{"numero_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_sha256": "034532c752f6a5c6be2b15858e7ca88a8b831f353d7ef5ea60389ad870a7857b", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaz/issues/1916/08_01/bmtnaaz_1916-08_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaz/issues/1916/08_01/bmtnaaz_1916-08_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c002", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "3", "image_debut": 2, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.2", "titre_corps": "LES TENDANCES NOUVELLES : Interview avec Guillaume Apollinaire", "titre_sommaire": "LES TENDANCES NOUVELLES : Interview avec Guillaume Apollinaire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "LES TENDANCES NOUVELLES\nInterview avec Guillaume Apollinaire\nOn dit que cet hiver, malgré eux, malgré tout, la vie des lettres et des arts va re-\ntrouver presque toute son activité. On nous annonce plusieurs expositions, on nous\nannonce plusieurs livres. Guillaume Apollinaire, le premier, comme toujours, se lève.\n11 publie «Le poète assassiné » 1 volume à 3.50, que vous trouverez chez tous les\nlibraires ; un livre de poèmes va suivre. Nous lirons tout cela, bien entendu ; mais\ndès aujourd'hui j'ai voulu recueillir pour les lecteurs de SIC ses idées générales sur\nl'état actuel du mouvement littéraire d'avant-garde, le considérant comme le poète\nqualifié pour parler de ces choses difficiles. J'ajoute que le trouvant blessé, il ne m'a\npas toujours parlé avec l'abondance que j'aurais voulue. Mais ce qu'il m'en a dit\nsuffit du moins pour nous permettre tous les espoirs.\nOù en sommes-nous?\nLa guerre qui a retrempé les caractères a sans doute retrempé et renouvelé les talents.\nElle a déjà produit quelques livres de soldats pleins d'une mâle simplicité et d'idées\nneuves, ceux de ma génération doivent en être satisfaits, car nous n'avons tendu qu'à\ncela, poètes, prosateurs et peintres: exprimer avec simplicité des idées neuves et humaines,\ncréer un humanisme nouveau qui fondé sur la connaissance du passé accordât\nles lettres et les arts avec les progrès que l'on remarque dans les sciences et les\nmoyens nouveaux que l'Homme a àsa disposition. La guerre a montré la nécessité\nde ne pas s'attarder. Le présent doit être le fruit de la connaissance du passé et la\nvision de l'avenir.\nPensez-voup que la guerre doive modifier les mouvements d'avant garde et dans quel\nsens ?\nOui la guerre doit modifier ces mouvements et les aiguiller vers plus de perfection.\nDe la connaissance du passé il naît la raison, de la vision de l'avenir surgit l'audace\net la prévoyance. On ne fera plus de littérature désintéressée. Car en examinant le\npassé on trouvera des exemples, en créant l'avenir on pensera à léguer des forces à\nceux qui sont à naître.\nPensez-vous que la guerre elle-même puisse inspirer des œuvres dignes d'intérêt?\nCertes et il faut le souhaiter. Il ne faudrait pas qu'une leçon aussi violente fût perdue.\nQuoi de plus beau du reste que de chanter les héros et la grandeur de la patrie. Quoi\nde plus beau que d'inspirer de nobles sentiments aux générations à venir, quoi de\nplus noble qu'en rappelant les expériences de la guerre forcer les gouvernants à ne\njamais oublier que nous devons être forts si nous voulons exercer librement les arts\nde la paix et nous élever dans ces arts."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "Pressentez-vous une période épique ou lyrique?\nLyrique ? sans aucun doute ! épique ? cela dépend du souffle des poètes. Mais il est\naujourd'hui un art d'où peut naître une sorte de sentiment épique par l'amour\ndu lyrisme du poète et la vérité dramatique des situations, c'est le cinématographe.\nL'épopée véritable étant celle que l'on récitait au peuple assemblé et rien n'est plus\nprès du peuple que le cinéma. Celui qui projette un film joue aujourd'hui le rôle du\njongleur d'autrefois. Le poète épique s'exprimera au moyen du cinéma, et dans une\nbelle épopée où se rejoindront tous les arts, le musicien jouera aussi son rôle pour\naccompagner les phrases lyriques du récitant.\nEt le théâtre?\nQuestion trop compliquée peut-être. Le théâtre de chambre ou de scène aura moins\nd'importance qu'autrefois. Peut-être qu'un théâtre de cirque naîtra plus violent ou\nplus burlesque, plus simple aussi que l'autre. Mais le grand théâtre qui produit une\ndramaturgie totale c'est sans aucun doute le cinéma. Cette opinion n'est pas seulement la\nmienne au demeurant et Léon Daudet l4a déjà développée maintes fois et excellemment.\nAllons-nous vers un art complexe ou\nsimple ?\nJe vous ai parlé de simplicité tout à\nl'heure, simplicité d'expression s'entend,\npour atteindre à une plus grande per-\nfection. Mais pour ce qui est de la\ncomplexité elle sera en rapport avec la\nrichesse intérieure du poète ou de l'ar-\ntiste. Mais rien à mon sens ne fera\nabandonner ce que l'on a acquis dans\nce domaine où la jeune littérature et la\njeune peinture ont déjà poussé bien loin\nleurs explorations.\nVous sentez-vous vous-même porté vers\nune orientation nouvelle?\nQu'importe ? Et vous pouvez en juger\nd'ailleurs par mes réponses précédentes.\nMais l'esprit souffle où il veut. Et je\nm'efforcerai de faire toujours de mon\nmieux.\nTandis qu'Apollinaire répondait à mes questions ses yeux regardaient distraitement par la fenêtre et sa main grif-\nonnait : il m'a paru amusant de donner ce dessin à coté des pensées nées en même temps que lui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c004", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.3", "titre_corps": "La MODISTE", "titre_sommaire": "La MODISTE", "signature_source": "GINO SEVERINI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 60, "texte": "Le premier bois de GINO SEVERINI\n(Septembre 1916)\nLA MODISTE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c005", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "5", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.4", "titre_corps": "Pour Monsieur X.", "titre_sommaire": "Pour Monsieur X.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "Pour Monsieur X.\nEtre fort ce n'est pas avoir juste ce qu'il faut, mais plus qu'il ne faut.\nLa richesse ne commence qu'au superflu.\nVous, esprits petit angle, qui ne voulez que ceux qui détruisent, vous\naurez à remercier un jour, ceux qui, malgré vous, construisent.\nL'Histoire leur rendra hommage—pensée à laquelle ils sont plus sensibles,\nvous n'en doutez pas, qu'à vos pauvres sarcasmes et elle s'émer-\nveillera voyant que durant cette formidable convulsion de l'ancien\ncontinent, la France qui porte une si grosse part de la masse germa-\nnique, ait pu être assez souple et assez nerveuse pour dire à ses commer-\nçants, à ses industriels, à ses savants, à ses artistes : continuez.\nEt les gallilogues des lointains futurs qui, déchiffrant les civilisations\nquaternaires, découvriront qu'en l'an 1916, alors que les allemands étaient\nà Noyon, il y avait à Paris des savants qui faisaient des recherches sur\nl'embryogénie de l'huître, des couturiers qui lançaient des modes nou-\nvelles, des soldats qui disputaient un match de football, des poètes,\ndes musiciens, des peintres qui s'adonnaient posément aux problèmes\nde l'art, des enthousiastes pour fonder des revues SIC et une foule\nde lecteurs pour les lire, s'écrieront : « Vraiment, ils étaient admirables,\nces Français ! »\nQuelques Epreuves de luxe, TIRAGES TRES LIMITE, des dessins parus dans SIC sont en rente\nà la Revtoe et à la Galerie Marseille, rue de Seine, lé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c006", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "7", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.5", "titre_corps": "LE RATÉ : POEME A DEUX VOIX", "titre_sommaire": "LE RATÉ : POEME A DEUX VOIX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "LE RATÉ\nPOEME A DEUX VOIX\nI\"vo,x Mesure lente arabesque grise\ntemps similaires\nlac mauve chronomètre extra-plat\ncuivre zinc étain PLOMB\n2mm Irrésistiblemouvementenformedeforceclaire\n( àl'assautdespuissancesnoires\nm voix ( Mesure lente arabesque grise lac mauve\nT\nEpanouissementdeclartémâlegénératrice\n\\\n( desmondeslyriques\n(Arabesque grise"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "Rutilementcolorédespulsations\n( vitales\n( Arabesque grise\nHarmoniesimprévuesdes\n( dissonnancesdutemps\n(Mesure lente chronomètre extra-plat\nSoulèvementsrythmiquesdes\n( complexitéssonores\n(Cuivre zinc étain PLOMB\nVertigecélestialdesimmensitésspatiales\nAmour délice et orgue tic-tac, tic-tac, tic-tac\nSeptembre 1916."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c008", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.6", "titre_corps": "A PROPOS D'UN THÉÂTRE NUNIQUE", "titre_sommaire": "A PROPOS D'UN THÉÂTRE NUNIQUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "A PROPOS D'UN THÉÂTRE NUHIQUE\nLe théâtre intime, le théâtre de mœurs, le théâtre psychologique, est un théâtre mort;\nil n'a pas plus de rapports avec notre mentalité, pas plus de vie qu'un portrait de\nBonnat.\nDans le temps où la science met le monde entier dans la main de chaque homme les\nesprits ne peuvent pas moins faire que d'élargir leur amplitude et leur ambition : au-\njourd'hui plus que jamais l'homme, et surtout l'artiste doit dire : nihil humanum...\nLe monde entier est son atelier, le monde entier est son cabinet de travail, le monde\nentier est son modèle et il ne peut avoir que des aspirations à ce que l'on pourrait\nappeler le mondialisme ou l'universalisme.\nLes peintres sont entrés délibérément dans cette voie, les poètes aussi, le théâtre\nnécessairement va suivre.\nPremier point, naturellement suppression des trois unités.\nL'action principale n'aura pour ainsi dire pas plus d'importance que les autres actions\nou fragments d'actions qui la compénètreront ; on ne reculera devant aucun contraste,\naucune diversité, aucun inattendu, acrobaties, chants, pitreries, tragédie, comédie,\nbouffonnerie, projections cinématographiques, pantomimes, le théâtre nunique doit être\nun grand tout simultané, contenant tous les moyens et toutes les émotions capables de\ncommuniquer une vie intense et enivrante aux spectateurs. Pour ajouter encore à\ncette intensité les multiples actions se dérouleront sur la scène et dans la salle. Pour\natteindre à un réalisme plus profond on dédoublera certains des personnages de manière\nà montrer les actes et les pensées, si souvent en contradiction.\nN'ayant ni unité de lieu, ni unité de temps, c'est-à-dire devant avoir simultanément\ndes scènes à Paris, à New-York, à Tokio, dans une maison, sur mer, sous terre,\ndans les airs, aux temps préhistoriques, au moyen-âge, en 1916, en l'an 2000, il ne\npeut être question de décor : la lumière seule doit être la peinture de ce théâtre.\nTout une palette de projections colorées créera l'ambiance. Quelques objets constitueront\nles représentations indispensables, ainsi que des projections de pays, de monuments,\nd'inscriptions.\nTant qu'au théâtre (immeuble) ce ne peut être qu'un cirque dont le public occupera\nle centre tandis que sur une plateforme périphérique tournante se déroulera la majorité\ndu spectacle relié encore au public par des acteurs parsemés dans son enceinte."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c009", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.7", "titre_corps": "XXV", "titre_sommaire": "XXV", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.8", "debut_caractere": 2373, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "XXV\nChercher c'est vivre, trouver c'est mourir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c010", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.8", "titre_corps": "Deformazione lirica", "titre_sommaire": "Deformazione lirica", "signature_source": "F. Balilla Pratella", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 46, "texte": "Un manuscrit du compositeur futuriste PRATELLA"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c011", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.9", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "Pierre ALBERT-BIROT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 391, "texte": "Pierre ALBERT-BIROT.\nL'anonymat de presque toutes les pages de SIC a surpris quelques lecteurs,\nj'avais crû inutile de répéter aussi souvent mon nom; mais pour satisfaire à la très\naimable curiosité des lecteurs, et aussi pour qu'on ne se méprenne pas sur le mobile de\ncet anonymat, je crois préférable de faire connaître que tout texte ou dessin non signé\ndoit être considéré comme étant de"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c012", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.10", "titre_corps": "ESPOIR EN GUILLAUME APOLLINAIRE", "titre_sommaire": "ESPOIR EN GUILLAUME APOLLINAIRE", "signature_source": "René Berthier", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.10", "debut_caractere": 393, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "ESPOIR EN GUILLAUME APOLLINAIRE\nRené Berthier\nMaréchal des logis d'artillerie sur le front\nDu fond de l'abri misérable, je veux vous dire à vous notre espoir, notre espoir fiévreux encore et\nbrillant de tracer une nouvelle voie, et beaucoup de voies nouvelles convergentes et anastomosées, en\ntravers des voies de jadis que les tirs de pilonnage ont détruites. Qui nous sauvera des moules fastidieux?\nMaison a fondu les moules pour couler les howitzers. À présent nous espérons en Guillaume Apollinaire\npour ce qu'il nous donna. Son âme n'est pas une grille en fer forgé froide et de vil siècle. Il sait les\nprincipes des choses, les protoatomes de la pensée. Toute sa poésie nous incite. Ecoutons. Il ne vient\npas avec un style,avec des règles nouvelles et un compas impudent. line cligne point des yeux en montrant\ns poids de cuivre brillants et disant: « Voici les vraies mesures et les vrais poids. » Mais il a simple-\nment la poitiine large pour respirer le grand midi profond, tout le soleil, et goûter toute la vie.\nEn lisant ses poèmes nous sentons les assemblages mystérieux des pensées, les inflexions inconcevables\ndes pensées, et l'ossature des pensées, leur schéma, la forme de Psyché. Stupeur! Elle n'est pas une\nnébuleuse tourbillonnante et diffuse, la divine forme de Psyché! Elle est en toutes choses amies qui nous\nentourent, subtilement la même dans l'incommensurable beauté de toute vie. Je songe aux idéogrammes\npar quoi il brisa la dernière fable des vieilles Ecoles. Le choc initial que ressent le poète devant un\nvisage la création, le voici intact II n'est plus dilué, déformé par transvasements successifs. Il a gardé\nla même structure spatiale, la même vie profonde. Allons-nous, les survivants, reconstituer dans un monde\nmoderne où l'on ne se permet plus de préjugés, avec tous les déchets du passé, une nouvelle tyrannie de\nfaux style et de faux goût?\n«Être simple» me persuadait-il, semblable à Dionysos, dans la gloire de la Champagne incandescente.\nLes échos de son conseil se répercutent encore en moi. Avant de chercher le complexe, il faut reprendre\ntes éléments, et si bas que seul l'homme primitif les connut, peut-être, sans savoir les décrire. Il faut\nécouter chanter les richesses fortes de l'âme et nous saisirons toute la vie, tout le complexe,\nsans adultération, sans travestissement. Et nous aurons de plus grands émois, et plus subtils, à regarder\nla vie au visage qu'à contempler les nébuleuses."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c013", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.11", "titre_corps": "UN PAYSAGE DANS UNE ASSIETTE", "titre_sommaire": "UN PAYSAGE DANS UNE ASSIETTE", "signature_source": "LUCIANO FOLGORE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "UN POÈME\nPAYSAGE DANS UNE ASSIETTE\nLUCIANO FOLGORE\nFUTURISTE\nAssiette en porcelaine très blanche avec un paysage de\nfruits frais Une écorce de mandarine : ensemble\nparfumé d'un soleil du midi Deux poires jaunes\nen motte la pomme rouge quelques gouttes\nd'eau le couteau formant un petit pont odeur\nde campagne qui monte délicatement Mon père\nmangeait avec avidité les prunes Mes\nhivers s'adoucissaient par les oranges Croisement\nde souvenirs entre ces fruits qui s'allongent avec\ndes reflets colorés dans l'enfance de ma mémoire\nTiédeur Primitivisme Jouets fabriqués avec\ndes teintes présentes et impressions lointaines"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c015", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.12", "titre_corps": "XXVI", "titre_sommaire": "XXVI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.11", "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "XXVI\nUne œuvre d'art doit être composée comme\nune machine de précision."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c016", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.13", "titre_corps": "FRANÇAIS!", "titre_sommaire": "FRANÇAIS!", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "FRANÇAIS!\nLA PREMIÈRE PLACE EST A PRENDRE\nPRENONS LA.\nSsprà> laguerre il faut yu Ja/i dlâeparle manele :\nOU fait-on le commerce le plus intense?\nEN FRANCE\nOù sont les plus puissantes usines?\nEN FRANCE\nOù fait-on les machines les plus perfectionnées?\nEN FRANCE\n.• - .. .. A ~ - ;\nOù sont le mieux accueillis tous les inventeurs?\nEN FRANCE\nOÙ SONT LES CRÉATEURS?\nEN FRANCE\nOù est la Vie?\nEN FRANCE\nPour cela que faut-il?\nfIIJVIER L'IDÉE NEUVE\nmmÊÊÊÊiÊÊmÊÊÊÊHÊÊBmmmmmmm ■HMMHHHHHKBSM ■MHHHHMI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c017", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "15", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.14", "titre_corps": "BOCCIONI", "titre_sommaire": "BOCCIONI", "signature_source": "Gino Severini", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "BOCCIONI\n\nJ'ai appris par les journaux la nouvelle anonyme de la mort du peintre Boccioni,\nmon ami, mon frère. Il a trouvé une mort soudaine et tragique en tombant de che-\nval à deux pas du front italien, où son régiment d'artillerie était momentanément\ncantonné. Seul, parmi nos anciens camarades de lutte, le peintre Carra m'a confirmé\nla triste nouvelle à laquelle je ne voulais pas croire.\nLa disparition de cet être fort et sympathique laissera un profond sillon de regrets\npartout où on avait pu apprécier sa haute valeur.\nIl était estimé et aimé ici, dans nos milieux «d'avant-garde» où la nouvelle de sa\nmort a produit une douloureuse impression, mais son activité infatigable et son\nexemple feront longtemps défaut surtout dans la vie artistique d'ltalie, où son action\ns'était de préférence exercée dans toute sa plénitude.\nIl est bien difficile de définir en peu de mots son œuvre vaste et variée, aussi n'est\nce pas mon intention, n'ayant pas actuellement la possibilité de le faire. Le seul but\nque je puisse me proposer est celui de fixer les traits généraux de sa personnalité\ndans sa vitalité complexe et moderne, et de rattacher cette vitalité à son art qui en\nétait l'expression sincère et forte.\nPour lui, comme pour tous les vrais artistes qui ne se soucient pas d'atteindre le réel\napparent, la réalité était l'expression vivante de ce qui ne tombe pas sous l'action vi-\nsuelle. La souplesse de sa fine intelligence lui permettait de vivre prismatiquement et\nde réaliser plusieurs formes d'expression. Il était surtout peintre et sculpteur, mais\nil savait, ainsi que les grands critiques ou les poètes, ramener à une thèse unique,\nparfois discutable, tous les éléments d'ordre universel et indiscutable de sa vaste culture.\nNous avions commencé ensemble, dans les conditions les plus dures, le difficile che-\nmin de la vie libre et de l'art; jusqu'à 30 ans nous y avons progressé sans nous quit-\nter, en partageant nos enthousiasmes, nos espoirs et nos peines ; après on s'est séparé,\nmais comme se séparent deux branches d'un seul arbre. Car notre foi indestructible\net enthousiaste dans la vie nous réunissait toujours dans une communauté de sentiments\net d'expression artistique.\nEt il était lui-même une des plus parfaites manifestations de vitalité; ardent dans la\ndiscussion qu'il poussait toujours jusqu'aux extrêmes limites de la logique, enthou-\nsiaste pour l'idée neuve qui élargit les horizons, désintéressé et noble, toujours prêt à\nla plus grande bonté malgré une brusquerie apparente, il constituait vraiment un\nmagnifique spécimen d'humanité. D'un caractère expansif et loquace il aimait confier"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "à Tarni tous les sentiments et les impressions de sa fine psychologie. J'ai lu quelque\npart que seulement les «forts» peuvent se permettre d'avouer leurs faiblesses et leurs\ndéfauts ; et en effet il se le permettait souvent sans en être diminué. Il avait de la\nvie une conception ni exagérément optimiste, ni sombrement pessimiste: il la voyait\net Faimait telle qu'elle est: une source inépuisable de vérités différentes; avec une\ntendance à tout envelopper, les événements heureux et les malheureux, les hommes\net tout ce qui vit, dans une franche gaîté, parfois nuancée d'un peu d'amertume. Car,\ncomme tous les êtres trop sensibles, il a eu en ce monde sa large part de souffrance...\nMais combien de fois nous avons ri aux larmes de nos misères ou de celles de nos\namis, présentées par Boccioni sous des aspects comiques irrésistibles...\nSon goût cultivé, et son esprit toujours pétillant, même un peu et finement ironique,\nfaisaient de lui un compagnon vraiment agréable et intéressant. Nous avons passé\nbien des nuits à causer ou à discuter, de café en café, à Rome, à Milan, à Paris...\nLorsqu'il venait me trouver ici il m'apportait, avec la dernière évolution de sa per-\nsonnalité, les chansons d'ltalie qu'il aimait comme une émanation directe de la vie du\npeuple. Il me les fourrait dans la tête à force de les siffler et les fredonner d'une\nvoix juste et colorée. Par contre il remportait d'ici, avec l'impression profonde des au-\ndaces artistiques, un peu de l'athmosphère parisienne avec les chansons des boulevards\nqu'il apprenait très vite dans leur caractère typique. Une nuit nous avons payé d'in-\nnombrables petits cafés à une grue du boulevard de Glichy, pour qu'elle nous chante\net rechante, au coin d'une impasse: «Ah! l'amour c'est une belle chose...», dont Boc-\ncioni était emballé... Et la série des souvenirs et des anecdotes qui le font revivre\ndans les différents milieux où il transporta son existence, serait interminable si je\npouvais m'y abandonner. Mais mon but était de donner une idée synthétique de sa\nvaleur totale. Je tiens à conclure, quant à son œuvre artistique, qu'elle mérite une belle\nplace parmi les «réalisations» de Fart moderne. Cette œuvre constitue quelque chose\nde plus que des recherches ou des promesses pour le «lendemain» ; selon moi c'est\nune valeur «d'aujourd'hui» en dehors de ce qui aurait été au lendemain si la fatalité\nn'avait pas brisé cet effort qu'il faut regarder avec respect. Car la valeur «qualitative»\nde Boccioni, s'exprime avec force dans l'ensemble de son art le plus souvent indépen-\ndant des systèmes auquels il donna un peu trop son appui. Je tiens à affirmer que\ncet art vaut mieux que tous les systèmes, et que son génie plastique a trouvé le moyen\nde s'affirmer en dehors de toute école ou tendance.\nÀ cet hommage sincère rendu à sa valeur il est inutile d'ajouter les regrets de l'ami\ndont la profonde douleur ne peut intéresser: je perds l'affection sûre d'un frère char-\nmant; tous ceux qui nous ont connus ensemble ou qui Font connu, me comprendront...\n\nGino Severini."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c018", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "14", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.15", "titre_corps": "BOCCIONI", "titre_sommaire": "BOCCIONI", "signature_source": "G. 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C'est aussi faux qu'un homme promenant dans Paris son peplum et ses sandales.\nUn costume spécial et une attitude ne suffisent pas pour mettre un homme au dessus\ndes autres, mais cela peut suffire pour le mettre au dessous.\nNe pas «expliquer» est évidemment un moyen pour éliminer, mais cette élimination\nn'est qu'apparente, car la seule valable, la seule sur laquelle il faille compter est due\nà la réelle valeur morale.\nQu'un chimiste ait le désir de garder le secret de ses formules, on le conçoit, car\nposséder les formules c'est le pouvoir de réaliser ce qu'il réalise, mais qu'un\nartiste révèle clairement la nouvelle esthétique à laquelle il obéit, je ne vois pas\nque cela suffise à'mettre le premier imbécile venu en état de faire l'œuvre qu'il fait.\nOn ne doit pas avoir peur de toutes les conséquences de l'inévitable démocratie enva-\nhissante, de toutes les vulgarisations; les être supérieurs sont rares et ceux-là seuls\nmonteront toujours plus haut que les autres; c'est la vraie supériorité, après toutes\nconnaissances acquises, qui constitue l'élite, seule aristocratie éternelle.\nEt d'ailleurs on peut tout dire, il reste toujours de l'incompréhensible, une œuvre\nbelle est une force dominatrice qui dépasse les «explications» et plus on la comprend\nplus elle est mystérieuse et plus elle domine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c023", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "18", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.19", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.18", "debut_caractere": 2536, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "Du 15 au 21 Octobre chez Paul Guillaume, 16 Avenue de Villiers\nEXPOSITION ANDRÉ DERAIN"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c024", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "22", "image_debut": 19, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.20", "titre_corps": "AUTOUR DU MONDE", "titre_sommaire": "AUTOUR DU MONDE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "DIALOGUE NUNIQUE\nZ et A\nAUTOUR DU MONDE\nA. .. .mais il n'en est pas moins vrai que je ne comprends toujours rien à ces\npeintres qne vous nommez « cubistes ».\nZ. C'est pourtant bien simple.\nA. Oui, seulement on ne sait même pas comment il faut les regarder, on voit des\nquantités de parties de quelque chose, on ne peut pas en trouver une entière.\nZ. —Au contraire, dans ces tableaux seulement se trouve une chose\nentière, tandis qu'il n'y en a qu'un morceau dans tous ceux qu'on a peints\njusqu'ici. Voulez-vous me dire ce que vous voyez là, sur la table, dans cette\ncoupe à fruits ?\nA. Mais ce sont des noix vertes.\nZ. Bien. Oubliez pour un instant vos connaissances acquises et nous allons dire:\nune noix c'est une forme vaguement ronde et verte. Trouvez-vous cela suffisant ?\nA. Non, vraiment, je crois qu'une noix n'est pas qu'une forme ronde et verte.\nZ. Alors comment allons-nous faire pour savoir ce qu'elle est encore?\nA. Ma foi, je ne sais pas, regarder dedans.\nZ. C'est aussi mon avis. Je l'écale. Et voici que maintenant la noix est une forme\nbeaucoup plus caractérisée et d'une couleur jaune. Cherchons encore. Je la\ncasse. Voici qu'une noix est une forme quasi circonvolutive bien différente des\ndeux premières et d'un autre jaune que celui de la coque. Je mords dedans.\nVoici qu'elle est presque blanche. Et considérons que la première forme (écale)\nest une matière assez molle qui se déchire et a teinté nos doigts en marron\nfoncé; que la seconde (coque) est une matière très dure, striée, lisse et cas-\nsante ; que la troisième est une matière fine et huileuse : et nous pouvons dire\nmaintenant que nous savons à peu près ce qu'es* une noix.\nA. Mais ce sont des observations de naturaliste que nous faisons là, je ne vois pas\ntrès bien le lien..."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2049, "texte": "Z. Nous avons fait de l'analyse avec la méthode scientifique, c'est-à-dire avec la\nseule méthode d'observation qui conduise à la connaissance ; mais notre analyse\nn'est pas du tout faite dans l'esprit d'un naturaliste, nous n'avons analysé la\nnoix qu'en peintre et nous ne la connaissons qu'au point de vue plastique, mais\nà ce point de vue-là nous la connaissons bien.\nA. —Un peintre n'a pas besoin de tant connaître. On n'a jamais exprimé que la\npartie apparente d'une seule face de l'objet.\nZ. En effet, mais voyez-vous là une raison suffisante pour qu'on ne fasse que cela\njusqu'à la fin des temps ?\nÀ Heu... c'est-à-dire qu'ils ont fait de belles choses et que...\nZ. Ça doit nous suffire ! Non. Ce sont les maîtres eux-mêmes qui nous conseillent\nde chercher.\nA. Oui, mais tous ont cherché avec les mêmes principes généraux qui semblaient\nimmuables...\nZ. et auxquels les peintres nouveaux obéissent toujours ; ils ont changé leur ma-\nnière de regarder le monde, mais non pas les lois fondamentales de l'esthétique.\nIls veulent seulement connaître plus complètement pour exprimer davantage, et\nnous pouvons trouver dans les œuvres du passé bien des indications qui nous\nmarquent que les maîtres ont eu du souci de cette incomplète connaissance,\nplus d'un à souhaité et peut-être cherché ce que notre temps a réalisé parce\nqu'il était celui de cette réalisation. Vous avez vu Mme X trois fois. L'avez-vous\nvue chaque fois avec la même robe ?\nA. Non.\nZ. L'avez-vous vue toujours dans le même mouvement?\nA. Vous voulez rire !\nZ. L'avez vous vue toujours du même côté?\nA. Ça ne tient pas debout ce que vous me demandez là.\nZ. Et pourquoi voulez-vous que tienne mieux debout le portrait qu'a fait d'elle le\ncélébré peintre Y qui la représente en robe de velours noir à haute collerette,\nla tête de trois quart, le corps de face, le bras droit soulevé, le bras gauche\npendant. Reconnaissez-vous Mme X dans ce tableau?\nA. La reconnaître, oui, on voit bien que c'est elle, mais il est certain que ce n'est\npas tout à fait la MMe X que j'ai dans l'esprit."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "Z. —Et voilà. Je dis que vous, qui n'avez vu Mme X que trois fois, la connaissez\nmieux que ce peintre qui l'a plantée devant lui peut-êtro 20 ou 30 fois dans la\nmême robe, la même attitude et du même côté.\nA. Je commence à voir où vous voulez en venir. L'objet se présente effectivement\nsous des aspects très différents selon le temps et les circonstances, et vous\ntrouvez que le peintre doit représenter ces différents aspects. En somme c'est\ntrès faisable, on l'a fait en partie : pour la noix qu'est-ce qui empêchera le\npeintre de mettre sur une table une noix verte, une autre sans écale, une autre\ncassée, une autre épluchée. Pour un portrait on n'a qu'à faire 20 représentations\ndifférentes de la même personne et l'on aura ainsi une connaissance plus com-\nplète sans rien changer aux habitudes.\nZ. Pardon, votre tableau de la noix est une planche d'histoire naturelle pour école\nprimaire, tant qu'à votre façon de comprendre un portrait, ce n'est que le\nprincipe du cinématographe. Or comme nous l'avons vu, l'art ancien n'a jamais\nété de la photographie, l'art moderne ne peut pas davantage être de la cinémato-\ngraphie.\nA. Pourtant bien des anciens ont fait cela. Nous voyons dans de nombreuses\nnatures mortes des fruits sous leurs divers aspects ; un chaudron est intéressant\nintérieurement et extérieurement, ils ont mis deux chaudrons, l'un de face,\nl'autre renversé ; pour les portraits... on en faisait plusieurs ; maints person-\nnages sont venus jusqu'à nous dans des poses, des costumes, des âges différents.\nZ. Reprenons notre noix. Disons pour simplifier que nous avons constaté à son\nsujet trois formes, quatre couleurs, trois matières. Combien avions-nous de noix?\nA. Mais une parbleu.\nZ. Une. Voilà le point capital. C'est une seule et même noix qui dans le même\ntemps est à la fois trois formes, quatre couleurs, trois matières, tandis que\ndans les tableaux dont vous parlez ce sont 2, 3, 4 noix vues à des temps dif-\nférents ; en un mot vous donnez les choses comme étant successives tandis\nqu'elles sont simultanées.\nA. C'est pourtant bien simple et je n'y avais pas pensé !\nZ. Revenons à Mrac X. ..\nA. Parfait, parfait, je comprends. Mœe X est pour moi une Mme X simultanément"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1554, "texte": "avec et sans chapeau, emmitouflée et gorge nue, blanche, verte et bleue, de dos,\nde face, de profil, assise et debout, sévère et rieuse etc... etc...\nZ. Donc nous commençons à connaître notre terre : nous en avons fait le tour.\nLes artistes, eux aussi, ont eu la curiosité de connaître leur modèle et les pre-\nmiers cubistes sont les Magellan de la peinture.\nUne carte suffisait aux anciens, il nous faut une mappemonde.\nUne noix est verte, une noix est jaune, une noix est blanche, une noix est\ndure, une noix est molle.\nUn œuf est blanc, un œuf est jaune, un œuf est solide, un œuf est liquide.\nUne maison est carrée, une maison est ronde, une maison est de pierre, une\nmaison est de fer, une maison est de bois.\nLe profil n'est pas la face, ce que l'on voit n'est pas tout ce qu'on peut voir,\nl'artifice n'est pas de l'art, et l'apparence est plus petite que la réalité.\nLes enfants ne ressemblent jamais parfaitement à leurs parents, ils sont plus\ngrands ou plus petits, ils ont le nez plus long ou plus court, les yeux plus\nclairs ou plus foncés, etc... etc... et pourtant ce sont des hommes et des fem-\nmes comme père et mère.\nMais attention, un tableau n'est pas une planche d'histoire naturelle pour école\nprimaire, un tableau n'est pas un film parce que les états ne sont pas successifs,\nmais simultanés.\nA. Enfin maintenant me voici initié à cet art d'avant-garde et je vais pouvoir\ncomprendre.\nZ. .. .Ah ! que non, vous ne l'êtes point encore, il vous reste beaucoup à apprendre,\net quand vous aurez tout appris vous ne saurez encore pas tout."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c026", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "22", "page_fin": "22", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.21", "titre_corps": "XXVII", "titre_sommaire": "XXVII", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.22", "debut_caractere": 1556, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "XXVII\nL'art moderne tend à donner des originaux,\ntandis que jusqu'ici l'art n'a donné que des\ntraductions."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c027", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.22", "titre_corps": "ETC...", "titre_sommaire": "ETC...", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1404, "texte": "ETC...\n\nPEINTURE. SIC ne peut faire autrement que de s'élever contre le primitivisme-image que plusieurs\nartistes cherchent à remettre au jour. La guerre ne porte pas en soi une marque de barbarie et\nd'ignorance; il y a eu des guerres dans les temps barbares, dans les temps civilisés, dans les\ntemps modernes, il y en a une aujourd'hui, il y en aura d'autres dans l'avenir; la guerre est une\nchose inévitable puisque la vie ne naît que des contrastes, c'est une chose humaine, naturelle,\ncosmogonique qui durera autant que les mondes : les formes changent, la chose demeure. Par\nsuite ne pensez pas mieux représenter la guerre de 1914 en vous fabriquant la mentalité d'un ima-\ngier du XVe siècle, nous sommes au XXe, pensez-y un peu, écrivez vos épopées en français, non\nen roman.\n\nSCULPTURE. Et que devient la sculpture? Elle ne devient pas, elle reste. 11 est indiscutable qu'elle\nse trouve sur un plan beaucoup moins avancé que la peinture et la poésie. Les sculpteurs les plus\n« jeunes » n'en sont encore qu'à la déformation. Serait-ce, comme le pensent quelques uns, que\nta sculpture ne peut cesser d'être objective sans cesser d'être sculpture? Ce n'est pas notre avis,\nles recherches de Boccioni et d'un ou deux autres nous permettent de penser que des jeux de\nmasses et de plans peuvent très bien ne pas être de l'architecture, et nous voulons espérer que\nquelques sculpteurs le penseront aussi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1916-08-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1916-08_01#c028", "volume": "bmtnaaz_1916-08_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.2.22.1", "titre_corps": "PEINTURE", "titre_sommaire": "PEINTURE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.23", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 781, "texte": "PEINTURE. 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On nous annonce plusieurs expositions, on nous\nannonce plusieurs livres. Guillaume Apollinaire, le premier, comme toujours, se lève.\n11 publie «Le poète assassiné » 1 volume à 3.50, que vous trouverez chez tous les\nlibraires ; un livre de poèmes va suivre. Nous lirons tout cela, bien entendu ; mais\ndès aujourd'hui j'ai voulu recueillir pour les lecteurs de SIC ses idées générales sur\nl'état actuel du mouvement littéraire d'avant-garde, le considérant comme le poète\nqualifié pour parler de ces choses difficiles. J'ajoute que le trouvant blessé, il ne m'a\npas toujours parlé avec l'abondance que j'aurais voulue. Mais ce qu'il m'en a dit\nsuffit du moins pour nous permettre tous les espoirs.\nOù en sommes-nous?\nLa guerre qui a retrempé les caractères a sans doute retrempé et renouvelé les talents.\nElle a déjà produit quelques livres de soldats pleins d'une mâle simplicité et d'idées\nneuves, ceux de ma génération doivent en être satisfaits, car nous n'avons tendu qu'à\ncela, poètes, prosateurs et peintres: exprimer avec simplicité des idées neuves et humaines,\ncréer un humanisme nouveau qui fondé sur la connaissance du passé accordât\nles lettres et les arts avec les progrès que l'on remarque dans les sciences et les\nmoyens nouveaux que l'Homme a àsa disposition. La guerre a montré la nécessité\nde ne pas s'attarder. Le présent doit être le fruit de la connaissance du passé et la\nvision de l'avenir.\nPensez-voup que la guerre doive modifier les mouvements d'avant garde et dans quel\nsens ?\nOui la guerre doit modifier ces mouvements et les aiguiller vers plus de perfection.\nDe la connaissance du passé il naît la raison, de la vision de l'avenir surgit l'audace\net la prévoyance. On ne fera plus de littérature désintéressée. Car en examinant le\npassé on trouvera des exemples, en créant l'avenir on pensera à léguer des forces à\nceux qui sont à naître.\nPensez-vous que la guerre elle-même puisse inspirer des œuvres dignes d'intérêt?\nCertes et il faut le souhaiter. Il ne faudrait pas qu'une leçon aussi violente fût perdue.\nQuoi de plus beau du reste que de chanter les héros et la grandeur de la patrie. Quoi\nde plus beau que d'inspirer de nobles sentiments aux générations à venir, quoi de\nplus noble qu'en rappelant les expériences de la guerre forcer les gouvernants à ne\njamais oublier que nous devons être forts si nous voulons exercer librement les arts\nde la paix et nous élever dans ces arts."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.3", "texte": "Pressentez-vous une période épique ou lyrique?\nLyrique ? sans aucun doute ! épique ? cela dépend du souffle des poètes. Mais il est\naujourd'hui un art d'où peut naître une sorte de sentiment épique par l'amour\ndu lyrisme du poète et la vérité dramatique des situations, c'est le cinématographe.\nL'épopée véritable étant celle que l'on récitait au peuple assemblé et rien n'est plus\nprès du peuple que le cinéma. Celui qui projette un film joue aujourd'hui le rôle du\njongleur d'autrefois. Le poète épique s'exprimera au moyen du cinéma, et dans une\nbelle épopée où se rejoindront tous les arts, le musicien jouera aussi son rôle pour\naccompagner les phrases lyriques du récitant.\nEt le théâtre?\nQuestion trop compliquée peut-être. Le théâtre de chambre ou de scène aura moins\nd'importance qu'autrefois. Peut-être qu'un théâtre de cirque naîtra plus violent ou\nplus burlesque, plus simple aussi que l'autre. Mais le grand théâtre qui produit une\ndramaturgie totale c'est sans aucun doute le cinéma. Cette opinion n'est pas seulement la\nmienne au demeurant et Léon Daudet l4a déjà développée maintes fois et excellemment.\nAllons-nous vers un art complexe ou\nsimple ?\nJe vous ai parlé de simplicité tout à\nl'heure, simplicité d'expression s'entend,\npour atteindre à une plus grande per-\nfection. Mais pour ce qui est de la\ncomplexité elle sera en rapport avec la\nrichesse intérieure du poète ou de l'ar-\ntiste. Mais rien à mon sens ne fera\nabandonner ce que l'on a acquis dans\nce domaine où la jeune littérature et la\njeune peinture ont déjà poussé bien loin\nleurs explorations.\nVous sentez-vous vous-même porté vers\nune orientation nouvelle?\nQu'importe ? Et vous pouvez en juger\nd'ailleurs par mes réponses précédentes.\nMais l'esprit souffle où il veut. Et je\nm'efforcerai de faire toujours de mon\nmieux.\nTandis qu'Apollinaire répondait à mes questions ses yeux regardaient distraitement par la fenêtre et sa main grif-\nonnait : il m'a paru amusant de donner ce dessin à coté des pensées nées en même temps que lui."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.4", "texte": "Le premier bois de GINO SEVERINI\n(Septembre 1916)\nLA MODISTE"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.5", "texte": "Pour Monsieur X.\nEtre fort ce n'est pas avoir juste ce qu'il faut, mais plus qu'il ne faut.\nLa richesse ne commence qu'au superflu.\nVous, esprits petit angle, qui ne voulez que ceux qui détruisent, vous\naurez à remercier un jour, ceux qui, malgré vous, construisent.\nL'Histoire leur rendra hommage—pensée à laquelle ils sont plus sensibles,\nvous n'en doutez pas, qu'à vos pauvres sarcasmes et elle s'émer-\nveillera voyant que durant cette formidable convulsion de l'ancien\ncontinent, la France qui porte une si grosse part de la masse germa-\nnique, ait pu être assez souple et assez nerveuse pour dire à ses commer-\nçants, à ses industriels, à ses savants, à ses artistes : continuez.\nEt les gallilogues des lointains futurs qui, déchiffrant les civilisations\nquaternaires, découvriront qu'en l'an 1916, alors que les allemands étaient\nà Noyon, il y avait à Paris des savants qui faisaient des recherches sur\nl'embryogénie de l'huître, des couturiers qui lançaient des modes nou-\nvelles, des soldats qui disputaient un match de football, des poètes,\ndes musiciens, des peintres qui s'adonnaient posément aux problèmes\nde l'art, des enthousiastes pour fonder des revues SIC et une foule\nde lecteurs pour les lire, s'écrieront : « Vraiment, ils étaient admirables,\nces Français ! »\nQuelques Epreuves de luxe, TIRAGES TRES LIMITE, des dessins parus dans SIC sont en rente\nà la Revtoe et à la Galerie Marseille, rue de Seine, lé."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.6", "texte": "LE RATÉ\nPOEME A DEUX VOIX\nI\"vo,x Mesure lente arabesque grise\ntemps similaires\nlac mauve chronomètre extra-plat\ncuivre zinc étain PLOMB\n2mm Irrésistiblemouvementenformedeforceclaire\n( àl'assautdespuissancesnoires\nm voix ( Mesure lente arabesque grise lac mauve\nT\nEpanouissementdeclartémâlegénératrice\n\\\n( desmondeslyriques\n(Arabesque grise"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.7", "texte": "Rutilementcolorédespulsations\n( vitales\n( Arabesque grise\nHarmoniesimprévuesdes\n( dissonnancesdutemps\n(Mesure lente chronomètre extra-plat\nSoulèvementsrythmiquesdes\n( complexitéssonores\n(Cuivre zinc étain PLOMB\nVertigecélestialdesimmensitésspatiales\nAmour délice et orgue tic-tac, tic-tac, tic-tac\nSeptembre 1916."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.8", "texte": "A PROPOS D'UN THÉÂTRE NUHIQUE\nLe théâtre intime, le théâtre de mœurs, le théâtre psychologique, est un théâtre mort;\nil n'a pas plus de rapports avec notre mentalité, pas plus de vie qu'un portrait de\nBonnat.\nDans le temps où la science met le monde entier dans la main de chaque homme les\nesprits ne peuvent pas moins faire que d'élargir leur amplitude et leur ambition : au-\njourd'hui plus que jamais l'homme, et surtout l'artiste doit dire : nihil humanum...\nLe monde entier est son atelier, le monde entier est son cabinet de travail, le monde\nentier est son modèle et il ne peut avoir que des aspirations à ce que l'on pourrait\nappeler le mondialisme ou l'universalisme.\nLes peintres sont entrés délibérément dans cette voie, les poètes aussi, le théâtre\nnécessairement va suivre.\nPremier point, naturellement suppression des trois unités.\nL'action principale n'aura pour ainsi dire pas plus d'importance que les autres actions\nou fragments d'actions qui la compénètreront ; on ne reculera devant aucun contraste,\naucune diversité, aucun inattendu, acrobaties, chants, pitreries, tragédie, comédie,\nbouffonnerie, projections cinématographiques, pantomimes, le théâtre nunique doit être\nun grand tout simultané, contenant tous les moyens et toutes les émotions capables de\ncommuniquer une vie intense et enivrante aux spectateurs. Pour ajouter encore à\ncette intensité les multiples actions se dérouleront sur la scène et dans la salle. Pour\natteindre à un réalisme plus profond on dédoublera certains des personnages de manière\nà montrer les actes et les pensées, si souvent en contradiction.\nN'ayant ni unité de lieu, ni unité de temps, c'est-à-dire devant avoir simultanément\ndes scènes à Paris, à New-York, à Tokio, dans une maison, sur mer, sous terre,\ndans les airs, aux temps préhistoriques, au moyen-âge, en 1916, en l'an 2000, il ne\npeut être question de décor : la lumière seule doit être la peinture de ce théâtre.\nTout une palette de projections colorées créera l'ambiance. Quelques objets constitueront\nles représentations indispensables, ainsi que des projections de pays, de monuments,\nd'inscriptions.\nTant qu'au théâtre (immeuble) ce ne peut être qu'un cirque dont le public occupera\nle centre tandis que sur une plateforme périphérique tournante se déroulera la majorité\ndu spectacle relié encore au public par des acteurs parsemés dans son enceinte.\n\nXXV\nChercher c'est vivre, trouver c'est mourir."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.9", "texte": "Un manuscrit du compositeur futuriste PRATELLA"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.10", "texte": "Pierre ALBERT-BIROT.\nL'anonymat de presque toutes les pages de SIC a surpris quelques lecteurs,\nj'avais crû inutile de répéter aussi souvent mon nom; mais pour satisfaire à la très\naimable curiosité des lecteurs, et aussi pour qu'on ne se méprenne pas sur le mobile de\ncet anonymat, je crois préférable de faire connaître que tout texte ou dessin non signé\ndoit être considéré comme étant de\n\nESPOIR EN GUILLAUME APOLLINAIRE\nRené Berthier\nMaréchal des logis d'artillerie sur le front\nDu fond de l'abri misérable, je veux vous dire à vous notre espoir, notre espoir fiévreux encore et\nbrillant de tracer une nouvelle voie, et beaucoup de voies nouvelles convergentes et anastomosées, en\ntravers des voies de jadis que les tirs de pilonnage ont détruites. Qui nous sauvera des moules fastidieux?\nMaison a fondu les moules pour couler les howitzers. À présent nous espérons en Guillaume Apollinaire\npour ce qu'il nous donna. Son âme n'est pas une grille en fer forgé froide et de vil siècle. Il sait les\nprincipes des choses, les protoatomes de la pensée. Toute sa poésie nous incite. Ecoutons. Il ne vient\npas avec un style,avec des règles nouvelles et un compas impudent. line cligne point des yeux en montrant\ns poids de cuivre brillants et disant: « Voici les vraies mesures et les vrais poids. » Mais il a simple-\nment la poitiine large pour respirer le grand midi profond, tout le soleil, et goûter toute la vie.\nEn lisant ses poèmes nous sentons les assemblages mystérieux des pensées, les inflexions inconcevables\ndes pensées, et l'ossature des pensées, leur schéma, la forme de Psyché. Stupeur! Elle n'est pas une\nnébuleuse tourbillonnante et diffuse, la divine forme de Psyché! Elle est en toutes choses amies qui nous\nentourent, subtilement la même dans l'incommensurable beauté de toute vie. Je songe aux idéogrammes\npar quoi il brisa la dernière fable des vieilles Ecoles. Le choc initial que ressent le poète devant un\nvisage la création, le voici intact II n'est plus dilué, déformé par transvasements successifs. Il a gardé\nla même structure spatiale, la même vie profonde. Allons-nous, les survivants, reconstituer dans un monde\nmoderne où l'on ne se permet plus de préjugés, avec tous les déchets du passé, une nouvelle tyrannie de\nfaux style et de faux goût?\n«Être simple» me persuadait-il, semblable à Dionysos, dans la gloire de la Champagne incandescente.\nLes échos de son conseil se répercutent encore en moi. Avant de chercher le complexe, il faut reprendre\ntes éléments, et si bas que seul l'homme primitif les connut, peut-être, sans savoir les décrire. Il faut\nécouter chanter les richesses fortes de l'âme et nous saisirons toute la vie, tout le complexe,\nsans adultération, sans travestissement. Et nous aurons de plus grands émois, et plus subtils, à regarder\nla vie au visage qu'à contempler les nébuleuses."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.11", "texte": "UN POÈME\nPAYSAGE DANS UNE ASSIETTE\nLUCIANO FOLGORE\nFUTURISTE\nAssiette en porcelaine très blanche avec un paysage de\nfruits frais Une écorce de mandarine : ensemble\nparfumé d'un soleil du midi Deux poires jaunes\nen motte la pomme rouge quelques gouttes\nd'eau le couteau formant un petit pont odeur\nde campagne qui monte délicatement Mon père\nmangeait avec avidité les prunes Mes\nhivers s'adoucissaient par les oranges Croisement\nde souvenirs entre ces fruits qui s'allongent avec\ndes reflets colorés dans l'enfance de ma mémoire\nTiédeur Primitivisme Jouets fabriqués avec\ndes teintes présentes et impressions lointaines\n\nXXVI\nUne œuvre d'art doit être composée comme\nune machine de précision."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.12", "texte": "FRANÇAIS!\nLA PREMIÈRE PLACE EST A PRENDRE\nPRENONS LA.\nSsprà> laguerre il faut yu Ja/i dlâeparle manele :\nOU fait-on le commerce le plus intense?\nEN FRANCE\nOù sont les plus puissantes usines?\nEN FRANCE\nOù fait-on les machines les plus perfectionnées?\nEN FRANCE\n.• - .. .. A ~ - ;\nOù sont le mieux accueillis tous les inventeurs?\nEN FRANCE\nOÙ SONT LES CRÉATEURS?\nEN FRANCE\nOù est la Vie?\nEN FRANCE\nPour cela que faut-il?\nfIIJVIER L'IDÉE NEUVE\nmmÊÊÊÊiÊÊmÊÊÊÊHÊÊBmmmmmmm ■HMMHHHHHKBSM ■MHHHHMI"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.13", "texte": "BOCCIONI\n\nJ'ai appris par les journaux la nouvelle anonyme de la mort du peintre Boccioni,\nmon ami, mon frère. Il a trouvé une mort soudaine et tragique en tombant de che-\nval à deux pas du front italien, où son régiment d'artillerie était momentanément\ncantonné. Seul, parmi nos anciens camarades de lutte, le peintre Carra m'a confirmé\nla triste nouvelle à laquelle je ne voulais pas croire.\nLa disparition de cet être fort et sympathique laissera un profond sillon de regrets\npartout où on avait pu apprécier sa haute valeur.\nIl était estimé et aimé ici, dans nos milieux «d'avant-garde» où la nouvelle de sa\nmort a produit une douloureuse impression, mais son activité infatigable et son\nexemple feront longtemps défaut surtout dans la vie artistique d'ltalie, où son action\ns'était de préférence exercée dans toute sa plénitude.\nIl est bien difficile de définir en peu de mots son œuvre vaste et variée, aussi n'est\nce pas mon intention, n'ayant pas actuellement la possibilité de le faire. Le seul but\nque je puisse me proposer est celui de fixer les traits généraux de sa personnalité\ndans sa vitalité complexe et moderne, et de rattacher cette vitalité à son art qui en\nétait l'expression sincère et forte.\nPour lui, comme pour tous les vrais artistes qui ne se soucient pas d'atteindre le réel\napparent, la réalité était l'expression vivante de ce qui ne tombe pas sous l'action vi-\nsuelle. La souplesse de sa fine intelligence lui permettait de vivre prismatiquement et\nde réaliser plusieurs formes d'expression. Il était surtout peintre et sculpteur, mais\nil savait, ainsi que les grands critiques ou les poètes, ramener à une thèse unique,\nparfois discutable, tous les éléments d'ordre universel et indiscutable de sa vaste culture.\nNous avions commencé ensemble, dans les conditions les plus dures, le difficile che-\nmin de la vie libre et de l'art; jusqu'à 30 ans nous y avons progressé sans nous quit-\nter, en partageant nos enthousiasmes, nos espoirs et nos peines ; après on s'est séparé,\nmais comme se séparent deux branches d'un seul arbre. Car notre foi indestructible\net enthousiaste dans la vie nous réunissait toujours dans une communauté de sentiments\net d'expression artistique.\nEt il était lui-même une des plus parfaites manifestations de vitalité; ardent dans la\ndiscussion qu'il poussait toujours jusqu'aux extrêmes limites de la logique, enthou-\nsiaste pour l'idée neuve qui élargit les horizons, désintéressé et noble, toujours prêt à\nla plus grande bonté malgré une brusquerie apparente, il constituait vraiment un\nmagnifique spécimen d'humanité. D'un caractère expansif et loquace il aimait confier"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.14", "texte": "BOCCIONI\nDessin de G. Sevcrini"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.15", "texte": "à Tarni tous les sentiments et les impressions de sa fine psychologie. J'ai lu quelque\npart que seulement les «forts» peuvent se permettre d'avouer leurs faiblesses et leurs\ndéfauts ; et en effet il se le permettait souvent sans en être diminué. Il avait de la\nvie une conception ni exagérément optimiste, ni sombrement pessimiste: il la voyait\net Faimait telle qu'elle est: une source inépuisable de vérités différentes; avec une\ntendance à tout envelopper, les événements heureux et les malheureux, les hommes\net tout ce qui vit, dans une franche gaîté, parfois nuancée d'un peu d'amertume. Car,\ncomme tous les êtres trop sensibles, il a eu en ce monde sa large part de souffrance...\nMais combien de fois nous avons ri aux larmes de nos misères ou de celles de nos\namis, présentées par Boccioni sous des aspects comiques irrésistibles...\nSon goût cultivé, et son esprit toujours pétillant, même un peu et finement ironique,\nfaisaient de lui un compagnon vraiment agréable et intéressant. Nous avons passé\nbien des nuits à causer ou à discuter, de café en café, à Rome, à Milan, à Paris...\nLorsqu'il venait me trouver ici il m'apportait, avec la dernière évolution de sa per-\nsonnalité, les chansons d'ltalie qu'il aimait comme une émanation directe de la vie du\npeuple. Il me les fourrait dans la tête à force de les siffler et les fredonner d'une\nvoix juste et colorée. Par contre il remportait d'ici, avec l'impression profonde des au-\ndaces artistiques, un peu de l'athmosphère parisienne avec les chansons des boulevards\nqu'il apprenait très vite dans leur caractère typique. Une nuit nous avons payé d'in-\nnombrables petits cafés à une grue du boulevard de Glichy, pour qu'elle nous chante\net rechante, au coin d'une impasse: «Ah! l'amour c'est une belle chose...», dont Boc-\ncioni était emballé... Et la série des souvenirs et des anecdotes qui le font revivre\ndans les différents milieux où il transporta son existence, serait interminable si je\npouvais m'y abandonner. Mais mon but était de donner une idée synthétique de sa\nvaleur totale. Je tiens à conclure, quant à son œuvre artistique, qu'elle mérite une belle\nplace parmi les «réalisations» de Fart moderne. Cette œuvre constitue quelque chose\nde plus que des recherches ou des promesses pour le «lendemain» ; selon moi c'est\nune valeur «d'aujourd'hui» en dehors de ce qui aurait été au lendemain si la fatalité\nn'avait pas brisé cet effort qu'il faut regarder avec respect. Car la valeur «qualitative»\nde Boccioni, s'exprime avec force dans l'ensemble de son art le plus souvent indépen-\ndant des systèmes auquels il donna un peu trop son appui. Je tiens à affirmer que\ncet art vaut mieux que tous les systèmes, et que son génie plastique a trouvé le moyen\nde s'affirmer en dehors de toute école ou tendance.\nÀ cet hommage sincère rendu à sa valeur il est inutile d'ajouter les regrets de l'ami\ndont la profonde douleur ne peut intéresser: je perds l'affection sûre d'un frère char-\nmant; tous ceux qui nous ont connus ensemble ou qui Font connu, me comprendront...\n\nGino Severini."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.16", "texte": "UN POÈME\nUsine=Usine\nPierre DRIEU LA ROCHELLE.\nComme les courroies de transmission dans l'usine familière,\nLes obus\ncroisent le réseau industrieux de leurs trajectoires\npar-dessus la tête des Hommes\nLes Hommes,\nrompus séculairement aux besognes qui,\ndans les horizons et les années,\ntournent en cercle,\ntranchent la Terre de leurs rangs frangés de pioches\nEt la volonté des maîtres siffle entre eux, insinuant coup de fouet."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.17", "texte": "gravure sur bois\nFemme nue dans une salle de bain"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.18", "texte": "OMBRE OU LUMIÈRE?\nL'homme a le sentiment religieux, il vient volontiers à respecter, adorer, ce qu'il ne\ncomprend pas, à condition que l'objet de son culte dépasse de beaucoup la portée de\nson intelligence : dominé, il s'incline.\nQu'on le veuille ou non, tous les dispositifs sociaux tendent à augmenter l'éclairage\ndes villes et des cerveaux.\nCe qui pouvait faire naître au XIIe siècle, chez tel invidu, un sentiment de caratère\nreligieux ne le faisait plus naître au XVIIIe chez un individu de même échelon social.\nQu'on le veuille ou non le sentiment religieux (d'ordre inconscient) fait place de plus\nen plus à un sentiment d'admiration, d'amour, de respect conscient.\nQu'on le veuille ou non, ce sera de moins en moins qu'on agira sur les hommes par\ncontagion mentale, l'homme se refuse de plus en plus à adorer les yeux fermés: nous\nentrons dans l'ère de l'intelligence.\nVouloir se présenter aujourd'hui aux hommes assis sur un nuage me semble une situa-\ntion peu confortable et un jeu quelque peu puéril ; c'est un moyen trop facile de se\nparer d'un prestige illusoire à la portée de tout le monde qu'il convient de laisser\naux impuissants, et de plus et surtout c'est être complètement en désaccord avec son\ntemps. C'est aussi faux qu'un homme promenant dans Paris son peplum et ses sandales.\nUn costume spécial et une attitude ne suffisent pas pour mettre un homme au dessus\ndes autres, mais cela peut suffire pour le mettre au dessous.\nNe pas «expliquer» est évidemment un moyen pour éliminer, mais cette élimination\nn'est qu'apparente, car la seule valable, la seule sur laquelle il faille compter est due\nà la réelle valeur morale.\nQu'un chimiste ait le désir de garder le secret de ses formules, on le conçoit, car\nposséder les formules c'est le pouvoir de réaliser ce qu'il réalise, mais qu'un\nartiste révèle clairement la nouvelle esthétique à laquelle il obéit, je ne vois pas\nque cela suffise à'mettre le premier imbécile venu en état de faire l'œuvre qu'il fait.\nOn ne doit pas avoir peur de toutes les conséquences de l'inévitable démocratie enva-\nhissante, de toutes les vulgarisations; les être supérieurs sont rares et ceux-là seuls\nmonteront toujours plus haut que les autres; c'est la vraie supériorité, après toutes\nconnaissances acquises, qui constitue l'élite, seule aristocratie éternelle.\nEt d'ailleurs on peut tout dire, il reste toujours de l'incompréhensible, une œuvre\nbelle est une force dominatrice qui dépasse les «explications» et plus on la comprend\nplus elle est mystérieuse et plus elle domine.\n\nDu 15 au 21 Octobre chez Paul Guillaume, 16 Avenue de Villiers\nEXPOSITION ANDRÉ DERAIN"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.19", "texte": "DIALOGUE NUNIQUE\nZ et A\nAUTOUR DU MONDE\nA. .. .mais il n'en est pas moins vrai que je ne comprends toujours rien à ces\npeintres qne vous nommez « cubistes ».\nZ. C'est pourtant bien simple.\nA. Oui, seulement on ne sait même pas comment il faut les regarder, on voit des\nquantités de parties de quelque chose, on ne peut pas en trouver une entière.\nZ. —Au contraire, dans ces tableaux seulement se trouve une chose\nentière, tandis qu'il n'y en a qu'un morceau dans tous ceux qu'on a peints\njusqu'ici. Voulez-vous me dire ce que vous voyez là, sur la table, dans cette\ncoupe à fruits ?\nA. Mais ce sont des noix vertes.\nZ. Bien. Oubliez pour un instant vos connaissances acquises et nous allons dire:\nune noix c'est une forme vaguement ronde et verte. Trouvez-vous cela suffisant ?\nA. Non, vraiment, je crois qu'une noix n'est pas qu'une forme ronde et verte.\nZ. Alors comment allons-nous faire pour savoir ce qu'elle est encore?\nA. Ma foi, je ne sais pas, regarder dedans.\nZ. C'est aussi mon avis. Je l'écale. Et voici que maintenant la noix est une forme\nbeaucoup plus caractérisée et d'une couleur jaune. Cherchons encore. Je la\ncasse. Voici qu'une noix est une forme quasi circonvolutive bien différente des\ndeux premières et d'un autre jaune que celui de la coque. Je mords dedans.\nVoici qu'elle est presque blanche. Et considérons que la première forme (écale)\nest une matière assez molle qui se déchire et a teinté nos doigts en marron\nfoncé; que la seconde (coque) est une matière très dure, striée, lisse et cas-\nsante ; que la troisième est une matière fine et huileuse : et nous pouvons dire\nmaintenant que nous savons à peu près ce qu'es* une noix.\nA. Mais ce sont des observations de naturaliste que nous faisons là, je ne vois pas\ntrès bien le lien..."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.20", "texte": "Z. Nous avons fait de l'analyse avec la méthode scientifique, c'est-à-dire avec la\nseule méthode d'observation qui conduise à la connaissance ; mais notre analyse\nn'est pas du tout faite dans l'esprit d'un naturaliste, nous n'avons analysé la\nnoix qu'en peintre et nous ne la connaissons qu'au point de vue plastique, mais\nà ce point de vue-là nous la connaissons bien.\nA. —Un peintre n'a pas besoin de tant connaître. On n'a jamais exprimé que la\npartie apparente d'une seule face de l'objet.\nZ. En effet, mais voyez-vous là une raison suffisante pour qu'on ne fasse que cela\njusqu'à la fin des temps ?\nÀ Heu... c'est-à-dire qu'ils ont fait de belles choses et que...\nZ. Ça doit nous suffire ! Non. Ce sont les maîtres eux-mêmes qui nous conseillent\nde chercher.\nA. Oui, mais tous ont cherché avec les mêmes principes généraux qui semblaient\nimmuables...\nZ. et auxquels les peintres nouveaux obéissent toujours ; ils ont changé leur ma-\nnière de regarder le monde, mais non pas les lois fondamentales de l'esthétique.\nIls veulent seulement connaître plus complètement pour exprimer davantage, et\nnous pouvons trouver dans les œuvres du passé bien des indications qui nous\nmarquent que les maîtres ont eu du souci de cette incomplète connaissance,\nplus d'un à souhaité et peut-être cherché ce que notre temps a réalisé parce\nqu'il était celui de cette réalisation. Vous avez vu Mme X trois fois. L'avez-vous\nvue chaque fois avec la même robe ?\nA. Non.\nZ. L'avez-vous vue toujours dans le même mouvement?\nA. Vous voulez rire !\nZ. L'avez vous vue toujours du même côté?\nA. Ça ne tient pas debout ce que vous me demandez là.\nZ. Et pourquoi voulez-vous que tienne mieux debout le portrait qu'a fait d'elle le\ncélébré peintre Y qui la représente en robe de velours noir à haute collerette,\nla tête de trois quart, le corps de face, le bras droit soulevé, le bras gauche\npendant. Reconnaissez-vous Mme X dans ce tableau?\nA. La reconnaître, oui, on voit bien que c'est elle, mais il est certain que ce n'est\npas tout à fait la MMe X que j'ai dans l'esprit."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.21", "texte": "Z. —Et voilà. Je dis que vous, qui n'avez vu Mme X que trois fois, la connaissez\nmieux que ce peintre qui l'a plantée devant lui peut-êtro 20 ou 30 fois dans la\nmême robe, la même attitude et du même côté.\nA. Je commence à voir où vous voulez en venir. L'objet se présente effectivement\nsous des aspects très différents selon le temps et les circonstances, et vous\ntrouvez que le peintre doit représenter ces différents aspects. En somme c'est\ntrès faisable, on l'a fait en partie : pour la noix qu'est-ce qui empêchera le\npeintre de mettre sur une table une noix verte, une autre sans écale, une autre\ncassée, une autre épluchée. Pour un portrait on n'a qu'à faire 20 représentations\ndifférentes de la même personne et l'on aura ainsi une connaissance plus com-\nplète sans rien changer aux habitudes.\nZ. Pardon, votre tableau de la noix est une planche d'histoire naturelle pour école\nprimaire, tant qu'à votre façon de comprendre un portrait, ce n'est que le\nprincipe du cinématographe. Or comme nous l'avons vu, l'art ancien n'a jamais\nété de la photographie, l'art moderne ne peut pas davantage être de la cinémato-\ngraphie.\nA. Pourtant bien des anciens ont fait cela. Nous voyons dans de nombreuses\nnatures mortes des fruits sous leurs divers aspects ; un chaudron est intéressant\nintérieurement et extérieurement, ils ont mis deux chaudrons, l'un de face,\nl'autre renversé ; pour les portraits... on en faisait plusieurs ; maints person-\nnages sont venus jusqu'à nous dans des poses, des costumes, des âges différents.\nZ. Reprenons notre noix. Disons pour simplifier que nous avons constaté à son\nsujet trois formes, quatre couleurs, trois matières. Combien avions-nous de noix?\nA. Mais une parbleu.\nZ. Une. Voilà le point capital. C'est une seule et même noix qui dans le même\ntemps est à la fois trois formes, quatre couleurs, trois matières, tandis que\ndans les tableaux dont vous parlez ce sont 2, 3, 4 noix vues à des temps dif-\nférents ; en un mot vous donnez les choses comme étant successives tandis\nqu'elles sont simultanées.\nA. C'est pourtant bien simple et je n'y avais pas pensé !\nZ. Revenons à Mrac X. ..\nA. Parfait, parfait, je comprends. Mœe X est pour moi une Mme X simultanément"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.22", "texte": "avec et sans chapeau, emmitouflée et gorge nue, blanche, verte et bleue, de dos,\nde face, de profil, assise et debout, sévère et rieuse etc... etc...\nZ. Donc nous commençons à connaître notre terre : nous en avons fait le tour.\nLes artistes, eux aussi, ont eu la curiosité de connaître leur modèle et les pre-\nmiers cubistes sont les Magellan de la peinture.\nUne carte suffisait aux anciens, il nous faut une mappemonde.\nUne noix est verte, une noix est jaune, une noix est blanche, une noix est\ndure, une noix est molle.\nUn œuf est blanc, un œuf est jaune, un œuf est solide, un œuf est liquide.\nUne maison est carrée, une maison est ronde, une maison est de pierre, une\nmaison est de fer, une maison est de bois.\nLe profil n'est pas la face, ce que l'on voit n'est pas tout ce qu'on peut voir,\nl'artifice n'est pas de l'art, et l'apparence est plus petite que la réalité.\nLes enfants ne ressemblent jamais parfaitement à leurs parents, ils sont plus\ngrands ou plus petits, ils ont le nez plus long ou plus court, les yeux plus\nclairs ou plus foncés, etc... etc... et pourtant ce sont des hommes et des fem-\nmes comme père et mère.\nMais attention, un tableau n'est pas une planche d'histoire naturelle pour école\nprimaire, un tableau n'est pas un film parce que les états ne sont pas successifs,\nmais simultanés.\nA. Enfin maintenant me voici initié à cet art d'avant-garde et je vais pouvoir\ncomprendre.\nZ. .. .Ah ! que non, vous ne l'êtes point encore, il vous reste beaucoup à apprendre,\net quand vous aurez tout appris vous ne saurez encore pas tout.\n\nXXVII\nL'art moderne tend à donner des originaux,\ntandis que jusqu'ici l'art n'a donné que des\ntraductions."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191608-01.1.23", "texte": "ETC...\n\nPEINTURE. SIC ne peut faire autrement que de s'élever contre le primitivisme-image que plusieurs\nartistes cherchent à remettre au jour. La guerre ne porte pas en soi une marque de barbarie et\nd'ignorance; il y a eu des guerres dans les temps barbares, dans les temps civilisés, dans les\ntemps modernes, il y en a une aujourd'hui, il y en aura d'autres dans l'avenir; la guerre est une\nchose inévitable puisque la vie ne naît que des contrastes, c'est une chose humaine, naturelle,\ncosmogonique qui durera autant que les mondes : les formes changent, la chose demeure. Par\nsuite ne pensez pas mieux représenter la guerre de 1914 en vous fabriquant la mentalité d'un ima-\ngier du XVe siècle, nous sommes au XXe, pensez-y un peu, écrivez vos épopées en français, non\nen roman.\n\nSCULPTURE. Et que devient la sculpture? Elle ne devient pas, elle reste. 11 est indiscutable qu'elle\nse trouve sur un plan beaucoup moins avancé que la peinture et la poésie. Les sculpteurs les plus\n« jeunes » n'en sont encore qu'à la déformation. Serait-ce, comme le pensent quelques uns, que\nta sculpture ne peut cesser d'être objective sans cesser d'être sculpture? Ce n'est pas notre avis,\nles recherches de Boccioni et d'un ou deux autres nous permettent de penser que des jeux de\nmasses et de plans peuvent très bien ne pas être de l'architecture, et nous voulons espérer que\nquelques sculpteurs le penseront aussi.\n\nSIC se trouLTre dsltis les maisons suiiTra.rLt;es:\nArt Contemporain Bd Saint-Germain, 188. Galerie Marseille Rue de Seine, 16.\nBoutique Verte Rue Notre-Dame de Lorette, 34. Martine F g St-Honoré, 83.\nCharbo Bd du Montparnasse, 96. Librairie Monnier Rue de VOdêon, 7.\nChéron Rue la Boëtie, 56. Galerie Marguy Rue de Maubeuge, 11.\nLibrairie Grès Bd Saint-Germain, 115. Librairie Nicot Bd Raspail, 224.\nDelesalle Rue Monsieur le Prince, Le Parthénon Rue des Écoles, 54.\nFerreyrol Rue Vavin, let 3. —Bd Haussmann.\nGalerie Grandhomme Rue des Saints Pères, 40. Pasquini Avenue de Wagram, 43.\nLibrairie Lutetia Bd Raspail, 66. Galerie Weil Rue Victor Masse, 25.\nDe plus notre Revue étant aux Messageries Hachette on peut se la procurer dans toutes les Bibliothèques\ndes Gares et du Métro.\nM *\nLes numéros 1 et 2 étant épuisés, nous avons fait en sorte d'en réunir un certain nombre d'exemplaires que non»\ntenons à la disposition de nos lecteurs aux prix de 0,/5 le JVs 1 et 0,50 le JVê 2.\nS!f* SE PROPOSE DE FAIRE DE L'EDITION\nLIVRES, BROCHURES. ALBUMS. MUSIQUE.\n]gl ..1 - ■ 000 ——~OCC£ ,-TT—'\n@ § publie des poèmes, de la musique, des dessins, des reproductions de tableaux, des\nw* IV* croquis d'architecture, de meubles, etc.... I\nk.1 1 COQ . : 1 ■ ■ COQ 1 ■\nABONNEMENTS\n; La série de 12 Nos . . . 3.00 Tirage de luxe limité àlO exempî.\nProvince. 3.50 sur Japon 50Fs.\nÉtranger 4.50\nUn numéro spécimen sera envoyé à toutes les adresses qu'on nous communiquera.\n(Service régulier à tous les mobilisés qui en exprimeront le désir)\n■ 1 Ç&3 ' COCr ' '\nImprimerie RIRACHOV3KY, SÙ, Bd St-Jaequea, Paris.\nLe gérant Pierre ALBERT-BIROT"}]}