{"numero_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_sha256": "007b92050749a9c1be5ca41c26ee95a2d878e7f2dcfc09a3a10d4d347d9201f6", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaac/issues/1934/12_01/bmtnaac_1934-12_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaac/issues/1934/12_01/bmtnaac_1934-12_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c001", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.1", "titre_corps": "Sommaire :", "titre_sommaire": "Sommaire :", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.1", "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "Sommaire :\nProgramme 1935.\nUne œuvre de l'architecte Stevens S. B. U. A. M.\nCivilisation moderne et sensibilité, par M. Casteels.\nLes bassins de natation dans le système récréatif\naméricain.\nLe conditionnement de l'eau de piscines.\nDes qualités de l'eau d'un bassin de natation à ciel\nouvert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c004", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "189", "page_fin": "189", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.2", "titre_corps": "PROGRAMME DE LA REVUE POUR L'ANNEE 1935", "titre_sommaire": "PROGRAMME DE LA REVUE POUR L'ANNEE 1935", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.3", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "PROGRAMME DE LA REVUE POUR L'ANNEE 1935\nCe numéro de \" La Cité \" termine l'année 1934 et aussi le volume XII.\nUn simple coup d'œil sur la table des matières donne un aperçu de la diversité des\nsujets traités.\nSi l'architecture moderne, dont \"La Cité \" a toujours défendu les principes, a été\ndignement représentée, l'urbanisme et la technique ont eux aussi trouvé la place qui\nleur revenait.\nCette ligne de conduite, \"La Cité\" compte la poursuivre au cours de l'année 1935\nen y ajoutant des sujets d'actualité dont l'Exposition Internationale de Bruxelles fournira\nun des éléments les moins négligeables.\nSi l'on examine le programme des numéros dès à présent en préparation, on note en ce\nqui concerne l'architecture, un numéro consacré aux monuments, tant en Belgique qu'à\nl'étranger. Ce numéro étudiera le point de vue urbanistique autant que celui de I aspect\net montrera par des exemples judicieusement choisis ce qu'auraient pu être les nom-\nbreuses réalisations faites depuis l'Armistice et dont pour la plupart le pays n'a pas à\nê+re fier.\nUn autre numéro étudiera le problème de l'immeuble à appartements en ce qui con-\ncerne particulièrement la technique de l'ossature, du chauffage, de la ventilation, de\nl'isolation thermique et acoustique.\nLa maison de 100.000 francs qui reste en Belgique le logement de la masse, fera\nl'objet d'un numéro qui montrera que les sociétés de construction ne sont pas armées\npour solutionner le problème. L'architecte qui tient compte du programme de son client\nréalisera dans ce domaine le plan économique et personnel que chaque cas requiert.\nLa bibliothèque est à l'ordre du jour. Quelques emplacements aussi fantaisistes les uns\nque les autres ont déjà été proposés. Le problème doit être vu dans son ensemble et\nune étude comparative de ce qui s'est fait de mieux à l'étranger donnera à ce numéro\nun intérêt que nul ne contestera.\nL'urbanisme en fonction du chômage, encore une étude d'actualité qui sera detendue\npar les meilleurs spécialistes en la matière.\nL'Exposition fournira a elle seule quelques articles d'où la critique ne sera certainement\npas exclue. . , ~\nSignalons encore des numéros parlant de l'architecture internationale, de I enseigne-\nment, des groupements corporatifs, du diplôme même puisque tout espoir n est pas\nencore perdu. L'année qui s'ouvre verra peut-être l'aboutissement des efforts inces-\nsants de tous ceux qui ont à cœur de faire de l'architecte celui qui seul est qualitie\npour résoudre les problèmes sans cesse plus ardus de l'art de construire et de dresser\ndes plans. x ,\nNous réservons la fin de cet exposé à une question un peu spéciale et dont personne\nn'a sous-estimé l'intérêt. Le Service de Tablettes Documentaires de La Cite , cree\nau début de 1934 a rencontré dans tous les milieux du bâtiment un accueil enthousiaste\net les encouragements qui nous sont parvenus de toutes parts permettent les espoirs\nles plus justifiés. Il serait trop long de reprendre ici l'exposé des buts de cette docu-\nmentation. Nos lecteurs trouveront dans un numéro de \"La Cité le compte rendu\ncomplet du mécanisme du classement décimal universel, qui est la clef de ce système\nde fiches documentaires.\nPour terminer, nous faisons un appel à tous pour que la revue progresse dans a voie\nqu'elle s'est tracée. La collaboration est nécessaire pour donner à notre revue d archi-\ntecture et d'urbanisme la place qu'elle mérite et nous sommes convaincus qu avec les\nsuggestions de nos lecteurs et l'aide de notre actif comité de rédaction, il sera possi-\nBle de nous affirmer définitivement.\nLA DIRECTION."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c005", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "190", "page_fin": "190", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.3", "titre_corps": "PAUL STEVENS", "titre_sommaire": "PAUL STEVENS", "signature_source": "A. N", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.4", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "PAUL STEVENS\nA. N.\n\nFait ses études à l'Académie des Beaux-\nArts à Gand.\nSuit en 1926 au Palais de Bois à Paris l'en-\nseignement d'Aug. Perret.\nRentré au pays il y construit quelques mai-\nsons, puis, docteur en histoire de l'Art il\ns'intéresse à l'antique maison japonaise\ndont les principes constructifs, poteaux et\ncloisons, et les dimensions standardisées\ndepuis des siècles, lui paraissent devoir\nintéresser l'architecte d'aujourd'hui.\nEn 1929, il obtient du Ministre des Scien-\nces et des Arts, un subside qui l'aide à\npoursuivre ses études sur place.\nAu Japon, il voit les tendances de la jeune\narchitecture respecter la tradition de légè-\nreté et s'opposer au béton dont l'esprit lui\nsemble contre-indiqué dans ce pays sujet\naux tremblements de terre.\nAprès avoir traversé la Corée, il voit l'im-\npériale urbanisation du Palais Pourpre de\nPékin et revient par les Etats-Unis où il fait\nconnaissance, à Los Angeles, de R. Neutra\ndont la Health House et les recherches\nrelatives à l'architecture sociale font un\nfondateur d'école.\nEnfin, soucieux de culture générale, comme\nil sied à tout architecte digne de ce nom,\nil visite l'Europe jusqu'en U. R. S. S. et en\nGrèce ce qui lui permet de se convaincre\nque tout est éternel recommencement et\nque notre architecture moderne procède\ndes principes de logique, de perfection\ntechnique et de pureté d'expression qui\nfurent ceux de l'antiquité.\nDe 1932, date un immeuble de rapport\nconstruit à Gand et dont le rez-de-chaus-\nsée sert de salle d'exposition à un ensem-\nblier : les étages comprennent chacun un\nappartement (fig. 256).\nEn 1933, Stevens construit, sur une colline\nprès de Louvain, devant un vaste horizon,\nune villa sans étage avec terrasse de séjour\net dont I agencement intérieur trahit peut-\nêtre ses affections japonaises : apparte-\nments de nuit et de jour sont entièrement\nséparés, ce dernier ne comportant qu'une\nvaste salle d'angle avec cloisons glissantes\npermettant I isolement de ses extrémités\nréservées aux repas et au travail intellec-\ntuel (fig. 255 et 257).\nTout récemment, P. Stévens fut déclaré\nlauréat du concours organisé par la ville\nde Bruxelles pour la construction d'un café-\nrestaurant, « Au Gros Tilleul ». Le terrain\nétant borné par trois avenues, il eut l'idée\noriginale d'adopter un plan circulaire et\nde placer l'orchestre à mi-hauteur entre\nles niveaux du café, du restaurant et de la\nterrasse-dancing. Nous aurons l'occasion de\nrevenir sur cette construction en voie\nd'exécution."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c006", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "190", "page_fin": "190", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.3.1", "titre_corps": "Fig. 255", "titre_sommaire": "Fig. 255", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 8, "texte": "Fig. 255"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c007", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "190", "page_fin": "190", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.3.2", "titre_corps": "Fig. 256. 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Maurice CASTEELS, à l'ouverture de l'Exposition de Livres et Revues d'Architecture, Urbanisme et Art décoratif, organisée par la Maison A. Manteau", "titre_sommaire": "Conférence faite le 16 juin 1934, à Bruxelles, par M. Maurice CASTEELS, à l'ouverture de l'Exposition de Livres et Revues d'Architecture, Urbanisme et Art décoratif, organisée par la Maison A. Manteau", "signature_source": "Maurice CASTEELS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4597, "texte": "Civilisation Moderne et Sensibilité\nConférence faite le 16 juin 1934, à Bruxelles, par M. Maurice CASTEELS,\nà l'ouverture de l'Exposition de Livres et Revues d'Architecture, Urba-\nnisme et Art décoratif, organisée par la Maison A. Manteau\n\nMesdames, Messieurs,\nEntendons-nous bien. Lorsque je dis civilisation moderne,\nil s'agît d es formes extérieures de cette civilisation et,\npuisque je me propose de parler d'art décoratif, lorsque\nje dis sensibilité, il s'agit également de l'extériorisation\nde cette sensibilité par le truchement de tout ce qui nous\nentoure.\nCes d eux mots, arts décoratifs, contiennent en effet tout\nce qui fut créé par l'homme pour faciliter, embellir ou\nremplir l'existence.\nN'essayons pas les définitions connues. Aucune, à mon\nsens, n'est valable, car si certaines d'entre elles essaient\nd'expliquer un effet par une cause, aucune d'elles, à ma\nconnaissance, ne recherche la cause de la cause. On me\ndira que tout ceci est bien subtil et n'apprendrait proba-\nblement rien de plus. Voire !\nIl y a un mobile initial, un mobile humain, puisque seul\nl'homme décore. L'être le plus primitif décore tout ce\nqui lui tombe sous la main, y compris son propre corps.\nComment se fait-il que l'on réfléchisse si rarement au\nsujet d'un phénomène aussi important, puisque aussi cons-\ntant. Après la nourriture, le repos, l'appétit sexuel, donc\naprès l'instinct de conservation et, je crois, avant l'esprit\nreligieux, la décoration est le premier souci de l'homme.\nCe ne doit donc pas être aussi puéril que cela. On a cru\nparfois qu'il s'agissait de mobiles sexuels, parce que c'est\ntoujours à cela que l'on pense en premier lieu quand il\ns'agit d'expliquer quelque chose. Il y a parfois de la\nsexualité dans la décoration. Pourtant, ce ne doit pas être\nexclusivement cela, car les animaux, dont les besoins de\ncet ordre valent en intensité les nôtres (je m'excuse), ne\ndécorent pas, ou plutôt, n'inventent jamais une\ndécoration.\nCe verbe inventer m'ouvre une porte. Alors la décoration\nserait une fonction de l'intelligence ! Si nous découvrons\nd'autre part que décoration et vanité (sentiment émi-\nnemment humain) sont des attributs l'une de l'autre, nous\napprochons davantage de la vérité; et il y a vanité lors-\nqu'il y a, conventionnellement, plus-value, promesse de\npuissance. Intelligence, puissance, vanité, ne se trouvent\npas toujours dans le même sac, mais d'où vient la vanité?\nD'une intelligence, d'une puissance réelles ou supposées.\nQue veut la vanité ? S'attribuer l'intelligence, la puis-\nsance, vraies ou illusoires, les rendre ostensibles, Cher-\nchez et vous trouverez que depuis toujours la décoration\na été le principal attribut de la puissance à tous les\ndegrés et dans n'importe quel ordre d'idées. Si l'homme,\nmême primitif, s'est toujours appliqué à inventer des for-\nmes, des lignes, des amalgames, c'est qui! s'est jamais\npris pour une bête, les bëtes fussent-elles déifiées. Le\npremier acte de dignité fut donc l'invention d'un motif\ndécoratif.\nCeux qui me connaissent vont m'assommer avec les ana-\nthèmes contre la décoration que je fus parmi les premiers\nà lancer. Mais patience, je n'ai pas fini.\nL'astuce, faite d'intelligence et de férocité ou d'appé-\ntit est à l'origine de la puissance, mais la puissance\n« arrivée » affecte assez souvent de dédaigner l'intelli-\ngence pour ne plus se prévaloir que de la force. La puis-\nsance physique de l'homme, sa force musculaire, n'est\nque relative, si on n'y joint cette astuce qui, plus tard,\nhumanisée, et socialement disciplinée, sera l'intelligence\npratique. Elle fait de ce concept « force » une réalité\nredoutable. L'astuce n'ajoute pas à la force, ne la crée\npas. Elle l'adapte, la contrôle, la guide, l'amplifie. Elle la\nsuggère et diminue ainsi les résistances. Et la décoration\nest la première méthode de suggestion.\nDémontrons. Le premier capital individuel de l'homme\nest une arme : un bâton, une pierre. Dès ce moment, celui\nqui possède jouit d'un ascendant. Quel sera le souci de\ncet homme? Donner une plus-value à sa propriété pour\naugmenter sa puissance, c'est-à-dire perfectionner son\narme. Or, nous voyons, en visitant des collections préhis-\ntoriques et des musées ethniques, que la suprême perfec-\ntion est bientôt et remarquablement atteinte, en tenant\névidemment compte des ressources de l'habitat, de la\ndensité de la population, des frontières naturelles qui\nempêchent ou favorisent de nouveaux apports de ma-\ntières premières : bois durs, corne, silex, cuivre, étain,\nfer. Mais remarquez aussi qu'avant même que la perfec-\ntion soit atteinte la décoration y a suppléé. Est-il meilleure"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6065, "texte": "preuve de la vertu suggestive de la décoration? Et les\nconséquences analogiques ne sont-elles pas poussées le\nplus loin possible, sur les parois des cavernes, sur les\nobjets les plus divers où la décoration devient souvent\nformule incantatoire ? Faut-il rappeler la terreur qu'inspi-\nrent les sorciers africains. L'effrayant chef-d'œuvre de\ndécoration qu'est leur costume ainsi que les décors de\nleurs cabanes. Si la décoration est la première lueur d'in-\ntelligence, elle est aussi le premier signe d'autorité. C'est\nle premier « truc » psychologique. Elle suggère et engen-\ndre la puissance. Par la suite elle en devient l'attribut,\nqu'il s'agisse d'un os gravé, du palais de Versailles ou des\nparades d'une armée moderne.\nJe crois que l'humanité devient meilleure, parce qu'au\nfur et à mesure que son capital réel ou illusoire s'ac-\ncroît elle devient plus pratique. On est déjà relativement\nplus honnête par bon sens que par la crainte; on devien-\ndra peut-être bon par intérêt. Ce capital qui avait pour\npoint de départ le besoin de force s'est accru ensuite par\nla valeur. Cela nous semble tellement naturel que nous ne\nnous rendons pas compte qu'il y a plusieurs dizaines de\nsiècles entre ces deux conceptions. L'ère de la valeur est\ncelle que nous connaissons le mieux, c'est l'ère historique.\nAu cours de cette période déjà longue la décoration\nmagique est devenue art. Il y eut même une dinstinction\nentre décoration et art, mais il est inutile d'en faire état\npour comprendre l'évolution. Comme la décoration pri-\nmitive, l'art, durant cette période, est un complément de\nla puissance. La puissance en est parée, c'est elle qui le\nsuscite et l'entretient. L'art confère parfois encore l'au-\ntorité, mais il n'est plus à lui seul la puissance, car ses\nvertus magiques sont épuisées. L'art inspire le respect,\nl'admiration, l'amour, mais plus la crainte. Plus de décora-\ntion valait d'abord plus de force défensive, offensive et\noppressive. Plus d'art vaut plus de bonheur. On possède\nenfin certaines choses pour posséder, et le plaisir que pro-\ncure cette possession est en raison directe de la valeur\nintrinsèque de l'objet, de son poids, de son volume, de sa\nteneur, du génie de celui qui le conçut, de la patience\net du temps qu il fallut pour l'exécuter. La valeur art est\ndonc une chose réelle et un capital réel qui porte un inté-\nrêt tel que la puissance qui se l'adjuge ne s'accroît plus\nen force, mais en prestige.\nS est-on arrête la ? A la valeur va succéder l'ère de la\nqualité. Il y a des différences plus grandes encore entre\nvaleur et qualité qu'entre force et valeur. Ces différen-\nces sont physiques, techniques et morales. Elles séparent\nmieux les époques qu'une découverte scientifique ou un\névénement politique. Ce n'est pas un ustensile qui change\nd'aspect, une tyrannie qui change de nom; la sensation\nchange et s exprime en un langage que l'on n'aurait pas\ncompris antérieurement.\nForce, valeur, qualité. Il y a dans chacun de ces mots\nquelque chose des deux autres. Que vous preniez cette\ntrilogie par l'un ou l'autre bout, il y a gradation. Gradation\nvers le matériel d'un côté, vers le spirituel de l'autre. Et,\nce qui est fort curieux, c'est que la gradation vers le\nmatériel contient de plus en plus de mystère idéologique\npour aboutir au tabou inexpliqué, tandis que la gradation\nvers le spirituel révèle de plus en plus le rôle prépondé-\nrant de la matière. Mais d'une matière de plus en plus\ndomestiquée, de plus en plus utile à l'homme. Dans\ncette gradation, en commençant par la force, les réac-\ntions de l'esprit et de la matière deviennent de plus en\nplus subtiles, mais aussi de plus en plus précises, contrô-\nlables, exploitables et le bénéfice en est accru\nd'autant. Ce qui était une insidieuse prise de possession\nde pouvoir d'abord, une source de jouissances exception-\nnelles ensuite, devient une étroite adaptation de l'homme\nà la nature, de la nature à l'homme et par l'homme. Il est\ndonc toujours question de puissance et c'est précisément\ncette idée de puissance qui se trouve condensée à divers\ndegrés dans chacun de ces trois termes : force, valeur,\nqualité. Puissance physique suggérée par la décoration en\ny ajoutant une puissance occulte, puissance intellectuelle\nconsacrée par l'art qui y ajoute le prestige, puissance\ntechnique qui est le produit d'une multiplication affecté\nd'un exposant. Force, valeur, qualité. Il y a sélection de\nvertus, gradation en intensité, développement du sens\npratique, aussi bien pour ce qui concerne l'économie\nmatérielle que spirituelle. Il y a progrès.\nQue reste-t-il de la décoration primitive ? A-t-elle dis-\nparu ? Va-t-elle disparaître ? Pas plus que l'homme, pas\nplus que ses passions et ses besoins. Tout ce qui fut\nrhomme, depuis la monade jusqu'au civilisé laisse des\ntraces. Cela forme une accumulation de souvenirs incons-\ncients enfouis comme un trésor secret. C'est un formida-\nble h éritage d'expérience et, en fin de compte, c'est\npeut-être cela I intelligence. A chaque âge, en chaque\ncirconstance et sous chaque latitude, chacun exhume de\nce fonds ce qui est utile et agréable à lui-même et aux\nautres, mais avec une sorte de parcimonie, les souvenirs\nles plus anciens étant les moins exploités et de plus en\nplus cachés dans l'inconscient. L'être qui, par insuffisance\nde volonté ou par défaut d'équilibre nerveux, ne parvient\npas à puiser dans cet arsenal avec discernement et\nmesure, menace de retourner au primitivisme, à l'infanti-\nlisme ou à la brute; il est fou, ou incapable, ou fantasque,\nou, peut-être, s'il dépense tout à la fois, puérilités et\npotentiel récent, un fou de génie.\nQue restera-t-il de la décoration ? Les deux choses pri-\nmordiales : émotion et logique. Dire émotion c'est rallier\ntoutes les opinions. Prononcer le mot logique produit l'ef-\nfet contraire. Pourtant n'est-il pas indiscutable que tout\nce qui fut inventé soit parti de ces deux mobiles ? Une\ndécouverte et toutes ses conséquences n'est-elle pas tou-\njours dans la logique des choses ? N avons-nous pas vu que\nla décoration répondait d'abord à des buts précis et que"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6073, "texte": "ce n'était pas tant la décoration, mais l'émotion qui était\nprimitive? Allons-nous nier que le besoin de force étant\nremplacé par le besoin de valeur, ensuite, par le besoin\nde qualité, de nouvelles causes ne produisent d'autres\neffets et que l'émotion primitive s'affinant par la jouis-\nsance, puis dans la sécurité, ne s'exprimât d'une autre\nfaçon? Ce serait nier l'avenir. Mais la vie est plus tenace\net plus forte que tout ce qui s'accroche au passé mort.\nLes promesses sont toujours plus séduisantes que les sou-\nvenirs. Les générations défuntes se sont toujours effor-\ncées en vain de promulguer des lois éternelles; les suivan-\ntes ont toujours trouvé autre chose et mieux.\nCette autre chose et ce mieux, ce n'est pas l'absence\nd'une décoration rejetée comme des oripeaux désormais\nridicules. On n'élimine jamais entièrement ce qu'on a dans\nle sang. On peut refouler temporairement certaines cho-\nses et on assiste alors à d'étranges phénomènes. C'est ce\nque plusieurs ont tenté de faire en architecture et dans le\nmobilier dont ils semblaient avoir exclu, non seulement\ntoute décoration (ce qui est actuellement normal), mais\ntoute émotion, pour ne retenir que des lois physiques et\nmécaniques semblait-il. Or ceux-là ne tardent pas à trans-\nformer tout en machines, sans s'apercevoir qu'ainsi fai-\nsant, d'interprétation en ajoute, ils décorent d'une façon\ninattendue et souvent fatigante.\nNon, ce mieux qui distingue la qualité n'est qu'une aug-\nmentaiton de rendement qui résulte de l'apparence de\ncette qualité. Seulement ceci n'est pas possible sans for-\nmules et il faut du temps pour les trouver. Cela explique\npourquoi il a fallu à l'art moderne qui veut être le langage\némotif, quoique précis, de la vie et des idées modernes,\nplusieurs décades pour trouver quelques règles de base.\nIl en faudra d'autres pour étendre le vocabulaire, d'autres\nencore pour trouver une grammaire de la décoration\nmoderne.\nLorsqu'on parle de décoration, d'art, on enferme toutes\nles mystiques successives que ces choses ont engendrées\ndans le mot beauté. Ce mot est vague, peut-être, mais il\ndésigne tout ce que j'entendais tout à l'heure en em-\nployant les expressions : force, valeur, qualité. Il contient\ndonc un sens réel qu'il s'agit d'atteindre. Or, l'ornement\nornant est périmé, de même que la décoration dite artis-\ntique. Il y eut jadis une idée de beauté que l'on espérait\nexprimer par ces truchements. Seulement cette idée n'est\nplus la même. Pourquoi? Et qu'est-elle devenue?\nD'abord l'esprit pratique joua le premier rôle. Cela veut\ndire : applications scientifiques, gain de temps, rareté et\ncherté de la main-d'œuvre, enfin hygiène et sport, ce\nqui est également de l'économie et du sens pratique. Car\nlutter contre la maladie, ménager sa santé et durcir ses\nmuscles est aujourd'hui aussi important que gagner de\nl'argent et y contribue pour beaucoup. De tout cela est\nnée une beauté dont on a raison de dire qu'elle est plus\ngrecque. Or le public sent une beauté nouvelle.\nEn effet, quels sont les spectacles qui connaissent la\ngrande cohue? Les spectacles sportifs, les fêtes de l'au-\ndace. L'inconnu qui déplie son journal, ouvre un périodi-\nque illustré, que regarde-t-il, attentivement, avant de\ns'attaquer à l'article de fonds? Les images, dont les huit\ndixièmes représentent des athlètes, hommes et femmes,\ndes prix de beauté, de nouveaux engins. Comment sont-\nils, les athlètes? Nus ou presque, avec de grands sourires\nheureux, le chiffre d'un club sur le torse. On se retourne\nde moins en moins au passage d'une toilette, mais on suit\nde l'œil un rustre s'il est beau gars. On observe plus sou-\nvent les mouvements et la démarche d'une femme que la\nfigure ou le chapeau s'ils ne sont ridicules. Quelles sont les\npremières constatations de l'étranger dans une grande\nville moderne, ce par quoi il sent qu'il est ou n'est pas\ndans le monde civilisé? L'organisation de la circulation,\nl'exactitude, la rapidité, le confort des services publics, la\npropreté des rues, les mouvements de la foules aux diver-\nses heures de la journée, son comportement sur le trot-\ntoir, en tramway, au restaurant. Tout cela n'est pas de\nl'art, non, mais c'est uno recherche de la qualité. Cette\ncuriosité ne serait-elle pas à l'affût d'une beauté? Nous\nsavons bien que le public ne sent pas tout, qu'il n'est que\nplus ou moins raffiné, mais nous voyons déjà qu'il sent\nautrement que jadis.\nRécapitulons. Points de départ de la décoration primitive :\nattributions magiques aux premières inventions de l'es-\nprit, vaques terreurs d'ordre reliqieux. Points de départ\nd'une décoration artistique : attribution d'une plus-value\nmatérielle, idée de durée et d'accroissement de cette\nplus-value, sélection de plaisirs idéalistes. Points de départ\nd'une décoration moderne : l'homme et l'organisation.\nDe ces conceptions, homme et organisation, peuvent naî-\ntre toutes les émotions que la beauté, ou ce qu'on appe-\nlait de ce nom, a pu susciter jadis, plus quelque chose qui\nest presque comme le commencement d'une religion nou-\nvelle.\nPhysiquement et au repos, l'homme ne paraît pas compli-\nqué. Plastiquement, il peut nous suggérer toutes les joies\npossibles et aussi la douleur. Psychologiquement, il est\nsujet à toutes les réactions jusqu'aux imperceptibles. C'est\nune unité parfaite et elle n'apparaît telle que nue. L'art\nde toutes les époques et de tous les peuples l'a affirmé,\ndepuis la grossière statuette anthropomorphique de l'art\nquaternaire jusqu'au nu impressionniste et expressionniste,\nen passant par le nu idéal de David. Vovez ce corps sans\nornements, sans tatouages, sans amulettes. Voyez cet\nautre. Ce sont deux corps humains et rien en eux n'est de\nmême. L'un est-îl plus harmonieux, plus parfait, plus beau\nque l'autre? C'est parfois difficile à dire, mais ie présume,\nie vois, je sens que l'un est nerveux, l'autre obstiné, que\nl'effort, chez celui-ci. pourrait être puissant, mais de\ncourte durée, que celui-là est capable de résistance et\nd'accomplir ce que l'autre, malqré sa vigueur, ne pourrait.\nIci, les muscles sont longs, fins, à certains endroits se"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.8", "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "devine l'articulation. Les lignes, les plans qui dessinent les\népaules, le cou, la mâchoire inférieure sont symétriques\net se rattrapent naturellement, volontairement. A chaque\nmouvement, des muscles que l'on ne voyait pas, des\nfibres, saillent, aussitôt résorbés. Là, les membres jaillis-\nsent comme des branches noueuses. L'abdomen, comme\nla poitrine, respire. C'est un corps immobile et il y a des\nrondeurs féminines, des pectoraux à la hanche, de l'épaule\nau coude, mais qu'il bouge seulement et c'est de la chair\ndure, de l'anatomie précise sous une peau à peine rosée.\nUne sinuosité dans la ligne du menton contraste avec la\nligne parfaitement horizontale des clavicules. La bouche,\ncelle-ci parfaite, celle-là tout autre et point imparfaite.\nCe nez fait pour respirer quand l'effort serre les mâchoi-\nres, cet autre aux narines vivantes. Des yeux qui voient et\ndes yeux qu'on voit. Ces deux corps vont se mettre en\nmouvement, marcher, courir, sauter, lancer un poids, la\npoitrine va se dilater, les pieds frapper, les bras s'arron-\ndir, se replier, se détendre, les têtes se pencher, se reje-\nter, les yeux autant que les nerfs, les os et le souffle, mesu-\nrer. Nous pourrons dire alors lequel des deux a la plus\nbelle forme et le plus de style.\nNe voyez-vous pas que ce tout est capable de toutes les\narabesques et de tous les imprévus? N'est-ce pas une\nmagnifique et une séduisante leçon?\nEh! voilà le principe de la décoration moderne! On pourra\ntrouver des poncifs qui seraient ce qu'est le maillot de\ncouleur, ou la ceinture, ou l'écusson du club, ou le gant\ndu boxeur. Y ajouter autre chose serait se rapprocher de\nla barbarie. Voyez l'allure d'un sportsman, d'une sports-\nwoman en civil. On les reconnaît entre mille. Ils me font\npenser à certains beaux meubles de s tyle empire dont il\nsuffirait d'arracher les appliques pour en faire de bons\nmeubles modernes.\nLes meubles, les façades et tous les objets dont nous nous\nservons ont également autre chose à nous montrer que les\nmensonges dont on les avait toujours affublés pour cacher\nleur véritable indentité. Leur fonction est de nous plaire,\ncertes, mais en nous servant. Et nous savons enfin que le\nplus sain, le plus normal et le plus loyal sert le mieux et\nque ces qualités n'excitent notre enthousiasme que lors-\nqu'elles sont apparentes, nues. Les objets modernes, eux\naussi peuvent augmenter notre puissance, notre valeur,\nnos plaisirs, plus que tout ce qu'on inventa jamais, mais ils\ndoivent nous laisser l'esprit libre, ne pas nous en imposer,\naugmenter notre prestige en ne diminuant pas notre force\nd'action. Nous voulons voir en eux des serviteurs merveil-\nleusement stylés, mais serviteurs quand-même.\nNous allons de plus en plus préciser le sens des mots :\nsensibilité et décoration modernes.\nVenons-en à l'aspect. J'espère qu'on ne va pas s'imaginer\nqu'il suffira désormais de quatre murs avec des trous pour\nfaire une maison, ni de quelques planches assemblées\npour faire une armoire. Nous ne sommes pas des sauvages"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3082, "texte": "et, si nous l'étions, nous aurions encore plus cle raisons pour\nne pas agir ainsi. Nous savons trop pour que des formes\naussi rudimentaires nous plaisent. Nous venons d'appren-\ndre à voir et apprécier l'homme, apprenons aussi à voir\net apprécier la matière pour ce qu'elle vaut et telle\nqu'elle est. Le marbre ne sera pas plus marbre s'il est\nfouillé, mais s'il n'est que honnêtement, bêtement du mar-\nbre. Le bois n'est pas plus bois s'il est torturé. Le métal\ninutilement ciselé est moins lumineux que s'il joue simple-\nment son rôle de métal. La couleur n'est pas plus belle\nsi elle reproduit imparfaitement les couleurs de la nature\net elle sera plus vivante si elle émane des choses plutôt\nque de la fantaisie du décorateur.\nIl s'agit maintenant, avec ces quelques vérités, d'appro-\ncher d'une beauté.\nLa technique vise à la perfection, donc il s'agit avant tout\nde technique et le technicien est surtout un organisateur.\nIl choisit, dispose, assemble, pour qu'une chose soit, serve,\nagisse. Pour cela il faut qu'il connaisse intimement chaque\nélément, qu'il donne une forme à chaque élément, qu'il\nmette chaque élément à sa place. Cela est vrai pour l'in-\ngénieur, c'est deux fois vrai pour l'architecte et le déco-\nrateur. Car l'un travaille pour quelqu'un et les autres\ns'adressent à quelqu'un. Une locomotive est faite pour\ntraîner un nombre déterminé de tonnes à une vitesse don-\nnée et il suffit qu'elle le fasse. Un siège est fait pour s'as-\nseoir, mais il ne suffit pas d'être assis. Il faut être bien assis\net il n'est pas indifférent que l'on soit assis à table d'une\nautre façon que dans une salle d'attente. Prenons même\nun objet considéré comme uniquement décoratif : un\ntapis. Cela peut être utile : un tapis tient chaud, élimine\nle bruit des pas, absorbe les résonnances, augmente ou\natténue la lumière. Il peut avoir une fonction décorative\ndue en partie à son utilité pratique : donner plus d'inti-\nmité à une pièce, plus de grâce à la démarche, ne disons\npas mettre en valeur mais accuser la présence des meu-\nbles. Seulement, si cet accessoire que l'on foule aux pieds\nusurpe les regards au détriment d'objets d'une qualité\nplus élevée, sa valeur décorative devient contestable.\nA-t-on compris qu'il s'agit de présenter les objets tels\nqu'ils sont par et pour eux-mêmes et pour nous-mêmes?\nLa matière sera aussi naturelle, aussi choisie et aussi visi-\nble que possible. Cette règle ne pourrait souffrir d'ex-\nception que lorsqu'il s'agit de suppléer à un défaut invo-\nlontaire de qualité, par exemple pour protéger de l'air,\nde l'humidité, du soleil, du temps, ou encore, lorsqu'il\ns'agit de prévenir certaines crispations qu'un non-sens\névident provoque en nous. Mais dans ce dernier cas il y\na un manque de psychologie et déjà une faute de techni-\nque. Il est à prévoir, en effet, que des panneaux de chêne\nmassif ne tiendront pas longtemps dans un encadrement\nde bois blanc camouflé en acajou. J'ai déjà vu des assem-\nblages de ce genre. Autre chose serait si un bois blanc\nparfaitement sec était emprisonné et immobilisé par des\nfeuilles de contreplaqué."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.10", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "Qualité, adaptation, rendement de la matière; qualité,\nspécialisation de la main-d'œuvre. Ne cherchons pas\nautre chose pour juger d'une œuvre actuelle. Mais, dira-\nt-on, la personnalité, l'esprit d invention sont donc exclus?\nD'abord, puisqu'il s'agit de servir, la personnalité du client\nacquiert autant d'importance que celle du producteur. Il\nn'est pas défendu à ce dernier de revendiquer des droits,\nau contraire. Le spécialiste devra au besoin imposer des\nconceptions à ceux qui n'y entendent rien et ceux-là\nseraient mal venus de protester au nom d une esthétique\nque l'autre a pour devoir de répudier. Il ferait beau voir\nque le plaideur fasse la leçon à l'avocat, le malade au\nmédecin, le profane au technicien. Le créateur doit mar-\nquer son œuvre de cette empreinte personnelle que\nrévèle tout travail bien fait et qui vaut déjà une signature.\nIl peut vouloir « sa » manière, trouver des utilisations nou-\nvelles, des assemblages inédits de matériaux, inventer,\nmais en tenant toujours compte du personnage, de la col-\nlectivité qu'il veut satisfaire, de l'endroit où son œuvre\nsera mise en valeur. Il lui est enjoint de sensibiliser, de\nfaire vivre tout ce qui sort de ses mains. Pour cela il n y a\nqu'une méthode : étudier minutieusement les proportions,\ndonner à chaque élément une valeur et le condamner si\ncette valeur n'est pas maximum, mais aussi, réduire au\nminimum tout ce qui diminue l'unité, affecte la purete de\nla ligne ou de la forme. Ne rien cacher cependant, ne\nrien truquer, cela conduit à l'ornement postiche. Une\nfeuille de métal est flexible et je la veux rigide. Si je\nm'obstine à cacher les moyens par lesquels j'obtiens une\ntension suffisante pour la rendre rigide, j'accomplis un\nfaux miracle, j'aurai une chose de plus à cacher et je n y\narriverai que par une ajoute inutile. Tandis que la tension\nobtenue par une technique apparente peut donner un\nélément utile de plus, plus de sensibilité et certainement\nune difficulté et un ridicule de moins. Il est permis de\npolir le métal, le bois, la pierre, de leur conserver un état\nprimitif, de marteler le métal, cirer le bois, gratter la\npierre, de colorer le béton avec des oxydes, de faire cra-\nqueler la céramique, de donner mille aspects différents\nau verre, de mettre à profit toutes les découvertes indus-\ntrielles. Mais rien de tout cela ne peut être fait arbitrai-\nrement. Il faut organiser en vue d'obtenir plus de rende-\nment, plus de vie et une émotion plus directe. Il est évi-\ndemment plus facile de s'abandonner à la fantaisie et à\nl'improvisation, mais qu'on ne croie pas pourtant que\nl'imagination va devenir une tare. Il en faut, et beaucoup,\npour transformer une matière informe en un accessoire\nvivant.\nQu'est devenue la décoration issue de la civilisation et\nde la sensibilité modernes? Une chose tellement primor-\ndiale que plus rien ne se conçoit sans elle, tandis qu'anté-\nrieurement la décoration était un luxe. Mais ces deux\nformes de décoration ne se ressemblent pas du tout, car\nil y a là d eux acceptions différentes.\nQu'est devenu l'ornement surajouté? Un aveu d'impuis-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "sance, au moins I aveu d'une faute. N'ai-je pas dit, en par-\nlant de l'ornement primitif, qu'il supplée au manque de\nperfection technique? Cherchez bien, chaque fois qu'il y\na ornement surajouté, et vous découvrirez une fraude ou\nune erreur dans la matière, dans la technique, dans la con-\nception. Parfois cette fraude est d'ordre commercial et\ndolosive avec préméditation. Par exemple, la reproduc-\ntion en grande série d'un objet de métal, cuillère, four-\nchette, entrée de serrure, ne coûtera pas plus cher s'il est\ncouvert d'ornements qui en détruisent la forme, en res-\ntreignent l'utilité, le rendent plus vulnérable, sans\ncompter que la qualité, moins visible, du métal pourra\nêtre inférieure. Mais on le vendra plus cher.\nIl y a encore des artistes très consciencieux et presque\nconvaincus de tout ce que je viens de dire, s'intitulant\nmodernes et l'étant par certains côtés, qui semblent orner\nmalgré eux, par une sorte de crainte superstitieuse que\nj'appelai autrefois la phobie du vide. C'est la persistance\ncle l'ornement magique des décorateurs primitifs. Cette\ndécoration-là qu'elle soit naturaliste, stylisée, linéaire\nou cubiste et la sensibilité moderne, finiront par s'ex-\nclure.\nNous n'en sommes pas encore là. Constatons-le sans\namertume. Les plus forts et les plus nouveaux, sachant\npourtant que l'esthétique formelle sera un jour la seule\npossible, montrent parfois des défaillances qu'ils s'effor-\ncent de justifier par des raisons autres que sentimentales.\nSouvent ils font valoir des exemples pris dans la nature ou\nune analogie avec les travaux d'ingénieurs et géné-\nralement leurs explications paraissent plausibles. Cepen-\ndant, pour notre résistance à la nature et notre contente-\nment, nous n'avons à tenir compte que des lois dont nous\nlui arrachons le secret, du calcul que nous avons inventé\nsans son concours, quoiqu'il soit sa force la plus formida-\nble. L'exemple de la nature doit être retenu, mais ne la\nprenons pas pour modèle en voulant créer une beauté\nhumaine. La nature est plus puissante que nous qui n'en\nsommes qu'une manifestation sans doute parasitaire, mais\nelle ne peut être pour nous ni plus belle ni plus laide. Elle\nexiste, elle est ce qu'elle est, mystérieuse et coordonnée.\nElle a sa logique qui nous écrase et nous avons la nôtre\npour la faire servir à nos fins. Elle est comme nous la\nvoyons, comme chacun de nous la voit. Elle est surtout ce\nque nous en faisons. Une comparaison avec les travaux\nd'ingénieur n'a pas plus de valeur. L'ingénieur fait exé-\ncuter des travaux destinés à entretenir, faciliter la vie et\nl'intensifier. Il est à l'avant-garde dans la lutte contre la\nnature. C'est beaucoup et c'est fort. Le décorateur nous"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.11", "debut_caractere": 2705, "fin_caractere_exclue": 3203, "texte": "A) Bel exemple par l'absurde. Supprimez les ailes, c'est une basilique. Supprimez le dôme, c'est peut-être un musée. Serait-ce un grand\nmagasin ?\nB) Exemple de ce que peuvenf devenir certaines lignes décoratives en honneur vers 1905.\nC) L'ornement, ici, semble chercher une justification. Il résiste avec un fanatisme quasi religieux d'où cet aspect théosophique.\nD) Minimum de sensibilité, peu d'imagination, audace primaire du volume et du nombre résultat : sécheresse, malgré certaines qualités."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2080, "texte": "rend la vie aimable, confortable, nous force à la trouver\nbelle. Il aménage et met en valeur les conquêtes de l'in-\ngénieur. C'est autre chose.\nDonc, me direz-vous, l'ornement est mort, les modernistes\nl'ont tué. Je suis extrémiste, mais que l'on se rappelle\nquelques comparaisons que je fis au cours de cet exposé :\nle gant du boxeur, le monogramme du club. Les objets\ndoivent être vivants. Ils doivent donc avoir un air, un lan-\ngage, représenter quelque chose, enclore une psycholo-\ngie, exister pour nos yeux, nos mains, notre esprit. L'orne-\nment pour l'ornement essaie de suppléer à ces qualités\nlorsqu'elles sont absentes ou pas assez visibles, et pour\ny arriver, il nous détache de l'objet. C'est un style artiste\nqui s'exprime par images, grisant l'auteur, mais fatiguant\nl'amateur. Mais tout langage, me dira-t-on encore, est\nconventionnel. Soit, mais confondre l'expression et l'idée,\nc'est retomber encore une fois dans l'artificiel. Une chose\nest la forme, une autre chose est l'objet, mais ils ne doi-\nvent former qu'un. L'émotion est certainement issue de\nla forme, mais elle doit parler de l'objet. Tout langage\nétant conventionnel il y aura donc certainement un jour\ndes ornements, des poncifs qui finiront par s'imposer, qui\nseront à l'objet ce que le gant est aux boxeurs, c'est-à-\n-dire une épithète.\nEt, lorsqu'un summum sera atteint, on parviendra proba-\nblement à ajouter à la qualité sans la diminuer, à faire ce\nque nous appelons du style. Ajouter quoi? Il est impossi-\nble d'anticiper. Ce sera la volupté nouvelle de l'art\nmoderne que tous s'évertuent à découvrir dès mainte-\nnant. C'est vouloir mettre la charrue devant les bœufs.\nNous ne comprendrions pas encore les émotions, la sen-\nsibilité et la beauté futures si elles s'offraient spontané-\nment à nous. N'essayons pas de les comprendre sans fran-\nchir les étapes nécessaires. La beauté future, issue de l'art\nmoderne, naîtra quand ce sera le moment et à condition\nque l'art d'aujourd'hui, qui traduit les émotions et les aspi-\nrations d'aujourd'hui, devienne d'abord CLASSIQUE.\n\nMaurice CASTEELS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c010", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.4.1", "titre_corps": "La hantise de la machine ou décoration involontaire.", "titre_sommaire": "La hantise de la machine ou décoration involontaire.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 62, "texte": "Fig. 258.\nLa hantise de la machine ou décoration involontaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c011", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "195", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.5", "titre_corps": "Les bassins de natation dans le système récréatif américain", "titre_sommaire": "Les bassins de natation dans le système récréatif américain", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7529, "texte": "Les bassins de natation dans le système\nrécréatif américain\n\n(Voir \"La Cité Xle Année, No 9, Septembre 1933)\nSi les Etats-Unis ont contribué puissamment\nà résoudre de manière scientifique le pro-\nblème sanitaire, hygiénique et technique\ndu bassin de natation, leur mérite ne peut\ncertes pas être limité à cet aspect de la\nquestion. Ce qui est tout aussi remarqua-\nble dans leur intervention en ce domaine,\net sans doute beaucoup moins connu\nc'est la méthode vraiment sociale et urba-\nnistique qu'ils ont sinon inaugurée, au moins\nperfectionnée à un haut degré, mé-\nthode qui suivant laquelle, tout en résol-\nvant pour de nombreuses villes, agglomé-\nrations ou états un point important de l'ac-\ntivité urbanistique : le délassement, ils ont\nincorporé le bassin de natation (ouvert ou\nfermé), la plage et en général les aména-\ngements nautiques au système récréatif\ncohérent appliqué à leurs municipalités.\nSYSTEME RECREATIFS\nC'est, surtout, après 1920 que les villes\nd'U. S. A. ont faît un effort conscient et\nsystématique pour acquérir, ordonner et\nrépartir leurs zones réservées au délasse-\nment. Des enquêtes et des campagnes fu-\nient menées pour émouvoir l'opinion publi-\nque, des statistiques furent dressées pour\nservir aux recherches très précises qui ten-\ndaient à déterminer les bases mêmes du\nproblème l'espace minimum de récréa-\ntion nécessaire à toute ville, la participa-\ntion judicieuse de cette zone, sa subdivi-\nsion suivant les genres de délassement à\nenvisager (parcs et jardins, terrains d'athlé-\ntisme et de jeux, installations sportives di-\nverses, quartiers scolaires, etc.).\nD'éminents spécialistes - G.-B. Ford, J.\nNolen et d'autres vouèrent une grande\npart de leur activité à ces recherches et\naboutirent a des conclusions a la fois ba-\nsées sur l'expérience et dressées dans un\nesprit résolument progressiste.\nC'est ainsi qu'il est à présent admis que\ntoute ville doit pouvoir offrir à sa popula-\ntion une zone récréative, judicieusement\nrépartie, dans la proportion de I acre\n(soit 40,5 ares) par 100 habitants. Trente à\ncinquante pour cent de cette zone seront\naffectés aux jeux et aux sports (« active\nrécréation »), le reste étant aménage en\nparcs, jardins, etc. Enfin la zone « active »\nest elle-même subdivisée afin de pouvoir\nêtre utilisée par les adultes et par les en-\nfants; ceux-ci on en octroie plus de la moi-\ntié.\nQuelques principes d'économie prévoyante\nguident les municipalités dans leur effort\npour accroître le patrimoine récréatif de\nla collectivité : l'acquisition méthodi-\nque de petites parcelles restées libres et\nréparties dans les divers quartiers de l'ag-\nglomération, parcelles susceptibles d'être\naisément aménagées en terrains de récréa-\ntion; l'achat de lots plus étendus, même\ns'ils sont moins aisément utilisables pour la\ngénération présente, mais qui peuvent\nprovisoirement être convertis en espaces\nplantés; enfin l'acquisition de vastes\nzones vertes, sises au-dela des quartiers\nbâtis et par conséquent peu touchés en-\ncore par la spéculation immobilière. En\ngénéral ces diverses opérations ont pour\nobjet des terrains peu favorables à la con-\nstruction et la voirie.\nUn tel mouvement conscient, appuyé par\ndes chiffres, des enquêtes et des statisti-\nques, embrassant la grande majorité des\nmunicipalités d'U. S. A., n'a pas manqué\nde donner des résultats déjà impression-\nnants, comme le montre l'aperçu suivant :\nEn 1929, 872 villes possèdent un système\nrécréatif nettement établi et fonctionnant\nnormalement; le total des aménage-\nments se monte à près de 34.000 terrains\npour la « récréation active » seule;\ndans ce chiffre sont compris 937 bassins de\nnatation et 353 plages. En 1930, 980 muni-\ncipalités informent la « National Récréa-\ntion Association » du capital investi en\naménagement récréatifs : 38 1/2 millions\nde dollars; la crise et le chômage, loin\nd'enrayer ce mouvement, lui furent, au\nmoins au début, favorables puisqu'ils ont\ncréé des conditions avantageuses de dé-\nveloppement (travaux d'extension, réalisa-\ntions nouvelles pour occuper la main-d'œu-\nvre). Notons encore que fin 1930, le nom-\nbre des bassins de natations est monté à\n1.042 et celui des plages à 457; le person-\nnel spécialisé chargé de la surveillance et\ndu fonctionnement dépasse 25.000 person-\nnes.\nEnfin, nous signalerons ce fait assez typi-\nque de quelques préoccupations sociales\nd'Outre-Atlantique : en 1931, une puis-\nsante revue d'intérêt public et de techni-\nque urbaine, « The American City » orga-\nnisait un concours entre les municipalités\ndes divers états pour le classement des\nvilles possédant le système récréatif judi-\ncieux et bien ordonné. Cette compétition\nse subdivisait en deux catégories : les villes\nde plus de 50.000 habitants, et celles de\n50.000 habitants et moins. Reading fut clas-\nsée en tête, pour la première, Laurel pour\nla seconde.\nSi ces données n'intéressent peut-être pas\ndirectement le problème du bassin de\nnatation, elles en situent néanmoins les\néléments urbanîstiques préliminaires et\ntémoignent des initiatives systématiques\nque prennent les municipalités américaines,\nappuyées et guidées par leurs urbanistes.\nAvant de passer à l'examen de quelques\nréalisations dans le domaine du bassin de\nnatation proprement dit, nous donnerons\nci-après quelques indications encore tou-\nchant les plus caractéristiques parmi les\nsystèmes récréatifs d'U. S. A.\n1) L'Etat de New-York possède un système\nrécréatif considérable réparti sur un grand\nnombre de villes, dont les principales après\nla capitale présentent les caractéristiques\nsuivantes :\nPopulation Superficie en\nparcs et jeux\nRochester 317.000 hab. 1.777 acres\nBuffalo 538.000 » 1.218 »\nUti ca 102.000 » 760 »\nAlbany 118.000 » 294 »\nSchenectady 93.000 » 355 »\nBinghamton 72.000 » 296 »\netc.\nCe remarquable ensemble comporte 46\nbassins à ciel ouvert, dont d se trouvent à\nRochester et 3 à Buffalo; chacune de ces\ndeux villes possède en outre 2 plages amé-\nnagées.\nQuant à New-York même son domaine\nrécréatif principal est constitué par cet\nétonnant Jones Beach State Park (Long\nIsland), dont les caractéristiques principales\nsont :\nSuperficie près de 1. 100 acres, situé face\nà l'Atlantique et relié à la terre ferme par\nun vaste promotoire, est réuni au vaste sys-\ntème des 17 parcs et multiples parkways de\nla capitale, système dont l'ensemble atteint\n15.000 acres, comporte une plage déve-\nloppée sur ' milles, une vaste piscine d'eau\nde mer, un port de yachting, station d'au-\ntobus, parking pour 12.000 voitures, un\ncasino pour 10.000 personnes, 2 établisse-\nments de bain et 2 bassins à ciel ouvert,\nl'un pour adultes ( I 00 x 150 ft), l'autre pour\nenfants (50 x 100 ft). En 1930, le nombre\nde personnes ayant utilisé les diverses in-\nstallations du Jones Beach State Park at-\nteint près de 1.400.000 personnes, pour la\nseule période allant de mai à septembre.\n2) Parmi les autres grands centres améri-\ncains possédant un système récréatif or-\ndonné signalons :\nPittsburgh (Pa.) 632.000 habitants et 1.808\nacres de parcs; Minneapolis (Minn.)\n450.000 habitants, totalise près de 5.000\nacres en 135 parcs et terrains répartis sur\n60 milles carrés; Chicago compte attein-\ndre prochainement la moyenne requise de\nI acre par cent habitants, avec la propor-\ntion nécessaire pour I' « active récréation »;\nLos Angeles (Calif.) a annexé à sa pro-\ndigieuse plage naturelle un système inté-\nressant de réserves et d'aménagements\nsportifs; - en fîn Mîlwaukee (Wis.) totalise\nen une cinquantaine de terrains une super-\nficie récréative de près de 175 acres.\n3) Il reste à mentionner quelques petites"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6629, "texte": "villes dont certaines ont fait, dans le do-\nmaine recréatif, un effort surprenant :\nPortland (Ore) compte parvenir à totaliser\n2.000 acres; signalons la tentative de cette\nmunicipalité qui cherche a disposer les\nelements de son système récréatif de ma-\nnière que chaque enfant puisse se trouver\na une distance maximum de 3/8 de mille\nd un centre de jeux; celui-ci sera basé sur\nle standard de 100 pîeds carrés par enfants.\nNo/thampton (Mass.) a 25.000 habitants et\n128 acres de parcs et jeux; Great Fa Ils\n(Mont.) compte 27.000 habitants et 686\nacres de répartis en 28 unités; Garry\n(#nd.) ville industrielle est parvenue à offrir\na sa population £OO acres de parcs et de\njeux; Laurel (Miss.) a 18.000 habitants\net possède un système récréatif admirable-\nment réparti; chaque quartier dispose d'un\ncentre récréatif et l'agglomération a con-\nstruit un stade athlétique et un bassin à ciel\nouvert dans un cadre naturel remarqua-\nble, etc.\nQUELQUES RECENTS BASSINS\nDE NATATION\nLe développement considérable donné,\ndans le système récréatif américain, aux\nbassins de natation (ouverts ou fermés) ap-\nparaîtra a la lecture de ce qui suit : Il y a\nquelque deux ans environ, la Revue « The\nAmerican City » adressa à la plupart des\nmunicipalités américaines de plus de cinq\nmille habitants, un questionnaire relatif aux\nprincipaux caractères des bassins en fonc-\ntionnement. 436 villes répondirent, accu-\nsant un total de 1.334 bassins, dont 504 à\nciel ouvert et 830 fermés. Sur ce chiffre\nglobal plus de 700 bassins relèvent des\nautorités municipales, les autres à l'inspec-\ntion du Département de l'Hygiène,\nVoici, en même temps que les illustrations\nenjointes, quelques détails relatifs à une\nsérie de bassins ouverts, construits au cours\nde ces trois dernières années aux Etats-\nUnis :\nI) South Park, Allegheny County (Pa.). Ce\nbassin fut construit et est dirigé par le\nBureau Municipal des Parcs; il est situé\ndans un attrayant cadre naturel. La super-\nficie totale de la nappe d'eau est d'envi-\nron 100 x 250 mètres, répartie en quatre\nbassins de profondeur graduée : le premier\nservant aux exhibitions, va de 4 à 10 pieds,\net mesure environ 38 x 55 m.; un dispositif\nd éclairage sous I eau accuse les profon-\ndeurs. Le second bassin est beaucoup plus\nréduit et moins profond; il est exclusive-\nment reserve aux enfants, entièrement\nisolé des autres et muni de dispositifs de\nsécurité. Le troisième a 3 pîeds de profon-\ndeur et mesure environ 125 x 52 m., et le\nquatrième 15 x 27 m. avec une profondeur\nde 4 1/2 pieds; c'est le « splashpool » où\nl'on se baigne seulement. L'entrée et la\nsortie des bassins se fait par une batterie\nde douches et un pédiluve. L'installation\nfonctionne même la nuit tombée grâce à\nun système de projecteurs; elle est com-\nplétée par une pîage artificielle de 22 x\n53 m. et un établissement de bains fermés,\npour 3.000 personnes.\n2) Le bassin de Wheaton (III.) mesure\n25 x 40 m. et a coûté 50.000 dollars. Ce\nchiffre comporte tous les détails de l'ins-\ntallation et se répartit comme suit : con-\nstruction 38.500; installation de filtrage\n3.855; équipement des cabines 1.100; linge\net vêtements de bain 1.700; électricité et\nplomberie 3.900; divers détails 1.000.\nL'inspection de l'eau y est rigoureuse; les\nanalyses périodiques sont affichées. Le bas-\nsin, qui n'offre aucune particularité archi-\ntecturale, a connu un succès immédiat,\ngrâce à sa stricte organisation; durant qua-\ntre mois de fonctionnement en 1931, il a\nenregistré 40.200 entrées et a permis à la\nmunicipalité de faire un bénéfice de près\nde 2.500 dollars, qui ont été affectés à\nl'aménagement des environs ainsi qu'à di-\nvers perfectionnements.\n3) Crîstai Pool-Gle Echo Park (Washington).\nL'installation comporte trois bassins, l'un de\n12 x 17 m. pour les exercices de plongeon,\nle second de 30 x 47 m. pour la nage, et le\ntroisième de 5 x 12 m. réservé aux enfants.\nUne plage de sable de 10.000 pieds carrés\nest annexée aux bassins, mais l'accès de\nceux-ci ne se fait que par des batteries de\ndouches de 7 mètres. La disposition du ter-\nrain a permis d'aménager les salles de dés-\nhabillage et l'installation de filtrage en-\ndessous du niveau de l'eau.\n4) River Rouge, Détroit offre à peu près\nles mêmes caractéristiques que le Crystal\nPool, il fut construit par l'Office Municipal\ndes Parcs dans une remarquable zone verte\nde 1.200 acres. Il a coûté 323.623 dollars\ny compris l'établissement de bains fermé y\nattenant.\nLe bassin ouvert se subdivise en 3 piscines\nde 23 x 55 m. environ; le premier a de 3 à\n5 pieds de profondeur, le second de 4 à\n6, le troisième servant aux exhibitions et\nconcours de 4 à 12. La capacité normale\nde l'ensemble est de 2.800 personnes. L'ap-\nprovisionnement d'eau se fait par un bran-\nchement sur les canalisations de la ville;\nson conditionnement est assuré par un re-\nnouvellement, filtrage et stérilisation tou-\ntes les huit heures.\n5) Jacksonville (Fia.). Cette modeste muni-\ncipalité possède un parc exclusivement\nréservé à la récréation, le Lackawanna Play\nPark (365 acres), lequel comprend un ter-\nrain d'athlétisme entouré d'une piste, des\ncourts de tennis et divers jeux, des espaces\néquipés pour les enfants, et enfin un bassin\nà ciel ouvert, surélevé. L'ensemble de la\nconstruction mesure 27 x 50 m.; le bassin\nproprement dit 15 x 35. Au niveau du sol\nse trouvent : entrée, hall d'attente, ves-\ntiaire et divers, salle de déshabillage des\nfemmes (24 cabines groupées autour d'une\nbatterie de 8 douches, salle des casiers,\netc.), salle de déshabillage des hommes\n(280 casiers métalliques et batterie de\n6 douches). Quelques locaux pour clubs et\ntournois sportifs complètent l'aménage-\nment du rez-de-chaussée. Au-dessus de\ncelui-ci se développe le bassin entouré d'un\npromenoir large de 4 mètres. Le bassin est\ndivisé en deux parties, pour adultes et pour\nenfants; ce dernier mesure 13 x 3,5 m.\nenviron. La profondeur va de 3 à 9 pieds.\nLa capacité totale du bassin est de\n210.000 gallons. L'approvisionnement d'eau\nse fait par un puits artésien de 200 m.\nenviron, qui permet de renouveler complè-\ntement le contenu du bassin en 9 1/2 heu-\nres. Un renouvellement ininterrompu d'une\ncapacité de 18.000 gallons, se fait par la\nrigole périphérique. Le bassin est vidé\ndeux fois par semaine et entièrement net-\ntoyé; enfin pour éviter la formation d'al-\ngues une addition de sulfate de cuivre est\npratiquée sur l'eau fraîche (I litre pour\n100.000 gallons). Terminons cet aperçu en\nmentionnant que la construction générale\nest en béton armé, les murs de remplissage\ndu rez-de-chaussée étant en briques. L'em-\nploi du bois a été réduit au minimum, les\nchâssis étant pour la plupart métalliques."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c016", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "200", "page_fin": "200", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.5.1", "titre_corps": "Fig. 263.", "titre_sommaire": "Fig. 263.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.14", "debut_caractere": 6631, "fin_caractere_exclue": 6640, "texte": "Fig. 263."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c017", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "201", "page_fin": "202", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.6", "titre_corps": "Le conditionnement de I'eau de piscines", "titre_sommaire": "Le conditionnement de I'eau de piscines", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7327, "texte": "Le conditionnement\nde I'eau de piscines\n\nLes notes ci-après sont extraites d'articles\nparus dans la revue « Le Bien-Etre », et\ndus aux ingénieurs C. Dejardin (Bruxelles)\net A. de Ley (Paris).\nGENERALITES\nLors de l'établissement d'une piscine, on\ndoit donc envisager avant tout si l'on dis-\npose de l'eau nécessaire :\nI en quantité, 2 en qualité.\nEn quantité; c'est un point indispensable,\ncar il faut que l'eau puisse être renouvelée\nassez fréquemment pour lui conserver tou-\njours une qualité d'utilisation suffisante.\nD'après les résultats des études faites dans\ndifférents pays (et nous devons signaler ici\nles recherches faites par l'Association Amé-\nricaine d'Hygiène, qui a exercé son con-\ntrôle sur 272 piscines) il semble que la\nquantité d'eau à renouveler par jour, soit\nen eau fraîche, soit en eau purifiée, soit en\nun mélange de l'une et de l'autre, ne\npuisse être en tous les cas, inférieure à\n3 111 3 par baigneur et par jour. La quantité\nde l'eau est donc fonction de l'utilisation\nde la piscine.\nLes Américains ont défini ce qu'ils appel-\nlent la capacité de la piscine; d'après eux,\nelle ne doit pas dépasser 20. Cette capa-\ncité est fixée par le nombre de baigneurs\nd'une semaine, pouvant utiliser l'eau de la\npiscine avant son renouvellement complet;\nainsi par exemple, pour une piscine de\n240 m ' pour ne pas dépasser le coefficient\n20, la fréquentation d'une semaine ne\ndevra pas être supérieure à 1.200 bai-\ngneurs.\nToutefois, en pratique, il n'en est rien, ce\nsont là que des indications, et à l'usage,\non devra surtout se baser sur I état sani-\ntaire initial de l'eau.\nEn dehors de cette question de quantité,\nil y a la question de qualité initiale qui est\nprimordiale.\nII ne faut installer des piscines que là où\nl'on est sûr d'avoir une qualité d eau biolo-\ngiquement pure, et réunissant en outre\ntoutes les autres qualités physiques et chi-\nmiques, c'est-à-dire une eau claire, cristal-\nline, douce autant que possible, et qui, si\nelle contient des sels de calcium, renferme\nle moins possible de traces de fer ou de\nmanganèse lesquelles nuisent beaucoup au\nbon entretien de la piscine.\nLa première qualité de l'eau doit être sa\ntransparence; il faut qu'elle soit telle que\ntoute personne submergée puisse être vue\ndu bord. Ceci dépend évidemment des\nconditions de la construction : utilisation\nde revêtements blancs ou très clairs, et\néclairage parfaitement assuré.\nMais en dehors de cette qualité primor-\ndiale de l'eau, il faut assurer pendant l'ex-\nploitation de la piscine, l'entretien de\ncette qualité à l'usage. Il faut donc veiller\nau renouvellement régulier de l'eau; il fau'r\nveiller au nettoyage superficiel dû à l'utili-\nsation par les baigneurs; il faut veiller au\nnettoyage du fond des bassins par suite\ndes dépôts qui peuvent s'y former; il faut\nveiller à une filtration attentive de l'eau\nde réutilisation; et il faut veiller avant tout\nà ce que, par tous moyens, l'eau ne soit\npas contaminée ni salie par des causes\nextérieures.\nCes questions peuvent être parfaitement\nréglementées et faire l'objet de soins spé-\nciaux lors de la conception du bassin lui-\nmême. Ils auront trait, d'une part, à l'intro-\nduction et à l'évacuation de l'eau, d'autre\npart, aux dégorgements superficiels par\névacuation latérale, tout le long du bassin,\net par tous moyens utiles en vue d'empê-\ncher que, soit par les baigneurs, soit par\nles visiteurs, il y ait contamination totale.\nSi toutes ces mesures sont prises, on peut\nenvisager qu'on obtiendra et qu'on main-\ntiendra une qualité d'eau suffisante pour\néviter toutes les contaminations et toutes\nles maladies qui peuvent résulter de bains\npris en commun.\nQuoiqu'il en soit, depuis ces dernières an-\nnées, en dehors de la filtration des eaux,\non a envisagé et on a réalisé des applica-\ntions de purifications des eaux qui sont très\nintéressantes; on utilise le chlore sous\nforme solide, liquide ou gazeuse, on utilise\nles rayons ultra-violets et l'ozone, de façon\nà assurer un état bactériologique de l'eau\nle plus parfait possible.\nEPURATION DES EAUX\nParmi les nombreux procédés employés\njusqu'à présent dans ce but, le traitement\npar le chlore est un des plus répandu. Il\ns'agit de chlore liquide ou de chlore\ngazeux.\nil a cependant l'inconvénient d'imprégner\nl'atmosphère de vapeurs de chlore qui lais-\nsent des traces dans l'établissement de\nbains et s'attachent même au corps des\nbaigneurs.\nCertaines recherches ont permis de réduire\nconsidérablement les effets du chlore en\nexcès, à savoir l'utilisation d'une solution\nde sels d'argent et de cuivre; ces expé-\nriences viennent d'être confirmées par la\npratique.\nOn peut se contenter de 20 à 30 grammes\nde chlore par 50 mètres cubes, alors que\nprécédemment il en fallait de 60 à 90 ceci,\nen employant des appareils chlore-cuivre-\nargent.\nL'hygiène des piscines continue d'ailleurs\nà faire l'objet d'études et de recherches\ntrès approfondies; en Amérique, on donne\ntoujours la préférence au renouvellement\net à la filtration de l'eau, plutôt qu'à sa\nconservation et à des traitements chimi-\nques, mais, en outre, on est extrêmement\nsévère en ce qui concerne la désinfection\ndes usagers des piscines.\nCe sont évidemment là des précautions sur\nlesquelles on ne pourrait être trop strict\nei qu'il faut également conseiller.\nEn Amérique, on s'est attaché au dépis-\ntage des tricophyties des pieds qui\ns'étaient abondamment propagées parmi\nles baigneurs.\nIl résulte de ces recherches que ces mala-\ndies contagieuses sont plus particulière-\nment propagées par les planchers des ca-\nbines. On est donc d'avis de supprimer les\ncaillebotis en bois que l'on ne pouvait d'ail-\nleurs maintenir suffisamment ni propres, ni\nsecs. On supprime également l'usage des\nespadrilles dont on a pû constater la nui-\nsance dans le développement ou dans la\nfréquence de cette infection.\nOn supprime éga'ement les bains de pieds\nqui n'étaient vraisemblablement pas suffi-\nsamment entretenus en état de propreté.\nDans les nouvelles piscines mises en exploi-\ntation à Paris, notamment à la piscine des\nAmiraux qui comporte un bassin de 700\nmètres cubes, heureusement alimenté par\nun puits artésien d'un débit de 1.600 mè-\ntres cubes, ce qui permet la réalimentation\ncontinue, on a utilisé en outre, pour garan-\ntir l'épuration de l'eau, l'emploi du chlore,\nmais en très faible quantité.\nCette piscine a été ouverte avec le plus\ngrand succès. Le bassin mesure 33 mètres\nde longueur sur 10 mètres de large. Les\ndeux étages comportent 123 cabines et\nune trentaine de douches.\nPISCINES D'EAU DE MER\nVoici quelques détails relatifs à la Piscine\ndu Touquet-Paris-Plage, inaugurée en 1931\net comportant, suivant les réalisations de\nMonte-Carlo et de Dinand, un vaste bas-\nsir, d'eau de mer aménagé sur la plage\nmême, entouré de promouvoir, gradins et\ncabines.\nLa prise d'eau de mer est faite à une dis-\ntance de 350 mètres de la piscine, par\npompage à l'aide d'un tuyauterie de\n450 mm. de diamètre.\nLe point de prise d'eau a été fixé par un\npieu en béton qui dépasse la crépine d'as-\npiration.\nL'eau est aspirée de la mer vers la piscine\nà l'aide de deux pompes d'un débit de\n400 mètres cubes.\nComme l'eau de mer n'est pas absolument\npropre, qu'elle peut contenir des quanti-\ntés de sable, d'algues, de petits poissons,\nde coquillages et autres impuretés, toute\nl'eau est refoulée dans deux bassins dé-\ncanteurs de 600 mètres cubes."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4135, "texte": "Dans ces réservoirs, elle laisse déposer par\ngravité la plus grande partie du sable en\nsuspension, ainsi que les autres impuretés.\nMais comme cela ne suffit pas encore, l'eau\npasse ensuite dans un filtre. Elle est donc\nreprise dans les deux réservoirs d'eau brute\npar une pompe qui la foule à la partie\nsupérieure des filtres, lesquels sont compo-\nsés de lits de coke superposés.\nL'eau s'écoule alors directement à la pis-\ncine, mais, ainsi que nous l'avons signalé,\ncette eau étant à une température nor-\nmale d'environ 14 à 15° et que, précisé-\nment, pour l'agrément d'une piscine d'eau\nde mer, il est indispensable de réchauffer\ncette eau pour i'amener à une température\nd environ 20°, on fait circuler l'eau de mer\ndans des boilers où l'eau est portée à la\ndite température par des serpentins de\nvapeur.\nVoilà, dans les grandes lignes, le principe\nde la distribution d'eau à la piscine du\nTouquet-Paris-Plage.\nCertains autres détails extrêmement inté-\nressants concernent la vidange du bassin\npour le nettoyage mensuel, cette vidange\nse fa isant par pompage et refoulement\ndans la tuyauterie d'aspiration.\nGrâce aux soins pris pour la captation de\nl'eau, sa décantation, sa filtration, l'eau\nde la piscine est tout à fait propre, tout\nà fait I impide, seulement un peu souillée\npar les sables volants.\nComme nous l'avons signalé précédem-\nment, les cabines sont pourvues d'eau\ndouce chaude, d'eau douce froide et d'eau\nde mer chaude et froide. L'eau de mer\nfroide est fournie par les filtres. L'eau\ndouce et l'eau de mer passent toutes deux\npar des boilers où elles sont portées à la\ntempérature de 30° pour alimenter les pé-\ndîluves, les douches et les baignoires.\nEn outre, les réchauffeurs d'eau de mer\nportent journellement 400 à 500 mètres\ncubes d'eau à la température de 35°, ce\nqui permet de renouveler journellement\nune partie de l'eau de la piscine, et de lui\nconserver sa qualité d'eau pure et en\nmême temps de maintenir la température\nde l'eau de la piscine à 20°.\nCette eau est distribuée par quatre fon-\ntaines qui se trouvent autour du bassin, ce\nqui est d'un effet architectural très heu-\nreux.\nL'eau souillée est enlevée en partie à la\nsurface par un dégorgeoir qui entoure le\nbassin au niveau du trop plein et par pur-\nges faites au fond du grand bassin.\nOn comprendra que, dans ces conditions,\nétant donné l'importance des quantités\nd'eau à réchauffer, la chaufferie de la pis-\ncine du Touquet constitue une véritable\npetite usine, et de fait, elle comporte\n8 chaudières, capables de un million de\ncalories.\nLa vapeur y est produite à basse pression,\n100 grammes, et sert pour la plus grande\npart à réchauffer de l'eau de mer, une\nautre partie est employée au réchauffage\nde l'eau douce et le complément sert au\nréchauffage de certains locaux, tels que :\nbureaux, restaurant, salle de massage,\nbuanderie, etc., etc. C'est dans la même\nsalle de chauffe que se trouvent disposés\nles appareils échangeurs de température\ndestinés au chauffage de l'eau. Ces appa-\nreils sont munis de régulateurs automati-\nques limitant eux-mêmes la température et\nempêchant de ce fait des accidents.\nUne des difficultés qui se posait pour cette\nchaufferie était d'en conserver la parfaite\npropreté, d'éviter les poussières et les fu-\nmées de charbon qui pourraient nuire au\nsuccès de la piscine; à cet effet, diverses\ncombinaisons se présentaient : soit qu'on\nutilisât les combustibles solides tels le char-\nbon ou le coke, soit qu'on fît usage de\ncombustibles liquides tel le mazout, ou\nencore de combustibles gazeux tel le gaz\nd'éclairage.\nAprès diverses études, les techniciens se\nsont arrêtés à l'utilisation du coke, crai-\ngnant l'insuffisance de l'usine à gaz ac-\ntuelle, craignant d'autre part l'odeur du\nmazout et voulant cependant éviter les\npoussières de charbon. Le coke est certai-\nnement un combustible dont l'emmagasi-\nnage peut se faire très proprement. Le\nchargement, fait au moyen de bennes fer-\nmées, supprime toutes les poussières; et\npour éviter l'inconvénient d'une cheminée\ndisgracieuse, on a eu recours au tirage\nforcé qui refoule les produits de la combus-\ntion dans l'un des deux pylônes servant de\nplongeoir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c018", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "202", "page_fin": "202", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.6.1", "titre_corps": "Fig. 264", "titre_sommaire": "Fig. 264", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.16", "debut_caractere": 5499, "fin_caractere_exclue": 5507, "texte": "Fig. 264"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c019", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "202", "page_fin": "203", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.7", "titre_corps": "Des qualités de I'eau d'un bassin de natation à ciel ouvert", "titre_sommaire": "Des qualités de I'eau d'un bassin de natation à ciel ouvert", "signature_source": "G. MACHIELS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.16", "debut_caractere": 4137, "fin_caractere_exclue": 5497, "texte": "Des qualités de I'eau d'un bassin de natation\nà ciel ouvert\n\nLe climat de la Belgique ne permet d'en-\nvisager l'exploitation d'un bassin de nata-\ntion à ciel ouvert que pendant environ\nquatre à cinq mois sur l'année. Seuls les\nmois de mai, juin, juillet, août, septembre\npeuvent nous inviter à la natation en plein\nair sans trop courir le risque d'être grati-\nfiés d'un bon rhume, si pas d'une bronchite\ntenace.\nLes « sportifs » vont se récrier qu'il n'y a\npas de saison pour le sport qu'un corps\nsain et entraîné supporte aussi bien les\nrigueurs de l'hiver que les températures\ncaniculaires.\nN'avons-nous pas vu ces derniers temps des\népreuves de natation se courir en plein\nhiver ?\nL'exception ne fait tout d'abord pas la\nrègle : Si quelques sportifs robustes peu-\nvent supporter sans broncher, après un\nentraînement encore, les températures les\nplus basses de l'année, il n'en est pas de\nmême pour la plupart des nageurs d'occa-\nsion, qui constituent d'ailleurs la plus grande\npartie de la clientèle des bassins de nata-\ntion.\nEnsuite, si l'on écoute la voix autorisée de\ncertaines sommités médicales, ces perfor-\nmances sportives sont, à rares exceptions\nprès, préjudiciables à la santé.\nIl n'y a donc pas lieu d'envisager l'exploi-\ntation d'un bassin de natation à ciel ouvert\nen dehors des mois déjà cités. A Paris no-\ntamment où le climat peut être com-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7065, "texte": "paré au nôtre un exploitant l'a tellement\nbien compris, qu'il transforme le bassin en\npiste de glace le restant de l'année.\nDe plus, pour qu'un bassin « rende » pen-\ndant ces quelques mois d'exploitation, il y\na lieu de mettre au point différents fac-\nteurs de succès dont les qualités de l'eau\nsont les principales.\nIl faut que I eau d'un bassin ouvert pré-\nsente les mêmes caractères que celle d'un\nbassin couvert moderne.\nLes temps sont révolus où les clients se\ncontentaient de patauger dans une eau\nsaumâtre et glaciale.\nL'aspect de l'eau tout d'abord : elle doit\nêtre limpide, bien transparente.\nElle ne doit ensuite pas dégager d'odeur.\nEnfin, dernier caractère physique, elle doit\navoir une température en rapport avec la\ntempérature extérieure.\nCette variation de température constitue\nla seule différence admise vis-à-vis de l'eau\nd'un bassin couvert.\nL'on sait que pour ce dernier la tempéra-\nture du hall et de l'eau doit pouvoir être\nmaintenue à une constante de 22° pendant\nles mois d'hiver, température reconnue\ncomme présentant le plus de confort pour\nle sport pratiqué. Cette température est\nobtenue grâce aux différents systèmes de\nchauffages employés, corps de chauffe ou\nair chaud pour le local et réchauffeurs pour\nl'eau.\nLa création d'une température ambiante\nfixe n'est évidemment pas possible pour un\nbassin à ciel ouvert. Tout au plus, pourra-\nt-il être mis à l'abri des vents dominants\npar l'heureuse disposition des bâtiments\ndes différents services d'exploitation, par\nun rideau d'arbres ou encore par sa situa-\ntion même au flanc d'un coteau, au fond\nd'un vallonnement. L'on ne pourra donc\nsonger qu'à la mise à température du mi-\nlieu liquide. Et pour éviter des sensations\ndésagréables de froid et chaud à l'entrée\net au sortir de l'eau, sensations qui peuvent\nd'ailleurs occasionner des troubles graves\nà certains organismes réagissant mal, il y a\nlieu de maintenir autant que possible la\ntempérature de l'eau aux environs de la\ntempérature de l'air ambiant, sans pour\ncela descendre en dessous d'une tempéra-\nture minimum de 15°.\nLe bassin à ciel ouvert tout comme le bas-\nsin couvert sera donc pourvu d'une batte-\nrie de chaudières et de réchauffeurs capa-\nbles d'amener et de maintenir l'eau à une\ntempérature déterminée et maximum de\n+ 25°.\nLes caractères physiques : aspect, odeur,\ngoût, sont en corrélation étroite avec les\ncaractères chimiques de l'eau.\nAu point de vue chimique, une eau de\nbassin de natation, doit en ordre principal\nêtre dépourvue de fer ou d'un de ses com-\nposés, et de substances argileuses, substan-\nces qui la rendent trouble et peuvent lui\ndonner un goût désagréable.\nLorsque l'on ne dispose donc pas d'une\nsource, de puits artésiens ou encore d'une\ndistribution de ville fournissant une eau\nparfaitement limpide, inodore, voire sans\nsaveur, il faudra songer à précipiter les\nsubstances chimiques que l'eau tient en\nsuspension et ensuite la filtrer, avant son\nintroduction dans le bassin.\nLes réactifs chimiques employés pour la\nprécipitation des composés du fer sont le\npermanganate de potasse dans certains\ncas assez rares et plus couramment le sul-\nfate d aluminium ou encore l'alun ordinaire.\nCes deux derniers réactifs, sulfate d'alu-\nminium et alun servent également à l'élimi-\nnation des substances argileuses qui se ren-\ncontrent très souvent dans les eaux de sur-\nface.\nLa précipitation de ces substances exige\nleur dépôt ou décantation dans des réser-\nvoirs appropriés avant la filtration. Quant\nà la filtration, si disposant d'une eau pré-\nsentant les caractères physiques et chimi-\nques convenant à un bassin, elle est de\ntoute façon l'opération nécessaire à la con-\nservation de ces propriétés dans l'hypo-\nthèse presque courante du maintien de la\nmême eau dans le bassin pendant plusieurs\nsemaines et même des mois.\nL'équipement d'un bassin de natation mo-\nderne qu il soit à ciel ouvert ou fermé, ne\npeut se concevoir sans installation de fil-\ntration. La capacité de filtration, ou le\nnombre de mètres cubes qui traverseront\nles filtres par heure sera fonction de la\ncapacité du bassin lui-même et du nombre\nmaximum de baigneurs pouvant le fréquen-\nter en même temps.\nQuant aux filtres qu'ils soient du type\nouvert ou fermé, ils seront toujours du sys-\ntème filtres rapides, les filtres lents exi-\ngeant de trop grandes surfaces de filtra-\ntion.\nLa substance filtrante sera du sable gros\ngrain, sable du Rhin de préférence ou du\nsilex à arêtes vives.\nUne installation de filtration bien conçue\nfournira une eau parfaitement limpide\nquelle qu'en soit la durée de séjour dans\nle bassin. Par limpidité, nous entendons la\nvisibilité du fond du bassin à 3 mètres de\nprofondeur.\nEnfin, d ernier caractère d'une eau de bas-\nsin de natation : Elle doit être exempte de\ntout germe pathogène dont principale-\nment le bacille typhique et le colibacille\nqui se rencontre surtout dans les eaux de\nsurface.\nLa filtratîon à laquelle l'eau peut être sou-\nmise avant son introduction dans le bassin\nest inopérante au point de vue épuration\nbiologique et ce, par suite de la vitesse\nde filtration. Un résultat ne pourrait être\nobtenu qu'en réduisant à 1/50, voire da-\nvantage, la vitesse de filtration.\nLa filtrat ion ainsi réalisée permettrait la\ncréation d'une membrane, dite biologique,\na la surface des filtres. Cette membrane\ncomposée de bactéries, algues et proto-\nzoaires fermerait le passage aux bactéries.\nMalheureusement, en admettant que le\nbassin puisse se remplir en un temps con-\nsidérable du fait de la réduction de la\nvitesse de filtration, et que tous les ger-\nmes nocifs soient ainsi éliminés, une fois\nrempli et mis en exploitation, de nouveaux\ngermes pathogènes issus des baigneurs\nmêmes rendraient l'eau dangereuse en peu\nde temps.\nConclusion : De toute façon un pro-\ncédé de stérilisation de l'eau s'impose.\nDifférents procédés ont été mis en prati-\nque. N'en retenons qu'un seul : le plus\nsimple, le moins coûteux, si pas le plus effi-\ncace.\nLa méthode de stérilisation par un des com-\nposes du chlore : chlorure de chaux ou eau\nde Javel et encore un nouveau produit\négalement un composé morganique du\nchlore : « Caporit ».\nQuelques grammes de chlorure de chaux,\nquelques litres d'eau de Javel introduits\njournellement dans l'eau du bassin, soit di-\nrectement soit dans le circuit de filtration,\nsuffisent pour rendre l'eau parfaitement\ninoffensive. Le dosage tiendra évidemment\ncompte du degré de pollution de l'eau,\nlui-même fonction du nombre de baigneurs.\nNous avons ainsi succintement examiné les\nqualités principales que doit présenter l'eau\nd'un bassin de natation en plein air.\nL exploitant qui a mis tout en oeuvre pour\nsatisfaire à ce point de vue sa clientèle, ne\nnégligera pas, au moyen d'avis placés bien\nen vue, de faire connaître les sacrifices\nconsentis en vue du bien-être de la santé\net de l'hygiène.\nEn compensation, il pourra et devra exiger\ndes bai gneurs : La douche préalable au\nbain ainsi que l'emploi des toilettes avant\nd'entrer dans l'eau.\nCes exigences ne rendront que plus opé-\nrants les moyens prophylactiques auxquels\nl'eau est soumise.\n\nG. MACHIELS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaac-1934-12-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaac_1934-12_01#c020", "volume": "bmtnaac_1934-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "204", "page_fin": "204", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.2.8", "titre_corps": "TABLE DES MATIERES 1934 (12e Année)", "titre_sommaire": "TABLE DES MATIERES 1934 (12e Année)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "TABLE DES MATIERES 1934 (12e Année)\n\nN 1 JANVIER\nVilla du Professeur A. Fauville; architecte : Joss\nFranssen .\n1\nLa stabilité des constructions sous la poussée du\nvent, par l'architecte E. Barbieux\n10\nUne conférence de Le Corbusier au Congrès\nInternational d'Architecture Moderne d'Athènes\net les quinze propositions de la C. 1. A. M. . .\n1 1\nEchos et informations. Revue des revues. Biblio-\ngraphie\n14\nN 2 FEVRIER\nConcours 1. N. R. : Projet des architectes Van\nNueten et Keym\n17\nInsonorité, par l'ingénieur A. Valleys\n30\nEchos et informations. Revue des revues. Biblio-\ngraphie\n35\nN° 3 MARS\nConcours Van de Ven 1933\n37\nL'activité de la S. B. U. A. M\n41\nConférence sur la rationalisation, par l'architecte\nS. B. U. A. M. L.-H. de Koninck\n43\nLes conduites de fumée et les gaines de ventila-\ntion dans les immeubles à étages multiples, par\nA. Nyst, architecte-ingénieur .......\n47\nConférences. Comptes rendus\n52\nN° 4 AVRIL\nMusées\n53\nEtude théorique d'une pinacothèque, par l'archi-\ntecte P. Fitsch\n55\nConférences .\n67\nRevue des revues\n67\nN° 5 MAI\nRichard J. Neutra, par J. F\n69\n\" Rush City Reformed \", par R. J. Neutra . . .\n71\nLa loi du revêtement, par A. Loos. .....\n83\nRevue des revues .\n84\nN° 6 JUIN\nLes ressources de la méthode expérimentale\nappliquée aux constructions, par M. F. Campus,\nprofesseur à l'Université de Liège\n85\nBétons de parement\n97\nTrois Maisons Minimum en Béton\n98\nLa Bibliothèque Albertine, par P. J. J. Verbrug-\ngen, architecte\n100\nN° 7 JUILLET\nLe Grand Palais Central de l'Exposition; archi-\ntecte : J. Van Neck\n101\nLe Pavillon de la Collectivité du Bâtiment, orga-\nnisé par la S. B. U. A. M\n105\n\nQuelques habitations réalisées par l'architecte\nVictor Bourgeois\n107\nLa Fédération Royale des Sociétés d'Architectes\nBelges, par S. France, architecte S. B. U. A. M.\n1 13\nCour d'Appel de Gand. Jugement\n115\nRevue des revues\n1 16\nN° 8 AOUT\nDocteur H.-P. Berlage, architecte\n117\nLes Congrès d'Architecture Moderne ....\n118\nDeux œuvres des architectes J. et M. Van Krie-\nkinge\n127\nInformations\n132\nN 9 SEPTEMBRE\nL'expression architecturale et urbanistique de\nl'éducation préscolaire dans les grandes agglomé-\nrations, par M. de Sturler\n133\nEnquête ouverte par \" La Cité \" sur les nécessi-\ntés d'adaptation des bâtiments scolaires aux mé-\nthodes pédagogiques nouvelles. Exposé de ces\nméthodes et des nécessités constructives et urba-\nnistiques qui en découlent\n139\nUne école primaire avec section Froebel, par Ch.\nVan Nueten, architecte S. B. U. A. M\n143\nInformations. Revue des revues\n148\nN° 10 OCTOBRE\nLe Canal Albert et l'Urbanisation Nationale et\nCampinienne dans l'Economie Belge, par J. F.\nHoeben, architecte-urbaniste S. B. U. A. M.\n149\nN 11 NOVEMBRE\nGroupe de 3 maisons; réalisation de l'architecte\nCh. Colassin, S. B. U. A. M\n173\nApplications du contrôle automatique électrique\naux installations de chauffage central à eau\nchaude\n177\nL'Esprit créatif de la Crise, conférence donnée à\nla Maison d'Art par Erich Mendelsohn ....\n178\nLe Musée de Nancy, architecte André Lurçat .\n180\nLes Congrès Internationaux d'Architecture Mo-\nderne (suite)\n182\nInformations\n188\nN° 12 DECEMBRE\nProgramme 1935\n189\nUne œuvre de l'architecte Stevens, S. B. U. A. M.\n190\nCivilisation moderne et Sensibilité, par M.Casteels\n191\nLes bassins de natation dans le système récréatif\naméricain\n199\nLe conditionnement de l'eau de piscines, par C.\nDejardin et A. de Ley . .\n201\nDes qualités de l'eau d'un bassin de natation à ciel\nouvert, par G. 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Fauville; architecte : Joss\nFranssen .\n1\nLa stabilité des constructions sous la poussée du\nvent, par l'architecte E. Barbieux\n10\nUne conférence de Le Corbusier au Congrès\nInternational d'Architecture Moderne d'Athènes\net les quinze propositions de la C. 1. A. M. . .\n1 1\nEchos et informations. Revue des revues. Biblio-\ngraphie\n14\nN 2 FEVRIER\nConcours 1. N. R. : Projet des architectes Van\nNueten et Keym\n17\nInsonorité, par l'ingénieur A. Valleys\n30\nEchos et informations. Revue des revues. Biblio-\ngraphie\n35\nN° 3 MARS\nConcours Van de Ven 1933\n37\nL'activité de la S. B. U. A. M\n41\nConférence sur la rationalisation, par l'architecte\nS. B. U. A. M. L.-H. de Koninck\n43\nLes conduites de fumée et les gaines de ventila-\ntion dans les immeubles à étages multiples, par\nA. Nyst, architecte-ingénieur .......\n47\nConférences. Comptes rendus\n52\nN° 4 AVRIL\nMusées\n53\nEtude théorique d'une pinacothèque, par l'archi-\ntecte P. Fitsch\n55\nConférences .\n67\nRevue des revues\n67\nN° 5 MAI\nRichard J. Neutra, par J. F\n69\n\" Rush City Reformed \", par R. J. Neutra . . .\n71\nLa loi du revêtement, par A. Loos. .....\n83\nRevue des revues .\n84\nN° 6 JUIN\nLes ressources de la méthode expérimentale\nappliquée aux constructions, par M. F. Campus,\nprofesseur à l'Université de Liège\n85\nBétons de parement\n97\nTrois Maisons Minimum en Béton\n98\nLa Bibliothèque Albertine, par P. J. J. Verbrug-\ngen, architecte\n100\nN° 7 JUILLET\nLe Grand Palais Central de l'Exposition; archi-\ntecte : J. Van Neck\n101\nLe Pavillon de la Collectivité du Bâtiment, orga-\nnisé par la S. B. U. A. 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Casteels.\nLes bassins de natation dans le système récréatif\naméricain.\nLe conditionnement de l'eau de piscines.\nDes qualités de l'eau d'un bassin de natation à ciel\nouvert."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.2", "texte": "1 Jt jmm mmREVUE MENSUELLE BELGE D'ARCHITECTURE ET D'URBANISME\nV 9 I BU comprenant la Revue d'information technique parue jusqu'ici sous le titre'Tekhné'\nSOCIÉTÉ COOP RATIVE Orqane de la Société Belge des Urbanistes et Architectes Modernistes\nXIIe ANNEE\n79, RUE DE LA CROIX-DE-FER COMITE DE REDACTION :\nBRUXELLES Chefs de rubrique\nTéléphone : 11.18.33\nL. FRANÇOIS, Architecte\nAdministrateur-Directeur : RRANSSEN, Architecte\nA. CORNUT, Architecte C. VAN NUETEN, Architecte\nR. VERWILGHEN, Ing. urbaniste\nCONSEIL D'ADMINISTRATION :\nA. CORNUT, Architecte REDACTION :\nG. FRANCE, Architecte V. BOURGEOIS, Architecte\nJ. HOEBEN, Architecte L.H DE KONINCK, Architecte\nP. VERBRUGGEN, Architecte r cvccci IM/~1/ A L-I\nR. VERWILGHEN. Ing. c. c. S\" EYSSELINCK. Arch.tecte\nH. HOSTE, Architecte\nREDACTEUR EN CHEF : J. MOUTSCHEN, Architecte\nR. VANDERBORGHT, Architecte ABONNEMENT : A< NYST, Ingénieur-Architecte\nBelgique : 50 francs\nEDITION : Etranger • 70 francs SECRETARIAT :\nn J» L*A I »«i /■>•!/ H . /v uaiiui\nRevue a architecture La Gîte ~ . . . % n i i r* • i r -ro\nSoc. Coop (14 belgas) Rue de la Croix-de-her, 79\nCompte Chèque Postai . N 1204 Le bureau de la Revue est ouvert tous les jours de 2h.à 6 h.\n(samedis et dimanches exceptes).\nI IDD AIDIEZ rv , • le Les rédacteurs et collaborateurs sont seuls responsables\nLlbKAlKlb I Uietrich oc leurs articles. Il sera rendu compte dans la revue\nRue du Musée, 10, Bruxelles de tout ouvra9e dont un exemplaire lui sera envoyé\n— ,\n\nEd. FRANÇOIS & FILS\n/\nENTREPRISES GÉNÉRALES\n43, RUE DU CORNET, BRUXELLES\nPrinted in Belgium,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.3", "texte": "LA CITÉ. XIIe Année.\nN°l2. Décemb.l934\n\nPROGRAMME DE LA REVUE POUR L'ANNEE 1935\nCe numéro de \" La Cité \" termine l'année 1934 et aussi le volume XII.\nUn simple coup d'œil sur la table des matières donne un aperçu de la diversité des\nsujets traités.\nSi l'architecture moderne, dont \"La Cité \" a toujours défendu les principes, a été\ndignement représentée, l'urbanisme et la technique ont eux aussi trouvé la place qui\nleur revenait.\nCette ligne de conduite, \"La Cité\" compte la poursuivre au cours de l'année 1935\nen y ajoutant des sujets d'actualité dont l'Exposition Internationale de Bruxelles fournira\nun des éléments les moins négligeables.\nSi l'on examine le programme des numéros dès à présent en préparation, on note en ce\nqui concerne l'architecture, un numéro consacré aux monuments, tant en Belgique qu'à\nl'étranger. Ce numéro étudiera le point de vue urbanistique autant que celui de I aspect\net montrera par des exemples judicieusement choisis ce qu'auraient pu être les nom-\nbreuses réalisations faites depuis l'Armistice et dont pour la plupart le pays n'a pas à\nê+re fier.\nUn autre numéro étudiera le problème de l'immeuble à appartements en ce qui con-\ncerne particulièrement la technique de l'ossature, du chauffage, de la ventilation, de\nl'isolation thermique et acoustique.\nLa maison de 100.000 francs qui reste en Belgique le logement de la masse, fera\nl'objet d'un numéro qui montrera que les sociétés de construction ne sont pas armées\npour solutionner le problème. L'architecte qui tient compte du programme de son client\nréalisera dans ce domaine le plan économique et personnel que chaque cas requiert.\nLa bibliothèque est à l'ordre du jour. Quelques emplacements aussi fantaisistes les uns\nque les autres ont déjà été proposés. Le problème doit être vu dans son ensemble et\nune étude comparative de ce qui s'est fait de mieux à l'étranger donnera à ce numéro\nun intérêt que nul ne contestera.\nL'urbanisme en fonction du chômage, encore une étude d'actualité qui sera detendue\npar les meilleurs spécialistes en la matière.\nL'Exposition fournira a elle seule quelques articles d'où la critique ne sera certainement\npas exclue. . , ~\nSignalons encore des numéros parlant de l'architecture internationale, de I enseigne-\nment, des groupements corporatifs, du diplôme même puisque tout espoir n est pas\nencore perdu. L'année qui s'ouvre verra peut-être l'aboutissement des efforts inces-\nsants de tous ceux qui ont à cœur de faire de l'architecte celui qui seul est qualitie\npour résoudre les problèmes sans cesse plus ardus de l'art de construire et de dresser\ndes plans. x ,\nNous réservons la fin de cet exposé à une question un peu spéciale et dont personne\nn'a sous-estimé l'intérêt. Le Service de Tablettes Documentaires de La Cite , cree\nau début de 1934 a rencontré dans tous les milieux du bâtiment un accueil enthousiaste\net les encouragements qui nous sont parvenus de toutes parts permettent les espoirs\nles plus justifiés. Il serait trop long de reprendre ici l'exposé des buts de cette docu-\nmentation. Nos lecteurs trouveront dans un numéro de \"La Cité le compte rendu\ncomplet du mécanisme du classement décimal universel, qui est la clef de ce système\nde fiches documentaires.\nPour terminer, nous faisons un appel à tous pour que la revue progresse dans a voie\nqu'elle s'est tracée. La collaboration est nécessaire pour donner à notre revue d archi-\ntecture et d'urbanisme la place qu'elle mérite et nous sommes convaincus qu avec les\nsuggestions de nos lecteurs et l'aide de notre actif comité de rédaction, il sera possi-\nBle de nous affirmer définitivement.\nLA DIRECTION."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.4", "texte": "Fig. 255\n\nFig. 256.\nImmeuble\nà Gand.\n\nPAUL STEVENS\nA. N.\n\nFait ses études à l'Académie des Beaux-\nArts à Gand.\nSuit en 1926 au Palais de Bois à Paris l'en-\nseignement d'Aug. Perret.\nRentré au pays il y construit quelques mai-\nsons, puis, docteur en histoire de l'Art il\ns'intéresse à l'antique maison japonaise\ndont les principes constructifs, poteaux et\ncloisons, et les dimensions standardisées\ndepuis des siècles, lui paraissent devoir\nintéresser l'architecte d'aujourd'hui.\nEn 1929, il obtient du Ministre des Scien-\nces et des Arts, un subside qui l'aide à\npoursuivre ses études sur place.\nAu Japon, il voit les tendances de la jeune\narchitecture respecter la tradition de légè-\nreté et s'opposer au béton dont l'esprit lui\nsemble contre-indiqué dans ce pays sujet\naux tremblements de terre.\nAprès avoir traversé la Corée, il voit l'im-\npériale urbanisation du Palais Pourpre de\nPékin et revient par les Etats-Unis où il fait\nconnaissance, à Los Angeles, de R. Neutra\ndont la Health House et les recherches\nrelatives à l'architecture sociale font un\nfondateur d'école.\nEnfin, soucieux de culture générale, comme\nil sied à tout architecte digne de ce nom,\nil visite l'Europe jusqu'en U. R. S. S. et en\nGrèce ce qui lui permet de se convaincre\nque tout est éternel recommencement et\nque notre architecture moderne procède\ndes principes de logique, de perfection\ntechnique et de pureté d'expression qui\nfurent ceux de l'antiquité.\nDe 1932, date un immeuble de rapport\nconstruit à Gand et dont le rez-de-chaus-\nsée sert de salle d'exposition à un ensem-\nblier : les étages comprennent chacun un\nappartement (fig. 256).\nEn 1933, Stevens construit, sur une colline\nprès de Louvain, devant un vaste horizon,\nune villa sans étage avec terrasse de séjour\net dont I agencement intérieur trahit peut-\nêtre ses affections japonaises : apparte-\nments de nuit et de jour sont entièrement\nséparés, ce dernier ne comportant qu'une\nvaste salle d'angle avec cloisons glissantes\npermettant I isolement de ses extrémités\nréservées aux repas et au travail intellec-\ntuel (fig. 255 et 257).\nTout récemment, P. Stévens fut déclaré\nlauréat du concours organisé par la ville\nde Bruxelles pour la construction d'un café-\nrestaurant, « Au Gros Tilleul ». Le terrain\nétant borné par trois avenues, il eut l'idée\noriginale d'adopter un plan circulaire et\nde placer l'orchestre à mi-hauteur entre\nles niveaux du café, du restaurant et de la\nterrasse-dancing. Nous aurons l'occasion de\nrevenir sur cette construction en voie\nd'exécution.\n\nFig. 257."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.5", "texte": "Civilisation Moderne et Sensibilité\nConférence faite le 16 juin 1934, à Bruxelles, par M. Maurice CASTEELS,\nà l'ouverture de l'Exposition de Livres et Revues d'Architecture, Urba-\nnisme et Art décoratif, organisée par la Maison A. Manteau\n\nMesdames, Messieurs,\nEntendons-nous bien. Lorsque je dis civilisation moderne,\nil s'agît d es formes extérieures de cette civilisation et,\npuisque je me propose de parler d'art décoratif, lorsque\nje dis sensibilité, il s'agit également de l'extériorisation\nde cette sensibilité par le truchement de tout ce qui nous\nentoure.\nCes d eux mots, arts décoratifs, contiennent en effet tout\nce qui fut créé par l'homme pour faciliter, embellir ou\nremplir l'existence.\nN'essayons pas les définitions connues. Aucune, à mon\nsens, n'est valable, car si certaines d'entre elles essaient\nd'expliquer un effet par une cause, aucune d'elles, à ma\nconnaissance, ne recherche la cause de la cause. On me\ndira que tout ceci est bien subtil et n'apprendrait proba-\nblement rien de plus. Voire !\nIl y a un mobile initial, un mobile humain, puisque seul\nl'homme décore. L'être le plus primitif décore tout ce\nqui lui tombe sous la main, y compris son propre corps.\nComment se fait-il que l'on réfléchisse si rarement au\nsujet d'un phénomène aussi important, puisque aussi cons-\ntant. Après la nourriture, le repos, l'appétit sexuel, donc\naprès l'instinct de conservation et, je crois, avant l'esprit\nreligieux, la décoration est le premier souci de l'homme.\nCe ne doit donc pas être aussi puéril que cela. On a cru\nparfois qu'il s'agissait de mobiles sexuels, parce que c'est\ntoujours à cela que l'on pense en premier lieu quand il\ns'agit d'expliquer quelque chose. Il y a parfois de la\nsexualité dans la décoration. Pourtant, ce ne doit pas être\nexclusivement cela, car les animaux, dont les besoins de\ncet ordre valent en intensité les nôtres (je m'excuse), ne\ndécorent pas, ou plutôt, n'inventent jamais une\ndécoration.\nCe verbe inventer m'ouvre une porte. Alors la décoration\nserait une fonction de l'intelligence ! Si nous découvrons\nd'autre part que décoration et vanité (sentiment émi-\nnemment humain) sont des attributs l'une de l'autre, nous\napprochons davantage de la vérité; et il y a vanité lors-\nqu'il y a, conventionnellement, plus-value, promesse de\npuissance. Intelligence, puissance, vanité, ne se trouvent\npas toujours dans le même sac, mais d'où vient la vanité?\nD'une intelligence, d'une puissance réelles ou supposées.\nQue veut la vanité ? S'attribuer l'intelligence, la puis-\nsance, vraies ou illusoires, les rendre ostensibles, Cher-\nchez et vous trouverez que depuis toujours la décoration\na été le principal attribut de la puissance à tous les\ndegrés et dans n'importe quel ordre d'idées. Si l'homme,\nmême primitif, s'est toujours appliqué à inventer des for-\nmes, des lignes, des amalgames, c'est qui! s'est jamais\npris pour une bête, les bëtes fussent-elles déifiées. Le\npremier acte de dignité fut donc l'invention d'un motif\ndécoratif.\nCeux qui me connaissent vont m'assommer avec les ana-\nthèmes contre la décoration que je fus parmi les premiers\nà lancer. Mais patience, je n'ai pas fini.\nL'astuce, faite d'intelligence et de férocité ou d'appé-\ntit est à l'origine de la puissance, mais la puissance\n« arrivée » affecte assez souvent de dédaigner l'intelli-\ngence pour ne plus se prévaloir que de la force. La puis-\nsance physique de l'homme, sa force musculaire, n'est\nque relative, si on n'y joint cette astuce qui, plus tard,\nhumanisée, et socialement disciplinée, sera l'intelligence\npratique. Elle fait de ce concept « force » une réalité\nredoutable. L'astuce n'ajoute pas à la force, ne la crée\npas. Elle l'adapte, la contrôle, la guide, l'amplifie. Elle la\nsuggère et diminue ainsi les résistances. Et la décoration\nest la première méthode de suggestion.\nDémontrons. Le premier capital individuel de l'homme\nest une arme : un bâton, une pierre. Dès ce moment, celui\nqui possède jouit d'un ascendant. Quel sera le souci de\ncet homme? Donner une plus-value à sa propriété pour\naugmenter sa puissance, c'est-à-dire perfectionner son\narme. Or, nous voyons, en visitant des collections préhis-\ntoriques et des musées ethniques, que la suprême perfec-\ntion est bientôt et remarquablement atteinte, en tenant\névidemment compte des ressources de l'habitat, de la\ndensité de la population, des frontières naturelles qui\nempêchent ou favorisent de nouveaux apports de ma-\ntières premières : bois durs, corne, silex, cuivre, étain,\nfer. Mais remarquez aussi qu'avant même que la perfec-\ntion soit atteinte la décoration y a suppléé. Est-il meilleure"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.6", "texte": "preuve de la vertu suggestive de la décoration? Et les\nconséquences analogiques ne sont-elles pas poussées le\nplus loin possible, sur les parois des cavernes, sur les\nobjets les plus divers où la décoration devient souvent\nformule incantatoire ? Faut-il rappeler la terreur qu'inspi-\nrent les sorciers africains. L'effrayant chef-d'œuvre de\ndécoration qu'est leur costume ainsi que les décors de\nleurs cabanes. Si la décoration est la première lueur d'in-\ntelligence, elle est aussi le premier signe d'autorité. C'est\nle premier « truc » psychologique. Elle suggère et engen-\ndre la puissance. Par la suite elle en devient l'attribut,\nqu'il s'agisse d'un os gravé, du palais de Versailles ou des\nparades d'une armée moderne.\nJe crois que l'humanité devient meilleure, parce qu'au\nfur et à mesure que son capital réel ou illusoire s'ac-\ncroît elle devient plus pratique. On est déjà relativement\nplus honnête par bon sens que par la crainte; on devien-\ndra peut-être bon par intérêt. Ce capital qui avait pour\npoint de départ le besoin de force s'est accru ensuite par\nla valeur. Cela nous semble tellement naturel que nous ne\nnous rendons pas compte qu'il y a plusieurs dizaines de\nsiècles entre ces deux conceptions. L'ère de la valeur est\ncelle que nous connaissons le mieux, c'est l'ère historique.\nAu cours de cette période déjà longue la décoration\nmagique est devenue art. Il y eut même une dinstinction\nentre décoration et art, mais il est inutile d'en faire état\npour comprendre l'évolution. Comme la décoration pri-\nmitive, l'art, durant cette période, est un complément de\nla puissance. La puissance en est parée, c'est elle qui le\nsuscite et l'entretient. L'art confère parfois encore l'au-\ntorité, mais il n'est plus à lui seul la puissance, car ses\nvertus magiques sont épuisées. L'art inspire le respect,\nl'admiration, l'amour, mais plus la crainte. Plus de décora-\ntion valait d'abord plus de force défensive, offensive et\noppressive. Plus d'art vaut plus de bonheur. On possède\nenfin certaines choses pour posséder, et le plaisir que pro-\ncure cette possession est en raison directe de la valeur\nintrinsèque de l'objet, de son poids, de son volume, de sa\nteneur, du génie de celui qui le conçut, de la patience\net du temps qu il fallut pour l'exécuter. La valeur art est\ndonc une chose réelle et un capital réel qui porte un inté-\nrêt tel que la puissance qui se l'adjuge ne s'accroît plus\nen force, mais en prestige.\nS est-on arrête la ? A la valeur va succéder l'ère de la\nqualité. Il y a des différences plus grandes encore entre\nvaleur et qualité qu'entre force et valeur. Ces différen-\nces sont physiques, techniques et morales. Elles séparent\nmieux les époques qu'une découverte scientifique ou un\névénement politique. Ce n'est pas un ustensile qui change\nd'aspect, une tyrannie qui change de nom; la sensation\nchange et s exprime en un langage que l'on n'aurait pas\ncompris antérieurement.\nForce, valeur, qualité. Il y a dans chacun de ces mots\nquelque chose des deux autres. Que vous preniez cette\ntrilogie par l'un ou l'autre bout, il y a gradation. Gradation\nvers le matériel d'un côté, vers le spirituel de l'autre. Et,\nce qui est fort curieux, c'est que la gradation vers le\nmatériel contient de plus en plus de mystère idéologique\npour aboutir au tabou inexpliqué, tandis que la gradation\nvers le spirituel révèle de plus en plus le rôle prépondé-\nrant de la matière. Mais d'une matière de plus en plus\ndomestiquée, de plus en plus utile à l'homme. Dans\ncette gradation, en commençant par la force, les réac-\ntions de l'esprit et de la matière deviennent de plus en\nplus subtiles, mais aussi de plus en plus précises, contrô-\nlables, exploitables et le bénéfice en est accru\nd'autant. Ce qui était une insidieuse prise de possession\nde pouvoir d'abord, une source de jouissances exception-\nnelles ensuite, devient une étroite adaptation de l'homme\nà la nature, de la nature à l'homme et par l'homme. Il est\ndonc toujours question de puissance et c'est précisément\ncette idée de puissance qui se trouve condensée à divers\ndegrés dans chacun de ces trois termes : force, valeur,\nqualité. Puissance physique suggérée par la décoration en\ny ajoutant une puissance occulte, puissance intellectuelle\nconsacrée par l'art qui y ajoute le prestige, puissance\ntechnique qui est le produit d'une multiplication affecté\nd'un exposant. Force, valeur, qualité. Il y a sélection de\nvertus, gradation en intensité, développement du sens\npratique, aussi bien pour ce qui concerne l'économie\nmatérielle que spirituelle. Il y a progrès.\nQue reste-t-il de la décoration primitive ? A-t-elle dis-\nparu ? Va-t-elle disparaître ? Pas plus que l'homme, pas\nplus que ses passions et ses besoins. Tout ce qui fut\nrhomme, depuis la monade jusqu'au civilisé laisse des\ntraces. Cela forme une accumulation de souvenirs incons-\ncients enfouis comme un trésor secret. C'est un formida-\nble h éritage d'expérience et, en fin de compte, c'est\npeut-être cela I intelligence. A chaque âge, en chaque\ncirconstance et sous chaque latitude, chacun exhume de\nce fonds ce qui est utile et agréable à lui-même et aux\nautres, mais avec une sorte de parcimonie, les souvenirs\nles plus anciens étant les moins exploités et de plus en\nplus cachés dans l'inconscient. L'être qui, par insuffisance\nde volonté ou par défaut d'équilibre nerveux, ne parvient\npas à puiser dans cet arsenal avec discernement et\nmesure, menace de retourner au primitivisme, à l'infanti-\nlisme ou à la brute; il est fou, ou incapable, ou fantasque,\nou, peut-être, s'il dépense tout à la fois, puérilités et\npotentiel récent, un fou de génie.\nQue restera-t-il de la décoration ? Les deux choses pri-\nmordiales : émotion et logique. Dire émotion c'est rallier\ntoutes les opinions. Prononcer le mot logique produit l'ef-\nfet contraire. Pourtant n'est-il pas indiscutable que tout\nce qui fut inventé soit parti de ces deux mobiles ? Une\ndécouverte et toutes ses conséquences n'est-elle pas tou-\njours dans la logique des choses ? N avons-nous pas vu que\nla décoration répondait d'abord à des buts précis et que"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.7", "texte": "ce n'était pas tant la décoration, mais l'émotion qui était\nprimitive? Allons-nous nier que le besoin de force étant\nremplacé par le besoin de valeur, ensuite, par le besoin\nde qualité, de nouvelles causes ne produisent d'autres\neffets et que l'émotion primitive s'affinant par la jouis-\nsance, puis dans la sécurité, ne s'exprimât d'une autre\nfaçon? Ce serait nier l'avenir. Mais la vie est plus tenace\net plus forte que tout ce qui s'accroche au passé mort.\nLes promesses sont toujours plus séduisantes que les sou-\nvenirs. Les générations défuntes se sont toujours effor-\ncées en vain de promulguer des lois éternelles; les suivan-\ntes ont toujours trouvé autre chose et mieux.\nCette autre chose et ce mieux, ce n'est pas l'absence\nd'une décoration rejetée comme des oripeaux désormais\nridicules. On n'élimine jamais entièrement ce qu'on a dans\nle sang. On peut refouler temporairement certaines cho-\nses et on assiste alors à d'étranges phénomènes. C'est ce\nque plusieurs ont tenté de faire en architecture et dans le\nmobilier dont ils semblaient avoir exclu, non seulement\ntoute décoration (ce qui est actuellement normal), mais\ntoute émotion, pour ne retenir que des lois physiques et\nmécaniques semblait-il. Or ceux-là ne tardent pas à trans-\nformer tout en machines, sans s'apercevoir qu'ainsi fai-\nsant, d'interprétation en ajoute, ils décorent d'une façon\ninattendue et souvent fatigante.\nNon, ce mieux qui distingue la qualité n'est qu'une aug-\nmentaiton de rendement qui résulte de l'apparence de\ncette qualité. Seulement ceci n'est pas possible sans for-\nmules et il faut du temps pour les trouver. Cela explique\npourquoi il a fallu à l'art moderne qui veut être le langage\némotif, quoique précis, de la vie et des idées modernes,\nplusieurs décades pour trouver quelques règles de base.\nIl en faudra d'autres pour étendre le vocabulaire, d'autres\nencore pour trouver une grammaire de la décoration\nmoderne.\nLorsqu'on parle de décoration, d'art, on enferme toutes\nles mystiques successives que ces choses ont engendrées\ndans le mot beauté. Ce mot est vague, peut-être, mais il\ndésigne tout ce que j'entendais tout à l'heure en em-\nployant les expressions : force, valeur, qualité. Il contient\ndonc un sens réel qu'il s'agit d'atteindre. Or, l'ornement\nornant est périmé, de même que la décoration dite artis-\ntique. Il y eut jadis une idée de beauté que l'on espérait\nexprimer par ces truchements. Seulement cette idée n'est\nplus la même. Pourquoi? Et qu'est-elle devenue?\nD'abord l'esprit pratique joua le premier rôle. Cela veut\ndire : applications scientifiques, gain de temps, rareté et\ncherté de la main-d'œuvre, enfin hygiène et sport, ce\nqui est également de l'économie et du sens pratique. Car\nlutter contre la maladie, ménager sa santé et durcir ses\nmuscles est aujourd'hui aussi important que gagner de\nl'argent et y contribue pour beaucoup. De tout cela est\nnée une beauté dont on a raison de dire qu'elle est plus\ngrecque. Or le public sent une beauté nouvelle.\nEn effet, quels sont les spectacles qui connaissent la\ngrande cohue? Les spectacles sportifs, les fêtes de l'au-\ndace. L'inconnu qui déplie son journal, ouvre un périodi-\nque illustré, que regarde-t-il, attentivement, avant de\ns'attaquer à l'article de fonds? Les images, dont les huit\ndixièmes représentent des athlètes, hommes et femmes,\ndes prix de beauté, de nouveaux engins. Comment sont-\nils, les athlètes? Nus ou presque, avec de grands sourires\nheureux, le chiffre d'un club sur le torse. On se retourne\nde moins en moins au passage d'une toilette, mais on suit\nde l'œil un rustre s'il est beau gars. On observe plus sou-\nvent les mouvements et la démarche d'une femme que la\nfigure ou le chapeau s'ils ne sont ridicules. Quelles sont les\npremières constatations de l'étranger dans une grande\nville moderne, ce par quoi il sent qu'il est ou n'est pas\ndans le monde civilisé? L'organisation de la circulation,\nl'exactitude, la rapidité, le confort des services publics, la\npropreté des rues, les mouvements de la foules aux diver-\nses heures de la journée, son comportement sur le trot-\ntoir, en tramway, au restaurant. Tout cela n'est pas de\nl'art, non, mais c'est uno recherche de la qualité. Cette\ncuriosité ne serait-elle pas à l'affût d'une beauté? Nous\nsavons bien que le public ne sent pas tout, qu'il n'est que\nplus ou moins raffiné, mais nous voyons déjà qu'il sent\nautrement que jadis.\nRécapitulons. Points de départ de la décoration primitive :\nattributions magiques aux premières inventions de l'es-\nprit, vaques terreurs d'ordre reliqieux. Points de départ\nd'une décoration artistique : attribution d'une plus-value\nmatérielle, idée de durée et d'accroissement de cette\nplus-value, sélection de plaisirs idéalistes. Points de départ\nd'une décoration moderne : l'homme et l'organisation.\nDe ces conceptions, homme et organisation, peuvent naî-\ntre toutes les émotions que la beauté, ou ce qu'on appe-\nlait de ce nom, a pu susciter jadis, plus quelque chose qui\nest presque comme le commencement d'une religion nou-\nvelle.\nPhysiquement et au repos, l'homme ne paraît pas compli-\nqué. Plastiquement, il peut nous suggérer toutes les joies\npossibles et aussi la douleur. Psychologiquement, il est\nsujet à toutes les réactions jusqu'aux imperceptibles. C'est\nune unité parfaite et elle n'apparaît telle que nue. L'art\nde toutes les époques et de tous les peuples l'a affirmé,\ndepuis la grossière statuette anthropomorphique de l'art\nquaternaire jusqu'au nu impressionniste et expressionniste,\nen passant par le nu idéal de David. Vovez ce corps sans\nornements, sans tatouages, sans amulettes. Voyez cet\nautre. Ce sont deux corps humains et rien en eux n'est de\nmême. L'un est-îl plus harmonieux, plus parfait, plus beau\nque l'autre? C'est parfois difficile à dire, mais ie présume,\nie vois, je sens que l'un est nerveux, l'autre obstiné, que\nl'effort, chez celui-ci. pourrait être puissant, mais de\ncourte durée, que celui-là est capable de résistance et\nd'accomplir ce que l'autre, malqré sa vigueur, ne pourrait.\nIci, les muscles sont longs, fins, à certains endroits se"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.8", "texte": "Fig. 258.\nLa hantise de la machine ou décoration involontaire.\n\ndevine l'articulation. Les lignes, les plans qui dessinent les\népaules, le cou, la mâchoire inférieure sont symétriques\net se rattrapent naturellement, volontairement. A chaque\nmouvement, des muscles que l'on ne voyait pas, des\nfibres, saillent, aussitôt résorbés. Là, les membres jaillis-\nsent comme des branches noueuses. L'abdomen, comme\nla poitrine, respire. C'est un corps immobile et il y a des\nrondeurs féminines, des pectoraux à la hanche, de l'épaule\nau coude, mais qu'il bouge seulement et c'est de la chair\ndure, de l'anatomie précise sous une peau à peine rosée.\nUne sinuosité dans la ligne du menton contraste avec la\nligne parfaitement horizontale des clavicules. La bouche,\ncelle-ci parfaite, celle-là tout autre et point imparfaite.\nCe nez fait pour respirer quand l'effort serre les mâchoi-\nres, cet autre aux narines vivantes. Des yeux qui voient et\ndes yeux qu'on voit. Ces deux corps vont se mettre en\nmouvement, marcher, courir, sauter, lancer un poids, la\npoitrine va se dilater, les pieds frapper, les bras s'arron-\ndir, se replier, se détendre, les têtes se pencher, se reje-\nter, les yeux autant que les nerfs, les os et le souffle, mesu-\nrer. Nous pourrons dire alors lequel des deux a la plus\nbelle forme et le plus de style.\nNe voyez-vous pas que ce tout est capable de toutes les\narabesques et de tous les imprévus? N'est-ce pas une\nmagnifique et une séduisante leçon?\nEh! voilà le principe de la décoration moderne! On pourra\ntrouver des poncifs qui seraient ce qu'est le maillot de\ncouleur, ou la ceinture, ou l'écusson du club, ou le gant\ndu boxeur. Y ajouter autre chose serait se rapprocher de\nla barbarie. Voyez l'allure d'un sportsman, d'une sports-\nwoman en civil. On les reconnaît entre mille. Ils me font\npenser à certains beaux meubles de s tyle empire dont il\nsuffirait d'arracher les appliques pour en faire de bons\nmeubles modernes.\nLes meubles, les façades et tous les objets dont nous nous\nservons ont également autre chose à nous montrer que les\nmensonges dont on les avait toujours affublés pour cacher\nleur véritable indentité. Leur fonction est de nous plaire,\ncertes, mais en nous servant. Et nous savons enfin que le\nplus sain, le plus normal et le plus loyal sert le mieux et\nque ces qualités n'excitent notre enthousiasme que lors-\nqu'elles sont apparentes, nues. Les objets modernes, eux\naussi peuvent augmenter notre puissance, notre valeur,\nnos plaisirs, plus que tout ce qu'on inventa jamais, mais ils\ndoivent nous laisser l'esprit libre, ne pas nous en imposer,\naugmenter notre prestige en ne diminuant pas notre force\nd'action. Nous voulons voir en eux des serviteurs merveil-\nleusement stylés, mais serviteurs quand-même.\nNous allons de plus en plus préciser le sens des mots :\nsensibilité et décoration modernes.\nVenons-en à l'aspect. J'espère qu'on ne va pas s'imaginer\nqu'il suffira désormais de quatre murs avec des trous pour\nfaire une maison, ni de quelques planches assemblées\npour faire une armoire. Nous ne sommes pas des sauvages"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.9", "texte": "et, si nous l'étions, nous aurions encore plus cle raisons pour\nne pas agir ainsi. Nous savons trop pour que des formes\naussi rudimentaires nous plaisent. Nous venons d'appren-\ndre à voir et apprécier l'homme, apprenons aussi à voir\net apprécier la matière pour ce qu'elle vaut et telle\nqu'elle est. Le marbre ne sera pas plus marbre s'il est\nfouillé, mais s'il n'est que honnêtement, bêtement du mar-\nbre. Le bois n'est pas plus bois s'il est torturé. Le métal\ninutilement ciselé est moins lumineux que s'il joue simple-\nment son rôle de métal. La couleur n'est pas plus belle\nsi elle reproduit imparfaitement les couleurs de la nature\net elle sera plus vivante si elle émane des choses plutôt\nque de la fantaisie du décorateur.\nIl s'agit maintenant, avec ces quelques vérités, d'appro-\ncher d'une beauté.\nLa technique vise à la perfection, donc il s'agit avant tout\nde technique et le technicien est surtout un organisateur.\nIl choisit, dispose, assemble, pour qu'une chose soit, serve,\nagisse. Pour cela il faut qu'il connaisse intimement chaque\nélément, qu'il donne une forme à chaque élément, qu'il\nmette chaque élément à sa place. Cela est vrai pour l'in-\ngénieur, c'est deux fois vrai pour l'architecte et le déco-\nrateur. Car l'un travaille pour quelqu'un et les autres\ns'adressent à quelqu'un. Une locomotive est faite pour\ntraîner un nombre déterminé de tonnes à une vitesse don-\nnée et il suffit qu'elle le fasse. Un siège est fait pour s'as-\nseoir, mais il ne suffit pas d'être assis. Il faut être bien assis\net il n'est pas indifférent que l'on soit assis à table d'une\nautre façon que dans une salle d'attente. Prenons même\nun objet considéré comme uniquement décoratif : un\ntapis. Cela peut être utile : un tapis tient chaud, élimine\nle bruit des pas, absorbe les résonnances, augmente ou\natténue la lumière. Il peut avoir une fonction décorative\ndue en partie à son utilité pratique : donner plus d'inti-\nmité à une pièce, plus de grâce à la démarche, ne disons\npas mettre en valeur mais accuser la présence des meu-\nbles. Seulement, si cet accessoire que l'on foule aux pieds\nusurpe les regards au détriment d'objets d'une qualité\nplus élevée, sa valeur décorative devient contestable.\nA-t-on compris qu'il s'agit de présenter les objets tels\nqu'ils sont par et pour eux-mêmes et pour nous-mêmes?\nLa matière sera aussi naturelle, aussi choisie et aussi visi-\nble que possible. Cette règle ne pourrait souffrir d'ex-\nception que lorsqu'il s'agit de suppléer à un défaut invo-\nlontaire de qualité, par exemple pour protéger de l'air,\nde l'humidité, du soleil, du temps, ou encore, lorsqu'il\ns'agit de prévenir certaines crispations qu'un non-sens\névident provoque en nous. Mais dans ce dernier cas il y\na un manque de psychologie et déjà une faute de techni-\nque. Il est à prévoir, en effet, que des panneaux de chêne\nmassif ne tiendront pas longtemps dans un encadrement\nde bois blanc camouflé en acajou. J'ai déjà vu des assem-\nblages de ce genre. Autre chose serait si un bois blanc\nparfaitement sec était emprisonné et immobilisé par des\nfeuilles de contreplaqué.\n\nFig. 259.\nLa phobie du vide ou survivance morbide de la\ndécoration magique des premiers âges."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.10", "texte": "Fig. 260.\nExemples de décoration faussement rationnelle.\n\nQualité, adaptation, rendement de la matière; qualité,\nspécialisation de la main-d'œuvre. Ne cherchons pas\nautre chose pour juger d'une œuvre actuelle. Mais, dira-\nt-on, la personnalité, l'esprit d invention sont donc exclus?\nD'abord, puisqu'il s'agit de servir, la personnalité du client\nacquiert autant d'importance que celle du producteur. Il\nn'est pas défendu à ce dernier de revendiquer des droits,\nau contraire. Le spécialiste devra au besoin imposer des\nconceptions à ceux qui n'y entendent rien et ceux-là\nseraient mal venus de protester au nom d une esthétique\nque l'autre a pour devoir de répudier. Il ferait beau voir\nque le plaideur fasse la leçon à l'avocat, le malade au\nmédecin, le profane au technicien. Le créateur doit mar-\nquer son œuvre de cette empreinte personnelle que\nrévèle tout travail bien fait et qui vaut déjà une signature.\nIl peut vouloir « sa » manière, trouver des utilisations nou-\nvelles, des assemblages inédits de matériaux, inventer,\nmais en tenant toujours compte du personnage, de la col-\nlectivité qu'il veut satisfaire, de l'endroit où son œuvre\nsera mise en valeur. Il lui est enjoint de sensibiliser, de\nfaire vivre tout ce qui sort de ses mains. Pour cela il n y a\nqu'une méthode : étudier minutieusement les proportions,\ndonner à chaque élément une valeur et le condamner si\ncette valeur n'est pas maximum, mais aussi, réduire au\nminimum tout ce qui diminue l'unité, affecte la purete de\nla ligne ou de la forme. Ne rien cacher cependant, ne\nrien truquer, cela conduit à l'ornement postiche. Une\nfeuille de métal est flexible et je la veux rigide. Si je\nm'obstine à cacher les moyens par lesquels j'obtiens une\ntension suffisante pour la rendre rigide, j'accomplis un\nfaux miracle, j'aurai une chose de plus à cacher et je n y\narriverai que par une ajoute inutile. Tandis que la tension\nobtenue par une technique apparente peut donner un\nélément utile de plus, plus de sensibilité et certainement\nune difficulté et un ridicule de moins. Il est permis de\npolir le métal, le bois, la pierre, de leur conserver un état\nprimitif, de marteler le métal, cirer le bois, gratter la\npierre, de colorer le béton avec des oxydes, de faire cra-\nqueler la céramique, de donner mille aspects différents\nau verre, de mettre à profit toutes les découvertes indus-\ntrielles. Mais rien de tout cela ne peut être fait arbitrai-\nrement. Il faut organiser en vue d'obtenir plus de rende-\nment, plus de vie et une émotion plus directe. Il est évi-\ndemment plus facile de s'abandonner à la fantaisie et à\nl'improvisation, mais qu'on ne croie pas pourtant que\nl'imagination va devenir une tare. Il en faut, et beaucoup,\npour transformer une matière informe en un accessoire\nvivant.\nQu'est devenue la décoration issue de la civilisation et\nde la sensibilité modernes? Une chose tellement primor-\ndiale que plus rien ne se conçoit sans elle, tandis qu'anté-\nrieurement la décoration était un luxe. Mais ces deux\nformes de décoration ne se ressemblent pas du tout, car\nil y a là d eux acceptions différentes.\nQu'est devenu l'ornement surajouté? Un aveu d'impuis-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.11", "texte": "sance, au moins I aveu d'une faute. N'ai-je pas dit, en par-\nlant de l'ornement primitif, qu'il supplée au manque de\nperfection technique? Cherchez bien, chaque fois qu'il y\na ornement surajouté, et vous découvrirez une fraude ou\nune erreur dans la matière, dans la technique, dans la con-\nception. Parfois cette fraude est d'ordre commercial et\ndolosive avec préméditation. Par exemple, la reproduc-\ntion en grande série d'un objet de métal, cuillère, four-\nchette, entrée de serrure, ne coûtera pas plus cher s'il est\ncouvert d'ornements qui en détruisent la forme, en res-\ntreignent l'utilité, le rendent plus vulnérable, sans\ncompter que la qualité, moins visible, du métal pourra\nêtre inférieure. Mais on le vendra plus cher.\nIl y a encore des artistes très consciencieux et presque\nconvaincus de tout ce que je viens de dire, s'intitulant\nmodernes et l'étant par certains côtés, qui semblent orner\nmalgré eux, par une sorte de crainte superstitieuse que\nj'appelai autrefois la phobie du vide. C'est la persistance\ncle l'ornement magique des décorateurs primitifs. Cette\ndécoration-là qu'elle soit naturaliste, stylisée, linéaire\nou cubiste et la sensibilité moderne, finiront par s'ex-\nclure.\nNous n'en sommes pas encore là. Constatons-le sans\namertume. Les plus forts et les plus nouveaux, sachant\npourtant que l'esthétique formelle sera un jour la seule\npossible, montrent parfois des défaillances qu'ils s'effor-\ncent de justifier par des raisons autres que sentimentales.\nSouvent ils font valoir des exemples pris dans la nature ou\nune analogie avec les travaux d'ingénieurs et géné-\nralement leurs explications paraissent plausibles. Cepen-\ndant, pour notre résistance à la nature et notre contente-\nment, nous n'avons à tenir compte que des lois dont nous\nlui arrachons le secret, du calcul que nous avons inventé\nsans son concours, quoiqu'il soit sa force la plus formida-\nble. L'exemple de la nature doit être retenu, mais ne la\nprenons pas pour modèle en voulant créer une beauté\nhumaine. La nature est plus puissante que nous qui n'en\nsommes qu'une manifestation sans doute parasitaire, mais\nelle ne peut être pour nous ni plus belle ni plus laide. Elle\nexiste, elle est ce qu'elle est, mystérieuse et coordonnée.\nElle a sa logique qui nous écrase et nous avons la nôtre\npour la faire servir à nos fins. Elle est comme nous la\nvoyons, comme chacun de nous la voit. Elle est surtout ce\nque nous en faisons. Une comparaison avec les travaux\nd'ingénieur n'a pas plus de valeur. L'ingénieur fait exé-\ncuter des travaux destinés à entretenir, faciliter la vie et\nl'intensifier. Il est à l'avant-garde dans la lutte contre la\nnature. C'est beaucoup et c'est fort. Le décorateur nous\n\nFig. 261.\n\nA) Bel exemple par l'absurde. Supprimez les ailes, c'est une basilique. Supprimez le dôme, c'est peut-être un musée. Serait-ce un grand\nmagasin ?\nB) Exemple de ce que peuvenf devenir certaines lignes décoratives en honneur vers 1905.\nC) L'ornement, ici, semble chercher une justification. Il résiste avec un fanatisme quasi religieux d'où cet aspect théosophique.\nD) Minimum de sensibilité, peu d'imagination, audace primaire du volume et du nombre résultat : sécheresse, malgré certaines qualités."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.12", "texte": "rend la vie aimable, confortable, nous force à la trouver\nbelle. Il aménage et met en valeur les conquêtes de l'in-\ngénieur. C'est autre chose.\nDonc, me direz-vous, l'ornement est mort, les modernistes\nl'ont tué. Je suis extrémiste, mais que l'on se rappelle\nquelques comparaisons que je fis au cours de cet exposé :\nle gant du boxeur, le monogramme du club. Les objets\ndoivent être vivants. Ils doivent donc avoir un air, un lan-\ngage, représenter quelque chose, enclore une psycholo-\ngie, exister pour nos yeux, nos mains, notre esprit. L'orne-\nment pour l'ornement essaie de suppléer à ces qualités\nlorsqu'elles sont absentes ou pas assez visibles, et pour\ny arriver, il nous détache de l'objet. C'est un style artiste\nqui s'exprime par images, grisant l'auteur, mais fatiguant\nl'amateur. Mais tout langage, me dira-t-on encore, est\nconventionnel. Soit, mais confondre l'expression et l'idée,\nc'est retomber encore une fois dans l'artificiel. Une chose\nest la forme, une autre chose est l'objet, mais ils ne doi-\nvent former qu'un. L'émotion est certainement issue de\nla forme, mais elle doit parler de l'objet. Tout langage\nétant conventionnel il y aura donc certainement un jour\ndes ornements, des poncifs qui finiront par s'imposer, qui\nseront à l'objet ce que le gant est aux boxeurs, c'est-à-\n-dire une épithète.\nEt, lorsqu'un summum sera atteint, on parviendra proba-\nblement à ajouter à la qualité sans la diminuer, à faire ce\nque nous appelons du style. Ajouter quoi? Il est impossi-\nble d'anticiper. Ce sera la volupté nouvelle de l'art\nmoderne que tous s'évertuent à découvrir dès mainte-\nnant. C'est vouloir mettre la charrue devant les bœufs.\nNous ne comprendrions pas encore les émotions, la sen-\nsibilité et la beauté futures si elles s'offraient spontané-\nment à nous. N'essayons pas de les comprendre sans fran-\nchir les étapes nécessaires. La beauté future, issue de l'art\nmoderne, naîtra quand ce sera le moment et à condition\nque l'art d'aujourd'hui, qui traduit les émotions et les aspi-\nrations d'aujourd'hui, devienne d'abord CLASSIQUE.\n\nMaurice CASTEELS.\n\nFig. 262.\nLa naissance d'un décor futur."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.13", "texte": "Les bassins de natation dans le système\nrécréatif américain\n\n(Voir \"La Cité Xle Année, No 9, Septembre 1933)\nSi les Etats-Unis ont contribué puissamment\nà résoudre de manière scientifique le pro-\nblème sanitaire, hygiénique et technique\ndu bassin de natation, leur mérite ne peut\ncertes pas être limité à cet aspect de la\nquestion. Ce qui est tout aussi remarqua-\nble dans leur intervention en ce domaine,\net sans doute beaucoup moins connu\nc'est la méthode vraiment sociale et urba-\nnistique qu'ils ont sinon inaugurée, au moins\nperfectionnée à un haut degré, mé-\nthode qui suivant laquelle, tout en résol-\nvant pour de nombreuses villes, agglomé-\nrations ou états un point important de l'ac-\ntivité urbanistique : le délassement, ils ont\nincorporé le bassin de natation (ouvert ou\nfermé), la plage et en général les aména-\ngements nautiques au système récréatif\ncohérent appliqué à leurs municipalités.\nSYSTEME RECREATIFS\nC'est, surtout, après 1920 que les villes\nd'U. S. A. ont faît un effort conscient et\nsystématique pour acquérir, ordonner et\nrépartir leurs zones réservées au délasse-\nment. Des enquêtes et des campagnes fu-\nient menées pour émouvoir l'opinion publi-\nque, des statistiques furent dressées pour\nservir aux recherches très précises qui ten-\ndaient à déterminer les bases mêmes du\nproblème l'espace minimum de récréa-\ntion nécessaire à toute ville, la participa-\ntion judicieuse de cette zone, sa subdivi-\nsion suivant les genres de délassement à\nenvisager (parcs et jardins, terrains d'athlé-\ntisme et de jeux, installations sportives di-\nverses, quartiers scolaires, etc.).\nD'éminents spécialistes - G.-B. Ford, J.\nNolen et d'autres vouèrent une grande\npart de leur activité à ces recherches et\naboutirent a des conclusions a la fois ba-\nsées sur l'expérience et dressées dans un\nesprit résolument progressiste.\nC'est ainsi qu'il est à présent admis que\ntoute ville doit pouvoir offrir à sa popula-\ntion une zone récréative, judicieusement\nrépartie, dans la proportion de I acre\n(soit 40,5 ares) par 100 habitants. Trente à\ncinquante pour cent de cette zone seront\naffectés aux jeux et aux sports (« active\nrécréation »), le reste étant aménage en\nparcs, jardins, etc. Enfin la zone « active »\nest elle-même subdivisée afin de pouvoir\nêtre utilisée par les adultes et par les en-\nfants; ceux-ci on en octroie plus de la moi-\ntié.\nQuelques principes d'économie prévoyante\nguident les municipalités dans leur effort\npour accroître le patrimoine récréatif de\nla collectivité : l'acquisition méthodi-\nque de petites parcelles restées libres et\nréparties dans les divers quartiers de l'ag-\nglomération, parcelles susceptibles d'être\naisément aménagées en terrains de récréa-\ntion; l'achat de lots plus étendus, même\ns'ils sont moins aisément utilisables pour la\ngénération présente, mais qui peuvent\nprovisoirement être convertis en espaces\nplantés; enfin l'acquisition de vastes\nzones vertes, sises au-dela des quartiers\nbâtis et par conséquent peu touchés en-\ncore par la spéculation immobilière. En\ngénéral ces diverses opérations ont pour\nobjet des terrains peu favorables à la con-\nstruction et la voirie.\nUn tel mouvement conscient, appuyé par\ndes chiffres, des enquêtes et des statisti-\nques, embrassant la grande majorité des\nmunicipalités d'U. S. A., n'a pas manqué\nde donner des résultats déjà impression-\nnants, comme le montre l'aperçu suivant :\nEn 1929, 872 villes possèdent un système\nrécréatif nettement établi et fonctionnant\nnormalement; le total des aménage-\nments se monte à près de 34.000 terrains\npour la « récréation active » seule;\ndans ce chiffre sont compris 937 bassins de\nnatation et 353 plages. En 1930, 980 muni-\ncipalités informent la « National Récréa-\ntion Association » du capital investi en\naménagement récréatifs : 38 1/2 millions\nde dollars; la crise et le chômage, loin\nd'enrayer ce mouvement, lui furent, au\nmoins au début, favorables puisqu'ils ont\ncréé des conditions avantageuses de dé-\nveloppement (travaux d'extension, réalisa-\ntions nouvelles pour occuper la main-d'œu-\nvre). Notons encore que fin 1930, le nom-\nbre des bassins de natations est monté à\n1.042 et celui des plages à 457; le person-\nnel spécialisé chargé de la surveillance et\ndu fonctionnement dépasse 25.000 person-\nnes.\nEnfin, nous signalerons ce fait assez typi-\nque de quelques préoccupations sociales\nd'Outre-Atlantique : en 1931, une puis-\nsante revue d'intérêt public et de techni-\nque urbaine, « The American City » orga-\nnisait un concours entre les municipalités\ndes divers états pour le classement des\nvilles possédant le système récréatif judi-\ncieux et bien ordonné. Cette compétition\nse subdivisait en deux catégories : les villes\nde plus de 50.000 habitants, et celles de\n50.000 habitants et moins. Reading fut clas-\nsée en tête, pour la première, Laurel pour\nla seconde.\nSi ces données n'intéressent peut-être pas\ndirectement le problème du bassin de\nnatation, elles en situent néanmoins les\néléments urbanîstiques préliminaires et\ntémoignent des initiatives systématiques\nque prennent les municipalités américaines,\nappuyées et guidées par leurs urbanistes.\nAvant de passer à l'examen de quelques\nréalisations dans le domaine du bassin de\nnatation proprement dit, nous donnerons\nci-après quelques indications encore tou-\nchant les plus caractéristiques parmi les\nsystèmes récréatifs d'U. S. A.\n1) L'Etat de New-York possède un système\nrécréatif considérable réparti sur un grand\nnombre de villes, dont les principales après\nla capitale présentent les caractéristiques\nsuivantes :\nPopulation Superficie en\nparcs et jeux\nRochester 317.000 hab. 1.777 acres\nBuffalo 538.000 » 1.218 »\nUti ca 102.000 » 760 »\nAlbany 118.000 » 294 »\nSchenectady 93.000 » 355 »\nBinghamton 72.000 » 296 »\netc.\nCe remarquable ensemble comporte 46\nbassins à ciel ouvert, dont d se trouvent à\nRochester et 3 à Buffalo; chacune de ces\ndeux villes possède en outre 2 plages amé-\nnagées.\nQuant à New-York même son domaine\nrécréatif principal est constitué par cet\nétonnant Jones Beach State Park (Long\nIsland), dont les caractéristiques principales\nsont :\nSuperficie près de 1. 100 acres, situé face\nà l'Atlantique et relié à la terre ferme par\nun vaste promotoire, est réuni au vaste sys-\ntème des 17 parcs et multiples parkways de\nla capitale, système dont l'ensemble atteint\n15.000 acres, comporte une plage déve-\nloppée sur ' milles, une vaste piscine d'eau\nde mer, un port de yachting, station d'au-\ntobus, parking pour 12.000 voitures, un\ncasino pour 10.000 personnes, 2 établisse-\nments de bain et 2 bassins à ciel ouvert,\nl'un pour adultes ( I 00 x 150 ft), l'autre pour\nenfants (50 x 100 ft). En 1930, le nombre\nde personnes ayant utilisé les diverses in-\nstallations du Jones Beach State Park at-\nteint près de 1.400.000 personnes, pour la\nseule période allant de mai à septembre.\n2) Parmi les autres grands centres améri-\ncains possédant un système récréatif or-\ndonné signalons :\nPittsburgh (Pa.) 632.000 habitants et 1.808\nacres de parcs; Minneapolis (Minn.)\n450.000 habitants, totalise près de 5.000\nacres en 135 parcs et terrains répartis sur\n60 milles carrés; Chicago compte attein-\ndre prochainement la moyenne requise de\nI acre par cent habitants, avec la propor-\ntion nécessaire pour I' « active récréation »;\nLos Angeles (Calif.) a annexé à sa pro-\ndigieuse plage naturelle un système inté-\nressant de réserves et d'aménagements\nsportifs; - en fîn Mîlwaukee (Wis.) totalise\nen une cinquantaine de terrains une super-\nficie récréative de près de 175 acres.\n3) Il reste à mentionner quelques petites"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.14", "texte": "villes dont certaines ont fait, dans le do-\nmaine recréatif, un effort surprenant :\nPortland (Ore) compte parvenir à totaliser\n2.000 acres; signalons la tentative de cette\nmunicipalité qui cherche a disposer les\nelements de son système récréatif de ma-\nnière que chaque enfant puisse se trouver\na une distance maximum de 3/8 de mille\nd un centre de jeux; celui-ci sera basé sur\nle standard de 100 pîeds carrés par enfants.\nNo/thampton (Mass.) a 25.000 habitants et\n128 acres de parcs et jeux; Great Fa Ils\n(Mont.) compte 27.000 habitants et 686\nacres de répartis en 28 unités; Garry\n(#nd.) ville industrielle est parvenue à offrir\na sa population £OO acres de parcs et de\njeux; Laurel (Miss.) a 18.000 habitants\net possède un système récréatif admirable-\nment réparti; chaque quartier dispose d'un\ncentre récréatif et l'agglomération a con-\nstruit un stade athlétique et un bassin à ciel\nouvert dans un cadre naturel remarqua-\nble, etc.\nQUELQUES RECENTS BASSINS\nDE NATATION\nLe développement considérable donné,\ndans le système récréatif américain, aux\nbassins de natation (ouverts ou fermés) ap-\nparaîtra a la lecture de ce qui suit : Il y a\nquelque deux ans environ, la Revue « The\nAmerican City » adressa à la plupart des\nmunicipalités américaines de plus de cinq\nmille habitants, un questionnaire relatif aux\nprincipaux caractères des bassins en fonc-\ntionnement. 436 villes répondirent, accu-\nsant un total de 1.334 bassins, dont 504 à\nciel ouvert et 830 fermés. Sur ce chiffre\nglobal plus de 700 bassins relèvent des\nautorités municipales, les autres à l'inspec-\ntion du Département de l'Hygiène,\nVoici, en même temps que les illustrations\nenjointes, quelques détails relatifs à une\nsérie de bassins ouverts, construits au cours\nde ces trois dernières années aux Etats-\nUnis :\nI) South Park, Allegheny County (Pa.). Ce\nbassin fut construit et est dirigé par le\nBureau Municipal des Parcs; il est situé\ndans un attrayant cadre naturel. La super-\nficie totale de la nappe d'eau est d'envi-\nron 100 x 250 mètres, répartie en quatre\nbassins de profondeur graduée : le premier\nservant aux exhibitions, va de 4 à 10 pieds,\net mesure environ 38 x 55 m.; un dispositif\nd éclairage sous I eau accuse les profon-\ndeurs. Le second bassin est beaucoup plus\nréduit et moins profond; il est exclusive-\nment reserve aux enfants, entièrement\nisolé des autres et muni de dispositifs de\nsécurité. Le troisième a 3 pîeds de profon-\ndeur et mesure environ 125 x 52 m., et le\nquatrième 15 x 27 m. avec une profondeur\nde 4 1/2 pieds; c'est le « splashpool » où\nl'on se baigne seulement. L'entrée et la\nsortie des bassins se fait par une batterie\nde douches et un pédiluve. L'installation\nfonctionne même la nuit tombée grâce à\nun système de projecteurs; elle est com-\nplétée par une pîage artificielle de 22 x\n53 m. et un établissement de bains fermés,\npour 3.000 personnes.\n2) Le bassin de Wheaton (III.) mesure\n25 x 40 m. et a coûté 50.000 dollars. Ce\nchiffre comporte tous les détails de l'ins-\ntallation et se répartit comme suit : con-\nstruction 38.500; installation de filtrage\n3.855; équipement des cabines 1.100; linge\net vêtements de bain 1.700; électricité et\nplomberie 3.900; divers détails 1.000.\nL'inspection de l'eau y est rigoureuse; les\nanalyses périodiques sont affichées. Le bas-\nsin, qui n'offre aucune particularité archi-\ntecturale, a connu un succès immédiat,\ngrâce à sa stricte organisation; durant qua-\ntre mois de fonctionnement en 1931, il a\nenregistré 40.200 entrées et a permis à la\nmunicipalité de faire un bénéfice de près\nde 2.500 dollars, qui ont été affectés à\nl'aménagement des environs ainsi qu'à di-\nvers perfectionnements.\n3) Crîstai Pool-Gle Echo Park (Washington).\nL'installation comporte trois bassins, l'un de\n12 x 17 m. pour les exercices de plongeon,\nle second de 30 x 47 m. pour la nage, et le\ntroisième de 5 x 12 m. réservé aux enfants.\nUne plage de sable de 10.000 pieds carrés\nest annexée aux bassins, mais l'accès de\nceux-ci ne se fait que par des batteries de\ndouches de 7 mètres. La disposition du ter-\nrain a permis d'aménager les salles de dés-\nhabillage et l'installation de filtrage en-\ndessous du niveau de l'eau.\n4) River Rouge, Détroit offre à peu près\nles mêmes caractéristiques que le Crystal\nPool, il fut construit par l'Office Municipal\ndes Parcs dans une remarquable zone verte\nde 1.200 acres. Il a coûté 323.623 dollars\ny compris l'établissement de bains fermé y\nattenant.\nLe bassin ouvert se subdivise en 3 piscines\nde 23 x 55 m. environ; le premier a de 3 à\n5 pieds de profondeur, le second de 4 à\n6, le troisième servant aux exhibitions et\nconcours de 4 à 12. La capacité normale\nde l'ensemble est de 2.800 personnes. L'ap-\nprovisionnement d'eau se fait par un bran-\nchement sur les canalisations de la ville;\nson conditionnement est assuré par un re-\nnouvellement, filtrage et stérilisation tou-\ntes les huit heures.\n5) Jacksonville (Fia.). Cette modeste muni-\ncipalité possède un parc exclusivement\nréservé à la récréation, le Lackawanna Play\nPark (365 acres), lequel comprend un ter-\nrain d'athlétisme entouré d'une piste, des\ncourts de tennis et divers jeux, des espaces\néquipés pour les enfants, et enfin un bassin\nà ciel ouvert, surélevé. L'ensemble de la\nconstruction mesure 27 x 50 m.; le bassin\nproprement dit 15 x 35. Au niveau du sol\nse trouvent : entrée, hall d'attente, ves-\ntiaire et divers, salle de déshabillage des\nfemmes (24 cabines groupées autour d'une\nbatterie de 8 douches, salle des casiers,\netc.), salle de déshabillage des hommes\n(280 casiers métalliques et batterie de\n6 douches). Quelques locaux pour clubs et\ntournois sportifs complètent l'aménage-\nment du rez-de-chaussée. Au-dessus de\ncelui-ci se développe le bassin entouré d'un\npromenoir large de 4 mètres. Le bassin est\ndivisé en deux parties, pour adultes et pour\nenfants; ce dernier mesure 13 x 3,5 m.\nenviron. La profondeur va de 3 à 9 pieds.\nLa capacité totale du bassin est de\n210.000 gallons. L'approvisionnement d'eau\nse fait par un puits artésien de 200 m.\nenviron, qui permet de renouveler complè-\ntement le contenu du bassin en 9 1/2 heu-\nres. Un renouvellement ininterrompu d'une\ncapacité de 18.000 gallons, se fait par la\nrigole périphérique. Le bassin est vidé\ndeux fois par semaine et entièrement net-\ntoyé; enfin pour éviter la formation d'al-\ngues une addition de sulfate de cuivre est\npratiquée sur l'eau fraîche (I litre pour\n100.000 gallons). Terminons cet aperçu en\nmentionnant que la construction générale\nest en béton armé, les murs de remplissage\ndu rez-de-chaussée étant en briques. L'em-\nploi du bois a été réduit au minimum, les\nchâssis étant pour la plupart métalliques.\n\nFig. 263."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.15", "texte": "Le conditionnement\nde I'eau de piscines\n\nLes notes ci-après sont extraites d'articles\nparus dans la revue « Le Bien-Etre », et\ndus aux ingénieurs C. Dejardin (Bruxelles)\net A. de Ley (Paris).\nGENERALITES\nLors de l'établissement d'une piscine, on\ndoit donc envisager avant tout si l'on dis-\npose de l'eau nécessaire :\nI en quantité, 2 en qualité.\nEn quantité; c'est un point indispensable,\ncar il faut que l'eau puisse être renouvelée\nassez fréquemment pour lui conserver tou-\njours une qualité d'utilisation suffisante.\nD'après les résultats des études faites dans\ndifférents pays (et nous devons signaler ici\nles recherches faites par l'Association Amé-\nricaine d'Hygiène, qui a exercé son con-\ntrôle sur 272 piscines) il semble que la\nquantité d'eau à renouveler par jour, soit\nen eau fraîche, soit en eau purifiée, soit en\nun mélange de l'une et de l'autre, ne\npuisse être en tous les cas, inférieure à\n3 111 3 par baigneur et par jour. La quantité\nde l'eau est donc fonction de l'utilisation\nde la piscine.\nLes Américains ont défini ce qu'ils appel-\nlent la capacité de la piscine; d'après eux,\nelle ne doit pas dépasser 20. Cette capa-\ncité est fixée par le nombre de baigneurs\nd'une semaine, pouvant utiliser l'eau de la\npiscine avant son renouvellement complet;\nainsi par exemple, pour une piscine de\n240 m ' pour ne pas dépasser le coefficient\n20, la fréquentation d'une semaine ne\ndevra pas être supérieure à 1.200 bai-\ngneurs.\nToutefois, en pratique, il n'en est rien, ce\nsont là que des indications, et à l'usage,\non devra surtout se baser sur I état sani-\ntaire initial de l'eau.\nEn dehors de cette question de quantité,\nil y a la question de qualité initiale qui est\nprimordiale.\nII ne faut installer des piscines que là où\nl'on est sûr d'avoir une qualité d eau biolo-\ngiquement pure, et réunissant en outre\ntoutes les autres qualités physiques et chi-\nmiques, c'est-à-dire une eau claire, cristal-\nline, douce autant que possible, et qui, si\nelle contient des sels de calcium, renferme\nle moins possible de traces de fer ou de\nmanganèse lesquelles nuisent beaucoup au\nbon entretien de la piscine.\nLa première qualité de l'eau doit être sa\ntransparence; il faut qu'elle soit telle que\ntoute personne submergée puisse être vue\ndu bord. Ceci dépend évidemment des\nconditions de la construction : utilisation\nde revêtements blancs ou très clairs, et\néclairage parfaitement assuré.\nMais en dehors de cette qualité primor-\ndiale de l'eau, il faut assurer pendant l'ex-\nploitation de la piscine, l'entretien de\ncette qualité à l'usage. Il faut donc veiller\nau renouvellement régulier de l'eau; il fau'r\nveiller au nettoyage superficiel dû à l'utili-\nsation par les baigneurs; il faut veiller au\nnettoyage du fond des bassins par suite\ndes dépôts qui peuvent s'y former; il faut\nveiller à une filtration attentive de l'eau\nde réutilisation; et il faut veiller avant tout\nà ce que, par tous moyens, l'eau ne soit\npas contaminée ni salie par des causes\nextérieures.\nCes questions peuvent être parfaitement\nréglementées et faire l'objet de soins spé-\nciaux lors de la conception du bassin lui-\nmême. Ils auront trait, d'une part, à l'intro-\nduction et à l'évacuation de l'eau, d'autre\npart, aux dégorgements superficiels par\névacuation latérale, tout le long du bassin,\net par tous moyens utiles en vue d'empê-\ncher que, soit par les baigneurs, soit par\nles visiteurs, il y ait contamination totale.\nSi toutes ces mesures sont prises, on peut\nenvisager qu'on obtiendra et qu'on main-\ntiendra une qualité d'eau suffisante pour\néviter toutes les contaminations et toutes\nles maladies qui peuvent résulter de bains\npris en commun.\nQuoiqu'il en soit, depuis ces dernières an-\nnées, en dehors de la filtration des eaux,\non a envisagé et on a réalisé des applica-\ntions de purifications des eaux qui sont très\nintéressantes; on utilise le chlore sous\nforme solide, liquide ou gazeuse, on utilise\nles rayons ultra-violets et l'ozone, de façon\nà assurer un état bactériologique de l'eau\nle plus parfait possible.\nEPURATION DES EAUX\nParmi les nombreux procédés employés\njusqu'à présent dans ce but, le traitement\npar le chlore est un des plus répandu. Il\ns'agit de chlore liquide ou de chlore\ngazeux.\nil a cependant l'inconvénient d'imprégner\nl'atmosphère de vapeurs de chlore qui lais-\nsent des traces dans l'établissement de\nbains et s'attachent même au corps des\nbaigneurs.\nCertaines recherches ont permis de réduire\nconsidérablement les effets du chlore en\nexcès, à savoir l'utilisation d'une solution\nde sels d'argent et de cuivre; ces expé-\nriences viennent d'être confirmées par la\npratique.\nOn peut se contenter de 20 à 30 grammes\nde chlore par 50 mètres cubes, alors que\nprécédemment il en fallait de 60 à 90 ceci,\nen employant des appareils chlore-cuivre-\nargent.\nL'hygiène des piscines continue d'ailleurs\nà faire l'objet d'études et de recherches\ntrès approfondies; en Amérique, on donne\ntoujours la préférence au renouvellement\net à la filtration de l'eau, plutôt qu'à sa\nconservation et à des traitements chimi-\nques, mais, en outre, on est extrêmement\nsévère en ce qui concerne la désinfection\ndes usagers des piscines.\nCe sont évidemment là des précautions sur\nlesquelles on ne pourrait être trop strict\nei qu'il faut également conseiller.\nEn Amérique, on s'est attaché au dépis-\ntage des tricophyties des pieds qui\ns'étaient abondamment propagées parmi\nles baigneurs.\nIl résulte de ces recherches que ces mala-\ndies contagieuses sont plus particulière-\nment propagées par les planchers des ca-\nbines. On est donc d'avis de supprimer les\ncaillebotis en bois que l'on ne pouvait d'ail-\nleurs maintenir suffisamment ni propres, ni\nsecs. On supprime également l'usage des\nespadrilles dont on a pû constater la nui-\nsance dans le développement ou dans la\nfréquence de cette infection.\nOn supprime éga'ement les bains de pieds\nqui n'étaient vraisemblablement pas suffi-\nsamment entretenus en état de propreté.\nDans les nouvelles piscines mises en exploi-\ntation à Paris, notamment à la piscine des\nAmiraux qui comporte un bassin de 700\nmètres cubes, heureusement alimenté par\nun puits artésien d'un débit de 1.600 mè-\ntres cubes, ce qui permet la réalimentation\ncontinue, on a utilisé en outre, pour garan-\ntir l'épuration de l'eau, l'emploi du chlore,\nmais en très faible quantité.\nCette piscine a été ouverte avec le plus\ngrand succès. Le bassin mesure 33 mètres\nde longueur sur 10 mètres de large. Les\ndeux étages comportent 123 cabines et\nune trentaine de douches.\nPISCINES D'EAU DE MER\nVoici quelques détails relatifs à la Piscine\ndu Touquet-Paris-Plage, inaugurée en 1931\net comportant, suivant les réalisations de\nMonte-Carlo et de Dinand, un vaste bas-\nsir, d'eau de mer aménagé sur la plage\nmême, entouré de promouvoir, gradins et\ncabines.\nLa prise d'eau de mer est faite à une dis-\ntance de 350 mètres de la piscine, par\npompage à l'aide d'un tuyauterie de\n450 mm. de diamètre.\nLe point de prise d'eau a été fixé par un\npieu en béton qui dépasse la crépine d'as-\npiration.\nL'eau est aspirée de la mer vers la piscine\nà l'aide de deux pompes d'un débit de\n400 mètres cubes.\nComme l'eau de mer n'est pas absolument\npropre, qu'elle peut contenir des quanti-\ntés de sable, d'algues, de petits poissons,\nde coquillages et autres impuretés, toute\nl'eau est refoulée dans deux bassins dé-\ncanteurs de 600 mètres cubes."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.16", "texte": "Dans ces réservoirs, elle laisse déposer par\ngravité la plus grande partie du sable en\nsuspension, ainsi que les autres impuretés.\nMais comme cela ne suffit pas encore, l'eau\npasse ensuite dans un filtre. Elle est donc\nreprise dans les deux réservoirs d'eau brute\npar une pompe qui la foule à la partie\nsupérieure des filtres, lesquels sont compo-\nsés de lits de coke superposés.\nL'eau s'écoule alors directement à la pis-\ncine, mais, ainsi que nous l'avons signalé,\ncette eau étant à une température nor-\nmale d'environ 14 à 15° et que, précisé-\nment, pour l'agrément d'une piscine d'eau\nde mer, il est indispensable de réchauffer\ncette eau pour i'amener à une température\nd environ 20°, on fait circuler l'eau de mer\ndans des boilers où l'eau est portée à la\ndite température par des serpentins de\nvapeur.\nVoilà, dans les grandes lignes, le principe\nde la distribution d'eau à la piscine du\nTouquet-Paris-Plage.\nCertains autres détails extrêmement inté-\nressants concernent la vidange du bassin\npour le nettoyage mensuel, cette vidange\nse fa isant par pompage et refoulement\ndans la tuyauterie d'aspiration.\nGrâce aux soins pris pour la captation de\nl'eau, sa décantation, sa filtration, l'eau\nde la piscine est tout à fait propre, tout\nà fait I impide, seulement un peu souillée\npar les sables volants.\nComme nous l'avons signalé précédem-\nment, les cabines sont pourvues d'eau\ndouce chaude, d'eau douce froide et d'eau\nde mer chaude et froide. L'eau de mer\nfroide est fournie par les filtres. L'eau\ndouce et l'eau de mer passent toutes deux\npar des boilers où elles sont portées à la\ntempérature de 30° pour alimenter les pé-\ndîluves, les douches et les baignoires.\nEn outre, les réchauffeurs d'eau de mer\nportent journellement 400 à 500 mètres\ncubes d'eau à la température de 35°, ce\nqui permet de renouveler journellement\nune partie de l'eau de la piscine, et de lui\nconserver sa qualité d'eau pure et en\nmême temps de maintenir la température\nde l'eau de la piscine à 20°.\nCette eau est distribuée par quatre fon-\ntaines qui se trouvent autour du bassin, ce\nqui est d'un effet architectural très heu-\nreux.\nL'eau souillée est enlevée en partie à la\nsurface par un dégorgeoir qui entoure le\nbassin au niveau du trop plein et par pur-\nges faites au fond du grand bassin.\nOn comprendra que, dans ces conditions,\nétant donné l'importance des quantités\nd'eau à réchauffer, la chaufferie de la pis-\ncine du Touquet constitue une véritable\npetite usine, et de fait, elle comporte\n8 chaudières, capables de un million de\ncalories.\nLa vapeur y est produite à basse pression,\n100 grammes, et sert pour la plus grande\npart à réchauffer de l'eau de mer, une\nautre partie est employée au réchauffage\nde l'eau douce et le complément sert au\nréchauffage de certains locaux, tels que :\nbureaux, restaurant, salle de massage,\nbuanderie, etc., etc. C'est dans la même\nsalle de chauffe que se trouvent disposés\nles appareils échangeurs de température\ndestinés au chauffage de l'eau. Ces appa-\nreils sont munis de régulateurs automati-\nques limitant eux-mêmes la température et\nempêchant de ce fait des accidents.\nUne des difficultés qui se posait pour cette\nchaufferie était d'en conserver la parfaite\npropreté, d'éviter les poussières et les fu-\nmées de charbon qui pourraient nuire au\nsuccès de la piscine; à cet effet, diverses\ncombinaisons se présentaient : soit qu'on\nutilisât les combustibles solides tels le char-\nbon ou le coke, soit qu'on fît usage de\ncombustibles liquides tel le mazout, ou\nencore de combustibles gazeux tel le gaz\nd'éclairage.\nAprès diverses études, les techniciens se\nsont arrêtés à l'utilisation du coke, crai-\ngnant l'insuffisance de l'usine à gaz ac-\ntuelle, craignant d'autre part l'odeur du\nmazout et voulant cependant éviter les\npoussières de charbon. Le coke est certai-\nnement un combustible dont l'emmagasi-\nnage peut se faire très proprement. Le\nchargement, fait au moyen de bennes fer-\nmées, supprime toutes les poussières; et\npour éviter l'inconvénient d'une cheminée\ndisgracieuse, on a eu recours au tirage\nforcé qui refoule les produits de la combus-\ntion dans l'un des deux pylônes servant de\nplongeoir.\n\nDes qualités de I'eau d'un bassin de natation\nà ciel ouvert\n\nLe climat de la Belgique ne permet d'en-\nvisager l'exploitation d'un bassin de nata-\ntion à ciel ouvert que pendant environ\nquatre à cinq mois sur l'année. Seuls les\nmois de mai, juin, juillet, août, septembre\npeuvent nous inviter à la natation en plein\nair sans trop courir le risque d'être grati-\nfiés d'un bon rhume, si pas d'une bronchite\ntenace.\nLes « sportifs » vont se récrier qu'il n'y a\npas de saison pour le sport qu'un corps\nsain et entraîné supporte aussi bien les\nrigueurs de l'hiver que les températures\ncaniculaires.\nN'avons-nous pas vu ces derniers temps des\népreuves de natation se courir en plein\nhiver ?\nL'exception ne fait tout d'abord pas la\nrègle : Si quelques sportifs robustes peu-\nvent supporter sans broncher, après un\nentraînement encore, les températures les\nplus basses de l'année, il n'en est pas de\nmême pour la plupart des nageurs d'occa-\nsion, qui constituent d'ailleurs la plus grande\npartie de la clientèle des bassins de nata-\ntion.\nEnsuite, si l'on écoute la voix autorisée de\ncertaines sommités médicales, ces perfor-\nmances sportives sont, à rares exceptions\nprès, préjudiciables à la santé.\nIl n'y a donc pas lieu d'envisager l'exploi-\ntation d'un bassin de natation à ciel ouvert\nen dehors des mois déjà cités. A Paris no-\ntamment où le climat peut être com-\n\nFig. 264"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.17", "texte": "paré au nôtre un exploitant l'a tellement\nbien compris, qu'il transforme le bassin en\npiste de glace le restant de l'année.\nDe plus, pour qu'un bassin « rende » pen-\ndant ces quelques mois d'exploitation, il y\na lieu de mettre au point différents fac-\nteurs de succès dont les qualités de l'eau\nsont les principales.\nIl faut que I eau d'un bassin ouvert pré-\nsente les mêmes caractères que celle d'un\nbassin couvert moderne.\nLes temps sont révolus où les clients se\ncontentaient de patauger dans une eau\nsaumâtre et glaciale.\nL'aspect de l'eau tout d'abord : elle doit\nêtre limpide, bien transparente.\nElle ne doit ensuite pas dégager d'odeur.\nEnfin, dernier caractère physique, elle doit\navoir une température en rapport avec la\ntempérature extérieure.\nCette variation de température constitue\nla seule différence admise vis-à-vis de l'eau\nd'un bassin couvert.\nL'on sait que pour ce dernier la tempéra-\nture du hall et de l'eau doit pouvoir être\nmaintenue à une constante de 22° pendant\nles mois d'hiver, température reconnue\ncomme présentant le plus de confort pour\nle sport pratiqué. Cette température est\nobtenue grâce aux différents systèmes de\nchauffages employés, corps de chauffe ou\nair chaud pour le local et réchauffeurs pour\nl'eau.\nLa création d'une température ambiante\nfixe n'est évidemment pas possible pour un\nbassin à ciel ouvert. Tout au plus, pourra-\nt-il être mis à l'abri des vents dominants\npar l'heureuse disposition des bâtiments\ndes différents services d'exploitation, par\nun rideau d'arbres ou encore par sa situa-\ntion même au flanc d'un coteau, au fond\nd'un vallonnement. L'on ne pourra donc\nsonger qu'à la mise à température du mi-\nlieu liquide. Et pour éviter des sensations\ndésagréables de froid et chaud à l'entrée\net au sortir de l'eau, sensations qui peuvent\nd'ailleurs occasionner des troubles graves\nà certains organismes réagissant mal, il y a\nlieu de maintenir autant que possible la\ntempérature de l'eau aux environs de la\ntempérature de l'air ambiant, sans pour\ncela descendre en dessous d'une tempéra-\nture minimum de 15°.\nLe bassin à ciel ouvert tout comme le bas-\nsin couvert sera donc pourvu d'une batte-\nrie de chaudières et de réchauffeurs capa-\nbles d'amener et de maintenir l'eau à une\ntempérature déterminée et maximum de\n+ 25°.\nLes caractères physiques : aspect, odeur,\ngoût, sont en corrélation étroite avec les\ncaractères chimiques de l'eau.\nAu point de vue chimique, une eau de\nbassin de natation, doit en ordre principal\nêtre dépourvue de fer ou d'un de ses com-\nposés, et de substances argileuses, substan-\nces qui la rendent trouble et peuvent lui\ndonner un goût désagréable.\nLorsque l'on ne dispose donc pas d'une\nsource, de puits artésiens ou encore d'une\ndistribution de ville fournissant une eau\nparfaitement limpide, inodore, voire sans\nsaveur, il faudra songer à précipiter les\nsubstances chimiques que l'eau tient en\nsuspension et ensuite la filtrer, avant son\nintroduction dans le bassin.\nLes réactifs chimiques employés pour la\nprécipitation des composés du fer sont le\npermanganate de potasse dans certains\ncas assez rares et plus couramment le sul-\nfate d aluminium ou encore l'alun ordinaire.\nCes deux derniers réactifs, sulfate d'alu-\nminium et alun servent également à l'élimi-\nnation des substances argileuses qui se ren-\ncontrent très souvent dans les eaux de sur-\nface.\nLa précipitation de ces substances exige\nleur dépôt ou décantation dans des réser-\nvoirs appropriés avant la filtration. Quant\nà la filtration, si disposant d'une eau pré-\nsentant les caractères physiques et chimi-\nques convenant à un bassin, elle est de\ntoute façon l'opération nécessaire à la con-\nservation de ces propriétés dans l'hypo-\nthèse presque courante du maintien de la\nmême eau dans le bassin pendant plusieurs\nsemaines et même des mois.\nL'équipement d'un bassin de natation mo-\nderne qu il soit à ciel ouvert ou fermé, ne\npeut se concevoir sans installation de fil-\ntration. La capacité de filtration, ou le\nnombre de mètres cubes qui traverseront\nles filtres par heure sera fonction de la\ncapacité du bassin lui-même et du nombre\nmaximum de baigneurs pouvant le fréquen-\nter en même temps.\nQuant aux filtres qu'ils soient du type\nouvert ou fermé, ils seront toujours du sys-\ntème filtres rapides, les filtres lents exi-\ngeant de trop grandes surfaces de filtra-\ntion.\nLa substance filtrante sera du sable gros\ngrain, sable du Rhin de préférence ou du\nsilex à arêtes vives.\nUne installation de filtration bien conçue\nfournira une eau parfaitement limpide\nquelle qu'en soit la durée de séjour dans\nle bassin. Par limpidité, nous entendons la\nvisibilité du fond du bassin à 3 mètres de\nprofondeur.\nEnfin, d ernier caractère d'une eau de bas-\nsin de natation : Elle doit être exempte de\ntout germe pathogène dont principale-\nment le bacille typhique et le colibacille\nqui se rencontre surtout dans les eaux de\nsurface.\nLa filtratîon à laquelle l'eau peut être sou-\nmise avant son introduction dans le bassin\nest inopérante au point de vue épuration\nbiologique et ce, par suite de la vitesse\nde filtration. Un résultat ne pourrait être\nobtenu qu'en réduisant à 1/50, voire da-\nvantage, la vitesse de filtration.\nLa filtrat ion ainsi réalisée permettrait la\ncréation d'une membrane, dite biologique,\na la surface des filtres. Cette membrane\ncomposée de bactéries, algues et proto-\nzoaires fermerait le passage aux bactéries.\nMalheureusement, en admettant que le\nbassin puisse se remplir en un temps con-\nsidérable du fait de la réduction de la\nvitesse de filtration, et que tous les ger-\nmes nocifs soient ainsi éliminés, une fois\nrempli et mis en exploitation, de nouveaux\ngermes pathogènes issus des baigneurs\nmêmes rendraient l'eau dangereuse en peu\nde temps.\nConclusion : De toute façon un pro-\ncédé de stérilisation de l'eau s'impose.\nDifférents procédés ont été mis en prati-\nque. N'en retenons qu'un seul : le plus\nsimple, le moins coûteux, si pas le plus effi-\ncace.\nLa méthode de stérilisation par un des com-\nposes du chlore : chlorure de chaux ou eau\nde Javel et encore un nouveau produit\négalement un composé morganique du\nchlore : « Caporit ».\nQuelques grammes de chlorure de chaux,\nquelques litres d'eau de Javel introduits\njournellement dans l'eau du bassin, soit di-\nrectement soit dans le circuit de filtration,\nsuffisent pour rendre l'eau parfaitement\ninoffensive. Le dosage tiendra évidemment\ncompte du degré de pollution de l'eau,\nlui-même fonction du nombre de baigneurs.\nNous avons ainsi succintement examiné les\nqualités principales que doit présenter l'eau\nd'un bassin de natation en plein air.\nL exploitant qui a mis tout en oeuvre pour\nsatisfaire à ce point de vue sa clientèle, ne\nnégligera pas, au moyen d'avis placés bien\nen vue, de faire connaître les sacrifices\nconsentis en vue du bien-être de la santé\net de l'hygiène.\nEn compensation, il pourra et devra exiger\ndes bai gneurs : La douche préalable au\nbain ainsi que l'emploi des toilettes avant\nd'entrer dans l'eau.\nCes exigences ne rendront que plus opé-\nrants les moyens prophylactiques auxquels\nl'eau est soumise.\n\nG. MACHIELS."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaac193412-01.1.18", "texte": "TABLE DES MATIERES 1934 (12e Année)\n\nN 1 JANVIER\nVilla du Professeur A. Fauville; architecte : Joss\nFranssen .\n1\nLa stabilité des constructions sous la poussée du\nvent, par l'architecte E. Barbieux\n10\nUne conférence de Le Corbusier au Congrès\nInternational d'Architecture Moderne d'Athènes\net les quinze propositions de la C. 1. A. M. . .\n1 1\nEchos et informations. Revue des revues. Biblio-\ngraphie\n14\nN 2 FEVRIER\nConcours 1. N. R. : Projet des architectes Van\nNueten et Keym\n17\nInsonorité, par l'ingénieur A. Valleys\n30\nEchos et informations. Revue des revues. Biblio-\ngraphie\n35\nN° 3 MARS\nConcours Van de Ven 1933\n37\nL'activité de la S. B. U. A. M\n41\nConférence sur la rationalisation, par l'architecte\nS. B. U. A. M. L.-H. de Koninck\n43\nLes conduites de fumée et les gaines de ventila-\ntion dans les immeubles à étages multiples, par\nA. Nyst, architecte-ingénieur .......\n47\nConférences. Comptes rendus\n52\nN° 4 AVRIL\nMusées\n53\nEtude théorique d'une pinacothèque, par l'archi-\ntecte P. Fitsch\n55\nConférences .\n67\nRevue des revues\n67\nN° 5 MAI\nRichard J. Neutra, par J. F\n69\n\" Rush City Reformed \", par R. J. Neutra . . .\n71\nLa loi du revêtement, par A. Loos. .....\n83\nRevue des revues .\n84\nN° 6 JUIN\nLes ressources de la méthode expérimentale\nappliquée aux constructions, par M. F. Campus,\nprofesseur à l'Université de Liège\n85\nBétons de parement\n97\nTrois Maisons Minimum en Béton\n98\nLa Bibliothèque Albertine, par P. J. J. Verbrug-\ngen, architecte\n100\nN° 7 JUILLET\nLe Grand Palais Central de l'Exposition; archi-\ntecte : J. Van Neck\n101\nLe Pavillon de la Collectivité du Bâtiment, orga-\nnisé par la S. B. U. A. M\n105\n\nQuelques habitations réalisées par l'architecte\nVictor Bourgeois\n107\nLa Fédération Royale des Sociétés d'Architectes\nBelges, par S. France, architecte S. B. U. A. M.\n1 13\nCour d'Appel de Gand. Jugement\n115\nRevue des revues\n1 16\nN° 8 AOUT\nDocteur H.-P. Berlage, architecte\n117\nLes Congrès d'Architecture Moderne ....\n118\nDeux œuvres des architectes J. et M. Van Krie-\nkinge\n127\nInformations\n132\nN 9 SEPTEMBRE\nL'expression architecturale et urbanistique de\nl'éducation préscolaire dans les grandes agglomé-\nrations, par M. de Sturler\n133\nEnquête ouverte par \" La Cité \" sur les nécessi-\ntés d'adaptation des bâtiments scolaires aux mé-\nthodes pédagogiques nouvelles. Exposé de ces\nméthodes et des nécessités constructives et urba-\nnistiques qui en découlent\n139\nUne école primaire avec section Froebel, par Ch.\nVan Nueten, architecte S. B. U. A. M\n143\nInformations. Revue des revues\n148\nN° 10 OCTOBRE\nLe Canal Albert et l'Urbanisation Nationale et\nCampinienne dans l'Economie Belge, par J. F.\nHoeben, architecte-urbaniste S. B. U. A. M.\n149\nN 11 NOVEMBRE\nGroupe de 3 maisons; réalisation de l'architecte\nCh. Colassin, S. B. U. A. M\n173\nApplications du contrôle automatique électrique\naux installations de chauffage central à eau\nchaude\n177\nL'Esprit créatif de la Crise, conférence donnée à\nla Maison d'Art par Erich Mendelsohn ....\n178\nLe Musée de Nancy, architecte André Lurçat .\n180\nLes Congrès Internationaux d'Architecture Mo-\nderne (suite)\n182\nInformations\n188\nN° 12 DECEMBRE\nProgramme 1935\n189\nUne œuvre de l'architecte Stevens, S. B. U. A. M.\n190\nCivilisation moderne et Sensibilité, par M.Casteels\n191\nLes bassins de natation dans le système récréatif\naméricain\n199\nLe conditionnement de l'eau de piscines, par C.\nDejardin et A. de Ley . .\n201\nDes qualités de l'eau d'un bassin de natation à ciel\nouvert, par G. Machiels\n202"}]}