{"numero_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_sha256": "3f8c67ec04c63e7c992ef8ad287f98b3106da866d6666f4423c1130ec885ed1f", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaw/issues/1918/02_01/bmtnaaw_1918-02_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaw/issues/1918/02_01/bmtnaaw_1918-02_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c001", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.1", "titre_corps": "PIERRE REVERDY Note", "titre_sommaire": "PIERRE REVERDY Note", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.1", "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 256, "texte": "PIERRE REVERDY Note\nGUILLAUME APOLLINAIRE Océan de terre\nVers le Sud\nPAUL DERMEE Deux Poèmes\nMAX JACOB Théâtre et Cinéma\nANDRÉ BRETON André Derain\nPHILIPPE SOUPAULT Souvenirs\nNOTES ET EXTRAITS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c002", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "3", "page_fin": "4", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.3", "titre_corps": "OCÉAN DE TERRE", "titre_sommaire": "OCÉAN DE TERRE", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "OCÉAN DE TERRE\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nA G. de Chinco\nJ'ai bâti une maison au milieu de l'océan\nSes fenêtres sont les fleuves qui s'écoulent de mes yeux\nDes poulpes grouillent partout où se tiennent les murailles\nEntendez battre leur triple cœur et leur bec cogner aux vitres\nMaison humide\nMaison ardente\nSaison rapide\nSaison qui chante\nLes avions pondent des œufs\nAttention on va jeter l'ancre\nAttention à l'encre que l'on jette\nIl serait bon que vous vinssiez du ciel\nLe chèvrefeuille du ciel grimpe\nLes poulpes terrestres palpitent\nEt puis nous sommes tant et tant à être nos propres fossoyeurs\nPâles poulpes des vagues crayeuses\nO poulpes aux becs pâles\nAutour de la maison il y a cet océan que tu connais\nEt qui ne se repose jamais\nDécembre 1915"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c005", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "6", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.4", "titre_corps": "VERS LE SUD", "titre_sommaire": "VERS LE SUD", "signature_source": "GUILLAUME APOLLINAIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "VERS LE SUD\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nZénith\nTous ces regrets\nCes jardins sans limite\nOù le crapaud module un tendre cri d'azur\nLa biche du silence éperdu passe vite\nUn rossignol meurtri par l'amour chante sur\nLe rosier de ton corps dont j'ai cueilli les roses\nNos cœurs pendent ensemble au même grenadier\nEt les fleurs de grenade en nos regards écloses\nEn tombant tour à tour ont jonché le sentier\n3 Avril 1915"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c006", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "8", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.5", "titre_corps": "DEUX POÈMES", "titre_sommaire": "DEUX POÈMES", "signature_source": "PAUL DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "DEUX POÈMES\n\nI\nMoulin à café\nle vent au travers\nLes ailes de ton nez frémissent\nUn rythme lent\nRomance\nLe ciel tourne\nUne roue\nCes lettres sous la porte\nUne vie nouvelle\nGuerre lointaine\nEt mon verre qui fume\nUne clarté couronne l'univers"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 177, "texte": "II\nCes pommes\net la blancheur du compotier\nLa pointe du couteau a fait une blessure\nTon linge soulevé\nle sein paraît\nLa lune\nDes lèvres\nMon désir nocturne se ranime\n\nPAUL DERMÉE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c007", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "12", "image_debut": 9, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.6", "titre_corps": "THÉATRE ET CINÉMA", "titre_sommaire": "THÉATRE ET CINÉMA", "signature_source": "MAX JACOB", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "THÉATRE\nET\nCINÉMA\n\nUn cinéma annonce un film en le faisant du mariage de l'actrice\ndont on a photographié les gestes. « Cette grande artiste, dit une affiche,\nn'a pas reparu sur l'écran depuis son mariage avec un célèbre avocat\nromain. » Grande artiste! l'autorité du choix d'un avocat célèbre le\nprouve peut-être. Beauté et esprit! certes puisqu'ils lui valent un\nmariage avec des talents consacrés par la célébrité. 11 est probable\naussi que le prix du précieux travail de la dame lui permet de l'aban-\ndonner longtemps. Au fait ce bout d'annonce ne nous intéresserait\nguère s'il ne manifestait qu'on assimile le prestige de l'acteur à celui du\nfilm, la scène à l'écran, et les mœurs théâtrales aux cinématogra-\nphiques. Or l'intérêt qui s'attache à la personne scénique est perdu\ncomme elle sur l'écran et il est vain de chercher à le retrouver. Quand\nnos gloires dramatiques sont privées par la photographie de leur\nrayonnement individuel et du charme de leurs voix, qu'en reste-t-il?\nplus les acteurs ont étudié en vue de la rampe leurs gestes plus la\nfausseté gênante de ceux-ci sera soulignée par leur photographie, celle\ndes réalités prochaines, celle du voisinage des excellents employés de\nGaumont, Pathé, etc...Ces employés, les gens de théâtre ne parviendront\nà les égaler que s'ils comprennent qu'ils doivent y tendre. Il va sans se\ndire qu'on ne parle point ici des hommes d'esprit qui sont plus à leur\nplace sur l'écran précis que dans les brouillards dorés de la scène.\nL'annonce en question attirera l'attention des amateurs de théâtres\nnon ceux de cinémas. Ils ne s'identifient et ne se confondent point. Que\ndemandent-ils à leurs spectacles favoris?\nSi l'amateur des théâtres y venait chercher de la beauté, leurs\nrecettes dépendraient de celle des œuvres présentées, or l'expérience\nprouve le contraire. S'il y venait chercher le rire ou les larmes, on n'y\njouerait que les pièces qui engendrent l'émotion or la plupart n'y pré-\ntendent même pas. D'ailleurs l'amateur se réjouit de prévoir, devant un\n« billet de faveur », satisfait son goût, pour les spectacles scéniques\navant de savoir par lesquels il le sera. C'est le goût de ceux dont les\nvagues tendances artistiques n'ont pas la force de s'affirmer sans"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2826, "texte": "secours, le goût des faibles, des femmes, des adolescents, des snobs,\nde ceux qui suivent des yeux, malgré eux, un phare d'acétylène dans\nune rue noire. Les irradiations de la couleur vive, de la lumière sont\nune nourriture dont leur matière est affamée et celle des aggloméra-\ntions humaines. (Quelle déception pour eux qu'une salle vide ou une\nscène mal éclairée !) Tout ce qui constitue le théâtre le fait d'un alcool\npour cerveau faible. L'admiration est un placement de nos forces quand\nnous n'avons pas celle de les diriger utilement et tout la provoque sur\nla scène depuis les exploits d'un héros jusqu'au jeu de celui qui le\nreprésente. Ce besoin d'admiration est si puissant que les voisins d'une\ncritique amère s'ils en entendent les expressions assassineraient son\nauteur volontiers par un regard. L'amateur des théâtres défend un\nacteur favori comme un naufragé sa dernière gorgée d'eau : il endosse\nles formes de vêtements qu'il adopte, adopte les idées qu'il exprime,\nheureux de n'avoir à découvrir ni celles-ci, ni celles-là. Enfin et ceci\nnous résume en nous fortifiant : l'autorité ou don d'imposer sa faiblesse\nà des faiblesses plus grandes est très appréciée chez les élèves du\nConservatoire d'Art dramatique par leurs maîtres.\nLe prestige qui ne vit plus dans notre époque réaliste se survit au\nthéâtre. Les auteurs dramatiques empruntent à la société ce qu'elle offre\nde prestigieux pour la foule encore sur la scène : les grands malheurs\nimmérités, les supériorités intellectuelles et sociales, les vertus, les\npassions, l'énergie, la fortune, la beauté, la divinité, etc... et par le\npiédestal de la scène, par la lumière, les couleurs, les formes, la musique\nune déclamation surhumaine les acteurs ajoutent leurs efforts à ceux de\nqui les fait mouvoir en vue de l'étonnement du public, de son respect,\nde l'écrasement des individualités présentes heureuses d'être écrasées.\nL'Eglise qui a défendu les spectacles scéniques ne le ferait pas de nou-\nveau sans l'assentiment du bon sens : en vérité le recueillement des\nindividus serait la force d'une nation, le prestige théâtral, distraction\nassez puissante pour amener l'hypnose, est un colossal ennemi du recueil\"\nlement. L'amour du prestige théâtral est une endémie dont le cinéma-\ntographe est peut-être le remède. La rampe illumine les auréoles que la\nsalle obscure éteint; les cothurnes rehaussent les prestiges, la photo-\ngraphie dénonce les talons. Un roi est sur l'écran un monsieur\ndécoré ; la grande courtisane une petite fille dont les bijoux sont sans\néclat et les airs impérieux' risibles. Les valeurs intellectuelles sur\nl'écran se manifestent par des résultats visibles et se conservent comme\ntelles dans l'esprit du spectateur. L'habileté du savant qui sauve une\nnation et celle, hélas ! du bandit y sont applaudies et non l'allure noble"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "des messieurs en redingote. L'étonnement que donne au cirque la\ndifficulté vaincue est sollicité au cinéma par une mise en scène péril-\nleuse : c'est peut-être le seul qu'il demande. Telle est la grande\ndifférence d'un spectacle à l'autre i la réalité si peu prestigieuse est à\nla base de l'un, une convention est originellement celle de l'autre. Dans\nles voyages nécessaires à l'établissement de la mise en scène, les luttes\nquotidiennes et pénibles avec la nature y ramènent sans cesse auteurs\net acteurs tandis que les gens de théâtre agitent par leurs travaux un\nesprit longuement et minutieusement faussé dans un milieu qui ne l'est\npas moins. Les origines de l'un, la science (1), celles de l'autre, l'ima-\ngination pèsent sur leurs destinées. Le Conservatoire enseigne aux\nfutures gloires théâtrales à imposer les passions par la mimique ; la\nvie enseigne aux employés du cinéma à la copier de leur mieux. Le\nprestige théâtral ordonne des passions artificielles à ceux qui les croient\nplus nécessaires que le calme tandis que le cinématographe satisfait le\nbesoin qu'a l'esprit humain de se connaître.\nCe besoin tient à l'amour-propre, au désir de conservation de\nl'individu, de développement de l'espèce, à ce qui est le plus humain,\ndans l'humain : l'opinion du portraitiste et son pinceau, l'agrandisse-\nment des photographies de famille le satisfont. Or le cinématographe\nrafraîchit sans cesse les sensations que notre temps nous donne de nous\nou plutôt il les crée au lieu de notre esprit paresseux. Le miroir qu'offre\nle théâtre voulant nous agrandir en héros nous déforme ; le miroir pho-\ntographique nous agrandit sans le vouloir en nous extériorisant, en\nnous recréant. On y prend sa place dans l'histoire, dans l'éternité, et\nson succès tient au légitime orgueil humain. De plus il augmente notre\nloi dans l'infinie extension des forces humaines en réalisant les exploits\ndes héros que la parole et le cartonnage indiquent seulement au\nthéâtre. Alors que les triomphes du héros de théâtre sont oratoires,\nceux du héros de cinéma sont dans la lutte contre les obstacles de la\nnature et de la civilisation. Notons le succès des films où la robuste\nAmérique s'essaie contre les brutalités voisines de ses villes. Pour le\nplus simple des spectateurs n'y a-t-il pas à se féliciter de la collabora-\ntion des forces physiques avec les morales pour le triomphe de celles-ci\net n'en rejaillit-il pas sur lui quelque chose qui diminue sa faiblesse? Le\n\n(1) Notre défense apparente d'un art réaliste ne vient pas plus de ce fait qu'il est tel,\nque notre détraction d'un art conventionnel du fait que l'épithète désigne. Seul un lecteur\nsuperficiel le comprendrait ainsi. Il s'agit ici de distinctions qui ne touchent pas à notre\nprofond désir de mensonges nouveaux dans tous les arts possibles."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "cinématographe est l'épithalame vivant du mariage de toutes les forces\nhumaines avec les autres. Cette exaltation de l'humanité ne peut déplaire\nqu'aux misanthropes, aux ennemis de la création de Dieu ; nous n'y\nvoyons que Sa Louange. La connaissance de notre grandeur et de\nnous-même augmente notre esprit comme le Créateur désire que nous\nle fassions par les moyens qu'il offre.\nLe cinématographe est réalisateur d'irréel. Le besoin de rêve se\ndistingue de celui d'irréel. La poésie répond à l'un, la musique à\nl'autre. Le ridicule des machines de la féerie qui n'échappe pas même\naux enfants empêche que le théâtre réponde à l'un, ni à l'autre : il fait\nobstacle à l'effet de l'Opéra. Le rêve est l'activité des esprits assez\nforts pour avoir celle-là et trop faibles pour en avoir une autre: les\npoètes sont rêveurs. Le besoin de certitude ou de réalité de l'irréel est\ncelui de la foi : on ne le trouve que chez de bons esprits : d'excellents\nsavants par exemple sont religieux ou musiciens : la musique est une\nréalisation complète de l'irréel par le nombre ; la religion est la certitude\nde la réalité du mystère parla révélation ou l'éducation. Peu de poètes\nont la religion de la musique et celle qu'ils ont de Dieu n'est faite que\nd'aspirations vagues. L'art du cinématographe qui crée de l'existence\navec de la lumière se rapproche de l'art du musicien et non de l'art du\npoète. La même époque qui vit le succès des musiciens vit celui du\ncinématographe ; si courte que soit la créance donnée aux impossibilités\nqu'il réalise elle suffit à créer une sensation neuve et un art nouveau :\nne laissons donc pas dire que l'art cinématographique est possible mais\nqu'il n'existe pas encore. L'immortel Chariot, par exemple, qui trans-\nforme la réalité en miracle et ne le pourrait faire que sur de larges\nsurfaces avec la collaboration de villes entières prouve à lui seul que cet\nart existe. Pour le rire ou pour la beauté, les limites naturelles aux\nforces sont effacées comme les distances, les ridicules et toutes les\nsplendeurs du monde sont rapprochés en vue d'effets puissants. L'homme\nest agrandi par cet art alors que tant d'autres tentent en vain de le\nfaire.\nL'art théâtral et le cinématographique sont différents, l'un vit de\nprestige, l'auttre de certitude ; l'un est une occupation pour les roma-\nnesques, l'autre une puissante distraction pour les esprits estimables\net une source de réflexion pour ceux qui songent à l'avenir. Nous ne\nparlons ici que du théâtre moderne ; on peut en attendre un autre.\n\nMAX JACOB"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c008", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.7", "titre_corps": "ANDRÉ DERAIN", "titre_sommaire": "ANDRÉ DERAIN", "signature_source": "ANDRÉ BRETON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "ANDRÉ DERAIN\nANDRÉ BRETON\nChante pinsons dressoirs et pots crus en poète.\nIl s'entend de patine à velouter ;\nle soir\nune fleur des genêts sa corne vous lutine\nAllons !\ntant qu'un neigeux Olympe déjeunait\nen voulut-il\nà son éclat ? Pommiers\nSongeuse\nmystique aux mains\nces langes bleus comme un glaçon,\nl'humain frémisse,\net toi ; le premier-né c'est l'ange !\nA vol d'oiseau. - Que mousse\nentre vos feuilles, toits exquis,\nla rose blanche et qui fond, de fumée !\nOù selon que mes doigts\ndébouchent à l'odeur Mai ! ce tube ou\nd'aimée\nun pantalon chiffonnent,\nm'épandre aussi verdeur à travers ?\nQu'un semblant de cornette bouffonne\n(et ta coiffe empesée)\nappelle : tout tremblant\nle ramage turquin, ma sœur, des noms en zée.\nAh ! plus ce brouillard tendre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c009", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "15", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.8", "titre_corps": "SOUVENIRS", "titre_sommaire": "SOUVENIRS", "signature_source": "PHILIPPE SOUPAULT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 365, "texte": "SOUVENIRS\n\nLa Nuit étoilée de sourires\nles paroles glissaient\nJe reconnus un mort qui fut moi\nSur la tapisserie des souvenirs se fixaient\nPluie tristesse\nQue de mots dans mes oreilles et de visages dans mes yeux\nIl y a toujours un peu de fumée au-dessus du toit\nMon cœur tremble\npourquoi n'a-t-ii pas éteint en s'en allant\nle soleil luit toujours\nMa vie me fait mal"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 258, "texte": "Une locomotive galope en traînant des wagons d'espoirs\ncoup de sifflet coup de fouet\nles vapeurs lèveraient l'ancre\nVoici le chant instantané des automobiles\nle rire des fleurs\nJe plonge dans la joie\nIl y a encore tant de gens à assassiner\n\nPHILIPPE SOUPAULT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c010", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "15", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.9", "titre_corps": "NOTES ET EXTRAITS", "titre_sommaire": "NOTES ET EXTRAITS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.14", "debut_caractere": 367, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "NOTES ET EXTRAITS\n\nDans la Caravane, Louis de Gonzague Frick présente savamment une\ndizaine de livres et Roger Allard un de trop pour qui n'aime pas les choses\nprises trop à la légère et les affirmations inexactes. Mais Monsieur Roger\nAllard nous a déjà prouvé que l'on peut, en étant très bien intentionné et fort\nmal éclairé, commettre quelques grosses erreurs, l'auteur du livre dont il\ns'occupe aussi. Ecrire n'est pas pour tout le monde le même métier et si cer-\ntains peuvent très facilement mettre leur conscience en repos, les autres ne\ndoivent pas forcément considérer que c'est là une bien grande qualité\nd'écrivain.\nOn ne peut que gagner en bonne compagnie, dit-on. Dans la même gazette\nun chroniqueur d'un autre ordre se plaint que nous soyons efficacement\nsoutenus et nous apprend que ni lui ni ses semblables n'ont le même bonheur.\nNous le regrettons vivement et aussi que quiconque puisse en prendre de\nl'humeur.\nSans doute ce qui est mal pour nous serait très bien pour eux. Mais le\nsentiment qui guide ces attaques ne fait plus l'objet d'aucun doute et nous ne\npouvons pas tenir compte des calomnies de gens qui nous intéressent si peu.\nEncore une fois il s'agit pour nous de littérature et non de pacifisme. Comme\nles deux choses n'ont rien à faire ensemble nous ne saurions nous rencontrer\nsur le même chemin. Et quand nous trouvons sous la même signature cette\nphrase : Aussi ces messieurs nous considèrent comme de vulgaires journa-\nlistes, nous tombons aussitôt d'accord ; n'y revenons donc plus, car nous ne\ncomprenons pas cet acharnement à vouloir absolument attirer notre attention.\nLa réclame que ces gens-là se font mutuellement ne leur suffit-elle pas ? Il est\npeut-être désolant, en effet, de ne pas pouvoir sortir et rayonner au delà de son\npetit cercle, mais nous n'y pouvons rien; enivrez-vous de votre propre encens et\ndonnez-nous la paix qui a l'air de vous être si chère, pacifistes batailleurs !"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.15", "debut_caractere": 260, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "Enfin plus loin :\n.....Monsieur Louis Dumur accuse notre ami H. Guilbeaux d'avoir fondé\nou d'entretenir Demain avec des fonds allemands.\nVoilà qui vous combat avec vos propres armes. Ce ne sont pas les nôtres.\nMais encore.\nDe Dada N° 2 paraissant en Suisse\n« La fétide revue Demain rédigée par un jeune traître du nom de Henri\nGuilbeaux commence à avouer, humblement il est vrai, ses mauvaises habi-\ntudes de fréquenter les eaux malpropres.\nMais pourquoi des malhonnêtetés ? Ce Monsieur n'a jamais reçu aucune\nrecommandation du directeur de notre publication (Tr. Tzara).\nLe même monsieur ignore à quel point il est détesté des vrais démocrates\nqui considèrent ses actions comme égales à celles rendues par des agents\npayés.\nM. G. injurie en outre furieusement les simultanéistes, cubistes, mais fut\ntout de même content de pouvoir s'intituler a dynamiste » dans la revue\nsimultanéiste Poème et Drame qui publia une poésie de lui a côté de celles de\nMarinetti, Apollinaire, etc. Hélas! l'Honnêteté des journalistes et la sagesse\ndes dilettanti ! »\nIl est toujours vrai que les amis de nos amis sont nos amis.\nDe Sic Pierre Albert-Birot.\nExpliquer c'est perdre son temps et sa dignité.\nExposition du « Crapouillot » 20, rue Royale (entrée libre).\n\nP. 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L'Hérésiarque et Cle,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). Le poète assassiné, 1916\n(Edition.)\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier, 7, rue deFOdéon). La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel'\nques Poèmes, Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de POdéon). Le Voleur de Talan,\nroman, 1917 (librairie Monnier).\n\nMAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912. Le siège de Jérusa-\nlem, 1911 —Le cornet h dès, 1917.\n\nPAUL DERMÉE.\nSpirales, poèmes 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c013", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.10.1", "titre_corps": "GUILLAUME APOLLINAIRE.", "titre_sommaire": "GUILLAUME APOLLINAIRE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "GUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. 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Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912. Le siège de Jérusa-\nlem, 1911 —Le cornet h dès, 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c016", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.10.4", "titre_corps": "PAUL DERMÉE.", "titre_sommaire": "PAUL DERMÉE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "debut_caractere": 855, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "PAUL DERMÉE.\nSpirales, poèmes 1917."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c017", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.11", "titre_corps": "DEPOSITAIRES", "titre_sommaire": "DEPOSITAIRES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "debut_caractere": 892, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "DEPOSITAIRES\nLibrairies : Monnier, 7, rue de l'Odéon ; Delesalle, 16, rue Monsieur-le-Prince ;\nFerreyrol, 3, rue Vavin ; Lutetia, 66, boulevard Raspail ; Crès, 115, boulevard Saint-Ger-\nmain; Weill, rue Taitbout; Boutique verte , rue Notre-Dame-de-Lorette, 34 ; Art Contempo-\nrain, 188, boulevard Saint-Germain; Belnet, 96, boulevard Montparnasse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c018", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.12", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "debut_caractere": 1443, "fin_caractere_exclue": 1536, "texte": "ARGUS DE LA PRESSE\nLes plus anciens bureaux d'extraits\nde presse\n37, rue Bergère, Paris (IXS)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c019", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.13", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "LE COURRIER DE LA PRESSE\nLIT TOUT - RENSEIGNE SUR TOUT\nCh. Demogeot, Directeur\nil, boulevard Montmartre, Paris (2e)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaw-1918-02-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaaw_1918-02_01#c020", "volume": "bmtnaaw_1918-02_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "16", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.2.14", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "debut_caractere": 1656, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "TABLEAUX DE MAITRES MODERNES\net de la jeune peinture actuelle\nObjets d'art antiques et de haute curiosité\nGALERIE PAUL GUILLAUME\n(transférée 108, faubourg St-Honoré)\nL'édition de VAlbum de Sculptures Nègres composé par Paul Guillaume et qui a\nété honoré de souscriptions de la Ville de Paris, du Ministère des Beaux-Arts, etc., est\naujourd'hui à peu près épuisée. Vu la rareté de cet ouvrage, le prix des quelques derniers\nexemplaires est porté de 50 francs à 80 francs."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.1", "texte": "REVUE LITTÉRAIRE\nN° 12 Février 1918\nUN NUMERO\nPAR MOIS\nOfr. 60\n\nPIERRE REVERDY Note\nGUILLAUME APOLLINAIRE Océan de terre\nVers le Sud\nPAUL DERMEE Deux Poèmes\nMAX JACOB Théâtre et Cinéma\nANDRÉ BRETON André Derain\nPHILIPPE SOUPAULT Souvenirs\nNOTES ET EXTRAITS"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.2", "texte": "NORD-SUD\n12, rue Cortot Paris (18e)\nvwwwwwwwv*\nPierre REVERDY, Directeur\nDEUXIÈME ANNÉE\nAbonnements pour TROIS MOIS seulement\nA PARTIR DU MOIS DE MARS\nÉdition ordinaire. . 3 fr.\nÉdition de luxe. ............ 8 fr.\nNous rappelons à nos abonnés que leur abonnement\nfinit ce mois-ci :\nEn prévision d'une transformation de la revue, nous\navons décidé de n'accepter momentanément que des\nabonnements de trois mois. Nous reviendrons aux abon-\nnements annuels dès que l'organisation du nouvel exer-\ncice sera définitive.\nLe prochain numéro contiendra deux hors-texte de\nGeorges Braque."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.3", "texte": "NOTE\n\nLes douze notes en vibrant dans le silence\net la nuit produisirent une émotion\nUne autre toute seule dans le carré du ciel\nse détacha\nLes mots rayonnaient sur la table\nD'oii vient ce sentiment\nQuelquefois l'auteur n'en a pas et son\nœuvre nous emporte\nLes mots assemblés formaient un tout plus\nvivant qu'un personnage de music-hall\nLes spectateurs tournaient autour de la\ntable en frôlant les murs"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.4", "texte": "Ils regardaient\nLe bandeau lumineux venait de derrière\net clouait la table au sol\nLa musique\nles mots\nla lumière artificielle\nEt L'Auteur avait disparu\nemportant son secret\nTous les assistants comprenaient ce qu'il\navait voulu dire\nUne émotion unique les étreignait\nBientôt ils oublièrent l'Auteur la table les\nmots et la lumière\n11 ne restait plus que l'émotion sublime\ndégagée de tout l'humanité\n\nPIERRE REVERDY"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.5", "texte": "OCÉAN DE TERRE\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nA G. de Chinco\nJ'ai bâti une maison au milieu de l'océan\nSes fenêtres sont les fleuves qui s'écoulent de mes yeux\nDes poulpes grouillent partout où se tiennent les murailles\nEntendez battre leur triple cœur et leur bec cogner aux vitres\nMaison humide\nMaison ardente\nSaison rapide\nSaison qui chante\nLes avions pondent des œufs\nAttention on va jeter l'ancre\nAttention à l'encre que l'on jette\nIl serait bon que vous vinssiez du ciel\nLe chèvrefeuille du ciel grimpe\nLes poulpes terrestres palpitent\nEt puis nous sommes tant et tant à être nos propres fossoyeurs\nPâles poulpes des vagues crayeuses\nO poulpes aux becs pâles\nAutour de la maison il y a cet océan que tu connais\nEt qui ne se repose jamais\nDécembre 1915"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.6", "texte": "VERS LE SUD\nGUILLAUME APOLLINAIRE\nZénith\nTous ces regrets\nCes jardins sans limite\nOù le crapaud module un tendre cri d'azur\nLa biche du silence éperdu passe vite\nUn rossignol meurtri par l'amour chante sur\nLe rosier de ton corps dont j'ai cueilli les roses\nNos cœurs pendent ensemble au même grenadier\nEt les fleurs de grenade en nos regards écloses\nEn tombant tour à tour ont jonché le sentier\n3 Avril 1915"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.7", "texte": "DEUX POÈMES\n\nI\nMoulin à café\nle vent au travers\nLes ailes de ton nez frémissent\nUn rythme lent\nRomance\nLe ciel tourne\nUne roue\nCes lettres sous la porte\nUne vie nouvelle\nGuerre lointaine\nEt mon verre qui fume\nUne clarté couronne l'univers"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.8", "texte": "II\nCes pommes\net la blancheur du compotier\nLa pointe du couteau a fait une blessure\nTon linge soulevé\nle sein paraît\nLa lune\nDes lèvres\nMon désir nocturne se ranime\n\nPAUL DERMÉE"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.9", "texte": "THÉATRE\nET\nCINÉMA\n\nUn cinéma annonce un film en le faisant du mariage de l'actrice\ndont on a photographié les gestes. « Cette grande artiste, dit une affiche,\nn'a pas reparu sur l'écran depuis son mariage avec un célèbre avocat\nromain. » Grande artiste! l'autorité du choix d'un avocat célèbre le\nprouve peut-être. Beauté et esprit! certes puisqu'ils lui valent un\nmariage avec des talents consacrés par la célébrité. 11 est probable\naussi que le prix du précieux travail de la dame lui permet de l'aban-\ndonner longtemps. Au fait ce bout d'annonce ne nous intéresserait\nguère s'il ne manifestait qu'on assimile le prestige de l'acteur à celui du\nfilm, la scène à l'écran, et les mœurs théâtrales aux cinématogra-\nphiques. Or l'intérêt qui s'attache à la personne scénique est perdu\ncomme elle sur l'écran et il est vain de chercher à le retrouver. Quand\nnos gloires dramatiques sont privées par la photographie de leur\nrayonnement individuel et du charme de leurs voix, qu'en reste-t-il?\nplus les acteurs ont étudié en vue de la rampe leurs gestes plus la\nfausseté gênante de ceux-ci sera soulignée par leur photographie, celle\ndes réalités prochaines, celle du voisinage des excellents employés de\nGaumont, Pathé, etc...Ces employés, les gens de théâtre ne parviendront\nà les égaler que s'ils comprennent qu'ils doivent y tendre. Il va sans se\ndire qu'on ne parle point ici des hommes d'esprit qui sont plus à leur\nplace sur l'écran précis que dans les brouillards dorés de la scène.\nL'annonce en question attirera l'attention des amateurs de théâtres\nnon ceux de cinémas. Ils ne s'identifient et ne se confondent point. Que\ndemandent-ils à leurs spectacles favoris?\nSi l'amateur des théâtres y venait chercher de la beauté, leurs\nrecettes dépendraient de celle des œuvres présentées, or l'expérience\nprouve le contraire. S'il y venait chercher le rire ou les larmes, on n'y\njouerait que les pièces qui engendrent l'émotion or la plupart n'y pré-\ntendent même pas. D'ailleurs l'amateur se réjouit de prévoir, devant un\n« billet de faveur », satisfait son goût, pour les spectacles scéniques\navant de savoir par lesquels il le sera. C'est le goût de ceux dont les\nvagues tendances artistiques n'ont pas la force de s'affirmer sans"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.10", "texte": "secours, le goût des faibles, des femmes, des adolescents, des snobs,\nde ceux qui suivent des yeux, malgré eux, un phare d'acétylène dans\nune rue noire. Les irradiations de la couleur vive, de la lumière sont\nune nourriture dont leur matière est affamée et celle des aggloméra-\ntions humaines. (Quelle déception pour eux qu'une salle vide ou une\nscène mal éclairée !) Tout ce qui constitue le théâtre le fait d'un alcool\npour cerveau faible. L'admiration est un placement de nos forces quand\nnous n'avons pas celle de les diriger utilement et tout la provoque sur\nla scène depuis les exploits d'un héros jusqu'au jeu de celui qui le\nreprésente. Ce besoin d'admiration est si puissant que les voisins d'une\ncritique amère s'ils en entendent les expressions assassineraient son\nauteur volontiers par un regard. L'amateur des théâtres défend un\nacteur favori comme un naufragé sa dernière gorgée d'eau : il endosse\nles formes de vêtements qu'il adopte, adopte les idées qu'il exprime,\nheureux de n'avoir à découvrir ni celles-ci, ni celles-là. Enfin et ceci\nnous résume en nous fortifiant : l'autorité ou don d'imposer sa faiblesse\nà des faiblesses plus grandes est très appréciée chez les élèves du\nConservatoire d'Art dramatique par leurs maîtres.\nLe prestige qui ne vit plus dans notre époque réaliste se survit au\nthéâtre. Les auteurs dramatiques empruntent à la société ce qu'elle offre\nde prestigieux pour la foule encore sur la scène : les grands malheurs\nimmérités, les supériorités intellectuelles et sociales, les vertus, les\npassions, l'énergie, la fortune, la beauté, la divinité, etc... et par le\npiédestal de la scène, par la lumière, les couleurs, les formes, la musique\nune déclamation surhumaine les acteurs ajoutent leurs efforts à ceux de\nqui les fait mouvoir en vue de l'étonnement du public, de son respect,\nde l'écrasement des individualités présentes heureuses d'être écrasées.\nL'Eglise qui a défendu les spectacles scéniques ne le ferait pas de nou-\nveau sans l'assentiment du bon sens : en vérité le recueillement des\nindividus serait la force d'une nation, le prestige théâtral, distraction\nassez puissante pour amener l'hypnose, est un colossal ennemi du recueil\"\nlement. L'amour du prestige théâtral est une endémie dont le cinéma-\ntographe est peut-être le remède. La rampe illumine les auréoles que la\nsalle obscure éteint; les cothurnes rehaussent les prestiges, la photo-\ngraphie dénonce les talons. Un roi est sur l'écran un monsieur\ndécoré ; la grande courtisane une petite fille dont les bijoux sont sans\néclat et les airs impérieux' risibles. Les valeurs intellectuelles sur\nl'écran se manifestent par des résultats visibles et se conservent comme\ntelles dans l'esprit du spectateur. L'habileté du savant qui sauve une\nnation et celle, hélas ! du bandit y sont applaudies et non l'allure noble"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.11", "texte": "des messieurs en redingote. L'étonnement que donne au cirque la\ndifficulté vaincue est sollicité au cinéma par une mise en scène péril-\nleuse : c'est peut-être le seul qu'il demande. Telle est la grande\ndifférence d'un spectacle à l'autre i la réalité si peu prestigieuse est à\nla base de l'un, une convention est originellement celle de l'autre. Dans\nles voyages nécessaires à l'établissement de la mise en scène, les luttes\nquotidiennes et pénibles avec la nature y ramènent sans cesse auteurs\net acteurs tandis que les gens de théâtre agitent par leurs travaux un\nesprit longuement et minutieusement faussé dans un milieu qui ne l'est\npas moins. Les origines de l'un, la science (1), celles de l'autre, l'ima-\ngination pèsent sur leurs destinées. Le Conservatoire enseigne aux\nfutures gloires théâtrales à imposer les passions par la mimique ; la\nvie enseigne aux employés du cinéma à la copier de leur mieux. Le\nprestige théâtral ordonne des passions artificielles à ceux qui les croient\nplus nécessaires que le calme tandis que le cinématographe satisfait le\nbesoin qu'a l'esprit humain de se connaître.\nCe besoin tient à l'amour-propre, au désir de conservation de\nl'individu, de développement de l'espèce, à ce qui est le plus humain,\ndans l'humain : l'opinion du portraitiste et son pinceau, l'agrandisse-\nment des photographies de famille le satisfont. Or le cinématographe\nrafraîchit sans cesse les sensations que notre temps nous donne de nous\nou plutôt il les crée au lieu de notre esprit paresseux. Le miroir qu'offre\nle théâtre voulant nous agrandir en héros nous déforme ; le miroir pho-\ntographique nous agrandit sans le vouloir en nous extériorisant, en\nnous recréant. On y prend sa place dans l'histoire, dans l'éternité, et\nson succès tient au légitime orgueil humain. De plus il augmente notre\nloi dans l'infinie extension des forces humaines en réalisant les exploits\ndes héros que la parole et le cartonnage indiquent seulement au\nthéâtre. Alors que les triomphes du héros de théâtre sont oratoires,\nceux du héros de cinéma sont dans la lutte contre les obstacles de la\nnature et de la civilisation. Notons le succès des films où la robuste\nAmérique s'essaie contre les brutalités voisines de ses villes. Pour le\nplus simple des spectateurs n'y a-t-il pas à se féliciter de la collabora-\ntion des forces physiques avec les morales pour le triomphe de celles-ci\net n'en rejaillit-il pas sur lui quelque chose qui diminue sa faiblesse? Le\n\n(1) Notre défense apparente d'un art réaliste ne vient pas plus de ce fait qu'il est tel,\nque notre détraction d'un art conventionnel du fait que l'épithète désigne. Seul un lecteur\nsuperficiel le comprendrait ainsi. Il s'agit ici de distinctions qui ne touchent pas à notre\nprofond désir de mensonges nouveaux dans tous les arts possibles."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.12", "texte": "cinématographe est l'épithalame vivant du mariage de toutes les forces\nhumaines avec les autres. Cette exaltation de l'humanité ne peut déplaire\nqu'aux misanthropes, aux ennemis de la création de Dieu ; nous n'y\nvoyons que Sa Louange. La connaissance de notre grandeur et de\nnous-même augmente notre esprit comme le Créateur désire que nous\nle fassions par les moyens qu'il offre.\nLe cinématographe est réalisateur d'irréel. Le besoin de rêve se\ndistingue de celui d'irréel. La poésie répond à l'un, la musique à\nl'autre. Le ridicule des machines de la féerie qui n'échappe pas même\naux enfants empêche que le théâtre réponde à l'un, ni à l'autre : il fait\nobstacle à l'effet de l'Opéra. Le rêve est l'activité des esprits assez\nforts pour avoir celle-là et trop faibles pour en avoir une autre: les\npoètes sont rêveurs. Le besoin de certitude ou de réalité de l'irréel est\ncelui de la foi : on ne le trouve que chez de bons esprits : d'excellents\nsavants par exemple sont religieux ou musiciens : la musique est une\nréalisation complète de l'irréel par le nombre ; la religion est la certitude\nde la réalité du mystère parla révélation ou l'éducation. Peu de poètes\nont la religion de la musique et celle qu'ils ont de Dieu n'est faite que\nd'aspirations vagues. L'art du cinématographe qui crée de l'existence\navec de la lumière se rapproche de l'art du musicien et non de l'art du\npoète. La même époque qui vit le succès des musiciens vit celui du\ncinématographe ; si courte que soit la créance donnée aux impossibilités\nqu'il réalise elle suffit à créer une sensation neuve et un art nouveau :\nne laissons donc pas dire que l'art cinématographique est possible mais\nqu'il n'existe pas encore. L'immortel Chariot, par exemple, qui trans-\nforme la réalité en miracle et ne le pourrait faire que sur de larges\nsurfaces avec la collaboration de villes entières prouve à lui seul que cet\nart existe. Pour le rire ou pour la beauté, les limites naturelles aux\nforces sont effacées comme les distances, les ridicules et toutes les\nsplendeurs du monde sont rapprochés en vue d'effets puissants. L'homme\nest agrandi par cet art alors que tant d'autres tentent en vain de le\nfaire.\nL'art théâtral et le cinématographique sont différents, l'un vit de\nprestige, l'auttre de certitude ; l'un est une occupation pour les roma-\nnesques, l'autre une puissante distraction pour les esprits estimables\net une source de réflexion pour ceux qui songent à l'avenir. Nous ne\nparlons ici que du théâtre moderne ; on peut en attendre un autre.\n\nMAX JACOB"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.13", "texte": "ANDRÉ DERAIN\nANDRÉ BRETON\nChante pinsons dressoirs et pots crus en poète.\nIl s'entend de patine à velouter ;\nle soir\nune fleur des genêts sa corne vous lutine\nAllons !\ntant qu'un neigeux Olympe déjeunait\nen voulut-il\nà son éclat ? Pommiers\nSongeuse\nmystique aux mains\nces langes bleus comme un glaçon,\nl'humain frémisse,\net toi ; le premier-né c'est l'ange !\nA vol d'oiseau. - Que mousse\nentre vos feuilles, toits exquis,\nla rose blanche et qui fond, de fumée !\nOù selon que mes doigts\ndébouchent à l'odeur Mai ! ce tube ou\nd'aimée\nun pantalon chiffonnent,\nm'épandre aussi verdeur à travers ?\nQu'un semblant de cornette bouffonne\n(et ta coiffe empesée)\nappelle : tout tremblant\nle ramage turquin, ma sœur, des noms en zée.\nAh ! plus ce brouillard tendre."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.14", "texte": "SOUVENIRS\n\nLa Nuit étoilée de sourires\nles paroles glissaient\nJe reconnus un mort qui fut moi\nSur la tapisserie des souvenirs se fixaient\nPluie tristesse\nQue de mots dans mes oreilles et de visages dans mes yeux\nIl y a toujours un peu de fumée au-dessus du toit\nMon cœur tremble\npourquoi n'a-t-ii pas éteint en s'en allant\nle soleil luit toujours\nMa vie me fait mal\n\nNOTES ET EXTRAITS\n\nDans la Caravane, Louis de Gonzague Frick présente savamment une\ndizaine de livres et Roger Allard un de trop pour qui n'aime pas les choses\nprises trop à la légère et les affirmations inexactes. Mais Monsieur Roger\nAllard nous a déjà prouvé que l'on peut, en étant très bien intentionné et fort\nmal éclairé, commettre quelques grosses erreurs, l'auteur du livre dont il\ns'occupe aussi. Ecrire n'est pas pour tout le monde le même métier et si cer-\ntains peuvent très facilement mettre leur conscience en repos, les autres ne\ndoivent pas forcément considérer que c'est là une bien grande qualité\nd'écrivain.\nOn ne peut que gagner en bonne compagnie, dit-on. Dans la même gazette\nun chroniqueur d'un autre ordre se plaint que nous soyons efficacement\nsoutenus et nous apprend que ni lui ni ses semblables n'ont le même bonheur.\nNous le regrettons vivement et aussi que quiconque puisse en prendre de\nl'humeur.\nSans doute ce qui est mal pour nous serait très bien pour eux. Mais le\nsentiment qui guide ces attaques ne fait plus l'objet d'aucun doute et nous ne\npouvons pas tenir compte des calomnies de gens qui nous intéressent si peu.\nEncore une fois il s'agit pour nous de littérature et non de pacifisme. Comme\nles deux choses n'ont rien à faire ensemble nous ne saurions nous rencontrer\nsur le même chemin. Et quand nous trouvons sous la même signature cette\nphrase : Aussi ces messieurs nous considèrent comme de vulgaires journa-\nlistes, nous tombons aussitôt d'accord ; n'y revenons donc plus, car nous ne\ncomprenons pas cet acharnement à vouloir absolument attirer notre attention.\nLa réclame que ces gens-là se font mutuellement ne leur suffit-elle pas ? Il est\npeut-être désolant, en effet, de ne pas pouvoir sortir et rayonner au delà de son\npetit cercle, mais nous n'y pouvons rien; enivrez-vous de votre propre encens et\ndonnez-nous la paix qui a l'air de vous être si chère, pacifistes batailleurs !"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.15", "texte": "Une locomotive galope en traînant des wagons d'espoirs\ncoup de sifflet coup de fouet\nles vapeurs lèveraient l'ancre\nVoici le chant instantané des automobiles\nle rire des fleurs\nJe plonge dans la joie\nIl y a encore tant de gens à assassiner\n\nPHILIPPE SOUPAULT\n\nEnfin plus loin :\n.....Monsieur Louis Dumur accuse notre ami H. Guilbeaux d'avoir fondé\nou d'entretenir Demain avec des fonds allemands.\nVoilà qui vous combat avec vos propres armes. Ce ne sont pas les nôtres.\nMais encore.\nDe Dada N° 2 paraissant en Suisse\n« La fétide revue Demain rédigée par un jeune traître du nom de Henri\nGuilbeaux commence à avouer, humblement il est vrai, ses mauvaises habi-\ntudes de fréquenter les eaux malpropres.\nMais pourquoi des malhonnêtetés ? Ce Monsieur n'a jamais reçu aucune\nrecommandation du directeur de notre publication (Tr. Tzara).\nLe même monsieur ignore à quel point il est détesté des vrais démocrates\nqui considèrent ses actions comme égales à celles rendues par des agents\npayés.\nM. G. injurie en outre furieusement les simultanéistes, cubistes, mais fut\ntout de même content de pouvoir s'intituler a dynamiste » dans la revue\nsimultanéiste Poème et Drame qui publia une poésie de lui a côté de celles de\nMarinetti, Apollinaire, etc. Hélas! l'Honnêteté des journalistes et la sagesse\ndes dilettanti ! »\nIl est toujours vrai que les amis de nos amis sont nos amis.\nDe Sic Pierre Albert-Birot.\nExpliquer c'est perdre son temps et sa dignité.\nExposition du « Crapouillot » 20, rue Royale (entrée libre).\n\nP. R.\n\nIL RESTE QUELQUES RARES COLLECTIONS COMPLÈTES\nLes 12 numéros . 20 fr.\nLa collection sans le n° 1 10 fr.\nToute demande de spécimen doit être accompagnée de 50 centimes en timbres poste."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaw191802-01.1.16", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nGUILLAUME APOLLINAIRE.\nL'enchanteur pourrissant, luxe, 1909, bois\nd'André Derain. L'Hérésiarque et Cle,\nnouvelles, in-18, 1910 P. V. Stock). Le\nBestiaire ou Cortège d'Orphée, in-4°, luxe,\n1911, bois de R. Duffy Deplanche).— Médi-\ntations esthétiques, les peintres cubistes,\nin-4, 1912 (Figuière). Alcools, poèmes,\n1913 (Mercure). Le poète assassiné, 1916\n(Edition.)\n\nPIERRE REVERDY.\nPoèmes en Prose. Edition de luxe 1915 (li-\nbrairie Monnier, 7, rue deFOdéon). La Lu-\ncarne Ovale (Poèmes), 1916, épuisé. Quel'\nques Poèmes, Plaquette (librairie Monnier,\n7, rue de POdéon). Le Voleur de Talan,\nroman, 1917 (librairie Monnier).\n\nMAX JACOB.\nLa Côte. Recueil de chants celtiques, 1911.\nSaint Matorel, roman, 1910.—Les Œuvres\nmystiques et burlesques de frère Matorel,\nmort au couvent, 1912. Le siège de Jérusa-\nlem, 1911 —Le cornet h dès, 1917.\n\nPAUL DERMÉE.\nSpirales, poèmes 1917.\n\nDEPOSITAIRES\nLibrairies : Monnier, 7, rue de l'Odéon ; Delesalle, 16, rue Monsieur-le-Prince ;\nFerreyrol, 3, rue Vavin ; Lutetia, 66, boulevard Raspail ; Crès, 115, boulevard Saint-Ger-\nmain; Weill, rue Taitbout; Boutique verte , rue Notre-Dame-de-Lorette, 34 ; Art Contempo-\nrain, 188, boulevard Saint-Germain; Belnet, 96, boulevard Montparnasse.\n\nAdresser tout ce qui concerne la Revue à\nPierre REVERDY, Directeur, 12, Rue Cortot, Paris 18e)\nLes manuscrits ne sont pas rendus.\nDirêtieup Gérant : PIERRE REVERDY. Paris. Imp. LEVE, ra® de R®nnw, 71.\n\nARGUS DE LA PRESSE\nLes plus anciens bureaux d'extraits\nde presse\n37, rue Bergère, Paris (IXS)\n\nLE COURRIER DE LA PRESSE\nLIT TOUT - RENSEIGNE SUR TOUT\nCh. Demogeot, Directeur\nil, boulevard Montmartre, Paris (2e).\n\nTABLEAUX DE MAITRES MODERNES\net de la jeune peinture actuelle\nObjets d'art antiques et de haute curiosité\nGALERIE PAUL GUILLAUME\n(transférée 108, faubourg St-Honoré)\nL'édition de VAlbum de Sculptures Nègres composé par Paul Guillaume et qui a\nété honoré de souscriptions de la Ville de Paris, du Ministère des Beaux-Arts, etc., est\naujourd'hui à peu près épuisée. Vu la rareté de cet ouvrage, le prix des quelques derniers\nexemplaires est porté de 50 francs à 80 francs."}]}