au point de vue de l'in-\ntérêt collectif (Impôts. Taxes. Loyers.Assurances).\nHygiène spéciale de l'Habitation. (Voir aussi Série\nVI : Hygiène Publique.)\nLE PRÉSENT NUMÉRO RENFERME UNE PLANCHE HORS-TEXTE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c010", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "207", "page_fin": "207", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.7.1", "titre_corps": "Livres", "titre_sommaire": "Livres", "signature_source": "H. 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Paul Colin et\nRené Arcoz et éditée à Paris par la maison F. Rie-\nder et Cle.\nEIÎ© paraîtra mensuellement en fascicules in~8°\nde 128 pages. Constituant une grande tribune\ninternationale, elie publiera dans ses tout premiers"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.27", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 4365, "texte": "numéros, des romans, nouvelles, poèmes, essais,\nchroniques ou mémoires inédits de Maxime Gorki,\nRomain Rolland, Elle Faure, Henry Van de Velde,\nProf. Langevin, Georges Duhamel, Léon Werth,\nPierre Hamp, Valéry Larbaud, Comte de Gobineau,\nFrank Wedekind, Cari Sternheim, Charles Vildrac,\nJean-Richard Bloch, Roger Martin du Gard, Luc\nDurtain, Léon Bazalgette, Francis Birrell, Kasimir\nEdschmid, Franz Werfel, Roger Fry, Clémence\nDane, Dorothy Richardson, René Lalou, Manuel\nAzana, Douglas Goldring et Michael Kousmine.\nTABLETTES DOCUMENTAIRES MUNICIPA-\nLES. UN INSTRUMENT D'INFORMATION ET\nDE DOCUMENTATION MUNICIPALES. Les\nservices publics bien organisés sont généralement\nsoucieux d'être tenus au courant des faits, des ini-\ntiatives et des progrès réalisés dans les autres cités,\ncelles du pays même, comme celles de 1 étranger.\nLes loisirs leur manquent généralement po«av\nprocéder à une lecture, à une analyse et à un cîas-\nmonde et qui peuvent les intéresser. Encore fau-\ndrait-il qu'ils connaissent plusieurs langues et\nqu'ils reçoivent une profusion d ouvrages et de\nrevues.\nOn conçoit donc, que du Congrès international\ndes Villes, tenu à Gand en 1913, les nombreuses\nmunicipalités qui y étaient représentées, aient ex-\nprimé le vœu de voir faire ce travail de lecture et\nd'analyse par un office central. L Union Internatio-\nnale des Villes, Bruxelles, 3bis, rue de la Régence,\nconstituée lors de ce Congrès, a remis la question\nà l'étude aussitôt après la guerre et elle vient\nd'aboutir à l'organisation d'un important service\nde lecture et d'analyse, dont les travaux sont pu-\nbliés sous la forme des Tablette Documentaires\nMunicipales. Cet important recueil apportera\ndésormais, de semaine en semaine, aux services\nintéressés, un choix d'analyses des pricipaux écrits\npubliés dans des revues analogues à la nôtre et\nconcernant donc le mouvement municipal dans les\ndivers pays.\nCes Tablettes, dont le prix de souscription est\nde 240 francs l'an, sont partagées en six séries dis-\ntinctes répondant à des objets variés de 1 activité\nmunicipale. Chaque série comportant annuellement\nde 800 à 1.000 analyses peut être souscrite isolé-\nment au prix de 40 francs l'an, soit en réalité seu-\nlement 5 centimes par analyse. Le prix de la sous-\ncription représente une telle économie dans la\ntâche des dirigeants de nos services publics qu on\npeut se féliciter de voir apparaître un instrument\nd'information aussi pratique et aussi utile à la\nbonne administration de la chose publique.\nDonnons ci-dessous la table analytique des séries\n1 et II qui sont tout particulièrement de nature à\nintéresser nos lecteurs.\nSérie I. Urbanisation (Town Planning, City\nPlanning. Stâdtebau-und Siedlungswesen. Steden-\nbouw). Mouvement des idées urbanistiques.\nEtudes générales, sociales et économiques sur les\nagglomérations. Aménagement des agglomérations\n(Urbanisation.. Citéa-jardins. Faubourgs-jardins.\nVillages. Villes-satellites). Formation et tracé de\nla voirie. Affectation des voies. Législation. Trans-\nformation technique et économique du sol en ter-\nrain à bâtir. Politique foncière (lotissement, déve-\nloppement du commerce de terrains, conditions\nparticulières à la propriété du sol. Expropriation,\naffermage). Utilisation du sol et restriction de son\nusage, en prenant en considération les intérêts de\nla communauté, par le droit de coutume et la lé-\ngislation spéciale. Espaces libres. Zoning. Dévelop-\npement de l ensembîe urbain : le site, le paysage\nurbain, l'aspect de la rue (Landschaftliches Ge-\nsamtbild, Stâdtebild, Strassenbild). Architecture.\nSérie IL Habitation (Complexes. Hausbau-\nund Wohnungswesen. Housing). Casier sani-\ntaire (Statistique. Inspection sanitaire. Sluims). Ma-\ntériaux et matériel de construction. Plans et types\nde construction. Groupements d'habitations. Exé-\ncution des travaux de bâtisse. Organisation écono-\nmique et sociale du travail. Protection du travail.\nOrganisation de la construction (développement\ndes facteurs sociaux par rapport à la construction).\nAlignements. Règlements sur les bâtisses. La mai-\nson : 1. au point de vue individuel (mobilier et\ninstallations sanitaires) ; 2. au point de vue de l'in-\ntérêt collectif (Impôts. Taxes. Loyers.Assurances).\nHygiène spéciale de l'Habitation. (Voir aussi Série\nVI : Hygiène Publique.)\nLE PRÉSENT NUMÉRO RENFERME UNE PLANCHE HORS-TEXTE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c012", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.8", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.28", "debut_caractere": 906, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "MONOBLOC\n176, chsee de Boondael ■ Bruxelles\nMaisons ouvrières et rurales\nen agglomérés poreux et en briques\n3\n-,\n£V\n%\n%\n\"Q\nIVI\n9?\nYh\nML\nVf.\nPI\nUSINES\nGÏOtS)\nBéton armé de tous systèmes\nG*o£3\nHourdis creux sans coffrages\nBLOCS ATHERMANES KNAPEN\nMACHINES PILONNEUSES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1923-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaac_1923-01_01#c013", "volume": "bmtnaac_1923-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.2.9", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.29", "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 289, "texte": "Editions Tekhné\nL'Art et la Société „\niniiisH\npar H.-P. 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ANNÉE i\nj NUMÉRO 9 - JANVIER 1923. i"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.2", "texte": "K t V U t f\\ £ H b U t: L L îz BELGE\nLA CITÉ\nURBANISME sa ARCHITECTURE ■ ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES RÉGIONS DÉVASTÉES\nRédacteurs : MM. Fern. BODSON, architecte (Bruxelles) ; J. DE LIGNE, architecte\n(Bruxelles) ; j. EGGERiCX, architecte (Bruxelles) ; Huib. HOSTE, archi-\ntecte (Bruges); Raymond MOENAERT, architecte (Bruxelles); L. van der\nSwaelmen, architecte-paysagiste (Bruxelles); J. M. van HARDEVELD (Am-\nsterdam; M. Raph. VERWILGHEN, Ingénieur Urbaniste (Bruxelles), Secré-\ntaire de la Rédaction.\nLot Rédacteurs et Collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles. 11 sera-rendu compte\nd&nâ «la Cité de tout ouvrage dont deux exemplaires seront envoyés àla Revue.\nPoux la rédaction, l'administration et les demandes d'abonnement, s'adresser au Sièg^\nde la Revue : 10, Place Loix, Saint-Gilles-Bruxelles.\nPour la vente au numéro s'adresser exclusivement aux librairies. Dépôt principal : Li-\nbrairie Lamertin, 58-62, Coudenberg Bruxelles.\nABONNEMENT : Belgique 10 fr. ; Etranger, 1 5 fr. Le numéro, Un franc.\nLes abonnements peuvent se prendre en versant la somme de 10 francs au crédit du\nCompte chèques-postaux n° 16621 (Revue : La Cité). Moyennant un sup-\nplément de 3 francs les numéros sont envoyés mensuellement sous enveloppe\ncartonnée.\n\nEditions \" TEKHNÉ „\nLA CITÉ. Première année (juillet 1919, octobre 1920). Un volume de 260 pages,\nillustré de 29 planches hors texte, fr 10.—\nLA ClTE.Deuxième année (oct. 1920=déc. 1921). Un volume de 288 pages illus-\ntré de 24 planches hors texte fr. 10.—\nL'Art et la Société, par H. P Berlage, architecte à Amsterdam. Tirés à part de la\nRevue \" Art et Technique „ (septembre 1913-février 1914). Un volume\nluxueusement imprimé et illustré de 98 clichés fr. 20.—\nLa Conservation du cœur de la Ville de Bruxelles, par Charles Buis, avec\ntraduction d'une conférence de C. Giirlitt sur la \" Conservation du cœur\nd'anciennes villes. Une brochure de 24 pages fr. 2.—\nL'habitation coloniale. Sa construction au Congo Belge par Gaston Boghemans.\nUne brochure de 20 pages abondamment illustrée fr. 3.—\nConstantin Meunier. L'historique de son monument au travail, par R\" Thiry et\nG. Hendrickx. Une brochure illustrée fr. 1.—\nUabbaye de la Cambre. Historique, description, projets de transformation, avec\n20 illustrations. Texte de G. Des Marez, archiviste de la ville de Bruxelles fr. 1.50\nL'Art des Jardins et le nouveau jardin pittoresque, par Louis van der Swaelmen,\narchitecte paysagiste fr. 1.—\nLA REVUE \" TEKHNÉ „. Collection complète de la 2me année <1912-1913>. Beau\nvolume de 516 pages, sur papier couché, illustré de 250 clichés. Prix fr. 15.—\nPour obtenir ces livres, il suffit de verser, dans n'importe quel bureau des postes, au\ncrédit du compte chèques postaux \"n° 166.21 Revue U Cité „. la somme due et d'inscrire\nsur le bulletin de versement le titre du livre et les nom et adresse du souscripteur."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.3", "texte": "LA CITÉ, lIIe VOLUME\nH° 9. JANVIER 1923\n\nLa Standardisation dans la\nVie et dans l'Art\n\nLeçon d'ouverture du cours sur la Standardisation, faisant partie\ndes cours d'Urbanisme, organi\nEtudes de Belgique, l'Union des Villes et Communes Belges\net la Société des Urbanistes Belges. (Printemps 1921.)\nOn a normalisé de tout temps.\nOn l'a fait sciemment ou inconsciemment. Mais la normali-\nsation, telle que nous l'entendons, appartient en propre au temps\nque nous vivons; elle est, par conséquent, une méthode essentielle-\nment moderne.\n\"S\nPuisque je dois, à plusieurs reprises, vous entretenir de la\nnormalisation, j'ai pensé qu'il pouvait être utile, au cours de cette\nleçon d'ouverture, de situer mon sujet dans son cadre, c'est-à-dire\nd'examiner quels sont les caractères propres à notre temps, quelles\nsont les conclusions que nous impose cet examen, et la manière dont\nnous les mettrons en pratique en toutes circonstances; car, c'est à\ncela que nous devons en arriver, si du moins nous voulons être dignes\nde notre époque.\nJe me suis senti, du reste, d'autant plus porté à cet examen,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.4", "texte": "LA CJTÉ.\nJANVIER 1923\n\nque bien des personnes attachent au qualificatif de « moderne » un\nsens impropre, du moment qu'ils appliquent ce terme à l'art.\nFaire de l'art moderne consiste pour eux tout simplement à\ncréer un décor plus ou moins nouveau, ou à appliquer de façon\nnouvelle un décor ancien. Eh bien, il n'en est pas du tout ainsi. Si\nnous voulons aller au fond des choses, nous voyons qu'être moderne\nne signifie pas vouloir en tout état de cause trouver quelque chose de\nneuf à tout prix, mais que cela veut dire tout simplement : être de\nson temps et se comporter comme tel.\nNous transportant dans le domaine des arts plastiques, disons\nque l'art cherche à réaliser, à provoquer des émotions d'ordre plas-\ntique. L'art ne pourra y réussir auprès des personnes qui vivent la\nvie de leur temps, sont pénétrées de l'esprit de leur époque, que si elles\nsont imprégnées du même esprit. Mais bien des obstacles nous empê-\nchent d'atteindre du coup ce but, qui paraît cependant bien naturel.\nEn effet, que voyons-nous autour de nous? Le XIXe siècle est-il\nseulement parvenu à réaliser la devise de liberté, égalité, fraternité\nque la révolution lui avait léguée?\nSi la science s'est développée extraordinairement, si une\ntechnique merveilleuse s'est créée, les artistes n'ont pu suivre le\nmouvement. Leur fallait-il trop de temps pour se reconnaître dans\nle nouvel état de choses? Etaient-ils effrayés de ce prodigieux déve-\nloppement? Toujours est-il qu'ils ne parvinrent pas à s'incorporer\nl'esprit nouveau, à lui rendre témoignage dans leurs œuvres.\nVous savez ce qui s'ensuivit. Citons, pour nous borner à\nl'architecture, les nombreuses constructions où de nouveaux\nprogrammes,de nouvelles possibilités furent exprimées, au moyen de\nformes anciennes. Citons ce que nous devons, hélas, appeler la\nperfection dans l'imitation : nous connaissons ces musées et ces\nbanques, ayant l'apparence de temples antiques; des parlements\nressemblant à des églises; des villas ayant revêtu l'aspect de fermes;\nnous connaissons les stucs imitant la pierre naturelle, la peinture\nimitant le marbre et le bois, le linoléum imitant le parquet, le papier\npeint imitant les carreaux de revêtement; nous avons vu les arbres\nen ciment, et nous connaissons, hélas, quantité de personnes, ayant\nla prétention d'avoir du goût, admirant sincèrement toute cette\npacotille, dire naïvement : que c'est bien imitél\n\\"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.5", "texte": "LA CITÉ,\nJANVIER 1923\n\nPauvres architectes modernistes, qui devons commencer par\ndémolir toute cette architecture fictive, laquelle restera une honte\néternelle pour le XIXe siècle!\nMais ce bel héritage n'est pas le seul obstacle que nous ayons\nà surmonter. Nous nous enorgueillissons à juste titre d'avoir pénétré\nle secret des époques passées; mais cette connaissance est un poids\nmort que traîne derrière lui l'artiste qui n'est pas suffisamment\nconscient de lui-même, et qui veut malgré tout créer.\nEnsuite, nous nous sentons chargés d une lourde hérédité, dont\nnos enfants n'auront plus à soufFrir.\nNous formons, si je puis ainsi dire, la transition entre deux\népoques; puisque nous ne voulons nullement condamner à priori\ntout ce que le passé; nous a légué, nous devons procéder à un\nvéritable triage, pour découvrir ce qui, dans ce passé, peut encore\nnous servir, et nous devons nous écarter, ensuite, avec respect, du\nsurplus. Abuser d'une chose, n'est-ce pas lui manquer de respect?\nEt qui d'entre nous peut se vanter de n'avoir, à cet égard, rien à se\nreprocher?\nNous avons, enfin, à combattre des survivances d'autant plus\ndifficiles à déraciner, que ceux qui veulent donner le ton ne se\ndemandent même pas si elles ont encore leur raison d'être.\nPrenons, par exemple, la toilette. Si je vous projetais sur la\ntoile, en regard l'un de l'autre, le portrait d'une négresse en costume\nd'apparat et celui d'une de nos élégantes, je vous aurais démontré\nsur le vif la vérité de l'aphorisme : les extrêmes se touchent.\nQuelques chiffons couvrent la nudité de la négresse, mais sa\ncoiffure est ornée de plumes, elle porte des anneaux au nez et aux\noreilles, des cercles d'or entourent ses bras et ses jambes. Dans la\ntoilette de soirée, la mondaine n'est pas moins nue que la négresse;\nvoyez les plumes qui ornent sa tête; voyez, comme elle s'est laissée\npercer des trous dans les oreilles, afin d'y accrocher des objets qui\nbrillent; elle se pare de multiples bagues et bracelets; se fait coudre\nsur la robe quantité de perles, de boutons, de paillettes; les deux\nfemmes ne sont-elles pas parées de la même manière?\nJe serais cependant mal venu à complimenter telle dame en\nlui disant qu'elle s'habille comme ou aussi bien qu'une négresse."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.6", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\nVoilà un exemple typique d'imitation servile. Je ne me préoc-\ncupe guère de l'objection que la forme a changé, car l'esprit demeure\nidentique. Et nous gardons ainsi bien des choses alors que tout a\nchangé, ou est en train de changer.\nN'avons-nous pas assisté à ce mouvement qui a conduit d'abord\nl'individu, et ensuite la communauté, à reprendre conscience d'eux-\nmêmes? Le grand poète hollandais Verwey affirmait, il y a des années\ndéjà, que notre temps se caractérise par le fait que nous avons\nconscience de nous-mêmes, et Monseigneur Mercier déclarait au\n4e Congrès de l'Evangile, à Montmartre, que la société moderne a le\nculte du savoir, est soucieuse de justice et de solidarité.\nII\nQu'il me soit permis, avant de rechercher d'autres caractères\nde notre temps, de vous faire observer que nous ne pouvons à cet\négard nous borner à regarder le petit cercle que nous fréquentons,\nou le petit pays que nous habitons, non seulement parce que nous\nsommes à la recherche des signes d'une culture universelle, mais\nencore parce que nous découvrons, dans notre pays, des situations\nparticulièrement inquiétantes, et cela, après une guerre où des\ncompatriotes de toute catégorie se sont offerts avec un héroïsme\négal. Et je pense en tout premier lieu à la situation qui nous est faite,\nà nous, Flamands, qui restons dans l'impossibilité de jouir du\ndéveloppement intellectuel auquel nous avons droit en vertu même\ndes lois naturelles qu'aucun étatisme ne peut abroger.\nNe craignez pas que je soulève ici la question flamande. Je tiens\nseulement à signaler que, personnellement, je ne parviens pas à\ndécouvrir une école privée ou officielle, où mes enfants puissent\nrecevoir un enseignement et une éducation dans leur langue mater-\nnelle; je vous demande ce que devient dans ces conditions, en notre\npays, la fameuse liberté du père de famille?\nIl n'y a pas que cela : nous vivons encore dans une atmosphère\nde victoire, qui profite à ceux qui nous gouvernent, mais qui ne nous\na apporté jusqu'ici que très peu de valeurs effectives quant au\ndomaine de l'esprit. La poussée démocratique doit rajeunir notre\nsystème d'organisation politique; mais les maîtres d'après l'ancien\nrégime devant être les victimes de ce renouveau, se servent de tous\nles moyens qui sont en leur pouvoir pour conserver les situations"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.7", "texte": "LA CITÉ,\nJANVIER 1923\n\nacquises. Enfin, nous trouvons, opposée l'une à l'autre, l'armée des\nprofiteurs de la guerre et la masse des sinistrés. Je crois que vous\npartagerez l'opinion que j'émettais tantôt, à savoir que nous devons\nen ce moment regarder ailleurs pour découvrir ce que nous recher-\nchons, les signes, les symptômes de la société future.\nLa génération précédente a pris conscience de sa valeur, elle\ns'est, en outre, dégoûtée du scepticisme qui fit tant de victimes, et\ns'est rendue compte qu'elle n'avait pas que des droits, mais encore\ndes devoirs.\nRemy de Gourmont ne nous donne-t-il pas l'impression d'un\nfossile, lorsqu'il déclare : « Personnellement, je ne donnerais en\néchange de ces terres oubliées (Alsace-Lorraine) ni le petit doigt de\nma main droite, car il me sert à soutenir ma main quand j'écris, ni\nle petit doigt de ma main gauche, il me sert à secouer la cendre de ma\ncigarette ». •\nQuelle mentalité véritablement égoïste!\nOpposons à cet écrivain d'un autre âge les jeunes d'aujourd'hui\nqui recherchent les responsabilités parce qu'ils y puisent et la volonté\net l'énergie. « Nous sommes plus curieux de ce qui nous arrête, écri-\nvent-ils, qu'avides de ce qui nous sert ». L'action leur paraît quelque\nchose de tout naturel et ils se déclarent franchement opposés à l'intel-\nlectualisme.\nNous voilà du coup devant ce que je considère comme le plus\ngrand caractère de notre époque : Tous\nces individus devenus conscients de leur valeur, de leurs droits, de\nleurs devoirs, gagnés aux grandes fluctuations internationales, ne se\ncontentent plus de leur savoir; ils ont vu se détacher sur des horizons\nencore éloignés l'image de la société future, et ils veulent tous aider\nà sa réalisation; ils le veulent, d'une noble volonté qui engendre des\nactes, c'est-à-dire des choses qui ne sont jamais perdues.\nAlors que d'autres générations démolissaient, l'homme qui est\nde notre temps veut rebâtir, non pas pour son profit à lui,\ncelui de la communauté.\nDe quels outils peut-il disposer à cet effet? Il y a d'abord une\nscience qui s'est développée prodigieusement, et qui peut le rensei-\ngner sur une foule de choses. Je ne m'arrête pas aux objections faites\n%"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.8", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\npar Brunetière dans La Faillite de la Science, car je parle ici de la\nvraie science et non de celle qui se fait une arme contre l'idée religieuse.\nNous devons à la science l'origine de notre technique qui est\ndevenue si merveilleuse que nous ne pouvons entrevoir la limite de\nses progrès. Songez donc à la perfection d'une machine, d'un moteur,\nsongez à l'achèvement parfait de mille et une chose, des plus petites\naux plus grandes : de la vis qui n'a pas plus d'un millimètre de dia-\nmètre au Handley-Page ou au sous-marin. Songez au télégraphe et\naux téléphone, avec et sans fil. Pensez aux chemins de fer, aux autos,\naux aéroplanes, aux bateaux à moteur; souvenez-vous comment la\ncharge de grain est aspirée hors du bateau et conservée dans les silos.\nRegardez tout ce qui vous entoure et qui est, je dirais, devenu tech-\nnique, industrialisé; toutes choses qui nous sont devenues familières,\net comparez avec les temps anciens.\nCelui qui parvint, pour la première fois, à arrêter un cheval, et\nsongea à le dompter, était évidemment très audacieux : il trouva le\npremier moyen de transport. Les suivants furent le traîneau et le\nchariot, véhicules si primitifs qu'on inventa la chaise à porteur qui\npeut se vanter d'une vogue de plusieurs siècles. Puis vint la voiture\nqui offrait de grands avantages. Mais il fallut l'invention de la\nmachine à vapeur pour que l'évolution se fit à grands pas; vint la\nforce électrique, l'automobile, la découverte du plus lourd que l'air,\net qui sait ce que nous verrons encore!\nSuccessivement l'homme s'est familiarisé avec toutes ces inven-\ntions. Ne croyez-vous pas qu'il lui a paru aussi étrange de voir la\nchaise à porteur se garnir de roues et précédée d'un cheval, que de\nvoir disparaître le cheval, et la voiture se mettre en marche d'elle-\nmême?\nLe tricycle possède sa stabilité en lui-même, et cependant nous\nsommes anxieux en voyant déambuler par les rues pareil véhicule,\nalors que la bicyclette nous rassure complètement. Nous la savons\nstable dans son instabilité; la science nous le dit. Nous acceptons cette\nprestation technique; nous admettons tout ce que nous dit la science,\naussi longtemps qu'il s'agit de choses matérielles.\nEh bien, l'homme moderne, l'homme d'action, n'admet pas\nseulement ce qui regarde l'ordre matériel, il accepte aussi le reste."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.9", "texte": "LA CITÉ,\nJANVIER 1923\n\nIl admet, par exemple, que la technique qui joue un si grand\nrôle dans notre vie, ne décore pas ce qu'elle produit, qu'elle y est\nmême opposée. Muthésius a fait remarquer, il y a bien des années\ndéjà, que les armes anciennes étaient complètes quand elles quittaient\nl'armurier, et que le graveur n'y surajoutait que d'inutiles arabesques.\nAdolphe Loos écrivait en 1913, dans les « Cahiers d'aujour-\nd'hui », sous le titre « Ornement et Crime », un article très intéres-\nsant, duquel vous voudrez m autoriser de faire quelques citations.\n« J'ai formulé et proclamé la loi suivante :\nculture se développe, Vornement disparaît des objets usuels. Je\ncroyais apporter à mes contemporains une joie nouvelle; ils ne m'en\nont pas remercié. Au contraire, ce message les a remplis de tristesse;\nils étaient accablés à l'idée de ne pouvoir « créer » un ornement\nnouveau... Alors j'ai commencé ma prédication. J'ai dit aux affligés :\n« Consolez-vous. Ouvrez les yeux et voyez. Ce qui fait justement la\ngrandeur de notre temps, c'est qu'il n'est plus capable d'inventer une\nornementation nouvelle. Nous avons vaincu l'ornement, nous avons\nappris à nous en passer... »\n» Mais j'avais compté sans les retardataires, les amis du passé,\nqui tenaient à ce que l'humanité continuât à subir la tyrannie de\nl'ornement... Même dans nos grandes villes, nous avons encore des\nattardés... qui sourient de plaisir devant un faisan sculpté et décoré\npar un cuisinier-esthète; des gens qui achètent des étuis à cigarettes\nornés de motifs Renaissance... Si je veux manger du pain d'épice, je\nchoisis un rectangle bien propre, et non un morceau qui représente\nun cœur, un enfant nouveau-né ou un cavalier. L'homme du\nXV' siècle ne pourrait me comprendre. Mais tous les hommes\nmodernes me comprendront ».\n» L'homme d'aujourd'hui n'invente pas de nouveaux orne-\nments. Il réserve et concentre sa faculté d'invention pour d'autres\nobjets ».\nMais il y a plus : la pureté technique d'un objet usuel est devenue\nla norme d'une certaine émotion d'ordre supérieur que nous ne pou-\nvons toutefois pas encore considérer comme une émotion esthétique.\nEt, malgré l'auteur que je viens de vous citer, j'estime que la masse\ndevient sensible à ce genre d'émotions. Avez-vous vu un seul profi-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.10", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\nteur de guerre rouler en une auto de style gothique ou rococo? Même\nces gens-là comprennent le ridicule de ces choses.\nL'esprit de masse s'est développé en même temps que la tech-\nnique. Les individus se sont réunis afin de se mouvoir, d'agir»\ncomme individu collectif. Je crois inutile d'insister. Rappelez-vous\nque Zola s'est servi de la masse comme personnage dans ses romans;\nque vers la même époque les peintres sont parvenus à rendre sur leurs\ntoiles l'idée de la foule, qu'auparavant ils avaient représentée au\nmoyen d'une série de personnages juxtaposés.\nNous ne sommes pas au bout de cette évolution : la masse qui\nproduit collectivement veut consommer de même. Je me demande en\nvain ce qui s'opposerait à cela? Il fut un temps où chacun cuisait\nson pain et faisait sa lessive à domicile. Chaque maison avait sa\npompe, son puits d'eau de source, sa citerne d'eau de pluie. Pendant\ndes siècles, on a gardé chez soi ce qu'on est heureux de pouvoir\nprésentement envoyer à l'égout. Où est le temps où on avait chez\nsoi des bidons de pétrole et des lampes... vides au moment où on\ndevait s'en servir?\nTout cela a changé : nous sommes satisfaits du pain que le\nboulanger nous livre; nous donnons volontiers la lessive dehors;\nque ferions-nous sans distribution d'eau, de gaz, d'électricité? Mais\nqourquoi nous arrêter à mi-chemin? Pourquoi ne distribuons-nous\npas l'eau chaude pour le ménage, la chaleur pour la maison? On\nvient de faire à Dundee, en Ecosse, une expérience pour le chauffage\nde 250 maisons; l'installation marche à souhait et les frais de chauf-\nfage sont réduits de moitié.\nDes installations analogues fonctionnent dans environ 300\nvilles du Canada, où 600 centrales fournissent la chaleur nécessaire.\nToute une série de bâtiments publics de Dresde sont chauffés de la\nmême manière par le « Fernheizwerk ». Berlin, Neu-Kôlln suit et\nchauffe notamment des constructions situées à 2,5 km. du générateur\nde chaleur.\nMais nous sommes ennemis de ces progrès parce qu'ils dérangent\nnos habitudes, et nous nous mettons sciemment en travers du\nprogrès. Réfléchissons un moment. Nous avons des moyens de loco-\nmotion, des restaurants qui sont à la disposition d'un chacun et"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.11", "texte": "LA CITÉ,\nJANVIER 1923\n\nnous nous en servons même pour notre plaisir; des organismes\npublics distribuent notre correspondance, manient notre argent,\ngardent nos épargnes, viennent aspirer les poussières de nos maisons,\nvider nos puits, laver nos vitres; nous sommes enchantés, mais nous\ndéclarons que cela suffit ainsi.\nRéfléchissons, vous dis-je, et nous devrons nous avouer qu'il\ny a moyen de construire nos maisons bien plus simplement, et que\nle résultat financier sera d'autant plus appréciable que le coût de la\nconstruction est élevé. Mais il y a plus : nous savons qu'il existe\nune crise de sujets, qu'on doit leur payer de très forts gages, qu'ils\nsont très exigeants et que la maîtresse de maison doit user de beau-\ncoup de diplomatie pour garder ses sujets.\nSi nous examinons nos maisons en tenant compte de ces deux\nfacteurs, nous constatons que l'on a gaspillé bien des énergies et de\nl'argent pour construire des locaux qui pourraient disparaître ou\nêtre réduits à moitié; d'autre part, nous voyons qu'un travail\nénorme est consacré journellement à l'entretien de ces locaux!\nToutes nos maisons contiennent la même cuisine dans laquelle\nse fait chaque jour la même besogne : la préparation de certains\naliments. Si chaque groupe de maisons avait sa cuisine collective et\nson restaurant central, accessible de chaque maison, ne pourrait-on\ndu coup supprimer la salle à manger, diminuer la cuisine où ne\ndevrait être préparé que le petit déjeuner et les boissons chaudes, et\nréduire ainsi considérablement le service. Les chambres d'amis restent\nd'habitude inoccupées, elles doivent cependant être construites, meu-\nblées et entretenues. Par contre, quelle peine n'avons-nous pas à\ncaser chez nous une bicyclette et une voiture d'enfants. Cela me\nrappelle que nous affichons crânement à l'entrée de nos bâtiments\npublics : défense d'entrer les bicyclettes, et que nous omettons soi-\ngneusement d'ajouter où elles peuvent bien être remisées.\nN'empêche que nous dressons la tête en nous déclarant enfants\nde notre siècle!\nMais ce siècle se caractérise encore d'une autre façon. Dans tous\nles pays, la masse a pris conscience d'elle-même et s'est aperçue que\ndans les pays voisins existaient des masses similaires, ayant les\nmêmes besoins et les mêmes aspirations. Les frontières ont été effacées\nthéoriquement en attendant qu'elles le soient effectivement. Les"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.12", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\ndisciples du Christ se sont ressouvenus que catholique veut dire\nuniversel, et ils ont fondé l'internationale catholique. Les socialistes\nont crié : prolétaires de tous pays, unissez-vous, et ils ont fondé leur\ninternationale: les savants, les techniciens, les artistes sont entrés en\nrelations avec leurs collègues des pays voisins; ils ont organisé des\ncongrès, réalisé des accords internationaux. Ces liens étaient si forts\nque chez nous, par exemple, nous avons vu Pirenne publier son\nHistoire de Belgique en allemand, avant de la publier en français\net en néerlandais!\nNous avons pu constater ces derniers temps, à l'occasion du\nboycottage de la Hongrie, et de ce qui s'est passé en vue du transport\nde munitions destinées à la Pologne, ce que ces groupements interna-\ntionaux peuvent réaliser.\nEt enfin il y a le communisme, et je n'ai pas en vue ici le bol-\nchevisme russe dont nous pouvons difficilement nous faire une idée\nexacte dans le méli-mélo de reportages contradictoires. J'entends\nplutôt la grande vague d'amour qui s'est fait jour dans tant d'esprits\ndroits, et qui est, du reste, déjà contenue dans le commandement\nprononcé par le Christ.\nEcoutez le poète Wies Moens qui écrit de sa cellule au cours de\nses dix-sept mois de prison préventive : « que le salut vient de la\ncommunauté ». Cette foi est bâtie sur un miracle, car il se fait à,\nl'heure actuelle en ce monde un grand miracle. De jeunes hommes,\nde jeunes femmes, de tous pays, qui ne se sont jamais vus, n'ont\njamais entendu le son de leur voix, se sont soudain réveillés à la\nscience des mêmes nécessités et des mêmes possibilités. Lisez leurs\nécrits, écoutez leurs poésies, apprenez la voix de leurs rêves, et vous\nsaurez que toute une génération ayant la même volonté et un même\ndésir existe déjà. Et le vent qui passe au-dessus de tous les pays\nporte de par le monde la symphonie de ces cœurs jeunes et impétueux\nqui battent pour le même idéal : réconciliation et fraternité. De\nnouvelles frontières sont faites entre les nations, mais d'homme à\nhomme les frontières sont effacées.\nCar au-dessus de toutes les forces qui déchirent les hommes, il\ny en a une autre qui pousse les hommes dans les bras l'un de l'autre :\ncette force est l'amour.\nEcoutez Paul Colin, que je m'excuse de devoir traduire ici"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.13", "texte": "I\nLA CITÉ,\nJANVIER 1923\n\nd'une traduction néerlandaise : « En France, l'idée de l'humanité\ndomine toutes les autres idées. Il n'existe pas de frontières entre les\nhommes, les cerveaux, les cœurs... Nous rejetons l'attitude hostile\net défiante que d'autres voudraient imposer, et qui ordonne le meur-\ntre et la fureur collective. Nous n'avons pas d'autre idéal que de\nconaître les frères que nous avons dans le monde entier, que de nous\nentretenir familièrement avec eux, et de nous réchauffer au rayon-\nnement de leur génie et à l'ardeur de leur amour ».\nLe grand peintre Toorop estime qu'en son pays l'art nouveau\ntend instinctivement vers une beauté universellement humaine, et\nque par suite la fraternisation internationale se réalisera sur le terrain\nde la beauté.\nLe célèbre acteur hollandais, le Dr Rooyaards, écrit que la\npolitique de rapprochement entre les peuples qui se pratique dans les\nsalles d'exposition, de concert et de théâtre est la meilleure, celle qui\ndevra être suivie à l'avenir, parce qu'elle apprend aux divers peuples\nà se connaître, se comprendre et à s'admirer.\nEcoutez enfin le D' Hubner qui, dans un ouvrage récent, dû\nà une collaboration internationale, définit ce qu'on comprend en\nAllemagne par l'expressionisme :\n« L'expressionisme est une compréhension de la vie qui se\nprésente à nous, maintenant que le monde est revenu au calme, afin\nde rebâtir une nouvelle époque, une nouvelle culture, un nouveau\nbonheur. La norme du naturalisme était la nature avec tous ses faits\npositifs; par contre, l'expressionisme possède comme régulateur l'idée\navec toutes ses réalités.\n» L'expressionisme se sent l'ennemi de la nature; il méconnaît\nsa suprématie et doute de sa vérité. Il constate que la science n'est\nqu'une tentative pour tout interpréter...La nature n'est pas une chose\nobjectivement immuable et n'est pas plus grande que l'homme. Elle\nest le Rien qui reçoit sa forme et son allure de l'homme, qui lui\ndonne un sens. Elle est la matière première, éminemment souple et\npétrissable et qui contient toutes les possibilités.\n» L'expressionisme croit que tout est possible... Il place une fois\nencore l'homme au milieu de la création, afin qu'il la peuple.\nL'homme se prend à refaire ce qu'il a fait il y a bien des siècles.\nIl ne s'épuise pas à l'étude du problème de la liberté individuelle, il"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.14", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\nne tâche pas de la solutionner, de systématiser; non, il cherche tout\nsimplement à supprimer le problème en posant des actes, en créant ».\nVoilà donc après quatre années d'horreurs de guerre l'amour\nqui fait son entrée dans la vie, non l'amour intéressé, non l'amour\nplatonique, mais l'amour de la collectivité, l'amour qui agit.\nN'est-ce pas ce que Péguy disait déjà en 1900 lorsqu'il fonda\nses « Cahiers » : « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité,\ndire bêtement la vérité, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, triste-\nment la vérité triste, voilà ce que nous nous sommes proposé, et non\npas seulement pour les questions de doctrine, de méthode, mais\naussi, mais surtout pour l'action ».\nEt les actions se posent sous forme de lutte contre tout ce qui\nempêche l'épanouissement plein et complet de la vie moderne, lutte\ndifficile, parce que tous ceux qui vivent de l'ancien régime et doivent\nmourir avec lui se cabrent et se défendent au moyen de toutes les\narmes dont ils disposent. Plusieurs ennemis sont déjà abattus,\nnotamment l'éclectisme, le dilettantisme et l'individualisme. Si, sur-\ntout dans notre pays, il nous arrive encore d'en voir des manifesta-\ntions, quelque peu bruyantes, nous devons les considérer comme les\ndernières convulsions de leurs partisans.\nLa lutte continue contre des ennemis plus forts; je nomme le\ncapitalisme, l'impérialisme et le militarisme, trumvirat monstrueux,\ndont les membres se complètent et s'entr'aident mutuellement.\n« Il n'est jamais superflu, écrit le critique littéraire J. Ernest-\nCharles, il est particulièrement opportun aujourd'hui de rappeler\nles idées qu'exprimaient tous nos hommes d'Etat des années 14-15-\n16-17, à savoir que les soldats de France se sacrifiaient pour que\ncette guerre fut la dernière des guerres, et pour que fussent épargnées\nau monde nouveau les horreurs, les monstruosités inévitables de\ntoutes les guerres ».\nN'avons-nous pas vu les capitalistes anglais se déclarer contre,\nles capitalistes français se déclarer en faveur de l'occupation de la\nRuhr, et cela non point à cause de la liberté des peuples ni à cause\nd'intérêts supérieurs et d'ordre élevé, mais à cause de leurs industries\nmenacées.\nLa bataille est engagée, la lutte continue; elle se caractérise d'une"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.15", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\npart par une grande tolérance, d'autre part par la violence. En Angle-\nterre où on a le bon esprit de ne pas mêler la religion aux questions\nde parti et de politique, nous voyons des prêtres catholiques s'asso\ncier au parti socialiste; en Hollande, nous voyons se fonder le parti\ndes socialistes-chrétiens; chez nous, nous avons le parti du Front,\nqui proclame la paix des partis et accueille catholiques, libéraux et\nsocialistes pour essayer de résoudre les problèmes qui lui paraissent\nêtre les plus urgents. Voilà la tolérance.\nNous savons tous ce qui s'est passé, il y a deux ans environ,\ndans les usines italiennes. Voilà la violence.\nAutre exemple de tolérance : en Allemagne, les propriétaires\ndes charbonnages sont d'accord avec leurs ouvriers sur la nécessité\nde socialiser les mines.\nEt en vue de supprimer la crise du logement, ne parle-t-on pas\nsérieusement de la socialisation de la construction des maisons, de la\nsuppression pure et simple des propriétaires et de l'organisation de\nce que les Hollandais appellent des « woonschappen » et les Alle-\nmands les « Bauhiitte ».\nVous sursautez peut-être? Vous avez tort, car, fatalement,\nnous en viendrons là, et s'y opposer ne peut que nous procurer des\ndifficultés.\nVous me demandez ce que dans tout cela la normalisation\ndevient. Mais, je viens d'en parler... Parfaitement, sans la nommer.\nJe vous ai dit le rôle que joue la science; eh bien, il se peut,\nqu'à un problème donné, elle trouve plusieurs solutions, mais il est\nplus que probable qu'une des solutions lui paraîtra la meilleure. Si\non la met en pratique, celle-là, chaque fois que s'en présente l'occa-\nsion et pourquoi ne le ferait-on pas? on fait de la normali-\nsation.\nLa technique est un facteur important dans notre vie, c'est\nentendu. La machine fera plus facilement cent fois le même objet\nque cent objets présentant une légère différence. On fait donc cent\nfois le même objet parce que c'est plus facile et plus économique.\nOn a normalisé puisqu'on aura évidemment cherché à faire un objet\nusuel, à le faire aussi parfait que possible.\nLa poussée démocratique abolit les castes et les rangs; on"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.16", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923.\n\nn'estime plus quelqu'un à cause de son origine, ou des particules\ndont son nom est paré, mais à cause de sa valeur propre, en raison du\ndegré auquel il se rend utile à la communauté. On normalise.\nL'amour universel s'est fait jour. On aime les hommes en tant\nque hommes, en tant qu'égaux, et on commence à réaliser le cri de\nguerre de la révolution française : fraternité, parce que égalité. On\nnormalise.\nOn normalise, et on normalise de plus en plus. Dans des villes\nd'ordre secondaire au point de vue mondial, se crée tout doucement\nune City, le centre des affaires. Voyez Bruxelles, voyez Amsterdam.\nCela équivaut à dire qu'on peut ranger les constructions en des\ncatégories bien distinctes : les bâtiments publics, les bureaux et les\nbanques, les grands magasins, les maisons d'habitation. Ces der-\nnières peuvent se subdiviser en maisons d'habitation avec boutique,\net en maisons d'habitations proprement dites; et quand, dans cette\ndernière série, nous aurons construit quelques hôtels, un certain\nnombre d'habitations bourgeoises, d'habitations pour employés et\nd'habitations ouvrières, nous aurons répondu à toutes les nécessités,\nsi, chaque fois, nous construisons en double série, pour les grands\net pour les petits ménages.\nVous voyez que la solution de la crise de logement peut se\nsimplifier singulièrement, si on veut se servir du remède tout indiqué,\nla normalisation des maisons. Elle se simplifie encore bien davantage\nsi on veut jusqu'à un certain degré normaliser sa manière de vivre,\nhabiter des maisons où tout est installé collectivement autant que\nfaire se peut: l'eau chaude et froide, le gaz et l'électricité, le chauffage,\nle vacuum cleaner, le jardin ou la cour; habiter des maisons où le\nconcierge soigne toutes ces installations collectives, garde le dépôt des\nbicyclettes et des voitures d'enfant, et vous loue les chambres à loger\nle jour où vous en avez besoin; habiter des maisons où est installée\nune nursery pour recevoir vos enfants quand vous devez vous absen-\nter ou que vous recevez du monde; habiter des maisons auxquelles\nest joint un restaurant collectif dans lequel tous les habitants du\ngroupe peuvent prendre leurs repas; habiter des maisons, enfin, qui\nseront outillées comme on les outillera le jour où vous désirerez\nhabiter des maisons aussi pratiques, et en exigerez de vos proprié-\ntaires.\nQuand sera-ce? Répondez vous-mêmes. Je ne puis que vous"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.17", "texte": "« STILLEVEN COMPOSITIE »\n1917\n<NATURE MORTE>\npar V. HUSZAR\nvoorburg <hollande>\nSupplément à la Revue\nLa Cité, IIIe Année N° 9"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.18", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\ndire qu'il en existe partout, en Angleterre, en Allemagne, en France,\nen Hollande, en Amérique, partout, excepté en Belgique... Et quand\nje demande à mes compatriotes s'il ne faudrait pas commencer à\nsonger à la construction d'immeubles analogues, on me répond...\nqu'il fera beau demain!\nEt dire que nous avons inventé la poudre et que nous ne\nvoulons recevoir de conseils de personne!\nMais en supposant, ce dont je n'ose pas me flatter, que vous ayez\ntous admis ce que je vous ai dit, vous avez, je le devine, encore une\nobjection à me faire qui vous paraît excessivement sérieuse. Vous me\ndites que je suis architecte, que je vous parle et vous parlerai de la\nnormalisation en relation avec l'architecture, que l'architecture est\nun art et que je n'ai traité que de choses techniques; qu'art et tech-\nnique sont, du reste, deux pôles contraires, que sais-je encore.\nJe réponds tout d'abord que la normalisation est un moyen et\nnon pas un but. J'ajoute ceci : qui dit art, dit vie. Lorsque la\nvie est saturée d'individualisme et de dilettantisme, l'art devient\nindividualiste et est le partage des dilettantes, des raffinés. Mais\nles temps sont passés où l'artiste se réfugiait dans sa tour d'ivoire\npour s'adonner au culte du moi, loin de l'œil des barbares, car il\nprofessait le plus profond dédain pour ceux qu'il paraît du titre de\nbourgeois, d'Ostrogoths, de Philistins.\nL'artiste se trouve en plein dans la vie; il entend la marche, le\nbruissement, le chant des vagues de la vie; il ressent les trépidations,\nles impulsions de la vie; il en partage les aspirations; et puisque\ntout cela s'est profondément modifié depuis la génération précédente,\nl'artiste à quitté, quitte sa solitude égoïste, brûle sa tour d'ivoire et\ns'avance dans la vie réelle; il le fait avec tant de conviction qu'il\ns'adonne même à la politique qu'il avait considérée jusqu'ici comme\nla plus basse des besognes. Voyez les rangs des jeunes partis qui se\ndressent devant la caste des conservateurs, devant le parti des réac-\ntionnaires, et vous serez étonnés d'y compter tant d'artistes. Voyez\nle rôle politique important que jouent les artistes en Russie, le seul\npays où, pour le moment, les travailleurs de l'esprit sont convena-\nblement rétribués.\nL'artiste s'adapte donc aux conditions de la vie moderne. Il\ndoit servir,disait au dernier congrès d'artistes, à La Haye, le Dr van\nGinniken, le jésuite littérateur bien connu. En effet, il doit servir ses"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.19", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923.\n\nconcitoyens qu'il aime et, pour y arriver, il emploiera les moyens\nque la vie moderne, que la technique moderne met à sa disposition.\nQuand donc il se demande comment il servira, il s'entend\ndonner la réponse suivante : en faisant strictement de l'art, de l'art\npur. Le musicien sait donc qu'il doit rechercher la musique pure,\net non la musique à programme où se fait jour un élément étranger\nà son art, savoir un élément littéraire; il doit produire une émotion\nmusicale. Le littérateur sait qu'il doit faire de la littérature et non\nde la philosophie ou de la science; le peintre et le sculpteur ne doivent\npas raconter l'histoire ancienne ou contemporaine, ou interpréter\ndes faits ou faire de la spychologie, mais donner des émotions pure-\nment plastiques. L'architecte de son côté ne doit pas faire des\nédifices qui pourraient avoir été modelés, comme l'ont fait les archi-\ntectes de l'époque baroque, comme le fait l'architecte Henry Van de\nVelde, et certains contemporains espagnols, non, il doit traduire\nl'impression d'espace, de surface, de masse et de construction.\nC'est ainsi que le poète philosophe hindou Tagore pouvait\ndire dernièrement, à Amsterdam, qu'il savait goûter la beauté d'une\npoésie hollandaise, comme nous pouvons goûter le rythme d'un chant\nbengalais, quoique le sens des mots nous échappe.\nL'artiste moderne abandonne donc le monde des formes\nvisuelles pour s'avancer dans le monde des formes abstraites. Cela\néquivaut pour l'architecte, dont l'art a été de tout temps un art\nabstrait, à bannir de ses constructions les sculptures et les peintures\nqui ne s'harmonisent pas avec ses conceptions, parce que d'inspiration\nou de source visuelle. Il sait vers quel idéal il doit tendre; il sait qu'il\ndispose de moyens dont aucun architecte ancien ne disposera jamais:\nla science, la technique, l'organisation, l'industrie, la normalisation;\nil sait que son art ne doit pas être un but, mais qu'il doit servir, qu'il\ndoit avoir une signification universelle, accessible à tous. Il sait qu'il\nne doit point faire de la science, c'est-à-dire construire en style\nancien, ni de la technique, c'est-à-dire faire des bâtiments qui sont\ntout simplement solidement construits, ni de la normalisation, c'est-\nà-dire des édifices combinés de manière à pouvoir être reproduits en\ngrand nombre, aussi facilement que possible, et aussi économique-\nment que possible, mais qu'il doit faire de l'architecture.\n\nHUIB HOSTE Architecte."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.20", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\nLa Peinture Néo=Plastique\n\n« Il y a encore, il y aura encore des peintres, beaucoup de peintres.\n» Mais la peinture est finie » déclarait Elie Faure, ici même, dans\nsa magistrale étude où il constatait le recul de l'individualisme en\nmême temps que l'ascension d'un art d'essence architecturale.\nIl s'agissait, évidemment, dans la pensée du grand critique, du\ntableau de chevalet, de la peinture réaliste, art d'imitation.\nMais à côté d'elle peut se concevoir a existé dans le passé et\nrenaît dans le présent un art pictural qui s'associe à l'architecture\net obéit à ses lois.\nCe nouvel art aboutissement logique de l'évolution de la\n' U MU\npeinture contemporaine se détourne résolument et totalement,\ndu moins dans les manifestations extrémistes de la représentation\nde la nature. Il cherche uniquement à réaliser le rythme harmonieux\nde surfaces et de couleurs.\nDe même que l'architecture, cet art est pure création. « L'ar-\n» chitecture remarque « Le Corbusier-Saugnier sollicite les\n» facultés les plus élevées, par son abstraction même. L'abstraction\n» architecturale a cela de particulier et de magnifique que, se raci-\n» nant dans le fait brutal, elle le spiritualise, parce que le fait brutal\n» n'est pas autre chose que la matérialisation de l'idée possible. Le\n» fait brutal n'est possible d'idée que par l'ordre qu'on y projette.\n» Les émotions que suscite l'architecture émanent de conditions phy-\n» siques inéluctables, irréfutables, oubliées aujourd'hui ».\nLa peinture néo-plastique s'efforce, elle, aussi, de susciter à\nnouveau des émotions du même genre.\nIl nous a semblé que la campagne que nous menons dans cette\nRevue en faveur de l'Art architectural moderne nécessitait, comme\ncomplément, une initiation à la peinture néo-plastique.\nLe peintre V. Huszar, de Voorburg, en Hollande, a bien voulu\nnous promettre de nous seconder dans cette tâche. Nous sommes"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.21", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923.\n\nheureux de pouvoir publier aujourd'hui, en même temps que la\npremière d'une série de ses œuvres, un commentaire où l'artiste\nexplique lui-même ses intentions, A la suite d'une traduction fran-\nçaise de ces notes, nous en publions le texte original afin que ceux\nde nos lecteurs qui comprennent la langue néerlandaise puissent sai-\nsir d'une façon plus complète la pensée de l'artiste.\nLe peintre Huszar fut, avec Théo van Doesburg et l'architecte\nOud, le fondateur en Hollande de l'école d'art nouveau nommée le\n« Styl Beweging », littéralement le Mouvement « du Style » d après\nle titre fort bien choisi de la Revue qui lui sert d'organe.\nLes compositions de ce peintre sont des oeuvres de « plastique\npure » (van zuivere beelding), dénomination qui souligne que le but\nde l'artiste n'a point été de représenter quelqu'aspect de la nature,\nmais, tout au contraire, de créer une image qui, à l'instar de la nature,\ndonne une sensation d'harmonie.\nL'intérêt que de pareilles œuvres présentent pour les archi-\ntectes, ne résulte pas seulement de leur mérite intrinsèque, mais du\nfait qu'elles trouvent leur cadre, tout comme leur raison d'être,\ndans l'Edifice dont elles deviendront un jour le complément indis-\npensable.\nC'est la réponse qu'il convient de faire à ceux qui, devant l'im-\nprévu de pareilles compositions, les trouvent énigmatiques et ne se\ndonnent point la peine de les comprendre.\nPour celui qui saisit l'immuable principe de beauté de ces\nœuvres, elles ne sont pas plus étranges que la structure linéaire des\nsculptures byzantines et les compositions géométriques des vitraux\nromans.\nLa peinture néo-plastique tend uniquement à restaurer l'unité des\narts en l'harmonie souveraine de l'architecture.\nD'une chronique que P. Bourgeois consacre, dans le dernier\nnuméro de « 7 Arts », au Salon de la Jeune Peinture, nous décou-\npons le commentaire suivant :\n«La « plastique pure » est une peinture décorative qui obéit?\n\nRaph. VERWILGHEN."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.22", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\n» objectivement, physiquement au processus de la composition\n» architecturale. Comme une façade, elle ne représente rien, sinon\n» une harmonie : son destin s'est complètement réalisé dès qu'en\n» une pièce bien proportionnée (pleins et vides), elle pose un\n» ensemble équilibré de lignes et de couleurs.\n» Illustration : A) Conception de la décoration classique :\n» sur la frise de ma bibliothèque, peindre un coursier fougueux en\n» une plaine rousse.\n» B) Conception de la plastique pure : là où je dois méditer,\n» assembler des formes immobiles et graves.\n» Je n'insisterai pas sur l'importance considérable que peut\n» avoir la Plastique pure dans l'art du vitrail, du parquet, des\n» tapis, etc., etc. : ces quelques lignes suffisent à établir sa mission\n» dans la création de l'architecture moderne, c'est-à-dire du style\n» moderne (Mobiliers, façades, ustensibles, peintures).\n» Quant à l'objection : « Cela ne représente rien », je renvoie\n» à Pascal.On sait, en effet, que :\n» Le génial penseur français déplorait la vanité des artistes qui\n» prétendent représenter la nature. Les artistes modernes ont enfin\n» compris le sens prophétique de cette parole : ils ne représentent\n» plus, ils contruisent »."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.23", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923.\n\nDescription d'une nature morte\nComposée en 1917 par V. Huszar = Voorburg <Hollande>\nV. HUSZAR.\nAfin de faciliter la compréhension de mes « compositions\nd'espaces colorés » — dont j'entretiendrai prochainement les lec-\nteurs de cette revue — et qui se rencontrent dans des intérieurs\n(ou espaces à trois dimensions), il est utile que l'on connaisse le but\nque je poursuis dans mes compositions dans (ou espace\nà deux dimensions). ,\nQue pareille composition doive son origine à une nature morte,\nc'est chose sans importance; ce ne fut là, en effet, que le moyen ou\nle motif de la matérialisation d'une image; mais l'explication d'une\noeuvre d'art se trouve dans l'image matérialisée et non dans des\ncommentaires littéraires ou philosophiques.\nQue nous laisse voir la figure que nous reproduisons?\nTrois teintes : du blanc, du jaune, du rouge.\nDes surfaces petites et grandes.\nLa grande surface rouge de droite s'avance sous les grandes\nsurfaces jaune et blanche, tout comme ces dernières s'avancent sous\nelle.\nSur la grande surface rouge de droite se détachent des surfaces\njaunes et des surfaces blanches.\nSur la grande surface jaune de gauche se détachent des surfaces\nrouges et des surfaces blanches.\nSur la grande surface blanche du bas se détachent des surfaces\nrouges et des surfaces jaunes.\nChaque teinte envoie sur une surface colorée voisine des sur-\nfaces plus petites de sa propre teinte.\nL'espace plan se trouve dominé par un mouvement de\nment qui se retrouve dans le cadre qui enclôt l'ensemble de la com-\nposition.\nEn quoi pareille image est-elle belle?\nJe laisserai au spectateur le soin d'en juger, mon commentaire\nn'ayant d'autre but que d'expliquer l'intention que j'ai eue en\ncomposant cette œuvre."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.24", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\nBeschrijving van een Stilleven=Compositie\n<1917> door V. Huszar = Voorburg <Holland>\nV. HUSZAR.\n$\nOm mijn « Ruimte-kleur-composities » in 't intérieur (drie\ndimensionale ruimte) beter te kunnen begrijpen {hietovet zal ik een\nvolgende keerschtijven), is het wen\nmet de nieuwe beelding in devlak-ruimte (f\nruimte).\nDat de aanleiding van deze compositie een stilleven was, doet\nniets ter zake, daar dat maar een midd\nveering van dit beeld en uit het geobjectiveerde beeld moet een\nkunstwerk verklaard worden en\nbeschouwingen.\nWat is op dit beeld te zien?\nDrie kleuren : d. i. wit, geel, rood.\nVlakken klein en groot.\nHet groote roode vlak rechts schuift onder het groote geele en\nop het groote witte, even zoo doen\nOp het groote roode vlak rechts zijn geel en witte vlakken,\nOp het groote geele vlak links zijn roode en witte vlakken.\nOp het groote witte vlak onde r in midden zijn roode en geele\nvlakken.\nDe eene kleur zendt kleinere\nkleur op een ander kleur vlak.\nDe vlakruimte is dus doorschuiving\nnomen is op de lijst, die het geheel\nWat is de schoonheid van zu\nOver de schoonheid te oordeelen, laat ik aan den beschouwet\nover, mijn doel was slechts uit een te zetten de bedoeling die ik met\ndit werk had."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.25", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923.\n\nEXPOSITIONS\nANVERS. EXPOSITION INTERNATIONALE\nD HYGIENE appliquée à l'alimentation et à l'Agen-\ncement du Home (m ai-juin 1923).\n« Le Moniteur de l'Alimentation » organise pen-\ndant les mois de mai et juin î 923, dans les locaux\ndu Palais de Glace d'Anvers, 9, rue de la Santé,\nune Exposition Internationale d'Hygiène appliquée\nà l'Alimentation et à l'Agencement du Home ainsi\nqu'aux Industries connexes.\nA cette époque de pénurie de magasins et mai-\nsons de commerce, cette organisation fournira l'oc-\ncasion aux industriels et commerçants, de faire\nconnaître avantageusement les qualités de leurs ar-\nticles aux intéressés, attirés par une publicité col-\nlective intense et des étalages décoratifs.\nSTRASBOURG. EXPOSITION SCIENTIFI-\nQUE ET INDUSTRIELLE D'HYGIENE (JUIN-OC-\nTOBRE 1923). SECTION DE L'HYGIENE UR-\nBAINE. Le gouvenement français, approuvant\nl'iniative prise par l'Université et 1a ville de\nbourg, en accord avec la famille de Pasteur et avec\nl'lnstitut Pasteur de Paris, a décidé de fêter avec le\nplus grand éclat le centenaire de l'illustre savant\nà Strasbourg, où il a commencé sa carrière scienti-\nfique et universitaire.\nCette manifestation comportera entre autres\nchoses une Exposition ayant pour but essentiel de\nmettre en évidence toutes les conséquences de\nVœuvre de Pasteur dans le domaine de la méde-\ncine, de l'hygiène, de l'industrie et de l'agriculture.\nElle comprendra une section fort importante\nconsacrée à l'Hygiène Urbaine. Cette section doit\nparticulièrement démontrer comment aujourd'hui\nles recherches scientifiques faites par Pasteur et\nses successeurs sont 1a clé de la solution des pro-\nblèmes si importants de la construction des villes,\ndes maisons et des logements, de 1 évacuation des\neaux usagées, de l'enlèvement des ordures, de I ap-\nprovisionnement en eau, de l'éclairage et du chaur-\nfage, de l'aération, du vêtement, des soins du\ncorps, des jardins ouvriers, de la basse-cour, de\nl'inhumation, des établissements de bains et de bien\nd'autres encore.\nLe groupe de l'hygiène urbaine comprendra :\n1° Classe de la construction des villes et rues,\net le nettoiement des villes et la voirie;\n2° Classe de la construction de logements.\nLes intéressés montreront les efforts multiples que\ntous les pays invités déploient pour remédier à la\ncrise du logement et pour créer des habitations\npopulaires salubres et mêmes confortables jusqu à\nun certain point, des cités-jardins, des colonies\nouvrières. Dans ce cadre, les industries du bâti-\nment exposeront leurs produits et la façon de ces\ndernières, notamment les matériaux de remplace-\nment, et feront connaître les systèmes de construc-\ntions économiques qui ont fait leurs preuves dans\nla pratique. Les Associations d'utilité publique, les\nSociétés d'habitations à bon marché et les Admi-\nnistrations communales pourront représenter les\nefforts accomplis par elles pour la réforme de la\nconstruction d'habitations;\n3° Classe de l'ameublement ;\n4° Classe de l'aération, le chauffage, l'éclairage,\nl'approvisionnement en eau et le service des incen-\ndies;\n5° Classe réservée aux établissements de bains,\naux soins corporels et aux vêtements;\n6° inhumations;\n7° Jardins ouvriers.\nL'idée principale de l'Exposition de l'hygiène ur-\nbaine est de mettre en relief la collaboration de la\nscience spéculative, du travail administratif public\net de la technique industrielle au service de F hy-\ngiène publique. Son but est de convaincre la col-\nlectivité de la nécessité de cette collaboration. C'est\npour cela que le présent appel s'adresse à tous\nse ment des nombreux écrits qui paraissent dans le\nceux qui, en France et à l'étranger, consacrent leur\nactivée au service de l'hygiène urbaine, pour les\ninviter à contribxier dans la mesure de leurs forces,\npar leur participation active, à la réussite de îa\ngrande œuvre de l'hygiène urbaine qui est le fon-\ndement indispensable de toute vraie civilisation.\nPour tous renseignements complémentaires,\ns'adresser au Secrétariat général de l'Exposition\nPasteur, rue Koeberlé, 3, à Strasbourg."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.26", "texte": "LA CITÉ.\nJANVIER 1923\n\nBIBLIOGRAPHIE\n\nLivres\nH. H.\nCONSTRUCTIE VAN GEBOUWEN, door Prof.\nJ. S. Wattjes. T. 4. Kappen. N. V. Wed. J. Ahrend\nen Zoon, Amsterdam.\nC'est le cas de dire que cet ouvrage devrait être\nentre toutes les mains. Ï1 compte 500 pages,\n4 planches et plus de 1.000 figures. L'auteur, pro-\nfesseur à l'Université technique de Delft, s'est pro-\nposé de faire un livre d'études et en même temps\nun guide pratique pour l'architecte, l'ingénieur et\nle dessinateur de bureau.\nS'étant imaginé qu'il manquait surtout un bon\nlivre traitant des toitures diverses, Fauteur a vail-\nlamment commencé La publication ce son ouvrage\npar le tome 4, consacré à cette matière.\nEt voyez avec quelle méthode! Le premier cha-\npitre nous explique les diverses formes de toitures\n(régulières et irrégulières); des photographies en\nmontrent l'effet et le jeu particulier. Suivent les\nparties diverses et la composition des toitures, les\ndiverses espèces de couverture. Un chapitr spécial\ntraite des terminaisons et des lucarnes, lanter-\nneaux, etc.\nVoilà le lecteur suffisamment armé pour aborder\n1 étude détaillée des toitures : il voit défiler tour à\ntour !es fermes ordinaires, les fermes Philibert e*\nMansart, les charpentes françaises, anglaises et\nallemandes.\nSuit un chapitre de théorie à propos des fermes\nen bcvis, en fer et en béton armé, et l'auteur aborde\nce qui fait pour moi le plus grand intérêt de l'ou-\nvrage, c est-à-dire l'examen détaillé des charpentes\nen bois modernes à grandes portées, des charpen-\ntes en fer et des fermes en béton armé.\nUn chapitre spécial traite de l'exécution des toi-\ntures, un autre des toitures à coupole et des flè-\nches. Dans ce dernier chapitre Fauteur s'occupe\ndes fermes Sheds (ou Reikem) en bois, fer et béton\narmé.\nCe relevé sommaire est évidemment un peu\nrevêche; la manière dont l'auteur a traité\nsa matière ne 1 est pas du tout; les illustrations con-\ntenteront les plus difficiles : ce sont ou bien des\nphotographies tantôt de constructions existantes,\ntantôt de maquettes, ou bien des schémas, ou des\ndessins techniques parfaitement détaillés.\nQue de surprises nous réserve le chapitre sur les\ncharpentes modernes! Le bois est un matériau que\nnous connaissons depuis longtemps nous\nn avons plus rien de neuf à apprendre à son sujet.\nMais voici un hall pour dirigeables, construit com-\nplètement en bois : sa portée est de,.. 210 mètres!\nTranquillisez-vous, l'ouvrage en contient de 20, de\n35, de 63 mètres, etc.; vous verrez les fermes\nGestesch , Meltzer, Kiïbler, Dwars, Van de Wijn-\npersse, etc., etc.\nParmi les fermes en fer nous rencontrons en\nbonne place le système Vierendeel; la souplesse du\nbéton armé se remarque immédiatement aux diver-\nses figures; le béton armé se prête à toutes les for-\nmes, nous pourrions presque ajouter à toutes les\nportées. Nous en voyons d'abord de petites; il en\nsuit de plus grandes, de 17, de 31, de 43 mètres,\net enfin des fermes à rotules, et une ferme (sans\nrotules celîe-ci) pour un abri de dirigeable d'une\nportée de 93 mètres (exécutée par les établisse-\nments Fourré et Rhodes).\nC est dire assez 1 intérêt de cet ouvrage qui a été\nédité avec tous les soins voulus.\n\nRevues\nEUROPE. — UNE NOUVELLE REVUE D'ART\nMODERNE. — Dans son dernier numéro publié en\njuillet dernier, notre confrère 1' « Art Libre >\nannonçait qu'il disparaissait pour faire place à une\nrevue anthologique et critique, « l'Europe », qui\nallait reprendre et élargir son programme et son\naction.\nLes nécessités d'une mise au point minutieuse\nont retardé quelque peu la naissance de cette\ngrande revue, mais voici qu'on en annonce le pre-\nmier numéro pour le début de février. « Europe »\nsera dirigée en commun par MM. Paul Colin et\nRené Arcoz et éditée à Paris par la maison F. Rie-\nder et Cle.\nEIÎ© paraîtra mensuellement en fascicules in~8°\nde 128 pages. Constituant une grande tribune\ninternationale, elie publiera dans ses tout premiers"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.27", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nLA CITÉ.\nJANVIER 1923.\n\nnuméros, des romans, nouvelles, poèmes, essais,\nchroniques ou mémoires inédits de Maxime Gorki,\nRomain Rolland, Elle Faure, Henry Van de Velde,\nProf. Langevin, Georges Duhamel, Léon Werth,\nPierre Hamp, Valéry Larbaud, Comte de Gobineau,\nFrank Wedekind, Cari Sternheim, Charles Vildrac,\nJean-Richard Bloch, Roger Martin du Gard, Luc\nDurtain, Léon Bazalgette, Francis Birrell, Kasimir\nEdschmid, Franz Werfel, Roger Fry, Clémence\nDane, Dorothy Richardson, René Lalou, Manuel\nAzana, Douglas Goldring et Michael Kousmine.\nTABLETTES DOCUMENTAIRES MUNICIPA-\nLES. UN INSTRUMENT D'INFORMATION ET\nDE DOCUMENTATION MUNICIPALES. Les\nservices publics bien organisés sont généralement\nsoucieux d'être tenus au courant des faits, des ini-\ntiatives et des progrès réalisés dans les autres cités,\ncelles du pays même, comme celles de 1 étranger.\nLes loisirs leur manquent généralement po«av\nprocéder à une lecture, à une analyse et à un cîas-\nmonde et qui peuvent les intéresser. Encore fau-\ndrait-il qu'ils connaissent plusieurs langues et\nqu'ils reçoivent une profusion d ouvrages et de\nrevues.\nOn conçoit donc, que du Congrès international\ndes Villes, tenu à Gand en 1913, les nombreuses\nmunicipalités qui y étaient représentées, aient ex-\nprimé le vœu de voir faire ce travail de lecture et\nd'analyse par un office central. L Union Internatio-\nnale des Villes, Bruxelles, 3bis, rue de la Régence,\nconstituée lors de ce Congrès, a remis la question\nà l'étude aussitôt après la guerre et elle vient\nd'aboutir à l'organisation d'un important service\nde lecture et d'analyse, dont les travaux sont pu-\nbliés sous la forme des Tablette Documentaires\nMunicipales. Cet important recueil apportera\ndésormais, de semaine en semaine, aux services\nintéressés, un choix d'analyses des pricipaux écrits\npubliés dans des revues analogues à la nôtre et\nconcernant donc le mouvement municipal dans les\ndivers pays.\nCes Tablettes, dont le prix de souscription est\nde 240 francs l'an, sont partagées en six séries dis-\ntinctes répondant à des objets variés de 1 activité\nmunicipale. Chaque série comportant annuellement\nde 800 à 1.000 analyses peut être souscrite isolé-\nment au prix de 40 francs l'an, soit en réalité seu-\nlement 5 centimes par analyse. Le prix de la sous-\ncription représente une telle économie dans la\ntâche des dirigeants de nos services publics qu on\npeut se féliciter de voir apparaître un instrument\nd'information aussi pratique et aussi utile à la\nbonne administration de la chose publique.\nDonnons ci-dessous la table analytique des séries\n1 et II qui sont tout particulièrement de nature à\nintéresser nos lecteurs.\nSérie I. Urbanisation (Town Planning, City\nPlanning. Stâdtebau-und Siedlungswesen. Steden-\nbouw). Mouvement des idées urbanistiques.\nEtudes générales, sociales et économiques sur les\nagglomérations. Aménagement des agglomérations\n(Urbanisation.. Citéa-jardins. Faubourgs-jardins.\nVillages. Villes-satellites). Formation et tracé de\nla voirie. Affectation des voies. Législation. Trans-\nformation technique et économique du sol en ter-\nrain à bâtir. Politique foncière (lotissement, déve-\nloppement du commerce de terrains, conditions\nparticulières à la propriété du sol. Expropriation,\naffermage). Utilisation du sol et restriction de son\nusage, en prenant en considération les intérêts de\nla communauté, par le droit de coutume et la lé-\ngislation spéciale. Espaces libres. Zoning. Dévelop-\npement de l ensembîe urbain : le site, le paysage\nurbain, l'aspect de la rue (Landschaftliches Ge-\nsamtbild, Stâdtebild, Strassenbild). Architecture.\nSérie IL Habitation (Complexes. Hausbau-\nund Wohnungswesen. Housing). Casier sani-\ntaire (Statistique. Inspection sanitaire. Sluims). Ma-\ntériaux et matériel de construction. Plans et types\nde construction. Groupements d'habitations. Exé-\ncution des travaux de bâtisse. Organisation écono-\nmique et sociale du travail. Protection du travail.\nOrganisation de la construction (développement\ndes facteurs sociaux par rapport à la construction).\nAlignements. Règlements sur les bâtisses. La mai-\nson : 1. au point de vue individuel (mobilier et\ninstallations sanitaires) ; 2. au point de vue de l'in-\ntérêt collectif (Impôts. Taxes. Loyers.Assurances).\nHygiène spéciale de l'Habitation. (Voir aussi Série\nVI : Hygiène Publique.)\nLE PRÉSENT NUMÉRO RENFERME UNE PLANCHE HORS-TEXTE"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.28", "texte": "i I\n! j\nJe soussigné, souscris un abon- IMPRIMÉ ———7\nnement àla troisième année de j |\nLa Cité, au prix de 10 fr. 10 et\ndésire recevoir à titre de prime :\n*La lr® et 2® années de €La Cité » fi\n( i 919-192 î ) à 5 francs Tannée\n(prix en librairie 10 francs).\n* Le Cœur de la Ville de Bruxelles,\npar Ch. Buis. Gratuit (prix en\nlibrairie 2 francs). A A * •\n* L*Abbaye de 1A Cambre, par G. des w/\\(llTllfliStr3.tiOiî\nMarez. Gratuit (prix en librairie\nî fr. 50).\n«Srr.:::::::::::::::::::::::::::::: <FE LA REVUE LA CITE J\nAdresse\n* Barrer celle de« primes que Ton ne\ndwire recevoir. 10, Place Loix\nN. B. Afin d éviter des frais de reeou-\nvrement les «owcripteuM «ont prié» de DniTVDI I ne\nverser dans n importe quel bureau des postes, jSKLiAJt,LI^IiO\nau crédit du compte chèques n° 16621, I >*>=«««*»»«» ■■■■ 1\nRevue La Cité, le montant de la somme due.\n: „ j\nj j\nDécoupez cette carte et meïtez-îa à la poste.\n\nMONOBLOC\n176, chsee de Boondael ■ Bruxelles\nMaisons ouvrières et rurales\nen agglomérés poreux et en briques\n3\n-,\n£V\n%\n%\n\"Q\nIVI\n9?\nYh\nML\nVf.\nPI\nUSINES\nGÏOtS)\nBéton armé de tous systèmes\nG*o£3\nHourdis creux sans coffrages\nBLOCS ATHERMANES KNAPEN\nMACHINES PILONNEUSES"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192301-01.1.29", "texte": "linp. H. KUMPS-ROBYN, Eut Key&nveld, 81-85, Ixalles. Tél. 174,85.\n\nEditions Tekhné\nL'Art et la Société „\niniiisH\npar H.-P. BERLAGE\nARCHITECTE A AMSTERDAM\nil il il\nUn beau volume luxueusement imprimé\net illustré de nonante-huit clichés il\nPrix : 20 francs\nmSSISSEIEIEP\" El El 13 S 0 Sl3 SSI\n\nL'Habitation Coloniale\n- Sa Construction au Congo belge -\npar GASTON BOGHEMANS\nArchitecte, de service àla Son des Bts Cls de la Colonie\nLauréat du prix institué par la Soc. belge d'Etude et d'expansion\nPrix : 3"}]}