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(Une lettre)..\nCris, rythmes, bruits (MatQUïïl et Téviliar).\nOrientation\nUne esthétique (Jean Metzinger)...\n8 septembre 1917. Poème\nHistoire flti DésJr, de l'lmpatience et de l'Erreur\nThermomètre littéraire de SIC \"\nEvasion. Poème\nTRISTAN TZARA.\nJ. PEREZ-JORBA.\nPIERRE REVERDY.\nARY JUSTMAN.\nRAYMOND RADIGUET.\nGermaine ALBERT-BIROT.\nPAUL DERMÉE.\n» »\nLÉONARD PIEUX.\nLÉON PIERRE QUINT.\nPIERRE ALBERT-BIROT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c003", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "325", "page_fin": "325", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.3", "titre_corps": "BOXE", "titre_sommaire": "BOXE", "signature_source": "TRISTAN TZARA", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "325", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "BOXE\nTRISTAN TZARA\nI\nles bancs craquent\nregarde au milieu le tapis\nviens patience passer 14 merci\nATTENTION « la piaifl m le soie\nUne lampe tumeur nacrée\ncraie cramoisie\nTout à coup un coin qui tombe\nQuelques cartes bousculent les artères dans l'ombre\ntambour au poings de cuir tendu\ngrelots suspendus agrandis roulent sous la loupe\nspéciafisée sur fa\nlenteur agravée\nu surprises réservées ,, supprimées pour\ncette représentation ( La Direction\nle grotesque professionnel\n» f % f « v f\n: préfacé I alipiti fisse\nqu'ils pratiquent\nLE SIFFLET:\nQUOI?\ncroire les yeux de fiel effet\nont oublié le ciel\nreflet\nt *"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c004", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "326", "page_fin": "326", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.4", "titre_corps": "Colonnes en pensée", "titre_sommaire": "Colonnes en pensée", "signature_source": "J. 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Sous la dépendance de la décadence symbo-\nliste il n'y a pas de doute que Louis de Gonzague Frick s'est trou-\nvé placé pendant une certaine période de sa formation poétique.\nMaintenant il s'éfforce de s'en libérer et porte son regard attentif,\ndans ses derniers poèmes,vers des architectures essentielles. Aura-\nt-il le courage nécessaire pour rompre entièrement avec la tradition\nfuneste à tout art libre? Nous le lui souhaitons. Certes, il y a là\nun vœu d'austérité à tenir avec la fermeté d'âme d'un anachorète.\nPI aire, voilà ce dont le poète nouveau ne doit pas avoir cure ; ce\nsouci d'ailleurs est manifestement contraire à l'éclosion de l'art\npur, le seul qui compte. Tel qu'il est, le poète Louis de Gonzague\nFrick suscite de délicieuses émotions où la poésie s'offre parfois\navec des attraits ultramodernes. Notons-le.\n\" Beautés de 1918'\\ par Paul Dermée Pour le renversement\ndes valeurs consacrées par la myopie des faux lettrés, ce poète\nbrandit le fouet de son sarcasme avec/ une force dont la hardiesse\nd'esprit est le principal élément. Elle fait en vérité demander grâ-\nce. Les \"beautés\", avouons-le, sont prises ici dans leur sens pé-\njoratif. Ce sont des tares et des vices dont l'influence dissolvante\ns'exerce hélàs ! sur l'art et la liberté. Impunément, certes. Dermée\nemploie un lyrisme des plus neufs pour mener à bonne fin cette sa\ntyre de protestataire à longue portée. Ses idées, ses saillies s'éta-\nlent sur une prose vive; leste, harmonieuse comme le sujet d'un\nbas relief Une âme tant soit peu tourmentée, mais qui se baigne\ndans la lumière, en quête de santé, un tempérament où la nervosité\nfait jouer les cymbales, voilà qui chez-lui, pour le lecteur retient\n1 attention .Le poète scintille aussi. Ce n'est pas là évidemment\nde l'écriture amène pour les foules de Béotie, mais c'est de la sai-\nne, noble, haute littérature pour les amateurs avertis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c005", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "326", "page_fin": "326", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.5", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "326", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.4", "debut_caractere": 2496, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "VIENT IDE PARAITRE ;\nMatoum O'L Tévibar\nPar Pierre ALBERT-BIROT\nEdition contenant le texte complet et la musique de Germaine ALBERT-BIROT.\n120 exemplaires sur papier, d'Arches à la cuve numérotés, format in 16 Jésus\n\"v- Prix net: 4 francs\nExpédition franco sur mandat ou contre remboursement\nAdresser commandes et mandats: Pierre ALBERT-BIROT. 37 rue de la Tombe-lssoire\nPARIS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c006", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "327", "page_fin": "329", "image_debut": 5, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.6", "titre_corps": "L'Imperméable", "titre_sommaire": "L'Imperméable", "signature_source": "Pierre REVERDY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "327", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "L'lmperméable\nPierre REVERDY\n[suite)\nOn riait de tout\nAu creux de la pièce la prudence dictait le\nsilence. Et comme je ne parlais pas les coups se mi-\nrent à pleuvoir de tous cotés\nA tous les angles se dressait une menace\nPeu à peu cependant le logis me devint familier\nEt quand j'eus découvert derrière la porte un vêle-\nment souple, et résistant qui m'allait à peu près je\npus recevoir toutes les attaques sans trop risquer\nd'y succomber\nVoici l'histoire de mon acclimatation\nLe premier qui s'avança vers moi, la main ten-\ndue me serra trop fort et me fit mal\nLes autres en me jetant des pierres n'avaient\nréussi à me blesser\nAu fond il n'y a pas d'ennemis si terribles qu'on\ncroit\nLa cruauté\nLa naïvité et l'intelligence précoce\nOn rit devant une poitrine soulevée de sanglots par-\nce que c'est un enfant qui pleure\nPuis-je rappeler tout de suite quelques instants de\nfraîcheur dans l'autre monde\nIrréparable malheur\nToute l'enfance est oubliée\nPourtant c'est là que tout réside en abondance\nLe chagrin y est plus grand et plus profond\nqu'à n'importe quel autre moment\nLa corruption n'a pas encore commencé\nLes abîmes qui nous entourent ne sont pas éclairés\nEt la mort caricature finale d'on ne sait quel-\nle réalité supérieure n'est pas encore entrevue\nC'est alors que l'on voit chaque chose isolée\nOn rit sans penser à rien\nEt on roule sur un tapis où s'aplatit sous les étin-\ncelles du foyer toute l'intimité familiale\nLa flamme est au ras du sol\nTout est là et tout est inconnu beaucoup plus vas-\nte et merveilleux\nLa nuit est douce et terrible comme un per-\nsonnage qu'on ne pourra que se rappeler\nplus tard\nOn n'aime qu'avec son cœur alors\nEt tout ce qui est décidé à ce moment\nl'est pour toujours\nDehors l'hiver terme toutes les portes et observe un\nmoment l'intérieur rouge à travers les rideaux qu'on\nà tirés\nAppuyé contre la fenêtre j'ai vu grandir\nun monde que je ne connaissais pas\nEt puis je me suis aperçu que j'avais\nmoi-même changé\nDès lors je n'ai plus distingué qu'une multitude de\ntêtes trop petites qui remuent\nEt tous ceux qui sont partis sans se retourner ne\ncomptent plus\nSeulement il y a parfois une lucarne qui s'ouvre\ntout en haut et à laquelle on se met à regarder\nDerrière soi le grenier plein de mystère qu'on\navait tout à fait oublié et dans l'air on entend un\nson de cloche qui tombe en plusieurs morceaux"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "328", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "La fontaine cesse de couler et le ruisseau tari s'in-\ncline sur la pente\nOn revient sur ses premiers pas\nLe monde entier n'existait pas encore et à côté nous\nétions plus à l'aise\nToute la journée libre sous le ciel qui ne\ns'abaissait pas\nNous pouvions lever les bras sans rien toucher\nTendre les mains et saisir le monde sous diffé-\nrentes formes\nEt fatiguer l'esprit de rêves qui entraînent le corps\nbien au-delà.\nNos yeux se fermaient parfois sur un horizon où\nfumaient des cheminées d'usine\nMais nous n'avions vu que les arbres du premier\nÉlan le ruisseau où l'eau claire n'a plus bougé depuis\nt le sommeil nous entraînait dans des sentiers hu-\nmides où s'incrustait la trace de nos pas\n11 pleuvait\nNous sentions déjà contre le mur tout le mys-\ntère que renferme une maison que la lampe fait vivre\nIV\nC'est l'heure\nOn descend des marches\nEt les lignes de la rampe tournent\nLe monde devient plus grand pour celui qui s'enfonce\nLa mémoire comme un réflecteur creuee la nuit\nLes allées et venues sautent par dessus les toits\nLes montagnes\nLe port\nJe m'attarde dans un coin qu'un morceau de\nsoleil éclaire encore\nC'est un beau décor\nI\nIl y a des tas de gens qui remuent l'air\ndans la rue\nDes ombres\nOn a éteint toutes les lumières\nEt tout se passe à l'intérieur\nJe comprends qu'il n'y a qu'un moment à passer\nCe serait la nuit\nEt on attend le jour\nLes mouvements libres\nRien ne vient\nC'est la terre molle sous les pieds\nLe pavé dur qui sonne sous les pas\nLe ciel immobile et étroit\nLa fatigue\nC'est en montant qu'on s'aperçoit que la terre\ndoit être ronde\nJe me dégage pour regarder de plus loin\nJ'oublie l'heure et le temps et je m'enfer-\nme un moment dans les replis du mur\nTout ici a un parfum de vieux\nles boiseries seules sentent le ripolin frais\nOn a repeint les touches du piano dans l'angle\net l'air se déroule sans aucun mouvement des doigts\nLes proportions de tout cet ensemble sont faus-\nses et il se tient quand même à un bon niveau\nLes jambes du pianiste vont jusqu'à l'échelle\net sa tête penchée sous les bougeoirs rappelle\nquelque portrait aperçu dans un autre cadre\nC'est l'immobilité qui frappe le plus\net qui donne à cette scène une vérité ir-\nréelle pleine de charme\nUne obsession vient aussi d'en haut"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "329", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1539, "texte": "Du toit de verre qui permet au\" ciel d'ar-\nriver jusqu'en bas\nLe vide est tout autour du phare\nOn a peur de sortir de connaître l'abîme où\nle reste du monde se frotte avec fracas\nTout le monde danse\nCe sont des bêtes ou des gens qui aboient\nqui parlent\nLes mêmes sentiments se mêlent\nOn ne sait pas ce qui est le plus fatiguant\nd'entendre ou de parler\nOn observe des ressemblances qui vous frappent\nEn s'en allant 011 sent le monde entier ac-\ncroché contre soi\nOuelle constitution robuste il\n(nul avoir\nPasser à travers\nne pas y voir\nne pas entendre\nL/épidenne joue le rôle le plus ingrat\nV\nCe matin\nLa tête dépasse\nUn coup de poing enfonce le paysage et l'esprit\nLe pan du jardin bascule' et va tomber de\nl'autre côté du mur\nLe gong éclate\nLe soleil\nLes débris de verre •\ndans l'œil du promeneur\nGong\nCoup de poing dans le soleil\nA l'heure\nJe me promène\nOn arrive à temps avec la vitesse acquise et le\nliacre balancé qui vient se ranger doucement le\nlong du trottoir\nTous les invités descendent et envahissent la sal-\nledu fo i l\nCe sont les nouveaux amis du propriétaire\nLe vieillard s'est mis à marcher contre la murail-\nle en suivant son profil\nLe vieillard insolent à barbe blanche sur le\nboulevard\nQue le juif suit à pied très loin\nA ce moment là je me proposais des entrepri-\nses surhumaines\nLe bonheur caché\nLe calme\nIl aurait fallu ramener de très loin des pouvoirs\nperdus\nLa responsabilité qui pèse\nTout l'état\nEt secouer quelques murailles\nLa pensée prisonnière\nMais des épaules énormes émergent\nDes montagnes\nDes bras\n(à suivre"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c007", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "330", "page_fin": "330", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.7", "titre_corps": "Jeu d'Enfant : Le dernier poème composé par Ary Justman", "titre_sommaire": "Jeu d'Enfant : Le dernier poème composé par Ary Justman", "signature_source": "Ary JUSTMAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "330", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 474, "texte": "Le dernier poème composé par Ary Justman.\nJeu d'Enfant\nAry JUSTMAN\nL'enfant laissé à soi\nBâtit son ciel avec ses mains menues\nEcrit dessus ses rêves fantastiques\nSa logique s'enchaîne par des merveilles violettes\nSa voix pressent des visions\nSa main les touche\nLorsque son ciel s'obscurcit s'écroule\nUn monstre grotesque, un hippopotame le dévore\nUne contrariété mélancolique\ndes larmes\nLa voix nuancée d'un bleu\nde nouveau l'enfant avec ses mains menues bâtit son\nciel rose"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c008", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "330", "page_fin": "330", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.8", "titre_corps": "Allusions", "titre_sommaire": "Allusions", "signature_source": "Raymond RADIGUET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "330", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.8", "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 1862, "texte": "Allusions\nRaymond RADIGUET\nJuan Gris peint comme tous les peintres c'est à dire sur de la toile ou du carton ou du\nbois. Ai-je dit qu'il ne différai! pas des autres? Il y a toujours un certain secret profes-\nsionnel, beaucoup de gens voudraient le connaître.\" Moi, * je ne pense pas que l'émotion\nressentie devant un tableau soit due à la qualité des pinceaux ou des couleurs.\nSeul le résultat importe. Une route y mène qui s'appelle l'Esthétique. Il en\nest de plus ou moins bonnes. Ici, l'air est toujours plus pur. L'horizon est une ligne\nconventionnelle; il n'y a pas de bornes kilométriques. Par conséquent rien à craindre,\nles voleurs ne sauronl pas où se cache.\nQuelqu'un prononce un mot. On repète: PRISON. Un seul avait entendu le PINSON\nqui pourtant chante nuit et jourr.\nDe même chacun dit avoir son opinion sur la peinture. Mais tout le monde n'a pas\nraison. Juan Gris a vu la beauté de tous les jours de la semaine, y compris le dimanche,\nla plus petite de ses natures mortes n'est pas une « étude ». 11 y a une pipe qu'on fume\nle soir. La dernière heure. Plus, nne guitare, non c'est un violon.\nComme tout classique, Gris a le souci des proportions. Je parle des véritables propor-\ntions qui sont dans l'esprit et non pas ce que le vulgaire nomme ainsi\nles cocktails sont supprimés. Quand je demande à boire il y a toujours le ciel, ou le\nsiphon qui est de la même couleur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c009", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "331", "page_fin": "331", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.9", "titre_corps": "Guillaume Apollinaire au Caire", "titre_sommaire": "Guillaume Apollinaire au Caire", "signature_source": "P. A.-B.", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "331", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "Guillaume Apollinaire au Caire\nP. A -B.\nOn m'a adr«ssé cette lettre que je me fais un devoir de publie?:\nVoici une façon parfaitement heureuse de saluer la mémoire d'un grand poè-\nte et qui eut été certainement du goût de celui qui en fut honoré, je crois que\ntous les amis d'Apollinaire approuveront, comme moi, hautement celui qui\neût cette très heureuse idée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c011", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "332", "page_fin": "332", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.10", "titre_corps": "Pierre ALBERT-BIROT", "titre_sommaire": "Pierre ALBERT-BIROT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "332", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "Pierre ALBERT-BIROT\nI\n(1) Battements par temps, des pieds et des mains. Les accentuations\nfrappées sur des objets divers. Le chant très rythmé de préférence sui-\ndes diphtongues.\nII\nIII\nfl). A défaut de mirlitons les lers sur I, ies 2es sur U. Le tout très marqué\nIV\n(1) Les premiers sur les A, les deuxièmes sur les É.\n(A) uJe veux un remède contre la constipation et une recette pour nettoyer\nmon service en ruolz trrrrrrrrrrrrrr (2 reprises)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c016", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "333", "page_fin": "333", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.11", "titre_corps": "Cris – Rythmes – Bruits", "titre_sommaire": "Cris – Rythmes – Bruits", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "333", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "Cris - Rythmes - Bruits.\nde Germaine ALBERT-BIROT\nX\n(1) X Clochettes et fra „es sur verres. sur É lié.\nXI\n(!) Tam-tam - instruments sourds - Piano : dur - cordes : très arraché.\nXII\n(1) Octaves extrêmes du clavier « basse et aigu. - Accentuations\nfrappées sur verres et pincettes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c020", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "334", "page_fin": "335", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.12", "titre_corps": "ORIENTATION : Une Esthétique", "titre_sommaire": "ORIENTATION : Une Esthétique", "signature_source": "Paul DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "334", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "Une Esthétique\nORIENTATION\n\nConfusion! La fille aux yeux fardés est sortie de son quartier clos où la\ncloîtrait la sage administration classique. Elle raccroche jeunes et vieilles\ngens. Malheurs ! Au coin de la rue c'est la silhouette sinistre de 1 homme\nà melon de Survage, puis l'hôpital et la petite voiture.\nVoilà le sort réservé à tous ceux qui se laisseront séduire!\nDilettantisme = puianisme\nL'lnouïsme sourd qui gueule = ivrogne à qui il faut de l'alcool à 90°\nBouchons-nous le nez et les oreilles!\nEcoles esthétiques = unités d'escadre un jour démodées qui coulent sans gloire\nEn raison pure, il est de multiples esthétiques possibles; à chaque moment,\nil n'en est peut-être qu'une. Mais, comme les tuiles sur un toit, elles se re-\ncouvrent l'une l'autre aux périodes de transition: celle qui ne veut pas re-\nnoncer et mourir s'attarde en dessous. Puis pousse bientôt comme un on-\ngle l'esthétique nouvelle qui peu à peu recouvrira tout. Et ainsi sans ar-\nrêt ni cesse !\nPéiûodes de transition Périodes de confusion. Sans doute le critique,\nle dilettante, qui voient les œuvres du dehors soutirent de ce carnaval\nd'apparences. Le cœur leur soulève et les voilà désespérant de l'avenir\nde la poésie et de l'art.\nComme si jamais cela pouvait mourir parmi les hommes!....\nLe créateur, lui, peut tournoyer longtemps comme une poutre dans le\nMaelstrom et il en est certes qui meurent sans avoir pu créer. Génies\navortés, les limbes doivent en être pleins.\nMais qu'il trouve un courant orienté vers ce qu'il sent être son levant—en-\nquadrant avec le pôle-attraction —et brusquement il. se met dans l'axe! Si\nfaible, si mince soit la corde de violon vibrante du ruisseau, il s'unit au fil\nde l'eau et file avec une vitesse sans cesse accrue torrent bientôt, lui et\nles autres, qui creusent leur passage dans la roche !\nAutre image de l'orientation nécessaire: un courant électrique traverse le\nmorceau d'acier et, brusque, se fait la mise en rangs, la mise en files de\ntoutes les molécules . Fibres serrées de l'acier aimanté: le voilà vivant"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "comme un tronc d'arbre. Tandis que le morceau de fer doux s'aimante bien\naussi lorsque le courant passe, mais dès qu'il est passé il retombe à sa con-\nfusion, à son trouble sans émoi, à sa mort\nBeaucoup de ceux qui semblent prendre quelque vie, au passage d'un\ncourant esthétique, ne sont que des morts qu'on galvanise. On en voit tous\nles jours retomber dans leur grimace figée et grotesque: le contact est rompu.\nIl n'y a rien de perdu, croyez-moi! Même quand ils gesticulaient, ils\nétaient déjà des morts.\nRéjouissons-nous au contraire du nettoyage nécessaire\nVivent les pannes de courant qui ne laissent suspendues au fil que les\nfines aiguilles d'acier pur.\nA toute époque classique il y a une esthétique commune à tous les arts,\naux lettres, aux mœurs et aux passions. C'est de cette unité que rayonne\nl'ordre et la pureté, et la grandeur de chaque chose et de tout.\nMais ne soyons pas fata'istes: tout n'arrive pas infailliblement et les âges\nclassiques ne sont pas de belles réussites du hasard ingénu. L'intelligence et\nla volonté y ont présidé naguère. Elles y présideront demain.\nEt nous devons aussi veiller à l'organisation du grand âge classique que\ntout annonce, que tout proclame.\nline esthétique dont quelques vérités premières furent découvertes jadis\npar Mallarmé et Rimbaud, s'est épanouie merveilleusement dans la peinture\ncubiste et dans la littérature d'esprit nouveau.\nElle est une sous diverses apparences et chacun sent qu'elle est la vérité.\nVoilée encore pour certains, travestie et masquée par d'autres, je voudrais\nlentement découvrir son visage et ses seins.\nMystères d'isis!\nLa lumière doit être donnée peu à peu à vos yeux de chair certains mê-\nme lui resteront toujours fermés. El il est d'étranges secrets qu'il ne faut\npeut-être pas découvrir.\nQu'importe, la sélection jouera: ceux qui sont confusion engendrent en\neux la confusion qu'ils en meurent donc ! chez d'autres l'orientation crée l'or-\ndre et la pureté: ceux-là —les meilleurs d'entre nous— vivront et seront\nles constructeurs du prochain âge classique.\n\nPaul DERMÉE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c021", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "335", "page_fin": "335", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.13", "titre_corps": "AUX PROCHAINS NUMÉROS", "titre_sommaire": "AUX PROCHAINS NUMÉROS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.13", "debut_caractere": 2064, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "AUX PROCHAINS NUMÉROS\nL'analyse avant la synthèse ! Et d'aborcl Vattitude esthétique individuelle de chacun des\npeintres cubistes. (Marie Blanchard Braque Gris —liayden Herbin Laurens\nLéger Lipchiz Metzinger Picasso Sévèrini Survage. Puis la recherche de ce\nqui leur est commun à tous de ce qui constitue essentiellement le Cubisme.\nEnsuite ce sera le même travail pour les littérateurs d'esprit nouveau —et la mise en lu-\nmière de Vesthétique générale qui inspire aujourd'hui tout un ensemble d'effets dans les arts\net dans les lettres."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c022", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "336", "page_fin": "336", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.14", "titre_corps": "Jean METZINGER : Une Esthétique", "titre_sommaire": "Jean METZINGER : Une Esthétique", "signature_source": "Paul DERMÉE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "336", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "Une Esthétique.\nJean METZINGER\nPaul DERMÉE\nLes peintres cubistes causent volontiers\nde leur esthétique et, bien qu'ils en par-\nlent tous différemment, le contenu n'en\nchange guère. Force et puissance de\nl'école !\nJ'ai voulu demander à chacun de pré-\nciser son attitude esthétique dans l'en-\nsemble du mouvement. Sacrilège! Tou-\nche-t-on à ces choses-là! Immédiatement\ntoute la ruche s'est mise à bourdonner\nreine, ouvrières et frelons, et s'abattit sur\nl'audacieux. Le beau costume de mardi-\ngras que lui fit cette toison d'ailes et de\ncorps roux! Depuis les pieds jusqu'aux\nsourcils il en était grouillant : mais les\nyeux restaient clairs et nus !\nOn s'aperçut cependant peu à peu qu'il\nne veut pas leur enlever le miel, mon\nDieu non ! 11 n'aime pas le miel.\nVouloir faire la justice, et s'introniser\nconseil de guerre dans les rivalités et dif-\nférends de la ruche, il s'en moque et res-\npecte trop toutes les autorités constituées.\nIl n'est {m conseilleur, ni payeur, ni\nacheteur, fni bonisseur. L'histoire sera\nfaite comme toujours par les intéiessés.\nSeulement quand il parle de ce que\npense tel ou tel il a le souci de ne pas le\ntrahir, mais de traduire fidèlement sa\npensée.\nJean Metzinger a l'esprit d'un fleurettis-\nte. Des feintes, des parades, beaucoup\nde brillant dans le jeu. Parfois il se dé-\ncouvre dangereusement mais il est inlas-\nsable et sa pensée ou »a parole ont des\nreflets d'épée.\nSes conceptions? Jadis il parla du cu-\nbisme avec Gleize et il en résulta un livre\ndébordant des préoccupations du moment.\nPlus esthétique que spéculatif voilà ce\nque je peux en dire . Enfin la quatrième\ndimension ne vient plus rôder autour des\ntoiles. Trois dimensions, c'est déjà bien\nassez pour des peintres.\nMelzinger expose clairement des idées\nclaires.\nS'il peint, c'est pour donner une va-\nleur concrète aux émotions qu'il reçoit du\nmonde visuel,\nLa cause de ces émotions réside dans un\néquilibre de formes colorées— exclusi-\nvement .\nUn équilibre ne vaut qu'en fonctions du\nmilieu. La nature est un milieu. Un ta-\nbleau en est un autre. Ce sont deux es-\npaces différents qui ont leurs lois parti-\nculières. Ce qui est accord dans le premier\ndevient discord dans le second.\nli ne peut donc songera copier, à repro-\nduire les formes colorées du monde ex-\ntérieur : ce serait n'en donner qu'une ima-\nge morte, genre Musée Gré vin. Pas da-\nvantage à les adapter. Adaptation = com-\npromis = premièret étape après l'lmpres-\n* sionnisme.\nL'artiste doit donc les '* re-concevoir \"\ndans leur essence, les changer en elles-\nmêmes, tout en conservant leurs rapports\nréciproques. Autrement dit, il doit trouver\ndes équivalents picturaux aux formes\nnaturelles.\nC'est là transposition totale, étendue à\ntoutes parties, à tous éléments.\nPlus elle est complète, plus l'artiste a\nde chance d'avoir respecté son émotion\nprimitive, atteint son but.\nSi pour des raisons techniques, il a du\ngarder une forme locale4 il veille à ce\nqu'elle ne coïncide pas avec la forme que\nla nature y avait jointe.\nLe tableau parfait, le tableau vrai sera\ncelui où rien n'aura échappé à la trans-\nposition, où rien de direct ne sera per-\nceptible.\nQuelles sont les lois de la transposition ?\nCelles mêmes de la surface à peindre.\nRien de décoratif ni d'ornemental. Le\npeintre cubiste cherche à accorder le ta-\nbleau en lui-même et non avec quelque\ncliose d'extérieur.\nCes lois? Pour les connaître, il faut in-\nterroger les Egyptiens, les Grecs, les\nPrimitifs, certains maîtres plus modernes.\nMais ils ne répondent pas facilement.\nSelon Jean Melzinger, le principal mé-\nrite des cubistes c'est d'avoir su interro-\nger. Il croit que l'on pourra démontrer\nun jour que jamais peintres ne furent\nplus rigoureusement scrupuleusement,\nreligieusement traditionnels.\nTradition et liberté, sont en effet\nnotre devise."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c023", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "337", "page_fin": "337", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.15", "titre_corps": "8 Septembre 1917", "titre_sommaire": "8 Septembre 1917", "signature_source": "Léonard PIEUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "337", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "8 Septembre 1917\nLéonard PIEUX\nJ'ai fait une chute effroyable\nSa trace brûle encore les espaces étoilés\nMon compagnon ganté sanglé de toutes ses prudences\nDescendit à l'aide d'un parachute\nJe le vis planer dans la sérénité de\nSans tourner la tête il regagna la terre\nLa joie de sa fête\nMon crâne rebondit sur les rails\nUn train passa à coté\nImpétueux souvenir déjà brûlé\nQuelqu'un cria que la beauté ne meurt jamais\nQui me berça pendant ma chute\nQui me montra le silencieux déplacement des étoiles\nIllimitée la confiance remplaça l'affreux de cette déchéance\nElle recula confuse l'attentat fut manqué\nPourvu que le soleil réchauffe la terre le plus longtemps possible\nC'est tout ce que désire le simulacre de l'homme qui me remplace ici\nJ'apprends les nouvelles formules de la vie\nJe connais le violent repli du cœur et de la pensée\nEi nulle part nulle part! je ne cherche à attacher mon attention\nni mon regard\nJe n'attends personne\nToutes! les portes peuvent s'ouvrir et se refermer\nSans me troubler\nToutes cette vue de parachute\nCe compagnon tout bleu dans les espaces déserts\nTout cela m'a forgé le cœur dur et fier\nDiffus dans la joie de sa durée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c024", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "338", "page_fin": "338", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.16", "titre_corps": "Histoire du Désir, de l'Impatience et de l'Erreur", "titre_sommaire": "Histoire du Désir, de l'Impatience et de l'Erreur", "signature_source": "Léon Pierre-Quint", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "Histoire du Désir, de l'Impatience et de l'Erreur\nLéon Pierre-Quint\nPour ne pas être comme tout le monde, il était prince\nIl disait:\n« Je suis le prince d'Aaroustahasie, et cependant Irès malheureux,,\nIl désirait une roulette et une pieuvre, comme celles du prince de\nMonte-Carlo; —des sœurs et des frères, à l'instar du Prince de Monténégro\net l'air bête du prince de Galles.\nEn vérité, il n'avait qu'une toupie hollandaise et une tortue, une fa-\nmille morganatique et l'air cl'Hamlet\n11 murmurait alors en son âme insatisfaite:\n« Pourquoi suis-je prince d'Aaroustahasie, plus vassal qu'un vizir\nprotégé ? »\n11 complota avec la septième Cameriste de la Cour, pour importer une\npieuvre d'étranger, et sut conquérir la femme du vice président de la Sta-\nboula(l) pour obtenir la légitimation de sa famille. Un soir de violent débat\nintérieur, il renonça à prendre l'air bête, et au sujet de sa résignation, écri-\nvit un livre moral qu'il lit imprimer à Scheweningen.\nMalgré ses entreprises et ses ruses, il désespérait comme un prince\net murmurait:\n« Je suis le prince d'Aaroustahasie, et cependant très malheureux»\n—« Il faut que je devienne Roi, s'écria-t-il ! C'est moins bien que\nPrince; tant pis! —»\nC'est ainsi qu'il sacrifia son snobisme à ses impatiences.\nAussitôt il arracha la langue de son père (2), devint monarque et\ncombla ses désirs.\nMa is il disait :\n—«Il y a le prince de Monte -Carlo. Il y a le prince de Monténé-\ngro. Il y a le prince de Galles. Et moi, je ne suis même plus prince.\nAh! que je me sens malheureux! »\nAlors il passa le reste de sa vie à soigner son vieux père bègue. »\n(1) Parlement du Pays\n(2) Les Rois auxquels manque la langue sont forcés d'abdiquer\nExtrait d'un recueil qui doit paraître à La Sirène avec illustrations de\nM. Van Dongen"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c025", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "338", "page_fin": "338", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.17", "titre_corps": "Le beau sculpteur Chana Orloff prépare une série de gravures sur bois portraits", "titre_sommaire": "Le beau sculpteur Chana Orloff prépare une série de gravures sur bois portraits", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.16", "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "Le beau sculpteur Chana Orloff prépare une série de gravures sur bois portraits\nd'écrivains de peintres, de sculpteurs, de musiciens qui seront- prochainement pré-\nsentées en un album préfacé par Gaston Picard et Jean Pellerin. Heureux les pourtraic-\nturés et joie à ceux qui verront ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c026", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "339", "page_fin": "339", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.18", "titre_corps": "Thermomètre Littéraire de \"SIC\"", "titre_sommaire": "Thermomètre Littéraire de \"SIC\"", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1035, "texte": "Thermomètre Littéraire de \" SIC \"\n391\nEXPLO m SI ON\nDada 3 - I\n\\m\nLes Jockeys camouflés (Pierre Reverdy) j 9 i\n! ■ I\nValori plastic! (n- 2et 3) j 8 j po^es.\nL'lnstant. - La Raccolta. - Moi. ! \"J j - Ifalori plastici (ni) - J'ai tué (Biaise Cendrars)\nLes 3 roses. - j[) j\nÊ S\n»\nl I\ni i\n| n ï\nVeli i non. - La Revista. j y \\ Mercure de France - L'Eventail.\nDonnées sur André Gide (Christian). -' j | Les cahiers idéalistesr -Le Crapouillot.\nR S\nI l '\nLa Caravane. -Le Carnet Critique. -Le Scarabée, j . j L'Affranchi. - Apres le Cubisme (Qzenfant et\nJeanneret). - L'Art. - Les Gabiers. - | 4 l Atys. ■ Ariste. ■ Les Lettres parisiennes.\nLe Faubourg, j j\nLes Humbles. - A l'ami mort (Lucien Jacques).- j jj I Le Héostioheet le Verbe intégral (E, Adam).\nLes Pionniers de Normandie, j ï\n» K\nQuand ils auront passé de l'ombre àla lumière 0 I (Louis Journal). -La procession fleurie (Pierre\nGrangé). - La chaîne aux anneaux brisés I \" | (Garrigue Garonne).\nLa Mêlée. I\n0\nLa Revue Nationale. - La Jeunesse Française. F La Flamberge. - Lutétia."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c027", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "340", "page_fin": "340", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.19", "titre_corps": "EVASION", "titre_sommaire": "EVASION", "signature_source": "Pierre ALBERT-BIROT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 852, "texte": "EVASION\nPierre ALBERT-BIROT\nJ'ai sonné\nOn m'a ouvert la porte\nJe suis entré\nNul n'a vu le poème qui est entré devant moi\nO ce dieu qui nous donne la main\nNous les poètes nous les saints\nOn nous ouvre la porte et l'on nous dit\nBonjour monsieur il fait froid aujourd'hui\nOui pas mal et vous merci\nUn jour un jour les aveugles verront\nEt les sourds entendront\nAh mon dieu\nLes poètes ne seraient-ils plus seuls avec leur dieu\nMarche marche tout au fond\nMonte tout au haut tout au haut de la maison\nMonte monte sur la maison\nEt promène-toi sur les toits comme un couvreur\nEt crie dans les cheminées\nOhè comme un ramoneur\nEt maintenant assieds-toi donc dans la gouttière\nEt balance tes pieds\nSur la ville qui court au ras de terre\nMais voici que tes jambes s'allongent\nTes pieds vont toucher le trottoir\nLève toi et traverse la ville\nEn causant avec ton dieu"}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c028", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "340", "page_fin": "340", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.20", "titre_corps": "NOTE", "titre_sommaire": "NOTE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.18", "debut_caractere": 854, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "NOTE. M. Léonce Rosenberg. nous annonce la création des Editions artistiques et\nlittéraires de \" l'Effort Moderne \" dont la direction est confiée à M. Maurice Raynal\nIl est a peu près certain qu'on fera là de beaux et sans doute de bons livres e<\nSIC est tout heureux à cette pensée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnaaz-1919-03-30-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnaaz_1919-03-30_01#c029", "volume": "bmtnaaz_1919-03-30_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[324]", "page_fin": "[324]", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.2.21", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "[324]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.2", "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "SERIES DE GUERRE\nAnnée 1916 Année 1917 Année 1918\n12 fr. 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Poème\nHistoire flti DésJr, de l'lmpatience et de l'Erreur\nThermomètre littéraire de SIC \"\nEvasion. Poème\nTRISTAN TZARA.\nJ. PEREZ-JORBA.\nPIERRE REVERDY.\nARY JUSTMAN.\nRAYMOND RADIGUET.\nGermaine ALBERT-BIROT.\nPAUL DERMÉE.\n» »\nLÉONARD PIEUX.\nLÉON PIERRE QUINT.\nPIERRE ALBERT-BIROT."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "[324]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.2", "texte": "Réflexions poétiques et Reproductions de Sculptures, ARY JUSTMAN et\nGHANA ORLOF, in-4° carré. FR\nTrente et un poèmes de poche, PIERRE ALBERT-BIROT. Préface de\nGuillaume Apollinaire. ln-16° carré. 5 fr\nLes Mamelles de Tirésias, drame de GUILLAUME. APOLLINAIRE, avec musi-\nque de Germaine Albert-Birol et dessins de Serge Ferai, in-16 jesus. 5 fr.\nGuillaume Apollinaire (Ire partie : L Enchanteur pourrissant, l'Hérésiar-\nque, Alcools, le Poète assassiné), par ROCH GREY, in-8° jesus. 2,25\nMatoum et Tévibar, drame pour marionnettes, in-16 jesus. 4 fr\navec la musique de (iennaine ALBERT-BIROT.\nA PARAITRE :\nDE PIERRE ALBERT-BIROT :\nLarountala, polydrame, in-16 jesus. .y\nLa joie des Sept couleurs, poëme, orné de 5 poèmes paysages\nin-16 jesus. J & ~\nPoèmes Quotidiens, in-64jesus g (.\nLes invectives contre l'Automne et la Légende d'Oro, poèmes\n\nSERIES DE GUERRE\nAnnée 1916 Année 1917 Année 1918\n12 fr. ÎO fr. 12 fr.\nLes trois années rénnies :\n25 fr."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "325", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.3", "texte": "BOXE\nTRISTAN TZARA\nI\nles bancs craquent\nregarde au milieu le tapis\nviens patience passer 14 merci\nATTENTION « la piaifl m le soie\nUne lampe tumeur nacrée\ncraie cramoisie\nTout à coup un coin qui tombe\nQuelques cartes bousculent les artères dans l'ombre\ntambour au poings de cuir tendu\ngrelots suspendus agrandis roulent sous la loupe\nspéciafisée sur fa\nlenteur agravée\nu surprises réservées ,, supprimées pour\ncette représentation ( La Direction\nle grotesque professionnel\n» f % f « v f\n: préfacé I alipiti fisse\nqu'ils pratiquent\nLE SIFFLET:\nQUOI?\ncroire les yeux de fiel effet\nont oublié le ciel\nreflet\nt *"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "326", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.4", "texte": "Colonnes en pensée\nJ. PEREZ-JORBA\n\" Girandes \", par Louis de Gonzague-Frick— Trop amoureux*\nencore des grâces grecques pour ne pas abusivement se mépren-\ndre sur le sens de la poésie un bon coup de chapeau—ce poète,\nmalgré l'étincelante aristocratie dont s'affuble son verbe, ne se\nlaisse pas tenter par les rubans de soie pour venir nous offrir\nson émotion de nacre, sous laquelle on entend en sourdine, une\nmusique assez mélodieuse et assez savamment orchestrée. Il y\na de la somptuosité dans cet art poétique où les mots contribu-\nent à leur effet littéraire comme des bijoux, comme des sons,\ncomme des parfums. Sous la dépendance de la décadence symbo-\nliste il n'y a pas de doute que Louis de Gonzague Frick s'est trou-\nvé placé pendant une certaine période de sa formation poétique.\nMaintenant il s'éfforce de s'en libérer et porte son regard attentif,\ndans ses derniers poèmes,vers des architectures essentielles. Aura-\nt-il le courage nécessaire pour rompre entièrement avec la tradition\nfuneste à tout art libre? Nous le lui souhaitons. Certes, il y a là\nun vœu d'austérité à tenir avec la fermeté d'âme d'un anachorète.\nPI aire, voilà ce dont le poète nouveau ne doit pas avoir cure ; ce\nsouci d'ailleurs est manifestement contraire à l'éclosion de l'art\npur, le seul qui compte. Tel qu'il est, le poète Louis de Gonzague\nFrick suscite de délicieuses émotions où la poésie s'offre parfois\navec des attraits ultramodernes. Notons-le.\n\" Beautés de 1918'\\ par Paul Dermée Pour le renversement\ndes valeurs consacrées par la myopie des faux lettrés, ce poète\nbrandit le fouet de son sarcasme avec/ une force dont la hardiesse\nd'esprit est le principal élément. Elle fait en vérité demander grâ-\nce. Les \"beautés\", avouons-le, sont prises ici dans leur sens pé-\njoratif. Ce sont des tares et des vices dont l'influence dissolvante\ns'exerce hélàs ! sur l'art et la liberté. Impunément, certes. Dermée\nemploie un lyrisme des plus neufs pour mener à bonne fin cette sa\ntyre de protestataire à longue portée. Ses idées, ses saillies s'éta-\nlent sur une prose vive; leste, harmonieuse comme le sujet d'un\nbas relief Une âme tant soit peu tourmentée, mais qui se baigne\ndans la lumière, en quête de santé, un tempérament où la nervosité\nfait jouer les cymbales, voilà qui chez-lui, pour le lecteur retient\n1 attention .Le poète scintille aussi. Ce n'est pas là évidemment\nde l'écriture amène pour les foules de Béotie, mais c'est de la sai-\nne, noble, haute littérature pour les amateurs avertis.\n\nVIENT IDE PARAITRE ;\nMatoum O'L Tévibar\nPar Pierre ALBERT-BIROT\nEdition contenant le texte complet et la musique de Germaine ALBERT-BIROT.\n120 exemplaires sur papier, d'Arches à la cuve numérotés, format in 16 Jésus\n\"v- Prix net: 4 francs\nExpédition franco sur mandat ou contre remboursement\nAdresser commandes et mandats: Pierre ALBERT-BIROT. 37 rue de la Tombe-lssoire\nPARIS"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "327", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.5", "texte": "L'lmperméable\nPierre REVERDY\n[suite)\nOn riait de tout\nAu creux de la pièce la prudence dictait le\nsilence. Et comme je ne parlais pas les coups se mi-\nrent à pleuvoir de tous cotés\nA tous les angles se dressait une menace\nPeu à peu cependant le logis me devint familier\nEt quand j'eus découvert derrière la porte un vêle-\nment souple, et résistant qui m'allait à peu près je\npus recevoir toutes les attaques sans trop risquer\nd'y succomber\nVoici l'histoire de mon acclimatation\nLe premier qui s'avança vers moi, la main ten-\ndue me serra trop fort et me fit mal\nLes autres en me jetant des pierres n'avaient\nréussi à me blesser\nAu fond il n'y a pas d'ennemis si terribles qu'on\ncroit\nLa cruauté\nLa naïvité et l'intelligence précoce\nOn rit devant une poitrine soulevée de sanglots par-\nce que c'est un enfant qui pleure\nPuis-je rappeler tout de suite quelques instants de\nfraîcheur dans l'autre monde\nIrréparable malheur\nToute l'enfance est oubliée\nPourtant c'est là que tout réside en abondance\nLe chagrin y est plus grand et plus profond\nqu'à n'importe quel autre moment\nLa corruption n'a pas encore commencé\nLes abîmes qui nous entourent ne sont pas éclairés\nEt la mort caricature finale d'on ne sait quel-\nle réalité supérieure n'est pas encore entrevue\nC'est alors que l'on voit chaque chose isolée\nOn rit sans penser à rien\nEt on roule sur un tapis où s'aplatit sous les étin-\ncelles du foyer toute l'intimité familiale\nLa flamme est au ras du sol\nTout est là et tout est inconnu beaucoup plus vas-\nte et merveilleux\nLa nuit est douce et terrible comme un per-\nsonnage qu'on ne pourra que se rappeler\nplus tard\nOn n'aime qu'avec son cœur alors\nEt tout ce qui est décidé à ce moment\nl'est pour toujours\nDehors l'hiver terme toutes les portes et observe un\nmoment l'intérieur rouge à travers les rideaux qu'on\nà tirés\nAppuyé contre la fenêtre j'ai vu grandir\nun monde que je ne connaissais pas\nEt puis je me suis aperçu que j'avais\nmoi-même changé\nDès lors je n'ai plus distingué qu'une multitude de\ntêtes trop petites qui remuent\nEt tous ceux qui sont partis sans se retourner ne\ncomptent plus\nSeulement il y a parfois une lucarne qui s'ouvre\ntout en haut et à laquelle on se met à regarder\nDerrière soi le grenier plein de mystère qu'on\navait tout à fait oublié et dans l'air on entend un\nson de cloche qui tombe en plusieurs morceaux"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "328", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.6", "texte": "La fontaine cesse de couler et le ruisseau tari s'in-\ncline sur la pente\nOn revient sur ses premiers pas\nLe monde entier n'existait pas encore et à côté nous\nétions plus à l'aise\nToute la journée libre sous le ciel qui ne\ns'abaissait pas\nNous pouvions lever les bras sans rien toucher\nTendre les mains et saisir le monde sous diffé-\nrentes formes\nEt fatiguer l'esprit de rêves qui entraînent le corps\nbien au-delà.\nNos yeux se fermaient parfois sur un horizon où\nfumaient des cheminées d'usine\nMais nous n'avions vu que les arbres du premier\nÉlan le ruisseau où l'eau claire n'a plus bougé depuis\nt le sommeil nous entraînait dans des sentiers hu-\nmides où s'incrustait la trace de nos pas\n11 pleuvait\nNous sentions déjà contre le mur tout le mys-\ntère que renferme une maison que la lampe fait vivre\nIV\nC'est l'heure\nOn descend des marches\nEt les lignes de la rampe tournent\nLe monde devient plus grand pour celui qui s'enfonce\nLa mémoire comme un réflecteur creuee la nuit\nLes allées et venues sautent par dessus les toits\nLes montagnes\nLe port\nJe m'attarde dans un coin qu'un morceau de\nsoleil éclaire encore\nC'est un beau décor\nI\nIl y a des tas de gens qui remuent l'air\ndans la rue\nDes ombres\nOn a éteint toutes les lumières\nEt tout se passe à l'intérieur\nJe comprends qu'il n'y a qu'un moment à passer\nCe serait la nuit\nEt on attend le jour\nLes mouvements libres\nRien ne vient\nC'est la terre molle sous les pieds\nLe pavé dur qui sonne sous les pas\nLe ciel immobile et étroit\nLa fatigue\nC'est en montant qu'on s'aperçoit que la terre\ndoit être ronde\nJe me dégage pour regarder de plus loin\nJ'oublie l'heure et le temps et je m'enfer-\nme un moment dans les replis du mur\nTout ici a un parfum de vieux\nles boiseries seules sentent le ripolin frais\nOn a repeint les touches du piano dans l'angle\net l'air se déroule sans aucun mouvement des doigts\nLes proportions de tout cet ensemble sont faus-\nses et il se tient quand même à un bon niveau\nLes jambes du pianiste vont jusqu'à l'échelle\net sa tête penchée sous les bougeoirs rappelle\nquelque portrait aperçu dans un autre cadre\nC'est l'immobilité qui frappe le plus\net qui donne à cette scène une vérité ir-\nréelle pleine de charme\nUne obsession vient aussi d'en haut"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "329", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.7", "texte": "Du toit de verre qui permet au\" ciel d'ar-\nriver jusqu'en bas\nLe vide est tout autour du phare\nOn a peur de sortir de connaître l'abîme où\nle reste du monde se frotte avec fracas\nTout le monde danse\nCe sont des bêtes ou des gens qui aboient\nqui parlent\nLes mêmes sentiments se mêlent\nOn ne sait pas ce qui est le plus fatiguant\nd'entendre ou de parler\nOn observe des ressemblances qui vous frappent\nEn s'en allant 011 sent le monde entier ac-\ncroché contre soi\nOuelle constitution robuste il\n(nul avoir\nPasser à travers\nne pas y voir\nne pas entendre\nL/épidenne joue le rôle le plus ingrat\nV\nCe matin\nLa tête dépasse\nUn coup de poing enfonce le paysage et l'esprit\nLe pan du jardin bascule' et va tomber de\nl'autre côté du mur\nLe gong éclate\nLe soleil\nLes débris de verre •\ndans l'œil du promeneur\nGong\nCoup de poing dans le soleil\nA l'heure\nJe me promène\nOn arrive à temps avec la vitesse acquise et le\nliacre balancé qui vient se ranger doucement le\nlong du trottoir\nTous les invités descendent et envahissent la sal-\nledu fo i l\nCe sont les nouveaux amis du propriétaire\nLe vieillard s'est mis à marcher contre la murail-\nle en suivant son profil\nLe vieillard insolent à barbe blanche sur le\nboulevard\nQue le juif suit à pied très loin\nA ce moment là je me proposais des entrepri-\nses surhumaines\nLe bonheur caché\nLe calme\nIl aurait fallu ramener de très loin des pouvoirs\nperdus\nLa responsabilité qui pèse\nTout l'état\nEt secouer quelques murailles\nLa pensée prisonnière\nMais des épaules énormes émergent\nDes montagnes\nDes bras\n(à suivre"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "330", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.8", "texte": "Le dernier poème composé par Ary Justman.\nJeu d'Enfant\nAry JUSTMAN\nL'enfant laissé à soi\nBâtit son ciel avec ses mains menues\nEcrit dessus ses rêves fantastiques\nSa logique s'enchaîne par des merveilles violettes\nSa voix pressent des visions\nSa main les touche\nLorsque son ciel s'obscurcit s'écroule\nUn monstre grotesque, un hippopotame le dévore\nUne contrariété mélancolique\ndes larmes\nLa voix nuancée d'un bleu\nde nouveau l'enfant avec ses mains menues bâtit son\nciel rose\n\nAllusions\nRaymond RADIGUET\nJuan Gris peint comme tous les peintres c'est à dire sur de la toile ou du carton ou du\nbois. Ai-je dit qu'il ne différai! pas des autres? Il y a toujours un certain secret profes-\nsionnel, beaucoup de gens voudraient le connaître.\" Moi, * je ne pense pas que l'émotion\nressentie devant un tableau soit due à la qualité des pinceaux ou des couleurs.\nSeul le résultat importe. Une route y mène qui s'appelle l'Esthétique. Il en\nest de plus ou moins bonnes. Ici, l'air est toujours plus pur. L'horizon est une ligne\nconventionnelle; il n'y a pas de bornes kilométriques. Par conséquent rien à craindre,\nles voleurs ne sauronl pas où se cache.\nQuelqu'un prononce un mot. On repète: PRISON. Un seul avait entendu le PINSON\nqui pourtant chante nuit et jourr.\nDe même chacun dit avoir son opinion sur la peinture. Mais tout le monde n'a pas\nraison. Juan Gris a vu la beauté de tous les jours de la semaine, y compris le dimanche,\nla plus petite de ses natures mortes n'est pas une « étude ». 11 y a une pipe qu'on fume\nle soir. La dernière heure. Plus, nne guitare, non c'est un violon.\nComme tout classique, Gris a le souci des proportions. Je parle des véritables propor-\ntions qui sont dans l'esprit et non pas ce que le vulgaire nomme ainsi\nles cocktails sont supprimés. Quand je demande à boire il y a toujours le ciel, ou le\nsiphon qui est de la même couleur."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "331", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.9", "texte": "Guillaume Apollinaire au Caire\nP. A -B.\nOn m'a adr«ssé cette lettre que je me fais un devoir de publie?:\nVoici une façon parfaitement heureuse de saluer la mémoire d'un grand poè-\nte et qui eut été certainement du goût de celui qui en fut honoré, je crois que\ntous les amis d'Apollinaire approuveront, comme moi, hautement celui qui\neût cette très heureuse idée."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "332", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.10", "texte": "Pierre ALBERT-BIROT\nI\n(1) Battements par temps, des pieds et des mains. Les accentuations\nfrappées sur des objets divers. Le chant très rythmé de préférence sui-\ndes diphtongues.\nII\nIII\nfl). A défaut de mirlitons les lers sur I, ies 2es sur U. Le tout très marqué\nIV\n(1) Les premiers sur les A, les deuxièmes sur les É.\n(A) uJe veux un remède contre la constipation et une recette pour nettoyer\nmon service en ruolz trrrrrrrrrrrrrr (2 reprises)"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "333", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.11", "texte": "Cris - Rythmes - Bruits.\nde Germaine ALBERT-BIROT\nX\n(1) X Clochettes et fra „es sur verres. sur É lié.\nXI\n(!) Tam-tam - instruments sourds - Piano : dur - cordes : très arraché.\nXII\n(1) Octaves extrêmes du clavier « basse et aigu. - Accentuations\nfrappées sur verres et pincettes."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "334", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.12", "texte": "Une Esthétique\nORIENTATION\n\nConfusion! La fille aux yeux fardés est sortie de son quartier clos où la\ncloîtrait la sage administration classique. Elle raccroche jeunes et vieilles\ngens. Malheurs ! Au coin de la rue c'est la silhouette sinistre de 1 homme\nà melon de Survage, puis l'hôpital et la petite voiture.\nVoilà le sort réservé à tous ceux qui se laisseront séduire!\nDilettantisme = puianisme\nL'lnouïsme sourd qui gueule = ivrogne à qui il faut de l'alcool à 90°\nBouchons-nous le nez et les oreilles!\nEcoles esthétiques = unités d'escadre un jour démodées qui coulent sans gloire\nEn raison pure, il est de multiples esthétiques possibles; à chaque moment,\nil n'en est peut-être qu'une. Mais, comme les tuiles sur un toit, elles se re-\ncouvrent l'une l'autre aux périodes de transition: celle qui ne veut pas re-\nnoncer et mourir s'attarde en dessous. Puis pousse bientôt comme un on-\ngle l'esthétique nouvelle qui peu à peu recouvrira tout. Et ainsi sans ar-\nrêt ni cesse !\nPéiûodes de transition Périodes de confusion. Sans doute le critique,\nle dilettante, qui voient les œuvres du dehors soutirent de ce carnaval\nd'apparences. Le cœur leur soulève et les voilà désespérant de l'avenir\nde la poésie et de l'art.\nComme si jamais cela pouvait mourir parmi les hommes!....\nLe créateur, lui, peut tournoyer longtemps comme une poutre dans le\nMaelstrom et il en est certes qui meurent sans avoir pu créer. Génies\navortés, les limbes doivent en être pleins.\nMais qu'il trouve un courant orienté vers ce qu'il sent être son levant—en-\nquadrant avec le pôle-attraction —et brusquement il. se met dans l'axe! Si\nfaible, si mince soit la corde de violon vibrante du ruisseau, il s'unit au fil\nde l'eau et file avec une vitesse sans cesse accrue torrent bientôt, lui et\nles autres, qui creusent leur passage dans la roche !\nAutre image de l'orientation nécessaire: un courant électrique traverse le\nmorceau d'acier et, brusque, se fait la mise en rangs, la mise en files de\ntoutes les molécules . Fibres serrées de l'acier aimanté: le voilà vivant"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.13", "texte": "comme un tronc d'arbre. Tandis que le morceau de fer doux s'aimante bien\naussi lorsque le courant passe, mais dès qu'il est passé il retombe à sa con-\nfusion, à son trouble sans émoi, à sa mort\nBeaucoup de ceux qui semblent prendre quelque vie, au passage d'un\ncourant esthétique, ne sont que des morts qu'on galvanise. On en voit tous\nles jours retomber dans leur grimace figée et grotesque: le contact est rompu.\nIl n'y a rien de perdu, croyez-moi! Même quand ils gesticulaient, ils\nétaient déjà des morts.\nRéjouissons-nous au contraire du nettoyage nécessaire\nVivent les pannes de courant qui ne laissent suspendues au fil que les\nfines aiguilles d'acier pur.\nA toute époque classique il y a une esthétique commune à tous les arts,\naux lettres, aux mœurs et aux passions. C'est de cette unité que rayonne\nl'ordre et la pureté, et la grandeur de chaque chose et de tout.\nMais ne soyons pas fata'istes: tout n'arrive pas infailliblement et les âges\nclassiques ne sont pas de belles réussites du hasard ingénu. L'intelligence et\nla volonté y ont présidé naguère. Elles y présideront demain.\nEt nous devons aussi veiller à l'organisation du grand âge classique que\ntout annonce, que tout proclame.\nline esthétique dont quelques vérités premières furent découvertes jadis\npar Mallarmé et Rimbaud, s'est épanouie merveilleusement dans la peinture\ncubiste et dans la littérature d'esprit nouveau.\nElle est une sous diverses apparences et chacun sent qu'elle est la vérité.\nVoilée encore pour certains, travestie et masquée par d'autres, je voudrais\nlentement découvrir son visage et ses seins.\nMystères d'isis!\nLa lumière doit être donnée peu à peu à vos yeux de chair certains mê-\nme lui resteront toujours fermés. El il est d'étranges secrets qu'il ne faut\npeut-être pas découvrir.\nQu'importe, la sélection jouera: ceux qui sont confusion engendrent en\neux la confusion qu'ils en meurent donc ! chez d'autres l'orientation crée l'or-\ndre et la pureté: ceux-là —les meilleurs d'entre nous— vivront et seront\nles constructeurs du prochain âge classique.\n\nPaul DERMÉE\n\nAUX PROCHAINS NUMÉROS\nL'analyse avant la synthèse ! Et d'aborcl Vattitude esthétique individuelle de chacun des\npeintres cubistes. (Marie Blanchard Braque Gris —liayden Herbin Laurens\nLéger Lipchiz Metzinger Picasso Sévèrini Survage. Puis la recherche de ce\nqui leur est commun à tous de ce qui constitue essentiellement le Cubisme.\nEnsuite ce sera le même travail pour les littérateurs d'esprit nouveau —et la mise en lu-\nmière de Vesthétique générale qui inspire aujourd'hui tout un ensemble d'effets dans les arts\net dans les lettres."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "336", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.14", "texte": "Une Esthétique.\nJean METZINGER\nPaul DERMÉE\nLes peintres cubistes causent volontiers\nde leur esthétique et, bien qu'ils en par-\nlent tous différemment, le contenu n'en\nchange guère. Force et puissance de\nl'école !\nJ'ai voulu demander à chacun de pré-\nciser son attitude esthétique dans l'en-\nsemble du mouvement. Sacrilège! Tou-\nche-t-on à ces choses-là! Immédiatement\ntoute la ruche s'est mise à bourdonner\nreine, ouvrières et frelons, et s'abattit sur\nl'audacieux. Le beau costume de mardi-\ngras que lui fit cette toison d'ailes et de\ncorps roux! Depuis les pieds jusqu'aux\nsourcils il en était grouillant : mais les\nyeux restaient clairs et nus !\nOn s'aperçut cependant peu à peu qu'il\nne veut pas leur enlever le miel, mon\nDieu non ! 11 n'aime pas le miel.\nVouloir faire la justice, et s'introniser\nconseil de guerre dans les rivalités et dif-\nférends de la ruche, il s'en moque et res-\npecte trop toutes les autorités constituées.\nIl n'est {m conseilleur, ni payeur, ni\nacheteur, fni bonisseur. L'histoire sera\nfaite comme toujours par les intéiessés.\nSeulement quand il parle de ce que\npense tel ou tel il a le souci de ne pas le\ntrahir, mais de traduire fidèlement sa\npensée.\nJean Metzinger a l'esprit d'un fleurettis-\nte. Des feintes, des parades, beaucoup\nde brillant dans le jeu. Parfois il se dé-\ncouvre dangereusement mais il est inlas-\nsable et sa pensée ou »a parole ont des\nreflets d'épée.\nSes conceptions? Jadis il parla du cu-\nbisme avec Gleize et il en résulta un livre\ndébordant des préoccupations du moment.\nPlus esthétique que spéculatif voilà ce\nque je peux en dire . Enfin la quatrième\ndimension ne vient plus rôder autour des\ntoiles. Trois dimensions, c'est déjà bien\nassez pour des peintres.\nMelzinger expose clairement des idées\nclaires.\nS'il peint, c'est pour donner une va-\nleur concrète aux émotions qu'il reçoit du\nmonde visuel,\nLa cause de ces émotions réside dans un\néquilibre de formes colorées— exclusi-\nvement .\nUn équilibre ne vaut qu'en fonctions du\nmilieu. La nature est un milieu. Un ta-\nbleau en est un autre. Ce sont deux es-\npaces différents qui ont leurs lois parti-\nculières. Ce qui est accord dans le premier\ndevient discord dans le second.\nli ne peut donc songera copier, à repro-\nduire les formes colorées du monde ex-\ntérieur : ce serait n'en donner qu'une ima-\nge morte, genre Musée Gré vin. Pas da-\nvantage à les adapter. Adaptation = com-\npromis = premièret étape après l'lmpres-\n* sionnisme.\nL'artiste doit donc les '* re-concevoir \"\ndans leur essence, les changer en elles-\nmêmes, tout en conservant leurs rapports\nréciproques. Autrement dit, il doit trouver\ndes équivalents picturaux aux formes\nnaturelles.\nC'est là transposition totale, étendue à\ntoutes parties, à tous éléments.\nPlus elle est complète, plus l'artiste a\nde chance d'avoir respecté son émotion\nprimitive, atteint son but.\nSi pour des raisons techniques, il a du\ngarder une forme locale4 il veille à ce\nqu'elle ne coïncide pas avec la forme que\nla nature y avait jointe.\nLe tableau parfait, le tableau vrai sera\ncelui où rien n'aura échappé à la trans-\nposition, où rien de direct ne sera per-\nceptible.\nQuelles sont les lois de la transposition ?\nCelles mêmes de la surface à peindre.\nRien de décoratif ni d'ornemental. Le\npeintre cubiste cherche à accorder le ta-\nbleau en lui-même et non avec quelque\ncliose d'extérieur.\nCes lois? Pour les connaître, il faut in-\nterroger les Egyptiens, les Grecs, les\nPrimitifs, certains maîtres plus modernes.\nMais ils ne répondent pas facilement.\nSelon Jean Melzinger, le principal mé-\nrite des cubistes c'est d'avoir su interro-\nger. Il croit que l'on pourra démontrer\nun jour que jamais peintres ne furent\nplus rigoureusement scrupuleusement,\nreligieusement traditionnels.\nTradition et liberté, sont en effet\nnotre devise."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "337", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.15", "texte": "8 Septembre 1917\nLéonard PIEUX\nJ'ai fait une chute effroyable\nSa trace brûle encore les espaces étoilés\nMon compagnon ganté sanglé de toutes ses prudences\nDescendit à l'aide d'un parachute\nJe le vis planer dans la sérénité de\nSans tourner la tête il regagna la terre\nLa joie de sa fête\nMon crâne rebondit sur les rails\nUn train passa à coté\nImpétueux souvenir déjà brûlé\nQuelqu'un cria que la beauté ne meurt jamais\nQui me berça pendant ma chute\nQui me montra le silencieux déplacement des étoiles\nIllimitée la confiance remplaça l'affreux de cette déchéance\nElle recula confuse l'attentat fut manqué\nPourvu que le soleil réchauffe la terre le plus longtemps possible\nC'est tout ce que désire le simulacre de l'homme qui me remplace ici\nJ'apprends les nouvelles formules de la vie\nJe connais le violent repli du cœur et de la pensée\nEi nulle part nulle part! je ne cherche à attacher mon attention\nni mon regard\nJe n'attends personne\nToutes! les portes peuvent s'ouvrir et se refermer\nSans me troubler\nToutes cette vue de parachute\nCe compagnon tout bleu dans les espaces déserts\nTout cela m'a forgé le cœur dur et fier\nDiffus dans la joie de sa durée."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.16", "texte": "Histoire du Désir, de l'Impatience et de l'Erreur\nLéon Pierre-Quint\nPour ne pas être comme tout le monde, il était prince\nIl disait:\n« Je suis le prince d'Aaroustahasie, et cependant Irès malheureux,,\nIl désirait une roulette et une pieuvre, comme celles du prince de\nMonte-Carlo; —des sœurs et des frères, à l'instar du Prince de Monténégro\net l'air bête du prince de Galles.\nEn vérité, il n'avait qu'une toupie hollandaise et une tortue, une fa-\nmille morganatique et l'air cl'Hamlet\n11 murmurait alors en son âme insatisfaite:\n« Pourquoi suis-je prince d'Aaroustahasie, plus vassal qu'un vizir\nprotégé ? »\n11 complota avec la septième Cameriste de la Cour, pour importer une\npieuvre d'étranger, et sut conquérir la femme du vice président de la Sta-\nboula(l) pour obtenir la légitimation de sa famille. Un soir de violent débat\nintérieur, il renonça à prendre l'air bête, et au sujet de sa résignation, écri-\nvit un livre moral qu'il lit imprimer à Scheweningen.\nMalgré ses entreprises et ses ruses, il désespérait comme un prince\net murmurait:\n« Je suis le prince d'Aaroustahasie, et cependant très malheureux»\n—« Il faut que je devienne Roi, s'écria-t-il ! C'est moins bien que\nPrince; tant pis! —»\nC'est ainsi qu'il sacrifia son snobisme à ses impatiences.\nAussitôt il arracha la langue de son père (2), devint monarque et\ncombla ses désirs.\nMa is il disait :\n—«Il y a le prince de Monte -Carlo. Il y a le prince de Monténé-\ngro. Il y a le prince de Galles. Et moi, je ne suis même plus prince.\nAh! que je me sens malheureux! »\nAlors il passa le reste de sa vie à soigner son vieux père bègue. »\n(1) Parlement du Pays\n(2) Les Rois auxquels manque la langue sont forcés d'abdiquer\nExtrait d'un recueil qui doit paraître à La Sirène avec illustrations de\nM. Van Dongen\n\nLe beau sculpteur Chana Orloff prépare une série de gravures sur bois portraits\nd'écrivains de peintres, de sculpteurs, de musiciens qui seront- prochainement pré-\nsentées en un album préfacé par Gaston Picard et Jean Pellerin. Heureux les pourtraic-\nturés et joie à ceux qui verront ."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.17", "texte": "Thermomètre Littéraire de \" SIC \"\n391\nEXPLO m SI ON\nDada 3 - I\n\\m\nLes Jockeys camouflés (Pierre Reverdy) j 9 i\n! ■ I\nValori plastic! (n- 2et 3) j 8 j po^es.\nL'lnstant. - La Raccolta. - Moi. ! \"J j - Ifalori plastici (ni) - J'ai tué (Biaise Cendrars)\nLes 3 roses. - j[) j\nÊ S\n»\nl I\ni i\n| n ï\nVeli i non. - La Revista. j y \\ Mercure de France - L'Eventail.\nDonnées sur André Gide (Christian). -' j | Les cahiers idéalistesr -Le Crapouillot.\nR S\nI l '\nLa Caravane. -Le Carnet Critique. -Le Scarabée, j . j L'Affranchi. - Apres le Cubisme (Qzenfant et\nJeanneret). - L'Art. - Les Gabiers. - | 4 l Atys. ■ Ariste. ■ Les Lettres parisiennes.\nLe Faubourg, j j\nLes Humbles. - A l'ami mort (Lucien Jacques).- j jj I Le Héostioheet le Verbe intégral (E, Adam).\nLes Pionniers de Normandie, j ï\n» K\nQuand ils auront passé de l'ombre àla lumière 0 I (Louis Journal). -La procession fleurie (Pierre\nGrangé). - La chaîne aux anneaux brisés I \" | (Garrigue Garonne).\nLa Mêlée. I\n0\nLa Revue Nationale. - La Jeunesse Française. F La Flamberge. - Lutétia."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnaaz19190330-01.1.18", "texte": "EVASION\nPierre ALBERT-BIROT\nJ'ai sonné\nOn m'a ouvert la porte\nJe suis entré\nNul n'a vu le poème qui est entré devant moi\nO ce dieu qui nous donne la main\nNous les poètes nous les saints\nOn nous ouvre la porte et l'on nous dit\nBonjour monsieur il fait froid aujourd'hui\nOui pas mal et vous merci\nUn jour un jour les aveugles verront\nEt les sourds entendront\nAh mon dieu\nLes poètes ne seraient-ils plus seuls avec leur dieu\nMarche marche tout au fond\nMonte tout au haut tout au haut de la maison\nMonte monte sur la maison\nEt promène-toi sur les toits comme un couvreur\nEt crie dans les cheminées\nOhè comme un ramoneur\nEt maintenant assieds-toi donc dans la gouttière\nEt balance tes pieds\nSur la ville qui court au ras de terre\nMais voici que tes jambes s'allongent\nTes pieds vont toucher le trottoir\nLève toi et traverse la ville\nEn causant avec ton dieu\n\nNOTE. M. Léonce Rosenberg. nous annonce la création des Editions artistiques et\nlittéraires de \" l'Effort Moderne \" dont la direction est confiée à M. Maurice Raynal\nIl est a peu près certain qu'on fera là de beaux et sans doute de bons livres e<\nSIC est tout heureux à cette pensée.\n\nImp. Spéciale de \" Sic\nLe gérant : Pießre ALBERT-BIROT"}]}