{"numero_id": "bm-bmtnaaz-1917-11-01", "volume": "bmtnaaz_1917-11_01", "ocr_sha256": "fc9a3f7f1e4cd6e28e32ca190dcc17451ccc25023b33644ba1d8a70d08b10c34", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaz/issues/1917/11_01/bmtnaaz_1917-11_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaz/issues/1917/11_01/bmtnaaz_1917-11_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-11-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-11_01#c002", "volume": "bmtnaaz_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMERO", "titre_sommaire": "DANS CE NUMERO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.1", "debut_caractere": 265, "fin_caractere_exclue": 485, "texte": "DANS CE NUMERO :\nAux comédiens. 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Roman, Pierre Reverdy,\n« Qui ceste estoire en romanz mist,... »En langage roman.\nLes œuvres de nos premiers poètes écrites en « patois de France » furent des romans. « Ceux\nqui s'amusaient d'escrire les faits héroïques de nos chevaliers, premièrement en vers, puis en prose,\nappelleront leurs œuvres romans,.. »\nMôme au xvn* siècle, quoique le roman ait déjà depuis longtemps changé de peau (comme la\nboulangère; Boileau dit encore : «Je montrerai qu'il y a des genres le poésies, où non seulement les\nLatins ne nous ont pas surpassés, mais qu'ils n'ont pas même connus comme par exemple, ces poèmes\nen prose que nous appelons romans. »\nP ; Les poésies du moyen âge ayant surtout un caractère narratif, cette caractéristique est\ndevenue rapidement la dominante et le roman a bifurqué.\nr ; Pourtant Villemain voulait encore voir dans le roman le poème épique des nations modernes.\nOr nous savons ce qu il est devenu. Mais qu'importe, le roman était un poème, Pierre Reverdy a\ngratté jusqu'à ce qu'il ait retrouvé l'or qui était si bien recouvert d'épaisses couches de matières\nhétéroclites que l'on se trouvait tenté volontiers de mettre au rebut cette vieille ferraille.\nMais comme nous sommes des créateurs et non des alexandrins, Pierre Reverdy n'a point fait\nun roman du xne siècle mais du xxe et animé du plus ardent désir de pureté, il l'a conçu comme\nnous concevons nos poèmes, à base d'ultra réalisme.\nDes « détails », en voici :\nLes années passent vite dans la\ntête obscure d'un enfant\nAu fond de soi il y a toujours un pauvre\nenfant qui pleure"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-11-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-11_01#c010", "volume": "bmtnaaz_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Chante, grillon !\nUn tantinet\nd'odeur de fruits.\n0 ! Que je me sens mal,\nmon âme !\nLa blessure me dévore,\nAmi grillon chante, tout près,\nlà-bas, dans la salle des fous.\nUne veuve folle\nd'extrême pâleur\njette sa langueur\nsur le liseron fleuri.\nA quoi songe\nla jeune infirmière?\n— L'été est fini !\nEt dans la nuit pluvieuse, que vois-je?\n— Le feu d artifice !\nUn interminable couloir...\nUn patient, très pâle.\nDans la main, un flacon\nà la liqueur jaune sale.\n— Et voici venir l'automne...\n\nLE SOMMEIL-CAUCHEMAR\nMIKI ROFOÛ.\nC est bien lui le sommeil-cauchemar!\nQu'on ferme la porte !\nLe ciel se déteint par la douleur.\nII plane sur mon cœur.\nL'oiseau en fièvre\nbat des ailes\nen un vieux « iyé » abandonné.\nDans mon cœur\nligotté de tristesse et de souvenirs,\nAh ! comme il sait courir\npour m'empoigner\nce sommeil-cauchemar !\nTraduit du Japonais, par Saye Mondo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1917-11-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1917-11_01#c014", "volume": "bmtnaaz_1917-11_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "6", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.2.9", "titre_corps": "UN COIN D'HOPITAL", "titre_sommaire": "UN COIN D'HOPITAL", "signature_source": "KITAHARA ; Saye Mondo", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.6", "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 1577, "texte": "UN COIN D'HOPITAL\nKITAHARA.\nAvant de m'endormir\nsous la puissance d'un narcotique;\nle grillon chantonnait.\nEt voilà un tout petit liseron,\ntout, tout rouge, en fleur,\nlà, au ras de la fenêtre.\nTandis que le liseron m'apparaît\nsi petit et si rouge^\nMa vie va s'éteindre...\n— Allons ! Chante, grillon !\nUn tantinet\nd'odeur de fruits.\n0 ! 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Mais il\nn'empêche que le Voleur de Talan est un livre qui tiendra belle place dans la noble période litté-\nraire qui commence.\nAquarium. — Philippe Soupault. — Je suis heureux de pouvoir dire que le jour où j'ai reçu\nparmi tant d'autres, les premiers poèmes de Soupault j'ai pressenti le petit livre qu'il nous donne\naujourd'hui et les gros qu'il nous donnera plus tard.\nTrès rapidement il s'est assimilé le véritable esprit moderne et comme il est poète nous\npouvons compter sur lui.\nVoici le début de son livre, par ces quelques vers il a parfaitement réussi à exprimer la qualité\nde sa sensibilité ;\nAVANT-DIRE\nPenche toi\net perce la lisse surface\nOranges\nbleus\ngris\nvermillons\nglissent et nagent"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "mes poèmes\nTout autour de ma pensée\nvirevoltent\nles poissons verts\nCommémoration d'un mort de printemps. 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Nous allons au plein soleil et non au crépuscule, à l'action non àla méditation, à\nl'optimisme non au pessimisme, nous disons oui et point non.\nEt j'ai fondé cette revue pour apporter toute mon énergie au service de ce très verdoyant\nrenouveau : voilà pourquoi je ne peux louer sans réserves le poème de M. Louis Chadourne malgré\nles très réelles beautés poétiques \\qu'il contient.\nINTERROGATION. — Pierre Drieu la Rochelle. — Nous avons reçu trop tard ce livre de poèmes\nqui nous paraît très substantiel, nous en parlerons dans le prochain numéro.\nMUSIQUE.— CHANSONS D'ENFANTS. Lucien de Flagny. L'art pour enfants est une question\ntrès complexe susceptible d'engendrer de longues discussions. Je me contenterai de dire que\ncela doit être sans doute très dificile car nous pouvons voir que en tous les temps bien\npeu ont réussi parmi les artistes qui s'y sont essayés (dans tous les arts). Les uns estiment qu'ils\ndoivent se mettre à ta portée de l'enfant et font des choses enfantines, les autres estiment qu'ils\ndoivent éveiller le goût de l'enfant et dans cette intention font pour lui des œuvres d'un art très\nsimple mais qui sont parfois ce qu'il y a de plus difficile à réaliser. Les chansons de M. de Flagny\nnous semblent deux exemples de ce que nous venons de dire. La première nous ne pouvons vrai-\nment rien en dire et 1a seconde est d'une jolie simplicité qui ne peut guère intéresser un enfant\net qui nous paraît au contraire parfaitement écrite pour le chanteur fin technicien William Gwin\nauquel elle est dédiée et nous aurons certainement plaisir à l'entendre chanter par lui.\nAu reste nous pensons qu'il ne serait pas du tout impossible de faire des choses pour enfants\nbasées sur l'esthétique moderne à laquelle nous sacrifions, au contraire puisque notre art est essen-\ntiellement vivant et que rien ne plaît tant à l'enfant que 1a vie.\nUNE GALERIE. AU 108, Faubourg Saint-Honoré, en plein cœur d'Antiquaille-Ville, Paul Guillaume\nvient d'ouvrir une galerie et, maintenant, ainsi qu'il convient, à côté des Falconnet vivront les bois\nnègres, à côté des Boucher les Derain.\n\nP A. B."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.1", "texte": "Pierre ÀLBERT-BiROT, Directeur\nSONS\nIDÉES\nOODDETJJÊtS\nFORMES\nPx 030\nf\nParait nne fois par mois\nAdresser tout ce qui concerne\nla Revue\n37, Hue de la Tombe-Issoire. — Paris.\nou s'y adresser tous les jours de onze heures à midi.\nN° 23\niMovetnbpe\n1917\nDeaxiftm* Année\n\nDANS CE NUMERO :\nAux comédiens. Poème didactique\nDeux poèmes «\nETG... lrc partie\nPoème à, crier et à, danser\nBois gravé\nAu Japon\nETC... suite\nP. A. B.\nPHILIPPE SOUPAULT\n***\nPIERRE ALBERT-BIROT.\nCHARRA ORLOFP.\nSAYE MONDO."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.2", "texte": "AUX COMEDIENS\nPoème didactique\nP.A.B.\nUn poème\nN'est plus poème\nSi vous le parlez\nEt votre naturel dénature\nL'art\nQui n'est pas la nature\nNous vous donnons de la substance\nN'en faites pas de la matière\nEt ne soyez pas nos interprètes\nLes poètes\nNe veulent pas être traduits\nTrahis\nEt ne peuvent\nDonnez-les comme ils sont\nC'est ici tout votre art\nEt c'est là croyez-moi\nDe quoi suffire à votre gloire\nCe rythme auquel le poète obéi\nN'allez pas croire\nQue pour montrer votre tempérament\nIl soit bon de l'escamoter carrément\nEt ce vers\nQue je coupe\nIci\nN'allez pas de peur de paraître un enfant\nA l'école\nLe relier au suivant\nCar lorsque je m'exprime\nEn trois vers\nCe n'est pas me servir\nQue de les fondre en un\nC'est l'enfant qui fait bien\nVotre « science » a tort\nN'ajoutez rien\nPas un soupir et pas un temps\nMais transmettez lettre à lettre\nTout ce que le poète a su mettre\nEt ne vous pressez pas\nUn bon prêtre ne dit pas la messe en courant\nUn poème est une prière\nEt quand on se met à prier\nOn doit se plaire\nEn sa prière\nEt ne point désirer\nEn venir à la fin\nNe soyez pas une vieille dévote\nSoyez un saint\nMais quand je vous parle\nDe messe et de prière\nNe pensez pas à nos religions\nDe tristesse et de mort\nQui parlent bas dans une crypte sombre\nMais à quelqu'un\nDe ces cultes païens\nQui aiment le Soleil\nSurtout n'oubliez pas que poème est\nVérité\nMes chers amis ne mentez pas\nEn jouant vrai\nEt puis\nPerfection\nN'est pas dans le milieu"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.3", "texte": "DEUX POÈMES\n\nROUTE\nJ'aperçus le souvenir de ta voix se percher\nMon corps berçait mes pensées\nles fils télégraphiques s'enfuyaient\nLe heurt d'un caillou sonna midi\n\nMIROIR\nPHILIPPE SOUPAULT\nIl y a des hommes sur le toit qui essaient de toucher le ciel\nLes pigeons applaudissent\nNarquois les nuages s'en vont\nLa cave est pleine de monde\nJ'ai regardé jouer les enfants\n\nÉditions S/G- LES MAMELLES DE TIRÉSïAS. AUX souscripteurs : Ce livre\nparaîtra fi ri novembre.\n\nE T c...\nLES LIVRES. — Le Voleur de Talan. Roman, Pierre Reverdy,\n« Qui ceste estoire en romanz mist,... »En langage roman.\nLes œuvres de nos premiers poètes écrites en « patois de France » furent des romans. « Ceux\nqui s'amusaient d'escrire les faits héroïques de nos chevaliers, premièrement en vers, puis en prose,\nappelleront leurs œuvres romans,.. »\nMôme au xvn* siècle, quoique le roman ait déjà depuis longtemps changé de peau (comme la\nboulangère; Boileau dit encore : «Je montrerai qu'il y a des genres le poésies, où non seulement les\nLatins ne nous ont pas surpassés, mais qu'ils n'ont pas même connus comme par exemple, ces poèmes\nen prose que nous appelons romans. »\nP ; Les poésies du moyen âge ayant surtout un caractère narratif, cette caractéristique est\ndevenue rapidement la dominante et le roman a bifurqué.\nr ; Pourtant Villemain voulait encore voir dans le roman le poème épique des nations modernes.\nOr nous savons ce qu il est devenu. Mais qu'importe, le roman était un poème, Pierre Reverdy a\ngratté jusqu'à ce qu'il ait retrouvé l'or qui était si bien recouvert d'épaisses couches de matières\nhétéroclites que l'on se trouvait tenté volontiers de mettre au rebut cette vieille ferraille.\nMais comme nous sommes des créateurs et non des alexandrins, Pierre Reverdy n'a point fait\nun roman du xne siècle mais du xxe et animé du plus ardent désir de pureté, il l'a conçu comme\nnous concevons nos poèmes, à base d'ultra réalisme.\nDes « détails », en voici :\nLes années passent vite dans la\ntête obscure d'un enfant\nAu fond de soi il y a toujours un pauvre\nenfant qui pleure"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.4", "texte": "POEME A CRIER ET A DANSER\n\nL'AVION\nPIERRE ALBERT-BIROT\nvrron (1) on— on— on on on\nvrrr vrrr vrrr\nhihihi\nouououitt\n#\n|j I ouououitt\nouououitt\ntrrra trrra trrra trrra trrra\ntrrratrrra triTatrrra\nhihihihihihihihihihihihihihihihiliihihihi\nvrrr vrrr\n(2)oua oua oua oua oua oua oua oua oua oua oua oua o uaoua\n{2) iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii\nouououitt\nouououitt\nouououitt\nvrr vrr\n(2) iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii\n(1) Prolonger le son.\n(2) Mettre la main en soupape sur la bouche."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.5", "texte": "Bois gravé\nChana Orloff."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.6", "texte": "AU JAPON\nII a été fait mention dans le dernier numéro de SIC, d'un mouvement poétique à! axant-garde\nau Japon. C'est trop dire. L'influence des poètes français, d'avant-garde, est certaine, mais\nseulement relative.\nPendant des siècles toute la poésie japonaise fut la même, c'est-à-dire résidait dans l'emploi\nde vers de outa et de haikou (31 et 17 syllabes).\nC'est grâce à Verlaine surtout que se produisit cette double métamorphose énorme de\nl'adaptation au vers couleur européenne, toutefois vers libre et de l'enfantement d'un sentiment\nmultiforme, le symbolisme, ignoré jusqu'alors comme au fond des forêts vierges.\nLe choix offrait d'autant plus de difficultés qu'ils sont légions ces nouveaux poètes nippons.\nVoici un coin du voile, voici des esquisses de tout jeunes poètes, Kitahara et Niki Rofoû.\n\nUN COIN D'HOPITAL\nKITAHARA.\nAvant de m'endormir\nsous la puissance d'un narcotique;\nle grillon chantonnait.\nEt voilà un tout petit liseron,\ntout, tout rouge, en fleur,\nlà, au ras de la fenêtre.\nTandis que le liseron m'apparaît\nsi petit et si rouge^\nMa vie va s'éteindre...\n— Allons ! Chante, grillon !\nUn tantinet\nd'odeur de fruits.\n0 ! Que je me sens mal,\nmon âme !\nLa blessure me dévore,\nAmi grillon chante, tout près,\nlà-bas, dans la salle des fous.\nUne veuve folle\nd'extrême pâleur\njette sa langueur\nsur le liseron fleuri.\nA quoi songe\nla jeune infirmière?\n— L'été est fini !\nEt dans la nuit pluvieuse, que vois-je?\n— Le feu d artifice !\nUn interminable couloir...\nUn patient, très pâle.\nDans la main, un flacon\nà la liqueur jaune sale.\n— Et voici venir l'automne...\n\nLE SOMMEIL-CAUCHEMAR\nMIKI ROFOÛ.\nC est bien lui le sommeil-cauchemar!\nQu'on ferme la porte !\nLe ciel se déteint par la douleur.\nII plane sur mon cœur.\nL'oiseau en fièvre\nbat des ailes\nen un vieux « iyé » abandonné.\nDans mon cœur\nligotté de tristesse et de souvenirs,\nAh ! comme il sait courir\npour m'empoigner\nce sommeil-cauchemar !\nTraduit du Japonais, par Saye Mondo."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.7", "texte": "La fatigue vient au bout de quelque temps\net chaque voyageur a toujours un bagage\nLe reste de ses sentiments se\nperdit dans sa barbe\nÀ table\ndes figures dansent au fond de la\nglace autour de la mienne qui ne bouge pas\nLa voiture qui passe a fatigué son ombre\nLes hommes qui s'en vont ont tous le\nmême dos\nEt aucun d'eux ne se retourne\nLa mémoire marche derrière nous\nUne grimace vint s'épanouir\nsur son visage triangulaire\nQuand le voleur de talan s'assit le\nsilence gêna les objets dans la chambre\nAprès avoir bien couru on s'aperçoit que\nles autres sont loin\n• « • « • • •\nLe wagon qui emporte l'espoir et le souvenir\nest une chambre tiède qui marche\nIsolée dans l'air\nDes morceaux d'univers s'écartent\nDes blocs s'écrasent\nEt sur la route\nOn aperçoit d'autres existences qui étonnent\nIl faut bien écouter pour entendre\nQuelqu'un qui pleure\nIl pense aux matelots qui chantent\nen partant pour l'autre bout du monde\nEt on reste là\nQuand on sent le besoin d'avoir des ailes\nDans une petite maison perdue entre les\narbres la traversée s'achève\nIl n'a jamais vécu\nPour dire net tout ce que je pense, j'ajouterai encore ceci : l'édifice me semble manquer un\npeu de volumes et de saillies, son ensemble me paraît se colorer un peu trop en blond et quant à\nmoi, il m'a laissé dans l'esprit une impression, à mon gré, trop monotone et mélancolique. Mais il\nn'empêche que le Voleur de Talan est un livre qui tiendra belle place dans la noble période litté-\nraire qui commence.\nAquarium. — Philippe Soupault. — Je suis heureux de pouvoir dire que le jour où j'ai reçu\nparmi tant d'autres, les premiers poèmes de Soupault j'ai pressenti le petit livre qu'il nous donne\naujourd'hui et les gros qu'il nous donnera plus tard.\nTrès rapidement il s'est assimilé le véritable esprit moderne et comme il est poète nous\npouvons compter sur lui.\nVoici le début de son livre, par ces quelques vers il a parfaitement réussi à exprimer la qualité\nde sa sensibilité ;\nAVANT-DIRE\nPenche toi\net perce la lisse surface\nOranges\nbleus\ngris\nvermillons\nglissent et nagent"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191711-01.1.8", "texte": "mes poèmes\nTout autour de ma pensée\nvirevoltent\nles poissons verts\nCommémoration d'un mort de printemps. Louis Chadourne. 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Etranger 15 fr.\nÉdition de Luxe (série 1917), tirage sur vieux Japon àla forme à 6 exemplaires, numérotés. 75 fr.\n1 Vente au numéro de la lre série 1916 :\nN° 1: 2 fr. 75. —N° 2 : 1 franc. —N°3 : 2 francs. — Nos 4, 5, 6, 11 et 12 : 0 fr. 50.\n—N° 7 : 2 fr. 25. — Nos 8, 9, 10 (réunis) : 2 fr. 75.\nImprimerie LEVÉ, 71, rue de Rennes, Paris.\nLe gérant : Pierre ALBERT-BIROT."}]}