{"numero_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_sha256": "a23c10d4bbec30869d231941354f3b56fc2717c03eb7ba6c23fe5488ce52c28d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/11_01/bmtnaaw_1917-11_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/11_01/bmtnaaw_1917-11_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c001", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.1", "titre_corps": "MAX JACOB Les mots en liberté.", "titre_sommaire": "MAX JACOB Les mots en liberté.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.1", "debut_caractere": 65, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "MAX JACOB Les mots en liberté.\nThème de la probité et de la foi.\nGUILLAUME APOLLINAIRE. Le vigneron champenois.\nLÉONARD PIEUX Rapport n° 11.\nVINCENT HUIDOBRO Poème.\nPIERRE REVERDY.. Drame.\nPHILIPPE SOUPAULT-.... Souffrance.\nPAUL DERMÉE Radiateur.\nROCH GRE Y Chambre 19.\n7\nLIVRES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c002", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.2", "titre_corps": "LIVRES", "titre_sommaire": "LIVRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "LIVRES\n\nOn m'a dit beaucoup de bien de tous les livres que je ne connais pas.\nMais les ouvrages dontonn'a que du bien à dire ne sont pas les seuls intéressants.\nOr Monsieur Biaise Cendrars a fait un nouveau livre que Monsieur Zaragaa\nfidèlement illustré. C'est dire que le texte et les illustrations concordent.\nLe poète François Bernouard a présenté cette plaquette avec le goût particulier\nqu'il a apporté dans l'édition du livre. On y retrouve ses remarquables efforts.\nD'autres évoqueraient ici de très grands noms pour ne rien dire. Nous avions\npréféré dire beaucoup de choses que le manque de place nous a fait supprimer.\nIl nous en reste assez cependant pour proclamer une fois de plus qu il faut être\nabsolument moderne !! Il faut chaque fois qu'on ouvre un livre déposer sa mémoire\ndans le globeoù le garçon de café dépose ses serviettes. Il faut regarderies machines\net les brancards, les rails et les fils qui poussent du feu. Ce sont des veines. Il faut\nregarder, non plus avec des yeux mais avec des phares, et s'apercevoir enfin que\nnotre cerveau est une dynamo adaptée à une machine à écrire. Entrer dans une\nimprimerie, se tromper et, en remettant son chapeau, îecouvrir la linotype. La\nrue alors nous accordera ses regards et nous pourrons marcher, sans mépris,\nailleurs que sur les arbres. PROFOND AUJOURD'HUI est une œuvre caracténs-\ntique du talent de Monsieur Biaise Cendrars.\nMonsieur Philippe Soupault collabore aux efforts de poésie qu'il est louable\nde,tenter à notre époque. Comme ils concordent avec les nôtres ils nous sont, très\nnaturellement, sympathiques. Et comme nous sommes à une époque où l'on va\nvite, où tout se précipite, Philippe Soupault a déjà réuni ses poèmes en une\nplaquette. Que cette hâte soit bonne ou mauvaise nous n avons pas le temps de le\ndire. Si elle est bonne il s'en félicitera ; du contraire lui viendrait l'obligation de\nracheter l'imperfection de cette œuvre de début qui l'eût moins obsédé, les parties\nen étant simplement dispersées dans quelques revues dont les numéros dispa-\nraissent et peu à peu s'oublient. , . ,\nMais, pour nous, AQUARIUM est un bon début. Une grande simplicité\nd'expression y préside, une plus grande pureté de moyens y est encore souhaitable.\nL'auteur les perfectionnera, les fortifiera, les augmentera comme chacun, et\nj'ai déjàludelui quelques poèmes qui jecrois,dépassentceux de son livre. Je devais\nà propos de ce recueil m'étendre en généralisant sur tous les efforts à constater en\nce moment et leur qualité, mais j'ai dû borner mon dessein au cadre de cette\nchronique. Et j'aurais à dire aussi quelque autre chose\nMonsieur Jean Paulhana écritle GUERRIER APPLIQUÉ. Et c'est lui-\nmême.Un livre plein de qualités séduisantes. Les mêmes,sans doute,dontl auteur est\npersonnellement,doué.Une psychologie pénétranteet fine fournit a Monsieur Paulhan\ndes éléments d'observation qui donnent à son œuvre une solidité sans lourdeur.\nD'autre part il la soutient par des moyens poétiques très sûrs. Enfin 1 auteur\nsait bien éviter la description détestable et un certain mystère se dégage de cette\nœuvre dont le sujet surgit seulement après avoir fermé le livre et pris le « recul »\nlittéraire, nécessaire à la possession d'ensemble, d'une œuvre dont les détails ne\nsont plus que des éléments très largement traités.\nSPIRALES poèmes de Paul Dermée vient de paraître."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c003", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.2.1", "titre_corps": "On m'a dit beaucoup de bien de tous les livres que je ne connais pas.", "titre_sommaire": "On m'a dit beaucoup de bien de tous les livres que je ne connais pas.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.2", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "On m'a dit beaucoup de bien de tous les livres que je ne connais pas.\nMais les ouvrages dontonn'a que du bien à dire ne sont pas les seuls intéressants.\nOr Monsieur Biaise Cendrars a fait un nouveau livre que Monsieur Zaragaa\nfidèlement illustré. C'est dire que le texte et les illustrations concordent.\nLe poète François Bernouard a présenté cette plaquette avec le goût particulier\nqu'il a apporté dans l'édition du livre. On y retrouve ses remarquables efforts.\nD'autres évoqueraient ici de très grands noms pour ne rien dire. Nous avions\npréféré dire beaucoup de choses que le manque de place nous a fait supprimer.\nIl nous en reste assez cependant pour proclamer une fois de plus qu il faut être\nabsolument moderne !! Il faut chaque fois qu'on ouvre un livre déposer sa mémoire\ndans le globeoù le garçon de café dépose ses serviettes. Il faut regarderies machines\net les brancards, les rails et les fils qui poussent du feu. Ce sont des veines. Il faut\nregarder, non plus avec des yeux mais avec des phares, et s'apercevoir enfin que\nnotre cerveau est une dynamo adaptée à une machine à écrire. Entrer dans une\nimprimerie, se tromper et, en remettant son chapeau, îecouvrir la linotype. La\nrue alors nous accordera ses regards et nous pourrons marcher, sans mépris,\nailleurs que sur les arbres. PROFOND AUJOURD'HUI est une œuvre caracténs-\ntique du talent de Monsieur Biaise Cendrars.\nMonsieur Philippe Soupault collabore aux efforts de poésie qu'il est louable\nde,tenter à notre époque. Comme ils concordent avec les nôtres ils nous sont, très\nnaturellement, sympathiques. Et comme nous sommes à une époque où l'on va\nvite, où tout se précipite, Philippe Soupault a déjà réuni ses poèmes en une\nplaquette. Que cette hâte soit bonne ou mauvaise nous n avons pas le temps de le\ndire. Si elle est bonne il s'en félicitera ; du contraire lui viendrait l'obligation de\nracheter l'imperfection de cette œuvre de début qui l'eût moins obsédé, les parties\nen étant simplement dispersées dans quelques revues dont les numéros dispa-\nraissent et peu à peu s'oublient. , . ,\nMais, pour nous, AQUARIUM est un bon début. Une grande simplicité\nd'expression y préside, une plus grande pureté de moyens y est encore souhaitable.\nL'auteur les perfectionnera, les fortifiera, les augmentera comme chacun, et\nj'ai déjàludelui quelques poèmes qui jecrois,dépassentceux de son livre. Je devais\nà propos de ce recueil m'étendre en généralisant sur tous les efforts à constater en\nce moment et leur qualité, mais j'ai dû borner mon dessein au cadre de cette\nchronique. Et j'aurais à dire aussi quelque autre chose\nMonsieur Jean Paulhana écritle GUERRIER APPLIQUÉ. Et c'est lui-\nmême.Un livre plein de qualités séduisantes. Les mêmes,sans doute,dontl auteur est\npersonnellement,doué.Une psychologie pénétranteet fine fournit a Monsieur Paulhan\ndes éléments d'observation qui donnent à son œuvre une solidité sans lourdeur.\nD'autre part il la soutient par des moyens poétiques très sûrs. Enfin 1 auteur\nsait bien éviter la description détestable et un certain mystère se dégage de cette\nœuvre dont le sujet surgit seulement après avoir fermé le livre et pris le « recul »\nlittéraire, nécessaire à la possession d'ensemble, d'une œuvre dont les détails ne\nsont plus que des éléments très largement traités.\nSPIRALES poèmes de Paul Dermée vient de paraître."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c004", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "5", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.3", "titre_corps": "LES MOTS EN LIBERTÉ", "titre_sommaire": "LES MOTS EN LIBERTÉ", "signature_source": "MAX JACOB", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "LES MOTS EN LIBERTÉ\n\nLes œuvres littéraires ont manqué l'un ou l'autre de leurs buts\nquand ils étaient à la fois le moral et le vrai car leurs auteurs se trou-\nvaient dans l'alternative de dire le vrai qui est rarement le bon, ou le\nbon aux dépens du vrai. La licence des tableaux dans Machine Bovary\neffaroucha les tribunaux, le dénouement qui récompense le mauvais\nl'eût dû faire davantage. Dans l'imputation aux naturalistes du pessi-\nmisme d'une génération et de nombreux suicides, c'est moins leur\ntempérament de peintre qui se trouve engagé que les accents prêcheurs\nqu'ils croyaient leurs forces et qui gâtaient leurs œuvres et la société.\nUn artiste véritable malgré ses hésitations préfère la beauté à l'utilité\nsociale et ne les sert pas toutes les deux : renonçons à l'action pour ne\nl'avoir pas déplorable. Au théâtre la rivalité entre la logique des œuvres\net celle des auteurs est nette: la thèse et l'intrigue s'entretuent : la\nnécessité du dénouement est celle d'un mariage superbe pour les filles-\nmères et les statues ne s'animent plus pour arrêter les don Juan : l'au-\nteur ni la morale ne sont satisfaits, et le public n'est ni enseigné ni\nravi. Pourtant une idée centrale donne de la chaleur à l'exécution,\ndisent les critiques, de la légèreté dans les résultats, de la cohésion\ndans l'ensemble. Alors Zola est supérieur à Balzac (et ceci est faux) et\nBalzac à Racine (ceci est absurde).\nL'idée est inutile, non les idées. A propos d'esthétique Voltaire parle\nd'un jet d'eau plus pressé et plus haut. Nietzsche exprime cette pensée\nséculaire : l'artiste danse dans les chaînes. Le goût moderne de l'idée\ncentrale est celui de l'unité pour une époque décadente : c'est l'accom-\nmodement du roman bien ou malfaisant avec les souvenirs classiques.\nNier que l'art est un choix, c'est le faire de l'évidence : les impressionnistes\nle firent et les « mots en liberté » ne reculent pas devant leur mort.\n(Obscurité et incohérence apparentes ne m'effraient pas, mais les réelles:\nce n'est que par des lois sévères qu'on se sépare du charlatanisme). L'ex-\npérience du xixe siècle prouve que sa théorie de l'idée-mère n'est ni\nnécessaire ni suffisante, mais seulement parce qu'elle est embryonnaire:\non a couru vers l'opposé seulement parce qu'on l'ignorait. Elle n'est pas\nun excès d'unité elle en est le défaut.\nLe but de l'art est l'émotion artistique ; la constitution des moyens\nla donne. Ce qui n'est pas les moyens, leur gradation, leurs répits,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "leurs cadres embarrasse et affaiblit. Le maximum d'effet est le maximum\nde volonté dans le choix des idées artistiques qui ne sont point celles\ndes philosophes. Se complaire aux beautés inutiles, c'est gâter un enfant\npar amour. Les faiblesses devant l'inspiration sont les faiblesses de\nl'œuvre devant le lecteur. Les obligations de l'art sont celles que l'auteur\ns'impose à l'ordre de sa propre logique. La volonté est l'essence de\nl'art, les moyens sont la forme 'qu'elle prend, l'idée, les idées, même\nles « mots en liberté » peuvent être de ceux-ci. Les partisans du\ndésordre romantique ne nous arrêtent pas avec les noms de la gloire :\nles qualités qui la leur valurent sont les classiques, le style est une\ntradition française que Victor Hugo représente avec force. Deux qualités\nqui assurent l'éternité à un ouvrage le font aux comédies de Musset :\ncréation et situation.\nUne œuvre se crée quand chacune des parties le fait de l'ensemble\nque les mots y paraissent ou non en liberté. Elle est située quand tous\nses mouvements qu'ils ressemblent ou non à ceux de la terre se passent\nailleurs, les poèmes de Mallarmé sont situés, ceux de Guillaume\nApollinaire magnifiquement inspirés le sont toujours, non pas ceux de\nses imitateurs. Le créé se reconnaît à la nécessité des parties, le situe à\nla vie dans la généralité, et, pour les gens de goût, au halo sensible\nqui entoure l'œuvre. L'utilité des composantes* est caractéristique des\norganismes vivants ou durables et la durée l'est d'une œuvre d'art. Les\ncharmes passent avec les modes et ne reviennent qu'avec elles. Le\nbavardage néologique de Jules Laforgue, exquis en 1880, est insuppor-\ntable aujourd'hui. Les compositions du poète Henri Heine ont des\nadmirateurs que ne trouvent plus les digressions du voyageur. Les\nmots « si spécieux et si doux » de V erlaine ne sont déjà plus tels tandis\nque vit l'esprit de La Fontaine qui n'y sacrifiait pas. «Les œuvres écrites\nvivront » a-t-on dit, or le style c'est la nécessité des mots. Il est à craindre\nque les partisans des mots en liberté n'abusent pour les leurs de celle que\nleur théorie autorise. Soyons libres vis-à-vis du lecteur non vis-à-vis\nde nous-même. Châtions-nous si nous ne voulons l'être par d'autres.\nSacrifions nos dons si nous ne voulons pas qu'on le fasse de nos\nœuvres.\nL'esthétique est la philosophie du beau ; dans un discours qui traite\nde la première, qu'on ne s'étonne pas des termes de la seconde. Aller\nen esprit au lieu géographique et surnaturel voulu par un créateur, en\nrevenir c'est une joie de l'esprit et proprement le mouvement qui donne"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "le plaisir artistique. Tel n'est pas celui des comparaisons réalistes qui\nne satisfont qu'un amour-propre qui voudrait s'égaler à l'auteur. Le\npathétique tire les larmes, la réalité le fait mieux. L'art est indispensable\nà l'homme, les jeux des enfants et des sauvages le prouvent ; il ne le\nserait pas si les larmes étaient son but. La pensée même n'est pas l'art\nbien qu'elle y puisse atteindre par le tour ; elle est plutôt, suppléant\naux manques de la nôtre, un enseignement. L'art n'est pas dans l'at-\ntente d'un dénouement inconnu car il existe en soi et n'existerait plus\npour qui en connaît les fils. L'art reste donc l'appel d'une sensibilité\npar une volonté et celle du constructeur suffît à en donner l'émotion.\nPourquoi donc exiger de lui la localisation dans l'espace?\nNous demandons à un livre sa puissance de libération. Le moi est\nune prison dont le livre est la clef. Reines de féeries et comtesses de\nBalzac guérissent notre vie de ses orages par ceux, imaginaires, de laleur.\nLes ouvriers recherchent des grandes dames dans Zevacco et les grandes\ndames des ouvriers ailleurs. Les naturalistes ont méconnu cette vérité\nen offrant aux bourgeois leurs vérités particulières. Tel est grossière-\nment le principe de la transplantation ; il en est une autre précisément\nartistique. L'esprit humain ne demande peut-être des généralisations\nque parce qu'elles créent la transplantation pour tous les lecteurs mais\nplutôt parce qu'elles constituent une atmosphère fausse et vraie par la\nforce du poète. Le maximum de généralisation dans une oeuvre l'adresse\ncertes à tous mais surtout y transplante l'esprit de chacun : c'est la\nbeauté des livres religieux et que le xvne siècle étudiait. Cette locali-\nsation idéale, aucune école n'en parle et elle les préoccupe toutes : le\nxvne siècle y tend par la généralisation des types, le xvme par le tour du\nstyle, les romantiques sur les échasses de la frénésie et en vain, les\nparnassiens par l'impersonnalité qui donna Mallarmé, les symbolistes par\nle verbe et le rêve qui donna la première manière d'Apollinaire. La théorie\ndes mots en liberté ne la produit pas plus que la frénésie romantique.\nUn de ses partisans ignorant peut-être que l'art indispensable à la vie\nne saurait faire double emploi avec elle répond à la question de la loca-\nlisation des œuvres par celle des milieux dans l'œuvre. Non ! le voyage\naller et retour de l'esprit est l'émotion artistique ; celui de l'imagination\nn'en est un qu' « autour de ma chambre » et jne la produit pas.\n\nMAX JACOB"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c005", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "6", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.4", "titre_corps": "THÈME DE LA PROBITÉ ET DE LA FOI", "titre_sommaire": "THÈME DE LA PROBITÉ ET DE LA FOI", "signature_source": "MAX JACOB", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 931, "texte": "THÈME DE LA PROBITÉ ET DE LA FOI\nMAX JACOB\nCelui qui cale sa marmite avec des biscuits de mer\nCelui qui a quitté la maison de son père\nMarche pour te servir, Seigneur, avec ses compagnons\nsous les oiseaux :]\nL'un discute avec faste et porte des roseaux,\nL'autre arrivé hier du pays des autruches\nporte un chapeau corné en forme haute de ruche\nc'est un étranger blond : il ouvre le chemin ;\nplût à Dieu qu'il ne tînt qu'un roseau dans la main.\nCelui qui s'est fait cordonnier par recours\nCelui qui a planté dans les pierres son amour\nCelui qui n'a demandé qu'au soleil son secours\nmarche pour te servir, Seigneur, parmi la ville\navec les fils de Moloch et de Vénus àla file\nIl a soulevé sa chaîne avec les mains,\nil a lâché son cheval sur le chemin,\nil ne s'effarouche pas des siècles\nil habite en son cœur comme au pays des aigles\nil marche pour te servir, Seigneur, à la file\navec les partageurs de la terre et les chefs serviles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c006", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "7", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.5", "titre_corps": "LE VIGNERON CHAMPENOIS", "titre_sommaire": "LE VIGNERON CHAMPENOIS", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "LE VIGNERON CHAMPENOIS\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nLe régiment arrive\nLe village est presque endormi dans la lumière parfumée\nUn prêtre a le casque en tête\nLa bouteille champenoise est-elle ou non une artillerie\nLes ceps de vigne comme l'hermine sur un écu\nBonjour soldats\nJe les ai vus passer et repasser en courant\nBonjour soldats bouteilles champenoises où le sang fermente\nVous resterez quelques jours et puis remonterez en ligne\nEchelonnés ainsi que sont les ceps de vigne\nJ'envoie mes bouteilles partout comme les obus d'une charmante\nLa nuit est blonde ô vin blond artillerie]\nUn vigneron chantait courbé dans sa vigne\nUn vigneron sans bouche au fond de l'horizon\nUn vigneron qui était lui-même la bouteille vivante\nUn vigneron qui sait ce qu'est la guerre\nUn vigneron champenois qui est un artilleur\nC'est maintenant le soir et l'on joue à la mouche\n% *\nPuis les soldats s'en iront là-haut\nOù l'Artillerie débouche ses bouteilles crèmantes\nAllons Adieu messieurs tâchez de revenir\nMais nul ne sait ce qui peut advenir"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c007", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.6", "titre_corps": "RAPPORT N° II", "titre_sommaire": "RAPPORT N° II", "signature_source": "LÉONARD PIEUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 718, "texte": "RAPPORT N° II\nLÉONARD PIEUX\nUn sacripain a occis son voisin muni d'un poignard\nLe forban aux yeux bleus qui ne savait pas chanter\nAbéquantun cormoran aveugle détesté des faisans\nUn gros gaillard !\nLes frasques de sa jeunesse\nLe lucre vexant enchâssé de diamants faussés\nL'innèité de désirs\nLes ruses faunesques\nLes obsèques de victimes\nLa déconvenue glacée\nL'herbe menue au printemps sur le pas d'une porte\nbarrée\nUne branche fourchue entrée là comme par hasard\nL'estoc à la main d'un inconnu noir\nLa jactance d'un imbécile portant une bajoue\nCette galopade derrière le frêne demi mort de vieillesse\nEt la balafre le hâle de tristesse\nLes chèvres dans les taillis où rit l'hippogriffe\ninapte je rêve à côté d'un calife"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c008", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.7", "titre_corps": "POÈME", "titre_sommaire": "POÈME", "signature_source": "VINCENT HUIDBORO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 257, "texte": "POÈME\nVINCENT HUIDBORO\nTon cri perça le plafond\nEt la pluie sur ton visage\nLe délaye dans l'ombre\nOù vas-tu\nLe chemin de la glace\nEst long à parcourir\nEt les cheminées font l'adieu des mouchoirs\nElle s'est noyée dans le miroir\nLes saules de la rive\nméditent"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c009", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.8", "titre_corps": "DRAME", "titre_sommaire": "DRAME", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "DRAME\nPIERRE REVERDY\nLe rond qui s'agrandit\nEst-ce la guillotine\nRéalité du film\nMystère dans le crime\nIl passait à ton cou une corde plus fine\nLes yeux sont plus vivants\nTon âme est étalée\nTu ne t'en doutais pas\nC'est l'électricité\nLes traits en grossissant se sont presque effacés\nLa passion fait remuer toutes les têtes de la salle\nC'est dans l'obscurité\nMais personne ne crie\nUn coup de pistolet qui ne fait pas de bruit\nComment pourra-t-il sortir\nMystère acrobatique\nLe pouvoir surhumain du courant électrique\nL'a fait partir\nLe policier déçu meurt devant la fenêtre"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c010", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.9", "titre_corps": "SOUFFRANCE", "titre_sommaire": "SOUFFRANCE", "signature_source": "PHILIPPE SOUPAULT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 600, "texte": "SOUFFRANCE\nPHILIPPE SOUPAULT\nà Guillaume Apollinaire\nSi tu savais si tu savais\nles murs se resserrent\nMa tête devient énorme\nOù sont donc parties les lignes de mon papier\nJe voudrais allonger mes bras pour\nsecouer la Tour Eiffel et le Sacré Cœur de Montmartre\nMes idées comme des microbes dansent sur mes méninges\nau rythme de l'exaspérante pendule\nUn coup de revolver serait une si douce mélodie\n\\\nDans le praxinoscope de mon crâne\nles taxis\nles tramways\nles autobus\nles bateaux-mouches cherchent en vain à se dépasser\nMes livres vont exploser\nPuis six coups sonores s'abattent\nIntran Liberté Presse"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c011", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "13", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.10", "titre_corps": "RADIATEUR", "titre_sommaire": "RADIATEUR", "signature_source": "PAUL DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 370, "texte": "RADIATEUR\n\nŒil de lumière\ntu veilles dans l'ombre\nArdeur\nSapinière au soleil couchant\nhalète\nLà-bas\nS\nI\nL'automne L\nE\nchoses mortes N\nC\nun oiseau crie E\nLe vent fuit\nMais toi...\nLa porte ouverte sur le crépuscule\nMes pas autour de ta maison\nVide sonore feuilles sèches\nJADIS...\nRideaux à ta fenêtre close\nFlammes claquantes au foyer\nDrapeaux de Victoire\nMouchoirs agités"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "Le cœur qui bat\nsous les yeux sans nombre de l'amour\nrêve de mourir pour la gloire\nMon souvenir\nautour de ta maison\nrôde\nLe radiateur halète\ndans l'ombre\nMes chaussures fument\nCes fenêtres qui s'allument\ni\nOn marche\nquelqu'un a frappé à la porte\npuis s'en va\nFeuilles sèches\nEspoirs\nLE VENT D'INCONNU VOUS EMPORTE\n\nPAUL DERMÉE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c012", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "15", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.11", "titre_corps": "OHAMBRE 19", "titre_sommaire": "OHAMBRE 19", "signature_source": "ROCH GREY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "OHAMBRE 19\n\nAccablé d'insomnie, je refis de la lumière.\nAinsi surpris en pleine nuit, les meubles de cette chambre d'hôtel\nn'avaient plus leur assurance journalière.\nL'armoire à glace allait un peu de hiais, du côté nord vers la\nterre ; le rembourrage de l'unique fauteuil semblait plus tassé, s'apla-\ntissait comme le dos d'un vieillard, sur un seul côté, toujours du côté\nnord vers la terre.\nMais c'est surtout la table... ses pieds ressortant de dessous la\nnappe fanée, montraient des genoux invisibles au jour, pareils à ceux\nde chevaux de fiacres assoupis sous leurs capes de misère.\nQuelque chose d'insaisissable, s'immobilisait dans l'atmosphère.\nSans pouvoir être précisé un changement imperceptible, se déga-\ngeait du velours du tapis, de mailles de rideaux, entre les rythmes de\nma respiration : couché dans mon lit, moi aussi je penchais du côté\nnord vers la terre.\nLe Nord, point terme de tout anéantissement de vie, la terre, der-\nnier refuge de tout écroulement.\nL'insensé du Noir nocturne me frappa. Il murait ma fenêtre et\nout ce qui était dehors, se confondait dans l'impénétrable lugubre des\nténèbres. Une température beaucoup plus basse, que celle du jour,\npesait sur le monde, oppressait ma poitrine, arrêtait tout épanchement\nde vie qui semblait languir.\nEt j'ai compris que la Nuit c'est le côté inachevé de l'harmonie\nuniverselle, lacune due à quelque défectuosité déjà irréparable, l'astre\ndestiné à remplacer le soleil absent, s'étant éparpillé dans un cata-\nclysme absurde, un astre aux teintes salutaires dégageant une chaleur\ncomplémentaire, réparatrice de tares acquises pendant la vie violente\ndu jour.\nC'est la présence de cette lacune qui fait sentir aux êtres vivants la\ntristesse cela veut dire l'imperfection de la Nuit.\nLe poète la pleure en vers, le chien la hurle, ils reprochent à la\nlune de n'être qu'une remplaçante oiseuse et funèbre.\nLa gaîté nocturne vient seulement à ceux qui dans des illumina-\ntions artificielles des lieux remplis d'atmosphère surélevée, reçoivent\npendant une seconde le reflet de cet état supplémentaire qui serait par-\nfait s'il était naturellement issu de l'astre perdu pour toujours."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2123, "texte": "Chaque objet à la lumière du soleil, à sa chaleur, garde toute sa\nconscience moléculaire.\nC'est comme un souvenir quand la pierre fut encore attachée à sa\nmontagne, quand la table fut encore arbre.\nLa nuit la température baisse, l'état de choses se ralentit inévita-\nblement, l'action du Temps se précise, devient visible à un homme\nfrappé d'insomnie.\nLe commencement de décrépitude, c'est quand les éléments de la\nvie cèdent à l'insistance assassine de la Nuit, quand la résistance à cette\ndésagrégation devient de plus en plus difficile.\nIl n'y a que l'enfant qui oppose à la Nuit l'effervescence de sa\nmontée non achevée, la feuille que pousse le printemps, une jeune bête\nqui ajoute au contrepoids de la vie, eux seuls peuvent montrer au nou-\nveau jour, une acquisition,\nCelui qui a achevé sa croissance, qui ne se développe plus, se fige\ndans le merveilleux jeu de vivre.\nRarement il s'aperçoit de l'action infaillible de la Nuit, longtemps\nil se réveille sans un visible changement, entrant et sortant du grand\ndanger sans aucun trouble.\nMais l'imperfection de l'harmonie universelle ayant déformé tout\nce qui concerne la possibilité de résistance, il arrive un moment où la\ncoquille renfermant toutes ces possibilités donne fissure, l'homme\ns'oublie, s'attarde dans la nuit comme si jamais plus ne devait revenir\nle jour.\nC'est le moment définitif où il apprend à contempler la mort.\nDe même tous les objets finissent-ils accablés par le rythme mor-\ntuaire de la Nuit à perdre leur énergie dans leur ressouvenance du passé\nvécu au soleil.\nLa décrépitude les travaille avec la moindre violence, leur sensibi-\nlité très morte mais encore tenace dans leur ambition de garder leur\nforme prescrite les protège, autrement l'armoire à glace tomberait de\nsuite, en poussière, ayant perdu la capacité de tenir son propre poids,\nla liaison de ses propres parcelles.\nMais la table! avec ses pieds rompus qui plient, qui demandent\ndes genouillères, c'est la table qui semble chevroter, oublier tout,\nmême le grand sapin solitaire qui lui donna pour si longtemps son suc\net sa vie.\n24 Février 1917, St-Jean Cap-Ferrat.\n\nROCH GREY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c013", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.12", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. L'Hérésiarque et Cio,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). —Le poète assassiné, 1916.\n(Edition.)\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier,7, rue de l'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon). Le Voleur de Talan,\nroman,l9l7 (librairie Monnier).\n\nMAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912.— Le siège de Jérusa-\nlem, 1911.\n\nPAUL DERMÉE.\nSpirales, poèmes 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c014", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.12.1", "titre_corps": "GUILLAUME APOLLINAIRE.", "titre_sommaire": "GUILLAUME APOLLINAIRE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 382, "texte": "GUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. L'Hérésiarque et Cio,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). —Le poète assassiné, 1916.\n(Edition.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c015", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.12.2", "titre_corps": "PIERRE REVERDY.", "titre_sommaire": "PIERRE REVERDY.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "PIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier,7, rue de l'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon). Le Voleur de Talan,\nroman,l9l7 (librairie Monnier)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c016", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.12.3", "titre_corps": "MAX JACOB.", "titre_sommaire": "MAX JACOB.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 645, "fin_caractere_exclue": 835, "texte": "MAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912.— Le siège de Jérusa-\nlem, 1911."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c017", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.12.4", "titre_corps": "PAUL DERMÉE.", "titre_sommaire": "PAUL DERMÉE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "PAUL DERMÉE.\nSpirales, poèmes 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c018", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.13", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 1467, "fin_caractere_exclue": 1584, "texte": "LE COURRIER DE LA PRESSE\nLIT TOUT - RENSEIGNE SUR TOUT\nCh. Demogeot, Directeur\n21 y boulevard Montmartre, Paris (2e)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c019", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 1586, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "ARGUS DE LA PRESSE\nLes plus anciens bureaux d'extraits\nde presse\n37, rue Bergère, Paris (IX8)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-11-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-11_01#c020", "volume": "bmtnaaw_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "TABLEAUX DE MAITRES MODERNES\net de la jeune peinture actuelle\nObjets d'art antiques et de haute curiosité\nGALERIE PAUL GUILLAUME\n(transférée 108, faubourg St-Honoré)\nL'édition de Y Album de Sculptures Nègres composé par Paul Guillaume et qui a\nété honoré de souscriptions de la Ville de Paris, du Ministère des Beaux-Arts, etc., est\naujourd'hui à peu prés épuisée. Vu la rareté de cet ouvrage, le prix des quelques derniers\nexemplaires est porté de 50 francs à 80 francs."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.1", "texte": "REVUE LITTÉRAIRE\nN° 9 Novembre 1917\nUN NUMÉRO\nPAR MOIS\n0 fr. 60\n\nMAX JACOB Les mots en liberté.\nThème de la probité et de la foi.\nGUILLAUME APOLLINAIRE. Le vigneron champenois.\nLÉONARD PIEUX Rapport n° 11.\nVINCENT HUIDOBRO Poème.\nPIERRE REVERDY.. Drame.\nPHILIPPE SOUPAULT-.... Souffrance.\nPAUL DERMÉE Radiateur.\nROCH GRE Y Chambre 19.\n7\nLIVRES"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.2", "texte": "LIVRES\n\nOn m'a dit beaucoup de bien de tous les livres que je ne connais pas.\nMais les ouvrages dontonn'a que du bien à dire ne sont pas les seuls intéressants.\nOr Monsieur Biaise Cendrars a fait un nouveau livre que Monsieur Zaragaa\nfidèlement illustré. C'est dire que le texte et les illustrations concordent.\nLe poète François Bernouard a présenté cette plaquette avec le goût particulier\nqu'il a apporté dans l'édition du livre. On y retrouve ses remarquables efforts.\nD'autres évoqueraient ici de très grands noms pour ne rien dire. Nous avions\npréféré dire beaucoup de choses que le manque de place nous a fait supprimer.\nIl nous en reste assez cependant pour proclamer une fois de plus qu il faut être\nabsolument moderne !! Il faut chaque fois qu'on ouvre un livre déposer sa mémoire\ndans le globeoù le garçon de café dépose ses serviettes. Il faut regarderies machines\net les brancards, les rails et les fils qui poussent du feu. Ce sont des veines. Il faut\nregarder, non plus avec des yeux mais avec des phares, et s'apercevoir enfin que\nnotre cerveau est une dynamo adaptée à une machine à écrire. Entrer dans une\nimprimerie, se tromper et, en remettant son chapeau, îecouvrir la linotype. La\nrue alors nous accordera ses regards et nous pourrons marcher, sans mépris,\nailleurs que sur les arbres. PROFOND AUJOURD'HUI est une œuvre caracténs-\ntique du talent de Monsieur Biaise Cendrars.\nMonsieur Philippe Soupault collabore aux efforts de poésie qu'il est louable\nde,tenter à notre époque. Comme ils concordent avec les nôtres ils nous sont, très\nnaturellement, sympathiques. Et comme nous sommes à une époque où l'on va\nvite, où tout se précipite, Philippe Soupault a déjà réuni ses poèmes en une\nplaquette. Que cette hâte soit bonne ou mauvaise nous n avons pas le temps de le\ndire. Si elle est bonne il s'en félicitera ; du contraire lui viendrait l'obligation de\nracheter l'imperfection de cette œuvre de début qui l'eût moins obsédé, les parties\nen étant simplement dispersées dans quelques revues dont les numéros dispa-\nraissent et peu à peu s'oublient. , . ,\nMais, pour nous, AQUARIUM est un bon début. Une grande simplicité\nd'expression y préside, une plus grande pureté de moyens y est encore souhaitable.\nL'auteur les perfectionnera, les fortifiera, les augmentera comme chacun, et\nj'ai déjàludelui quelques poèmes qui jecrois,dépassentceux de son livre. Je devais\nà propos de ce recueil m'étendre en généralisant sur tous les efforts à constater en\nce moment et leur qualité, mais j'ai dû borner mon dessein au cadre de cette\nchronique. Et j'aurais à dire aussi quelque autre chose\nMonsieur Jean Paulhana écritle GUERRIER APPLIQUÉ. Et c'est lui-\nmême.Un livre plein de qualités séduisantes. Les mêmes,sans doute,dontl auteur est\npersonnellement,doué.Une psychologie pénétranteet fine fournit a Monsieur Paulhan\ndes éléments d'observation qui donnent à son œuvre une solidité sans lourdeur.\nD'autre part il la soutient par des moyens poétiques très sûrs. Enfin 1 auteur\nsait bien éviter la description détestable et un certain mystère se dégage de cette\nœuvre dont le sujet surgit seulement après avoir fermé le livre et pris le « recul »\nlittéraire, nécessaire à la possession d'ensemble, d'une œuvre dont les détails ne\nsont plus que des éléments très largement traités.\nSPIRALES poèmes de Paul Dermée vient de paraître."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.3", "texte": "LES MOTS EN LIBERTÉ\n\nLes œuvres littéraires ont manqué l'un ou l'autre de leurs buts\nquand ils étaient à la fois le moral et le vrai car leurs auteurs se trou-\nvaient dans l'alternative de dire le vrai qui est rarement le bon, ou le\nbon aux dépens du vrai. La licence des tableaux dans Machine Bovary\neffaroucha les tribunaux, le dénouement qui récompense le mauvais\nl'eût dû faire davantage. Dans l'imputation aux naturalistes du pessi-\nmisme d'une génération et de nombreux suicides, c'est moins leur\ntempérament de peintre qui se trouve engagé que les accents prêcheurs\nqu'ils croyaient leurs forces et qui gâtaient leurs œuvres et la société.\nUn artiste véritable malgré ses hésitations préfère la beauté à l'utilité\nsociale et ne les sert pas toutes les deux : renonçons à l'action pour ne\nl'avoir pas déplorable. Au théâtre la rivalité entre la logique des œuvres\net celle des auteurs est nette: la thèse et l'intrigue s'entretuent : la\nnécessité du dénouement est celle d'un mariage superbe pour les filles-\nmères et les statues ne s'animent plus pour arrêter les don Juan : l'au-\nteur ni la morale ne sont satisfaits, et le public n'est ni enseigné ni\nravi. Pourtant une idée centrale donne de la chaleur à l'exécution,\ndisent les critiques, de la légèreté dans les résultats, de la cohésion\ndans l'ensemble. Alors Zola est supérieur à Balzac (et ceci est faux) et\nBalzac à Racine (ceci est absurde).\nL'idée est inutile, non les idées. A propos d'esthétique Voltaire parle\nd'un jet d'eau plus pressé et plus haut. Nietzsche exprime cette pensée\nséculaire : l'artiste danse dans les chaînes. Le goût moderne de l'idée\ncentrale est celui de l'unité pour une époque décadente : c'est l'accom-\nmodement du roman bien ou malfaisant avec les souvenirs classiques.\nNier que l'art est un choix, c'est le faire de l'évidence : les impressionnistes\nle firent et les « mots en liberté » ne reculent pas devant leur mort.\n(Obscurité et incohérence apparentes ne m'effraient pas, mais les réelles:\nce n'est que par des lois sévères qu'on se sépare du charlatanisme). L'ex-\npérience du xixe siècle prouve que sa théorie de l'idée-mère n'est ni\nnécessaire ni suffisante, mais seulement parce qu'elle est embryonnaire:\non a couru vers l'opposé seulement parce qu'on l'ignorait. Elle n'est pas\nun excès d'unité elle en est le défaut.\nLe but de l'art est l'émotion artistique ; la constitution des moyens\nla donne. Ce qui n'est pas les moyens, leur gradation, leurs répits,"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.4", "texte": "leurs cadres embarrasse et affaiblit. Le maximum d'effet est le maximum\nde volonté dans le choix des idées artistiques qui ne sont point celles\ndes philosophes. Se complaire aux beautés inutiles, c'est gâter un enfant\npar amour. Les faiblesses devant l'inspiration sont les faiblesses de\nl'œuvre devant le lecteur. Les obligations de l'art sont celles que l'auteur\ns'impose à l'ordre de sa propre logique. La volonté est l'essence de\nl'art, les moyens sont la forme 'qu'elle prend, l'idée, les idées, même\nles « mots en liberté » peuvent être de ceux-ci. Les partisans du\ndésordre romantique ne nous arrêtent pas avec les noms de la gloire :\nles qualités qui la leur valurent sont les classiques, le style est une\ntradition française que Victor Hugo représente avec force. Deux qualités\nqui assurent l'éternité à un ouvrage le font aux comédies de Musset :\ncréation et situation.\nUne œuvre se crée quand chacune des parties le fait de l'ensemble\nque les mots y paraissent ou non en liberté. Elle est située quand tous\nses mouvements qu'ils ressemblent ou non à ceux de la terre se passent\nailleurs, les poèmes de Mallarmé sont situés, ceux de Guillaume\nApollinaire magnifiquement inspirés le sont toujours, non pas ceux de\nses imitateurs. Le créé se reconnaît à la nécessité des parties, le situe à\nla vie dans la généralité, et, pour les gens de goût, au halo sensible\nqui entoure l'œuvre. L'utilité des composantes* est caractéristique des\norganismes vivants ou durables et la durée l'est d'une œuvre d'art. Les\ncharmes passent avec les modes et ne reviennent qu'avec elles. Le\nbavardage néologique de Jules Laforgue, exquis en 1880, est insuppor-\ntable aujourd'hui. Les compositions du poète Henri Heine ont des\nadmirateurs que ne trouvent plus les digressions du voyageur. Les\nmots « si spécieux et si doux » de V erlaine ne sont déjà plus tels tandis\nque vit l'esprit de La Fontaine qui n'y sacrifiait pas. «Les œuvres écrites\nvivront » a-t-on dit, or le style c'est la nécessité des mots. Il est à craindre\nque les partisans des mots en liberté n'abusent pour les leurs de celle que\nleur théorie autorise. Soyons libres vis-à-vis du lecteur non vis-à-vis\nde nous-même. Châtions-nous si nous ne voulons l'être par d'autres.\nSacrifions nos dons si nous ne voulons pas qu'on le fasse de nos\nœuvres.\nL'esthétique est la philosophie du beau ; dans un discours qui traite\nde la première, qu'on ne s'étonne pas des termes de la seconde. Aller\nen esprit au lieu géographique et surnaturel voulu par un créateur, en\nrevenir c'est une joie de l'esprit et proprement le mouvement qui donne"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.5", "texte": "le plaisir artistique. Tel n'est pas celui des comparaisons réalistes qui\nne satisfont qu'un amour-propre qui voudrait s'égaler à l'auteur. Le\npathétique tire les larmes, la réalité le fait mieux. L'art est indispensable\nà l'homme, les jeux des enfants et des sauvages le prouvent ; il ne le\nserait pas si les larmes étaient son but. La pensée même n'est pas l'art\nbien qu'elle y puisse atteindre par le tour ; elle est plutôt, suppléant\naux manques de la nôtre, un enseignement. L'art n'est pas dans l'at-\ntente d'un dénouement inconnu car il existe en soi et n'existerait plus\npour qui en connaît les fils. L'art reste donc l'appel d'une sensibilité\npar une volonté et celle du constructeur suffît à en donner l'émotion.\nPourquoi donc exiger de lui la localisation dans l'espace?\nNous demandons à un livre sa puissance de libération. Le moi est\nune prison dont le livre est la clef. Reines de féeries et comtesses de\nBalzac guérissent notre vie de ses orages par ceux, imaginaires, de laleur.\nLes ouvriers recherchent des grandes dames dans Zevacco et les grandes\ndames des ouvriers ailleurs. Les naturalistes ont méconnu cette vérité\nen offrant aux bourgeois leurs vérités particulières. Tel est grossière-\nment le principe de la transplantation ; il en est une autre précisément\nartistique. L'esprit humain ne demande peut-être des généralisations\nque parce qu'elles créent la transplantation pour tous les lecteurs mais\nplutôt parce qu'elles constituent une atmosphère fausse et vraie par la\nforce du poète. Le maximum de généralisation dans une oeuvre l'adresse\ncertes à tous mais surtout y transplante l'esprit de chacun : c'est la\nbeauté des livres religieux et que le xvne siècle étudiait. Cette locali-\nsation idéale, aucune école n'en parle et elle les préoccupe toutes : le\nxvne siècle y tend par la généralisation des types, le xvme par le tour du\nstyle, les romantiques sur les échasses de la frénésie et en vain, les\nparnassiens par l'impersonnalité qui donna Mallarmé, les symbolistes par\nle verbe et le rêve qui donna la première manière d'Apollinaire. La théorie\ndes mots en liberté ne la produit pas plus que la frénésie romantique.\nUn de ses partisans ignorant peut-être que l'art indispensable à la vie\nne saurait faire double emploi avec elle répond à la question de la loca-\nlisation des œuvres par celle des milieux dans l'œuvre. Non ! le voyage\naller et retour de l'esprit est l'émotion artistique ; celui de l'imagination\nn'en est un qu' « autour de ma chambre » et jne la produit pas.\n\nMAX JACOB"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.6", "texte": "THÈME DE LA PROBITÉ ET DE LA FOI\nMAX JACOB\nCelui qui cale sa marmite avec des biscuits de mer\nCelui qui a quitté la maison de son père\nMarche pour te servir, Seigneur, avec ses compagnons\nsous les oiseaux :]\nL'un discute avec faste et porte des roseaux,\nL'autre arrivé hier du pays des autruches\nporte un chapeau corné en forme haute de ruche\nc'est un étranger blond : il ouvre le chemin ;\nplût à Dieu qu'il ne tînt qu'un roseau dans la main.\nCelui qui s'est fait cordonnier par recours\nCelui qui a planté dans les pierres son amour\nCelui qui n'a demandé qu'au soleil son secours\nmarche pour te servir, Seigneur, parmi la ville\navec les fils de Moloch et de Vénus àla file\nIl a soulevé sa chaîne avec les mains,\nil a lâché son cheval sur le chemin,\nil ne s'effarouche pas des siècles\nil habite en son cœur comme au pays des aigles\nil marche pour te servir, Seigneur, à la file\navec les partageurs de la terre et les chefs serviles."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.7", "texte": "LE VIGNERON CHAMPENOIS\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nLe régiment arrive\nLe village est presque endormi dans la lumière parfumée\nUn prêtre a le casque en tête\nLa bouteille champenoise est-elle ou non une artillerie\nLes ceps de vigne comme l'hermine sur un écu\nBonjour soldats\nJe les ai vus passer et repasser en courant\nBonjour soldats bouteilles champenoises où le sang fermente\nVous resterez quelques jours et puis remonterez en ligne\nEchelonnés ainsi que sont les ceps de vigne\nJ'envoie mes bouteilles partout comme les obus d'une charmante\nLa nuit est blonde ô vin blond artillerie]\nUn vigneron chantait courbé dans sa vigne\nUn vigneron sans bouche au fond de l'horizon\nUn vigneron qui était lui-même la bouteille vivante\nUn vigneron qui sait ce qu'est la guerre\nUn vigneron champenois qui est un artilleur\nC'est maintenant le soir et l'on joue à la mouche\n% *\nPuis les soldats s'en iront là-haut\nOù l'Artillerie débouche ses bouteilles crèmantes\nAllons Adieu messieurs tâchez de revenir\nMais nul ne sait ce qui peut advenir"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.8", "texte": "RAPPORT N° II\nLÉONARD PIEUX\nUn sacripain a occis son voisin muni d'un poignard\nLe forban aux yeux bleus qui ne savait pas chanter\nAbéquantun cormoran aveugle détesté des faisans\nUn gros gaillard !\nLes frasques de sa jeunesse\nLe lucre vexant enchâssé de diamants faussés\nL'innèité de désirs\nLes ruses faunesques\nLes obsèques de victimes\nLa déconvenue glacée\nL'herbe menue au printemps sur le pas d'une porte\nbarrée\nUne branche fourchue entrée là comme par hasard\nL'estoc à la main d'un inconnu noir\nLa jactance d'un imbécile portant une bajoue\nCette galopade derrière le frêne demi mort de vieillesse\nEt la balafre le hâle de tristesse\nLes chèvres dans les taillis où rit l'hippogriffe\ninapte je rêve à côté d'un calife"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.9", "texte": "POÈME\nVINCENT HUIDBORO\nTon cri perça le plafond\nEt la pluie sur ton visage\nLe délaye dans l'ombre\nOù vas-tu\nLe chemin de la glace\nEst long à parcourir\nEt les cheminées font l'adieu des mouchoirs\nElle s'est noyée dans le miroir\nLes saules de la rive\nméditent"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.10", "texte": "DRAME\nPIERRE REVERDY\nLe rond qui s'agrandit\nEst-ce la guillotine\nRéalité du film\nMystère dans le crime\nIl passait à ton cou une corde plus fine\nLes yeux sont plus vivants\nTon âme est étalée\nTu ne t'en doutais pas\nC'est l'électricité\nLes traits en grossissant se sont presque effacés\nLa passion fait remuer toutes les têtes de la salle\nC'est dans l'obscurité\nMais personne ne crie\nUn coup de pistolet qui ne fait pas de bruit\nComment pourra-t-il sortir\nMystère acrobatique\nLe pouvoir surhumain du courant électrique\nL'a fait partir\nLe policier déçu meurt devant la fenêtre"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.11", "texte": "SOUFFRANCE\nPHILIPPE SOUPAULT\nà Guillaume Apollinaire\nSi tu savais si tu savais\nles murs se resserrent\nMa tête devient énorme\nOù sont donc parties les lignes de mon papier\nJe voudrais allonger mes bras pour\nsecouer la Tour Eiffel et le Sacré Cœur de Montmartre\nMes idées comme des microbes dansent sur mes méninges\nau rythme de l'exaspérante pendule\nUn coup de revolver serait une si douce mélodie\n\\\nDans le praxinoscope de mon crâne\nles taxis\nles tramways\nles autobus\nles bateaux-mouches cherchent en vain à se dépasser\nMes livres vont exploser\nPuis six coups sonores s'abattent\nIntran Liberté Presse"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.12", "texte": "RADIATEUR\n\nŒil de lumière\ntu veilles dans l'ombre\nArdeur\nSapinière au soleil couchant\nhalète\nLà-bas\nS\nI\nL'automne L\nE\nchoses mortes N\nC\nun oiseau crie E\nLe vent fuit\nMais toi...\nLa porte ouverte sur le crépuscule\nMes pas autour de ta maison\nVide sonore feuilles sèches\nJADIS...\nRideaux à ta fenêtre close\nFlammes claquantes au foyer\nDrapeaux de Victoire\nMouchoirs agités"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.13", "texte": "Le cœur qui bat\nsous les yeux sans nombre de l'amour\nrêve de mourir pour la gloire\nMon souvenir\nautour de ta maison\nrôde\nLe radiateur halète\ndans l'ombre\nMes chaussures fument\nCes fenêtres qui s'allument\ni\nOn marche\nquelqu'un a frappé à la porte\npuis s'en va\nFeuilles sèches\nEspoirs\nLE VENT D'INCONNU VOUS EMPORTE\n\nPAUL DERMÉE"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.14", "texte": "OHAMBRE 19\n\nAccablé d'insomnie, je refis de la lumière.\nAinsi surpris en pleine nuit, les meubles de cette chambre d'hôtel\nn'avaient plus leur assurance journalière.\nL'armoire à glace allait un peu de hiais, du côté nord vers la\nterre ; le rembourrage de l'unique fauteuil semblait plus tassé, s'apla-\ntissait comme le dos d'un vieillard, sur un seul côté, toujours du côté\nnord vers la terre.\nMais c'est surtout la table... ses pieds ressortant de dessous la\nnappe fanée, montraient des genoux invisibles au jour, pareils à ceux\nde chevaux de fiacres assoupis sous leurs capes de misère.\nQuelque chose d'insaisissable, s'immobilisait dans l'atmosphère.\nSans pouvoir être précisé un changement imperceptible, se déga-\ngeait du velours du tapis, de mailles de rideaux, entre les rythmes de\nma respiration : couché dans mon lit, moi aussi je penchais du côté\nnord vers la terre.\nLe Nord, point terme de tout anéantissement de vie, la terre, der-\nnier refuge de tout écroulement.\nL'insensé du Noir nocturne me frappa. Il murait ma fenêtre et\nout ce qui était dehors, se confondait dans l'impénétrable lugubre des\nténèbres. Une température beaucoup plus basse, que celle du jour,\npesait sur le monde, oppressait ma poitrine, arrêtait tout épanchement\nde vie qui semblait languir.\nEt j'ai compris que la Nuit c'est le côté inachevé de l'harmonie\nuniverselle, lacune due à quelque défectuosité déjà irréparable, l'astre\ndestiné à remplacer le soleil absent, s'étant éparpillé dans un cata-\nclysme absurde, un astre aux teintes salutaires dégageant une chaleur\ncomplémentaire, réparatrice de tares acquises pendant la vie violente\ndu jour.\nC'est la présence de cette lacune qui fait sentir aux êtres vivants la\ntristesse cela veut dire l'imperfection de la Nuit.\nLe poète la pleure en vers, le chien la hurle, ils reprochent à la\nlune de n'être qu'une remplaçante oiseuse et funèbre.\nLa gaîté nocturne vient seulement à ceux qui dans des illumina-\ntions artificielles des lieux remplis d'atmosphère surélevée, reçoivent\npendant une seconde le reflet de cet état supplémentaire qui serait par-\nfait s'il était naturellement issu de l'astre perdu pour toujours."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.15", "texte": "Chaque objet à la lumière du soleil, à sa chaleur, garde toute sa\nconscience moléculaire.\nC'est comme un souvenir quand la pierre fut encore attachée à sa\nmontagne, quand la table fut encore arbre.\nLa nuit la température baisse, l'état de choses se ralentit inévita-\nblement, l'action du Temps se précise, devient visible à un homme\nfrappé d'insomnie.\nLe commencement de décrépitude, c'est quand les éléments de la\nvie cèdent à l'insistance assassine de la Nuit, quand la résistance à cette\ndésagrégation devient de plus en plus difficile.\nIl n'y a que l'enfant qui oppose à la Nuit l'effervescence de sa\nmontée non achevée, la feuille que pousse le printemps, une jeune bête\nqui ajoute au contrepoids de la vie, eux seuls peuvent montrer au nou-\nveau jour, une acquisition,\nCelui qui a achevé sa croissance, qui ne se développe plus, se fige\ndans le merveilleux jeu de vivre.\nRarement il s'aperçoit de l'action infaillible de la Nuit, longtemps\nil se réveille sans un visible changement, entrant et sortant du grand\ndanger sans aucun trouble.\nMais l'imperfection de l'harmonie universelle ayant déformé tout\nce qui concerne la possibilité de résistance, il arrive un moment où la\ncoquille renfermant toutes ces possibilités donne fissure, l'homme\ns'oublie, s'attarde dans la nuit comme si jamais plus ne devait revenir\nle jour.\nC'est le moment définitif où il apprend à contempler la mort.\nDe même tous les objets finissent-ils accablés par le rythme mor-\ntuaire de la Nuit à perdre leur énergie dans leur ressouvenance du passé\nvécu au soleil.\nLa décrépitude les travaille avec la moindre violence, leur sensibi-\nlité très morte mais encore tenace dans leur ambition de garder leur\nforme prescrite les protège, autrement l'armoire à glace tomberait de\nsuite, en poussière, ayant perdu la capacité de tenir son propre poids,\nla liaison de ses propres parcelles.\nMais la table! avec ses pieds rompus qui plient, qui demandent\ndes genouillères, c'est la table qui semble chevroter, oublier tout,\nmême le grand sapin solitaire qui lui donna pour si longtemps son suc\net sa vie.\n24 Février 1917, St-Jean Cap-Ferrat.\n\nROCH GREY"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191711-01.1.16", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. L'Hérésiarque et Cio,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). —Le poète assassiné, 1916.\n(Edition.)\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier,7, rue de l'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon). Le Voleur de Talan,\nroman,l9l7 (librairie Monnier).\n\nMAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912.— Le siège de Jérusa-\nlem, 1911.\n\nPAUL DERMÉE.\nSpirales, poèmes 1917.\n\n: XJxx an : & francs\n12, rue Cortot (18e)\nNORD-SUD se trouve :\nLibrairies : Monnier, 7, rue de l'Odéon ; Delesalle, 16, rue Monsieur-le-Prince ;\nFerreyrol, 3, rue Vavin; Lutetia, 66, boulevard Raspail ; Crès, 115, boulevard Saint-Ger-\nmain; Weill, rue Taitbout; GaleriefMarseille, 16, rue de Seine; Martin, rue Saint-Honoré;\nArt Contemporain, 188, boulevard Saint-Germain; Belnet, 96, boulevard Montparnasse.\nLes manuscrits ne sont pas rendus.\nJldresser tout ce qui concerne la à : 'Pierre l&verdp, 12, rue Cortot (18')\nDirecteur-Gérant : PIERRE REVERDY. Paris. Imp. LEVE, rue de Rennes, 71.\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE\nLIT TOUT - RENSEIGNE SUR TOUT\nCh. Demogeot, Directeur\n21 y boulevard Montmartre, Paris (2e).\n\nARGUS DE LA PRESSE\nLes plus anciens bureaux d'extraits\nde presse\n37, rue Bergère, Paris (IX8)\n\nTABLEAUX DE MAITRES MODERNES\net de la jeune peinture actuelle\nObjets d'art antiques et de haute curiosité\nGALERIE PAUL GUILLAUME\n(transférée 108, faubourg St-Honoré)\nL'édition de Y Album de Sculptures Nègres composé par Paul Guillaume et qui a\nété honoré de souscriptions de la Ville de Paris, du Ministère des Beaux-Arts, etc., est\naujourd'hui à peu prés épuisée. Vu la rareté de cet ouvrage, le prix des quelques derniers\nexemplaires est porté de 50 francs à 80 francs."}]}