{"numero_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_sha256": "a90c8c21bcb4e38ae2fdc3a5ebb60981f7dcd0da9029f21b51859ca9d97b87bc", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/12_01/bmtnaaw_1917-12_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaw/issues/1917/12_01/bmtnaaw_1917-12_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c001", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.1", "titre_corps": "GEORGES BRAQUE Pensées et réflexions sur la peinture", "titre_sommaire": "GEORGES BRAQUE Pensées et réflexions sur la peinture", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.1", "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 304, "texte": "GEORGES BRAQUE Pensées et réflexions sur la peinture\nGUILLAUME APOLLINAIRE. Chant d'amour\nLÉONARD PIEUX Clameurs\nVINCENT HUIDOBRO .,..... Poème\nROCH GREY Ténare\nPAUL DERMÉE .. Poème\nJ. FRÂNTZ SIMON Chanteuse\nPIERRE REVERDY Galeries\nNOTE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c002", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "2", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.2", "titre_corps": "UN LIVRE!", "titre_sommaire": "UN LIVRE!", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "UN LIVRE!\nCritique bergsonnien(l) se livrant à l'étude des œuvres d'après ce que leurs\nauteurs lui en disent — tel se présente M. Frédéric Narcisse qui vient de se faire\nécrire, par quelques poètes, un livre sur la poésie contemporaine.\nCet auteur grotesque est allé demander, à chacun, des renseignements qui\ndevaient remplacer les idées qui lui font totalement défaut. Ceux qui n'ont pas\nvoulu souscrire à ses procédés d'information ont été tout simplement rayés, quelle\nque soit leur valeur, du monde littéraire que M. Frédéric Narcisse s'est chargé\nde présenter. Bien avisés furent donc ceux qui l'ont tout simplement éconduit.\nCertes nous ne saurions reprocher à cet auteur improvisé de ne. pas com-\nprendre mieux que l'aspect seul de son visage obtus ne permet d'espérer qu'il\ncomprenne jamais. Mais il faut dire cependant avec quelle mauvaise foi il a déna-\nturé des renseignements qu'il a, à force d'insistance, arrachés et qu'il s'est ingénié\nensuite, par déloyauté ou par bêtise, à transformer en assertions calomnieuses.\nNous devons rétablir quelques faits. Jamais ce fâcheux Narcisse ne nous a talonné\nde ses questions mais bien importuné de sa présence et de ses propos ineptes.\nExcédé parfois et pour le raccompagner à la porte, par hasard et malencontreu-\nsement ouverte, nous répondions à cet importun tout ce qui nous semblait pouvoir\nabréger l'entretien.\nQuelquefois, au cours d'une conversation il prenait des notes et c'est ainsi\nqu'il apu s'emparer de quelques idées qu'il n'a pas hésité à faire siennes et, très\npeu malignement du reste, à retourner ensuite contre nous.\nAprès nous avoir demandé de désigner nous-même les poèmes à citer il s'est\nempressé d'en choisir d'autres et, naturellement, ceux qui peuvent avoir le moins\nd'importance à nos yeux. Incohérence ou malveillance? Nous ne saurions trop\nprécisément le dire car si nos œuvres lui paraissent détestables et nos tendances\nerronées tel n'était pas son avis quand il venait nous proposer sa collaboration.\nIl se déclarait àce moment-là entièrement d'accord avec nous. Il est vrai qu'il ne\ns'agissait alors que de paraître. Mais comme nous ne pouvions pas affliger nos lec-\nteurs d'élucubrations pareilles, le critique bergsonnien a cherché un autre moyen\npour attirer l'attention sur lui. Il a trouvé celui qui consiste à se servir du nom et\ndes œuvres des autres pour mettre les siens en lumière. Il a donc fait éditer un\nlivre où il est question de quelques poètes et non pas certes selon leur impor-\ntance. Il faut peut-être ajouter pour être juste que ce livre se présenté sous forme\nde lettre... à la dame aux violettes et que la seule erreur est que cette lettre ait vu\nle jour. Elle a en effet tous les défauts que peut se permettre une lettre et qu'un\nlivre ne doit pas avoir. Le manque d'ordre et de classification ne permet pas qu'on\nlui attribue aucune valeur critique ni anthologique. Elle est surtout fort mal écrite\nà moins qu'elle ne soit surtout mal composée.\nEnfin nous avons trouvé par endroits cette lettre fort tendre, sinon attendris-\nsante et c'est peut-être une lettre d'amour. Cela expliquerait assez qu'elle soit\nridicule à souhait comme il est parfait que soit une lettre d'amour qu'on ne\npubliera point.\nMais nous entrerions dans un autre domaine et nous préférons laisser là la\ndame, les violettes, et l'auteur qui ne saurait gagner qu'à ne pas être lu, ni vu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c003", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "5", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.3", "titre_corps": "PENSÉES ET RÉFLEXIONS SUR LA PEINTURE", "titre_sommaire": "PENSÉES ET RÉFLEXIONS SUR LA PEINTURE", "signature_source": "GEORGES BRAQUE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 819, "texte": "PENSÉES ET RÉFLEXIONS SUR LA PEINTURE\n\nAujourd'hui nous avons trouvé intéressant de publier ces notes d'un\npeintre sur sa peinture.\nElles seront une clarté pour ceux qui suivent avec intérêt\nde l'art contemporain.\nCes réflexions esthétiques montreront une orientation d'un art qui a\ndonné lieu a tant d'interprétations diverses.\nEn art le progrès ne consiste pas dans l'exten-\nsion mais dans la connaissance de ses limites.\nLa limite des moyens donne le style, engendre\nla forme nouvelle et pousse à la création.\nLes moyens limités font souvent le charme et la force des peintures\nprimaires. Au contraire l'extension amène les arts de décadence.\nMoyens nouveaux, sujets nouveaux.\nLe sujet n'est pas l'objet, c'est l'unité nouvelle,\nle lyrisme qui sort complètement des moyens.\nLe peintre pense en formes et en couleurs*"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1042, "texte": "Le but n'est pas le souci de reconstituer un fait\nanecdotique mais de constituer un fait pictural.\nLa peinture est un mode de représentation.\nIl ne faut pas imiter ce que l'on veut créer.\nOn n'imite pas l'aspect ; l'aspect c'est le résultat.\nPour être l'imitation pure la peinture doit faire\nabstraction des aspects.\nTravailler d'après nature c'est improviser.\nIl faut se garder d'une formule faire propre à interpréter\naussi bien les autres arts que la réalité et qui au lieu de créer ne produi-\nrait qu'un style ou plutôt une stylisation.\nLes arts qui s'imposent par leur pureté n'ont jamais été des arts à\ntout faire. La sculpture grecque et sa décadence entre autres nous\nl'enseignent.\nLes sens déforment, l'esprit forme. Travailler pour\nperfectionner l'esprit. Il n'y a de certitude que dans\nce que l'esprit conçoit.\nUn peintre qui voudrait faire un cercle ne ferait qu'un rond. Il se\npeut que l'aspect le satisfasse mais il doutera. Le compas lui rendra la\ncertitude. Les papiers collés dans mes dessins m'ont aussi donné une\ncertitude."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "Le trompe l'œil est dû à un hasard anecdotique\nqui s'impose par la simplicité des faits.\nLes papiers collés, le faux bois — et autres élé-\nments de même nature — dont je me suis servi dans\ncertains dessins s'imposent aussi par la simplicité\ndes faits et c'est ce qui les a fait confondre avec\nle trompe l'œil, dont ils sont précisément le con-\ntraire. Ce sont aussi des faits simples mais créés par\nl'esprit et qui sont une des justifications d'une nouvelle\nfiguration dans l'espace,\nLa noblesse vient de l'émotion contenue.\nL'émotion ne doit pas se traduire par un trem-\nblement ému. Elle ne s'ajoute ni ne s'imite. Elle est\nle germe, l'œuvre est l'éclosion.\nJ'aime la règle qui corrige l'émotion.\n\nGEORGES BRAQUE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c004", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "6", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.4", "titre_corps": "CHANT D'AMOUR", "titre_sommaire": "CHANT D'AMOUR", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "CHANT D'AMOUR\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nVoici de quoi est fait le chant symphonique de l'amour\n11 y a le chant de l'amour de jadis\n%\nLe bruit des baisers éperdus des amants illustres\nLes cris d'amour des mortelles violées par les dieux\nLes virilités des héros fabuleux érigées comme des\npièces contre avions\nle hurlement précieux de Jason\nLe chant mortel du cygne\nEt l'hymne victorieux que les premiers rayons du soleil\nont fait chanter à Memnon l'immobile\n11 y a le cri des Sabines au moment de l'enlèvement\nIl y a aussi les cris d'amour des félins dans\nles jongles\nLa rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales\nLe tonnerre des artilleries qui accomplissent le terrible amour\ndes peuples\nLes vagues de la mer où naît la vie et la beauté\nIl y a là le chant de tout l'amour du monde"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c005", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "7", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.5", "titre_corps": "CLAMEURS", "titre_sommaire": "CLAMEURS", "signature_source": "LÉONARD PIEUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 570, "texte": "CLAMEURS\nLÉONARD PIEUX\nCette apothéose m'accable\nJamais ce mot ne fut moins approprié au bonheur\nSuis-je gardien des étoiles au bord d'un affreux danger\nBerger imaginaire perdu dans une vaste forêt\nLes Dieux sont en marbre\nAu fond d'un musée\nUn monstre quadrupède me fait signe d'approcher\nUn ver solitaire quitte le vieux bocal\nL'air est bleu les voiles frémissent\nEt la mer glorieuse misérable Tantale\nT'invite au voyage...\nUn bouquet jaune comme un remords\nBlesse ma vue\nLa cage\nLa roue\nL'infect ennui de l'humanité entière\nEt personne personne pour briser mes fers î"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c006", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.6", "titre_corps": "POÈME", "titre_sommaire": "POÈME", "signature_source": "VINCENT HUIDOBRO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 296, "texte": "POÈME\nVINCENT HUIDOBRO\nQuelqu'un vient de mourir en moi\nEt un cloche imperceptible\nMe parle à l'oreille\nUne étoile oubliée\nPleure dans l'obscurité\nSur le lac plus profond que la terre\nOù toutes les barques ont coulé\nLà-bas sous l'ombre de la lampe\nLe fauteuil qui attendait le retour\nA été occupé"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c007", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "10", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.7", "titre_corps": "TÉNARE", "titre_sommaire": "TÉNARE", "signature_source": "ROCH GREY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "TÉNARE\n\n(Monologue)\nUne maison où veille quelqu'un dans la ténébreuse nuit du boule-\nvard extérieur. Fortifications, feux-follets, peut-être éclats d'allumettes\nqu'éteint le vent.\nJ'ai peur de la solitude, ses bienfaits me font frémir. Mon indépen -\ndance me désole. Je suis trop libre : aucun souci ne veille jamais\nsur moi.\nJe la sens quand elle approche avec la nuit.\nQuelqu'un en casquette sifflait sa tristesse pendant toute la\njournée...\nL'affreux de cette crampe qui tenaille mon estomac. Je voudrais\ncrier au secours! mais la position d'un personnage aussi lointain que\nmoi exige une tenue exceptionnelle et je me tais,\nSeule la pendule est sonore, aussi la respiration de mon chien, les\néchos de Levallois où veillent des usines, le déplacement de toutes ces\nferrailles que traînent les locomotives.\nJ'ai peur de tout.\nLes portes sont fermées.\nComme d'habitude, j'ai regardé sous les lits, derrière les penderies,\nentre les plis trop profonds des rideaux...\nIl n'y a personne.\nPuis-je me défendre de détester cette maison solitaire !\nLa porte peut s'ouvrir n'importe comment, une affreuse surprise !\nun masque épouvanté d'un rôdeur nocturne viendra s'écraser contre\nma figure...\nUn assassin, un conquérant des univers à lui, peut éteindre ma vie,\nje ne vois rien de plus facile.\nJ'ai faim : tous les conduits de mon sang charrient le vinaigre.\nMon mouvement doit être électrique. Une poignée de poivre lui\nenlèvera ses yeux. Avec des coups de pied, évitant ses bras qui vou-\ndront me saisir, je le roulerai jusqu'en bas en riant. Il souillera mon\ntapis bleu comme un mourant terrassé dans son infortune.\nMais où est le poivre...\nImpossible de descendre à la cuisine pour le chercher !\nDemain au jour, de tout cet effroi naîtra une humeur sublime, le\nsarcastique de cette position sans issue."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "C'est au calme que je sens le mieux tout ce temps perdu pour\nl'Avenir.\nSi j'étais laide, je serais morte de cette frayeur. Le plaisir de me\nvoir, de chercher mon image dans toutes les glaces me distrait.\nIl me semble étonnant d'avoir cherché le bonheur !\n• • • » •».•••••••\nJe n'aime pas l'allure de ce cheval lancé par un fiacre attardé.\nIl tape la chaussée d'un pas inégal, il a peur des ténèbres, la voix\nde sa clochette ajoute à cette inquiétude.\nJe sais que l'homme invisible, le passager solitaire, le cheval et le\ncocher ont frôlé pour un instant ma vie, nous avons vécu ensemble\npendant cet instant, nous avons manqué pour toujours l'occasion de\nnous parler.\nJe n'aime pas quand ce peu que j'ai sur terre se mêle dans la vie\ndu dehors sans penser à moi. Je n'aime pas quand mes pieds se glacent,\nle cœur pèse comme une pyramide suspendue par un fil, la pendule\nrâle comme un blessé...\nElle sera mieux dans la pièce voisine : à quoi bon les montres,\npuisqu'il n'y pas d'heure fixée pour ce qui arrivera !\nMon trouble se calme, il reviendra dans un instant pour me saisir\nplus fort : le flux et le reflux du rythme mortel, car l'inquiétude use\nla vie.\nElle n'a jamais voulu de poètes. Par une sorte de rivalité impla-\ncable, elle cherche à les anéantir, elle veut être la seule créatrice de\nmerveilleuses surprises.\nLe trop de temps perdu me suffoqne.\nCombien d'hommes ont écouté la solitude nocturne des grandes\nvilles et leur propre solitude !\nIls me font compagnie tous morts loin de vaincre bien que\nglorieux.\nJ'ai peur.\nC'est moins la peur que la conscience de plonger.\nL'imprévu de futurs malheurs terribles comme des calamités bibli-\nques : les invasions, les marches des barbares, la peste !\nL'effort de maintenir la lumière, l'espoir de racheter tout !\nQui est là?\n\nROCH GREY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c008", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.8", "titre_corps": "POÈME", "titre_sommaire": "POÈME", "signature_source": "PAUL DERMEE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "POÈME\nPAUL DERMEE\ni\nRose éblouie dans la main\nJe m'en vais semant l'espérance\nMatin troublé\nregards muets\nlumière étrange\nL'orgueil frissonne au souffle du matin\nRoutes humaines\nCes yeux\ncailloux sous les roues des charrettes\nJe laisse tomber en passant\ndes larmes sur les tombes secrètes\nFleur qui s'entr'ouvre\nl'horizon\nQuel creux sonore\nbruit d'un grelot\nLa ville blanche\nmon cœur\ngisent dans la vallée\nAutour de moi l'ombre s'effeuille\nCette nuit\net l'inconnu qui chante\nUne lumière éblouie dans la main"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c009", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.9", "titre_corps": "CHANTEUSE", "titre_sommaire": "CHANTEUSE", "signature_source": "JUSTIN FRANTZ SIMON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 549, "texte": "CHANTEUSE\nJUSTIN FRANTZ SIMON\nPeindre d'un pinceau preste la tache de ta robe,\npour la voir,\njoie satanique et noire,\ntelle un geste articulé, crispé\nsurgir nostalgique du feu des rampes,\net laisser en traînée irritante\nton bras s'étendre et s'affiner\ncomme une aile d'oiselle\nvers le baiser.....\nL'image s'accentue :\nune présomption de chair\ns'exhale du vide étroit des jupes surchauffées,\net resplendit fière\ndu vice cynique et sain de tout ton être,\nquand d'un mouvement subit\nla vigilance trompée du velours\ndécouvre la candeur mauve de tes bas."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c010", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "15", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.10", "titre_corps": "GALERIES", "titre_sommaire": "GALERIES", "signature_source": "PIERRE REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "GALERIES\n\nUn entonnoir immense où se tordait la nuit\nDes lambeaux s'échappaient par moments\nDes lueurs qui allaient s'éteindre bien plus loin\nTout était pâle\nL'aube\nLe soleil naissant\nUne boule à peine ronde\nLe reflet du monde\nsur l'écran\nUne ligne horizontale se tendait\nL'air se mettait à vibrer\nIl fallait attendre\nLes voix qui revenaient de loin\nRappelaient ta vie en arrière\nmais le chemin qu'il aurait\nfallu refaire\nétait trop long\nLes voix familières trop tristes\nLes yeux qui te regardent sont sinistres\nOn ne peut plus avancer\nToutes les portes sont fermées\nDerrière quelqu'un écoute plaqué contre le mur\nEt le rideau qui tremble\nretomb e"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "Il te ressemble\nLe centre se déplace\nLes parois inclinées rendent le ciel plus grand\nL'ombre déborde\nLa tête se penchait\nC'est celle d'un malade\nEt la seule qui existait\nUne étoile se déplaçait\nTout près\nLa main lentement rse soulève\nLe front plissé a dissipé son rêve\nEt tout ce qui derrière était passé\nUne seule fois\nLe même temps qui passe\nOn ne regarde pas\nC'est à recommencer\nMais quand pourra-t-on revenir\nAu moment où tout peut finir\nLa vie entière est en jeu\nConstamment\nNous passons à côté du vide élégamment\nsans tomber\nMais parfois quelque chose en nous fait tout trembler\nEt le monde n'existe plus\nNos yeux se trompent"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 565, "texte": "L'on n'entend plus le même son\nLa même voix\nC'est derrière l'univers soi-même que l'on voit\nUne silhouette qui danse\nLa série de portraits qui ne rappellent rien\nDe ceux que l'on ne connaît pas\nCe sont des gens qui vous regardent\nDes cadres éclatants les gardent\nAu milieu de ces visages immobiles\nLe seul qui soit vivant\nParaît le plus tranquille\nIl part pour ne plus revenir\nDans la salle où les murs se sont\nmis à sourire\nIl n'y a plus que la nuit qui monte\npour sortir\nUn pas résonnant sur la dalle\nIl fait froid\nTon regard levé vers les étoiles\n\nPIERRE REVERDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c011", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "15", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.11", "titre_corps": "EXPOSITION. — Le manque de place nous oblige à remettre au prochain", "titre_sommaire": "EXPOSITION. — Le manque de place nous oblige à remettre au prochain", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.15", "debut_caractere": 567, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "EXPOSITION. — Le manque de place nous oblige à remettre au prochain\nnuméro le compte rendu de l'exposition et du concert qui ont eu lieu rue\nHuygens. M. Salmon qui se nourrit, pour la critique d'art, de M. Louis Vauxhelles\ny a fait une conférence qui a bien duré quinze minutes. L'exposition a duré du\n22 novembre au 12 décembre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c012", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.12", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. — L'Hérésiarque et C1*,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). — Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). — Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). — Le poète assassiné, 1916.\n(Edition.)\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier,7, rue del'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. — Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon). — Le Voleur de Talanf\nroman, 1917 (librairie Monnier).\n\nMAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\n— Saint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912.— Le siège de Jérusa-\nlem, 4911.\n\nPAUL DERMÉE.\nSpirales, \\poèmes 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c013", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.12.1", "titre_corps": "GUILLAUME APOLLINAIRE.", "titre_sommaire": "GUILLAUME APOLLINAIRE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 389, "texte": "GUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. — L'Hérésiarque et C1*,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). — Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). — Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). — Le poète assassiné, 1916.\n(Edition.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c014", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.12.2", "titre_corps": "PIERRE REVERDY.", "titre_sommaire": "PIERRE REVERDY.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 654, "texte": "PIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier,7, rue del'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. — Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon). — Le Voleur de Talanf\nroman, 1917 (librairie Monnier)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c015", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.12.3", "titre_corps": "MAX JACOB.", "titre_sommaire": "MAX JACOB.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 656, "fin_caractere_exclue": 848, "texte": "MAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\n— Saint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912.— Le siège de Jérusa-\nlem, 4911."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c016", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.12.4", "titre_corps": "PAUL DERMÉE.", "titre_sommaire": "PAUL DERMÉE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "PAUL DERMÉE.\nSpirales, \\poèmes 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c017", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.13", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "LE COURRIER DE LA PRESSE\nLIT TOUT - RENSEIGNE SUR TOUT\nCh. Demogeot, Directeur\n21, boulevard Montmartre, Paris (2*)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c018", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 1620, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "ARGUS DE LA PRESSE\nLes plus anciens bureaux d'extraits\nde presse\n37, rue Bergère, Paris (IX®)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1917-12-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1917-12_01#c019", "volume": "bmtnaaw_1917-12_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.2.15", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "debut_caractere": 1715, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "6 \\\nTABLEAUX DE MAITRES MODERNES\net de la jeune peinture actuelle\nObjets d'art antiques et de haute curiosité\nGALERIE PAUL GUILLAUME\n(transférée 108, faubourg St-Honoré)\n©\nL'édition de Y Album de Sculptures Nègres composé par Paul Guillaume et qui a\nété honoré de souscriptions de la Ville de Paris, du Ministère des Beaux-Arts, etc., est\naujourd'hui à peu prés épuisée. Vu la rareté de cet ouvrage, le prix des quelques derniers\nexemplaires est porté de 50 francs à 80 francs.\n* J"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.1", "texte": "REVUE LITTÉRAIRE\nN° 10 — Décembre 1917\nUN NUMERO\nPAR MOIS\n0 fr. 60\n\nGEORGES BRAQUE Pensées et réflexions sur la peinture\nGUILLAUME APOLLINAIRE. Chant d'amour\nLÉONARD PIEUX Clameurs\nVINCENT HUIDOBRO .,..... Poème\nROCH GREY Ténare\nPAUL DERMÉE .. Poème\nJ. FRÂNTZ SIMON Chanteuse\nPIERRE REVERDY Galeries\nNOTE"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.2", "texte": "UN LIVRE!\nCritique bergsonnien(l) se livrant à l'étude des œuvres d'après ce que leurs\nauteurs lui en disent — tel se présente M. Frédéric Narcisse qui vient de se faire\nécrire, par quelques poètes, un livre sur la poésie contemporaine.\nCet auteur grotesque est allé demander, à chacun, des renseignements qui\ndevaient remplacer les idées qui lui font totalement défaut. Ceux qui n'ont pas\nvoulu souscrire à ses procédés d'information ont été tout simplement rayés, quelle\nque soit leur valeur, du monde littéraire que M. Frédéric Narcisse s'est chargé\nde présenter. Bien avisés furent donc ceux qui l'ont tout simplement éconduit.\nCertes nous ne saurions reprocher à cet auteur improvisé de ne. pas com-\nprendre mieux que l'aspect seul de son visage obtus ne permet d'espérer qu'il\ncomprenne jamais. Mais il faut dire cependant avec quelle mauvaise foi il a déna-\nturé des renseignements qu'il a, à force d'insistance, arrachés et qu'il s'est ingénié\nensuite, par déloyauté ou par bêtise, à transformer en assertions calomnieuses.\nNous devons rétablir quelques faits. Jamais ce fâcheux Narcisse ne nous a talonné\nde ses questions mais bien importuné de sa présence et de ses propos ineptes.\nExcédé parfois et pour le raccompagner à la porte, par hasard et malencontreu-\nsement ouverte, nous répondions à cet importun tout ce qui nous semblait pouvoir\nabréger l'entretien.\nQuelquefois, au cours d'une conversation il prenait des notes et c'est ainsi\nqu'il apu s'emparer de quelques idées qu'il n'a pas hésité à faire siennes et, très\npeu malignement du reste, à retourner ensuite contre nous.\nAprès nous avoir demandé de désigner nous-même les poèmes à citer il s'est\nempressé d'en choisir d'autres et, naturellement, ceux qui peuvent avoir le moins\nd'importance à nos yeux. Incohérence ou malveillance? Nous ne saurions trop\nprécisément le dire car si nos œuvres lui paraissent détestables et nos tendances\nerronées tel n'était pas son avis quand il venait nous proposer sa collaboration.\nIl se déclarait àce moment-là entièrement d'accord avec nous. Il est vrai qu'il ne\ns'agissait alors que de paraître. Mais comme nous ne pouvions pas affliger nos lec-\nteurs d'élucubrations pareilles, le critique bergsonnien a cherché un autre moyen\npour attirer l'attention sur lui. Il a trouvé celui qui consiste à se servir du nom et\ndes œuvres des autres pour mettre les siens en lumière. Il a donc fait éditer un\nlivre où il est question de quelques poètes et non pas certes selon leur impor-\ntance. Il faut peut-être ajouter pour être juste que ce livre se présenté sous forme\nde lettre... à la dame aux violettes et que la seule erreur est que cette lettre ait vu\nle jour. Elle a en effet tous les défauts que peut se permettre une lettre et qu'un\nlivre ne doit pas avoir. Le manque d'ordre et de classification ne permet pas qu'on\nlui attribue aucune valeur critique ni anthologique. Elle est surtout fort mal écrite\nà moins qu'elle ne soit surtout mal composée.\nEnfin nous avons trouvé par endroits cette lettre fort tendre, sinon attendris-\nsante et c'est peut-être une lettre d'amour. Cela expliquerait assez qu'elle soit\nridicule à souhait comme il est parfait que soit une lettre d'amour qu'on ne\npubliera point.\nMais nous entrerions dans un autre domaine et nous préférons laisser là la\ndame, les violettes, et l'auteur qui ne saurait gagner qu'à ne pas être lu, ni vu."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.3", "texte": "PENSÉES ET RÉFLEXIONS SUR LA PEINTURE\n\nAujourd'hui nous avons trouvé intéressant de publier ces notes d'un\npeintre sur sa peinture.\nElles seront une clarté pour ceux qui suivent avec intérêt\nde l'art contemporain.\nCes réflexions esthétiques montreront une orientation d'un art qui a\ndonné lieu a tant d'interprétations diverses.\nEn art le progrès ne consiste pas dans l'exten-\nsion mais dans la connaissance de ses limites.\nLa limite des moyens donne le style, engendre\nla forme nouvelle et pousse à la création.\nLes moyens limités font souvent le charme et la force des peintures\nprimaires. Au contraire l'extension amène les arts de décadence.\nMoyens nouveaux, sujets nouveaux.\nLe sujet n'est pas l'objet, c'est l'unité nouvelle,\nle lyrisme qui sort complètement des moyens.\nLe peintre pense en formes et en couleurs*"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.4", "texte": "Le but n'est pas le souci de reconstituer un fait\nanecdotique mais de constituer un fait pictural.\nLa peinture est un mode de représentation.\nIl ne faut pas imiter ce que l'on veut créer.\nOn n'imite pas l'aspect ; l'aspect c'est le résultat.\nPour être l'imitation pure la peinture doit faire\nabstraction des aspects.\nTravailler d'après nature c'est improviser.\nIl faut se garder d'une formule faire propre à interpréter\naussi bien les autres arts que la réalité et qui au lieu de créer ne produi-\nrait qu'un style ou plutôt une stylisation.\nLes arts qui s'imposent par leur pureté n'ont jamais été des arts à\ntout faire. La sculpture grecque et sa décadence entre autres nous\nl'enseignent.\nLes sens déforment, l'esprit forme. Travailler pour\nperfectionner l'esprit. Il n'y a de certitude que dans\nce que l'esprit conçoit.\nUn peintre qui voudrait faire un cercle ne ferait qu'un rond. Il se\npeut que l'aspect le satisfasse mais il doutera. Le compas lui rendra la\ncertitude. Les papiers collés dans mes dessins m'ont aussi donné une\ncertitude."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.5", "texte": "Le trompe l'œil est dû à un hasard anecdotique\nqui s'impose par la simplicité des faits.\nLes papiers collés, le faux bois — et autres élé-\nments de même nature — dont je me suis servi dans\ncertains dessins s'imposent aussi par la simplicité\ndes faits et c'est ce qui les a fait confondre avec\nle trompe l'œil, dont ils sont précisément le con-\ntraire. Ce sont aussi des faits simples mais créés par\nl'esprit et qui sont une des justifications d'une nouvelle\nfiguration dans l'espace,\nLa noblesse vient de l'émotion contenue.\nL'émotion ne doit pas se traduire par un trem-\nblement ému. Elle ne s'ajoute ni ne s'imite. Elle est\nle germe, l'œuvre est l'éclosion.\nJ'aime la règle qui corrige l'émotion.\n\nGEORGES BRAQUE"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.6", "texte": "CHANT D'AMOUR\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nVoici de quoi est fait le chant symphonique de l'amour\n11 y a le chant de l'amour de jadis\n%\nLe bruit des baisers éperdus des amants illustres\nLes cris d'amour des mortelles violées par les dieux\nLes virilités des héros fabuleux érigées comme des\npièces contre avions\nle hurlement précieux de Jason\nLe chant mortel du cygne\nEt l'hymne victorieux que les premiers rayons du soleil\nont fait chanter à Memnon l'immobile\n11 y a le cri des Sabines au moment de l'enlèvement\nIl y a aussi les cris d'amour des félins dans\nles jongles\nLa rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales\nLe tonnerre des artilleries qui accomplissent le terrible amour\ndes peuples\nLes vagues de la mer où naît la vie et la beauté\nIl y a là le chant de tout l'amour du monde"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.7", "texte": "CLAMEURS\nLÉONARD PIEUX\nCette apothéose m'accable\nJamais ce mot ne fut moins approprié au bonheur\nSuis-je gardien des étoiles au bord d'un affreux danger\nBerger imaginaire perdu dans une vaste forêt\nLes Dieux sont en marbre\nAu fond d'un musée\nUn monstre quadrupède me fait signe d'approcher\nUn ver solitaire quitte le vieux bocal\nL'air est bleu les voiles frémissent\nEt la mer glorieuse misérable Tantale\nT'invite au voyage...\nUn bouquet jaune comme un remords\nBlesse ma vue\nLa cage\nLa roue\nL'infect ennui de l'humanité entière\nEt personne personne pour briser mes fers î"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.8", "texte": "POÈME\nVINCENT HUIDOBRO\nQuelqu'un vient de mourir en moi\nEt un cloche imperceptible\nMe parle à l'oreille\nUne étoile oubliée\nPleure dans l'obscurité\nSur le lac plus profond que la terre\nOù toutes les barques ont coulé\nLà-bas sous l'ombre de la lampe\nLe fauteuil qui attendait le retour\nA été occupé"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.9", "texte": "TÉNARE\n\n(Monologue)\nUne maison où veille quelqu'un dans la ténébreuse nuit du boule-\nvard extérieur. Fortifications, feux-follets, peut-être éclats d'allumettes\nqu'éteint le vent.\nJ'ai peur de la solitude, ses bienfaits me font frémir. Mon indépen -\ndance me désole. Je suis trop libre : aucun souci ne veille jamais\nsur moi.\nJe la sens quand elle approche avec la nuit.\nQuelqu'un en casquette sifflait sa tristesse pendant toute la\njournée...\nL'affreux de cette crampe qui tenaille mon estomac. Je voudrais\ncrier au secours! mais la position d'un personnage aussi lointain que\nmoi exige une tenue exceptionnelle et je me tais,\nSeule la pendule est sonore, aussi la respiration de mon chien, les\néchos de Levallois où veillent des usines, le déplacement de toutes ces\nferrailles que traînent les locomotives.\nJ'ai peur de tout.\nLes portes sont fermées.\nComme d'habitude, j'ai regardé sous les lits, derrière les penderies,\nentre les plis trop profonds des rideaux...\nIl n'y a personne.\nPuis-je me défendre de détester cette maison solitaire !\nLa porte peut s'ouvrir n'importe comment, une affreuse surprise !\nun masque épouvanté d'un rôdeur nocturne viendra s'écraser contre\nma figure...\nUn assassin, un conquérant des univers à lui, peut éteindre ma vie,\nje ne vois rien de plus facile.\nJ'ai faim : tous les conduits de mon sang charrient le vinaigre.\nMon mouvement doit être électrique. Une poignée de poivre lui\nenlèvera ses yeux. Avec des coups de pied, évitant ses bras qui vou-\ndront me saisir, je le roulerai jusqu'en bas en riant. Il souillera mon\ntapis bleu comme un mourant terrassé dans son infortune.\nMais où est le poivre...\nImpossible de descendre à la cuisine pour le chercher !\nDemain au jour, de tout cet effroi naîtra une humeur sublime, le\nsarcastique de cette position sans issue."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.10", "texte": "C'est au calme que je sens le mieux tout ce temps perdu pour\nl'Avenir.\nSi j'étais laide, je serais morte de cette frayeur. Le plaisir de me\nvoir, de chercher mon image dans toutes les glaces me distrait.\nIl me semble étonnant d'avoir cherché le bonheur !\n• • • » •».•••••••\nJe n'aime pas l'allure de ce cheval lancé par un fiacre attardé.\nIl tape la chaussée d'un pas inégal, il a peur des ténèbres, la voix\nde sa clochette ajoute à cette inquiétude.\nJe sais que l'homme invisible, le passager solitaire, le cheval et le\ncocher ont frôlé pour un instant ma vie, nous avons vécu ensemble\npendant cet instant, nous avons manqué pour toujours l'occasion de\nnous parler.\nJe n'aime pas quand ce peu que j'ai sur terre se mêle dans la vie\ndu dehors sans penser à moi. Je n'aime pas quand mes pieds se glacent,\nle cœur pèse comme une pyramide suspendue par un fil, la pendule\nrâle comme un blessé...\nElle sera mieux dans la pièce voisine : à quoi bon les montres,\npuisqu'il n'y pas d'heure fixée pour ce qui arrivera !\nMon trouble se calme, il reviendra dans un instant pour me saisir\nplus fort : le flux et le reflux du rythme mortel, car l'inquiétude use\nla vie.\nElle n'a jamais voulu de poètes. Par une sorte de rivalité impla-\ncable, elle cherche à les anéantir, elle veut être la seule créatrice de\nmerveilleuses surprises.\nLe trop de temps perdu me suffoqne.\nCombien d'hommes ont écouté la solitude nocturne des grandes\nvilles et leur propre solitude !\nIls me font compagnie tous morts loin de vaincre bien que\nglorieux.\nJ'ai peur.\nC'est moins la peur que la conscience de plonger.\nL'imprévu de futurs malheurs terribles comme des calamités bibli-\nques : les invasions, les marches des barbares, la peste !\nL'effort de maintenir la lumière, l'espoir de racheter tout !\nQui est là?\n\nROCH GREY"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.11", "texte": "POÈME\nPAUL DERMEE\ni\nRose éblouie dans la main\nJe m'en vais semant l'espérance\nMatin troublé\nregards muets\nlumière étrange\nL'orgueil frissonne au souffle du matin\nRoutes humaines\nCes yeux\ncailloux sous les roues des charrettes\nJe laisse tomber en passant\ndes larmes sur les tombes secrètes\nFleur qui s'entr'ouvre\nl'horizon\nQuel creux sonore\nbruit d'un grelot\nLa ville blanche\nmon cœur\ngisent dans la vallée\nAutour de moi l'ombre s'effeuille\nCette nuit\net l'inconnu qui chante\nUne lumière éblouie dans la main"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.12", "texte": "CHANTEUSE\nJUSTIN FRANTZ SIMON\nPeindre d'un pinceau preste la tache de ta robe,\npour la voir,\njoie satanique et noire,\ntelle un geste articulé, crispé\nsurgir nostalgique du feu des rampes,\net laisser en traînée irritante\nton bras s'étendre et s'affiner\ncomme une aile d'oiselle\nvers le baiser.....\nL'image s'accentue :\nune présomption de chair\ns'exhale du vide étroit des jupes surchauffées,\net resplendit fière\ndu vice cynique et sain de tout ton être,\nquand d'un mouvement subit\nla vigilance trompée du velours\ndécouvre la candeur mauve de tes bas."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.13", "texte": "GALERIES\n\nUn entonnoir immense où se tordait la nuit\nDes lambeaux s'échappaient par moments\nDes lueurs qui allaient s'éteindre bien plus loin\nTout était pâle\nL'aube\nLe soleil naissant\nUne boule à peine ronde\nLe reflet du monde\nsur l'écran\nUne ligne horizontale se tendait\nL'air se mettait à vibrer\nIl fallait attendre\nLes voix qui revenaient de loin\nRappelaient ta vie en arrière\nmais le chemin qu'il aurait\nfallu refaire\nétait trop long\nLes voix familières trop tristes\nLes yeux qui te regardent sont sinistres\nOn ne peut plus avancer\nToutes les portes sont fermées\nDerrière quelqu'un écoute plaqué contre le mur\nEt le rideau qui tremble\nretomb e"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.14", "texte": "Il te ressemble\nLe centre se déplace\nLes parois inclinées rendent le ciel plus grand\nL'ombre déborde\nLa tête se penchait\nC'est celle d'un malade\nEt la seule qui existait\nUne étoile se déplaçait\nTout près\nLa main lentement rse soulève\nLe front plissé a dissipé son rêve\nEt tout ce qui derrière était passé\nUne seule fois\nLe même temps qui passe\nOn ne regarde pas\nC'est à recommencer\nMais quand pourra-t-on revenir\nAu moment où tout peut finir\nLa vie entière est en jeu\nConstamment\nNous passons à côté du vide élégamment\nsans tomber\nMais parfois quelque chose en nous fait tout trembler\nEt le monde n'existe plus\nNos yeux se trompent"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.15", "texte": "L'on n'entend plus le même son\nLa même voix\nC'est derrière l'univers soi-même que l'on voit\nUne silhouette qui danse\nLa série de portraits qui ne rappellent rien\nDe ceux que l'on ne connaît pas\nCe sont des gens qui vous regardent\nDes cadres éclatants les gardent\nAu milieu de ces visages immobiles\nLe seul qui soit vivant\nParaît le plus tranquille\nIl part pour ne plus revenir\nDans la salle où les murs se sont\nmis à sourire\nIl n'y a plus que la nuit qui monte\npour sortir\nUn pas résonnant sur la dalle\nIl fait froid\nTon regard levé vers les étoiles\n\nPIERRE REVERDY\n\nEXPOSITION. — Le manque de place nous oblige à remettre au prochain\nnuméro le compte rendu de l'exposition et du concert qui ont eu lieu rue\nHuygens. M. Salmon qui se nourrit, pour la critique d'art, de M. Louis Vauxhelles\ny a fait une conférence qui a bien duré quinze minutes. L'exposition a duré du\n22 novembre au 12 décembre."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191712-01.1.16", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. — L'Hérésiarque et C1*,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). — Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). — Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). — Le poète assassiné, 1916.\n(Edition.)\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier,7, rue del'Odéon).— La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. — Quel-\nques Poèmes. Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de l'Odéon). — Le Voleur de Talanf\nroman, 1917 (librairie Monnier).\n\nMAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\n— Saint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912.— Le siège de Jérusa-\nlem, 4911.\n\nPAUL DERMÉE.\nSpirales, \\poèmes 1917.\n\nABONNEMENTS : \"U'n an : €5 francs\n12, rue Cortot (18*)\nNORD-SUD se trouve :\nLibrairies : Monnier, 7, rue de l'Odéon ; Delesalle, 16, rue Monsieur-le-Prince ;\nFerreyrol, 3, rue Vavin; Lutetia, 66, boulevard Raspail ; Crès, 115, boulevard Saint-Ger-\nmain; Weill, rue Taitbout; Boutique verte, rue Notre-Dame-de-Lorette, 34. Art Contempo-\nrain, 188, boulevard Saint-Germain; Belnet, 96, boulevard Montparnasse.\nLes manuscrits ne sont pas rendus.\n\"—■ ' .\nJl dresser tout ce qui concerne la l&vue à ; 'Pierre Ifevcrdp, 12, rue Cortot (18*)\nDirecteur-Gérant ; PIERRE REVERDY. Pirii. — Imp. LEVE, foe de Rennes. 71.\n« ?\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE\nLIT TOUT - RENSEIGNE SUR TOUT\nCh. Demogeot, Directeur\n21, boulevard Montmartre, Paris (2*).\n\nARGUS DE LA PRESSE\nLes plus anciens bureaux d'extraits\nde presse\n37, rue Bergère, Paris (IX®)\n\n6 \\\nTABLEAUX DE MAITRES MODERNES\net de la jeune peinture actuelle\nObjets d'art antiques et de haute curiosité\nGALERIE PAUL GUILLAUME\n(transférée 108, faubourg St-Honoré)\n©\nL'édition de Y Album de Sculptures Nègres composé par Paul Guillaume et qui a\nété honoré de souscriptions de la Ville de Paris, du Ministère des Beaux-Arts, etc., est\naujourd'hui à peu prés épuisée. Vu la rareté de cet ouvrage, le prix des quelques derniers\nexemplaires est porté de 50 francs à 80 francs.\n* J"}]}