{"numero_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_sha256": "e633c6358162ed49f93362d4db2219e5b63047be66cd0ce72736bd61cc3eb4cc", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaz/issues/1917/07_01/bmtnaaz_1917-07_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaz/issues/1917/07_01/bmtnaaz_1917-07_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c002", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMERO", "titre_sommaire": "DANS CE NUMERO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.1", "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "DANS CE NUMERO :\n44Editions SIC\"\nLes Mamelles de Tirésias (Extraits de la Presse).\nUn Poème.\nMusique\n5e Balcon. Poème\nUne gravure sur bois.\nDéception. Poème à trois voix\nEtc\nPAUL DERMÉE.\nIGOR STRAWINSKY.\nPIERRE ALBERT-BIROT.\nGHANA ORLOPF.\nPHILIPPE SOUPAULT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c003", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "8", "image_debut": 2, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.3", "titre_corps": "Extraits de la presse concernant la représentation des \"Mamelles de Tirésias\" le 24 juin 1917", "titre_sommaire": "Extraits de la presse concernant la représentation des \"Mamelles de Tirésias\" le 24 juin 1917", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.2", "debut_caractere": 498, "fin_caractere_exclue": 3283, "texte": "Extraits de la presse concernant la représentation\ndes \" Mamelles de Tirésias \" le 24 juin 1917\nSous ce titre : Une esthétique nouvelle, M. Jean de Gourmont écrit dans le Mercure\nde France :\n« Le Dimanche 24 juin 1917, en un petit Théâtre de la rue de l'Orient à Montmartre\non a joué devant la phalange sacrée des critiques et des femmes de lettres, qui constitue\nl'opinion parisienne, la première pièce cubiste : Les Mamelles de Tirésias de\nM. Guillaume Apollinaire. C'est une date littéraire peut-être. La nouveauté de cette\npièce, au dessin violent, est moins dans le sujet qui ne veut être qu'une intéressante\nfantaisie que dans le décor synthétique qui l'enveloppe et dans la formule qui rejette\ntout le vieux réalisme usé et perfectionné jusqu'à la photographie, du théâtre actuel; qui\nrejette aussi les vieux accessoires factices du pessimisme et de la fausse psychologie\namoureuse...\n<c Nous voilà initiés à l'art cubiste. N'est-il pas beaucoup plus simple, en effet, de\nréunir sous cette même appellation, les essais nouveaux de l'art, de la poésie, de la\npeinture et du théâtre. Cela permettra aussi aux bourgeois de se moquer sans effort. »\nDans Le Pays, 15 juillet, M. Victor Basch qui par un miracle digne de cette pièce\nsurnaturaliste avu deux kiosques à journaux s'exprime avec une modération touchante\ndigne d'un grand professeur.\n« Avant que se leva le rideau, on sentait que la « MANIFESTATION SIC » du 24 juin 1917\n—» ainsi que le clame le programme orné d'un dessin suggestif de Picasso et d un puissant\nbois d'Henri-Matisse — serait jeune, turbulente et tumultueuse à souhait. Elle ne le fut\npas, à mon sens, suffisamment. Auteur, acteurs, musiciens et décorateurs officiaient\navec la gravité d'hiérodules et le public était à l'unisson... C'était une grande manifes-\ntation d'art, la révélation d'un canon dramatique nouveau, le drame sur-réalistef\ncubiste et simultanéiste...\n« Le succès des Mamelles de Tirésias fut très vif, ce qui n'est pas étonnant, vu que,\nsauf les critiques, c'est devant une salle entièrement composée d'amis et d'adeptes qu elle\nfut représentée. Quant aux pauvres critiques qui n'appartenaient pas à la petite chapelle,\nils furent bien embarrassés. Pour mon compte personnel, en rentrant chez moi, je me\nmis à réfléchir, et voici à peu près quel fut mon soliloque.\n«La pièce de M. Guillaume Apollinaire est un drame sur-réaliste, c'est-à-dire, pour\nparler français, un drame symbolique...\n« Si donc, M. Guillaume Apollinaire a cru faire du nouveau, en écrivant un drame sym-\nboliste, il se trompe. Qu'il sache que la première condition d'un drame symbolique, c est\nque le rapport entre le symbole, qu'est toujours un signe, et la chose signifiée, soit\nimmédiatement discernable. En est-il ainsi des Mamelles de Tirésias? Je crois deviner"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "que c'est une satire contre le féminisme ou plutôt contre les excès du féminisme. Les\nfemmes ont beau ôter de leur corsage les ox*angesj elles n'en demeurent pas moins femmes,\net, à la première occasion propice, elles les y remettent. Et je ne serai pas éloigné de\ncroire que cela n'est pas si faux.\n« Au demeurant, j'ai passé une bonne après-midi. L'enthousiasme que j'ai senti monter\nautour de moi, si je ne l'ai pas partagé, m'a rajeuni. Tout enthousiasme, quel qu'en\nsoit l'objet, est beau en soi et je salue, de ma jeunesse un instant retrouvée, ces jeunes\nqui cherchent un idéal artistique nouveau et — qui sait? — qui découvriront peut-être\ndans la mer infinie du Beau quelque île nouvelle où s'épanouiront de grandes fleurs que\nrespireront ceux ou celles qui viendront après nous. »\nM. Guillot de Saix a fait dans La France du 29 juin, des Mamelles de Tirésias, un\ncompte rendu d'une extraordinaire précision et merveilleusement farci de citations exactes.\nIl n'avait entendu la pièce qu'une seule fois. Voici la conclusion de l'article de notre\ndistingué confrère :\n« Au fond, Guillaume Apollinaire est traditionnaliste et sous l'apparent désordre des\nidées, sous sa fantaisie tintamarresque, clownesque, guignolesque, il demande le retour\nà l'ordre.\n« Cette bouffonnerie n'est pas dénuée, on le voit, de sens philosophique et satirique.\nElle est même d'une forte actualité, vu les ambitions de ces dames qui ne se contenteront\npas d'être conseillères municipales. Et cela nous fait songer à l'Assemblée des ,\nd'Aristophane, mais plus encore au génial Ubu-Roi, d'Alfred Jarry.\n« La représentation fut tumultueuse. Quelques spectateurs prétendirent rivaliser avec\nles comédiens en lançant des répliques en l'air, mais celles-ci étaient loin d'avoir la\nvaleur de celles d'Apollinaire, car elles n'en avaient ni l'esprit ni le rythme.\n« J'oubliais de vous citer la moralité opportuniste de l'ouvrage :\nEt puis chantez matin et soir,\nGrattez-vous si ça vous démange,\nAimez le blanc, aimez le noir,\nC'est bien plus drôle quand ça change,\nSuffit de s'en apercevoir.\n« MM. Férat, Steinberg et Irène Lagut ont donné leurs soins les plus ahurissants aux\ndécors et costumes « selon l'esprit nouveau ». La musique de Mme Germaine Albert-Birot,\ndont l'exécution est confiée à une sorte de peau-rouge qui reste en scène pendant l'action,\nutilise le mirliton, l'accordéon, la porcelaine cassée et la baguette pour souligner drôlati-\nquement les faits et gestes des personnages.\n« M. Edmond Vallée a bien dit le prologue et le rôle de Presto; Louise-Marion a été\nde la plus divertissante folie en Thérèse-Tirésias ; M. Jean Thillois a prêté des accents fort\nplaisants au mari; MUe Juliette Norville cavalcada funambulesquement en gendarme\nconcupiscent; MUe Yéta Daesslé personnifia gentiment le jeune journaliste. A la sortie, le\nciel d'une pureté enfanline semblait tout à fait d'accord avec ce spectacle de la plus sage\ndémence. Apollon saluait Apollinaire. »\nDans Paris-Midi, Mme Louise Faure-Favier avait annoncé ainsi la pièce sur-réaliste\ndans un aticle bien nommé Les mamans de bonne humeur."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "« Voici qu'un auteur dramatique, il est vrai qu'il est poète, entreprend de ne nous\nprésenter en scène que l'époux et l'épouse. On jouera dans quelques jours, Les Mamelles\nde Tirésias,de Guillaume Apollinaire, une piece aristophanesque toute empreinte de\npoésie et d'optimisme, apologie de la Fécondité.\n« Un couple qui veut avoir des enfants et qui en a par milliers, sans souci des contin-\ngences, une mère qui après avoir été une épouse récalcitrante devient une maman de\nbonne humeur ; Tirésias-Thérèse qui dans sa fécondité joyeusement consentie crée un\ncharme nouveau par lequel la maternité pourrait bien être remise à la mode une fois\nencore. Ce qui serait fort à propos.\n« Vivent les mamans de bonne humeur !\n« C'est un poète qui l'a dit. »\nDans le même journal, sous le titre Une pièce cubiste, M. Paul Souday a apprécié le\n26 juin les Mamelles de Tirésias dans un article nourri, amusant et heureusement nuancé\ndans sa retenue.\n« La Butte Montmartre, de chatnoiresque mémoire, est bien l'Hélicon ou le Bayreuth\nconvenable au culte de la Muse cubiste, laquelle ne représente probablement pas la\npoésie ni l'art de l'avenir, mais ne manque pas d'une certaine drôlerie, lorsque c'est\nM. Guillaume Apollinaire qui célèbre le rite nouveau...\n« Une énorme charge d'atelier, une loufoquerie à intentions satiriques et philoso-\nphiques, telle est la pièce que M. Apollinaire a donnée dimanche, au théâtre du\nconservatoire Renée Maubel, sous les auspices de la revue cubiste Sic...\n« Au fond, M. Guillaume Apollinaire n'est qu'un simple passéiste, et si la forme est\nchez lui fantaisiste et tintamarresque, ses idées se rattachent étroitement à l'école du bon\nsens. C'est pourquoi une brève analyse ne peut donner l'impression de cette bouffonne-\nrie, qui réside dans le détail et souvent dans les jeux de scène plus que dans le texte,\nlequel n'est même pas obscur, sauf exception. Bien entendu, le décor et les costumes\nsont généralement ahurissants et en grande partie cubiste. M. Férat, Mme Irène Lagut et\nM. Steinberg y ont donné leurs soins. La musique de Mme Albert-Birot, congrument\nexcentrique et dissonante, a contribué à mettre l'auditoire en joie.\n« En réalité, pour que sa pièce fût vraiment plaisante d'un bout a l'autre, il aurait\nfallu à M. Apollinaire une expérience du théâtre qui lui manque. L'ouvrage est trop long\npour se soutenir uniquement par des blagues de rapin. Mais beaucoup d épisodes ont de la\nsaveur ou même une certaine finesse sous l'extravagance voulue. Le public, composé\nd'artistes ou de jeunes gens, était au diapason. Puisque c'était une farce, il y participait\nde bon cœur en y mêlant les siennes. Le spectacle était aussi dans la salle. Ce furent deux\nheures de reposante folie. »\nLa Vache enragée, M. Bernard Lecastre :\n« Il faut créer la vie, ai-je entendu dire par un enthousiaste. Mais on a créé du\ntumulte. Des sons essentiellement métalliques, à contre-temps, des accords de voix\ndisparates ; un ton suraigu et plaisantin, la plupart du temps. »\nLa Griffe,6 juillet :\n« Cette pièce est une sorte de coup de gong et de coup de zanzibar, une parodie d on\nne sait quoi, une charentonnade dédiée à on ne sait qui, c'est du Jarry montmartnse,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "modernisé et martyrisé. C'est un appel à l'amour, une cacophonie voulue par un poète\nune bravoure qui se moque des règles, des lois, du qu'en dira-t-on...\n« Et sous les feux convergents des insultes et sous une tempête effroyable de bravos,\nGuillaume Apollinaire, le front ceint d'un bandeau — chevron de gloire qui serait\nremonté jusqu'à la chevelure et lui ferait une auréole — apparut sur la scène, entouré,\nescorté, porté par ses interprètes...\n<< Etait-ce un jeu de massacre ou de l'adoration ? Fut-ce une victoire ou une déroute ? »\nNord-Sud :\n« La pièce de Guillaume Apollinaire est une pièce lyrique. Elle est burlesque : le\nburlesque doit être lyrique pour être de l'art et le lyrisme peut être burlesque puisque le\nrire est le lyrisme du pauvre.\n« Guillaume Apollinaire est le poète lyrique, l'homme lyrique. Comme Apollinaire est\nun penseur moderne. Il se trouve que son burlesque est plein de railleries qui portent sur\nles mœurs...\n«La musique de Mme Germaine Albert-Birot est gaie uniquement et uniquement gaie :\nDonnez tous les sens au mot « uniquement ».\nL'Heure, 25 juin :\n« Dans un décor à la Gauguin, un Gauguin cubiste, évoluent des nègres et des person-\nnages en cubes... C'est un art qui fait penser à Jarry, un Jarry àla 20e puissance.\n« C'est d'une exubérance exaspérée, mais on s'attendait à plus d'outrance encore, à\nquelque chose de plus nouveau, à une révélation plus riche. Peut-être plus tard verra-\nt-on mieux la portée qu'aura eue cette pièce qui a déçu les uns et enthousiasmé les\nautres. »\n26 juin :\n« Après un prologue remarquable, un poème ardent où s'inscrit le tragique mirage\nd'une nuit de guerre, nous avons entendu deux actes paraît-il sur-réalistes avec des\nchœurs de foire, des costumes de guignol cafre, des kiosques à journaux qui se pro-\nmènent et des contorsions de cirque.\n« Les organisateurs escomptaient probablement des protestations, des sifflets, qui sait,\nune bagarre... Le public a été plus « rosse » encore : il a écouté.\n« Les Mamelles de Tirésias sont d'un gros symbolisme que tout le monde peut com-\nprendre, même les jeunes artistes de Montparnasse, qui ont appris le français au café\nde Flore. L'auteur nous y engage, non sans humour, à faire des enfants. Ses personnages\nsont cubistes, leurs discours benêts ou incohérents. Et quelques beaux vers sont malgré\ntout égarés dans cette mascarade, parce qu'un vrai poète en laisse toujours tomber « de\nses mains mai fermées », même lorsqu'il veut simplement se moquer du monde.\n« Cette facétie aurait pu sembler drôle, racontée un mardi par Apollinaire onctueux et\nnarquois, ou jouée par Max Jacob dans un atelier de la rive gauche, mais la baptiser\n« drame sur-réaliste », et la présenter sérieusement au public, c'est, à bien dire, incon-\nvenant.\n« La pièce était interprétée par des gens dont ce n'était visiblement pas le métier.\n« Les décors, dit-on, ont coûté sept francs aux organisateurs. On les a volés. »\n★"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "La Rampe, 12 juillet : M. Davin de Champclos :\n« Le brave Guillaume Apollinaire... s'est mis un faux nez en carton, bariolé comme\nune lanterne japonaise, s'est drapé dans un vieux tapis et aux sons d'un orchestre essen-\ntiellement composé d'un accordéon, d'une poêle à frire et d'un revolver, nous a servi\nune gentille petite comédie cubiste qui a fait du coup remonter de dix degrés le thermo-\nmètre de la vieille gaieté française\n« On se tord, on applaudit, on trépigne!.,.. »\nDans Le Radical du 27 juin : M. G. Rémon a fait des Mamelles de Tirésias un\ncompte rendu qui abonde en points de vue intéressants et judicieux :\n« Je ne vous ai pas parlé du kiosque à journaux ambulant, du gendarme chevauchant\nune délicieuse monture de Picasso, des deux duellistes, ni du Sioux accessoiriste et mélo-\nmane, ni de l'orchestre — un piano — jouant des concertos déconcertants ; je ne vous ai\npas dit les poèmes revenant en leit-motiv, aussi privés que possible et de tête et de queue.\nMais je prétends que le drame drolatique (et surréaliste) de M. Guillaume Apollinaire est,\nqu'il le veuille ou non, une pièce à thèse.\n« De graves problèmes sociologiques y sont abordés : la dépopulation, l'extinction du\npaupérisme, l'avenir de la femme, le régime des cartes alimentaires, etc. Je ne pense pas\nqu'ils y soient résolus.\n« Mais tout cela est d'excellente charge, c'est bon enfant, cela engendre la belle\nhumeur. Et la représentation fut si dépourvue de morgue, de snobisme à la Oscar Wilde,\net si peu ibsénien d'allure, que les coups de sifflets n'osèrent pas fuser et que les lazzis des\nspectateurs eussent paru vraiment intempestifs.\n« Le reproche le plus mordant qu'on ait voulu articuler contre l'auteur — le parti qu'il\ntire de tous les procédés de la revue de café-concert — ne porte pas. Car celle-ci contient\nen puissance tous les progrès à réaliser au théâtre, au triple point de vue du rythme, de\nla fantaisie et du décor. Je l'affirme hautement, dussé-je passer pour un esthéti-\ncien « Sic ». »\nLes On dit, 1er juillet :\n« Un bébé, un vrai, dans la salle, se mit à pousser des cris.\n« Passez-lui les mamelles, Tirésias! » implora du balcon un poète en délire, et il dit\nencore :\n« L'enfant veut du lait. ».\n« — Du laid ? répliqua une jeune femme, eh bien ! il est servi. »\nL'Intransigeant, 25 juin :\n« Guillaume Apollinaire est indiscutablement un des meilleurs parmi les jeunes poètes\net certains parmi les cubistes sont des artistes sérieux. C'est rendre service aux uns et à\nl'autre que de ne pas approuver la farce représentée hier. »\nL'Œuvre, 25 juin.\n« La couleur locale —la scène se passe à Zanzibar — était surtout donnée par la salle,\noù le Tout-Montparnasse et le Tout-Montmartre littéraire s'entassaient et poussaient des\nclameurs sauvages.\n« Les spectateurs qui se sont efforcés de comprendre cette fantaisie outrancière ont"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "cru démêler qu'il s'agissait du problème de la repopulation. Jusqu'au bout ils sont restés\ntrès divisés et prêts à en venir aux mains. Les uns estimaient que l'auteur serait disciple\nde M. Piot, les autres qu'il manifestait des sentiments malthusiens.\n« Mais de mamelles point. Tout juste quelques oranges perdues dans les corbeilles des\nouvreuses ; on sait que l'esthétique nouvelle ne permet pas que le titre réponde jamais\nau sujet traité. »\nLe Carnet de la Semaine, 29 juin : M. Wisner :\n« L'œuvre d'Apollinaire est une gageure, une façon de se moquer de tout... elle est\ntrès simple malgré son air d'aller de guingois ; elle est familière alors que justement je lui\neusse souhaité plus de sonorité, d'élan, d'envol et d'au delà...\n« Et les interprètes de cette conception à la Welss,de cette revue qui chahute Aristo-\nphane et fait la nique à Rabelais, servirent avec dévotion Guillaume Apollinaire acclamé\npar les futuristes et renié par les cubistes. »\nLa Semaine de Paris, 1er juillet :M. Pierre Véron :\n« M. Apollinaire a repris les ressorts des tragiques grecs, qui sont élastiques. Il les a\ntendus, il en a fait des ressorts à boudin ; rien d'étonnant à ce que l'action puisse simulta-\nnément rebondir et rester suspendue. »\n7 juillet : M. Camille Le Senne :\n« Et la pièce, mon Dieu, c'est une petite comédie, très morale et même d'une moralité\nrétrograde. Elle aurait pu être signée de M. Henri Lavedan... Qu'est-ce à dire? M. Guil-\nlaume Apollinaire serait-il un Ponsard cubiste? cruelle énigme ! j'aime mieux saluer une\ncertaine drôlerie originale, un burlesque naturel et rabelaisien dans la filiation d'Ubu-\nRoi. »\nLa Grimace : Léo Poldès :\n« — A Charenton !\n« ...Les Mamelles de Tirésias, comédie symbolique de Guillaume Apollinaire, légi-\ntiment pleinement ce jugement...\n« Mais il convient de tirer, de ce spectacle, une conclusion. Elle s'impose. La voici.\nL'inharmonieux loufoque Erik Satie, compositeur sur machines à écrire et crécelles, a pu\nsalir à son aise les Ballets Russes en introduisant dans ce spectacle esthétique une œuvre\nridicule que n'eut point signée un joueur de tam-tam sénégalais — et des musiciens de\ntalent attendent humblement depuis des années qu'on les joue. Son complice, le barbouilleur\ngéométrique Picasso (Pablo), spéculant sur l'éternelle bêtise humaine, à réussi le tour de\nforce d'imposer son nom au public, par le scandale, et de vendre des toiles qui paraissent\nfabriquées par des intoxiqués de Sainte-Anne, à des prix formidables, tandis que de vrais\npeintres crèvent de faim dans leur ateliers. Poète visionnaire et naïf, Guillaume Apollinaire\ndérange la critique, le Tout-Paris des premières, les rapins de la Butte et les ivrognes de\nMontparnasse pour assister à la plus extravagante, àla plus insensée des élucubrations du\ncubisme — alors que, faute de spectateurs, le Marchand de Venise a quitté l'affiche du\nThéâtre Antoine. Mieux encore. Au moment où la presse d'opinion manque de papier, où\nles journaux indépendants se voient menacés de disparaître, où la Pensée libre est traquée,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "on voit imprimée luxueusement, avec des caractères neufs et élégants, une revue qui\ns'appelle Sic et où, pantins déliquescents du cubisme intégral, des clowns de la plume\ncomme Albert Birot et Jean Cocteau saccagent misérablement le papier accordé avec\ntant de parcimonie aux écrivains qui ont l'orgueil de combattre pour une idée.\n« Que les artistes me pardonnent, que le lecteur m'excuse, trois mots surgissent en\nguise de point final sous ma plume —et je les lance àla face de ces bateleurs :\n« —Ah ! les cochons ! »\nLe Petit Bleu : Davin de Champclos :\n« L'esprit nouveau ?... Je dois être bigrement rétrograde, arriéré, poncif, traditiona-\nliste, abruti et réactionnaire, car cet esprit nouveau m'est apparu comme la plus effroyable\ndes fumisteries et des galéjades... Mais essayons de rester sincères. Apollinaire est je crois\nun sincère... Le bon peintre Férat a brossé pour les deux actes d'Apollinaire un petit\ndécor que je vous recommande.\n« Imaginez-vous de hautes bandes de papier de couleur dans lequel sont piqués\nirrégulièrement des rectangles découpés dans des journaux et voilà des maisons.\n« Du côté cour s'érige un kiosque à journaux—ou du moins ce que Férat m'a affirmé\nêtre un kiosque à journaux. Et ce kiosque patagon ou zanzibarien épingle à sa devanture\ndes feuilles quotidiennes que j'avais cru jusqu'ici parisiennes. Comme je demandais à Férat\ncomment il avait exécuté ce décor surnaturel, il me répondit avec une charmante ingénuité;\n« — Dame, j'ai acheté pour 7 francs de papier que j'ai découpé et c'est tout.\n« 0 Jusseaume! O Chamboulerou! O Bailly!...\n« Dans ce décor simpliste et affolant, nous allons voir défiler des personnages de\ncauchemar vêtus de loques étranges et débitant d'incompréhensibles tirades...\n« J'allais oublier de vous dire que dans un prologue où Apollinaire s'est oublié jusqu'à\nêtre clair, poétique et charmant, un monsier en habit noir qui nous a déclaré être le\ndirecteur du théâtre est venu nous dire de fort beaux vers qui sont je crois les meilleurs\nque j'aie entendus sur la guerre, ses horreurs et ses beautés. »\nLe Cri France, 12 juillet.\n« Les Mamelles de Tirésias ont détaché de Guillaume Apollinaire beaucoup de ses\nadmirateurs. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c004", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.4", "titre_corps": "Je joue à la paume avec les obus", "titre_sommaire": "Je joue à la paume avec les obus", "signature_source": "PAUL DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.8", "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "POÈME\nPAUL DERMÉE\nJe joue à la paume avec les obus.\nSur le bord du chemin\nsi pâle\nMadame\nLe portrait est crevé d'une étoile de sang\nPleure ton amant\nqui ne reviendra plus"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c006", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.5", "titre_corps": "Renard : Histoire burlesque chantée et jouée", "titre_sommaire": "Renard : Histoire burlesque chantée et jouée", "signature_source": "Igor Strawinsky", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 69, "texte": "UNE OEUVRE NOUVELLE\nde\nIGOR STRAWINSKY\n(reproduction d'un manusorit.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c008", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.6", "titre_corps": "JUDITH", "titre_sommaire": "JUDITH", "signature_source": "Chana Orloff", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 40, "texte": "JUDITH\n(Gravure sur bois de Ghana Orloff"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c009", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.7", "titre_corps": "UN 5me BALCON", "titre_sommaire": "UN 5me BALCON", "signature_source": "Pierre ALBERT-BIROT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "UN POÈME\n5me BALCON\nPierre ALBERT-BIROT\nLe choeur\ndesarbresdesmaisonsduciel\net du soleil\nchante pour nous\nLà-bas c'est comme ici\nQue dis-tu ?\nNon ne parlons pas\nRegarde passer\npar les rues de la ville\nles drames les idylles\net cette robe ROUGE\nDieu n'a-t-il pas envie parfois\nde marcher sur nos trottoirs\npour voir\nson ciel\nOui nous allons descendre\nLes arbres ont mangé\nle tramway\nPersonne ne s'en est aperçu\nQuelque chose a bougé\nles maisons\nou le soleil\nCes gens boivent tranquillement\naux terrasses des cafés\nHa ha ha ha ha\nAu revoir Madame"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c011", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.8", "titre_corps": "DÉCEPTION : poème à trois voix", "titre_sommaire": "DÉCEPTION : poème à trois voix", "signature_source": "PHILIPPE SOUPAULT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "DÉCEPTION\npoème à trois voix\nPHILIPPE SOUPAULT (1).\nAvril 1917.\nà P. A .'B.\nLes liserons blancs étouffaient\nDemeure\nCe soir il sait\nN'écoute pas\nLes lèvres brillent\nle sombre lent,et mou\nDemeure\nivre et verte, puissante l'eau montait dans\nl'ombre.\nrenaît\n(1) Le petit poème \" Départ \" publié dans notre n* 15 et signé Philippe Verneuil est également de Philippe\nSoupanlt qui avait alors ses raisons pour signer ainsi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-07-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-07_01#c013", "volume": "bmtnaaz_1917-07_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "12", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.2.9", "titre_corps": "ETC : REVUES", "titre_sommaire": "ETC : REVUES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.12", "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "E T C...\nREVUES :\n\" Le Sarcasme \". — Nous venons de recevoir le n° 1 de ce journal qui nous paraît bien fait. Que\nfera-t-il ? Quelle sera sa portée ? Attendons. Pour ce premier numéro contentons-nous de dire\nqu'il nous paraît peut-être un peu trop princier.\n\" Les Cahiers idéalistes français \".— Nous n'avons pas encore parlé de cette publication, que nous\nrecevons régulièrement, parce que généralement les travaux que l'on y trouve sont peu en rapport\navec le caractère de Sic. Parfois nous tournons rapidement la page, parfois nous assimilons sans\nrien dire. Pourtant nous pensons devoir rompre aujourd'hui le silence pour donner notre appro-\nbation à l'article « A nos lecteurs » inséré en tête du n° 6. Et puisque nous parlons de ce numéro, nous\npouvons dire en même temps que avons senti monter en nous beaucoup de sympathie pour M. Gérard\nde Lacaze-Duthiers en lisant son article : L'aristocratie en face de la guerre.\nVArgus de la Presse,poursuivant ses travaux documentaires,vient,grâce à la sûreté et à l'étendue\nde son organisation, d'éditer dans un volume méthodiquement ordonné, la Nomenclature des Jour-\nnaux et Revues, en langue française, ayant continué à paraître pendant la Guerre 1914-1917. C'est\nune œuvre que tous les Professionnels voudront parcourir. — {Communiqué.)"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.1", "texte": "Pierre ALBERT-BIROT, Directeur\nSONS\nIDÉES\nCOULEURS\nPOEMES\nPx 0,50\nParaît au fois par mois\nAdresser tout ce qui concerne\nla Revue\n37, Rue de la Tombe-Issoire. — Parie.\nN°' 19-20\nJuillet-Août 1917\nDeuxième Année\n\nDANS CE NUMERO :\n44Editions SIC\"\nLes Mamelles de Tirésias (Extraits de la Presse).\nUn Poème.\nMusique\n5e Balcon. Poème\nUne gravure sur bois.\nDéception. Poème à trois voix\nEtc\nPAUL DERMÉE.\nIGOR STRAWINSKY.\nPIERRE ALBERT-BIROT.\nGHANA ORLOPF.\nPHILIPPE SOUPAULT"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.2", "texte": "\" ÉDITIONS SIC\": La pièce de Guillaume Apollinaire \" Les Mamelles de Tirésias\" ne sera\npas publiée dans la revue; elle paraîtra le 15 octobre prochain en un volume in-8° carré, accompa-\ngnée de la musique de scène, des chœurs, de dessins des costumes et accessoires et de l'opinion de la\npresse. Prix du volume : 5 fr (Tirage de luxe limité à 12 exemplaires, 75 fr.,50fr. et 25 fr.).—Adresser\nles souscriptions à Pierre Albert-Birot, directeur de la Revue Sic, 37, rue de la Tombe-Issoire, Paris.\n\nExtraits de la presse concernant la représentation\ndes \" Mamelles de Tirésias \" le 24 juin 1917\nSous ce titre : Une esthétique nouvelle, M. Jean de Gourmont écrit dans le Mercure\nde France :\n« Le Dimanche 24 juin 1917, en un petit Théâtre de la rue de l'Orient à Montmartre\non a joué devant la phalange sacrée des critiques et des femmes de lettres, qui constitue\nl'opinion parisienne, la première pièce cubiste : Les Mamelles de Tirésias de\nM. Guillaume Apollinaire. C'est une date littéraire peut-être. La nouveauté de cette\npièce, au dessin violent, est moins dans le sujet qui ne veut être qu'une intéressante\nfantaisie que dans le décor synthétique qui l'enveloppe et dans la formule qui rejette\ntout le vieux réalisme usé et perfectionné jusqu'à la photographie, du théâtre actuel; qui\nrejette aussi les vieux accessoires factices du pessimisme et de la fausse psychologie\namoureuse...\n<c Nous voilà initiés à l'art cubiste. N'est-il pas beaucoup plus simple, en effet, de\nréunir sous cette même appellation, les essais nouveaux de l'art, de la poésie, de la\npeinture et du théâtre. Cela permettra aussi aux bourgeois de se moquer sans effort. »\nDans Le Pays, 15 juillet, M. Victor Basch qui par un miracle digne de cette pièce\nsurnaturaliste avu deux kiosques à journaux s'exprime avec une modération touchante\ndigne d'un grand professeur.\n« Avant que se leva le rideau, on sentait que la « MANIFESTATION SIC » du 24 juin 1917\n—» ainsi que le clame le programme orné d'un dessin suggestif de Picasso et d un puissant\nbois d'Henri-Matisse — serait jeune, turbulente et tumultueuse à souhait. Elle ne le fut\npas, à mon sens, suffisamment. Auteur, acteurs, musiciens et décorateurs officiaient\navec la gravité d'hiérodules et le public était à l'unisson... C'était une grande manifes-\ntation d'art, la révélation d'un canon dramatique nouveau, le drame sur-réalistef\ncubiste et simultanéiste...\n« Le succès des Mamelles de Tirésias fut très vif, ce qui n'est pas étonnant, vu que,\nsauf les critiques, c'est devant une salle entièrement composée d'amis et d'adeptes qu elle\nfut représentée. Quant aux pauvres critiques qui n'appartenaient pas à la petite chapelle,\nils furent bien embarrassés. Pour mon compte personnel, en rentrant chez moi, je me\nmis à réfléchir, et voici à peu près quel fut mon soliloque.\n«La pièce de M. Guillaume Apollinaire est un drame sur-réaliste, c'est-à-dire, pour\nparler français, un drame symbolique...\n« Si donc, M. Guillaume Apollinaire a cru faire du nouveau, en écrivant un drame sym-\nboliste, il se trompe. Qu'il sache que la première condition d'un drame symbolique, c est\nque le rapport entre le symbole, qu'est toujours un signe, et la chose signifiée, soit\nimmédiatement discernable. En est-il ainsi des Mamelles de Tirésias? Je crois deviner"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.3", "texte": "que c'est une satire contre le féminisme ou plutôt contre les excès du féminisme. Les\nfemmes ont beau ôter de leur corsage les ox*angesj elles n'en demeurent pas moins femmes,\net, à la première occasion propice, elles les y remettent. Et je ne serai pas éloigné de\ncroire que cela n'est pas si faux.\n« Au demeurant, j'ai passé une bonne après-midi. L'enthousiasme que j'ai senti monter\nautour de moi, si je ne l'ai pas partagé, m'a rajeuni. Tout enthousiasme, quel qu'en\nsoit l'objet, est beau en soi et je salue, de ma jeunesse un instant retrouvée, ces jeunes\nqui cherchent un idéal artistique nouveau et — qui sait? — qui découvriront peut-être\ndans la mer infinie du Beau quelque île nouvelle où s'épanouiront de grandes fleurs que\nrespireront ceux ou celles qui viendront après nous. »\nM. Guillot de Saix a fait dans La France du 29 juin, des Mamelles de Tirésias, un\ncompte rendu d'une extraordinaire précision et merveilleusement farci de citations exactes.\nIl n'avait entendu la pièce qu'une seule fois. Voici la conclusion de l'article de notre\ndistingué confrère :\n« Au fond, Guillaume Apollinaire est traditionnaliste et sous l'apparent désordre des\nidées, sous sa fantaisie tintamarresque, clownesque, guignolesque, il demande le retour\nà l'ordre.\n« Cette bouffonnerie n'est pas dénuée, on le voit, de sens philosophique et satirique.\nElle est même d'une forte actualité, vu les ambitions de ces dames qui ne se contenteront\npas d'être conseillères municipales. Et cela nous fait songer à l'Assemblée des ,\nd'Aristophane, mais plus encore au génial Ubu-Roi, d'Alfred Jarry.\n« La représentation fut tumultueuse. Quelques spectateurs prétendirent rivaliser avec\nles comédiens en lançant des répliques en l'air, mais celles-ci étaient loin d'avoir la\nvaleur de celles d'Apollinaire, car elles n'en avaient ni l'esprit ni le rythme.\n« J'oubliais de vous citer la moralité opportuniste de l'ouvrage :\nEt puis chantez matin et soir,\nGrattez-vous si ça vous démange,\nAimez le blanc, aimez le noir,\nC'est bien plus drôle quand ça change,\nSuffit de s'en apercevoir.\n« MM. Férat, Steinberg et Irène Lagut ont donné leurs soins les plus ahurissants aux\ndécors et costumes « selon l'esprit nouveau ». La musique de Mme Germaine Albert-Birot,\ndont l'exécution est confiée à une sorte de peau-rouge qui reste en scène pendant l'action,\nutilise le mirliton, l'accordéon, la porcelaine cassée et la baguette pour souligner drôlati-\nquement les faits et gestes des personnages.\n« M. Edmond Vallée a bien dit le prologue et le rôle de Presto; Louise-Marion a été\nde la plus divertissante folie en Thérèse-Tirésias ; M. Jean Thillois a prêté des accents fort\nplaisants au mari; MUe Juliette Norville cavalcada funambulesquement en gendarme\nconcupiscent; MUe Yéta Daesslé personnifia gentiment le jeune journaliste. A la sortie, le\nciel d'une pureté enfanline semblait tout à fait d'accord avec ce spectacle de la plus sage\ndémence. Apollon saluait Apollinaire. »\nDans Paris-Midi, Mme Louise Faure-Favier avait annoncé ainsi la pièce sur-réaliste\ndans un aticle bien nommé Les mamans de bonne humeur."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.4", "texte": "« Voici qu'un auteur dramatique, il est vrai qu'il est poète, entreprend de ne nous\nprésenter en scène que l'époux et l'épouse. On jouera dans quelques jours, Les Mamelles\nde Tirésias,de Guillaume Apollinaire, une piece aristophanesque toute empreinte de\npoésie et d'optimisme, apologie de la Fécondité.\n« Un couple qui veut avoir des enfants et qui en a par milliers, sans souci des contin-\ngences, une mère qui après avoir été une épouse récalcitrante devient une maman de\nbonne humeur ; Tirésias-Thérèse qui dans sa fécondité joyeusement consentie crée un\ncharme nouveau par lequel la maternité pourrait bien être remise à la mode une fois\nencore. Ce qui serait fort à propos.\n« Vivent les mamans de bonne humeur !\n« C'est un poète qui l'a dit. »\nDans le même journal, sous le titre Une pièce cubiste, M. Paul Souday a apprécié le\n26 juin les Mamelles de Tirésias dans un article nourri, amusant et heureusement nuancé\ndans sa retenue.\n« La Butte Montmartre, de chatnoiresque mémoire, est bien l'Hélicon ou le Bayreuth\nconvenable au culte de la Muse cubiste, laquelle ne représente probablement pas la\npoésie ni l'art de l'avenir, mais ne manque pas d'une certaine drôlerie, lorsque c'est\nM. Guillaume Apollinaire qui célèbre le rite nouveau...\n« Une énorme charge d'atelier, une loufoquerie à intentions satiriques et philoso-\nphiques, telle est la pièce que M. Apollinaire a donnée dimanche, au théâtre du\nconservatoire Renée Maubel, sous les auspices de la revue cubiste Sic...\n« Au fond, M. Guillaume Apollinaire n'est qu'un simple passéiste, et si la forme est\nchez lui fantaisiste et tintamarresque, ses idées se rattachent étroitement à l'école du bon\nsens. C'est pourquoi une brève analyse ne peut donner l'impression de cette bouffonne-\nrie, qui réside dans le détail et souvent dans les jeux de scène plus que dans le texte,\nlequel n'est même pas obscur, sauf exception. Bien entendu, le décor et les costumes\nsont généralement ahurissants et en grande partie cubiste. M. Férat, Mme Irène Lagut et\nM. Steinberg y ont donné leurs soins. La musique de Mme Albert-Birot, congrument\nexcentrique et dissonante, a contribué à mettre l'auditoire en joie.\n« En réalité, pour que sa pièce fût vraiment plaisante d'un bout a l'autre, il aurait\nfallu à M. Apollinaire une expérience du théâtre qui lui manque. L'ouvrage est trop long\npour se soutenir uniquement par des blagues de rapin. Mais beaucoup d épisodes ont de la\nsaveur ou même une certaine finesse sous l'extravagance voulue. Le public, composé\nd'artistes ou de jeunes gens, était au diapason. Puisque c'était une farce, il y participait\nde bon cœur en y mêlant les siennes. Le spectacle était aussi dans la salle. Ce furent deux\nheures de reposante folie. »\nLa Vache enragée, M. Bernard Lecastre :\n« Il faut créer la vie, ai-je entendu dire par un enthousiaste. Mais on a créé du\ntumulte. Des sons essentiellement métalliques, à contre-temps, des accords de voix\ndisparates ; un ton suraigu et plaisantin, la plupart du temps. »\nLa Griffe,6 juillet :\n« Cette pièce est une sorte de coup de gong et de coup de zanzibar, une parodie d on\nne sait quoi, une charentonnade dédiée à on ne sait qui, c'est du Jarry montmartnse,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.5", "texte": "modernisé et martyrisé. C'est un appel à l'amour, une cacophonie voulue par un poète\nune bravoure qui se moque des règles, des lois, du qu'en dira-t-on...\n« Et sous les feux convergents des insultes et sous une tempête effroyable de bravos,\nGuillaume Apollinaire, le front ceint d'un bandeau — chevron de gloire qui serait\nremonté jusqu'à la chevelure et lui ferait une auréole — apparut sur la scène, entouré,\nescorté, porté par ses interprètes...\n<< Etait-ce un jeu de massacre ou de l'adoration ? Fut-ce une victoire ou une déroute ? »\nNord-Sud :\n« La pièce de Guillaume Apollinaire est une pièce lyrique. Elle est burlesque : le\nburlesque doit être lyrique pour être de l'art et le lyrisme peut être burlesque puisque le\nrire est le lyrisme du pauvre.\n« Guillaume Apollinaire est le poète lyrique, l'homme lyrique. Comme Apollinaire est\nun penseur moderne. Il se trouve que son burlesque est plein de railleries qui portent sur\nles mœurs...\n«La musique de Mme Germaine Albert-Birot est gaie uniquement et uniquement gaie :\nDonnez tous les sens au mot « uniquement ».\nL'Heure, 25 juin :\n« Dans un décor à la Gauguin, un Gauguin cubiste, évoluent des nègres et des person-\nnages en cubes... C'est un art qui fait penser à Jarry, un Jarry àla 20e puissance.\n« C'est d'une exubérance exaspérée, mais on s'attendait à plus d'outrance encore, à\nquelque chose de plus nouveau, à une révélation plus riche. Peut-être plus tard verra-\nt-on mieux la portée qu'aura eue cette pièce qui a déçu les uns et enthousiasmé les\nautres. »\n26 juin :\n« Après un prologue remarquable, un poème ardent où s'inscrit le tragique mirage\nd'une nuit de guerre, nous avons entendu deux actes paraît-il sur-réalistes avec des\nchœurs de foire, des costumes de guignol cafre, des kiosques à journaux qui se pro-\nmènent et des contorsions de cirque.\n« Les organisateurs escomptaient probablement des protestations, des sifflets, qui sait,\nune bagarre... Le public a été plus « rosse » encore : il a écouté.\n« Les Mamelles de Tirésias sont d'un gros symbolisme que tout le monde peut com-\nprendre, même les jeunes artistes de Montparnasse, qui ont appris le français au café\nde Flore. L'auteur nous y engage, non sans humour, à faire des enfants. Ses personnages\nsont cubistes, leurs discours benêts ou incohérents. Et quelques beaux vers sont malgré\ntout égarés dans cette mascarade, parce qu'un vrai poète en laisse toujours tomber « de\nses mains mai fermées », même lorsqu'il veut simplement se moquer du monde.\n« Cette facétie aurait pu sembler drôle, racontée un mardi par Apollinaire onctueux et\nnarquois, ou jouée par Max Jacob dans un atelier de la rive gauche, mais la baptiser\n« drame sur-réaliste », et la présenter sérieusement au public, c'est, à bien dire, incon-\nvenant.\n« La pièce était interprétée par des gens dont ce n'était visiblement pas le métier.\n« Les décors, dit-on, ont coûté sept francs aux organisateurs. On les a volés. »\n★"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.6", "texte": "La Rampe, 12 juillet : M. Davin de Champclos :\n« Le brave Guillaume Apollinaire... s'est mis un faux nez en carton, bariolé comme\nune lanterne japonaise, s'est drapé dans un vieux tapis et aux sons d'un orchestre essen-\ntiellement composé d'un accordéon, d'une poêle à frire et d'un revolver, nous a servi\nune gentille petite comédie cubiste qui a fait du coup remonter de dix degrés le thermo-\nmètre de la vieille gaieté française\n« On se tord, on applaudit, on trépigne!.,.. »\nDans Le Radical du 27 juin : M. G. Rémon a fait des Mamelles de Tirésias un\ncompte rendu qui abonde en points de vue intéressants et judicieux :\n« Je ne vous ai pas parlé du kiosque à journaux ambulant, du gendarme chevauchant\nune délicieuse monture de Picasso, des deux duellistes, ni du Sioux accessoiriste et mélo-\nmane, ni de l'orchestre — un piano — jouant des concertos déconcertants ; je ne vous ai\npas dit les poèmes revenant en leit-motiv, aussi privés que possible et de tête et de queue.\nMais je prétends que le drame drolatique (et surréaliste) de M. Guillaume Apollinaire est,\nqu'il le veuille ou non, une pièce à thèse.\n« De graves problèmes sociologiques y sont abordés : la dépopulation, l'extinction du\npaupérisme, l'avenir de la femme, le régime des cartes alimentaires, etc. Je ne pense pas\nqu'ils y soient résolus.\n« Mais tout cela est d'excellente charge, c'est bon enfant, cela engendre la belle\nhumeur. Et la représentation fut si dépourvue de morgue, de snobisme à la Oscar Wilde,\net si peu ibsénien d'allure, que les coups de sifflets n'osèrent pas fuser et que les lazzis des\nspectateurs eussent paru vraiment intempestifs.\n« Le reproche le plus mordant qu'on ait voulu articuler contre l'auteur — le parti qu'il\ntire de tous les procédés de la revue de café-concert — ne porte pas. Car celle-ci contient\nen puissance tous les progrès à réaliser au théâtre, au triple point de vue du rythme, de\nla fantaisie et du décor. Je l'affirme hautement, dussé-je passer pour un esthéti-\ncien « Sic ». »\nLes On dit, 1er juillet :\n« Un bébé, un vrai, dans la salle, se mit à pousser des cris.\n« Passez-lui les mamelles, Tirésias! » implora du balcon un poète en délire, et il dit\nencore :\n« L'enfant veut du lait. ».\n« — Du laid ? répliqua une jeune femme, eh bien ! il est servi. »\nL'Intransigeant, 25 juin :\n« Guillaume Apollinaire est indiscutablement un des meilleurs parmi les jeunes poètes\net certains parmi les cubistes sont des artistes sérieux. C'est rendre service aux uns et à\nl'autre que de ne pas approuver la farce représentée hier. »\nL'Œuvre, 25 juin.\n« La couleur locale —la scène se passe à Zanzibar — était surtout donnée par la salle,\noù le Tout-Montparnasse et le Tout-Montmartre littéraire s'entassaient et poussaient des\nclameurs sauvages.\n« Les spectateurs qui se sont efforcés de comprendre cette fantaisie outrancière ont"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.7", "texte": "cru démêler qu'il s'agissait du problème de la repopulation. Jusqu'au bout ils sont restés\ntrès divisés et prêts à en venir aux mains. Les uns estimaient que l'auteur serait disciple\nde M. Piot, les autres qu'il manifestait des sentiments malthusiens.\n« Mais de mamelles point. Tout juste quelques oranges perdues dans les corbeilles des\nouvreuses ; on sait que l'esthétique nouvelle ne permet pas que le titre réponde jamais\nau sujet traité. »\nLe Carnet de la Semaine, 29 juin : M. Wisner :\n« L'œuvre d'Apollinaire est une gageure, une façon de se moquer de tout... elle est\ntrès simple malgré son air d'aller de guingois ; elle est familière alors que justement je lui\neusse souhaité plus de sonorité, d'élan, d'envol et d'au delà...\n« Et les interprètes de cette conception à la Welss,de cette revue qui chahute Aristo-\nphane et fait la nique à Rabelais, servirent avec dévotion Guillaume Apollinaire acclamé\npar les futuristes et renié par les cubistes. »\nLa Semaine de Paris, 1er juillet :M. Pierre Véron :\n« M. Apollinaire a repris les ressorts des tragiques grecs, qui sont élastiques. Il les a\ntendus, il en a fait des ressorts à boudin ; rien d'étonnant à ce que l'action puisse simulta-\nnément rebondir et rester suspendue. »\n7 juillet : M. Camille Le Senne :\n« Et la pièce, mon Dieu, c'est une petite comédie, très morale et même d'une moralité\nrétrograde. Elle aurait pu être signée de M. Henri Lavedan... Qu'est-ce à dire? M. Guil-\nlaume Apollinaire serait-il un Ponsard cubiste? cruelle énigme ! j'aime mieux saluer une\ncertaine drôlerie originale, un burlesque naturel et rabelaisien dans la filiation d'Ubu-\nRoi. »\nLa Grimace : Léo Poldès :\n« — A Charenton !\n« ...Les Mamelles de Tirésias, comédie symbolique de Guillaume Apollinaire, légi-\ntiment pleinement ce jugement...\n« Mais il convient de tirer, de ce spectacle, une conclusion. Elle s'impose. La voici.\nL'inharmonieux loufoque Erik Satie, compositeur sur machines à écrire et crécelles, a pu\nsalir à son aise les Ballets Russes en introduisant dans ce spectacle esthétique une œuvre\nridicule que n'eut point signée un joueur de tam-tam sénégalais — et des musiciens de\ntalent attendent humblement depuis des années qu'on les joue. Son complice, le barbouilleur\ngéométrique Picasso (Pablo), spéculant sur l'éternelle bêtise humaine, à réussi le tour de\nforce d'imposer son nom au public, par le scandale, et de vendre des toiles qui paraissent\nfabriquées par des intoxiqués de Sainte-Anne, à des prix formidables, tandis que de vrais\npeintres crèvent de faim dans leur ateliers. Poète visionnaire et naïf, Guillaume Apollinaire\ndérange la critique, le Tout-Paris des premières, les rapins de la Butte et les ivrognes de\nMontparnasse pour assister à la plus extravagante, àla plus insensée des élucubrations du\ncubisme — alors que, faute de spectateurs, le Marchand de Venise a quitté l'affiche du\nThéâtre Antoine. Mieux encore. Au moment où la presse d'opinion manque de papier, où\nles journaux indépendants se voient menacés de disparaître, où la Pensée libre est traquée,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.8", "texte": "on voit imprimée luxueusement, avec des caractères neufs et élégants, une revue qui\ns'appelle Sic et où, pantins déliquescents du cubisme intégral, des clowns de la plume\ncomme Albert Birot et Jean Cocteau saccagent misérablement le papier accordé avec\ntant de parcimonie aux écrivains qui ont l'orgueil de combattre pour une idée.\n« Que les artistes me pardonnent, que le lecteur m'excuse, trois mots surgissent en\nguise de point final sous ma plume —et je les lance àla face de ces bateleurs :\n« —Ah ! les cochons ! »\nLe Petit Bleu : Davin de Champclos :\n« L'esprit nouveau ?... Je dois être bigrement rétrograde, arriéré, poncif, traditiona-\nliste, abruti et réactionnaire, car cet esprit nouveau m'est apparu comme la plus effroyable\ndes fumisteries et des galéjades... Mais essayons de rester sincères. Apollinaire est je crois\nun sincère... Le bon peintre Férat a brossé pour les deux actes d'Apollinaire un petit\ndécor que je vous recommande.\n« Imaginez-vous de hautes bandes de papier de couleur dans lequel sont piqués\nirrégulièrement des rectangles découpés dans des journaux et voilà des maisons.\n« Du côté cour s'érige un kiosque à journaux—ou du moins ce que Férat m'a affirmé\nêtre un kiosque à journaux. Et ce kiosque patagon ou zanzibarien épingle à sa devanture\ndes feuilles quotidiennes que j'avais cru jusqu'ici parisiennes. Comme je demandais à Férat\ncomment il avait exécuté ce décor surnaturel, il me répondit avec une charmante ingénuité;\n« — Dame, j'ai acheté pour 7 francs de papier que j'ai découpé et c'est tout.\n« 0 Jusseaume! O Chamboulerou! O Bailly!...\n« Dans ce décor simpliste et affolant, nous allons voir défiler des personnages de\ncauchemar vêtus de loques étranges et débitant d'incompréhensibles tirades...\n« J'allais oublier de vous dire que dans un prologue où Apollinaire s'est oublié jusqu'à\nêtre clair, poétique et charmant, un monsier en habit noir qui nous a déclaré être le\ndirecteur du théâtre est venu nous dire de fort beaux vers qui sont je crois les meilleurs\nque j'aie entendus sur la guerre, ses horreurs et ses beautés. »\nLe Cri France, 12 juillet.\n« Les Mamelles de Tirésias ont détaché de Guillaume Apollinaire beaucoup de ses\nadmirateurs. »\n\nPOÈME\nPAUL DERMÉE\nJe joue à la paume avec les obus.\nSur le bord du chemin\nsi pâle\nMadame\nLe portrait est crevé d'une étoile de sang\nPleure ton amant\nqui ne reviendra plus"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.9", "texte": "UNE OEUVRE NOUVELLE\nde\nIGOR STRAWINSKY\n(reproduction d'un manusorit.)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.10", "texte": "JUDITH\n(Gravure sur bois de Ghana Orloff"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.11", "texte": "UN POÈME\n5me BALCON\nPierre ALBERT-BIROT\nLe choeur\ndesarbresdesmaisonsduciel\net du soleil\nchante pour nous\nLà-bas c'est comme ici\nQue dis-tu ?\nNon ne parlons pas\nRegarde passer\npar les rues de la ville\nles drames les idylles\net cette robe ROUGE\nDieu n'a-t-il pas envie parfois\nde marcher sur nos trottoirs\npour voir\nson ciel\nOui nous allons descendre\nLes arbres ont mangé\nle tramway\nPersonne ne s'en est aperçu\nQuelque chose a bougé\nles maisons\nou le soleil\nCes gens boivent tranquillement\naux terrasses des cafés\nHa ha ha ha ha\nAu revoir Madame"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191707-01.1.12", "texte": "DÉCEPTION\npoème à trois voix\nPHILIPPE SOUPAULT (1).\nAvril 1917.\nà P. A .'B.\nLes liserons blancs étouffaient\nDemeure\nCe soir il sait\nN'écoute pas\nLes lèvres brillent\nle sombre lent,et mou\nDemeure\nivre et verte, puissante l'eau montait dans\nl'ombre.\nrenaît\n(1) Le petit poème \" Départ \" publié dans notre n* 15 et signé Philippe Verneuil est également de Philippe\nSoupanlt qui avait alors ses raisons pour signer ainsi.\n\nE T C...\nREVUES :\n\" Le Sarcasme \". — Nous venons de recevoir le n° 1 de ce journal qui nous paraît bien fait. Que\nfera-t-il ? Quelle sera sa portée ? Attendons. Pour ce premier numéro contentons-nous de dire\nqu'il nous paraît peut-être un peu trop princier.\n\" Les Cahiers idéalistes français \".— Nous n'avons pas encore parlé de cette publication, que nous\nrecevons régulièrement, parce que généralement les travaux que l'on y trouve sont peu en rapport\navec le caractère de Sic. Parfois nous tournons rapidement la page, parfois nous assimilons sans\nrien dire. Pourtant nous pensons devoir rompre aujourd'hui le silence pour donner notre appro-\nbation à l'article « A nos lecteurs » inséré en tête du n° 6. Et puisque nous parlons de ce numéro, nous\npouvons dire en même temps que avons senti monter en nous beaucoup de sympathie pour M. Gérard\nde Lacaze-Duthiers en lisant son article : L'aristocratie en face de la guerre.\nVArgus de la Presse,poursuivant ses travaux documentaires,vient,grâce à la sûreté et à l'étendue\nde son organisation, d'éditer dans un volume méthodiquement ordonné, la Nomenclature des Jour-\nnaux et Revues, en langue française, ayant continué à paraître pendant la Guerre 1914-1917. C'est\nune œuvre que tous les Professionnels voudront parcourir. — {Communiqué.)\n\nABONNEMENTS\nAla 2* série (1917) Ala lfe série (1916) Aux deux séries (1916 et 1917)\nParis 3 fr. 50 Paris et Province.... 10 fr. Paris 12 fr.\nProvince 4 fr. Etranger 12 fr. Province 12 fr. 50\nEtranger 5 fr. Etranger 15 fr.\nÉdition de Luxe (série 1917), tirage sur vieux Japon àla forme à 6 exemplaires, numérotés. 75 fr.\nVente au numéro de la lre série 1916 :\nN° 1: 2 fr. 75. —N° 2: 1 franc. —N°3 : 2 francs. — N08 4, 5, 6, 11 et 12 : 0 fr. 50.\n—N° 7 : 2 fr. 25. — N°8 8, 9, 10 (réunis) : 2 fr. 75.\nService aux mobilisés qui en exprimeront le désir. Joindre 0 fr. 75, pour frais d'envois.\nImprimerie LEVÉ, 71, rue de Rennes, Paris.\nLe gérant : Pierre ALBERT-BIROT."}]}