{"numero_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_sha256": "d387389b74687021f71d32a13070b571a352fdbb3e8bc725b2a48ac76fbe3b95", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1873/08/01_01/bmtnabc_1873-08-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1873/08/01_01/bmtnabc_1873-08-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c001", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[97]", "page_fin": "102", "image_debut": 1, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.1", "titre_corps": "GRANDEUR ET DÉCADENCE MUSICALES", "titre_sommaire": "GRANDEUR ET DÉCADENCE MUSICALES", "signature_source": "XAVIER AUBRYET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[97]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "GRANDEUR ET DÉCADENCE MUSICALES\nLES THÉATRES LYRIQUES A PARIS\n\nI\nL y a des étoiles dont la lumière met des milliers\nd'années pour arriver jusqu'à nous ; je crois qu'il\nen est de même de certaines idées simples; pour\nque telle vérité de l'ordre le plus élémentaire\npénètre les cerveaux rebelles, il faut deux ou\ntrois dynasties et plusieurs républiques.\nLa France, qui se déclare amoureuse du pro-\ngrès, a un défaut bizarre, c'est d'agir comme si\nelle le détestait ; on pourrait refaire, en pensant à ce personnage à la fois\nsi choyé et si battu, les Malheurs d'un amant heureux.\nRègle générale : Quand une institution fonctionne bien chez\nnous, c'est le moment qu'on choisit pour briser le mécanisme ; tout est\nà recommencer quatre ou cinq fois pendant notre existence, l'esprit de\nsuite nous manque , si bien qu'avec une avance énorme, nous finissons\npar retarder sur les autres peuples.\nIl y a dix ans encore, nous étions en plein épanouissement musical"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "lorsqu'on s'avisa de décréter la liberté des théâtres, qui n'est pas autre\nchose que l'oppression des hautes scènes par le boui-boui, l'art assom-\nmé à coups de tréteaux, l'anarchie et la promiscuité remplaçant l'ordre\net l'harmonie.\nAujourd'hui, il n'y a pas un directeur de théâtre intelligent qui ne\nsoupire après l'abolition de ce décret meurtrier ; si l'on continue, la\nFrance ne sera plus bientôt qu'un immense café-chantant où les jeunes\ntalents iront se briser la voix; la liberté des théâtres, qui devait produire\ntant de fruits nouveaux, c'est une Mère Moreau intellectuelle qui ne\ndonne que des fruits à l'eau-de-vie ; on aurait pu, sans accumuler tant\nde ruines, entendre : C'est dans V ne\\ quf ça me chatouille; mais il\nfallait laisser le champ libre aux hymnes de la consommation.\nII\nCe qui m'indigne, ce sont les niais qui veulent détourner le génie de\nla France comme on détournerait un fleuve, et qui stérilisent ce qu'ils\nont justement la prétention de féconder; ils vous disent avec le ton d'un\nrévélateur inspiré :\nPourquoi l'Etat serait-il entrepreneur de spectacles ? Plus de sub-\nventions ; le théâtre est une industrie comme une autre ; est-ce que\nvous inscrivez au budget pour une somme quelconque les marchands\nde soieries ou de comestibles ? Que l'Opéra, que l'Opéra-Comique veuil-\nlent bien se contenter du régime des Villes de France ou du sort de\nPotel et Chabot. Avec l'argent des contribuables qu'on réservait aux\nténors et aux ballerines, nous ferons des écoles !\nAh ! oui, nous en avons fait des écoles, mais ce n'est pas dans le sens\noù l'entendaient ces fiers émancipateurs !\nL'art musical à Paris allait à quatre chevaux; l'Opéra, les Italiens ,\nrOpéra-Comique, le Théâtre-Lyrique représentaient ce magnifique\nattelage; aujourd'hui deux de ces pur-sang sont morts et on ne songe\nplus à les remplacer : l'Opéra-Comique est transformé en bête de\nsomme qui fait le gros ouvrage des compagnons disparus, et l'Opéra\ndevient un cheval de manège qui tourne autour des recettes.\nY a-t-il rien au monde de plus bâtard que cette situation ?\nCes quatre théâtres de musique sont indispensables au train de la\nmaison artistique ; l'Opéra, c'est la musique à grand spectacle, pour\nainsi dire la réception d'apparat de l'art, tant pour le chant que pour la\ndanse ; le Théâtre-Lyrique, c'est une scène d'entraînement, une scène\ninitiatrice, où toutes les audaces du talent sont permises , comme dans"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "ces soirées recherchées où l'on exige des élus un écot d'originalité ; il\nfaut à 1 Opéra des noms consacrés; il faut au Théâtre-Lyrique des\nnoms qui se révèlent ; c'est le laboratoire des jeunes renommées ; en\nmême temps il représente un genre mixte qui est un précieux intermé-\ndiaire entre la solennité et l'enjouement, comme le tableau de genre est\nune transition entre la grande peinture et l'aquarelle. C'est enfin la sen-\ntinelle avancée de l'art, de même que la scène de l'ancien répertoire ly-\nrique en représente l'arrière-garde ; tout ce qui nous effraierait comme\ntendance à l'Opéra lui-même ne nous choque pas au Théâtre-Lyrique ;\ncar nous sommes à la fois pour les idées reçues et les idées à ac-\nquérir. Ce serait du scepticisme en politique d'appartenir à la fois à la\ndroite et à la gauche ; en art, c'est de l'honnêteté éclairée ; nous aimons\nà la fois Monsigny et Wagner, Rameau et Schumann : il ne nous dé-\nplaît pas qu on nous appelle ultras au pluriel. Il y a pour ainsi dire deux\nclaviers de la compréhension intellectuelle, l'un plus meublant et plus\ncomme le piano droit * l'autre encombrant et qui a des octaves\nde plus, comme le piano à queue. Nous voulons l'instrument le plus\nétendu possible. Seulement, nous exigeons que chaque mode de l'art\nsoit bien à sa place ; lorsque Roméo et Juliette, de Gounod, se produit\nsur la scène du Maçon et du Pré-aux-il fait éclater le cadre ;\nlorsque le Faust quitte le Théâtre-Lyrique pour s'installer à l'Opéra,\nc'est, au contraire, le cadre qui devient trop grand pour le tableau.\nQue de mutations intéressantes on pourrait faire en suivant cette loi\ndes proportionnalités ; est-ce que le Philtre et le Comte Ory ne de-\nvaient pas etre restitués par choix de parenté à l'Opéra-Comique, qui\npourrait très bien céder Zampa, par exemple, au Théâtre-Lyrique.\nL Opéra-Comique est une jolie rivière d'un babil charmant ; on n'a\npas le dioit den faire un grand fleuve romantique ; il y a des moments\noù la Voulzie chantée par Hégésippe Moreau parle plus au cœur que le\nRhin ou le Danube; imitons la nature, procédons par gradations.\nOn a pour ainsi dire profité de ce que le Théâtre-Lyrique avait été\nincendie pour mettre a néant cette création qui a rendu tant de services\na la cause de 1 art ; c est le brûler deux fois et achever par l'ingratitude\nce qu on a commencé par le pétrole. Sans doute on laisse l'industrie\nprivée libre de rouvrir cette scène musicale ; mais lui retirer la subven-\ntion qu elle asi bien méritée, c'est lui refuser le droit de vivre; et\ncependant quels nobles plaisirs ne lui doit-on pas à ce théâtre si\nriche et si souple! Presque tout le répertoire de Gounod, l'acclimatation\nde chefs-d'œuvre qui n'avaient fait qu'apparaître chez nous, comme\nFreyschutf et Oberon, l'audition d'oeuvres jusque-là réputées inexécu-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "tables, comme les Troyens, de Berlioz ; des tentatives dans toutes\nrégions, des consécrations et des débuts. Y eut-il une direction plus\nbrillante que la direction Carvalho ? Cette poule aux œufs d'or n'a\npondu que pour le public ; aujourd'hui, on lui refuse le grain de mil\nnécessaire à son existence ; j'avais entendu parler de gens qui boudent\ncontre leur ventre; cette fois , c'est Paris qui boude contre ses oreilles.\nVous avez beau transportera l'Opéra et à l'Opéra-Comique les chefs-\nd'œuvre de ce répertoire spécial, ce n'est plus la même optique, la même\nmise au point; le cor enchanté à'Oberon jure avec le galoubet de\nJoconde; le jardin de Marguerite à l'Opéra devient un parc où l'on\ns'égare; le nocturne à grand orchestre transforme une mystérieuse con-\nfidence en manifestation publique. Vous vous rappelez ces braves\nbourgeois qui logent dans leur troisième au-dessus de l'entresol de hauts\nbahuts faits pour des pièces de château ; parfois on est obligé de faire\nscier le meuble pour le faire entrer dans l'appartement; d'autres, au\ncontraire, mettent leur élégant mobilier de Paris dans quelque salle\nimmense qui rapetisse par comparaison tous les objets; c'est l'histoire\ndes déplacements des œuvres sorties de leur vrai milieu.\nIl y a une autre scène qu'on abandonne aussi et que la plus vulgaire\nreconnaissance commanderait d'entretenir décemment. Le Théâtre-Ita-\nlien a perdu sa vitalité première, mais on ne perdrait rien à assurer ses\nvieux jours ; il répond à tout un monde de souvenirs délicieux ,et sous\nses cheveux grisonnants, il garde encore avec vingt chefs-d'œuvre de\ngrâce et d'élégance un adorable sourire. Ne me dites pas que la traduc-\ntion peut vous rendre ces parfums disparus ; la traduction, c'est la\ncorrespondance d'omnibus, c'est l'itinéraire par à peu près; je ne veux\npas plus de la traduction pour les choses que pour les hommes; un\nFrançais qui a italianisé son nom pour dérouter l'audition, c'est le\ncarnaval vocal; il chante avec un faux nez. J'aurais voix au chapitre, je\nn'accorderais pas cent mille francs au Théâtre-Italien, je lui en donne-\nrais trois cent mille : mais j'exigerais que tous les artistes fussent nés\nau delà des Alpes; un Théâtre italien sans Italiens, c'est comme les\nbiscuits de Reims fabriqués à Vaugirard. Cherchez et vous trouverez;\nmais ne comptez pas sur une altération d'état civil pour produire la\nvraie sensation originale. Dieu vous garde des ténors de Barbarie, des\nprime-donne ambulantes qui mélangent horriblement les deux langues,\nou alors faites franchement le Théâtre-Auvergnat!\nPar contre, j'interdirais sur les scènes subventionnées tout ce qui\nn'est pas une œuvre originale ; le Théâtre-Italien n'aurait pas le droit\nde prendre nos artistes, mais nous n'aurions pas le droit de lui prendre"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "les chefs-d'œuvre de son répertoire; nous laisserions les roses aux ro-\nsiers ; il y a eu des mois entiers où on jouait simultanément le Trou-\nvère à POpéra, le Trouvère au Théâtre-Lyrique, et 11 Trovatore à la\nsalle Ventadour ; nous n'autoriserions plus ces monstres à trois têtes.\nC'est la liberté des théâtres qui a organisé cette déplorable confusion\nappauvrissante pour tout le monde. O liberté des théâtres ! que de niai-\nseries on a commises en ton nom !\nIII\nJe me demande, lorsque Fart trivial fait une si rude concurrence à\nFart noble, comment, même dans l'état de nos finances, on a le cou-\nrage de refuser aux théâtres d'utilité nationale les quelques cent mille\nfrancs qui pourraient assurer leur maintien; le pain intellectuel est\naussi sacré que l'autre, et nous tous, public privé depuis longtemps de\nl'alimentation qui nous est due, nous avons aussi à réclamer notre droit\ndes pauvres.\nPour nous, l'Etat n'est pas autre chose que la personne morale de la\nsociété; voilà pourquoi nous sommes partisans du principe d'autorité.\nQue les esprits les plus prévenus daignent réfléchir quelle est la solu-\ntion la plus libérale : les quatre théâtres dont nous venons de parler,\nlivrés à l'exploitation individuelle ou au contraire gouvernés dans l'in-\ntérêt bien entendu de l'art, et sans préoccupation industrielle.\nPourquoi l'Opéra ou le Théâtre-Lyrique ne serait-il pas assimilé à\nune division de ministère ? Remarquez que je ne demande pas l'art\nofficiel. Ce que je veux, c'est que la question d'argent ne gêne jamais\nla production artistique. Il serait donc bien à plaindre le chef auquel on\ndonnerait trente ou quarante mille francs par an pour être le meilleur\nintendant du plaisir national ! le pays n'est-il pas assez grand seigneur\npour dire àun homme comme M. Carvalho, par exemple? Faites pour\nle mieux, conduisez le Théâtre-Lyrique de la façon la plus digne de\nl'art ; vous avez dans votre sphère une liberté absolue, ce n'est pas votre\nfortune qu'il s'agit de faire, c'est une mission de confiance dont nous\nvous chargeons; vous êtes un représentant de la France auprès de Sa\nMajesté l'Art musical; un ambassadeur ne songe pas à descendre à une\nquestion de trafic ; votre passé nous répond de votre avenir ; continuez\nà nous rendre la splendeur. Toutefois, la France qui a bien su trouver\ncinq milliards pour payer l'ennemi, est assez riche pour payer sa gloire\nartistique ! »\nC'est la cause de l'intérêt commun que je défends ici, et je prétends en"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "cela être plus libéral et plus national que ceux qui disent : Le théâtre\nest une marchandise; nous n'avons pas à intervenir dans le débat des\ncavatines ou des duos.\nEn toutes choses, ce qu'on appelle par corruption le libéralisme, trahit\nla cause de la liberté ; pour nous, nous classons les théâtres en deux caté-\ngories, ceux qui intéressentla production nationale, ceuxqui rentrentdans\nl'industrie privée ; mais l'art digne de porter le pavillon français n'est\npas une Halle, c'est un Sanctuaire ; les marchands n'y sont pas reçus.\nN'attendons pas que Y initiative féconde des citoyens, comme on dit\ndans le jargon démocratique, supplée à cette impulsion désintéressée qui\nne peut être donnée que par l'État lui-même ; si l'on n'avait pas décrété\npour certains travaux 1 utilité publique, nous serions encore à discuter\nsur le tracé d'un chemin de fer ou d'un .canal. L'État, dont l'école libé-\nrale veut toujours faire un ennemi, c'est la volonté générale intel-\nligemment comprise et exécutée avec unité.\nPour réaliser ce que nous demandons, moins de deux millions suffi-\nraient, et ils rapporteraient le décuple. Que l'Assemblée nationale et\nque le conseil municipal y songent ; il me semble qu'on pourrait bien\nfaire pour l'État français ce qu'on a fait pour le shah de Perse. Remar-\nquez que nous donnons déjà huit cent mille francs à l'Opéra, et cent\ncinquante mille francs à l'Opéra-Comique, ce qui diminue d'autant le\nsacrifice lucratif que nous proposons. Songeons que, presque partout, le\nniveau intellectuel est en baisse, et, de gaieté decœur, ne consacrons pas\ncette décadence. Nous sommes tous égaux devant la loi, c'est très bien;\nmais nous forcer à être tous égaux devant le café-chantant, c'est un peu\ndur. Nous avons abattu l'aristocratie, c'est assez de démolition ; il ne\nnous appartient pas d'abolir la noblesse de l'art.\nEnfin, que les jansénistes, s'il en reste, n'affectent pas de traiter\navec dédain cette question de planches; si, sous prétexte qu'ils ne met-\ntent jamais le pied à Paris, ils refusent d'inscrire au budget la splendeur\nnationale, qu'ils sachent bien que ce qu'ils repoussent sous une forme\nacceptable et décente, leur reviendra alors sous mille formes basses et\nrépugnantes. L'encouragement qu'ils refusent à l'art élevé, ils le don-\nnent par le fait même à l'art qui court les rues.\nQu'ils nous permettent donc d'introduire un peu de soleil et un peu\nde lumière dans cette cité de ténèbres qu'ils ont en horreur. L'igno-\nrance et la vulgarité murent trop d'intelligences : raison de plus pour\nqu'ils admettent l'impôt des portes et fenêtres de l'esprit !\n\nXAVIER AUBRYET."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c004", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "109", "image_debut": 7, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.2", "titre_corps": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "titre_sommaire": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "signature_source": "J.-B. WEKERLIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nSuite et fin (i).\nES conditions onéreuses et humiliantes du traité de paix\nétant connues, c'est l'Alsace qui s'empare de la sym-\npathie publique; immédiatement nous voyons paraître\nY Alsacienne, de H. Gallois et G. Schubert (lisez\nPrilipp) ; Alsace et Lorraine, deVillemer, Nazet et\nBen Tayoux; la France est notre patrie, paroles et\nmusique d'un Alsacien; Alsace, de Jules Barbier, musique de J.-B.\nWekerlin ; Strasbourg, attends!! de Villemer, Nazet et Ben Tayoux?\nUhrich, de Borsig et Ch. Pourny; Alsace, adieu! de Salin et\nBoissière; Adieux à la France, de L. Battaille et L.-A. Dubost ;\nVengeanceaux défenseurs de Bel fort, par Bouffier (c'est un morceau\nde piano); Che suis Français, hur alsacien, par Houssot et Ch. Hu-\nbans.\nUn chant national : 4 milliards, 800 millions, par J. Marvilleet A. de\nRuns ; /es Emigrants, de Dubreuil et V*. Peltier ; Met\\, hymne de G.\nHirsch et O. Comettant ; Debout, les Vosges, chant lorrain par V. Bou-\nton, autographié par l'auteur, et même assez mal ; Alsace-Lorraine,\nTZOWS ne t'oublions pas, paroles et musique de Him C. ; /a Vieille Lor-\nraine ou la France reviendra, paroles et musique de Dupuis Adolphe;\n/a Paysanne lorraine, de Delormel et Planquette ; les Flèches du Lor-\nrain, par Lopez et Darcier. Les chants patriotiques continuent d'affluer\n\n(1) Voir le numéro du i 5 Juillet."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "durant route l'année 1871 : Haine à la Prusse, deDubreil et V. Peltier;\nHymne à la France, de A. Theuriet et A. Yunc; il y a de jolis vers :\nSur les forêts et sur les plaines\nLe soleil répand ses flots d'or,\nEt malgré les douleurs humaines,\nUn frais printemps rayonne encor.\nLes fleurs ont vêtu de leur grâce\nLe sol que la guerre a foulé,\nEt Vherbe a reverdi la place\nOu des larmes avaient coulé.\ny\nFrance à Vœuvre, de Sevray et L.-A. Dubost; la France éplorée aux\ngenoux de Marie, par Victor Méri delà Canorgue et H. Poncet ; Gloire\naux martyrs, de A. Michel et J.-C. Thorel ; VAvenir de la France, par\nTheolier et A. d'Hack ; le Prussien d'Lucien,do. Porte et A. Bouilland;\nles Capons, de Philibert et L. Goudesone ; les Droits de la femme, par\nPhilibert et Goudesone; la Patrie avant tout, de Philibert et Ch. Pourny ;\nles Honnêtes Gens et les Misérables de Philibert et Ch. Pourny, igno-\nble diatribe contre les prêtres, avec une image à l'avenant; le Régiment\ndes Lâches par Chatelin, Philibert et Chassaigne, chanson contre les\ngénéraux de Napoléon ; En souvenir du vieil Horace, paroles et musique\nde Civodul (Ludovic) :\nEn ce temps-là revint un homme\nFier de ses dix-huit ans d'exil,\nCriant : le monde va voir comme\nOn sauve une France en péril!...\nOr, ni DEBOUT sur la muraille,\nNi COUCHÉ, HUGO n'apparut ;\nAfin d'éviter qu'on le raille\nQue fallait-il donc ? qu'il mourût.\nRetournons au travail, par Ali Vial de Sabligny et Lecorbeiller ;la\nFrance au Calvaire, de Burion et Planquette; Faut balayer tout ça,\nde Philibert et Hubans; la Clique, par Burani et A. Dubost; la\nRésurrection, hymne de Caloni et G. Duca ; Tu renaîtrasi hymne à\nla France, de Chatelin et Chassaigne ; la France les maudit, de Burion\net Chassaigne ; Qu'on se souvienne, de Burani et Ch. Pourny; Faisons\nbrûler du sucre sur tout ça, chanson hygiénique d'Arnaud ; Ils sont\npartis, par Lefebvre et Ben Tayoux ; le Soldat de la Loire, de Remi-\ngnard et Tac-Coen ; Travailler pour le roi de Prusse, de Pierri et Ou-\nvier; Ce qu'il faut imposer, par Ouvert et J. Perrin; VEpée de la\nFrance, par Méri de laCanorgue et J. Borel ; Là, ils ont tué ma mère, de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "Chatelia et Chassaigne ; Souvenirs du bombardement de Strasbourg,\nMenard et Colmann père ;la Guerre et la Paix, de Theolier et A.\nd Hack; Liberté, égalité, fraternité, par de A. de Bausset et J. Darcier;\nNi toujours, ni jamais, de Civodul, à M. Thiers, chefdu pouvoir exécutif\nà Versailles, juin 1871 ; l'Avenir de la France, musique de E. du Rô-\n-Igt • •\ncher; France, France, paroles et musique de Henri Loys :\nFrance! France! France!\nL'heure a sonné, lève-toi !\nC'est la grandeur, c'est Vespérance !\nVive Henri F, vive le roi!\nLe Peuplier, de Bouvier et J. Darcier; Châteaudun, de Villemer, Ge-\nzano et BenTayoux ; Hymne à Châteaudun, par H. Bourgery et Th. Le-\nconge; Français, vous de Réval, Berod et Jacob; la France\nimmortelle, de Jalin et F. Boissière (Hommage à madame Thiers); la\nLyonnaise, chant national de Saint-Albin et J. Chavès ; ce morceau a\ncela de particulier que sous le nom. du parolier, il y a paroles revues par\nson fils, H. de Saint-Albin; le père n'était donc pas assez fort ? Sous le\nnom du musicien il y a également musique revue par 8.-T. Missler. Les\nvoilà quatre qui chantent :\nest là qui nous rend l'espérance !\nHabile chef autant que valeureux,\nIl ne craint pas les pièges ténébreux\nEt porte haut le drapeau de la France (1).\nParis et VHistoire ou Paris régénéré, de Blondelet, Beaumaine, Ch.\nPourny ; Ce qu'ils n'ont pas, d'Alf. Isch Wall et G. Douay ; VArroseur\npublic, chanson type de Duvert et H. Natif; VEnfant de troupe, de H.\nGaboriau et F. Boissière.\n1871\nL'année 1872 s'ouvre par toute une collection de chansons patrioti-\nques : le Cataclysme, Hymne à la République, les Provinces vendues,\nl'Amnistiey paroles de Léon Maria, musique d'Ernest Fournier. ' Puis\nnous trouvons : Honneur à Châteaudun, de Philibert et Desormes ; les\nPrisonniers d}Allemagne, de Burani et Pourny :\n\n(i) Il est assez bizarre de trouver cette pièce à cette date; l'exemplaire porte bien le\nmillésime 1871 ; sans doute au mois de février ou mars, l'estampille du ministère\nindiquant le numéro 294."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "On gagnait chèrement sa vie,\nLes pourceaux étaient mieux nourris,\nEt les secours de la Patrie\n/\nEtaient volés par ces maudits.\nLa Clique, de Burani etDubost, récriminations contre les riches, les\nprêtres, les rois, les marchands, les Prussiens, etc. ; les Têtes de pipes,\nde Burani et Antonin Louis, contre les rois; le Bourg et, de Philibert,\nSevray et Desormes.\nVoici une chanson qui adû rester dans les cartons jusqu'au moment\noù la police lui a permis de voir le jour: les Funérailles de Victor\nNoir, paroles de Paul Avenel, musique de Jules Javelot :\nNous étions là cent mille, ô spectacle sublime!\nMaudissant Vassassin et pleurant la victime;\nLe nom de Victor Noir emplissait tous les cœurs,\nOn se serrait la main, aveuglé par les pleurs.\nL'image représente le char funèbre traîné par la blouse, les chevaux dé-\ntelés gambadant avec le sentiment de leur liberté; un monsieur bien mis,\navec un parapluie, se tient debout à la place du cocher et pérore.\nNous suivons: Gloire aux libérateurs, de Sorant et Roubin (les libé-\nrateurs sont les travailleurs) ; Alleç-vous-en, chant français de Beau-\nmaine, Blondelet et L. Benza :\nPlus d'étrangers chez nous, !\nDevoir et Espérance, chant moral et patriotique (anonyme); Liberté,\nchant patriotique de Delormel, Villemer et L. Benza; le Rossignol de la\nRépublique, par Lamouroux et Egbert :\nComme moi, rossignol, aime% la République !\nReconnaisse% pour roi Dieu votre créateur,\nEt bientôt dans les bois, j'aurai pour politique,\nDe vous égayer tous en chantant le bonheur.\nLa Légende de la liberté, de Baillet et Planquette; la Liberté pour\ntous, paroles et musique de L. Cassi ; Donnec'est pour la France, de\nValéo Vallat et P. Chassaigne; Adieux à la France, par Dubost; Alsace,\nromance dramatique, par Garés et Dupouy ; Humanité, par A. Moreau\net E. Duhem. Vive la République, chant des électeurs, paroles et musi-\nque de Bouillard ;\nEn répétant : vive la République !\nMarche au scrutin, et, de ta grande voix\nPeuple français, renverse la boutique\nDes fabricants d'empereurs et de rois."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.11", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "Le Crapaud devenu bœuf, ballade au roi de Prusse, paroles et musi-\nque de Civodul, troisième édition ; le Vilain Oiseau, chanson drolati-\nque, scie populaire, paroles et musique de Louis Plomplomb; N'oublions\npas, d'Évrard et Ch. Liébeau ; l'Or de la France, de Chatelin et Ch.\nPourny; France, ne pleure plus, d'A. Belle et H. Brun; VEmprunt\nnational\\ rondo de Houssot et J. Javelot; VEmprunt, de L. Maria et\nE. Fournier; Pour la France, ode patriotique de J. Évrard et J. Biloir ;\nA la France ! du docteur Coste, musique de A. Despagne; Toast à la\nFrance, de J. Fauque et F. Boissière; France, veille aux tyrans, de\nGoslain et A. Lyant.\n****** **•*•••••\nMais les temps sont changés, car la démocratie\nVa donner à la France un appui protecteur.\nDemain, par A. Isch-Wall, Battaille et Planquette ; Garibaldi, chant\nguerrier de José Urtuli et G. Lucas :\nLe protecteur de l'Amérique,\nDe l'ltalie le Rédempteur,\nDéfenseur de la République,\nEt Vennemi des oppresseurs.\nCes vers— qui ne sont pas de Victor Hugo, furent d'abord savourés\npar le peuple de Lyon, Paris n'eut son édition que quelque temps après ;\nChapeau bas ! paroles et musique d'Aupto; plus de banquiers, de rois, de\ngandins, de Messalinés :\nDevant la sainte République\nAllons, chapeau bas.\nLe Décroteur ou les Cireux, de Burani et Dubost; l'image représente\nNapoléon 111 en décrotteur, sur sa boîte il y a : la maison ne cire pas à\ni œil.\nLiberté, Egalité, Fraternité, d'Étienne Merle; Sauvons la France,\ndeSarrazin et A. Petit :\nUn autre Aetius se lève,\nDu courage, Gaulois et Francs,\nQu'un autre Attila sous le glaive\nTombe avec ses Huns insolents.\nCela paraît un peu en retard ; il est vrai que le lieu d'impression est\nAvignon; sans doute on n'y savait pas encore en 1872 que la guerre était"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "finie. Le chant suivant, venu également de province, sans nom de lieu,\nn'est venu à Paris qu'en 1872 dont il porte la date, c'est : Appel aux\narmes, de P. Dupré et Dumont ; même observation pour le Chant de\nmarche des Francs-tireurs, paroles et musique d'Antony Réal. France\net Liberté, de Rémy Doutre; Aux urnes ! paysans, de R. Doutre et\nJ. Loubet ; cette dernière chanson se reporte au temps de la féodalité\nqu on critique ferme; mais il y a une riposte qui vient sans doute de\nBretagne: le Drapeau blanc, par M. J. Blanchon :\n11 ne t'a point renié, par emblème\nDont la grandeur ombragea son berceau ;\nVive le roi qui t'honore et qui t'aime,\nMon vieux drapeau!\nCe n est qu'après avoir lu cette pièce, que nous avons découvert au\nbas, en caractères minuscules : imprimé à Lyon par Louis Perrin.\nL'Avenir est à nous, de Baumaine, Blondelet et F. Barbier ; le Sang\ngauloisy de Bieberstein et O. Petit; la sainte France, par Villemer,\nDelormel et F. Boissière; la République et les Républicains, par Leclerc et\nJ. Darcier, dédié à leur ami Louis Blanc ; le Cheval du Cuirassier, de\nVillemer et Planquette; le Drapeau des morts, de Villemer et Plan-\nquette. Dans cette chanson il y a un sujet des plus dramatiques : à minuit\ndes soldats viennent frapper à un cabaret de village; on ne leur ouvre\nque parce, qu'ils sont français, le cabaretier étant lui-même un ancien\nsoldat :\nQiiand il eut rempli chaque verre,\nLe cabaretier crut rêver\nEn voyant alors se lever\nLes habitants d'un cimetière...\nAutour de lui vingt cuirassiers,\nAux faces pâles et sanglantes,\nPortaient de leurs mains chancelantes\nLe vin de France à leur gosier.\n« Nous sommes des fils de la France,\nRépétaient alors les soldats,\nNous ne revenons ici-bas\nQue pour boire à sa délivrance. »\nAu dernier couplet, l'un des cuirassiers paie l'écot avec un lambeau\nde drapeau tricolore.\nLe Chant des peuples,de Villemer, Delormel et A.d'Hack;\nde la Vengeance,d'Emmerick de Gandillac et F. Trémal; de\nJ. Schaunard et L. Benza; Non ! pas d"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "paroles et musique de Francis Chareire; Nous choisissons la France, de\nThéolier et Ch. Malo; la Ligue anti-prussienne, de Baulen et O. Petit;\nle Barde des Vosges, de Barrillot et A. Brody; le Drapeau de Met\npar Villemer, Delormel et L. Benza; la Voix de VHistoire, par Delor-\nmel, Villemer et C. Malo; la France n est pas morte, de Persin et Car-\nrier; la France à Notre-Dame de Lourdes. C'est un cantique pieux,\ndans lequel on implore l'assistance de la reine du ciel en faveur de la\nFrance. Aussitôt un Voltairien, caché sous les initiales F. G. F. réplique\npar le cantique : Aide-toi, le ciel f aidera, pèlerinade.\nKeppler, Newton, cent autres que /oublie,\nVersent à flots la lumière au grand jour •\nQuatre-vingt-neuf nous montre une autre vie,\nLe monde entier Vacclame avec amour :\nOublierons-nous l'exemple de nos pères,\nPour revenir aux superstitions.\nNous ! avons encore la Délivrance, d'Ernest Duval, hommage à\nM. Thiers, président delà République; la Liberté, voilà le vrai\nbonheur, par Baillet et G. Lucas; Chanteoiseaux, la chanson de\nla Liberté, de J. Fauque et C. Leriche; la Voix de la France,\nde Switser et Lejeune; le Rêve de la France, de Brigliano et\nL, Chelu; la Première République, par Ryon et C. Collignon;\nCanons, de H. Nadot et J. Darcier; /es Turcos de Wissembourg, par\nThéolier et Ch. Malo; Tows soldats! de Perreau et A. d'Hack; Cri de\nLiberté, de Béor et Ben-Tayoux; Humanité, d'A. Moreau et E. Duhem.\nIci s'arrêtent les publications de l'année 1872, et nous sommes au it,r\njanvier 1873. Quelques titres de chansons se trouvent répétés dans cette\nlongue énumération, soit que plusieurs auteurs aient eu la même pensée,\nsoit qu'une nouvelle édition ait paru, indiquant par cela même le succès\nde l'œuvre.\n\nJ.-B. WEKERLIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c008", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "110", "page_fin": "119", "image_debut": 14, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.3", "titre_corps": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789", "titre_sommaire": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789", "signature_source": "CH. NUITTER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789\n\nD'APRÈS LE JOURNAL DE FRANCŒUR\nOUIS-JOSEPH Francœur, né à Paris le 8 octobre iy3B,\na été successivement, depuis 1753 jusqu'à sa mort,\nen 1804, violon à l'orchestre, chef d'orchestre, direc-\nteur, fermier des bals, régisseur général, administra-\nteur, inspecteur de la salle de l'Opéra. Parmi les\nnombreux mémoires, états du personnel, etc., qu'il\na laissés, le travail le plus important consiste en un recueil en\ndeux volumes, petit in-folio, où Francœur a consigné jour par jour,\nde 1785 à 1789, tout ce qui s'est passé à l'Opéra, en y joignant,\nsous la forme modeste de nota, le récit des événements les plus im-\nportants. Pour donner une idée exacte de ce journal, nous croyons\nne pouvoir mieux faire que d'en reproduire complètement toute la\npartie qui a rapport au mois de juillet 1789. Nous en ferons seule-\nment disparaître quelques incorrections, et nous compléterons, en de\ncertains passages, le récit de Francœur, au moyen des indications que\nnous fourniront les registres de l'Opéra et la correspondance de Dau-\nvergne, conservée aux Archives nationales parmi les papiers de l'lnten-\ndance des Menus (1).\n\n(1) L'Opéra était alors administré par le comité des artistes, Sous la direction de\nDauvergne et Francœur. Tout le système de l'organisation de cette époque est\nanalysé d'une façon très exacte ettrès intéres santé dans le travail récent de M. Adolphe\nJullien : L'Opéra en 1788, documents inédits extraits des Archives de l'Étatè\nLibrairie musicale de Pottier de Lalaine."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.15", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "JUILLET.\nM. i. Repos.\nJ. 2. Repos.\nV, 3. Comité pour lecture. Alceste. Recette. 2,297 liv. 12 s.\nS, 4. Assemblée pour répertoire. Le soir repos.\nA cette Assemblée du 4, on s'occupa de déterminer l'ordre des répé-\ntitions d'un nouvel opéra, Cor a ou la Fête du Soleil, de MM. de la\nTouloubre et que l'on croyait pouvoir représenter prochaine-\nment. Lainez, membre du ne jouant pas dans cet ouvrage, de-\nmande un congé. On lui fait remarquer le plus poliment du monde que\nsa présence est nécessaire; Lecourtest malade ; si Rousseau venait à ne\npouvoir chanter et si Lainez n'était pas là, il faudrait fermer le théâtre.\nA ces observations, l'irascible haute-contre répond alors que, s'il est à\nce point nécessaire, il demande 50,000 fr. d'appointements par an.\nPour apprécier exactement la folle exagération de cette demande, il\nsuffit de savoir qu'en 1789 le chiffre des appointements des premiers\nartistes, en y comprenant les gratifications ordinaires et extraordinaires,\nne s'élevait qu'à livres. C/est ce que touchaient les deux premières\nbasses-tailles, Chéronet Lays; les deux premières hautes-contre, Lainez\net Rousseau ; les deux premières chanteuses, mesdemoiselles de Saint-\nHuberti et Maillard. Et Lainez ose demander 50,000 livres! Là-dessus,\ndiscussion, récriminations! Le répertoire est cependant fixé, et Dau-\nvergne, dès le lendemain, rend compte de la séance à M. de la Ferté (1).\nD. 5 .Le Devin de village et la 7e des Prétendus. Rec. : 2,484 liv.\nL. 6. Comité où il fut fait le nouveau répertoire des ouvrages à entendre,\nNota. M. Lainez fit à ce sujet une scène affreuse à M. Dauvergne. Le\nsoir, repos.\nt rancœur se contente d'indiquer sommairement ce qui s'est passé.\nNous trouvons plus de détails dans une lettre de Dauvergne, datée du\njour même (2) : « Je viens, dit-il, d être insulté par le sieur Lainez\n« d'une manière atroce ! « Il raconte que l'on a indiqué différents ou-\nvrages pour des auditions. Parmi ces ouvrages, il yen avait un de Trial\nfils, et Lainez voulait qu'on le répétât le premier, parce qu'il s'y inté-\nressait. Sur le refus de Dauvergne, il l'accabla « d'une légende d'invec-\ntives. » Dauvergne quitte le comité ; les camarades de Lainez s'efforcent\nde le calmer ; mais, continue la lettre, « il leur a répondu avec rage qu'il\n\n(1) Archives nationales, o \\ 628.\n(2) Lettre du 7 juillet. Arch. nat. O1 628."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "« ne connoissoit point Dieu, encore moins des supérieurs , qu'il ne de-\n« mandoit qu'à s'en aller de l'Opéra, sans pension, que lorsqu'il auroit\n« sa liberté, il sçauroit la mettre à profit. « L'autorité supérieure donne\nimmédiatement satisfaction au directeur de l'Opéra. Des instructions\nseront transmises à la police. C'est bien, mais si chez Dauvergne\nl'homme est content, le directeur est plein d'inquiétude, car il faut assu-\nrer le spectacle du lendemain. Il remercie le ministre, disant qu'il\nn'attendait pas moins de sa justice, puis il ajoute : « J'ai envoyé chez\n« M. Quidor, savoir s'il avoit reçu des ordres. 11 m'a fait dire que non,\n« mais que s'il en recevoit, il ne les mettroit à exécution que le lende-\n« main matin, ce qui fait bien mon affaire, car si l'insolent n'avoit pas\n« pu chanter, il aurait fallu changer le spectacle d'aujourd'hui, » et il\najoute en post-scriptum : « J'apprends dans l'instant que le sieur Lainez\n« chantera. »\nLainez avait été probablement averti de la visite de M. Quidor,\nagent ordinairement chargé de la police des théâtres, et cela l'avait un\npeu calmé.\nMar. 7. Alceste. Rec : 1,297 liv. 8 s.\nMer. 8. Repos.\nJ. 9. Repos.\nV. 10. Ariane et la 8e des Prétendus. Rec.: 1,953 liv. 18 s.\nS. 11. Assemblée pour répertoire.\nIl devait ce même jour y avoir répétition, matin et soir, pour\nDémophon, de M. Vogel, mais M. Lainez, ayant été mandé à Ver-\nsailles par le ministre, relativement à la scène qu'il avait faite à\nM. Dauvergne, au comité du 6 précédent, cette répétition fut remise\nà un autre jour.\nD. 12. Relâche exigé par le peuple.\nNota. On devait donner Aspasie, mais M. Necker ayant, eu ordre de\ns'éloigner de France pendant la nuit précédente, ce départ consterna tous\nles esprits. Le peuple, sur les quatre heures, vint en foule à tous les spec-\ntacles, leur demander de fermer de la part de la nation. Cette demande fut\nfaite à l'Opéra par un peuple immense, et, d'après une lettre incertaine de\nM. le marquis du Châtelet, adressée à M. Mazoyer, je fis donner ordre de\nsuspendre le spectacle, et en conséquence de rendre l'argent aux spectateurs\nqui avoient payé. Comme il n'étoit que quatre heures un quart quand cette\ndemande fut faite, il n'y avoit que quelques billets d'auteurs de passés dans\nla salle, mais, chose singulière dans ce désordre, il n'y eut que le nombre\njuste des billets payants qui furent demandés. Quant au reste de cette mal-\nheureuse journée,;voyez les papiers de ce jour. Sur les huit heures on cria aux\narmes, et jusqu'au bas peuple tout s'arma. Le peuple, pendant la nuit, se\nrendit au couvent de Saint-Lazare, où il fut fait un désastre affreux, et pendant"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "trois jours on transporta de chez eux à la halle quatre à cinq cents voitures\nde grains et farines que ces moines avoient cachés.\nFrancœur, au milieu de ces troubles, reste toujours homme de\nthéâtre, et ce qui paraît l'avoir le plus frappé, c'est un détail d'admi-\nnistration. Il est rare, en effet, quand on est obligé de rendre l'argent\ndans un théâtre, que, parmi les spectateurs entrés avec des billets gra-\ntuits, il ne s'en trouve pas quelqu'un qui, par distraction, se fasse\nrembourser le prix qu il n'a pas payé. Chose singulière ! dit Fran-\ns\ncœur, cela n'arriva pas le 12 juillet, et il note le fait sur son journal.\nC'est bien l'homme qui, quelques années plus tard, en pleine Terreur,\nprisonnier à la Force, oublie le tribunal révolutionnaire et le reste, en\nvoyant passer la citoyenne Beugnot, qui, à ce qu'il paraît, ressemblait\nd'une façon étonnante à la Saint-Huberti, et raconte à ses compagnons\nde captivité avec quel charme et quelle mobilité d'expression la Saint-\nHuberti jouait la Didon de Piccini (1).\nLa journée du 12 est décrite d'une façon plus précise par Dauvergne,\ndans une lettre au ministre : « J'ai l'honneur de vous rendre compte\nque malgré le bruit qui s'étoit répandu depuis midi que les séditieux\ndu Palais-Royal vouloient que les spectacles fussent fermés aujourd'hui,\nj'ai fait ouvrir l'Opéra à l'heure ordinaire, que je m'y suis rendu à\nquatre heures et demie, qu'un quart d'heure après on est venu me\ndire que les séditieux étoient à la Comédie Italienne pour la faire fer-\nmer, que de là ils devoient se porter à l'Opéra, où effectivement ils sont\narrivés au nombre d'environ trois mille, tant hommes que femmes, en\nfaisant des cris affreux. Alors j'ai fait fermer les portes et je leur ai fait\ndire qu'il n'y avoit point de spectacle, ce qui les a calmés, car ils di-\nsoient qu'il falloit mettre le feu. J'ai fait rendre l'argent, et ils ont vu\nsortir les personnes qui avoient payé, ce qui lésa dissipés, à peu de\nchose près, pour se porter chez Audinot et Nicolet. J'ai arrangé qu'une\nforte garde de pompiers, une douzaine de soldats et un bon nombre\nd'ouvriers passeroient la nuit dans l'intérieur de crainte d'accident. » (2)\nCes précautions furent inutiles, et, cette fois, les séditieux, comme\nles appelle Dauvergne, ne mirent pas le feu à la salle de la Porte Saint-\nMartin. Cela devait arriver plus tard.\nL. i 3. Point de comité.\n\n(1) Mémoires de Beugnot, cités par Castil Blaze. Acad. imp. de musique* IL 24,\n(2) Arch. nat. O' 628."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "Nota. La garde bourgeoise s'est établie ce même soir, afin de procurer\naux habitants une nuit plus tranquille qu'elle n'avoit été précédemment. On\nprit nombre de fripons.\nM. 14. Relâche, id.\nNota. La garde bourgeoise fit jour et nuit des patrouilles. Ils arrêtèrent\ntoutes les voitures et les paquets, les courriers étaient fouillés et leurs dé-\npêches portées à la Ville. Le peuple, pour se procurer des armes, se rendit\nenfouie aux Invalides, lesquels laissèrent prendre huit à neuf mille fusils\net hallebardes; il se rendit aussi à l'Arsenal et à la Bastille, mais M. de\nLaunay, gouverneur, ayant montré le drapeau blanc et ouvert le pont-levis,\nlaissa entrer une partie du peuple, et faisant ensuite fermer il fit tirer sur les\nbourgeois du dedans et du dehors. Alors le peuple irrité prit d'assaut la\nBastille. M. de Launay fut conduit à la Grève où on lui coupa la tête, le\nmaître salpétrierde l'Arsenal fut haché par morceaux, et M. de Flesselles,\nprévôt des marchands eut la tête coupée. Ces deux têtes furent portées en\ntriomphe dans tout Paris, Voyez le Courrier de Versailles à Paris, n° 9.\nPendant la nuit les trois régiments campés au Champ de Mars se sont\nretirés en laissant leurs bagages et leurs canons.\nNous complétons le récit de Francœur par une lettre de Dauvergne\nqui rend compte à M. de la Ferté des événements de la journée.\n« M. Janssen m'a fait dire hier au soir qu'un gros détachement du\npeuple s'était présenté à la salle de l'Opéra pour demander les armes qui\npouvaient s'y trouver. Il leur a fait ouvrir l'endroit où on les tient. Ils ont\npris des sabres seulement, n'y ayant pas d'autres armes dont ils pussent\nfaire usage, les haches et massues n'étant que de carton; après quoi ils\nse sont retirés tranquillement. J'attends les ordres du ministre pour\nl'ouverture de l'Opéra, ce qui, je pense, n'aura lieu que lorsque Paris\nsera tranquille, car je crois qu aucun citoyen n'oseroit se présenter dans\naucune salle de spectacle dans ce moment-ci. » (1)\nOn voit que le matériel de l'Opéra ne fut pas d'un grand secours aux\nvainqueurs delà Bastille ; ce qui n'empêcha pas le citoyen Mangin, limo-\nnadier de l'Opéra, dont on peut distinguer l'enseigne sur la gravure\nreproduite par la Chronique musicale, de réclamer plus tard auprès du\nministre de l'intérieur et de mentionner parmi ses services et fonctions\nque le 14 juillet 1789 il a armé les citoyens de Saint-Martin\ndes Champs, depuis section des Gravilliers, de hallebardes, piques et\nsabres appartenant à l'Opéra. (2)\nM. i 5, La patrouille bourgeoise jour et nuit fut en action, etc. Le Roy se\nrendit à Versailles à l'Assemblée nationale et promit de faire retirer\n\n(1) Arch. nat, G 1 628.\n(•2) Arch. nat. F. 17 1294."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.20", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2341, "texte": "ses troupes et de passer par tout ce que demandoit l'Assemblée.\nLes députés des États se rendirent à Paris, sur les huit heures,\nà l'Hôtel de Ville, pour l'instruire des paroles de paix que le roi\nleur avoit données, et ils furent ensuite à Notre-Dame pour en-\ntendre le Te Deum.\nJ. 16. Sur le même bruit que le Roy devoit ce même jour venir à Paris à\nl'Hôtel de Ville pour confirmer les paroles de paix qu'il avoit\ndonnées, il y eut beaucoup de rumeur et d'inquiétude. Mais la\njournée et la nuit ont été assez tranquilles.\nOn démolit à force la Bastille.\nV. 17. Relâche, id.\nLe Roy vint à Paris sur les deux heures et se rendit à l'Hô-\ntel de Ville. La garde bourgeoise, à pied et à cheval,fut au-\ndevant de lui. Tous les députés de l'Assemblée nationale mar-\nchoient à pied devant et derrière la voiture du Roy, aucun\ngarde du corps n'était autour de Sa Majesté. Je crois qu'il ne\nse fit jamais une plus belle et plus nombreuse entrée. Après\nle départ du Roy qui se fit dans le même ordre que son arrivée,\non mit un transparent à l'Hôtel de Ville sur lequel étoit écrit :\nVIVE LOUIS XVI, LE PÈRE DES FRANÇOIS ET LE ROY D'UN PEUPLE\n. LIBRE.\nIl y eut illumination générale.\nS. 18. Repos. \\\nD. 19. Repos. > Voyez les papiers publics.\nL. 20. Repos. )\nIl fallait maintenant rouvrir les spectacles. Dauvergne se rendit au-\nprès du Comité de rassemblée des Électeurs, siégeant à l'Hôtel de Ville,\ncar les événements avaient marché et déjà ce n est plus du ministre que\ndevaient venir les ordres. Il fut décidé que Ton donnerait des représen-\ntations au profit des pauvres. Dauvergne proposa de faire jouer les\nFrançais le mardi 21, la Comédie Italienne le mercredi et l'Opéra le\njeudi, de façon àce que,les trois spectacles ne se faisant pas concurrence,\nla recette fût aussi bonne que possible. Après une assez longue discus-\nsion, ce projet ne fut pas adopté. Dauvergne demanda alors une délibé-\nration de l'assemblée qui l'autorisât à faire afficher et à ouvrir l'Opéra.\nElle lui fut délivrée; l'original est joint à la lettre de Dauvergne d'où\nnous tirons ces renseignements. En voici le texte :\nHOTEL DE. VILLE\nExtrait du procès-verbal de\n/\nL'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ELECTEURS.\n« Les différents spectacles ayant offert de donner une représentation\nau profit des pauvres ouvriers qui ont combattu pour la liberté et la"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1729, "texte": "patrie, l'Assemblée, pour se rapprocher de plus en plus des intentions\nannoncées par Sa Majesté pour le rétablissement de Tordre accoutumé,\naccepte leurs offres et leur permet d'ouvrir demain.\n« A l'Hôtel de Ville, ce 20 juillet 1789. »\n(c Bon pour expédition à délivrer aux directeurs de spectacle et à\nl'imprimeur des affiches.\n« MOREAU DE SAINT-MÉRY , président.\nDUVEYRIER, secrétaire (1). »\nLe lendemain l'Opéra rouvrit.\nM, Le Devin de village et les Prétendus, au profit des pauvres ou-\nvriers.\nRec. 1 517 liv. 16 s.\nReçu manuellement dans la salle 22 5\nAu bureau du parterre 67 4\nDû par S. A. S. Mgr le duc d'Orléans 240\ncc par un locataire 48\n2098 liv.\nArrêté à la somme de deux mille quatre-vingt-dix-huit livres en pré-\nsence des personnes soussignées, savoir : M. le chevalier de Manper-\ntuis, commandant la Garde bourgeoise du District Saint-Martin, et\nM. Bousquet, marchand boucher, officier du même District, et\nM. Foui and, marchand drapier mercier, officier du même District,\net de M. Dauvergne, Surintendant de la Musique du Roi et Direc-\nteur général de VAcadémie Royale de Musique, de M. Francœur,\nsurintendant de la Musique du Roi, Directeur de VAcadémie, de\nM. Jansen, Inspecteur et membre du comité de VAcadémie, et de\nM. Lasalle% secrétaire, à Paris, ce 21 Juillet 1789.\nSigné : Le Cher de Maupertuis, commandant du dixtric de Saint-\nMartin. Bousquet, ofiicié du distrique Saint-Martin. Dauvergne. Fran-\ncœur. Jansen. Lasalle (2).\nFrancœur constate sur son registre que les autres théâtres rouvrirent\ndans les mêmes conditions.\nNota. I/Opéra et tous les autres spectacles ont donné la recette de ce\n\n(1) Arch. nat. O1 628.\n(2) Archives de rOpéra. Registre de recette à la porte, 1789,"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.22", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "jour pour les pauvres ouvriers, et l'argent de l'Opéra fut remis entre les\nmains de M. Bailly, maire de la ville.\nCes libéralités donnèrent lieu à quelques réclamations. Sans doute,\nles ouvriers avaient contribué à la prise de la Bastille \\ mais ils n'étaient\npas seuls. Une curieuse lettre anonyme adressée le jour même à Dau-\nvergne lui signale une dette à acquitter. Il s'agit des Gardes françaises.\nOn rappelle qu'ils se sont dévoués les premiers, qu'ils se sont exposés\naux plus grands périls, qu'en un mot c'est devant eux qu'est tombée\nla Bastille. Le service signalé ont rendu mérite la reconnaissance\npublique; d'ailleurs, ils ne sont plus à la solde du roi, etc., et la lettre\nest signée :\nVotre très humble et très obéissant serviteur, Comité de citoyens\nanonymes (i).\nN'est-ce pas pousser un peu loin le goût des clubs et des réunions ci-\nviques, que de créer, ne fût-ce que sur le papier, le Comité des citoyens\nanonymes ?\nM. 22. MM. les comédiens françois ayant trouvé la recette du jour précé-\ndent trop foible pour le nombre des malheureux, donnèrent ce même jour\nune deuxième représentation pour les pauvres.\n* Nota. Le sieur Foulon, qui n'avait été nommé que vingt-quatre heures\ncontrôleur général, fut pris par le peuple,à une campagne de M. de Sartines,\nayant, quelques jours avant, fait courir le bruit de sa mort. Il fut ramené à\nParis et pendu par le peuple à la lanterne de la Grève, On lui coupa la tête,\nlaquelle, ainsi que son corps, fut promenée et traînée par les rues. Sur les neuf\nheures du soir, le sieur Berthier, son gendre, intendant de Paris, qui avoit\nété arrêté près Compiègne, fut aussi pendu et traité comme le précédent.\nJ. 23. Repos.\nV. 24. Alceste. Rec. : 1,317 liv.\nDans de pareilles circonstances, ce chiffre constitue une forte recette,\nVoici comment il se décompose :\n56 billets de Rez-de-chaussée, Amphithéâtre et\niles Loges, à 7 liv. 10 s. 420 liv.\n52 billets de secondes loges à 4 liv. 208\n250 billets de Parterre et Paradis à 2 liv. 8 s. 600\n2 4es Loges de 4 pl. à i 5 liv. 3o\nSupplément de billets. sg-\n-1317 liv.\n\n(1) Arch. nat. O1 628,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "A ce chiffre il faut ajouter, comme pour toutes les recettes que nous\navons indiquées, le produit des loges louées à l'année, qui, pour l'exer-\ncice 1788-89, s'élevait à plus de 392,000 livres. Il est probable qu'un\ngrand nombre de ces loges restèrent vides ce soir-là. Il n'en est pas\nmoins démontré qu'environ quatre cents personnes allèrent tranquille-\nment entendre YAlceste de Gluck, le surlendemain de la mort de Fou-\nlon et de Berthier.\nS. 25. Le matin répertoire et le soir repos.\nLà s'arrête le registre de Francœur, mais les registres de recettes de\nl'Opéra et la correspondance de Dauvergne nous permettent détermi-\nner l'historique du mois.\nLe dimanche 26 juillet eut lieu une seconde représentation au profit\ndes pauvres ouvriers. On donna Œdipe à Colone suivi des Prétendus.\nLa recette fut de 3988 liv. 4 s.\nEn outre on reçut :\nManuellement dans la salle, 147\nDe Sa Majesté la reine, 720\nDe monseigneur le comte d'Artois. 1000\nCe qui donna un total de 5855 liv. 4 s.\nLe mardi 28 juillet Renaud suivi de la Chercheuse d 1 esprit, produit\nune recette de 990 liv. 8 s.\nDauvergne eut ce jour-là la visite de MM. du district de Saint-Martin\ndes Champs, qui vinrent lui demander que les musiciens de l'Académie\nvoulussent bien prêter le concours de leurs talents pour la messe de\nRequiem qu'on devait faire célébrer dans l'église de Saint-Martin pour\nle repos de l'âme des citoyens qui avaient perdu la vie dans la prise de\nla Bastille (1).\nL'autorisation fut naturellement accordée. De son coté, Dauvergne\ninsista sur la nécessité de dispenser les ouvriers du théâtre de monter la\ngarde, sans quoi le spectacle courait risque de manquer.\nEnfin le mercredi 29 juillet eut lieu une troisième représentation pour\nles pauvres ouvriers. On donna Orphée suivi de Panurge. La recette,\navec les différents dons, monta à 5188 liv. 12 s., qui, sans déduction\nd'aucuns frais, comme le 21 et le 26, furent versés à la ville, après véri-\nfication des comptes, faite également en présence du chevalier de Mau-\n\n(1) Arch. nat. O1 628."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.24", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "pertuis et du boucher Bousquet. Voici, au sujet de cette représentation,\nune dernière lettre de Dauvergne à M. de la Ferté.\n3o juillet,\n« J'ai fait comprendre le ministre actuel (i) pour dix louis dans la\nrecette d'hier, qui, comme vous le verrez, se monte à 5188 liv. 12 s. Les\ndéputés du district de Saint-Martin qui ont signé la feuille ont paru\nétonnés de ce que les princes, MM. de Bourbon, de Conty, etc., n'ont\nrien envoyé pour leurs loges. J'ai répondu que s'ils envoyoient, cela se-\nroit porté en supplément au bureau de la ville. »\n« Toutes les circonstances actuelles ont prodigieusement dérangé nos\nprojets de répétitions pour la mise de Cora ! »\nEn effet, le dérangement fut tellement complet qu'on n'a jamais joué\ncet ouvrage. Plus tard, Méhul fit représenter un opéra sur le même su-\njet, et il ne fut plus question de Cora ou la Fête du Soleil. Le manu-\nscrit est resté aux Archives de l'Opéra avec cette mention mélancolique\nde l'auteur : répété généralement en ijSg ! Quant à la musique de\nBerton, déjà copiée et prête à être rangée sur les pupitres, elle vint gros-\nsir le nombre de ces partitions inédites, qui, victimes de quelque évé-\nnement imprévu, sommeillent inconnues dans la Bibliothèque musicale\nde l'Opéra.\n\nCH. NUITTER.\n\n(1) C'était M. de Saint-Priest"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c011", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.3.3", "titre_corps": "LE PEUPLE. FAISANT FERMER L'OPERA. le 12 Juillet 1789.", "titre_sommaire": "LE PEUPLE. 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Prenant en mains leurs intérêts et constituant\nsur-le-champ une nouvelle société, Rossi proposa aux quarante membres qui\nformaient la troupe de se charger de la gestion de l'affaire et d'entreprendre\nune tournée dans l'intérieur du Mexique, en s'arrêtant seulement dans les\nprincipales villes où l'on donnerait des représentations dramatiques ou des\nconcerts. Tous acceptèrent et consentirent à se faire guider par lui : ils eurent\nraison, car il mit à leur service une activité dévorante et une intelligence\nau-dessus de tout éloge. Précédant de quelques jours la caravane des artistes,\ntoutes les fois qu'il s'agissait d'aller exploiter un centre nouveau, il débattait\nle prix de location des salles, disposait les abonnements, engageait les artistes\nde son orchestre, leur faisait répéter les opéras que la compagnie, dès son\narrivée, représentait devant le public. Sa vigilance ne se démentit pas un\ninstant, et la promptitude de ses résolutions, sa décision rapide dans les mo-\nments critiques ne lui firent jamais défaut. En voici un exemple : Lors\nd'une représentation du Barbiere dî Seviglia, l'acteur chargé du rôle de\nFigaro fit une chute si malheureuse qu'il se blessa dangereusement. La\nsalle regorgeait de monde et la recette avait été phénoménale. Les acteurs\ndésespérés coururent exposer leur embarras au directeur Rossi.—Allait-on\nrenvoyer le public? S'exposer à le mécontenter ? Perdre une si belle aubaine\n\n(i) Voir le numéro du i 5 juillet."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.26", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "en perdant l'argent ?« Que voulez-vous donc que j'y fasse?» s'écria-t-il.\nMais, tout.à coup, se levant brusquement, il s'élança dans la chambre voisine,\nlaissant ses interlocuteurs dans l'ébahissement le plus complet. Un instant\naprès il reparaissait sous le costume dQ Figaro et allait chanter lui-même\nà la place du blessé. Les comédiens comprenant son projet, l'acclamèrent, et\nle public, mis au courant de la chose, lui prodigua, pendant toute la soirée,\nles démonstrations les plus flatteuses.\nEn 1838, la France déclara la guerre au Mexique. Comprenant qu'il n'y\navait rien à faire pour lui en ce pays, Rossi emmena sa troupe à la Havane ,\noù, aussitôt après son arrivée, on le nomma directeur du théâtre, avec obli-\ngation de mettre en scène les opéras de sa composition qu'il avait montés à\nMexico, Son habileté et son activité le mirent à même de faire connaître au\npublic havanais dix-huit partitions nouvelles dans l'espace de cinq mois!\nTour de torce dont bien peu de directeurs seraient capables. Revenu à Mexico,\naprès la paix de 1839, J apprit que le richissime financier, Marty y Torres,\ns était chargé de l'exploitation générale des théâtres. Cette nouvelle qui le\ncontraria tourna pourtant à son avantage ; car Marty n'eut pas plutôt eu con-\nnaissance de son retour qu'il alla sur-le-champ l'engager et lui donner, avec\nla gestion des spectacles, ses pleins pouvoirs administratifs, ne se réservant,\npersonnellement, que l'exécution des contrats. Rossi devenait donc directeur\nde fait, disposant, réglant et dirigeant tout ce qui avait rapport au mouve-\nment théatral. Marty avait une telle confiance dans sa probité qu'il lui remit,\nsans reçu, des sommes majeures avec la mission d'aller en Italie engager une\nnouvelle troupe lyrique; il le laissait maître d'agir àsa guise, se déclarant\nd avance satisfait de toutes ses opérations; il s'acquitta de cette tâche diffi-\ncile avec zèle et désintéressement, et rendit fidèlement ses comptes à Marty\nqui le rémunéra généreusement.\nSe sentant fait pour la vie de famille, il épousa, en 1841, Isabella Ober-\nmayer.prima donna assolnta de son théâtre, artiste distinguée, élève de\nVaccaj et de Lamperti, dont il avait pu apprécier les rares qualités. Mais\ndeux jours après leur mariage nos deux époux furent atteints de la fièvre\njaune qui mit leur vie en danger, mais dont ils guérirent miraculeusement.\nA cette époque déjà les journaux firent courir le bruit de la mort du com-\npositeur;fort heureusement, pas plus qu'aujourd'hui, la nouvelle n'était vraie.\nCette tenible maladie laisse, paraît-il, dans l'organisme de ceux qui en\nont souffert, des germes de malaises et aussi d'hallucinations ; Rossi et sa\nfemme nen furent pas exempts. On leur conseilla de voyager pendant quel-\nques mois, mais cela ne suffit pas pour débarrasser le maestro des impres-\nsions terrifiantes que lui avait laissées le fléau. Les médecins, appelés\nen consultation, déclarèrent qu'il y avait nécessité pour lui de retour-\nner en Europe; sa femme et lui s'embarquèrent donc à la Vera-Cruz,\net après une heureuse traversée de vingt-neuf jours, ils abordèrent, en février\n1843, à Cadix. Ils visitèrent en touristes les grandes villes d'Espagne, puis ils\npartirent pour l'ltalie, où Rossi écrivit II Borgomestro di Scheidam, opéra"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3209, "texte": "qui fut représenté avec succès à Milan. Il lui tardait de se remettre à la com-\nposition , qu'à son grand regret il s'était vu forcé de négliger pendant les huit\nannées passées en Amérique, absorbé qu'il avait été par ses devoirs de direc-\nteur. Nous avons vu avec quelle loyauté il s'en aequitta, et nous pouvons\njuger en connaissance de cause,, de l'élévation de son âme.\nSa femme ayant été engagée au théâtre del Circo, à Madrid , il l'accom-\npagna en Espagne, où il ne demeura pas longtemps ; il était pressé de revenir\nà Naples pour y faire jouer son opéra bouffe II dottor Bobbolo, lequel plut\nbeaucoup, contrairement àce que dit Fétis, qui prétend que cet opéra n'eut\naucun succès. En 1845, il composa pour le théâtre d'Angennes, à Turin, le\nmeilleur de ses opéras, Cellini a Parigi, qui, s'il fut pour lui la cause d'un\néclatant triomphe, ne put cependant être joué sur les autres scènes italiennes,\nparce qu'étant écrit pour deux prime donne assolute, il est plus que difficile\nde faire paraître dans la même pièce et de mettre d'accord ces deux oiseaux\nrares de même plumage. Disons, à l'honneur de l'école française, que le rôle\nprincipal de cet opéra fut écrit pour une cantatrice française, madame Anna\nde la Grange, dont la renommée est universelle, et dont, par conséquent, il\nserait superflu de faire ici l'éloge.\nAppelé à Milan, il y composa les opéras di Granata, la Figlia di\nFigaro, et Bianca Contarini; mais ce dernier ne réussit pas àla Scala, d'a-\nbord, parce que dans cette œuvre, il voulut protester contre les excès\nde sonorité orchestrale des opéras modernes, et ensuite par une aventure\nassez burlesque qui vaut la peine d'être racontée. Le dénouement du drame\nexigeait que le ténor mourût en scène ; la prima donna, créature fantasque\net capricieuse, jalouse de l'importance du rôle du ténor, voulut mourir à\nsa place : de là discussion, révolte, etc., dont le résultat fut la victoire du\nparti le plus fort, c'est-à-dire de la prima donna. Le ténor, furieux, refusa de\nparaître dans le quatrième acte. Il fallut retourner l'action qui devint con-\nfuse, et la musique remaniée, tronquée, rapiécée, ne fit aucun effet. Le maestro\nse releva de cet échec en 1849, en donnant au même théâtre II Domino nero,\nqui réussit et qui le plaça au rang des compositeurs les plus estimés de l'ltalie\nactuelle.\nLe municipe de Milan voulant lui témoigner combien il appréciait son mé-\nrite, le nomma, en ißso, directeur de son Conservatoire de musique. Il com-\nprit dès lors qu'il ne fallait plus s'en tenir à l'unique enseignement des\npréceptes de Durante et aux Partimenti de Fenaroii; que le temps était venu\nde compter avec les idées modernes, et surtout avec les progrès immenses de\nl'harmonie, de la modulation et de l'instrumentation, accomplis en France et\nsurtout en Allemagne ; il prit à cœur la prospérité de l'école qui lui était con-\nfiée, et il ne tarda pas à faire du Conservatoire de Milan un des meilleurs sémi-\nnaires musicaux de la Péninsule.\nEn novembre 1851, il perdit sa femme qu'il aimait tendrement, mais accou-\ntumé depuis de longues années aux douceurs de la vie de famille, il se\ndécida, en i 853, à épouser mademoiselle Sofia Camererdi,de qui le"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.28", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "rendit père de deux filles, mais qui mourut après quelques années de ma-\nriage. Ne pouvant se résigner à vivre seul, il-jeta les yeux sur une des élèves\nde son Conservatoire, mademoiselle Mathilde Ballerini, de Casalmaggiore,\nqu'il épousa en troisièmes noces en 1864.\nDoué d'une activité prodigieuse, Rossi composa de ißso à 1859, sans\ncompter beaucoup de musique vocale et instrumentale qu'il fit exécuter par\nses élèves dans les réunions du Conservatoire, plusieurs opéras dont voici\nles titres : les Sabines, en 1852, pour la Scala, de Milan; YAlchimista, en\n1853, pour le Fondo, de Naples ; la Sirena, en 1855, pour la Cannobiana , de\nMilan; puis il cessa de faire parler de lui pendant plusieurs années; mais\nsur les instances des éditeurs Giudici et Strada, de Turin, il consentit, en 1868,\nà composer de nouveau pour le théâtre et donna à la Cannobiana 11 Sigaro\nrivale et II Maestro e la cautante, deux farces dont il avait écrit les paroles\net la musique. Dans l'automne de 1869, le théâtre d'Angennes, à Turin,\nreçut de lui Gli Artisti alla fiera qui, jusqu'aujourd'hui, est son dernier opéra.\nComme compositeur dramatique, Rossi ne peut être classé parmi ceux qui\nont illustré la célèbre école napolitaine, mais ses œuvres musicales sont\ndistinguées, bien écrites, sagement conçues et savamment élaborées. Felice\nRomani, le poète, dont le nom est inséparable de celui de Bellini, pour lequel\nil a créé les livrets de la Norma, de la Sonnambula, etc., Romani déclarait\nRossi le successeur de Donizetti dans la musique bouffe.\nLauro Rossi est membre de plusieurs Académies et de plusieurs Sociétés\nartistiques ou philharmoniques. Les Académies de S. Cecilia et VAvanesa,\nde la Havane, l'ont nommé leur sociétaire ; celle de Sainte-Cécile de Rome\na fait de lui son* président honoraire ; il est directeur honoraire de l'Ecole\ngratuite de chant de Crémone; sociétaire honoraire des philharmoniques\nBellini de Palerme et de Naples; de l'lnstitut philharmonique de Lodi ; de\nl'Union philharmonique de Bergame, etc., etc.\nMercadante, directeur du Collège royal de musique de San Pietro à Ma-\njella de Naples, meurt en décembre 1870. Ce compositeur de grand mérite,\nqui, après Zingarelli, avait présidé aux destinées de cet institut, n'y avait\npas apporté les améliorations, ne lui avait pas fait faire les progrès que l'on\nétait en droit d'attendre d'un maître de sa valeur; pendant sa direction, il\nn'est pas sorti du Collège de Naples un compositeur un peu remarquable.\nS'il fallait en croire certains bruits malveillants qui ont couru, la jalousie et\nl'envie du directeur n'auraient pas été étrangères à ce résultat regrettable ;\nmais il est bon de se défier de ces bruits et de se garder d'une accusation\naussi grave, surtout lorsqu'il s'agit d'un artiste tel que Mercadante. Paix à\n•\nsa cendre ! ! On ne crut pouvoir remettre la succession de ce maître en de\nmeilleures mains que celles de Lauro Rossi, qui fut appelé à !e remplacer en\nseptembre 1871. Depuis qu'il a pris en mains les rênes de cette adminis-\ntration, le nouveau directeur n'a pas hésité à modifier notablement le sys-\ntème d'enseignement qui en avait grand besoin ; il s'est attaché à répandre\nle goût de la bonne musique instrumentale, trop généralement délaissée jus-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "qu'en ces dernières années dans l'ltalie méridionale. Il n'a pas reculé, non\nplus, devant les réformes qu'il a cru indispensables. Déjà la offi-\ncielle de Naples a publié un avis de concours pour les places vacantes de pro-\nfesseurs de solfège et d'harmonie, de contrepoint et de composition, de\npiano, de chant, de déclamation, d'esthétique musicale et de danse, ce qu\ndénote un remaniement radical dans le personnel et dans les méthodes d'en-\nseignement de cet établissement.\nSouhaitons, pour le plus grand bien du Collège de musique, que Lauro\nRossi sache retrouver et mettre en pratique l'activité, la décision, l'énergie\net le talent d'administrateur dont il a fait preuve au Mexique. Ce n'est qu'au\nprix des plus grands efforts, ce n'est qu'en déployant une fermeté à toute\népreuve et une inflexible volonté qu'il pourra régénérer l'art musical dans\nson pays et faire arriver l'institution qu'il dirige à la haute et juste réputa-\ntion qui a été celle des anciens Conservatoires de Naples.\nERNEST D AVI D.\nSur la foi de M.Florimo, j'ai dit dans mon précédent article que Lauro Rossi\nétait né en 1810; mais il résulte d'une lettre qu'il vient d'écrire à la Revue\net Galette musicale pour démentir le bruit de sa mort, qu'il est né en 1812\net non en 1810. D'un autre côté, un journal de Turin annonce que le\nTeatro Regio de cette ville fera son ouverture avec un nouvel opéra ballo\nde Lauro Rossi, la Contessa di Mons» Souhaitons-lui bonheur et longue vie,\nainsi qu'à son auteur.\n\nE. D,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c017", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "128", "image_debut": 30, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.5", "titre_corps": "LES FONDATEURS DE L'OPÉRA FRANÇAIS", "titre_sommaire": "LES FONDATEURS DE L'OPÉRA FRANÇAIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "LES FONDATEURS\nDE L'OPÉRA FRANÇAIS\nDeuxième article (i)\nSYCHÉ, 1678. Lulli voyant la disgrâce de Qui-\nnault, et ne se piquant ni de délicatesse ni de grati-\ntude, se hâta de l'abandonner à son malheureux sort.\nOn fut donc obligé de lui chercher un poète. Mais la\nréputation de Quinault était si bien établie., que nul\nde ses rivaux n'osait entrer en lice. Lulli lui-même,\naccoutumé au lyrisme admirable de son librettiste habituel, ne se mon-\ntrait satisfait de rien ni de personne. Enfin, Thomas Corneille se\nhasarda à offrir Psyché. Comme le roi désirait une pièce nouvelle, et que\nle frère de l'auteur du Cid était fortement protégé, Lulli consentit à\ncomposer la musique de son poème.\nAvant cet opéra, Lulli avait, dès 1670, composé les airs d'une Psy-\nché, dont Molière avait fait le prologue, Pierre Corneille la pièce, et\nQuinault la partie lyrique. Jamais peut-être le sévère tragique ne fit\naussi bien vibrer la corde du pathétique que dans la déclaration de\nl'Amour à Psyché.\nLe fils du fameux Baron, comédien assez médiocre lui-même, joua,\ndans une des reprises de cet ouvrage, le rôle de l'Amour. Mademoiselle\nDesmares, qu'il aimait et dont il était adoré, jouait Psyché.\nLes deux artistes, se laissant emporter par leur sentiment mutuel,\nrendirent cette scène de tendresse avec tant de vérité et de teu que le\nrégent, qui s'intéressait à mademoiselle Desmares, en conçut de la ja-\n\n(1) Voir le numéro du iei' juillet."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.31", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2381, "texte": "lousie. Il s'en plaignit, et l'actrice, avouant sa passion pour le comédien,\nrompit avec le prince.\nLa Motte disait que le roman de Psyché, par La Fontaine, est un sujet\npropre à produire un spectacle magnifique, et qu'à lui seul il eût pu faire\ninventer l'opéra.\nBellérophon, 1679. - Fontenelle a revendiqué Li paternité de cet\nouvrage. Boileau, qui Pavait remanié de fond en comble, prétendait que\ntout ce qui en était bon lui appartenait.\nProserpine, 1680.—Quoique postérieure de peu de temps à Bellé-\nrophon et Psyché, par conséquent à la disgrâce de Quinault, cette pièce\nest du poète favori de Lulli, qui, probablement, avait jugé qu'en tenant\nrigueur au premier librettiste de son temps, il se portait à lui-même le\nplus terrible préjudice.\nLe Triomphe de VAmour, 1681. C'est dans ce ballet que Pon vit\npour la première fois des femmes danser sur le théâtre. Jusque-là les\nrôles de femmes étaient remplis, suivant la mode italienne, pardes hom-\nmes déguisés. Ce ballet fut représenté d'abord à Saint-Germain-en-Laye,\ndevant le roi. On y vit danser le dauphin et la la princesse de\nConti, et d'autres princes, seigneurs et dames de la cour, absolument\ncomme sur les programmes. Ce mélange des deux sexes fut si goûté\nque l'on dut l'introduire à l'Opéra de Paris lorsque cette pièce y fut don-\nnée. On y introduisit donc des danseuses, et les premières furent les\ndemoiselles Fontaine et Subligny, très belles et très nobles danseuses,\ndit un auteur.\nPersée, 1682. La première représentation de Persée ne fut pas\ndonnée à la cour comme c'était l'habitude, mais bien en public. Le dau-\nphin et les altesses royales y assistèrent. Aux représentations suivantes\nle jeune prince de Dietrichstein y dansa seul une entrée de ballet avec\nun très grand succès.\nA la première représentation, il y eut grand émoi dans le camp des\nbeaux esprits. Quelques dames désapprouvèrent les sentiments de Phi née\nqui aime mieux voir sa maîtresse dévorée par un monstre qu'entre les\nbras de son rival. Tous les abstracteurs de quintessence galante entrè-\nrent en campagne,, et pendant longtemps, les Mercures furent pleins de\ndiscussions de toutes sortes sur cette grave question soulevée par les vers\nsuivants :\nL'amour meurt dans mon cœur, la rage lui succède t\nJ'aime mieux voir un monstre affreux\nDévorer Vingrate Andromède\nQue la voir dans les bras de mon rival heureux."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.32", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "Phaéton, 1683. La magnificence de ce spectacle et les décorations\nqu'il comporte-l'ont tait appeler Y opéra du peuple. Phaéton est le pre-\nmier opéra qui ait été joué à Lyon, lorsqu'en 1688 on eut établi dans\ncette ville une académie de musique à l'instar de celle de Paris. Cet\nopéra est en outre le premier auquel ait assisté Louis XV, en 1721.\nAmadiSy 1684. C'est Louis XIV qui donna à Quinault le sujet de\nce poème qui devait être représenté à Versailles. Mais la reine mourut,\net le roi ne voulut souffrir aucun spectacle à la cour durant son deuil.\nCependant il permit à Lully de donner son opéra sur le théâtre de Paris,\noù il obtint un grand succès.\nL'acteur qui remplissait le rôle d'Amadis de Gaule ayant reçu vers\ncette époque des coups de bâton d'un homme de qualité dont il osait\nêtre le rival (dit un chroniqueur), on l'appela volontiers, pendant quel-\nque temps, Amadis Gaulé, et on fit une sorte de parodie où se trouvait\nune allusion à cette aventure.\nRoland, 1685. C'était, au point de vue musical, l'opéra de prédi-\nlection de Lulli, bien que le public donnât la préférence à Armide. Ce\nlut encore Louis XIV qui en fournit le sujet à Quinault. Lulli s'y sur-\npassa réellement. J'ai la partition de cet ouvrage sous les yeux, et je se-\nrais tenté de partager l'opinion qu'en avait son auteur, bien que l'on\ntrouve çà et là dans ses autres œuvres des pages qui peuvent passer\nà bon droit comme le necplus ultra de l'art à cette époque. Je citerai\ndans ce nombre les plaintes de Pan sur la mort de la nymphe Syrinx\ndans 1 opéra d'lsis (1). Il yalà un accompagnement de deux flûtes qui est\nune véritable nouveauté, d'un effet charmant et rempli de couleur.\nLe rôle de Roland fut chanté de la manière la plus remarquable par\nChassé, Facteur gentilhomme, qui se retira du théâtre après y avoir fait\nsa fortune.\nArmide, 1686. C'est à un an de distance seulement que Lulli donna\nses deux œuvres capitales. Armide, à qui le sujet valut un succès plus\ngrand que celui qui accueillit Roland, et dont le poème est le chef-\nd'œuvre de Quinault, fut le triomphe àla fois de Lulli, de Quinault et\nde mademoiselle Le qui y tint le principal rôle. Le cinquième\nacte est parfait en tout point. On assure que Lulli obligea Quinault à\nle refaire jusqu'à cinq fois. Ce fut, du reste, le chant du cygne pour ce\npoète qui se retira du théâtre après ces triomphants adieux au public,\net que les plus vives instances de son illustre collaborateur ne purent\njamais y ramener.\n\n(0 Voir l'Air de Pan donné dans le numéro du i<* juillet."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "Lulli estimait sa musique de telle façon qu'il aurait, disait-il, tué un\nhomme qui se serait aventuré à lui dire qu'elle était * mauvaise. Le\npublic n'avait pas apprécié comme il convenait un de ses ouvrages à la\npremière représentation. Lulli le fit jouer pour lui seul. Le roi, à qui on\nrapporta cette singularité, jugea que l'ouvrage devait être bon et le fit\nexécuter devant lui. La cour fit changer d'avis à la ville. Cet opéra, c'é-\ntait Armide.\nL'enthousiasme des écrivains contemporains atteint les dernières\nlimites quand ils rendent compte de l'effet produit par mademoiselle\nLe Rochois dans ce rôle si passionné.\nSûre d'elle-même, elle paraissait au premier acte entre les deux plus\nbelles actrices que l'on eût vues au théâtre, les demoiselles Moreau et\nDesmâtins, qui lui servaient de confidentes. Mais, à partir du moment\noù mademoiselle Le Rochois chantait :\nJe ne triomphe pas du plus vaillant de tous :\nLindomptable Renaud échappe à mon courroux!\nles deux confidentes étaient éclipsées : on ne voyait plus que l'admirable\nartiste qui semblait remplir le théâtre.\nOn connaît les façons autocratiques, brutales même, dont les auteurs\net surtout Lulli en agissaient dans ce temps-là avec leurs inter-\nprètes ; on sait que l'auteur à\"Armide traita un jour cette même made-\nmoiselle Le Rochois comme Néron traita Poppée, avec cette seule dif-\nférence que l'actrice n'en mourut pas, mais prit mieux ses précautions\nune autre fois.\nOn pria un jour mademoiselle Le Couvreur de dire le célèbre mono»\nlogue :\nEnfin il est en ma puissance, etc.\net Ton fut surpris de voir avec quelle fidélité la musique de Lulli ren-\ndait les inflexions de la célèbre tragédienne.\nUne actrice représentait un jour Armide, mais ne mettait point dans\nson jeu la passion suffisante. Une de ses amies s'évertuait à lui donner\nleçon.\nMais, enfin, ce n'est pas bien difficile, disait-elle. Mettez-vous à\nla place de cette amante trahie. Si l'homme que vous aimez tendrement\nvous quittait, ne seriez-vous pas désolée, ne chercheriez-vous pas\nJ'en chercherais aussitôt un autre, reprit l'élève.\nDans ce cas, ma chère, conclut le professeur, vous et moi perdons\nnotre temps.\nAcis et Galathée. 1686. C'est le dernier opéra de Lulli, qui mou-\nrut Tannée suivante."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c020", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.6", "titre_corps": "THÉTIS et PÉLÉE RECIT de BACCHUS ACTE V. (1689)", "titre_sommaire": "THÉTIS et PÉLÉE RECIT de BACCHUS ACTE V. 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Bertrand grav:\nImp: AROUY rue du Delta 26."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c024", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "129", "page_fin": "129", "image_debut": 42, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.10", "titre_corps": "COLASSE", "titre_sommaire": "COLASSE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.42", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2394, "texte": "COLASSE\nPaschal Colasse, né à Paris en 1636, mort à Versailles en 1709, est\n1 élève le plus connu de Lulli. Rempli d'admiration pour son maître, il\ns attacha à l'imiter ; il y parvint d'ordinaire, trop bien pour sa gloire\npersonnelle, car de Lulli il put prendre les formules et le style, mais\nnon le tempérament et l'exquise sensibilité, source véritable des beautés\nréelles de ses œuvres.\nThétis et Pelée (1689)—est considéré comme le meilleur ouvrage de\nColasse. Voyez le récit de Bacchus que nous avons extrait de cet opéra\npour la Chronique Musicale. Le poème est de f on sait que\nce célèbre écrivain eut la bonne fortune assez rare d'assister à une reprise\nde son œuvre soixante et un ans après sa première représentation.\nAchille et Polyxène, fut moins heureux, s'il faut en croire les épi-\ngrammes sans nombre qui accueillirent cet ouvrage de Campistron et\nColasse. Celle-ci est caractéristique :\nEntre Campistron et Colasse,\nGrand débat s'émut au Parnasse,\nSur ce que ïopéra n'a pas un sort heureux.\nDe son mauvais succès nul ne se croit coupable :\nL'un dit que la musique est plate et misérable ;\nL'autre que la conduite et les vers sont affreux ;\nEt le grand Apollon, toujours juge équitable,\nTrouve qu'ils ont raison tous deux.\nAstrée. Le poème d'Astrée était de La Fontaine. Le fabuliste assistait\nà la première représentation de son œuvre, assis à côté de quelques per-\nsonnes qui ne le connaissaient pas ; et comme son ouvrage ne lui plaisait\nguère, il ne se gênait pas pour maugréer : « Dieu que c'est bête! Quel est\nPanimal qui a fait cela? » « Mais, monsieur, répondit une dame impa-\ntientée de l'entendre, c'est M. de La Fontaine, un homme de beaucoup\nd'esprit. » « Je vous dis, madame, que cela ne vaut pas le diable ! » et il\nsortit. Un de ses amis le rencontra 1 <c Comment, s^écria-t-il? vous ici !\ntandis que l'on joue votre ouvrage! » « Ne m'en parlez pas! repartit le\nbonhomme : je viens d'essuyer le premier acte, et j'en ai assez. Il faut\nen vérité que les Parisiens soient de bien braves gens ! »\nEnée et Lavinie, —opéra donné sans succès, et remis en musique par\nDauvergne soixante ans plus tard.\nColasse a donné d'autres opéras sans valeur, des ballets, et laissé des\nrecueils de motets. Il se mit dans les derniers temps à chercher la pierre\nphilosopha le, et cette étrange préoccupation détruisit rapidement sa\nsanté."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c025", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "130", "page_fin": "130", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.11", "titre_corps": "CAMPRA", "titre_sommaire": "CAMPRA", "signature_source": "P. LACOME", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "CAMPRA\nP. LACOME.\nDe tous les imitateurs de Lulli, Campra est peut-être celui qui appro-\ncha le plus du modèle. Ses œuvres, accueillies avec une grande faveur,\nrestèrent aussi longtemps au répertoire que celles du Florentin. Comme\ncelui-ci, il brillait par la sensibilité et la justesse de l'expression. Né à\nAix en 1660, il mourut à Versailles en 1744.\nIl me paraît certain, d'après les partitions de Campra que je viens de\nlire, que le compositeur avait réalisé un notable progrès dans la facture\nde l'air proprement dit. J'en trouve plusieurs où la charpente de Pair,\ntelle que nous la comprenons, est bien nettement accusée, avec le retour\npériodique d'une phrase principale. Nous 11e pénétrons pas plus avant\naujourd'hui dans l'examen de ses ouvrages. On trouvera un échantillon\nde sa manière dans Y Air des Saliens qui accompagne cet article. Ce\nmorceau, d'un caractère et d'un rhythme si accentués, fait partie du\nprologue d}Hésione, qui représente les jeux séculaires où divers peuples\nviennent célébrer le soleil : il annonce l'entrée des Saliens.\n{La suite prochainement.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c027", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "131", "page_fin": "134", "image_debut": 44, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.12", "titre_corps": "COURS D'HYGIÈNE DE LA VOIX", "titre_sommaire": "COURS D'HYGIÈNE DE LA VOIX", "signature_source": "Docteur MANDL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "COURS D'HYGIÈNE DE LA VOIX\nProfessé au Conservatoire de Musique, par le Dr L. Mandl.\nLEÇON DE CLÔTURE\n\nMesdames ht messieurs ,\nPermettez-moi de résumer aujourd'hui, en quelques mots, l'ensemble\ndes faits et des considérations exposés dans nos entretiens précédents, qui\nconstituent les principes de l'Hygiène de la voix.\nLe son en général, et bien entendu aussi la voix, est produit par les\nvibrations d'un corps solide ou gazeux. Il présente trois caractères essen-\ntiels, à savoir : Y intensité (force ou faiblesse), la hauteur (acuité ou gra-\nvité) et le timbre. L'intensité dépend de la force de l'ébranlement initial\net de l'élasticité du corps vibrant ; le son a d'autant plus de hauteur que\nle nombre des vibrations, dans un espace de temps donné, est plus consi-\ndérable ; le mélange du son fondamental avec les sons dits partiels ou har-\nmoniques et avec les bruits accessoires, tels que le frottement de l'ar-\nchet, etc., détermine le timbre, qui fait distinguer des sons de la même\nhauteur, suivant la source qui les produit.\nLa voix est formée dans le larynx, qui est une cavité presque triangu-\nlaire composée de cartilages et dans laquelle nous apercevons deux lèvres\nsaillantes à l'intérieur, les lèvres vocales, habituellement appelées cordes\nvocales, lesquelles limitent un espace destiné au passage de l'air, nommé\nla glotte. Au-dessous du larynx sont situés les poumons, et au-dessus le\npharynx, avec les cavités nasales, etc.\nLes organes de la voix peuvent être fatigués par le mécanisme de leur\nfonctionnement (§ I); ils sont en outre influencés par leurs rapports avec\nles diverses fonctions de l'organisme (§ II) ou par ceux qu'ils entretiennent\navec le monde externe (§ III),"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "§ I\nLa voix se produit par l'air expiré des poumons, qui fait vibrer les bords\nde la glotte, c'est-à-dire les lèvres vocales, et va se répercuter dans le\npharynx.\nL'air expiré détermine l'ébranlement initial; l'intensité du son dé-\npend, par conséquent, de la respiration. Cette fonction se compose de\ndeux actes qui se succèdent continuellement, à savoir : l'inspiration\net l'expiration. Celle-ci doit s'accomplir de manière à fournir sans\nfatigue, sans dépense inutile de forces, la quantité d'air nécessaire à ré-\nmission du son. On ne saurait, en déclamant ou en chantant, ni phraser,\nni filer un son, si Ton ne sait ménager Fair en ralentissant Faction des\nagents qui fonctionnent pendant Fexpiration. Ce travail de ralentisse-\nment de Fexpiration constitue ce que l'on appelle appuyer la voix sur\ntelle ou telle portion du thorax. Toute l'attention de Fartiste doit être\nfixée, sur le mode d'expiration le moins fatigant. Or ceci dépend\nde la manière dont Finspiration a été faite, car, suivant que telle\nou telle portion du poumon a été remplie d'air, il est plus ou moins facile\nde ménager cet air. En effet, Finspiration peut se faire de trois manières\ndifférentes, suivant que l'on dilate les poumons à leur base, par la con-\ntraction du diaphragme, ou dans leur portion moyenne, en déplaçant\nlatéralement les côtes, ou, à leur sommet, en soulevant la clavicule et les\népaules. Ce dernier mode, qui constitue la respiration claviculaire, est le\nplus fatigant, parce que le grand nombre de parties osseuses et muscu-\nlaires qui a été soulevé pendant Finspiration et qui tend à retourner au\nplus vite à F état de repos, exige une grande dépense de forces pour être\nmaintenu, pendant toute Fexpiration, dans sa position soulevée. La\nfatigue qui en résulte fait gonfler les veines et les muscles du cou ;la\nvoix devient étranglée; Finspiration difficile finit par produire le hoquet\ndramatique. Rien de pareil ne s'observe dans la respiration abdominale,\nqui s'accomplit par la contraction du diaphragme et ne détermine que le\ndéplacement des intestins.\nLes vibrations des lèvres vocales déterminent par leur nombre la hau«*\nteur du son.. Or, ces vibrations dépendent de la tension des lèvres voca-\nles, de leur longueur et de leur largeur : toutes circonstances variables\nsuivant la contraction des muscles qui siègent à l'intérieur du larynx. Ce\ntravail des fibres musculaires peut fatiguer Forgane par sa prolongation\ndisproportionnée aux forces de l'individu ; par une dépense inutile de\nforces, lorsqu'on crie au lieu de parler ou de chanter, en appuyant la\nvoix sur les muscles du cou ; lorsqu'on contracte ou que l'on relâche les"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.46", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "muscles laryngés dans des proportions qui ne répondent pas à aux qua-\nlités individuelles de l'organe, c'est-à-dire que l'on déplace la voix ; lors-\nque Paccollement des lèvres vocales n'a pas lieu avant l'émission du son,\nqu'une portion de l'air s'échappe sans faire vibrer les lèvres et que la voix\nest mal posée, etc. La voix fatiguée devient chevrotante, incertaine, cou-\nverte, rauque ; des mucosités se produisent (chats), etc.\nLes différences du timbre dépendent des bruits accessoires, du nombre\net de l'intensité des sons harmoniques, déterminés par la forme et la qua-\nlité de la caisse de résonnance, qui est représentée dans l'instrument vocal\npar le pharynx et les cavités avoisinantes. La résonnance est très variable\nsuivant l'élasticité, la dimension, la contractilité, etc., des éléments orga-\nniques qui composent le pharynx , et qui déterminent les qualités indi-\nviduelles de la voix et doivent, par conséquent, être étudiés attentive-\nment sur chaque individu. C'est la configuration donnée au pharynx qui\nforme la voyelle, comme le démontre un tuyau à anche surmonté d'un\nrésonateur, dont l'ouverture, variable à volonté, fait entendre les\nvoyelles o, a, e, et les timbres sombré ou clair. L abus ou l'exagération\nd'un timbre provoque des maux dégorgé, l'angine granuleuse, etc.\nPour éviter toutes ces causes diverses de fatigue, nous croyons indis-\npensables certains exercices, préalables à l'enseignement du chant et que\nnous comprenons sous le nom du gymnastique vocale. Ces exercices\nconcernent les divers muscles actifs dans la respiration, dans la pose de la\nvoix, dans la configuration du pharynx, dont l'élève doit être maître\navant tout, afin que le mécanisme favorise et n'entrave point l'émission\ndes sons.\n§ II\nEn dehors du mécanisme, les diverses fonctions de l'organisme exercent\négalement leur influence sur la voix.\nLa respiration est un véritable acte de combustion* tel que nous le\nvoyons s'accomplir, par exemple, dans une machine à vapeur. L'air\naspiré est chaud et rempli de vapeur d'eau et d'acide carbonique. Cette\ncombustion s'accomplit par la consommation de certains éléments orga-\nniques, les pertes subies sont réparées par l'air frais, les boissons et les\naliments.\nCes éléments réparateurs doivent être pour le chanteur ou l'orateur,\nchez lesquels la respiration est plus active que dans les conditions habi-\ntuelles, non-seulement substantiels, aptes à reconstituer les forces per-\ndues (viande, lait, céréales), mais aussi propres à faciliter l'acte respira-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "toire (beurre, graisses, huiles), sans apporter de l'irritation (alcooliques).\nLes organes de la voix ne sauront être exercés sans danger que lors-\nqu'ils auront acquis tout leur développement, et que la santé générale\nfavorisera leur fonction, Les exercices doivent être appropriés à l'âge, à\nla constitution, aux forces de l'individu; ils sont entravés par l'acte de\nla digestion, par un trouble de la circulation. La tranquillité de l'esprit\net du système nerveux en général est absolument nécessaire, sinon la\nvoix est mal posée et devient faible ou criarde, tremblotante, fausse.\n§ III\nEnfin, parmi les influences que peut exercer le monde externe, c'est-\nà-dire l'air, le sol et l'eau, ces trois éléments dont l'ensemble constitue\nle climat, parmi ces influences, dis-je, j'ai particulièrement insisté sur le\nrefroidissement provoqué par une variation brusque de température, et\ndont les conséquences sont les états inflammatoires du larynx, du pha-\nrynx ou des bronches, qui doivent être combattus dès leur apparition\npar l'application de la chaleur.\nL'ensemble des faits que je viens d'exposer fait apprécier leur utilité\npour tout chanteur ou orateur, et l'absolue nécessité de la connaissance\ndu mécanisme, surtout de la part des professeurs qui sont appelés à\ncommencer l'éducation des élèves. Ce n'est pas lorsque des mauvaises\nhabitudes sont déjà prises, que l'attention du chanteur doit se fixer sur\nles dangers que court sa voix. Là, comme ailleurs, les moyens préven-\ntifs, appliqués dès le principe, sont bien plus précieux. Aussi suis-je de\nTa vis que dans l'avenir nul ne soit autorisé à professer, sil ne donne\ndes preuves que le mécanisme de la voix lui est familier, et qu'il ne soit\nplus permis au premier venu, parce qu il a quelques connaissances mu-\nsicales, de tuer dans le germe des dispositions organiques parfois les\nplus heureuses.\nEt à ceux qui objecteront que tout ce fatras de préceptes est inutile,\nque bien des gens réussissent sans avoir la moindre idée du mécanisme,\nen un mot, qu'il suffit de savoir bien chanter, à ceux-ci je répondrai :\nN'apprenez pas à nager, jetez-vous à l'eau; il y a des gens qui surnagent\net peuvent atteindre le rivage : mais combien barbottent et combien se\nnoient !\n\nDocteur MANDL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c030", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "135", "page_fin": "138", "image_debut": 48, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.13", "titre_corps": "REVUE MUSICALE", "titre_sommaire": "REVUE MUSICALE", "signature_source": "A. H", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "REVUE MUSICALE\n\nOPÉRA-COMIQUE. Début de M. Puget dans la Fille du Régiment. Reprise de\nZampa. M. Melchissédec (Zampa), Mmes Ganetti et Ducasse. MM. Bach, Potel et\nBarnolt»\nercredi 16 juillet. L'Opéra-Comique n'avait pas\nconvoqué la presse spéciale au début de M. Félix\nPuget dans le Tonio de la Fille du Régiment ; c'est un\noubli que notre vigilance a déjoué. Le jeune débutant\nest frère de M. Paul Puget, le prix de Rome de cette\nannée. Son père est l'artiste connu du public parisien.\nM. Félix Puget possède un mince filet de voix qu'il n'a pas cherché a\nsurmener et dont il a pris son parti en brave. Il se contente de s'en ser-\nvir adroitement, sans prétention aucune à en grossir le volume. Son\naisance en scène est parfaite, et, sauf de la précipitation dans le débit,\nson jeu ne présente pas de vice rédhibitoire apparent.\nJeudi 24 juillet.\nquelque part Zampa, le farouche corsaire, à son confident Daniel, qui\nlui reproche l'excès de ses témérités. Oui, rien n'est impossible avec de\nl'audace, à la condition que celui qu'on veut atteindre soit comme\nétourdi du coup ; mais s'il s'aperçoit que son adversaire sue à grosses\ngouttes en exécutant son plan, l'événement peut changer de face.\nC'est à quoi M. Melchissédec n'a pas suffisamment réfléchi en s empa-\nrant du rôle de Zampa, qui faisait partie jusqu'alors, à l'Opéra-Co-\nmique, du mobilier de la couronne de MM. les ténors. Depuis 1832,\nZampa n'a cessé de leur appartenir. On aura beau dire que le rôle a"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.49", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2852, "texte": "été exceptionnellement écrit pour la voix exceptionnelle de Chollet, ba-\nryton qui ténorisait, et ténor qui barytonisait ; qu'il a été chanté en\npays étrangerpar Lablache, et plus tard par Ronconi, celui-ci basse agile,\net celui-là baryton accentué ; que Charles Battaille, Faure et Gailhard\navaient, eux aussi, rêvé d'en escalader les hauteurs : aucune de ces\nraisons ne justifie complètement la tentative de M. Melchissédec. Il s'a-\ngit de savoir d'abord si c'est un rôle de ténor grave ou de baryton élevé\nqu'Hérold a entendu composer. Ce qui est certain, c'est qu'il travailla\npour Chollet ténor et non pour Chollet baryton ; car, dès 1827, l'étude\navait opéré dans l'organe de ce chanteur une révolution telle qu'un an\naprès son entrée à la salle Favart, il dut abandonner l'emploi pour le-\nquel on l'avait engagé, celui des Martin, des Lays et des Solié. Il avait\nenté sur sa voix de poitrine, bien développée jusqu'au la, une voix de\ntête si pleine et si sonore, qu'il fallut se rendre à ce que ce style composite\navait de brillant et de singulier, et le compter désormais au nombre des\nténors de l'Opéra-Comique. C'est au Chollet de cette seconde manière\nqu'Hérold avait déjà confié le ténor de Marie ; c'est à ce mêm e Chollet\nqu'il destina Zampa, et s'il ne donna pas à son rôle l'extrême altitude du\nregistre de ténor, il lui en donna tout au moins la couleur et le timbre.\nAussi fut-il obligé, quand l'illustre Lablache s'en fît le principal inter-\nprète à Naples, de remanier l'ancienne partition et d'écrire pour lui des\ntraits nouveaux, la plupart très réussis, contrairement au sort général de\nces adaptations. Hérold leur a conservé le grand caractère initial, et il ar-\nrive parfois que la seconde version touche à des effets plus décisifs ;\ncomparez dans les deux partitions les premières mesures de la barcarolle :\nQue la vague écumante !\nQuant aux beaux projets formés par MM. Battaille, Faure et Gailhard,\nnous ne savons s'il eussent été dirigés sur ou contre le rôle de Zampa ;\nmais il nous est bien permis de croire que, malgré tout leur talent, ces\nartistes ne s'en seraient point tirés sans de nombreuses transpositions au\ntexte original et sans de vives tortures à leur gosier. Et ce ne serait pas\nlà un précédent dont puisse s'autoriser M. Melchissédec.\nAinsi donc, M. Melchissédec, le Girot du Pré aux Clercs, le Bel-\nhamy des Dragons de Villars, le Jean des Noces de Jeannette, l'Aima-\nviva des Noces de Figaro, le Capulet de Roméo et Juliette, Melchissédec,\nla basse la mieux sonnante de s'est essayé dans la\nterrible partie du terrible Zampa. J'ai assez haute opinion de lui pour\nne lui rien céler de la vérité. Le rôle de Zampa n'est ni dans son tempé-\nrament artistique ni dans ses moyens vocaux. Il s'est totalement four-\nvoyé, et la presse tout entière lui crie bien haut de ne pas rester plus"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.50", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2802, "texte": "longtemps juché sur .cet horrible casse-cou. Je lui conseille de ne pas\nécouter les flatteurs, les pires conseillers qui soient sur terre. Melchis-\nsédec court le risque de se déclasser la voix, et voici le troc détestable\nqu il est en train de faire : il échange en ce moment le bronze vibrant de\nsa belle voix de basse contre un billon de ténor bâtard qui ressemble\npresque à de la fausse monnaie ; et dans ce marché de dupe Melchissé-\ndec n'hésite pas.\nIl s'est contenu dans le superbe trio qui signale son entrée, puis il\na déployé sa fougue habituelle dans la barcarolle et le finale du pre-\nmier acte ; ce côté purement dramatique de Zampa bravant les muettes\ncolères d'Alice Manfredi , sa Fiancée de marbre, de Zampa mordu\npar l'amour, le remords et le vin, servait à souhait sa nature bouil-\nlante : ces épisodes mouvementés convenaient à ses aptitudes théâtrales;\nses notes métalliques y éclataient avec puissance. Mais quand il lui a\nfallu calmer ce feu de forge et suivre le personnage dans un diapason\nplus élevé, tout en exprimant des sentiments plus délicats, la franchise\nde son organe et de son jeu s'est perdue dans cette complication qu'il n'a\npu matériellement résoudre qu'au prix d'efforts inquiétants. Constatons-\nle d ailleurs : au milieu de toutes ces difficultés, la voix de Melchissédec\nne s'est point brisée ; il a accompli le tour de force jusqu'au bout et\nsans accrocs ; le grand air : Il faut céder à mes lois, et les couplets :\nAimables fillettes du second acte, et le Pourquoi trembler? du troisième,\ntout cela, en substance, a été chanté, mais avec une gêne et une préoc-\ncupation visibles. Obligé de modérer un souffle naturellement vigou-\nreux, de conduire les sons presque toujours dans la demi-teinte, et d'en\nadoucir le mordant avec des précautions infinies, Melchissédec n'avait\nplus la liberté d'esprit voulue pour surveiller son jeu. Il nous a donné je\nne sais quel Zampa monotone et triste comme un héros de ballade\nallemande. Si l'amour-propre de M. Melchissédec ne parle pas plus\nhaut que son intérêt, il restituera le rôle à M. Lhérie, qui y a laissé ses\nmeilleurs souvenirs. Il y va de sa voix.\nL'exécution de Zampa a été d'autre part assez correcte. L'orchestre\nmérite mieux pourtant que cette épithète un peu froide, car il est excel-\nlemment dirigé par M. Deloffre, et la partie symphonique de Zampa,\nune des merveilles du génie français, a rarement été rendue avec autant\nd'énergie et de précision. Mademoiselle Ganetti, qui donnait la réplique\nà Melchissédec , à défaut de grandes qualités lyriques, fait preuve d'un\ncertain goût et chante juste, ce qui a bien son prix. M. Bach a l'enco-\nlure d'un ténor de force; bien que le personnage d'Alphonse.ne réclame\npas cette carrure d'épaules, il s'en faut qu'il y soit désagréable. Mademoi-"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "selle Ducasse, MM. Potel et Barnolt s'acquittent convenablement de\nleur petite besogne. C'est le rayon de gaieté jeté sur le drame par le\nlibrettiste, et il n'est pas indifférent qu'il soit nettement indiqué.\nARTHUR HEULHARD.\nIl nous a été adressé, durant la quinzaine qui vient de s'écouler, plu-\nsieurs publications intéressantes à divers titres. L'espace restreint où se\ntrouve parquée notre Revue Musicale ne nous laisse pas le loisir d'en\nparler dans ce numéro. Le compte rendu des productions nouvelles de la\nlittérature musicale figurera ici sous la rubrique :\ncale.\nL'appréciation des concours du Conservatoire, confiée à M. Arthur\nPougin, paraîtra dans le numéro du i 5 août.\n\nA. H."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c034", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "139", "page_fin": "144", "image_debut": 52, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.14", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nN donnant .asile, dans notre numéro du i 5 juillet, à la\nlettre d'un Alsacien-Français qui se rattachait au projet\nde M. de Lasalle (Souscription Rossini), nous avons dû\nretrancher la signature, et pour cause... Elle venait de\nStrasbourg !\nLe projet édité par la Chronique musicale a éveillé dans\nla presse suisse et italienne autant que dans celle de Paris\nplus d'an écho sympathique. Nous saurons, en groupant autour de nous tout\nce qui vibre aux idées d'art et de patrie, assurer le succès de cette entreprise\nà moins que la politique ne s'en mêle, ce que Dieu ne veuille!\nM. Lefebvre, dans ses Matériaux pour l'histoire des arts dans le Cam-\nbrésis (Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai), a particulièrement\nsignalé à l'attention de ses confrères une note découverte par lui sur une\ndes gardes du manuscrit n°6i de la bibliothèque communale, et d'une écri-\nture contemporaine. Il en résulte que Charles le Téméraire serait l'auteur\nd'une composition musicale dont il aurait mis les Cambrésiens à même\nd'apprécier le mérite. On lit dans Y Histoire des ducs de Bourgogne que « la\nmusique plaisait au fils de Philippe le Bon plus que toute autre récréation ;\nqu'il y excellait et savait chanter chansons et motets. » Mais on ignorait\nqu'il fût compositeur. Voici cette note: « Charles, comte de Charolais, fils\nde Philippe, duc de Bourgoigne, etc., fist ung mottet et le chant ; lequel fut\nchanté en sa présence après messe dicte en la vénérable église de Cambrai\npar le maistre et les enfants en Tan 1460, le 23e jour d'octobre, qui est le\njour de S 1 Séverin. »\n—Les élèves de l'école de Rome sont tenus, d'après les règlements, de faire\nparvenir leurs envois à l'Académie française avant le ier août prochain.\nM. Maréchal (2e année) a envoyé la deuxième partie de Y Incarnation de\nJésus, mystère en deux parties.\nM. Lefèvre (2e année) a envoyé la première et la deuxième partie d'un\ndrame lyrique qui a pour titre : Judith.\nM. Serpette (ire année) doit remettre lui-même sa composition à Paris.\nLe conseil municipal de Lyon vient, sur la demande du préfet de cette\nville, de voter une somme de i 5,000 francs en faveur du Conservatoire de\nmusique, dont la direction est confiée à M. Edouard Mangin."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": "La Chronique musicale donnera dans le nusnéro du i 5 août la liste\ncomplète des lauréats du Conservatoire pour 1873. On retrouvera chaque\nannée, à la même place, ce palmarès composé en forme de tableau pour la plus\ngrande commodité des recherches. Le Conservatoire étant à l'ordre du jour\nde la musique, nous insistons aujourd'hui sur plusieurs particularités qui\ny ont trait et auxquelles la saison des concours donne un regain d'actualité.\nL'institution du prix de Rome date de 1802. Lepremier compositeur qui\nobtint cette marque de distinction s'appelait Androt. Il mourut pendant son\nséjour à Rome.\nLes concours ouverts entre musiciens remontent d'ailleurs à des dates\nplus anciennes. Notre bonne étoile de bibliophile nous a fait découvrir les\n« Statuts octroyés par Henry 111 à la confrairie de Saincte-Cécile, » et nous\ny lisons ce passage intéressant :\n« Seront advertis tous bons et excellentz musiciens de ce Royaume etaul-\ntres, d'envoyer si bon leur semble, audit jour et vigile Saincte-Cécile, quelques\nmotetz nouveaux, ou aultres cantiques honnestes, de leurs œuvres, pour\nestre chantés, afin de cognoistre et remarquer les bons aulteurs, nommé-\nment celuy qui aura le mieux faict, pour estre honoré et gratifié de quelque\nprésent honorable ainsi qu'on advisera. »\nVoici les noms des lauréats qui depuis vingt ans ont remporté les pre-\nmiers prix d'opéra et d'opéra comique :\nOpéra. 1850 : Ribes. mademoiselle Lemaire. 1851 : mademoiselle\nWertheimber. i 852 (pas de premier prix). 1853 : Bonnehée, mademoi-\nselle Geismar, mademoiselle Rey.— 1854 (pas de premier prix).— 1855 :\nmadame Rey-Balla, mademoiselle de Lapommeraye. 1856 : Cœuilte.\n1857 : Tapiau, mademoiselle Sénés. 1858 : mademoiselle Lafranque.\nT 839 : Roudil, mademoiselle Gilliess. 1860 : Peschard, mademoiselle Brou.\n1861 : Morère, mademoiselle Cico, mademoiselle Ennequist. 1862 :\nLederac, Caron, mademoiselle Rozès, mademoiselle S. Corradi. 1863 :\nM. Soustelle, madame Soustelle. 1864: mademoiselle Nivet.— 1865 :\nPonsard, Tuillier, mademoiselle Bloch, mademoiselle Mauduit.— 1866 : De-\nvoyod. 1867: Gailhard, Maurel, mademoiselle Brunet-Lafleur, mademoi-\nselle Derasse. 1868 (pas de premier prix). 1869 : Bouhy.\nOpéra-Comique. iBso : Ricquier, Sujol. 1851 : Romain Bussine.\n1852 : Beckers, Faure. 1853 : Sapin, mademoiselle Girard, mademoiselle\nBoulart. 1854: L. Achard, mademoiselle Rigolât. 1855 : Vincens, ma-\ndemoiselle Dalmont. 1856 : Archaimbaut, mademoiselle Lhéritier.\n1857 :E. Troy, mademoiselle Chabert. 1858 : Lafont, mademoiselle Cor-\ndier, mademoiselle Breuillé. 1859: Roudil, mademoiselle Litschner.\n1860: Gourdin, Petit, mademoiselle Baretti. 1861 : Capoul, mademoiselle\nCico, mademoiselle Balbi. 1862 : Geraizer, mademoiselle Byard, made-\nmoiselle S. Corradi. 1863 : mademoiselle Ebrard. 1864 : Troy (jeune).\n1865 : Barbet, mademoiselle Mauduit, mademoiselle M. Rose, mademoi\nselle Cadet. 1866 : Devoyod, mademoiselle Seveste. - 1867 : Gailhard,\nLepers, mademoiselle Derasse. 1868 : Aubéry, Nicot, mademoiselle\nMoisset, mademoiselle Guillot. 1869 (pas de premier prix)."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1860, "texte": "Nous avons promis à nos lecteurs des travaux de statistique musicale.\nVoici donc quelques chiffres instructifs et peut-être curieux; soit d'abord le\nnombre de représentations obtenu par les principales œuvres du répertoire\nde l'Opéra et de l'Opéra-Gomique, depuisle jour de leur création jusqu'à aujour-\nd'hui. (Et si à cette liste de douze opéras applaudis, nous ajoutons le Tannhœu-\nser, qui n'eut qu?un succès de sifflets et de huées, c'est pour obtenir un con-\ntraste dans le tableau que nous dressons. )\nDATES NOMBRE\nNOMS DES OPÉRAS. DK\nDES LRES REPRÉSENTATIONS.\nREPRESENTATIONS.\n1825, 10 décembre LA DAME BLANCHE L 295\n1829, 3 août GUILLAUME TELL 553\n1831, 3 mai ZAMPA 447\n18 31, 16 novembre ROBERT LE DIABLE.. .... sjo\n1832, I 5 décembre LE PRE AUX CLERCS 1,076\n1834, 25 septembre LE CHALET 1,025\n18 35, 2 3 février... LA JUIVE 367\n1836, 29 février LES HUGUENOTS 521\n. 2 décembre LE DOMINO NOIR 844\n1840, 11 février, LA FILLE DU RÉGIMENT,.. 522\nIs49> 1 6 avril. LE PROPHÈTE 327\n18 51, 19 février BONSOIR M. PANTALON.... 32 I\n1861, i 3 mars .. LE TANNHŒUSER 3\nCependant, pour faire ressortir la véritable signification de ce tableau, il\nimporte d'en reprendre les chiffres et de les travailler en se demandant quelle\na été la fréquence des représentations de chacun des opéras que nous étu-\ndions. Nous aurons ainsi la mesure de leur succès.\nNous arrivons donc aux moyennes suivantes, et sur lesquelles 011 méditera\navec fruit, depuis celles du Chalet et de la Dame Blanche, qui sont les plus\nglorieuses, jusqu'à celle du Tannhœuser, qui est tout à fait grotesque :\nLe Chalet Une représentation par i 3 jours.\nLa Dame Blanche. 1 3\nLe Fré aux Clers. 14\nLe Domino noir. 16 —-\nLa Fille du Régiment. 24\nBonsoir Monsieur Pantalon. 2 b\nRobert le Diable. 27\nLes Huguenots. 27\nLe Prophète. 28\nGuillaume Tell. 3o\nZampa. 35\nLa Juive. 38\nLe Tannhœuser. i,506"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.55", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "NOUVELLES\n\nARIS. Dans une de ses dernières séances, l'lnstitut a décerné le\nprix Chartier,consistant en une médaille de la valeur de cinq cents\nfrancs, à M. 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Ambroise Thomas et Vaucorbeil furent priés par la famille Cherubini-\nde présider au choix et à Pintercalation de ces morceaux, de façon que la\ncouleur et l'unité de la partition n'en pussent être compromises On s'arrêta\nsur les trois petits chefs-d'œuvre que voici pour être incrustés dans la grande\nœuvre primitive. :\nRécit et airs écrits pour Crescentini en 1806, dans l'opéra Adriano in\nSiria ;\nAir bouffe extrait d'lsabelle, opéra inachevé de Cherubini ;\nGrand air écrit en 1780 pour madame Todi, célèbre cantatrice italienne,\net extrait de YlJigenia in Aulide, de Cherubini.\nDe plus, on plaça au lever du rideau (ier acte) le célèbre chœur de Blanche\nde Provence, exécuté avec tant de succès aux concerts du Conservatoire, et\nTon transporta aux deux voix du comte Armand et de sa femme l'harmo-\nnieux dialogue des violons et des violoncelles, du mélodrame du troisième\nacte.\nLa nouvelle partition des Deux Journées se trouva ainsi définitivement\nréglée et arrêtée.\nEst-ce celle que l'Opéra-Comique compte reprendre avec les dialogues\nécrits en vers libres par Jules Barbier ? C'est à y croire. Cependant, rien\nd'officiel n'est parvenu jusqu'à nous à ce sujet, et nous croyons, pour le mo-\nment, devoir placer la nouvelle de la reprise des Deux Journées parmi les\nchoses possibles, mais non définitives.\nDIJON. Henri Poëncet, un de nos premiers violoncellistes français, vient\nde mourir à Dijon, à l'âge de trente-neuf ans, emporté en quelques jours\npar a fièvre typhoïde. M. Poëncet laisse une veuve, remarquable\net deux jeunes enfants."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.56", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "ANVERS. On étudie avec ardeur la Guerre, l'oratorio inédit de Pierre\nBenoît, qui sera joué le 17 août, lors de la visite du roi dans cette ville,\nLa Guerre est conçue dans des proportions gigantesques. L'œuvre se com-\npose de quatre-vingt-quatre morceaux, dont l'exécution ne dure pas moins\nde quatre heures. 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Quarante-huit des meilleurs pianistes viennois exécuteront, sur\nvingt-quatre pianos, plusieurs morceaux des genres les plus divers : l'ouver-\nture de Sémirarnis, la marche du Tannhœusery etc.\nRichard Wagner, dit notre excellent confrère M. Dupeuty, vient de\npublier une brochure ornée de six planches gravées donnant les détails de la\nconstruction du théâtre de Bayreuth. Les travaux avancent rapidement ; les\nsommes recueillies à cet effet, qui, à la fin de l'année dernière, se montaient\nà 104,400 florins, s'élèvent aujourd'hui à plus de 140,000 florins, grâce aux\nfructueux résultats qu'ont produits les concerts que Richard Wagner a orga-\nnisés en Allemagne.\nITALIE. Dans le semestre qui vient de s'écouler il a été représenté\nquinze opéras italiens nouveaux qui sont :\nIl Cuoco D'ARIENZO à Naples.\nCaligola BRAGA .. à Lisbonne,\nIl Conte di LUCILLA à Ferrare.\nIl grillo del focolare GALIGNANI , à Gènes.\nFosca GOMEZ à Milan.\nLa Forqa del denaro SCARANO à Naples.\nI quattro Conti D'ALESIO YORIOS à Naples.\nMarcellina..., RIGHI . à Parme.\nLa Maledetta PÊTRUCCI* à Barletta.\nL'Amore alla prova.. * MARCHETTI FABIO à Turin.\nII conte verde LIBANI à Rome.\nViola Pisani PERELLI EDOARDO à Milan.\nLa Figlia di Domenico ALBERTI à Naples.\nIl Viandante...... LITTA DUCA GIULIO à Milan.\nLe Notte degli Schiffi VENZANO. à Gênes.\nBONN. Le festival en l'honneur de Schumann aura lieu ici les 17, 18 et"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.57", "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 1336, "texte": "19 août. 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Les\ncollègues du maestro Rota sans exception, et avec eux les choristes du Théâ-\ntre-Communal et les élèves des écoles de chant organisèrent une magnifique\nsérénade-manifestation sous ses fenêtres, entraînant à leur suite toute la\npopulation de Trieste. En présence de cette petite émeute artistique, la direc-\ntion du Théâtre-Communal, coupable du méfait, a dû donner sa démission,\net le maestro Rota a été réintégré dans ses fonctions.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. 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Elle venait de\nStrasbourg !\nLe projet édité par la Chronique musicale a éveillé dans\nla presse suisse et italienne autant que dans celle de Paris\nplus d'an écho sympathique. Nous saurons, en groupant autour de nous tout\nce qui vibre aux idées d'art et de patrie, assurer le succès de cette entreprise\nà moins que la politique ne s'en mêle, ce que Dieu ne veuille!\nM. Lefebvre, dans ses Matériaux pour l'histoire des arts dans le Cam-\nbrésis (Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai), a particulièrement\nsignalé à l'attention de ses confrères une note découverte par lui sur une\ndes gardes du manuscrit n°6i de la bibliothèque communale, et d'une écri-\nture contemporaine. Il en résulte que Charles le Téméraire serait l'auteur\nd'une composition musicale dont il aurait mis les Cambrésiens à même\nd'apprécier le mérite. On lit dans Y Histoire des ducs de Bourgogne que « la\nmusique plaisait au fils de Philippe le Bon plus que toute autre récréation ;\nqu'il y excellait et savait chanter chansons et motets. » Mais on ignorait\nqu'il fût compositeur. Voici cette note: « Charles, comte de Charolais, fils\nde Philippe, duc de Bourgoigne, etc., fist ung mottet et le chant ; lequel fut\nchanté en sa présence après messe dicte en la vénérable église de Cambrai\npar le maistre et les enfants en Tan 1460, le 23e jour d'octobre, qui est le\njour de S 1 Séverin. »\n—Les élèves de l'école de Rome sont tenus, d'après les règlements, de faire\nparvenir leurs envois à l'Académie française avant le ier août prochain.\nM. Maréchal (2e année) a envoyé la deuxième partie de Y Incarnation de\nJésus, mystère en deux parties.\nM. Lefèvre (2e année) a envoyé la première et la deuxième partie d'un\ndrame lyrique qui a pour titre : Judith.\nM. Serpette (ire année) doit remettre lui-même sa composition à Paris.\nLe conseil municipal de Lyon vient, sur la demande du préfet de cette\nville, de voter une somme de i 5,000 francs en faveur du Conservatoire de\nmusique, dont la direction est confiée à M. Edouard Mangin."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": "La Chronique musicale donnera dans le nusnéro du i 5 août la liste\ncomplète des lauréats du Conservatoire pour 1873. On retrouvera chaque\nannée, à la même place, ce palmarès composé en forme de tableau pour la plus\ngrande commodité des recherches. Le Conservatoire étant à l'ordre du jour\nde la musique, nous insistons aujourd'hui sur plusieurs particularités qui\ny ont trait et auxquelles la saison des concours donne un regain d'actualité.\nL'institution du prix de Rome date de 1802. Lepremier compositeur qui\nobtint cette marque de distinction s'appelait Androt. Il mourut pendant son\nséjour à Rome.\nLes concours ouverts entre musiciens remontent d'ailleurs à des dates\nplus anciennes. Notre bonne étoile de bibliophile nous a fait découvrir les\n« Statuts octroyés par Henry 111 à la confrairie de Saincte-Cécile, » et nous\ny lisons ce passage intéressant :\n« Seront advertis tous bons et excellentz musiciens de ce Royaume etaul-\ntres, d'envoyer si bon leur semble, audit jour et vigile Saincte-Cécile, quelques\nmotetz nouveaux, ou aultres cantiques honnestes, de leurs œuvres, pour\nestre chantés, afin de cognoistre et remarquer les bons aulteurs, nommé-\nment celuy qui aura le mieux faict, pour estre honoré et gratifié de quelque\nprésent honorable ainsi qu'on advisera. »\nVoici les noms des lauréats qui depuis vingt ans ont remporté les pre-\nmiers prix d'opéra et d'opéra comique :\nOpéra. 1850 : Ribes. mademoiselle Lemaire. 1851 : mademoiselle\nWertheimber. i 852 (pas de premier prix). 1853 : Bonnehée, mademoi-\nselle Geismar, mademoiselle Rey.— 1854 (pas de premier prix).— 1855 :\nmadame Rey-Balla, mademoiselle de Lapommeraye. 1856 : Cœuilte.\n1857 : Tapiau, mademoiselle Sénés. 1858 : mademoiselle Lafranque.\nT 839 : Roudil, mademoiselle Gilliess. 1860 : Peschard, mademoiselle Brou.\n1861 : Morère, mademoiselle Cico, mademoiselle Ennequist. 1862 :\nLederac, Caron, mademoiselle Rozès, mademoiselle S. 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Ambroise Thomas et Vaucorbeil furent priés par la famille Cherubini-\nde présider au choix et à Pintercalation de ces morceaux, de façon que la\ncouleur et l'unité de la partition n'en pussent être compromises On s'arrêta\nsur les trois petits chefs-d'œuvre que voici pour être incrustés dans la grande\nœuvre primitive. :\nRécit et airs écrits pour Crescentini en 1806, dans l'opéra Adriano in\nSiria ;\nAir bouffe extrait d'lsabelle, opéra inachevé de Cherubini ;\nGrand air écrit en 1780 pour madame Todi, célèbre cantatrice italienne,\net extrait de YlJigenia in Aulide, de Cherubini.\nDe plus, on plaça au lever du rideau (ier acte) le célèbre chœur de Blanche\nde Provence, exécuté avec tant de succès aux concerts du Conservatoire, et\nTon transporta aux deux voix du comte Armand et de sa femme l'harmo-\nnieux dialogue des violons et des violoncelles, du mélodrame du troisième\nacte.\nLa nouvelle partition des Deux Journées se trouva ainsi définitivement\nréglée et arrêtée.\nEst-ce celle que l'Opéra-Comique compte reprendre avec les dialogues\nécrits en vers libres par Jules Barbier ? C'est à y croire. Cependant, rien\nd'officiel n'est parvenu jusqu'à nous à ce sujet, et nous croyons, pour le mo-\nment, devoir placer la nouvelle de la reprise des Deux Journées parmi les\nchoses possibles, mais non définitives.\nDIJON. Henri Poëncet, un de nos premiers violoncellistes français, vient\nde mourir à Dijon, à l'âge de trente-neuf ans, emporté en quelques jours\npar a fièvre typhoïde. M. Poëncet laisse une veuve, remarquable\net deux jeunes enfants."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.56", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "ANVERS. On étudie avec ardeur la Guerre, l'oratorio inédit de Pierre\nBenoît, qui sera joué le 17 août, lors de la visite du roi dans cette ville,\nLa Guerre est conçue dans des proportions gigantesques. L'œuvre se com-\npose de quatre-vingt-quatre morceaux, dont l'exécution ne dure pas moins\nde quatre heures. Elle exige un quadruple chœur, un orchestre monstre,\ndont seize trompettes, et des solistes habiles. On s'attend àun succès ; les\namis du maestro comptent sur la Guerre pour affirmer la vitalité de l'école\nflamande.\nLes frais de la Guerre (vingt mille francs au bas mot) seront payés mi-\npartie par le public, qui peut déjà retenir ses places, mi-partie par l'Etat\nbelge.\n600 à 700 chanteurs et iso instrumentistes prendront part à l'interpréta-\ntion de la partition du maître flamand, et l'enthousiasme qu'on manifeste à\nl'endroit de la nouvelle œuvre de Pierre Benoit fait prévoir que l'exécution\nen sera splendide.\nVIENNE. A Vienne, un concert monstre, aussi singulier que peu artis-\ntique, aura lieu prochainement dans une des salies de l'Exposition uni-\nverselle. Quarante-huit des meilleurs pianistes viennois exécuteront, sur\nvingt-quatre pianos, plusieurs morceaux des genres les plus divers : l'ouver-\nture de Sémirarnis, la marche du Tannhœusery etc.\nRichard Wagner, dit notre excellent confrère M. Dupeuty, vient de\npublier une brochure ornée de six planches gravées donnant les détails de la\nconstruction du théâtre de Bayreuth. Les travaux avancent rapidement ; les\nsommes recueillies à cet effet, qui, à la fin de l'année dernière, se montaient\nà 104,400 florins, s'élèvent aujourd'hui à plus de 140,000 florins, grâce aux\nfructueux résultats qu'ont produits les concerts que Richard Wagner a orga-\nnisés en Allemagne.\nITALIE. Dans le semestre qui vient de s'écouler il a été représenté\nquinze opéras italiens nouveaux qui sont :\nIl Cuoco D'ARIENZO à Naples.\nCaligola BRAGA .. à Lisbonne,\nIl Conte di LUCILLA à Ferrare.\nIl grillo del focolare GALIGNANI , à Gènes.\nFosca GOMEZ à Milan.\nLa Forqa del denaro SCARANO à Naples.\nI quattro Conti D'ALESIO YORIOS à Naples.\nMarcellina..., RIGHI . à Parme.\nLa Maledetta PÊTRUCCI* à Barletta.\nL'Amore alla prova.. * MARCHETTI FABIO à Turin.\nII conte verde LIBANI à Rome.\nViola Pisani PERELLI EDOARDO à Milan.\nLa Figlia di Domenico ALBERTI à Naples.\nIl Viandante...... LITTA DUCA GIULIO à Milan.\nLe Notte degli Schiffi VENZANO. à Gênes.\nBONN. Le festival en l'honneur de Schumann aura lieu ici les 17, 18 et"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.57", "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 1336, "texte": "19 août. Le programme des trois journées est composé exclusivement d'œu-\nvres de Schumann.\nLe premier jour seront entendus : La 4e symphonie (en ré mineur) et le\nParadis et la Péri; le deuxième jour : ouverture de Manfred , concerto de\npiano (par Mme Schumann), Nachtlied pour chœurs et orchestre, 2e sympho-\nnie en ut, et la troisième partie de Faust. Au concert de la troisième jour-\nnée seront interprétés des quatuors, des lieder et des morceaux de piano.\nTRIESTE. Un des meilleurs chefs d'orchestre de l'ltalie, le maestro Giu-\nseppe Rota, avait été dépossédé du fauteuil qu'il occupait depuis treize ans\nau Théâtre-Communal de Trieste, à la veille de monter YAïda de Verdi. La\npresse locale protesta unanimement contre cette inexplicable injustice. Les\ncollègues du maestro Rota sans exception, et avec eux les choristes du Théâ-\ntre-Communal et les élèves des écoles de chant organisèrent une magnifique\nsérénade-manifestation sous ses fenêtres, entraînant à leur suite toute la\npopulation de Trieste. En présence de cette petite émeute artistique, la direc-\ntion du Théâtre-Communal, coupable du méfait, a dû donner sa démission,\net le maestro Rota a été réintégré dans ses fonctions.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-01_01#c040", "volume": "bmtnabc_1873-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "144", "page_fin": "144", "image_debut": 57, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.2.14.3.2", "titre_corps": "Propriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD.", "titre_sommaire": "Propriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.57", "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "Propriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[97]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.1", "texte": "GRANDEUR ET DÉCADENCE MUSICALES\nLES THÉATRES LYRIQUES A PARIS\n\nI\nL y a des étoiles dont la lumière met des milliers\nd'années pour arriver jusqu'à nous ; je crois qu'il\nen est de même de certaines idées simples; pour\nque telle vérité de l'ordre le plus élémentaire\npénètre les cerveaux rebelles, il faut deux ou\ntrois dynasties et plusieurs républiques.\nLa France, qui se déclare amoureuse du pro-\ngrès, a un défaut bizarre, c'est d'agir comme si\nelle le détestait ; on pourrait refaire, en pensant à ce personnage à la fois\nsi choyé et si battu, les Malheurs d'un amant heureux.\nRègle générale : Quand une institution fonctionne bien chez\nnous, c'est le moment qu'on choisit pour briser le mécanisme ; tout est\nà recommencer quatre ou cinq fois pendant notre existence, l'esprit de\nsuite nous manque , si bien qu'avec une avance énorme, nous finissons\npar retarder sur les autres peuples.\nIl y a dix ans encore, nous étions en plein épanouissement musical\n\nJ.\n?"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nlorsqu'on s'avisa de décréter la liberté des théâtres, qui n'est pas autre\nchose que l'oppression des hautes scènes par le boui-boui, l'art assom-\nmé à coups de tréteaux, l'anarchie et la promiscuité remplaçant l'ordre\net l'harmonie.\nAujourd'hui, il n'y a pas un directeur de théâtre intelligent qui ne\nsoupire après l'abolition de ce décret meurtrier ; si l'on continue, la\nFrance ne sera plus bientôt qu'un immense café-chantant où les jeunes\ntalents iront se briser la voix; la liberté des théâtres, qui devait produire\ntant de fruits nouveaux, c'est une Mère Moreau intellectuelle qui ne\ndonne que des fruits à l'eau-de-vie ; on aurait pu, sans accumuler tant\nde ruines, entendre : C'est dans V ne\\ quf ça me chatouille; mais il\nfallait laisser le champ libre aux hymnes de la consommation.\nII\nCe qui m'indigne, ce sont les niais qui veulent détourner le génie de\nla France comme on détournerait un fleuve, et qui stérilisent ce qu'ils\nont justement la prétention de féconder; ils vous disent avec le ton d'un\nrévélateur inspiré :\nPourquoi l'Etat serait-il entrepreneur de spectacles ? Plus de sub-\nventions ; le théâtre est une industrie comme une autre ; est-ce que\nvous inscrivez au budget pour une somme quelconque les marchands\nde soieries ou de comestibles ? Que l'Opéra, que l'Opéra-Comique veuil-\nlent bien se contenter du régime des Villes de France ou du sort de\nPotel et Chabot. Avec l'argent des contribuables qu'on réservait aux\nténors et aux ballerines, nous ferons des écoles !\nAh ! oui, nous en avons fait des écoles, mais ce n'est pas dans le sens\noù l'entendaient ces fiers émancipateurs !\nL'art musical à Paris allait à quatre chevaux; l'Opéra, les Italiens ,\nrOpéra-Comique, le Théâtre-Lyrique représentaient ce magnifique\nattelage; aujourd'hui deux de ces pur-sang sont morts et on ne songe\nplus à les remplacer : l'Opéra-Comique est transformé en bête de\nsomme qui fait le gros ouvrage des compagnons disparus, et l'Opéra\ndevient un cheval de manège qui tourne autour des recettes.\nY a-t-il rien au monde de plus bâtard que cette situation ?\nCes quatre théâtres de musique sont indispensables au train de la\nmaison artistique ; l'Opéra, c'est la musique à grand spectacle, pour\nainsi dire la réception d'apparat de l'art, tant pour le chant que pour la\ndanse ; le Théâtre-Lyrique, c'est une scène d'entraînement, une scène\ninitiatrice, où toutes les audaces du talent sont permises , comme dans"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.3", "texte": "GRANDEUR ET DÉCADENCE MUSICALES\n\nces soirées recherchées où l'on exige des élus un écot d'originalité ; il\nfaut à 1 Opéra des noms consacrés; il faut au Théâtre-Lyrique des\nnoms qui se révèlent ; c'est le laboratoire des jeunes renommées ; en\nmême temps il représente un genre mixte qui est un précieux intermé-\ndiaire entre la solennité et l'enjouement, comme le tableau de genre est\nune transition entre la grande peinture et l'aquarelle. C'est enfin la sen-\ntinelle avancée de l'art, de même que la scène de l'ancien répertoire ly-\nrique en représente l'arrière-garde ; tout ce qui nous effraierait comme\ntendance à l'Opéra lui-même ne nous choque pas au Théâtre-Lyrique ;\ncar nous sommes à la fois pour les idées reçues et les idées à ac-\nquérir. Ce serait du scepticisme en politique d'appartenir à la fois à la\ndroite et à la gauche ; en art, c'est de l'honnêteté éclairée ; nous aimons\nà la fois Monsigny et Wagner, Rameau et Schumann : il ne nous dé-\nplaît pas qu on nous appelle ultras au pluriel. Il y a pour ainsi dire deux\nclaviers de la compréhension intellectuelle, l'un plus meublant et plus\ncomme le piano droit * l'autre encombrant et qui a des octaves\nde plus, comme le piano à queue. Nous voulons l'instrument le plus\nétendu possible. Seulement, nous exigeons que chaque mode de l'art\nsoit bien à sa place ; lorsque Roméo et Juliette, de Gounod, se produit\nsur la scène du Maçon et du Pré-aux-il fait éclater le cadre ;\nlorsque le Faust quitte le Théâtre-Lyrique pour s'installer à l'Opéra,\nc'est, au contraire, le cadre qui devient trop grand pour le tableau.\nQue de mutations intéressantes on pourrait faire en suivant cette loi\ndes proportionnalités ; est-ce que le Philtre et le Comte Ory ne de-\nvaient pas etre restitués par choix de parenté à l'Opéra-Comique, qui\npourrait très bien céder Zampa, par exemple, au Théâtre-Lyrique.\nL Opéra-Comique est une jolie rivière d'un babil charmant ; on n'a\npas le dioit den faire un grand fleuve romantique ; il y a des moments\noù la Voulzie chantée par Hégésippe Moreau parle plus au cœur que le\nRhin ou le Danube; imitons la nature, procédons par gradations.\nOn a pour ainsi dire profité de ce que le Théâtre-Lyrique avait été\nincendie pour mettre a néant cette création qui a rendu tant de services\na la cause de 1 art ; c est le brûler deux fois et achever par l'ingratitude\nce qu on a commencé par le pétrole. Sans doute on laisse l'industrie\nprivée libre de rouvrir cette scène musicale ; mais lui retirer la subven-\ntion qu elle asi bien méritée, c'est lui refuser le droit de vivre; et\ncependant quels nobles plaisirs ne lui doit-on pas à ce théâtre si\nriche et si souple! Presque tout le répertoire de Gounod, l'acclimatation\nde chefs-d'œuvre qui n'avaient fait qu'apparaître chez nous, comme\nFreyschutf et Oberon, l'audition d'oeuvres jusque-là réputées inexécu-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntables, comme les Troyens, de Berlioz ; des tentatives dans toutes\nrégions, des consécrations et des débuts. Y eut-il une direction plus\nbrillante que la direction Carvalho ? Cette poule aux œufs d'or n'a\npondu que pour le public ; aujourd'hui, on lui refuse le grain de mil\nnécessaire à son existence ; j'avais entendu parler de gens qui boudent\ncontre leur ventre; cette fois , c'est Paris qui boude contre ses oreilles.\nVous avez beau transportera l'Opéra et à l'Opéra-Comique les chefs-\nd'œuvre de ce répertoire spécial, ce n'est plus la même optique, la même\nmise au point; le cor enchanté à'Oberon jure avec le galoubet de\nJoconde; le jardin de Marguerite à l'Opéra devient un parc où l'on\ns'égare; le nocturne à grand orchestre transforme une mystérieuse con-\nfidence en manifestation publique. Vous vous rappelez ces braves\nbourgeois qui logent dans leur troisième au-dessus de l'entresol de hauts\nbahuts faits pour des pièces de château ; parfois on est obligé de faire\nscier le meuble pour le faire entrer dans l'appartement; d'autres, au\ncontraire, mettent leur élégant mobilier de Paris dans quelque salle\nimmense qui rapetisse par comparaison tous les objets; c'est l'histoire\ndes déplacements des œuvres sorties de leur vrai milieu.\nIl y a une autre scène qu'on abandonne aussi et que la plus vulgaire\nreconnaissance commanderait d'entretenir décemment. Le Théâtre-Ita-\nlien a perdu sa vitalité première, mais on ne perdrait rien à assurer ses\nvieux jours ; il répond à tout un monde de souvenirs délicieux ,et sous\nses cheveux grisonnants, il garde encore avec vingt chefs-d'œuvre de\ngrâce et d'élégance un adorable sourire. Ne me dites pas que la traduc-\ntion peut vous rendre ces parfums disparus ; la traduction, c'est la\ncorrespondance d'omnibus, c'est l'itinéraire par à peu près; je ne veux\npas plus de la traduction pour les choses que pour les hommes; un\nFrançais qui a italianisé son nom pour dérouter l'audition, c'est le\ncarnaval vocal; il chante avec un faux nez. J'aurais voix au chapitre, je\nn'accorderais pas cent mille francs au Théâtre-Italien, je lui en donne-\nrais trois cent mille : mais j'exigerais que tous les artistes fussent nés\nau delà des Alpes; un Théâtre italien sans Italiens, c'est comme les\nbiscuits de Reims fabriqués à Vaugirard. Cherchez et vous trouverez;\nmais ne comptez pas sur une altération d'état civil pour produire la\nvraie sensation originale. Dieu vous garde des ténors de Barbarie, des\nprime-donne ambulantes qui mélangent horriblement les deux langues,\nou alors faites franchement le Théâtre-Auvergnat!\nPar contre, j'interdirais sur les scènes subventionnées tout ce qui\nn'est pas une œuvre originale ; le Théâtre-Italien n'aurait pas le droit\nde prendre nos artistes, mais nous n'aurions pas le droit de lui prendre"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.5", "texte": "GRANDEUR ET DÉCADENCE MUSICALES\n\nles chefs-d'œuvre de son répertoire; nous laisserions les roses aux ro-\nsiers ; il y a eu des mois entiers où on jouait simultanément le Trou-\nvère à POpéra, le Trouvère au Théâtre-Lyrique, et 11 Trovatore à la\nsalle Ventadour ; nous n'autoriserions plus ces monstres à trois têtes.\nC'est la liberté des théâtres qui a organisé cette déplorable confusion\nappauvrissante pour tout le monde. O liberté des théâtres ! que de niai-\nseries on a commises en ton nom !\nIII\nJe me demande, lorsque Fart trivial fait une si rude concurrence à\nFart noble, comment, même dans l'état de nos finances, on a le cou-\nrage de refuser aux théâtres d'utilité nationale les quelques cent mille\nfrancs qui pourraient assurer leur maintien; le pain intellectuel est\naussi sacré que l'autre, et nous tous, public privé depuis longtemps de\nl'alimentation qui nous est due, nous avons aussi à réclamer notre droit\ndes pauvres.\nPour nous, l'Etat n'est pas autre chose que la personne morale de la\nsociété; voilà pourquoi nous sommes partisans du principe d'autorité.\nQue les esprits les plus prévenus daignent réfléchir quelle est la solu-\ntion la plus libérale : les quatre théâtres dont nous venons de parler,\nlivrés à l'exploitation individuelle ou au contraire gouvernés dans l'in-\ntérêt bien entendu de l'art, et sans préoccupation industrielle.\nPourquoi l'Opéra ou le Théâtre-Lyrique ne serait-il pas assimilé à\nune division de ministère ? Remarquez que je ne demande pas l'art\nofficiel. Ce que je veux, c'est que la question d'argent ne gêne jamais\nla production artistique. Il serait donc bien à plaindre le chef auquel on\ndonnerait trente ou quarante mille francs par an pour être le meilleur\nintendant du plaisir national ! le pays n'est-il pas assez grand seigneur\npour dire àun homme comme M. Carvalho, par exemple? Faites pour\nle mieux, conduisez le Théâtre-Lyrique de la façon la plus digne de\nl'art ; vous avez dans votre sphère une liberté absolue, ce n'est pas votre\nfortune qu'il s'agit de faire, c'est une mission de confiance dont nous\nvous chargeons; vous êtes un représentant de la France auprès de Sa\nMajesté l'Art musical; un ambassadeur ne songe pas à descendre à une\nquestion de trafic ; votre passé nous répond de votre avenir ; continuez\nà nous rendre la splendeur. Toutefois, la France qui a bien su trouver\ncinq milliards pour payer l'ennemi, est assez riche pour payer sa gloire\nartistique ! »\nC'est la cause de l'intérêt commun que je défends ici, et je prétends en"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncela être plus libéral et plus national que ceux qui disent : Le théâtre\nest une marchandise; nous n'avons pas à intervenir dans le débat des\ncavatines ou des duos.\nEn toutes choses, ce qu'on appelle par corruption le libéralisme, trahit\nla cause de la liberté ; pour nous, nous classons les théâtres en deux caté-\ngories, ceux qui intéressentla production nationale, ceuxqui rentrentdans\nl'industrie privée ; mais l'art digne de porter le pavillon français n'est\npas une Halle, c'est un Sanctuaire ; les marchands n'y sont pas reçus.\nN'attendons pas que Y initiative féconde des citoyens, comme on dit\ndans le jargon démocratique, supplée à cette impulsion désintéressée qui\nne peut être donnée que par l'État lui-même ; si l'on n'avait pas décrété\npour certains travaux 1 utilité publique, nous serions encore à discuter\nsur le tracé d'un chemin de fer ou d'un .canal. L'État, dont l'école libé-\nrale veut toujours faire un ennemi, c'est la volonté générale intel-\nligemment comprise et exécutée avec unité.\nPour réaliser ce que nous demandons, moins de deux millions suffi-\nraient, et ils rapporteraient le décuple. Que l'Assemblée nationale et\nque le conseil municipal y songent ; il me semble qu'on pourrait bien\nfaire pour l'État français ce qu'on a fait pour le shah de Perse. Remar-\nquez que nous donnons déjà huit cent mille francs à l'Opéra, et cent\ncinquante mille francs à l'Opéra-Comique, ce qui diminue d'autant le\nsacrifice lucratif que nous proposons. Songeons que, presque partout, le\nniveau intellectuel est en baisse, et, de gaieté decœur, ne consacrons pas\ncette décadence. Nous sommes tous égaux devant la loi, c'est très bien;\nmais nous forcer à être tous égaux devant le café-chantant, c'est un peu\ndur. Nous avons abattu l'aristocratie, c'est assez de démolition ; il ne\nnous appartient pas d'abolir la noblesse de l'art.\nEnfin, que les jansénistes, s'il en reste, n'affectent pas de traiter\navec dédain cette question de planches; si, sous prétexte qu'ils ne met-\ntent jamais le pied à Paris, ils refusent d'inscrire au budget la splendeur\nnationale, qu'ils sachent bien que ce qu'ils repoussent sous une forme\nacceptable et décente, leur reviendra alors sous mille formes basses et\nrépugnantes. L'encouragement qu'ils refusent à l'art élevé, ils le don-\nnent par le fait même à l'art qui court les rues.\nQu'ils nous permettent donc d'introduire un peu de soleil et un peu\nde lumière dans cette cité de ténèbres qu'ils ont en horreur. L'igno-\nrance et la vulgarité murent trop d'intelligences : raison de plus pour\nqu'ils admettent l'impôt des portes et fenêtres de l'esprit !\n\nXAVIER AUBRYET."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.7", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nSuite et fin (i).\nES conditions onéreuses et humiliantes du traité de paix\nétant connues, c'est l'Alsace qui s'empare de la sym-\npathie publique; immédiatement nous voyons paraître\nY Alsacienne, de H. Gallois et G. Schubert (lisez\nPrilipp) ; Alsace et Lorraine, deVillemer, Nazet et\nBen Tayoux; la France est notre patrie, paroles et\nmusique d'un Alsacien; Alsace, de Jules Barbier, musique de J.-B.\nWekerlin ; Strasbourg, attends!! de Villemer, Nazet et Ben Tayoux?\nUhrich, de Borsig et Ch. Pourny; Alsace, adieu! de Salin et\nBoissière; Adieux à la France, de L. Battaille et L.-A. Dubost ;\nVengeanceaux défenseurs de Bel fort, par Bouffier (c'est un morceau\nde piano); Che suis Français, hur alsacien, par Houssot et Ch. Hu-\nbans.\nUn chant national : 4 milliards, 800 millions, par J. Marvilleet A. de\nRuns ; /es Emigrants, de Dubreuil et V*. Peltier ; Met\\, hymne de G.\nHirsch et O. Comettant ; Debout, les Vosges, chant lorrain par V. Bou-\nton, autographié par l'auteur, et même assez mal ; Alsace-Lorraine,\nTZOWS ne t'oublions pas, paroles et musique de Him C. ; /a Vieille Lor-\nraine ou la France reviendra, paroles et musique de Dupuis Adolphe;\n/a Paysanne lorraine, de Delormel et Planquette ; les Flèches du Lor-\nrain, par Lopez et Darcier. Les chants patriotiques continuent d'affluer\n\n(1) Voir le numéro du i 5 Juillet."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndurant route l'année 1871 : Haine à la Prusse, deDubreil et V. Peltier;\nHymne à la France, de A. Theuriet et A. Yunc; il y a de jolis vers :\nSur les forêts et sur les plaines\nLe soleil répand ses flots d'or,\nEt malgré les douleurs humaines,\nUn frais printemps rayonne encor.\nLes fleurs ont vêtu de leur grâce\nLe sol que la guerre a foulé,\nEt Vherbe a reverdi la place\nOu des larmes avaient coulé.\ny\nFrance à Vœuvre, de Sevray et L.-A. Dubost; la France éplorée aux\ngenoux de Marie, par Victor Méri delà Canorgue et H. Poncet ; Gloire\naux martyrs, de A. Michel et J.-C. Thorel ; VAvenir de la France, par\nTheolier et A. d'Hack ; le Prussien d'Lucien,do. Porte et A. Bouilland;\nles Capons, de Philibert et L. Goudesone ; les Droits de la femme, par\nPhilibert et Goudesone; la Patrie avant tout, de Philibert et Ch. Pourny ;\nles Honnêtes Gens et les Misérables de Philibert et Ch. Pourny, igno-\nble diatribe contre les prêtres, avec une image à l'avenant; le Régiment\ndes Lâches par Chatelin, Philibert et Chassaigne, chanson contre les\ngénéraux de Napoléon ; En souvenir du vieil Horace, paroles et musique\nde Civodul (Ludovic) :\nEn ce temps-là revint un homme\nFier de ses dix-huit ans d'exil,\nCriant : le monde va voir comme\nOn sauve une France en péril!...\nOr, ni DEBOUT sur la muraille,\nNi COUCHÉ, HUGO n'apparut ;\nAfin d'éviter qu'on le raille\nQue fallait-il donc ? qu'il mourût.\nRetournons au travail, par Ali Vial de Sabligny et Lecorbeiller ;la\nFrance au Calvaire, de Burion et Planquette; Faut balayer tout ça,\nde Philibert et Hubans; la Clique, par Burani et A. Dubost; la\nRésurrection, hymne de Caloni et G. Duca ; Tu renaîtrasi hymne à\nla France, de Chatelin et Chassaigne ; la France les maudit, de Burion\net Chassaigne ; Qu'on se souvienne, de Burani et Ch. Pourny; Faisons\nbrûler du sucre sur tout ça, chanson hygiénique d'Arnaud ; Ils sont\npartis, par Lefebvre et Ben Tayoux ; le Soldat de la Loire, de Remi-\ngnard et Tac-Coen ; Travailler pour le roi de Prusse, de Pierri et Ou-\nvier; Ce qu'il faut imposer, par Ouvert et J. Perrin; VEpée de la\nFrance, par Méri de laCanorgue et J. Borel ; Là, ils ont tué ma mère, de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.9", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nChatelia et Chassaigne ; Souvenirs du bombardement de Strasbourg,\nMenard et Colmann père ;la Guerre et la Paix, de Theolier et A.\nd Hack; Liberté, égalité, fraternité, par de A. de Bausset et J. Darcier;\nNi toujours, ni jamais, de Civodul, à M. Thiers, chefdu pouvoir exécutif\nà Versailles, juin 1871 ; l'Avenir de la France, musique de E. du Rô-\n-Igt • •\ncher; France, France, paroles et musique de Henri Loys :\nFrance! France! France!\nL'heure a sonné, lève-toi !\nC'est la grandeur, c'est Vespérance !\nVive Henri F, vive le roi!\nLe Peuplier, de Bouvier et J. Darcier; Châteaudun, de Villemer, Ge-\nzano et BenTayoux ; Hymne à Châteaudun, par H. Bourgery et Th. Le-\nconge; Français, vous de Réval, Berod et Jacob; la France\nimmortelle, de Jalin et F. Boissière (Hommage à madame Thiers); la\nLyonnaise, chant national de Saint-Albin et J. Chavès ; ce morceau a\ncela de particulier que sous le nom. du parolier, il y a paroles revues par\nson fils, H. de Saint-Albin; le père n'était donc pas assez fort ? Sous le\nnom du musicien il y a également musique revue par 8.-T. Missler. Les\nvoilà quatre qui chantent :\nest là qui nous rend l'espérance !\nHabile chef autant que valeureux,\nIl ne craint pas les pièges ténébreux\nEt porte haut le drapeau de la France (1).\nParis et VHistoire ou Paris régénéré, de Blondelet, Beaumaine, Ch.\nPourny ; Ce qu'ils n'ont pas, d'Alf. Isch Wall et G. Douay ; VArroseur\npublic, chanson type de Duvert et H. Natif; VEnfant de troupe, de H.\nGaboriau et F. Boissière.\n1871\nL'année 1872 s'ouvre par toute une collection de chansons patrioti-\nques : le Cataclysme, Hymne à la République, les Provinces vendues,\nl'Amnistiey paroles de Léon Maria, musique d'Ernest Fournier. ' Puis\nnous trouvons : Honneur à Châteaudun, de Philibert et Desormes ; les\nPrisonniers d}Allemagne, de Burani et Pourny :\n\n(i) Il est assez bizarre de trouver cette pièce à cette date; l'exemplaire porte bien le\nmillésime 1871 ; sans doute au mois de février ou mars, l'estampille du ministère\nindiquant le numéro 294."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nOn gagnait chèrement sa vie,\nLes pourceaux étaient mieux nourris,\nEt les secours de la Patrie\n/\nEtaient volés par ces maudits.\nLa Clique, de Burani etDubost, récriminations contre les riches, les\nprêtres, les rois, les marchands, les Prussiens, etc. ; les Têtes de pipes,\nde Burani et Antonin Louis, contre les rois; le Bourg et, de Philibert,\nSevray et Desormes.\nVoici une chanson qui adû rester dans les cartons jusqu'au moment\noù la police lui a permis de voir le jour: les Funérailles de Victor\nNoir, paroles de Paul Avenel, musique de Jules Javelot :\nNous étions là cent mille, ô spectacle sublime!\nMaudissant Vassassin et pleurant la victime;\nLe nom de Victor Noir emplissait tous les cœurs,\nOn se serrait la main, aveuglé par les pleurs.\nL'image représente le char funèbre traîné par la blouse, les chevaux dé-\ntelés gambadant avec le sentiment de leur liberté; un monsieur bien mis,\navec un parapluie, se tient debout à la place du cocher et pérore.\nNous suivons: Gloire aux libérateurs, de Sorant et Roubin (les libé-\nrateurs sont les travailleurs) ; Alleç-vous-en, chant français de Beau-\nmaine, Blondelet et L. Benza :\nPlus d'étrangers chez nous, !\nDevoir et Espérance, chant moral et patriotique (anonyme); Liberté,\nchant patriotique de Delormel, Villemer et L. Benza; le Rossignol de la\nRépublique, par Lamouroux et Egbert :\nComme moi, rossignol, aime% la République !\nReconnaisse% pour roi Dieu votre créateur,\nEt bientôt dans les bois, j'aurai pour politique,\nDe vous égayer tous en chantant le bonheur.\nLa Légende de la liberté, de Baillet et Planquette; la Liberté pour\ntous, paroles et musique de L. Cassi ; Donnec'est pour la France, de\nValéo Vallat et P. Chassaigne; Adieux à la France, par Dubost; Alsace,\nromance dramatique, par Garés et Dupouy ; Humanité, par A. Moreau\net E. Duhem. Vive la République, chant des électeurs, paroles et musi-\nque de Bouillard ;\nEn répétant : vive la République !\nMarche au scrutin, et, de ta grande voix\nPeuple français, renverse la boutique\nDes fabricants d'empereurs et de rois."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.11", "texte": "'L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nLe Crapaud devenu bœuf, ballade au roi de Prusse, paroles et musi-\nque de Civodul, troisième édition ; le Vilain Oiseau, chanson drolati-\nque, scie populaire, paroles et musique de Louis Plomplomb; N'oublions\npas, d'Évrard et Ch. Liébeau ; l'Or de la France, de Chatelin et Ch.\nPourny; France, ne pleure plus, d'A. Belle et H. Brun; VEmprunt\nnational\\ rondo de Houssot et J. Javelot; VEmprunt, de L. Maria et\nE. Fournier; Pour la France, ode patriotique de J. Évrard et J. Biloir ;\nA la France ! du docteur Coste, musique de A. Despagne; Toast à la\nFrance, de J. Fauque et F. Boissière; France, veille aux tyrans, de\nGoslain et A. Lyant.\n****** **•*•••••\nMais les temps sont changés, car la démocratie\nVa donner à la France un appui protecteur.\nDemain, par A. Isch-Wall, Battaille et Planquette ; Garibaldi, chant\nguerrier de José Urtuli et G. Lucas :\nLe protecteur de l'Amérique,\nDe l'ltalie le Rédempteur,\nDéfenseur de la République,\nEt Vennemi des oppresseurs.\nCes vers— qui ne sont pas de Victor Hugo, furent d'abord savourés\npar le peuple de Lyon, Paris n'eut son édition que quelque temps après ;\nChapeau bas ! paroles et musique d'Aupto; plus de banquiers, de rois, de\ngandins, de Messalinés :\nDevant la sainte République\nAllons, chapeau bas.\nLe Décroteur ou les Cireux, de Burani et Dubost; l'image représente\nNapoléon 111 en décrotteur, sur sa boîte il y a : la maison ne cire pas à\ni œil.\nLiberté, Egalité, Fraternité, d'Étienne Merle; Sauvons la France,\ndeSarrazin et A. Petit :\nUn autre Aetius se lève,\nDu courage, Gaulois et Francs,\nQu'un autre Attila sous le glaive\nTombe avec ses Huns insolents.\nCela paraît un peu en retard ; il est vrai que le lieu d'impression est\nAvignon; sans doute on n'y savait pas encore en 1872 que la guerre était"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE*\n\nfinie. Le chant suivant, venu également de province, sans nom de lieu,\nn'est venu à Paris qu'en 1872 dont il porte la date, c'est : Appel aux\narmes, de P. Dupré et Dumont ; même observation pour le Chant de\nmarche des Francs-tireurs, paroles et musique d'Antony Réal. France\net Liberté, de Rémy Doutre; Aux urnes ! paysans, de R. Doutre et\nJ. Loubet ; cette dernière chanson se reporte au temps de la féodalité\nqu on critique ferme; mais il y a une riposte qui vient sans doute de\nBretagne: le Drapeau blanc, par M. J. Blanchon :\n11 ne t'a point renié, par emblème\nDont la grandeur ombragea son berceau ;\nVive le roi qui t'honore et qui t'aime,\nMon vieux drapeau!\nCe n est qu'après avoir lu cette pièce, que nous avons découvert au\nbas, en caractères minuscules : imprimé à Lyon par Louis Perrin.\nL'Avenir est à nous, de Baumaine, Blondelet et F. Barbier ; le Sang\ngauloisy de Bieberstein et O. Petit; la sainte France, par Villemer,\nDelormel et F. Boissière; la République et les Républicains, par Leclerc et\nJ. Darcier, dédié à leur ami Louis Blanc ; le Cheval du Cuirassier, de\nVillemer et Planquette; le Drapeau des morts, de Villemer et Plan-\nquette. Dans cette chanson il y a un sujet des plus dramatiques : à minuit\ndes soldats viennent frapper à un cabaret de village; on ne leur ouvre\nque parce, qu'ils sont français, le cabaretier étant lui-même un ancien\nsoldat :\nQiiand il eut rempli chaque verre,\nLe cabaretier crut rêver\nEn voyant alors se lever\nLes habitants d'un cimetière...\nAutour de lui vingt cuirassiers,\nAux faces pâles et sanglantes,\nPortaient de leurs mains chancelantes\nLe vin de France à leur gosier.\n« Nous sommes des fils de la France,\nRépétaient alors les soldats,\nNous ne revenons ici-bas\nQue pour boire à sa délivrance. »\nAu dernier couplet, l'un des cuirassiers paie l'écot avec un lambeau\nde drapeau tricolore.\nLe Chant des peuples,de Villemer, Delormel et A.d'Hack;\nde la Vengeance,d'Emmerick de Gandillac et F. Trémal; de\nJ. Schaunard et L. Benza; Non ! pas d"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.13", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nparoles et musique de Francis Chareire; Nous choisissons la France, de\nThéolier et Ch. Malo; la Ligue anti-prussienne, de Baulen et O. Petit;\nle Barde des Vosges, de Barrillot et A. Brody; le Drapeau de Met\npar Villemer, Delormel et L. Benza; la Voix de VHistoire, par Delor-\nmel, Villemer et C. Malo; la France n est pas morte, de Persin et Car-\nrier; la France à Notre-Dame de Lourdes. C'est un cantique pieux,\ndans lequel on implore l'assistance de la reine du ciel en faveur de la\nFrance. Aussitôt un Voltairien, caché sous les initiales F. G. F. réplique\npar le cantique : Aide-toi, le ciel f aidera, pèlerinade.\nKeppler, Newton, cent autres que /oublie,\nVersent à flots la lumière au grand jour •\nQuatre-vingt-neuf nous montre une autre vie,\nLe monde entier Vacclame avec amour :\nOublierons-nous l'exemple de nos pères,\nPour revenir aux superstitions.\nNous ! avons encore la Délivrance, d'Ernest Duval, hommage à\nM. Thiers, président delà République; la Liberté, voilà le vrai\nbonheur, par Baillet et G. Lucas; Chanteoiseaux, la chanson de\nla Liberté, de J. Fauque et C. Leriche; la Voix de la France,\nde Switser et Lejeune; le Rêve de la France, de Brigliano et\nL, Chelu; la Première République, par Ryon et C. Collignon;\nCanons, de H. Nadot et J. Darcier; /es Turcos de Wissembourg, par\nThéolier et Ch. Malo; Tows soldats! de Perreau et A. d'Hack; Cri de\nLiberté, de Béor et Ben-Tayoux; Humanité, d'A. Moreau et E. Duhem.\nIci s'arrêtent les publications de l'année 1872, et nous sommes au it,r\njanvier 1873. Quelques titres de chansons se trouvent répétés dans cette\nlongue énumération, soit que plusieurs auteurs aient eu la même pensée,\nsoit qu'une nouvelle édition ait paru, indiquant par cela même le succès\nde l'œuvre.\n\nJ.-B. WEKERLIN."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.14", "texte": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789\n\nD'APRÈS LE JOURNAL DE FRANCŒUR\nOUIS-JOSEPH Francœur, né à Paris le 8 octobre iy3B,\na été successivement, depuis 1753 jusqu'à sa mort,\nen 1804, violon à l'orchestre, chef d'orchestre, direc-\nteur, fermier des bals, régisseur général, administra-\nteur, inspecteur de la salle de l'Opéra. Parmi les\nnombreux mémoires, états du personnel, etc., qu'il\na laissés, le travail le plus important consiste en un recueil en\ndeux volumes, petit in-folio, où Francœur a consigné jour par jour,\nde 1785 à 1789, tout ce qui s'est passé à l'Opéra, en y joignant,\nsous la forme modeste de nota, le récit des événements les plus im-\nportants. Pour donner une idée exacte de ce journal, nous croyons\nne pouvoir mieux faire que d'en reproduire complètement toute la\npartie qui a rapport au mois de juillet 1789. Nous en ferons seule-\nment disparaître quelques incorrections, et nous compléterons, en de\ncertains passages, le récit de Francœur, au moyen des indications que\nnous fourniront les registres de l'Opéra et la correspondance de Dau-\nvergne, conservée aux Archives nationales parmi les papiers de l'lnten-\ndance des Menus (1).\n\n(1) L'Opéra était alors administré par le comité des artistes, Sous la direction de\nDauvergne et Francœur. Tout le système de l'organisation de cette époque est\nanalysé d'une façon très exacte ettrès intéres santé dans le travail récent de M. Adolphe\nJullien : L'Opéra en 1788, documents inédits extraits des Archives de l'Étatè\nLibrairie musicale de Pottier de Lalaine."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.15", "texte": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789\n\nJUILLET.\nM. i. Repos.\nJ. 2. Repos.\nV, 3. Comité pour lecture. Alceste. Recette. 2,297 liv. 12 s.\nS, 4. Assemblée pour répertoire. Le soir repos.\nA cette Assemblée du 4, on s'occupa de déterminer l'ordre des répé-\ntitions d'un nouvel opéra, Cor a ou la Fête du Soleil, de MM. de la\nTouloubre et que l'on croyait pouvoir représenter prochaine-\nment. Lainez, membre du ne jouant pas dans cet ouvrage, de-\nmande un congé. On lui fait remarquer le plus poliment du monde que\nsa présence est nécessaire; Lecourtest malade ; si Rousseau venait à ne\npouvoir chanter et si Lainez n'était pas là, il faudrait fermer le théâtre.\nA ces observations, l'irascible haute-contre répond alors que, s'il est à\nce point nécessaire, il demande 50,000 fr. d'appointements par an.\nPour apprécier exactement la folle exagération de cette demande, il\nsuffit de savoir qu'en 1789 le chiffre des appointements des premiers\nartistes, en y comprenant les gratifications ordinaires et extraordinaires,\nne s'élevait qu'à livres. C/est ce que touchaient les deux premières\nbasses-tailles, Chéronet Lays; les deux premières hautes-contre, Lainez\net Rousseau ; les deux premières chanteuses, mesdemoiselles de Saint-\nHuberti et Maillard. Et Lainez ose demander 50,000 livres! Là-dessus,\ndiscussion, récriminations! Le répertoire est cependant fixé, et Dau-\nvergne, dès le lendemain, rend compte de la séance à M. de la Ferté (1).\nD. 5 .Le Devin de village et la 7e des Prétendus. Rec. : 2,484 liv.\nL. 6. Comité où il fut fait le nouveau répertoire des ouvrages à entendre,\nNota. M. Lainez fit à ce sujet une scène affreuse à M. Dauvergne. Le\nsoir, repos.\nt rancœur se contente d'indiquer sommairement ce qui s'est passé.\nNous trouvons plus de détails dans une lettre de Dauvergne, datée du\njour même (2) : « Je viens, dit-il, d être insulté par le sieur Lainez\n« d'une manière atroce ! « Il raconte que l'on a indiqué différents ou-\nvrages pour des auditions. Parmi ces ouvrages, il yen avait un de Trial\nfils, et Lainez voulait qu'on le répétât le premier, parce qu'il s'y inté-\nressait. Sur le refus de Dauvergne, il l'accabla « d'une légende d'invec-\ntives. » Dauvergne quitte le comité ; les camarades de Lainez s'efforcent\nde le calmer ; mais, continue la lettre, « il leur a répondu avec rage qu'il\n\n(1) Archives nationales, o \\ 628.\n(2) Lettre du 7 juillet. Arch. nat. O1 628."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n« ne connoissoit point Dieu, encore moins des supérieurs , qu'il ne de-\n« mandoit qu'à s'en aller de l'Opéra, sans pension, que lorsqu'il auroit\n« sa liberté, il sçauroit la mettre à profit. « L'autorité supérieure donne\nimmédiatement satisfaction au directeur de l'Opéra. Des instructions\nseront transmises à la police. C'est bien, mais si chez Dauvergne\nl'homme est content, le directeur est plein d'inquiétude, car il faut assu-\nrer le spectacle du lendemain. Il remercie le ministre, disant qu'il\nn'attendait pas moins de sa justice, puis il ajoute : « J'ai envoyé chez\n« M. Quidor, savoir s'il avoit reçu des ordres. 11 m'a fait dire que non,\n« mais que s'il en recevoit, il ne les mettroit à exécution que le lende-\n« main matin, ce qui fait bien mon affaire, car si l'insolent n'avoit pas\n« pu chanter, il aurait fallu changer le spectacle d'aujourd'hui, » et il\najoute en post-scriptum : « J'apprends dans l'instant que le sieur Lainez\n« chantera. »\nLainez avait été probablement averti de la visite de M. Quidor,\nagent ordinairement chargé de la police des théâtres, et cela l'avait un\npeu calmé.\nMar. 7. Alceste. Rec : 1,297 liv. 8 s.\nMer. 8. Repos.\nJ. 9. Repos.\nV. 10. Ariane et la 8e des Prétendus. Rec.: 1,953 liv. 18 s.\nS. 11. Assemblée pour répertoire.\nIl devait ce même jour y avoir répétition, matin et soir, pour\nDémophon, de M. Vogel, mais M. Lainez, ayant été mandé à Ver-\nsailles par le ministre, relativement à la scène qu'il avait faite à\nM. Dauvergne, au comité du 6 précédent, cette répétition fut remise\nà un autre jour.\nD. 12. Relâche exigé par le peuple.\nNota. On devait donner Aspasie, mais M. Necker ayant, eu ordre de\ns'éloigner de France pendant la nuit précédente, ce départ consterna tous\nles esprits. Le peuple, sur les quatre heures, vint en foule à tous les spec-\ntacles, leur demander de fermer de la part de la nation. Cette demande fut\nfaite à l'Opéra par un peuple immense, et, d'après une lettre incertaine de\nM. le marquis du Châtelet, adressée à M. Mazoyer, je fis donner ordre de\nsuspendre le spectacle, et en conséquence de rendre l'argent aux spectateurs\nqui avoient payé. Comme il n'étoit que quatre heures un quart quand cette\ndemande fut faite, il n'y avoit que quelques billets d'auteurs de passés dans\nla salle, mais, chose singulière dans ce désordre, il n'y eut que le nombre\njuste des billets payants qui furent demandés. Quant au reste de cette mal-\nheureuse journée,;voyez les papiers de ce jour. Sur les huit heures on cria aux\narmes, et jusqu'au bas peuple tout s'arma. Le peuple, pendant la nuit, se\nrendit au couvent de Saint-Lazare, où il fut fait un désastre affreux, et pendant"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.17", "texte": "LE PEUPLE. FAISANT FERMER L'OPERA.\nle 12 Juillet 1789."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.18", "texte": "trois jours on transporta de chez eux à la halle quatre à cinq cents voitures\nde grains et farines que ces moines avoient cachés.\nFrancœur, au milieu de ces troubles, reste toujours homme de\nthéâtre, et ce qui paraît l'avoir le plus frappé, c'est un détail d'admi-\nnistration. Il est rare, en effet, quand on est obligé de rendre l'argent\ndans un théâtre, que, parmi les spectateurs entrés avec des billets gra-\ntuits, il ne s'en trouve pas quelqu'un qui, par distraction, se fasse\nrembourser le prix qu il n'a pas payé. Chose singulière ! dit Fran-\ns\ncœur, cela n'arriva pas le 12 juillet, et il note le fait sur son journal.\nC'est bien l'homme qui, quelques années plus tard, en pleine Terreur,\nprisonnier à la Force, oublie le tribunal révolutionnaire et le reste, en\nvoyant passer la citoyenne Beugnot, qui, à ce qu'il paraît, ressemblait\nd'une façon étonnante à la Saint-Huberti, et raconte à ses compagnons\nde captivité avec quel charme et quelle mobilité d'expression la Saint-\nHuberti jouait la Didon de Piccini (1).\nLa journée du 12 est décrite d'une façon plus précise par Dauvergne,\ndans une lettre au ministre : « J'ai l'honneur de vous rendre compte\nque malgré le bruit qui s'étoit répandu depuis midi que les séditieux\ndu Palais-Royal vouloient que les spectacles fussent fermés aujourd'hui,\nj'ai fait ouvrir l'Opéra à l'heure ordinaire, que je m'y suis rendu à\nquatre heures et demie, qu'un quart d'heure après on est venu me\ndire que les séditieux étoient à la Comédie Italienne pour la faire fer-\nmer, que de là ils devoient se porter à l'Opéra, où effectivement ils sont\narrivés au nombre d'environ trois mille, tant hommes que femmes, en\nfaisant des cris affreux. Alors j'ai fait fermer les portes et je leur ai fait\ndire qu'il n'y avoit point de spectacle, ce qui les a calmés, car ils di-\nsoient qu'il falloit mettre le feu. J'ai fait rendre l'argent, et ils ont vu\nsortir les personnes qui avoient payé, ce qui lésa dissipés, à peu de\nchose près, pour se porter chez Audinot et Nicolet. J'ai arrangé qu'une\nforte garde de pompiers, une douzaine de soldats et un bon nombre\nd'ouvriers passeroient la nuit dans l'intérieur de crainte d'accident. » (2)\nCes précautions furent inutiles, et, cette fois, les séditieux, comme\nles appelle Dauvergne, ne mirent pas le feu à la salle de la Porte Saint-\nMartin. Cela devait arriver plus tard.\nL. i 3. Point de comité.\n\n(1) Mémoires de Beugnot, cités par Castil Blaze. Acad. imp. de musique* IL 24,\n(2) Arch. nat. O' 628.\n\nI.\nL'OPÉRA EN JUILLET 1789\n8"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nNota. La garde bourgeoise s'est établie ce même soir, afin de procurer\naux habitants une nuit plus tranquille qu'elle n'avoit été précédemment. On\nprit nombre de fripons.\nM. 14. Relâche, id.\nNota. La garde bourgeoise fit jour et nuit des patrouilles. Ils arrêtèrent\ntoutes les voitures et les paquets, les courriers étaient fouillés et leurs dé-\npêches portées à la Ville. Le peuple, pour se procurer des armes, se rendit\nenfouie aux Invalides, lesquels laissèrent prendre huit à neuf mille fusils\net hallebardes; il se rendit aussi à l'Arsenal et à la Bastille, mais M. de\nLaunay, gouverneur, ayant montré le drapeau blanc et ouvert le pont-levis,\nlaissa entrer une partie du peuple, et faisant ensuite fermer il fit tirer sur les\nbourgeois du dedans et du dehors. Alors le peuple irrité prit d'assaut la\nBastille. M. de Launay fut conduit à la Grève où on lui coupa la tête, le\nmaître salpétrierde l'Arsenal fut haché par morceaux, et M. de Flesselles,\nprévôt des marchands eut la tête coupée. Ces deux têtes furent portées en\ntriomphe dans tout Paris, Voyez le Courrier de Versailles à Paris, n° 9.\nPendant la nuit les trois régiments campés au Champ de Mars se sont\nretirés en laissant leurs bagages et leurs canons.\nNous complétons le récit de Francœur par une lettre de Dauvergne\nqui rend compte à M. de la Ferté des événements de la journée.\n« M. Janssen m'a fait dire hier au soir qu'un gros détachement du\npeuple s'était présenté à la salle de l'Opéra pour demander les armes qui\npouvaient s'y trouver. Il leur a fait ouvrir l'endroit où on les tient. Ils ont\npris des sabres seulement, n'y ayant pas d'autres armes dont ils pussent\nfaire usage, les haches et massues n'étant que de carton; après quoi ils\nse sont retirés tranquillement. J'attends les ordres du ministre pour\nl'ouverture de l'Opéra, ce qui, je pense, n'aura lieu que lorsque Paris\nsera tranquille, car je crois qu aucun citoyen n'oseroit se présenter dans\naucune salle de spectacle dans ce moment-ci. » (1)\nOn voit que le matériel de l'Opéra ne fut pas d'un grand secours aux\nvainqueurs delà Bastille ; ce qui n'empêcha pas le citoyen Mangin, limo-\nnadier de l'Opéra, dont on peut distinguer l'enseigne sur la gravure\nreproduite par la Chronique musicale, de réclamer plus tard auprès du\nministre de l'intérieur et de mentionner parmi ses services et fonctions\nque le 14 juillet 1789 il a armé les citoyens de Saint-Martin\ndes Champs, depuis section des Gravilliers, de hallebardes, piques et\nsabres appartenant à l'Opéra. (2)\nM. i 5, La patrouille bourgeoise jour et nuit fut en action, etc. Le Roy se\nrendit à Versailles à l'Assemblée nationale et promit de faire retirer\n\n(1) Arch. nat, G 1 628.\n(•2) Arch. nat. F. 17 1294."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.20", "texte": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789\n\nses troupes et de passer par tout ce que demandoit l'Assemblée.\nLes députés des États se rendirent à Paris, sur les huit heures,\nà l'Hôtel de Ville, pour l'instruire des paroles de paix que le roi\nleur avoit données, et ils furent ensuite à Notre-Dame pour en-\ntendre le Te Deum.\nJ. 16. Sur le même bruit que le Roy devoit ce même jour venir à Paris à\nl'Hôtel de Ville pour confirmer les paroles de paix qu'il avoit\ndonnées, il y eut beaucoup de rumeur et d'inquiétude. Mais la\njournée et la nuit ont été assez tranquilles.\nOn démolit à force la Bastille.\nV. 17. Relâche, id.\nLe Roy vint à Paris sur les deux heures et se rendit à l'Hô-\ntel de Ville. La garde bourgeoise, à pied et à cheval,fut au-\ndevant de lui. Tous les députés de l'Assemblée nationale mar-\nchoient à pied devant et derrière la voiture du Roy, aucun\ngarde du corps n'était autour de Sa Majesté. Je crois qu'il ne\nse fit jamais une plus belle et plus nombreuse entrée. Après\nle départ du Roy qui se fit dans le même ordre que son arrivée,\non mit un transparent à l'Hôtel de Ville sur lequel étoit écrit :\nVIVE LOUIS XVI, LE PÈRE DES FRANÇOIS ET LE ROY D'UN PEUPLE\n. LIBRE.\nIl y eut illumination générale.\nS. 18. Repos. \\\nD. 19. Repos. > Voyez les papiers publics.\nL. 20. Repos. )\nIl fallait maintenant rouvrir les spectacles. Dauvergne se rendit au-\nprès du Comité de rassemblée des Électeurs, siégeant à l'Hôtel de Ville,\ncar les événements avaient marché et déjà ce n est plus du ministre que\ndevaient venir les ordres. Il fut décidé que Ton donnerait des représen-\ntations au profit des pauvres. Dauvergne proposa de faire jouer les\nFrançais le mardi 21, la Comédie Italienne le mercredi et l'Opéra le\njeudi, de façon àce que,les trois spectacles ne se faisant pas concurrence,\nla recette fût aussi bonne que possible. Après une assez longue discus-\nsion, ce projet ne fut pas adopté. Dauvergne demanda alors une délibé-\nration de l'assemblée qui l'autorisât à faire afficher et à ouvrir l'Opéra.\nElle lui fut délivrée; l'original est joint à la lettre de Dauvergne d'où\nnous tirons ces renseignements. En voici le texte :\nHOTEL DE. VILLE\nExtrait du procès-verbal de\n/\nL'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ELECTEURS.\n« Les différents spectacles ayant offert de donner une représentation\nau profit des pauvres ouvriers qui ont combattu pour la liberté et la"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.21", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npatrie, l'Assemblée, pour se rapprocher de plus en plus des intentions\nannoncées par Sa Majesté pour le rétablissement de Tordre accoutumé,\naccepte leurs offres et leur permet d'ouvrir demain.\n« A l'Hôtel de Ville, ce 20 juillet 1789. »\n(c Bon pour expédition à délivrer aux directeurs de spectacle et à\nl'imprimeur des affiches.\n« MOREAU DE SAINT-MÉRY , président.\nDUVEYRIER, secrétaire (1). »\nLe lendemain l'Opéra rouvrit.\nM, Le Devin de village et les Prétendus, au profit des pauvres ou-\nvriers.\nRec. 1 517 liv. 16 s.\nReçu manuellement dans la salle 22 5\nAu bureau du parterre 67 4\nDû par S. A. S. Mgr le duc d'Orléans 240\ncc par un locataire 48\n2098 liv.\nArrêté à la somme de deux mille quatre-vingt-dix-huit livres en pré-\nsence des personnes soussignées, savoir : M. le chevalier de Manper-\ntuis, commandant la Garde bourgeoise du District Saint-Martin, et\nM. Bousquet, marchand boucher, officier du même District, et\nM. Foui and, marchand drapier mercier, officier du même District,\net de M. Dauvergne, Surintendant de la Musique du Roi et Direc-\nteur général de VAcadémie Royale de Musique, de M. Francœur,\nsurintendant de la Musique du Roi, Directeur de VAcadémie, de\nM. Jansen, Inspecteur et membre du comité de VAcadémie, et de\nM. Lasalle% secrétaire, à Paris, ce 21 Juillet 1789.\nSigné : Le Cher de Maupertuis, commandant du dixtric de Saint-\nMartin. Bousquet, ofiicié du distrique Saint-Martin. Dauvergne. Fran-\ncœur. Jansen. Lasalle (2).\nFrancœur constate sur son registre que les autres théâtres rouvrirent\ndans les mêmes conditions.\nNota. I/Opéra et tous les autres spectacles ont donné la recette de ce\n\n(1) Arch. nat. O1 628.\n(2) Archives de rOpéra. Registre de recette à la porte, 1789,"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.22", "texte": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789\n\njour pour les pauvres ouvriers, et l'argent de l'Opéra fut remis entre les\nmains de M. Bailly, maire de la ville.\nCes libéralités donnèrent lieu à quelques réclamations. Sans doute,\nles ouvriers avaient contribué à la prise de la Bastille \\ mais ils n'étaient\npas seuls. Une curieuse lettre anonyme adressée le jour même à Dau-\nvergne lui signale une dette à acquitter. Il s'agit des Gardes françaises.\nOn rappelle qu'ils se sont dévoués les premiers, qu'ils se sont exposés\naux plus grands périls, qu'en un mot c'est devant eux qu'est tombée\nla Bastille. Le service signalé ont rendu mérite la reconnaissance\npublique; d'ailleurs, ils ne sont plus à la solde du roi, etc., et la lettre\nest signée :\nVotre très humble et très obéissant serviteur, Comité de citoyens\nanonymes (i).\nN'est-ce pas pousser un peu loin le goût des clubs et des réunions ci-\nviques, que de créer, ne fût-ce que sur le papier, le Comité des citoyens\nanonymes ?\nM. 22. MM. les comédiens françois ayant trouvé la recette du jour précé-\ndent trop foible pour le nombre des malheureux, donnèrent ce même jour\nune deuxième représentation pour les pauvres.\n* Nota. Le sieur Foulon, qui n'avait été nommé que vingt-quatre heures\ncontrôleur général, fut pris par le peuple,à une campagne de M. de Sartines,\nayant, quelques jours avant, fait courir le bruit de sa mort. Il fut ramené à\nParis et pendu par le peuple à la lanterne de la Grève, On lui coupa la tête,\nlaquelle, ainsi que son corps, fut promenée et traînée par les rues. Sur les neuf\nheures du soir, le sieur Berthier, son gendre, intendant de Paris, qui avoit\nété arrêté près Compiègne, fut aussi pendu et traité comme le précédent.\nJ. 23. Repos.\nV. 24. Alceste. Rec. : 1,317 liv.\nDans de pareilles circonstances, ce chiffre constitue une forte recette,\nVoici comment il se décompose :\n56 billets de Rez-de-chaussée, Amphithéâtre et\niles Loges, à 7 liv. 10 s. 420 liv.\n52 billets de secondes loges à 4 liv. 208\n250 billets de Parterre et Paradis à 2 liv. 8 s. 600\n2 4es Loges de 4 pl. à i 5 liv. 3o\nSupplément de billets. sg-\n-1317 liv.\n\n(1) Arch. nat. O1 628,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.23", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nA ce chiffre il faut ajouter, comme pour toutes les recettes que nous\navons indiquées, le produit des loges louées à l'année, qui, pour l'exer-\ncice 1788-89, s'élevait à plus de 392,000 livres. Il est probable qu'un\ngrand nombre de ces loges restèrent vides ce soir-là. Il n'en est pas\nmoins démontré qu'environ quatre cents personnes allèrent tranquille-\nment entendre YAlceste de Gluck, le surlendemain de la mort de Fou-\nlon et de Berthier.\nS. 25. Le matin répertoire et le soir repos.\nLà s'arrête le registre de Francœur, mais les registres de recettes de\nl'Opéra et la correspondance de Dauvergne nous permettent détermi-\nner l'historique du mois.\nLe dimanche 26 juillet eut lieu une seconde représentation au profit\ndes pauvres ouvriers. On donna Œdipe à Colone suivi des Prétendus.\nLa recette fut de 3988 liv. 4 s.\nEn outre on reçut :\nManuellement dans la salle, 147\nDe Sa Majesté la reine, 720\nDe monseigneur le comte d'Artois. 1000\nCe qui donna un total de 5855 liv. 4 s.\nLe mardi 28 juillet Renaud suivi de la Chercheuse d 1 esprit, produit\nune recette de 990 liv. 8 s.\nDauvergne eut ce jour-là la visite de MM. du district de Saint-Martin\ndes Champs, qui vinrent lui demander que les musiciens de l'Académie\nvoulussent bien prêter le concours de leurs talents pour la messe de\nRequiem qu'on devait faire célébrer dans l'église de Saint-Martin pour\nle repos de l'âme des citoyens qui avaient perdu la vie dans la prise de\nla Bastille (1).\nL'autorisation fut naturellement accordée. De son coté, Dauvergne\ninsista sur la nécessité de dispenser les ouvriers du théâtre de monter la\ngarde, sans quoi le spectacle courait risque de manquer.\nEnfin le mercredi 29 juillet eut lieu une troisième représentation pour\nles pauvres ouvriers. On donna Orphée suivi de Panurge. La recette,\navec les différents dons, monta à 5188 liv. 12 s., qui, sans déduction\nd'aucuns frais, comme le 21 et le 26, furent versés à la ville, après véri-\nfication des comptes, faite également en présence du chevalier de Mau-\n\n(1) Arch. nat. O1 628."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.24", "texte": "L'OPÉRA EN JUILLET 1789\n\npertuis et du boucher Bousquet. Voici, au sujet de cette représentation,\nune dernière lettre de Dauvergne à M. de la Ferté.\n3o juillet,\n« J'ai fait comprendre le ministre actuel (i) pour dix louis dans la\nrecette d'hier, qui, comme vous le verrez, se monte à 5188 liv. 12 s. Les\ndéputés du district de Saint-Martin qui ont signé la feuille ont paru\nétonnés de ce que les princes, MM. de Bourbon, de Conty, etc., n'ont\nrien envoyé pour leurs loges. J'ai répondu que s'ils envoyoient, cela se-\nroit porté en supplément au bureau de la ville. »\n« Toutes les circonstances actuelles ont prodigieusement dérangé nos\nprojets de répétitions pour la mise de Cora ! »\nEn effet, le dérangement fut tellement complet qu'on n'a jamais joué\ncet ouvrage. Plus tard, Méhul fit représenter un opéra sur le même su-\njet, et il ne fut plus question de Cora ou la Fête du Soleil. Le manu-\nscrit est resté aux Archives de l'Opéra avec cette mention mélancolique\nde l'auteur : répété généralement en ijSg ! Quant à la musique de\nBerton, déjà copiée et prête à être rangée sur les pupitres, elle vint gros-\nsir le nombre de ces partitions inédites, qui, victimes de quelque évé-\nnement imprévu, sommeillent inconnues dans la Bibliothèque musicale\nde l'Opéra.\n\nCH. NUITTER.\n\n(1) C'était M. de Saint-Priest"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.25", "texte": "LAURO ROSSI\n\nSuite et fin (i).\nRRIVÉ à la Vera-Cruz, en janvier 1836, Rossi, pour mettre\nà profit ies quelques jours qu'il avait à passer en cette\nville, y organisa vivement deux concerts, dans lesquels\nil fit admirer la variété de ses talents et surtout son\nhabileté comme accompagnateur au piano ; puis il partit\npour Mexico avec toute sa troupe. Pendant tout le\ntemps qu'il demeura dans le nouveau monde, il fit\npreuve d'une expérience consommée dans toutes les matières artistiques\nou théâtrales, et d'un véritable génie d'organisateur ; mais au bout de deux\nans, la compagnie ayant été dissoute, les artistes qui la composaient se\ntrouvèrent sans ressources. Prenant en mains leurs intérêts et constituant\nsur-le-champ une nouvelle société, Rossi proposa aux quarante membres qui\nformaient la troupe de se charger de la gestion de l'affaire et d'entreprendre\nune tournée dans l'intérieur du Mexique, en s'arrêtant seulement dans les\nprincipales villes où l'on donnerait des représentations dramatiques ou des\nconcerts. Tous acceptèrent et consentirent à se faire guider par lui : ils eurent\nraison, car il mit à leur service une activité dévorante et une intelligence\nau-dessus de tout éloge. Précédant de quelques jours la caravane des artistes,\ntoutes les fois qu'il s'agissait d'aller exploiter un centre nouveau, il débattait\nle prix de location des salles, disposait les abonnements, engageait les artistes\nde son orchestre, leur faisait répéter les opéras que la compagnie, dès son\narrivée, représentait devant le public. Sa vigilance ne se démentit pas un\ninstant, et la promptitude de ses résolutions, sa décision rapide dans les mo-\nments critiques ne lui firent jamais défaut. En voici un exemple : Lors\nd'une représentation du Barbiere dî Seviglia, l'acteur chargé du rôle de\nFigaro fit une chute si malheureuse qu'il se blessa dangereusement. La\nsalle regorgeait de monde et la recette avait été phénoménale. Les acteurs\ndésespérés coururent exposer leur embarras au directeur Rossi.—Allait-on\nrenvoyer le public? S'exposer à le mécontenter ? Perdre une si belle aubaine\n\n(i) Voir le numéro du i 5 juillet."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.26", "texte": "LAURO ROSSI\n\nen perdant l'argent ?« Que voulez-vous donc que j'y fasse?» s'écria-t-il.\nMais, tout.à coup, se levant brusquement, il s'élança dans la chambre voisine,\nlaissant ses interlocuteurs dans l'ébahissement le plus complet. Un instant\naprès il reparaissait sous le costume dQ Figaro et allait chanter lui-même\nà la place du blessé. Les comédiens comprenant son projet, l'acclamèrent, et\nle public, mis au courant de la chose, lui prodigua, pendant toute la soirée,\nles démonstrations les plus flatteuses.\nEn 1838, la France déclara la guerre au Mexique. Comprenant qu'il n'y\navait rien à faire pour lui en ce pays, Rossi emmena sa troupe à la Havane ,\noù, aussitôt après son arrivée, on le nomma directeur du théâtre, avec obli-\ngation de mettre en scène les opéras de sa composition qu'il avait montés à\nMexico, Son habileté et son activité le mirent à même de faire connaître au\npublic havanais dix-huit partitions nouvelles dans l'espace de cinq mois!\nTour de torce dont bien peu de directeurs seraient capables. Revenu à Mexico,\naprès la paix de 1839, J apprit que le richissime financier, Marty y Torres,\ns était chargé de l'exploitation générale des théâtres. Cette nouvelle qui le\ncontraria tourna pourtant à son avantage ; car Marty n'eut pas plutôt eu con-\nnaissance de son retour qu'il alla sur-le-champ l'engager et lui donner, avec\nla gestion des spectacles, ses pleins pouvoirs administratifs, ne se réservant,\npersonnellement, que l'exécution des contrats. Rossi devenait donc directeur\nde fait, disposant, réglant et dirigeant tout ce qui avait rapport au mouve-\nment théatral. Marty avait une telle confiance dans sa probité qu'il lui remit,\nsans reçu, des sommes majeures avec la mission d'aller en Italie engager une\nnouvelle troupe lyrique; il le laissait maître d'agir àsa guise, se déclarant\nd avance satisfait de toutes ses opérations; il s'acquitta de cette tâche diffi-\ncile avec zèle et désintéressement, et rendit fidèlement ses comptes à Marty\nqui le rémunéra généreusement.\nSe sentant fait pour la vie de famille, il épousa, en 1841, Isabella Ober-\nmayer.prima donna assolnta de son théâtre, artiste distinguée, élève de\nVaccaj et de Lamperti, dont il avait pu apprécier les rares qualités. Mais\ndeux jours après leur mariage nos deux époux furent atteints de la fièvre\njaune qui mit leur vie en danger, mais dont ils guérirent miraculeusement.\nA cette époque déjà les journaux firent courir le bruit de la mort du com-\npositeur;fort heureusement, pas plus qu'aujourd'hui, la nouvelle n'était vraie.\nCette tenible maladie laisse, paraît-il, dans l'organisme de ceux qui en\nont souffert, des germes de malaises et aussi d'hallucinations ; Rossi et sa\nfemme nen furent pas exempts. On leur conseilla de voyager pendant quel-\nques mois, mais cela ne suffit pas pour débarrasser le maestro des impres-\nsions terrifiantes que lui avait laissées le fléau. Les médecins, appelés\nen consultation, déclarèrent qu'il y avait nécessité pour lui de retour-\nner en Europe; sa femme et lui s'embarquèrent donc à la Vera-Cruz,\net après une heureuse traversée de vingt-neuf jours, ils abordèrent, en février\n1843, à Cadix. Ils visitèrent en touristes les grandes villes d'Espagne, puis ils\npartirent pour l'ltalie, où Rossi écrivit II Borgomestro di Scheidam, opéra"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nqui fut représenté avec succès à Milan. Il lui tardait de se remettre à la com-\nposition , qu'à son grand regret il s'était vu forcé de négliger pendant les huit\nannées passées en Amérique, absorbé qu'il avait été par ses devoirs de direc-\nteur. Nous avons vu avec quelle loyauté il s'en aequitta, et nous pouvons\njuger en connaissance de cause,, de l'élévation de son âme.\nSa femme ayant été engagée au théâtre del Circo, à Madrid , il l'accom-\npagna en Espagne, où il ne demeura pas longtemps ; il était pressé de revenir\nà Naples pour y faire jouer son opéra bouffe II dottor Bobbolo, lequel plut\nbeaucoup, contrairement àce que dit Fétis, qui prétend que cet opéra n'eut\naucun succès. En 1845, il composa pour le théâtre d'Angennes, à Turin, le\nmeilleur de ses opéras, Cellini a Parigi, qui, s'il fut pour lui la cause d'un\néclatant triomphe, ne put cependant être joué sur les autres scènes italiennes,\nparce qu'étant écrit pour deux prime donne assolute, il est plus que difficile\nde faire paraître dans la même pièce et de mettre d'accord ces deux oiseaux\nrares de même plumage. Disons, à l'honneur de l'école française, que le rôle\nprincipal de cet opéra fut écrit pour une cantatrice française, madame Anna\nde la Grange, dont la renommée est universelle, et dont, par conséquent, il\nserait superflu de faire ici l'éloge.\nAppelé à Milan, il y composa les opéras di Granata, la Figlia di\nFigaro, et Bianca Contarini; mais ce dernier ne réussit pas àla Scala, d'a-\nbord, parce que dans cette œuvre, il voulut protester contre les excès\nde sonorité orchestrale des opéras modernes, et ensuite par une aventure\nassez burlesque qui vaut la peine d'être racontée. Le dénouement du drame\nexigeait que le ténor mourût en scène ; la prima donna, créature fantasque\net capricieuse, jalouse de l'importance du rôle du ténor, voulut mourir à\nsa place : de là discussion, révolte, etc., dont le résultat fut la victoire du\nparti le plus fort, c'est-à-dire de la prima donna. Le ténor, furieux, refusa de\nparaître dans le quatrième acte. Il fallut retourner l'action qui devint con-\nfuse, et la musique remaniée, tronquée, rapiécée, ne fit aucun effet. Le maestro\nse releva de cet échec en 1849, en donnant au même théâtre II Domino nero,\nqui réussit et qui le plaça au rang des compositeurs les plus estimés de l'ltalie\nactuelle.\nLe municipe de Milan voulant lui témoigner combien il appréciait son mé-\nrite, le nomma, en ißso, directeur de son Conservatoire de musique. Il com-\nprit dès lors qu'il ne fallait plus s'en tenir à l'unique enseignement des\npréceptes de Durante et aux Partimenti de Fenaroii; que le temps était venu\nde compter avec les idées modernes, et surtout avec les progrès immenses de\nl'harmonie, de la modulation et de l'instrumentation, accomplis en France et\nsurtout en Allemagne ; il prit à cœur la prospérité de l'école qui lui était con-\nfiée, et il ne tarda pas à faire du Conservatoire de Milan un des meilleurs sémi-\nnaires musicaux de la Péninsule.\nEn novembre 1851, il perdit sa femme qu'il aimait tendrement, mais accou-\ntumé depuis de longues années aux douceurs de la vie de famille, il se\ndécida, en i 853, à épouser mademoiselle Sofia Camererdi,de qui le"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.28", "texte": "LAURO ROSSI\n\nrendit père de deux filles, mais qui mourut après quelques années de ma-\nriage. Ne pouvant se résigner à vivre seul, il-jeta les yeux sur une des élèves\nde son Conservatoire, mademoiselle Mathilde Ballerini, de Casalmaggiore,\nqu'il épousa en troisièmes noces en 1864.\nDoué d'une activité prodigieuse, Rossi composa de ißso à 1859, sans\ncompter beaucoup de musique vocale et instrumentale qu'il fit exécuter par\nses élèves dans les réunions du Conservatoire, plusieurs opéras dont voici\nles titres : les Sabines, en 1852, pour la Scala, de Milan; YAlchimista, en\n1853, pour le Fondo, de Naples ; la Sirena, en 1855, pour la Cannobiana , de\nMilan; puis il cessa de faire parler de lui pendant plusieurs années; mais\nsur les instances des éditeurs Giudici et Strada, de Turin, il consentit, en 1868,\nà composer de nouveau pour le théâtre et donna à la Cannobiana 11 Sigaro\nrivale et II Maestro e la cautante, deux farces dont il avait écrit les paroles\net la musique. Dans l'automne de 1869, le théâtre d'Angennes, à Turin,\nreçut de lui Gli Artisti alla fiera qui, jusqu'aujourd'hui, est son dernier opéra.\nComme compositeur dramatique, Rossi ne peut être classé parmi ceux qui\nont illustré la célèbre école napolitaine, mais ses œuvres musicales sont\ndistinguées, bien écrites, sagement conçues et savamment élaborées. Felice\nRomani, le poète, dont le nom est inséparable de celui de Bellini, pour lequel\nil a créé les livrets de la Norma, de la Sonnambula, etc., Romani déclarait\nRossi le successeur de Donizetti dans la musique bouffe.\nLauro Rossi est membre de plusieurs Académies et de plusieurs Sociétés\nartistiques ou philharmoniques. Les Académies de S. Cecilia et VAvanesa,\nde la Havane, l'ont nommé leur sociétaire ; celle de Sainte-Cécile de Rome\na fait de lui son* président honoraire ; il est directeur honoraire de l'Ecole\ngratuite de chant de Crémone; sociétaire honoraire des philharmoniques\nBellini de Palerme et de Naples; de l'lnstitut philharmonique de Lodi ; de\nl'Union philharmonique de Bergame, etc., etc.\nMercadante, directeur du Collège royal de musique de San Pietro à Ma-\njella de Naples, meurt en décembre 1870. Ce compositeur de grand mérite,\nqui, après Zingarelli, avait présidé aux destinées de cet institut, n'y avait\npas apporté les améliorations, ne lui avait pas fait faire les progrès que l'on\nétait en droit d'attendre d'un maître de sa valeur; pendant sa direction, il\nn'est pas sorti du Collège de Naples un compositeur un peu remarquable.\nS'il fallait en croire certains bruits malveillants qui ont couru, la jalousie et\nl'envie du directeur n'auraient pas été étrangères à ce résultat regrettable ;\nmais il est bon de se défier de ces bruits et de se garder d'une accusation\naussi grave, surtout lorsqu'il s'agit d'un artiste tel que Mercadante. Paix à\n•\nsa cendre ! ! On ne crut pouvoir remettre la succession de ce maître en de\nmeilleures mains que celles de Lauro Rossi, qui fut appelé à !e remplacer en\nseptembre 1871. Depuis qu'il a pris en mains les rênes de cette adminis-\ntration, le nouveau directeur n'a pas hésité à modifier notablement le sys-\ntème d'enseignement qui en avait grand besoin ; il s'est attaché à répandre\nle goût de la bonne musique instrumentale, trop généralement délaissée jus-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nqu'en ces dernières années dans l'ltalie méridionale. Il n'a pas reculé, non\nplus, devant les réformes qu'il a cru indispensables. Déjà la offi-\ncielle de Naples a publié un avis de concours pour les places vacantes de pro-\nfesseurs de solfège et d'harmonie, de contrepoint et de composition, de\npiano, de chant, de déclamation, d'esthétique musicale et de danse, ce qu\ndénote un remaniement radical dans le personnel et dans les méthodes d'en-\nseignement de cet établissement.\nSouhaitons, pour le plus grand bien du Collège de musique, que Lauro\nRossi sache retrouver et mettre en pratique l'activité, la décision, l'énergie\net le talent d'administrateur dont il a fait preuve au Mexique. Ce n'est qu'au\nprix des plus grands efforts, ce n'est qu'en déployant une fermeté à toute\népreuve et une inflexible volonté qu'il pourra régénérer l'art musical dans\nson pays et faire arriver l'institution qu'il dirige à la haute et juste réputa-\ntion qui a été celle des anciens Conservatoires de Naples.\nERNEST D AVI D.\nSur la foi de M.Florimo, j'ai dit dans mon précédent article que Lauro Rossi\nétait né en 1810; mais il résulte d'une lettre qu'il vient d'écrire à la Revue\net Galette musicale pour démentir le bruit de sa mort, qu'il est né en 1812\net non en 1810. D'un autre côté, un journal de Turin annonce que le\nTeatro Regio de cette ville fera son ouverture avec un nouvel opéra ballo\nde Lauro Rossi, la Contessa di Mons» Souhaitons-lui bonheur et longue vie,\nainsi qu'à son auteur.\n\nE. D,"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.30", "texte": "LES FONDATEURS\nDE L'OPÉRA FRANÇAIS\nDeuxième article (i)\nSYCHÉ, 1678. Lulli voyant la disgrâce de Qui-\nnault, et ne se piquant ni de délicatesse ni de grati-\ntude, se hâta de l'abandonner à son malheureux sort.\nOn fut donc obligé de lui chercher un poète. Mais la\nréputation de Quinault était si bien établie., que nul\nde ses rivaux n'osait entrer en lice. Lulli lui-même,\naccoutumé au lyrisme admirable de son librettiste habituel, ne se mon-\ntrait satisfait de rien ni de personne. Enfin, Thomas Corneille se\nhasarda à offrir Psyché. Comme le roi désirait une pièce nouvelle, et que\nle frère de l'auteur du Cid était fortement protégé, Lulli consentit à\ncomposer la musique de son poème.\nAvant cet opéra, Lulli avait, dès 1670, composé les airs d'une Psy-\nché, dont Molière avait fait le prologue, Pierre Corneille la pièce, et\nQuinault la partie lyrique. Jamais peut-être le sévère tragique ne fit\naussi bien vibrer la corde du pathétique que dans la déclaration de\nl'Amour à Psyché.\nLe fils du fameux Baron, comédien assez médiocre lui-même, joua,\ndans une des reprises de cet ouvrage, le rôle de l'Amour. Mademoiselle\nDesmares, qu'il aimait et dont il était adoré, jouait Psyché.\nLes deux artistes, se laissant emporter par leur sentiment mutuel,\nrendirent cette scène de tendresse avec tant de vérité et de teu que le\nrégent, qui s'intéressait à mademoiselle Desmares, en conçut de la ja-\n\n(1) Voir le numéro du iei' juillet."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.31", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nlousie. Il s'en plaignit, et l'actrice, avouant sa passion pour le comédien,\nrompit avec le prince.\nLa Motte disait que le roman de Psyché, par La Fontaine, est un sujet\npropre à produire un spectacle magnifique, et qu'à lui seul il eût pu faire\ninventer l'opéra.\nBellérophon, 1679. - Fontenelle a revendiqué Li paternité de cet\nouvrage. Boileau, qui Pavait remanié de fond en comble, prétendait que\ntout ce qui en était bon lui appartenait.\nProserpine, 1680.—Quoique postérieure de peu de temps à Bellé-\nrophon et Psyché, par conséquent à la disgrâce de Quinault, cette pièce\nest du poète favori de Lulli, qui, probablement, avait jugé qu'en tenant\nrigueur au premier librettiste de son temps, il se portait à lui-même le\nplus terrible préjudice.\nLe Triomphe de VAmour, 1681. C'est dans ce ballet que Pon vit\npour la première fois des femmes danser sur le théâtre. Jusque-là les\nrôles de femmes étaient remplis, suivant la mode italienne, pardes hom-\nmes déguisés. Ce ballet fut représenté d'abord à Saint-Germain-en-Laye,\ndevant le roi. On y vit danser le dauphin et la la princesse de\nConti, et d'autres princes, seigneurs et dames de la cour, absolument\ncomme sur les programmes. Ce mélange des deux sexes fut si goûté\nque l'on dut l'introduire à l'Opéra de Paris lorsque cette pièce y fut don-\nnée. On y introduisit donc des danseuses, et les premières furent les\ndemoiselles Fontaine et Subligny, très belles et très nobles danseuses,\ndit un auteur.\nPersée, 1682. La première représentation de Persée ne fut pas\ndonnée à la cour comme c'était l'habitude, mais bien en public. Le dau-\nphin et les altesses royales y assistèrent. Aux représentations suivantes\nle jeune prince de Dietrichstein y dansa seul une entrée de ballet avec\nun très grand succès.\nA la première représentation, il y eut grand émoi dans le camp des\nbeaux esprits. Quelques dames désapprouvèrent les sentiments de Phi née\nqui aime mieux voir sa maîtresse dévorée par un monstre qu'entre les\nbras de son rival. Tous les abstracteurs de quintessence galante entrè-\nrent en campagne,, et pendant longtemps, les Mercures furent pleins de\ndiscussions de toutes sortes sur cette grave question soulevée par les vers\nsuivants :\nL'amour meurt dans mon cœur, la rage lui succède t\nJ'aime mieux voir un monstre affreux\nDévorer Vingrate Andromède\nQue la voir dans les bras de mon rival heureux."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.32", "texte": "LES FONDATEURS DE L'OPÉRA FRANÇAIS\n\nPhaéton, 1683. La magnificence de ce spectacle et les décorations\nqu'il comporte-l'ont tait appeler Y opéra du peuple. Phaéton est le pre-\nmier opéra qui ait été joué à Lyon, lorsqu'en 1688 on eut établi dans\ncette ville une académie de musique à l'instar de celle de Paris. Cet\nopéra est en outre le premier auquel ait assisté Louis XV, en 1721.\nAmadiSy 1684. C'est Louis XIV qui donna à Quinault le sujet de\nce poème qui devait être représenté à Versailles. Mais la reine mourut,\net le roi ne voulut souffrir aucun spectacle à la cour durant son deuil.\nCependant il permit à Lully de donner son opéra sur le théâtre de Paris,\noù il obtint un grand succès.\nL'acteur qui remplissait le rôle d'Amadis de Gaule ayant reçu vers\ncette époque des coups de bâton d'un homme de qualité dont il osait\nêtre le rival (dit un chroniqueur), on l'appela volontiers, pendant quel-\nque temps, Amadis Gaulé, et on fit une sorte de parodie où se trouvait\nune allusion à cette aventure.\nRoland, 1685. C'était, au point de vue musical, l'opéra de prédi-\nlection de Lulli, bien que le public donnât la préférence à Armide. Ce\nlut encore Louis XIV qui en fournit le sujet à Quinault. Lulli s'y sur-\npassa réellement. J'ai la partition de cet ouvrage sous les yeux, et je se-\nrais tenté de partager l'opinion qu'en avait son auteur, bien que l'on\ntrouve çà et là dans ses autres œuvres des pages qui peuvent passer\nà bon droit comme le necplus ultra de l'art à cette époque. Je citerai\ndans ce nombre les plaintes de Pan sur la mort de la nymphe Syrinx\ndans 1 opéra d'lsis (1). Il yalà un accompagnement de deux flûtes qui est\nune véritable nouveauté, d'un effet charmant et rempli de couleur.\nLe rôle de Roland fut chanté de la manière la plus remarquable par\nChassé, Facteur gentilhomme, qui se retira du théâtre après y avoir fait\nsa fortune.\nArmide, 1686. C'est à un an de distance seulement que Lulli donna\nses deux œuvres capitales. Armide, à qui le sujet valut un succès plus\ngrand que celui qui accueillit Roland, et dont le poème est le chef-\nd'œuvre de Quinault, fut le triomphe àla fois de Lulli, de Quinault et\nde mademoiselle Le qui y tint le principal rôle. Le cinquième\nacte est parfait en tout point. On assure que Lulli obligea Quinault à\nle refaire jusqu'à cinq fois. Ce fut, du reste, le chant du cygne pour ce\npoète qui se retira du théâtre après ces triomphants adieux au public,\net que les plus vives instances de son illustre collaborateur ne purent\njamais y ramener.\n\n(0 Voir l'Air de Pan donné dans le numéro du i<* juillet."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.33", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLulli estimait sa musique de telle façon qu'il aurait, disait-il, tué un\nhomme qui se serait aventuré à lui dire qu'elle était * mauvaise. Le\npublic n'avait pas apprécié comme il convenait un de ses ouvrages à la\npremière représentation. Lulli le fit jouer pour lui seul. Le roi, à qui on\nrapporta cette singularité, jugea que l'ouvrage devait être bon et le fit\nexécuter devant lui. La cour fit changer d'avis à la ville. Cet opéra, c'é-\ntait Armide.\nL'enthousiasme des écrivains contemporains atteint les dernières\nlimites quand ils rendent compte de l'effet produit par mademoiselle\nLe Rochois dans ce rôle si passionné.\nSûre d'elle-même, elle paraissait au premier acte entre les deux plus\nbelles actrices que l'on eût vues au théâtre, les demoiselles Moreau et\nDesmâtins, qui lui servaient de confidentes. Mais, à partir du moment\noù mademoiselle Le Rochois chantait :\nJe ne triomphe pas du plus vaillant de tous :\nLindomptable Renaud échappe à mon courroux!\nles deux confidentes étaient éclipsées : on ne voyait plus que l'admirable\nartiste qui semblait remplir le théâtre.\nOn connaît les façons autocratiques, brutales même, dont les auteurs\net surtout Lulli en agissaient dans ce temps-là avec leurs inter-\nprètes ; on sait que l'auteur à\"Armide traita un jour cette même made-\nmoiselle Le Rochois comme Néron traita Poppée, avec cette seule dif-\nférence que l'actrice n'en mourut pas, mais prit mieux ses précautions\nune autre fois.\nOn pria un jour mademoiselle Le Couvreur de dire le célèbre mono»\nlogue :\nEnfin il est en ma puissance, etc.\net Ton fut surpris de voir avec quelle fidélité la musique de Lulli ren-\ndait les inflexions de la célèbre tragédienne.\nUne actrice représentait un jour Armide, mais ne mettait point dans\nson jeu la passion suffisante. Une de ses amies s'évertuait à lui donner\nleçon.\nMais, enfin, ce n'est pas bien difficile, disait-elle. Mettez-vous à\nla place de cette amante trahie. Si l'homme que vous aimez tendrement\nvous quittait, ne seriez-vous pas désolée, ne chercheriez-vous pas\nJ'en chercherais aussitôt un autre, reprit l'élève.\nDans ce cas, ma chère, conclut le professeur, vous et moi perdons\nnotre temps.\nAcis et Galathée. 1686. C'est le dernier opéra de Lulli, qui mou-\nrut Tannée suivante."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.34", "texte": "THÉTIS et PÉLÉE\nRECIT de BACCHUS\nACTE V.\n(1689)\nParoles de\nFONTENELLE\nMusique de\nCOLASSE."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.37", "texte": "AIR de THÉSÉE\nPROLOGUE\n(1675)\nParoles de\nQUINAULT\nMusique de\nJ. B. LULLI."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.39", "texte": "INVOCATION de MÉDEE\nTHÉSÉE (ACTE III-SCÈNE VI)\nFRAGMENT\n(1675)\nJ. B. LULLI."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.40", "texte": "HESIONE\n(PROLOGUE-SCÈNE I)\nAIR DES SALIENS\npour ORCHESTRE reduit pour PIANO\npar\nP LACOME\nParoles de\nDANCHET\nMusique de\nCAMPRA (1700)\nLe prologue d'Hésione représente les jeux sénilaires\npar lesquels des. peuples divers viennent fêter le soleil.\nLe morceau suivant d'un caractère et d'un rhythme si accentué\naccompagne l'entrée en scène des Saliens."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.41", "texte": "P. Bertrand grav:\nImp: AROUY rue du Delta 26."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.42", "texte": "LES FONDATEURS DE L'OPÉRA FRANÇAIS\n4>\nI.\n9\n\nCOLASSE\nPaschal Colasse, né à Paris en 1636, mort à Versailles en 1709, est\n1 élève le plus connu de Lulli. Rempli d'admiration pour son maître, il\ns attacha à l'imiter ; il y parvint d'ordinaire, trop bien pour sa gloire\npersonnelle, car de Lulli il put prendre les formules et le style, mais\nnon le tempérament et l'exquise sensibilité, source véritable des beautés\nréelles de ses œuvres.\nThétis et Pelée (1689)—est considéré comme le meilleur ouvrage de\nColasse. Voyez le récit de Bacchus que nous avons extrait de cet opéra\npour la Chronique Musicale. Le poème est de f on sait que\nce célèbre écrivain eut la bonne fortune assez rare d'assister à une reprise\nde son œuvre soixante et un ans après sa première représentation.\nAchille et Polyxène, fut moins heureux, s'il faut en croire les épi-\ngrammes sans nombre qui accueillirent cet ouvrage de Campistron et\nColasse. Celle-ci est caractéristique :\nEntre Campistron et Colasse,\nGrand débat s'émut au Parnasse,\nSur ce que ïopéra n'a pas un sort heureux.\nDe son mauvais succès nul ne se croit coupable :\nL'un dit que la musique est plate et misérable ;\nL'autre que la conduite et les vers sont affreux ;\nEt le grand Apollon, toujours juge équitable,\nTrouve qu'ils ont raison tous deux.\nAstrée. Le poème d'Astrée était de La Fontaine. Le fabuliste assistait\nà la première représentation de son œuvre, assis à côté de quelques per-\nsonnes qui ne le connaissaient pas ; et comme son ouvrage ne lui plaisait\nguère, il ne se gênait pas pour maugréer : « Dieu que c'est bête! Quel est\nPanimal qui a fait cela? » « Mais, monsieur, répondit une dame impa-\ntientée de l'entendre, c'est M. de La Fontaine, un homme de beaucoup\nd'esprit. » « Je vous dis, madame, que cela ne vaut pas le diable ! » et il\nsortit. Un de ses amis le rencontra 1 <c Comment, s^écria-t-il? vous ici !\ntandis que l'on joue votre ouvrage! » « Ne m'en parlez pas! repartit le\nbonhomme : je viens d'essuyer le premier acte, et j'en ai assez. Il faut\nen vérité que les Parisiens soient de bien braves gens ! »\nEnée et Lavinie, —opéra donné sans succès, et remis en musique par\nDauvergne soixante ans plus tard.\nColasse a donné d'autres opéras sans valeur, des ballets, et laissé des\nrecueils de motets. Il se mit dans les derniers temps à chercher la pierre\nphilosopha le, et cette étrange préoccupation détruisit rapidement sa\nsanté."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCAMPRA\nP. LACOME.\nDe tous les imitateurs de Lulli, Campra est peut-être celui qui appro-\ncha le plus du modèle. Ses œuvres, accueillies avec une grande faveur,\nrestèrent aussi longtemps au répertoire que celles du Florentin. Comme\ncelui-ci, il brillait par la sensibilité et la justesse de l'expression. Né à\nAix en 1660, il mourut à Versailles en 1744.\nIl me paraît certain, d'après les partitions de Campra que je viens de\nlire, que le compositeur avait réalisé un notable progrès dans la facture\nde l'air proprement dit. J'en trouve plusieurs où la charpente de Pair,\ntelle que nous la comprenons, est bien nettement accusée, avec le retour\npériodique d'une phrase principale. Nous 11e pénétrons pas plus avant\naujourd'hui dans l'examen de ses ouvrages. On trouvera un échantillon\nde sa manière dans Y Air des Saliens qui accompagne cet article. Ce\nmorceau, d'un caractère et d'un rhythme si accentués, fait partie du\nprologue d}Hésione, qui représente les jeux séculaires où divers peuples\nviennent célébrer le soleil : il annonce l'entrée des Saliens.\n{La suite prochainement.)"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.44", "texte": "COURS D'HYGIÈNE DE LA VOIX\nProfessé au Conservatoire de Musique, par le Dr L. Mandl.\nLEÇON DE CLÔTURE\n\nMesdames ht messieurs ,\nPermettez-moi de résumer aujourd'hui, en quelques mots, l'ensemble\ndes faits et des considérations exposés dans nos entretiens précédents, qui\nconstituent les principes de l'Hygiène de la voix.\nLe son en général, et bien entendu aussi la voix, est produit par les\nvibrations d'un corps solide ou gazeux. Il présente trois caractères essen-\ntiels, à savoir : Y intensité (force ou faiblesse), la hauteur (acuité ou gra-\nvité) et le timbre. L'intensité dépend de la force de l'ébranlement initial\net de l'élasticité du corps vibrant ; le son a d'autant plus de hauteur que\nle nombre des vibrations, dans un espace de temps donné, est plus consi-\ndérable ; le mélange du son fondamental avec les sons dits partiels ou har-\nmoniques et avec les bruits accessoires, tels que le frottement de l'ar-\nchet, etc., détermine le timbre, qui fait distinguer des sons de la même\nhauteur, suivant la source qui les produit.\nLa voix est formée dans le larynx, qui est une cavité presque triangu-\nlaire composée de cartilages et dans laquelle nous apercevons deux lèvres\nsaillantes à l'intérieur, les lèvres vocales, habituellement appelées cordes\nvocales, lesquelles limitent un espace destiné au passage de l'air, nommé\nla glotte. Au-dessous du larynx sont situés les poumons, et au-dessus le\npharynx, avec les cavités nasales, etc.\nLes organes de la voix peuvent être fatigués par le mécanisme de leur\nfonctionnement (§ I); ils sont en outre influencés par leurs rapports avec\nles diverses fonctions de l'organisme (§ II) ou par ceux qu'ils entretiennent\navec le monde externe (§ III),"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n§ I\nLa voix se produit par l'air expiré des poumons, qui fait vibrer les bords\nde la glotte, c'est-à-dire les lèvres vocales, et va se répercuter dans le\npharynx.\nL'air expiré détermine l'ébranlement initial; l'intensité du son dé-\npend, par conséquent, de la respiration. Cette fonction se compose de\ndeux actes qui se succèdent continuellement, à savoir : l'inspiration\net l'expiration. Celle-ci doit s'accomplir de manière à fournir sans\nfatigue, sans dépense inutile de forces, la quantité d'air nécessaire à ré-\nmission du son. On ne saurait, en déclamant ou en chantant, ni phraser,\nni filer un son, si Ton ne sait ménager Fair en ralentissant Faction des\nagents qui fonctionnent pendant Fexpiration. Ce travail de ralentisse-\nment de Fexpiration constitue ce que l'on appelle appuyer la voix sur\ntelle ou telle portion du thorax. Toute l'attention de Fartiste doit être\nfixée, sur le mode d'expiration le moins fatigant. Or ceci dépend\nde la manière dont Finspiration a été faite, car, suivant que telle\nou telle portion du poumon a été remplie d'air, il est plus ou moins facile\nde ménager cet air. En effet, Finspiration peut se faire de trois manières\ndifférentes, suivant que l'on dilate les poumons à leur base, par la con-\ntraction du diaphragme, ou dans leur portion moyenne, en déplaçant\nlatéralement les côtes, ou, à leur sommet, en soulevant la clavicule et les\népaules. Ce dernier mode, qui constitue la respiration claviculaire, est le\nplus fatigant, parce que le grand nombre de parties osseuses et muscu-\nlaires qui a été soulevé pendant Finspiration et qui tend à retourner au\nplus vite à F état de repos, exige une grande dépense de forces pour être\nmaintenu, pendant toute Fexpiration, dans sa position soulevée. La\nfatigue qui en résulte fait gonfler les veines et les muscles du cou ;la\nvoix devient étranglée; Finspiration difficile finit par produire le hoquet\ndramatique. Rien de pareil ne s'observe dans la respiration abdominale,\nqui s'accomplit par la contraction du diaphragme et ne détermine que le\ndéplacement des intestins.\nLes vibrations des lèvres vocales déterminent par leur nombre la hau«*\nteur du son.. Or, ces vibrations dépendent de la tension des lèvres voca-\nles, de leur longueur et de leur largeur : toutes circonstances variables\nsuivant la contraction des muscles qui siègent à l'intérieur du larynx. Ce\ntravail des fibres musculaires peut fatiguer Forgane par sa prolongation\ndisproportionnée aux forces de l'individu ; par une dépense inutile de\nforces, lorsqu'on crie au lieu de parler ou de chanter, en appuyant la\nvoix sur les muscles du cou ; lorsqu'on contracte ou que l'on relâche les"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.46", "texte": "HYGIÈNE DE LA VOIX\n\nmuscles laryngés dans des proportions qui ne répondent pas à aux qua-\nlités individuelles de l'organe, c'est-à-dire que l'on déplace la voix ; lors-\nque Paccollement des lèvres vocales n'a pas lieu avant l'émission du son,\nqu'une portion de l'air s'échappe sans faire vibrer les lèvres et que la voix\nest mal posée, etc. La voix fatiguée devient chevrotante, incertaine, cou-\nverte, rauque ; des mucosités se produisent (chats), etc.\nLes différences du timbre dépendent des bruits accessoires, du nombre\net de l'intensité des sons harmoniques, déterminés par la forme et la qua-\nlité de la caisse de résonnance, qui est représentée dans l'instrument vocal\npar le pharynx et les cavités avoisinantes. La résonnance est très variable\nsuivant l'élasticité, la dimension, la contractilité, etc., des éléments orga-\nniques qui composent le pharynx , et qui déterminent les qualités indi-\nviduelles de la voix et doivent, par conséquent, être étudiés attentive-\nment sur chaque individu. C'est la configuration donnée au pharynx qui\nforme la voyelle, comme le démontre un tuyau à anche surmonté d'un\nrésonateur, dont l'ouverture, variable à volonté, fait entendre les\nvoyelles o, a, e, et les timbres sombré ou clair. L abus ou l'exagération\nd'un timbre provoque des maux dégorgé, l'angine granuleuse, etc.\nPour éviter toutes ces causes diverses de fatigue, nous croyons indis-\npensables certains exercices, préalables à l'enseignement du chant et que\nnous comprenons sous le nom du gymnastique vocale. Ces exercices\nconcernent les divers muscles actifs dans la respiration, dans la pose de la\nvoix, dans la configuration du pharynx, dont l'élève doit être maître\navant tout, afin que le mécanisme favorise et n'entrave point l'émission\ndes sons.\n§ II\nEn dehors du mécanisme, les diverses fonctions de l'organisme exercent\négalement leur influence sur la voix.\nLa respiration est un véritable acte de combustion* tel que nous le\nvoyons s'accomplir, par exemple, dans une machine à vapeur. L'air\naspiré est chaud et rempli de vapeur d'eau et d'acide carbonique. Cette\ncombustion s'accomplit par la consommation de certains éléments orga-\nniques, les pertes subies sont réparées par l'air frais, les boissons et les\naliments.\nCes éléments réparateurs doivent être pour le chanteur ou l'orateur,\nchez lesquels la respiration est plus active que dans les conditions habi-\ntuelles, non-seulement substantiels, aptes à reconstituer les forces per-\ndues (viande, lait, céréales), mais aussi propres à faciliter l'acte respira-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntoire (beurre, graisses, huiles), sans apporter de l'irritation (alcooliques).\nLes organes de la voix ne sauront être exercés sans danger que lors-\nqu'ils auront acquis tout leur développement, et que la santé générale\nfavorisera leur fonction, Les exercices doivent être appropriés à l'âge, à\nla constitution, aux forces de l'individu; ils sont entravés par l'acte de\nla digestion, par un trouble de la circulation. La tranquillité de l'esprit\net du système nerveux en général est absolument nécessaire, sinon la\nvoix est mal posée et devient faible ou criarde, tremblotante, fausse.\n§ III\nEnfin, parmi les influences que peut exercer le monde externe, c'est-\nà-dire l'air, le sol et l'eau, ces trois éléments dont l'ensemble constitue\nle climat, parmi ces influences, dis-je, j'ai particulièrement insisté sur le\nrefroidissement provoqué par une variation brusque de température, et\ndont les conséquences sont les états inflammatoires du larynx, du pha-\nrynx ou des bronches, qui doivent être combattus dès leur apparition\npar l'application de la chaleur.\nL'ensemble des faits que je viens d'exposer fait apprécier leur utilité\npour tout chanteur ou orateur, et l'absolue nécessité de la connaissance\ndu mécanisme, surtout de la part des professeurs qui sont appelés à\ncommencer l'éducation des élèves. Ce n'est pas lorsque des mauvaises\nhabitudes sont déjà prises, que l'attention du chanteur doit se fixer sur\nles dangers que court sa voix. Là, comme ailleurs, les moyens préven-\ntifs, appliqués dès le principe, sont bien plus précieux. Aussi suis-je de\nTa vis que dans l'avenir nul ne soit autorisé à professer, sil ne donne\ndes preuves que le mécanisme de la voix lui est familier, et qu'il ne soit\nplus permis au premier venu, parce qu il a quelques connaissances mu-\nsicales, de tuer dans le germe des dispositions organiques parfois les\nplus heureuses.\nEt à ceux qui objecteront que tout ce fatras de préceptes est inutile,\nque bien des gens réussissent sans avoir la moindre idée du mécanisme,\nen un mot, qu'il suffit de savoir bien chanter, à ceux-ci je répondrai :\nN'apprenez pas à nager, jetez-vous à l'eau; il y a des gens qui surnagent\net peuvent atteindre le rivage : mais combien barbottent et combien se\nnoient !\n\nDocteur MANDL."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.48", "texte": "REVUE MUSICALE\n\nOPÉRA-COMIQUE. Début de M. Puget dans la Fille du Régiment. Reprise de\nZampa. M. Melchissédec (Zampa), Mmes Ganetti et Ducasse. MM. Bach, Potel et\nBarnolt»\nercredi 16 juillet. L'Opéra-Comique n'avait pas\nconvoqué la presse spéciale au début de M. Félix\nPuget dans le Tonio de la Fille du Régiment ; c'est un\noubli que notre vigilance a déjoué. Le jeune débutant\nest frère de M. Paul Puget, le prix de Rome de cette\nannée. Son père est l'artiste connu du public parisien.\nM. Félix Puget possède un mince filet de voix qu'il n'a pas cherché a\nsurmener et dont il a pris son parti en brave. Il se contente de s'en ser-\nvir adroitement, sans prétention aucune à en grossir le volume. Son\naisance en scène est parfaite, et, sauf de la précipitation dans le débit,\nson jeu ne présente pas de vice rédhibitoire apparent.\nJeudi 24 juillet.\nquelque part Zampa, le farouche corsaire, à son confident Daniel, qui\nlui reproche l'excès de ses témérités. Oui, rien n'est impossible avec de\nl'audace, à la condition que celui qu'on veut atteindre soit comme\nétourdi du coup ; mais s'il s'aperçoit que son adversaire sue à grosses\ngouttes en exécutant son plan, l'événement peut changer de face.\nC'est à quoi M. Melchissédec n'a pas suffisamment réfléchi en s empa-\nrant du rôle de Zampa, qui faisait partie jusqu'alors, à l'Opéra-Co-\nmique, du mobilier de la couronne de MM. les ténors. Depuis 1832,\nZampa n'a cessé de leur appartenir. On aura beau dire que le rôle a"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nété exceptionnellement écrit pour la voix exceptionnelle de Chollet, ba-\nryton qui ténorisait, et ténor qui barytonisait ; qu'il a été chanté en\npays étrangerpar Lablache, et plus tard par Ronconi, celui-ci basse agile,\net celui-là baryton accentué ; que Charles Battaille, Faure et Gailhard\navaient, eux aussi, rêvé d'en escalader les hauteurs : aucune de ces\nraisons ne justifie complètement la tentative de M. Melchissédec. Il s'a-\ngit de savoir d'abord si c'est un rôle de ténor grave ou de baryton élevé\nqu'Hérold a entendu composer. Ce qui est certain, c'est qu'il travailla\npour Chollet ténor et non pour Chollet baryton ; car, dès 1827, l'étude\navait opéré dans l'organe de ce chanteur une révolution telle qu'un an\naprès son entrée à la salle Favart, il dut abandonner l'emploi pour le-\nquel on l'avait engagé, celui des Martin, des Lays et des Solié. Il avait\nenté sur sa voix de poitrine, bien développée jusqu'au la, une voix de\ntête si pleine et si sonore, qu'il fallut se rendre à ce que ce style composite\navait de brillant et de singulier, et le compter désormais au nombre des\nténors de l'Opéra-Comique. C'est au Chollet de cette seconde manière\nqu'Hérold avait déjà confié le ténor de Marie ; c'est à ce mêm e Chollet\nqu'il destina Zampa, et s'il ne donna pas à son rôle l'extrême altitude du\nregistre de ténor, il lui en donna tout au moins la couleur et le timbre.\nAussi fut-il obligé, quand l'illustre Lablache s'en fît le principal inter-\nprète à Naples, de remanier l'ancienne partition et d'écrire pour lui des\ntraits nouveaux, la plupart très réussis, contrairement au sort général de\nces adaptations. Hérold leur a conservé le grand caractère initial, et il ar-\nrive parfois que la seconde version touche à des effets plus décisifs ;\ncomparez dans les deux partitions les premières mesures de la barcarolle :\nQue la vague écumante !\nQuant aux beaux projets formés par MM. Battaille, Faure et Gailhard,\nnous ne savons s'il eussent été dirigés sur ou contre le rôle de Zampa ;\nmais il nous est bien permis de croire que, malgré tout leur talent, ces\nartistes ne s'en seraient point tirés sans de nombreuses transpositions au\ntexte original et sans de vives tortures à leur gosier. Et ce ne serait pas\nlà un précédent dont puisse s'autoriser M. Melchissédec.\nAinsi donc, M. Melchissédec, le Girot du Pré aux Clercs, le Bel-\nhamy des Dragons de Villars, le Jean des Noces de Jeannette, l'Aima-\nviva des Noces de Figaro, le Capulet de Roméo et Juliette, Melchissédec,\nla basse la mieux sonnante de s'est essayé dans la\nterrible partie du terrible Zampa. J'ai assez haute opinion de lui pour\nne lui rien céler de la vérité. Le rôle de Zampa n'est ni dans son tempé-\nrament artistique ni dans ses moyens vocaux. Il s'est totalement four-\nvoyé, et la presse tout entière lui crie bien haut de ne pas rester plus"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.50", "texte": "REVUE MUSICALE\n\nlongtemps juché sur .cet horrible casse-cou. Je lui conseille de ne pas\nécouter les flatteurs, les pires conseillers qui soient sur terre. Melchis-\nsédec court le risque de se déclasser la voix, et voici le troc détestable\nqu il est en train de faire : il échange en ce moment le bronze vibrant de\nsa belle voix de basse contre un billon de ténor bâtard qui ressemble\npresque à de la fausse monnaie ; et dans ce marché de dupe Melchissé-\ndec n'hésite pas.\nIl s'est contenu dans le superbe trio qui signale son entrée, puis il\na déployé sa fougue habituelle dans la barcarolle et le finale du pre-\nmier acte ; ce côté purement dramatique de Zampa bravant les muettes\ncolères d'Alice Manfredi , sa Fiancée de marbre, de Zampa mordu\npar l'amour, le remords et le vin, servait à souhait sa nature bouil-\nlante : ces épisodes mouvementés convenaient à ses aptitudes théâtrales;\nses notes métalliques y éclataient avec puissance. Mais quand il lui a\nfallu calmer ce feu de forge et suivre le personnage dans un diapason\nplus élevé, tout en exprimant des sentiments plus délicats, la franchise\nde son organe et de son jeu s'est perdue dans cette complication qu'il n'a\npu matériellement résoudre qu'au prix d'efforts inquiétants. Constatons-\nle d ailleurs : au milieu de toutes ces difficultés, la voix de Melchissédec\nne s'est point brisée ; il a accompli le tour de force jusqu'au bout et\nsans accrocs ; le grand air : Il faut céder à mes lois, et les couplets :\nAimables fillettes du second acte, et le Pourquoi trembler? du troisième,\ntout cela, en substance, a été chanté, mais avec une gêne et une préoc-\ncupation visibles. Obligé de modérer un souffle naturellement vigou-\nreux, de conduire les sons presque toujours dans la demi-teinte, et d'en\nadoucir le mordant avec des précautions infinies, Melchissédec n'avait\nplus la liberté d'esprit voulue pour surveiller son jeu. Il nous a donné je\nne sais quel Zampa monotone et triste comme un héros de ballade\nallemande. Si l'amour-propre de M. Melchissédec ne parle pas plus\nhaut que son intérêt, il restituera le rôle à M. Lhérie, qui y a laissé ses\nmeilleurs souvenirs. Il y va de sa voix.\nL'exécution de Zampa a été d'autre part assez correcte. L'orchestre\nmérite mieux pourtant que cette épithète un peu froide, car il est excel-\nlemment dirigé par M. Deloffre, et la partie symphonique de Zampa,\nune des merveilles du génie français, a rarement été rendue avec autant\nd'énergie et de précision. Mademoiselle Ganetti, qui donnait la réplique\nà Melchissédec , à défaut de grandes qualités lyriques, fait preuve d'un\ncertain goût et chante juste, ce qui a bien son prix. M. Bach a l'enco-\nlure d'un ténor de force; bien que le personnage d'Alphonse.ne réclame\npas cette carrure d'épaules, il s'en faut qu'il y soit désagréable. Mademoi-"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.51", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nselle Ducasse, MM. Potel et Barnolt s'acquittent convenablement de\nleur petite besogne. C'est le rayon de gaieté jeté sur le drame par le\nlibrettiste, et il n'est pas indifférent qu'il soit nettement indiqué.\nARTHUR HEULHARD.\nIl nous a été adressé, durant la quinzaine qui vient de s'écouler, plu-\nsieurs publications intéressantes à divers titres. L'espace restreint où se\ntrouve parquée notre Revue Musicale ne nous laisse pas le loisir d'en\nparler dans ce numéro. Le compte rendu des productions nouvelles de la\nlittérature musicale figurera ici sous la rubrique :\ncale.\nL'appréciation des concours du Conservatoire, confiée à M. Arthur\nPougin, paraîtra dans le numéro du i 5 août.\n\nA. H."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.52", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nN donnant .asile, dans notre numéro du i 5 juillet, à la\nlettre d'un Alsacien-Français qui se rattachait au projet\nde M. de Lasalle (Souscription Rossini), nous avons dû\nretrancher la signature, et pour cause... Elle venait de\nStrasbourg !\nLe projet édité par la Chronique musicale a éveillé dans\nla presse suisse et italienne autant que dans celle de Paris\nplus d'an écho sympathique. Nous saurons, en groupant autour de nous tout\nce qui vibre aux idées d'art et de patrie, assurer le succès de cette entreprise\nà moins que la politique ne s'en mêle, ce que Dieu ne veuille!\nM. Lefebvre, dans ses Matériaux pour l'histoire des arts dans le Cam-\nbrésis (Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai), a particulièrement\nsignalé à l'attention de ses confrères une note découverte par lui sur une\ndes gardes du manuscrit n°6i de la bibliothèque communale, et d'une écri-\nture contemporaine. Il en résulte que Charles le Téméraire serait l'auteur\nd'une composition musicale dont il aurait mis les Cambrésiens à même\nd'apprécier le mérite. On lit dans Y Histoire des ducs de Bourgogne que « la\nmusique plaisait au fils de Philippe le Bon plus que toute autre récréation ;\nqu'il y excellait et savait chanter chansons et motets. » Mais on ignorait\nqu'il fût compositeur. Voici cette note: « Charles, comte de Charolais, fils\nde Philippe, duc de Bourgoigne, etc., fist ung mottet et le chant ; lequel fut\nchanté en sa présence après messe dicte en la vénérable église de Cambrai\npar le maistre et les enfants en Tan 1460, le 23e jour d'octobre, qui est le\njour de S 1 Séverin. »\n—Les élèves de l'école de Rome sont tenus, d'après les règlements, de faire\nparvenir leurs envois à l'Académie française avant le ier août prochain.\nM. Maréchal (2e année) a envoyé la deuxième partie de Y Incarnation de\nJésus, mystère en deux parties.\nM. Lefèvre (2e année) a envoyé la première et la deuxième partie d'un\ndrame lyrique qui a pour titre : Judith.\nM. Serpette (ire année) doit remettre lui-même sa composition à Paris.\nLe conseil municipal de Lyon vient, sur la demande du préfet de cette\nville, de voter une somme de i 5,000 francs en faveur du Conservatoire de\nmusique, dont la direction est confiée à M. Edouard Mangin."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa Chronique musicale donnera dans le nusnéro du i 5 août la liste\ncomplète des lauréats du Conservatoire pour 1873. On retrouvera chaque\nannée, à la même place, ce palmarès composé en forme de tableau pour la plus\ngrande commodité des recherches. Le Conservatoire étant à l'ordre du jour\nde la musique, nous insistons aujourd'hui sur plusieurs particularités qui\ny ont trait et auxquelles la saison des concours donne un regain d'actualité.\nL'institution du prix de Rome date de 1802. Lepremier compositeur qui\nobtint cette marque de distinction s'appelait Androt. Il mourut pendant son\nséjour à Rome.\nLes concours ouverts entre musiciens remontent d'ailleurs à des dates\nplus anciennes. Notre bonne étoile de bibliophile nous a fait découvrir les\n« Statuts octroyés par Henry 111 à la confrairie de Saincte-Cécile, » et nous\ny lisons ce passage intéressant :\n« Seront advertis tous bons et excellentz musiciens de ce Royaume etaul-\ntres, d'envoyer si bon leur semble, audit jour et vigile Saincte-Cécile, quelques\nmotetz nouveaux, ou aultres cantiques honnestes, de leurs œuvres, pour\nestre chantés, afin de cognoistre et remarquer les bons aulteurs, nommé-\nment celuy qui aura le mieux faict, pour estre honoré et gratifié de quelque\nprésent honorable ainsi qu'on advisera. »\nVoici les noms des lauréats qui depuis vingt ans ont remporté les pre-\nmiers prix d'opéra et d'opéra comique :\nOpéra. 1850 : Ribes. mademoiselle Lemaire. 1851 : mademoiselle\nWertheimber. i 852 (pas de premier prix). 1853 : Bonnehée, mademoi-\nselle Geismar, mademoiselle Rey.— 1854 (pas de premier prix).— 1855 :\nmadame Rey-Balla, mademoiselle de Lapommeraye. 1856 : Cœuilte.\n1857 : Tapiau, mademoiselle Sénés. 1858 : mademoiselle Lafranque.\nT 839 : Roudil, mademoiselle Gilliess. 1860 : Peschard, mademoiselle Brou.\n1861 : Morère, mademoiselle Cico, mademoiselle Ennequist. 1862 :\nLederac, Caron, mademoiselle Rozès, mademoiselle S. Corradi. 1863 :\nM. Soustelle, madame Soustelle. 1864: mademoiselle Nivet.— 1865 :\nPonsard, Tuillier, mademoiselle Bloch, mademoiselle Mauduit.— 1866 : De-\nvoyod. 1867: Gailhard, Maurel, mademoiselle Brunet-Lafleur, mademoi-\nselle Derasse. 1868 (pas de premier prix). 1869 : Bouhy.\nOpéra-Comique. iBso : Ricquier, Sujol. 1851 : Romain Bussine.\n1852 : Beckers, Faure. 1853 : Sapin, mademoiselle Girard, mademoiselle\nBoulart. 1854: L. Achard, mademoiselle Rigolât. 1855 : Vincens, ma-\ndemoiselle Dalmont. 1856 : Archaimbaut, mademoiselle Lhéritier.\n1857 :E. Troy, mademoiselle Chabert. 1858 : Lafont, mademoiselle Cor-\ndier, mademoiselle Breuillé. 1859: Roudil, mademoiselle Litschner.\n1860: Gourdin, Petit, mademoiselle Baretti. 1861 : Capoul, mademoiselle\nCico, mademoiselle Balbi. 1862 : Geraizer, mademoiselle Byard, made-\nmoiselle S. Corradi. 1863 : mademoiselle Ebrard. 1864 : Troy (jeune).\n1865 : Barbet, mademoiselle Mauduit, mademoiselle M. Rose, mademoi\nselle Cadet. 1866 : Devoyod, mademoiselle Seveste. - 1867 : Gailhard,\nLepers, mademoiselle Derasse. 1868 : Aubéry, Nicot, mademoiselle\nMoisset, mademoiselle Guillot. 1869 (pas de premier prix)."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.54", "texte": "VARIA\n\nNous avons promis à nos lecteurs des travaux de statistique musicale.\nVoici donc quelques chiffres instructifs et peut-être curieux; soit d'abord le\nnombre de représentations obtenu par les principales œuvres du répertoire\nde l'Opéra et de l'Opéra-Gomique, depuisle jour de leur création jusqu'à aujour-\nd'hui. (Et si à cette liste de douze opéras applaudis, nous ajoutons le Tannhœu-\nser, qui n'eut qu?un succès de sifflets et de huées, c'est pour obtenir un con-\ntraste dans le tableau que nous dressons. )\nDATES NOMBRE\nNOMS DES OPÉRAS. DK\nDES LRES REPRÉSENTATIONS.\nREPRESENTATIONS.\n1825, 10 décembre LA DAME BLANCHE L 295\n1829, 3 août GUILLAUME TELL 553\n1831, 3 mai ZAMPA 447\n18 31, 16 novembre ROBERT LE DIABLE.. .... sjo\n1832, I 5 décembre LE PRE AUX CLERCS 1,076\n1834, 25 septembre LE CHALET 1,025\n18 35, 2 3 février... LA JUIVE 367\n1836, 29 février LES HUGUENOTS 521\n. 2 décembre LE DOMINO NOIR 844\n1840, 11 février, LA FILLE DU RÉGIMENT,.. 522\nIs49> 1 6 avril. LE PROPHÈTE 327\n18 51, 19 février BONSOIR M. PANTALON.... 32 I\n1861, i 3 mars .. LE TANNHŒUSER 3\nCependant, pour faire ressortir la véritable signification de ce tableau, il\nimporte d'en reprendre les chiffres et de les travailler en se demandant quelle\na été la fréquence des représentations de chacun des opéras que nous étu-\ndions. Nous aurons ainsi la mesure de leur succès.\nNous arrivons donc aux moyennes suivantes, et sur lesquelles 011 méditera\navec fruit, depuis celles du Chalet et de la Dame Blanche, qui sont les plus\nglorieuses, jusqu'à celle du Tannhœuser, qui est tout à fait grotesque :\nLe Chalet Une représentation par i 3 jours.\nLa Dame Blanche. 1 3\nLe Fré aux Clers. 14\nLe Domino noir. 16 —-\nLa Fille du Régiment. 24\nBonsoir Monsieur Pantalon. 2 b\nRobert le Diable. 27\nLes Huguenots. 27\nLe Prophète. 28\nGuillaume Tell. 3o\nZampa. 35\nLa Juive. 38\nLe Tannhœuser. i,506"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.55", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Dans une de ses dernières séances, l'lnstitut a décerné le\nprix Chartier,consistant en une médaille de la valeur de cinq cents\nfrancs, à M. Edmond Membrée, pour sa composition de musique\nde chambre.\n- Les directeurs de rOpéra-Comique ont appelé les auteurs du\nl'ouvrage couronné au concours de 1869, pour les informer que leur pièce\nallait entrer prochainement en répétition. Mademoiselle Priola et M. Ismaël\nseront chargés des deux rôles principaux.\nPuisqu'il est question de reprendre à l'Opéra-Comique les Deux Jour-\nnées de Cherubini, complétons cette nouvelle par quelques détails intéres-\nsants donnés par le Menestrel :\nA l'ancien Théâtre-Lyrique, M. Garvalho songea à reprendre cette pièce\nau moment où notre Théâtre-Italien, ainsi que celui de Londres, y songeait\naussi.\nPour ajouter à l'attrait de cette reprise, 011 dut non-seulement améliorer\nle poème, soin dont se chargea M, Jules Barbier, mais 011 décida aussi d'y\nintroduire deux ou trois morceaux de chant empruntés à la vaste collection\nde manuscrits, tout orchestrés, laissés par Cherubini.\nMM. Ambroise Thomas et Vaucorbeil furent priés par la famille Cherubini-\nde présider au choix et à Pintercalation de ces morceaux, de façon que la\ncouleur et l'unité de la partition n'en pussent être compromises On s'arrêta\nsur les trois petits chefs-d'œuvre que voici pour être incrustés dans la grande\nœuvre primitive. :\nRécit et airs écrits pour Crescentini en 1806, dans l'opéra Adriano in\nSiria ;\nAir bouffe extrait d'lsabelle, opéra inachevé de Cherubini ;\nGrand air écrit en 1780 pour madame Todi, célèbre cantatrice italienne,\net extrait de YlJigenia in Aulide, de Cherubini.\nDe plus, on plaça au lever du rideau (ier acte) le célèbre chœur de Blanche\nde Provence, exécuté avec tant de succès aux concerts du Conservatoire, et\nTon transporta aux deux voix du comte Armand et de sa femme l'harmo-\nnieux dialogue des violons et des violoncelles, du mélodrame du troisième\nacte.\nLa nouvelle partition des Deux Journées se trouva ainsi définitivement\nréglée et arrêtée.\nEst-ce celle que l'Opéra-Comique compte reprendre avec les dialogues\nécrits en vers libres par Jules Barbier ? C'est à y croire. Cependant, rien\nd'officiel n'est parvenu jusqu'à nous à ce sujet, et nous croyons, pour le mo-\nment, devoir placer la nouvelle de la reprise des Deux Journées parmi les\nchoses possibles, mais non définitives.\nDIJON. Henri Poëncet, un de nos premiers violoncellistes français, vient\nde mourir à Dijon, à l'âge de trente-neuf ans, emporté en quelques jours\npar a fièvre typhoïde. M. Poëncet laisse une veuve, remarquable\net deux jeunes enfants."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.56", "texte": "VARIA\n\nANVERS. On étudie avec ardeur la Guerre, l'oratorio inédit de Pierre\nBenoît, qui sera joué le 17 août, lors de la visite du roi dans cette ville,\nLa Guerre est conçue dans des proportions gigantesques. L'œuvre se com-\npose de quatre-vingt-quatre morceaux, dont l'exécution ne dure pas moins\nde quatre heures. Elle exige un quadruple chœur, un orchestre monstre,\ndont seize trompettes, et des solistes habiles. On s'attend àun succès ; les\namis du maestro comptent sur la Guerre pour affirmer la vitalité de l'école\nflamande.\nLes frais de la Guerre (vingt mille francs au bas mot) seront payés mi-\npartie par le public, qui peut déjà retenir ses places, mi-partie par l'Etat\nbelge.\n600 à 700 chanteurs et iso instrumentistes prendront part à l'interpréta-\ntion de la partition du maître flamand, et l'enthousiasme qu'on manifeste à\nl'endroit de la nouvelle œuvre de Pierre Benoit fait prévoir que l'exécution\nen sera splendide.\nVIENNE. A Vienne, un concert monstre, aussi singulier que peu artis-\ntique, aura lieu prochainement dans une des salies de l'Exposition uni-\nverselle. Quarante-huit des meilleurs pianistes viennois exécuteront, sur\nvingt-quatre pianos, plusieurs morceaux des genres les plus divers : l'ouver-\nture de Sémirarnis, la marche du Tannhœusery etc.\nRichard Wagner, dit notre excellent confrère M. Dupeuty, vient de\npublier une brochure ornée de six planches gravées donnant les détails de la\nconstruction du théâtre de Bayreuth. Les travaux avancent rapidement ; les\nsommes recueillies à cet effet, qui, à la fin de l'année dernière, se montaient\nà 104,400 florins, s'élèvent aujourd'hui à plus de 140,000 florins, grâce aux\nfructueux résultats qu'ont produits les concerts que Richard Wagner a orga-\nnisés en Allemagne.\nITALIE. Dans le semestre qui vient de s'écouler il a été représenté\nquinze opéras italiens nouveaux qui sont :\nIl Cuoco D'ARIENZO à Naples.\nCaligola BRAGA .. à Lisbonne,\nIl Conte di LUCILLA à Ferrare.\nIl grillo del focolare GALIGNANI , à Gènes.\nFosca GOMEZ à Milan.\nLa Forqa del denaro SCARANO à Naples.\nI quattro Conti D'ALESIO YORIOS à Naples.\nMarcellina..., RIGHI . à Parme.\nLa Maledetta PÊTRUCCI* à Barletta.\nL'Amore alla prova.. * MARCHETTI FABIO à Turin.\nII conte verde LIBANI à Rome.\nViola Pisani PERELLI EDOARDO à Milan.\nLa Figlia di Domenico ALBERTI à Naples.\nIl Viandante...... LITTA DUCA GIULIO à Milan.\nLe Notte degli Schiffi VENZANO. à Gênes.\nBONN. Le festival en l'honneur de Schumann aura lieu ici les 17, 18 et"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730801-01.1.57", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nl aris Imprimerie Alean-Lévy, rue de Lafayette, 61.\n\n19 août. Le programme des trois journées est composé exclusivement d'œu-\nvres de Schumann.\nLe premier jour seront entendus : La 4e symphonie (en ré mineur) et le\nParadis et la Péri; le deuxième jour : ouverture de Manfred , concerto de\npiano (par Mme Schumann), Nachtlied pour chœurs et orchestre, 2e sympho-\nnie en ut, et la troisième partie de Faust. Au concert de la troisième jour-\nnée seront interprétés des quatuors, des lieder et des morceaux de piano.\nTRIESTE. Un des meilleurs chefs d'orchestre de l'ltalie, le maestro Giu-\nseppe Rota, avait été dépossédé du fauteuil qu'il occupait depuis treize ans\nau Théâtre-Communal de Trieste, à la veille de monter YAïda de Verdi. La\npresse locale protesta unanimement contre cette inexplicable injustice. Les\ncollègues du maestro Rota sans exception, et avec eux les choristes du Théâ-\ntre-Communal et les élèves des écoles de chant organisèrent une magnifique\nsérénade-manifestation sous ses fenêtres, entraînant à leur suite toute la\npopulation de Trieste. En présence de cette petite émeute artistique, la direc-\ntion du Théâtre-Communal, coupable du méfait, a dû donner sa démission,\net le maestro Rota a été réintégré dans ses fonctions.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX.\n\nPropriétaire-Gérant : ARTHUR HEULHARD."}]}