{"numero_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_sha256": "0728a5c38c783ac38f4f6f518ef46a6c8b7f6384ce4403fae29b85a1389f5ba4", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaai/issues/1909/08_01/bmtnaai_1909-08_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaai/issues/1909/08_01/bmtnaai_1909-08_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c002", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 2", "page_fin": "couv. 2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.2", "titre_corps": "{PubInfo}EDIZIONI DI \"POESIA,,", "titre_sommaire": "{PubInfo}EDIZIONI DI \"POESIA,,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.2", "debut_caractere": 343, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "EDIZIONI DI \"POESIA,,\nL'Esilio Romanzo di Paolo Buzzi, vincitore del i.° Concorso di \" Poesia,, — Parte Prima: VERSO IL\nWIHW—MBALENO; elegantissimo volume di 300 pagine con copertina a colori di Enrico Sacchetti). . L. 29 —\nParte Seconda: SU L'ALI DEL NEMBO (elegantissimo volume di 300 pagine con copertina a colori di Enrico\nSacchetti) .................... S* —\nParte Terza : VERSO LA FOLGORE (elegantissimo volume di 500 pagine con copertina a colori di E. Sacchetti) » 29 —\nincubo V&latO ers* Enrico Gavaccllioli, vincitore del II.0 Concorso di \" Poesia ,, (elegan-\ntissimo volume stampato su carta di Fabriano, con copertina a colori di Romolo\nRomani) » 3,50\nBianco Amore Poema di Guido Verona (elegantissimo volume stampato su carta di Fabriano) . » 3,50\nGiovanili Pascoli Studio crìtico di Emilio Zanette, vincitore del III0 Concorso di \" Poesia,, (ele-\n» ■■ 1 gantissimo volume con maschera disegnata da Romolo Romani) . . » 395©\nLa ICQQSUda della vita ers* 1 Foderi©© D© Maria (elegantissimo volume su carta di\n——w—■Xt «a—irn-iraii ii IMII «a—lUSSO) 1\nverso (Parte I) — Studio critico di Gian Pietro LrUeini (elegantissimo volume di 700 pa-\n— — gine, con acquaforte di Carlo Agazzi) » 6,—\nII Garme di Angoscia e di Speranza di Gian Pietro Lucini (Esaurito a be-\nnphnn dei danneggiati dal terremoto di Calabria\ne Sicilia ......................\nLe Ranocchie turchine Y5,rs! di Enric® ©avaoehioli, vincitore del 11° concorso di\" Poesia „\n— (Elegantissimo volume, col Manifesto del Futurismo, di F. T. Mari-\nnetti, e con copertina a colori di U. Valeri 3,50\nAeroplani ers* liberi di Paolo Buzzi, vincitore del I.° concorso di \"Poesia,,. (Elegantissimo volume, di\ncirca 300 pagine, col 7/.° Proclama futurista, di F. T. Marinetti) ....... 3y5©\nI?©VOlV©Fat© Versi di Gian Pietro Lueini, con una Prefazione futurista di F. T. Marinetti.\n■ in mi n .mi .ih. (Elegantissimo volume di circa 400 pagine)............ —\nD'IMMINENTE PUBBLICAZIONE\nEnquète internationale sur le Vers libre (Elegante volume su carta di lusso). . » 3,50\nFuturisti e Passatisti Documenti, polemiche e conferenze, con prefazione di F. T. 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Marinetti", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.3", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1806, "texte": "TUONS LE CLAIR DE LUNE!\n\nLa revue internationale 44 POESIA,, pubìie\ncette proclamation de guerre en réponse aux\ninsultes dont la vieille Europe a gratifié ie\n44 FUTURISME „ triomphant.\nI.\n— Holà! grands poètes incendiaires, 6 mes frères futuristes!... Holà!\nPaolo Buzzi, Federico De Maria, Enrico Cavacchioli, Corrado Govoni, Libero Al-\ntomare!... Sortons de Paralysie, ravageons Podagra, et posons le grand Rail mi-\nlitaire sur les flancs du Gorisankar, cime du monde 1\nNous sortions de la ville, d'un pas souple et précis qui voulait danser et\ncherchait des obstacles. Autour de nous et dans nos coeurs, l'immense soùlerie\ndu vieux Soleil européen qui chancelait entre les nuages vineux... Il nous frappa\nmème en plein visage avec sa torche de pourpre éclaboussante, puis il creva\nen se vomissant tout entier à l'infini.\nTourbillons de poussière agressive; aveuglante fusion de soufre, de potasse\net de silicates pour les vitraux de l'Idéal!... Fonte d'un nouveau globe solaire!...\nNous le verrons bientòt!\n— Làches! Làches/... — criai-je en me retournant vers les habitants\nde Paralysie, qui s'amoncelaient en contre-bas, masse de boulets irrités pour nos\ncanons futurs...\n« Làches!... Làches!... Qu'avez-vous donc à crier ainsi, comme des putois\nécorchés vifs?... Craignez-vous que nous boutions le feu h vos masures?... Pas encore!\nIl faudra bien nous re'chauffer l'hiver prochain! En attendant, nous faisons sauter\ntoutes les traditions comme des ponts vermoulus!... La guerre?... Mais oui!... Notre\nseul espoir, notre raison de vivre et notre seule volonté... oui, la Guerre! Contre vous\nqui mourez trop lentement et contre tous lès morts qui encombrent nos chemins!...\n« Mais oui, nos nerfs exigent la guerre et méprisent les femmes! Bien sur, car\nnous craignons leurs bras en fleur tressés"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.4", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "Que nous veulent les femmes, les se'dentaires,\nconseillers prudents?... A leur vie chancelante, coupée d'agonies lugubres, de sommeils\ntremblants et de lourds cauchemars, nous\nrifions comme la seule qui soit digne de/'\nque nos enfants suivent gaiement leur caprice, contrarìent brutalement les vieillards\net bafouent tout ce qui est consacrò par le\nsifflez?... Haussez la voix!... Je n'ai pas\nbitieux?... Mais ouil... Nous sommes des ambitieux, car nous ne voulons pas nous frotter\nà vos toisons puantes, troupeau malodorant,\nantiques de la Terre!... Mais « ambitieux »\nplutót de jeunes artilleurs en goguettei... Et vous devez, bon gre' mal gre', accoutumer\nvos lympans au bruii de nos canonsl...\n« Mais ce n'est pas encore ga! Cherchez vous-mémes ! Qu'-est-ce que vous dites?\nDes fous?... Hourrah! à la bonne heure! le mot... le mot que f attendais!... Ah!\nAh!,La trouvaille des trouvailles! Prenez\ntrez vite en procession pour l'enfermer dans la plus jalouse de vos caves ! Vous pourrez\nvivre avec ce mot entre vos doigts et sur vos lèvres durant vingt siècles encore I\nQuant à moi, je vous annonce que le monde est pourri de sagesse!...\n« C'est pourquoi nous enseignons aujou\nle goùt du dèsespoir, par qui le cceur donne\nthousiasme; l'abandon au vertige...\nNous enseignons le plorgeon dans la\nblancs eie l'Idéal/ Et nous prècherons d'\nCoùturière des batailles, qui, après nous av\nbatiant neuf au soleil, oindra de f<ammes\nC'est ainsi que la chaleur d'un soird'eie h\nde ludo les.\n« Il faut que les hommes électrisent chaque jour leurs nerfs <fun orgueil té-\nméraire!... Il faut que les hommes jouent\ncroupiers tricheurs et sans contróler l'équilibre\ntapis verts de la guerre et couvés par la —\nentendez-vous — que fame lance le corps en flammes, comme un brulot, contre\nl'ennemi... l'éternel ennemi que Fon devrait\n« Regardez au loin ces épis de blé,\nsouples soldats aux fines bayonnettes. glorifient la force du pain qui se transforme en\nsang pour jaillir et monter droit au zénith. Le sang — sachez-le bien — n' a de\nvaleur ni de splendeur que libéré du cachot des arteres par le fer ou lefeuf... Nous\napprendrons à tous les soldatsarmés de l\nMais il faudra, auparavant, nettoyer la grande Caserne où vous pullulez, insectes que"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.5", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "uous ètes... Ce sera bientót faitf... En attendante punaises, uous pouvez regagner ce\nsoir encore les immondes grabats traditionnels »c\nComme je leur tournais le dos, je sentis à la douleur de mes épaules\nque j'avais trop longtemps traìné dans ie fìlet immense et noir de ma parole,\nce peuple captif et moribond, avec ses ridicules frétillements de poissons\nsous la dernière vague de lumière que le soir poussait jusqu'aux falaises de\nmon front.\nII\nLa Ville de Paralysie, avec ses cris des basse-cour, ses òrgueils impuis-\nsants de colonnes brisées, ses coupoles enflées accouchant d'une statue mesquine,\nle caprice de ses fumées de cigarette sur des murailles puériles offertes aux chique-\nnaudes, la Ville disparut en dansant derrière nous au gre de notre allure véloce...\nDevant moi, apparut tout-à-coup le palais des divins aliénés, monté sur\nal croupe d'une colline élégante qui trottait comme un jeune poulain.\n— Frères, dis-je, reposons-nous pour la dernière fois, avant de partir poni-\nla pose du grand Rail futuriste!\nNous nous couchàmes tous dans l'immensurable folie de la Voie Lactée,\nà l'ombre du palais des Vivants. Aussitot, le fracas s'arrèta des grands marteaux\ncarrés de l'Espace et du Temps. Mais Paolo Buzzi ne pouvait pas dormir, car son\ncorps fourbu sursautait par instants aux piqures des étoiles venimeuses qui nous\nassaillaient de tous còtés.\nFrère, murmura-t-il, chasse loin de moi ces abeilles qui bourdonnent\nsur la rose pourpre de ma volonté.\nPuis il se rendormit dans l'ombre visionnaire du palais chargé de fantaisie\nd'où montait la mélopée bergante et large de la joie éternelle.\nEnrico Cavacchioli somnolait en rèvant à haute voix:\n— Je sens mon corps de vingt ans qui rajeunitL. Je reviens d'un pas\ntoujours plus fragile vers mon berceau.... Je l'entrerai bientòt dans le ventre de ma\nmère!... Tout m'est donc permisi... Je veux de riches bibelots à casseri... Des\nvilles à écraser, des fourmiiières humaines à déranger !... Je veux apprivoiser les\nVents et les tenir en laisse.... Je veux une meute de Vents avec leurs dos souples\nde grands lévriers fluides, pour donner la chasse aux nuages flasques et barbus!\nLa respiration de mes frères dormants autour de moi imitait le sonimeli\nd'une mer puissante sur la plage. Mais l'enthousiasme intarissable et jaillissant de\nl'aurore ne se contenait plus dans les montagnes, tant la nuit avait fait-partout\npleine mesure de parfums et de sèves héroi'ques. Paolo Buzzi, soulevé brusque-\nment par cette marèe de délire, se tordit comme dans les affres d'un cauchemar."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.6", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "— Entendez-vous les sanglots de la terre? Elle agonise dans l'horreur de la\nlumière!... Trop de soleils se sont penchés sur son chevet livide! Qu'on la laisse\ndormir, encore, toujours!... Donnez-moi des nuages, des monceaux de nuages, pour\ncacher ses yeux et sa bouche qui pleure!...\nA ces mots, le Soleil, nous tendit du bout de l'horizon son volant de feu\ntremblant et rouge.\n— Lève-toi, Paolo! — criai-je alors. — Empoigne cette roue!... Je te sacre\nchauffeur du monde!... Mais hélas! nous ne pourrons pas suffire au grand travail\ndu Rai! futuriste!... Notre coeur est encore plein d'un immonde fouillis: queues\nde paons, coqs pompeux de girouettes, et jolis mouchoirs parfumés!... Et nous\nn'avons pas encore chassé de notre cerveau les lugubres fourmis de sagesse...\nIl nous faut des fous !... Allons les délivrer !...\nNous nous approchàmes des murs imbibés de joie solaire, en longeant\nun vallon sinistre, où trente grues métalliques soulevaient, en crissant, des wa-\ngonnets pleins d'un Unge vaporant, stupide buanderie de ces Purs nettoyés de\ntoute logique!...\nDeux aliénistes apparurent sur le seuil, catégoriques; mais .cornine je n'a-\nvais entre les mains qu'un éclatant fanal d'automobile, c'est avec son manche\nde cuivre poli que je leur inculquai la mort.\nDes portes grandes-ouvertes, fous et folles, debraillés et mi-nus, sortirent\npar milliers, en torrent.... De quoi rajeunir et farder la face l'idée de la Terre.\nLes uns voulurent aussitòt brandir les clochers étincelants, en guise de Cannes\nivoirines ; d'autres jouaient au cerceau avec des coupoles ! Les femmes peignaient\nleur lointaine chevelure de nuages avec les pointes aiguisées d'une constellation.\n— O mes fous, 5 mes frères bienaimés, suivez-moi ! Nous allons poser le\nRail sur les cimes de toutes les montagnes, jusqu'à la mer!... Combien étes-\nvous?... Trois mille!... Pas assez!... D'ailleurs l'ennui et la monotonie épuiseront\nvite votre bel élan!... Allons vite consulter les fauves des ménageries qui\ncampent aux portes de la Capitale!... Ce sont eux les seuls vivants, les seuls\nderacinés et les moins végétaux !... En avanti... A Podagra!... à Podagra!... »\nEt l'on partit, jaillissement formidable d'écluse...\nL'armée de la folie se rua de plaine en plaine, coulant dans les vallées,\nregagnant les sommets, avec l'élan fatai, facile, d'un liquide en d'énormes vases\ncommunicants, et mitrailla enfin de cris, de fronts et de poings, les murailles de\nPodagra, qui tinta comme une cloche.\nLes gardiens, soulés, tués ou piétinés, la marèe gesticulante inonda l'im-\nmense couloir boueux de la ménagerie, dont les boxes grillées, pleines de toisons\ndansantes flottaient dans la vapeur des urines sauvages, et tanguaient plus légères\nque des cages de serins entre les bras des fous."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.7", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "Aussitot le règne des lions rajeunit la Capitale. La rébellion des crinières\net l'effort volumineux des croupes en leviers sculptaient les fagadesL. Leur\nforce torrentielle, excavant le pavé, transforma les rues en tunnels aux voùtes\néclatées... Toute la végétation malingre des habitants de Podagra fut enfournée.\nLes maisons pleines de ces branches hurlantes tremblaient sous l'averse de l'ef-\nfroi criblant les toits.\nAvec des élans brusques et des lazzis de clowns, les fous enfourchaient\nles belles croupes indifférentes des lions qui ne les sentaient pas... Et les bizarres\ncavaliers de s'ébaudir aux paisibles coups de queue qui d'instant en instant les\ndésargonnaient... Tout à coup les fauves s'arrètèrent, les fous se turent devant\nles murs qui ne bougeaient plus...\n— Les vieux sont mortsL. Les jeunes ont fui!... Tant mieux!... Vite!...\nqu'on arrache les statues et les paratonnerresL. Vidons les coffres d'or!... Lin-\ngots et monnaies!... On réfondra tous les métaux precieux pour la pose du\ngrand Rail militaireL.\nL'on sortit, folies et fous gesticulants, lions, tigres et panthères chevau-\nchés à cru et tour à tour culbutant leurs cavaliers que l'ivresse débraille, raidit,\ndisloque dans un échevellement Podagra ne fut plus qu'une cuve immense,\npleine d'un vin riche qui se creusait de remous globuleux en ruisselant vers les\nportes aux ponts-levis sonores, entonnoirs qui tremblent.\nNous traversàmes les ruines de l'Europe et nous entràmes en Asie, épar-\npillant au loin les hordes terrorisées de Podagra et de Paralysie, comme des semeurs\npressés éparpillent leurs graines d'un geste circulaire.\nIII.\nC'était à la nuit haute, presqu'en plein del, sur le plateau persati,\nsublime autel du monde, dont les gradins démesurés portent des villes popu-\nleuses. Rangés à l'infini le long du Rail, nous haletions sur des creusets pleins\nde baryte, d'aluminium, d'oxyde de fer et de manganése qui d'instant en instant\népouvantaient les nues de leur explosion éblouissante. Tous gardés en cercle par\nla ronde majestueuse des lions, queues raidies, crinières balayantes, qui trouaient\nle del profond et noir de rugissements ronds et blancs.\nMais lentement le sourire brillant et chaud de la Lune déborda hors des\nnuages craqués... Et comme elle apparaissait enfin toute ruisselante du lait gri-\nsant des acacias, les fous sentirent leur coeur se détacher de la poitrine et mon-\nter vers la surface de la nuit liquide..."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.8", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "Tout à coup un grand cri déchira l'air; une rumeur se propagea; on\naccourut... C'était un fou très jeune aux yeux de vierge, qui venait de tomber\nfoudroyé sur le Rail.\nSon cadavre fut vite soulevé... Il tenait entre ses mains une fleur bianche\net désirante, dont le pistil remuait comme la langue d'une femme. D'aucuns\nvoulurent la toucher, et ce fut mal, car aussitot, avec la facilité d'une aurore qui\nse propage sur la mer, une verdure sanglotante se dégagea miraculeusement\nde la terre plissée de vagues inattendues.\nDe la houle bleuàtre des prairies émergeaient vaporeusement les cheve-\nlures d'innombrables nageuses, qui ouvraient en soupirant les pétales de leur\nbouche et de leurs yeux humides. Alors dans la noyade des parfums, nous vimes\ngrandir peu à peu autour de nous une forèt fabuleuse, dont les feuillages voutés\nsemblaient épuisés par les caresses d'une brise trop lente. 11 y flottait une ten-\ndesse amère... Les rossignols buvaient l'ombre odorante avec de longs glouglous\nde plaisir et tour à tour pouffaient de rire dans les coins, jouant à cache-cache\ncomme des enfants espiègles et malins.... Un sommeil suave gagnait l'armée\ndes fous, qui se prirent à crier de terreur.\nAussitot les fauves se ruèrent à leur secours. Trois fois, serrés en pelotes\nbondissantes, et par des assauts crochus de rage explosive, les tigres chargèrent\nles fantomes invisibles dont bouillonnait la profondeur de cette forèt de délices...\nEnfin la trouée fut faite, énorme convulsion de feuillages meurtris, aux longs\ngémissements qui réveillèrent les lointains échos bavards nichés dans la montagne.\nMais comme nous nous acharnions tous, cote à còte, à délivrer nos jambes et\nnos bras des dernières lianes affectueuses, nous sentimes tout à coup la Lune\ncharnelle, la Lune aux belles cuisses chaudes, qui s'abandonnait langoureusement\nsur nos échines brisées de fatigue. — Quelqu'un cria dans la solitude aérienne\ndes hauts plateaux :\n— Tuons le clair de lunel\nLes uns coururent aux prochaines cascades; des roues géantes furent\ndressées et des turbines transformèrent la vitesse des eaux en des spasmes\nmagnétiques qui, par des fils, grimpèrent sur des poteaux jusqu'à des globes\nlumineux et bruissants.\nC'est ainsi que trois cents lunes électriques biffèrent de leurs rayons de\ncraie éblouissante l'antique reine verte des amours.\nEt le Rail militaire fut pose, rail extravagant qui suivait la chame des\nplus hautes montagnes, où s'élancèrent aussitot nos véhémentes locomotives\nempanachées de cris aigus, de cime en cime, se jetant dans tous les précipices\net regrimpant partout, en quète d'abimes affamés, de virages absurdes et d'im-\ndossibles zig-zags... En cercle au loin, la haine illimitée marquait notre horizou"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.9", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "hérissé de fuyards... C'étaient les hordes de Podagra et de Paralysie, que nous\nréjetàmès dans l'Hindoustan.\nIV.\nO poursuite acharnée!... Nous enjambons le Gange !... ' Enfin, enfin, le\nsoufflé impétueux de nos poitrines chassa devant nous les nuages rampants, aux\ncontournements hostiles, et nous apergumes à l'horizon les sursauts verdàtres de\nl'Océan Indien muselé de rayons d'or. Vautré dans les golfes d'Oman et de\nBengale, il préparait sournoisement l'invasion des continents.\nAu bout du promontoire de Cormorin que- cerne une bouillie d'ossements\nblanchàtres, voilà l'Ane géant et decharné, dont la croupe de parchemin grisàtre\nfut creusée par le poids délicieux de la Lune... Voilà l'Ane savant au membre prolixe\ncouturé d'écritures, qui brait depuis toujours sa rancune asthmatique contre les\nbrumes de l'horizon, où trois grands vaisseaux s'avancent, immobiles, avec leurs\nhautes voilures semblables à des colonnes vertébrales radiographiées.\nAussitot l'immense troupeau des fauves chevauchés par les fous tendit.\nsur les vagues des mufles innombrables, sous le tourbillonnement des crinières,\nqui appelaient l'Océan à la rescousse. Et l'Océan répondit à l'appel arquant\nun dos énorme, en secouant les promontoires avant de prendre son élan. Long-\ntemps il essaya sa force en ondoyant ses hanches et répliant son ventre aux\nflic-flacs sonores entre ses vastes fondements élastiques...\nPuis, d'un grand coup de reins, l'Océan put soulever sa masse et sur-\nmonta la ligne zigzaguante des rivages... Alors la formidable invasion commenga.\nNous marchions dans l'enveloppement des vagues piaffantes, grands glor\nbes roulants d'écume bianche, qui douchaient les croupes des lions... Ceux-ci,\nrangés en demi-cercle autour de nous, prolongeaient de toutes parts les ciocs, la\nbave sifflante et les hurlements des eaux.... Parfois, du sommet des collines\nnous regardions l'Océan gonfler progressivement son profil monstrueux comme\nune baleine immensurable qui se pousse en avant sur un million de nageoires.\nC'est nous qui le guidàmes ainsi jusqu'à la chame de l'Himalaya, refoulant devant\nnous le grouillement en éventail de toutes les hordes de Podagra et de Para-\nlysie, que nous voulions acculer contre les flancs du Gorisankar.\n— Hàtons-nous, mes frères Voulez-vous que les fauves nous dé~\nvancant?... Nous devons garder le premier rang, malgré nos pas qui pompent\nles sucs de la*terrei... Fi de nos mains gluantes et de nos pieds traineurs de\nracines !... Oh ! pauvres arbres vagabonds que nous sommes !... Il nous faut des\nailes ! Construisons donc les aéroplanes !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.10", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2814, "texte": "— lls seront bleus ! crièrent les fous ; pour mieux nous dérober aux\nyeux de l'ennemi, et nous mèler à l'azur claquant du ciel, sur les cimes,\nquand il vente!\nLes fous ravissent aussitòt des manteaux turquoise à la gioire des Bouddhas\ndans les vieilles pagodes, pour construire leurs appareils volants.\nNous taillons nos aéroplanes futuristes dans la toile ocreuse des voiliers.\nLes uns ont des ailes équilibrantes et montent en portant leur moteur comme des\ncondors ensanglantés portent des veaux convulsifs. Le mien est un triplan mul-\nticellulaire à queue directive, 100 HP, huit cylindres, 80 kilogrammes... J'ai\nentre mes pieds une mignoline mitrailleuse que je puis décharger en pressant\nun bouton d'acier...\nEt l'on part dans l'ivresse d'un pilotage agile, d'un voi vif, pétillant et\nléger, scandé comme une chanson à boire et à danser.\n— Hourrah ! nous sommes enfin dignes de commander la grande armée\ndes fous et des fauves déchainés ! Hourrah ! nous dominons notre arrière-garde:\nl'Océan et son enveioppement de cavaleries écumantes !... En avant, fous, folles,\nlions, tigres et panthères... Nos aéroplanes seront vos drapeaux de guerre!... Nos\naéroplànes seront vos maìtresses passionnées!... Elles nagent, les bras ouverts,\nsur la houle des feuillages. Elles paressent indolemment sur l'escarpolette de la\nbrise !... Regardez, là-haut, à droite, ces navettes bleues.... ce sont les fous qui\nbalancent leurs monoplans sur le hamac du vent du sud !... Quant à moi je suis\nassis comme un tisserand devant son métier et je tisse l'azur soyeux du ciel !...\nEn voulez-vous de ces vallées fraìches et de ces montagnes bourrues dont nous\nrasons les cimes ?... En voulez-vous des troupeaux de brebis roses, accrochés\naux versants des collines, qui s'offrent au couchant?... Tu les aimais, ò mon\nàme!... Non! non! Assez! Jamais plus, tu n'auras de pareilles fadeurs! Les ro-\nseaux dont nous faisions jadis des chalumeaux forment l'armature de mon aéro-\nplane!... Nostalgie! Ivresse triomphale!...\n« Nous atteindrons bientót les habitants de Podagra et de Paralysie,\ncar nous fìlons malgré les rafales contraires.... Que dit Panémomètre ?• Ce vent\na une vitesse de cent kilomètres à l'heure! Tant mieux!... Je monte à une\nhauteur de deux mille mètres pour dépasser le plateau.... Voilà, voilà les\nhordes... là, là, devant nous et déjà sous nos pieds!... A pie, regardez donc, entre\nles masses de verdure, l'affolement de ce torrent humain qui s'acharne dans la\nfuite !... Ce fracas ? Le craquement des arbres ! Ah ! Ah !... Ils sont tous acculés\ncontre la haute muraille du Gorisankar !... Et nous leur livrons bataille !... En-\ntendez-vous nos moteurs qui applaudissent de joie?... — Holà! grand Océan In-\ndien ! à la rescousse !\nIl nous suivait solennellement, culbutant les remparts des villes vénérées"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.11", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "et désargonnant les tours illustres, vieux cavaliers dans leurs armures qui tintent,\ncroulés bas du garrot marmoréen des temples.\n— Enfin, enfin vous voilà donc devant nous, grand peuple fourmillant\nde Podagreux et de Paralytiques, lèpre hideuse qui dévore les beaux flancs de\nla Montagne! Nous volons à tire-d'aile contre vous, avec à droite, à gauche, le galop de\nnos frères les lions et derrière nous l'amitié menagante de l'Océan qui nous suit\npas à pas pour empècher tout reculL. C'est une simple précaution, car nous\nne vous craignons pas !... Mais vous ètes innombrables ! Et nous pourrions bien\népuiser nos munitions en vieillissant durant le carnageL. Je réglerai le tir!... La\nhausse à huit cents mètres!... Attention!... Feu!... Oh! l'ivresse de jouer comme au\ncollège!... Oh! l'ivresse de jouer aux billes de la Morti... Et vous ne pourrez\nplus nous les chiper!... Vous reculez encore?... Ce plateau, sera vite dépassé!...\nMon aéroplane roule sur ses roues, glisse sur sespatins et s'envole de nouveau!...\nJe me mets debout au vent... Bravo, les fous ! En avant le massacre ! TenezL.\nje coupé l'allumage et je descends pour atterrir paisiblement — voi plané, stabilità\nmagnifique — au plus fort de la mèlée!\n« Voici la furibonde copulation de la bataille, vulve géante que tiraille\nle rut du courage, vulve informe qui se déchire pour mieux s'offrir au spasme\nterrifiant de la victorie prochaine !... Elle est à nous, j'en suis certain, puisque nos\nfous lancent déjà leurs coeurs en plein ciel comme des bombesL. La hausse\nà cent mètres!... Attention!... Feu!... Notre sang?... Oui, tout notre sang, à flots,\npour récolorer les aurores malades de la Terre!... Nous saurons bien te réchauffer\nentre nos bras fumants, lamentable Soleil décrépite et frileux, qui grelottes sur\nla cime du Gorisankar!\n\nF. T. Marinetti."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c004", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.4", "titre_corps": "D'imminente pubblicazione", "titre_sommaire": "D'imminente pubblicazione", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.11", "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "D'imminente pubblicazione\nDocumenti, Polemiche e Conferenze\n/\nElegante volume illustrato, di 500 pagine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c005", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "19", "image_debut": 12, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5", "titre_corps": "LE POESIE LUSSURIOSE", "titre_sommaire": "LE POESIE LUSSURIOSE", "signature_source": "Giuseppe Lipparini", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.12", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "LE POESIE LUSSURIOSE\ndi Giuseppe Lipparini\n\nA CEBÉTE.\nI.\nMèlitta sono, la figlia di Polidamante liberto,\ne per le piazze d'Atene risplendo fra tutte l'etère.\nVenere stessa mi diede le membra e la bella figura:\ne le benigne Grazie mi empirono]il cuore di canti.\nTale io tocco la cetra allorché primavera compare,\ne pei boschetti sacri io sfido a cantar gli usignoli :\nquando nel seno profondo mi giungon le punte d'Amore,\ne il giovinetto amato mi attende languendo su l'erbe.\nII.\nPura incorrotta fui un tempo, negli orti paterni\nlungo il Cefisso ombroso, in vista all'acropoli sacra.\nRara appariva appena la prima lanugine ; il seno\nmorbido e liscio come quello d'un pingue fanciullo;\nrigida Tanca, e il femore un poco sporgente sui fianchi\noh, non sembravo allora, no, la Callipigia Afrodite!\nLungo il Cefisso ombroso al rezzo dei mirti giacevo,\ncome colei che aspetta: e ahimè non sapevo che cosa\nIII.\nTargeliòne, il mese dolce ai temperati tepori,\nlungo le siepi mi aveva composto gran serti di rose.\nDolce era l'aria, più dolce la notte il lucor della luna\nDalla paterna casa uscivo a la riva del fiume,\ne denudata allo specchio dell'acqua miravo le membra\nagili. Tremolavano nell'onda profonda i candori,\ne le mie braccia distese perdevansi lungi col fiume,\nmentre brillavano come vaganti pianeti i miei occhi."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.13", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3478, "texte": "IV.\nScesi talvolta nel fiume, di giorno, e la madre era meco.\nTutta mi davo all'amplesso dell'acque, e pensavo le storie\ndelle fanciulle antiche rapite dai fiumi amorosi.\nAhi, che passato era il tempo in cui tra le selve su l'onde\ngY imperituri iddii violavan le donne mortali.\nOnde, tornando a la riva, le membra più fiacche pe '1 bagno,\nlanguida sulla sabbia piegavo tremando i ginocchi,\ned invocavo il vento perchè mi rapisse con lui.\nV.\nVidi di là da le siepi, un giorno di Targelióne,\nun giovinetto, bello al pari di un dio immortale.\nSola vagavo tra i lauri, tra i mirti, tra i folti rosai,\ne mormoravo in cuore un canto di Saffo la bella.\nVidi di là da le siepi il mio giovinetto fatale :\npallida come la neve sorrisi appoggiata ad un lauro.\nAgile come un cervo balzò con un lancio nell'orto :\ntutta mi strinse al seno, e poi mi baciò su la bocca.\nVI.\nFu per quel bacio un incendio che m'arse per tutte le\nQuando la sera calò mi chiusi nel mio ginecèo, [membra,\ne sul lettuccio, sola, piangevo con lacrime molte.\nArse le fauci avevo per inestinguibile sete :\nbrividi lunghi alle reni, e fremiti al ventre lascivo ;\nurgere il sangue sentivo al petto, e gonfiarsi i due seni.\nTutta la mia persona, nel grande delirio d'amore,\ncome un fuscello tremava, che s'agita scosso dal vento.\nVII.\nMèlitta fu quella notte, nell'orto fra i caldi sentori,\nla prima volta preda del furto rapace d'amore.\nSanguinar la mia carne con intollerabile strazio\nfeci ; e la folle arsura in braccio a colui maledissi.\nFolle ! la notte dipoi tornarono i cupi furori :\nebbra discesi ancora laddove il mio dio m'aspettava.\nRatti passarono i giorni: e chi rammentava quel male?\nSolo il piacere, oramai, a me concedeva Afrodite.\nVIII.\nQuando tornò l'autunno e il mese dei grappoli dolci\n(e il quindicesimo anno mi s'era perduto nel tempo),\nabbandonai la casa del padre e divenni di tutti.\nBen cinque mine io prendo da quagli che tutta mi vuole :\nchè su la terra intiera non v'è giovinetta più bella,\ne per il vasto mare la fama di Mèlitta vola.\nSolo Cebéte, il figlio del caso, o forsanco di un dio?\nquando mi vuol mi possiede, e sol per il prezzo d'amore.\nIX.\nEcco, Cebéte attendo nell'atrio fulgente di marmi.\nCaro, non sono più quella che avesti nell'orto del padre,\nrigida e pura come un giovine pioppo a febbraio.\nMa d'ogni parte a me la morbida carne fiorisce :\nerti i bei seni, i fianchi lunati, le cosce possenti,\nflorido il vello d'oro, più raro di quello d'Eèta.\nOnde io temo un eroe che armato con nuovi Argonauti\nqui, su le spiaggie d'Atene, non me lo venga a rapire.\nX.\nMolti di già sul mio seno passarono uomini, molti\ndel loro immenso amore parlaron con rotte parole.\nPure, se attendo te, ancora mi brucian le fauci:\nancor con brividi lunghi si piegano in arco le reni.\nChe non poss' io tenerti per sempre col capo fra i seni,\nquando ti vedo gli occhi morenti celarsi nel bianco :\ne di te piena, nel cuore avendo appagata la brama,\ncedere al sonno, e cosi dentro le tue braccia morire?\n\nA PERSEFÒNE.\n« Mélitta, viene domani la primavera, non sai? »\nmi dissero i giovani ieri.\nOnde pensai nel mio cuore un canto a Colei che si desta\ned esce dall'Erebo fondo.\nPiene di fiori le mani mi vidi, e ricolme le siepi\ndi bianche corolle nel sole.\nPiove: la terra scompare in folti velami di nebbie:\ne rugge lontan la marina.\n*\nSopra le piante in fiore discendono i falchi stridendo ;\nè questa la mia primavera.\nTutta la terra è triste, vi regna sovrana la morte.\nOimé, Persefòne, che fai?"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.14", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "EPIGRAMMA.\nQual fra le tante bellezze di tenera donna non sazi?\nUna, ch'io sappia, una sola ch'hanno le vergini in sé.\nQuella non sazia, poiché per sola una volta è goduta.\nCade, quel fiore di sangue : né rifiorisce giammai.\nL'altre più vaghe beltà non hanno la grazia fuggente\nch'ha questa sola, o Glicèra, che non ritorna mai più.\n\nLE CILIEGIE.\nIeri vagavo nell'orto con Lyde, l'ancella fidata.\nPresso a la fonte, un ciliegio porge le sue bacche rosse.\nCogline! — dissi. Volevo gustar la dolcezza del frutto\nche risfavilla nel sole, simile a un piccolo cuore.\nEbbi il canestro; mangiai, più ghiotta più gaia di un bimbo;\npoi folleggiando mi posi penduli i frutti agli orecchi.\nE mi specchiai nella fonte. O Lisia, i due grossi rubini\nche mi donasti, non hanno più malioso splendore.\nChé mi sembrava tornare fanciulla, e specchiarmi nell'acque,\npura e tranquilla, amico, come — è gran tempo! — già fui.\n\nMELITTA A FILOGÌNA.\nI.\nNo, Filogina, non amo gli amplessi e l'amor de le donne;\nSaffo soltanto mi piace se per Faone sospira.\nEsco dal tiepido bagno, e mentre la schiava mi terge\n(bianca nei tremuli specchi ride l'ignuda beltà),\nleggo le ardenti parole che tu, Filogina, mi scrivi :\n« Mèlitta, dolce giacere sur un lettuccio di piume,\ntutto stringendo sul cuore il fior de la tua giovinezza,\ntutte suggendo coi baci quelle tue morbide carni.\nVieni : ti attendo la notte, allora che timido appare\ndietro i roseti sul colle l'arco di Artèmide iddia:\ne che il silenzio divino a lunghe carezze suade,\ne la marina sul lido parla a le stelle d'amore. »\nII.\nBella tu sei, Filogina; e molti sospirano invano,\nmolti che pongono te sopra le donne d'Atene.\nTu non ti curi di loro, ma lasci la voglia dell'uomo\npiangere sulle tue soglie come scacciata mendica.\nMa nella casa raccogli le vergini impubi e l'etère,\ncui la tua bocca par dolce più che le strette dell'uomo.\nAlta tu sei : rassomigli Artèmide la cacciatrice :\nvergine come la dea dicono gli uomini te.\nSchiette e sottili le membra tu vanti : di Mèlitta pingue\ncome ti piacquero i baci e le riposte beltà?\nUn giovinetto tu sembri: hai corti e ricciuti i capelli:\ncome ti piacque la chioma morbida e lunga che ho?\nIII.\nNo, Filogina, non amo gli amplessi e l'amor de le donne:\nvoglio il piacer violento onde è interrotta la vita,\ne non è sangue nel cuore, e gli occhi si velan di tenebra,\ne per le reni fiaccate lento il sopor si diffonde.\nVoglio sentirmi costretta dentro due braccia furenti:\nsopra le morbide carni Ercole stesso terrei.\nDolce la notte tenere dormente sul petto Cebète,\nil giovinetto tebano simile a un fulvo torello.\nEcco : l'attendo qui nel mio viridario fiorente\ndove mi cantano l'acque vecchie canzoni d'amore.\nE, nel pensar solamente, un brivido lungo mi scuote,\nmentre ne l'acque si specchia l'arco lunare che nasce."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "FILOGÌNA A MELITTA.\nUn giovinetto io sembro? ho corti e ricciuti i capelli?\nAnche Fedone, il cinèdo caro al tuo bello Cebète.\nIeri donasti a l'amante con perle e zaffiri un anello :\noggi superbo ne va per i teatri Fedone.\nVenere Callipigia, o Mèlitta bionda, somigli:\nah, quel cinedo solo può gareggiare con te.\nMisera, e tu non sai l'inganno, e non sai che dividi\nletto ed amor di Cebète con lo sbarbato istrione.\nLascia l'ingannatore: io t'amo, io t'amo, e ti voglio;\ntu non sospetti neppure certe carezze ch'io so.\nMèlitta, dalla mia casa già tutte le donne ho cacciate ;\nlunga sui folti tappeti piango d'amore per te.\n\nPANATHENAIA.\nNo, ch'io noru posso col canestro in capo\nbiancovestita andare al Partenone,\nné accompagnar le vergini innocenti\nsu per il colle.\nGiorni lontani, quando pura e ignara,\nesile come un giovinetto salcio,\nvenni pur io a celebrar le feste\nPanatenèe !\nOra il mio cuore è tormentato e stanco ;\ntemo e sospetto, e non so far che pianti.\nIntollerabil questa vita mia\nm'è divenuta.\nPorpora ed oro avvolgono le membra,\npendono gemme dagli orecchi. Oh come\ndolce sarebbe rivestire il lino\ntra le fanciulle!\n\nEPIGRAMMA.\nIo, che riposo qui, sotto il marmo scolpito, già fui.\nEbbi dolcissimo il fiato, teneri e languidi gli occhi.\nEro pei facili amori la complice astuta e discreta,\ne su le cupide coppie cesti di fiori versai.\nTutti mi adorano: tutti attendono il mio ritornare.\nO viandante, una rosa ! La primavera son' io.\n\nHESPEROS.\nOra la primavera sfiorisce morendo negli orti:\naliti caldi passano.\nTheros, la diva ardente dagli occhi di fiamma si accosta :\nle fonti si disseccano.\nSfogliansi già le rose per entro le siepi di mirto,\ne le fanciulle attendono.\nForse l'amato giunge furtivo al calar de la notte :\nle stelle e i cuori palpitano.\n\nL'ACETOSELLA.\nFolta nell'orto fra la menta e il timo,\ngiù per il clivo che discende al mare,\ncresci cercata e celebrata, o erba\nacetosella.\nSpesso Glicèra ti raccolse in mazzi\nper mescolarti con il fieno ai bovi;\ne, per gustar l'acidulo sapore,\nti mordicchiava.\nTroppo sembrasti grata alla fanciulla;\nieri, per troppo assaporarti, cadde\npresa dal sonno sovra il verde mucchio :\nma non è morta;"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.16", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "chè Sofronisco medico le infuse,\nmentre col volto pallido giaceva,\ndentro la bocca lievemente schiusa\nuna bevanda.\nAcetosella, sei come la vergine :\naciduletta e pur desiderata ;\nchi vi raccoglie e vi assapora incauto,\nresta ingannato.\nChè l'una e l'altra, quando è colta, morde\nsenza parere, nel profondo cuore:\ne, come l'ape dal soave miele,\nlascia il veleno.\n\nALLO SPECCHIO.\nI.\nLyde, sommergi d'unguenti i miei disciolti capelli;\nversa nell'acqua del bagno gli odori più rari e più acuti.\nScegli fra tutte le vesti che giacciono dentro i forzieri\nquella più ricca e più bella che diedemi Lisia l'arconte.\nPorgimi quel diadema che porta una luna di perle,\ned i pendenti d'oro con astri di gialli topazi.\nRecami poscia lo specchio, perch'io mi contempli nel bronzo,\nse paio bella ancora, o vecchia divengo oramai.\nII.\nChi più di te potrebbe, o silenzioso e discreto,\nfido fra tutti gli amici, rispondere al dubbio che m'arde?\nEcco, mi vedo entro te: e mi paio più bella che mai.\nAnche Afrodite dovrebbe nel mio cospetto celarsi.\nLucide tanto non vidi a donna mortai le pupille,\npoi ch'Ebe stessa ministra le grazie de' miei diciott'anni :\nné Filogina, né altre, fra tutte l'etère d'Atene\npossono di giovinezza, ah, paragonarsi con me!\nIII.\nOhi, tanto peggio la doglia mi giace confitta nel cuore !\nTristo Cebète, perchè tradirmi col sozzo cinedo?\nFresca io sono e fiorente : mi coprono d'oro gli amanti :\nuomini e donne con me vorrebbero a prezzo giacere.\nAmo te solo : mi dono pel solo diletto d'amore.\nBello, ma povero, sei: ti compro le vesti e i cavalli;\naltri non voglio che giaccia fra quelle tue braccia feroci.\nSolo al pensare io piango, io grido, mi strappo i capelli.\nIV.\nQuando verrai questa notte, le porte saranno serrate :\n« Mèlitta, Mélitta! » invano picchiando ai battenti, dirai.\nIo, fra le coltri distesa e senza dormir lacrimando\nti lascerò gridare infino al venir de l'aurora.\nPoscia verrò a le soglie con gli occhi dolenti di pianto,\ne ti dirò: « Fedone ti attende: perchè non ci vai? »\nNo, non andare, io son folle ! Qui, solo con me, mio diletto !\nForse mentì Filogìna. Son pazza d'amore : perdona.\n\nNAUSICAA.\nLeggo di Omero l'epopea divina:\ne sono come la fanciulla ignara\nch'ode cantar le turbe di lontano\nsopra un gran fiume.\nLauri con mirti ombreggiano la riva :\npassano i venti a lo stormir dei pini;\nsotto le rose già sfogliate, è dolce\nora dormire.\nSento il fragor del cocchio, e strilli e risa:\ngià lungo l'acque sull'argentea sabbia\nsplendon la bianca veste ed i capelli\ndi Nausicàa.\nTarda quest'oggi il tuo venir, Cebete:\nlascia ch'io sogni il corso de l'Ilisso,\ne mi riveda nei rosai paterni,\nvergine ancora.\n\nTIRESIA.\nI.\nQuando ti vedo morire su questi miei seni d'avorio,\ne un'ombra ti scende sugli occhi:"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.17", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3349, "texte": "quando ti sento gridare siccome un destriero che cerchi\npei prati la cara compagna:\nquando, perchè ti sorrido, ti vedo tremare i ginocchi,\ne piangere s'io ti respingo :\npenso, o diletto, la sorte toccata nei tempi a Tiresia,\ne sogno di far come lui.\nII.\nUomo vorrei diventare, un giorno, un sol giorno de Tanno.\nVuoi farmi la grazia, Afrodite?\nRigide e dura le membra che sono si pingui e sì molli;\nricciuti e tosati i capelli :\nuna lanugine bionda, qui sopra le guance di seta,\ne forza di atleta nel braccio ;\nbene io saprei superare le donne e le loro malizie:\nchi meglio potrebbe di me?\n\nAD AFRODITE.\nI.\nSopra il giaciglio amoroso il sole improvviso ci colse.\nGià trionfava nel cielo il cocchio dai roggi cavalli,\nnè su le nostre pupille il sonno per anco scendea ;\nma tutta notte Cebète aveva gridato d'amore\nsopra il mio candido ventre, dentro queste mie braccia furenti.\nRapida giunse l'aurora, e noi seguitammo a morire;\nma, quando venne il sole, io diedi in un pianto dirotto,\nmentre Cebète al sonno cedeva in un nimbo di raggi.\nII.\nPiansi, celando la faccia tra i lunghi capelli : e mi parve\nche mi fluisse la vita, al par di una fonte, dagli occhi.\nIl giovinetto dormiva contento e di me non curava :\npallido come la cera, e pur con le labbra ridenti.\nIo mi sentiva le reni fiaccate e tremanti i ginocchi,\ne nelle tempia i polsi battevano quasi per febbre.\nDentro lo specchio mi vidi con gli occhi cerchiati d'azzurro,\ne, su la fronte, una ruga diritta, presagio di morte.\nIII.\nEcco : io aveva pensato di uccidere il fulvo Cebète\nsopra le morbide coltri per un folle eccesso d'amore :\ntutta la notte ed il giorno, infino che morto non fosse\ne, nell'estremo amplesso, scomparsa non fossi pur io!\nEcco : ed il giovine amato già sazio di me riposava,\nmentre nel lago del cuore cozzavano i miei desideri.\nRotte le membra di rosa : e pur la mia carne fremeva,\nE lo scotevo invano, per essere ancora di lui.\nIV.\nDimmi, Afrodite, perchè, se Mèlitta bionda è cercata\ncome una dea, se a lei accorrono i ricchi da lungi,\nse per un bacio solo mi diede un talento un arconte,\ne la mia fama trascorre di là dal lontano Oriente:\ndimmi, Afrodite, perchè io piango, e mi rodo, e sfiorisco\npel giovinetto tebano che m'ebbe per primo sul fiume?\nMolti darebber la vita per me, che non hanno talenti;\ndimmi, perchè voglio lui, che mente, sorride, e tradisce?\nV.\nQueste parole ti dico vagando negli orti sul colle;\ne da lontano il mare sorride fra i mirti e gli ulivi,\nmentre una fresca voce intuona di là da le siepi\nuna canzone d'amore. M'accosto : è Glicèra, la figlia\ndel giardiniere, e raccoglie un grande canestro di rose.\nVergine ancora, non sa le pene che infonde ai mortali:\nnè le parole ardenti che canta le turbano il cuore ;\nma così pura sorride, ch'io piango se penso qual fui.\n\nIL CINÈDO.\nDisse l'ancella: « Lo vedi? là, sotto il Pecìle; è Fedone;\nquello che passa e sorride dentro ad un crocchio d'efèbi. »\nStetti : era bianco e biondo, aveva i capelli ricciuti,\ne camminava scotendo l'anche siccome una donna.\nParvemi ch'ei non fosse un maschio, ma il bello Androgino:\ncerto un bel mostro, foggiato di crudeltà con lussuria.\nLisia,' che a caso passava, mi disse: « Bellezza, che fai? >\ntanto ero muta ed attenta in contemplare il cinèdo.\nIra nel cuor non avevo, sibbene un rammarico acuto.\nAh, chè non ero pur io perfida al pari di lui?"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "LO SPILLONE.\nPoi che, Glicèra, del tuo primo sangue\nla bianca veste ti si tinse, e ormai\npassi più lenta e languida, e sospiri,\ntra le fanciulle:\nèccoti, a fine di raccór le chiome\ngià svolazzanti, questo argenteo spillo ;\nchè si conviene, a vergine matura,\nerta la chioma.\nSerbalo: ha forma di stiletto; un giorno,\nquando in amore sarai fatta esperta,\nfiggilo all'uomo — nè la man ti tremi —\ndentro nel cuore.\n\nMELITTA A FEDONE.\nDicono che tra gli efebi nessuno è più bello di te:\ndicono che fra le donne Melitta è pari ad un sol.\nLascia l'amor dei fanciulli! Non sai le delizie ch'io serbo\nper chi mi piace e mi dona la giovinezza coi baci !\nUomo non sei? Non ti freme il rapido sangue nei polsi?\nSopra un bel seno languire, pari dolcezza non v'è.\nBella io sono: le reni ho salde, siccome polledra:\nah, che nascosti tesori serbo, o Fedóne, per te !\nVieni : la notte discende solinga sulla mia casa ;\npresso la soglia, nel lume fioco sospiro pensando.\nGiungono chiari dagli orti i trilli dei rusignoli ;\ncantano l'erme fontane verso le stelle del ciel.\nMèlitta attende ignuda, disciolti i fluenti capelli ;\npensa, e le stillan dagli occhi lacrime di voluttà.\n\nFEDONE A MELITTA.\nMèlitta, tu lo sai: non cerco l'amor de le donne;\nanzi nessuna, giammai, mi tenne sul ventre impudico.\nUnica Filogìna entrò nel mio letto una notte;\nma Filogìna, si sa, è una donna e non e.\nPure tu sei così bella, ch'io piego in pensarti i ginocchi\ncome davanti alla dea che Prassitèle scolpi.\nNo, non mi tentano i baci, le strette furenti, ed i molli\nvoluttuosi abbandoni, nè le riposte beltà.\nPure verrò da l'etèra che splende fra tutte le donne\ncome la luce del sole sopra le stelle notturne.\nPresso l'aitar d'Afrodite attendimi, bianca ed ignuda:\nfa che l'incenso bruci come nei templi sul mar.\nArdano mille faci; non arda, ti prego, il tuo cuore:\nchè, se volessi baciarmi, Mèlitta!, io fuggirei.\nVoglio restar su la soglia, mirarti così lungamente,\nridere e piangere insieme, senza sapere il perchè.\n\nL'ATTESA.\nQuale sgomento nel cuore m'infuse il crudele Fedóne?\nNon fui mai cosi pallida.\nCade la notte : mi sento un palpito forte ; ho paura.\nLyde, accendi le fiaccole !\nSai? fra non molto verrà l'ambiguo mostro ch'io voglio\no soggiogare o uccidere.\n\nLA PROVA.\nI.\nAhi, ora intendo perchè Cebète da Melitta fugge !\nDi troppo è possente il cinèdo.\nNuda, coi folti capelli diffusi pei seni di neve,\nfremendo vendetta, aspettavo."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.19", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "Mai la lussuria nel cuore più rabida morsemi, mai ;\nle poppe mi ardean come brage.\nErcole stesso io avrei fiaccato, ruinato, distrutto\ncon queste mie deboli braccia.\nSentìa nel ventre profondo il viscere occulto vibrare,\ncom'è d'un vampiro la bocca.\nSugger la vita al cinedo volevo, ed abbatterlo al suolo,\ndissanguarlo, farlo morire.\nII.\nVenne: balzai dal giaciglio col cuore in tumulto: tremavo,\nbellissima come una dea.\nVolli parlar: non potevo. Ed egli crollava la fronte\nguardandomi con un sorriso.\nGelo mi prese nel sangue ; fuggì dal mio ventre la brama,\nla fredda paura mi vinse.\nQuale bagliore negli occhi brillava a la bestia perversa ?\nUn serpe, pareami vedere.\nStette così su la soglia a lungo, nè fece parola,\nnè mai tralasciò di sorridere.\nPoi se n'andò lento e molle. Allora gittai un gran grido ;\nma il mostro era in salvo e lontano.\nIII.\nTroppa è la pena; morire sarebbe la più dolce cosa:\ndiscender nel buio e sparire.\nAhi, ma lasciare Cebète non voglio, non posso ; la morte\npiù cara sarebbe con lui.\nOh, questi seni fiorenti, di dove il capezzolo spunta\nsiccome un bocciòlo di rosa!\nOh, questo piccolo ventre, che in fondo s'adombra di un vello\npiù lieve che il musco nei boschi !\nOh, mie bellezze sì vane, poiché vi dispregia Cebète,\nCebète, l'ingrato garzone!\nVoglio nel circo donarmi al popolo tutto, a dispregio\ndel sozzo fanciullo che amo.\n\nLE VIOLETTE.\nQuando negli orti paterni ancora abitavo, e il mio seno\npuro ignorava gli affanni e le vendette d'amore,\nspesso passava una donna di là dal muretto ; e tornando\nera più pallida, e aveva gli occhi color di viola.\nCumuli di violette parevano sotto le ciglia.\nOnde le chiesi: « Perchè torni ogni sera così? >\nRise; e mi disse: « Un giorno saprai questo dolce mistero.\nSappi ora sol che più dolce cosa nel mondo non è. »\nPoi se n'andò sorridendo. Ed io mi specchiava a la fonte\nquasi ogni dì, per vedere le violette spuntar.\n\nLA POLLEDRA.\nQuando negli orti paterni ancora abitavo, e il mio seno\npuro ignorava gli affanni e le vendette d'amore,\nCàllia, un amico del padre, diceva segnandomi a dito:\n« Ecco una svelta polledra : guardala dallo stallone ! >\nChe mi chiamasse polledra ridevo; ma in cuor mi pungeva\narditamente il desio ch'ei mi chiarisse il suo dir.\nRise; e mi disse: « Un giorno saprai il violento mistero.\nSappi ora sol che più dolce cosa nel mondo non è. »\nOnd'io guardava ogni giorno saltar le cavalle nei prati,\nse comparisse il maschio a rivelarmi il mister."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.20", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3022, "texte": "AMORE.\nVidi passare una volta la donna dagli occhi di viola,\nMa gli occhi eran rossi ; e piangeva.\n« Oh!, dissi, « piangi; e perchè? » « Il mio giovinetto è\nnè vivere io so, senza lui. » [partito;\nForse il suo figlio? « Fa cuore o madre > Rispose:\nio figli non cerco, ma amore! [« No, no!\nQuello ch'io piango è l'amante, Callino, il più bello fra\nCallìno, fuggito da me ! » [gli uomini,\n« E vuoi morire? Ma quale diletto ti dava l'amante? »\nFanciulla inesperta, ridevo.\n« Quale i più ricchi tesori del re dei Persiani — rispose —\npotrebbero darmi giammai.\nTutte le stelle del cielo darei, per vederlo una volta.\nO Melitta, amor tu non sai! »\nEros vittorioso, quel giorno conobbi tua possa;\ne il cuor mi tremava per te.\n\nIL CUORE.\nSopra il suo cuore giacevo, nell'orto, al riparo di un pino.\nCebète, già sazio, dormiva,\nLanguida e stanca, pur io voleva concedermi al sonno,\ndiscreto fra tutti gli amanti.\nMa, sotto il seno sinistro, il cuor mi batteva più forte\ndi quel di una tortora ch'io\nforte serbassi rinchiusa fra queste mie floride poppe.\n« O cuore, mio cuore, che hai? »\nNon rispondeva il mio rosso padrone. Bensì palpitava\nsiccome dovessi morire.\nRatta balzai su Cebète, cercai la sua bocca ferigna.\nMi disse: « Sei folle? » E dormiva.\n\nIL BAGNO.\nI.\nEsco dall'acqua ; Cebète un tempo assisteva al mio bagno,\ned aiutava l'ancella a tergermi i lunghi capelli.\nPoi, così fresca e odorosa, con sé mi tenea sui ginocchi;\nbocca con bocca, cercava con agile ardire i tesori,\ne mi faceva vibrare per un delicato piacere :\nfin che Afrodite regina mi celava gli occhi nel bianco\ned io volea esser tutta del giovin più bello di Adone.\nOra son sola; l'ancella mi guarda ed ignara sorride.\nII.\nLyde, sorridi? Son bella, e godi tu pur nel mirarmi.\nAnche le donne mi ammirano, e brucia d'amor Filogina.\nChè non vad'io con lei a scorno del sozzo Cebète?\nSe non mi valse l'amore di un giovine, forse mi giov\nstar fra le candide braccia della giovinetta ricciuta?\nForse ella il farmaco tiene che possa donarmi l'oblio;\nforse è piacer delicato uscire dal bagno con lei,\ne, bocca con bocca, lasciarle quest'agile corpo in balia.\nIII.\nFolle io sono; Afrodite, non farmi impazzare così.\nQuesto che m'arde nel seno, e batte a le tempie, e mi sforza\nquasi a gridare, cos'è? Perchè più non cedo all'invito,\ncome una volta, dei giovani che mi coprian di gioielli?\nTienti le gemme, o Lisia ; chè Mèlitta ornai più non vuole\nlucro ritrar da la sua, ahimè, cosi vana bellezza.\nVuole più tosto recarsi di notte ai bordelli del porto,\nun rozzo giaciglio, godersi con gli ebbri nocchieri.\nIV.\nLyde, così: sulla nuca raccogli in un nodo i capelli,\ndammi a le braccia l'unguento venuto da lidi lontani.\nScegli dipoi tra le vesti la meglio gemmata, e i calzari\nch'hanno le fibbie incrostate di verdi smeraldi e di perle.\nPortami quel diadema che m'ebbi dal re dell'Epiro,\ne, per le mani, lo scrigno ricolmo di gemme e d'anelli.\nBella voglio essere oggi per l'amor mio che m'aspetta.\nLyde, non rider ! L'amante che aspetto si chiama la Morte."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "LE FOGLIE.\nBimba sedevo sul fiume, allora più chiaro e più bello ;\ne i pioppi si sfogliavano.\nVolli afferrare una foglia che discendea roteando;\nma l'ebbe Tonda rapida.\nVidi la foglia appassita andar lungo l'acque, lontano\ncon il mio desiderio.\nTale discendo sul fiume vorace; e già presso è quel mare\ndove gli affanni dormono.\n\nMERIGGIO.\nAh ! riposare su l'erba nel caldo meriggio, e sognare\nil giovine amato con me!\nEd allungare la bocca più ardente che mai, per baciarlo :\ndestarsi, e trovarlo con me !\nE, tra la veglia ed il sonno, gettargli al bel collo le braccia,\ne ridormire cosi.\n\nI TESORI.\nPoveri miei tesori, inutile fonte di gioia!\nRicordi, Cebète, la prima\nvolta che i cupidi sguardi spingesti ai vietati misteri ?\nAh, sia maledetto quel giorno !\nPur, se ripenso l'ardire ch'ebbe la tua bocca sanguigna,\nsi piegano vinti i ginocchi.\n\nA PERSEFÒNE.\nVergine, quando in Enna Plutone rapace ti cinse,\ne dalla piccola mano cadevano i fior del narcisso,\ne le compagne intorno stridevano per la campagna,\ne Primavera ti apparve fiammante nel fuoco del dio\nvergine, quando ti accolse nell'Erebo fondo la notte,\ne sopra il talamo d'oro fosti sottomessa nel sangue:\nmaledicesti forse l'Amore, e chiamasti Afrodite\ningannatrice e perversa, piangendo il tuo fiore distrutto.\nVergine più non sei; e quando il marito ti afferra\npiù non bestemmi l'Amore, ma invochi gridando la morte:\nmorte sì dolce, che tu, benché non caduca, la chiedi.\nAnche alle dee sarebbe dolcezza morire così.\nSorte diversa a me tocca, o dea che m'avrai nel tuo regno\noggi, per questo veleno sì verde nel vaso d'argento.\nDiedi, volendo, il mio sangue a quello spergiuro Cebète :\nor che vorrei morire nell'ultimo amplesso, non posso.\nDunque conviene ch'io beva a spegner la furia del senso,\nche nelle viscere m'arde più assai che un vulcano di fiamma.\nDisdegnerai nel tuo regno l'etèra che in mille giacigli\nseppe fiaccare le reni a mille, ed or muore d'amore?\nAccoglierai la dolente in mezzo a la folta boscaglia\ndove gli amanti piangono la vita e l'avverso destino?\nMormora al piede degli olmi eterni la torba fiumana,\ne chi si specchia nell'acqua non vede che un'ombra di sangue.\nOh, pochi istanti, e poi berrò la bevanda fatale.\nQuando verranno gli amici ch'io stessa invitai al banchetto,\nmi troveranno bianca e zitta sul letto, e diranno :\n« Mèlitta, dormi? Suvvia è l'ora di accender le fiaccole ! »\nMèlitta tacerà; e forse l'ancella fidata,\nLyde, vorrà destarla, scotendola soavemente.\n« Dormi? Gli amici son pronti. Perché non rispondi? » Il\npieno di brividi allora premerà la folla festante, [silenzio\n« Forse sia morta? » dirà la piccola etèra Callisto\nche già tentò di morire, anch'essa per causa d'amore.\n« Morta?! » « Sù, Mèlitta, parla! » « E fredda; il suo\n[cuore non batte. »\nTutta la turba ululando, il mio nome, il mio nome urlerà.\nIo non udrò quelle strida; ma prona dinnanzi al tuo seggio\nti pregherò, Persefòne, perchè, quando muoia Cebète,\ntu non lo prenda furtiva nel talamo, il bel giovinetto !\nAnche nel regno dei morti io l'abbia compagno in eterno."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "debut_caractere": 3056, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "Giuseppe Lipparini."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c006", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.1", "titre_corps": "GIUSEPPE LIPPARINI", "titre_sommaire": "GIUSEPPE LIPPARINI", "signature_source": "U. 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Tremolavano nell'onda profonda i candori,\ne le mie braccia distese perdevansi lungi col fiume,\nmentre brillavano come vaganti pianeti i miei occhi."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.13", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "IV.\nScesi talvolta nel fiume, di giorno, e la madre era meco.\nTutta mi davo all'amplesso dell'acque, e pensavo le storie\ndelle fanciulle antiche rapite dai fiumi amorosi.\nAhi, che passato era il tempo in cui tra le selve su l'onde\ngY imperituri iddii violavan le donne mortali.\nOnde, tornando a la riva, le membra più fiacche pe '1 bagno,\nlanguida sulla sabbia piegavo tremando i ginocchi,\ned invocavo il vento perchè mi rapisse con lui.\nV.\nVidi di là da le siepi, un giorno di Targelióne,\nun giovinetto, bello al pari di un dio immortale.\nSola vagavo tra i lauri, tra i mirti, tra i folti rosai,\ne mormoravo in cuore un canto di Saffo la bella.\nVidi di là da le siepi il mio giovinetto fatale :\npallida come la neve sorrisi appoggiata ad un lauro.\nAgile come un cervo balzò con un lancio nell'orto :\ntutta mi strinse al seno, e poi mi baciò su la bocca.\nVI.\nFu per quel bacio un incendio che m'arse per tutte le\nQuando la sera calò mi chiusi nel mio ginecèo, [membra,\ne sul lettuccio, sola, piangevo con lacrime molte.\nArse le fauci avevo per inestinguibile sete :\nbrividi lunghi alle reni, e fremiti al ventre lascivo ;\nurgere il sangue sentivo al petto, e gonfiarsi i due seni.\nTutta la mia persona, nel grande delirio d'amore,\ncome un fuscello tremava, che s'agita scosso dal vento.\nVII.\nMèlitta fu quella notte, nell'orto fra i caldi sentori,\nla prima volta preda del furto rapace d'amore.\nSanguinar la mia carne con intollerabile strazio\nfeci ; e la folle arsura in braccio a colui maledissi.\nFolle ! la notte dipoi tornarono i cupi furori :\nebbra discesi ancora laddove il mio dio m'aspettava.\nRatti passarono i giorni: e chi rammentava quel male?\nSolo il piacere, oramai, a me concedeva Afrodite.\nVIII.\nQuando tornò l'autunno e il mese dei grappoli dolci\n(e il quindicesimo anno mi s'era perduto nel tempo),\nabbandonai la casa del padre e divenni di tutti.\nBen cinque mine io prendo da quagli che tutta mi vuole :\nchè su la terra intiera non v'è giovinetta più bella,\ne per il vasto mare la fama di Mèlitta vola.\nSolo Cebéte, il figlio del caso, o forsanco di un dio?\nquando mi vuol mi possiede, e sol per il prezzo d'amore.\nIX.\nEcco, Cebéte attendo nell'atrio fulgente di marmi.\nCaro, non sono più quella che avesti nell'orto del padre,\nrigida e pura come un giovine pioppo a febbraio.\nMa d'ogni parte a me la morbida carne fiorisce :\nerti i bei seni, i fianchi lunati, le cosce possenti,\nflorido il vello d'oro, più raro di quello d'Eèta.\nOnde io temo un eroe che armato con nuovi Argonauti\nqui, su le spiaggie d'Atene, non me lo venga a rapire.\nX.\nMolti di già sul mio seno passarono uomini, molti\ndel loro immenso amore parlaron con rotte parole.\nPure, se attendo te, ancora mi brucian le fauci:\nancor con brividi lunghi si piegano in arco le reni.\nChe non poss' io tenerti per sempre col capo fra i seni,\nquando ti vedo gli occhi morenti celarsi nel bianco :\ne di te piena, nel cuore avendo appagata la brama,\ncedere al sonno, e cosi dentro le tue braccia morire?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c008", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.3", "titre_corps": "A PERSEFÒNE.", "titre_sommaire": "A PERSEFÒNE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.13", "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3478, "texte": "A PERSEFÒNE.\n« Mélitta, viene domani la primavera, non sai? »\nmi dissero i giovani ieri.\nOnde pensai nel mio cuore un canto a Colei che si desta\ned esce dall'Erebo fondo.\nPiene di fiori le mani mi vidi, e ricolme le siepi\ndi bianche corolle nel sole.\nPiove: la terra scompare in folti velami di nebbie:\ne rugge lontan la marina.\n*\nSopra le piante in fiore discendono i falchi stridendo ;\nè questa la mia primavera.\nTutta la terra è triste, vi regna sovrana la morte.\nOimé, Persefòne, che fai?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c009", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.4", "titre_corps": "EPIGRAMMA.", "titre_sommaire": "EPIGRAMMA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.14", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "EPIGRAMMA.\nQual fra le tante bellezze di tenera donna non sazi?\nUna, ch'io sappia, una sola ch'hanno le vergini in sé.\nQuella non sazia, poiché per sola una volta è goduta.\nCade, quel fiore di sangue : né rifiorisce giammai.\nL'altre più vaghe beltà non hanno la grazia fuggente\nch'ha questa sola, o Glicèra, che non ritorna mai più."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c010", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.5", "titre_corps": "LE CILIEGIE.", "titre_sommaire": "LE CILIEGIE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.14", "debut_caractere": 342, "fin_caractere_exclue": 911, "texte": "LE CILIEGIE.\nIeri vagavo nell'orto con Lyde, l'ancella fidata.\nPresso a la fonte, un ciliegio porge le sue bacche rosse.\nCogline! — dissi. Volevo gustar la dolcezza del frutto\nche risfavilla nel sole, simile a un piccolo cuore.\nEbbi il canestro; mangiai, più ghiotta più gaia di un bimbo;\npoi folleggiando mi posi penduli i frutti agli orecchi.\nE mi specchiai nella fonte. O Lisia, i due grossi rubini\nche mi donasti, non hanno più malioso splendore.\nChé mi sembrava tornare fanciulla, e specchiarmi nell'acque,\npura e tranquilla, amico, come — è gran tempo! — già fui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c011", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.6", "titre_corps": "MELITTA A FILOGÌNA.", "titre_sommaire": "MELITTA A FILOGÌNA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.14", "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "MELITTA A FILOGÌNA.\nI.\nNo, Filogina, non amo gli amplessi e l'amor de le donne;\nSaffo soltanto mi piace se per Faone sospira.\nEsco dal tiepido bagno, e mentre la schiava mi terge\n(bianca nei tremuli specchi ride l'ignuda beltà),\nleggo le ardenti parole che tu, Filogina, mi scrivi :\n« Mèlitta, dolce giacere sur un lettuccio di piume,\ntutto stringendo sul cuore il fior de la tua giovinezza,\ntutte suggendo coi baci quelle tue morbide carni.\nVieni : ti attendo la notte, allora che timido appare\ndietro i roseti sul colle l'arco di Artèmide iddia:\ne che il silenzio divino a lunghe carezze suade,\ne la marina sul lido parla a le stelle d'amore. »\nII.\nBella tu sei, Filogina; e molti sospirano invano,\nmolti che pongono te sopra le donne d'Atene.\nTu non ti curi di loro, ma lasci la voglia dell'uomo\npiangere sulle tue soglie come scacciata mendica.\nMa nella casa raccogli le vergini impubi e l'etère,\ncui la tua bocca par dolce più che le strette dell'uomo.\nAlta tu sei : rassomigli Artèmide la cacciatrice :\nvergine come la dea dicono gli uomini te.\nSchiette e sottili le membra tu vanti : di Mèlitta pingue\ncome ti piacquero i baci e le riposte beltà?\nUn giovinetto tu sembri: hai corti e ricciuti i capelli:\ncome ti piacque la chioma morbida e lunga che ho?\nIII.\nNo, Filogina, non amo gli amplessi e l'amor de le donne:\nvoglio il piacer violento onde è interrotta la vita,\ne non è sangue nel cuore, e gli occhi si velan di tenebra,\ne per le reni fiaccate lento il sopor si diffonde.\nVoglio sentirmi costretta dentro due braccia furenti:\nsopra le morbide carni Ercole stesso terrei.\nDolce la notte tenere dormente sul petto Cebète,\nil giovinetto tebano simile a un fulvo torello.\nEcco : l'attendo qui nel mio viridario fiorente\ndove mi cantano l'acque vecchie canzoni d'amore.\nE, nel pensar solamente, un brivido lungo mi scuote,\nmentre ne l'acque si specchia l'arco lunare che nasce."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c012", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.7", "titre_corps": "FILOGÌNA A MELITTA.", "titre_sommaire": "FILOGÌNA A MELITTA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "FILOGÌNA A MELITTA.\nUn giovinetto io sembro? ho corti e ricciuti i capelli?\nAnche Fedone, il cinèdo caro al tuo bello Cebète.\nIeri donasti a l'amante con perle e zaffiri un anello :\noggi superbo ne va per i teatri Fedone.\nVenere Callipigia, o Mèlitta bionda, somigli:\nah, quel cinedo solo può gareggiare con te.\nMisera, e tu non sai l'inganno, e non sai che dividi\nletto ed amor di Cebète con lo sbarbato istrione.\nLascia l'ingannatore: io t'amo, io t'amo, e ti voglio;\ntu non sospetti neppure certe carezze ch'io so.\nMèlitta, dalla mia casa già tutte le donne ho cacciate ;\nlunga sui folti tappeti piango d'amore per te."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c013", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.8", "titre_corps": "PANATHENAIA.", "titre_sommaire": "PANATHENAIA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "PANATHENAIA.\nNo, ch'io noru posso col canestro in capo\nbiancovestita andare al Partenone,\nné accompagnar le vergini innocenti\nsu per il colle.\nGiorni lontani, quando pura e ignara,\nesile come un giovinetto salcio,\nvenni pur io a celebrar le feste\nPanatenèe !\nOra il mio cuore è tormentato e stanco ;\ntemo e sospetto, e non so far che pianti.\nIntollerabil questa vita mia\nm'è divenuta.\nPorpora ed oro avvolgono le membra,\npendono gemme dagli orecchi. Oh come\ndolce sarebbe rivestire il lino\ntra le fanciulle!"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c014", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.9", "titre_corps": "EPIGRAMMA.", "titre_sommaire": "EPIGRAMMA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1454, "texte": "EPIGRAMMA.\nIo, che riposo qui, sotto il marmo scolpito, già fui.\nEbbi dolcissimo il fiato, teneri e languidi gli occhi.\nEro pei facili amori la complice astuta e discreta,\ne su le cupide coppie cesti di fiori versai.\nTutti mi adorano: tutti attendono il mio ritornare.\nO viandante, una rosa ! La primavera son' io."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c015", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.10", "titre_corps": "HESPEROS.", "titre_sommaire": "HESPEROS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "debut_caractere": 1456, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "HESPEROS.\nOra la primavera sfiorisce morendo negli orti:\naliti caldi passano.\nTheros, la diva ardente dagli occhi di fiamma si accosta :\nle fonti si disseccano.\nSfogliansi già le rose per entro le siepi di mirto,\ne le fanciulle attendono.\nForse l'amato giunge furtivo al calar de la notte :\nle stelle e i cuori palpitano."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c016", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "14", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.11", "titre_corps": "L'ACETOSELLA.", "titre_sommaire": "L'ACETOSELLA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "debut_caractere": 1779, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "L'ACETOSELLA.\nFolta nell'orto fra la menta e il timo,\ngiù per il clivo che discende al mare,\ncresci cercata e celebrata, o erba\nacetosella.\nSpesso Glicèra ti raccolse in mazzi\nper mescolarti con il fieno ai bovi;\ne, per gustar l'acidulo sapore,\nti mordicchiava.\nTroppo sembrasti grata alla fanciulla;\nieri, per troppo assaporarti, cadde\npresa dal sonno sovra il verde mucchio :\nma non è morta;"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.16", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "chè Sofronisco medico le infuse,\nmentre col volto pallido giaceva,\ndentro la bocca lievemente schiusa\nuna bevanda.\nAcetosella, sei come la vergine :\naciduletta e pur desiderata ;\nchi vi raccoglie e vi assapora incauto,\nresta ingannato.\nChè l'una e l'altra, quando è colta, morde\nsenza parere, nel profondo cuore:\ne, come l'ape dal soave miele,\nlascia il veleno."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c017", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "14", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.12", "titre_corps": "ALLO SPECCHIO.", "titre_sommaire": "ALLO SPECCHIO.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.16", "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "ALLO SPECCHIO.\nI.\nLyde, sommergi d'unguenti i miei disciolti capelli;\nversa nell'acqua del bagno gli odori più rari e più acuti.\nScegli fra tutte le vesti che giacciono dentro i forzieri\nquella più ricca e più bella che diedemi Lisia l'arconte.\nPorgimi quel diadema che porta una luna di perle,\ned i pendenti d'oro con astri di gialli topazi.\nRecami poscia lo specchio, perch'io mi contempli nel bronzo,\nse paio bella ancora, o vecchia divengo oramai.\nII.\nChi più di te potrebbe, o silenzioso e discreto,\nfido fra tutti gli amici, rispondere al dubbio che m'arde?\nEcco, mi vedo entro te: e mi paio più bella che mai.\nAnche Afrodite dovrebbe nel mio cospetto celarsi.\nLucide tanto non vidi a donna mortai le pupille,\npoi ch'Ebe stessa ministra le grazie de' miei diciott'anni :\nné Filogina, né altre, fra tutte l'etère d'Atene\npossono di giovinezza, ah, paragonarsi con me!\nIII.\nOhi, tanto peggio la doglia mi giace confitta nel cuore !\nTristo Cebète, perchè tradirmi col sozzo cinedo?\nFresca io sono e fiorente : mi coprono d'oro gli amanti :\nuomini e donne con me vorrebbero a prezzo giacere.\nAmo te solo : mi dono pel solo diletto d'amore.\nBello, ma povero, sei: ti compro le vesti e i cavalli;\naltri non voglio che giaccia fra quelle tue braccia feroci.\nSolo al pensare io piango, io grido, mi strappo i capelli.\nIV.\nQuando verrai questa notte, le porte saranno serrate :\n« Mèlitta, Mélitta! » invano picchiando ai battenti, dirai.\nIo, fra le coltri distesa e senza dormir lacrimando\nti lascerò gridare infino al venir de l'aurora.\nPoscia verrò a le soglie con gli occhi dolenti di pianto,\ne ti dirò: « Fedone ti attende: perchè non ci vai? »\nNo, non andare, io son folle ! Qui, solo con me, mio diletto !\nForse mentì Filogìna. Son pazza d'amore : perdona."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c018", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "14", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.13", "titre_corps": "NAUSICAA.", "titre_sommaire": "NAUSICAA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.16", "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "NAUSICAA.\nLeggo di Omero l'epopea divina:\ne sono come la fanciulla ignara\nch'ode cantar le turbe di lontano\nsopra un gran fiume.\nLauri con mirti ombreggiano la riva :\npassano i venti a lo stormir dei pini;\nsotto le rose già sfogliate, è dolce\nora dormire.\nSento il fragor del cocchio, e strilli e risa:\ngià lungo l'acque sull'argentea sabbia\nsplendon la bianca veste ed i capelli\ndi Nausicàa.\nTarda quest'oggi il tuo venir, Cebete:\nlascia ch'io sogni il corso de l'Ilisso,\ne mi riveda nei rosai paterni,\nvergine ancora."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c019", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "15", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.14", "titre_corps": "TIRESIA.", "titre_sommaire": "TIRESIA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.16", "debut_caractere": 2653, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "TIRESIA.\nI.\nQuando ti vedo morire su questi miei seni d'avorio,\ne un'ombra ti scende sugli occhi:"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.17", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 597, "texte": "quando ti sento gridare siccome un destriero che cerchi\npei prati la cara compagna:\nquando, perchè ti sorrido, ti vedo tremare i ginocchi,\ne piangere s'io ti respingo :\npenso, o diletto, la sorte toccata nei tempi a Tiresia,\ne sogno di far come lui.\nII.\nUomo vorrei diventare, un giorno, un sol giorno de Tanno.\nVuoi farmi la grazia, Afrodite?\nRigide e dura le membra che sono si pingui e sì molli;\nricciuti e tosati i capelli :\nuna lanugine bionda, qui sopra le guance di seta,\ne forza di atleta nel braccio ;\nbene io saprei superare le donne e le loro malizie:\nchi meglio potrebbe di me?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c020", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "15", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.15", "titre_corps": "AD AFRODITE.", "titre_sommaire": "AD AFRODITE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.17", "debut_caractere": 599, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "AD AFRODITE.\nI.\nSopra il giaciglio amoroso il sole improvviso ci colse.\nGià trionfava nel cielo il cocchio dai roggi cavalli,\nnè su le nostre pupille il sonno per anco scendea ;\nma tutta notte Cebète aveva gridato d'amore\nsopra il mio candido ventre, dentro queste mie braccia furenti.\nRapida giunse l'aurora, e noi seguitammo a morire;\nma, quando venne il sole, io diedi in un pianto dirotto,\nmentre Cebète al sonno cedeva in un nimbo di raggi.\nII.\nPiansi, celando la faccia tra i lunghi capelli : e mi parve\nche mi fluisse la vita, al par di una fonte, dagli occhi.\nIl giovinetto dormiva contento e di me non curava :\npallido come la cera, e pur con le labbra ridenti.\nIo mi sentiva le reni fiaccate e tremanti i ginocchi,\ne nelle tempia i polsi battevano quasi per febbre.\nDentro lo specchio mi vidi con gli occhi cerchiati d'azzurro,\ne, su la fronte, una ruga diritta, presagio di morte.\nIII.\nEcco : io aveva pensato di uccidere il fulvo Cebète\nsopra le morbide coltri per un folle eccesso d'amore :\ntutta la notte ed il giorno, infino che morto non fosse\ne, nell'estremo amplesso, scomparsa non fossi pur io!\nEcco : ed il giovine amato già sazio di me riposava,\nmentre nel lago del cuore cozzavano i miei desideri.\nRotte le membra di rosa : e pur la mia carne fremeva,\nE lo scotevo invano, per essere ancora di lui.\nIV.\nDimmi, Afrodite, perchè, se Mèlitta bionda è cercata\ncome una dea, se a lei accorrono i ricchi da lungi,\nse per un bacio solo mi diede un talento un arconte,\ne la mia fama trascorre di là dal lontano Oriente:\ndimmi, Afrodite, perchè io piango, e mi rodo, e sfiorisco\npel giovinetto tebano che m'ebbe per primo sul fiume?\nMolti darebber la vita per me, che non hanno talenti;\ndimmi, perchè voglio lui, che mente, sorride, e tradisce?\nV.\nQueste parole ti dico vagando negli orti sul colle;\ne da lontano il mare sorride fra i mirti e gli ulivi,\nmentre una fresca voce intuona di là da le siepi\nuna canzone d'amore. M'accosto : è Glicèra, la figlia\ndel giardiniere, e raccoglie un grande canestro di rose.\nVergine ancora, non sa le pene che infonde ai mortali:\nnè le parole ardenti che canta le turbano il cuore ;\nma così pura sorride, ch'io piango se penso qual fui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c021", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "15", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.16", "titre_corps": "IL CINÈDO.", "titre_sommaire": "IL CINÈDO.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.17", "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 3349, "texte": "IL CINÈDO.\nDisse l'ancella: « Lo vedi? là, sotto il Pecìle; è Fedone;\nquello che passa e sorride dentro ad un crocchio d'efèbi. »\nStetti : era bianco e biondo, aveva i capelli ricciuti,\ne camminava scotendo l'anche siccome una donna.\nParvemi ch'ei non fosse un maschio, ma il bello Androgino:\ncerto un bel mostro, foggiato di crudeltà con lussuria.\nLisia,' che a caso passava, mi disse: « Bellezza, che fai? >\ntanto ero muta ed attenta in contemplare il cinèdo.\nIra nel cuor non avevo, sibbene un rammarico acuto.\nAh, chè non ero pur io perfida al pari di lui?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c022", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.17", "titre_corps": "LO SPILLONE.", "titre_sommaire": "LO SPILLONE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "LO SPILLONE.\nPoi che, Glicèra, del tuo primo sangue\nla bianca veste ti si tinse, e ormai\npassi più lenta e languida, e sospiri,\ntra le fanciulle:\nèccoti, a fine di raccór le chiome\ngià svolazzanti, questo argenteo spillo ;\nchè si conviene, a vergine matura,\nerta la chioma.\nSerbalo: ha forma di stiletto; un giorno,\nquando in amore sarai fatta esperta,\nfiggilo all'uomo — nè la man ti tremi —\ndentro nel cuore."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c023", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.18", "titre_corps": "MELITTA A FEDONE.", "titre_sommaire": "MELITTA A FEDONE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 1167, "texte": "MELITTA A FEDONE.\nDicono che tra gli efebi nessuno è più bello di te:\ndicono che fra le donne Melitta è pari ad un sol.\nLascia l'amor dei fanciulli! Non sai le delizie ch'io serbo\nper chi mi piace e mi dona la giovinezza coi baci !\nUomo non sei? Non ti freme il rapido sangue nei polsi?\nSopra un bel seno languire, pari dolcezza non v'è.\nBella io sono: le reni ho salde, siccome polledra:\nah, che nascosti tesori serbo, o Fedóne, per te !\nVieni : la notte discende solinga sulla mia casa ;\npresso la soglia, nel lume fioco sospiro pensando.\nGiungono chiari dagli orti i trilli dei rusignoli ;\ncantano l'erme fontane verso le stelle del ciel.\nMèlitta attende ignuda, disciolti i fluenti capelli ;\npensa, e le stillan dagli occhi lacrime di voluttà."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c024", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.19", "titre_corps": "FEDONE A MELITTA.", "titre_sommaire": "FEDONE A MELITTA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "FEDONE A MELITTA.\nMèlitta, tu lo sai: non cerco l'amor de le donne;\nanzi nessuna, giammai, mi tenne sul ventre impudico.\nUnica Filogìna entrò nel mio letto una notte;\nma Filogìna, si sa, è una donna e non e.\nPure tu sei così bella, ch'io piego in pensarti i ginocchi\ncome davanti alla dea che Prassitèle scolpi.\nNo, non mi tentano i baci, le strette furenti, ed i molli\nvoluttuosi abbandoni, nè le riposte beltà.\nPure verrò da l'etèra che splende fra tutte le donne\ncome la luce del sole sopra le stelle notturne.\nPresso l'aitar d'Afrodite attendimi, bianca ed ignuda:\nfa che l'incenso bruci come nei templi sul mar.\nArdano mille faci; non arda, ti prego, il tuo cuore:\nchè, se volessi baciarmi, Mèlitta!, io fuggirei.\nVoglio restar su la soglia, mirarti così lungamente,\nridere e piangere insieme, senza sapere il perchè."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c025", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.20", "titre_corps": "L'ATTESA.", "titre_sommaire": "L'ATTESA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "debut_caractere": 1993, "fin_caractere_exclue": 2243, "texte": "L'ATTESA.\nQuale sgomento nel cuore m'infuse il crudele Fedóne?\nNon fui mai cosi pallida.\nCade la notte : mi sento un palpito forte ; ho paura.\nLyde, accendi le fiaccole !\nSai? fra non molto verrà l'ambiguo mostro ch'io voglio\no soggiogare o uccidere."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c026", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "17", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.21", "titre_corps": "LA PROVA.", "titre_sommaire": "LA PROVA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "LA PROVA.\nI.\nAhi, ora intendo perchè Cebète da Melitta fugge !\nDi troppo è possente il cinèdo.\nNuda, coi folti capelli diffusi pei seni di neve,\nfremendo vendetta, aspettavo."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.19", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "Mai la lussuria nel cuore più rabida morsemi, mai ;\nle poppe mi ardean come brage.\nErcole stesso io avrei fiaccato, ruinato, distrutto\ncon queste mie deboli braccia.\nSentìa nel ventre profondo il viscere occulto vibrare,\ncom'è d'un vampiro la bocca.\nSugger la vita al cinedo volevo, ed abbatterlo al suolo,\ndissanguarlo, farlo morire.\nII.\nVenne: balzai dal giaciglio col cuore in tumulto: tremavo,\nbellissima come una dea.\nVolli parlar: non potevo. Ed egli crollava la fronte\nguardandomi con un sorriso.\nGelo mi prese nel sangue ; fuggì dal mio ventre la brama,\nla fredda paura mi vinse.\nQuale bagliore negli occhi brillava a la bestia perversa ?\nUn serpe, pareami vedere.\nStette così su la soglia a lungo, nè fece parola,\nnè mai tralasciò di sorridere.\nPoi se n'andò lento e molle. Allora gittai un gran grido ;\nma il mostro era in salvo e lontano.\nIII.\nTroppa è la pena; morire sarebbe la più dolce cosa:\ndiscender nel buio e sparire.\nAhi, ma lasciare Cebète non voglio, non posso ; la morte\npiù cara sarebbe con lui.\nOh, questi seni fiorenti, di dove il capezzolo spunta\nsiccome un bocciòlo di rosa!\nOh, questo piccolo ventre, che in fondo s'adombra di un vello\npiù lieve che il musco nei boschi !\nOh, mie bellezze sì vane, poiché vi dispregia Cebète,\nCebète, l'ingrato garzone!\nVoglio nel circo donarmi al popolo tutto, a dispregio\ndel sozzo fanciullo che amo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c027", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "17", "page_fin": "17", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.22", "titre_corps": "LE VIOLETTE.", "titre_sommaire": "LE VIOLETTE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.19", "debut_caractere": 1374, "fin_caractere_exclue": 1907, "texte": "LE VIOLETTE.\nQuando negli orti paterni ancora abitavo, e il mio seno\npuro ignorava gli affanni e le vendette d'amore,\nspesso passava una donna di là dal muretto ; e tornando\nera più pallida, e aveva gli occhi color di viola.\nCumuli di violette parevano sotto le ciglia.\nOnde le chiesi: « Perchè torni ogni sera così? >\nRise; e mi disse: « Un giorno saprai questo dolce mistero.\nSappi ora sol che più dolce cosa nel mondo non è. »\nPoi se n'andò sorridendo. Ed io mi specchiava a la fonte\nquasi ogni dì, per vedere le violette spuntar."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c028", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "17", "page_fin": "17", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.23", "titre_corps": "LA POLLEDRA.", "titre_sommaire": "LA POLLEDRA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.19", "debut_caractere": 1909, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "LA POLLEDRA.\nQuando negli orti paterni ancora abitavo, e il mio seno\npuro ignorava gli affanni e le vendette d'amore,\nCàllia, un amico del padre, diceva segnandomi a dito:\n« Ecco una svelta polledra : guardala dallo stallone ! >\nChe mi chiamasse polledra ridevo; ma in cuor mi pungeva\narditamente il desio ch'ei mi chiarisse il suo dir.\nRise; e mi disse: « Un giorno saprai il violento mistero.\nSappi ora sol che più dolce cosa nel mondo non è. »\nOnd'io guardava ogni giorno saltar le cavalle nei prati,\nse comparisse il maschio a rivelarmi il mister."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c029", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "18", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.24", "titre_corps": "AMORE.", "titre_sommaire": "AMORE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.20", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "AMORE.\nVidi passare una volta la donna dagli occhi di viola,\nMa gli occhi eran rossi ; e piangeva.\n« Oh!, dissi, « piangi; e perchè? » « Il mio giovinetto è\nnè vivere io so, senza lui. » [partito;\nForse il suo figlio? « Fa cuore o madre > Rispose:\nio figli non cerco, ma amore! [« No, no!\nQuello ch'io piango è l'amante, Callino, il più bello fra\nCallìno, fuggito da me ! » [gli uomini,\n« E vuoi morire? Ma quale diletto ti dava l'amante? »\nFanciulla inesperta, ridevo.\n« Quale i più ricchi tesori del re dei Persiani — rispose —\npotrebbero darmi giammai.\nTutte le stelle del cielo darei, per vederlo una volta.\nO Melitta, amor tu non sai! »\nEros vittorioso, quel giorno conobbi tua possa;\ne il cuor mi tremava per te."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c030", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "18", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.25", "titre_corps": "IL CUORE.", "titre_sommaire": "IL CUORE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.20", "debut_caractere": 728, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "IL CUORE.\nSopra il suo cuore giacevo, nell'orto, al riparo di un pino.\nCebète, già sazio, dormiva,\nLanguida e stanca, pur io voleva concedermi al sonno,\ndiscreto fra tutti gli amanti.\nMa, sotto il seno sinistro, il cuor mi batteva più forte\ndi quel di una tortora ch'io\nforte serbassi rinchiusa fra queste mie floride poppe.\n« O cuore, mio cuore, che hai? »\nNon rispondeva il mio rosso padrone. Bensì palpitava\nsiccome dovessi morire.\nRatta balzai su Cebète, cercai la sua bocca ferigna.\nMi disse: « Sei folle? » E dormiva."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c031", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "18", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.26", "titre_corps": "IL BAGNO.", "titre_sommaire": "IL BAGNO.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.20", "debut_caractere": 1253, "fin_caractere_exclue": 3022, "texte": "IL BAGNO.\nI.\nEsco dall'acqua ; Cebète un tempo assisteva al mio bagno,\ned aiutava l'ancella a tergermi i lunghi capelli.\nPoi, così fresca e odorosa, con sé mi tenea sui ginocchi;\nbocca con bocca, cercava con agile ardire i tesori,\ne mi faceva vibrare per un delicato piacere :\nfin che Afrodite regina mi celava gli occhi nel bianco\ned io volea esser tutta del giovin più bello di Adone.\nOra son sola; l'ancella mi guarda ed ignara sorride.\nII.\nLyde, sorridi? Son bella, e godi tu pur nel mirarmi.\nAnche le donne mi ammirano, e brucia d'amor Filogina.\nChè non vad'io con lei a scorno del sozzo Cebète?\nSe non mi valse l'amore di un giovine, forse mi giov\nstar fra le candide braccia della giovinetta ricciuta?\nForse ella il farmaco tiene che possa donarmi l'oblio;\nforse è piacer delicato uscire dal bagno con lei,\ne, bocca con bocca, lasciarle quest'agile corpo in balia.\nIII.\nFolle io sono; Afrodite, non farmi impazzare così.\nQuesto che m'arde nel seno, e batte a le tempie, e mi sforza\nquasi a gridare, cos'è? Perchè più non cedo all'invito,\ncome una volta, dei giovani che mi coprian di gioielli?\nTienti le gemme, o Lisia ; chè Mèlitta ornai più non vuole\nlucro ritrar da la sua, ahimè, cosi vana bellezza.\nVuole più tosto recarsi di notte ai bordelli del porto,\nun rozzo giaciglio, godersi con gli ebbri nocchieri.\nIV.\nLyde, così: sulla nuca raccogli in un nodo i capelli,\ndammi a le braccia l'unguento venuto da lidi lontani.\nScegli dipoi tra le vesti la meglio gemmata, e i calzari\nch'hanno le fibbie incrostate di verdi smeraldi e di perle.\nPortami quel diadema che m'ebbi dal re dell'Epiro,\ne, per le mani, lo scrigno ricolmo di gemme e d'anelli.\nBella voglio essere oggi per l'amor mio che m'aspetta.\nLyde, non rider ! L'amante che aspetto si chiama la Morte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c032", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "19", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.27", "titre_corps": "LE FOGLIE.", "titre_sommaire": "LE FOGLIE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "LE FOGLIE.\nBimba sedevo sul fiume, allora più chiaro e più bello ;\ne i pioppi si sfogliavano.\nVolli afferrare una foglia che discendea roteando;\nma l'ebbe Tonda rapida.\nVidi la foglia appassita andar lungo l'acque, lontano\ncon il mio desiderio.\nTale discendo sul fiume vorace; e già presso è quel mare\ndove gli affanni dormono."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c033", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "19", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.28", "titre_corps": "MERIGGIO.", "titre_sommaire": "MERIGGIO.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "debut_caractere": 329, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "MERIGGIO.\nAh ! riposare su l'erba nel caldo meriggio, e sognare\nil giovine amato con me!\nEd allungare la bocca più ardente che mai, per baciarlo :\ndestarsi, e trovarlo con me !\nE, tra la veglia ed il sonno, gettargli al bel collo le braccia,\ne ridormire cosi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c034", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "19", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.29", "titre_corps": "I TESORI.", "titre_sommaire": "I TESORI.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "I TESORI.\nPoveri miei tesori, inutile fonte di gioia!\nRicordi, Cebète, la prima\nvolta che i cupidi sguardi spingesti ai vietati misteri ?\nAh, sia maledetto quel giorno !\nPur, se ripenso l'ardire ch'ebbe la tua bocca sanguigna,\nsi piegano vinti i ginocchi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c035", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "19", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.5.30", "titre_corps": "A PERSEFÒNE.", "titre_sommaire": "A PERSEFÒNE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "A PERSEFÒNE.\nVergine, quando in Enna Plutone rapace ti cinse,\ne dalla piccola mano cadevano i fior del narcisso,\ne le compagne intorno stridevano per la campagna,\ne Primavera ti apparve fiammante nel fuoco del dio\nvergine, quando ti accolse nell'Erebo fondo la notte,\ne sopra il talamo d'oro fosti sottomessa nel sangue:\nmaledicesti forse l'Amore, e chiamasti Afrodite\ningannatrice e perversa, piangendo il tuo fiore distrutto.\nVergine più non sei; e quando il marito ti afferra\npiù non bestemmi l'Amore, ma invochi gridando la morte:\nmorte sì dolce, che tu, benché non caduca, la chiedi.\nAnche alle dee sarebbe dolcezza morire così.\nSorte diversa a me tocca, o dea che m'avrai nel tuo regno\noggi, per questo veleno sì verde nel vaso d'argento.\nDiedi, volendo, il mio sangue a quello spergiuro Cebète :\nor che vorrei morire nell'ultimo amplesso, non posso.\nDunque conviene ch'io beva a spegner la furia del senso,\nche nelle viscere m'arde più assai che un vulcano di fiamma.\nDisdegnerai nel tuo regno l'etèra che in mille giacigli\nseppe fiaccare le reni a mille, ed or muore d'amore?\nAccoglierai la dolente in mezzo a la folta boscaglia\ndove gli amanti piangono la vita e l'avverso destino?\nMormora al piede degli olmi eterni la torba fiumana,\ne chi si specchia nell'acqua non vede che un'ombra di sangue.\nOh, pochi istanti, e poi berrò la bevanda fatale.\nQuando verranno gli amici ch'io stessa invitai al banchetto,\nmi troveranno bianca e zitta sul letto, e diranno :\n« Mèlitta, dormi? Suvvia è l'ora di accender le fiaccole ! »\nMèlitta tacerà; e forse l'ancella fidata,\nLyde, vorrà destarla, scotendola soavemente.\n« Dormi? Gli amici son pronti. Perché non rispondi? » Il\npieno di brividi allora premerà la folla festante, [silenzio\n« Forse sia morta? » dirà la piccola etèra Callisto\nche già tentò di morire, anch'essa per causa d'amore.\n« Morta?! » « Sù, Mèlitta, parla! » « E fredda; il suo\n[cuore non batte. »\nTutta la turba ululando, il mio nome, il mio nome urlerà.\nIo non udrò quelle strida; ma prona dinnanzi al tuo seggio\nti pregherò, Persefòne, perchè, quando muoia Cebète,\ntu non lo prenda furtiva nel talamo, il bel giovinetto !\nAnche nel regno dei morti io l'abbia compagno in eterno."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c036", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "20", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.6", "titre_corps": "ALEXANDRE MERCEREAU", "titre_sommaire": "ALEXANDRE MERCEREAU", "signature_source": "U. VALERI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "Disegno di U. 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Baignée par l'incan-\ntation des feuillages et le charme virginal de sentir en sa chair\nla caresse palpitante de la lumière, Elfride avait puisé.dans cette\neau claire la plus grande partie de sa vie — de la vie. — Un\njeu puéril ne l'avait-il pas amenée à connaitre l'ame enclose de\nce mystère ! Combien il est vrai que les harmonies se révèlent\naux cceurs naifs! L'initiation n'a souvent pas d'autres causes que\nla volonté du surnaturel dans les menues choses quotidienries.\nOue de fois, fuyant le chàteau sombre où les heures marmon-\nnaient de monotones sermons, elle était venue vers le miracle\ndes fleurs — des fleurs ses yeux les fleurissaient, sa troublante\nhaleine les embaumait !\nSa mère, tout au long des heures, tramait dans la solitude\nde la bibliothèque d'infimes songeries dont se diaprait une existence\ntoute intérieure, active et passionnée là pour ce qu' indifférente\net muette au-dehors.\nElfride, àmelette vierge de commerce éducateur, ne s'était\npoint détachée des liens originels du globe. Ils se répondaient\nFun l'autre en perpétuelle confidence, se livrant jusqu' à leurs\nintimes secrets. Ainsi fut-elle amenée à suivre le voi des mou*\nches d'or — autre miracle bien attirant — vers les roseaux\nfrissonnants des rives.\nUn lac, et minuscule soit-il, tout le ciel s'y baigne avec ses\nnuages bombant des voiles sur cette mer; avec ses oiseaux et\nses étoiles. Le jaser dévotieux des saules, le zinzibulement des\nfìots, enfin cette profondeur céleste de l'eau, l'avaient pénétrée\nd'angoisse mystique. Le lac lui fut une seconde sphère d'exis-\ntence. Elle y épela plus de rèveries — la seule vraie vie comme\nla véritable n'est que la charpente des songes — que dans tout\nle reste du chàteau maussade, avec le pare sévère et morne, et\nle rempart des coteaux sauvages les emprisonnant.\nEn lui il y avait plus que l'attraction de la nature, le\nracontar évocateur des ondes et l'infìnie merveille de l'éther. En\ncette insaisissable fluidité, il y avait le visage ésotérique d'Elfride,\nce visage fleuri d'ombre et de lumière. Par lui, elle apprit à lire\ndans son àme et à en comprendre les caractères sacrés.\nLa première fois qu'elle fit connaissance d'elle-mème, Elfride\nsentit qu' elle ne s'appartenait déjà plus. Des fiancailles s'étaient\nnouées; dorénavant elle serait la servante effacée de la mélan-\ncolique héroi'ne, entrevue soudain, avec la blessure mer-lointaine\nde ses yeux, le sang lunaire de sa chevelure, l'illusion-perdue\nde sa bouche, la pulpe estompée de sa chair. Pour la beauté de\ncette image serait à jamais son àme limpide et sonore, où se\nréfìéchissait un monde plus grandiose que dans les étangs, où\nchantaient plus d'harmonies que dans la voix des bourgeons nais-\nsants, où frissonnaient plus d'enchantements que dans le parfum\ndes étoiles.\nUne aube glauque d'hiver Elle tenait à la fenétre la dia-\nphanéité de son ètre que noyait la splendeur de ses cheveux\ntrop lourds. Ses yeux contemplaient la neige obstinée à couvrir\nd'un nimbe blanc le paysage décharné, triste hymen qui déflorait\nle ciel sans reflorer la terre !\nLe lac dormait depuis longtemps, engourdi par la carapace\nmaudite de la giace."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.24", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5373, "texte": "Sous des sanglots longuement retenus, les larmes d' Elfride\ns'écoulèrent abondantes et berceuses, et dans la tiédeur de la\nchambre un bien-étre endormeur pénétra son cceur douloureux.\nUne torpeur étrange suintait des murs et gagnait des victoires\naeriennes. La poussière des meubles prenait un parfum de caveau\nd'église, et l'atmosphère avait un gout léger de moisi. Le dessin\nfané des tentures sembla s'animer de couleurs vives, et du grand\nmiroir de la chambre morte, des chuchotements psychiques glis-\nsaient. Il n'y avait pas lieu de supposer qu'une chose humaine\nfaisait frouter là une caresse de soie; le pur tempie des dessous\nd'une femme a des cantiques non plus suaves, mais moins im-\nmatériels, et, cependant, une robe bruissait sur le parquet. Elfride\ninquiète, porta son regard à la giace profonde. L'onde en était\nplus lumineuse que celle du lac, et la vision d'Elfride s'y évoquait\nplus lucide et sereine. Ses yeux, sous l'ombrage délicat du front\nouvraient un inviolable tombeau de paix, où se recueillait une\nàme immobile.\nEt sous l'émotion de Pinattendue mystagogie, elle s'affaissa,\npale et radieuse: la transmigration inéluctable venait de s'opérer...\nElle ne quitta plus guère la grave demeure où sa mère diaprait\nde rèveries magiques la forèt vierge d'un destin que les heures\ntraversaient sans laisser leur trace.\nPour Elfride, fut troublée l'harmonie séculaire des pièces.\nLe chàteau recélait tant de miroirs que les murs de sa chambre\nne les purent bientòt plus accueillir. La tenture verte à ramages\nd'argent n'égaya plus la clarté du soleil par les midis; elle ne\nconnut plus la caresse de la lampe par la solitude des soirs, ni\nles jeux amoureux de la lune par les nuits calmes. Elle se peupla\ndes prunelles insondables des glaces. La chambre verte devint un\npalais magique dont les murailles ouvraient sur l'inconnu mille\nfenètres — mille fenétres, mille regards sur soi, réceptacle de\nl'infini.\nLes miroirs ont comme les hommes leurs raisons, cornine les\nfemmes leurs caprices, comme tous deux leurs méfiances et leurs\ninjustices.\nPour avoir en eux subi des chocs, Elfride sut que les choses,\ncomme les étres, ont leurs méchancetés et leurs manies. Il faut\nun temps pour que de l'union des essences éclose l'amour. Encore\nne nait-il parfois des rencontres que la haine irrémédiable. Malheur\nà qui possède une aura hostile à celle de l'invisible universel !\nEtre voué à l'aversion des mortels n'est rien? car on en connaìt\nfacilement les causes, mais ne pas savoir quoi vous frappe et\npour quelle fin ! Ne vit-on point dépérir de langueur une jeune\nfille à qui le sort ne permettait de contempler d'elle qu'un visage\nrepoussant et l'horreur d'une chair violacée, alors qu'elle possédait\nà la ver ite les plus jolis traits et la plus superbe carnation du\nmonde ! Et cet éphèbe mort d'apercevoir toujours dans son miroir,\nau travers de son corps translucide, un squelette ricanant, étrange\nappel de l'au-delà ! Et tei autre, à qui le simple voisinage d'une\ngiace donnait des frissons de terreur ! C'est l'ame mème des\nhommes que l'ame des miroirs va chercher au repli souvent trom-\npeur de la chair. Aussi, qui veut se détacher du visage apparent\nde quelqu'un, doit le regarder attentivement en cette onde claire.\nIl ne le reconnaitra pas.\n&\n%\nUn jour que les lys sanglotaient à là harpe, sous l'effeuille-\nment amoureux de ses doigts, Elfride entrevit dans le réseau d'or\ndes cordes un nain bizarre. Sa voix avait la douceur soyeuse des\nperles, et sa face l'étrange couleur d'aube de la rosee. Il ne\nportait rien avec lui et, cependant, à mesure qu'il parlait, ses\nmains s'emplissaient des objets qu'il énumérait.\n« Je possède là, dit-il en frappant sur sa poitrine, plus de\nchoses merveilleuses qu'en peut rèver un cceur de fille. Voici\ndes parures si diverses que la reine Ahhotpou n'en eùt pu sou-\nhaiter de plus parfaites. Les plus riches étofìfes de l'Orient, des\nbroderies de Babylone aux balteus byzantins, des sandales tyr-\nrhéniennes aux jibons japonais. Préfères-tu des parfums? Athénée\nm'en donna la recette. Sur les indications d'Héraphile j'ai pris la\nMarjolaine à Coos, mon nard vient de Tarse, l'iris de Cysique,\nl'cenanthe de Chypre, la rose de Phasélis, le safran de Rhodes,\nle mastic de Chios ; voici l'aurone, la stratè, la Noix de ben, le\nMétopion, la Cinnamcme et le Kyphi fait de seize substances.\nAntiphane t'enseigne - qu'il faut, pour tes pieds et tes mains le\nparfum d'Egypte, pour tes joues et tes seins celui de Phénicie,\npour tes bras de la Menthe crèpue, pour tes sourcils de la Mar-\njolaine et pour tes genoux et ton cou du Serpolet... Henrici Cor-\nnelli Agrippce ab Nettesheim, tu trouveras dans cette, oeuvre —\nje te la cederai par-dessus le march© — un chapitre sur la\npuissance des odeurs et la manière dont on peut, de leur chef,\nobtenir plus de pouvoir miraculeux qu'en eut Appolonius de\nTyane... L'Amétyste grave d'un ours; l'aigue-marine enchassée\nd'or et marquée d'une grenouille; la chalcédoine d'un homme à\ncheval; le corail d'un homme armé du glaive; l'emeraude, d'un\nétourneau; le grenat d'un lion; l'onyx noir d'un chameau; la\nsólénite d'une hirondelle ; la topaze d'un faucon ; l'hyacinthe,\nelle te donnera la sterilite ; la perle, elle sauvegardera ta chasteté.\nJe te dirai le secret des propriétés magiques des pierres, la sym-\nbolique des plantes, des nombres et des couleurs... Je te con-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.25", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5412, "texte": "seillerai des pantacles. Voici celui du soleil placé sous le\nnom divin d' Iévé, c'est celui de la gioire et de la royauté ;\ncelui de Venus, sous la protection de Monachici et de Véralian\ntu connaìtras l'amour... Prefères-tu des anneaux : le sérpent en-\nroulé, de Saturne; ou à tète de lion couronné, de Phébus ; l'aigle,\nde Jupiter; le phallus égyptien... selon ton mois de naissance la\nbague de plomb et de mercure; de cuivre rouge et d'étain; d'or\net de fer... avec sa topaze, au nom Toìiucko, il te rendra invisi-\nble; au nom Topinoch il te sauvera de tes ennemis; au nom\nAsmalior il te donnera l'amour de qui tu le convoites... la table\ndes demeures de la lune, des heures planétaires, des anges... la\nflèche d'Abaris et le secret d'Al-Borack; la come de la chèvre\nAmalthée; une main de gioire; la quadratrice de Dinostrate ; le\nsei de la suprème sagesse; enfin l'UNlQUE DIMENSION, celle\nqu' ignore la mathématique transcendante, elle est celle du pian\ntotal et rcvèle le sens de la vie. Mon ballot est plus grand que\nle monde, il détient la loi de l'équilibre, il est l'empire de l'ab-\nsolu: Fais-y ton choix ou prends-le tout... Et puisque tu ne\nveux rien je t'offrirai l'insondable mystère futile des miroirs.\nJ'ai recueilli ceux des Mages de la Perse et ceux marqués de\nsang humain des Magiciennes de Thessalie; le miroir fatidique\nDe Didius Julianus; les miroirs constellés de la Mirandole; ceux\nd'Archimède; celui de Tévéque de Vérone et celui de Colas di\nRienzi! Magnétiques, théurgiques, narcotiques; de jade polie,\nde pyrite, d'obsidienne, d'airain, de cuivre, d'acier, d'argent et\nd'or, je les ai tous, je les ai tous. J'ai le miroir de Messaline,\nou bien celui de Cléopàtre, je ne sais plus, mais prenez-le, je\nvous le donne.\nIl y a dans les miroirs l'àme de celles qui se mirèrent en eux\navec bonheur, Imprégnés des éléments sympathiques de Tètre\nqui, pour l'amour de son visage — la plus belle incarnation du\ncoeur — les che ri t, les choie, les caresse, les miroirs ne se bornent\npas à réfléter une image neutre et froide. Ils empruntent à l'es-\nsence de la vie un peu du fluide qu'elle prodigue à tout dans son\nrayonnement perpétuel, et riches des trésors ogygiques, ils font\ndon de leur eau merveilleuse à quiconque place entre les rives\nd'or de leur cadre, son existence. C'est ainsi qu'Elfride, initiée\nau langage occulte de leur pur gel d'azur, put engager avec\nla seconde elle-mème qui se baignait en eux, de longues con-\nversations muettes. Ce qu'elle en apprit, c'est toute l'histoire\nétrange et compiiquée — et si simple — de la femme, avec ses éton-\nnements, ses inquiétudes, ses terreurs, ses émotions, ses espoirs\net ses douleurs, ses illusions et ses peines, ses oppositions in-\ncompréhensibles, ses luttes ou ses acceptations, ses chutes et\nses triomphes, ses sourires et ses larmes et les faiblesses qui sont\nsa force. Mais si, éparses en eux, Elfride découvrait des par-\ncelles de ce qu'était son entité, en un seul — c'était en l'ances-\ntral miroir de la chambre des couches — par la communion\ntotale et divine, elle se présentait à elle-mème une et intégrale.\nEn lui seul elle se livrait toute frissonnante de rèves, nostalgique\net mystérieuse, avec sa passion surnaturelle des silences, son\nhyperconscience des correspondances célestes? sa connaissance de\nTindéniable union de la vie et de la survie et enfin son coeur,\npalpitant de la grande noblesse de l'amour, sans lequel le bonheur\nn'est qu'un mirage, et la vie un désert de giace.\nL'étrange bijou d'or; et décevant, celui qu'un marchand d'or-\nviétan donna quelque jour à Elfride. Cléopàtre ou Messaline\nl'avait-elle manié in mensibzis suisf Brutus de Dyrrachium donne\nun sur moyen de rendré au miroir ainsi souillé son éclat. Mais\nMessaline ou Cléopàtre ignorait sons doute le précepte. Etrange\net capricieux bijou, en effet, que celui-là. Il ne devenait terne qu'à\nl'approche perturbante des femmes. Une commotion violente avait\nblessé au coeur la jeune fille lorsqu'elle en approcha pour la première\nfois, et elle comprit qu' un ètre maudit habitait là, malfaisant à\nqui forcerait ses ondes à entrer en intimité avec les siennes.\nPourtant la fillette se sentait poussée vers lui par une force\ninéluctable. Elle s'épuisa vainement à la conquète du fluide eri\nnemi, et s'eri trouva le front las et l'oeii assombri du cerne.\nLes jours glissaient, le miroir restait hostile; dans son eau\nentenébrée comme la prunelle d'une morte, un destili était inscrit.\nEt dans le vieux miroir de la chambre des couches une inquié-\ntude habitait qui gagna l'ame et le corps d'Elfride. Une honte\nénorme était en son coeur, et Elle avait peur de sa chair.\nLa lune argentait les roseaux frisselant sur la berge du lac,\nDans la chambre tiède des miroirs une longue forme bianche\nglissait du bijou d'or. Elfride, apàlie de frayeur, éleva des poings\nsur son lit, la diaphanéité, de son ètre. Un cri d'angoisse restait\nfigé à ses lèvres, et le tombeau de ses yeiix dévorait la ténèbre\nlunaire. Quelque chose d'inaccoutumé lui brùlait les entrailles.\nElle sentit en sa poitrine une légère déchirure, et la splendeur\nde sa chevelure sembla bien lourde à ses épaules.\nAu matin, le miroir d'or brillait de toute la clarté du soleil,\nle vieux miroir de la chambre des couches était brisé. Une perle\nde sang avait roulé sur la cuisse blonde de la jeune fille, morte\npour que quelqu'ceuvre de malédiction fut accomplie.\n\nAlexandre Mercereau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c038", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "24", "page_fin": "27", "image_debut": 26, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.8", "titre_corps": "La main de gloire", "titre_sommaire": "La main de gloire", "signature_source": "Alexandre Mercereau", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.26", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 4426, "texte": "La main de gloire\n\nÀ ANDRÉ ROUVEYRE.\nDans le désarroi de cette heure sinistrement avancée, le cadran\nlunaire ne marquait plus rien. La nuit borgne était bien celle\nattendile pour abandonner ce repaire de hibou où me retient tout\nle jour l'appréhension de rencontrer sur mon chemin la face ca-\nmuse de l'Homme-aux-dents-de-loup. Mais, tout de mème, cette\nnuit était intolérable. Je sentais sa haine de ne pouvoir m'at-\ntirer dans le giron étroit du néant, au contact des tentacules\ninvisibles dont passait sur ma peau 1' ardent troupeau. Peut-ètre\nallais-je troubler quelque manifestation sordide du sol, cet endroit\noù l'ori enterre ! Possible! Je ne me gène pas pour si peu. N'ayant\nrien. à déméler avec ce qui omit de me consulter avant de me\npiacer ici-bas, je ne me détourne jamais de ma route, si ce n'est\npour fuir la face camuse de l'Homme, venu de l'enfer.\nL5 abìme du boulevard était scrupuleusement moulé par les\nhautes murailles des maisons agrandies de silence. Il eut été diffi-\ncile de saisir, sur le masque informe de leur ombre, la lueur d'une\nvi tre. La ville avait ètranglé ses fils, tant pour les soustraire à la\ntraitrise de la tenèbre que parce qu'elle ne saurait admettre qu'en\nson sein quelque chose veillàt durant son sommeil. Les devan-\ntures des boutiques avaient soigneusement ramené sur elles le\nmanteau identique des volets de fer, et, a la parfaite quiétude\ndes becs de gaz sans feu, on comprenait que pas un intrus ne\npasserait par là jusqu'au petit jour. Pourtant, une diligence attardée\ncahotait à toute volée surs le pavés disjoints. Les gros yeux de\nses lanternes bavaient sur sa face mafflue une atroce lumière de\nsoufre. Les haridelles fumantes, époumonnées et boìteuses par sur.\ncroit qui la trainaient, ressemblaient à de monstrueux jouets de\ncarton bouilli. Aucun cocher ne les conduisait. Sans doute, ivre\net stupide, était-il tombe quelque part sous le disgracieux véhicule\nqui Tavait enfin écrasé. Ou bien, il avait roulé sous la table de\nl'auberge où l'avait oublié le bonhomme, soucieux de clore, à cette\nheure sinistrement avancée, sa bicoque. Ah! je connaissais cet\nétrange cortège, c'était le dernier de la saison. Ses haques e ra-\npa il! ées savaient où se remiserait la guimbarde. Leur infernal ballet\ndisparut au tournant de la nuit, et lorsque je n'entendis plus le\ntintamarre de ferraille et de verre, et le grincement criard des\nessieux, je jetai, de ma tabatière, un ultième coup d'ceil oblique\nsur l'horizon.\nEn quelques bonds, ayant franchi les étages, j'atteignis ie\nseuil où se livrait l'espace à mon pied conquérant.\nJe commen9ai ma rapide et monotone promenade, aspirant\nà grand flot la farouche sérénité nocturne. Mon pas possédait\nla prudence de la sève. Il importait de ne point troubler l'inertie\nambiante. Mon esprit absorbé par les non-problèmes ne pouvant\nsouffrir les manifestations je ferme mon front à l'uni-\nvers, mais je dois le respect à ce qui dort un ceil ouvert pour\nguetter l'instant de la bonne vengeance.\nPourtant, comme le cheval dans la forèt, — il la traverse au\ngalop; elle dresse les piliers hallucinants de ses arbres, agite les\nformes fantastiques de ses buissons, éploie le mystère de sa con-\nspiration plaintive, et cependant, il court sans frayeur, faisant\njaillir du silex des étincelles, lorsque, soudain, son naseau frémit;\nil a senti dans rherbe l'odeur du cadavre : le fermier assassinò cet\nhiver, la vieille crevée derrière le fagot maraudé, et la bète se\ncabre, hennissante, en dépit du cavalier effaré de T épouvantable\nchose qu' il ne devine pas — je fus pris tout-à-coup de la frénétique\nhorreur de la solitude. L'angoisse nouvelle faisaìt le vide en mon\ncceur et 1' heure borgne pesa plus lourdement à mon épaule,\nopérant à mon cerveau comme, au fardeau, le mouvement bascu-\nlatoire du levier.\nL/effroi dans 1' àme, je m' enfuis vers la demeure du seul\nhomme qu'épargnàt une incurable misanthropie (?)\nLe rayon visuel des Yeux-Courts, peuple stupide, est si pauvre\nqu'il ne leur permet pas de voir plus haut qu'où portent les pieds.\nJe puis donc sans crainte ouvrir sur mon ami cette lucarne: ils\nn' y atteindront jamais. Je serais navré si ces quelques lignes\ndétruisaient de paisibles légendes à bailler à des chacals. Que\n1' ombre continue à s'épaissir autour de lui, et qu' ainsi sa de-\nmeure reste entourée du réseau maudit de la crainte, beaucoup\nplus propre à la protéger de Tinvasion que ne le serait celui de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5705, "texte": "la vénération. Il importe avant tout d'échapper à la curiosité\ndirecte de ses semblables, toujours préoccupés des affaires d'autrui\nalors qu' ils sont inaptes à diriger les leurs.\nComme premier point, mon ami avait tenu a n'avoir besoin\nde personne et à ètre lui-méme parfaitement inutile. Si le jeu\ndu passé ne Teùt pas fait possesseur de son domaine, il n'eut\nsollicité personne de contribuer à l'érection de son existence —\neùt-il payé au centuple le service prèté.\nJe ne veux pas démontrer ici que là est la souveraine beauté\net la seule sagesse, mais, je puis le faire remarquer, du pas où\nva l'humanité il faudra bien encore cent mille ans avant de pou-\nvoir, sans aucune arrière-pensée, considérer son prochain. Par\nrégalité du sens moral s' établiront des rapport loyaux, des\néchanges purs, dignes d'un esprit vraiment noble et élevé. En at-\ntendant l'àge d'or, plutòt que de se soumettre à la loi de l'Hypo-\ncrisie perpétuelle, mieux vaut se retirer loin de la demeure des\nfrères répudiés. Dans une contrée où Ton ne se bat avec rien,\nau fond d' une caverne ou d' un bois qu' on n' aurait jamais dù\nquitter avant de s'ètre débarrassé du fauve, un lit de feuilles et\nd'herbes sèches suffit au repos des membres, l'eau des sources,\nles racines et les fruits sauvages maintiennent Y équilibre vital.\nAinsi, communiant avec la seule nature, possédant la haute vertu\nde la pensée désintéressóe, peut-on faire son devoir dans la vie,\nc'est-à-dire attendre la mort. Détenteur de moyens hyperchimiques,\nmon ami s'était mis a Tabri des exigences animales; il n'avait\npas eu à s'enfuir vers le désert de la solitude, esclavage pour\névi ter l'esclavage.\nDans les combles de sa maison, il avait aménagé un bien-\nheureux domaine. Un belvédère sphérique le surmontait, possédant\nle pouvoir de ne suivre la terre que dans son mouvement périphé-\nrique autour du soleil parce qu'il était lié à elle, et de garder tou-\njours une direction immuable quelle que soit la position du globe,\nparcequ'il n'en subissai t plus la puissance attractive. Mon ami pos-\nsédait ainsi un logis absolument autonome, qu'il pourrait, quand\ntelle serait sa volonté, lancer dans l'espace où il s'arrèterait pour\nne plus obéir à aucune espèce de loi. En attendant il pouvait, selon\nles heures de la journée, se donner le spectacle d'avoir la terre\nsoit parallèle à son corps devant, derrière ou sur les cótós, ou\nbien formant des angles variés au-dessus de sa tète lorsqu' il\navait les pieds tournés vers la nue ou sous lui dans la position\nprimitive.\nA part une forte table, un fauteuil de cuir, un fourneau et des\ntablettes, il n'avait pas de meubles — on ne pouvait compter comme\ntels un peuple de bocaux où dormaient les fcetus de toutes les\nespèces de bètes de la glèbe, et ces ustensiles: matras, cornues,\nalambics, receleurs d'arcanes : première matière, poudre de projeo\ntion, teinture des philosophes, or potable, eau de soleil et cet\nélixir de vie dont sortirent des androi'des et des homunculus. Non\npoint qu' il attachàt une importance quelconque à l'alchimie dont\nla faillite est depuis longtemps declaree, mais il avait fallu des\njouets à son adolescence, et s' il avait jadis excursionné dans les\ndomaines théurgique, goétique, spagyrique et usé de tout, depuis\nla yoga par la quelle ori acquiert et apprend à cultiver le germe\nde toute force, jusqu'aux clefs-schémas de la connaissance univer-\nselle, jusqu'à la pierre ophtalmus qui rend invisible; depuis la\nbaguette à polariser les fluides, jusqu' à 1' épée à dissoudre les\ncoagulats électriques et les agglomérats de puissance astrale, c'est\nuniquement parce que le premier devoir est de se rendre libre. Il\nne se souciait nullement de co-régner dans un des quatre plans,\npuisqu' il était sur de ne pas se voir conférer la puissance demo-\ndifier la loi génitrice et une nouvelle face au monde,\nseule puissance digne de considération. Elémentals, larves, éggré-\ngores, anges, démons ou dieux ne feront rien pour nous, leurs\nfins n'étant pas les nòtres. Une entit© est à jamais créée pour\nune sphère où toutes sont égales en sort, et n'en sortirà plus. C'est\nl'envoutement de la limite. Il n'y a rien àftire à rien. Laissons\naux thaumaturges, mages, mystiques leur orgueil ou leur spécula-\ntion et tenons-nous dans la réserve absolue. Je ne développerai\npas mabitenant 1' idée passive-négative dont mon ami était le\nprincipe incarné. Je dirai seulement que, à coté, et non point en\ndehors de la vie — qu'il ne pouvait arrèter parce qu'elle ne lui\nappartenait pas — il n'aspirait à rien, sinon à se dominer. L'em-\npire de soi-mème est le seul sur lequel chacun doit gouverner.\nMaìtre-esclave de lui seul, e' est-à-dire dieu, il pourra de son\nreflet embellir l'univers dont il héritera li raison de se dire la\nconscience. Ainsi avait-il réduit à sa fonction-reine — celle qui\npense — toutes les autres fonctions, ses vassales. C'était enfili\nTexemple du manuate ayant triomphé du quadrupède son éternel\ntriomphateur, et de l'esprit ayant terrassé sa servante-aveugle, la\nchair, sa perpétuelle directrice.\nParvenu à subtiliser sa matière, il 1' avait amenée à 1' état\nsimple de vibration essentielle. Il n' avait besoin pour la nourrir,\nni des vaisseaux sanguins, ni des poumons trop exigeants. Les\nondes d' une atmosphère filtrée baignaient les organes intéressés\net les rajeunissaient. Il était d'ailleurs sur la voie d'une découverte\nlui permettant de se passer bientòt mème de ce service étranger.\nAinsi avait*-il franchi en quelques enjambées les étapes des contin-\ngences riches en vicissitudes, et s'était-il placé de plein-pied dans\nla connaissance de l'absolu, domaine du progrès, — le progrès ce\nque ne connait pas encore Tètre de notre basse sphère et qui, pour"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.28", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5512, "texte": "avoir vaincu la matière brute qui ne lui appartient pas, crie au\nmiracle quand il n'a pu en plusieurs millénaires modifier volon-\ntairement un seul de ses organes, changer d' un millimètre la\ncourbe de sa course, dompter ses instincts les plus viles, reculer\nsa mort. Il a emprisonné et canalisé des forces, il n'en a su créér\net ne peut pas encore vivre dans 1' eau, résister à la faim, tra-\nverser le feu, parcourir le globe ou l'air avec la rapidité qu' il\nemprunte à la vapeur, choir sur une planète, pénétrer le futur.\nComme tous les rois il n' est que le premier domestique de\nses sujets, et le voilà de plus en plus esclave de la matière plus\ntyrannique à mesure qu' elle semble plier davantage les reins.\nIl est perdu dans la forèt inextricable de ses pseudo-invertions\net ne pourra plus sen dépétrer. J' aurais trop beau à dé-\nmontrer comment en employant son genie à multiplier ses pos-\nsibilités de plaisirs il a considérablement diminué ses possibilités\nde bonheur et augmenté ses certitudes de soufìfrance. Il a mala-\ndroitement fait dévier la ligne de sa vie, déplacé son centre de\n*c va, en efjfet, de Pavant, mais sur de fausses routes qui\nTéloignent de plus en plus du bon chemin.\nJe n'insisterai pas. Il est déjà trop à plaindre. Si Funivers\nest grandiloquemment ridicule de n' avoir pu accoucher que de\nce protée-clown pour le doter de conscience, il est en outre bien\ncriminel. On ne peut guére se divertir au spectacle des entreprises\nvaines de ses enfants, car il faudrait accepter de gaìté de coeur\nle pire spectacle de ses tares physiques et morales. A la vue de\ncette merveille vaniteuse mais pas si aveugle qu'elle en a Pappa-\nrence, mon ami degouté jusqu'à l'écceurement, plus qu'apitoyé, avait\ndès le début acquis pour tout ce qui respire un mépris à donner\nle vertige. Pourtant il supportait auprès de lui un crapaud sans\nyeux au chant macaque, sous prétexte qu' il avait vécu cent ans\ndans une pierre et était doué d' une surprenante philosophie, et\nune mandragore en forme de membre viril, qu'il ne voulait pas\narracher par crainte de la faire hurler.\nCe soir-là mon ami me soumit quelques nouvelles idées sur\nles destinées cosmiques.\nPlacé dans une condition exceptionnelle par sa rayonnante\nprésence, j'avais un sens de l'occulte assez développé. Je perce-\nvais facilement les correspondances secrètes et peu de choses de\nl'autre domaine me restaient cachées. Je pus donc suffisamment\nfaire face à ses lumineux propos, mais sur ce que j'appris, je\ndois me taire. Il n'est pas encore Theure de parler à une huma-\nnité si pleinement puérile et gonflée de sottise que ce serait la\nconduire à la pire catastrophe que de lui révéler fut-ce une parcelle\nde sa Loi. Un temps viendra où le savoir, dérobé subrepticement\npar quelques-uns, leur sera abandonné de bonne gràce, à charge\npour eux d'en agir selon le meilleur intérèt de la terre. Silence\ndonc autour du monde comme au-dedans !\nJe dois avouer que, à l'issue de cette transcendante initiation,\nje me sentis pris de la peur énorme du savoir universel et,\navec cette làcheté de la bète, je tremblais à la pensée qu'il me\nfaudrait traverser, avec mon seni titre cThomme, un quart de lieue\nencombré du chaos infernal de l'ombre. Je fis part de mon appré-\nhension au vieillard qui, du doigt m'indiqua, tenant à la muraille\nen vertu de je ne sais quel principe, une main de gioire munie\nde sa bougie de graisse de phoque et de sésame Lapon.\nvers ce chandelier macabre. Il se détacha de lui-mème et, comme\nsi tout un corps invisible fut derrière, il glissa devant moi et\ns'arrèta à la hauteur de mes yeux. Sa mèche s'alluma à la porte\net l'escalier s'illumina, à la fureur des araignées et des cloportes\nmettant des taches mobiles sur le nitre des murs.\nCe fut en bas que commenda la terreur. Le boulevard informe\nressemblait à une enorme tarasque contorsionnée. Les maisons\ns'effondraient sous le poids du songe des hommes. Le ciel était nu\net vide d'étoiles, la tenèbre terreuse collait au gosier et, pour le\nsol, nous n'en parlerons pas, tout le monde le connait.\nLes sens hyperesthésiés, j'avais déjà perdu l'impénétrabilité et\ncommen9ais à percevoir l'infra-matière. Les ondes éthérées arri-\nvaient directement aux miennes comme la mer tempétueuse au\nrocher qui l'arréte. Je communiais avec les entités, aussi saisis-\nsais-je le fil d'existence de tous les étres des maisons et les\nmoindres menées de la planète. Pourtant une chose me restait\népouvantablement obscure malgré la tensión de mon esprit. Quelle\npuissance guidait au travers de la nuit bàtarde cette main des-\nséchée de pendu, et quelle but poursuivait-elle ? Cette ignorance\nne manqua pas de me remplir de malaise. Un fait nouveau ne\ncontribua pas peu à augmenter ma souffrance.\nAu croisement d'une rue, je fus subitement arrèté dans ma\nmarche par un tourbillon insensé, fait de toute la clameur millé-\nnaire de cent mille morts, que laisse échapper chaque seconde la\ndouleur des hommes. Or, nul ne paraissait entendre cet incroyable\ndéchainement de manture. Aucun signe ne venait du ciel et les\nvolets restaient clos sur les lugubres murs des maisons. Etait-ce\ndonc une manifestation qui me visait seul, que devais-je en pro-\nphétiser ? Ma vision était à ce point imparfaite que je me sentais\naussi isolé dans la vaste forét de Tincompréhensible que n'importe\nquel profane. C'est-à-dire que, après une longue période de macé-\nration cosmiqne, d'ascétisme religieux, de méditation bouddhique,\nloin d'avoir gravi les échelons de la sagesse jusqu'à la sphère de"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.29", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "l'ètre-absolu, j'étais encore à barbotter dans la vase des bas-fonds\nimpersonnels. Que faire ? Que faire ? Un désespoir aigu me jetait\ndes sanglots dans le cceur. Après avoir traverse les étapes les\nplus périlleuses, abandonnerais-je le voyage et rebrousserais-je le\nchemin ? Je ne pouvais plus avancer. Il me restait à aller vers\nles portes, de l'eau plein les yeux, des pierres dans l'àme et crier\naux frères ennemis: « ouvrez à celui qui a voulu màter la tempète et\nqui crut faire l'assaut de la montagne quand il roulait à l'abime ! »\nIl eut sans doute été plus digne de se briser le front aux arbres\nde Tavenue, mais où voyais-je ce droit d'agir ? Bien au contraire,\nun ordre m'était intimé de poursuivre ma route. Fascinò par la\nclarté inaudite, j'appartenais à la volonté qui guidait cette main.\nElle m'eut conduit à reculons jusqu'à la première étincelle del'Ètre,\nque j'eusse traversò sans hésiter tous les états effrayants du passé.\n&\nLorsque bea devant mes yeux le gouffre de ma porte, j'étais\ncomme une ame vètue d'airain. Mon pied supportait le poids de\ntoute la terre, et mes membres engourdis refusaient de remuer.\nChez moi, je laissai choir mon corps énorme sur la planche où\nje repose chaque jour et ne sentis plus rien vivre.\nLorsque je m'éveillai, le lendemain soir, la main.de gioire\nétait agrippée, lumineuse chauve-souris, au-dessus de ma téte,\nSes doigts étaient recouverts du suaire épais de la chandelle\nfondue ; quelque chose du moi mort, le plus mauvais, achevait de\ns'y consumer. Un grand soleil jaillissait de mon cceur et je sentis\nque la plus terrible étape était franchie.\n\nAlexandre Mercereau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c039", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "27", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.9", "titre_corps": "SOUS PRESSE :", "titre_sommaire": "SOUS PRESSE :", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.29", "debut_caractere": 1636, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "SO US PRESSE :\nMA FA RIC A LE FUTURISTE\nRoman africani par F. 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Così\nla fronte splende? Così le labbra ridono? L'anima sogghigna e\nsplende, per certo nel marmo imprigionatasi da un vivo corpo\numano.\nTrasalii. — Mi guardò, tacque.\n— Oh no, Lelio! A un lato ha l'uomo primitivo che sta\npauroso contro allo spettacolo dell'Universo, all'altro gli ultimi\nuomini — nani che, disperati rincorrendo il sole, muoiono —\nha la sfinge, ch'è la stessa Natura: li guarda, sorride.\n— Più ampia e più indifferente sorride la Natura ; che le\nimporta degli uomini ? Quel sorriso è troppo umano, è d'un sol\nuomo: tanto è individuale. Io irrigidisco se lo contemplo, però\nche ogni giorno parmi più freddo e più fermo: deve assimilarsi\nal marmo, e non vuole.\nCome io smetteva di modellare, egli si mosse (oh, quel passo\nlieve, quasi di ombra !) tolse da un vaso un gran fascio di\nfiori — viole, orchidee, rose rosse sanguigne — li aspirò dispe-\nratamente, li pose ai piedi della sfinge. E, rivolendosi a questa,\nnella sua splendida e magnifica nudità, disse:\n— Un'anima — ristette, — e, — indicandosi, — un corpo.\nAh l'anima, quell'anima ! L'anima mia! Io era rimasto senz'anima.\nE il fiore sospirava al vento, e il vento al fiore : ha rapito\nla odorosa anima il vento, e la trasporta lontano : — la mette\npei mari, ove la beve il corallo, o la depone sui fianchi d'un'aspra\nroccia, — e il fiore avvizzisce languido, reclina; sospirano, così,\ngli uni verso gli altri, per gli spazi i mondi — levasi a volo, su\nampie ali, l'anima d'un lontano mondo, in un altro s' accoglie,\n10 muove simpatica, — e il mondo lontano muore; diffusa nei\nmarmo la mia anima, io «per certo vo rispondendo a qualche\nmondo morto, che in un remoto lembo dell'universo, s'isoli : non\ncieli, ma arido e freddo suolo, freddo, onde uno scialbore fioco\ntrasuda — alberi, qua e là, dai rami lunghi e nudi, giganti sche-\nletri a invocare qualche divinità ignota — e mugghio di venti\ngelidi — soffi di atomi spenti — e ombre a trasvolare ; e, se i\nmondi d'attorno accolgano le possenti voci che convengono da\ntutte le parti del globo e rispondano armoniosi, più ampio è il\nmugghio di venti ripercosso dagli echi, e s'aggravano l'ombre.\nA codesto mondo, per misteriosa affinità, attraverso gli spazi mi\nriallaccio e parmi talora eh' io mi diffonda per esso — io, che\nson morto.\nO, forse, altri universi, onde l'attuale s'è svolto, rimane a\ntestimoniare qualche pianeta senza vita e senza moto : i circon-\nvolgenti mondi ne rapiscono molecole, e se n'esprimono uomini,\neh' errano solitari ed esuli, assordi se abbian sentori — quando\n11 cuore è stanco, a sera, e piange ogni pensiero — sentori di\nlontani pianeti che rotino rotino rotino, eterna monotonia spaziaria?\nOra, Lelio non mi ama più.\nSedevamo, una notte, l'uno di faccia all'altra, io e Lelio, che\nappoggiava la testa — avendo la bionda chioma ravvolta — alla"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.32", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 4895, "texte": "spalliera. Io 1 o guardavo; d'un ti atto il dubbio che mi straziava\ne mi lacerava proruppe in angosciosa domanda:\n•— Lelio, tu la ami, tu l'ami?\nLelio si drizzò d'un pallore divino; le trecce ricaddero. Andò\ndinan zi alla statua, si spogliò (oh, il suo bel corpo più bianco\ndel marmo!), salì sul basamento, coprì la statua di fiori, le baciò\nil viso, le mammelle, il ventre, e strisciava e spasimava sui corpo\ndi lei.\nAnch'io salgo sul basamento, cuopro la statua di fiori, le\nbacio il viso, le mammelle, il ventre, e striscio e spasimo sul\ncorpo di lei. Tutto, il mio corpo torcesi, e rido, malvagio e folle.\nLelio non mi ama più, chè ama la mia anima cui la statua\nimprigiona, e la mia statua vive vive, e le aure la carezzano, e\nla irraggia il sole ; io sono morto, io non sono che un povero\ncorpo.\n4 maggio.\nEcco il mio sogno :\nI. — E i venti urlavano, — e i giorni vanivano nelle notti,\n— e le notti s'addensavano, — e invano io andava chiedendo ai\nsoli e alle stelle che splendessero anche per me ; e altri giorni\nvanivano, e altre notti s'addensavano, ed erano mute e calme, e\ns'affoltavano le tenebre : e sopra la dormente terra e sotto le nubi\nlievi un canto lento e quasi luminoso s'effuse, inondò gli spazi,\nera sospiri, tremiti, ritmi stanchi come di leggende lontane, sogni\ndi altre vite, parole di dolorose anime trascorrenti : cantavano\nforse, adunati dalle regioni che li hanno solitari abitatori, invi-\nsibili spiriti ?\nE le tenebre a diradarsi, e il canto a risonare ; largo come\nun' ondata m'avvolse ; per dove m'avviavano invisibili spiriti ?\nE mi ritrovo in un' isola, cui percuotono lividi mari, e op-\nprimono cieli gravi — e un'atmosfera pesante mi circonda, e\ncredo ch'ella emani dal mio corpo — e l'isola è ampia, e sfuma\nin una trista penombra, ed è ampia — e non so dove cominci\nio, dove ella, a morire — e questo regno di morte è il mio regno\n— questo regno di morte.\nIL — La palude, che si veniva slargando al mio sguardo,\nera ben singolare, e smisurata, e il vento, che vi soffiava basso,\nafoso e calmo sembrava mormorare fosche istorie, e i cipressi, a\nudirle, piegavano e confondevano le cime producendo lunghe,\nstrane ombre, e correvano in molte file sino a un terreno molle\ne rossiccio in mezzo al quale uno scoglio s'ergeva, e la palude\nera seminata di ossa e la batteva la pioggia fredda, incessante, e\nla folgore colpiva i cipressi e si sprofondava nel suolo, e qualche\nlampo guizzava e, al chiarore dei lampi lo scoglio rideva, la pa-\nlude ghignava seminata di ossa; e il ghigno era tale, così dispe-\nratamente ironico ch'io fantasticai che la palude fosse una palude\ndi morti e che venissero ad adagiarvisi scheletri umani — e li\nvedevo al limite estremo pesanti, con grandi ossa, avanzare e\nriguardare e cadere, e sentivo il suono secco che davano le ossa\ncadendo, — e li componevo nella palude — e imaginavo che la\nmelma della palude era gli atomi di milioni di scheletri, un enorme\ncorpo imputridito, e che il ghigno era ghigno di morti e, così\nfantasticando m'addentravo, e mi batteva la pioggia, e lo scoglio\nrideva — e un tuono echeggiò, forte e lugubre.\nPer quale misteriosa rispondenza, al suo echeggiare — il\ntuono era certo un semplice fenomeno fisico, non era, no, il ri-\nchiamo gigante di spiriti lontani, il tuono — per quale rispon-\ndenza si levarono, da ogni parte della palude, al suo echeggiare,\ni morti ?\nE andavano verso lo scoglio, e ne riconoscevo !\nV'era il re, tutto maestà e serenità, alla cui morte si affer-\nmava arresterebbe il corso il sole — ed è morto, ed è spettro,\ne non ha stuolo di cortigiani : solo il buffone, dal collo breve e\ndalla bocca larga sino alle orecchie, lo segue, cinico e arguto ;\nv' era 1' uomo-fanciullo che visse, seduto sulla sponda di un ru=\nscello e guardava scorrere le acque e sognava ; e sacerdoti e\nguerrieri ; e andavano ; morti verso lo scoglio, — che rideva al\nguizzo di lampi.\nE suir immensa palude, seminata di ossa, si adunarono i\nnembi, e si scatenarono le furie dei venti, — e gli alti cipressi\na ondeggiare cupi, e i venti a dirompere la pioggia, e la palude\nha brividi, e gli spettri riguardavano di sullo scoglio lividi : ma,\nse pel contrasto degli elementi s' ergono monti, si scoscendono\nabissi, lo scoglio irride, fendesi, li assorbe ; solo, imprigionatovi\nsino ai fianchi, il buffone canta, e la palude lo ascolta, calma ; e\nio fantasticavo che la melma della palude era gli atomi di milioni\ndi scheletri, un enorme corpo imputridito, e il suo ghigno —\nghigno di morti, — di morti.\nIII. — Onde ripeto, o Lelio, questa facoltà, di divenire ?\nPerchè io divengo talvolta l'ala d'un sogno che mi sfiori,\nun' imagine eh' io proponga alla mia mente, un pensiero che mi\ndomini, — e, s' io mi raffiguri te, le mie membra diventano le\nstesse tue membra ?\nIn un'esistenza anteriore, erano forse unite e da uno stesso\natomo sorsero i nostri corpi a rispondere ai mondile ora l'uno"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.33", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5352, "texte": "tende all'altro, come tornano al suolo, onde si levarono, le nubi,\nal mare le acque? O non piuttosto ebbero un'unica forma il tuo\ncorpo e la mia anima che ora invochi attraverso il mio marmo,\nche prima amavi attraverso il mio corpo ? E diviso dall' anima\ngemi, io gemo diviso da te : forse, anche per il desiderio di ri-\nfondersi tutte in una unità prima e semplice, vanno lacrimando\nper i cieli le stelle ?\nE, se l'anima non tornerà più a me dal marmo ove s'è im-\nprigionata, Lelio, Lelio non tornerà ?\nIV. — Quando, la notte, il mio corpo domanda, e non ha,\nriposo, vengono, confuse, indecise, fantasie, ricordi.\nA me bimbo parlavano d'una brutta regione abitata da un\nMago che la trasformava secondo il suo volere ; ecco vi fa la\nluce: dame e cavalieri vanno e sospirano, adolescenti e vergini\ndanzano ignudi, selve s'illuminano fantasticamente e torrenti di\nluce dappertutto, luce, luce, luce ; ecco vi fa le tenebre : un\namante interroga quale fra le stelle sia la donna amata, e la ri-\ntrova, — una vergine, in sogno, sente e vede un bimbo popparle\nai seni ; gT incantesimi vaniscono, si dileguano. Penso, confusa-\nmente, che così vaniscono gì' incantesimi del mio cuore, il mio\ncuore resta solo, non piange, non ride : è un muscolo rossiccio\nche batte, batte, batte, io ne odo il battito, si la più lieve, più\nlieve, non lo odo più.\nUna solitudine immensa; sento il vuoto d'attorno, sento che\nil mio corpo discende, a poco a poco, cade, imo strato d'aria si\nriunisce sul mio corpo, ho il senso d'un cadere indefinito ; poi,\nun fermarsi, un guardarsi d'attorno e un vedere annebbiato, un\nacutizzarsi dei sensi e tendersi, e un non so che angoscioso che\nti opprime, sempre più ti opprime, ti schiaccia — e un' ombra\nti si stende attorno, un'ombra nebbiosa; un ravvivarsi improvviso\ndi tutti i sensi: il mormorio d'un albero che dondolala chioma,\nla chioma è spessa, mista attorno, mi soffoca, — una pietra cade,\nun' rilassarsi tutto, una facoltà subcosciente e delirante di rapporti:\nuna pietra cade e si frantuma, tutte le cose sono congiunte, tutte\nle cose cadono e si frantumano, il mio corpo ecco ne segue la\nsorte, un sentire gli atomi del proprio corpo attratti come da\nforze ignote, disgregarsi, tutte le cose son per vanire, una stella\ncade, si arrossa, si amplia, un urlo ; un innervarsi del corpo per\nascoltare, un ristare dei sensi ; poi, il tornare del ricordo d'un\natto che si dovrà compiere, che ti pesa, un aprir d'occhi, un\nproiettarsi lontano degli oggetti circostanti imbianchiti, un guardar\nfisso, una volontà di non soffrire, di non sentire, un desiderio\nimmenso di pace; pace; un ripiegarsi su di sè, un iscrutarsi,\nl'angoscia, la paura della pace, di nuovo, un ristare dei sensi;\nun ricader supino, una solitudine che non spaventa, un allonta-\nnarsi delle cose, la eco indistinta di un singulto, un sorriso ; le\npalpebre si fanno dolci, lievi, trasparenti, — il corpo più lieve,\npiù lieve : assopirsi.\nE poi il risveglio, — il doloroso risveglio —» e l'angoscia\nancora, ancora, ancora.\nV. — Era legato a un tronco, sur un terreno sterile e sab-\nbioso il povero pazzo, dagli occhi d'una luminosità chiara e\nliquida, e parlava convulso, a tratti.\n— Io sono il povero Arnaldo, e colgo fiori ; io colgo fiori,\nio mi chiamo Arnaldo.\nNon ancora gli ultimi alianti spiriti avevano eletto a sè la\nforma, quando la luna cominciò il suo corso per i pallidi cieli,\ne il mare l'eterno sciacquio della onda, e rumoreggiarono le terre\nassodandosi, e si contrapposero i venti, e fra dirupate montagne\ne fosche, Abele giacque insanguinato, e la luna cominciò il penoso\ncorso per i pallidi di cieli; i mondi mossero con lungo gemito:\nio ne odo il pianto, io spargo fiori.\nIo vado per il bosco, e il bosco bisbiglia dolore, io vado\nsulle erbe, e le erbe piangono dolore: io odo, respiro dolore; vo>\nmutarmi in acqua per iscemare dolore ai mari ; in zolla per ìsce-\nmare dolore alla terra ; in stella per iscemare dolore ai cieli ; io\nmuoio di dolore per il dolore del creato, io muoio d'amore\nall'onda che geme, al vento che geme io spargo fiori.\nIo sono il povero Arnaldo, io spargo fiori : una vergine siede\nsui tumulo dell'amato e sparge fiori, e lo invoca, e l'amato dorme:\nla vergine è in pianto ; io ai mari e ai venti spargo fiori, e l'Uni-\nverso geme, fiori non ne placano il gemito : io ascolto, io piango.\nSi moltiplicheranno i soli e le stelle, e i raggi di tutti i soli\ne di tutte le stelle non asciugheranno mai il pianto ; si spegne-\nranno i soli, si abbasseranno i cieli, si rattrarranno i mari, vani-\nranno le terre, ma il dolore sarà : io piango di dolore e d'amore,\nper il dolore che sarà, di dolore e d'amore io muoio.\nOh, trattenga i suoi palpiti il mondo, un attimo: un attimo,\nun attimo solo non essere, ch'io per un attimo non sia; fiori,\nfiori, date fiori al povero Arnaldo ; che la mia bara sia di fiori.\nChi m'accerta che i fiori son fiori, e che la bara è bara ?\nEra legato a un tronco il povero pazzo, sur un terreno ste-\nrile e sabbioso, e le sue parole cadevano, nella solitudine, così\nsonore e così misteriose che parevano espresse non da un solo\nanimo ma suggerite da innumerevoli esseri che lo circondassero.\nChi non sente attorno a sè innumerevoli fantasmi che lo deter-\nminano e lo muovono, chi non sente di ripetere 1' influsso, che\nne riceve, sulle cose circostanti che, alla lor volta, lo ripetono"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.34", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 4693, "texte": "su altre ? E a me parve che non solo Arnaldo, ma anche le cose\nsi lamentassero con lui.\nVI. — Sempre, sempre, o Lelio, m'aggirerò per quest'isola,\ne T isola, e i suoi fantasmi appesantiranno i miei sensi e i miei\nspiriti ? E tu vivi, o Lelio, in un mondo che non è più mio e\nch'è pieno di vita : ora al ritmo dei caldi mari africani dorme la\nbarbara donna, le dorme il maschio presso, si desta, la odora,\nnello sguardo dal capo ai piedi la comprende, tutta, le è sopra,\nsua — con le braccia il taurino dorso ella avvinghia ululante —\nper gli spazi due pianeti cozzano, un atomo sprizza che sarà\nmondi — per gli universi, pace.\nVII. — Ma anch' io oggi, o Lelio, mi sono illuso di rivivere\nchè ho trovato in una vallèa un giglio — e credo sia l'unico\nfiore di tutta l'isola, — e man mano che lo fissavo, vedevo i\ncandidi steli ampliarsi a poco a poco, farsi d'una sodezza verginea,\nlievemente venarsi, e la loro bianchezza mi ricordava la bianchezza\ndelle tue carni, e i loro profumi, i profumi delle tue carni : in\nmezzo alia loro armonia, io componevo un'armonia corporea, com-\nponevo e plasmavo il tuo corpo : incoronandoti le bionde chiome\nil volto, ove le labbra vermiglie bruciano di voluttà e scendendoti\nagili e rapide sulle larghe spalle, tu m'eri dinanzi, pallido sor-\nridente, malvagiamente verginale, un po' ebbro.\nTu, come prima, nella nostra casa, a me venivi ignudo e\nbianco, camminando sui fiori, e mi baciavi e mi guardavi quasi\ncon ansioso stupore : ogni tuo bacio era una primavera che in\nme rifioriva, ogni tuo sguardo era paeseggi strani pei quali av-\nventuravasi, volando, l'anima mia. Poi, danzavamo leggeri sui fiori,\ne i profumi c' inebriavano le anime e i sensi, e le fine pari pal-\npitavano, e libavamo e danzavamo, e gridavamo danzando, rauchi :\ne ci riguardavamo e ridevamo, e io dico che l'aria palpitava al\nnostro desiderio, ed eran risa e fremiti, e ci avviluppavamo; —\ne la nostra ombra era sui muri e il dolore ci avvinceva al pen-\nsiero che alla nostra gioia non poteva aggiungersi la gioia che\nprovavano le nostre ombre congiungendosi (poiché certo anche\nle ombre gioivano all'amplesso), e ci dominava la brama di di-\nsperderla, l'ombra, o di riconfonderla ai nostri corpi — e l'orrore,\nl'orrore al pensare che potevamo bensì trafiggere i nostri corpi,\nma la nostra ombra non mai, non mai — al vedere noi distesi\nnel sepolcro e, sulle pareti del sepolcro, la nostra ombra, la im-\nplacabile ombra.\nO Lelio, io t'incorono il greco viso, e mi specchio tutto nei\ntuoi occhi, e sorrido, e ti bacio.\nO Lelio, e ti bacio, sulle labbra, che sono belle.\nVili. — Se un uomo può imporre la sua volontà a un altro\nuomo, perchè non la imporrò io al mio marmo e non ne richia-\nmerò la anima ?\nO, s'io distrugga la mia statua, l'anima si raccorrà nel mio\ncorpo, ch'è l'è affine ?\nNon posso, non voglio.\nS' io son morto, la mia statua viva — io voglio ch'ella viva.\nNon mai, o Lelio, distruggerò la mia statua — non- mai\nucciderò mia figlia, la più terribile delle mie figlie.\nElla deve vivere.\nElla deve essere eterna.\nCongiungiamoci quali ora siamo : la tua anima vivificherà i\nnostri corpi.\nEcco, la sfinge guarda uomini e mondi e li considera atomi :\nimmota, irride.\nO anima mia, e tu la circondi di spiritual melodia. Contro,\nal tuo marmo, o statua, affaticatisi a rivivere età morte, a vivere\netà che saranno : tutto sta fra la vita e la morte, insuperabili,\neterni confini.\nPer l'aspra angoscia, onde ti espressi dal marmo, per le vite\nche dolorosissime vissi componendo la bella armonia delle tue\nlinee purissime, per l'anima che t'ho data, io t'amo o statua.\nIo amo a te, o statua, che m'hai rubato l'anima. — M' hai\nrubato l'anima che dolora e geme nel marmo e ucciso il corpo.\nPerò che egli più non mi ama.\nTe amo, o statua, te.\nO statua, o anima mia, voglio che viviate così.\nMa io non l'avrò più, candido come l'avorio, il corpo sinfo-\nnico di Lelio.\nVoi l'avrete, o statua, o anima mia.\nVoi l'avrete? — Oh, ch'io non maledica nè la statua nè\nl'anima mia.\nIX. — Tu vedi qneste ninfèe che sono spettri, questa terra\nche non sospira, tu senti questo silenzio non interrotto nè da\nuna voce nè da una eco, e giri lo sguardo su questi luoghi, e\nlo posi : ricordi che gli alberi e gli animali, onde si abbellivano,\nsono divenuti queste ninfèe che sono spettri, questa terra che non\nsospira, sono divenuti, e sono desolazione ?\nTacque la bianchissima donna, più trasparente di un raggio,\npoi riprese :\n— Oh, la regione della quale io sono per narrarti, non era\nprotetta dai cieli, nè baciata dai soli nè lambita dai mari, chè ella\nera sepolta, per molti e molti chilometri, sotto il profondo Oceano,\ne vi erano rose più rosse del sangue e più bianche del marmo,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.35", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5131, "texte": "e rupi che si scioglievano in acque, e le acque scorrevano in\nfiumi che si rapprendevano d'improvviso, e talune parti della\nregione erano di ghiaccio, d'un ghiaccio liscio ed uguale, sul\nquale fioriva una strana vegetazione e strane piante e strane erbe\nsi riflettevano, e non v'era nella regione altra luce se non quella\nche davano le cose (le rose rosse, attorno a sè, una luce rossa e\nviva ; le bianche, una luce pallida), altro vento se non quello\nprodotto dal flettersi della cima d'un albero verso altre cime, di\nun cespuglio verso altri cespugli, e, insieme, i colori si agitavano\ne si confondevano in bizzarre guise, e la regione era fantastica\ne sepolta, per molti e molti chilometri, sotto il profondo Oceano.\nIo non so se il mare trasformasse le membra de' naufraghi\nin erbe, in pietre, in fiori, in perle e le lasciasse poi cadere giù\nnel profondo così che la regione n'era formata; io so che, appena\nvi comparvi, tutta la regione sospirò flebilmente e lungamente,\ncome degli amanti, in un lungo e vario alternarsi di colori: come\nera bello !\nMi amava : bello, baciare i serici petali e strisciarli attorno\nal collo, e sotto le umide ascelle e sotto le calde mammelle e fra\nle mammelle e sulle cosce e sul ventre ; bello, attorcere le membra\na un giovine tronco e baciare, sui rami, le gemme, e sentire il\ntremore delle gemme amanti; bello, tutta gioire di spasimo distesa\nsul freddo ghiaccio mentre tutta la regione trepida e freme di\napore ; e vissi così, a lungo.\nMi amava : ma un velo di malinconia si diffuse a poco a\npoco sull'ampia regione —• e la malinconia era spirituale — e\ntutto s'ingiallì, e le rose sfiorirono — e la malinconia era spiri-\ntuale — e ondulava, sulla regione, l'anima delle cose e la mia\nanima con quella delle cose, e la nostra anima si ricongiungeva\nforse con un'altra anima più vasta e più grande, e il core tremò,\ne la regione si dimenticava — e la malinconia era spirituale —\ne s'affinava e vaporava e si spiritualizzava e s'accolse, spiritua-\nlizzata, in me ; — e fui sola nella profondità.\n• #••••• • • • • ♦\n/t • • • • • • • • • • • . •\nE, se non credi che potesse accogliersi in me, che sono più\ntrasparente d'un raggio, vedi tu questi mondi che rotano ? E ro-\nteranno e roteranno : poi vaporeranno in un soffio, si raccorranno\nin un cirro, ch'è la loro sintesi.\nE la bianchissima donna disparve.\nX. —- Io sono il corpo di Lelio, anelo all'amplesso della sfinge.\nLa camera è nella penombra, e piena di fiori: io, adagiato\nsui fiori, mi concedo ai profumi, lascio che penetrino nei miei\nnervi e circolino nel sangue per tutto il corpo, ne pervadano le\npiù riposte fibre, m'impregnino tutto tutto: poi, così odoroso,\nmi sollevo un po' e guardo la statua — e sempre più la guardo,\n— e la statua è muta e irride.\nSospiro, e mi riadagio sui fiori, intreccio fiori alle mie chiome\ne, scherzando le chiome e i fiori attorno al mio viso, ch'è fino\ne bello e quasi trasfigurato dal desiderio, mi sollevo un po', e\nguardo la statua, e sempre più la guardo — e la statua sorride.\nEd io, stupito e trepidante, sto a contemplare il sorriso : è un\nraggio di sole che si rifletta sulle acque d'una fontana languida.\nE mi riadagio e nascondo il viso tra i fiori, e sogno, così,\nla voluttà, presento gli spasimi e i lunghi fremiti del mio corpo,\ne lancio piccoli gridi di gioia ; e mi levo : « com'è bianco, il\nmarmo, com'è bianco !» e lo sfioro con la mano timidamenta.\nAbbraccio la statua, urlando — e la statua è fredda ; e la\nbacio e la bacio — ed è fredda, fredda; e l'abbraccio e urlo e\nla bacio — ecco palpita, fremita ; e singhiozzo di voluttà — e\nla statua risponde, compartecipa; sento, sotto il mio corpo, calde\nvene, e caldo sangue scorrere tumultuoso e rapido, la sento tor-\ncersi, convibrare lungamente, lungamente ; sento l'anima fremere\nnel marmo : oh, la libidine d'un corpo che si congiunga con\nun'anima !\nE ristò ansante, e la guardo, e m'accoscio ai suoi piedi, e\nla divoro con gli occhi : una tiepida voluttà indugia nel mio\ncorpo alla vicinanza.\nOra, che questa mia mano sia la mano di Lelio imagino, e\nla bacio; che questo mio corpo sia il suo corpo — e lo bacio.\nIo lo voglio, o Lelio, lo voglio il tuo corpo : lo solcano le\nvene come solcano la terra i fiumi, e tornano al cuore come i\nfiumi all'oceano, l'occhio lo serena come il sole la terra, i sensi\nlo riallacciano al mondo come l'etere riallaccia i pianeti gii uni\nagli altri, ogni sospiro è un fremito di vento, il tuo corpo, un\nmondo ; ti voglio, ti voglio e mi parrà di possedere — io so,\nben so la bestemmia che dico — la terra immensa.\nE ti bacio tutto chè t'amo tutto, forsennatamente.\nXI. — Io andava per il mare, pensoso, e sentiva che il mio\ncorpo era una parte viva dell' universo, norl era, no, isolato ma\nera compiuto dalle cose e consentiva con quelle : una vergine\nabbrunata piangeva sul lido, e mi sono appressato e le ho doman-\ndato perchè piangesse. Ella m'ha guardato, tra lacrimosa e lumi-\nnosa, e m'ha risposto : — Io piango per te — e m'ha baciato,\nEd è scomparsa.\nPiù tardi, andava per una selva e ho visto una vecchia, tra\ngli alberi, che misurava la terra : le ho domandato perchè misu-"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.36", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 4485, "texte": "rasse la terra. Ella m'ha risposto : — Voglio scavare la fossa per\ndeporvi la tua bara. Ed ha continuato a misurare la terra.\nPiù tardi, andava per una pianura, e un bimbo m'è passato\naccanto, e non m'ha visto. L'ho chiamato, non mi risponde. Mi\ndomando, con ispavento, se anche il mio corpo non si sia dissolto.\nPoi, mi domando se ogni cosa che viva non sia morta, se il vivere\nnon sia, per sè, un morire, e rido.\nMi vo ripetendo la domanda: e rido anzi più per il suono\ndelle parole che per il loro significato.\nXII. — Io sento il respiro di Lelio, placido e uguale. Perchè,\na tanta distanza, codesto respiro mi giunge ?\nEsistono forse cose affini per le quali lo spazio è annullato,\nche si ricollegano, attraverso gli spazi, così come delle anime ?\nForse quella foglia che sospira, sente — in una lontana parte del\nglobo — il sospiro d'un'altra foglia che l'è sorella, come un'anima\nove piange al pianto d'un'altra anima ? Certo, il nostro pianeta\nsente, lontano, pianeti fratelli ; tutta la vita che per essa si agita, è\nforse la ombra immensa della vita d'un altro mondo così come\nl'ombra è la riflessione del nostro corpo ?\nSento il respiro di Lelio, ma Lelio non seiite i miei pensieri.\nE questa rispondenza fra gli atomi d'un marmo, e gli atomi\ndel corpo dì Lelio, e la mia anima prigioniera, che è ?\nXIII. — Oh, il bel corpo ch'io amo !\nQuando Dio vide dai suoi atomi slargarsi i mondi — rise;\ne, quando vide la terra fredda e buia e discese nella terra e la\nriguardò — non ancora v'erano i mari nè ancora s'ampliavano i\ncieli — maggiormente rise e, ridendo fe' l'uomo.\nPrese della creta e ne modellò il piede e modellò la caviglia\ne il ginocchio e Dio rimirò il ginocchio — erano attorno le te-\nnebre e l'immensità — e rise ; e prese dell'altra creta e ne mo-\ndellò le cosce e Dio riguardò le cosce — eran attorno le tenebre\ne l'immensità — e rise ; e formò le anche, il ventre, il busto e\nle ossa, e le ossa della sommità del busto si allineavano le une\nsulle altre, divise da piccoli intervalli e Dio riguardò il tronco\ndell'uomo — erano attorno le tenebre e l'immensità — e rise ;\nprese dell'altra creta e ne fe' il capo e Dio riguardò l'uomo e\nrise ; e l'uomo, fatto d'ossa e di creta, mosse per la terra, ove\nerano le tenebre, e Dio adunò degli atomi luminosi e ne fe' il\nsole, e riguardò e rise e sparve: com'è almo il sole, com'è grande,\ncom'è bello l'uomo !\nE Dio ancora ne ride.\nUomo, ossa: ecco la storia, gl'iddii, gli universi : uomo, ossa\ne la morte che spera sopraggiungendo di poter imputridire carni\ne avvelenare sangue e non trova che ossa, anch'ella, la morte si\ndisinganna.\nE Dio ancora ne ride.\nUna stella si spegne e, altra stella, rinasce, un uomo si spegne\ne, altro uomo, rinasce : tutti gli esseri, onde 1' Universo è, sono\ndunque dei morti che rivivono f\nMano : ossa, e io lo amo, Lelio ; Lelio ama il mio marmo\no ama la mia anima ?\nEbbi mai un'anima ?\nL'anima ! L'anima ! Rendete l'anima a questo mio corpo.\nE Dio ancora ne ride.\nXIV. — Or chi mi adagia le membra al sole, che col roseo\nbacio tutte le in vermini ?\nO vermi, miseremini mei.\nO vermi grossi come dita, d'un giallore bavoso sporcissimo.\nO vermicelli piccoli che vi appallottolate misteriosamente,\npassate sul mio corpo che vibri e tremi al contatto delle viscide\nzampe e imbavatelo tutto della vostra bava torbida come il cuore\ndegli uomini.\nSu, o vermi, a migliaia, miseremini mei.\nRodetemi i piedi, gli stinchi, i polpacci; ma lentamente,\nch'io il rodere senta.\nPiù lenti — le cosce, le anche, i testicoli, l'ano rodete a\ns me vivo.\nO beatitudine della dissoluzione!\nO gioia dell'annullamento!\nSalite e moltiplicatevi.\nPiù lenti, più lenti — ma senza fretta, vi dico — rodetemi\nil ventre e le budella come a carcassa di vecchio cavallo crepato\ne poi il petto — ma eh' io il rodere senta — e i polmoni dis-\nsolveteli tutti — fatemi per ore tossire.\nAlla bocca i denti dapprima (parte di voi faccian guardia\nalle labbra) poi le gengive, la lingua rodete, così che la mia bocca\ns'apra, gialla di vostra bava, ripiena di voi che liquidi e neri\nmareggiate all'osceno occhiacelo del sole.\nMa la gola, vi prego — ben più soffra di vostro rodi-\nmento — ma ch'io lo senta, ma ch'io lo senta il rodere.\nLe guance rodete — ma lenti, o vermi, vi dico — negli\nocchi vi ficcate, la fronte ingiallitela e incupitela come acqua di\nputrido stagno — il cranio, la nuca rodete — ma lenti, vi dico.\nScoperchiatemi il cranio, toglietemi il cervello dalla cassetta\ncranica.\nO vermi, miseremini mei."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.37", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5029, "texte": "Una rodi tura ogni ora — o vermi — che il mio cervello\nrossiccio si senta morire.\nPoi, me distrutto, sdraiatevi, o vermi, con le zampe all'aria,\ngorgogliandovi il ventre.\nPoi chiamate ed aspettate il sole che vi disformi.\nVoi me vivo avrete distrutto: bene viveste, potrete morire.\nO vermi lenti come il pensiero degli uomini e torbidi come\nil cuore degli uomini,\nO vermi,\nO miei serenissimi amici,\nMiseremini mei,\nMiseremini mei.\nXV. — La pianura si estendeva per infinite miglia sino a\nconfondersi da ogni lato col cielo ed aveva il suolo d'una levi-\ngatezza marmorea e d'un colore nero d'ebano; e dal suolo ampie\nondate di vapori puzzolenti e asfissianti — d'un calore insoppor-\ntabile — salivano alla nera cappa del cielo, e nel mezzo della\npianura elevavasi un' immensa foresta di querce annose, dai tronchi\ncontorti e larghi più e più metri, dalle chiome sprovviste di rami\ne di foglie — gigantesche querce, dall'ombra velenosa e morti-\nfera; e in mezzo alla foresta un fiume dalle acque ora biancastre,\nora giallastre, ora rossicce, del quale non vedeasi nè il principio\nnè la fine, dritto, interminato scorrea. Da ambo i lati del fiume\nper largo spazio vegetavano erbe acquitrinose e folte — di un\ncolore verdognolo e sbiadito — ed esalavano afe ed afrori.\nIl cielo era coperto da nubi che sembravano enormi piastre\ndi ferro — così nere e così pesanti erano — tutto coperto da\nnubi sino a dove confondevasi con la pianura. Un caldo che sem-\nbrava sprigionarsi dalle più profonde viscere della terra stava,\nstava, sotto la cappa del cielo, immoto, senza vento : regnava un\ntenebroso silenzio.\nSul fiume galleggiava una barcaccia di sughero, e ai remi\neravamo io e tu, o Lelio (io ora mi ti veggo sempre accanto, o\nLelio) : rompevaci le tenebre d'attorno la vivida luce dei tuoi\nocchi fosforescenti.\nE navigavamo e navigavamo, assorti in profondi pensamenti.\nAll'improvviso, dall'una sponda, balzaron di sotto la terra acquosa\nsette bimbi, con gli occhi chiusi e le labbra senza sangue e il\ncorpo senza vene, — e seguirono la nostra barca muti, allineati\na uno a uno ; più lungi, dall'altra sponda, sei vergini balzarono\ndi sotto la terra che s' ingigliò, e gigli insanguinati lanciarono\nnella nostra barca, e seguirono la barca mute, allineate a una\nuna, — anche più lungi venti figure sorsero, quasi trasparenti,\nstrane, multicolori, alcune rannicchiate su sè medesime così che\nnon si scorgesse che un viluppo di lievi carni — altre bavose,\nsciancate, con smisurate braccia e piccole gambe — sghignazzanti\ntutte e si allineavano ai lati della prora in due lunghe teorie —\nsghignazzanti tutte.\nCome rintronavano gli sghignazzi nel sepolcrale silenzio ! Le\nonde fetide e asfissianti dei vapori che salivano dal nero suolo ne\nerano smosse e sballottate.\nE navigavamo e navigavamo, e scorgemmo un castello ed\nentrammo.\nL'atrio è ampio con nel mezzo una fontana il cui getto è\nrosso e caldo, con larghi colonnati adorni di statue rappresen-\ntanti veneri di classica compostezza o di lascività nevrotica e\nfuriosa, e forti adolescenti. Salita la scalèa mirabile di voluttuose\npitture, una negra, nuda, ci viene incontro ed apre un uscio.\nLa sala, vastissima, avea pareti di fino cristallo: volgendo le\nfacce agli specchi, lungo ciascuna delle due pareti laterali, sede-\nvano su larghe poltrone, distanti circa dieci metri le une dalle\naltre, sedici donne ignude con innanzi a sè un tavolino e sòpravi\ntredici calici ricolmi di biondo vino : gestivano e sorridevano alle\nloro imagini. Nel mezzo un'altra donna ignuda rimiravasi nello\nspecchio di fondo: pallida come dopo un soddisfacimento carnale,\navvolta nei capelli che le scendevano, in molli ondulazioni, sino\nai piedi, rotonda e soda i seni, opulenta le anche, magnifica il\nventre lascivo, nervosa e sottile le gambe, ci venne accanto, mi\nfe' sedere accanto a sè poi :\n— Queste donne — disse stringendomisi accanto così ch'io\nsentiva il suo alito caldo — sono tutte morte come me e come\nte : Vanima hanno perduta. Attendono la dissoluzione de' loro\ncorpi.\nD'improvviso il pavimento si cosparse di fiori i cui profumi\ndavano gli spasimi, e vivissime luci, come di potenti riflettori,\nilluminarono variamente e stranamente la sala. Danza di corpi,\ndanza di colori.\nElleno, dai corpi rossi vividi, rosati, verdi intensi, gialli come\nallori, arrovesciate le teste, chiare e avide di lascività gli occhi,\nbianchissime i seni, danzavano dinanzi ai loro specchi. Levate in\nalto le braccia così che sotto le ascelle palpitassero folti e biondi\npeli, flettendo i molli e lucidi fianchi, insorgendo il ventre, con\npendule le rotonde mammelle dagli aurei capezzoli, anelavano\nvoluttuosamente alle loro imagini, e i denti facevano atto di mor-\nderne le polpose carni. Scostavansi dagli speechi e riprendevano\nla danza. Danza di corpi, danza di colori. Con gesti di mani sod-\ndisfacevano ai loro desideri sensuali. Arse gli occhi, abbruciate\nle labbra, incoronandosi con le fini braccia, sorreggendosi sui pie'\ndestri, volgendo le facce agli specchi giravansi vertiginosamente."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.38", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5375, "texte": "Poi che furono stanche della loro bellezza, formando una\ncollana dai lascivi colori, stettero ferme ansimando, con gli occhi\nchiari come perle.\nDue giovini donne si fermarono in mezzo alla collana. I loro\ncorpi, alla luce, si coloravano di azzurro, di rosso, di giallo ; le\nteste e i volti erano d'una bianchezza marmorea ; alle dita dei\npiedi erano anelli e alle lievi caviglie, ed ampi cerchi di perle\nali altezza delle cosce, e cerchi d'oro massiccio ai fianchi, e brac-\ncialetti appesantivano le braccia e anelli le dita, e lunghi fili d'oro\nscendevano dalle spalle ai piedi, confondendosi con le chiome\nbiondissime. L'una di esse si avanzò, danzò sfrenatamente e lus-\nsuriosamente in giro accompagnando la danza con canto mentre\ni fili d'oro le palpitavano lungo i fianchi o ballavano sul ventre\navvoltolati. Le donne gridavano di gioia. Poi eh' ella ebbe ter-\nminato la danza, l'altra più alta, più snella, più vibrante, il volto\npiccolo quasi spirituale, ferma nel mezzo della collana, postasi le\nmani sui fianchi, arrovesciando la testa e i seni, sporgeva lo\nsplendido ventre venato e lo agitava voluttuosamente, e fregavalo\ncon le piccole mani, di poi, ritirando il ventre, dimenava le na-\ntiche e curvava il corpo pieno di serpeggiamenti : gli occhi talora\ncolpiti dalla luce avevano lampi e riflessioni strane.\nLa gara era vinta dalla seconda. Le due rivali si abbrac-\nciarono e si rotolarono sui fiori. Ognuna si elesse la compagna\ne il giaciglio tra i fiori.\nLa mia compagna era livida e fremeva, e. ponendole le mani\nsul bel corpo ignudo.\n■— Ma dunque — la interrogai — noi non possiamo più\nvivere ?\nMi guardò fissa, mi baciò, mi condusse in una camera attigua,\ninfiorata.\nAh, non mai corpo avea vibrato sotto il mio corpo così nu-\nmerosamente come il suo. Io urlavo. Sentii me, una sola volta,\ngridare : — Lelio ! -— Il corpo di lei si fe' di marmo. Quando\nella si levò, mi guardò d'uno sguardo terribile, scrosciò in un\nriso convulso.\n— Ah, ah ! Il figlio di Ricciardo e di Lelio !\nEd escimmo; sul fiume galleggiava una barcaccia di sughero,\ne ai remi eravamo io e tu, o Lelio: rompevaci le tenebre dat-\ntorno la vivida luce dei tuoi occhi fosforescenti.\nE navigavamo e navigavamo assorti in profondi pensamenti,\ne scorgemmo una grotta, e c'inoltrammo nella grotta.\n« Chi non sente attorno a sè innumerevoli fantasmi che lo\ndeterminano e lo muovono, chi non sente di ripetere 1' influsso\nche ne riceve sulle cose circostanti che, alla lor volta, lo ripetono\nsu altre? » E, all'entrar nella grotta, i nostri animi patirono come\n\\\nun'oppressione la quale non poteva essere cagionata che dalle\ncose circostanti, dalle pareti bianche, lucide, interminate, dalla\nvolta ampia, bianca, lucida, interminata, da quel non so che di\nparticolare, di intimo, d'intrinseco alla grotta che sentivamo ma\nch'è impossibile analizzare ; e si aggiungeva una volontà, quasi\ndolorosa, di attraversare il lungo corridoio umido e lucido, e un\ncosì acre desiderio del bizzarro a dell'assurdo che c'imaginavamo\nd andare per un cammino che guidasse a un altro mondo,' a un\nmondo tenebroso, sotterraneo ove altre fossero le forme della vita.\nE, a mano a mano che procedevamo per il corridoio* che si re-\nstringeva, ci sentivamo quasi soffocare, i nostri spiriti si assopi-\nvano, si assentavano da noi e notavamo sui muri dei segni strani,\ndei volti, ira umani e animaleschi, abbozzati a grandi linee, delle\nmembra incompiute, e rabbrividimmo al pensiero che esseri, da\ntempo immemorabile, non abitassero quei luoghi sotterranei, da\ncosì lungo tempo che li avessero informati di sè, come un pittore\ninforma del suo pensiero una tela; che la luce, la quale pioveva\nlaiga e pallida, e non penetrava certo dall'esterno, non fosse la\nluce del loro sguardo diffuso ; e i nostri spiriti erano assenti da\nnoi, e il sotterraneo c'incuteva terrore, e ci faceva tremare la\nuedda luce, e c inoltravamo, benché non volessimo, e le pareti,\nsi congiungevano sui nostri capi, e si facevano e respi-\nravano, anime respiravano, e i corpi gelavano : una grotta si\nslargò.\nFu un'allucinazione dei nostri sensi ?\nO davvero noi ci trovavamo in quel mondo sotterraneo, ove\nsi rifugiano a vivere i morti?\nLa grotta era Qassa e larga, stalattitica, e colonne luminose\nvi si attorcevano stranamente, e rami correvano dall'una parete\nall'altra e si abbracciavano gioiosamente — e, in fondo alia grotta,\nuno scheletro sedeva tutt'ossa, e le ossa erano annerite, e, al lato\nopposto, un altro scheletro sedeva tutt' ossa e le ossa erano an-\nnerite ; — e sulle pareti bizzarre figure animaleshe lucevano e\n1 una era congiunta ali altra e fiori bizzarri illanguidivano gli uni\nsugli altri — e, in fondo alla grotta, uno scheletro sedeva, e, alla\ncurva delle anche, pareva lo scheletro d'un'uomo e, al lato opposto,\nun altro scheletro sedeva e, alla curva delle anche, pareva lo sche-\nletro d'una donna — si guardavano — ; e la goccia dello stilli-\ncidio cadeva. Cadeva, e sur un festone si designavano due figure\n<z>\n— e gli scheletri guardavano ; e le figure apparvero dolci visi\numani e l'uno si veniva avvicinando all'altro — e l'uno scheletro\nfremè; e fasci di bianca luce cadendo, le labbra si avvicinavano\nalle labbra, — e l'uno scheletro si drizzò ; e le labbra baciarono\nle labbra, — scricchiolarono le ossa dell'uno scheletro sulle ossa\ndell'altro : — i due scheletri, avevano la nostalgia delia vita i"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.39", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3760, "texte": "due scheletri ! — e, per la grotta, coppie di scheletri si bacia-\nvano tutt'ossa nere e fasci di bianca luce cadevano.\nEd escimmo, e navigavamo e navigavamo assorti in profondi\npensamenti ; e la pianura si estendeva per infinite miglia sino a\nconfondersi da ogni lato col negro cielo ; e un vento impetuo-\nsissimo si levò e schiantò grandi querce ; un fuoco enorme di-\nvampò nella foresta.\nIl fuoco da larga base saliva affinandosi a guisa di piramide\ne da una piccola linguetta girante sul vertice vorticosamente te-\nneva forza e vigore una gigantesca rosa, di fuoco, girevole, che\nsprizzava faville, lanciava razzi, eruttava fortissimi getti con as-\nsordanti rumori. E il fuoco divampò, e tutta la pianura rosseggiò;\ne tutto era fiamme.\nQualche mondo s' incenerisce, o Lelio ?\nXVI. — La cenere cade sul mio capo lenta, fredda, io son\ntutto cenere e l'incendio divampa : e la grandine cade fitta e la\ngrandine è sangue, io son tutto cenere e sangue !\nQualche mondo s'incenerisce ?\nE i mari dàn l'ultimo sospiro e le acque sono fiamme, e i\nfiumi sono fiamme, io sto tra le fiamme e mi lambiscono il corpo.\nQualche mondo s'incenerisce?\nLa cenere cade sul mio capo, la cenere delle cose cade sul\nmio capo, io sono tutto cenere; uomini e cose}> cenere.\nQualche mondo s'incenerisce ?\nE l'incendio divampa e ride, e di là dall'incendio v'è l'ombra,\ne l'ombra sempre più si allarga, e l'incendio divampa, e la fredda\nombra si distende attorno alle fiamme, e le fiamme si riducono,\nvanno morendo, e la fredda ombra sempre più presso le circon-\nvolge, e le fiamme dàn guizzi e lampi, ultimi baci, e l'ombra è\nsempre più presso: anche la fiamma s'incenerisce?\nE l'ombra m'è presso e io son tutto cenere, son tutto cenere\ne sangue, e tremo; oh, prima che l'ombra m'avvolga, invoco\nl'anima dal marmo spento e s'accoglie in me — e Lelio è bianco,\ne Lelio è bello e mi sorride, è mio — e poi l'ombra ecco mi\navvolge.\n3 maggio.\nMi desto : aria, sole, vita attorno a me ; Lelio nel sole, a\nbaciare la mia statua, Lelio bacia la mia statua, m'avvento contro\nla statua; come, ai colpi del martello ne cadono i pezzi, illangui~\ndisce il bel corpo di Lelio ; m'è ai piedi rotta, la statua, e Lelio\ngiace morto : stranissima simpatia d'un corpo, d'un marmo, e\nd'un'anima.\nDal loro congiungimento quale novella forma splenderà ?\nEpisodica ogni forma di vita, episodi anche l'uman genere\ne gli universi, ma lo spirito della vita è: sta l'universo, pacifico;\nsussulta, scuotesi, rimbomba, annullasi ; liberi spiriti a volare per\ngli spazi e consuonano trombe e altri universi a innovarsi , Ì0j\nche non ho riacquistato l'anima e che ho perduto Lelio, mi\nscomporrò io nella Natura, mi ricomporrò, nella Natura, acqua,\nalbero, zolla ?\nO Natura che per secoli e secoli ogni anno ringiovanendo\nFigli e allatti uomini e cose,\nFa' che nel tuo grembo io posi il mio corpo sereno,\nL'aere s'inebria di profumi e di canti.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nLiberatisi al cielo aquile e allodole che urlano e trillano di\ngioia,\nLibera al cielo della conoscenza mia i tuoi profondi e puri\npensieri.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nS'inrosano terre e mari.\nInrosa le terre e i mari della vita mia.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nUna universale gioia affratella uomini e cose.\nO Natura, affratellami a te.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nO tu che regoli il carro solare, regola il carro della vita mia.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nE terre, e astri e mari invergini,\nO Natura, o invergina me.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nOgni alito di vento, ogni stella lucente, ogni raggio di sole,\nogni lembo di mare, ogni sguardo di animali e d'uomini, di-\ncami : Pace.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\n\nBerardo Sbraccia."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c043", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "38", "page_fin": "39", "image_debut": 40, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.12", "titre_corps": "D'ANNUNZIO FUTURISTE et le \"mépris de la femme\"", "titre_sommaire": "D'ANNUNZIO FUTURISTE et le \"mépris de la femme\"", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.40", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "D'ANNUNZIO FUTURISTE\net le “mépris de la femme„\nLe manifeste incendiaire que nous avons publié, il\ny a quelques mois, dans les colonnes du a donné\nle feu à des polémiques d'une violence inoui'e, qui, se\npropageant partout, en France; en Angleterre et en\nAllemagne, viennent de gagner aussi les grands quoti-\ndiens de New-York, de Buenos-Aires et de Yokohama,\ntels que The Sun, La Nacion et The Japan Herald.\nLes Américains, tout en regrettant de ne pas avoir\nune imposante et glorieuse tradition classique, louent\nsans restrictions les enfants futuristes de la vieille Europe,\nqui manifestent enfin le besoin de faire table rase d'un\npasse trop vénéré et trop imité.\nLes journaux de New-York reproduisent presque\ntous les opinions du Tcmps,qui, sous la signature d'un\ncritique éminent, M. Nozière, considère le futurisme\ncomme le seul programme intellectuel vraiment logique\nd'une jeunesse virilement élevée dans la passion des\nsports violents.\nIl est intéressant de constater que le futurisme\ns'est déjà emparé de l'esprit de plusieurs artistes de génie\nqui ont manifesté jusqu'ici un amour presque fanatique\npour le passé, pour ses personnages légendaires et pour\nses ruines vénérables.\nLa presse italienne s'est justement occupée du\nrisme de Gabriele d'Annunzioà la suite d'un étonnant\ninterview de M. Giuseppe Piazza, paru dans la\nde Rome.\nM. D'Annunzio confiait à son interlocuteur ses\nrécentes recherches au sujet d'une nouvelle nomenclature\nitalienne de tout ce qui concerne les aéroplanes. Il ajou-\ntait que l'aéroplane -— qui est devenu le symbole du\nfuturisme, comme expression d'un absolu détachement\ndu passé — joue un róle très important et méme es-\nsentiel dans son dernier roman.\nL'on s'est naturellement étonné de voir l'auteur de\nLa Nave sortir brusquement de Fatmosphére mytholo-\ngique et classique de sa Fedra, — une tragèdie dont le\nfour est resté légendaire, — pour s'attacher aux figures\nultra-modernes de Wilbur Wright, de Blériot, de Farman\net de Latham.\nC'ètait là, indiscutablement, un résultat de Tinfluence\ngrandissante du futurisme. Notre mouvement se propose\nen effet d'éloigner les écrivains et les poètes créateurs\nde tout cet ensemble de légendes vieillottes, de mythes\net de reconstructions historiques qui sont chères aux\nprofesseurs hellénistes et latinisants, bourrés d'histoires\nmortes.\nNous voulons pousser tous les écrivains vers la glo-\nrification des conquètes de la science.\nIl faut que les poètes abandonnent enfìn les guer-\nriers, les déesses, les crépuscules nostalgiques, les cou-\nchants pourprés et les clairs de lune navrés d'amour,\npour chanter la vitesse grisante des automobiles, le ta-\nciturne suicide des sous-marins, les ports marchands,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.41", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "fleurant Faigre odeur du risque et de l'aventure, les\nbatailles célestes des aéroplanes sur l'entrechoc des\ncuirassés, lés grands remous populaires et Fhaleine bianche\ndes capitales nocturnes éìectrisées par le travail et la\nluxure en lutte.\nMais ce qui étonna le plus la presse et le monde\nlittéraire italien, ce fut d'entendre Gabriele d'Annunzio\nparler en termes absolument futuristes, d'énergie à ou-\ntrance, de témérité et d' héroi'sme quotidien, en ajou-\ntant cette déclaration que nous reproduisons textuel-\nlement :\n« Le mépris de la femme est une condition essen-\ntielle pour le héros moderne* »\nIl paraphrasait ainsi Pun des points les plus discutés\nde notre manifeste, celui-là mème qui nous attira d'ina-\npaisables colères féministes.\nIl est indéniable que le langoureux « enfant de\nvolupté » n'aurait jamais osé prononcer de semblables\nparoles, s'il n'avait été frappé et influencé profondément\npar notre violente affirmation. M. D'Annunzio comprit,\nen lisant notre manifeste, la nécessité de riotre cri de\nré voi te contre un sentimentalisme aussi rance qu'exté-\nnuant. Il a immédiatement la force d'expansion\nvictorieuse que le futurisme tire de cette période bien\nspéciale de l'histoire, couronnée par le triomphe eie Favia-\ntion, ce rève millénaire des races. Il a senti et exprimé\naprès nous la formidable nausée que nous donnent l'ob-\nsession de la femme idéale dans les oeuvres d'imagina-\ntion, la tyrannie de l'amour chez les peuples latins, et\nle leit-motiv monotone de Tadultère ! Nausée que nous\navons exprimée d'une fa<pn peut-ètre trop laconique par\nces mots : le mèpris de la femme.\nCe n' est pas une question de plagiat que nous\nvenons de soulever ici. Nous constatons simplement Tune\nde nos nombreuses conquètes, la plus agréable, peut-ètre,\npuisqu'elle s'est exercée sur un grand écrivain dont nous\nn'avons jamais nié Tadmirable agilité, vraiment futuriste.\n“Poesia”."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c044", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "39", "page_fin": "39", "image_debut": 41, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.13", "titre_corps": "FUTURES TI ! Leggete :", "titre_sommaire": "FUTURES TI ! 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Leggete :\nAEROPLANI REVOLVERATE\ncanti alati versi liberi\ndi PAOLO BUZZI di GIAN \"PIETRO LUCINI\n(Edizioni di \"jPOESIA\")"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c045", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "40", "page_fin": "40", "image_debut": 42, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.14", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.42", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 671, "texte": "Malgré tin travati acharné de plusieurs semaines, nous n'avons pas encore achevé le\ntriage et la traduction des 9500 lettres et articles qui nous sont parvenus de tous les pays de\nl'Europe, des deux Amériques et de l'Extréme-Orient, en réponse à notre\nturisme, publié, il y a quelques mois, dans le Figaro de Paris. — Ce travail termine, nous\npublierons, en deux volumes, une grande partie des jugements que nous ont adressés les plus\néminents écrivains, artistes, politiciens, sociologues, journalistes du monde 'entier, et un choix\ndes lettres qui nous sont parvenues des soldats, des étudiants, des ouvriers et des femmes.\nCes deux volumes auront pour titres :"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c046", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "40", "page_fin": "40", "image_debut": 42, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.15", "titre_corps": "{PubInfo}I.", "titre_sommaire": "{PubInfo}I.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.42", "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "I.\nLes remparts du Passé\nUn volume illustrò de 400 pages, 4 frs.\nII.\nLa Victoire du Putti ri snie\nUn volume illustrò de 400 pages, 4 frs.\nl. \"<V |\nv\n(Éditions de \"POESIA „)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c047", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "41", "page_fin": "43", "image_debut": 43, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.16", "titre_corps": "\"Le Ranocchie turchine”", "titre_sommaire": "\"Le Ranocchie turchine”", "signature_source": "di ENRICO CAVACCHIOLI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.43", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2851, "texte": "“Le Ranocchie turchine”\ndi ENRICO CAVACCHIOLI\nGIUDICATE DA\nMax Nordau, Stuart Merrill, G. Marradi, S. Benco, L. Ca-\npuana, D. Tumiati, Ada Negri, E. Corradini, A. Baccelli, ecc.\nMAX NORDAU A E. CAVACCHIOLI :\nMon cher poète,\nVos « Petites grenouilles turquoises >\nsont un tour de force étonnant. C'est quel-\nquefois tendre et doux, mais plus souvent\ntruculent à couper la respiration au lecteur\neffaré.\nVous avez toutes les hardiesses verbales,\nprosodiques, rythmiques, mentales. Mais\non les pardonne a votre tempérament de\nfeu, à votre ivresse de force, de jeunesse,\nde vie, à votre belle liberto d'esprit.\nVous ètes eri mème temps ultra-moderne,\nvoire futuriste a l'instar de cet ìncompa-\nrable Marinetti, et classique fervent de la\ntradition poétique et mythologique de l'an-\ntiquitó. Il faut ètre Italien, fìls de Lati uni,\npour offrir ce doublé aspect...\nJe me fólicite de connaìtre en vous une\ndes physionomies les plus curieuses de la\njeune littérature poétique de l'Italie, et je\nvous prie de me croire votre bien devoué\nMax Nordau.\nSTUART MERRILL A E. CAVACCHIOLI :\nMonsieur et cher poète,\nJe viens de lire avec un profond intérèt\nvotre volume, et je salue en vous un grand\nlyrique. Ce qui m'intéresse dans votre\nesprit, c'est sa diversité. Vous alliez le\ngrotesque au sublime. Sans vouloir vous\naccabler sous de trop grands souvenirs,\nj'ose vous assurer que vous avez l'àme\nshakespearienne. Toute ma sympathie, je\nl'avoue, va aux poètes qui ne se font pas\nune « manière », qui sont ondoyants et di-\nvers, qui accueillent le songe comme la vie,\nqui savent ètre « autres » devant chaque\nnouvelle manifestation de la Nature. C'est\ndire iimnédiatement que vous m'étes sym-\npathique. C'est mème le sous-entendre.\nVoilà pour l'esprit de votre oeuvre. Ouant\nà sa forme, je la loue pour sa sobriété et\nsa concision. Vous n'abusez pas, comme\nbeaucoup de vos compatriotes d'épithètes\nredondantes et inutiles. Et quand vous les\nemployez, elles sont rares et justes.\nEt quels vers mélodieux. Je vous ac-\ncuserais volentiers de làcheté, vous autres\nitaliens! Comment lutter avec vous, vous\ndojit la langue est la plus musicale du\nmonde, avec la danoise? Je me pànie en\nlisant de tels vers:\n« La bella bocca, dolce melagrana... »\nou bien\n« .... girandosi pudica\nnel letto molle che la dondolava\ncosì, come una piccoletta schiava\nche non vede, ma tace e s'affatica ».\nPuis vos images sont souvent admirables :\n« e sfece gli astri nell' arca infinita\ncome farina al palmo della mano... »\nJ'ai noté bien d'autres passages dans\nvotre livre, et je voudrais en parler plus\nlargement. Mais je suis sur le point de\nquitter ma villégiature d'hiver, et mes\nmalles bàillent autour de moi !\nJe suis donc force de m'arrèter én vous\nenvoyant rhoinmage de ma grande et sin-\ncère admiration, et Tassurance de mes\nmeilleurs sentiments coniraternels.\nStuart Merrill."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.44", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "G. MARRADI A E. CAVACCHIOLI:\nCarissimo Cavacchioli,\nCredevo proprio di averla già ringraziata\ndel cortesissimo e graditissimo dono delle\n« Ranocchie Turchine ». Ma se non l'ho\nanche fatto, La prego scusarmene in grazia\ndelle mie molte e poco poetiche occupa-\nzioni.\nElla dunque si abbia, un po' tardi ma\nproprio di cuore, i miei più cordiali ralle-\ngramenti fper l'arte geniale ond'Ella dà\nprova anche più luminosa nel nuovo suo\nlibro. L'Arte è indubbiamente in progresso,\ne fa sperare e attendere molto del suo fe-\nlicissimo ingegno.\nDel contenuto non parlo, perchè non sa-\nprei giudicarne. Io sono ormai troppo vec-\nchio, e troppo uomo del passato, per esser\ncapace d'intendere il futurismo.\nLo dico senza nessuna ironia1 e con\nnuovi ringraziamenti e con tutti gli auguri\nmigliori La prego di credermi sempre il\nsuo affezionato\nGiovanni\nSILVIO BENCO A E. CAVACCHIOLI:\nEgregio Collega,\nFinalmente, ho letto le vostre Ranocchie\nturchine\\ Mi persuadono sempre più che voi\nsiete uno dei poeti più saldi della giovane\ngenerazione. La tecnica è già mirabile di\nforza e di solidità; la sensazione spesso acuta\ne fissata con un bel lavorio d'acidi; il pen-\nsiero... qui vi rimane il più da compiere per\nla vostra originalità. Benché io non creda\ncon Voi che sia necessario augurar morte\nall'uno o all'altro per sentire la libertà di\nvivere e benché io non veda una relazione\nnecessaria fra lo spettacoloso manifesto del\nFuturismo e la vostra volontaria disciplina\nd'arte, ammiro il libro.\nSe io fossi il critico di letteratura nel\nPiccolo, mi sarebbe facile parlarne. Disgra-\nmeute non ho l'ufficio della critica in alcun\ngiornale, e mi sarà difficile. Vorrò ad ogni\nmodo fare il possibile per trovarmi un po-\nsto dove parlare del vostro libro.\nCordialmente vostro\nSilvio Benco.\nLUIGI CAPUANA A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Cavacchioli,\nLe sono gratissimo del regalo di Le\nRanocchie turchine, e le chiedo scusa se la\nringrazio con ritardo. Sono stato un po'\nqua, un po' là ed anche occupatissimo, con\nun arretrato di lavoro addosso che mi fa\npaura. Questo m'ha impedito di occuparmi\ndel suo volume; ma Ada mia ed io ne\nscriveremo presto e come le sue liriche\nmeritano.\nSento il gracidio delle ranocchie attorno\nad esso, e son sicuro che a lei non farà\nnè caldo nè freddo. Ormai sembra impos-\nsibile che in Italia si faccia una discussione\ndi critica di arte, senza preconcetti e senza\npersonalità; dovrei aggiungere, senza vil-\nlanie e sguaiataggini. Peggio per chi la fa!\nUn libro vitale non è mai soffocato o uc-\nciso dal silenzio o dalle impertinenze.\nMi rammenti al Marinetti e agli amici\nfrequentatori del suo salotto, e riceva i\nsaluti affettuosamente sinceri di mia moglie\ne miei.\nLuigi Capuana.\nD. TUMIATI A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Sig. Cavacchioli,\n»\ngSHo ricevuto il suo bel volume, e La\nringrazio vivamente del dono. La sua poesia\nè originale ed Ella ha il vero senso del\nGrottesco; ma — mi lasci dir franco —\nla ispirazione sua è piuttosto malata.\nQuand'Ella abbia superato questa volon-\ntaria crisi, farà cose bellissime.\nCordiali auguri e saluti dal suo\nDomenico Tumiati.\nE. CORRADÌNI A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Cavacchioli,\nLa ringrazio del dono del suo volume\ne ammiro in questo molte cose d'origina-\nlissimo e arditissimo ingegno.\nCon tanti saluti, suo\nE. Corradinh\nA. BACCELLI A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Collega,\nVivissime grazie a Lei della dedica cor-\ntese e del volume, nel quale — sebbene\nio sia formai troppo maturo per poterne\napprovare tante giovanili audacie — ho\ntuttavia ammirato una vibrante energia, un\nimpeto lirico e un colorito modernista che\nattestano luminosamente del suo ingegno.\nMi ricordi al Marinetti e mi creda cor-\ndialmente suo\nAlfredo Baccelli.\nA. S1CARDI A E. CAVACCHIOLI :\nPreg. Signor Cavacchioli,\nHo ricevuto il suo libro « Le Ranocchie\nturchine ». Ho letto molte belle e forti\npoesie. Avanti! Ecco ciò che posso dirle.\nHo letto anche una parte della Leggenda\ndella vita di Federico De Maria e tutto il\nVerso libero, un libro in prosa che pare\nscritto con robusta poesia. V'è dentro un\nritmo di corsa. Pare che corra assalendo e\ndistruggendo le vecchie forme. Se conosce\nLucinij gli rdica che mi ha commosso il\nsuo giudizio sulle opere d'Iginio Ugo Tar-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.45", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2242, "texte": "chetti, Questo grande scrittore ha fatto\nperdere all'Italia un genio - morendo —\nEro un ragazzo io quando lo conobbi a\nMilano. Adesso ho tutti i capelli bianchi.\nSperanza nessuna e ricordi giovanili e me-\nlanconici moltissimi. Adesso a loro. Lavo-\nrino. Diano all'Italia la più grande lette-\nratura ! Gli scrittori debbono riconquistare\nil primato! Io credo nel loro avvenire! La\nringrazio per le parole scritte nel suo libro\na mio riguardo. Ciò mi fa sperare di essere\nconosciuto in Italia quando potrò loro man-\ndare le mie opere. Noi Argentini viviamo\nin un disperato anonimo. Nessuno legge\nqui. Al signor De Maria le mie congratu-\nlazioni; a Marinetti tanti cari saluti. Al\nsig. Lucini ed a Lei un forte abbraccio.\nScusi gli errori.\nBuenos Aires Dr. A. Sicardi.\nADA NEGRI A E. CAVACCHIOLI :\nSignore,\nLe « Ranocchie Turchine » sono uno\nstrano libro di vera poesia. È una poesia\nun poco malata, ma che appunto per questo\nha un non so che di perdutamente no-\nstalgico qualche volta, di diabolicamente\nbizzarro qualche altra.\nE la quartina è sempre così piena, così\n. . . . cantata! Mi piace.\nVoti e voti.\nAda Negri.\nF. SALVATORI A E. CAVACCHIOLI :\nGentile Signore,\nVoglia perdonare, in cortesia, se tanto\nho tardato a renderle grazie per il dono\nsuo caro, per il volume di versi fervidi e\nsonori che Ella con tanta gentilezza m'inviò;\nma la morte di una persona carissima mi\nha abbattuto in guisa che per gran tempo\nsono restato inerte, senza energie di volontà.\nOra fra le prime persone a cui torno a\nparlare è Lei, di cui non vidi mai il volto\nnè mai udii la voce, ma di cui mi giunse\nquesta strana parola d'arte. Io non sento\ngli spiriti e le forme di quest'arte strana,\ndove talora passa il ricordo del riso amaro\ndi Arrigo Heine e del riso arguto di Se-\nverino Ferrari, dove più spesso emerge il\nsegno incisivo del Goya, ma ne* suoi versi\namari ni'è apparso un ingegno gagliardo,\nal quale auguro la disciplina severa e la\nfortuna conquistatrice.\nMi ricordi come un amico lontano. Le\nstringe le mani\nFausto Salvatori.\nIn uno dei pr\npubblicheremo una parte degfin=\nnumerevoli studi critici, apparsi\nnei giornali d'Italia, di Francia\ne d'America, pr\n\"RANOCCHIE TURCHINE,, il cui\nsuccesso fu veramente strepitoso\n(4000 copie vendute"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c048", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "45", "image_debut": 46, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.17", "titre_corps": "LA VOIX DE LA VILLE par VALÈRE BRUSSOV", "titre_sommaire": "LA VOIX DE LA VILLE par VALÈRE BRUSSOV", "signature_source": "Valére Brussov", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "LA VOIX DE LA VILLE\n\npar VALÉRE BRUSSOV\nTraduction textuelle du russe par VAuteur.\nQuand, fatigué, dans la nuit, je passe une rue so-\nlitale, et les murs sont somnolents, et les lanternes ne\ndisent rien, en délire,\nEt les spectres n'apparaissent pas, - j'entends par-\nfois, dans le froid silence, la voix de la Ville, comme\nun appel irrésistible.\nLa Ville me dit: « Toi, tu te dépèches ici, en vain\nsouci. Un autre, sur le lit de volupté, est arqué ridi-\nculement. Un troisième se courbe au dessus d'une table\ndans un repaire de jeu.\n€ Mais c'est moi seule qui suis vivante. Incom-\npréhensible, pour vous, je contemple, en reine, le silence\nTraduction libre par\nLorsque, harassé, je traverse à la nuit une rue soli-\ntaire, les rnurs sont endormis et les lanternes en délire\nse taisent,\nEt les spectres, affectueux ne m'apparaissent pas,\nDans le glacial silence, j'entends parfois la voix de la\nVille, comme un appel irrésistible :\n« Toi, tu te lmtes ici vers quelqu'embarras. Un\nautre, sur la couche de la volupté est ridiculement arqué.\nDans un repaire, un troisième se contraete sur une table\nde jeu.\n« Mais c'est moi seule qui suis vivante. 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Et la famille des villes aug-\nmente toujours, en bourdonnant.\n« Et quand ma tàche mondiale sera accomplie, ce\nn'est pas à vous, ó enfants, que je vais léguer mes\ncendres grandioses; tout ce que contiennent fìdèlement\nces édifices.\n« J'ai des sceurs dans d'autres contrées de la terre.\nElles viendront retirer mes biens d'une fosse sépulcrale\net les garderont dans leurs murs nouveaux,\n« Et se moqueront des hommes du rire des forts ! »\nla nuit étoilée. Crois-tu que ce soit vous qui m' ayez\nérigée !\n« Non ! Les hommes ne sont que les atomes de\nmori sang. et les maisons que j'étends vers la profon-\ndeur des champs, ne sont que les cellules de ma chair.\n« Ainsi que la forèt au printemps fait don de ses\nramures aux oiseaux, je vous prete mes rlchesses ! Mais\navant vous c'étaient vos ancètres qui les possédaient.\n« Nous ne sommes point égaux à Péchelle des exis-\ntences. A vous de vivre des années, à moi de vivre une\nsuite de siècles.\n« Et quand ma tàche mondiale sera accomplie, ce\nn'est pas à vous, 6 enfants ! que je léguerai splendide-\nment mes cendres : tout ce que conservent jalousement\nces édifices :\n« J'ai des s ce ars dans des contrées étrangéres ; elles\nviendront retirer mes nchesses d'une fosse sépulcrale et\nles garderont dans Ieurs murs nouveaux,\n« et, du rire des forts, Elles se moqueront des\nhommes ! »\nValére Brussov.\nTrad. textuelle, du r\nTraci, libre par Alexandre Mercereau."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.47", "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1931, "texte": "Valére Brussov."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c050", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "45", "page_fin": "45", "image_debut": 47, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.18", "titre_corps": "{PubInfo}NB. — POESIA ne publie que de l'sinédit.", "titre_sommaire": "{PubInfo}NB. — POESIA ne publie que de l'sinédit.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.47", "debut_caractere": 1933, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "INB. — POESIA ne publie que de l'sinédit.\nPOESIA pubblica solamente scritti inediti."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c051", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "46", "image_debut": 48, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Nadie diria,\ncuando ella el càliz de la fe consume,\nsi es labio que perfuma ó rosa que ora:\nj Lo mismo que en las rosas el perfume,\nla oración en sus labios se evapora !\nL éon~Nicara£~ua} ipoS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c054", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "47", "page_fin": "48", "image_debut": 49, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.22", "titre_corps": "Poemas de Andrès Gonzàles-Blanco", "titre_sommaire": "Poemas de Andrès Gonzàles-Blanco", "signature_source": "Andrés Gortzáles=Blanco", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.49", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "Poemas de Andrès Gonzàles-Blanco\n\nITINERARIO POÈTICO\nI.\nj Ciudades que hemos visto al pasar en un tren,\nde las cuales à medxas sospechamos la vida!...\nj Oh, belleza de toda cosa no concluida\nque nos hace sonar con un magico Eden !...\nLa vieja diligencia espera en el andén...\nj Oh, qué fragmento de una novela no vivida\nguardarà este vehiculo que, en su marcha torcida,\nlleva, quién sabe donde, no sabemos à quien!...\nFodo esto lo he sentido cuando era adolescente,\nviendo algun curricoche que cruzaba algùn puente,\nó mirando una nina al balcón de su casa...\nTodo esto me arrancaba làgrimas de deseo,\nde indescriptible commoción y de mareo...\nj Oh, està belleza ùnica : la belleza que pasa !\nII.\nLas estaciones muestran todas las dulces glorias,\ntodas las suavidades de la pròdiga vida.\nj Miradas de mujeres, olvidadas memorias\nde un amor que rompiò la tierna despedida!...\ni\nj Remembranzas de la jnventud, ilusorias\nen fuerza de ser reales!... Tardes de una partida\nde campo... Besos sobre los labios... Las escorias\napenas ya nos quedan de aquella època ida...\nAl volver me recodo de ese ferrocarril,\ngustamos la fragancia de algùn pasado Abril.\nPero un dia llegamos a una estación lejana\nde la cual nadie supo jamàs decir el nombre...\nLa estación de la Muerte, en donde una mariana\nindefectiblemente se apearà todo hombre...\n\nHORAS DE AUSENCIA\nEn aquella noche de triste memoria,\nen el reservado de aquel\nme contaste, càndida è ingenua, tu historia,\nvictima inocente de un traidor Don Juan.\nCon tu pelo rubio loco y ondulante,\ntus azules ojos llenos de candor,\nen aquel ambiente de café galante,\ntu desentonabas, suave y linda fior.\nVirgencita rubia ; quién lo hubiera dicho,\nquién lo hubiera dicho, viéndote llorar,\nque fuiste la victima de un viril capricho\nque à la vida loca te logró amastrar!...\nPecadora, corno muchas pecadoras,\neres buena y santa, porque eres pueril,\nporques, sin que puedas remediarlo, iloras\nen las mananitas tépidas de Abril.\nPorque à tu existencia no te llevó el vicio,\nni el amor al lujo, ni la liviandad,\nporque, siendo nina, diste en sacrificio\ntu cuerpo corno una fior de caridad!..."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.50", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "Virgencita rubia, triste y pensativa.\nEatre los placeres de la bacanal,\nno mostrabas una sonrisa festiva,\nsino un gesto altivo, serio y monacai.\nCon aquellos càndidos ojos de madona,\nparecias una novicia en clausura,\ny por tu mirada todo se perdona :\ntu cinismo alegre y tu vida impura.\nNo eres corno todas, pobre cortesana,\nque tienes un gesto triste y sonador,\nque eres el retrato de mi buena hermana,\nde mi buena y dócil hermana mayor.\nj Pobre cortesana, quien me lo dijera\nque en aquella noche de piacer vulgar,\nsentimentalmente yo me commoviera,\ntan sola y tan triste viéndote llorar!....\nTus ojos azules, del color del cielo,\nno expresaban ansias de sensual piacer;\npalpitaba en ellos un oculto anhelo\nde otra vida noble, divina mujer.\nCuando hablabas lenta, suave, parecia\nque estabas causada de tanto sufrir\ny tu voz banada de melancolia\ndestilaba un hondo tedio del vivir....\nPobrecita mia, què triste tu historia\nentre el taponazo loco del champàn,\nen aquella noche de feliz memoria,\nen el reservado de aquel restaurant?...\n\nTARDES EN UN CONVENTO\nI.\nj Locuras son las que mi mente suenaL.\nLa mujer à quein mas lìegué yo à amar\nfué una incògnita monja malaguena\nque en lo alto de un coro 01 cantar.\nAquella voz vibrante de soprano\ntenia un dulce y andaluz ceceo\nque, acompanando al grave canto llano,\nencendia las llamas del deseo.\nPorque el dulce ceceo persuasivo\noido en està iglesia conventual,\nen un amanecer de un dia festivo,\nen una hermosa rnisa matinal,\nme evocaba mujeres que yo he visto\nno sé si en una playa ó en un teatro,\nj I asi en la voz de aquella sija de Cristo\nobras mujeres son las que idolatro !...\nInflexiones de voz que yo he escuchado,\nsiendo un muchacho plàcido y burgués ;\ntimbres de voz que me han enlocionado\nen noches del invierno, en las soirèes...\nVoces de ninas rubias y hechiceras,\nque, con las fiorituras de una actriz,\ncantaban melodia extranjeras\nque un instante me hicieron ser feliz.\nII.\nEntraste en el convento de las Reparadoras\ny te pusiste el hàbito, que es un traje nupcial,\ny ahora pasas la vida cantando à todas horas\nmotetes en loor del Corderò Pascual.\nDe tu fervor no dudo ; tu vocación es cierta\npues espontaneamente à Dios te has consagrado,\nmas el hàbito mismo quizà en ti no despierta\nla ilusión de una boda que nunca has celebrado ?\nTu cantas en el coro... j Oh Asunción, cuando cantas,\ntu voz se eleva sobre la de las congregantas,\nque entonan fervorines à la Virgen Maria!...\nY hace que me recuerde esa voz de soprano\nde las pasadas noches de luna y de verano\nne que cantando un aria de Bellini tre ola...\n\nAndrés Gortzáles=Blanco."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c055", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "47", "page_fin": "47", "image_debut": 49, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.22.1", "titre_corps": "ITINERARIO POÈTICO", "titre_sommaire": "ITINERARIO POÈTICO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.49", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "ITINERARIO POÈTICO\nI.\nj Ciudades que hemos visto al pasar en un tren,\nde las cuales à medxas sospechamos la vida!...\nj Oh, belleza de toda cosa no concluida\nque nos hace sonar con un magico Eden !...\nLa vieja diligencia espera en el andén...\nj Oh, qué fragmento de una novela no vivida\nguardarà este vehiculo que, en su marcha torcida,\nlleva, quién sabe donde, no sabemos à quien!...\nFodo esto lo he sentido cuando era adolescente,\nviendo algun curricoche que cruzaba algùn puente,\nó mirando una nina al balcón de su casa...\nTodo esto me arrancaba làgrimas de deseo,\nde indescriptible commoción y de mareo...\nj Oh, està belleza ùnica : la belleza que pasa !\nII.\nLas estaciones muestran todas las dulces glorias,\ntodas las suavidades de la pròdiga vida.\nj Miradas de mujeres, olvidadas memorias\nde un amor que rompiò la tierna despedida!...\ni\nj Remembranzas de la jnventud, ilusorias\nen fuerza de ser reales!... Tardes de una partida\nde campo... Besos sobre los labios... Las escorias\napenas ya nos quedan de aquella època ida...\nAl volver me recodo de ese ferrocarril,\ngustamos la fragancia de algùn pasado Abril.\nPero un dia llegamos a una estación lejana\nde la cual nadie supo jamàs decir el nombre...\nLa estación de la Muerte, en donde una mariana\nindefectiblemente se apearà todo hombre..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c056", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "47", "page_fin": "48", "image_debut": 49, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.22.2", "titre_corps": "HORAS DE AUSENCIA", "titre_sommaire": "HORAS DE AUSENCIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.49", "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "HORAS DE AUSENCIA\nEn aquella noche de triste memoria,\nen el reservado de aquel\nme contaste, càndida è ingenua, tu historia,\nvictima inocente de un traidor Don Juan.\nCon tu pelo rubio loco y ondulante,\ntus azules ojos llenos de candor,\nen aquel ambiente de café galante,\ntu desentonabas, suave y linda fior.\nVirgencita rubia ; quién lo hubiera dicho,\nquién lo hubiera dicho, viéndote llorar,\nque fuiste la victima de un viril capricho\nque à la vida loca te logró amastrar!...\nPecadora, corno muchas pecadoras,\neres buena y santa, porque eres pueril,\nporques, sin que puedas remediarlo, iloras\nen las mananitas tépidas de Abril.\nPorque à tu existencia no te llevó el vicio,\nni el amor al lujo, ni la liviandad,\nporque, siendo nina, diste en sacrificio\ntu cuerpo corno una fior de caridad!..."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.50", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "Virgencita rubia, triste y pensativa.\nEatre los placeres de la bacanal,\nno mostrabas una sonrisa festiva,\nsino un gesto altivo, serio y monacai.\nCon aquellos càndidos ojos de madona,\nparecias una novicia en clausura,\ny por tu mirada todo se perdona :\ntu cinismo alegre y tu vida impura.\nNo eres corno todas, pobre cortesana,\nque tienes un gesto triste y sonador,\nque eres el retrato de mi buena hermana,\nde mi buena y dócil hermana mayor.\nj Pobre cortesana, quien me lo dijera\nque en aquella noche de piacer vulgar,\nsentimentalmente yo me commoviera,\ntan sola y tan triste viéndote llorar!....\nTus ojos azules, del color del cielo,\nno expresaban ansias de sensual piacer;\npalpitaba en ellos un oculto anhelo\nde otra vida noble, divina mujer.\nCuando hablabas lenta, suave, parecia\nque estabas causada de tanto sufrir\ny tu voz banada de melancolia\ndestilaba un hondo tedio del vivir....\nPobrecita mia, què triste tu historia\nentre el taponazo loco del champàn,\nen aquella noche de feliz memoria,\nen el reservado de aquel restaurant?..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c057", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 50, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.22.3", "titre_corps": "TARDES EN UN CONVENTO", "titre_sommaire": "TARDES EN UN CONVENTO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.50", "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 2576, "texte": "TARDES EN UN CONVENTO\nI.\nj Locuras son las que mi mente suenaL.\nLa mujer à quein mas lìegué yo à amar\nfué una incògnita monja malaguena\nque en lo alto de un coro 01 cantar.\nAquella voz vibrante de soprano\ntenia un dulce y andaluz ceceo\nque, acompanando al grave canto llano,\nencendia las llamas del deseo.\nPorque el dulce ceceo persuasivo\noido en està iglesia conventual,\nen un amanecer de un dia festivo,\nen una hermosa rnisa matinal,\nme evocaba mujeres que yo he visto\nno sé si en una playa ó en un teatro,\nj I asi en la voz de aquella sija de Cristo\nobras mujeres son las que idolatro !...\nInflexiones de voz que yo he escuchado,\nsiendo un muchacho plàcido y burgués ;\ntimbres de voz que me han enlocionado\nen noches del invierno, en las soirèes...\nVoces de ninas rubias y hechiceras,\nque, con las fiorituras de una actriz,\ncantaban melodia extranjeras\nque un instante me hicieron ser feliz.\nII.\nEntraste en el convento de las Reparadoras\ny te pusiste el hàbito, que es un traje nupcial,\ny ahora pasas la vida cantando à todas horas\nmotetes en loor del Corderò Pascual.\nDe tu fervor no dudo ; tu vocación es cierta\npues espontaneamente à Dios te has consagrado,\nmas el hàbito mismo quizà en ti no despierta\nla ilusión de una boda que nunca has celebrado ?\nTu cantas en el coro... j Oh Asunción, cuando cantas,\ntu voz se eleva sobre la de las congregantas,\nque entonan fervorines à la Virgen Maria!...\nY hace que me recuerde esa voz de soprano\nde las pasadas noches de luna y de verano\nne que cantando un aria de Bellini tre ola..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c058", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "49", "page_fin": "49", "image_debut": 51, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.23", "titre_corps": "L'ORIEΝΤ", "titre_sommaire": "L'ORIEΝΤ", "signature_source": "Costis Palamas", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.51", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "L'ORIEΝΤ\nCostis Palamas.\nDe Jannina, de Smyrne et de Costantinople,\nLevantines chansons, chansons aux longues traines\nMélancoliques,\nGomme mon àme émue en vos traces se traine\nEt vole engourdie sur vos ailes de sinopie,\nCette àme qu'on dirait née de votre musique !\nUne mère — oh! le feu de sa caresse impure —\nVous mit au monde et chante et gronde encor en vous,\nRépandant des parfums lourds, énervants et doux.\nElle se courbe sous le sort sans un murmure\nL'orientale et langoureuse terre,\nEsclave du harem, àme toute de chair.\nEn vous pleure, chansons, du pauvre la complainte ;\nTout en vos strophes, la joie mème, est une plainte\nAmère et lente ;\nEsclave misérable et l'àme nonchaiante,\nJe suis un voyageur inquiet errant partout\nAinsi que vous.\nAu rivage d'où les caiques sont partis,\nOù ne restent plus que les algues et le lis,\nCloses les lévres.\nPuissé-je vivre une vie douce et solitaire\nExempt de tout scuci qui me donnàt la fièvre,\nSeul en le rève saint du ciel et de la mer !\nN'avoir que ce qu'il faut d'ètre pour végéter\nGomme un chène, un cyprès ou fumeur pour tracer\nMille méandres bleus avec de la fumèe ;\nMouvoir aussi parfois mes deux lèvres fermées,\nAfin qu'en vous j'attise\nLa lourde plainte qui toujours vous tyrannise,\nCommence, se déroule e ne finit jamais.\nEn vous vit, s'exténue un peuple fatidique\nEt quelque àme enchainée s'agite et se démène,\nAlors vous agitez vos ailes de sinopie,\nLevantines chansons, chansons aux longues traines\nMélancoliques,\nDe Jannina, de Smyrne et de Costantinople.\nIr ad. du grec moderne par Pierre Baudry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c059", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "50", "page_fin": "50", "image_debut": 52, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.24", "titre_corps": "FEU VESPÉRAL", "titre_sommaire": "FEU VESPÉRAL", "signature_source": "Costis Palamas ; Pierre Baudry", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.52", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "FEU VESPÉRAL\nCostis Palamas.\n— Te rappelles-tu la pauvre cabane\nEn le vaste bois, auprès du piatane,\nLoin de tout village?\n— La cabane? oui, je me la rappelle\nComme une chapelle,\nGomme un hermitage.\n— Te rappelles-tu l'hermite au grand coeur ?\nEtait-il un klephte, un moine, un berger ?\n— Je me le rappelle et l'air encore pleure\nDe cette douleur\nQu'à flots de son luth sa main arrachait.\n— Te rappelles-tu son visage blème\nEt son corps penché ?\n— Mais je me rappelle\nAussi l'étincelle\nQui comme une gemme\nAllumait son oeil par les cils cache.\n— Te rappelles-tu le feu qui le soir\nEclata soudain dans le vaste bois ?\n— Je me le rappelle et toujours je vois\nDu bois ravagé les décombres noirs,\n— Te rappelles-tu ce qu'est devenu\nL'hermite qu'alors nul n'a plus revu ?\n—-• Je ne le sais plus, mais mon àme encor\nGarde la mémoire -\nDe l'humble logis,\nCar un jour je vis,\nSur les ruines noires,\nUn Amour mignon sans souci chauffant\nSes ailes d'archange et ses mains d'enfant.\nTraci. du grec moderne"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c060", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "50", "page_fin": "50", "image_debut": 52, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.25", "titre_corps": "LA PAILLETTE DU GOUFFRE", "titre_sommaire": "LA PAILLETTE DU GOUFFRE", "signature_source": "Abdullah Djevdet bey ; Abdullah Djevdet bey", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.52", "debut_caractere": 1004, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "LA PAILLETTE DU GOUFFRE\nDr. Abdullah Djevdet bey.\nConnais-tu le départ en la nuit pluvieuse,\nOù nulle main d'ami n'agite le foulard?\nLe sombre train t'emporte ainsi qu'un corbillard,\nS'envole expirant son haleine furieuse.\nNulle main n'a cueilli les perles de ma peine,\nEn de froids ennuis mes rèves sont congelés\nEt la lune blafarde en la nue avait les\nRegards compatissants qu'on devinait à peine.\nNul coeur n'a palpité sur ma détresse rare,\nJ'ai passé pour heureux, ò bonheur infamant,\nTa caresse a meurtri mon sein, ò dure gioire:\nSous les baumes d'ave saigne mon coeur d'amant.\nMes chemins souvenus abondent de bruyères\nQu'irrorent de leur sang les orphelins nu-pieds;\nTu fais sourdre en mes yeux les larmes de mes frères,\nO douleur titillante, ò divine Pitie !\nTraduction du turo par /'Auteur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c061", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "51", "page_fin": "52", "image_debut": 53, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.26", "titre_corps": "THE SINGER'S JOURNEY", "titre_sommaire": "THE SINGER'S JOURNEY", "signature_source": "Douglas Goldring", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.53", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2824, "texte": "THE SINGER'S JOURNEY\n\nI.\nOn te closed door I knocked and knocked again,\nIt was so cold without, the wind and rain\nBuffeted me, and made me sick and sore\nAnd no birds sang, and night came on, and o'er\nThe surging wind rose pitiful sad cries\nFrom all the souls cast out of Paradise.\nOn the closed door I knocked and knocked again\nTill I grew tired with bitterness and pain.\nI made no fine resolve, I dropped no tear:\nI knew that God was good and she was dear:\nOnly I wondered why these things had been,\nWhy I was glad I loved, that she had seen....\nShe was too pure to care, perhaps too cold,\nSo, in the \"wilderness I should grow old\nW ith but the memory of hor wide grave oyes\nTo comfort me, shut out Irom Paradise.\nOn the closed door I knocked and knocked again\nAnd suddenly it opened on a chain\nAnd I peered close, and eager locked inside —\nThen turned me to the world that waited wide: —\n'Twas not for lust I sufferes, not for sin:\nI was barred cut to let a loved one in.\nII.\nAnd so from Paradise I turned my feet:\nThe wide world called me, and I ran to meetj\nThe salutations of the wind and rain,\nFor I was sick with bitterness and pain.\nThen called the mountains and the grassy hills\nBroad streams and rivers, and small tinkling rills:\nAnd there were forests wonderful and dark\nAnd when the shrill wind ceased, sweet sang the lark:\nAnd I forgot lost love in pleasant places,\nfound other heavens, and sweeter faces\nSmiled from the lake, or laughed behind the reeds,\nBut in the night the heart that's stricken bleeds,\nAnd ever I wandered restless. The old pain\nGripped at my heart and made me sad again.\nThen once at dawn-time, by a reedy pool\nA goat-legged fellow cried « Come hither, fool,\n« And learn the tune thas makos the world roll round:\n« Life, lust and laughter mingle in the sound:\n« 'Twas made with longing and with tears and fire,\n« But laughter conquered it, and mocked desire. »\nAnd then he took his pipe, this goat-legged man,\nAnd all the winds cries: « Hark, the song of Pan:\n€ Pan who is god of flocks and herds, who dwells\n« Deep in the woods a-weaving curious spellss,\n« And tunes that sob for joy and thrill and weep —\n« That charm to laughter or that scothe to sleep ».\nAnd so I listened, all amazed and glad\nThe while he sang, now merry and now sad.\nIII.\nAnd bye and bye Pan made a pipe for me,\nAnd when I took the pipe, I seemed to see\nVisions of bodied-thoughts, gay-clothed or dark,\nAnd each thought made a sound: and seme the lark\nTook for his song — the gayest did he take; —\nBut I for mine took sombre ones, to make\nA mournful wail for my lost love, but while\nI sang, I did forget my woes and smile.\nAnd then the sweetness of the tunes I made\nThrilled me, and I forgot my grief and played\nEntraptured, with the sounds that charmed me best;\nAnd I made songs for pleasure, while the West"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.54", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "Crimsoned beind the dark enchanted woods.\nStill by the reedy pool, in varying moods\nAll night beneath the moon I laughed and sang,\nAnd through the shadows joyful echoes rang,\nAnd presently dryads slipt from tree to tree,\nNymphs from the field and stream crept close to me,\nAnd stealthy satyrs; and web-footed men\nClimbed from the lake; and from a fairy glen\nCane trooping little people with bright eyes\nAnd listened wile I made them melodies.\nThen slender women, with white limbs, and hair\nDusky as night, sought out my reedy lair\nTo hear my singing, and the loveliest one\nLay in my arms until the night was done.\n• •••>.•• •• •\nThus have I quite forgotten God and found\nJoy in this world that tumbles round and round,\nAnd a new Heaven I know, new faith I hold;\nAnd I shall have my songs when I am old.\n\nDouglas Goldring."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c062", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "52", "page_fin": "52", "image_debut": 54, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.27", "titre_corps": "When God shall please", "titre_sommaire": "When God shall please", "signature_source": "Fred. G. Bowles", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.54", "debut_caractere": 831, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "When God shall please\nFred. G. Bowles.\nMy ship sails forth on many seas\nUncharted and unknown,\nFor O, my ship is my strong soul,\nAnd I am not alone.\nSome harbour fair shall welcome me,\nSome warm persuasive breeze;\nAnd with my Pilot I shall be —\nWhen God shall please.\nMy ship sails back at dawn of day,\nAnd storms may rage in vain ;\nMy Pilot meets rne in the bay,\nAnd I have hope again.\nTorn sails, and naught to shelter me,\nTossed by tempestuous seas ;\nBut with my Pilot I shall be —\nWhen God shall please."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c063", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "52", "page_fin": "52", "image_debut": 54, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.28", "titre_corps": "Love's sweetest melody", "titre_sommaire": "Love's sweetest melody", "signature_source": "Hélène Vacaresco ; Fred. G. Bowles", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.54", "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "Love's sweetest melody\nTŕainslated from the French of Hélène Vacaresco\nby Fred. G. Bowles.\nThe sea hath its voices,\nThe wind whispers, too;\nMy heart it rejoices\nBecause it hath you.\nBut Love's sweetest music\nIs not in the air —\nIt sings to me always\nBecause you are there !\nThe day brings the sunlight,\nThe night brings a star;\nBut sunlight and starlight\nAre just where you are.\nFor Love's sweteest music\nIs when you are near —\nMy soul hath no doubting,\nMy heart hath no fear."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c064", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "53", "page_fin": "53", "image_debut": 55, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.29", "titre_corps": "PRINTEMPS", "titre_sommaire": "PRINTEMPS", "signature_source": "André de Ridder", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.55", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 4806, "texte": "PRINTEMPS\nAndré de Ridder.\nÀ MAURICE GAUCHEZ.\nQuand Ruf entra dans le jardin, les paupières encore lourdes\nde sommeil, la joie claire du renouveau lui entra dans les yeux,\nbrusquement... Le verger, du fond du jardin, agitait la bienvenue\nde ses innombrables mains chargées de feuilles et de fleurs. Dans\nle lointain, il était baigné de lumière douce et caressante et, avec\nla blancheur de ses floraisons, s'érigait comme une aube. Une\nsuite de grands bouquets blancs, roses et violets, semblait avoir\nété plantée en terre, parmi la verdeur des arbustes frais.\nA coté des pommes et des cerises en fleur, les jeunes hètres\net les peupliers portaient tissée une denteile fluide de valenciennes\nvertes. Les grappes blanches éclataient dans la lumière du matin,\ntoute neuves et toutes pures, pendant que des fleurs balancées,\nun parfum acre et doux affluait.\nIl fit quelques pas à travers les allées ratissées, le coeur sou-\ndainement inondé d'une paix très douce et d'une joie nai've.\nC'était dans lejardin une fète universelle. Les fraisiers étalaient\nles rubans des boulevards de leurs fleurettes jaunàtres, les pre-\nmiers lilas balancaient leurs thyrses au dessus des parterres.\nBientòt les iris allaient fleurir; entre les hampes roidies de leur\nfeuillage abondant les calices futurs se gonflaient avec des tons de\npourpre ardente. La vie renaissait dans chaque pousse.\nDe nouveau, Ruf laissa errer ses yeux vers les pommiers\nfleuris aux corolles roses, sur les fraisiers aux fleurs blanches, sur\nles pèchers aux fleurs violacées et puis sur tous les feuillages\nmenus des arbres droits, si idéalement verts d'un vert tendre,\njeune, velouté que n'avaient point encore sali et durci le vent, le\nsable et la chaleur de l'été.\nC'était comme un songe qu'il vivait... Il marchait à petits\npas, attentif aux nouvelles pousses, regardant d'un ceil curieux\ntoutes le plantes et tous les arbustes... Une douceur tiède baignait\nson àme, la fròlant de caresses endormeuses.\nLe long des plates-bandes était éclose déjà l'opulence des\nrhododendrons> tout alourdis de leurs grosses touffes de calices\nconjoints aux couleurs et aux flammes cramoisies ..\nComme la poussée était belle et combien riche et multiple\nla symphonie des couleurs printanières !\nRuf ne pouvait assez se réjouir du spectacle rare du renou-\nveau. Au bout du jardin, la chute neigeuse des corolles imma-\nculées, la grande blancheur fondue et transparente du printemps\nfleuri, la fragilité gracieuse de toutes ces fleurs délicates auréolant\nles branches noueuses ne cessaient de charmer ses yeux.\nIl évoqua tout à coup le souvenir des petites Communiantes\nqu'allaient, à pas prudents, fìères de leurs robes blanches e de\nla pureté de leur cceur ignorant, le long des sentiers de son\nenfance, le long des sentiers fleuris, où embaumaient les aubépines\net que bordaient les arbres de mai joyeux... Leur voile flottait\nderrière elles quand arrivait le vent ; il flottait tout gai, comme\nun drapeau de fète. Le long des chemins, dans la clarté du matin\net la fraicheur de la rosée perlée, c'était une longue procession\nvers l'église, une procession d'enfants blanches, d'enfants pures...\nLa remembrance était bienfaisante.\nSongeur, Ruf alla s'accouder à la balustrade. Il regarda les\nprairies voisines* où des trainées de pissenlits et de pàquerettes\némaillaient la verdeur veloutée des jeunes herbes. A gauche une\ngrande drève s'ouvrait, cloìtrée d'ombre, et à travers les feuilles\nde ses branches un peu de soleil tombait, poudre d'or volup-\ntueusement caressante... Et plus loin, Ruf suivit le triple ruban\néclatant du canal ; la coulée bleu-grise de l'eau, l'ocre brutal du\nchemin de halage, tout sablonneux, le vert foncé de l'herbe abon-\ndante, puis encore les berges aux tons roux....\nIl eut alors subitement l'intuition bienheureuse du vide lumi\nneux et béat de ce matin. Toute la campagne était deserte... le\nciel était bleu, scintillant d'une lumière diffuse et impalpablement\ndorée ; un pigeon le traversa, à grands coups d'ailes bénisseurs.,.\net le soleil de mai chauffait tout doucement, suspendu haut dans\nle ciel immensément serein... Une bonne odeur flottait.\nUn rève...\nEt puis, tout a coup, sans motif et sans cause, il ne put\ncomprendre de quelles sources cachées de sa conscience montaient\nces relents du passé, il songea à son Annie, à la chère petite\nAnnie, à sa jolie poupée d'amour... Comme il Tavait aimée ! Tout\nétait fini maintenant... Il revit la blancheur tiède de son corps,\nles pointes roses de ses petits seins durs, tout son visage pas-\nsionné et ses yeux séducteurs ; il respira son parfum, l'essence\nfine d'héliotrope qui impregnait son linge... et aussitòt il se mit\nà pleurer, à sangloter follement, bètement, sans savoir pourquoi,\nse demandant si c'était de joie ou de regret...\nTraci, fai flamandpar V Auteur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c065", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "54", "page_fin": "54", "image_debut": 56, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.30", "titre_corps": "Die Helden des Simplon", "titre_sommaire": "Die Helden des Simplon", "signature_source": "Benno Geiger", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.56", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2515, "texte": "Die Helden des Simplon\nBenno Geiger.\nIm Berge zwei Lokomotiven harren,\nvon einem Riesentor entzweit.\nEin heisser Drang- bewegt ihr Vorwàrtsstarren.\nEin Schrei durchreisst die Diisterkeit.\nDu Tor von Eisen, lass die Riegei fahren,\ngib deinen Fliigeln freien Lauf!\nHeil dir, da Tor von tausend neuen Jahren!\nIhr neuen Sieger schreitet auf!\nEin starkes Leben weihtet der Beschwerde\nihr nackte Helden jahrelang;\nunsichtbar drangt ihr durch die Nacht der Erde\nin des Gesprenges Wiederklang.\nEs floh der Berg, durch dumpfe Schàchte schauernd,\nvor euren Spaten Stùck bei Stùck;\nihr wischtet, stumm auf seinen Trummern kauernd,\nvon eurer Stirn den Schweiss zuriick.\nDort war die dunkel unbebaute Brache,\ndie Schweigsamkeit, das Rohgewicht;\nhier war der Blitz, der Hauch, die knappe Sprache:\ndort war das Chaos, hier war Licht.\nSo ruhe, Gott, im heitern Donnerschalle,\nvom Werk der Woche wohlgemut!\nDer siebte Tag ist dies: ihr Mànner alle,\nwas ihr vollbrachtet, es ist gut.\nSo ruht euch aus! und mustert nicht die Scharten,\ndie sich der Stahl im Quarz gehaun:\nihn auszuwetzen, werdet euren Garten\nihr einst damit im Lenz bebaun.\nDen seinen jeder, der euch auf der Wage\nnicht eingeschrànkt, vom Strauche frisch,\ndas unbesoldete Gemiise trage\nim Maimond fur den Fruhstuckstisch.\nDu Tor von Eisen, òffne dich! Doch kommen\ndie Bergarbeiter schon ins Land,\nden Spaten ubers Sckulterblatt genommen,\ndas Arbeitsentgelt in der Hand.\nIhr zieht vom Berg ins Tal herab und wendet\nden Rùcken dem durchstochnen Schacht\nAch, trùbes Los der Arbeit, die vollendet\nnur mehr die Seele traurig macht !\nDen Weg des Werks verfolgt in alien Landen\nihr ohne Ruhe, ohne Wahl:\n« Welch Ararat, welch ein Gebirg der Anden.\nverlangt, Gesellen, unsern Stahl ?\nWelch Meer will Deiche, sich daran zu brechen,\nals wie der Mensch an seinem Zorn ?\nWelch Meeresgrund ist irgend aufzustechen ?\nwelch Land begehrt des Schififes Sporn?\nWelch andrer Tat mag unser Leben taugen,\nauf dass der Dampf, seis Zug seis Schiff,\ndie Lòwen einst mit seinen roten Augen,\ndie Wòlfe schrecke mit dem Pfiff ? »\nLateinisch Blut, zerstreut in alien Winden,\ndu gleichst dir selbst noch immer sehr:\ndu weisst noch jeden Weg der Welt zu finden....\nweisst nicht mehr den der Wiederkehr.\nIhr seid noch stets die stàhlernen Kohorten,\nVeliten-und Triarenheer\nDoch unsre Toten liegen allerorten\nals tot herum auf Land und Meer.\nDu Tor von Eisen!... Grosses Rom vereine\ndie Heldenschar von altem Schrot\num dich herum! Gib jedem Mann das Seine:\ndie Hymnen des Triumphs und — Brot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c066", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c066", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "55", "page_fin": "56", "image_debut": 57, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.31", "titre_corps": "CENTAURE E FAUNE", "titre_sommaire": "CENTAURE E FAUNE", "signature_source": "Valére Bernard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.57", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "CENTAURE E FAUNE\n\nSUBRE UN DESSIN D'EN RODIN\nLOU CENTAURE.\nFraire campèstre, estajan de la séuvo,\no cabro-péd! véne! que sus rnoun pitre\nfrairalamen te sarre.\nAi vanega, siéu sadou d'aire cande,\nLa naturo sei sabo aveno dins mei veno,\ne mei passien, feroujo fan calamo,\nmai un arsi qu'es pas de dire m'estrancino!\nfraire as-ti coumo iéu de pressentido estràngi?\nLOU FAUNE.\nEnliasso me dins tei bras, ò centaure!\nque tei flanc rescaufon ma rusco.\nSénti'me tu lou couràgi de viéure,\nsegur, lou couràgi de viéure.\nMa naturo bestiaio me peso!\nQue noun ai coumo tu lou lamp de quatre batol\nsouto l'arcounsèu deis aubre,\nsubre la cimo dei roco\nmei passien libramen, coumo lei tiéu, s'afanon,\ne pamens.... e pamens.... vourriéu, coumo te dire!\nau calabrun vourriéu m'espoumpi dins leis aire,\nvourriéu m'endeveni, de ieu meme èstre escàpi,\ne l'estelan m'atiro.... un pivelàgi estràngi....\nLOU CENTAURE.\nEstràngi, ò, cabro-péd! sus lei counfront d'un mounde\nvaraian touti dous. Sèmpre nouesto pensado\n\nSUR UN DESSIN DE RODIN\nLE CENTAURE.\nO frére agreste! habitant des forèts!\nviens, 6 chèvre-pieds ! que sur ma poitrine\nfraternellement je te serre.\nJ'ai parcouru le monde, je me suis enivré d'air pur,\nma force s'est accrue de toutes les séves de la nature,\net mes passions irrésistibles sont satisfaites,\nmais une inquiétude indéfinissable m'agite !\nfrére, n'es-tu pas tourmenté comme moi de rèves étranges?\nLE FAUNE.\nEnlace-moi dans tes bras ò centaure!\nque tes flancs me réchauffent.\nJe puise en toi le courage de vivre,\noui, le courage de vivre.\nMa nature bestiale me pése!\nQue n'ai-je comme toi quatre pieds rapides comme l'éclair!\nSous le dòme des arbres,\nsur la cime des rochers\nmes passions, comme les tiennes se satisfont librement,\net cependant... et cependant... je voudrais, comment te dire,\naux heures crépusculaires je voudrais me dissoudre dans l'air,\nje voudrais disparaitre, m'échapper à moi-mème,\nles etoiles me font reirer, une.... une attraction étrange....\nLE CENTAURE.\nEtrange, 6 chèvre-pieds, sur les confins d'un monde\nnous errons tous deux. Toujours notre pensée"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.58", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1285, "texte": "pus luen, pus luen s'en vai, es quaucaren que greio\naquel àrsi, dirias, coumo en dintre....\nLa terrò m'aparten, de bout en bout l'estarpi,\nmai l'Ether! mai l'azur! mai lei founsour de l'airel\nah ! s'aviéu d'alo ! d'alo ! d'alo !\nLOU FAUNE.\nDigo, ò centaure, escouto :\npantaii bèn souvènt qu'en fouero de moun orvo\nsiéu escàpi, invesible, uno puro pensado....\nLoU CENTAURE.\nGarden si! cabro-pèd! l'oumbro es pieno d'engano!\ne la vido es tant bello ! Aimen, louchen, visquen\nnouesto boueno vidasso a mita diéu e besti.\nE lei dous èsse fabulous\nlei uei fissant leis uei\ns'estregnon\nValére B\nCAPOULIÉ DU FÉLIBRIGE.\n\nplus loin, plus loin s'en va; c'est quelque chose qui germe\nce désir, dirait-on, comme en nous-mème....\nLa terre est à moi, je la parcours hardiment en tous sens,\nmais l'Ether! mais l'azurl mais les profondeurs de l'air !\nah! des ailes! des ailes! des ailes!\nLE FAUNE.\nEcoute, ó centaure,\nje rève souvent ètre sorti de ma gaine de peau\nètre libre, invisible, une pure pensée....\nLE CENTAURE.\nPrenons garde! ò chèvre-pieds !\nles ténèbres sont pleines d'embuches !\net la vie est si belle ! Aimons, luttons, vivons\nnotre bonne vie, moitié bètes et moitié dieux.\nEt, les yeux dans les yeux,\nles deux ètres fabuleux\ns'étreignent.\nCAPOULIÉ DU FÉLIBRIGE.\n\nValére Bernard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c067", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c067", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "56", "page_fin": "56", "image_debut": 58, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.32", "titre_corps": "In preparazione:", "titre_sommaire": "In preparazione:", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.58", "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1382, "texte": "In preparazione:\nGUFO REALE\nromanzo di Paolo Buzzi\nLUSSURIA VERDE\nromanzo di Enrico Cavacchioli"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c068", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "57", "page_fin": "57", "image_debut": 59, "image_fin": 59, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.33", "titre_corps": "In morte di Cesare Lombroso", "titre_sommaire": "In morte di Cesare Lombroso", "signature_source": "Paolo Buzzi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 59, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.59", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "In morte di Cesare Lombroso\nPaolo Buzzi\nUomo, belva,\nDelinquente, belva minore,\nGenio, belva più belva delle belve.\nE la tua morte, o piccolo Padre\ndai piedi di bronzo vacillanti\nin cima due secoli,\nmi rimembra ore di pace augusta e di mistero\nentro gabinetti anatomici straricchi\ndi scansie dorate dal sole su teschi di Mostri\nper lunghe file ghignanti ed in silenzio.\nTu carezzavi le calotte gelide con mano gelosa\ncome l'amante il caldo nudo ombelico all'amante.\nDa fuori, l'eco meditabonda\ndel coro dei pazzi, saltellante e grave,\nparea il Fugato estremo alla Musica della Vita.\nAve! T'amai per una tazza di caffè che m'offristi\nsul tavolino lercio d'una bottega di Durano\n(era l'ottobre malinconico che fa sentire\nai Vecchi molto bisogno dei Giovani) :\ne per le lodi che desti al mio tenue libro, ma caro,\nsu la Pellagra nella Provincia miliardaria di Milano:\ne per quanto mi segnasti\nsulla cera dell'anima, a colpi d'unghia,\ndall' infanzia beghina :\nchè ne sbocciò, poi, grande\nla mia corolla salmastra purpurea di corallo.\nAve ! Mi depongo,\nfiore del mio bel mare autonomo in tempesta,\nsulla tua tomba loica democratica\nd'Uomo che squarciò vivo gli uomini\ne volle, cadavere, essere squarciato.\nAve, Palombaro Antropofogo di te stesso,\nPilota all'oceano delle ombre\n— se tornino o non tornino spiritiche. —\nAve, pei Miserabili!\nVINCITORE DEL I CONCORSO DI « POESIA »,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c069", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "58", "page_fin": "60", "image_debut": 60, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.34", "titre_corps": "RONDINI", "titre_sommaire": "RONDINI", "signature_source": "G. P. Lucini", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 60, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.60", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "RONDINI\n\nPER CORRADO GOVONI.\nPer ripolir la Casina,\nrimasta chiusa molt'anni,\n— quattro finestre e un balconcino\nrivolti al sole,\ncome boccuccie brune di viole,\ninghirlandate di vite, —\nper preparare il nido alli sposi\nhanno distrutto i nidi delle rondini.\nVennero e foraggiarono\nlustrando nei contorni,\nsulla facciata bianca e ridipinta, —\noh, come linda e civettuola,\ntra i pampini sfoggiati e rinverditi! —\nnon trovaron le rondini i nidi:\nTroveranno li sposi\nla camera nuziale della nonna,\nle gialle ghirlande dell'impero,\nsopra il parato di cretonne-ponceauy\nil copripiedi di seta cangiante\ntagliato dalla gonna della prozia elegante,\nche vide i balli del Beauharnais ;\nvi troveranno il talamo\nfresco, ampio, rimboccato,\npei baci e per la prole,\ncon una venerabile e tarlata culla a lato,\ntarsia sfoggiata del Maggiolino.\nLe rondini passarono chiamandosi,\nfosco lamento alato:\npigolìi per il cielo intenerito; —\nprofumi per l'erbe smaltate:\npoi si raccolsero a stuolo\nsopra il comignolo fuligginoso.\nAvevan ritrovate le mure disfatte,\ntra le palme dell'oasi, e ad aspettarle intatte,\nle nicchie polverose che guardano i nidi.\nAvevan ritrovato camelli e santoni sul margine\ndelle sabbie infuocate ed infeconde.\nSi erano riposate sulla cuba moresca e vetusta,\ntra le pietre sconnesse\ndove avevan posato pei secoli\nle defunte covate progenitrici ;\ne riudir al silenzio meridiano,\nchiamare il muezzin la preghiera.\nTrascorrevano in fila lontane\navvolte nei cacik le carovane ;\ncavalcate ondeggiavano d'Arabi\nal volo dei bianchi bornus,\nal lampo damascato di lunghe carabine.\nTrovarono la Sfinge\npiù deH'altr'anno sfaldata,\nsevera, in cipiglio ed annojata ;\nla Piramide bionda diroccata :\ntouristes d'ogni paese\nmascherati all'inglese,\nbourricos, asinari,\nvegliardi, fellahs,\ndinastia incretinita discesa dai Faraoni;\ndei pastori anglicani;\nla miss col velo azzurro :\nil cielo in un susurro indefinito"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.61", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3004, "texte": "di piccole vite comprese e sciorinate;\nsapidi moscherini del fango del Nilo,\nper l'inesausta prodigalità\ndel delta straripato.\nRinnovaron le congreghe alla sera,\nalla luna rotonda,\nsótto la cupola slabbrata e tonda della moschea ;\nriabitar nei nidi della loro famiglia,\ngrigi e rappresi di densa fanghiglia ovattata,\ne, nell'eterna indolenza orientale,\nlibrarono di nuovo volanti libertà.\nOggi, nell'altra patria europea,\nnon trovan più i nidi sospesi,\ntra trave e trave, sotto la gronda,\nma nuove pitture ed il sito\ndelle recenti verniciature.\nNon più il silenzio augusto della valle,\nnel sonno vede delle piante antiche.\nIl giardinetto è rimondato\ndalle gramigne tenaci e parassite;\nla ghiaia è lucida;\ns'adagiano i rosai sopra ai sostegni;\nhan seminato legumi e violacciocche;\nl'acqua ha ridato l'anima liquida alla fontana\nche si era inaridita;\nhan restaurato il gallo rosso, e verde alla meridiana\nin mezzo ai segni gialli dello zodiaco; —\nla vecchia Colomba rialza la persiana\ndella sala da pranzo e guarda affaccendata sulla via.\nRondini, li Uomini, se fanno il nido,\ndistruggono il nido alli uccelli;\nsaccheggian la natura per la famiglia lutura,\nin questa società meticolosa :\nl'oriente vi riserba molle e barbaro\ncasa e pastura; l'igiene qui vi abborre,\nsparge disinfettanti a prevenzione,\nestirpa dalla vita, illogicamente,\nogni putrefazione.\nOggi, a covar la vita di un bambolo europeo,\npelurie di cigni, battiste aracnidi,\ncarne d'alberi annosi, polpe di frutti,\ncristalli di miniere, tutto il verziere in fiore,\nspoglie e messe del mare e del campo ;\ndelicatezze, svenimenti e feste,\ncerimonie e intervento della burocrazia;\nlavoro e sudore del padre,\nun grido disperato, lagrime e sangue di madre.\nAttende li ospiti la bianca Casina;\nfuga quindi le rondini.\nLa vecchia Colomba in cucina,\nattizza vampe nel vespero :\nriflettonsi nel rame delle pentole\nalacri fiamme alla cena.\nIl girarrosto ad orologeria\nscocca i minuti dell'ora culinaria,\ntra l'odor delle spezie svampate dal dispensino,\nrosola in sulle bracie, il paffuto cappone,\nbatte col cuor della vecchia Colomba,\nsi specchia nel lucido ottone\ndei candelieri incisi di una greca,\nripete il suo lento torneo\nnel luminello della cazzeruola a bugne del pasticcio,\nfrigge e schioppetta,\nimbalsama di salvia rosolata\nfraganze al ben venuto della sposa aspettata.\nQuindi la sonagliera scroscia sull'erta,\nne segna, a pause, le svolte e le ansanti salite,\nsgrana il suo tintinnio d'argento e di cristallo,\ndentro la polvere, sopra le ramore\nbasse e frusciatiti nel ballo\ndella brezza leggiera che corre al tramonto.\nLa corriera che rotola e romba,\ncoi vetri che fremono,\nmassiccia e sgangherata centenaria\ncon le tre buone razze,\nspelate, soffianti a guidaleschi,\ns'arresta alla porta.\nPrecipita lesta,\ndalla portiera sconnessa e spalancata,\nbatuffolo viso di riccioli biondi,\ndi sete clair-de-lune,\ncon mille veli, con lungo strascico\nla nuova Signora;\ntraversa la via, imbuca l'androne,\ncometa che guizza, dal folto, a un burrone"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.62", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 868, "texte": "di nuvole a nuvole in cielo ;\nla segue il Signore commosso e sudato.\n« Buon giorno, Colomba ! »\nmormora la vocina\ntumida di sorrisi e di malinconia.\nColomba si schiva impacciata alle soglie :\n« Buon dì Signoria ! »\nsfòggia la riverenza dismodata\ne s'inchina e l'accoglie.\nSventola allegra una bandiera di fumo,\ndorata ciarpa di fata,\ndall'antico comignolo ringiovanito;\nsi svolge lentamente nell'aria pura e serena\na fugare, coll'ultimo raggio di sole,\nsperanze di rondini in pena,\n— « Via, dalla ringhiera del curvo balconcino,\npettegole, ciarliere, irrequiete e troppo mattiniere :\nalla mattina conviene lasciar riposare li sposi. »\nOra cala la sera;\ne va sospesa col fumo una prescienza oscura.\nIl bacio scocca la rivelazioné :\nstride la rondine in cerca del nido\nangosciata e sorpresa :\ne col pianto e col riso\ns'aulentica d'amore la Natura.\n\nG. P. Lucini."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c070", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "60", "page_fin": "60", "image_debut": 62, "image_fin": 62, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.35", "titre_corps": "Desiderio", "titre_sommaire": "Desiderio", "signature_source": "Libero Altomare", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.62", "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "Desiderio\nLibero Altomare.\nA PAOLO BUZZI.\nSe io non fossi poeta, vorrei essere tabro :\nun meccanico destro, gaio, dal volto scabro,\ndai muscoli flessibili come l'acciaio puro,\nil petto ampio e sbuffante come il mantice oscuro,\nla bocca quale tromba argentea che sbaraglia\nla fatica, e la mano dura come tenaglia.\nEbbro di ferro e fuoco,, gavazzare in un'orgia\nd'acri odori, nel bujo antro della mia forgia\nquasi dentro un serraglio ; mescolare alle sorde\nvoci la mia canzone....\n— ... Ringhia la lima e morde\ncome la jena; il trapano rugge; balza il martello,\nil maglio, pachiderma, barrisce nel cervello. —\nTra scoppi, fischi e rantoli carezzare la brace\nfulva come criniera ; e alla bocca vorace\ntoglier la preda quando il mostro non si addorme.\nVeder l'aborto, nuovo Proteo, mutar di forme\ned il metallo struggersi come midolla tersa\nal multilingue amplesso de la fiamma perversa.\nPoi, temprar la spada che guizza e s'arrovella,\no lucidare un'agile canna di rivoltella\no un proletario vòmere, e con là stessa mano\n— ch'à risanato il fragile cuore d'un areoplano\ntatuata di fuliggine, inguantata di morchia,\nstrimpellare una stridula musica sovra il torchio.\nBattezzar col mio sangue la cute degli ordigni\nchirurgici, insidiare-l'anima degli scrigni ;\npreparare nell'ombra le future vittorie\ne incider la mia cifra sui lutti e su le glorie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c071", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c071", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "61", "page_fin": "61", "image_debut": 63, "image_fin": 63, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.36", "titre_corps": "Da \"I CORSARI\" : POEMA DRAMMATICO IN TRE ATTI", "titre_sommaire": "Da \"I CORSARI\" : POEMA DRAMMATICO IN TRE ATTI", "signature_source": "Enrico Cavacchioli", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 63, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.63", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2773, "texte": "Da “I CORSARI„\nEnrico Cavacchioli\nPOEMA DRAMMATICO IN TRE ATTI\nA B. TEDESCHI.\nATTO PRIMO.\n11 racconto della cattura delle navi.\nIL CORSARO :\nDalle loro caverne all'improvviso\nle sirene guizzarono nel mare:\nfrustaron l'onda di lor risa\ne il porto apparve dalla luna intriso.\nGocciavano le antenne dei navili\nperlami, al fiotto delle chiglie gravi,\ne si cullavan placide le navi\nsull'ancore dai rossi arti sottili.\nCiminiere esauste aspettavano\nsoffi di fuoco negli aperti bronchi ;\nangosciate le macchine con tronchi\nbramiti nella notte alta ansimavano.\nE le sirene entrarono nel porto\nper la loro rapina, sotto agli occhi\nde' fanali. Suonavano a rintocchi\nle campane di qualche Chiesa a morto.\nSuonavano a rintocchi, a tocchi rochi\nor più vicine, or più lontane, sole,\ninebriando al vento loro gole\nd'azzurro e di sereno in mille giochi.\nTaciturne nuotavan le sirene,\na quei suono. Tentavano le prore\ndormienti in un nostalgico languore\ne tiravan dal mare le catene.\nCautamente le ancore spezzavano\nfiorite di vermiglie attinie ardenti,\ne guizzavano in furbi ondeggiamenti\nscardinando le maglie che schiantavano.\nI marinari, immersi in loro sonno,\nsotto coperta, delle amanti illuni\nsognavano, sospesi tra le funi\nferrigne come in un intercolonno,\ne le sirene un frivolo cantare\nbisbigliavan così per suaderli :\ngocciavano le antenne verdi perle\nlunari con un lento singhiozzare...\nTutte le navi addormentate, allora\ntrascinaron dal porto alla deriva\nle Sirene, legate alla lor viva\ncapellatura palpitante d'oro.\nE per il mare aperto come il palmo\ndi loro mano, al lume della luna,\nnavigarono in tacita fortuna,\nsolennemente, senza remo e scalmo.\nNavigarono in fino all' alba chiara\nche si disfece in lacrime di schisto,\nvia per il mare lampeggiante tristo\nche scoperchiava il sol come una bara...\nII canto delle femmine malvagie\nsi faceva più intenso e sonnolento;\nsi udiva il roco progredir d'argento\ndi loro monodie nel ciel di brace.\nCresceva in soavissima follia,\nin magica catena di delirio,\nfluttuando così, senza respiro,\nin un rosso sospir di nostalgia,\ne cullava i nocchieri addormentati\nin quel suono, in quel sogno,\nin quell'angoscia\nsenza fine nè cielo...\nCosi' quella voragine li prese\ne ritorse le navi come mostri\nferiti che arronciglino ne' rostri\ngli agguati le perfidie e le sorprese.\nIl sole, allora, come un ostensorio\napparve sul cantar delle sirene,\ne più forte cozzaron le catene\nfinché non sprofondò tutto il mortorio...\nIo solo ! Io solo ho rotto 1' incantesimo !\nE la vendetta mi ha percosso ! E' l'ora\nFora divina della libertà!...\n(La folla risponde come famelica, con un\nsolo grido disperato :)\n— Vendetta !\n— Per i nostri figli !\n— Per\ni nostri padri !\n— Siamo sole!\n■— Siamo\nvedove !\n— Ahimè !\nVINCITORE DEL II CONCORSO DI \"POESIA,,."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c072", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "69", "page_fin": "69", "image_debut": 64, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.37", "titre_corps": "SOGNI DEL MARE", "titre_sommaire": "SOGNI DEL MARE", "signature_source": "Antonio Deni", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 64, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.64", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "SOGNI DEL MARE\nAntonio Deni.\nA MARIO RAPISARDI.\nUn giovane balza nell'aria silente e lancia una sfida.\nEgli si tuffa e sparisce d'un tratto fra l'acqua spumeggiante\nmentre l'eco della sua voce si perde fra i gorghi...\nIn fondo salta di balza in balza, per valli fredde e buie dove\npolipi immani sgranan terribili gli occhi giallastri, passa per città\nabbandonate sacre di silenzio e di macerie, dove sulle vie di ba-\nsalto riposano vecchie carcasse ove torreggiò la gloria, vecchi\nponti ove irruppe la giovinezza con impeto altero; passa per\ndormenti pianure solitarie cosparse di ferro, traversa altissime\nbrughiere d' alghe dove s'abbracciano e si cullano gli scheletri\numani tragici e silenziosi.\nIn alto, sulla sua testa, è un rapido spumeggiar di sogni. Il\nmare s'affretta a salire le sponde gonfio di brame e sembra mormo-\nrare strane parole alla riva. Così, spesso, s'avanzano l'ore grigie\ndel male, con un fosco turbinio di larve e nella notte immota\nsembrano passare a sciami taciti pulviscoli cinerei che giungono\nda lontano.\nOra nella notte serena s'odono respiri affannosi nelle penom-\nbre azzurre delle palazzine, dietro le piccole tende delle finestruole\nmosse dal vento, s'odono mille bisbigli fra i curvati rami ove gli\numori della madre terra ascendono gorgogliando i tronchi degli\nalberi. Anche laggiù, da più secoli, Aci Castello sfida il fuoco e\nil mare e il vento fischia dentro ai suoi larghi finestroni e muore\nstenuato sul dorso annerito di un vecchio cannone.\nE sembra un bisbiglio giri eternamente coli' aure intorno a\nquei muri fasciati di muschio, sembra che un fiato umano esali\nda quelle polverose rovine d'onde, a tarda notte, si levano stan-\nche larve che vagolano brancolando per le vuote prigioni...\nArriva ancora pei giardini silenti il fragor sordo del mare\nche s'infrange negli spechi remoti ove nereggia il basalto o fra\ni neri scogli ove fiottano i fasci di licheni.\nLontano, a destra, un pulviscolo d'oro abbagliante precipita\nsiili' ampia città. Un vociar languido giunge a ondate per 1' aria\ne sembra l'anelito di un'anima innamorata che veda il calar del\nsole della propria giovinezza.\nOr si, or no incalza rabbioso lo strepito degli organi volanti,\nlaggiù, nel porto, si sperde fioco l'ansito delle ciminiere e il ran-\ntolo delle gravi catene uscenti dall'acqua.\nCome un sogno, nel tramonto la città sembra riardere di vita,\ncon le sue vie gonfie di folla in moto, con le sue case piene di [caldi\naliti, di acri odori e di fiati umani; con le sue fucine abbagliati che\nmandano dalle bocche aperte fumo e faville, con i suoi tempj\navvolti d'incenso e d'armonie; con gli opificj risonanti dove le\nmacchine lanciano la luce sui fili di metallo e coi giardini pieni\ndi bisbigli e di richiami, con i teatri echeggianti di applausi e di\ntrilli, e le prigioni piene di bestemmie e di ruggiti, con gli altari\nbianchi che ascoltano gli affanni e le umili preghiere, e i luridi\npostriboli dove il dolore scoppia in risata, il bacio si snoda in\nmorso, dove si danza, si muore e si sputa sul mondo !\nIntorno al mare azzurro è una brama di lotte, nei viali se-\ncreti, nelle palazzine snelle, è un tormento di baci.\nDal e errazze si leva una celeste melodia di violini ed una\nfervida voce echeggia nel cielo già adombrato dalla mestizia della\nsera che viene.\nE le verdi persiane,\"rimaste intorpidite nel sognante meriggio,\nora si schiudono per ascoltare, e la fanciulla sente l'alito del mare\ne 1' armonia di quella voce scenderle all' anima avvolgendola in\nun'onda di piacere.\nCorre in tanto per 1' aria una divina fragranza di magnolie\nche accende lo spirito di un ardore di conquista, aprendo all'anima\nun'ondata di suoni e un fiotto di luce che lascia intravedere sem-\nbianze di cose sognate, plaghe lontane di mondi ignorati..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c073", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "70", "page_fin": "71", "image_debut": 65, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.38", "titre_corps": "Le cœur implacable", "titre_sommaire": "Le cœur implacable", "signature_source": "Cæcilia Vellini", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.65", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "Le cœur implacable\n\nA AUREL.\nJ'ai peur d'ètre vieille : mal des passions, c'est vieillir\nque de ne plus t'éprouver !\nMon coeur a cessé d'ètre actif de cette activité dans\nJaquelle la vie s'accroit, se magnifie et s'absorbe.\nLes souvenirs du passé, scellés les uns dans les\nautres, comme les anneaux en airain d'une chaìne brisée,\ntrainent derrière mes pas et me suivent avec le bruit\nque doit faire la marche d' un revenant, mort depuis\nlongtemps.\nJe ne suis mème plus triste\nMon indifférence prend la profondeur implacab!e\ndu mépris.\nMon coeur, aujourd'hui, je ne t'ai pas senti.\nJ' ai vu de la douleur, de la mort et tu ne t'y es\npas mèle.\n— € Mon fils va très mal ; venez le voir, a supplié\nla vieille mère, en m' implorant du geste de ses mains\nsèches ».\nJe lisais ; je n'ai pas levé les jeux et j'ai dit:\n— « Pourquoi viendrai-je? »\nLa vieille continua :\n— « Venez, je vous supplie. Vous avez été son\namour ; soyez la divinité près de sa douleur. Dans la\nfìèvre, il crie votre nom. Lia ! Lia ! c'est atroce de voir\nainsi mon enfant mourir sans la consolation que votre\nprésence peut seule lui donner !\n« Lia! Lia! Vous lui direz une parole, un mensonge\ndoux, un mot de charité.... pour la dernière fois. »\nImpassible, je répondis:\n— € Pourquoi mentir aux mourants, si je n ai pas\nmenti aux vivants. »\nMon cceur, aujourd' hui, je ne t'ai pas senti. J'ai\nvu de la douleur et de la mort et tu ne t'y es pas mèlé !\nLa vieille a pris mes mains et forte de détresse, a\ntire mes pas jusqu' à sa maison.\nDans la chambre du fils, j'entrai.\nIl tourna vers moi ses yeux, beaux de fièvre et '\nmurmura :\n— « Lia! je vais mourir. Je suis heureux car je\nmourrai près de vous. La vie aurait été laide, puisque\nvotre àme orageuse n' a pas fléchi, puisque vous vous\nètes repliée sur vous-mème devant les mots de mon\namour. »\nJe ne le regardai pas. Mes yeux suivirent par delà\nles fenètres la vigne ambrée qui serpentait comme le\ncaprice d'une écharpe, autour de la petite maison.\nJe ne vis pas, que sa tète, lasse de 1' effort, était\nretombée sur l'oreiller.\n— « Il ne passera pas la nuit ! » murmura le souf-\nflé de la mère.\n— « C' est probable », répondit le courage affreux\nde mon indifférence loyale.\n*5*\nMon coeur, aujourd'hui je ne't'ai pas senti. J'ai vu\nde la douleur et de la mort et tu ne t'y es pas mèlé.\nL'agonie de l'enfant commencas Le désert fut par-\ntout en lui, excepté dans son coeur. Son delire fut encore\nde T amour gémissant sous la blessure ou se dévorant\ndans l'appel des mots."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.66", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "Soudain reparut la lucidité, cette dernière clarté de\nl'esprit, qui marche devant la mort pour mieux la guider.\nMa bouche, il la voulut. Je la lui donnai comme\nr infirmière présente à un malade les bords froids d'une\ncoupé.\n— « Si j'avais continue la vie, dites, m'auriez-vous\naimé ? »\n\\ — « Non »\nEntendit-il ce mot? Je le crains. Je crois qu'il mourut\nau moment mème où je le prononcai.\nje le regardai sans émotion, malgré Y effort, en\nnotant sans regret que maintenant il était beau.\nDe cet amour, je ne sus mème pas fairé un flam-\nbeau allume à la torche funéraire de ce lit où Tenfant-\nhomme venait de mourir.\ns\nMon coeur, aujourd'hui je ne t'ai pas senti. J'ai vu\nde la douleur et de la mort et tu ne t'y es pas mèlé.\n\nCæcilia Vellini."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c074", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "71", "page_fin": "71", "image_debut": 66, "image_fin": 66, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.39", "titre_corps": "TRISTESSE", "titre_sommaire": "TRISTESSE", "signature_source": "Jean Dorsal", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.66", "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 2094, "texte": "TRISTESSE\nJean Dorsal.\nÀ MADEMOISELLE BRAUNEROVA\nPaysage plongeant aux Gouffres de mes yeux\nMon àme se contemple à vos faces diverses;\nElle est gouleur d'azur comme le sont vos cieux,\nA votre aube elle a pris la Gioire qui la berce.\nElle vibre à l'éclat des chaleurs estivales\nEt sous un soleil fixe énerve ses ardeurs,\nElle a les repentirs que les Couchants exhalent,\nDe votre Nuit pensive elle tient ses pudeurs.\nVoici tous ses Passés aux lourdes chevauchées\nDe vos Nuages bas écrasant les lointains;\nElle dort, comme on voit vos collines couchees,\nSous le manteau des Bois aux longs plis incertains,\nVos larges Horizons sont ses mansuétudes,\nVos Forèts son mystère et vos Prés sa bonte ;\nDans vos Vallons déserts songe sa solitude,\nSous les troncs h&ut-levés rèvent ses volontés,\nElle doit, comme vous, pousser tous- ses feuillages,\nDe la fleur du Printemps, faire jaillir uri fruit ;\nSous ses Rameaux dressés abriter tous les àges,\nEpanouir le sol à la Sève qui bruit.\nO ses appels à l'astre auquel tout se feconde\nAiguisant comme un dard ses désirs triomphaux\nSeront-ils entendus, pour que surgisse au monde\nL'oeuvre pure ou la mort ébrèchera sa faux !...\nMais à peine a-t-elle eu la Paix de la Lumière\nQue sur ses Monts, où pleut l'inattendu d'un soir,\nDans la détresse à son automne coutumière,\nL'orage échevelé traine son haillon noir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c075", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "72", "page_fin": "72", "image_debut": 67, "image_fin": 67, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.40", "titre_corps": "DA LA CANZONE DEGLI UMILI : ALL'ASINO LONTANO", "titre_sommaire": "DA LA CANZONE DEGLI UMILI : ALL'ASINO LONTANO", "signature_source": "Mario Puccini", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.67", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "DA LA CANZONE DEGLI UMILI\nMario Puccini.\nALL'ASINO LONTANO.\nPer una strana ironia, asino, le nostre anime si sono prese,\nquella volta. Salivamo - ricordi ? il sentiero pietroso ed il maggio\ncanzonava la nostra lentezza con le voci delle anime inebriate,\ncon effluvii di profumi ignoti, con le giulive armonie del suo\nfiorire, invano attendendo un coro della nostra meraviglia. Tu,\ncui di recente il potere egoistico deiruomo aveva tolto il diritto\nd'amare, ti sforzavi nell'ascesa dolorosa e non potevi avere inni\ndi dolcezza per quella vita ardente che ti si mostrava e che tu\nricordavi di aver vissuto, quando non invano la femmina annu-\nsava l'aria nel desiderio di te. Ora, dopo una sofferenza atroce\ndel corpo, l'anima si apriva alla completa sventura e tu ritrovavi\nnel lento giro dello sguardo, volto alla montagna, i luoghi dove\npiù la femmina t'aveva soddisfatto.\nSeppelliamo, o amico, quest'onda di ricordi che ci serra la\ngola e non ribelliamoci.\nVedi ? La sorte ci ha fatto così e ci ha divisi.\nLontani, forse ci ricorderemo. Vicini, per la mia necessità o\nper il mio egoismo o per la malvagità che s'impone alla com-\npassione tu forse mi avresti padrone sdegnoso.\nOra mi ricordi. Salivamo ed io non osavo richiedere alla\ntua debolezza uno sforzo che gli altri asini sapevan fare.\nTu eri immiserito, povero amico, come la mia anima.\nL'ho detto: i nostri palpiti in quel lento andare, ebbero un\nmomento di passione.\nTu, perduto l'orgoglio del maschio, inorridivi per le pros-\nsime fatiche, a cui per sempre sarebbe mancato il sollievo del\npiacere.\nAmico, la natura è cattiva, nel suo creare e chi soggiace\nnon avrà conforti.\nMe lo dicesti (credi che io dimentichi?) in uno slancio di\nsincerità e d'odio verso la vita.\nPerchè t'avevan creato ? Nemmeno la consolazione di fare dei\nfigli l'uomo aveva lasciato per ricompensa al tuo sudore. Nulla.\nChe ti rimaneva, asino?\nCombattere e lottare. Tu lo sai, amico, che è questa la sorte\ndi tutti gli umili, il retaggio, ecco Y ingiustizia, dei lavoratori\nonesti.\nNon ribelliamoci. Anch'io, sai, mentre tu narravi la tua storia,\ncalcavo le vecchie orme di una vita e m' avviavo, soffrendo, a\nformarne di nuove.\nVane orme, se tutto il resto della natura è così grande da\nseppellirle con un semplice alito. Non m'illusi. Fu specialmente\nin quel momento della nostra salita, quando ogni bellezza riful-\ngeva e le montagne intorno mandavano lampi di meraviglioso\nardire, che io perdetti la completa illusione dei vecchi sogni.\nE con te vissi, perchè il sole volle esserci compagno, fino\nall'ora in cui il bianco spino della siepe si abbassò al nostro an-\ndare, la calma del rassegnato che si contenta del fonte per la sua\nsete, che si soddisfa de sole per il suo lavoro, che gioisce e\ns'inebbria per lo stellato che testimonia il suo sognare.\n&\nAsino, questo libro è nato in gran parte nell'ora strana in\ncui le nostre due anime perdevano l'orgoglio della propria forza.\nNon ho migliorato, credimi, per vanità nè per valore. Sem-\nplice sono restato e semplice mi offro al maggio della tua mon-\ntagna, nè altro chiedo che il tuo compiacimento."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c076", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "73", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.41", "titre_corps": "LE MUR", "titre_sommaire": "LE MUR", "signature_source": "Joseph Billiet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.68", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "LE MUR\nJoseph Billiet.\nLa route solitaire et lente qui monte,\nlasse du lourd soleil où bourdonne et chante\nl'essaim multiplié des lumières, —\npendant les heures en feu du jour —\ns'alanguit vers le mur circulaire\nqui protège l'enclos et bastionile la tour.\nTu fus jadis celui qu'on redoute,\nO Mur!\nAlors qu'il n'y avait pas de route\npour monter vers toi.\nSur\nde ta force dure et de l'effroi\nque tu dressais,\ntu te dressais\nsur la colline, cornine un guerrier\nd'or et de sang,\nsous le soleil.\nComme un noir guerrier\nd'ombre et de sang,\ntu cachais de ton cimier le soleil!\nMais le temps a passe sur ta superbe\net tu n'es plus qu'un pauvre mur où pousse l'herbe\nde l'indecise ardeur et du songe incertain.\nTon audace est tombée aux souffles des nuits vaines\net celle qui sur toi se penche le matin\ncueille un peu de ta chair au parfum des verveines#\nMais tu es le bon mur vers qui monte la route\nde mon àme qui fuit les villes où l'on doute\net que le dur soleil alanguit vers le soir.\nEt je goute, à l'abri de ta courbe caline,\ncomme dans un mystique e tendre reposoir,\nton ombre parfumée au soufflé des glycines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c077", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "73", "image_debut": 68, "image_fin": 68, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.42", "titre_corps": "LE GAVÉ", "titre_sommaire": "LE GAVÉ", "signature_source": "Axel Adam", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 68, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.68", "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "LE GAVÉ\nAxel Adam.\nÀ L'AUTEUR DU «ROI BOMBANO E»\nÀ F. T. MARINETTI.\nPrèt à faire sauter sa pansé\nLe gourmand ne se sent repu\nQue lorsqu' il soufflé et n'en peut plus\nMettre. (Honni soit qui mal y pense!)\nAvec avidité, de tout\nIl a mangé; plus que son ventre\nFurent gros ses yeux. Eh! que diantre!\nLe gourmand n'est fait que d'un trou!\nBéatement, pour les assiettes,\nIl a des regards satisfaits\nEt fait honneur à tous les mets.\nOeil humide, rouges pommettes,\nEstomac gami, ventre lourd;\nEn tas, affalé sur sa chaise\nEt, pour ètre plus à son aise,\nGilet débraillé. Comme un sourd\nGrisé, gavé, repu, il rève\nEn ronflant comme un vieux sonneur,\nLes mains sur son ventre, de peur\nQu'il ne crève !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c078", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c078", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "74", "page_fin": "75", "image_debut": 69, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.43", "titre_corps": "A Paz Ferrer : La Canzone della promessa", "titre_sommaire": "A Paz Ferrer : La Canzone della promessa", "signature_source": "Enrico Cardile", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 69, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.69", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2656, "texte": "A Paz Ferrer\nLa Canzone della promessa\n\nI.\nViolenza, Violenza,\npugno d'odio rattratto\nfra le chiome della Paura,\nViolenza,\nultima forza, ultima musa, ultima furia,\noggi per te ho superato\nl'alta cima nevosa,\nquando ho sentito per la tua gran febbre\nardere i miei polsi giovanili,\nquando ho sentito pel tuo gran respiro\nagitare le mie ali,\nquando ho sentito sotto il tuo raggio d'oro\nsplendere il mio oscuro capo, nel Sogno.\nViolenza vendicatrice,\ntu, chiamata dal cuore\ndi tutta l'umanità,\nsorgi tu, Violenza, dall'abisso\nove t'incatena il sonno,\nove t'incatena la pace e la vecchiezza,\no Violenza, sorgi, balena in questo cielo\nsanguigno, stupra le albe,\nirrompi come incendio nei vesperi,\nfa di tutto il sereno una tempesta\nfa di tutta la vita una battaglia,\nfa con tutte le anime un odio solo.\nII.\nPaz, sorella, io ti chiedo:\n— Riconoscerai tu, ancora, nel regno,\nla giustizia del re cristianissimo,\nriconoscerai tu, ancora sul mondo,\nla giustizia del dio infinito?\nPaz, sorella,\nbuona sorella che credevi\nnell'Innocenza,\nse tu potessi spalancare i grandi occhi,\noffuscati di lacrime!\nPaz — m'odi? — un ignoto\nti parla: solleva tu il volto,\nguarda il cielo; sorridono le stelle!\nIn fondo, par che rombi il mare:\nè la vita, che romba: non temere,\nsorella.\nSe tu potessi guardare l'Ombra,\ntu vedresti quali sono, quanti saranno\ni vendicatori!\nPreluderanno la canaglia ostiaria.\narsa e sanguigna,\ndagli antri ignoti, dalle oscure spelonche,\ndalla vita, dalla miseria\nper te vendicare.\nPaz, mite e buona sorella!\nEcco: ed ai morti di ieri\nsi aggiungono morti,\naltri morti :\nsedevano ieri sull'oro,\nportavano forse grandi mitrie d'oro\npestavano forse le sabbie d'oro\ncon sandali d'oro,\nsi aggiungono morti, altri morti:\nChe tragica cosa il ritorno !\nChe orrenda conquista il domani !\nSorella, tu piangi, perchè?...\nIII.\nLa Tirannide ti ha ancora percosso\ncrudelmente, sulle guancie,\no Giustizia,\ne la Chiesa ha ancora fornicato\nnel tuo sozzo letto,\no Assassinio!\n(Un grande fascio di scuri ora ha levate\nsulle livide braccia la Vendetta,\npoi che graffi con le unghie disperate\ndel Destino la porta benedetta!)\nL'uomo era solo, l'Uomo\nera forte. Ma la foresta\ndella barbarie lo cingeva. Poi\ndiscesero i lupi ululando famelici;\narmato era l'Uomo...\n— Tu sarai vituperata o Nazione,\nfin che non rialzerai il fronte\npurificato!\nTu sarai maledetto, o re,\nper sempre,\nanche se chinerai il tuo fronte,\ncontaminato! —\nnella tremenda caccia\nla foresta fremea di canti cupi,\nombre giganti, fantasmi di passato,\norribili, tutti i mostri, tutti gli orrori,\nsi agitavano.\nL'Uomo era solo, e sorridea:\nEra solo. Lottò e sorrise\nfin che fu spento.\nMa qual magnifico"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.70", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "arcobaleno,\ndischiuse l'alba sul cielo d'oriente!\nQual ponte di fuoco gettò l'Avvenire,\nai fati, da tanto, preclusi!\nE quale gran selva\ndi spade arcangeliche,\nlevossi rugghiando,\nnel sole, nel sole che addita il cammino?\n— Avanti, al Destino !\nIV.\nPaz, sorella, tu accogli\nquesta Canzone,\naudace speranza e promessa.\nPerdona s'io t'offro\nrose di morte\nche han fragranza d'odio:\nma puro e sincero io ti offro\nnon il mio cuore: il cuore\nnostro. Perdona, sorella.\nIeri, fiacchi, lasciammo\nuccidere la Verità,\noggi sentiamo sul viso\nnostro,\nla vergogna del tempo presente\nNoi pure uccidemmo tuo padre.\nAh, ieri, non c'era,\nnon c'era forse gioventù nel mondo?\nNoi pure uccidemmo tuo padre.\nPerò tu disponi del cuore\ndei tuoi fratelli, ora: tu dividi\nil buon pane per la santa\ncausa: tu accogli il voto\nprofondo, tu passa la mano\nsoave sul nostro fronte\narido.\nDomani\n\nEnrico Cardile."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c079", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c079", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "75", "page_fin": "75", "image_debut": 70, "image_fin": 70, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.44", "titre_corps": "ACHAB", "titre_sommaire": "ACHAB", "signature_source": "Fernand Mazade", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.70", "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "ACHAB\nFernand Mazade.\nDepuis l'illustre jour qu'il avait su les charmes\nDe croire au Dieu plus beau que le soleil levant,\nSes gardes stupéfaits l'apercurent souvent\nQui priait à genoux dans le bosquet de charmes.\nMais, de nouveau poussé vers les tristes vacarmes,\nVers les basses splendeurs d'un eulte dépravant,\nIl a, ce matin mème et pour jamais, devant\nL'idole de Baal, brisé ses pures armes.\nEt cela, Jézabel, parce que, l'autre soir,\nA demi nue en ce vétement rose et noir,\nTu donnais un parfum de myrrhes incertaines,\nParce que les lions, pour saluer la nuit,\nCommen9aient à rugir du cóté des fontaines,\nQu'un orage était proche, et que ta lèvre luit\nDe vices ignorés par les Samaritaines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c080", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "76", "page_fin": "76", "image_debut": 71, "image_fin": 71, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.45", "titre_corps": "AUTORITRATTO", "titre_sommaire": "AUTORITRATTO", "signature_source": "Nicola Marchese", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.71", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "AUTORITRATTO\nNicola Marchese.\nVetta di cui, per folgori, la chioma,\nnovissimo roveto, arse, la fronte;\nfalde, le tempie, di Soratte; il monte\nche sa il giambo di Orazio e guarda Roma.\nSolchi, le rughe, che l'aratro lento\na bere apri di tutte l'albe i pianti;\ncovi di falchi, l'orbite, sognanti,\nper desiderio d'ombra, un sole spento.\nIncudin salda, il cuore adamantino,\nche un gran fabbro provò nel suo lavoro,\ncon il maglio dal manico di cerro.\nFulvio, del sangue mio fior novembrino,\nl'altro di nacque, crisantemo d'oro,\na correggere il mio destin di ferro.\nVènia mi ottenga la confessione.\nNo, da scuola nessuna io non derivo;\ne non, se tardi io mossi e tardi arrivo,\nmi trattenne maestro da sermone.\nNulla io, dunque, da greci e da latini,\nveracemente lo confesso, appresi;\ne tutto, o almen m'illudo, io ne compresi,\nforse perchè fur miei concittadini.\nOr io mi batto, per non esser vinto\nnè dal passato nè dall'avvenire,\nalle spalle ed a fronte, un contro cento;\npoi che, per triste e per allegro istinto,\nmi repugnò di nascere e morire\nnel carnasciale del Rinascimento.\nCombattere vogl'io tutte le guerre,\ndel maggior sole nell' incendio vivo ;\nspender io voglio il lungo giorno estivo\nconquistando ad Amor tutte le terre.\nMa se, del voler mio forte più forte\na me contrasti l'ultimo destino;\nse antiveduto, come il Valentino,\nabbia io mai tutto già, fuor che la morte;\nchiuderan solco angusto e breve legno\nil cuor mio grande, e di lunghi echi onore\nnon avran la mia lira ed il mio plettro-\nSognato avrò pari alle gesta un regno,\nuna corona pari all'equatore,\npari all'asse dell'orbe un regio scettro.\nSuoni a stormo, o Fiorenza, ogni campana,\ne ne scuota un gioir novo la fune;\ne riviva nel fior del tuo Comune\nla vermiglia stagion repubblicana,\nNo, non voglio aspettar Cosimo; ed io,\ncosi a Certaldo tardami l'andare,\nnè men voglio il magnifico aspettare\ndi ser Agnolo amico e signor mio.\nPer i cardini gai rida la porta,\nl'ostel mi sia della letizia aperto:\nson allegro oggi anch'io, contra l'usato,\nBon dì, Giovan Boccaccio, e ben tornato\nda Napoli. Sta bene re Roberto?\nSai? Dulcinea, la mia regina, è morta."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c081", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "77", "page_fin": "77", "image_debut": 72, "image_fin": 72, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.46", "titre_corps": "IL LATTE : FRAMMENTO", "titre_sommaire": "IL LATTE : FRAMMENTO", "signature_source": "Aldo Palatini", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.72", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "IL LATTE\nAldo Palatini.\nFRAMMENTO\nCompagno, io sento nelle vene e in fondo\nal cuore e agli occhi e nella fantasia\noccuparmi il tuo affetto,\ncosì che tutto Tesser mio, in dolce\nmodo accostato alla tua vita, io sento\nd'amar per tua cagione :\nanele delle tue strette, le mani,\ne dei baci, la bocca, e questo mio\nseno ai baci anelante\ne cercato dai baci, come a estate\ni preziosi grappoli assaliti\nson da dorate api,\ne destinato ai baci d'una nuova\nape, che brillerà piccola diafana\nal sole, in casa nostra,\n(\na succhiar le mammelle e da esse trarre\nanche tutto il tuo amor, tutta la nostra\nsalute, io ti prometto !\nSappi, unico Amico, a cui fo parte\ndel pensiero e del senso, a me un affetto\nnuovo nutrisce il cuore,\ne a te che scelsi e che solo comprendi\nla maestà della Fiumana pura,\nin ciel, di bianca luce,\nla maestà d'una Fiumana bianca\nche da quella discende e si riversa\nfeconda sulla Terra,\ne vedi noi, eterni bimbi, a gara\nper la dolcezza, immergervi e ritrarne\ntraboccanti giumelle,\nspargendosi essa per le vie del mondo\na insinuarsi nei meati e nelle\npiù recondite vene,\npronta a sorger coi suoi vivi zampilli\nnel giardin dell'Amore e fra le rose\na inaffiare la vita\n(Il latte, — credo — il succo della nostra\ne d'ogni stirpe, come l'alma luce\nha origine celeste,\ne come l'acqua che pura cadendo\nla Terra inaffia: la feconda Terra\ndei nostri corpi penetra,\ne ne raccoglie il suo vital sapore. )\na te confido che io sento, o Amico,\nla vivissima gioia\ndella sorgente, che alla luce sgorga\ne che mi fa adorar questo di rose\namoroso giardino,\ndove Ei verrà per succhiar le mammelle\ne da esse il tuo amor tutta la nostra\nsalute, io ti prometto !\n10 mi amo per te, per te io dono\n11 principio del riso e della vita\ncoll'essenza del sangue:\nEgli berrà quanto potremo offrirgli,\ne il principio del pianto e della morte;\ntanto può la natura.\nIo, colla fronte accesa gridai: No!\nAuspice ai baci nostri sia la gioia!\nE le stelle assentivano\ndal cielo profondo, alte, sorridendo,\ne il firmamento era inteso alla Terra\ne in sè stessa la Terra.\nDalla finestra aperta un soffio fresco\nnella mente guizzò, con dolci goccie\ndi rugiada, cadenti\ndal cielo, dove pareano brillare\nper una luce lontana, infinite\ninfinite infinite.\nTu le spargesti, o delle Dee Fegina\nda le mammelle, e diventò ciascuna\nben degnamente stella,\nperchè non fosse invano sparsa mai\nla materna energia. Così pensando\nmi volsi alla giacente,\nche: Senti, disse, senti questo lungo\nlamento? Amico, ho freddo e ho paura,\nE, lo senti, un vagito.\nEsso è la voce eterna dell'eterno\nbimbo, che agogna a ber dalle ricolme\ntraboccanti giumelle;\nè il vagito del bimbo, o Vittor Hugo,\nche il seno irrigidito più non scalda,\ndove gelata brilla\nuna goccia di latte in cima. Amico,\ntu mi perdoni se la troppa gioia\nmi dà tristi pensieri,\nse vedo, mentre comincia la nuova\nvita che al sole dedico, nell'atra\nnotte salire un astro.\nA stella assunta è quella goccia gelida,\ne attinger non si può l'arido labbro\ndell'Infante perduto."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c082", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "78", "page_fin": "78", "image_debut": 73, "image_fin": 73, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.47", "titre_corps": "NOTTURNO", "titre_sommaire": "NOTTURNO", "signature_source": "Ottorino Modugno", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.73", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "NOTTURNO\nOttorino Modugno.\nNoi siam gli spettri de' pensieri tuoi;\nnoi siam gli spettri de' pensier di lei.\nG. CARDUCCI.\n\\\nE l'ora solenne: l'odio e l'amore\nsi fanno potenti\ne sono gli accenti\ndi pianto e sono cocenti\nle labbra che premono labbra.\nPassione, dispetto, dolore\nin quest'ora solenne\nsi fanno potenti.\nIo penso, non veglio:\nvegliare vuol dire soffrire;\nio penso e non soffro.\nVan per la mia stanza fantasmi\nch'io scerno e distinguo;\nsenza farmi punto soffrire.\nAppaiono e vanno\ncosì come noi ne la vita.\nE sono i fantasmi d'un tempo\nche lieto mi parve:\nsono di donne le larve\nche vanno, che vanno, che vanno\nnel tempo che tutto disperde.\n10 penso che sono vissuto,\nche vivrò pure dimani.\nPenso e ricordo: non vivo.\nNessuno più vive\nin quest'ora solenne.\n11 silenzio mi avvolge.\nChi dorme è certo infelice\nperchè può sognare la vita.\nIo non sogno:\nmi sembra di essere morto:\nnon sento bisogno di nulla.\nSono tante fiammelle nel cielo\nche sembrano faci di vita.\nMa ecco: il pensiero mi addita\nun'altra fiammella.\nTu vegli e perchè?...\nNon puoi tu forse dormire?...\nPensi tu forse di me?...\nIo guardo la tua cameretta\nch'è tutta una luce\ned è tanto buia la via!...\nLo senti tu pure il viandante\nche viene con passo affrettato?...\nLo vedi ? s'è quasi fermato\ned ha sollevato lo sguardo\na la finestra tiia luminosa.\nEcco: ora guarda la mia\nChe pensa?... che crede?./\nRiprende il suo passo affrettato\ncredendo si vegli un malato.\nE scomparso: non s'ode più nulla.\nChe pensi tu buona in quest'ora?...\nIo penso tanto di te!...\nVorrei nel silengjo solenne\nchiamarti sì forte\ne dire ch'è pure solenne\nl'amore che avvince alla morte.\nVorrei proclamare te sola\nfra tutte le donne sovrana.\nVorrei la parola tua buona\nche fosse vangelo.\nVorrei nel silenzio solenne\nfuggire fuggire fuggire\nportandoti meco\nlontano,.... lontano lontano\nove non c'è menzogna,\nove non c'è clausura,\nove la mente sogna,\nove la donna è pura.\nLontano lontano lontano\nin un paese bello\nove l'amore regni,\nove la vita insegni\nch'è sacro ogni fratello.\nLontano lontano lontano\nove noi scorderemmo\nun passato funesto;\nove i fantasmi strani\nche ci avvincono il core\nfuggissero gli umani;\nove non c'è dolore.\nEd essere noi due\ned essere si soli\nda non udire nulla\nsi come in quest'ora solenne\nche siamo noi\nfra tanti dormenti,\nfra tanti sognanti,\nnoi due che soli pensiamo.\nUn altro viandante si affretta\nal riposo: lo senti?...\nUn canto sorge pure di lontano:\nè certamente un ebro\nche simile a bruto\ncerca la tana che trovar non sa.\nIn quest'ora solenne\nla vita ferve ancora silenziosa.\nFra tanti dormenti,\nfra tanti sognanti,\nfra l'odio e l'amore frementi\nnoi due soli, amanti\nper non essere riamati,\nnoi buoni che il Fato contende\na la Felicità\nrassegnati attendiamo\nun'alba di luce novella\nche forse mai non verrà."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c083", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c083", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "79", "page_fin": "79", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.48", "titre_corps": "ΤERRE POLESINE : A L'AVV, CAV. UFF. ANTONIO BONOMI", "titre_sommaire": "ΤERRE POLESINE : A L'AVV, CAV. UFF. ANTONIO BONOMI", "signature_source": "G. Bulgarelli", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.74", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "ΤERRE POLESINE\nG. Bulgarelli.\nA L'AVV. CAV. UFF. ANTONIO BONOMI.\nFili d'erba, sottili arbusti e poche\nfoglie arse su le rame rattrappite,\nspinosi sterpi magri e ischeletrite\ncanne cricchianti nel sopor di stagni\nassorti in un amplesso di quiete,\nerano tutto ciò che molte valli,\nal querulo fruscio dei lor canneti\nintente e silenziose, ne l'attesa\nd'una possente pia fecondità,\nrecavano qual frutto de la terra\nin cui le accidiose acque di cento\ne più secoli a forza imprigionati\naveano i germi d'un gran foco ignoto.\nFin ieri, ogni anno, ne gli estivi mesi,\nsotto i distesi campi de la landa,\narse quell'atro foco e il greve fumo\nesalante dal suolo che le piogge\nnon riuscivano a spegner più copiose,\nstingeva il sole e su le smorte cose\nde i luoghi diffondeva un odor secco\ndi bruciaticcio tra palude e mare.\nFra quella torba limacciosa o ardente\nla gente in un desio di redenzione\nfin ieri consumò gli umili sogni\ne, ne l'eterna lotta coi bisogni,\nle sue virilità giorno per giorno.\nCome era triste e senza giovinezza\nentro quei piani il senso de la vita\ne come anche la terra disfiorita\nparea fra quelle stirpi solitarie\nche non avevan prati e campi d'oro\nnè palpiti ne l'aria a primavera!\nA lor non apparian che dogliose\ned esili sembianze affumicate\ndi corpi brancicanti tra le glebe\nognora immerse nel diuturno foco\nche un ignoto poter crebbe in lor seno,\no in una prima assenza di pensiero\nattoniti al romor de la marina.\nGenti d'umanità sconosciute\nin un amplesso strette di languore,\no genti stanche in cui il passar de Tore\nnon risvegliava mai l'anime mute,\no create e vissute in privazione,\ngenti d'Iddio, nè meno il sol mirare\neravi dato in tutta la purezza;\nchè proprio quando la miglior bellezza\nde l'oro suo sciogliea per altri cieli,\na voi, tapine, pel goder non nate,\nesso, l'inafferrabile, l'atteso,\nappariva offuscato da le nebbie\ne dal vasto nel ciel fumo sospeso.\nMa oggi non più. L'ingegno e la tenacia,\nin un concorde umano sentimento,\na spegnere riuscirono quel foco\ne, ne la pugna, ad ottener vittoria\ncontro l'incalcolabile nemico.\nOggi non più: chè le pulsanti nuove\nforze de l'Uomo, vigili nel bene,\nin cento scoli e piccoli canali\ncostrinsero gli stagni e l'acque chiuse\ned il concime ne le torbe incluse\nle opime sue virtù fecondatrici.\nNel cuore pregno de le zolle un giorno\nsterili e calde ora germoglia un seme\nche biondi crescerà ampi maggesi.\nSu la resurrezion di forze nuove\npiù pronte ad aver vita ed alimento\nin una terra vergine, non tocca,\nsplenderà presto finalmente il sole\nda la nuvola fosca liberato\ned il suo mite raggio sfavillante\npotrà mirare l'uomo ritemprato,\npiù sano, forse, più contento e ne la\nsua semplice umiltà più rassegnato."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c084", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c084", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "79", "page_fin": "79", "image_debut": 74, "image_fin": 74, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.49", "titre_corps": "ΝΟΤΤURNO", "titre_sommaire": "ΝΟΤΤURNO", "signature_source": "Libero Ausonio", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.74", "debut_caractere": 2694, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "ΝΟΤΤURNO\nLibero Ausonio.\nEcco: pallido e muto in ciel viaggia\nil volto della luna indifferente.\nIn questa notte, in questa notte aulente\nti canterò una mia canzon selvaggia.\nUna canzon che nel profondo petto\nmi ha risvegliato un'alba verginale,\nin una bianca castità liliale\ndell'azzurro sereno ampio al cospetto;\ne fra torride biade prodigiose\nnella rovente chiarità solare\nsu dal petto l'ardor canicolare\ncon tremiti, con fremiti m'esplose.\nIlare e baldo è il mio canto silvestre\ncome garzon temprato al sole al vento,\ngiocondamento libero e contento\nnella salubrità dell'aria agreste.\nEd ha fragranze insolite, un'ebrezza\ndi vegetali aromati diffusi :\nfortor di solchi nella notte schiusi\ncommisto a odor di fresca giovinezza.\nE sa di baci vergini, di baci\nmeditati nell'ansie giovanili,\nsu vereconde labbra femminili\ncolti da bocche virili voraci.\nPer le aspre consonanti irte e dentate\nvibra fremente fervido nell'atto\ndi nervi tesi rigidi al contatto\nin bramosia di gioie inesplorate;\ned ha nelle vocali armoniose\ntimide audacie di parole belle\ndette co* baci tra le due mammelle\ne languor di carezze insidiose.\nEcco per te, per te sopra l'incude\nd'amor martello il verso incandescente\ne in ogni rima mia balza furente\nil desiderio di tue forme ignude."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c085", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c085", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "80", "page_fin": "81", "image_debut": 75, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.50", "titre_corps": "Verso il.... carnaio! : ALL'AMICA DELL'ANIMA...", "titre_sommaire": "Verso il.... carnaio! : ALL'AMICA DELL'ANIMA...", "signature_source": "Leo d'Alba", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.75", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3982, "texte": "Verso il.... carnaio!...\n\nALL'AMICA DELL'ANIMA...\nAndammo — nel bujo della notte fonda — tetri e commossi\n-— in venti — giovani, animosi.\nNe la notte buja il treno avanzava ansando con respiro af-\nfannoso, quasi umano. Di tanto in tanto un fischio lungo, lugubre,\nquasi lamentoso di bimbo.\nNessuno parla; si finge di dormire - qualcuno ingoia le sue\nlacrime.\nMano mano il nero si dirada; una luce gialla tristemente\ncolora scialbi paesaggi fuggenti.\nFuggono lungo la linea alberi piangenti, lievemente crollanti\nal vento, e bagnati dalla pioggia fitta, uggiosa, sferzante.\nIo pensavo, o amica, alla nostra gita, che avvenne nella stessa\nora, collo stesso treno forse, alla stessa meta ; bella e gentile —\ncome il nostro amore: e soltanto pochi giorni fa — fu tutta nostra\nquell'alba di rose — sotto un cielo ancora stellato, su di un tappeto\ndi verde e di fiori . . .\nRicordi ?\nStretti i nostri cuori, si estasiavano alla visione maliosa di\nbellezze fuggenti ; e campagne dorate, e marine radiose . . .\nOra qui tutto è dolore, non solo negli uomini, ma ne le cose\ntutte; e la natura piange — dirottamente\nA Letoianni incontriamo il primo treno del terrore, un treno di\nfollia, un treno lungo carico di scampati veniente dalla valle dello\nsfacelo. Vi sono illesi, o feriti, o . . , morti — poiché qualcuno è\nmorto nel tragitto; — portano la stessa tetra aria di follia e di in-\ncoscienza nel volto emaciato — livido — sformato — ne l'occhio ar-\nrossato da lacrime di sangue ; lo stesso sguardo di folli o di ebeti;\nne la pupilla fissa, vitrea quasi dilatata dal terrore, è rimasta la\norrenda istantanea del terribile momento ; tutti portano la stessa\nimpronta lugubre — quasi feroce — la sinistra marca di fabbrica;\ne stimmate del terremoto.\n&\nLungo la via dolorosa ne incontriamo ben cinque, dei treni\ndi sangue — di carne —• morta o morente\nCi stringevamo quasi paurosi l'un coll'altro — non avevano\npiù voce — più lacrime — soltanto i nostri occhi smisuratamente\naperti si affissavano sui convogli terrorizzanti — sui carri bagagliaj\nfumosi di carne macellata dal dolore — dal terrore\n&\n— Ove andate? . . . alla Morte? . . . non c'é nessuno a Mes-\nsina ! Tutti morti ! Tutto è distrutto !...\n— Così tardi venite ?...\n— La mamma ... la mamma mia è in via Nino Bixio — è\nviva sapete? — Volontarii, per carità, salvatela! è al numero dodici\n— sotto una porta. — Ho sentito la sua voce sino a ieri sera ! ,. .\nVolontarii, salvatela !...\n— Figli miei, figli miei !... non andate! Morirete tutti, come\ni miei figli !... come i miei figli !...\n— Sono la moglie dell'Avvocato Didino ! mio marito ! mio\nmarito ! — in via La Marmora — la mia vita !...\n—- Oh Mario ! Mario !...\nj*\nVoci scomposte — di terrore — di dolore — di pena — partono\nda un aggroviglio dantesco di carni umane fresche e avvizzite —\ncoperte da camicie o da arazzi — nude — sanguinose — ammaccate\n— illividite — bellissime — o tumescenti . . .\n&\nRivedo : Un'esile — diafana quasi — figura di bimba quattor-\ndicenne — come trasognata ci guarda ; sorride — apre la bocca —\nma non parla non — sa più parlare — ha perduto la favella. — Alza\nla mano e ci la il segno di benedizione o di morte, colle due dita\nunite — allungate — per il segno mistico e terribile . . .\n&\nUn uomo: lacero — smunto — con un berrettino da notte\n— e una coperta sulla camicia — tremante dal freddo o dal\nterrore. Fa un gesto folle come per slanciarsi verso di noi. Lo\nriconosco : E Broggi, il figliuolo del Sostituto Procuratore Broggi.\n— Vostro padre ? grido . . .\nMorto! Morto! Morto! — e c'è tale strazio, tale dilania-\nmento di viscere in questo terribile triplice urlo di dolore, che\ntutti rabbrividiamo di paura indicibile !\nE il padre vivo fortunatamente frugava tra le macerie a\nMessina in cerca del figlio !\nRivedo ; e la memoria mi dolora :\nUna donna bellissima, bianca, grande, snella, forte, coi ca-\npelli nerissimi pioventi sulle nude spalle superbe — si alza fre-\nmendo tutta — appena ci vede — si erge come una dea terribile"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.76", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1126, "texte": "/\nalza le braccia in un gesto che ci terrorizza — l'unica coperta\nche qualche pietoso le aveva buttato sui pochi brandelli della\ncamicia cade. — Resta nuda — eretta — magnifica — co~\nperta solo dalla sua follia e dal suo dolore . . .\nNon grida; poiché 1 urlo orribile — inumano —- le resta stroz-\nzato ma fa un gesto terribile che ci aeghiaccia tutti — verso\nil cielo . . .\n\\\nE la Dea della Maledizione !\n«\n&\nDa una vettura ci si lancia un pezzo di carta — scritto a\nlapis — sporco di fango e di. . . sangue.\nLo afferro a volo, leggo : « Il Principe e la Principessa Maria\ndi Castellaci, giacciono sepolti vivi in via della Rovere — si rac-\ncomandano alla vostra pietà ! »\nLa buona e bellissima e giovanissima Maria di Castellaci,\nfiglia al Principe di Manganelli di Catania, moglie al povero e\nillustre Principe Manilio di Castellaci di Messina, Dama di onore\ndi S. M. la Regina — dama elettissima — coltissima, che fino a\npochi giorni prima mi aveva scritto !\nOh ! il triste messaggio di morte !\nScoppio in un pianto dirotto e conservo nel cuore il bran-\ndello di carta — come un brandello di anima !...\n\nLeo d'Alba."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c086", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "81", "page_fin": "81", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.51", "titre_corps": "VEGLIA", "titre_sommaire": "VEGLIA", "signature_source": "Francesco Cazzamini Mussi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.76", "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "VEGLIA\nFrancesco Cazzamini Mussi.\nFischio di locomotiva, rompi la notte profonda\ntriste lamento più solo nel grigio spazio infinito.\nVanir nell'ombra t'ascolto, beffardo accento di scherno.\nQui nella tacita stanza che le memorie ridesta\nvieni da lungi e mi scuoti dall'invadente torpore\ne già dal cuore la torma delle fantasime erranti\nstende ne' cieli notturni le candide ali del sogno.\nDorme affondata nell'ombra la rumorosa metropoli,\ndorme ma il sonno è una veglia per quale oscuro domani ?\nQuanti nel buio s'occultan ignoti spasimi e pianti\nnella rinascita eterna, nello sfiorir della vita?\nTrepide fiamme d'amore tengono l'anime accese\no nel conflitto soggiace l'essere nostro all'istinto?\nQuali gli effimeri avanzan sogni fulgenti di gloria,\nquali feroci delitti, quali olocausti terribili?\nVita che occulti te stessa nel tenebror della notte,\nvita pulsante perenne nel ritmo alterno dell'ore,\ncome una fiamma tu splendi, facella trepida al vento.\nFischio di locomotiva, rompi la notte profonda\ntriste lamento più solo nel grigio spazio infinito,\nvanisci e muori non altro che fievole eco sperduta.\nCome una corda vibrante sotto l'impero dell'arco,\nor vibra l'anima mia che nel suo sogno si perde.\nQuesta è la gioia divina, sorriso eterno del mondo\nil Sogno, il Sogno, non l'èstasi ! Coll'acre fiato che attira\no ebbrezza avvincimi e fammi tuo schiavo, triste sirena,\npoiché la gioia del vivere sta nall'oblio della vita."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c087", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "81", "page_fin": "81", "image_debut": 76, "image_fin": 76, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.52", "titre_corps": "LA FONTE", "titre_sommaire": "LA FONTE", "signature_source": "Guglielmo Policastro", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.76", "debut_caractere": 2558, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "LA FONTE\nGuglielmo Policastro.\nCome un sottile stelo di cristallo,\nfiorito in cima in un azzurro giglio,\ndal centro de la vasca, ov'è un erovielio\no o\nmostruoso di rami di corallo,\nrapido s'erge, un cerulo zampillo\nche scrosciando ricade, poi con roco\nromore ne la conca che trabocca\nd'acqua, ov'un cigno vaga dal tranquillo\nocchio e si sciacqua, or sì, or no, per gioco.\nCanta la fonte con sonora bocca\nuna lieta canzone: i lilla a ciocca\nolezzano, a l'intorno ne l'aiuole\ntra l'umor de la vasca e il caldo sole,\ne mirano de l'acque il dolce ballo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c088", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "82", "page_fin": "82", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.53", "titre_corps": "Da \"LE CITTÀ DEL SOGNO\"", "titre_sommaire": "Da \"LE CITTÀ DEL SOGNO\"", "signature_source": "Ottorino Checchi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.77", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "Da “LE CITTÀ DEL SOGNO„\nOttorino Checchi.\nLUCCA\nLucca pensosa, nella grigia chiostra\nDe le tue mura il sogno si racchiude\nChe sèr Francesco ne le carni nude\nPagò languendo per la gloria nostra.\nNon più l'oste ferrigna il campo arrostra\nNè al Vittorioso l'Urbe si dischiude,\nMa da la cerchia in sua gaiezza rude,\nGl'ippocastani fan tacita mostra.\nPur se nell'alba, su dagli aspri solchi\nSi aderge il grano falbo in su gli steli\nPerò ch'estate non ancor si colchi,\nLa rovinosa torre che s'imbosca\nTra gli effluvi di gigli e d'asfodeli,\nRoggia s'accende d'ogni strage fosca,\nPISA\nCittà del sogno, taciturna e mite\nChe traversa la bionda correntia,\nNon io conobbi l'aspra nostalgia\nDelle tue torri e delle tue meschite,\nSuperbamente da le mura ignite\nS'ergon le glorie in lunga teoria\nE il cuor mi afferra la malinconia\nDe le sconfitte e delle dipartite.\nMa se non romban le dominatrici\nGalere su per l'acqua agile e varia,\nNè prorompe il clamor degli epinici,\nQual primavera mai sull'Arno trema\nCome la bocca della dolce Ilaria\nMalinconicamente all'ora estrema?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c089", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "82", "page_fin": "82", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.54", "titre_corps": "Sonnets à la gloire de Venise", "titre_sommaire": "Sonnets à la gloire de Venise", "signature_source": "A. Belval-Delahaye", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.77", "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "Sonnets à la gloire de Venise\nA. Belval═Delahaye.\n\nI.\nVENEZIA.\nLà-bas vers l'Orient, aux portes du vertige,\nVenise dresse au loin, dans un décor vermeil,\nSes palais fabuleux gardant le fier vestige\nDes temps évanouis, poussières de soleil,\nLa reine des cités, le joyau sans pareil\nEtale sa splendeur qui rayonne et voltige\nTel un poudroìment d'astre, ou de gemme en éveil,\nRayonnant sur le monde en glorieux prestige.\nL'Adriatique apporte en mourant son baiser,\nEt c'est dans le soir bleu, sous l'azur embrasé,\nUn frolement de soie, un clapotis bizarre.\nCar ce flot c'est de l'or et du ciel délayés\nEt le sang rouge aussi des fous amants noyés\nQu'emportait, vers l'amour, la gondole barbale\n\nII.\nCLAIR DE LUNE.\nLa gondole glissait sur la Giudecca ,\nRayant le satin noir d'une légère écume ;\nDans la giace des flots, comme un feu qui s'allume^\nLa lune éparpillait des paillons de mica.\nOr, la nuit descendait épaississant la brume,\nLa guitare vibrait sur un air de polka,\nEt j'écoutais chanter la brune Bianka,\nDolent au fil d un reve ou l'amour se consume.\nJ'entends encor sa voix où sonnaient le cristal\nEt l'or vivant timbrés d'accent orientai:\nLe rire de Satan et les sanglots des anges.\nCar c etait, tour a tour, le chant du rossignol,\nLe cantique divin, le refrain du Tyrol\nOu la ronde au sabbat en des ballets étranges."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c090", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "82", "page_fin": "82", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.54.1", "titre_corps": "I. 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VENEZIA.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.77", "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "I.\nVENEZIA.\nLà-bas vers l'Orient, aux portes du vertige,\nVenise dresse au loin, dans un décor vermeil,\nSes palais fabuleux gardant le fier vestige\nDes temps évanouis, poussières de soleil,\nLa reine des cités, le joyau sans pareil\nEtale sa splendeur qui rayonne et voltige\nTel un poudroìment d'astre, ou de gemme en éveil,\nRayonnant sur le monde en glorieux prestige.\nL'Adriatique apporte en mourant son baiser,\nEt c'est dans le soir bleu, sous l'azur embrasé,\nUn frolement de soie, un clapotis bizarre.\nCar ce flot c'est de l'or et du ciel délayés\nEt le sang rouge aussi des fous amants noyés\nQu'emportait, vers l'amour, la gondole barbale"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c091", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "82", "page_fin": "82", "image_debut": 77, "image_fin": 77, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.54.2", "titre_corps": "II. 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Nell'urna dalle borchie d'oro\nl'ignoto incanto tutto ha trasformato\nin ignominia il nobile tesoro.\nMa non ti piega il fronte dissanguato\nche con carezza gelida ti sfioro\nl'onda sinistra d'ogni mio peccato."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c094", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c094", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "83", "page_fin": "83", "image_debut": 78, "image_fin": 78, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.57", "titre_corps": "ÉLÉGIE", "titre_sommaire": "ÉLÉGIE", "signature_source": "Emile Henriot", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.78", "debut_caractere": 1085, "fin_caractere_exclue": 2094, "texte": "ÉLÉGIE\nEmile Henriot.\nÀ PAUL DROUOT.\nCe n'est pas vous, Drouot, avec la haute fièvre\nQue met la gioire sur vos joues,\nCe n'est pas vous qui presserez contre vos lèvres\nCes tièdes roses que je loue...\nNous avons tous les deux la pareille espérance\nQue nos fronts seront couronnés,\nEt le désir, depuis notre commime enfance,\nDe vivre de beaux jours ornés.\nMais vous avez besoin qu'impérieux et rude\nVotre grand nom soit glorieux\nEt que vos vers, ces fruits du rè ve et de l'étude,\nSoient jetés, dorés et nombreuxL.\n...Moi je rève la paix, l'ombre tranquille et douce\nEt qu'une main presse mon front\nCependant que, couchés parmi l'humide mousse,\nDes arbres nous abriteront... .\nJe réve qu'une tendre et charmante compagne,\nSilencieuse auprès de moi,\nNouée à mon destin comme l'ombre aux montagnes\nVive et demeure sous mon toit...\nJe veux, pendant que vous vivrez des jours intenses,\nTresser mes vers ainsi que des tiges d'osier\nPour voir, et ce sera ma haute récompense,\nUne rose fleurir au rameau d'un laurier !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c095", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c095", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "84", "page_fin": "92", "image_debut": 79, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.58", "titre_corps": "\"TOUTE LA LYRE\" par PAOLO BUZZI", "titre_sommaire": "\"TOUTE LA LYRE\" par PAOLO BUZZI", "signature_source": "Paolo Buzzi", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.79", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 4903, "texte": "“TOUTE LA LYRE„\n\nLETTERATURA SPAGNUOLA\npar PAOLO BUZZI\nFranoi&cv Villaespesa.— ELJAR-\nDIN DE LAS QUIMERAS — Madrid;\nF. Granada«\nParlerò di questo squisito Poeta come di\nun elegiaco di primo ordine accennando al\nMirador de Lindaraxa.\nNel Jardiri de las Quimeras il lirico di\nespansione entusiastica si fa largo spazio\ncon ali infaticabili. La voluttà é, spesso, la\ngrande inspiratrice del canto :\nEn el centro de un circulo sonoro\nde vitores, erotica sonries,\nmientras repican cròtalos de oro\ntus dedos enjoyados de rubìes.\nTeje lubricas danzas tu ligera\npianta sobre el damasco de la alfombra,\ny proyecta la negra cabellera\nsobre tus hombres un temblor de s ombra.\nQuest'ultimo verso rende tutto il potere\nonomatopeico della poesia di questo sensitivo\nsensuale. Villaespesa ha versi d' una musi-\ncalità alla quale noi italiani, dopo Vincenzo\nMonti, non siamo più abituati. Tutto il\npoema Oriente è di una ricchezza di suoni\ne di tinte da inebriare. E le tre parti che\nlo compongono sono fra le più belle con-\ncezioni impressionistiche che sia dato incon-\ntrare. La danza de los siete ruelosì piena di\nserpentine movenze e di iridescenze sugge-\nstive : il Poema del deserto df una vastità\nnuda e ardente: il Poema del opio d'una\ntrascendentalità bizzara e, insieme, solenne-\nmente ieratica. E tutte le altre parti del\nlibro sono piene di quei fascini misteriosi\npropri ad emanare dalla grande arte. Visioni\nelleniche, mistiche, romantiche; dei versi\nsul cavallo andaluso che ci portano via, in\ngroppa al sogno : delle malinconie d*aiitunno\nstemprate con una delicatezza di tocchi o\nd'una profondità di sfumature degna d'uno\nChopin della rima. Il poeta ci è particolar-\nmente caro e lo additiamo a quanti amano\nla poesia sorella della musica.\nFrancisco Villaespesa• « EL MI-\nRADOR DE LlNDARAXA — Madrid;\nDe Pueyo.\nIl Villaespesa è specialmente un poeta\nelegiaco. E bastano a dimostrarlo parecchie\ndelle sue poesie raccolte in questo volume\nricco, d'altra parte, di melodie appassionate\ne di colori ardenti. Il gruppo di liriche -\nLa tristeza del Sol — è pieno di malinconie\npaniche suggestive; così Los jardines tra-\ngicos, le Romances moriscas e le Elegias de\nGranada dove la ligua spagnuola acquista\nun nuovo elemento di voluttuosità dal sa-\npore nostalgico e doloroso delle concezioni.\nFrancisco Villaespesa* — EL LI-\nBRO DE JOB — Madrid; De Pueyo.\nL'Illustre autore delle Rapsodias e delle\nCanciones del camino, ci offre questo suo\nultimo libro dove le qualità più alte della\npoesia spagnuola moderna sono raccolte.\nForza di pensiero, magnificenza di rapporti\ncontinui fra l'individuale e l'universale, so-\nnorità aristocratica, varietà d'inspirazione,\nentusiasmo per ogni più alto ideale.\n! Musica, sì ! Pero que cada nota\nse ajuste al ritmo de algùn sentimiento\nque orqueste ecos de una voz remota\ny no el estruendo garrulo del viento.\nE la poesia di Francisco Villaespesa, nel\nLibro di Job, ha veramente la solennità\nliturgica che s'incontra nei salmi. L'anima,\nattraverso le pagine, sente Pani ma\ncome el per umo de una cosa eterna.\nAndrès Gonzalùs-Blanco — SAL-\nVADOR RUEDA Y RUBEN DARIO —\nDe Pueyo; Madrid.\nLeggendo questo magistrale studio del\nGonzales sul ciclo di poesia spagnuola degli\nultimi tempi, vi è da invidiare i campioni\ndelle Muse che vivono nella terra di Carmen\ne da ammirare quel popolo che non serba\nsoltanto le sue frenesie per i toreadores ma\nanche per los grandes maestros de la Poesia,\nTanto è l'entusiasmo che vibra da queste\npagine e che, si sente, è completamente\ncorrisposto dall'opinione pubblica della\nSpagna. Il libro fa venire la volontà di\nleggere tutte le opere di quei due poeti\n(di Salvador Rueda l'Italia conosce parec-\nchie cose anche per merito di Poesia) che,\ndallo studio critico del Gonzales, appaiono\ninteressantissimi non meno sotto il punto\ndi vista strettamente letterario che sotto\nquello umanistico, in genere. Paese simpa-\ntico in tutte le sue ardenze, questa Spagna,\ncosì sempre nazionale e così degna di in-\nsegnare il nazionalismo alla disgraziatissima\nsorella Italia! Là si scrivono libri d'apoteosi\nsui Poeti. Qui i Poeti si lasciano morire\ndi umiliazione e di fame. La Spagna, col\nsuo fuoco sacro, è degna di risorgere a\ndominatrice nei secoli : e, malgrado le sue\npiaghe, risorgerà. Dell'Italia non sappiamo\npiù veramente che dire.\nSe fa fin y JoaqwiM Alvarez-\nQusntes*®* — LA ZÀGALA - LAS\nFLORES (commedie) — Madrid; Sociedad\n■ de autores espanolos.\nQueste comedie vibrano della più pro-\nfonda e luminosa poesia. Come tali, costi-\ntuiscono un saggio invidiabile per il teatro\nitaliano: qui la poesia si può proprio dire\nche emani attraverso l'atmosfera delle pa-\nrole e delle azioni.\nNulla di ricercato, nulla di artifizioso e,\nin pari tempo, nulla di trasandato e di\nbanale. I personaggi, avvolti dal loro de-\nstino, esprimono le anime loro con una\nmusicalità indefinitamente suggestiva. De-\ngli squarci di vita nazionale inquadrati"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.80", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6225, "texte": "in due cornici magiche di Andalusia. Del-\nl'umorismo squisito: della potenza dram-\nmatica travolgente: e, nel lettore, il vivo\ndesiderio nostalgico di veder portate queste\ncommedie così originali ed espressive nel\nrepertorio di quel vero Teatro Internazio-\nnale che ancora non esiste e di cui le\nnostre anime, ormai cosmopolite, sentono il\nbisogno imperioso.\nE. Marquina. — ELEGIAS — Barce-\nlona ; Tobello y Costa.\nMarquina è, senza dubbio, uno dei più\nbei nomi della giovane poesia spagnuola.\nQueste Elegie affermano e portano ancora\npiù in alto le vigorose qualità del pensa-\ntore e dell'artista. Basterebbe quella incan-\ntevole serie Las soledades al principio del\nvolume per dimostrare di quale squisita\nlanguidezza sensoria, di quale melodiosa\nvena nostalgica la Musa del poeta abbondi\ne, in questo saggio, s'inebri. Tanto la pos-\nsente semplicità che la eroica passionalità\ndella li rica spagnuola sembrano prendere\nconvegno nelle pagine di Marquina :\nLos ojos de ld Amada\nmatan la voluntad con la mirada.\nE ricordo le vaghissime inspirazioni della\nmontagna con la ballata assai caratteristica\nanche nei ritmi: Los lehadores. Eri el mar ci\noffre una vibrante sequela di visioni e di\nemozioni che richiama la celebre Suite sin-\nfonia di Claude Debussy: in fine En el dolor\nil simbolo malinconico del libro trova la\nsua maggiore espansione. I versi hanno la\nindefinibile dolcezza romantica che fa par-\nticolarmenti cari, nella solitudine lettoria,\ni poeti. Elegias è un libro destinato, come\nil suo Autore, a rimanere fra le più care\nmemorie dell'Incontro letterario.\nMiguel fifa Unamuno. — POESIAS —\nMadrid; Fe-Suarez.\nLe poesie di Miguel de Unamuno sono,\ninnanzi tutto, not-voli per la vastità della\nloro inspirazione. elementi di sugge-\nstione panica passano agli elementi di emo-\nzione intima: ed il passaggio è sempre\neffettuato con squisito potere di contrasto.\nDebbo ricordare le liriche : La torre de\nMonterrey à la luz de la lima ; catedral\nde Barcelona ; Las magnolias de la Plaza\nNueva de Bilbao e, in pari tempo, i lan-\nguidi Salmos, le profonde Meditaciones, le\nadorabili Cosas de ninos 9 Racconti, rifles-\nsioni, incidenti affettivi e domestici, capricci\nfinché se ne vuole ; ed, accanto agli Inni\nalla Libertà, le inspirazioni alate sulla Ca-\nstiglia, sulla Catalogna, sulla Vizcaya che\nrendono tutta la forza del Poeta e la bella\ncoscienza del suo tipo civile. Poesia civile,\nrara meno in Ispagua che in Francia ed in\nItalia, è anche questa del de Unamuno. E\nnoi italiani dobbiamo essergli grati che\nquesto istinto di Poeta civile lo abbia por-\ntato a tradurre delle poesie di Leopardi e\ndi Carducci in un modo veramente am-\nmirevole. La Ginestra, Monte Mario, Mira-\nmar appaiono, nella cara lingua sorella,\nnon meno formidabili di bellezza che nella\nlingua originale.\nSantiago ArgueMo* — OCASO —\nLéon-Nicaragua; Guardian.\n\\\nE l'edizione votiva della gioventù intel-\nlettuale di Léon (Nicaragua) di un dramma\n(il suo primo lavoro teatrale) dell'insigne\nscrittore Arguello, onore delle lettere latino-\namericane. Il dramma, rapido, incisivo, dalla\ncatastrofe piena di potenza tragica, è, certo,\nuno dei più notevoli apparsi nella moderna\nlingua spagnuola. E, ricordandolo qui, noi\nche adoriamo un'unica alleanza, quella del\ngenio internazionale, mandiamo un affet-\ntuoso saluto a questo geniale drammaturgo\nche è anche — non dimentichiamolo — lo\nsquisito Trovatore di Oyo y Alma.\nJulio Raul Mendilaharsu. — COMO\nLAS NUBES — Madrid ; De Pueyo.\nUna prefazione dell'illustre poeta Fran-\ncisco Villaespesa, ci presenta questa giovane\nforza della poesia uruguayana sotto la luce\npiù bella e generosa. La fortuna ci arrise.\nConoscemmo, personalmente, prima dell'o-\npera il poeta; e ne fummo conquistati.\nL'uomo preparava l'artista delizioso; che è\nqui, in questo libro pieno di fremiti entu-\nsiastici, pieno di dolci musiche latine.\nFiglio di uno dei più insigni uomini po-\nlitici del suo paese, Julio Raul Mendi-\nlaharsu offre il magnifico esempio d'una\nnatura privilegiata e sorrisa dalla sorte, che\nsi consacra al culto dell'ideale. I suoi viaggi\nattraverso il mondo non sono il passatempo\npiù o meno intellettivo d'uno snob che si\nvuol godere la vita : sono la conseguenza\ndi un bisogno psicologico e la determinante\ndi una continua più perfetta espressione\nd'arte. Spirito infaticato e studioso, amante-\ndi tutti i problemi che agitano l'età mo-\nderna: il Mendilaharsu ha molto letto e\nmolto veduto, tutto e sempre compreso. Per\nciò questa sua lirica è, più che altro, la\nfioritura appassionata di una profonda, te-\nnace intensità cerebrale. Il poeta nasce dal\nfilosofo; egli si abbandona al ritmo come\nper riaversi dopo lo schianto d'una voluttà.\nL'opera del Mendilharsu (benché si tratti\nd'un giovanissimo) è fra le più significative\ndella moderna poesia sud-americana ed oc-\ncupa già, nelle muse di Spagna, un posto emi-\nnente. Vibra in essa una stupenda nota di\nnazionalismo. L'Uraguay è un paese ancora\nvergine, nel quale lo spirito d'indipendenza\npolitica tende a conquistare tutte le altre\nforme d'indipendenza morale. La poesia\ndel Mendilaharsu è, veramente, frutto di\nuna tempra di trepidazione e di vertigine :\ncome ben dice il Villaespesa, non si po-\ntrebbe meglio sommergersi nella vita e trarne,\ntutto il tesoro.\nArte e Vita, nella lirica del Mendilaharsu,\nsi rispondono con miracolosa armonia; e\nGloria, aggiungerei. Il Poeta sente il fa-\nscino delle maggiori altezze umane con una\npotenza d'estasi religiosa che commove e,\ninsieme, esalta. Cito i due sonetti a Poe e\na Garibaldi, dove la suggestione entusia-\nstica è piena, e il gruppo breve dei versi\nha la virtù di circoscrivere,\" meravigliosa-\nmente esatta, la sovrana bellezza dei due\ndiversissimi mondi ideali.\nJulio Raul Mendilaharsu, che canta il\nGaribaldi della prodigiosa leggenda urugua-\nyana, deve ormai essere un nome noto e\ncaro ai giovani figli d' Italia.\nM. Romera-Navarro* — FILOSOFIA\nFEMINISTA — Madrid; Moret.\nIl libro è interessantissimo, oltre che per\ni pregi di stile, per la visione esatta e lo-\ngica del problema. Il femmi?iismo deve esi-\nstere per la stessa ragione che il futurismo\nproclama il disprezzo della donna. Questo\ndisprezzo va inteso nel senso che se la\ndonna ha ancora per sua finalità l'attaccarsi"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.81", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5996, "texte": "come un'ostrica alla roccia Uomo, l'uomo,\nnegli anni magnifici della sua vita di crea-\ntore, ha il diritto di sbarazzarsene con ogni\ncrudeltà d'unghie e di riscagliarla nel mare.\nMa se, da una parte, è questo, dall'altra\nè bene siavi l'altro fenomeno: della donna\nche cerca di farsi uno stato libero, che tenta\nascendere tutta la scala della redenzione\nzoologica e politica. Il Romera-Navarro\nstudia 1' oggetto con buona copia di do-\ncumento umano e con un certo ottimismo\nsulla futura livellazione dei sessi che non\ndeve tornar discaro alle gentili signore che\nci leggono e che (vogliamo sperare) pro-\ncureranno di leggere il brillante Profeta spa-\ngnuolo.\nE. Barrobiero y — SIN-\nCERASTO EL PARÀSITO — Madrid ; De\nPueyo.\nNovella di gran corpo e di perfetto tipo\nspagnuolo nella quale il Barrobiero esplica\nle sue belle doti di osservatore e di colorista.\nIn alcune pagine vi sono sentiti accenni\nad un verismo dalla linea quasi augusta,\nquel verismo che era nel sogno di Zola, gli\nultimi anni della sua gigantesca evoluzione.\nSe è vero che dal naturalismo potrebbe ri-\nsorgere la formula ammantata di una mag-\ngior luce, quasi direi, se avesse a sorgere\nun classicismo del naturalismo, parmi che\nl'autore di Sinceraste) potrebbe aspirare ad\nesserne un degno campione. Cito, fra le\naltre gustosità del libro, il Comeniario a\nMarco Tullio Cicerone nei Campi Elisi che\ndepone per lo spirito scettico finissimo del-\nl'autore e che porta innanzi una nota affatto\ninsolita per noi italiani. La critica e l'auto-\ncritica combinate a base di rievocazioni\nallegoriche volevo dire di fantasmi sto-\nrici più futuristi ancora dei futuristi. E pare\nche Marco Tullio Cicerone fosse uno di\nquelli.\nAntonio Sancho. — ANALISIS SOCIAL\n— Madrid; Hijos de F. Marquès.\nIl libro è interessante come può esserlo\nla manifestazione di uno spirito libero, vigile,\nfuturista d'istinto e di equilibrio meditativo.\nScritto in una di quelle elastiche e pure\nferree prose che sono la specialità della\nSpagna, ci comunica direttamente all' intel-\nletto ed al sentimento. Certe pagine sul-\nl'origine dell'anarchia sono, una volta lette,\nindimenticabili. E indimenticabili gli aforismi\nsociologici che formano il corollario alla\nparte sostanziale del libro, fatta di pura\nscienza e, qua e là, di eletta poesia. Citiamo\nuno degli ultimi che dovrà riuscite parti-\ncolarmente caro alle nostre gentili lettrici...\nnon meno che ai nostri artisti... Las miijeres\nkermosas, debieraun reproducir su belleza\nescultural completa en identico, bien en\nun busto, ò bien en pintura por un gran\nartista. Es un modo sublime de pasar a la\nposteridad.\nLuis Rosatio- Vega» — LIBRO DE\nENSUENO Y DE DOLOR — Mexico ;\nRev. Me rida.\nAnche in questo libro, lo spirito elegiaco\nè profuso a piene mani. Notevole la spez-\nzatura coraggiosa della forma: i versi sono\nintramezzati dalla prosa con molta sapienza\ndi effetti estetici e gusto di novità: e i\nversi non sono del tipo solito : mutano i\nloro ritmi e i loro suoni con rapidità biz-\nzarra, sempre ricca di trovate foniche: ci-\ntiamo, ad esempio, la lirica Las campanas\npiena di belle sonorità che ci prendono\nl'anima colle loro ondate solenni e capric-\nciose, insieme.\nXavier eie Gapwaiho» — POESIA\nHUMANA — Paris; Louis-Michaud.\n\\\nEpopeia de luz ! E il grido che ci esce\ndall'anima leggendo dei saggi di Musa Por-\ntoghese. La divina musica del Camoéns ci\ntorna all'udito sonora come un fiume di\ngloria. Questi versi del Carvalho vibrano\nd'accenti classici: anche il loro romantici-\nsmo vola più con ali d' aquila che di co-\nlomba. Para Eleonora Duse ed A la Torre\nEiffel: ecco il modernista della lirica: ma\nNuova Gerusaleme Liberata, ma Apothéose\necco 1' epico di razza. Benché\nnell'insieme1 il soffio che gonfia questi versi\nabbia tutte le convulse violenze pneumiche\ndel Futurismo in respiro.\nClemente Monton Pai&eios. —\nUNA VIDA AL ABìSMO — Madrid; Viuda\nde Rico.\nUna novella che ha le dimensioni di\nun romanzo e che ben poco dista dalla va-\nluta di un romanzo. Lo scrittore ha la mano\nmolto felice nel disegnare i profili umani e\nnel rendere, de' suoi fantasmi, il rapido\ngioco psicologico-sensuale. Lo stile è ele-\ngante, sobrio, qua e là pieno di elementi\npittorici. Una prefazione di Francisco Vii—\nlaespesa è tutta un elogio del libro, scritto\n(dice l'autore stesso) con piuma de cyprès.\nVillaespesa richiama a proposito il Werther\ndi Goethe. E realmente l'opera è lo studio\nanalitico d'un'anima nata e votata al suicidio,\nstudio fatto con tutte le potenze suggestive\nd'una arte che desume il suo fiore dal\nsangue stesso tragico della vita.\nBzs&io Tavera. — EL LIBRO DE MI\nALBA — Cartagena; Bant.\nE' il primo libro di un giovane. Non é\nin versi. Ma schizza in una prosa nervo-\nsissima e piena di interessanti accenni sti-\nlistici dei profili di uomini e delle linee di\npaesaggi che ci balzano davanti in una luce\nstranamente chiara. Certo il Tavera è una\nbella promessa della letteratura spagnuola.\nVi è da augurarsi che egli abbia a concretare\npresto le sue degne qualità istintive in una\nopera di maggior raccoglimento e di mag-\ngior simbolo umano.\nAiian — HORAS PER-\nDIDAS — Santiago; Miranda.\nLe poesie di Allan Samadhy sono vera-\nmente nobili per disegno ideale, per forza\nlirica, per limpidità di suono. Parecchie\nsi inspirano a dolci reminiscenze di celebri\nversi italiani : Passa la nave mia ; La fiamma\nè bella. Altre, squisitamente elegiache, ren-\ndono l'anima pensosa e sensitiva del Poeta :\nMiserere, Omnia tra?isit. Altre, infine, vi-\nbrano di un sano ardore di giovinezza e\ndi forza : Altruismo, Canto de salud. — Il\nlibro (pubblicato ad un intento filantro-\npico, a favore della lega per gli studenti\npoveri di Santiago) si legge con la bella\ncoscienza che nell' America Latina i poeti\nesistono e sanno versare, a piena onda, il\nloro cuore canoro.\nJuan B. Teràn. — ESTUDIOS Y NO-\nTAS — Tucuman.\nRaccolta assai notevole di studi critici su\nargomenti filosofici, economici e letterari.\nIl Teràn è uno spirito eclettico e ciò lo\nonora. Egli passa da un entusiastico arti-"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.82", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6003, "texte": "colo su Guglielmo Ferrerò ad un altro, in-\nteressantissimo, su Taine caricaturista: e\nle sue note critiche su Fontenelle e lo studio\nsulla Statistica e l'Individualismo depon-\ngono, oltreché per la sua cultura proteiforme,\nper il suo potere di valutazione dei diversi\nrapporti psicologico-sociali.\nAMAÉE MESRWOM — EN VOZ BAJA —\nParis ; Ollendorf \\\nAmado Nervo è uno dei più ] eletti\npoeti spagnuoli. Le sue liriche, di cui En\nvoz baja ci offre un esemplare magnifico,\nsono piene di soavissimi incanti musicali.\nL'inspirazione, liberalmente panica, porta\nil poeta à sfoggiare le più disparate qualità\ndel suo temperamento lirico. La Bella del\nBosque Dormiente, A un Prometeo, A Car-\nmen, En Boheìnia bastano a caratterizzare\ncon stigmati sicure, la bella ecletticità di\nquesto trovatore latino che è anche un gen-\ntiluomo delle lettere, un vero poeta.\nR&morzi Gomez de la Sema* —\nMORBIDECES — Madrid; Trabajo.\nLibro curioso, pieno di umorismo elet-\ntissimo e di sapore critico eterogeneo dalle\nfierezze alcaline. La prosa è delle migliori\nche oggi si scrivano in Ispagna. E gl'Ita-\nliani che, tra i vari nomi fatti nel libro,\nscoprono quelli di D'Annunzio e di Lom-\nbroso, leggono le pagine con avidità. Queste\ndivagazioni sull'intellettualismo cosmopolita\nfatte da un cervello di primo ordine, sono\nsempre le migliori letture che ci possano,\ndi tempo in tempo, capitare. Lo spirito, in\nfondo, non si nutre che di vagabondaggio.\ntam Gomez de la Sema* —\nEL CONCEPTO DE LA. NUOVA LITERA-\nTURA — Madrid; Arias.\nTrattasi di un semplice opuscolo che è\nperò importante quanto una professione di\nfede. Il futurismo, ne abbiamo un'altra\nprova, ha concretato in una formula un\nmondo di sensibilità e di aneliti diffuso per\nla razza latina. Leggendo le vibranti, ner-\nvose pagine del Gomez ce ne siamo con-\nvinti ancora di più. Il concetto della nuova\nletteratura è Vesplorazione in avanti, l'esplo-\nrazione barbarica: e, meglio, parafrasando\nun apotegma di Gourmont, la letteratura la\nquale non è più che una serie d)insurrezioni.\n/'osò ingegnierosm — AL MARGEN\nDE LA CLENCTA — Buenos Aires; La-\niouane.\nL'autore è professore all'Università di\nBuenos Aires. Ma, caso più unico che raro,\nsa scrivere come i professori assai di rado\nsanno: con brio fosforescente, con suprema\neleganza d'arte. Il suo libro è un complesso\ndi dissertazioni su varii temi: La esegesi di\nDante, Le mani della Duse, Il temperamento\ndi Mascagni, L*imperialismo, Gli studi me-\ndici berlinesi, Il conclave degli psicologi.\nUna rassegna d'idee e di fatti che riempie\nil cervello e lo fa persuaso quanto mai si\npensi alla vecchia Europa ed alla giovine\nItalia, laggiù, nella giovanissima America\nlatina.\nSalario Verdaguer tSe Trawesi*\nENT EL ANGELUS DE LA TARDE —\nPalma; Ame?igual y Muntaner.\nLa lirica di questo poeta è piena di de-\nlicatezze nostalgiche, di aneliti di pace e di\nprofonde emozioni musicali. Basterebbe ri-\ncordare la dolcissima inspirazione su Bach:\nTiemblan dulcemente lànguidas las notas\ncorno el gran murmuìio de un bosque sombrio,\ny gimen en filas brillantes de gotas\npasando solennes con paz de un gran rio....\nY los violines bohemios suspiran\ny tejen airosos un sedoso vuelo\ny se nuen, y besan y pasan y giran\ncon las melodius del violoncello.\nParmi che in questo Poeta tutta la soave\nmelodiosità della lingua spagnola trovi il\nsuo massimo sfogo. I suoi versi restano\nveramente nell'orecchio come ritmi affermati\ndal suono d'uno strumento.\nFedirò Henriquoz Urena. — EN-\nSAYOS CRiriCOS — Habana; Fernandez.\nFra questi saggi critici, tutti d'un sapore\npiccante, ho rilevato assai, notevoli e di\ngrande interesse, uno studio sul viodernismo\nnella poesia cubana e profili di Jose Joaquin\nPerez, Rubeyi Dario, i forti poeti dell'Ame-\nrica latina, nonché di Hostos e Lluria, i\ngeniali sociologi della Spagna moderna.\nMeno mi ha interessato il saggio sulla poesia\ndel d'Annunzio, piuttosto superficiale, e il\nsaggio sul Melodramma italiano: nel quale\nperò, è affermato un principio di fatto innega-\nbile: quello che la giovane scuola italiana si è\nlasciata superare, nel campo ideale, dai mu-\nsicisti francesi e tedeschi. O Italia, ormai\nanche il tuo primato musicale è messo,\nall'estero, in quarantena !\nEugeni® Be Castro. — EL ANILLO\nDE PoLTCRÀTES •— Bogota (Columbia) .\nÈ la traduzione in lingua castigliana d'un\ndramma pieno dell'antica grande arte greca,\ndovuto ad un J dei più illustri letterati della\nSpagna, Eugenio de Castro, dell'Accademia\nReale. La traduzione, veramente squisita, è\ndi Samuel Lopez. Il dramma, che ha per\nteatro l'isola di Samo, è d'un originalità\ngrandiosa nelle sue linee semplici e schiude\ndelle correnti di poesia e di pensiero vera-\nmente inusitate nell'arido teatro convulsio-\nnario d'oggidì.\n/acoho Marin-Baldo. — MADRI-\nG-AL.ES — Madrid ; Revista Arch. Bibl.\ny Museos.\nEcco un genere classicamente italiano ed\nin Italia passato affatto di moda. Nè si può\ndire che altrettanto di moda sia passato\nl'amore sentimentale, oggetto del piccolo\ncomponimento poetico. Ma madrigali in\nItalia non se ne scrivono, fortunatamente,\npiù. In Ispagna ne escono dei volumi ;\ncome questo del Baldo. E bisogna dire\nche anche una tal forma d'arte poetica non\nsia morta, se il libro si lascia leggere\ncon piacere e se i versi fluidi ci toccano il\ncuore d'una loro indefinibile malìa.\nSon madrigales sinceros. De la vida\nes sa canto naturai.\nBomingo Torres FRLAS. — AR-\nGENTINAS — Buenos-Aires; Penser.\nPoesia tipica, che in Comarcanas reca il\nsoffio della Pampa e la pittura vivacissima\ndel costume gauchiano. Vespertina e Haydée\nen la hamaca sono due gioielli del genere.\nIl poeta ha anche notevolissime la corda\neroica e lo spirito politico. Ricordiamo i\nversi al Generale Mitre e i frammenti di\nun vero e proprio Poema politico. Di più\nTorres Frias tocca con insuperabile eleganza\nla lira erotica. Los enamorados, Marte brutal\ny Venus mimosa, sono due saggi assai elo-\nquenti di quest'ultima qualità. Poesia, ol-\ntreché tipica, chiarissima, dalle forme lucide\ne dai suoni facili ma sempre nobiliari."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.83", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5707, "texte": "LETTERATURA FRANCESE\nJ. M. Rosny (asné). — MARTHE\nBARAQUIN — Paris; Plon.\nParlare di J. H. Rosny Aìné, uno dei\nmaestri del Futurismo, illustre membro del-\nl'Accademia Goncourt, l'autore di quei\nforti romanzi di costumi e d'amore, di quei\nsingolarissimi romanzi preistorici e di quegli\nepici romanzi sociali che sono altrettanti\ncapolavori di alta genialità creativa, sem-\nbrami, ormai, cosa inutile. Marthe Baraquin\nè il libro di un verista meravigliosamente\nacuto. La donna povera e bella e prodiga\ntrova ancora uno de' suoi poemi dolorosi.\nIl romanzo ha realmante pagine brutali e\nferoci ; il maschio vi fa la parte tragica-\nmente vite e necessaria. Ma nell'insieme,\nl'opera è di uno splendore morale che af-\nfascina e commove. Vi è, diffusa per la nar-\nrazione limpida, una tale quantità di veri,\nche il nostro spirito si addentra nella let-\ntura come attraverso la eterna storia umana.\nFare, dell'arte, della vita. Ecco la grande\ninfallibile formula dello scrittore che richiama\ni metodi gloriosi di Flaubert e dei Gon-\ncourt. E nascono libri che documentano in\nmisura perfetta il tempo in cui viviamo,\nche ne danno, con prodigiosa semplicità di\nmezzi, l'enorme intero profilo diabolico, il\nmeccanismo di tutte le incoscienze e di tutte\nIn sensibilità.\nJ&MMES® — RAYONS DE\nMIEL — Paris; BibL de V«Occidente.\nEgloghe squisitamente semplici e pure\ndel celebre poeta francese che portano,\ndella Poesia, il soffio pieno di mistero pa-\nnico Cj insieme, di fraganza quotidiana.\nLeggendo questi versi di Francis Jammes\nci si sente presi dalla dolcezza della vita\nrustica e casalinga; ma, anche, dall'inde-\nfinibile fascino che hanno le sorgenti e le\ncorrenti della vita universale.\nLe contrevent gémit, le feuilles s'entrefroissent,\non apporte le pain\nauotidien,\nla nature est pleine d'angoisse.\nMais ma mère au vieux cceur chrétien\nme parie avec serénité\ndes petits pois qui vietinent bien.\nSon devoir se conforid avec sa piété.\nLégumes du jardin !\ndites vous\nqu'il est doux\nattachés à vos rames\nde murir doucement pour une sainte femme.\nIn questi versi è mirabilmente trasfuso il\npotere dell'arte jammiana. Ma tutte queste\nEgloghe sono gemme. Versi che tornano\nsulle labbre, a tratti, come rispondessero\nad un bisogno nativo del cuore. Arte di\nmeravigliosa innocenza: arte di sublime\nconforto umano.\nPaul Adam. — L'ICÒNE ET LE CROIS-\nSANT — Paris ; Publications Modernes.\nUn libro di Paul Adam è sempre una\nmagnifica festa dell'anima. Il grande scrit-\ntore, questa volta, è d'un'attualità politica a\ntutta prova. Si parla sempre della visita\nsolenne di Nicolò II a Maometto V. L'I-\ncona finirà ad incontrare la Mezzaluna,\ncome nelle pagine di Paul Adam. Le quali\nsono, come sempre, fra le più deliziose che\npossa oggi offrire la letteratura irancese.\nLo sfondo meravigliosamente scenico del\nlibro è dato con un arte da vero maestro.\nE lo spirito d'osservazione e il potere di\nsintesi e la virtù di presagio hanno, dovun-\nque, pel libro, l'alato prestigio della lirica,\nil rigido sistema della logica, il fiammante\nvolo dell'epopea.\nLuca Rizzardi, — LE JOURNAL D'UN\nSUICIDE — Eruxelles ; Dechenne et C.\nIl titolo è suggestivo. Si legge il libro\ncon vivo interesse. Le anime nostre sono,\ndopo tutto, a grande substrato romantico :\ne le memorie di Werther e di Jacopo Ortis\naiutano sempre a spingerci verso certe pa-\ngine con ardore quasi sensuale. Figuratevi\nsu queste che recano per epigrafe il celebre\nmotto d'Amleto: To be or not to he... E fran-\ncamente confesso che il libro del Rizzardi\nrisponde all'attesa psicologica del lettore. È\nscritto con vera e grande genialità. Luca\nRizzardi ha pronunciato in questo libro la\nparola nuova universale che, nell'eterno\ntema, si ha il diritto, di udire, un'altra volta,\nposto che, un'altra volta, un poeta se n'è\ninnamorato sul serio.\nJoBshim Gasquet. LES PRIN-\nTEMPS — Paris; Perrin.\nGasquet è un delizioso poeta aulico. La\nsua musa, pure sentendo di tutte le più\ndelicate musiche e brillando di tutte le luci\npiù accese, non si scosta dalle leggi della\ntradizione. Ma questa raccolta è inspirata\ntutta ad una tonalità classica. Lo spirito\ndelle primavere mistiche, delle primavere\npagane e delle primavere funebri quale a\nnoi è giunto attraverso le più squisite de-\nlibazioni del pensiero e dell'arte di tutti i\ntempi trascorsi, torna a battere, malioso, le\nporte del nostro cuore ed a farlo vibrare di\nechi meravigliosi. Sentite questa lirica dove\nè tutto lo slancio e l'abbandono del libro :\nOù dormez-vous, printemps du monde?\nsous i'azur de quels mornes cieux\nmenez-vous votre pale ronde\ndans les éthers silencieux?\nUn soir de songe, l'àme triste,\nau fond de mon désir lassé,\nsous une lune d'améthyste,\nest-ce vous que j'ai vu passer?\nTournant en choeur, rèveurs génies,\nentre les futs d' un bois léger\nvous faisiez sur vos mains unies\ndanser l'étoiie du berger.\nDes cyprès, corame en Italie\nse fuselaient à l'horizon,\net toute la mélancolie\nensevelissait ma raison.\nMais depuis ce songe d'une heure.\ncette ronde d'anciens parfums,\nje sens qu'au fond de moi demeure\nun peu des vieux printemps défunts....\nSi sente che quest' opera, malgrado il\nsuo andamento lirico qua e là greve e so-\nlenne, è l'opera di un essenziale spirito\nmoderno : tutte le virtù mirabili dell'uomo\npassano nell'opera del poeta e l'accendono\ndel loro bellissimo fascino. Les Printemps\nsono dei ricettacoli di luce, sovratutto : di\nquella luce che è caratteristica della poesia\nmeridionale, che è la gloria dell'opera di\nMistral e che, dal maestro, trapassa prodi-\ngiosamente naturale nelle opere degli al-\nlievi. Poiché Joachim Gasquet è un puris-\nsimo figlio di quella Provenza che dà, pur\nsempre, l'espressione più fortemente intesa\ndello spirito di nazionalismo e che ha ne'"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6065, "texte": "suoi fàlibres, la stoffa di altrettanti impe-\nratori dell'ideale.\nLa squisita signora di Joachim Gasquet,\nintanto, è stata consacrata Reine des Fèlibres:\ne questa dignità sappiamo quanto sia sacra\nin Provenza. Come è di tutti i grandi\ncuori che battono il ritmo d'una grande\nPatria, Joachim Gasquet (che mi fu dipinto\ncon entusiastici colori da F. T. Marinetti) è\nl'incarnazione più perfetta dello spirito dio-\nnisiaco non spento nella razza latina: un'a-\nnima di bontà e di letizia che, nel turbine\ndi Parigi, reca intera la sua gioia di vivere\ne cerca trarre da ogni emozione voluttuaria\nla nota profonda che faccia, un poco sempre\ndel canto il più resistente bacchico Mistero,\nE, veramente, questi Printemps hanno, più\nche di flore, profumi di vendemmie, future;\nmeglio diremo — futuriste.\nAux ìfiotSmos de SSGÈÌ® et Ca-\nSBb§*@. — Bruxelles; Album de la Bel-\ngiqae artistique et littéraire.\nE' con ammirazione e commozione che\nsi sfogliano le ricche pagine di questo ma-\ngnifico album, omaggio dell'ingegno e della\npietà del Belgio alle nostre vittime di Si-\ncilia e di Calabria. Dovuto all'iniziativa di\ndue scrittori genialissimi : Paul André e\nFernand Larcier, direttori della Belgique\nartistique et littéraire non poteva meglio\nriuscir degno dei promotori illustri e del-\nl'alto scopo umanitario a cui s'inspira. Ci\nha colpito, innanzi tutto, la lunga ed elo-\nquente lista di sottoscrittori.\nL'album fu pubblicato sotto il patronato\ndella Casa Reale di Leopoldo II. I più\nbei nomi del Belgio figurano fra quelli\nche contribuirono a rendere possibile una\nsimile meravigliosa pubblicazione. Fra i\ncollaboratori si notano i maggiori scrit-\ntori e musicisti e pittori del mondo fiam-\nmingo, quali Emile Verhaeren, Camille Le-\nmonnier, Sylvain Dupuis, Emile Mathieu,\nS. A. R. Ja principessa di Fiandra (una\ngrande artista del pennello), Emile Claus,\nVictor Rousseau, Jules Destrèe, Fernand\nKnopff, Alfred Bastien, Maubel, George\nGarnir, James Thiriar, Madame Cailteux,\nH. Carton de Wiart, Georges Eekhoud,\nFranz Mahutte, Henri Davignon. E. Verwé,\nG. Charlier, G. Marlow, Paul Gilson, Mar-\nguerite Van de Wiele, Iwan Gilkìn, G.\nRancy, James Ensor, Armand Rassenfosse,\nHenri Liebrecht.\nUn mondo di pensieri e di immagini si\nsvolge lungo le pagine di questo album la\ncui ricchezza tipografica è solo superata dalla\nricchezza sentimentale ed intellettuale che\nlo ha daterniinato. Al nostro cuore di italiani,\nun simile omaggio ha dato i brividi della\nconsolazione più grande nell'angoscia della\ncatastrofe che non ha nome. E' l'anima di\nuna delle più elette e generose plaghe di\nEuropa che è venuta spontanea, con uno\nslancio tutto latino, a lenire il nostro do-\nlore offrendoci un lussuoso Vangelo di pa-\nrole belle e di figurazioni ideali. Quanto\namore, quanta pietà, quanto augurio, in\nquesto volume votivo, per la nostra povera\ne sconsolata e resistente Italia ! Ecco le pa-\nrole del sommo fra i poeti belgi viventi,\nEmile Vcrhaeren :\n(Esse sono così altamente simboliche che\nmeriterebbero di essere trascritte intere sul\nbianco della bandiera italiana.)\n« Comme en toutes choses, mème au fond\ndes plus sombres deuils, il importe de re-\nchercher non pas une négation, mais une\naffirmation d'humanité....\n« Mais ce qu'il importe de magnifier\nsurtout, c'est l'immediate volonté de recon-\nstruire la vie à l'endroit mème ou elle fut\nsaccagée et dótruite, si bien que l'on en\npeut conclure que le coeur des peuples est\nvraiment un abìme d'espoir et de ténacité ».\nMaurSoe Gauchùx. — LES SIMPHO-\nNIES VOLUPTUEUSES — Bruxelles; La\nBelgique artistique et littéraire.\nLa poesia francese è grandemente ono-\nrata dal contributo dell' ingegno belga : ba-\nsterebbero due nomi, ormai di fama mon-\ndiale: Maeterlinck e Verhaeren. Intorno a\nquesti due colossi, una fioritura magnifica\ndi poeti è sbocciata che, infaticabile, getta\nsul mercato intellettuale di Francia le opere\npiù ardenti e più singolari.\nMaurice Gauchez è uno di questi valorosi\ncampioni del genio poetico belga.\nÈ diffusa per questa raccolta di Sinfonie\nun soffio Wagneriano che ci seduce e ci\nesalta. Il verso è trattato con grande po-\ntenza: di tipo tradizionario, ha, però, tutte\nle vastità polifoniche che il tipo musicale\ndella concezione richiede:\nLe soir fut. Et le vent s'assoupit, lent et sourd.\nUn frisson frais court sous les feuilles des chènes\nLe silence priait dans la Mort d'alentour\net le sol fut mouillé comme auprès des fontaines.\nIn Symphonies intifnes, in Parcs du silence,\nin Vent, in Bau fraìche, in Arbres, in Par-\nfums, in Lumières, in Verbes Humains,\nin Palette, in Gloires; le qualità sinfonistiche\ndi questo Poeta sono profuse con una gene-\nrosità veramente straordinaria. Grande inspi-\nrazione dovrebbe venirne alla musica orche-\nstrale !\nBau fratche, le Vent, les Arbres, les Par-\nfums, ed anche Palette ove ogni verso è,\nsi può dire, un' orgia di colore, sarebbero\nassai adatti a suggerire idee e movimenti\nd'idee d'ordine impressionistico-pittorico ad\nun musicista che abbia cara la formula de-\nbussyana.\nRicordo, inoltre, per rendere un vivo\nomaggio anche al Poeta Civile, le bellissime\nodi a Bmile Verhaereii, principe dei Poeti,\na Rubens, a Constantin Meunier e a Ric-\ncardo Wagner: dove la poesia di Maurice\nGauchez ha, veramente, lo squillo dell'ori-\ncalco famoso.\ndm Jm Wan — L' EAU FRIS-\nSONNE — Roubaix; « Le Beffroi ».\nIl poeta ama le dolci cadenze nostalgi-\nche, i ritmi consueti ma dalle più insinuanti\ncarezze : il poeta è un sensitivo squisito :\nperciò il suo canto non è mai inutile e\nvano: anzi, sempre la sua facile onda ci\nprende e ci commuove :\nDes mots, des musiques, des riens\ntristes ou gris selon nos rèves,\nsur le rythme des chansons brèves\ndes mots, des musiques, des riens...\nE Baudelaire e Verlaine e Maeterlinck,\ncon questo programma, hanno ingemmata\nla Poesia ..\nLoisSs — IMAGES BORAINES\n— Bruges; Herbert.\nLa poesia del Piérard è fra le più im-\npressionanti che mi sia stato dato incon-\ntrare in questi ultimi tempi. Egli sente la\nnatura e l'anima d'un modo affatto perso-\nsonale: ed è un prodigoso pittore de' suoi\nsentimenti, delle sue sensazioni."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.85", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6293, "texte": "Cito la lirica: Pluie d'è'é:\nLe ciel maussade s'impatiente et tout-à-coup,\nTandis que l'hori/on s'embue, il se dissout.\nLa pluie oblique et dense, avec rage, cìiquète\nSur les tuiles et la vitre, sur l'eau inuette\nDes mares vertes, puis s'effutne sur les toits\nDès que le vent rafale. Et l'on entend parfois\nDes galopades de poulains dans les enclos,\nLes ébats des canards parmi les fiaques d'eau.\nMais les grands bceuf, l'oeil étonné, dans les prairies,\nTendent le cou, silencieux. Les métairies\nS'endorment, le vent les berce : sur les toits bleus\nVernis à neuf, les pigeons blancs ont fait le voeu\nDe rester malgré tout le plumage hérissé.\nO la musique de la pluie dans les vergers\nAux pommiers torsi Chant d'orgue large etsolennel,\nTel qu'on ne sait quand il déferle si c'est elle\nQui bruit ainsi ou les arbres harmonieux.\nO la musique de la pluie, qui monte aux cieux l\nMais soudain elle cesse et dans la paix de l'heure,\nOia n'entend plus dès lors que gouttièresaui pleurent\nTandis que dans la joie d'un pauvre soleil pale,\nDes gazons, monte un parfum frais et lilial.\nAmmiro fra le innumerevoli bellissime.\nUn soir e Spleen: in esse mi sembrano\nmarcatissimi i valori del poeta che ci è\nriuscito, dopo una sola lettura, profonda-\nmente caro, così come un amico.\nE non è anche per questo, o Poeti, che\ndobbiamo scrivere? Per seminare delle ami-\ncizie nei cuori degli sconosciuti?\nJules Bernesi* — LA LITTÉRATURE\nFÉMININE D'AUJOURD* HUI — Paris ;\nAnna les.\nLetteratura francese, s'intende. Realmente\nil favore eccezionale di cui gode oggi la\nletteratura femminile in Francia è tale da\ncostituire un fenomeno etico-sociologico di\naltissimo interesse. Il Bertaut la studia con\ngrande amore e perfetto equilibrio in queste\npagine scritte con brio e con passione. Ma-\ndame de Noailles, Aurei, Hélène Picard,\nColette Willy, Jane Catulle Mendès, Lucie\nDelarue-Mardrus? Renée Vivien, Rachilde,\nJean Dornis, Séverine, Marie Dauguet,\ne altre, e altre, costituiscono le colonne\ndella moderna letteratura femminile fran-\ncese: e il Bertaut le studia nei vari loro\nrapporti fisionomici colle concezioni di cui\nla letteratura stessa ha bisogno ed offre\nl'esempio pratico: così noi vediamo come\nla scrittrice francese concepisce nelle sue\nopere la donna, come concepisce l'uomo,\ncome vede la natura, come la pensa in fatto\ndi figli, come imagina, sente ed osserva,\ncome si pronunzia sulla questione dell'a-\nmore, come sfoggia i suoi doni nativi nella\ncreazione letteraria. La conclusione dello\nstudio critico del Bertaut è notevole e la\nriportiamo :\n« La littérature un peu trouble, mauvaise\nparfois, malsaine souvent, des femmes d'au-\njourd'hui, aura été le terrain puissant dans\nlequel va germer et naitre la forte et solide\net harmonieuse production de la femme de\ndemain ».\nJm Benoit Ssamkert* — LES FLEURS\nDU CHRLST — Vevey; Klausfelder.\nSono 1 canti di un Religioso dell'ordine\ndei Predicatori. Libro assai curioso e raro,\nperciò. Le poesie, tutte profondamente mi-\nstiche, vibrano, però, anche di intense note\numane. Il verso è trattato con maestrìa :\nle imagini sono spesso originali ed incisive.\nLa spiritualità complessiva dell' opera è\nquella che più piace e che s'impone. Questi\nmistici sono, veramente, i più alti frenetici\ndel lirismo umano. Portano al Fantasma\nSacro tutto l'impeto psicologico e carnale\nche non sempre i poeti laici sanno portare\nai loro fantasmi peccaminosi. Les fleurs du\nChrist possono insegnare dell'arte.\nAndré UffiaHm. — LES VAINES PRO-\nIVI ESSES — Paris; Publications encyclo-\npédiques et litiéraires.\nPuis-je itnaginer de plus douces choses\nque de vous offrir sur mon jeune coeur\neet amour éclos dès l'avril en fleur\nmais qui peut mourir dans le mois des roses?\nLa poesia del Martin, tutt' altro che\nnuova negli atteggiamenti e nelle forme,\nha però una delicatezza tutta speciale e\ndegli impeti di passione che la fanno di-\nstinguere dalle molte altre di cui anche la\nletteratura francese, da tempo in qua, sembra\nabbondare. Lo stile è molto accurato, le\nrime, spesso, rare: e nell'insieme, la me-\nlodia facile del canto non è mai nè mono-\ntona, nè volgare.\nVivien. — L'ALBUM DE SIL-\nVESTRE — Paris; Sansot.\nÈ un vero e proprio album, di quelli\nsui quali le signorine italiane (e, assai pro-\nbabilmente, di tutti i paesi del mondo)\namano farsi scrivere versi e prose dai così\ndetti uomini illustri. Qui troviamo degli\naforismi pieni di spirito e di profondità.\nNe volete uno d'occasione?\n— La gioire ny est plus — la gioire est\nmorie. La reclame Va tue e. La eélcbrité\nvulgaire a pris sa place.\nE ne volete un altro terribilmente strano ?\n— Le poète est frère de la ccurtisane. Il\nest plus déchu encore. N'est-il point mille\nfois plus honteux de vendre son àme que\nson corpsf — Ma chi vende mai poesia,\nalmeno in Italia?\nMaurice Levailiani. — LE MIROJR\nD'ÉTAIN — Paris; Ed. de la « Revue des\nPoètes ».\nVi è in questa raccolta di inspirazioni\nclassiche una notevole misura di sintesi ed\nuna ferma eleganza di atteggiamenti metrici.\nLa Grecia, co' suoi paesaggi e i suoi fan-\ntasmi, è la 'Musa generica del Libro. Il\nPoeta — egli medesimo lo confessa — ha\ntentato, ne' suoi versi, dire lo splendore del\nsole nel cielo grandemente aperto, la ca-\nrezza dell'aria alla luce amica, l'ora armo-\nniosa, l'euritmia mollissima. E il tentativo\nè riuscito, sia pure nelle forme le meno\noriginali.\nSeha&tien- Charles Lecoatte* —\nLE SAKG DE MEDUSE — Paris; Me'r-\ncure de France.\nIl libro, interessantissimo si apre con\nuna bella prefazione futurista sull'avvenire\npossibile della Poesia in Francia, avvenire\nche ha già il suo motto celebre:\nPoètes à veni?', qui saurez tant de choses!\nIl Poema, di una magnifica linea, ha\nsquarci d'una eloquenza che oggi è difficile\nincontrare nel regno della Poesia. La forge\ndes Cyclopes, Les Amazones au tornbeait d'A-\nchille, e tutta la sequela Sparte sono al-\ntrettanti saggi d'un canto oggi inusitato\nma pur sempre ricco dei più misteriosi e\npossenti fascini ideali.\nLOUIS TWAWDFM. — OMBRES VOLUP-\nTUEUSES — Paris; Sansot.\nUna raccolta di poesie snelle e delizio-\nsamente nostalgiche nelle quali vibra l'a-\nnima d' un poeta sinceramente innamorato\ndei fantasmi. Le liriche A la Joconde e le\naltre, facenti parte del Bouqtiet de stippliciées\ne rievocanti gli spettri di Marie Antoinetter\ndi Madame Roland, di Charlotte Cor day y di"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.86", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6395, "texte": "Lucile e di Théroigne de Méricourt sono fra\nle più interessanti del volume, il quale è no-\ntevole anche per il profondo sentimento della\nnatura e il valore animistico diffuso.\nGuy Lavane!. — DRJ LIVRE DE LA\nMORT — Paris; « La Phalange».\nPoeta pieno di delicatezze, dal sapore\nelegiaco marcato. I versi sembrano scritti\nper essere mormorati. Di tipo tradizionario,\nsi snodano, però, con molta varietà di suoni\ne sono sempre trattati con squitita arte di\ncesello. Il Poeta ha un anima dolce e pro-\nfonda che sente il bisogno di rivelarsi nella\nparola perfetta. E sempre giunge a rivelarsi.\nIl libro del Lavaud é fra i più sinceri e i\npiù esatti che mi sia stato dato di leggere\nquest'ultimi tempi.\nEiienn® — DE L'AMOUR —\nParis ; Grasset.\nUn altra di quelle squisite monografie\nsull'amore che sólo i francesi sanno scrivere.\nLa prima parte consta di alcune Notes sur\nl'amour: deliziosi aforismi che hanno il\npotere di chiudere, nel breve giro d'una\nfrase elegante, un mondo sempre diverso\ndi verità. Eccone qualcuna; — U amour\nabaisse les grandes àmes et élève les petites\n— Faire souffrir une femme est une autre\nfagon de la posseder — Dieu est le premier\net le dernier amant de la femme — A\ntrente ans} une feinnie Jìnit ou débute —\nTout le roman de la femme tient en deux\nchapitres: dans le premier elle s)abando?i?ie,\nda?is le second elle est abandonnèe.\nLa seconda parte, non meno profonda\nbrillante, è un rapido schizzo di metafisica\ndeiramore. Il concetto inspiratore, in so-\nstanza, è questo: l'istinto sessuale ha fatto\ndell'uomo uno schiavo: l'amore ne ha fatto\nun ribelle. Questi ribelli sono i re della vita.\nCome vi sono dei geni dell'arte, così vi\nsono dei geni nell'amore. Sono gli amanti,\ngli scarsi esseri superiori, che non curano\nla continuità della specie, ma sviluppano la\npassione e preparano il trionfo dell'indivi-\ndualismo.\nJacques Roisgé. — LE TERROIR\nET LES RÈVES — Paris ; Lechevalier.\nIl Poeta canta specialmente i luoghi umili\ne cari. La sua poesia, dalle squisite melo-\ndiosità di certe sonate d'organetti di Bar-\nberia in certe primavere di sobborgo, scorre\nlucida e semplice e trova sempre la via del\ncuore. Qua e là anche l'umorismo trapela\ne, come e sempre di classica vena francese,\nabbiamo, allora, il piccolo capolavoro. Ec-\ncone un saggio nel Tonneau du Liget :\nAu monastère du Liget\neri l'ari mil cinq cent et quarante,\nun beau soir, le pére Léger\n(La foi d'un moine est chancelante)\npendant que ses frères dévots\nchantaient laudes, d'une voix grave,\ns'en fat seul vers les noirs caveaux\nremplis de chinon et de grave.\nAyant fui l'odeur des missels\net les parfums du sanctuaire,\nLéger flairait les barrissels\net leur senteur charmait le pére.\nIl s'en allait de futs en futs,\nen soulevant toutes le boudes,\net ses deux mains n'en pouvaient plus\nde palper les barriques rondes.\nLa gourmandise, seule, ici,\nle faisait manquer à la règie.\nSatan lui souffla : — Bois aussi\npour abreuver ton pain de seigle ! —\nLe diable apparut aussitòfc,\nprit le baril e le flit boire\nà Léger, qui perdit, bientót,\net l'équilibre et la mémoire.\nPuis Satan, pour se divertir,\nLéger dans 3a barrique\nEt ce fu un nouveau rnartyr\ndont on vénère la rélique.\nJohn-Antoine SNS&is. — Au SEUIL DE\nL'ESPOIR — Paris ; Vanier.\nTipo di quel poema psichico che troppo\nè raro in Italia. Una poesia piena di squi-\nsiti volgimenti spirituali, dalla musicalità\nsempre ardente, qua e là dall'umorismo\nche rivela il temperamento latino di razza;\ndei tocchi nostalgici ed elegiaci suprema-\nmente delicati ; eleganza e ricchezza d'ima-\ngini, profusione di coloriti sopra un tessuto\nassai forte di meditazione, sopra una ga-\ngliarda trama di pensiero e di sogno. L'a-\nmore tiene il suo posto, ma singolarmente\neroico e religioso insieme :\nEn elle pressent-il le lien et l'aimant\nentre ce monde enclos et les extrèmes grèves,\nentre le vouloir morne, abrupt et déprimant\net la suave mort où s'achèvent les rèves\nbaignés de bleu mystique en Pitnmuable été,\ndans l'immense pitié de l'Immense Bonté ?\nCar levant les yeux vers la voix qui le caresse\net vers l'infìni clair tout étoilé d'espoir\nVIsolé voit briller tes régards d'allégresse\net ton sourire, Aimée, en le ciel du beau soir.\nEdmondl Harauoourt. — TROU-\nMAILLE ET PELISSON -— Paris; Fas-\nquelle.\nIl romanzo, che fu pubblicato nel Journal\nparecchi anni or sono, è una curiosa storia\nd'un matrimonio infelice nel quale (caso\nnon del tutto strano) la vittima è il marito.\nLo stile del racconto è di una semplicità\nche si rende amabile.\nL'autore si è rivelato un profondo cono-\nscitore dei piccoli ambienti rurali ; e la de-\nscrizione della continua, infaticabile, calun-\nniosa malignità che caratterizza la vita in\nquei luoghi è fatta con grande sapore di\nverità. Anche questo libro meriterebbe di\nessere conosciuto in Italia dove la vita dei\npiccoli centri è tutta imbevuta di pregiu-\ndizi e alimentata di maldicenze. Molti quadri\ndi questa Francia sono gli stessi di questa\nItalia. Il che più consolare.\nALBERT DA BOIS- — PARIS LA PRO-\nSTITUÈE — Paris; Sansot.\nE' il secondo libro dei Poèmes impérieux.\nDescrivere che cosa sia la poesia del Du Bois\nè quasi impossibile. Non che egli canti in\nritmi rivoluzionari. Anzi, la sua poesia è di\nun tipo formale piuttosto conservatore. Ma\ne il disegno etico del suo canto quello che\npiù sorprende e incatena. Il profilo bizzarro\ndella Parigi divinamente carnale e spirituale\ne reso con una potenza saltuaria di trovate\nche che ha del demoniaco.\nAccanto alla ferocia sarcastica che demo-\nlirebbe anche l'Universo, troviamo delle\nespansioni liriche di deliziosa bellezza. Cito\ni canti : La ville répond au Poète — Le Poète\ntmplore la ville — Figures ben parisiennes\ne Bons conseils a une prostituée dove lo\nspirito del Poeta si allarga e si innalza in\nvoli veramente nuovi d'ardire.\nEcco, fra tante Parigi, una inspirazione\nsquisita su Roma :\nBrune beauté, fine et patricienne ;\nfier visage mobile, aux purs contours latins!\nEt nul ne la croirait la Mère, l'Ancienne,\nà voir ses yeux brillants de l'ardeur dts matins.\nDécor fait pour les Dieux et les apotliéoses,\nsol plus proche des cieux que tous les autres sols :\nacqueducs écroulés sur des collines roses,\nbalustres ombragés de lourds piiis parasols.\nEt de tous les cótés, saus que rien le dérobe,\nbleu, d'un bleu pale et doux, presque immatériel\nle dòme de Saint-Pierre est tei qu' un vaste globe,\nqu'un poing imperiai tiendrait au fond du ciel."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.87", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "Paul Ledercq. — JOUETS DE PARIS\n— Paris ; Floury.\nLibro assai gustoso, scritto con grande\nlucidità ed eleganza di stile. Sono impres-\nsioni istantanee su tipi umani. Taluno di\nquesti schizzi è un vero capolavoro di grazia\ne di spirito. Cito Les dominos> Les alma-\n?iachs, Le nourrisson> Le marmoi, Les Pari-\nsiennes. Il libro è di quelli che si divorano\ne lasciano un'impressione incancellabile. Vi\nè della fantasia, dell'umorismo, della pro-\nfonda penetrazione di esseri e di cose. Libro\nraro e caro.\nMichel Gorday. — MARIAGE DE DE-\nMAIN —- Paris; Fasquelle.\nUn romanzo leggermente a tesi ma ar-\nchitettato con sapienza e lieve, alla let-\ntura, come una novella. Benché il concetto\nsia dei più profondi e d'un modernismo\ndidascalico a tutta prova. Un intellettuale\n(scienzato, questa volta, e medico per\ngiunta) figlio di famiglia ricca sposa una\nfiglia d'operai, operaia essa pure, della quale\negli ebbe ad innamorarsi mentre la curava\nd'una mano offesa dall'insidia d'una mac-\nchina. Questo il soggetto. Le applicazioni\nalla vita e le deduzioni ideologiche sono\nfacili ad intuirsi. Il Corday ha aggruppato\nintorno alla coppia protagonista dei tipi\nnecessari alla intera luce del suo quadro\nideale. E l'ha fatto con mano felicissima\nse non, naturalmente, con straordinaria\noriginalità. Il libro è pieno di bella e forte\npoesia umana, ed è scritto, inoltre, con\narte squisita.\nLucie Deiarue-Mardrus. — LE\nROMAN DE SIX PETITES FILLES —\nParis ; Fasquelle.\nL'autrice di Marie fille-mère ci si pre-\nsenta con questo nuovo romanzo che con-\nferma e consacra la sue mirabili qualità di\nscrittrice. Il nuovo Romanzo è semplice-\nmente delizioso.\nLe protagoniste sono piccole anime inte-\nressanti trattate con acume di percezione\npsicologica e con profonda maestrìa d'arte.\nFra tutte primeggia il tipo di Lilì che\nin qualche punto, nella sua innocente di-\nmensione microscopica, assurge ad una\nvera altezza drammatica e dà alle pagine\nquasi intantili, Y andatura di un vero ro-\nmanzo di passione. Il libro che diverte e-\nnormemente, non può non trovare anche in\nItalia grande fortuna.\nFréderio Passy* — POUR LA PAIX\n— Paris; Fasquelle.\nQuesti scipiti libri si leggono come si\nleggerebbero, attraverso una necropoli, delle\nlapidi. Pare impossibile vi siano anime latine\nche si esaltino ancora a difendere il più sto-\nlido fra gl'ideali: quello della Pace. Stolido\ne basso. Noi non crediamo che alla Storia:\nossia alla guerra, all'orgoglio, alla vendetta\ndelle Nazioni. Leggere di queste pagine\nscritte per una indefinibile padagogia lassa-\ntiva dei giovani e degli adulti ancora idonei\nalle armi (e completamente a ritroso del cam-\nmino che fanno i nostri quotidiani istinti\npiù fieri), è constatare, una volta di più,\ncome non sia soltanto l'Italia quella che\nha le sue cariatidi e come il miraggio del\nPremio Nobel possa attirare, non solo i più\nforti ingegni, ma anche più rammolliti del\nMondo.\nNel prossimo numero pubbli-\ncheremo le recensioni di circa\nquaranta volumi\n\nPaolo Buzzi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c096", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c096", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "84", "page_fin": "87", "image_debut": 79, "image_fin": 82, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.58.1", "titre_corps": "LETTERATURA SPAGNUOLA", "titre_sommaire": "LETTERATURA SPAGNUOLA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.79", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 4903, "texte": "LETTERATURA SPAGNUOLA\npar PAOLO BUZZI\nFranoi&cv Villaespesa.— ELJAR-\nDIN DE LAS QUIMERAS — Madrid;\nF. Granada«\nParlerò di questo squisito Poeta come di\nun elegiaco di primo ordine accennando al\nMirador de Lindaraxa.\nNel Jardiri de las Quimeras il lirico di\nespansione entusiastica si fa largo spazio\ncon ali infaticabili. La voluttà é, spesso, la\ngrande inspiratrice del canto :\nEn el centro de un circulo sonoro\nde vitores, erotica sonries,\nmientras repican cròtalos de oro\ntus dedos enjoyados de rubìes.\nTeje lubricas danzas tu ligera\npianta sobre el damasco de la alfombra,\ny proyecta la negra cabellera\nsobre tus hombres un temblor de s ombra.\nQuest'ultimo verso rende tutto il potere\nonomatopeico della poesia di questo sensitivo\nsensuale. Villaespesa ha versi d' una musi-\ncalità alla quale noi italiani, dopo Vincenzo\nMonti, non siamo più abituati. Tutto il\npoema Oriente è di una ricchezza di suoni\ne di tinte da inebriare. E le tre parti che\nlo compongono sono fra le più belle con-\ncezioni impressionistiche che sia dato incon-\ntrare. La danza de los siete ruelosì piena di\nserpentine movenze e di iridescenze sugge-\nstive : il Poema del deserto df una vastità\nnuda e ardente: il Poema del opio d'una\ntrascendentalità bizzara e, insieme, solenne-\nmente ieratica. E tutte le altre parti del\nlibro sono piene di quei fascini misteriosi\npropri ad emanare dalla grande arte. Visioni\nelleniche, mistiche, romantiche; dei versi\nsul cavallo andaluso che ci portano via, in\ngroppa al sogno : delle malinconie d*aiitunno\nstemprate con una delicatezza di tocchi o\nd'una profondità di sfumature degna d'uno\nChopin della rima. Il poeta ci è particolar-\nmente caro e lo additiamo a quanti amano\nla poesia sorella della musica.\nFrancisco Villaespesa• « EL MI-\nRADOR DE LlNDARAXA — Madrid;\nDe Pueyo.\nIl Villaespesa è specialmente un poeta\nelegiaco. E bastano a dimostrarlo parecchie\ndelle sue poesie raccolte in questo volume\nricco, d'altra parte, di melodie appassionate\ne di colori ardenti. Il gruppo di liriche -\nLa tristeza del Sol — è pieno di malinconie\npaniche suggestive; così Los jardines tra-\ngicos, le Romances moriscas e le Elegias de\nGranada dove la ligua spagnuola acquista\nun nuovo elemento di voluttuosità dal sa-\npore nostalgico e doloroso delle concezioni.\nFrancisco Villaespesa* — EL LI-\nBRO DE JOB — Madrid; De Pueyo.\nL'Illustre autore delle Rapsodias e delle\nCanciones del camino, ci offre questo suo\nultimo libro dove le qualità più alte della\npoesia spagnuola moderna sono raccolte.\nForza di pensiero, magnificenza di rapporti\ncontinui fra l'individuale e l'universale, so-\nnorità aristocratica, varietà d'inspirazione,\nentusiasmo per ogni più alto ideale.\n! Musica, sì ! Pero que cada nota\nse ajuste al ritmo de algùn sentimiento\nque orqueste ecos de una voz remota\ny no el estruendo garrulo del viento.\nE la poesia di Francisco Villaespesa, nel\nLibro di Job, ha veramente la solennità\nliturgica che s'incontra nei salmi. L'anima,\nattraverso le pagine, sente Pani ma\ncome el per umo de una cosa eterna.\nAndrès Gonzalùs-Blanco — SAL-\nVADOR RUEDA Y RUBEN DARIO —\nDe Pueyo; Madrid.\nLeggendo questo magistrale studio del\nGonzales sul ciclo di poesia spagnuola degli\nultimi tempi, vi è da invidiare i campioni\ndelle Muse che vivono nella terra di Carmen\ne da ammirare quel popolo che non serba\nsoltanto le sue frenesie per i toreadores ma\nanche per los grandes maestros de la Poesia,\nTanto è l'entusiasmo che vibra da queste\npagine e che, si sente, è completamente\ncorrisposto dall'opinione pubblica della\nSpagna. Il libro fa venire la volontà di\nleggere tutte le opere di quei due poeti\n(di Salvador Rueda l'Italia conosce parec-\nchie cose anche per merito di Poesia) che,\ndallo studio critico del Gonzales, appaiono\ninteressantissimi non meno sotto il punto\ndi vista strettamente letterario che sotto\nquello umanistico, in genere. Paese simpa-\ntico in tutte le sue ardenze, questa Spagna,\ncosì sempre nazionale e così degna di in-\nsegnare il nazionalismo alla disgraziatissima\nsorella Italia! Là si scrivono libri d'apoteosi\nsui Poeti. Qui i Poeti si lasciano morire\ndi umiliazione e di fame. La Spagna, col\nsuo fuoco sacro, è degna di risorgere a\ndominatrice nei secoli : e, malgrado le sue\npiaghe, risorgerà. Dell'Italia non sappiamo\npiù veramente che dire.\nSe fa fin y JoaqwiM Alvarez-\nQusntes*®* — LA ZÀGALA - LAS\nFLORES (commedie) — Madrid; Sociedad\n■ de autores espanolos.\nQueste comedie vibrano della più pro-\nfonda e luminosa poesia. Come tali, costi-\ntuiscono un saggio invidiabile per il teatro\nitaliano: qui la poesia si può proprio dire\nche emani attraverso l'atmosfera delle pa-\nrole e delle azioni.\nNulla di ricercato, nulla di artifizioso e,\nin pari tempo, nulla di trasandato e di\nbanale. I personaggi, avvolti dal loro de-\nstino, esprimono le anime loro con una\nmusicalità indefinitamente suggestiva. De-\ngli squarci di vita nazionale inquadrati"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.80", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6225, "texte": "in due cornici magiche di Andalusia. Del-\nl'umorismo squisito: della potenza dram-\nmatica travolgente: e, nel lettore, il vivo\ndesiderio nostalgico di veder portate queste\ncommedie così originali ed espressive nel\nrepertorio di quel vero Teatro Internazio-\nnale che ancora non esiste e di cui le\nnostre anime, ormai cosmopolite, sentono il\nbisogno imperioso.\nE. Marquina. — ELEGIAS — Barce-\nlona ; Tobello y Costa.\nMarquina è, senza dubbio, uno dei più\nbei nomi della giovane poesia spagnuola.\nQueste Elegie affermano e portano ancora\npiù in alto le vigorose qualità del pensa-\ntore e dell'artista. Basterebbe quella incan-\ntevole serie Las soledades al principio del\nvolume per dimostrare di quale squisita\nlanguidezza sensoria, di quale melodiosa\nvena nostalgica la Musa del poeta abbondi\ne, in questo saggio, s'inebri. Tanto la pos-\nsente semplicità che la eroica passionalità\ndella li rica spagnuola sembrano prendere\nconvegno nelle pagine di Marquina :\nLos ojos de ld Amada\nmatan la voluntad con la mirada.\nE ricordo le vaghissime inspirazioni della\nmontagna con la ballata assai caratteristica\nanche nei ritmi: Los lehadores. Eri el mar ci\noffre una vibrante sequela di visioni e di\nemozioni che richiama la celebre Suite sin-\nfonia di Claude Debussy: in fine En el dolor\nil simbolo malinconico del libro trova la\nsua maggiore espansione. I versi hanno la\nindefinibile dolcezza romantica che fa par-\nticolarmenti cari, nella solitudine lettoria,\ni poeti. Elegias è un libro destinato, come\nil suo Autore, a rimanere fra le più care\nmemorie dell'Incontro letterario.\nMiguel fifa Unamuno. — POESIAS —\nMadrid; Fe-Suarez.\nLe poesie di Miguel de Unamuno sono,\ninnanzi tutto, not-voli per la vastità della\nloro inspirazione. elementi di sugge-\nstione panica passano agli elementi di emo-\nzione intima: ed il passaggio è sempre\neffettuato con squisito potere di contrasto.\nDebbo ricordare le liriche : La torre de\nMonterrey à la luz de la lima ; catedral\nde Barcelona ; Las magnolias de la Plaza\nNueva de Bilbao e, in pari tempo, i lan-\nguidi Salmos, le profonde Meditaciones, le\nadorabili Cosas de ninos 9 Racconti, rifles-\nsioni, incidenti affettivi e domestici, capricci\nfinché se ne vuole ; ed, accanto agli Inni\nalla Libertà, le inspirazioni alate sulla Ca-\nstiglia, sulla Catalogna, sulla Vizcaya che\nrendono tutta la forza del Poeta e la bella\ncoscienza del suo tipo civile. Poesia civile,\nrara meno in Ispagua che in Francia ed in\nItalia, è anche questa del de Unamuno. E\nnoi italiani dobbiamo essergli grati che\nquesto istinto di Poeta civile lo abbia por-\ntato a tradurre delle poesie di Leopardi e\ndi Carducci in un modo veramente am-\nmirevole. La Ginestra, Monte Mario, Mira-\nmar appaiono, nella cara lingua sorella,\nnon meno formidabili di bellezza che nella\nlingua originale.\nSantiago ArgueMo* — OCASO —\nLéon-Nicaragua; Guardian.\n\\\nE l'edizione votiva della gioventù intel-\nlettuale di Léon (Nicaragua) di un dramma\n(il suo primo lavoro teatrale) dell'insigne\nscrittore Arguello, onore delle lettere latino-\namericane. Il dramma, rapido, incisivo, dalla\ncatastrofe piena di potenza tragica, è, certo,\nuno dei più notevoli apparsi nella moderna\nlingua spagnuola. E, ricordandolo qui, noi\nche adoriamo un'unica alleanza, quella del\ngenio internazionale, mandiamo un affet-\ntuoso saluto a questo geniale drammaturgo\nche è anche — non dimentichiamolo — lo\nsquisito Trovatore di Oyo y Alma.\nJulio Raul Mendilaharsu. — COMO\nLAS NUBES — Madrid ; De Pueyo.\nUna prefazione dell'illustre poeta Fran-\ncisco Villaespesa, ci presenta questa giovane\nforza della poesia uruguayana sotto la luce\npiù bella e generosa. La fortuna ci arrise.\nConoscemmo, personalmente, prima dell'o-\npera il poeta; e ne fummo conquistati.\nL'uomo preparava l'artista delizioso; che è\nqui, in questo libro pieno di fremiti entu-\nsiastici, pieno di dolci musiche latine.\nFiglio di uno dei più insigni uomini po-\nlitici del suo paese, Julio Raul Mendi-\nlaharsu offre il magnifico esempio d'una\nnatura privilegiata e sorrisa dalla sorte, che\nsi consacra al culto dell'ideale. I suoi viaggi\nattraverso il mondo non sono il passatempo\npiù o meno intellettivo d'uno snob che si\nvuol godere la vita : sono la conseguenza\ndi un bisogno psicologico e la determinante\ndi una continua più perfetta espressione\nd'arte. Spirito infaticato e studioso, amante-\ndi tutti i problemi che agitano l'età mo-\nderna: il Mendilaharsu ha molto letto e\nmolto veduto, tutto e sempre compreso. Per\nciò questa sua lirica è, più che altro, la\nfioritura appassionata di una profonda, te-\nnace intensità cerebrale. Il poeta nasce dal\nfilosofo; egli si abbandona al ritmo come\nper riaversi dopo lo schianto d'una voluttà.\nL'opera del Mendilharsu (benché si tratti\nd'un giovanissimo) è fra le più significative\ndella moderna poesia sud-americana ed oc-\ncupa già, nelle muse di Spagna, un posto emi-\nnente. Vibra in essa una stupenda nota di\nnazionalismo. L'Uraguay è un paese ancora\nvergine, nel quale lo spirito d'indipendenza\npolitica tende a conquistare tutte le altre\nforme d'indipendenza morale. La poesia\ndel Mendilaharsu è, veramente, frutto di\nuna tempra di trepidazione e di vertigine :\ncome ben dice il Villaespesa, non si po-\ntrebbe meglio sommergersi nella vita e trarne,\ntutto il tesoro.\nArte e Vita, nella lirica del Mendilaharsu,\nsi rispondono con miracolosa armonia; e\nGloria, aggiungerei. Il Poeta sente il fa-\nscino delle maggiori altezze umane con una\npotenza d'estasi religiosa che commove e,\ninsieme, esalta. Cito i due sonetti a Poe e\na Garibaldi, dove la suggestione entusia-\nstica è piena, e il gruppo breve dei versi\nha la virtù di circoscrivere,\" meravigliosa-\nmente esatta, la sovrana bellezza dei due\ndiversissimi mondi ideali.\nJulio Raul Mendilaharsu, che canta il\nGaribaldi della prodigiosa leggenda urugua-\nyana, deve ormai essere un nome noto e\ncaro ai giovani figli d' Italia.\nM. Romera-Navarro* — FILOSOFIA\nFEMINISTA — Madrid; Moret.\nIl libro è interessantissimo, oltre che per\ni pregi di stile, per la visione esatta e lo-\ngica del problema. Il femmi?iismo deve esi-\nstere per la stessa ragione che il futurismo\nproclama il disprezzo della donna. Questo\ndisprezzo va inteso nel senso che se la\ndonna ha ancora per sua finalità l'attaccarsi"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.81", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5996, "texte": "come un'ostrica alla roccia Uomo, l'uomo,\nnegli anni magnifici della sua vita di crea-\ntore, ha il diritto di sbarazzarsene con ogni\ncrudeltà d'unghie e di riscagliarla nel mare.\nMa se, da una parte, è questo, dall'altra\nè bene siavi l'altro fenomeno: della donna\nche cerca di farsi uno stato libero, che tenta\nascendere tutta la scala della redenzione\nzoologica e politica. Il Romera-Navarro\nstudia 1' oggetto con buona copia di do-\ncumento umano e con un certo ottimismo\nsulla futura livellazione dei sessi che non\ndeve tornar discaro alle gentili signore che\nci leggono e che (vogliamo sperare) pro-\ncureranno di leggere il brillante Profeta spa-\ngnuolo.\nE. Barrobiero y — SIN-\nCERASTO EL PARÀSITO — Madrid ; De\nPueyo.\nNovella di gran corpo e di perfetto tipo\nspagnuolo nella quale il Barrobiero esplica\nle sue belle doti di osservatore e di colorista.\nIn alcune pagine vi sono sentiti accenni\nad un verismo dalla linea quasi augusta,\nquel verismo che era nel sogno di Zola, gli\nultimi anni della sua gigantesca evoluzione.\nSe è vero che dal naturalismo potrebbe ri-\nsorgere la formula ammantata di una mag-\ngior luce, quasi direi, se avesse a sorgere\nun classicismo del naturalismo, parmi che\nl'autore di Sinceraste) potrebbe aspirare ad\nesserne un degno campione. Cito, fra le\naltre gustosità del libro, il Comeniario a\nMarco Tullio Cicerone nei Campi Elisi che\ndepone per lo spirito scettico finissimo del-\nl'autore e che porta innanzi una nota affatto\ninsolita per noi italiani. La critica e l'auto-\ncritica combinate a base di rievocazioni\nallegoriche volevo dire di fantasmi sto-\nrici più futuristi ancora dei futuristi. E pare\nche Marco Tullio Cicerone fosse uno di\nquelli.\nAntonio Sancho. — ANALISIS SOCIAL\n— Madrid; Hijos de F. Marquès.\nIl libro è interessante come può esserlo\nla manifestazione di uno spirito libero, vigile,\nfuturista d'istinto e di equilibrio meditativo.\nScritto in una di quelle elastiche e pure\nferree prose che sono la specialità della\nSpagna, ci comunica direttamente all' intel-\nletto ed al sentimento. Certe pagine sul-\nl'origine dell'anarchia sono, una volta lette,\nindimenticabili. E indimenticabili gli aforismi\nsociologici che formano il corollario alla\nparte sostanziale del libro, fatta di pura\nscienza e, qua e là, di eletta poesia. Citiamo\nuno degli ultimi che dovrà riuscite parti-\ncolarmente caro alle nostre gentili lettrici...\nnon meno che ai nostri artisti... Las miijeres\nkermosas, debieraun reproducir su belleza\nescultural completa en identico, bien en\nun busto, ò bien en pintura por un gran\nartista. Es un modo sublime de pasar a la\nposteridad.\nLuis Rosatio- Vega» — LIBRO DE\nENSUENO Y DE DOLOR — Mexico ;\nRev. Me rida.\nAnche in questo libro, lo spirito elegiaco\nè profuso a piene mani. Notevole la spez-\nzatura coraggiosa della forma: i versi sono\nintramezzati dalla prosa con molta sapienza\ndi effetti estetici e gusto di novità: e i\nversi non sono del tipo solito : mutano i\nloro ritmi e i loro suoni con rapidità biz-\nzarra, sempre ricca di trovate foniche: ci-\ntiamo, ad esempio, la lirica Las campanas\npiena di belle sonorità che ci prendono\nl'anima colle loro ondate solenni e capric-\nciose, insieme.\nXavier eie Gapwaiho» — POESIA\nHUMANA — Paris; Louis-Michaud.\n\\\nEpopeia de luz ! E il grido che ci esce\ndall'anima leggendo dei saggi di Musa Por-\ntoghese. La divina musica del Camoéns ci\ntorna all'udito sonora come un fiume di\ngloria. Questi versi del Carvalho vibrano\nd'accenti classici: anche il loro romantici-\nsmo vola più con ali d' aquila che di co-\nlomba. Para Eleonora Duse ed A la Torre\nEiffel: ecco il modernista della lirica: ma\nNuova Gerusaleme Liberata, ma Apothéose\necco 1' epico di razza. Benché\nnell'insieme1 il soffio che gonfia questi versi\nabbia tutte le convulse violenze pneumiche\ndel Futurismo in respiro.\nClemente Monton Pai&eios. —\nUNA VIDA AL ABìSMO — Madrid; Viuda\nde Rico.\nUna novella che ha le dimensioni di\nun romanzo e che ben poco dista dalla va-\nluta di un romanzo. Lo scrittore ha la mano\nmolto felice nel disegnare i profili umani e\nnel rendere, de' suoi fantasmi, il rapido\ngioco psicologico-sensuale. Lo stile è ele-\ngante, sobrio, qua e là pieno di elementi\npittorici. Una prefazione di Francisco Vii—\nlaespesa è tutta un elogio del libro, scritto\n(dice l'autore stesso) con piuma de cyprès.\nVillaespesa richiama a proposito il Werther\ndi Goethe. E realmente l'opera è lo studio\nanalitico d'un'anima nata e votata al suicidio,\nstudio fatto con tutte le potenze suggestive\nd'una arte che desume il suo fiore dal\nsangue stesso tragico della vita.\nBzs&io Tavera. — EL LIBRO DE MI\nALBA — Cartagena; Bant.\nE' il primo libro di un giovane. Non é\nin versi. Ma schizza in una prosa nervo-\nsissima e piena di interessanti accenni sti-\nlistici dei profili di uomini e delle linee di\npaesaggi che ci balzano davanti in una luce\nstranamente chiara. Certo il Tavera è una\nbella promessa della letteratura spagnuola.\nVi è da augurarsi che egli abbia a concretare\npresto le sue degne qualità istintive in una\nopera di maggior raccoglimento e di mag-\ngior simbolo umano.\nAiian — HORAS PER-\nDIDAS — Santiago; Miranda.\nLe poesie di Allan Samadhy sono vera-\nmente nobili per disegno ideale, per forza\nlirica, per limpidità di suono. Parecchie\nsi inspirano a dolci reminiscenze di celebri\nversi italiani : Passa la nave mia ; La fiamma\nè bella. Altre, squisitamente elegiache, ren-\ndono l'anima pensosa e sensitiva del Poeta :\nMiserere, Omnia tra?isit. Altre, infine, vi-\nbrano di un sano ardore di giovinezza e\ndi forza : Altruismo, Canto de salud. — Il\nlibro (pubblicato ad un intento filantro-\npico, a favore della lega per gli studenti\npoveri di Santiago) si legge con la bella\ncoscienza che nell' America Latina i poeti\nesistono e sanno versare, a piena onda, il\nloro cuore canoro.\nJuan B. Teràn. — ESTUDIOS Y NO-\nTAS — Tucuman.\nRaccolta assai notevole di studi critici su\nargomenti filosofici, economici e letterari.\nIl Teràn è uno spirito eclettico e ciò lo\nonora. Egli passa da un entusiastico arti-"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.82", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6003, "texte": "colo su Guglielmo Ferrerò ad un altro, in-\nteressantissimo, su Taine caricaturista: e\nle sue note critiche su Fontenelle e lo studio\nsulla Statistica e l'Individualismo depon-\ngono, oltreché per la sua cultura proteiforme,\nper il suo potere di valutazione dei diversi\nrapporti psicologico-sociali.\nAMAÉE MESRWOM — EN VOZ BAJA —\nParis ; Ollendorf \\\nAmado Nervo è uno dei più ] eletti\npoeti spagnuoli. Le sue liriche, di cui En\nvoz baja ci offre un esemplare magnifico,\nsono piene di soavissimi incanti musicali.\nL'inspirazione, liberalmente panica, porta\nil poeta à sfoggiare le più disparate qualità\ndel suo temperamento lirico. La Bella del\nBosque Dormiente, A un Prometeo, A Car-\nmen, En Boheìnia bastano a caratterizzare\ncon stigmati sicure, la bella ecletticità di\nquesto trovatore latino che è anche un gen-\ntiluomo delle lettere, un vero poeta.\nR&morzi Gomez de la Sema* —\nMORBIDECES — Madrid; Trabajo.\nLibro curioso, pieno di umorismo elet-\ntissimo e di sapore critico eterogeneo dalle\nfierezze alcaline. La prosa è delle migliori\nche oggi si scrivano in Ispagna. E gl'Ita-\nliani che, tra i vari nomi fatti nel libro,\nscoprono quelli di D'Annunzio e di Lom-\nbroso, leggono le pagine con avidità. Queste\ndivagazioni sull'intellettualismo cosmopolita\nfatte da un cervello di primo ordine, sono\nsempre le migliori letture che ci possano,\ndi tempo in tempo, capitare. Lo spirito, in\nfondo, non si nutre che di vagabondaggio.\ntam Gomez de la Sema* —\nEL CONCEPTO DE LA. NUOVA LITERA-\nTURA — Madrid; Arias.\nTrattasi di un semplice opuscolo che è\nperò importante quanto una professione di\nfede. Il futurismo, ne abbiamo un'altra\nprova, ha concretato in una formula un\nmondo di sensibilità e di aneliti diffuso per\nla razza latina. Leggendo le vibranti, ner-\nvose pagine del Gomez ce ne siamo con-\nvinti ancora di più. Il concetto della nuova\nletteratura è Vesplorazione in avanti, l'esplo-\nrazione barbarica: e, meglio, parafrasando\nun apotegma di Gourmont, la letteratura la\nquale non è più che una serie d)insurrezioni.\n/'osò ingegnierosm — AL MARGEN\nDE LA CLENCTA — Buenos Aires; La-\niouane.\nL'autore è professore all'Università di\nBuenos Aires. Ma, caso più unico che raro,\nsa scrivere come i professori assai di rado\nsanno: con brio fosforescente, con suprema\neleganza d'arte. Il suo libro è un complesso\ndi dissertazioni su varii temi: La esegesi di\nDante, Le mani della Duse, Il temperamento\ndi Mascagni, L*imperialismo, Gli studi me-\ndici berlinesi, Il conclave degli psicologi.\nUna rassegna d'idee e di fatti che riempie\nil cervello e lo fa persuaso quanto mai si\npensi alla vecchia Europa ed alla giovine\nItalia, laggiù, nella giovanissima America\nlatina.\nSalario Verdaguer tSe Trawesi*\nENT EL ANGELUS DE LA TARDE —\nPalma; Ame?igual y Muntaner.\nLa lirica di questo poeta è piena di de-\nlicatezze nostalgiche, di aneliti di pace e di\nprofonde emozioni musicali. Basterebbe ri-\ncordare la dolcissima inspirazione su Bach:\nTiemblan dulcemente lànguidas las notas\ncorno el gran murmuìio de un bosque sombrio,\ny gimen en filas brillantes de gotas\npasando solennes con paz de un gran rio....\nY los violines bohemios suspiran\ny tejen airosos un sedoso vuelo\ny se nuen, y besan y pasan y giran\ncon las melodius del violoncello.\nParmi che in questo Poeta tutta la soave\nmelodiosità della lingua spagnola trovi il\nsuo massimo sfogo. I suoi versi restano\nveramente nell'orecchio come ritmi affermati\ndal suono d'uno strumento.\nFedirò Henriquoz Urena. — EN-\nSAYOS CRiriCOS — Habana; Fernandez.\nFra questi saggi critici, tutti d'un sapore\npiccante, ho rilevato assai, notevoli e di\ngrande interesse, uno studio sul viodernismo\nnella poesia cubana e profili di Jose Joaquin\nPerez, Rubeyi Dario, i forti poeti dell'Ame-\nrica latina, nonché di Hostos e Lluria, i\ngeniali sociologi della Spagna moderna.\nMeno mi ha interessato il saggio sulla poesia\ndel d'Annunzio, piuttosto superficiale, e il\nsaggio sul Melodramma italiano: nel quale\nperò, è affermato un principio di fatto innega-\nbile: quello che la giovane scuola italiana si è\nlasciata superare, nel campo ideale, dai mu-\nsicisti francesi e tedeschi. O Italia, ormai\nanche il tuo primato musicale è messo,\nall'estero, in quarantena !\nEugeni® Be Castro. — EL ANILLO\nDE PoLTCRÀTES •— Bogota (Columbia) .\nÈ la traduzione in lingua castigliana d'un\ndramma pieno dell'antica grande arte greca,\ndovuto ad un J dei più illustri letterati della\nSpagna, Eugenio de Castro, dell'Accademia\nReale. La traduzione, veramente squisita, è\ndi Samuel Lopez. Il dramma, che ha per\nteatro l'isola di Samo, è d'un originalità\ngrandiosa nelle sue linee semplici e schiude\ndelle correnti di poesia e di pensiero vera-\nmente inusitate nell'arido teatro convulsio-\nnario d'oggidì.\n/acoho Marin-Baldo. — MADRI-\nG-AL.ES — Madrid ; Revista Arch. Bibl.\ny Museos.\nEcco un genere classicamente italiano ed\nin Italia passato affatto di moda. Nè si può\ndire che altrettanto di moda sia passato\nl'amore sentimentale, oggetto del piccolo\ncomponimento poetico. Ma madrigali in\nItalia non se ne scrivono, fortunatamente,\npiù. In Ispagna ne escono dei volumi ;\ncome questo del Baldo. E bisogna dire\nche anche una tal forma d'arte poetica non\nsia morta, se il libro si lascia leggere\ncon piacere e se i versi fluidi ci toccano il\ncuore d'una loro indefinibile malìa.\nSon madrigales sinceros. De la vida\nes sa canto naturai.\nBomingo Torres FRLAS. — AR-\nGENTINAS — Buenos-Aires; Penser.\nPoesia tipica, che in Comarcanas reca il\nsoffio della Pampa e la pittura vivacissima\ndel costume gauchiano. Vespertina e Haydée\nen la hamaca sono due gioielli del genere.\nIl poeta ha anche notevolissime la corda\neroica e lo spirito politico. Ricordiamo i\nversi al Generale Mitre e i frammenti di\nun vero e proprio Poema politico. Di più\nTorres Frias tocca con insuperabile eleganza\nla lira erotica. Los enamorados, Marte brutal\ny Venus mimosa, sono due saggi assai elo-\nquenti di quest'ultima qualità. Poesia, ol-\ntreché tipica, chiarissima, dalle forme lucide\ne dai suoni facili ma sempre nobiliari."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c097", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c097", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "88", "page_fin": "92", "image_debut": 83, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.58.2", "titre_corps": "LETTERATURA FRANCESE", "titre_sommaire": "LETTERATURA FRANCESE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.83", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 5707, "texte": "LETTERATURA FRANCESE\nJ. M. Rosny (asné). — MARTHE\nBARAQUIN — Paris; Plon.\nParlare di J. H. Rosny Aìné, uno dei\nmaestri del Futurismo, illustre membro del-\nl'Accademia Goncourt, l'autore di quei\nforti romanzi di costumi e d'amore, di quei\nsingolarissimi romanzi preistorici e di quegli\nepici romanzi sociali che sono altrettanti\ncapolavori di alta genialità creativa, sem-\nbrami, ormai, cosa inutile. Marthe Baraquin\nè il libro di un verista meravigliosamente\nacuto. La donna povera e bella e prodiga\ntrova ancora uno de' suoi poemi dolorosi.\nIl romanzo ha realmante pagine brutali e\nferoci ; il maschio vi fa la parte tragica-\nmente vite e necessaria. Ma nell'insieme,\nl'opera è di uno splendore morale che af-\nfascina e commove. Vi è, diffusa per la nar-\nrazione limpida, una tale quantità di veri,\nche il nostro spirito si addentra nella let-\ntura come attraverso la eterna storia umana.\nFare, dell'arte, della vita. Ecco la grande\ninfallibile formula dello scrittore che richiama\ni metodi gloriosi di Flaubert e dei Gon-\ncourt. E nascono libri che documentano in\nmisura perfetta il tempo in cui viviamo,\nche ne danno, con prodigiosa semplicità di\nmezzi, l'enorme intero profilo diabolico, il\nmeccanismo di tutte le incoscienze e di tutte\nIn sensibilità.\nJ&MMES® — RAYONS DE\nMIEL — Paris; BibL de V«Occidente.\nEgloghe squisitamente semplici e pure\ndel celebre poeta francese che portano,\ndella Poesia, il soffio pieno di mistero pa-\nnico Cj insieme, di fraganza quotidiana.\nLeggendo questi versi di Francis Jammes\nci si sente presi dalla dolcezza della vita\nrustica e casalinga; ma, anche, dall'inde-\nfinibile fascino che hanno le sorgenti e le\ncorrenti della vita universale.\nLe contrevent gémit, le feuilles s'entrefroissent,\non apporte le pain\nauotidien,\nla nature est pleine d'angoisse.\nMais ma mère au vieux cceur chrétien\nme parie avec serénité\ndes petits pois qui vietinent bien.\nSon devoir se conforid avec sa piété.\nLégumes du jardin !\ndites vous\nqu'il est doux\nattachés à vos rames\nde murir doucement pour une sainte femme.\nIn questi versi è mirabilmente trasfuso il\npotere dell'arte jammiana. Ma tutte queste\nEgloghe sono gemme. Versi che tornano\nsulle labbre, a tratti, come rispondessero\nad un bisogno nativo del cuore. Arte di\nmeravigliosa innocenza: arte di sublime\nconforto umano.\nPaul Adam. — L'ICÒNE ET LE CROIS-\nSANT — Paris ; Publications Modernes.\nUn libro di Paul Adam è sempre una\nmagnifica festa dell'anima. Il grande scrit-\ntore, questa volta, è d'un'attualità politica a\ntutta prova. Si parla sempre della visita\nsolenne di Nicolò II a Maometto V. L'I-\ncona finirà ad incontrare la Mezzaluna,\ncome nelle pagine di Paul Adam. Le quali\nsono, come sempre, fra le più deliziose che\npossa oggi offrire la letteratura irancese.\nLo sfondo meravigliosamente scenico del\nlibro è dato con un arte da vero maestro.\nE lo spirito d'osservazione e il potere di\nsintesi e la virtù di presagio hanno, dovun-\nque, pel libro, l'alato prestigio della lirica,\nil rigido sistema della logica, il fiammante\nvolo dell'epopea.\nLuca Rizzardi, — LE JOURNAL D'UN\nSUICIDE — Eruxelles ; Dechenne et C.\nIl titolo è suggestivo. Si legge il libro\ncon vivo interesse. Le anime nostre sono,\ndopo tutto, a grande substrato romantico :\ne le memorie di Werther e di Jacopo Ortis\naiutano sempre a spingerci verso certe pa-\ngine con ardore quasi sensuale. Figuratevi\nsu queste che recano per epigrafe il celebre\nmotto d'Amleto: To be or not to he... E fran-\ncamente confesso che il libro del Rizzardi\nrisponde all'attesa psicologica del lettore. È\nscritto con vera e grande genialità. Luca\nRizzardi ha pronunciato in questo libro la\nparola nuova universale che, nell'eterno\ntema, si ha il diritto, di udire, un'altra volta,\nposto che, un'altra volta, un poeta se n'è\ninnamorato sul serio.\nJoBshim Gasquet. LES PRIN-\nTEMPS — Paris; Perrin.\nGasquet è un delizioso poeta aulico. La\nsua musa, pure sentendo di tutte le più\ndelicate musiche e brillando di tutte le luci\npiù accese, non si scosta dalle leggi della\ntradizione. Ma questa raccolta è inspirata\ntutta ad una tonalità classica. Lo spirito\ndelle primavere mistiche, delle primavere\npagane e delle primavere funebri quale a\nnoi è giunto attraverso le più squisite de-\nlibazioni del pensiero e dell'arte di tutti i\ntempi trascorsi, torna a battere, malioso, le\nporte del nostro cuore ed a farlo vibrare di\nechi meravigliosi. Sentite questa lirica dove\nè tutto lo slancio e l'abbandono del libro :\nOù dormez-vous, printemps du monde?\nsous i'azur de quels mornes cieux\nmenez-vous votre pale ronde\ndans les éthers silencieux?\nUn soir de songe, l'àme triste,\nau fond de mon désir lassé,\nsous une lune d'améthyste,\nest-ce vous que j'ai vu passer?\nTournant en choeur, rèveurs génies,\nentre les futs d' un bois léger\nvous faisiez sur vos mains unies\ndanser l'étoiie du berger.\nDes cyprès, corame en Italie\nse fuselaient à l'horizon,\net toute la mélancolie\nensevelissait ma raison.\nMais depuis ce songe d'une heure.\ncette ronde d'anciens parfums,\nje sens qu'au fond de moi demeure\nun peu des vieux printemps défunts....\nSi sente che quest' opera, malgrado il\nsuo andamento lirico qua e là greve e so-\nlenne, è l'opera di un essenziale spirito\nmoderno : tutte le virtù mirabili dell'uomo\npassano nell'opera del poeta e l'accendono\ndel loro bellissimo fascino. Les Printemps\nsono dei ricettacoli di luce, sovratutto : di\nquella luce che è caratteristica della poesia\nmeridionale, che è la gloria dell'opera di\nMistral e che, dal maestro, trapassa prodi-\ngiosamente naturale nelle opere degli al-\nlievi. Poiché Joachim Gasquet è un puris-\nsimo figlio di quella Provenza che dà, pur\nsempre, l'espressione più fortemente intesa\ndello spirito di nazionalismo e che ha ne'"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.84", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6065, "texte": "suoi fàlibres, la stoffa di altrettanti impe-\nratori dell'ideale.\nLa squisita signora di Joachim Gasquet,\nintanto, è stata consacrata Reine des Fèlibres:\ne questa dignità sappiamo quanto sia sacra\nin Provenza. Come è di tutti i grandi\ncuori che battono il ritmo d'una grande\nPatria, Joachim Gasquet (che mi fu dipinto\ncon entusiastici colori da F. T. Marinetti) è\nl'incarnazione più perfetta dello spirito dio-\nnisiaco non spento nella razza latina: un'a-\nnima di bontà e di letizia che, nel turbine\ndi Parigi, reca intera la sua gioia di vivere\ne cerca trarre da ogni emozione voluttuaria\nla nota profonda che faccia, un poco sempre\ndel canto il più resistente bacchico Mistero,\nE, veramente, questi Printemps hanno, più\nche di flore, profumi di vendemmie, future;\nmeglio diremo — futuriste.\nAux ìfiotSmos de SSGÈÌ® et Ca-\nSBb§*@. — Bruxelles; Album de la Bel-\ngiqae artistique et littéraire.\nE' con ammirazione e commozione che\nsi sfogliano le ricche pagine di questo ma-\ngnifico album, omaggio dell'ingegno e della\npietà del Belgio alle nostre vittime di Si-\ncilia e di Calabria. Dovuto all'iniziativa di\ndue scrittori genialissimi : Paul André e\nFernand Larcier, direttori della Belgique\nartistique et littéraire non poteva meglio\nriuscir degno dei promotori illustri e del-\nl'alto scopo umanitario a cui s'inspira. Ci\nha colpito, innanzi tutto, la lunga ed elo-\nquente lista di sottoscrittori.\nL'album fu pubblicato sotto il patronato\ndella Casa Reale di Leopoldo II. I più\nbei nomi del Belgio figurano fra quelli\nche contribuirono a rendere possibile una\nsimile meravigliosa pubblicazione. Fra i\ncollaboratori si notano i maggiori scrit-\ntori e musicisti e pittori del mondo fiam-\nmingo, quali Emile Verhaeren, Camille Le-\nmonnier, Sylvain Dupuis, Emile Mathieu,\nS. A. R. Ja principessa di Fiandra (una\ngrande artista del pennello), Emile Claus,\nVictor Rousseau, Jules Destrèe, Fernand\nKnopff, Alfred Bastien, Maubel, George\nGarnir, James Thiriar, Madame Cailteux,\nH. Carton de Wiart, Georges Eekhoud,\nFranz Mahutte, Henri Davignon. E. Verwé,\nG. Charlier, G. Marlow, Paul Gilson, Mar-\nguerite Van de Wiele, Iwan Gilkìn, G.\nRancy, James Ensor, Armand Rassenfosse,\nHenri Liebrecht.\nUn mondo di pensieri e di immagini si\nsvolge lungo le pagine di questo album la\ncui ricchezza tipografica è solo superata dalla\nricchezza sentimentale ed intellettuale che\nlo ha daterniinato. Al nostro cuore di italiani,\nun simile omaggio ha dato i brividi della\nconsolazione più grande nell'angoscia della\ncatastrofe che non ha nome. E' l'anima di\nuna delle più elette e generose plaghe di\nEuropa che è venuta spontanea, con uno\nslancio tutto latino, a lenire il nostro do-\nlore offrendoci un lussuoso Vangelo di pa-\nrole belle e di figurazioni ideali. Quanto\namore, quanta pietà, quanto augurio, in\nquesto volume votivo, per la nostra povera\ne sconsolata e resistente Italia ! Ecco le pa-\nrole del sommo fra i poeti belgi viventi,\nEmile Vcrhaeren :\n(Esse sono così altamente simboliche che\nmeriterebbero di essere trascritte intere sul\nbianco della bandiera italiana.)\n« Comme en toutes choses, mème au fond\ndes plus sombres deuils, il importe de re-\nchercher non pas une négation, mais une\naffirmation d'humanité....\n« Mais ce qu'il importe de magnifier\nsurtout, c'est l'immediate volonté de recon-\nstruire la vie à l'endroit mème ou elle fut\nsaccagée et dótruite, si bien que l'on en\npeut conclure que le coeur des peuples est\nvraiment un abìme d'espoir et de ténacité ».\nMaurSoe Gauchùx. — LES SIMPHO-\nNIES VOLUPTUEUSES — Bruxelles; La\nBelgique artistique et littéraire.\nLa poesia francese è grandemente ono-\nrata dal contributo dell' ingegno belga : ba-\nsterebbero due nomi, ormai di fama mon-\ndiale: Maeterlinck e Verhaeren. Intorno a\nquesti due colossi, una fioritura magnifica\ndi poeti è sbocciata che, infaticabile, getta\nsul mercato intellettuale di Francia le opere\npiù ardenti e più singolari.\nMaurice Gauchez è uno di questi valorosi\ncampioni del genio poetico belga.\nÈ diffusa per questa raccolta di Sinfonie\nun soffio Wagneriano che ci seduce e ci\nesalta. Il verso è trattato con grande po-\ntenza: di tipo tradizionario, ha, però, tutte\nle vastità polifoniche che il tipo musicale\ndella concezione richiede:\nLe soir fut. Et le vent s'assoupit, lent et sourd.\nUn frisson frais court sous les feuilles des chènes\nLe silence priait dans la Mort d'alentour\net le sol fut mouillé comme auprès des fontaines.\nIn Symphonies intifnes, in Parcs du silence,\nin Vent, in Bau fraìche, in Arbres, in Par-\nfums, in Lumières, in Verbes Humains,\nin Palette, in Gloires; le qualità sinfonistiche\ndi questo Poeta sono profuse con una gene-\nrosità veramente straordinaria. Grande inspi-\nrazione dovrebbe venirne alla musica orche-\nstrale !\nBau fratche, le Vent, les Arbres, les Par-\nfums, ed anche Palette ove ogni verso è,\nsi può dire, un' orgia di colore, sarebbero\nassai adatti a suggerire idee e movimenti\nd'idee d'ordine impressionistico-pittorico ad\nun musicista che abbia cara la formula de-\nbussyana.\nRicordo, inoltre, per rendere un vivo\nomaggio anche al Poeta Civile, le bellissime\nodi a Bmile Verhaereii, principe dei Poeti,\na Rubens, a Constantin Meunier e a Ric-\ncardo Wagner: dove la poesia di Maurice\nGauchez ha, veramente, lo squillo dell'ori-\ncalco famoso.\ndm Jm Wan — L' EAU FRIS-\nSONNE — Roubaix; « Le Beffroi ».\nIl poeta ama le dolci cadenze nostalgi-\nche, i ritmi consueti ma dalle più insinuanti\ncarezze : il poeta è un sensitivo squisito :\nperciò il suo canto non è mai inutile e\nvano: anzi, sempre la sua facile onda ci\nprende e ci commuove :\nDes mots, des musiques, des riens\ntristes ou gris selon nos rèves,\nsur le rythme des chansons brèves\ndes mots, des musiques, des riens...\nE Baudelaire e Verlaine e Maeterlinck,\ncon questo programma, hanno ingemmata\nla Poesia ..\nLoisSs — IMAGES BORAINES\n— Bruges; Herbert.\nLa poesia del Piérard è fra le più im-\npressionanti che mi sia stato dato incon-\ntrare in questi ultimi tempi. Egli sente la\nnatura e l'anima d'un modo affatto perso-\nsonale: ed è un prodigoso pittore de' suoi\nsentimenti, delle sue sensazioni."}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.85", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6293, "texte": "Cito la lirica: Pluie d'è'é:\nLe ciel maussade s'impatiente et tout-à-coup,\nTandis que l'hori/on s'embue, il se dissout.\nLa pluie oblique et dense, avec rage, cìiquète\nSur les tuiles et la vitre, sur l'eau inuette\nDes mares vertes, puis s'effutne sur les toits\nDès que le vent rafale. Et l'on entend parfois\nDes galopades de poulains dans les enclos,\nLes ébats des canards parmi les fiaques d'eau.\nMais les grands bceuf, l'oeil étonné, dans les prairies,\nTendent le cou, silencieux. Les métairies\nS'endorment, le vent les berce : sur les toits bleus\nVernis à neuf, les pigeons blancs ont fait le voeu\nDe rester malgré tout le plumage hérissé.\nO la musique de la pluie dans les vergers\nAux pommiers torsi Chant d'orgue large etsolennel,\nTel qu'on ne sait quand il déferle si c'est elle\nQui bruit ainsi ou les arbres harmonieux.\nO la musique de la pluie, qui monte aux cieux l\nMais soudain elle cesse et dans la paix de l'heure,\nOia n'entend plus dès lors que gouttièresaui pleurent\nTandis que dans la joie d'un pauvre soleil pale,\nDes gazons, monte un parfum frais et lilial.\nAmmiro fra le innumerevoli bellissime.\nUn soir e Spleen: in esse mi sembrano\nmarcatissimi i valori del poeta che ci è\nriuscito, dopo una sola lettura, profonda-\nmente caro, così come un amico.\nE non è anche per questo, o Poeti, che\ndobbiamo scrivere? Per seminare delle ami-\ncizie nei cuori degli sconosciuti?\nJules Bernesi* — LA LITTÉRATURE\nFÉMININE D'AUJOURD* HUI — Paris ;\nAnna les.\nLetteratura francese, s'intende. Realmente\nil favore eccezionale di cui gode oggi la\nletteratura femminile in Francia è tale da\ncostituire un fenomeno etico-sociologico di\naltissimo interesse. Il Bertaut la studia con\ngrande amore e perfetto equilibrio in queste\npagine scritte con brio e con passione. Ma-\ndame de Noailles, Aurei, Hélène Picard,\nColette Willy, Jane Catulle Mendès, Lucie\nDelarue-Mardrus? Renée Vivien, Rachilde,\nJean Dornis, Séverine, Marie Dauguet,\ne altre, e altre, costituiscono le colonne\ndella moderna letteratura femminile fran-\ncese: e il Bertaut le studia nei vari loro\nrapporti fisionomici colle concezioni di cui\nla letteratura stessa ha bisogno ed offre\nl'esempio pratico: così noi vediamo come\nla scrittrice francese concepisce nelle sue\nopere la donna, come concepisce l'uomo,\ncome vede la natura, come la pensa in fatto\ndi figli, come imagina, sente ed osserva,\ncome si pronunzia sulla questione dell'a-\nmore, come sfoggia i suoi doni nativi nella\ncreazione letteraria. La conclusione dello\nstudio critico del Bertaut è notevole e la\nriportiamo :\n« La littérature un peu trouble, mauvaise\nparfois, malsaine souvent, des femmes d'au-\njourd'hui, aura été le terrain puissant dans\nlequel va germer et naitre la forte et solide\net harmonieuse production de la femme de\ndemain ».\nJm Benoit Ssamkert* — LES FLEURS\nDU CHRLST — Vevey; Klausfelder.\nSono 1 canti di un Religioso dell'ordine\ndei Predicatori. Libro assai curioso e raro,\nperciò. Le poesie, tutte profondamente mi-\nstiche, vibrano, però, anche di intense note\numane. Il verso è trattato con maestrìa :\nle imagini sono spesso originali ed incisive.\nLa spiritualità complessiva dell' opera è\nquella che più piace e che s'impone. Questi\nmistici sono, veramente, i più alti frenetici\ndel lirismo umano. Portano al Fantasma\nSacro tutto l'impeto psicologico e carnale\nche non sempre i poeti laici sanno portare\nai loro fantasmi peccaminosi. Les fleurs du\nChrist possono insegnare dell'arte.\nAndré UffiaHm. — LES VAINES PRO-\nIVI ESSES — Paris; Publications encyclo-\npédiques et litiéraires.\nPuis-je itnaginer de plus douces choses\nque de vous offrir sur mon jeune coeur\neet amour éclos dès l'avril en fleur\nmais qui peut mourir dans le mois des roses?\nLa poesia del Martin, tutt' altro che\nnuova negli atteggiamenti e nelle forme,\nha però una delicatezza tutta speciale e\ndegli impeti di passione che la fanno di-\nstinguere dalle molte altre di cui anche la\nletteratura francese, da tempo in qua, sembra\nabbondare. Lo stile è molto accurato, le\nrime, spesso, rare: e nell'insieme, la me-\nlodia facile del canto non è mai nè mono-\ntona, nè volgare.\nVivien. — L'ALBUM DE SIL-\nVESTRE — Paris; Sansot.\nÈ un vero e proprio album, di quelli\nsui quali le signorine italiane (e, assai pro-\nbabilmente, di tutti i paesi del mondo)\namano farsi scrivere versi e prose dai così\ndetti uomini illustri. Qui troviamo degli\naforismi pieni di spirito e di profondità.\nNe volete uno d'occasione?\n— La gioire ny est plus — la gioire est\nmorie. La reclame Va tue e. La eélcbrité\nvulgaire a pris sa place.\nE ne volete un altro terribilmente strano ?\n— Le poète est frère de la ccurtisane. Il\nest plus déchu encore. N'est-il point mille\nfois plus honteux de vendre son àme que\nson corpsf — Ma chi vende mai poesia,\nalmeno in Italia?\nMaurice Levailiani. — LE MIROJR\nD'ÉTAIN — Paris; Ed. de la « Revue des\nPoètes ».\nVi è in questa raccolta di inspirazioni\nclassiche una notevole misura di sintesi ed\nuna ferma eleganza di atteggiamenti metrici.\nLa Grecia, co' suoi paesaggi e i suoi fan-\ntasmi, è la 'Musa generica del Libro. Il\nPoeta — egli medesimo lo confessa — ha\ntentato, ne' suoi versi, dire lo splendore del\nsole nel cielo grandemente aperto, la ca-\nrezza dell'aria alla luce amica, l'ora armo-\nniosa, l'euritmia mollissima. E il tentativo\nè riuscito, sia pure nelle forme le meno\noriginali.\nSeha&tien- Charles Lecoatte* —\nLE SAKG DE MEDUSE — Paris; Me'r-\ncure de France.\nIl libro, interessantissimo si apre con\nuna bella prefazione futurista sull'avvenire\npossibile della Poesia in Francia, avvenire\nche ha già il suo motto celebre:\nPoètes à veni?', qui saurez tant de choses!\nIl Poema, di una magnifica linea, ha\nsquarci d'una eloquenza che oggi è difficile\nincontrare nel regno della Poesia. La forge\ndes Cyclopes, Les Amazones au tornbeait d'A-\nchille, e tutta la sequela Sparte sono al-\ntrettanti saggi d'un canto oggi inusitato\nma pur sempre ricco dei più misteriosi e\npossenti fascini ideali.\nLOUIS TWAWDFM. — OMBRES VOLUP-\nTUEUSES — Paris; Sansot.\nUna raccolta di poesie snelle e delizio-\nsamente nostalgiche nelle quali vibra l'a-\nnima d' un poeta sinceramente innamorato\ndei fantasmi. Le liriche A la Joconde e le\naltre, facenti parte del Bouqtiet de stippliciées\ne rievocanti gli spettri di Marie Antoinetter\ndi Madame Roland, di Charlotte Cor day y di"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.86", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 6395, "texte": "Lucile e di Théroigne de Méricourt sono fra\nle più interessanti del volume, il quale è no-\ntevole anche per il profondo sentimento della\nnatura e il valore animistico diffuso.\nGuy Lavane!. — DRJ LIVRE DE LA\nMORT — Paris; « La Phalange».\nPoeta pieno di delicatezze, dal sapore\nelegiaco marcato. I versi sembrano scritti\nper essere mormorati. Di tipo tradizionario,\nsi snodano, però, con molta varietà di suoni\ne sono sempre trattati con squitita arte di\ncesello. Il Poeta ha un anima dolce e pro-\nfonda che sente il bisogno di rivelarsi nella\nparola perfetta. E sempre giunge a rivelarsi.\nIl libro del Lavaud é fra i più sinceri e i\npiù esatti che mi sia stato dato di leggere\nquest'ultimi tempi.\nEiienn® — DE L'AMOUR —\nParis ; Grasset.\nUn altra di quelle squisite monografie\nsull'amore che sólo i francesi sanno scrivere.\nLa prima parte consta di alcune Notes sur\nl'amour: deliziosi aforismi che hanno il\npotere di chiudere, nel breve giro d'una\nfrase elegante, un mondo sempre diverso\ndi verità. Eccone qualcuna; — U amour\nabaisse les grandes àmes et élève les petites\n— Faire souffrir une femme est une autre\nfagon de la posseder — Dieu est le premier\net le dernier amant de la femme — A\ntrente ans} une feinnie Jìnit ou débute —\nTout le roman de la femme tient en deux\nchapitres: dans le premier elle s)abando?i?ie,\nda?is le second elle est abandonnèe.\nLa seconda parte, non meno profonda\nbrillante, è un rapido schizzo di metafisica\ndeiramore. Il concetto inspiratore, in so-\nstanza, è questo: l'istinto sessuale ha fatto\ndell'uomo uno schiavo: l'amore ne ha fatto\nun ribelle. Questi ribelli sono i re della vita.\nCome vi sono dei geni dell'arte, così vi\nsono dei geni nell'amore. Sono gli amanti,\ngli scarsi esseri superiori, che non curano\nla continuità della specie, ma sviluppano la\npassione e preparano il trionfo dell'indivi-\ndualismo.\nJacques Roisgé. — LE TERROIR\nET LES RÈVES — Paris ; Lechevalier.\nIl Poeta canta specialmente i luoghi umili\ne cari. La sua poesia, dalle squisite melo-\ndiosità di certe sonate d'organetti di Bar-\nberia in certe primavere di sobborgo, scorre\nlucida e semplice e trova sempre la via del\ncuore. Qua e là anche l'umorismo trapela\ne, come e sempre di classica vena francese,\nabbiamo, allora, il piccolo capolavoro. Ec-\ncone un saggio nel Tonneau du Liget :\nAu monastère du Liget\neri l'ari mil cinq cent et quarante,\nun beau soir, le pére Léger\n(La foi d'un moine est chancelante)\npendant que ses frères dévots\nchantaient laudes, d'une voix grave,\ns'en fat seul vers les noirs caveaux\nremplis de chinon et de grave.\nAyant fui l'odeur des missels\net les parfums du sanctuaire,\nLéger flairait les barrissels\net leur senteur charmait le pére.\nIl s'en allait de futs en futs,\nen soulevant toutes le boudes,\net ses deux mains n'en pouvaient plus\nde palper les barriques rondes.\nLa gourmandise, seule, ici,\nle faisait manquer à la règie.\nSatan lui souffla : — Bois aussi\npour abreuver ton pain de seigle ! —\nLe diable apparut aussitòfc,\nprit le baril e le flit boire\nà Léger, qui perdit, bientót,\net l'équilibre et la mémoire.\nPuis Satan, pour se divertir,\nLéger dans 3a barrique\nEt ce fu un nouveau rnartyr\ndont on vénère la rélique.\nJohn-Antoine SNS&is. — Au SEUIL DE\nL'ESPOIR — Paris ; Vanier.\nTipo di quel poema psichico che troppo\nè raro in Italia. Una poesia piena di squi-\nsiti volgimenti spirituali, dalla musicalità\nsempre ardente, qua e là dall'umorismo\nche rivela il temperamento latino di razza;\ndei tocchi nostalgici ed elegiaci suprema-\nmente delicati ; eleganza e ricchezza d'ima-\ngini, profusione di coloriti sopra un tessuto\nassai forte di meditazione, sopra una ga-\ngliarda trama di pensiero e di sogno. L'a-\nmore tiene il suo posto, ma singolarmente\neroico e religioso insieme :\nEn elle pressent-il le lien et l'aimant\nentre ce monde enclos et les extrèmes grèves,\nentre le vouloir morne, abrupt et déprimant\net la suave mort où s'achèvent les rèves\nbaignés de bleu mystique en Pitnmuable été,\ndans l'immense pitié de l'Immense Bonté ?\nCar levant les yeux vers la voix qui le caresse\net vers l'infìni clair tout étoilé d'espoir\nVIsolé voit briller tes régards d'allégresse\net ton sourire, Aimée, en le ciel du beau soir.\nEdmondl Harauoourt. — TROU-\nMAILLE ET PELISSON -— Paris; Fas-\nquelle.\nIl romanzo, che fu pubblicato nel Journal\nparecchi anni or sono, è una curiosa storia\nd'un matrimonio infelice nel quale (caso\nnon del tutto strano) la vittima è il marito.\nLo stile del racconto è di una semplicità\nche si rende amabile.\nL'autore si è rivelato un profondo cono-\nscitore dei piccoli ambienti rurali ; e la de-\nscrizione della continua, infaticabile, calun-\nniosa malignità che caratterizza la vita in\nquei luoghi è fatta con grande sapore di\nverità. Anche questo libro meriterebbe di\nessere conosciuto in Italia dove la vita dei\npiccoli centri è tutta imbevuta di pregiu-\ndizi e alimentata di maldicenze. Molti quadri\ndi questa Francia sono gli stessi di questa\nItalia. Il che più consolare.\nALBERT DA BOIS- — PARIS LA PRO-\nSTITUÈE — Paris; Sansot.\nE' il secondo libro dei Poèmes impérieux.\nDescrivere che cosa sia la poesia del Du Bois\nè quasi impossibile. Non che egli canti in\nritmi rivoluzionari. Anzi, la sua poesia è di\nun tipo formale piuttosto conservatore. Ma\ne il disegno etico del suo canto quello che\npiù sorprende e incatena. Il profilo bizzarro\ndella Parigi divinamente carnale e spirituale\ne reso con una potenza saltuaria di trovate\nche che ha del demoniaco.\nAccanto alla ferocia sarcastica che demo-\nlirebbe anche l'Universo, troviamo delle\nespansioni liriche di deliziosa bellezza. Cito\ni canti : La ville répond au Poète — Le Poète\ntmplore la ville — Figures ben parisiennes\ne Bons conseils a une prostituée dove lo\nspirito del Poeta si allarga e si innalza in\nvoli veramente nuovi d'ardire.\nEcco, fra tante Parigi, una inspirazione\nsquisita su Roma :\nBrune beauté, fine et patricienne ;\nfier visage mobile, aux purs contours latins!\nEt nul ne la croirait la Mère, l'Ancienne,\nà voir ses yeux brillants de l'ardeur dts matins.\nDécor fait pour les Dieux et les apotliéoses,\nsol plus proche des cieux que tous les autres sols :\nacqueducs écroulés sur des collines roses,\nbalustres ombragés de lourds piiis parasols.\nEt de tous les cótés, saus que rien le dérobe,\nbleu, d'un bleu pale et doux, presque immatériel\nle dòme de Saint-Pierre est tei qu' un vaste globe,\nqu'un poing imperiai tiendrait au fond du ciel."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.87", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "Paul Ledercq. — JOUETS DE PARIS\n— Paris ; Floury.\nLibro assai gustoso, scritto con grande\nlucidità ed eleganza di stile. Sono impres-\nsioni istantanee su tipi umani. Taluno di\nquesti schizzi è un vero capolavoro di grazia\ne di spirito. Cito Les dominos> Les alma-\n?iachs, Le nourrisson> Le marmoi, Les Pari-\nsiennes. Il libro è di quelli che si divorano\ne lasciano un'impressione incancellabile. Vi\nè della fantasia, dell'umorismo, della pro-\nfonda penetrazione di esseri e di cose. Libro\nraro e caro.\nMichel Gorday. — MARIAGE DE DE-\nMAIN —- Paris; Fasquelle.\nUn romanzo leggermente a tesi ma ar-\nchitettato con sapienza e lieve, alla let-\ntura, come una novella. Benché il concetto\nsia dei più profondi e d'un modernismo\ndidascalico a tutta prova. Un intellettuale\n(scienzato, questa volta, e medico per\ngiunta) figlio di famiglia ricca sposa una\nfiglia d'operai, operaia essa pure, della quale\negli ebbe ad innamorarsi mentre la curava\nd'una mano offesa dall'insidia d'una mac-\nchina. Questo il soggetto. Le applicazioni\nalla vita e le deduzioni ideologiche sono\nfacili ad intuirsi. Il Corday ha aggruppato\nintorno alla coppia protagonista dei tipi\nnecessari alla intera luce del suo quadro\nideale. E l'ha fatto con mano felicissima\nse non, naturalmente, con straordinaria\noriginalità. Il libro è pieno di bella e forte\npoesia umana, ed è scritto, inoltre, con\narte squisita.\nLucie Deiarue-Mardrus. — LE\nROMAN DE SIX PETITES FILLES —\nParis ; Fasquelle.\nL'autrice di Marie fille-mère ci si pre-\nsenta con questo nuovo romanzo che con-\nferma e consacra la sue mirabili qualità di\nscrittrice. Il nuovo Romanzo è semplice-\nmente delizioso.\nLe protagoniste sono piccole anime inte-\nressanti trattate con acume di percezione\npsicologica e con profonda maestrìa d'arte.\nFra tutte primeggia il tipo di Lilì che\nin qualche punto, nella sua innocente di-\nmensione microscopica, assurge ad una\nvera altezza drammatica e dà alle pagine\nquasi intantili, Y andatura di un vero ro-\nmanzo di passione. Il libro che diverte e-\nnormemente, non può non trovare anche in\nItalia grande fortuna.\nFréderio Passy* — POUR LA PAIX\n— Paris; Fasquelle.\nQuesti scipiti libri si leggono come si\nleggerebbero, attraverso una necropoli, delle\nlapidi. Pare impossibile vi siano anime latine\nche si esaltino ancora a difendere il più sto-\nlido fra gl'ideali: quello della Pace. Stolido\ne basso. Noi non crediamo che alla Storia:\nossia alla guerra, all'orgoglio, alla vendetta\ndelle Nazioni. Leggere di queste pagine\nscritte per una indefinibile padagogia lassa-\ntiva dei giovani e degli adulti ancora idonei\nalle armi (e completamente a ritroso del cam-\nmino che fanno i nostri quotidiani istinti\npiù fieri), è constatare, una volta di più,\ncome non sia soltanto l'Italia quella che\nha le sue cariatidi e come il miraggio del\nPremio Nobel possa attirare, non solo i più\nforti ingegni, ma anche più rammolliti del\nMondo.\nNel prossimo numero pubbli-\ncheremo le recensioni di circa\nquaranta volumi"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaai-1909-08-01-c098", "article_bluemountain": "bmtnaai_1909-08_01#c098", "volume": "bmtnaai_1909-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "92", "image_debut": 87, "image_fin": 87, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.2.59", "titre_corps": "{PubInfo}NEI PROSSIMI NUMERI PUBBLICHEREMO VERSI DI:", "titre_sommaire": "{PubInfo}NEI PROSSIMI NUMERI PUBBLICHEREMO VERSI DI:", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.87", "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "NEI PROSSIMI NUMERI PUBBLICHEREMO VERSI DI:\nSElda Gtaneiii - Alfredo Baccelli - Willy Dias - Nella Doria-Cambon - Arturo Foà - Manfredi - A. M. Tirabassi -\nDecio Cari. - IVI .se di S. Giorgio - S. Munzone - BortoSotti - F. Biondoiiilo - E. Lumachi - A. Sinadino - 0. Giordano -\nF. Santoliquido - F. Lenzi - E. Gellona - M. Coronaro - F. Vigliani - IVI. V. Del Forno - Giselda Fabrizi - T. De Filippis -\nL. Giovanola - G. R. Ceriello - IVI. Gabellini - L. Fallacara - R. Picco - Eugenia De Negri - C. L. Bassi -Ten. Kessier - R. Fondi.\nTouny Lérys - René Arcos - Paul - J. Perdriel-Vaissière - L. Rolmer - Hubert Fillay - E. Des Essarts -\nGuy Marsac - Jean Ligaé - P. Vierge - G. Gasser - P. Handrey - A. Coupel - C. Dabranetti - D. Thaly - Louise Lalame -\nH. Gambier - G. Walder - A. Desvoies - J. B. Sisley - G. H. Mai - M.me Henry Rosier - L. Berthaut - M. Perrier - A. De Laumé.\nSylvije Kranijevic - Blanco-Fombona (trad. G. Beccari) - A. Askerk (trad. L. Crociato) - Calatinije Jeretov -\nE. de Ory - Smara - J. ZmaJ Jovanovic - N. Mendonca - A. 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FLOURENS, MAXIME\nGORKI, P. et V. MARGUERITTE, FERNAND\nMAZADE, FRÉD. PASSY, JEAN RICHEPIN,\nSAINT-SAÈNS, M. SEMBAT, ÉMILE VAN-\nDERVELDE.\nFELIX ALCAN; éditeur.\n108, Boulev. 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Un An, 25 cour.\nFRANCE et U. P. Six mois, 20 fr. U11 An30 fr.\nRèdaction et Àdmìnìstratìon:\nBUDAPEST, Andrassy-nt 95, VI\nRédacteur eri Chef:\nG. 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Vacaresco, etc.\nG. D'Annunzio, Pascoli, Marradi, Bracco, Butti, D. Angeli, Colautti,\nSilvio Benco, Elda Ciancili, A. Baccelli, Ada Negri, G. P. Lucini,\nD. Tumiati, G. Lipparini, Cavacchioli, De Maria, Buzzi, Govoni, etc.\nSwinburne, Symons, Yeats, Fred. Bowles, Douglas Goldring,\nSmara, Alexandre Macedonski, Dehmel, Arno Holz, Valére Brus-\nsov, Salvador Rueda, E. Marquina, A. Gonzales-Blanco, San-\ntiago Arguello, etc.\nTI RAG E DE QE NUMÉR©\n40.000 exemplaires"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.1", "texte": "Agosto-Settembre-Ottobre 1909\nN. 7=8-9"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "couv. 2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.2", "texte": "TIRflGE DE QE NUMÉR©\n40.000 exemplaires\nL'abbonamento annuo a \" Poesia.,, (Lire SO per l'Italia, 15 per l'Estero) è interamente rimborsato dal\ndono di quattro opere da scegliere fra le edizioni della Rivista.\nAbonnement annue! à \"POESIA,,: XO fìPS* Italie; 1.5 à l'Etranuer.\nPrix de chaque numero : H Jfj*0 en Italie; 1 fj% I$© à F Etranger.\n\nEDIZIONI DI \"POESIA,,\nL'Esilio Romanzo di Paolo Buzzi, vincitore del i.° Concorso di \" Poesia,, — Parte Prima: VERSO IL\nWIHW—MBALENO; elegantissimo volume di 300 pagine con copertina a colori di Enrico Sacchetti). . L. 29 —\nParte Seconda: SU L'ALI DEL NEMBO (elegantissimo volume di 300 pagine con copertina a colori di Enrico\nSacchetti) .................... S* —\nParte Terza : VERSO LA FOLGORE (elegantissimo volume di 500 pagine con copertina a colori di E. Sacchetti) » 29 —\nincubo V&latO ers* Enrico Gavaccllioli, vincitore del II.0 Concorso di \" Poesia ,, (elegan-\ntissimo volume stampato su carta di Fabriano, con copertina a colori di Romolo\nRomani) » 3,50\nBianco Amore Poema di Guido Verona (elegantissimo volume stampato su carta di Fabriano) . » 3,50\nGiovanili Pascoli Studio crìtico di Emilio Zanette, vincitore del III0 Concorso di \" Poesia,, (ele-\n» ■■ 1 gantissimo volume con maschera disegnata da Romolo Romani) . . » 395©\nLa ICQQSUda della vita ers* 1 Foderi©© D© Maria (elegantissimo volume su carta di\n——w—■Xt «a—irn-iraii ii IMII «a—lUSSO) 1\nverso (Parte I) — Studio critico di Gian Pietro LrUeini (elegantissimo volume di 700 pa-\n— — gine, con acquaforte di Carlo Agazzi) » 6,—\nII Garme di Angoscia e di Speranza di Gian Pietro Lucini (Esaurito a be-\nnphnn dei danneggiati dal terremoto di Calabria\ne Sicilia ......................\nLe Ranocchie turchine Y5,rs! di Enric® ©avaoehioli, vincitore del 11° concorso di\" Poesia „\n— (Elegantissimo volume, col Manifesto del Futurismo, di F. T. Mari-\nnetti, e con copertina a colori di U. Valeri 3,50\nAeroplani ers* liberi di Paolo Buzzi, vincitore del I.° concorso di \"Poesia,,. (Elegantissimo volume, di\ncirca 300 pagine, col 7/.° Proclama futurista, di F. T. Marinetti) ....... 3y5©\nI?©VOlV©Fat© Versi di Gian Pietro Lueini, con una Prefazione futurista di F. T. Marinetti.\n■ in mi n .mi .ih. (Elegantissimo volume di circa 400 pagine)............ —\nD'IMMINENTE PUBBLICAZIONE\nEnquète internationale sur le Vers libre (Elegante volume su carta di lusso). . » 3,50\nFuturisti e Passatisti Documenti, polemiche e conferenze, con prefazione di F. T. Marinetti.\n——— — (Elegante volume illustrato di 500 pagine) ........ 3,\nSole mio Versi liberi, di Aldo Palazzeschi » 3,50\n«a———————— 7"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.3", "texte": "POESIA\n\nTUONS LE CLAIR DE LUNE!\n\nLa revue internationale 44 POESIA,, pubìie\ncette proclamation de guerre en réponse aux\ninsultes dont la vieille Europe a gratifié ie\n44 FUTURISME „ triomphant.\nI.\n— Holà! grands poètes incendiaires, 6 mes frères futuristes!... Holà!\nPaolo Buzzi, Federico De Maria, Enrico Cavacchioli, Corrado Govoni, Libero Al-\ntomare!... Sortons de Paralysie, ravageons Podagra, et posons le grand Rail mi-\nlitaire sur les flancs du Gorisankar, cime du monde 1\nNous sortions de la ville, d'un pas souple et précis qui voulait danser et\ncherchait des obstacles. Autour de nous et dans nos coeurs, l'immense soùlerie\ndu vieux Soleil européen qui chancelait entre les nuages vineux... Il nous frappa\nmème en plein visage avec sa torche de pourpre éclaboussante, puis il creva\nen se vomissant tout entier à l'infini.\nTourbillons de poussière agressive; aveuglante fusion de soufre, de potasse\net de silicates pour les vitraux de l'Idéal!... Fonte d'un nouveau globe solaire!...\nNous le verrons bientòt!\n— Làches! Làches/... — criai-je en me retournant vers les habitants\nde Paralysie, qui s'amoncelaient en contre-bas, masse de boulets irrités pour nos\ncanons futurs...\n« Làches!... Làches!... Qu'avez-vous donc à crier ainsi, comme des putois\nécorchés vifs?... Craignez-vous que nous boutions le feu h vos masures?... Pas encore!\nIl faudra bien nous re'chauffer l'hiver prochain! En attendant, nous faisons sauter\ntoutes les traditions comme des ponts vermoulus!... La guerre?... Mais oui!... Notre\nseul espoir, notre raison de vivre et notre seule volonté... oui, la Guerre! Contre vous\nqui mourez trop lentement et contre tous lès morts qui encombrent nos chemins!...\n« Mais oui, nos nerfs exigent la guerre et méprisent les femmes! Bien sur, car\nnous craignons leurs bras en fleur tressés"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.4", "texte": "POESIA\n\nQue nous veulent les femmes, les se'dentaires,\nconseillers prudents?... A leur vie chancelante, coupée d'agonies lugubres, de sommeils\ntremblants et de lourds cauchemars, nous\nrifions comme la seule qui soit digne de/'\nque nos enfants suivent gaiement leur caprice, contrarìent brutalement les vieillards\net bafouent tout ce qui est consacrò par le\nsifflez?... Haussez la voix!... Je n'ai pas\nbitieux?... Mais ouil... Nous sommes des ambitieux, car nous ne voulons pas nous frotter\nà vos toisons puantes, troupeau malodorant,\nantiques de la Terre!... Mais « ambitieux »\nplutót de jeunes artilleurs en goguettei... Et vous devez, bon gre' mal gre', accoutumer\nvos lympans au bruii de nos canonsl...\n« Mais ce n'est pas encore ga! Cherchez vous-mémes ! Qu'-est-ce que vous dites?\nDes fous?... Hourrah! à la bonne heure! le mot... le mot que f attendais!... Ah!\nAh!,La trouvaille des trouvailles! Prenez\ntrez vite en procession pour l'enfermer dans la plus jalouse de vos caves ! Vous pourrez\nvivre avec ce mot entre vos doigts et sur vos lèvres durant vingt siècles encore I\nQuant à moi, je vous annonce que le monde est pourri de sagesse!...\n« C'est pourquoi nous enseignons aujou\nle goùt du dèsespoir, par qui le cceur donne\nthousiasme; l'abandon au vertige...\nNous enseignons le plorgeon dans la\nblancs eie l'Idéal/ Et nous prècherons d'\nCoùturière des batailles, qui, après nous av\nbatiant neuf au soleil, oindra de f<ammes\nC'est ainsi que la chaleur d'un soird'eie h\nde ludo les.\n« Il faut que les hommes électrisent chaque jour leurs nerfs <fun orgueil té-\nméraire!... Il faut que les hommes jouent\ncroupiers tricheurs et sans contróler l'équilibre\ntapis verts de la guerre et couvés par la —\nentendez-vous — que fame lance le corps en flammes, comme un brulot, contre\nl'ennemi... l'éternel ennemi que Fon devrait\n« Regardez au loin ces épis de blé,\nsouples soldats aux fines bayonnettes. glorifient la force du pain qui se transforme en\nsang pour jaillir et monter droit au zénith. Le sang — sachez-le bien — n' a de\nvaleur ni de splendeur que libéré du cachot des arteres par le fer ou lefeuf... Nous\napprendrons à tous les soldatsarmés de l\nMais il faudra, auparavant, nettoyer la grande Caserne où vous pullulez, insectes que"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.5", "texte": "POESIA\n\nuous ètes... Ce sera bientót faitf... En attendante punaises, uous pouvez regagner ce\nsoir encore les immondes grabats traditionnels »c\nComme je leur tournais le dos, je sentis à la douleur de mes épaules\nque j'avais trop longtemps traìné dans ie fìlet immense et noir de ma parole,\nce peuple captif et moribond, avec ses ridicules frétillements de poissons\nsous la dernière vague de lumière que le soir poussait jusqu'aux falaises de\nmon front.\nII\nLa Ville de Paralysie, avec ses cris des basse-cour, ses òrgueils impuis-\nsants de colonnes brisées, ses coupoles enflées accouchant d'une statue mesquine,\nle caprice de ses fumées de cigarette sur des murailles puériles offertes aux chique-\nnaudes, la Ville disparut en dansant derrière nous au gre de notre allure véloce...\nDevant moi, apparut tout-à-coup le palais des divins aliénés, monté sur\nal croupe d'une colline élégante qui trottait comme un jeune poulain.\n— Frères, dis-je, reposons-nous pour la dernière fois, avant de partir poni-\nla pose du grand Rail futuriste!\nNous nous couchàmes tous dans l'immensurable folie de la Voie Lactée,\nà l'ombre du palais des Vivants. Aussitot, le fracas s'arrèta des grands marteaux\ncarrés de l'Espace et du Temps. Mais Paolo Buzzi ne pouvait pas dormir, car son\ncorps fourbu sursautait par instants aux piqures des étoiles venimeuses qui nous\nassaillaient de tous còtés.\nFrère, murmura-t-il, chasse loin de moi ces abeilles qui bourdonnent\nsur la rose pourpre de ma volonté.\nPuis il se rendormit dans l'ombre visionnaire du palais chargé de fantaisie\nd'où montait la mélopée bergante et large de la joie éternelle.\nEnrico Cavacchioli somnolait en rèvant à haute voix:\n— Je sens mon corps de vingt ans qui rajeunitL. Je reviens d'un pas\ntoujours plus fragile vers mon berceau.... Je l'entrerai bientòt dans le ventre de ma\nmère!... Tout m'est donc permisi... Je veux de riches bibelots à casseri... Des\nvilles à écraser, des fourmiiières humaines à déranger !... Je veux apprivoiser les\nVents et les tenir en laisse.... Je veux une meute de Vents avec leurs dos souples\nde grands lévriers fluides, pour donner la chasse aux nuages flasques et barbus!\nLa respiration de mes frères dormants autour de moi imitait le sonimeli\nd'une mer puissante sur la plage. Mais l'enthousiasme intarissable et jaillissant de\nl'aurore ne se contenait plus dans les montagnes, tant la nuit avait fait-partout\npleine mesure de parfums et de sèves héroi'ques. Paolo Buzzi, soulevé brusque-\nment par cette marèe de délire, se tordit comme dans les affres d'un cauchemar."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.6", "texte": "POESIA\n\n— Entendez-vous les sanglots de la terre? Elle agonise dans l'horreur de la\nlumière!... Trop de soleils se sont penchés sur son chevet livide! Qu'on la laisse\ndormir, encore, toujours!... Donnez-moi des nuages, des monceaux de nuages, pour\ncacher ses yeux et sa bouche qui pleure!...\nA ces mots, le Soleil, nous tendit du bout de l'horizon son volant de feu\ntremblant et rouge.\n— Lève-toi, Paolo! — criai-je alors. — Empoigne cette roue!... Je te sacre\nchauffeur du monde!... Mais hélas! nous ne pourrons pas suffire au grand travail\ndu Rai! futuriste!... Notre coeur est encore plein d'un immonde fouillis: queues\nde paons, coqs pompeux de girouettes, et jolis mouchoirs parfumés!... Et nous\nn'avons pas encore chassé de notre cerveau les lugubres fourmis de sagesse...\nIl nous faut des fous !... Allons les délivrer !...\nNous nous approchàmes des murs imbibés de joie solaire, en longeant\nun vallon sinistre, où trente grues métalliques soulevaient, en crissant, des wa-\ngonnets pleins d'un Unge vaporant, stupide buanderie de ces Purs nettoyés de\ntoute logique!...\nDeux aliénistes apparurent sur le seuil, catégoriques; mais .cornine je n'a-\nvais entre les mains qu'un éclatant fanal d'automobile, c'est avec son manche\nde cuivre poli que je leur inculquai la mort.\nDes portes grandes-ouvertes, fous et folles, debraillés et mi-nus, sortirent\npar milliers, en torrent.... De quoi rajeunir et farder la face l'idée de la Terre.\nLes uns voulurent aussitòt brandir les clochers étincelants, en guise de Cannes\nivoirines ; d'autres jouaient au cerceau avec des coupoles ! Les femmes peignaient\nleur lointaine chevelure de nuages avec les pointes aiguisées d'une constellation.\n— O mes fous, 5 mes frères bienaimés, suivez-moi ! Nous allons poser le\nRail sur les cimes de toutes les montagnes, jusqu'à la mer!... Combien étes-\nvous?... Trois mille!... Pas assez!... D'ailleurs l'ennui et la monotonie épuiseront\nvite votre bel élan!... Allons vite consulter les fauves des ménageries qui\ncampent aux portes de la Capitale!... Ce sont eux les seuls vivants, les seuls\nderacinés et les moins végétaux !... En avanti... A Podagra!... à Podagra!... »\nEt l'on partit, jaillissement formidable d'écluse...\nL'armée de la folie se rua de plaine en plaine, coulant dans les vallées,\nregagnant les sommets, avec l'élan fatai, facile, d'un liquide en d'énormes vases\ncommunicants, et mitrailla enfin de cris, de fronts et de poings, les murailles de\nPodagra, qui tinta comme une cloche.\nLes gardiens, soulés, tués ou piétinés, la marèe gesticulante inonda l'im-\nmense couloir boueux de la ménagerie, dont les boxes grillées, pleines de toisons\ndansantes flottaient dans la vapeur des urines sauvages, et tanguaient plus légères\nque des cages de serins entre les bras des fous."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.7", "texte": "POESIA\n\nAussitot le règne des lions rajeunit la Capitale. La rébellion des crinières\net l'effort volumineux des croupes en leviers sculptaient les fagadesL. Leur\nforce torrentielle, excavant le pavé, transforma les rues en tunnels aux voùtes\néclatées... Toute la végétation malingre des habitants de Podagra fut enfournée.\nLes maisons pleines de ces branches hurlantes tremblaient sous l'averse de l'ef-\nfroi criblant les toits.\nAvec des élans brusques et des lazzis de clowns, les fous enfourchaient\nles belles croupes indifférentes des lions qui ne les sentaient pas... Et les bizarres\ncavaliers de s'ébaudir aux paisibles coups de queue qui d'instant en instant les\ndésargonnaient... Tout à coup les fauves s'arrètèrent, les fous se turent devant\nles murs qui ne bougeaient plus...\n— Les vieux sont mortsL. Les jeunes ont fui!... Tant mieux!... Vite!...\nqu'on arrache les statues et les paratonnerresL. Vidons les coffres d'or!... Lin-\ngots et monnaies!... On réfondra tous les métaux precieux pour la pose du\ngrand Rail militaireL.\nL'on sortit, folies et fous gesticulants, lions, tigres et panthères chevau-\nchés à cru et tour à tour culbutant leurs cavaliers que l'ivresse débraille, raidit,\ndisloque dans un échevellement Podagra ne fut plus qu'une cuve immense,\npleine d'un vin riche qui se creusait de remous globuleux en ruisselant vers les\nportes aux ponts-levis sonores, entonnoirs qui tremblent.\nNous traversàmes les ruines de l'Europe et nous entràmes en Asie, épar-\npillant au loin les hordes terrorisées de Podagra et de Paralysie, comme des semeurs\npressés éparpillent leurs graines d'un geste circulaire.\nIII.\nC'était à la nuit haute, presqu'en plein del, sur le plateau persati,\nsublime autel du monde, dont les gradins démesurés portent des villes popu-\nleuses. Rangés à l'infini le long du Rail, nous haletions sur des creusets pleins\nde baryte, d'aluminium, d'oxyde de fer et de manganése qui d'instant en instant\népouvantaient les nues de leur explosion éblouissante. Tous gardés en cercle par\nla ronde majestueuse des lions, queues raidies, crinières balayantes, qui trouaient\nle del profond et noir de rugissements ronds et blancs.\nMais lentement le sourire brillant et chaud de la Lune déborda hors des\nnuages craqués... Et comme elle apparaissait enfin toute ruisselante du lait gri-\nsant des acacias, les fous sentirent leur coeur se détacher de la poitrine et mon-\nter vers la surface de la nuit liquide..."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.8", "texte": "POESIA\n\nTout à coup un grand cri déchira l'air; une rumeur se propagea; on\naccourut... C'était un fou très jeune aux yeux de vierge, qui venait de tomber\nfoudroyé sur le Rail.\nSon cadavre fut vite soulevé... Il tenait entre ses mains une fleur bianche\net désirante, dont le pistil remuait comme la langue d'une femme. D'aucuns\nvoulurent la toucher, et ce fut mal, car aussitot, avec la facilité d'une aurore qui\nse propage sur la mer, une verdure sanglotante se dégagea miraculeusement\nde la terre plissée de vagues inattendues.\nDe la houle bleuàtre des prairies émergeaient vaporeusement les cheve-\nlures d'innombrables nageuses, qui ouvraient en soupirant les pétales de leur\nbouche et de leurs yeux humides. Alors dans la noyade des parfums, nous vimes\ngrandir peu à peu autour de nous une forèt fabuleuse, dont les feuillages voutés\nsemblaient épuisés par les caresses d'une brise trop lente. 11 y flottait une ten-\ndesse amère... Les rossignols buvaient l'ombre odorante avec de longs glouglous\nde plaisir et tour à tour pouffaient de rire dans les coins, jouant à cache-cache\ncomme des enfants espiègles et malins.... Un sommeil suave gagnait l'armée\ndes fous, qui se prirent à crier de terreur.\nAussitot les fauves se ruèrent à leur secours. Trois fois, serrés en pelotes\nbondissantes, et par des assauts crochus de rage explosive, les tigres chargèrent\nles fantomes invisibles dont bouillonnait la profondeur de cette forèt de délices...\nEnfin la trouée fut faite, énorme convulsion de feuillages meurtris, aux longs\ngémissements qui réveillèrent les lointains échos bavards nichés dans la montagne.\nMais comme nous nous acharnions tous, cote à còte, à délivrer nos jambes et\nnos bras des dernières lianes affectueuses, nous sentimes tout à coup la Lune\ncharnelle, la Lune aux belles cuisses chaudes, qui s'abandonnait langoureusement\nsur nos échines brisées de fatigue. — Quelqu'un cria dans la solitude aérienne\ndes hauts plateaux :\n— Tuons le clair de lunel\nLes uns coururent aux prochaines cascades; des roues géantes furent\ndressées et des turbines transformèrent la vitesse des eaux en des spasmes\nmagnétiques qui, par des fils, grimpèrent sur des poteaux jusqu'à des globes\nlumineux et bruissants.\nC'est ainsi que trois cents lunes électriques biffèrent de leurs rayons de\ncraie éblouissante l'antique reine verte des amours.\nEt le Rail militaire fut pose, rail extravagant qui suivait la chame des\nplus hautes montagnes, où s'élancèrent aussitot nos véhémentes locomotives\nempanachées de cris aigus, de cime en cime, se jetant dans tous les précipices\net regrimpant partout, en quète d'abimes affamés, de virages absurdes et d'im-\ndossibles zig-zags... En cercle au loin, la haine illimitée marquait notre horizou"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.9", "texte": "POESIA\n\nhérissé de fuyards... C'étaient les hordes de Podagra et de Paralysie, que nous\nréjetàmès dans l'Hindoustan.\nIV.\nO poursuite acharnée!... Nous enjambons le Gange !... ' Enfin, enfin, le\nsoufflé impétueux de nos poitrines chassa devant nous les nuages rampants, aux\ncontournements hostiles, et nous apergumes à l'horizon les sursauts verdàtres de\nl'Océan Indien muselé de rayons d'or. Vautré dans les golfes d'Oman et de\nBengale, il préparait sournoisement l'invasion des continents.\nAu bout du promontoire de Cormorin que- cerne une bouillie d'ossements\nblanchàtres, voilà l'Ane géant et decharné, dont la croupe de parchemin grisàtre\nfut creusée par le poids délicieux de la Lune... Voilà l'Ane savant au membre prolixe\ncouturé d'écritures, qui brait depuis toujours sa rancune asthmatique contre les\nbrumes de l'horizon, où trois grands vaisseaux s'avancent, immobiles, avec leurs\nhautes voilures semblables à des colonnes vertébrales radiographiées.\nAussitot l'immense troupeau des fauves chevauchés par les fous tendit.\nsur les vagues des mufles innombrables, sous le tourbillonnement des crinières,\nqui appelaient l'Océan à la rescousse. Et l'Océan répondit à l'appel arquant\nun dos énorme, en secouant les promontoires avant de prendre son élan. Long-\ntemps il essaya sa force en ondoyant ses hanches et répliant son ventre aux\nflic-flacs sonores entre ses vastes fondements élastiques...\nPuis, d'un grand coup de reins, l'Océan put soulever sa masse et sur-\nmonta la ligne zigzaguante des rivages... Alors la formidable invasion commenga.\nNous marchions dans l'enveloppement des vagues piaffantes, grands glor\nbes roulants d'écume bianche, qui douchaient les croupes des lions... Ceux-ci,\nrangés en demi-cercle autour de nous, prolongeaient de toutes parts les ciocs, la\nbave sifflante et les hurlements des eaux.... Parfois, du sommet des collines\nnous regardions l'Océan gonfler progressivement son profil monstrueux comme\nune baleine immensurable qui se pousse en avant sur un million de nageoires.\nC'est nous qui le guidàmes ainsi jusqu'à la chame de l'Himalaya, refoulant devant\nnous le grouillement en éventail de toutes les hordes de Podagra et de Para-\nlysie, que nous voulions acculer contre les flancs du Gorisankar.\n— Hàtons-nous, mes frères Voulez-vous que les fauves nous dé~\nvancant?... Nous devons garder le premier rang, malgré nos pas qui pompent\nles sucs de la*terrei... Fi de nos mains gluantes et de nos pieds traineurs de\nracines !... Oh ! pauvres arbres vagabonds que nous sommes !... Il nous faut des\nailes ! Construisons donc les aéroplanes !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.10", "texte": "POESIA\n\n— lls seront bleus ! crièrent les fous ; pour mieux nous dérober aux\nyeux de l'ennemi, et nous mèler à l'azur claquant du ciel, sur les cimes,\nquand il vente!\nLes fous ravissent aussitòt des manteaux turquoise à la gioire des Bouddhas\ndans les vieilles pagodes, pour construire leurs appareils volants.\nNous taillons nos aéroplanes futuristes dans la toile ocreuse des voiliers.\nLes uns ont des ailes équilibrantes et montent en portant leur moteur comme des\ncondors ensanglantés portent des veaux convulsifs. Le mien est un triplan mul-\nticellulaire à queue directive, 100 HP, huit cylindres, 80 kilogrammes... J'ai\nentre mes pieds une mignoline mitrailleuse que je puis décharger en pressant\nun bouton d'acier...\nEt l'on part dans l'ivresse d'un pilotage agile, d'un voi vif, pétillant et\nléger, scandé comme une chanson à boire et à danser.\n— Hourrah ! nous sommes enfin dignes de commander la grande armée\ndes fous et des fauves déchainés ! Hourrah ! nous dominons notre arrière-garde:\nl'Océan et son enveioppement de cavaleries écumantes !... En avant, fous, folles,\nlions, tigres et panthères... Nos aéroplanes seront vos drapeaux de guerre!... Nos\naéroplànes seront vos maìtresses passionnées!... Elles nagent, les bras ouverts,\nsur la houle des feuillages. Elles paressent indolemment sur l'escarpolette de la\nbrise !... Regardez, là-haut, à droite, ces navettes bleues.... ce sont les fous qui\nbalancent leurs monoplans sur le hamac du vent du sud !... Quant à moi je suis\nassis comme un tisserand devant son métier et je tisse l'azur soyeux du ciel !...\nEn voulez-vous de ces vallées fraìches et de ces montagnes bourrues dont nous\nrasons les cimes ?... En voulez-vous des troupeaux de brebis roses, accrochés\naux versants des collines, qui s'offrent au couchant?... Tu les aimais, ò mon\nàme!... Non! non! Assez! Jamais plus, tu n'auras de pareilles fadeurs! Les ro-\nseaux dont nous faisions jadis des chalumeaux forment l'armature de mon aéro-\nplane!... Nostalgie! Ivresse triomphale!...\n« Nous atteindrons bientót les habitants de Podagra et de Paralysie,\ncar nous fìlons malgré les rafales contraires.... Que dit Panémomètre ?• Ce vent\na une vitesse de cent kilomètres à l'heure! Tant mieux!... Je monte à une\nhauteur de deux mille mètres pour dépasser le plateau.... Voilà, voilà les\nhordes... là, là, devant nous et déjà sous nos pieds!... A pie, regardez donc, entre\nles masses de verdure, l'affolement de ce torrent humain qui s'acharne dans la\nfuite !... Ce fracas ? Le craquement des arbres ! Ah ! Ah !... Ils sont tous acculés\ncontre la haute muraille du Gorisankar !... Et nous leur livrons bataille !... En-\ntendez-vous nos moteurs qui applaudissent de joie?... — Holà! grand Océan In-\ndien ! à la rescousse !\nIl nous suivait solennellement, culbutant les remparts des villes vénérées"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.11", "texte": "POESIA\n\net désargonnant les tours illustres, vieux cavaliers dans leurs armures qui tintent,\ncroulés bas du garrot marmoréen des temples.\n— Enfin, enfin vous voilà donc devant nous, grand peuple fourmillant\nde Podagreux et de Paralytiques, lèpre hideuse qui dévore les beaux flancs de\nla Montagne! Nous volons à tire-d'aile contre vous, avec à droite, à gauche, le galop de\nnos frères les lions et derrière nous l'amitié menagante de l'Océan qui nous suit\npas à pas pour empècher tout reculL. C'est une simple précaution, car nous\nne vous craignons pas !... Mais vous ètes innombrables ! Et nous pourrions bien\népuiser nos munitions en vieillissant durant le carnageL. Je réglerai le tir!... La\nhausse à huit cents mètres!... Attention!... Feu!... Oh! l'ivresse de jouer comme au\ncollège!... Oh! l'ivresse de jouer aux billes de la Morti... Et vous ne pourrez\nplus nous les chiper!... Vous reculez encore?... Ce plateau, sera vite dépassé!...\nMon aéroplane roule sur ses roues, glisse sur sespatins et s'envole de nouveau!...\nJe me mets debout au vent... Bravo, les fous ! En avant le massacre ! TenezL.\nje coupé l'allumage et je descends pour atterrir paisiblement — voi plané, stabilità\nmagnifique — au plus fort de la mèlée!\n« Voici la furibonde copulation de la bataille, vulve géante que tiraille\nle rut du courage, vulve informe qui se déchire pour mieux s'offrir au spasme\nterrifiant de la victorie prochaine !... Elle est à nous, j'en suis certain, puisque nos\nfous lancent déjà leurs coeurs en plein ciel comme des bombesL. La hausse\nà cent mètres!... Attention!... Feu!... Notre sang?... Oui, tout notre sang, à flots,\npour récolorer les aurores malades de la Terre!... Nous saurons bien te réchauffer\nentre nos bras fumants, lamentable Soleil décrépite et frileux, qui grelottes sur\nla cime du Gorisankar!\n\nF. T. Marinetti.\n\nD'imminente pubblicazione\nDocumenti, Polemiche e Conferenze\n/\nElegante volume illustrato, di 500 pagine."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.12", "texte": "POESIA\n\nLE POESIE LUSSURIOSE\ndi Giuseppe Lipparini\n\nA CEBÉTE.\nI.\nMèlitta sono, la figlia di Polidamante liberto,\ne per le piazze d'Atene risplendo fra tutte l'etère.\nVenere stessa mi diede le membra e la bella figura:\ne le benigne Grazie mi empirono]il cuore di canti.\nTale io tocco la cetra allorché primavera compare,\ne pei boschetti sacri io sfido a cantar gli usignoli :\nquando nel seno profondo mi giungon le punte d'Amore,\ne il giovinetto amato mi attende languendo su l'erbe.\nII.\nPura incorrotta fui un tempo, negli orti paterni\nlungo il Cefisso ombroso, in vista all'acropoli sacra.\nRara appariva appena la prima lanugine ; il seno\nmorbido e liscio come quello d'un pingue fanciullo;\nrigida Tanca, e il femore un poco sporgente sui fianchi\noh, non sembravo allora, no, la Callipigia Afrodite!\nLungo il Cefisso ombroso al rezzo dei mirti giacevo,\ncome colei che aspetta: e ahimè non sapevo che cosa\nIII.\nTargeliòne, il mese dolce ai temperati tepori,\nlungo le siepi mi aveva composto gran serti di rose.\nDolce era l'aria, più dolce la notte il lucor della luna\nDalla paterna casa uscivo a la riva del fiume,\ne denudata allo specchio dell'acqua miravo le membra\nagili. Tremolavano nell'onda profonda i candori,\ne le mie braccia distese perdevansi lungi col fiume,\nmentre brillavano come vaganti pianeti i miei occhi.\n\nDisegno di U. VALERI.\nGIUSEPPE LIPPARINI"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.13", "texte": "POESIA\n\nIV.\nScesi talvolta nel fiume, di giorno, e la madre era meco.\nTutta mi davo all'amplesso dell'acque, e pensavo le storie\ndelle fanciulle antiche rapite dai fiumi amorosi.\nAhi, che passato era il tempo in cui tra le selve su l'onde\ngY imperituri iddii violavan le donne mortali.\nOnde, tornando a la riva, le membra più fiacche pe '1 bagno,\nlanguida sulla sabbia piegavo tremando i ginocchi,\ned invocavo il vento perchè mi rapisse con lui.\nV.\nVidi di là da le siepi, un giorno di Targelióne,\nun giovinetto, bello al pari di un dio immortale.\nSola vagavo tra i lauri, tra i mirti, tra i folti rosai,\ne mormoravo in cuore un canto di Saffo la bella.\nVidi di là da le siepi il mio giovinetto fatale :\npallida come la neve sorrisi appoggiata ad un lauro.\nAgile come un cervo balzò con un lancio nell'orto :\ntutta mi strinse al seno, e poi mi baciò su la bocca.\nVI.\nFu per quel bacio un incendio che m'arse per tutte le\nQuando la sera calò mi chiusi nel mio ginecèo, [membra,\ne sul lettuccio, sola, piangevo con lacrime molte.\nArse le fauci avevo per inestinguibile sete :\nbrividi lunghi alle reni, e fremiti al ventre lascivo ;\nurgere il sangue sentivo al petto, e gonfiarsi i due seni.\nTutta la mia persona, nel grande delirio d'amore,\ncome un fuscello tremava, che s'agita scosso dal vento.\nVII.\nMèlitta fu quella notte, nell'orto fra i caldi sentori,\nla prima volta preda del furto rapace d'amore.\nSanguinar la mia carne con intollerabile strazio\nfeci ; e la folle arsura in braccio a colui maledissi.\nFolle ! la notte dipoi tornarono i cupi furori :\nebbra discesi ancora laddove il mio dio m'aspettava.\nRatti passarono i giorni: e chi rammentava quel male?\nSolo il piacere, oramai, a me concedeva Afrodite.\nVIII.\nQuando tornò l'autunno e il mese dei grappoli dolci\n(e il quindicesimo anno mi s'era perduto nel tempo),\nabbandonai la casa del padre e divenni di tutti.\nBen cinque mine io prendo da quagli che tutta mi vuole :\nchè su la terra intiera non v'è giovinetta più bella,\ne per il vasto mare la fama di Mèlitta vola.\nSolo Cebéte, il figlio del caso, o forsanco di un dio?\nquando mi vuol mi possiede, e sol per il prezzo d'amore.\nIX.\nEcco, Cebéte attendo nell'atrio fulgente di marmi.\nCaro, non sono più quella che avesti nell'orto del padre,\nrigida e pura come un giovine pioppo a febbraio.\nMa d'ogni parte a me la morbida carne fiorisce :\nerti i bei seni, i fianchi lunati, le cosce possenti,\nflorido il vello d'oro, più raro di quello d'Eèta.\nOnde io temo un eroe che armato con nuovi Argonauti\nqui, su le spiaggie d'Atene, non me lo venga a rapire.\nX.\nMolti di già sul mio seno passarono uomini, molti\ndel loro immenso amore parlaron con rotte parole.\nPure, se attendo te, ancora mi brucian le fauci:\nancor con brividi lunghi si piegano in arco le reni.\nChe non poss' io tenerti per sempre col capo fra i seni,\nquando ti vedo gli occhi morenti celarsi nel bianco :\ne di te piena, nel cuore avendo appagata la brama,\ncedere al sonno, e cosi dentro le tue braccia morire?\n\nA PERSEFÒNE.\n« Mélitta, viene domani la primavera, non sai? »\nmi dissero i giovani ieri.\nOnde pensai nel mio cuore un canto a Colei che si desta\ned esce dall'Erebo fondo.\nPiene di fiori le mani mi vidi, e ricolme le siepi\ndi bianche corolle nel sole.\nPiove: la terra scompare in folti velami di nebbie:\ne rugge lontan la marina.\n*\nSopra le piante in fiore discendono i falchi stridendo ;\nè questa la mia primavera.\nTutta la terra è triste, vi regna sovrana la morte.\nOimé, Persefòne, che fai?"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.14", "texte": "POESIA\n\nEPIGRAMMA.\nQual fra le tante bellezze di tenera donna non sazi?\nUna, ch'io sappia, una sola ch'hanno le vergini in sé.\nQuella non sazia, poiché per sola una volta è goduta.\nCade, quel fiore di sangue : né rifiorisce giammai.\nL'altre più vaghe beltà non hanno la grazia fuggente\nch'ha questa sola, o Glicèra, che non ritorna mai più.\n\nLE CILIEGIE.\nIeri vagavo nell'orto con Lyde, l'ancella fidata.\nPresso a la fonte, un ciliegio porge le sue bacche rosse.\nCogline! — dissi. Volevo gustar la dolcezza del frutto\nche risfavilla nel sole, simile a un piccolo cuore.\nEbbi il canestro; mangiai, più ghiotta più gaia di un bimbo;\npoi folleggiando mi posi penduli i frutti agli orecchi.\nE mi specchiai nella fonte. O Lisia, i due grossi rubini\nche mi donasti, non hanno più malioso splendore.\nChé mi sembrava tornare fanciulla, e specchiarmi nell'acque,\npura e tranquilla, amico, come — è gran tempo! — già fui.\n\nMELITTA A FILOGÌNA.\nI.\nNo, Filogina, non amo gli amplessi e l'amor de le donne;\nSaffo soltanto mi piace se per Faone sospira.\nEsco dal tiepido bagno, e mentre la schiava mi terge\n(bianca nei tremuli specchi ride l'ignuda beltà),\nleggo le ardenti parole che tu, Filogina, mi scrivi :\n« Mèlitta, dolce giacere sur un lettuccio di piume,\ntutto stringendo sul cuore il fior de la tua giovinezza,\ntutte suggendo coi baci quelle tue morbide carni.\nVieni : ti attendo la notte, allora che timido appare\ndietro i roseti sul colle l'arco di Artèmide iddia:\ne che il silenzio divino a lunghe carezze suade,\ne la marina sul lido parla a le stelle d'amore. »\nII.\nBella tu sei, Filogina; e molti sospirano invano,\nmolti che pongono te sopra le donne d'Atene.\nTu non ti curi di loro, ma lasci la voglia dell'uomo\npiangere sulle tue soglie come scacciata mendica.\nMa nella casa raccogli le vergini impubi e l'etère,\ncui la tua bocca par dolce più che le strette dell'uomo.\nAlta tu sei : rassomigli Artèmide la cacciatrice :\nvergine come la dea dicono gli uomini te.\nSchiette e sottili le membra tu vanti : di Mèlitta pingue\ncome ti piacquero i baci e le riposte beltà?\nUn giovinetto tu sembri: hai corti e ricciuti i capelli:\ncome ti piacque la chioma morbida e lunga che ho?\nIII.\nNo, Filogina, non amo gli amplessi e l'amor de le donne:\nvoglio il piacer violento onde è interrotta la vita,\ne non è sangue nel cuore, e gli occhi si velan di tenebra,\ne per le reni fiaccate lento il sopor si diffonde.\nVoglio sentirmi costretta dentro due braccia furenti:\nsopra le morbide carni Ercole stesso terrei.\nDolce la notte tenere dormente sul petto Cebète,\nil giovinetto tebano simile a un fulvo torello.\nEcco : l'attendo qui nel mio viridario fiorente\ndove mi cantano l'acque vecchie canzoni d'amore.\nE, nel pensar solamente, un brivido lungo mi scuote,\nmentre ne l'acque si specchia l'arco lunare che nasce."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.15", "texte": "POESIA\n\nFILOGÌNA A MELITTA.\nUn giovinetto io sembro? ho corti e ricciuti i capelli?\nAnche Fedone, il cinèdo caro al tuo bello Cebète.\nIeri donasti a l'amante con perle e zaffiri un anello :\noggi superbo ne va per i teatri Fedone.\nVenere Callipigia, o Mèlitta bionda, somigli:\nah, quel cinedo solo può gareggiare con te.\nMisera, e tu non sai l'inganno, e non sai che dividi\nletto ed amor di Cebète con lo sbarbato istrione.\nLascia l'ingannatore: io t'amo, io t'amo, e ti voglio;\ntu non sospetti neppure certe carezze ch'io so.\nMèlitta, dalla mia casa già tutte le donne ho cacciate ;\nlunga sui folti tappeti piango d'amore per te.\n\nPANATHENAIA.\nNo, ch'io noru posso col canestro in capo\nbiancovestita andare al Partenone,\nné accompagnar le vergini innocenti\nsu per il colle.\nGiorni lontani, quando pura e ignara,\nesile come un giovinetto salcio,\nvenni pur io a celebrar le feste\nPanatenèe !\nOra il mio cuore è tormentato e stanco ;\ntemo e sospetto, e non so far che pianti.\nIntollerabil questa vita mia\nm'è divenuta.\nPorpora ed oro avvolgono le membra,\npendono gemme dagli orecchi. Oh come\ndolce sarebbe rivestire il lino\ntra le fanciulle!\n\nEPIGRAMMA.\nIo, che riposo qui, sotto il marmo scolpito, già fui.\nEbbi dolcissimo il fiato, teneri e languidi gli occhi.\nEro pei facili amori la complice astuta e discreta,\ne su le cupide coppie cesti di fiori versai.\nTutti mi adorano: tutti attendono il mio ritornare.\nO viandante, una rosa ! La primavera son' io.\n\nHESPEROS.\nOra la primavera sfiorisce morendo negli orti:\naliti caldi passano.\nTheros, la diva ardente dagli occhi di fiamma si accosta :\nle fonti si disseccano.\nSfogliansi già le rose per entro le siepi di mirto,\ne le fanciulle attendono.\nForse l'amato giunge furtivo al calar de la notte :\nle stelle e i cuori palpitano.\n\nL'ACETOSELLA.\nFolta nell'orto fra la menta e il timo,\ngiù per il clivo che discende al mare,\ncresci cercata e celebrata, o erba\nacetosella.\nSpesso Glicèra ti raccolse in mazzi\nper mescolarti con il fieno ai bovi;\ne, per gustar l'acidulo sapore,\nti mordicchiava.\nTroppo sembrasti grata alla fanciulla;\nieri, per troppo assaporarti, cadde\npresa dal sonno sovra il verde mucchio :\nma non è morta;"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.16", "texte": "POESIA\n\nchè Sofronisco medico le infuse,\nmentre col volto pallido giaceva,\ndentro la bocca lievemente schiusa\nuna bevanda.\nAcetosella, sei come la vergine :\naciduletta e pur desiderata ;\nchi vi raccoglie e vi assapora incauto,\nresta ingannato.\nChè l'una e l'altra, quando è colta, morde\nsenza parere, nel profondo cuore:\ne, come l'ape dal soave miele,\nlascia il veleno.\n\nALLO SPECCHIO.\nI.\nLyde, sommergi d'unguenti i miei disciolti capelli;\nversa nell'acqua del bagno gli odori più rari e più acuti.\nScegli fra tutte le vesti che giacciono dentro i forzieri\nquella più ricca e più bella che diedemi Lisia l'arconte.\nPorgimi quel diadema che porta una luna di perle,\ned i pendenti d'oro con astri di gialli topazi.\nRecami poscia lo specchio, perch'io mi contempli nel bronzo,\nse paio bella ancora, o vecchia divengo oramai.\nII.\nChi più di te potrebbe, o silenzioso e discreto,\nfido fra tutti gli amici, rispondere al dubbio che m'arde?\nEcco, mi vedo entro te: e mi paio più bella che mai.\nAnche Afrodite dovrebbe nel mio cospetto celarsi.\nLucide tanto non vidi a donna mortai le pupille,\npoi ch'Ebe stessa ministra le grazie de' miei diciott'anni :\nné Filogina, né altre, fra tutte l'etère d'Atene\npossono di giovinezza, ah, paragonarsi con me!\nIII.\nOhi, tanto peggio la doglia mi giace confitta nel cuore !\nTristo Cebète, perchè tradirmi col sozzo cinedo?\nFresca io sono e fiorente : mi coprono d'oro gli amanti :\nuomini e donne con me vorrebbero a prezzo giacere.\nAmo te solo : mi dono pel solo diletto d'amore.\nBello, ma povero, sei: ti compro le vesti e i cavalli;\naltri non voglio che giaccia fra quelle tue braccia feroci.\nSolo al pensare io piango, io grido, mi strappo i capelli.\nIV.\nQuando verrai questa notte, le porte saranno serrate :\n« Mèlitta, Mélitta! » invano picchiando ai battenti, dirai.\nIo, fra le coltri distesa e senza dormir lacrimando\nti lascerò gridare infino al venir de l'aurora.\nPoscia verrò a le soglie con gli occhi dolenti di pianto,\ne ti dirò: « Fedone ti attende: perchè non ci vai? »\nNo, non andare, io son folle ! Qui, solo con me, mio diletto !\nForse mentì Filogìna. Son pazza d'amore : perdona.\n\nNAUSICAA.\nLeggo di Omero l'epopea divina:\ne sono come la fanciulla ignara\nch'ode cantar le turbe di lontano\nsopra un gran fiume.\nLauri con mirti ombreggiano la riva :\npassano i venti a lo stormir dei pini;\nsotto le rose già sfogliate, è dolce\nora dormire.\nSento il fragor del cocchio, e strilli e risa:\ngià lungo l'acque sull'argentea sabbia\nsplendon la bianca veste ed i capelli\ndi Nausicàa.\nTarda quest'oggi il tuo venir, Cebete:\nlascia ch'io sogni il corso de l'Ilisso,\ne mi riveda nei rosai paterni,\nvergine ancora.\n\nTIRESIA.\nI.\nQuando ti vedo morire su questi miei seni d'avorio,\ne un'ombra ti scende sugli occhi:"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.17", "texte": "POESIA\n\nquando ti sento gridare siccome un destriero che cerchi\npei prati la cara compagna:\nquando, perchè ti sorrido, ti vedo tremare i ginocchi,\ne piangere s'io ti respingo :\npenso, o diletto, la sorte toccata nei tempi a Tiresia,\ne sogno di far come lui.\nII.\nUomo vorrei diventare, un giorno, un sol giorno de Tanno.\nVuoi farmi la grazia, Afrodite?\nRigide e dura le membra che sono si pingui e sì molli;\nricciuti e tosati i capelli :\nuna lanugine bionda, qui sopra le guance di seta,\ne forza di atleta nel braccio ;\nbene io saprei superare le donne e le loro malizie:\nchi meglio potrebbe di me?\n\nAD AFRODITE.\nI.\nSopra il giaciglio amoroso il sole improvviso ci colse.\nGià trionfava nel cielo il cocchio dai roggi cavalli,\nnè su le nostre pupille il sonno per anco scendea ;\nma tutta notte Cebète aveva gridato d'amore\nsopra il mio candido ventre, dentro queste mie braccia furenti.\nRapida giunse l'aurora, e noi seguitammo a morire;\nma, quando venne il sole, io diedi in un pianto dirotto,\nmentre Cebète al sonno cedeva in un nimbo di raggi.\nII.\nPiansi, celando la faccia tra i lunghi capelli : e mi parve\nche mi fluisse la vita, al par di una fonte, dagli occhi.\nIl giovinetto dormiva contento e di me non curava :\npallido come la cera, e pur con le labbra ridenti.\nIo mi sentiva le reni fiaccate e tremanti i ginocchi,\ne nelle tempia i polsi battevano quasi per febbre.\nDentro lo specchio mi vidi con gli occhi cerchiati d'azzurro,\ne, su la fronte, una ruga diritta, presagio di morte.\nIII.\nEcco : io aveva pensato di uccidere il fulvo Cebète\nsopra le morbide coltri per un folle eccesso d'amore :\ntutta la notte ed il giorno, infino che morto non fosse\ne, nell'estremo amplesso, scomparsa non fossi pur io!\nEcco : ed il giovine amato già sazio di me riposava,\nmentre nel lago del cuore cozzavano i miei desideri.\nRotte le membra di rosa : e pur la mia carne fremeva,\nE lo scotevo invano, per essere ancora di lui.\nIV.\nDimmi, Afrodite, perchè, se Mèlitta bionda è cercata\ncome una dea, se a lei accorrono i ricchi da lungi,\nse per un bacio solo mi diede un talento un arconte,\ne la mia fama trascorre di là dal lontano Oriente:\ndimmi, Afrodite, perchè io piango, e mi rodo, e sfiorisco\npel giovinetto tebano che m'ebbe per primo sul fiume?\nMolti darebber la vita per me, che non hanno talenti;\ndimmi, perchè voglio lui, che mente, sorride, e tradisce?\nV.\nQueste parole ti dico vagando negli orti sul colle;\ne da lontano il mare sorride fra i mirti e gli ulivi,\nmentre una fresca voce intuona di là da le siepi\nuna canzone d'amore. M'accosto : è Glicèra, la figlia\ndel giardiniere, e raccoglie un grande canestro di rose.\nVergine ancora, non sa le pene che infonde ai mortali:\nnè le parole ardenti che canta le turbano il cuore ;\nma così pura sorride, ch'io piango se penso qual fui.\n\nIL CINÈDO.\nDisse l'ancella: « Lo vedi? là, sotto il Pecìle; è Fedone;\nquello che passa e sorride dentro ad un crocchio d'efèbi. »\nStetti : era bianco e biondo, aveva i capelli ricciuti,\ne camminava scotendo l'anche siccome una donna.\nParvemi ch'ei non fosse un maschio, ma il bello Androgino:\ncerto un bel mostro, foggiato di crudeltà con lussuria.\nLisia,' che a caso passava, mi disse: « Bellezza, che fai? >\ntanto ero muta ed attenta in contemplare il cinèdo.\nIra nel cuor non avevo, sibbene un rammarico acuto.\nAh, chè non ero pur io perfida al pari di lui?"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.18", "texte": "POESIA\n\nLO SPILLONE.\nPoi che, Glicèra, del tuo primo sangue\nla bianca veste ti si tinse, e ormai\npassi più lenta e languida, e sospiri,\ntra le fanciulle:\nèccoti, a fine di raccór le chiome\ngià svolazzanti, questo argenteo spillo ;\nchè si conviene, a vergine matura,\nerta la chioma.\nSerbalo: ha forma di stiletto; un giorno,\nquando in amore sarai fatta esperta,\nfiggilo all'uomo — nè la man ti tremi —\ndentro nel cuore.\n\nMELITTA A FEDONE.\nDicono che tra gli efebi nessuno è più bello di te:\ndicono che fra le donne Melitta è pari ad un sol.\nLascia l'amor dei fanciulli! Non sai le delizie ch'io serbo\nper chi mi piace e mi dona la giovinezza coi baci !\nUomo non sei? Non ti freme il rapido sangue nei polsi?\nSopra un bel seno languire, pari dolcezza non v'è.\nBella io sono: le reni ho salde, siccome polledra:\nah, che nascosti tesori serbo, o Fedóne, per te !\nVieni : la notte discende solinga sulla mia casa ;\npresso la soglia, nel lume fioco sospiro pensando.\nGiungono chiari dagli orti i trilli dei rusignoli ;\ncantano l'erme fontane verso le stelle del ciel.\nMèlitta attende ignuda, disciolti i fluenti capelli ;\npensa, e le stillan dagli occhi lacrime di voluttà.\n\nFEDONE A MELITTA.\nMèlitta, tu lo sai: non cerco l'amor de le donne;\nanzi nessuna, giammai, mi tenne sul ventre impudico.\nUnica Filogìna entrò nel mio letto una notte;\nma Filogìna, si sa, è una donna e non e.\nPure tu sei così bella, ch'io piego in pensarti i ginocchi\ncome davanti alla dea che Prassitèle scolpi.\nNo, non mi tentano i baci, le strette furenti, ed i molli\nvoluttuosi abbandoni, nè le riposte beltà.\nPure verrò da l'etèra che splende fra tutte le donne\ncome la luce del sole sopra le stelle notturne.\nPresso l'aitar d'Afrodite attendimi, bianca ed ignuda:\nfa che l'incenso bruci come nei templi sul mar.\nArdano mille faci; non arda, ti prego, il tuo cuore:\nchè, se volessi baciarmi, Mèlitta!, io fuggirei.\nVoglio restar su la soglia, mirarti così lungamente,\nridere e piangere insieme, senza sapere il perchè.\n\nL'ATTESA.\nQuale sgomento nel cuore m'infuse il crudele Fedóne?\nNon fui mai cosi pallida.\nCade la notte : mi sento un palpito forte ; ho paura.\nLyde, accendi le fiaccole !\nSai? fra non molto verrà l'ambiguo mostro ch'io voglio\no soggiogare o uccidere.\n\nLA PROVA.\nI.\nAhi, ora intendo perchè Cebète da Melitta fugge !\nDi troppo è possente il cinèdo.\nNuda, coi folti capelli diffusi pei seni di neve,\nfremendo vendetta, aspettavo."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.19", "texte": "POESIA\n\nMai la lussuria nel cuore più rabida morsemi, mai ;\nle poppe mi ardean come brage.\nErcole stesso io avrei fiaccato, ruinato, distrutto\ncon queste mie deboli braccia.\nSentìa nel ventre profondo il viscere occulto vibrare,\ncom'è d'un vampiro la bocca.\nSugger la vita al cinedo volevo, ed abbatterlo al suolo,\ndissanguarlo, farlo morire.\nII.\nVenne: balzai dal giaciglio col cuore in tumulto: tremavo,\nbellissima come una dea.\nVolli parlar: non potevo. Ed egli crollava la fronte\nguardandomi con un sorriso.\nGelo mi prese nel sangue ; fuggì dal mio ventre la brama,\nla fredda paura mi vinse.\nQuale bagliore negli occhi brillava a la bestia perversa ?\nUn serpe, pareami vedere.\nStette così su la soglia a lungo, nè fece parola,\nnè mai tralasciò di sorridere.\nPoi se n'andò lento e molle. Allora gittai un gran grido ;\nma il mostro era in salvo e lontano.\nIII.\nTroppa è la pena; morire sarebbe la più dolce cosa:\ndiscender nel buio e sparire.\nAhi, ma lasciare Cebète non voglio, non posso ; la morte\npiù cara sarebbe con lui.\nOh, questi seni fiorenti, di dove il capezzolo spunta\nsiccome un bocciòlo di rosa!\nOh, questo piccolo ventre, che in fondo s'adombra di un vello\npiù lieve che il musco nei boschi !\nOh, mie bellezze sì vane, poiché vi dispregia Cebète,\nCebète, l'ingrato garzone!\nVoglio nel circo donarmi al popolo tutto, a dispregio\ndel sozzo fanciullo che amo.\n\nLE VIOLETTE.\nQuando negli orti paterni ancora abitavo, e il mio seno\npuro ignorava gli affanni e le vendette d'amore,\nspesso passava una donna di là dal muretto ; e tornando\nera più pallida, e aveva gli occhi color di viola.\nCumuli di violette parevano sotto le ciglia.\nOnde le chiesi: « Perchè torni ogni sera così? >\nRise; e mi disse: « Un giorno saprai questo dolce mistero.\nSappi ora sol che più dolce cosa nel mondo non è. »\nPoi se n'andò sorridendo. Ed io mi specchiava a la fonte\nquasi ogni dì, per vedere le violette spuntar.\n\nLA POLLEDRA.\nQuando negli orti paterni ancora abitavo, e il mio seno\npuro ignorava gli affanni e le vendette d'amore,\nCàllia, un amico del padre, diceva segnandomi a dito:\n« Ecco una svelta polledra : guardala dallo stallone ! >\nChe mi chiamasse polledra ridevo; ma in cuor mi pungeva\narditamente il desio ch'ei mi chiarisse il suo dir.\nRise; e mi disse: « Un giorno saprai il violento mistero.\nSappi ora sol che più dolce cosa nel mondo non è. »\nOnd'io guardava ogni giorno saltar le cavalle nei prati,\nse comparisse il maschio a rivelarmi il mister."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.20", "texte": "POESIA\n\nAMORE.\nVidi passare una volta la donna dagli occhi di viola,\nMa gli occhi eran rossi ; e piangeva.\n« Oh!, dissi, « piangi; e perchè? » « Il mio giovinetto è\nnè vivere io so, senza lui. » [partito;\nForse il suo figlio? « Fa cuore o madre > Rispose:\nio figli non cerco, ma amore! [« No, no!\nQuello ch'io piango è l'amante, Callino, il più bello fra\nCallìno, fuggito da me ! » [gli uomini,\n« E vuoi morire? Ma quale diletto ti dava l'amante? »\nFanciulla inesperta, ridevo.\n« Quale i più ricchi tesori del re dei Persiani — rispose —\npotrebbero darmi giammai.\nTutte le stelle del cielo darei, per vederlo una volta.\nO Melitta, amor tu non sai! »\nEros vittorioso, quel giorno conobbi tua possa;\ne il cuor mi tremava per te.\n\nIL CUORE.\nSopra il suo cuore giacevo, nell'orto, al riparo di un pino.\nCebète, già sazio, dormiva,\nLanguida e stanca, pur io voleva concedermi al sonno,\ndiscreto fra tutti gli amanti.\nMa, sotto il seno sinistro, il cuor mi batteva più forte\ndi quel di una tortora ch'io\nforte serbassi rinchiusa fra queste mie floride poppe.\n« O cuore, mio cuore, che hai? »\nNon rispondeva il mio rosso padrone. Bensì palpitava\nsiccome dovessi morire.\nRatta balzai su Cebète, cercai la sua bocca ferigna.\nMi disse: « Sei folle? » E dormiva.\n\nIL BAGNO.\nI.\nEsco dall'acqua ; Cebète un tempo assisteva al mio bagno,\ned aiutava l'ancella a tergermi i lunghi capelli.\nPoi, così fresca e odorosa, con sé mi tenea sui ginocchi;\nbocca con bocca, cercava con agile ardire i tesori,\ne mi faceva vibrare per un delicato piacere :\nfin che Afrodite regina mi celava gli occhi nel bianco\ned io volea esser tutta del giovin più bello di Adone.\nOra son sola; l'ancella mi guarda ed ignara sorride.\nII.\nLyde, sorridi? Son bella, e godi tu pur nel mirarmi.\nAnche le donne mi ammirano, e brucia d'amor Filogina.\nChè non vad'io con lei a scorno del sozzo Cebète?\nSe non mi valse l'amore di un giovine, forse mi giov\nstar fra le candide braccia della giovinetta ricciuta?\nForse ella il farmaco tiene che possa donarmi l'oblio;\nforse è piacer delicato uscire dal bagno con lei,\ne, bocca con bocca, lasciarle quest'agile corpo in balia.\nIII.\nFolle io sono; Afrodite, non farmi impazzare così.\nQuesto che m'arde nel seno, e batte a le tempie, e mi sforza\nquasi a gridare, cos'è? Perchè più non cedo all'invito,\ncome una volta, dei giovani che mi coprian di gioielli?\nTienti le gemme, o Lisia ; chè Mèlitta ornai più non vuole\nlucro ritrar da la sua, ahimè, cosi vana bellezza.\nVuole più tosto recarsi di notte ai bordelli del porto,\nun rozzo giaciglio, godersi con gli ebbri nocchieri.\nIV.\nLyde, così: sulla nuca raccogli in un nodo i capelli,\ndammi a le braccia l'unguento venuto da lidi lontani.\nScegli dipoi tra le vesti la meglio gemmata, e i calzari\nch'hanno le fibbie incrostate di verdi smeraldi e di perle.\nPortami quel diadema che m'ebbi dal re dell'Epiro,\ne, per le mani, lo scrigno ricolmo di gemme e d'anelli.\nBella voglio essere oggi per l'amor mio che m'aspetta.\nLyde, non rider ! L'amante che aspetto si chiama la Morte."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.21", "texte": "LE FOGLIE.\nBimba sedevo sul fiume, allora più chiaro e più bello ;\ne i pioppi si sfogliavano.\nVolli afferrare una foglia che discendea roteando;\nma l'ebbe Tonda rapida.\nVidi la foglia appassita andar lungo l'acque, lontano\ncon il mio desiderio.\nTale discendo sul fiume vorace; e già presso è quel mare\ndove gli affanni dormono.\n\nMERIGGIO.\nAh ! riposare su l'erba nel caldo meriggio, e sognare\nil giovine amato con me!\nEd allungare la bocca più ardente che mai, per baciarlo :\ndestarsi, e trovarlo con me !\nE, tra la veglia ed il sonno, gettargli al bel collo le braccia,\ne ridormire cosi.\n\nI TESORI.\nPoveri miei tesori, inutile fonte di gioia!\nRicordi, Cebète, la prima\nvolta che i cupidi sguardi spingesti ai vietati misteri ?\nAh, sia maledetto quel giorno !\nPur, se ripenso l'ardire ch'ebbe la tua bocca sanguigna,\nsi piegano vinti i ginocchi.\n\nA PERSEFÒNE.\nVergine, quando in Enna Plutone rapace ti cinse,\ne dalla piccola mano cadevano i fior del narcisso,\ne le compagne intorno stridevano per la campagna,\ne Primavera ti apparve fiammante nel fuoco del dio\nvergine, quando ti accolse nell'Erebo fondo la notte,\ne sopra il talamo d'oro fosti sottomessa nel sangue:\nmaledicesti forse l'Amore, e chiamasti Afrodite\ningannatrice e perversa, piangendo il tuo fiore distrutto.\nVergine più non sei; e quando il marito ti afferra\npiù non bestemmi l'Amore, ma invochi gridando la morte:\nmorte sì dolce, che tu, benché non caduca, la chiedi.\nAnche alle dee sarebbe dolcezza morire così.\nSorte diversa a me tocca, o dea che m'avrai nel tuo regno\noggi, per questo veleno sì verde nel vaso d'argento.\nDiedi, volendo, il mio sangue a quello spergiuro Cebète :\nor che vorrei morire nell'ultimo amplesso, non posso.\nDunque conviene ch'io beva a spegner la furia del senso,\nche nelle viscere m'arde più assai che un vulcano di fiamma.\nDisdegnerai nel tuo regno l'etèra che in mille giacigli\nseppe fiaccare le reni a mille, ed or muore d'amore?\nAccoglierai la dolente in mezzo a la folta boscaglia\ndove gli amanti piangono la vita e l'avverso destino?\nMormora al piede degli olmi eterni la torba fiumana,\ne chi si specchia nell'acqua non vede che un'ombra di sangue.\nOh, pochi istanti, e poi berrò la bevanda fatale.\nQuando verranno gli amici ch'io stessa invitai al banchetto,\nmi troveranno bianca e zitta sul letto, e diranno :\n« Mèlitta, dormi? Suvvia è l'ora di accender le fiaccole ! »\nMèlitta tacerà; e forse l'ancella fidata,\nLyde, vorrà destarla, scotendola soavemente.\n« Dormi? Gli amici son pronti. Perché non rispondi? » Il\npieno di brividi allora premerà la folla festante, [silenzio\n« Forse sia morta? » dirà la piccola etèra Callisto\nche già tentò di morire, anch'essa per causa d'amore.\n« Morta?! » « Sù, Mèlitta, parla! » « E fredda; il suo\n[cuore non batte. »\nTutta la turba ululando, il mio nome, il mio nome urlerà.\nIo non udrò quelle strida; ma prona dinnanzi al tuo seggio\nti pregherò, Persefòne, perchè, quando muoia Cebète,\ntu non lo prenda furtiva nel talamo, il bel giovinetto !\nAnche nel regno dei morti io l'abbia compagno in eterno.\n\nPOESIA\n\nGiuseppe Lipparini."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.22", "texte": "Disegno di U. VALERI)\nALEXANDRE MERCEREAU"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.23", "texte": "POESIA\n\nUN JEUNE ÉCRIVAIN DE GÉNIE\nALEXANDRE MERCEREAU\nElfride\n\nAlJ NOBLE POÈTE VALÉRE BRUSSOV.\nLa fine poussière du ciel s'évanouissait délicieusement sur\nle gravier d'or du lac, miroir ensorceleur. Baignée par l'incan-\ntation des feuillages et le charme virginal de sentir en sa chair\nla caresse palpitante de la lumière, Elfride avait puisé.dans cette\neau claire la plus grande partie de sa vie — de la vie. — Un\njeu puéril ne l'avait-il pas amenée à connaitre l'ame enclose de\nce mystère ! Combien il est vrai que les harmonies se révèlent\naux cceurs naifs! L'initiation n'a souvent pas d'autres causes que\nla volonté du surnaturel dans les menues choses quotidienries.\nOue de fois, fuyant le chàteau sombre où les heures marmon-\nnaient de monotones sermons, elle était venue vers le miracle\ndes fleurs — des fleurs ses yeux les fleurissaient, sa troublante\nhaleine les embaumait !\nSa mère, tout au long des heures, tramait dans la solitude\nde la bibliothèque d'infimes songeries dont se diaprait une existence\ntoute intérieure, active et passionnée là pour ce qu' indifférente\net muette au-dehors.\nElfride, àmelette vierge de commerce éducateur, ne s'était\npoint détachée des liens originels du globe. Ils se répondaient\nFun l'autre en perpétuelle confidence, se livrant jusqu' à leurs\nintimes secrets. Ainsi fut-elle amenée à suivre le voi des mou*\nches d'or — autre miracle bien attirant — vers les roseaux\nfrissonnants des rives.\nUn lac, et minuscule soit-il, tout le ciel s'y baigne avec ses\nnuages bombant des voiles sur cette mer; avec ses oiseaux et\nses étoiles. Le jaser dévotieux des saules, le zinzibulement des\nfìots, enfin cette profondeur céleste de l'eau, l'avaient pénétrée\nd'angoisse mystique. Le lac lui fut une seconde sphère d'exis-\ntence. Elle y épela plus de rèveries — la seule vraie vie comme\nla véritable n'est que la charpente des songes — que dans tout\nle reste du chàteau maussade, avec le pare sévère et morne, et\nle rempart des coteaux sauvages les emprisonnant.\nEn lui il y avait plus que l'attraction de la nature, le\nracontar évocateur des ondes et l'infìnie merveille de l'éther. En\ncette insaisissable fluidité, il y avait le visage ésotérique d'Elfride,\nce visage fleuri d'ombre et de lumière. Par lui, elle apprit à lire\ndans son àme et à en comprendre les caractères sacrés.\nLa première fois qu'elle fit connaissance d'elle-mème, Elfride\nsentit qu' elle ne s'appartenait déjà plus. Des fiancailles s'étaient\nnouées; dorénavant elle serait la servante effacée de la mélan-\ncolique héroi'ne, entrevue soudain, avec la blessure mer-lointaine\nde ses yeux, le sang lunaire de sa chevelure, l'illusion-perdue\nde sa bouche, la pulpe estompée de sa chair. Pour la beauté de\ncette image serait à jamais son àme limpide et sonore, où se\nréfìéchissait un monde plus grandiose que dans les étangs, où\nchantaient plus d'harmonies que dans la voix des bourgeons nais-\nsants, où frissonnaient plus d'enchantements que dans le parfum\ndes étoiles.\nUne aube glauque d'hiver Elle tenait à la fenétre la dia-\nphanéité de son ètre que noyait la splendeur de ses cheveux\ntrop lourds. Ses yeux contemplaient la neige obstinée à couvrir\nd'un nimbe blanc le paysage décharné, triste hymen qui déflorait\nle ciel sans reflorer la terre !\nLe lac dormait depuis longtemps, engourdi par la carapace\nmaudite de la giace."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.24", "texte": "POESIA\n\nSous des sanglots longuement retenus, les larmes d' Elfride\ns'écoulèrent abondantes et berceuses, et dans la tiédeur de la\nchambre un bien-étre endormeur pénétra son cceur douloureux.\nUne torpeur étrange suintait des murs et gagnait des victoires\naeriennes. La poussière des meubles prenait un parfum de caveau\nd'église, et l'atmosphère avait un gout léger de moisi. Le dessin\nfané des tentures sembla s'animer de couleurs vives, et du grand\nmiroir de la chambre morte, des chuchotements psychiques glis-\nsaient. Il n'y avait pas lieu de supposer qu'une chose humaine\nfaisait frouter là une caresse de soie; le pur tempie des dessous\nd'une femme a des cantiques non plus suaves, mais moins im-\nmatériels, et, cependant, une robe bruissait sur le parquet. Elfride\ninquiète, porta son regard à la giace profonde. L'onde en était\nplus lumineuse que celle du lac, et la vision d'Elfride s'y évoquait\nplus lucide et sereine. Ses yeux, sous l'ombrage délicat du front\nouvraient un inviolable tombeau de paix, où se recueillait une\nàme immobile.\nEt sous l'émotion de Pinattendue mystagogie, elle s'affaissa,\npale et radieuse: la transmigration inéluctable venait de s'opérer...\nElle ne quitta plus guère la grave demeure où sa mère diaprait\nde rèveries magiques la forèt vierge d'un destin que les heures\ntraversaient sans laisser leur trace.\nPour Elfride, fut troublée l'harmonie séculaire des pièces.\nLe chàteau recélait tant de miroirs que les murs de sa chambre\nne les purent bientòt plus accueillir. La tenture verte à ramages\nd'argent n'égaya plus la clarté du soleil par les midis; elle ne\nconnut plus la caresse de la lampe par la solitude des soirs, ni\nles jeux amoureux de la lune par les nuits calmes. Elle se peupla\ndes prunelles insondables des glaces. La chambre verte devint un\npalais magique dont les murailles ouvraient sur l'inconnu mille\nfenètres — mille fenétres, mille regards sur soi, réceptacle de\nl'infini.\nLes miroirs ont comme les hommes leurs raisons, cornine les\nfemmes leurs caprices, comme tous deux leurs méfiances et leurs\ninjustices.\nPour avoir en eux subi des chocs, Elfride sut que les choses,\ncomme les étres, ont leurs méchancetés et leurs manies. Il faut\nun temps pour que de l'union des essences éclose l'amour. Encore\nne nait-il parfois des rencontres que la haine irrémédiable. Malheur\nà qui possède une aura hostile à celle de l'invisible universel !\nEtre voué à l'aversion des mortels n'est rien? car on en connaìt\nfacilement les causes, mais ne pas savoir quoi vous frappe et\npour quelle fin ! Ne vit-on point dépérir de langueur une jeune\nfille à qui le sort ne permettait de contempler d'elle qu'un visage\nrepoussant et l'horreur d'une chair violacée, alors qu'elle possédait\nà la ver ite les plus jolis traits et la plus superbe carnation du\nmonde ! Et cet éphèbe mort d'apercevoir toujours dans son miroir,\nau travers de son corps translucide, un squelette ricanant, étrange\nappel de l'au-delà ! Et tei autre, à qui le simple voisinage d'une\ngiace donnait des frissons de terreur ! C'est l'ame mème des\nhommes que l'ame des miroirs va chercher au repli souvent trom-\npeur de la chair. Aussi, qui veut se détacher du visage apparent\nde quelqu'un, doit le regarder attentivement en cette onde claire.\nIl ne le reconnaitra pas.\n&\n%\nUn jour que les lys sanglotaient à là harpe, sous l'effeuille-\nment amoureux de ses doigts, Elfride entrevit dans le réseau d'or\ndes cordes un nain bizarre. Sa voix avait la douceur soyeuse des\nperles, et sa face l'étrange couleur d'aube de la rosee. Il ne\nportait rien avec lui et, cependant, à mesure qu'il parlait, ses\nmains s'emplissaient des objets qu'il énumérait.\n« Je possède là, dit-il en frappant sur sa poitrine, plus de\nchoses merveilleuses qu'en peut rèver un cceur de fille. Voici\ndes parures si diverses que la reine Ahhotpou n'en eùt pu sou-\nhaiter de plus parfaites. Les plus riches étofìfes de l'Orient, des\nbroderies de Babylone aux balteus byzantins, des sandales tyr-\nrhéniennes aux jibons japonais. Préfères-tu des parfums? Athénée\nm'en donna la recette. Sur les indications d'Héraphile j'ai pris la\nMarjolaine à Coos, mon nard vient de Tarse, l'iris de Cysique,\nl'cenanthe de Chypre, la rose de Phasélis, le safran de Rhodes,\nle mastic de Chios ; voici l'aurone, la stratè, la Noix de ben, le\nMétopion, la Cinnamcme et le Kyphi fait de seize substances.\nAntiphane t'enseigne - qu'il faut, pour tes pieds et tes mains le\nparfum d'Egypte, pour tes joues et tes seins celui de Phénicie,\npour tes bras de la Menthe crèpue, pour tes sourcils de la Mar-\njolaine et pour tes genoux et ton cou du Serpolet... Henrici Cor-\nnelli Agrippce ab Nettesheim, tu trouveras dans cette, oeuvre —\nje te la cederai par-dessus le march© — un chapitre sur la\npuissance des odeurs et la manière dont on peut, de leur chef,\nobtenir plus de pouvoir miraculeux qu'en eut Appolonius de\nTyane... L'Amétyste grave d'un ours; l'aigue-marine enchassée\nd'or et marquée d'une grenouille; la chalcédoine d'un homme à\ncheval; le corail d'un homme armé du glaive; l'emeraude, d'un\nétourneau; le grenat d'un lion; l'onyx noir d'un chameau; la\nsólénite d'une hirondelle ; la topaze d'un faucon ; l'hyacinthe,\nelle te donnera la sterilite ; la perle, elle sauvegardera ta chasteté.\nJe te dirai le secret des propriétés magiques des pierres, la sym-\nbolique des plantes, des nombres et des couleurs... Je te con-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.25", "texte": "POESIA\n\nseillerai des pantacles. Voici celui du soleil placé sous le\nnom divin d' Iévé, c'est celui de la gioire et de la royauté ;\ncelui de Venus, sous la protection de Monachici et de Véralian\ntu connaìtras l'amour... Prefères-tu des anneaux : le sérpent en-\nroulé, de Saturne; ou à tète de lion couronné, de Phébus ; l'aigle,\nde Jupiter; le phallus égyptien... selon ton mois de naissance la\nbague de plomb et de mercure; de cuivre rouge et d'étain; d'or\net de fer... avec sa topaze, au nom Toìiucko, il te rendra invisi-\nble; au nom Topinoch il te sauvera de tes ennemis; au nom\nAsmalior il te donnera l'amour de qui tu le convoites... la table\ndes demeures de la lune, des heures planétaires, des anges... la\nflèche d'Abaris et le secret d'Al-Borack; la come de la chèvre\nAmalthée; une main de gioire; la quadratrice de Dinostrate ; le\nsei de la suprème sagesse; enfin l'UNlQUE DIMENSION, celle\nqu' ignore la mathématique transcendante, elle est celle du pian\ntotal et rcvèle le sens de la vie. Mon ballot est plus grand que\nle monde, il détient la loi de l'équilibre, il est l'empire de l'ab-\nsolu: Fais-y ton choix ou prends-le tout... Et puisque tu ne\nveux rien je t'offrirai l'insondable mystère futile des miroirs.\nJ'ai recueilli ceux des Mages de la Perse et ceux marqués de\nsang humain des Magiciennes de Thessalie; le miroir fatidique\nDe Didius Julianus; les miroirs constellés de la Mirandole; ceux\nd'Archimède; celui de Tévéque de Vérone et celui de Colas di\nRienzi! Magnétiques, théurgiques, narcotiques; de jade polie,\nde pyrite, d'obsidienne, d'airain, de cuivre, d'acier, d'argent et\nd'or, je les ai tous, je les ai tous. J'ai le miroir de Messaline,\nou bien celui de Cléopàtre, je ne sais plus, mais prenez-le, je\nvous le donne.\nIl y a dans les miroirs l'àme de celles qui se mirèrent en eux\navec bonheur, Imprégnés des éléments sympathiques de Tètre\nqui, pour l'amour de son visage — la plus belle incarnation du\ncoeur — les che ri t, les choie, les caresse, les miroirs ne se bornent\npas à réfléter une image neutre et froide. Ils empruntent à l'es-\nsence de la vie un peu du fluide qu'elle prodigue à tout dans son\nrayonnement perpétuel, et riches des trésors ogygiques, ils font\ndon de leur eau merveilleuse à quiconque place entre les rives\nd'or de leur cadre, son existence. C'est ainsi qu'Elfride, initiée\nau langage occulte de leur pur gel d'azur, put engager avec\nla seconde elle-mème qui se baignait en eux, de longues con-\nversations muettes. Ce qu'elle en apprit, c'est toute l'histoire\nétrange et compiiquée — et si simple — de la femme, avec ses éton-\nnements, ses inquiétudes, ses terreurs, ses émotions, ses espoirs\net ses douleurs, ses illusions et ses peines, ses oppositions in-\ncompréhensibles, ses luttes ou ses acceptations, ses chutes et\nses triomphes, ses sourires et ses larmes et les faiblesses qui sont\nsa force. Mais si, éparses en eux, Elfride découvrait des par-\ncelles de ce qu'était son entité, en un seul — c'était en l'ances-\ntral miroir de la chambre des couches — par la communion\ntotale et divine, elle se présentait à elle-mème une et intégrale.\nEn lui seul elle se livrait toute frissonnante de rèves, nostalgique\net mystérieuse, avec sa passion surnaturelle des silences, son\nhyperconscience des correspondances célestes? sa connaissance de\nTindéniable union de la vie et de la survie et enfin son coeur,\npalpitant de la grande noblesse de l'amour, sans lequel le bonheur\nn'est qu'un mirage, et la vie un désert de giace.\nL'étrange bijou d'or; et décevant, celui qu'un marchand d'or-\nviétan donna quelque jour à Elfride. Cléopàtre ou Messaline\nl'avait-elle manié in mensibzis suisf Brutus de Dyrrachium donne\nun sur moyen de rendré au miroir ainsi souillé son éclat. Mais\nMessaline ou Cléopàtre ignorait sons doute le précepte. Etrange\net capricieux bijou, en effet, que celui-là. Il ne devenait terne qu'à\nl'approche perturbante des femmes. Une commotion violente avait\nblessé au coeur la jeune fille lorsqu'elle en approcha pour la première\nfois, et elle comprit qu' un ètre maudit habitait là, malfaisant à\nqui forcerait ses ondes à entrer en intimité avec les siennes.\nPourtant la fillette se sentait poussée vers lui par une force\ninéluctable. Elle s'épuisa vainement à la conquète du fluide eri\nnemi, et s'eri trouva le front las et l'oeii assombri du cerne.\nLes jours glissaient, le miroir restait hostile; dans son eau\nentenébrée comme la prunelle d'une morte, un destili était inscrit.\nEt dans le vieux miroir de la chambre des couches une inquié-\ntude habitait qui gagna l'ame et le corps d'Elfride. Une honte\nénorme était en son coeur, et Elle avait peur de sa chair.\nLa lune argentait les roseaux frisselant sur la berge du lac,\nDans la chambre tiède des miroirs une longue forme bianche\nglissait du bijou d'or. Elfride, apàlie de frayeur, éleva des poings\nsur son lit, la diaphanéité, de son ètre. Un cri d'angoisse restait\nfigé à ses lèvres, et le tombeau de ses yeiix dévorait la ténèbre\nlunaire. Quelque chose d'inaccoutumé lui brùlait les entrailles.\nElle sentit en sa poitrine une légère déchirure, et la splendeur\nde sa chevelure sembla bien lourde à ses épaules.\nAu matin, le miroir d'or brillait de toute la clarté du soleil,\nle vieux miroir de la chambre des couches était brisé. Une perle\nde sang avait roulé sur la cuisse blonde de la jeune fille, morte\npour que quelqu'ceuvre de malédiction fut accomplie.\n\nAlexandre Mercereau."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.26", "texte": "POESIA\n\nLa main de gloire\n\nÀ ANDRÉ ROUVEYRE.\nDans le désarroi de cette heure sinistrement avancée, le cadran\nlunaire ne marquait plus rien. La nuit borgne était bien celle\nattendile pour abandonner ce repaire de hibou où me retient tout\nle jour l'appréhension de rencontrer sur mon chemin la face ca-\nmuse de l'Homme-aux-dents-de-loup. Mais, tout de mème, cette\nnuit était intolérable. Je sentais sa haine de ne pouvoir m'at-\ntirer dans le giron étroit du néant, au contact des tentacules\ninvisibles dont passait sur ma peau 1' ardent troupeau. Peut-ètre\nallais-je troubler quelque manifestation sordide du sol, cet endroit\noù l'ori enterre ! Possible! Je ne me gène pas pour si peu. N'ayant\nrien. à déméler avec ce qui omit de me consulter avant de me\npiacer ici-bas, je ne me détourne jamais de ma route, si ce n'est\npour fuir la face camuse de l'Homme, venu de l'enfer.\nL5 abìme du boulevard était scrupuleusement moulé par les\nhautes murailles des maisons agrandies de silence. Il eut été diffi-\ncile de saisir, sur le masque informe de leur ombre, la lueur d'une\nvi tre. La ville avait ètranglé ses fils, tant pour les soustraire à la\ntraitrise de la tenèbre que parce qu'elle ne saurait admettre qu'en\nson sein quelque chose veillàt durant son sommeil. Les devan-\ntures des boutiques avaient soigneusement ramené sur elles le\nmanteau identique des volets de fer, et, a la parfaite quiétude\ndes becs de gaz sans feu, on comprenait que pas un intrus ne\npasserait par là jusqu'au petit jour. Pourtant, une diligence attardée\ncahotait à toute volée surs le pavés disjoints. Les gros yeux de\nses lanternes bavaient sur sa face mafflue une atroce lumière de\nsoufre. Les haridelles fumantes, époumonnées et boìteuses par sur.\ncroit qui la trainaient, ressemblaient à de monstrueux jouets de\ncarton bouilli. Aucun cocher ne les conduisait. Sans doute, ivre\net stupide, était-il tombe quelque part sous le disgracieux véhicule\nqui Tavait enfin écrasé. Ou bien, il avait roulé sous la table de\nl'auberge où l'avait oublié le bonhomme, soucieux de clore, à cette\nheure sinistrement avancée, sa bicoque. Ah! je connaissais cet\nétrange cortège, c'était le dernier de la saison. Ses haques e ra-\npa il! ées savaient où se remiserait la guimbarde. Leur infernal ballet\ndisparut au tournant de la nuit, et lorsque je n'entendis plus le\ntintamarre de ferraille et de verre, et le grincement criard des\nessieux, je jetai, de ma tabatière, un ultième coup d'ceil oblique\nsur l'horizon.\nEn quelques bonds, ayant franchi les étages, j'atteignis ie\nseuil où se livrait l'espace à mon pied conquérant.\nJe commen9ai ma rapide et monotone promenade, aspirant\nà grand flot la farouche sérénité nocturne. Mon pas possédait\nla prudence de la sève. Il importait de ne point troubler l'inertie\nambiante. Mon esprit absorbé par les non-problèmes ne pouvant\nsouffrir les manifestations je ferme mon front à l'uni-\nvers, mais je dois le respect à ce qui dort un ceil ouvert pour\nguetter l'instant de la bonne vengeance.\nPourtant, comme le cheval dans la forèt, — il la traverse au\ngalop; elle dresse les piliers hallucinants de ses arbres, agite les\nformes fantastiques de ses buissons, éploie le mystère de sa con-\nspiration plaintive, et cependant, il court sans frayeur, faisant\njaillir du silex des étincelles, lorsque, soudain, son naseau frémit;\nil a senti dans rherbe l'odeur du cadavre : le fermier assassinò cet\nhiver, la vieille crevée derrière le fagot maraudé, et la bète se\ncabre, hennissante, en dépit du cavalier effaré de T épouvantable\nchose qu' il ne devine pas — je fus pris tout-à-coup de la frénétique\nhorreur de la solitude. L'angoisse nouvelle faisaìt le vide en mon\ncceur et 1' heure borgne pesa plus lourdement à mon épaule,\nopérant à mon cerveau comme, au fardeau, le mouvement bascu-\nlatoire du levier.\nL/effroi dans 1' àme, je m' enfuis vers la demeure du seul\nhomme qu'épargnàt une incurable misanthropie (?)\nLe rayon visuel des Yeux-Courts, peuple stupide, est si pauvre\nqu'il ne leur permet pas de voir plus haut qu'où portent les pieds.\nJe puis donc sans crainte ouvrir sur mon ami cette lucarne: ils\nn' y atteindront jamais. Je serais navré si ces quelques lignes\ndétruisaient de paisibles légendes à bailler à des chacals. Que\n1' ombre continue à s'épaissir autour de lui, et qu' ainsi sa de-\nmeure reste entourée du réseau maudit de la crainte, beaucoup\nplus propre à la protéger de Tinvasion que ne le serait celui de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.27", "texte": "la vénération. Il importe avant tout d'échapper à la curiosité\ndirecte de ses semblables, toujours préoccupés des affaires d'autrui\nalors qu' ils sont inaptes à diriger les leurs.\nComme premier point, mon ami avait tenu a n'avoir besoin\nde personne et à ètre lui-méme parfaitement inutile. Si le jeu\ndu passé ne Teùt pas fait possesseur de son domaine, il n'eut\nsollicité personne de contribuer à l'érection de son existence —\neùt-il payé au centuple le service prèté.\nJe ne veux pas démontrer ici que là est la souveraine beauté\net la seule sagesse, mais, je puis le faire remarquer, du pas où\nva l'humanité il faudra bien encore cent mille ans avant de pou-\nvoir, sans aucune arrière-pensée, considérer son prochain. Par\nrégalité du sens moral s' établiront des rapport loyaux, des\néchanges purs, dignes d'un esprit vraiment noble et élevé. En at-\ntendant l'àge d'or, plutòt que de se soumettre à la loi de l'Hypo-\ncrisie perpétuelle, mieux vaut se retirer loin de la demeure des\nfrères répudiés. Dans une contrée où Ton ne se bat avec rien,\nau fond d' une caverne ou d' un bois qu' on n' aurait jamais dù\nquitter avant de s'ètre débarrassé du fauve, un lit de feuilles et\nd'herbes sèches suffit au repos des membres, l'eau des sources,\nles racines et les fruits sauvages maintiennent Y équilibre vital.\nAinsi, communiant avec la seule nature, possédant la haute vertu\nde la pensée désintéressóe, peut-on faire son devoir dans la vie,\nc'est-à-dire attendre la mort. Détenteur de moyens hyperchimiques,\nmon ami s'était mis a Tabri des exigences animales; il n'avait\npas eu à s'enfuir vers le désert de la solitude, esclavage pour\névi ter l'esclavage.\nDans les combles de sa maison, il avait aménagé un bien-\nheureux domaine. Un belvédère sphérique le surmontait, possédant\nle pouvoir de ne suivre la terre que dans son mouvement périphé-\nrique autour du soleil parce qu'il était lié à elle, et de garder tou-\njours une direction immuable quelle que soit la position du globe,\nparcequ'il n'en subissai t plus la puissance attractive. Mon ami pos-\nsédait ainsi un logis absolument autonome, qu'il pourrait, quand\ntelle serait sa volonté, lancer dans l'espace où il s'arrèterait pour\nne plus obéir à aucune espèce de loi. En attendant il pouvait, selon\nles heures de la journée, se donner le spectacle d'avoir la terre\nsoit parallèle à son corps devant, derrière ou sur les cótós, ou\nbien formant des angles variés au-dessus de sa tète lorsqu' il\navait les pieds tournés vers la nue ou sous lui dans la position\nprimitive.\nA part une forte table, un fauteuil de cuir, un fourneau et des\ntablettes, il n'avait pas de meubles — on ne pouvait compter comme\ntels un peuple de bocaux où dormaient les fcetus de toutes les\nespèces de bètes de la glèbe, et ces ustensiles: matras, cornues,\nalambics, receleurs d'arcanes : première matière, poudre de projeo\ntion, teinture des philosophes, or potable, eau de soleil et cet\nélixir de vie dont sortirent des androi'des et des homunculus. Non\npoint qu' il attachàt une importance quelconque à l'alchimie dont\nla faillite est depuis longtemps declaree, mais il avait fallu des\njouets à son adolescence, et s' il avait jadis excursionné dans les\ndomaines théurgique, goétique, spagyrique et usé de tout, depuis\nla yoga par la quelle ori acquiert et apprend à cultiver le germe\nde toute force, jusqu'aux clefs-schémas de la connaissance univer-\nselle, jusqu'à la pierre ophtalmus qui rend invisible; depuis la\nbaguette à polariser les fluides, jusqu' à 1' épée à dissoudre les\ncoagulats électriques et les agglomérats de puissance astrale, c'est\nuniquement parce que le premier devoir est de se rendre libre. Il\nne se souciait nullement de co-régner dans un des quatre plans,\npuisqu' il était sur de ne pas se voir conférer la puissance demo-\ndifier la loi génitrice et une nouvelle face au monde,\nseule puissance digne de considération. Elémentals, larves, éggré-\ngores, anges, démons ou dieux ne feront rien pour nous, leurs\nfins n'étant pas les nòtres. Une entit© est à jamais créée pour\nune sphère où toutes sont égales en sort, et n'en sortirà plus. C'est\nl'envoutement de la limite. Il n'y a rien àftire à rien. Laissons\naux thaumaturges, mages, mystiques leur orgueil ou leur spécula-\ntion et tenons-nous dans la réserve absolue. Je ne développerai\npas mabitenant 1' idée passive-négative dont mon ami était le\nprincipe incarné. Je dirai seulement que, à coté, et non point en\ndehors de la vie — qu'il ne pouvait arrèter parce qu'elle ne lui\nappartenait pas — il n'aspirait à rien, sinon à se dominer. L'em-\npire de soi-mème est le seul sur lequel chacun doit gouverner.\nMaìtre-esclave de lui seul, e' est-à-dire dieu, il pourra de son\nreflet embellir l'univers dont il héritera li raison de se dire la\nconscience. Ainsi avait-il réduit à sa fonction-reine — celle qui\npense — toutes les autres fonctions, ses vassales. C'était enfili\nTexemple du manuate ayant triomphé du quadrupède son éternel\ntriomphateur, et de l'esprit ayant terrassé sa servante-aveugle, la\nchair, sa perpétuelle directrice.\nParvenu à subtiliser sa matière, il 1' avait amenée à 1' état\nsimple de vibration essentielle. Il n' avait besoin pour la nourrir,\nni des vaisseaux sanguins, ni des poumons trop exigeants. Les\nondes d' une atmosphère filtrée baignaient les organes intéressés\net les rajeunissaient. Il était d'ailleurs sur la voie d'une découverte\nlui permettant de se passer bientòt mème de ce service étranger.\nAinsi avait*-il franchi en quelques enjambées les étapes des contin-\ngences riches en vicissitudes, et s'était-il placé de plein-pied dans\nla connaissance de l'absolu, domaine du progrès, — le progrès ce\nque ne connait pas encore Tètre de notre basse sphère et qui, pour\n\nPOESIA"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.28", "texte": "POESIA\n\navoir vaincu la matière brute qui ne lui appartient pas, crie au\nmiracle quand il n'a pu en plusieurs millénaires modifier volon-\ntairement un seul de ses organes, changer d' un millimètre la\ncourbe de sa course, dompter ses instincts les plus viles, reculer\nsa mort. Il a emprisonné et canalisé des forces, il n'en a su créér\net ne peut pas encore vivre dans 1' eau, résister à la faim, tra-\nverser le feu, parcourir le globe ou l'air avec la rapidité qu' il\nemprunte à la vapeur, choir sur une planète, pénétrer le futur.\nComme tous les rois il n' est que le premier domestique de\nses sujets, et le voilà de plus en plus esclave de la matière plus\ntyrannique à mesure qu' elle semble plier davantage les reins.\nIl est perdu dans la forèt inextricable de ses pseudo-invertions\net ne pourra plus sen dépétrer. J' aurais trop beau à dé-\nmontrer comment en employant son genie à multiplier ses pos-\nsibilités de plaisirs il a considérablement diminué ses possibilités\nde bonheur et augmenté ses certitudes de soufìfrance. Il a mala-\ndroitement fait dévier la ligne de sa vie, déplacé son centre de\n*c va, en efjfet, de Pavant, mais sur de fausses routes qui\nTéloignent de plus en plus du bon chemin.\nJe n'insisterai pas. Il est déjà trop à plaindre. Si Funivers\nest grandiloquemment ridicule de n' avoir pu accoucher que de\nce protée-clown pour le doter de conscience, il est en outre bien\ncriminel. On ne peut guére se divertir au spectacle des entreprises\nvaines de ses enfants, car il faudrait accepter de gaìté de coeur\nle pire spectacle de ses tares physiques et morales. A la vue de\ncette merveille vaniteuse mais pas si aveugle qu'elle en a Pappa-\nrence, mon ami degouté jusqu'à l'écceurement, plus qu'apitoyé, avait\ndès le début acquis pour tout ce qui respire un mépris à donner\nle vertige. Pourtant il supportait auprès de lui un crapaud sans\nyeux au chant macaque, sous prétexte qu' il avait vécu cent ans\ndans une pierre et était doué d' une surprenante philosophie, et\nune mandragore en forme de membre viril, qu'il ne voulait pas\narracher par crainte de la faire hurler.\nCe soir-là mon ami me soumit quelques nouvelles idées sur\nles destinées cosmiques.\nPlacé dans une condition exceptionnelle par sa rayonnante\nprésence, j'avais un sens de l'occulte assez développé. Je perce-\nvais facilement les correspondances secrètes et peu de choses de\nl'autre domaine me restaient cachées. Je pus donc suffisamment\nfaire face à ses lumineux propos, mais sur ce que j'appris, je\ndois me taire. Il n'est pas encore Theure de parler à une huma-\nnité si pleinement puérile et gonflée de sottise que ce serait la\nconduire à la pire catastrophe que de lui révéler fut-ce une parcelle\nde sa Loi. Un temps viendra où le savoir, dérobé subrepticement\npar quelques-uns, leur sera abandonné de bonne gràce, à charge\npour eux d'en agir selon le meilleur intérèt de la terre. Silence\ndonc autour du monde comme au-dedans !\nJe dois avouer que, à l'issue de cette transcendante initiation,\nje me sentis pris de la peur énorme du savoir universel et,\navec cette làcheté de la bète, je tremblais à la pensée qu'il me\nfaudrait traverser, avec mon seni titre cThomme, un quart de lieue\nencombré du chaos infernal de l'ombre. Je fis part de mon appré-\nhension au vieillard qui, du doigt m'indiqua, tenant à la muraille\nen vertu de je ne sais quel principe, une main de gioire munie\nde sa bougie de graisse de phoque et de sésame Lapon.\nvers ce chandelier macabre. Il se détacha de lui-mème et, comme\nsi tout un corps invisible fut derrière, il glissa devant moi et\ns'arrèta à la hauteur de mes yeux. Sa mèche s'alluma à la porte\net l'escalier s'illumina, à la fureur des araignées et des cloportes\nmettant des taches mobiles sur le nitre des murs.\nCe fut en bas que commenda la terreur. Le boulevard informe\nressemblait à une enorme tarasque contorsionnée. Les maisons\ns'effondraient sous le poids du songe des hommes. Le ciel était nu\net vide d'étoiles, la tenèbre terreuse collait au gosier et, pour le\nsol, nous n'en parlerons pas, tout le monde le connait.\nLes sens hyperesthésiés, j'avais déjà perdu l'impénétrabilité et\ncommen9ais à percevoir l'infra-matière. Les ondes éthérées arri-\nvaient directement aux miennes comme la mer tempétueuse au\nrocher qui l'arréte. Je communiais avec les entités, aussi saisis-\nsais-je le fil d'existence de tous les étres des maisons et les\nmoindres menées de la planète. Pourtant une chose me restait\népouvantablement obscure malgré la tensión de mon esprit. Quelle\npuissance guidait au travers de la nuit bàtarde cette main des-\nséchée de pendu, et quelle but poursuivait-elle ? Cette ignorance\nne manqua pas de me remplir de malaise. Un fait nouveau ne\ncontribua pas peu à augmenter ma souffrance.\nAu croisement d'une rue, je fus subitement arrèté dans ma\nmarche par un tourbillon insensé, fait de toute la clameur millé-\nnaire de cent mille morts, que laisse échapper chaque seconde la\ndouleur des hommes. Or, nul ne paraissait entendre cet incroyable\ndéchainement de manture. Aucun signe ne venait du ciel et les\nvolets restaient clos sur les lugubres murs des maisons. Etait-ce\ndonc une manifestation qui me visait seul, que devais-je en pro-\nphétiser ? Ma vision était à ce point imparfaite que je me sentais\naussi isolé dans la vaste forét de Tincompréhensible que n'importe\nquel profane. C'est-à-dire que, après une longue période de macé-\nration cosmiqne, d'ascétisme religieux, de méditation bouddhique,\nloin d'avoir gravi les échelons de la sagesse jusqu'à la sphère de"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.29", "texte": "POESIA\n\nl'ètre-absolu, j'étais encore à barbotter dans la vase des bas-fonds\nimpersonnels. Que faire ? Que faire ? Un désespoir aigu me jetait\ndes sanglots dans le cceur. Après avoir traverse les étapes les\nplus périlleuses, abandonnerais-je le voyage et rebrousserais-je le\nchemin ? Je ne pouvais plus avancer. Il me restait à aller vers\nles portes, de l'eau plein les yeux, des pierres dans l'àme et crier\naux frères ennemis: « ouvrez à celui qui a voulu màter la tempète et\nqui crut faire l'assaut de la montagne quand il roulait à l'abime ! »\nIl eut sans doute été plus digne de se briser le front aux arbres\nde Tavenue, mais où voyais-je ce droit d'agir ? Bien au contraire,\nun ordre m'était intimé de poursuivre ma route. Fascinò par la\nclarté inaudite, j'appartenais à la volonté qui guidait cette main.\nElle m'eut conduit à reculons jusqu'à la première étincelle del'Ètre,\nque j'eusse traversò sans hésiter tous les états effrayants du passé.\n&\nLorsque bea devant mes yeux le gouffre de ma porte, j'étais\ncomme une ame vètue d'airain. Mon pied supportait le poids de\ntoute la terre, et mes membres engourdis refusaient de remuer.\nChez moi, je laissai choir mon corps énorme sur la planche où\nje repose chaque jour et ne sentis plus rien vivre.\nLorsque je m'éveillai, le lendemain soir, la main.de gioire\nétait agrippée, lumineuse chauve-souris, au-dessus de ma téte,\nSes doigts étaient recouverts du suaire épais de la chandelle\nfondue ; quelque chose du moi mort, le plus mauvais, achevait de\ns'y consumer. Un grand soleil jaillissait de mon cceur et je sentis\nque la plus terrible étape était franchie.\n\nAlexandre Mercereau.\n\nSO US PRESSE :\nMA FA RIC A LE FUTURISTE\nRoman africani par F. T. MARI NETTI\nE. SANSO T et Ci', Éditeurs - PARIS"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.30", "texte": "BERARDO\nSBRACCIA\nautore del romanzo:\nLa mia statua\nprescelto fra i 238 lavori\npresentati al nostro\nCONCORSO\n*\nPER UN ROMANZO ITALIANO\nINEDITO\n\nDisegno di U. VALERI"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.31", "texte": "POESIA\n\nLA MIA STATUA\ndi Berardo Sbraccia\n\ni maggio.\nAlto il pallido viso, chiari gli occhi, vermiglie le labbra,\nlargo il petto, bianchissimi il ventre e le anche, muscolose e\nsode le cosce, egli, di tra i marmi del mio studio, sorgeva così,\nimmobile: il sole gli baciava la testa e il petto, riflettendosi negli\nocchi d'una cupa misteriosità.\nEgli fissava con attenzione il mio capolavoro: «Natura».\nDopo lungo tempo, disse:\n— Ricciardo, quella sfinge ha un'anima, un'anima meravi-\ngliosamente nostra, perversa cioè e divina amante del male. Così\nla fronte splende? Così le labbra ridono? L'anima sogghigna e\nsplende, per certo nel marmo imprigionatasi da un vivo corpo\numano.\nTrasalii. — Mi guardò, tacque.\n— Oh no, Lelio! A un lato ha l'uomo primitivo che sta\npauroso contro allo spettacolo dell'Universo, all'altro gli ultimi\nuomini — nani che, disperati rincorrendo il sole, muoiono —\nha la sfinge, ch'è la stessa Natura: li guarda, sorride.\n— Più ampia e più indifferente sorride la Natura ; che le\nimporta degli uomini ? Quel sorriso è troppo umano, è d'un sol\nuomo: tanto è individuale. Io irrigidisco se lo contemplo, però\nche ogni giorno parmi più freddo e più fermo: deve assimilarsi\nal marmo, e non vuole.\nCome io smetteva di modellare, egli si mosse (oh, quel passo\nlieve, quasi di ombra !) tolse da un vaso un gran fascio di\nfiori — viole, orchidee, rose rosse sanguigne — li aspirò dispe-\nratamente, li pose ai piedi della sfinge. E, rivolendosi a questa,\nnella sua splendida e magnifica nudità, disse:\n— Un'anima — ristette, — e, — indicandosi, — un corpo.\nAh l'anima, quell'anima ! L'anima mia! Io era rimasto senz'anima.\nE il fiore sospirava al vento, e il vento al fiore : ha rapito\nla odorosa anima il vento, e la trasporta lontano : — la mette\npei mari, ove la beve il corallo, o la depone sui fianchi d'un'aspra\nroccia, — e il fiore avvizzisce languido, reclina; sospirano, così,\ngli uni verso gli altri, per gli spazi i mondi — levasi a volo, su\nampie ali, l'anima d'un lontano mondo, in un altro s' accoglie,\n10 muove simpatica, — e il mondo lontano muore; diffusa nei\nmarmo la mia anima, io «per certo vo rispondendo a qualche\nmondo morto, che in un remoto lembo dell'universo, s'isoli : non\ncieli, ma arido e freddo suolo, freddo, onde uno scialbore fioco\ntrasuda — alberi, qua e là, dai rami lunghi e nudi, giganti sche-\nletri a invocare qualche divinità ignota — e mugghio di venti\ngelidi — soffi di atomi spenti — e ombre a trasvolare ; e, se i\nmondi d'attorno accolgano le possenti voci che convengono da\ntutte le parti del globo e rispondano armoniosi, più ampio è il\nmugghio di venti ripercosso dagli echi, e s'aggravano l'ombre.\nA codesto mondo, per misteriosa affinità, attraverso gli spazi mi\nriallaccio e parmi talora eh' io mi diffonda per esso — io, che\nson morto.\nO, forse, altri universi, onde l'attuale s'è svolto, rimane a\ntestimoniare qualche pianeta senza vita e senza moto : i circon-\nvolgenti mondi ne rapiscono molecole, e se n'esprimono uomini,\neh' errano solitari ed esuli, assordi se abbian sentori — quando\n11 cuore è stanco, a sera, e piange ogni pensiero — sentori di\nlontani pianeti che rotino rotino rotino, eterna monotonia spaziaria?\nOra, Lelio non mi ama più.\nSedevamo, una notte, l'uno di faccia all'altra, io e Lelio, che\nappoggiava la testa — avendo la bionda chioma ravvolta — alla"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.32", "texte": "P O E S I A\n\nspalliera. Io 1 o guardavo; d'un ti atto il dubbio che mi straziava\ne mi lacerava proruppe in angosciosa domanda:\n•— Lelio, tu la ami, tu l'ami?\nLelio si drizzò d'un pallore divino; le trecce ricaddero. Andò\ndinan zi alla statua, si spogliò (oh, il suo bel corpo più bianco\ndel marmo!), salì sul basamento, coprì la statua di fiori, le baciò\nil viso, le mammelle, il ventre, e strisciava e spasimava sui corpo\ndi lei.\nAnch'io salgo sul basamento, cuopro la statua di fiori, le\nbacio il viso, le mammelle, il ventre, e striscio e spasimo sul\ncorpo di lei. Tutto, il mio corpo torcesi, e rido, malvagio e folle.\nLelio non mi ama più, chè ama la mia anima cui la statua\nimprigiona, e la mia statua vive vive, e le aure la carezzano, e\nla irraggia il sole ; io sono morto, io non sono che un povero\ncorpo.\n4 maggio.\nEcco il mio sogno :\nI. — E i venti urlavano, — e i giorni vanivano nelle notti,\n— e le notti s'addensavano, — e invano io andava chiedendo ai\nsoli e alle stelle che splendessero anche per me ; e altri giorni\nvanivano, e altre notti s'addensavano, ed erano mute e calme, e\ns'affoltavano le tenebre : e sopra la dormente terra e sotto le nubi\nlievi un canto lento e quasi luminoso s'effuse, inondò gli spazi,\nera sospiri, tremiti, ritmi stanchi come di leggende lontane, sogni\ndi altre vite, parole di dolorose anime trascorrenti : cantavano\nforse, adunati dalle regioni che li hanno solitari abitatori, invi-\nsibili spiriti ?\nE le tenebre a diradarsi, e il canto a risonare ; largo come\nun' ondata m'avvolse ; per dove m'avviavano invisibili spiriti ?\nE mi ritrovo in un' isola, cui percuotono lividi mari, e op-\nprimono cieli gravi — e un'atmosfera pesante mi circonda, e\ncredo ch'ella emani dal mio corpo — e l'isola è ampia, e sfuma\nin una trista penombra, ed è ampia — e non so dove cominci\nio, dove ella, a morire — e questo regno di morte è il mio regno\n— questo regno di morte.\nIL — La palude, che si veniva slargando al mio sguardo,\nera ben singolare, e smisurata, e il vento, che vi soffiava basso,\nafoso e calmo sembrava mormorare fosche istorie, e i cipressi, a\nudirle, piegavano e confondevano le cime producendo lunghe,\nstrane ombre, e correvano in molte file sino a un terreno molle\ne rossiccio in mezzo al quale uno scoglio s'ergeva, e la palude\nera seminata di ossa e la batteva la pioggia fredda, incessante, e\nla folgore colpiva i cipressi e si sprofondava nel suolo, e qualche\nlampo guizzava e, al chiarore dei lampi lo scoglio rideva, la pa-\nlude ghignava seminata di ossa; e il ghigno era tale, così dispe-\nratamente ironico ch'io fantasticai che la palude fosse una palude\ndi morti e che venissero ad adagiarvisi scheletri umani — e li\nvedevo al limite estremo pesanti, con grandi ossa, avanzare e\nriguardare e cadere, e sentivo il suono secco che davano le ossa\ncadendo, — e li componevo nella palude — e imaginavo che la\nmelma della palude era gli atomi di milioni di scheletri, un enorme\ncorpo imputridito, e che il ghigno era ghigno di morti e, così\nfantasticando m'addentravo, e mi batteva la pioggia, e lo scoglio\nrideva — e un tuono echeggiò, forte e lugubre.\nPer quale misteriosa rispondenza, al suo echeggiare — il\ntuono era certo un semplice fenomeno fisico, non era, no, il ri-\nchiamo gigante di spiriti lontani, il tuono — per quale rispon-\ndenza si levarono, da ogni parte della palude, al suo echeggiare,\ni morti ?\nE andavano verso lo scoglio, e ne riconoscevo !\nV'era il re, tutto maestà e serenità, alla cui morte si affer-\nmava arresterebbe il corso il sole — ed è morto, ed è spettro,\ne non ha stuolo di cortigiani : solo il buffone, dal collo breve e\ndalla bocca larga sino alle orecchie, lo segue, cinico e arguto ;\nv' era 1' uomo-fanciullo che visse, seduto sulla sponda di un ru=\nscello e guardava scorrere le acque e sognava ; e sacerdoti e\nguerrieri ; e andavano ; morti verso lo scoglio, — che rideva al\nguizzo di lampi.\nE suir immensa palude, seminata di ossa, si adunarono i\nnembi, e si scatenarono le furie dei venti, — e gli alti cipressi\na ondeggiare cupi, e i venti a dirompere la pioggia, e la palude\nha brividi, e gli spettri riguardavano di sullo scoglio lividi : ma,\nse pel contrasto degli elementi s' ergono monti, si scoscendono\nabissi, lo scoglio irride, fendesi, li assorbe ; solo, imprigionatovi\nsino ai fianchi, il buffone canta, e la palude lo ascolta, calma ; e\nio fantasticavo che la melma della palude era gli atomi di milioni\ndi scheletri, un enorme corpo imputridito, e il suo ghigno —\nghigno di morti, — di morti.\nIII. — Onde ripeto, o Lelio, questa facoltà, di divenire ?\nPerchè io divengo talvolta l'ala d'un sogno che mi sfiori,\nun' imagine eh' io proponga alla mia mente, un pensiero che mi\ndomini, — e, s' io mi raffiguri te, le mie membra diventano le\nstesse tue membra ?\nIn un'esistenza anteriore, erano forse unite e da uno stesso\natomo sorsero i nostri corpi a rispondere ai mondile ora l'uno"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.33", "texte": "POESIA\n\ntende all'altro, come tornano al suolo, onde si levarono, le nubi,\nal mare le acque? O non piuttosto ebbero un'unica forma il tuo\ncorpo e la mia anima che ora invochi attraverso il mio marmo,\nche prima amavi attraverso il mio corpo ? E diviso dall' anima\ngemi, io gemo diviso da te : forse, anche per il desiderio di ri-\nfondersi tutte in una unità prima e semplice, vanno lacrimando\nper i cieli le stelle ?\nE, se l'anima non tornerà più a me dal marmo ove s'è im-\nprigionata, Lelio, Lelio non tornerà ?\nIV. — Quando, la notte, il mio corpo domanda, e non ha,\nriposo, vengono, confuse, indecise, fantasie, ricordi.\nA me bimbo parlavano d'una brutta regione abitata da un\nMago che la trasformava secondo il suo volere ; ecco vi fa la\nluce: dame e cavalieri vanno e sospirano, adolescenti e vergini\ndanzano ignudi, selve s'illuminano fantasticamente e torrenti di\nluce dappertutto, luce, luce, luce ; ecco vi fa le tenebre : un\namante interroga quale fra le stelle sia la donna amata, e la ri-\ntrova, — una vergine, in sogno, sente e vede un bimbo popparle\nai seni ; gT incantesimi vaniscono, si dileguano. Penso, confusa-\nmente, che così vaniscono gì' incantesimi del mio cuore, il mio\ncuore resta solo, non piange, non ride : è un muscolo rossiccio\nche batte, batte, batte, io ne odo il battito, si la più lieve, più\nlieve, non lo odo più.\nUna solitudine immensa; sento il vuoto d'attorno, sento che\nil mio corpo discende, a poco a poco, cade, imo strato d'aria si\nriunisce sul mio corpo, ho il senso d'un cadere indefinito ; poi,\nun fermarsi, un guardarsi d'attorno e un vedere annebbiato, un\nacutizzarsi dei sensi e tendersi, e un non so che angoscioso che\nti opprime, sempre più ti opprime, ti schiaccia — e un' ombra\nti si stende attorno, un'ombra nebbiosa; un ravvivarsi improvviso\ndi tutti i sensi: il mormorio d'un albero che dondolala chioma,\nla chioma è spessa, mista attorno, mi soffoca, — una pietra cade,\nun' rilassarsi tutto, una facoltà subcosciente e delirante di rapporti:\nuna pietra cade e si frantuma, tutte le cose sono congiunte, tutte\nle cose cadono e si frantumano, il mio corpo ecco ne segue la\nsorte, un sentire gli atomi del proprio corpo attratti come da\nforze ignote, disgregarsi, tutte le cose son per vanire, una stella\ncade, si arrossa, si amplia, un urlo ; un innervarsi del corpo per\nascoltare, un ristare dei sensi ; poi, il tornare del ricordo d'un\natto che si dovrà compiere, che ti pesa, un aprir d'occhi, un\nproiettarsi lontano degli oggetti circostanti imbianchiti, un guardar\nfisso, una volontà di non soffrire, di non sentire, un desiderio\nimmenso di pace; pace; un ripiegarsi su di sè, un iscrutarsi,\nl'angoscia, la paura della pace, di nuovo, un ristare dei sensi;\nun ricader supino, una solitudine che non spaventa, un allonta-\nnarsi delle cose, la eco indistinta di un singulto, un sorriso ; le\npalpebre si fanno dolci, lievi, trasparenti, — il corpo più lieve,\npiù lieve : assopirsi.\nE poi il risveglio, — il doloroso risveglio —» e l'angoscia\nancora, ancora, ancora.\nV. — Era legato a un tronco, sur un terreno sterile e sab-\nbioso il povero pazzo, dagli occhi d'una luminosità chiara e\nliquida, e parlava convulso, a tratti.\n— Io sono il povero Arnaldo, e colgo fiori ; io colgo fiori,\nio mi chiamo Arnaldo.\nNon ancora gli ultimi alianti spiriti avevano eletto a sè la\nforma, quando la luna cominciò il suo corso per i pallidi cieli,\ne il mare l'eterno sciacquio della onda, e rumoreggiarono le terre\nassodandosi, e si contrapposero i venti, e fra dirupate montagne\ne fosche, Abele giacque insanguinato, e la luna cominciò il penoso\ncorso per i pallidi di cieli; i mondi mossero con lungo gemito:\nio ne odo il pianto, io spargo fiori.\nIo vado per il bosco, e il bosco bisbiglia dolore, io vado\nsulle erbe, e le erbe piangono dolore: io odo, respiro dolore; vo>\nmutarmi in acqua per iscemare dolore ai mari ; in zolla per ìsce-\nmare dolore alla terra ; in stella per iscemare dolore ai cieli ; io\nmuoio di dolore per il dolore del creato, io muoio d'amore\nall'onda che geme, al vento che geme io spargo fiori.\nIo sono il povero Arnaldo, io spargo fiori : una vergine siede\nsui tumulo dell'amato e sparge fiori, e lo invoca, e l'amato dorme:\nla vergine è in pianto ; io ai mari e ai venti spargo fiori, e l'Uni-\nverso geme, fiori non ne placano il gemito : io ascolto, io piango.\nSi moltiplicheranno i soli e le stelle, e i raggi di tutti i soli\ne di tutte le stelle non asciugheranno mai il pianto ; si spegne-\nranno i soli, si abbasseranno i cieli, si rattrarranno i mari, vani-\nranno le terre, ma il dolore sarà : io piango di dolore e d'amore,\nper il dolore che sarà, di dolore e d'amore io muoio.\nOh, trattenga i suoi palpiti il mondo, un attimo: un attimo,\nun attimo solo non essere, ch'io per un attimo non sia; fiori,\nfiori, date fiori al povero Arnaldo ; che la mia bara sia di fiori.\nChi m'accerta che i fiori son fiori, e che la bara è bara ?\nEra legato a un tronco il povero pazzo, sur un terreno ste-\nrile e sabbioso, e le sue parole cadevano, nella solitudine, così\nsonore e così misteriose che parevano espresse non da un solo\nanimo ma suggerite da innumerevoli esseri che lo circondassero.\nChi non sente attorno a sè innumerevoli fantasmi che lo deter-\nminano e lo muovono, chi non sente di ripetere 1' influsso, che\nne riceve, sulle cose circostanti che, alla lor volta, lo ripetono"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.34", "texte": "POESIA\n\nsu altre ? E a me parve che non solo Arnaldo, ma anche le cose\nsi lamentassero con lui.\nVI. — Sempre, sempre, o Lelio, m'aggirerò per quest'isola,\ne T isola, e i suoi fantasmi appesantiranno i miei sensi e i miei\nspiriti ? E tu vivi, o Lelio, in un mondo che non è più mio e\nch'è pieno di vita : ora al ritmo dei caldi mari africani dorme la\nbarbara donna, le dorme il maschio presso, si desta, la odora,\nnello sguardo dal capo ai piedi la comprende, tutta, le è sopra,\nsua — con le braccia il taurino dorso ella avvinghia ululante —\nper gli spazi due pianeti cozzano, un atomo sprizza che sarà\nmondi — per gli universi, pace.\nVII. — Ma anch' io oggi, o Lelio, mi sono illuso di rivivere\nchè ho trovato in una vallèa un giglio — e credo sia l'unico\nfiore di tutta l'isola, — e man mano che lo fissavo, vedevo i\ncandidi steli ampliarsi a poco a poco, farsi d'una sodezza verginea,\nlievemente venarsi, e la loro bianchezza mi ricordava la bianchezza\ndelle tue carni, e i loro profumi, i profumi delle tue carni : in\nmezzo alia loro armonia, io componevo un'armonia corporea, com-\nponevo e plasmavo il tuo corpo : incoronandoti le bionde chiome\nil volto, ove le labbra vermiglie bruciano di voluttà e scendendoti\nagili e rapide sulle larghe spalle, tu m'eri dinanzi, pallido sor-\nridente, malvagiamente verginale, un po' ebbro.\nTu, come prima, nella nostra casa, a me venivi ignudo e\nbianco, camminando sui fiori, e mi baciavi e mi guardavi quasi\ncon ansioso stupore : ogni tuo bacio era una primavera che in\nme rifioriva, ogni tuo sguardo era paeseggi strani pei quali av-\nventuravasi, volando, l'anima mia. Poi, danzavamo leggeri sui fiori,\ne i profumi c' inebriavano le anime e i sensi, e le fine pari pal-\npitavano, e libavamo e danzavamo, e gridavamo danzando, rauchi :\ne ci riguardavamo e ridevamo, e io dico che l'aria palpitava al\nnostro desiderio, ed eran risa e fremiti, e ci avviluppavamo; —\ne la nostra ombra era sui muri e il dolore ci avvinceva al pen-\nsiero che alla nostra gioia non poteva aggiungersi la gioia che\nprovavano le nostre ombre congiungendosi (poiché certo anche\nle ombre gioivano all'amplesso), e ci dominava la brama di di-\nsperderla, l'ombra, o di riconfonderla ai nostri corpi — e l'orrore,\nl'orrore al pensare che potevamo bensì trafiggere i nostri corpi,\nma la nostra ombra non mai, non mai — al vedere noi distesi\nnel sepolcro e, sulle pareti del sepolcro, la nostra ombra, la im-\nplacabile ombra.\nO Lelio, io t'incorono il greco viso, e mi specchio tutto nei\ntuoi occhi, e sorrido, e ti bacio.\nO Lelio, e ti bacio, sulle labbra, che sono belle.\nVili. — Se un uomo può imporre la sua volontà a un altro\nuomo, perchè non la imporrò io al mio marmo e non ne richia-\nmerò la anima ?\nO, s'io distrugga la mia statua, l'anima si raccorrà nel mio\ncorpo, ch'è l'è affine ?\nNon posso, non voglio.\nS' io son morto, la mia statua viva — io voglio ch'ella viva.\nNon mai, o Lelio, distruggerò la mia statua — non- mai\nucciderò mia figlia, la più terribile delle mie figlie.\nElla deve vivere.\nElla deve essere eterna.\nCongiungiamoci quali ora siamo : la tua anima vivificherà i\nnostri corpi.\nEcco, la sfinge guarda uomini e mondi e li considera atomi :\nimmota, irride.\nO anima mia, e tu la circondi di spiritual melodia. Contro,\nal tuo marmo, o statua, affaticatisi a rivivere età morte, a vivere\netà che saranno : tutto sta fra la vita e la morte, insuperabili,\neterni confini.\nPer l'aspra angoscia, onde ti espressi dal marmo, per le vite\nche dolorosissime vissi componendo la bella armonia delle tue\nlinee purissime, per l'anima che t'ho data, io t'amo o statua.\nIo amo a te, o statua, che m'hai rubato l'anima. — M' hai\nrubato l'anima che dolora e geme nel marmo e ucciso il corpo.\nPerò che egli più non mi ama.\nTe amo, o statua, te.\nO statua, o anima mia, voglio che viviate così.\nMa io non l'avrò più, candido come l'avorio, il corpo sinfo-\nnico di Lelio.\nVoi l'avrete, o statua, o anima mia.\nVoi l'avrete? — Oh, ch'io non maledica nè la statua nè\nl'anima mia.\nIX. — Tu vedi qneste ninfèe che sono spettri, questa terra\nche non sospira, tu senti questo silenzio non interrotto nè da\nuna voce nè da una eco, e giri lo sguardo su questi luoghi, e\nlo posi : ricordi che gli alberi e gli animali, onde si abbellivano,\nsono divenuti queste ninfèe che sono spettri, questa terra che non\nsospira, sono divenuti, e sono desolazione ?\nTacque la bianchissima donna, più trasparente di un raggio,\npoi riprese :\n— Oh, la regione della quale io sono per narrarti, non era\nprotetta dai cieli, nè baciata dai soli nè lambita dai mari, chè ella\nera sepolta, per molti e molti chilometri, sotto il profondo Oceano,\ne vi erano rose più rosse del sangue e più bianche del marmo,"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.35", "texte": "POESIA\n\ne rupi che si scioglievano in acque, e le acque scorrevano in\nfiumi che si rapprendevano d'improvviso, e talune parti della\nregione erano di ghiaccio, d'un ghiaccio liscio ed uguale, sul\nquale fioriva una strana vegetazione e strane piante e strane erbe\nsi riflettevano, e non v'era nella regione altra luce se non quella\nche davano le cose (le rose rosse, attorno a sè, una luce rossa e\nviva ; le bianche, una luce pallida), altro vento se non quello\nprodotto dal flettersi della cima d'un albero verso altre cime, di\nun cespuglio verso altri cespugli, e, insieme, i colori si agitavano\ne si confondevano in bizzarre guise, e la regione era fantastica\ne sepolta, per molti e molti chilometri, sotto il profondo Oceano.\nIo non so se il mare trasformasse le membra de' naufraghi\nin erbe, in pietre, in fiori, in perle e le lasciasse poi cadere giù\nnel profondo così che la regione n'era formata; io so che, appena\nvi comparvi, tutta la regione sospirò flebilmente e lungamente,\ncome degli amanti, in un lungo e vario alternarsi di colori: come\nera bello !\nMi amava : bello, baciare i serici petali e strisciarli attorno\nal collo, e sotto le umide ascelle e sotto le calde mammelle e fra\nle mammelle e sulle cosce e sul ventre ; bello, attorcere le membra\na un giovine tronco e baciare, sui rami, le gemme, e sentire il\ntremore delle gemme amanti; bello, tutta gioire di spasimo distesa\nsul freddo ghiaccio mentre tutta la regione trepida e freme di\napore ; e vissi così, a lungo.\nMi amava : ma un velo di malinconia si diffuse a poco a\npoco sull'ampia regione —• e la malinconia era spirituale — e\ntutto s'ingiallì, e le rose sfiorirono — e la malinconia era spiri-\ntuale — e ondulava, sulla regione, l'anima delle cose e la mia\nanima con quella delle cose, e la nostra anima si ricongiungeva\nforse con un'altra anima più vasta e più grande, e il core tremò,\ne la regione si dimenticava — e la malinconia era spirituale —\ne s'affinava e vaporava e si spiritualizzava e s'accolse, spiritua-\nlizzata, in me ; — e fui sola nella profondità.\n• #••••• • • • • ♦\n/t • • • • • • • • • • • . •\nE, se non credi che potesse accogliersi in me, che sono più\ntrasparente d'un raggio, vedi tu questi mondi che rotano ? E ro-\nteranno e roteranno : poi vaporeranno in un soffio, si raccorranno\nin un cirro, ch'è la loro sintesi.\nE la bianchissima donna disparve.\nX. —- Io sono il corpo di Lelio, anelo all'amplesso della sfinge.\nLa camera è nella penombra, e piena di fiori: io, adagiato\nsui fiori, mi concedo ai profumi, lascio che penetrino nei miei\nnervi e circolino nel sangue per tutto il corpo, ne pervadano le\npiù riposte fibre, m'impregnino tutto tutto: poi, così odoroso,\nmi sollevo un po' e guardo la statua — e sempre più la guardo,\n— e la statua è muta e irride.\nSospiro, e mi riadagio sui fiori, intreccio fiori alle mie chiome\ne, scherzando le chiome e i fiori attorno al mio viso, ch'è fino\ne bello e quasi trasfigurato dal desiderio, mi sollevo un po', e\nguardo la statua, e sempre più la guardo — e la statua sorride.\nEd io, stupito e trepidante, sto a contemplare il sorriso : è un\nraggio di sole che si rifletta sulle acque d'una fontana languida.\nE mi riadagio e nascondo il viso tra i fiori, e sogno, così,\nla voluttà, presento gli spasimi e i lunghi fremiti del mio corpo,\ne lancio piccoli gridi di gioia ; e mi levo : « com'è bianco, il\nmarmo, com'è bianco !» e lo sfioro con la mano timidamenta.\nAbbraccio la statua, urlando — e la statua è fredda ; e la\nbacio e la bacio — ed è fredda, fredda; e l'abbraccio e urlo e\nla bacio — ecco palpita, fremita ; e singhiozzo di voluttà — e\nla statua risponde, compartecipa; sento, sotto il mio corpo, calde\nvene, e caldo sangue scorrere tumultuoso e rapido, la sento tor-\ncersi, convibrare lungamente, lungamente ; sento l'anima fremere\nnel marmo : oh, la libidine d'un corpo che si congiunga con\nun'anima !\nE ristò ansante, e la guardo, e m'accoscio ai suoi piedi, e\nla divoro con gli occhi : una tiepida voluttà indugia nel mio\ncorpo alla vicinanza.\nOra, che questa mia mano sia la mano di Lelio imagino, e\nla bacio; che questo mio corpo sia il suo corpo — e lo bacio.\nIo lo voglio, o Lelio, lo voglio il tuo corpo : lo solcano le\nvene come solcano la terra i fiumi, e tornano al cuore come i\nfiumi all'oceano, l'occhio lo serena come il sole la terra, i sensi\nlo riallacciano al mondo come l'etere riallaccia i pianeti gii uni\nagli altri, ogni sospiro è un fremito di vento, il tuo corpo, un\nmondo ; ti voglio, ti voglio e mi parrà di possedere — io so,\nben so la bestemmia che dico — la terra immensa.\nE ti bacio tutto chè t'amo tutto, forsennatamente.\nXI. — Io andava per il mare, pensoso, e sentiva che il mio\ncorpo era una parte viva dell' universo, norl era, no, isolato ma\nera compiuto dalle cose e consentiva con quelle : una vergine\nabbrunata piangeva sul lido, e mi sono appressato e le ho doman-\ndato perchè piangesse. Ella m'ha guardato, tra lacrimosa e lumi-\nnosa, e m'ha risposto : — Io piango per te — e m'ha baciato,\nEd è scomparsa.\nPiù tardi, andava per una selva e ho visto una vecchia, tra\ngli alberi, che misurava la terra : le ho domandato perchè misu-"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.36", "texte": "POESIA\n\nrasse la terra. Ella m'ha risposto : — Voglio scavare la fossa per\ndeporvi la tua bara. Ed ha continuato a misurare la terra.\nPiù tardi, andava per una pianura, e un bimbo m'è passato\naccanto, e non m'ha visto. L'ho chiamato, non mi risponde. Mi\ndomando, con ispavento, se anche il mio corpo non si sia dissolto.\nPoi, mi domando se ogni cosa che viva non sia morta, se il vivere\nnon sia, per sè, un morire, e rido.\nMi vo ripetendo la domanda: e rido anzi più per il suono\ndelle parole che per il loro significato.\nXII. — Io sento il respiro di Lelio, placido e uguale. Perchè,\na tanta distanza, codesto respiro mi giunge ?\nEsistono forse cose affini per le quali lo spazio è annullato,\nche si ricollegano, attraverso gli spazi, così come delle anime ?\nForse quella foglia che sospira, sente — in una lontana parte del\nglobo — il sospiro d'un'altra foglia che l'è sorella, come un'anima\nove piange al pianto d'un'altra anima ? Certo, il nostro pianeta\nsente, lontano, pianeti fratelli ; tutta la vita che per essa si agita, è\nforse la ombra immensa della vita d'un altro mondo così come\nl'ombra è la riflessione del nostro corpo ?\nSento il respiro di Lelio, ma Lelio non seiite i miei pensieri.\nE questa rispondenza fra gli atomi d'un marmo, e gli atomi\ndel corpo dì Lelio, e la mia anima prigioniera, che è ?\nXIII. — Oh, il bel corpo ch'io amo !\nQuando Dio vide dai suoi atomi slargarsi i mondi — rise;\ne, quando vide la terra fredda e buia e discese nella terra e la\nriguardò — non ancora v'erano i mari nè ancora s'ampliavano i\ncieli — maggiormente rise e, ridendo fe' l'uomo.\nPrese della creta e ne modellò il piede e modellò la caviglia\ne il ginocchio e Dio rimirò il ginocchio — erano attorno le te-\nnebre e l'immensità — e rise ; e prese dell'altra creta e ne mo-\ndellò le cosce e Dio riguardò le cosce — eran attorno le tenebre\ne l'immensità — e rise ; e formò le anche, il ventre, il busto e\nle ossa, e le ossa della sommità del busto si allineavano le une\nsulle altre, divise da piccoli intervalli e Dio riguardò il tronco\ndell'uomo — erano attorno le tenebre e l'immensità — e rise ;\nprese dell'altra creta e ne fe' il capo e Dio riguardò l'uomo e\nrise ; e l'uomo, fatto d'ossa e di creta, mosse per la terra, ove\nerano le tenebre, e Dio adunò degli atomi luminosi e ne fe' il\nsole, e riguardò e rise e sparve: com'è almo il sole, com'è grande,\ncom'è bello l'uomo !\nE Dio ancora ne ride.\nUomo, ossa: ecco la storia, gl'iddii, gli universi : uomo, ossa\ne la morte che spera sopraggiungendo di poter imputridire carni\ne avvelenare sangue e non trova che ossa, anch'ella, la morte si\ndisinganna.\nE Dio ancora ne ride.\nUna stella si spegne e, altra stella, rinasce, un uomo si spegne\ne, altro uomo, rinasce : tutti gli esseri, onde 1' Universo è, sono\ndunque dei morti che rivivono f\nMano : ossa, e io lo amo, Lelio ; Lelio ama il mio marmo\no ama la mia anima ?\nEbbi mai un'anima ?\nL'anima ! L'anima ! Rendete l'anima a questo mio corpo.\nE Dio ancora ne ride.\nXIV. — Or chi mi adagia le membra al sole, che col roseo\nbacio tutte le in vermini ?\nO vermi, miseremini mei.\nO vermi grossi come dita, d'un giallore bavoso sporcissimo.\nO vermicelli piccoli che vi appallottolate misteriosamente,\npassate sul mio corpo che vibri e tremi al contatto delle viscide\nzampe e imbavatelo tutto della vostra bava torbida come il cuore\ndegli uomini.\nSu, o vermi, a migliaia, miseremini mei.\nRodetemi i piedi, gli stinchi, i polpacci; ma lentamente,\nch'io il rodere senta.\nPiù lenti — le cosce, le anche, i testicoli, l'ano rodete a\ns me vivo.\nO beatitudine della dissoluzione!\nO gioia dell'annullamento!\nSalite e moltiplicatevi.\nPiù lenti, più lenti — ma senza fretta, vi dico — rodetemi\nil ventre e le budella come a carcassa di vecchio cavallo crepato\ne poi il petto — ma eh' io il rodere senta — e i polmoni dis-\nsolveteli tutti — fatemi per ore tossire.\nAlla bocca i denti dapprima (parte di voi faccian guardia\nalle labbra) poi le gengive, la lingua rodete, così che la mia bocca\ns'apra, gialla di vostra bava, ripiena di voi che liquidi e neri\nmareggiate all'osceno occhiacelo del sole.\nMa la gola, vi prego — ben più soffra di vostro rodi-\nmento — ma ch'io lo senta, ma ch'io lo senta il rodere.\nLe guance rodete — ma lenti, o vermi, vi dico — negli\nocchi vi ficcate, la fronte ingiallitela e incupitela come acqua di\nputrido stagno — il cranio, la nuca rodete — ma lenti, vi dico.\nScoperchiatemi il cranio, toglietemi il cervello dalla cassetta\ncranica.\nO vermi, miseremini mei."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.37", "texte": "POESIA\n\nUna rodi tura ogni ora — o vermi — che il mio cervello\nrossiccio si senta morire.\nPoi, me distrutto, sdraiatevi, o vermi, con le zampe all'aria,\ngorgogliandovi il ventre.\nPoi chiamate ed aspettate il sole che vi disformi.\nVoi me vivo avrete distrutto: bene viveste, potrete morire.\nO vermi lenti come il pensiero degli uomini e torbidi come\nil cuore degli uomini,\nO vermi,\nO miei serenissimi amici,\nMiseremini mei,\nMiseremini mei.\nXV. — La pianura si estendeva per infinite miglia sino a\nconfondersi da ogni lato col cielo ed aveva il suolo d'una levi-\ngatezza marmorea e d'un colore nero d'ebano; e dal suolo ampie\nondate di vapori puzzolenti e asfissianti — d'un calore insoppor-\ntabile — salivano alla nera cappa del cielo, e nel mezzo della\npianura elevavasi un' immensa foresta di querce annose, dai tronchi\ncontorti e larghi più e più metri, dalle chiome sprovviste di rami\ne di foglie — gigantesche querce, dall'ombra velenosa e morti-\nfera; e in mezzo alla foresta un fiume dalle acque ora biancastre,\nora giallastre, ora rossicce, del quale non vedeasi nè il principio\nnè la fine, dritto, interminato scorrea. Da ambo i lati del fiume\nper largo spazio vegetavano erbe acquitrinose e folte — di un\ncolore verdognolo e sbiadito — ed esalavano afe ed afrori.\nIl cielo era coperto da nubi che sembravano enormi piastre\ndi ferro — così nere e così pesanti erano — tutto coperto da\nnubi sino a dove confondevasi con la pianura. Un caldo che sem-\nbrava sprigionarsi dalle più profonde viscere della terra stava,\nstava, sotto la cappa del cielo, immoto, senza vento : regnava un\ntenebroso silenzio.\nSul fiume galleggiava una barcaccia di sughero, e ai remi\neravamo io e tu, o Lelio (io ora mi ti veggo sempre accanto, o\nLelio) : rompevaci le tenebre d'attorno la vivida luce dei tuoi\nocchi fosforescenti.\nE navigavamo e navigavamo, assorti in profondi pensamenti.\nAll'improvviso, dall'una sponda, balzaron di sotto la terra acquosa\nsette bimbi, con gli occhi chiusi e le labbra senza sangue e il\ncorpo senza vene, — e seguirono la nostra barca muti, allineati\na uno a uno ; più lungi, dall'altra sponda, sei vergini balzarono\ndi sotto la terra che s' ingigliò, e gigli insanguinati lanciarono\nnella nostra barca, e seguirono la barca mute, allineate a una\nuna, — anche più lungi venti figure sorsero, quasi trasparenti,\nstrane, multicolori, alcune rannicchiate su sè medesime così che\nnon si scorgesse che un viluppo di lievi carni — altre bavose,\nsciancate, con smisurate braccia e piccole gambe — sghignazzanti\ntutte e si allineavano ai lati della prora in due lunghe teorie —\nsghignazzanti tutte.\nCome rintronavano gli sghignazzi nel sepolcrale silenzio ! Le\nonde fetide e asfissianti dei vapori che salivano dal nero suolo ne\nerano smosse e sballottate.\nE navigavamo e navigavamo, e scorgemmo un castello ed\nentrammo.\nL'atrio è ampio con nel mezzo una fontana il cui getto è\nrosso e caldo, con larghi colonnati adorni di statue rappresen-\ntanti veneri di classica compostezza o di lascività nevrotica e\nfuriosa, e forti adolescenti. Salita la scalèa mirabile di voluttuose\npitture, una negra, nuda, ci viene incontro ed apre un uscio.\nLa sala, vastissima, avea pareti di fino cristallo: volgendo le\nfacce agli specchi, lungo ciascuna delle due pareti laterali, sede-\nvano su larghe poltrone, distanti circa dieci metri le une dalle\naltre, sedici donne ignude con innanzi a sè un tavolino e sòpravi\ntredici calici ricolmi di biondo vino : gestivano e sorridevano alle\nloro imagini. Nel mezzo un'altra donna ignuda rimiravasi nello\nspecchio di fondo: pallida come dopo un soddisfacimento carnale,\navvolta nei capelli che le scendevano, in molli ondulazioni, sino\nai piedi, rotonda e soda i seni, opulenta le anche, magnifica il\nventre lascivo, nervosa e sottile le gambe, ci venne accanto, mi\nfe' sedere accanto a sè poi :\n— Queste donne — disse stringendomisi accanto così ch'io\nsentiva il suo alito caldo — sono tutte morte come me e come\nte : Vanima hanno perduta. Attendono la dissoluzione de' loro\ncorpi.\nD'improvviso il pavimento si cosparse di fiori i cui profumi\ndavano gli spasimi, e vivissime luci, come di potenti riflettori,\nilluminarono variamente e stranamente la sala. Danza di corpi,\ndanza di colori.\nElleno, dai corpi rossi vividi, rosati, verdi intensi, gialli come\nallori, arrovesciate le teste, chiare e avide di lascività gli occhi,\nbianchissime i seni, danzavano dinanzi ai loro specchi. Levate in\nalto le braccia così che sotto le ascelle palpitassero folti e biondi\npeli, flettendo i molli e lucidi fianchi, insorgendo il ventre, con\npendule le rotonde mammelle dagli aurei capezzoli, anelavano\nvoluttuosamente alle loro imagini, e i denti facevano atto di mor-\nderne le polpose carni. Scostavansi dagli speechi e riprendevano\nla danza. Danza di corpi, danza di colori. Con gesti di mani sod-\ndisfacevano ai loro desideri sensuali. Arse gli occhi, abbruciate\nle labbra, incoronandosi con le fini braccia, sorreggendosi sui pie'\ndestri, volgendo le facce agli specchi giravansi vertiginosamente."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.38", "texte": "POESIA\n\nPoi che furono stanche della loro bellezza, formando una\ncollana dai lascivi colori, stettero ferme ansimando, con gli occhi\nchiari come perle.\nDue giovini donne si fermarono in mezzo alla collana. I loro\ncorpi, alla luce, si coloravano di azzurro, di rosso, di giallo ; le\nteste e i volti erano d'una bianchezza marmorea ; alle dita dei\npiedi erano anelli e alle lievi caviglie, ed ampi cerchi di perle\nali altezza delle cosce, e cerchi d'oro massiccio ai fianchi, e brac-\ncialetti appesantivano le braccia e anelli le dita, e lunghi fili d'oro\nscendevano dalle spalle ai piedi, confondendosi con le chiome\nbiondissime. L'una di esse si avanzò, danzò sfrenatamente e lus-\nsuriosamente in giro accompagnando la danza con canto mentre\ni fili d'oro le palpitavano lungo i fianchi o ballavano sul ventre\navvoltolati. Le donne gridavano di gioia. Poi eh' ella ebbe ter-\nminato la danza, l'altra più alta, più snella, più vibrante, il volto\npiccolo quasi spirituale, ferma nel mezzo della collana, postasi le\nmani sui fianchi, arrovesciando la testa e i seni, sporgeva lo\nsplendido ventre venato e lo agitava voluttuosamente, e fregavalo\ncon le piccole mani, di poi, ritirando il ventre, dimenava le na-\ntiche e curvava il corpo pieno di serpeggiamenti : gli occhi talora\ncolpiti dalla luce avevano lampi e riflessioni strane.\nLa gara era vinta dalla seconda. Le due rivali si abbrac-\nciarono e si rotolarono sui fiori. Ognuna si elesse la compagna\ne il giaciglio tra i fiori.\nLa mia compagna era livida e fremeva, e. ponendole le mani\nsul bel corpo ignudo.\n■— Ma dunque — la interrogai — noi non possiamo più\nvivere ?\nMi guardò fissa, mi baciò, mi condusse in una camera attigua,\ninfiorata.\nAh, non mai corpo avea vibrato sotto il mio corpo così nu-\nmerosamente come il suo. Io urlavo. Sentii me, una sola volta,\ngridare : — Lelio ! -— Il corpo di lei si fe' di marmo. Quando\nella si levò, mi guardò d'uno sguardo terribile, scrosciò in un\nriso convulso.\n— Ah, ah ! Il figlio di Ricciardo e di Lelio !\nEd escimmo; sul fiume galleggiava una barcaccia di sughero,\ne ai remi eravamo io e tu, o Lelio: rompevaci le tenebre dat-\ntorno la vivida luce dei tuoi occhi fosforescenti.\nE navigavamo e navigavamo assorti in profondi pensamenti,\ne scorgemmo una grotta, e c'inoltrammo nella grotta.\n« Chi non sente attorno a sè innumerevoli fantasmi che lo\ndeterminano e lo muovono, chi non sente di ripetere 1' influsso\nche ne riceve sulle cose circostanti che, alla lor volta, lo ripetono\nsu altre? » E, all'entrar nella grotta, i nostri animi patirono come\n\\\nun'oppressione la quale non poteva essere cagionata che dalle\ncose circostanti, dalle pareti bianche, lucide, interminate, dalla\nvolta ampia, bianca, lucida, interminata, da quel non so che di\nparticolare, di intimo, d'intrinseco alla grotta che sentivamo ma\nch'è impossibile analizzare ; e si aggiungeva una volontà, quasi\ndolorosa, di attraversare il lungo corridoio umido e lucido, e un\ncosì acre desiderio del bizzarro a dell'assurdo che c'imaginavamo\nd andare per un cammino che guidasse a un altro mondo,' a un\nmondo tenebroso, sotterraneo ove altre fossero le forme della vita.\nE, a mano a mano che procedevamo per il corridoio* che si re-\nstringeva, ci sentivamo quasi soffocare, i nostri spiriti si assopi-\nvano, si assentavano da noi e notavamo sui muri dei segni strani,\ndei volti, ira umani e animaleschi, abbozzati a grandi linee, delle\nmembra incompiute, e rabbrividimmo al pensiero che esseri, da\ntempo immemorabile, non abitassero quei luoghi sotterranei, da\ncosì lungo tempo che li avessero informati di sè, come un pittore\ninforma del suo pensiero una tela; che la luce, la quale pioveva\nlaiga e pallida, e non penetrava certo dall'esterno, non fosse la\nluce del loro sguardo diffuso ; e i nostri spiriti erano assenti da\nnoi, e il sotterraneo c'incuteva terrore, e ci faceva tremare la\nuedda luce, e c inoltravamo, benché non volessimo, e le pareti,\nsi congiungevano sui nostri capi, e si facevano e respi-\nravano, anime respiravano, e i corpi gelavano : una grotta si\nslargò.\nFu un'allucinazione dei nostri sensi ?\nO davvero noi ci trovavamo in quel mondo sotterraneo, ove\nsi rifugiano a vivere i morti?\nLa grotta era Qassa e larga, stalattitica, e colonne luminose\nvi si attorcevano stranamente, e rami correvano dall'una parete\nall'altra e si abbracciavano gioiosamente — e, in fondo alia grotta,\nuno scheletro sedeva tutt'ossa, e le ossa erano annerite, e, al lato\nopposto, un altro scheletro sedeva tutt' ossa e le ossa erano an-\nnerite ; — e sulle pareti bizzarre figure animaleshe lucevano e\n1 una era congiunta ali altra e fiori bizzarri illanguidivano gli uni\nsugli altri — e, in fondo alla grotta, uno scheletro sedeva, e, alla\ncurva delle anche, pareva lo scheletro d'un'uomo e, al lato opposto,\nun altro scheletro sedeva e, alla curva delle anche, pareva lo sche-\nletro d'una donna — si guardavano — ; e la goccia dello stilli-\ncidio cadeva. Cadeva, e sur un festone si designavano due figure\n<z>\n— e gli scheletri guardavano ; e le figure apparvero dolci visi\numani e l'uno si veniva avvicinando all'altro — e l'uno scheletro\nfremè; e fasci di bianca luce cadendo, le labbra si avvicinavano\nalle labbra, — e l'uno scheletro si drizzò ; e le labbra baciarono\nle labbra, — scricchiolarono le ossa dell'uno scheletro sulle ossa\ndell'altro : — i due scheletri, avevano la nostalgia delia vita i"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.39", "texte": "POESIA\n\ndue scheletri ! — e, per la grotta, coppie di scheletri si bacia-\nvano tutt'ossa nere e fasci di bianca luce cadevano.\nEd escimmo, e navigavamo e navigavamo assorti in profondi\npensamenti ; e la pianura si estendeva per infinite miglia sino a\nconfondersi da ogni lato col negro cielo ; e un vento impetuo-\nsissimo si levò e schiantò grandi querce ; un fuoco enorme di-\nvampò nella foresta.\nIl fuoco da larga base saliva affinandosi a guisa di piramide\ne da una piccola linguetta girante sul vertice vorticosamente te-\nneva forza e vigore una gigantesca rosa, di fuoco, girevole, che\nsprizzava faville, lanciava razzi, eruttava fortissimi getti con as-\nsordanti rumori. E il fuoco divampò, e tutta la pianura rosseggiò;\ne tutto era fiamme.\nQualche mondo s' incenerisce, o Lelio ?\nXVI. — La cenere cade sul mio capo lenta, fredda, io son\ntutto cenere e l'incendio divampa : e la grandine cade fitta e la\ngrandine è sangue, io son tutto cenere e sangue !\nQualche mondo s'incenerisce ?\nE i mari dàn l'ultimo sospiro e le acque sono fiamme, e i\nfiumi sono fiamme, io sto tra le fiamme e mi lambiscono il corpo.\nQualche mondo s'incenerisce?\nLa cenere cade sul mio capo, la cenere delle cose cade sul\nmio capo, io sono tutto cenere; uomini e cose}> cenere.\nQualche mondo s'incenerisce ?\nE l'incendio divampa e ride, e di là dall'incendio v'è l'ombra,\ne l'ombra sempre più si allarga, e l'incendio divampa, e la fredda\nombra si distende attorno alle fiamme, e le fiamme si riducono,\nvanno morendo, e la fredda ombra sempre più presso le circon-\nvolge, e le fiamme dàn guizzi e lampi, ultimi baci, e l'ombra è\nsempre più presso: anche la fiamma s'incenerisce?\nE l'ombra m'è presso e io son tutto cenere, son tutto cenere\ne sangue, e tremo; oh, prima che l'ombra m'avvolga, invoco\nl'anima dal marmo spento e s'accoglie in me — e Lelio è bianco,\ne Lelio è bello e mi sorride, è mio — e poi l'ombra ecco mi\navvolge.\n3 maggio.\nMi desto : aria, sole, vita attorno a me ; Lelio nel sole, a\nbaciare la mia statua, Lelio bacia la mia statua, m'avvento contro\nla statua; come, ai colpi del martello ne cadono i pezzi, illangui~\ndisce il bel corpo di Lelio ; m'è ai piedi rotta, la statua, e Lelio\ngiace morto : stranissima simpatia d'un corpo, d'un marmo, e\nd'un'anima.\nDal loro congiungimento quale novella forma splenderà ?\nEpisodica ogni forma di vita, episodi anche l'uman genere\ne gli universi, ma lo spirito della vita è: sta l'universo, pacifico;\nsussulta, scuotesi, rimbomba, annullasi ; liberi spiriti a volare per\ngli spazi e consuonano trombe e altri universi a innovarsi , Ì0j\nche non ho riacquistato l'anima e che ho perduto Lelio, mi\nscomporrò io nella Natura, mi ricomporrò, nella Natura, acqua,\nalbero, zolla ?\nO Natura che per secoli e secoli ogni anno ringiovanendo\nFigli e allatti uomini e cose,\nFa' che nel tuo grembo io posi il mio corpo sereno,\nL'aere s'inebria di profumi e di canti.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nLiberatisi al cielo aquile e allodole che urlano e trillano di\ngioia,\nLibera al cielo della conoscenza mia i tuoi profondi e puri\npensieri.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nS'inrosano terre e mari.\nInrosa le terre e i mari della vita mia.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nUna universale gioia affratella uomini e cose.\nO Natura, affratellami a te.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nO tu che regoli il carro solare, regola il carro della vita mia.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nE terre, e astri e mari invergini,\nO Natura, o invergina me.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\nOgni alito di vento, ogni stella lucente, ogni raggio di sole,\nogni lembo di mare, ogni sguardo di animali e d'uomini, di-\ncami : Pace.\nO Natura, io voglio essere in pace con te.\n\nBerardo Sbraccia."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.40", "texte": "POESIA\n\nD'ANNUNZIO FUTURISTE\net le “mépris de la femme„\nLe manifeste incendiaire que nous avons publié, il\ny a quelques mois, dans les colonnes du a donné\nle feu à des polémiques d'une violence inoui'e, qui, se\npropageant partout, en France; en Angleterre et en\nAllemagne, viennent de gagner aussi les grands quoti-\ndiens de New-York, de Buenos-Aires et de Yokohama,\ntels que The Sun, La Nacion et The Japan Herald.\nLes Américains, tout en regrettant de ne pas avoir\nune imposante et glorieuse tradition classique, louent\nsans restrictions les enfants futuristes de la vieille Europe,\nqui manifestent enfin le besoin de faire table rase d'un\npasse trop vénéré et trop imité.\nLes journaux de New-York reproduisent presque\ntous les opinions du Tcmps,qui, sous la signature d'un\ncritique éminent, M. Nozière, considère le futurisme\ncomme le seul programme intellectuel vraiment logique\nd'une jeunesse virilement élevée dans la passion des\nsports violents.\nIl est intéressant de constater que le futurisme\ns'est déjà emparé de l'esprit de plusieurs artistes de génie\nqui ont manifesté jusqu'ici un amour presque fanatique\npour le passé, pour ses personnages légendaires et pour\nses ruines vénérables.\nLa presse italienne s'est justement occupée du\nrisme de Gabriele d'Annunzioà la suite d'un étonnant\ninterview de M. Giuseppe Piazza, paru dans la\nde Rome.\nM. D'Annunzio confiait à son interlocuteur ses\nrécentes recherches au sujet d'une nouvelle nomenclature\nitalienne de tout ce qui concerne les aéroplanes. Il ajou-\ntait que l'aéroplane -— qui est devenu le symbole du\nfuturisme, comme expression d'un absolu détachement\ndu passé — joue un róle très important et méme es-\nsentiel dans son dernier roman.\nL'on s'est naturellement étonné de voir l'auteur de\nLa Nave sortir brusquement de Fatmosphére mytholo-\ngique et classique de sa Fedra, — une tragèdie dont le\nfour est resté légendaire, — pour s'attacher aux figures\nultra-modernes de Wilbur Wright, de Blériot, de Farman\net de Latham.\nC'ètait là, indiscutablement, un résultat de Tinfluence\ngrandissante du futurisme. Notre mouvement se propose\nen effet d'éloigner les écrivains et les poètes créateurs\nde tout cet ensemble de légendes vieillottes, de mythes\net de reconstructions historiques qui sont chères aux\nprofesseurs hellénistes et latinisants, bourrés d'histoires\nmortes.\nNous voulons pousser tous les écrivains vers la glo-\nrification des conquètes de la science.\nIl faut que les poètes abandonnent enfìn les guer-\nriers, les déesses, les crépuscules nostalgiques, les cou-\nchants pourprés et les clairs de lune navrés d'amour,\npour chanter la vitesse grisante des automobiles, le ta-\nciturne suicide des sous-marins, les ports marchands,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.41", "texte": "POESIA\n\nfleurant Faigre odeur du risque et de l'aventure, les\nbatailles célestes des aéroplanes sur l'entrechoc des\ncuirassés, lés grands remous populaires et Fhaleine bianche\ndes capitales nocturnes éìectrisées par le travail et la\nluxure en lutte.\nMais ce qui étonna le plus la presse et le monde\nlittéraire italien, ce fut d'entendre Gabriele d'Annunzio\nparler en termes absolument futuristes, d'énergie à ou-\ntrance, de témérité et d' héroi'sme quotidien, en ajou-\ntant cette déclaration que nous reproduisons textuel-\nlement :\n« Le mépris de la femme est une condition essen-\ntielle pour le héros moderne* »\nIl paraphrasait ainsi Pun des points les plus discutés\nde notre manifeste, celui-là mème qui nous attira d'ina-\npaisables colères féministes.\nIl est indéniable que le langoureux « enfant de\nvolupté » n'aurait jamais osé prononcer de semblables\nparoles, s'il n'avait été frappé et influencé profondément\npar notre violente affirmation. M. D'Annunzio comprit,\nen lisant notre manifeste, la nécessité de riotre cri de\nré voi te contre un sentimentalisme aussi rance qu'exté-\nnuant. Il a immédiatement la force d'expansion\nvictorieuse que le futurisme tire de cette période bien\nspéciale de l'histoire, couronnée par le triomphe eie Favia-\ntion, ce rève millénaire des races. Il a senti et exprimé\naprès nous la formidable nausée que nous donnent l'ob-\nsession de la femme idéale dans les oeuvres d'imagina-\ntion, la tyrannie de l'amour chez les peuples latins, et\nle leit-motiv monotone de Tadultère ! Nausée que nous\navons exprimée d'une fa<pn peut-ètre trop laconique par\nces mots : le mèpris de la femme.\nCe n' est pas une question de plagiat que nous\nvenons de soulever ici. Nous constatons simplement Tune\nde nos nombreuses conquètes, la plus agréable, peut-ètre,\npuisqu'elle s'est exercée sur un grand écrivain dont nous\nn'avons jamais nié Tadmirable agilité, vraiment futuriste.\n“Poesia”.\n\nFUTURES TI ! Leggete :\nAEROPLANI REVOLVERATE\ncanti alati versi liberi\ndi PAOLO BUZZI di GIAN \"PIETRO LUCINI\n(Edizioni di \"jPOESIA\")"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.42", "texte": "POESIA\n\nMalgré tin travati acharné de plusieurs semaines, nous n'avons pas encore achevé le\ntriage et la traduction des 9500 lettres et articles qui nous sont parvenus de tous les pays de\nl'Europe, des deux Amériques et de l'Extréme-Orient, en réponse à notre\nturisme, publié, il y a quelques mois, dans le Figaro de Paris. — Ce travail termine, nous\npublierons, en deux volumes, une grande partie des jugements que nous ont adressés les plus\néminents écrivains, artistes, politiciens, sociologues, journalistes du monde 'entier, et un choix\ndes lettres qui nous sont parvenues des soldats, des étudiants, des ouvriers et des femmes.\nCes deux volumes auront pour titres :\n\nI.\nLes remparts du Passé\nUn volume illustrò de 400 pages, 4 frs.\nII.\nLa Victoire du Putti ri snie\nUn volume illustrò de 400 pages, 4 frs.\nl. \"<V |\nv\n(Éditions de \"POESIA „)"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.43", "texte": "POESIA\n\n“Le Ranocchie turchine”\ndi ENRICO CAVACCHIOLI\nGIUDICATE DA\nMax Nordau, Stuart Merrill, G. Marradi, S. Benco, L. Ca-\npuana, D. Tumiati, Ada Negri, E. Corradini, A. Baccelli, ecc.\nMAX NORDAU A E. CAVACCHIOLI :\nMon cher poète,\nVos « Petites grenouilles turquoises >\nsont un tour de force étonnant. C'est quel-\nquefois tendre et doux, mais plus souvent\ntruculent à couper la respiration au lecteur\neffaré.\nVous avez toutes les hardiesses verbales,\nprosodiques, rythmiques, mentales. Mais\non les pardonne a votre tempérament de\nfeu, à votre ivresse de force, de jeunesse,\nde vie, à votre belle liberto d'esprit.\nVous ètes eri mème temps ultra-moderne,\nvoire futuriste a l'instar de cet ìncompa-\nrable Marinetti, et classique fervent de la\ntradition poétique et mythologique de l'an-\ntiquitó. Il faut ètre Italien, fìls de Lati uni,\npour offrir ce doublé aspect...\nJe me fólicite de connaìtre en vous une\ndes physionomies les plus curieuses de la\njeune littérature poétique de l'Italie, et je\nvous prie de me croire votre bien devoué\nMax Nordau.\nSTUART MERRILL A E. CAVACCHIOLI :\nMonsieur et cher poète,\nJe viens de lire avec un profond intérèt\nvotre volume, et je salue en vous un grand\nlyrique. Ce qui m'intéresse dans votre\nesprit, c'est sa diversité. Vous alliez le\ngrotesque au sublime. Sans vouloir vous\naccabler sous de trop grands souvenirs,\nj'ose vous assurer que vous avez l'àme\nshakespearienne. Toute ma sympathie, je\nl'avoue, va aux poètes qui ne se font pas\nune « manière », qui sont ondoyants et di-\nvers, qui accueillent le songe comme la vie,\nqui savent ètre « autres » devant chaque\nnouvelle manifestation de la Nature. C'est\ndire iimnédiatement que vous m'étes sym-\npathique. C'est mème le sous-entendre.\nVoilà pour l'esprit de votre oeuvre. Ouant\nà sa forme, je la loue pour sa sobriété et\nsa concision. Vous n'abusez pas, comme\nbeaucoup de vos compatriotes d'épithètes\nredondantes et inutiles. Et quand vous les\nemployez, elles sont rares et justes.\nEt quels vers mélodieux. Je vous ac-\ncuserais volentiers de làcheté, vous autres\nitaliens! Comment lutter avec vous, vous\ndojit la langue est la plus musicale du\nmonde, avec la danoise? Je me pànie en\nlisant de tels vers:\n« La bella bocca, dolce melagrana... »\nou bien\n« .... girandosi pudica\nnel letto molle che la dondolava\ncosì, come una piccoletta schiava\nche non vede, ma tace e s'affatica ».\nPuis vos images sont souvent admirables :\n« e sfece gli astri nell' arca infinita\ncome farina al palmo della mano... »\nJ'ai noté bien d'autres passages dans\nvotre livre, et je voudrais en parler plus\nlargement. Mais je suis sur le point de\nquitter ma villégiature d'hiver, et mes\nmalles bàillent autour de moi !\nJe suis donc force de m'arrèter én vous\nenvoyant rhoinmage de ma grande et sin-\ncère admiration, et Tassurance de mes\nmeilleurs sentiments coniraternels.\nStuart Merrill."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.44", "texte": "POESIA\n\nG. MARRADI A E. CAVACCHIOLI:\nCarissimo Cavacchioli,\nCredevo proprio di averla già ringraziata\ndel cortesissimo e graditissimo dono delle\n« Ranocchie Turchine ». Ma se non l'ho\nanche fatto, La prego scusarmene in grazia\ndelle mie molte e poco poetiche occupa-\nzioni.\nElla dunque si abbia, un po' tardi ma\nproprio di cuore, i miei più cordiali ralle-\ngramenti fper l'arte geniale ond'Ella dà\nprova anche più luminosa nel nuovo suo\nlibro. L'Arte è indubbiamente in progresso,\ne fa sperare e attendere molto del suo fe-\nlicissimo ingegno.\nDel contenuto non parlo, perchè non sa-\nprei giudicarne. Io sono ormai troppo vec-\nchio, e troppo uomo del passato, per esser\ncapace d'intendere il futurismo.\nLo dico senza nessuna ironia1 e con\nnuovi ringraziamenti e con tutti gli auguri\nmigliori La prego di credermi sempre il\nsuo affezionato\nGiovanni\nSILVIO BENCO A E. CAVACCHIOLI:\nEgregio Collega,\nFinalmente, ho letto le vostre Ranocchie\nturchine\\ Mi persuadono sempre più che voi\nsiete uno dei poeti più saldi della giovane\ngenerazione. La tecnica è già mirabile di\nforza e di solidità; la sensazione spesso acuta\ne fissata con un bel lavorio d'acidi; il pen-\nsiero... qui vi rimane il più da compiere per\nla vostra originalità. Benché io non creda\ncon Voi che sia necessario augurar morte\nall'uno o all'altro per sentire la libertà di\nvivere e benché io non veda una relazione\nnecessaria fra lo spettacoloso manifesto del\nFuturismo e la vostra volontaria disciplina\nd'arte, ammiro il libro.\nSe io fossi il critico di letteratura nel\nPiccolo, mi sarebbe facile parlarne. Disgra-\nmeute non ho l'ufficio della critica in alcun\ngiornale, e mi sarà difficile. Vorrò ad ogni\nmodo fare il possibile per trovarmi un po-\nsto dove parlare del vostro libro.\nCordialmente vostro\nSilvio Benco.\nLUIGI CAPUANA A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Cavacchioli,\nLe sono gratissimo del regalo di Le\nRanocchie turchine, e le chiedo scusa se la\nringrazio con ritardo. Sono stato un po'\nqua, un po' là ed anche occupatissimo, con\nun arretrato di lavoro addosso che mi fa\npaura. Questo m'ha impedito di occuparmi\ndel suo volume; ma Ada mia ed io ne\nscriveremo presto e come le sue liriche\nmeritano.\nSento il gracidio delle ranocchie attorno\nad esso, e son sicuro che a lei non farà\nnè caldo nè freddo. Ormai sembra impos-\nsibile che in Italia si faccia una discussione\ndi critica di arte, senza preconcetti e senza\npersonalità; dovrei aggiungere, senza vil-\nlanie e sguaiataggini. Peggio per chi la fa!\nUn libro vitale non è mai soffocato o uc-\nciso dal silenzio o dalle impertinenze.\nMi rammenti al Marinetti e agli amici\nfrequentatori del suo salotto, e riceva i\nsaluti affettuosamente sinceri di mia moglie\ne miei.\nLuigi Capuana.\nD. TUMIATI A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Sig. Cavacchioli,\n»\ngSHo ricevuto il suo bel volume, e La\nringrazio vivamente del dono. La sua poesia\nè originale ed Ella ha il vero senso del\nGrottesco; ma — mi lasci dir franco —\nla ispirazione sua è piuttosto malata.\nQuand'Ella abbia superato questa volon-\ntaria crisi, farà cose bellissime.\nCordiali auguri e saluti dal suo\nDomenico Tumiati.\nE. CORRADÌNI A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Cavacchioli,\nLa ringrazio del dono del suo volume\ne ammiro in questo molte cose d'origina-\nlissimo e arditissimo ingegno.\nCon tanti saluti, suo\nE. Corradinh\nA. BACCELLI A E. CAVACCHIOLI:\nCaro Collega,\nVivissime grazie a Lei della dedica cor-\ntese e del volume, nel quale — sebbene\nio sia formai troppo maturo per poterne\napprovare tante giovanili audacie — ho\ntuttavia ammirato una vibrante energia, un\nimpeto lirico e un colorito modernista che\nattestano luminosamente del suo ingegno.\nMi ricordi al Marinetti e mi creda cor-\ndialmente suo\nAlfredo Baccelli.\nA. S1CARDI A E. CAVACCHIOLI :\nPreg. Signor Cavacchioli,\nHo ricevuto il suo libro « Le Ranocchie\nturchine ». Ho letto molte belle e forti\npoesie. Avanti! Ecco ciò che posso dirle.\nHo letto anche una parte della Leggenda\ndella vita di Federico De Maria e tutto il\nVerso libero, un libro in prosa che pare\nscritto con robusta poesia. V'è dentro un\nritmo di corsa. Pare che corra assalendo e\ndistruggendo le vecchie forme. Se conosce\nLucinij gli rdica che mi ha commosso il\nsuo giudizio sulle opere d'Iginio Ugo Tar-"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.45", "texte": "POESIA\n\nchetti, Questo grande scrittore ha fatto\nperdere all'Italia un genio - morendo —\nEro un ragazzo io quando lo conobbi a\nMilano. Adesso ho tutti i capelli bianchi.\nSperanza nessuna e ricordi giovanili e me-\nlanconici moltissimi. Adesso a loro. Lavo-\nrino. Diano all'Italia la più grande lette-\nratura ! Gli scrittori debbono riconquistare\nil primato! Io credo nel loro avvenire! La\nringrazio per le parole scritte nel suo libro\na mio riguardo. Ciò mi fa sperare di essere\nconosciuto in Italia quando potrò loro man-\ndare le mie opere. Noi Argentini viviamo\nin un disperato anonimo. Nessuno legge\nqui. Al signor De Maria le mie congratu-\nlazioni; a Marinetti tanti cari saluti. Al\nsig. Lucini ed a Lei un forte abbraccio.\nScusi gli errori.\nBuenos Aires Dr. A. Sicardi.\nADA NEGRI A E. CAVACCHIOLI :\nSignore,\nLe « Ranocchie Turchine » sono uno\nstrano libro di vera poesia. È una poesia\nun poco malata, ma che appunto per questo\nha un non so che di perdutamente no-\nstalgico qualche volta, di diabolicamente\nbizzarro qualche altra.\nE la quartina è sempre così piena, così\n. . . . cantata! Mi piace.\nVoti e voti.\nAda Negri.\nF. SALVATORI A E. CAVACCHIOLI :\nGentile Signore,\nVoglia perdonare, in cortesia, se tanto\nho tardato a renderle grazie per il dono\nsuo caro, per il volume di versi fervidi e\nsonori che Ella con tanta gentilezza m'inviò;\nma la morte di una persona carissima mi\nha abbattuto in guisa che per gran tempo\nsono restato inerte, senza energie di volontà.\nOra fra le prime persone a cui torno a\nparlare è Lei, di cui non vidi mai il volto\nnè mai udii la voce, ma di cui mi giunse\nquesta strana parola d'arte. Io non sento\ngli spiriti e le forme di quest'arte strana,\ndove talora passa il ricordo del riso amaro\ndi Arrigo Heine e del riso arguto di Se-\nverino Ferrari, dove più spesso emerge il\nsegno incisivo del Goya, ma ne* suoi versi\namari ni'è apparso un ingegno gagliardo,\nal quale auguro la disciplina severa e la\nfortuna conquistatrice.\nMi ricordi come un amico lontano. Le\nstringe le mani\nFausto Salvatori.\nIn uno dei pr\npubblicheremo una parte degfin=\nnumerevoli studi critici, apparsi\nnei giornali d'Italia, di Francia\ne d'America, pr\n\"RANOCCHIE TURCHINE,, il cui\nsuccesso fu veramente strepitoso\n(4000 copie vendute"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.46", "texte": "LA VOIX DE LA VILLE\n\npar VALÉRE BRUSSOV\nTraduction textuelle du russe par VAuteur.\nQuand, fatigué, dans la nuit, je passe une rue so-\nlitale, et les murs sont somnolents, et les lanternes ne\ndisent rien, en délire,\nEt les spectres n'apparaissent pas, - j'entends par-\nfois, dans le froid silence, la voix de la Ville, comme\nun appel irrésistible.\nLa Ville me dit: « Toi, tu te dépèches ici, en vain\nsouci. Un autre, sur le lit de volupté, est arqué ridi-\nculement. Un troisième se courbe au dessus d'une table\ndans un repaire de jeu.\n€ Mais c'est moi seule qui suis vivante. Incom-\npréhensible, pour vous, je contemple, en reine, le silence\nTraduction libre par\nLorsque, harassé, je traverse à la nuit une rue soli-\ntaire, les rnurs sont endormis et les lanternes en délire\nse taisent,\nEt les spectres, affectueux ne m'apparaissent pas,\nDans le glacial silence, j'entends parfois la voix de la\nVille, comme un appel irrésistible :\n« Toi, tu te lmtes ici vers quelqu'embarras. Un\nautre, sur la couche de la volupté est ridiculement arqué.\nDans un repaire, un troisième se contraete sur une table\nde jeu.\n« Mais c'est moi seule qui suis vivante. Incompré-\nhensible pour vous, je contemple en reine le silence de"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.47", "texte": "de la nuit étoilée. Imagines-tu, que ce soit vous, qui\nm'avez construite?\n« Non ! les hommes ne sont que des atomes dans\nmon sang, et les maisons, que je tends dans le lointain\ndes champs, ne sont que des cellules de ma chair.\n<< Ainsi que la forét présente en été ses ramures\naux oiseaux, je vous prète mes richesses. Mais auparavant\nc'étaient vos ancètres qui les possédaient.\n« Nous ne sommes point égaux à l'échelle des\nètres, - moi et vous. A vous, de vivre quelques années;\nà moi plusieurs siècles. Et la famille des villes aug-\nmente toujours, en bourdonnant.\n« Et quand ma tàche mondiale sera accomplie, ce\nn'est pas à vous, ó enfants, que je vais léguer mes\ncendres grandioses; tout ce que contiennent fìdèlement\nces édifices.\n« J'ai des sceurs dans d'autres contrées de la terre.\nElles viendront retirer mes biens d'une fosse sépulcrale\net les garderont dans leurs murs nouveaux,\n« Et se moqueront des hommes du rire des forts ! »\nla nuit étoilée. Crois-tu que ce soit vous qui m' ayez\nérigée !\n« Non ! Les hommes ne sont que les atomes de\nmori sang. et les maisons que j'étends vers la profon-\ndeur des champs, ne sont que les cellules de ma chair.\n« Ainsi que la forèt au printemps fait don de ses\nramures aux oiseaux, je vous prete mes rlchesses ! Mais\navant vous c'étaient vos ancètres qui les possédaient.\n« Nous ne sommes point égaux à Péchelle des exis-\ntences. A vous de vivre des années, à moi de vivre une\nsuite de siècles.\n« Et quand ma tàche mondiale sera accomplie, ce\nn'est pas à vous, 6 enfants ! que je léguerai splendide-\nment mes cendres : tout ce que conservent jalousement\nces édifices :\n« J'ai des s ce ars dans des contrées étrangéres ; elles\nviendront retirer mes nchesses d'une fosse sépulcrale et\nles garderont dans Ieurs murs nouveaux,\n« et, du rire des forts, Elles se moqueront des\nhommes ! »\nValére Brussov.\nTrad. textuelle, du r\nTraci, libre par Alexandre Mercereau.\n\nPOESIA\n\nValére Brussov.\n\nINB. — POESIA ne publie que de l'sinédit.\nPOESIA pubblica solamente scritti inediti."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.48", "texte": "POESIA\n\nDU PAYS DE L'OMBRE\nAlexandre Macedonski\nÀ L'AMI MORT : RICCARDO BERGAMASCO.\nL'éphèbe aux pàles yeux, poème d'un instant,\nFantóme vaporeux, s'éteignit comme un réve,\nEt son heure ici-bas fut la musique brève\nQu' une magique flute achève en sanglotant.\nLe sinistre nocher, parut, — et l'envoutant,\nJe le vis s'embarquer et rester sur la grève,\nEt longtemps ma douleur ne connut point de trève,\nMais la vie est un baume et l'homme est inconstant.\nSeulement, malgré tout, l'éphèbe de Novare,\nClair de lune nacré dont le ciel fut avare,\nRemonte encor, parfois, de Poubli du tombeau ;\nLe nocher qui le prit, le ramène au rivage,\nEt je le revois frèle, élancé, pur et beau,\nEt me revois pareil à l'ami du jeune àge.\nTrad. dn roumain par /' Auteur.\n\nFLORENCE\nAlexandre Macedonski\nÀ MON FILS ALEXIS,\nUn lit à baldaquin, des tableau poussiéreux,\nUn clair azur, et des fenètres ogivales,\nDes cieux tout braisés d'or, des brises estivales,\nMe hantent, — gais rayons de jeunes temps heureux.\nDes yeux flambants aux nuits de feutres ténébreux,\nL'Arno, les confetti, puis les fleurs sans rivales,\nDes baisers affolants sonnant par intervalles,\nTout cela danse en rond sous mon burin fiévreux.\nLes masques : On plaisante, on cause, on crie, on hue\nPar la rue où dévale et grouille la cohue...\nOh ! mais ! le pur profil de vierges que voilà,\nLes beaux adolescents aux traits pleins de finesse!...\nEt cornine tout revit, et rit, car tout cela\nC'est Florence la belle et ma belle jeunesse !\nTrad> du roumaifi par VAuteur.\n\nROSA PRIMAVERAL\nSantiago Arguëllo.\nPARA F. T. MARINETTI.\nLe da à su madre de la noche el beso;\nà orar se apresta, y su sembiante alina,\nj Ni las alas de un pàjaro traviezo\nhan ruziado el sarmiento de esa vinai\nAl impulso de un mistico embeleso,\nmientras juega la luz en la basquina,\nen la sutil titilación del rezo,\nse ven temblar los labios de la nina.\nA esas rosas que adornan à Maria\nigual tal vez serà. Nadie diria,\ncuando ella el càliz de la fe consume,\nsi es labio que perfuma ó rosa que ora:\nj Lo mismo que en las rosas el perfume,\nla oración en sus labios se evapora !\nL éon~Nicara£~ua} ipoS."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.49", "texte": "POESIA\n\nPoemas de Andrès Gonzàles-Blanco\n\nITINERARIO POÈTICO\nI.\nj Ciudades que hemos visto al pasar en un tren,\nde las cuales à medxas sospechamos la vida!...\nj Oh, belleza de toda cosa no concluida\nque nos hace sonar con un magico Eden !...\nLa vieja diligencia espera en el andén...\nj Oh, qué fragmento de una novela no vivida\nguardarà este vehiculo que, en su marcha torcida,\nlleva, quién sabe donde, no sabemos à quien!...\nFodo esto lo he sentido cuando era adolescente,\nviendo algun curricoche que cruzaba algùn puente,\nó mirando una nina al balcón de su casa...\nTodo esto me arrancaba làgrimas de deseo,\nde indescriptible commoción y de mareo...\nj Oh, està belleza ùnica : la belleza que pasa !\nII.\nLas estaciones muestran todas las dulces glorias,\ntodas las suavidades de la pròdiga vida.\nj Miradas de mujeres, olvidadas memorias\nde un amor que rompiò la tierna despedida!...\ni\nj Remembranzas de la jnventud, ilusorias\nen fuerza de ser reales!... Tardes de una partida\nde campo... Besos sobre los labios... Las escorias\napenas ya nos quedan de aquella època ida...\nAl volver me recodo de ese ferrocarril,\ngustamos la fragancia de algùn pasado Abril.\nPero un dia llegamos a una estación lejana\nde la cual nadie supo jamàs decir el nombre...\nLa estación de la Muerte, en donde una mariana\nindefectiblemente se apearà todo hombre...\n\nHORAS DE AUSENCIA\nEn aquella noche de triste memoria,\nen el reservado de aquel\nme contaste, càndida è ingenua, tu historia,\nvictima inocente de un traidor Don Juan.\nCon tu pelo rubio loco y ondulante,\ntus azules ojos llenos de candor,\nen aquel ambiente de café galante,\ntu desentonabas, suave y linda fior.\nVirgencita rubia ; quién lo hubiera dicho,\nquién lo hubiera dicho, viéndote llorar,\nque fuiste la victima de un viril capricho\nque à la vida loca te logró amastrar!...\nPecadora, corno muchas pecadoras,\neres buena y santa, porque eres pueril,\nporques, sin que puedas remediarlo, iloras\nen las mananitas tépidas de Abril.\nPorque à tu existencia no te llevó el vicio,\nni el amor al lujo, ni la liviandad,\nporque, siendo nina, diste en sacrificio\ntu cuerpo corno una fior de caridad!..."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.50", "texte": "POESIA\n\nVirgencita rubia, triste y pensativa.\nEatre los placeres de la bacanal,\nno mostrabas una sonrisa festiva,\nsino un gesto altivo, serio y monacai.\nCon aquellos càndidos ojos de madona,\nparecias una novicia en clausura,\ny por tu mirada todo se perdona :\ntu cinismo alegre y tu vida impura.\nNo eres corno todas, pobre cortesana,\nque tienes un gesto triste y sonador,\nque eres el retrato de mi buena hermana,\nde mi buena y dócil hermana mayor.\nj Pobre cortesana, quien me lo dijera\nque en aquella noche de piacer vulgar,\nsentimentalmente yo me commoviera,\ntan sola y tan triste viéndote llorar!....\nTus ojos azules, del color del cielo,\nno expresaban ansias de sensual piacer;\npalpitaba en ellos un oculto anhelo\nde otra vida noble, divina mujer.\nCuando hablabas lenta, suave, parecia\nque estabas causada de tanto sufrir\ny tu voz banada de melancolia\ndestilaba un hondo tedio del vivir....\nPobrecita mia, què triste tu historia\nentre el taponazo loco del champàn,\nen aquella noche de feliz memoria,\nen el reservado de aquel restaurant?...\n\nTARDES EN UN CONVENTO\nI.\nj Locuras son las que mi mente suenaL.\nLa mujer à quein mas lìegué yo à amar\nfué una incògnita monja malaguena\nque en lo alto de un coro 01 cantar.\nAquella voz vibrante de soprano\ntenia un dulce y andaluz ceceo\nque, acompanando al grave canto llano,\nencendia las llamas del deseo.\nPorque el dulce ceceo persuasivo\noido en està iglesia conventual,\nen un amanecer de un dia festivo,\nen una hermosa rnisa matinal,\nme evocaba mujeres que yo he visto\nno sé si en una playa ó en un teatro,\nj I asi en la voz de aquella sija de Cristo\nobras mujeres son las que idolatro !...\nInflexiones de voz que yo he escuchado,\nsiendo un muchacho plàcido y burgués ;\ntimbres de voz que me han enlocionado\nen noches del invierno, en las soirèes...\nVoces de ninas rubias y hechiceras,\nque, con las fiorituras de una actriz,\ncantaban melodia extranjeras\nque un instante me hicieron ser feliz.\nII.\nEntraste en el convento de las Reparadoras\ny te pusiste el hàbito, que es un traje nupcial,\ny ahora pasas la vida cantando à todas horas\nmotetes en loor del Corderò Pascual.\nDe tu fervor no dudo ; tu vocación es cierta\npues espontaneamente à Dios te has consagrado,\nmas el hàbito mismo quizà en ti no despierta\nla ilusión de una boda que nunca has celebrado ?\nTu cantas en el coro... j Oh Asunción, cuando cantas,\ntu voz se eleva sobre la de las congregantas,\nque entonan fervorines à la Virgen Maria!...\nY hace que me recuerde esa voz de soprano\nde las pasadas noches de luna y de verano\nne que cantando un aria de Bellini tre ola...\n\nAndrés Gortzáles=Blanco."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.51", "texte": "POESIA\n\nL'ORIEΝΤ\nCostis Palamas.\nDe Jannina, de Smyrne et de Costantinople,\nLevantines chansons, chansons aux longues traines\nMélancoliques,\nGomme mon àme émue en vos traces se traine\nEt vole engourdie sur vos ailes de sinopie,\nCette àme qu'on dirait née de votre musique !\nUne mère — oh! le feu de sa caresse impure —\nVous mit au monde et chante et gronde encor en vous,\nRépandant des parfums lourds, énervants et doux.\nElle se courbe sous le sort sans un murmure\nL'orientale et langoureuse terre,\nEsclave du harem, àme toute de chair.\nEn vous pleure, chansons, du pauvre la complainte ;\nTout en vos strophes, la joie mème, est une plainte\nAmère et lente ;\nEsclave misérable et l'àme nonchaiante,\nJe suis un voyageur inquiet errant partout\nAinsi que vous.\nAu rivage d'où les caiques sont partis,\nOù ne restent plus que les algues et le lis,\nCloses les lévres.\nPuissé-je vivre une vie douce et solitaire\nExempt de tout scuci qui me donnàt la fièvre,\nSeul en le rève saint du ciel et de la mer !\nN'avoir que ce qu'il faut d'ètre pour végéter\nGomme un chène, un cyprès ou fumeur pour tracer\nMille méandres bleus avec de la fumèe ;\nMouvoir aussi parfois mes deux lèvres fermées,\nAfin qu'en vous j'attise\nLa lourde plainte qui toujours vous tyrannise,\nCommence, se déroule e ne finit jamais.\nEn vous vit, s'exténue un peuple fatidique\nEt quelque àme enchainée s'agite et se démène,\nAlors vous agitez vos ailes de sinopie,\nLevantines chansons, chansons aux longues traines\nMélancoliques,\nDe Jannina, de Smyrne et de Costantinople.\nIr ad. du grec moderne par Pierre Baudry."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.52", "texte": "POESIA\n\nFEU VESPÉRAL\nCostis Palamas.\n— Te rappelles-tu la pauvre cabane\nEn le vaste bois, auprès du piatane,\nLoin de tout village?\n— La cabane? oui, je me la rappelle\nComme une chapelle,\nGomme un hermitage.\n— Te rappelles-tu l'hermite au grand coeur ?\nEtait-il un klephte, un moine, un berger ?\n— Je me le rappelle et l'air encore pleure\nDe cette douleur\nQu'à flots de son luth sa main arrachait.\n— Te rappelles-tu son visage blème\nEt son corps penché ?\n— Mais je me rappelle\nAussi l'étincelle\nQui comme une gemme\nAllumait son oeil par les cils cache.\n— Te rappelles-tu le feu qui le soir\nEclata soudain dans le vaste bois ?\n— Je me le rappelle et toujours je vois\nDu bois ravagé les décombres noirs,\n— Te rappelles-tu ce qu'est devenu\nL'hermite qu'alors nul n'a plus revu ?\n—-• Je ne le sais plus, mais mon àme encor\nGarde la mémoire -\nDe l'humble logis,\nCar un jour je vis,\nSur les ruines noires,\nUn Amour mignon sans souci chauffant\nSes ailes d'archange et ses mains d'enfant.\nTraci. du grec moderne\n\nLA PAILLETTE DU GOUFFRE\nDr. Abdullah Djevdet bey.\nConnais-tu le départ en la nuit pluvieuse,\nOù nulle main d'ami n'agite le foulard?\nLe sombre train t'emporte ainsi qu'un corbillard,\nS'envole expirant son haleine furieuse.\nNulle main n'a cueilli les perles de ma peine,\nEn de froids ennuis mes rèves sont congelés\nEt la lune blafarde en la nue avait les\nRegards compatissants qu'on devinait à peine.\nNul coeur n'a palpité sur ma détresse rare,\nJ'ai passé pour heureux, ò bonheur infamant,\nTa caresse a meurtri mon sein, ò dure gioire:\nSous les baumes d'ave saigne mon coeur d'amant.\nMes chemins souvenus abondent de bruyères\nQu'irrorent de leur sang les orphelins nu-pieds;\nTu fais sourdre en mes yeux les larmes de mes frères,\nO douleur titillante, ò divine Pitie !\nTraduction du turo par /'Auteur."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.53", "texte": "POESIA\n\nTHE SINGER'S JOURNEY\n\nI.\nOn te closed door I knocked and knocked again,\nIt was so cold without, the wind and rain\nBuffeted me, and made me sick and sore\nAnd no birds sang, and night came on, and o'er\nThe surging wind rose pitiful sad cries\nFrom all the souls cast out of Paradise.\nOn the closed door I knocked and knocked again\nTill I grew tired with bitterness and pain.\nI made no fine resolve, I dropped no tear:\nI knew that God was good and she was dear:\nOnly I wondered why these things had been,\nWhy I was glad I loved, that she had seen....\nShe was too pure to care, perhaps too cold,\nSo, in the \"wilderness I should grow old\nW ith but the memory of hor wide grave oyes\nTo comfort me, shut out Irom Paradise.\nOn the closed door I knocked and knocked again\nAnd suddenly it opened on a chain\nAnd I peered close, and eager locked inside —\nThen turned me to the world that waited wide: —\n'Twas not for lust I sufferes, not for sin:\nI was barred cut to let a loved one in.\nII.\nAnd so from Paradise I turned my feet:\nThe wide world called me, and I ran to meetj\nThe salutations of the wind and rain,\nFor I was sick with bitterness and pain.\nThen called the mountains and the grassy hills\nBroad streams and rivers, and small tinkling rills:\nAnd there were forests wonderful and dark\nAnd when the shrill wind ceased, sweet sang the lark:\nAnd I forgot lost love in pleasant places,\nfound other heavens, and sweeter faces\nSmiled from the lake, or laughed behind the reeds,\nBut in the night the heart that's stricken bleeds,\nAnd ever I wandered restless. The old pain\nGripped at my heart and made me sad again.\nThen once at dawn-time, by a reedy pool\nA goat-legged fellow cried « Come hither, fool,\n« And learn the tune thas makos the world roll round:\n« Life, lust and laughter mingle in the sound:\n« 'Twas made with longing and with tears and fire,\n« But laughter conquered it, and mocked desire. »\nAnd then he took his pipe, this goat-legged man,\nAnd all the winds cries: « Hark, the song of Pan:\n€ Pan who is god of flocks and herds, who dwells\n« Deep in the woods a-weaving curious spellss,\n« And tunes that sob for joy and thrill and weep —\n« That charm to laughter or that scothe to sleep ».\nAnd so I listened, all amazed and glad\nThe while he sang, now merry and now sad.\nIII.\nAnd bye and bye Pan made a pipe for me,\nAnd when I took the pipe, I seemed to see\nVisions of bodied-thoughts, gay-clothed or dark,\nAnd each thought made a sound: and seme the lark\nTook for his song — the gayest did he take; —\nBut I for mine took sombre ones, to make\nA mournful wail for my lost love, but while\nI sang, I did forget my woes and smile.\nAnd then the sweetness of the tunes I made\nThrilled me, and I forgot my grief and played\nEntraptured, with the sounds that charmed me best;\nAnd I made songs for pleasure, while the West"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.54", "texte": "POESIA\n\nCrimsoned beind the dark enchanted woods.\nStill by the reedy pool, in varying moods\nAll night beneath the moon I laughed and sang,\nAnd through the shadows joyful echoes rang,\nAnd presently dryads slipt from tree to tree,\nNymphs from the field and stream crept close to me,\nAnd stealthy satyrs; and web-footed men\nClimbed from the lake; and from a fairy glen\nCane trooping little people with bright eyes\nAnd listened wile I made them melodies.\nThen slender women, with white limbs, and hair\nDusky as night, sought out my reedy lair\nTo hear my singing, and the loveliest one\nLay in my arms until the night was done.\n• •••>.•• •• •\nThus have I quite forgotten God and found\nJoy in this world that tumbles round and round,\nAnd a new Heaven I know, new faith I hold;\nAnd I shall have my songs when I am old.\n\nDouglas Goldring.\n\nWhen God shall please\nFred. G. Bowles.\nMy ship sails forth on many seas\nUncharted and unknown,\nFor O, my ship is my strong soul,\nAnd I am not alone.\nSome harbour fair shall welcome me,\nSome warm persuasive breeze;\nAnd with my Pilot I shall be —\nWhen God shall please.\nMy ship sails back at dawn of day,\nAnd storms may rage in vain ;\nMy Pilot meets rne in the bay,\nAnd I have hope again.\nTorn sails, and naught to shelter me,\nTossed by tempestuous seas ;\nBut with my Pilot I shall be —\nWhen God shall please.\n\nLove's sweetest melody\nTŕainslated from the French of Hélène Vacaresco\nby Fred. G. Bowles.\nThe sea hath its voices,\nThe wind whispers, too;\nMy heart it rejoices\nBecause it hath you.\nBut Love's sweetest music\nIs not in the air —\nIt sings to me always\nBecause you are there !\nThe day brings the sunlight,\nThe night brings a star;\nBut sunlight and starlight\nAre just where you are.\nFor Love's sweteest music\nIs when you are near —\nMy soul hath no doubting,\nMy heart hath no fear."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.55", "texte": "POESIA\n\nPRINTEMPS\nAndré de Ridder.\nÀ MAURICE GAUCHEZ.\nQuand Ruf entra dans le jardin, les paupières encore lourdes\nde sommeil, la joie claire du renouveau lui entra dans les yeux,\nbrusquement... Le verger, du fond du jardin, agitait la bienvenue\nde ses innombrables mains chargées de feuilles et de fleurs. Dans\nle lointain, il était baigné de lumière douce et caressante et, avec\nla blancheur de ses floraisons, s'érigait comme une aube. Une\nsuite de grands bouquets blancs, roses et violets, semblait avoir\nété plantée en terre, parmi la verdeur des arbustes frais.\nA coté des pommes et des cerises en fleur, les jeunes hètres\net les peupliers portaient tissée une denteile fluide de valenciennes\nvertes. Les grappes blanches éclataient dans la lumière du matin,\ntoute neuves et toutes pures, pendant que des fleurs balancées,\nun parfum acre et doux affluait.\nIl fit quelques pas à travers les allées ratissées, le coeur sou-\ndainement inondé d'une paix très douce et d'une joie nai've.\nC'était dans lejardin une fète universelle. Les fraisiers étalaient\nles rubans des boulevards de leurs fleurettes jaunàtres, les pre-\nmiers lilas balancaient leurs thyrses au dessus des parterres.\nBientòt les iris allaient fleurir; entre les hampes roidies de leur\nfeuillage abondant les calices futurs se gonflaient avec des tons de\npourpre ardente. La vie renaissait dans chaque pousse.\nDe nouveau, Ruf laissa errer ses yeux vers les pommiers\nfleuris aux corolles roses, sur les fraisiers aux fleurs blanches, sur\nles pèchers aux fleurs violacées et puis sur tous les feuillages\nmenus des arbres droits, si idéalement verts d'un vert tendre,\njeune, velouté que n'avaient point encore sali et durci le vent, le\nsable et la chaleur de l'été.\nC'était comme un songe qu'il vivait... Il marchait à petits\npas, attentif aux nouvelles pousses, regardant d'un ceil curieux\ntoutes le plantes et tous les arbustes... Une douceur tiède baignait\nson àme, la fròlant de caresses endormeuses.\nLe long des plates-bandes était éclose déjà l'opulence des\nrhododendrons> tout alourdis de leurs grosses touffes de calices\nconjoints aux couleurs et aux flammes cramoisies ..\nComme la poussée était belle et combien riche et multiple\nla symphonie des couleurs printanières !\nRuf ne pouvait assez se réjouir du spectacle rare du renou-\nveau. Au bout du jardin, la chute neigeuse des corolles imma-\nculées, la grande blancheur fondue et transparente du printemps\nfleuri, la fragilité gracieuse de toutes ces fleurs délicates auréolant\nles branches noueuses ne cessaient de charmer ses yeux.\nIl évoqua tout à coup le souvenir des petites Communiantes\nqu'allaient, à pas prudents, fìères de leurs robes blanches e de\nla pureté de leur cceur ignorant, le long des sentiers de son\nenfance, le long des sentiers fleuris, où embaumaient les aubépines\net que bordaient les arbres de mai joyeux... Leur voile flottait\nderrière elles quand arrivait le vent ; il flottait tout gai, comme\nun drapeau de fète. Le long des chemins, dans la clarté du matin\net la fraicheur de la rosée perlée, c'était une longue procession\nvers l'église, une procession d'enfants blanches, d'enfants pures...\nLa remembrance était bienfaisante.\nSongeur, Ruf alla s'accouder à la balustrade. Il regarda les\nprairies voisines* où des trainées de pissenlits et de pàquerettes\némaillaient la verdeur veloutée des jeunes herbes. A gauche une\ngrande drève s'ouvrait, cloìtrée d'ombre, et à travers les feuilles\nde ses branches un peu de soleil tombait, poudre d'or volup-\ntueusement caressante... Et plus loin, Ruf suivit le triple ruban\néclatant du canal ; la coulée bleu-grise de l'eau, l'ocre brutal du\nchemin de halage, tout sablonneux, le vert foncé de l'herbe abon-\ndante, puis encore les berges aux tons roux....\nIl eut alors subitement l'intuition bienheureuse du vide lumi\nneux et béat de ce matin. Toute la campagne était deserte... le\nciel était bleu, scintillant d'une lumière diffuse et impalpablement\ndorée ; un pigeon le traversa, à grands coups d'ailes bénisseurs.,.\net le soleil de mai chauffait tout doucement, suspendu haut dans\nle ciel immensément serein... Une bonne odeur flottait.\nUn rève...\nEt puis, tout a coup, sans motif et sans cause, il ne put\ncomprendre de quelles sources cachées de sa conscience montaient\nces relents du passé, il songea à son Annie, à la chère petite\nAnnie, à sa jolie poupée d'amour... Comme il Tavait aimée ! Tout\nétait fini maintenant... Il revit la blancheur tiède de son corps,\nles pointes roses de ses petits seins durs, tout son visage pas-\nsionné et ses yeux séducteurs ; il respira son parfum, l'essence\nfine d'héliotrope qui impregnait son linge... et aussitòt il se mit\nà pleurer, à sangloter follement, bètement, sans savoir pourquoi,\nse demandant si c'était de joie ou de regret...\nTraci, fai flamandpar V Auteur."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.56", "texte": "POESIA\n\nDie Helden des Simplon\nBenno Geiger.\nIm Berge zwei Lokomotiven harren,\nvon einem Riesentor entzweit.\nEin heisser Drang- bewegt ihr Vorwàrtsstarren.\nEin Schrei durchreisst die Diisterkeit.\nDu Tor von Eisen, lass die Riegei fahren,\ngib deinen Fliigeln freien Lauf!\nHeil dir, da Tor von tausend neuen Jahren!\nIhr neuen Sieger schreitet auf!\nEin starkes Leben weihtet der Beschwerde\nihr nackte Helden jahrelang;\nunsichtbar drangt ihr durch die Nacht der Erde\nin des Gesprenges Wiederklang.\nEs floh der Berg, durch dumpfe Schàchte schauernd,\nvor euren Spaten Stùck bei Stùck;\nihr wischtet, stumm auf seinen Trummern kauernd,\nvon eurer Stirn den Schweiss zuriick.\nDort war die dunkel unbebaute Brache,\ndie Schweigsamkeit, das Rohgewicht;\nhier war der Blitz, der Hauch, die knappe Sprache:\ndort war das Chaos, hier war Licht.\nSo ruhe, Gott, im heitern Donnerschalle,\nvom Werk der Woche wohlgemut!\nDer siebte Tag ist dies: ihr Mànner alle,\nwas ihr vollbrachtet, es ist gut.\nSo ruht euch aus! und mustert nicht die Scharten,\ndie sich der Stahl im Quarz gehaun:\nihn auszuwetzen, werdet euren Garten\nihr einst damit im Lenz bebaun.\nDen seinen jeder, der euch auf der Wage\nnicht eingeschrànkt, vom Strauche frisch,\ndas unbesoldete Gemiise trage\nim Maimond fur den Fruhstuckstisch.\nDu Tor von Eisen, òffne dich! Doch kommen\ndie Bergarbeiter schon ins Land,\nden Spaten ubers Sckulterblatt genommen,\ndas Arbeitsentgelt in der Hand.\nIhr zieht vom Berg ins Tal herab und wendet\nden Rùcken dem durchstochnen Schacht\nAch, trùbes Los der Arbeit, die vollendet\nnur mehr die Seele traurig macht !\nDen Weg des Werks verfolgt in alien Landen\nihr ohne Ruhe, ohne Wahl:\n« Welch Ararat, welch ein Gebirg der Anden.\nverlangt, Gesellen, unsern Stahl ?\nWelch Meer will Deiche, sich daran zu brechen,\nals wie der Mensch an seinem Zorn ?\nWelch Meeresgrund ist irgend aufzustechen ?\nwelch Land begehrt des Schififes Sporn?\nWelch andrer Tat mag unser Leben taugen,\nauf dass der Dampf, seis Zug seis Schiff,\ndie Lòwen einst mit seinen roten Augen,\ndie Wòlfe schrecke mit dem Pfiff ? »\nLateinisch Blut, zerstreut in alien Winden,\ndu gleichst dir selbst noch immer sehr:\ndu weisst noch jeden Weg der Welt zu finden....\nweisst nicht mehr den der Wiederkehr.\nIhr seid noch stets die stàhlernen Kohorten,\nVeliten-und Triarenheer\nDoch unsre Toten liegen allerorten\nals tot herum auf Land und Meer.\nDu Tor von Eisen!... Grosses Rom vereine\ndie Heldenschar von altem Schrot\num dich herum! Gib jedem Mann das Seine:\ndie Hymnen des Triumphs und — Brot."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.57", "texte": "POESIA\n\nCENTAURE E FAUNE\n\nSUBRE UN DESSIN D'EN RODIN\nLOU CENTAURE.\nFraire campèstre, estajan de la séuvo,\no cabro-péd! véne! que sus rnoun pitre\nfrairalamen te sarre.\nAi vanega, siéu sadou d'aire cande,\nLa naturo sei sabo aveno dins mei veno,\ne mei passien, feroujo fan calamo,\nmai un arsi qu'es pas de dire m'estrancino!\nfraire as-ti coumo iéu de pressentido estràngi?\nLOU FAUNE.\nEnliasso me dins tei bras, ò centaure!\nque tei flanc rescaufon ma rusco.\nSénti'me tu lou couràgi de viéure,\nsegur, lou couràgi de viéure.\nMa naturo bestiaio me peso!\nQue noun ai coumo tu lou lamp de quatre batol\nsouto l'arcounsèu deis aubre,\nsubre la cimo dei roco\nmei passien libramen, coumo lei tiéu, s'afanon,\ne pamens.... e pamens.... vourriéu, coumo te dire!\nau calabrun vourriéu m'espoumpi dins leis aire,\nvourriéu m'endeveni, de ieu meme èstre escàpi,\ne l'estelan m'atiro.... un pivelàgi estràngi....\nLOU CENTAURE.\nEstràngi, ò, cabro-péd! sus lei counfront d'un mounde\nvaraian touti dous. Sèmpre nouesto pensado\n\nSUR UN DESSIN DE RODIN\nLE CENTAURE.\nO frére agreste! habitant des forèts!\nviens, 6 chèvre-pieds ! que sur ma poitrine\nfraternellement je te serre.\nJ'ai parcouru le monde, je me suis enivré d'air pur,\nma force s'est accrue de toutes les séves de la nature,\net mes passions irrésistibles sont satisfaites,\nmais une inquiétude indéfinissable m'agite !\nfrére, n'es-tu pas tourmenté comme moi de rèves étranges?\nLE FAUNE.\nEnlace-moi dans tes bras ò centaure!\nque tes flancs me réchauffent.\nJe puise en toi le courage de vivre,\noui, le courage de vivre.\nMa nature bestiale me pése!\nQue n'ai-je comme toi quatre pieds rapides comme l'éclair!\nSous le dòme des arbres,\nsur la cime des rochers\nmes passions, comme les tiennes se satisfont librement,\net cependant... et cependant... je voudrais, comment te dire,\naux heures crépusculaires je voudrais me dissoudre dans l'air,\nje voudrais disparaitre, m'échapper à moi-mème,\nles etoiles me font reirer, une.... une attraction étrange....\nLE CENTAURE.\nEtrange, 6 chèvre-pieds, sur les confins d'un monde\nnous errons tous deux. Toujours notre pensée"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.58", "texte": "P OESIA\n\npus luen, pus luen s'en vai, es quaucaren que greio\naquel àrsi, dirias, coumo en dintre....\nLa terrò m'aparten, de bout en bout l'estarpi,\nmai l'Ether! mai l'azur! mai lei founsour de l'airel\nah ! s'aviéu d'alo ! d'alo ! d'alo !\nLOU FAUNE.\nDigo, ò centaure, escouto :\npantaii bèn souvènt qu'en fouero de moun orvo\nsiéu escàpi, invesible, uno puro pensado....\nLoU CENTAURE.\nGarden si! cabro-pèd! l'oumbro es pieno d'engano!\ne la vido es tant bello ! Aimen, louchen, visquen\nnouesto boueno vidasso a mita diéu e besti.\nE lei dous èsse fabulous\nlei uei fissant leis uei\ns'estregnon\nValére B\nCAPOULIÉ DU FÉLIBRIGE.\n\nplus loin, plus loin s'en va; c'est quelque chose qui germe\nce désir, dirait-on, comme en nous-mème....\nLa terre est à moi, je la parcours hardiment en tous sens,\nmais l'Ether! mais l'azurl mais les profondeurs de l'air !\nah! des ailes! des ailes! des ailes!\nLE FAUNE.\nEcoute, ó centaure,\nje rève souvent ètre sorti de ma gaine de peau\nètre libre, invisible, une pure pensée....\nLE CENTAURE.\nPrenons garde! ò chèvre-pieds !\nles ténèbres sont pleines d'embuches !\net la vie est si belle ! Aimons, luttons, vivons\nnotre bonne vie, moitié bètes et moitié dieux.\nEt, les yeux dans les yeux,\nles deux ètres fabuleux\ns'étreignent.\nCAPOULIÉ DU FÉLIBRIGE.\n\nValére Bernard.\n\nIn preparazione:\nGUFO REALE\nromanzo di Paolo Buzzi\nLUSSURIA VERDE\nromanzo di Enrico Cavacchioli"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.59", "texte": "POESIA\n\nIn morte di Cesare Lombroso\nPaolo Buzzi\nUomo, belva,\nDelinquente, belva minore,\nGenio, belva più belva delle belve.\nE la tua morte, o piccolo Padre\ndai piedi di bronzo vacillanti\nin cima due secoli,\nmi rimembra ore di pace augusta e di mistero\nentro gabinetti anatomici straricchi\ndi scansie dorate dal sole su teschi di Mostri\nper lunghe file ghignanti ed in silenzio.\nTu carezzavi le calotte gelide con mano gelosa\ncome l'amante il caldo nudo ombelico all'amante.\nDa fuori, l'eco meditabonda\ndel coro dei pazzi, saltellante e grave,\nparea il Fugato estremo alla Musica della Vita.\nAve! T'amai per una tazza di caffè che m'offristi\nsul tavolino lercio d'una bottega di Durano\n(era l'ottobre malinconico che fa sentire\nai Vecchi molto bisogno dei Giovani) :\ne per le lodi che desti al mio tenue libro, ma caro,\nsu la Pellagra nella Provincia miliardaria di Milano:\ne per quanto mi segnasti\nsulla cera dell'anima, a colpi d'unghia,\ndall' infanzia beghina :\nchè ne sbocciò, poi, grande\nla mia corolla salmastra purpurea di corallo.\nAve ! Mi depongo,\nfiore del mio bel mare autonomo in tempesta,\nsulla tua tomba loica democratica\nd'Uomo che squarciò vivo gli uomini\ne volle, cadavere, essere squarciato.\nAve, Palombaro Antropofogo di te stesso,\nPilota all'oceano delle ombre\n— se tornino o non tornino spiritiche. —\nAve, pei Miserabili!\nVINCITORE DEL I CONCORSO DI « POESIA »,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.60", "texte": "POESIA\n\nRONDINI\n\nPER CORRADO GOVONI.\nPer ripolir la Casina,\nrimasta chiusa molt'anni,\n— quattro finestre e un balconcino\nrivolti al sole,\ncome boccuccie brune di viole,\ninghirlandate di vite, —\nper preparare il nido alli sposi\nhanno distrutto i nidi delle rondini.\nVennero e foraggiarono\nlustrando nei contorni,\nsulla facciata bianca e ridipinta, —\noh, come linda e civettuola,\ntra i pampini sfoggiati e rinverditi! —\nnon trovaron le rondini i nidi:\nTroveranno li sposi\nla camera nuziale della nonna,\nle gialle ghirlande dell'impero,\nsopra il parato di cretonne-ponceauy\nil copripiedi di seta cangiante\ntagliato dalla gonna della prozia elegante,\nche vide i balli del Beauharnais ;\nvi troveranno il talamo\nfresco, ampio, rimboccato,\npei baci e per la prole,\ncon una venerabile e tarlata culla a lato,\ntarsia sfoggiata del Maggiolino.\nLe rondini passarono chiamandosi,\nfosco lamento alato:\npigolìi per il cielo intenerito; —\nprofumi per l'erbe smaltate:\npoi si raccolsero a stuolo\nsopra il comignolo fuligginoso.\nAvevan ritrovate le mure disfatte,\ntra le palme dell'oasi, e ad aspettarle intatte,\nle nicchie polverose che guardano i nidi.\nAvevan ritrovato camelli e santoni sul margine\ndelle sabbie infuocate ed infeconde.\nSi erano riposate sulla cuba moresca e vetusta,\ntra le pietre sconnesse\ndove avevan posato pei secoli\nle defunte covate progenitrici ;\ne riudir al silenzio meridiano,\nchiamare il muezzin la preghiera.\nTrascorrevano in fila lontane\navvolte nei cacik le carovane ;\ncavalcate ondeggiavano d'Arabi\nal volo dei bianchi bornus,\nal lampo damascato di lunghe carabine.\nTrovarono la Sfinge\npiù deH'altr'anno sfaldata,\nsevera, in cipiglio ed annojata ;\nla Piramide bionda diroccata :\ntouristes d'ogni paese\nmascherati all'inglese,\nbourricos, asinari,\nvegliardi, fellahs,\ndinastia incretinita discesa dai Faraoni;\ndei pastori anglicani;\nla miss col velo azzurro :\nil cielo in un susurro indefinito"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.61", "texte": "POESIA\n\ndi piccole vite comprese e sciorinate;\nsapidi moscherini del fango del Nilo,\nper l'inesausta prodigalità\ndel delta straripato.\nRinnovaron le congreghe alla sera,\nalla luna rotonda,\nsótto la cupola slabbrata e tonda della moschea ;\nriabitar nei nidi della loro famiglia,\ngrigi e rappresi di densa fanghiglia ovattata,\ne, nell'eterna indolenza orientale,\nlibrarono di nuovo volanti libertà.\nOggi, nell'altra patria europea,\nnon trovan più i nidi sospesi,\ntra trave e trave, sotto la gronda,\nma nuove pitture ed il sito\ndelle recenti verniciature.\nNon più il silenzio augusto della valle,\nnel sonno vede delle piante antiche.\nIl giardinetto è rimondato\ndalle gramigne tenaci e parassite;\nla ghiaia è lucida;\ns'adagiano i rosai sopra ai sostegni;\nhan seminato legumi e violacciocche;\nl'acqua ha ridato l'anima liquida alla fontana\nche si era inaridita;\nhan restaurato il gallo rosso, e verde alla meridiana\nin mezzo ai segni gialli dello zodiaco; —\nla vecchia Colomba rialza la persiana\ndella sala da pranzo e guarda affaccendata sulla via.\nRondini, li Uomini, se fanno il nido,\ndistruggono il nido alli uccelli;\nsaccheggian la natura per la famiglia lutura,\nin questa società meticolosa :\nl'oriente vi riserba molle e barbaro\ncasa e pastura; l'igiene qui vi abborre,\nsparge disinfettanti a prevenzione,\nestirpa dalla vita, illogicamente,\nogni putrefazione.\nOggi, a covar la vita di un bambolo europeo,\npelurie di cigni, battiste aracnidi,\ncarne d'alberi annosi, polpe di frutti,\ncristalli di miniere, tutto il verziere in fiore,\nspoglie e messe del mare e del campo ;\ndelicatezze, svenimenti e feste,\ncerimonie e intervento della burocrazia;\nlavoro e sudore del padre,\nun grido disperato, lagrime e sangue di madre.\nAttende li ospiti la bianca Casina;\nfuga quindi le rondini.\nLa vecchia Colomba in cucina,\nattizza vampe nel vespero :\nriflettonsi nel rame delle pentole\nalacri fiamme alla cena.\nIl girarrosto ad orologeria\nscocca i minuti dell'ora culinaria,\ntra l'odor delle spezie svampate dal dispensino,\nrosola in sulle bracie, il paffuto cappone,\nbatte col cuor della vecchia Colomba,\nsi specchia nel lucido ottone\ndei candelieri incisi di una greca,\nripete il suo lento torneo\nnel luminello della cazzeruola a bugne del pasticcio,\nfrigge e schioppetta,\nimbalsama di salvia rosolata\nfraganze al ben venuto della sposa aspettata.\nQuindi la sonagliera scroscia sull'erta,\nne segna, a pause, le svolte e le ansanti salite,\nsgrana il suo tintinnio d'argento e di cristallo,\ndentro la polvere, sopra le ramore\nbasse e frusciatiti nel ballo\ndella brezza leggiera che corre al tramonto.\nLa corriera che rotola e romba,\ncoi vetri che fremono,\nmassiccia e sgangherata centenaria\ncon le tre buone razze,\nspelate, soffianti a guidaleschi,\ns'arresta alla porta.\nPrecipita lesta,\ndalla portiera sconnessa e spalancata,\nbatuffolo viso di riccioli biondi,\ndi sete clair-de-lune,\ncon mille veli, con lungo strascico\nla nuova Signora;\ntraversa la via, imbuca l'androne,\ncometa che guizza, dal folto, a un burrone"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.62", "texte": "POESIA\n\ndi nuvole a nuvole in cielo ;\nla segue il Signore commosso e sudato.\n« Buon giorno, Colomba ! »\nmormora la vocina\ntumida di sorrisi e di malinconia.\nColomba si schiva impacciata alle soglie :\n« Buon dì Signoria ! »\nsfòggia la riverenza dismodata\ne s'inchina e l'accoglie.\nSventola allegra una bandiera di fumo,\ndorata ciarpa di fata,\ndall'antico comignolo ringiovanito;\nsi svolge lentamente nell'aria pura e serena\na fugare, coll'ultimo raggio di sole,\nsperanze di rondini in pena,\n— « Via, dalla ringhiera del curvo balconcino,\npettegole, ciarliere, irrequiete e troppo mattiniere :\nalla mattina conviene lasciar riposare li sposi. »\nOra cala la sera;\ne va sospesa col fumo una prescienza oscura.\nIl bacio scocca la rivelazioné :\nstride la rondine in cerca del nido\nangosciata e sorpresa :\ne col pianto e col riso\ns'aulentica d'amore la Natura.\n\nG. P. Lucini.\n\nDesiderio\nLibero Altomare.\nA PAOLO BUZZI.\nSe io non fossi poeta, vorrei essere tabro :\nun meccanico destro, gaio, dal volto scabro,\ndai muscoli flessibili come l'acciaio puro,\nil petto ampio e sbuffante come il mantice oscuro,\nla bocca quale tromba argentea che sbaraglia\nla fatica, e la mano dura come tenaglia.\nEbbro di ferro e fuoco,, gavazzare in un'orgia\nd'acri odori, nel bujo antro della mia forgia\nquasi dentro un serraglio ; mescolare alle sorde\nvoci la mia canzone....\n— ... Ringhia la lima e morde\ncome la jena; il trapano rugge; balza il martello,\nil maglio, pachiderma, barrisce nel cervello. —\nTra scoppi, fischi e rantoli carezzare la brace\nfulva come criniera ; e alla bocca vorace\ntoglier la preda quando il mostro non si addorme.\nVeder l'aborto, nuovo Proteo, mutar di forme\ned il metallo struggersi come midolla tersa\nal multilingue amplesso de la fiamma perversa.\nPoi, temprar la spada che guizza e s'arrovella,\no lucidare un'agile canna di rivoltella\no un proletario vòmere, e con là stessa mano\n— ch'à risanato il fragile cuore d'un areoplano\ntatuata di fuliggine, inguantata di morchia,\nstrimpellare una stridula musica sovra il torchio.\nBattezzar col mio sangue la cute degli ordigni\nchirurgici, insidiare-l'anima degli scrigni ;\npreparare nell'ombra le future vittorie\ne incider la mia cifra sui lutti e su le glorie."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.63", "texte": "POESIA\n\nDa “I CORSARI„\nEnrico Cavacchioli\nPOEMA DRAMMATICO IN TRE ATTI\nA B. TEDESCHI.\nATTO PRIMO.\n11 racconto della cattura delle navi.\nIL CORSARO :\nDalle loro caverne all'improvviso\nle sirene guizzarono nel mare:\nfrustaron l'onda di lor risa\ne il porto apparve dalla luna intriso.\nGocciavano le antenne dei navili\nperlami, al fiotto delle chiglie gravi,\ne si cullavan placide le navi\nsull'ancore dai rossi arti sottili.\nCiminiere esauste aspettavano\nsoffi di fuoco negli aperti bronchi ;\nangosciate le macchine con tronchi\nbramiti nella notte alta ansimavano.\nE le sirene entrarono nel porto\nper la loro rapina, sotto agli occhi\nde' fanali. Suonavano a rintocchi\nle campane di qualche Chiesa a morto.\nSuonavano a rintocchi, a tocchi rochi\nor più vicine, or più lontane, sole,\ninebriando al vento loro gole\nd'azzurro e di sereno in mille giochi.\nTaciturne nuotavan le sirene,\na quei suono. Tentavano le prore\ndormienti in un nostalgico languore\ne tiravan dal mare le catene.\nCautamente le ancore spezzavano\nfiorite di vermiglie attinie ardenti,\ne guizzavano in furbi ondeggiamenti\nscardinando le maglie che schiantavano.\nI marinari, immersi in loro sonno,\nsotto coperta, delle amanti illuni\nsognavano, sospesi tra le funi\nferrigne come in un intercolonno,\ne le sirene un frivolo cantare\nbisbigliavan così per suaderli :\ngocciavano le antenne verdi perle\nlunari con un lento singhiozzare...\nTutte le navi addormentate, allora\ntrascinaron dal porto alla deriva\nle Sirene, legate alla lor viva\ncapellatura palpitante d'oro.\nE per il mare aperto come il palmo\ndi loro mano, al lume della luna,\nnavigarono in tacita fortuna,\nsolennemente, senza remo e scalmo.\nNavigarono in fino all' alba chiara\nche si disfece in lacrime di schisto,\nvia per il mare lampeggiante tristo\nche scoperchiava il sol come una bara...\nII canto delle femmine malvagie\nsi faceva più intenso e sonnolento;\nsi udiva il roco progredir d'argento\ndi loro monodie nel ciel di brace.\nCresceva in soavissima follia,\nin magica catena di delirio,\nfluttuando così, senza respiro,\nin un rosso sospir di nostalgia,\ne cullava i nocchieri addormentati\nin quel suono, in quel sogno,\nin quell'angoscia\nsenza fine nè cielo...\nCosi' quella voragine li prese\ne ritorse le navi come mostri\nferiti che arronciglino ne' rostri\ngli agguati le perfidie e le sorprese.\nIl sole, allora, come un ostensorio\napparve sul cantar delle sirene,\ne più forte cozzaron le catene\nfinché non sprofondò tutto il mortorio...\nIo solo ! Io solo ho rotto 1' incantesimo !\nE la vendetta mi ha percosso ! E' l'ora\nFora divina della libertà!...\n(La folla risponde come famelica, con un\nsolo grido disperato :)\n— Vendetta !\n— Per i nostri figli !\n— Per\ni nostri padri !\n— Siamo sole!\n■— Siamo\nvedove !\n— Ahimè !\nVINCITORE DEL II CONCORSO DI \"POESIA,,."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.64", "texte": "POESIA\n\nSOGNI DEL MARE\nAntonio Deni.\nA MARIO RAPISARDI.\nUn giovane balza nell'aria silente e lancia una sfida.\nEgli si tuffa e sparisce d'un tratto fra l'acqua spumeggiante\nmentre l'eco della sua voce si perde fra i gorghi...\nIn fondo salta di balza in balza, per valli fredde e buie dove\npolipi immani sgranan terribili gli occhi giallastri, passa per città\nabbandonate sacre di silenzio e di macerie, dove sulle vie di ba-\nsalto riposano vecchie carcasse ove torreggiò la gloria, vecchi\nponti ove irruppe la giovinezza con impeto altero; passa per\ndormenti pianure solitarie cosparse di ferro, traversa altissime\nbrughiere d' alghe dove s'abbracciano e si cullano gli scheletri\numani tragici e silenziosi.\nIn alto, sulla sua testa, è un rapido spumeggiar di sogni. Il\nmare s'affretta a salire le sponde gonfio di brame e sembra mormo-\nrare strane parole alla riva. Così, spesso, s'avanzano l'ore grigie\ndel male, con un fosco turbinio di larve e nella notte immota\nsembrano passare a sciami taciti pulviscoli cinerei che giungono\nda lontano.\nOra nella notte serena s'odono respiri affannosi nelle penom-\nbre azzurre delle palazzine, dietro le piccole tende delle finestruole\nmosse dal vento, s'odono mille bisbigli fra i curvati rami ove gli\numori della madre terra ascendono gorgogliando i tronchi degli\nalberi. Anche laggiù, da più secoli, Aci Castello sfida il fuoco e\nil mare e il vento fischia dentro ai suoi larghi finestroni e muore\nstenuato sul dorso annerito di un vecchio cannone.\nE sembra un bisbiglio giri eternamente coli' aure intorno a\nquei muri fasciati di muschio, sembra che un fiato umano esali\nda quelle polverose rovine d'onde, a tarda notte, si levano stan-\nche larve che vagolano brancolando per le vuote prigioni...\nArriva ancora pei giardini silenti il fragor sordo del mare\nche s'infrange negli spechi remoti ove nereggia il basalto o fra\ni neri scogli ove fiottano i fasci di licheni.\nLontano, a destra, un pulviscolo d'oro abbagliante precipita\nsiili' ampia città. Un vociar languido giunge a ondate per 1' aria\ne sembra l'anelito di un'anima innamorata che veda il calar del\nsole della propria giovinezza.\nOr si, or no incalza rabbioso lo strepito degli organi volanti,\nlaggiù, nel porto, si sperde fioco l'ansito delle ciminiere e il ran-\ntolo delle gravi catene uscenti dall'acqua.\nCome un sogno, nel tramonto la città sembra riardere di vita,\ncon le sue vie gonfie di folla in moto, con le sue case piene di [caldi\naliti, di acri odori e di fiati umani; con le sue fucine abbagliati che\nmandano dalle bocche aperte fumo e faville, con i suoi tempj\navvolti d'incenso e d'armonie; con gli opificj risonanti dove le\nmacchine lanciano la luce sui fili di metallo e coi giardini pieni\ndi bisbigli e di richiami, con i teatri echeggianti di applausi e di\ntrilli, e le prigioni piene di bestemmie e di ruggiti, con gli altari\nbianchi che ascoltano gli affanni e le umili preghiere, e i luridi\npostriboli dove il dolore scoppia in risata, il bacio si snoda in\nmorso, dove si danza, si muore e si sputa sul mondo !\nIntorno al mare azzurro è una brama di lotte, nei viali se-\ncreti, nelle palazzine snelle, è un tormento di baci.\nDal e errazze si leva una celeste melodia di violini ed una\nfervida voce echeggia nel cielo già adombrato dalla mestizia della\nsera che viene.\nE le verdi persiane,\"rimaste intorpidite nel sognante meriggio,\nora si schiudono per ascoltare, e la fanciulla sente l'alito del mare\ne 1' armonia di quella voce scenderle all' anima avvolgendola in\nun'onda di piacere.\nCorre in tanto per 1' aria una divina fragranza di magnolie\nche accende lo spirito di un ardore di conquista, aprendo all'anima\nun'ondata di suoni e un fiotto di luce che lascia intravedere sem-\nbianze di cose sognate, plaghe lontane di mondi ignorati..."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.65", "texte": "POESIA\n\nLe cœur implacable\n\nA AUREL.\nJ'ai peur d'ètre vieille : mal des passions, c'est vieillir\nque de ne plus t'éprouver !\nMon coeur a cessé d'ètre actif de cette activité dans\nJaquelle la vie s'accroit, se magnifie et s'absorbe.\nLes souvenirs du passé, scellés les uns dans les\nautres, comme les anneaux en airain d'une chaìne brisée,\ntrainent derrière mes pas et me suivent avec le bruit\nque doit faire la marche d' un revenant, mort depuis\nlongtemps.\nJe ne suis mème plus triste\nMon indifférence prend la profondeur implacab!e\ndu mépris.\nMon coeur, aujourd'hui, je ne t'ai pas senti.\nJ' ai vu de la douleur, de la mort et tu ne t'y es\npas mèle.\n— € Mon fils va très mal ; venez le voir, a supplié\nla vieille mère, en m' implorant du geste de ses mains\nsèches ».\nJe lisais ; je n'ai pas levé les jeux et j'ai dit:\n— « Pourquoi viendrai-je? »\nLa vieille continua :\n— « Venez, je vous supplie. Vous avez été son\namour ; soyez la divinité près de sa douleur. Dans la\nfìèvre, il crie votre nom. Lia ! Lia ! c'est atroce de voir\nainsi mon enfant mourir sans la consolation que votre\nprésence peut seule lui donner !\n« Lia! Lia! Vous lui direz une parole, un mensonge\ndoux, un mot de charité.... pour la dernière fois. »\nImpassible, je répondis:\n— € Pourquoi mentir aux mourants, si je n ai pas\nmenti aux vivants. »\nMon cceur, aujourd' hui, je ne t'ai pas senti. J'ai\nvu de la douleur et de la mort et tu ne t'y es pas mèlé !\nLa vieille a pris mes mains et forte de détresse, a\ntire mes pas jusqu' à sa maison.\nDans la chambre du fils, j'entrai.\nIl tourna vers moi ses yeux, beaux de fièvre et '\nmurmura :\n— « Lia! je vais mourir. Je suis heureux car je\nmourrai près de vous. La vie aurait été laide, puisque\nvotre àme orageuse n' a pas fléchi, puisque vous vous\nètes repliée sur vous-mème devant les mots de mon\namour. »\nJe ne le regardai pas. Mes yeux suivirent par delà\nles fenètres la vigne ambrée qui serpentait comme le\ncaprice d'une écharpe, autour de la petite maison.\nJe ne vis pas, que sa tète, lasse de 1' effort, était\nretombée sur l'oreiller.\n— « Il ne passera pas la nuit ! » murmura le souf-\nflé de la mère.\n— « C' est probable », répondit le courage affreux\nde mon indifférence loyale.\n*5*\nMon coeur, aujourd'hui je ne't'ai pas senti. J'ai vu\nde la douleur et de la mort et tu ne t'y es pas mèlé.\nL'agonie de l'enfant commencas Le désert fut par-\ntout en lui, excepté dans son coeur. Son delire fut encore\nde T amour gémissant sous la blessure ou se dévorant\ndans l'appel des mots."}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.66", "texte": "POESIA\n\nSoudain reparut la lucidité, cette dernière clarté de\nl'esprit, qui marche devant la mort pour mieux la guider.\nMa bouche, il la voulut. Je la lui donnai comme\nr infirmière présente à un malade les bords froids d'une\ncoupé.\n— « Si j'avais continue la vie, dites, m'auriez-vous\naimé ? »\n\\ — « Non »\nEntendit-il ce mot? Je le crains. Je crois qu'il mourut\nau moment mème où je le prononcai.\nje le regardai sans émotion, malgré Y effort, en\nnotant sans regret que maintenant il était beau.\nDe cet amour, je ne sus mème pas fairé un flam-\nbeau allume à la torche funéraire de ce lit où Tenfant-\nhomme venait de mourir.\ns\nMon coeur, aujourd'hui je ne t'ai pas senti. J'ai vu\nde la douleur et de la mort et tu ne t'y es pas mèlé.\n\nCæcilia Vellini.\n\nTRISTESSE\nJean Dorsal.\nÀ MADEMOISELLE BRAUNEROVA\nPaysage plongeant aux Gouffres de mes yeux\nMon àme se contemple à vos faces diverses;\nElle est gouleur d'azur comme le sont vos cieux,\nA votre aube elle a pris la Gioire qui la berce.\nElle vibre à l'éclat des chaleurs estivales\nEt sous un soleil fixe énerve ses ardeurs,\nElle a les repentirs que les Couchants exhalent,\nDe votre Nuit pensive elle tient ses pudeurs.\nVoici tous ses Passés aux lourdes chevauchées\nDe vos Nuages bas écrasant les lointains;\nElle dort, comme on voit vos collines couchees,\nSous le manteau des Bois aux longs plis incertains,\nVos larges Horizons sont ses mansuétudes,\nVos Forèts son mystère et vos Prés sa bonte ;\nDans vos Vallons déserts songe sa solitude,\nSous les troncs h&ut-levés rèvent ses volontés,\nElle doit, comme vous, pousser tous- ses feuillages,\nDe la fleur du Printemps, faire jaillir uri fruit ;\nSous ses Rameaux dressés abriter tous les àges,\nEpanouir le sol à la Sève qui bruit.\nO ses appels à l'astre auquel tout se feconde\nAiguisant comme un dard ses désirs triomphaux\nSeront-ils entendus, pour que surgisse au monde\nL'oeuvre pure ou la mort ébrèchera sa faux !...\nMais à peine a-t-elle eu la Paix de la Lumière\nQue sur ses Monts, où pleut l'inattendu d'un soir,\nDans la détresse à son automne coutumière,\nL'orage échevelé traine son haillon noir."}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.67", "texte": "POESIA\n4Ì\n\nDA LA CANZONE DEGLI UMILI\nMario Puccini.\nALL'ASINO LONTANO.\nPer una strana ironia, asino, le nostre anime si sono prese,\nquella volta. Salivamo - ricordi ? il sentiero pietroso ed il maggio\ncanzonava la nostra lentezza con le voci delle anime inebriate,\ncon effluvii di profumi ignoti, con le giulive armonie del suo\nfiorire, invano attendendo un coro della nostra meraviglia. Tu,\ncui di recente il potere egoistico deiruomo aveva tolto il diritto\nd'amare, ti sforzavi nell'ascesa dolorosa e non potevi avere inni\ndi dolcezza per quella vita ardente che ti si mostrava e che tu\nricordavi di aver vissuto, quando non invano la femmina annu-\nsava l'aria nel desiderio di te. Ora, dopo una sofferenza atroce\ndel corpo, l'anima si apriva alla completa sventura e tu ritrovavi\nnel lento giro dello sguardo, volto alla montagna, i luoghi dove\npiù la femmina t'aveva soddisfatto.\nSeppelliamo, o amico, quest'onda di ricordi che ci serra la\ngola e non ribelliamoci.\nVedi ? La sorte ci ha fatto così e ci ha divisi.\nLontani, forse ci ricorderemo. Vicini, per la mia necessità o\nper il mio egoismo o per la malvagità che s'impone alla com-\npassione tu forse mi avresti padrone sdegnoso.\nOra mi ricordi. Salivamo ed io non osavo richiedere alla\ntua debolezza uno sforzo che gli altri asini sapevan fare.\nTu eri immiserito, povero amico, come la mia anima.\nL'ho detto: i nostri palpiti in quel lento andare, ebbero un\nmomento di passione.\nTu, perduto l'orgoglio del maschio, inorridivi per le pros-\nsime fatiche, a cui per sempre sarebbe mancato il sollievo del\npiacere.\nAmico, la natura è cattiva, nel suo creare e chi soggiace\nnon avrà conforti.\nMe lo dicesti (credi che io dimentichi?) in uno slancio di\nsincerità e d'odio verso la vita.\nPerchè t'avevan creato ? Nemmeno la consolazione di fare dei\nfigli l'uomo aveva lasciato per ricompensa al tuo sudore. Nulla.\nChe ti rimaneva, asino?\nCombattere e lottare. Tu lo sai, amico, che è questa la sorte\ndi tutti gli umili, il retaggio, ecco Y ingiustizia, dei lavoratori\nonesti.\nNon ribelliamoci. Anch'io, sai, mentre tu narravi la tua storia,\ncalcavo le vecchie orme di una vita e m' avviavo, soffrendo, a\nformarne di nuove.\nVane orme, se tutto il resto della natura è così grande da\nseppellirle con un semplice alito. Non m'illusi. Fu specialmente\nin quel momento della nostra salita, quando ogni bellezza riful-\ngeva e le montagne intorno mandavano lampi di meraviglioso\nardire, che io perdetti la completa illusione dei vecchi sogni.\nE con te vissi, perchè il sole volle esserci compagno, fino\nall'ora in cui il bianco spino della siepe si abbassò al nostro an-\ndare, la calma del rassegnato che si contenta del fonte per la sua\nsete, che si soddisfa de sole per il suo lavoro, che gioisce e\ns'inebbria per lo stellato che testimonia il suo sognare.\n&\nAsino, questo libro è nato in gran parte nell'ora strana in\ncui le nostre due anime perdevano l'orgoglio della propria forza.\nNon ho migliorato, credimi, per vanità nè per valore. Sem-\nplice sono restato e semplice mi offro al maggio della tua mon-\ntagna, nè altro chiedo che il tuo compiacimento."}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.68", "texte": "POESIA\n\nLE MUR\nJoseph Billiet.\nLa route solitaire et lente qui monte,\nlasse du lourd soleil où bourdonne et chante\nl'essaim multiplié des lumières, —\npendant les heures en feu du jour —\ns'alanguit vers le mur circulaire\nqui protège l'enclos et bastionile la tour.\nTu fus jadis celui qu'on redoute,\nO Mur!\nAlors qu'il n'y avait pas de route\npour monter vers toi.\nSur\nde ta force dure et de l'effroi\nque tu dressais,\ntu te dressais\nsur la colline, cornine un guerrier\nd'or et de sang,\nsous le soleil.\nComme un noir guerrier\nd'ombre et de sang,\ntu cachais de ton cimier le soleil!\nMais le temps a passe sur ta superbe\net tu n'es plus qu'un pauvre mur où pousse l'herbe\nde l'indecise ardeur et du songe incertain.\nTon audace est tombée aux souffles des nuits vaines\net celle qui sur toi se penche le matin\ncueille un peu de ta chair au parfum des verveines#\nMais tu es le bon mur vers qui monte la route\nde mon àme qui fuit les villes où l'on doute\net que le dur soleil alanguit vers le soir.\nEt je goute, à l'abri de ta courbe caline,\ncomme dans un mystique e tendre reposoir,\nton ombre parfumée au soufflé des glycines.\n\nLE GAVÉ\nAxel Adam.\nÀ L'AUTEUR DU «ROI BOMBANO E»\nÀ F. T. MARINETTI.\nPrèt à faire sauter sa pansé\nLe gourmand ne se sent repu\nQue lorsqu' il soufflé et n'en peut plus\nMettre. (Honni soit qui mal y pense!)\nAvec avidité, de tout\nIl a mangé; plus que son ventre\nFurent gros ses yeux. Eh! que diantre!\nLe gourmand n'est fait que d'un trou!\nBéatement, pour les assiettes,\nIl a des regards satisfaits\nEt fait honneur à tous les mets.\nOeil humide, rouges pommettes,\nEstomac gami, ventre lourd;\nEn tas, affalé sur sa chaise\nEt, pour ètre plus à son aise,\nGilet débraillé. Comme un sourd\nGrisé, gavé, repu, il rève\nEn ronflant comme un vieux sonneur,\nLes mains sur son ventre, de peur\nQu'il ne crève !"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.69", "texte": "POESIA\n\nA Paz Ferrer\nLa Canzone della promessa\n\nI.\nViolenza, Violenza,\npugno d'odio rattratto\nfra le chiome della Paura,\nViolenza,\nultima forza, ultima musa, ultima furia,\noggi per te ho superato\nl'alta cima nevosa,\nquando ho sentito per la tua gran febbre\nardere i miei polsi giovanili,\nquando ho sentito pel tuo gran respiro\nagitare le mie ali,\nquando ho sentito sotto il tuo raggio d'oro\nsplendere il mio oscuro capo, nel Sogno.\nViolenza vendicatrice,\ntu, chiamata dal cuore\ndi tutta l'umanità,\nsorgi tu, Violenza, dall'abisso\nove t'incatena il sonno,\nove t'incatena la pace e la vecchiezza,\no Violenza, sorgi, balena in questo cielo\nsanguigno, stupra le albe,\nirrompi come incendio nei vesperi,\nfa di tutto il sereno una tempesta\nfa di tutta la vita una battaglia,\nfa con tutte le anime un odio solo.\nII.\nPaz, sorella, io ti chiedo:\n— Riconoscerai tu, ancora, nel regno,\nla giustizia del re cristianissimo,\nriconoscerai tu, ancora sul mondo,\nla giustizia del dio infinito?\nPaz, sorella,\nbuona sorella che credevi\nnell'Innocenza,\nse tu potessi spalancare i grandi occhi,\noffuscati di lacrime!\nPaz — m'odi? — un ignoto\nti parla: solleva tu il volto,\nguarda il cielo; sorridono le stelle!\nIn fondo, par che rombi il mare:\nè la vita, che romba: non temere,\nsorella.\nSe tu potessi guardare l'Ombra,\ntu vedresti quali sono, quanti saranno\ni vendicatori!\nPreluderanno la canaglia ostiaria.\narsa e sanguigna,\ndagli antri ignoti, dalle oscure spelonche,\ndalla vita, dalla miseria\nper te vendicare.\nPaz, mite e buona sorella!\nEcco: ed ai morti di ieri\nsi aggiungono morti,\naltri morti :\nsedevano ieri sull'oro,\nportavano forse grandi mitrie d'oro\npestavano forse le sabbie d'oro\ncon sandali d'oro,\nsi aggiungono morti, altri morti:\nChe tragica cosa il ritorno !\nChe orrenda conquista il domani !\nSorella, tu piangi, perchè?...\nIII.\nLa Tirannide ti ha ancora percosso\ncrudelmente, sulle guancie,\no Giustizia,\ne la Chiesa ha ancora fornicato\nnel tuo sozzo letto,\no Assassinio!\n(Un grande fascio di scuri ora ha levate\nsulle livide braccia la Vendetta,\npoi che graffi con le unghie disperate\ndel Destino la porta benedetta!)\nL'uomo era solo, l'Uomo\nera forte. Ma la foresta\ndella barbarie lo cingeva. Poi\ndiscesero i lupi ululando famelici;\narmato era l'Uomo...\n— Tu sarai vituperata o Nazione,\nfin che non rialzerai il fronte\npurificato!\nTu sarai maledetto, o re,\nper sempre,\nanche se chinerai il tuo fronte,\ncontaminato! —\nnella tremenda caccia\nla foresta fremea di canti cupi,\nombre giganti, fantasmi di passato,\norribili, tutti i mostri, tutti gli orrori,\nsi agitavano.\nL'Uomo era solo, e sorridea:\nEra solo. Lottò e sorrise\nfin che fu spento.\nMa qual magnifico"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.70", "texte": "POESIA\n\narcobaleno,\ndischiuse l'alba sul cielo d'oriente!\nQual ponte di fuoco gettò l'Avvenire,\nai fati, da tanto, preclusi!\nE quale gran selva\ndi spade arcangeliche,\nlevossi rugghiando,\nnel sole, nel sole che addita il cammino?\n— Avanti, al Destino !\nIV.\nPaz, sorella, tu accogli\nquesta Canzone,\naudace speranza e promessa.\nPerdona s'io t'offro\nrose di morte\nche han fragranza d'odio:\nma puro e sincero io ti offro\nnon il mio cuore: il cuore\nnostro. Perdona, sorella.\nIeri, fiacchi, lasciammo\nuccidere la Verità,\noggi sentiamo sul viso\nnostro,\nla vergogna del tempo presente\nNoi pure uccidemmo tuo padre.\nAh, ieri, non c'era,\nnon c'era forse gioventù nel mondo?\nNoi pure uccidemmo tuo padre.\nPerò tu disponi del cuore\ndei tuoi fratelli, ora: tu dividi\nil buon pane per la santa\ncausa: tu accogli il voto\nprofondo, tu passa la mano\nsoave sul nostro fronte\narido.\nDomani\n\nEnrico Cardile.\n\nACHAB\nFernand Mazade.\nDepuis l'illustre jour qu'il avait su les charmes\nDe croire au Dieu plus beau que le soleil levant,\nSes gardes stupéfaits l'apercurent souvent\nQui priait à genoux dans le bosquet de charmes.\nMais, de nouveau poussé vers les tristes vacarmes,\nVers les basses splendeurs d'un eulte dépravant,\nIl a, ce matin mème et pour jamais, devant\nL'idole de Baal, brisé ses pures armes.\nEt cela, Jézabel, parce que, l'autre soir,\nA demi nue en ce vétement rose et noir,\nTu donnais un parfum de myrrhes incertaines,\nParce que les lions, pour saluer la nuit,\nCommen9aient à rugir du cóté des fontaines,\nQu'un orage était proche, et que ta lèvre luit\nDe vices ignorés par les Samaritaines."}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.71", "texte": "POESIA\n\nAUTORITRATTO\nNicola Marchese.\nVetta di cui, per folgori, la chioma,\nnovissimo roveto, arse, la fronte;\nfalde, le tempie, di Soratte; il monte\nche sa il giambo di Orazio e guarda Roma.\nSolchi, le rughe, che l'aratro lento\na bere apri di tutte l'albe i pianti;\ncovi di falchi, l'orbite, sognanti,\nper desiderio d'ombra, un sole spento.\nIncudin salda, il cuore adamantino,\nche un gran fabbro provò nel suo lavoro,\ncon il maglio dal manico di cerro.\nFulvio, del sangue mio fior novembrino,\nl'altro di nacque, crisantemo d'oro,\na correggere il mio destin di ferro.\nVènia mi ottenga la confessione.\nNo, da scuola nessuna io non derivo;\ne non, se tardi io mossi e tardi arrivo,\nmi trattenne maestro da sermone.\nNulla io, dunque, da greci e da latini,\nveracemente lo confesso, appresi;\ne tutto, o almen m'illudo, io ne compresi,\nforse perchè fur miei concittadini.\nOr io mi batto, per non esser vinto\nnè dal passato nè dall'avvenire,\nalle spalle ed a fronte, un contro cento;\npoi che, per triste e per allegro istinto,\nmi repugnò di nascere e morire\nnel carnasciale del Rinascimento.\nCombattere vogl'io tutte le guerre,\ndel maggior sole nell' incendio vivo ;\nspender io voglio il lungo giorno estivo\nconquistando ad Amor tutte le terre.\nMa se, del voler mio forte più forte\na me contrasti l'ultimo destino;\nse antiveduto, come il Valentino,\nabbia io mai tutto già, fuor che la morte;\nchiuderan solco angusto e breve legno\nil cuor mio grande, e di lunghi echi onore\nnon avran la mia lira ed il mio plettro-\nSognato avrò pari alle gesta un regno,\nuna corona pari all'equatore,\npari all'asse dell'orbe un regio scettro.\nSuoni a stormo, o Fiorenza, ogni campana,\ne ne scuota un gioir novo la fune;\ne riviva nel fior del tuo Comune\nla vermiglia stagion repubblicana,\nNo, non voglio aspettar Cosimo; ed io,\ncosi a Certaldo tardami l'andare,\nnè men voglio il magnifico aspettare\ndi ser Agnolo amico e signor mio.\nPer i cardini gai rida la porta,\nl'ostel mi sia della letizia aperto:\nson allegro oggi anch'io, contra l'usato,\nBon dì, Giovan Boccaccio, e ben tornato\nda Napoli. Sta bene re Roberto?\nSai? Dulcinea, la mia regina, è morta."}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.72", "texte": "POESIA\n\nIL LATTE\nAldo Palatini.\nFRAMMENTO\nCompagno, io sento nelle vene e in fondo\nal cuore e agli occhi e nella fantasia\noccuparmi il tuo affetto,\ncosì che tutto Tesser mio, in dolce\nmodo accostato alla tua vita, io sento\nd'amar per tua cagione :\nanele delle tue strette, le mani,\ne dei baci, la bocca, e questo mio\nseno ai baci anelante\ne cercato dai baci, come a estate\ni preziosi grappoli assaliti\nson da dorate api,\ne destinato ai baci d'una nuova\nape, che brillerà piccola diafana\nal sole, in casa nostra,\n(\na succhiar le mammelle e da esse trarre\nanche tutto il tuo amor, tutta la nostra\nsalute, io ti prometto !\nSappi, unico Amico, a cui fo parte\ndel pensiero e del senso, a me un affetto\nnuovo nutrisce il cuore,\ne a te che scelsi e che solo comprendi\nla maestà della Fiumana pura,\nin ciel, di bianca luce,\nla maestà d'una Fiumana bianca\nche da quella discende e si riversa\nfeconda sulla Terra,\ne vedi noi, eterni bimbi, a gara\nper la dolcezza, immergervi e ritrarne\ntraboccanti giumelle,\nspargendosi essa per le vie del mondo\na insinuarsi nei meati e nelle\npiù recondite vene,\npronta a sorger coi suoi vivi zampilli\nnel giardin dell'Amore e fra le rose\na inaffiare la vita\n(Il latte, — credo — il succo della nostra\ne d'ogni stirpe, come l'alma luce\nha origine celeste,\ne come l'acqua che pura cadendo\nla Terra inaffia: la feconda Terra\ndei nostri corpi penetra,\ne ne raccoglie il suo vital sapore. )\na te confido che io sento, o Amico,\nla vivissima gioia\ndella sorgente, che alla luce sgorga\ne che mi fa adorar questo di rose\namoroso giardino,\ndove Ei verrà per succhiar le mammelle\ne da esse il tuo amor tutta la nostra\nsalute, io ti prometto !\n10 mi amo per te, per te io dono\n11 principio del riso e della vita\ncoll'essenza del sangue:\nEgli berrà quanto potremo offrirgli,\ne il principio del pianto e della morte;\ntanto può la natura.\nIo, colla fronte accesa gridai: No!\nAuspice ai baci nostri sia la gioia!\nE le stelle assentivano\ndal cielo profondo, alte, sorridendo,\ne il firmamento era inteso alla Terra\ne in sè stessa la Terra.\nDalla finestra aperta un soffio fresco\nnella mente guizzò, con dolci goccie\ndi rugiada, cadenti\ndal cielo, dove pareano brillare\nper una luce lontana, infinite\ninfinite infinite.\nTu le spargesti, o delle Dee Fegina\nda le mammelle, e diventò ciascuna\nben degnamente stella,\nperchè non fosse invano sparsa mai\nla materna energia. Così pensando\nmi volsi alla giacente,\nche: Senti, disse, senti questo lungo\nlamento? Amico, ho freddo e ho paura,\nE, lo senti, un vagito.\nEsso è la voce eterna dell'eterno\nbimbo, che agogna a ber dalle ricolme\ntraboccanti giumelle;\nè il vagito del bimbo, o Vittor Hugo,\nche il seno irrigidito più non scalda,\ndove gelata brilla\nuna goccia di latte in cima. Amico,\ntu mi perdoni se la troppa gioia\nmi dà tristi pensieri,\nse vedo, mentre comincia la nuova\nvita che al sole dedico, nell'atra\nnotte salire un astro.\nA stella assunta è quella goccia gelida,\ne attinger non si può l'arido labbro\ndell'Infante perduto."}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.73", "texte": "POESIA\n\nNOTTURNO\nOttorino Modugno.\nNoi siam gli spettri de' pensieri tuoi;\nnoi siam gli spettri de' pensier di lei.\nG. CARDUCCI.\n\\\nE l'ora solenne: l'odio e l'amore\nsi fanno potenti\ne sono gli accenti\ndi pianto e sono cocenti\nle labbra che premono labbra.\nPassione, dispetto, dolore\nin quest'ora solenne\nsi fanno potenti.\nIo penso, non veglio:\nvegliare vuol dire soffrire;\nio penso e non soffro.\nVan per la mia stanza fantasmi\nch'io scerno e distinguo;\nsenza farmi punto soffrire.\nAppaiono e vanno\ncosì come noi ne la vita.\nE sono i fantasmi d'un tempo\nche lieto mi parve:\nsono di donne le larve\nche vanno, che vanno, che vanno\nnel tempo che tutto disperde.\n10 penso che sono vissuto,\nche vivrò pure dimani.\nPenso e ricordo: non vivo.\nNessuno più vive\nin quest'ora solenne.\n11 silenzio mi avvolge.\nChi dorme è certo infelice\nperchè può sognare la vita.\nIo non sogno:\nmi sembra di essere morto:\nnon sento bisogno di nulla.\nSono tante fiammelle nel cielo\nche sembrano faci di vita.\nMa ecco: il pensiero mi addita\nun'altra fiammella.\nTu vegli e perchè?...\nNon puoi tu forse dormire?...\nPensi tu forse di me?...\nIo guardo la tua cameretta\nch'è tutta una luce\ned è tanto buia la via!...\nLo senti tu pure il viandante\nche viene con passo affrettato?...\nLo vedi ? s'è quasi fermato\ned ha sollevato lo sguardo\na la finestra tiia luminosa.\nEcco: ora guarda la mia\nChe pensa?... che crede?./\nRiprende il suo passo affrettato\ncredendo si vegli un malato.\nE scomparso: non s'ode più nulla.\nChe pensi tu buona in quest'ora?...\nIo penso tanto di te!...\nVorrei nel silengjo solenne\nchiamarti sì forte\ne dire ch'è pure solenne\nl'amore che avvince alla morte.\nVorrei proclamare te sola\nfra tutte le donne sovrana.\nVorrei la parola tua buona\nche fosse vangelo.\nVorrei nel silenzio solenne\nfuggire fuggire fuggire\nportandoti meco\nlontano,.... lontano lontano\nove non c'è menzogna,\nove non c'è clausura,\nove la mente sogna,\nove la donna è pura.\nLontano lontano lontano\nin un paese bello\nove l'amore regni,\nove la vita insegni\nch'è sacro ogni fratello.\nLontano lontano lontano\nove noi scorderemmo\nun passato funesto;\nove i fantasmi strani\nche ci avvincono il core\nfuggissero gli umani;\nove non c'è dolore.\nEd essere noi due\ned essere si soli\nda non udire nulla\nsi come in quest'ora solenne\nche siamo noi\nfra tanti dormenti,\nfra tanti sognanti,\nnoi due che soli pensiamo.\nUn altro viandante si affretta\nal riposo: lo senti?...\nUn canto sorge pure di lontano:\nè certamente un ebro\nche simile a bruto\ncerca la tana che trovar non sa.\nIn quest'ora solenne\nla vita ferve ancora silenziosa.\nFra tanti dormenti,\nfra tanti sognanti,\nfra l'odio e l'amore frementi\nnoi due soli, amanti\nper non essere riamati,\nnoi buoni che il Fato contende\na la Felicità\nrassegnati attendiamo\nun'alba di luce novella\nche forse mai non verrà."}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.74", "texte": "POESIA\n\nΤERRE POLESINE\nG. Bulgarelli.\nA L'AVV. CAV. UFF. ANTONIO BONOMI.\nFili d'erba, sottili arbusti e poche\nfoglie arse su le rame rattrappite,\nspinosi sterpi magri e ischeletrite\ncanne cricchianti nel sopor di stagni\nassorti in un amplesso di quiete,\nerano tutto ciò che molte valli,\nal querulo fruscio dei lor canneti\nintente e silenziose, ne l'attesa\nd'una possente pia fecondità,\nrecavano qual frutto de la terra\nin cui le accidiose acque di cento\ne più secoli a forza imprigionati\naveano i germi d'un gran foco ignoto.\nFin ieri, ogni anno, ne gli estivi mesi,\nsotto i distesi campi de la landa,\narse quell'atro foco e il greve fumo\nesalante dal suolo che le piogge\nnon riuscivano a spegner più copiose,\nstingeva il sole e su le smorte cose\nde i luoghi diffondeva un odor secco\ndi bruciaticcio tra palude e mare.\nFra quella torba limacciosa o ardente\nla gente in un desio di redenzione\nfin ieri consumò gli umili sogni\ne, ne l'eterna lotta coi bisogni,\nle sue virilità giorno per giorno.\nCome era triste e senza giovinezza\nentro quei piani il senso de la vita\ne come anche la terra disfiorita\nparea fra quelle stirpi solitarie\nche non avevan prati e campi d'oro\nnè palpiti ne l'aria a primavera!\nA lor non apparian che dogliose\ned esili sembianze affumicate\ndi corpi brancicanti tra le glebe\nognora immerse nel diuturno foco\nche un ignoto poter crebbe in lor seno,\no in una prima assenza di pensiero\nattoniti al romor de la marina.\nGenti d'umanità sconosciute\nin un amplesso strette di languore,\no genti stanche in cui il passar de Tore\nnon risvegliava mai l'anime mute,\no create e vissute in privazione,\ngenti d'Iddio, nè meno il sol mirare\neravi dato in tutta la purezza;\nchè proprio quando la miglior bellezza\nde l'oro suo sciogliea per altri cieli,\na voi, tapine, pel goder non nate,\nesso, l'inafferrabile, l'atteso,\nappariva offuscato da le nebbie\ne dal vasto nel ciel fumo sospeso.\nMa oggi non più. L'ingegno e la tenacia,\nin un concorde umano sentimento,\na spegnere riuscirono quel foco\ne, ne la pugna, ad ottener vittoria\ncontro l'incalcolabile nemico.\nOggi non più: chè le pulsanti nuove\nforze de l'Uomo, vigili nel bene,\nin cento scoli e piccoli canali\ncostrinsero gli stagni e l'acque chiuse\ned il concime ne le torbe incluse\nle opime sue virtù fecondatrici.\nNel cuore pregno de le zolle un giorno\nsterili e calde ora germoglia un seme\nche biondi crescerà ampi maggesi.\nSu la resurrezion di forze nuove\npiù pronte ad aver vita ed alimento\nin una terra vergine, non tocca,\nsplenderà presto finalmente il sole\nda la nuvola fosca liberato\ned il suo mite raggio sfavillante\npotrà mirare l'uomo ritemprato,\npiù sano, forse, più contento e ne la\nsua semplice umiltà più rassegnato.\n\nΝΟΤΤURNO\nLibero Ausonio.\nEcco: pallido e muto in ciel viaggia\nil volto della luna indifferente.\nIn questa notte, in questa notte aulente\nti canterò una mia canzon selvaggia.\nUna canzon che nel profondo petto\nmi ha risvegliato un'alba verginale,\nin una bianca castità liliale\ndell'azzurro sereno ampio al cospetto;\ne fra torride biade prodigiose\nnella rovente chiarità solare\nsu dal petto l'ardor canicolare\ncon tremiti, con fremiti m'esplose.\nIlare e baldo è il mio canto silvestre\ncome garzon temprato al sole al vento,\ngiocondamento libero e contento\nnella salubrità dell'aria agreste.\nEd ha fragranze insolite, un'ebrezza\ndi vegetali aromati diffusi :\nfortor di solchi nella notte schiusi\ncommisto a odor di fresca giovinezza.\nE sa di baci vergini, di baci\nmeditati nell'ansie giovanili,\nsu vereconde labbra femminili\ncolti da bocche virili voraci.\nPer le aspre consonanti irte e dentate\nvibra fremente fervido nell'atto\ndi nervi tesi rigidi al contatto\nin bramosia di gioie inesplorate;\ned ha nelle vocali armoniose\ntimide audacie di parole belle\ndette co* baci tra le due mammelle\ne languor di carezze insidiose.\nEcco per te, per te sopra l'incude\nd'amor martello il verso incandescente\ne in ogni rima mia balza furente\nil desiderio di tue forme ignude."}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.75", "texte": "POESIA\n\nVerso il.... carnaio!...\n\nALL'AMICA DELL'ANIMA...\nAndammo — nel bujo della notte fonda — tetri e commossi\n-— in venti — giovani, animosi.\nNe la notte buja il treno avanzava ansando con respiro af-\nfannoso, quasi umano. Di tanto in tanto un fischio lungo, lugubre,\nquasi lamentoso di bimbo.\nNessuno parla; si finge di dormire - qualcuno ingoia le sue\nlacrime.\nMano mano il nero si dirada; una luce gialla tristemente\ncolora scialbi paesaggi fuggenti.\nFuggono lungo la linea alberi piangenti, lievemente crollanti\nal vento, e bagnati dalla pioggia fitta, uggiosa, sferzante.\nIo pensavo, o amica, alla nostra gita, che avvenne nella stessa\nora, collo stesso treno forse, alla stessa meta ; bella e gentile —\ncome il nostro amore: e soltanto pochi giorni fa — fu tutta nostra\nquell'alba di rose — sotto un cielo ancora stellato, su di un tappeto\ndi verde e di fiori . . .\nRicordi ?\nStretti i nostri cuori, si estasiavano alla visione maliosa di\nbellezze fuggenti ; e campagne dorate, e marine radiose . . .\nOra qui tutto è dolore, non solo negli uomini, ma ne le cose\ntutte; e la natura piange — dirottamente\nA Letoianni incontriamo il primo treno del terrore, un treno di\nfollia, un treno lungo carico di scampati veniente dalla valle dello\nsfacelo. Vi sono illesi, o feriti, o . . , morti — poiché qualcuno è\nmorto nel tragitto; — portano la stessa tetra aria di follia e di in-\ncoscienza nel volto emaciato — livido — sformato — ne l'occhio ar-\nrossato da lacrime di sangue ; lo stesso sguardo di folli o di ebeti;\nne la pupilla fissa, vitrea quasi dilatata dal terrore, è rimasta la\norrenda istantanea del terribile momento ; tutti portano la stessa\nimpronta lugubre — quasi feroce — la sinistra marca di fabbrica;\ne stimmate del terremoto.\n&\nLungo la via dolorosa ne incontriamo ben cinque, dei treni\ndi sangue — di carne —• morta o morente\nCi stringevamo quasi paurosi l'un coll'altro — non avevano\npiù voce — più lacrime — soltanto i nostri occhi smisuratamente\naperti si affissavano sui convogli terrorizzanti — sui carri bagagliaj\nfumosi di carne macellata dal dolore — dal terrore\n&\n— Ove andate? . . . alla Morte? . . . non c'é nessuno a Mes-\nsina ! Tutti morti ! Tutto è distrutto !...\n— Così tardi venite ?...\n— La mamma ... la mamma mia è in via Nino Bixio — è\nviva sapete? — Volontarii, per carità, salvatela! è al numero dodici\n— sotto una porta. — Ho sentito la sua voce sino a ieri sera ! ,. .\nVolontarii, salvatela !...\n— Figli miei, figli miei !... non andate! Morirete tutti, come\ni miei figli !... come i miei figli !...\n— Sono la moglie dell'Avvocato Didino ! mio marito ! mio\nmarito ! — in via La Marmora — la mia vita !...\n—- Oh Mario ! Mario !...\nj*\nVoci scomposte — di terrore — di dolore — di pena — partono\nda un aggroviglio dantesco di carni umane fresche e avvizzite —\ncoperte da camicie o da arazzi — nude — sanguinose — ammaccate\n— illividite — bellissime — o tumescenti . . .\n&\nRivedo : Un'esile — diafana quasi — figura di bimba quattor-\ndicenne — come trasognata ci guarda ; sorride — apre la bocca —\nma non parla non — sa più parlare — ha perduto la favella. — Alza\nla mano e ci la il segno di benedizione o di morte, colle due dita\nunite — allungate — per il segno mistico e terribile . . .\n&\nUn uomo: lacero — smunto — con un berrettino da notte\n— e una coperta sulla camicia — tremante dal freddo o dal\nterrore. Fa un gesto folle come per slanciarsi verso di noi. Lo\nriconosco : E Broggi, il figliuolo del Sostituto Procuratore Broggi.\n— Vostro padre ? grido . . .\nMorto! Morto! Morto! — e c'è tale strazio, tale dilania-\nmento di viscere in questo terribile triplice urlo di dolore, che\ntutti rabbrividiamo di paura indicibile !\nE il padre vivo fortunatamente frugava tra le macerie a\nMessina in cerca del figlio !\nRivedo ; e la memoria mi dolora :\nUna donna bellissima, bianca, grande, snella, forte, coi ca-\npelli nerissimi pioventi sulle nude spalle superbe — si alza fre-\nmendo tutta — appena ci vede — si erge come una dea terribile"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.76", "texte": "POESIA\n\n/\nalza le braccia in un gesto che ci terrorizza — l'unica coperta\nche qualche pietoso le aveva buttato sui pochi brandelli della\ncamicia cade. — Resta nuda — eretta — magnifica — co~\nperta solo dalla sua follia e dal suo dolore . . .\nNon grida; poiché 1 urlo orribile — inumano —- le resta stroz-\nzato ma fa un gesto terribile che ci aeghiaccia tutti — verso\nil cielo . . .\n\\\nE la Dea della Maledizione !\n«\n&\nDa una vettura ci si lancia un pezzo di carta — scritto a\nlapis — sporco di fango e di. . . sangue.\nLo afferro a volo, leggo : « Il Principe e la Principessa Maria\ndi Castellaci, giacciono sepolti vivi in via della Rovere — si rac-\ncomandano alla vostra pietà ! »\nLa buona e bellissima e giovanissima Maria di Castellaci,\nfiglia al Principe di Manganelli di Catania, moglie al povero e\nillustre Principe Manilio di Castellaci di Messina, Dama di onore\ndi S. M. la Regina — dama elettissima — coltissima, che fino a\npochi giorni prima mi aveva scritto !\nOh ! il triste messaggio di morte !\nScoppio in un pianto dirotto e conservo nel cuore il bran-\ndello di carta — come un brandello di anima !...\n\nLeo d'Alba.\n\nVEGLIA\nFrancesco Cazzamini Mussi.\nFischio di locomotiva, rompi la notte profonda\ntriste lamento più solo nel grigio spazio infinito.\nVanir nell'ombra t'ascolto, beffardo accento di scherno.\nQui nella tacita stanza che le memorie ridesta\nvieni da lungi e mi scuoti dall'invadente torpore\ne già dal cuore la torma delle fantasime erranti\nstende ne' cieli notturni le candide ali del sogno.\nDorme affondata nell'ombra la rumorosa metropoli,\ndorme ma il sonno è una veglia per quale oscuro domani ?\nQuanti nel buio s'occultan ignoti spasimi e pianti\nnella rinascita eterna, nello sfiorir della vita?\nTrepide fiamme d'amore tengono l'anime accese\no nel conflitto soggiace l'essere nostro all'istinto?\nQuali gli effimeri avanzan sogni fulgenti di gloria,\nquali feroci delitti, quali olocausti terribili?\nVita che occulti te stessa nel tenebror della notte,\nvita pulsante perenne nel ritmo alterno dell'ore,\ncome una fiamma tu splendi, facella trepida al vento.\nFischio di locomotiva, rompi la notte profonda\ntriste lamento più solo nel grigio spazio infinito,\nvanisci e muori non altro che fievole eco sperduta.\nCome una corda vibrante sotto l'impero dell'arco,\nor vibra l'anima mia che nel suo sogno si perde.\nQuesta è la gioia divina, sorriso eterno del mondo\nil Sogno, il Sogno, non l'èstasi ! Coll'acre fiato che attira\no ebbrezza avvincimi e fammi tuo schiavo, triste sirena,\npoiché la gioia del vivere sta nall'oblio della vita.\n\nLA FONTE\nGuglielmo Policastro.\nCome un sottile stelo di cristallo,\nfiorito in cima in un azzurro giglio,\ndal centro de la vasca, ov'è un erovielio\no o\nmostruoso di rami di corallo,\nrapido s'erge, un cerulo zampillo\nche scrosciando ricade, poi con roco\nromore ne la conca che trabocca\nd'acqua, ov'un cigno vaga dal tranquillo\nocchio e si sciacqua, or sì, or no, per gioco.\nCanta la fonte con sonora bocca\nuna lieta canzone: i lilla a ciocca\nolezzano, a l'intorno ne l'aiuole\ntra l'umor de la vasca e il caldo sole,\ne mirano de l'acque il dolce ballo."}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.77", "texte": "POESIA\n\nDa “LE CITTÀ DEL SOGNO„\nOttorino Checchi.\nLUCCA\nLucca pensosa, nella grigia chiostra\nDe le tue mura il sogno si racchiude\nChe sèr Francesco ne le carni nude\nPagò languendo per la gloria nostra.\nNon più l'oste ferrigna il campo arrostra\nNè al Vittorioso l'Urbe si dischiude,\nMa da la cerchia in sua gaiezza rude,\nGl'ippocastani fan tacita mostra.\nPur se nell'alba, su dagli aspri solchi\nSi aderge il grano falbo in su gli steli\nPerò ch'estate non ancor si colchi,\nLa rovinosa torre che s'imbosca\nTra gli effluvi di gigli e d'asfodeli,\nRoggia s'accende d'ogni strage fosca,\nPISA\nCittà del sogno, taciturna e mite\nChe traversa la bionda correntia,\nNon io conobbi l'aspra nostalgia\nDelle tue torri e delle tue meschite,\nSuperbamente da le mura ignite\nS'ergon le glorie in lunga teoria\nE il cuor mi afferra la malinconia\nDe le sconfitte e delle dipartite.\nMa se non romban le dominatrici\nGalere su per l'acqua agile e varia,\nNè prorompe il clamor degli epinici,\nQual primavera mai sull'Arno trema\nCome la bocca della dolce Ilaria\nMalinconicamente all'ora estrema?\n\nSonnets à la gloire de Venise\nA. Belval═Delahaye.\n\nI.\nVENEZIA.\nLà-bas vers l'Orient, aux portes du vertige,\nVenise dresse au loin, dans un décor vermeil,\nSes palais fabuleux gardant le fier vestige\nDes temps évanouis, poussières de soleil,\nLa reine des cités, le joyau sans pareil\nEtale sa splendeur qui rayonne et voltige\nTel un poudroìment d'astre, ou de gemme en éveil,\nRayonnant sur le monde en glorieux prestige.\nL'Adriatique apporte en mourant son baiser,\nEt c'est dans le soir bleu, sous l'azur embrasé,\nUn frolement de soie, un clapotis bizarre.\nCar ce flot c'est de l'or et du ciel délayés\nEt le sang rouge aussi des fous amants noyés\nQu'emportait, vers l'amour, la gondole barbale\n\nII.\nCLAIR DE LUNE.\nLa gondole glissait sur la Giudecca ,\nRayant le satin noir d'une légère écume ;\nDans la giace des flots, comme un feu qui s'allume^\nLa lune éparpillait des paillons de mica.\nOr, la nuit descendait épaississant la brume,\nLa guitare vibrait sur un air de polka,\nEt j'écoutais chanter la brune Bianka,\nDolent au fil d un reve ou l'amour se consume.\nJ'entends encor sa voix où sonnaient le cristal\nEt l'or vivant timbrés d'accent orientai:\nLe rire de Satan et les sanglots des anges.\nCar c etait, tour a tour, le chant du rossignol,\nLe cantique divin, le refrain du Tyrol\nOu la ronde au sabbat en des ballets étranges."}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.78", "texte": "POESIA\n\nLA FIGLIA D'ERODIADE\n« Io bacerò la tua bocca, Jokanaan! »\nSalomè, Salomè, se ti rattrista\nl'urlo che sorge dal gran pozzo nero,\ni tuoi grandi occhi un livido mistero\nadombra e balza l'anima tua trista.\nE la bocca e i capelli del Battista\ned il suo corpo immacolato e altero\ntu guati, e brilla in cima al tuo pensiero\nsanguinoso un desio d'alta conquista.\nTacito Erode, mentre tu componi\nl'agile danza, li occhi luccicanti\ntien fissi su' tuoi piedi alabastrini.\nE tu ricusi del tetrarca i doni\nper baciare coi labbri deliranti\ndel mozzo capo i labbri corallini.\n\nL'INCORRUTTIBILE\nGiuseppe Rino.\nE dove ormai translucono i giojelli\nregali che le tue pallide mani\nrendeano sacri e i morbidi sovrani\nvoluminosi jacintei capelli?\nOr la custodia insigne di ceselli\nracchiude — come quei fulgenti grani —\nsimili a zingareschi talismani\nspoglie di maculosi serpentelli.\nAhimè! Nell'urna dalle borchie d'oro\nl'ignoto incanto tutto ha trasformato\nin ignominia il nobile tesoro.\nMa non ti piega il fronte dissanguato\nche con carezza gelida ti sfioro\nl'onda sinistra d'ogni mio peccato.\n\nÉLÉGIE\nEmile Henriot.\nÀ PAUL DROUOT.\nCe n'est pas vous, Drouot, avec la haute fièvre\nQue met la gioire sur vos joues,\nCe n'est pas vous qui presserez contre vos lèvres\nCes tièdes roses que je loue...\nNous avons tous les deux la pareille espérance\nQue nos fronts seront couronnés,\nEt le désir, depuis notre commime enfance,\nDe vivre de beaux jours ornés.\nMais vous avez besoin qu'impérieux et rude\nVotre grand nom soit glorieux\nEt que vos vers, ces fruits du rè ve et de l'étude,\nSoient jetés, dorés et nombreuxL.\n...Moi je rève la paix, l'ombre tranquille et douce\nEt qu'une main presse mon front\nCependant que, couchés parmi l'humide mousse,\nDes arbres nous abriteront... .\nJe réve qu'une tendre et charmante compagne,\nSilencieuse auprès de moi,\nNouée à mon destin comme l'ombre aux montagnes\nVive et demeure sous mon toit...\nJe veux, pendant que vous vivrez des jours intenses,\nTresser mes vers ainsi que des tiges d'osier\nPour voir, et ce sera ma haute récompense,\nUne rose fleurir au rameau d'un laurier !"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.79", "texte": "POESIA\n\n“TOUTE LA LYRE„\n\nLETTERATURA SPAGNUOLA\npar PAOLO BUZZI\nFranoi&cv Villaespesa.— ELJAR-\nDIN DE LAS QUIMERAS — Madrid;\nF. Granada«\nParlerò di questo squisito Poeta come di\nun elegiaco di primo ordine accennando al\nMirador de Lindaraxa.\nNel Jardiri de las Quimeras il lirico di\nespansione entusiastica si fa largo spazio\ncon ali infaticabili. La voluttà é, spesso, la\ngrande inspiratrice del canto :\nEn el centro de un circulo sonoro\nde vitores, erotica sonries,\nmientras repican cròtalos de oro\ntus dedos enjoyados de rubìes.\nTeje lubricas danzas tu ligera\npianta sobre el damasco de la alfombra,\ny proyecta la negra cabellera\nsobre tus hombres un temblor de s ombra.\nQuest'ultimo verso rende tutto il potere\nonomatopeico della poesia di questo sensitivo\nsensuale. Villaespesa ha versi d' una musi-\ncalità alla quale noi italiani, dopo Vincenzo\nMonti, non siamo più abituati. Tutto il\npoema Oriente è di una ricchezza di suoni\ne di tinte da inebriare. E le tre parti che\nlo compongono sono fra le più belle con-\ncezioni impressionistiche che sia dato incon-\ntrare. La danza de los siete ruelosì piena di\nserpentine movenze e di iridescenze sugge-\nstive : il Poema del deserto df una vastità\nnuda e ardente: il Poema del opio d'una\ntrascendentalità bizzara e, insieme, solenne-\nmente ieratica. E tutte le altre parti del\nlibro sono piene di quei fascini misteriosi\npropri ad emanare dalla grande arte. Visioni\nelleniche, mistiche, romantiche; dei versi\nsul cavallo andaluso che ci portano via, in\ngroppa al sogno : delle malinconie d*aiitunno\nstemprate con una delicatezza di tocchi o\nd'una profondità di sfumature degna d'uno\nChopin della rima. Il poeta ci è particolar-\nmente caro e lo additiamo a quanti amano\nla poesia sorella della musica.\nFrancisco Villaespesa• « EL MI-\nRADOR DE LlNDARAXA — Madrid;\nDe Pueyo.\nIl Villaespesa è specialmente un poeta\nelegiaco. E bastano a dimostrarlo parecchie\ndelle sue poesie raccolte in questo volume\nricco, d'altra parte, di melodie appassionate\ne di colori ardenti. Il gruppo di liriche -\nLa tristeza del Sol — è pieno di malinconie\npaniche suggestive; così Los jardines tra-\ngicos, le Romances moriscas e le Elegias de\nGranada dove la ligua spagnuola acquista\nun nuovo elemento di voluttuosità dal sa-\npore nostalgico e doloroso delle concezioni.\nFrancisco Villaespesa* — EL LI-\nBRO DE JOB — Madrid; De Pueyo.\nL'Illustre autore delle Rapsodias e delle\nCanciones del camino, ci offre questo suo\nultimo libro dove le qualità più alte della\npoesia spagnuola moderna sono raccolte.\nForza di pensiero, magnificenza di rapporti\ncontinui fra l'individuale e l'universale, so-\nnorità aristocratica, varietà d'inspirazione,\nentusiasmo per ogni più alto ideale.\n! Musica, sì ! Pero que cada nota\nse ajuste al ritmo de algùn sentimiento\nque orqueste ecos de una voz remota\ny no el estruendo garrulo del viento.\nE la poesia di Francisco Villaespesa, nel\nLibro di Job, ha veramente la solennità\nliturgica che s'incontra nei salmi. L'anima,\nattraverso le pagine, sente Pani ma\ncome el per umo de una cosa eterna.\nAndrès Gonzalùs-Blanco — SAL-\nVADOR RUEDA Y RUBEN DARIO —\nDe Pueyo; Madrid.\nLeggendo questo magistrale studio del\nGonzales sul ciclo di poesia spagnuola degli\nultimi tempi, vi è da invidiare i campioni\ndelle Muse che vivono nella terra di Carmen\ne da ammirare quel popolo che non serba\nsoltanto le sue frenesie per i toreadores ma\nanche per los grandes maestros de la Poesia,\nTanto è l'entusiasmo che vibra da queste\npagine e che, si sente, è completamente\ncorrisposto dall'opinione pubblica della\nSpagna. Il libro fa venire la volontà di\nleggere tutte le opere di quei due poeti\n(di Salvador Rueda l'Italia conosce parec-\nchie cose anche per merito di Poesia) che,\ndallo studio critico del Gonzales, appaiono\ninteressantissimi non meno sotto il punto\ndi vista strettamente letterario che sotto\nquello umanistico, in genere. Paese simpa-\ntico in tutte le sue ardenze, questa Spagna,\ncosì sempre nazionale e così degna di in-\nsegnare il nazionalismo alla disgraziatissima\nsorella Italia! Là si scrivono libri d'apoteosi\nsui Poeti. Qui i Poeti si lasciano morire\ndi umiliazione e di fame. La Spagna, col\nsuo fuoco sacro, è degna di risorgere a\ndominatrice nei secoli : e, malgrado le sue\npiaghe, risorgerà. Dell'Italia non sappiamo\npiù veramente che dire.\nSe fa fin y JoaqwiM Alvarez-\nQusntes*®* — LA ZÀGALA - LAS\nFLORES (commedie) — Madrid; Sociedad\n■ de autores espanolos.\nQueste comedie vibrano della più pro-\nfonda e luminosa poesia. Come tali, costi-\ntuiscono un saggio invidiabile per il teatro\nitaliano: qui la poesia si può proprio dire\nche emani attraverso l'atmosfera delle pa-\nrole e delle azioni.\nNulla di ricercato, nulla di artifizioso e,\nin pari tempo, nulla di trasandato e di\nbanale. I personaggi, avvolti dal loro de-\nstino, esprimono le anime loro con una\nmusicalità indefinitamente suggestiva. De-\ngli squarci di vita nazionale inquadrati"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.80", "texte": "POESIA\n\nin due cornici magiche di Andalusia. Del-\nl'umorismo squisito: della potenza dram-\nmatica travolgente: e, nel lettore, il vivo\ndesiderio nostalgico di veder portate queste\ncommedie così originali ed espressive nel\nrepertorio di quel vero Teatro Internazio-\nnale che ancora non esiste e di cui le\nnostre anime, ormai cosmopolite, sentono il\nbisogno imperioso.\nE. Marquina. — ELEGIAS — Barce-\nlona ; Tobello y Costa.\nMarquina è, senza dubbio, uno dei più\nbei nomi della giovane poesia spagnuola.\nQueste Elegie affermano e portano ancora\npiù in alto le vigorose qualità del pensa-\ntore e dell'artista. Basterebbe quella incan-\ntevole serie Las soledades al principio del\nvolume per dimostrare di quale squisita\nlanguidezza sensoria, di quale melodiosa\nvena nostalgica la Musa del poeta abbondi\ne, in questo saggio, s'inebri. Tanto la pos-\nsente semplicità che la eroica passionalità\ndella li rica spagnuola sembrano prendere\nconvegno nelle pagine di Marquina :\nLos ojos de ld Amada\nmatan la voluntad con la mirada.\nE ricordo le vaghissime inspirazioni della\nmontagna con la ballata assai caratteristica\nanche nei ritmi: Los lehadores. Eri el mar ci\noffre una vibrante sequela di visioni e di\nemozioni che richiama la celebre Suite sin-\nfonia di Claude Debussy: in fine En el dolor\nil simbolo malinconico del libro trova la\nsua maggiore espansione. I versi hanno la\nindefinibile dolcezza romantica che fa par-\nticolarmenti cari, nella solitudine lettoria,\ni poeti. Elegias è un libro destinato, come\nil suo Autore, a rimanere fra le più care\nmemorie dell'Incontro letterario.\nMiguel fifa Unamuno. — POESIAS —\nMadrid; Fe-Suarez.\nLe poesie di Miguel de Unamuno sono,\ninnanzi tutto, not-voli per la vastità della\nloro inspirazione. elementi di sugge-\nstione panica passano agli elementi di emo-\nzione intima: ed il passaggio è sempre\neffettuato con squisito potere di contrasto.\nDebbo ricordare le liriche : La torre de\nMonterrey à la luz de la lima ; catedral\nde Barcelona ; Las magnolias de la Plaza\nNueva de Bilbao e, in pari tempo, i lan-\nguidi Salmos, le profonde Meditaciones, le\nadorabili Cosas de ninos 9 Racconti, rifles-\nsioni, incidenti affettivi e domestici, capricci\nfinché se ne vuole ; ed, accanto agli Inni\nalla Libertà, le inspirazioni alate sulla Ca-\nstiglia, sulla Catalogna, sulla Vizcaya che\nrendono tutta la forza del Poeta e la bella\ncoscienza del suo tipo civile. Poesia civile,\nrara meno in Ispagua che in Francia ed in\nItalia, è anche questa del de Unamuno. E\nnoi italiani dobbiamo essergli grati che\nquesto istinto di Poeta civile lo abbia por-\ntato a tradurre delle poesie di Leopardi e\ndi Carducci in un modo veramente am-\nmirevole. La Ginestra, Monte Mario, Mira-\nmar appaiono, nella cara lingua sorella,\nnon meno formidabili di bellezza che nella\nlingua originale.\nSantiago ArgueMo* — OCASO —\nLéon-Nicaragua; Guardian.\n\\\nE l'edizione votiva della gioventù intel-\nlettuale di Léon (Nicaragua) di un dramma\n(il suo primo lavoro teatrale) dell'insigne\nscrittore Arguello, onore delle lettere latino-\namericane. Il dramma, rapido, incisivo, dalla\ncatastrofe piena di potenza tragica, è, certo,\nuno dei più notevoli apparsi nella moderna\nlingua spagnuola. E, ricordandolo qui, noi\nche adoriamo un'unica alleanza, quella del\ngenio internazionale, mandiamo un affet-\ntuoso saluto a questo geniale drammaturgo\nche è anche — non dimentichiamolo — lo\nsquisito Trovatore di Oyo y Alma.\nJulio Raul Mendilaharsu. — COMO\nLAS NUBES — Madrid ; De Pueyo.\nUna prefazione dell'illustre poeta Fran-\ncisco Villaespesa, ci presenta questa giovane\nforza della poesia uruguayana sotto la luce\npiù bella e generosa. La fortuna ci arrise.\nConoscemmo, personalmente, prima dell'o-\npera il poeta; e ne fummo conquistati.\nL'uomo preparava l'artista delizioso; che è\nqui, in questo libro pieno di fremiti entu-\nsiastici, pieno di dolci musiche latine.\nFiglio di uno dei più insigni uomini po-\nlitici del suo paese, Julio Raul Mendi-\nlaharsu offre il magnifico esempio d'una\nnatura privilegiata e sorrisa dalla sorte, che\nsi consacra al culto dell'ideale. I suoi viaggi\nattraverso il mondo non sono il passatempo\npiù o meno intellettivo d'uno snob che si\nvuol godere la vita : sono la conseguenza\ndi un bisogno psicologico e la determinante\ndi una continua più perfetta espressione\nd'arte. Spirito infaticato e studioso, amante-\ndi tutti i problemi che agitano l'età mo-\nderna: il Mendilaharsu ha molto letto e\nmolto veduto, tutto e sempre compreso. Per\nciò questa sua lirica è, più che altro, la\nfioritura appassionata di una profonda, te-\nnace intensità cerebrale. Il poeta nasce dal\nfilosofo; egli si abbandona al ritmo come\nper riaversi dopo lo schianto d'una voluttà.\nL'opera del Mendilharsu (benché si tratti\nd'un giovanissimo) è fra le più significative\ndella moderna poesia sud-americana ed oc-\ncupa già, nelle muse di Spagna, un posto emi-\nnente. Vibra in essa una stupenda nota di\nnazionalismo. L'Uraguay è un paese ancora\nvergine, nel quale lo spirito d'indipendenza\npolitica tende a conquistare tutte le altre\nforme d'indipendenza morale. La poesia\ndel Mendilaharsu è, veramente, frutto di\nuna tempra di trepidazione e di vertigine :\ncome ben dice il Villaespesa, non si po-\ntrebbe meglio sommergersi nella vita e trarne,\ntutto il tesoro.\nArte e Vita, nella lirica del Mendilaharsu,\nsi rispondono con miracolosa armonia; e\nGloria, aggiungerei. Il Poeta sente il fa-\nscino delle maggiori altezze umane con una\npotenza d'estasi religiosa che commove e,\ninsieme, esalta. Cito i due sonetti a Poe e\na Garibaldi, dove la suggestione entusia-\nstica è piena, e il gruppo breve dei versi\nha la virtù di circoscrivere,\" meravigliosa-\nmente esatta, la sovrana bellezza dei due\ndiversissimi mondi ideali.\nJulio Raul Mendilaharsu, che canta il\nGaribaldi della prodigiosa leggenda urugua-\nyana, deve ormai essere un nome noto e\ncaro ai giovani figli d' Italia.\nM. Romera-Navarro* — FILOSOFIA\nFEMINISTA — Madrid; Moret.\nIl libro è interessantissimo, oltre che per\ni pregi di stile, per la visione esatta e lo-\ngica del problema. Il femmi?iismo deve esi-\nstere per la stessa ragione che il futurismo\nproclama il disprezzo della donna. Questo\ndisprezzo va inteso nel senso che se la\ndonna ha ancora per sua finalità l'attaccarsi"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.81", "texte": "POESIA\n\ncome un'ostrica alla roccia Uomo, l'uomo,\nnegli anni magnifici della sua vita di crea-\ntore, ha il diritto di sbarazzarsene con ogni\ncrudeltà d'unghie e di riscagliarla nel mare.\nMa se, da una parte, è questo, dall'altra\nè bene siavi l'altro fenomeno: della donna\nche cerca di farsi uno stato libero, che tenta\nascendere tutta la scala della redenzione\nzoologica e politica. Il Romera-Navarro\nstudia 1' oggetto con buona copia di do-\ncumento umano e con un certo ottimismo\nsulla futura livellazione dei sessi che non\ndeve tornar discaro alle gentili signore che\nci leggono e che (vogliamo sperare) pro-\ncureranno di leggere il brillante Profeta spa-\ngnuolo.\nE. Barrobiero y — SIN-\nCERASTO EL PARÀSITO — Madrid ; De\nPueyo.\nNovella di gran corpo e di perfetto tipo\nspagnuolo nella quale il Barrobiero esplica\nle sue belle doti di osservatore e di colorista.\nIn alcune pagine vi sono sentiti accenni\nad un verismo dalla linea quasi augusta,\nquel verismo che era nel sogno di Zola, gli\nultimi anni della sua gigantesca evoluzione.\nSe è vero che dal naturalismo potrebbe ri-\nsorgere la formula ammantata di una mag-\ngior luce, quasi direi, se avesse a sorgere\nun classicismo del naturalismo, parmi che\nl'autore di Sinceraste) potrebbe aspirare ad\nesserne un degno campione. Cito, fra le\naltre gustosità del libro, il Comeniario a\nMarco Tullio Cicerone nei Campi Elisi che\ndepone per lo spirito scettico finissimo del-\nl'autore e che porta innanzi una nota affatto\ninsolita per noi italiani. La critica e l'auto-\ncritica combinate a base di rievocazioni\nallegoriche volevo dire di fantasmi sto-\nrici più futuristi ancora dei futuristi. E pare\nche Marco Tullio Cicerone fosse uno di\nquelli.\nAntonio Sancho. — ANALISIS SOCIAL\n— Madrid; Hijos de F. Marquès.\nIl libro è interessante come può esserlo\nla manifestazione di uno spirito libero, vigile,\nfuturista d'istinto e di equilibrio meditativo.\nScritto in una di quelle elastiche e pure\nferree prose che sono la specialità della\nSpagna, ci comunica direttamente all' intel-\nletto ed al sentimento. Certe pagine sul-\nl'origine dell'anarchia sono, una volta lette,\nindimenticabili. E indimenticabili gli aforismi\nsociologici che formano il corollario alla\nparte sostanziale del libro, fatta di pura\nscienza e, qua e là, di eletta poesia. Citiamo\nuno degli ultimi che dovrà riuscite parti-\ncolarmente caro alle nostre gentili lettrici...\nnon meno che ai nostri artisti... Las miijeres\nkermosas, debieraun reproducir su belleza\nescultural completa en identico, bien en\nun busto, ò bien en pintura por un gran\nartista. Es un modo sublime de pasar a la\nposteridad.\nLuis Rosatio- Vega» — LIBRO DE\nENSUENO Y DE DOLOR — Mexico ;\nRev. Me rida.\nAnche in questo libro, lo spirito elegiaco\nè profuso a piene mani. Notevole la spez-\nzatura coraggiosa della forma: i versi sono\nintramezzati dalla prosa con molta sapienza\ndi effetti estetici e gusto di novità: e i\nversi non sono del tipo solito : mutano i\nloro ritmi e i loro suoni con rapidità biz-\nzarra, sempre ricca di trovate foniche: ci-\ntiamo, ad esempio, la lirica Las campanas\npiena di belle sonorità che ci prendono\nl'anima colle loro ondate solenni e capric-\nciose, insieme.\nXavier eie Gapwaiho» — POESIA\nHUMANA — Paris; Louis-Michaud.\n\\\nEpopeia de luz ! E il grido che ci esce\ndall'anima leggendo dei saggi di Musa Por-\ntoghese. La divina musica del Camoéns ci\ntorna all'udito sonora come un fiume di\ngloria. Questi versi del Carvalho vibrano\nd'accenti classici: anche il loro romantici-\nsmo vola più con ali d' aquila che di co-\nlomba. Para Eleonora Duse ed A la Torre\nEiffel: ecco il modernista della lirica: ma\nNuova Gerusaleme Liberata, ma Apothéose\necco 1' epico di razza. Benché\nnell'insieme1 il soffio che gonfia questi versi\nabbia tutte le convulse violenze pneumiche\ndel Futurismo in respiro.\nClemente Monton Pai&eios. —\nUNA VIDA AL ABìSMO — Madrid; Viuda\nde Rico.\nUna novella che ha le dimensioni di\nun romanzo e che ben poco dista dalla va-\nluta di un romanzo. Lo scrittore ha la mano\nmolto felice nel disegnare i profili umani e\nnel rendere, de' suoi fantasmi, il rapido\ngioco psicologico-sensuale. Lo stile è ele-\ngante, sobrio, qua e là pieno di elementi\npittorici. Una prefazione di Francisco Vii—\nlaespesa è tutta un elogio del libro, scritto\n(dice l'autore stesso) con piuma de cyprès.\nVillaespesa richiama a proposito il Werther\ndi Goethe. E realmente l'opera è lo studio\nanalitico d'un'anima nata e votata al suicidio,\nstudio fatto con tutte le potenze suggestive\nd'una arte che desume il suo fiore dal\nsangue stesso tragico della vita.\nBzs&io Tavera. — EL LIBRO DE MI\nALBA — Cartagena; Bant.\nE' il primo libro di un giovane. Non é\nin versi. Ma schizza in una prosa nervo-\nsissima e piena di interessanti accenni sti-\nlistici dei profili di uomini e delle linee di\npaesaggi che ci balzano davanti in una luce\nstranamente chiara. Certo il Tavera è una\nbella promessa della letteratura spagnuola.\nVi è da augurarsi che egli abbia a concretare\npresto le sue degne qualità istintive in una\nopera di maggior raccoglimento e di mag-\ngior simbolo umano.\nAiian — HORAS PER-\nDIDAS — Santiago; Miranda.\nLe poesie di Allan Samadhy sono vera-\nmente nobili per disegno ideale, per forza\nlirica, per limpidità di suono. Parecchie\nsi inspirano a dolci reminiscenze di celebri\nversi italiani : Passa la nave mia ; La fiamma\nè bella. Altre, squisitamente elegiache, ren-\ndono l'anima pensosa e sensitiva del Poeta :\nMiserere, Omnia tra?isit. Altre, infine, vi-\nbrano di un sano ardore di giovinezza e\ndi forza : Altruismo, Canto de salud. — Il\nlibro (pubblicato ad un intento filantro-\npico, a favore della lega per gli studenti\npoveri di Santiago) si legge con la bella\ncoscienza che nell' America Latina i poeti\nesistono e sanno versare, a piena onda, il\nloro cuore canoro.\nJuan B. Teràn. — ESTUDIOS Y NO-\nTAS — Tucuman.\nRaccolta assai notevole di studi critici su\nargomenti filosofici, economici e letterari.\nIl Teràn è uno spirito eclettico e ciò lo\nonora. Egli passa da un entusiastico arti-"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.82", "texte": "POESIA\n\ncolo su Guglielmo Ferrerò ad un altro, in-\nteressantissimo, su Taine caricaturista: e\nle sue note critiche su Fontenelle e lo studio\nsulla Statistica e l'Individualismo depon-\ngono, oltreché per la sua cultura proteiforme,\nper il suo potere di valutazione dei diversi\nrapporti psicologico-sociali.\nAMAÉE MESRWOM — EN VOZ BAJA —\nParis ; Ollendorf \\\nAmado Nervo è uno dei più ] eletti\npoeti spagnuoli. Le sue liriche, di cui En\nvoz baja ci offre un esemplare magnifico,\nsono piene di soavissimi incanti musicali.\nL'inspirazione, liberalmente panica, porta\nil poeta à sfoggiare le più disparate qualità\ndel suo temperamento lirico. La Bella del\nBosque Dormiente, A un Prometeo, A Car-\nmen, En Boheìnia bastano a caratterizzare\ncon stigmati sicure, la bella ecletticità di\nquesto trovatore latino che è anche un gen-\ntiluomo delle lettere, un vero poeta.\nR&morzi Gomez de la Sema* —\nMORBIDECES — Madrid; Trabajo.\nLibro curioso, pieno di umorismo elet-\ntissimo e di sapore critico eterogeneo dalle\nfierezze alcaline. La prosa è delle migliori\nche oggi si scrivano in Ispagna. E gl'Ita-\nliani che, tra i vari nomi fatti nel libro,\nscoprono quelli di D'Annunzio e di Lom-\nbroso, leggono le pagine con avidità. Queste\ndivagazioni sull'intellettualismo cosmopolita\nfatte da un cervello di primo ordine, sono\nsempre le migliori letture che ci possano,\ndi tempo in tempo, capitare. Lo spirito, in\nfondo, non si nutre che di vagabondaggio.\ntam Gomez de la Sema* —\nEL CONCEPTO DE LA. NUOVA LITERA-\nTURA — Madrid; Arias.\nTrattasi di un semplice opuscolo che è\nperò importante quanto una professione di\nfede. Il futurismo, ne abbiamo un'altra\nprova, ha concretato in una formula un\nmondo di sensibilità e di aneliti diffuso per\nla razza latina. Leggendo le vibranti, ner-\nvose pagine del Gomez ce ne siamo con-\nvinti ancora di più. Il concetto della nuova\nletteratura è Vesplorazione in avanti, l'esplo-\nrazione barbarica: e, meglio, parafrasando\nun apotegma di Gourmont, la letteratura la\nquale non è più che una serie d)insurrezioni.\n/'osò ingegnierosm — AL MARGEN\nDE LA CLENCTA — Buenos Aires; La-\niouane.\nL'autore è professore all'Università di\nBuenos Aires. Ma, caso più unico che raro,\nsa scrivere come i professori assai di rado\nsanno: con brio fosforescente, con suprema\neleganza d'arte. Il suo libro è un complesso\ndi dissertazioni su varii temi: La esegesi di\nDante, Le mani della Duse, Il temperamento\ndi Mascagni, L*imperialismo, Gli studi me-\ndici berlinesi, Il conclave degli psicologi.\nUna rassegna d'idee e di fatti che riempie\nil cervello e lo fa persuaso quanto mai si\npensi alla vecchia Europa ed alla giovine\nItalia, laggiù, nella giovanissima America\nlatina.\nSalario Verdaguer tSe Trawesi*\nENT EL ANGELUS DE LA TARDE —\nPalma; Ame?igual y Muntaner.\nLa lirica di questo poeta è piena di de-\nlicatezze nostalgiche, di aneliti di pace e di\nprofonde emozioni musicali. Basterebbe ri-\ncordare la dolcissima inspirazione su Bach:\nTiemblan dulcemente lànguidas las notas\ncorno el gran murmuìio de un bosque sombrio,\ny gimen en filas brillantes de gotas\npasando solennes con paz de un gran rio....\nY los violines bohemios suspiran\ny tejen airosos un sedoso vuelo\ny se nuen, y besan y pasan y giran\ncon las melodius del violoncello.\nParmi che in questo Poeta tutta la soave\nmelodiosità della lingua spagnola trovi il\nsuo massimo sfogo. I suoi versi restano\nveramente nell'orecchio come ritmi affermati\ndal suono d'uno strumento.\nFedirò Henriquoz Urena. — EN-\nSAYOS CRiriCOS — Habana; Fernandez.\nFra questi saggi critici, tutti d'un sapore\npiccante, ho rilevato assai, notevoli e di\ngrande interesse, uno studio sul viodernismo\nnella poesia cubana e profili di Jose Joaquin\nPerez, Rubeyi Dario, i forti poeti dell'Ame-\nrica latina, nonché di Hostos e Lluria, i\ngeniali sociologi della Spagna moderna.\nMeno mi ha interessato il saggio sulla poesia\ndel d'Annunzio, piuttosto superficiale, e il\nsaggio sul Melodramma italiano: nel quale\nperò, è affermato un principio di fatto innega-\nbile: quello che la giovane scuola italiana si è\nlasciata superare, nel campo ideale, dai mu-\nsicisti francesi e tedeschi. O Italia, ormai\nanche il tuo primato musicale è messo,\nall'estero, in quarantena !\nEugeni® Be Castro. — EL ANILLO\nDE PoLTCRÀTES •— Bogota (Columbia) .\nÈ la traduzione in lingua castigliana d'un\ndramma pieno dell'antica grande arte greca,\ndovuto ad un J dei più illustri letterati della\nSpagna, Eugenio de Castro, dell'Accademia\nReale. La traduzione, veramente squisita, è\ndi Samuel Lopez. Il dramma, che ha per\nteatro l'isola di Samo, è d'un originalità\ngrandiosa nelle sue linee semplici e schiude\ndelle correnti di poesia e di pensiero vera-\nmente inusitate nell'arido teatro convulsio-\nnario d'oggidì.\n/acoho Marin-Baldo. — MADRI-\nG-AL.ES — Madrid ; Revista Arch. Bibl.\ny Museos.\nEcco un genere classicamente italiano ed\nin Italia passato affatto di moda. Nè si può\ndire che altrettanto di moda sia passato\nl'amore sentimentale, oggetto del piccolo\ncomponimento poetico. Ma madrigali in\nItalia non se ne scrivono, fortunatamente,\npiù. In Ispagna ne escono dei volumi ;\ncome questo del Baldo. E bisogna dire\nche anche una tal forma d'arte poetica non\nsia morta, se il libro si lascia leggere\ncon piacere e se i versi fluidi ci toccano il\ncuore d'una loro indefinibile malìa.\nSon madrigales sinceros. De la vida\nes sa canto naturai.\nBomingo Torres FRLAS. — AR-\nGENTINAS — Buenos-Aires; Penser.\nPoesia tipica, che in Comarcanas reca il\nsoffio della Pampa e la pittura vivacissima\ndel costume gauchiano. Vespertina e Haydée\nen la hamaca sono due gioielli del genere.\nIl poeta ha anche notevolissime la corda\neroica e lo spirito politico. Ricordiamo i\nversi al Generale Mitre e i frammenti di\nun vero e proprio Poema politico. Di più\nTorres Frias tocca con insuperabile eleganza\nla lira erotica. Los enamorados, Marte brutal\ny Venus mimosa, sono due saggi assai elo-\nquenti di quest'ultima qualità. Poesia, ol-\ntreché tipica, chiarissima, dalle forme lucide\ne dai suoni facili ma sempre nobiliari."}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.83", "texte": "POESIA\n\nLETTERATURA FRANCESE\nJ. M. Rosny (asné). — MARTHE\nBARAQUIN — Paris; Plon.\nParlare di J. H. Rosny Aìné, uno dei\nmaestri del Futurismo, illustre membro del-\nl'Accademia Goncourt, l'autore di quei\nforti romanzi di costumi e d'amore, di quei\nsingolarissimi romanzi preistorici e di quegli\nepici romanzi sociali che sono altrettanti\ncapolavori di alta genialità creativa, sem-\nbrami, ormai, cosa inutile. Marthe Baraquin\nè il libro di un verista meravigliosamente\nacuto. La donna povera e bella e prodiga\ntrova ancora uno de' suoi poemi dolorosi.\nIl romanzo ha realmante pagine brutali e\nferoci ; il maschio vi fa la parte tragica-\nmente vite e necessaria. Ma nell'insieme,\nl'opera è di uno splendore morale che af-\nfascina e commove. Vi è, diffusa per la nar-\nrazione limpida, una tale quantità di veri,\nche il nostro spirito si addentra nella let-\ntura come attraverso la eterna storia umana.\nFare, dell'arte, della vita. Ecco la grande\ninfallibile formula dello scrittore che richiama\ni metodi gloriosi di Flaubert e dei Gon-\ncourt. E nascono libri che documentano in\nmisura perfetta il tempo in cui viviamo,\nche ne danno, con prodigiosa semplicità di\nmezzi, l'enorme intero profilo diabolico, il\nmeccanismo di tutte le incoscienze e di tutte\nIn sensibilità.\nJ&MMES® — RAYONS DE\nMIEL — Paris; BibL de V«Occidente.\nEgloghe squisitamente semplici e pure\ndel celebre poeta francese che portano,\ndella Poesia, il soffio pieno di mistero pa-\nnico Cj insieme, di fraganza quotidiana.\nLeggendo questi versi di Francis Jammes\nci si sente presi dalla dolcezza della vita\nrustica e casalinga; ma, anche, dall'inde-\nfinibile fascino che hanno le sorgenti e le\ncorrenti della vita universale.\nLe contrevent gémit, le feuilles s'entrefroissent,\non apporte le pain\nauotidien,\nla nature est pleine d'angoisse.\nMais ma mère au vieux cceur chrétien\nme parie avec serénité\ndes petits pois qui vietinent bien.\nSon devoir se conforid avec sa piété.\nLégumes du jardin !\ndites vous\nqu'il est doux\nattachés à vos rames\nde murir doucement pour une sainte femme.\nIn questi versi è mirabilmente trasfuso il\npotere dell'arte jammiana. Ma tutte queste\nEgloghe sono gemme. Versi che tornano\nsulle labbre, a tratti, come rispondessero\nad un bisogno nativo del cuore. Arte di\nmeravigliosa innocenza: arte di sublime\nconforto umano.\nPaul Adam. — L'ICÒNE ET LE CROIS-\nSANT — Paris ; Publications Modernes.\nUn libro di Paul Adam è sempre una\nmagnifica festa dell'anima. Il grande scrit-\ntore, questa volta, è d'un'attualità politica a\ntutta prova. Si parla sempre della visita\nsolenne di Nicolò II a Maometto V. L'I-\ncona finirà ad incontrare la Mezzaluna,\ncome nelle pagine di Paul Adam. Le quali\nsono, come sempre, fra le più deliziose che\npossa oggi offrire la letteratura irancese.\nLo sfondo meravigliosamente scenico del\nlibro è dato con un arte da vero maestro.\nE lo spirito d'osservazione e il potere di\nsintesi e la virtù di presagio hanno, dovun-\nque, pel libro, l'alato prestigio della lirica,\nil rigido sistema della logica, il fiammante\nvolo dell'epopea.\nLuca Rizzardi, — LE JOURNAL D'UN\nSUICIDE — Eruxelles ; Dechenne et C.\nIl titolo è suggestivo. Si legge il libro\ncon vivo interesse. Le anime nostre sono,\ndopo tutto, a grande substrato romantico :\ne le memorie di Werther e di Jacopo Ortis\naiutano sempre a spingerci verso certe pa-\ngine con ardore quasi sensuale. Figuratevi\nsu queste che recano per epigrafe il celebre\nmotto d'Amleto: To be or not to he... E fran-\ncamente confesso che il libro del Rizzardi\nrisponde all'attesa psicologica del lettore. È\nscritto con vera e grande genialità. Luca\nRizzardi ha pronunciato in questo libro la\nparola nuova universale che, nell'eterno\ntema, si ha il diritto, di udire, un'altra volta,\nposto che, un'altra volta, un poeta se n'è\ninnamorato sul serio.\nJoBshim Gasquet. LES PRIN-\nTEMPS — Paris; Perrin.\nGasquet è un delizioso poeta aulico. La\nsua musa, pure sentendo di tutte le più\ndelicate musiche e brillando di tutte le luci\npiù accese, non si scosta dalle leggi della\ntradizione. Ma questa raccolta è inspirata\ntutta ad una tonalità classica. Lo spirito\ndelle primavere mistiche, delle primavere\npagane e delle primavere funebri quale a\nnoi è giunto attraverso le più squisite de-\nlibazioni del pensiero e dell'arte di tutti i\ntempi trascorsi, torna a battere, malioso, le\nporte del nostro cuore ed a farlo vibrare di\nechi meravigliosi. Sentite questa lirica dove\nè tutto lo slancio e l'abbandono del libro :\nOù dormez-vous, printemps du monde?\nsous i'azur de quels mornes cieux\nmenez-vous votre pale ronde\ndans les éthers silencieux?\nUn soir de songe, l'àme triste,\nau fond de mon désir lassé,\nsous une lune d'améthyste,\nest-ce vous que j'ai vu passer?\nTournant en choeur, rèveurs génies,\nentre les futs d' un bois léger\nvous faisiez sur vos mains unies\ndanser l'étoiie du berger.\nDes cyprès, corame en Italie\nse fuselaient à l'horizon,\net toute la mélancolie\nensevelissait ma raison.\nMais depuis ce songe d'une heure.\ncette ronde d'anciens parfums,\nje sens qu'au fond de moi demeure\nun peu des vieux printemps défunts....\nSi sente che quest' opera, malgrado il\nsuo andamento lirico qua e là greve e so-\nlenne, è l'opera di un essenziale spirito\nmoderno : tutte le virtù mirabili dell'uomo\npassano nell'opera del poeta e l'accendono\ndel loro bellissimo fascino. Les Printemps\nsono dei ricettacoli di luce, sovratutto : di\nquella luce che è caratteristica della poesia\nmeridionale, che è la gloria dell'opera di\nMistral e che, dal maestro, trapassa prodi-\ngiosamente naturale nelle opere degli al-\nlievi. Poiché Joachim Gasquet è un puris-\nsimo figlio di quella Provenza che dà, pur\nsempre, l'espressione più fortemente intesa\ndello spirito di nazionalismo e che ha ne'"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.84", "texte": "suoi fàlibres, la stoffa di altrettanti impe-\nratori dell'ideale.\nLa squisita signora di Joachim Gasquet,\nintanto, è stata consacrata Reine des Fèlibres:\ne questa dignità sappiamo quanto sia sacra\nin Provenza. Come è di tutti i grandi\ncuori che battono il ritmo d'una grande\nPatria, Joachim Gasquet (che mi fu dipinto\ncon entusiastici colori da F. T. Marinetti) è\nl'incarnazione più perfetta dello spirito dio-\nnisiaco non spento nella razza latina: un'a-\nnima di bontà e di letizia che, nel turbine\ndi Parigi, reca intera la sua gioia di vivere\ne cerca trarre da ogni emozione voluttuaria\nla nota profonda che faccia, un poco sempre\ndel canto il più resistente bacchico Mistero,\nE, veramente, questi Printemps hanno, più\nche di flore, profumi di vendemmie, future;\nmeglio diremo — futuriste.\nAux ìfiotSmos de SSGÈÌ® et Ca-\nSBb§*@. — Bruxelles; Album de la Bel-\ngiqae artistique et littéraire.\nE' con ammirazione e commozione che\nsi sfogliano le ricche pagine di questo ma-\ngnifico album, omaggio dell'ingegno e della\npietà del Belgio alle nostre vittime di Si-\ncilia e di Calabria. Dovuto all'iniziativa di\ndue scrittori genialissimi : Paul André e\nFernand Larcier, direttori della Belgique\nartistique et littéraire non poteva meglio\nriuscir degno dei promotori illustri e del-\nl'alto scopo umanitario a cui s'inspira. Ci\nha colpito, innanzi tutto, la lunga ed elo-\nquente lista di sottoscrittori.\nL'album fu pubblicato sotto il patronato\ndella Casa Reale di Leopoldo II. I più\nbei nomi del Belgio figurano fra quelli\nche contribuirono a rendere possibile una\nsimile meravigliosa pubblicazione. Fra i\ncollaboratori si notano i maggiori scrit-\ntori e musicisti e pittori del mondo fiam-\nmingo, quali Emile Verhaeren, Camille Le-\nmonnier, Sylvain Dupuis, Emile Mathieu,\nS. A. R. Ja principessa di Fiandra (una\ngrande artista del pennello), Emile Claus,\nVictor Rousseau, Jules Destrèe, Fernand\nKnopff, Alfred Bastien, Maubel, George\nGarnir, James Thiriar, Madame Cailteux,\nH. Carton de Wiart, Georges Eekhoud,\nFranz Mahutte, Henri Davignon. E. Verwé,\nG. Charlier, G. Marlow, Paul Gilson, Mar-\nguerite Van de Wiele, Iwan Gilkìn, G.\nRancy, James Ensor, Armand Rassenfosse,\nHenri Liebrecht.\nUn mondo di pensieri e di immagini si\nsvolge lungo le pagine di questo album la\ncui ricchezza tipografica è solo superata dalla\nricchezza sentimentale ed intellettuale che\nlo ha daterniinato. Al nostro cuore di italiani,\nun simile omaggio ha dato i brividi della\nconsolazione più grande nell'angoscia della\ncatastrofe che non ha nome. E' l'anima di\nuna delle più elette e generose plaghe di\nEuropa che è venuta spontanea, con uno\nslancio tutto latino, a lenire il nostro do-\nlore offrendoci un lussuoso Vangelo di pa-\nrole belle e di figurazioni ideali. Quanto\namore, quanta pietà, quanto augurio, in\nquesto volume votivo, per la nostra povera\ne sconsolata e resistente Italia ! Ecco le pa-\nrole del sommo fra i poeti belgi viventi,\nEmile Vcrhaeren :\n(Esse sono così altamente simboliche che\nmeriterebbero di essere trascritte intere sul\nbianco della bandiera italiana.)\n« Comme en toutes choses, mème au fond\ndes plus sombres deuils, il importe de re-\nchercher non pas une négation, mais une\naffirmation d'humanité....\n« Mais ce qu'il importe de magnifier\nsurtout, c'est l'immediate volonté de recon-\nstruire la vie à l'endroit mème ou elle fut\nsaccagée et dótruite, si bien que l'on en\npeut conclure que le coeur des peuples est\nvraiment un abìme d'espoir et de ténacité ».\nMaurSoe Gauchùx. — LES SIMPHO-\nNIES VOLUPTUEUSES — Bruxelles; La\nBelgique artistique et littéraire.\nLa poesia francese è grandemente ono-\nrata dal contributo dell' ingegno belga : ba-\nsterebbero due nomi, ormai di fama mon-\ndiale: Maeterlinck e Verhaeren. Intorno a\nquesti due colossi, una fioritura magnifica\ndi poeti è sbocciata che, infaticabile, getta\nsul mercato intellettuale di Francia le opere\npiù ardenti e più singolari.\nMaurice Gauchez è uno di questi valorosi\ncampioni del genio poetico belga.\nÈ diffusa per questa raccolta di Sinfonie\nun soffio Wagneriano che ci seduce e ci\nesalta. Il verso è trattato con grande po-\ntenza: di tipo tradizionario, ha, però, tutte\nle vastità polifoniche che il tipo musicale\ndella concezione richiede:\nLe soir fut. Et le vent s'assoupit, lent et sourd.\nUn frisson frais court sous les feuilles des chènes\nLe silence priait dans la Mort d'alentour\net le sol fut mouillé comme auprès des fontaines.\nIn Symphonies intifnes, in Parcs du silence,\nin Vent, in Bau fraìche, in Arbres, in Par-\nfums, in Lumières, in Verbes Humains,\nin Palette, in Gloires; le qualità sinfonistiche\ndi questo Poeta sono profuse con una gene-\nrosità veramente straordinaria. Grande inspi-\nrazione dovrebbe venirne alla musica orche-\nstrale !\nBau fratche, le Vent, les Arbres, les Par-\nfums, ed anche Palette ove ogni verso è,\nsi può dire, un' orgia di colore, sarebbero\nassai adatti a suggerire idee e movimenti\nd'idee d'ordine impressionistico-pittorico ad\nun musicista che abbia cara la formula de-\nbussyana.\nRicordo, inoltre, per rendere un vivo\nomaggio anche al Poeta Civile, le bellissime\nodi a Bmile Verhaereii, principe dei Poeti,\na Rubens, a Constantin Meunier e a Ric-\ncardo Wagner: dove la poesia di Maurice\nGauchez ha, veramente, lo squillo dell'ori-\ncalco famoso.\ndm Jm Wan — L' EAU FRIS-\nSONNE — Roubaix; « Le Beffroi ».\nIl poeta ama le dolci cadenze nostalgi-\nche, i ritmi consueti ma dalle più insinuanti\ncarezze : il poeta è un sensitivo squisito :\nperciò il suo canto non è mai inutile e\nvano: anzi, sempre la sua facile onda ci\nprende e ci commuove :\nDes mots, des musiques, des riens\ntristes ou gris selon nos rèves,\nsur le rythme des chansons brèves\ndes mots, des musiques, des riens...\nE Baudelaire e Verlaine e Maeterlinck,\ncon questo programma, hanno ingemmata\nla Poesia ..\nLoisSs — IMAGES BORAINES\n— Bruges; Herbert.\nLa poesia del Piérard è fra le più im-\npressionanti che mi sia stato dato incon-\ntrare in questi ultimi tempi. Egli sente la\nnatura e l'anima d'un modo affatto perso-\nsonale: ed è un prodigoso pittore de' suoi\nsentimenti, delle sue sensazioni.\n\nPOESIA"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.85", "texte": "POESIA\n\nCito la lirica: Pluie d'è'é:\nLe ciel maussade s'impatiente et tout-à-coup,\nTandis que l'hori/on s'embue, il se dissout.\nLa pluie oblique et dense, avec rage, cìiquète\nSur les tuiles et la vitre, sur l'eau inuette\nDes mares vertes, puis s'effutne sur les toits\nDès que le vent rafale. Et l'on entend parfois\nDes galopades de poulains dans les enclos,\nLes ébats des canards parmi les fiaques d'eau.\nMais les grands bceuf, l'oeil étonné, dans les prairies,\nTendent le cou, silencieux. Les métairies\nS'endorment, le vent les berce : sur les toits bleus\nVernis à neuf, les pigeons blancs ont fait le voeu\nDe rester malgré tout le plumage hérissé.\nO la musique de la pluie dans les vergers\nAux pommiers torsi Chant d'orgue large etsolennel,\nTel qu'on ne sait quand il déferle si c'est elle\nQui bruit ainsi ou les arbres harmonieux.\nO la musique de la pluie, qui monte aux cieux l\nMais soudain elle cesse et dans la paix de l'heure,\nOia n'entend plus dès lors que gouttièresaui pleurent\nTandis que dans la joie d'un pauvre soleil pale,\nDes gazons, monte un parfum frais et lilial.\nAmmiro fra le innumerevoli bellissime.\nUn soir e Spleen: in esse mi sembrano\nmarcatissimi i valori del poeta che ci è\nriuscito, dopo una sola lettura, profonda-\nmente caro, così come un amico.\nE non è anche per questo, o Poeti, che\ndobbiamo scrivere? Per seminare delle ami-\ncizie nei cuori degli sconosciuti?\nJules Bernesi* — LA LITTÉRATURE\nFÉMININE D'AUJOURD* HUI — Paris ;\nAnna les.\nLetteratura francese, s'intende. Realmente\nil favore eccezionale di cui gode oggi la\nletteratura femminile in Francia è tale da\ncostituire un fenomeno etico-sociologico di\naltissimo interesse. Il Bertaut la studia con\ngrande amore e perfetto equilibrio in queste\npagine scritte con brio e con passione. Ma-\ndame de Noailles, Aurei, Hélène Picard,\nColette Willy, Jane Catulle Mendès, Lucie\nDelarue-Mardrus? Renée Vivien, Rachilde,\nJean Dornis, Séverine, Marie Dauguet,\ne altre, e altre, costituiscono le colonne\ndella moderna letteratura femminile fran-\ncese: e il Bertaut le studia nei vari loro\nrapporti fisionomici colle concezioni di cui\nla letteratura stessa ha bisogno ed offre\nl'esempio pratico: così noi vediamo come\nla scrittrice francese concepisce nelle sue\nopere la donna, come concepisce l'uomo,\ncome vede la natura, come la pensa in fatto\ndi figli, come imagina, sente ed osserva,\ncome si pronunzia sulla questione dell'a-\nmore, come sfoggia i suoi doni nativi nella\ncreazione letteraria. La conclusione dello\nstudio critico del Bertaut è notevole e la\nriportiamo :\n« La littérature un peu trouble, mauvaise\nparfois, malsaine souvent, des femmes d'au-\njourd'hui, aura été le terrain puissant dans\nlequel va germer et naitre la forte et solide\net harmonieuse production de la femme de\ndemain ».\nJm Benoit Ssamkert* — LES FLEURS\nDU CHRLST — Vevey; Klausfelder.\nSono 1 canti di un Religioso dell'ordine\ndei Predicatori. Libro assai curioso e raro,\nperciò. Le poesie, tutte profondamente mi-\nstiche, vibrano, però, anche di intense note\numane. Il verso è trattato con maestrìa :\nle imagini sono spesso originali ed incisive.\nLa spiritualità complessiva dell' opera è\nquella che più piace e che s'impone. Questi\nmistici sono, veramente, i più alti frenetici\ndel lirismo umano. Portano al Fantasma\nSacro tutto l'impeto psicologico e carnale\nche non sempre i poeti laici sanno portare\nai loro fantasmi peccaminosi. Les fleurs du\nChrist possono insegnare dell'arte.\nAndré UffiaHm. — LES VAINES PRO-\nIVI ESSES — Paris; Publications encyclo-\npédiques et litiéraires.\nPuis-je itnaginer de plus douces choses\nque de vous offrir sur mon jeune coeur\neet amour éclos dès l'avril en fleur\nmais qui peut mourir dans le mois des roses?\nLa poesia del Martin, tutt' altro che\nnuova negli atteggiamenti e nelle forme,\nha però una delicatezza tutta speciale e\ndegli impeti di passione che la fanno di-\nstinguere dalle molte altre di cui anche la\nletteratura francese, da tempo in qua, sembra\nabbondare. Lo stile è molto accurato, le\nrime, spesso, rare: e nell'insieme, la me-\nlodia facile del canto non è mai nè mono-\ntona, nè volgare.\nVivien. — L'ALBUM DE SIL-\nVESTRE — Paris; Sansot.\nÈ un vero e proprio album, di quelli\nsui quali le signorine italiane (e, assai pro-\nbabilmente, di tutti i paesi del mondo)\namano farsi scrivere versi e prose dai così\ndetti uomini illustri. Qui troviamo degli\naforismi pieni di spirito e di profondità.\nNe volete uno d'occasione?\n— La gioire ny est plus — la gioire est\nmorie. La reclame Va tue e. La eélcbrité\nvulgaire a pris sa place.\nE ne volete un altro terribilmente strano ?\n— Le poète est frère de la ccurtisane. Il\nest plus déchu encore. N'est-il point mille\nfois plus honteux de vendre son àme que\nson corpsf — Ma chi vende mai poesia,\nalmeno in Italia?\nMaurice Levailiani. — LE MIROJR\nD'ÉTAIN — Paris; Ed. de la « Revue des\nPoètes ».\nVi è in questa raccolta di inspirazioni\nclassiche una notevole misura di sintesi ed\nuna ferma eleganza di atteggiamenti metrici.\nLa Grecia, co' suoi paesaggi e i suoi fan-\ntasmi, è la 'Musa generica del Libro. Il\nPoeta — egli medesimo lo confessa — ha\ntentato, ne' suoi versi, dire lo splendore del\nsole nel cielo grandemente aperto, la ca-\nrezza dell'aria alla luce amica, l'ora armo-\nniosa, l'euritmia mollissima. E il tentativo\nè riuscito, sia pure nelle forme le meno\noriginali.\nSeha&tien- Charles Lecoatte* —\nLE SAKG DE MEDUSE — Paris; Me'r-\ncure de France.\nIl libro, interessantissimo si apre con\nuna bella prefazione futurista sull'avvenire\npossibile della Poesia in Francia, avvenire\nche ha già il suo motto celebre:\nPoètes à veni?', qui saurez tant de choses!\nIl Poema, di una magnifica linea, ha\nsquarci d'una eloquenza che oggi è difficile\nincontrare nel regno della Poesia. La forge\ndes Cyclopes, Les Amazones au tornbeait d'A-\nchille, e tutta la sequela Sparte sono al-\ntrettanti saggi d'un canto oggi inusitato\nma pur sempre ricco dei più misteriosi e\npossenti fascini ideali.\nLOUIS TWAWDFM. — OMBRES VOLUP-\nTUEUSES — Paris; Sansot.\nUna raccolta di poesie snelle e delizio-\nsamente nostalgiche nelle quali vibra l'a-\nnima d' un poeta sinceramente innamorato\ndei fantasmi. Le liriche A la Joconde e le\naltre, facenti parte del Bouqtiet de stippliciées\ne rievocanti gli spettri di Marie Antoinetter\ndi Madame Roland, di Charlotte Cor day y di"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.86", "texte": "POESIA\n\nLucile e di Théroigne de Méricourt sono fra\nle più interessanti del volume, il quale è no-\ntevole anche per il profondo sentimento della\nnatura e il valore animistico diffuso.\nGuy Lavane!. — DRJ LIVRE DE LA\nMORT — Paris; « La Phalange».\nPoeta pieno di delicatezze, dal sapore\nelegiaco marcato. I versi sembrano scritti\nper essere mormorati. Di tipo tradizionario,\nsi snodano, però, con molta varietà di suoni\ne sono sempre trattati con squitita arte di\ncesello. Il Poeta ha un anima dolce e pro-\nfonda che sente il bisogno di rivelarsi nella\nparola perfetta. E sempre giunge a rivelarsi.\nIl libro del Lavaud é fra i più sinceri e i\npiù esatti che mi sia stato dato di leggere\nquest'ultimi tempi.\nEiienn® — DE L'AMOUR —\nParis ; Grasset.\nUn altra di quelle squisite monografie\nsull'amore che sólo i francesi sanno scrivere.\nLa prima parte consta di alcune Notes sur\nl'amour: deliziosi aforismi che hanno il\npotere di chiudere, nel breve giro d'una\nfrase elegante, un mondo sempre diverso\ndi verità. Eccone qualcuna; — U amour\nabaisse les grandes àmes et élève les petites\n— Faire souffrir une femme est une autre\nfagon de la posseder — Dieu est le premier\net le dernier amant de la femme — A\ntrente ans} une feinnie Jìnit ou débute —\nTout le roman de la femme tient en deux\nchapitres: dans le premier elle s)abando?i?ie,\nda?is le second elle est abandonnèe.\nLa seconda parte, non meno profonda\nbrillante, è un rapido schizzo di metafisica\ndeiramore. Il concetto inspiratore, in so-\nstanza, è questo: l'istinto sessuale ha fatto\ndell'uomo uno schiavo: l'amore ne ha fatto\nun ribelle. Questi ribelli sono i re della vita.\nCome vi sono dei geni dell'arte, così vi\nsono dei geni nell'amore. Sono gli amanti,\ngli scarsi esseri superiori, che non curano\nla continuità della specie, ma sviluppano la\npassione e preparano il trionfo dell'indivi-\ndualismo.\nJacques Roisgé. — LE TERROIR\nET LES RÈVES — Paris ; Lechevalier.\nIl Poeta canta specialmente i luoghi umili\ne cari. La sua poesia, dalle squisite melo-\ndiosità di certe sonate d'organetti di Bar-\nberia in certe primavere di sobborgo, scorre\nlucida e semplice e trova sempre la via del\ncuore. Qua e là anche l'umorismo trapela\ne, come e sempre di classica vena francese,\nabbiamo, allora, il piccolo capolavoro. Ec-\ncone un saggio nel Tonneau du Liget :\nAu monastère du Liget\neri l'ari mil cinq cent et quarante,\nun beau soir, le pére Léger\n(La foi d'un moine est chancelante)\npendant que ses frères dévots\nchantaient laudes, d'une voix grave,\ns'en fat seul vers les noirs caveaux\nremplis de chinon et de grave.\nAyant fui l'odeur des missels\net les parfums du sanctuaire,\nLéger flairait les barrissels\net leur senteur charmait le pére.\nIl s'en allait de futs en futs,\nen soulevant toutes le boudes,\net ses deux mains n'en pouvaient plus\nde palper les barriques rondes.\nLa gourmandise, seule, ici,\nle faisait manquer à la règie.\nSatan lui souffla : — Bois aussi\npour abreuver ton pain de seigle ! —\nLe diable apparut aussitòfc,\nprit le baril e le flit boire\nà Léger, qui perdit, bientót,\net l'équilibre et la mémoire.\nPuis Satan, pour se divertir,\nLéger dans 3a barrique\nEt ce fu un nouveau rnartyr\ndont on vénère la rélique.\nJohn-Antoine SNS&is. — Au SEUIL DE\nL'ESPOIR — Paris ; Vanier.\nTipo di quel poema psichico che troppo\nè raro in Italia. Una poesia piena di squi-\nsiti volgimenti spirituali, dalla musicalità\nsempre ardente, qua e là dall'umorismo\nche rivela il temperamento latino di razza;\ndei tocchi nostalgici ed elegiaci suprema-\nmente delicati ; eleganza e ricchezza d'ima-\ngini, profusione di coloriti sopra un tessuto\nassai forte di meditazione, sopra una ga-\ngliarda trama di pensiero e di sogno. L'a-\nmore tiene il suo posto, ma singolarmente\neroico e religioso insieme :\nEn elle pressent-il le lien et l'aimant\nentre ce monde enclos et les extrèmes grèves,\nentre le vouloir morne, abrupt et déprimant\net la suave mort où s'achèvent les rèves\nbaignés de bleu mystique en Pitnmuable été,\ndans l'immense pitié de l'Immense Bonté ?\nCar levant les yeux vers la voix qui le caresse\net vers l'infìni clair tout étoilé d'espoir\nVIsolé voit briller tes régards d'allégresse\net ton sourire, Aimée, en le ciel du beau soir.\nEdmondl Harauoourt. — TROU-\nMAILLE ET PELISSON -— Paris; Fas-\nquelle.\nIl romanzo, che fu pubblicato nel Journal\nparecchi anni or sono, è una curiosa storia\nd'un matrimonio infelice nel quale (caso\nnon del tutto strano) la vittima è il marito.\nLo stile del racconto è di una semplicità\nche si rende amabile.\nL'autore si è rivelato un profondo cono-\nscitore dei piccoli ambienti rurali ; e la de-\nscrizione della continua, infaticabile, calun-\nniosa malignità che caratterizza la vita in\nquei luoghi è fatta con grande sapore di\nverità. Anche questo libro meriterebbe di\nessere conosciuto in Italia dove la vita dei\npiccoli centri è tutta imbevuta di pregiu-\ndizi e alimentata di maldicenze. Molti quadri\ndi questa Francia sono gli stessi di questa\nItalia. Il che più consolare.\nALBERT DA BOIS- — PARIS LA PRO-\nSTITUÈE — Paris; Sansot.\nE' il secondo libro dei Poèmes impérieux.\nDescrivere che cosa sia la poesia del Du Bois\nè quasi impossibile. Non che egli canti in\nritmi rivoluzionari. Anzi, la sua poesia è di\nun tipo formale piuttosto conservatore. Ma\ne il disegno etico del suo canto quello che\npiù sorprende e incatena. Il profilo bizzarro\ndella Parigi divinamente carnale e spirituale\ne reso con una potenza saltuaria di trovate\nche che ha del demoniaco.\nAccanto alla ferocia sarcastica che demo-\nlirebbe anche l'Universo, troviamo delle\nespansioni liriche di deliziosa bellezza. Cito\ni canti : La ville répond au Poète — Le Poète\ntmplore la ville — Figures ben parisiennes\ne Bons conseils a une prostituée dove lo\nspirito del Poeta si allarga e si innalza in\nvoli veramente nuovi d'ardire.\nEcco, fra tante Parigi, una inspirazione\nsquisita su Roma :\nBrune beauté, fine et patricienne ;\nfier visage mobile, aux purs contours latins!\nEt nul ne la croirait la Mère, l'Ancienne,\nà voir ses yeux brillants de l'ardeur dts matins.\nDécor fait pour les Dieux et les apotliéoses,\nsol plus proche des cieux que tous les autres sols :\nacqueducs écroulés sur des collines roses,\nbalustres ombragés de lourds piiis parasols.\nEt de tous les cótés, saus que rien le dérobe,\nbleu, d'un bleu pale et doux, presque immatériel\nle dòme de Saint-Pierre est tei qu' un vaste globe,\nqu'un poing imperiai tiendrait au fond du ciel."}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.87", "texte": "POESIA\n\nPaul Ledercq. — JOUETS DE PARIS\n— Paris ; Floury.\nLibro assai gustoso, scritto con grande\nlucidità ed eleganza di stile. Sono impres-\nsioni istantanee su tipi umani. Taluno di\nquesti schizzi è un vero capolavoro di grazia\ne di spirito. Cito Les dominos> Les alma-\n?iachs, Le nourrisson> Le marmoi, Les Pari-\nsiennes. Il libro è di quelli che si divorano\ne lasciano un'impressione incancellabile. Vi\nè della fantasia, dell'umorismo, della pro-\nfonda penetrazione di esseri e di cose. Libro\nraro e caro.\nMichel Gorday. — MARIAGE DE DE-\nMAIN —- Paris; Fasquelle.\nUn romanzo leggermente a tesi ma ar-\nchitettato con sapienza e lieve, alla let-\ntura, come una novella. Benché il concetto\nsia dei più profondi e d'un modernismo\ndidascalico a tutta prova. Un intellettuale\n(scienzato, questa volta, e medico per\ngiunta) figlio di famiglia ricca sposa una\nfiglia d'operai, operaia essa pure, della quale\negli ebbe ad innamorarsi mentre la curava\nd'una mano offesa dall'insidia d'una mac-\nchina. Questo il soggetto. Le applicazioni\nalla vita e le deduzioni ideologiche sono\nfacili ad intuirsi. Il Corday ha aggruppato\nintorno alla coppia protagonista dei tipi\nnecessari alla intera luce del suo quadro\nideale. E l'ha fatto con mano felicissima\nse non, naturalmente, con straordinaria\noriginalità. Il libro è pieno di bella e forte\npoesia umana, ed è scritto, inoltre, con\narte squisita.\nLucie Deiarue-Mardrus. — LE\nROMAN DE SIX PETITES FILLES —\nParis ; Fasquelle.\nL'autrice di Marie fille-mère ci si pre-\nsenta con questo nuovo romanzo che con-\nferma e consacra la sue mirabili qualità di\nscrittrice. Il nuovo Romanzo è semplice-\nmente delizioso.\nLe protagoniste sono piccole anime inte-\nressanti trattate con acume di percezione\npsicologica e con profonda maestrìa d'arte.\nFra tutte primeggia il tipo di Lilì che\nin qualche punto, nella sua innocente di-\nmensione microscopica, assurge ad una\nvera altezza drammatica e dà alle pagine\nquasi intantili, Y andatura di un vero ro-\nmanzo di passione. Il libro che diverte e-\nnormemente, non può non trovare anche in\nItalia grande fortuna.\nFréderio Passy* — POUR LA PAIX\n— Paris; Fasquelle.\nQuesti scipiti libri si leggono come si\nleggerebbero, attraverso una necropoli, delle\nlapidi. Pare impossibile vi siano anime latine\nche si esaltino ancora a difendere il più sto-\nlido fra gl'ideali: quello della Pace. Stolido\ne basso. Noi non crediamo che alla Storia:\nossia alla guerra, all'orgoglio, alla vendetta\ndelle Nazioni. Leggere di queste pagine\nscritte per una indefinibile padagogia lassa-\ntiva dei giovani e degli adulti ancora idonei\nalle armi (e completamente a ritroso del cam-\nmino che fanno i nostri quotidiani istinti\npiù fieri), è constatare, una volta di più,\ncome non sia soltanto l'Italia quella che\nha le sue cariatidi e come il miraggio del\nPremio Nobel possa attirare, non solo i più\nforti ingegni, ma anche più rammolliti del\nMondo.\nNel prossimo numero pubbli-\ncheremo le recensioni di circa\nquaranta volumi\n\nPaolo Buzzi.\n\nNEI PROSSIMI NUMERI PUBBLICHEREMO VERSI DI:\nSElda Gtaneiii - Alfredo Baccelli - Willy Dias - Nella Doria-Cambon - Arturo Foà - Manfredi - A. M. Tirabassi -\nDecio Cari. - IVI .se di S. Giorgio - S. Munzone - BortoSotti - F. Biondoiiilo - E. Lumachi - A. Sinadino - 0. Giordano -\nF. Santoliquido - F. Lenzi - E. Gellona - M. Coronaro - F. Vigliani - IVI. V. Del Forno - Giselda Fabrizi - T. De Filippis -\nL. Giovanola - G. R. Ceriello - IVI. Gabellini - L. Fallacara - R. Picco - Eugenia De Negri - C. L. Bassi -Ten. Kessier - R. Fondi.\nTouny Lérys - René Arcos - Paul - J. Perdriel-Vaissière - L. Rolmer - Hubert Fillay - E. Des Essarts -\nGuy Marsac - Jean Ligaé - P. Vierge - G. Gasser - P. Handrey - A. Coupel - C. Dabranetti - D. Thaly - Louise Lalame -\nH. Gambier - G. Walder - A. Desvoies - J. B. Sisley - G. H. Mai - M.me Henry Rosier - L. Berthaut - M. Perrier - A. De Laumé.\nSylvije Kranijevic - Blanco-Fombona (trad. G. Beccari) - A. Askerk (trad. L. Crociato) - Calatinije Jeretov -\nE. de Ory - Smara - J. ZmaJ Jovanovic - N. Mendonca - A. Ozorio De Castro - Poi Arcas."}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": "[93]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.88", "texte": "Le Futurisme\ndans la\nCaricature\nItalienne.\n«Après une grande\nassemblée futuriste»\n(Dessin de MANCA\nparu dans le journal\n“PASQUINO”\nde Turin)."}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": "couv. 3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.89", "texte": "pi\"\n«uwarwMfiriiiiiriMi »\"'!■»un# <i< mTi*ìM<r\"°nr''nn^jni#\" un — ni > -\nMeteore de France\nPARIS - 26, rtie de Condé - PARIS\nVINGT1ÈME ANNÉE\nParait le ier et le 15 de chaque mois\nDirecteur:ALFRED VALLETTE\n\nLa Rénovation Esthétique\n(QUATRIÈME ANNÉE)\nRédacteurs en chef:\nEMI LE BERNARD, LOUIS LORMEL, ARMANO POSNT\nParaissant le premier de chaque mois sur 56 pages imprimèes\navec luxe, formant par an deux magnifiques vohimes de 336 pag.\nAbonnementi France et Etranger, IO francs par an\n12, Ras\n\nLA TOISON D'OR\n2.me ANNÉE\nON SOUSCRIT à la Rédaction: MOSCO U, Nor-\nvinsky boulevard, maison Rogo fine; PARIS, Union des\nartistes rnsses, 25, boulev. Montparnasse; H. FLOURY,\nBoni, des Capucines; HA CHETTE, 79, Boni. St. Germain\nl\nPrix d'abonnement pour l'étranger: 55 francs.\nPrix du numero: 6 frs. - Le Directeur: Nicolas I^iabouchinsky\n\nROMÀNUL\nPOLITIC — LITERAR — RELIGIOS\nRedactia si administratia:\nStrada Locaci, N. - BUCAREST\n\n«PAN,,\nR E V U E LIBRE\nDirecteur: JEAN CLARY\n'PARIS — 35, Rue de Tréì>ise\n\n« ,\nREVUE DE LITTÉRATURE\nDirecteur :Ary-René d'Yvermont\nPARIS j J3f Rite 'Bleue\n\nLES PAROLES\nDtreciettr : JEAN DE BONNEFON\nSOCIÉTÉ D'ÉDITIONS ; 23, Rue de Seine\nPARIS\n\nLes documents\nda progrès\nREVUE MENSUELLE INTERNATIONALE\nDirecteur: D.r Rodolphe Broda\nCQLLABORATEURS PR1NCIPAUX\nGASTON BONNIER, E. FLOURENS, MAXIME\nGORKI, P. et V. MARGUERITTE, FERNAND\nMAZADE, FRÉD. PASSY, JEAN RICHEPIN,\nSAINT-SAÈNS, M. SEMBAT, ÉMILE VAN-\nDERVELDE.\nFELIX ALCAN; éditeur.\n108, Boulev. S.15 Germain - PARIS\n\nL'ART LIBRE\nREVUE MENSUELIE D'ART ET LITTÉRATURE\n'Direct 'eur:Joseph Billiet\nQuai Rambaud, 1 - LYON\n\nRETO M.HONCRIE\nParaissant le 15 de chaque mois\nPar Fascicules in 8° de 130-150 pages. — Pre-\nmière année, 1908. — Le Numéro, 2 francs 50\nOrgane de la Socieiè Littéraire\nFrancaise de Budapest\nPRIX DE L'ABONNEMENT:\nHONGRIE Six mois, 15 cour. Un An, 25 cour.\nFRANCE et U. P. Six mois, 20 fr. U11 An30 fr.\nRèdaction et Àdmìnìstratìon:\nBUDAPEST, Andrassy-nt 95, VI\nRédacteur eri Chef:\nG. HUSZAR\n\n*ma—— ywi r>r!■■*■» grigia h fìt ifim rimi< ■■•■i gì—ma— inf*f\nIVERS ET PROSE n\nI\nPARIS — 18, Rue Boissonade\nDirecteu PAUL FORT !\n\nLE BEFFROI\nNOUVELLE SÈRIE (8e ANNÉE) (Specimen 50 cent.)\nART ET L1TTÉRATURE MODERNES\nRevoe du Nord de la France & de la Belgiqtte\nPARAISSANT LE 15 DE CHAQUE MOIS\nLÉON BOCQUET, Directeur\nRue de la Rondelle, 4 - ROUBAIX\n\nLA BALANOE\n(VIESSY)\nREVUE RUSSE DE LETTERATURE ET D'ART\n1909 - SIXIÈME ANNÉE\nPrix d'abonn. pour l'Union Postale: 18 fr. par an.\nDìrecteur: SEROE POLIAKOFF\nBureau: Moscou, Place du Théàtre Métropole, 23.\n\nLES MARGES\nGAZETTE LITTÉRA1RE\nDiredeur :Eugène Montfort\nPARIS » 5, Rac Chaptal\n\nLa Phalange\nDirecteurs :\nJEAN ROYÈRE - JULIEN OCHSÉ\n6,Uillz cM\n===== PARIS\n\nAKADEMOS\nRevue mensuelle d'art libre et de critique\nDìrecteuv : A.\n24, Rue Eugène Manuel - PARIS^^"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": "couv. 4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaai190908-01.1.90", "texte": "Pretto del presente fascicolo triplo : Lite 3.-\nBORGHI LUIGI, gerente responsabile.\nSocietà Anonima POLIGRAFIA ITALIANA - Via Stella, 9 - MILANO - 2662\n\nr ——— — —\nV.me Année J\"*I A V\" Année\nOrgane d« FUTURISME\nA PUBLIÉ DES VERS INÉDITS DES PLUS\nGRANDS POÈTES CONTEMPORAINS:\nMistral, Paul Adam, Henri de Régnier, Catulle Mendès, Gu-\nstave Kahn, Vielé-Griffin, Verhaeren, Francis Jammes, Mauclair,\njules Bois, Stuart Merrill, Paul Fort, Hachilde, La Comtesse de\nNoailles, Jane Catulle Mendès, Hélène Picard, H. Vacaresco, etc.\nG. D'Annunzio, Pascoli, Marradi, Bracco, Butti, D. Angeli, Colautti,\nSilvio Benco, Elda Ciancili, A. Baccelli, Ada Negri, G. P. Lucini,\nD. Tumiati, G. Lipparini, Cavacchioli, De Maria, Buzzi, Govoni, etc.\nSwinburne, Symons, Yeats, Fred. Bowles, Douglas Goldring,\nSmara, Alexandre Macedonski, Dehmel, Arno Holz, Valére Brus-\nsov, Salvador Rueda, E. Marquina, A. Gonzales-Blanco, San-\ntiago Arguello, etc.\nTI RAG E DE QE NUMÉR©\n40.000 exemplaires"}]}