{"numero_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_sha256": "923ea3800cefb4c53e96cd0205dcbaa59e4fe6bdcb267303c9b5acb7f7b1d704", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1924/03_01/bmtnaac_1924-03_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1924/03_01/bmtnaac_1924-03_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c002", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "137", "page_fin": "144", "image_debut": 3, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.2", "titre_corps": "La Crise du Logement", "titre_sommaire": "La Crise du Logement", "signature_source": "Marcel GUILLEMINAULT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1427, "texte": "La Crise du Logement\n\nL'ldée s'efface encore : Individualisme en architecture. Incerti-\ntude et flottement en urbanisme. Flatterie, et du plus mauvais aloi,\nautour et dans le mouvement moderniste... Voilà ce que l'on voit.\nLes anciennes préoccupations : théories morales, applications sociales,\ndéterminations hygiénistes, etc. Tout cela semble abandonné.\nIl n'en est rien. Ces conceptions ne sont plus du domaine de\nFétude, mais de celui plus impérieux des réalisations.\nSocialement, la crise du logement domine tout de son impor-\ntance et de son urgence. Crise double en France, immédiate, et\nn'attendant rien que de l'action dans les Régions Libérées, moins\ndirecte, plus réfléchie dans les agglomérations. Elle est parvenue à\nune telle intensité, qu'elle englobe toutes les préoccupations, qu'elle\nabsorbe tous les efforts. Architectes, ingénieurs, entrepreneurs, con-\nseillers sociaux, statisticiens, hygiénistes, etc., etc., n'arrivent pas à\ncombler ce gouffre\nDepuis l'exposition de la reconstruction, à Bruxelles en 1919,\n\n(1) « La crise du logement et 1 intervention publique en matière d'habitation popu-\nlaire dans 1 agglomération parisienne », par Henri Sellier, Conseiller Général, Adminis-\ntrateur-Délégué de 1 Office Publique des Habitations à Bon Marché du Département\nde la Seine. 4 volumes, à l'Office Public d'Habitations à Bon Marché du Départe-\nment de la Seine, 32, quai des Célestins, Paris. (50 francs.)"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.4", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "nombreuses ont été les manifestations de cet ordre, aux grandeurs\ntoujours croissantes. La dernière en France est le rapport de Henri\nSellier sur la « crise du logement et l'intervention publique dans le\ndépartement de la Seine ».\nL'ouvrage est plus général que ne le dit son titre et il est en\nvérité un guide des lois, des coutumes, des moyens employés un peu\npartout dans le monde. A ce titre, il complète l'exposition de Bru-\nxelles. Je veux vous le résumer, mais il faudrait en étudier les\nméthodes, en discuter les conclusions, depuis les résultats des statis-\ntiques jusqu'aux brèves projections qui éclairent soudain des horizons\nsitués très loin, dans la question, hors du domaine exploré.\nM. H. Sellier reconnaît que la crise n'est pas nouvelle... Thèbes,\nMemphis... la concentration urbaine, signe des grandes civilisations,\nest seule en cause Autrefois, la gêne suffisait à disperser des gens qui ne\nse réunissaient que pour vivre agréablement. Aujourd'hui, la ville,\nmarché du travail, est née du besoin de vivre, et ne peut péricliter sans\ntuer la vie.\nIl y a là pour l'urbaniste matière à rêverie, à raisonnement, à\nconclusions. M. H. Sellier ne s'y arrête pas. Les villes qui périclitent,\ntuent. Donc la mortalité normale et la mortalité résultant de maladies\nsociales sont les expressions de l'intensité de la crise. Applications :\npar des cartes statistiques, il apparaît :\ni° Que la plus grande densité de population à l'hectare n'est\npas une cause de mortalité.\n2° Que les espaces plantés n'interviennent pas non plus dans\nla mortalité.\n3° Que le manque d'installation hygiénique est une cause de\nmortalité.\n4° Que le surpeuplement dans les logements est la principale\nraison de l'intensité de la mortalité sociale.\nC'est donc par l'étude statistique du logement surpeuplé que l'on\npeut exprimer mathématiquement la crise du logement. On peut dire\ni\nque pour faire descendre de 622 à 140 (chiffre normal) , la mortalité\ntuberculeuse, il faudrait que les 78 communes de la banlieue de Paris"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.6", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "et 18 sur 20 des arrondissements de la ville fassent un effort complexe\nd'améliorations.\nIl eût été intéressant à ce propos de savoir si le mouvement\nde ressac, qui forme les faubourgs, et le mouvement centripète, qui\nforme les banlieues, peuvent être canalisés par des moyens de loco-\nmotion, en vue de la diminution du surpeuplement. Car nous verrons\ntous les autres moyens, sauf celui-là.\nL'accès à la propriété individuelle, l'aide au constructeur, à la\nsociété d'entreprises, à la coopérative, à la mutuelle, etc., etc., construc-\ntion par l'Etat, l'arrondissement, le canton, la commune, etc.?\nNon, M. H. Sellier réclame l'intervention publique par l'Office\nrégional d'Habitations à Bon Marché. L'Office seul est capable\nde voir au-delà de la commune, de prévoir l'extension des agglomé-\nrations et même des régions entières. Tout le programme de l'urba-\nnisation. Cela forcera les communes à avoir une politique foncière.\nL'Office peut fixer le point de vue strictement architectural et tech-\nnique, les règles essentielles qui ont déterminé l'élaboration des plans,\npréparés par les architectes, et qui relèvent des principes d'ordre esthé-\ntique acquis par l'expérience en ce qui concerne l'aménagement\nrationnel des agglomérations. L'orientation de l'ensemble et des\néléments, la viabilité, les plantations, les espaces libres, vides ou\nplantés, en terrain de jeux, les groupes d'habitations, tout cela en\nfonction de la topographie, de la constitution du sol, du régime des\neaux, des vents, etc. Enfin les services sociaux, domestiques, hygié-\nniques, éducatifs et la relation de tous les éléments entre eux et avec\nles organismes voisins.\nIl faut englober toute la vie et la recréer. M. H. Sellier appelle\nl'esthétique à son aide pour réaliser le miracle: « Ces préoccupations\ndoivent être poussées au degré maximum qu'il est possible d'atteindre\nsans ruiner les bases économiques de l'opération et sans faire perdre à\nl'institution son caractère d'exemple pratique qu'il est désirable de lui\ndonner ». Nous verrons par l'exemple à quoi l'esthétique peut\namener, mais il faut retenir ce trait qui est essentiel.\nPuis, nous voici circulant dans le monde entier, entrant chez le\nlégiste, chez l'ingénieur, chez l'architecte, visitant des services publics,"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.9", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "des établissements privés, des logements ouvriers, courant la cam-\npagne, les jeux, etc.\nL'Angleterre étale un programme de construction formidable,\norganisé lentement sur un mode qui a déjà l'air traditionnel. Business!\nen 1927, l'Etat anglais aura fait une bonne opération\nL'Amérique, « le mouvement civique des dix dernières années\naux Etats-Unis est un des plus significatifs. Il est esthétique et\nrenferme les premiers éléments de la synthèse esthétique ».\nSincèrement! le gratte-ciel est une vérité, et les Américains s'en\nsont fort légitimement servi, après expérience. La Zoning-Law\nest également une vérité d'expérimentation et qui se confirme elle-\nmême, car elle répartit la vie. Cela est très américain. Car les parks et\nles moyens de transport n'ont rien d'exclusifs, à moins que l'effort\ndes autres pays, dans ce dernier sens, ne soit nié.\nLa Belgique permet de passer en Hollande, le pays le plus ancien\npour ces sortes de préoccupations. Ici les villes ont fait preuve du\nsens de la politique foncière et de l'habitation. Les artistes ont été\nattentifs et pratiques, les ouvriers ont su produire.\n« C'est grâce à l'excellente législation spéciale comme aux efforts\nintelligents et méthodiques des communes et du pouvoir central com-\nbinés qu'aujourd'hui la Hollande offre un aspect très rassurant en ce\nqui concerne la solution de la crise du logement, fait malheureusement\ntrop rare ».\nAprès la Hollande, la plus grande sagesse peut être trouvée chez\nles Scandinaves, chez les Finlandais, dont la politique de l'habitation\nou de l'extension est toute de prévention. Chez le Norvégien, où la\ngrande liberté jalousement gardée des communes a abouti à une\nénergique action, immédiatement efficace et variée tant en matière\nd'extension que d'habitation.\nTandis que nous avons vu M. H. Sellier prouver la crise du\nlogement par les statistiques de la mortalité, la Suède s'est occupée\nà une statistique intéressante sur la hausse des loyers, considérée\ncomme l'expression de la crise. C'est une contribution qui peut\nparaître très spéculative, mais qui, par la rigueur de la méthode\nemployée, a une valeur scientifique."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.10", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "L'Allemagne! Depuis 1917, rien. Mais que dire de l'Autriche,\nde la Hongrie, de la Tchéco-Slovaquie, de la Pologne.\nLa Suisse n'a rien fait de particulier. La Roumanie s'apprête à\nun effort qui, par sa condition presque exclusivement rurale, exige\ndes compétences et des initiatives particulièrement distinguées.\nL'ltalie, créatrice des Offices d'Habitations à Bon Marché, nous\nramène en France.\nL'effort de Paris date de 1910 et offre un bel ensemble tant\nmunicipal que par le moyen de groupement d'entreprises. La guerre\ndevait arrêter cet élan. Depuis, le mouvement est repris et, de plus en\nplus, l'Office des Habitations à Bon Marché remplit son rôle.\nTantôt il aide de son expérience à la révision des lois anciennes\nen vue d'un rendement meilleur ou de plus grandes facilités légales.\nT antôt il réclame des libertés pour les constructeurs, sur les matériaux\ndesquels l'exclusive est jeté. Puis l'Office travaille, et les projets, le\nchoix des terrains subissent son examen critique. La construction\nn'échappe pas à son observation. Enfin, il achète avec ses fonds des\nbiens fonciers ou des immeubles restés inachevés qu'il termine en les\nadaptant.\nL'Office départemental d'Habitations à Bon Marché est né\npendant la guerre. Son action a été puissante, précise et définitive dès\nsa fondation. Son œuvre déjà considérable est une œuvre de large\nconception, la plus large qui ait été envisagée jusqu'à ce jour en\nFrance.\nM. H. Sellier dépouille le travail de cet Office et nous apporte,\npour toutes ses créations, tous les documents : rapports de tous les\nservices, architecture, esthétique, travaux des eaux, services agricoles,\ncontrôleurs subdivisionnaires, etc., etc., sur tel terrain proposé à\nl'acquisition. Avis des comités de patronage, d'hygiène, de Chambres\nde Commerce, etc., etc. Et voici maintenant l'architecte qui nous\nexplique lui-même son plan, fonction des conditions géographiques,\ngéologiques, climatériques, hydrographiques, etc. Il discute autour\ndes rues et de leur largeur, des places et des espaces libres.\nTout découle, tout s'enchaîne, depuis le monument décoratif"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.12", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "jusqu'aux habitations familiales, en y comprenant les services\npublics et administratifs.\nVoulez-vous des chiffres? Proportions des surfaces de rue, de\nterrain, de jeux, bâties, etc., etc. Voici des cartes, voici des plans,\nvoici des coupes et des façades : Genevilliers, Plessis-Robinson,\nChatenay, Malabry, Champigny, Suresnes, Rueil, Stains Drancy,\nBagnolet, Le Lilas, autant de cités-jardins qui sont des exemples de\nce que peut le goût français. Il y a là une grosse somme de travail,\nune tentative qui peut se juger déjà d'un coup d'œil. L'esthétique y\njoue un rôle tel que ceux qui ont produit cela se sont montrés d'un\ncoup à la hauteur de tout ce qui s'était fait à l'étranger. Par ailleurs,\nnous en sommes encore à la recherche des matériaux. A ce titre,\nl'Office lutte énergiquement pour en faire tolérer d'autres que ces\nbons vieux, dont nous sommes si riches, que le plus pauvre et le\nplus paresseux s'en peut encore servir. Aussi, certaines mises au\nconcours de procédés de construction, avec les relations chiffrées de\nleurs rapports, sont-ils extrêmement intéressants. Ayons confiance\nen la ténacité de l'Office.\nL'effort est très beau. Est-il donc seul, que le résultat puisse s'en\nmesurer si facilement?\n7,000 logements quand il en faudrait 32,000. Le cancer et la\ntuberculose auront encore de beaux jours.\nAlors!\nPersonne ne répond et le législateur est muet, il n'a à sa dispo-\nsition qu'une foule de moyens négatifs, des contraintes, des\npoursuites, aucun moyen d'action.\nAlors! cette terrible accusation : « La misérable politique\nd'économie, qui trop souvent consiste à obérer formidablement\nl'avenir pour dégrever légèrement le présent, aura joué son rôle\nnéfaste ».\nNous la retrouverons.\n\nMarcel GUILLEMINAULT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c004", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "139", "page_fin": "139", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.2.2", "titre_corps": "D'après Henri Sellier : « La crise du logement ».", "titre_sommaire": "D'après Henri Sellier : « La crise du logement ».", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "PLAN DE LA REGION D'ARCUEIL (DEPARTEMENT DE LA SEINE, FRANCE)\nINDIQUANT L'EMPLACEMENT DES DEUX CITS-JARDINS DEPARTEMENTALES.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c005", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.2.3", "titre_corps": "D'après Henri Sellier : « La crise du logement ».", "titre_sommaire": "D'après Henri Sellier : « La crise du logement ».", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 208, "texte": "PLANCHE I.\nAVANT-PROJET D'AMENAGEMENT DE LA CITE-JARDIN DU PLESSIS-ROBINSON, DEPARTEMENT DE LA SEINE (FRANCE).\nArchitecte-Directeur : J.-L.-M. 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C'est ainsi qu'en qui concerne les cheminées, l'on a proposé de différent\ncôtés d'appliquer chez nous le système des conduits unitaires fort répandu en Suisse, eni|\nAllemagne, dans bien d autres pays. Ce système consiste a remplacer les corps de\ncheminees usités chez nous et comprenant autant de conduits que de foyers de combustion,\npar un conduit unique construit évidemment dans les conditions requises maïs\nsur lequel viennent se brancher les différents appareils de chauffage. La solution est\nattrayante, aussi d aucuns contentons-nous de renvoyer à un article succinct de\nl officieuse Revue <( L Habitation à Bon Marche » ont conclu purement et simple-\nment à son adoption chez nous.\nC est une conclusion, sans doute, un peu hâtive. La question est, en effet, beaucoup\nplus complexe qu elle n en a l air à première Vue et mérite un examen approfondi.\n• Nous n avons pas la prétention d'apporter ici la solution du problème. Nous vou-\ndrions simplement en faciliter l étude en mettant nos lecteurs au courant des expériences\net des discussions qui ont eu lieu a ce sujet en France, ou la question a soulevé un très\nvif intérêt et où elle a fait l objet d'études dont on peut ne pas adopter les conclusions.\nmais dont on ne saurait nier le caractère scientifique.\nLa Revue « La Construction Moderne » a résumé ta discussion en un article qui\nvise, certes, les situations et les contingences françaises. Mais celles-ci sont en l'occurrence\nsuffisamment voisines des nôtres pour que nous puissions tirer grand profit de ces\nréflexions. Nous reproduisons donc l'article en entier :\n\nLes leçons d'un conduit de fumée\n\nLa discussion qui a eu lieu à la dernière\nsession du Conseil général de la Seine au\nsujet de l'adoption du conduit unitaire dans\nla construction des immeubles à bon marché\nentreprise par le département, est instructive\nà plus d'un titre. Bien que deux longues\nséances consacrées à cet intéressant sujet\nn'aient peut-être pas permis d'élucider entiè-\nrement le problème technique qu'il com-\nporte, et aient abouti pratiquement à un sim-\nple renvoi devant la commission des habita-\ntions ouvrières de la proposition soumise au\nvote de l'assemblée, la lecture du compte\nrendu montre que le temps consacré à cette\ndiscussion ne serait pas perdu si les leçons\nqui s'en dégagent pouvaient être comprises\nde tous et produisaient les conséquences\nqu' elles comportent.\nL'exposé de la question a été clairement\nrésumé par M. Henri Sellier, après avoir rap-\npelé que la limitation des essais du conduit\nunitaire dans les cuisines d'un groupe de\nconstructions, conseillée, sur sa proposition,\npar le Conseil d'hyigène, ne résultait pas de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "sa part d'une hostilité contre le système,mais\nde l'impossibilité où il s'était trouvé d'en\nobtenir une plus large extension auprès de ce\nconseil. Il observait d'abord que l'un des re-\nproches adressés au conduit unitaire, savoir\nle danger résultant de la rupture du conduit\net, par suite, de l'infiltration des gaz dans les\nappartements est encore plus mérité par le\nconduit individuel : tout le monde sait que\nce dernier a bien rarement l'étanchéité régle-\nmentaire soit que les poteries se fendent, soit\nque les joints ne soient pas effectués avec\ntout le soin voulu. Le conduit unitaire offre à\ncet égard une sécurité plus grande, parce\nqu'il comporte une double gaine et qu il\nexige dans sa construction un soin tel que le\ndanger de malfaçon est écarté. Quant au\ndanger de refoulement des gaz, pour certains\ndes foyers desservis, il est supprimé par le\ndispositif de ventilation installé à l'orifice du\nconduit, dispositif qui détermine une circula-\ntion permanente, d'autant plus intense que la\ncolonne d'évacuation est portée à une tem-\npérature plus élevée en raison du nombre\ndes foyers allumés : il en résulte que ce sys-\ntème présente au contraire, sur le système\nactuel, l'avantage d'une ventilation des ap-\npartements bien plus énergique et plus\nassurée.\nLe conduit unitaire, aux avantages de\nl'hygiène, joint celui d'une notable économie\ndans la construction, économie que certains\névaluent à 25 0/0 que les adversaires eux-\nmêmes ne chiffrent pas à moins de 5 0/0\nd'autant plus élevée en tout cas qu'il s'agit\nd'immeubles plus importants et où le conduit\nunique dessert un plus grand nombre d'ap-\npartements et remplace un plus grand nom-\nbre de conduits ordinaires. Cet avantage est\névidemment de poids quand il s'agit de la\nconstruction d'immeubles à bon marché\nentrepris par une administration publique. Il\nfaut ajouter que l'architecture de l'immeuble\ny gagne avec les facilités d'aménagement des\nlocaux.\nM. Henri Sellier observait que ce système\na donné déjà d'excellents résultats dans di-\nverses villes de France et de l'étranger,\nnotamment à Genève, où le Palais du Bureau\ninternational du Travail, qu'on est en train\nde construire, et qui doit représenter le der-\nnier mot de l'hygiène et du progrès, est édifié\navec le conduit unitaire. « On ne peut pas\nsoutenir que les architectes de l'étranger qui\nsont beaucoup plus que les nôtres à l'affût\ndes systèmes de perfectionnement des cons-\ntructions et qui ont des préoccupations d'hy-\ngiène que nos techniciens et nos administra-\ntions ignorent trop souvent, sacrifient sur ce\npoint les intérêts dont ils ont la charge. »\nNous allons voir au contraire qu'en France\ncomme à l'étranger, ce sont les architectes\nqui préconisent l'adoption du nouveau sys-\ntème, et qu'ils sont arrêtés dans la réalisation\nde ce progrès par les routines de l'adminis-\ntration.\n« Nous sommes, paraît-il, un peuple qui\nest à l'avant-garde du progrès, qui est tou-\njours prêt à admettre les idées nouvelles, les\ninitiatives susceptibles de modifier les condi-\ntions d'existence; s'il est une industrie qui\néchappe à ce jugement, c'est bien l'industrie\ndu bâtiment. On construit encore, à l'heure\nactuelle, en France, comme Mansart cons-\ntruisait sous Louis XIV avec les mêmes pro-\ncédés techniques, avec les mêmes errements,\navec les mêmes routines, et il est navrant que\nce soit l'Administration, qui devrait faire les\nplus grands efforts pour apporter une mo-\ndernisation dans les conceptions industrielles\ndu bâtiment, que ce soit elle, dis-je, qui, par\ndes règlements surannés, basés sur un esprit\nde routine et une peur des responsabilités\ninquiétante, paralyse toute innovation sus-\nceptible d'obtenir à conditions hygiéniques\néquivalentes des prix de revient plus faibles\net par conséquent de corriger dans des pro-\nportions équivalentes la crise du logement\nque nous subissons. »\nC'est bien notre système administratif qui\nest responsable de cet esprit de routine et\nM. Henri Sellier pouvait exprimer ce souhait:\n«Je voudrais que sur ce terrain notre Admi-\nnistration ne restât pas en arrière des autres\nadministrations européennes. » Que s'était-il\npassé en l'espèce? La question, étudiée dès"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.15", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "-1920 par la Commission, fut soumise par le\nPréfet de la Seine, en 1921, au Conseil d'hy-\ngiène. Son rapport, déposé le 14 août 1922,\nfaisait des réserves et fut suivi d'une enquête\nà Lyon, à Genève et à Lausanne, à la suite\ndesquelles le Conseil d'hygiène se prononça\nnettement contre 1 emploi du conduit uni-\ntaire. Sur les instances de la commission, qui\njugeait peu concluantes les expériences faites,\nle Conseil d hygiène consentit à faire une\nnouvelle enquête dans l'immeuble de la rue\nVasco-de-Gama: l'une des expériences, faite\npar un technicien de la Préfecture de la\nSeine, aurait abouti à des conclusions nette-\nment concluantes, tandis que la seconde,\nconfiée à un technicien de la Préfecture de\nPolice, n aurait pas abouti. Enfin, en février\n1923, la Préfecture de la Seine joignant ses\ninstances à celles de la commission, le Con-\nseil d'hygiène se décida à autoriser les essais\ndans le groupe des bastions 37 et 38, dont\nla construction subissait de ce chef un retard\nd un an à un an et demi. Il convient d'ajouter\nque l'autorisation, donnée pour un an, deve-\nnait sans objet par le fait même de ce retard.\nOn en était donc au même point au moment\noù M. Henri Sellier, au nom de la commis-\nsion proposait au Conseil général d'autoriser\nla construction dans les conditions indiquées.\nCe qu'il importe de retenir de ce débat,\nc'est beaucoup moins la conclusion technique\nque comporte en lui-même l'examen du Con-\nseil d'hygiène, que l'attitude de ce dernier et\nde l'administration en face de la demande\nde la commission. Quelle que soit l'autorité\ndes savants qui composent ce conseil, auto-\nrité que personne ne méconnaît et vis-à-vis\nde laquelle tous les orateurs ont exprimé la\nplus entière déférence, les conclusions de\nleurs enquêtes n'entraînaient pas la convic-\ntion : les expériences avaient été faites dans\ndes conditions peu probantes; leur opinion\nreposait sur des procédés anciens, n'ayant\nrien de commun avec les procédés moder-\nnes; le conduit unitaire était adopté en\nSuisse depuis bien des années déjà, sans don-\nner lieu au moindre reproche. D'autre part,\nil s'agissait d'un procédé qui, s'il était\nreconnu satisfaisant sous le rapport de l'hy-\ngiène, devait constituer un réel progrès dans\nla construction et procurer une sérieuse éco-\nnomie pour les finances publiques et un sup-\nplément de logements pour la population. Il\nsemble que, dans ces conditions, il était du\ndevoir d un organisme technique soucieux de\n1 intérêt général de procéder à de nouvelles\nenquêtes avec toute l'impartialité et la rapi-\ndité possibles. Quelle que fût la conviction\npersonnelle des membres du Conseil, le\ncaractère même de la science qui leur dictait\nleur appréciation leur imposait l'obligation\nde tenir compte des objections qui leur\nétaient opposées et des doutes que leur déci-\nsion laissait planer dans les esprits, ne fût-ce\nque pour en démontrer l'inanité et asseoir\nleurs conclusions sur des bases plus inébran-\nlables.\nRemarquons en effet que ni la science ni\n1 impartialité des techniciens qui composent\nle Conseil d'hygiène ne sont en cause : per-\nsonne ne songeait à les mettre en suspicion.\nMais l'erreur est propre à l'esprit humain,\nmême le plus savant, et nul ne peut, en ma-\ntière scientifique, imposer d'autorité son\nopinion à celui qui croit avoir de bonnes\nraisons pour en douter. En négligeant cette\nsituation, le Conseil d'hygiène donnait prise\nau reproche d'esprit de routine qu'on lui a\nadressé au cours de la discussion. On a fait\nressortir l'opposition qui s'est manifestée\nentre le service compétent de la Préfecture\nde la Seine et celui de la Préfecture de police,\nen l'espèce le Conseil d'hygiène, en la taxant\nde parti pris. On a noté également que l'opi-\nnion des hygiénistes se heurtait à l'avis\nopposé des architectes qui construisent et qui\nsont cependant intéressés personnellement à\nne pas se tromper dans leur conception,\npuisqu'ils restent responsables des effets nui-\nsibles de celle-ci pendant une période assez\nlongue pour que cette responsabilité soit\neffective. Ces imputations sont plus graves\nqu'on ne l'imagine peut-être à ne considérer\nles choses que superficiellement, car elles\nconduiraient bientôt à ruiner l'autorité d'un\norganisme dont le rôle doit gagner aujour-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "d'hui en importance à raison de la place\nqu'occupe de plus en plus l'hygiène dans la\nvie sociale moderne. S'il est une fonction qui\nrentre normalement dans les attributions des\npouvoirs publics, c'est bien celle qui consiste\nà réunir les compétences pour emettre un\navis qualifié sur des questions d'hygiène inté-\nressant la collectivité comme celle dont il\ns'agit, la constitution d'un organisme de ce\ngenre étant d'intérêt général et dépassant les\npossibilités d'action des particuliers. Mais\ncette action pour être salutaire, doit aider et\nnon entraver l'activité individuelle. Loin de\nmériter, ou même de s'exposer à mériter des\nreproches de routine, elle devrait à la tête\nde tous les progrès qui concourent à accroître\nà la fois la salubrité, la prospérité de l'indus-\ntrie et par le fait même le bien-être collectif.\nPeut-être le résultat incriminé doit-il être\nattribué en partie à la composition même du\nConseil d'hygiène qui, suivant l'observation\nde M. Henri Sellier, comprend les représen-\ntants de l'administration préfectorale « dans\nune proportion infiniment plus forte que\ncelle qu'elle devrait avoir, eu égard à nos\nresponsabilités en matière d'hygiène », en\nsorte que la « quasi majorité qui s'est consti-\ntuée en Conseil d'hygiène contre le conduit\nunitaire, comprenait tous les fonctionnaires »\nde ce service. Cette circonstance expliquerait\nen effet bien des choses, s'il est avéré qu'il\nexiste entre l'esprit administratif et les mé-\nthodes industrielles une opposition de faits\nqui donne trop souvent à l'administration\nl'apparence d'une entrave plutôt que d'une\naide pour l'industrie privée. Il importe gran-\ndement, dans l'intérêt de tout le monde, que\nles administrations publiques et en particulier\ncelle dont il s'agit, démontrent par les faits\nque cette opposition n'existe pas et que le\nreproche qu'on lui adresse souvent de ce chef\nn'est pas fondé.\nAfin de compléter le dossier de cette question, nous croyons bien faire en rapportant\négalement les arguments des adversaires des « conduits unitaires ». Nous les trouvons\nrésumés dans un article paru dans les « Annales d'Hygiène publiquef Industrielle et\nSociale », mai 1923. M. du Bois d'Auberville y reprend, avec l'autorité que Von est\nunanime à lui reconnaître, les arguments quil avait fait valoir dans un rapport quil a\nPrésenté au Préfet de la Seine concernant la question qui nous occupe.\n\nO. G.\n\nUne nouvelle offensive des « conduits unitaires »\npar M. du Bois d'Auberville, architecte en chef de la Préfecture de Police.\n« Mlle Bertin, la modiste de la Reine Ma-\nrie-Antoinette, disait : « Il n'y a de nouveau\nque ce qui est oublié », mot profond qui\nrappelle celui du vieux poète anglais, Chau-\ncer : « 11 n'y a de nouveau que ce qui a\nvieilli ». Cette formule servira de préambule\naux quelques observations qui vont suivre. »\n10 Les anciens conduits unitaires\nTous les vieux architectes ont connu les\ntuyaux de fumée « unitaires » ; les tuyaux\n« M... », comme on les appelait du nom de\nleur inventeur, un excellent entrepreneur de\nfumisterie d'ailleurs; ils eurent leur heure de\nvogue puis à la suite de nombreux accidents,\nils tombèrent dans le discrédit le plus grand,\net on les avait oubliés, depuis 1875, date de\nleur enterrement; si totalement oublié, qu'au-\njourd'hui, où nous assistons à une nouvelle\noffensive de conduits unitaires qui leur res-\nsemblent comme des frères, nous sommes\nsurpris de voir l'engouement d'antan repren-\ndre avec vigueur chez un certain nombre de\nnos confrères.\nTout le monde connaît le principe sim-\npliste, trop simpliste, du conduit unitaire :\nsur un conduit de fumée montant verticale-\nment depuis la cave jusqu'au faute d'une"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "maison, sont branchés, à chaque étage, un\nou deux appareils de chauffage, poêle ou\ncheminée; un semblable conduit pourrait\ndonc desservir douze ou quatorze cheminées.\nOn voit F économie très sérieuse qu'un pareil\nsystème, s'il était bon, pourrait apporter\ndans la construction d'un immeuble dans\nlequel aujourd'hui on est obligé d'établir au-\ntant de conduits de fumée qu'il y a de poêles\nou de cheminées.\nPour bien comprendre comment se pose à\nnouveau la question actuellement, il est né-\ncessaire de connaître la genèse et l'histoire\ndes conduits M...\nC'est en 1859 que « MM. M... et A...,\nconstructeurs d'appareils de chauffage bre-\nvetés, 17, rue Saint-Gilles (Marais), à Pa-\nris », inventèrent et lancèrent dans le bâti-\nment les « appareils M... ». En quoi consis-\ntait « l'appareil M... »? Cet « appareil »\ncomportait trois parties : 10 le tuyau uni-\ntaire; 2° le foyer « fumivore »; 3° le conduit\nde ventilation.\nLe conduit unitaire d'abord : « Un seul\ntuyau de 0,25 sur 0,30 suffirait, dit le pros-\npectus éloquent de l'inventeur, pour recevoir\nla fumée de six cheminées sans le moindre\ninconvénient. Dès lors, plus de tuyaux mul-\ntiples, réduction notable dans le prix de la\nconstruction, économie de place, d'entretien\net de nettoyage. Tous ces résultats, rendus\nd'ailleurs évidents par des applications sans\nnombre, sont constatés dans les rapports très\nfavorables de plusieurs Sociétés savantes à\nla tête desquelles viennent se placer les plus\ncompétentes : la Société Centrale des Archi-\ntectes et la Société d'Encouragement ».\nQu'on excuse cette longue citation du\nprospectus de l'inventeur, mais elle n'est pas\ninutile, car elle contient de très véridiques\nassertions, et aussi, parce que les protago-\nnistes des nouveaux conduits unitaires se ser-\nvent presque des mêmes arguments.\nLe tuyau unitaire était en poterie rectan-\ngulaire de 0,25 X 0,30 et montait verticale-\nment dans toute îa hauteur du bâtiment, de-\npuis la cave, où il était fermé par un tampon\nde ramonage, jusqu'au faîtage; à chaque\nétage, un branchement raccordait la ou les\ncheminées dudit étage au conduit et ce bran-\nchement devait se rapprocher le plus pos-\nsible de la verticale, ce qui était évidemment\nlogique et rationnel.\nDans chaque cheminée était placé le foyer\nM... : c'était une sorte de cheminée à la\nprussienne, composée d'une façade en fonte\najourée, à laquelle s'adaptait une vaste co-\nquille à grille ou à chenets, selon que l'on\ndésirait brûler du charbon ou du bois; cette\ncoquille se terminait à la partie haute par\nune buse en fonte également, de section\novale, qui se raccordait à l'aide d'un man-\nchon en tôle, à la demande, à un branche-\nment en attente du conduit unitaire. Enfin,\nau bas de la coquille, au fond et au ras de la\ngrille, il existait une ouverture ovale d'où\npartaient deux conduits obliques, venus de\nfonte et passant derrière la coquille, qui ve-\nnaient déboucher dans la buse de la partie\nhaute. D'après l'inventeur, l'ouverture du\nbas servirait à l'évacuation des gaz et de la\nfumée pendant toute la période de l'allu-\nmage; les gaz étaient, disait-il, brûlés ainsi et\nla fumivorité était complète; de plus, pré-\nten3ait-il, cette disposition s'opposait aux re-\ntours de fumée.\nLe système était complété par le conduit\nde ventilation : c'était un second conduit en\nboisseaux Gourlier qui montait parallèlement\nau premier, mais de l'autre côté des chemi-\nnées, et qui, à chaque étage, détachait sous\nle plancher une ventouse venant déboucher\nsous l'âtre et destinée à alimenter le foyer en\nair frais. Ce conduit de ventilation partait\nde la cave ou du rez-de-chaussée et prenait\nautant que possible l'air à l'extérieur.\nIl faut reconnaître que tout cet ensemble :\nconduit unitaire, foyer, ventilation, était in-\ngénieusement combiné et cela explique 1 en-\ngouement du public, des constructeurs et des\narchitectes pour ce système.\nDès 1860, et quoique l'Ordonnance de\nPolice du 1 1 décembre 1852, par son article\n6, ainsi libellé : « Chaque foyer de cheminée\nou de poêle doit, à « moins d'autorisation\nspéciale », avoir son tuyau particulier dans"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3785, "texte": "toute la hauteur du bâtiment », ait très net-\ntement interdit les conduits unitaires, les con-\nduits M... furent employés dans nombre de\nbâtiments. On était dans la magnifique pé-\nriode de « bâtissage », si je puis m'exprimer\nainsi, qui coïncida avec la transformation de\nParis entreprise par le préfet Haussmann, et\nM... en profita, sans aucune autorisation\nd'ailleurs.\nEn 1861, M... sollicita l'avis de la Société\nCentrale des Architectes qui chargea une\nCommission, composée de MM. Van Cleem-\nputte, président; Duval, secrétaire, et Paf-\nfert, rapporteur, laquelle, après des « études\net des expériences » faites aux divers établis-\nsements où l'inventeur avait déjà placé ses\nappareils, déposa un rapport qui fut adopté\nen Conseil le 2 1 mai et en Assemblée géné-\nrale le 4 juillet 1861, signé Gilbert aîné,\nmembre de l'lnstitut, et Godebœuf, secré-\ntaire principal.\nDans le rapport de M. Paffert, après une\ndescription de l'appareil, il est indiqué que la\nCommission a constaté le bon fonctionne-\nment du système, et que l'inventeur a re-\nconnu qu'il fallait, pour obtenir un bon\ntirage :\n10 Que le tuyau unitaire fut multiple à\nchaque étage de la section nécessaire à cha-\nque appareil, section déterminée par le vo-\nlume d'air à chauffer;\n2° Que la section pour le branchement, à\nchaque étage, sur le tuyau unitaire fût en rap-\nport avec le numéro de l'appareil;\n3° Qu'une section plus grande que les\nmultiples fut donnée au tuyau unitaire en\nraison du tirage produit par l'appareil.\nLa Commission reconnaissait qu'avec l'ap-\npareil M..., on pouvait :\n10 Chauffer plusieurs pièces par un seul\nfoyer et quelles que soient les matières qu'on\nbrûlait; dès lors : économie de combustible\nmalgré le « tirage violent » qui se produisait;\n2° Opérer parfaitement la ventilation des\npièces;\n3° Obtenir une combustion régulière;\n4° Obtenir la combustion de tous les gaz\net leur disparition complète dans le tuyau\nunitaire ;\n5° Jouir de la facilité de se clore herméti-\nquement sans chance de fumée, à la condi-\ntion cependant de munir chaque appareil\nd une prise d'air extérieur;\n6° Réduire la dépense des constructions\nen diminuant le nombre des tuyaux de terre\ncuite ;\n7° Ramoner facilement, sans être obligé\nde passer dans les appartements.\nEt le rapport se terminait par cet alinéa :\n« Enfin, en raison des avantages précé-\ndemment décrits et qu'elle a constatés, la\nCommission, sans cesser d'engager M. M...\nà rechercher les perfectionnements qu'on\npeut encore apporter aux foyers dont il est\n1 inventeur, avec application au tuyau uni-\ntaire, pense qu'il y a lieu déjà « d'attirer\nl'attention des membres de la Société Cen-\ntrale des Architectes » sur ces appareils de\nfumistierie. »\nCe rapport favorable, quoique prudent\ndans sa conclusion, aida incontestablement à\nla diffusion des conduits M... L'inventeur ne\ns'en tint pas là et présenta son système à la\n« Société d'Encouragement pour l'lndustrie\nNationale », laquelle chargea M. Henri Péli-\ngot de lui présenter un rapport au nom du\nComité des Arts mécaniques. Ce rapport fut\ndéposé et approuvé en séance le 22 avril\n1 869. Il est très nettement favorable et in-\ndique « qu'un grand nombre de maisons\n« nouvellement » construites sont munies du\nsystème complet ». Pourvu ainsi de référen-\nces de premier ordre, le système M... con-\ntinua sa fortune ascendante, quoique n'ayant\naucune autorisation de la Préfecture de\nPolice.\nCependant, les inconvénients inhérents à\ntout système de conduits unitaires se produi-\nsirent. M... crut y remédier en ajoutant à\nson appareil de cheminée une trappe qui,\nlorsqu'on ne faisait pas de feu, devait être\nfermée et qui obstruait alors hermétiquement\nla buse de départ de l'appareil.\nPi ai s, inquiet sans doute, il se détermina,\nen 1 868, à solliciter l'autorisation de la Pré-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4059, "texte": "fecture de Police (demande du 13 juillet\n1 868, signé : M... et A... )et— je rappelle\nmon préambule! cette demande était vi-\nvement appuyée par une lettre du 21 juil-\nlet 1868 de M. le Comte de L..., député!\nLe Préfet de Police demanda un rapport\nà tous les architectes de son Service d'archi-\ntecture : onze rapports figurent au dossier;\nsur ces onze rapports, huit furent nettement\nfavorables, trois seulement défavorables.\nParmi ces derniers, je citerai particulière-\nment celui de mon regretté prédécesseur et\nmaître : Henri Bunel; et je ne puis résister\nau désir d'en citer quelques extraits, car ils\nsont de nouveau d'actualité :\n« La première question est celle-ci, dit\nHenri Bunel : peut-on, sur une conduite de\nsection constante, brancher plusieurs tuyaux\nde fumée. La théorie dit non et, sur ce point,\ncomme sur bien d'autres, la pratique a con-\nfirmé la théorie. Toutes les fois que, sans dis-\npositions spéciales, on a fait arriver en des\npoints différents la fumée dans une seule et\nmême conduite, le tirage s'est mal fait et, le\nplus souvent, il y a eu appel du foyer infé-\nrieur. » Et il ajoute plus loin : « Cependant\nnous voyons journellement dans les usines\net nous les prescrivons souvent, une seule\ncheminée avec plusieurs foyers, et il n'y a\npas de fumée et tous les foyers tirent égale-\nment bien. C'est qu'alors il a été pris des dis-\npositions spéciales devant remédier au choc\ndes gaz animés de vitesses inégales et de\ntempératures variées. Ces dispositions sont\nde plusieurs sortes. « La première consiste à\nfaire varier la section du conduit unique » en\nl'augmentant en proportion du nombre de\nfoyers dont il reçoit la fumée. » Enfin,\naprès d'autres considérations également judi-\ncieuses, il termine ainsi son rapport con-\ncluant au refus d'autorisation par cette\nphrase : « Je proposerai aussi qu'on fit appel\net demandât l'avis des architectes et des\nconstructeurs qui, en ayant fait usage, ont dû\ny renoncer! »\nMalgré la majorité d'avis favorables des\narchitectes, MM. M... et A... ne furent pas\nautorisés; ils ne jouirent que d'une tolérance\nà leurs risques et périls.\nD'ailleurs, les inconvénients et les dangers\ndu système se montraient de plus en plus à\n1 usage, tant et si bien que la Préfecture de\nPolice sentit le besoin de prendre une déci-\nsion et de réviser l'ordonnance du 1 1 dé-\ncembre 1852. « Il était reconnu, en effet »,\ndit un rapport au Conseil d'Hygiène\n« qu il convenait d apporter à ce règlement\ndiverses modifications dont l'expérience\navait démontré la nécessité. » Une Commis-\nsion fut nommée à 1 effet d'étudier la ques-\ntion sous la double face : incendie et salu-\nbrité. Elle fut composée ainsi qu'il suit :\nCommission des Incendies\nMM. de Bullemont, secrétaire général de\nla Préfecture de Police, président; Poggiale,\nmembre de l'Académie de Médecine et du\nConseil d'Hygiène; du Sonich, inspecteur\ngénéral des Mines, membre du Conseil d'Hy-\ngiène; Bailly, architecte; Prosper Deschamps,\narchitecte; Gérard Simon, architecte; Va-\nnoni, président de la Chambre des Fumistes;\nSaint-Martin, colonel du régiment des Sa-\npeurs-Pompiers de Paris; Saint Clair, chef\nde bataillon du régiment des Sapeurs-Pom-\npiers de Paris; Baube, chef de la 2e division,\nPréfecture de Police, membre du Conseil\nd'Hygiène; Paliard, architecte en chef de la\nPréfecture de Police, membre du Conseil\nd'Hygiène; Lasnier, chef du 4e Bureau, Pré-\nfecture de Police, membre du Conseil d'Hy-\ngiène ; Mathieu, chef du ler1er Bureau, Préfec-\nture de Police, membre du Conseil d'Hy-\ngiène; Nillet, chef du 3e Bureau, Préfecture\nde Police, secrétaire.\nCette Commission nomma une Sous-Com-\nmission spéciale de salubrité, composée de :\nMM. Devergie, Poggiale, du Sonich, Pa-\nliard, rapporteur.\nCette Sous-Commission déposa un rap-\nport au Conseil d'Hygiène le 9 avril 1875,\nrapport qui était la condamnation formelle\ndes conduits unitaires, car il contenait dans\nses instructions finales ce paragraphe caté-\ngorique :\n« Il importe donc que tout foyer ait son\nconduit particulier de fumée montant jus-\nqu'au dessus des toits. »"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.23", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 4071, "texte": "Ce rapport a été lu et adopté dans ladite\nséance du 9 avril 1875 et, comme suite à ce\nrapport, il a été pris par le Préfet de Police\nl'ordonnance de Police du 15 septembre\n1875 qui consacra définitivement la con-\ndamnation des conduits unitaires.\nLe système, à la suite de nombreuses\nplaintes, périclita rapidement et ne fut plus\nemployé, mais il existait et il existe\nencore, quoiqu'on en ait remplacé beaucoup\npar des conduits individuels de nombreux\nimmeubles dont les foyers sont desservis par\ndes conduits Mousseron lesquels donnent\ntoujours sujet à des plaintes justifiées que le\nService d'Architecture reçoit. Je n'en citerai\nqu'une seule, la dernière, en date de novem-\nbre 1922, pour montrer un exemple typique.\nUne dame G..., demeurant boulevard\nVoltaire, adresse une plainte au Maire du\nXIe arrondissement qui invite un membre de\nla Commission d'Hygiène de l'arrondisse-\nment à visiter le local de la plaignante.\nLe membre de la Commission d'Hygiène,\naprès visite, faut un court rapport ainsi conçu:\n« La plainte de Mme G..., boulevard\nVoltaire, me paraît fondée. En effet, j'ai\nconstaté que dès que l'on faisait du feu dans\nla cuisinière de l'étage au-dessous, le pro-\npre fourneau de cuisine de Mme G... était\nenvahi de fumée qui sortait par toutes les\nouvertures. En somme, lorsqu'il y a du feu\ndans la cuisine des voisins de l'étage infé-\nrieur, la cuisine de Mme G... est inhabitable.\nIl m a semblé que la cheminée était com-\nmune pour toutes les cuisines de cette partie\nde l'immeuble. J'estime que Mme G... a\nraison de se plaindre et qu'il y a lieu de\nsupprimer le plus tôt possible l'état de chose\nexistant en raison du phénomène d'asphyxie\ntrès à craindre. »\nLe Maire ayant renvoyé la plainte et le\nrapport à la Préfecture de Police, le Service\nd'Architecture reconnut le bien-fondé de la\nplainte et le rapport de ce service dit ceci :\n« On a essayé d obvier aux inconvénients du\nsystème unitaire en adoptant la solution sui-\nvante : chaque buse de départ du conduit de\ntôle des fourneaux a une clef permettant\nd'obturer le conduit quand on ne se sert pas\ndu foyer. » « Mais, dit plus loin le rappor-\nteur, la dite clef fonctionne mal et il ne peut\nen être autrement, une clef métallique étant\nforcément déformée par le feu. » Le proprié-\ntaire de 1 immeuble s est décidé à construire\ndes conduits individuels grosse dépense,\nmais combien prudente.\nEnfin, pour terminer cette revue rétros-\npective des conduits unitaires, j'avais remar-\nqué parmi les rapports favorables des Archi-\ntectes de la Préfecture de Police, un rapport\nsigné L..., et connaissant un confrère de ce\nnom qui, à ma connaissance, avait été archi-\ntecte de la Préfecture de Police, je me suis\nadressé à lui pour avoir quelques renseigne-\nments. Mon honoré confrère, qui porte allè-\ngrement ses 79 ans, s'est dérangé pour venir\nme voir et m'a dit qu'en 1868 il n'était\nqu'architecte surnuméraire de la Préfecture\nde Police, mais que le rapport était de son\npère qui, effectivement, avait été, à ce mo-\nment comme beaucoup d'autres, séduit par\nla simplicité du système; il se rappelait que\nson père avait construit rue des Mathurins\nun immeuble où il avait établi des conduits\nunitaires, qu il avait dû ultérieurement rem-\nplacer par des conduits individuels à la suite\ndes inconvénients et accidents qui s'étaient\nproduits à 1 usage. On m a signalé beaucoup\nde cas du même genre un peu dans tous les\nquartiers de Paris.\nTelle est l'histoire résumée des conduits\nM..., de leur grandeur et de leur décadence.\nNous allons examiner maintenant comment\nse présente la nouvelle offensive des con-\nduits unitaires.\n2° Les conduits de fumée actuels\nAvant d'examiner les nouveaux conduits\nunitaires, il me paraît nécessaire de parler\nun peu des conduits actuels dont les promo-\nteurs des nouveaux systèmes ont dit, et fait\ndire, beaucoup de mal, pour mieux sans\ndoute pouvoir vanter leur marchandise!\nOn a dit que les conduits actuels commu-\nniquaient fréquemment entre eux, parce\nqu ils étaient souvent mal construits, souvent\nfissurés à l'insu du propriétaire, qu'ils étaient"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "perméables et laissaient passer les gaz, etc.\nTout cela est fort exagéré. Je reconnais\ntoutefois que la légende des conduits qui\ncommuniquent entre eux existe, et qu'elle est\ntrès répandue et tenace, mais ce n'est fort\nheureusement qu'une légende. Il en est de\nmême du danger de la perméabilité des con-\nduits en poteries et de leur fissuration. Pour\nque cette perméabilité joue un rôle actif, et\nsoit une cause d'intoxication, il faut des cir-\nconstances de liaison de matériaux, de temps\net de contrepression presque irréalisables\nensemble et je n en connais que peu de cas\nprobants.\nQuand un locataire, son feu non alllumé,\nvoit sa cheminée rabattre de la fumée prove-\nnant incontestablement du voisin du dessus\nou du dessous, il est convaincu que les con-\nduits communiquent entre eux, et il conti-\nnuera de le croire même après qu'on lui aura\nmontré qu il s agit simplement d'un phéno-\nmène de siphonage; sa cheminée, pour des\nraisons d emplacement et de disposition de\nportes, fait appel à sa partie haute sur le\ntoit, et la fumée d'une cheminée voisine re-\ndescend dans son conduit et vient envahir\nson local. En général, on remédie très faci-\nlement à cet inconévient par la surélévation\ndu conduit, la création d'une ventouse, etc.,\net tout rentre dans l'ordre; mais, quant aux\nconduits qui communiquent véritablement\nentre eux, j'en ai fort peu vus dans mes\ntrente années de carrière, même dans des\nimmeubles de spéculation cependant cons-\ntruits avec assez de négligence. Et puis une\nexception ne peut constituer une règle et ne\npeut en rien diminuer la valeur de sécurité\nd'un système de construction qui a fait ses\npreuves.\nOn a aussi beaucoup abusé de l'oxyde de\ncarbone, et il s'est produit entre les archi-\ntectes d'une part, les médecins et les chi-\nmistes d'autre part, un malentendu qu'il fau-\ndrait cependant dissiper.\nIl n'est pas nécessaire qu'un local quelcon-\nque soit envahi par l'oxyde de carbone pour\nêtre inhabitable et anti-hygiénique; il suffit\nque ce local soit à tout moment rempli par la\nfumée d un foyer voisin pour que l'incom-\nmodité qui en résulte pour l'occupant soit in-\ntolérable. Or, dans la fumée, il n'y a souvent\nque des quantités fort minimes d'oxyde de\ncarbone, les produits existants étant surtout\ndes gaz carburés, provenant de la distillation\ndu combustible par combustion incomplète\net des produits lacrymogènes généralement\nsulfureux. Or, c est ce phénomène d'enva-\nhissement d'un local par la fumée qui est le\nplus fréquent et qui constitue pour ceux qui\nen sont les victimes ce que avec raison\nl'ordonnance de police du 27 mars 1906\nqualifie d' « incommodité grave »; l'intoxi-\ncation proprement dite par l'oxyde de car-\nbone est beaucoup plus rare, fort heureuse-\nment, mais elle est d'autant plus dangereuse\nque les victimes ne s'en aperçoivent souvent\npas, l'oxyde de carbone comme l'acide car-\nbonique n'ayant aucune odeur spéciale et\nn'étant décelé à l'odorat que par la présence\ndans les émanations des autres produits de la\ncombustion : carbures et sulfures presque\ntoujours existants fort heureusement. Cette\nintoxication par oxyde de carbone ne se pro-\nduit que par refoulement des appareils à\ncombustion lente, refoulements générale-\nment intermittents, ce qui permet souvent de\nles déceler avant que la mort s'en suive et\nd'y remédier.\n3° Les conduits unitaires en général\nComment est établi un conduit unitaire et\npourquoi ne peut-il pas bien fonctionner?\nUn conduit unitaire est un tuyau générale-\nment en poteries ou en ciment comprimé et\nmoulé, de « section uniforme dans toute sa\nhauteur », et qui, à chaque étage, dessert par\nbranchements « ad hoc », un ou plusieurs\nappareils de combustion : cheminées, poêles\nou fourneaux, lesquels appareils, fourneaux,\npoêles ou cheminées, peuvent être allumés\nensemble, ou, au contraire, séparément.\nOr si on n'a guère étudié scientifiquement\nles appareils de chauffage privés et ména-\ngers, par contre, le chauffage industriel est\nsorti de l'enfance et repose sur des théories\nsérieuses et probantes. L'un des axiomes les\nmieux établis de cette théorie est que la sec-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.25", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3895, "texte": "tion d'un conduit de fumée est fonction de\nI importance du ou des foyers, fonctionnant\nsimultanément qu il dessert, et de la hauteur\nde ce conduit. On évalue généralement l'im-\nportance d'un foyer par le poids de combus-\ntible brûlé par heure dans ce foyer.\nLa formule empirique la plus simple\nque l'on emploie est celle proposée par Wie-\nprecht et Recknagel qui est la suivante :\nP\nw yVn\no)est la section du conduit exprimée en\nmètres carrés;\nP le poids du combustible brûlé par heure en\nkilos;\nH la hauteur de la cheminée en mètres;\n(p un coefficient variable selon la nature\ndu combustible et qui\n= 105 pour la tourbe;\n84 » le bois;\n70 » la lignite;\n42 » la houille et le coke.\nCette section s'accorde le mieux lorsque la\nhauteur H = 1 6 d + 7moud = diamètre du\ncôté de l'orifice supérieur de la cheminée.\nExemple : Un foyer brûlant 18 kgs de\ncharbon à l'heure nécessite un conduit de\n13 mètres de hauteur et de 12 centimètres\ncarrés de section.\nIl est évident qu'un conduit « unitaire »\ndesservant X foyers situés au même niveau\nne pourra fonctionner normalement que si\nles X foyers desservis fonctionnent ensemble\net brûlent à l'heure un poids constant de\ncombustibles. Or, aucune de ces conditions\nn'est réalisée dans la pratique.\nExaminons d'abord ce qui se passe dans\nl'industrie : en premier lieu, s'il y a plusieurs\nfoyers, ils sont tous au même niveau, il ne\nviendra jamais à l'idée d'un industriel de\nloger des chaudières à différents étages et\nde les brancher sur le même conduit, il sait\nque son installation ne fonctionnerait pas.\nVoyons, en effet, un conduit unitaire avec\nun foyer à chaque étage : si on fait, au\n3e étage, je suppose, un feu de combustible\ngras aux fumées lourdes, et au ler1er étage un\nfeu de coke aux gaz plus légers, le foyer du\n2e étage n'étant pas allumé et en commu-\nnication ouverte avec le conduit, il y a toutes\nchances pour que le local du 2e étage soit\nenvahi par les gaz de la cheminée du\nler1er étage qui viendront frapper ceux plus\nlourds et plus denses du 3e étage, alors qu'ils\nont déjà leur vitesse coupée par l'introduc-\ntion d'air froid et, par suite, bien plus lourd\nqui se produira au 2e étage. Toutes les cuisi-\nnières qui ne sont ni ingénieurs, ni physiciens*\nsavent que, pour couper le tirage de leurs\nfourneaux de cuisine, il suffit d'ouvrir la\ntrappe qui, près du plafond, met en com-\nmunication l'air de la pièce et le conduit de\nfumée.\nUn conduit unitaire n'a donc quelque\nchance de marcher que lorsque sa section\nétant la somme des sections de tous ses bran-\nchements (c'est ce que préconisait M...),\ntous les foyers ainsi desservis sont allumés.\nOn voit, du reste, combien cette condition\nest presque impossible à réaliser. On s'en\nrapproche pour les foyers de cuisine, les heu-\nres des repas étant, en général, les mêmes\ndans les mêmes classes sociales, mais cela est\nloin d'être absolu, et il n'est pas prudent, à\nmon avis, de se baser sur cette simple possi-\nbilité pour encourager l'emploi des conduits\nunitaires, même pour les cuisines. Cepen-\ndant, à la suite justement de la campagne\nentreprise en faveur des conduits unitaires,\ncertaines villes de Suisse, nous le verrons\nplus loin, les ont autorisés, mais plusieurs\nd'entre elles seulement pour les cuisines.\nIl est bien évident que si, dans un conduit\nde fumée dont la section a été calculée pour\ndesservir, par eexmple, c'est le cas le plus\nfréquent, sept foyers, un seul foyer envoie\nses gaz de combustion, le tirage ne peut pas\nêtre suffisant, et il suffit d'une circonstance\natmosphérique spéciale, vent plongeant, so-\nleil frappant sur l'orifice du conduit, brume\népaisse, pour favoriser ces refoulements dans\nles locaux voisins par les branchements ou-\nverts. M... s'en était aperçu et avait essayé\nd'y remédier par les trappes qu'il installait\ndans chacune de ces cheminées, palliatif tout\nà fait insuffisant, l'usage l'a surabondam-\nment montré."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "Enfin, il est d'autres considérations qui\ndoivent entrer en ligne de compte; ce sont,\nd une part, 1 emploi malheureusement si ré-\npandu à Paris des appareils à combustion\nlente, et celui, qui se répand de plus en plus\négalement, des foyers alimentés par le gaz\nd'éclairage.\nLes appareils à combustion lente qui ont\nen général des buses de départ de fumée\nn'ayant qu'un faible diamètre : 1 0 à 15 cen-\ntimètres, fonctionnent déjà difficilement dans\nnos conduits dont la section de 0,20 X 0,20\nest trop grande pour eux, surtout aux étages\nsupérieurs, ils seront dans des conditions plus\ndéfavorables encore dans des conduits de\n0,35 de diamètre.\nQuant aux poêles et cheminées au gaz\nd éclairage, on voit, sans qu'il soit besoin\nd insister, le danger considérable qui résul-\nterait de leur emploi avec des conduits uni-\ntaires; c est l'explosion sûre en cas de fuite\nde gaz. Rien que cette considération devrait\nsuffire pour proscrire ces conduits.\n4° Les nouveaux conduits unitaires\nExaminons maintenant un des types de\nconduits unitaires préconisés par les soi-di-\nsant novateurs.\nJe choisira le modèle le plus répandu en\nSuisse. Voici quelles en sont les caractéris-\ntiques :\n(Test un conduit formé d'éléments de 0,50\nde hauteur, les inventeurs signalaient à ce\npropos l'avantage de n'avoir de joints hori-\nzontaux que tous lse 0,50 au lieu de tous les\n0,30 environ, des conduits en poteries, le\nfait est exact, mais ne signifie rien, la multi-\nplicité des joints donne plus de souplesse au\nconduit ordinaire. Ces éléments sont non en\nterre cuite réfractaire, mais en ciment com-\nprimé; j'estime que la poterie est bien supé-\nrieure au ciment en ce qui concerne l'épreuve\ndu feu, et que ces conduits en ciment de\nfaible épaisseur, 0,03, résisteront moins à un\nfeu violent que des conduits réfractaires de\n0,05 d'épaisseur.\nCes éléments sont à double enveloppe; le\nconduit intérieur qui, pour un immeuble de\n6 étages, devra avoir 0,30 à 0,35 de dia-\nmètre intérieur, est de section circulaire ; il\nest entouré de quatre alvéoles de formes\nvariées, selon les systèmes, mais toutes de\ntrès petite largeur et, par suite, inramonables\net innettoyables, ces alvéoles servent, dans\nces systèmes, de conduites de ventilation, et\nsont ouvertes dans la partie haute des pièces.\nDans les cuisines, à cause des buées grasses,\nces conduits méplats se rempliront de ma-\ntières grasses qui s'enflammeront au premier\nfeu de cheminée et communiqueront le feu\ndans les pièces supérieures ou inférieures.\nCar, ces conduits, dits de ventilation, refou-\nlent très fréquemment. Dans mon voyage à\nGenève, j'ai constaté ce refoulement, si fré-\nquent, que presque dans tous les locaux où\nj'ai vu employer ces conduits, les orifices\nmunis d'une grille étaient presque partout\ncondamnés.\nIl faut remarquer qu'en cas de fissure au\nconduit intérieur, cette fissure ne pourra pas\nse voir et les gaz de la combustion pourront\npasser dans les alvéoles de ventilation et, en\ncas de rabattement, envahir les locaux des\noccupants.\nLe conduit unitaire porte, à chaque étage,\nune ou deux prises ou buses de branchement\npour poêles ou cheminées; ces buses sont en\ntôle et de direction perpendiculaire au con-\nduit; le système M... était mieux compris, les\nbuses de branchement étant aussi rappro-\nchées que possible de la verticale; avec les\nsystèmes nouveaux, si on raccorde un tuyau\nde tôle, vertical, avec le conduit unitaire, on\naccumulera coude à 90° sur coude à 90°, ce\nqui est déplorable au point de vue du tirage,\nchaque changement de direction déterminant\nune perte de charge; enfin, à côté de cette\nbuse de départ de fumée, au-dessus, généra-\nlement, sera placée l'ouverture de ventilation.\nLa partie haute, hors comble du conduit, est\nsurmontée d'un aspirateur qui, disent les\nprospectus des inventeurs, permet de « tirer\npar tous les temps et par tous les vents »\nce qui est très malheureusement inexact, cet\naspirateur basé sur le principe bien connu\ndes surfaces à section cycloïdale n'empê-\nchant nullement les refoulements en cas de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.27", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2910, "texte": "vents plongeants, les alvéoles de ventilation\ndébouchent, dans ce système, au-dessous de\nl'aspirateur. Dans une autre système analo-\ngue, elles débouchent dans l'aspirateur\nmême, ce qui est plus dangereux en cas de\nrefoulement.\nCes gaines unitaires, comme les conduits\nM..., commencetit en cave, où une trappe en\nfonte permet le ramonage.\nOn voit donc, sans qu'il soit besoin de\nplus de détails, en quoi les conduits As... et\nsimilaires sont inférieurs aux conduits M...\n1° Branchement à 90° sur le conduit au\nlieu du branchement à 30° du conduit;\n2° Double enveloppe non ramonable et\nnon nettoyable pour la ventilation au lieu du\nconduit de ventilation M..., bien distinct du\nconduit de fumeé et ramonable;\n3° Impossibilité de voir si le conduit inté-\nrieur est fissuré et communique avec la dou-\nble enveloppe, ce qui permettrait aux gaz\ncarboniques de circuler dans ces enveloppes\nde ventilation, d'y mettre le feu peut-être et\nde communiquer ce feu aux étages. Rien de\npareil dans le conduit M...;\n4° Conduit en ciment moulé inférieur au\nconduit en poteries réfractaires.\nEn Suisse, plusieurs villes n'ont autorisé\nles conduits unitaires que pour les cuisines\noù leurs inconvénients sont moins fréquents,\nà Lausanne, par exemple. A Genève, une\nvingtaine d'immeubles sont munis de con-\nduits unitaires qui desservent surtout des cui-\nsines ou des chauffages centraux par étage.\nLes architectes bien connus à Genève,\nMM. B. et H. qui en avaient établis pour des-\nservir des cheminées de salon, ont eu de gros\nennuis par les refoulements et ont déclaré\nque cette expérience n'était pas à renouveler.\nEn France, où l'on essaie de répandre ces\nconduits, on a débuté à Grenoble et à Lyon\noù quatre ou cinq immeubles en sont pour-\nvus. Je suis convaincu qu'un avenir prochain\nmontrera les graves défauts de ces conduits\net que leur vogue sera plus courte de beau-\ncoup, que celle des conduits M...\nJe ne parle que pour mémoire de l'incom-\npatibilité des conduits unitaires et du Code\ncivil en matière de responsabilité en cas de\nfeu de cheminée.\nEn effet, les articles 1734 et 1735 du\nCode civil portent que le locataire qui a mis\nle feu à la cheminée est responsable des\ndégâts, or, comment savoir avec un conduit\nunitaire chez quel locataire le feu a pris nais-\nsance? Cette constatation si facile avec les\nconduits individuels, devient ici complète-\nment impossible!\nCe qui est regrettable, c'est que l'essai si\ndangereux fait à Paris des conduits unitaires\nl'air été dans des maisons ouvrières pour\nfamilles nombreuses!\nEspérons qu'il ne se produira pas d'acci-\ndents graves et qu'on renoncera à ce système\navant que ces accidents se soient produits.\n\nERRATUM\nLE MONUMENT BELGE\nD'AMERSFOORT\nPar suite d une erreur de mise en page le\ncliché de la planche VI du précédent numéro\na été imprimé à Y envers.\nNous prions nos lecteurs d'excuser cette\nfaute d'impression.\nL'Administration de « La Cité »•"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c009", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "145", "page_fin": "145", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.3.1", "titre_corps": "Les Conduits Unitaires de fumée", "titre_sommaire": "Les Conduits Unitaires de fumée", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "145", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.13", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "Les Conduits Unitaires de fumée\nComme on s efforce tout naturellement en ce moment de réduire le coût des construc-\ntions, l'on met en avant, dans bien des domaines, l'application de matériaux et de procédés\nnouveaux. C'est ainsi qu'en qui concerne les cheminées, l'on a proposé de différent\ncôtés d'appliquer chez nous le système des conduits unitaires fort répandu en Suisse, eni|\nAllemagne, dans bien d autres pays. Ce système consiste a remplacer les corps de\ncheminees usités chez nous et comprenant autant de conduits que de foyers de combustion,\npar un conduit unique construit évidemment dans les conditions requises maïs\nsur lequel viennent se brancher les différents appareils de chauffage. La solution est\nattrayante, aussi d aucuns contentons-nous de renvoyer à un article succinct de\nl officieuse Revue <( L Habitation à Bon Marche » ont conclu purement et simple-\nment à son adoption chez nous.\nC est une conclusion, sans doute, un peu hâtive. La question est, en effet, beaucoup\nplus complexe qu elle n en a l air à première Vue et mérite un examen approfondi.\n• Nous n avons pas la prétention d'apporter ici la solution du problème. Nous vou-\ndrions simplement en faciliter l étude en mettant nos lecteurs au courant des expériences\net des discussions qui ont eu lieu a ce sujet en France, ou la question a soulevé un très\nvif intérêt et où elle a fait l objet d'études dont on peut ne pas adopter les conclusions.\nmais dont on ne saurait nier le caractère scientifique.\nLa Revue « La Construction Moderne » a résumé ta discussion en un article qui\nvise, certes, les situations et les contingences françaises. Mais celles-ci sont en l'occurrence\nsuffisamment voisines des nôtres pour que nous puissions tirer grand profit de ces\nréflexions. 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Bien que deux longues\nséances consacrées à cet intéressant sujet\nn'aient peut-être pas permis d'élucider entiè-\nrement le problème technique qu'il com-\nporte, et aient abouti pratiquement à un sim-\nple renvoi devant la commission des habita-\ntions ouvrières de la proposition soumise au\nvote de l'assemblée, la lecture du compte\nrendu montre que le temps consacré à cette\ndiscussion ne serait pas perdu si les leçons\nqui s'en dégagent pouvaient être comprises\nde tous et produisaient les conséquences\nqu' elles comportent.\nL'exposé de la question a été clairement\nrésumé par M. Henri Sellier, après avoir rap-\npelé que la limitation des essais du conduit\nunitaire dans les cuisines d'un groupe de\nconstructions, conseillée, sur sa proposition,\npar le Conseil d'hyigène, ne résultait pas de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.14", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "sa part d'une hostilité contre le système,mais\nde l'impossibilité où il s'était trouvé d'en\nobtenir une plus large extension auprès de ce\nconseil. Il observait d'abord que l'un des re-\nproches adressés au conduit unitaire, savoir\nle danger résultant de la rupture du conduit\net, par suite, de l'infiltration des gaz dans les\nappartements est encore plus mérité par le\nconduit individuel : tout le monde sait que\nce dernier a bien rarement l'étanchéité régle-\nmentaire soit que les poteries se fendent, soit\nque les joints ne soient pas effectués avec\ntout le soin voulu. Le conduit unitaire offre à\ncet égard une sécurité plus grande, parce\nqu'il comporte une double gaine et qu il\nexige dans sa construction un soin tel que le\ndanger de malfaçon est écarté. Quant au\ndanger de refoulement des gaz, pour certains\ndes foyers desservis, il est supprimé par le\ndispositif de ventilation installé à l'orifice du\nconduit, dispositif qui détermine une circula-\ntion permanente, d'autant plus intense que la\ncolonne d'évacuation est portée à une tem-\npérature plus élevée en raison du nombre\ndes foyers allumés : il en résulte que ce sys-\ntème présente au contraire, sur le système\nactuel, l'avantage d'une ventilation des ap-\npartements bien plus énergique et plus\nassurée.\nLe conduit unitaire, aux avantages de\nl'hygiène, joint celui d'une notable économie\ndans la construction, économie que certains\névaluent à 25 0/0 que les adversaires eux-\nmêmes ne chiffrent pas à moins de 5 0/0\nd'autant plus élevée en tout cas qu'il s'agit\nd'immeubles plus importants et où le conduit\nunique dessert un plus grand nombre d'ap-\npartements et remplace un plus grand nom-\nbre de conduits ordinaires. Cet avantage est\névidemment de poids quand il s'agit de la\nconstruction d'immeubles à bon marché\nentrepris par une administration publique. Il\nfaut ajouter que l'architecture de l'immeuble\ny gagne avec les facilités d'aménagement des\nlocaux.\nM. Henri Sellier observait que ce système\na donné déjà d'excellents résultats dans di-\nverses villes de France et de l'étranger,\nnotamment à Genève, où le Palais du Bureau\ninternational du Travail, qu'on est en train\nde construire, et qui doit représenter le der-\nnier mot de l'hygiène et du progrès, est édifié\navec le conduit unitaire. « On ne peut pas\nsoutenir que les architectes de l'étranger qui\nsont beaucoup plus que les nôtres à l'affût\ndes systèmes de perfectionnement des cons-\ntructions et qui ont des préoccupations d'hy-\ngiène que nos techniciens et nos administra-\ntions ignorent trop souvent, sacrifient sur ce\npoint les intérêts dont ils ont la charge. »\nNous allons voir au contraire qu'en France\ncomme à l'étranger, ce sont les architectes\nqui préconisent l'adoption du nouveau sys-\ntème, et qu'ils sont arrêtés dans la réalisation\nde ce progrès par les routines de l'adminis-\ntration.\n« Nous sommes, paraît-il, un peuple qui\nest à l'avant-garde du progrès, qui est tou-\njours prêt à admettre les idées nouvelles, les\ninitiatives susceptibles de modifier les condi-\ntions d'existence; s'il est une industrie qui\néchappe à ce jugement, c'est bien l'industrie\ndu bâtiment. On construit encore, à l'heure\nactuelle, en France, comme Mansart cons-\ntruisait sous Louis XIV avec les mêmes pro-\ncédés techniques, avec les mêmes errements,\navec les mêmes routines, et il est navrant que\nce soit l'Administration, qui devrait faire les\nplus grands efforts pour apporter une mo-\ndernisation dans les conceptions industrielles\ndu bâtiment, que ce soit elle, dis-je, qui, par\ndes règlements surannés, basés sur un esprit\nde routine et une peur des responsabilités\ninquiétante, paralyse toute innovation sus-\nceptible d'obtenir à conditions hygiéniques\néquivalentes des prix de revient plus faibles\net par conséquent de corriger dans des pro-\nportions équivalentes la crise du logement\nque nous subissons. »\nC'est bien notre système administratif qui\nest responsable de cet esprit de routine et\nM. Henri Sellier pouvait exprimer ce souhait:\n«Je voudrais que sur ce terrain notre Admi-\nnistration ne restât pas en arrière des autres\nadministrations européennes. » Que s'était-il\npassé en l'espèce? La question, étudiée dès"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.15", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "-1920 par la Commission, fut soumise par le\nPréfet de la Seine, en 1921, au Conseil d'hy-\ngiène. Son rapport, déposé le 14 août 1922,\nfaisait des réserves et fut suivi d'une enquête\nà Lyon, à Genève et à Lausanne, à la suite\ndesquelles le Conseil d'hygiène se prononça\nnettement contre 1 emploi du conduit uni-\ntaire. Sur les instances de la commission, qui\njugeait peu concluantes les expériences faites,\nle Conseil d hygiène consentit à faire une\nnouvelle enquête dans l'immeuble de la rue\nVasco-de-Gama: l'une des expériences, faite\npar un technicien de la Préfecture de la\nSeine, aurait abouti à des conclusions nette-\nment concluantes, tandis que la seconde,\nconfiée à un technicien de la Préfecture de\nPolice, n aurait pas abouti. Enfin, en février\n1923, la Préfecture de la Seine joignant ses\ninstances à celles de la commission, le Con-\nseil d'hygiène se décida à autoriser les essais\ndans le groupe des bastions 37 et 38, dont\nla construction subissait de ce chef un retard\nd un an à un an et demi. Il convient d'ajouter\nque l'autorisation, donnée pour un an, deve-\nnait sans objet par le fait même de ce retard.\nOn en était donc au même point au moment\noù M. Henri Sellier, au nom de la commis-\nsion proposait au Conseil général d'autoriser\nla construction dans les conditions indiquées.\nCe qu'il importe de retenir de ce débat,\nc'est beaucoup moins la conclusion technique\nque comporte en lui-même l'examen du Con-\nseil d'hygiène, que l'attitude de ce dernier et\nde l'administration en face de la demande\nde la commission. Quelle que soit l'autorité\ndes savants qui composent ce conseil, auto-\nrité que personne ne méconnaît et vis-à-vis\nde laquelle tous les orateurs ont exprimé la\nplus entière déférence, les conclusions de\nleurs enquêtes n'entraînaient pas la convic-\ntion : les expériences avaient été faites dans\ndes conditions peu probantes; leur opinion\nreposait sur des procédés anciens, n'ayant\nrien de commun avec les procédés moder-\nnes; le conduit unitaire était adopté en\nSuisse depuis bien des années déjà, sans don-\nner lieu au moindre reproche. D'autre part,\nil s'agissait d'un procédé qui, s'il était\nreconnu satisfaisant sous le rapport de l'hy-\ngiène, devait constituer un réel progrès dans\nla construction et procurer une sérieuse éco-\nnomie pour les finances publiques et un sup-\nplément de logements pour la population. Il\nsemble que, dans ces conditions, il était du\ndevoir d un organisme technique soucieux de\n1 intérêt général de procéder à de nouvelles\nenquêtes avec toute l'impartialité et la rapi-\ndité possibles. Quelle que fût la conviction\npersonnelle des membres du Conseil, le\ncaractère même de la science qui leur dictait\nleur appréciation leur imposait l'obligation\nde tenir compte des objections qui leur\nétaient opposées et des doutes que leur déci-\nsion laissait planer dans les esprits, ne fût-ce\nque pour en démontrer l'inanité et asseoir\nleurs conclusions sur des bases plus inébran-\nlables.\nRemarquons en effet que ni la science ni\n1 impartialité des techniciens qui composent\nle Conseil d'hygiène ne sont en cause : per-\nsonne ne songeait à les mettre en suspicion.\nMais l'erreur est propre à l'esprit humain,\nmême le plus savant, et nul ne peut, en ma-\ntière scientifique, imposer d'autorité son\nopinion à celui qui croit avoir de bonnes\nraisons pour en douter. En négligeant cette\nsituation, le Conseil d'hygiène donnait prise\nau reproche d'esprit de routine qu'on lui a\nadressé au cours de la discussion. On a fait\nressortir l'opposition qui s'est manifestée\nentre le service compétent de la Préfecture\nde la Seine et celui de la Préfecture de police,\nen l'espèce le Conseil d'hygiène, en la taxant\nde parti pris. On a noté également que l'opi-\nnion des hygiénistes se heurtait à l'avis\nopposé des architectes qui construisent et qui\nsont cependant intéressés personnellement à\nne pas se tromper dans leur conception,\npuisqu'ils restent responsables des effets nui-\nsibles de celle-ci pendant une période assez\nlongue pour que cette responsabilité soit\neffective. Ces imputations sont plus graves\nqu'on ne l'imagine peut-être à ne considérer\nles choses que superficiellement, car elles\nconduiraient bientôt à ruiner l'autorité d'un\norganisme dont le rôle doit gagner aujour-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.16", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "d'hui en importance à raison de la place\nqu'occupe de plus en plus l'hygiène dans la\nvie sociale moderne. S'il est une fonction qui\nrentre normalement dans les attributions des\npouvoirs publics, c'est bien celle qui consiste\nà réunir les compétences pour emettre un\navis qualifié sur des questions d'hygiène inté-\nressant la collectivité comme celle dont il\ns'agit, la constitution d'un organisme de ce\ngenre étant d'intérêt général et dépassant les\npossibilités d'action des particuliers. Mais\ncette action pour être salutaire, doit aider et\nnon entraver l'activité individuelle. Loin de\nmériter, ou même de s'exposer à mériter des\nreproches de routine, elle devrait à la tête\nde tous les progrès qui concourent à accroître\nà la fois la salubrité, la prospérité de l'indus-\ntrie et par le fait même le bien-être collectif.\nPeut-être le résultat incriminé doit-il être\nattribué en partie à la composition même du\nConseil d'hygiène qui, suivant l'observation\nde M. Henri Sellier, comprend les représen-\ntants de l'administration préfectorale « dans\nune proportion infiniment plus forte que\ncelle qu'elle devrait avoir, eu égard à nos\nresponsabilités en matière d'hygiène », en\nsorte que la « quasi majorité qui s'est consti-\ntuée en Conseil d'hygiène contre le conduit\nunitaire, comprenait tous les fonctionnaires »\nde ce service. Cette circonstance expliquerait\nen effet bien des choses, s'il est avéré qu'il\nexiste entre l'esprit administratif et les mé-\nthodes industrielles une opposition de faits\nqui donne trop souvent à l'administration\nl'apparence d'une entrave plutôt que d'une\naide pour l'industrie privée. Il importe gran-\ndement, dans l'intérêt de tout le monde, que\nles administrations publiques et en particulier\ncelle dont il s'agit, démontrent par les faits\nque cette opposition n'existe pas et que le\nreproche qu'on lui adresse souvent de ce chef\nn'est pas fondé.\nAfin de compléter le dossier de cette question, nous croyons bien faire en rapportant\négalement les arguments des adversaires des « conduits unitaires ». Nous les trouvons\nrésumés dans un article paru dans les « Annales d'Hygiène publiquef Industrielle et\nSociale », mai 1923. M. du Bois d'Auberville y reprend, avec l'autorité que Von est\nunanime à lui reconnaître, les arguments quil avait fait valoir dans un rapport quil a\nPrésenté au Préfet de la Seine concernant la question qui nous occupe.\n\nO. G."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c011", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "148", "page_fin": "156", "image_debut": 16, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.3.3", "titre_corps": "Une nouvelle offensive des « conduits unitaires » par M. du Bois d'Auberville, architecte en chef de la Préfecture de Police.", "titre_sommaire": "Une nouvelle offensive des « conduits unitaires » par M. du Bois d'Auberville, architecte en chef de la Préfecture de Police.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.16", "debut_caractere": 2399, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "Une nouvelle offensive des « conduits unitaires »\npar M. du Bois d'Auberville, architecte en chef de la Préfecture de Police.\n« Mlle Bertin, la modiste de la Reine Ma-\nrie-Antoinette, disait : « Il n'y a de nouveau\nque ce qui est oublié », mot profond qui\nrappelle celui du vieux poète anglais, Chau-\ncer : « 11 n'y a de nouveau que ce qui a\nvieilli ». Cette formule servira de préambule\naux quelques observations qui vont suivre. »\n10 Les anciens conduits unitaires\nTous les vieux architectes ont connu les\ntuyaux de fumée « unitaires » ; les tuyaux\n« M... », comme on les appelait du nom de\nleur inventeur, un excellent entrepreneur de\nfumisterie d'ailleurs; ils eurent leur heure de\nvogue puis à la suite de nombreux accidents,\nils tombèrent dans le discrédit le plus grand,\net on les avait oubliés, depuis 1875, date de\nleur enterrement; si totalement oublié, qu'au-\njourd'hui, où nous assistons à une nouvelle\noffensive de conduits unitaires qui leur res-\nsemblent comme des frères, nous sommes\nsurpris de voir l'engouement d'antan repren-\ndre avec vigueur chez un certain nombre de\nnos confrères.\nTout le monde connaît le principe sim-\npliste, trop simpliste, du conduit unitaire :\nsur un conduit de fumée montant verticale-\nment depuis la cave jusqu'au faute d'une"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.20", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "maison, sont branchés, à chaque étage, un\nou deux appareils de chauffage, poêle ou\ncheminée; un semblable conduit pourrait\ndonc desservir douze ou quatorze cheminées.\nOn voit F économie très sérieuse qu'un pareil\nsystème, s'il était bon, pourrait apporter\ndans la construction d'un immeuble dans\nlequel aujourd'hui on est obligé d'établir au-\ntant de conduits de fumée qu'il y a de poêles\nou de cheminées.\nPour bien comprendre comment se pose à\nnouveau la question actuellement, il est né-\ncessaire de connaître la genèse et l'histoire\ndes conduits M...\nC'est en 1859 que « MM. M... et A...,\nconstructeurs d'appareils de chauffage bre-\nvetés, 17, rue Saint-Gilles (Marais), à Pa-\nris », inventèrent et lancèrent dans le bâti-\nment les « appareils M... ». En quoi consis-\ntait « l'appareil M... »? Cet « appareil »\ncomportait trois parties : 10 le tuyau uni-\ntaire; 2° le foyer « fumivore »; 3° le conduit\nde ventilation.\nLe conduit unitaire d'abord : « Un seul\ntuyau de 0,25 sur 0,30 suffirait, dit le pros-\npectus éloquent de l'inventeur, pour recevoir\nla fumée de six cheminées sans le moindre\ninconvénient. Dès lors, plus de tuyaux mul-\ntiples, réduction notable dans le prix de la\nconstruction, économie de place, d'entretien\net de nettoyage. Tous ces résultats, rendus\nd'ailleurs évidents par des applications sans\nnombre, sont constatés dans les rapports très\nfavorables de plusieurs Sociétés savantes à\nla tête desquelles viennent se placer les plus\ncompétentes : la Société Centrale des Archi-\ntectes et la Société d'Encouragement ».\nQu'on excuse cette longue citation du\nprospectus de l'inventeur, mais elle n'est pas\ninutile, car elle contient de très véridiques\nassertions, et aussi, parce que les protago-\nnistes des nouveaux conduits unitaires se ser-\nvent presque des mêmes arguments.\nLe tuyau unitaire était en poterie rectan-\ngulaire de 0,25 X 0,30 et montait verticale-\nment dans toute îa hauteur du bâtiment, de-\npuis la cave, où il était fermé par un tampon\nde ramonage, jusqu'au faîtage; à chaque\nétage, un branchement raccordait la ou les\ncheminées dudit étage au conduit et ce bran-\nchement devait se rapprocher le plus pos-\nsible de la verticale, ce qui était évidemment\nlogique et rationnel.\nDans chaque cheminée était placé le foyer\nM... : c'était une sorte de cheminée à la\nprussienne, composée d'une façade en fonte\najourée, à laquelle s'adaptait une vaste co-\nquille à grille ou à chenets, selon que l'on\ndésirait brûler du charbon ou du bois; cette\ncoquille se terminait à la partie haute par\nune buse en fonte également, de section\novale, qui se raccordait à l'aide d'un man-\nchon en tôle, à la demande, à un branche-\nment en attente du conduit unitaire. Enfin,\nau bas de la coquille, au fond et au ras de la\ngrille, il existait une ouverture ovale d'où\npartaient deux conduits obliques, venus de\nfonte et passant derrière la coquille, qui ve-\nnaient déboucher dans la buse de la partie\nhaute. D'après l'inventeur, l'ouverture du\nbas servirait à l'évacuation des gaz et de la\nfumée pendant toute la période de l'allu-\nmage; les gaz étaient, disait-il, brûlés ainsi et\nla fumivorité était complète; de plus, pré-\nten3ait-il, cette disposition s'opposait aux re-\ntours de fumée.\nLe système était complété par le conduit\nde ventilation : c'était un second conduit en\nboisseaux Gourlier qui montait parallèlement\nau premier, mais de l'autre côté des chemi-\nnées, et qui, à chaque étage, détachait sous\nle plancher une ventouse venant déboucher\nsous l'âtre et destinée à alimenter le foyer en\nair frais. Ce conduit de ventilation partait\nde la cave ou du rez-de-chaussée et prenait\nautant que possible l'air à l'extérieur.\nIl faut reconnaître que tout cet ensemble :\nconduit unitaire, foyer, ventilation, était in-\ngénieusement combiné et cela explique 1 en-\ngouement du public, des constructeurs et des\narchitectes pour ce système.\nDès 1860, et quoique l'Ordonnance de\nPolice du 1 1 décembre 1852, par son article\n6, ainsi libellé : « Chaque foyer de cheminée\nou de poêle doit, à « moins d'autorisation\nspéciale », avoir son tuyau particulier dans"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.21", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3785, "texte": "toute la hauteur du bâtiment », ait très net-\ntement interdit les conduits unitaires, les con-\nduits M... furent employés dans nombre de\nbâtiments. On était dans la magnifique pé-\nriode de « bâtissage », si je puis m'exprimer\nainsi, qui coïncida avec la transformation de\nParis entreprise par le préfet Haussmann, et\nM... en profita, sans aucune autorisation\nd'ailleurs.\nEn 1861, M... sollicita l'avis de la Société\nCentrale des Architectes qui chargea une\nCommission, composée de MM. Van Cleem-\nputte, président; Duval, secrétaire, et Paf-\nfert, rapporteur, laquelle, après des « études\net des expériences » faites aux divers établis-\nsements où l'inventeur avait déjà placé ses\nappareils, déposa un rapport qui fut adopté\nen Conseil le 2 1 mai et en Assemblée géné-\nrale le 4 juillet 1861, signé Gilbert aîné,\nmembre de l'lnstitut, et Godebœuf, secré-\ntaire principal.\nDans le rapport de M. Paffert, après une\ndescription de l'appareil, il est indiqué que la\nCommission a constaté le bon fonctionne-\nment du système, et que l'inventeur a re-\nconnu qu'il fallait, pour obtenir un bon\ntirage :\n10 Que le tuyau unitaire fut multiple à\nchaque étage de la section nécessaire à cha-\nque appareil, section déterminée par le vo-\nlume d'air à chauffer;\n2° Que la section pour le branchement, à\nchaque étage, sur le tuyau unitaire fût en rap-\nport avec le numéro de l'appareil;\n3° Qu'une section plus grande que les\nmultiples fut donnée au tuyau unitaire en\nraison du tirage produit par l'appareil.\nLa Commission reconnaissait qu'avec l'ap-\npareil M..., on pouvait :\n10 Chauffer plusieurs pièces par un seul\nfoyer et quelles que soient les matières qu'on\nbrûlait; dès lors : économie de combustible\nmalgré le « tirage violent » qui se produisait;\n2° Opérer parfaitement la ventilation des\npièces;\n3° Obtenir une combustion régulière;\n4° Obtenir la combustion de tous les gaz\net leur disparition complète dans le tuyau\nunitaire ;\n5° Jouir de la facilité de se clore herméti-\nquement sans chance de fumée, à la condi-\ntion cependant de munir chaque appareil\nd une prise d'air extérieur;\n6° Réduire la dépense des constructions\nen diminuant le nombre des tuyaux de terre\ncuite ;\n7° Ramoner facilement, sans être obligé\nde passer dans les appartements.\nEt le rapport se terminait par cet alinéa :\n« Enfin, en raison des avantages précé-\ndemment décrits et qu'elle a constatés, la\nCommission, sans cesser d'engager M. M...\nà rechercher les perfectionnements qu'on\npeut encore apporter aux foyers dont il est\n1 inventeur, avec application au tuyau uni-\ntaire, pense qu'il y a lieu déjà « d'attirer\nl'attention des membres de la Société Cen-\ntrale des Architectes » sur ces appareils de\nfumistierie. »\nCe rapport favorable, quoique prudent\ndans sa conclusion, aida incontestablement à\nla diffusion des conduits M... L'inventeur ne\ns'en tint pas là et présenta son système à la\n« Société d'Encouragement pour l'lndustrie\nNationale », laquelle chargea M. Henri Péli-\ngot de lui présenter un rapport au nom du\nComité des Arts mécaniques. Ce rapport fut\ndéposé et approuvé en séance le 22 avril\n1 869. Il est très nettement favorable et in-\ndique « qu'un grand nombre de maisons\n« nouvellement » construites sont munies du\nsystème complet ». Pourvu ainsi de référen-\nces de premier ordre, le système M... con-\ntinua sa fortune ascendante, quoique n'ayant\naucune autorisation de la Préfecture de\nPolice.\nCependant, les inconvénients inhérents à\ntout système de conduits unitaires se produi-\nsirent. M... crut y remédier en ajoutant à\nson appareil de cheminée une trappe qui,\nlorsqu'on ne faisait pas de feu, devait être\nfermée et qui obstruait alors hermétiquement\nla buse de départ de l'appareil.\nPi ai s, inquiet sans doute, il se détermina,\nen 1 868, à solliciter l'autorisation de la Pré-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.22", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4059, "texte": "fecture de Police (demande du 13 juillet\n1 868, signé : M... et A... )et— je rappelle\nmon préambule! cette demande était vi-\nvement appuyée par une lettre du 21 juil-\nlet 1868 de M. le Comte de L..., député!\nLe Préfet de Police demanda un rapport\nà tous les architectes de son Service d'archi-\ntecture : onze rapports figurent au dossier;\nsur ces onze rapports, huit furent nettement\nfavorables, trois seulement défavorables.\nParmi ces derniers, je citerai particulière-\nment celui de mon regretté prédécesseur et\nmaître : Henri Bunel; et je ne puis résister\nau désir d'en citer quelques extraits, car ils\nsont de nouveau d'actualité :\n« La première question est celle-ci, dit\nHenri Bunel : peut-on, sur une conduite de\nsection constante, brancher plusieurs tuyaux\nde fumée. La théorie dit non et, sur ce point,\ncomme sur bien d'autres, la pratique a con-\nfirmé la théorie. Toutes les fois que, sans dis-\npositions spéciales, on a fait arriver en des\npoints différents la fumée dans une seule et\nmême conduite, le tirage s'est mal fait et, le\nplus souvent, il y a eu appel du foyer infé-\nrieur. » Et il ajoute plus loin : « Cependant\nnous voyons journellement dans les usines\net nous les prescrivons souvent, une seule\ncheminée avec plusieurs foyers, et il n'y a\npas de fumée et tous les foyers tirent égale-\nment bien. C'est qu'alors il a été pris des dis-\npositions spéciales devant remédier au choc\ndes gaz animés de vitesses inégales et de\ntempératures variées. Ces dispositions sont\nde plusieurs sortes. « La première consiste à\nfaire varier la section du conduit unique » en\nl'augmentant en proportion du nombre de\nfoyers dont il reçoit la fumée. » Enfin,\naprès d'autres considérations également judi-\ncieuses, il termine ainsi son rapport con-\ncluant au refus d'autorisation par cette\nphrase : « Je proposerai aussi qu'on fit appel\net demandât l'avis des architectes et des\nconstructeurs qui, en ayant fait usage, ont dû\ny renoncer! »\nMalgré la majorité d'avis favorables des\narchitectes, MM. M... et A... ne furent pas\nautorisés; ils ne jouirent que d'une tolérance\nà leurs risques et périls.\nD'ailleurs, les inconvénients et les dangers\ndu système se montraient de plus en plus à\n1 usage, tant et si bien que la Préfecture de\nPolice sentit le besoin de prendre une déci-\nsion et de réviser l'ordonnance du 1 1 dé-\ncembre 1852. « Il était reconnu, en effet »,\ndit un rapport au Conseil d'Hygiène\n« qu il convenait d apporter à ce règlement\ndiverses modifications dont l'expérience\navait démontré la nécessité. » Une Commis-\nsion fut nommée à 1 effet d'étudier la ques-\ntion sous la double face : incendie et salu-\nbrité. Elle fut composée ainsi qu'il suit :\nCommission des Incendies\nMM. de Bullemont, secrétaire général de\nla Préfecture de Police, président; Poggiale,\nmembre de l'Académie de Médecine et du\nConseil d'Hygiène; du Sonich, inspecteur\ngénéral des Mines, membre du Conseil d'Hy-\ngiène; Bailly, architecte; Prosper Deschamps,\narchitecte; Gérard Simon, architecte; Va-\nnoni, président de la Chambre des Fumistes;\nSaint-Martin, colonel du régiment des Sa-\npeurs-Pompiers de Paris; Saint Clair, chef\nde bataillon du régiment des Sapeurs-Pom-\npiers de Paris; Baube, chef de la 2e division,\nPréfecture de Police, membre du Conseil\nd'Hygiène; Paliard, architecte en chef de la\nPréfecture de Police, membre du Conseil\nd'Hygiène; Lasnier, chef du 4e Bureau, Pré-\nfecture de Police, membre du Conseil d'Hy-\ngiène ; Mathieu, chef du ler1er Bureau, Préfec-\nture de Police, membre du Conseil d'Hy-\ngiène; Nillet, chef du 3e Bureau, Préfecture\nde Police, secrétaire.\nCette Commission nomma une Sous-Com-\nmission spéciale de salubrité, composée de :\nMM. Devergie, Poggiale, du Sonich, Pa-\nliard, rapporteur.\nCette Sous-Commission déposa un rap-\nport au Conseil d'Hygiène le 9 avril 1875,\nrapport qui était la condamnation formelle\ndes conduits unitaires, car il contenait dans\nses instructions finales ce paragraphe caté-\ngorique :\n« Il importe donc que tout foyer ait son\nconduit particulier de fumée montant jus-\nqu'au dessus des toits. »"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.23", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 4071, "texte": "Ce rapport a été lu et adopté dans ladite\nséance du 9 avril 1875 et, comme suite à ce\nrapport, il a été pris par le Préfet de Police\nl'ordonnance de Police du 15 septembre\n1875 qui consacra définitivement la con-\ndamnation des conduits unitaires.\nLe système, à la suite de nombreuses\nplaintes, périclita rapidement et ne fut plus\nemployé, mais il existait et il existe\nencore, quoiqu'on en ait remplacé beaucoup\npar des conduits individuels de nombreux\nimmeubles dont les foyers sont desservis par\ndes conduits Mousseron lesquels donnent\ntoujours sujet à des plaintes justifiées que le\nService d'Architecture reçoit. Je n'en citerai\nqu'une seule, la dernière, en date de novem-\nbre 1922, pour montrer un exemple typique.\nUne dame G..., demeurant boulevard\nVoltaire, adresse une plainte au Maire du\nXIe arrondissement qui invite un membre de\nla Commission d'Hygiène de l'arrondisse-\nment à visiter le local de la plaignante.\nLe membre de la Commission d'Hygiène,\naprès visite, faut un court rapport ainsi conçu:\n« La plainte de Mme G..., boulevard\nVoltaire, me paraît fondée. En effet, j'ai\nconstaté que dès que l'on faisait du feu dans\nla cuisinière de l'étage au-dessous, le pro-\npre fourneau de cuisine de Mme G... était\nenvahi de fumée qui sortait par toutes les\nouvertures. En somme, lorsqu'il y a du feu\ndans la cuisine des voisins de l'étage infé-\nrieur, la cuisine de Mme G... est inhabitable.\nIl m a semblé que la cheminée était com-\nmune pour toutes les cuisines de cette partie\nde l'immeuble. J'estime que Mme G... a\nraison de se plaindre et qu'il y a lieu de\nsupprimer le plus tôt possible l'état de chose\nexistant en raison du phénomène d'asphyxie\ntrès à craindre. »\nLe Maire ayant renvoyé la plainte et le\nrapport à la Préfecture de Police, le Service\nd'Architecture reconnut le bien-fondé de la\nplainte et le rapport de ce service dit ceci :\n« On a essayé d obvier aux inconvénients du\nsystème unitaire en adoptant la solution sui-\nvante : chaque buse de départ du conduit de\ntôle des fourneaux a une clef permettant\nd'obturer le conduit quand on ne se sert pas\ndu foyer. » « Mais, dit plus loin le rappor-\nteur, la dite clef fonctionne mal et il ne peut\nen être autrement, une clef métallique étant\nforcément déformée par le feu. » Le proprié-\ntaire de 1 immeuble s est décidé à construire\ndes conduits individuels grosse dépense,\nmais combien prudente.\nEnfin, pour terminer cette revue rétros-\npective des conduits unitaires, j'avais remar-\nqué parmi les rapports favorables des Archi-\ntectes de la Préfecture de Police, un rapport\nsigné L..., et connaissant un confrère de ce\nnom qui, à ma connaissance, avait été archi-\ntecte de la Préfecture de Police, je me suis\nadressé à lui pour avoir quelques renseigne-\nments. Mon honoré confrère, qui porte allè-\ngrement ses 79 ans, s'est dérangé pour venir\nme voir et m'a dit qu'en 1868 il n'était\nqu'architecte surnuméraire de la Préfecture\nde Police, mais que le rapport était de son\npère qui, effectivement, avait été, à ce mo-\nment comme beaucoup d'autres, séduit par\nla simplicité du système; il se rappelait que\nson père avait construit rue des Mathurins\nun immeuble où il avait établi des conduits\nunitaires, qu il avait dû ultérieurement rem-\nplacer par des conduits individuels à la suite\ndes inconvénients et accidents qui s'étaient\nproduits à 1 usage. On m a signalé beaucoup\nde cas du même genre un peu dans tous les\nquartiers de Paris.\nTelle est l'histoire résumée des conduits\nM..., de leur grandeur et de leur décadence.\nNous allons examiner maintenant comment\nse présente la nouvelle offensive des con-\nduits unitaires.\n2° Les conduits de fumée actuels\nAvant d'examiner les nouveaux conduits\nunitaires, il me paraît nécessaire de parler\nun peu des conduits actuels dont les promo-\nteurs des nouveaux systèmes ont dit, et fait\ndire, beaucoup de mal, pour mieux sans\ndoute pouvoir vanter leur marchandise!\nOn a dit que les conduits actuels commu-\nniquaient fréquemment entre eux, parce\nqu ils étaient souvent mal construits, souvent\nfissurés à l'insu du propriétaire, qu'ils étaient"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.24", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "perméables et laissaient passer les gaz, etc.\nTout cela est fort exagéré. Je reconnais\ntoutefois que la légende des conduits qui\ncommuniquent entre eux existe, et qu'elle est\ntrès répandue et tenace, mais ce n'est fort\nheureusement qu'une légende. Il en est de\nmême du danger de la perméabilité des con-\nduits en poteries et de leur fissuration. Pour\nque cette perméabilité joue un rôle actif, et\nsoit une cause d'intoxication, il faut des cir-\nconstances de liaison de matériaux, de temps\net de contrepression presque irréalisables\nensemble et je n en connais que peu de cas\nprobants.\nQuand un locataire, son feu non alllumé,\nvoit sa cheminée rabattre de la fumée prove-\nnant incontestablement du voisin du dessus\nou du dessous, il est convaincu que les con-\nduits communiquent entre eux, et il conti-\nnuera de le croire même après qu'on lui aura\nmontré qu il s agit simplement d'un phéno-\nmène de siphonage; sa cheminée, pour des\nraisons d emplacement et de disposition de\nportes, fait appel à sa partie haute sur le\ntoit, et la fumée d'une cheminée voisine re-\ndescend dans son conduit et vient envahir\nson local. En général, on remédie très faci-\nlement à cet inconévient par la surélévation\ndu conduit, la création d'une ventouse, etc.,\net tout rentre dans l'ordre; mais, quant aux\nconduits qui communiquent véritablement\nentre eux, j'en ai fort peu vus dans mes\ntrente années de carrière, même dans des\nimmeubles de spéculation cependant cons-\ntruits avec assez de négligence. Et puis une\nexception ne peut constituer une règle et ne\npeut en rien diminuer la valeur de sécurité\nd'un système de construction qui a fait ses\npreuves.\nOn a aussi beaucoup abusé de l'oxyde de\ncarbone, et il s'est produit entre les archi-\ntectes d'une part, les médecins et les chi-\nmistes d'autre part, un malentendu qu'il fau-\ndrait cependant dissiper.\nIl n'est pas nécessaire qu'un local quelcon-\nque soit envahi par l'oxyde de carbone pour\nêtre inhabitable et anti-hygiénique; il suffit\nque ce local soit à tout moment rempli par la\nfumée d un foyer voisin pour que l'incom-\nmodité qui en résulte pour l'occupant soit in-\ntolérable. Or, dans la fumée, il n'y a souvent\nque des quantités fort minimes d'oxyde de\ncarbone, les produits existants étant surtout\ndes gaz carburés, provenant de la distillation\ndu combustible par combustion incomplète\net des produits lacrymogènes généralement\nsulfureux. Or, c est ce phénomène d'enva-\nhissement d'un local par la fumée qui est le\nplus fréquent et qui constitue pour ceux qui\nen sont les victimes ce que avec raison\nl'ordonnance de police du 27 mars 1906\nqualifie d' « incommodité grave »; l'intoxi-\ncation proprement dite par l'oxyde de car-\nbone est beaucoup plus rare, fort heureuse-\nment, mais elle est d'autant plus dangereuse\nque les victimes ne s'en aperçoivent souvent\npas, l'oxyde de carbone comme l'acide car-\nbonique n'ayant aucune odeur spéciale et\nn'étant décelé à l'odorat que par la présence\ndans les émanations des autres produits de la\ncombustion : carbures et sulfures presque\ntoujours existants fort heureusement. Cette\nintoxication par oxyde de carbone ne se pro-\nduit que par refoulement des appareils à\ncombustion lente, refoulements générale-\nment intermittents, ce qui permet souvent de\nles déceler avant que la mort s'en suive et\nd'y remédier.\n3° Les conduits unitaires en général\nComment est établi un conduit unitaire et\npourquoi ne peut-il pas bien fonctionner?\nUn conduit unitaire est un tuyau générale-\nment en poteries ou en ciment comprimé et\nmoulé, de « section uniforme dans toute sa\nhauteur », et qui, à chaque étage, dessert par\nbranchements « ad hoc », un ou plusieurs\nappareils de combustion : cheminées, poêles\nou fourneaux, lesquels appareils, fourneaux,\npoêles ou cheminées, peuvent être allumés\nensemble, ou, au contraire, séparément.\nOr si on n'a guère étudié scientifiquement\nles appareils de chauffage privés et ména-\ngers, par contre, le chauffage industriel est\nsorti de l'enfance et repose sur des théories\nsérieuses et probantes. L'un des axiomes les\nmieux établis de cette théorie est que la sec-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.25", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3895, "texte": "tion d'un conduit de fumée est fonction de\nI importance du ou des foyers, fonctionnant\nsimultanément qu il dessert, et de la hauteur\nde ce conduit. On évalue généralement l'im-\nportance d'un foyer par le poids de combus-\ntible brûlé par heure dans ce foyer.\nLa formule empirique la plus simple\nque l'on emploie est celle proposée par Wie-\nprecht et Recknagel qui est la suivante :\nP\nw yVn\no)est la section du conduit exprimée en\nmètres carrés;\nP le poids du combustible brûlé par heure en\nkilos;\nH la hauteur de la cheminée en mètres;\n(p un coefficient variable selon la nature\ndu combustible et qui\n= 105 pour la tourbe;\n84 » le bois;\n70 » la lignite;\n42 » la houille et le coke.\nCette section s'accorde le mieux lorsque la\nhauteur H = 1 6 d + 7moud = diamètre du\ncôté de l'orifice supérieur de la cheminée.\nExemple : Un foyer brûlant 18 kgs de\ncharbon à l'heure nécessite un conduit de\n13 mètres de hauteur et de 12 centimètres\ncarrés de section.\nIl est évident qu'un conduit « unitaire »\ndesservant X foyers situés au même niveau\nne pourra fonctionner normalement que si\nles X foyers desservis fonctionnent ensemble\net brûlent à l'heure un poids constant de\ncombustibles. Or, aucune de ces conditions\nn'est réalisée dans la pratique.\nExaminons d'abord ce qui se passe dans\nl'industrie : en premier lieu, s'il y a plusieurs\nfoyers, ils sont tous au même niveau, il ne\nviendra jamais à l'idée d'un industriel de\nloger des chaudières à différents étages et\nde les brancher sur le même conduit, il sait\nque son installation ne fonctionnerait pas.\nVoyons, en effet, un conduit unitaire avec\nun foyer à chaque étage : si on fait, au\n3e étage, je suppose, un feu de combustible\ngras aux fumées lourdes, et au ler1er étage un\nfeu de coke aux gaz plus légers, le foyer du\n2e étage n'étant pas allumé et en commu-\nnication ouverte avec le conduit, il y a toutes\nchances pour que le local du 2e étage soit\nenvahi par les gaz de la cheminée du\nler1er étage qui viendront frapper ceux plus\nlourds et plus denses du 3e étage, alors qu'ils\nont déjà leur vitesse coupée par l'introduc-\ntion d'air froid et, par suite, bien plus lourd\nqui se produira au 2e étage. Toutes les cuisi-\nnières qui ne sont ni ingénieurs, ni physiciens*\nsavent que, pour couper le tirage de leurs\nfourneaux de cuisine, il suffit d'ouvrir la\ntrappe qui, près du plafond, met en com-\nmunication l'air de la pièce et le conduit de\nfumée.\nUn conduit unitaire n'a donc quelque\nchance de marcher que lorsque sa section\nétant la somme des sections de tous ses bran-\nchements (c'est ce que préconisait M...),\ntous les foyers ainsi desservis sont allumés.\nOn voit, du reste, combien cette condition\nest presque impossible à réaliser. On s'en\nrapproche pour les foyers de cuisine, les heu-\nres des repas étant, en général, les mêmes\ndans les mêmes classes sociales, mais cela est\nloin d'être absolu, et il n'est pas prudent, à\nmon avis, de se baser sur cette simple possi-\nbilité pour encourager l'emploi des conduits\nunitaires, même pour les cuisines. Cepen-\ndant, à la suite justement de la campagne\nentreprise en faveur des conduits unitaires,\ncertaines villes de Suisse, nous le verrons\nplus loin, les ont autorisés, mais plusieurs\nd'entre elles seulement pour les cuisines.\nIl est bien évident que si, dans un conduit\nde fumée dont la section a été calculée pour\ndesservir, par eexmple, c'est le cas le plus\nfréquent, sept foyers, un seul foyer envoie\nses gaz de combustion, le tirage ne peut pas\nêtre suffisant, et il suffit d'une circonstance\natmosphérique spéciale, vent plongeant, so-\nleil frappant sur l'orifice du conduit, brume\népaisse, pour favoriser ces refoulements dans\nles locaux voisins par les branchements ou-\nverts. M... s'en était aperçu et avait essayé\nd'y remédier par les trappes qu'il installait\ndans chacune de ces cheminées, palliatif tout\nà fait insuffisant, l'usage l'a surabondam-\nment montré."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "Enfin, il est d'autres considérations qui\ndoivent entrer en ligne de compte; ce sont,\nd une part, 1 emploi malheureusement si ré-\npandu à Paris des appareils à combustion\nlente, et celui, qui se répand de plus en plus\négalement, des foyers alimentés par le gaz\nd'éclairage.\nLes appareils à combustion lente qui ont\nen général des buses de départ de fumée\nn'ayant qu'un faible diamètre : 1 0 à 15 cen-\ntimètres, fonctionnent déjà difficilement dans\nnos conduits dont la section de 0,20 X 0,20\nest trop grande pour eux, surtout aux étages\nsupérieurs, ils seront dans des conditions plus\ndéfavorables encore dans des conduits de\n0,35 de diamètre.\nQuant aux poêles et cheminées au gaz\nd éclairage, on voit, sans qu'il soit besoin\nd insister, le danger considérable qui résul-\nterait de leur emploi avec des conduits uni-\ntaires; c est l'explosion sûre en cas de fuite\nde gaz. Rien que cette considération devrait\nsuffire pour proscrire ces conduits.\n4° Les nouveaux conduits unitaires\nExaminons maintenant un des types de\nconduits unitaires préconisés par les soi-di-\nsant novateurs.\nJe choisira le modèle le plus répandu en\nSuisse. Voici quelles en sont les caractéris-\ntiques :\n(Test un conduit formé d'éléments de 0,50\nde hauteur, les inventeurs signalaient à ce\npropos l'avantage de n'avoir de joints hori-\nzontaux que tous lse 0,50 au lieu de tous les\n0,30 environ, des conduits en poteries, le\nfait est exact, mais ne signifie rien, la multi-\nplicité des joints donne plus de souplesse au\nconduit ordinaire. Ces éléments sont non en\nterre cuite réfractaire, mais en ciment com-\nprimé; j'estime que la poterie est bien supé-\nrieure au ciment en ce qui concerne l'épreuve\ndu feu, et que ces conduits en ciment de\nfaible épaisseur, 0,03, résisteront moins à un\nfeu violent que des conduits réfractaires de\n0,05 d'épaisseur.\nCes éléments sont à double enveloppe; le\nconduit intérieur qui, pour un immeuble de\n6 étages, devra avoir 0,30 à 0,35 de dia-\nmètre intérieur, est de section circulaire ; il\nest entouré de quatre alvéoles de formes\nvariées, selon les systèmes, mais toutes de\ntrès petite largeur et, par suite, inramonables\net innettoyables, ces alvéoles servent, dans\nces systèmes, de conduites de ventilation, et\nsont ouvertes dans la partie haute des pièces.\nDans les cuisines, à cause des buées grasses,\nces conduits méplats se rempliront de ma-\ntières grasses qui s'enflammeront au premier\nfeu de cheminée et communiqueront le feu\ndans les pièces supérieures ou inférieures.\nCar, ces conduits, dits de ventilation, refou-\nlent très fréquemment. Dans mon voyage à\nGenève, j'ai constaté ce refoulement, si fré-\nquent, que presque dans tous les locaux où\nj'ai vu employer ces conduits, les orifices\nmunis d'une grille étaient presque partout\ncondamnés.\nIl faut remarquer qu'en cas de fissure au\nconduit intérieur, cette fissure ne pourra pas\nse voir et les gaz de la combustion pourront\npasser dans les alvéoles de ventilation et, en\ncas de rabattement, envahir les locaux des\noccupants.\nLe conduit unitaire porte, à chaque étage,\nune ou deux prises ou buses de branchement\npour poêles ou cheminées; ces buses sont en\ntôle et de direction perpendiculaire au con-\nduit; le système M... était mieux compris, les\nbuses de branchement étant aussi rappro-\nchées que possible de la verticale; avec les\nsystèmes nouveaux, si on raccorde un tuyau\nde tôle, vertical, avec le conduit unitaire, on\naccumulera coude à 90° sur coude à 90°, ce\nqui est déplorable au point de vue du tirage,\nchaque changement de direction déterminant\nune perte de charge; enfin, à côté de cette\nbuse de départ de fumée, au-dessus, généra-\nlement, sera placée l'ouverture de ventilation.\nLa partie haute, hors comble du conduit, est\nsurmontée d'un aspirateur qui, disent les\nprospectus des inventeurs, permet de « tirer\npar tous les temps et par tous les vents »\nce qui est très malheureusement inexact, cet\naspirateur basé sur le principe bien connu\ndes surfaces à section cycloïdale n'empê-\nchant nullement les refoulements en cas de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.27", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "vents plongeants, les alvéoles de ventilation\ndébouchent, dans ce système, au-dessous de\nl'aspirateur. Dans une autre système analo-\ngue, elles débouchent dans l'aspirateur\nmême, ce qui est plus dangereux en cas de\nrefoulement.\nCes gaines unitaires, comme les conduits\nM..., commencetit en cave, où une trappe en\nfonte permet le ramonage.\nOn voit donc, sans qu'il soit besoin de\nplus de détails, en quoi les conduits As... et\nsimilaires sont inférieurs aux conduits M...\n1° Branchement à 90° sur le conduit au\nlieu du branchement à 30° du conduit;\n2° Double enveloppe non ramonable et\nnon nettoyable pour la ventilation au lieu du\nconduit de ventilation M..., bien distinct du\nconduit de fumeé et ramonable;\n3° Impossibilité de voir si le conduit inté-\nrieur est fissuré et communique avec la dou-\nble enveloppe, ce qui permettrait aux gaz\ncarboniques de circuler dans ces enveloppes\nde ventilation, d'y mettre le feu peut-être et\nde communiquer ce feu aux étages. Rien de\npareil dans le conduit M...;\n4° Conduit en ciment moulé inférieur au\nconduit en poteries réfractaires.\nEn Suisse, plusieurs villes n'ont autorisé\nles conduits unitaires que pour les cuisines\noù leurs inconvénients sont moins fréquents,\nà Lausanne, par exemple. A Genève, une\nvingtaine d'immeubles sont munis de con-\nduits unitaires qui desservent surtout des cui-\nsines ou des chauffages centraux par étage.\nLes architectes bien connus à Genève,\nMM. B. et H. qui en avaient établis pour des-\nservir des cheminées de salon, ont eu de gros\nennuis par les refoulements et ont déclaré\nque cette expérience n'était pas à renouveler.\nEn France, où l'on essaie de répandre ces\nconduits, on a débuté à Grenoble et à Lyon\noù quatre ou cinq immeubles en sont pour-\nvus. Je suis convaincu qu'un avenir prochain\nmontrera les graves défauts de ces conduits\net que leur vogue sera plus courte de beau-\ncoup, que celle des conduits M...\nJe ne parle que pour mémoire de l'incom-\npatibilité des conduits unitaires et du Code\ncivil en matière de responsabilité en cas de\nfeu de cheminée.\nEn effet, les articles 1734 et 1735 du\nCode civil portent que le locataire qui a mis\nle feu à la cheminée est responsable des\ndégâts, or, comment savoir avec un conduit\nunitaire chez quel locataire le feu a pris nais-\nsance? Cette constatation si facile avec les\nconduits individuels, devient ici complète-\nment impossible!\nCe qui est regrettable, c'est que l'essai si\ndangereux fait à Paris des conduits unitaires\nl'air été dans des maisons ouvrières pour\nfamilles nombreuses!\nEspérons qu'il ne se produira pas d'acci-\ndents graves et qu'on renoncera à ce système\navant que ces accidents se soient produits."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c012", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "156", "page_fin": "156", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.3.4", "titre_corps": "ERRATUM", "titre_sommaire": "ERRATUM", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.27", "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2910, "texte": "ERRATUM\nLE MONUMENT BELGE\nD'AMERSFOORT\nPar suite d une erreur de mise en page le\ncliché de la planche VI du précédent numéro\na été imprimé à Y envers.\nNous prions nos lecteurs d'excuser cette\nfaute d'impression.\nL'Administration de « La Cité »•"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c013", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.4", "titre_corps": "Chronique de la vie artistique et littéraire", "titre_sommaire": "Chronique de la vie artistique et littéraire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "SÉLECTION\nChronique de la vie artistique et littéraire\nLes quatre années qui suivirent l'armistice ont vu l'éclosion\nd'un grand nombre de revues d'art et de littérature. Toutes furent\nforcées de suspendre leur parution après un temps plus ou moins long,\nfaute de ressources financières suffisantes. Plusieurs avaient cependant\nfourni un effort digne d'intérêt et en ce moment leur disparition est\nune des causes de l'apathie que manifeste la vie intellectuelle de\nnotre pays.\nLa revue Sélection qui fut l'une des premières à mener\nchez nous le combat pour un art renouvelé, estime qu'après l'action\nforcément dispersée et fragmentaire exercée par ces diverses tenta-\ntives individuelles, ils est devenu urgent de grouper dans le cadre\nd'une organisation commune tous les éléments qui se sont montrés\nvéritablement soucieux d'aider au développement d'un art et d'une\nlittérature correspondant aux besoins de notre temps. Pareille\ncoopération permettra l'édition d'une revue qui, tout en se mainte-\nnant sur un plan strictement moderne, s'adressera à un plus vaste\ncercle de lecteurs et sera assurée d une existence durable.\nDès à présent la rédaction de la revue Sélection s'est\nadjointe les principaux rédacteurs et collaborateurs des anciennes\nrevues Ça Ira, Créer et Signaux de France et de Belgique. Ce\nremaniement lui donnera le moyen d'élargir le champ de son acti-\nvité et d'accroître le nombre et l'intérêt de ses rubriques. De cette\nfaçon, Sélection espère s'imposer définitivement comme la grande\nrevue de critique générale qui fait si complètement défaut en Bel-\ngique, embrassant toutes les manifestations de l'esthétique contem-\nporaine : arts plastiques, lettres, musique, cinéma, architecture,\nurbanisme etc. De plus, comme nous ne sommes pas de ceux qui\ns'imaginent que toute la poésie du monde se trouve amassée dans\nles rayons de leur bibliothèque, nous nous intéresserons à tout ce\nqui constitue les aspects du temps, les expressions de la vie actuelle.\nA côté de reproductions de tableaux et de sculptures, de bâtiments\net de films, nous donnerons donc le portrait intime, familier d'un\nécrivain et d'un artiste, mais aussi celui d'un boxeur, d'une dan-\nseuse ou d'un clown. 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C'est dire que nous chercherons surtout à faire une revue\nbien vivante et très contemporaine.\nComme nous estimons que nous avons quelque chose de\nspécial à dire en Belgique et que nous avons une vie personnelle\nà manifester, ici, nous nous proposons encore de ne pas aller sim-\nplement à la remorque des revues françaises similaires\nSélection accordera une importance toute spéciale aux\nexpressions d'art de chez nous, s'efforçant d'en déterminer les\ndirectives et les courants essentiels et de les situer dans l'ensemble\ndes grands mouvements d'idée modernes, tels qu'ils se manifestent\ndans une Europe largement ouverte. Elle présentera ainsi un appui\nprécieux pour les divers organismes d'art existants, dont les travaux\nsont trop souvent méconnus par la presse commercialisée et par le\npublic méfiant et insuffisamment éclairé. Toutes associations d'art,\nde littérature, de musique, de théâtre qui veulent comme nous du\nmoderne avant tout, peuvent être assurées que leurs prestations\nseront analysées et soutenues dans notre revue avec le soin et la\nsympathie que mérite toute tentative désintéressée.\nUne importante partie anthologique sera jointe à la partie\ncritique. Pour toutes deux les meilleures collaborations nous ont\nété promises, dans notre pays, en France, à l'étranger. Nous pouvons\naffirmer que la grosse majorité des auteurs qui ont antérieurement\ncollaboré à Sélection, Signaux de France et de Belgique, Ça Ira,\nCréer nous ont promis de rester fidèle à la nouvelle revue.\nDe nombreuses reproductions d'œuvres plastiques choisies\nparmiles plus représentatives des grands artistes modernes et dans\ntout les pays qui participent à l'art nouveau, viendront dans chaque\nnuméro illustrer à Faide d'exemples les essais et les notes. Nous\npublierons également dans chaque fascicule des bois ou lithos origi-\nnaux. Enfin paraîtront régulièrement des pages de musique inédites.\nSélection publiera dans ses premiers numéros :\nLe génie du Nord, par André de Ridder; La sculpture Belge, par\nGeorges Marlier; Georges Auric, par E.L.T. Mesens; Le dandysme\ndu Sport, par Georges Thialet ; Picasso, par Waldémar George ;\nHeinrich Campendonck, par Paul van Ostayen ; Braque, par Paul\nFierens; Chagall, par Waldémar Georges; La Mâchine, par Fernand"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "Léger; Jean Cocteau, par Paul Neuhuys ; Pierre Mac-Orlan, par\nAndré de Ridder ; Paul Valéry, par Léon Duesberg ; Lettres à\nGuillaume Apollinaire, par Jean Mollet ; L'Art Décoratif, par\nJules de Praetere ; Le Point, par Jean Crotti; L'Art et le Quoti=\ndien, par P. G. van Hecke; Cinématographie Moderne, par Louis\nDelluc; La Danse, par Sébastien Voirol; Sur le Sport, par Jean\nCocteau; André Gide et la Nouvelle Revue Française,par Georges\nThialet etc.\nDes poèmes de Max Jacob, Jean Cocteau, André Salmon,\nHenry de Montherlant, Pierre Reverdy, Biaise Cendrars, Tristan\nTzara, Céline Arnauld, Paul Fierens, Léon Cheno}r, Paul Neuhuys,\nRobert Goftin, Robert Guiette, René Purnal, P. G. van Hecke»\nMarcel Lecomte, Pierre Bourgeois, etc.\nDes contes de Mac Jacob, Pierre Mac-Orlan, Joseph Delteih\nJean-Richard Bloch, Raymond Radiguet, Henri Hertz, Alexandre\nArnoux, Jacques Sindral, Gille Anthelme, P.G. van Hecke, etc.\nDes etudes de Maurice Raynal, Florent Fels, Benoist\"\nMechin, Jean Mirande, René Crevel, Paul Fierens, Kasper Niehaus,\nPaul Westheim, etc.\nDes rubriques régulières sur la Littérature,les Art plastiques,\nla Musique, le Cinéma, l'Architecture, l'Urbanisme etc ; des lettres de\nParis (Maurice Raynal), de Hollande (Kasper Niehaus) et des\ndifférents pays européens.\nDepuis novembre, Sélection parait régulièrement le 15 de\nchaque mois en fascicules de 64 à 128 pages de format in -8e, dont\n16 pages d'illustrations au moins.\nIl sera publié une édition de luxe à tirage limité, imprimée\nsur papier de Hollande et dont les numéros contiendront des\ngravures sur bois et des œuvres graphiques originales, tirées à part\net réservées exclusivement aux souscripteurs de cette édition de luxe.\nL'exécution typographique sera faite avec grand soin. L'édition\nconstituera pour les souscripteurs un ouvrage, dont la valeur biblio-\nphilique dépassera rapidement le prix d'abonnement.\nDirecteurs : André de Ridder et P. G Van Hecke.\nSecrétaire de Rédaction : Georges Marlier.\nComité de Rédaction : Gille Anthelme, Jules de Praetere, Léon\nDuesberg, Robert Goffin, H. L. T. Mesens, Paul Neuhuys, René\nPurnal, Georges Thialet.\nAbonnement ordinaire : Frs. 35.—\nAbonnement de luxe : Frs. 150.—\nAdresse de la Rédaction et de l'Administration :\n166. Avenue Charles de Prêter\nANVERS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c014", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.5", "titre_corps": "Supplément à la Revue « La Cité ». IVe année.", "titre_sommaire": "Supplément à la Revue « La Cité ». 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La Province de Brabant met au\nconcours l'exécution d'une affiche annonçant l'Ex-\nposition annuelle des Arts décoratifs et industriels,\norganisée par la Province en 1924.\nL>es projets doivent etre déposés au Gouverne-\nment provincial, a 1 adresse de M. le Président de\nla Commission provinciale des Loisirs du Travail-\nleur, au plus tard le 15 avril.\nSont admis à participer au concours, l'es Belges\ndemeurant dans la province depuis 3 ans au moins.\nUne somme de 500 francs sera allouée à l'auteur\ndu projet choisi.\nLes intéressés peuvent obtenir le règlement du\nconcours à la Commission des Loisirs du Travail-\nleur, au Gouvernement provincial, rue du Chêne,\n22, à Bruxelles.\nPREMIERE FOIRE OFFICIELLE COLONIALE\nD'ANVERS. CONCOURS D'AFFICHES EN\nCOULEURS. Le Comité promoteur de la <£ Foire\nColoniale d Anvers > se propose d'éditer une affi-\nche artistique pour la première Foire Officielle\nColoniale d'Anvers.:\nPeuvent participer à ce concours tous les artis-\ntes belges :\nConditions : L'affiche mesurera 1 mètre de hau-\nteur sur 0 m. 65 de largeur, une bande de 20 cen-\ntimètres de hauteur (pour le texte) étant comprise\ndans la hauteur totale;\nLes dessins devront être fournis à grandeur\nd'exécution. Les couleurs de base seront au nom-\nbre de trois sur fond blanc;\nLes projets devront être entièrement achevés. Ils\ndevront porter une devise; elle devra être repro-\nduite sur une enveloppe cachetée, qui renfermera\nle nom et l'adresse de l'auteur;\nLes enveloppes seront dépouillée es à une date\ndéterminée ultérieurement et les projets seront ex-\nposés pendant une semaine dans une salle de la\nville;\nSix primes de 250 francs seront attribuées aux\nsix meilleurs projets; si le jury estime pouvoir\nretenir parmi les projets primés deux œuvres, il\npourra attribuer à ces dernières des primes supplé-\nmentaires de 1,250 francs et 250 francs, aux pro-\njets classés respectivement premier et second. Les\ndeux projets ayant bénéficié de la prime complé-\nmentaire, demeureront la propriété de la Foire\nColoniale. Celle-ci se réserve le droit de les repro-\nduire et de s en servir dans les conditions qu'elle\njugera convenables,sans que de ce fait il puisse être\nexigé aucune autre indemnité;\nLe travail d exécution devra être surveillé p&r\n1 artiste intéressé; il choisira le ton des encres;\nLes projets non retenus pourront être retirés\navec l'enveloppe s'y rapportant, au secrétariat «us-\ndit, après la clôture de l'exposition et dans un délai\nde huit jours;\nIls devront être envoyés avant le 30 avril, au\nbureau du Secrétariat Général avec la mention :\n« Foire Coloniale d'Anvers. Affiche. »\nSecrétariat Général provisoire : 19, rue Hou-\nblonnière, Anvers. Tél. 4050.\nLE HOME, REVUE MENSUELLE ILLUSTREE\nD'ARCHITECTURE ET D'ART DECORATIF,\nfondé en 1908 à Bruxelles, reparaît régulièrement\nsur des bases nouvelles.\nAu sommaire :\nI. Notes techniques : Le souffle nouveau en ar-\nchitecture; Villa de M. F. C. au Dieweg à Uccle;\nL'Art indigène au Congo belge. 2. Notes documen-\ntaires : Etagères et vitrines. L'art de « bibelo-\nter >; Le règlement de mitoyennetés d'après-\nguerre; Nouveau bâtiment de la Banque Nationale\nà Ypres. Le progrès par le logement. Discipline et\nsolidarité nécessaires; Chronique de la mode.\nDevant le miroir : Premiers reflets. 3. Bruxelles se\ntransforme : Résidence Palace. 4. Maurice Langas-\nkens, peintre-décorateur. 5. Un art véritablement\naméricain. 6. La Belgique ira à Paris en 1925.\nDotée d'un comité de patronage imposant elle\nsemble vouloir s'assigner pour but d'intéresser le\ngrand public aux travaux des architectes belges.\nElle le fait en présentant un ensemble d'études de\nvaleur bien inégale, parmi lesquelles nous relevons\ndes notes intéressantes de Pierre Bourgeois sur « Le\nProgrès par le logement ».\nLE LIERRE ET LES MURAILLES. Rien\nne donne à nos demeures le charme et la douceur\ncomme les plantes grimpantes qui dissimulent les\nmurailles atones et moroses sous un charmant\nfouillis de verdure. Le lierre surtout, avec son\nfeuillage épais, d'un vert sombre, est pour l'humble"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.31", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4319, "texte": "maisonnette la plus riche et la plus magnifique\nparure. Mais n'est-il pas à craindre, comme on l'en-\ntend répéter souvent que toute cette végétation\nluxuriante ne soit cause de l'humidité qui entraîne\nla ruine des murailles et l'insalubrité du logis?\n11 y a quelques années, en Angleterre, où l'on\nvoit nombre de châteaux et de maisons de campa-\ngne s'abriter sous un lierre vigoureux et abondant,\nun comité d'architectes et de propriétaires a en-\nquêté sur cette question et le résultat a été que\nl'action du lierre sur les murailles, indépendam-\nmen de toute considération d'esthétique, est plus\nutile que nuisible.\nIl est certain que le lierre non surveillé qui insi-\nnue ses rameaux entre les murs et les descentes\nd'eau des gouttières, qui soulève et déplace les\ntuiles, produit des dégâts quelquefois importants,\nmais qui peuvent être facilement évités avec quel-\nques soins. Par contre, les bienfaits du lierre sont\nappréciables.\nLe lierre amène l'assèchement des murs, soit\nqu'il absorbe l'humidité par ses vrilles ou plutôt\nencore que les lames obliques du feuillage perpé-\ntuel protègent le mur contre la pluie et la neige.\nQu'on examine le mortier des monuments en ruines\nenvahis par le lierre et on verra comme le mortier\nest dur et sec.\nLe lierre donne de la cohésion à la construction\npar ses rameaux enchevêtrés qui forment une sorte\nde cuirasse végétale extérieure plus résistante\nqu on ne suppose généralement.\nC'est aussi un obstacle au refroidissement des\nmurs. Les habitants d'une maison tapissée de lierre\nn'ont pas de peine à s'en rendre compte.\nPlantons du lierre pour orner nos maisons, il est\nutile et beau. La nature est le décorateur le plus\nhaßile et le moins cher.\n(« Ma Petite Maison »).\nPROGRES DE LA VENTILATION AUX ETATS-\nUNIS. M. G. T. Palmer, du département de THy-|\ngiène de l'Etat de Détroit, a récemment publié sur\n« Les Progrès de la Ventilation aux Etats-Unis »,\nune étude que lia « Revue Internationale » vient\nd'analyser.\nM. Palmer pose d'abord en principe, que la ven-\ntilation « a pour objet de régler l'atmosphère inté-\nrieure de telle façon qu'elle réponde aux nécessités\nd'une hygiène parfaite et d'un rendement ma-\nximum. »\nAu point de vue de la ventilation, le point essen-\ntiel est de contrôler la température. Cette idée ca-\nractérise les théories du XXe siècle sur la ventila-\ntion, contrairement aux théories précédentes qui\nestimaient que les principaux dangers auxquels\ndevait remédier la ventilation étaient l'anhydride\ncarbonique, les effluves organiques et l'humidité.\nEn 1905, on démontra que les conséquences néfas-\ntes d'une mauvaise atmosphère étaient, en général,\ndues à une température trop élevée ou à une humi-\ndité trop grande. C'est alors que le chauffage au\nmoyen de poêles ou de fourneaux fut remplacé par\ndes radiateurs à vapeur ou à eau auxquels on ad-\njoignit plus tard des systèmes de ventilation.\nDepuis la fin du siècle dernier, on considère que\nla ventilation doit procurer 30 pieds cubiques d'air\nfrais par minute et par personne, ce qui nécessite\nune amélioration des systèmes d'aération parmi les-\nquels les ventilateurs électriques.\nOn reconnut plus tard les mauvais effets d'une\nsécheresse excessive causée par la ventilation\ncanique et l'on adopta les dispositifs pour rendre\nà l'atmosphère son humidité. A l'heure actuelle,\nces dispositifs, non seulement rendent l'air plus\nhumide, mais éliminent en grande partie les pous-\nsières.\nEn vue de réduire la dépense que comporte une\nventilation compliquée et d'épargner le combus-\ntible, on a suggéré de faire circuler à nouveau l'air\ndéjà sorti du bâtiment, système qui est en opposi-\ntion directe avec les théories antérieures sur l'em-\npoisonnement par l'anhydride carbonique. Ce sys-\ntème a été introduit dans différentes régions des\nEtats-Unis et s'est révélé satisfaisant là où l'atmos-\nphère est en quantité suffisante et où n'existent pas\nde facteurs dangereux provenant soit des êtres hu-\nmains, soit de gaz, soit de procédés industriels\nspéciaux.\nL'auteur cite la définition d'une bonne ventila-\ntion, donnée par Winslow et reproduite en 1920\npar Park dans son public Health and Hygiène :\n1° L'atmosphère doit être tiède, mais pas trop\ntiède ;\n2° L'atmosphère doit être en mouvement, mais\nsans excès et sa température doit osciller légère-\nment d'un moment à l'autre;"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.32", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 4189, "texte": "3° L'air ne doit pas être souillé par des émana-\ntions nocives;\n4° L'air ne doit pas contenir des émanations de\nvapeur nocives on insalubres, ni de grandes quan-\ntités de poussières.\nL importance de la présence de microbes dans *\nl'air, déclare M. Palmer, a été exagérée, étant\ndonné que les microbes n'ont, pour ainsi dire, au-\ncune importance au point de vue die la ventilation,\nsauf dans les hôpitaux et dans certaines opérations\nindustrielles : comme lia manutention des-peaux et\nfourrures qui peuvent contenir des spores char-\nbonneuses.\nM. Palmer indique quelles sont,à l'heure actuelle,\nles conditions d'une bonne ventilation : fenêtres\najustables, radiation directe, contrôle facile de la\ntempérature et, s'il n'est pas facile d'établir des\ncourants d'air en ouvrant les fenêtres, installation\nde dispositifs à soupape. En ce qui concerne les\nécoles et autres institutions analogues où la venti-\nlation est assurée mécaniquement, i] préconise une\nventilation par dilution de l'air, plutôt que par\ndéplacement (c est-à-dire par une renouvellement\ncomplet de lair). Il indique que l'air doit entrer\npar en haut, traverser la partie supérieure de la\npièce et sortir en descendant le long du mur inté-\nrieur.\nIl attire l'attention sur le manque d'uniformité\ndes normes de ventilation formulées par les auto-\nrités publiques et demande la suppression des régle-\nmentations et autres restrictions afin de permettre\nd appliquer le procédé sucseptible de donner, dans\nchaque cas particulier, le meilleur résultat au point\nde vue du conifort, de l'hygiène et du rendement.\nPourvu que I on dispose de 30 pieds cubiques d'air\npur par personne et que l'espace soit suffisant il\nest parfaitement possible, dit-il, dans de nombreux\ntypes de bâtiments, de faire circuler à nouveau\nl'air déjà utilisé, ce qui éviterait un gaspillage de\ncombustible. Du moment que la température est\ninférieure à 70° Fahrenheit, toutes les réglées de\nl'hygiène sont satisfaites et il est, en général, inutile\nd'imprégner l'atmosphère d'humidité.\nM. Palmer souligne que la ventilation est deve-\nnue un facteur de premier ordre dans la construc-\ntion et attribue une grande partie des cas de tuber-\nculose rencontrés en France, à une aération défec-\ntueuse.\n(« Bâtiment et Travaux publics », 30 nov. 1922.)\nTUILES MECANIQUES (NOTE ETABLIE PAR\nLA COMMISSION PERMANENTE FRANÇAISE\nDE STANDARDISATION. La Commission s'est\ninspirée des conclusions adoptées par la Commis-\nsion technique du Ministère de l'Armement et des\nFabrications de guerre.\nDimensions\nA moins de stipulations contraires pour emplois\nspéciaux, les tuiles mécaniques seront des formats\nsuivants :\n13 au mètre carré;\n22 au mètres carré.\nConditions techniques\nLes tuiles mécaniques devront satisfaire aux con;\nditions suivantes :\n1° Avoir une texture homogène, exempte de fis-\nsures et de plans de feuilletage visibles ou décela-\nbles par le son;\n2° Avoir chacune une teinte régulière (ces con-\nditions s'appliquent seulement aux tuiles de pre-\nmier choix) ;\n3° Avoir une forme telle qu'elles soient assez\nplanes pour que l'emboîtement avec les tuiles voi-\nsines puisse se réaliser sur les deux tiers (2/33)\nde la hauteur de l'emboîtement.\n4° N'être pas gélives, ni renfermer de grains de\nchaux libre;\n5° Résister à un effort de la flexion de 100 ki-\nlogrammes.\nEssais physiques et mécaniques\nLes essais physiques et mécaniques auxquels\npourront être soumises les tuiles seront les suivants:\nRésistance à la flexion. Cet essai est exécuté\nsuccessivement sur 6 tuiles posées sur deux cou-\nteaux et chargées en leur milieu, à l'aide d'un troi-\nsième couteau d'une façon continue jusqu'à rup-\nture. Pour assurer la portée des couteaux et répar-\ntir uniformément les efforts dans toute la largeur,\non établit de petites banquettes transversales hori-\nzontales en ciment portland dur.\nLes couteaux présentent des arrondis de 15 mil-\nlimètres de rayon.\nEssai de gélivité. Les tuiles au nombre de 6,\nimmergées au préalable pendant quarante-huit heu-\nres dans de l'eau douce à ~b 15° C. sont soumises\npendant quatre heures à une température de\nIs° C., puis retirées de la glacière et placées à\nnouveau pendant quatre heures dans de l'eau\ndouce à -f- 15° C."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.33", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 4452, "texte": "Ces opérations de gel et de dégel sont répétées\nvingt-cinq fois consécutives.\nLes tuiles sont examinées après chaque gel et le\nprocès-verbal indique les altérations qu'elles ont\nsubies.\n(« L'lngénieur Constructeur 2>, juillet 1923.)\nNOUVEAUX PROCEDES DE MELANGE DES\nMATERIEUX ET DES LIANTS DANS LA FABRI-\nCATION DU BETON ET DES PIERRES ARTIFI-\nCIELLES. Le « Génie Civil 2> du 23 septembre\n1922 donne la description d'un appareil mélangeur\nbasé sur un principe nouveau. Le principe est le\nsuivant : mélanger d'abord lies matériaux premiers,\npar exemple le sable et le gravier, et les mouiller\nhors de la présence du liant; le but de ce premier\nmélange est de bien répartir les grains de sable\nentre les graviers pour assurer l'homogénéité du\nproduit fini; les matériaux ainsi mélangés sont\namenés par arrosage au degré d'humidité désiré,\npuis exposés en courant continu à l'action du liant\npulvérisé en suspension dans un courant d'air.\nCelui-ci se dépose, en particules aussi fines que\nle permet son degré de mouture, sur chaque grain\nde sable et sur chaque gravier qu'il enrobe complè-\ntement. Le « mélangeur Sprenger 2> se compose\nessentiellement d'un tambour en tôle légèrement\nincliné, d'une longueur de 2 mètres environ; à l'ex-\ntrémité haute de ce tambour est fixé un trommel,\nà l'autre extrémité se trouve un diffuseur centri-\nfuge qui projette dans le tambour le liant venant\nde la trémie spéciale située au-dessus du diffuseur\net avec lequel il communique par un boisseau à\nouverture réglable. Les matériaux, sable et gravier,\npar exemple, sont approvisionnés dans une trémie\nà double compartiment; par des portes d'admission\nréglables, ils tombent dans un doseur à secousses,\nqui effectue la répartition des grains fins entre les\ngros grains, bouchant ainsi les vides et donnant\naux matériaux le volume qu'ils devront occuper\ndans le produit fini. C'est par rapport à ce volume\nà l'état tassé que sera éffectué le dosage de la\nquantité de ciment. Les matériaux, à leur sortie du\ndoseur à secousses, sont élevés par une chaîne à\ngodets dans une gouilotte où ils sont arrosés et d'où\nils sont admis dans le trommel. Celui-ci les expose,\nen les remuant, à l'action du courant de ciment\npulvérulent projeté par le diffuseur centrifuge. Il»\nsont exposés plus ou moins longtemps suivant leur\ngrosseur et sont enrobés de particules très fines de\nciment. Ils descendent ensuite le long du tambour,\noù ils achèvent de se mélanger pour sortir conti-\nnuellement par la partie basse du tambour.\nDans un modèle de débit plus faible» les maté-\nriaux sont charges à la pelle dans un avant-tambour\noù s effectue le premier mélange et l'arrosage; un\nélément de vis sans fin assure leur admission régu-\nlière dans le tambour de mélange.\nCe système de mélangeur à marche continue, qui\nne manipule à un même moment qu'une faible\nquantité de matériaux (40 litres), présente diffé-\nrents avantages : économie importante de force\nmotrice, fatigue minimum et usure nulle des or-\nganes, grande souplesse de débit. En marche con-\ntinue le débit horaire est de 12 mètres cubes pour\nl'e grand modèle, de 5 mètres cubes pour le petit\nmodèle, ceux-ci nécessitant respectivement une\nforce motrice de 4 chevaux et trois quarts de che-\nval. Le dosage rigoureusement automatique et in-\nvariable du liant, obtenu par des moyens mécani-\nques, est déterminé par la position d'un levier\nactionnant le boisseau d'arrivée dans le diffuseur.\nLes bétons obtenus par l'appareil Sprenger ont\natteint des résistances à la compression et à la\nflexion beaucoup plus élevées que celles qui sont\nobtenues par des procédés de brassage courant,\navec les mêmes dosages en poids.\nLes mélangeurs sont pourvus de trémies de liant\nà un ou à deux compartiments, permettant ainsi\ndiverses combinaisons, d'une part des liants : par\nexemple ciment seul, chaux seule ou chaux et ci-\nment, etc., d'autre part, les matériaux.\nLes appareils permettant également, dans la fa-\nbrication des pierres artificielles, d'employer des\nmatériaux négligés jusqu'ici dont disposent certai-\nnes régions, et d'utiliser divers déchets industriels\ntrès précieux pour leurs qualités d'isolement.\nAvec les bétons produits par lies mélangers\nSprenger, on obtient des qualités de tenue très\nconstante, quelles que soient les variations dans la\nproportion du gravier et du sable, à condition\nd'avoir toujours au moins une partie de sable pour\nune partie de gravier.\nLE PRÉSENT NUMÉRO RENFERME QUATRE PLANCHES HORS TEXTE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c017", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.8", "titre_corps": "PRIX DE L'ABONNEMENT A L'ANNEE EN COURS (IVe VOLUME) Belgique Etranger", "titre_sommaire": "PRIX DE L'ABONNEMENT A L'ANNEE EN COURS (IVe VOLUME) Belgique Etranger", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "PRIX DE L'ABONNEMENT A L'ANNEE EN COURS (IVe VOLUME) Belgique Etranger\n~ â w. ' Francs belges\nDE «LA CITE » . V 710.00 15,00\nTout nouvel abonné peut obtenir, à titre de prime :\na) Les 2e et 3e années de «La Cité », au prix réduit de ... 5.00 7.50\n(Le prix en librairie est de 10 francs Belgique, 15 francs étranger).\nb) Le Cœur de la faille de Bruxelles, par Charles Buis, avec traduction d une confé-\nrence de C. Giirlitt sur la « Conservation du cœur d'anciennes villes ». Une bro-\nchure de 24 pages. (Prix en librairie : 2 francs.) ..... gratuit\nc) L'Abbaye de la Cambre, par G. des Marez. (Prix en librairie : fr. 1.50). ♦ gratuit"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c018", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 35, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.9", "titre_corps": "Editions \" TEKHNÊ „", "titre_sommaire": "Editions \" TEKHNÊ „", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.35", "debut_caractere": 636, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "Editions \" TEKHNÊ „\nLA CITE. Première année. (Rare.) . . , s , . x . . . . , . fr. 20.\nL'Art et la Société,par H.-P. Berlage, architecte à Amsterdam. Tirés à part ds la Revue\n« Art et Technique » (septembre 19 ! 3-février 1914). Un vohane luxueusement im-\nprimé et illustré de 98 clichés . . , . . . . , . fr. 20,—\nPaul Hankar (1859-190!), par Charles Cocrardy et Raym. Thibaut. Une brochure\nillustrée . . • • . • ... . ... . s . . . s *' v • 3.\nMatériaux de substitution dans la coruiruction de maisons, par J Seroen, architecte. Une\nbrochure illustrée fr. 2.\nL'habitation coloniale Sa construction au Congo Belge, par Gast. Boghonans. Une brochure\nde 20 pages abondamment illustrée . » , . , .. . , . , , , fr. 3.\nConstantin Meunier. L'historique de son monument au travail, par R. Thiry et G. Hen~\ndrickx. Une brochure lustrée . . . fr. I.\nL'Art des Jardins et le nouveau jardin pittoresque, par Louis van der Swaelmen, architecte-\npaysagiste aaaaaaa«a*a.£«*a a»»,, fr. 1\nLA REVUE (( TEKHNE » Collection complète de la 2™ année (1912-1913). Beau\nvolume de 516 pages, sur papier couché, illustré de 250 clichés fr. 15.\nPour s'abonner à « La Cité » ou obtenir des livres, il suffit\nde verser, dans n'importe quel bureau des postes, au crédit du\ncompte chèques postaux n° 166.21 Revue « La Cité », la somme\ndue et d'inscrire sur le bulletin de versement le titre du livre et les\nnom et adresse du souscripteur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c019", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.10", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.2", "debut_caractere": 1248, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "Demandez le\nCatalogue n'B\nou un appareil\nà l'essai\nsans frais\nN| I CI Gl/ASPIRATEUR _\n1 Lrlo IX ELECTRIQUE\nLe met fleur du Monde\nLouise i BRUXELLES\nAGENT GÉNÉRAL POUR LA BELGIQUE\nTéi : 272,61\noin\no\n0\nc?TIQ\nQ\nC 7\nC\n1\n*/? i\nZ/M\n\\\nW%/v\nVous serez émerveillé"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1924-03-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaac_1924-03_01#c020", "volume": "bmtnaac_1924-03_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 3", "page_fin": "couv. 3", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.2.11", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1398, "texte": "ÉTABLISSEMENTS\nChapel\nPluntz\nSOCIÉTÉ ANONYME £ £ Firme exclusivement Belge depuis sa fondation ta 1864\n- PREAUX. MAGASINS et ATELIERS :\n7, Rue Rcne Dubreucq (e* r l3B, Chaussée de Wavre\nIXELLES-BRUXELLES\nTéléphone ' 247.40 ##§ Directeur-Administrateur i MARTIAL CHAPEL\nSpécialité d'articles pour bâtiments :\nColonnes (plus de 200 modèles), Pilastres, Colonettes ornées» Tuyaux de descente» Gargouilles,\nChâssis dégoûts, de Citernes, Glissières de cheminée, Plaques d'ancrage, Marche*\net Grilles à jour, Cloches de calorifère, Barreaux, Pots de cuisine, Taques ornées, etc.»\nPoulies, Volants» Engrenages et toutes Pièces Mécaniques. Toutes pièces de Poêlcrie\nd'Ornementation. Pcille Mécanique» elcen grande série.\nATELIER DE NICKELAGE\nMODELES ET PRIX SPECIAUX POUR ADJUDICATIONS PUBLIQUES EN :\nMargelles (Trous d'homme), Avaloirs, Regards dégoûts, Tuyaux, Poteaux indicateurs. Can-\ndélabres, etc. ALBUMS OU PLANCHES SEPAREES SUR DEMANDE\nDépôt de Poutrelles en Acier\nFers et Aciers pour Constructions\nRONDS) FILS, FEUILLARDS, etc* Coudés cl façonné, sur demande suivant ptaM\n<fexécution pour BETON ARME, —— Ingénieur spécialiste à la disposition des entrepreneurs\net architectes pour devis, dessins, élaboration de plans, calculs de résistance, elc»\nBoulons • Perçage • Charpentes «Gitages complets-Poutres rivées, etc.\ny.\n* ♦ * «\\\no • • • •\n• •\n• •\nFQNfERIE DE (|FER\n• • • •\n• • • •\nV* • t\n\\ * • • «"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.1", "texte": "ROUTID NAM MOECKC"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.2", "texte": "K t V U t /nEhbuÊLLE BELGE\nLA CITÉ\nURBANISEE » ARCHITECTURE a ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES REGIONS DÉVASTÉES\nRédacteurs : MM, Fern. BODSON, architecte (Bruxelles); J. DE LIGNE, architecte\n(Bruxelles); J. EGGERICX, architecte (Bruxelles); Huib. HOSTE, archi-\ntecte (Bruges); Raymond MOENAERT, architecte (Bruxelles); L. van der\nSWAELMEN, architecte-paysagiste (Bruxelles) ; J. M. van HARDEVELD\n(Amsterdam); M. Raph. VERWILGHEN, Ingénieur Urbaniste (Bruxelles),\nSecrétaire de la Rédaction.\nLe* Rédacteurs et Collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles. Il sera rendu compte\ndans <la Cité de tout ouvragée dont deux exemplaires seront envoyés àla Revue.\nPour la rédaction, l'administration et les demandes d'abonnement, s'adresser au Sièg^\nde la Revue : 10, Place Loix, Saint-Gil les-Bruxelles.\nPour la vente au numéro s'adresser exclusivement aux librairies. Dépôt principal : Li-\nbrairie Lamertin, 58-62, Coudenberg Bruxelles.\nABONNEMENT : Beîgi que 10 (r. ; Etranger, 1 5 fr. Le numéro,. Un franc.\nLes abonnements peuvent se prendre en versant la somme de 10 francs au crédit du\nCompte chèques-postaux n° 16621 (Revue : La Cité). Moyennant un sup-\nplément de 3 francs les numéros sont envoyés mensuellement sous enveloppe\ncartonnée.\n\nDemandez le\nCatalogue n'B\nou un appareil\nà l'essai\nsans frais\nN| I CI Gl/ASPIRATEUR _\n1 Lrlo IX ELECTRIQUE\nLe met fleur du Monde\nLouise i BRUXELLES\nAGENT GÉNÉRAL POUR LA BELGIQUE\nTéi : 272,61\noin\no\n0\nc?TIQ\nQ\nC 7\nC\n1\n*/? i\nZ/M\n\\\nW%/v\nVous serez émerveillé"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.3", "texte": "La Crise du Logement\n\nL'ldée s'efface encore : Individualisme en architecture. Incerti-\ntude et flottement en urbanisme. Flatterie, et du plus mauvais aloi,\nautour et dans le mouvement moderniste... Voilà ce que l'on voit.\nLes anciennes préoccupations : théories morales, applications sociales,\ndéterminations hygiénistes, etc. Tout cela semble abandonné.\nIl n'en est rien. Ces conceptions ne sont plus du domaine de\nFétude, mais de celui plus impérieux des réalisations.\nSocialement, la crise du logement domine tout de son impor-\ntance et de son urgence. Crise double en France, immédiate, et\nn'attendant rien que de l'action dans les Régions Libérées, moins\ndirecte, plus réfléchie dans les agglomérations. Elle est parvenue à\nune telle intensité, qu'elle englobe toutes les préoccupations, qu'elle\nabsorbe tous les efforts. Architectes, ingénieurs, entrepreneurs, con-\nseillers sociaux, statisticiens, hygiénistes, etc., etc., n'arrivent pas à\ncombler ce gouffre\nDepuis l'exposition de la reconstruction, à Bruxelles en 1919,\n\n(1) « La crise du logement et 1 intervention publique en matière d'habitation popu-\nlaire dans 1 agglomération parisienne », par Henri Sellier, Conseiller Général, Adminis-\ntrateur-Délégué de 1 Office Publique des Habitations à Bon Marché du Département\nde la Seine. 4 volumes, à l'Office Public d'Habitations à Bon Marché du Départe-\nment de la Seine, 32, quai des Célestins, Paris. (50 francs.)\n\nLA CITÉ. MARS 192 4."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.4", "texte": "LA CITÉ. MARS 1924\n\nnombreuses ont été les manifestations de cet ordre, aux grandeurs\ntoujours croissantes. La dernière en France est le rapport de Henri\nSellier sur la « crise du logement et l'intervention publique dans le\ndépartement de la Seine ».\nL'ouvrage est plus général que ne le dit son titre et il est en\nvérité un guide des lois, des coutumes, des moyens employés un peu\npartout dans le monde. A ce titre, il complète l'exposition de Bru-\nxelles. Je veux vous le résumer, mais il faudrait en étudier les\nméthodes, en discuter les conclusions, depuis les résultats des statis-\ntiques jusqu'aux brèves projections qui éclairent soudain des horizons\nsitués très loin, dans la question, hors du domaine exploré.\nM. H. Sellier reconnaît que la crise n'est pas nouvelle... Thèbes,\nMemphis... la concentration urbaine, signe des grandes civilisations,\nest seule en cause Autrefois, la gêne suffisait à disperser des gens qui ne\nse réunissaient que pour vivre agréablement. Aujourd'hui, la ville,\nmarché du travail, est née du besoin de vivre, et ne peut péricliter sans\ntuer la vie.\nIl y a là pour l'urbaniste matière à rêverie, à raisonnement, à\nconclusions. M. H. Sellier ne s'y arrête pas. Les villes qui périclitent,\ntuent. Donc la mortalité normale et la mortalité résultant de maladies\nsociales sont les expressions de l'intensité de la crise. Applications :\npar des cartes statistiques, il apparaît :\ni° Que la plus grande densité de population à l'hectare n'est\npas une cause de mortalité.\n2° Que les espaces plantés n'interviennent pas non plus dans\nla mortalité.\n3° Que le manque d'installation hygiénique est une cause de\nmortalité.\n4° Que le surpeuplement dans les logements est la principale\nraison de l'intensité de la mortalité sociale.\nC'est donc par l'étude statistique du logement surpeuplé que l'on\npeut exprimer mathématiquement la crise du logement. On peut dire\ni\nque pour faire descendre de 622 à 140 (chiffre normal) , la mortalité\ntuberculeuse, il faudrait que les 78 communes de la banlieue de Paris"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.5", "texte": "PLAN DE LA REGION D'ARCUEIL (DEPARTEMENT DE LA SEINE, FRANCE)\nINDIQUANT L'EMPLACEMENT DES DEUX CITS-JARDINS DEPARTEMENTALES.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement »."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.6", "texte": "LA CITÉ. MARS 192 4.\n\net 18 sur 20 des arrondissements de la ville fassent un effort complexe\nd'améliorations.\nIl eût été intéressant à ce propos de savoir si le mouvement\nde ressac, qui forme les faubourgs, et le mouvement centripète, qui\nforme les banlieues, peuvent être canalisés par des moyens de loco-\nmotion, en vue de la diminution du surpeuplement. Car nous verrons\ntous les autres moyens, sauf celui-là.\nL'accès à la propriété individuelle, l'aide au constructeur, à la\nsociété d'entreprises, à la coopérative, à la mutuelle, etc., etc., construc-\ntion par l'Etat, l'arrondissement, le canton, la commune, etc.?\nNon, M. H. Sellier réclame l'intervention publique par l'Office\nrégional d'Habitations à Bon Marché. L'Office seul est capable\nde voir au-delà de la commune, de prévoir l'extension des agglomé-\nrations et même des régions entières. Tout le programme de l'urba-\nnisation. Cela forcera les communes à avoir une politique foncière.\nL'Office peut fixer le point de vue strictement architectural et tech-\nnique, les règles essentielles qui ont déterminé l'élaboration des plans,\npréparés par les architectes, et qui relèvent des principes d'ordre esthé-\ntique acquis par l'expérience en ce qui concerne l'aménagement\nrationnel des agglomérations. L'orientation de l'ensemble et des\néléments, la viabilité, les plantations, les espaces libres, vides ou\nplantés, en terrain de jeux, les groupes d'habitations, tout cela en\nfonction de la topographie, de la constitution du sol, du régime des\neaux, des vents, etc. Enfin les services sociaux, domestiques, hygié-\nniques, éducatifs et la relation de tous les éléments entre eux et avec\nles organismes voisins.\nIl faut englober toute la vie et la recréer. M. H. Sellier appelle\nl'esthétique à son aide pour réaliser le miracle: « Ces préoccupations\ndoivent être poussées au degré maximum qu'il est possible d'atteindre\nsans ruiner les bases économiques de l'opération et sans faire perdre à\nl'institution son caractère d'exemple pratique qu'il est désirable de lui\ndonner ». Nous verrons par l'exemple à quoi l'esthétique peut\namener, mais il faut retenir ce trait qui est essentiel.\nPuis, nous voici circulant dans le monde entier, entrant chez le\nlégiste, chez l'ingénieur, chez l'architecte, visitant des services publics,"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.7", "texte": "PLANCHE I.\nAVANT-PROJET D'AMENAGEMENT DE LA CITE-JARDIN DU PLESSIS-ROBINSON, DEPARTEMENT DE LA SEINE (FRANCE).\nArchitecte-Directeur : J.-L.-M. PAYRET-DORTAIL.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement »."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.8", "texte": "PLANCHE II.\nPLAN D'AMENAGEMENT DE LA CITE-JARDIN DES LILAS, DEPARTEMENT DE LA SEINE (FRANCE).\nArchitectes : PELLETIER ET TESSIERE.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement ».\nSupplément à la Revue « La Cité ». IVe année."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.9", "texte": "LA CITÉ. MARS 192 4.\n\ndes établissements privés, des logements ouvriers, courant la cam-\npagne, les jeux, etc.\nL'Angleterre étale un programme de construction formidable,\norganisé lentement sur un mode qui a déjà l'air traditionnel. Business!\nen 1927, l'Etat anglais aura fait une bonne opération\nL'Amérique, « le mouvement civique des dix dernières années\naux Etats-Unis est un des plus significatifs. Il est esthétique et\nrenferme les premiers éléments de la synthèse esthétique ».\nSincèrement! le gratte-ciel est une vérité, et les Américains s'en\nsont fort légitimement servi, après expérience. La Zoning-Law\nest également une vérité d'expérimentation et qui se confirme elle-\nmême, car elle répartit la vie. Cela est très américain. Car les parks et\nles moyens de transport n'ont rien d'exclusifs, à moins que l'effort\ndes autres pays, dans ce dernier sens, ne soit nié.\nLa Belgique permet de passer en Hollande, le pays le plus ancien\npour ces sortes de préoccupations. Ici les villes ont fait preuve du\nsens de la politique foncière et de l'habitation. Les artistes ont été\nattentifs et pratiques, les ouvriers ont su produire.\n« C'est grâce à l'excellente législation spéciale comme aux efforts\nintelligents et méthodiques des communes et du pouvoir central com-\nbinés qu'aujourd'hui la Hollande offre un aspect très rassurant en ce\nqui concerne la solution de la crise du logement, fait malheureusement\ntrop rare ».\nAprès la Hollande, la plus grande sagesse peut être trouvée chez\nles Scandinaves, chez les Finlandais, dont la politique de l'habitation\nou de l'extension est toute de prévention. Chez le Norvégien, où la\ngrande liberté jalousement gardée des communes a abouti à une\nénergique action, immédiatement efficace et variée tant en matière\nd'extension que d'habitation.\nTandis que nous avons vu M. H. Sellier prouver la crise du\nlogement par les statistiques de la mortalité, la Suède s'est occupée\nà une statistique intéressante sur la hausse des loyers, considérée\ncomme l'expression de la crise. C'est une contribution qui peut\nparaître très spéculative, mais qui, par la rigueur de la méthode\nemployée, a une valeur scientifique."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.10", "texte": "LA CITÉ. MARS 192 4.\n\nL'Allemagne! Depuis 1917, rien. Mais que dire de l'Autriche,\nde la Hongrie, de la Tchéco-Slovaquie, de la Pologne.\nLa Suisse n'a rien fait de particulier. La Roumanie s'apprête à\nun effort qui, par sa condition presque exclusivement rurale, exige\ndes compétences et des initiatives particulièrement distinguées.\nL'ltalie, créatrice des Offices d'Habitations à Bon Marché, nous\nramène en France.\nL'effort de Paris date de 1910 et offre un bel ensemble tant\nmunicipal que par le moyen de groupement d'entreprises. La guerre\ndevait arrêter cet élan. Depuis, le mouvement est repris et, de plus en\nplus, l'Office des Habitations à Bon Marché remplit son rôle.\nTantôt il aide de son expérience à la révision des lois anciennes\nen vue d'un rendement meilleur ou de plus grandes facilités légales.\nT antôt il réclame des libertés pour les constructeurs, sur les matériaux\ndesquels l'exclusive est jeté. Puis l'Office travaille, et les projets, le\nchoix des terrains subissent son examen critique. La construction\nn'échappe pas à son observation. Enfin, il achète avec ses fonds des\nbiens fonciers ou des immeubles restés inachevés qu'il termine en les\nadaptant.\nL'Office départemental d'Habitations à Bon Marché est né\npendant la guerre. Son action a été puissante, précise et définitive dès\nsa fondation. Son œuvre déjà considérable est une œuvre de large\nconception, la plus large qui ait été envisagée jusqu'à ce jour en\nFrance.\nM. H. Sellier dépouille le travail de cet Office et nous apporte,\npour toutes ses créations, tous les documents : rapports de tous les\nservices, architecture, esthétique, travaux des eaux, services agricoles,\ncontrôleurs subdivisionnaires, etc., etc., sur tel terrain proposé à\nl'acquisition. Avis des comités de patronage, d'hygiène, de Chambres\nde Commerce, etc., etc. Et voici maintenant l'architecte qui nous\nexplique lui-même son plan, fonction des conditions géographiques,\ngéologiques, climatériques, hydrographiques, etc. Il discute autour\ndes rues et de leur largeur, des places et des espaces libres.\nTout découle, tout s'enchaîne, depuis le monument décoratif"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.11", "texte": "PLAN SCHEMATIQUE DU PROJET D'AMENAGEMENT DE LA CITE-JARDIN DE SURESNES-REUIL, DEPARTEMENT DE LA SEINE (FRANCE).\nArchitecte-Directeur : MAISTRASSE.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement »."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.12", "texte": "LA CITÉ. MARS 1924\n\njusqu'aux habitations familiales, en y comprenant les services\npublics et administratifs.\nVoulez-vous des chiffres? Proportions des surfaces de rue, de\nterrain, de jeux, bâties, etc., etc. Voici des cartes, voici des plans,\nvoici des coupes et des façades : Genevilliers, Plessis-Robinson,\nChatenay, Malabry, Champigny, Suresnes, Rueil, Stains Drancy,\nBagnolet, Le Lilas, autant de cités-jardins qui sont des exemples de\nce que peut le goût français. Il y a là une grosse somme de travail,\nune tentative qui peut se juger déjà d'un coup d'œil. L'esthétique y\njoue un rôle tel que ceux qui ont produit cela se sont montrés d'un\ncoup à la hauteur de tout ce qui s'était fait à l'étranger. Par ailleurs,\nnous en sommes encore à la recherche des matériaux. A ce titre,\nl'Office lutte énergiquement pour en faire tolérer d'autres que ces\nbons vieux, dont nous sommes si riches, que le plus pauvre et le\nplus paresseux s'en peut encore servir. Aussi, certaines mises au\nconcours de procédés de construction, avec les relations chiffrées de\nleurs rapports, sont-ils extrêmement intéressants. Ayons confiance\nen la ténacité de l'Office.\nL'effort est très beau. Est-il donc seul, que le résultat puisse s'en\nmesurer si facilement?\n7,000 logements quand il en faudrait 32,000. Le cancer et la\ntuberculose auront encore de beaux jours.\nAlors!\nPersonne ne répond et le législateur est muet, il n'a à sa dispo-\nsition qu'une foule de moyens négatifs, des contraintes, des\npoursuites, aucun moyen d'action.\nAlors! cette terrible accusation : « La misérable politique\nd'économie, qui trop souvent consiste à obérer formidablement\nl'avenir pour dégrever légèrement le présent, aura joué son rôle\nnéfaste ».\nNous la retrouverons.\n\nMarcel GUILLEMINAULT."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "145", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.13", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nLes Conduits Unitaires de fumée\nComme on s efforce tout naturellement en ce moment de réduire le coût des construc-\ntions, l'on met en avant, dans bien des domaines, l'application de matériaux et de procédés\nnouveaux. C'est ainsi qu'en qui concerne les cheminées, l'on a proposé de différent\ncôtés d'appliquer chez nous le système des conduits unitaires fort répandu en Suisse, eni|\nAllemagne, dans bien d autres pays. Ce système consiste a remplacer les corps de\ncheminees usités chez nous et comprenant autant de conduits que de foyers de combustion,\npar un conduit unique construit évidemment dans les conditions requises maïs\nsur lequel viennent se brancher les différents appareils de chauffage. La solution est\nattrayante, aussi d aucuns contentons-nous de renvoyer à un article succinct de\nl officieuse Revue <( L Habitation à Bon Marche » ont conclu purement et simple-\nment à son adoption chez nous.\nC est une conclusion, sans doute, un peu hâtive. La question est, en effet, beaucoup\nplus complexe qu elle n en a l air à première Vue et mérite un examen approfondi.\n• Nous n avons pas la prétention d'apporter ici la solution du problème. Nous vou-\ndrions simplement en faciliter l étude en mettant nos lecteurs au courant des expériences\net des discussions qui ont eu lieu a ce sujet en France, ou la question a soulevé un très\nvif intérêt et où elle a fait l objet d'études dont on peut ne pas adopter les conclusions.\nmais dont on ne saurait nier le caractère scientifique.\nLa Revue « La Construction Moderne » a résumé ta discussion en un article qui\nvise, certes, les situations et les contingences françaises. Mais celles-ci sont en l'occurrence\nsuffisamment voisines des nôtres pour que nous puissions tirer grand profit de ces\nréflexions. Nous reproduisons donc l'article en entier :\n\nLes leçons d'un conduit de fumée\n\nLa discussion qui a eu lieu à la dernière\nsession du Conseil général de la Seine au\nsujet de l'adoption du conduit unitaire dans\nla construction des immeubles à bon marché\nentreprise par le département, est instructive\nà plus d'un titre. Bien que deux longues\nséances consacrées à cet intéressant sujet\nn'aient peut-être pas permis d'élucider entiè-\nrement le problème technique qu'il com-\nporte, et aient abouti pratiquement à un sim-\nple renvoi devant la commission des habita-\ntions ouvrières de la proposition soumise au\nvote de l'assemblée, la lecture du compte\nrendu montre que le temps consacré à cette\ndiscussion ne serait pas perdu si les leçons\nqui s'en dégagent pouvaient être comprises\nde tous et produisaient les conséquences\nqu' elles comportent.\nL'exposé de la question a été clairement\nrésumé par M. Henri Sellier, après avoir rap-\npelé que la limitation des essais du conduit\nunitaire dans les cuisines d'un groupe de\nconstructions, conseillée, sur sa proposition,\npar le Conseil d'hyigène, ne résultait pas de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.14", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nsa part d'une hostilité contre le système,mais\nde l'impossibilité où il s'était trouvé d'en\nobtenir une plus large extension auprès de ce\nconseil. Il observait d'abord que l'un des re-\nproches adressés au conduit unitaire, savoir\nle danger résultant de la rupture du conduit\net, par suite, de l'infiltration des gaz dans les\nappartements est encore plus mérité par le\nconduit individuel : tout le monde sait que\nce dernier a bien rarement l'étanchéité régle-\nmentaire soit que les poteries se fendent, soit\nque les joints ne soient pas effectués avec\ntout le soin voulu. Le conduit unitaire offre à\ncet égard une sécurité plus grande, parce\nqu'il comporte une double gaine et qu il\nexige dans sa construction un soin tel que le\ndanger de malfaçon est écarté. Quant au\ndanger de refoulement des gaz, pour certains\ndes foyers desservis, il est supprimé par le\ndispositif de ventilation installé à l'orifice du\nconduit, dispositif qui détermine une circula-\ntion permanente, d'autant plus intense que la\ncolonne d'évacuation est portée à une tem-\npérature plus élevée en raison du nombre\ndes foyers allumés : il en résulte que ce sys-\ntème présente au contraire, sur le système\nactuel, l'avantage d'une ventilation des ap-\npartements bien plus énergique et plus\nassurée.\nLe conduit unitaire, aux avantages de\nl'hygiène, joint celui d'une notable économie\ndans la construction, économie que certains\névaluent à 25 0/0 que les adversaires eux-\nmêmes ne chiffrent pas à moins de 5 0/0\nd'autant plus élevée en tout cas qu'il s'agit\nd'immeubles plus importants et où le conduit\nunique dessert un plus grand nombre d'ap-\npartements et remplace un plus grand nom-\nbre de conduits ordinaires. Cet avantage est\névidemment de poids quand il s'agit de la\nconstruction d'immeubles à bon marché\nentrepris par une administration publique. Il\nfaut ajouter que l'architecture de l'immeuble\ny gagne avec les facilités d'aménagement des\nlocaux.\nM. Henri Sellier observait que ce système\na donné déjà d'excellents résultats dans di-\nverses villes de France et de l'étranger,\nnotamment à Genève, où le Palais du Bureau\ninternational du Travail, qu'on est en train\nde construire, et qui doit représenter le der-\nnier mot de l'hygiène et du progrès, est édifié\navec le conduit unitaire. « On ne peut pas\nsoutenir que les architectes de l'étranger qui\nsont beaucoup plus que les nôtres à l'affût\ndes systèmes de perfectionnement des cons-\ntructions et qui ont des préoccupations d'hy-\ngiène que nos techniciens et nos administra-\ntions ignorent trop souvent, sacrifient sur ce\npoint les intérêts dont ils ont la charge. »\nNous allons voir au contraire qu'en France\ncomme à l'étranger, ce sont les architectes\nqui préconisent l'adoption du nouveau sys-\ntème, et qu'ils sont arrêtés dans la réalisation\nde ce progrès par les routines de l'adminis-\ntration.\n« Nous sommes, paraît-il, un peuple qui\nest à l'avant-garde du progrès, qui est tou-\njours prêt à admettre les idées nouvelles, les\ninitiatives susceptibles de modifier les condi-\ntions d'existence; s'il est une industrie qui\néchappe à ce jugement, c'est bien l'industrie\ndu bâtiment. On construit encore, à l'heure\nactuelle, en France, comme Mansart cons-\ntruisait sous Louis XIV avec les mêmes pro-\ncédés techniques, avec les mêmes errements,\navec les mêmes routines, et il est navrant que\nce soit l'Administration, qui devrait faire les\nplus grands efforts pour apporter une mo-\ndernisation dans les conceptions industrielles\ndu bâtiment, que ce soit elle, dis-je, qui, par\ndes règlements surannés, basés sur un esprit\nde routine et une peur des responsabilités\ninquiétante, paralyse toute innovation sus-\nceptible d'obtenir à conditions hygiéniques\néquivalentes des prix de revient plus faibles\net par conséquent de corriger dans des pro-\nportions équivalentes la crise du logement\nque nous subissons. »\nC'est bien notre système administratif qui\nest responsable de cet esprit de routine et\nM. Henri Sellier pouvait exprimer ce souhait:\n«Je voudrais que sur ce terrain notre Admi-\nnistration ne restât pas en arrière des autres\nadministrations européennes. » Que s'était-il\npassé en l'espèce? La question, étudiée dès"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.15", "texte": "TECHNOLOGIE\n\n-1920 par la Commission, fut soumise par le\nPréfet de la Seine, en 1921, au Conseil d'hy-\ngiène. Son rapport, déposé le 14 août 1922,\nfaisait des réserves et fut suivi d'une enquête\nà Lyon, à Genève et à Lausanne, à la suite\ndesquelles le Conseil d'hygiène se prononça\nnettement contre 1 emploi du conduit uni-\ntaire. Sur les instances de la commission, qui\njugeait peu concluantes les expériences faites,\nle Conseil d hygiène consentit à faire une\nnouvelle enquête dans l'immeuble de la rue\nVasco-de-Gama: l'une des expériences, faite\npar un technicien de la Préfecture de la\nSeine, aurait abouti à des conclusions nette-\nment concluantes, tandis que la seconde,\nconfiée à un technicien de la Préfecture de\nPolice, n aurait pas abouti. Enfin, en février\n1923, la Préfecture de la Seine joignant ses\ninstances à celles de la commission, le Con-\nseil d'hygiène se décida à autoriser les essais\ndans le groupe des bastions 37 et 38, dont\nla construction subissait de ce chef un retard\nd un an à un an et demi. Il convient d'ajouter\nque l'autorisation, donnée pour un an, deve-\nnait sans objet par le fait même de ce retard.\nOn en était donc au même point au moment\noù M. Henri Sellier, au nom de la commis-\nsion proposait au Conseil général d'autoriser\nla construction dans les conditions indiquées.\nCe qu'il importe de retenir de ce débat,\nc'est beaucoup moins la conclusion technique\nque comporte en lui-même l'examen du Con-\nseil d'hygiène, que l'attitude de ce dernier et\nde l'administration en face de la demande\nde la commission. Quelle que soit l'autorité\ndes savants qui composent ce conseil, auto-\nrité que personne ne méconnaît et vis-à-vis\nde laquelle tous les orateurs ont exprimé la\nplus entière déférence, les conclusions de\nleurs enquêtes n'entraînaient pas la convic-\ntion : les expériences avaient été faites dans\ndes conditions peu probantes; leur opinion\nreposait sur des procédés anciens, n'ayant\nrien de commun avec les procédés moder-\nnes; le conduit unitaire était adopté en\nSuisse depuis bien des années déjà, sans don-\nner lieu au moindre reproche. D'autre part,\nil s'agissait d'un procédé qui, s'il était\nreconnu satisfaisant sous le rapport de l'hy-\ngiène, devait constituer un réel progrès dans\nla construction et procurer une sérieuse éco-\nnomie pour les finances publiques et un sup-\nplément de logements pour la population. Il\nsemble que, dans ces conditions, il était du\ndevoir d un organisme technique soucieux de\n1 intérêt général de procéder à de nouvelles\nenquêtes avec toute l'impartialité et la rapi-\ndité possibles. Quelle que fût la conviction\npersonnelle des membres du Conseil, le\ncaractère même de la science qui leur dictait\nleur appréciation leur imposait l'obligation\nde tenir compte des objections qui leur\nétaient opposées et des doutes que leur déci-\nsion laissait planer dans les esprits, ne fût-ce\nque pour en démontrer l'inanité et asseoir\nleurs conclusions sur des bases plus inébran-\nlables.\nRemarquons en effet que ni la science ni\n1 impartialité des techniciens qui composent\nle Conseil d'hygiène ne sont en cause : per-\nsonne ne songeait à les mettre en suspicion.\nMais l'erreur est propre à l'esprit humain,\nmême le plus savant, et nul ne peut, en ma-\ntière scientifique, imposer d'autorité son\nopinion à celui qui croit avoir de bonnes\nraisons pour en douter. En négligeant cette\nsituation, le Conseil d'hygiène donnait prise\nau reproche d'esprit de routine qu'on lui a\nadressé au cours de la discussion. On a fait\nressortir l'opposition qui s'est manifestée\nentre le service compétent de la Préfecture\nde la Seine et celui de la Préfecture de police,\nen l'espèce le Conseil d'hygiène, en la taxant\nde parti pris. On a noté également que l'opi-\nnion des hygiénistes se heurtait à l'avis\nopposé des architectes qui construisent et qui\nsont cependant intéressés personnellement à\nne pas se tromper dans leur conception,\npuisqu'ils restent responsables des effets nui-\nsibles de celle-ci pendant une période assez\nlongue pour que cette responsabilité soit\neffective. Ces imputations sont plus graves\nqu'on ne l'imagine peut-être à ne considérer\nles choses que superficiellement, car elles\nconduiraient bientôt à ruiner l'autorité d'un\norganisme dont le rôle doit gagner aujour-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.16", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nd'hui en importance à raison de la place\nqu'occupe de plus en plus l'hygiène dans la\nvie sociale moderne. S'il est une fonction qui\nrentre normalement dans les attributions des\npouvoirs publics, c'est bien celle qui consiste\nà réunir les compétences pour emettre un\navis qualifié sur des questions d'hygiène inté-\nressant la collectivité comme celle dont il\ns'agit, la constitution d'un organisme de ce\ngenre étant d'intérêt général et dépassant les\npossibilités d'action des particuliers. Mais\ncette action pour être salutaire, doit aider et\nnon entraver l'activité individuelle. Loin de\nmériter, ou même de s'exposer à mériter des\nreproches de routine, elle devrait à la tête\nde tous les progrès qui concourent à accroître\nà la fois la salubrité, la prospérité de l'indus-\ntrie et par le fait même le bien-être collectif.\nPeut-être le résultat incriminé doit-il être\nattribué en partie à la composition même du\nConseil d'hygiène qui, suivant l'observation\nde M. Henri Sellier, comprend les représen-\ntants de l'administration préfectorale « dans\nune proportion infiniment plus forte que\ncelle qu'elle devrait avoir, eu égard à nos\nresponsabilités en matière d'hygiène », en\nsorte que la « quasi majorité qui s'est consti-\ntuée en Conseil d'hygiène contre le conduit\nunitaire, comprenait tous les fonctionnaires »\nde ce service. Cette circonstance expliquerait\nen effet bien des choses, s'il est avéré qu'il\nexiste entre l'esprit administratif et les mé-\nthodes industrielles une opposition de faits\nqui donne trop souvent à l'administration\nl'apparence d'une entrave plutôt que d'une\naide pour l'industrie privée. Il importe gran-\ndement, dans l'intérêt de tout le monde, que\nles administrations publiques et en particulier\ncelle dont il s'agit, démontrent par les faits\nque cette opposition n'existe pas et que le\nreproche qu'on lui adresse souvent de ce chef\nn'est pas fondé.\nAfin de compléter le dossier de cette question, nous croyons bien faire en rapportant\négalement les arguments des adversaires des « conduits unitaires ». Nous les trouvons\nrésumés dans un article paru dans les « Annales d'Hygiène publiquef Industrielle et\nSociale », mai 1923. M. du Bois d'Auberville y reprend, avec l'autorité que Von est\nunanime à lui reconnaître, les arguments quil avait fait valoir dans un rapport quil a\nPrésenté au Préfet de la Seine concernant la question qui nous occupe.\n\nO. G.\n\nUne nouvelle offensive des « conduits unitaires »\npar M. du Bois d'Auberville, architecte en chef de la Préfecture de Police.\n« Mlle Bertin, la modiste de la Reine Ma-\nrie-Antoinette, disait : « Il n'y a de nouveau\nque ce qui est oublié », mot profond qui\nrappelle celui du vieux poète anglais, Chau-\ncer : « 11 n'y a de nouveau que ce qui a\nvieilli ». Cette formule servira de préambule\naux quelques observations qui vont suivre. »\n10 Les anciens conduits unitaires\nTous les vieux architectes ont connu les\ntuyaux de fumée « unitaires » ; les tuyaux\n« M... », comme on les appelait du nom de\nleur inventeur, un excellent entrepreneur de\nfumisterie d'ailleurs; ils eurent leur heure de\nvogue puis à la suite de nombreux accidents,\nils tombèrent dans le discrédit le plus grand,\net on les avait oubliés, depuis 1875, date de\nleur enterrement; si totalement oublié, qu'au-\njourd'hui, où nous assistons à une nouvelle\noffensive de conduits unitaires qui leur res-\nsemblent comme des frères, nous sommes\nsurpris de voir l'engouement d'antan repren-\ndre avec vigueur chez un certain nombre de\nnos confrères.\nTout le monde connaît le principe sim-\npliste, trop simpliste, du conduit unitaire :\nsur un conduit de fumée montant verticale-\nment depuis la cave jusqu'au faute d'une"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.17", "texte": "SÉLECTION\nChronique de la vie artistique et littéraire\nLes quatre années qui suivirent l'armistice ont vu l'éclosion\nd'un grand nombre de revues d'art et de littérature. Toutes furent\nforcées de suspendre leur parution après un temps plus ou moins long,\nfaute de ressources financières suffisantes. Plusieurs avaient cependant\nfourni un effort digne d'intérêt et en ce moment leur disparition est\nune des causes de l'apathie que manifeste la vie intellectuelle de\nnotre pays.\nLa revue Sélection qui fut l'une des premières à mener\nchez nous le combat pour un art renouvelé, estime qu'après l'action\nforcément dispersée et fragmentaire exercée par ces diverses tenta-\ntives individuelles, ils est devenu urgent de grouper dans le cadre\nd'une organisation commune tous les éléments qui se sont montrés\nvéritablement soucieux d'aider au développement d'un art et d'une\nlittérature correspondant aux besoins de notre temps. Pareille\ncoopération permettra l'édition d'une revue qui, tout en se mainte-\nnant sur un plan strictement moderne, s'adressera à un plus vaste\ncercle de lecteurs et sera assurée d une existence durable.\nDès à présent la rédaction de la revue Sélection s'est\nadjointe les principaux rédacteurs et collaborateurs des anciennes\nrevues Ça Ira, Créer et Signaux de France et de Belgique. Ce\nremaniement lui donnera le moyen d'élargir le champ de son acti-\nvité et d'accroître le nombre et l'intérêt de ses rubriques. De cette\nfaçon, Sélection espère s'imposer définitivement comme la grande\nrevue de critique générale qui fait si complètement défaut en Bel-\ngique, embrassant toutes les manifestations de l'esthétique contem-\nporaine : arts plastiques, lettres, musique, cinéma, architecture,\nurbanisme etc. De plus, comme nous ne sommes pas de ceux qui\ns'imaginent que toute la poésie du monde se trouve amassée dans\nles rayons de leur bibliothèque, nous nous intéresserons à tout ce\nqui constitue les aspects du temps, les expressions de la vie actuelle.\nA côté de reproductions de tableaux et de sculptures, de bâtiments\net de films, nous donnerons donc le portrait intime, familier d'un\nécrivain et d'un artiste, mais aussi celui d'un boxeur, d'une dan-\nseuse ou d'un clown. Nous photographierons une auto, un avion, un"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.18", "texte": "décor, une usine, une affiche, un meuble au même titre qu'une\nœuvre d'art.\nCe ne seront pas toujours des graves essais que nous\nécrirons ; des notes sommaires, des chroniques courtes et frappan-\ntes remplacent souvent avantageusement de longs et doctes com-\nmentaires. C'est dire que nous chercherons surtout à faire une revue\nbien vivante et très contemporaine.\nComme nous estimons que nous avons quelque chose de\nspécial à dire en Belgique et que nous avons une vie personnelle\nà manifester, ici, nous nous proposons encore de ne pas aller sim-\nplement à la remorque des revues françaises similaires\nSélection accordera une importance toute spéciale aux\nexpressions d'art de chez nous, s'efforçant d'en déterminer les\ndirectives et les courants essentiels et de les situer dans l'ensemble\ndes grands mouvements d'idée modernes, tels qu'ils se manifestent\ndans une Europe largement ouverte. Elle présentera ainsi un appui\nprécieux pour les divers organismes d'art existants, dont les travaux\nsont trop souvent méconnus par la presse commercialisée et par le\npublic méfiant et insuffisamment éclairé. Toutes associations d'art,\nde littérature, de musique, de théâtre qui veulent comme nous du\nmoderne avant tout, peuvent être assurées que leurs prestations\nseront analysées et soutenues dans notre revue avec le soin et la\nsympathie que mérite toute tentative désintéressée.\nUne importante partie anthologique sera jointe à la partie\ncritique. Pour toutes deux les meilleures collaborations nous ont\nété promises, dans notre pays, en France, à l'étranger. Nous pouvons\naffirmer que la grosse majorité des auteurs qui ont antérieurement\ncollaboré à Sélection, Signaux de France et de Belgique, Ça Ira,\nCréer nous ont promis de rester fidèle à la nouvelle revue.\nDe nombreuses reproductions d'œuvres plastiques choisies\nparmiles plus représentatives des grands artistes modernes et dans\ntout les pays qui participent à l'art nouveau, viendront dans chaque\nnuméro illustrer à Faide d'exemples les essais et les notes. Nous\npublierons également dans chaque fascicule des bois ou lithos origi-\nnaux. Enfin paraîtront régulièrement des pages de musique inédites.\nSélection publiera dans ses premiers numéros :\nLe génie du Nord, par André de Ridder; La sculpture Belge, par\nGeorges Marlier; Georges Auric, par E.L.T. Mesens; Le dandysme\ndu Sport, par Georges Thialet ; Picasso, par Waldémar George ;\nHeinrich Campendonck, par Paul van Ostayen ; Braque, par Paul\nFierens; Chagall, par Waldémar Georges; La Mâchine, par Fernand"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.19", "texte": "Léger; Jean Cocteau, par Paul Neuhuys ; Pierre Mac-Orlan, par\nAndré de Ridder ; Paul Valéry, par Léon Duesberg ; Lettres à\nGuillaume Apollinaire, par Jean Mollet ; L'Art Décoratif, par\nJules de Praetere ; Le Point, par Jean Crotti; L'Art et le Quoti=\ndien, par P. G. van Hecke; Cinématographie Moderne, par Louis\nDelluc; La Danse, par Sébastien Voirol; Sur le Sport, par Jean\nCocteau; André Gide et la Nouvelle Revue Française,par Georges\nThialet etc.\nDes poèmes de Max Jacob, Jean Cocteau, André Salmon,\nHenry de Montherlant, Pierre Reverdy, Biaise Cendrars, Tristan\nTzara, Céline Arnauld, Paul Fierens, Léon Cheno}r, Paul Neuhuys,\nRobert Goftin, Robert Guiette, René Purnal, P. G. van Hecke»\nMarcel Lecomte, Pierre Bourgeois, etc.\nDes contes de Mac Jacob, Pierre Mac-Orlan, Joseph Delteih\nJean-Richard Bloch, Raymond Radiguet, Henri Hertz, Alexandre\nArnoux, Jacques Sindral, Gille Anthelme, P.G. van Hecke, etc.\nDes etudes de Maurice Raynal, Florent Fels, Benoist\"\nMechin, Jean Mirande, René Crevel, Paul Fierens, Kasper Niehaus,\nPaul Westheim, etc.\nDes rubriques régulières sur la Littérature,les Art plastiques,\nla Musique, le Cinéma, l'Architecture, l'Urbanisme etc ; des lettres de\nParis (Maurice Raynal), de Hollande (Kasper Niehaus) et des\ndifférents pays européens.\nDepuis novembre, Sélection parait régulièrement le 15 de\nchaque mois en fascicules de 64 à 128 pages de format in -8e, dont\n16 pages d'illustrations au moins.\nIl sera publié une édition de luxe à tirage limité, imprimée\nsur papier de Hollande et dont les numéros contiendront des\ngravures sur bois et des œuvres graphiques originales, tirées à part\net réservées exclusivement aux souscripteurs de cette édition de luxe.\nL'exécution typographique sera faite avec grand soin. L'édition\nconstituera pour les souscripteurs un ouvrage, dont la valeur biblio-\nphilique dépassera rapidement le prix d'abonnement.\nDirecteurs : André de Ridder et P. G Van Hecke.\nSecrétaire de Rédaction : Georges Marlier.\nComité de Rédaction : Gille Anthelme, Jules de Praetere, Léon\nDuesberg, Robert Goffin, H. L. T. Mesens, Paul Neuhuys, René\nPurnal, Georges Thialet.\nAbonnement ordinaire : Frs. 35.—\nAbonnement de luxe : Frs. 150.—\nAdresse de la Rédaction et de l'Administration :\n166. Avenue Charles de Prêter\nANVERS"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.20", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nmaison, sont branchés, à chaque étage, un\nou deux appareils de chauffage, poêle ou\ncheminée; un semblable conduit pourrait\ndonc desservir douze ou quatorze cheminées.\nOn voit F économie très sérieuse qu'un pareil\nsystème, s'il était bon, pourrait apporter\ndans la construction d'un immeuble dans\nlequel aujourd'hui on est obligé d'établir au-\ntant de conduits de fumée qu'il y a de poêles\nou de cheminées.\nPour bien comprendre comment se pose à\nnouveau la question actuellement, il est né-\ncessaire de connaître la genèse et l'histoire\ndes conduits M...\nC'est en 1859 que « MM. M... et A...,\nconstructeurs d'appareils de chauffage bre-\nvetés, 17, rue Saint-Gilles (Marais), à Pa-\nris », inventèrent et lancèrent dans le bâti-\nment les « appareils M... ». En quoi consis-\ntait « l'appareil M... »? Cet « appareil »\ncomportait trois parties : 10 le tuyau uni-\ntaire; 2° le foyer « fumivore »; 3° le conduit\nde ventilation.\nLe conduit unitaire d'abord : « Un seul\ntuyau de 0,25 sur 0,30 suffirait, dit le pros-\npectus éloquent de l'inventeur, pour recevoir\nla fumée de six cheminées sans le moindre\ninconvénient. Dès lors, plus de tuyaux mul-\ntiples, réduction notable dans le prix de la\nconstruction, économie de place, d'entretien\net de nettoyage. Tous ces résultats, rendus\nd'ailleurs évidents par des applications sans\nnombre, sont constatés dans les rapports très\nfavorables de plusieurs Sociétés savantes à\nla tête desquelles viennent se placer les plus\ncompétentes : la Société Centrale des Archi-\ntectes et la Société d'Encouragement ».\nQu'on excuse cette longue citation du\nprospectus de l'inventeur, mais elle n'est pas\ninutile, car elle contient de très véridiques\nassertions, et aussi, parce que les protago-\nnistes des nouveaux conduits unitaires se ser-\nvent presque des mêmes arguments.\nLe tuyau unitaire était en poterie rectan-\ngulaire de 0,25 X 0,30 et montait verticale-\nment dans toute îa hauteur du bâtiment, de-\npuis la cave, où il était fermé par un tampon\nde ramonage, jusqu'au faîtage; à chaque\nétage, un branchement raccordait la ou les\ncheminées dudit étage au conduit et ce bran-\nchement devait se rapprocher le plus pos-\nsible de la verticale, ce qui était évidemment\nlogique et rationnel.\nDans chaque cheminée était placé le foyer\nM... : c'était une sorte de cheminée à la\nprussienne, composée d'une façade en fonte\najourée, à laquelle s'adaptait une vaste co-\nquille à grille ou à chenets, selon que l'on\ndésirait brûler du charbon ou du bois; cette\ncoquille se terminait à la partie haute par\nune buse en fonte également, de section\novale, qui se raccordait à l'aide d'un man-\nchon en tôle, à la demande, à un branche-\nment en attente du conduit unitaire. Enfin,\nau bas de la coquille, au fond et au ras de la\ngrille, il existait une ouverture ovale d'où\npartaient deux conduits obliques, venus de\nfonte et passant derrière la coquille, qui ve-\nnaient déboucher dans la buse de la partie\nhaute. D'après l'inventeur, l'ouverture du\nbas servirait à l'évacuation des gaz et de la\nfumée pendant toute la période de l'allu-\nmage; les gaz étaient, disait-il, brûlés ainsi et\nla fumivorité était complète; de plus, pré-\nten3ait-il, cette disposition s'opposait aux re-\ntours de fumée.\nLe système était complété par le conduit\nde ventilation : c'était un second conduit en\nboisseaux Gourlier qui montait parallèlement\nau premier, mais de l'autre côté des chemi-\nnées, et qui, à chaque étage, détachait sous\nle plancher une ventouse venant déboucher\nsous l'âtre et destinée à alimenter le foyer en\nair frais. Ce conduit de ventilation partait\nde la cave ou du rez-de-chaussée et prenait\nautant que possible l'air à l'extérieur.\nIl faut reconnaître que tout cet ensemble :\nconduit unitaire, foyer, ventilation, était in-\ngénieusement combiné et cela explique 1 en-\ngouement du public, des constructeurs et des\narchitectes pour ce système.\nDès 1860, et quoique l'Ordonnance de\nPolice du 1 1 décembre 1852, par son article\n6, ainsi libellé : « Chaque foyer de cheminée\nou de poêle doit, à « moins d'autorisation\nspéciale », avoir son tuyau particulier dans"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.21", "texte": "TECHNOLOGIE\n\ntoute la hauteur du bâtiment », ait très net-\ntement interdit les conduits unitaires, les con-\nduits M... furent employés dans nombre de\nbâtiments. On était dans la magnifique pé-\nriode de « bâtissage », si je puis m'exprimer\nainsi, qui coïncida avec la transformation de\nParis entreprise par le préfet Haussmann, et\nM... en profita, sans aucune autorisation\nd'ailleurs.\nEn 1861, M... sollicita l'avis de la Société\nCentrale des Architectes qui chargea une\nCommission, composée de MM. Van Cleem-\nputte, président; Duval, secrétaire, et Paf-\nfert, rapporteur, laquelle, après des « études\net des expériences » faites aux divers établis-\nsements où l'inventeur avait déjà placé ses\nappareils, déposa un rapport qui fut adopté\nen Conseil le 2 1 mai et en Assemblée géné-\nrale le 4 juillet 1861, signé Gilbert aîné,\nmembre de l'lnstitut, et Godebœuf, secré-\ntaire principal.\nDans le rapport de M. Paffert, après une\ndescription de l'appareil, il est indiqué que la\nCommission a constaté le bon fonctionne-\nment du système, et que l'inventeur a re-\nconnu qu'il fallait, pour obtenir un bon\ntirage :\n10 Que le tuyau unitaire fut multiple à\nchaque étage de la section nécessaire à cha-\nque appareil, section déterminée par le vo-\nlume d'air à chauffer;\n2° Que la section pour le branchement, à\nchaque étage, sur le tuyau unitaire fût en rap-\nport avec le numéro de l'appareil;\n3° Qu'une section plus grande que les\nmultiples fut donnée au tuyau unitaire en\nraison du tirage produit par l'appareil.\nLa Commission reconnaissait qu'avec l'ap-\npareil M..., on pouvait :\n10 Chauffer plusieurs pièces par un seul\nfoyer et quelles que soient les matières qu'on\nbrûlait; dès lors : économie de combustible\nmalgré le « tirage violent » qui se produisait;\n2° Opérer parfaitement la ventilation des\npièces;\n3° Obtenir une combustion régulière;\n4° Obtenir la combustion de tous les gaz\net leur disparition complète dans le tuyau\nunitaire ;\n5° Jouir de la facilité de se clore herméti-\nquement sans chance de fumée, à la condi-\ntion cependant de munir chaque appareil\nd une prise d'air extérieur;\n6° Réduire la dépense des constructions\nen diminuant le nombre des tuyaux de terre\ncuite ;\n7° Ramoner facilement, sans être obligé\nde passer dans les appartements.\nEt le rapport se terminait par cet alinéa :\n« Enfin, en raison des avantages précé-\ndemment décrits et qu'elle a constatés, la\nCommission, sans cesser d'engager M. M...\nà rechercher les perfectionnements qu'on\npeut encore apporter aux foyers dont il est\n1 inventeur, avec application au tuyau uni-\ntaire, pense qu'il y a lieu déjà « d'attirer\nl'attention des membres de la Société Cen-\ntrale des Architectes » sur ces appareils de\nfumistierie. »\nCe rapport favorable, quoique prudent\ndans sa conclusion, aida incontestablement à\nla diffusion des conduits M... L'inventeur ne\ns'en tint pas là et présenta son système à la\n« Société d'Encouragement pour l'lndustrie\nNationale », laquelle chargea M. Henri Péli-\ngot de lui présenter un rapport au nom du\nComité des Arts mécaniques. Ce rapport fut\ndéposé et approuvé en séance le 22 avril\n1 869. Il est très nettement favorable et in-\ndique « qu'un grand nombre de maisons\n« nouvellement » construites sont munies du\nsystème complet ». Pourvu ainsi de référen-\nces de premier ordre, le système M... con-\ntinua sa fortune ascendante, quoique n'ayant\naucune autorisation de la Préfecture de\nPolice.\nCependant, les inconvénients inhérents à\ntout système de conduits unitaires se produi-\nsirent. M... crut y remédier en ajoutant à\nson appareil de cheminée une trappe qui,\nlorsqu'on ne faisait pas de feu, devait être\nfermée et qui obstruait alors hermétiquement\nla buse de départ de l'appareil.\nPi ai s, inquiet sans doute, il se détermina,\nen 1 868, à solliciter l'autorisation de la Pré-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.22", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nfecture de Police (demande du 13 juillet\n1 868, signé : M... et A... )et— je rappelle\nmon préambule! cette demande était vi-\nvement appuyée par une lettre du 21 juil-\nlet 1868 de M. le Comte de L..., député!\nLe Préfet de Police demanda un rapport\nà tous les architectes de son Service d'archi-\ntecture : onze rapports figurent au dossier;\nsur ces onze rapports, huit furent nettement\nfavorables, trois seulement défavorables.\nParmi ces derniers, je citerai particulière-\nment celui de mon regretté prédécesseur et\nmaître : Henri Bunel; et je ne puis résister\nau désir d'en citer quelques extraits, car ils\nsont de nouveau d'actualité :\n« La première question est celle-ci, dit\nHenri Bunel : peut-on, sur une conduite de\nsection constante, brancher plusieurs tuyaux\nde fumée. La théorie dit non et, sur ce point,\ncomme sur bien d'autres, la pratique a con-\nfirmé la théorie. Toutes les fois que, sans dis-\npositions spéciales, on a fait arriver en des\npoints différents la fumée dans une seule et\nmême conduite, le tirage s'est mal fait et, le\nplus souvent, il y a eu appel du foyer infé-\nrieur. » Et il ajoute plus loin : « Cependant\nnous voyons journellement dans les usines\net nous les prescrivons souvent, une seule\ncheminée avec plusieurs foyers, et il n'y a\npas de fumée et tous les foyers tirent égale-\nment bien. C'est qu'alors il a été pris des dis-\npositions spéciales devant remédier au choc\ndes gaz animés de vitesses inégales et de\ntempératures variées. Ces dispositions sont\nde plusieurs sortes. « La première consiste à\nfaire varier la section du conduit unique » en\nl'augmentant en proportion du nombre de\nfoyers dont il reçoit la fumée. » Enfin,\naprès d'autres considérations également judi-\ncieuses, il termine ainsi son rapport con-\ncluant au refus d'autorisation par cette\nphrase : « Je proposerai aussi qu'on fit appel\net demandât l'avis des architectes et des\nconstructeurs qui, en ayant fait usage, ont dû\ny renoncer! »\nMalgré la majorité d'avis favorables des\narchitectes, MM. M... et A... ne furent pas\nautorisés; ils ne jouirent que d'une tolérance\nà leurs risques et périls.\nD'ailleurs, les inconvénients et les dangers\ndu système se montraient de plus en plus à\n1 usage, tant et si bien que la Préfecture de\nPolice sentit le besoin de prendre une déci-\nsion et de réviser l'ordonnance du 1 1 dé-\ncembre 1852. « Il était reconnu, en effet »,\ndit un rapport au Conseil d'Hygiène\n« qu il convenait d apporter à ce règlement\ndiverses modifications dont l'expérience\navait démontré la nécessité. » Une Commis-\nsion fut nommée à 1 effet d'étudier la ques-\ntion sous la double face : incendie et salu-\nbrité. Elle fut composée ainsi qu'il suit :\nCommission des Incendies\nMM. de Bullemont, secrétaire général de\nla Préfecture de Police, président; Poggiale,\nmembre de l'Académie de Médecine et du\nConseil d'Hygiène; du Sonich, inspecteur\ngénéral des Mines, membre du Conseil d'Hy-\ngiène; Bailly, architecte; Prosper Deschamps,\narchitecte; Gérard Simon, architecte; Va-\nnoni, président de la Chambre des Fumistes;\nSaint-Martin, colonel du régiment des Sa-\npeurs-Pompiers de Paris; Saint Clair, chef\nde bataillon du régiment des Sapeurs-Pom-\npiers de Paris; Baube, chef de la 2e division,\nPréfecture de Police, membre du Conseil\nd'Hygiène; Paliard, architecte en chef de la\nPréfecture de Police, membre du Conseil\nd'Hygiène; Lasnier, chef du 4e Bureau, Pré-\nfecture de Police, membre du Conseil d'Hy-\ngiène ; Mathieu, chef du ler1er Bureau, Préfec-\nture de Police, membre du Conseil d'Hy-\ngiène; Nillet, chef du 3e Bureau, Préfecture\nde Police, secrétaire.\nCette Commission nomma une Sous-Com-\nmission spéciale de salubrité, composée de :\nMM. Devergie, Poggiale, du Sonich, Pa-\nliard, rapporteur.\nCette Sous-Commission déposa un rap-\nport au Conseil d'Hygiène le 9 avril 1875,\nrapport qui était la condamnation formelle\ndes conduits unitaires, car il contenait dans\nses instructions finales ce paragraphe caté-\ngorique :\n« Il importe donc que tout foyer ait son\nconduit particulier de fumée montant jus-\nqu'au dessus des toits. »"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.23", "texte": "TECHNOLOG I E\n\nCe rapport a été lu et adopté dans ladite\nséance du 9 avril 1875 et, comme suite à ce\nrapport, il a été pris par le Préfet de Police\nl'ordonnance de Police du 15 septembre\n1875 qui consacra définitivement la con-\ndamnation des conduits unitaires.\nLe système, à la suite de nombreuses\nplaintes, périclita rapidement et ne fut plus\nemployé, mais il existait et il existe\nencore, quoiqu'on en ait remplacé beaucoup\npar des conduits individuels de nombreux\nimmeubles dont les foyers sont desservis par\ndes conduits Mousseron lesquels donnent\ntoujours sujet à des plaintes justifiées que le\nService d'Architecture reçoit. Je n'en citerai\nqu'une seule, la dernière, en date de novem-\nbre 1922, pour montrer un exemple typique.\nUne dame G..., demeurant boulevard\nVoltaire, adresse une plainte au Maire du\nXIe arrondissement qui invite un membre de\nla Commission d'Hygiène de l'arrondisse-\nment à visiter le local de la plaignante.\nLe membre de la Commission d'Hygiène,\naprès visite, faut un court rapport ainsi conçu:\n« La plainte de Mme G..., boulevard\nVoltaire, me paraît fondée. En effet, j'ai\nconstaté que dès que l'on faisait du feu dans\nla cuisinière de l'étage au-dessous, le pro-\npre fourneau de cuisine de Mme G... était\nenvahi de fumée qui sortait par toutes les\nouvertures. En somme, lorsqu'il y a du feu\ndans la cuisine des voisins de l'étage infé-\nrieur, la cuisine de Mme G... est inhabitable.\nIl m a semblé que la cheminée était com-\nmune pour toutes les cuisines de cette partie\nde l'immeuble. J'estime que Mme G... a\nraison de se plaindre et qu'il y a lieu de\nsupprimer le plus tôt possible l'état de chose\nexistant en raison du phénomène d'asphyxie\ntrès à craindre. »\nLe Maire ayant renvoyé la plainte et le\nrapport à la Préfecture de Police, le Service\nd'Architecture reconnut le bien-fondé de la\nplainte et le rapport de ce service dit ceci :\n« On a essayé d obvier aux inconvénients du\nsystème unitaire en adoptant la solution sui-\nvante : chaque buse de départ du conduit de\ntôle des fourneaux a une clef permettant\nd'obturer le conduit quand on ne se sert pas\ndu foyer. » « Mais, dit plus loin le rappor-\nteur, la dite clef fonctionne mal et il ne peut\nen être autrement, une clef métallique étant\nforcément déformée par le feu. » Le proprié-\ntaire de 1 immeuble s est décidé à construire\ndes conduits individuels grosse dépense,\nmais combien prudente.\nEnfin, pour terminer cette revue rétros-\npective des conduits unitaires, j'avais remar-\nqué parmi les rapports favorables des Archi-\ntectes de la Préfecture de Police, un rapport\nsigné L..., et connaissant un confrère de ce\nnom qui, à ma connaissance, avait été archi-\ntecte de la Préfecture de Police, je me suis\nadressé à lui pour avoir quelques renseigne-\nments. Mon honoré confrère, qui porte allè-\ngrement ses 79 ans, s'est dérangé pour venir\nme voir et m'a dit qu'en 1868 il n'était\nqu'architecte surnuméraire de la Préfecture\nde Police, mais que le rapport était de son\npère qui, effectivement, avait été, à ce mo-\nment comme beaucoup d'autres, séduit par\nla simplicité du système; il se rappelait que\nson père avait construit rue des Mathurins\nun immeuble où il avait établi des conduits\nunitaires, qu il avait dû ultérieurement rem-\nplacer par des conduits individuels à la suite\ndes inconvénients et accidents qui s'étaient\nproduits à 1 usage. On m a signalé beaucoup\nde cas du même genre un peu dans tous les\nquartiers de Paris.\nTelle est l'histoire résumée des conduits\nM..., de leur grandeur et de leur décadence.\nNous allons examiner maintenant comment\nse présente la nouvelle offensive des con-\nduits unitaires.\n2° Les conduits de fumée actuels\nAvant d'examiner les nouveaux conduits\nunitaires, il me paraît nécessaire de parler\nun peu des conduits actuels dont les promo-\nteurs des nouveaux systèmes ont dit, et fait\ndire, beaucoup de mal, pour mieux sans\ndoute pouvoir vanter leur marchandise!\nOn a dit que les conduits actuels commu-\nniquaient fréquemment entre eux, parce\nqu ils étaient souvent mal construits, souvent\nfissurés à l'insu du propriétaire, qu'ils étaient"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.24", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nperméables et laissaient passer les gaz, etc.\nTout cela est fort exagéré. Je reconnais\ntoutefois que la légende des conduits qui\ncommuniquent entre eux existe, et qu'elle est\ntrès répandue et tenace, mais ce n'est fort\nheureusement qu'une légende. Il en est de\nmême du danger de la perméabilité des con-\nduits en poteries et de leur fissuration. Pour\nque cette perméabilité joue un rôle actif, et\nsoit une cause d'intoxication, il faut des cir-\nconstances de liaison de matériaux, de temps\net de contrepression presque irréalisables\nensemble et je n en connais que peu de cas\nprobants.\nQuand un locataire, son feu non alllumé,\nvoit sa cheminée rabattre de la fumée prove-\nnant incontestablement du voisin du dessus\nou du dessous, il est convaincu que les con-\nduits communiquent entre eux, et il conti-\nnuera de le croire même après qu'on lui aura\nmontré qu il s agit simplement d'un phéno-\nmène de siphonage; sa cheminée, pour des\nraisons d emplacement et de disposition de\nportes, fait appel à sa partie haute sur le\ntoit, et la fumée d'une cheminée voisine re-\ndescend dans son conduit et vient envahir\nson local. En général, on remédie très faci-\nlement à cet inconévient par la surélévation\ndu conduit, la création d'une ventouse, etc.,\net tout rentre dans l'ordre; mais, quant aux\nconduits qui communiquent véritablement\nentre eux, j'en ai fort peu vus dans mes\ntrente années de carrière, même dans des\nimmeubles de spéculation cependant cons-\ntruits avec assez de négligence. Et puis une\nexception ne peut constituer une règle et ne\npeut en rien diminuer la valeur de sécurité\nd'un système de construction qui a fait ses\npreuves.\nOn a aussi beaucoup abusé de l'oxyde de\ncarbone, et il s'est produit entre les archi-\ntectes d'une part, les médecins et les chi-\nmistes d'autre part, un malentendu qu'il fau-\ndrait cependant dissiper.\nIl n'est pas nécessaire qu'un local quelcon-\nque soit envahi par l'oxyde de carbone pour\nêtre inhabitable et anti-hygiénique; il suffit\nque ce local soit à tout moment rempli par la\nfumée d un foyer voisin pour que l'incom-\nmodité qui en résulte pour l'occupant soit in-\ntolérable. Or, dans la fumée, il n'y a souvent\nque des quantités fort minimes d'oxyde de\ncarbone, les produits existants étant surtout\ndes gaz carburés, provenant de la distillation\ndu combustible par combustion incomplète\net des produits lacrymogènes généralement\nsulfureux. Or, c est ce phénomène d'enva-\nhissement d'un local par la fumée qui est le\nplus fréquent et qui constitue pour ceux qui\nen sont les victimes ce que avec raison\nl'ordonnance de police du 27 mars 1906\nqualifie d' « incommodité grave »; l'intoxi-\ncation proprement dite par l'oxyde de car-\nbone est beaucoup plus rare, fort heureuse-\nment, mais elle est d'autant plus dangereuse\nque les victimes ne s'en aperçoivent souvent\npas, l'oxyde de carbone comme l'acide car-\nbonique n'ayant aucune odeur spéciale et\nn'étant décelé à l'odorat que par la présence\ndans les émanations des autres produits de la\ncombustion : carbures et sulfures presque\ntoujours existants fort heureusement. Cette\nintoxication par oxyde de carbone ne se pro-\nduit que par refoulement des appareils à\ncombustion lente, refoulements générale-\nment intermittents, ce qui permet souvent de\nles déceler avant que la mort s'en suive et\nd'y remédier.\n3° Les conduits unitaires en général\nComment est établi un conduit unitaire et\npourquoi ne peut-il pas bien fonctionner?\nUn conduit unitaire est un tuyau générale-\nment en poteries ou en ciment comprimé et\nmoulé, de « section uniforme dans toute sa\nhauteur », et qui, à chaque étage, dessert par\nbranchements « ad hoc », un ou plusieurs\nappareils de combustion : cheminées, poêles\nou fourneaux, lesquels appareils, fourneaux,\npoêles ou cheminées, peuvent être allumés\nensemble, ou, au contraire, séparément.\nOr si on n'a guère étudié scientifiquement\nles appareils de chauffage privés et ména-\ngers, par contre, le chauffage industriel est\nsorti de l'enfance et repose sur des théories\nsérieuses et probantes. L'un des axiomes les\nmieux établis de cette théorie est que la sec-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.25", "texte": "TECHNO L O G I B\n\ntion d'un conduit de fumée est fonction de\nI importance du ou des foyers, fonctionnant\nsimultanément qu il dessert, et de la hauteur\nde ce conduit. On évalue généralement l'im-\nportance d'un foyer par le poids de combus-\ntible brûlé par heure dans ce foyer.\nLa formule empirique la plus simple\nque l'on emploie est celle proposée par Wie-\nprecht et Recknagel qui est la suivante :\nP\nw yVn\no)est la section du conduit exprimée en\nmètres carrés;\nP le poids du combustible brûlé par heure en\nkilos;\nH la hauteur de la cheminée en mètres;\n(p un coefficient variable selon la nature\ndu combustible et qui\n= 105 pour la tourbe;\n84 » le bois;\n70 » la lignite;\n42 » la houille et le coke.\nCette section s'accorde le mieux lorsque la\nhauteur H = 1 6 d + 7moud = diamètre du\ncôté de l'orifice supérieur de la cheminée.\nExemple : Un foyer brûlant 18 kgs de\ncharbon à l'heure nécessite un conduit de\n13 mètres de hauteur et de 12 centimètres\ncarrés de section.\nIl est évident qu'un conduit « unitaire »\ndesservant X foyers situés au même niveau\nne pourra fonctionner normalement que si\nles X foyers desservis fonctionnent ensemble\net brûlent à l'heure un poids constant de\ncombustibles. Or, aucune de ces conditions\nn'est réalisée dans la pratique.\nExaminons d'abord ce qui se passe dans\nl'industrie : en premier lieu, s'il y a plusieurs\nfoyers, ils sont tous au même niveau, il ne\nviendra jamais à l'idée d'un industriel de\nloger des chaudières à différents étages et\nde les brancher sur le même conduit, il sait\nque son installation ne fonctionnerait pas.\nVoyons, en effet, un conduit unitaire avec\nun foyer à chaque étage : si on fait, au\n3e étage, je suppose, un feu de combustible\ngras aux fumées lourdes, et au ler1er étage un\nfeu de coke aux gaz plus légers, le foyer du\n2e étage n'étant pas allumé et en commu-\nnication ouverte avec le conduit, il y a toutes\nchances pour que le local du 2e étage soit\nenvahi par les gaz de la cheminée du\nler1er étage qui viendront frapper ceux plus\nlourds et plus denses du 3e étage, alors qu'ils\nont déjà leur vitesse coupée par l'introduc-\ntion d'air froid et, par suite, bien plus lourd\nqui se produira au 2e étage. Toutes les cuisi-\nnières qui ne sont ni ingénieurs, ni physiciens*\nsavent que, pour couper le tirage de leurs\nfourneaux de cuisine, il suffit d'ouvrir la\ntrappe qui, près du plafond, met en com-\nmunication l'air de la pièce et le conduit de\nfumée.\nUn conduit unitaire n'a donc quelque\nchance de marcher que lorsque sa section\nétant la somme des sections de tous ses bran-\nchements (c'est ce que préconisait M...),\ntous les foyers ainsi desservis sont allumés.\nOn voit, du reste, combien cette condition\nest presque impossible à réaliser. On s'en\nrapproche pour les foyers de cuisine, les heu-\nres des repas étant, en général, les mêmes\ndans les mêmes classes sociales, mais cela est\nloin d'être absolu, et il n'est pas prudent, à\nmon avis, de se baser sur cette simple possi-\nbilité pour encourager l'emploi des conduits\nunitaires, même pour les cuisines. Cepen-\ndant, à la suite justement de la campagne\nentreprise en faveur des conduits unitaires,\ncertaines villes de Suisse, nous le verrons\nplus loin, les ont autorisés, mais plusieurs\nd'entre elles seulement pour les cuisines.\nIl est bien évident que si, dans un conduit\nde fumée dont la section a été calculée pour\ndesservir, par eexmple, c'est le cas le plus\nfréquent, sept foyers, un seul foyer envoie\nses gaz de combustion, le tirage ne peut pas\nêtre suffisant, et il suffit d'une circonstance\natmosphérique spéciale, vent plongeant, so-\nleil frappant sur l'orifice du conduit, brume\népaisse, pour favoriser ces refoulements dans\nles locaux voisins par les branchements ou-\nverts. M... s'en était aperçu et avait essayé\nd'y remédier par les trappes qu'il installait\ndans chacune de ces cheminées, palliatif tout\nà fait insuffisant, l'usage l'a surabondam-\nment montré."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.26", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nEnfin, il est d'autres considérations qui\ndoivent entrer en ligne de compte; ce sont,\nd une part, 1 emploi malheureusement si ré-\npandu à Paris des appareils à combustion\nlente, et celui, qui se répand de plus en plus\négalement, des foyers alimentés par le gaz\nd'éclairage.\nLes appareils à combustion lente qui ont\nen général des buses de départ de fumée\nn'ayant qu'un faible diamètre : 1 0 à 15 cen-\ntimètres, fonctionnent déjà difficilement dans\nnos conduits dont la section de 0,20 X 0,20\nest trop grande pour eux, surtout aux étages\nsupérieurs, ils seront dans des conditions plus\ndéfavorables encore dans des conduits de\n0,35 de diamètre.\nQuant aux poêles et cheminées au gaz\nd éclairage, on voit, sans qu'il soit besoin\nd insister, le danger considérable qui résul-\nterait de leur emploi avec des conduits uni-\ntaires; c est l'explosion sûre en cas de fuite\nde gaz. Rien que cette considération devrait\nsuffire pour proscrire ces conduits.\n4° Les nouveaux conduits unitaires\nExaminons maintenant un des types de\nconduits unitaires préconisés par les soi-di-\nsant novateurs.\nJe choisira le modèle le plus répandu en\nSuisse. Voici quelles en sont les caractéris-\ntiques :\n(Test un conduit formé d'éléments de 0,50\nde hauteur, les inventeurs signalaient à ce\npropos l'avantage de n'avoir de joints hori-\nzontaux que tous lse 0,50 au lieu de tous les\n0,30 environ, des conduits en poteries, le\nfait est exact, mais ne signifie rien, la multi-\nplicité des joints donne plus de souplesse au\nconduit ordinaire. Ces éléments sont non en\nterre cuite réfractaire, mais en ciment com-\nprimé; j'estime que la poterie est bien supé-\nrieure au ciment en ce qui concerne l'épreuve\ndu feu, et que ces conduits en ciment de\nfaible épaisseur, 0,03, résisteront moins à un\nfeu violent que des conduits réfractaires de\n0,05 d'épaisseur.\nCes éléments sont à double enveloppe; le\nconduit intérieur qui, pour un immeuble de\n6 étages, devra avoir 0,30 à 0,35 de dia-\nmètre intérieur, est de section circulaire ; il\nest entouré de quatre alvéoles de formes\nvariées, selon les systèmes, mais toutes de\ntrès petite largeur et, par suite, inramonables\net innettoyables, ces alvéoles servent, dans\nces systèmes, de conduites de ventilation, et\nsont ouvertes dans la partie haute des pièces.\nDans les cuisines, à cause des buées grasses,\nces conduits méplats se rempliront de ma-\ntières grasses qui s'enflammeront au premier\nfeu de cheminée et communiqueront le feu\ndans les pièces supérieures ou inférieures.\nCar, ces conduits, dits de ventilation, refou-\nlent très fréquemment. Dans mon voyage à\nGenève, j'ai constaté ce refoulement, si fré-\nquent, que presque dans tous les locaux où\nj'ai vu employer ces conduits, les orifices\nmunis d'une grille étaient presque partout\ncondamnés.\nIl faut remarquer qu'en cas de fissure au\nconduit intérieur, cette fissure ne pourra pas\nse voir et les gaz de la combustion pourront\npasser dans les alvéoles de ventilation et, en\ncas de rabattement, envahir les locaux des\noccupants.\nLe conduit unitaire porte, à chaque étage,\nune ou deux prises ou buses de branchement\npour poêles ou cheminées; ces buses sont en\ntôle et de direction perpendiculaire au con-\nduit; le système M... était mieux compris, les\nbuses de branchement étant aussi rappro-\nchées que possible de la verticale; avec les\nsystèmes nouveaux, si on raccorde un tuyau\nde tôle, vertical, avec le conduit unitaire, on\naccumulera coude à 90° sur coude à 90°, ce\nqui est déplorable au point de vue du tirage,\nchaque changement de direction déterminant\nune perte de charge; enfin, à côté de cette\nbuse de départ de fumée, au-dessus, généra-\nlement, sera placée l'ouverture de ventilation.\nLa partie haute, hors comble du conduit, est\nsurmontée d'un aspirateur qui, disent les\nprospectus des inventeurs, permet de « tirer\npar tous les temps et par tous les vents »\nce qui est très malheureusement inexact, cet\naspirateur basé sur le principe bien connu\ndes surfaces à section cycloïdale n'empê-\nchant nullement les refoulements en cas de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.27", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nvents plongeants, les alvéoles de ventilation\ndébouchent, dans ce système, au-dessous de\nl'aspirateur. Dans une autre système analo-\ngue, elles débouchent dans l'aspirateur\nmême, ce qui est plus dangereux en cas de\nrefoulement.\nCes gaines unitaires, comme les conduits\nM..., commencetit en cave, où une trappe en\nfonte permet le ramonage.\nOn voit donc, sans qu'il soit besoin de\nplus de détails, en quoi les conduits As... et\nsimilaires sont inférieurs aux conduits M...\n1° Branchement à 90° sur le conduit au\nlieu du branchement à 30° du conduit;\n2° Double enveloppe non ramonable et\nnon nettoyable pour la ventilation au lieu du\nconduit de ventilation M..., bien distinct du\nconduit de fumeé et ramonable;\n3° Impossibilité de voir si le conduit inté-\nrieur est fissuré et communique avec la dou-\nble enveloppe, ce qui permettrait aux gaz\ncarboniques de circuler dans ces enveloppes\nde ventilation, d'y mettre le feu peut-être et\nde communiquer ce feu aux étages. Rien de\npareil dans le conduit M...;\n4° Conduit en ciment moulé inférieur au\nconduit en poteries réfractaires.\nEn Suisse, plusieurs villes n'ont autorisé\nles conduits unitaires que pour les cuisines\noù leurs inconvénients sont moins fréquents,\nà Lausanne, par exemple. A Genève, une\nvingtaine d'immeubles sont munis de con-\nduits unitaires qui desservent surtout des cui-\nsines ou des chauffages centraux par étage.\nLes architectes bien connus à Genève,\nMM. B. et H. qui en avaient établis pour des-\nservir des cheminées de salon, ont eu de gros\nennuis par les refoulements et ont déclaré\nque cette expérience n'était pas à renouveler.\nEn France, où l'on essaie de répandre ces\nconduits, on a débuté à Grenoble et à Lyon\noù quatre ou cinq immeubles en sont pour-\nvus. Je suis convaincu qu'un avenir prochain\nmontrera les graves défauts de ces conduits\net que leur vogue sera plus courte de beau-\ncoup, que celle des conduits M...\nJe ne parle que pour mémoire de l'incom-\npatibilité des conduits unitaires et du Code\ncivil en matière de responsabilité en cas de\nfeu de cheminée.\nEn effet, les articles 1734 et 1735 du\nCode civil portent que le locataire qui a mis\nle feu à la cheminée est responsable des\ndégâts, or, comment savoir avec un conduit\nunitaire chez quel locataire le feu a pris nais-\nsance? Cette constatation si facile avec les\nconduits individuels, devient ici complète-\nment impossible!\nCe qui est regrettable, c'est que l'essai si\ndangereux fait à Paris des conduits unitaires\nl'air été dans des maisons ouvrières pour\nfamilles nombreuses!\nEspérons qu'il ne se produira pas d'acci-\ndents graves et qu'on renoncera à ce système\navant que ces accidents se soient produits.\n\nERRATUM\nLE MONUMENT BELGE\nD'AMERSFOORT\nPar suite d une erreur de mise en page le\ncliché de la planche VI du précédent numéro\na été imprimé à Y envers.\nNous prions nos lecteurs d'excuser cette\nfaute d'impression.\nL'Administration de « La Cité »•"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.28", "texte": "PLANCHE III.\nPLAIN D'AMENAGEMENT DE LA CITE-JARDIN DE STAINS, DEPARTEMENT DE LA SEINE (FRANCE).\nArchitectes-Directeurs : ALBENQUE ET GONNOT.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement ».\nSupplément à la Revue « La Cité ». IVe année."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.29", "texte": "PLANCHE IV\nPLAN D'AMENAGEMENT DE LA CITE-JARDIN D'ARCUEIL-CACHAN, DEPARTEMENT DE LA SEINE (FRNCE).\nArchitecte : PA YRET-DORTAIL.\nD'après Henri Sellier : « La crise du logement ».\nSupplément à la Revue « La Cité ». IVe année."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.30", "texte": "ECHOS\nPROVINCE DE BRABANT. CONCOURS\nD'AFFICHES. La Province de Brabant met au\nconcours l'exécution d'une affiche annonçant l'Ex-\nposition annuelle des Arts décoratifs et industriels,\norganisée par la Province en 1924.\nL>es projets doivent etre déposés au Gouverne-\nment provincial, a 1 adresse de M. le Président de\nla Commission provinciale des Loisirs du Travail-\nleur, au plus tard le 15 avril.\nSont admis à participer au concours, l'es Belges\ndemeurant dans la province depuis 3 ans au moins.\nUne somme de 500 francs sera allouée à l'auteur\ndu projet choisi.\nLes intéressés peuvent obtenir le règlement du\nconcours à la Commission des Loisirs du Travail-\nleur, au Gouvernement provincial, rue du Chêne,\n22, à Bruxelles.\nPREMIERE FOIRE OFFICIELLE COLONIALE\nD'ANVERS. CONCOURS D'AFFICHES EN\nCOULEURS. Le Comité promoteur de la <£ Foire\nColoniale d Anvers > se propose d'éditer une affi-\nche artistique pour la première Foire Officielle\nColoniale d'Anvers.:\nPeuvent participer à ce concours tous les artis-\ntes belges :\nConditions : L'affiche mesurera 1 mètre de hau-\nteur sur 0 m. 65 de largeur, une bande de 20 cen-\ntimètres de hauteur (pour le texte) étant comprise\ndans la hauteur totale;\nLes dessins devront être fournis à grandeur\nd'exécution. Les couleurs de base seront au nom-\nbre de trois sur fond blanc;\nLes projets devront être entièrement achevés. Ils\ndevront porter une devise; elle devra être repro-\nduite sur une enveloppe cachetée, qui renfermera\nle nom et l'adresse de l'auteur;\nLes enveloppes seront dépouillée es à une date\ndéterminée ultérieurement et les projets seront ex-\nposés pendant une semaine dans une salle de la\nville;\nSix primes de 250 francs seront attribuées aux\nsix meilleurs projets; si le jury estime pouvoir\nretenir parmi les projets primés deux œuvres, il\npourra attribuer à ces dernières des primes supplé-\nmentaires de 1,250 francs et 250 francs, aux pro-\njets classés respectivement premier et second. Les\ndeux projets ayant bénéficié de la prime complé-\nmentaire, demeureront la propriété de la Foire\nColoniale. Celle-ci se réserve le droit de les repro-\nduire et de s en servir dans les conditions qu'elle\njugera convenables,sans que de ce fait il puisse être\nexigé aucune autre indemnité;\nLe travail d exécution devra être surveillé p&r\n1 artiste intéressé; il choisira le ton des encres;\nLes projets non retenus pourront être retirés\navec l'enveloppe s'y rapportant, au secrétariat «us-\ndit, après la clôture de l'exposition et dans un délai\nde huit jours;\nIls devront être envoyés avant le 30 avril, au\nbureau du Secrétariat Général avec la mention :\n« Foire Coloniale d'Anvers. Affiche. »\nSecrétariat Général provisoire : 19, rue Hou-\nblonnière, Anvers. Tél. 4050.\nLE HOME, REVUE MENSUELLE ILLUSTREE\nD'ARCHITECTURE ET D'ART DECORATIF,\nfondé en 1908 à Bruxelles, reparaît régulièrement\nsur des bases nouvelles.\nAu sommaire :\nI. Notes techniques : Le souffle nouveau en ar-\nchitecture; Villa de M. F. C. au Dieweg à Uccle;\nL'Art indigène au Congo belge. 2. Notes documen-\ntaires : Etagères et vitrines. L'art de « bibelo-\nter >; Le règlement de mitoyennetés d'après-\nguerre; Nouveau bâtiment de la Banque Nationale\nà Ypres. Le progrès par le logement. Discipline et\nsolidarité nécessaires; Chronique de la mode.\nDevant le miroir : Premiers reflets. 3. Bruxelles se\ntransforme : Résidence Palace. 4. Maurice Langas-\nkens, peintre-décorateur. 5. Un art véritablement\naméricain. 6. La Belgique ira à Paris en 1925.\nDotée d'un comité de patronage imposant elle\nsemble vouloir s'assigner pour but d'intéresser le\ngrand public aux travaux des architectes belges.\nElle le fait en présentant un ensemble d'études de\nvaleur bien inégale, parmi lesquelles nous relevons\ndes notes intéressantes de Pierre Bourgeois sur « Le\nProgrès par le logement ».\nLE LIERRE ET LES MURAILLES. Rien\nne donne à nos demeures le charme et la douceur\ncomme les plantes grimpantes qui dissimulent les\nmurailles atones et moroses sous un charmant\nfouillis de verdure. Le lierre surtout, avec son\nfeuillage épais, d'un vert sombre, est pour l'humble"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.31", "texte": "TECHNOLOGIE\n\nmaisonnette la plus riche et la plus magnifique\nparure. Mais n'est-il pas à craindre, comme on l'en-\ntend répéter souvent que toute cette végétation\nluxuriante ne soit cause de l'humidité qui entraîne\nla ruine des murailles et l'insalubrité du logis?\n11 y a quelques années, en Angleterre, où l'on\nvoit nombre de châteaux et de maisons de campa-\ngne s'abriter sous un lierre vigoureux et abondant,\nun comité d'architectes et de propriétaires a en-\nquêté sur cette question et le résultat a été que\nl'action du lierre sur les murailles, indépendam-\nmen de toute considération d'esthétique, est plus\nutile que nuisible.\nIl est certain que le lierre non surveillé qui insi-\nnue ses rameaux entre les murs et les descentes\nd'eau des gouttières, qui soulève et déplace les\ntuiles, produit des dégâts quelquefois importants,\nmais qui peuvent être facilement évités avec quel-\nques soins. Par contre, les bienfaits du lierre sont\nappréciables.\nLe lierre amène l'assèchement des murs, soit\nqu'il absorbe l'humidité par ses vrilles ou plutôt\nencore que les lames obliques du feuillage perpé-\ntuel protègent le mur contre la pluie et la neige.\nQu'on examine le mortier des monuments en ruines\nenvahis par le lierre et on verra comme le mortier\nest dur et sec.\nLe lierre donne de la cohésion à la construction\npar ses rameaux enchevêtrés qui forment une sorte\nde cuirasse végétale extérieure plus résistante\nqu on ne suppose généralement.\nC'est aussi un obstacle au refroidissement des\nmurs. Les habitants d'une maison tapissée de lierre\nn'ont pas de peine à s'en rendre compte.\nPlantons du lierre pour orner nos maisons, il est\nutile et beau. La nature est le décorateur le plus\nhaßile et le moins cher.\n(« Ma Petite Maison »).\nPROGRES DE LA VENTILATION AUX ETATS-\nUNIS. M. G. T. Palmer, du département de THy-|\ngiène de l'Etat de Détroit, a récemment publié sur\n« Les Progrès de la Ventilation aux Etats-Unis »,\nune étude que lia « Revue Internationale » vient\nd'analyser.\nM. Palmer pose d'abord en principe, que la ven-\ntilation « a pour objet de régler l'atmosphère inté-\nrieure de telle façon qu'elle réponde aux nécessités\nd'une hygiène parfaite et d'un rendement ma-\nximum. »\nAu point de vue de la ventilation, le point essen-\ntiel est de contrôler la température. Cette idée ca-\nractérise les théories du XXe siècle sur la ventila-\ntion, contrairement aux théories précédentes qui\nestimaient que les principaux dangers auxquels\ndevait remédier la ventilation étaient l'anhydride\ncarbonique, les effluves organiques et l'humidité.\nEn 1905, on démontra que les conséquences néfas-\ntes d'une mauvaise atmosphère étaient, en général,\ndues à une température trop élevée ou à une humi-\ndité trop grande. C'est alors que le chauffage au\nmoyen de poêles ou de fourneaux fut remplacé par\ndes radiateurs à vapeur ou à eau auxquels on ad-\njoignit plus tard des systèmes de ventilation.\nDepuis la fin du siècle dernier, on considère que\nla ventilation doit procurer 30 pieds cubiques d'air\nfrais par minute et par personne, ce qui nécessite\nune amélioration des systèmes d'aération parmi les-\nquels les ventilateurs électriques.\nOn reconnut plus tard les mauvais effets d'une\nsécheresse excessive causée par la ventilation\ncanique et l'on adopta les dispositifs pour rendre\nà l'atmosphère son humidité. A l'heure actuelle,\nces dispositifs, non seulement rendent l'air plus\nhumide, mais éliminent en grande partie les pous-\nsières.\nEn vue de réduire la dépense que comporte une\nventilation compliquée et d'épargner le combus-\ntible, on a suggéré de faire circuler à nouveau l'air\ndéjà sorti du bâtiment, système qui est en opposi-\ntion directe avec les théories antérieures sur l'em-\npoisonnement par l'anhydride carbonique. Ce sys-\ntème a été introduit dans différentes régions des\nEtats-Unis et s'est révélé satisfaisant là où l'atmos-\nphère est en quantité suffisante et où n'existent pas\nde facteurs dangereux provenant soit des êtres hu-\nmains, soit de gaz, soit de procédés industriels\nspéciaux.\nL'auteur cite la définition d'une bonne ventila-\ntion, donnée par Winslow et reproduite en 1920\npar Park dans son public Health and Hygiène :\n1° L'atmosphère doit être tiède, mais pas trop\ntiède ;\n2° L'atmosphère doit être en mouvement, mais\nsans excès et sa température doit osciller légère-\nment d'un moment à l'autre;"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.32", "texte": "ECHOS\n\n3° L'air ne doit pas être souillé par des émana-\ntions nocives;\n4° L'air ne doit pas contenir des émanations de\nvapeur nocives on insalubres, ni de grandes quan-\ntités de poussières.\nL importance de la présence de microbes dans *\nl'air, déclare M. Palmer, a été exagérée, étant\ndonné que les microbes n'ont, pour ainsi dire, au-\ncune importance au point de vue die la ventilation,\nsauf dans les hôpitaux et dans certaines opérations\nindustrielles : comme lia manutention des-peaux et\nfourrures qui peuvent contenir des spores char-\nbonneuses.\nM. Palmer indique quelles sont,à l'heure actuelle,\nles conditions d'une bonne ventilation : fenêtres\najustables, radiation directe, contrôle facile de la\ntempérature et, s'il n'est pas facile d'établir des\ncourants d'air en ouvrant les fenêtres, installation\nde dispositifs à soupape. En ce qui concerne les\nécoles et autres institutions analogues où la venti-\nlation est assurée mécaniquement, i] préconise une\nventilation par dilution de l'air, plutôt que par\ndéplacement (c est-à-dire par une renouvellement\ncomplet de lair). Il indique que l'air doit entrer\npar en haut, traverser la partie supérieure de la\npièce et sortir en descendant le long du mur inté-\nrieur.\nIl attire l'attention sur le manque d'uniformité\ndes normes de ventilation formulées par les auto-\nrités publiques et demande la suppression des régle-\nmentations et autres restrictions afin de permettre\nd appliquer le procédé sucseptible de donner, dans\nchaque cas particulier, le meilleur résultat au point\nde vue du conifort, de l'hygiène et du rendement.\nPourvu que I on dispose de 30 pieds cubiques d'air\npur par personne et que l'espace soit suffisant il\nest parfaitement possible, dit-il, dans de nombreux\ntypes de bâtiments, de faire circuler à nouveau\nl'air déjà utilisé, ce qui éviterait un gaspillage de\ncombustible. Du moment que la température est\ninférieure à 70° Fahrenheit, toutes les réglées de\nl'hygiène sont satisfaites et il est, en général, inutile\nd'imprégner l'atmosphère d'humidité.\nM. Palmer souligne que la ventilation est deve-\nnue un facteur de premier ordre dans la construc-\ntion et attribue une grande partie des cas de tuber-\nculose rencontrés en France, à une aération défec-\ntueuse.\n(« Bâtiment et Travaux publics », 30 nov. 1922.)\nTUILES MECANIQUES (NOTE ETABLIE PAR\nLA COMMISSION PERMANENTE FRANÇAISE\nDE STANDARDISATION. La Commission s'est\ninspirée des conclusions adoptées par la Commis-\nsion technique du Ministère de l'Armement et des\nFabrications de guerre.\nDimensions\nA moins de stipulations contraires pour emplois\nspéciaux, les tuiles mécaniques seront des formats\nsuivants :\n13 au mètre carré;\n22 au mètres carré.\nConditions techniques\nLes tuiles mécaniques devront satisfaire aux con;\nditions suivantes :\n1° Avoir une texture homogène, exempte de fis-\nsures et de plans de feuilletage visibles ou décela-\nbles par le son;\n2° Avoir chacune une teinte régulière (ces con-\nditions s'appliquent seulement aux tuiles de pre-\nmier choix) ;\n3° Avoir une forme telle qu'elles soient assez\nplanes pour que l'emboîtement avec les tuiles voi-\nsines puisse se réaliser sur les deux tiers (2/33)\nde la hauteur de l'emboîtement.\n4° N'être pas gélives, ni renfermer de grains de\nchaux libre;\n5° Résister à un effort de la flexion de 100 ki-\nlogrammes.\nEssais physiques et mécaniques\nLes essais physiques et mécaniques auxquels\npourront être soumises les tuiles seront les suivants:\nRésistance à la flexion. Cet essai est exécuté\nsuccessivement sur 6 tuiles posées sur deux cou-\nteaux et chargées en leur milieu, à l'aide d'un troi-\nsième couteau d'une façon continue jusqu'à rup-\nture. Pour assurer la portée des couteaux et répar-\ntir uniformément les efforts dans toute la largeur,\non établit de petites banquettes transversales hori-\nzontales en ciment portland dur.\nLes couteaux présentent des arrondis de 15 mil-\nlimètres de rayon.\nEssai de gélivité. Les tuiles au nombre de 6,\nimmergées au préalable pendant quarante-huit heu-\nres dans de l'eau douce à ~b 15° C. sont soumises\npendant quatre heures à une température de\nIs° C., puis retirées de la glacière et placées à\nnouveau pendant quatre heures dans de l'eau\ndouce à -f- 15° C."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.33", "texte": "ECHOS\n\nCes opérations de gel et de dégel sont répétées\nvingt-cinq fois consécutives.\nLes tuiles sont examinées après chaque gel et le\nprocès-verbal indique les altérations qu'elles ont\nsubies.\n(« L'lngénieur Constructeur 2>, juillet 1923.)\nNOUVEAUX PROCEDES DE MELANGE DES\nMATERIEUX ET DES LIANTS DANS LA FABRI-\nCATION DU BETON ET DES PIERRES ARTIFI-\nCIELLES. Le « Génie Civil 2> du 23 septembre\n1922 donne la description d'un appareil mélangeur\nbasé sur un principe nouveau. Le principe est le\nsuivant : mélanger d'abord lies matériaux premiers,\npar exemple le sable et le gravier, et les mouiller\nhors de la présence du liant; le but de ce premier\nmélange est de bien répartir les grains de sable\nentre les graviers pour assurer l'homogénéité du\nproduit fini; les matériaux ainsi mélangés sont\namenés par arrosage au degré d'humidité désiré,\npuis exposés en courant continu à l'action du liant\npulvérisé en suspension dans un courant d'air.\nCelui-ci se dépose, en particules aussi fines que\nle permet son degré de mouture, sur chaque grain\nde sable et sur chaque gravier qu'il enrobe complè-\ntement. Le « mélangeur Sprenger 2> se compose\nessentiellement d'un tambour en tôle légèrement\nincliné, d'une longueur de 2 mètres environ; à l'ex-\ntrémité haute de ce tambour est fixé un trommel,\nà l'autre extrémité se trouve un diffuseur centri-\nfuge qui projette dans le tambour le liant venant\nde la trémie spéciale située au-dessus du diffuseur\net avec lequel il communique par un boisseau à\nouverture réglable. Les matériaux, sable et gravier,\npar exemple, sont approvisionnés dans une trémie\nà double compartiment; par des portes d'admission\nréglables, ils tombent dans un doseur à secousses,\nqui effectue la répartition des grains fins entre les\ngros grains, bouchant ainsi les vides et donnant\naux matériaux le volume qu'ils devront occuper\ndans le produit fini. C'est par rapport à ce volume\nà l'état tassé que sera éffectué le dosage de la\nquantité de ciment. Les matériaux, à leur sortie du\ndoseur à secousses, sont élevés par une chaîne à\ngodets dans une gouilotte où ils sont arrosés et d'où\nils sont admis dans le trommel. Celui-ci les expose,\nen les remuant, à l'action du courant de ciment\npulvérulent projeté par le diffuseur centrifuge. Il»\nsont exposés plus ou moins longtemps suivant leur\ngrosseur et sont enrobés de particules très fines de\nciment. Ils descendent ensuite le long du tambour,\noù ils achèvent de se mélanger pour sortir conti-\nnuellement par la partie basse du tambour.\nDans un modèle de débit plus faible» les maté-\nriaux sont charges à la pelle dans un avant-tambour\noù s effectue le premier mélange et l'arrosage; un\nélément de vis sans fin assure leur admission régu-\nlière dans le tambour de mélange.\nCe système de mélangeur à marche continue, qui\nne manipule à un même moment qu'une faible\nquantité de matériaux (40 litres), présente diffé-\nrents avantages : économie importante de force\nmotrice, fatigue minimum et usure nulle des or-\nganes, grande souplesse de débit. En marche con-\ntinue le débit horaire est de 12 mètres cubes pour\nl'e grand modèle, de 5 mètres cubes pour le petit\nmodèle, ceux-ci nécessitant respectivement une\nforce motrice de 4 chevaux et trois quarts de che-\nval. Le dosage rigoureusement automatique et in-\nvariable du liant, obtenu par des moyens mécani-\nques, est déterminé par la position d'un levier\nactionnant le boisseau d'arrivée dans le diffuseur.\nLes bétons obtenus par l'appareil Sprenger ont\natteint des résistances à la compression et à la\nflexion beaucoup plus élevées que celles qui sont\nobtenues par des procédés de brassage courant,\navec les mêmes dosages en poids.\nLes mélangeurs sont pourvus de trémies de liant\nà un ou à deux compartiments, permettant ainsi\ndiverses combinaisons, d'une part des liants : par\nexemple ciment seul, chaux seule ou chaux et ci-\nment, etc., d'autre part, les matériaux.\nLes appareils permettant également, dans la fa-\nbrication des pierres artificielles, d'employer des\nmatériaux négligés jusqu'ici dont disposent certai-\nnes régions, et d'utiliser divers déchets industriels\ntrès précieux pour leurs qualités d'isolement.\nAvec les bétons produits par lies mélangers\nSprenger, on obtient des qualités de tenue très\nconstante, quelles que soient les variations dans la\nproportion du gravier et du sable, à condition\nd'avoir toujours au moins une partie de sable pour\nune partie de gravier.\nLE PRÉSENT NUMÉRO RENFERME QUATRE PLANCHES HORS TEXTE"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192403-01.1.34", "texte": "ÉTABLISSEMENTS\nChapel\nPluntz\nSOCIÉTÉ ANONYME £ £ Firme exclusivement Belge depuis sa fondation ta 1864\n- PREAUX. 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V 710.00 15,00\nTout nouvel abonné peut obtenir, à titre de prime :\na) Les 2e et 3e années de «La Cité », au prix réduit de ... 5.00 7.50\n(Le prix en librairie est de 10 francs Belgique, 15 francs étranger).\nb) Le Cœur de la faille de Bruxelles, par Charles Buis, avec traduction d une confé-\nrence de C. Giirlitt sur la « Conservation du cœur d'anciennes villes ». Une bro-\nchure de 24 pages. (Prix en librairie : 2 francs.) ..... gratuit\nc) L'Abbaye de la Cambre, par G. des Marez. (Prix en librairie : fr. 1.50). ♦ gratuit\n\nEditions \" TEKHNÊ „\nLA CITE. Première année. (Rare.) . . , s , . x . . . . , . fr. 20.\nL'Art et la Société,par H.-P. Berlage, architecte à Amsterdam. Tirés à part ds la Revue\n« Art et Technique » (septembre 19 ! 3-février 1914). Un vohane luxueusement im-\nprimé et illustré de 98 clichés . . , . . . . , . fr. 20,—\nPaul Hankar (1859-190!), par Charles Cocrardy et Raym. Thibaut. Une brochure\nillustrée . . • • . • ... . ... . s . . . s *' v • 3.\nMatériaux de substitution dans la coruiruction de maisons, par J Seroen, architecte. Une\nbrochure illustrée fr. 2.\nL'habitation coloniale Sa construction au Congo Belge, par Gast. Boghonans. Une brochure\nde 20 pages abondamment illustrée . » , . , .. . , . , , , fr. 3.\nConstantin Meunier. L'historique de son monument au travail, par R. Thiry et G. Hen~\ndrickx. Une brochure lustrée . . . fr. I.\nL'Art des Jardins et le nouveau jardin pittoresque, par Louis van der Swaelmen, architecte-\npaysagiste aaaaaaa«a*a.£«*a a»»,, fr. 1\nLA REVUE (( TEKHNE » Collection complète de la 2™ année (1912-1913). 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