{"numero_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_sha256": "bbc0d8232e2601758a9de06e5e0e3b7968b635b6b94c1e00fecf5eb6650815ab", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1934/06_01/bmtnaac_1934-06_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1934/06_01/bmtnaac_1934-06_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c001", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.1", "titre_corps": "SOMMAIRE", "titre_sommaire": "SOMMAIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.1", "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 375, "texte": "SOMMAIRE\n® Les ressources de la méthode expérimentale appliquée\naux constructions, par M. F. Campus, Professeur à\nl'Université de Liège.\n• Bétons de Parement.\n• Trois Maisons Minimum en Béton.\n• La Bibliothèque Albertine, par P. J. J. Verbruggen,\narchitecte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c003", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "85", "page_fin": "85", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.2", "titre_corps": "Au moment où l'on comprend enfin que l'architecture passéiste a vécu et qu'un mode", "titre_sommaire": "Au moment où l'on comprend enfin que l'architecture passéiste a vécu et qu'un mode", "signature_source": "A. 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Campus veut bien\nautoriser « La Cité » à publier la conférence qu'il a faite, il y a quelques mois, à la\n« Société Belge des Ingénieurs et des Industriels » sur Les Ressources de la Méthode\nexpérimentale appliquée aux Constructions.\nL'architecture rationnelle moderne n'en est encore qu'a la période de tâtonnements.\nLa formidable quantité de connaissances techniques que tout architecte devrait pou-\nvoir posséder en dehors de l'essentielle culture générale, lui impose, de jour en jour\ndavantage, la collaboration d'ingénieurs spécialistes. Mais toute collaboration peut être\nune nuisance à qui l'accepte en aveugle : un architecte non particulièrement averti de\ni'essence des choses ne saurait atteindre la maîtrise; si, par exemple, il n'est pas indis-\npensable qu'il soit à même de calculer les ouvrages compliqués en béton armé, il faut\nau moins qu'il sache ce qui s'y passe, en connaisse les matériaux et leurs rôles ainsi que\nles moyens dont on dispose pour leur étude et leur contrôle.\nLes idées qui doivent présider à la conception des oeuvres nouvelles prennent corps peu\nà peu. Tandis que l'ordre cherche à s'établir dans les mentalités et les connaissances nou-\nvelles, l'étude du Professeur Campus vient situer l'une des faces essentielles du problème\ngénéral ; dans l'incertitude des réalîsations actuelles elle fixe et précise admirable-\nment un point de départ de la plus haute importance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c004", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "85", "page_fin": "96", "image_debut": 3, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.3", "titre_corps": "Les Ressources de la Méthode Expérimentale appliquée aux Constructions", "titre_sommaire": "Les Ressources de la Méthode Expérimentale appliquée aux Constructions", "signature_source": "F. 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CAMPUS\nProfesseur à I'Université de Liège,\nDirecteur du Laboratoire d'essais du\nGénie Civil de l'Université de Liège.\n\nDans un domaine aussi ancien de l'industrie\nhumaine que la construction, le progrès\nprend l'apparence d'une évolution, qui re-\ntient peu l'attention publique, tant le ryth-\nme de la vie est devenu rapide, tant aussi\nil y a eu de progrès plus retentissants dans\ndes domaines neufs : électricité, dynami-\nque thermique ou hydraulique, tant enfin\nil y a eu d'inventions surprenantes, occu-\npant à juste titre le premier plan de l'ac-\ntualité : aviation, automobile, radiologie,\nT. S. F. etc... Cependant, le progrès n'a\npas été insignifiant dans le domaine des\nconstructions. Dans un ouvrage du plus haut\nintérêt, intitulé « Art et Technique dans\nl'Evolution des Ponts », mon collègue ita-\nlien L. Santarella, résume en une phrase\nl'accélération impressionnante de son ryth-\nme : \" vingt siècles de ponts en pierres,\nun siècle de ponts en acier,\ntrente ans de ponts en béton armé.\nMais je considère comme beaucoup plus\ncaractéristique que ce changement dans\nles matériaux, l'espèce de révolution qui\ns'est produite dans les esprits et dans les\nconceptions.\nIl y a quelque vingt ans, l'enseignement\nthéorique des ingénieurs était pour ainsi\ndire purement rationnel; leur enseignement\npratique était assez conventionnel. En de-\nhors de la chimie et de l'électricité, guère\nd'expérimentation : quelques essais clas-\nsiques et élémentaires de machines et de\nrésistance des matériaux. Je n'envisage\npas ici une Ecole en particulier, mais une\nsituation générale.\nLes ingénieurs praticiens travaillaient dans\nle même esprit; je me souviens d'avoir\nentendu à la même époque affirmer par\ndes ingénieurs des chemins de fer que le\nbéton armé ne pouvait convenir pour les\nponts-rails.\nAprès la parenthèse sanglante de la guer-\nre survint un changement des esprits. En\nBelgique, de nouvelles installations universi-\ntaires surgissaient, marquant le prédomi-\nnance des laboratoires.\nJe constatais déjà ce fait dans la R. U. M.,\nle .15 décembre 1926, en un article intitulé\n« La conception des laboratoires techni-\nques universitaires », article dont je me\nsuis fait un programme et dont je pour-\nsuis la réalisation. Il était d'ailleurs très gé-\nnéral : il visait tous les laboratoires tech-\nniques et je pense qu'il était l'expression\nd'une conception commune à une nouvelle\ngénération de professeurs et d'ingénieurs,\nqui voulait briser les cadres anciens de la\nscience et de l'art de l'ingénieur, trop\nrationnels par certains aspects, trop con-\nventionnels par certains autres et trop\nlimités dans de nombreuses directions par\nl'insuffisance des moyens théoriques."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7495, "texte": "L'outil mathématique, notamment, n'est le\nplus souvent qu'un moyen d'expression ou\nun auxiliaire de travail et d'étude. Il ne\npeut se passer de point de départ, de fait\ninitial : l'hypothèse. Mais celle-ci ne peut\npas seulement être commode, il faut en-\ncore qu'elle soit suffisamment exacte, en\nelle-même et dans ses déductions (I). Ce\nqui n'a pas d'importance pour le mathéma-\nticien travaillant dans l'abstrait est essen-\ntiel pour l'ingénieur, qui est à la fois le maî-\ntre et l'esclave des lois naturelles. Il ne\npeut s'écarter d'elles sans perdre sa qualité\nd'ingénieur, c'est donc une question de vie\nou de mort. Les plus excellents calculs ne\ndisculperaient pas l'ingénieur responsable\nd'un pont qui se serait écroulé.\nOn a reconnu, depuis assez longtemps, en\nmatière de constructions, que les meilleurs\nthéories étaient impuissantes et bornées.\nToutes d'ailleurs conduisent finalement à\ndes formules faisant usage de coefficients\nexpérimentaux; leur exactitude nécessaire\ndépend essentiellement de celle de ces\ncoefficients. Là où les théories étaient im-\npuissantes, on recourait parfois, ancienne-\nment, aux formules empiriques, fruits de la\nroutine et du bon sens. Ou bien on invo-\nquait « l'Art » de l'ingénieur, sorte de gé-\nnie individuel dont on entend encore par-\nfois proclamer la puissance. Loin de moi\nla pensée de nier la valeur personnelle\nd'un ingénieur. Je crois au contraire que\ncette valeur est grande, mais qu'elle est\nformée de connaissances et d'expériences,\nnon d'impressions, de sentiments, d'idées\npréconçues et parfois bizarres. En d'autres\ntermes, je pense que la valeur de l'ingé-\nnieur réside tout entière dans la maîtrise\nobjective, dans la puissance d'apprécier\nl'extérieur et d'agir sur l'ambiance, non\ndans l'épanouissement du subjectif ou du\nsubconscient. De la sorte, il y a vraisembla-\nblement une complète incompatibilité en-\ntre la mentalité de l'ingénieur et celle de\nla plupart des artistes ou esthètes de pro-\nfession. Je suis cependant d'accord avec\nM. L. Santarella quand il écrit, dans son\nouvrage précité, que le vrai ingénieur doit\navoir le sentiment de I art. Mais il ne s'agit\npas là de « l'art de l'ingénieur », mais bien\nde la conception générale, absolue et per-\nmanente de l'Art, qui est le privilège de\nbeaucoup d'hommes ayant reçu un certain\ndegré d'éducation. Cette appréciation\ndoit même s'accompagner chez l'ingénieur\nd'une capacité de réalisation. Et de fait, les\nréussites des ingénieurs dans l'art des for-\nmes dominent toute la période moderne.\nQuelles formes plus impressionnantes, plus\nneuves, plus hardies et plus inoubliables\na-t-on créées depuis quelques décades que\nla locomotive, le paquebot, l'avion, la tur-\nbine, les formes aérodynamïques, l'automo-\nbile, les grands ponts, les pylônes, les tours.\nSeulement, dans ces réalisations, le souci\nde l'art n'a guère été intentionnel, mais\ns'est trouvé satisfait par surcroît, grâce à la\nmaîtrise acquise dans l'exercice d'une pro-\nfession basée sur la connaissance et qui n'a\npas encore dégénéré.\nLe progrès des sciences techniques était\narrivé, il y a une vingtaine d'années, au\npoint mort; les moyens paraissaient épui-\nsés ou impuissants ou illusoires. On recon-\nnut alors, dans le domaine des construc-\ntions, que l'ingénieur devait être plus phy-\nsicien que mathématicien. Les précurseurs\nde ces idées étaient les Considère, les Ra-\nbut, les Mesnager, les Tetmayer, les\nBach, etc... Là où les anciennes hypothèses,\nles anciennes théories et les anciens erre-\nments échouaient, l'expérience pouvait\néclairer, sinon toujours résoudre complè-\ntement, à tous points de vues, les problè-\nmes posés. Depuis 1919, on s'est résolu-\nment engagé dans cette voie dans les fa-\ncultés lechniques des Universités belges,\naussi leur physionomie a-t-elle été radicale-\nment changée. Certes, il est assez banal\nactuellement de décrier les années écou-\nlées depuis la guerre, de censurer leur ca-\nractère de dissipation et de faiblesse. Il\nest cependant permis d'affirmer que nos\ncontemporains ont déployé une activité\nméritoire dans le domaine de la construc-\ntion.\nDe nombreux et importants congrès tech-\nniques organisés par de vivantes associa-\ntions nationales et internationales ont été\ndes manifestations significatives de ces ef-\nforts.\nJ'ai, ces derniers temps, été enclin à me\nrecueillir au sujet des pensées précéden-\ntes et à faire le bilan des résultats de la\nconception exposée au sujet des labora-\ntoires techniques universitaires en 1926, en\ntant qu'elle concerne l'application des mé-\nthodes expérimentales à la construction.\nJ'ai été impressionné par ce bilan comme\npar une révélation se dégageant de la gri-\nsaille des préoccupations particulières et\nquotidiennes.\nJ'ose croire que les éléments nouveaux ap-\nportés par la méthode expérimentale à\nl'ingénieur des constructions ne laissent\nsubsister aucune lacune dans ses moyens\n«'''action. Dès lors, ses anciennes faiblesses\nou bornes sont supprimées et rien de ce\nqui est possible, d'après les lois naturelles,\nne lui est plus inaccessible.\nEn d'autres termes, l'ingénieur des con-\nstructions est désormais, en principe, en\npossession de tous ses moyens d'action,\nperfectibles certes, mais complets. Il n'en\nétait pas ainsi il y a quelques dizaines d'an-\nnées et un tel résultat ne peut d'ailleurs\nêtre considéré comme acquis que s'il est\ngénéral. Sa généralisation est, en Belgique,\nle fait des dernières années. Notre pays\nn'est pas en retard dans ce domaine et il\ny fait des progrès appréciables. Je pense\nque c'est pour le plus grand bien de\nson industrie, de son commerce, de ses\nEcoles et de ses ingénieurs. Il est utile pro-\nbablement d'attirer l'attention du public\néclairé sur cette situation et sur ces ré-\nsultats.\nJe diviserai en quatre grandes classes les\nmoyens d'action ou ressources de la métho-\nde expérimentale appliquée aux construc-\ntions.\nI. Essais des matières premières au point\nde vue des constructions et étude ex-\npérimentale de leurs emplois;\n11. Essais et étude expérimentale des ma-\ntériaux composés et de leur mise en\noeuvre;\n111. Essais et recherches expérimentales\nsur des modèles ou des éléments de\nconstruction;\nIV. Essais, études expérimentales et ob-\nservations sur les constructions réelles.\nJe considérerai successivement ces diffé-\nrents moyens au point de vue théorique, au\npoint de vue didactique et au point de vue\npratique.\nJe forme ainsi un véritable tableau à douze\ncases que je remplirai successivement et\nqui constituera le résumé, en fin d'article,\nde la présente étude.\nI. ESSAIS DES MATIERES PREMIERES\nDES CONSTRUCTIONS ET ETUDE EXPERIMENTALE\nDE LEURS EMPLOIS.\nLes matières premières des constructions\npeuvent être des produits déjà manufac-\nturés, tels que\nles métaux,\nles ciments,\nles céramiques,\nles liants organiques : bitumes, goudrons.\nD'autres sont bruts ou naturels : sables,\ngraviers, pierres, bois, etc.\nAu point de vue théorique,\nl'essai de ces matériaux premiers intéresse\nsurtout la production ou l'exploitation de\nces matières, par l'étude théorique de\nleurs propriétés et qualités physiques,\nmécaniques et chimiques et l'étude des\néléments qui les influencent ou les détermi-\nnent (alliages, mélanges, traitements ther-\nmiques, mécaniques, chimiques, etc.).\nLes problèmes types sont :\nprédéterminer les quali-\ntés d'une matière,\nd'où :\ncomment produire une\nmatière ayant des qua-\nlités déterminées.\n\n(I) On ne peut exprimer ces opinions sans\névoquer les pages magnifiques des chapi-\ntres VIII et IX de « La Science et l'Hypo-\nthèse » d'Henri Poincaré."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5798, "texte": "Les moyens d'action sont connus; certains\nsont d'ailleurs les plus anciens dont on dis-\npose : analyse chimique, essais mécaniques\net physiques, microscopie, métallographie.\nIls se sont développés par des méthodes\nplus nouvelles : radiographie, spectrogra-\nphie, dilatométrie, etc. La pratique pose à\nchaque pas des problèmes théoriques nou-\nveaux :\ncomportement des métaux aux tempéra-\ntures diverses,\nrésistance aux actions dynamiques,\nquestions thermiques des ciments,\nles corrosions en général et leurs anti-\ndotes, etc.\nAu point de vue didactique,\nl'importance correspond à celle du point\nde vue théorique. Les essais des matériaux\nfournissent des éléments essentiels et\ndéterminants des cours de métallurgie, de\nchimie industrielle (ciments, céramiques,\nliants organiques). Pour les cours de résis-\ntance des matériaux, ils constituent un fon-\ndement capital, relatif à la constitution des\nmatières envisagées et à leur comporte-\nment mécanique. Pour les cours d'applica-\ntion des constructions, ils déterminent les\nfacteurs fondamentaux de résistance, qui\nconditionnent toutes les formes construc-\ntives et les méthodes de construction.\nAu point de vue pratique, les\nessais des matériaux sont non moins capi-\ntaux. Ils ont comme effet, par la théorie\net l'enseignement, de donner les facteurs\nde résistance, dont découlent la concep-\ntion, les formes, les dimensions et l'écono-\nmie des constructions. Ensuite, la sécurité\nexige que ces données soient effective-\nment respectées dans la construction, ce\ndont on s'assure par les essais de réception.\nDans ce domaine, déjà très évolué et au-\nquel se réduisait, il y a plus de vingt ans, à\npeu près tout l'arsenal expérimental des\nconstructions, les trois points de vue théo-\nrique, didactique et pratique sont donc\ntrès étroitement liés. C'est à eux que l'on\nest essentiellement redevable de tous les\nprogrès si marquants des matériaux de con-\nstruction réalisés pendant ce laps de\ntemps. Cependant, il s'en faut encore de\nbeaucoup que les connaissances soient par-\nfaites et que le sujet soit près d'être épui-\nsé. Les matières premières des construc-\ntions sont très complexes et, en consé-\nquence, leur étude n'est pas achevée.\nParmi les exemples d'application, que je\nprendrai dans les expériences de mon la-\nboratoire, en cherchant autant que possi-\nble à toucher tous les points de vue, je ci-\nterai :\n1° la question du dégagement de cha-\nleur dans la prise des ciments, devenue si\nimportante pour la construction des bar-\nrages-poids ( I ).\n2 la résistance des ciments aux eaux\nsulfatées.\nCette question m'a été posée en 1929\npour la première fondation des bâtiments\nde l'Université de Liège au Val Benoît. Les\neaux du sous-sol (fig. 85) sont assez riches\nen sulfates, provenant d'anciens terrils d'un\ncharbonnage voisin et aussi de l'existence\nd'une sorte de marécage.\nDes essais ont été entrepris, au iaboratoire\nde chimie industrielle (Prof. G. Batta) et\ndans le mien. Certains processus de corro-\nsion ont été analysés et expliqués chimi-\nquement (études du Prof. Batta), des ci-\nments divers ont été comparés, des essais\nont été faits sur l'action d'additions de\nmatières tines, dont certaines actives\n(trass, laitier granulé), des essais de com-\npacité, de perméabilité et de filtration ont\nété faits.\nDes résultats théoriques ont été obtenus,\nils ne sont pas encore complets (2).\nCes résultats ont été aussitôt incorporés\ndans l'enseignement de la chimie indus-\ntrielle (explication des corrosions des ci-\nments, exercices pratiques sur ces ques-\ntions) et des constructions du Génie Civil\n(compositions appropriées des bétons, im-\nportance des phénomènes de filtration\ndans les corrosions des produits de ciment,\nutilités de la compacité et de l'imperméa-\nbilité des maçonneries et bétons, impor-\ntance des chapes de protection et des\ndrainages, etc.).\nAu point de vue pratique, les applications\nont été les suivantes :\na) les bétons des fondations des bâtiments\nuniversitaires du Val Benoit ont reçu une\ncomposition appropriée et éprouvée (3);\nb) les principes ci-dessus énoncés ont été\nappliqués à plusieurs galeries d'égoûts\ndes travaux de démergement des com-\nmunes riveraines de la Meuse en amont\nde Liège;\nc) divers silos à charbon, déjà attaqués, ont\nété réparés et protégés selon ces con-\nceptions. D'autres, projetés ou en cours\nd'exécution, sont construits d'une ma-\nnière spéciale d'après ces principes et\nen vue d éviter les corrosions par les\neaux sulfureuses;\nd) les essais et les publications y relatives\nouvrent la voie à l'emploi et au progrès\nde ciments nouveaux ayant des pro-\npriétés spéciales de résistance à certai-\nnes corrosions.\nJe tiens à taire remarquer que ces essais\ninterfèrent d'ailleurs avec ceux de la caté-\ngorie suivante, comme il ressort de certai-\nnes des observations précédentes.\n3 Je citerai aussi l'importance de per-\nfectionner l'étude et les essais de certains\nmatériaux assez négligés tels que les gra-\nviers et les sables. Etant donnés les progrès\nréalisés dans les ciments et la manière dont\non les connaît et les garantit, le facteur\nd'indécision et de risque des bétons et\nmortiers est devenu le sable ou le gravier.\nJe connais d'expérience personnelle de\nnombreux cas flagrants. Ceci m'a engagé\nà entreprendre dans mon laboratoire une\nétude assez systématique des qualités in-\ntrinsèques de ces produits.\nII. ESSAIS ET ETUDE EXPERIMENTALE\nDES MATERIAUX COMPOSES ET DE\nLEUR MISE EN ŒUVRE.\nComme tels, nous considérons :\nles mortiers et bétons;\nles maçonneries diverses;\nles conglomérats routiers à liants orga-\nniques;\nles soudures;\nles peintures, etc.\n\n(1) Livre du Congrès International d'essais\ndes malériaux. Zurich, 1932,\n(2) Bulletin de la Société belge des Ingé-\nnieurs et des Industriels, juin 1931.\n(3) Livre du Congrès international d'essais\ndes matériaux, Zurich 1932."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "On pourrait être tenté de joindre cette\ncatégorie à la précédente. Ce serait une\nerreur à mon sens, parce que les essais de\ncette catégorie impliquent qu'aient d'abord\nété effectués sur les constituants séparés\nles essais de la première catégorie. Dès\nlors, l'ordre des essais de la deuxième ca-\ntégorie est assez différent de celui des\nessais de la première; des éléments nou-\nveaux d'appréciation s'y introduisent : pro-\nportions, traitements, manipulations diver-\nses. Cette catégorie d'essais et d'études\nest d'ailleurs plus nouvelle que la précé-\ndente; elle a, dans certains domaines, tel\ncelui des bétons, fait des progrès considé-\nrables au cours des dernières années.\nAu point de vue théorique,\non peut affirmer en général que l'on est\nassez peu avancé et que la théorie joue\njusqu'à présent un assez faible rôle. Les\nétudes des dernières années sur la compo-\nsition des bétons n'ont pas permis d'édifier\nce que l'on pourrait appeler une théorie.\nLes plus récentes publications de M. Freys-\nsinet ouvrent la voie à une théorie, mais\nelle n'est pas encore établie. On peut dire\nla même chose de la soudure, des conglo-\nmérats routiers, etc.\nAu point de vue didactique,\nles progrès récents de l'étude des bétons\net les résultats des premières études des\nsoudures ont été importants pour les cours\nd'application des constructions, par la\ndétermination des facteurs fondamentaux\nmécaniques et physiques, même chimiques\n(corrosions des produits composés, tels les\nbétons).\nAu point de vue pratique, les\nessais de la seconde catégorie ont été par-\nticulièrement efficaces, que ce soit pour\nles bétons, dont la connaissance pratique\net les qualités réelles ont fait des progrès\nimportants au cours des quelques dernières\nannées, que ce soit pour les soudures, dont\nles essais ont été indispensables pour le\ndébut et l'extension des assemblages sou-\ndés. Pour ce deux objets, les essais fournis-\nsent les facteurs de résistance déterminant\ntoutes les dimensions et l'économie des\nouvrages et garantissent, d'autre part, la\nsécurité par les épreuves de contrôle.\nEn ce qui concerne les conglomérats rou-\ntiers, les bétons de ciment ont bénéficié\ndes études faites à propos des bétons en\ngénéral. Les conglomérats asphaltiques ont\nété assez étudiés à l'étranger et sont arri-\nvés à une technique très perfectionnée et\nadéquate, comparable en tous points à\ncelle du béton.\nLes conglomérats goudronnés, si intéres-\nsants au point de vue de notre industrie\nnationale, ne sont pas arrivés à ce point;\nà mon avis, la cause en est précisément le\nmanque d'essais. J'enseigne depuis 1926 la\nnécessité de perfectionner le tarmacadam"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.7", "debut_caractere": 151, "fin_caractere_exclue": 4451, "texte": "dans le sens des bétons. Des essais de tar-\nmacadam, commencés dans mon labora-\ntoire au début de 1930 et non poursuivis\nalors, viennent d'y être repris avec des ré-\nsultats déjà très encourageants, qui seront\npubliés en temps opportun. On peut espé-\nrer que de sensibles progrès pourront être\nréalisés.\nCeci constitue à la fois un exemple de la\nnécessité et de l'efficacité pratique des l\nessais. Le but aussi en ressort clairement :\ndéfinir les qualités les meilleures des maté-\nriaux composés et les garantir.\nComme exemples d'applications effec-\ntuées, je citerai :\n1° Les essais effectués à mon laboratoire\npour la composition des bétons des\ninstituts universitaires du Val Benoit, qui\nont montré l'importance du gravier et\nsurtout du sable. La nécessité d'une\ncomposition assez précise étant établie,\non a constaté l'élément perturbateur\nimportant que constitue le dosage en\nvolume du sable et dans une beaucoup\nmoindre mesure, du gravier. Le poids\nspécifique du sable varie considérable-\nment d'après le degré d'humidité. Ceci\nnous a conduits progressivement à doser\nles bétons en poids. Cet exemple a été\nsuivi délibérément sur d'autres chan-\ntiers, où l'Université n exerce aucune\nautorité.\n2\" Dans le même domaine, les essais sur la\ncomposition des bétons de fondation\ndevant résister aux eaux sulfatées;\n3' Les essais de perméabilité des bétons,\nimportants pour la conservation de\nbeaucoup d'ouvrage (I) (fig. 86);\n4 Les études en vue de la composition de\nbétons de parement de haute qualité,\nayant conduit à la technique des bétons\nquartzeux blancs employés pour l'lnsti-\ntut du Génie Civil au Val Benoit (fig. 87\net 88);\n5 Au point de vue de la soudure, l'étude\ndes essais de réception des électrodes,\ndes essais d'agréation des soudeurs et\ndu contrôle des soudures, effectuée au\nsujet de la charpente métallique conti-\nnue, entièrement soudée et en acier\nspécial, construite d'après nos plans par\nla S. A. d'Ougrée-Marîhaye pour l'ln-\nstitut du Génie Civil au Val Benoit à\nLiège, première construction réunissant\ntoutes ces caractéristiques (fig. 89, 90\net 91).\nLes essais des deux premières catégories\ndonnent à l'ingénieur tous les renseigne-\nments qui lui sont nécessaires pour la con-\nnaissance, l'usage, la mise en oeuvre et le\ncontrôle des matériaux quelconques, sim-\nples ou composés. Il ne pourrait obtenir ces\nrenseignements, qui lui sont indispensa-\nbles, par d'autres moyens que ces essais.\nLeur nécessité est donc aussi indiscutable\nque leur efficacité. L'Association belge\npour l'essai, l'étude et l'emploi des maté-\nriaux a certes beaucoup contribué, par la\ndiffusion des travaux et l'émulation entre\nles Ecoles, au progrès de ces questions en\nBelgique.\nIII. ESSAIS ET RECHERCHES EXPERIMENTALES\nSUR DES MODELES OU DES\nELEMENTS DE CONSTRUCTION.\nPoint de vue théorique.\nPourvu des renseignements que lui procu-\nrent les essais des catégories I et 11, l'ingé-\nnieur doit concevoir, c'est-à-dire calculer et\ndessiner, ses ouvrages. Il dispose principa-\nlement, à cet effet, des théories de la résis-\ntance des matériaux et de la stabilité des\nconstructions, c'est-à-dire de la mécanique\nappliquée. Constatons tout d'abord que\nces théories ont indiscutablement un fonde-\nment expérimental; elles appartiennent à\nla mécanique, c'est-à-dire plus générale-\nment à la physique (I ).\nEn effet, les hypothèses fondamentales de\nces théories résultent d'expériences élé-\nmentaires : proportionnalité des déforma-\ntions aux tensions : loi de Hcoke, conserva-\ntion des sections planes : hypothèse de\nNavier, hypothèse des déformations sous\ncharge invariable : loi de plasticité. Ces\nhypothèses sont ou bien simplifiées, ou\nbien de validité limitée, ou même simple-\nment approximatives. Malqré cela, elles\nconduisent parfois, telle l'hypothèse de\nl'élasticité, à des équations complexes, dont\nla résolution est fréquemment difficile sinon\nimpossible. La nécessité du progrès tech-\nnique a rendu de plus en plus utiles des\ngaranties plus grandes d'exactitude que\ncelles données par les théories usuelles ou\nsimplifiées et la résolution sûre des cas ou\ndes théories connues n'aboutissaient pas.\n\n(I) Livre du Congrès international d'essais\ndes matériaux, Zurich 1932.\n(I) Voir les magistrales conclusions géné-\nrales de la troisième partie de « La\nScience et l'Hypothèse » d'Henri Poincaré."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7674, "texte": "On a demandé ces résultats à l'expérience\ndirecte. Je pense qu'au premier abord cer-\ntains ingénieurs ont été tentés d'y voir un\nretour à l'empirisme, tant l'habitude était\nprise de confondre théorie et mathémati-\nques. On avait perdu de vue que le fon-\ndement des théories était l'expérience,\ndont une trop longue habitude du calcul\navait détourné l'esprit. On comprend au-\njourd'hui que ce retour à l'expérience, qui\nlaisse au calcul la place qui lui revient, est\nun grand progrès.\nLe calcul conserve d'ailleurs une situation\nprivilégiée au point de vue du nombre de\nses adeptes; il est à la portée de tous. La\nméthode expérimentale est seulement à la\nportée des organismes équipés en consé-\nquence. Cela suffît d'ailleurs et il faudrait\ncraindre la trop grande dispersion des\nservices expérimentaux, pour les raisons qui\nseront indiquées plus loin. Que toutes les\nuniversités en possèdent, rien de plus natu-\nrel et de plus légitime.\nLes essais deviennent donc les moyens les\nplus sûrs et les plus puissants d'investiqa-\ntion théorique et les meilleurs auxiliaires de\nla théorie. Il aident à la résolution des pro-\nblèmes mathématiques difficiles ou y sup-\npléent.\nIls peuvent opérer sur des éléments de\nconstruction en vraie grandeur ou réduits,\nou sur des réductions de constructions en-\ntières ou de fragments importants. J'estime\nqu'on peut réunir ces diverses modalités\nsous le nom générique d'essais sur mo-\ndèles.\nLes moyens dont on dispose sont variés :\nLes méthodes élasticimétrîques sur modè-\nles en matières diverses : aciers, cellu-\nloïd, carton, etc.;\nLes méthodes photo-élastiques, sur mo-\ndèles transparents en verre, celluloïd,\nphénolite, etc.;\nLes méthodes basées sur le principe de\nréciprocité de Maxwell, agissant par dé-\nformation de lames élastiques, éventuel-\nlement assemblées, ou de modèles en\ncelluloïd, carton, etc.: les déformations\nextérieures étant relevées graphique-\nment ou par des microscopes micromé-\ntriques ( înfluentîoaraphe Colonnettî,\ncontinostat, déformètre de M. Beqos.\nmicro-influentiomètre de M. MagneL\netc.)\nCes méthodes ont permis jusqu'à présent,\nla vérification très satisfaisante d'un nrand\nnombre de résultats théoriques, ce qui e*t\nd'une utilité incontestable. Elles ont rendu\npossible éqalement la solution d'un certain\nnombre de cas non résolus autrement, en\nnénéral des cas très particuliers.\nOn doit à la vérité de dire que la confron-\ntation de la théorie mathématique et de\nl'expérience a été très souvent à l'honneur\nde la théorie, ce qui prouve le bon usage\nqu'en avaient fait les théoriciens mathé-\nmaticiens. Seulement, leurs analyses, sou-\nvent très pénibles et fastidieuses, n avaient\ntrait cependant qu'à des cas simples, théo-\nriques. La pratique impose souvent des\nformes trop complexes pour le calcul. Il\nest cependant très heureux que le chan-\ngement de méthode ait maintenu I unité\nde doctrine. Ainsi, il n'y a pas eu de révi-\nsion ou de séparation, mais au contraire\nconsolidation et avancement.\nCela permet aussi de mettre chaque chose\nà sa vraie place. J'ai indiqué déjà le qros\navantage de l'étude mathématique : I ab-\nsence d'impedimenta. C'est le côté rna-\nriel qui limite le recours à l'expérience. Le\ncalcul est donc assuré de rester le moyen\nle plus courant d'expression, sinon de re-\ncherche et d'étude. On n'imagine guere\nd étude approfondie sans son concours.\nCela est très bien et ne contredît nulle-\nment la nécessité de l'expérience, limitée\naux besoins réels et aux cas où elle est\nutile ou indispensable\nAu point de vue didactique,\nles essais sur modèles ont une très grande\nsignification intuitive, éducative et con-\nvaincante. La vérification expérimentale\nd'une formule établie par voie mathéma-\ntique est un critérium édifiant de l'exac-\ntitude du processus mental qui a conduit\ndes hypothèses expérimentales de base au\nrésultat (I). Un professeur attachera à un\ntel résultat pédagogique une valeur consi-\ndérable. Il y a eu une génération d'étu-\ndiants ingénieurs sceptiques, celle qui a\nprécédé la guerre et qui sentait confusé-\nment l'insuffisance de la seule théorie ma-\nthématique : elle doutait de ses enseigne-\nments faute d'éléments expérimentaux suf-\nfisants. Les essais se prêtent, par la projec-\ntion fixe ou animée, à la démonstration\nsensible; même parfois à des expériences\ndirectes de démonstration. Ils permettent\naussi d'y initier des catégories spécialisées\nd'élèves. A mon avis, il est peut-être pré-\nférable de n'y initier que des jeunes cher-\ncheurs.\nAu point de vue pratique, les\nessais sur modèles ont reçu déjà de nom-\nbreuses applications sous toutes leurs for-\nmes. Ils deviennent des moyens ou des\nauxiliaires précieux pour le calcul et le des-\nsin d'éléments d'ouvrages ou d'ouvrages\nentiers, lorsque ceux-ci présentent des\nnouveautés audacieuses, ou des formes\ncomplexes. Ils peuvent parfois remplacer\npartiellement ou totalement les calculs.\nSeulement, une question très importante se\npose ici, qui a moins d'importance au point\nde vue théorique et didactique, celle de la\nvalidité du report des résultats du modèle\nsur la construction réelle, qui dépend des\nconditions dites de similitude a réaliser a\ncet effet, c'est-à-dire des rapports ou\néchelles des différents éléments interve-\nnant dans l'essai sur modèle et dans la\nréalité.\nJe n'entrerai pas ici dans le détail des\nquestions de similitude, une conférence\nentière au moins y serait nécessaire. Je\nrenvoie à l'article de mon colleque A.\nSchlag (I) sur la similitude mécanique en\ngénéral et aux ouvrages très fouillés de\nmon collaborateur R. Spronck sur la simi-\nlitude hydraulique (2). Au point de vue pra-\ntique, il est peut-être plus essentiel de bien\napprécier les causes perturbatrices de la\nsimilitude et leurs effets que les lois, somme\ntoute assez simples, de la similitude.\nJe me borne à noter que, pour les modèles\nde constructions, il faut apprécier pleine-\nment :\nles caractères propres de matériaux sou-\nvent différents du modèle et de l'objet\nréel (par exemple, celluloïd et béton);\nles perturbations provoquées par des\nagents naturels (température, humidité),\ndont les actions ne sont pas à des échel-\nles déterminées dans le modèle et dans\nla réalité;\nle fait que les réqîmes auxquels sont sou-\nmis le modèle et l'objet réel peuvent dif-\nférer profondément, par exemple si les\nlimites élastiques ne sont pas simultané-\nment atteintes mais seulement dans un\ndes phénomènes (modèle ou objet réel).\nDes précautions toutes particulières s'im-\nposent donc pour des essais de rup+ure\net des essais de fatigue sur modèles.\nIl y a même des causes perturbatrices plus\ngrossières encore, celles qui proviennent\ntout simplement de la difficulté, voire de\nl'impossibilité matérielle de réaliser un mo-\ndèle en similitude géométrique dans tous\nses détails (essai sur modèle de nœud du\npont de Lanaye (3).\nD'expérience personnelle, je tiens en mé-\ndiocre estime les essais sur modèles de cel-\nluloïd, dont l'avantage essentiel de commo-\ndité me paraît fâcheusement compensé par\nla grande susceptibilité thermique et hy-\nnrométrique de cette substance. J'éprouve\nde même quelque réserve à l'éaard des\nméthodes qui emploient des modèles plans\nposés horizontalement à plat, mesurant des\ntensions sur une face seulement, car l'ha-\nbitude des mesures de tensions sur deux\nfaces opposées de modèles plans m'a aé-\nnéralement montré qu'il se produit des\nflexions qui peuvent diminuer beaucoup\nl'approximation des résultats, parfois mê-\nme les troubler profondément. Bref, il peut\n\n(I) Voir encore les références citées d'Hen-\nri Poîncaré.\n(1) Revue technique luxembourgeoise, jan-\nvier-février 1933.\n(2) Mémoires de la Société Royale des\nSciences de Liège, 1933.\n(3) Revue Universelle des Mines, 1933."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.9", "debut_caractere": 133, "fin_caractere_exclue": 4096, "texte": "exister, dans certaines méthodes, des incer-\ntitudes très appréciables. Il faut un esprit\ncritique et une prudence éclairée dans\nl'application des résultats, surtout s'ils\nvisent à diminuer la sécurité. Il sera tou-\njours utile de pouvoir les comparer à des\nessais sur constructions réelles.\nJe ne pourrais négliger, étant donné la\nconnexité des points de vue, de citer les\nessais hydrauliques sur modèles de con-\nstructions fluviales ou maritimes et les\nessais aérodynamiques sur modèles de con-\nstructions (effets du vent). Je dirai seule-\nment que les mêmes réserves sont à faire\nau sujet de la validité des reports et des\nlois de similitude et que dans ces essais,\nencore davantage, l'exacte appréciation\ndes perturbations de la similitude l'em-\nporte sur la connaissance de ses lois. Je\nrenverrai encore sur ce point aux ouvrages\ncités de M. R. Spronck.\nCela est vrai particulièrement de l'effet du\nvent et, sans du tout vouloir contester en\nprincipe toute validité aux essais sur mo-\ndèles en tunnels aérodynamiques, je crois\ncependant devoir faire observer :\n1) que les causes perturbatrices me pa-\nraissent plus grandes dans les essais\naérodynamiques que dans les essais\nsur modèles d'autres natures, quand il\ns'agit de modèles non théoriques, mais\nd'objets pratiques s'entend;\n2) que le régime exact du vent échappant\nà toute reconstitution à une certaine\néchelle, les conditions d'essais dans les\ntunnels sont à prîori sans rapport pos-\nsible avec ce régime et que l'on en\nignore les conséquences. Le vent réel\nest en général variable; le plus dange-\nreux est formé de bourrasques ou de\ncyclones, qui n'ont guère d'éléments\nconstants. Le vent du tunnel est un vent\nà régime régulier, à vitesse et à direc-\ntion constantes. J'ai l'impression que les\nécarts entre la réalité et le modèle peu-\nvent être considérables de ce fait. Le\nvent réel est souvent tourbillonnant en\ndehors de tout voisinage d'obstacle;\n3) que le scepticisme s'imposera à l'égard\ndes résultats des essais sur modèles tant\nque l'on n'aura pas suffisamment de\npoints de comparaison avec des résul-\ntats d'observations d'effets de vents\nréels sur constructions réelles. Je croîs\nnotamment qu'il serait dangereux de\ndiminuer les conditions de sécurité en\nse basant uniquement sur des essais de\nmodèles.\nLes observations des effets de vents réels\nsur constructions réelles ne pouvant se faire\nqu'en des points isolés et sur des éléments\nadaptés à la construction sont, à mon sens,\nintermédiaires entre la catégorie des essais\nsur éléments de constructions ou modèles\net celle des essais sur constructions réelles.\nPlus exactement, comme entre les catégo-\nries I et 11, il peut y avoir interférence\nentre les catégories 111 et IV. L'étude des\neffets du vent fait en Belgique l'objet des\ntravaux d'une commission présidée par le\nProfesseur L. Baes.\nComme exemples d'application, je citerai :\n1) l'essai sur modèle du nœud du pont\nsoudé et rivé de Lanaye, justifié par la\nnouveauté de cette technique (I) (fig.\n92);\n2) les essais sur modèles plans de noeuds\nde charpente en vue de la construction\ndes charpentes métalliques continues\ndes instituts universitaires du Val-Benoit\nà Liège (I ) (fig. 93);\n3) un essai sur modèle de celluloïd d'une\npoutre en béton armé, de 20 mètres de\nportée et de 5 mètres de hauteur, per-\ncée d'une baie en son milieu et char-\ngée de 25.300 kilos par mètre courant,\npour l'lnstitut du Génie Civil en con-\nstruction au Val-Benoit à Liège. Cette\npoutre est relativement mince (épais-\nseur de l'âme : 0,30 m.).\nLa théorie usuelle m'avais permis d'éta-\nblir les lignes d'influence des tensions\nnormales maxima dans les brides. Mais\nles tensions au voisinage de la baie et\nles tensions principales dans la paroi au\nvoisinage des naissances sont pratique-\nment inconnues et l'on n'a guère de\nguide pour la disposition des armatures\ndans ces régions.\nUn modèle en celluloïd à l'échelle de\nI /20 a été construit et assez lourde-\n\n(I) Revue Universelle des Mines, 1933."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.10", "debut_caractere": 346, "fin_caractere_exclue": 2748, "texte": "ment chargé (fig. 94). Les tensions y ont\nété relevées au moyen d'extensomètres\nHuggenberger. Malgré de réelles diffi-\ncultés rencontrées dans le travail par\nsuite de la susceptibilité thermique et\nhygrométrique du celluloïd, la patience\net la ténacité de mon assistant M. Se-\nlezneff ont permis d'obtenir à temps des\ndonnées suffisantes pour corriger et\ndessiner définitivement l'armature de la\npoutre, actuellement construite (fig. 95\net 96). Les perturbations par rapport à\nla théorie de la résistance des matériaux\nont été considérables au voisinage de\nla baie et ont donné lieu à des accrois-\nsements de tensions.\nIV. ESSAIS, ETUDES EXPERIMENTALES\nET OBSERVATIONS SUR LES CONSTRUCTIONS\nREELLES.\nDes essais élémentaires sur les ouvrages\nréels ont déjà été faits assez anciennement,\nnotamment par Rabut. Le perfectionne-\nment et la création récente de nombreux\nappareils de mesure : extensomètres, cli-\nnomètres, fleximètres, télémètres, défor-\nmètres, etc. ont permis le développement\nde ces essais et ont rendu possible des\nexpériences à but scientifique sur ouvrages\nréels.\nAu point de vue théorique,\nils ont une portée capitale si l'on admet\nque pour les ingénieurs, la théorie est faite\npour l'application, non pour une raison in-\ntrinsèque. L'épreuve des hypothèses de\nbase et des méthodes édifiées sur ces hy-\npothèses, par confrontation du calcul et de\nl'expérience, est évidemment cruciale (I).\nAu point de vue didacti-\nque, il en est naturellement de même.\nJ'ai fait déjà allusion au scepticisme pos-\nsible des étudiants ingénieurs. Je viens\nd'indiquer que les essais sur modèles ne\nsont pas exempts de reproche au point de\nvue pratique : il n'est pas mauvais que les\njeunes esprits soient enclins à s'exagérer\nl'importance des causes d'erreur. Mais\nla vérification expérimentale suffisante sur\nouvrages réels constitue la garantie totale,\nqui impose la confiance.\nQuel sentiment de sécurité aussi d'ailleurs\npour le professeur, s'il peut justifier son\nenseignement par ses propres expériences\nou celles d'autres expérimentateurs dignes\nde foi. J' insiste sur cette dernière qualifi-\ncation. Car expérimenter n est pas simple-\nment enregistrer des faits (I), une pareille\ndéfinition de l'expérience peut conduire à\nplus d'erreurs que de vérités. Des résultats\net interprétations d'expériences peuvent\nêtre fausses par insuffisance d'esprit criti-\nque et, quoique j'estime la chose peu pro-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.10", "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2906, "texte": "(I) Voir Henri Poincaré, « La Science et\nl'Hypothèse », chap. IX,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "bable et exceptionnelle, par manque de\nscrupule. On conçoit qu'un homme ayant\nconsacré beaucoup d'efforts à certains\nessais et n'en tirant pas un résultat satis-\nfaisant puisse, sous l'influence de certains\nmobiles psychologiques, donner des ac-\ncrocs plus ou moins importants à la vérité,\nafin de recueillir certaines satisfactions de\nses essais. Je n'envisage ceci, je le répète,\nque comme une hypothèse, mais elle est\nutile pour certaines observations ulté-\nrieures. Il faut indubitablement que les\ncomptes-rendus d'essais soient scrupuleuse-\nsement établis.\nAu point de vue pratique, les\nessais sur constructions réelles présentent\nle même intérêt. Abstraction faite de leur\nsignification usuelle en tant qu'épreuves de\nréception, des expériences plus étendues\napportent aux ingénieurs praticiens la mê-\nme confiance dans leurs connaissances et\nleurs moyens d'action qu'aux théoriciens\ndans leurs théories et qu'aux étudiants dans\nleurs enseignements. Elles leur permettent\nde se représenter véritablement le fonc-\ntionnement intime de leurs ouvrages. Elles\npeuvent préluder aux techniques nouvelles\n(charpentes métalliques continues, ponts\nsoudés, aciers spéciaux); par là, elles con-\ntribuent aux progrès de la science des\nconstructions et au prestige de la profes-\nsion d'ingénieur.\nA titre d'exemples d'application, je cite-\nrai :\n1) Les essais du pont soudé et rivé de\nLanaye, à rapprocher des essais sur mo-\ndèles de nœud (premier pont soudé en\nBelgique) (I) (fig. 97 et 98);\n2) Les essais de la charpente métallique\nrivée et enrobée de l'lnstitut de Chi-\nmie et de Métallurgie au Val-Benoit à\nLiège (2) (fig. 99 et 100, page 94);\n3) Les essais de la charpente métallique\nentièrement soudée, en acier spécial,\nde l'lnstitut du Génie Civil au Val-\nBenoit à Liège, en particulier les essais\nsur les nœuds de types divers, en vraie\ngrandeur, de cette construction (encore\ninédits) (fig. 101, 102, 103 et 104, p. 95);\n4) Les essais de l'ossature métallique sou-\ndée d'une voiture motrice des Tramways\nUnifiés de Liège (I) (fig. 105, page 95).\nIl est permis de croire que l'ensemble des\nessais effectués sur modèles de nœuds et\nsur des nœuds réels a vraiment donné une\nmeilleure connaissance du fonctionnement\ndes nœuds des poutres Vierendeel et des\n\n(1) Annales des Travaux Publics de Belgi-\nque, décembre 1933.\n(2) Revue Universelle des Mines, 1933.\n(3) L'lndustrie des Voies Ferrées et des\nTransports Automobiles, avril 1933."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5120, "texte": "charpentes continues; elle a eu comme\nrésultats pratiques des progrès dans la con-\nstruction et dans les dimensions de ces\nnoeuds.\nQu'il me soit permis de signaler l'applica-\ntion de toutes les ressources des quatre\ncatégories d'essais à un même travail, la\nconstruction des instituts universitaires du\nVal-Benoît à Liège, dans des conditions qui\nont permis l'appréciation simultanée des\ntrois points de vue théorique, didactique\net pratique. Elle a été la principale sug-\ngestion de l'objet de ma conférence, syn-\nthèse déjà vécue et qui continue à se\ndérouler.\nLa raison d'être des essais relatifs aux con-\nstructions, à quelque point de vue que l'on\nse place, est presque toujours la recherche\nde garanties contre la dégradation et la\ndestruction partielle ou totale des ouvra-\nges. Les expériences destructives possè-\ndent, pour cette raison, une signification\nparticulière. Cependant, elles ne sont pas\ntoujours les plus intéressantes et leurs résul-\ntats sont parfois de portée limitée. Beau-\ncoup d'études expérimentales n'impliquent\npas la rupture. Souvent, ce sont celles qui\ndonnent lieu aux mesures les plus nombreu-\nses, les plus délicates et les plus précises\net leur portée peut être générale.\nPratiquement, les essais des deux premières\ncatégories, relatifs aux matériaux, procè-\ndent très souvent jusqu'à la rupture. Par\ncontre, ce n'est qu'à la faveur de circons-\ntances exceptionnelles que l'on peut effec-\ntuer des expériences destructives systéma-\ntiquement organisées sur des ouvrages\nréels. On en connaît peu d'exemples et les\nrésultats ont généralement été décevants.\nCela tient à la très réelle difficulté de ces\nessais, que seuls les initiés peuvent pleine-\nment apprécier. Il est assez facile, au con-\ntraire, d'effectuer des essais de rupture\nsur des éléments de construction et sur des\nmodèles à échelle réduite. Seulement, en\nce qui concerne ces derniers, une difficulté\nrésulte de l'incertitude des lois de simili-\ntude en régime non élastique, nolamment\ndonc dans l'état de rupture. En résumé, si\nle phénomène de rupture est le plus sou-\nvent intéressant, il n'est cependant pas\ntoujours nécessaire pour rendre une expé-\nrience profitable.\nPour terminer, j'examinerai quelle est l'in-\nfluence probable de ce changement d'es-\nprit sur l'avenir de l'ingénieur des construc-\ntions. Je l'envisagerai encore au triple\npoint de vue théorique, didactique et pra-\ntique.\nAu point de vue théorique, on pourrait\ncroire que c'est le déclin de la théorie,\nnotamment dans son expression mathéma-\ntique. Je considère que c'est tout à fait\nl'inverse qui est probable. L'interprétation\nexacte des expériences exigera des ingé-\nnieurs, à l'avenir, une formati on mathéma-\ntique plus étendue que par le passé. La\nnotion des trajectoires de tensions, com-\nme celle des lignes de courant et des\nlignes équîpotentielles, appelle des exten-\nsions de connaissance dans le domaine de\nla théorie des fonctions et des fonctions\nspéciales. Une étude plus approfondie de\nla mécanique rationnelle et appliquée s'im-\npose. Certains expérimentateurs auxquels\nmanque cette base ou sa perception\ns'aventurent parfois dans des explications\nerronées. Le support physique de la théo-\nrie en rendra d'ailleurs l'assimilation plus\naisée et conduira à élaguer de l'enseigne-\nment mathématique des ingénieurs ce qui\nne pourrait leur convenir, même pour leur\nformation générale, qui est aussi vaste\nque celle des diplômés des autres facultés.\nCar l'éducation générale provient d'une\nsomme coordonnée de connaissances, et\nune fraction de ces connaissances ne peut\navoir plus de valeur éducative que tout le\nreste. Donc, on peut prévoir une élévation\ndu niveau théorique de l'ingénieur. Ce\nhaut niveau théorique doit s'accompagner\nd'un très haut niveau moral. Car la mé-\nthode expérimentale confère plus de res-\nponsobilité personnelle que l'étude mathé-\nmatique.qui est plus facilement contrôlable\npar les tiers. Correction scrupuleuse, criti-\nque, impitoyable, modestie consciente, ni\nfacilité ni complaisance ni négligence, telle\nest la règle morale des expérimentateurs.\nSon habitude ne peut que renforcer la\nvaleur d une élite.\nAu point de vue didactique, la mé-\nthode expérimentale correspondant à l'élé-\nvation théorique, élève nécessairement le\nniveau de l'enseignement universitaire des\nsciences techniques. Elle contribue déjà et\ncontribuera plus encore au prestige néces-\nsaire de cet enseignement, accessible seu-\nlement aux bien-doués. Elle constituera sa\nvraie sauvegarde contre l'avilissement, bien\nloin de contribuer à l'avilir. Car l'avilisse-\nment ne pourrait résulter que de l'impuis-\nsance à remplir sa mission et à progresser.\nOr, nous avons vu comment la méthode\nexpérimentale augmente la puissance de\nI enseignement. Les méthodes expérimen-\ntales seront moins accessibles aux enseigne-\nments n ayant pas le niveau universitaire,\nque des théories vulgarisées souvent incon-\nsidérément par l'imprimerie, car elles de-\nmandent trop de moyens, trop de soins,\ntrop de science, trop de temps. La mé-\nthode expérimentale demande un état\nd esprit et une atmosphère que crée seule\nl'Université et qu'augmente encore le"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "coude à coude des diverses facultés. Elle\ndemande une préparation et une habileté\nspéciales, que possèdent ses adeptes par\nprofession. C'est pourquoi je considère\nqu'il serait déplorable de disperser les cen-\ntres de recherches expérimentales et scien-\ntifiques : les universités sont naturellement\ndésignées à cet effet et y suffiront tou-\njours. Leur nombre, déjà considérable en\nBelgique, doit garder contre un plus grand\néparpillement et garantit une émulation\net un contrôle sérieux.\nDonc, l'enseignement supérieur des scien-\nces de la construction ne pourra que ga-\ngner, par la métode expérimentale, en por-\ntée, en rayonnement et en permanence.\nAu point de vue pratique\nenfin, le même résultat de progrès est\navéré. Il est hors de doute que le progrès\nde la construction en béton armé et le dé-\nveloppement de la construction métallique\nsoudée sont, en Belgique, l'œuvre récente\ndes universités et des ingénieurs issus de\nces universités, adeptes de la méthode ex-\npérimentale. D'autres questions nouvelles\nsont en voie de préparation ou à l'étude\ndans le même esprit, dans un but éminem-\nment pratique.\nJe citerai :\nl'expérimentation sur modèles pour le\nprogrès des ouvrages hydrauliques,\nl'étude des effets du vent,\nen me bornant à ce qui intéresse le plus\nles constructions civiles. Il s'aqit unique-\nment dans tout cela, réalisé ou à venir, de\nquestions pratiques, traitées par des ingé-\nnieurs. On voit donc que la méthode expé-\nrimentale place les ingénieurs aussi près\ndes réalités industrielles qu'il est possible\nde l'être. Bien mieux, elle les place en tête\nde ces réalités industrielles; elle en fait les\nmoteurs et les promoteurs, plus assurés au-\njourd'hui et demain qu'hier, grâce à l'appui\nplus développé de la méthode expérimen-\ntale.\nPlus aucune réalité industrielle technique\nne restera inaccessible à l'ingénieur qui\naura reçu la formation expérimentale et\ns'en servira. En ce qui concerne les réalités\nindustrielles d'ordre non technique, je\npense que la large formation humaine et\ngénérale de l'Université est bien celle qui\nconvient pour les dominer. Je suis con-\nvaincu que la haute personnalité acquise\npar une formation simultanément mathé-\nmatique et expérimentale et la calme assu-\nrance qu'elle confère seront les plus sûrs\ngarants de la destination des ingénieurs\naux leviers de commande des administra-\ntions publiques et des industries.\n(Voir ci-contre tableau récapitulatif.)\n\nF. CAMPUS."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "P o\nINTS DE VUE\nCATEGORIE\nTHEORIQUE\nDIDACTIQUE\nPRATIQUE\nintéressent surtout la production ou\nimportance fondamentale au\nessentiels, fondamentaux tant\nl'exploitation de ces matières, par\npoint de vue des cours de mé-\nau point de vue de la concep-\nl'étude théorique des qualités des\ntallurgie, chimie (ciments, cé-\ntion et des dimensions des ou-\n1. ESSAI DES MATIE-\nmatières et des éléments qui les\nramiques, goudrons) et des\nvrages dépendant des taux de\nRES PREMIERES\ninfluencent. Problème type :\ncours d'application des con-\nrésistance (donc prix) qu'au\ndéterminer à priori les qualités d'une\nstructions : facteurs fondamen-\npoint de vue de l'exécution\nmatière ou en produire de qualités\ntaux.\nconforme au programme (ré-\ndéfinies .\nception).\nassez peu avancés au point de vue\nimportants au point de vue des\nessentiels pour la conception\nthéorique; on ne peut guère parler\ncours d'application des con-\net les dimensions des ouvrages,\nde théorie proprement dite des\nstructions : connaissance des\nessentiels pour la mise en œu-\nII. ESSAIS DE MATE-\nbétons, par exemple, quoique des\nfacteurs fondamentaux.\nvre des matériaux composés. Si\nRIAUX COMPOSES\norientations se dessinent.\nl'on ne peut guère parler de\nthéorie, par contre la pratique\ndes bétons a fait des progrès\ndécisifs. Tarmac, etc.\nauxiliaires de la théorie. Des essais\nutilisation directe des résultats\nauxiliaires des études et des\nsur modèles théoriques ou des élé-\nthéoriques pour l'enseigne-\ncalculs par modèles ou élé-\nments simples aident à la résolution\nment, par projections, cinéma,\nments d'ouvrages. Peuvent\nIII. ESSAIS SUR MODE-\nde problèmes théoriques ou s'y sub-\nexpériences démonstratives.\nremplacer partie des calculs.\nLES ET ELEMENTS DE\nstituent : essais élasticimétriques sur\nRecherches d'étude pour élè-\nQuestions de validité des\nCONSTRUCTION\nmodèles, photoélasticité, déformè-\nves spécialisés.\nreports, similitude, discussion,\ntres ou influentiomètres.\nperturbations, limites élastiques.\nimportance très grande si l'on consi-\nélément capital : le maître est\nEssais de réception, consécra-\ndère que les théories sont faîtes pour\nsûr de ce qu'il enseigne s'il a\ntion des techniques nouvelles\nl'application aux ouvrages réels, non\néprouvé lui-même les bases de\nou des progrès techniques.\nIV. ESSAIS SUR CON-\npour raison intrinsèque. Epreuve des\nson enseignement ou s'il en a\nConfiance des praticiens, meil-\nSTRUCTIONS REEL-\nhypothèses de base et des méthodes\ndes épreuves dignes de foi.\nleure connaissance de leurs\nLES\nédifiées sur ces hypothèses.\nNécessité de la plus stricte\nouvrages et des bases d'éta-\nhonnêteté morale et de l'es-\nblissement. Contribue au pro-\nprit critique le plus incisif.\ngrès technique et au prestige\nde la profession.\nF. CAMPUS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c005", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "87", "page_fin": "87", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.3.1", "titre_corps": "Fig. 85. Fouille inondée de fondation de l'lnstitut de Chimie et de Métallurgie au Val Benoit. Dans le fond charbonnage et terril. Importance des précautions a prendre pour protéger les fondations contre I'action éventuelle d'eaux agressives, en raison de I'abondance de ces eaux.", "titre_sommaire": "Fig. 85. Fouille inondée de fondation de l'lnstitut de Chimie et de Métallurgie au Val Benoit. Dans le fond charbonnage et terril. Importance des précautions a prendre pour protéger les fondations contre I'action éventuelle d'eaux agressives, en raison de I'abondance de ces eaux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.5", "debut_caractere": 5800, "fin_caractere_exclue": 6080, "texte": "Fig. 85. Fouille inondée de fondation\nde l'lnstitut de Chimie et de Métallurgie\nau Val Benoit.\nDans le fond charbonnage et terril.\nImportance des précautions a prendre\npour protéger les fondations contre I'action\néventuelle d'eaux agressives, en raison\nde I'abondance de ces eaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c006", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "88", "page_fin": "88", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.3.2", "titre_corps": "Fig. 86. Appareil d'essai de la perméabilité des bétons à I'eau.", "titre_sommaire": "Fig. 86. 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Colonnade en béton blanc de la façade Sud de l'lnstitut du Génie Civil au Val Benoit (avant sablage).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 110, "texte": "Fig. 88. 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A droite : Essai du modèle plan de noeud de charpente.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.9", "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 131, "texte": "Fig. 93.\nA droite : Essai du modèle plan de noeud de charpente."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c014", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "92", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.3.10", "titre_corps": "Fig. 94. Essai sur modèle réduit d'une poutre en béton armé de 20 m. de portée à évidement central. Le rectangle noir dans le haut de la fig. est le modèle en celluloïd à l'échelle de 5 %. Le rectangle gris qu'on aperçoit dans I'axe correspond à la baie centrale. (Voir fig. 95 et 96.)", "titre_sommaire": "Fig. 94. Essai sur modèle réduit d'une poutre en béton armé de 20 m. de portée à évidement central. Le rectangle noir dans le haut de la fig. est le modèle en celluloïd à l'échelle de 5 %. Le rectangle gris qu'on aperçoit dans I'axe correspond à la baie centrale. (Voir fig. 95 et 96.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 285, "texte": "Fig. 94. 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CAMPUS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "P o\nINTS DE VUE\nCATEGORIE\nTHEORIQUE\nDIDACTIQUE\nPRATIQUE\nintéressent surtout la production ou\nimportance fondamentale au\nessentiels, fondamentaux tant\nl'exploitation de ces matières, par\npoint de vue des cours de mé-\nau point de vue de la concep-\nl'étude théorique des qualités des\ntallurgie, chimie (ciments, cé-\ntion et des dimensions des ou-\n1. ESSAI DES MATIE-\nmatières et des éléments qui les\nramiques, goudrons) et des\nvrages dépendant des taux de\nRES PREMIERES\ninfluencent. Problème type :\ncours d'application des con-\nrésistance (donc prix) qu'au\ndéterminer à priori les qualités d'une\nstructions : facteurs fondamen-\npoint de vue de l'exécution\nmatière ou en produire de qualités\ntaux.\nconforme au programme (ré-\ndéfinies .\nception).\nassez peu avancés au point de vue\nimportants au point de vue des\nessentiels pour la conception\nthéorique; on ne peut guère parler\ncours d'application des con-\net les dimensions des ouvrages,\nde théorie proprement dite des\nstructions : connaissance des\nessentiels pour la mise en œu-\nII. ESSAIS DE MATE-\nbétons, par exemple, quoique des\nfacteurs fondamentaux.\nvre des matériaux composés. Si\nRIAUX COMPOSES\norientations se dessinent.\nl'on ne peut guère parler de\nthéorie, par contre la pratique\ndes bétons a fait des progrès\ndécisifs. Tarmac, etc.\nauxiliaires de la théorie. Des essais\nutilisation directe des résultats\nauxiliaires des études et des\nsur modèles théoriques ou des élé-\nthéoriques pour l'enseigne-\ncalculs par modèles ou élé-\nments simples aident à la résolution\nment, par projections, cinéma,\nments d'ouvrages. Peuvent\nIII. ESSAIS SUR MODE-\nde problèmes théoriques ou s'y sub-\nexpériences démonstratives.\nremplacer partie des calculs.\nLES ET ELEMENTS DE\nstituent : essais élasticimétriques sur\nRecherches d'étude pour élè-\nQuestions de validité des\nCONSTRUCTION\nmodèles, photoélasticité, déformè-\nves spécialisés.\nreports, similitude, discussion,\ntres ou influentiomètres.\nperturbations, limites élastiques.\nimportance très grande si l'on consi-\nélément capital : le maître est\nEssais de réception, consécra-\ndère que les théories sont faîtes pour\nsûr de ce qu'il enseigne s'il a\ntion des techniques nouvelles\nl'application aux ouvrages réels, non\néprouvé lui-même les bases de\nou des progrès techniques.\nIV. ESSAIS SUR CON-\npour raison intrinsèque. Epreuve des\nson enseignement ou s'il en a\nConfiance des praticiens, meil-\nSTRUCTIONS REEL-\nhypothèses de base et des méthodes\ndes épreuves dignes de foi.\nleure connaissance de leurs\nLES\nédifiées sur ces hypothèses.\nNécessité de la plus stricte\nouvrages et des bases d'éta-\nhonnêteté morale et de l'es-\nblissement. Contribue au pro-\nprit critique le plus incisif.\ngrès technique et au prestige\nde la profession.\nF. CAMPUS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c026", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "97", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.4", "titre_corps": "Bétons de Parement", "titre_sommaire": "Bétons de Parement", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 18, "texte": "Bétons de Parement"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.15", "debut_caractere": 390, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "Les frères Perret les premiers, certaine-\nment, demandèrent au béton armé non\nseulement une fonction utilitaire, construc-\ntîve, mais encore une fonction architecto-\nnîque définitive en traitant les surfaces\nvues des ossatures en parement reflétant\nla composition même des bétons utilisés.\nLes problèmes posés aux constructeurs\ns'apparentent fréquemment. Il en est no-\ntamment ainsi de la texture des parements\nde façades.\nNos lecteurs se souviendront, sans aucun\ndoute, de notre numéro I de l'année 1930\noù il nous fut permis de publier une note\ntechnique due à notre collaborateur L.-H.\nde Koninck sur un procédé de construction\nqu'il mit au point et appliqua notamment\nà une construction, que nous avons dénom-\nmée rationnelle, édifiée à Auderghem. Il y\nest entre autre question de I application\nde ce procédé à la construction de trois\nmaisons minimum par les architectes L.-H.\nde Koninck et A. Nyst au Plateau du Tri-\nbouillet au Thier-à-Liége.\nL'innovation pour ces dernières habitations\nfut, sans conteste, dans l'essai hardi de con-\ncevoir non seulement la construction de\ncelles-ci intégralement en béton armé mais\naussi de ne pas avoir considéré ce dernier\ncomme un parent honteux, ayant exigé de\nsa texture même une fonction définitive\nde matériau apparent. Du ciment blanc,\ndes graviers et des sables blancs prove-\nnant de carrières belges permirent aux\narchitectes de résoudre avec économie\nleur intéressant problème. Le béton achevé\nà la pointe, de couleur très approchante\nde celle des pierres savonnières, est d'un\neffet très agréable. La reproduction pho-\ntographique (fig. 108) qui illustre ce com-\nmenlaire est déjà très expressive. Erigées\nà l'occasion d'un concours international dû\na l'initiative des organisateurs de l'Exposi-\ntion de Liège 1930, les maisons qu'elle re-\nprésente se virent décerner un diplôme\nd'honneur.\nLe cliché 105 se rapporte à un fragment\nd'une construction érigée à Uccle. Il mon-\ntre avec éloquence la beauté de finissage\nque peuvent réaliser des compositions judi-\ncieuses d'ingrédients pour bétons blancs,\nlesquels sous le travail de la boucharde ou\ndu ciseau se parent d'aspects bien sédui-\nsants.\nIl est peut-être encore opportun de rap-\npeler que l'an dernier au Concours Natio-\nnal organisé par le Groupement Profession-\nnel des Fabrîcan+s de Ciment Portland\nArtificiel de Belgique (G. P. C.), concours\nd'idées pour la meilleure maison où l'em-\nploi du ciment serait maximum, c'est le\nprocédé préconisé par L.-H. de Koninck,\nprévoyant des parements en béton bou-\nchardé qui fut classé premier à l'unanimité.\nEntretemps les recherches déjà se sont\nétendues et un encouragement réel nous\npénètre lorsque des constructeurs qui ont\nà résoudre l'édification de bâtiments aussi\nimportants que ceux destinés à abriter cer-\ntains des locaux de l'Université de Liège\ns'appliquent également à mettre au point\ndes procédés tels ceux des bétons appa-\nrents. Un essai nouveau consistant en l'em-\nploi de graviers blancs concassés fut appli-\nqué ici de même qu'un traitement des sur-\nfaces de parement au jet de sable. L'ex-\nposé de M. le Professeur Campus vous a\nlargement éclairé à ce sujet. Les idees sur\ncette technique nouvelle se précisent avec\nfranchise et de cette précision naîtra infail-\nliblement un concept définitif qui placera\nle béton armé apparent parmi les maté-\nriaux de choix de l'architecture contempo-\nraine. * * *"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c027", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "97", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.4.1", "titre_corps": "Fig. 105. Exemple d'une face de colonne en béton blanc bouchardé au marteau à 49 dents avec palettes ciselées à raison de 24 coups au dcm. Les ingrédients ayant servi à la composition du béton sont ici, en ordre principal, du ciment Extra blanc C. B. R. et des sables et graviers des Carrières de l'Arbre-Saint-Michel, produits de qualité de notre industrie nationale.", "titre_sommaire": "Fig. 105. Exemple d'une face de colonne en béton blanc bouchardé au marteau à 49 dents avec palettes ciselées à raison de 24 coups au dcm. Les ingrédients ayant servi à la composition du béton sont ici, en ordre principal, du ciment Extra blanc C. B. R. et des sables et graviers des Carrières de l'Arbre-Saint-Michel, produits de qualité de notre industrie nationale.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.15", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 388, "texte": "Fig. 105. Exemple d'une face de colonne\nen béton blanc bouchardé au marteau à\n49 dents avec palettes ciselées à raison de\n24 coups au dcm.\nLes ingrédients ayant servi à la composition\ndu béton sont ici, en ordre principal,\ndu ciment Extra blanc C. B. R. et des sables\net graviers des Carrières de l'Arbre-Saint-Michel,\nproduits de qualité de notre industrie\nnationale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c028", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "99", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.5", "titre_corps": "Réalisation des architectes S. B. U. A. M. L.-H. DE KONINCK et A. NYST, pour les T. U. de Liège, au Concours International d'H. B. M. du plateau de Tribouillet en 1930.", "titre_sommaire": "Réalisation des architectes S. B. U. A. M. L.-H. DE KONINCK et A. NYST, pour les T. U. de Liège, au Concours International d'H. B. M. du plateau de Tribouillet en 1930.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.16", "debut_caractere": 651, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "PRINCIPES\nDE LA CONSTRUCTION\nQuatre murs minces en béton armé et deux\npoutres portant les planchers.\nSuppression systématique des enduits tant\nintérieurs qu'extérieurs.\nPlacement immédiat des planchers et con-\nstruction de cloisons sèches indépendantes\ndu plan de l'étage inférieur.\nLes murs en béton armé des façades for-\nment poutres entre les linteaux et seuils sur\n1,60 m. de hauteur; il en résulte la possi-\nbilité d'étendre économiquement les baies\nsur toute la largeur des façades.\nEXECUTION\nPAROIS EXTERIEURES.\nLâ composition particulière du béton de\ngraviers, donne aux façades une tonalité\nsemblable à celle de la pierre de France.\nLes surfaces sont traitées à la pointe et ne\nreçoivent pas d'enduit. Le supplément de\nprix du béton résultant de sa composition\net du travail de la surface ne sont pas plus\ncoûteux qu'un enduit : avantages du pro-\ncédé : solidité, aspect, masse hydrofuge,\nentretien nul, suppression possible des\nseuils de fenêtres et corniches, d'où faça-\ndes simples, sans saillies, battues uniformé-\nment par la pluie et acquérant une patine\nrégulière.\nPAROIS INTERIEURES ET CLOISONS.\nPlaques isolantes, en l'occurrence Célotex,\nclouées sur chevrons et séparées du béton\narmé par des matelas d'air immobile de\n6 cm. d'épaisseur. Au point de vue isole-\nment ces murs de 19 cm. d'épaisseur équi-\nvalent a un mur en briques de 40 cm. Con-\ntre les murs mitoyens la membrane isolante\nest double ainsi que les matelas d'air qui\nsont réduits à 2 cm. d'épaisseur. Les mi-\ntoyens ont donc en tout 16 cm., ils corres-\npondent, au point de vue isolation, à des\nmurs pleins en briques de 70 cm. d'épaisseur.\nLes cloisons sont constituées par des arma-\ntures en chevrons de 6 x 7 recouvertes de\ncélotex, d'éternit ordinaire ou émaillé ou\nde bois contreplaqués des colonies.\nDans les cuisines, buanderies et toilettes le\ncélotex est remplacé par de l'éternit du\ntype ordinaire peint en blanc, avec lambris\nen éternit émaillé dans les cuisines.\nDans la maison n' 2 les cloisons du rez-de-\nchaussée ont été exécutées en béton armé\napparent et blanchi dans la buanderie et\ndans la partie supérieure de la cuisine, avec\nrevêtement en carreaux céramiques du\nSphynx sur 1,50 m. de hauteur.\nDans le cabinet de toilette de cette mai-\nson le célotex a été maintenu et recouvert\nde toile cirée à hauteur de la porte.\nDe la toile cirée collée recouvre également\nle célotex derrière les lavabos.\nComme variante il est placé des panneaux\nde bois contreplaqué ciré dans les cham-\nbres familiales, avec doublure en célotex\nvers les façades : il n'en résulte qu'un sup-\nplément minime de prix et l'aspect est plus\nmeublant.\nN. B. Le débit des plaques de célotex est\nétudié de façon à éviter les joints verti-\ncaux. Les joints horizontaux sont placés de\nfaçon à utiliser sans déchets les dimensions\ncommerciales ce qui est double profit au\npoint de vue matière et main-d'œuvre. Ces\njoints (deux sur la hauteur) sont marqués\npar des couvre-joints de profil spécial peu\nsaillant et par une cimaise, à hauteur des\nportes, permettant l'accrochage de ta-\nbleaux. Il résulte de cette disposition une\ndécoration naturelle par bandes horizon-\ntales qui, en raison de la texture du célo-\ntex, peut se passer de papier ou peinture.\nCHASSIS\nType métallique standard des usines So-\nmeba ouvrants vers l'extérieur renvoyés\npour permettre le nettoyage.\n\n3 Maisons Minimums\nen Béton\nRéalisation des architectes S. B. U. A. M.\nL.-H. DE KONINCK et A. NYST, pour les\nT. U. de Liège, au Concours International\nd'H. B. M. du plateau de Tribouillet en 1930."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1971, "texte": "PORTES INTERIEURES\nType standard Woco, en pin d'Orégon\nnaturel teinté et ciré.\nVENTILATION\nCHAUFFAGE CENTRAL\nFOURNEAU ET LESSIVEUSE\nLe système de chauffage à air chaud avec\nprise d'air à l'extérieur a été choisi parce\nque hygiénique, simple et économique d'in-\nstallation. Il assure automatiquement un\nrenouvellement d'air continu tant en été\nqu'en hiver, chauffe aux saisons froides et\nrafraîchit pendant les chaleurs. Le service\nse fait dans la cuisine pour les maisons I et\n3, dans la buanderie vis-à-vis du réduit à\ncharbon dans la maison n\" 2 (milieu).\nLes foyers des calorifères sont placés der-\nrière un grillage de 0,70 x 0,40 qui per-\nmet l'action de la chaleur radiante dans les\npièces familiales.\nLes fourneaux et lessiveuses sont alimentés\nau gaz.\nDans la maison n\" 2 le calorifère est muni\nd'un pot bouilleur alimentant un réservoir\na eau chaude situé dans la laverie desser-\nvant la cuisine, la baignoire et les trois\nlavabos d'étage. Cette installation ne fonc-\ntionne donc qu'en hiver ce que nous esti-\nmons suffisant : en été l'eau chaude se\nproduit dans la lessiveuse : celle-ci pourrait\nêtre munie d'un pot bouilleur assurant la\ndistribution générale d'eau chaude.\nCHEMINEES\nLes cheminées sont munies d'aspirateurs en\nbéton armé d'un système dus aux archi-\ntectes assurant un tirage convenable au\nniveau des terrasses.\nESCALIERS\nLes escaliers, qui ne comportent pas de\nmarches tournantes, sont exécutés en bé-\nton armé avec nez en cornières de 50\nretournées et formant battées pour rece-\nvoir du linoléum en recouvrement des mar-\nches. Ce lino est collé au moyen de mastic\nspécial imperméable permettant le lavage.\nLes contre-marches et plinthes sont exécu-\ntées en carreaux céramiques.\nLa balustrade est formée par la cloison de\nla salle familiale recouverte, à l'étage,\nd'une main courante.\nPLANCHERS\nPAVEMENTS\nLes planchers des étages sont en sapin 4/4.\nLes rez-de-chaussées sont pavés en car-\nreaux céramiques avec plinthes à angles\narrondis. * * *"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c029", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.5.1", "titre_corps": "Fig. 106. REZ-DE-CHAUSSEE TYPE. 1) entrée; 2) salle de séjour avec «coin du déjeuner» et «coin de lecture»; 3) cuisine; 4) armoire à usage double (accès côté cuisine et côté séjour, passe-plats); 5) chauffage spécial pour petites maisons suivant un système de Koninck; 6) provisions; 7) buanderie combinée pour le bain, eau chaude par la douche-lessiveuse; 8) débarras pour malles, outils, etc.; 9) charbon.", "titre_sommaire": "Fig. 106. REZ-DE-CHAUSSEE TYPE. 1) entrée; 2) salle de séjour avec «coin du déjeuner» et «coin de lecture»; 3) cuisine; 4) armoire à usage double (accès côté cuisine et côté séjour, passe-plats); 5) chauffage spécial pour petites maisons suivant un système de Koninck; 6) provisions; 7) buanderie combinée pour le bain, eau chaude par la douche-lessiveuse; 8) débarras pour malles, outils, etc.; 9) charbon.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "Fig. 106. REZ-DE-CHAUSSEE TYPE.\n1) entrée; 2) salle de séjour avec «coin du\ndéjeuner» et «coin de lecture»; 3) cuisine;\n4) armoire à usage double (accès côté\ncuisine et côté séjour, passe-plats); 5) chauffage\nspécial pour petites maisons suivant\nun système de Koninck; 6) provisions; 7) buanderie\ncombinée pour le bain, eau chaude\npar la douche-lessiveuse; 8) débarras pour\nmalles, outils, etc.; 9) charbon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c030", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.5.2", "titre_corps": "Fig. 107. ETAGE TYPE. 10) dégagement; II) chambre des parents; 12) chambre équipée de 2 lits réversibles; 13) chambre équipée de I lit réversible; 14) toilette et W.-C.; 15, 16, 17) armoiresplacards combinées pour les vêtements et le linge.", "titre_sommaire": "Fig. 107. ETAGE TYPE. 10) dégagement; II) chambre des parents; 12) chambre équipée de 2 lits réversibles; 13) chambre équipée de I lit réversible; 14) toilette et W.-C.; 15, 16, 17) armoiresplacards combinées pour les vêtements et le linge.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.16", "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 649, "texte": "Fig. 107. 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Commencées le 26 mai 1930, le 6 septembre, soit 104 jours plus tard, ces trois maisons étaient non seulement achevées et sèches, mais deux d'entre elles étaient encore pourvues d'un équipement mobilier complet tant fixe que mobile et même de vaisselle.", "titre_sommaire": "Fig. 108. Les trois Maisons Minimums en Béton du Plateau de Tribouillet. Commencées le 26 mai 1930, le 6 septembre, soit 104 jours plus tard, ces trois maisons étaient non seulement achevées et sèches, mais deux d'entre elles étaient encore pourvues d'un équipement mobilier complet tant fixe que mobile et même de vaisselle.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.17", "debut_caractere": 1973, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "Fig. 108. Les trois Maisons Minimums en Béton du Plateau de Tribouillet.\nCommencées le 26 mai 1930, le 6 septembre, soit 104 jours plus tard, ces trois maisons étaient non seulement achevées et sèches,\nmais deux d'entre elles étaient encore pourvues d'un équipement mobilier complet tant fixe que mobile et même de vaisselle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c032", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "100", "page_fin": "100", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.6", "titre_corps": "LA BIBLIOTHEQUE ALBERTINE", "titre_sommaire": "LA BIBLIOTHEQUE ALBERTINE", "signature_source": "P.-J.-J. VERBRUGGEN, Président de la Fédération Royale des Sociétés d'Architectes de Belgique. Vice-président de la S. B. U. A. M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3404, "texte": "LA BIBLIOTHEQUE ALBERTINE\nP.-J.-J. VERBRUGGEN,\nPrésident de la Fédération Royale des\nSociétés d'Architectes de Belgique.\nVice-président de la S. B. U. A. M.\nLa lettre que SA MAJESTE vient d'adresser à scn Premier ministre, M. le Comte de Broqueville,\na tranché définitivement la question des monum©nts à élever à la mémoire de feu son Père\nALBERT ler,Ier, en faveur de la construction, dans la capitale du royaume, d'une grande bibliothèque\nnationale.\nA l'aurore de son règne, le ROI a prouvé ainsi qu'il possède une haute compréhension des besoins\nsupérieurs de la nation, Il a montré qu'un petit pays se doit d'être grand par l'étude, par sa valeur\nscientifique et morale, bases indispensables de toute gloire durable.\nLa bib!iothèque ALBERT ler,Ier, élevée àla mémoire du monarque, rappelera aux générations futures\nque celui-ci ne fut pas uniquement grand dans la guerre, mais qu'il fut le promoteur d'institutions\nscientifiques, qu'il travailla sans relâche au développement économique de son pays et que rien de\nce qui touchait au domaine des arts n'échappa à son attention.\nH importe, en tout premier lieu, d'assurer à cette institution toute sa grandeur, d'en faire un des\nprincipaux foyers d'études du monde et de veiller à ce que sa haute conception initiale ne soit pas\nminimalisée.\nELLE DOIT ETRE DE CARACTERE NATIONAL ET REPONDRE AU PRESTIGE QUE LUI\nDONNERA SON NOM.\nil faudra donc, avant de procéder à quoi que ce soit de définitif, déterminer le cadre urbain dans\nlequel les nouveaux bâtiments devront être placés.\nCe cadre existe-t-il à Bruxelles ?\nL'incertitude dans laquelle le problème de l'aménagement de la ville se meut depuis de nombreux\nlustres me permet d'affirmer que non.\nEn effet, il n'existe à Bruxelles aucun plan d'ensemble, aucune idée directrice d'urbanisation. De\nnombreux terrains situés au cœur de la ville restent disponibles, les problèmes essentiels de la cir-\nculation demeurent sans solution.\nDans ces conditions, il faudra, en tout premier lieu, étudier le problème de « BRUXELLES\nGRAND CENTRE URBAIN » dans son ensemble et examiner en particulier les moyens de trans-\nport en commun.\nLes récents travaux effectués dans la ville même jetteront une lumière nouvelle sur certains pro-\nblèmes vitaux que l'on a eu le grand tort de transplanter de leur milieu économique et social sur le\nterrain de la politique locale.\nIl faudrait qu'enfin l'on se décidât à faire passer L'INTERET NATIONAL AVANT L'INTERET\nPARTICULIER ET L'ESPRIT DE CLOCHER !\nGrâce à la décision royale, une occasion unique s'offre aux esprits larges et désintéressés.\nC'est pourquoi je préconise :\n1 la mise au concours, dans ses grandes lignes, du problème urbain du Bruxelles métropolitain; ou\ntout au moins celui de l'aménagement des terrains libres au centre de la ville avec étude des\naccès indispensables et emplacements des divers édifices dont l'absence l'empêche de remplir\nson rôle de capitale.\nAlors seulement pourra se poser;\n2 le problème des bâtiments de I'ALBERTINE et de leurs abords immédiats, après quoi il pour-\nrait être procédé, en temps opportun, à des concours de moindre envergure pour les travaux\nd'achèvement : décoration sculpturale et picturale.\nEnvisagée avec toute l'ampleur nécessaire, la création de la bibliothèque pourrait former le point\nde départ d'une série de travaux à l'échelle de notre époque et susceptibles de perpétuer digne-\nment le génie de la nation."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-06-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-06_01#c033", "volume": "bmtnaac_1934-06_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.2.7", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.2", "debut_caractere": 1468, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "-\nm\nm\nir\n///\nwm/a\nW / M\nWMm\n• B/////// A' ■' !\nNi\n|i'!i !\na\n«Mil il\nv&SïvS\n*\npieux forés à la main et béton»\nnés à l'air comprimé, constituent un\nprocédé de fondations économique, là\nou I emploi d'une sonnette de battage\nne semble pas indiqué : près des im-\nmeubles vétustés, dans les chantiers\nexigus ou encombrés, pour les reprises\nen sous-œuvre, etc.\nIls ne provoquent ni ébranlement, ni\nbruit, ni fumée.\nDemandez la brochure explicative illustrée R 32 à\nPIEUX FRAIfKI\n196, rue Grétry\nLIEGE\n% >»;;%♦.;v.\\ voWxYo.x *\\\n2140"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.1", "texte": "ICT IMI : Ï IAH \\É\n1 2e ANNÉE\nJUIN\nCe numéro 5 francs\n19 3 4\nLIBRAIRIE DIETRICH & C , RUE DU MUSEE, 10, BRUXELLES\n6\n\nSOMMAIRE\n® Les ressources de la méthode expérimentale appliquée\naux constructions, par M. F. Campus, Professeur à\nl'Université de Liège.\n• Bétons de Parement.\n• Trois Maisons Minimum en Béton.\n• La Bibliothèque Albertine, par P. J. J. Verbruggen,\narchitecte."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.2", "texte": "Ujp | wm wmREVUE MENSUELLE BELGE D'ARCHITECTURE ET D'URBANISME\nIH ■■ comprenant la Revue d information technique parue jusqu'ici sous le titre'Tekhné'\nXIIE ANNEE wrgane de la bocieie Deige des Urbanistes et Architectes Modernistes\nR9, RUE||DEYA?RP'^DErFEç COMITE DE REDACTION:\nDKUXbLLtb r- l r i i .\nT'i' l ii io o o de rubrique\nI elephone : I I. I 8.33\nai •• i i rv x FRANÇOIS, Architecte\nAdministrateur-Directeur: . rnAkirrrkl A ..\nA. CORNUT, Architecte FRANSSEN, Architecte\nC. VAN NUETEN, Architecte\nCONSEIL D'ADMINISTRATION : R. VERWILSHEN, Ing. urbaniste\nG. FRANCE, Architecte\nJ. HOEBEN, Architecte REDACTION :\nn' Ir!wMrurM Architecte y. BOURGEOIS, Architecte\nv ILGHEN, Ing. c. c. L..H. DE KONINCK, Architecte\nEDITION : S. EYSSELINCK, Architecte\nRevue d'architecture \" La Cité \" H. HOSTE, Architecte\n, v n ■ IV dr J- MOUTSCHEN, Architecte\nCompte chèque Postal : N\" 1204 ABONNEMENT : A. NYST, Ingénieur-Architecte\nLIBRAIRIE: Dictrich &C° Belgique :50 francs\nRue du Musée, 10, Bruxelles Etranger : 70 francs SECRETARIAT :\nmuLLULDlMnifii 1111 ■■■ Il amMin mm m ammmmmmm (14 belgas) Rue de la Croix-de-Fer, 79\nPUBLICITE :\nk.ijCLLLI Le bureau de la Revue est ouvert tous les jours de 2 h. à 6 h.\nM. Lud. bchwachhoter (samedis et dimanches exceptés).\nd'Ynroc ?fl Les rédacteurs et collaborateurs sont seuls responsables\nBoulevard d T près, ZV de ,eurs artides. „ sera rendu compte dans la revue\nTéléphone : 17.73.12 de tou* ouvrage dont un exemplaire lui sera envoyé.\n\n-\nm\nm\nir\n///\nwm/a\nW / M\nWMm\n• B/////// A' ■' !\nNi\n|i'!i !\na\n«Mil il\nv&SïvS\n*\npieux forés à la main et béton»\nnés à l'air comprimé, constituent un\nprocédé de fondations économique, là\nou I emploi d'une sonnette de battage\nne semble pas indiqué : près des im-\nmeubles vétustés, dans les chantiers\nexigus ou encombrés, pour les reprises\nen sous-œuvre, etc.\nIls ne provoquent ni ébranlement, ni\nbruit, ni fumée.\nDemandez la brochure explicative illustrée R 32 à\nPIEUX FRAIfKI\n196, rue Grétry\nLIEGE\n% >»;;%♦.;v.\\ voWxYo.x *\\\n2140"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.3", "texte": "LA CITÉ. XII* Année. N° 6.\nJUIN 1934.\n\nA. N.\nAu moment où l'on comprend enfin que l'architecture passéiste a vécu et qu'un mode\nnouveau d'expression architecturale s'impose en raison des moyens récents mis à\nnotre disposition par les progrès de la technique, M. le Professeur F. Campus veut bien\nautoriser « La Cité » à publier la conférence qu'il a faite, il y a quelques mois, à la\n« Société Belge des Ingénieurs et des Industriels » sur Les Ressources de la Méthode\nexpérimentale appliquée aux Constructions.\nL'architecture rationnelle moderne n'en est encore qu'a la période de tâtonnements.\nLa formidable quantité de connaissances techniques que tout architecte devrait pou-\nvoir posséder en dehors de l'essentielle culture générale, lui impose, de jour en jour\ndavantage, la collaboration d'ingénieurs spécialistes. Mais toute collaboration peut être\nune nuisance à qui l'accepte en aveugle : un architecte non particulièrement averti de\ni'essence des choses ne saurait atteindre la maîtrise; si, par exemple, il n'est pas indis-\npensable qu'il soit à même de calculer les ouvrages compliqués en béton armé, il faut\nau moins qu'il sache ce qui s'y passe, en connaisse les matériaux et leurs rôles ainsi que\nles moyens dont on dispose pour leur étude et leur contrôle.\nLes idées qui doivent présider à la conception des oeuvres nouvelles prennent corps peu\nà peu. Tandis que l'ordre cherche à s'établir dans les mentalités et les connaissances nou-\nvelles, l'étude du Professeur Campus vient situer l'une des faces essentielles du problème\ngénéral ; dans l'incertitude des réalîsations actuelles elle fixe et précise admirable-\nment un point de départ de la plus haute importance.\n\nLes Ressources\nde la Méthode Expérimentale\nappliquée aux Constructions\npar F. CAMPUS\nProfesseur à I'Université de Liège,\nDirecteur du Laboratoire d'essais du\nGénie Civil de l'Université de Liège.\n\nDans un domaine aussi ancien de l'industrie\nhumaine que la construction, le progrès\nprend l'apparence d'une évolution, qui re-\ntient peu l'attention publique, tant le ryth-\nme de la vie est devenu rapide, tant aussi\nil y a eu de progrès plus retentissants dans\ndes domaines neufs : électricité, dynami-\nque thermique ou hydraulique, tant enfin\nil y a eu d'inventions surprenantes, occu-\npant à juste titre le premier plan de l'ac-\ntualité : aviation, automobile, radiologie,\nT. S. F. etc... Cependant, le progrès n'a\npas été insignifiant dans le domaine des\nconstructions. Dans un ouvrage du plus haut\nintérêt, intitulé « Art et Technique dans\nl'Evolution des Ponts », mon collègue ita-\nlien L. Santarella, résume en une phrase\nl'accélération impressionnante de son ryth-\nme : \" vingt siècles de ponts en pierres,\nun siècle de ponts en acier,\ntrente ans de ponts en béton armé.\nMais je considère comme beaucoup plus\ncaractéristique que ce changement dans\nles matériaux, l'espèce de révolution qui\ns'est produite dans les esprits et dans les\nconceptions.\nIl y a quelque vingt ans, l'enseignement\nthéorique des ingénieurs était pour ainsi\ndire purement rationnel; leur enseignement\npratique était assez conventionnel. En de-\nhors de la chimie et de l'électricité, guère\nd'expérimentation : quelques essais clas-\nsiques et élémentaires de machines et de\nrésistance des matériaux. Je n'envisage\npas ici une Ecole en particulier, mais une\nsituation générale.\nLes ingénieurs praticiens travaillaient dans\nle même esprit; je me souviens d'avoir\nentendu à la même époque affirmer par\ndes ingénieurs des chemins de fer que le\nbéton armé ne pouvait convenir pour les\nponts-rails.\nAprès la parenthèse sanglante de la guer-\nre survint un changement des esprits. En\nBelgique, de nouvelles installations universi-\ntaires surgissaient, marquant le prédomi-\nnance des laboratoires.\nJe constatais déjà ce fait dans la R. U. M.,\nle .15 décembre 1926, en un article intitulé\n« La conception des laboratoires techni-\nques universitaires », article dont je me\nsuis fait un programme et dont je pour-\nsuis la réalisation. Il était d'ailleurs très gé-\nnéral : il visait tous les laboratoires tech-\nniques et je pense qu'il était l'expression\nd'une conception commune à une nouvelle\ngénération de professeurs et d'ingénieurs,\nqui voulait briser les cadres anciens de la\nscience et de l'art de l'ingénieur, trop\nrationnels par certains aspects, trop con-\nventionnels par certains autres et trop\nlimités dans de nombreuses directions par\nl'insuffisance des moyens théoriques."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.4", "texte": "L'outil mathématique, notamment, n'est le\nplus souvent qu'un moyen d'expression ou\nun auxiliaire de travail et d'étude. Il ne\npeut se passer de point de départ, de fait\ninitial : l'hypothèse. Mais celle-ci ne peut\npas seulement être commode, il faut en-\ncore qu'elle soit suffisamment exacte, en\nelle-même et dans ses déductions (I). Ce\nqui n'a pas d'importance pour le mathéma-\nticien travaillant dans l'abstrait est essen-\ntiel pour l'ingénieur, qui est à la fois le maî-\ntre et l'esclave des lois naturelles. Il ne\npeut s'écarter d'elles sans perdre sa qualité\nd'ingénieur, c'est donc une question de vie\nou de mort. Les plus excellents calculs ne\ndisculperaient pas l'ingénieur responsable\nd'un pont qui se serait écroulé.\nOn a reconnu, depuis assez longtemps, en\nmatière de constructions, que les meilleurs\nthéories étaient impuissantes et bornées.\nToutes d'ailleurs conduisent finalement à\ndes formules faisant usage de coefficients\nexpérimentaux; leur exactitude nécessaire\ndépend essentiellement de celle de ces\ncoefficients. Là où les théories étaient im-\npuissantes, on recourait parfois, ancienne-\nment, aux formules empiriques, fruits de la\nroutine et du bon sens. Ou bien on invo-\nquait « l'Art » de l'ingénieur, sorte de gé-\nnie individuel dont on entend encore par-\nfois proclamer la puissance. Loin de moi\nla pensée de nier la valeur personnelle\nd'un ingénieur. Je crois au contraire que\ncette valeur est grande, mais qu'elle est\nformée de connaissances et d'expériences,\nnon d'impressions, de sentiments, d'idées\npréconçues et parfois bizarres. En d'autres\ntermes, je pense que la valeur de l'ingé-\nnieur réside tout entière dans la maîtrise\nobjective, dans la puissance d'apprécier\nl'extérieur et d'agir sur l'ambiance, non\ndans l'épanouissement du subjectif ou du\nsubconscient. De la sorte, il y a vraisembla-\nblement une complète incompatibilité en-\ntre la mentalité de l'ingénieur et celle de\nla plupart des artistes ou esthètes de pro-\nfession. Je suis cependant d'accord avec\nM. L. Santarella quand il écrit, dans son\nouvrage précité, que le vrai ingénieur doit\navoir le sentiment de I art. Mais il ne s'agit\npas là de « l'art de l'ingénieur », mais bien\nde la conception générale, absolue et per-\nmanente de l'Art, qui est le privilège de\nbeaucoup d'hommes ayant reçu un certain\ndegré d'éducation. Cette appréciation\ndoit même s'accompagner chez l'ingénieur\nd'une capacité de réalisation. Et de fait, les\nréussites des ingénieurs dans l'art des for-\nmes dominent toute la période moderne.\nQuelles formes plus impressionnantes, plus\nneuves, plus hardies et plus inoubliables\na-t-on créées depuis quelques décades que\nla locomotive, le paquebot, l'avion, la tur-\nbine, les formes aérodynamïques, l'automo-\nbile, les grands ponts, les pylônes, les tours.\nSeulement, dans ces réalisations, le souci\nde l'art n'a guère été intentionnel, mais\ns'est trouvé satisfait par surcroît, grâce à la\nmaîtrise acquise dans l'exercice d'une pro-\nfession basée sur la connaissance et qui n'a\npas encore dégénéré.\nLe progrès des sciences techniques était\narrivé, il y a une vingtaine d'années, au\npoint mort; les moyens paraissaient épui-\nsés ou impuissants ou illusoires. On recon-\nnut alors, dans le domaine des construc-\ntions, que l'ingénieur devait être plus phy-\nsicien que mathématicien. Les précurseurs\nde ces idées étaient les Considère, les Ra-\nbut, les Mesnager, les Tetmayer, les\nBach, etc... Là où les anciennes hypothèses,\nles anciennes théories et les anciens erre-\nments échouaient, l'expérience pouvait\néclairer, sinon toujours résoudre complè-\ntement, à tous points de vues, les problè-\nmes posés. Depuis 1919, on s'est résolu-\nment engagé dans cette voie dans les fa-\ncultés lechniques des Universités belges,\naussi leur physionomie a-t-elle été radicale-\nment changée. Certes, il est assez banal\nactuellement de décrier les années écou-\nlées depuis la guerre, de censurer leur ca-\nractère de dissipation et de faiblesse. Il\nest cependant permis d'affirmer que nos\ncontemporains ont déployé une activité\nméritoire dans le domaine de la construc-\ntion.\nDe nombreux et importants congrès tech-\nniques organisés par de vivantes associa-\ntions nationales et internationales ont été\ndes manifestations significatives de ces ef-\nforts.\nJ'ai, ces derniers temps, été enclin à me\nrecueillir au sujet des pensées précéden-\ntes et à faire le bilan des résultats de la\nconception exposée au sujet des labora-\ntoires techniques universitaires en 1926, en\ntant qu'elle concerne l'application des mé-\nthodes expérimentales à la construction.\nJ'ai été impressionné par ce bilan comme\npar une révélation se dégageant de la gri-\nsaille des préoccupations particulières et\nquotidiennes.\nJ'ose croire que les éléments nouveaux ap-\nportés par la méthode expérimentale à\nl'ingénieur des constructions ne laissent\nsubsister aucune lacune dans ses moyens\n«'''action. Dès lors, ses anciennes faiblesses\nou bornes sont supprimées et rien de ce\nqui est possible, d'après les lois naturelles,\nne lui est plus inaccessible.\nEn d'autres termes, l'ingénieur des con-\nstructions est désormais, en principe, en\npossession de tous ses moyens d'action,\nperfectibles certes, mais complets. Il n'en\nétait pas ainsi il y a quelques dizaines d'an-\nnées et un tel résultat ne peut d'ailleurs\nêtre considéré comme acquis que s'il est\ngénéral. Sa généralisation est, en Belgique,\nle fait des dernières années. Notre pays\nn'est pas en retard dans ce domaine et il\ny fait des progrès appréciables. Je pense\nque c'est pour le plus grand bien de\nson industrie, de son commerce, de ses\nEcoles et de ses ingénieurs. Il est utile pro-\nbablement d'attirer l'attention du public\néclairé sur cette situation et sur ces ré-\nsultats.\nJe diviserai en quatre grandes classes les\nmoyens d'action ou ressources de la métho-\nde expérimentale appliquée aux construc-\ntions.\nI. Essais des matières premières au point\nde vue des constructions et étude ex-\npérimentale de leurs emplois;\n11. Essais et étude expérimentale des ma-\ntériaux composés et de leur mise en\noeuvre;\n111. Essais et recherches expérimentales\nsur des modèles ou des éléments de\nconstruction;\nIV. Essais, études expérimentales et ob-\nservations sur les constructions réelles.\nJe considérerai successivement ces diffé-\nrents moyens au point de vue théorique, au\npoint de vue didactique et au point de vue\npratique.\nJe forme ainsi un véritable tableau à douze\ncases que je remplirai successivement et\nqui constituera le résumé, en fin d'article,\nde la présente étude.\nI. ESSAIS DES MATIERES PREMIERES\nDES CONSTRUCTIONS ET ETUDE EXPERIMENTALE\nDE LEURS EMPLOIS.\nLes matières premières des constructions\npeuvent être des produits déjà manufac-\nturés, tels que\nles métaux,\nles ciments,\nles céramiques,\nles liants organiques : bitumes, goudrons.\nD'autres sont bruts ou naturels : sables,\ngraviers, pierres, bois, etc.\nAu point de vue théorique,\nl'essai de ces matériaux premiers intéresse\nsurtout la production ou l'exploitation de\nces matières, par l'étude théorique de\nleurs propriétés et qualités physiques,\nmécaniques et chimiques et l'étude des\néléments qui les influencent ou les détermi-\nnent (alliages, mélanges, traitements ther-\nmiques, mécaniques, chimiques, etc.).\nLes problèmes types sont :\nprédéterminer les quali-\ntés d'une matière,\nd'où :\ncomment produire une\nmatière ayant des qua-\nlités déterminées.\n\n(I) On ne peut exprimer ces opinions sans\névoquer les pages magnifiques des chapi-\ntres VIII et IX de « La Science et l'Hypo-\nthèse » d'Henri Poincaré."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.5", "texte": "Les moyens d'action sont connus; certains\nsont d'ailleurs les plus anciens dont on dis-\npose : analyse chimique, essais mécaniques\net physiques, microscopie, métallographie.\nIls se sont développés par des méthodes\nplus nouvelles : radiographie, spectrogra-\nphie, dilatométrie, etc. La pratique pose à\nchaque pas des problèmes théoriques nou-\nveaux :\ncomportement des métaux aux tempéra-\ntures diverses,\nrésistance aux actions dynamiques,\nquestions thermiques des ciments,\nles corrosions en général et leurs anti-\ndotes, etc.\nAu point de vue didactique,\nl'importance correspond à celle du point\nde vue théorique. Les essais des matériaux\nfournissent des éléments essentiels et\ndéterminants des cours de métallurgie, de\nchimie industrielle (ciments, céramiques,\nliants organiques). Pour les cours de résis-\ntance des matériaux, ils constituent un fon-\ndement capital, relatif à la constitution des\nmatières envisagées et à leur comporte-\nment mécanique. Pour les cours d'applica-\ntion des constructions, ils déterminent les\nfacteurs fondamentaux de résistance, qui\nconditionnent toutes les formes construc-\ntives et les méthodes de construction.\nAu point de vue pratique, les\nessais des matériaux sont non moins capi-\ntaux. Ils ont comme effet, par la théorie\net l'enseignement, de donner les facteurs\nde résistance, dont découlent la concep-\ntion, les formes, les dimensions et l'écono-\nmie des constructions. Ensuite, la sécurité\nexige que ces données soient effective-\nment respectées dans la construction, ce\ndont on s'assure par les essais de réception.\nDans ce domaine, déjà très évolué et au-\nquel se réduisait, il y a plus de vingt ans, à\npeu près tout l'arsenal expérimental des\nconstructions, les trois points de vue théo-\nrique, didactique et pratique sont donc\ntrès étroitement liés. C'est à eux que l'on\nest essentiellement redevable de tous les\nprogrès si marquants des matériaux de con-\nstruction réalisés pendant ce laps de\ntemps. Cependant, il s'en faut encore de\nbeaucoup que les connaissances soient par-\nfaites et que le sujet soit près d'être épui-\nsé. Les matières premières des construc-\ntions sont très complexes et, en consé-\nquence, leur étude n'est pas achevée.\nParmi les exemples d'application, que je\nprendrai dans les expériences de mon la-\nboratoire, en cherchant autant que possi-\nble à toucher tous les points de vue, je ci-\nterai :\n1° la question du dégagement de cha-\nleur dans la prise des ciments, devenue si\nimportante pour la construction des bar-\nrages-poids ( I ).\n2 la résistance des ciments aux eaux\nsulfatées.\nCette question m'a été posée en 1929\npour la première fondation des bâtiments\nde l'Université de Liège au Val Benoît. Les\neaux du sous-sol (fig. 85) sont assez riches\nen sulfates, provenant d'anciens terrils d'un\ncharbonnage voisin et aussi de l'existence\nd'une sorte de marécage.\nDes essais ont été entrepris, au iaboratoire\nde chimie industrielle (Prof. G. Batta) et\ndans le mien. Certains processus de corro-\nsion ont été analysés et expliqués chimi-\nquement (études du Prof. Batta), des ci-\nments divers ont été comparés, des essais\nont été faits sur l'action d'additions de\nmatières tines, dont certaines actives\n(trass, laitier granulé), des essais de com-\npacité, de perméabilité et de filtration ont\nété faits.\nDes résultats théoriques ont été obtenus,\nils ne sont pas encore complets (2).\nCes résultats ont été aussitôt incorporés\ndans l'enseignement de la chimie indus-\ntrielle (explication des corrosions des ci-\nments, exercices pratiques sur ces ques-\ntions) et des constructions du Génie Civil\n(compositions appropriées des bétons, im-\nportance des phénomènes de filtration\ndans les corrosions des produits de ciment,\nutilités de la compacité et de l'imperméa-\nbilité des maçonneries et bétons, impor-\ntance des chapes de protection et des\ndrainages, etc.).\nAu point de vue pratique, les applications\nont été les suivantes :\na) les bétons des fondations des bâtiments\nuniversitaires du Val Benoit ont reçu une\ncomposition appropriée et éprouvée (3);\nb) les principes ci-dessus énoncés ont été\nappliqués à plusieurs galeries d'égoûts\ndes travaux de démergement des com-\nmunes riveraines de la Meuse en amont\nde Liège;\nc) divers silos à charbon, déjà attaqués, ont\nété réparés et protégés selon ces con-\nceptions. D'autres, projetés ou en cours\nd'exécution, sont construits d'une ma-\nnière spéciale d'après ces principes et\nen vue d éviter les corrosions par les\neaux sulfureuses;\nd) les essais et les publications y relatives\nouvrent la voie à l'emploi et au progrès\nde ciments nouveaux ayant des pro-\npriétés spéciales de résistance à certai-\nnes corrosions.\nJe tiens à taire remarquer que ces essais\ninterfèrent d'ailleurs avec ceux de la caté-\ngorie suivante, comme il ressort de certai-\nnes des observations précédentes.\n3 Je citerai aussi l'importance de per-\nfectionner l'étude et les essais de certains\nmatériaux assez négligés tels que les gra-\nviers et les sables. Etant donnés les progrès\nréalisés dans les ciments et la manière dont\non les connaît et les garantit, le facteur\nd'indécision et de risque des bétons et\nmortiers est devenu le sable ou le gravier.\nJe connais d'expérience personnelle de\nnombreux cas flagrants. Ceci m'a engagé\nà entreprendre dans mon laboratoire une\nétude assez systématique des qualités in-\ntrinsèques de ces produits.\nII. ESSAIS ET ETUDE EXPERIMENTALE\nDES MATERIAUX COMPOSES ET DE\nLEUR MISE EN ŒUVRE.\nComme tels, nous considérons :\nles mortiers et bétons;\nles maçonneries diverses;\nles conglomérats routiers à liants orga-\nniques;\nles soudures;\nles peintures, etc.\n\n(1) Livre du Congrès International d'essais\ndes malériaux. Zurich, 1932,\n(2) Bulletin de la Société belge des Ingé-\nnieurs et des Industriels, juin 1931.\n(3) Livre du Congrès international d'essais\ndes matériaux, Zurich 1932.\n\nFig. 85. Fouille inondée de fondation\nde l'lnstitut de Chimie et de Métallurgie\nau Val Benoit.\nDans le fond charbonnage et terril.\nImportance des précautions a prendre\npour protéger les fondations contre I'action\néventuelle d'eaux agressives, en raison\nde I'abondance de ces eaux."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.6", "texte": "On pourrait être tenté de joindre cette\ncatégorie à la précédente. Ce serait une\nerreur à mon sens, parce que les essais de\ncette catégorie impliquent qu'aient d'abord\nété effectués sur les constituants séparés\nles essais de la première catégorie. Dès\nlors, l'ordre des essais de la deuxième ca-\ntégorie est assez différent de celui des\nessais de la première; des éléments nou-\nveaux d'appréciation s'y introduisent : pro-\nportions, traitements, manipulations diver-\nses. Cette catégorie d'essais et d'études\nest d'ailleurs plus nouvelle que la précé-\ndente; elle a, dans certains domaines, tel\ncelui des bétons, fait des progrès considé-\nrables au cours des dernières années.\nAu point de vue théorique,\non peut affirmer en général que l'on est\nassez peu avancé et que la théorie joue\njusqu'à présent un assez faible rôle. Les\nétudes des dernières années sur la compo-\nsition des bétons n'ont pas permis d'édifier\nce que l'on pourrait appeler une théorie.\nLes plus récentes publications de M. Freys-\nsinet ouvrent la voie à une théorie, mais\nelle n'est pas encore établie. On peut dire\nla même chose de la soudure, des conglo-\nmérats routiers, etc.\nAu point de vue didactique,\nles progrès récents de l'étude des bétons\net les résultats des premières études des\nsoudures ont été importants pour les cours\nd'application des constructions, par la\ndétermination des facteurs fondamentaux\nmécaniques et physiques, même chimiques\n(corrosions des produits composés, tels les\nbétons).\nAu point de vue pratique, les\nessais de la seconde catégorie ont été par-\nticulièrement efficaces, que ce soit pour\nles bétons, dont la connaissance pratique\net les qualités réelles ont fait des progrès\nimportants au cours des quelques dernières\nannées, que ce soit pour les soudures, dont\nles essais ont été indispensables pour le\ndébut et l'extension des assemblages sou-\ndés. Pour ce deux objets, les essais fournis-\nsent les facteurs de résistance déterminant\ntoutes les dimensions et l'économie des\nouvrages et garantissent, d'autre part, la\nsécurité par les épreuves de contrôle.\nEn ce qui concerne les conglomérats rou-\ntiers, les bétons de ciment ont bénéficié\ndes études faites à propos des bétons en\ngénéral. Les conglomérats asphaltiques ont\nété assez étudiés à l'étranger et sont arri-\nvés à une technique très perfectionnée et\nadéquate, comparable en tous points à\ncelle du béton.\nLes conglomérats goudronnés, si intéres-\nsants au point de vue de notre industrie\nnationale, ne sont pas arrivés à ce point;\nà mon avis, la cause en est précisément le\nmanque d'essais. J'enseigne depuis 1926 la\nnécessité de perfectionner le tarmacadam\n\nFig. 87.\nBéton de parement blanc.\n\nFig. 86. Appareil d'essai de la perméabilité des bétons à I'eau.\n\nFig. 89. Contrôle d'un cordon de soudure à I'atelier."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.7", "texte": "Fig. 88. Colonnade en béton blanc de la\nfaçade Sud de l'lnstitut du Génie Civil au\nVal Benoit (avant sablage).\n\nFig. 90. Soudure de montage en hiver.\n\ndans le sens des bétons. Des essais de tar-\nmacadam, commencés dans mon labora-\ntoire au début de 1930 et non poursuivis\nalors, viennent d'y être repris avec des ré-\nsultats déjà très encourageants, qui seront\npubliés en temps opportun. On peut espé-\nrer que de sensibles progrès pourront être\nréalisés.\nCeci constitue à la fois un exemple de la\nnécessité et de l'efficacité pratique des l\nessais. Le but aussi en ressort clairement :\ndéfinir les qualités les meilleures des maté-\nriaux composés et les garantir.\nComme exemples d'applications effec-\ntuées, je citerai :\n1° Les essais effectués à mon laboratoire\npour la composition des bétons des\ninstituts universitaires du Val Benoit, qui\nont montré l'importance du gravier et\nsurtout du sable. La nécessité d'une\ncomposition assez précise étant établie,\non a constaté l'élément perturbateur\nimportant que constitue le dosage en\nvolume du sable et dans une beaucoup\nmoindre mesure, du gravier. Le poids\nspécifique du sable varie considérable-\nment d'après le degré d'humidité. Ceci\nnous a conduits progressivement à doser\nles bétons en poids. Cet exemple a été\nsuivi délibérément sur d'autres chan-\ntiers, où l'Université n exerce aucune\nautorité.\n2\" Dans le même domaine, les essais sur la\ncomposition des bétons de fondation\ndevant résister aux eaux sulfatées;\n3' Les essais de perméabilité des bétons,\nimportants pour la conservation de\nbeaucoup d'ouvrage (I) (fig. 86);\n4 Les études en vue de la composition de\nbétons de parement de haute qualité,\nayant conduit à la technique des bétons\nquartzeux blancs employés pour l'lnsti-\ntut du Génie Civil au Val Benoit (fig. 87\net 88);\n5 Au point de vue de la soudure, l'étude\ndes essais de réception des électrodes,\ndes essais d'agréation des soudeurs et\ndu contrôle des soudures, effectuée au\nsujet de la charpente métallique conti-\nnue, entièrement soudée et en acier\nspécial, construite d'après nos plans par\nla S. A. d'Ougrée-Marîhaye pour l'ln-\nstitut du Génie Civil au Val Benoit à\nLiège, première construction réunissant\ntoutes ces caractéristiques (fig. 89, 90\net 91).\nLes essais des deux premières catégories\ndonnent à l'ingénieur tous les renseigne-\nments qui lui sont nécessaires pour la con-\nnaissance, l'usage, la mise en oeuvre et le\ncontrôle des matériaux quelconques, sim-\nples ou composés. Il ne pourrait obtenir ces\nrenseignements, qui lui sont indispensa-\nbles, par d'autres moyens que ces essais.\nLeur nécessité est donc aussi indiscutable\nque leur efficacité. L'Association belge\npour l'essai, l'étude et l'emploi des maté-\nriaux a certes beaucoup contribué, par la\ndiffusion des travaux et l'émulation entre\nles Ecoles, au progrès de ces questions en\nBelgique.\nIII. ESSAIS ET RECHERCHES EXPERIMENTALES\nSUR DES MODELES OU DES\nELEMENTS DE CONSTRUCTION.\nPoint de vue théorique.\nPourvu des renseignements que lui procu-\nrent les essais des catégories I et 11, l'ingé-\nnieur doit concevoir, c'est-à-dire calculer et\ndessiner, ses ouvrages. Il dispose principa-\nlement, à cet effet, des théories de la résis-\ntance des matériaux et de la stabilité des\nconstructions, c'est-à-dire de la mécanique\nappliquée. Constatons tout d'abord que\nces théories ont indiscutablement un fonde-\nment expérimental; elles appartiennent à\nla mécanique, c'est-à-dire plus générale-\nment à la physique (I ).\nEn effet, les hypothèses fondamentales de\nces théories résultent d'expériences élé-\nmentaires : proportionnalité des déforma-\ntions aux tensions : loi de Hcoke, conserva-\ntion des sections planes : hypothèse de\nNavier, hypothèse des déformations sous\ncharge invariable : loi de plasticité. Ces\nhypothèses sont ou bien simplifiées, ou\nbien de validité limitée, ou même simple-\nment approximatives. Malqré cela, elles\nconduisent parfois, telle l'hypothèse de\nl'élasticité, à des équations complexes, dont\nla résolution est fréquemment difficile sinon\nimpossible. La nécessité du progrès tech-\nnique a rendu de plus en plus utiles des\ngaranties plus grandes d'exactitude que\ncelles données par les théories usuelles ou\nsimplifiées et la résolution sûre des cas ou\ndes théories connues n'aboutissaient pas.\n\n(I) Livre du Congrès international d'essais\ndes matériaux, Zurich 1932.\n(I) Voir les magistrales conclusions géné-\nrales de la troisième partie de « La\nScience et l'Hypothèse » d'Henri Poincaré.\n\nFig. 91. Contrôle d'un cordon de soudure\nau chantier."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.8", "texte": "On a demandé ces résultats à l'expérience\ndirecte. Je pense qu'au premier abord cer-\ntains ingénieurs ont été tentés d'y voir un\nretour à l'empirisme, tant l'habitude était\nprise de confondre théorie et mathémati-\nques. On avait perdu de vue que le fon-\ndement des théories était l'expérience,\ndont une trop longue habitude du calcul\navait détourné l'esprit. On comprend au-\njourd'hui que ce retour à l'expérience, qui\nlaisse au calcul la place qui lui revient, est\nun grand progrès.\nLe calcul conserve d'ailleurs une situation\nprivilégiée au point de vue du nombre de\nses adeptes; il est à la portée de tous. La\nméthode expérimentale est seulement à la\nportée des organismes équipés en consé-\nquence. Cela suffît d'ailleurs et il faudrait\ncraindre la trop grande dispersion des\nservices expérimentaux, pour les raisons qui\nseront indiquées plus loin. Que toutes les\nuniversités en possèdent, rien de plus natu-\nrel et de plus légitime.\nLes essais deviennent donc les moyens les\nplus sûrs et les plus puissants d'investiqa-\ntion théorique et les meilleurs auxiliaires de\nla théorie. Il aident à la résolution des pro-\nblèmes mathématiques difficiles ou y sup-\npléent.\nIls peuvent opérer sur des éléments de\nconstruction en vraie grandeur ou réduits,\nou sur des réductions de constructions en-\ntières ou de fragments importants. J'estime\nqu'on peut réunir ces diverses modalités\nsous le nom générique d'essais sur mo-\ndèles.\nLes moyens dont on dispose sont variés :\nLes méthodes élasticimétrîques sur modè-\nles en matières diverses : aciers, cellu-\nloïd, carton, etc.;\nLes méthodes photo-élastiques, sur mo-\ndèles transparents en verre, celluloïd,\nphénolite, etc.;\nLes méthodes basées sur le principe de\nréciprocité de Maxwell, agissant par dé-\nformation de lames élastiques, éventuel-\nlement assemblées, ou de modèles en\ncelluloïd, carton, etc.: les déformations\nextérieures étant relevées graphique-\nment ou par des microscopes micromé-\ntriques ( înfluentîoaraphe Colonnettî,\ncontinostat, déformètre de M. Beqos.\nmicro-influentiomètre de M. MagneL\netc.)\nCes méthodes ont permis jusqu'à présent,\nla vérification très satisfaisante d'un nrand\nnombre de résultats théoriques, ce qui e*t\nd'une utilité incontestable. Elles ont rendu\npossible éqalement la solution d'un certain\nnombre de cas non résolus autrement, en\nnénéral des cas très particuliers.\nOn doit à la vérité de dire que la confron-\ntation de la théorie mathématique et de\nl'expérience a été très souvent à l'honneur\nde la théorie, ce qui prouve le bon usage\nqu'en avaient fait les théoriciens mathé-\nmaticiens. Seulement, leurs analyses, sou-\nvent très pénibles et fastidieuses, n avaient\ntrait cependant qu'à des cas simples, théo-\nriques. La pratique impose souvent des\nformes trop complexes pour le calcul. Il\nest cependant très heureux que le chan-\ngement de méthode ait maintenu I unité\nde doctrine. Ainsi, il n'y a pas eu de révi-\nsion ou de séparation, mais au contraire\nconsolidation et avancement.\nCela permet aussi de mettre chaque chose\nà sa vraie place. J'ai indiqué déjà le qros\navantage de l'étude mathématique : I ab-\nsence d'impedimenta. C'est le côté rna-\nriel qui limite le recours à l'expérience. Le\ncalcul est donc assuré de rester le moyen\nle plus courant d'expression, sinon de re-\ncherche et d'étude. On n'imagine guere\nd étude approfondie sans son concours.\nCela est très bien et ne contredît nulle-\nment la nécessité de l'expérience, limitée\naux besoins réels et aux cas où elle est\nutile ou indispensable\nAu point de vue didactique,\nles essais sur modèles ont une très grande\nsignification intuitive, éducative et con-\nvaincante. La vérification expérimentale\nd'une formule établie par voie mathéma-\ntique est un critérium édifiant de l'exac-\ntitude du processus mental qui a conduit\ndes hypothèses expérimentales de base au\nrésultat (I). Un professeur attachera à un\ntel résultat pédagogique une valeur consi-\ndérable. Il y a eu une génération d'étu-\ndiants ingénieurs sceptiques, celle qui a\nprécédé la guerre et qui sentait confusé-\nment l'insuffisance de la seule théorie ma-\nthématique : elle doutait de ses enseigne-\nments faute d'éléments expérimentaux suf-\nfisants. Les essais se prêtent, par la projec-\ntion fixe ou animée, à la démonstration\nsensible; même parfois à des expériences\ndirectes de démonstration. Ils permettent\naussi d'y initier des catégories spécialisées\nd'élèves. A mon avis, il est peut-être pré-\nférable de n'y initier que des jeunes cher-\ncheurs.\nAu point de vue pratique, les\nessais sur modèles ont reçu déjà de nom-\nbreuses applications sous toutes leurs for-\nmes. Ils deviennent des moyens ou des\nauxiliaires précieux pour le calcul et le des-\nsin d'éléments d'ouvrages ou d'ouvrages\nentiers, lorsque ceux-ci présentent des\nnouveautés audacieuses, ou des formes\ncomplexes. Ils peuvent parfois remplacer\npartiellement ou totalement les calculs.\nSeulement, une question très importante se\npose ici, qui a moins d'importance au point\nde vue théorique et didactique, celle de la\nvalidité du report des résultats du modèle\nsur la construction réelle, qui dépend des\nconditions dites de similitude a réaliser a\ncet effet, c'est-à-dire des rapports ou\néchelles des différents éléments interve-\nnant dans l'essai sur modèle et dans la\nréalité.\nJe n'entrerai pas ici dans le détail des\nquestions de similitude, une conférence\nentière au moins y serait nécessaire. Je\nrenvoie à l'article de mon colleque A.\nSchlag (I) sur la similitude mécanique en\ngénéral et aux ouvrages très fouillés de\nmon collaborateur R. Spronck sur la simi-\nlitude hydraulique (2). Au point de vue pra-\ntique, il est peut-être plus essentiel de bien\napprécier les causes perturbatrices de la\nsimilitude et leurs effets que les lois, somme\ntoute assez simples, de la similitude.\nJe me borne à noter que, pour les modèles\nde constructions, il faut apprécier pleine-\nment :\nles caractères propres de matériaux sou-\nvent différents du modèle et de l'objet\nréel (par exemple, celluloïd et béton);\nles perturbations provoquées par des\nagents naturels (température, humidité),\ndont les actions ne sont pas à des échel-\nles déterminées dans le modèle et dans\nla réalité;\nle fait que les réqîmes auxquels sont sou-\nmis le modèle et l'objet réel peuvent dif-\nférer profondément, par exemple si les\nlimites élastiques ne sont pas simultané-\nment atteintes mais seulement dans un\ndes phénomènes (modèle ou objet réel).\nDes précautions toutes particulières s'im-\nposent donc pour des essais de rup+ure\net des essais de fatigue sur modèles.\nIl y a même des causes perturbatrices plus\ngrossières encore, celles qui proviennent\ntout simplement de la difficulté, voire de\nl'impossibilité matérielle de réaliser un mo-\ndèle en similitude géométrique dans tous\nses détails (essai sur modèle de nœud du\npont de Lanaye (3).\nD'expérience personnelle, je tiens en mé-\ndiocre estime les essais sur modèles de cel-\nluloïd, dont l'avantage essentiel de commo-\ndité me paraît fâcheusement compensé par\nla grande susceptibilité thermique et hy-\nnrométrique de cette substance. J'éprouve\nde même quelque réserve à l'éaard des\nméthodes qui emploient des modèles plans\nposés horizontalement à plat, mesurant des\ntensions sur une face seulement, car l'ha-\nbitude des mesures de tensions sur deux\nfaces opposées de modèles plans m'a aé-\nnéralement montré qu'il se produit des\nflexions qui peuvent diminuer beaucoup\nl'approximation des résultats, parfois mê-\nme les troubler profondément. Bref, il peut\n\n(I) Voir encore les références citées d'Hen-\nri Poîncaré.\n(1) Revue technique luxembourgeoise, jan-\nvier-février 1933.\n(2) Mémoires de la Société Royale des\nSciences de Liège, 1933.\n(3) Revue Universelle des Mines, 1933."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.9", "texte": "Fig. 92.\nEssai du modèle du noeud soudé et rivé du pont de Lanaye.\n\nFig. 93.\nA droite : Essai du modèle plan de noeud de charpente.\n\nexister, dans certaines méthodes, des incer-\ntitudes très appréciables. Il faut un esprit\ncritique et une prudence éclairée dans\nl'application des résultats, surtout s'ils\nvisent à diminuer la sécurité. Il sera tou-\njours utile de pouvoir les comparer à des\nessais sur constructions réelles.\nJe ne pourrais négliger, étant donné la\nconnexité des points de vue, de citer les\nessais hydrauliques sur modèles de con-\nstructions fluviales ou maritimes et les\nessais aérodynamiques sur modèles de con-\nstructions (effets du vent). Je dirai seule-\nment que les mêmes réserves sont à faire\nau sujet de la validité des reports et des\nlois de similitude et que dans ces essais,\nencore davantage, l'exacte appréciation\ndes perturbations de la similitude l'em-\nporte sur la connaissance de ses lois. Je\nrenverrai encore sur ce point aux ouvrages\ncités de M. R. Spronck.\nCela est vrai particulièrement de l'effet du\nvent et, sans du tout vouloir contester en\nprincipe toute validité aux essais sur mo-\ndèles en tunnels aérodynamiques, je crois\ncependant devoir faire observer :\n1) que les causes perturbatrices me pa-\nraissent plus grandes dans les essais\naérodynamiques que dans les essais\nsur modèles d'autres natures, quand il\ns'agit de modèles non théoriques, mais\nd'objets pratiques s'entend;\n2) que le régime exact du vent échappant\nà toute reconstitution à une certaine\néchelle, les conditions d'essais dans les\ntunnels sont à prîori sans rapport pos-\nsible avec ce régime et que l'on en\nignore les conséquences. Le vent réel\nest en général variable; le plus dange-\nreux est formé de bourrasques ou de\ncyclones, qui n'ont guère d'éléments\nconstants. Le vent du tunnel est un vent\nà régime régulier, à vitesse et à direc-\ntion constantes. J'ai l'impression que les\nécarts entre la réalité et le modèle peu-\nvent être considérables de ce fait. Le\nvent réel est souvent tourbillonnant en\ndehors de tout voisinage d'obstacle;\n3) que le scepticisme s'imposera à l'égard\ndes résultats des essais sur modèles tant\nque l'on n'aura pas suffisamment de\npoints de comparaison avec des résul-\ntats d'observations d'effets de vents\nréels sur constructions réelles. Je croîs\nnotamment qu'il serait dangereux de\ndiminuer les conditions de sécurité en\nse basant uniquement sur des essais de\nmodèles.\nLes observations des effets de vents réels\nsur constructions réelles ne pouvant se faire\nqu'en des points isolés et sur des éléments\nadaptés à la construction sont, à mon sens,\nintermédiaires entre la catégorie des essais\nsur éléments de constructions ou modèles\net celle des essais sur constructions réelles.\nPlus exactement, comme entre les catégo-\nries I et 11, il peut y avoir interférence\nentre les catégories 111 et IV. L'étude des\neffets du vent fait en Belgique l'objet des\ntravaux d'une commission présidée par le\nProfesseur L. Baes.\nComme exemples d'application, je citerai :\n1) l'essai sur modèle du nœud du pont\nsoudé et rivé de Lanaye, justifié par la\nnouveauté de cette technique (I) (fig.\n92);\n2) les essais sur modèles plans de noeuds\nde charpente en vue de la construction\ndes charpentes métalliques continues\ndes instituts universitaires du Val-Benoit\nà Liège (I ) (fig. 93);\n3) un essai sur modèle de celluloïd d'une\npoutre en béton armé, de 20 mètres de\nportée et de 5 mètres de hauteur, per-\ncée d'une baie en son milieu et char-\ngée de 25.300 kilos par mètre courant,\npour l'lnstitut du Génie Civil en con-\nstruction au Val-Benoit à Liège. Cette\npoutre est relativement mince (épais-\nseur de l'âme : 0,30 m.).\nLa théorie usuelle m'avais permis d'éta-\nblir les lignes d'influence des tensions\nnormales maxima dans les brides. Mais\nles tensions au voisinage de la baie et\nles tensions principales dans la paroi au\nvoisinage des naissances sont pratique-\nment inconnues et l'on n'a guère de\nguide pour la disposition des armatures\ndans ces régions.\nUn modèle en celluloïd à l'échelle de\nI /20 a été construit et assez lourde-\n\n(I) Revue Universelle des Mines, 1933."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.10", "texte": "Fig. 94. Essai sur modèle réduit d'une\npoutre en béton armé de 20 m. de portée\nà évidement central.\nLe rectangle noir dans le haut de la fig.\nest le modèle en celluloïd à l'échelle de\n5 %. Le rectangle gris qu'on aperçoit\ndans I'axe correspond à la baie centrale.\n(Voir fig. 95 et 96.)\n\nFig. 96. Vue de la poutre en béton armé\naprès décoffrage.\n\nment chargé (fig. 94). Les tensions y ont\nété relevées au moyen d'extensomètres\nHuggenberger. Malgré de réelles diffi-\ncultés rencontrées dans le travail par\nsuite de la susceptibilité thermique et\nhygrométrique du celluloïd, la patience\net la ténacité de mon assistant M. Se-\nlezneff ont permis d'obtenir à temps des\ndonnées suffisantes pour corriger et\ndessiner définitivement l'armature de la\npoutre, actuellement construite (fig. 95\net 96). Les perturbations par rapport à\nla théorie de la résistance des matériaux\nont été considérables au voisinage de\nla baie et ont donné lieu à des accrois-\nsements de tensions.\nIV. ESSAIS, ETUDES EXPERIMENTALES\nET OBSERVATIONS SUR LES CONSTRUCTIONS\nREELLES.\nDes essais élémentaires sur les ouvrages\nréels ont déjà été faits assez anciennement,\nnotamment par Rabut. Le perfectionne-\nment et la création récente de nombreux\nappareils de mesure : extensomètres, cli-\nnomètres, fleximètres, télémètres, défor-\nmètres, etc. ont permis le développement\nde ces essais et ont rendu possible des\nexpériences à but scientifique sur ouvrages\nréels.\nAu point de vue théorique,\nils ont une portée capitale si l'on admet\nque pour les ingénieurs, la théorie est faite\npour l'application, non pour une raison in-\ntrinsèque. L'épreuve des hypothèses de\nbase et des méthodes édifiées sur ces hy-\npothèses, par confrontation du calcul et de\nl'expérience, est évidemment cruciale (I).\nAu point de vue didacti-\nque, il en est naturellement de même.\nJ'ai fait déjà allusion au scepticisme pos-\nsible des étudiants ingénieurs. Je viens\nd'indiquer que les essais sur modèles ne\nsont pas exempts de reproche au point de\nvue pratique : il n'est pas mauvais que les\njeunes esprits soient enclins à s'exagérer\nl'importance des causes d'erreur. Mais\nla vérification expérimentale suffisante sur\nouvrages réels constitue la garantie totale,\nqui impose la confiance.\nQuel sentiment de sécurité aussi d'ailleurs\npour le professeur, s'il peut justifier son\nenseignement par ses propres expériences\nou celles d'autres expérimentateurs dignes\nde foi. J' insiste sur cette dernière qualifi-\ncation. Car expérimenter n est pas simple-\nment enregistrer des faits (I), une pareille\ndéfinition de l'expérience peut conduire à\nplus d'erreurs que de vérités. Des résultats\net interprétations d'expériences peuvent\nêtre fausses par insuffisance d'esprit criti-\nque et, quoique j'estime la chose peu pro-\n\nFig. 95. Armature de la poutre en béton armé de 20 mètres de portée, à évidement\ncentral.\n\n(I) Voir Henri Poincaré, « La Science et\nl'Hypothèse », chap. IX,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.11", "texte": "bable et exceptionnelle, par manque de\nscrupule. On conçoit qu'un homme ayant\nconsacré beaucoup d'efforts à certains\nessais et n'en tirant pas un résultat satis-\nfaisant puisse, sous l'influence de certains\nmobiles psychologiques, donner des ac-\ncrocs plus ou moins importants à la vérité,\nafin de recueillir certaines satisfactions de\nses essais. Je n'envisage ceci, je le répète,\nque comme une hypothèse, mais elle est\nutile pour certaines observations ulté-\nrieures. Il faut indubitablement que les\ncomptes-rendus d'essais soient scrupuleuse-\nsement établis.\nAu point de vue pratique, les\nessais sur constructions réelles présentent\nle même intérêt. Abstraction faite de leur\nsignification usuelle en tant qu'épreuves de\nréception, des expériences plus étendues\napportent aux ingénieurs praticiens la mê-\nme confiance dans leurs connaissances et\nleurs moyens d'action qu'aux théoriciens\ndans leurs théories et qu'aux étudiants dans\nleurs enseignements. Elles leur permettent\nde se représenter véritablement le fonc-\ntionnement intime de leurs ouvrages. Elles\npeuvent préluder aux techniques nouvelles\n(charpentes métalliques continues, ponts\nsoudés, aciers spéciaux); par là, elles con-\ntribuent aux progrès de la science des\nconstructions et au prestige de la profes-\nsion d'ingénieur.\nA titre d'exemples d'application, je cite-\nrai :\n1) Les essais du pont soudé et rivé de\nLanaye, à rapprocher des essais sur mo-\ndèles de nœud (premier pont soudé en\nBelgique) (I) (fig. 97 et 98);\n2) Les essais de la charpente métallique\nrivée et enrobée de l'lnstitut de Chi-\nmie et de Métallurgie au Val-Benoit à\nLiège (2) (fig. 99 et 100, page 94);\n3) Les essais de la charpente métallique\nentièrement soudée, en acier spécial,\nde l'lnstitut du Génie Civil au Val-\nBenoit à Liège, en particulier les essais\nsur les nœuds de types divers, en vraie\ngrandeur, de cette construction (encore\ninédits) (fig. 101, 102, 103 et 104, p. 95);\n4) Les essais de l'ossature métallique sou-\ndée d'une voiture motrice des Tramways\nUnifiés de Liège (I) (fig. 105, page 95).\nIl est permis de croire que l'ensemble des\nessais effectués sur modèles de nœuds et\nsur des nœuds réels a vraiment donné une\nmeilleure connaissance du fonctionnement\ndes nœuds des poutres Vierendeel et des\n\n(1) Annales des Travaux Publics de Belgi-\nque, décembre 1933.\n(2) Revue Universelle des Mines, 1933.\n(3) L'lndustrie des Voies Ferrées et des\nTransports Automobiles, avril 1933.\n\nFig. 97 et 98. Pont de Lanaye soudé à l'atelier, rivé au montage."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.12", "texte": "charpentes continues; elle a eu comme\nrésultats pratiques des progrès dans la con-\nstruction et dans les dimensions de ces\nnoeuds.\nQu'il me soit permis de signaler l'applica-\ntion de toutes les ressources des quatre\ncatégories d'essais à un même travail, la\nconstruction des instituts universitaires du\nVal-Benoît à Liège, dans des conditions qui\nont permis l'appréciation simultanée des\ntrois points de vue théorique, didactique\net pratique. Elle a été la principale sug-\ngestion de l'objet de ma conférence, syn-\nthèse déjà vécue et qui continue à se\ndérouler.\nLa raison d'être des essais relatifs aux con-\nstructions, à quelque point de vue que l'on\nse place, est presque toujours la recherche\nde garanties contre la dégradation et la\ndestruction partielle ou totale des ouvra-\nges. Les expériences destructives possè-\ndent, pour cette raison, une signification\nparticulière. Cependant, elles ne sont pas\ntoujours les plus intéressantes et leurs résul-\ntats sont parfois de portée limitée. Beau-\ncoup d'études expérimentales n'impliquent\npas la rupture. Souvent, ce sont celles qui\ndonnent lieu aux mesures les plus nombreu-\nses, les plus délicates et les plus précises\net leur portée peut être générale.\nPratiquement, les essais des deux premières\ncatégories, relatifs aux matériaux, procè-\ndent très souvent jusqu'à la rupture. Par\ncontre, ce n'est qu'à la faveur de circons-\ntances exceptionnelles que l'on peut effec-\ntuer des expériences destructives systéma-\ntiquement organisées sur des ouvrages\nréels. On en connaît peu d'exemples et les\nrésultats ont généralement été décevants.\nCela tient à la très réelle difficulté de ces\nessais, que seuls les initiés peuvent pleine-\nment apprécier. Il est assez facile, au con-\ntraire, d'effectuer des essais de rupture\nsur des éléments de construction et sur des\nmodèles à échelle réduite. Seulement, en\nce qui concerne ces derniers, une difficulté\nrésulte de l'incertitude des lois de simili-\ntude en régime non élastique, nolamment\ndonc dans l'état de rupture. En résumé, si\nle phénomène de rupture est le plus sou-\nvent intéressant, il n'est cependant pas\ntoujours nécessaire pour rendre une expé-\nrience profitable.\nPour terminer, j'examinerai quelle est l'in-\nfluence probable de ce changement d'es-\nprit sur l'avenir de l'ingénieur des construc-\ntions. Je l'envisagerai encore au triple\npoint de vue théorique, didactique et pra-\ntique.\nAu point de vue théorique, on pourrait\ncroire que c'est le déclin de la théorie,\nnotamment dans son expression mathéma-\ntique. Je considère que c'est tout à fait\nl'inverse qui est probable. L'interprétation\nexacte des expériences exigera des ingé-\nnieurs, à l'avenir, une formati on mathéma-\ntique plus étendue que par le passé. La\nnotion des trajectoires de tensions, com-\nme celle des lignes de courant et des\nlignes équîpotentielles, appelle des exten-\nsions de connaissance dans le domaine de\nla théorie des fonctions et des fonctions\nspéciales. Une étude plus approfondie de\nla mécanique rationnelle et appliquée s'im-\npose. Certains expérimentateurs auxquels\nmanque cette base ou sa perception\ns'aventurent parfois dans des explications\nerronées. Le support physique de la théo-\nrie en rendra d'ailleurs l'assimilation plus\naisée et conduira à élaguer de l'enseigne-\nment mathématique des ingénieurs ce qui\nne pourrait leur convenir, même pour leur\nformation générale, qui est aussi vaste\nque celle des diplômés des autres facultés.\nCar l'éducation générale provient d'une\nsomme coordonnée de connaissances, et\nune fraction de ces connaissances ne peut\navoir plus de valeur éducative que tout le\nreste. Donc, on peut prévoir une élévation\ndu niveau théorique de l'ingénieur. Ce\nhaut niveau théorique doit s'accompagner\nd'un très haut niveau moral. Car la mé-\nthode expérimentale confère plus de res-\nponsobilité personnelle que l'étude mathé-\nmatique.qui est plus facilement contrôlable\npar les tiers. Correction scrupuleuse, criti-\nque, impitoyable, modestie consciente, ni\nfacilité ni complaisance ni négligence, telle\nest la règle morale des expérimentateurs.\nSon habitude ne peut que renforcer la\nvaleur d une élite.\nAu point de vue didactique, la mé-\nthode expérimentale correspondant à l'élé-\nvation théorique, élève nécessairement le\nniveau de l'enseignement universitaire des\nsciences techniques. Elle contribue déjà et\ncontribuera plus encore au prestige néces-\nsaire de cet enseignement, accessible seu-\nlement aux bien-doués. Elle constituera sa\nvraie sauvegarde contre l'avilissement, bien\nloin de contribuer à l'avilir. Car l'avilisse-\nment ne pourrait résulter que de l'impuis-\nsance à remplir sa mission et à progresser.\nOr, nous avons vu comment la méthode\nexpérimentale augmente la puissance de\nI enseignement. Les méthodes expérimen-\ntales seront moins accessibles aux enseigne-\nments n ayant pas le niveau universitaire,\nque des théories vulgarisées souvent incon-\nsidérément par l'imprimerie, car elles de-\nmandent trop de moyens, trop de soins,\ntrop de science, trop de temps. La mé-\nthode expérimentale demande un état\nd esprit et une atmosphère que crée seule\nl'Université et qu'augmente encore le\n\nFig. 99. Aspect de la charpente métallique\nrivée de I'Institut de Chimie et de\nMétallurgie du Val-Benoît.\n\nFig. 100. Chantier d'essai de la charpente métallique rivée de\nI'lnstitut de Chimie et de Métallurgie du Val-Benoît."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.13", "texte": "coude à coude des diverses facultés. Elle\ndemande une préparation et une habileté\nspéciales, que possèdent ses adeptes par\nprofession. C'est pourquoi je considère\nqu'il serait déplorable de disperser les cen-\ntres de recherches expérimentales et scien-\ntifiques : les universités sont naturellement\ndésignées à cet effet et y suffiront tou-\njours. Leur nombre, déjà considérable en\nBelgique, doit garder contre un plus grand\néparpillement et garantit une émulation\net un contrôle sérieux.\nDonc, l'enseignement supérieur des scien-\nces de la construction ne pourra que ga-\ngner, par la métode expérimentale, en por-\ntée, en rayonnement et en permanence.\nAu point de vue pratique\nenfin, le même résultat de progrès est\navéré. Il est hors de doute que le progrès\nde la construction en béton armé et le dé-\nveloppement de la construction métallique\nsoudée sont, en Belgique, l'œuvre récente\ndes universités et des ingénieurs issus de\nces universités, adeptes de la méthode ex-\npérimentale. D'autres questions nouvelles\nsont en voie de préparation ou à l'étude\ndans le même esprit, dans un but éminem-\nment pratique.\nJe citerai :\nl'expérimentation sur modèles pour le\nprogrès des ouvrages hydrauliques,\nl'étude des effets du vent,\nen me bornant à ce qui intéresse le plus\nles constructions civiles. Il s'aqit unique-\nment dans tout cela, réalisé ou à venir, de\nquestions pratiques, traitées par des ingé-\nnieurs. On voit donc que la méthode expé-\nrimentale place les ingénieurs aussi près\ndes réalités industrielles qu'il est possible\nde l'être. Bien mieux, elle les place en tête\nde ces réalités industrielles; elle en fait les\nmoteurs et les promoteurs, plus assurés au-\njourd'hui et demain qu'hier, grâce à l'appui\nplus développé de la méthode expérimen-\ntale.\nPlus aucune réalité industrielle technique\nne restera inaccessible à l'ingénieur qui\naura reçu la formation expérimentale et\ns'en servira. En ce qui concerne les réalités\nindustrielles d'ordre non technique, je\npense que la large formation humaine et\ngénérale de l'Université est bien celle qui\nconvient pour les dominer. Je suis con-\nvaincu que la haute personnalité acquise\npar une formation simultanément mathé-\nmatique et expérimentale et la calme assu-\nrance qu'elle confère seront les plus sûrs\ngarants de la destination des ingénieurs\naux leviers de commande des administra-\ntions publiques et des industries.\n(Voir ci-contre tableau récapitulatif.)\n\nF. CAMPUS.\n\nFig. 101. Aspect de la charpente\nmétallique soudée de I'Institut du\nGénie Civil au Val-Benoît.\n\nFig. 102. Aspect de la charpente\nmétallique soudée de I'Institut du\nGénie Civil au Val-Benoît.\n\nFig. 103. Chantier d'essai de la\ncharpente métallique soudée de I'Institut\ndu Génie Civil au Val-Benoît.\n\nFig. 104. Essai d'un noeud soudé de\nla charpente métallique de I'Institut\ndu Génie Civil au Val-Benoît.\n\nFig. 105. Essai de I' ossature soudée\nd'une voiture motrice des Tramways\nUnifiés de Liège."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.14", "texte": "P o\nINTS DE VUE\nCATEGORIE\nTHEORIQUE\nDIDACTIQUE\nPRATIQUE\nintéressent surtout la production ou\nimportance fondamentale au\nessentiels, fondamentaux tant\nl'exploitation de ces matières, par\npoint de vue des cours de mé-\nau point de vue de la concep-\nl'étude théorique des qualités des\ntallurgie, chimie (ciments, cé-\ntion et des dimensions des ou-\n1. ESSAI DES MATIE-\nmatières et des éléments qui les\nramiques, goudrons) et des\nvrages dépendant des taux de\nRES PREMIERES\ninfluencent. Problème type :\ncours d'application des con-\nrésistance (donc prix) qu'au\ndéterminer à priori les qualités d'une\nstructions : facteurs fondamen-\npoint de vue de l'exécution\nmatière ou en produire de qualités\ntaux.\nconforme au programme (ré-\ndéfinies .\nception).\nassez peu avancés au point de vue\nimportants au point de vue des\nessentiels pour la conception\nthéorique; on ne peut guère parler\ncours d'application des con-\net les dimensions des ouvrages,\nde théorie proprement dite des\nstructions : connaissance des\nessentiels pour la mise en œu-\nII. ESSAIS DE MATE-\nbétons, par exemple, quoique des\nfacteurs fondamentaux.\nvre des matériaux composés. Si\nRIAUX COMPOSES\norientations se dessinent.\nl'on ne peut guère parler de\nthéorie, par contre la pratique\ndes bétons a fait des progrès\ndécisifs. Tarmac, etc.\nauxiliaires de la théorie. Des essais\nutilisation directe des résultats\nauxiliaires des études et des\nsur modèles théoriques ou des élé-\nthéoriques pour l'enseigne-\ncalculs par modèles ou élé-\nments simples aident à la résolution\nment, par projections, cinéma,\nments d'ouvrages. Peuvent\nIII. ESSAIS SUR MODE-\nde problèmes théoriques ou s'y sub-\nexpériences démonstratives.\nremplacer partie des calculs.\nLES ET ELEMENTS DE\nstituent : essais élasticimétriques sur\nRecherches d'étude pour élè-\nQuestions de validité des\nCONSTRUCTION\nmodèles, photoélasticité, déformè-\nves spécialisés.\nreports, similitude, discussion,\ntres ou influentiomètres.\nperturbations, limites élastiques.\nimportance très grande si l'on consi-\nélément capital : le maître est\nEssais de réception, consécra-\ndère que les théories sont faîtes pour\nsûr de ce qu'il enseigne s'il a\ntion des techniques nouvelles\nl'application aux ouvrages réels, non\néprouvé lui-même les bases de\nou des progrès techniques.\nIV. ESSAIS SUR CON-\npour raison intrinsèque. Epreuve des\nson enseignement ou s'il en a\nConfiance des praticiens, meil-\nSTRUCTIONS REEL-\nhypothèses de base et des méthodes\ndes épreuves dignes de foi.\nleure connaissance de leurs\nLES\nédifiées sur ces hypothèses.\nNécessité de la plus stricte\nouvrages et des bases d'éta-\nhonnêteté morale et de l'es-\nblissement. Contribue au pro-\nprit critique le plus incisif.\ngrès technique et au prestige\nde la profession.\nF. CAMPUS."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.15", "texte": "Bétons de Parement\n\nFig. 105. Exemple d'une face de colonne\nen béton blanc bouchardé au marteau à\n49 dents avec palettes ciselées à raison de\n24 coups au dcm.\nLes ingrédients ayant servi à la composition\ndu béton sont ici, en ordre principal,\ndu ciment Extra blanc C. B. R. et des sables\net graviers des Carrières de l'Arbre-Saint-Michel,\nproduits de qualité de notre industrie\nnationale.\n\nLes frères Perret les premiers, certaine-\nment, demandèrent au béton armé non\nseulement une fonction utilitaire, construc-\ntîve, mais encore une fonction architecto-\nnîque définitive en traitant les surfaces\nvues des ossatures en parement reflétant\nla composition même des bétons utilisés.\nLes problèmes posés aux constructeurs\ns'apparentent fréquemment. Il en est no-\ntamment ainsi de la texture des parements\nde façades.\nNos lecteurs se souviendront, sans aucun\ndoute, de notre numéro I de l'année 1930\noù il nous fut permis de publier une note\ntechnique due à notre collaborateur L.-H.\nde Koninck sur un procédé de construction\nqu'il mit au point et appliqua notamment\nà une construction, que nous avons dénom-\nmée rationnelle, édifiée à Auderghem. Il y\nest entre autre question de I application\nde ce procédé à la construction de trois\nmaisons minimum par les architectes L.-H.\nde Koninck et A. Nyst au Plateau du Tri-\nbouillet au Thier-à-Liége.\nL'innovation pour ces dernières habitations\nfut, sans conteste, dans l'essai hardi de con-\ncevoir non seulement la construction de\ncelles-ci intégralement en béton armé mais\naussi de ne pas avoir considéré ce dernier\ncomme un parent honteux, ayant exigé de\nsa texture même une fonction définitive\nde matériau apparent. Du ciment blanc,\ndes graviers et des sables blancs prove-\nnant de carrières belges permirent aux\narchitectes de résoudre avec économie\nleur intéressant problème. Le béton achevé\nà la pointe, de couleur très approchante\nde celle des pierres savonnières, est d'un\neffet très agréable. La reproduction pho-\ntographique (fig. 108) qui illustre ce com-\nmenlaire est déjà très expressive. Erigées\nà l'occasion d'un concours international dû\na l'initiative des organisateurs de l'Exposi-\ntion de Liège 1930, les maisons qu'elle re-\nprésente se virent décerner un diplôme\nd'honneur.\nLe cliché 105 se rapporte à un fragment\nd'une construction érigée à Uccle. Il mon-\ntre avec éloquence la beauté de finissage\nque peuvent réaliser des compositions judi-\ncieuses d'ingrédients pour bétons blancs,\nlesquels sous le travail de la boucharde ou\ndu ciseau se parent d'aspects bien sédui-\nsants.\nIl est peut-être encore opportun de rap-\npeler que l'an dernier au Concours Natio-\nnal organisé par le Groupement Profession-\nnel des Fabrîcan+s de Ciment Portland\nArtificiel de Belgique (G. P. C.), concours\nd'idées pour la meilleure maison où l'em-\nploi du ciment serait maximum, c'est le\nprocédé préconisé par L.-H. de Koninck,\nprévoyant des parements en béton bou-\nchardé qui fut classé premier à l'unanimité.\nEntretemps les recherches déjà se sont\nétendues et un encouragement réel nous\npénètre lorsque des constructeurs qui ont\nà résoudre l'édification de bâtiments aussi\nimportants que ceux destinés à abriter cer-\ntains des locaux de l'Université de Liège\ns'appliquent également à mettre au point\ndes procédés tels ceux des bétons appa-\nrents. Un essai nouveau consistant en l'em-\nploi de graviers blancs concassés fut appli-\nqué ici de même qu'un traitement des sur-\nfaces de parement au jet de sable. L'ex-\nposé de M. le Professeur Campus vous a\nlargement éclairé à ce sujet. Les idees sur\ncette technique nouvelle se précisent avec\nfranchise et de cette précision naîtra infail-\nliblement un concept définitif qui placera\nle béton armé apparent parmi les maté-\nriaux de choix de l'architecture contempo-\nraine. * * *"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.16", "texte": "Fig. 106. REZ-DE-CHAUSSEE TYPE.\n1) entrée; 2) salle de séjour avec «coin du\ndéjeuner» et «coin de lecture»; 3) cuisine;\n4) armoire à usage double (accès côté\ncuisine et côté séjour, passe-plats); 5) chauffage\nspécial pour petites maisons suivant\nun système de Koninck; 6) provisions; 7) buanderie\ncombinée pour le bain, eau chaude\npar la douche-lessiveuse; 8) débarras pour\nmalles, outils, etc.; 9) charbon.\n\nFig. 107. ETAGE TYPE.\n10) dégagement; II) chambre des parents;\n12) chambre équipée de 2 lits réversibles;\n13) chambre équipée de I lit réversible;\n14) toilette et W.-C.; 15, 16, 17) armoiresplacards\ncombinées pour les vêtements et\nle linge.\n\nPRINCIPES\nDE LA CONSTRUCTION\nQuatre murs minces en béton armé et deux\npoutres portant les planchers.\nSuppression systématique des enduits tant\nintérieurs qu'extérieurs.\nPlacement immédiat des planchers et con-\nstruction de cloisons sèches indépendantes\ndu plan de l'étage inférieur.\nLes murs en béton armé des façades for-\nment poutres entre les linteaux et seuils sur\n1,60 m. de hauteur; il en résulte la possi-\nbilité d'étendre économiquement les baies\nsur toute la largeur des façades.\nEXECUTION\nPAROIS EXTERIEURES.\nLâ composition particulière du béton de\ngraviers, donne aux façades une tonalité\nsemblable à celle de la pierre de France.\nLes surfaces sont traitées à la pointe et ne\nreçoivent pas d'enduit. Le supplément de\nprix du béton résultant de sa composition\net du travail de la surface ne sont pas plus\ncoûteux qu'un enduit : avantages du pro-\ncédé : solidité, aspect, masse hydrofuge,\nentretien nul, suppression possible des\nseuils de fenêtres et corniches, d'où faça-\ndes simples, sans saillies, battues uniformé-\nment par la pluie et acquérant une patine\nrégulière.\nPAROIS INTERIEURES ET CLOISONS.\nPlaques isolantes, en l'occurrence Célotex,\nclouées sur chevrons et séparées du béton\narmé par des matelas d'air immobile de\n6 cm. d'épaisseur. Au point de vue isole-\nment ces murs de 19 cm. d'épaisseur équi-\nvalent a un mur en briques de 40 cm. Con-\ntre les murs mitoyens la membrane isolante\nest double ainsi que les matelas d'air qui\nsont réduits à 2 cm. d'épaisseur. Les mi-\ntoyens ont donc en tout 16 cm., ils corres-\npondent, au point de vue isolation, à des\nmurs pleins en briques de 70 cm. d'épaisseur.\nLes cloisons sont constituées par des arma-\ntures en chevrons de 6 x 7 recouvertes de\ncélotex, d'éternit ordinaire ou émaillé ou\nde bois contreplaqués des colonies.\nDans les cuisines, buanderies et toilettes le\ncélotex est remplacé par de l'éternit du\ntype ordinaire peint en blanc, avec lambris\nen éternit émaillé dans les cuisines.\nDans la maison n' 2 les cloisons du rez-de-\nchaussée ont été exécutées en béton armé\napparent et blanchi dans la buanderie et\ndans la partie supérieure de la cuisine, avec\nrevêtement en carreaux céramiques du\nSphynx sur 1,50 m. de hauteur.\nDans le cabinet de toilette de cette mai-\nson le célotex a été maintenu et recouvert\nde toile cirée à hauteur de la porte.\nDe la toile cirée collée recouvre également\nle célotex derrière les lavabos.\nComme variante il est placé des panneaux\nde bois contreplaqué ciré dans les cham-\nbres familiales, avec doublure en célotex\nvers les façades : il n'en résulte qu'un sup-\nplément minime de prix et l'aspect est plus\nmeublant.\nN. B. Le débit des plaques de célotex est\nétudié de façon à éviter les joints verti-\ncaux. Les joints horizontaux sont placés de\nfaçon à utiliser sans déchets les dimensions\ncommerciales ce qui est double profit au\npoint de vue matière et main-d'œuvre. Ces\njoints (deux sur la hauteur) sont marqués\npar des couvre-joints de profil spécial peu\nsaillant et par une cimaise, à hauteur des\nportes, permettant l'accrochage de ta-\nbleaux. Il résulte de cette disposition une\ndécoration naturelle par bandes horizon-\ntales qui, en raison de la texture du célo-\ntex, peut se passer de papier ou peinture.\nCHASSIS\nType métallique standard des usines So-\nmeba ouvrants vers l'extérieur renvoyés\npour permettre le nettoyage.\n\n3 Maisons Minimums\nen Béton\nRéalisation des architectes S. B. U. A. M.\nL.-H. DE KONINCK et A. NYST, pour les\nT. U. de Liège, au Concours International\nd'H. B. M. du plateau de Tribouillet en 1930."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.17", "texte": "PORTES INTERIEURES\nType standard Woco, en pin d'Orégon\nnaturel teinté et ciré.\nVENTILATION\nCHAUFFAGE CENTRAL\nFOURNEAU ET LESSIVEUSE\nLe système de chauffage à air chaud avec\nprise d'air à l'extérieur a été choisi parce\nque hygiénique, simple et économique d'in-\nstallation. Il assure automatiquement un\nrenouvellement d'air continu tant en été\nqu'en hiver, chauffe aux saisons froides et\nrafraîchit pendant les chaleurs. Le service\nse fait dans la cuisine pour les maisons I et\n3, dans la buanderie vis-à-vis du réduit à\ncharbon dans la maison n\" 2 (milieu).\nLes foyers des calorifères sont placés der-\nrière un grillage de 0,70 x 0,40 qui per-\nmet l'action de la chaleur radiante dans les\npièces familiales.\nLes fourneaux et lessiveuses sont alimentés\nau gaz.\nDans la maison n\" 2 le calorifère est muni\nd'un pot bouilleur alimentant un réservoir\na eau chaude situé dans la laverie desser-\nvant la cuisine, la baignoire et les trois\nlavabos d'étage. Cette installation ne fonc-\ntionne donc qu'en hiver ce que nous esti-\nmons suffisant : en été l'eau chaude se\nproduit dans la lessiveuse : celle-ci pourrait\nêtre munie d'un pot bouilleur assurant la\ndistribution générale d'eau chaude.\nCHEMINEES\nLes cheminées sont munies d'aspirateurs en\nbéton armé d'un système dus aux archi-\ntectes assurant un tirage convenable au\nniveau des terrasses.\nESCALIERS\nLes escaliers, qui ne comportent pas de\nmarches tournantes, sont exécutés en bé-\nton armé avec nez en cornières de 50\nretournées et formant battées pour rece-\nvoir du linoléum en recouvrement des mar-\nches. Ce lino est collé au moyen de mastic\nspécial imperméable permettant le lavage.\nLes contre-marches et plinthes sont exécu-\ntées en carreaux céramiques.\nLa balustrade est formée par la cloison de\nla salle familiale recouverte, à l'étage,\nd'une main courante.\nPLANCHERS\nPAVEMENTS\nLes planchers des étages sont en sapin 4/4.\nLes rez-de-chaussées sont pavés en car-\nreaux céramiques avec plinthes à angles\narrondis. * * *\n\nFig. 108. Les trois Maisons Minimums en Béton du Plateau de Tribouillet.\nCommencées le 26 mai 1930, le 6 septembre, soit 104 jours plus tard, ces trois maisons étaient non seulement achevées et sèches,\nmais deux d'entre elles étaient encore pourvues d'un équipement mobilier complet tant fixe que mobile et même de vaisselle."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193406-01.1.18", "texte": "LA BIBLIOTHEQUE ALBERTINE\nP.-J.-J. VERBRUGGEN,\nPrésident de la Fédération Royale des\nSociétés d'Architectes de Belgique.\nVice-président de la S. B. U. A. M.\nLa lettre que SA MAJESTE vient d'adresser à scn Premier ministre, M. le Comte de Broqueville,\na tranché définitivement la question des monum©nts à élever à la mémoire de feu son Père\nALBERT ler,Ier, en faveur de la construction, dans la capitale du royaume, d'une grande bibliothèque\nnationale.\nA l'aurore de son règne, le ROI a prouvé ainsi qu'il possède une haute compréhension des besoins\nsupérieurs de la nation, Il a montré qu'un petit pays se doit d'être grand par l'étude, par sa valeur\nscientifique et morale, bases indispensables de toute gloire durable.\nLa bib!iothèque ALBERT ler,Ier, élevée àla mémoire du monarque, rappelera aux générations futures\nque celui-ci ne fut pas uniquement grand dans la guerre, mais qu'il fut le promoteur d'institutions\nscientifiques, qu'il travailla sans relâche au développement économique de son pays et que rien de\nce qui touchait au domaine des arts n'échappa à son attention.\nH importe, en tout premier lieu, d'assurer à cette institution toute sa grandeur, d'en faire un des\nprincipaux foyers d'études du monde et de veiller à ce que sa haute conception initiale ne soit pas\nminimalisée.\nELLE DOIT ETRE DE CARACTERE NATIONAL ET REPONDRE AU PRESTIGE QUE LUI\nDONNERA SON NOM.\nil faudra donc, avant de procéder à quoi que ce soit de définitif, déterminer le cadre urbain dans\nlequel les nouveaux bâtiments devront être placés.\nCe cadre existe-t-il à Bruxelles ?\nL'incertitude dans laquelle le problème de l'aménagement de la ville se meut depuis de nombreux\nlustres me permet d'affirmer que non.\nEn effet, il n'existe à Bruxelles aucun plan d'ensemble, aucune idée directrice d'urbanisation. De\nnombreux terrains situés au cœur de la ville restent disponibles, les problèmes essentiels de la cir-\nculation demeurent sans solution.\nDans ces conditions, il faudra, en tout premier lieu, étudier le problème de « BRUXELLES\nGRAND CENTRE URBAIN » dans son ensemble et examiner en particulier les moyens de trans-\nport en commun.\nLes récents travaux effectués dans la ville même jetteront une lumière nouvelle sur certains pro-\nblèmes vitaux que l'on a eu le grand tort de transplanter de leur milieu économique et social sur le\nterrain de la politique locale.\nIl faudrait qu'enfin l'on se décidât à faire passer L'INTERET NATIONAL AVANT L'INTERET\nPARTICULIER ET L'ESPRIT DE CLOCHER !\nGrâce à la décision royale, une occasion unique s'offre aux esprits larges et désintéressés.\nC'est pourquoi je préconise :\n1 la mise au concours, dans ses grandes lignes, du problème urbain du Bruxelles métropolitain; ou\ntout au moins celui de l'aménagement des terrains libres au centre de la ville avec étude des\naccès indispensables et emplacements des divers édifices dont l'absence l'empêche de remplir\nson rôle de capitale.\nAlors seulement pourra se poser;\n2 le problème des bâtiments de I'ALBERTINE et de leurs abords immédiats, après quoi il pour-\nrait être procédé, en temps opportun, à des concours de moindre envergure pour les travaux\nd'achèvement : décoration sculpturale et picturale.\nEnvisagée avec toute l'ampleur nécessaire, la création de la bibliothèque pourrait former le point\nde départ d'une série de travaux à l'échelle de notre époque et susceptibles de perpétuer digne-\nment le génie de la nation."}]}