{"numero_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_sha256": "b5583c51a2afe6935a49825697d68c7dbd3a6ff47d3fd4a826434a6af417bab8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaf/issues/1916/12/01_01/bmtnaaf_1916-12-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaf/issues/1916/12/01_01/bmtnaaf_1916-12-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c001", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.1", "titre_corps": "Cover Illustration", "titre_sommaire": "Cover Illustration", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.1", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 44, "texte": "attention, ne coupez pas\ndépliez"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c002", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2", "titre_corps": "CHRONIQUE", "titre_sommaire": "CHRONIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 315, "fin_caractere_exclue": 5922, "texte": "CHRONIQUE\nCYPRIEN MAX-JACOB.\n\nPETITE CHRONIQUE DE L'AGRICULTURE\ni.e poète : Les moineaux ont pris mon sang pour des cerises !\nJ'ai donné mon cœur aux moineaux, ils l'ont mangé comme des\ncerises.\nle chroniqueur : I.e printemps! et voilà les appareils photogra-\nphiques dans les champs. La Photo, c'est l'immortalité des pau-\nvres! chacun d'eux s'efforce de trouver devant le bouton imma-\nnent un paysage qui fasse honneur à son goût et une pose natu-\nrelle qui lui aille bien.\nle régisseur : Ah! messieurs ! procédons par ordre ! ce n'est pas le\nmoment de perdre les qualités françaises.\nVoyons d'abord le Prologue, toutes les préfaces et ce qui peut nous\ninstruire.\n\nAVERTISSEMENT\nle roÈTE : Vivent-ils un rêve comme moi, tous les gens, et préci-\npités?\n\nPRÉFACE\n!La demoiselle a des mitaines\nfontaine et tontaine\nDes mit unes et des bas de coton\ntonton, ton Tame et tonton\nAh des boissons glacées\nSur des Transatlantiques\nUne émeute de gens très bien : Zut! Zut! Zut! à bas! à bas! à bas\nLAFORGUE !\nDerrière une « dentelle abolie dans le doute du jeu suprême à\nn'entr'ouvrir, etc... »\nM. LE CRITIQUE LITTÉRAIRE A SA FENÊTRE : Du genre ! ils font toujours\ndu genre. Ainsi j'ai là sur ma table les classiques, tous les clas-\nsiques. Eh! bien ils ont fait du genre et c'est tant pis! ce qui est\ndu genre est illisible, même dans Voltaire, même dans Shakes-\npeare. Quant à Laforgue! ce n'est que du genre. Tenez, c'est\ncomme Rimbaud. On m'écrit de Province : « les gazons tricolores ».\nNon, à bas Rimbaud! La volonté de désordre est une louable ten-\ndance vers l'ampleur, mais le désordre c'est le manque d'ordre et\nqui dit manque, dil... Je suis de l'avis du régisseur. Certes, un\nordre nouveau n'est pas le désordre... mais la décomposition\nn'est pas une position. La pastille pour être explosive, doit être\nsolide. A bas Rimbaud!\n' Pastilles\nVoix dans la rue (l'avenue Montaigne, je \\ Pastilles\ncrois!) elle est dans un bel état l'avenue < Marchand\nMontaigne, ah! oui. j de\nI Pastilles\nPassage de l'émeute de gens très bien. Inscription sur un étendard\n« Etends art ». Deux maisons font la révérence de cour.\nremarque : Un chroniqueur n'est pas un marchand de pastilles.\nle poète : Et quand du lancier polonais, les membres découpés, la\nbouteille brisée, il ne resta plus que l'œil, l'ceil chantait : « Les\ndeux Grenadiers ».\n\nAV ANT-PROPOS\nmilord : AvanL d'entreprendre quoi que ce soit avec vous, je vou-\ndrais que vous me fassiez connaître vos opinions.\nVoyons! vous avez bien vos petites opinions, religieuses, poli-\ntiques.\nle chroniqueur : Oli ! Milord j'en ai d'aulres !\nle poète : Je me déclare mondial, ovipare, girafe, altéré, sino-\npliobe et hémisphérique. Je m'abreuve aux sources de l'atmos-\nphère qui rit concentriquement et pète de mon inaptitude.\nmilord : Qui vous interroge, monsieur le poète? vous n'êtes pas\nsociable.\nle poète : Que te manque-t-il, ô crâne, pour avoir l'air d'un cul\nde poulet? la baudruche! et pour avoir l'air d'une autruche? la\nchair de poule.\nmilord : Monsieur le poète! je vous prie de montrer par votre\nsilence une politesse que vous ne gardez pas dans vos paroles!\nle poète ; Ça n'est pas la peine d'être poli quand on n'a pas\n(5.000 francs de revenus.\nle chroniqueur : Credo in Deuni, Patrein omnipotentem, Crealo-\nrem eœli et terne et in Jesum Christian, Filium ejus unicum Do-\nminum nostrum.\nmilord : Vous êtes Monarchiste!\nle chroniqueur : Je crois à l'Enfer et au Paradis, mais je doute\nqu'il y ait un seul homme digne de l'un ou de l'autre.\nmilord : Alors vous êtes Républicain!\nle chroniqueur : En 1789 la France a trouvé des principes à une\nconstitution, elle se retourne depuis pour trouver une constitution\nà ces principes. Les systèmes qu'elle a éprouvés lui ont tous\nsemblé bons, elle n'en à changé que par accident.\nmilord : La France n'a pas cherché bien sérieusement, avouons-\nle !\nle chroniqueur : Le train du gouvernement m'amuse quelquefois :\nun souverain m'interdirait de le déclarer. La comédie de la cen-\nsure à laquelle nous assistons donne idée de celles auxquelles nous\nn'assistons pas, car qui voudrait douter de l'inutilité de la Censure\npuisqu'un vrai secret d'Etat ne parvient qu'à ceux qui sont assez\nintelligents pour le garder. Milord, au point de vue métaphysique\nje n'ai guère dans le moment à vous offrir qu'une petite théorie\nmoléculaire avec interpénétrabilité des mondes et absence de vide,\nle tout en forme'd'oignon, mais si vous m'accordiez cinq minutes\nde réflexion, je\nmilord : Puis-je, monsieur le chroniqueur, me permettre, mainte-\nnant, puisque vous voilà fonctionnaire de mon administration, de\nvous demander comment vous enlendez la tâche que nous allons\nvous confier?\nle chroniqueur : Le Parisien de Paris ne croit rien de ce qui s'y\ndit et ne parle pas de ce qui s'y passe. Cette idée sinon cette phrase\nest dans Balzac. Allez donc vous prendre au sérieux, messieurs\nles chroniqueurs ! car ou bien vous n'êtes pas parisiens et votre\nchronique n'a aucune valeur ou bien vous ne direz rien, ou bien\nvous ne croirez rien de ce que vous dites, ce qui serait une cala-\nmité! Moi, je m'en moque, Milord, (entre nous) je ne suis chro-\nniqueur qu'en temps de guerre. Ailleurs, je suis collectionneur...\ncollectionneur d'autographes... les miens, Milord...\nmilord : Essayez donc de nous distraire, car nous nous ennuyons\nbeaucoup quand nous ne nous amusons pas.\nle chroniqueur : S'assurer de s'être ennuyé, c'est le faire de ne\nrien devoir à personne. Je vais demander qu'on appelle le con-\nteur.\n\nESSAI CRITIQUE\nSupprimé, l'auteur jugeant qu il n était pas assez loué et le public\nqu'il l'était trop.\n\nBIOGRAPHIE DE L'AUTEUR"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 9396, "fin_caractere_exclue": 32702, "texte": "CHRONIQUE\nDÉCOR & INDICATIONS SCLNIQVES\nle poète : L'horizon bout. Soleil ! prends tous ces hamacs roses et\nblancs, tu n'auras pas le mien : il est d'ambre et il est brodé de\njais de ce côté-ci du moins (Titre: description d'une avenue). C'est\nmoi qui ai fait le décor pour les enfants et j'ai taillé un trou pour\npasser :\n» Vous devez quatre-vingt-dix francs. — Ce n'est pas le moment\nde les réclamer. — Fleurs par Renoir. Allons! prenez pour vous\npaver. »\nL'administration se réserve le droit d'augmenter ou de diminuer le\nnombre des interlocuteurs. Pour les couplets sur Mimi Pinson,\nla marraine amoureuse et l'embusqué, s'adresser au contrôle.\n\nPETITE CHRONIQUE\nDE LAVIATION. DE 7.A MODE & DES MYSTÈRES DES MINISTÈRES\nle chœur chante Quelquefois un poisson nageant\nAux vagues offre un ventre blanc ;\nL'aérostat, poisson volant,\nParfois s'offre blanc au nuage;\nLa danseuse se retournant\nMontre en scène à tous les étages\nUn dos poisseux de diamants.\nle poèie : L'aube à l'horizon est un miroir d'êtain qui projette un\nreflet sur une maison.\nie chroniqueur : Au parc d'aviation avant de monter au ciel eux-\nmêmes les aviateurs voient à leurs pieds, hélas ! autant de leurs\njeunes amis morts qu'il en est ailleurs sous les balles. Alors les\nvivants de cette île sur la mort ont les moeurs de marins enragés :\nils ne quittent les tables qu'après avoir tout brisé, déchiré les\nmenus, » le plan du paturage » comme ils disent, etc...\nIl existe un talisman pour aviateur qui se fabrique dans les ate-\nliers de mutilés, c'est un bracelet en perles de verre avec ces\nmots : « El puis... Merde ! »\nLE PANTALON CLAIR DU MONSIEUR QUI A UN VERRE EN MAIN ET L'AUTRE\ndans l'œil : Allons donc, mon cher ! vous arrivez de Québec !\nassez n'est-ce pas ?\nle chroniqueur : Eh pourquoi? je voudrais bien...\nle pantalon clair, etc... : Soit, à nous les indiscrétions! Il s'agit d'un\ncollier de mercier, il s'agit de nos braves soldats; d'une princesse\net d'un livre de comptes.\nConte! 11 y avait une capricieuse princesse qui s'ennuyait : Sou-\npire, cœur qui trop vite a tout ce qu'il désire. La princ*esse vivait\ndans un Olympe car elle était Polonaise. 11 y avait aussi un collier\ndont les perles de verre figuraient les mots que vous avez dits.\nVous pensez bien que de tels colliers n'arrivent pas tout seuls\ndans l'Olympe des princesses polonaises. Mais voilà! il y avait\nune dame qui s'appelait madame Jean et dont la profession était de\nfaire aux aristocrates et à d'autres des mains aristocratiques. En\nmême temps madame Jean était le Mercure d'Olympes de hauteurs\ndiverses. Un matin, madame Jean disait à la princesse polonaise :\n« Pour ce qui est du collier, il n'y a encore que madame X... qui\nl'ait... écartez un peu l'auriculaire, je vous prie !... Pour ce qui\nest de la Roséine, madame a tort, car c'est un produit très effi-\ncace... j'en parle par expérience... tenez, regardez !...\n— « J'en veux un! j'en veux un! entendez-vous! qu'on me donne\nce collier! cherchez-le, madame Jean! si vous ne l'apportez pas\nlundi je ne vous reverrai de ma vie. »\nLes arrosoirs de la Mode ont vite fait d'en faire pousser les pri-\nmeurs. Des désirs tels que celui de la princesse assaillaient le\nmercier-inventeur et l'auraient enrichi peut-être si la main-\nd'œuvre à notre malheureuse époque ne manquait atix plus\nsérieuses entreprises. Il eut l'idée de confier à des soldats sans\nressources et sans occupations la réalisation du rêve de ses clientes\net du sien. Excell°nte innovation! pensée philanthropinue et avan-\ntageuse à tous née dans un cerveau bien préparé. Vous savez\nqu'avec un sentiment de pudeur compréhensible la partie de l'uni-\nvers qu'on appelie le monde n'aime pas à apprendre aux autres où,\ncomment, pourquoi, combien elle s'amuse et ce qu'il lui en coûte.\nAllons ! franchement, enseignerons-nous à ces gens ce que c'est\nque la vie élégante? Donc ïa toute gracieuse destination du travail\ndes soldats, sur le livre commercial qui le régularise, fut habile-\nment masquée par cette désignation : « Talisman pour aviateur ».\nCharmant! tout est exquis dans cette véridique histoire! Or, dès\nque les mains aristocratiques tinrent de la triomphante manucure\nl'orageux collier, ce 11e fut que pour le lui jeter au nez ! » Je n'en\nveux plus, dit-elle, tous les aviateurs en ont ! »\n(Zci, trompe d'auto.)\nle poète : Dans la salle des bains de votre amie, madame, pour-\nquoi garder votre ombrelle ouverte derrière la baignoire de mar-\nbre? C'est pour protéger du soleil la vieille qui taille les cors.\nle régisseur : Voilà le conteur ! il a un chapeau liant de forme et\nsous le bras des livres qui ne sont pas ceux qu'il écrit.\nmilord : Qu'il prenne assez de patience pour attendre notre dispo-\nsition. N'en a-t-on pas la coutume quand on pratique son métier?\nla manucure de la princesse : Ecoutez : Un jour que j'accompa-\ngnais madame à son wagon avec le prince, une casquette qui occu-\npait le troisième fauteuil du sleeping fit la grimace à la levrette.\n« Vous aimez les chiens, dit madame. — Bien lavé à la chaux,\nle squelette d'une levrette est une belle chose, dit-il, le crâne,\nsurtout le crâne. » C'était un fou, n'est-ce pas? Mais messieurs, à\npropos d'ouvroirs des mutilés je puis vous dire qu'une dame tout\nce qu'il y a de mieux, très élégante, très musicienne, très distin-\nguée, très philanthrope, est allée voir le secrétaire d'un ministre\npour que son autorité procure du travail à leurs ateliers. » Ne\ncraignez-vous pas, dit-elle, que si ces hommes sont oisifs ils ne\nsongent à quelque révolution? — Tenez-vous tant à empêcher\nune révolution », a répondu le fonctionnaire qui s'ennuie proba-\nblement.\n\nPETITE CHRONIQUE SCIENTIFIQUE\nDe l'oxydation des liquides. Versez dans n'importe quel ratafia\ninnommable, quelques gouttes d'eau oxygénée officinale, vous obte-\nnez une délicieuse eau-de-vie qui a le goût des vieilles « Fine ».\nle poète : Le mystère est dans cette vie, la réalité dans l'autre :\nsi vous m'aimez, si vous m'aimez, si vous m'aimez, je vous ferai\nvoir la réalité.\nMODESTE ENTRÉE DU CONTEUli\n11 dérange le poète dans ses divagations. Pour l'entretien de ces\nmessieurs, reportez-vous à Molière : Misanthrope, Acte..., Se...,\nFemmes savantes, Acte... Se...\nmilord : Je suis ici pour vous et vous pour moi. Vous n'y êtes pas\nles uns pour les autres.\n\nLE CONTEUR\nPETITE CRISE DE DANDYSME ÉTUDIÉE CHEZ US ADOLESCENT\n« Monsieur Anselme, il est l'heure d'aller au cours! — C'est\nDimanche, Anna ! — Alors il est l'heure d'aller à la messe, mon-\nsieur le vicomte. - La messe se passera de moi aussi bien que je\nme passe d'elle. —- Oh! un vicomte ne pas aller à la messe le Di-\nmanche! Que diraient les Pères s'ils le savaient — Ne m'appelez\npas vicomte, Anna, je suis républicain, démocrate, apache et\nmaquereau. Et donnez-moi mon chocolat! — Si votre grand-père\nvous entendait! — Anna! je voudrais bien savoir pourquoi on\nme donne mon chocolat avec des petits pains et non pas avec\ndes biscottes, comme cela se fait partout? — M. le comte ne\nveut pas entendre parler des biscottes ! Il ne veut pas qu'il\nentre une biscotte à la maison — Eh ! bien ! je veux moi, des\nbiscottes : vous lui direz que c'est moi qui les veux et j'exige des\nbiscottes flamandes de chez Colombin, pas d'ailleurs. Anna! venez\nici vous avez vraiment un joli cou! oh! la jolie nuque que vous avez\nlà, Anna! où avez-vous été chercher cette nuque! c'est massif! c'est\ngras! c'est important! c'est doré! — Taisez-vous! Monsieur An-\nselme, je vais le dire à votre grand-père — Anna! ne vous en allez\npas! dites-moi! comment se fait-il que je n'ai pas une paire de\nchaussures à me mettre? — Bonne Sainte-Vierge! mais monsieur\nle vicomte a trente-sept paires de chaussures dans le haut de l'ar-\nmoire du cabinet de toilette! — Quand je dis que je n'ai plus une\npaire de chaussures à me mettre, je sais pourquoi je le dis. Gal-\n■=lû.yer,n'.a pas envoyé celles que je lui ai commandées? je les lui ai\ncommandées moi-même pourtant. — On sonne, Monsieur Anselme!\nc'est Madame!... Anna! vous téléphonerez à mon ami Georges...\nvous savez... Saxe 48-62... que je le trouverai à trois heures précises\nchez Fouquet. »\nPour manifester en faveur des biscottes son mépris des petits\npains, il exposa au coin de la table de nuit celui qui flanquait la\ntasse. Puis le pain partageant le mépris avec le chocolat, il passa le\ntemps de le refroidir assez pour s'en débarasser d'une lampée en\nlisant le chapitre XV du livre intitulé: « Les Blondinettes de Belle-\nville et leurs joyeux amis » « C'est très bien écrit! déclara Anselme\npour exprimer moins ses opinions d'ancien rhétoricien dogmatique\nque la satisfaction de ses curiosités de jeune vicomte. Puis, la pre-\nmière toilette de ce corps gras et blanc eut la première heure de\nson lever. La seconde toute entière régla les ongles des mains. Les\nongles des meilleurs dandies étaient cet hiver là courts, rectangu-\nlaires et peu brillants. Devenir le meilleur d'entre eux ! Parce que\ncet idéal était inaccessible, il attirait l'ambition du timide adoles-\ncent. Il s'appliquait à étudier les maîtres pour en mériter un jour\nle titre. Sa figure avait la couleur d'un bouton de rose sans en\navoir l'éclat. Les airs de suffisance auxquels il s'essayait ne par-\nvenaient ni à transpercer celui qu'il avait d'humilié ni à trahir celui\nqu'il avait d'angélique et de féminin. Il avait haussé son costume\nd'intérieur du genre anglais au persan par l'adjonction d'une cein-\nture de soie rose.\nSix mois auparavant, il endossait les mêmes vêtements que les\nporte-manteaux. Bourrés dans une bibliothèque en forme de fau-\nteuil les livres acquis en ce temps lointain ne lui rappelaient par\nleur présence que le dédain qu'il en devrait montrer. D'un Manuel\ndes Confesseurs en quatre volumes, d'une collection des Pères du\nl'église, d'une Imitation de Notre Seigneur, d'une Explication de la\nSainte Messe, si les tranches avaient été séparées les règles alors\npouvaient bien devenir celles de sa vie. Un jour qu'il avait trouvé\nle zèle de Jésus chassant les marchands du Temple pour traiter de\n« Femme adultère » sa malheureuse mère victime du divorce et\nd'un mari trop riche, son grand-père ayant objecté que l'exercice\ndu chrétien est celui de l'intelligence et de la bonté fut appelé\n« vieux noceur » parce qu'il croyait devoir pensionner une an-\ncienne actrice : « Tes père et. mère honoreras ! >> riposta douce-\nment le vieillard. — « Voici ma mère! voici mes frères! » dit plus\ntimidement le jeune homme en désignant les domestiques moqueurs\net gênés — Ni l'autorité d'un Père Mariste, ni les appels violents du\nvieux comte au bon sens, ni les doux entretiens d'Anselme avec\nsa mère ne corrigèrent son allure dans le chemin de la vertu : un\nquolibet d'une femme le conduisit ailleurs.\nUn dimanche, comme ces jours-là, l'Eglise Saint-Honoré d'Eylau\nvidait l'Hôtel Maduron de ses domestiques, Anselme profita de la\nsolitude pour commencer l'essai d'une vie monastique, par celui\nde démeubler sa chambre. Georges de Barasegel, condisciple\nd'Anselme et confident de sa mère en venant de chez elle pour\n■ venir chez lui se dressa dans un couloir devant son mobilier et\ndevant ses projets et ne put rien sur leur direction. Georges avail\nla mâchoire, le front et les épaules carrés, les yeux doux : il\ncomptait ses pas. Il était menteur, prometteur, préoccupé des plai-\nsirs \"de la vie et non de ses problèmes.\n» Mon ami, dit-il, cela ne se fait pas! on ne déménage pas pour\ncause de convictions religieuses! et puis ça n'est pas de bon sens\net je n'admets pas ce qui n'est pas de bon sens ! Franchement, je\nsuis partisan de certaines extravagances, mais quand cela touche\nà la religion, ça devient de la folie tout de suite. Franchement !\nénivre-toi, trompe les femmes les unes avec les autres, mais\nappelle quelqu'un qu'on remonte ton lil ! »\nAnselme, orgueilleux dans la solitude, s'inclinait vite devant qui\nla troublait.\nIl dit pourtant :\n« Georges! les choses de la terre t'appartiennent, laisse-moi celles\ndu ciel! »\nSur le visage de la baronne Maduron vingt années de souffrances\nn'avaient pas altéré les grâces des vingt autres. Elle avait en\nGeorges une confiance dont il espérait, en multipliant leurs ren-\ncontres abuser un jour pour satisfaire ses désirs, sa vanilé\nou sa curiosité. Les excès du fils n'étaient-ils pas une occasion\nde montrer de l'attachement à la mère et sa solitude dans l'Hôtel,\nde le lui prouver de quelqu'autre manière. Malheureusement pour\nlui, elle était aux prises d'ouvrières qui avaient copié en un cos-\ntume un tableau représentant Diane qui la travestissait. L'émis-\nsaire d'un couturier célèbre dirigeait leurs travaux. Georges parut,\ndépeignit la conduite d'Anselme et fit l'éloge de la sienne.\n» Oh! le pauvre enfant! je suis sûre qu'il n'a pas d'argent!... mais\ncette peau de tigre m'épaissira horriblement, mademoiselle... je\nl'adore ce pauvre petit! — Rien ne saurait vous épaissir, Madame!\ndit la première employée du couturier — On ne lui sert pas sa\npension régulièrement peut-être!... mademoiselle, ce carquois me\nfait bossue. — Diane n'aura pas été plus belle que vous le serez\nce soir. Mettez vos boucles d'oreilles; nous ferons beaucoup de bleu\nce mois-ci: il faudra que vos belles amies deviennent aussi blondes\nque vous Vêtes naturellement — Monsieur de Barasegel... made-\nmoiselle, le croissant est près de vous; merci. Monsieur de Barase-\ngel, je veux qu'Anselme s'amuse: dites-lui qu'il faut qu'il s'amuse.\nMon ami, soyez assez gracieux pour ouvrir mon secrétaire... oui...\nvovez-voùs un petit portefeuille gris... dites à Anselme que c'est\nun présent de sa maman pour qu'il soit sage. Georges, mon cher,\nemmenez-le distrayez-le! c'est un charmant enfant; il faudrait que\nje m'en occupe davantage et j'ai si peu de temps!... non! ne m'em-\nbrassez pas les mains, elles sont poudrées... Oh! le méchant! Allez,\nenfant... on me déshabille... Les paniers sont bien larges, n'est-ce\npas, mademoiselle? »\nLa mère aimait dans l'adolescent ce qui plaisait à et\ndes espoirs qui n'avaient encore pu etre déçus. Elle s inquiéta de\nne pas l'avoir aperçu à la table et le costume de Diane s aventura\ndans les couloirs et devant une porte un instiant <plose encore. Ses\ncaresses rencontrèrent un rocher et ses paroles 1 Evangile.\nOr, cette même nuit soit que le jeune vicomte n eut pas détail les\nliens de ses plaisirs habituels, soit que son ascétisme mérité\nle repos par ses combats, d'un coin du bar Fouquet il enRc°.\"le\",\nplait les hôtes. Une jeune femme qu'ils surn°mmaient la Reine\nHongrie et qui les avait pour but de ses teux sembla\nment prendre pour tel, le vicomte Anselme. La satisfac\nfixé le choix d'une beauté qu'il avait souvent de lo ,\nle partage d'une demi-bouteille de whisky lui inspirèrent un mad\ngai et certains regards qui le commentait clairement.\n« Eh! mon cher, lui dit la Reine de Hongrie qui se piquait de n être\npas facile : j'ai les pieds chauds au lit, je n'y mets pas de moine. »\nQuand l'amour propre et le jugement se lencontrent, c est au\ndépens du second. Anselme, vexé comnie par une injure ne comprit\npas que le ieu de mots était un autre jeu.\n« On sait donc tout ici? qu'est-ce qu'un pauvre garçon comme moi\npeut leur avoir fait? pourquoi s'en occupent-ils? Ah. mon Seigneur\ncomme je reviens à vous!... ou plutôt non!... je veux devenu\nl'homme le plus corrompu du siècle. »\nSon silence ne donna pas de prise à la moquerie : il n'en fut pas\nde même de sa conduite. Ce soir-là. place de la Madeleine, dans un\nappartement ou pour un prix fixe et élevé une dame qui leur res\nsemblait donnait à des hommes du monde une marchandise vi-\nvante en location, Anselme fit pleurer une femme en lui parlant\nd'un livre de Tolstoï et rire, du coup ses compagnes et leurs com-\npagnons. ,\nLe lendemain, dégoûté sinon de la corruption, du moins ae se.,\nesclaves, il essaya de coucher avec la portière de l'Hôtel Maduron,\nd'apprendre par cœur des vers de Lamartine et de devenir un\ndandy.\n\nPETITE CHRONIQUE\nCINEMATOGRAPHIQUE\ni.e chroniqueur : Pourquoi au cinéma l'apparition de Serbes sur\nl'Ecran est-elle saluée par de la musique hongroise? _\nmiloro : Ne evoyez-vous pas que les excellents procédés du Doc-\nteur Doyen pour la photographie des couleurs rendront inutiles\nceux de la peinture ?\nle chroniqueur : Les exécutants suivent les peintres; les specta\nteurs aussi. Il faudra toujours des peintres à suivre.\nle poète: T,'archange foudroyé n'eut que le temps de desserrer sa\ncravate. On aurait cru qu'il priait encore.\nTransformation de la scène en cour d assises.\nIntroduction de Morisset cambrioleur poète connu à Montparnasse.\nMilord se déguise en président, le chroniqueur en avocat, le régis-\nseur en huissier. On sait d'avance que l'accusé sera puni de cinq\nans de réclusion.\nNous donnons ici l'intéressante déposition d un chaufteur d auto-\nmobiles.\nle chauffeur Mais personne ne regarde un cheval attelé, Mes-\nsieurs les jurés, alors à quoi que ça sert? Vous pensez bien un\npatron ne s'amusera pas à acheter une paire de chevaux s'il n'y\na personne pour les regarder après. Par conséquent il n y a plus\nde commerce du cheval attelé. Je ne dis pas qu il 11 y ait pas,\npar ci, par là, des personnes qui ont la manie de monter, mais le\ncommerce du cheval n'existe pas, qu'est-ce que vous voulez faire...\nun cocher...? Un cocher, messieurs les jurés, qui était resté dix ans\ndans une maison pouvait se retirer dans son pays avec un magot.\nIl y avait le grainetier, le marchand du cheval, le marchand de\nharnais, le marchand de voilures etc... Une supposition que vous\nayez la confiance de Monsieur : « Jean! occupez-vous de l'écurie. »\nEh bien! vous avez votre personnel, vous choisissez qui vous plaît...\nEh bien ! une supposition que voilà une paire de chevaux vendus\n10.000 francs à Monsieur. Eh bien! s'il n'y a pas 3.000 francs poul-\nie cocher, il n'y a rien de fait. Voilà! c'est la même chose pour\ntout : si les autres ne s'étaient pas conduits comme il faut, ils\nauraient perdu la clientèle. Voilà un cheval qui a un défaut, tâchez\nmoyen de cacher un peu qu'il est vicieux le jour de l'essai il\nv aura tant pour vous.\nA côté de çu qu'est-ce quo vous avez aujourd'hui? vous avez LautO.\nVoilà quatorze ans que je suis chauffeur, qu'est-ce que j'ai gagné.'\n200, 250 francs par mois et puis quoi ?... Les fabricants ont tant de\ntravail qu'ils ne peuvent pas fournir. Alors qu'est-ce que vous pou-\nvez dire à ça? Un client de perdu, dix de retrouvés. J'ai été dix ans\nchez le comte Bertrand comme chauffeur : il fréquentait l'ambas-\nsadeur d'Angleterre : vous avez peut-être connu ça? c'était un\npatron qui n'aurait lias voulu qu'on le voie deux années avec la\nmême voiture. Quelquefois il ne faisait que changer la carrosserie.\nQu'est-ce que je gagnais? Et, messieurs de la cour, c'est pas des\nmétiers! On reste à attendre devant une porte, et pas moyen de\nquitter la voiture. C'est qu'il ne manque pas de rôdeurs qui vien-\nnent chiper ce qu'il y a à l'intérieur la fourrure ou n'importe! Il\ny a même des voleurs déguisés en chauffeurs, qui prennent la voi-\nture : allez courir après ! Ah! par exemple, après ce coup là c'est\npas le moment de demander de l'augmentation! Encore si on restait\nà la même place mais ils ne sont pas bien là où ils sont! Jean chez\ntel et tel! Jean, chez Maxim! Jean, au café de Paris! Eh bien!\nMessieurs! il n'y a jamais de pourboires!... des pourboires, pensez-\nvous? vous conduisez les amis à droite ou à gauche. Jamais on\na été si râleux qu'aujourd'hui. Ça! je dois dire que je n'ai jamais\neu à me plaindre des patrons... nécessairement je ne suis pas de\nceux qui se plaignent des patrons. Les patrons sont des gens\ncomme nous. Il faut les connaître. Ils ont leurs petites habitudes\ncomme tout le monde, c'est au domestique de ne pas les froisser.\nQuand vous êtes dans une bonne place, à vous d'être assez intel-\nligent pour la garder, comme de juste! moi, j'ai connu un valet\nde chambre, eh bien, un valet de chambre, c'est l'homme le plus\nheureux qu'il y ait sur la terre, s'il a assez de malice. Bien entendu,\nil ne faut pas aller dire à tout le quartier que vous couchez avec la\ncuisinière. Une supposition que vous arrivez à prendre de l'âge el\nque vous vous êtes aperçu des choses, vous faites attention de ren-\ntrer vos idées en dedans et si madame vous dit quelque chose, vous\nfaites semblant de rien. « Cause toujours! oui, madame, madame\nest bien bonne... et puis ton compte est fait... » Ça m'est égal\npourvu que mes cheveux poussent. Mais celui qui est malin et\nintelligent, celui-là connaît monsieur et madame, et il peut rester\ndans la maison toute sa vie et arriver à avoir les clefs de tout\ncomme un ami à moi qui est maître d'hôtel, c'est-à-dire, homme de\nconfiance et dépensier général. En voilà une bonne place. Vous\ndites que ça n'est pas facile d'arriver là. Comme de juste! mais\npour connaître monsieur, rien de plus facile car il laisse toujours\nses lettres derrière lui et il parle avec sa famille, et quand il dit :\n» Taisons-nous », il est toujours trop tard. Ce qui m'a perdu, c'est\nque J'aimais les chevaux, autrement je...\nmilord président : Ceci n'a pas le moindre rapport avec l'affaire.\nAccusé, n'avez-vous aucune observation à faire?\nle pantalon clair en procureur : L'accusé est coupable, extrême-\nment coupable : il est menteur, voleur, assassin, parjure, ivrogne,\njoueur, lâche, paresseux, coléreux, hypocrite, sale, sans moralité,\ndébauché, mauvais, mauvais, mauvais, mauvais.\nie chroniqueur en avocat : ... II a la façade mauvaise, mais le fond\nbon à l'inverse de la plupart d'entre nous... il a mal pris la vie,\nil croyait qu'il était noble et héroïque d'être seul contre tous. C'est\nun poète, je le connais et je m'y connais... 11 ne quittait la luxueuse\npauvreté des artistes que pour trouver sa mère et ses frères sans\nfeu ni lumière. Les paradoxes qui se soutiennent à Montparnasse\nl'ont perdu. La fréquentation des grands hommes qui fait regarder\npar l'avis des autres, vous rehausse le moral mais vous abaisse\nd'autre part en vous cachant votre vérité. Or, ce qui a convenu à\ndes natures fortes, peut nuire aux plus faibles. Qu'il est noble, le\ndésir de réaliser des perfections éblouissantes (seul contre tous)\nmais qu'il a fait d'imbéciles de ceux qui, avec l'harmonie de la\npensée et de l'individu, auraient été normaux. La voie de la per-\nfection n'est pas toujours convenable. Songez, milord, que toute\nla question de l'éducation est là : l'éducation en commun ne peut\ndonner de bons résultats. Un maître se borne à montrer l'exemple\nde sa valeur qui est dangereuse.\nle régisseur: Messieurs! l'on va bientôt fermer! on ferme! on\nferme!\nle poète : II arrive quand lu ronfles que le monde matériel éveille\nl'autre.\nle chœur chante\nMoïse enfant, dans cette poivrière,\n— c'est une ruche avec toit de donjon —\npensait à Dieu et faisait sa prière\nne sachant pas gouverner dans les joncs.\nL'enfant Jésus, la paille est son nuage,\nc'est bien plus chaud et c'est bien plus joli :\nIl a la paille et n'a pas de logis.\nMoïse enfant! éducation des mages,\nMaille à partir avecque la magie,\nL'autre petit, quand sa maison voyage\nA pour maison le ciel de l'Italie.\nHussards hongrois sous vos noirs pardessus\nQui trombonez dans ma courbe gondole\nTrombonez tous à la gloire de Jésus\nQue vos plumets lui soient une auréole.\nle poète : Au pied de la montagne, le matin, les voix résonnent\ncomme dans un corridor.\n\nBONSOIR !!!\nTous les vendredis, changement de spectacle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c003", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.1", "titre_corps": "C. 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La Photo, c'est l'immortalité des pau-\nvres! chacun d'eux s'efforce de trouver devant le bouton imma-\nnent un paysage qui fasse honneur à son goût et une pose natu-\nrelle qui lui aille bien.\nle régisseur : Ah! messieurs ! procédons par ordre ! ce n'est pas le\nmoment de perdre les qualités françaises.\nVoyons d'abord le Prologue, toutes les préfaces et ce qui peut nous\ninstruire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c005", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.3", "titre_corps": "AVERTISSEMENT", "titre_sommaire": "AVERTISSEMENT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 982, "fin_caractere_exclue": 1068, "texte": "AVERTISSEMENT\nle roÈTE : Vivent-ils un rêve comme moi, tous les gens, et préci-\npités?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c006", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.4", "titre_corps": "PRÉFACE", "titre_sommaire": "PRÉFACE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "PRÉFACE\n!La demoiselle a des mitaines\nfontaine et tontaine\nDes mit unes et des bas de coton\ntonton, ton Tame et tonton\nAh des boissons glacées\nSur des Transatlantiques\nUne émeute de gens très bien : Zut! Zut! Zut! à bas! à bas! à bas\nLAFORGUE !\nDerrière une « dentelle abolie dans le doute du jeu suprême à\nn'entr'ouvrir, etc... »\nM. LE CRITIQUE LITTÉRAIRE A SA FENÊTRE : Du genre ! ils font toujours\ndu genre. Ainsi j'ai là sur ma table les classiques, tous les clas-\nsiques. Eh! bien ils ont fait du genre et c'est tant pis! ce qui est\ndu genre est illisible, même dans Voltaire, même dans Shakes-\npeare. Quant à Laforgue! ce n'est que du genre. Tenez, c'est\ncomme Rimbaud. On m'écrit de Province : « les gazons tricolores ».\nNon, à bas Rimbaud! La volonté de désordre est une louable ten-\ndance vers l'ampleur, mais le désordre c'est le manque d'ordre et\nqui dit manque, dil... Je suis de l'avis du régisseur. Certes, un\nordre nouveau n'est pas le désordre... mais la décomposition\nn'est pas une position. La pastille pour être explosive, doit être\nsolide. A bas Rimbaud!\n' Pastilles\nVoix dans la rue (l'avenue Montaigne, je \\ Pastilles\ncrois!) elle est dans un bel état l'avenue < Marchand\nMontaigne, ah! oui. j de\nI Pastilles\nPassage de l'émeute de gens très bien. Inscription sur un étendard\n« Etends art ». Deux maisons font la révérence de cour.\nremarque : Un chroniqueur n'est pas un marchand de pastilles.\nle poète : Et quand du lancier polonais, les membres découpés, la\nbouteille brisée, il ne resta plus que l'œil, l'ceil chantait : « Les\ndeux Grenadiers »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c007", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.5", "titre_corps": "AVANT-PROPOS", "titre_sommaire": "AVANT-PROPOS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 2642, "fin_caractere_exclue": 5793, "texte": "AV ANT-PROPOS\nmilord : AvanL d'entreprendre quoi que ce soit avec vous, je vou-\ndrais que vous me fassiez connaître vos opinions.\nVoyons! vous avez bien vos petites opinions, religieuses, poli-\ntiques.\nle chroniqueur : Oli ! Milord j'en ai d'aulres !\nle poète : Je me déclare mondial, ovipare, girafe, altéré, sino-\npliobe et hémisphérique. Je m'abreuve aux sources de l'atmos-\nphère qui rit concentriquement et pète de mon inaptitude.\nmilord : Qui vous interroge, monsieur le poète? vous n'êtes pas\nsociable.\nle poète : Que te manque-t-il, ô crâne, pour avoir l'air d'un cul\nde poulet? la baudruche! et pour avoir l'air d'une autruche? la\nchair de poule.\nmilord : Monsieur le poète! je vous prie de montrer par votre\nsilence une politesse que vous ne gardez pas dans vos paroles!\nle poète ; Ça n'est pas la peine d'être poli quand on n'a pas\n(5.000 francs de revenus.\nle chroniqueur : Credo in Deuni, Patrein omnipotentem, Crealo-\nrem eœli et terne et in Jesum Christian, Filium ejus unicum Do-\nminum nostrum.\nmilord : Vous êtes Monarchiste!\nle chroniqueur : Je crois à l'Enfer et au Paradis, mais je doute\nqu'il y ait un seul homme digne de l'un ou de l'autre.\nmilord : Alors vous êtes Républicain!\nle chroniqueur : En 1789 la France a trouvé des principes à une\nconstitution, elle se retourne depuis pour trouver une constitution\nà ces principes. Les systèmes qu'elle a éprouvés lui ont tous\nsemblé bons, elle n'en à changé que par accident.\nmilord : La France n'a pas cherché bien sérieusement, avouons-\nle !\nle chroniqueur : Le train du gouvernement m'amuse quelquefois :\nun souverain m'interdirait de le déclarer. La comédie de la cen-\nsure à laquelle nous assistons donne idée de celles auxquelles nous\nn'assistons pas, car qui voudrait douter de l'inutilité de la Censure\npuisqu'un vrai secret d'Etat ne parvient qu'à ceux qui sont assez\nintelligents pour le garder. Milord, au point de vue métaphysique\nje n'ai guère dans le moment à vous offrir qu'une petite théorie\nmoléculaire avec interpénétrabilité des mondes et absence de vide,\nle tout en forme'd'oignon, mais si vous m'accordiez cinq minutes\nde réflexion, je\nmilord : Puis-je, monsieur le chroniqueur, me permettre, mainte-\nnant, puisque vous voilà fonctionnaire de mon administration, de\nvous demander comment vous enlendez la tâche que nous allons\nvous confier?\nle chroniqueur : Le Parisien de Paris ne croit rien de ce qui s'y\ndit et ne parle pas de ce qui s'y passe. Cette idée sinon cette phrase\nest dans Balzac. Allez donc vous prendre au sérieux, messieurs\nles chroniqueurs ! car ou bien vous n'êtes pas parisiens et votre\nchronique n'a aucune valeur ou bien vous ne direz rien, ou bien\nvous ne croirez rien de ce que vous dites, ce qui serait une cala-\nmité! Moi, je m'en moque, Milord, (entre nous) je ne suis chro-\nniqueur qu'en temps de guerre. Ailleurs, je suis collectionneur...\ncollectionneur d'autographes... les miens, Milord...\nmilord : Essayez donc de nous distraire, car nous nous ennuyons\nbeaucoup quand nous ne nous amusons pas.\nle chroniqueur : S'assurer de s'être ennuyé, c'est le faire de ne\nrien devoir à personne. 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ce n'est pas j'imagine\nla haire et la discipline\nque tu demandes au croyant\nmais qu'il vide sa poitrine\ndu désir qui l'assassine\npour que la grâce y logeant\nillumine l'adjacent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c013", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.7.4", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 7650, "fin_caractere_exclue": 9394, "texte": "3\nOr, tout en souriant aux pierreries du vin\nje savais que Jésus m'attendait le matin ;\ndes meilleurs vins, j'avais plus que goûté les crus\nsans cesser de savourer ton nom, Jésus.\nJ'avais dans mes propos des histoires grivoises\nmais j'honorais encor l'office à ma paroisse.\nPêcher ! pêcher ! se repêcher\nMon Dieu !... l'affaire de la pomme...\nMax est pécheur ! Max est un homme\nJ'avais d'un mien ami vu la maîtresse nue\nmais je te sentais encor, Seigneur, dans la rue\nJe mesurais encoi1, mon Dieu, la fondrière : . 1\nn Je suis au fond d'un trou mais l'azur est derrière »\nTant que la tentation n'excéda la formule\n'la croisade, Satan, n'arracha ma cuculle.\nOr c'est fini ! ciel bleu, je renonce à mes droits\nd'être à côté des Saints mort et couronné roi.\nPourquoi ? parce qu'un soir la femme que j'admire\nUn peintre polonais qui répond à ma lyre\nsont venus m'arracher au poêle où j'écrivais.\nL'amour que j'ai pour Dieu glissait, se transformait\nau milieu de vingt ou quarante jupes sales\ndont les nuits sont des jours, les jours des diurnales\net voici ! je n'entends même plus de voix au fond du cœur\nqui me dise : Pêcheur ! pêcheur ! pêcheur ! pêcheur !\nLe vrai péché, le seul, mon Dieu c'est la folie\nOui ! l'on peut opiner avec les hérétiques,\npour vomir le démon faire des émétiques,\nForniquer, boire, se réjouir d'être encensé\nêtre coquet, bavard, médisant, indiscret\naimer l'argent, la gloire et faire le bonasse\npour briller chez les gens se servir de la grâce\nplaisanter même avec le titre de chrétien\nêtre ami des méchants lorsque l'on est le tien,\ntu l'as dit : Voici la loi que je vous donne.\nCe qui n'est pas contre l'esprit, je le pardonne !\nTon nom, céleste ami Jésus, n'a pas de prix\nL'oublier c'est pêcher contre le Saint Esprit"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c014", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.8", "titre_corps": "CHRONIQUE", "titre_sommaire": "CHRONIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 9396, "fin_caractere_exclue": 10043, "texte": "CHRONIQUE\nDÉCOR & INDICATIONS SCLNIQVES\nle poète : L'horizon bout. Soleil ! prends tous ces hamacs roses et\nblancs, tu n'auras pas le mien : il est d'ambre et il est brodé de\njais de ce côté-ci du moins (Titre: description d'une avenue). C'est\nmoi qui ai fait le décor pour les enfants et j'ai taillé un trou pour\npasser :\n» Vous devez quatre-vingt-dix francs. — Ce n'est pas le moment\nde les réclamer. — Fleurs par Renoir. Allons! prenez pour vous\npaver. »\nL'administration se réserve le droit d'augmenter ou de diminuer le\nnombre des interlocuteurs. Pour les couplets sur Mimi Pinson,\nla marraine amoureuse et l'embusqué, s'adresser au contrôle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c015", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.9", "titre_corps": "PETITE CHRONIQUE", "titre_sommaire": "PETITE CHRONIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 10045, "fin_caractere_exclue": 15001, "texte": "PETITE CHRONIQUE\nDE LAVIATION. DE 7.A MODE & DES MYSTÈRES DES MINISTÈRES\nle chœur chante Quelquefois un poisson nageant\nAux vagues offre un ventre blanc ;\nL'aérostat, poisson volant,\nParfois s'offre blanc au nuage;\nLa danseuse se retournant\nMontre en scène à tous les étages\nUn dos poisseux de diamants.\nle poèie : L'aube à l'horizon est un miroir d'êtain qui projette un\nreflet sur une maison.\nie chroniqueur : Au parc d'aviation avant de monter au ciel eux-\nmêmes les aviateurs voient à leurs pieds, hélas ! autant de leurs\njeunes amis morts qu'il en est ailleurs sous les balles. Alors les\nvivants de cette île sur la mort ont les moeurs de marins enragés :\nils ne quittent les tables qu'après avoir tout brisé, déchiré les\nmenus, » le plan du paturage » comme ils disent, etc...\nIl existe un talisman pour aviateur qui se fabrique dans les ate-\nliers de mutilés, c'est un bracelet en perles de verre avec ces\nmots : « El puis... Merde ! »\nLE PANTALON CLAIR DU MONSIEUR QUI A UN VERRE EN MAIN ET L'AUTRE\ndans l'œil : Allons donc, mon cher ! vous arrivez de Québec !\nassez n'est-ce pas ?\nle chroniqueur : Eh pourquoi? je voudrais bien...\nle pantalon clair, etc... : Soit, à nous les indiscrétions! Il s'agit d'un\ncollier de mercier, il s'agit de nos braves soldats; d'une princesse\net d'un livre de comptes.\nConte! 11 y avait une capricieuse princesse qui s'ennuyait : Sou-\npire, cœur qui trop vite a tout ce qu'il désire. La princ*esse vivait\ndans un Olympe car elle était Polonaise. 11 y avait aussi un collier\ndont les perles de verre figuraient les mots que vous avez dits.\nVous pensez bien que de tels colliers n'arrivent pas tout seuls\ndans l'Olympe des princesses polonaises. Mais voilà! il y avait\nune dame qui s'appelait madame Jean et dont la profession était de\nfaire aux aristocrates et à d'autres des mains aristocratiques. En\nmême temps madame Jean était le Mercure d'Olympes de hauteurs\ndiverses. Un matin, madame Jean disait à la princesse polonaise :\n« Pour ce qui est du collier, il n'y a encore que madame X... qui\nl'ait... écartez un peu l'auriculaire, je vous prie !... Pour ce qui\nest de la Roséine, madame a tort, car c'est un produit très effi-\ncace... j'en parle par expérience... tenez, regardez !...\n— « J'en veux un! j'en veux un! entendez-vous! qu'on me donne\nce collier! cherchez-le, madame Jean! si vous ne l'apportez pas\nlundi je ne vous reverrai de ma vie. »\nLes arrosoirs de la Mode ont vite fait d'en faire pousser les pri-\nmeurs. Des désirs tels que celui de la princesse assaillaient le\nmercier-inventeur et l'auraient enrichi peut-être si la main-\nd'œuvre à notre malheureuse époque ne manquait atix plus\nsérieuses entreprises. Il eut l'idée de confier à des soldats sans\nressources et sans occupations la réalisation du rêve de ses clientes\net du sien. Excell°nte innovation! pensée philanthropinue et avan-\ntageuse à tous née dans un cerveau bien préparé. Vous savez\nqu'avec un sentiment de pudeur compréhensible la partie de l'uni-\nvers qu'on appelie le monde n'aime pas à apprendre aux autres où,\ncomment, pourquoi, combien elle s'amuse et ce qu'il lui en coûte.\nAllons ! franchement, enseignerons-nous à ces gens ce que c'est\nque la vie élégante? Donc ïa toute gracieuse destination du travail\ndes soldats, sur le livre commercial qui le régularise, fut habile-\nment masquée par cette désignation : « Talisman pour aviateur ».\nCharmant! tout est exquis dans cette véridique histoire! Or, dès\nque les mains aristocratiques tinrent de la triomphante manucure\nl'orageux collier, ce 11e fut que pour le lui jeter au nez ! » Je n'en\nveux plus, dit-elle, tous les aviateurs en ont ! »\n(Zci, trompe d'auto.)\nle poète : Dans la salle des bains de votre amie, madame, pour-\nquoi garder votre ombrelle ouverte derrière la baignoire de mar-\nbre? C'est pour protéger du soleil la vieille qui taille les cors.\nle régisseur : Voilà le conteur ! il a un chapeau liant de forme et\nsous le bras des livres qui ne sont pas ceux qu'il écrit.\nmilord : Qu'il prenne assez de patience pour attendre notre dispo-\nsition. N'en a-t-on pas la coutume quand on pratique son métier?\nla manucure de la princesse : Ecoutez : Un jour que j'accompa-\ngnais madame à son wagon avec le prince, une casquette qui occu-\npait le troisième fauteuil du sleeping fit la grimace à la levrette.\n« Vous aimez les chiens, dit madame. — Bien lavé à la chaux,\nle squelette d'une levrette est une belle chose, dit-il, le crâne,\nsurtout le crâne. » C'était un fou, n'est-ce pas? Mais messieurs, à\npropos d'ouvroirs des mutilés je puis vous dire qu'une dame tout\nce qu'il y a de mieux, très élégante, très musicienne, très distin-\nguée, très philanthrope, est allée voir le secrétaire d'un ministre\npour que son autorité procure du travail à leurs ateliers. » Ne\ncraignez-vous pas, dit-elle, que si ces hommes sont oisifs ils ne\nsongent à quelque révolution? — Tenez-vous tant à empêcher\nune révolution », a répondu le fonctionnaire qui s'ennuie proba-\nblement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c016", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.10", "titre_corps": "PETITE CHRONIQUE SCIENTIFIQUE", "titre_sommaire": "PETITE CHRONIQUE SCIENTIFIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 15003, "fin_caractere_exclue": 15662, "texte": "PETITE CHRONIQUE SCIENTIFIQUE\nDe l'oxydation des liquides. Versez dans n'importe quel ratafia\ninnommable, quelques gouttes d'eau oxygénée officinale, vous obte-\nnez une délicieuse eau-de-vie qui a le goût des vieilles « Fine ».\nle poète : Le mystère est dans cette vie, la réalité dans l'autre :\nsi vous m'aimez, si vous m'aimez, si vous m'aimez, je vous ferai\nvoir la réalité.\nMODESTE ENTRÉE DU CONTEUli\n11 dérange le poète dans ses divagations. Pour l'entretien de ces\nmessieurs, reportez-vous à Molière : Misanthrope, Acte..., Se...,\nFemmes savantes, Acte... Se...\nmilord : Je suis ici pour vous et vous pour moi. 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Que diraient les Pères s'ils le savaient — Ne m'appelez\npas vicomte, Anna, je suis républicain, démocrate, apache et\nmaquereau. Et donnez-moi mon chocolat! — Si votre grand-père\nvous entendait! — Anna! je voudrais bien savoir pourquoi on\nme donne mon chocolat avec des petits pains et non pas avec\ndes biscottes, comme cela se fait partout? — M. le comte ne\nveut pas entendre parler des biscottes ! Il ne veut pas qu'il\nentre une biscotte à la maison — Eh ! bien ! je veux moi, des\nbiscottes : vous lui direz que c'est moi qui les veux et j'exige des\nbiscottes flamandes de chez Colombin, pas d'ailleurs. Anna! venez\nici vous avez vraiment un joli cou! oh! la jolie nuque que vous avez\nlà, Anna! où avez-vous été chercher cette nuque! c'est massif! c'est\ngras! c'est important! c'est doré! — Taisez-vous! Monsieur An-\nselme, je vais le dire à votre grand-père — Anna! ne vous en allez\npas! dites-moi! comment se fait-il que je n'ai pas une paire de\nchaussures à me mettre? — Bonne Sainte-Vierge! mais monsieur\nle vicomte a trente-sept paires de chaussures dans le haut de l'ar-\nmoire du cabinet de toilette! — Quand je dis que je n'ai plus une\npaire de chaussures à me mettre, je sais pourquoi je le dis. Gal-\n■=lû.yer,n'.a pas envoyé celles que je lui ai commandées? je les lui ai\ncommandées moi-même pourtant. — On sonne, Monsieur Anselme!\nc'est Madame!... Anna! vous téléphonerez à mon ami Georges...\nvous savez... Saxe 48-62... que je le trouverai à trois heures précises\nchez Fouquet. »\nPour manifester en faveur des biscottes son mépris des petits\npains, il exposa au coin de la table de nuit celui qui flanquait la\ntasse. Puis le pain partageant le mépris avec le chocolat, il passa le\ntemps de le refroidir assez pour s'en débarasser d'une lampée en\nlisant le chapitre XV du livre intitulé: « Les Blondinettes de Belle-\nville et leurs joyeux amis » « C'est très bien écrit! déclara Anselme\npour exprimer moins ses opinions d'ancien rhétoricien dogmatique\nque la satisfaction de ses curiosités de jeune vicomte. Puis, la pre-\nmière toilette de ce corps gras et blanc eut la première heure de\nson lever. La seconde toute entière régla les ongles des mains. Les\nongles des meilleurs dandies étaient cet hiver là courts, rectangu-\nlaires et peu brillants. Devenir le meilleur d'entre eux ! Parce que\ncet idéal était inaccessible, il attirait l'ambition du timide adoles-\ncent. Il s'appliquait à étudier les maîtres pour en mériter un jour\nle titre. Sa figure avait la couleur d'un bouton de rose sans en\navoir l'éclat. Les airs de suffisance auxquels il s'essayait ne par-\nvenaient ni à transpercer celui qu'il avait d'humilié ni à trahir celui\nqu'il avait d'angélique et de féminin. Il avait haussé son costume\nd'intérieur du genre anglais au persan par l'adjonction d'une cein-\nture de soie rose.\nSix mois auparavant, il endossait les mêmes vêtements que les\nporte-manteaux. Bourrés dans une bibliothèque en forme de fau-\nteuil les livres acquis en ce temps lointain ne lui rappelaient par\nleur présence que le dédain qu'il en devrait montrer. D'un Manuel\ndes Confesseurs en quatre volumes, d'une collection des Pères du\nl'église, d'une Imitation de Notre Seigneur, d'une Explication de la\nSainte Messe, si les tranches avaient été séparées les règles alors\npouvaient bien devenir celles de sa vie. Un jour qu'il avait trouvé\nle zèle de Jésus chassant les marchands du Temple pour traiter de\n« Femme adultère » sa malheureuse mère victime du divorce et\nd'un mari trop riche, son grand-père ayant objecté que l'exercice\ndu chrétien est celui de l'intelligence et de la bonté fut appelé\n« vieux noceur » parce qu'il croyait devoir pensionner une an-\ncienne actrice : « Tes père et. mère honoreras ! >> riposta douce-\nment le vieillard. — « Voici ma mère! voici mes frères! » dit plus\ntimidement le jeune homme en désignant les domestiques moqueurs\net gênés — Ni l'autorité d'un Père Mariste, ni les appels violents du\nvieux comte au bon sens, ni les doux entretiens d'Anselme avec\nsa mère ne corrigèrent son allure dans le chemin de la vertu : un\nquolibet d'une femme le conduisit ailleurs.\nUn dimanche, comme ces jours-là, l'Eglise Saint-Honoré d'Eylau\nvidait l'Hôtel Maduron de ses domestiques, Anselme profita de la\nsolitude pour commencer l'essai d'une vie monastique, par celui\nde démeubler sa chambre. Georges de Barasegel, condisciple\nd'Anselme et confident de sa mère en venant de chez elle pour\n■ venir chez lui se dressa dans un couloir devant son mobilier et\ndevant ses projets et ne put rien sur leur direction. Georges avail\nla mâchoire, le front et les épaules carrés, les yeux doux : il\ncomptait ses pas. Il était menteur, prometteur, préoccupé des plai-\nsirs \"de la vie et non de ses problèmes.\n» Mon ami, dit-il, cela ne se fait pas! on ne déménage pas pour\ncause de convictions religieuses! et puis ça n'est pas de bon sens\net je n'admets pas ce qui n'est pas de bon sens ! Franchement, je\nsuis partisan de certaines extravagances, mais quand cela touche\nà la religion, ça devient de la folie tout de suite. Franchement !\nénivre-toi, trompe les femmes les unes avec les autres, mais\nappelle quelqu'un qu'on remonte ton lil ! »\nAnselme, orgueilleux dans la solitude, s'inclinait vite devant qui\nla troublait.\nIl dit pourtant :\n« Georges! les choses de la terre t'appartiennent, laisse-moi celles\ndu ciel! »\nSur le visage de la baronne Maduron vingt années de souffrances\nn'avaient pas altéré les grâces des vingt autres. Elle avait en\nGeorges une confiance dont il espérait, en multipliant leurs ren-\ncontres abuser un jour pour satisfaire ses désirs, sa vanilé\nou sa curiosité. Les excès du fils n'étaient-ils pas une occasion\nde montrer de l'attachement à la mère et sa solitude dans l'Hôtel,\nde le lui prouver de quelqu'autre manière. Malheureusement pour\nlui, elle était aux prises d'ouvrières qui avaient copié en un cos-\ntume un tableau représentant Diane qui la travestissait. L'émis-\nsaire d'un couturier célèbre dirigeait leurs travaux. Georges parut,\ndépeignit la conduite d'Anselme et fit l'éloge de la sienne.\n» Oh! le pauvre enfant! je suis sûre qu'il n'a pas d'argent!... mais\ncette peau de tigre m'épaissira horriblement, mademoiselle... je\nl'adore ce pauvre petit! — Rien ne saurait vous épaissir, Madame!\ndit la première employée du couturier — On ne lui sert pas sa\npension régulièrement peut-être!... mademoiselle, ce carquois me\nfait bossue. — Diane n'aura pas été plus belle que vous le serez\nce soir. Mettez vos boucles d'oreilles; nous ferons beaucoup de bleu\nce mois-ci: il faudra que vos belles amies deviennent aussi blondes\nque vous Vêtes naturellement — Monsieur de Barasegel... made-\nmoiselle, le croissant est près de vous; merci. Monsieur de Barase-\ngel, je veux qu'Anselme s'amuse: dites-lui qu'il faut qu'il s'amuse.\nMon ami, soyez assez gracieux pour ouvrir mon secrétaire... oui...\nvovez-voùs un petit portefeuille gris... dites à Anselme que c'est\nun présent de sa maman pour qu'il soit sage. Georges, mon cher,\nemmenez-le distrayez-le! c'est un charmant enfant; il faudrait que\nje m'en occupe davantage et j'ai si peu de temps!... non! ne m'em-\nbrassez pas les mains, elles sont poudrées... Oh! le méchant! Allez,\nenfant... on me déshabille... Les paniers sont bien larges, n'est-ce\npas, mademoiselle? »\nLa mère aimait dans l'adolescent ce qui plaisait à et\ndes espoirs qui n'avaient encore pu etre déçus. Elle s inquiéta de\nne pas l'avoir aperçu à la table et le costume de Diane s aventura\ndans les couloirs et devant une porte un instiant <plose encore. Ses\ncaresses rencontrèrent un rocher et ses paroles 1 Evangile.\nOr, cette même nuit soit que le jeune vicomte n eut pas détail les\nliens de ses plaisirs habituels, soit que son ascétisme mérité\nle repos par ses combats, d'un coin du bar Fouquet il enRc°.\"le\",\nplait les hôtes. Une jeune femme qu'ils surn°mmaient la Reine\nHongrie et qui les avait pour but de ses teux sembla\nment prendre pour tel, le vicomte Anselme. La satisfac\nfixé le choix d'une beauté qu'il avait souvent de lo ,\nle partage d'une demi-bouteille de whisky lui inspirèrent un mad\ngai et certains regards qui le commentait clairement.\n« Eh! mon cher, lui dit la Reine de Hongrie qui se piquait de n être\npas facile : j'ai les pieds chauds au lit, je n'y mets pas de moine. »\nQuand l'amour propre et le jugement se lencontrent, c est au\ndépens du second. Anselme, vexé comnie par une injure ne comprit\npas que le ieu de mots était un autre jeu.\n« On sait donc tout ici? qu'est-ce qu'un pauvre garçon comme moi\npeut leur avoir fait? pourquoi s'en occupent-ils? Ah. mon Seigneur\ncomme je reviens à vous!... ou plutôt non!... je veux devenu\nl'homme le plus corrompu du siècle. »\nSon silence ne donna pas de prise à la moquerie : il n'en fut pas\nde même de sa conduite. Ce soir-là. place de la Madeleine, dans un\nappartement ou pour un prix fixe et élevé une dame qui leur res\nsemblait donnait à des hommes du monde une marchandise vi-\nvante en location, Anselme fit pleurer une femme en lui parlant\nd'un livre de Tolstoï et rire, du coup ses compagnes et leurs com-\npagnons. ,\nLe lendemain, dégoûté sinon de la corruption, du moins ae se.,\nesclaves, il essaya de coucher avec la portière de l'Hôtel Maduron,\nd'apprendre par cœur des vers de Lamartine et de devenir un\ndandy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c018", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.12", "titre_corps": "PETITE CHRONIQUE CINEMATOGRAPHIQUE", "titre_sommaire": "PETITE CHRONIQUE CINEMATOGRAPHIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 25248, "fin_caractere_exclue": 32644, "texte": "PETITE CHRONIQUE\nCINEMATOGRAPHIQUE\ni.e chroniqueur : Pourquoi au cinéma l'apparition de Serbes sur\nl'Ecran est-elle saluée par de la musique hongroise? _\nmiloro : Ne evoyez-vous pas que les excellents procédés du Doc-\nteur Doyen pour la photographie des couleurs rendront inutiles\nceux de la peinture ?\nle chroniqueur : Les exécutants suivent les peintres; les specta\nteurs aussi. Il faudra toujours des peintres à suivre.\nle poète: T,'archange foudroyé n'eut que le temps de desserrer sa\ncravate. On aurait cru qu'il priait encore.\nTransformation de la scène en cour d assises.\nIntroduction de Morisset cambrioleur poète connu à Montparnasse.\nMilord se déguise en président, le chroniqueur en avocat, le régis-\nseur en huissier. On sait d'avance que l'accusé sera puni de cinq\nans de réclusion.\nNous donnons ici l'intéressante déposition d un chaufteur d auto-\nmobiles.\nle chauffeur Mais personne ne regarde un cheval attelé, Mes-\nsieurs les jurés, alors à quoi que ça sert? Vous pensez bien un\npatron ne s'amusera pas à acheter une paire de chevaux s'il n'y\na personne pour les regarder après. Par conséquent il n y a plus\nde commerce du cheval attelé. Je ne dis pas qu il 11 y ait pas,\npar ci, par là, des personnes qui ont la manie de monter, mais le\ncommerce du cheval n'existe pas, qu'est-ce que vous voulez faire...\nun cocher...? Un cocher, messieurs les jurés, qui était resté dix ans\ndans une maison pouvait se retirer dans son pays avec un magot.\nIl y avait le grainetier, le marchand du cheval, le marchand de\nharnais, le marchand de voilures etc... Une supposition que vous\nayez la confiance de Monsieur : « Jean! occupez-vous de l'écurie. »\nEh bien! vous avez votre personnel, vous choisissez qui vous plaît...\nEh bien ! une supposition que voilà une paire de chevaux vendus\n10.000 francs à Monsieur. Eh bien! s'il n'y a pas 3.000 francs poul-\nie cocher, il n'y a rien de fait. Voilà! c'est la même chose pour\ntout : si les autres ne s'étaient pas conduits comme il faut, ils\nauraient perdu la clientèle. Voilà un cheval qui a un défaut, tâchez\nmoyen de cacher un peu qu'il est vicieux le jour de l'essai il\nv aura tant pour vous.\nA côté de çu qu'est-ce quo vous avez aujourd'hui? vous avez LautO.\nVoilà quatorze ans que je suis chauffeur, qu'est-ce que j'ai gagné.'\n200, 250 francs par mois et puis quoi ?... Les fabricants ont tant de\ntravail qu'ils ne peuvent pas fournir. Alors qu'est-ce que vous pou-\nvez dire à ça? Un client de perdu, dix de retrouvés. J'ai été dix ans\nchez le comte Bertrand comme chauffeur : il fréquentait l'ambas-\nsadeur d'Angleterre : vous avez peut-être connu ça? c'était un\npatron qui n'aurait lias voulu qu'on le voie deux années avec la\nmême voiture. Quelquefois il ne faisait que changer la carrosserie.\nQu'est-ce que je gagnais? Et, messieurs de la cour, c'est pas des\nmétiers! On reste à attendre devant une porte, et pas moyen de\nquitter la voiture. C'est qu'il ne manque pas de rôdeurs qui vien-\nnent chiper ce qu'il y a à l'intérieur la fourrure ou n'importe! Il\ny a même des voleurs déguisés en chauffeurs, qui prennent la voi-\nture : allez courir après ! Ah! par exemple, après ce coup là c'est\npas le moment de demander de l'augmentation! Encore si on restait\nà la même place mais ils ne sont pas bien là où ils sont! Jean chez\ntel et tel! Jean, chez Maxim! Jean, au café de Paris! Eh bien!\nMessieurs! il n'y a jamais de pourboires!... des pourboires, pensez-\nvous? vous conduisez les amis à droite ou à gauche. Jamais on\na été si râleux qu'aujourd'hui. Ça! je dois dire que je n'ai jamais\neu à me plaindre des patrons... nécessairement je ne suis pas de\nceux qui se plaignent des patrons. Les patrons sont des gens\ncomme nous. Il faut les connaître. Ils ont leurs petites habitudes\ncomme tout le monde, c'est au domestique de ne pas les froisser.\nQuand vous êtes dans une bonne place, à vous d'être assez intel-\nligent pour la garder, comme de juste! moi, j'ai connu un valet\nde chambre, eh bien, un valet de chambre, c'est l'homme le plus\nheureux qu'il y ait sur la terre, s'il a assez de malice. Bien entendu,\nil ne faut pas aller dire à tout le quartier que vous couchez avec la\ncuisinière. Une supposition que vous arrivez à prendre de l'âge el\nque vous vous êtes aperçu des choses, vous faites attention de ren-\ntrer vos idées en dedans et si madame vous dit quelque chose, vous\nfaites semblant de rien. « Cause toujours! oui, madame, madame\nest bien bonne... et puis ton compte est fait... » Ça m'est égal\npourvu que mes cheveux poussent. Mais celui qui est malin et\nintelligent, celui-là connaît monsieur et madame, et il peut rester\ndans la maison toute sa vie et arriver à avoir les clefs de tout\ncomme un ami à moi qui est maître d'hôtel, c'est-à-dire, homme de\nconfiance et dépensier général. En voilà une bonne place. Vous\ndites que ça n'est pas facile d'arriver là. Comme de juste! mais\npour connaître monsieur, rien de plus facile car il laisse toujours\nses lettres derrière lui et il parle avec sa famille, et quand il dit :\n» Taisons-nous », il est toujours trop tard. Ce qui m'a perdu, c'est\nque J'aimais les chevaux, autrement je...\nmilord président : Ceci n'a pas le moindre rapport avec l'affaire.\nAccusé, n'avez-vous aucune observation à faire?\nle pantalon clair en procureur : L'accusé est coupable, extrême-\nment coupable : il est menteur, voleur, assassin, parjure, ivrogne,\njoueur, lâche, paresseux, coléreux, hypocrite, sale, sans moralité,\ndébauché, mauvais, mauvais, mauvais, mauvais.\nie chroniqueur en avocat : ... II a la façade mauvaise, mais le fond\nbon à l'inverse de la plupart d'entre nous... il a mal pris la vie,\nil croyait qu'il était noble et héroïque d'être seul contre tous. C'est\nun poète, je le connais et je m'y connais... 11 ne quittait la luxueuse\npauvreté des artistes que pour trouver sa mère et ses frères sans\nfeu ni lumière. Les paradoxes qui se soutiennent à Montparnasse\nl'ont perdu. La fréquentation des grands hommes qui fait regarder\npar l'avis des autres, vous rehausse le moral mais vous abaisse\nd'autre part en vous cachant votre vérité. Or, ce qui a convenu à\ndes natures fortes, peut nuire aux plus faibles. Qu'il est noble, le\ndésir de réaliser des perfections éblouissantes (seul contre tous)\nmais qu'il a fait d'imbéciles de ceux qui, avec l'harmonie de la\npensée et de l'individu, auraient été normaux. La voie de la per-\nfection n'est pas toujours convenable. Songez, milord, que toute\nla question de l'éducation est là : l'éducation en commun ne peut\ndonner de bons résultats. Un maître se borne à montrer l'exemple\nde sa valeur qui est dangereuse.\nle régisseur: Messieurs! l'on va bientôt fermer! on ferme! on\nferme!\nle poète : II arrive quand lu ronfles que le monde matériel éveille\nl'autre.\nle chœur chante\nMoïse enfant, dans cette poivrière,\n— c'est une ruche avec toit de donjon —\npensait à Dieu et faisait sa prière\nne sachant pas gouverner dans les joncs.\nL'enfant Jésus, la paille est son nuage,\nc'est bien plus chaud et c'est bien plus joli :\nIl a la paille et n'a pas de logis.\nMoïse enfant! éducation des mages,\nMaille à partir avecque la magie,\nL'autre petit, quand sa maison voyage\nA pour maison le ciel de l'Italie.\nHussards hongrois sous vos noirs pardessus\nQui trombonez dans ma courbe gondole\nTrombonez tous à la gloire de Jésus\nQue vos plumets lui soient une auréole.\nle poète : Au pied de la montagne, le matin, les voix résonnent\ncomme dans un corridor."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c019", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.2.13", "titre_corps": "BONSOIR!!!", "titre_sommaire": "BONSOIR!!!", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.2", "debut_caractere": 32646, "fin_caractere_exclue": 32702, "texte": "BONSOIR !!!\nTous les vendredis, changement de spectacle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c020", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.3", "titre_corps": "L'ÉLAN : N° 10.", "titre_sommaire": "L'ÉLAN : N° 10.", "signature_source": "N. 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Biraull.\nLA FEUILLE D'OLIVIER PERDUE MAIS RETROUVÉE, de S. Voirol.\nle crapouillot, de Jean Gallier-Boissière.\nles mécréants, (le Henri Hertz.\nquelques vers, de Henri Hertz.\nles apartés, de Henri Hertz..\ni.e bulletin nu salon d'automne.\nLA RENAISSANCE.\nLA REVUE MÉRIDIONALE.\ni.e berger, de 11. Toscan, bois de Favary.\nplaquette, d'Ehrenbourg, illustrée par Rivera.\nde vrais poèmes, de Jean Arcille.\nla côte, de Max Jacob.\npoèmes en prose, de Pierre Reverdy.\nemile-antoine-bourdelle, de G. de Pauti, traduction du comte\nF. U. 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Non, celles, nous ne laisserons pas à l'Allemagne le monopole\nde la recherche, et nous ne laisserons pas appeler allemand tout\nce que l'art français produit de hardi el de neuf.\n... « Défendez le Cubisme. Il faut te défendre. Il y a trop de per-\nsonnes qui croient que l'art français, dans ses audaces heureuses,\ns'arrête à Bonnard £ à Vuiltard. Il n'y a pas d'arrêt. Arrêt signi-\nfierait mort. L'art, fiançais est bien vivant.\n... S'il y a, je le confesse, des réalisations, dans /'ELAN, que je\nne comprends pas absolument, je ne puis cependant qu'applaudir\nà l'effort de rénovation d'art que vous teniez, et je ne crois pas\nme tromper en pensant que, malgré ses apparences « arcaniques »\n(pardon du néologisme) cette rénovation pourrait être moins loin\nde notre féconde tradition latine que certains dogmes de l'lnstitut...\nVeuillez me compter au nombre de vos abonnés et croyez, Mon-\nsieur, à ma bonne volonté pour tâcher de comprendre ce que je\nne saisis pas encore en votre ligne d'art."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c028", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.6", "titre_corps": "SOLDAT : DE TOUS LES TEMPS EN CHROMO DE VILLAGE AU MUR", "titre_sommaire": "SOLDAT : DE TOUS LES TEMPS EN CHROMO DE VILLAGE AU MUR", "signature_source": "P. 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REVERDY.\n\nLa moitié du cadre\nEt le papier nem[.\nLa peau vibre sous ton doigt sec\n0 merveille!\n11 aurait les oreilles pendantes.\nAvec le jeune chien qui jappait autour\nde ses pieds,\nAu bout du kilomètre à venir,\nprès de la borne,\nle tableau n'a pas changé.\nIl est en uniforme.\nLes mains trempées de pluie,\nles yeux vont tout autour,\nsoldat seul dans les bois\nprès de la source.\nTu lèves la tête ;\nle tambour est mort\nTes lèvres avides remuent,\nqu'est la lune\net celte lucarne du ciel\nte REGARDE.\n★\n+ *\nLa terre immobile\net l'été brûlant\nPrudence!\nDes casques protecteurs\nj'ai fait mon vêtement\net l'hiver qui s'avance\nne fait rien\nque douter de soi-même.\nOn peut essayer de n'y pas croire.\nLes mouchoirs qui pendaient aux balcons,\ntricolores, en signe d'allégresse,\nont déteint.\nEt la figure attristée\nVisages des Visages,\nla mort passe sur le chemin\nattendant que l'on se prosterne-\nMais quel autre poids que celui de ton corps\nAS-TU jeté dans la balance?\nTout froid dans le fossé,\nil dort, sans plus rêver."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c029", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.6.1", "titre_corps": "Dessin de LUC-ALBERT MOREAU", "titre_sommaire": "Dessin de LUC-ALBERT MOREAU", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "Dessin de LUC-ALBERT MOREAU"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c030", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.6.2", "titre_corps": "Dessin de LUC-ALBERT MOREAU.", "titre_sommaire": "Dessin de LUC-ALBERT MOREAU.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "debut_caractere": 4565, "fin_caractere_exclue": 4593, "texte": "Dessin de LUC-ALBERT MOREAU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c031", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.7", "titre_corps": "FÊTE : à André Houveyre.", "titre_sommaire": "FÊTE : à André Houveyre.", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "debut_caractere": 3891, "fin_caractere_exclue": 4563, "texte": "FÊTE\nà André Houveyre.\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nFeu d'artifice en acier...\nQu'il est charmant, cet éclairage!\nArtifice d'artificier :\nmêler quelque grâce au courage.\nDeux (usants — rose éclatement,\ncomme deux seins que l'on dégrafe\ntendent leurs bouts insolemment.\nIl sut aimer... Quelle épitaphe!\nUn poète dans la forêt\nregarde avec indifférence\n— son revolver au cran d'arrêt —\ndes roses mourir d'espérance.\nIl songe aux roses de Saadi...\nEt soudain sa tête se penche,\ncar une rose lui redit\nla molle courbe d'une hanche.\nL'air est plein d'un terrible alcool\nfiltré des étoiles mi-closes...\nLes obus caressent le mol\nparfum nocturne où lu reposes,\nMortification des roses!"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c032", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.8", "titre_corps": "LA CONVALESCENCE", "titre_sommaire": "LA CONVALESCENCE", "signature_source": "ROGER ALLARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "debut_caractere": 4642, "fin_caractere_exclue": 5631, "texte": "LA CONVALESCENCE\nROGER ALLARD.\n\nDe lleurs et d'ailes sur la ville\nLe beau temps pavoise le ciel\nEl lisse sa toile subtile\nDe Montmartre à la Tour Eifsel.\nAllons par les jardins de France\nJoyeux comme cle vieux amants\nJouir de la convalescence\nQue le dois au fer allemand.\nNe cherche plus, jolie_ Egérie,\nLa trace des jours exilés!\nConduis-moi voir aux Tuileries\nLes enfants et les mutilés\nCeux-là dénouant des quadrilles\nDe verts légumes bien-dansants\nEt ceux-ci laisant la manille\nA califourchon sur un banc.\nAux cerceaux le volant explique\nL'arabesque de ses rébus\nEt la triste dame de Pique\nEpouse un zouave barbu.\nLes terrasses des brasseries\nOnt cet air des grandes chaleurs;\nDans le journal que je déplie\nEncore un poète qui meurt...\nD'une fortune sans histoire\nJ'attends aussi la trahison\nMoi qui librement voudrait boire\nA Ici coupe du vieux poison.\nSage Amour, que ton règne arrive\nEt je verrai la saison d'or\n.Briller sur l'une ou l'autre rive\nPour les vivants ou pour les morls."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c033", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.8.1", "titre_corps": "CLICHÉ BERNHEIM-JEUNE", "titre_sommaire": "CLICHÉ BERNHEIM-JEUNE", "signature_source": "HENRI MATISSE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "debut_caractere": 4595, "fin_caractere_exclue": 4640, "texte": "DESSIN DE HENRI MATISSE CLICHÉ BERNHEIM-JEUNE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c034", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.9", "titre_corps": "Notes sur le cubisme", "titre_sommaire": "Notes sur le cubisme", "signature_source": "AMÉDÉE OZENFANT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "debut_caractere": 5633, "fin_caractere_exclue": 13217, "texte": "Notessur lecubisme\nAMEDEE OZENFANT.\n\nCet article n'est qu'un schéma qui sera développé dans les numéros suivants. Nous faisons appel à la\ncontradiction courtoise & nous publierons les discussions intéressantes.\nLa campagne de /.'élan a démontré que le Cubisme ne devait rien\naux Allemands : depuis les injures sur ce point se sont tues à\nParis, elles deviennent rares en Province :\nMais on parle beaucoup de Cubisme.\nLes lettres nous prouvent que les amateurs d'art intelligents s'in-\ntéressent à nos recherches, el la plupart de ces lettres montrent\nune bonne volonté et une compréhension certaines ; toutefois une\npartie importante de ce même public continue à se moquer des\ncubistes et il a le sentiment que les cubistes se moquent de lui.\nLe public raille volontiers ce qui le dépasse. D'autre part, certains\nartistes sont portés à adopter une attitude abstruse, el dédaigneuse\ndu public,■ le jugeant imbécile.\nPour beaucoup, le Cubisme est demeuré art de cénacle ou de\ncoterie : il est inutile de répéter les dangers que court l'art en\ns'enfermant dans ces murailles de Chine.\nCertains cubistes, singeant Picasso, ont cru devoir rebâtir la\nTour d'lvoire prétentieuse el niaise des romantiques et la coll-\nier d'une casquette descendue de Montmartre.\nD'autres, ni artistes ni savants mais ignorants véritables ont lassé\nle public d'un pathos pseudo-scientifique, discréditant les recher-\nches des bons cubistes.\nL'intérêt du Cubisme est, assez évident aujourd'hui, pour qu'il\nsoit possible de parler désormais raisonnablement, de ses vérités\ncomme de ses erreurs.\n*\nH: *\nLe Cubisme s'est assuré dans l'histoire des arts plastiques une\nvéritable importance, parce qu'il a réalisé, déjà en partie, son\ndessein puriste de nettoyer la langue plastique des termes para\nsites, comme Mallarmé l'essaya pour la langue verbale.\nle Cubisme est un mouvement de purisme\nPoursuivant les recherches d'lngres, de Cézanne, de Seuiat, de\nMatisse, sur les propriétés essentielles de la matière visible, le\nCubisme a rappelé que les effets de l'optique valent plastiquement,\nen dehors de toute description ou représentation, par la vertu\npropre de leurs accords ou de leurs conflits.\nC'était souder les efforts régénérateurs de l'art actuel, avec la\ngrande tradition des grands plasticiens assyriens, grecs, chinois\net les admirables anonymes « nègres ».\nEliminant toute représentation littérale, les Picasso, les Braque,\nles Archipenko ont démontré à nouveau ce qui est essentiel dans\nles œuvres d'un Claude Lorrain ou d'un nègre : tes relations\noptiques de la matière.\nMalgré l'intérêt de ses recherches, le Cubisme traverse une crise,\npar la faute de certains artistes primaires qui, tentés par l'ap-\nparente commodité du Cubisme font du Cubisme, recherche régé-\nnératrice, un mode d'emploi automatique de formes toujours les\nmêmes et menacent de l'ossifier dans la formule anguleuse :\nbéquille ou tendeur pour évocations flasques.\nCrise parce que certains bons Cubistes, renonçant au charme des\ncourbes vivantes, ont usé de la règle et de l'équerre, comme le\nconseille Socrate, ces médiocres (après avoir abandonné successi-\nvement le Pointillisme, puis le Matissisme comme démodés),\ndécident que le Cubisme est le dernier bateau à la mode : leur der-\nnière volupté est de tirer des coups d'équerre à travers la figure\nde leurs femmes.\nC'est faire du Cubisme une machine-outil.\nCrise, parce que quelques ignorants, contre toute raison bannissent\ncomme surannée la 3° dimension, au profit d'une nouvelle dimen-\nsion, dénommée quatrième. Comme la quatrième dimension est\npurement hypothétique (le sens plastique de l'homme restant con-\nditionné par ses sens, qui sont à trois dimensions) que font-ils?\nIls suppriment la 3\" dimension. Or, ils réduisent ainsi à deux les\ndimensions oubliant qu'il est saugrenu de prétendre, à l'aide d'un\nmoyen à deux dimensions, en matérialiser une quatrième.\nOr, la troisième dimension (profondeur) n'est jamais absente d'au-\ncune œuvre plastique même dans un simple graphisme, puisque\nce graphisme suggère sur un seul plan la limite de plans différents;\njamais absente même dans une toile couverte de tâches de couleur\npuisque plastiquement les diverses couleurs paraissent être à\ndes plans différents :\nLe seul tableau à deux dimensions, serait une surface plane peinte\nd'un ton uni.\nOr, dans une œuvre plastique la troisième dimension étant néces-\nsairement perspective, on peut par corollaire affirmer qu'il n'y\na pas œuvre plastique sans perspective.\nPourtant il y a des Cubistes qui décrètent avoir réalisé la qua.\ntrième dimension, aboli la troisième, évincé la perspective, comme\nsi les moyens perspectifs, permettant de jouer de la troisième\npropriété volumétrique de la matière, dépendaient de la mode ou\nd'un décret!\nCela prouve que, dans l'intérêt du Cubisme et de l'Art, il serait\ndésirable que les plasticiens, architectes de la matière ayant\ncomme matériaux les propriétés de cette matière dans l'espace,\nconnussent autant qu'il est possible ses loi organiques, afin de\nne pas bavarder à tort et à travers sur ces lois mêmes.\nL'artiste a droit à toutes les licences, si sa sensibilité les lui\nordonne, niais les licences ne font que confirmer l'existence des\nlois.\nCrise aussi, parce que des faux naïfs, suiveurs du sensible Rous-\nseau, croient la niaiserie indispensable. Ils sont accompagnés\nd'un groupe de poètes sous-produits de Max-Jacob et de musi-\nciens grotesques qui bêtifient, mirlitonent, bigophonisent.\nCrise enfin, parce que certains artistes épris de force, oublient\nque la force sans souplesse est la brutalité, manifestation de fai-\nblesse aussi certaine que la fadeur.\nUn des titres de valeur le plus certain du Cubisme est d'abord\nd'avoir réussi à introduire dans l'art des accords nouveaux de\nmatières, de formes et de tons;\nensuite d'avoir démontré, me sembie-t-il, que tout est beau sous\nun certain angle.\nLe Cubisme a su changer les angles convenus.\nContribuant à affiner notre œil (non parfois sans perversion), il\nlui a révélé des beautés nouvelles, diminuant d'autant la laideur\nen nous accoutumant à la goûter.\nEnfin il semble que le Cubisme oublie trop que sa valeur provient\nnon pas de l'absence de représentation, mais de la beauté des\naccords.\nS'il est vrai que /'intérêt d'une forme est indépendant de la signi-\nfication, la réciproque est vraie que la signification n'ôte rien de\nla beauté plastique.\nS'il parait juste de classer Braque parmi les grands plasticiens\nce n'est pas parce que son art est non représentatif. S'il paraît\ncertain que Segonzac est un grand plasticien c-e n'est pas\nparce que son art est représentatif.\nToutefois il nous parait probable que la qualité représentative\ndes formes, loin de nuire à leur plasticité, peut-être une source\nde renforcement plastique (car l'émotion d'art plastique n'est\npas uniquement un phénomène optique) : l'intellect, réagit sur la\nsensation optique, l'enrichit ou la déforme, selon qu'on s'en sert\nopportunément ou non.\nSe souvenir de cette intervention de l'intelligence permettrait de\nne pas se priver des ressources des associations naturelles : et\nainsi le Cubisme éviterait le danger de se mortifier dans une for-\nmule décorative (ce que n'ont pas évité les Persans, les Crétois,\nles Arabes etc., quand ils organisaient des jeux de formes en\ndehors de toute représentation.\n*\n* *\nPour ce qui est des suiveurs qui constituent les écoles, nous leur\nseront indulgents car ils ont. malgré tout, l'incontestable utilité\nd'épuiser les formules des maîtres, d'en grossir les excès et de\nles rendre vite insupportables, libérant la liberté que leur génie\nenchaîne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaf-1916-12-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnaaf_1916-12-01_01#c035", "volume": "bmtnaaf_1916-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "3", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.2.9.1", "titre_corps": "ROGER ALLARD en convalescence PAR Z. 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La Photo, c'est l'immortalité des pau-\nvres! chacun d'eux s'efforce de trouver devant le bouton imma-\nnent un paysage qui fasse honneur à son goût et une pose natu-\nrelle qui lui aille bien.\nle régisseur : Ah! messieurs ! procédons par ordre ! ce n'est pas le\nmoment de perdre les qualités françaises.\nVoyons d'abord le Prologue, toutes les préfaces et ce qui peut nous\ninstruire.\n\nAVERTISSEMENT\nle roÈTE : Vivent-ils un rêve comme moi, tous les gens, et préci-\npités?\n\nPRÉFACE\n!La demoiselle a des mitaines\nfontaine et tontaine\nDes mit unes et des bas de coton\ntonton, ton Tame et tonton\nAh des boissons glacées\nSur des Transatlantiques\nUne émeute de gens très bien : Zut! Zut! Zut! à bas! à bas! à bas\nLAFORGUE !\nDerrière une « dentelle abolie dans le doute du jeu suprême à\nn'entr'ouvrir, etc... »\nM. LE CRITIQUE LITTÉRAIRE A SA FENÊTRE : Du genre ! ils font toujours\ndu genre. Ainsi j'ai là sur ma table les classiques, tous les clas-\nsiques. Eh! bien ils ont fait du genre et c'est tant pis! ce qui est\ndu genre est illisible, même dans Voltaire, même dans Shakes-\npeare. Quant à Laforgue! ce n'est que du genre. Tenez, c'est\ncomme Rimbaud. On m'écrit de Province : « les gazons tricolores ».\nNon, à bas Rimbaud! La volonté de désordre est une louable ten-\ndance vers l'ampleur, mais le désordre c'est le manque d'ordre et\nqui dit manque, dil... Je suis de l'avis du régisseur. Certes, un\nordre nouveau n'est pas le désordre... mais la décomposition\nn'est pas une position. La pastille pour être explosive, doit être\nsolide. A bas Rimbaud!\n' Pastilles\nVoix dans la rue (l'avenue Montaigne, je \\ Pastilles\ncrois!) elle est dans un bel état l'avenue < Marchand\nMontaigne, ah! oui. j de\nI Pastilles\nPassage de l'émeute de gens très bien. Inscription sur un étendard\n« Etends art ». Deux maisons font la révérence de cour.\nremarque : Un chroniqueur n'est pas un marchand de pastilles.\nle poète : Et quand du lancier polonais, les membres découpés, la\nbouteille brisée, il ne resta plus que l'œil, l'ceil chantait : « Les\ndeux Grenadiers ».\n\nAV ANT-PROPOS\nmilord : AvanL d'entreprendre quoi que ce soit avec vous, je vou-\ndrais que vous me fassiez connaître vos opinions.\nVoyons! vous avez bien vos petites opinions, religieuses, poli-\ntiques.\nle chroniqueur : Oli ! Milord j'en ai d'aulres !\nle poète : Je me déclare mondial, ovipare, girafe, altéré, sino-\npliobe et hémisphérique. Je m'abreuve aux sources de l'atmos-\nphère qui rit concentriquement et pète de mon inaptitude.\nmilord : Qui vous interroge, monsieur le poète? vous n'êtes pas\nsociable.\nle poète : Que te manque-t-il, ô crâne, pour avoir l'air d'un cul\nde poulet? la baudruche! et pour avoir l'air d'une autruche? la\nchair de poule.\nmilord : Monsieur le poète! je vous prie de montrer par votre\nsilence une politesse que vous ne gardez pas dans vos paroles!\nle poète ; Ça n'est pas la peine d'être poli quand on n'a pas\n(5.000 francs de revenus.\nle chroniqueur : Credo in Deuni, Patrein omnipotentem, Crealo-\nrem eœli et terne et in Jesum Christian, Filium ejus unicum Do-\nminum nostrum.\nmilord : Vous êtes Monarchiste!\nle chroniqueur : Je crois à l'Enfer et au Paradis, mais je doute\nqu'il y ait un seul homme digne de l'un ou de l'autre.\nmilord : Alors vous êtes Républicain!\nle chroniqueur : En 1789 la France a trouvé des principes à une\nconstitution, elle se retourne depuis pour trouver une constitution\nà ces principes. Les systèmes qu'elle a éprouvés lui ont tous\nsemblé bons, elle n'en à changé que par accident.\nmilord : La France n'a pas cherché bien sérieusement, avouons-\nle !\nle chroniqueur : Le train du gouvernement m'amuse quelquefois :\nun souverain m'interdirait de le déclarer. La comédie de la cen-\nsure à laquelle nous assistons donne idée de celles auxquelles nous\nn'assistons pas, car qui voudrait douter de l'inutilité de la Censure\npuisqu'un vrai secret d'Etat ne parvient qu'à ceux qui sont assez\nintelligents pour le garder. Milord, au point de vue métaphysique\nje n'ai guère dans le moment à vous offrir qu'une petite théorie\nmoléculaire avec interpénétrabilité des mondes et absence de vide,\nle tout en forme'd'oignon, mais si vous m'accordiez cinq minutes\nde réflexion, je\nmilord : Puis-je, monsieur le chroniqueur, me permettre, mainte-\nnant, puisque vous voilà fonctionnaire de mon administration, de\nvous demander comment vous enlendez la tâche que nous allons\nvous confier?\nle chroniqueur : Le Parisien de Paris ne croit rien de ce qui s'y\ndit et ne parle pas de ce qui s'y passe. Cette idée sinon cette phrase\nest dans Balzac. Allez donc vous prendre au sérieux, messieurs\nles chroniqueurs ! car ou bien vous n'êtes pas parisiens et votre\nchronique n'a aucune valeur ou bien vous ne direz rien, ou bien\nvous ne croirez rien de ce que vous dites, ce qui serait une cala-\nmité! Moi, je m'en moque, Milord, (entre nous) je ne suis chro-\nniqueur qu'en temps de guerre. Ailleurs, je suis collectionneur...\ncollectionneur d'autographes... les miens, Milord...\nmilord : Essayez donc de nous distraire, car nous nous ennuyons\nbeaucoup quand nous ne nous amusons pas.\nle chroniqueur : S'assurer de s'être ennuyé, c'est le faire de ne\nrien devoir à personne. Je vais demander qu'on appelle le con-\nteur.\n\nESSAI CRITIQUE\nSupprimé, l'auteur jugeant qu il n était pas assez loué et le public\nqu'il l'était trop.\n\nBIOGRAPHIE DE L'AUTEUR\n\nCoupée. . .\nLe chroniqueur par protestation nous prie d insérer un petit\nlamento chrétien qui nous lai&se lui supposer de la veitu.\nSa manière fait sourire le poète raffiné et le chroniqueur lui dit :\nn II y a plus de mérite à augmenter une saveur qu a courir après\nles autres. »\n\nI\nEnlevez tous mes garde-crotte, Seigneur,\nVous aimez nettoyer, je veux qu on me salisse,\nVoici mon cœur !\nL'eau du baptême éteindra mes feux d'artifices.\nTout commence aux travaux noirs et substantiels.\nSois dure, ô ma douleur premiere,\nCar Jésus descendu sur terre\nNous montre un vrai chemin du ciel.\nTout est courbes et trajectoire\nSi tu la termines à ta gloire\n11 te faut renoncer au ciel ;\n11 faut souffrir : eh bien, va vivre sous les ponts\nAux navires prends et donne des cargaisons\nPousse dans les pavés sur un char sans chevaux\nD'horribles rails tremblants le bruyant écheveau !\n— Mon Seigneur ! j'ai fait plus ! vois, mon âme est bien tl iste\nJ'ai vécu parmi les grands du monde et les artistes !\nToi seul de ma chair connaît les cicatrices,\nSeigneur !\nfis croient qu'on a des truffes dans le cœur.\n\n2\nLa ville est pétrie de roses ; il semble\nqu'un soit une lumière qui tremble\nOui, Seigneur, j'irai m'asseoir\nau foyer de ton ostensoir !\nQue ta grâce me délivre,\nqu'elle empêche que je m'enivre,\nqu'avec ta grâce je vive,\nque ta grâce ôte de moi\nce qui n'est point de ta loi,\nqu'à ta grâce fiancée,\nla fille de ma pensée\ncélèbre avec Sa douceur\nla mort des Païennes sœurs\nCar rien du beau ne me tente\nDe chanter je me contente\nla charité du Sauveur.\nNon ! ce n'est pas j'imagine\nla haire et la discipline\nque tu demandes au croyant\nmais qu'il vide sa poitrine\ndu désir qui l'assassine\npour que la grâce y logeant\nillumine l'adjacent.\n\n3\nOr, tout en souriant aux pierreries du vin\nje savais que Jésus m'attendait le matin ;\ndes meilleurs vins, j'avais plus que goûté les crus\nsans cesser de savourer ton nom, Jésus.\nJ'avais dans mes propos des histoires grivoises\nmais j'honorais encor l'office à ma paroisse.\nPêcher ! pêcher ! se repêcher\nMon Dieu !... l'affaire de la pomme...\nMax est pécheur ! Max est un homme\nJ'avais d'un mien ami vu la maîtresse nue\nmais je te sentais encor, Seigneur, dans la rue\nJe mesurais encoi1, mon Dieu, la fondrière : . 1\nn Je suis au fond d'un trou mais l'azur est derrière »\nTant que la tentation n'excéda la formule\n'la croisade, Satan, n'arracha ma cuculle.\nOr c'est fini ! ciel bleu, je renonce à mes droits\nd'être à côté des Saints mort et couronné roi.\nPourquoi ? parce qu'un soir la femme que j'admire\nUn peintre polonais qui répond à ma lyre\nsont venus m'arracher au poêle où j'écrivais.\nL'amour que j'ai pour Dieu glissait, se transformait\nau milieu de vingt ou quarante jupes sales\ndont les nuits sont des jours, les jours des diurnales\net voici ! je n'entends même plus de voix au fond du cœur\nqui me dise : Pêcheur ! pêcheur ! pêcheur ! pêcheur !\nLe vrai péché, le seul, mon Dieu c'est la folie\nOui ! l'on peut opiner avec les hérétiques,\npour vomir le démon faire des émétiques,\nForniquer, boire, se réjouir d'être encensé\nêtre coquet, bavard, médisant, indiscret\naimer l'argent, la gloire et faire le bonasse\npour briller chez les gens se servir de la grâce\nplaisanter même avec le titre de chrétien\nêtre ami des méchants lorsque l'on est le tien,\ntu l'as dit : Voici la loi que je vous donne.\nCe qui n'est pas contre l'esprit, je le pardonne !\nTon nom, céleste ami Jésus, n'a pas de prix\nL'oublier c'est pêcher contre le Saint Esprit\n\nCHRONIQUE\nDÉCOR & INDICATIONS SCLNIQVES\nle poète : L'horizon bout. Soleil ! prends tous ces hamacs roses et\nblancs, tu n'auras pas le mien : il est d'ambre et il est brodé de\njais de ce côté-ci du moins (Titre: description d'une avenue). C'est\nmoi qui ai fait le décor pour les enfants et j'ai taillé un trou pour\npasser :\n» Vous devez quatre-vingt-dix francs. — Ce n'est pas le moment\nde les réclamer. — Fleurs par Renoir. Allons! prenez pour vous\npaver. »\nL'administration se réserve le droit d'augmenter ou de diminuer le\nnombre des interlocuteurs. Pour les couplets sur Mimi Pinson,\nla marraine amoureuse et l'embusqué, s'adresser au contrôle.\n\nPETITE CHRONIQUE\nDE LAVIATION. DE 7.A MODE & DES MYSTÈRES DES MINISTÈRES\nle chœur chante Quelquefois un poisson nageant\nAux vagues offre un ventre blanc ;\nL'aérostat, poisson volant,\nParfois s'offre blanc au nuage;\nLa danseuse se retournant\nMontre en scène à tous les étages\nUn dos poisseux de diamants.\nle poèie : L'aube à l'horizon est un miroir d'êtain qui projette un\nreflet sur une maison.\nie chroniqueur : Au parc d'aviation avant de monter au ciel eux-\nmêmes les aviateurs voient à leurs pieds, hélas ! autant de leurs\njeunes amis morts qu'il en est ailleurs sous les balles. Alors les\nvivants de cette île sur la mort ont les moeurs de marins enragés :\nils ne quittent les tables qu'après avoir tout brisé, déchiré les\nmenus, » le plan du paturage » comme ils disent, etc...\nIl existe un talisman pour aviateur qui se fabrique dans les ate-\nliers de mutilés, c'est un bracelet en perles de verre avec ces\nmots : « El puis... Merde ! »\nLE PANTALON CLAIR DU MONSIEUR QUI A UN VERRE EN MAIN ET L'AUTRE\ndans l'œil : Allons donc, mon cher ! vous arrivez de Québec !\nassez n'est-ce pas ?\nle chroniqueur : Eh pourquoi? je voudrais bien...\nle pantalon clair, etc... : Soit, à nous les indiscrétions! Il s'agit d'un\ncollier de mercier, il s'agit de nos braves soldats; d'une princesse\net d'un livre de comptes.\nConte! 11 y avait une capricieuse princesse qui s'ennuyait : Sou-\npire, cœur qui trop vite a tout ce qu'il désire. La princ*esse vivait\ndans un Olympe car elle était Polonaise. 11 y avait aussi un collier\ndont les perles de verre figuraient les mots que vous avez dits.\nVous pensez bien que de tels colliers n'arrivent pas tout seuls\ndans l'Olympe des princesses polonaises. Mais voilà! il y avait\nune dame qui s'appelait madame Jean et dont la profession était de\nfaire aux aristocrates et à d'autres des mains aristocratiques. En\nmême temps madame Jean était le Mercure d'Olympes de hauteurs\ndiverses. Un matin, madame Jean disait à la princesse polonaise :\n« Pour ce qui est du collier, il n'y a encore que madame X... qui\nl'ait... écartez un peu l'auriculaire, je vous prie !... Pour ce qui\nest de la Roséine, madame a tort, car c'est un produit très effi-\ncace... j'en parle par expérience... tenez, regardez !...\n— « J'en veux un! j'en veux un! entendez-vous! qu'on me donne\nce collier! cherchez-le, madame Jean! si vous ne l'apportez pas\nlundi je ne vous reverrai de ma vie. »\nLes arrosoirs de la Mode ont vite fait d'en faire pousser les pri-\nmeurs. Des désirs tels que celui de la princesse assaillaient le\nmercier-inventeur et l'auraient enrichi peut-être si la main-\nd'œuvre à notre malheureuse époque ne manquait atix plus\nsérieuses entreprises. Il eut l'idée de confier à des soldats sans\nressources et sans occupations la réalisation du rêve de ses clientes\net du sien. Excell°nte innovation! pensée philanthropinue et avan-\ntageuse à tous née dans un cerveau bien préparé. Vous savez\nqu'avec un sentiment de pudeur compréhensible la partie de l'uni-\nvers qu'on appelie le monde n'aime pas à apprendre aux autres où,\ncomment, pourquoi, combien elle s'amuse et ce qu'il lui en coûte.\nAllons ! franchement, enseignerons-nous à ces gens ce que c'est\nque la vie élégante? Donc ïa toute gracieuse destination du travail\ndes soldats, sur le livre commercial qui le régularise, fut habile-\nment masquée par cette désignation : « Talisman pour aviateur ».\nCharmant! tout est exquis dans cette véridique histoire! Or, dès\nque les mains aristocratiques tinrent de la triomphante manucure\nl'orageux collier, ce 11e fut que pour le lui jeter au nez ! » Je n'en\nveux plus, dit-elle, tous les aviateurs en ont ! »\n(Zci, trompe d'auto.)\nle poète : Dans la salle des bains de votre amie, madame, pour-\nquoi garder votre ombrelle ouverte derrière la baignoire de mar-\nbre? C'est pour protéger du soleil la vieille qui taille les cors.\nle régisseur : Voilà le conteur ! il a un chapeau liant de forme et\nsous le bras des livres qui ne sont pas ceux qu'il écrit.\nmilord : Qu'il prenne assez de patience pour attendre notre dispo-\nsition. N'en a-t-on pas la coutume quand on pratique son métier?\nla manucure de la princesse : Ecoutez : Un jour que j'accompa-\ngnais madame à son wagon avec le prince, une casquette qui occu-\npait le troisième fauteuil du sleeping fit la grimace à la levrette.\n« Vous aimez les chiens, dit madame. — Bien lavé à la chaux,\nle squelette d'une levrette est une belle chose, dit-il, le crâne,\nsurtout le crâne. » C'était un fou, n'est-ce pas? Mais messieurs, à\npropos d'ouvroirs des mutilés je puis vous dire qu'une dame tout\nce qu'il y a de mieux, très élégante, très musicienne, très distin-\nguée, très philanthrope, est allée voir le secrétaire d'un ministre\npour que son autorité procure du travail à leurs ateliers. » Ne\ncraignez-vous pas, dit-elle, que si ces hommes sont oisifs ils ne\nsongent à quelque révolution? — Tenez-vous tant à empêcher\nune révolution », a répondu le fonctionnaire qui s'ennuie proba-\nblement.\n\nPETITE CHRONIQUE SCIENTIFIQUE\nDe l'oxydation des liquides. Versez dans n'importe quel ratafia\ninnommable, quelques gouttes d'eau oxygénée officinale, vous obte-\nnez une délicieuse eau-de-vie qui a le goût des vieilles « Fine ».\nle poète : Le mystère est dans cette vie, la réalité dans l'autre :\nsi vous m'aimez, si vous m'aimez, si vous m'aimez, je vous ferai\nvoir la réalité.\nMODESTE ENTRÉE DU CONTEUli\n11 dérange le poète dans ses divagations. Pour l'entretien de ces\nmessieurs, reportez-vous à Molière : Misanthrope, Acte..., Se...,\nFemmes savantes, Acte... Se...\nmilord : Je suis ici pour vous et vous pour moi. Vous n'y êtes pas\nles uns pour les autres.\n\nLE CONTEUR\nPETITE CRISE DE DANDYSME ÉTUDIÉE CHEZ US ADOLESCENT\n« Monsieur Anselme, il est l'heure d'aller au cours! — C'est\nDimanche, Anna ! — Alors il est l'heure d'aller à la messe, mon-\nsieur le vicomte. - La messe se passera de moi aussi bien que je\nme passe d'elle. —- Oh! un vicomte ne pas aller à la messe le Di-\nmanche! Que diraient les Pères s'ils le savaient — Ne m'appelez\npas vicomte, Anna, je suis républicain, démocrate, apache et\nmaquereau. Et donnez-moi mon chocolat! — Si votre grand-père\nvous entendait! — Anna! je voudrais bien savoir pourquoi on\nme donne mon chocolat avec des petits pains et non pas avec\ndes biscottes, comme cela se fait partout? — M. le comte ne\nveut pas entendre parler des biscottes ! Il ne veut pas qu'il\nentre une biscotte à la maison — Eh ! bien ! je veux moi, des\nbiscottes : vous lui direz que c'est moi qui les veux et j'exige des\nbiscottes flamandes de chez Colombin, pas d'ailleurs. Anna! venez\nici vous avez vraiment un joli cou! oh! la jolie nuque que vous avez\nlà, Anna! où avez-vous été chercher cette nuque! c'est massif! c'est\ngras! c'est important! c'est doré! — Taisez-vous! Monsieur An-\nselme, je vais le dire à votre grand-père — Anna! ne vous en allez\npas! dites-moi! comment se fait-il que je n'ai pas une paire de\nchaussures à me mettre? — Bonne Sainte-Vierge! mais monsieur\nle vicomte a trente-sept paires de chaussures dans le haut de l'ar-\nmoire du cabinet de toilette! — Quand je dis que je n'ai plus une\npaire de chaussures à me mettre, je sais pourquoi je le dis. Gal-\n■=lû.yer,n'.a pas envoyé celles que je lui ai commandées? je les lui ai\ncommandées moi-même pourtant. — On sonne, Monsieur Anselme!\nc'est Madame!... Anna! vous téléphonerez à mon ami Georges...\nvous savez... Saxe 48-62... que je le trouverai à trois heures précises\nchez Fouquet. »\nPour manifester en faveur des biscottes son mépris des petits\npains, il exposa au coin de la table de nuit celui qui flanquait la\ntasse. Puis le pain partageant le mépris avec le chocolat, il passa le\ntemps de le refroidir assez pour s'en débarasser d'une lampée en\nlisant le chapitre XV du livre intitulé: « Les Blondinettes de Belle-\nville et leurs joyeux amis » « C'est très bien écrit! déclara Anselme\npour exprimer moins ses opinions d'ancien rhétoricien dogmatique\nque la satisfaction de ses curiosités de jeune vicomte. Puis, la pre-\nmière toilette de ce corps gras et blanc eut la première heure de\nson lever. La seconde toute entière régla les ongles des mains. Les\nongles des meilleurs dandies étaient cet hiver là courts, rectangu-\nlaires et peu brillants. Devenir le meilleur d'entre eux ! Parce que\ncet idéal était inaccessible, il attirait l'ambition du timide adoles-\ncent. Il s'appliquait à étudier les maîtres pour en mériter un jour\nle titre. Sa figure avait la couleur d'un bouton de rose sans en\navoir l'éclat. Les airs de suffisance auxquels il s'essayait ne par-\nvenaient ni à transpercer celui qu'il avait d'humilié ni à trahir celui\nqu'il avait d'angélique et de féminin. Il avait haussé son costume\nd'intérieur du genre anglais au persan par l'adjonction d'une cein-\nture de soie rose.\nSix mois auparavant, il endossait les mêmes vêtements que les\nporte-manteaux. Bourrés dans une bibliothèque en forme de fau-\nteuil les livres acquis en ce temps lointain ne lui rappelaient par\nleur présence que le dédain qu'il en devrait montrer. D'un Manuel\ndes Confesseurs en quatre volumes, d'une collection des Pères du\nl'église, d'une Imitation de Notre Seigneur, d'une Explication de la\nSainte Messe, si les tranches avaient été séparées les règles alors\npouvaient bien devenir celles de sa vie. Un jour qu'il avait trouvé\nle zèle de Jésus chassant les marchands du Temple pour traiter de\n« Femme adultère » sa malheureuse mère victime du divorce et\nd'un mari trop riche, son grand-père ayant objecté que l'exercice\ndu chrétien est celui de l'intelligence et de la bonté fut appelé\n« vieux noceur » parce qu'il croyait devoir pensionner une an-\ncienne actrice : « Tes père et. mère honoreras ! >> riposta douce-\nment le vieillard. — « Voici ma mère! voici mes frères! » dit plus\ntimidement le jeune homme en désignant les domestiques moqueurs\net gênés — Ni l'autorité d'un Père Mariste, ni les appels violents du\nvieux comte au bon sens, ni les doux entretiens d'Anselme avec\nsa mère ne corrigèrent son allure dans le chemin de la vertu : un\nquolibet d'une femme le conduisit ailleurs.\nUn dimanche, comme ces jours-là, l'Eglise Saint-Honoré d'Eylau\nvidait l'Hôtel Maduron de ses domestiques, Anselme profita de la\nsolitude pour commencer l'essai d'une vie monastique, par celui\nde démeubler sa chambre. Georges de Barasegel, condisciple\nd'Anselme et confident de sa mère en venant de chez elle pour\n■ venir chez lui se dressa dans un couloir devant son mobilier et\ndevant ses projets et ne put rien sur leur direction. Georges avail\nla mâchoire, le front et les épaules carrés, les yeux doux : il\ncomptait ses pas. Il était menteur, prometteur, préoccupé des plai-\nsirs \"de la vie et non de ses problèmes.\n» Mon ami, dit-il, cela ne se fait pas! on ne déménage pas pour\ncause de convictions religieuses! et puis ça n'est pas de bon sens\net je n'admets pas ce qui n'est pas de bon sens ! Franchement, je\nsuis partisan de certaines extravagances, mais quand cela touche\nà la religion, ça devient de la folie tout de suite. Franchement !\nénivre-toi, trompe les femmes les unes avec les autres, mais\nappelle quelqu'un qu'on remonte ton lil ! »\nAnselme, orgueilleux dans la solitude, s'inclinait vite devant qui\nla troublait.\nIl dit pourtant :\n« Georges! les choses de la terre t'appartiennent, laisse-moi celles\ndu ciel! »\nSur le visage de la baronne Maduron vingt années de souffrances\nn'avaient pas altéré les grâces des vingt autres. Elle avait en\nGeorges une confiance dont il espérait, en multipliant leurs ren-\ncontres abuser un jour pour satisfaire ses désirs, sa vanilé\nou sa curiosité. Les excès du fils n'étaient-ils pas une occasion\nde montrer de l'attachement à la mère et sa solitude dans l'Hôtel,\nde le lui prouver de quelqu'autre manière. Malheureusement pour\nlui, elle était aux prises d'ouvrières qui avaient copié en un cos-\ntume un tableau représentant Diane qui la travestissait. L'émis-\nsaire d'un couturier célèbre dirigeait leurs travaux. Georges parut,\ndépeignit la conduite d'Anselme et fit l'éloge de la sienne.\n» Oh! le pauvre enfant! je suis sûre qu'il n'a pas d'argent!... mais\ncette peau de tigre m'épaissira horriblement, mademoiselle... je\nl'adore ce pauvre petit! — Rien ne saurait vous épaissir, Madame!\ndit la première employée du couturier — On ne lui sert pas sa\npension régulièrement peut-être!... mademoiselle, ce carquois me\nfait bossue. — Diane n'aura pas été plus belle que vous le serez\nce soir. Mettez vos boucles d'oreilles; nous ferons beaucoup de bleu\nce mois-ci: il faudra que vos belles amies deviennent aussi blondes\nque vous Vêtes naturellement — Monsieur de Barasegel... made-\nmoiselle, le croissant est près de vous; merci. Monsieur de Barase-\ngel, je veux qu'Anselme s'amuse: dites-lui qu'il faut qu'il s'amuse.\nMon ami, soyez assez gracieux pour ouvrir mon secrétaire... oui...\nvovez-voùs un petit portefeuille gris... dites à Anselme que c'est\nun présent de sa maman pour qu'il soit sage. Georges, mon cher,\nemmenez-le distrayez-le! c'est un charmant enfant; il faudrait que\nje m'en occupe davantage et j'ai si peu de temps!... non! ne m'em-\nbrassez pas les mains, elles sont poudrées... Oh! le méchant! Allez,\nenfant... on me déshabille... Les paniers sont bien larges, n'est-ce\npas, mademoiselle? »\nLa mère aimait dans l'adolescent ce qui plaisait à et\ndes espoirs qui n'avaient encore pu etre déçus. Elle s inquiéta de\nne pas l'avoir aperçu à la table et le costume de Diane s aventura\ndans les couloirs et devant une porte un instiant <plose encore. Ses\ncaresses rencontrèrent un rocher et ses paroles 1 Evangile.\nOr, cette même nuit soit que le jeune vicomte n eut pas détail les\nliens de ses plaisirs habituels, soit que son ascétisme mérité\nle repos par ses combats, d'un coin du bar Fouquet il enRc°.\"le\",\nplait les hôtes. Une jeune femme qu'ils surn°mmaient la Reine\nHongrie et qui les avait pour but de ses teux sembla\nment prendre pour tel, le vicomte Anselme. La satisfac\nfixé le choix d'une beauté qu'il avait souvent de lo ,\nle partage d'une demi-bouteille de whisky lui inspirèrent un mad\ngai et certains regards qui le commentait clairement.\n« Eh! mon cher, lui dit la Reine de Hongrie qui se piquait de n être\npas facile : j'ai les pieds chauds au lit, je n'y mets pas de moine. »\nQuand l'amour propre et le jugement se lencontrent, c est au\ndépens du second. Anselme, vexé comnie par une injure ne comprit\npas que le ieu de mots était un autre jeu.\n« On sait donc tout ici? qu'est-ce qu'un pauvre garçon comme moi\npeut leur avoir fait? pourquoi s'en occupent-ils? Ah. mon Seigneur\ncomme je reviens à vous!... ou plutôt non!... je veux devenu\nl'homme le plus corrompu du siècle. »\nSon silence ne donna pas de prise à la moquerie : il n'en fut pas\nde même de sa conduite. Ce soir-là. place de la Madeleine, dans un\nappartement ou pour un prix fixe et élevé une dame qui leur res\nsemblait donnait à des hommes du monde une marchandise vi-\nvante en location, Anselme fit pleurer une femme en lui parlant\nd'un livre de Tolstoï et rire, du coup ses compagnes et leurs com-\npagnons. ,\nLe lendemain, dégoûté sinon de la corruption, du moins ae se.,\nesclaves, il essaya de coucher avec la portière de l'Hôtel Maduron,\nd'apprendre par cœur des vers de Lamartine et de devenir un\ndandy.\n\nPETITE CHRONIQUE\nCINEMATOGRAPHIQUE\ni.e chroniqueur : Pourquoi au cinéma l'apparition de Serbes sur\nl'Ecran est-elle saluée par de la musique hongroise? _\nmiloro : Ne evoyez-vous pas que les excellents procédés du Doc-\nteur Doyen pour la photographie des couleurs rendront inutiles\nceux de la peinture ?\nle chroniqueur : Les exécutants suivent les peintres; les specta\nteurs aussi. Il faudra toujours des peintres à suivre.\nle poète: T,'archange foudroyé n'eut que le temps de desserrer sa\ncravate. On aurait cru qu'il priait encore.\nTransformation de la scène en cour d assises.\nIntroduction de Morisset cambrioleur poète connu à Montparnasse.\nMilord se déguise en président, le chroniqueur en avocat, le régis-\nseur en huissier. On sait d'avance que l'accusé sera puni de cinq\nans de réclusion.\nNous donnons ici l'intéressante déposition d un chaufteur d auto-\nmobiles.\nle chauffeur Mais personne ne regarde un cheval attelé, Mes-\nsieurs les jurés, alors à quoi que ça sert? Vous pensez bien un\npatron ne s'amusera pas à acheter une paire de chevaux s'il n'y\na personne pour les regarder après. Par conséquent il n y a plus\nde commerce du cheval attelé. Je ne dis pas qu il 11 y ait pas,\npar ci, par là, des personnes qui ont la manie de monter, mais le\ncommerce du cheval n'existe pas, qu'est-ce que vous voulez faire...\nun cocher...? Un cocher, messieurs les jurés, qui était resté dix ans\ndans une maison pouvait se retirer dans son pays avec un magot.\nIl y avait le grainetier, le marchand du cheval, le marchand de\nharnais, le marchand de voilures etc... Une supposition que vous\nayez la confiance de Monsieur : « Jean! occupez-vous de l'écurie. »\nEh bien! vous avez votre personnel, vous choisissez qui vous plaît...\nEh bien ! une supposition que voilà une paire de chevaux vendus\n10.000 francs à Monsieur. Eh bien! s'il n'y a pas 3.000 francs poul-\nie cocher, il n'y a rien de fait. Voilà! c'est la même chose pour\ntout : si les autres ne s'étaient pas conduits comme il faut, ils\nauraient perdu la clientèle. Voilà un cheval qui a un défaut, tâchez\nmoyen de cacher un peu qu'il est vicieux le jour de l'essai il\nv aura tant pour vous.\nA côté de çu qu'est-ce quo vous avez aujourd'hui? vous avez LautO.\nVoilà quatorze ans que je suis chauffeur, qu'est-ce que j'ai gagné.'\n200, 250 francs par mois et puis quoi ?... Les fabricants ont tant de\ntravail qu'ils ne peuvent pas fournir. Alors qu'est-ce que vous pou-\nvez dire à ça? Un client de perdu, dix de retrouvés. J'ai été dix ans\nchez le comte Bertrand comme chauffeur : il fréquentait l'ambas-\nsadeur d'Angleterre : vous avez peut-être connu ça? c'était un\npatron qui n'aurait lias voulu qu'on le voie deux années avec la\nmême voiture. Quelquefois il ne faisait que changer la carrosserie.\nQu'est-ce que je gagnais? Et, messieurs de la cour, c'est pas des\nmétiers! On reste à attendre devant une porte, et pas moyen de\nquitter la voiture. C'est qu'il ne manque pas de rôdeurs qui vien-\nnent chiper ce qu'il y a à l'intérieur la fourrure ou n'importe! Il\ny a même des voleurs déguisés en chauffeurs, qui prennent la voi-\nture : allez courir après ! Ah! par exemple, après ce coup là c'est\npas le moment de demander de l'augmentation! Encore si on restait\nà la même place mais ils ne sont pas bien là où ils sont! Jean chez\ntel et tel! Jean, chez Maxim! Jean, au café de Paris! Eh bien!\nMessieurs! il n'y a jamais de pourboires!... des pourboires, pensez-\nvous? vous conduisez les amis à droite ou à gauche. Jamais on\na été si râleux qu'aujourd'hui. Ça! je dois dire que je n'ai jamais\neu à me plaindre des patrons... nécessairement je ne suis pas de\nceux qui se plaignent des patrons. Les patrons sont des gens\ncomme nous. Il faut les connaître. Ils ont leurs petites habitudes\ncomme tout le monde, c'est au domestique de ne pas les froisser.\nQuand vous êtes dans une bonne place, à vous d'être assez intel-\nligent pour la garder, comme de juste! moi, j'ai connu un valet\nde chambre, eh bien, un valet de chambre, c'est l'homme le plus\nheureux qu'il y ait sur la terre, s'il a assez de malice. Bien entendu,\nil ne faut pas aller dire à tout le quartier que vous couchez avec la\ncuisinière. Une supposition que vous arrivez à prendre de l'âge el\nque vous vous êtes aperçu des choses, vous faites attention de ren-\ntrer vos idées en dedans et si madame vous dit quelque chose, vous\nfaites semblant de rien. « Cause toujours! oui, madame, madame\nest bien bonne... et puis ton compte est fait... » Ça m'est égal\npourvu que mes cheveux poussent. Mais celui qui est malin et\nintelligent, celui-là connaît monsieur et madame, et il peut rester\ndans la maison toute sa vie et arriver à avoir les clefs de tout\ncomme un ami à moi qui est maître d'hôtel, c'est-à-dire, homme de\nconfiance et dépensier général. En voilà une bonne place. Vous\ndites que ça n'est pas facile d'arriver là. Comme de juste! mais\npour connaître monsieur, rien de plus facile car il laisse toujours\nses lettres derrière lui et il parle avec sa famille, et quand il dit :\n» Taisons-nous », il est toujours trop tard. Ce qui m'a perdu, c'est\nque J'aimais les chevaux, autrement je...\nmilord président : Ceci n'a pas le moindre rapport avec l'affaire.\nAccusé, n'avez-vous aucune observation à faire?\nle pantalon clair en procureur : L'accusé est coupable, extrême-\nment coupable : il est menteur, voleur, assassin, parjure, ivrogne,\njoueur, lâche, paresseux, coléreux, hypocrite, sale, sans moralité,\ndébauché, mauvais, mauvais, mauvais, mauvais.\nie chroniqueur en avocat : ... II a la façade mauvaise, mais le fond\nbon à l'inverse de la plupart d'entre nous... il a mal pris la vie,\nil croyait qu'il était noble et héroïque d'être seul contre tous. C'est\nun poète, je le connais et je m'y connais... 11 ne quittait la luxueuse\npauvreté des artistes que pour trouver sa mère et ses frères sans\nfeu ni lumière. Les paradoxes qui se soutiennent à Montparnasse\nl'ont perdu. La fréquentation des grands hommes qui fait regarder\npar l'avis des autres, vous rehausse le moral mais vous abaisse\nd'autre part en vous cachant votre vérité. Or, ce qui a convenu à\ndes natures fortes, peut nuire aux plus faibles. Qu'il est noble, le\ndésir de réaliser des perfections éblouissantes (seul contre tous)\nmais qu'il a fait d'imbéciles de ceux qui, avec l'harmonie de la\npensée et de l'individu, auraient été normaux. La voie de la per-\nfection n'est pas toujours convenable. Songez, milord, que toute\nla question de l'éducation est là : l'éducation en commun ne peut\ndonner de bons résultats. Un maître se borne à montrer l'exemple\nde sa valeur qui est dangereuse.\nle régisseur: Messieurs! l'on va bientôt fermer! on ferme! on\nferme!\nle poète : II arrive quand lu ronfles que le monde matériel éveille\nl'autre.\nle chœur chante\nMoïse enfant, dans cette poivrière,\n— c'est une ruche avec toit de donjon —\npensait à Dieu et faisait sa prière\nne sachant pas gouverner dans les joncs.\nL'enfant Jésus, la paille est son nuage,\nc'est bien plus chaud et c'est bien plus joli :\nIl a la paille et n'a pas de logis.\nMoïse enfant! éducation des mages,\nMaille à partir avecque la magie,\nL'autre petit, quand sa maison voyage\nA pour maison le ciel de l'Italie.\nHussards hongrois sous vos noirs pardessus\nQui trombonez dans ma courbe gondole\nTrombonez tous à la gloire de Jésus\nQue vos plumets lui soient une auréole.\nle poète : Au pied de la montagne, le matin, les voix résonnent\ncomme dans un corridor.\n\nBONSOIR !!!\nTous les vendredis, changement de spectacle."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaf19161201-01.1.3", "texte": "L'ÉLAN\nN° 10.\nN. D. L D.\nparait sous une nouvelle forme, très moderne; elle permet de don-\nner des textes très abondants : la chronique de Max-Jacob repré-\nsente à elle seule une plaquette inédite de 30 pages. Le pliage\ndéposé suivant l'ancien formai in-quarto de l'Elan, peut\nse relier avec les numéros précédents el se déploie, permet tant\nainsi de très grandes reproductions. Les '■> premiers numéros ont\nréalisé la 1 evue-album, la nouvelle série étudiera la forme jour-\nnal. Le prix est porté à deux francs, mais nos anciens abonnés\nbéni/icieront de l'ancien prix, jusqu'au n° 12 et nous leur laissons\nta faculté de renouveler leur abonnement à l'ancien prix jusqu'à\nl édition du n° 11. Les prix des S premiers numéros est majoré,\nles séries complètes étant presque épuisées, leur prix actuel est\nindiqué au filet de la. dernière colonne. Cependant nous accepte-\nrons encore quelques abonnements nouveaux, au prix de 20 francs\npouvant partir du n° 1. Ce qui constitue une prime de 18 francs\naux nouveaux abonnés.\n\nDessin de LUC-ALBERT MOREAU\n\néditions\n\nREÇU :\nsous i.e bélier de mars, de Louis de Gonzague Frick.\nsic, de P.-A. Biraull.\nLA FEUILLE D'OLIVIER PERDUE MAIS RETROUVÉE, de S. Voirol.\nle crapouillot, de Jean Gallier-Boissière.\nles mécréants, (le Henri Hertz.\nquelques vers, de Henri Hertz.\nles apartés, de Henri Hertz..\ni.e bulletin nu salon d'automne.\nLA RENAISSANCE.\nLA REVUE MÉRIDIONALE.\ni.e berger, de 11. Toscan, bois de Favary.\nplaquette, d'Ehrenbourg, illustrée par Rivera.\nde vrais poèmes, de Jean Arcille.\nla côte, de Max Jacob.\npoèmes en prose, de Pierre Reverdy.\nemile-antoine-bourdelle, de G. de Pauti, traduction du comte\nF. U. Wrangel.\n\nNOUS N'AVONS PAS REÇU :\nT.E POÈTE OVALE.\nLA LUCARNE ASSASSINÉE.\n\nDESSIN DE SÊVÉRINI\n\nCORUESPONDANCE\nANDRÉ GIDE\nRENÉ-JEAN\nVINCENT DTNDY\n... Non, celles, nous ne laisserons pas à l'Allemagne le monopole\nde la recherche, et nous ne laisserons pas appeler allemand tout\nce que l'art français produit de hardi el de neuf.\n... « Défendez le Cubisme. Il faut te défendre. Il y a trop de per-\nsonnes qui croient que l'art français, dans ses audaces heureuses,\ns'arrête à Bonnard £ à Vuiltard. Il n'y a pas d'arrêt. Arrêt signi-\nfierait mort. L'art, fiançais est bien vivant.\n... S'il y a, je le confesse, des réalisations, dans /'ELAN, que je\nne comprends pas absolument, je ne puis cependant qu'applaudir\nà l'effort de rénovation d'art que vous teniez, et je ne crois pas\nme tromper en pensant que, malgré ses apparences « arcaniques »\n(pardon du néologisme) cette rénovation pourrait être moins loin\nde notre féconde tradition latine que certains dogmes de l'lnstitut...\nVeuillez me compter au nombre de vos abonnés et croyez, Mon-\nsieur, à ma bonne volonté pour tâcher de comprendre ce que je\nne saisis pas encore en votre ligne d'art.\n\nSOLDAT\nDE TOUS LES TEMPS EN CHROMO DE VILLAGE\nAU MUR\nP. REVERDY.\n\nLa moitié du cadre\nEt le papier nem[.\nLa peau vibre sous ton doigt sec\n0 merveille!\n11 aurait les oreilles pendantes.\nAvec le jeune chien qui jappait autour\nde ses pieds,\nAu bout du kilomètre à venir,\nprès de la borne,\nle tableau n'a pas changé.\nIl est en uniforme.\nLes mains trempées de pluie,\nles yeux vont tout autour,\nsoldat seul dans les bois\nprès de la source.\nTu lèves la tête ;\nle tambour est mort\nTes lèvres avides remuent,\nqu'est la lune\net celte lucarne du ciel\nte REGARDE.\n★\n+ *\nLa terre immobile\net l'été brûlant\nPrudence!\nDes casques protecteurs\nj'ai fait mon vêtement\net l'hiver qui s'avance\nne fait rien\nque douter de soi-même.\nOn peut essayer de n'y pas croire.\nLes mouchoirs qui pendaient aux balcons,\ntricolores, en signe d'allégresse,\nont déteint.\nEt la figure attristée\nVisages des Visages,\nla mort passe sur le chemin\nattendant que l'on se prosterne-\nMais quel autre poids que celui de ton corps\nAS-TU jeté dans la balance?\nTout froid dans le fossé,\nil dort, sans plus rêver.\n\nDESSIN DE ZINA FEDOROWITCH\n\nFÊTE\nà André Houveyre.\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nFeu d'artifice en acier...\nQu'il est charmant, cet éclairage!\nArtifice d'artificier :\nmêler quelque grâce au courage.\nDeux (usants — rose éclatement,\ncomme deux seins que l'on dégrafe\ntendent leurs bouts insolemment.\nIl sut aimer... Quelle épitaphe!\nUn poète dans la forêt\nregarde avec indifférence\n— son revolver au cran d'arrêt —\ndes roses mourir d'espérance.\nIl songe aux roses de Saadi...\nEt soudain sa tête se penche,\ncar une rose lui redit\nla molle courbe d'une hanche.\nL'air est plein d'un terrible alcool\nfiltré des étoiles mi-closes...\nLes obus caressent le mol\nparfum nocturne où lu reposes,\nMortification des roses!\n\nDessin de LUC-ALBERT MOREAU.\n\nDESSIN DE HENRI MATISSE CLICHÉ BERNHEIM-JEUNE\n\nLA CONVALESCENCE\nROGER ALLARD.\n\nDe lleurs et d'ailes sur la ville\nLe beau temps pavoise le ciel\nEl lisse sa toile subtile\nDe Montmartre à la Tour Eifsel.\nAllons par les jardins de France\nJoyeux comme cle vieux amants\nJouir de la convalescence\nQue le dois au fer allemand.\nNe cherche plus, jolie_ Egérie,\nLa trace des jours exilés!\nConduis-moi voir aux Tuileries\nLes enfants et les mutilés\nCeux-là dénouant des quadrilles\nDe verts légumes bien-dansants\nEt ceux-ci laisant la manille\nA califourchon sur un banc.\nAux cerceaux le volant explique\nL'arabesque de ses rébus\nEt la triste dame de Pique\nEpouse un zouave barbu.\nLes terrasses des brasseries\nOnt cet air des grandes chaleurs;\nDans le journal que je déplie\nEncore un poète qui meurt...\nD'une fortune sans histoire\nJ'attends aussi la trahison\nMoi qui librement voudrait boire\nA Ici coupe du vieux poison.\nSage Amour, que ton règne arrive\nEt je verrai la saison d'or\n.Briller sur l'une ou l'autre rive\nPour les vivants ou pour les morls.\n\nNotessur lecubisme\nAMEDEE OZENFANT.\n\nCet article n'est qu'un schéma qui sera développé dans les numéros suivants. Nous faisons appel à la\ncontradiction courtoise & nous publierons les discussions intéressantes.\nLa campagne de /.'élan a démontré que le Cubisme ne devait rien\naux Allemands : depuis les injures sur ce point se sont tues à\nParis, elles deviennent rares en Province :\nMais on parle beaucoup de Cubisme.\nLes lettres nous prouvent que les amateurs d'art intelligents s'in-\ntéressent à nos recherches, el la plupart de ces lettres montrent\nune bonne volonté et une compréhension certaines ; toutefois une\npartie importante de ce même public continue à se moquer des\ncubistes et il a le sentiment que les cubistes se moquent de lui.\nLe public raille volontiers ce qui le dépasse. D'autre part, certains\nartistes sont portés à adopter une attitude abstruse, el dédaigneuse\ndu public,■ le jugeant imbécile.\nPour beaucoup, le Cubisme est demeuré art de cénacle ou de\ncoterie : il est inutile de répéter les dangers que court l'art en\ns'enfermant dans ces murailles de Chine.\nCertains cubistes, singeant Picasso, ont cru devoir rebâtir la\nTour d'lvoire prétentieuse el niaise des romantiques et la coll-\nier d'une casquette descendue de Montmartre.\nD'autres, ni artistes ni savants mais ignorants véritables ont lassé\nle public d'un pathos pseudo-scientifique, discréditant les recher-\nches des bons cubistes.\nL'intérêt du Cubisme est, assez évident aujourd'hui, pour qu'il\nsoit possible de parler désormais raisonnablement, de ses vérités\ncomme de ses erreurs.\n*\nH: *\nLe Cubisme s'est assuré dans l'histoire des arts plastiques une\nvéritable importance, parce qu'il a réalisé, déjà en partie, son\ndessein puriste de nettoyer la langue plastique des termes para\nsites, comme Mallarmé l'essaya pour la langue verbale.\nle Cubisme est un mouvement de purisme\nPoursuivant les recherches d'lngres, de Cézanne, de Seuiat, de\nMatisse, sur les propriétés essentielles de la matière visible, le\nCubisme a rappelé que les effets de l'optique valent plastiquement,\nen dehors de toute description ou représentation, par la vertu\npropre de leurs accords ou de leurs conflits.\nC'était souder les efforts régénérateurs de l'art actuel, avec la\ngrande tradition des grands plasticiens assyriens, grecs, chinois\net les admirables anonymes « nègres ».\nEliminant toute représentation littérale, les Picasso, les Braque,\nles Archipenko ont démontré à nouveau ce qui est essentiel dans\nles œuvres d'un Claude Lorrain ou d'un nègre : tes relations\noptiques de la matière.\nMalgré l'intérêt de ses recherches, le Cubisme traverse une crise,\npar la faute de certains artistes primaires qui, tentés par l'ap-\nparente commodité du Cubisme font du Cubisme, recherche régé-\nnératrice, un mode d'emploi automatique de formes toujours les\nmêmes et menacent de l'ossifier dans la formule anguleuse :\nbéquille ou tendeur pour évocations flasques.\nCrise parce que certains bons Cubistes, renonçant au charme des\ncourbes vivantes, ont usé de la règle et de l'équerre, comme le\nconseille Socrate, ces médiocres (après avoir abandonné successi-\nvement le Pointillisme, puis le Matissisme comme démodés),\ndécident que le Cubisme est le dernier bateau à la mode : leur der-\nnière volupté est de tirer des coups d'équerre à travers la figure\nde leurs femmes.\nC'est faire du Cubisme une machine-outil.\nCrise, parce que quelques ignorants, contre toute raison bannissent\ncomme surannée la 3° dimension, au profit d'une nouvelle dimen-\nsion, dénommée quatrième. Comme la quatrième dimension est\npurement hypothétique (le sens plastique de l'homme restant con-\nditionné par ses sens, qui sont à trois dimensions) que font-ils?\nIls suppriment la 3\" dimension. Or, ils réduisent ainsi à deux les\ndimensions oubliant qu'il est saugrenu de prétendre, à l'aide d'un\nmoyen à deux dimensions, en matérialiser une quatrième.\nOr, la troisième dimension (profondeur) n'est jamais absente d'au-\ncune œuvre plastique même dans un simple graphisme, puisque\nce graphisme suggère sur un seul plan la limite de plans différents;\njamais absente même dans une toile couverte de tâches de couleur\npuisque plastiquement les diverses couleurs paraissent être à\ndes plans différents :\nLe seul tableau à deux dimensions, serait une surface plane peinte\nd'un ton uni.\nOr, dans une œuvre plastique la troisième dimension étant néces-\nsairement perspective, on peut par corollaire affirmer qu'il n'y\na pas œuvre plastique sans perspective.\nPourtant il y a des Cubistes qui décrètent avoir réalisé la qua.\ntrième dimension, aboli la troisième, évincé la perspective, comme\nsi les moyens perspectifs, permettant de jouer de la troisième\npropriété volumétrique de la matière, dépendaient de la mode ou\nd'un décret!\nCela prouve que, dans l'intérêt du Cubisme et de l'Art, il serait\ndésirable que les plasticiens, architectes de la matière ayant\ncomme matériaux les propriétés de cette matière dans l'espace,\nconnussent autant qu'il est possible ses loi organiques, afin de\nne pas bavarder à tort et à travers sur ces lois mêmes.\nL'artiste a droit à toutes les licences, si sa sensibilité les lui\nordonne, niais les licences ne font que confirmer l'existence des\nlois.\nCrise aussi, parce que des faux naïfs, suiveurs du sensible Rous-\nseau, croient la niaiserie indispensable. Ils sont accompagnés\nd'un groupe de poètes sous-produits de Max-Jacob et de musi-\nciens grotesques qui bêtifient, mirlitonent, bigophonisent.\nCrise enfin, parce que certains artistes épris de force, oublient\nque la force sans souplesse est la brutalité, manifestation de fai-\nblesse aussi certaine que la fadeur.\nUn des titres de valeur le plus certain du Cubisme est d'abord\nd'avoir réussi à introduire dans l'art des accords nouveaux de\nmatières, de formes et de tons;\nensuite d'avoir démontré, me sembie-t-il, que tout est beau sous\nun certain angle.\nLe Cubisme a su changer les angles convenus.\nContribuant à affiner notre œil (non parfois sans perversion), il\nlui a révélé des beautés nouvelles, diminuant d'autant la laideur\nen nous accoutumant à la goûter.\nEnfin il semble que le Cubisme oublie trop que sa valeur provient\nnon pas de l'absence de représentation, mais de la beauté des\naccords.\nS'il est vrai que /'intérêt d'une forme est indépendant de la signi-\nfication, la réciproque est vraie que la signification n'ôte rien de\nla beauté plastique.\nS'il parait juste de classer Braque parmi les grands plasticiens\nce n'est pas parce que son art est non représentatif. S'il paraît\ncertain que Segonzac est un grand plasticien c-e n'est pas\nparce que son art est représentatif.\nToutefois il nous parait probable que la qualité représentative\ndes formes, loin de nuire à leur plasticité, peut-être une source\nde renforcement plastique (car l'émotion d'art plastique n'est\npas uniquement un phénomène optique) : l'intellect, réagit sur la\nsensation optique, l'enrichit ou la déforme, selon qu'on s'en sert\nopportunément ou non.\nSe souvenir de cette intervention de l'intelligence permettrait de\nne pas se priver des ressources des associations naturelles : et\nainsi le Cubisme éviterait le danger de se mortifier dans une for-\nmule décorative (ce que n'ont pas évité les Persans, les Crétois,\nles Arabes etc., quand ils organisaient des jeux de formes en\ndehors de toute représentation.\n*\n* *\nPour ce qui est des suiveurs qui constituent les écoles, nous leur\nseront indulgents car ils ont. malgré tout, l'incontestable utilité\nd'épuiser les formules des maîtres, d'en grossir les excès et de\nles rendre vite insupportables, libérant la liberté que leur génie\nenchaîne.\n\nROGER ALLARD en convalescence\nPAR Z. LÉWITZKA\n\nLes numéros i & 2 de l'élan étant épuisés, se vendent actuellement 5 francs — les numéros 3, 4, 5, 6. 7, 8, deux francs le numéro 9, cinq francs, saur pour les nouveaux abonnés souscrivant un abonnement avant l'édition du numéro 11\n\nModèle dépo-é Justification du tirage : „ ( | sur , 000 Société Générale d'lmpression, Jl. rue Ganneron. J. van Gindertaeie. Directeur, peur Oi.nfant. géiant de l'Flan"}]}