{"numero_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_sha256": "6912f664b005d6c8982a1aa9673b385522b4beda6f4a21a88a0f5c7309199e0e", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/05/15_01/bmtnaaw_1917-05-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/05/15_01/bmtnaaw_1917-05-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c001", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.1", "titre_corps": "GUILLAUME APOLLINAIRE. 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En remontant aux plus anciens temps on trouve des\nauteurs qui ont écrit des œuvres absolument telles que ce qu'on appelle aujourd'hui\n« Poèmes en prose ». Mais, de notre époque, un précurseur fut Aloysius Ber-\ntrand avec ; « Gaspard de la nuit », livre d'après lequel Beaudelaire fit ses\n<c Poèmes en prose ». On sait à quel point il réalisa un genre différent. Et si\nlui-même, dans sa préface, ne nous indiquait pas d'où il est parti, nous l'aurions\ntoujours ignoré. Oscar Wilde écrivit aussi en prose des poèmes qui ne sont pas le\nmeilleur de son œuvre pour ceux qui la jugent aujourd'hui complète. Enfin de\nnos jours tous les poètes ou presque font ou ont fait plus ou moins du poème en\nprose. Et cela dans tous les pays. Et il faut reconnaître que le précurseur de ce\ngenre actuel, celui chez qui ont puisé tous ceux qui publient encore des poèmes\nen prose, c'est Arthur Rimbaud. Certains ont seulement ajouté a ce qu il a\napporté la technique des poèmes persans, chinois et japonais.\nIl serait inadmissible de refuser à ce génie bizarre et incomplet la seule part\nqui lui revient. Celle d'avoir créé et encore plus pvessenti un metier nouveau,\nune structure littéraire neuve qu'il n'a pas poussée plus loin que 1 œuvre inachevée\nu Î tout le m mde c mnait. Tout le monde aussi voudrait être aujourd'hui l'inven-\nteur du poème en prose et de l'esthétique qui en constitue la plus grande valeur.\nIl est un peu tard. Rimbaud est mort depuis longtemps mais son œuvre reste. Il\nn'est défendu à personne d'y puiser un enseignement. Cela n'autorise, cependant,\npas à se parer de plumes qui ont poussé sur le dos d'un autre.\n\nEXPOSITION. Depuis la guerre « les Indépendants » ont essayé de se\nproduire en des expositions fragmentaires dont les circonstances faisaient excuser\nl'insuccès. On aurait pu espérer que dans la belle salle de la rue de la Ville-lEvê-\nque, l'exposition de cette année serait mieux réussie.\nJe ne crois pas qu'on puisse sortir satisfait après avoir examiné les toiles qui\npour le moment couvrent les murs. Il n'y aurait à citer que quelques noms déjà\ntrès connus et des toiles de peintres qui ne sont plus là. Ce n'est précisément pas\nce que l'on cherche aux Indépendants. D'ailleurs les derniers n'y gagneraient\nrien et les premiers ne sont pas tellement avides de réclame. Aussi bien n est-ce\nguère le moment d'en faire à quiconque. Il vaut mieux dire que, décidément,\nl'Exposition des « Indépendants » n'est plus aujourd'hui une chose possible. Ils\nperdent vraiment trop à être peu.\nEt pourquoi donc se servir de cette étiquette prestigieuse qui ne peut qu'évo-\nquer infailliblement en nous la foire de peinture unique au monde qui tous les\nans dressait ses tentes où le lui permettait l'hostilité officielle? Le nom de cette\nmanifestation grandiose, terriblement anarchique, où l'on constatait tous les\nefforts et toutes les erreurs, qui attirait tous ceux qu'intéresse autre chose que\nl'art officiel, ne peut être emprunté pour désigner un groupe de peintres quel\nqu'il soit, sans attirer les visiteurs vers une déception. C'est un rapetissement\nqu'il ne faut pas encourager, car il y a des gens que l'étiquette trompe. Il y a\nmême ceux qui se croient obligés de venir manifester là très haut, à cause d'elle,\nles sentiments d'indignation, les moqueries que l'on connaît et vraiment... il n'y\na pas de quoi. Ils n'en sont d'ailleurs que plus pénibles à entendre. Et si je crois\nqu il ne faut pas trop prendre de peine pour éduquer le « public » je crois aussi\nqu'il faut éviter de le tromper. 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surtout\nqu'elle fripe un gant de Suède chaud\nsoutenant quels\nfeux de Bengale gâteries!\nAu Tyrol, quand les bois se foncent, de tout\nl'être abdiquant un\ndestin\ndigne, au plus, de chromos savoureux,\nmon\nremords : sa rudesse, des m,\nje dégage les capucines de sa lettre"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c008", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "8", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.6", "titre_corps": "POÈME", "titre_sommaire": "POÈME", "signature_source": "JACK MERCEREAU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.5", "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "POÈME\n\nUn fier crépuscule sur la ville et puis là,\nUnecloche qui râle et râle.\nTant de choses meurent si près\nQu'on est peureux d'être encor là,\nParmi le bleu du ciel si pâle\nEt parmi V angélus qui maudit son secret.\nApproche-toi de ma misère\n0 toi qui marchas parmi les maudits\nEt crois qu'après ce soir\nD'autres soirs te courberont vers la terre,\nPlus impérieux et plus maudits,\nDes soirs pleins de tourments et puis des soirs..."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "Quand, tu auras vécu tous ces soirs ,\nDressant partout Vorgueil de ta victoire\nTu croiras à la gloire éclatante des\nMais bientôt surgira ton dernier crépuscule :\nLors tu comprendras de tes rêves l'illusoire\nEt pleureras d'avoir encor ta mort à vivre\n(Les crépuscules mystiques)\n\nJACK MERCEREAU"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c009", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.7", "titre_corps": "POÈMES EN PROSE", "titre_sommaire": "POÈMES EN PROSE", "signature_source": "PAUL DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.6", "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "POÈMES EN PROSE\nPAUL DERMÉE\nL'île où le flot me jeta ne portait aucun vestige. Point de fruits ;\nmais aux branches montent de grosses tortues rouges qui tombent quand\nelles sont mûres. Sur le sable, des hippocampes et des lunules courent\ncrinière au vent et les éponges marines viennent bâiller au soleil. Des\ncorbeaux gris aveuglent par jeu des lapins pansus, et je me nourris de\nleurs charognes.\nChaque nuit, depuis six ans, j'écoute plein de frissons les accou-\nplements des grands casoars qui s'entre-choquent avec un bruit de\ntonneaux vides.\nDeux lunes m'espionnent sans cesse. Le sol a d'étranges frémis-\nsements.\nNotre Dame du Bon Secours faites qu'une vigie découvre la che-\nmise que j'ai clouée au plus haut d'un sapin sur le pic de la Délivrance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c010", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.8", "titre_corps": "1914", "titre_sommaire": "1914", "signature_source": "MAX JACOB", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.6", "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "1914\nMAX JACOB\nSon ventre proéminent porte un corset d'éloignement. Son cha-\npeau à plumes est plat ; son visage est une effrayante tête de mort mais\nbrune et si féroce qu'on croirait voir quelque corne de rhinocéros ou\ndent supplémentaire à son terrible maxillaire. 0 vision sinistre de la\nmort allemande."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c011", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.9", "titre_corps": "SUR LE CUBISME", "titre_sommaire": "SUR LE CUBISME", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3391, "texte": "SUR LE CUBISME\n\nLe mouvement de peinture qui, né il y a quelque dix ans, a été baptisé du nom\nde Cubisme n'est peut-être pas celui qui a le plus étonné le monde ni celui qui,\naprès avoir eu le plus d'ennemis a récolté le plus d'adeptes ; mais il est incontes-\ntablement l'Effort artistique qui, en étant le plus important de notre époque, y a\napporté le plus de confusion.\nCette confusion, dans laquelle on a semblé, au début, se complaire, a assez\nduré.\nLes efforts que chaque artiste tente de son côté pour la faire cesser nous le\nprouvent.\nOn sent, de toute part, un besoin de s'entendre et de mieux se comprendre. Je\nparle des artistes, car ce n'est pas seulement dans le public, mais chez les artistes\neux-mêmes que l'équivoque exista dès le début et qu'elle persiste malheureuse-\nment encore.\nIl n'est pas seulement question des divergences de goût qui existèrent de tout\ntemps chez eux et ne cesseront heureusement jamais.\nMais il est quelques points essentiels qu'il serait peut-être bon d'atteindre et\nd'admettre en commun afin de constituer une base à un art dont beaucoup se\nréclament pour des raisons tout à fait différentes et même opposées.\nIl s'agit cependant d'un art qui par sa persistance et son développement a assez\nprouvé ses raisons et ses droits d'exister.\nL'opinion d'un seul ne saurait certainement mettre tout le monde d'accord ;\nmais il n'est peut-être pas vain de tenter quelques éclaircissements d'ordre géné-\nral, quelques précisions d'ordre particulier utiles en tout cas à trancher une diffé-\nrenciation nette.\nLes efforts sérieux de certains ne sauraient que gagner à ne pas être confon-\ndus avec les fantaisies plus ou moins justifiées, plus ou moins honnêtes (artisti-\nquement) de peintres qui, n'ayant rien à apporter au mouvement, ne sont attirés\nque par le modernisme à outrance quand ce n'est pas par d'autres raisons\nmoins avouables.\nCertains ont prétendu dépasser le cubisme qui est l'art en évolution de notre\népoque et, pour en sortir, ils sont revenus en arrière.\nRetombés dans l'art d'imitation en choisissant seulement parmi les plus modernes\nles objets à représenter, ils ont cru solutionner un problème ardu en tournant la\ndifficulté.\nPar les titres dont ils étaient obligés de compléter leurs œuvres ils sortaient\ndu domaine plastique pour entrer dans un symbolisme littéraire dont la fantaisie\nest, dans le domaine de la peinture, absolument sans valeur.\nAussi bien, s'il est difficile de trouver des moyens nouveaux dans un art, il n'est\nméritoire que de les trouver propres à cet art et non pas dans un autre.\nC'est-à-dire que les moyens littéraires appliqués à la peinture (et vice versa) ne\npeuvent que nous donner une apparence de nouveauté facile et dangereuse.\nLe cubisme est un art éminemment plastique ; mais un art de création et non\nde reproduction ou d'interprétation.\nOr que peut-on créer en peinture si ce n'est le tableau ; et cette création à l'aide\nde moyens nouveaux appropriés? Les premiers peintres cubistes ont trouvé des\nmoyens propres dont ne se sont pas assez préoccupés ceux qui ont marché sur\nleurs traces. Ceux-ci ont pris l'apparence des œuvres déjà produites et ils ont\nfait à la manière avec la prétention de commencer pour leur propre compte un\nart nouveau. Il est temps de s'en apercevoir, car on ferait de cet art profond dont\non n'a su voir que le côté superficiel un art superficiel. Avec cette désastreuse"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.8", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "façon déjuger on n'a vu qu'incohérence là où il y eut, dès le début même, recherche\nde discipline. Aujourd'hui pour quelques rares élus la discipline est établie et\ncomme on n'a jamais rêvé d'un art froid, mathématique et antiplastique, unique-\nment cérébral, les œuvres qu'ils nous donnent s'adressent directement à l'œil et\naux sens des amateurs de peinture.\nMais pour aimer cette peinture il faut d'abord comprendre pourquoi son aspect\nest tellement différent de celui auquel notre œil était accoutumé.\nLe but est différent ; les moyens doivent l'être aussi et le résultat également:\nplaire au public, ce qui sera la conséquence du résultat, n'est qu'une affaire d'édu-\ncation de sa part.\nDepuis la création de la perspective comme moyen pictural on n'avait trouvé\ndans l'Art, rien d'aussi important.\nNotre époque est le temps où l'on a trouvé l'équivalence de ce moyen merveil-\nleux.\nComme la perspective est un moyen de représenter les objets selon leur appa-\nrence visuelle, il y a dans le cubisme les moyens de construire le tableau en ne\ntenant compte des objets que comme élément et non au point de vue aneedo-\ntique.\nIl devient alors nécessaire de préciser la différence qui existe entre l'objet et le\nsujet. Celui-ci est le résultat de l'emploi des moyens de création que l'on s'est\nacquis : c'est le tableau lui-même.\nLes objets n'entrant plus que comme élément on comprendra qu'il ne s'agit pas\nd'en donner l'aspect mais d'en dégager, pour servir au tableau, ce qui est éternel\net constant (par exemple la forme ronde d'un verre, etc...) et d'exclure le reste.\nL'explication de la déformation des objets, que le public n'a jamais eue, est là.\nElle est une conséquence et ne saurait être admise comme fantaisie arbitraire du\npeintre. Autrement nous ne sortirions pas des déformations caricaturales excusées\npar cette expression surannée pour nous : « la façon de voir ».\nAprès ce qui précède on comprendra que nous n'admettions pas qu'un peintre\ncubiste exécute un portrait. Il ne faut pas confondre. Ce qu'il s'agit de créer c'est\nune œuvre, un tableau en l'espèce, et non pas une tête ou un objet, construits selon\ndes lois nouvelles qui ne justifieraient pas assez l'apparence où elles aboutissent.\nC'est cette création, dont je parlerai aussi plus tard à propos de poésie, qui mar-\nquera notre époque. Nous sommes à une époque de création artistique où l'on ne\nraconte plus des histoires plus ou moins agréablement mais où l'on crée des\nœuvres qui, en se détachant de la vie, y rentrent parce qu'elles ont une existence\npropre, en dehors de l'évocation ou de la reproduction des choses de la vie. Par là,\nl'Art d'aujourd'hui est un art de grande réalité. Mais il faut entendre réalité artis-\ntique et non réalisme; c'est le genre qui nous est le plus opposé.\nOn a donc le droit de dire que le cubisme est la peinture même autant que la\npoésie d'aujourd'hui est celle qui est la poésie même. Et qu'importent après cela\nles objets dont on se sert, qu'importe leur nouveauté si l'on s'en sert avec des\nmoyens qui ne sont pas nés a vec eux et pour eux ? De là seulement, de cette appro-\npriation de moyens totale naît le style qui caractérise une époque.\nDans le domaine de l'art ce ne sont jamais les créations d'un autre ordre qui ont\nservi de jalon et quand nous parlons d'époque il faut entendre époque artistique\nparce que je ne suis pas chauffeur d'automobile.\n\nPIERRE REVERDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c012", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.10", "titre_corps": "ON CUBISM", "titre_sommaire": "ON CUBISM", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "ON CUBISM\n\nThe painting movement which, boni some ten years ago, has been called\nCubism, is perhaps not the one which surprised the Worli the most, nor the\none which, after getting the greatest number of enemies, recollected the most\nof adepts; but itisundoubtedly the artistic Effort which, being the most im-\nportant of our time, brought in it the most of confusion.\nThis confusion, in which at first people seemed to delight, itself, lasted long\nenough. The efforts attempted by each artist to make it cease is a proof of\nit. The need of understanding and of betterunderstanding isfelt everywhere.\nI am speaking of artists, as it is not only amongst people but also amongst\nartists that the ambiguity existed and, unfortunately, exists still with persis-\ntance.\nThe matter is not only the divergencies of taste which existed always\namongst them and will happily never cease, but there are several essential\npoints which it would be perhaps useful to reach and to admit in common, in\norder to establish a base for an art which many claim for absolutely différent\nand even opposed reasons. The matter is yet an art which by its persistance\nand its development has proved enough its reasons and its rights to exist.\nThe opinion of a single man could certainly not make everybody agree;\nbut it is perhaps not useless to attemptto some explanations of général order,\nsome précisions of particular order, useful in any case to résolve a clear diffé-\nrence. The serious efforts of several would certainly gain by not being con-\nfounded with the more or less justified, more orless honest (artistically spoken)\nfancies of painters which, having nothing to bring to the movement, are only\nattracted by the beyond-measure modernism when it is not by other less avo-\nwable reasons.\nSome pretented to go beyond Cubism, which is the art in évolution of our\ntime, and in order to get out of it, they went backward. Back again to the art\nof imitation in choosing only between the most modem objects to be repre-\nsented, they believed, in avoiding the difïiculty, to solve an arduous problem.\nWith the titles under which they were obliged to complété their works, they\nleft the plastic domain for a litterary symbolism, the fantasmagoria of which is,\nin the domain of painting, absolutely worthless. Also, if it is difficult to find\nnew means in an art, it is only worthy to find them proper to this art and not\nin another one. This to say that the litterary means used for the art of pain-\nting (and vice versa) can only give us an easy and dangerous appearance of\nnovelty.\nCubism is an eminently plastic art; but an art of création and not of\nreproduction or interprétation.\nNow, what can a man create in painting, if not a picture, and this création\nwith new adapted means ? The first cubist painters found proper means and\nthose who followed their traces did not pay enough attention to them. The\nlatter took the appearance of works yet realised and worked « in the manner »\nwith the prétention to starton their account, a new art. It istime to notice it,\notherwise people would make of this deep art— of which only the superficial\nside was seen a superficial art. By this di sastrous way of judging, people\nsaw only incohérence where there was, even at start, research of discipline.\nTo-day, for few rare elected, the discipline is established, and as no one has\never dreamed of a cold, mathematic and antiplastic, solely cérébral art, the\nworks which the cubist artists produce, appeal direct to the eye and to the sense\nof the lovers of painting. But to love this painting it must be first understood\nwhy its appearance is so much différent from the one our eye is accustomed\nto."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.10", "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 2934, "texte": "The purpose is différent : the means must also be so, and the resuit\nequally : to please the public, which will be the conséquence of the resuit, is\nonly a question of éducation of the latter.\nSince the création of perspective as pictural means, nothing more impor-\ntant has been found in art.\nOurperiod is the time when the équivalent of these marvellous means has\nbeen found. As perspective is the means to represent objects after their visual\nappearance, there exist in cubism the means to construct the picture in paying\nattention to the objects only as elements and not on behalf of the anecdotic\npoint of view.\nIt now becomes necessary toascertain the différence which exists between\nthe object and the subject. The latter is the resuit of the gained means of\ncréation ; itis the picture itself. Objects being taken only as elements, it will\nbe understood that the question is not to express their appearance but to clear,\nfor the use of the picture, ail what is eternal and constant (for instance the\nround form of a glass, etc.) and to exclude the rest.\nThe explanation of the déformation of objects, explanation which was\nnever made known before to people, is there ! The déformation is a consé-\nquence and ought not to be considered as an arbitrary fancy of the painter.\nO therwise we would never get rid ofthe caricatural déformations excused by\nthis out-of-date expression « the way of seeing ». After this, it willbe unders-\ntood that we do not admit that a cubist painter makes a portrait. No confusion\nought to be made here. The matter is to create a work, a picture as a matter\nof fact, and not a head or an object, constructed according to new rules which\nwould notjustify enough the appearance by which they end.\nIt is this création, of which I will speak also later, about poetry, which\nwill mark out our time. Welivein aperiod of artistic création in the course\nof which no more stories are told, more or less agreeably, but during which\nworks are created which, breaking off with life, corne in again hecause they\nhâve their own existence, outside évocation or reproduction of things of life.\nAfter this, the art of to-day is an art of great reality. But it must be unders-\ntood artistic reality and not realism ; the latter is the genre wich is the most\nopposed to us.\nIt can then be said that cubism is painting itself as well as to-day's poetry\nis poetry itself. Never mind, after this, the objects which are used, never\nmind their novelty if they are used with means not born with them or for\nthem. There only, in this entire appropriation of means, is thebirth of the\n« style » wich characterises a period.\nIn the domain of art it is never the créations of another kind which served\nas stepping-stones, and when we speak of period we mean artistic period\nas I am nota motor-car driver.\nTraduct. par LÉONCE ALEXANDRE-ROSENBERG,\nInterprète militaire.\nSignale Company, 3rd Army H. Q\nB. E. F.\n\nPIERRE REVERDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c013", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.11", "titre_corps": "MONOLOGUE", "titre_sommaire": "MONOLOGUE", "signature_source": "ROCH GREY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2068, "texte": "MONOLOGUE\nROCH GREY\nComment expliquerais-je à Dieu mon bonheur de vivre dans cette\nbonne chaleur, moi qui crains tellement le froid!\nJ'écoute le bruit de la vague chaude, qui monte dans d'humbles\ntuyaux creusés exprès pour qu'elle vienne chauffer tous les étages, n'im-\nporte ! chez moi aussi.\nAucune préférence à aucun locataire : prévoyance miraculeuse en cas\nd'hostilité de quelque brave dégoûté de me voir vivre.\nOn dirait que l'eau crépite en souvenir du feu qui la chauffa, qu'elle\nveut donner encore plus que de la chaleur : l'illusion de ce jeu qui brûle,\ncomme si l'on n'avait pas déjà assez de bonheur!\nBonne vague ! venue honnêtement... d'où ? Quelque part, très loin, un\nlac sans histoire ni orgueil, dort, paisible comme ses poissons immobiles\net glacés : on ne vit plus aux temps où des animaux sauvages jouissaient\nde cette forêt qui l'encercle plus que noire, car c'est déjà la nuit; mais\ndans ce silence on doit entendre des voix de pas, le bruit de branches\ncassées... peut-être une lutte de quelques bêtes qui ne sortent qu'aux\nheures inconnues, que les hommes ignorent, que le savoir laisse échapper.\nLes sources de la volonté divine sont inabordables, ainsi que les\nsources de ce lac qui, par des plaines, des ravins, des tonnelles, laisse\ndocile couler ses eaux dans de tristes maisons de Paris, sans jamais dimi-\nnuer, sans jamais ternir.\nLac béni ! je voudrais te savoir d'une couleur merveilleuse, toujours\nbleu, que la nuit te verse toutes ses étoiles, qu'elles tapissent ton fond\ncomme de pavés d'or, qu'elles viennent de partout pour t'égayer !\nAucune volonté de nuire...\nPourtant ! une révolte pourrait t'affoler de fond en comble, et cassant\ntoutes les défenses, effrayant cataclysme jamais vu! tu éclaterais dans de\nmisérables tuyaux parisiens; leur échafaudage fantastique s'écroulerait\navec les maisons et la ville périrait emportée dans un nouveau bassin creusé\npar ta folie.\nMais tu perdrais le voisinage de la forêt, et des berges et des som-\nmets de montagnes, et de tout ce que tu aimes depuis toujours.\nParis, le 26 octobre 1916."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c014", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.12", "titre_corps": "DEUX POÈMES", "titre_sommaire": "DEUX POÈMES", "signature_source": "VINCENT HUIDOBRO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 480, "texte": "DEUX POÈMES\nVINCENT HUIDOBRO\n1\nJe garde en mes yeux\nLa chaleur de tes larmes\nLes dernières\nMaintenant tu ne pourras pleurer\nJamais plus\nPar les chemins\nl'Automne vient\nDes doigts invisibles\nArrachent toutes les feuilles\nQuelle fatigue !\nUne pluie d'ailes\nCouvre la terre\n2\nLa chambre déserte\nOn sent s'en aller la lumière\nLes ombres sortent de sous les meubles\nAu loin les objets qu'on a perdus\nSe rient\nIja nuit\nLa chambre s'inonde\nUn cri\nPlein d'angoisse\nPersonne ne m'a répondu"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c015", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "11", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.13", "titre_corps": "KILIMA-N'DJARO", "titre_sommaire": "KILIMA-N'DJARO", "signature_source": "LEONARD PIEUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.12", "debut_caractere": 482, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "KILIMA-N'DJARO\n\nLe sinistre gronde.\nSeul l'esprit voltige sous la giboulée de la tourmente.\nLe refuge de voyageurs égarés...\nTremble le sommet de la montagne comme un peuplier abandonné\nCe ne sont pas les Alpes ni les Pyrénées"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "Ces noms si doux 1\nDe troupeaux de bergers\nParfois un guide avec un mort...\nNi guide ni pasteurs !\nUne force inconnue m appelle\nPeut-être la voix de cette étoile perchée sur la dernière hauteur\nPeut-être le désir de voir les espaces qui cachent\nQuelle glace !\nNi profil ni face\nLa couleur s'est effondrée avant d'y parvenir\nMon haleine se change en un flot de sang caillé\nMes lèvres cessent de murmurer une prière\nLa nuit comble tout sans combler le vacarme\nMa montre chante comme une abeille enfermée dans un verre...\nSi c'est la mort je prie celui qui me trouvera\nD'emporter mon passeport et cette photographie\nEt cette mèche de cheveux qui me réchauffe de son dernier effort\nD'adresser tout cela au 229 du Boulevard Raspail à Paris.\n\nLEONARD PIEUX"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c016", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "12", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.14", "titre_corps": "MATIN", "titre_sommaire": "MATIN", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.13", "debut_caractere": 752, "fin_caractere_exclue": 941, "texte": "MATIN\n\nAuréolée\nLa tête aux cheveux de satin\nUn doigt levé\nUne pensée\nComment ne pouvez—vous entendre\nSur l'oreiller\nFront rougissant\nTête penchée\nDemain passe derrière\nEt je suis en chemin"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 213, "texte": "Déjà\nQuelqu'un s'en va\nPour survivre à la nuit\nL'oiseau vibre comme un réveil\nDans le rideau\nRayon emprisonné\nLa guêpe a quitté son corset\nLa dame a mis ses bracelets\nLa baignoire est pleine\nLa Mer\n\nPIERRE REVERDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c017", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "14", "image_debut": 14, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.15", "titre_corps": "UNE NUIT DANS LA PLAINE", "titre_sommaire": "UNE NUIT DANS LA PLAINE", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.14", "debut_caractere": 215, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "UNE NUIT DANS LA PLAINE\n\nJe descendis de la colline où le soleil joue dans les glaces du phare.\nLa nuit, derrière la porte où l'on avait rassemblé les races les\nplus différentes quelqu'un parlait encore, en rougissant.\nL'exposition de 1900 était depuis longtemps finie. Maintenant on\nabattait les animaux autrefois exposés. Le succès n'en était pas moins\ngrand.\nIci on se recueillait, dans le calme, à l'abri du danger qui menaçait\npartout ailleurs les autres hommes qui pouvaient compter pour un\nmoment, puis jamais plus.\nOn riait même et l'on pensait tout le mal que l'on n'osait pas dire\nde son voisin.\nQuelques fleurs avaient roulé en s'effeuillant sur le bord de la\ntable.\nAprès le premier service on apporta les viandes et l'Indien s'abstint\nchastement de peur de renouveler son crime et de dévoiler à tous son\norigine. Un anthropoïde honteux qui était là n'aurait pas voulu man-\nger son frère, présenté sous un autre nom.\nAu bout de la table un vieil abbé en habit démodé s'abstint aussi."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2061, "texte": "C'était un vendredi et il se rattrapait par un voisinage éveillant en lui\ndes désirs qu'il n'avait jamais pu, normalement, satisfaire.\nL'lndien sauvage, avec des gestes appris dans les forêts vierges,\noù il faut compter avec la souplesse des félins et l'agilité des grands\nsinges, coupait des fruits qu'il insérait ensuite entre deux rangées de\ndents indignes d'un anthropophage (1). Celui-ci fut chassé de sa tribu\npour manque d'appétit et de force virile.\nOn vit aussi qu'il manquait découragé et de psychologie.\nLes vapeurs de l'alcool ont le don de développer en nous les sen-\ntiments naturels et profonds. On sait que le but de la civilisation n'est\nque de les dissimuler—quand ils sont mauvais et d'en tirer ouverte-\nment parti —quand ils sont bons. Mais elle n'y change rien en réalité\net les hommes peuvent quitter un masque encore plus rapidement qu'un\nhabit. Au surplus notons que la brutalité n'implique pas la force et que\nl'inconscience de la plupart des hommes les fait agir sans plus de consé-\nquence que les enfants n'en montrent dans leurs actes. Ils ont en moins\nl'excuse que donne à ces derniers le peu de temps qu'ils ont eu pour\ngagner de l'expérience.\nTout à coup le décor changea. Je n'en dirai rien de plus que de\nl'autre puisque les acteurs restaient les mêmes. Et beaucoup\noubliaient leur rôle devant l'œil curieux du spectateur.\nUne douche effroyable ranima les esprits et les ramena vite à la\nréalité. Quelqu'un parlait. Le guet-apens tournait au scandale et\nl'lndien, qui avait cru que son geste serait un signal, restait seul.\nIl avait eu tort, étant lâche, de vouloir agir comme un homme et de\nplus comme un homme fort. Il venait de prouver une fois encore\nqu'il n'avait jamais que l'air de tout comprendre.\nDans son pays l'honneur consistait à frapper par derrière pour\néviter le déshonneur d'être blessé.\nD'où vient le vent qui passe sous la porte? Derrière le rideau\nquelqu'un se cache. L'orchestre assourdissant de toutes les sonneries\n\n(1) Voir à ce mot dans le dictionnaire les pays naguère encore livrés à l'anthropophagie."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "électriques. Le vent souffle trop fort. Là-bas une fenêtre entr'ouverte\ngrince annonçant l'orage. La foudre tombera peut-être.\nComme il pleuvait tout le monde n'osa pas sortir. Les singes, dit-on,\nont une telle peur de se noyer qu'ils redoutent même la pluie.\nLe lendemain le peintre en bâtiment entra. Il portait, contre la\ncoutume, une blouse noire.\nIl s'agissait de peindre une porte et, au lieu de tremper son pin-\nceau dans un pot de céruse, il sortit de sa poche un stylo qui ne\nfonctionnait pas et le trempa dans un encrier qu'il trouva sur ma table.\nIl se mit à inscrire sur la porte des chiffres et des phrases dont je\ncherchais en vain à comprendre le sens.\nMais, monsieur, je vous ai demandé ... Vous n'êtes pas peintre...\nVous n'écrivez même pas en français —Je ne comprends pas.\nLe peintre en bâtiment se gonfla dans sa blouse comme un Zep-\npelin— Sa figure étrangement boursouflée prit une expression de\ncolère qui ne changea rien à son éternel sourire. Un peu d'écume\nvenait au bord de ses énormes lèvres.\nMonsieur, je suis au contraire le seul peintre et j'ai aussi quelques\nélèves. Sachez ceci : La peinture en bâtiment consiste à ne plus faire de\npeinture en bâtiment mais des mathématiques.\nJe viens de résoudre là une équation du quatrième degré. C'est\nmieux que si j'avais seulement mis de la couleur sur votre porte pour\nen faire une jolie porte; mais c'est plus cher. Et il compta : 3 mètres sur\n2,5; 100 fois len°; vous me devez 500 francs.\nJe me sentais transporté dans un monde nouveau Je descendais\nla tête en bas Mes yeux voyaient des paysages étranges - Une voix\nmurmura en passant devant les fenêtres du dernier étage : « Et pour\nl'honneur de mon pays apprenez que je suis macaque... c'est là-bas.\nLa prochaine fois je vous dirai quelles particularités physiques font de\nmoi un personnage digne de figurer chez Barnum.\nJ'étais arrivé et je fermai vite la porte pour établir ensuite un\ncourant-d'air.\nLes deux numéros suivants seront doubles et con-\ntiendront la matière de : Juin-Juillet à paraître fin Juin\net Août-Septembre à paraître fin Août.\n\nPIERRE REVERDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c018", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "15", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.16", "titre_corps": "NOTE", "titre_sommaire": "NOTE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1438, "texte": "NOTE\n\nVÉRITÉS NOUVELLES. Dans une étude d'ailleurs sympathique parue au\nMercure de France (1er mai), Charlçs-Henri Hirsch nous chicane quelque peu\nsur des questions de ponctuation. Soit. Nous donnerons nos idées sur ce sujet\net libre à chacun de se décider.\nMais un reproche plus grave est fait à notre esthétique : « Tout cela est obscur,\nquand ce n'est pas déjà ancien». Des œuvres éclairent dès maintenant certaines\nde nos formules qui deviendront transparentes au bout de quelque temps. Et c'est\nrépondre que nous ne prétendons pas être arrivés au bout de nos efforts.\nAu reproche du manque de nouveauté dans nos théories opposons ces lignes\nnarquoises par lesquelles Henri-Matisse terminait un de ses rares articles : « On me\ndira peut-être qu'il était permis d'attendre d'un peintre d'autres vues sur la peinture,\net qu'en somme je n'ai sorti que des lieux communs. A cela, je répondrai qu'il\nn'est pas de vérités nouvelles. Le rôle de l'artiste, comme celui du savant, se\nborne à saisir des vérités courantes qui lui ont été souvent redites, mais qui pren-\ndront pour lui une nouveauté, et qu'il fera siennes le jour où il aura pressenti\nleur sens profond. Si les aviateurs avaient à exposer leurs recherches, à nous expli-\nquer comment ils ont pu quitter la terre et s'élancer dans l'espace, ils nous don-\nneraient simplement la confirmation de principes physique très élémentaires que\nles inventeurs moins heureux ont négligés. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c019", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "15", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.16.1", "titre_corps": "VÉRITÉS NOUVELLES. Dans une étude d'ailleurs sympathique parue au", "titre_sommaire": "VÉRITÉS NOUVELLES. 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Et c'est\nrépondre que nous ne prétendons pas être arrivés au bout de nos efforts.\nAu reproche du manque de nouveauté dans nos théories opposons ces lignes\nnarquoises par lesquelles Henri-Matisse terminait un de ses rares articles : « On me\ndira peut-être qu'il était permis d'attendre d'un peintre d'autres vues sur la peinture,\net qu'en somme je n'ai sorti que des lieux communs. A cela, je répondrai qu'il\nn'est pas de vérités nouvelles. Le rôle de l'artiste, comme celui du savant, se\nborne à saisir des vérités courantes qui lui ont été souvent redites, mais qui pren-\ndront pour lui une nouveauté, et qu'il fera siennes le jour où il aura pressenti\nleur sens profond. 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Vie des Martyrs, par GEORGES DUHAMEL (Mercure de France).\nL'été 1914, Georges Duhamel était un littérateur de talent, 1.000 jours de guerre,\n1.000 jours de contact avec la souffrance humaine dans les ambulances et\ndans les hôpitaux ont fait jaillir de sa gorge un cri de douleur et de pitié qui nous\nperce le cœur.\nComment tous les médecins militaires, qui sont souvent des lettrés, ne nous\ndonnent-ils pas des livres comme celui-ci ? C'est que pour être simple et pathétique\nsans effort, il faut un art suprême. Presque toujours, dans ce livre, M. Georges\nDuhamel a réussi à éviter la littérature et l'éloquence et c'est là le triomphe du\nlittérateur.\nCe Mémorial de la vie des martyrs, ce journal des souffrances quotidiennes des\nblessés, est le plus beau livre écrit jusqu'à présent sur la guerre. On peut même\ndire que Vie des Martyrs est la seule œuvre littéraire née de la guerre.\n\nA PARAITRE. Au « Mercure de France » ; Calligrammes : Poèmes de la\nPaix et de la Guerre 1913-1917, par Guillaume Apollinaire.\nLe Cornet à dés, poèmes en prose, par M. JACOB.\nLa jeune poésie française, hommes et tendances, par P. LEFÈVRE. - Paul\nFort, André Salmon, Guy Ch. Cros, Ch. Vildrac, Adolphe Lacuzon, Vincent\nMuselli.\nGuillaume Apollinaire, Biaise Cendrars, Max Jacob, Pierre Reverdy ou la poésie\nactuelle.\nOuvrage hors commerce tiré à: 20 exemplaires sur Japon 20 francs, 50 exem-\nplaires sur Hollande 10 francs numérotés et 500 exemplaires à 2 francs l'exem-\nplaire. 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Georges\nDuhamel a réussi à éviter la littérature et l'éloquence et c'est là le triomphe du\nlittérateur.\nCe Mémorial de la vie des martyrs, ce journal des souffrances quotidiennes des\nblessés, est le plus beau livre écrit jusqu'à présent sur la guerre. On peut même\ndire que Vie des Martyrs est la seule œuvre littéraire née de la guerre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c022", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "15", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.17.2", "titre_corps": "A PARAITRE. Au « Mercure de France » ; Calligrammes : Poèmes de la", "titre_sommaire": "A PARAITRE. 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On souscrit chez l'auteur, 98, rue Coulaincourt."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c023", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.18", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. La poésie symboliste, en\ncollaboration, 1909 (l'Edition). Le Théâ-\ntre italien, 1910. Louis Michaud, Paris.\nL'Hérésiarque et Cle, nouvelles, in-18, 1910\n(P. V. Stock). Le Bestiaire ou Cortège\nd'Orphée, in-4°, luxe, 1911, bois de R. Duffy\n(Deplanche). L'Enfer de la Bibliothèque\nNationale, in~B°, en collaboration, 1912 (Mer-\ncure).— Méditations esthétiques, les pein-\ntres cubistes, in-4°, 1912 (Figuière).\nAlcools, poèmes, 1913 tMercure).— Le poète\nassassiné, 1916. (Edition.)\n\nAL4X JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaintMathorcl, roman, 1910.—LesŒuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912. Le siège de Jérusa-\nlem, 1911.\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe (915 (li-\nbrairie Monnier, 7, rue de l'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel-\nques Poèmes. 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Directeur\n21, Boulevard Montmartre, PARIS (2e)\nCirculaires explicatives et Tarifs envoyés franco"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-05-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-05-15_01#c028", "volume": "bmtnaaw_1917-05-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.2.20", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.18", "debut_caractere": 1997, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "1 ( ■ 5\nANDRÉ DERAIN, HENRI MATISSE,\nPICASSO, CÉZANNE, MODIGLIANI,\nCHIRICO\nSculptures\nGALERIE PAUL GUILLAUME, 16, avenue de Villiers, Paris\n—@\n# Un ouvrage u Le Premier Album de Sculptures Nègres ' a paru dont il reste encore\nquelques exemplaires au prix de 50 francs. Tirage limité à 60 ex. (Chez Paul Guillaume)\nL J"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.1", "texte": "■ ■ HPfe Pfe U ■\nNORD-SUD\nREVUE LITTÉRAIRE\nUN NUMÉRO\nPAR MOIS\nûf>7s\nN° 3 15 Mai 1917\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE. Baudelaire dans le domaine public\nAllons plus vite.\nANDRÉ BRETON Coqs de bruyère.\nJACK MERCEREAU Poème.\nPAUL DERMÉE Poème.\nMAX JACOB 1914.\nROCH GREY Monologue.\nVINCENT HUIDOBRO Deux Poèmes.\nLÉONARD PIEUX Kilima-N'Djaro.\nPIERRE REVERDY Matin.\nUne nuit dans la plaine.\nSur le Cubisme.\nChronique mensuelle. Note. Livres parus\net à paraître."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.2", "texte": "CHRONIQUE MENSUELLE\n\nPOÈMES EN PROSE. En remontant aux plus anciens temps on trouve des\nauteurs qui ont écrit des œuvres absolument telles que ce qu'on appelle aujourd'hui\n« Poèmes en prose ». Mais, de notre époque, un précurseur fut Aloysius Ber-\ntrand avec ; « Gaspard de la nuit », livre d'après lequel Beaudelaire fit ses\n<c Poèmes en prose ». On sait à quel point il réalisa un genre différent. Et si\nlui-même, dans sa préface, ne nous indiquait pas d'où il est parti, nous l'aurions\ntoujours ignoré. Oscar Wilde écrivit aussi en prose des poèmes qui ne sont pas le\nmeilleur de son œuvre pour ceux qui la jugent aujourd'hui complète. Enfin de\nnos jours tous les poètes ou presque font ou ont fait plus ou moins du poème en\nprose. Et cela dans tous les pays. Et il faut reconnaître que le précurseur de ce\ngenre actuel, celui chez qui ont puisé tous ceux qui publient encore des poèmes\nen prose, c'est Arthur Rimbaud. Certains ont seulement ajouté a ce qu il a\napporté la technique des poèmes persans, chinois et japonais.\nIl serait inadmissible de refuser à ce génie bizarre et incomplet la seule part\nqui lui revient. Celle d'avoir créé et encore plus pvessenti un metier nouveau,\nune structure littéraire neuve qu'il n'a pas poussée plus loin que 1 œuvre inachevée\nu Î tout le m mde c mnait. Tout le monde aussi voudrait être aujourd'hui l'inven-\nteur du poème en prose et de l'esthétique qui en constitue la plus grande valeur.\nIl est un peu tard. Rimbaud est mort depuis longtemps mais son œuvre reste. Il\nn'est défendu à personne d'y puiser un enseignement. Cela n'autorise, cependant,\npas à se parer de plumes qui ont poussé sur le dos d'un autre.\n\nEXPOSITION. Depuis la guerre « les Indépendants » ont essayé de se\nproduire en des expositions fragmentaires dont les circonstances faisaient excuser\nl'insuccès. On aurait pu espérer que dans la belle salle de la rue de la Ville-lEvê-\nque, l'exposition de cette année serait mieux réussie.\nJe ne crois pas qu'on puisse sortir satisfait après avoir examiné les toiles qui\npour le moment couvrent les murs. Il n'y aurait à citer que quelques noms déjà\ntrès connus et des toiles de peintres qui ne sont plus là. Ce n'est précisément pas\nce que l'on cherche aux Indépendants. D'ailleurs les derniers n'y gagneraient\nrien et les premiers ne sont pas tellement avides de réclame. Aussi bien n est-ce\nguère le moment d'en faire à quiconque. Il vaut mieux dire que, décidément,\nl'Exposition des « Indépendants » n'est plus aujourd'hui une chose possible. Ils\nperdent vraiment trop à être peu.\nEt pourquoi donc se servir de cette étiquette prestigieuse qui ne peut qu'évo-\nquer infailliblement en nous la foire de peinture unique au monde qui tous les\nans dressait ses tentes où le lui permettait l'hostilité officielle? Le nom de cette\nmanifestation grandiose, terriblement anarchique, où l'on constatait tous les\nefforts et toutes les erreurs, qui attirait tous ceux qu'intéresse autre chose que\nl'art officiel, ne peut être emprunté pour désigner un groupe de peintres quel\nqu'il soit, sans attirer les visiteurs vers une déception. C'est un rapetissement\nqu'il ne faut pas encourager, car il y a des gens que l'étiquette trompe. Il y a\nmême ceux qui se croient obligés de venir manifester là très haut, à cause d'elle,\nles sentiments d'indignation, les moqueries que l'on connaît et vraiment... il n'y\na pas de quoi. Ils n'en sont d'ailleurs que plus pénibles à entendre. Et si je crois\nqu il ne faut pas trop prendre de peine pour éduquer le « public » je crois aussi\nqu'il faut éviter de le tromper. On ne doit donc pas risquer de diminuer par des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.3", "texte": "expositions de ce genre le prestige qu'avait acquis ce groupement d'Artistes de\ntoutes sortes et de toutes tendances qui ne pouvait avoir lieu qu'en France, à\nParis. Il ne faut pas oublier cela comme l'ont fait ces temps derniers certains\nartistes d'ailleurs très peu faits aux coutumes d'ici. Il faudra en temps voulu leur\nrappeler cette liberté, cette indépendance de discussion et de critique qui allaient\nde pair avec la plus grande liberté d'exposition. Mais pour le moment ce n'est que\nl'emploi injustifié d'une appellation que nous avons voulu relever. Enfin, il se\nmêlait à cette exposition une œuvre charitable et patriotique pour laquelle il\ns'agissait d'obtenir un succès pécuniaire.\nCeci excuse certainement cela.\n\nBAUDELAIRE DANS LE DOMAINE PUBLIC\nExprimer avec liberté ce qui est du domaine des on ne\nconnaît pas de courage plus grand chez un écrivain.\nChoderlos de Laclos s'y appliqua avec une précision pour la\npremière fois vraiment mathématique.\n1782, c'est la date mémorable de la publication des Liaisons\ndangereuses où, officier d'artillerie, il tenta d'appliquer aux mœurs les\nrègles de la triangulation qui servent aussi bien aux artilleurs qu'aux\nastronomes.\nEtonnant contraste ! La vie infinie qui gravite au firmament obéit\naux mêmes lois que l'artillerie destinée par les hommes à semer la\nmort.\nDes mesures angulaires calculées par Laclos naquit l'esprit litté-\nraire moderne.\nC'est là qu'en découvrit les premiers éléments Baudelaire, un explo-\nrateur raisonnable et raffiné de la vie ancienne, mais dont les vues sur\nla vie moderne impliquent toutes une certaine folie.\nC'est avec délices qu'il avait aspiré les bulles corrompues qui\nmontent de l'étrange et riche boue littéraire de la Révolution où près\nde Diderot, Laclos, fils intellectuel de Richardson et de Rousseau, eut\ncomme continuateurs les plus remarquables, Sade, Restif, Nerciat et\ntous les conteurs de la fin du xvme siècle.\nLa plupart d'entre eux, en effet, contiennent en germe cet esprit\nmoderne qui s'apprête à triompher, créant pour les arts et les lettres\nune ère nouvelle.\nA cette manne nauséabonde et souvent géniale de la Révolution,\nBaudelaire mêla le pus spiritualiste d'un étrange Américain : Edgar\nPoe, qui avait composé dans le domaine poétique une œuvre qui est le\npendant inquiétant et merveilleux de l'ouvrage de Laclos."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.4", "texte": "ALLONS PLUS VITE\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nEt le soir vient et les lys meurent\nRegarde ma douleur beau ciel qui me\nune nuit de mélancolie\nEnfant souris ô sœur écoute\nPauvres marchez sur la grand route\n0 menteuse forêt qui surgis à ma voix\nLes flammes qui brûlent les âmes\nSur le Boulevard, de Grenelle\nLes ouvriers et les patrons\nArbres de mai cette dentelle\nne fais donc pas le fanfaron\nAllons plus vite nom de Dieu\nAllons plus vite\nTous les poteaux télégraphiques\nViennent là-bas le long du quai\nSur son sein notre République\nA mis ce bouquet de muguet\nqui poussait drû le long du quai\nAllons plus vite nom de Dieu\nA llons plus vite\nLa bouche en cœur Pauline honteuse\nLes ouvriers et les patrons\nOui-dà oui-dà belle endormeuse\nTon frère\nAllons plus vite nom de Dieu\nAllons plus vite"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.5", "texte": "COQS DE BRUYÈRE\nANDRÉ BRETON\nCoqs de bruyère... et seront-ce coquetteries\nde péril\nou de casques couleur de quetsche ?\nOh ! surtout\nqu'elle fripe un gant de Suède chaud\nsoutenant quels\nfeux de Bengale gâteries!\nAu Tyrol, quand les bois se foncent, de tout\nl'être abdiquant un\ndestin\ndigne, au plus, de chromos savoureux,\nmon\nremords : sa rudesse, des m,\nje dégage les capucines de sa lettre\n\nPOÈME\n\nUn fier crépuscule sur la ville et puis là,\nUnecloche qui râle et râle.\nTant de choses meurent si près\nQu'on est peureux d'être encor là,\nParmi le bleu du ciel si pâle\nEt parmi V angélus qui maudit son secret.\nApproche-toi de ma misère\n0 toi qui marchas parmi les maudits\nEt crois qu'après ce soir\nD'autres soirs te courberont vers la terre,\nPlus impérieux et plus maudits,\nDes soirs pleins de tourments et puis des soirs..."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.6", "texte": "Quand, tu auras vécu tous ces soirs ,\nDressant partout Vorgueil de ta victoire\nTu croiras à la gloire éclatante des\nMais bientôt surgira ton dernier crépuscule :\nLors tu comprendras de tes rêves l'illusoire\nEt pleureras d'avoir encor ta mort à vivre\n(Les crépuscules mystiques)\n\nJACK MERCEREAU\n\nPOÈMES EN PROSE\nPAUL DERMÉE\nL'île où le flot me jeta ne portait aucun vestige. Point de fruits ;\nmais aux branches montent de grosses tortues rouges qui tombent quand\nelles sont mûres. Sur le sable, des hippocampes et des lunules courent\ncrinière au vent et les éponges marines viennent bâiller au soleil. Des\ncorbeaux gris aveuglent par jeu des lapins pansus, et je me nourris de\nleurs charognes.\nChaque nuit, depuis six ans, j'écoute plein de frissons les accou-\nplements des grands casoars qui s'entre-choquent avec un bruit de\ntonneaux vides.\nDeux lunes m'espionnent sans cesse. Le sol a d'étranges frémis-\nsements.\nNotre Dame du Bon Secours faites qu'une vigie découvre la che-\nmise que j'ai clouée au plus haut d'un sapin sur le pic de la Délivrance.\n\n1914\nMAX JACOB\nSon ventre proéminent porte un corset d'éloignement. Son cha-\npeau à plumes est plat ; son visage est une effrayante tête de mort mais\nbrune et si féroce qu'on croirait voir quelque corne de rhinocéros ou\ndent supplémentaire à son terrible maxillaire. 0 vision sinistre de la\nmort allemande."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.7", "texte": "SUR LE CUBISME\n\nLe mouvement de peinture qui, né il y a quelque dix ans, a été baptisé du nom\nde Cubisme n'est peut-être pas celui qui a le plus étonné le monde ni celui qui,\naprès avoir eu le plus d'ennemis a récolté le plus d'adeptes ; mais il est incontes-\ntablement l'Effort artistique qui, en étant le plus important de notre époque, y a\napporté le plus de confusion.\nCette confusion, dans laquelle on a semblé, au début, se complaire, a assez\nduré.\nLes efforts que chaque artiste tente de son côté pour la faire cesser nous le\nprouvent.\nOn sent, de toute part, un besoin de s'entendre et de mieux se comprendre. Je\nparle des artistes, car ce n'est pas seulement dans le public, mais chez les artistes\neux-mêmes que l'équivoque exista dès le début et qu'elle persiste malheureuse-\nment encore.\nIl n'est pas seulement question des divergences de goût qui existèrent de tout\ntemps chez eux et ne cesseront heureusement jamais.\nMais il est quelques points essentiels qu'il serait peut-être bon d'atteindre et\nd'admettre en commun afin de constituer une base à un art dont beaucoup se\nréclament pour des raisons tout à fait différentes et même opposées.\nIl s'agit cependant d'un art qui par sa persistance et son développement a assez\nprouvé ses raisons et ses droits d'exister.\nL'opinion d'un seul ne saurait certainement mettre tout le monde d'accord ;\nmais il n'est peut-être pas vain de tenter quelques éclaircissements d'ordre géné-\nral, quelques précisions d'ordre particulier utiles en tout cas à trancher une diffé-\nrenciation nette.\nLes efforts sérieux de certains ne sauraient que gagner à ne pas être confon-\ndus avec les fantaisies plus ou moins justifiées, plus ou moins honnêtes (artisti-\nquement) de peintres qui, n'ayant rien à apporter au mouvement, ne sont attirés\nque par le modernisme à outrance quand ce n'est pas par d'autres raisons\nmoins avouables.\nCertains ont prétendu dépasser le cubisme qui est l'art en évolution de notre\népoque et, pour en sortir, ils sont revenus en arrière.\nRetombés dans l'art d'imitation en choisissant seulement parmi les plus modernes\nles objets à représenter, ils ont cru solutionner un problème ardu en tournant la\ndifficulté.\nPar les titres dont ils étaient obligés de compléter leurs œuvres ils sortaient\ndu domaine plastique pour entrer dans un symbolisme littéraire dont la fantaisie\nest, dans le domaine de la peinture, absolument sans valeur.\nAussi bien, s'il est difficile de trouver des moyens nouveaux dans un art, il n'est\nméritoire que de les trouver propres à cet art et non pas dans un autre.\nC'est-à-dire que les moyens littéraires appliqués à la peinture (et vice versa) ne\npeuvent que nous donner une apparence de nouveauté facile et dangereuse.\nLe cubisme est un art éminemment plastique ; mais un art de création et non\nde reproduction ou d'interprétation.\nOr que peut-on créer en peinture si ce n'est le tableau ; et cette création à l'aide\nde moyens nouveaux appropriés? Les premiers peintres cubistes ont trouvé des\nmoyens propres dont ne se sont pas assez préoccupés ceux qui ont marché sur\nleurs traces. Ceux-ci ont pris l'apparence des œuvres déjà produites et ils ont\nfait à la manière avec la prétention de commencer pour leur propre compte un\nart nouveau. Il est temps de s'en apercevoir, car on ferait de cet art profond dont\non n'a su voir que le côté superficiel un art superficiel. Avec cette désastreuse"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.8", "texte": "II\n\nfaçon déjuger on n'a vu qu'incohérence là où il y eut, dès le début même, recherche\nde discipline. Aujourd'hui pour quelques rares élus la discipline est établie et\ncomme on n'a jamais rêvé d'un art froid, mathématique et antiplastique, unique-\nment cérébral, les œuvres qu'ils nous donnent s'adressent directement à l'œil et\naux sens des amateurs de peinture.\nMais pour aimer cette peinture il faut d'abord comprendre pourquoi son aspect\nest tellement différent de celui auquel notre œil était accoutumé.\nLe but est différent ; les moyens doivent l'être aussi et le résultat également:\nplaire au public, ce qui sera la conséquence du résultat, n'est qu'une affaire d'édu-\ncation de sa part.\nDepuis la création de la perspective comme moyen pictural on n'avait trouvé\ndans l'Art, rien d'aussi important.\nNotre époque est le temps où l'on a trouvé l'équivalence de ce moyen merveil-\nleux.\nComme la perspective est un moyen de représenter les objets selon leur appa-\nrence visuelle, il y a dans le cubisme les moyens de construire le tableau en ne\ntenant compte des objets que comme élément et non au point de vue aneedo-\ntique.\nIl devient alors nécessaire de préciser la différence qui existe entre l'objet et le\nsujet. Celui-ci est le résultat de l'emploi des moyens de création que l'on s'est\nacquis : c'est le tableau lui-même.\nLes objets n'entrant plus que comme élément on comprendra qu'il ne s'agit pas\nd'en donner l'aspect mais d'en dégager, pour servir au tableau, ce qui est éternel\net constant (par exemple la forme ronde d'un verre, etc...) et d'exclure le reste.\nL'explication de la déformation des objets, que le public n'a jamais eue, est là.\nElle est une conséquence et ne saurait être admise comme fantaisie arbitraire du\npeintre. Autrement nous ne sortirions pas des déformations caricaturales excusées\npar cette expression surannée pour nous : « la façon de voir ».\nAprès ce qui précède on comprendra que nous n'admettions pas qu'un peintre\ncubiste exécute un portrait. Il ne faut pas confondre. Ce qu'il s'agit de créer c'est\nune œuvre, un tableau en l'espèce, et non pas une tête ou un objet, construits selon\ndes lois nouvelles qui ne justifieraient pas assez l'apparence où elles aboutissent.\nC'est cette création, dont je parlerai aussi plus tard à propos de poésie, qui mar-\nquera notre époque. Nous sommes à une époque de création artistique où l'on ne\nraconte plus des histoires plus ou moins agréablement mais où l'on crée des\nœuvres qui, en se détachant de la vie, y rentrent parce qu'elles ont une existence\npropre, en dehors de l'évocation ou de la reproduction des choses de la vie. Par là,\nl'Art d'aujourd'hui est un art de grande réalité. Mais il faut entendre réalité artis-\ntique et non réalisme; c'est le genre qui nous est le plus opposé.\nOn a donc le droit de dire que le cubisme est la peinture même autant que la\npoésie d'aujourd'hui est celle qui est la poésie même. Et qu'importent après cela\nles objets dont on se sert, qu'importe leur nouveauté si l'on s'en sert avec des\nmoyens qui ne sont pas nés a vec eux et pour eux ? De là seulement, de cette appro-\npriation de moyens totale naît le style qui caractérise une époque.\nDans le domaine de l'art ce ne sont jamais les créations d'un autre ordre qui ont\nservi de jalon et quand nous parlons d'époque il faut entendre époque artistique\nparce que je ne suis pas chauffeur d'automobile.\n\nPIERRE REVERDY"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.9", "texte": "ON CUBISM\n\nThe painting movement which, boni some ten years ago, has been called\nCubism, is perhaps not the one which surprised the Worli the most, nor the\none which, after getting the greatest number of enemies, recollected the most\nof adepts; but itisundoubtedly the artistic Effort which, being the most im-\nportant of our time, brought in it the most of confusion.\nThis confusion, in which at first people seemed to delight, itself, lasted long\nenough. The efforts attempted by each artist to make it cease is a proof of\nit. The need of understanding and of betterunderstanding isfelt everywhere.\nI am speaking of artists, as it is not only amongst people but also amongst\nartists that the ambiguity existed and, unfortunately, exists still with persis-\ntance.\nThe matter is not only the divergencies of taste which existed always\namongst them and will happily never cease, but there are several essential\npoints which it would be perhaps useful to reach and to admit in common, in\norder to establish a base for an art which many claim for absolutely différent\nand even opposed reasons. The matter is yet an art which by its persistance\nand its development has proved enough its reasons and its rights to exist.\nThe opinion of a single man could certainly not make everybody agree;\nbut it is perhaps not useless to attemptto some explanations of général order,\nsome précisions of particular order, useful in any case to résolve a clear diffé-\nrence. The serious efforts of several would certainly gain by not being con-\nfounded with the more or less justified, more orless honest (artistically spoken)\nfancies of painters which, having nothing to bring to the movement, are only\nattracted by the beyond-measure modernism when it is not by other less avo-\nwable reasons.\nSome pretented to go beyond Cubism, which is the art in évolution of our\ntime, and in order to get out of it, they went backward. Back again to the art\nof imitation in choosing only between the most modem objects to be repre-\nsented, they believed, in avoiding the difïiculty, to solve an arduous problem.\nWith the titles under which they were obliged to complété their works, they\nleft the plastic domain for a litterary symbolism, the fantasmagoria of which is,\nin the domain of painting, absolutely worthless. Also, if it is difficult to find\nnew means in an art, it is only worthy to find them proper to this art and not\nin another one. This to say that the litterary means used for the art of pain-\nting (and vice versa) can only give us an easy and dangerous appearance of\nnovelty.\nCubism is an eminently plastic art; but an art of création and not of\nreproduction or interprétation.\nNow, what can a man create in painting, if not a picture, and this création\nwith new adapted means ? The first cubist painters found proper means and\nthose who followed their traces did not pay enough attention to them. The\nlatter took the appearance of works yet realised and worked « in the manner »\nwith the prétention to starton their account, a new art. It istime to notice it,\notherwise people would make of this deep art— of which only the superficial\nside was seen a superficial art. By this di sastrous way of judging, people\nsaw only incohérence where there was, even at start, research of discipline.\nTo-day, for few rare elected, the discipline is established, and as no one has\never dreamed of a cold, mathematic and antiplastic, solely cérébral art, the\nworks which the cubist artists produce, appeal direct to the eye and to the sense\nof the lovers of painting. But to love this painting it must be first understood\nwhy its appearance is so much différent from the one our eye is accustomed\nto."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.10", "texte": "IV\n\nThe purpose is différent : the means must also be so, and the resuit\nequally : to please the public, which will be the conséquence of the resuit, is\nonly a question of éducation of the latter.\nSince the création of perspective as pictural means, nothing more impor-\ntant has been found in art.\nOurperiod is the time when the équivalent of these marvellous means has\nbeen found. As perspective is the means to represent objects after their visual\nappearance, there exist in cubism the means to construct the picture in paying\nattention to the objects only as elements and not on behalf of the anecdotic\npoint of view.\nIt now becomes necessary toascertain the différence which exists between\nthe object and the subject. The latter is the resuit of the gained means of\ncréation ; itis the picture itself. Objects being taken only as elements, it will\nbe understood that the question is not to express their appearance but to clear,\nfor the use of the picture, ail what is eternal and constant (for instance the\nround form of a glass, etc.) and to exclude the rest.\nThe explanation of the déformation of objects, explanation which was\nnever made known before to people, is there ! The déformation is a consé-\nquence and ought not to be considered as an arbitrary fancy of the painter.\nO therwise we would never get rid ofthe caricatural déformations excused by\nthis out-of-date expression « the way of seeing ». After this, it willbe unders-\ntood that we do not admit that a cubist painter makes a portrait. No confusion\nought to be made here. The matter is to create a work, a picture as a matter\nof fact, and not a head or an object, constructed according to new rules which\nwould notjustify enough the appearance by which they end.\nIt is this création, of which I will speak also later, about poetry, which\nwill mark out our time. Welivein aperiod of artistic création in the course\nof which no more stories are told, more or less agreeably, but during which\nworks are created which, breaking off with life, corne in again hecause they\nhâve their own existence, outside évocation or reproduction of things of life.\nAfter this, the art of to-day is an art of great reality. But it must be unders-\ntood artistic reality and not realism ; the latter is the genre wich is the most\nopposed to us.\nIt can then be said that cubism is painting itself as well as to-day's poetry\nis poetry itself. Never mind, after this, the objects which are used, never\nmind their novelty if they are used with means not born with them or for\nthem. There only, in this entire appropriation of means, is thebirth of the\n« style » wich characterises a period.\nIn the domain of art it is never the créations of another kind which served\nas stepping-stones, and when we speak of period we mean artistic period\nas I am nota motor-car driver.\nTraduct. par LÉONCE ALEXANDRE-ROSENBERG,\nInterprète militaire.\nSignale Company, 3rd Army H. Q\nB. E. F.\n\nPIERRE REVERDY"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.11", "texte": "MONOLOGUE\nROCH GREY\nComment expliquerais-je à Dieu mon bonheur de vivre dans cette\nbonne chaleur, moi qui crains tellement le froid!\nJ'écoute le bruit de la vague chaude, qui monte dans d'humbles\ntuyaux creusés exprès pour qu'elle vienne chauffer tous les étages, n'im-\nporte ! chez moi aussi.\nAucune préférence à aucun locataire : prévoyance miraculeuse en cas\nd'hostilité de quelque brave dégoûté de me voir vivre.\nOn dirait que l'eau crépite en souvenir du feu qui la chauffa, qu'elle\nveut donner encore plus que de la chaleur : l'illusion de ce jeu qui brûle,\ncomme si l'on n'avait pas déjà assez de bonheur!\nBonne vague ! venue honnêtement... d'où ? Quelque part, très loin, un\nlac sans histoire ni orgueil, dort, paisible comme ses poissons immobiles\net glacés : on ne vit plus aux temps où des animaux sauvages jouissaient\nde cette forêt qui l'encercle plus que noire, car c'est déjà la nuit; mais\ndans ce silence on doit entendre des voix de pas, le bruit de branches\ncassées... peut-être une lutte de quelques bêtes qui ne sortent qu'aux\nheures inconnues, que les hommes ignorent, que le savoir laisse échapper.\nLes sources de la volonté divine sont inabordables, ainsi que les\nsources de ce lac qui, par des plaines, des ravins, des tonnelles, laisse\ndocile couler ses eaux dans de tristes maisons de Paris, sans jamais dimi-\nnuer, sans jamais ternir.\nLac béni ! je voudrais te savoir d'une couleur merveilleuse, toujours\nbleu, que la nuit te verse toutes ses étoiles, qu'elles tapissent ton fond\ncomme de pavés d'or, qu'elles viennent de partout pour t'égayer !\nAucune volonté de nuire...\nPourtant ! une révolte pourrait t'affoler de fond en comble, et cassant\ntoutes les défenses, effrayant cataclysme jamais vu! tu éclaterais dans de\nmisérables tuyaux parisiens; leur échafaudage fantastique s'écroulerait\navec les maisons et la ville périrait emportée dans un nouveau bassin creusé\npar ta folie.\nMais tu perdrais le voisinage de la forêt, et des berges et des som-\nmets de montagnes, et de tout ce que tu aimes depuis toujours.\nParis, le 26 octobre 1916."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.12", "texte": "DEUX POÈMES\nVINCENT HUIDOBRO\n1\nJe garde en mes yeux\nLa chaleur de tes larmes\nLes dernières\nMaintenant tu ne pourras pleurer\nJamais plus\nPar les chemins\nl'Automne vient\nDes doigts invisibles\nArrachent toutes les feuilles\nQuelle fatigue !\nUne pluie d'ailes\nCouvre la terre\n2\nLa chambre déserte\nOn sent s'en aller la lumière\nLes ombres sortent de sous les meubles\nAu loin les objets qu'on a perdus\nSe rient\nIja nuit\nLa chambre s'inonde\nUn cri\nPlein d'angoisse\nPersonne ne m'a répondu\n\nKILIMA-N'DJARO\n\nLe sinistre gronde.\nSeul l'esprit voltige sous la giboulée de la tourmente.\nLe refuge de voyageurs égarés...\nTremble le sommet de la montagne comme un peuplier abandonné\nCe ne sont pas les Alpes ni les Pyrénées"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.13", "texte": "Ces noms si doux 1\nDe troupeaux de bergers\nParfois un guide avec un mort...\nNi guide ni pasteurs !\nUne force inconnue m appelle\nPeut-être la voix de cette étoile perchée sur la dernière hauteur\nPeut-être le désir de voir les espaces qui cachent\nQuelle glace !\nNi profil ni face\nLa couleur s'est effondrée avant d'y parvenir\nMon haleine se change en un flot de sang caillé\nMes lèvres cessent de murmurer une prière\nLa nuit comble tout sans combler le vacarme\nMa montre chante comme une abeille enfermée dans un verre...\nSi c'est la mort je prie celui qui me trouvera\nD'emporter mon passeport et cette photographie\nEt cette mèche de cheveux qui me réchauffe de son dernier effort\nD'adresser tout cela au 229 du Boulevard Raspail à Paris.\n\nLEONARD PIEUX\n\nMATIN\n\nAuréolée\nLa tête aux cheveux de satin\nUn doigt levé\nUne pensée\nComment ne pouvez—vous entendre\nSur l'oreiller\nFront rougissant\nTête penchée\nDemain passe derrière\nEt je suis en chemin"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.14", "texte": "Déjà\nQuelqu'un s'en va\nPour survivre à la nuit\nL'oiseau vibre comme un réveil\nDans le rideau\nRayon emprisonné\nLa guêpe a quitté son corset\nLa dame a mis ses bracelets\nLa baignoire est pleine\nLa Mer\n\nPIERRE REVERDY\n\nUNE NUIT DANS LA PLAINE\n\nJe descendis de la colline où le soleil joue dans les glaces du phare.\nLa nuit, derrière la porte où l'on avait rassemblé les races les\nplus différentes quelqu'un parlait encore, en rougissant.\nL'exposition de 1900 était depuis longtemps finie. Maintenant on\nabattait les animaux autrefois exposés. Le succès n'en était pas moins\ngrand.\nIci on se recueillait, dans le calme, à l'abri du danger qui menaçait\npartout ailleurs les autres hommes qui pouvaient compter pour un\nmoment, puis jamais plus.\nOn riait même et l'on pensait tout le mal que l'on n'osait pas dire\nde son voisin.\nQuelques fleurs avaient roulé en s'effeuillant sur le bord de la\ntable.\nAprès le premier service on apporta les viandes et l'Indien s'abstint\nchastement de peur de renouveler son crime et de dévoiler à tous son\norigine. Un anthropoïde honteux qui était là n'aurait pas voulu man-\nger son frère, présenté sous un autre nom.\nAu bout de la table un vieil abbé en habit démodé s'abstint aussi."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.15", "texte": "C'était un vendredi et il se rattrapait par un voisinage éveillant en lui\ndes désirs qu'il n'avait jamais pu, normalement, satisfaire.\nL'lndien sauvage, avec des gestes appris dans les forêts vierges,\noù il faut compter avec la souplesse des félins et l'agilité des grands\nsinges, coupait des fruits qu'il insérait ensuite entre deux rangées de\ndents indignes d'un anthropophage (1). Celui-ci fut chassé de sa tribu\npour manque d'appétit et de force virile.\nOn vit aussi qu'il manquait découragé et de psychologie.\nLes vapeurs de l'alcool ont le don de développer en nous les sen-\ntiments naturels et profonds. On sait que le but de la civilisation n'est\nque de les dissimuler—quand ils sont mauvais et d'en tirer ouverte-\nment parti —quand ils sont bons. Mais elle n'y change rien en réalité\net les hommes peuvent quitter un masque encore plus rapidement qu'un\nhabit. Au surplus notons que la brutalité n'implique pas la force et que\nl'inconscience de la plupart des hommes les fait agir sans plus de consé-\nquence que les enfants n'en montrent dans leurs actes. Ils ont en moins\nl'excuse que donne à ces derniers le peu de temps qu'ils ont eu pour\ngagner de l'expérience.\nTout à coup le décor changea. Je n'en dirai rien de plus que de\nl'autre puisque les acteurs restaient les mêmes. Et beaucoup\noubliaient leur rôle devant l'œil curieux du spectateur.\nUne douche effroyable ranima les esprits et les ramena vite à la\nréalité. Quelqu'un parlait. Le guet-apens tournait au scandale et\nl'lndien, qui avait cru que son geste serait un signal, restait seul.\nIl avait eu tort, étant lâche, de vouloir agir comme un homme et de\nplus comme un homme fort. Il venait de prouver une fois encore\nqu'il n'avait jamais que l'air de tout comprendre.\nDans son pays l'honneur consistait à frapper par derrière pour\néviter le déshonneur d'être blessé.\nD'où vient le vent qui passe sous la porte? Derrière le rideau\nquelqu'un se cache. L'orchestre assourdissant de toutes les sonneries\n\n(1) Voir à ce mot dans le dictionnaire les pays naguère encore livrés à l'anthropophagie."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.16", "texte": "électriques. Le vent souffle trop fort. Là-bas une fenêtre entr'ouverte\ngrince annonçant l'orage. La foudre tombera peut-être.\nComme il pleuvait tout le monde n'osa pas sortir. Les singes, dit-on,\nont une telle peur de se noyer qu'ils redoutent même la pluie.\nLe lendemain le peintre en bâtiment entra. Il portait, contre la\ncoutume, une blouse noire.\nIl s'agissait de peindre une porte et, au lieu de tremper son pin-\nceau dans un pot de céruse, il sortit de sa poche un stylo qui ne\nfonctionnait pas et le trempa dans un encrier qu'il trouva sur ma table.\nIl se mit à inscrire sur la porte des chiffres et des phrases dont je\ncherchais en vain à comprendre le sens.\nMais, monsieur, je vous ai demandé ... Vous n'êtes pas peintre...\nVous n'écrivez même pas en français —Je ne comprends pas.\nLe peintre en bâtiment se gonfla dans sa blouse comme un Zep-\npelin— Sa figure étrangement boursouflée prit une expression de\ncolère qui ne changea rien à son éternel sourire. Un peu d'écume\nvenait au bord de ses énormes lèvres.\nMonsieur, je suis au contraire le seul peintre et j'ai aussi quelques\nélèves. Sachez ceci : La peinture en bâtiment consiste à ne plus faire de\npeinture en bâtiment mais des mathématiques.\nJe viens de résoudre là une équation du quatrième degré. C'est\nmieux que si j'avais seulement mis de la couleur sur votre porte pour\nen faire une jolie porte; mais c'est plus cher. Et il compta : 3 mètres sur\n2,5; 100 fois len°; vous me devez 500 francs.\nJe me sentais transporté dans un monde nouveau Je descendais\nla tête en bas Mes yeux voyaient des paysages étranges - Une voix\nmurmura en passant devant les fenêtres du dernier étage : « Et pour\nl'honneur de mon pays apprenez que je suis macaque... c'est là-bas.\nLa prochaine fois je vous dirai quelles particularités physiques font de\nmoi un personnage digne de figurer chez Barnum.\nJ'étais arrivé et je fermai vite la porte pour établir ensuite un\ncourant-d'air.\nLes deux numéros suivants seront doubles et con-\ntiendront la matière de : Juin-Juillet à paraître fin Juin\net Août-Septembre à paraître fin Août.\n\nPIERRE REVERDY"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.17", "texte": "NOTE\n\nVÉRITÉS NOUVELLES. Dans une étude d'ailleurs sympathique parue au\nMercure de France (1er mai), Charlçs-Henri Hirsch nous chicane quelque peu\nsur des questions de ponctuation. Soit. Nous donnerons nos idées sur ce sujet\net libre à chacun de se décider.\nMais un reproche plus grave est fait à notre esthétique : « Tout cela est obscur,\nquand ce n'est pas déjà ancien». Des œuvres éclairent dès maintenant certaines\nde nos formules qui deviendront transparentes au bout de quelque temps. Et c'est\nrépondre que nous ne prétendons pas être arrivés au bout de nos efforts.\nAu reproche du manque de nouveauté dans nos théories opposons ces lignes\nnarquoises par lesquelles Henri-Matisse terminait un de ses rares articles : « On me\ndira peut-être qu'il était permis d'attendre d'un peintre d'autres vues sur la peinture,\net qu'en somme je n'ai sorti que des lieux communs. A cela, je répondrai qu'il\nn'est pas de vérités nouvelles. Le rôle de l'artiste, comme celui du savant, se\nborne à saisir des vérités courantes qui lui ont été souvent redites, mais qui pren-\ndront pour lui une nouveauté, et qu'il fera siennes le jour où il aura pressenti\nleur sens profond. Si les aviateurs avaient à exposer leurs recherches, à nous expli-\nquer comment ils ont pu quitter la terre et s'élancer dans l'espace, ils nous don-\nneraient simplement la confirmation de principes physique très élémentaires que\nles inventeurs moins heureux ont négligés. »\n\nLIVRES\n\nPARUS. Vie des Martyrs, par GEORGES DUHAMEL (Mercure de France).\nL'été 1914, Georges Duhamel était un littérateur de talent, 1.000 jours de guerre,\n1.000 jours de contact avec la souffrance humaine dans les ambulances et\ndans les hôpitaux ont fait jaillir de sa gorge un cri de douleur et de pitié qui nous\nperce le cœur.\nComment tous les médecins militaires, qui sont souvent des lettrés, ne nous\ndonnent-ils pas des livres comme celui-ci ? C'est que pour être simple et pathétique\nsans effort, il faut un art suprême. Presque toujours, dans ce livre, M. Georges\nDuhamel a réussi à éviter la littérature et l'éloquence et c'est là le triomphe du\nlittérateur.\nCe Mémorial de la vie des martyrs, ce journal des souffrances quotidiennes des\nblessés, est le plus beau livre écrit jusqu'à présent sur la guerre. On peut même\ndire que Vie des Martyrs est la seule œuvre littéraire née de la guerre.\n\nA PARAITRE. Au « Mercure de France » ; Calligrammes : Poèmes de la\nPaix et de la Guerre 1913-1917, par Guillaume Apollinaire.\nLe Cornet à dés, poèmes en prose, par M. JACOB.\nLa jeune poésie française, hommes et tendances, par P. LEFÈVRE. - Paul\nFort, André Salmon, Guy Ch. Cros, Ch. Vildrac, Adolphe Lacuzon, Vincent\nMuselli.\nGuillaume Apollinaire, Biaise Cendrars, Max Jacob, Pierre Reverdy ou la poésie\nactuelle.\nOuvrage hors commerce tiré à: 20 exemplaires sur Japon 20 francs, 50 exem-\nplaires sur Hollande 10 francs numérotés et 500 exemplaires à 2 francs l'exem-\nplaire. On souscrit chez l'auteur, 98, rue Coulaincourt."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw19170515-01.1.18", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. La poésie symboliste, en\ncollaboration, 1909 (l'Edition). Le Théâ-\ntre italien, 1910. Louis Michaud, Paris.\nL'Hérésiarque et Cle, nouvelles, in-18, 1910\n(P. V. Stock). Le Bestiaire ou Cortège\nd'Orphée, in-4°, luxe, 1911, bois de R. Duffy\n(Deplanche). L'Enfer de la Bibliothèque\nNationale, in~B°, en collaboration, 1912 (Mer-\ncure).— Méditations esthétiques, les pein-\ntres cubistes, in-4°, 1912 (Figuière).\nAlcools, poèmes, 1913 tMercure).— Le poète\nassassiné, 1916. (Edition.)\n\nAL4X JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaintMathorcl, roman, 1910.—LesŒuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912. Le siège de Jérusa-\nlem, 1911.\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe (915 (li-\nbrairie Monnier, 7, rue de l'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon).\n\n.AvBOxM TV ££IVŒJE:IST TL' SB : \"Un an : © francs\n12, rue Cortot (18e)\nLibrairies : Monnier, 7, rue de l'Odéon et Delesalle, 16, rue Monsieur-le-Piince.\nL»e premier numéro est complètement épuisé, hormis quelques exemplaires\npour collections.\nA^WWWVWWWWWWW\nService gratuit aux artistes et littérateurs du front qui en feront la demande\nLES MANUSCRITS NE SONT PAS RENDUS\n...—.i. ~ ma»\nJldrcsscr tout ce qui concerne la Tfevue à : 'Pierre Tfeverdp, 12, rue Cortot (18e)\nDirecteur Gérant : PIERRE REVERDY. Paris. Imp. LEVÉ, rue de Rennes, 71.\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE\nu\nLIT TOUT\"\nI \" Renseigne sur Tout '' ||\nCE QUI EST PU OLIÉ DANS LES\nJOURNAUX, REVUES & PUBLICATIONS\nde toute uature\nParaissant en France et à l'Etranger\net en fournit les \"Extraits sur tous Sujets et Personnalités\nAA^aaat|J|VVWV\\\nRÉPERTOIRE des CITATIONS de GUERRE\nCITATIONS à I'ORDRE de i'ARMÉE\nCROIX de GUERRE, LÉGION d'HONNEUR\nMÉDAILLE MILITAIRE\n■\nCH. Directeur\n21, Boulevard Montmartre, PARIS (2e)\nCirculaires explicatives et Tarifs envoyés franco\n\n1 ( ■ 5\nANDRÉ DERAIN, HENRI MATISSE,\nPICASSO, CÉZANNE, MODIGLIANI,\nCHIRICO\nSculptures\nGALERIE PAUL GUILLAUME, 16, avenue de Villiers, Paris\n—@\n# Un ouvrage u Le Premier Album de Sculptures Nègres ' a paru dont il reste encore\nquelques exemplaires au prix de 50 francs. Tirage limité à 60 ex. (Chez Paul Guillaume)\nL J"}]}