{"numero_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_sha256": "306ec59f7a72c27bddb15e17ca48bc56894a2fab0132ce4c3ed309ace763257d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1873/07/15_01/bmtnabc_1873-07-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1873/07/15_01/bmtnabc_1873-07-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[49]", "page_fin": "54", "image_debut": 1, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.1", "titre_corps": "LÉGENDES MUSICALES", "titre_sommaire": "LÉGENDES MUSICALES", "signature_source": "PAUL DE SAINT-VICTOR", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 720, "texte": "LÉGENDES MUSICALES\n\nA musique est, par excellence, Part de\nPidéal ; elle échappe à la figure et à l'éten-\ndue ; aucun contour ne la fixe, aucun sens\nprécis ne la définit : elle peut parler, d'une\nmême voix, à vingt auditeurs , vingt\nlangues différentes. En traversant l'oreille,\nelle va droit à l'âme, dont elle remue la\nsurface ou dont elle pénètre la profondeur.\nAussi l'imagination a-t-elle divinisé, sous\ntoutes les formes, ses mystérieux phéno-\nmènes. On remplirait un livre des merveilles de la mythologie musicale ;\nje jette sur une page celles dont le souvenir me revient : notes éparses\nd'une symphonie fantastique qui mériterait un compositeur.\nDès l'aube de la Grèce, sur Pazur de la Méditerranée, les sirènes"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "apparaissent, personnifiant les voix tour à tour caressantes et redou-\ntables des vagues. Les sirènes n'ont pas toujours été ces femmes à queue\nde poisson qui se tordent dans les arabesques de la poésie et de la sculp-\nture. Elles ont plané dans les airs avant de plonger dans les eaux. C'é-\ntaient des vierges aux ailes et aux pattes d'oiseau, des vampires à plumes,\nplus mélodieux que le rossignol. Homère nous les montre perchées, dans\nune île, sur les ossements des mariniers tombés dans leur piège, tandis\nqu'Ulysse, attaché au mât de son vaisseau, se tord voluptueusement\ndans ses liens de chanvre, en écoutant leurs chansons. C'est ainsi en-\ncore qu'elles figurent dans les bas-reliefs qui représentent leur dispute\navec les Muses. Vaincues dans le défi poétique qu'elles osèrent porter\naux filles de Jupiter, elles se débattent entre les mains de marbre des\nvierges victorieuses. Celles-ci les foulent d'un pied tranquille et, sans\nhaine, sans colère, avec l'impassible lenteur de prêtresses dépeçant les\nchairs d'une victime, elles plument gravement leurs ailes palpitantes.\nPlus tard, la sirène se fit poisson jusqu'à mi-corps. C'est sous cette\nforme nouvelle qu'elle flotte dans les chants des poètes et dans les tradi-\ntions populaires. Les froides et coupantes écailles qui terminent son\ncorps virginal figurent les déceptions de la volupté. Elles personnifiaient\nsans doute aussi, dans le symbole antique, les mystères et les perfidies\nde la mer.\nAprès la chute du paganisme et la disparition de ses dieux, la sirène\nreparaît furtivement dans les mers du Nord, sous le nom de Nize ou\nd'Ondine. Le moyen âge l'a délivrée de la gaine squammeuse qui lui\nmontait jusqu'aux hanches : l'Ondine est femme de la tête aux pieds.\nElle a hérité de ses aïeules païennes le goût et le prestige des séductions\nmusicales. C'est en chantant qu'elle attire les jeunes pêcheurs dans ses\nbras humides. En chantant, elle se montre aux hommes et s'ébat gaî-\nment sur les flots.— Une ballade Scandinave raconte qu'un enfant aper-\nçut un jour une Ondine assise sur un rocher du Seeland, qui chantait\nen peignant au soleil ses longs cheveux d'or. Il lui cria méchamment :\nce O mauvaise Nize, pourquoi chantes-tu? Ne sais-tu pas que tu es\n« damnée? » La pauvre fée se tut et se mit à pleurer. L'enfant courut\nraconter ce qu'il avait fait à son père, qui était prêtre ; mais le père le\nréprimanda sévèrement. « Tu as péché, lui dit-il, contre l'Esprit des\n« eaux ; car ni lui ni ses semblables ne seront damnés. Retourne au-\n« près de lui, console-le, et dis-lui que le Sauveur vit aussi pour lui. »\nL'enfant retourna bien vite au bord de la mer et rapporta les paroles du\nprêtre à l'Ondine, qui reprit sa chanson d'une voix joyeuse et recon-\nnaissante,,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.3", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "En Suède, le Niz, connu sous le nom de Strom-Mann, est un musi-\ncien renommé ; il exécute pendant certaines nuits un air de danse en-\ntraînant, à onze variations, mais les hommes ne peuvent en danser que\ndix. La onzième étant réservée aux esprits nocturnes, si un musicien\nimprudent s'avisait de la jouer, les tables et les bancs, les cruches et les\ncoupes, les vieillards et les grand'mères, les aveugles et les paralyti-\nques, même les enfants au berceau, tout se mettrait à danser.\nChaque instrument a sa légende gracieuse ou sinistre, propice ou néfaste.\nLa Bible a ses trompettes de Josué ajustées sur les murs de Jéricho, et\nvomissant sur eux des cris plus terribles que les projectiles des balistes et\ndes catapultes. Le Livre des Rois nous montre encore la harpe de David\napaisant la frénésie de Saul. Dans le monde antique, la lyre d'Orphée\napprivoise les tigres et civilise les barbares. Celle d'Amphion fait mouvoir\nles pierres qui, d'elles-mêmes, se juxtaposent en cadence et forment les\nremparts de la ville de Thèbes. La lyre de Timothée arrache Alexandre de\nla tente où il repose, accoudé sur l'épaule d'Ephestion ; elle le transporte\ndans un combat imaginaire. Le roi s'élance sur ses armes, il appelle En-\ncéphale, et fond, Pépée levée, sur des ennemis invisibles... L'artiste change\nde corde, il assoupit le rhythme guerrier qu'excitaient ses doigts dans la\nmollesse du mode ionien. Alexandre sourit, le glaive s'échappe de ses\nmains; il retombe sur son lit de pourpre, et commande un sacrifice aux\nMuses immortelles.\nCes belles allégories delà puissance musicale reparaissent, défigurées,\nmais encore singulièrement expressives dans les mythologies et les\ncontes du Nord. Quand Wainamonen, le dieu Finnois, joue de la\nharpe, la nature devient tout oreilles. Les bêtes des forêts accourent,\nles oiseaux perchent sur ses épaules, les poissons, pressés le lcng du\nrivage, Técoutent de leurs ouïes béantes. Alors le dieu se réjouit; des\nlarmes de joie jaillissent de ses yeux, tombent sur sa poitrine, sur ses\ngenoux, de ses genoux sur ses pieds, et mouillent ses huit robes et ses\ncinq manteaux.\nLe cor de Roland est héroïque et superbe, quand le preux, en détresse\ndans les gorges de Roncevaux, y souffle avec un si furieux effort que le\nsang jaillit de sa bouche, et que sa tempe en éclate. Son cri désespéré\nperce les rochers ; c'est comme un râle qui fend l'air, il va frapper à trente\nlieues de là l'oreille de Charlemagne, qui y sent passer l'âme du héros.\nLe cor d'Obéron est moqueur, comique et fantasque, comme il sied à\nl'instrument du roi des Elfes folâtres ; tous ceux qui l'entendent sont\naussitôt forcés de danser. Qui ne se rappelle le chevalier Huon, du\npoème de Wieland, surpris par un calife aux pieds de sa fille, la belle"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "Rezzia. Tous deux sont condamnés au bûcher; mais au moment où la\nflamme s'allume, Huon porte à ses lèvres le cor magique dont Obéron\nlui a fait présent. Au premier son, le vertige s'empare de la ville entière :\nagas et imans, eunuques et muphtis, pachas à trois queues et derviches\nà bonnets pointus se mettent à tourner, comme les « Turcs dansants »\ndes ballets de Molière. Le supplice se change en une immense farandole\nqui tournoie autour du bûcher.\nEn Norwége, le génie Fossegrim enseigne le violon à qui, dans la\nsoirée du jeudi saint, lui sacrifie un bouc blanc et le jette, en détour-\nnant la tête, dans la cascade qui coule vers le Nord. Il étreint la main\ndroite de son disciple et la promène sur les cordes de l'instrument, jus-\nqu'à ce que le sang lui sorte des ongles, Dès lors, l'apprenti est passé\nmaître, son violon ensorcelé fera danser les arbres et suspendra le courant\ndes eaux.\nEn 1284, la plaie des rats qui frappa l'Egypte s'abattit en .Hanovre\nsur la petite ville de Hameln. Un homme vêtu d'un costume bizarre se\nprésenta aux magistrats et s'engagea, moyennant une somme convenue,\nà purger la ville du fléau. Le marché conclu, il tira de sa poche une\npetite flûte et joua un air sifflant et bizarre, au son duquel tous les rats\nsortirent de leurs trous, de leurs fentes, d'entre les pavés, et s'allongèrent\nen un long, trou peau fourmillant derrière l'enchanteur. Comme un pâtre\nmène son troupeau, il les conduisit tranquillement à la rivière où ils se\nnoyèrent en musique. Les rats détruits, la ville refusa au musicien son\nsalaire. L'homme ne dit rien et sséloigna, mais l'année suivante il re-\nvint, le même jour, au coup de midi; il avait changé contre un vêtement\nnoir son habit diapré, et il était coiffé, jusqu'aux sourcils, d'un chapeau\nrouge couleur de sang, Arrivé au milieu de la ville, il tira une flûte\nfaite autrement que la première, et se remit à jouer. Tous les enfants,\ngarçons et filles, ceux qui marchaient encore en lisière, sortirent des\nmaisons au sinistre appel; ils le suivirent à la file, de toute la vitesse de\nleurs petites jambes, comme un essaim d'oiseaux fascinés par le siffle-\nment d'un serpent; il les mena jusqu'au pied d'une montagne qui\ns'ouvrit et se referma derrière eux. Depuis, on n'en a jamais plus\nentendu parler.\nLe tambour joue aussi un grand rôle dans la magie musicale.\nCelui des sorcières thessaliennes faisait descendre la lune sur la terre.\nLe tambour des sorciers lapons fait sortir l'âme du corps comme d'une\ntente, et l'envoie dans les pays étrangers, au pas accéléré du rêve.\nLes cloches chrétiennes exorcisent les mauvais génies, aussi les détes-\ntent-ils cordialement. Une tradition allemande raconte qu'un Ko-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.5", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "bold, furieux de voir se dresser un clocher dans le village où il nichait,\ndonna une lettre à un paysan, en le priant de la jeter dans le tronc de\nl'église. Le rustre, curieux, la tournait et la retournait en chemin, lors-\nqu'il vit quelques gouttes sortir du cachet. La lettre s'ouvrit, et il en\njaillit d'abord une grande pluie, puis des cascades et des cataractes.\nL'homme inondé eut à peine le temps de se sauver à la nage. Le mé-\nchant esprit, pour submerger l'église, avait enfermé tout un lac dans\nson billet doux. Ce lac couvrit une immense prairie ; on le voit encore\nprès de Kund. Un poète verrait, dans cette légende, un symbole mé-\nlancolique. Que de lettres qui, lorsqu'on les ouvre, font répandre des\ntorrents de larmes !\nLes sorciers et les démons ont également les cloches en horreur ; ils\nles appellent « des chiens qui aboient », Bellende-hunde. Au sabbat,ils\nne se servent que de petites clochettes pour parodier les cérémonies de la\nmesse. -« Je n'ay veu aucun tesmoin, ny sorcière qui desposat avoir\n« veu, au sabbat, de grandes cloches, » dit Pierre de Lancre dans son\nTableau de l'inconstance des mauvais anges et démons. Quand une\nsorcière suédoise passe devant un clocher, au galop de son manche à ba-\nlai, elle s'arrête pour en détacher la cloche, l'emporte par le battant et la\nlance dans les mers , en criant de sa voix d'orfraie : « Aussi peu mon\n« âme pourra jamais se rapprocher de Dieu que cet airain se transfor-\n(( mer de nouveau en cloche. » Le diable, lorsqu il transporte un ma-\ngicien parles airs, est contraint de le laisser choir au sonde 1 Ave Mai ia.\nGoethe, en sa qualité de païen, haïssait les cloches ; leur tintamarre\nmélancolique agaçait ses oreilles de marbre, conformées pour les rhyth-\nmes arrondis et purs.. C'est lui qui parle, dans son poème, loisque\nFaust, parvenu au comble de la science et de la vieillesse, s'impatiente\nd'entendre, de la terrasse de son haut donjon, sonner la cloche d une\nchapelle voisine. « Maudite sonnerie qui me blesse au cœui, honteuse-\n« ment, comme un coup de feu tiré dans les broussailles !... Le tinte-\n« ment de la petite cloche, l'odeur des tilleuls m'enveloppent comme\n« dans l'église et la sépulture. » A quoi Méphistophélès répond : « Qui\na pourrait le nier ? A toute noble oreille la sonnerie des cloches tépu-\n« gne. Et ce damné bim, baum, bimmel, qui charge l'atmosphère du\ncc soir, se mêle à tout événement, depuis le premier bain jusqu'à 1 enter-\n« rement ; comme si entre bim et baum, la vie n'était qu un vain\n« songe. «\nMais voici, depuis une tradition recueillie dans la Hesse par les frè-\nres Grimm, l'instrument le plus merveilleux du magique orchestre. -\nUn frère tue son frère à la chasse, il enfouit le cadavre sous l'arche d'un"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1857, "texte": "pont, et son crime avec. Les années se passent. Un jour, un pâtre, tra-\nversant le pont avec son troupeau, voit reluire en bas un osselet blanc\ncomme l'ivoire, il descend, le ramasse, et en taille une embouchure\npour sa cornemuse. Lorsqu'il en joue ensuite, l'osselet, à son grand\neffroi, se met à chanter de lui-même :\n« sur un de mes os, mon frère m'a assassiné, et m'a enseveli sous\n« le pont. » Le berger, terrifié, porte sa cornemuse au roi : le roi l'ap-\nproche de ses lèvres, et l'osselet reprend son refrain : « O mon cher roi.\n« tu joues sur un de mes os, mon frère m'a assassiné, et m'a\n« enseveli sous le pont. » Le roi ordonne que tous ses sujets essaient\ntour à tour l'instrument délateur. De bouche en bouche, la cornemuse\narriva à celle du fratricide, et aussitôt elle chanta :\n« tu joues sur un de mes os, c'est toi qui m'as assassiné. » Et le\nroi fit conduire le meurtrier au supplice. N'est-ce pas une fantaisie\ndigne de l'imagination de Shakspeare que celle de cet os qui chante ven-\ngeance, comme si le dernier soupir de la victime y soufflait encore ?\nUne autre conception d'une originalité saisissante est celle de ce chant\nindien, composé par le dieu Mahédo et sa femme Parbutea, dont la fer-\nveur était telle qu'il consumait ceux qui le chantaient. L'empereur\nAkbar ordonna un jour à l'un de ses musiciens, nommé Naik-Gopaul,\nde lui chanter cette mélodie, en restant plongé jusqu'au cou dans les\neaux de la Jumnah. A peine eut-il entonné l'hymne incendiaire, que son\ncorps lança des flammes et tomba en cendres.\nN'est-ce pas là un sublime emblème de l'idéal brûlant ses poètes, du\ntrépied dévorant ses prêtres. Byron, Shelley, Léopardi, Alfred de Musset,\nMalibran, si la flamme de l'inspiration resplendissait comme les feux\nvisibles, quels bûchers antiques auraient égalé vos tombeaux !\n\nPAUL DE SAINT-VICTOR."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "55", "page_fin": "58", "image_debut": 7, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.2", "titre_corps": "ESQUISSE HISTORIQUE SUR LA PRESSE MUSICALE EN FRANCE", "titre_sommaire": "ESQUISSE HISTORIQUE SUR LA PRESSE MUSICALE EN FRANCE", "signature_source": "ER. THOINAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1539, "texte": "ESQUISSE HISTORIQUE\nSUR LA PRESSE MUSICALE\nEN FRANCE\n\nF2e article.)\nES Tablettes de Polymnie firent leur apparition en\njanvier 1810, sous la direction de A. Garaudé. On ne\ns'attachait dans ce journal qu'à rendre compte des\nconcerts et des opéras représentés sur les divers théâ-\ntres de Paris, A part quelques rares exceptions, les\njugements exprimés dans ces articles sont empreints\nd'un parti pris évident et dégénèrent parfois en diatribes les plus\ninjustes et les plus insensées. On se fera une opinion certaine des idées\nqui présidaient à la rédaction des Tablettes de Polymnie, en lisant ces\nquelques lignes consacrées à Mozart à propos des Noces de Figaro\n(5 nov. 1810). « Les Allemands écoutent cette musique avec beau-\ncoup de plaisir. Les auditeurs français sont comme des échappés de\nCharenton s'écriant : Ah! que cela est superbe! Ah! que cela est\ndivin! Les Italiens, en général, trouvent cette musique médiocre pour\nl'effet ; lorsqu'ils y découvrent un chant aimable, conforme à leur mélodie\nnationale, ils maudissent à Pinstant les clarinettes, flûtes, hautbois, et\ntoute l'harmonie venteuse, qui vient troubler leur jouissance en cou-\nvrant et dénaturant la pureté et l'intention primitive de la phrase musi-\ncale.... Nous nous bornerons seulement à répéter l'opinion que nous\navons déjà émise plusieurs fois : Mozart est (après Haydn) le premier\nde tous les grands compositeurs... »\nC'est surtout contre Méhul que la coterie qui dirigeait les Tablettes\nde Polymnie s'acharna avec le plus de violence. On disait bien que la"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "Vestale de Spontini « était impurement écrite et que l'examen de la\npartition faisait vraiment de la peine », mais quand il s'agissait des œu-\nvres de Méhul, le mauvais vouloir et la méchanceté devenaient plus que\ntransparents. Qu'on en juge par ce début de l'analyse d'une cantate à\nlaquelle Méhul, Cherubini et Catel avaient collaboré. « L'introduction,\nd'un caractère bruyant, énergique, est d'une touche mâle et vigoureuse;\nles timbales, les trombones, toute la bruyante famille se mêlent très\nbien au son aigu d'une petite flûte destinée sans doute à peindre le\nsifflement des vents, mais qui imitait tellement un véritable sifflet que\nnous avons cru un instant que quelque audacieux perturbateur osait\njoindre son improbation aux applaudissements accordés à cette compo-\nsition due àla plume savante de M. Méhul » (20 juillet 1811). Cette\nplaisanterie, empruntée au Maître de Chapelle de Paër, était cependant\nune critique très adoucie quand on la compare à la diatribe lancée con-\ntre Joseph, lorsque cet ouvrage fut proclamé par l'lnstitut comme\nFopéra-comique le plus digne du prix décennal. Ce fut un véritable\ndéchaînement passionné, une négation absolue de la valeur du chef-\nd'œuvre de Méhul. La mesure était cette fois si comble que l'excellent\net honnête Gossec, ne pouvant maîtriser son indignation, protesta autant\nque la chose lui était permise en écrivant aux impudents rédacteurs de ne\nplus lui adresser les Tablettes de Polymnie auxquelles il était abonné.\n« Aujourd'hui, leur écrivait-il, je rencontre dans votre journal des arti-\ncles diffamatoires, dirigés contre des ouvrages admirés de toute l'Eu-\nrope, et déprisés ici par quelques misérables pygmées en fait de musique ;\ndes articles, dis-je, enfantés sans doute par l'ignorance ou par un esprit\nde parti, et peut-être par un motif plus puissant que je n'ose interpréter.\nJe vous prie de faire disparaître mon nom de celui de vos abonnés, et\nde vous dispenser de m'envoyer vos Tablettes, que je ne veux plus rece-\nvoir. Disposez en faveur de quelque malheureux, ou comme il vous\nplaira, du reste de l'argent de mon abonnement ; j'en fais absolument\nl'abandon. »\nCette démonstration très digne, et aussi honorable pour son auteur que\npour celui qu'elle défendait, fut insérée dans le journal, mais les direc-\nteurs crurent devoir la faire suivre d'une longue réponse dans laquelle\nils se targuent de bonne foi et s'efforcent sans y réussir de proclamer la\npureté de leurs intentions. Ils eurent beau dire « que les progrès de l'art\nmusical et le désir d'écraser toute faction qui voudrait les entraver seraient\ntoujours leur but, » on vit bien où ils voulaient en venir, et personne\nne se méprit sur la signification de ces attaques aussi révoltantes que\nmaladroites. C'était l'ancienne querelle de quelques musiciens contre les"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.9", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "membres du Conservatoire qu'il s'agissait de raviver (Lesueur était un\nami delà maison); mais cette querelle qui avait donné lieu à tant de\nbrochures, une dizaine d'années auparavant, était jugée depuis longtemps,\net le public, en y restant indifférent, témoigna de son peu de sympathie\npour ces journalistes très justement stigmatisés par Gossec.\nOn voit ce qu'il faut penser des appréciations musicales contenues dans\nle journal de Garaudé ; cependant l'historien doit consulter ce recueil,\nnon-seulement pour apprendre comment on y pratiquait la critique\nmusicale en 1810, mais encore pour les faits qui y sont mentionnés.\nPresque tous les articles ne sont signés que d'une initiale; on sait\ntoutefois que l'ltalien Cambini, que nous avons déjà vu collaborer à la\nCorrespondance des musiciens, en fut un des principaux rédacteurs;\nil est même à peu près certain que les articles les plus virulents sont dus\nà sa verve caustique, à son esprit aigri et mécontent.\nLes Tablettes de Polymnie cessèrent de paraître en octobre 1811.\nOn voit dans la Bibliographie musicale (in-B°, 1822) la mention\nsuivante concernant une publication que nous n'avons pu nous pro-\ncurer. « V Indicateur musical français et étranger ; ce journal a paru\ndeux fois par semaine pendant les mois de juillet, août et septembre 1819.\nL'éditeur était M. César Gardeton. » A en juger par les autres publica-\ntions de cet amateur, l'ordre ne devait guère régner dans son journal,\nlequel très probablement n'était qu'une espèce de catalogue de la musique\nnouvellement publiée. L'idée fut reprise quelques années plus tard, en\n1825, par le Journal général d'annonces des œuvres de musiquey gra-\nvures, etc., etc. Lancé par Dutertre et Fayet, ce journal modifia son\ntitre plusieurs fois pendant les trois premières années et finit, au mois de\njuillet 1827, par prendre celui de Pantographie, journal général d'an-\nnonces d'objets d'art, etc., etc. On y trouve, surtout dans le troisième\nvolume de 1827, de courtes biographies d'un grand nombre de musiciens\net quelques petits articles sur la musique. Adrien de la Fage, qui n'était\npas encore bien fixé sur le pseudonyme qu'il devait choisir et qui signait\nalors : J. Adrien Lafasge, fut le rédacteur de presque toutes ces notices\nsur la musique.\nLes tentatives faites jusqu'ici pour établir la presse musicale en\nFrance furent, on le voit, à peu près infructueuses. Cet insuccès, causé\npar l'indifférence du public d'alors et des musiciens eux-mêmes pour les\nécrits sur la musique, n'a rien qui doive surprendre et s'explique\nnaturellement par l'ignorance en matières musicales des journalistes qui\nrendaient compte des œuvres nouvelles., soit dans les feuilles spéciales,\nsoit dans les autres journaux. L'insignifiance de leur raisonnement, et"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "leur critique qui portait à faux presque toujours, devaient, en effet, rebu-\nter les esprits les mieux disposés à s'instruire. Plusieurs écrivains, il est\nvrai, comme Ginguené et Framery, doués de connaissances musicales\nrelativement suffisantes, ont laissé quelques travaux estimables, mais\naucun d'eux ne sut présenter ses idées sous une forme attrayante et\nn'eut assez de talent pour s'imposer à ses contemporains en les amenant\nà prendre goût aux études historiques et critiques de l'art des sons. Si\nplus tard Castil-Blaze sut se faire remarquer dans un journal en y par-\nlant de la musique en toute connaissance de cause, il n'en faut pas\nmoins reconnaître que les feuilletons du Journal des Débats (1820), ne\nparaissant que de loin en loin, n'eurent qu'une influence assez limitée.\nIl n'en fut pas de même des écrits de Fétis, qui acquit de suite une\ncertaine notoriété par la publication de sa Revue musicale (1827), et qui\npeut justement être considéré comme le fondateur de la presse musicale\ndans notre pays.\nInstruit par les publications de ses devanciers français et étrangers, le\nbibliothécaire du Conservatoire sut asseoir du premier coup les assises\nde l'œuvre qu'il entreprenait. En effet, ses premiers volumes sont in-\ncontestablement les meilleurs. Doué d'une faculté de démonstration\nrare, jouissant, sous des dehors calmes et réservés, d'un style entraî-\nnant, Fétis possédait surtout au suprême degré le don de la clarté. Sa-\nchant s'assimiler, en les développant à sa façon, les travaux de ses pré-\ndécesseurs, il eut le mérite de tout présenter à ses lecteurs avec un ton\npersuasif et convaincu. La grande variété des sujets qu'il traitait trouvant\nforcément des lecteurs auxquels ces sujets plaisaient, il eut de suite des\nadeptes. Artistes, littérateurs et amateurs s'empressèrent d'applaudir, et\nsi plus tard les plus chauds admirateurs du maître durent en rabattre\nquelque peu en regard de ses nombreuses erreurs, de ses partis pris\nquand même, et de ses négligences par trop fréquentes, la littérature mu-\nsicale n'en a pas moins grandement profité de l'élan donné.\nNous espérons reprendre un peu plus tard la continuation de ces notes\nhistoriques sur la presse musicale ; poursuivant nos recherches qui em-\nbrassent plus de quatre-vingts journaux jusqu'à nos jours, nous étudie-\nrons les progrès incessants qui s'y réalisèrent, et dont la Revue musicale\nde Fétis, malgré ses imperfections, fut réellement le point de départ.\n<•\n\nER. THOINAN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c008", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "59", "page_fin": "59", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.3", "titre_corps": "APPENDICE BIBLIOGRAPHIQUE", "titre_sommaire": "APPENDICE BIBLIOGRAPHIQUE", "signature_source": "E. 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T.\nSENTIMENT D'UN HARMONIPHILE sur différens ouvrages de Musique, (Épig, « Amiens\nSocrates, et amieus Plato, magis arnica veritas, » ) Amsterdam, et se trouve à\nParis, Mars et Avril 1756, In-12 (2 numéros de 84 pages).\nJOURNAL DE MUSIQUE historique, théorique et pratique sur la Musique ancienne et mo-\nderne, les Musiciens et les Instruments de musique de tous les temps et de tous les\nPeuples, Paris, in-8°, — ire période de Janvier à Avril 1870, — 2e période de Mai\n1770 à Avril 1771 (16 numéros de 80 pages).\nJOURNAL DE MUSIQUE, par une Société d'Amateurs, Paris, in-8\\ — 1773, 6 numéros,\n~ J774> 1 numéro, — x777> 5 numéros (ensemble 12 numéros de 80 pages).\nCORRESPONDANCE DES AMATEURS MUSICIENS, rédigé par le citoyen Cocatrix. Paris,\nin-8° et in-40 — ire année du 27 Avril 1802 au 3 Décembre i8o3 (53 numéros),—\n2E année, du ier Janvier au 29 Décembre 1804 (98 numéros). — 3e année, du 5\nJanvier au 20 Avril i8o5 (16 numéros).\nJOURNAL DE MUSIQUE et des Théâtres de tous les pays, par une société de Musiciens\net de Gens de lettres. (Épigr. « Utilité, Franchise,, Probité, » Paris, in-40. Du 22\nJanvier au 26 Février 1804 (8 numéros de 8 pages).\nLES TABLETTES DE POLYMNIE, journal consacré à tout ce qui intéresse Vart musical.\nParis, in-8E. De Janvier 1810 à Octobre 1811 (33 numéros de 16 pages).\nL'INDICATEUR MUSICAL français et étranger. Paris. Juillet, Août, Septembre 1819 (?).\nJOURNAL GÉNÉRAL D'ANNONCES DES ŒUVRES DE MUSIQUE, Gravures, etc. Paris, in-8°.\nIer numéro du 7 Janvier 1825 ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c010", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "60", "page_fin": "67", "image_debut": 12, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.4", "titre_corps": "CURIOSITÉS DES ARCHIVES DE L'OPÉRA", "titre_sommaire": "CURIOSITÉS DES ARCHIVES DE L'OPÉRA", "signature_source": "CH. NUITTER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "CURIOSITÉS\nDES ARCHIVES DE L'OPÉRA\nLES ORIGINES DE L'OPÉRA-COMIQUE\n\nASTIL BLAZE, dans son histoire inédite de L'opéra-co-\nmique, fait remonter l'origine de ce genre de spectacle\nau Mystère d'Adam, drame anglo-normand écrit et\nreprésenté pendant le douzième siècle, et la raison qu'il\nen donne c'est que « les personnages du mystère de\na Wace chantent et parlent tour à tour, ce qui, dit-\n« il, va suffire d'abord pour constituer le genre de la comédie mêlée de\na chant. » A cela, avec sa verve méridionale, il ajoute une longue série\nd'invectives contre le genre de l'opéra-comique, contre le mélange du\ndialogue parlé et du chant qu'il considère comme deux langages incom-\npatibles, comme une hérésie, une immense et longue iniquité française\nque plusieurs n'ont pas craint de nommer spectacle national.\nSans entrer dans cette discussion, il nous suffira de faire remarquer\nque ce mélange du parlé et du chant s'explique tout naturellement quand\non se reporte aux circonstances au milieu desquelles l'opéra-comique a\npris naissance. Pour cela nous ne remonterons pas aux mystères. L'ori-\ngine de ce spectacle est résumée d'une façon à la fois plus modeste et plus\nexacte dans la préface de Y Histoire de Fopéra comique, par Des boul-\nin ier s . Il rappelle que le théâtre de la foire a commencé par des farces\nque les danseurs de corde mêlaient à leurs exercices; on joua ensuite des\nfragments de vieilles pièces italiennes au grand mécontentement des"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.13", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2759, "texte": "comédiens français qui firent défendre aux forains de donner aucune\ncomédie par dialogue ni par monologue. Les forains, devenus muets,\neurent alors recours à des écriteaux : l'acteur, pour se faire comprendre,\nles prenait dans une poche, les déroulait, les montrait au public, puis\nles remettait dans une autre poche. Bientôt on fit descendre les écri-\nteaux du cintre, ce qui donnait plus de liberté aux gestes des acteurs.\nL'orchestre jouait l'air et le spectateur chantait les couplets qui lui\nétaient présentés. Plus tard enfin les acteurs traitèrent avec 1 Opéra qui\nen vertu de ses privilèges leur accorda la permission de chanter. Lesage,\nFuzelier et d'Orneval composèrent aussitôt des pièces purement en vau-\ndevilles et le spectacle ainsi établi par l'autorisation de l'Académie Royale\nde musique à laquelle il payait une somme assez ronde, prit dès ce mo-\nment le nom d'opéra-comique. On mêla peu à peu de la prose ou des\nvers avec les couplets pour les mieux lier ensemble et voilà comment,\ndans les premières années du dix-huitième siècle, fut créée la comédie a\nariettes.\nPrenant naissance dans des loges d'acrobates, donnant ses représenta-\ntions à la foire Saint-Germain et à la foire Saint-Laurent, persécuté par\nla Comédie-Française qui faisait fermer et parfois détruire les loges, un\ntel théâtre, on le comprend, n'a pu laisser d'archives régulières. Le réper-\ntoire même est difficile à reconstituer. Que d'ouvrages n'ont jamais été\nimprimés! Où retrouver les scénarios de ces pièces a la muette, par écri-\nteaux, dont quelques exemplaires seulement existaient dans la bibliothè-\nque Soleinne? Les rapports des grands théâtres avec l'autorité supérieure\nont donné lieu à des correspondances ministérielles, à des vérifications\nde comptabilité dont les traces se retrouvent aujourd'hui dans les archi-\nves de la maison du roi. Rien de semblable pour les petits théâties, le\nplus précis de leur histoire ne s'est parfois conservé que grâce à leurs\nadversaires, et il est tel détail de leur organisation que lon ne îetiouve\nque dans les procès-verbaux dressés à la requête des Comédiens.\nL'homme qui a eu le plus de part à la création de 1 opéra-comique\nest Louis FUZELIER, né à Paris vers 1672, mort le 19 septembre Î 752.\nC'est lui, d'après le rédacteur du catalogue Soleinne, qui a fourni aux\nfrères Parfaict les renseignements à l'aide desquels ils ont rédigé leurs\nMémoires pour servir à Vhistoire des spectacles de la foirey par un\nauteur forain. Fuzelier s'occupait de réunir les matériaux, la plupart\nmanuscrits, d'un répertoire de ce théâtre, et le catalogue Soleinne men-\ntionne, sous le n° 336 des Écrits relatifs au théâtre, un état manuscrit\ndes pièces jouées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent depuis"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "l'année 1710, attribué à Fuzelier et portant des additions autographes\nde Pont de Vesle.\nParmi les nombreux documents relatifs à l'histoire du théâtre qui ont\nété dispersés il y a quelques années, lors de la vente Favart, nous avons\nété assez heureux pour acquérir une partie des notes et papiers de Fuze-\nlier relatifs à l'opéra-comique et aux théâtres de la foire : c'est à ces\nnotes autographes que nous allons emprunter quelques extraits.\nEt tout d'abord, Fuzelier nous apprend que c'est lui qui a été le par-\nrain de Vopéra-comique, qui, avant de porter ce nom, s'appelait la\ntroupe de Bel Air, la troupe d'Allard, au gré des entrepreneurs qui le\nconduisaient. Fuzelier nous dit aussi comment il fut amené à écrire\nun des premiers pour ce genre de spectacle.\n« J'ignorois complètement l'espèce bouffonne des spectacles forains et\nj'avois pour eux une antipathie fondée sur la prévention, lorsque l'abbé\nNadal entreprit de m'y faire travailler. Monseigneur le duc d'Aumont,\nqui a été ambassadeur en Angleterre, daigna se mêler de cette petite\nnégociation, ses conseils triomphèrent de mes scrupules. Je n'aurois pas\nhésité, si j'avois eu dès ce temps-là l'exemple de M. Lesage qui a prouvé\npar plus d'une pièce que de bons écrivains pouvoient s'occuper de ce\ntravail comique. La foire, alors persécutée par la Comédie-Françoise,\nne représentoit que par des écriteaux. »\nOn le voit, si Popéra a été introduit en France par l'intervention\nd'un cardinal, l'opéra-comique, à sa naissance, eut pour protecteurs un\nabbé et un ambassadeur.\nLe succès de ce spectacle fut prodigieux. En même temps que la\nComédie s'en alarmait, l'Opéra y vit une nouvelle source de revenus et,\ncomme on le sait, concéda moyennant une redevance le droit de\ndianter qui relevait du privilège exclusif de l'Académie Royale de Musi-\nque* Il ne faudrait pas croire que ces spectacles de la foire fussent\nfréquentés seulement par la bourgeoisie ou les artisans. Ici encore nous\nne pouvons mieux faire que de laisser la parole à Fuzelier.\n« En 1713 l'Opéra attendri par les malheurs et les écus de la foire lui\npermit de chanter des vaudevilles. La troupe de Bel Air dont les princi-\npaux acteurs étoient Baxter, Anglois ; Joli, Arlequin ; Saurin, Mezze-\ntin; Hamoche, Pierrot; et mademoiselle Maillard, Colombine enjouée,\ndébuta à la foire Saint-Laurent par VOpéra de campagne. La dernière\nreprésentation de cette pièce ne se fit, par ordre de la cour, qu'à minuit,\net le spectacle étoit plein dès midi* Monseigneur et madame de Berry,\naccompagnés de monseigneur le duc d'Orléans, depuis Régent, et d'un\ncortège de seigneurs et de dames de la plus haute qualité, l'honorèrent"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.15", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "de leur présence après avoir parcouru les divers amusements de la foire.\nIls avoient vu le même jour à l'Opéra la première représentation du\npremier ballet que j'y ai donné, intitulé : Les Amours déguisés (1).\nCes princes passèrent toute une journée aux spectacles qui les occupè-\nrent depuis cinq heures du soir jusqu'à plus de deux heures du matin.\nUs soupèrent à l'Opéra même sans sortir de leurs places entre le second\net le troisième acte. L'orquestre remplit cet intervalle, l'ambigu qui leur\nlut servi fut préparé dans la loge de Thevenard, acteur qui sera long-\ntemps regretté... »\nOn voit quels étaient les nobles hôtes de la foire. Fuzelier, qui rap-\npelle avec complaisance ses succès à l'Opéra, ne met pas moins de bon-\nhomie à parler de ceux de ses ouvrages qui furent moins heureux.\na Foire Saint-Laurent. 1714. La Coupe enchantée, en deux actes,\navec un prologue. Elle ne fut pas goûtée. Pour donner un exemple de\npatience poétique aux auteurs parodiés, je m'etois égayé dans le prolo-\ngue aux dépens d'un de mes opéras qui languissoit alors sur le théâtre\nde l'Académie Royale de Musique. M. d'Argenson le père, qui a primé\ndans tous les postes qu'il a remplis, etoit lieutenant de police. Il effaça\ntous les traits satyriques que je m'etois lancé moi-même, en disant\nque si mon opéra n'etoit pas heureux, il méritoit de l'être. On lui re-\nprésenta vainement que l'auteur de l'opéra Tetoit aussi de la parodie.\nEh bien, ajouta-t-il, je ne veux pas qu'il se critique. »\nArion, dont M. d'Argenson prenait ainsi la défense contre son au-\nteur, avait été représenté pour la première fois le mardi 10 avril 1714.\nLa musique était de Matho. D'après l'histoire manuscrite de l'Académie\nRoyale de Musique, par Parfaict (2), le hasard voulut que le jour même\nde la première représentation de cet opéra, un limonadier fit afficher :\nMARION VEND DE LA GLACE EN GROS ET EN DÉTAIL. Des personnes qui n'a-\nvaient pas été satisfaites de cette tragédie lyrique mirent du papier blanc\nsur la première lettre du nom du marchand de glace, de sorte qu'on li-\nsait dans tout Paris : ARJON vend de la glace en gros et en détail. Cette\nplaisanterie donna le ton au public, et Arion expira à la quatrième ou\ncinquième représentation.\nMême après avoir traité avec l'Opéra, les directeurs forains ne furent\npas toujours à l'abri des difficultés qui leur étaient suscitées. Plusieurs\nfois ils durent interrompre le cours de leurs représentations, et chercher\ndes expédients pour exploiter leur théâtre dans les limites étroites où on\nles renfermait.\n« En 1721, dit Fuzelier, le privilège de l'Opéra-Comique fut encore\n\n(i) 22 Août 1713. (2) Bibliothèque nationale. Manuscrits. Fr, 12 355 c"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "supprimé àla sollicitation des comédiens François, et, pour éluder les\nordres de M. le Régent que je savois n'avoir accordé cette suppression\nqu'aux instances redoublées d'un seigneur qui protégeoit le fameux\nBaron rentré depuis peu à la Comédie-Françoise, j'imaginai pour la\nfoire Saint-Germain de 1722 le projet des Marionnettes étrangères et,\navec ces acteurs de bois on fit tomber Francisque qui jouait à la muette\ndans le même préau, et les comédiens Italiens qui donnèrent en concur-\nrence de Pierrot Romulus une autre parodie sur la même tragédie. »\nIl se trouvait parmi les papiers de Fuzelier plusieurs affiches des\nspectacles de la foire. Les pièces de ce genre sont des plus rares, et la\nChronique musicale a tenu à reproduire, en fac-similé, une affiche\nde TOpéra-Comique. Nous y joignons deux affiches de Marionnettes ;\nla première est celle du spectacle imaginé en 1722 par Fuzelier.\nPar permission du Roy et de Monsieur le lieutenant général de police\nLES MARIONNETTES ÉTRANGÈRES\nReprésenteront samedy prochain septième mars\nLE RÉMOULEUR D'AMOUR\nPièce nouvelle précédée du prologue de\nPIERROT ROMULUS\nOn commencera à six heures précises.\nC'est dans la loge du\"milieu du préau, vis à vis des murs de la foire.\n( Foire de S 4 Germain 1724)\nPar permission du Roy et de M. le lieutenant général de police.\nLES MARIONNETTES\nDE LA RUE DES FOSSEZ DE M. LE PRINCE\nobtenue la permission de PARLER, de CHANTER et d'exé-\nV-/cuter leurs divertissemens en voix naturelle.\nEn attendant une pièce nouvelle, elle continueront de donner leur\nPARODIE D'ATYS, qui n'a pas encore été entendue par le défaut de\nla précédente exécution en pratique.\nCette parodie sera précédée de la Danse de Corde et suivie des tours\nde souplesse surprenans du sieur John Riner, Anglois, et de son fils, âgé\nde quatre ans et demi.\nC'est au jeu de Paulme de la rue des Fosse% de M. le Prince atte-\nnant le passage de VHôtel de Condé.\nOn commencera à cinq heures précises."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "On sait que l'usage de la pratique,c'est-à-dire de ce petit instrument\nqui, de nos jours encore, sert à produire la voix de était une\ndes gênes imposées aux petits spectacles. Ils s'y résignaient, puis bientôt\nils parvenaient à faire lever la défense et exécutaient alors leurs pièces\nen voix naturelle.\nL histoire administrative de ces théâtres étant fort peu connue, nous\ncroyons devoir donner avec quelques détails l'état des dépenses de\nF Opéra-Comique, à son origine, en faisant observer que les recettes sont\névaluées à environ 1,000 francs par représentation.\nLes frais de la foire Saint-Laurent de 1789, tenue par le sieur de\nPonteau, montaient sans le prix du privilège à 15,642 francs.\nEn voici l'état :\nLe loyer de la loge. 1,600 fr*\nLe propriétaire se réserve le loyer du café.\nACTEURS.\nLes sieurs Drouillon. r\nSerigny, amoureux, T ?000\nL'Écluse. goo\nAutres acteurs. 600\nMlleb Delille. 1,000\nAngélique, 900\nLesage. 600\nBALLET.\nLe sieur de la Chaussée, maître de Ballet et danseur. 600\nMlle Tiget. 40a\nLes petits Michel frère et sœur, 500\n3 danseurs à 300 fr. ♦ * 0o\n3 danseurs à 200 fr. 600\nORCHESTRE.\nLe sieur Corrette, maître de musique. 500\n10 violons, à 3o sous par jour (pour 90 jours). i,350\nLuminaire. goo\nMachiniste, à 3 fr. par jour. 270\n3 garçons de théâtre à 20 sous chacun par jour. 270\nUn receveur du théâtre à 2 fr. par jour. 180\nUn receveur de l'amphithéâtre et du parterre, à 25 sous par\njour» 112\nSix placeuses, environ 300\nA l'Exempt, 5 fr. par jour,\n6 gardes, à 3o sous chacun par jour. 810\n15,642 fr."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.20", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "Il y avait encore d'autres frais, les droits d'auteur entre autres, sur\nlesquels Fuzelier nous donne les renseignements suivants :\n« On donne 5o francs par jour de représentation de leurs pièces, aux\nauteurs, depuis plus de vingt-cinq ans. Avant ce tarif-la, M. Lesage et\nmoi nous avions chacun 2,000 francs par foire pour entretenir ensemble\nun seul théâtre de pièces infiniment plus aisées à faire que celles d'a-\nprésent. On se servoit alors de tous les débris du vieux théâtre Italien\net la foire Saint-Laurent étoit plus courte de quarante-deux jours. »\nA ce compte de 5o fr. par jour, c'est un chiffre de 4,500 fr. pour les\nauteurs qu'il convient d'ajouter aux 15,642 fr.\nCe chiffre semblait un peu élevé, à ce qu'il paraît, car dans une autre\nnote relative aux arrangements à prendre au sujet de la régie de l'Opéra-\nComique pour le compte de l'Académie Royale de musique, après avoir\nindiqué MM. de Boissy, Panard et Favart comme auteurs à solliciter7\net MM. Piron, Sallé, Procope-Couteaux, comme auteurs clandestins,\non ajoute : « Marchander et ne donner que 45 fr. par représentation. »\nEnfin, aux différents frais que nous venons de mentionner, il faut\nencore ajouter le souffleur, l'écrivain des copies des pièces eî des rôles,\nle peintre, le tailleur, le perruquier et les habilleuses; mais c'étaient là\ndes dépenses minimes. Les décorations particulièrement n'étaient pas\nbien coûteuses; on peut s'en convaincre par les chiffres suivants extraits\nd'un « Mesmoire pour les ouvrages de painture fait pour VOpéra\nComique. »\nPour le fons du Pont-Neuf 3o fr,\nPour le Rydaut ver avec les ornemant rausse% d'or, 00\nPour le grand rydaut de Polichinelle avec ses agrémant. 3o\nPlus pour les 14 ayle à 5 fr. chacune. 70\nEt, encore, par le règlement du Mémoire on réduit le Pont-Neuf k\ni 5 livres, le Rideau vert à i 5 livres, et les 14 châssis à 56 livres!\nQuant à la redevance payée à l'Académie de musique, elle constituait\nune des grosses charges de l'exploitation. Elle était de dix à quinze\nmille livres. Enfin il fallait payer le Quart des pauvres et quelques\nautres frais encore dont nous n'avons pas le chiffre, mais que nous trou-\nvons discrètement indiqués dans la note suivante relative à un projet\nde régie des foires :\n« H y aura deux registres : l'un intitulé : Registre des Associés.\nOn y écrira fidèlement les recettes et dépenses, les gratifications données\nau commis des pauvres, présents au commissaire et à l'exempt, l'argent\ndistrait et autres affaires qui demandent du secret."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.21", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "Le deuxième registre sera intitulé : Registre de recettes et dépenses\npour la foire Saint-Germain, 1722.\nDans ce registre,, toujours rempli après le premier, on mettra ce qu'on\nvoudra bien que tout le monde sache. »\nOn voit par ce peu de lignes qu7en matière de comptabilité théâtrale\nà cette époque, il faut parfois se défier des pièces les plus régulières en\napparence. Sous cette réserve, nous croyons que les chiffres que nous\navons reproduits donnent une idée assez exacte de l'importance des spec-\ntacles de la foire, et qu'à ce titre, ils n'auront pas paru dépourvus d'in-\ntérêt à nos lecteurs.\n\nCH. NUITTER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c013", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.4.3", "titre_corps": "UNE LOGE A LA FOIRE d'après une eftampe du temps ET FAC-SIMILE D'UNE AFFICHE (Archives de l'Opéra)", "titre_sommaire": "UNE LOGE A LA FOIRE d'après une eftampe du temps ET FAC-SIMILE D'UNE AFFICHE (Archives de l'Opéra)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "UNE LOGE A LA FOIRE\nd'après une eftampe du temps\nET FAC-SIMILE D'UNE AFFICHE\n(Archives de l'Opéra)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c015", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "68", "page_fin": "75", "image_debut": 22, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.5", "titre_corps": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "titre_sommaire": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "signature_source": "J. B. WEKERLIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1315, "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\n1870 1871 1872\nÎ8 y o 18 71\nOUT se chante en France, joie et douleur, succès et re-\nvers. Les événements qui prêtent le moins à la poésie\ntrouvent des accents chez nos chansonniers et des in-\nterprètes dans les cafés-concerts. C'est là surtout que\nse débite en grande partie le répertoire dont nous allons\nentretenir nos lecteurs.\nSi nos chanteurs, Charles Battaille, Roger, Faure, Obin, Achard,\nCapoul, Gailhard, Bouhy, aussi bien que l'illustre Madame Carvalho, ont\nfait leurs études au Conservatoire, il y a eu d'autres étoiles lyriques qui\nse sont essayées d'abord au café-concert : c'est l'exception, bien entendu.\nL'ambition, d'ailleurs, n'est pas moindre en ces lieux à double con-\nsommation (celle de l'oreille et celle du gosier) qu'elle ne Test au théâtre,\net si nos grands chanteurs créent des rôles, au café-concert on dit créer\nune chansonnette ; ce titre ambitieux se trouve en grandes lettres sur\npresque toutes les productions émanant de là* et que nous allons énumé-\nrer successivement.\nNotre point de départ est le mois de juillet 1870. A ce moment, les cris\nde triomphe anticipé prédominent tout naturellement. La Marseillaise,\ntenue en charte privée depuis quelques années, renaît plus vivace que\njamais ; elle est rééditée chez tous les marchands, dans tous les formats,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "dans tous les tons, avec des titres matamoresques à tout pourfendre, et\navec des accompagnements idem.\nLe Chant du Départ la suit de près, quoique avec moins d éditions;\nle grand Méhul se voit distancé par Rouget de Lisle.\nCependant, ni l'un ni l'autre de ces deux noms ne peut, à ce moment»\nlà, rivaliser avec le Rhin allemand, d'Alfred de Musset. Non-seulement\nles compositeurs Félicien David, Charles Delioux, de Vaucorbeil et\nquelques autres, qui, depuis maintes années, avaient publié leur musi-\nque sur ce petit chef-d'œuvre poétique, moissonnent un regain de succès\nbien accentué, mais toute une avalanche de musiciens s'inspire plus ou\nmoins heureusement de ce texte qui répondait si bien aux aspirations et\nà la situation d'esprit du moment.\nParmi les nouveaux venus, citons le Rhin allemand, musique de :\nNicou-Choron, E. Mecatti, Alfred Lagny, Jules Lefort, P. Tolra,\nEdmond Guion, Yung, Emile de Tarade, C.-L. Hess, J. Millescamps,\nGustave Thomas, Eugène Ortolan. L'un de ces compositeurs répète, à\nchaque strophe, six fois Nous l avons eu..... Serait-ce une satire ?\nPuis vient le Rhin français, paroles et musique de J. Pagnon, dont le\nrefrain est :\nLe Rhin ! le Rhin ! cette frontière,\nElle nous fut faite par Dieu,\nQui creusa la grande rivière\nEntre eux et nous, au beau milieu.\nIl nous faut l'une de tes rives,\nEt nous l'aurons, fleuve puissant,\nQuand tu devrais, au lieu d'eaux vives,\nRouler, à pleins bords, notre sang.\nLe Passage du Rhin est une marche patriotique pour piano, par\nL. Mi]la; A nous le Rhin! paroles de Jules de Langlade, musique de\nM. Biron. Jusqu'aux dames qui s'en mêlent ! Nous trouvons une\nseillaise du Rhin, paroles de madame Claudine Silva, sur la musique de\nRouget de Lisle :\nAllons, enfants de la patrie,\nLe jour de gloire est à Berlin ! (i)\nNotre aigle superbe et chérie\nDîéna connaît le chemin ! etc.\n\n(1) Le poète disait plus vrai qu'il ne pensait,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.24", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "La cinquième strophe débute ainsi :\nIls sont entrés dans la carrière»\nTes neveux, ô Napoléon!\nPar eux, ton ombre heureuse etfière\nVa briller d'un nouveau rayon,\nCitons également Sur le Rhin, paroles d'Alfred de Caston, musique\nde Camille de Vos ; Au Rhin, d'Auguste Aubert, musique de Frantz\nHitz.\nDès le début, la Mobile semble surtout en grande faveur.\nLe Cri de la Mobile, paroles et musique de Félix Léoville ; cela com-\nmence par :\nAlerte, agile\nEt plein de feu :\nV'ià la mobile,\nVingt noms de rran!...\nC'est dédié à madame Hermine Bart, peut-être une descendante de\nJean Bart. Puis vient la Mobile en avant ! paroles de Snerbe, musique\nde Ploosen ; le Mobile parisien, paroles de Chatelin, musique raffîstolée\npar Batifort ; on y dit :\nOhé les camaros, les amaros, les fadards, les bibochards, allons-y d'autor\net d'achar. En chœur :\nTas d? Prussiens, vous aile% danser,\nV'ià V bastring' qui va commencer.\nIl y a aussi le Chant de guerre de la Mobile, paroles et musique de\nL. C. N. Il n'est pas probable que ce soit Lucien Canino Napoléon ;le\nmodeste anonyme a autographié lui-même sa composition. Le Mobile\nbreton, paroles de Saint-Félix, musique de F. Boissière, est dédié au gé-\nnéral Trochu, gouverneur de Paris.\nLes Mobiles, paroles d'Enielev, musique d'E. Ferret; le Chant de la\nMobile, paroles et musique de J.-J. Debillemont ; les Moblots, paroles\nde Lefebvre, musique de Ch. Pourny ; la Gourdonnaise, chant des mo-\nbiles, paroles d'E. Gouzon, musique de G. Rivetti.\nRouget de Lisle et sa Marseillaise ont servi de thème à M. Dieule-\nveut, qui a écrit là-dessus : Aux armes, levons-nous ! C'est toujours\nl'année 1870; les chants patriotiques pleuvent comme la neige :A la\nfrontière, paroles de F. Janvier, musique de Ch. Hubans ; la Voix de\nla Patrie, paroles de M. C., musique de E. Geoffroy; Volons à la vie-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.25", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "toire, paroles de B. Seillon, musique de B. Wiart ; Aux armes, ci-\ntoyens, de Paul Burani et L. Goudesone ; Serrons les rangs, d'E. Doyen\net J. Javelot; la Patrie avant les amours, de J. M. Riche et G. Ras-\npail; Vaincre ou mourir, de 8.-T. Missler ; Five la France ! paroles de\nmadame H. Lesguillon, musique de E, Hochmelle; les Montagnards vos-\ngiens, d'E. Landriau et Charles Tourey ; Voilà les Français, d'Amé-\ndée Gruié et L. Gastaldi ; Debout, àla frontière, de Jules Frey et Léo\nMaresse; Guerre à la Prusse, paroles du vicomte Oscar de Poli, mu-\nsique d'Alfred Lebeau ; Soldats de la France, e/ 2 avant, paroles et mu-\nsique de G. Rivetti ; Enfants de la France, d'Enielevet E. Ferret;\nvos frontières, de J. Platel et A. Pilati; /a Française de ißjo,\nparoles de F. Barrillot, musique de L. Vieillot :\nPeuples du Nord, n'attaque? pas la France !\nNe joue\\ pas, enfants, ayec /e feu :\nElle est l'astre de délivrance,\nFrance est la fille de Dieu!-\nQuand Vennemi s'avance, chant patriotique d'E. Pierson et J. Biloir;\nFzVe la France, de F. Chimènes et F. Diaz de Soria ; /a Défense natio-\nnale, d'E. Jacquemin et S. Pugno ; ASWS az/x Prussiens, de L. Persin et\nA. Carrier; la Prussiade, de M. C. et E. Geoffroy; /e Prussien Tar-\nteifle, de Marc Constantin et F. Barbier; Afrm Prussien, paroles et mu-\nsique d'A. Jouhaud; le Ministre d'Yvetot, rondedédiée à Bismarck, pa-\nroles et musique de D. Bourgoin ; En avant ! paroles et musique de\nV. Tirpenne ; Quand la Patrie est en danger, paroles et musique\nd'Ed. Lhuillier ; AM Combat! de A. Thibaut et M. Graziani ; VEclai-\nreur, d'Ed. Lhuillier ; /es Captifs gaulois, de Hugny et P. Peny ; /a\nMitrailleuse, polka guerrière de L. Lefebvre ; /a Française, chanson\npatriotique de G. Nadaud :\niVows vous laisserons votre Rhin,\nSon Ww esz trop fade et trop rance ;\nVous en boire^, vieux souverain,\nMalheur à qui brave la France!\nLa République est inaugurée à FHôtel-de-Ville, les événements sont\nchangés; la chanson les suit pas à pas. Nous voyons apparaître Malheur\naux vaincus, de A. IschWall (de quel pays ce nom peut-il venir?), musi-\nque de Charles Malo; pour frontispice un Napoléon, habillé à la romaine,\nun poignard à la main:"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.26", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "Ce faiseur insolent qui, dans sa folle cause,\nDans la, misère a plongé cent naifs;\nLe voilà maintenant, c'est le roi de la Bourse,\nIl règle d'un coup d'œil les cours et les tarifs,\nSans doute que le mot cause devait être course, et que c'est une faute\nd'impression. Puis vient : Gloire au Progrès de Burion et Léon :\nRajeunis-toi, vieux sang français\nQui tant de fois rougis la terre,\nEt nous, chantons, fils de Voltaire :\nGloire au Progrès !\nLa Dantonienne, de P. Garés et Ch. Pourny, est suivie de près par\nles Montagnards, de Théolier et A. D'Hack :\nDe F audace, encor de /'audace.\nCriait Danton, sauvons Paris\nDes ennemis!\nRegardant le danger en face,\nIl courbait devant sa fierté\nLa Royauté.\nVers ces géants, notre espérance,\nNous leurs fils, tournons nos regards :\nLa Montagne a sauvé la France,\nHonneur aux montagnards !\nLes chansonniers s'évertuent à qui mieux mieux à chanter Vaurore nou-\nvelle, la liberté, 1 égalité, la fraternité, l'unité, la légalité, la nationalité,\nl'universalité, la solidarité, l'humanité, la fierté, la félicité, la fécondité,\nla virilité, la postérité, l'indissolubilité, l'invincibilité, etc., etc., etc.\nOn paile du prolétaire, du Christ, des esclaves, des tyrans, de la\ndémocratie ; c'est très ronflant : tout est lumière, tout est soleil, tout est\nbonheur, tout est... Mais continuons notre énumération : La France ré-\npublicaine, de Burani et A. Villebichotj la Républicaine, chant des peu-\nples, de Bonnet et J. Biloir; la République, hymne à la concorde, par\nR> Bidaud et L, Gerin; En avant! par Th. Fournier et O. Fouque; la\nMort de Barra, paroles de P. Cézano, musique de R. Planquette; Un\nRépublicain, par A. Isch Wall et Henri Litolff :\nRassurez-vous repus, ventrus,\nQiiand se lève le prolétaire,\nEn travaillant gagner son pain,\nV'ià c que veut un républicain."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.27", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "Après les repus viennent les moines, les chanoines, les gros prélats\nle parolier a peut-être écrit cela en 1700. Brave soldat, fais-toi républi-\ncain, par Delisle et L. Prochaska Les Allemands, les Polonais, les\nItaliens sont avant tout les grands louangeurs de la République fran-\nçaise. La mer monte : Chant de Vlnternationale, hymne des travail-\nleurs, créé par Vialla, paroles de Burani et Isch Wall, musique d'Antonin\nLouis :\nLe drapeau de ïlnternationale\nSur l'univers est déployé,\nOest ia révolution sociale\nPar le travail et la Fraternité.\nL'empereur Napoléon a son tour; c'est le sire de Fisch ton Kan, par\nBurani et Anton in Louis :\nComrn diplomaf c était un maître,\nIl en remontrait aux plus malins;\nMais il ne ï faisait point paraître,\nPour pas humilier ses voisins.\nPuis, mettant l'impératrice en scène :\n«\nEU' lui disait d'sa plus doue voix :\nAh! sacré nom! F as tant d vaillance\nQue je te trouve l'air Dunois.\nLe nouveau Malbroug, par E. Ouvier; Y Empoisonnement général\nde VEmpire, par J.Chocas et A. Teste. Dans cette chanson, on propose\nde découper l'empereur; on s'adresse à un boucher : « Mon vieux\nRouher, » etc. Les Misérables ou la Bande à Vidocq, par Burani et P.\nChassaigne :\nC'était bien drôle aux Tuileries :\nL\" patron s' teignait pour paraîtr' vert,\nEt la Franc' marchait au calvaire\nPar le jardin des Ollivier.\nNapoléon lllpatine, paroles et musique de C. Rosenquest :\nNous nous entretuons, et pendant ce temps-là\nGuillaume effrontément à Versailles festine,\nA Willemshoe, avec les patins d'Augusta\nLouis-Napoléon patine.\nA Montfaucon, par A. Isch Wall et P. Chassaigne; ici les citations\ndeviennent malaisées; au reste, tout ce que nous venons d énumérer sur"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.28", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2109, "texte": "Napoléon 111 est orné de lithographies plus horribles les unes que les\nautres.\nLes Ailes de la liberté, parTheolier et A.d'Hack; Pas redoublé pour\nle 92e bataillon, musique de Marié; le Chemin de Montretout, par A.\nVilmay et Lassimonne; à ce nom on s'attend à des détails lugubres;\nmais non, il n'est question que de printemps et de fleurs, pour terminer\nainsi :\nToute résistance s7émousse,\n£7, le bras passé sur le cou,\nOn se laisse aller sur la mousse...\nC'est ainsi qu'on arrive au bout\nDu beau chemin de Montretout.\nSerrons nos rangs, de Béranger, musique de José Barrièrej Chant de\nguerre dédié à la garde mobile, anonyme; Patrie, paroles et musique\nde E. Tarade; la Nationale, paroles et musique de l'aumônier de l'asile\nimpérial de Vincennes ; Travailler pour le roi de Prusse, par Pierre et\nOuvier; Ode à la Patrie, de Quinchez et Ludvig; Aux armes, cri de\nrage, paroles de Ch. Olivier, musique de G. Dufayel; Chant des Pari-\nsiens, paroles du citoyen A. Tourey, musique du citoyen V. Bovery ;\nVite aux Remparts, on nous attend, des mêmes citoyens que le précé-\ndent; la Délivrance, par E. Grangé et A. Goullet; Paris à Varmée du\nRhin, hymne patriotique de Saulais, musique de Vignix; le Travail et\nla liberté, de Chabrut et L. Tolmau; Marche du 1920 bataillon, mu-\nsique de Rose Louchet-Kerven ; Vengeance, par J. Chabrut; Nymphe\net Pot-au-feu, par Duclos et Ploosen :\nOn voit errer au château de Versailles,\nLa nuit, dit-on, Vombre du roi Soleil,\nEt Von entend le fracas des batailles\nLorsqu'un obus vient sillonner le ciel;\nDiane et ses nymphes ont à votre approche,\n0 vils Prussiens, abandonné ces lieuxy\nOù pour son roi Bismark tourne la broche\nEt met le pot-au-feu.\nLa Vengeresse, de Galibert et Trémel; Devant Paris, de Berthel et\nLhuillier ; Espoir de la délivrance, de madame de Lagoanère; Chant\ndes soldats citoyens, de Babinol; la Voix de la Patrie, par Geoffroy,\nVlnvasion, par C. Vincent et F. Féret; la Revanche de Waterloo, par\nH. de Saint-Hilaire et A. Lagard; la Victoire ou la mort, d'Angèle\nDeltour et J. Millescamps; En avant, par Th. Fournier et O. Fouque ;"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.29", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1199, "texte": "En avant! citoyens, de Lemonnier et Samuel David; les Débitants de\nParis, souvenir du siège par Mérigot et G. Raspail; le Tambour de\nGravelotte, par René de Saint-Prest et F. Barbier; Vous m 1\nbien, paroles de Mouvement, musique de Balancier; Mourir ou vaincre,\nanonyme; les Infects, par L, Martin et Ad. Carron; Appel à l Alle-\nmagne, paroles de Pauline Maritoud, musique de Campisiano.\nEnfin apparaît le Plan de Trochu, seule histoire vraie du siège de\nParis. Cette pièce, imprimée sur une feuille grand in-folio, ne porte pas\nde nom d'auteur; c'est une espèce de complainte historique et satirique\nen trente couplets, sans compter le refrain. Au milieu de la feuille se\ntrouve la charge du général, orné d'une médaille de Sainte-Geneviève ;\nLorsque Napoléon trois\n( Si m'exprimer ainsi j ose)\nS 9 rendît, sans qu'on sût pourquoi,\nMaintenant on sait pour quelV cause :\nC'était dans le V plan de Trochu,\nGrâce à lui, rien n'est fichu.\nGambetta dit à Trochu,\nDans un' lettr' tombé' des nues :\n« J'ai fait prendr' Rouen par plu-\nSieurs Prussiens, selon vos vues. »\nC'est bien dans vot' plan, Trochu,\nGrâce à lui, rien n'est fichu.\n(La fin au prochain numéro.)\n\nJ. B. WEKERLIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c019", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "76", "page_fin": "80", "image_debut": 30, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.6", "titre_corps": "LAURO ROSSI", "titre_sommaire": "LAURO ROSSI", "signature_source": "ERNEST DAVID", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "LAURO ROSSI\n\nUn journal d'ltalie m'avait apporté 3a nouvelle delà mort de Lauro ROSSI5\nle directeur du Conservatoire de Naples, le digne successeur de Mercadante,\nLauro Rossi, cet artiste de race, cet homme de cœur, ce savant continuateur\ndes doctrines des Scarlatti et des Durante. Au moment où je commençais à\nrecueillir les matériaux de cette notice biographique pour la Chronique\nmusicale, une correspondance particulière adressée à M. Heulhard venait\nheureusement en démentir l'opportunité, Je n'en ai pas moins continué mon\ncroquis de cette figure sympathique sur laquelle la mort nous semblait avoir\ntrop tôt jeté son voile. C'est pour honorer une vie toute de dévouement et\nde travail que nous essayons de faire connaître au lecteur ce consciencieux\nartiste, fort apprécié en Italie et trop peu connu en France.\nLauro Rossi naquit en 1810 à Macerata, ville des États romains. Son père\nVincenzo, dont la position n'était pas des plus aisées, croyant améliorer\nses affaires en transportant ses pénates dans un centre important, vint s'éta-\nblir à Naples en 1817, avec sa femme, le petit Lauro et sa sœur de dix ans\nplus âgée que lui. Mais une année à peine s'était écoulée, que Vincenzo\nRossi descendait dans la tombe, où le suivait sa femme six mois après. Par\nbonheur, peu de temps après son installation à Naples, la sœur de Lauro\ns'était mariée, ce qui lui permit de prendre avec elle le jeune orphelin auquel\nelle fit donner une éducation convenable. Ayant remarqué chez son frère\ndes dispositions extraordinaires pour la musique, elle se décida, en 1822, à\nl'envoyer comme élève payant au collège royal de musique de San Sebas-\ntiano, dont le célèbre Zingarelli était alors directeur. Il y eut pour condis-"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.31", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "ciples Bellini, Costa, les frères Ricci, Florimo (1), etc., etc. ; on avouera qu'il\nne pouvait être en meilleure compagnie. Ses progrès furent si rapides, qu'au\nbout de quatre ans il se sentit en état de concourir pour une admission gra-\ntuite au collège, qu'il obtint grâce à sa rare intelligence quoiqu'il ne tût pas\nNapolitain. Il faut que le lecteur sache que, dans leur institution primitive,\nles anciens Conservatoires de Naples (2), dont le collège actuel est le suc-\ncesseur et l'héritier, furent des asiles de bienfaisance pour les enfants des\nmusiciens pauvres et pour les orphelins dispersés dans la ville. C'étaient des\nœuvres de charité fondées et alimentées par de généreux habitants de Na-\nples, au bénéfice exclusif de leurs concitoyens ; ce qui signifie que, par leur\nnature, ces établissements étaient purement municipaux. Pendant plus de\ntrois siècles ils ont conservé ce caractère spécial ; aussi l'admission de Rossi\ncomme boursier au collège de San Sebastiano fut-elle considérée comme une\nchose insolite et toute exceptionnelle.\nIl étudia d'abord le chant avec le célèbre Crescentini qui, après s'être re-\ntiré du théâtre, avait accepté la place de professeur de chant au collège royal\nde Naples; il y apportait les plus belles traditions de cette admirable école\nitalienne dont, malheureusement, on oublie trop facilement aujourd'hui les\nprincipes salutaires pour se lancer dans la voie déplorable des cris et des\ncontorsions épileptiques. Rossi passa ensuite sous la férule de Giovanni\nFurno, avec lequel il se livra à l'étude des Partimenti, pour entrer après dans\nl'école de Nicolo Zingarelli, qui lui enseigna le contrepoint et la composi-\ntion (3); plus tard , voulant se familiariser avec les diverses écoles napoli-\ntaines, il quitta le cours de Zingarelli pour suivre celui de Raimondi, second\nmaître de contrepoint du collège.\nUne courte digression est ici nécessaire pour que l'on comprenne ce que\nj'appelle les diverses écoles napolitaines. A l'époque où Léo et Durante\n(1720) dirigeaient comme premiers maîtres, l'un le Conservatoire de la Pieta\nde ' Turchini, l'autre ceux de S Onofrio a Capuana et de Santa Maria di Lo-\nreto, Naples vit se former deux partis musicaux : celui des Leistes et celui\n\n(1) L'intéressant ouvrage de M. Franceseo Florimo, Cenno siorico sulla scuolct mu-\nsicale di Napoli, m'a fourni d'excellents matériaux pour cette étude.\n(2) Je compte offrir aux lecteurs de la Chronique musicale l'histoire exacte de ces\ninstituts fameux, dont sont sortis les plus grands maîtres du siècle dernier, et j'ose\nespérer que ce travail ne sera pas sans intérêt pour eux.\n(3) On nomme Partimenti les basses chiffrées que l'on appelle aussi armonia sonata\n(harmonie pratique); on les exécute sur l'orgue ou sur le piano pour servir d'ac-\ncompagnement au chant ou aux instruments. C'est l'étude préliminaire du contre-\npoint. Les anciens marquaient les signes des sons par de simples points et, en\ncomposant à plusieurs parties, ils les plaçaient les uns sous les autres ou l'un contre\nl'autre; de là le nom de 'contrepoint qui, à peu de chose près, signifie composition.\nAujourd'hui le véritable sens de ce mot ne veut pas dire autre chose que la science\nde bien écrire les diverses parties d'un morceau à une ou plusieurs voix."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.32", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "des Durantistes. Ils ne s'entendaient ni sur le système d'enseignement ni sur\nla manière d'écrire. Les Leistes s'attachaient à la richesse des accords, aux\ncombinaisons harmoniques, aux entrelacements des parties, en un mot, ils\ntenaient plus au travail et à la science quà l'inspiration. Les Durantistes, au\ncontraire, visaient au but essentiel de l'art, c'est-à-dire à la mélodie, à la\nclaire disposition des voix, aux modulations faciles, à l'élégance de l'harmo-\nnie, moyens qui, selon eux et selon tous les bons esprits, sont les meilleurs\npour parvenir à composer de la musique qui plaît au lieu d'étonner. C'est ce\nsystème qui finit par l'emporter et qui a rendu célèbre l'école napolitaine.\nLes élèves, quand leurs études étaient à peu près terminées, avaient coutume\nde passer d'une école dans l'autre pour en juger les diversités, et adopter celle\nqui convenait le mieux à la nature de leur génie ; ces allées et venues ne dé-\nplaisaient pas aux maîtres qui, loin de s'y opposer, les approuvaient et con-\nvenaient de l'utilité de cette variété dans l'enseignement. Or, Zingarelli\nsuivait les traditions de Durante, et Raimondi celle de Léo.\nRossi, fort avancé dans ses études, excellent camarade, était souvent solli-\ncité par ses condisciples de leur écrire des messes et autres morceaux de mu-\nsique que ceux-ci s'appropriaient sans vergogne, qu'ils faisaient exécuter\ncomme leurs propres compositions etdont ils retiraient des éloges et des récom-\npenses qu'ils savaient bien, cependant, ne pas mériter. Lauro, à part lui,\nétait enchanté des succès remportés par des œuvres dont il était l'auteur ;\nmais sa noblesse d'âme le retint toujours d'en révéler le secret et jamais il\nne divulgua les noms de ses indélicats camarades. A la fin pourtant il com-\nprit qu'une telle duperie devait avoir une fin, et il renonça dès lors à rien\ncomposer qui ne portât son nom. Arrivé à lage de dix-huit ans, et bien\nqu'étant toujours élève du collège, il écrivit son premier opéra Le Contesse\nvillane, qu'il fit représenter sur la scène de la Fenice de Naples, petit théâtre\nde proportions aussi modestes que les prétentions et l'ambition du jeune\ndébutant. On ne sait trop quel fut le sort de cette opérette, mais il faut croire\nqu'elle réussit, puisque jusque l'année suivante (i83o), il donna au théâtre\nNuovo un autre opéra intitulé La villena Contessa, qui fit fureur et que les vil-\nles principales de l'ltalie voulurent entendre. Ce succès colossal mit en relief le\nnom du jeune maître, et les directeurs de théâtre commencèrent à tourner leurs\nregards vers lui. Uillustre, le mirifique Barbaja, qui se faisait modestement\nappeler le Napoléon des impresarii (i), était alors le souverain maître, le\n\n(1) Domenico Barbaja, Milanais de basse extraction, d'un esprit complètement\ninculte, mais élevé et entreprenant, tint d'abord des jeux de hasard à Naples de 1808\nà 1821. En 1809, il commença à se lancer dans les entreprises théâtrales, qui lui fi-\nrent amasser une fortune colossale. Sa libéralité sans bornes et son bon goût naturel\ncontribuèrent puissamment au développement que prit Part en Italie, pendant sa pé-\nriode directoriale. C'est lui qui produisit dans le monde musical Rossini, Mercadante,\nDonizetti, Pacini,-Carlo Conti, Bellini* les frères Ricci , etc., sans compter la foule de\nchanteurs et de cantatrices illustres qu'il sut découvrir et pousser vers la gloire. Il"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.33", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "régulateur des destinées du San-Carlo, du Fondo et desFiorentini de Naples;\nde la Scala et de la Cannobiana de Milan, ainsi que du théâtre italien de\nVienne. 11 fit venir Rossi auquel il demanda d'écrire pour San-Carlo l'opéra\nsérieux Costanza ed Oringaldo, et pour le théâtre Nuovo II Casino di campa-\ngna et Lo Sposo al lotto, qui tous eurent un sort heureux.\nSur ces entrefaites, Donizetti, qui se plut toujours à encourager les jeunes\nartistes de talent, proposa et fit accepter Rossi comme compositeur et direc-\nteur du théâtre Valle, à Rome. Il y écrivit en 1832 II Disertore dans\nlequel Ronconi chanta le rôle principal et qui eut un succès fort grand,\ncomme on n'en voit qu'en Italie où le public ne craint pas de rappeler le\nmaestro jusqu'à trente fois dans la même soirée. Pendant les deux années\nqu'il vécut à Rome, Lauro Rossi se livra avec sollicitude et fermeté à l'ac-\ncomplissement des devoirs de son emploi : il y composa beaucoup de musi-\nque, entre autre le Fucine di Bergen pour le théâtre Valle, et Foratorio Saul\nque lui demanda le directeur de l'hospice San-Michele, monseigneur Tosti;\ndans cette œuvre sérieuse il fit preuve d'inspiration féconde et variée et se\ndévoila comme un compositeur familier avec tous les genres de musique.\nAppelé à Milan en 1834, il écrivit pour la Scale, la Casa désabitata, dont le\ntitre fut changé ensuite contre celui de Ifalsi monetarii, qui obtint l'appro-\nbation générale. Tous les théâtres de l'ltalie montèrent cet opéra, et il plut\ntellement qu'on disait généralement que c'était II Barbiere di Seviglia de\nRossi. Paris, où 011 le représenta en 1835, ratifia ce jugement.\nMadame Malibran, alors à Naples, où, comme partout, elle était l'idole du\npublic, entendit cette production, et en fut si enchantée qu'elle voulut abso-\nlument que Rossi écrivît un opéra expressément pour elle. Le duc de Visconti,\nsurintendant des théâtres, n'osant rien lui refuser, fit des propositions très\navantageuses au compositeur, qui les accepta de grand cœur et s'engagea\nà écrire l'opéra obligé pour le carnaval de 1835. Mais Madame Malibran,\nlorsqu'elle avait envie d'une chose, entendait qu'elle fût exécutée surTheure ;\nelle trouva le délai trop long et, d'accord avec Barbaja, elle fit composer par\nnotre héros la musique de YAmelia pour le théâtre San Carlo. Le maestro,\nenchanté de travailler pour la plus célèbre cantatrice du siècle, et qui sentait\ncombien le concours de cette femme étonnante pouvait avoir d'influence sur\nson avenir artistique, mit en œuvre tout ce qu'il possédait de génie, de talent\net d'intelligence. Mais, hélas! souvent femme varies, dit François ler,Ier, et il\navait raison! Celles qui sont douées du plus bel esprit, même celles inspirées\npar le comme le fut la Malibran, ne sont pas exemptes de caprices et\nRossi en fit, à ses dépens, la triste expérience. La Diva se mit un jour en\ntête défaire intercaler dans YAmelia une scène dans laquelle elle danserait\n\navait pour système d'offrir aux jeunes élèves du collège royal de musique, qui don-\nnaient des espérances, de composer leurs premiers opéras pour les théâtres royaux\nde S. Carlo et du Fondo. Il disait qu'avec quelques quattrini qu'il donnait à ces\neunes gens, il avait réussi à gagner des milliers de Lires."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.34", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "un pas de deux avec le mime Mathis. C'était insensé; mais comment résister\nà la volonté toute puissante d'une enchanteresse comme Marietta Malibran?\nCette nouvelle se répandit dans Naples avec la rapidité de la foudre : aussi\nvoilà le public en émoi; chacun veut assister à cette mémorable soirée; on\nassiège le bureau de location, et bien heureux furent ceux qui purent trouver\ndes places. « L'opéra commencé, » dit un biographe de Rossi, Ampelio\nMagni, « la Malibran chante; mais le public impatient de voir la cantatrice\n« jouer des ne prête attention ni au chant ni àla musique. C'est de\n« la danse qu'il veut, et tout de suite î il trépigne, il se fâche. Enfin ce mo-\n« ment arrive! l'attention est générale.... mais les jambes, dans le ballet,\n« n'avaient pas l'agilité du gosier dans le chant, et la Malibran, dans cette\n« étrange représentation, se mit en butte au blâme et aux sarcasmes du\n« public. Le mauvais succès de cette extravagance rejaillit sur l'opéra qui,\n« partageant le sort lamentable du ballet, ne fut ni entendu ni écouté, et tomba\n« entraîné par la chute du pas de deux. » Ce résultat déplorable, auquel\nil était loin de s'attendre, désola le pauvre maestro, et le succès de sa Léo-\ncadia, qui réussit parfaitement à la Cannobiana de Milan, dans l'été de\ni 835, ne parvint pas à le consoler. En ce moment se trouvait à Milan le\nsignor Patigno, venu en Italie dans le but d'y engager une Compagnie chan-\ntante pour le théâtre de Mexico, ainsi qu'un chef d'orchestre compositeur\npour en prendre la direction. Il entendit la Leocadia, en fut ravi et alla aus-\nsitôt soumettre à son auteur les propositions les plus avantageuses pour\nl'engager à partir avec lui. .Malgré l'avis contraire de tous ses amis, et\nparticulièrement de la Malibran, qui tenait à racheter l'insuccès causé par\nson incartade chorégraphique, Rossi, qui avait encore sur le cœur la chute\nimméritée de son Amélia et qui, au fond, n'était pas fâché de voir des pays\nnouveaux et de faire connaissance avec des nations et des mœurs dont il\nn'avait aucune idée, accepta les offres de Patigno, signa avec lui un engage-\nment de trois années et paya au duc de Visconti un dédit de 2,000 fr. pour\nse libérer de l'obligation contractée par lui d'écrire un opéra pour Madame\nMalibran. Il était sur le point de quitter l'ltalie lorsqu'y parvint la doulou-\nreuse nouvelle de la mort de Bellini, le doux barde sicilien. Voulant payer à\nla mémoire de son ancien camarade un dernier tribut d'affection et de re-\ngret, Rossi composa une élégie qu'il dédia à Madame Pasta, la grande ar-\ntiste, qui arrachait des larmes à ses auditeurs toutes les fois qu'elle chantait\ncette hymne de douleur.\n(Suite et fin au prochain numéro.)\n\nERNEST DAVID."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c022", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 35, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.7", "titre_corps": "HYMNE NATIONAL PERSAN SUIVI DE 10 AIRS POPULAIRES PERSANS POUR le PIANO", "titre_sommaire": "HYMNE NATIONAL PERSAN SUIVI DE 10 AIRS POPULAIRES PERSANS POUR le PIANO", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 206, "texte": "HYMNE NATIONAL PERSAN\nSUIVI DE\n10 AIRS POPULAIRES PERSANS\nPOUR le PIANO\npar A. 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[n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.18", "titre_corps": "LA MUSIQUE DES PERSANS", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE DES PERSANS", "signature_source": "ALBERT DE LASALLE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.43", "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1560, "texte": "LA MUSIQUE DES PERSANS\n\nOLLIN, dans son Traité des études, fait une remarque\ntrès sensée : « I! n'est pas étonnant, dit-il, que dans\nun pays comme l'Asie, livré au plaisir, aux délices, à\nla bonne chère, la musique, qui en faisait le principal\nassaisonnement, ait été en honneur et cultivée avec\ngrand soin. » Nous n'en doutons pas, en effet.\nMais de quelle musique les peuples orientaux, et plus particulièrement\nles Persans , assaisonnaient-ils leurs plaisirs, voire même leur cuisine ?\nLa question vient à point en la présente semaine, c'est-à-dire au mo-\nment où Paris donne la bienvenue à Nasser-Ed-Din-Shah, souverain de\nla Perse et roi des rois.\nCette « actualité à saisir, )> comme disent les journalistes, nous a fait\npartir en chasse à travers toutes sortes de papiers anciens et récents, écrits\nà la main et imprimés ; nous avons inventorié les collections publiques\net particulières, remuant à bout de bras les in-folios, déchiffrant à la\nloupe les in-o2_, furetant dans les coins les plus poussiéreux des biblio-\nthèques ; le tout pour bien servir le lecteur, si faire se pouvait.\nVoici donc et sans phrases, sans déductions philosophiques surtout,\nle résultat de nos recherches :\n*\n* *\nIl est avéré que, dès les temps les plus reculés, il existait en Perse de\nnombreux traités de musique. Cependant il n'est pas moins certain que\nlorsque cette contrée fut conquise, au septième siècle, par les musul-\nmans, la plus grande partie de ces documents, qui nous seraient pré-\ncieux aujourd'hui, furent brûlés. 11 n'échappa à l'incendie qu'un seul"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.44", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "manuscrit intitulé : Heela Imaeli, et dont Fraser, écrivain anglais, fait\nmention dans son Histoire de Nadir-Shah.\nCe que l'on sait encore sur les premiers âges de la musique en Perse,\nc'est qu'elle date du règne de Giamschid, qui fut le cinquième souverain\nde la première dynastie.\nLes Persans chantaient alors dans « quatre-vingt-quatre modes qu'ils\ndistribuaient, d'après une idée de localité, en douze chambres, vingt-qua-\ntre retraites et quarante-huit angles ou coins ; » classification que Ton\ndoit considérer comme un procédé mnémotechnique ( Voyez : The\nmusical modes of the Hindoos, par William Jones).\n*\n* *\nSi les données exactes sur la musique des anciens Persans font défaut\nà la science, on en peut du moins retrouver la tradition dans la musique\ndes autres peuples orientaux qui en est évidemment dérivée.\nce Lorsque le sultan Amurath fit la conquête de Bagdad, il ordonna le\nmassacre général des Persans. Mais un harpiste nommé Sach-Culi lui\njoua un air si doux et si touchant, que le sultan ému arrêta l'exécution\nde son arrêt. Le musicien et quatre de ses compagnons furent conduits\nà Constantinople, et ce furent eux qui importèrent la connaissance de la\nmusique chez les Turcs. » ( Histoire de la musique par Stafford ; tra-\nduction de l'anglais par Madame Adèle Fétis).\nCependant Tangoin, dans son Voyage en Perse, reconnaît que «la\nmusique des Persans est beaucoup plus douce que celle des Turcs, et\nque leur chant, accompagné de ce que nous nommons fioritures, a\nmoins de monotonie que celui de ceux-ci. »\n*\n* *\nOn a longtemps débattu la question de savoir si les Persans avaient\nUn système de notation. Jean-Jacques Rousseau a prétendu qu'ils n'en\navaient pas.\n« Il n'y a que les nations de l'Europe qui sachent écrire leur musi*\nque, déclare-t-il sur le ton tranchant qui lui est habituel. Quoique\ndans les autres parties du monde chaque peuple ait aussi la sienne, au-\ncun d'eux n'a poussé ses recherches jusqu'à des caractères pour la noter.\nA la vérité, les Persans donnent des noms de ville de leur pays, ou des\nparties du corps humain aux sons de leur musique. Ils disent, par exem-\nple, pour donner l'intonation d'un air : Alle\\ de cette ville à celle-là ,\nou Alle\\ du doigt au coude ; mais ils n'ont aucun signe propre pour\nexprimer sur le papier ces mêmes sons. »\nCe à quoi Framery répondit pièces en main : « Ce n'est pas aux sons\nde leur musique que les Persans ont donné des noms de villes* mais à"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "leurs modes. Ainsi, quand ils disent : Alle\\ à Babylone ; ils\nveulent dire : Passe% du mode d'lspahan au mode babylonien. » Et\nFramery donne à la suite la gamme complète des Orientaux; gamme\nexprimée par des lettres et dont l'échelle est de quarante degrés :\n1 2 3 4 5 6 7 8 9 10\nabcdefgh i j\nM 12 13 14 i5 16 17 18 19 20\nJa fi je jd je jf jg jh ji k\n21 22 23 24 25 26 27 28 29 3o\nkh kc kd ke kf kg kh ki l\n31 32 33 34 35 36 37 38 39 40\nlb le Id le If lg lh l i m\nNota. Dans cette nomenclature que nous donnons d'après Framery, qui\nlui -même la tenait de Laborde, les chiffres ne sont que de simples numéros\nd'ordre, et les lettres seules sont des signes représentatifs des notes.\n*\n* *\nLes instruments de musique chez les Persans sont Yaoud, le nay,\nou la flûte ; —le nesir, sorte de hautbois très court ; Yaclack, ou\ntambour; le kanon, ou sistre ; —le kemantché? instrument à cordes\nde la famille du violon.\nIl y a apparence aussi que, dans les temps anciens, la harpe a été\nconnue des Persans. On trouve, en effet, ce passage dans un de leurs\npoèmes nationaux intitulé : Mirah-i-Iskhandir :\nLes doux sons de la harpe montaient au ciel,\nEt du flacon coulait Fonde couleur de rubis ;\nLes sons suaves du luth attiraient les anges du ciel.\n* • • • • » • ô • • • © • • • • e m »\nCe poème est de Amir-Kohsrou, qui vivait vers 1315.\nComme preuve de la même hypothèse historique, les savants citent\nencore les ruines de l'arc de triomphe de Kurmanshah que Ton rencon-\ntre à dix journées de marche de Bagdad, dans la direction du nord-est.\nSur une des faces du monument se voit encore un bas-relief représentant\nun bateau chargé de femmes jouant de la harpe.\n*\n*\nLes orchestres persans sont conduits par un chanteur qui s'accompa-\ngne et bat la mesure sur deux petites timbales d'environ un pied de\ndiamètre."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.46", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "Ce musicien donne le signal par un chant improvisé séance tenante,\net dans le mode qu'il lui plaît. Il a soin seulement de bien faire sentir\nla note initiale, la dominante et la finale, puis ses musiciens répètent la\nphrase qu'il vient d'émettre en imitant toutes ses inflexions surleuis\ninstruments. Ensuite vient une ritournelle qu ils appellent pic lu eu.\nEnfin, le chanteur chef d'orchestre chante (et toujours dans le même\nmode) trois petits airs du genre de ceux que l'on nomme besté, ou bien\nil n'en chante mais qui est plus long et qui appartient au genre\nappelé kiar.\nAprès un entr'acte, la seconde partie du concert commence et se pour-\nsuit dans le même ordre, sinon dans le même mode.\nLorsque le chef d'orchestre n'improvise pas, il choisit un morceau\ndans le riche répertoire de Coya-Abde 1 - K a d e r, d'lspahan, qui est le\nplus célèbre compositeur classique de la Perse.\nQuant aux orchestres militaires des Persans, ils sont composés de\ntrompettes très longues, de tambours et de timbales. Les Kurdes, qui\nforment des régiments spéciaux, attachent des tambours à la selle de\nleurs chevaux, et de plus, ils ont le privilège de jouer d'une sorte de cla-\nrinette à sons très rauques.\nTangoin, déjà cité, dit qu'au sommet d'une tour du palais il y a con-\ncert militaire tous les jours, au lever et au coucher du soleil, et que\nc'est là une des prérogatives du Shah et de la famille royale.\nKotzebue, dans sa relation de Y Ambassade russe en Perse, raconte\nque « lorsque l'ambassadeur arriva à Erivan, les troupes présentèrent\nles armes, les tambours battirent, et les fifres jouèrent l'air national an-\nglais : God save the king. »\nLa musique joue encore un rôle important dans diverses circonstances\nde la vie publique et privée des Persans. Elle figure particulièrement\naux Tapies ou Désolations, qui sont des fêtes funèbres instituées en mé-\nmoire du martyre des imans Hassan et Hussein, fils d'Ali. « Pendant\nces jours de deuil, dit Tangoin, les mollahs, placés dans des chaires au\nmilieu des rues, chantent d'une voix lugubre des hymnes sacrés et des\nlamentations. » Puis bientôt succède le chant des enfants « dont la douce\nharmonie dédommage les auditeurs des cris plaintifs qu'ils ont entendus\nauparavant. »\nM. de Hussard, diplomate français, qui a occupé un poste à Téhéran,\na assisté aux danses frénétiques des derviches tourneurs de la secte de\nMewlïach. Ces danses, dit-il, sont accompagnées par des chœurs « dont\nquelques-uns ressemblent au chant ecclésiastique primitif,.. Leurs mé-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.47", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "lodies ont en général beaucoup d'originalité. Leurs airs sont courts et\nexcellents dans différents genres. Les changements de mesure qui s'y ren-\ncontrent quelquefois rappellent tout à fait la musique dramatique fran-\nçaise. L'étendue de leurs airs ne s'élève pas à plus d'une octave et demie\nd'ut à fa, et conséquemment, en les transposant selon les circonstances,\nils se trouvent dans le diapason de toutes les voix. »\nLa musique est encore la bien venue aux fêtes nuptiales des Persans.\nSir R. K. Porter dit que a la jeune fiancée est conduite le matin de ses\nnoces à sa nouvelle demeure par ses parentes et ses femmes ; que, pen-\ndant ce temps, tous ses parents et ses amis de l'autre sexe se rendent\nchez le fiancé, et que, les hommes des deux familles étant réunis, le festin\ncommence au son des instruments et du tambour. »\n*\n* ¥\nCependant le shah de Perse a résolu, il y a cinq ans, de créer dans\nson armée des corps de musique sur le modèle des nôtres. A cet effet, il\na fait venir de Paris, avec une cargaison d'instruments, M. Lemaire,\nmusicien distingué, alors incorporé dans la musique du ier voltigeurs\nde la garde.\nM. Lemaire, grand maître des orchestres militaires du Shah, a, de-\npuis i §6B, obtenu les meilleurs résultats des artistes auxquels il a appris\nles secrets de notre art.\nLa marche nationale que nous offrons aujourd'hui à nos lecteurs (et\nqui est celle que M. Deldevez a orchestrée pour la représentation de gala\ndonnée à l'Opéra), cette marche, disons-nous, ainsi que les airs populaires\nqui lui font suite, a été notée par M. Lemaire. Communication obli-\ngeante nous en a été faite par MM. Chatot et Rustant, éditeurs.\nOA voudra bien remarquer que les accompagnements placés sous ces\nmélodies étranges et si intéressantes sont à dessein d'une simplicité ex-\ntrême. Autrement, c'est-à-dire si on avait usé d'harmonies plus riches,\nle caractère spécial des morceaux s'en fût trouvé altéré; d'ailleurs, nous\nne pouvions mieux faire que de nous conformer au texte qu'en a donné\nM. Lemaire.\n* *\nIl était urgent, selon nous, de tracer ces tableaux des mœurs d'un\npeuple qui tend tous les jours à s'européaniser.\nL'Asie qu'on avait cru immuable dans ses religions, sa littérature,\nses arts, ses coutumes, l'Asie , stationnaire depuis dix siècles, rajeunit\nsa civilisation au contact de la nôtre qui va vers elle avec la locomotive\net le télégraphe.\n\nALBERT DE LASALLE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c036", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "86", "page_fin": "90", "image_debut": 48, "image_fin": 52, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.19", "titre_corps": "REVUE MUSICALE", "titre_sommaire": "REVUE MUSICALE", "signature_source": "A. HEULHARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "REVUE MUSICALE\n\nATHÉNÉE : Royal-Champagne. OPÉRA-COMIQUE. Débuts : Mmes Isaac et Franck,\nMM. Bouhy, Duvernoy, Viçini, Dekeghel.\nFidèle au programme que nous nous sommes tracé et que nous avons\nexposé déjà aux lecteurs de la Chronique nous inaugurons au-\njourd'hui le système de critique impersonnelle que nous avons résolu de\nsoumettre au public. Une fois pour toutes, il est bien entendu que les\ncomptes rendus des œuvres musicales qu'on pourra lire à cette place ne\nseront point l'expression de l'opinion de celui qui les écrit, mais le ré-\nsumé sincère, impartial, des débats de la critique parisienne au lende-\nmain des représentations et des auditions nouvelles. Nous apporterons\ndans ce travail le plus grand scrupule à ne rien dénaturer de la pensée\nde chacun, et à ne nous servir que des termes qui la rendent bien. C'est\nune besogne d'autant plus délicate qu'il importe de ne point la présen-\nter comme une compilation indigeste, où se heurtent sans cohésion les\njugements les plus disparates. Il va sans dire que, lorsque nous citerons\ntextuellement, nous rendrons à César ce qui lui appartient, en indiquant\nla source où nous avons puisé, ne voulant pour rien au monde nous li-\nvrer à ce procédé de forban qu'on assimile dans la littérature familière à\nl'opération de démarquer le linge. C'est surtout aux époques où la vie\nartistique reprend toute son activité, dans la saison où le feuilleton mu-\nsical n est pas suspendu comme à présent, qu'on appréciera complète-\nment 1 importance et l'intérêt de ce mode de critique qui ressemble assez\nau dépouillement commenté d'un scrutin. En attendant, nous indique-\nrons 1 état actuel du tribunal musical dont nous comptons reproduire les"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.49", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "jugements. Voici la liste, aussi exacte que possible, des locataires du rez-\nde-chaussée dans les grands journaux politiques, sans oublier ceux\nqui sont logés chez eux avec pignon sur rue :\nCritiques spéciaux :\nBLAZE DE BURY, àla Revue des Deux-Mondes. GUY DE CHARNACÉ,\nau Bien public. —WILFRID CHAUVIN, à Y Événement. OSCAR COMET-\nTANT, au Siècle. PIERRE DU CROISY (Ernest Dubreuil), àla France.\nFRÉDÉRIC ( F. Wûhrer), au Paris-Journal. VICTORIN JONCIÈRES, à\nla Liberté. BÉDÉDICT JOUVIN, au Figaro. ALBERT DE LASALLE, au\nMonde illustré. ARTHUR POUGIN, au Soir. ERNEST REYER, aux\nDébats. DE THÉMINES-LAUZIÈRES,, à la Patrie. JOHANNÈS WEBER,\nau Temps. XX. (Édouard Fétis) à Y Indépendance belge.\nCritiques dramatiques et musicaux :\nMM. XAVIER AUBRYET ,au Petit Moniteur. FRÉDÉRIC BÉCHARD, à\nla Galette de France. DANIEL BERNARD, à Y Union. - GUSTAVE BER-\nTRAND, au Nord. PAUL FOUCHÏR, à Y Opinion nationale. —B. JOU-\nVIN, àla Presse. CH. DE LA ROUNAT, au XIXe Siècle. CH. DE LA\nMOUSELLE (Ch. Deulin), au Pays. PAUL DE SAINT-VICTOR, au Moni-\nteur universel. SAVIGNY (Henri Lavoix), à Y Illustration.\nJournaux de musique :\nLa Revue et Galette musicale, Le Ménestrel. L''Art musical.\n- La Presse musicale.\nCeci dit, nous commençons.\nSamedi 28 juin. Par un de ces caprices qui constituent son origina-\nlité, l'Athénée nous a donné la première représentation d'une pièce nou-\nvelle F avant-veille de sa clôture : cette facétie nous semble légèrement\nirrespectueuse envers les auteurs de Roy al-Champagne, MM. de Saint-\nGeniès et Couturier pour les paroles, et Lemarié pour la musique.\nNous ne raconterons pas le sujet de cet acte d'opéra-comique qui n'a\nrien de bien neuf en soi : aucuns prétendent qu'il offre quelque analogie\navec celui de Y Etoile du Nord, bien que le type du sergent Francœur,\nun des principaux personnages du petit drame en question, nous ramène\nplutôt vers les physionomies gaillardes du sergent Belhamy et du capi-"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.50", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2821, "texte": "taine Le joyeux, des Dragons de Villars et du Val dC Andorre. En\ncompensation de ces rapprochements, d'ailleurs peu coupables, l'action\nde Royal-Champagne est bâtie dans le cercle étroit des trois unités :\nbeau mérite, comme vous savez, aux yeux de Messieurs les classiques,\ns'il en reste ! Et il est bien permis d'en douter, à voir la façon cavalière\ndont la langue et la grammaire sont généralement traitées par les libret-\ntistes, à commencer par ceux-mêmes de Roy al-Champagne. Ceux-ci\nnous ont, en effet, jeté dans un camp de militaires qui vous ont des\nmanières de dégoiser le français à faire frémir Littré : je sais bien que\nle soldat dans ses mots brave quelque peu l'honnêteté, et que le régiment\nde Royal-Champagne n'avait sans doute pas l'heur de parler le langage\ndes précieuses,, mais les néologismes de caserne que nous avons enten-\ndus l'autre soir rue Scribe, et parmi lesquels s'épate le verbe roupiller,\nn'avaient certainement pas cours au siècle poli où le Roy al-Champagne\nservait le roi de France, ou je me trompe fort.\nM. Lemarié, l'auteur de la musique, est professeur de violon à Pont-\nAudemer. Il a été relativement plus heureux que ses collaborateurs. Il\ny a une promesse dans son premier essai de théâtre, promesse un peu\nvague, si l'on veut, mais qui n'autorise personne à mal augurer de\nl'avenir. La mélodie de M. Lemarié se présente sous des dehors honnê-\ntes : elle a de la bonne foi, et cette conscience a réussi parfois à racheter\nses défauts d'expérience. On aperçoit au premier coup d'œil ce qui lui\nmanque : la décision et la proportion juste. « L'ouverture est trop\nlongue de moitié, » écrit M, Albert de Lasalle dans le Monde illustré.\nLa remarque peut s'étendre à presque tous les morceaux d'ensemble\nrépandus dans la partition; mais les airs et les couplets ont une allure\nplus ferme. On a fait un accueil très chaud àla chanson du Vin de\nFrance que dit le baryton Géraizer à son entrée en scène. Le public\ns'est laissé prendre à l'hameçon tendu à son chauvinisme, et nous ne le\nblâmons pas de ce mouvement, mais le morceau n'a guères de valeur\nintrinsèque. Il eût pu faire montre de ses dispositions sympathiques à\ndes passages d'un goût plus relevé tels que les couplets du colporteur et\nl'air de la prison qui n'est pas sans distinction. Mademoiselle Marietti,\nqui portait le travesti pour la première fois, a paru fort à l'aise dans son\nenveloppe masculine : elle a chanté et joué avec gentillesse.\nMardi lerIer Juillet. Mademoiselle Isaac a débuté à l'Opéra-Comique\npar le rôle de Marie dans la Fille du Régiment. Mademoiselle Isaac est\nune élève de Duprez. On l'eût deviné à cette pureté de l'articulation qui\nest comme la marque de fabrique du célèbre professeur. Elle nous arrive\ntout exprès du théâtre delà Monnaie de Bruxelles, où sa mine éveillée"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.51", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "et son allure accorte avait fait émeute dans les têtes belges. Et peu s'en\nest fallu que les Parisiens n'acquittassent d'enthousiasme la lettre de\nchange qu'on tirait sur eux de la frontière, Le soprano naturel de made-\nmoiselle Isaac a les solides qualités de la justesse et du timbre, mais il\npèche par l'étendue et l'homogénéité ; ses cordes basses sonnent un\npeu creux et son médium réclame encore l'appoint de l'étude. Dans la\ndemi-teinte, la voix de mademoiselle Isaac trouve des inflexions cares-\nsantes d'un effet certain ; aux applaudissements qu'elle a recueillis après\nla Valse et l'air II faut partir, elle adû sentir qu'elle avait touché\njuste. En revanche, sur les grands points du rôle où la note veut être\nlancée avec bravoure, dans le Salut à la France entre autres, sa volonté\na été trahie. C'est alors qu'il a été facile de fixer le genre où les moyens\nde la débutante la confinent. Il y a dans mademoiselle Isaac l'étoffe\nd'une dugazon agréable et non celle d'une prima donna d'opéra-\ncomique : son synonyme est mademoiselle Girard.\nMercredi -J juillet. Le tempérament de Mademoiselle Franck, qui\nparaissait le lendemain dans Galathée, est l'opposé de celui de Made-\nmoiselle Isaac. C'est la force qui succédait à la grâce, et, au point de\nvue de l'antithèse, la direction de l'Opéra-Comique n'avait pas mal fait\nles choses en accolant d'aussi près les débuts de ces deux jeunes artistes.\nNous ne jouerons pas à Mademoiselle Franck le mauvais tour de la\ncomparer à ses devancières, Mesdames Ugalde et Marie Cabel ; il nous\nsuffira de dire qu'elle n'est pas absolument indigne du rapprochement,\net c'est le plus grand éloge qu'on en puisse faire. Mademoiselle Franck\na la plastique du rôle de Galathée, et, dans une pièce qui est l'épopée de\nl'illusion des sens, il convient que cette illusion se trouve naturelle-\nment expliquée et comme imposée aux spectateurs. La débutante n'était\ndonc pas trop dépaysée sous le peplon grec. Son organe est encore\nfruste, mais plein de nerf et de santé ; il est délibéré dans l'attaque et\ntinte avec éclat dans les vocalises. Le célèbre brindisi de la Coupe a été\nenlevé avec une audace qui a plu et qui lui a valu les honneurs du bis.\nVoici maintenant le revers de la médaille : il est douteux que Made-\nmoiselle Franck ait fait ses humanités vocales : elle pèche par le style ;\nelle ne sait guère phraser ; elle n'a pas appris à rentrer à souhait dans la\npénombre des nuances; elle ne dit point; elle ne détaille point. Il faut\nque Mademoiselle Franck fasse un appel énergique au travail. Peut-\nêtre deviendra-t-elle une nouvelle Galathée; peut-être alors dira-t-on\nd'elle que le marbre s'est fait chair.\nM. Bouhy lui donnait la réplique dans Pygmalion. Il abordait le rôle\npour la première fois. On estime l'excellente méthode de ce chanteur,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.52", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "et nous savons qu'on salue déjà en lui le successeur de Faure. C'est\nl'appréciation d'un grand nombre, et nous n'y contredisons pas. Il a été\nfait cependant par nos confrères plus d'une réserve sur la manière\ndont il a chanté et joué son personnage. Quelques-uns, M. Jouvin, par\nexemple, tout en rendant hommage à sa valeur, l'accusent de froideur et\nde mollesse ; d autres trouvent que la coupe de l'opéra comique n7est\npoint favorable à la nature de son talent. Nous croyons, pour notre part,\nque sa voix, d'une complexion un peu indolente, a besoin d'être tenue\nen excitation constante par le récitatif, et que, sous ce rapport, le cadre\nde l'opéra servirait mieux ses aptitudes. C'était du moins l'opinion de\nBaroilhet qui connaissait à fond l'art du chant, et je la livre à l'intéressé\navec toutes ses déductions logiques. Baroilhet, si la mémoire ne me\nfaut, était membre du jury d'examen qui décerna le prix à M. Bouhy.\nJe me souviens fort bien qu'il le classait parmi les barytons les mieux\ndoués pour le répertoire de Donizetti? et qu'il rêvait pour son début le\nrôle d'Alphonse de la Favorite.\nDuvernoy a fait preuve d'intelligence dans Ganymède ; mais M. Vicini\n(Midas), nenni.\nSamedi, 5 juillet. Comme Roger avait fièrement campé son per-\nsonnage de Georges Brown ! Quel cachet de martiale élégance et de\ngalanterie toute française il lui avait imprimé ! Mais tenons porte close\nà ces souvenirs d'un passé évanoui, qui nous feraient volontiers oublier\nque nous avons affaire à l'an de grâce 1873.\nDe par MM. de Leuven et du Locle, le Georges Brown de 1873 a été\n( car j'ai bien peur qu'il ne faille employer ici le prétérit) M. Dekeghel.\nCe choix a été contesté : non que le débutant soit dépourvu de qualités\nrecommandables dans la voix , car il a bien posé certaines parties du\nrôle, mais il lui faudrait au moins le physique de son emploi : ce n'est\npas un sous-lieutenant, c'est un gros major. Dans ces conditions de ro-\nmanesque invraisemblables, on ne se lance pas à la conquête des châte-\nlaines et Ton ne se précipite pas à l'abordage du public parisien.\n\nA. HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c039", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "91", "page_fin": "91", "image_debut": 53, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.20", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.53", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1560, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\na Strasbourg, 9 juillet 1873.\n« Monsieur le rédacteur,\nN article du Monde illustre, signe Jules Noriac, a attire\nmon attention sur votre très-intéressante et très-luxueuse\nChronique musicale « revue de Fart ancien et moderne. »\nJ'ai pu me procurer, chez mon libraire, votre premier nu-\nméro daté du ier courant, et j'y lis 1 expose de votre géné-\nreux projet qui est d'élever une statue en Suisse à Rossini,\nFauteur de Guillaume Tell.\nVous voulez aussi que le jour de l'inauguration du monument, dix mille voix\nchantent là, sur place, c'est-à-dire au Grutli, le chœur de la conjuration qui\nsert de finale au second acte de Guillaume Tell. Je suis sûr que \\ ous 11 ap-\nprendrez pas sans intérêt que tout dernièrement nos trois sociétés, 1 Union,\nla Chorale et Y Harmonie se sont réunies et ont exécuté le second acte tout\nentier du chef-d'œuvre de Rossini. Ce sont, pour le festival que vous pro-\njetez, autant de voix prêtes à entrer en lice, et qui, à leur insu, ont fait la\nrépétition générale du concert en l'honneur de Rossini. Comme Alsacien-\nFrançais, je suis heureux, monsieur, de fournir àun journal de Paris un\nrenseignement qui pourra être utile à un moment donné.\n« Veuillez agréer, etc.»\nRÉPONSE : Mille fois merci, monsieur. Bonne note sera prise de 1 avis que\nvous nous donnez 5 car, loin d'abandonner l'idée du monument à élever à\nRossini dans le pays de Guillaume Tell, nous mettons tout en œuvre pour\nla mener à bonne fin, et nos lecteurs seront tenus au courant du résultat de\nnos démarches."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c042", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "91", "page_fin": "92", "image_debut": 53, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.21", "titre_corps": "FAITS DIVERS", "titre_sommaire": "FAITS DIVERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.53", "debut_caractere": 1562, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "FAITS DIVERS\noici, telle que M. Oswald l'a copiée aux Archives de l'Académie de\nmusique, la liste des représentations de gala données sous 1 em-\npire :\n1855 21 août. S. M. la reine d'Angleterre. T n ,\n(La Fonti. Concert.)\n1857 ÏO mai. S. A. le grand-duc Constantin.\n' (François Villon. - Le Corsaire.)"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.54", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "185 y26 mai. S. M. le roi de Bavière.\n{Le Corsaire.)\n1864 23 mai. LL. EE. les ambassadeurs japonais.\n(Giselle.)\n1864 18 août. S. M. le roi d'Espagne,\n(Nemea.)\n1866 9 janvier. Ambassade du Maroc.\n(Estrade. Tapis de pied. Deux fauteuils semblables pour les\nambassadeurs. Quatorze sièges pour les prêtres, caïds, interprètes.\nQuelques banquettes pour la suite de Leurs Excellences.)\n{La Favorite- Le roi d'Yvetot.)\n1867 4 juin. S. M. l'empereur de Russie.\n(4e acte de rAfricaine. Giselle.)\nLa représentation annoncée pour le 4 juillet 1867 en l'honneur du Sultan\na été contremandée à la nouvelle delà mort de l'empereur Maximilien.\nLE mercredi 2 juillet a eu lieu, au Père-Lachaise , la bénédiction du monu-\nment élevé a la mémoire de l'organiste Lefébure Wély. Ce monument est\ndû à l'architecte Ballard et exécuté par M. H. Chevalier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c044", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "96", "image_debut": 54, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.22", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia : Le Secrétaire de la Rédaction, O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.54", "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 2129, "texte": "NOUVELLES\n\nARIS. —La Chronique Musicale publiera le palmarès complet des con-\ncours du Conservatoire pour l'année 1873. C'est pendant que nous\nmettions sous presse, qu'a été décerné le prix de Rome pour cette\nannée. Le premier grand prix a été décerné à M. Paul Puget,\nélève de M. Victor Massé.\nLe second grand prix à M Hillemacher, élève de M. Bazin. Une mention\nhonorable a été accordée à M. Corbaz-Marmontel, élève de M. Bazin.\nLa sous-commission chargée du budget de l'instruction publique et des\nbeaux-arts a adopté le rapport de M. Bardoux.\nLes subventions pour les théâtres lyriques ont été maintenues aux chif-\nfres suivants :\nGrand-Opéra 800,000 fr.\nOpéra-Comique 200,000\nItaliens 100,000\nLa subvention du Théâtre-Italien a été votée sur i'annonce faite qu'un di-\nrecteur sera nommé.\nIl n'est pas question du Théâtre-Lyrique.\n—M. Halanzier vient d'engager mademoiselle Leavington, contralto.\nCette artiste débutera le mois prochain dans le Prophète ou le Trouvère.\nMM. Bagier et Lefort ont signé leur acte d'association pour diriger le\nthéâtre Ventadour, transformé en théâtre d'opéra français et d'opéra\nitalien.\nM. Strakosch, candidat favori de la toute-puissante société des proprié-\ntaires de la salie Ventadour, n'a pas voulu faire échec à cette combinaison."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.55", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "Les travaux de restauration et d'embellissement qui s exécutent à 1 inté-\nrieur de la salle ne seront pas terminés avant deux mois.\nLes propriétaires de 1 immeuble consacrent 200,000 francs à ces lépara-\ntions. Tout le mobilier sera renouvelé; des glaces seront placées dans les\nloges. La restauration du plafond, confiée à M. Robecchi, coûtera 6,000 fr,\nenviron.\nRien ne sera épargné enfin pour rendre le Théatre-Italien aussi splendide\nque confortable.\nL'Opéra-Comique va nous donner douze débuts pendant les for!es\nchaleurs.\nTénors, barytons, basses, soprani, contralti, toutes les voix y passeiont.\nTous ces artistes débuteront dans le vieux répertoire, que la direction est\nobligée de rejouer en entier, pièce par pièce, pour ne pas peidre le mono-\npole de leur représentation.\nLes Trois Souhaits, tel est le titre d'un acte de M. Jules Adenis, musique\nde M. Poise, lu ces jours derniers à la salle Favart, et dont les rôles ont\nété distribués à Neveu, Nathan, Mesdames Ducasse et Nadaud.\nLe jugement qui a condamné M. Ruelle dans son affaire avec Mademoi-\nselle Daram, déclare résilié l'engagement de cette excellente artiste, dont\nnous serons privés l'hiver prochain à l'Athenée. Ce théâtre rouvrira ses\nportes le 3o septembre. La première affiche se composera de la reprise du\nBijou perdu, d'Adam, et d'un opéra-comique, en un acte, intitulé : Dufrény ,\nparoles de M. Paul Saunière, musique de M. Armand Roux.\nMademoiselle Douau, une jeune chanteuse qui faisait partie de la troupe\ndu Théâtre-Lyrique sous la direction Martinet, et qu'on avait remarquée\ndans Sylvana, vient d'être engagée par M. Offenbach.\nLe compositeur Edouard Lalo, l'auteur de Fiesque, achève la partition\nd'un ouvrage considérable en trois actes et cinq tableaux, dont le titre\nest : Savonarole.\nLe poème est de M. Armand Silvestre, et le scénario de M. Gaston Klein.\nMM. Ernest Dubreuil et Louis Gallet collaborent en ce moment au\nlivret d'un grand opéra en cinq actes, dont la musique sera faite par\nM. J. Massenet, auteur de Don César de de Marie-Madeleine et\ndes chœurs antiques des Erinnyes.\nLe titre de cet ouvrage sera : Tristan de Léonois. Le sujet est tiré de\nnos vieilles chroniques bretonnes.\nCet opéra sera terminé avant la fin de l'année ;il destiné à i Académie\nnationale de musique.\nBRUXELLES. La saison du théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles,\ncommencera du ier au i 5 septembre prochain.\nParmi les artistes engagés par le directeur, M. Campocasso, nous remar-\nquons : MM. Warot, Echetto, Mesdames Battu et Hamakers.\nANVERS. On prépare à Anvers de grandes fêtes pour le voyage de leurs\nMajestés Belges."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.56", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "Le théâtre organise une représentation de gala dont notre répertoire\nfera les frais : on jouera, en effet, le Roi Va dit avec tous les artistes qui Font\ncréé à l'Opéra-Comique, sauf M. Lhérie qui sera sans doute remplacé par\nM. Nicot.\nM. Delibes doit conduire l'orchestre.\nT ONDRES. Le Messie, de Haendel, vient d'être exécuté à l'Albert-Hall,\nLondres, devant plus de huit mille auditeurs, sous la direction de\nLesbie.\nMadame Christine Nilsson-Rouzeaud a été acclamée. Le célèbre ténor\nanglais Sims Reeves, la basse Agnesi, mesdames Trebelli et Marie Rose ont\ncontribué à l'excellent ensemble de l'interprétation.\nOn a joué enfin jeudi au théâtre de Covent-Garden la tant promise\nversion italienne des Diamants de la Couronne.\nGrand succès, mais on trouve la pièce trop longue. On y a ajouté, en\neffet, des récitatifs on ne peut plus ennuyeux et qui jurent étrangement\navec la musique d'Auber.\nMademoiselle Desclée a pris sa part dernièrement comme organiste et\ncomme cantatrice, à un concert où ont paru entre autres Gounod et\nGapoul.\nElle a, dit-on, peu de voix, mais un goût exquis. Quant à son talent sur\nl'orgue, il est de premier ordre.\nPour ceux qui ne connaissent pas cette charmante artiste, cela est nou-\nveau ; mais tous ceux qui l'ont connue alors qu'elle était encore au Vaude-\nville, se souviennent des soirées agréables qu'ils ont passées dans le foyer\ndes artistes, où mademoiselle Desclée jouait sur le piano les œuvres des\ngrands maîtres, en artiste d'un réel talent.\nA ce moment-là, elle avait une plus grande réputation de musicienne que\nde comédienne.\nLe prince Joseph Poniatowski se disposait à partir pour l'Amérique, où\nil était engagé comme chef d'orchestre par Ullmann, lorsqu'il fut atteint de\nla maladie qui l'a enlevé.\nLe prince Poniatowski descendait de Stanislas 11, dernier roi de Pologne,\net était né à Rome le 20 février 1816. Il avait eu pour premier maître de\nmusique Candido Zanotti, et plus tard il avait étudié le contrepoint à Flo-\nrence, sous la direction de Ceccherini. Il ne tarda pas à tirer bon parti de\ncette éducation : son premier opéra représenté fut Giovanni da Procida, sur\nle théâtre particulier de lord Standish, à Florence ( 1838). L'exécution en\nétait tout aristocratique : le prince lui-même chantait le rôle du ténor; son\nfrère, le prince Charles, celui du baryton; et la femme de ce dernier, la prin-\ncesse Elisa, la prima donna. Ce n'était pas son coup d'essai comme chan-\nteur, car il s'était produit déjà sur deux scènes : au théâtre del Giglio de\nLucques et àla Pergola de Florence. Giovanni da Procida fut immédiate-\nment donné à Lucques avee la Strepponi, Musich et Georges Ronconi, puis\nà Florence, avec la Ungher et les deux artistes précédents. On y applaudit\ndes morceaux remarquables. Il écrivit ensuite Don Desiderio, qui eut du\nsuccès (1839), Ruy-Blas ( 1848); Bonifacio de Geremei (1844), la Esméralda^"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.57", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "d abord exécutée dans la grande salle des Cinq-Cents de Florence, puis au\nthéâtre Léopoldo de Livourne (1847); I Lambert ( 1845), Malek-Adel\n(1846), La Sposa d Abido : Pierre de Medîcis (mars 1860), considéré comme\nson meilleur ouvrage \\ Au travers du mur et Y Aventurière, au Théâtre-Ly-\nrique , la Contessina, aux. Italiens, et enfin, Gelmina, grand opéra en trois\nactes, à Covent-Garden (1872). Il a aussi composé quelques messes.\nLa famille Poniatowski était fort bien douée 5 c'est elle qui avait créé la\nEsméralda, avec Madame de Giuli-Borsi.\nAu printemps de 1831, le prince Joseph, sa belle-sœur la princesse Elisa\net son frère Charles chantèrent la Lucrèce Borgia, de Donizetti, au Théâ-\ntre du Casino, à Bologne.\nJoseph Poniatowski a rempli diverses fonctions diplomatiques: il a été\nministre de Toscane en France. Il était sénateur de l'Empire; depuis la\nchute de ce gouvernement, il habitait Londres où il vivait du fruit de ses le-\nçons en ville.\nLEIPZICK . On vient de fonder à Leipzick une école dramatique sous le titre\nd'Académie théâtrale. Le but exclusif de cette institution est de former\ndes élèves aptes à monter sur les planches, pour y jouer le drame littéraire ou\nmusical. Le programme d'éducation comprend outre les exercices spéciaux :\nl'histoire du théâtre, l'histoire et la théorie de la musique et de l'opéra, l'art\nde la représentation dramatique, l'histoire du costume, la dramaturgie et la\nlittérature théâtrale. Pour être admis dans cette école, il faut prouver qu'on\npossède les connaissances nécessaires pour aborder l'enseignement supérieur\nqu'on se propose d'y donner.\nVIENNE. Les deux ouvrages désignés pour être exécutés à Vienne devant\nle czar de Russie étaient Lohengrin et Mignon. Sur la demande expresse\nde l'illustre voyageur, le premier de ces opéras a été remplacé par le Faust\nde Gounod. •\nSAINT-PÉTERSBOURG. —La société impériale russe de musique met au con-\ncours une partition d'opéra. Le libretto proposé avait été choisi par feue\nla grande-duchesse Hélène Pawlowna, et écrit, d'après ses indications, par\nle poète Polousky; il a pour titre : Vakoula le forgeron, et est emprunté à\nla nouvelle de Gogol, la Nuit de Noël.\nUn premier prix de 1,500 roubles et un second de 500 ont été mis à la\ndisposition de la Société par la duchesse, pour les deux meilleures œuvres\nprésentées.\nLes partitions devront être orchestrées et réduites au piano.\nLes concurrents ont jusqu'au ier août 1875 pour remettre leurs par-\ntitions, et le jugement du jury sera publié au plus tard le ier novembre\nsuivant.\nLe programme ne dit pas si les musiciens de tous les pays sont admis au\nconcours et si l'œuvre sera représentée.\nT) ARCELONE. La Société 11 fomento de las Artes publie le programme du\nConcours musical qu'elle prépare pour le mois d'août, et pour lequel elle\norganise une série de récompenses à distribuer aux auteurs des diverses"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.58", "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "œuvres, parmi lesquelles on réclame\nespagnole, composé pour voix d'hommes, et une\npopulaires espagnols.On vient de fonder dans cette ville une\nner , ayant pour but d'étudier et de propager les compositions du maître\nallemand. Une autre Société de quartettistes, récemment établie à Alicante,\nse propose d'y répandre la musique classique allemande, vocale et ins-\ntrumentale.\nLes journaux italiens de tout format et de tous genres constatent\nunanimement l'éclatant succès obtenu par la Galetti dans ÏOlema du\nmaestro Pedrotti au théâtre del Verme, de Milan. La Galetti est une artiste\nhors ligne et quasi-populaire en Italie, ce qui n'empêche que le Théâtre-\nitalien de Paris ne se soit aucunement soucié de nous la faire entendre.\nNous lavons vue dans la Favorite à la Pergola de Florence : c'est la plus\nsplendide Léonora qui soit.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c046", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "96", "image_debut": 58, "image_fin": 58, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.22.2", "titre_corps": "Propriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD.", "titre_sommaire": "Propriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.58", "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "Propriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-07-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-07-15_01#c047", "volume": "bmtnabc_1873-07-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.2.23", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 547, "texte": "PAR PRIVILEGE\nDU RO Y.\nEt par Permiffion de M. le Lieutenant General\nde Pol\nL'OPERA COMIQUE\nDOnnera aujourd'huy Jeudy premier Mars\n1725. la première Représentation des\nQUATRE MARIAMNES,\nPiece d'un Acte,\nprécédée de L'AUDIENCE DU TEMPS,\n& de PIERROT PERRETTE.\nLe tout orné de Divertiflemens et terminé par\nun Spectacle magnifique.\nC'ejt dans la grande Loge du Préau de la Foire S. 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On remplirait un livre des merveilles de la mythologie musicale ;\nje jette sur une page celles dont le souvenir me revient : notes éparses\nd'une symphonie fantastique qui mériterait un compositeur.\nDès l'aube de la Grèce, sur Pazur de la Méditerranée, les sirènes\n\nI.\n4"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\napparaissent, personnifiant les voix tour à tour caressantes et redou-\ntables des vagues. Les sirènes n'ont pas toujours été ces femmes à queue\nde poisson qui se tordent dans les arabesques de la poésie et de la sculp-\nture. Elles ont plané dans les airs avant de plonger dans les eaux. C'é-\ntaient des vierges aux ailes et aux pattes d'oiseau, des vampires à plumes,\nplus mélodieux que le rossignol. Homère nous les montre perchées, dans\nune île, sur les ossements des mariniers tombés dans leur piège, tandis\nqu'Ulysse, attaché au mât de son vaisseau, se tord voluptueusement\ndans ses liens de chanvre, en écoutant leurs chansons. C'est ainsi en-\ncore qu'elles figurent dans les bas-reliefs qui représentent leur dispute\navec les Muses. Vaincues dans le défi poétique qu'elles osèrent porter\naux filles de Jupiter, elles se débattent entre les mains de marbre des\nvierges victorieuses. Celles-ci les foulent d'un pied tranquille et, sans\nhaine, sans colère, avec l'impassible lenteur de prêtresses dépeçant les\nchairs d'une victime, elles plument gravement leurs ailes palpitantes.\nPlus tard, la sirène se fit poisson jusqu'à mi-corps. C'est sous cette\nforme nouvelle qu'elle flotte dans les chants des poètes et dans les tradi-\ntions populaires. Les froides et coupantes écailles qui terminent son\ncorps virginal figurent les déceptions de la volupté. Elles personnifiaient\nsans doute aussi, dans le symbole antique, les mystères et les perfidies\nde la mer.\nAprès la chute du paganisme et la disparition de ses dieux, la sirène\nreparaît furtivement dans les mers du Nord, sous le nom de Nize ou\nd'Ondine. Le moyen âge l'a délivrée de la gaine squammeuse qui lui\nmontait jusqu'aux hanches : l'Ondine est femme de la tête aux pieds.\nElle a hérité de ses aïeules païennes le goût et le prestige des séductions\nmusicales. C'est en chantant qu'elle attire les jeunes pêcheurs dans ses\nbras humides. En chantant, elle se montre aux hommes et s'ébat gaî-\nment sur les flots.— Une ballade Scandinave raconte qu'un enfant aper-\nçut un jour une Ondine assise sur un rocher du Seeland, qui chantait\nen peignant au soleil ses longs cheveux d'or. Il lui cria méchamment :\nce O mauvaise Nize, pourquoi chantes-tu? Ne sais-tu pas que tu es\n« damnée? » La pauvre fée se tut et se mit à pleurer. L'enfant courut\nraconter ce qu'il avait fait à son père, qui était prêtre ; mais le père le\nréprimanda sévèrement. « Tu as péché, lui dit-il, contre l'Esprit des\n« eaux ; car ni lui ni ses semblables ne seront damnés. Retourne au-\n« près de lui, console-le, et dis-lui que le Sauveur vit aussi pour lui. »\nL'enfant retourna bien vite au bord de la mer et rapporta les paroles du\nprêtre à l'Ondine, qui reprit sa chanson d'une voix joyeuse et recon-\nnaissante,,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.3", "texte": "LÉGENDES MUSICALES.\n\nEn Suède, le Niz, connu sous le nom de Strom-Mann, est un musi-\ncien renommé ; il exécute pendant certaines nuits un air de danse en-\ntraînant, à onze variations, mais les hommes ne peuvent en danser que\ndix. La onzième étant réservée aux esprits nocturnes, si un musicien\nimprudent s'avisait de la jouer, les tables et les bancs, les cruches et les\ncoupes, les vieillards et les grand'mères, les aveugles et les paralyti-\nques, même les enfants au berceau, tout se mettrait à danser.\nChaque instrument a sa légende gracieuse ou sinistre, propice ou néfaste.\nLa Bible a ses trompettes de Josué ajustées sur les murs de Jéricho, et\nvomissant sur eux des cris plus terribles que les projectiles des balistes et\ndes catapultes. Le Livre des Rois nous montre encore la harpe de David\napaisant la frénésie de Saul. Dans le monde antique, la lyre d'Orphée\napprivoise les tigres et civilise les barbares. Celle d'Amphion fait mouvoir\nles pierres qui, d'elles-mêmes, se juxtaposent en cadence et forment les\nremparts de la ville de Thèbes. La lyre de Timothée arrache Alexandre de\nla tente où il repose, accoudé sur l'épaule d'Ephestion ; elle le transporte\ndans un combat imaginaire. Le roi s'élance sur ses armes, il appelle En-\ncéphale, et fond, Pépée levée, sur des ennemis invisibles... L'artiste change\nde corde, il assoupit le rhythme guerrier qu'excitaient ses doigts dans la\nmollesse du mode ionien. Alexandre sourit, le glaive s'échappe de ses\nmains; il retombe sur son lit de pourpre, et commande un sacrifice aux\nMuses immortelles.\nCes belles allégories delà puissance musicale reparaissent, défigurées,\nmais encore singulièrement expressives dans les mythologies et les\ncontes du Nord. Quand Wainamonen, le dieu Finnois, joue de la\nharpe, la nature devient tout oreilles. Les bêtes des forêts accourent,\nles oiseaux perchent sur ses épaules, les poissons, pressés le lcng du\nrivage, Técoutent de leurs ouïes béantes. Alors le dieu se réjouit; des\nlarmes de joie jaillissent de ses yeux, tombent sur sa poitrine, sur ses\ngenoux, de ses genoux sur ses pieds, et mouillent ses huit robes et ses\ncinq manteaux.\nLe cor de Roland est héroïque et superbe, quand le preux, en détresse\ndans les gorges de Roncevaux, y souffle avec un si furieux effort que le\nsang jaillit de sa bouche, et que sa tempe en éclate. Son cri désespéré\nperce les rochers ; c'est comme un râle qui fend l'air, il va frapper à trente\nlieues de là l'oreille de Charlemagne, qui y sent passer l'âme du héros.\nLe cor d'Obéron est moqueur, comique et fantasque, comme il sied à\nl'instrument du roi des Elfes folâtres ; tous ceux qui l'entendent sont\naussitôt forcés de danser. Qui ne se rappelle le chevalier Huon, du\npoème de Wieland, surpris par un calife aux pieds de sa fille, la belle"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nRezzia. Tous deux sont condamnés au bûcher; mais au moment où la\nflamme s'allume, Huon porte à ses lèvres le cor magique dont Obéron\nlui a fait présent. Au premier son, le vertige s'empare de la ville entière :\nagas et imans, eunuques et muphtis, pachas à trois queues et derviches\nà bonnets pointus se mettent à tourner, comme les « Turcs dansants »\ndes ballets de Molière. Le supplice se change en une immense farandole\nqui tournoie autour du bûcher.\nEn Norwége, le génie Fossegrim enseigne le violon à qui, dans la\nsoirée du jeudi saint, lui sacrifie un bouc blanc et le jette, en détour-\nnant la tête, dans la cascade qui coule vers le Nord. Il étreint la main\ndroite de son disciple et la promène sur les cordes de l'instrument, jus-\nqu'à ce que le sang lui sorte des ongles, Dès lors, l'apprenti est passé\nmaître, son violon ensorcelé fera danser les arbres et suspendra le courant\ndes eaux.\nEn 1284, la plaie des rats qui frappa l'Egypte s'abattit en .Hanovre\nsur la petite ville de Hameln. Un homme vêtu d'un costume bizarre se\nprésenta aux magistrats et s'engagea, moyennant une somme convenue,\nà purger la ville du fléau. Le marché conclu, il tira de sa poche une\npetite flûte et joua un air sifflant et bizarre, au son duquel tous les rats\nsortirent de leurs trous, de leurs fentes, d'entre les pavés, et s'allongèrent\nen un long, trou peau fourmillant derrière l'enchanteur. Comme un pâtre\nmène son troupeau, il les conduisit tranquillement à la rivière où ils se\nnoyèrent en musique. Les rats détruits, la ville refusa au musicien son\nsalaire. L'homme ne dit rien et sséloigna, mais l'année suivante il re-\nvint, le même jour, au coup de midi; il avait changé contre un vêtement\nnoir son habit diapré, et il était coiffé, jusqu'aux sourcils, d'un chapeau\nrouge couleur de sang, Arrivé au milieu de la ville, il tira une flûte\nfaite autrement que la première, et se remit à jouer. Tous les enfants,\ngarçons et filles, ceux qui marchaient encore en lisière, sortirent des\nmaisons au sinistre appel; ils le suivirent à la file, de toute la vitesse de\nleurs petites jambes, comme un essaim d'oiseaux fascinés par le siffle-\nment d'un serpent; il les mena jusqu'au pied d'une montagne qui\ns'ouvrit et se referma derrière eux. Depuis, on n'en a jamais plus\nentendu parler.\nLe tambour joue aussi un grand rôle dans la magie musicale.\nCelui des sorcières thessaliennes faisait descendre la lune sur la terre.\nLe tambour des sorciers lapons fait sortir l'âme du corps comme d'une\ntente, et l'envoie dans les pays étrangers, au pas accéléré du rêve.\nLes cloches chrétiennes exorcisent les mauvais génies, aussi les détes-\ntent-ils cordialement. Une tradition allemande raconte qu'un Ko-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.5", "texte": "LÉGENDES MUSICALES.\n\nbold, furieux de voir se dresser un clocher dans le village où il nichait,\ndonna une lettre à un paysan, en le priant de la jeter dans le tronc de\nl'église. Le rustre, curieux, la tournait et la retournait en chemin, lors-\nqu'il vit quelques gouttes sortir du cachet. La lettre s'ouvrit, et il en\njaillit d'abord une grande pluie, puis des cascades et des cataractes.\nL'homme inondé eut à peine le temps de se sauver à la nage. Le mé-\nchant esprit, pour submerger l'église, avait enfermé tout un lac dans\nson billet doux. Ce lac couvrit une immense prairie ; on le voit encore\nprès de Kund. Un poète verrait, dans cette légende, un symbole mé-\nlancolique. Que de lettres qui, lorsqu'on les ouvre, font répandre des\ntorrents de larmes !\nLes sorciers et les démons ont également les cloches en horreur ; ils\nles appellent « des chiens qui aboient », Bellende-hunde. Au sabbat,ils\nne se servent que de petites clochettes pour parodier les cérémonies de la\nmesse. -« Je n'ay veu aucun tesmoin, ny sorcière qui desposat avoir\n« veu, au sabbat, de grandes cloches, » dit Pierre de Lancre dans son\nTableau de l'inconstance des mauvais anges et démons. Quand une\nsorcière suédoise passe devant un clocher, au galop de son manche à ba-\nlai, elle s'arrête pour en détacher la cloche, l'emporte par le battant et la\nlance dans les mers , en criant de sa voix d'orfraie : « Aussi peu mon\n« âme pourra jamais se rapprocher de Dieu que cet airain se transfor-\n(( mer de nouveau en cloche. » Le diable, lorsqu il transporte un ma-\ngicien parles airs, est contraint de le laisser choir au sonde 1 Ave Mai ia.\nGoethe, en sa qualité de païen, haïssait les cloches ; leur tintamarre\nmélancolique agaçait ses oreilles de marbre, conformées pour les rhyth-\nmes arrondis et purs.. C'est lui qui parle, dans son poème, loisque\nFaust, parvenu au comble de la science et de la vieillesse, s'impatiente\nd'entendre, de la terrasse de son haut donjon, sonner la cloche d une\nchapelle voisine. « Maudite sonnerie qui me blesse au cœui, honteuse-\n« ment, comme un coup de feu tiré dans les broussailles !... Le tinte-\n« ment de la petite cloche, l'odeur des tilleuls m'enveloppent comme\n« dans l'église et la sépulture. » A quoi Méphistophélès répond : « Qui\na pourrait le nier ? A toute noble oreille la sonnerie des cloches tépu-\n« gne. Et ce damné bim, baum, bimmel, qui charge l'atmosphère du\ncc soir, se mêle à tout événement, depuis le premier bain jusqu'à 1 enter-\n« rement ; comme si entre bim et baum, la vie n'était qu un vain\n« songe. «\nMais voici, depuis une tradition recueillie dans la Hesse par les frè-\nres Grimm, l'instrument le plus merveilleux du magique orchestre. -\nUn frère tue son frère à la chasse, il enfouit le cadavre sous l'arche d'un"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npont, et son crime avec. Les années se passent. Un jour, un pâtre, tra-\nversant le pont avec son troupeau, voit reluire en bas un osselet blanc\ncomme l'ivoire, il descend, le ramasse, et en taille une embouchure\npour sa cornemuse. Lorsqu'il en joue ensuite, l'osselet, à son grand\neffroi, se met à chanter de lui-même :\n« sur un de mes os, mon frère m'a assassiné, et m'a enseveli sous\n« le pont. » Le berger, terrifié, porte sa cornemuse au roi : le roi l'ap-\nproche de ses lèvres, et l'osselet reprend son refrain : « O mon cher roi.\n« tu joues sur un de mes os, mon frère m'a assassiné, et m'a\n« enseveli sous le pont. » Le roi ordonne que tous ses sujets essaient\ntour à tour l'instrument délateur. De bouche en bouche, la cornemuse\narriva à celle du fratricide, et aussitôt elle chanta :\n« tu joues sur un de mes os, c'est toi qui m'as assassiné. » Et le\nroi fit conduire le meurtrier au supplice. N'est-ce pas une fantaisie\ndigne de l'imagination de Shakspeare que celle de cet os qui chante ven-\ngeance, comme si le dernier soupir de la victime y soufflait encore ?\nUne autre conception d'une originalité saisissante est celle de ce chant\nindien, composé par le dieu Mahédo et sa femme Parbutea, dont la fer-\nveur était telle qu'il consumait ceux qui le chantaient. L'empereur\nAkbar ordonna un jour à l'un de ses musiciens, nommé Naik-Gopaul,\nde lui chanter cette mélodie, en restant plongé jusqu'au cou dans les\neaux de la Jumnah. A peine eut-il entonné l'hymne incendiaire, que son\ncorps lança des flammes et tomba en cendres.\nN'est-ce pas là un sublime emblème de l'idéal brûlant ses poètes, du\ntrépied dévorant ses prêtres. Byron, Shelley, Léopardi, Alfred de Musset,\nMalibran, si la flamme de l'inspiration resplendissait comme les feux\nvisibles, quels bûchers antiques auraient égalé vos tombeaux !\n\nPAUL DE SAINT-VICTOR."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.7", "texte": "ESQUISSE HISTORIQUE\nSUR LA PRESSE MUSICALE\nEN FRANCE\n\nF2e article.)\nES Tablettes de Polymnie firent leur apparition en\njanvier 1810, sous la direction de A. Garaudé. On ne\ns'attachait dans ce journal qu'à rendre compte des\nconcerts et des opéras représentés sur les divers théâ-\ntres de Paris, A part quelques rares exceptions, les\njugements exprimés dans ces articles sont empreints\nd'un parti pris évident et dégénèrent parfois en diatribes les plus\ninjustes et les plus insensées. On se fera une opinion certaine des idées\nqui présidaient à la rédaction des Tablettes de Polymnie, en lisant ces\nquelques lignes consacrées à Mozart à propos des Noces de Figaro\n(5 nov. 1810). « Les Allemands écoutent cette musique avec beau-\ncoup de plaisir. Les auditeurs français sont comme des échappés de\nCharenton s'écriant : Ah! que cela est superbe! Ah! que cela est\ndivin! Les Italiens, en général, trouvent cette musique médiocre pour\nl'effet ; lorsqu'ils y découvrent un chant aimable, conforme à leur mélodie\nnationale, ils maudissent à Pinstant les clarinettes, flûtes, hautbois, et\ntoute l'harmonie venteuse, qui vient troubler leur jouissance en cou-\nvrant et dénaturant la pureté et l'intention primitive de la phrase musi-\ncale.... Nous nous bornerons seulement à répéter l'opinion que nous\navons déjà émise plusieurs fois : Mozart est (après Haydn) le premier\nde tous les grands compositeurs... »\nC'est surtout contre Méhul que la coterie qui dirigeait les Tablettes\nde Polymnie s'acharna avec le plus de violence. On disait bien que la"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nVestale de Spontini « était impurement écrite et que l'examen de la\npartition faisait vraiment de la peine », mais quand il s'agissait des œu-\nvres de Méhul, le mauvais vouloir et la méchanceté devenaient plus que\ntransparents. Qu'on en juge par ce début de l'analyse d'une cantate à\nlaquelle Méhul, Cherubini et Catel avaient collaboré. « L'introduction,\nd'un caractère bruyant, énergique, est d'une touche mâle et vigoureuse;\nles timbales, les trombones, toute la bruyante famille se mêlent très\nbien au son aigu d'une petite flûte destinée sans doute à peindre le\nsifflement des vents, mais qui imitait tellement un véritable sifflet que\nnous avons cru un instant que quelque audacieux perturbateur osait\njoindre son improbation aux applaudissements accordés à cette compo-\nsition due àla plume savante de M. Méhul » (20 juillet 1811). Cette\nplaisanterie, empruntée au Maître de Chapelle de Paër, était cependant\nune critique très adoucie quand on la compare à la diatribe lancée con-\ntre Joseph, lorsque cet ouvrage fut proclamé par l'lnstitut comme\nFopéra-comique le plus digne du prix décennal. Ce fut un véritable\ndéchaînement passionné, une négation absolue de la valeur du chef-\nd'œuvre de Méhul. La mesure était cette fois si comble que l'excellent\net honnête Gossec, ne pouvant maîtriser son indignation, protesta autant\nque la chose lui était permise en écrivant aux impudents rédacteurs de ne\nplus lui adresser les Tablettes de Polymnie auxquelles il était abonné.\n« Aujourd'hui, leur écrivait-il, je rencontre dans votre journal des arti-\ncles diffamatoires, dirigés contre des ouvrages admirés de toute l'Eu-\nrope, et déprisés ici par quelques misérables pygmées en fait de musique ;\ndes articles, dis-je, enfantés sans doute par l'ignorance ou par un esprit\nde parti, et peut-être par un motif plus puissant que je n'ose interpréter.\nJe vous prie de faire disparaître mon nom de celui de vos abonnés, et\nde vous dispenser de m'envoyer vos Tablettes, que je ne veux plus rece-\nvoir. Disposez en faveur de quelque malheureux, ou comme il vous\nplaira, du reste de l'argent de mon abonnement ; j'en fais absolument\nl'abandon. »\nCette démonstration très digne, et aussi honorable pour son auteur que\npour celui qu'elle défendait, fut insérée dans le journal, mais les direc-\nteurs crurent devoir la faire suivre d'une longue réponse dans laquelle\nils se targuent de bonne foi et s'efforcent sans y réussir de proclamer la\npureté de leurs intentions. Ils eurent beau dire « que les progrès de l'art\nmusical et le désir d'écraser toute faction qui voudrait les entraver seraient\ntoujours leur but, » on vit bien où ils voulaient en venir, et personne\nne se méprit sur la signification de ces attaques aussi révoltantes que\nmaladroites. C'était l'ancienne querelle de quelques musiciens contre les"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.9", "texte": "LA PRESSE MUSICALE EN FRANCE\n\nmembres du Conservatoire qu'il s'agissait de raviver (Lesueur était un\nami delà maison); mais cette querelle qui avait donné lieu à tant de\nbrochures, une dizaine d'années auparavant, était jugée depuis longtemps,\net le public, en y restant indifférent, témoigna de son peu de sympathie\npour ces journalistes très justement stigmatisés par Gossec.\nOn voit ce qu'il faut penser des appréciations musicales contenues dans\nle journal de Garaudé ; cependant l'historien doit consulter ce recueil,\nnon-seulement pour apprendre comment on y pratiquait la critique\nmusicale en 1810, mais encore pour les faits qui y sont mentionnés.\nPresque tous les articles ne sont signés que d'une initiale; on sait\ntoutefois que l'ltalien Cambini, que nous avons déjà vu collaborer à la\nCorrespondance des musiciens, en fut un des principaux rédacteurs;\nil est même à peu près certain que les articles les plus virulents sont dus\nà sa verve caustique, à son esprit aigri et mécontent.\nLes Tablettes de Polymnie cessèrent de paraître en octobre 1811.\nOn voit dans la Bibliographie musicale (in-B°, 1822) la mention\nsuivante concernant une publication que nous n'avons pu nous pro-\ncurer. « V Indicateur musical français et étranger ; ce journal a paru\ndeux fois par semaine pendant les mois de juillet, août et septembre 1819.\nL'éditeur était M. César Gardeton. » A en juger par les autres publica-\ntions de cet amateur, l'ordre ne devait guère régner dans son journal,\nlequel très probablement n'était qu'une espèce de catalogue de la musique\nnouvellement publiée. L'idée fut reprise quelques années plus tard, en\n1825, par le Journal général d'annonces des œuvres de musiquey gra-\nvures, etc., etc. Lancé par Dutertre et Fayet, ce journal modifia son\ntitre plusieurs fois pendant les trois premières années et finit, au mois de\njuillet 1827, par prendre celui de Pantographie, journal général d'an-\nnonces d'objets d'art, etc., etc. On y trouve, surtout dans le troisième\nvolume de 1827, de courtes biographies d'un grand nombre de musiciens\net quelques petits articles sur la musique. Adrien de la Fage, qui n'était\npas encore bien fixé sur le pseudonyme qu'il devait choisir et qui signait\nalors : J. Adrien Lafasge, fut le rédacteur de presque toutes ces notices\nsur la musique.\nLes tentatives faites jusqu'ici pour établir la presse musicale en\nFrance furent, on le voit, à peu près infructueuses. Cet insuccès, causé\npar l'indifférence du public d'alors et des musiciens eux-mêmes pour les\nécrits sur la musique, n'a rien qui doive surprendre et s'explique\nnaturellement par l'ignorance en matières musicales des journalistes qui\nrendaient compte des œuvres nouvelles., soit dans les feuilles spéciales,\nsoit dans les autres journaux. L'insignifiance de leur raisonnement, et"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nleur critique qui portait à faux presque toujours, devaient, en effet, rebu-\nter les esprits les mieux disposés à s'instruire. Plusieurs écrivains, il est\nvrai, comme Ginguené et Framery, doués de connaissances musicales\nrelativement suffisantes, ont laissé quelques travaux estimables, mais\naucun d'eux ne sut présenter ses idées sous une forme attrayante et\nn'eut assez de talent pour s'imposer à ses contemporains en les amenant\nà prendre goût aux études historiques et critiques de l'art des sons. Si\nplus tard Castil-Blaze sut se faire remarquer dans un journal en y par-\nlant de la musique en toute connaissance de cause, il n'en faut pas\nmoins reconnaître que les feuilletons du Journal des Débats (1820), ne\nparaissant que de loin en loin, n'eurent qu'une influence assez limitée.\nIl n'en fut pas de même des écrits de Fétis, qui acquit de suite une\ncertaine notoriété par la publication de sa Revue musicale (1827), et qui\npeut justement être considéré comme le fondateur de la presse musicale\ndans notre pays.\nInstruit par les publications de ses devanciers français et étrangers, le\nbibliothécaire du Conservatoire sut asseoir du premier coup les assises\nde l'œuvre qu'il entreprenait. En effet, ses premiers volumes sont in-\ncontestablement les meilleurs. Doué d'une faculté de démonstration\nrare, jouissant, sous des dehors calmes et réservés, d'un style entraî-\nnant, Fétis possédait surtout au suprême degré le don de la clarté. Sa-\nchant s'assimiler, en les développant à sa façon, les travaux de ses pré-\ndécesseurs, il eut le mérite de tout présenter à ses lecteurs avec un ton\npersuasif et convaincu. La grande variété des sujets qu'il traitait trouvant\nforcément des lecteurs auxquels ces sujets plaisaient, il eut de suite des\nadeptes. Artistes, littérateurs et amateurs s'empressèrent d'applaudir, et\nsi plus tard les plus chauds admirateurs du maître durent en rabattre\nquelque peu en regard de ses nombreuses erreurs, de ses partis pris\nquand même, et de ses négligences par trop fréquentes, la littérature mu-\nsicale n'en a pas moins grandement profité de l'élan donné.\nNous espérons reprendre un peu plus tard la continuation de ces notes\nhistoriques sur la presse musicale ; poursuivant nos recherches qui em-\nbrassent plus de quatre-vingts journaux jusqu'à nos jours, nous étudie-\nrons les progrès incessants qui s'y réalisèrent, et dont la Revue musicale\nde Fétis, malgré ses imperfections, fut réellement le point de départ.\n<•\n\nER. THOINAN."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.11", "texte": "LA PRESSE MUSICALE EN FRANGE\n\nAPPENDICE BIBLIOGRAPHIQUE\nE. T.\nSENTIMENT D'UN HARMONIPHILE sur différens ouvrages de Musique, (Épig, « Amiens\nSocrates, et amieus Plato, magis arnica veritas, » ) Amsterdam, et se trouve à\nParis, Mars et Avril 1756, In-12 (2 numéros de 84 pages).\nJOURNAL DE MUSIQUE historique, théorique et pratique sur la Musique ancienne et mo-\nderne, les Musiciens et les Instruments de musique de tous les temps et de tous les\nPeuples, Paris, in-8°, — ire période de Janvier à Avril 1870, — 2e période de Mai\n1770 à Avril 1771 (16 numéros de 80 pages).\nJOURNAL DE MUSIQUE, par une Société d'Amateurs, Paris, in-8\\ — 1773, 6 numéros,\n~ J774> 1 numéro, — x777> 5 numéros (ensemble 12 numéros de 80 pages).\nCORRESPONDANCE DES AMATEURS MUSICIENS, rédigé par le citoyen Cocatrix. Paris,\nin-8° et in-40 — ire année du 27 Avril 1802 au 3 Décembre i8o3 (53 numéros),—\n2E année, du ier Janvier au 29 Décembre 1804 (98 numéros). — 3e année, du 5\nJanvier au 20 Avril i8o5 (16 numéros).\nJOURNAL DE MUSIQUE et des Théâtres de tous les pays, par une société de Musiciens\net de Gens de lettres. (Épigr. « Utilité, Franchise,, Probité, » Paris, in-40. Du 22\nJanvier au 26 Février 1804 (8 numéros de 8 pages).\nLES TABLETTES DE POLYMNIE, journal consacré à tout ce qui intéresse Vart musical.\nParis, in-8E. De Janvier 1810 à Octobre 1811 (33 numéros de 16 pages).\nL'INDICATEUR MUSICAL français et étranger. Paris. Juillet, Août, Septembre 1819 (?).\nJOURNAL GÉNÉRAL D'ANNONCES DES ŒUVRES DE MUSIQUE, Gravures, etc. Paris, in-8°.\nIer numéro du 7 Janvier 1825 ."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.12", "texte": "CURIOSITÉS\nDES ARCHIVES DE L'OPÉRA\nLES ORIGINES DE L'OPÉRA-COMIQUE\n\nASTIL BLAZE, dans son histoire inédite de L'opéra-co-\nmique, fait remonter l'origine de ce genre de spectacle\nau Mystère d'Adam, drame anglo-normand écrit et\nreprésenté pendant le douzième siècle, et la raison qu'il\nen donne c'est que « les personnages du mystère de\na Wace chantent et parlent tour à tour, ce qui, dit-\n« il, va suffire d'abord pour constituer le genre de la comédie mêlée de\na chant. » A cela, avec sa verve méridionale, il ajoute une longue série\nd'invectives contre le genre de l'opéra-comique, contre le mélange du\ndialogue parlé et du chant qu'il considère comme deux langages incom-\npatibles, comme une hérésie, une immense et longue iniquité française\nque plusieurs n'ont pas craint de nommer spectacle national.\nSans entrer dans cette discussion, il nous suffira de faire remarquer\nque ce mélange du parlé et du chant s'explique tout naturellement quand\non se reporte aux circonstances au milieu desquelles l'opéra-comique a\npris naissance. Pour cela nous ne remonterons pas aux mystères. L'ori-\ngine de ce spectacle est résumée d'une façon à la fois plus modeste et plus\nexacte dans la préface de Y Histoire de Fopéra comique, par Des boul-\nin ier s . Il rappelle que le théâtre de la foire a commencé par des farces\nque les danseurs de corde mêlaient à leurs exercices; on joua ensuite des\nfragments de vieilles pièces italiennes au grand mécontentement des"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.13", "texte": "ARCHIVES DE L'OPÉRA\n\ncomédiens français qui firent défendre aux forains de donner aucune\ncomédie par dialogue ni par monologue. Les forains, devenus muets,\neurent alors recours à des écriteaux : l'acteur, pour se faire comprendre,\nles prenait dans une poche, les déroulait, les montrait au public, puis\nles remettait dans une autre poche. Bientôt on fit descendre les écri-\nteaux du cintre, ce qui donnait plus de liberté aux gestes des acteurs.\nL'orchestre jouait l'air et le spectateur chantait les couplets qui lui\nétaient présentés. Plus tard enfin les acteurs traitèrent avec 1 Opéra qui\nen vertu de ses privilèges leur accorda la permission de chanter. Lesage,\nFuzelier et d'Orneval composèrent aussitôt des pièces purement en vau-\ndevilles et le spectacle ainsi établi par l'autorisation de l'Académie Royale\nde musique à laquelle il payait une somme assez ronde, prit dès ce mo-\nment le nom d'opéra-comique. On mêla peu à peu de la prose ou des\nvers avec les couplets pour les mieux lier ensemble et voilà comment,\ndans les premières années du dix-huitième siècle, fut créée la comédie a\nariettes.\nPrenant naissance dans des loges d'acrobates, donnant ses représenta-\ntions à la foire Saint-Germain et à la foire Saint-Laurent, persécuté par\nla Comédie-Française qui faisait fermer et parfois détruire les loges, un\ntel théâtre, on le comprend, n'a pu laisser d'archives régulières. Le réper-\ntoire même est difficile à reconstituer. Que d'ouvrages n'ont jamais été\nimprimés! Où retrouver les scénarios de ces pièces a la muette, par écri-\nteaux, dont quelques exemplaires seulement existaient dans la bibliothè-\nque Soleinne? Les rapports des grands théâtres avec l'autorité supérieure\nont donné lieu à des correspondances ministérielles, à des vérifications\nde comptabilité dont les traces se retrouvent aujourd'hui dans les archi-\nves de la maison du roi. Rien de semblable pour les petits théâties, le\nplus précis de leur histoire ne s'est parfois conservé que grâce à leurs\nadversaires, et il est tel détail de leur organisation que lon ne îetiouve\nque dans les procès-verbaux dressés à la requête des Comédiens.\nL'homme qui a eu le plus de part à la création de 1 opéra-comique\nest Louis FUZELIER, né à Paris vers 1672, mort le 19 septembre Î 752.\nC'est lui, d'après le rédacteur du catalogue Soleinne, qui a fourni aux\nfrères Parfaict les renseignements à l'aide desquels ils ont rédigé leurs\nMémoires pour servir à Vhistoire des spectacles de la foirey par un\nauteur forain. Fuzelier s'occupait de réunir les matériaux, la plupart\nmanuscrits, d'un répertoire de ce théâtre, et le catalogue Soleinne men-\ntionne, sous le n° 336 des Écrits relatifs au théâtre, un état manuscrit\ndes pièces jouées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent depuis"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.14", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nl'année 1710, attribué à Fuzelier et portant des additions autographes\nde Pont de Vesle.\nParmi les nombreux documents relatifs à l'histoire du théâtre qui ont\nété dispersés il y a quelques années, lors de la vente Favart, nous avons\nété assez heureux pour acquérir une partie des notes et papiers de Fuze-\nlier relatifs à l'opéra-comique et aux théâtres de la foire : c'est à ces\nnotes autographes que nous allons emprunter quelques extraits.\nEt tout d'abord, Fuzelier nous apprend que c'est lui qui a été le par-\nrain de Vopéra-comique, qui, avant de porter ce nom, s'appelait la\ntroupe de Bel Air, la troupe d'Allard, au gré des entrepreneurs qui le\nconduisaient. Fuzelier nous dit aussi comment il fut amené à écrire\nun des premiers pour ce genre de spectacle.\n« J'ignorois complètement l'espèce bouffonne des spectacles forains et\nj'avois pour eux une antipathie fondée sur la prévention, lorsque l'abbé\nNadal entreprit de m'y faire travailler. Monseigneur le duc d'Aumont,\nqui a été ambassadeur en Angleterre, daigna se mêler de cette petite\nnégociation, ses conseils triomphèrent de mes scrupules. Je n'aurois pas\nhésité, si j'avois eu dès ce temps-là l'exemple de M. Lesage qui a prouvé\npar plus d'une pièce que de bons écrivains pouvoient s'occuper de ce\ntravail comique. La foire, alors persécutée par la Comédie-Françoise,\nne représentoit que par des écriteaux. »\nOn le voit, si Popéra a été introduit en France par l'intervention\nd'un cardinal, l'opéra-comique, à sa naissance, eut pour protecteurs un\nabbé et un ambassadeur.\nLe succès de ce spectacle fut prodigieux. En même temps que la\nComédie s'en alarmait, l'Opéra y vit une nouvelle source de revenus et,\ncomme on le sait, concéda moyennant une redevance le droit de\ndianter qui relevait du privilège exclusif de l'Académie Royale de Musi-\nque* Il ne faudrait pas croire que ces spectacles de la foire fussent\nfréquentés seulement par la bourgeoisie ou les artisans. Ici encore nous\nne pouvons mieux faire que de laisser la parole à Fuzelier.\n« En 1713 l'Opéra attendri par les malheurs et les écus de la foire lui\npermit de chanter des vaudevilles. La troupe de Bel Air dont les princi-\npaux acteurs étoient Baxter, Anglois ; Joli, Arlequin ; Saurin, Mezze-\ntin; Hamoche, Pierrot; et mademoiselle Maillard, Colombine enjouée,\ndébuta à la foire Saint-Laurent par VOpéra de campagne. La dernière\nreprésentation de cette pièce ne se fit, par ordre de la cour, qu'à minuit,\net le spectacle étoit plein dès midi* Monseigneur et madame de Berry,\naccompagnés de monseigneur le duc d'Orléans, depuis Régent, et d'un\ncortège de seigneurs et de dames de la plus haute qualité, l'honorèrent"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.15", "texte": "ARCHIVES DE L'OPÉRA\n\nde leur présence après avoir parcouru les divers amusements de la foire.\nIls avoient vu le même jour à l'Opéra la première représentation du\npremier ballet que j'y ai donné, intitulé : Les Amours déguisés (1).\nCes princes passèrent toute une journée aux spectacles qui les occupè-\nrent depuis cinq heures du soir jusqu'à plus de deux heures du matin.\nUs soupèrent à l'Opéra même sans sortir de leurs places entre le second\net le troisième acte. L'orquestre remplit cet intervalle, l'ambigu qui leur\nlut servi fut préparé dans la loge de Thevenard, acteur qui sera long-\ntemps regretté... »\nOn voit quels étaient les nobles hôtes de la foire. Fuzelier, qui rap-\npelle avec complaisance ses succès à l'Opéra, ne met pas moins de bon-\nhomie à parler de ceux de ses ouvrages qui furent moins heureux.\na Foire Saint-Laurent. 1714. La Coupe enchantée, en deux actes,\navec un prologue. Elle ne fut pas goûtée. Pour donner un exemple de\npatience poétique aux auteurs parodiés, je m'etois égayé dans le prolo-\ngue aux dépens d'un de mes opéras qui languissoit alors sur le théâtre\nde l'Académie Royale de Musique. M. d'Argenson le père, qui a primé\ndans tous les postes qu'il a remplis, etoit lieutenant de police. Il effaça\ntous les traits satyriques que je m'etois lancé moi-même, en disant\nque si mon opéra n'etoit pas heureux, il méritoit de l'être. On lui re-\nprésenta vainement que l'auteur de l'opéra Tetoit aussi de la parodie.\nEh bien, ajouta-t-il, je ne veux pas qu'il se critique. »\nArion, dont M. d'Argenson prenait ainsi la défense contre son au-\nteur, avait été représenté pour la première fois le mardi 10 avril 1714.\nLa musique était de Matho. D'après l'histoire manuscrite de l'Académie\nRoyale de Musique, par Parfaict (2), le hasard voulut que le jour même\nde la première représentation de cet opéra, un limonadier fit afficher :\nMARION VEND DE LA GLACE EN GROS ET EN DÉTAIL. Des personnes qui n'a-\nvaient pas été satisfaites de cette tragédie lyrique mirent du papier blanc\nsur la première lettre du nom du marchand de glace, de sorte qu'on li-\nsait dans tout Paris : ARJON vend de la glace en gros et en détail. Cette\nplaisanterie donna le ton au public, et Arion expira à la quatrième ou\ncinquième représentation.\nMême après avoir traité avec l'Opéra, les directeurs forains ne furent\npas toujours à l'abri des difficultés qui leur étaient suscitées. Plusieurs\nfois ils durent interrompre le cours de leurs représentations, et chercher\ndes expédients pour exploiter leur théâtre dans les limites étroites où on\nles renfermait.\n« En 1721, dit Fuzelier, le privilège de l'Opéra-Comique fut encore\n\n(i) 22 Août 1713. (2) Bibliothèque nationale. Manuscrits. Fr, 12 355 c"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nsupprimé àla sollicitation des comédiens François, et, pour éluder les\nordres de M. le Régent que je savois n'avoir accordé cette suppression\nqu'aux instances redoublées d'un seigneur qui protégeoit le fameux\nBaron rentré depuis peu à la Comédie-Françoise, j'imaginai pour la\nfoire Saint-Germain de 1722 le projet des Marionnettes étrangères et,\navec ces acteurs de bois on fit tomber Francisque qui jouait à la muette\ndans le même préau, et les comédiens Italiens qui donnèrent en concur-\nrence de Pierrot Romulus une autre parodie sur la même tragédie. »\nIl se trouvait parmi les papiers de Fuzelier plusieurs affiches des\nspectacles de la foire. Les pièces de ce genre sont des plus rares, et la\nChronique musicale a tenu à reproduire, en fac-similé, une affiche\nde TOpéra-Comique. Nous y joignons deux affiches de Marionnettes ;\nla première est celle du spectacle imaginé en 1722 par Fuzelier.\nPar permission du Roy et de Monsieur le lieutenant général de police\nLES MARIONNETTES ÉTRANGÈRES\nReprésenteront samedy prochain septième mars\nLE RÉMOULEUR D'AMOUR\nPièce nouvelle précédée du prologue de\nPIERROT ROMULUS\nOn commencera à six heures précises.\nC'est dans la loge du\"milieu du préau, vis à vis des murs de la foire.\n( Foire de S 4 Germain 1724)\nPar permission du Roy et de M. le lieutenant général de police.\nLES MARIONNETTES\nDE LA RUE DES FOSSEZ DE M. LE PRINCE\nobtenue la permission de PARLER, de CHANTER et d'exé-\nV-/cuter leurs divertissemens en voix naturelle.\nEn attendant une pièce nouvelle, elle continueront de donner leur\nPARODIE D'ATYS, qui n'a pas encore été entendue par le défaut de\nla précédente exécution en pratique.\nCette parodie sera précédée de la Danse de Corde et suivie des tours\nde souplesse surprenans du sieur John Riner, Anglois, et de son fils, âgé\nde quatre ans et demi.\nC'est au jeu de Paulme de la rue des Fosse% de M. le Prince atte-\nnant le passage de VHôtel de Condé.\nOn commencera à cinq heures précises."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.17", "texte": "PAR PRIVILEGE\nDU RO Y.\nEt par Permiffion de M. le Lieutenant General\nde Pol\nL'OPERA COMIQUE\nDOnnera aujourd'huy Jeudy premier Mars\n1725. la première Représentation des\nQUATRE MARIAMNES,\nPiece d'un Acte,\nprécédée de L'AUDIENCE DU TEMPS,\n& de PIERROT PERRETTE.\nLe tout orné de Divertiflemens et terminé par\nun Spectacle magnifique.\nC'ejt dans la grande Loge du Préau de la Foire S. Germain à droite\nen entrant du côte de la r'ùe de Tournon\nOn prendra aux premières Loges\n& fécondés Loges 40 fols, al'Amphiléâtre\nOn commencera à cinq heures précifes."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.18", "texte": "UNE LOGE A LA FOIRE\nd'après une eftampe du temps\nET FAC-SIMILE D'UNE AFFICHE\n(Archives de l'Opéra)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.19", "texte": "On sait que l'usage de la pratique,c'est-à-dire de ce petit instrument\nqui, de nos jours encore, sert à produire la voix de était une\ndes gênes imposées aux petits spectacles. Ils s'y résignaient, puis bientôt\nils parvenaient à faire lever la défense et exécutaient alors leurs pièces\nen voix naturelle.\nL histoire administrative de ces théâtres étant fort peu connue, nous\ncroyons devoir donner avec quelques détails l'état des dépenses de\nF Opéra-Comique, à son origine, en faisant observer que les recettes sont\névaluées à environ 1,000 francs par représentation.\nLes frais de la foire Saint-Laurent de 1789, tenue par le sieur de\nPonteau, montaient sans le prix du privilège à 15,642 francs.\nEn voici l'état :\nLe loyer de la loge. 1,600 fr*\nLe propriétaire se réserve le loyer du café.\nACTEURS.\nLes sieurs Drouillon. r\nSerigny, amoureux, T ?000\nL'Écluse. goo\nAutres acteurs. 600\nMlleb Delille. 1,000\nAngélique, 900\nLesage. 600\nBALLET.\nLe sieur de la Chaussée, maître de Ballet et danseur. 600\nMlle Tiget. 40a\nLes petits Michel frère et sœur, 500\n3 danseurs à 300 fr. ♦ * 0o\n3 danseurs à 200 fr. 600\nORCHESTRE.\nLe sieur Corrette, maître de musique. 500\n10 violons, à 3o sous par jour (pour 90 jours). i,350\nLuminaire. goo\nMachiniste, à 3 fr. par jour. 270\n3 garçons de théâtre à 20 sous chacun par jour. 270\nUn receveur du théâtre à 2 fr. par jour. 180\nUn receveur de l'amphithéâtre et du parterre, à 25 sous par\njour» 112\nSix placeuses, environ 300\nA l'Exempt, 5 fr. par jour,\n6 gardes, à 3o sous chacun par jour. 810\n15,642 fr.\n\n1.\nARCHIVES DE L'OPÉRA\n5"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.20", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nIl y avait encore d'autres frais, les droits d'auteur entre autres, sur\nlesquels Fuzelier nous donne les renseignements suivants :\n« On donne 5o francs par jour de représentation de leurs pièces, aux\nauteurs, depuis plus de vingt-cinq ans. Avant ce tarif-la, M. Lesage et\nmoi nous avions chacun 2,000 francs par foire pour entretenir ensemble\nun seul théâtre de pièces infiniment plus aisées à faire que celles d'a-\nprésent. On se servoit alors de tous les débris du vieux théâtre Italien\net la foire Saint-Laurent étoit plus courte de quarante-deux jours. »\nA ce compte de 5o fr. par jour, c'est un chiffre de 4,500 fr. pour les\nauteurs qu'il convient d'ajouter aux 15,642 fr.\nCe chiffre semblait un peu élevé, à ce qu'il paraît, car dans une autre\nnote relative aux arrangements à prendre au sujet de la régie de l'Opéra-\nComique pour le compte de l'Académie Royale de musique, après avoir\nindiqué MM. de Boissy, Panard et Favart comme auteurs à solliciter7\net MM. Piron, Sallé, Procope-Couteaux, comme auteurs clandestins,\non ajoute : « Marchander et ne donner que 45 fr. par représentation. »\nEnfin, aux différents frais que nous venons de mentionner, il faut\nencore ajouter le souffleur, l'écrivain des copies des pièces eî des rôles,\nle peintre, le tailleur, le perruquier et les habilleuses; mais c'étaient là\ndes dépenses minimes. Les décorations particulièrement n'étaient pas\nbien coûteuses; on peut s'en convaincre par les chiffres suivants extraits\nd'un « Mesmoire pour les ouvrages de painture fait pour VOpéra\nComique. »\nPour le fons du Pont-Neuf 3o fr,\nPour le Rydaut ver avec les ornemant rausse% d'or, 00\nPour le grand rydaut de Polichinelle avec ses agrémant. 3o\nPlus pour les 14 ayle à 5 fr. chacune. 70\nEt, encore, par le règlement du Mémoire on réduit le Pont-Neuf k\ni 5 livres, le Rideau vert à i 5 livres, et les 14 châssis à 56 livres!\nQuant à la redevance payée à l'Académie de musique, elle constituait\nune des grosses charges de l'exploitation. Elle était de dix à quinze\nmille livres. Enfin il fallait payer le Quart des pauvres et quelques\nautres frais encore dont nous n'avons pas le chiffre, mais que nous trou-\nvons discrètement indiqués dans la note suivante relative à un projet\nde régie des foires :\n« H y aura deux registres : l'un intitulé : Registre des Associés.\nOn y écrira fidèlement les recettes et dépenses, les gratifications données\nau commis des pauvres, présents au commissaire et à l'exempt, l'argent\ndistrait et autres affaires qui demandent du secret."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.21", "texte": "ARCHIVES DE L'OPÉRA\n\nLe deuxième registre sera intitulé : Registre de recettes et dépenses\npour la foire Saint-Germain, 1722.\nDans ce registre,, toujours rempli après le premier, on mettra ce qu'on\nvoudra bien que tout le monde sache. »\nOn voit par ce peu de lignes qu7en matière de comptabilité théâtrale\nà cette époque, il faut parfois se défier des pièces les plus régulières en\napparence. Sous cette réserve, nous croyons que les chiffres que nous\navons reproduits donnent une idée assez exacte de l'importance des spec-\ntacles de la foire, et qu'à ce titre, ils n'auront pas paru dépourvus d'in-\ntérêt à nos lecteurs.\n\nCH. NUITTER."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.22", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\n1870 1871 1872\nÎ8 y o 18 71\nOUT se chante en France, joie et douleur, succès et re-\nvers. Les événements qui prêtent le moins à la poésie\ntrouvent des accents chez nos chansonniers et des in-\nterprètes dans les cafés-concerts. C'est là surtout que\nse débite en grande partie le répertoire dont nous allons\nentretenir nos lecteurs.\nSi nos chanteurs, Charles Battaille, Roger, Faure, Obin, Achard,\nCapoul, Gailhard, Bouhy, aussi bien que l'illustre Madame Carvalho, ont\nfait leurs études au Conservatoire, il y a eu d'autres étoiles lyriques qui\nse sont essayées d'abord au café-concert : c'est l'exception, bien entendu.\nL'ambition, d'ailleurs, n'est pas moindre en ces lieux à double con-\nsommation (celle de l'oreille et celle du gosier) qu'elle ne Test au théâtre,\net si nos grands chanteurs créent des rôles, au café-concert on dit créer\nune chansonnette ; ce titre ambitieux se trouve en grandes lettres sur\npresque toutes les productions émanant de là* et que nous allons énumé-\nrer successivement.\nNotre point de départ est le mois de juillet 1870. A ce moment, les cris\nde triomphe anticipé prédominent tout naturellement. La Marseillaise,\ntenue en charte privée depuis quelques années, renaît plus vivace que\njamais ; elle est rééditée chez tous les marchands, dans tous les formats,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.23", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\ndans tous les tons, avec des titres matamoresques à tout pourfendre, et\navec des accompagnements idem.\nLe Chant du Départ la suit de près, quoique avec moins d éditions;\nle grand Méhul se voit distancé par Rouget de Lisle.\nCependant, ni l'un ni l'autre de ces deux noms ne peut, à ce moment»\nlà, rivaliser avec le Rhin allemand, d'Alfred de Musset. Non-seulement\nles compositeurs Félicien David, Charles Delioux, de Vaucorbeil et\nquelques autres, qui, depuis maintes années, avaient publié leur musi-\nque sur ce petit chef-d'œuvre poétique, moissonnent un regain de succès\nbien accentué, mais toute une avalanche de musiciens s'inspire plus ou\nmoins heureusement de ce texte qui répondait si bien aux aspirations et\nà la situation d'esprit du moment.\nParmi les nouveaux venus, citons le Rhin allemand, musique de :\nNicou-Choron, E. Mecatti, Alfred Lagny, Jules Lefort, P. Tolra,\nEdmond Guion, Yung, Emile de Tarade, C.-L. Hess, J. Millescamps,\nGustave Thomas, Eugène Ortolan. L'un de ces compositeurs répète, à\nchaque strophe, six fois Nous l avons eu..... Serait-ce une satire ?\nPuis vient le Rhin français, paroles et musique de J. Pagnon, dont le\nrefrain est :\nLe Rhin ! le Rhin ! cette frontière,\nElle nous fut faite par Dieu,\nQui creusa la grande rivière\nEntre eux et nous, au beau milieu.\nIl nous faut l'une de tes rives,\nEt nous l'aurons, fleuve puissant,\nQuand tu devrais, au lieu d'eaux vives,\nRouler, à pleins bords, notre sang.\nLe Passage du Rhin est une marche patriotique pour piano, par\nL. Mi]la; A nous le Rhin! paroles de Jules de Langlade, musique de\nM. Biron. Jusqu'aux dames qui s'en mêlent ! Nous trouvons une\nseillaise du Rhin, paroles de madame Claudine Silva, sur la musique de\nRouget de Lisle :\nAllons, enfants de la patrie,\nLe jour de gloire est à Berlin ! (i)\nNotre aigle superbe et chérie\nDîéna connaît le chemin ! etc.\n\n(1) Le poète disait plus vrai qu'il ne pensait,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.24", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa cinquième strophe débute ainsi :\nIls sont entrés dans la carrière»\nTes neveux, ô Napoléon!\nPar eux, ton ombre heureuse etfière\nVa briller d'un nouveau rayon,\nCitons également Sur le Rhin, paroles d'Alfred de Caston, musique\nde Camille de Vos ; Au Rhin, d'Auguste Aubert, musique de Frantz\nHitz.\nDès le début, la Mobile semble surtout en grande faveur.\nLe Cri de la Mobile, paroles et musique de Félix Léoville ; cela com-\nmence par :\nAlerte, agile\nEt plein de feu :\nV'ià la mobile,\nVingt noms de rran!...\nC'est dédié à madame Hermine Bart, peut-être une descendante de\nJean Bart. Puis vient la Mobile en avant ! paroles de Snerbe, musique\nde Ploosen ; le Mobile parisien, paroles de Chatelin, musique raffîstolée\npar Batifort ; on y dit :\nOhé les camaros, les amaros, les fadards, les bibochards, allons-y d'autor\net d'achar. En chœur :\nTas d? Prussiens, vous aile% danser,\nV'ià V bastring' qui va commencer.\nIl y a aussi le Chant de guerre de la Mobile, paroles et musique de\nL. C. N. Il n'est pas probable que ce soit Lucien Canino Napoléon ;le\nmodeste anonyme a autographié lui-même sa composition. Le Mobile\nbreton, paroles de Saint-Félix, musique de F. Boissière, est dédié au gé-\nnéral Trochu, gouverneur de Paris.\nLes Mobiles, paroles d'Enielev, musique d'E. Ferret; le Chant de la\nMobile, paroles et musique de J.-J. Debillemont ; les Moblots, paroles\nde Lefebvre, musique de Ch. Pourny ; la Gourdonnaise, chant des mo-\nbiles, paroles d'E. Gouzon, musique de G. Rivetti.\nRouget de Lisle et sa Marseillaise ont servi de thème à M. Dieule-\nveut, qui a écrit là-dessus : Aux armes, levons-nous ! C'est toujours\nl'année 1870; les chants patriotiques pleuvent comme la neige :A la\nfrontière, paroles de F. Janvier, musique de Ch. Hubans ; la Voix de\nla Patrie, paroles de M. C., musique de E. Geoffroy; Volons à la vie-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.25", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\ntoire, paroles de B. Seillon, musique de B. Wiart ; Aux armes, ci-\ntoyens, de Paul Burani et L. Goudesone ; Serrons les rangs, d'E. Doyen\net J. Javelot; la Patrie avant les amours, de J. M. Riche et G. Ras-\npail; Vaincre ou mourir, de 8.-T. Missler ; Five la France ! paroles de\nmadame H. Lesguillon, musique de E, Hochmelle; les Montagnards vos-\ngiens, d'E. Landriau et Charles Tourey ; Voilà les Français, d'Amé-\ndée Gruié et L. Gastaldi ; Debout, àla frontière, de Jules Frey et Léo\nMaresse; Guerre à la Prusse, paroles du vicomte Oscar de Poli, mu-\nsique d'Alfred Lebeau ; Soldats de la France, e/ 2 avant, paroles et mu-\nsique de G. Rivetti ; Enfants de la France, d'Enielevet E. Ferret;\nvos frontières, de J. Platel et A. Pilati; /a Française de ißjo,\nparoles de F. Barrillot, musique de L. Vieillot :\nPeuples du Nord, n'attaque? pas la France !\nNe joue\\ pas, enfants, ayec /e feu :\nElle est l'astre de délivrance,\nFrance est la fille de Dieu!-\nQuand Vennemi s'avance, chant patriotique d'E. Pierson et J. Biloir;\nFzVe la France, de F. Chimènes et F. Diaz de Soria ; /a Défense natio-\nnale, d'E. Jacquemin et S. Pugno ; ASWS az/x Prussiens, de L. Persin et\nA. Carrier; la Prussiade, de M. C. et E. Geoffroy; /e Prussien Tar-\nteifle, de Marc Constantin et F. Barbier; Afrm Prussien, paroles et mu-\nsique d'A. Jouhaud; le Ministre d'Yvetot, rondedédiée à Bismarck, pa-\nroles et musique de D. Bourgoin ; En avant ! paroles et musique de\nV. Tirpenne ; Quand la Patrie est en danger, paroles et musique\nd'Ed. Lhuillier ; AM Combat! de A. Thibaut et M. Graziani ; VEclai-\nreur, d'Ed. Lhuillier ; /es Captifs gaulois, de Hugny et P. Peny ; /a\nMitrailleuse, polka guerrière de L. Lefebvre ; /a Française, chanson\npatriotique de G. Nadaud :\niVows vous laisserons votre Rhin,\nSon Ww esz trop fade et trop rance ;\nVous en boire^, vieux souverain,\nMalheur à qui brave la France!\nLa République est inaugurée à FHôtel-de-Ville, les événements sont\nchangés; la chanson les suit pas à pas. Nous voyons apparaître Malheur\naux vaincus, de A. IschWall (de quel pays ce nom peut-il venir?), musi-\nque de Charles Malo; pour frontispice un Napoléon, habillé à la romaine,\nun poignard à la main:"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.26", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCe faiseur insolent qui, dans sa folle cause,\nDans la, misère a plongé cent naifs;\nLe voilà maintenant, c'est le roi de la Bourse,\nIl règle d'un coup d'œil les cours et les tarifs,\nSans doute que le mot cause devait être course, et que c'est une faute\nd'impression. Puis vient : Gloire au Progrès de Burion et Léon :\nRajeunis-toi, vieux sang français\nQui tant de fois rougis la terre,\nEt nous, chantons, fils de Voltaire :\nGloire au Progrès !\nLa Dantonienne, de P. Garés et Ch. Pourny, est suivie de près par\nles Montagnards, de Théolier et A. D'Hack :\nDe F audace, encor de /'audace.\nCriait Danton, sauvons Paris\nDes ennemis!\nRegardant le danger en face,\nIl courbait devant sa fierté\nLa Royauté.\nVers ces géants, notre espérance,\nNous leurs fils, tournons nos regards :\nLa Montagne a sauvé la France,\nHonneur aux montagnards !\nLes chansonniers s'évertuent à qui mieux mieux à chanter Vaurore nou-\nvelle, la liberté, 1 égalité, la fraternité, l'unité, la légalité, la nationalité,\nl'universalité, la solidarité, l'humanité, la fierté, la félicité, la fécondité,\nla virilité, la postérité, l'indissolubilité, l'invincibilité, etc., etc., etc.\nOn paile du prolétaire, du Christ, des esclaves, des tyrans, de la\ndémocratie ; c'est très ronflant : tout est lumière, tout est soleil, tout est\nbonheur, tout est... Mais continuons notre énumération : La France ré-\npublicaine, de Burani et A. Villebichotj la Républicaine, chant des peu-\nples, de Bonnet et J. Biloir; la République, hymne à la concorde, par\nR> Bidaud et L, Gerin; En avant! par Th. Fournier et O. Fouque; la\nMort de Barra, paroles de P. Cézano, musique de R. Planquette; Un\nRépublicain, par A. Isch Wall et Henri Litolff :\nRassurez-vous repus, ventrus,\nQiiand se lève le prolétaire,\nEn travaillant gagner son pain,\nV'ià c que veut un républicain."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.27", "texte": "IJHISTOIRE EN CHANSONS\n\nAprès les repus viennent les moines, les chanoines, les gros prélats\nle parolier a peut-être écrit cela en 1700. Brave soldat, fais-toi républi-\ncain, par Delisle et L. Prochaska Les Allemands, les Polonais, les\nItaliens sont avant tout les grands louangeurs de la République fran-\nçaise. La mer monte : Chant de Vlnternationale, hymne des travail-\nleurs, créé par Vialla, paroles de Burani et Isch Wall, musique d'Antonin\nLouis :\nLe drapeau de ïlnternationale\nSur l'univers est déployé,\nOest ia révolution sociale\nPar le travail et la Fraternité.\nL'empereur Napoléon a son tour; c'est le sire de Fisch ton Kan, par\nBurani et Anton in Louis :\nComrn diplomaf c était un maître,\nIl en remontrait aux plus malins;\nMais il ne ï faisait point paraître,\nPour pas humilier ses voisins.\nPuis, mettant l'impératrice en scène :\n«\nEU' lui disait d'sa plus doue voix :\nAh! sacré nom! F as tant d vaillance\nQue je te trouve l'air Dunois.\nLe nouveau Malbroug, par E. Ouvier; Y Empoisonnement général\nde VEmpire, par J.Chocas et A. Teste. Dans cette chanson, on propose\nde découper l'empereur; on s'adresse à un boucher : « Mon vieux\nRouher, » etc. Les Misérables ou la Bande à Vidocq, par Burani et P.\nChassaigne :\nC'était bien drôle aux Tuileries :\nL\" patron s' teignait pour paraîtr' vert,\nEt la Franc' marchait au calvaire\nPar le jardin des Ollivier.\nNapoléon lllpatine, paroles et musique de C. Rosenquest :\nNous nous entretuons, et pendant ce temps-là\nGuillaume effrontément à Versailles festine,\nA Willemshoe, avec les patins d'Augusta\nLouis-Napoléon patine.\nA Montfaucon, par A. Isch Wall et P. Chassaigne; ici les citations\ndeviennent malaisées; au reste, tout ce que nous venons d énumérer sur"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.28", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nNapoléon 111 est orné de lithographies plus horribles les unes que les\nautres.\nLes Ailes de la liberté, parTheolier et A.d'Hack; Pas redoublé pour\nle 92e bataillon, musique de Marié; le Chemin de Montretout, par A.\nVilmay et Lassimonne; à ce nom on s'attend à des détails lugubres;\nmais non, il n'est question que de printemps et de fleurs, pour terminer\nainsi :\nToute résistance s7émousse,\n£7, le bras passé sur le cou,\nOn se laisse aller sur la mousse...\nC'est ainsi qu'on arrive au bout\nDu beau chemin de Montretout.\nSerrons nos rangs, de Béranger, musique de José Barrièrej Chant de\nguerre dédié à la garde mobile, anonyme; Patrie, paroles et musique\nde E. Tarade; la Nationale, paroles et musique de l'aumônier de l'asile\nimpérial de Vincennes ; Travailler pour le roi de Prusse, par Pierre et\nOuvier; Ode à la Patrie, de Quinchez et Ludvig; Aux armes, cri de\nrage, paroles de Ch. Olivier, musique de G. Dufayel; Chant des Pari-\nsiens, paroles du citoyen A. Tourey, musique du citoyen V. Bovery ;\nVite aux Remparts, on nous attend, des mêmes citoyens que le précé-\ndent; la Délivrance, par E. Grangé et A. Goullet; Paris à Varmée du\nRhin, hymne patriotique de Saulais, musique de Vignix; le Travail et\nla liberté, de Chabrut et L. Tolmau; Marche du 1920 bataillon, mu-\nsique de Rose Louchet-Kerven ; Vengeance, par J. Chabrut; Nymphe\net Pot-au-feu, par Duclos et Ploosen :\nOn voit errer au château de Versailles,\nLa nuit, dit-on, Vombre du roi Soleil,\nEt Von entend le fracas des batailles\nLorsqu'un obus vient sillonner le ciel;\nDiane et ses nymphes ont à votre approche,\n0 vils Prussiens, abandonné ces lieuxy\nOù pour son roi Bismark tourne la broche\nEt met le pot-au-feu.\nLa Vengeresse, de Galibert et Trémel; Devant Paris, de Berthel et\nLhuillier ; Espoir de la délivrance, de madame de Lagoanère; Chant\ndes soldats citoyens, de Babinol; la Voix de la Patrie, par Geoffroy,\nVlnvasion, par C. Vincent et F. Féret; la Revanche de Waterloo, par\nH. de Saint-Hilaire et A. Lagard; la Victoire ou la mort, d'Angèle\nDeltour et J. Millescamps; En avant, par Th. Fournier et O. Fouque ;"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.29", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nEn avant! citoyens, de Lemonnier et Samuel David; les Débitants de\nParis, souvenir du siège par Mérigot et G. Raspail; le Tambour de\nGravelotte, par René de Saint-Prest et F. Barbier; Vous m 1\nbien, paroles de Mouvement, musique de Balancier; Mourir ou vaincre,\nanonyme; les Infects, par L, Martin et Ad. Carron; Appel à l Alle-\nmagne, paroles de Pauline Maritoud, musique de Campisiano.\nEnfin apparaît le Plan de Trochu, seule histoire vraie du siège de\nParis. Cette pièce, imprimée sur une feuille grand in-folio, ne porte pas\nde nom d'auteur; c'est une espèce de complainte historique et satirique\nen trente couplets, sans compter le refrain. Au milieu de la feuille se\ntrouve la charge du général, orné d'une médaille de Sainte-Geneviève ;\nLorsque Napoléon trois\n( Si m'exprimer ainsi j ose)\nS 9 rendît, sans qu'on sût pourquoi,\nMaintenant on sait pour quelV cause :\nC'était dans le V plan de Trochu,\nGrâce à lui, rien n'est fichu.\nGambetta dit à Trochu,\nDans un' lettr' tombé' des nues :\n« J'ai fait prendr' Rouen par plu-\nSieurs Prussiens, selon vos vues. »\nC'est bien dans vot' plan, Trochu,\nGrâce à lui, rien n'est fichu.\n(La fin au prochain numéro.)\n\nJ. B. WEKERLIN."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.30", "texte": "LAURO ROSSI\n\nUn journal d'ltalie m'avait apporté 3a nouvelle delà mort de Lauro ROSSI5\nle directeur du Conservatoire de Naples, le digne successeur de Mercadante,\nLauro Rossi, cet artiste de race, cet homme de cœur, ce savant continuateur\ndes doctrines des Scarlatti et des Durante. Au moment où je commençais à\nrecueillir les matériaux de cette notice biographique pour la Chronique\nmusicale, une correspondance particulière adressée à M. Heulhard venait\nheureusement en démentir l'opportunité, Je n'en ai pas moins continué mon\ncroquis de cette figure sympathique sur laquelle la mort nous semblait avoir\ntrop tôt jeté son voile. C'est pour honorer une vie toute de dévouement et\nde travail que nous essayons de faire connaître au lecteur ce consciencieux\nartiste, fort apprécié en Italie et trop peu connu en France.\nLauro Rossi naquit en 1810 à Macerata, ville des États romains. Son père\nVincenzo, dont la position n'était pas des plus aisées, croyant améliorer\nses affaires en transportant ses pénates dans un centre important, vint s'éta-\nblir à Naples en 1817, avec sa femme, le petit Lauro et sa sœur de dix ans\nplus âgée que lui. Mais une année à peine s'était écoulée, que Vincenzo\nRossi descendait dans la tombe, où le suivait sa femme six mois après. Par\nbonheur, peu de temps après son installation à Naples, la sœur de Lauro\ns'était mariée, ce qui lui permit de prendre avec elle le jeune orphelin auquel\nelle fit donner une éducation convenable. Ayant remarqué chez son frère\ndes dispositions extraordinaires pour la musique, elle se décida, en 1822, à\nl'envoyer comme élève payant au collège royal de musique de San Sebas-\ntiano, dont le célèbre Zingarelli était alors directeur. Il y eut pour condis-"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.31", "texte": "LAURO ROSSI\n\nciples Bellini, Costa, les frères Ricci, Florimo (1), etc., etc. ; on avouera qu'il\nne pouvait être en meilleure compagnie. Ses progrès furent si rapides, qu'au\nbout de quatre ans il se sentit en état de concourir pour une admission gra-\ntuite au collège, qu'il obtint grâce à sa rare intelligence quoiqu'il ne tût pas\nNapolitain. Il faut que le lecteur sache que, dans leur institution primitive,\nles anciens Conservatoires de Naples (2), dont le collège actuel est le suc-\ncesseur et l'héritier, furent des asiles de bienfaisance pour les enfants des\nmusiciens pauvres et pour les orphelins dispersés dans la ville. C'étaient des\nœuvres de charité fondées et alimentées par de généreux habitants de Na-\nples, au bénéfice exclusif de leurs concitoyens ; ce qui signifie que, par leur\nnature, ces établissements étaient purement municipaux. Pendant plus de\ntrois siècles ils ont conservé ce caractère spécial ; aussi l'admission de Rossi\ncomme boursier au collège de San Sebastiano fut-elle considérée comme une\nchose insolite et toute exceptionnelle.\nIl étudia d'abord le chant avec le célèbre Crescentini qui, après s'être re-\ntiré du théâtre, avait accepté la place de professeur de chant au collège royal\nde Naples; il y apportait les plus belles traditions de cette admirable école\nitalienne dont, malheureusement, on oublie trop facilement aujourd'hui les\nprincipes salutaires pour se lancer dans la voie déplorable des cris et des\ncontorsions épileptiques. Rossi passa ensuite sous la férule de Giovanni\nFurno, avec lequel il se livra à l'étude des Partimenti, pour entrer après dans\nl'école de Nicolo Zingarelli, qui lui enseigna le contrepoint et la composi-\ntion (3); plus tard , voulant se familiariser avec les diverses écoles napoli-\ntaines, il quitta le cours de Zingarelli pour suivre celui de Raimondi, second\nmaître de contrepoint du collège.\nUne courte digression est ici nécessaire pour que l'on comprenne ce que\nj'appelle les diverses écoles napolitaines. A l'époque où Léo et Durante\n(1720) dirigeaient comme premiers maîtres, l'un le Conservatoire de la Pieta\nde ' Turchini, l'autre ceux de S Onofrio a Capuana et de Santa Maria di Lo-\nreto, Naples vit se former deux partis musicaux : celui des Leistes et celui\n\n(1) L'intéressant ouvrage de M. Franceseo Florimo, Cenno siorico sulla scuolct mu-\nsicale di Napoli, m'a fourni d'excellents matériaux pour cette étude.\n(2) Je compte offrir aux lecteurs de la Chronique musicale l'histoire exacte de ces\ninstituts fameux, dont sont sortis les plus grands maîtres du siècle dernier, et j'ose\nespérer que ce travail ne sera pas sans intérêt pour eux.\n(3) On nomme Partimenti les basses chiffrées que l'on appelle aussi armonia sonata\n(harmonie pratique); on les exécute sur l'orgue ou sur le piano pour servir d'ac-\ncompagnement au chant ou aux instruments. C'est l'étude préliminaire du contre-\npoint. Les anciens marquaient les signes des sons par de simples points et, en\ncomposant à plusieurs parties, ils les plaçaient les uns sous les autres ou l'un contre\nl'autre; de là le nom de 'contrepoint qui, à peu de chose près, signifie composition.\nAujourd'hui le véritable sens de ce mot ne veut pas dire autre chose que la science\nde bien écrire les diverses parties d'un morceau à une ou plusieurs voix."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.32", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndes Durantistes. Ils ne s'entendaient ni sur le système d'enseignement ni sur\nla manière d'écrire. Les Leistes s'attachaient à la richesse des accords, aux\ncombinaisons harmoniques, aux entrelacements des parties, en un mot, ils\ntenaient plus au travail et à la science quà l'inspiration. Les Durantistes, au\ncontraire, visaient au but essentiel de l'art, c'est-à-dire à la mélodie, à la\nclaire disposition des voix, aux modulations faciles, à l'élégance de l'harmo-\nnie, moyens qui, selon eux et selon tous les bons esprits, sont les meilleurs\npour parvenir à composer de la musique qui plaît au lieu d'étonner. C'est ce\nsystème qui finit par l'emporter et qui a rendu célèbre l'école napolitaine.\nLes élèves, quand leurs études étaient à peu près terminées, avaient coutume\nde passer d'une école dans l'autre pour en juger les diversités, et adopter celle\nqui convenait le mieux à la nature de leur génie ; ces allées et venues ne dé-\nplaisaient pas aux maîtres qui, loin de s'y opposer, les approuvaient et con-\nvenaient de l'utilité de cette variété dans l'enseignement. Or, Zingarelli\nsuivait les traditions de Durante, et Raimondi celle de Léo.\nRossi, fort avancé dans ses études, excellent camarade, était souvent solli-\ncité par ses condisciples de leur écrire des messes et autres morceaux de mu-\nsique que ceux-ci s'appropriaient sans vergogne, qu'ils faisaient exécuter\ncomme leurs propres compositions etdont ils retiraient des éloges et des récom-\npenses qu'ils savaient bien, cependant, ne pas mériter. Lauro, à part lui,\nétait enchanté des succès remportés par des œuvres dont il était l'auteur ;\nmais sa noblesse d'âme le retint toujours d'en révéler le secret et jamais il\nne divulgua les noms de ses indélicats camarades. A la fin pourtant il com-\nprit qu'une telle duperie devait avoir une fin, et il renonça dès lors à rien\ncomposer qui ne portât son nom. Arrivé à lage de dix-huit ans, et bien\nqu'étant toujours élève du collège, il écrivit son premier opéra Le Contesse\nvillane, qu'il fit représenter sur la scène de la Fenice de Naples, petit théâtre\nde proportions aussi modestes que les prétentions et l'ambition du jeune\ndébutant. On ne sait trop quel fut le sort de cette opérette, mais il faut croire\nqu'elle réussit, puisque jusque l'année suivante (i83o), il donna au théâtre\nNuovo un autre opéra intitulé La villena Contessa, qui fit fureur et que les vil-\nles principales de l'ltalie voulurent entendre. Ce succès colossal mit en relief le\nnom du jeune maître, et les directeurs de théâtre commencèrent à tourner leurs\nregards vers lui. Uillustre, le mirifique Barbaja, qui se faisait modestement\nappeler le Napoléon des impresarii (i), était alors le souverain maître, le\n\n(1) Domenico Barbaja, Milanais de basse extraction, d'un esprit complètement\ninculte, mais élevé et entreprenant, tint d'abord des jeux de hasard à Naples de 1808\nà 1821. En 1809, il commença à se lancer dans les entreprises théâtrales, qui lui fi-\nrent amasser une fortune colossale. Sa libéralité sans bornes et son bon goût naturel\ncontribuèrent puissamment au développement que prit Part en Italie, pendant sa pé-\nriode directoriale. C'est lui qui produisit dans le monde musical Rossini, Mercadante,\nDonizetti, Pacini,-Carlo Conti, Bellini* les frères Ricci , etc., sans compter la foule de\nchanteurs et de cantatrices illustres qu'il sut découvrir et pousser vers la gloire. Il"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.33", "texte": "LAURO ROSSI\n\nrégulateur des destinées du San-Carlo, du Fondo et desFiorentini de Naples;\nde la Scala et de la Cannobiana de Milan, ainsi que du théâtre italien de\nVienne. 11 fit venir Rossi auquel il demanda d'écrire pour San-Carlo l'opéra\nsérieux Costanza ed Oringaldo, et pour le théâtre Nuovo II Casino di campa-\ngna et Lo Sposo al lotto, qui tous eurent un sort heureux.\nSur ces entrefaites, Donizetti, qui se plut toujours à encourager les jeunes\nartistes de talent, proposa et fit accepter Rossi comme compositeur et direc-\nteur du théâtre Valle, à Rome. Il y écrivit en 1832 II Disertore dans\nlequel Ronconi chanta le rôle principal et qui eut un succès fort grand,\ncomme on n'en voit qu'en Italie où le public ne craint pas de rappeler le\nmaestro jusqu'à trente fois dans la même soirée. Pendant les deux années\nqu'il vécut à Rome, Lauro Rossi se livra avec sollicitude et fermeté à l'ac-\ncomplissement des devoirs de son emploi : il y composa beaucoup de musi-\nque, entre autre le Fucine di Bergen pour le théâtre Valle, et Foratorio Saul\nque lui demanda le directeur de l'hospice San-Michele, monseigneur Tosti;\ndans cette œuvre sérieuse il fit preuve d'inspiration féconde et variée et se\ndévoila comme un compositeur familier avec tous les genres de musique.\nAppelé à Milan en 1834, il écrivit pour la Scale, la Casa désabitata, dont le\ntitre fut changé ensuite contre celui de Ifalsi monetarii, qui obtint l'appro-\nbation générale. Tous les théâtres de l'ltalie montèrent cet opéra, et il plut\ntellement qu'on disait généralement que c'était II Barbiere di Seviglia de\nRossi. Paris, où 011 le représenta en 1835, ratifia ce jugement.\nMadame Malibran, alors à Naples, où, comme partout, elle était l'idole du\npublic, entendit cette production, et en fut si enchantée qu'elle voulut abso-\nlument que Rossi écrivît un opéra expressément pour elle. Le duc de Visconti,\nsurintendant des théâtres, n'osant rien lui refuser, fit des propositions très\navantageuses au compositeur, qui les accepta de grand cœur et s'engagea\nà écrire l'opéra obligé pour le carnaval de 1835. Mais Madame Malibran,\nlorsqu'elle avait envie d'une chose, entendait qu'elle fût exécutée surTheure ;\nelle trouva le délai trop long et, d'accord avec Barbaja, elle fit composer par\nnotre héros la musique de YAmelia pour le théâtre San Carlo. Le maestro,\nenchanté de travailler pour la plus célèbre cantatrice du siècle, et qui sentait\ncombien le concours de cette femme étonnante pouvait avoir d'influence sur\nson avenir artistique, mit en œuvre tout ce qu'il possédait de génie, de talent\net d'intelligence. Mais, hélas! souvent femme varies, dit François ler,Ier, et il\navait raison! Celles qui sont douées du plus bel esprit, même celles inspirées\npar le comme le fut la Malibran, ne sont pas exemptes de caprices et\nRossi en fit, à ses dépens, la triste expérience. La Diva se mit un jour en\ntête défaire intercaler dans YAmelia une scène dans laquelle elle danserait\n\navait pour système d'offrir aux jeunes élèves du collège royal de musique, qui don-\nnaient des espérances, de composer leurs premiers opéras pour les théâtres royaux\nde S. Carlo et du Fondo. Il disait qu'avec quelques quattrini qu'il donnait à ces\neunes gens, il avait réussi à gagner des milliers de Lires."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.34", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nun pas de deux avec le mime Mathis. C'était insensé; mais comment résister\nà la volonté toute puissante d'une enchanteresse comme Marietta Malibran?\nCette nouvelle se répandit dans Naples avec la rapidité de la foudre : aussi\nvoilà le public en émoi; chacun veut assister à cette mémorable soirée; on\nassiège le bureau de location, et bien heureux furent ceux qui purent trouver\ndes places. « L'opéra commencé, » dit un biographe de Rossi, Ampelio\nMagni, « la Malibran chante; mais le public impatient de voir la cantatrice\n« jouer des ne prête attention ni au chant ni àla musique. C'est de\n« la danse qu'il veut, et tout de suite î il trépigne, il se fâche. Enfin ce mo-\n« ment arrive! l'attention est générale.... mais les jambes, dans le ballet,\n« n'avaient pas l'agilité du gosier dans le chant, et la Malibran, dans cette\n« étrange représentation, se mit en butte au blâme et aux sarcasmes du\n« public. Le mauvais succès de cette extravagance rejaillit sur l'opéra qui,\n« partageant le sort lamentable du ballet, ne fut ni entendu ni écouté, et tomba\n« entraîné par la chute du pas de deux. » Ce résultat déplorable, auquel\nil était loin de s'attendre, désola le pauvre maestro, et le succès de sa Léo-\ncadia, qui réussit parfaitement à la Cannobiana de Milan, dans l'été de\ni 835, ne parvint pas à le consoler. En ce moment se trouvait à Milan le\nsignor Patigno, venu en Italie dans le but d'y engager une Compagnie chan-\ntante pour le théâtre de Mexico, ainsi qu'un chef d'orchestre compositeur\npour en prendre la direction. Il entendit la Leocadia, en fut ravi et alla aus-\nsitôt soumettre à son auteur les propositions les plus avantageuses pour\nl'engager à partir avec lui. .Malgré l'avis contraire de tous ses amis, et\nparticulièrement de la Malibran, qui tenait à racheter l'insuccès causé par\nson incartade chorégraphique, Rossi, qui avait encore sur le cœur la chute\nimméritée de son Amélia et qui, au fond, n'était pas fâché de voir des pays\nnouveaux et de faire connaissance avec des nations et des mœurs dont il\nn'avait aucune idée, accepta les offres de Patigno, signa avec lui un engage-\nment de trois années et paya au duc de Visconti un dédit de 2,000 fr. pour\nse libérer de l'obligation contractée par lui d'écrire un opéra pour Madame\nMalibran. Il était sur le point de quitter l'ltalie lorsqu'y parvint la doulou-\nreuse nouvelle de la mort de Bellini, le doux barde sicilien. Voulant payer à\nla mémoire de son ancien camarade un dernier tribut d'affection et de re-\ngret, Rossi composa une élégie qu'il dédia à Madame Pasta, la grande ar-\ntiste, qui arrachait des larmes à ses auditeurs toutes les fois qu'elle chantait\ncette hymne de douleur.\n(Suite et fin au prochain numéro.)\n\nERNEST DAVID."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.35", "texte": "HYMNE NATIONAL PERSAN\nSUIVI DE\n10 AIRS POPULAIRES PERSANS\nPOUR le PIANO\npar A. LEMAIRE\nDirecteur des Musiques militaires de S. M. le SCHAH de Perse\nCommandeur de l'Ordre Impérial du Lion et Soleil de Perse."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.37", "texte": "TESNIF TURKOMANI\n(CHANSON TURKOMANE)\n\nBYA BÈRIMES DUKHTER KHÂLÉ\n(VIENS, PARTONS MA COUSINE)"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.38", "texte": "CHOUCHE TESNIF KHORASSAN\n(CHANSON DU KHORASSAN)"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.39", "texte": "CHEKKI CHIRVAN\n(CHANSON de CHEKKI CHIRVAN)"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.40", "texte": "EMTCHU-EMTCHOUN\n(COMME-CI COMME-ÇA)\n\nTESNIF KUREDE\n(CHANSON KURDE)"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.41", "texte": "YOUSSEF KHOCH ROUH\n(LE BEAU JOSEPH)\n\nAMANN LEYLI\n(DE GRACE LEYLI)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.42", "texte": "CHASZADE SCIA VACH\n(LE PRINCE AUX CHEVEUX NOIRS)\n\nLEYLI LEYLI DJAN-EM\n(CHÈRE LEYLI)"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.43", "texte": "1.\n6\n\nLA MUSIQUE DES PERSANS\n\nOLLIN, dans son Traité des études, fait une remarque\ntrès sensée : « I! n'est pas étonnant, dit-il, que dans\nun pays comme l'Asie, livré au plaisir, aux délices, à\nla bonne chère, la musique, qui en faisait le principal\nassaisonnement, ait été en honneur et cultivée avec\ngrand soin. » Nous n'en doutons pas, en effet.\nMais de quelle musique les peuples orientaux, et plus particulièrement\nles Persans , assaisonnaient-ils leurs plaisirs, voire même leur cuisine ?\nLa question vient à point en la présente semaine, c'est-à-dire au mo-\nment où Paris donne la bienvenue à Nasser-Ed-Din-Shah, souverain de\nla Perse et roi des rois.\nCette « actualité à saisir, )> comme disent les journalistes, nous a fait\npartir en chasse à travers toutes sortes de papiers anciens et récents, écrits\nà la main et imprimés ; nous avons inventorié les collections publiques\net particulières, remuant à bout de bras les in-folios, déchiffrant à la\nloupe les in-o2_, furetant dans les coins les plus poussiéreux des biblio-\nthèques ; le tout pour bien servir le lecteur, si faire se pouvait.\nVoici donc et sans phrases, sans déductions philosophiques surtout,\nle résultat de nos recherches :\n*\n* *\nIl est avéré que, dès les temps les plus reculés, il existait en Perse de\nnombreux traités de musique. Cependant il n'est pas moins certain que\nlorsque cette contrée fut conquise, au septième siècle, par les musul-\nmans, la plus grande partie de ces documents, qui nous seraient pré-\ncieux aujourd'hui, furent brûlés. 11 n'échappa à l'incendie qu'un seul"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.44", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmanuscrit intitulé : Heela Imaeli, et dont Fraser, écrivain anglais, fait\nmention dans son Histoire de Nadir-Shah.\nCe que l'on sait encore sur les premiers âges de la musique en Perse,\nc'est qu'elle date du règne de Giamschid, qui fut le cinquième souverain\nde la première dynastie.\nLes Persans chantaient alors dans « quatre-vingt-quatre modes qu'ils\ndistribuaient, d'après une idée de localité, en douze chambres, vingt-qua-\ntre retraites et quarante-huit angles ou coins ; » classification que Ton\ndoit considérer comme un procédé mnémotechnique ( Voyez : The\nmusical modes of the Hindoos, par William Jones).\n*\n* *\nSi les données exactes sur la musique des anciens Persans font défaut\nà la science, on en peut du moins retrouver la tradition dans la musique\ndes autres peuples orientaux qui en est évidemment dérivée.\nce Lorsque le sultan Amurath fit la conquête de Bagdad, il ordonna le\nmassacre général des Persans. Mais un harpiste nommé Sach-Culi lui\njoua un air si doux et si touchant, que le sultan ému arrêta l'exécution\nde son arrêt. Le musicien et quatre de ses compagnons furent conduits\nà Constantinople, et ce furent eux qui importèrent la connaissance de la\nmusique chez les Turcs. » ( Histoire de la musique par Stafford ; tra-\nduction de l'anglais par Madame Adèle Fétis).\nCependant Tangoin, dans son Voyage en Perse, reconnaît que «la\nmusique des Persans est beaucoup plus douce que celle des Turcs, et\nque leur chant, accompagné de ce que nous nommons fioritures, a\nmoins de monotonie que celui de ceux-ci. »\n*\n* *\nOn a longtemps débattu la question de savoir si les Persans avaient\nUn système de notation. Jean-Jacques Rousseau a prétendu qu'ils n'en\navaient pas.\n« Il n'y a que les nations de l'Europe qui sachent écrire leur musi*\nque, déclare-t-il sur le ton tranchant qui lui est habituel. Quoique\ndans les autres parties du monde chaque peuple ait aussi la sienne, au-\ncun d'eux n'a poussé ses recherches jusqu'à des caractères pour la noter.\nA la vérité, les Persans donnent des noms de ville de leur pays, ou des\nparties du corps humain aux sons de leur musique. Ils disent, par exem-\nple, pour donner l'intonation d'un air : Alle\\ de cette ville à celle-là ,\nou Alle\\ du doigt au coude ; mais ils n'ont aucun signe propre pour\nexprimer sur le papier ces mêmes sons. »\nCe à quoi Framery répondit pièces en main : « Ce n'est pas aux sons\nde leur musique que les Persans ont donné des noms de villes* mais à"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.45", "texte": "LA MUSIQUE DES PERSAN\n\nleurs modes. Ainsi, quand ils disent : Alle\\ à Babylone ; ils\nveulent dire : Passe% du mode d'lspahan au mode babylonien. » Et\nFramery donne à la suite la gamme complète des Orientaux; gamme\nexprimée par des lettres et dont l'échelle est de quarante degrés :\n1 2 3 4 5 6 7 8 9 10\nabcdefgh i j\nM 12 13 14 i5 16 17 18 19 20\nJa fi je jd je jf jg jh ji k\n21 22 23 24 25 26 27 28 29 3o\nkh kc kd ke kf kg kh ki l\n31 32 33 34 35 36 37 38 39 40\nlb le Id le If lg lh l i m\nNota. Dans cette nomenclature que nous donnons d'après Framery, qui\nlui -même la tenait de Laborde, les chiffres ne sont que de simples numéros\nd'ordre, et les lettres seules sont des signes représentatifs des notes.\n*\n* *\nLes instruments de musique chez les Persans sont Yaoud, le nay,\nou la flûte ; —le nesir, sorte de hautbois très court ; Yaclack, ou\ntambour; le kanon, ou sistre ; —le kemantché? instrument à cordes\nde la famille du violon.\nIl y a apparence aussi que, dans les temps anciens, la harpe a été\nconnue des Persans. On trouve, en effet, ce passage dans un de leurs\npoèmes nationaux intitulé : Mirah-i-Iskhandir :\nLes doux sons de la harpe montaient au ciel,\nEt du flacon coulait Fonde couleur de rubis ;\nLes sons suaves du luth attiraient les anges du ciel.\n* • • • • » • ô • • • © • • • • e m »\nCe poème est de Amir-Kohsrou, qui vivait vers 1315.\nComme preuve de la même hypothèse historique, les savants citent\nencore les ruines de l'arc de triomphe de Kurmanshah que Ton rencon-\ntre à dix journées de marche de Bagdad, dans la direction du nord-est.\nSur une des faces du monument se voit encore un bas-relief représentant\nun bateau chargé de femmes jouant de la harpe.\n*\n*\nLes orchestres persans sont conduits par un chanteur qui s'accompa-\ngne et bat la mesure sur deux petites timbales d'environ un pied de\ndiamètre."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.46", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCe musicien donne le signal par un chant improvisé séance tenante,\net dans le mode qu'il lui plaît. Il a soin seulement de bien faire sentir\nla note initiale, la dominante et la finale, puis ses musiciens répètent la\nphrase qu'il vient d'émettre en imitant toutes ses inflexions surleuis\ninstruments. Ensuite vient une ritournelle qu ils appellent pic lu eu.\nEnfin, le chanteur chef d'orchestre chante (et toujours dans le même\nmode) trois petits airs du genre de ceux que l'on nomme besté, ou bien\nil n'en chante mais qui est plus long et qui appartient au genre\nappelé kiar.\nAprès un entr'acte, la seconde partie du concert commence et se pour-\nsuit dans le même ordre, sinon dans le même mode.\nLorsque le chef d'orchestre n'improvise pas, il choisit un morceau\ndans le riche répertoire de Coya-Abde 1 - K a d e r, d'lspahan, qui est le\nplus célèbre compositeur classique de la Perse.\nQuant aux orchestres militaires des Persans, ils sont composés de\ntrompettes très longues, de tambours et de timbales. Les Kurdes, qui\nforment des régiments spéciaux, attachent des tambours à la selle de\nleurs chevaux, et de plus, ils ont le privilège de jouer d'une sorte de cla-\nrinette à sons très rauques.\nTangoin, déjà cité, dit qu'au sommet d'une tour du palais il y a con-\ncert militaire tous les jours, au lever et au coucher du soleil, et que\nc'est là une des prérogatives du Shah et de la famille royale.\nKotzebue, dans sa relation de Y Ambassade russe en Perse, raconte\nque « lorsque l'ambassadeur arriva à Erivan, les troupes présentèrent\nles armes, les tambours battirent, et les fifres jouèrent l'air national an-\nglais : God save the king. »\nLa musique joue encore un rôle important dans diverses circonstances\nde la vie publique et privée des Persans. Elle figure particulièrement\naux Tapies ou Désolations, qui sont des fêtes funèbres instituées en mé-\nmoire du martyre des imans Hassan et Hussein, fils d'Ali. « Pendant\nces jours de deuil, dit Tangoin, les mollahs, placés dans des chaires au\nmilieu des rues, chantent d'une voix lugubre des hymnes sacrés et des\nlamentations. » Puis bientôt succède le chant des enfants « dont la douce\nharmonie dédommage les auditeurs des cris plaintifs qu'ils ont entendus\nauparavant. »\nM. de Hussard, diplomate français, qui a occupé un poste à Téhéran,\na assisté aux danses frénétiques des derviches tourneurs de la secte de\nMewlïach. Ces danses, dit-il, sont accompagnées par des chœurs « dont\nquelques-uns ressemblent au chant ecclésiastique primitif,.. Leurs mé-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.47", "texte": "LA MUSIQUE DES PERSANS\n\nlodies ont en général beaucoup d'originalité. Leurs airs sont courts et\nexcellents dans différents genres. Les changements de mesure qui s'y ren-\ncontrent quelquefois rappellent tout à fait la musique dramatique fran-\nçaise. L'étendue de leurs airs ne s'élève pas à plus d'une octave et demie\nd'ut à fa, et conséquemment, en les transposant selon les circonstances,\nils se trouvent dans le diapason de toutes les voix. »\nLa musique est encore la bien venue aux fêtes nuptiales des Persans.\nSir R. K. Porter dit que a la jeune fiancée est conduite le matin de ses\nnoces à sa nouvelle demeure par ses parentes et ses femmes ; que, pen-\ndant ce temps, tous ses parents et ses amis de l'autre sexe se rendent\nchez le fiancé, et que, les hommes des deux familles étant réunis, le festin\ncommence au son des instruments et du tambour. »\n*\n* ¥\nCependant le shah de Perse a résolu, il y a cinq ans, de créer dans\nson armée des corps de musique sur le modèle des nôtres. A cet effet, il\na fait venir de Paris, avec une cargaison d'instruments, M. Lemaire,\nmusicien distingué, alors incorporé dans la musique du ier voltigeurs\nde la garde.\nM. Lemaire, grand maître des orchestres militaires du Shah, a, de-\npuis i §6B, obtenu les meilleurs résultats des artistes auxquels il a appris\nles secrets de notre art.\nLa marche nationale que nous offrons aujourd'hui à nos lecteurs (et\nqui est celle que M. Deldevez a orchestrée pour la représentation de gala\ndonnée à l'Opéra), cette marche, disons-nous, ainsi que les airs populaires\nqui lui font suite, a été notée par M. Lemaire. Communication obli-\ngeante nous en a été faite par MM. Chatot et Rustant, éditeurs.\nOA voudra bien remarquer que les accompagnements placés sous ces\nmélodies étranges et si intéressantes sont à dessein d'une simplicité ex-\ntrême. Autrement, c'est-à-dire si on avait usé d'harmonies plus riches,\nle caractère spécial des morceaux s'en fût trouvé altéré; d'ailleurs, nous\nne pouvions mieux faire que de nous conformer au texte qu'en a donné\nM. Lemaire.\n* *\nIl était urgent, selon nous, de tracer ces tableaux des mœurs d'un\npeuple qui tend tous les jours à s'européaniser.\nL'Asie qu'on avait cru immuable dans ses religions, sa littérature,\nses arts, ses coutumes, l'Asie , stationnaire depuis dix siècles, rajeunit\nsa civilisation au contact de la nôtre qui va vers elle avec la locomotive\net le télégraphe.\n\nALBERT DE LASALLE"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.48", "texte": "REVUE MUSICALE\n\nATHÉNÉE : Royal-Champagne. OPÉRA-COMIQUE. Débuts : Mmes Isaac et Franck,\nMM. Bouhy, Duvernoy, Viçini, Dekeghel.\nFidèle au programme que nous nous sommes tracé et que nous avons\nexposé déjà aux lecteurs de la Chronique nous inaugurons au-\njourd'hui le système de critique impersonnelle que nous avons résolu de\nsoumettre au public. Une fois pour toutes, il est bien entendu que les\ncomptes rendus des œuvres musicales qu'on pourra lire à cette place ne\nseront point l'expression de l'opinion de celui qui les écrit, mais le ré-\nsumé sincère, impartial, des débats de la critique parisienne au lende-\nmain des représentations et des auditions nouvelles. Nous apporterons\ndans ce travail le plus grand scrupule à ne rien dénaturer de la pensée\nde chacun, et à ne nous servir que des termes qui la rendent bien. C'est\nune besogne d'autant plus délicate qu'il importe de ne point la présen-\nter comme une compilation indigeste, où se heurtent sans cohésion les\njugements les plus disparates. Il va sans dire que, lorsque nous citerons\ntextuellement, nous rendrons à César ce qui lui appartient, en indiquant\nla source où nous avons puisé, ne voulant pour rien au monde nous li-\nvrer à ce procédé de forban qu'on assimile dans la littérature familière à\nl'opération de démarquer le linge. C'est surtout aux époques où la vie\nartistique reprend toute son activité, dans la saison où le feuilleton mu-\nsical n est pas suspendu comme à présent, qu'on appréciera complète-\nment 1 importance et l'intérêt de ce mode de critique qui ressemble assez\nau dépouillement commenté d'un scrutin. En attendant, nous indique-\nrons 1 état actuel du tribunal musical dont nous comptons reproduire les"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.49", "texte": "REVUE MUSICALE\n\njugements. Voici la liste, aussi exacte que possible, des locataires du rez-\nde-chaussée dans les grands journaux politiques, sans oublier ceux\nqui sont logés chez eux avec pignon sur rue :\nCritiques spéciaux :\nBLAZE DE BURY, àla Revue des Deux-Mondes. GUY DE CHARNACÉ,\nau Bien public. —WILFRID CHAUVIN, à Y Événement. OSCAR COMET-\nTANT, au Siècle. PIERRE DU CROISY (Ernest Dubreuil), àla France.\nFRÉDÉRIC ( F. Wûhrer), au Paris-Journal. VICTORIN JONCIÈRES, à\nla Liberté. BÉDÉDICT JOUVIN, au Figaro. ALBERT DE LASALLE, au\nMonde illustré. ARTHUR POUGIN, au Soir. ERNEST REYER, aux\nDébats. DE THÉMINES-LAUZIÈRES,, à la Patrie. JOHANNÈS WEBER,\nau Temps. XX. (Édouard Fétis) à Y Indépendance belge.\nCritiques dramatiques et musicaux :\nMM. XAVIER AUBRYET ,au Petit Moniteur. FRÉDÉRIC BÉCHARD, à\nla Galette de France. DANIEL BERNARD, à Y Union. - GUSTAVE BER-\nTRAND, au Nord. PAUL FOUCHÏR, à Y Opinion nationale. —B. JOU-\nVIN, àla Presse. CH. DE LA ROUNAT, au XIXe Siècle. CH. DE LA\nMOUSELLE (Ch. Deulin), au Pays. PAUL DE SAINT-VICTOR, au Moni-\nteur universel. SAVIGNY (Henri Lavoix), à Y Illustration.\nJournaux de musique :\nLa Revue et Galette musicale, Le Ménestrel. L''Art musical.\n- La Presse musicale.\nCeci dit, nous commençons.\nSamedi 28 juin. Par un de ces caprices qui constituent son origina-\nlité, l'Athénée nous a donné la première représentation d'une pièce nou-\nvelle F avant-veille de sa clôture : cette facétie nous semble légèrement\nirrespectueuse envers les auteurs de Roy al-Champagne, MM. de Saint-\nGeniès et Couturier pour les paroles, et Lemarié pour la musique.\nNous ne raconterons pas le sujet de cet acte d'opéra-comique qui n'a\nrien de bien neuf en soi : aucuns prétendent qu'il offre quelque analogie\navec celui de Y Etoile du Nord, bien que le type du sergent Francœur,\nun des principaux personnages du petit drame en question, nous ramène\nplutôt vers les physionomies gaillardes du sergent Belhamy et du capi-"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.50", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntaine Le joyeux, des Dragons de Villars et du Val dC Andorre. En\ncompensation de ces rapprochements, d'ailleurs peu coupables, l'action\nde Royal-Champagne est bâtie dans le cercle étroit des trois unités :\nbeau mérite, comme vous savez, aux yeux de Messieurs les classiques,\ns'il en reste ! Et il est bien permis d'en douter, à voir la façon cavalière\ndont la langue et la grammaire sont généralement traitées par les libret-\ntistes, à commencer par ceux-mêmes de Roy al-Champagne. Ceux-ci\nnous ont, en effet, jeté dans un camp de militaires qui vous ont des\nmanières de dégoiser le français à faire frémir Littré : je sais bien que\nle soldat dans ses mots brave quelque peu l'honnêteté, et que le régiment\nde Royal-Champagne n'avait sans doute pas l'heur de parler le langage\ndes précieuses,, mais les néologismes de caserne que nous avons enten-\ndus l'autre soir rue Scribe, et parmi lesquels s'épate le verbe roupiller,\nn'avaient certainement pas cours au siècle poli où le Roy al-Champagne\nservait le roi de France, ou je me trompe fort.\nM. Lemarié, l'auteur de la musique, est professeur de violon à Pont-\nAudemer. Il a été relativement plus heureux que ses collaborateurs. Il\ny a une promesse dans son premier essai de théâtre, promesse un peu\nvague, si l'on veut, mais qui n'autorise personne à mal augurer de\nl'avenir. La mélodie de M. Lemarié se présente sous des dehors honnê-\ntes : elle a de la bonne foi, et cette conscience a réussi parfois à racheter\nses défauts d'expérience. On aperçoit au premier coup d'œil ce qui lui\nmanque : la décision et la proportion juste. « L'ouverture est trop\nlongue de moitié, » écrit M, Albert de Lasalle dans le Monde illustré.\nLa remarque peut s'étendre à presque tous les morceaux d'ensemble\nrépandus dans la partition; mais les airs et les couplets ont une allure\nplus ferme. On a fait un accueil très chaud àla chanson du Vin de\nFrance que dit le baryton Géraizer à son entrée en scène. Le public\ns'est laissé prendre à l'hameçon tendu à son chauvinisme, et nous ne le\nblâmons pas de ce mouvement, mais le morceau n'a guères de valeur\nintrinsèque. Il eût pu faire montre de ses dispositions sympathiques à\ndes passages d'un goût plus relevé tels que les couplets du colporteur et\nl'air de la prison qui n'est pas sans distinction. Mademoiselle Marietti,\nqui portait le travesti pour la première fois, a paru fort à l'aise dans son\nenveloppe masculine : elle a chanté et joué avec gentillesse.\nMardi lerIer Juillet. Mademoiselle Isaac a débuté à l'Opéra-Comique\npar le rôle de Marie dans la Fille du Régiment. Mademoiselle Isaac est\nune élève de Duprez. On l'eût deviné à cette pureté de l'articulation qui\nest comme la marque de fabrique du célèbre professeur. Elle nous arrive\ntout exprès du théâtre delà Monnaie de Bruxelles, où sa mine éveillée"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.51", "texte": "REVUE MUSICALE\n\net son allure accorte avait fait émeute dans les têtes belges. Et peu s'en\nest fallu que les Parisiens n'acquittassent d'enthousiasme la lettre de\nchange qu'on tirait sur eux de la frontière, Le soprano naturel de made-\nmoiselle Isaac a les solides qualités de la justesse et du timbre, mais il\npèche par l'étendue et l'homogénéité ; ses cordes basses sonnent un\npeu creux et son médium réclame encore l'appoint de l'étude. Dans la\ndemi-teinte, la voix de mademoiselle Isaac trouve des inflexions cares-\nsantes d'un effet certain ; aux applaudissements qu'elle a recueillis après\nla Valse et l'air II faut partir, elle adû sentir qu'elle avait touché\njuste. En revanche, sur les grands points du rôle où la note veut être\nlancée avec bravoure, dans le Salut à la France entre autres, sa volonté\na été trahie. C'est alors qu'il a été facile de fixer le genre où les moyens\nde la débutante la confinent. Il y a dans mademoiselle Isaac l'étoffe\nd'une dugazon agréable et non celle d'une prima donna d'opéra-\ncomique : son synonyme est mademoiselle Girard.\nMercredi -J juillet. Le tempérament de Mademoiselle Franck, qui\nparaissait le lendemain dans Galathée, est l'opposé de celui de Made-\nmoiselle Isaac. C'est la force qui succédait à la grâce, et, au point de\nvue de l'antithèse, la direction de l'Opéra-Comique n'avait pas mal fait\nles choses en accolant d'aussi près les débuts de ces deux jeunes artistes.\nNous ne jouerons pas à Mademoiselle Franck le mauvais tour de la\ncomparer à ses devancières, Mesdames Ugalde et Marie Cabel ; il nous\nsuffira de dire qu'elle n'est pas absolument indigne du rapprochement,\net c'est le plus grand éloge qu'on en puisse faire. Mademoiselle Franck\na la plastique du rôle de Galathée, et, dans une pièce qui est l'épopée de\nl'illusion des sens, il convient que cette illusion se trouve naturelle-\nment expliquée et comme imposée aux spectateurs. La débutante n'était\ndonc pas trop dépaysée sous le peplon grec. Son organe est encore\nfruste, mais plein de nerf et de santé ; il est délibéré dans l'attaque et\ntinte avec éclat dans les vocalises. Le célèbre brindisi de la Coupe a été\nenlevé avec une audace qui a plu et qui lui a valu les honneurs du bis.\nVoici maintenant le revers de la médaille : il est douteux que Made-\nmoiselle Franck ait fait ses humanités vocales : elle pèche par le style ;\nelle ne sait guère phraser ; elle n'a pas appris à rentrer à souhait dans la\npénombre des nuances; elle ne dit point; elle ne détaille point. Il faut\nque Mademoiselle Franck fasse un appel énergique au travail. Peut-\nêtre deviendra-t-elle une nouvelle Galathée; peut-être alors dira-t-on\nd'elle que le marbre s'est fait chair.\nM. Bouhy lui donnait la réplique dans Pygmalion. Il abordait le rôle\npour la première fois. On estime l'excellente méthode de ce chanteur,"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.52", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\net nous savons qu'on salue déjà en lui le successeur de Faure. C'est\nl'appréciation d'un grand nombre, et nous n'y contredisons pas. Il a été\nfait cependant par nos confrères plus d'une réserve sur la manière\ndont il a chanté et joué son personnage. Quelques-uns, M. Jouvin, par\nexemple, tout en rendant hommage à sa valeur, l'accusent de froideur et\nde mollesse ; d autres trouvent que la coupe de l'opéra comique n7est\npoint favorable à la nature de son talent. Nous croyons, pour notre part,\nque sa voix, d'une complexion un peu indolente, a besoin d'être tenue\nen excitation constante par le récitatif, et que, sous ce rapport, le cadre\nde l'opéra servirait mieux ses aptitudes. C'était du moins l'opinion de\nBaroilhet qui connaissait à fond l'art du chant, et je la livre à l'intéressé\navec toutes ses déductions logiques. Baroilhet, si la mémoire ne me\nfaut, était membre du jury d'examen qui décerna le prix à M. Bouhy.\nJe me souviens fort bien qu'il le classait parmi les barytons les mieux\ndoués pour le répertoire de Donizetti? et qu'il rêvait pour son début le\nrôle d'Alphonse de la Favorite.\nDuvernoy a fait preuve d'intelligence dans Ganymède ; mais M. Vicini\n(Midas), nenni.\nSamedi, 5 juillet. Comme Roger avait fièrement campé son per-\nsonnage de Georges Brown ! Quel cachet de martiale élégance et de\ngalanterie toute française il lui avait imprimé ! Mais tenons porte close\nà ces souvenirs d'un passé évanoui, qui nous feraient volontiers oublier\nque nous avons affaire à l'an de grâce 1873.\nDe par MM. de Leuven et du Locle, le Georges Brown de 1873 a été\n( car j'ai bien peur qu'il ne faille employer ici le prétérit) M. Dekeghel.\nCe choix a été contesté : non que le débutant soit dépourvu de qualités\nrecommandables dans la voix , car il a bien posé certaines parties du\nrôle, mais il lui faudrait au moins le physique de son emploi : ce n'est\npas un sous-lieutenant, c'est un gros major. Dans ces conditions de ro-\nmanesque invraisemblables, on ne se lance pas à la conquête des châte-\nlaines et Ton ne se précipite pas à l'abordage du public parisien.\n\nA. HEULHARD."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.53", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\na Strasbourg, 9 juillet 1873.\n« Monsieur le rédacteur,\nN article du Monde illustre, signe Jules Noriac, a attire\nmon attention sur votre très-intéressante et très-luxueuse\nChronique musicale « revue de Fart ancien et moderne. »\nJ'ai pu me procurer, chez mon libraire, votre premier nu-\nméro daté du ier courant, et j'y lis 1 expose de votre géné-\nreux projet qui est d'élever une statue en Suisse à Rossini,\nFauteur de Guillaume Tell.\nVous voulez aussi que le jour de l'inauguration du monument, dix mille voix\nchantent là, sur place, c'est-à-dire au Grutli, le chœur de la conjuration qui\nsert de finale au second acte de Guillaume Tell. Je suis sûr que \\ ous 11 ap-\nprendrez pas sans intérêt que tout dernièrement nos trois sociétés, 1 Union,\nla Chorale et Y Harmonie se sont réunies et ont exécuté le second acte tout\nentier du chef-d'œuvre de Rossini. Ce sont, pour le festival que vous pro-\njetez, autant de voix prêtes à entrer en lice, et qui, à leur insu, ont fait la\nrépétition générale du concert en l'honneur de Rossini. Comme Alsacien-\nFrançais, je suis heureux, monsieur, de fournir àun journal de Paris un\nrenseignement qui pourra être utile à un moment donné.\n« Veuillez agréer, etc.»\nRÉPONSE : Mille fois merci, monsieur. Bonne note sera prise de 1 avis que\nvous nous donnez 5 car, loin d'abandonner l'idée du monument à élever à\nRossini dans le pays de Guillaume Tell, nous mettons tout en œuvre pour\nla mener à bonne fin, et nos lecteurs seront tenus au courant du résultat de\nnos démarches.\n\nFAITS DIVERS\noici, telle que M. Oswald l'a copiée aux Archives de l'Académie de\nmusique, la liste des représentations de gala données sous 1 em-\npire :\n1855 21 août. S. M. la reine d'Angleterre. T n ,\n(La Fonti. Concert.)\n1857 ÏO mai. S. A. le grand-duc Constantin.\n' (François Villon. - Le Corsaire.)"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.54", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n185 y26 mai. S. M. le roi de Bavière.\n{Le Corsaire.)\n1864 23 mai. LL. EE. les ambassadeurs japonais.\n(Giselle.)\n1864 18 août. S. M. le roi d'Espagne,\n(Nemea.)\n1866 9 janvier. Ambassade du Maroc.\n(Estrade. Tapis de pied. Deux fauteuils semblables pour les\nambassadeurs. Quatorze sièges pour les prêtres, caïds, interprètes.\nQuelques banquettes pour la suite de Leurs Excellences.)\n{La Favorite- Le roi d'Yvetot.)\n1867 4 juin. S. M. l'empereur de Russie.\n(4e acte de rAfricaine. Giselle.)\nLa représentation annoncée pour le 4 juillet 1867 en l'honneur du Sultan\na été contremandée à la nouvelle delà mort de l'empereur Maximilien.\nLE mercredi 2 juillet a eu lieu, au Père-Lachaise , la bénédiction du monu-\nment élevé a la mémoire de l'organiste Lefébure Wély. Ce monument est\ndû à l'architecte Ballard et exécuté par M. H. Chevalier.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. —La Chronique Musicale publiera le palmarès complet des con-\ncours du Conservatoire pour l'année 1873. C'est pendant que nous\nmettions sous presse, qu'a été décerné le prix de Rome pour cette\nannée. Le premier grand prix a été décerné à M. Paul Puget,\nélève de M. Victor Massé.\nLe second grand prix à M Hillemacher, élève de M. Bazin. Une mention\nhonorable a été accordée à M. Corbaz-Marmontel, élève de M. Bazin.\nLa sous-commission chargée du budget de l'instruction publique et des\nbeaux-arts a adopté le rapport de M. Bardoux.\nLes subventions pour les théâtres lyriques ont été maintenues aux chif-\nfres suivants :\nGrand-Opéra 800,000 fr.\nOpéra-Comique 200,000\nItaliens 100,000\nLa subvention du Théâtre-Italien a été votée sur i'annonce faite qu'un di-\nrecteur sera nommé.\nIl n'est pas question du Théâtre-Lyrique.\n—M. Halanzier vient d'engager mademoiselle Leavington, contralto.\nCette artiste débutera le mois prochain dans le Prophète ou le Trouvère.\nMM. Bagier et Lefort ont signé leur acte d'association pour diriger le\nthéâtre Ventadour, transformé en théâtre d'opéra français et d'opéra\nitalien.\nM. Strakosch, candidat favori de la toute-puissante société des proprié-\ntaires de la salie Ventadour, n'a pas voulu faire échec à cette combinaison."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.55", "texte": "VARIA\n\nLes travaux de restauration et d'embellissement qui s exécutent à 1 inté-\nrieur de la salle ne seront pas terminés avant deux mois.\nLes propriétaires de 1 immeuble consacrent 200,000 francs à ces lépara-\ntions. Tout le mobilier sera renouvelé; des glaces seront placées dans les\nloges. La restauration du plafond, confiée à M. Robecchi, coûtera 6,000 fr,\nenviron.\nRien ne sera épargné enfin pour rendre le Théatre-Italien aussi splendide\nque confortable.\nL'Opéra-Comique va nous donner douze débuts pendant les for!es\nchaleurs.\nTénors, barytons, basses, soprani, contralti, toutes les voix y passeiont.\nTous ces artistes débuteront dans le vieux répertoire, que la direction est\nobligée de rejouer en entier, pièce par pièce, pour ne pas peidre le mono-\npole de leur représentation.\nLes Trois Souhaits, tel est le titre d'un acte de M. Jules Adenis, musique\nde M. Poise, lu ces jours derniers à la salle Favart, et dont les rôles ont\nété distribués à Neveu, Nathan, Mesdames Ducasse et Nadaud.\nLe jugement qui a condamné M. Ruelle dans son affaire avec Mademoi-\nselle Daram, déclare résilié l'engagement de cette excellente artiste, dont\nnous serons privés l'hiver prochain à l'Athenée. Ce théâtre rouvrira ses\nportes le 3o septembre. La première affiche se composera de la reprise du\nBijou perdu, d'Adam, et d'un opéra-comique, en un acte, intitulé : Dufrény ,\nparoles de M. Paul Saunière, musique de M. Armand Roux.\nMademoiselle Douau, une jeune chanteuse qui faisait partie de la troupe\ndu Théâtre-Lyrique sous la direction Martinet, et qu'on avait remarquée\ndans Sylvana, vient d'être engagée par M. Offenbach.\nLe compositeur Edouard Lalo, l'auteur de Fiesque, achève la partition\nd'un ouvrage considérable en trois actes et cinq tableaux, dont le titre\nest : Savonarole.\nLe poème est de M. Armand Silvestre, et le scénario de M. Gaston Klein.\nMM. Ernest Dubreuil et Louis Gallet collaborent en ce moment au\nlivret d'un grand opéra en cinq actes, dont la musique sera faite par\nM. J. Massenet, auteur de Don César de de Marie-Madeleine et\ndes chœurs antiques des Erinnyes.\nLe titre de cet ouvrage sera : Tristan de Léonois. Le sujet est tiré de\nnos vieilles chroniques bretonnes.\nCet opéra sera terminé avant la fin de l'année ;il destiné à i Académie\nnationale de musique.\nBRUXELLES. La saison du théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles,\ncommencera du ier au i 5 septembre prochain.\nParmi les artistes engagés par le directeur, M. Campocasso, nous remar-\nquons : MM. Warot, Echetto, Mesdames Battu et Hamakers.\nANVERS. On prépare à Anvers de grandes fêtes pour le voyage de leurs\nMajestés Belges."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.56", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLe théâtre organise une représentation de gala dont notre répertoire\nfera les frais : on jouera, en effet, le Roi Va dit avec tous les artistes qui Font\ncréé à l'Opéra-Comique, sauf M. Lhérie qui sera sans doute remplacé par\nM. Nicot.\nM. Delibes doit conduire l'orchestre.\nT ONDRES. Le Messie, de Haendel, vient d'être exécuté à l'Albert-Hall,\nLondres, devant plus de huit mille auditeurs, sous la direction de\nLesbie.\nMadame Christine Nilsson-Rouzeaud a été acclamée. Le célèbre ténor\nanglais Sims Reeves, la basse Agnesi, mesdames Trebelli et Marie Rose ont\ncontribué à l'excellent ensemble de l'interprétation.\nOn a joué enfin jeudi au théâtre de Covent-Garden la tant promise\nversion italienne des Diamants de la Couronne.\nGrand succès, mais on trouve la pièce trop longue. On y a ajouté, en\neffet, des récitatifs on ne peut plus ennuyeux et qui jurent étrangement\navec la musique d'Auber.\nMademoiselle Desclée a pris sa part dernièrement comme organiste et\ncomme cantatrice, à un concert où ont paru entre autres Gounod et\nGapoul.\nElle a, dit-on, peu de voix, mais un goût exquis. Quant à son talent sur\nl'orgue, il est de premier ordre.\nPour ceux qui ne connaissent pas cette charmante artiste, cela est nou-\nveau ; mais tous ceux qui l'ont connue alors qu'elle était encore au Vaude-\nville, se souviennent des soirées agréables qu'ils ont passées dans le foyer\ndes artistes, où mademoiselle Desclée jouait sur le piano les œuvres des\ngrands maîtres, en artiste d'un réel talent.\nA ce moment-là, elle avait une plus grande réputation de musicienne que\nde comédienne.\nLe prince Joseph Poniatowski se disposait à partir pour l'Amérique, où\nil était engagé comme chef d'orchestre par Ullmann, lorsqu'il fut atteint de\nla maladie qui l'a enlevé.\nLe prince Poniatowski descendait de Stanislas 11, dernier roi de Pologne,\net était né à Rome le 20 février 1816. Il avait eu pour premier maître de\nmusique Candido Zanotti, et plus tard il avait étudié le contrepoint à Flo-\nrence, sous la direction de Ceccherini. Il ne tarda pas à tirer bon parti de\ncette éducation : son premier opéra représenté fut Giovanni da Procida, sur\nle théâtre particulier de lord Standish, à Florence ( 1838). L'exécution en\nétait tout aristocratique : le prince lui-même chantait le rôle du ténor; son\nfrère, le prince Charles, celui du baryton; et la femme de ce dernier, la prin-\ncesse Elisa, la prima donna. Ce n'était pas son coup d'essai comme chan-\nteur, car il s'était produit déjà sur deux scènes : au théâtre del Giglio de\nLucques et àla Pergola de Florence. Giovanni da Procida fut immédiate-\nment donné à Lucques avee la Strepponi, Musich et Georges Ronconi, puis\nà Florence, avec la Ungher et les deux artistes précédents. On y applaudit\ndes morceaux remarquables. Il écrivit ensuite Don Desiderio, qui eut du\nsuccès (1839), Ruy-Blas ( 1848); Bonifacio de Geremei (1844), la Esméralda^"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.57", "texte": "VARIA\n\nd abord exécutée dans la grande salle des Cinq-Cents de Florence, puis au\nthéâtre Léopoldo de Livourne (1847); I Lambert ( 1845), Malek-Adel\n(1846), La Sposa d Abido : Pierre de Medîcis (mars 1860), considéré comme\nson meilleur ouvrage \\ Au travers du mur et Y Aventurière, au Théâtre-Ly-\nrique , la Contessina, aux. Italiens, et enfin, Gelmina, grand opéra en trois\nactes, à Covent-Garden (1872). Il a aussi composé quelques messes.\nLa famille Poniatowski était fort bien douée 5 c'est elle qui avait créé la\nEsméralda, avec Madame de Giuli-Borsi.\nAu printemps de 1831, le prince Joseph, sa belle-sœur la princesse Elisa\net son frère Charles chantèrent la Lucrèce Borgia, de Donizetti, au Théâ-\ntre du Casino, à Bologne.\nJoseph Poniatowski a rempli diverses fonctions diplomatiques: il a été\nministre de Toscane en France. Il était sénateur de l'Empire; depuis la\nchute de ce gouvernement, il habitait Londres où il vivait du fruit de ses le-\nçons en ville.\nLEIPZICK . On vient de fonder à Leipzick une école dramatique sous le titre\nd'Académie théâtrale. Le but exclusif de cette institution est de former\ndes élèves aptes à monter sur les planches, pour y jouer le drame littéraire ou\nmusical. Le programme d'éducation comprend outre les exercices spéciaux :\nl'histoire du théâtre, l'histoire et la théorie de la musique et de l'opéra, l'art\nde la représentation dramatique, l'histoire du costume, la dramaturgie et la\nlittérature théâtrale. Pour être admis dans cette école, il faut prouver qu'on\npossède les connaissances nécessaires pour aborder l'enseignement supérieur\nqu'on se propose d'y donner.\nVIENNE. Les deux ouvrages désignés pour être exécutés à Vienne devant\nle czar de Russie étaient Lohengrin et Mignon. Sur la demande expresse\nde l'illustre voyageur, le premier de ces opéras a été remplacé par le Faust\nde Gounod. •\nSAINT-PÉTERSBOURG. —La société impériale russe de musique met au con-\ncours une partition d'opéra. Le libretto proposé avait été choisi par feue\nla grande-duchesse Hélène Pawlowna, et écrit, d'après ses indications, par\nle poète Polousky; il a pour titre : Vakoula le forgeron, et est emprunté à\nla nouvelle de Gogol, la Nuit de Noël.\nUn premier prix de 1,500 roubles et un second de 500 ont été mis à la\ndisposition de la Société par la duchesse, pour les deux meilleures œuvres\nprésentées.\nLes partitions devront être orchestrées et réduites au piano.\nLes concurrents ont jusqu'au ier août 1875 pour remettre leurs par-\ntitions, et le jugement du jury sera publié au plus tard le ier novembre\nsuivant.\nLe programme ne dit pas si les musiciens de tous les pays sont admis au\nconcours et si l'œuvre sera représentée.\nT) ARCELONE. La Société 11 fomento de las Artes publie le programme du\nConcours musical qu'elle prépare pour le mois d'août, et pour lequel elle\norganise une série de récompenses à distribuer aux auteurs des diverses"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730715-01.1.58", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n''ans Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Laiavette, 61.\n\nœuvres, parmi lesquelles on réclame\nespagnole, composé pour voix d'hommes, et une\npopulaires espagnols.On vient de fonder dans cette ville une\nner , ayant pour but d'étudier et de propager les compositions du maître\nallemand. Une autre Société de quartettistes, récemment établie à Alicante,\nse propose d'y répandre la musique classique allemande, vocale et ins-\ntrumentale.\nLes journaux italiens de tout format et de tous genres constatent\nunanimement l'éclatant succès obtenu par la Galetti dans ÏOlema du\nmaestro Pedrotti au théâtre del Verme, de Milan. La Galetti est une artiste\nhors ligne et quasi-populaire en Italie, ce qui n'empêche que le Théâtre-\nitalien de Paris ne se soit aucunement soucié de nous la faire entendre.\nNous lavons vue dans la Favorite à la Pergola de Florence : c'est la plus\nsplendide Léonora qui soit.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX.\n\nPropriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD."}]}