{"numero_id": "bm-bmtnaaz-1918-05-01", "volume": "bmtnaaz_1918-05_01", "ocr_sha256": "28822927b90b647e9bb7b548ae8ccfed611a2d5152ab8c4c2ab0a2471c7263ef", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaz/issues/1918/05_01/bmtnaaz_1918-05_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaz/issues/1918/05_01/bmtnaaz_1918-05_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaz-1918-05-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1918-05_01#c002", "volume": "bmtnaaz_1918-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.2.2", "titre_corps": "DANS CE NUMÉRO", "titre_sommaire": "DANS CE NUMÉRO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.1", "debut_caractere": 176, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "DANS CE NUMÉRO\nJeune femme, Bois de\nChronique historique\nTreize études\nEscalade, Poème\nPoème-'oaysage\nLes ARD-îisss dn Toit (Poèmes inédits de P. Reverdy)\nNature presque morte. Poème\nETC Une lettre\nF. 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C'est dans le\nmême esprit que la poésie volontiers descriptive n'évoquait que les\nfacteurs positifs d'un tableau. Pierre Reverdy complètecette arith-\nmétique par l'introduction de la série négative. A quoi bon dénom-\nbrer tels objets familiers? Le poète se trouble davantage de ne\nplus les retrouver que de les voir. Avant l'objet son ombre le tou-\nche: rien ne l'émeut comme cette forme impalpable et changeante,\nréalité plus simple et plus chère à son coeur. Plutôt que de nommer\nce qu'il voit, il préfère dire ce qui manque: chaque absence l'affli-\nge et le trouble à l'intime. 11 trouve en toute chose la possibilité de\nréactions diverses: il est hanté par le conditionnel. La joie, c'est\nune étrangère si le paysage est paisible, peut-être est-ce que le\ndrame se joue derrière le mur. Des voix chantent parfois, mais les\nmots n'arrivent pas jusqu'à nous, ils sont trop lourd; et si quelque\ntonnerre éclate, c'est le gémissement d'un meuble à l'angle de l'U-\nnivers. Comme il est le poète de la crainte et du silence, Pierre\nReverdy est le poète de la nuit, le premier dans cette France, où\ntant de jeunes gens se liancèrent à Madame la Lune.\nAussi saluerai-je comme livre de nocturnes ces Ardoises du Toit\nmais à le prononcer me vient l'envie de premièrement faire l'éloge\nde ce titre que l'auteur justifie de deux phrases en façon de poème.\n11 est lavé d'eau claire, doux comme un angevin, pur comme la\nLucarne Ovale.\nDepuis ce dernier recueil, c'est vers une discipline personnelle\nque s'est efforcé Pierre Reverdy. Ses nouveaux vers agissent d'â-\nbord sur le lecteur par leur rythme intérieur. C'est un balancement\nqui oppose l'un à l'autre les hémistiches mis en relief par un alinéa\nLe cri venait de loin\nPar derrière la nuit\nEt tout ce qui s'avance\nEt tout ce que je fuis\nou même élevés à la dignité de vers:\nLe feu est presque éteint\nEt devant quelqu'un pleure\nOu passe cette main\nDont la chaleur demeure\nLes contrepoids du balancier peuvent être des groupes de vers,\ndes mots isolés. Cette oscillation du poème, c'est un accord qu'on\nnous propose et que résout un vers impair non recoupé :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "La neige serait étonnante\nTout était blanc à quelques pas\nSur tous les animaux qui moururent de froid\nLa voix se pose, le rythme repart jusqu'à ce que, barrage au mi-\nlieu du fleuve, une chûte déroute à dessein qui se laissait trop ai-\nsément bercer. Progressivement nous sommes entraînés vers la\nphrase terminale, ample, définitive, solution du problème.\n( La Jetée, Le même numéro, Lendemain, Carrefour )ou bien\n( Midi Couvre-Feu, Auberge ) vers une chûte nouvelle et mor-\ntelle.\nQuelques poèmes parus dans Nord-Sud nous avaient appris la\nscience d'orchestration de Pierre Reverdy par des vers comme\nLes rides que le vent fait aux rideaux du lit.\nDans les Ardoises du Toit, l'orchestration vient en aide à l'ima-\nge, la guide et la soutient :\nL'escalier craque\nIl est artificiel\nC'est une parabole ou une passerelle\nOn sait le prix que Pierre Reverdy attache aux images; on ne\nsaura jamais assez celui que nous attachons aux siennes;\nIls sont assis\nLa table est ronde\nEt ma mémoire aussi\nJe me souviens de tout le monde\nMême de ceux qui sont partis\nQuelques tableaux de plein soleil [Matin, Air, En Face) ne\nmettent que mieux en valeur ceux d'ombre où chantent les nuits\nsans lune, trouées de fenêtres dont battent les volets. Des mains y\nfont des signes noirs: mais le poète ne sait que les noter, et rester\npur.\n\nLouis Aragon"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1918-05-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1918-05_01#c009", "volume": "bmtnaaz_1918-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "7", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.2.9", "titre_corps": "Nature presque morte", "titre_sommaire": "Nature presque morte", "signature_source": "Georges Gabory", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.7", "debut_caractere": 1331, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "Nature presque morte\nGeorges Gabory.\nVitres éteintes\nLivre fermé\nVoici le souvenir qui tombe des étoiles\nRegards fanés\nSourires lointains\nAdieu\nTourne la tête\nVoici l'Avenir\nLe visage oublié revient dans le miroir"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1918-05-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1918-05_01#c010", "volume": "bmtnaaz_1918-05_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.2.10", "titre_corps": "ETC...", "titre_sommaire": "ETC...", "signature_source": "Roger Allard", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "ETC...\nRoger Allard, Br. pilote , en convalescence.\nUne Lettre— En réponse à une noie parue dans noire N° de Mars M. Roger Allard m'adres-\nse une lellre qu'il me demande d'insérer : j'accède bien volontiers à celte demande toute natu-\nrélle. Je me donne seulement l'autorisation de faire précéder cette lellre de quelques unes des\nréflexions que j'ai faites en la lisant:\nMr Roger Allard revendique l'honneur d'avoir défendu le premier les recherches des\npeintres cubistes. Je n'ai jamais touché ce point spécial et me garderai bien de le faire car\nceci se passait en des temps anciens et d'autres que moi sont seuls qualifiés pour argumenter\nsur celle affaire dont au reste je n'ai pas à connaître, car peu m'importe que naguère M. Ro-\nger Allard ail défendu les recherches des peintres, ce que j'ai moi à considérer et ce que je\nconsidère c'est qu'il condamne aujourd'hui les recherches des poètes. Il me semble donc qu'en\npoussant les concessions jusqu'à l'extrême, l'aimable lettre de Mr Roger Allard ne peut ten-\ndre qu'à prouver que les recherches des jeunes peintres lui étaient et lui sont peut-être encore\nsympathiques tandis que les recherches des jeunes poètes lui sont désagréables. Donc M. Ro-\nger Allard n'est pas étranger à l'esprit nouveau en peinture, mais je ne puis conclure de ce-\nla, malgré toute ma bonne volonté, qu'il ne m'est plus permis de dire que Mr Roger Allard\nest étranger à l'esprit nouveau en littérature.\n« Mon cher Confrère\n« Votre bref commentaire de mon opuscule Baudelaire et u l'Esprit nouveau \" pourrait\ndonner une fausse idée de l'auteur à ceux de vos lecteurs qui seraient, si j'ose dire des néo-\npli y les de la nouveauté.\n« Il me suffira de rappeler que j'ai eu l'occasion le premier, de définir et de formuler\n( l'Art Libre novembre 1909 ) les intentions des peintres \" Cubistes Il y avait quelque\nrisque, alors à défendre ces tentatives et à proclamer la sincérité et le talent d'artistes\nmal compris.\n« Aujourd'hui que le succès et la faveur des amateurs leur sont acquis, beaucoup de\njeunes écrivains voudraient bien profiter de la vogue de ces artistes et faire croire qu'ils\napportent l'équivalent de leurs conquêtes, dans la Littérature.\n<( Libre à eux, à condition qu'ils veuillent bien ne pas représenter comme étranger ou\nhostiles aux nouveautés ceux qui comme votre serviteur, les ont précédés de dix ans.\n« A propos de mon ouvrage, je pense comme vous sur un point, à savoir qu'il est plus\namusant de faire des poèmes \" nunistes \" que de réfuter mes arguments; je crois aussi\nque cela est plus aisé, je fais appel à votre courtoisie pour obtenir l'insertion de cette ré-\nponse et vous prie d'agréer, mon cher confrère, l'expression de mes sentiments les plus\ndévoués."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.1", "texte": "3T, Rue de la TOMBE-ISSOIRE. PARIS\nPx ! 0)50\n3™ ANNÉE\nMAI 1 918\nParaît une fois par mois\nN° 29\nJEUNE FEMME. Bois de F. Torowaï.\nTirage sur diine : 0 exemplaires\nEXEMPLAIRE Ne\n\nDANS CE NUMÉRO\nJeune femme, Bois de\nChronique historique\nTreize études\nEscalade, Poème\nPoème-'oaysage\nLes ARD-îisss dn Toit (Poèmes inédits de P. Reverdy)\nNature presque morte. Poème\nETC Une lettre\nF. TOROWAÏ.\nP.A.B.\nAndré Breton et Louis Aragon,\nPHILIPPE SOUPAULT.\nPIERRE ALBERT-BIROT\nLouis ARAGON.\nGEORGES GARORY."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.2", "texte": "Chronique Historique\nPierre Albert-Birot.\nC'était un samedi de Mars\nNous dormions\nMais un formidable éclatement\nPlus fort que tous les bruits de la vie\nNous fit ouvrir les yeux\nAs-tu entendu\nOui ce n'est rien laCourneuve qui continue\nQuelle heure est-il\nSept heures moins dix dormons\nEt à peine si nous commencions\nA être très bien\nQue ce fut une autre explosion\nOn dirait que c'est sur la place\nEn effet et ia rue\nN'a pas son pouls normal\nLevons-nous il est trop tôt-\nLa sirène ce sont eux\nIl fallut bien s'éveiller\nAbandonner les draps de la Cour Batave\nOu d'ailleurs\nPour endosser encore une fois\nL'habit de cave\nEt chacun tout vivant descendit au tom-\nbeau\nIl était il est vrai étoilé çà et là\nDe quelques luminaires\nOn y jouait\nAu jacquet\nOn y parlait de la laitière et du boucher\nOn y faisait de la stratégie\nEt même un peu de trigonométrie\nOn y taisait aussi beaucoup d'esprit\nEn vérité ce tombeau\nN'était qu'un caveau\nProvisoire\nQuelle heure est-il neuf heures\nIl fait troid\nC'est long\nJe voudrais bien ressussiter\nUne ombre qui descendait dit\nIl fait soleil là haut\nEt les bombes\nTombent\nEt font des trous\nQui sont des tombes\nMais on n'entend plus rien\nPourtant les pompiers n'ont pas sonné\nLa berioque\nBaste les pompiers ont oublié\nC'est trop long\nMontons\nIl fait soleil là haut\nEt nous montâmes à la surface\nDe la bonne terre ensoleillée\nCependant que je me rasais\nEt caetera et caetera\nEt que tu étais nue dans la baignoire\nNous comptions de quart d'heure en quart\nLes bombes qui tombaient [ d'heure\nVers midi\nJe dis\nDécidément c'est fini\nBoum enfin c'est incompréhensible\nC'est plus long que possible\nLe soleil était plus que jamais\nDans la rue\nVraiment que faisons nous dans les mai-\n[ sons\nOn ne meurt pas par un si beau soleil\nSortons-sortons\nA la porte quelqu'un disait\nJ'ai vu du sang\nMais les trottoirs étaient dorés\nLe ciel tout bleu\nEt tout Paris était en pélérinage\nAutour des points de chute\nCe fut un samedi\nQui vers 3 heures après-midi\nRessembla fort à un dimanche\nEt la berioque?\nOn la sonna vers 4 heures\nQuand on n'y pensait plus\nEt le soir on apprit\nQue ces bombes était des obus\nVenant non d'un avion\nMais d'un canon\nDu front\nQui pour porter si loin\nVous aurait bel et bien\nComme un lion de Marius\nTrente mètres pour le moins\nDe la tête à la queue\nEt c'est ainsi que les hommes\nEn 1918\nFêtèrent l'arrivée du Printemps"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.3", "texte": "Treize Etudes\nMonsieur\ndans\nRenoir Pensée\nVa léry Perce\nValéry Larbaud Blouse\nDerain Abricot\nMax Jacob et famille\nGris Thulé\nApollinaire Pu\nBraque Grammaire\nMatisse Malbranche... non\nGide Ferdinand\nSaintléger Léger Noon\nReverdy Mine\nPicasso Mes tresses !\nAndré Breton et Louis Aragon."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.4", "texte": "Escalade\nMars-Avril Philippe Soupau/L\nIl fait chaud dans le ministère\nla dactylographe sourit en montrant ses lunettes\nOn demande le sous-secrétaire\ntoutes les portes sont fermées\nla statue du jardin est même immobile\nles machines à écrire bégayent\net le téléphone insiste\nEst-ce que je vais savoir encore courir\nla gare n'est pas loin\nun tramwaqrampe jusqu'à Versailles\nOn m'avait dit qu'il y avait un accident tout près d'ici\n/\nje ne pourrais donc pas entendre des nuages\nLa Tour Eiffel lance ses rayons aux îles Sandwich.\nGutemberg 24-19"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.5", "texte": "POÈME-PAYSAGE, Pierre Albert-Birot."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.6", "texte": "Les Ardoises du Toit, par Pierre REVERDY (Paris 1918)\n\nComme Phrynis de Mitylene qui ajouta deux cordes à la Citha-\nre grecque, Pierre Reverdy sera loué plus tard d'en avoir ajusté\nune nouvelle à la Lyre française.\nL'inconcevable et tenace préjugé régna longtemps en peinture\nde bannir l'emploi du noir, négation de la couleur. C'est dans le\nmême esprit que la poésie volontiers descriptive n'évoquait que les\nfacteurs positifs d'un tableau. Pierre Reverdy complètecette arith-\nmétique par l'introduction de la série négative. A quoi bon dénom-\nbrer tels objets familiers? Le poète se trouble davantage de ne\nplus les retrouver que de les voir. Avant l'objet son ombre le tou-\nche: rien ne l'émeut comme cette forme impalpable et changeante,\nréalité plus simple et plus chère à son coeur. Plutôt que de nommer\nce qu'il voit, il préfère dire ce qui manque: chaque absence l'affli-\nge et le trouble à l'intime. 11 trouve en toute chose la possibilité de\nréactions diverses: il est hanté par le conditionnel. La joie, c'est\nune étrangère si le paysage est paisible, peut-être est-ce que le\ndrame se joue derrière le mur. Des voix chantent parfois, mais les\nmots n'arrivent pas jusqu'à nous, ils sont trop lourd; et si quelque\ntonnerre éclate, c'est le gémissement d'un meuble à l'angle de l'U-\nnivers. Comme il est le poète de la crainte et du silence, Pierre\nReverdy est le poète de la nuit, le premier dans cette France, où\ntant de jeunes gens se liancèrent à Madame la Lune.\nAussi saluerai-je comme livre de nocturnes ces Ardoises du Toit\nmais à le prononcer me vient l'envie de premièrement faire l'éloge\nde ce titre que l'auteur justifie de deux phrases en façon de poème.\n11 est lavé d'eau claire, doux comme un angevin, pur comme la\nLucarne Ovale.\nDepuis ce dernier recueil, c'est vers une discipline personnelle\nque s'est efforcé Pierre Reverdy. Ses nouveaux vers agissent d'â-\nbord sur le lecteur par leur rythme intérieur. C'est un balancement\nqui oppose l'un à l'autre les hémistiches mis en relief par un alinéa\nLe cri venait de loin\nPar derrière la nuit\nEt tout ce qui s'avance\nEt tout ce que je fuis\nou même élevés à la dignité de vers:\nLe feu est presque éteint\nEt devant quelqu'un pleure\nOu passe cette main\nDont la chaleur demeure\nLes contrepoids du balancier peuvent être des groupes de vers,\ndes mots isolés. Cette oscillation du poème, c'est un accord qu'on\nnous propose et que résout un vers impair non recoupé :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.7", "texte": "La neige serait étonnante\nTout était blanc à quelques pas\nSur tous les animaux qui moururent de froid\nLa voix se pose, le rythme repart jusqu'à ce que, barrage au mi-\nlieu du fleuve, une chûte déroute à dessein qui se laissait trop ai-\nsément bercer. Progressivement nous sommes entraînés vers la\nphrase terminale, ample, définitive, solution du problème.\n( La Jetée, Le même numéro, Lendemain, Carrefour )ou bien\n( Midi Couvre-Feu, Auberge ) vers une chûte nouvelle et mor-\ntelle.\nQuelques poèmes parus dans Nord-Sud nous avaient appris la\nscience d'orchestration de Pierre Reverdy par des vers comme\nLes rides que le vent fait aux rideaux du lit.\nDans les Ardoises du Toit, l'orchestration vient en aide à l'ima-\nge, la guide et la soutient :\nL'escalier craque\nIl est artificiel\nC'est une parabole ou une passerelle\nOn sait le prix que Pierre Reverdy attache aux images; on ne\nsaura jamais assez celui que nous attachons aux siennes;\nIls sont assis\nLa table est ronde\nEt ma mémoire aussi\nJe me souviens de tout le monde\nMême de ceux qui sont partis\nQuelques tableaux de plein soleil [Matin, Air, En Face) ne\nmettent que mieux en valeur ceux d'ombre où chantent les nuits\nsans lune, trouées de fenêtres dont battent les volets. Des mains y\nfont des signes noirs: mais le poète ne sait que les noter, et rester\npur.\n\nLouis Aragon\n\nNature presque morte\nGeorges Gabory.\nVitres éteintes\nLivre fermé\nVoici le souvenir qui tombe des étoiles\nRegards fanés\nSourires lointains\nAdieu\nTourne la tête\nVoici l'Avenir\nLe visage oublié revient dans le miroir"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz191805-01.1.8", "texte": "ETC...\nRoger Allard, Br. pilote , en convalescence.\nUne Lettre— En réponse à une noie parue dans noire N° de Mars M. Roger Allard m'adres-\nse une lellre qu'il me demande d'insérer : j'accède bien volontiers à celte demande toute natu-\nrélle. Je me donne seulement l'autorisation de faire précéder cette lellre de quelques unes des\nréflexions que j'ai faites en la lisant:\nMr Roger Allard revendique l'honneur d'avoir défendu le premier les recherches des\npeintres cubistes. Je n'ai jamais touché ce point spécial et me garderai bien de le faire car\nceci se passait en des temps anciens et d'autres que moi sont seuls qualifiés pour argumenter\nsur celle affaire dont au reste je n'ai pas à connaître, car peu m'importe que naguère M. Ro-\nger Allard ail défendu les recherches des peintres, ce que j'ai moi à considérer et ce que je\nconsidère c'est qu'il condamne aujourd'hui les recherches des poètes. Il me semble donc qu'en\npoussant les concessions jusqu'à l'extrême, l'aimable lettre de Mr Roger Allard ne peut ten-\ndre qu'à prouver que les recherches des jeunes peintres lui étaient et lui sont peut-être encore\nsympathiques tandis que les recherches des jeunes poètes lui sont désagréables. Donc M. Ro-\nger Allard n'est pas étranger à l'esprit nouveau en peinture, mais je ne puis conclure de ce-\nla, malgré toute ma bonne volonté, qu'il ne m'est plus permis de dire que Mr Roger Allard\nest étranger à l'esprit nouveau en littérature.\n« Mon cher Confrère\n« Votre bref commentaire de mon opuscule Baudelaire et u l'Esprit nouveau \" pourrait\ndonner une fausse idée de l'auteur à ceux de vos lecteurs qui seraient, si j'ose dire des néo-\npli y les de la nouveauté.\n« Il me suffira de rappeler que j'ai eu l'occasion le premier, de définir et de formuler\n( l'Art Libre novembre 1909 ) les intentions des peintres \" Cubistes Il y avait quelque\nrisque, alors à défendre ces tentatives et à proclamer la sincérité et le talent d'artistes\nmal compris.\n« Aujourd'hui que le succès et la faveur des amateurs leur sont acquis, beaucoup de\njeunes écrivains voudraient bien profiter de la vogue de ces artistes et faire croire qu'ils\napportent l'équivalent de leurs conquêtes, dans la Littérature.\n<( Libre à eux, à condition qu'ils veuillent bien ne pas représenter comme étranger ou\nhostiles aux nouveautés ceux qui comme votre serviteur, les ont précédés de dix ans.\n« A propos de mon ouvrage, je pense comme vous sur un point, à savoir qu'il est plus\namusant de faire des poèmes \" nunistes \" que de réfuter mes arguments; je crois aussi\nque cela est plus aisé, je fais appel à votre courtoisie pour obtenir l'insertion de cette ré-\nponse et vous prie d'agréer, mon cher confrère, l'expression de mes sentiments les plus\ndévoués.\n\nLisez : Le Crapouiliot, feuille de guerre illustrée par\nA.-D de SogonzaCj Gaîtier-Boissière, L Albert-nftoreau.\nAbonnements : Civils 5 fr.; Soldats 2 fr. 50. Envoyer mandat : M. Esprit, 5, place de la Sorbonne, Paris.\nI.Joindre 0 fr. 30 à toute demande de spécimen.\nJoindre un timbre à toute demande de renseignements\nAbonnements pour l'Année 1318\nParis 5 fr. Province 5 fr. 50. Etranger 6 fr. 50\nRéduction de 50 0/0 aux mobilisés qui en feront la demande.\nEdition de luxe (tirage à 6 exemplaires sur chine numérotés) 75 fr.\nAnnée 1916 Année 1917 Années 1916-17 Les 3 Années\nComplète 12 fr. Complète 9 fr. Complètes 18 fr.\nSans le rr 1 7 fr. Sans le 18 ou le 14 6 fr. Années 1916 et 18 15 . ,\n2 O fr\nSans le 17 4 fr. Années 1917 et 18 12\nVente a.u. numéro :\nNos letl7 : 5 fr. -N-18et 14 : 3 fr. -N- 8-9-10: 2,75. -N- 7 : 2,25. -N-3: 2 fr.\nN- 2 : 1 fr. - N- 24 : 0,75 - N- 4, 5, 9, 11, 12, 13, 15, 16, 19-20, 21-22, 23 : 0,50.\nImp. Spéciale de \" Sic \".\nLe gérant : Pierre ALBERT-BIROT."}]}