{"numero_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_sha256": "22704f6bf55c60369febd73f74e37fda60001ba876da17a9339897f1027bc377", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/03/15_01/bmtnaaw_1917-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/03/15_01/bmtnaaw_1917-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c001", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.1", "titre_corps": "SOMMAIRE", "titre_sommaire": "SOMMAIRE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.1", "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 296, "texte": "SOMMAIRE\nG. 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Il a droit à toute notre\nferveur, à toute notre admiration."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c003", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "4", "image_debut": 2, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.3", "titre_corps": "Quand le Symbolisme fat mort...", "titre_sommaire": "Quand le Symbolisme fat mort...", "signature_source": "PAUL DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.2", "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "Quand le Symbolisme fat mort...\n\nQu'il nous est agréable de rendre hommage aux héroïques efforts\ndu Symbolisme pour donner au lyrisme français la pureté, la candeur,\nles ailes d'ange de la poésie anglaise ! Cependant il nous faut le juger au\nmême titre que le Romantisme ou la Renaissance et déplorer la fatalité\nqui l'a empêché d'accomplir son œuvre.\nCe beau jet d'eau montant au ciel avec un sifflement de flamme, se\nrabattit soudain au sol. Comment ! Avoir écrit les Serres Chaudes et\nPelléas et enfanter l'Oiseau bleu ! Sortir de Hérédia, mener les Jeux\nrustiques et divins et en revenir à des sonnets parnassiens sur les grâces\ntremblantes d'une gelée de groseille; s'enivrer de la Clarté de Vie et\nfinir par chanter une beauté grecque molle et élégante comme la sent\nun bachelier d'Oxford ! Voilà cependant la lamentable aventure des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "plus grands d'entre les Symbolistes. C'est qu'ils n'ont pas trouvé la\nbeauté qu'ils poursuivaient ; dans un bref éclair la terre promise leur\nest bien apparue, mais la nuit s'est refermée et après avoir longuement\nerré à l'aventure, harassés, le cœur plein de doute, ils ont rallié le\nchemin royal où le monde se presse.\nht pourtant, en dehors du Romantisme et du Symbolisme il n'y eut\npas de poésie en France depuis un siècle. Les poètes-centaures, tels\nque Baudelaire, Mallarmé, Verlaine et Rimbaud participent de l'un et\nde l'autre.\nCe grand siècle de lyrisme est une renaissance plus brillante et\nplus ardente que la Renaissance. Que de richesse, quelle abondance,\nque de désordre ! Quelle royauté laissée au démon de l'inspiration !\nMais la vie de la littérature continue et un instinct très sûr la guide\ndans son évolution ! A une période d'exubérance et de force doit\nsuccéder une période d'organisation, de classement, de science,\nc'est-à-dire un âge classique.\nSans doute, il est utile de percer à jour l'erreur des néo classiques\nqui veulent un appauvrissement de notre lyrisme et de notre langue\nen nous donnant comme modèle notre xvue siècle! Ils prétendent que\nle vers classique est nécessaire au classicisme. Certains croient même\nque le classicisme est un idéal auquel nous n'atteindrons pas si\nnous ne possédons un roi... Ce n'est pas cela et les dieux nous en\ngardent. La formule classique surannée est le contraire du classicisme :\nil y a classicisme dès que l'auteur domine son objet, dès que l'œuvre\nd'art est une création distincte de son auteur. Nous devons aborder\nune nouvelle littérature classique, l'œil fixé sur nos étoiles !\nUn jour, marqué d'une pierre blanche, le beau vers fut tué : l'unité\nlyrique fut désormais le poème. Mais la liberté complète qui laisse le\nlyrisme se développer comme une fumée, mais la contrainte extérieure\nd'une forme fixe ne réussissent pas à la création d'une œuvre d'art. La\ncontrainte doit être intérieure ; l'œuvre d'art doit être conçue comme\nconçoit l'objet de sa fabrication l'ouvrier d'une pipe ou d'un chapeau ;\ntoutes les parties doivent avoir leur place strictement déterminée selon\nleur fonction et leur importance. L'objet importe ici et non tel ou tel de\nses éléments.\nJusqu'à présent, le lyrisme français, et particulièrement la poésie"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "symboliste, fut surtout basé sur le verbe, sur la beauté verbale. Or il\nserait fou sans doute de ne pas se servir de l'étrange magie des mots,\nmais nous ne la considérons que comme un moyen, au même titre que le\nrythme, la musicalité, la rime, l'assonance, etc. Le but du poète est de\ncréer une œuvre qui vive, en dehors de lui, de sa vie propre, qui soit\nsituée dans un ciel spécial, comme une île sur l'horizon.\nEnfin, pas de développement : tout ce qui se raconte, s'explique,\nfait intervenir un élément de ratiocination qui a toujours enchaîné à\nla terre notre poésie. Voyez là où la poésie a toujours librement vécu :\nen Chine, en Perse, en Arabie... si elle a besoin de quelque anecdote,\nou de quelque raisonnement. Le raisonnement, disait Byron, est la mort\nde la poésie.\nPlus l'émotion est prise près de sa source, plus elle est forte, mieux\nelle se communique ! Un développement littéraire est toujours l'obscur-\ncissement d'un état d'âme. Or la complexité d'un instant est la plus forte\nunité qu'on puisse donner à une œuvre.\nLe désordre apparent des derniers poètes n'a rien de commun avec\nles simulacres de folie hamlétique des poètes de la fin du xixe siècle.\nActuellement, le manque de développement est une descente plus intime\ndans le cœur du poète pour le renforcement et l'unité de son œuvre.\nQuels efforts les acteurs de talent qui veulent émouvoir ne font-ils\npas pour faire jaillir un beau cri des paroles d'une tirade théâtrale !\nPourquoi ne pas laisser subsister le beau cri et sacrifier soi-même la\ntirade !\nAussi, loin d'être comme l'a déjà affirmé un critique sagace !\nla « queue du symbolisme », nous prétendons n'avoir rien de commun\navec lui. Sans doute, les thèmes de la poésie sont éternels. Toujours,\nil y eut des poètes de talent : La façon de créer, l'esthétique seule\ndiffère.\nNotre esthétique est déjà élaborée ; elle vit de sa vie indépendante.\nElle est faite déconcentration, de composition, de pureté. Nous voulons\nconstituer des œuvres qui utilisent les libertés conquises par nos pré-\ndécesseurs mais en rapprochant les éléments les plus divers et en appa-\nrence les plus disparates.\n\nPAUL DERMÉE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c004", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "7", "image_debut": 5, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.4", "titre_corps": "SUR LE CUBISME", "titre_sommaire": "SUR LE CUBISME", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "SUR LE CUBISME\n\nLe mouvement de peinture qui, né il y a quelque dix ans, a été\nbaptisé du nom de Cubisme n'est peut-être pas celui qui a le plus étonné\nle monde ni celui qui, après avoir eu le plus d'ennemis a récolté le plus\nd'adeptes; mais il est incontestablement l'Effort artistique qui, en étant\nle plus important de notre époque, y a apporté le plus de confusion.\nCette confusion, dans laquelle on a semblé, au début, se com-\nplaire, a assez duré.\nLes efforts que chaque artiste tente de son côté pour la faire cesser\nnous le prouvent.\nOn sent, de toute part un besoin de s'entendre et de mieux se com-\nprendre. Je parle des artistes, car ce n'est pas seulement dans le pu-\nblic, mais chez les artistes eux-mêmes que l'équivoque exista dès le\ndébut et qu'elle persiste malheureusement encore.\nIl n'est pas seulement question des divergences de goût qui exis-\ntèrent de tout temps chez eux et ne cesseront heureusement jamais.\nMais il est quelques points essentiels qu'il serait peut-être bon d'at-\nteindre et d'admettre en commun afin de constituer une base à un art\ndont beaucoup se réclament pour des raisons tout à fait différentes et\nmême opposées.\nIl s'agit cependant d'un art qui par sa persistance et son développe-\nment a assez prouvé ses raisons et ses droits d'exister.\nL'opinion d'un seul ne saurait certainement mettre tout le monde\nd'accord; mais il n'est peut-être pas vain de tenter quelques éclaircis-\nsements d'ordre général, quelques précisions d'ordre particulier utiles\nen iout cas à trancher une différenciation nette.\nLes efforts sérieux de certains ne sauraient que gagner à ne pas être\nconfondus avec les fantaisies plus ou moins justifiées, plus ou moins\nhonnêtes (artistiquement) de peintres qui, n'ayant rien à apporter au\nmouvement, ne sont attirés que par le modernisme à outrance quand\nce n'est pas par d'autres raisons moins avouables.\nCertains ont prétendu dépasser le cubisme qui est l'art en évolution\nde notre époque et, pour en sortir, ils sont revenus en arrière.\nRetombés dans l'art d'imitation en choisissant seulement parmi\nles plus modernes les objets à représenter ils ont cru solutionner un pro-\nblème ardu en tournant la difficulté.\nPar les titres dont ils étaient obligés de compléter leurs œuvres ils"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "sortaient du domaine plastique pour entrer dans un symbolisme litté-\nraire dont la fantaisie est, dans le domaine de la peinture, absolument\nsans valeur.\nAussi bien, s'il est difficile de trouver des moyens nouveaux dans\nun art, il n'est méritoire que de les trouver propres à cet art et non\npas dans un autre.\nC'est-à-dire que les moyens littéraires appliqués à la peinture (et\nvice versa) ne peuvent que nous donner une apparence de nouveauté\nfacile et dangereuse.\nLe cubisme est un art éminemment plastique ; mais un art de\ncréation et non de reproduction ou d'interprétation.\nOr que peut-on créer en peinture si ce n'est le tableau ; et cette\ncréation à l'aide de moyens nouveaux appropriés? Les premiers peintres\ncubistes ont trouvé des moyens propres dont ne se sont pas assez préoc-\ncupés ceux qui ont marché sur leurs traces. Ceux-ci ont pris l'apparence\ndes œuvres déjà produites et ils ont fait a la manière avec la prétention\nde commencer pour leur propre compte un art nouveau. 11 est temps de\ns'en apercevoir, car on ferait de cet art profond dont on n'a su voir que le\ncôté superficiel un art superficiel. Avec cette désastreuse façon déjuger\non n'a vu qu'incohérence là où il y eut, dès le début même, recherche\nde discipline. Aujourd'hui pour quelques rares élus la discipline est\nétablie et comme on n'a jamais rêvé d'un art froid, mathématique et\nantiplastique, uniquement cérébral, les œuvres qu'ils nous donnent\ns'adressent directement à l'œil et aux sens des amateurs de peinture.\nMais pour aimer cette peinture il faut d'abord comprendre pourquoi\nsonaspect est tellement différent de celui auquel notre œilétaitaccoutumé.\nLe but est différent ; les moyens doivent l'être aussi et le résultat\négalement : plaire au public, ce qui sera la conséquence du résultat, n'est\nqu'une affaire d'éducation de sa part.\nDepuis la création de la perspective comme moyen pictural on n'a-\nvait trouvé dans l'Art, rien d'aussi important.\nNotre époque est le temps où l'on a trouvé l'équivalence de ce\nmoyen merveilleux.\nComme la perspective est un moyen de représenter les objets selon\nleur apparence visuelle, il y a dans le cubisme les moyens de construire\nle tableau en ne tenant compte des objets que comme élément et non au\npoint de vue anecdotique."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "Il devient alors nécessaire de préciser la différence qui existe entre\nl'objet et le sujet. Celui-ci est le résultat de l'emploi des moyens de créa-\ntion que l'on s'est acquis : c'est le tableau lui-même.\nLes objets n'entrant plus que comme élément on comprendra qu'il\nne s'agit pas d'en donner l'aspect mais d'en dégager, pour servir au\ntableau, ce qui est éternel et constant (par exemple la forme ronde d'un\nverre, etc...) et d'exclure le reste.\nL'explication de la déformation des objets, que le public n'a jamais\neue, est là. Elle est une conséquence et ne saurait être admise comme\nfantaisie arbitraire du peintre. Autrement nous ne sortirions pas des\ndéformations caricaturales excusées par cette expression surannée pour\nnous : « la façon de voir ».\nAprès ce qui précède on comprendra que nous n'admettions pas\nqu'un peintre cubiste exécute un portrait. Il ne faut pas confondre. Ce\nqu'il s'agit de créer c'est une œuvre, un tableau en l'espèce, et non pas\nune tête ou un objet, construits selon des lois nouvelles qui ne justi-\nfieraient pas assez l'apparence où elles aboutissent.\nC'est cette création, dont je parlerai aussi plus tard à propos de\npoésie, qui marquera notre époque. Nous sommes à une époque de créa-\ntion artistique où l'on ne raconte plus des histoires plus ou moins\nagréablement mais où l'on crée des œuvres qui, en se détachant de la\nvie, y rentrent parce qu'elles ont une existence propre, en dehors de\nl'évocation ou de la reproduction des choses de la vie. Par là, l'Art\nd'aujourd'hui est un art de grande réalité. Mais il faut entendre réalité\nartistique et non réalisme; c'est le genre qui ;nous est le plus opposé.\nOn a donc le droit de dire que le cubisme est la peinture même\nautant que la poésie d'aujourd'hui est celle qui est la poésie même. Et\nqu'importent après cela les objets dont on se sert, qu'importe leur nou-\nveauté si l'on s'en sert avec des moyens qui ne sont pas nés avec eux et\npour eux ?De là seulement, de cette appropriation de moyens totale\nnaît le style qui caractérise une époque.\nDans le domaine de l'art ce ne sont jamais les créations d'un autre\nordre qui ont servi de jalon et quand nous parlons d'époque il faut\nentendre époque artistique parce que je ne suis pas chauffeur d'auto-\nmobile.\n\nPIERRE REVERDY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c005", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "10", "image_debut": 8, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.5", "titre_corps": "LA VICTOIRE", "titre_sommaire": "LA VICTOIRE", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1301, "texte": "LA VICTOIRE\n\nUn coq chante je rêve et les feuillards agitent\nLeurs feuilles qui ressemblent à de pauvres marins\nAilés et tournoyants comme Icare le faux\nDes aveugles gesticulant comme des fourmis\nSe miraient sous la pluie aux reflets du trottoir\nLeurs rires amassés en grappes de raisin\nNe sors plus de chez moi diamant qui parlais\nDors doucement tu es chez toi tout t'appartient\nMon lit ma lampe et mon casque troué\nRegards précieux saphirs taillés aux environs de Saint-Claude\nTes joues étaient une pure émeraude\nJe me souviens de toi ville des météores\nUs fleurissaient en l'air pendant ces nuits où rien ne dort\nJardins de la lumière où j'ai cueilli des bouquets\nTu dois en avoir assez de faire peur à ce ciel\nQu'il garde son hoquet\nOn imagine difficilement\nA quel point le succès rend les gens stupides et tranquilles\nA l'lnstitut des jeunes aveugles on a demandé\nN'avez-vous point ici de jeune aveugle ailé\n0 Bouches l'homme est à la recherche d'un nouveau langage\nAuquel le grammairien d'aucune langue n'aura rien à dire\nEt ces vieilles langues sont tellement près de mourir\nQue c'est vraiment par habitude et manque d'audace\nQu'on les fait encore servir à la poésie\nMais entêtons-nous à parler\nRemuons la langue\nLançons des postillons\nOn veut de nouveaux sons\nde nouveaux sons\nde nouveaux sons"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "On veut des consonnes sans voyelles\nDes consonnes qui pètent sourdement\nImitezde son de la toupie\nLaissez petiller un son nasal et continu\nFaites claquer votre langue\nServez-vous du bruit sourd de celui qui mange sans civilité\nLe raclement aspiré du crachement ferait aussi une belle consonne\nLes divers pets labiaux rendraient aussi vos discours claironnants\nHabituez-vous à roter à volonté\nEt quelle lettre grave comme un son de cloche\nA travers nos mémoires\nNous n'aimons pas assez la joie\nDe voir de belles choses neuves\n0 mon amie hâte-toi,\nGrains qu'un jour un train ne t'émeuve\nPlus\nRegarde-le vite pour toi\nCes chemins de fer qui circulent\nSortiront bientôt de la vie\nIls seront beaux et ridicules\nDeux lampes brûlent devant moi\nComme deux femmes qui rient\nJe courbe tristement la tête\nDevant l'ardente moquerie\nCe rire se répand\nPartout\nParlez avec les mains faites claquer vos doigts\nTapez-vous sur la joue comme sur un tambour\n0 paroles\nElles suivent dans la myrtaie\nL'Eros et l'Antéros en larmes\nJe suis le ciel de la cité"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "Ecoutez la mer\nLa mer peiner au loin et crier toute seule\nMa voix fidèle comme l'ombre\nVeut être enfin l'ombre de la vie\nVeut être ô mer vivante infidèle comme toi\nLa mer qui a trahi des matelots sans nombre\nEngloutit mes grands cris comme des dieux noyés\nEt la mer au soleil ne supporte que l'ombre\nQue jettent des oiseaux les ailes éployées\nLa parole est soudaine et \"c'est un dieu qui tremble\nAvance et soutiens-moi je regrette les mains\nDe ceux qui les tendaient et m'adoraient ensemble\nQuelle oasis de bras m'accueillera demain\nConnais-tu cette joie de voir des choses neuves\n0 Voix, je parle le langage de la mer\nEt dans le port la nuit les dernières tavernes\nMoi qui suis plus têtu que non l'hydre de Lerne\nLa rue où nagent mes deux mains\nAux doigts subtils fouillant la ville\nS'en va\nMais qui sait si demain\nLa rue devenait immobile\nQui sait où serait mon chemin\nSonge que les chemins de fer\nSeront démodés et abandonnés dans peu de temps\nRegarde\nLa victoire avant tout sera\nDe bien voir au loin\nEt de tout voir\nDe près\nEt que tout\nAit un nom nouveau\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c006", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[11]", "page_fin": "[11]", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.6", "titre_corps": "POÈME", 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Sud-Africain.\nDeux dragons se battaient pour la victoire de Max\nau-dessus d'un couvent de moines turlupins.\nVingt champignons du bois ressemblaient aux marquises\nAyant ouvert leurs gros pieds blancs en pantalons\noui ! le ciel me connaît ! il faut qu'on se le dise !\nmais il importe peu aux temps où nous vivons.\nJ'ai, lycéen, tutoyé mes professeurs :\nils m'apprenaient les dessins persans couleur bonbon\nj'en ai gardé comme on garde des violettes !\nQuadrilles ! j'ai dansé avec l'enfant de ma sœur\ndéguisé sur mon épaule ou sur ma tête !\nChez ma tante on avait mon lit dans le salon\net je ne me levais qu'à midi au plus tard.\nSon fils lui reprochait le luxe de mes cigares.\nVoici le précipice où mon arbre a grandi :\n11 y a là un amphithéâtre de jeunes filles roses et blanches\nJe me suis couché au bord et j'ai lu des livres.\nMes jeunes pensées étaient en robe de dimanche\nelles avaient des fleurs dans leurs cheveux lisses.\nJe suis les évadés de la prison de Nantes\nUn enfant reconnut notre tonsure au front\nQuand nous lui demandions la route de Glisson\nUne ligne de points quand les bonnes servantes\nTémoignaient devant Dieu pour leurs dépositions\nétait un escalier de mon couvent de Nantes\npour cacher l'infamie de ma vie de prison"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c008", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[13]", "page_fin": "15", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.8", "titre_corps": "Histoire de don Juan", "titre_sommaire": "Histoire de don Juan", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO 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C'est aussi la mani\nfestation du besoin de se grouper que l'on sent chez tous ceux qui sont en\ntrain de créer l'art vivant d'aujourd'hui.\nOn s'est groupé autour d'Apollinaire. Ce n'est pas un symbole, c'est une\nréalité.\n★\n* *\nLa feuille qui ne transige pas s'est mise à califourchon sur une hampe. Et\nles trois couleurs battent au vent du soir dans les rues de Paris. Là on ne saurait\navoir le moindre talent sans un œil, un bras, un petit doigt au moins laissé au\nchamp d'honneur. Y mourir c'est atteindre au génie.\nNous craignons fort qu'une telle façon de voir ne risque de mêler un peu trop\nles genres. L'héroïsme militaire et le talent littéraire sont deux excellentes\nqualités mais d'un ordre.tout à fait différent.\nCependant vous avez peut-être raison, à cause de la guerre. Il y a un\ngrand devoir à remplir, Monsieur. D'ailleurs il n'y a plus de cheveux mais\nquelle barbe!\n★\n* *\nLe Petit Messager donne un fragment d'une étude de M. Maurice Denis sur\nla peinture.\nIl y est question de cubisme. Or, M. Maurice Denis ne sera sans doute pas\nfâché d'apprendre, entre autres choses sur le cubisme, que Braque qui est, de\nce mouvement, un des peintres les plus importants en est resté aussi le moins\nthéoricien."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-03-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-03-15_01#c012", "volume": "bmtnaaw_1917-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.2.9.1", "titre_corps": "La Faune de Flore.", "titre_sommaire": "La Faune de Flore.", "signature_source": "LE STÉNOGRAPHE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.16", "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "La Faune de Flore.\nLE STÉNOGRAPHE.\nLes admirateurs du poète Guillaume Apollinaire\nqui sont ses amis aussi, après lui avoir offert un banquet dont on a assez rendu\ncompte, se réunissent maintenant autour de sa table, au café de Flore.\nCe sont des réunions pleines de cordialité et de vie. 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APOLLINAIRE. La Victoire (poème).\nM. JACOB Poème.\nHistoire de don Juan.\nP. REVERDY Sur le Cubisme.\n, Poème\nP. DERMÉE Quand le Symbolisme fut mort."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.2", "texte": "N. S.\nTJa guerre se prolonge. Mais on en connaît d'avance\nl'issue. La victoire est désormais certaine. C'est pour-\nquoi, il est temps, pensons-nous, de ne plus négliger\nles lettres et de les réorganiser parmi nous, entre\nnous.\nNaguère, les jeunes poètes allèrent trouver Ver-\nlaine pour le tirer de l'obscurité. Quoi d'étonnant\nque nous ayons jugé le moment venu de nous grou-\nper autour de Guillaume Apollinaire. Plus que qui-\nconque aujourd'hui, il a tracé des routes neuves,\nouvert de nouveaux horizons. Il a droit à toute notre\nferveur, à toute notre admiration.\n\nQuand le Symbolisme fat mort...\n\nQu'il nous est agréable de rendre hommage aux héroïques efforts\ndu Symbolisme pour donner au lyrisme français la pureté, la candeur,\nles ailes d'ange de la poésie anglaise ! Cependant il nous faut le juger au\nmême titre que le Romantisme ou la Renaissance et déplorer la fatalité\nqui l'a empêché d'accomplir son œuvre.\nCe beau jet d'eau montant au ciel avec un sifflement de flamme, se\nrabattit soudain au sol. Comment ! Avoir écrit les Serres Chaudes et\nPelléas et enfanter l'Oiseau bleu ! Sortir de Hérédia, mener les Jeux\nrustiques et divins et en revenir à des sonnets parnassiens sur les grâces\ntremblantes d'une gelée de groseille; s'enivrer de la Clarté de Vie et\nfinir par chanter une beauté grecque molle et élégante comme la sent\nun bachelier d'Oxford ! Voilà cependant la lamentable aventure des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.3", "texte": "plus grands d'entre les Symbolistes. C'est qu'ils n'ont pas trouvé la\nbeauté qu'ils poursuivaient ; dans un bref éclair la terre promise leur\nest bien apparue, mais la nuit s'est refermée et après avoir longuement\nerré à l'aventure, harassés, le cœur plein de doute, ils ont rallié le\nchemin royal où le monde se presse.\nht pourtant, en dehors du Romantisme et du Symbolisme il n'y eut\npas de poésie en France depuis un siècle. Les poètes-centaures, tels\nque Baudelaire, Mallarmé, Verlaine et Rimbaud participent de l'un et\nde l'autre.\nCe grand siècle de lyrisme est une renaissance plus brillante et\nplus ardente que la Renaissance. Que de richesse, quelle abondance,\nque de désordre ! Quelle royauté laissée au démon de l'inspiration !\nMais la vie de la littérature continue et un instinct très sûr la guide\ndans son évolution ! A une période d'exubérance et de force doit\nsuccéder une période d'organisation, de classement, de science,\nc'est-à-dire un âge classique.\nSans doute, il est utile de percer à jour l'erreur des néo classiques\nqui veulent un appauvrissement de notre lyrisme et de notre langue\nen nous donnant comme modèle notre xvue siècle! Ils prétendent que\nle vers classique est nécessaire au classicisme. Certains croient même\nque le classicisme est un idéal auquel nous n'atteindrons pas si\nnous ne possédons un roi... Ce n'est pas cela et les dieux nous en\ngardent. La formule classique surannée est le contraire du classicisme :\nil y a classicisme dès que l'auteur domine son objet, dès que l'œuvre\nd'art est une création distincte de son auteur. Nous devons aborder\nune nouvelle littérature classique, l'œil fixé sur nos étoiles !\nUn jour, marqué d'une pierre blanche, le beau vers fut tué : l'unité\nlyrique fut désormais le poème. Mais la liberté complète qui laisse le\nlyrisme se développer comme une fumée, mais la contrainte extérieure\nd'une forme fixe ne réussissent pas à la création d'une œuvre d'art. La\ncontrainte doit être intérieure ; l'œuvre d'art doit être conçue comme\nconçoit l'objet de sa fabrication l'ouvrier d'une pipe ou d'un chapeau ;\ntoutes les parties doivent avoir leur place strictement déterminée selon\nleur fonction et leur importance. L'objet importe ici et non tel ou tel de\nses éléments.\nJusqu'à présent, le lyrisme français, et particulièrement la poésie"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.4", "texte": "symboliste, fut surtout basé sur le verbe, sur la beauté verbale. Or il\nserait fou sans doute de ne pas se servir de l'étrange magie des mots,\nmais nous ne la considérons que comme un moyen, au même titre que le\nrythme, la musicalité, la rime, l'assonance, etc. Le but du poète est de\ncréer une œuvre qui vive, en dehors de lui, de sa vie propre, qui soit\nsituée dans un ciel spécial, comme une île sur l'horizon.\nEnfin, pas de développement : tout ce qui se raconte, s'explique,\nfait intervenir un élément de ratiocination qui a toujours enchaîné à\nla terre notre poésie. Voyez là où la poésie a toujours librement vécu :\nen Chine, en Perse, en Arabie... si elle a besoin de quelque anecdote,\nou de quelque raisonnement. Le raisonnement, disait Byron, est la mort\nde la poésie.\nPlus l'émotion est prise près de sa source, plus elle est forte, mieux\nelle se communique ! Un développement littéraire est toujours l'obscur-\ncissement d'un état d'âme. Or la complexité d'un instant est la plus forte\nunité qu'on puisse donner à une œuvre.\nLe désordre apparent des derniers poètes n'a rien de commun avec\nles simulacres de folie hamlétique des poètes de la fin du xixe siècle.\nActuellement, le manque de développement est une descente plus intime\ndans le cœur du poète pour le renforcement et l'unité de son œuvre.\nQuels efforts les acteurs de talent qui veulent émouvoir ne font-ils\npas pour faire jaillir un beau cri des paroles d'une tirade théâtrale !\nPourquoi ne pas laisser subsister le beau cri et sacrifier soi-même la\ntirade !\nAussi, loin d'être comme l'a déjà affirmé un critique sagace !\nla « queue du symbolisme », nous prétendons n'avoir rien de commun\navec lui. Sans doute, les thèmes de la poésie sont éternels. Toujours,\nil y eut des poètes de talent : La façon de créer, l'esthétique seule\ndiffère.\nNotre esthétique est déjà élaborée ; elle vit de sa vie indépendante.\nElle est faite déconcentration, de composition, de pureté. Nous voulons\nconstituer des œuvres qui utilisent les libertés conquises par nos pré-\ndécesseurs mais en rapprochant les éléments les plus divers et en appa-\nrence les plus disparates.\n\nPAUL DERMÉE."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.5", "texte": "SUR LE CUBISME\n\nLe mouvement de peinture qui, né il y a quelque dix ans, a été\nbaptisé du nom de Cubisme n'est peut-être pas celui qui a le plus étonné\nle monde ni celui qui, après avoir eu le plus d'ennemis a récolté le plus\nd'adeptes; mais il est incontestablement l'Effort artistique qui, en étant\nle plus important de notre époque, y a apporté le plus de confusion.\nCette confusion, dans laquelle on a semblé, au début, se com-\nplaire, a assez duré.\nLes efforts que chaque artiste tente de son côté pour la faire cesser\nnous le prouvent.\nOn sent, de toute part un besoin de s'entendre et de mieux se com-\nprendre. Je parle des artistes, car ce n'est pas seulement dans le pu-\nblic, mais chez les artistes eux-mêmes que l'équivoque exista dès le\ndébut et qu'elle persiste malheureusement encore.\nIl n'est pas seulement question des divergences de goût qui exis-\ntèrent de tout temps chez eux et ne cesseront heureusement jamais.\nMais il est quelques points essentiels qu'il serait peut-être bon d'at-\nteindre et d'admettre en commun afin de constituer une base à un art\ndont beaucoup se réclament pour des raisons tout à fait différentes et\nmême opposées.\nIl s'agit cependant d'un art qui par sa persistance et son développe-\nment a assez prouvé ses raisons et ses droits d'exister.\nL'opinion d'un seul ne saurait certainement mettre tout le monde\nd'accord; mais il n'est peut-être pas vain de tenter quelques éclaircis-\nsements d'ordre général, quelques précisions d'ordre particulier utiles\nen iout cas à trancher une différenciation nette.\nLes efforts sérieux de certains ne sauraient que gagner à ne pas être\nconfondus avec les fantaisies plus ou moins justifiées, plus ou moins\nhonnêtes (artistiquement) de peintres qui, n'ayant rien à apporter au\nmouvement, ne sont attirés que par le modernisme à outrance quand\nce n'est pas par d'autres raisons moins avouables.\nCertains ont prétendu dépasser le cubisme qui est l'art en évolution\nde notre époque et, pour en sortir, ils sont revenus en arrière.\nRetombés dans l'art d'imitation en choisissant seulement parmi\nles plus modernes les objets à représenter ils ont cru solutionner un pro-\nblème ardu en tournant la difficulté.\nPar les titres dont ils étaient obligés de compléter leurs œuvres ils"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.6", "texte": "sortaient du domaine plastique pour entrer dans un symbolisme litté-\nraire dont la fantaisie est, dans le domaine de la peinture, absolument\nsans valeur.\nAussi bien, s'il est difficile de trouver des moyens nouveaux dans\nun art, il n'est méritoire que de les trouver propres à cet art et non\npas dans un autre.\nC'est-à-dire que les moyens littéraires appliqués à la peinture (et\nvice versa) ne peuvent que nous donner une apparence de nouveauté\nfacile et dangereuse.\nLe cubisme est un art éminemment plastique ; mais un art de\ncréation et non de reproduction ou d'interprétation.\nOr que peut-on créer en peinture si ce n'est le tableau ; et cette\ncréation à l'aide de moyens nouveaux appropriés? Les premiers peintres\ncubistes ont trouvé des moyens propres dont ne se sont pas assez préoc-\ncupés ceux qui ont marché sur leurs traces. Ceux-ci ont pris l'apparence\ndes œuvres déjà produites et ils ont fait a la manière avec la prétention\nde commencer pour leur propre compte un art nouveau. 11 est temps de\ns'en apercevoir, car on ferait de cet art profond dont on n'a su voir que le\ncôté superficiel un art superficiel. Avec cette désastreuse façon déjuger\non n'a vu qu'incohérence là où il y eut, dès le début même, recherche\nde discipline. Aujourd'hui pour quelques rares élus la discipline est\nétablie et comme on n'a jamais rêvé d'un art froid, mathématique et\nantiplastique, uniquement cérébral, les œuvres qu'ils nous donnent\ns'adressent directement à l'œil et aux sens des amateurs de peinture.\nMais pour aimer cette peinture il faut d'abord comprendre pourquoi\nsonaspect est tellement différent de celui auquel notre œilétaitaccoutumé.\nLe but est différent ; les moyens doivent l'être aussi et le résultat\négalement : plaire au public, ce qui sera la conséquence du résultat, n'est\nqu'une affaire d'éducation de sa part.\nDepuis la création de la perspective comme moyen pictural on n'a-\nvait trouvé dans l'Art, rien d'aussi important.\nNotre époque est le temps où l'on a trouvé l'équivalence de ce\nmoyen merveilleux.\nComme la perspective est un moyen de représenter les objets selon\nleur apparence visuelle, il y a dans le cubisme les moyens de construire\nle tableau en ne tenant compte des objets que comme élément et non au\npoint de vue anecdotique."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.7", "texte": "Il devient alors nécessaire de préciser la différence qui existe entre\nl'objet et le sujet. Celui-ci est le résultat de l'emploi des moyens de créa-\ntion que l'on s'est acquis : c'est le tableau lui-même.\nLes objets n'entrant plus que comme élément on comprendra qu'il\nne s'agit pas d'en donner l'aspect mais d'en dégager, pour servir au\ntableau, ce qui est éternel et constant (par exemple la forme ronde d'un\nverre, etc...) et d'exclure le reste.\nL'explication de la déformation des objets, que le public n'a jamais\neue, est là. Elle est une conséquence et ne saurait être admise comme\nfantaisie arbitraire du peintre. Autrement nous ne sortirions pas des\ndéformations caricaturales excusées par cette expression surannée pour\nnous : « la façon de voir ».\nAprès ce qui précède on comprendra que nous n'admettions pas\nqu'un peintre cubiste exécute un portrait. Il ne faut pas confondre. Ce\nqu'il s'agit de créer c'est une œuvre, un tableau en l'espèce, et non pas\nune tête ou un objet, construits selon des lois nouvelles qui ne justi-\nfieraient pas assez l'apparence où elles aboutissent.\nC'est cette création, dont je parlerai aussi plus tard à propos de\npoésie, qui marquera notre époque. Nous sommes à une époque de créa-\ntion artistique où l'on ne raconte plus des histoires plus ou moins\nagréablement mais où l'on crée des œuvres qui, en se détachant de la\nvie, y rentrent parce qu'elles ont une existence propre, en dehors de\nl'évocation ou de la reproduction des choses de la vie. Par là, l'Art\nd'aujourd'hui est un art de grande réalité. Mais il faut entendre réalité\nartistique et non réalisme; c'est le genre qui ;nous est le plus opposé.\nOn a donc le droit de dire que le cubisme est la peinture même\nautant que la poésie d'aujourd'hui est celle qui est la poésie même. Et\nqu'importent après cela les objets dont on se sert, qu'importe leur nou-\nveauté si l'on s'en sert avec des moyens qui ne sont pas nés avec eux et\npour eux ?De là seulement, de cette appropriation de moyens totale\nnaît le style qui caractérise une époque.\nDans le domaine de l'art ce ne sont jamais les créations d'un autre\nordre qui ont servi de jalon et quand nous parlons d'époque il faut\nentendre époque artistique parce que je ne suis pas chauffeur d'auto-\nmobile.\n\nPIERRE REVERDY."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.8", "texte": "LA VICTOIRE\n\nUn coq chante je rêve et les feuillards agitent\nLeurs feuilles qui ressemblent à de pauvres marins\nAilés et tournoyants comme Icare le faux\nDes aveugles gesticulant comme des fourmis\nSe miraient sous la pluie aux reflets du trottoir\nLeurs rires amassés en grappes de raisin\nNe sors plus de chez moi diamant qui parlais\nDors doucement tu es chez toi tout t'appartient\nMon lit ma lampe et mon casque troué\nRegards précieux saphirs taillés aux environs de Saint-Claude\nTes joues étaient une pure émeraude\nJe me souviens de toi ville des météores\nUs fleurissaient en l'air pendant ces nuits où rien ne dort\nJardins de la lumière où j'ai cueilli des bouquets\nTu dois en avoir assez de faire peur à ce ciel\nQu'il garde son hoquet\nOn imagine difficilement\nA quel point le succès rend les gens stupides et tranquilles\nA l'lnstitut des jeunes aveugles on a demandé\nN'avez-vous point ici de jeune aveugle ailé\n0 Bouches l'homme est à la recherche d'un nouveau langage\nAuquel le grammairien d'aucune langue n'aura rien à dire\nEt ces vieilles langues sont tellement près de mourir\nQue c'est vraiment par habitude et manque d'audace\nQu'on les fait encore servir à la poésie\nMais entêtons-nous à parler\nRemuons la langue\nLançons des postillons\nOn veut de nouveaux sons\nde nouveaux sons\nde nouveaux sons"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.9", "texte": "On veut des consonnes sans voyelles\nDes consonnes qui pètent sourdement\nImitezde son de la toupie\nLaissez petiller un son nasal et continu\nFaites claquer votre langue\nServez-vous du bruit sourd de celui qui mange sans civilité\nLe raclement aspiré du crachement ferait aussi une belle consonne\nLes divers pets labiaux rendraient aussi vos discours claironnants\nHabituez-vous à roter à volonté\nEt quelle lettre grave comme un son de cloche\nA travers nos mémoires\nNous n'aimons pas assez la joie\nDe voir de belles choses neuves\n0 mon amie hâte-toi,\nGrains qu'un jour un train ne t'émeuve\nPlus\nRegarde-le vite pour toi\nCes chemins de fer qui circulent\nSortiront bientôt de la vie\nIls seront beaux et ridicules\nDeux lampes brûlent devant moi\nComme deux femmes qui rient\nJe courbe tristement la tête\nDevant l'ardente moquerie\nCe rire se répand\nPartout\nParlez avec les mains faites claquer vos doigts\nTapez-vous sur la joue comme sur un tambour\n0 paroles\nElles suivent dans la myrtaie\nL'Eros et l'Antéros en larmes\nJe suis le ciel de la cité"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.10", "texte": "Ecoutez la mer\nLa mer peiner au loin et crier toute seule\nMa voix fidèle comme l'ombre\nVeut être enfin l'ombre de la vie\nVeut être ô mer vivante infidèle comme toi\nLa mer qui a trahi des matelots sans nombre\nEngloutit mes grands cris comme des dieux noyés\nEt la mer au soleil ne supporte que l'ombre\nQue jettent des oiseaux les ailes éployées\nLa parole est soudaine et \"c'est un dieu qui tremble\nAvance et soutiens-moi je regrette les mains\nDe ceux qui les tendaient et m'adoraient ensemble\nQuelle oasis de bras m'accueillera demain\nConnais-tu cette joie de voir des choses neuves\n0 Voix, je parle le langage de la mer\nEt dans le port la nuit les dernières tavernes\nMoi qui suis plus têtu que non l'hydre de Lerne\nLa rue où nagent mes deux mains\nAux doigts subtils fouillant la ville\nS'en va\nMais qui sait si demain\nLa rue devenait immobile\nQui sait où serait mon chemin\nSonge que les chemins de fer\nSeront démodés et abandonnés dans peu de temps\nRegarde\nLa victoire avant tout sera\nDe bien voir au loin\nEt de tout voir\nDe près\nEt que tout\nAit un nom nouveau\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "[11]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.11", "texte": "POÈME\nPIERRE REYERDY.\nLa neige tombe\nEt le ciel gris\nSur ma tête où le toit est pris\nLa nuit.\nOù ira l'ombre qui me suit\nA qui est-elle?\nUne étoile où une hirondelle\nAu coin de la fenêtre\nLa lune\nEt une femme brune.\nC'est là\nQuelqu'un passe et ne me voit pas.\nJe regarde tourner la grille\nEt le feu presque éteint qui brille\nPour moi seul.\nMais là où je m'en vais il fait un froid mortel"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "[12]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.12", "texte": "POÈME\nMAX JACOB.\nPROLOGUE\nComme un bateau, le poète est âgé,\nAinsi qu'un dahlia, le poème étagé\nDahlia ! dahlia ! que Dalila lia\nPrécipiter une aile à cette perle : un casque\npour atteindre le feu du ciel à son déclin !\net le serpent volait vers le Sud-Africain.\nDeux dragons se battaient pour la victoire de Max\nau-dessus d'un couvent de moines turlupins.\nVingt champignons du bois ressemblaient aux marquises\nAyant ouvert leurs gros pieds blancs en pantalons\noui ! le ciel me connaît ! il faut qu'on se le dise !\nmais il importe peu aux temps où nous vivons.\nJ'ai, lycéen, tutoyé mes professeurs :\nils m'apprenaient les dessins persans couleur bonbon\nj'en ai gardé comme on garde des violettes !\nQuadrilles ! j'ai dansé avec l'enfant de ma sœur\ndéguisé sur mon épaule ou sur ma tête !\nChez ma tante on avait mon lit dans le salon\net je ne me levais qu'à midi au plus tard.\nSon fils lui reprochait le luxe de mes cigares.\nVoici le précipice où mon arbre a grandi :\n11 y a là un amphithéâtre de jeunes filles roses et blanches\nJe me suis couché au bord et j'ai lu des livres.\nMes jeunes pensées étaient en robe de dimanche\nelles avaient des fleurs dans leurs cheveux lisses.\nJe suis les évadés de la prison de Nantes\nUn enfant reconnut notre tonsure au front\nQuand nous lui demandions la route de Glisson\nUne ligne de points quand les bonnes servantes\nTémoignaient devant Dieu pour leurs dépositions\nétait un escalier de mon couvent de Nantes\npour cacher l'infamie de ma vie de prison"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "[13]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.13", "texte": "Histoire de don Juan\n\nCHAPITRE I\nOmbre musulmane, safran, frangipane, panne.\nC'était pendant l'horreur d'une profonde nuit... Une pauvre petite\nnacelle portait don Juan et sa fortune. Vogue! vogue! petite nacelle!\nune bouchée pour la gueule effroyable des nuits! (c'était pendant\nl'horreur d'une profonde nuit)...\nLes corsaires ! les corsaires! voile rouge à l'horizon ! Une voile, que\ndis-je? un feu de Bengale ! Mais Werther-don Juan, les coudes au bastin-\ngage, est tout à la poésie du chant des nautoniers : il se serre en grelot-\ntant dans son raglan napoléonien. Ah ! qu'il fait froid, Messieurs de la\nbarcarolle!\nDonne-moi ce collier de perles fines\nJoséphine !\ndit-il enfin à la jeune mamamoucha qu'il venait de ravir au foyer\npaternel. Et la main aristocratique du gredin titré tordait le fin poignet\nde l'arabesque.\nAlors, ce fut le passage débonnaire\ndes corsaires !\nNains verts devant l'incendie du Bengale ! ô vous, gnomes hideux,\ncorsaires aux fez sombres! nains aux yatagans d'or, fantômes issus de\nl'ombre! ô vous qui sur le tlot riez de la tempête!... Ils étaient plus\nfiers de servir de spectacle au spleenétique gentleman espagnol que\ndésireux de lui reprendre la mamamoucha. Pareils à des anneaux, leurs\nyeux goguenards perçaient l'ombre mais Juan n'eut pas un frisson, ij\navait les pieds sur un coffret plein de bijoux hindous qui lui servait de\nchaufferette.\nEau sale ! Bitume et confiture ! le sein de la gémissante fille palpi-\ntait sous la soie émeraude qui n'était peut-être que de la toile,\n« J'ai froid, mossé! » dit-elle.\nCette barque! le radeau de la Méduse moins les cadavres !\nEt Juan revoyait le passé :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.14", "texte": "sa mère en deuil, le linge damassé\nramassé\nla voisine avec des poils bruns sur la lèvre\ndes œils noirs\ndes mouchoirs\ndes poignards\ndes placards.\nCorsaires! galères!... corsets... Rrrr!\nAvenir! que voit don Juan dans la nuit noire'/\ndes épaules hors des chemises?\nnon ! son ambitionne précise :\nun uniforme de hussard.\n\nCHAPITRE II\n\nmagyar, coaltar, caviar.\nL'Aurore, hélas ! ce fut un lendemain de noce : M. don Juan était\nd'une pâleur atroce. Les marins irlandais montraient des dents féroces\net demandaient la terre en jetant de grands cris. Mais la mamamoucha\ndisait à Juan « Chéri ! »et don Juan tirant un sifflet de sa poche disait :\n« Je vous brise à tous la caboche\navec ceci. »\n(débarquement sur une côte inhospitalière. La mamamoucha se plaint\nen sa langue).\nI\nQuand tu m'as prise à mes parents\nj'étais une honnête fille\ntu m'as promis du bon nanan\nsi j'étais bien gentille\nmais t'as commencé\npar m' prendre mes bracelets\nmes bijoux mes cassettes\net puis tu n' voulais\njamais m'embrasser.\nni me"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.15", "texte": "2\nAprès tu m'as menée en bateau\nsans souper et sans vivre\nj'aurais mieux aimé un château\ncomme on voit dans les livres\nJ'en ai jusque-là\nde ton chocolat\n(disait la mamouchère)\nj'voudrais déjeuner\nou bien m'en aller\nm'en aller chez mon père, (bis)\nL'anglo-espagnol qu'était Juan dans lequel se mêlaient le sang\ngermain et le sang maure fit lier la turque à un tronc.\n« Je vais encore abandonner celle-là! » dit-il.\nSoudain parut un vieillard.\n« Je suis leur père ! Rends-moi mes enfants ! »\nJuan contint un rire satanique car il était gentilhomme, nous\nl'avons dit :\n« J'écoute, mon commandant! »\nAlors une musique derrière la scène joua un air de la ,\nce qui fit hausser les épaules à notre Napoléon de l'amour.\nCHŒUR D'APPARITIONS EN MAILLOTS ROSES.\nFlanelle ! flanelle !\nNous sommes encore pucelles !\nNous avons été mystifiées\nMais nous allons être vengées.\nFlanelle ! flanelle !\nLE PÈRE\nJe suis don José ! par bonheur pour les familles\nVous êtes le mauvais amant.\nJUAN\nJe manque de tempérament.\n\nMAX JACOB."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170315-01.1.16", "texte": "Entre autres choses :\n\nDirecteur-Gérant : PIERRE REVERDY. Paris. Imp. LEVÉ, rue de Rennes, 71.\n\nLa Faune de Flore.\nLE STÉNOGRAPHE.\nLes admirateurs du poète Guillaume Apollinaire\nqui sont ses amis aussi, après lui avoir offert un banquet dont on a assez rendu\ncompte, se réunissent maintenant autour de sa table, au café de Flore.\nCe sont des réunions pleines de cordialité et de vie. C'est aussi la mani\nfestation du besoin de se grouper que l'on sent chez tous ceux qui sont en\ntrain de créer l'art vivant d'aujourd'hui.\nOn s'est groupé autour d'Apollinaire. Ce n'est pas un symbole, c'est une\nréalité.\n★\n* *\nLa feuille qui ne transige pas s'est mise à califourchon sur une hampe. Et\nles trois couleurs battent au vent du soir dans les rues de Paris. Là on ne saurait\navoir le moindre talent sans un œil, un bras, un petit doigt au moins laissé au\nchamp d'honneur. Y mourir c'est atteindre au génie.\nNous craignons fort qu'une telle façon de voir ne risque de mêler un peu trop\nles genres. L'héroïsme militaire et le talent littéraire sont deux excellentes\nqualités mais d'un ordre.tout à fait différent.\nCependant vous avez peut-être raison, à cause de la guerre. Il y a un\ngrand devoir à remplir, Monsieur. D'ailleurs il n'y a plus de cheveux mais\nquelle barbe!\n★\n* *\nLe Petit Messager donne un fragment d'une étude de M. Maurice Denis sur\nla peinture.\nIl y est question de cubisme. Or, M. Maurice Denis ne sera sans doute pas\nfâché d'apprendre, entre autres choses sur le cubisme, que Braque qui est, de\nce mouvement, un des peintres les plus importants en est resté aussi le moins\nthéoricien.\n\nGAItERIE PAUIi GUILLAUME\n16, avenue de Villiers Paris\nŒuvres d'ANDRE DERAIN\nSCULPTURES NEGRES"}]}