{"numero_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_sha256": "c9cff90c55767bda9ded160f8ee5baff19ba065be5bce6e28e701c2f251767b8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnaaz/issues/1919/02/28_01/bmtnaaz_1919-02-28_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnaaz/issues/1919/02/28_01/bmtnaaz_1919-02-28_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c001", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.1", "titre_corps": "DANS CE NUMÉRO :", "titre_sommaire": "DANS CE NUMÉRO :", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.1", "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "DANS CE NUMÉRO :\nAry Justman PIERRE ALBERT-BIROT.\nLes Œuvres Littéraires Françaises. Louis ARAGON.\nSoliloques gaillards, Poème LÉONARD PIEUX.\nL'lmperméable, Roman PIERRE REVERDY.\nPensées à coupe-papier J. PEREZ-JORBA.\nDes feuilles sur le temps f>» »\nL'homme gras au bar . ... OSIP ZADKINE.\nPlan, Poème RAYMOND RADIGUET.\nPour les générations futures ROCH GREY.\nChronique d'Hiver P. A. B.\nMatoum et Tévibar PIERRE ALBERT-BIROT.\nNénoul J. PEREZ-JORBA.\nUne Sculpture de Osip ZADKINE.\nToilettes d'Eté, Poème PIERRE ALBERT-BIROT.\nL'Air, Poème CH. GARDELLE.\nETC P. A. 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Mais que de\nprogrès il avait fait dans la connaissance de notre langue depuis\nla traduction de son premier livre \" Réflexions poétiques\nBientôt il allait pouvoir dire ce qu'il voulait dire\nil avait sa femme il avait son fils il avait des projets\n\"La lumière \"\nmais à combien d'humains la mort ferme les yeux au moment\noù se lève la lumière\nEncore un poème inachevé\nERRATA : LA MÈRE poème de Ary Justman paru dans le n° 36 ajouter : A Ghana Orloff —Au 3M\nvers lire microscopique au lieu de mïcrocosmique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c004", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "310", "page_fin": "310", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.4", "titre_corps": "LES ŒUVRES LITTÉRAIRES FRANÇAISES", "titre_sommaire": "LES ŒUVRES LITTÉRAIRES FRANÇAISES", "signature_source": "Louis Aragon", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "310", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "LES ŒUVRES LITTÉRAIRES FRANÇAISES\nLouis Aragon\n€. MAX-JACOB—LE PHANÉROGAME „ Je suis bourgeois : voyez mes\nbagues ~ dit le Maigre d'Amérique. A l'auriculaire il en porte une dans le\nChâton de laquelle on peut voir le panorama de Ronfleur. Rien entendu c'es\nune chromolithogravure très ressemblante avec au premier plan le portrait\ndu plus jeune fils de tous les habitants de la ville. Il s'appelle Adolphe et\nregarde déjà les gourgandines. Comme sa mère n'avait jamais voulu qu'on\nl'opérât de la cataracte, il ne prend aucun plaisir au grand Opéra. Un peu\nplus lard nous le retrouvons professeur, qui professe le plus profond res-\npect des idées générales d'autrui. D'ailleurs je le crois plutôt militaire,\nmais je n aperçois pas ses èpauletles. El Paulette? Elle aime en secret le\nReceveur de V Enregistrement. Pendant ce temps l'Homme tout nu tombé du\nciel montre ses cuisses plus belles que des moteurs rotatifs. Je dénonce\nVauteur : il plagie La Bruyère. Malgré Vacteur principal qui cherche à me\ntromper, je reconnais les CARACTÈRES.\nJEAN GIRAUDOUX-SIMON LE PATHÉTIQUE Chaque fois qu'il\npasse devant le bureau de la Cunard Line, Simon fait naufrage. Rien ne\nl'intéresse de la vie que l'idée qu'il s'en forge. A force de la pousser au\ntragique il finira par ne plus la prendre au sérieux. Quel égoïste enfant\nque cet amoureux infidèle et toujours passionné ! Il a sans cesse l'air de\njouer la valse Fraises au Champagne qui jouit de quelque vogue, du temps\nque les femmes sentaient bon la violette et avaient la taille fine. Celles qu'il\naime sont bien habillées mais il leur manque de répondre exactement à son\nesthétique. La crainte Varrête que cette jeune fille ne se trouve plus belle\nqu'il ne lavait imaginée. Alors, pour éprouver que l'absence est le plus\ngrand des maux, il se met à voyager. Malgré tes compagnes, Simon, je\ni'appelerai PROMENEUR SOLITAIRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c005", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "311", "page_fin": "311", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.5", "titre_corps": "Soliloques gaillards", "titre_sommaire": "Soliloques gaillards", "signature_source": "Léonard PIEUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "311", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "Soliloques gaillards\nLéonard PIEUX\nA genoux\nSans savoir sur quel carreau de parquet je vais m'arréter\nA plat\nComme ton ombre qui te suit humble mais très noire\nJe rampe pour te voir enfin pâUr m'entrainer\nMe faire rouler contre toi comme des grands bois qui croulent et\nTu dois me subir ! qui tombent\nSans désir\nComme une épouse\nObéissante et confuse\nAucun aveu ne viendra tarir la joie\nTu dois saigner mais être taciturne\nNi gaie ni triste plutôt comme un vers à soie\nCacher toutes tes aptitudes\nNe laisser voir aucune vérité\nPas même la bonté qui trouble qui rend confus\nEt trop reconnaissant\nFroid par le respect grave du désespoir\nToujours à genoux je saurais que te voici enfin\nJe tâcherais de profiter de nTabreuver de venin\nPeut-être voudrais-je terrasser la bête que tu caches avec art\nJ'enlèverais le fard\nJe verrais ta figure belle dans la jaunisse de sa nature\nTu auras honte de voir un monsieur en smocking\nTe dévêtir avec une telle brutalité !\nTu ne sauras jamais! que c'est ton unique amant\nLe vrai amour dans son affreuse beauté"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c006", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "312", "page_fin": "313", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.6", "titre_corps": "L'Imperméable", "titre_sommaire": "L'Imperméable", "signature_source": "Pierre REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "312", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "L'Imperméable\nPierre REVERDY\nI\nPeut être! Et l'activité ss déchaîne. Les événe-\nments passept et se dépassent. Tout change et con-\ntinue. On se sent tout à coup environné de person-\nnages influents, de personnages tendres de person-\nnages inquiétants et peu recommandables, a'autres\nqui ne sont rien de tout cela. Pas même indifférents.\nA un moment donné la vie peut ressembler à cela.\nIl y a des passions et de l'indifférence. Certains y\nengagent leur sort à tous moments pendant que les\nautres sommeillent\nMais l'ennui d'autrefois n'est rien. C'est une\nespèce de tribunal où nous sommes passé\nMon esprit manquait de lumières et d'alcool. Mais\nje vais suivre un régime meilleur. Tous au repas,\ntout au repas. Messieurs, vous ne m'en voudrez pas.\nN° 1 PRÉSIDENT\nLe doute doit profiter à l'accusé. Dites-nous ce\nque vous avez fait de vos amis.\nACCUSÉ\nJe les ai mangés. Je dois ajouter cependant qu'ils\nm'y ont aidé. C'était pendant la nuit\nN# 2 JUGE\nMauvaise raison\nN° 3 AVOCAT\nJe demande le huis-clos ou bien de ne pas entrer\ndans les détails. De ne pas donner non plus le lieu\nexact où la scène s'est déroulée.\nN° 1 PRÉSIDENT\nD'ailleurs il manque une pièce au dossier. Nous\nne pouvons condamner sans cette pièce. Les débats\nsont clos.\nN° 3 AVOCAT\nMessieurs, vous me permettrez néanmoins de dé<-\nvelopper ma plaidoirie.\nHommage aux victimes de mon client\nVous êtes morts et vous avez bien fait. En somme\nil vous a tenu l'échelle pour monter au ciel. Vous\nméritiez bien ça (bravo, bravo). Le président fait\névacuer la salle.\n{au dehors la foule vocifère en faveur de l'acquitté:\nNous aurons sa peau, nous aurons aurons sa peau.\nAmis dévoués des victimes).\nII\nJe sors blanchi par les procédés les plus modernes\net les plus rapides, de cette sale affaire. Comment\nme tirer maintenant d'une telle situation?\nDehors il neige, les toits sont parfaitement blancs\net les rues sont devenues plus noires. Il passe quel-\nques fantômes armés de parapluies et des voitures\nilluminées d'étoiles. Point de direction le ciel.\nJ'ai observé que certains animaux de mœurs dou-"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "313", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "$\nces mais d'occupations assez peu définies se dépè-\ncent toujours en montant\nEt moi je m'engage dans la rue qui monte\nUne première porte s'ouvre\nC'est peut-être une vie bien misérable qui va com-\nmencer\nLe ton change\nPendant quelques secondes, car rien ne dure trop,\ntout le monde ferme les yeux. On dirait qu'on n'a\nrien dans la tête et qu'il nous serait égal de mourir.\nPardonnez moi de n'être pas amer, pardonnez-moi\nde n'avoir pas souffert.\nJ'entends d'avoir souffert comme les autres hom-\nmes. Ce sont des étoiles qui brillent au bord de mes\npaupières, de grosses étoiles quigonflentmespaupières\nEt le ciel est si loin\nLes astres sont si loin décidément mon chagrin n'a\nrien de commun avec celui des autres hommes.\nJe vous fais grâce de me plaindre.\nJe marche dans la rue tout simplement et les\npieds me font mal.\nUne interminable rue bordée de maisons grima-\nçantes et hagardes. Et je titube sur les pavés disjoints\naussi bien qu'un homme ivre. Les gens me regar-\ndent, toutes les fenêtres me regardent et si je m'ap-\nproche pour m'appuyer tout le monde s'écarte, les\nmurs s'éloignent et\nl'équilibre revient car la terre tourne aussi vite\npour moi que pour vous qui passez.\nJe n'ai que le seul avantage d'avoir des yeux\nplus loin que les vôtres, des yeux qui portent plus\nhaut et plus loin que les vôtres.\nVoilà le monde\nJ'y suis. Ne vous rappelez pas ce que j'ai déjà fait\nSurtout ne venez pas regarder de trop près\nN'écoutez pas\nIci on commence à vieillir\nTout à coup les personnages du fond s'avancent\net deviennent plus grands\nc'est l'âge\nOn verrait aussi bien le monde entier de loin\nMais la profondeur s'efface\nTout le monde tient dans beaucoup moins de place\nCar rien n'aura été détruit\nPas même ma main qui traverse la glace pour saisir\nun peu de clarté\nL'atmosphère étouffante est enfin dissipée\nOn peut bien hésiter devant le seuil de la pièce où\nson salut se joue\nIl y a une transition lente ou une transformation\nbrusque de l'image\nEt on attend un avertissement\nIII\nQuand toutes les aiguilles se furent arrêtées à la\nmême heure le monde se remit en mouvement\nOn est écœuré quand on lit ces annonces, ces li-\nvres ces lignes et qu'on pense à autre chose\nŒuvre calme\nChaque phrase aussi pure que la vibration métalli-\nque d'un timbre\nJ'entre et je vois\nCe n'était peut-être pas un enfer très moderne et il\nfallait d'abord s'y guider à tâtons\nOn pouvait se brûler contre les poêles car\nl'électricité ne fonctionnait pas\n(à suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c007", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "314", "page_fin": "314", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.7", "titre_corps": "Pensées à coupe-papier", "titre_sommaire": "Pensées à coupe-papier", "signature_source": "J. PEREZ-JORBA", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "314", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "Pensées à coupe-papier\nJ. PEREZ-JORBA.\nTRISTAN TZARA « Vingt-cinq poèmes » et 11. Àrp dix gravu-\nTCS sur bois Collection Dada. Zurich.\nLa structure lyrique de ce volume groupe les éléments les plus loin ~\ntains voire les plus inconciliables entre les tempes et l'aorte du poè-\nte celui-ci tenant à vrai dire le rôle d'un charmeur de serpents vis-à-vis de-\nLa rt poétique d'avant-garde. Ces poèmes vous jettent à pleine main de\nl'inconnue beauté dans les yeux et vous bouchent les oreilles d'un\ntintement ensoleillé. Ils montrent en se déshabillant cette qualité pré-\ncieuse entre toutes et rarissime : la structure lyrique, nous l'avons dit.\nCette unité non apparente mais secrète triomphe notamment du dyna-\nmisme à outrance et du futurisme où le poète a lancé tous les éclairs de\nsa sub-conscience. Tzara est doué de la faculté nécessaire à l'élabo-\nration de l'art nouveau, voilà le fait. Et ce n'est pas tout. Il a eu vrai-\nment la chance l'extraordinaire chance d'être né poète il en porte le si-\ngne étoilé sur son front. Ses paroles sont comme des réverbérations lu-\nnaires ses vers sont comme des plantes marines quel que soit le sujet\ndont ils s'inspirent. Ils procurent la pure la sacro-sainte l'insondable joie\nde l'émotion sur une toujours inédite vision de beauté. D'autre part\nces poèmes se déroulent symphoniquement accompagnés du son d'un\ngong oriental; l'ouïe finit par en être charmée et l'âme du lecteur\ncompréhensif aussi. De l'accouplement des objets ou de leur simple\nénumération naît dans ces poèmes une image vivante vibrante pre-\nnante ensorcelante. Cela tombe souvent il est vrai dans la désarticu-\nlation grammaticale mais faite avec art. Quelques fautes de français\naussi. Les images au demeurant se succèdent avec une multiplicité tel-\nlement abondante avec une rapidité tellement vertigineuse qu'on les di-\nrait portées sur le ruban d'un appareil Morse. Tzara est un des rares\npoètes nouveaux qui aient le don du rythme et qui manient celui-ci\navec dextérité ; le rythme se développe chez lui du commencement à la\nfin sans d'autres arrêts que ceux permettant de prendre haleine. En\nrésumé on peut tenir le livre de Tzara comme une construction d'aile\ndont les poèmes pris isolément, tiennent lieu de colonnes en spirale Ces\npoèmes cèlent d'ailleurs dans leur intérieur un style poétique bien à eux.\n'Les bois de Arp sont très remarquables par leur vivante assimilation\ndes polypes des calamares et des crabes à des gestes humains et à des\nfigures humaines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c008", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "314", "page_fin": "314", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.8", "titre_corps": "Numéro Apollinaire: ERRATA", "titre_sommaire": "Numéro Apollinaire: ERRATA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "314", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.8", "debut_caractere": 2488, "fin_caractere_exclue": 2916, "texte": "Numéro Apollina.ii?© : ERRATA\nPage 284 : résurrection — Quand nous n'y serons plus — Guillaume\nPage 292 : nous ferons notre brasier lyrique.\nPage 292 : dont le cœur futile peut-être ingrat le fit cruellement souffrir.\nPage 293 : les enroulements surmenés de ses intestins. — La prépondérence...\nPage 294 : formidable. .\nPage 297 : Dans la traduction on a omis le 6m* vers : parmi les hommes action_\nnaires des vérités relatives."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c009", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "315", "page_fin": "315", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.9", "titre_corps": "Des feuilles sur le temps", "titre_sommaire": "Des feuilles sur le temps", "signature_source": "J. Perez-Jorba", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "315", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "Des feuilles sur le temps\nJ. Perez-Jorba\n« VALORI PLASTÏGI »: Salut à ce nouveau né de la vieille mais toujours\nrajeunie Rome qui déjà sans froid aux yeux cherche à confectionner de la\nnouveauté\nhors des magasins de nouveautés\nSur une locomotive sifflante trépidante écumante à multiples essieux d'où\nil verse de l'acide sulfurique\nSur les vieilles valeurs plastiques\nSans rire mais sans froncer non plus les sourcils à peine poilus.\nLuciano Folgore s'entête à vouloir non avec une foiaveugle.de néophy-\nte que\nl'art\nsoit le fait le seul fait de\nl'homme\ncelui-ci devant broyer la nature pour telle pâte que sa faim demande pour\ntel philtre qui plait à sa soif. Gilbert CLAVEL aiguise son couteau à cran\nd'arrêt sur les toiles de Picasso pour en venir à dire au milieu d'un\ncertain pathos germanique : « Picasso veut construire sa formule for-\nmelle d'après les causes de l'illusion et se sentant poussé du chaos mul-\ntiple et confus vers la simplicité et l'uniformité il cherche à établir le\ncontact avec les méthodes de la chimie et de la physique moderne. »\nEnfin Roberto Melli vocifère\navec N\nune éloquence tonitruante\nsur le cyclopéen Buonarotti dont les yeux si sanguins exercent une in-\nfluence hypnotique à ce point que les valeurs plastiques semblent se\ncoaguler toutes chez lui. Melzi clâme et proclâme sur la publique\nfoire aux artistes\nque la densité et la composition changent chez Michel Ange de nature\net de signification. Ce n'est pas peu dire pour le Scoliaste"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c010", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "315", "page_fin": "316", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.10", "titre_corps": "L'HOMME GRAS au BAR.", "titre_sommaire": "L'HOMME GRAS au BAR.", "signature_source": "Osip ZADKINE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "315", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.9", "debut_caractere": 1478, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "L'HOMME GRAS au BAR.\n\nL'homme gras roule dans sa propre ombre, et la terre ne s'aperçoit\npas de la palpitation divine de son sourire arraché des entrailles\npour lui \"■ Ma chère maîtresse, mon odorant fruit. \" Après ce sont\ndes petits coups de queue de poisson et de bonjours aux semblables\nmortels. Pendant que le grand ciel, le plus haut, le tout beau,\nle tout bleu odorant lointain, voit avec son œil en profil la raie"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "316", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "droite courte et sèche qui casse en deux le crâne de l'homme gras.\nAutour une hermétie, éternelle, épaisse insondable dans son petit\ncercle étroit pour ne pas suffire à une puce ni à une mouche.\nMais il y en a suffisamment pour l'homme hélas ! et le rien\nne trouble pas le tout, et le tout ne se meurt point.\nBalançoire conjugale de la puanteur terrestre tu en as assez\ndes guirlandes, des dorures! tes ordures dégorgent sur la grande\nroute qui mène vers les arcs de triomphe. La porte ciselée re-\ntentit de coups de poing et les prophètes sont saisis d'épouvante\n\" Et nos fleuves de larmes, et de rages! et nos beaux vers,\nO divinité ! nos vers !... Pour un seul instant il semble que toute\nla terre répond avec un sanglot à ces désespoirs. Le platane\ns'arrache des feuilles les jetant avec dégoût sur l'asphalte. Les\nvoitures se sauvent dans toutes les directions. Les lumières\ns'entre-tuent.\nMais, l'homme gras est inconscient il est accoudé sur les\nangles du bar.\n\nOsip ZADKINE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c011", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "316", "page_fin": "316", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.11", "titre_corps": "Plan", "titre_sommaire": "Plan", "signature_source": "Raymond Radiguet", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "316", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.10", "debut_caractere": 983, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "Plan\nRaymond Radiguet\n\" Combien êtes-vous ? je\nne sais compter que jusqu'à onze\nparlez plus fort je ne vous entends pas je ne vois\nque quelques chaises et la lampe électrique\nPlusieurs hommes arbre pissotière cheval autobus\nla ville\nFaite avec de l'or des pierres un seul fleuve le\ntrait bleu indique le fleuve\nles rues se cherchent se rencontrent\nligne. lignes fuyantes\nils ssen vont\ntous dans une direction différente\nle passé\nce qui s'est passé il y a trois minutes\nnon non ' il y a mille ans\nChœur des rotatives lettres se promenant sur le papier\nles machines impriment mon poème"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c012", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "317", "page_fin": "318", "image_debut": 11, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.12", "titre_corps": "Pour les générations futures", "titre_sommaire": "Pour les générations futures", "signature_source": "Roch GREY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "317", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "Pour les générations futures\n\nComme un accident de chemin de fer, l'inspiration m'a tordu du chef aux\nextrémités: je veux être chroniqueur. Je veux éterniser mes contemporains,\nles fixant sur toutes les réalités de leurs vies et de leurs œuvres, dans le futur\nplus durable que la terre.\n.... les hivers Parisiens, la persistance de la neige, qui s'affirme chaque an-\nnée plus tenace, l'apparition de giboulées aux pays des nègres, les stocks de\npatins, demandés pour la Palestine: depuis quelque temps plusieurs sommets\ndes montagnes ne dégèlent plus ....\nLente, la terre marche vers son déclin, bien que les astronomes ne se pronon-\ncent point, craignant la déportation etc.\nImpérissables, les produits du génie humain, au moment de l'anéantissement\ncomplet de la terre, seront versés ailleurs, attirés par quelque substance im-\npossible à prévoir, correspondant avec les éléments indétinissables de leur pro-\npre composition.\nIl est probable que mes chroniques, prises dans- le tourbillon de glace, élé-\nment inédit de l'histoire frigorifiée, tomberont météorolites éclatants, au mi-\nlieu de quelque planète-heureuse, projetant sur les plans perpendiculaires\nde son ciel à feuilleter, la légende de nos gloires et de nos tourments.\nL'an 1919 de l'ère Chrétienne, cent millième depuis le dernier déluge, je re-\nvins de très loin me retremper dans le renouveau de la ville et des nommes :\nmon regard était caressant.\nLa grande boue Parisienne refléta soudain les côtes d'un chien galeux : cho-\nse trop ancienne pour ne pas créer des reflexions pénibles. Pendant que je pen-\nsais aux misères du Moyen Age affligeant les hommes et les bêtes, quelqu'un\ns'affaissa mort sur le trottoir en me barrant le passage: cela devait être cette\nmaladie dont on parlait sur le bateau qui faisait le tour du monde.\nLes détresses anciennes m'accablaient comme des revenants.\nCher Manzoni, que personne ne lit plus, ton génie s'immortalisa en décrivant\nla peste de Milan.\nJ'entendais derrières moi patauger dans la boue: une femme insistait vigou-\nreusement: Si tu m'aimes ne regarde jamais Pauline, promets moi de ne ja-\nmais la regarder. Tu m'aimes? dis . Je me suis retourné pour voir le por-\nteur de ce faix de fidélité et d'amour: irrésistibles mes vœux lui ouvraient tou-\ntes les issues donnant sur Pauline\nBien qu'accidentée, la surface des combinaisons terrestres demeurait inchan-\ngeable. Où me porterai-je pour trouver n'importe quoi d'inattendu! Plein\nd'enthousiasme un aveugle avançait vers moi en ôhantant l'hymne à l'espoir.\nJe me suis précipité dans ces bras, le suppliant de m'emmener là où cet es-\npoir s'incarne en une ébauche nouvelle\nD'abord dis moi, à quel groupe appartiens tu ?\nL'attendrir à tout prix:\nPuis-je exalter mes qualités individuelles?...\nLe miracle s'opéra, comme dans la Bible: ses yeux revirent en s'équarquillant:\n—Va! va chez Léonce Bosenberg: tu y verras un groupe, tu y verras les plus"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "318", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "nouvelles attitudes de tous les arts, la matérialisation des rêves les plus osés,\nles : Un assourdissant bruit de moteur que couvrit la voix d'un camelot\nhurlant au dessus de la ville qu'il traversait en trombe dans sa machine rouge\net bleue :\n\"Biaise-Cendrars!! la dernière\"incarnation de Trans-sibérien, traversant le\nPanama et tuant les Sept Oncles! Biaise Cendrars! J'ai rencontré tellement de\ncorbillards, que même les voitures des épiciers me semblaient renfermer des\ncadavres\n\nRoch GREY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c013", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "318", "page_fin": "318", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.13", "titre_corps": "CHRONIQUE D'HIVER", "titre_sommaire": "CHRONIQUE D'HIVER", "signature_source": "P. A-B.", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "318", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.12", "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "CHRONIQUE D'HIVER\nP. A-B.\nCe jour là il y avait de la glace accrochée\n[aux maisons\nQuoique ce soit un dimanche\nLes voitures et les gens\nFaisaient beaucoup de bruit dans la rue\n[en marchant\nEt quand nous sommes arrivés au n* 19\nNous avons très vite poussé la porte\nQui séparait l'hiver de Dieu\nDe l'été des hommes\nJ'ai versé 50 centimes pour les taxes\nEt j'ai desenroulé mon foulard\nEt nous sommes passés sur une bouche de\n[chaleur\nEtnousnous sommesassisversla 16Me heure\nAu chaud\nPresqu'aussitôt\nOn a levé Je rideau\nDes figurantes bergères grecques de prix\n[ de Rome\nSont entrées sur la scène\nEt puis après est entré le figurant riche-\n[ment perruqué\nEt puis par en tréë spéciale\nEst entré le pâtre californhymettolutécien\nDuncan Raymond Théocrite\nNous en fûmes quittes\nPour la peur ces gens\nNe soût pas méchants\nEt ne nous ont fait aucun mal\nIls nous ont simplement lancé à la tête\nQune pétite et oune très grande poème\nEt quelques youtils\nOr comme j'écris non pas seulement\nPour ceux de maintenant\nMais surtout pour ceux de l'avenir\nJe dois dire que ces gens nous ont affirmé\n[ eux-mêmes\nQu'ils vivent ainsi déguisés\nOù plutôt qu'ils ont ainsi déguisé leur vie\nComme si notre mécanique\nEtait munie d'une marche arrière\nMon dieu mon dieu pornt d'affaire\nDans le même mois\nJe déclare m'être assis\nÀ peu près à la même heure\nSur un fauteuil de velours brun\nA l'Ocléon presque vis à vis le Sénat\nEt là\nJ'ai .vu et ouï\nFernand Divoire\nHomme d'ivoire\nEt d'intérieur\n11 a failli d'abord nous montrer\nTout le dedans de ses confrères\nMais après reflexions il ne les a qu'entr-\nouverts\nEnsuite il nous a montré ses propres des-\nOu plutôt son dedans à lui poète I sous\nSon dedans maternel de poète\nEt conceptus tuos cum dolore paries filios\nEnsuite il nous a encore montré\nLe dedans de danseuse\nDe la danseuse Isadora\nAu reste il convient d'ajouter\nQu'il s'est fait suppléer\nPour la plupart de ces opérations délicates\nPar bon nombre de suppléants\nIls étaient charmants\nEt cependant\nIl y avait des gens\nQui étaient assis devant\nTandis que le suivant dimanche\nJe n'étais pas assis devant\nMais tout à fait de côté\nEt c'est excessivement différent\nPuisqu'on voit les poèmes de profil\nMais j'étais tout de même bien à l'aise\nJe parle de l'après midi Erik Biaise\nPendant lequel Cendrars a continué à nous\n[apprendre\nL'art de voyager à pied et en bateau\nEt la géographie\nEt Satie\nLe 16 Février 1919\nLes jambes allongées\nAssis sur une banquette\nLa tête sous son chapeau\nSa main gauche appuyée sur son parapluie\nSuçait son pouce droit à 5 h 20\nPendant qu'on jouait Parade"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c014", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "319", "page_fin": "319", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.14", "titre_corps": "Matoum & Tévibar", "titre_sommaire": "Matoum & Tévibar", "signature_source": "Pierre ALBERT-BIROT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "319", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "Matoum & Tévibar\n(Suite)\nLA REINE\nHélas mon amour\nJ'ai cru que c'était pour toujours\nEt voici\nCelui\nQui t'a rendu la vie\nLE ROI\nMatoum\nToujours Matoum\nAh ciel qu'est ceci\nUne tragédie\nIci\nOui je me rappelle\nLa querelle\nQu'il vous chercha\nMais après\nLA REINE\nAprès il t'a assassiné\nEt je t'ai vengé\nLE ROI\nJe fcerds la tête\nMais le poète\nPourrait peut-être\nLA REINE\nJe m'y oppose\nCet animal est trop dangereux\nNous allons avec un pater\nLe porter en terre\nMATOU®.\nEntendez-vous c'est le canon\nVoici encore une fois la Terre\nEn guerre\n11 faut que j'aille chercher mon livret militaire\nLE ROI ET LA REINE\nVOUS allez nous quitter\nMATOUM\nNe vous désolez pas\nJe ne fais que monter et descendre\n(Il s'enfonce soudainement et remonte avec des gran-\ndes ailes déployées, puis s'élevant majestueusement il dit\nen montant ce poème, cependant les plans latéraux et le\nfond deviennent lumineux. Sa tête s'éclaire.)\nMais il 7 x en core là-bas un brasier\nOù l'on abat des étoiles toutes fumantes\nEt ceux qui les rallument vous demandent\nDe vous hausser jusqu'à ces flammes sublimes\nEt de flamber aussi\nil a disparu\nO public\nSoyez la torche inextinguible du feu nouveau\nLes portes se ferment\nAussitôt le régisseur vient les entrouvrir et crie:\nCe n'est pas fini\npuis il referme, et aussitôt elles s'ouvrent en grand et on\nvoit Matoum avec ses ailes tenant sous ses deux bras toutes les au-\ntres marionnettes excepté Tévibar qui est toujours sur le bord du\nThéâtre.\nMATOUM\nLa pièce\nQue nous venons d'avoir l'honneur\nDe guignoliser devant vous\nA pour auteur\nerreiP treblA-toriß\nQui est caché derrière\nTant qu'à Tévibar\nJe vais le ressusciter dès que la reine sera partie\nVous le retrouverez peut-être à la sortie\nEt n'oubliez pas notre recette\nPour la confiture de rhubarbe\nLa prochaine fois nous vous donnerons blague dans le coin\nLa recette pour le coing\nLES PORTES SE FERMENT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c015", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "320", "page_fin": "320", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.15", "titre_corps": "Nénoul", "titre_sommaire": "Nénoul", "signature_source": "J. PEREZ-JORBA", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "320", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6352, "texte": "Nénoul\nJ. PEREZ-JORBA\nLe Waltman ce jour-là prit le nom de son voisin Nénoul et s'en affubla sans autre forme de procès aussi-\ntôt qu'il eut appliqué à coups de canif sur sa tristesse des ventouses clarifiées. Tu parles. La casquette d'un\ncertain loustic ex-empereur déchu au cours des âges perdit le sens de la gravitation et virevolta autour de la *\nmyopie de Nénoul. Terreur? Ne voyant pas luire tout près de lui l'étincelle d'un couteau, Nénoul de ses long\ndoigts bouffis se frisa la moustache. Sur ses cheveux o miracle se posèrent alors les rais lunaires d'une escarole\net l'ange gardien d'un vieux tableau truqué-il en avait une couche celui-là— vint lui souhaiter la bienvenue et\nun bon voyage avec mille révérences licencieuses au son de la harpe. Les pompiers furent mandés d'urgence\npour éteindre l'incendie qui s'était déclaré dans les yeux de Nénoul.\nNénoul lâcha sans plus tarder le tramway en pleine panne en pleine détresse sur la panique déchaînée au\nplus profond des voyageurs et s'en fut quérir une menthe bien gommée chez le marchand de vins dont il piéti-\nna sans aucun respect l'espérance avec ses gros souliers à clous. Nénoul poursuivit le marchand de vins jusl\nqu'à la cave lui tint un discours très honorable le tua en riant en rigolant histoire de lui rendre la mort douce\ncar il était chrétien lui vola ensuite son énorme falot qui lui était nécessaire pour aller à la recherche de son\nrêve dans le» concavités dans les convexités. Cela le tracassait depuis longlemps. Il posa le cadavre en toute\npompe sur le catafalque de l'oubli et lorgna en, y collant le nez la trappe de la cave qui s'était fermée sur son\ncrime d'autant plus violemment que la femme du de cujus l'avait poussée du talon et s'y était assise en écar-\ntant ses grosses cuisses ; elle avait en outre sorti ses seins flamblants devant quelques charretiers de la Viliette\net devant Saint François d'Assise lesquels l'entouraient la courtisaient la cajolaient comme une reine de l'œil de\nla langue des mains. La reine trônait tout à la fois sur la tombe de son mari coculié sur l'alcool à boire sur\nl'alcool à brûler sur le fumier du désir épars autour d'elle.\nNénoul se souvint qu'il n'avait jamais été écorché vif et versa des larmes sur son falot. Des milliers de ca-\nfards immédiatement le nommèrent généralissime de leurs armées. La peur s'était habillée avec un costume de\ndanseuse rose blanc et s'était poudrée. Nénoul le maître du monde souterrain devint l'esclave de ce rêve en\nvue duquel il faisait l'école buissonnière. Il tomba fou d'allégresse frappé d'émotion à genoux devant un météore\net devant une bouteille cassée d'où avait fui le vin blêmissant de colère vers le calice d'un autel souillé. 11 cla-\nma en vain ô vin divin ô mon béguin. Il se coupa pour le surplus la lèvre sur un morceau de verre et son sang\nse salit. Il se coupa la gencive au bord du rêve vineux. Les cafards allumèrent alors leurs torches triomphales\net l'éclairèrent jusqu'à l'éntrée de l'égout vers où menait la cave Nénoul à ce moment là aurait bien v°ulu ayoi1\navec lui son tramway sans son trolley tellement il se sentit illuminé en flairant à pleine narine l'odeur de tabac\nque le cloaque dégageait comme un encens sublime. 11 y avait du tabac. Il y avait enfin du tabac à Paris. Cela\nseul justifiait le veuvage et le libertinage de la marchande de vin le crime de Nénoul. Nénoul allait à travers\nles siècles être sacré grand tueur de morts grand provocateur de vivants. La trouvaille lui donna bientôt un\nhaut-le-corps en s'évanouissant dans le rêve que l'avait haussé jusqu'à l'Assassinat. Ce n'était pas du tabac.\nC'était de la fumée empestée qui empêchait de voir briller les étoiles dont ses yeux étaient si haineux. C'est là\nle propre des maîtres du monde des gens du monde des singes du monde.\nNénoul mit le doigt sur son front et découvrit éclairé par le projecteur de sa chimère un trésor sur l'eau qui\nsuintait de toutes parts dans l'égout. La cupidité crépita dans son âme comme un serment vert par le vent en-\nflammé. Nénoul chevaucha sur son falot à mille kilomètres à l'heure en se serrant les tempes en toussant en\nvociférant de sa belle voix de ténor. Il parvint à un endroit où ses yeux happèrent le sac de monnaies d'or\nqu'un archi-honnête garçon de la Banque de France avait enfoui là au regards de la Haute Finance. Nénoul\nfaillit d'émotion avoir une embolie la terre faillit aussi l'engloutir La noirceur de l'égout était sans réverbéra-\ntion stellaire malgré les tremblotantes flamèches du falot. Les mains de Nénoul trépidèrent comme une dyna\nmo en vidant le sac leur effoYts surhumain jetta Nénoul à la renverse sur un monceau d'outils de mécanicien\nsur un trousseau de clefs de cambrioleur. Voila donc ce qu'il yavait à la place de l'or et ce qui édifia Nénoul.\nLe Voleur de Talan le regardait d'un œil narquois et amusé. Il riait par surcroit sur le clavier jauni de ses\ndents Nénoul s'accrocha tout honteux à une toile d'araignée et revint à la vie de son rêve si fortement qu'une\napparition féminine céleste idéale le fit pleurer d'amour. Mais elle aussitôt déchirant sa chemise de nuit pou\nlui montrer sans vergogne des fesses suaves comme des fruits des tetins fulgurants comme des vagues. Nénoul\nsentit alors dans ses biceps la force d'un moteur de 50 H P et eut le désir avec des yeux tournés en guillo-\ntine de violer l'apparition aérienne. Son âme soupira après une éternelle puissante jeunesse. Ses sens avec\nleurs flammes incandescentes réclamèrent une éternelle fornication. Il oubliait qu'un jour il avait tait un pied\nde nez àla philosophie de l'éternel retour, Mal lui eja prit. Ce fut un paquet de principes métaphysiques sous\nles espèces d'un drapeau aux couleurs violentes qui reçut le choc de son ardeur. Il y avait là des idée» Kantien-\nnes dont on ce servait pour le nettoyage des écuries. Nénoul étouffait sous les mauvaises odeurs dune usine à\nparfums du voisinage et surgit enfin de l'égout pour être proclamé candidat à la Présidence de la République.\nIl avait à vrai dire une extraordinaire faculté de révetion contre tous les déboires contre toutes les rebuffades\npour plaire aux mercantis du suffrage. D'ailleurs il s'était toujours abstenu d'enterrer les dieux morts dans sa\nconscience où il laissait seulement allumé son falot pour voir le cheval de la folie marcher sur les étoiles dan\nle planisphère boréal."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c016", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "321", "page_fin": "321", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.16", "titre_corps": "[Illustration sans titre]", "titre_sommaire": "[Illustration sans titre]", "signature_source": "OSIP ZADKINE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "321", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 25, "texte": "SCULPTURE DE OSIP ZADKINE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c017", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "322", "page_fin": "322", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.17", "titre_corps": "EXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ", "titre_sommaire": "EXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ", "signature_source": "Pierre ALBERT-BIROT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "322", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "Poème\nPierre ALBERT-BIROT\nEXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ\nLes paroles sont des petits ballons de toutes les couleurs\nqui nous échappent et vont doucement danser au pla-\nfond et quelquefois le plafond crève le ballon et quel-\nquefois le ballon crève le plafond\nTOIUffOS\nc'est pour cela que tous\nles mâtins dans les maisons les domestiques ont à balayer\nbeaucoup de paroles crevées\nEXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ\net puis il y a aussi celles\nqui se jettent par les fenêtres et vont s'abîmer dans les\nrues de la ville grand -embarras pour les voitures et\nles piétons hélas\nTOILETTES D'ÉTÉ\nt causes d'effroyables accidents et puis\nil y a aussi, des gens imprudents qui saisissent le fil\nd'un petit ballon ou bleu ou jaune ou rouge ou blanG et\ns'y suspendent et pour beaucoup de ceux là le fil casse\nou le ballon éclate et ils tombent et se font parfois très\nmal il y en a d'autres qu'on n'a jamais revus\nEt puis les plus belles\nMontent jusqu'au ciel\nDe la Terre et d'ailleurs on les voit presque toutes les nuits\nEXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-02-28-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-02-28_01#c019", "volume": "bmtnaaz_1919-02-28_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "323", "page_fin": "323", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.2.18", "titre_corps": "L'AIR", "titre_sommaire": "L'AIR", "signature_source": "Ch. 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Paul Méral ne semble pas avoir donné entière satis-\nfaction à M. André Germain qui paraît même s'être mis en colère en vérité pour bien\npeu de chose. S'ennuyer, oui, s'indigner, peuh!.... On sort et on n'y pense plus. Mais je\nn'ai jamais pu comprendre comment M.André Germain a pu passer sans accident des\nDits des jeux du Monde à la mentalité de notre époque. Vraiment voyez jusqu'à quel\npoint la colère peut nous faire prendre des avions pour des étoiles, ce qui d'ailleurs n'ete-\nmt pas les étoiles vers lesquelles M. André Germain tend deux moignons de souffrance, son\ndésir immense et son désespoir.Quelle figure grandiose et quel groupe remarquables on for-\nmerait en la flanquant de VArt cubiste aux yeux caves. Il est évident qu'en présence de ces\npauvres gens. \" La mentalité de notre époque \" serait bien capable de se mettre à pleurer"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 583, "texte": "Li©s Jeunes lettres M. Henry Cliquennois n'est peut-être pas laid mais il s'obstine a\nne-se montrer que d# profil, qu'il se décide àse présenter nettement de face. Et puis\nnous voudrions savoir s ii est de force à donner leurs 8 jours à ceux qui lui conseillent d'é-\ncrire : ies ievnes iettres afin de faire vraiment oeuvre jeune, à ceux qui lui ont fait croire\nque le simultanéisme est l'extrême pointe de l'avant-garde et qui l'ont engagé à faire usa-\nge de ces mots sans jus, à ceux qui dans sa revue font des lignes sur l'art et à beaucoup\nd'autres encore. , ' <•\n\np. et G. 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Téléphone: Elysée 46.24.\nACHAT et VENTE\nD'ŒUVRES\nde la Jeune Peinture :\nChirico, Braque ;\ndes Maîtres Contemporains :\nCourbet, Toulouse-Lautrec,\nPissaro, Sisley, Berthe Morisot, Claude Monet, Degas, Marquet, etc.\net de SCULPTURES NÈGRES de tout premier ordre.\nM. Paul Guillaume se charge de l'exécution de tous ordres d'Achat\naux Ventes publiques ou à l'amiable, aussi bien que de la Vente des Col-\nlections particulières.\nLa revue \" Les Arts à Paris \" renseigne sur les actualités du mouvement\ndes Arts et de la Curiosité."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.1", "texte": "Paraît le 15 et le 30 de chaque mois 4me ANNEE\n• i m. ■■ ni\nMuZflatZl REVUE FOMDEE\ndl *TÉ EN JANVIER 181«\nPAR PI ERRE\n28 Février §t 15 Mars 1919 ALBERT - BIROT\n37, RUE DE LA TOMBE-ISSOIRE\nPARIS (XIV0)\nCe Numéro double : 1,20\nAbonnement pour toute la Terre\nlO francs\nà partir de Janvier 1919.\nTirage sur Chine : 4 exemplaires\nExemplaire Ne\n\nDANS CE NUMÉRO :\nAry Justman PIERRE ALBERT-BIROT.\nLes Œuvres Littéraires Françaises. Louis ARAGON.\nSoliloques gaillards, Poème LÉONARD PIEUX.\nL'lmperméable, Roman PIERRE REVERDY.\nPensées à coupe-papier J. PEREZ-JORBA.\nDes feuilles sur le temps f>» »\nL'homme gras au bar . ... OSIP ZADKINE.\nPlan, Poème RAYMOND RADIGUET.\nPour les générations futures ROCH GREY.\nChronique d'Hiver P. A. B.\nMatoum et Tévibar PIERRE ALBERT-BIROT.\nNénoul J. PEREZ-JORBA.\nUne Sculpture de Osip ZADKINE.\nToilettes d'Eté, Poème PIERRE ALBERT-BIROT.\nL'Air, Poème CH. GARDELLE.\nETC P. A. B.\nCadran sans aiguille, Poème RAYMOND RADIGUET.\nPoème YVES KRIER."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "[308]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.2", "texte": "EDITIONS \" SIC \"\nRéflexions poétiques et Reproductions de Sculptures, ARY JUSTMAN et\nCHANA ORLOF, in-4° carré. 10 fr.\nTrente et un poèmes de poche, PIERRE ALBERT-BIROT. Préface de\nGuillaume Apollinaire. In-16° carré. 5 fr.\nLes Mamelles de Tirésias, drame de GUILLAUME APOLLINAIRE, avec musi-\nque de Germaine Albert-Birot et dessins de Serge Férat, in-16 jesus. 5 fr.\nGuillaume Apollinaire (Ire partie : L'Enchanteur pourrissant, l'Hérésiar-\nque, Alcools, le Poète assassiné), par ROCH GREY, in-8® jesus. 2,25\nA PARAITRE :\nDE PIERRE ALBERT-BIROT I\nLarountala, polydrame, in-16 jesus. 7 fr.\nLa joie des Sept couleurs, poëme, orné de 5 poèmes paysages,\nin-16 jesus. 7 fr.\nPoèmes Quotidiens, in-64 jesus 5 fr.\nMatoum et Tévibar, drame pour marionnettes, in-16 jesus. 4 fr.\nLes invectives contre l'Automne et la Légende d'Oro, poèmes."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "309", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.3", "texte": "ARY JUSTMAN\ndeux poèmes de Ary Justman\npour sa femme et, pour son fils\nbravo bravo\nPierre ALBERT-BIROT\net le poète-époux-père avait de la joie sur sa face et donateur il\noffrait cigarettes et tartines s'empressait d'apporter les manteaux\nà ceux qui partaient et d'en débarrasser ceux qui arrivaient ce-\npendant que son fils se prélassait sur les genoux d'une dame qui\nsoudain s'aperçut que sa robe de velours était mouillée . au\nrevoir à bientôt merci et il a fermé la porte et huit jours après là-\nbas à la croix-rouge américaine à la même heure on disait Just-\nman est mort\nv\nIl écrivait naturellement en langue polonaise et comme il\nsavait jieu le français et que j'ignore le polonais et qu'il avait\ngrand souci du sens des mots qu'il employait nous passâmes\nbien des heures laborieuses à traduire ses poèmes. Mais que de\nprogrès il avait fait dans la connaissance de notre langue depuis\nla traduction de son premier livre \" Réflexions poétiques\nBientôt il allait pouvoir dire ce qu'il voulait dire\nil avait sa femme il avait son fils il avait des projets\n\"La lumière \"\nmais à combien d'humains la mort ferme les yeux au moment\noù se lève la lumière\nEncore un poème inachevé\nERRATA : LA MÈRE poème de Ary Justman paru dans le n° 36 ajouter : A Ghana Orloff —Au 3M\nvers lire microscopique au lieu de mïcrocosmique."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "310", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.4", "texte": "LES ŒUVRES LITTÉRAIRES FRANÇAISES\nLouis Aragon\n€. MAX-JACOB—LE PHANÉROGAME „ Je suis bourgeois : voyez mes\nbagues ~ dit le Maigre d'Amérique. A l'auriculaire il en porte une dans le\nChâton de laquelle on peut voir le panorama de Ronfleur. Rien entendu c'es\nune chromolithogravure très ressemblante avec au premier plan le portrait\ndu plus jeune fils de tous les habitants de la ville. Il s'appelle Adolphe et\nregarde déjà les gourgandines. Comme sa mère n'avait jamais voulu qu'on\nl'opérât de la cataracte, il ne prend aucun plaisir au grand Opéra. Un peu\nplus lard nous le retrouvons professeur, qui professe le plus profond res-\npect des idées générales d'autrui. D'ailleurs je le crois plutôt militaire,\nmais je n aperçois pas ses èpauletles. El Paulette? Elle aime en secret le\nReceveur de V Enregistrement. Pendant ce temps l'Homme tout nu tombé du\nciel montre ses cuisses plus belles que des moteurs rotatifs. Je dénonce\nVauteur : il plagie La Bruyère. Malgré Vacteur principal qui cherche à me\ntromper, je reconnais les CARACTÈRES.\nJEAN GIRAUDOUX-SIMON LE PATHÉTIQUE Chaque fois qu'il\npasse devant le bureau de la Cunard Line, Simon fait naufrage. Rien ne\nl'intéresse de la vie que l'idée qu'il s'en forge. A force de la pousser au\ntragique il finira par ne plus la prendre au sérieux. Quel égoïste enfant\nque cet amoureux infidèle et toujours passionné ! Il a sans cesse l'air de\njouer la valse Fraises au Champagne qui jouit de quelque vogue, du temps\nque les femmes sentaient bon la violette et avaient la taille fine. Celles qu'il\naime sont bien habillées mais il leur manque de répondre exactement à son\nesthétique. La crainte Varrête que cette jeune fille ne se trouve plus belle\nqu'il ne lavait imaginée. Alors, pour éprouver que l'absence est le plus\ngrand des maux, il se met à voyager. Malgré tes compagnes, Simon, je\ni'appelerai PROMENEUR SOLITAIRE.\n\nA PARAITRE FIN MARS\nBeautés de 1918, par Paul DERMÉE.\nTirage limité à : 200 exemplaires illustrés de 4 dessins de Juan-Gris. 5 fr.\n15 exemplaires sur Hollande avec les dessins rehaussés 25 fr.\n4 exemp. sur Japon, avec les dessins rehaussés et accompagnés\nchacun d'un des dessins originaux ' 75 fr.\nEn souscription à \" SIC"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "311", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.5", "texte": "Soliloques gaillards\nLéonard PIEUX\nA genoux\nSans savoir sur quel carreau de parquet je vais m'arréter\nA plat\nComme ton ombre qui te suit humble mais très noire\nJe rampe pour te voir enfin pâUr m'entrainer\nMe faire rouler contre toi comme des grands bois qui croulent et\nTu dois me subir ! qui tombent\nSans désir\nComme une épouse\nObéissante et confuse\nAucun aveu ne viendra tarir la joie\nTu dois saigner mais être taciturne\nNi gaie ni triste plutôt comme un vers à soie\nCacher toutes tes aptitudes\nNe laisser voir aucune vérité\nPas même la bonté qui trouble qui rend confus\nEt trop reconnaissant\nFroid par le respect grave du désespoir\nToujours à genoux je saurais que te voici enfin\nJe tâcherais de profiter de nTabreuver de venin\nPeut-être voudrais-je terrasser la bête que tu caches avec art\nJ'enlèverais le fard\nJe verrais ta figure belle dans la jaunisse de sa nature\nTu auras honte de voir un monsieur en smocking\nTe dévêtir avec une telle brutalité !\nTu ne sauras jamais! que c'est ton unique amant\nLe vrai amour dans son affreuse beauté"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "312", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.6", "texte": "L'Imperméable\nPierre REVERDY\nI\nPeut être! Et l'activité ss déchaîne. Les événe-\nments passept et se dépassent. Tout change et con-\ntinue. On se sent tout à coup environné de person-\nnages influents, de personnages tendres de person-\nnages inquiétants et peu recommandables, a'autres\nqui ne sont rien de tout cela. Pas même indifférents.\nA un moment donné la vie peut ressembler à cela.\nIl y a des passions et de l'indifférence. Certains y\nengagent leur sort à tous moments pendant que les\nautres sommeillent\nMais l'ennui d'autrefois n'est rien. C'est une\nespèce de tribunal où nous sommes passé\nMon esprit manquait de lumières et d'alcool. Mais\nje vais suivre un régime meilleur. Tous au repas,\ntout au repas. Messieurs, vous ne m'en voudrez pas.\nN° 1 PRÉSIDENT\nLe doute doit profiter à l'accusé. Dites-nous ce\nque vous avez fait de vos amis.\nACCUSÉ\nJe les ai mangés. Je dois ajouter cependant qu'ils\nm'y ont aidé. C'était pendant la nuit\nN# 2 JUGE\nMauvaise raison\nN° 3 AVOCAT\nJe demande le huis-clos ou bien de ne pas entrer\ndans les détails. De ne pas donner non plus le lieu\nexact où la scène s'est déroulée.\nN° 1 PRÉSIDENT\nD'ailleurs il manque une pièce au dossier. Nous\nne pouvons condamner sans cette pièce. Les débats\nsont clos.\nN° 3 AVOCAT\nMessieurs, vous me permettrez néanmoins de dé<-\nvelopper ma plaidoirie.\nHommage aux victimes de mon client\nVous êtes morts et vous avez bien fait. En somme\nil vous a tenu l'échelle pour monter au ciel. Vous\nméritiez bien ça (bravo, bravo). Le président fait\névacuer la salle.\n{au dehors la foule vocifère en faveur de l'acquitté:\nNous aurons sa peau, nous aurons aurons sa peau.\nAmis dévoués des victimes).\nII\nJe sors blanchi par les procédés les plus modernes\net les plus rapides, de cette sale affaire. Comment\nme tirer maintenant d'une telle situation?\nDehors il neige, les toits sont parfaitement blancs\net les rues sont devenues plus noires. Il passe quel-\nques fantômes armés de parapluies et des voitures\nilluminées d'étoiles. Point de direction le ciel.\nJ'ai observé que certains animaux de mœurs dou-"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "313", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.7", "texte": "$\nces mais d'occupations assez peu définies se dépè-\ncent toujours en montant\nEt moi je m'engage dans la rue qui monte\nUne première porte s'ouvre\nC'est peut-être une vie bien misérable qui va com-\nmencer\nLe ton change\nPendant quelques secondes, car rien ne dure trop,\ntout le monde ferme les yeux. On dirait qu'on n'a\nrien dans la tête et qu'il nous serait égal de mourir.\nPardonnez moi de n'être pas amer, pardonnez-moi\nde n'avoir pas souffert.\nJ'entends d'avoir souffert comme les autres hom-\nmes. Ce sont des étoiles qui brillent au bord de mes\npaupières, de grosses étoiles quigonflentmespaupières\nEt le ciel est si loin\nLes astres sont si loin décidément mon chagrin n'a\nrien de commun avec celui des autres hommes.\nJe vous fais grâce de me plaindre.\nJe marche dans la rue tout simplement et les\npieds me font mal.\nUne interminable rue bordée de maisons grima-\nçantes et hagardes. Et je titube sur les pavés disjoints\naussi bien qu'un homme ivre. Les gens me regar-\ndent, toutes les fenêtres me regardent et si je m'ap-\nproche pour m'appuyer tout le monde s'écarte, les\nmurs s'éloignent et\nl'équilibre revient car la terre tourne aussi vite\npour moi que pour vous qui passez.\nJe n'ai que le seul avantage d'avoir des yeux\nplus loin que les vôtres, des yeux qui portent plus\nhaut et plus loin que les vôtres.\nVoilà le monde\nJ'y suis. Ne vous rappelez pas ce que j'ai déjà fait\nSurtout ne venez pas regarder de trop près\nN'écoutez pas\nIci on commence à vieillir\nTout à coup les personnages du fond s'avancent\net deviennent plus grands\nc'est l'âge\nOn verrait aussi bien le monde entier de loin\nMais la profondeur s'efface\nTout le monde tient dans beaucoup moins de place\nCar rien n'aura été détruit\nPas même ma main qui traverse la glace pour saisir\nun peu de clarté\nL'atmosphère étouffante est enfin dissipée\nOn peut bien hésiter devant le seuil de la pièce où\nson salut se joue\nIl y a une transition lente ou une transformation\nbrusque de l'image\nEt on attend un avertissement\nIII\nQuand toutes les aiguilles se furent arrêtées à la\nmême heure le monde se remit en mouvement\nOn est écœuré quand on lit ces annonces, ces li-\nvres ces lignes et qu'on pense à autre chose\nŒuvre calme\nChaque phrase aussi pure que la vibration métalli-\nque d'un timbre\nJ'entre et je vois\nCe n'était peut-être pas un enfer très moderne et il\nfallait d'abord s'y guider à tâtons\nOn pouvait se brûler contre les poêles car\nl'électricité ne fonctionnait pas\n(à suivre.)"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "314", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.8", "texte": "Pensées à coupe-papier\nJ. PEREZ-JORBA.\nTRISTAN TZARA « Vingt-cinq poèmes » et 11. Àrp dix gravu-\nTCS sur bois Collection Dada. Zurich.\nLa structure lyrique de ce volume groupe les éléments les plus loin ~\ntains voire les plus inconciliables entre les tempes et l'aorte du poè-\nte celui-ci tenant à vrai dire le rôle d'un charmeur de serpents vis-à-vis de-\nLa rt poétique d'avant-garde. Ces poèmes vous jettent à pleine main de\nl'inconnue beauté dans les yeux et vous bouchent les oreilles d'un\ntintement ensoleillé. Ils montrent en se déshabillant cette qualité pré-\ncieuse entre toutes et rarissime : la structure lyrique, nous l'avons dit.\nCette unité non apparente mais secrète triomphe notamment du dyna-\nmisme à outrance et du futurisme où le poète a lancé tous les éclairs de\nsa sub-conscience. Tzara est doué de la faculté nécessaire à l'élabo-\nration de l'art nouveau, voilà le fait. Et ce n'est pas tout. Il a eu vrai-\nment la chance l'extraordinaire chance d'être né poète il en porte le si-\ngne étoilé sur son front. Ses paroles sont comme des réverbérations lu-\nnaires ses vers sont comme des plantes marines quel que soit le sujet\ndont ils s'inspirent. Ils procurent la pure la sacro-sainte l'insondable joie\nde l'émotion sur une toujours inédite vision de beauté. D'autre part\nces poèmes se déroulent symphoniquement accompagnés du son d'un\ngong oriental; l'ouïe finit par en être charmée et l'âme du lecteur\ncompréhensif aussi. De l'accouplement des objets ou de leur simple\nénumération naît dans ces poèmes une image vivante vibrante pre-\nnante ensorcelante. Cela tombe souvent il est vrai dans la désarticu-\nlation grammaticale mais faite avec art. Quelques fautes de français\naussi. Les images au demeurant se succèdent avec une multiplicité tel-\nlement abondante avec une rapidité tellement vertigineuse qu'on les di-\nrait portées sur le ruban d'un appareil Morse. Tzara est un des rares\npoètes nouveaux qui aient le don du rythme et qui manient celui-ci\navec dextérité ; le rythme se développe chez lui du commencement à la\nfin sans d'autres arrêts que ceux permettant de prendre haleine. En\nrésumé on peut tenir le livre de Tzara comme une construction d'aile\ndont les poèmes pris isolément, tiennent lieu de colonnes en spirale Ces\npoèmes cèlent d'ailleurs dans leur intérieur un style poétique bien à eux.\n'Les bois de Arp sont très remarquables par leur vivante assimilation\ndes polypes des calamares et des crabes à des gestes humains et à des\nfigures humaines.\n\nNuméro Apollina.ii?© : ERRATA\nPage 284 : résurrection — Quand nous n'y serons plus — Guillaume\nPage 292 : nous ferons notre brasier lyrique.\nPage 292 : dont le cœur futile peut-être ingrat le fit cruellement souffrir.\nPage 293 : les enroulements surmenés de ses intestins. — La prépondérence...\nPage 294 : formidable. .\nPage 297 : Dans la traduction on a omis le 6m* vers : parmi les hommes action_\nnaires des vérités relatives."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "315", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.9", "texte": "Des feuilles sur le temps\nJ. Perez-Jorba\n« VALORI PLASTÏGI »: Salut à ce nouveau né de la vieille mais toujours\nrajeunie Rome qui déjà sans froid aux yeux cherche à confectionner de la\nnouveauté\nhors des magasins de nouveautés\nSur une locomotive sifflante trépidante écumante à multiples essieux d'où\nil verse de l'acide sulfurique\nSur les vieilles valeurs plastiques\nSans rire mais sans froncer non plus les sourcils à peine poilus.\nLuciano Folgore s'entête à vouloir non avec une foiaveugle.de néophy-\nte que\nl'art\nsoit le fait le seul fait de\nl'homme\ncelui-ci devant broyer la nature pour telle pâte que sa faim demande pour\ntel philtre qui plait à sa soif. Gilbert CLAVEL aiguise son couteau à cran\nd'arrêt sur les toiles de Picasso pour en venir à dire au milieu d'un\ncertain pathos germanique : « Picasso veut construire sa formule for-\nmelle d'après les causes de l'illusion et se sentant poussé du chaos mul-\ntiple et confus vers la simplicité et l'uniformité il cherche à établir le\ncontact avec les méthodes de la chimie et de la physique moderne. »\nEnfin Roberto Melli vocifère\navec N\nune éloquence tonitruante\nsur le cyclopéen Buonarotti dont les yeux si sanguins exercent une in-\nfluence hypnotique à ce point que les valeurs plastiques semblent se\ncoaguler toutes chez lui. Melzi clâme et proclâme sur la publique\nfoire aux artistes\nque la densité et la composition changent chez Michel Ange de nature\net de signification. Ce n'est pas peu dire pour le Scoliaste\n\nL'HOMME GRAS au BAR.\n\nL'homme gras roule dans sa propre ombre, et la terre ne s'aperçoit\npas de la palpitation divine de son sourire arraché des entrailles\npour lui \"■ Ma chère maîtresse, mon odorant fruit. \" Après ce sont\ndes petits coups de queue de poisson et de bonjours aux semblables\nmortels. Pendant que le grand ciel, le plus haut, le tout beau,\nle tout bleu odorant lointain, voit avec son œil en profil la raie"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "316", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.10", "texte": "droite courte et sèche qui casse en deux le crâne de l'homme gras.\nAutour une hermétie, éternelle, épaisse insondable dans son petit\ncercle étroit pour ne pas suffire à une puce ni à une mouche.\nMais il y en a suffisamment pour l'homme hélas ! et le rien\nne trouble pas le tout, et le tout ne se meurt point.\nBalançoire conjugale de la puanteur terrestre tu en as assez\ndes guirlandes, des dorures! tes ordures dégorgent sur la grande\nroute qui mène vers les arcs de triomphe. La porte ciselée re-\ntentit de coups de poing et les prophètes sont saisis d'épouvante\n\" Et nos fleuves de larmes, et de rages! et nos beaux vers,\nO divinité ! nos vers !... Pour un seul instant il semble que toute\nla terre répond avec un sanglot à ces désespoirs. Le platane\ns'arrache des feuilles les jetant avec dégoût sur l'asphalte. Les\nvoitures se sauvent dans toutes les directions. Les lumières\ns'entre-tuent.\nMais, l'homme gras est inconscient il est accoudé sur les\nangles du bar.\n\nOsip ZADKINE\n\nPlan\nRaymond Radiguet\n\" Combien êtes-vous ? je\nne sais compter que jusqu'à onze\nparlez plus fort je ne vous entends pas je ne vois\nque quelques chaises et la lampe électrique\nPlusieurs hommes arbre pissotière cheval autobus\nla ville\nFaite avec de l'or des pierres un seul fleuve le\ntrait bleu indique le fleuve\nles rues se cherchent se rencontrent\nligne. lignes fuyantes\nils ssen vont\ntous dans une direction différente\nle passé\nce qui s'est passé il y a trois minutes\nnon non ' il y a mille ans\nChœur des rotatives lettres se promenant sur le papier\nles machines impriment mon poème"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "317", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.11", "texte": "Pour les générations futures\n\nComme un accident de chemin de fer, l'inspiration m'a tordu du chef aux\nextrémités: je veux être chroniqueur. Je veux éterniser mes contemporains,\nles fixant sur toutes les réalités de leurs vies et de leurs œuvres, dans le futur\nplus durable que la terre.\n.... les hivers Parisiens, la persistance de la neige, qui s'affirme chaque an-\nnée plus tenace, l'apparition de giboulées aux pays des nègres, les stocks de\npatins, demandés pour la Palestine: depuis quelque temps plusieurs sommets\ndes montagnes ne dégèlent plus ....\nLente, la terre marche vers son déclin, bien que les astronomes ne se pronon-\ncent point, craignant la déportation etc.\nImpérissables, les produits du génie humain, au moment de l'anéantissement\ncomplet de la terre, seront versés ailleurs, attirés par quelque substance im-\npossible à prévoir, correspondant avec les éléments indétinissables de leur pro-\npre composition.\nIl est probable que mes chroniques, prises dans- le tourbillon de glace, élé-\nment inédit de l'histoire frigorifiée, tomberont météorolites éclatants, au mi-\nlieu de quelque planète-heureuse, projetant sur les plans perpendiculaires\nde son ciel à feuilleter, la légende de nos gloires et de nos tourments.\nL'an 1919 de l'ère Chrétienne, cent millième depuis le dernier déluge, je re-\nvins de très loin me retremper dans le renouveau de la ville et des nommes :\nmon regard était caressant.\nLa grande boue Parisienne refléta soudain les côtes d'un chien galeux : cho-\nse trop ancienne pour ne pas créer des reflexions pénibles. Pendant que je pen-\nsais aux misères du Moyen Age affligeant les hommes et les bêtes, quelqu'un\ns'affaissa mort sur le trottoir en me barrant le passage: cela devait être cette\nmaladie dont on parlait sur le bateau qui faisait le tour du monde.\nLes détresses anciennes m'accablaient comme des revenants.\nCher Manzoni, que personne ne lit plus, ton génie s'immortalisa en décrivant\nla peste de Milan.\nJ'entendais derrières moi patauger dans la boue: une femme insistait vigou-\nreusement: Si tu m'aimes ne regarde jamais Pauline, promets moi de ne ja-\nmais la regarder. Tu m'aimes? dis . Je me suis retourné pour voir le por-\nteur de ce faix de fidélité et d'amour: irrésistibles mes vœux lui ouvraient tou-\ntes les issues donnant sur Pauline\nBien qu'accidentée, la surface des combinaisons terrestres demeurait inchan-\ngeable. Où me porterai-je pour trouver n'importe quoi d'inattendu! Plein\nd'enthousiasme un aveugle avançait vers moi en ôhantant l'hymne à l'espoir.\nJe me suis précipité dans ces bras, le suppliant de m'emmener là où cet es-\npoir s'incarne en une ébauche nouvelle\nD'abord dis moi, à quel groupe appartiens tu ?\nL'attendrir à tout prix:\nPuis-je exalter mes qualités individuelles?...\nLe miracle s'opéra, comme dans la Bible: ses yeux revirent en s'équarquillant:\n—Va! va chez Léonce Bosenberg: tu y verras un groupe, tu y verras les plus"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "318", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.12", "texte": "nouvelles attitudes de tous les arts, la matérialisation des rêves les plus osés,\nles : Un assourdissant bruit de moteur que couvrit la voix d'un camelot\nhurlant au dessus de la ville qu'il traversait en trombe dans sa machine rouge\net bleue :\n\"Biaise-Cendrars!! la dernière\"incarnation de Trans-sibérien, traversant le\nPanama et tuant les Sept Oncles! Biaise Cendrars! J'ai rencontré tellement de\ncorbillards, que même les voitures des épiciers me semblaient renfermer des\ncadavres\n\nRoch GREY.\n\nCHRONIQUE D'HIVER\nP. A-B.\nCe jour là il y avait de la glace accrochée\n[aux maisons\nQuoique ce soit un dimanche\nLes voitures et les gens\nFaisaient beaucoup de bruit dans la rue\n[en marchant\nEt quand nous sommes arrivés au n* 19\nNous avons très vite poussé la porte\nQui séparait l'hiver de Dieu\nDe l'été des hommes\nJ'ai versé 50 centimes pour les taxes\nEt j'ai desenroulé mon foulard\nEt nous sommes passés sur une bouche de\n[chaleur\nEtnousnous sommesassisversla 16Me heure\nAu chaud\nPresqu'aussitôt\nOn a levé Je rideau\nDes figurantes bergères grecques de prix\n[ de Rome\nSont entrées sur la scène\nEt puis après est entré le figurant riche-\n[ment perruqué\nEt puis par en tréë spéciale\nEst entré le pâtre californhymettolutécien\nDuncan Raymond Théocrite\nNous en fûmes quittes\nPour la peur ces gens\nNe soût pas méchants\nEt ne nous ont fait aucun mal\nIls nous ont simplement lancé à la tête\nQune pétite et oune très grande poème\nEt quelques youtils\nOr comme j'écris non pas seulement\nPour ceux de maintenant\nMais surtout pour ceux de l'avenir\nJe dois dire que ces gens nous ont affirmé\n[ eux-mêmes\nQu'ils vivent ainsi déguisés\nOù plutôt qu'ils ont ainsi déguisé leur vie\nComme si notre mécanique\nEtait munie d'une marche arrière\nMon dieu mon dieu pornt d'affaire\nDans le même mois\nJe déclare m'être assis\nÀ peu près à la même heure\nSur un fauteuil de velours brun\nA l'Ocléon presque vis à vis le Sénat\nEt là\nJ'ai .vu et ouï\nFernand Divoire\nHomme d'ivoire\nEt d'intérieur\n11 a failli d'abord nous montrer\nTout le dedans de ses confrères\nMais après reflexions il ne les a qu'entr-\nouverts\nEnsuite il nous a montré ses propres des-\nOu plutôt son dedans à lui poète I sous\nSon dedans maternel de poète\nEt conceptus tuos cum dolore paries filios\nEnsuite il nous a encore montré\nLe dedans de danseuse\nDe la danseuse Isadora\nAu reste il convient d'ajouter\nQu'il s'est fait suppléer\nPour la plupart de ces opérations délicates\nPar bon nombre de suppléants\nIls étaient charmants\nEt cependant\nIl y avait des gens\nQui étaient assis devant\nTandis que le suivant dimanche\nJe n'étais pas assis devant\nMais tout à fait de côté\nEt c'est excessivement différent\nPuisqu'on voit les poèmes de profil\nMais j'étais tout de même bien à l'aise\nJe parle de l'après midi Erik Biaise\nPendant lequel Cendrars a continué à nous\n[apprendre\nL'art de voyager à pied et en bateau\nEt la géographie\nEt Satie\nLe 16 Février 1919\nLes jambes allongées\nAssis sur une banquette\nLa tête sous son chapeau\nSa main gauche appuyée sur son parapluie\nSuçait son pouce droit à 5 h 20\nPendant qu'on jouait Parade"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "319", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.13", "texte": "Matoum & Tévibar\n(Suite)\nLA REINE\nHélas mon amour\nJ'ai cru que c'était pour toujours\nEt voici\nCelui\nQui t'a rendu la vie\nLE ROI\nMatoum\nToujours Matoum\nAh ciel qu'est ceci\nUne tragédie\nIci\nOui je me rappelle\nLa querelle\nQu'il vous chercha\nMais après\nLA REINE\nAprès il t'a assassiné\nEt je t'ai vengé\nLE ROI\nJe fcerds la tête\nMais le poète\nPourrait peut-être\nLA REINE\nJe m'y oppose\nCet animal est trop dangereux\nNous allons avec un pater\nLe porter en terre\nMATOU®.\nEntendez-vous c'est le canon\nVoici encore une fois la Terre\nEn guerre\n11 faut que j'aille chercher mon livret militaire\nLE ROI ET LA REINE\nVOUS allez nous quitter\nMATOUM\nNe vous désolez pas\nJe ne fais que monter et descendre\n(Il s'enfonce soudainement et remonte avec des gran-\ndes ailes déployées, puis s'élevant majestueusement il dit\nen montant ce poème, cependant les plans latéraux et le\nfond deviennent lumineux. Sa tête s'éclaire.)\nMais il 7 x en core là-bas un brasier\nOù l'on abat des étoiles toutes fumantes\nEt ceux qui les rallument vous demandent\nDe vous hausser jusqu'à ces flammes sublimes\nEt de flamber aussi\nil a disparu\nO public\nSoyez la torche inextinguible du feu nouveau\nLes portes se ferment\nAussitôt le régisseur vient les entrouvrir et crie:\nCe n'est pas fini\npuis il referme, et aussitôt elles s'ouvrent en grand et on\nvoit Matoum avec ses ailes tenant sous ses deux bras toutes les au-\ntres marionnettes excepté Tévibar qui est toujours sur le bord du\nThéâtre.\nMATOUM\nLa pièce\nQue nous venons d'avoir l'honneur\nDe guignoliser devant vous\nA pour auteur\nerreiP treblA-toriß\nQui est caché derrière\nTant qu'à Tévibar\nJe vais le ressusciter dès que la reine sera partie\nVous le retrouverez peut-être à la sortie\nEt n'oubliez pas notre recette\nPour la confiture de rhubarbe\nLa prochaine fois nous vous donnerons blague dans le coin\nLa recette pour le coing\nLES PORTES SE FERMENT"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "320", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.14", "texte": "Nénoul\nJ. PEREZ-JORBA\nLe Waltman ce jour-là prit le nom de son voisin Nénoul et s'en affubla sans autre forme de procès aussi-\ntôt qu'il eut appliqué à coups de canif sur sa tristesse des ventouses clarifiées. Tu parles. La casquette d'un\ncertain loustic ex-empereur déchu au cours des âges perdit le sens de la gravitation et virevolta autour de la *\nmyopie de Nénoul. Terreur? Ne voyant pas luire tout près de lui l'étincelle d'un couteau, Nénoul de ses long\ndoigts bouffis se frisa la moustache. Sur ses cheveux o miracle se posèrent alors les rais lunaires d'une escarole\net l'ange gardien d'un vieux tableau truqué-il en avait une couche celui-là— vint lui souhaiter la bienvenue et\nun bon voyage avec mille révérences licencieuses au son de la harpe. Les pompiers furent mandés d'urgence\npour éteindre l'incendie qui s'était déclaré dans les yeux de Nénoul.\nNénoul lâcha sans plus tarder le tramway en pleine panne en pleine détresse sur la panique déchaînée au\nplus profond des voyageurs et s'en fut quérir une menthe bien gommée chez le marchand de vins dont il piéti-\nna sans aucun respect l'espérance avec ses gros souliers à clous. Nénoul poursuivit le marchand de vins jusl\nqu'à la cave lui tint un discours très honorable le tua en riant en rigolant histoire de lui rendre la mort douce\ncar il était chrétien lui vola ensuite son énorme falot qui lui était nécessaire pour aller à la recherche de son\nrêve dans le» concavités dans les convexités. Cela le tracassait depuis longlemps. Il posa le cadavre en toute\npompe sur le catafalque de l'oubli et lorgna en, y collant le nez la trappe de la cave qui s'était fermée sur son\ncrime d'autant plus violemment que la femme du de cujus l'avait poussée du talon et s'y était assise en écar-\ntant ses grosses cuisses ; elle avait en outre sorti ses seins flamblants devant quelques charretiers de la Viliette\net devant Saint François d'Assise lesquels l'entouraient la courtisaient la cajolaient comme une reine de l'œil de\nla langue des mains. La reine trônait tout à la fois sur la tombe de son mari coculié sur l'alcool à boire sur\nl'alcool à brûler sur le fumier du désir épars autour d'elle.\nNénoul se souvint qu'il n'avait jamais été écorché vif et versa des larmes sur son falot. Des milliers de ca-\nfards immédiatement le nommèrent généralissime de leurs armées. La peur s'était habillée avec un costume de\ndanseuse rose blanc et s'était poudrée. Nénoul le maître du monde souterrain devint l'esclave de ce rêve en\nvue duquel il faisait l'école buissonnière. Il tomba fou d'allégresse frappé d'émotion à genoux devant un météore\net devant une bouteille cassée d'où avait fui le vin blêmissant de colère vers le calice d'un autel souillé. 11 cla-\nma en vain ô vin divin ô mon béguin. Il se coupa pour le surplus la lèvre sur un morceau de verre et son sang\nse salit. Il se coupa la gencive au bord du rêve vineux. Les cafards allumèrent alors leurs torches triomphales\net l'éclairèrent jusqu'à l'éntrée de l'égout vers où menait la cave Nénoul à ce moment là aurait bien v°ulu ayoi1\navec lui son tramway sans son trolley tellement il se sentit illuminé en flairant à pleine narine l'odeur de tabac\nque le cloaque dégageait comme un encens sublime. 11 y avait du tabac. Il y avait enfin du tabac à Paris. Cela\nseul justifiait le veuvage et le libertinage de la marchande de vin le crime de Nénoul. Nénoul allait à travers\nles siècles être sacré grand tueur de morts grand provocateur de vivants. La trouvaille lui donna bientôt un\nhaut-le-corps en s'évanouissant dans le rêve que l'avait haussé jusqu'à l'Assassinat. Ce n'était pas du tabac.\nC'était de la fumée empestée qui empêchait de voir briller les étoiles dont ses yeux étaient si haineux. C'est là\nle propre des maîtres du monde des gens du monde des singes du monde.\nNénoul mit le doigt sur son front et découvrit éclairé par le projecteur de sa chimère un trésor sur l'eau qui\nsuintait de toutes parts dans l'égout. La cupidité crépita dans son âme comme un serment vert par le vent en-\nflammé. Nénoul chevaucha sur son falot à mille kilomètres à l'heure en se serrant les tempes en toussant en\nvociférant de sa belle voix de ténor. Il parvint à un endroit où ses yeux happèrent le sac de monnaies d'or\nqu'un archi-honnête garçon de la Banque de France avait enfoui là au regards de la Haute Finance. Nénoul\nfaillit d'émotion avoir une embolie la terre faillit aussi l'engloutir La noirceur de l'égout était sans réverbéra-\ntion stellaire malgré les tremblotantes flamèches du falot. Les mains de Nénoul trépidèrent comme une dyna\nmo en vidant le sac leur effoYts surhumain jetta Nénoul à la renverse sur un monceau d'outils de mécanicien\nsur un trousseau de clefs de cambrioleur. Voila donc ce qu'il yavait à la place de l'or et ce qui édifia Nénoul.\nLe Voleur de Talan le regardait d'un œil narquois et amusé. Il riait par surcroit sur le clavier jauni de ses\ndents Nénoul s'accrocha tout honteux à une toile d'araignée et revint à la vie de son rêve si fortement qu'une\napparition féminine céleste idéale le fit pleurer d'amour. Mais elle aussitôt déchirant sa chemise de nuit pou\nlui montrer sans vergogne des fesses suaves comme des fruits des tetins fulgurants comme des vagues. Nénoul\nsentit alors dans ses biceps la force d'un moteur de 50 H P et eut le désir avec des yeux tournés en guillo-\ntine de violer l'apparition aérienne. Son âme soupira après une éternelle puissante jeunesse. Ses sens avec\nleurs flammes incandescentes réclamèrent une éternelle fornication. Il oubliait qu'un jour il avait tait un pied\nde nez àla philosophie de l'éternel retour, Mal lui eja prit. Ce fut un paquet de principes métaphysiques sous\nles espèces d'un drapeau aux couleurs violentes qui reçut le choc de son ardeur. Il y avait là des idée» Kantien-\nnes dont on ce servait pour le nettoyage des écuries. Nénoul étouffait sous les mauvaises odeurs dune usine à\nparfums du voisinage et surgit enfin de l'égout pour être proclamé candidat à la Présidence de la République.\nIl avait à vrai dire une extraordinaire faculté de révetion contre tous les déboires contre toutes les rebuffades\npour plaire aux mercantis du suffrage. D'ailleurs il s'était toujours abstenu d'enterrer les dieux morts dans sa\nconscience où il laissait seulement allumé son falot pour voir le cheval de la folie marcher sur les étoiles dan\nle planisphère boréal."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "321", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.15", "texte": "SCULPTURE DE OSIP ZADKINE"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "322", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.16", "texte": "Poème\nPierre ALBERT-BIROT\nEXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ\nLes paroles sont des petits ballons de toutes les couleurs\nqui nous échappent et vont doucement danser au pla-\nfond et quelquefois le plafond crève le ballon et quel-\nquefois le ballon crève le plafond\nTOIUffOS\nc'est pour cela que tous\nles mâtins dans les maisons les domestiques ont à balayer\nbeaucoup de paroles crevées\nEXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ\net puis il y a aussi celles\nqui se jettent par les fenêtres et vont s'abîmer dans les\nrues de la ville grand -embarras pour les voitures et\nles piétons hélas\nTOILETTES D'ÉTÉ\nt causes d'effroyables accidents et puis\nil y a aussi, des gens imprudents qui saisissent le fil\nd'un petit ballon ou bleu ou jaune ou rouge ou blanG et\ns'y suspendent et pour beaucoup de ceux là le fil casse\nou le ballon éclate et ils tombent et se font parfois très\nmal il y en a d'autres qu'on n'a jamais revus\nEt puis les plus belles\nMontent jusqu'au ciel\nDe la Terre et d'ailleurs on les voit presque toutes les nuits\nEXPOSITION DE TOILETTES D'ÉTÉ"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "323", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.17", "texte": "L'AIR\nCh. GARDELLE\nÊtre couché au dessus\nde la route des hommes\nPrès d'un bœuf antique\nporteur d'eau\nParoles de l'herbe horizons\nVilles bouquets lacs—derrière les monts\nPiémont-- France\nMalaise du bien être\nLa jeunesse des sapins\nLé mont rose tous les glaciers\nL'air\nCampo di fîori !\nGampo di fiori !\n\nETC..\n\nLe Carnet-Critique Le dit de M. Paul Méral ne semble pas avoir donné entière satis-\nfaction à M. André Germain qui paraît même s'être mis en colère en vérité pour bien\npeu de chose. S'ennuyer, oui, s'indigner, peuh!.... On sort et on n'y pense plus. Mais je\nn'ai jamais pu comprendre comment M.André Germain a pu passer sans accident des\nDits des jeux du Monde à la mentalité de notre époque. Vraiment voyez jusqu'à quel\npoint la colère peut nous faire prendre des avions pour des étoiles, ce qui d'ailleurs n'ete-\nmt pas les étoiles vers lesquelles M. André Germain tend deux moignons de souffrance, son\ndésir immense et son désespoir.Quelle figure grandiose et quel groupe remarquables on for-\nmerait en la flanquant de VArt cubiste aux yeux caves. Il est évident qu'en présence de ces\npauvres gens. \" La mentalité de notre époque \" serait bien capable de se mettre à pleurer\n\nDADA 3"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.18", "texte": "Li©s Jeunes lettres M. Henry Cliquennois n'est peut-être pas laid mais il s'obstine a\nne-se montrer que d# profil, qu'il se décide àse présenter nettement de face. Et puis\nnous voudrions savoir s ii est de force à donner leurs 8 jours à ceux qui lui conseillent d'é-\ncrire : ies ievnes iettres afin de faire vraiment oeuvre jeune, à ceux qui lui ont fait croire\nque le simultanéisme est l'extrême pointe de l'avant-garde et qui l'ont engagé à faire usa-\nge de ces mots sans jus, à ceux qui dans sa revue font des lignes sur l'art et à beaucoup\nd'autres encore. , ' <•\n\np. et G. A.-B.\n\nCadran sans aiguilles\nRaymond Radiguet\nLes heures qui nous regardaient :\nAscenseurs s'envolent de leurs cages lourds de prières\nComplet\nSur le paillasson restent les dernières\nDes fenêtres s'éveillent les étoiles\nont sommeil\nPartie de l'autre côté des Océans\nL'aube arrive dans ma chambre\nU n placard\n11 y fait nuit même pendant le jour\nLes journées de la semaine prochaine attendent.\n\nPoème\nYves Krier\nDe la fenêtre du cinquième\nune main de femme\njette le cœur de son mari\nle taxi éclate de rire\net disparaît dans sa couleur\nles paroles comme des billes\nl'oiseau s'est trompé d'arbre\nil a oublié sa chanson\nEt le ciel en tombant\ns'est accroché à la pointe des toits"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "325", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190228-01.1.19", "texte": "REVUE et EDITIONS \" SIC \"\nDépositaire pour la. Suisse\nLIBRAIRIE KUND/G\n4, Rue du Rhône, GENÈVE\nTOUTE DEMANDE DE SPECIMEN DOIT ÊTRE ACCOMPAGNÉE DE 0,30.\n\nGalerie Paul Guillaume\n108, Faubourg Saint-Honoré, PARIS. Téléphone: Elysée 46.24.\nACHAT et VENTE\nD'ŒUVRES\nde la Jeune Peinture :\nChirico, Braque ;\ndes Maîtres Contemporains :\nCourbet, Toulouse-Lautrec,\nPissaro, Sisley, Berthe Morisot, Claude Monet, Degas, Marquet, etc.\net de SCULPTURES NÈGRES de tout premier ordre.\nM. Paul Guillaume se charge de l'exécution de tous ordres d'Achat\naux Ventes publiques ou à l'amiable, aussi bien que de la Vente des Col-\nlections particulières.\nLa revue \" Les Arts à Paris \" renseigne sur les actualités du mouvement\ndes Arts et de la Curiosité."}]}