{"numero_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_sha256": "dd38a6df1172972b7a18e8a203d0b80f8bd4bd12a4999f13eed70ea630e01958", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1925/08_01/bmtnaac_1925-08_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1925/08_01/bmtnaac_1925-08_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c002", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "119", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.2", "titre_corps": "Le Procès de la Participation Belge. Editorial", "titre_sommaire": "Le Procès de la Participation Belge. Editorial", "signature_source": "« LA CITE »", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1126, "texte": "L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS\nET INDUSTRIELS MODERNES\nA PARIS\nLe Procès de la Participation Belge.\nEditorial\n\nIl est difficile de prédire quelles seront les conséquences de Fex-\nposition de Paris.\nDevra-t-on la considérer du moins pour les latins comme\nun départ concerté vers la recherche d'une forme qui soit l'expression,\npropre à l'époque, de la sensibilité contemporaine? Ou faudra-t-il\nenregistrer une réaction misonéiste consécutive à un échec éventuel\nde la démonstration tentée?\nQuoi qu'il en soit, il est permis d'ores et déjà d'affirmer que\nl'exposition de Paris ne peut en aucune façon se proposer comme un\nbilan de l'effort moderne, en dépit de sa prétention à être une riposte\nà l'exposition du Werkbund allemand tenue à Cologne en 1914.\nTout d'abord, il y eut de grandes lacunes dans la mobilisation\ndes nations, laquelle aurait dû être générale sans restriction, et l'ab-\nstention de l'Allemagne, conséquence d'une invitation tardivement\nfaite, n'est pas la moindre de ces lacunes.\nD'autre part, l'inégale maturité « moderniste » des peuples\nconfrontés a été la cause psychologique profonde d'une incomplète"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.4", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "et souvent partiale représentation des forces modernistes existantes\ndans certains pays ainsi que d'une répartition des emplacements et\nde leur étendue proportionnelle, qui est sans doute en relation avec\ndes préoccupations politiques internationales, mais qui n'est aucu-\nnement en rapport avec l'importance relative de l'appoint des diffé-\nrents pays du monde à la constitution de l'art moderne d'esprit\nnouveau.\nTelle quelle, l'exposition mérite une étude approfondie et re-\nquiert une attention diligente de tous ceux qui s'intéressent au mou-\nvement artistique dit « moderne » ou « moderniste ».\nChacun peut en dégager des enseignements utiles pour son\npropre compte.\nC'est ce que nous nous proposons de faire ici, avant tout pour ce\nqui est de la Belgique, afin que l'aventure, au moins, nous serve de\nleçon!\nCe qu'il importe d'élucider d'abord, pour la Belgique, c'est le\npoint de savoir :\nSi la participation belge devait ou pouvait être un bil a n de\nl'effort « moderne » en notre pays?\nSi cette particpation devait plutôt être un palmarès opportuniste\nou une consécratio n... de retraite pour quelques-\nuns?\nSi elle pouvait vraiment être une synthèse de l'esprit moderne\nen Belgique, ou si les contingences ne recommandaient pas plutôt\nd'avoir recours à une mobilisation générale des\nseules forces vives spécifiquement modernistes de la\nnation?\nAvant d'en décider, il importe de procéder au recensement des\nforces « modernistes » dont notre pays peut disposer et de confronter\nl'inventaire des œuvres avec les dispositions du Programme élaboré\npar le Gouvernement français pour l'organisation générale de\nl'exposition.\nNous publions à cet effet dans le présent numéro de «La Cité»:\nEn premier lieu la Conférence-Programme que fit le i o janvier"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.5", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "1924 devant les membres médusés du Cercle Artistique et\nLittéraire de Bruxelles, M. Paul Léon, Directeur des Beaux-Arts,\nMembre de l'lnstitut, dans le but avoué de stimuler le Gouvernement\nbelge, qui s'y montrait rétif à cette époque, à participer officiellement\nà l'exposition.\nEn second lieu, un recensement général des forces « moder-\nnistes » mobilisables en Belgique.\nNous publierons dans le prochain numéro de « La Cité » des\nextraits de documents officiels et du Programme général de l'expo-\nsition publiés par le Gouvernement de la République Française et\nconstituant la spécification de LA PROMESSE faite solen-\nnellement aux « modernistes » du monde entier.\nNous examinerons par la suite si LA PROMESSE a\nété tenue; nous analyserons en détail la méthode suivie s'il\ny en eut une pour l'organisation de la participation belge et nous\nconfronterons pas à pas les résultats obtenus avec les possibilités\nexistantes afin, nous le répétons, que, peut-être, l'aventure serve\nde leçon...\n\n« LA CITE »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c004", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "119", "page_fin": "119", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.2.2", "titre_corps": "LE SYMBOLE DE LA PARTICIPATION BELGE A L'EXPOSITION DE PARIS", "titre_sommaire": "LE SYMBOLE DE LA PARTICIPATION BELGE A L'EXPOSITION DE PARIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.5", "debut_caractere": 1029, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "Le Peuple\ndu 29 Août 1925\nLE SYMBOLE DE LA PARTICIPATION BELGE\nA L'EXPOSITION DE PARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c005", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "120", "page_fin": "123", "image_debut": 6, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.3", "titre_corps": "CONFERENCE DONNEE AU CERCLE ARTISTIQUE & LITTERAIRE DE BRUXELLES", "titre_sommaire": "CONFERENCE DONNEE AU CERCLE ARTISTIQUE & LITTERAIRE DE BRUXELLES", "signature_source": "Paul LEON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1929, "texte": "CONFERENCE DONNEE AU CERCLE\nARTISTIQUE & LITTERAIRE\nDE BRUXELLES\n\nLE 10 JANVIER 1924\nPAR M. PAUL LEON\nDIRECTEUR DES BEAUX-ARTS DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPU-\nBLIQUE FRANÇAISE, MEMBRE DE L'INSTITUT DE FRANCE.\nVous êtes des hommes de travail, plus sensibles aux réalités\nqu'aux paroles. Le meilleur moyen, semble-t-il, de répondre à votre\nbienvenue, c'est de vous apporter ici non des discours, mais des actes.\nVous voyez auprès de moi le délégué du Ministre du Commerce\nà qui incombe la tâche d'assurer notre expansion économique dans le\nmonde; je représente auprès de vous les artistes de mon pays. Notre\nfraternel voisinage signifie que la France entend compter désormais\nses artistes parmi les meilleurs ouvriers et les plus sûrs auxiliaires de\nson essor industriel. Cette collaboration, dont nous représentons ici\ntous deux les éléments et le principe, M. François Carnot l a réalisée\ndans les faits. Il est de ceux qui, les premiers, ont opéré le rapproche-\nment entre artistes et fabricants. Rapprochement jadis naturel, spon-\ntané et pour ainsi dire inconscient aux heureux siècles, aux grands\nsiècles où n'existaient pas encore ces vocables séparatistes, où chacun\nn'avait d'autre nom que celui de son métier, où lorsque Phidias asso-\nciait à la figure humaine toute la fleur des ornements, les tons de l'or\net de l'ivoire, les dessins de riches étoffes et l'architecture des trônes où\ndevaient siéger les dieux, nul ne se fût demandé si l'œuvre de son\ngénie appartenait au grand art ou plutôt à l'art mineur, si elle éma-\nnait d'un artiste ou seulement d'un artisan.\nC'est de la Révolution, c'est seulement du dernier siècle que\ndate un fâcheux divorce causé, comme il est d'usage, par incompati-\nbilité d'humeur et mutuelle incompréhension. Depuis lors, les arts\nles Beaux-Arts ainsi dénommés en vertu d'un singulier pléo-\nnasme, se limitent à la statue, au tableau, à la gravure, à la médaille,"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "mais le décor du mobilier, notre parure familière, l'harmonie\nmême de nos demeures, tout ce qui donne à un temps son caractère,\nscfn empreinte et sa place dans l'histoire, pour tout dire d'un mot,\nson style, était désormais relégué dans le domaine de la fabrique.\nTandis que Fart pur poursuit à travers les hardies recherches des\nécoles les plus diverses : paysagistes, impressionnistes et autres, une\nglorieuse carrière, les arts de la vie, au contraire, subissent la tyrannie\ndes formules immuables. Nos maisons ressemblent fort à des cabi-\nnets d'antiquité. De notre lit à colonnes qu'aurait reconnu Henri 11,\nau boudoir évocateur de Madame de Pompadour ou à la salle à\nmanger prête pour le premier Consul, nous repassons en tous les\nactes de notre vie quotidienne les chapitres de notre histoire. Par un\nsingulier contraste, le siècle le plus novateur dans la recherche scien-\ntifique et l'évolution sociale conserve pieusement le cadre des régimes\nqu'il abolit. « Nous vivons parmi les ruines, écrit Alfred de Musset,\ncomme si la fin du monde était proche ».\nLe XXe siècle en naissant a ouvert des voies nouvelles. Emile\nGallé et ses émules ont emprunté à la flore, à l'ambiance même de la\nvie, les éléments d'un renouveau. Toutes les époques créatrices ont\ntoujours puisé aux deux sources, à la fois les plus antiques et les\nplus originales : la vision de la nature et la technique du métier.\nNous sommes loin aujourd'hui de cet effort pourtant si proche,\net le style de 1900 nous est plus étranger peut-être que celui de 1800.\nDepuis bientôt un quart de siècle s'affirment de nouvelles tendances,\nesquissées avant la guerre, précisées depuis cinq ans. Quels en sont\nles caractères? Le décor emprunté non plus à l'ornementation mais à\nla structure elle-même, la beauté réalisée par la qualité de la matière,\nl'harmonie des proportions, celle des pleins et des vides, des cavités\net des saillies, des ombres et des lumières, une affirmation des volumes\ntrès franche et quelquefois brutale, une simplicité qui n'est pas\nexempte de quelque sécheresse, mais qui est rarement sans grandeur.\nConsidérez aujourd'hui la façade d'une maison, la devanture d'un\nmagasin, les éléments d'un mobilier, la maquette d'un décor de scène,\nvous discernerez un effort de simplicité dans les lignes,de construction\ndans les plans. Le style moderne se définit à nos esprits en s'imposant"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.8", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2243, "texte": "à nos regards. Qu'on le regrette ou qu'on s'en loue, il possède une\nclientèle qui répudie le pastiche et la copie des anciens, qui exige des\nmoyens nouveaux pour les programmes nouveaux d'une société nou-\nvelle. Et l'évolution, semble-t-il, est analogue en Belgique, depuis\nles initiatives de Horta et de Van de Velde qui, comme tous les pro-\nphètes, ne le furent pas en leur pays, mais dont les brillants succes-\nseurs, Pompe ou Sneyers, Hoste ou Lacoste, Desmet ou Van Huffel\net tant d'autres après eux, ont fait triompher les idées et les ont\nillustrées par leurs œuvres.\nCe bilan d'un quart de siècle, l'heure est venue de l'établir.\nL'Exposition de 1925 n'est pas une présentation d'objets rares, de\nriches bibelots de vitrine. La liste même de nos groupes, l'énuméra-\ntion de nos classes, est probante à cet égard. L'art décoratif n'est autre\nchose que la forme donnée à l'objet selon sa destination et sa matière.\nBoileau, poète raisonnable, nous dit quelque part en ses œuvres :\n« Il n'est pas de serpent ni de monstre odieux\n» Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux ».\nTout de même, il n'est pas de fabrication qui ne\npuisse trouver sa place dans nos galeries. A l'art décoratif appartient\nla transformation de la locomotive, jadis brouette mécanique, ou celle\nde l'automobile, jadis fiacre sans chevaux, aujourd'hui puissantes\nmachines harmonieusement construites pour réaliser la vitesse et la\nrésistance au vent. Lors de nos derniers salons, n'avons-nous pas vu\nparaître d'élégantes armoires mobiles, destinées à recevoir dans nos\npièces d'appartement les récepteurs de T. S. F.\nL'Exposition ainsi conçue ne doit pas revêtir l'aspect d'une foire\nd'échantillons. Elle ne procédera pas par analyse, mais par synthèse.\nElle présentera non pas des raisons sociales étiquetées, mais des œuvres\nou plutôt des groupements d'œuvres, réalisés par des créateurs et des\néditeurs de modèles volontairement associés suivant leurs affinités.\nLes salons les plus récents nous ont montré la voie à suivre. Ce sont\nd'éminents artistes qui donnent aujourd'hui leurs modèles à nos\nfabriques de tissus et dirigent les destinées des grands magasins de\nParis.\nCe programme nous a valu des sympathies effectives. Quelles"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "que soient les difficultés créées par les exigences de la circulation\nurbaine, la Ville de Paris, consciente des grands intérêts nationaux,\nnous a concédé les terrains qui nous étaient nécessaires, sur les deux\nrives de la Seine, de la Concorde à l'Aima, des Champs-Elysées aux\nInvalides. C'est le plus noble décor qui puisse être réservé à une telle\nmanifestation. Dans un élan spontané, l'épargne publique a répondu\nà notre appel. Quelques semaines ont suffi à constituer notre budget.\nLa plupart des grands Etats ont accepté l'invitation qui leur était\nadressée. Nous sommes maintenant à pied d'œuvre. Entre toutes les\nparticipations promises, il n'en est pas qui nous soit plus utile et\nplus précieuse que celle de la Belgique. L'art est une tradition natio-\nnale pour les industries de cette antique terre des Flandres, carrefour\nde civilisations diverses et qui a reçu les effluves de tous les grands\ncourants d'idées circulant à travers l'Europe. Hier encore, nous revi-\nvions dans les salles des Tuileries, à travers les toiles de vos maîtres\nincomparables, les grandes heures de notre histoire. Nous vous con-\nvions aujourd'hui à une démonstration de toutes les forces du pré-\nsent, de tous les espoirs de l'avenir. Suivant l'expression de Renan,\nla Belgique, comme la France, est faite « pour la dentelle, non pour\nla toile de ménage », pour les produits de qualité où l'élément essentiel\nest ce facteur impondérable que l'on appelle le bon goût.\nAu lendemain de la crise mondiale, il n'est pas indifférent que\nla France reprenne la tradition interrompue des grands tournois paci-\nfiques. Il n'est pas indifférent que nos deux pays unis par les liens du\nsang et la parenté de la race, confondues hier encore en un commun\nholocauste offert à la liberté du monde, marchent la main dans la\nmain vers les œuvres de la paix et sur les routes du progrès.\n\nPaul LEON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c006", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.3.1", "titre_corps": "Les PLANCHE I", "titre_sommaire": "Les PLANCHE I", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS MODERNES DE PARIS\nPROJET DE CITÉ=JARDIN BELGE <non exécuté>\nLes Urbanistes : Van der Swaelmen, Verwilghen.\nLes Architectes : Bourgeois, Eggeriox, Hoste, Hoeben, Pompe, Rubbers.\nPLANCHE I"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c007", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.3.2", "titre_corps": "Cliché du Journal 7 Arts", "titre_sommaire": "Cliché du Journal 7 Arts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "PLANCHE II\nProjet non exécuté\nSupplément à la Revue\nLA CITÉ, Ve ANNÉE. 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Merci, comme merci aux ingénieurs des chemins de fer\n» et à la Compagnie des Téléphones. Vous n'avez pas touché mon coeur.\n» Mais les murs s'élèvent sur le ciel dans un ordre tel que j'en suis ému... Mes yeux\n» regardent quelque chose qui énonce une pensée. Une pensée qui s'éclaire uniquement\n» par des prismes qui ont entre eux des rapports. Ces prismes sont tels que la lumière\n» les détaille clairement... Ils sont une créa ion mathématique de votre esprit. Ils sont le\n» langage de l'architecture. »\n(LE CORBUSIER.)"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.12", "debut_caractere": 343, "fin_caractere_exclue": 2237, "texte": "Le tracé sanitaire des agglomérations est le fondement de toute urba-\nnistique future. Le temps viendra où l'ingénieur sanitaire et l'urbaniste, comme\nl'architecte et l'ingénieur ne feront qu'un : mais nous n'en sommes pas là!\nLéonard était un ingénieur, mais il était aussi le Vinci.\nBuonarotti était un ingénieur, mais il était aussi Michel-Ange.\nChose curieuse, l'ingénieur sanitaire, voyer, ou constructeur actuel, surtout\nl'ingénieur d'administration, dès qu'il s'occupe d'urbanisation ou d'architecture\nmanifeste une tendance anti-fonctionnelle d'esthétique périmée, qu en saine\nlogique il devrait exécrer.\nToutefois, Haussmann a recréé Paris!\nNe pas confondre cependant ADMINISTRATION, c'est-à-dire fonction\nrégulatrice des fonctions physiologiques de la cité, avec la morphologie civique\nou URBANISATION, c'est-à-dire construction des organes par l'intermédiaire\ndesquels s'exerceront ces fonctions.\nL'entente administrative doit se faire pour établir le canevas sur lequel\nl'Urbaniste qualifié seul, tracera l'ordonnance d'excellents ensembles fonction-\nnels, générateurs de l'émouvant paysage urbain moderne.\nA cet effet, dans les grandes agglomérations, la solution simpliste de\nl'unification comlmunale est séduisante. Mais en beaucoup de pays elle offre\nmaints dangers et suppose une maturité civique que le particularisme commu-\nnal n a pas préparée.\nLa Province, le Cercle, le Dé-\npartement, le District, semblent à\nl'heure actuelle mieux à même de\ncoordonner le développement non\nseulement de l'urbanisation des\ngrandes agglomérations, mais en-\ncore de l'urbanisation régionale\n(Régional planning).\nL'impulsion devrait toutefois\npartir d'un office gouvernemental\nd'lnspection de l'Etat de Déve-\nloppement civique (Civic Deve-\nlopment Surgey), sorte de con-\nservatoire des méthodes techni-\nques éprouvées d'urbanisation ra-\ntionnelle et des normes fonction-\nnelles standardisées."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c009", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.4.1", "titre_corps": "L'ARCHITECTURE MODERNISTE BELGE DEPUIS LA GUERRE. 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W. Sijthoff's uit-\ngevers maatschappij, éditeur.\nVAN DER SWAELMEN,\nUrbaniste,\nPrésident de la S. B. U. A. M.\nPrix : 25 francs. A l'Union des\nVilles, 3bis, rue de la Régence,\nBruxelles.\nSupplément à la Revue “La Cité„ Ve Année, n° 7"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c011", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "124", "page_fin": "144", "image_debut": 14, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.5", "titre_corps": "L'EFFORT MODERNE EN BELGIQUE", "titre_sommaire": "L'EFFORT MODERNE EN BELGIQUE", "signature_source": "VAN DER SWAELMEN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.14", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "L'EFFORT MODERNE EN BELGIQUE\n\n. Avant de procéder à l'établissement du bilan des prestations en\narchitecture moderniste dont la Belgique peut faire état et de dresser\nl'inventaire des forces modernistes dont on eût dû assurer la mobili-\nsation générale afin que notre pays eût la meilleure tenue dans la\ngrande joûte qui met aux prises, à Paris, de très sérieux\ncompétiteurs, il importe de rappeler ici quelques vérités d'évidence\nqu'il est nécessaire d'avoir bien présentes à l'esprit pour juger saine-\nment en la matière :\n1. D'abord, que tous les arts dits décoratifs ou industriels pro-\ncèdent fondamentalement de l'architecture.\n2. Qu'il naît une nouvelle architecture seulement lorsqu'une\nnouvelle structure est inventée.\n3. Que lorsque l'architecture - structure d'une époque\nsemble avoir épuisé ses possibilités, elle tombe généralement dans la\nsurcharge ornementale ou s'égare dans une diversion à prépondérance\ndécorative.\n4. Que si ce phénomène se produit sans que s'ouvre la perspec-\ntive de découvrir une structure nouvelle, l'inspiration s'en va cher-\ncher ailleurs dans le temps : archéologie; ou dans l'espace : exo-\ntisme des faux semblants de renouvellement; l'exemple-type d'un\npareil phénomène, c'est LA RENAISSANCE, qui, à la longue, de\nbrassin en brassin, comme un thé rallongé dix fois d'eau tiède, perdit\ntout accent constructif et dégénéra misérablement malgré les prodiges\nd'imagination accomplis par des artistes souvent doués miraculeuse-\nment, mais qui ne pouvaient cependant se renouveler indéfiniment\nsur le même fonds.\n5. Que l'archéologie du XIXe siècle, en multipliant les sources\nde faux-semblants d'inspiration à la fois dans le temps ; tous les\nstyles; et dans l'espace : l'exotisme, a prodigieusement augmenté la\ndébandade et la confusion que l'ordre artificiel créé par la Renais-\nsance avait au moins su contenir et canaliser.\n6. Que la sensibilité intelligente de la fin du XIXe siècle, pré-\nludant aux apports esthétiques nouveaux du XXe, a reconnu la"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "nécessité d'une réadaptation des méthodes à leurs fins naturelles, au\nmoment où se révélaient les prodromes de la découverte d'une struc-\nture nouvelle, le béton armé : conditions nécessaires et suffisantes\npour légitimer l'espoir d'assister à l'avènement prochain d'une\nexpression formelle, adéquate à l'esprit nouveau.\n7. Que dans toutes les tendances sans préjuger de leur légi-\ntimité exercent des talents et des non valeurs et l'architecte se\nreconnaît essentiellement au sens profond qu'il possède du rythme\ndes volumes.\nAinsi l'on reconnaît le fait d'un architecte par essence dans une\nœuvre qui peut, faute à l'erreur commune d'une époque et au mal-\nheur des temps où vivait l'architecte, n'être qu'un pastiche, une\ninterprétation fantaisiste ou un conglomérat d'éléments et de for-\nmules d'emprunt hétérogènes. Et, par contre, parmi les modernistes,\nprincipalement les modernistes de transition, il est aisé de dépister\nune certaine proportion de non-architectes,des «aquarellistes» notam-\nment. Mais la discrimination n'est évidemment pas à la portée du\nprofane, des non-initiés, ni du gros public qui ne juge que par l'exté-\nrieur des choses, d'après l'ornement ou le décor, et selon ses accou-\ntumances visuelles; la discrimination n'est pas à la portée non plus\ndu critique non spécialement averti des choses de l'architecture, pas\nplus que des artistes professionnels qui n'ont pas sincèrement con-\nfessé le modernisme; elle échappe donc nécessairement aussi et\nde son propre aveu à un commissaire général commercial, indus-\ntriel, à ses jurys et à ses commissions hétéroclites et hétérogènes.\nCeci fixé, passons à l'examen de l'apport belge au patrimoine\nde l'art moderne international.\nLes personnes qui font profession de critique ont trop souci\ngénéralement de proclamer un palmarès. On voit dans leurs énumé-\nrations voisiner des gens au talent plus ou moins équivalent peut-être\nquant au dosage mais qui appartiennent aux tendances les\nplus antinomiques.\nPar contre, sous le signe d'une même tendance sont rangés des\nproducteurs de signification très inégale.\nIl arrive même que l'on voie accoler est-ce pur hasard ou"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.16", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2168, "texte": "esprit de camaraderie les noms d'une personnalité douée de talent\nauthentique et significatif et d'un personnage parfaitement rétro-\ngrade, qui en est totalement dépourvu.\nIl faut se garder aussi du danger des « apprivoisés » : les appri-\nvoisés de « demi-caractère », par exemple les « régionalistes » et les\n«folkloristes modernisateurs» qui ne sont que des pasticheurs à peine\ndéguisés; puis les apprivoisés « sans caractère », qui font\n« du style » ou « du moderne » et qui, par conséquent, professent\nque le modernisme n'est pas un phénomène qui continue, au déve-\nloppement naturel duquel nous assistons et coopérons, mais consi-\ndèrent « le moderne » comme un style-échantillon ornemental\nexterne au même titre que tous les styles historiques catalogués. Ce\nsont les gens qui croient pouvoir être à la fois et à volonté la\nvolonté de leur client entre autres un... Phidias, un franc-maçon\ndu Moyen-Age, un Bramante, et surtout une sorte de Mathusalem\nqui aurait connu trois règnes et un Empire en France pour terminer\nsa carrière en qualité... d'ingénieur sanitaire et de décorateur en\n« imitation de bois et marbres ».\nParmi eux il y en a encore de deux catégories :\nCeux qui, depuis l'origine, ont pratiqué leur doctrine du «mo-\ndernisme ad libitum» ; mais aussi les anti-modernistes avérés et impé-\nnitents qui ont toutefois prétendûment adopté le modernisme à l'an-\nnonce de l'Exposition de Paris et se sont découvert subitement une\nconviction (? î) pour les besoins de la cause.\nIl y a même enfin ceux que je nommerai les « camouflards »\nqui ont réussi sans peine à faire prendre des vessies pour des lanternes\npar les commissaires généraux ce qui démontre que pour choisir\navec discernement entre toutes ces directions contradictoires, retenir\nles significatives parmi les sincères, dépister et tenir à l'écart les\ninsincères, il fallait un homme qui fût\nmû uniquement par des considérations d'ordre esthétique fondées sur\nles bons principes de production industrielle et nullement hypnotisé\npar des préoccupations protocolaires ou par les puissances commer-\nciales.\nOn sait que pour nous, si on ne le prenait pas parmi les jeunes"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.17", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "gens de caractère qui se démènent au fort de l'action moderniste,\nnous ne voyions que VAN DE VELDE, ou DE PRAETERE, ou\nFIERENS-GEVAERT qui eussent pu faire, en l'occurrence, un\ncommissaire général à la hauteur esthétique de sa tâche et nous y\nreviendrons.\nComment dans ce réseau compliqué si lumineusement clair\ncependant pour qui vit au sein de cette activité comment choisir la\nroute à suivre.\nIl suffisait d'appliquer à la chronologie du mouvement moder-\nniste en Belgique les critères d'appréciation que nous avons rappelés\nen commençant.\nLA PREMIERE PERIODE\nNous eûmes d'abord la période héroïque.\nDès 1893, la Belgique, la toute première en date, osa jeter un\ncri de révolte contre les pastiches et les poncifs de l'Ecole en Archi-\ntecture.\nDes esprits analytiques, individualistes ardents, prêchèrent la\nrébellion contre l'Académisme nourri essentiellement de Baroque,\naussi bien qu'envers un néo-gothique en délire pour gares de chemin\nde fer, ou qui s'affadissait en polychromies pieuses d'ornemanistes.\nFoncièrement intelligent, mais peu enclin par nature et conséquem-\nment inhabile, en général, à tirer parti de ses possibilités intellec-\ntuelles, l'artiste belge, doué d'un tempérament coloriste et déco-\nratif abondant, paraît parfois avoir peu d'imagination parce qu'il ne\nla nourrit guère aux grands foyers intellectuels du dehors et qu'il\ns'instruit peu.\nRubens semble demeurer malgré tout, au moins en quelque\nmesure, l'intangible idéal! Et cet instinct décoratif dominant, trop\nexclusivement extérieur, a fait que la révolte elle-même s'est produite\n*\ndans un sens presque uniquement décoratif à son tour, et assez super-\nficiel en somme.\nC'est ce qui fait que nous n'avons pas eu notre Berlage,\nl'homme qui est peut-être, parmi tous les architectes contemporains\nle penseur le plus profond, l'artiste qui sut le mieux incarner la tra-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.18", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2120, "texte": "dition spirituelle intégrale de son peuple et l'exprimer en des rythmes\naccordés sur celui de la vie actuelle, car s'il alla demander des leçons\nau Moyen âge, ce furent des leçons d'honnêteté constructive et de\nconscience unanime qu'il y voulut rechercher et non point un mysti-\ncisme conventionnel qui ne serait plus dans le cœur. Et, de plus, si\nl'on veut tresser une tradition neuve, il est clair qu'il faut commen-\ncer par où elles ont commencé toutes : être purement constructif. Il\nest simplement insensé de vouloir brûler des étapes qui peuvent\ndemander des siècles, de s'aller noyer inconsidérément dans le marais\nd'une débauche ornementale si ingénieuse qu'elle puisse être, signe de\ntoutes les décadences et qui se rattache aux épaves de la faillite du\npassé bien plus qu'elle n'ouvre des voies nouvelles.\nHANKAR, HORTA, VAN DE VELDE sont les protago-\nnistes incontestables de l'âge héroïque de l'architecture moderniste\nbelge.\nHANKAR est mort trop jeune, avant d'avoir pu trouver une\nexpression formelle définitive pour sa personnalité, et qui synthé-\ntisât les vérités plastiques éternelles retombées dans l'oubli. Pressen-\ntant qu'elles allaient devoir être redécouvertes bientôt, il s'était\nélancé à leur recherche dans les divers domaines ressortissant à\nl'architecture, qu'il invitait à explorer à nouveau, et il a joué plutôt\nle rôle d'un éclaireur.\nHORTA, puissante personnalité individualiste, l'a traduite\ndans une ligne dont il poursuivit et épuisa l'évolution avec ténacité\net succès de carrière.\nVAN DE VELDE, préoccupé essentiellement aussi de la ligne,\nse détacha du groupe par le fait de circonstances qui le conduisirent à\ns'exiler de son pays, lequel, se désintéressant au fond de ses recherches,\nne lui permettait pas d'y trouver l'occasion de réaliser son œuvre.\nEt « quand il devint le maître de sa forme » un long séjour en Alle-\nmagne loin de « l'avoir écarté de nos traditions » l'avait\nrapproché des traditions universelles de l'ar-\nchitecture, en le gardant du danger de rester prisonnier\nd'une conception étroitement régionale et mensongère, de la tradition,"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "où s'égara par la suite un contingent nombreux de pseudo-moder-\nnistes.\nSi Hankar n'eût pas le temps de donner toute sa mesure en une\nexpression définitive; si Horta ne fit pas école, payant ainsi la ran-\nçon de son obstination à poursuivre le développement d une ligne\nindividualiste à l'extrême; si Van de Velde par l'envergure de son\nesprit et sa faculté de renouvellement continua et continue encore à\napporter une contribution considérable et effective à l'évolution mo-\nderne de l'architecture, ressuscitée de son long sommeil léthargique,\nVAN RYSSELBERGHE et après lui GOVAERTS, eux, architectes\npar essence et, pour ainsi dire, par la grâce de Dieu, conservèrent,dans\nleur ferme volonté d'être de leur temps, l'emprise, dans une certaine\nmesure, de leur formation et de leurs prédilections classiques chez\n\"un et chez l'autre, avec un reflet prononcé d'italianisme chez Van\nRysselberghe. Le talent de ce dernier fut véritablement merveilleux\net ses œuvres exercent un charme incomparable et irrésistible.\nQuant à Govaerts, la dignité, la simplicité, la sobriété, voire la\ngrandeur qu'il sut mettre en de certaines œuvres commandent le\nplus grand respect.\nIl faut nommer à la suite deux artistes du meuble : SERRU-\nRIER-BOVY, dont la forme s'apparenta aux inflexions linéaires\nfavorites au groupe de tête, et HOBÉ, qui vint à l'architecture par\nl'ameublement et qui contribua beaucoup à orienter les débuts de\nla seconde période.\nLa première vague d'assaut provoqua des remous jusqu'en\nprovince :\nPAUL JASPAR, de Liège, paraît avoir été, dans ses débuts\nmodernistes, directement influencé d'abord par la ligne et les préoc-\ncupations d'Hankar et d'Horta.\nVAN DE VOORDE, de Gand, put sembler, au contraire,\nprendre comme point de départ certaines directions viennoises par-\nticipant à cette tendance austro-germanique d'avant-guerre qui\n«parasita» les styles français plus particulièrement le Louis XVI\net, surtout en Allemagne, l'Empire et qui, s'étant développée en"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.20", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "marge du véritable modernisme initiateur autrichien d'un Otto\nWagner et surtout d'un Hoffmann, s'en est allé à la dérive.\nMalheureusement, Jaspar et Van de Voorde est-ce décep-\ntion, tentation ou lassitude? ont fait de retentissants retours en\narrière, au lieu de se dégager davantage et de pousser résolument de\nl'avant.\nVAN ÀVERBEKE, d'Anvers, en Flamand avisé et bien avisé,\nguidé par le sûr instinct de ses affinités naturelles, alla éclairer sa\nlanterne aux sources lumineuses qui rayonnaient de la Hollande,\nberceau de la véritable et féconde rénovation architecturale euro-\npéenne contemporaine, initiée et illustrée par Berlage. Van Aver-\nbeke s'en trouva confirmé dans la conception essentiellement ration-\nnelle qu'il s'était formée de l'architecture et ce commerce développa\nen lui le sens plastique des volumes qui, sans doute, lui était inné.\nVan Averbeke est resté conséquent avec lui-même et il s'inscrit\nprincipalement à l'actif de la seconde génération.\nLe bilan de cette première période, la révolution des « purs »,\nsous le signe des « linéaristes » comme les dénomma assez heureuse-\nment Meyer-Graefe : Hankar en éclaireur, Horta l'individualiste,\nVan de Velde, l'idéaliste, se traduit essentiellement par les acqui-\nsitions ou ré-acquisitions suivantes : adaptation de plus en plus\nrigoureuse à leur destination des dispositions coordonnées en un\nplan organique; dogme du matériau apparent et sincérité de son\nemploi selon la reconnaissance de ses fondamentales propriétés\ntechnologiques et esthétiques combinées; effort tenace pour atteindre\n« une forme absolument nouvelle » par la ligne abstraite\nplutôt que par le volume et sans aucune réminiscence formelle des\nproduits antérieurs du faux principe, condamné, de l'ornement futile.\nCe dernier point est fort intéressant et gros de conséquences:\nAlors que la Hollande, grâce à Berlage, restitua tout d'abord et\nd'emblée le volume à l'architecture, ouvrant ainsi largement la\nvoie à un univers de possibilités nouvelles ou renouvelées selon les\nlois fondamentales essentielles et éternelles de l'architecture « créa-\ntrice d'agrégations d'espaces enclos » (i), réforme plus rationnelle\n\n(1) «Rutmle scheppm » disent, en une expression lapidaire, les Néerlandais."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.21", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "plus profonde, plus directe, et propice aux développements les plus\nprodigieux et les plus insoupçonnés d'abord les nôtres, au con-\ntraire, s'engagèrent plutôt dans une impasse. Si ce fait a limité le rôle\nqui leur fut dévolu dans le développement ultérieur de l'effort mo-\nderne vers une architecture, il ne diminue en rien leurs mérites: car s'ils\neurent l'audace, les tout premiers, de prêcher la révolte et le courage\nde faire la révolution à eux seuls, d'abord, contre tous, il est évident\nque les risques de se tromper de direction étaient d'autant plus\ngrands qu'ils ne pouvaient s'appuyer sur aucun devancier pour rec-\ntifier cette direction. Et ils étaient, en outre, handicapés malgré qu'ils\nen eussent, par deux circonstances fatales : le poids mort de plusieurs\nsiècles de superstition ornementale et de confusion entre le concept\ndécoratif et le concept constructif, à la base de l'architecture, pour\nune part; et sans doute pour une autre part le fait que les contin-\ngences locales proposèrent à leur effort beaucoup plus généralement\nla construction « en façade », qu'en volumes révélateurs du dedans\nau dehors.\nEt intéressés, en ordre principal, par le développement de 1' «ara-\nbesque nouvelle» sur ce plan vertical, leur attention ne sembla pas\ns'être portée avec une même méthode rigoureuse sur les passionnants\nproblèmes de la division rythmique des surfaces (i). Les trouvailles\nheureuses de répartition des pleins et des vides qui se rencontrèrent\nsous leur crayon ressortissent au sentiment inné de l'harmonie des\nproportions, qu'ils portaient en eux, mais ils n'approfondirent pas\nsystématiquement la division rythmique des surfaces plus que l'agré-\ngation rythmique des volumes : ils ne placèrent, en tout cas, pas là\nle centre de gravité, le pivot, de leurs recherches novatrices.\nLorsqu'on lit Van de Velde (2), on s'aperçoit jusqu'à quel point\nces pionniers de la révolution moderniste en architecture, demeurèrent\nfascinés malgré tout par la «ligne-ornement» :\n« En fait, l'ornement structuro-linéaire et dynamographique,\n» considéré comme le complément adéquat des formes conçues selon\n» le principe de la conception rationnelle et conséquente, est l'image\n\n(1) « Vlakverdeeling » (néerl.).\n(2) Henri Van de Velde : Formules d'une esthétique moderne, p. 66."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.22", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "» du jeu des forces intérieures que nous pressentons dans toutes les\n» formes et dans toutes les matières. Ce sont ces activités qui sem-\n» blent avoir provoqué la forme, fixé son aspect. Les modifications,\n» dont la forme est la dernière conséquence, se sont arrêtées au\n» moment où ces forces intérieures ont neutralisé leur énergie dans\n» un équilibre parfait des effets et des causes. Ce moment devient,\n» dès lors, l'éternité! Nous pouvons concevoir des formes réalisant\n» cet équilibre sans le secours de l'ornement et ce sont les formes\n» les plus parfaites. Dans leur simplicité, elles ont réalisé un schéma\n» linéaire constituant lui-même, et sans complément, un ornement\n» parfait, éternel! Il serait excessif de conclure que la présence de\n» l'ornement forme un élément secondaire par rapport à la Beauté.\n» Il n'est secondaire que s'il est inorganique, sans lien avec la forme,\n» sans activité complémentaire et structurale. La moindre faiblesse\n» sentimentale, la moindre association naturalistique menacent\n» l'éternité de cet ornement. Elles tendent, infailliblement, à\n» ramener dans le temps, ce qui était « hors » du temps... »\nMais on voit aussi combien Van de Velde est en même temps\npréoccupé de la vie interne fonctionnelle et rationnelle des « com-\nplexes » délimités par la structure linéaire, au point de réaliser ce\nmiracle : retrouver en quelque sorte le volume par les «lignes-forces»\ngénératrices.\n« La conception rationnelle et conséquente nous avait aidé à\n» retrouver l'enchaînement normal et la disposition logique de ces\n» différents organes, réunis pour un but pratique, simple et précis!\n» Cette conception rationnelle nous avait permis de redécouvrir l'une\n» après l'autre, les formes normales de toutes les choses et il ne fut\n» difficile que pour ceux qui étaient hostilement prévenus de ne pas\n» les accepter comme le résultat de la parfaite conséquence du sens\n» qui leur est propre, comme le résultat de la plus parfaite conve-\n» nance!\n» Mais, simultanément, il nous était apparu que la ligne est le\n» lien qui rattache l'un à l'autre, les différents organes dont se com-\n» posent chaque objet, chaque conception architecturale, à mesure\n» que notre intellect établit leur succession, leur place et leur dimen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.23", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1931, "texte": "» sion réciproques. La ligne devient ainsi l'agent façonnant visi-\n» blement l'objet ou l'œuvre architecturale » (i).\nLes artistes de cette première génération ont retrouvé la vertu\nde la ligne abstraite:\n« ... A ce point de nos considérations» nous nous rencontrons\n» avec Worringer qui entrevoit dans « l'abstraction » une forme\n» « nécessaire, définitive et absolue ». Mais c'est par des voies bien\n» différentes et au moyen d'une conception de la ligne, organique\n» et vivante que nous avons abouti à cet absolu » (2).\nLe soin de réexplorer plus particulièrement le domaine du\nvolume abstrait et celui de la division rythmique\nabstraite des surfaces, Van de Velde le laissa à la troisième\ngénération qu'il rejoint ainsi par-dessus la seconde.\nVan de Velde, en effet, ayant été l'initiateur du mouvement\nmoderne en Allemagne, put bénéficier, comme nous le disions plus\nhaut, du fait d'avoir été plongé directement dans le grand mouve-\nment européen de rénovation de l'architecture et c'est grâce à cela\nqu'il se trouve encore parfaitement à la page aujourd'hui, ainsi\nqu'en témoignent ses œuvres grandioses actuellement en cours de\nconstruction aux Pays-Bas (3).\nCertes, les jeunes d'aujourd'hui poussent plus à l'extrême ces\nconséquences du mouvement ainsi déclanché, mais l'évolution per-\nsonnelle d'un Van de Velde, comme celle d'un Berlage, reste sensi-\nblement synchrone avec les développements du mouvement moder-\nniste qui continue.\nAinsi revient à la Belgique le périlleux honneur d'avoir, la\ntoute première en date, prêché la croisade du modernisme en architec-\nture et d'avoir ouvert la marche.\nMalheureusement, la Belgique considérée dans son ensemble,\nn'était, semble-t-il, pas mûre pour assumer l'obligation de poursui-\nvre sans défaillance dans le monde la mission d'initiatrice dans\n\n(1) Van de Velde, op. cit., p. 63.\n(2) Ibid., p. 66.\n(1 ) Le « Musée » Krôller à Hoenderloo (Gueldre)."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.24", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2133, "texte": "laquelle les circonstances et le fait de quelques-uns de ses meilleurs\nenfants l'avaient, un peu fortuitement peut-être, engagée.\nL'art individualiste d'Horta, d'une part, n'ayant pu, par le fait\nmême, faire école, sans préjudice à la brillante carrière que fit le\nmaître architecte et au grand nombre d'oeuvres dont il lui fut donné\nd'enrichir notre patrimoine artistique; la nation, d'autre part, ayant\nlaissé partir Van de Velde, il se trouva que d'autres pays nous ravi-\nrent l'honneur de conduire la marche : la Hollande au premier rang,\navec Berlage et sa réfome définitive, intégralement rationnelle dès\nle début; l'Autriche qu'Otto Wagner avait informée des premières\nrecherches de la Belgique et l'Allemagne où notre Van de Velde lui-\nmême ensemença un fonds fertile des germes féconds de son génie\nque sa patrie n'avait pas reconnu.\nLA DEUXIEME PERIODE\nVint alors chez nous la deuxième période, non plus essentielle-\nment novatrice, mais plutôt en réaction contre l'individualisme sans\nissue d'Horta. On y démêle une légère influence venue de la réforme\nrationnelle de Berlage, influence assez superficielle et qui n'alla point\njusqu'à atteindre absolument le volume en profondeur.\nLa seconde génération fut plutôt orientée par Van Ryssel-\nberghe et par Hobé.\nElle s'indique comme une réaction contre la forme linéaire\nqu'avaient fortement compromise quelques suiveurs maladroits\nd'Horta, naufrageurs comme il s'en rencontre toujours dans le sil-\nlage des artistes de premier plan.\nLes artistes de la deuxième période cherchèrent moins à être\nintégralement novateurs comme le souhaitèrent, au contraire, les pro-\ntagonistes de la période précédente, qu'à tendre vers une architecture\nrationnelle qu'ils voulaient sobre, certes, mais nullement ascétique.\nC'était l'époque où l'on « découvrait » chez nous les œuvres de\nBerlage, dont les bons jeunes d'alors admiraient la logique, la gran-\ndeur, la sérénité, la noblesse, la sobriété, la beauté, la haute sagesse,\nmais qu'ils croyaient devoir trouver trop graves pour notre « tem-\npérament » national- Ils n'en pénétrèrent pas tout à fait à fond le"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.25", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "sens et ne surent point en retenir essentiellement la dominante : la\nrésurrection du volume.\nLes personnalités caractéristiques de cette période furent BOD-\nSON, POMPE, VAN HUFFEL, SNEYERS.\nBODSON fut un grand animateur. C'est lui principalement, à\nla suite d'un stage qu'il fit en Hollande, qui répandit chez nous\nl'évangile berlagien. La revue « Tek n é » qu'il avait fondée,\nlaquelle se mua peu après en «Art et Technique» pour\ndevenir, après la guerre, «La Cité», multiplia les reproductions\ndes œuvres de l'architecture néerlandaise d'alors.\nJe sais à Amsterdam tel bureau d'architecte par lequel passè-\nrent un grand nombre de jeunes gens qui ont fait, depuis, la gloire de\nl'architecture des Pays-Bas, où Bodson, qui s'y trouva en contact\nnotamment avec feu De Klerk et avec Piet Kramer, lesquels allaient\nse révéler respectivement comme un génie authentique et comme un\nmaître, a laissé le souvenir d'un entraîneur de première force : on l'y\ntenait pour le chef de file prédestiné de la jeune couche alors en ges-\ntation chez nous. Et ce n'est pas trop de dire qu'il exerça lui-même\nune petite action stimulante en retour, sur ses illustres compagnons\nd'atelier. Bodson est un technicien de tout premier ordre.\nPOMPE, constructeur jusqu'à la moelle des os, doué plus que\nquiconque d'une imagination réellement inventive, technicien\naccompli, dessinateur merveilleux, praticien remarquable, a trouvé,\ndix ans avant la lettre, des inspirations originales dans lesquelles on\ncroit parfois percevoir comme un avant-goût des audaces de 1' «école\nd'Amsterdam». D'une adresse manuelle étonnante, Pompe a créé, dans\nle domaine de l'art industriel, des modèles d'une rare beauté, il a ciselé\ndes bijoux d'un travail parfait et composé des ameublements, aux\nformes rationnelles et « costaudes », qui sont accueillants.\nVAN HUFFEL, lui, empreint de la conscience et du scrupule\nd'un artisan des âges gothiques, tout ce qu'il touche. D'un raffine-\nment incomparable dans le choix, l'alliance et le travail des matières,\nil combine le jeu des couleurs avec une délicatesse sans égale. Pour\nlui non plus l'art industriel, qu'il s'agisse de tapis, de tentures,\nde dentelles, de cristaux, d'orfèvreries, et l'ameublement n'ont pas"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.26", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "de secret. Ses oeuvres d'architecture sont empreintes d'une sérénité et\nd'une élévation qui leur assignent un rang distinct et éminent parmi\nles productions de ce groupe d'artistes rares.\nEnfin SNEYERS, l'enfant terrible de cette génération, prati-\nqua, avant la lettre lui aussi et pendant quelque temps, une sorte de\n« cubisme » où se traduisait spontanément un véritable sens du\nvolume ramené à ses seules ressources propres d'expression plastique.\nLes apports spécifiques au patrimoine commun de l'architec-\nture moderniste nationale, et que l'on peut considérer comme l'allu-\nvion déposé au cours de la seconde période, sont le fait, en mesures\ndiverses, de ces quatre artistes originaux, mais il faut, comme nous\nl'avons dit, y joindre l'activité de VAN AVERBEKE.\nL'art industriel proprement dit, et principalement l'art gra-\nphique industriel, sous toutes ses formes, trouvèrent un propagateur\nexcellent en DE PRAETERE, encore un expatrié malgré lui, grâce à\nl'indifférence publique et à l'hostilité congénitale du belge-standard\ncontre tout ce qui est original. L'Allemagne d'abord, mais surtout\nla Suisse, ensuite, s'honorèrent en découvrant le haut mérite de\nnotre compatriote.\nCertes, il y eut au cours de toute cette période un nombre incal-\nculable d'architectes exerçant, dont la plupart se réclament peu ou\nprou de Van Rysselberghe ou d'Hobé, se déclarent ou se croyent mo-\ndernistes. Ce sont principalement ceux qui vous disent avec ingénuité\nlorsque vous leur parlez modernisme : « Mais qu'est-ce que c'est\nque ça, moderne? Nous sommes tous modernes. Où cela commence-\nt-il et où cela finit-il? » Ils s'entendent à merveille du reste avec le\nbourgeois, sur ce point et sur quelques autres.\nC'est ici que se placent principalement les diverses catégories\nd'« apprivoisés » dont je parlais au début de cette étude : les « aqua-\nrellistes », les apprivoisés « de demi-caractère » et « sans caractère »,\nles « camouflards » aussi, et surtout les « régionalistes » et les « fol-\nkloristes » qui sont deux sortes d'« archaïsants honteux » de pas-\nticheurs à peine déguisés.\nJe ne les citerai pas, pour ne pas leur être désagréable et, du\nreste, ils sont trop."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.27", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "Il faut dire que, même dans l'apport des maîtres originaux que\nnous avons énumérés, l'orientation esthétique caractérisant la deu-\nxième période, en ce qu'elle avait de timide ne pouvait manquer de\nfavoriser, chez des individualités moins puissantes, l'éclosion de ce\npseudo-traditionnalisme trompeur et dénaturé.\nQuant aux « arts décoratifs » ou aux « arts industriels » de\ncette deuxième époque, ils s'engagèrent dans une double mauvaise\nvoie : celle del'art monumental d'une part, celle de la\ns t y 1 i s a t i on d'autre part.\nSi l'on avait à ce moment prêté l'oreille à l'enseignement du\nmaître belge Van de Velde, si l'on avait attentivement étudié ses\nécrits, on aurait probablement évité de verser dans cette double\nerreur. On aurait été préparé à passer directement et insensiblement\nde la notion de la ligne abstraite à celle du volume abstrait et l'on\nne serait pas allé se perdre dans les abîmes d'un art soi-disant monu-\nmental, apocalyptique ou hyper-élyséen où l'on voit en particulier\nune demi-douzaine de peintres dits « décorateurs » avoir l'imperti-\nnence de prétendre entraîner l'âme tendre de Puvis de Chavannes à\nse livrer à un commerce infâme et contre nature avec les mânes de\nnotre Wiertz, un Quasimodo qui serait né bâtard de Rubens.\nOn ne serait pas allé patauger non plus dans les marécages de\nla « stylisation »•\nDans son admirable exégèse de la ligne des styles (i ),\nparlant de la « Ligne grecque », Van de Velde s'écrie (2) :\n« Cette ligne délivrera le monde apparent de son propre poids; et\n» la poitrine de l'humanité, en ce moment sublime, se soulèvera pour\n» goûter une sensation de bienheureue confiance en la réalisation\n» inéluctablement parfaite de toutes les pensées conçues avec la plus\n» élémentaire et la plus parfaite clarté!\n» Et cet instant dura jusqu'à ce que l'acanthe greffât la faconde\n» de sa bêtise et la vanité de ses feuilles frisées sur les formes les\n» plus essentielles et les plus pures conçues jusqu'alors par l'Huma-\n» nité. L'élément naturalistique se substitua au primitif ornement\n\n(1) Op cit., pp. 72 à 76.\n(2) Ibid., p. 73."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.28", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "» linéaire qui avait, jusqu'alors, aidé les organes architecturaux à\n» Taccomplissement de fonctions qui, sans son intervention, eussent\n» paru bien au-delà de leurs forces ».\nN'est-ce pas la condamnation vengeresse du mauvais esprit de\ntoute « stylisation »? Et n'est-ce point, par conséquent, la condam-\nnation sans appel de tous ces « batiqueurs » et « batiqueuses » qui\npullulent dans tous les recoins des compartiments belges à l'Expo-\nsition de Paris. N'est-ce pas aussi la mise à l'index, avant la lettre,\nde toutes ces écoles d'amateurisme intégral et d'ignorance encyclopé-\ndique, aux méthodes pédagogiques infantiles, où l'on cultive chez\ngarçons et filles des «talents de demoiselle» basés sur cette absurdité,\ncette maladie infectieuse de l'art appliqué que l'on appelle la stylisa-\ntion, et qui provient d'une sotte incompréhension du phénomène\nesthétique, soigneusement entretenue encore et toujours dans\nle bouillon de culture du virus « décoratif » de la Renaissance, virus\nsemblable, du reste, à ceux de toutes les époques de décadence et qui\nont rongé petit à petit, et chez les Grecs, et chez les gothiques, les\nsaines structures. Ce qui n'empêche que maintenant, on administre\npartout cette sanie comme un germe soi-disant de renouveau!\nCes directions de l'art décoratif et industriel de la deuxième\npériode : art monumental d'une part, stylisation\nd'autre part, sont sans issue. Elles sont incapables de déposer aucun\nalluvion fertile : nous ne pouvons donc point retenir les produc-\ntions qui en procèdent, à l'actif de l'apport belge au patrimoine de\nl'art moderne européen et, pour ne point les attrister, nous ne nom-\nmerons pas plus les artistes qui les enfantèrent, que nous n'avons\nnommé les architectes correspondants, en cette seconde période, que\ndominent, rat i nantes in gutgite vastopar l'apport intrinsèque qu'ils\nont fait au patrimoine de l'art belge, les Bodson, les Pompe, les\nSneyers, les Van Huffel, les De Praetere, qui furent des architectes et\nartisans d'art authentiques, eux.\nEn somme, nombre d'autres artistes de cette génération ont bien\nsouhaité faire quelque chose de neuf, plus ou moins, mais ils étaient\nmous et malgré son vœu louable d'union des arts dans l'architecture,\ncette période n'a pas, comme elle l'a cru, ou comme elle a voulu le"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.31", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1969, "texte": "prétendre, suscité la peinture, la sculpture, les arts décoratifs et\nindustriels associés à l'architecture, capables de définir la formule\nvictorieuse et viable de l'époque.\nLA TROISIEME PERIODE\nImmédiatement après la guerre, les dernières lueurs de l'in-\nfluence viennoise pâlissent chez un CARLOS THIRION et chez\nun VAN STEENBERGHEN, tandis que s'inaugure la troisième\npériode de l'architecture moderniste belge.\nNous avons dit que Van de Velde, par ses œuvres dernières et\npar son enseignement, rejoignit la troisième vague d'assaut de l'ar-\nchitecture moderniste belge par-dessus la tête des pionniers de la\nseconde génération.\nLa restauration du volume en architecture caractérise cette troi-\nsième période.\nLe volume, qui demeure la réacquisition essentielle de la\nréforme de Berlage en Europe, et qui n'avait pas été tout à fait bien\ncompris par les architectes de la seconde période, est enfin complète-\nment maîtrisé dans la troisième génération, d'abord par EGGE-\nRICKX, le chef de file de la lignée à laquelle appartiennent aussi les\nACKE, les DE LIGNE et les NYST.\nC'est par le canal de la Hollande que la jeune architecture belge\nprit conscience du grand courant esthétique international d'esprit\nnouveau qui pénètre en ce moment toutes les nations civilisées et\nd'autant plus rapidement que le degré de développement de leur\nculture les prédispose mieux à s'éveiller à la conscience des indices\nrévélateurs de l'avènement d'une plastique renouvelée conforme à\nl'orientation spirituelle contemporaine.\nCe fut à l'occasion de la grande Exposition de la\nReconstruction organisé par l'Union des Villes, et sous ma\ndirection pour les sections étrangères. En particulier, les comparti-\nments néerlandais que j'avais pu constituer méthodiquement et\nde longue main en Hollande même, pendant la guerre furent\nexceptionnellement nombreux et requirent l'attention publique par\nl'inattendu de leur nouveauté, assurément stupéfiante aux yeux"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.32", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "d'un peuple qui, sous l'occupation ennemie, avait été retranché pen-\ndant cinq années de tout contact avec l'évolution intellectuelle du\nreste du monde-\nTenue d'abord à Bruxelles de juillet à septembre 1919,\nje promenai ensuite cette exposition de ville en ville à travers la\nBelgique entière pendant plus d'un an, si bien qu'à son tour toute\nla province connut l'effort architectural néerlandais, prépondérant\nen Europe.\nOn s'accorde à dire que l'influence de cette exposition itiné-\nrante fut décisive sur l'orientation de notre jeunesse en mal de créa-\ntion architecturale.\nC'est le courant, issu en Hollande, puis dans le monde entier,\nde l'orientation de Berlage et de celle de l'Américain Frank Lloyd\nWright conjuguées, qui fit le plus d'effet sur les jeunes architectes.\nL'école dite d'Amsterdam, au contraire, en réaction contre l'art\nserein et sévère d'un Berlage au profit de la fantaisie et de l'imagi-\nnation, n'influença guère notre jeunesse. En dehors de quelques vains\nessais de jeux de briques, maladroitement imités d'exemples mal\ncompris, par des gens qui ne comptent du reste guère, on n'emprunta\npas grand'chose à l'école d'Amsterdam, admirable mais trop indivi-\ndualiste.\nNos meilleurs jeunes sont immunisés contre le ma l\nindividualiste, par l'effet des abus de la fantaisie purement décora-\ntive dans laquelle sombrèrent les « remorqués » de nos deux pre-\nmières périodes.\nIl faut savoir, pour comprendre cela, que l'évolution en\nHollande se fit à l'inverse de la nôtre : elle fut dès le début essen-\ntiellement rationnelle jusqu'à atteindre d'emblée l'absolu du volume,\nchez Berlage, dès 1892. Elle s'opposa immédiatement à l'individua-\nlisme anarchique régnant.\nCe n'est que bien postérieurement à la réforme de Berlage que\nse prononça une réaction, individualiste certes, mais sur un substra-\ntum qui demeurait au fond si rationnel, et constructif malgré tout.\nL'essentiel de l'apport de Berlage est conservé, quoi qu'on en ait,\nmais une étonnante, une fantastique virtuosité brode sur le thème"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.33", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "constructif toutes les fantaisies de l'imagination la plus riche et la plus\ndébordante, pour l'amour de l'agrément contre la sévérité : ce fut\nl'école dite d'Amsterdam, que couronna le génie véritable d'un De\nKlerk, trop tôt défunt. Cette école se caractérise par une virtuosité\nsans égale dans l'emploi du matériau national par excellence : la\nbrique de terre cuite, dans sa prodigieuse gamme de couleur infini-\nment diversifiée et qu'enrichit encore l'utilisation du bois peint sur\nun mode où la tradition technologique et coloriste des bateaux et des\nmaisons de bois nordiques, s'exalte d'un éclat ramené d'lnsulinde par\nles navigateurs.\nMais, en troisième lieu, s'est dessiné un retour à Berlage, à son\nrationnalisme fondamental, influencé cette fois par un apport nord-\naméricain évident venu de Frank Lloyd Wright.\nCoïncidant avec l'essor que le béton prit dans la construction,\nce courant conduisit au « cubisme » intégral en architecture et tendit\nà l'assimilation de l'architecte et de l'ingénieur, de l'architecture et\nde la construction industrielle, par un mouvement convergent\nd'ennoblissement esthétique de celle-ci et de rationalisation fonction-\nnelle et organique absolue de la première, pour aboutir à la plastique\npure du volume abstrait.\nChez nous, au contraire, nous l'avons vu, la révolution s'opéra\nen premier lieu par une sorte de « retournement » individualiste des\néléments « styliques » et dont la dominante demeura d'abord déco-\nrative.\nPuis un « assagissement » intervint qui coïncida avec un retour\nrelatif au sens du volume.\nMais la troisième vague d'assaut du modernisme belge sut enfin\nse remettra au pas dans le front unique de l'architecture internatio-\nnale actuelle, en pleine gestation.\nLe chef de file de ce mouvement est incontestablement le Bru-\ngeois HOSTE, qu'entourent les BOURGEOIS, les HOEBEN, les\nRUBBERS, les DE CONINCK, les VAN STEENBERGHEN, les\nJASINSKI.\nEGGERICKX y vient aussi.\nDe tous jeunes comme Raymond DECELLE s'y engagent avec"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.34", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "une audacieuse ardeur de néophytes- D'autres se cherchent encore,\ntels VERBRUGGEN, FRANÇOIS et OBOZINSKI.\nLes architectes d'intérieur, les « ensembliers », les artisans d'art\nGASPARD, BAUGNIET, SERVRANCKX, PEETERS, COCKX\nrivalisent et collaborent avec les architectes dans la composition\nd'ameublements, dans la peinture murale abstraite, dans le dessin\nde tapis, dans la construction d'objets usuels.\nDans les arts graphiques et industriels, du livre et de la réclame,\nMASEREEL, MAGRITTE, HENVAUX se distinguent.\nParmi les sculpteurs, PUVREZ cherche des alliances avec l'ar-\nchitecture et surtout l'école de sculpture et de peinture dite de\n« plastique pure » se fonde ur une identité totale de principes\nconstructifs et rythmiques avec ceux de l'architecture de volume.\nLes sculpteurs Oscar JESPERS, VAN TONGERLOO, SER-\nVRANCKX, parfois WANSART, les peintres SERVRANCKX,\nFloris JESPERS, PEETERS, MAES, FLOUQUET, DE BOECK,\nMadame JASINSKA, Madame HOEBEN, EEMANS créent des\nœuvres qui trouvent leur lieu d'élection dans l'architecture à laquelle,\nfoncièrement, elles s'apparentent.\nL'art des jardins s'est enrichi au cours du siècle dernier d'une\nprofusion colossale de ressources coloristes et plastiques neuves, dues\naux progrès constants et inimaginables de la technique horticole\nmoderne dans l'obtention des variétés nouvelles et améliorées, ainsi\nque par l'introduction incessante d'espèces botaniques exotiques.\nQuelques bons artistes-jardinistes se consacrèrent d'abord à « se faire\nla main » dans l'adaptation rationnelle de cette multitude de « ma-\ntériaux » vivants à la composition de jardins d'architecture d'esprit\nmoderne.\nLes jardinistes JANLET et DEL VAUX y ont excellé et le\nsignataire de ces lignes a tenté les premières compositions jardinales\ndirectement associées à l'esprit de la plastique pure.\nL'urbanisme enfin, agent de coordination, a favorisé consi-\ndérablement l'essor de l'architecture nouvelle en lui procurant"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.35", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "l'occasion de faire ses débuts dans le creuset initial de toute architec-\nture : la petite architecture domestique, au sein des Cités-Jardins.\nL'ingénieur-urbaniste VERWILGHEN et l'architecte-paysa-\ngiste-urbaniste VAN DER SWAELMEN ont eu l'heureuse fortune\nde pouvoir associer la plupart des jeunes architectes spécifiquement\nmodernistes du pays à l'œuvre sociale des Cité-Jardins, l'aspect\nmoderne par excellence sous lequel se présente à notre temps l'exten-\nsion normale, rationnelle et méthodique des « zones » résidentielles\npériphériques différenciées dans l'organisme-ville.\nIl est juste de dire que la Cité-Jardin est jusqu'à présent à peu\nprès le seul domaine où il fut donné aux architectes belges de pouvoir\nrejoindre le front international actuel de l'architecture moderne\neuropéenne.\nC'est, semble-t-il, par surprise que les pouvoirs publics, les-\nquels, généralement, conspirent par ignorance, sottise et indifférence,\nparfois même par méchanceté ou par intérêt vil, à retarder déplora-\nblement par ailleurs l'essor de l'architecture et de l'art belges\nméfait antipatriotique caractérisé se sont laissés aller à faire con-\nfiance et crédit aux jeunes en ce domaine.\nPar contre, l'architecture industrielle sous toutes ses formes :\nusines, banques, gares, grands magasins, universités, édifices publics\net semi-publics de tous genres demeure un champ à peu près com-\nplètement fermé et sévèrement défendu à l'avant-garde artistique\nd'un pays béotien qui eût un jour l'honneur fortuit de voir naître\nsur son territoire la première architecture moderne. Et, ainsi, tenus à\nl'écart du chantier où se forgent les outils des modernes travaux\nd'Hercule, nos hommes sont handicapés antipatriotiquement »\nil faut le répéter sous ce rapport à l'égard de leurs congénères de\nplusieurs autres pays, plus favorisés.\nTel est le bilan, complet pour l'essentiel, de l'architecture\nmoderniste belge à ce jour.\nP- S. Nous examinerons dans un prochain article, ce qu'il\neût fallu faire pour mobiliser effectivement toutes les forces\n\nVAN DER SWAELMEN."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.36", "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "modernistes ci-devant recensées et les mettre en ligne à l'Exposition\ninternationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris,\ndont les barrières ne purent être franchies par la plupart des artistes\nénumérés dans cette étude, faute à eux d'être épaulés par de puis-\nsants industriels. C'est tout au plus si, dans un modeste comparti-\nment d'architecture, du reste « brimé » de toutes manières, certains\nd'entre eux purent attester, par une simple « carte de visite », leur\nexistence."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c012", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.5.1", "titre_corps": "Maquette d'un des pavillons projetés Architecte : J. J. Eggericx, <Bruxelles>", "titre_sommaire": "Maquette d'un des pavillons projetés Architecte : J. J. 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CANTILLANA\nRue de France, 29 BRUXELLES\nTéléphones : 223.75-223.76\nTélégramme : Cantillana Bruxelles"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1925-08-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaac_1925-08_01#c015", "volume": "bmtnaac_1925-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 4", "page_fin": "couv. 4", "image_debut": 38, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.2.7", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.38", "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 615, "texte": "Nos prochains Numéros\nseront également consacrés à\nI'EXPOSITION INTERNATIONALE\n■WOTiiiiiiißniinniiiiiiHiiiiiiiirtniiiiiiiwninimimiiMiiimißiîwntmßiiiiiiiiiniiniMWHnMiiimniiiiiiniiiiiiiHiiMmiiiiiiiHintininniiimîiiiHimtiiiininiHunmmu\ndes Arts Décoratifs Modernes à\nA«S^aaBaHaaatMtBBtHiBiHmBmBuwtBi—IWIIIIIII IWIBI MIMM innu ITMM maßuiHgimwßHtimti «BUOBBWGYAIBW\nPARIS\nUn numéro spécial, à gros tirage,\ntrès richement illustré et qui sera\ndistribué dans toute la Belgique\nsera consacré à la\nParticipation Belge\nNous acceptons des ANNONCES\npour ce numéro"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.1", "texte": "ROÙMffTOH HCHECKt"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.2", "texte": "RfcVUL MENSUELLE BELGE\nLA CITÉ\nURBANIS/AE ® ARCHITECTURE a ART PUBLIC\nRECONSTRUCTION\nDES RÉGIONS DÉVASTÉES\nREDACTEURS :\nMM. Fern. BODSON, architecte (Bruxelles); J. DE LIGNE, architecte\n(Bruxelles) ; J. EGGERICX, architecte (Bruxelles) ; Huib. HOSTE, architecte\n(Bruges) ; Raymond MOENAERT, architecte (Bruxelles) ; L. van der\nSWAELMEN, architecte-paysagiste (Bruxelles); J. M. van HARDEVELD\n(Amsterdam); M. Raph. VERWILGHEN, Ingénieur Urbaniste (Bruxelles),\nSecrétaire de la Rédaction.\nCOLLABORATEURS\nARCHITECTES .*\nRichard ACKE (Courtrai) ; H. P. BERLAGE (La Haye) ; H. J. BIRNSTINGL\nA. R. E. B. A. (Londres) ; Gaston BOGHEMANS (Menin) ; J. BORLEE\n(Jodoigne) ; Victor BOURGEOIS (Bruxelles) ; Ch. CONRARDY (Bruxelles) ;\nJulien de RIDDER (Bruxelles) ; Marcel GUILLEMINAULT (Paris) ; Léon\nGRAS (Anvers) ; J. E. HOEBEN (Bruxelles) ; V. HUSZAR (Hollande) ;\nLE CORBUSIER SAUGNIER (Paris); Edw. LEONARD (Anvers); J. J.\nP. OUD (Rotterdam, Hollande) ; Jozef PEETERS (Anvers) ; Gust. SCHLEI-\nCHER (Allemagne) ; F. SEROEN (Bruxelles) ; Raym. THIBAUT (Bru-\nxelles) ; Carlos THIRION ( Verviers) ; Henri VAN DE VELDE (La Haye,\nHollande) ; Théo van DOESBURG (Paris) ; P. VORIN (Paris) ; E. A. VAN\nTONDEREN (architecte).\nCRITIQUES D'ART :\nMaurice CASTEELS (Bruxelles) ; André de RIDDER (Anvers) ; Elie FAURE\n(Paris) ; FIERENS-GEVAERT (Bruxelles) ; Julien LEONARD (Paris) ; Paul\nLEON (Paris); Jacques MESNIL (Paris); Léon ROSENTHAL, Paris), etc.\nTECHNICIENS :\nCharles de GRONCKEL (Bruxelles) ; A. KNAPEN (Bruxelles); L. J. SERIN\n(Bruxelles), etc., etc.\nLes Rédacteurs et Collaborateurs sont seuls\nresponsables de leurs articles. Il sera rendu\ncompte dans « La Cité » de tout ouvrage dont\ndeux exemplaires seront envoyés à la Revue\nPour la rédaction, l'administration et le\nau Siège de la Revue : 10, Place Loix, Saint-Gilles-Bruxelles•\nPour la vente au numéro s'adresser\nprincipal : Librairie LA MERTIN,SB-62\nABONNEMENT: Belgique, 20 francs; Etranger 25 francs. Le numéro, 2 francs\nLes abonnements peuvent se prendre 20\ncrédit du Compte chèques-postaux n° 166.21 «La »).\nun supplément de 3 francs les numéros seront envoyés mensuellement sous\nenveloppe cartonnée"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.3", "texte": "L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS\nET INDUSTRIELS MODERNES\nA PARIS\nLe Procès de la Participation Belge.\nEditorial\n\nIl est difficile de prédire quelles seront les conséquences de Fex-\nposition de Paris.\nDevra-t-on la considérer du moins pour les latins comme\nun départ concerté vers la recherche d'une forme qui soit l'expression,\npropre à l'époque, de la sensibilité contemporaine? Ou faudra-t-il\nenregistrer une réaction misonéiste consécutive à un échec éventuel\nde la démonstration tentée?\nQuoi qu'il en soit, il est permis d'ores et déjà d'affirmer que\nl'exposition de Paris ne peut en aucune façon se proposer comme un\nbilan de l'effort moderne, en dépit de sa prétention à être une riposte\nà l'exposition du Werkbund allemand tenue à Cologne en 1914.\nTout d'abord, il y eut de grandes lacunes dans la mobilisation\ndes nations, laquelle aurait dû être générale sans restriction, et l'ab-\nstention de l'Allemagne, conséquence d'une invitation tardivement\nfaite, n'est pas la moindre de ces lacunes.\nD'autre part, l'inégale maturité « moderniste » des peuples\nconfrontés a été la cause psychologique profonde d'une incomplète\n\nLA CITÉ.\nAOUT 1925."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.4", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM.7\n\net souvent partiale représentation des forces modernistes existantes\ndans certains pays ainsi que d'une répartition des emplacements et\nde leur étendue proportionnelle, qui est sans doute en relation avec\ndes préoccupations politiques internationales, mais qui n'est aucu-\nnement en rapport avec l'importance relative de l'appoint des diffé-\nrents pays du monde à la constitution de l'art moderne d'esprit\nnouveau.\nTelle quelle, l'exposition mérite une étude approfondie et re-\nquiert une attention diligente de tous ceux qui s'intéressent au mou-\nvement artistique dit « moderne » ou « moderniste ».\nChacun peut en dégager des enseignements utiles pour son\npropre compte.\nC'est ce que nous nous proposons de faire ici, avant tout pour ce\nqui est de la Belgique, afin que l'aventure, au moins, nous serve de\nleçon!\nCe qu'il importe d'élucider d'abord, pour la Belgique, c'est le\npoint de savoir :\nSi la participation belge devait ou pouvait être un bil a n de\nl'effort « moderne » en notre pays?\nSi cette particpation devait plutôt être un palmarès opportuniste\nou une consécratio n... de retraite pour quelques-\nuns?\nSi elle pouvait vraiment être une synthèse de l'esprit moderne\nen Belgique, ou si les contingences ne recommandaient pas plutôt\nd'avoir recours à une mobilisation générale des\nseules forces vives spécifiquement modernistes de la\nnation?\nAvant d'en décider, il importe de procéder au recensement des\nforces « modernistes » dont notre pays peut disposer et de confronter\nl'inventaire des œuvres avec les dispositions du Programme élaboré\npar le Gouvernement français pour l'organisation générale de\nl'exposition.\nNous publions à cet effet dans le présent numéro de «La Cité»:\nEn premier lieu la Conférence-Programme que fit le i o janvier"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.5", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM.7\n\n1924 devant les membres médusés du Cercle Artistique et\nLittéraire de Bruxelles, M. Paul Léon, Directeur des Beaux-Arts,\nMembre de l'lnstitut, dans le but avoué de stimuler le Gouvernement\nbelge, qui s'y montrait rétif à cette époque, à participer officiellement\nà l'exposition.\nEn second lieu, un recensement général des forces « moder-\nnistes » mobilisables en Belgique.\nNous publierons dans le prochain numéro de « La Cité » des\nextraits de documents officiels et du Programme général de l'expo-\nsition publiés par le Gouvernement de la République Française et\nconstituant la spécification de LA PROMESSE faite solen-\nnellement aux « modernistes » du monde entier.\nNous examinerons par la suite si LA PROMESSE a\nété tenue; nous analyserons en détail la méthode suivie s'il\ny en eut une pour l'organisation de la participation belge et nous\nconfronterons pas à pas les résultats obtenus avec les possibilités\nexistantes afin, nous le répétons, que, peut-être, l'aventure serve\nde leçon...\n\n« LA CITE »\n\nLe Peuple\ndu 29 Août 1925\nLE SYMBOLE DE LA PARTICIPATION BELGE\nA L'EXPOSITION DE PARIS"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.6", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M . 7\n\nCONFERENCE DONNEE AU CERCLE\nARTISTIQUE & LITTERAIRE\nDE BRUXELLES\n\nLE 10 JANVIER 1924\nPAR M. PAUL LEON\nDIRECTEUR DES BEAUX-ARTS DU GOUVERNEMENT DE LA RÉPU-\nBLIQUE FRANÇAISE, MEMBRE DE L'INSTITUT DE FRANCE.\nVous êtes des hommes de travail, plus sensibles aux réalités\nqu'aux paroles. Le meilleur moyen, semble-t-il, de répondre à votre\nbienvenue, c'est de vous apporter ici non des discours, mais des actes.\nVous voyez auprès de moi le délégué du Ministre du Commerce\nà qui incombe la tâche d'assurer notre expansion économique dans le\nmonde; je représente auprès de vous les artistes de mon pays. Notre\nfraternel voisinage signifie que la France entend compter désormais\nses artistes parmi les meilleurs ouvriers et les plus sûrs auxiliaires de\nson essor industriel. Cette collaboration, dont nous représentons ici\ntous deux les éléments et le principe, M. François Carnot l a réalisée\ndans les faits. Il est de ceux qui, les premiers, ont opéré le rapproche-\nment entre artistes et fabricants. Rapprochement jadis naturel, spon-\ntané et pour ainsi dire inconscient aux heureux siècles, aux grands\nsiècles où n'existaient pas encore ces vocables séparatistes, où chacun\nn'avait d'autre nom que celui de son métier, où lorsque Phidias asso-\nciait à la figure humaine toute la fleur des ornements, les tons de l'or\net de l'ivoire, les dessins de riches étoffes et l'architecture des trônes où\ndevaient siéger les dieux, nul ne se fût demandé si l'œuvre de son\ngénie appartenait au grand art ou plutôt à l'art mineur, si elle éma-\nnait d'un artiste ou seulement d'un artisan.\nC'est de la Révolution, c'est seulement du dernier siècle que\ndate un fâcheux divorce causé, comme il est d'usage, par incompati-\nbilité d'humeur et mutuelle incompréhension. Depuis lors, les arts\nles Beaux-Arts ainsi dénommés en vertu d'un singulier pléo-\nnasme, se limitent à la statue, au tableau, à la gravure, à la médaille,"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.7", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M . 7\n\nmais le décor du mobilier, notre parure familière, l'harmonie\nmême de nos demeures, tout ce qui donne à un temps son caractère,\nscfn empreinte et sa place dans l'histoire, pour tout dire d'un mot,\nson style, était désormais relégué dans le domaine de la fabrique.\nTandis que Fart pur poursuit à travers les hardies recherches des\nécoles les plus diverses : paysagistes, impressionnistes et autres, une\nglorieuse carrière, les arts de la vie, au contraire, subissent la tyrannie\ndes formules immuables. Nos maisons ressemblent fort à des cabi-\nnets d'antiquité. De notre lit à colonnes qu'aurait reconnu Henri 11,\nau boudoir évocateur de Madame de Pompadour ou à la salle à\nmanger prête pour le premier Consul, nous repassons en tous les\nactes de notre vie quotidienne les chapitres de notre histoire. Par un\nsingulier contraste, le siècle le plus novateur dans la recherche scien-\ntifique et l'évolution sociale conserve pieusement le cadre des régimes\nqu'il abolit. « Nous vivons parmi les ruines, écrit Alfred de Musset,\ncomme si la fin du monde était proche ».\nLe XXe siècle en naissant a ouvert des voies nouvelles. Emile\nGallé et ses émules ont emprunté à la flore, à l'ambiance même de la\nvie, les éléments d'un renouveau. Toutes les époques créatrices ont\ntoujours puisé aux deux sources, à la fois les plus antiques et les\nplus originales : la vision de la nature et la technique du métier.\nNous sommes loin aujourd'hui de cet effort pourtant si proche,\net le style de 1900 nous est plus étranger peut-être que celui de 1800.\nDepuis bientôt un quart de siècle s'affirment de nouvelles tendances,\nesquissées avant la guerre, précisées depuis cinq ans. Quels en sont\nles caractères? Le décor emprunté non plus à l'ornementation mais à\nla structure elle-même, la beauté réalisée par la qualité de la matière,\nl'harmonie des proportions, celle des pleins et des vides, des cavités\net des saillies, des ombres et des lumières, une affirmation des volumes\ntrès franche et quelquefois brutale, une simplicité qui n'est pas\nexempte de quelque sécheresse, mais qui est rarement sans grandeur.\nConsidérez aujourd'hui la façade d'une maison, la devanture d'un\nmagasin, les éléments d'un mobilier, la maquette d'un décor de scène,\nvous discernerez un effort de simplicité dans les lignes,de construction\ndans les plans. Le style moderne se définit à nos esprits en s'imposant"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.8", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\nà nos regards. Qu'on le regrette ou qu'on s'en loue, il possède une\nclientèle qui répudie le pastiche et la copie des anciens, qui exige des\nmoyens nouveaux pour les programmes nouveaux d'une société nou-\nvelle. Et l'évolution, semble-t-il, est analogue en Belgique, depuis\nles initiatives de Horta et de Van de Velde qui, comme tous les pro-\nphètes, ne le furent pas en leur pays, mais dont les brillants succes-\nseurs, Pompe ou Sneyers, Hoste ou Lacoste, Desmet ou Van Huffel\net tant d'autres après eux, ont fait triompher les idées et les ont\nillustrées par leurs œuvres.\nCe bilan d'un quart de siècle, l'heure est venue de l'établir.\nL'Exposition de 1925 n'est pas une présentation d'objets rares, de\nriches bibelots de vitrine. La liste même de nos groupes, l'énuméra-\ntion de nos classes, est probante à cet égard. L'art décoratif n'est autre\nchose que la forme donnée à l'objet selon sa destination et sa matière.\nBoileau, poète raisonnable, nous dit quelque part en ses œuvres :\n« Il n'est pas de serpent ni de monstre odieux\n» Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux ».\nTout de même, il n'est pas de fabrication qui ne\npuisse trouver sa place dans nos galeries. A l'art décoratif appartient\nla transformation de la locomotive, jadis brouette mécanique, ou celle\nde l'automobile, jadis fiacre sans chevaux, aujourd'hui puissantes\nmachines harmonieusement construites pour réaliser la vitesse et la\nrésistance au vent. Lors de nos derniers salons, n'avons-nous pas vu\nparaître d'élégantes armoires mobiles, destinées à recevoir dans nos\npièces d'appartement les récepteurs de T. S. F.\nL'Exposition ainsi conçue ne doit pas revêtir l'aspect d'une foire\nd'échantillons. Elle ne procédera pas par analyse, mais par synthèse.\nElle présentera non pas des raisons sociales étiquetées, mais des œuvres\nou plutôt des groupements d'œuvres, réalisés par des créateurs et des\néditeurs de modèles volontairement associés suivant leurs affinités.\nLes salons les plus récents nous ont montré la voie à suivre. Ce sont\nd'éminents artistes qui donnent aujourd'hui leurs modèles à nos\nfabriques de tissus et dirigent les destinées des grands magasins de\nParis.\nCe programme nous a valu des sympathies effectives. Quelles"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.9", "texte": "EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIELS MODERNES DE PARIS\nPROJET DE CITÉ=JARDIN BELGE <non exécuté>\nLes Urbanistes : Van der Swaelmen, Verwilghen.\nLes Architectes : Bourgeois, Eggeriox, Hoste, Hoeben, Pompe, Rubbers.\nPLANCHE I"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.10", "texte": "PLANCHE II\nProjet non exécuté\nSupplément à la Revue\nLA CITÉ, Ve ANNÉE. N° 7\nCliché du Journal 7 Arts"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.11", "texte": "PLANCHE V.\nVISITEZ LE COMPARTIMENT D'ARCHITECTURE\nMODERNE ET D'URBANISATION DE\nLa Société Belge des Urbanistes\net des Architectes Modernistes ...\nPorte Université Fobert\nGalerie Esplanade des Invalides\nINVALIDES\nL'ARCHITECTURE MODERNISTE BELGE\nDEPUIS LA GUERRE.\nLES CITÉS-JARDINS MODERNES EN BELGIQUE\n\nUn cycle urbanistique parfait ne s'accomplit que lorsqu'il atteint le\nterme d'aboutissement de toute période complète d'urbanisation : le paysage\nurbain caractérisé par une Architecture.\nLa troisième dimension en urbanisation, l'élévation architecturale,\nsuscite le paysage urbain, conditionné par le plan générateur organique.\n« On met en œuvre de la pierre, cVi bois, du ciment, du verre : on en fait des mai-\n» sons, des palais : c'est de la construction.\n» Ma maison est pratique. Merci, comme merci aux ingénieurs des chemins de fer\n» et à la Compagnie des Téléphones. Vous n'avez pas touché mon coeur.\n» Mais les murs s'élèvent sur le ciel dans un ordre tel que j'en suis ému... Mes yeux\n» regardent quelque chose qui énonce une pensée. Une pensée qui s'éclaire uniquement\n» par des prismes qui ont entre eux des rapports. Ces prismes sont tels que la lumière\n» les détaille clairement... Ils sont une créa ion mathématique de votre esprit. Ils sont le\n» langage de l'architecture. »\n(LE CORBUSIER.)"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.12", "texte": "PLANCHE VI.\nPRELIMINAIRES D'ART CIVIQUE\npar\nLouis van der Swaelmen,\narchitecte-urbaniste.\nLeyde (Pays-Bas) A. W. Sijthoff's uit-\ngevers maatschappij, éditeur.\nVAN DER SWAELMEN,\nUrbaniste,\nPrésident de la S. B. U. A. M.\nPrix : 25 francs. A l'Union des\nVilles, 3bis, rue de la Régence,\nBruxelles.\nSupplément à la Revue “La Cité„ Ve Année, n° 7\n\nLe tracé sanitaire des agglomérations est le fondement de toute urba-\nnistique future. Le temps viendra où l'ingénieur sanitaire et l'urbaniste, comme\nl'architecte et l'ingénieur ne feront qu'un : mais nous n'en sommes pas là!\nLéonard était un ingénieur, mais il était aussi le Vinci.\nBuonarotti était un ingénieur, mais il était aussi Michel-Ange.\nChose curieuse, l'ingénieur sanitaire, voyer, ou constructeur actuel, surtout\nl'ingénieur d'administration, dès qu'il s'occupe d'urbanisation ou d'architecture\nmanifeste une tendance anti-fonctionnelle d'esthétique périmée, qu en saine\nlogique il devrait exécrer.\nToutefois, Haussmann a recréé Paris!\nNe pas confondre cependant ADMINISTRATION, c'est-à-dire fonction\nrégulatrice des fonctions physiologiques de la cité, avec la morphologie civique\nou URBANISATION, c'est-à-dire construction des organes par l'intermédiaire\ndesquels s'exerceront ces fonctions.\nL'entente administrative doit se faire pour établir le canevas sur lequel\nl'Urbaniste qualifié seul, tracera l'ordonnance d'excellents ensembles fonction-\nnels, générateurs de l'émouvant paysage urbain moderne.\nA cet effet, dans les grandes agglomérations, la solution simpliste de\nl'unification comlmunale est séduisante. Mais en beaucoup de pays elle offre\nmaints dangers et suppose une maturité civique que le particularisme commu-\nnal n a pas préparée.\nLa Province, le Cercle, le Dé-\npartement, le District, semblent à\nl'heure actuelle mieux à même de\ncoordonner le développement non\nseulement de l'urbanisation des\ngrandes agglomérations, mais en-\ncore de l'urbanisation régionale\n(Régional planning).\nL'impulsion devrait toutefois\npartir d'un office gouvernemental\nd'lnspection de l'Etat de Déve-\nloppement civique (Civic Deve-\nlopment Surgey), sorte de con-\nservatoire des méthodes techni-\nques éprouvées d'urbanisation ra-\ntionnelle et des normes fonction-\nnelles standardisées."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.13", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M . 7\n\nque soient les difficultés créées par les exigences de la circulation\nurbaine, la Ville de Paris, consciente des grands intérêts nationaux,\nnous a concédé les terrains qui nous étaient nécessaires, sur les deux\nrives de la Seine, de la Concorde à l'Aima, des Champs-Elysées aux\nInvalides. C'est le plus noble décor qui puisse être réservé à une telle\nmanifestation. Dans un élan spontané, l'épargne publique a répondu\nà notre appel. Quelques semaines ont suffi à constituer notre budget.\nLa plupart des grands Etats ont accepté l'invitation qui leur était\nadressée. Nous sommes maintenant à pied d'œuvre. Entre toutes les\nparticipations promises, il n'en est pas qui nous soit plus utile et\nplus précieuse que celle de la Belgique. L'art est une tradition natio-\nnale pour les industries de cette antique terre des Flandres, carrefour\nde civilisations diverses et qui a reçu les effluves de tous les grands\ncourants d'idées circulant à travers l'Europe. Hier encore, nous revi-\nvions dans les salles des Tuileries, à travers les toiles de vos maîtres\nincomparables, les grandes heures de notre histoire. Nous vous con-\nvions aujourd'hui à une démonstration de toutes les forces du pré-\nsent, de tous les espoirs de l'avenir. Suivant l'expression de Renan,\nla Belgique, comme la France, est faite « pour la dentelle, non pour\nla toile de ménage », pour les produits de qualité où l'élément essentiel\nest ce facteur impondérable que l'on appelle le bon goût.\nAu lendemain de la crise mondiale, il n'est pas indifférent que\nla France reprenne la tradition interrompue des grands tournois paci-\nfiques. Il n'est pas indifférent que nos deux pays unis par les liens du\nsang et la parenté de la race, confondues hier encore en un commun\nholocauste offert à la liberté du monde, marchent la main dans la\nmain vers les œuvres de la paix et sur les routes du progrès.\n\nPaul LEON."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.14", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\nL'EFFORT MODERNE EN BELGIQUE\n\n. Avant de procéder à l'établissement du bilan des prestations en\narchitecture moderniste dont la Belgique peut faire état et de dresser\nl'inventaire des forces modernistes dont on eût dû assurer la mobili-\nsation générale afin que notre pays eût la meilleure tenue dans la\ngrande joûte qui met aux prises, à Paris, de très sérieux\ncompétiteurs, il importe de rappeler ici quelques vérités d'évidence\nqu'il est nécessaire d'avoir bien présentes à l'esprit pour juger saine-\nment en la matière :\n1. D'abord, que tous les arts dits décoratifs ou industriels pro-\ncèdent fondamentalement de l'architecture.\n2. Qu'il naît une nouvelle architecture seulement lorsqu'une\nnouvelle structure est inventée.\n3. Que lorsque l'architecture - structure d'une époque\nsemble avoir épuisé ses possibilités, elle tombe généralement dans la\nsurcharge ornementale ou s'égare dans une diversion à prépondérance\ndécorative.\n4. Que si ce phénomène se produit sans que s'ouvre la perspec-\ntive de découvrir une structure nouvelle, l'inspiration s'en va cher-\ncher ailleurs dans le temps : archéologie; ou dans l'espace : exo-\ntisme des faux semblants de renouvellement; l'exemple-type d'un\npareil phénomène, c'est LA RENAISSANCE, qui, à la longue, de\nbrassin en brassin, comme un thé rallongé dix fois d'eau tiède, perdit\ntout accent constructif et dégénéra misérablement malgré les prodiges\nd'imagination accomplis par des artistes souvent doués miraculeuse-\nment, mais qui ne pouvaient cependant se renouveler indéfiniment\nsur le même fonds.\n5. Que l'archéologie du XIXe siècle, en multipliant les sources\nde faux-semblants d'inspiration à la fois dans le temps ; tous les\nstyles; et dans l'espace : l'exotisme, a prodigieusement augmenté la\ndébandade et la confusion que l'ordre artificiel créé par la Renais-\nsance avait au moins su contenir et canaliser.\n6. Que la sensibilité intelligente de la fin du XIXe siècle, pré-\nludant aux apports esthétiques nouveaux du XXe, a reconnu la"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.15", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM.7\n\nnécessité d'une réadaptation des méthodes à leurs fins naturelles, au\nmoment où se révélaient les prodromes de la découverte d'une struc-\nture nouvelle, le béton armé : conditions nécessaires et suffisantes\npour légitimer l'espoir d'assister à l'avènement prochain d'une\nexpression formelle, adéquate à l'esprit nouveau.\n7. Que dans toutes les tendances sans préjuger de leur légi-\ntimité exercent des talents et des non valeurs et l'architecte se\nreconnaît essentiellement au sens profond qu'il possède du rythme\ndes volumes.\nAinsi l'on reconnaît le fait d'un architecte par essence dans une\nœuvre qui peut, faute à l'erreur commune d'une époque et au mal-\nheur des temps où vivait l'architecte, n'être qu'un pastiche, une\ninterprétation fantaisiste ou un conglomérat d'éléments et de for-\nmules d'emprunt hétérogènes. Et, par contre, parmi les modernistes,\nprincipalement les modernistes de transition, il est aisé de dépister\nune certaine proportion de non-architectes,des «aquarellistes» notam-\nment. Mais la discrimination n'est évidemment pas à la portée du\nprofane, des non-initiés, ni du gros public qui ne juge que par l'exté-\nrieur des choses, d'après l'ornement ou le décor, et selon ses accou-\ntumances visuelles; la discrimination n'est pas à la portée non plus\ndu critique non spécialement averti des choses de l'architecture, pas\nplus que des artistes professionnels qui n'ont pas sincèrement con-\nfessé le modernisme; elle échappe donc nécessairement aussi et\nde son propre aveu à un commissaire général commercial, indus-\ntriel, à ses jurys et à ses commissions hétéroclites et hétérogènes.\nCeci fixé, passons à l'examen de l'apport belge au patrimoine\nde l'art moderne international.\nLes personnes qui font profession de critique ont trop souci\ngénéralement de proclamer un palmarès. On voit dans leurs énumé-\nrations voisiner des gens au talent plus ou moins équivalent peut-être\nquant au dosage mais qui appartiennent aux tendances les\nplus antinomiques.\nPar contre, sous le signe d'une même tendance sont rangés des\nproducteurs de signification très inégale.\nIl arrive même que l'on voie accoler est-ce pur hasard ou"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.16", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\nesprit de camaraderie les noms d'une personnalité douée de talent\nauthentique et significatif et d'un personnage parfaitement rétro-\ngrade, qui en est totalement dépourvu.\nIl faut se garder aussi du danger des « apprivoisés » : les appri-\nvoisés de « demi-caractère », par exemple les « régionalistes » et les\n«folkloristes modernisateurs» qui ne sont que des pasticheurs à peine\ndéguisés; puis les apprivoisés « sans caractère », qui font\n« du style » ou « du moderne » et qui, par conséquent, professent\nque le modernisme n'est pas un phénomène qui continue, au déve-\nloppement naturel duquel nous assistons et coopérons, mais consi-\ndèrent « le moderne » comme un style-échantillon ornemental\nexterne au même titre que tous les styles historiques catalogués. Ce\nsont les gens qui croient pouvoir être à la fois et à volonté la\nvolonté de leur client entre autres un... Phidias, un franc-maçon\ndu Moyen-Age, un Bramante, et surtout une sorte de Mathusalem\nqui aurait connu trois règnes et un Empire en France pour terminer\nsa carrière en qualité... d'ingénieur sanitaire et de décorateur en\n« imitation de bois et marbres ».\nParmi eux il y en a encore de deux catégories :\nCeux qui, depuis l'origine, ont pratiqué leur doctrine du «mo-\ndernisme ad libitum» ; mais aussi les anti-modernistes avérés et impé-\nnitents qui ont toutefois prétendûment adopté le modernisme à l'an-\nnonce de l'Exposition de Paris et se sont découvert subitement une\nconviction (? î) pour les besoins de la cause.\nIl y a même enfin ceux que je nommerai les « camouflards »\nqui ont réussi sans peine à faire prendre des vessies pour des lanternes\npar les commissaires généraux ce qui démontre que pour choisir\navec discernement entre toutes ces directions contradictoires, retenir\nles significatives parmi les sincères, dépister et tenir à l'écart les\ninsincères, il fallait un homme qui fût\nmû uniquement par des considérations d'ordre esthétique fondées sur\nles bons principes de production industrielle et nullement hypnotisé\npar des préoccupations protocolaires ou par les puissances commer-\nciales.\nOn sait que pour nous, si on ne le prenait pas parmi les jeunes"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.17", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM.7\n\ngens de caractère qui se démènent au fort de l'action moderniste,\nnous ne voyions que VAN DE VELDE, ou DE PRAETERE, ou\nFIERENS-GEVAERT qui eussent pu faire, en l'occurrence, un\ncommissaire général à la hauteur esthétique de sa tâche et nous y\nreviendrons.\nComment dans ce réseau compliqué si lumineusement clair\ncependant pour qui vit au sein de cette activité comment choisir la\nroute à suivre.\nIl suffisait d'appliquer à la chronologie du mouvement moder-\nniste en Belgique les critères d'appréciation que nous avons rappelés\nen commençant.\nLA PREMIERE PERIODE\nNous eûmes d'abord la période héroïque.\nDès 1893, la Belgique, la toute première en date, osa jeter un\ncri de révolte contre les pastiches et les poncifs de l'Ecole en Archi-\ntecture.\nDes esprits analytiques, individualistes ardents, prêchèrent la\nrébellion contre l'Académisme nourri essentiellement de Baroque,\naussi bien qu'envers un néo-gothique en délire pour gares de chemin\nde fer, ou qui s'affadissait en polychromies pieuses d'ornemanistes.\nFoncièrement intelligent, mais peu enclin par nature et conséquem-\nment inhabile, en général, à tirer parti de ses possibilités intellec-\ntuelles, l'artiste belge, doué d'un tempérament coloriste et déco-\nratif abondant, paraît parfois avoir peu d'imagination parce qu'il ne\nla nourrit guère aux grands foyers intellectuels du dehors et qu'il\ns'instruit peu.\nRubens semble demeurer malgré tout, au moins en quelque\nmesure, l'intangible idéal! Et cet instinct décoratif dominant, trop\nexclusivement extérieur, a fait que la révolte elle-même s'est produite\n*\ndans un sens presque uniquement décoratif à son tour, et assez super-\nficiel en somme.\nC'est ce qui fait que nous n'avons pas eu notre Berlage,\nl'homme qui est peut-être, parmi tous les architectes contemporains\nle penseur le plus profond, l'artiste qui sut le mieux incarner la tra-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.18", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\ndition spirituelle intégrale de son peuple et l'exprimer en des rythmes\naccordés sur celui de la vie actuelle, car s'il alla demander des leçons\nau Moyen âge, ce furent des leçons d'honnêteté constructive et de\nconscience unanime qu'il y voulut rechercher et non point un mysti-\ncisme conventionnel qui ne serait plus dans le cœur. Et, de plus, si\nl'on veut tresser une tradition neuve, il est clair qu'il faut commen-\ncer par où elles ont commencé toutes : être purement constructif. Il\nest simplement insensé de vouloir brûler des étapes qui peuvent\ndemander des siècles, de s'aller noyer inconsidérément dans le marais\nd'une débauche ornementale si ingénieuse qu'elle puisse être, signe de\ntoutes les décadences et qui se rattache aux épaves de la faillite du\npassé bien plus qu'elle n'ouvre des voies nouvelles.\nHANKAR, HORTA, VAN DE VELDE sont les protago-\nnistes incontestables de l'âge héroïque de l'architecture moderniste\nbelge.\nHANKAR est mort trop jeune, avant d'avoir pu trouver une\nexpression formelle définitive pour sa personnalité, et qui synthé-\ntisât les vérités plastiques éternelles retombées dans l'oubli. Pressen-\ntant qu'elles allaient devoir être redécouvertes bientôt, il s'était\nélancé à leur recherche dans les divers domaines ressortissant à\nl'architecture, qu'il invitait à explorer à nouveau, et il a joué plutôt\nle rôle d'un éclaireur.\nHORTA, puissante personnalité individualiste, l'a traduite\ndans une ligne dont il poursuivit et épuisa l'évolution avec ténacité\net succès de carrière.\nVAN DE VELDE, préoccupé essentiellement aussi de la ligne,\nse détacha du groupe par le fait de circonstances qui le conduisirent à\ns'exiler de son pays, lequel, se désintéressant au fond de ses recherches,\nne lui permettait pas d'y trouver l'occasion de réaliser son œuvre.\nEt « quand il devint le maître de sa forme » un long séjour en Alle-\nmagne loin de « l'avoir écarté de nos traditions » l'avait\nrapproché des traditions universelles de l'ar-\nchitecture, en le gardant du danger de rester prisonnier\nd'une conception étroitement régionale et mensongère, de la tradition,"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.19", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M . 7\n\noù s'égara par la suite un contingent nombreux de pseudo-moder-\nnistes.\nSi Hankar n'eût pas le temps de donner toute sa mesure en une\nexpression définitive; si Horta ne fit pas école, payant ainsi la ran-\nçon de son obstination à poursuivre le développement d une ligne\nindividualiste à l'extrême; si Van de Velde par l'envergure de son\nesprit et sa faculté de renouvellement continua et continue encore à\napporter une contribution considérable et effective à l'évolution mo-\nderne de l'architecture, ressuscitée de son long sommeil léthargique,\nVAN RYSSELBERGHE et après lui GOVAERTS, eux, architectes\npar essence et, pour ainsi dire, par la grâce de Dieu, conservèrent,dans\nleur ferme volonté d'être de leur temps, l'emprise, dans une certaine\nmesure, de leur formation et de leurs prédilections classiques chez\n\"un et chez l'autre, avec un reflet prononcé d'italianisme chez Van\nRysselberghe. Le talent de ce dernier fut véritablement merveilleux\net ses œuvres exercent un charme incomparable et irrésistible.\nQuant à Govaerts, la dignité, la simplicité, la sobriété, voire la\ngrandeur qu'il sut mettre en de certaines œuvres commandent le\nplus grand respect.\nIl faut nommer à la suite deux artistes du meuble : SERRU-\nRIER-BOVY, dont la forme s'apparenta aux inflexions linéaires\nfavorites au groupe de tête, et HOBÉ, qui vint à l'architecture par\nl'ameublement et qui contribua beaucoup à orienter les débuts de\nla seconde période.\nLa première vague d'assaut provoqua des remous jusqu'en\nprovince :\nPAUL JASPAR, de Liège, paraît avoir été, dans ses débuts\nmodernistes, directement influencé d'abord par la ligne et les préoc-\ncupations d'Hankar et d'Horta.\nVAN DE VOORDE, de Gand, put sembler, au contraire,\nprendre comme point de départ certaines directions viennoises par-\nticipant à cette tendance austro-germanique d'avant-guerre qui\n«parasita» les styles français plus particulièrement le Louis XVI\net, surtout en Allemagne, l'Empire et qui, s'étant développée en"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.20", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM.7\n\nmarge du véritable modernisme initiateur autrichien d'un Otto\nWagner et surtout d'un Hoffmann, s'en est allé à la dérive.\nMalheureusement, Jaspar et Van de Voorde est-ce décep-\ntion, tentation ou lassitude? ont fait de retentissants retours en\narrière, au lieu de se dégager davantage et de pousser résolument de\nl'avant.\nVAN ÀVERBEKE, d'Anvers, en Flamand avisé et bien avisé,\nguidé par le sûr instinct de ses affinités naturelles, alla éclairer sa\nlanterne aux sources lumineuses qui rayonnaient de la Hollande,\nberceau de la véritable et féconde rénovation architecturale euro-\npéenne contemporaine, initiée et illustrée par Berlage. Van Aver-\nbeke s'en trouva confirmé dans la conception essentiellement ration-\nnelle qu'il s'était formée de l'architecture et ce commerce développa\nen lui le sens plastique des volumes qui, sans doute, lui était inné.\nVan Averbeke est resté conséquent avec lui-même et il s'inscrit\nprincipalement à l'actif de la seconde génération.\nLe bilan de cette première période, la révolution des « purs »,\nsous le signe des « linéaristes » comme les dénomma assez heureuse-\nment Meyer-Graefe : Hankar en éclaireur, Horta l'individualiste,\nVan de Velde, l'idéaliste, se traduit essentiellement par les acqui-\nsitions ou ré-acquisitions suivantes : adaptation de plus en plus\nrigoureuse à leur destination des dispositions coordonnées en un\nplan organique; dogme du matériau apparent et sincérité de son\nemploi selon la reconnaissance de ses fondamentales propriétés\ntechnologiques et esthétiques combinées; effort tenace pour atteindre\n« une forme absolument nouvelle » par la ligne abstraite\nplutôt que par le volume et sans aucune réminiscence formelle des\nproduits antérieurs du faux principe, condamné, de l'ornement futile.\nCe dernier point est fort intéressant et gros de conséquences:\nAlors que la Hollande, grâce à Berlage, restitua tout d'abord et\nd'emblée le volume à l'architecture, ouvrant ainsi largement la\nvoie à un univers de possibilités nouvelles ou renouvelées selon les\nlois fondamentales essentielles et éternelles de l'architecture « créa-\ntrice d'agrégations d'espaces enclos » (i), réforme plus rationnelle\n\n(1) «Rutmle scheppm » disent, en une expression lapidaire, les Néerlandais."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.21", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\nplus profonde, plus directe, et propice aux développements les plus\nprodigieux et les plus insoupçonnés d'abord les nôtres, au con-\ntraire, s'engagèrent plutôt dans une impasse. Si ce fait a limité le rôle\nqui leur fut dévolu dans le développement ultérieur de l'effort mo-\nderne vers une architecture, il ne diminue en rien leurs mérites: car s'ils\neurent l'audace, les tout premiers, de prêcher la révolte et le courage\nde faire la révolution à eux seuls, d'abord, contre tous, il est évident\nque les risques de se tromper de direction étaient d'autant plus\ngrands qu'ils ne pouvaient s'appuyer sur aucun devancier pour rec-\ntifier cette direction. Et ils étaient, en outre, handicapés malgré qu'ils\nen eussent, par deux circonstances fatales : le poids mort de plusieurs\nsiècles de superstition ornementale et de confusion entre le concept\ndécoratif et le concept constructif, à la base de l'architecture, pour\nune part; et sans doute pour une autre part le fait que les contin-\ngences locales proposèrent à leur effort beaucoup plus généralement\nla construction « en façade », qu'en volumes révélateurs du dedans\nau dehors.\nEt intéressés, en ordre principal, par le développement de 1' «ara-\nbesque nouvelle» sur ce plan vertical, leur attention ne sembla pas\ns'être portée avec une même méthode rigoureuse sur les passionnants\nproblèmes de la division rythmique des surfaces (i). Les trouvailles\nheureuses de répartition des pleins et des vides qui se rencontrèrent\nsous leur crayon ressortissent au sentiment inné de l'harmonie des\nproportions, qu'ils portaient en eux, mais ils n'approfondirent pas\nsystématiquement la division rythmique des surfaces plus que l'agré-\ngation rythmique des volumes : ils ne placèrent, en tout cas, pas là\nle centre de gravité, le pivot, de leurs recherches novatrices.\nLorsqu'on lit Van de Velde (2), on s'aperçoit jusqu'à quel point\nces pionniers de la révolution moderniste en architecture, demeurèrent\nfascinés malgré tout par la «ligne-ornement» :\n« En fait, l'ornement structuro-linéaire et dynamographique,\n» considéré comme le complément adéquat des formes conçues selon\n» le principe de la conception rationnelle et conséquente, est l'image\n\n(1) « Vlakverdeeling » (néerl.).\n(2) Henri Van de Velde : Formules d'une esthétique moderne, p. 66."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.22", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\n» du jeu des forces intérieures que nous pressentons dans toutes les\n» formes et dans toutes les matières. Ce sont ces activités qui sem-\n» blent avoir provoqué la forme, fixé son aspect. Les modifications,\n» dont la forme est la dernière conséquence, se sont arrêtées au\n» moment où ces forces intérieures ont neutralisé leur énergie dans\n» un équilibre parfait des effets et des causes. Ce moment devient,\n» dès lors, l'éternité! Nous pouvons concevoir des formes réalisant\n» cet équilibre sans le secours de l'ornement et ce sont les formes\n» les plus parfaites. Dans leur simplicité, elles ont réalisé un schéma\n» linéaire constituant lui-même, et sans complément, un ornement\n» parfait, éternel! Il serait excessif de conclure que la présence de\n» l'ornement forme un élément secondaire par rapport à la Beauté.\n» Il n'est secondaire que s'il est inorganique, sans lien avec la forme,\n» sans activité complémentaire et structurale. La moindre faiblesse\n» sentimentale, la moindre association naturalistique menacent\n» l'éternité de cet ornement. Elles tendent, infailliblement, à\n» ramener dans le temps, ce qui était « hors » du temps... »\nMais on voit aussi combien Van de Velde est en même temps\npréoccupé de la vie interne fonctionnelle et rationnelle des « com-\nplexes » délimités par la structure linéaire, au point de réaliser ce\nmiracle : retrouver en quelque sorte le volume par les «lignes-forces»\ngénératrices.\n« La conception rationnelle et conséquente nous avait aidé à\n» retrouver l'enchaînement normal et la disposition logique de ces\n» différents organes, réunis pour un but pratique, simple et précis!\n» Cette conception rationnelle nous avait permis de redécouvrir l'une\n» après l'autre, les formes normales de toutes les choses et il ne fut\n» difficile que pour ceux qui étaient hostilement prévenus de ne pas\n» les accepter comme le résultat de la parfaite conséquence du sens\n» qui leur est propre, comme le résultat de la plus parfaite conve-\n» nance!\n» Mais, simultanément, il nous était apparu que la ligne est le\n» lien qui rattache l'un à l'autre, les différents organes dont se com-\n» posent chaque objet, chaque conception architecturale, à mesure\n» que notre intellect établit leur succession, leur place et leur dimen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.23", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\n» sion réciproques. La ligne devient ainsi l'agent façonnant visi-\n» blement l'objet ou l'œuvre architecturale » (i).\nLes artistes de cette première génération ont retrouvé la vertu\nde la ligne abstraite:\n« ... A ce point de nos considérations» nous nous rencontrons\n» avec Worringer qui entrevoit dans « l'abstraction » une forme\n» « nécessaire, définitive et absolue ». Mais c'est par des voies bien\n» différentes et au moyen d'une conception de la ligne, organique\n» et vivante que nous avons abouti à cet absolu » (2).\nLe soin de réexplorer plus particulièrement le domaine du\nvolume abstrait et celui de la division rythmique\nabstraite des surfaces, Van de Velde le laissa à la troisième\ngénération qu'il rejoint ainsi par-dessus la seconde.\nVan de Velde, en effet, ayant été l'initiateur du mouvement\nmoderne en Allemagne, put bénéficier, comme nous le disions plus\nhaut, du fait d'avoir été plongé directement dans le grand mouve-\nment européen de rénovation de l'architecture et c'est grâce à cela\nqu'il se trouve encore parfaitement à la page aujourd'hui, ainsi\nqu'en témoignent ses œuvres grandioses actuellement en cours de\nconstruction aux Pays-Bas (3).\nCertes, les jeunes d'aujourd'hui poussent plus à l'extrême ces\nconséquences du mouvement ainsi déclanché, mais l'évolution per-\nsonnelle d'un Van de Velde, comme celle d'un Berlage, reste sensi-\nblement synchrone avec les développements du mouvement moder-\nniste qui continue.\nAinsi revient à la Belgique le périlleux honneur d'avoir, la\ntoute première en date, prêché la croisade du modernisme en architec-\nture et d'avoir ouvert la marche.\nMalheureusement, la Belgique considérée dans son ensemble,\nn'était, semble-t-il, pas mûre pour assumer l'obligation de poursui-\nvre sans défaillance dans le monde la mission d'initiatrice dans\n\n(1) Van de Velde, op. cit., p. 63.\n(2) Ibid., p. 66.\n(1 ) Le « Musée » Krôller à Hoenderloo (Gueldre)."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.24", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\nlaquelle les circonstances et le fait de quelques-uns de ses meilleurs\nenfants l'avaient, un peu fortuitement peut-être, engagée.\nL'art individualiste d'Horta, d'une part, n'ayant pu, par le fait\nmême, faire école, sans préjudice à la brillante carrière que fit le\nmaître architecte et au grand nombre d'oeuvres dont il lui fut donné\nd'enrichir notre patrimoine artistique; la nation, d'autre part, ayant\nlaissé partir Van de Velde, il se trouva que d'autres pays nous ravi-\nrent l'honneur de conduire la marche : la Hollande au premier rang,\navec Berlage et sa réfome définitive, intégralement rationnelle dès\nle début; l'Autriche qu'Otto Wagner avait informée des premières\nrecherches de la Belgique et l'Allemagne où notre Van de Velde lui-\nmême ensemença un fonds fertile des germes féconds de son génie\nque sa patrie n'avait pas reconnu.\nLA DEUXIEME PERIODE\nVint alors chez nous la deuxième période, non plus essentielle-\nment novatrice, mais plutôt en réaction contre l'individualisme sans\nissue d'Horta. On y démêle une légère influence venue de la réforme\nrationnelle de Berlage, influence assez superficielle et qui n'alla point\njusqu'à atteindre absolument le volume en profondeur.\nLa seconde génération fut plutôt orientée par Van Ryssel-\nberghe et par Hobé.\nElle s'indique comme une réaction contre la forme linéaire\nqu'avaient fortement compromise quelques suiveurs maladroits\nd'Horta, naufrageurs comme il s'en rencontre toujours dans le sil-\nlage des artistes de premier plan.\nLes artistes de la deuxième période cherchèrent moins à être\nintégralement novateurs comme le souhaitèrent, au contraire, les pro-\ntagonistes de la période précédente, qu'à tendre vers une architecture\nrationnelle qu'ils voulaient sobre, certes, mais nullement ascétique.\nC'était l'époque où l'on « découvrait » chez nous les œuvres de\nBerlage, dont les bons jeunes d'alors admiraient la logique, la gran-\ndeur, la sérénité, la noblesse, la sobriété, la beauté, la haute sagesse,\nmais qu'ils croyaient devoir trouver trop graves pour notre « tem-\npérament » national- Ils n'en pénétrèrent pas tout à fait à fond le"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.25", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNU M. 7\n\nsens et ne surent point en retenir essentiellement la dominante : la\nrésurrection du volume.\nLes personnalités caractéristiques de cette période furent BOD-\nSON, POMPE, VAN HUFFEL, SNEYERS.\nBODSON fut un grand animateur. C'est lui principalement, à\nla suite d'un stage qu'il fit en Hollande, qui répandit chez nous\nl'évangile berlagien. La revue « Tek n é » qu'il avait fondée,\nlaquelle se mua peu après en «Art et Technique» pour\ndevenir, après la guerre, «La Cité», multiplia les reproductions\ndes œuvres de l'architecture néerlandaise d'alors.\nJe sais à Amsterdam tel bureau d'architecte par lequel passè-\nrent un grand nombre de jeunes gens qui ont fait, depuis, la gloire de\nl'architecture des Pays-Bas, où Bodson, qui s'y trouva en contact\nnotamment avec feu De Klerk et avec Piet Kramer, lesquels allaient\nse révéler respectivement comme un génie authentique et comme un\nmaître, a laissé le souvenir d'un entraîneur de première force : on l'y\ntenait pour le chef de file prédestiné de la jeune couche alors en ges-\ntation chez nous. Et ce n'est pas trop de dire qu'il exerça lui-même\nune petite action stimulante en retour, sur ses illustres compagnons\nd'atelier. Bodson est un technicien de tout premier ordre.\nPOMPE, constructeur jusqu'à la moelle des os, doué plus que\nquiconque d'une imagination réellement inventive, technicien\naccompli, dessinateur merveilleux, praticien remarquable, a trouvé,\ndix ans avant la lettre, des inspirations originales dans lesquelles on\ncroit parfois percevoir comme un avant-goût des audaces de 1' «école\nd'Amsterdam». D'une adresse manuelle étonnante, Pompe a créé, dans\nle domaine de l'art industriel, des modèles d'une rare beauté, il a ciselé\ndes bijoux d'un travail parfait et composé des ameublements, aux\nformes rationnelles et « costaudes », qui sont accueillants.\nVAN HUFFEL, lui, empreint de la conscience et du scrupule\nd'un artisan des âges gothiques, tout ce qu'il touche. D'un raffine-\nment incomparable dans le choix, l'alliance et le travail des matières,\nil combine le jeu des couleurs avec une délicatesse sans égale. Pour\nlui non plus l'art industriel, qu'il s'agisse de tapis, de tentures,\nde dentelles, de cristaux, d'orfèvreries, et l'ameublement n'ont pas"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.26", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\nde secret. Ses oeuvres d'architecture sont empreintes d'une sérénité et\nd'une élévation qui leur assignent un rang distinct et éminent parmi\nles productions de ce groupe d'artistes rares.\nEnfin SNEYERS, l'enfant terrible de cette génération, prati-\nqua, avant la lettre lui aussi et pendant quelque temps, une sorte de\n« cubisme » où se traduisait spontanément un véritable sens du\nvolume ramené à ses seules ressources propres d'expression plastique.\nLes apports spécifiques au patrimoine commun de l'architec-\nture moderniste nationale, et que l'on peut considérer comme l'allu-\nvion déposé au cours de la seconde période, sont le fait, en mesures\ndiverses, de ces quatre artistes originaux, mais il faut, comme nous\nl'avons dit, y joindre l'activité de VAN AVERBEKE.\nL'art industriel proprement dit, et principalement l'art gra-\nphique industriel, sous toutes ses formes, trouvèrent un propagateur\nexcellent en DE PRAETERE, encore un expatrié malgré lui, grâce à\nl'indifférence publique et à l'hostilité congénitale du belge-standard\ncontre tout ce qui est original. L'Allemagne d'abord, mais surtout\nla Suisse, ensuite, s'honorèrent en découvrant le haut mérite de\nnotre compatriote.\nCertes, il y eut au cours de toute cette période un nombre incal-\nculable d'architectes exerçant, dont la plupart se réclament peu ou\nprou de Van Rysselberghe ou d'Hobé, se déclarent ou se croyent mo-\ndernistes. Ce sont principalement ceux qui vous disent avec ingénuité\nlorsque vous leur parlez modernisme : « Mais qu'est-ce que c'est\nque ça, moderne? Nous sommes tous modernes. Où cela commence-\nt-il et où cela finit-il? » Ils s'entendent à merveille du reste avec le\nbourgeois, sur ce point et sur quelques autres.\nC'est ici que se placent principalement les diverses catégories\nd'« apprivoisés » dont je parlais au début de cette étude : les « aqua-\nrellistes », les apprivoisés « de demi-caractère » et « sans caractère »,\nles « camouflards » aussi, et surtout les « régionalistes » et les « fol-\nkloristes » qui sont deux sortes d'« archaïsants honteux » de pas-\nticheurs à peine déguisés.\nJe ne les citerai pas, pour ne pas leur être désagréable et, du\nreste, ils sont trop."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.27", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\nIl faut dire que, même dans l'apport des maîtres originaux que\nnous avons énumérés, l'orientation esthétique caractérisant la deu-\nxième période, en ce qu'elle avait de timide ne pouvait manquer de\nfavoriser, chez des individualités moins puissantes, l'éclosion de ce\npseudo-traditionnalisme trompeur et dénaturé.\nQuant aux « arts décoratifs » ou aux « arts industriels » de\ncette deuxième époque, ils s'engagèrent dans une double mauvaise\nvoie : celle del'art monumental d'une part, celle de la\ns t y 1 i s a t i on d'autre part.\nSi l'on avait à ce moment prêté l'oreille à l'enseignement du\nmaître belge Van de Velde, si l'on avait attentivement étudié ses\nécrits, on aurait probablement évité de verser dans cette double\nerreur. On aurait été préparé à passer directement et insensiblement\nde la notion de la ligne abstraite à celle du volume abstrait et l'on\nne serait pas allé se perdre dans les abîmes d'un art soi-disant monu-\nmental, apocalyptique ou hyper-élyséen où l'on voit en particulier\nune demi-douzaine de peintres dits « décorateurs » avoir l'imperti-\nnence de prétendre entraîner l'âme tendre de Puvis de Chavannes à\nse livrer à un commerce infâme et contre nature avec les mânes de\nnotre Wiertz, un Quasimodo qui serait né bâtard de Rubens.\nOn ne serait pas allé patauger non plus dans les marécages de\nla « stylisation »•\nDans son admirable exégèse de la ligne des styles (i ),\nparlant de la « Ligne grecque », Van de Velde s'écrie (2) :\n« Cette ligne délivrera le monde apparent de son propre poids; et\n» la poitrine de l'humanité, en ce moment sublime, se soulèvera pour\n» goûter une sensation de bienheureue confiance en la réalisation\n» inéluctablement parfaite de toutes les pensées conçues avec la plus\n» élémentaire et la plus parfaite clarté!\n» Et cet instant dura jusqu'à ce que l'acanthe greffât la faconde\n» de sa bêtise et la vanité de ses feuilles frisées sur les formes les\n» plus essentielles et les plus pures conçues jusqu'alors par l'Huma-\n» nité. L'élément naturalistique se substitua au primitif ornement\n\n(1) Op cit., pp. 72 à 76.\n(2) Ibid., p. 73."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.28", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\n» linéaire qui avait, jusqu'alors, aidé les organes architecturaux à\n» Taccomplissement de fonctions qui, sans son intervention, eussent\n» paru bien au-delà de leurs forces ».\nN'est-ce pas la condamnation vengeresse du mauvais esprit de\ntoute « stylisation »? Et n'est-ce point, par conséquent, la condam-\nnation sans appel de tous ces « batiqueurs » et « batiqueuses » qui\npullulent dans tous les recoins des compartiments belges à l'Expo-\nsition de Paris. N'est-ce pas aussi la mise à l'index, avant la lettre,\nde toutes ces écoles d'amateurisme intégral et d'ignorance encyclopé-\ndique, aux méthodes pédagogiques infantiles, où l'on cultive chez\ngarçons et filles des «talents de demoiselle» basés sur cette absurdité,\ncette maladie infectieuse de l'art appliqué que l'on appelle la stylisa-\ntion, et qui provient d'une sotte incompréhension du phénomène\nesthétique, soigneusement entretenue encore et toujours dans\nle bouillon de culture du virus « décoratif » de la Renaissance, virus\nsemblable, du reste, à ceux de toutes les époques de décadence et qui\nont rongé petit à petit, et chez les Grecs, et chez les gothiques, les\nsaines structures. Ce qui n'empêche que maintenant, on administre\npartout cette sanie comme un germe soi-disant de renouveau!\nCes directions de l'art décoratif et industriel de la deuxième\npériode : art monumental d'une part, stylisation\nd'autre part, sont sans issue. Elles sont incapables de déposer aucun\nalluvion fertile : nous ne pouvons donc point retenir les produc-\ntions qui en procèdent, à l'actif de l'apport belge au patrimoine de\nl'art moderne européen et, pour ne point les attrister, nous ne nom-\nmerons pas plus les artistes qui les enfantèrent, que nous n'avons\nnommé les architectes correspondants, en cette seconde période, que\ndominent, rat i nantes in gutgite vastopar l'apport intrinsèque qu'ils\nont fait au patrimoine de l'art belge, les Bodson, les Pompe, les\nSneyers, les Van Huffel, les De Praetere, qui furent des architectes et\nartisans d'art authentiques, eux.\nEn somme, nombre d'autres artistes de cette génération ont bien\nsouhaité faire quelque chose de neuf, plus ou moins, mais ils étaient\nmous et malgré son vœu louable d'union des arts dans l'architecture,\ncette période n'a pas, comme elle l'a cru, ou comme elle a voulu le"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.29", "texte": "PLANCHE III\nEXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS ET\nINDUSTRIELS MODERNES DE PARIS\nMaquette d'un des pavillons projetés\nArchitecte : J. J. Eggericx, <Bruxelles>"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.30", "texte": "PLANCHE IV\nEXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS ET\nINDUSTRIELS MODERNES DE PARIS\nMaquette du Stand de la Société Belge des\nUrbanistes et Architectes Modernistes.\nCe stand est réalisé et sé trouve dans un des Halls de l'Esplanade des Invalides\nSupplément à la Revue\nLa CITÉ, Ve ANNÉE, Nº 7\nCli"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.31", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN u M. 7\n\nprétendre, suscité la peinture, la sculpture, les arts décoratifs et\nindustriels associés à l'architecture, capables de définir la formule\nvictorieuse et viable de l'époque.\nLA TROISIEME PERIODE\nImmédiatement après la guerre, les dernières lueurs de l'in-\nfluence viennoise pâlissent chez un CARLOS THIRION et chez\nun VAN STEENBERGHEN, tandis que s'inaugure la troisième\npériode de l'architecture moderniste belge.\nNous avons dit que Van de Velde, par ses œuvres dernières et\npar son enseignement, rejoignit la troisième vague d'assaut de l'ar-\nchitecture moderniste belge par-dessus la tête des pionniers de la\nseconde génération.\nLa restauration du volume en architecture caractérise cette troi-\nsième période.\nLe volume, qui demeure la réacquisition essentielle de la\nréforme de Berlage en Europe, et qui n'avait pas été tout à fait bien\ncompris par les architectes de la seconde période, est enfin complète-\nment maîtrisé dans la troisième génération, d'abord par EGGE-\nRICKX, le chef de file de la lignée à laquelle appartiennent aussi les\nACKE, les DE LIGNE et les NYST.\nC'est par le canal de la Hollande que la jeune architecture belge\nprit conscience du grand courant esthétique international d'esprit\nnouveau qui pénètre en ce moment toutes les nations civilisées et\nd'autant plus rapidement que le degré de développement de leur\nculture les prédispose mieux à s'éveiller à la conscience des indices\nrévélateurs de l'avènement d'une plastique renouvelée conforme à\nl'orientation spirituelle contemporaine.\nCe fut à l'occasion de la grande Exposition de la\nReconstruction organisé par l'Union des Villes, et sous ma\ndirection pour les sections étrangères. En particulier, les comparti-\nments néerlandais que j'avais pu constituer méthodiquement et\nde longue main en Hollande même, pendant la guerre furent\nexceptionnellement nombreux et requirent l'attention publique par\nl'inattendu de leur nouveauté, assurément stupéfiante aux yeux"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.32", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\nd'un peuple qui, sous l'occupation ennemie, avait été retranché pen-\ndant cinq années de tout contact avec l'évolution intellectuelle du\nreste du monde-\nTenue d'abord à Bruxelles de juillet à septembre 1919,\nje promenai ensuite cette exposition de ville en ville à travers la\nBelgique entière pendant plus d'un an, si bien qu'à son tour toute\nla province connut l'effort architectural néerlandais, prépondérant\nen Europe.\nOn s'accorde à dire que l'influence de cette exposition itiné-\nrante fut décisive sur l'orientation de notre jeunesse en mal de créa-\ntion architecturale.\nC'est le courant, issu en Hollande, puis dans le monde entier,\nde l'orientation de Berlage et de celle de l'Américain Frank Lloyd\nWright conjuguées, qui fit le plus d'effet sur les jeunes architectes.\nL'école dite d'Amsterdam, au contraire, en réaction contre l'art\nserein et sévère d'un Berlage au profit de la fantaisie et de l'imagi-\nnation, n'influença guère notre jeunesse. En dehors de quelques vains\nessais de jeux de briques, maladroitement imités d'exemples mal\ncompris, par des gens qui ne comptent du reste guère, on n'emprunta\npas grand'chose à l'école d'Amsterdam, admirable mais trop indivi-\ndualiste.\nNos meilleurs jeunes sont immunisés contre le ma l\nindividualiste, par l'effet des abus de la fantaisie purement décora-\ntive dans laquelle sombrèrent les « remorqués » de nos deux pre-\nmières périodes.\nIl faut savoir, pour comprendre cela, que l'évolution en\nHollande se fit à l'inverse de la nôtre : elle fut dès le début essen-\ntiellement rationnelle jusqu'à atteindre d'emblée l'absolu du volume,\nchez Berlage, dès 1892. Elle s'opposa immédiatement à l'individua-\nlisme anarchique régnant.\nCe n'est que bien postérieurement à la réforme de Berlage que\nse prononça une réaction, individualiste certes, mais sur un substra-\ntum qui demeurait au fond si rationnel, et constructif malgré tout.\nL'essentiel de l'apport de Berlage est conservé, quoi qu'on en ait,\nmais une étonnante, une fantastique virtuosité brode sur le thème"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.33", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\nconstructif toutes les fantaisies de l'imagination la plus riche et la plus\ndébordante, pour l'amour de l'agrément contre la sévérité : ce fut\nl'école dite d'Amsterdam, que couronna le génie véritable d'un De\nKlerk, trop tôt défunt. Cette école se caractérise par une virtuosité\nsans égale dans l'emploi du matériau national par excellence : la\nbrique de terre cuite, dans sa prodigieuse gamme de couleur infini-\nment diversifiée et qu'enrichit encore l'utilisation du bois peint sur\nun mode où la tradition technologique et coloriste des bateaux et des\nmaisons de bois nordiques, s'exalte d'un éclat ramené d'lnsulinde par\nles navigateurs.\nMais, en troisième lieu, s'est dessiné un retour à Berlage, à son\nrationnalisme fondamental, influencé cette fois par un apport nord-\naméricain évident venu de Frank Lloyd Wright.\nCoïncidant avec l'essor que le béton prit dans la construction,\nce courant conduisit au « cubisme » intégral en architecture et tendit\nà l'assimilation de l'architecte et de l'ingénieur, de l'architecture et\nde la construction industrielle, par un mouvement convergent\nd'ennoblissement esthétique de celle-ci et de rationalisation fonction-\nnelle et organique absolue de la première, pour aboutir à la plastique\npure du volume abstrait.\nChez nous, au contraire, nous l'avons vu, la révolution s'opéra\nen premier lieu par une sorte de « retournement » individualiste des\néléments « styliques » et dont la dominante demeura d'abord déco-\nrative.\nPuis un « assagissement » intervint qui coïncida avec un retour\nrelatif au sens du volume.\nMais la troisième vague d'assaut du modernisme belge sut enfin\nse remettra au pas dans le front unique de l'architecture internatio-\nnale actuelle, en pleine gestation.\nLe chef de file de ce mouvement est incontestablement le Bru-\ngeois HOSTE, qu'entourent les BOURGEOIS, les HOEBEN, les\nRUBBERS, les DE CONINCK, les VAN STEENBERGHEN, les\nJASINSKI.\nEGGERICKX y vient aussi.\nDe tous jeunes comme Raymond DECELLE s'y engagent avec"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.34", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\n\nune audacieuse ardeur de néophytes- D'autres se cherchent encore,\ntels VERBRUGGEN, FRANÇOIS et OBOZINSKI.\nLes architectes d'intérieur, les « ensembliers », les artisans d'art\nGASPARD, BAUGNIET, SERVRANCKX, PEETERS, COCKX\nrivalisent et collaborent avec les architectes dans la composition\nd'ameublements, dans la peinture murale abstraite, dans le dessin\nde tapis, dans la construction d'objets usuels.\nDans les arts graphiques et industriels, du livre et de la réclame,\nMASEREEL, MAGRITTE, HENVAUX se distinguent.\nParmi les sculpteurs, PUVREZ cherche des alliances avec l'ar-\nchitecture et surtout l'école de sculpture et de peinture dite de\n« plastique pure » se fonde ur une identité totale de principes\nconstructifs et rythmiques avec ceux de l'architecture de volume.\nLes sculpteurs Oscar JESPERS, VAN TONGERLOO, SER-\nVRANCKX, parfois WANSART, les peintres SERVRANCKX,\nFloris JESPERS, PEETERS, MAES, FLOUQUET, DE BOECK,\nMadame JASINSKA, Madame HOEBEN, EEMANS créent des\nœuvres qui trouvent leur lieu d'élection dans l'architecture à laquelle,\nfoncièrement, elles s'apparentent.\nL'art des jardins s'est enrichi au cours du siècle dernier d'une\nprofusion colossale de ressources coloristes et plastiques neuves, dues\naux progrès constants et inimaginables de la technique horticole\nmoderne dans l'obtention des variétés nouvelles et améliorées, ainsi\nque par l'introduction incessante d'espèces botaniques exotiques.\nQuelques bons artistes-jardinistes se consacrèrent d'abord à « se faire\nla main » dans l'adaptation rationnelle de cette multitude de « ma-\ntériaux » vivants à la composition de jardins d'architecture d'esprit\nmoderne.\nLes jardinistes JANLET et DEL VAUX y ont excellé et le\nsignataire de ces lignes a tenté les premières compositions jardinales\ndirectement associées à l'esprit de la plastique pure.\nL'urbanisme enfin, agent de coordination, a favorisé consi-\ndérablement l'essor de l'architecture nouvelle en lui procurant"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.35", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nN U M. 7\n\nl'occasion de faire ses débuts dans le creuset initial de toute architec-\nture : la petite architecture domestique, au sein des Cités-Jardins.\nL'ingénieur-urbaniste VERWILGHEN et l'architecte-paysa-\ngiste-urbaniste VAN DER SWAELMEN ont eu l'heureuse fortune\nde pouvoir associer la plupart des jeunes architectes spécifiquement\nmodernistes du pays à l'œuvre sociale des Cité-Jardins, l'aspect\nmoderne par excellence sous lequel se présente à notre temps l'exten-\nsion normale, rationnelle et méthodique des « zones » résidentielles\npériphériques différenciées dans l'organisme-ville.\nIl est juste de dire que la Cité-Jardin est jusqu'à présent à peu\nprès le seul domaine où il fut donné aux architectes belges de pouvoir\nrejoindre le front international actuel de l'architecture moderne\neuropéenne.\nC'est, semble-t-il, par surprise que les pouvoirs publics, les-\nquels, généralement, conspirent par ignorance, sottise et indifférence,\nparfois même par méchanceté ou par intérêt vil, à retarder déplora-\nblement par ailleurs l'essor de l'architecture et de l'art belges\nméfait antipatriotique caractérisé se sont laissés aller à faire con-\nfiance et crédit aux jeunes en ce domaine.\nPar contre, l'architecture industrielle sous toutes ses formes :\nusines, banques, gares, grands magasins, universités, édifices publics\net semi-publics de tous genres demeure un champ à peu près com-\nplètement fermé et sévèrement défendu à l'avant-garde artistique\nd'un pays béotien qui eût un jour l'honneur fortuit de voir naître\nsur son territoire la première architecture moderne. Et, ainsi, tenus à\nl'écart du chantier où se forgent les outils des modernes travaux\nd'Hercule, nos hommes sont handicapés antipatriotiquement »\nil faut le répéter sous ce rapport à l'égard de leurs congénères de\nplusieurs autres pays, plus favorisés.\nTel est le bilan, complet pour l'essentiel, de l'architecture\nmoderniste belge à ce jour.\nP- S. Nous examinerons dans un prochain article, ce qu'il\neût fallu faire pour mobiliser effectivement toutes les forces\n\nVAN DER SWAELMEN."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.36", "texte": "LA CITE.\nVOL. 5.\nNUM. 7\nLE PRESENT NUMERO CONTIENT SIX PLANCHES\nHORS-TEXTE\nERRATUM\nCONTRAIREMENT A CE QUI S'Y TROUVE MEN-\nTIONNE, LE PRECEDENT NUMERO RENFERME QUA-\nTRE PLANCHES HORS-TEXTE AU LIEU DE HUIT-\n\nmodernistes ci-devant recensées et les mettre en ligne à l'Exposition\ninternationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris,\ndont les barrières ne purent être franchies par la plupart des artistes\nénumérés dans cette étude, faute à eux d'être épaulés par de puis-\nsants industriels. C'est tout au plus si, dans un modeste comparti-\nment d'architecture, du reste « brimé » de toutes manières, certains\nd'entre eux purent attester, par une simple « carte de visite », leur\nexistence."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.37", "texte": "Les Spécialités qui ont fait la réputation de notre\nMaison, fondée en 1870, sont fabriquées dans nos\nusines et chantiers qui couvrent une superficie\nde plus de 25.000 m 2\n: ■ f\nPlaqués \" Fibro-Plàtre „ (S&e)\nBéton de Cendrée \" Scorite „ (£)£!£)\nBéton Calorifuge \" Vulcanit\n99 (déposée)\nLattes fendues en Sapin du Nord\n- •'\nBrouettes G Echelles\nA. «S L. CANTILLANA\nRue de France, 29 BRUXELLES\nTéléphones : 223.75-223.76\nTélégramme : Cantillana Bruxelles"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac192508-01.1.38", "texte": "Tmy> H. KUMPS-ROBYTÏ, TOi Key«OT«UU Sl-IS. Ixêlle*. T€L : 174,5*.\n\nNos prochains Numéros\nseront également consacrés à\nI'EXPOSITION INTERNATIONALE\n■WOTiiiiiiißniinniiiiiiHiiiiiiiirtniiiiiiiwninimimiiMiiimißiîwntmßiiiiiiiiiniiniMWHnMiiimniiiiiiniiiiiiiHiiMmiiiiiiiHintininniiimîiiiHimtiiiininiHunmmu\ndes Arts Décoratifs Modernes à\nA«S^aaBaHaaatMtBBtHiBiHmBmBuwtBi—IWIIIIIII IWIBI MIMM innu ITMM maßuiHgimwßHtimti «BUOBBWGYAIBW\nPARIS\nUn numéro spécial, à gros tirage,\ntrès richement illustré et qui sera\ndistribué dans toute la Belgique\nsera consacré à la\nParticipation Belge\nNous acceptons des ANNONCES\npour ce numéro"}]}