{"numero_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_sha256": "c91651697fd5f6676c4fca9e1eeb7ea3fa5ed04270b026cf24679b50e4a5fb1b", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1873/08/15_01/bmtnabc_1873-08-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1873/08/15_01/bmtnabc_1873-08-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[145]", "page_fin": "153", "image_debut": 1, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.1", "titre_corps": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "ARTHUR POUGIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[145]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "LES\nCONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nA Chronique musicale a pensé qu'il serait\nplus sage pour elle d'attendre la fin des\nconcours pour en rendre compte, afin de\npouvoir d'un seul coup envisager l'ensem-\nble de ces séances intéressantes, que de par-\ntager en deux le récit des impressions sug-\ngérées par elles. Il nous a semblé que, de\ncette façon, nous pourrions résumer d'une\nfaçon plus complète et plus exacte le ré-\nsultat des sensations suscitées en nous par\nla série des épreuves auxquelles ont pris part, cette année comme les\nprécédentes, les élèves de notre grande école de musique. Mais, avant\nd'entrer dans les détails du compte rendu, qu'on nous permette quelques"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "observations générales sur l'état de renseignement au Conservatoire,\nquelques critiques sur certains points qui nous semblent appeler des ré-\nformes indispensables.\nNous avons déjà demandé ailleurs, et nous demanderons ici de nou-\nveau, pourquoi la nouvelle administration du Conservatoire n'a pas\nencore jugé à propos de rétablir l'excellente coutume des exercices pu-\nblics, abandonnée à tort depuis près de quinze ans par la précédente\ndirection. Les règlements d'organisation et de fonctionnement du Con-\nservatoire sont excellents, et il suffirait de les appliquer strictement pour\nque notre école fût la première du monde ; elle l'a prouvé pendant un\ndemi-siècle. Or, ces règlements établissaient précisément que chaque\nannée auraient lieu un certain nombre d'exercices dramatiques et lyri-\nques, dans lesquels les élèves destinés au théâtre, joignant la pratique à\nla théorie, acquerraient l'expérience de la scène en jouant, devant le\npublic, certains ouvrages ou fragments d'ouvrages comiques ou musi-\ncaux. On comprend combien cet usage était excellent, puisque, à leur\nsortie de l'école, les élèves savaient déjà ce que c'est que d'apprendre et\nde travailler un rôle en son entier, et s'étaient jusqu'à un certain point\nfamiliarisés avec ces deux choses si terribles pour les jeunes comédiens :\nla rampe et le public.\nNous demanderons aussi pourquoi l'on n'a pas encore jugé à propos\nde rétablir l'emploi, si essentiel, du costume dans les concours scéniques,\nc'est-à-dire ceux d'opéra et d'opéra-comique. Ici, nous sommes obligé de\nconstater, à notre grand étonnement et à notre grand regret, que le nou-\nveau directeur du Conservatoire, M. Ambroise Thomas, a trouvé le\nmoyen d'être inférieur à M. Auber, qui peut jusqu'à un certain point\npasser pour le destructeur de cet établissement. En effet, M. Auber avait\nmaintenu l'usage du costume dans les concours spéciaux, et c'est à son\nsuccesseur que nous devons de voir les élèves se présenter à ces concours,\nceux-ci en collant et en frac, celles-là en robe de ville. Rien n'est plus\ncontraire, évidemment, aux conditions les plus élémentaires de ces\népreuves difficiles et d'un genre tout particulier. Mais comme il est fort\nmalaisé de dire deux fois les mêmes choses, exactement et dans des termes\ndifférents, je demanderai la permission de répéter ici, à ce sujet, les ob-\nservations que j'ai déjà produites ailleurs :\ncc ..... La condition du costume, pour les deux concours d'opéra et\nd'opéra-comique, paraît vraiment élémentaire : en effet, vous formez un\nélève pour le théâtre, vous lui faites subir un concours de chant appli-\nqué à la scène, vous devez donc l'accoutumer, le briser à toutes les exi-\ngences, à tous les besoins, à toutes les difficultés de la scène. Or, est-il,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.3", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "pour un comédien, besoin plus impérieux que celui de savoir se costu-\nmer ? On sait combien le costume est une chose diverse, variée, com-\nplexe, puisqu'il comprend le vêtement proprement dit, puis la coiffure\n(qui à elle seule est une science), la chaussure, l'art de se grimer, de se\ndraper, de se mouvoir avec une tunique, une veste, un pourpoint, un\nhabit brodé, un frac, une cuirasse, que sais-je? Comment connaîtra-t-il\nnon-seulement au point de vue pratique, mais aussi au point de vue\nhistorique, comment connaîtra-t-il, si vous ne les lui rendez pas fa-\nmiliers, les mille détails des mille costumes qu'il peut être appelé à en-\ndosser, et qui varient avec chaque siècle, avec chaque époque, avec\nchaque règne? Comment saura-t-il former les plis d'une robe ou d'un\nmanteau, mettre une fraise ou une collerette, coiffer un casque, une\ntoque, un claque ou un chapeau, placer des rubans ou des aiguillettes,\nse servir d'un poignard, d'une dague ou d'une épée, enfin marcher con-\nvenablement avec l'attirail horriblement compliqué du plus mince cos-\ntume, et donner à sa démarche, à ses allures, à ses manières, le caractère\nqui convient à chacun d'eux?... «\nPuisque j'en suis sur les desiderata que les amis de la musique et du bel\nart du chant voudraient voir se réaliser au Conservatoire, je regretterai\nla suppression des études et des classes spéciales de vocalisation, et si je\npouvais espérer que mes vœux fussent exaucés, j'en demanderais bien\nhumblement le rétablissement. La suppression de ces classes remonte,\nil est vrai, à plus de trente-cinq ans, mais pendant plus de vingt an-\nnées elles avaient fait honneur à notre école , où elles furent tenues,\nsimultanément ou successivement, par Boulanger, Alexis de Garaudé,\nBerton fils, Gérard, Ponchard, Blangini, Bordogni, Henry, Panseron,\net mademoiselle Nélia Maillard (i).\n\n(i) Pour comprendre à quel point renseignement était mieux entendu au Conser-\nvatoire dans les premières années de son existence qu'aujourd'hui, il suffira de lire\nces renseignements relatifs au pensionnat, publiés naguère par Ponchard : « A la\ndate du ler janvier 1808, écrivait le célèbre chanteur, au moment où venait d'être\nétabli un pensionnat pour les élèves hommes, le nombre des admissions ne pouvait\nexcéder douze, Ces pensionnaires étaient logés, nourris, entretenus aux frais du\ngouvernement, d'après un décret rendu par l'empereur Napoléon ler.Ier. Les élèves à\nl'égard desquels les règlements étaient sévères, recevaient la plus grande partie de\nleur éducation dans l'intérieur du pensionnat; ils y avaient professeurs de solfège,\nde vocalisation et de chant, une classe de musique d'ensemble et de lecture de la\npartition, sans compter l'étude accessoire du clavier pour l'accompagnement ; voilà\npour la musique» Ils recevaient, en outie* le soir et trois fois par semaine, des le-\nçons de langue française et italienne, de géographie et d'histoire, et, en dehors de\ncelles de déclamation, il y avait des exercices de tenue et d'escrime. Comme on lé"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "Enfin, je me permettrai de blâmer la liberté beaucoup trop grande\nqu'on laisse à nos jeunes chanteurs dans le choix des morceaux ou\ndes scènes qu'ils exécutent aux différents concours de chant, d'opéra ou\nd'opéra-comique. On impose aux élèves des classes instrumentales un\nmorceau unique, que tous doivent exécuter, et ce morceau est choisi,\ntrès judicieusement, dans le nombre des oeuvres des maîtres considérés\ncomme classiques : pour les pianistes, c'est un fragment de Hummel,\nde Mendelssohn, de Moschelès ou de Chopin; pour les violonistes, de\nRode, de Viotti, de Kreutzer ou de Baillot; pour les violoncellistes, de\nRomberg. On ne peut songer à donner un morceau unique aux élèves\nchanteurs, la différence du caractère des voix rendant ce système impossi-\nble. Mais du moins voudrais-je qu'on les obligeât, eux aussi, à faire\nchoix d'œuvres classiques pour les concours, et que, quelle que soit Ja\nvaleur des modernes, on leur interdît absolument de venir chanter ou\njouer des morceaux ou des scènes tirés des opéras de Verdi, de Meyer-\nbeer, d'Auber, d'Adam, de Grisar, d'Halévy, de MM. Ambroise Tho-\nmas, Gounod, Victor Massé ou autres. Ce n'est point par l'étude des\nmodernes que Ton forme le style et le goût, et, ce qui se passe aux con-\ncours n'étant que le reflet de ce qui se produit dans les classes, nous\nvoyons, malheureusement, que cette étude est à peu près la seule à la-\nquelle se livrent nos jeunes chanteurs, ce qui est justement le contraire\nde la logique, de la vérité et du sens commun.\nCes réflexions terminées, nous allons passer à l'examen des concours\nde cette année, qui, il faut bien le constater, sont loin d'avoir été bril-\nlants. Le concours de chant, qui n'avait point été mauvais, bien que le\njury ait décidé fort sagement qu'il n'y avait point lieu à décerner de pre-\nmier prix en ce qui concerne les hommes, avait fait concevoir, pour\nles séances d'opéra et d'opéra-comique, des espérances qui ont été sin-\n\nvoit; rien n'était négligé pour faire de ces élèves des artistes distingués en même\ntemps que des hommes du monde. Les élèves ne sortaient que munis de permis-\nsions et devaient rentrer à heure fixe ; les journées étaient bien remplies par de\nnombreuses études, de façon à empêcher le goût des distractions extérieures. Les\ninfractions au règlement étaient d'ailleurs rigoureusement punies, et comme l'admis-\nsion au pensionnat exemptait de la conscription, le gouvernement avait d autant\nplus de droit de se montrer exigeant à l'égard des règles établies, qui ne l'étaient, du\nreste, qu'en vue de la santé et de l'intérêt des élèves. »\nHélas! qui nous rendra cet âge d'or de l'enseignement musical i Qui nous rendra le\nConservatoire de 1808 ?"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.5", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "gulièrement déçues; c'est à ce point que, pour F opéra, il n'a pas été pos-\nsible d'adjuger un prix, premier ou soit pour les hommes, soit\npour les femmes. D'autre part, le concours de violon a été Fun des plus\nfaibles auquel nous ayons jamais assisté, tandis que celui de piano, pour\nles classes masculines, n'a pu, lui non plus, fournir un premier prix.\nLa seule séance vraiment brillante de cette année, mais celle-là a été\nmagnifique est le concours de piano pour les femmes ; ici, il n'y avait,\non peut le dire, pas une seule élève faible, et celles même qui n'ont pas\nété couronnées méritent pour la plupart des éloges et se sont montrées par-\nfaitement dignes de prendre part à l'épreuve. Le jury, cette fois, a pu\nsans danger se montrer généreux, et n'a pas décerné moins de quatre\npremiers et trois seconds prix, trois premiers et trois seconds accessits.\nAussi bien nous pouvons commencer notre revue par cette intéres-\nsante séance, qui a laissé dans notre esprit le meilleur souvenir. Des qua-\ntre jeunes filles qui ont obtenu chacune un premier prix, mesdemoiselles\nBerthe Marx, Mège-Benon, Donne et Loire, la troisième, je Favoue,\nréunit toutes mes sympathies. Mademoiselle Donne, en effet, se fait remar-\nquer par un beau son, à la fois moelleux et corsé, par des doigts délicats\net vigoureux, un goût exercé,, une grande.finesse dans les détails en même\ntemps qu'une grande largeur de phrasé, un style très pur; c'est une ar-\ntiste enfin, au jeu plein de correction, de chaleur et d'ampleur. Chez\nmademoiselle Marx Fexécution est fine et soignée, les doigts sont déliés,\nles détails faits avec netteté; mais l'ensemble, parfois encore un peu\nlourd, se distingue plus par la vigueur que par la grâce. Mademoi-\nselle Loire a le jeu serré et vigoureux, solide et corsé, mais manquant un\npeu de charme et de délicatesse. Mademoiselle Mège-Benon est douée\nd'un vrai tempérament d'artiste, elle a, si l'on peut dire, l'expérience jointe\nà l'inspiration, et un jeu brillant et coloré, plein de crânerie, met surtout\nen relief un beau son bien expansif et une rare sûreté de mécanisme.\nTrois seconds prix ont été adjugés, en toute justice, à mesdemoiselles\nGenty, Poitevin et de Pressensé. C'est par la grâce que pèche mademoi-\nselle Genty, mais son jeu, un peu sec, est nerveux et sûr, et le méca-\nnisme solide. Les qualités de mademoiselle de Pressensé sont à peu\nprès semblables, et chez elle les traits sont d'une netteté irréprochable.\nAvec une correction un peu froide peut-être, le jeu de mademoiselle\nPoitevin, sage, bien posé, offre des détails élégants, un doigté net et un\nheureux phrasé.\nTrois premiers accessits : Mademoiselle Debiliemont, aux doigts sou-\nples et solides, aux traits perlés et pleins de finesse, au jeu varié, à l'exé-\ncution pleine de charme et parfois empreinte d'une certaine grandeur ;"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.6", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "mademoiselle Taravant, une enfant qui ira loin, qui a du goût, de la\nfinesse, delà grâce, un bon doigté, une exécution très satisfaisante, par-\nfois charmante, empreinte de couleur et d'une rare délicatesse ; made-\nmoiselle Manotte, au jeu élégant et expressif, varié, coloré et entraînant,\nà l'exécution serrée et solide, au tempérament plein d'ardeur.\nMesdemoiselles Pottier, de Filippi et Penau se sont vu décerner les\n'seconds accessits. Mademoiselle Pottier a le jeu ample et fourni, le son\nbien expansif, la délicatesse et la vigueur, le goût et la grâce; made-\nmoiselle Penau attaque bien la note, donne au son une grande transpa-\nrence ; elle a des traits fins et perlés, des détails charmants; l'ensemble\nest aimable et distingué, mais le doigté manque un peu d'égalité.\nMademoiselle de Filippi ne manque pas de certaines qualités, mais ces\nqualités manquent absolument d'équilibre.\nParmi les jeunes filles qui n'ont point été couronnées, j'ai remarqué,\nà des titres divers : mademoiselle Perey, qui n'a pas mal joué et qui a\ndéchiffré admirablement; mademoiselle Cellier, qui se distingue par\nla finesse, l'agilité et la vigueur; mademoiselle Dandeville, dont le\nson plein d'éclat, le mécanisme très sûr, le jeu élégant et serré me sem-\nblaient dignes d'intéresser le jury ;—-mademoiselle Gaildrau, qui joue\nen artiste, et dont l'exécution pleine de style est empreinte de qualités\ntoutes personnelles; enfin, mademoiselle Barozzi, dont le jeu, quoi-\nque un peu confus, n'est pas cependant sans mériter des éloges.\nJ'ai dit que le concours masculin avait été beaucoup moins brillant;\nil était d'ailleurs moins nombreux. En l'absence d'un lutteur capable\nde remporter le premier prix, deux seconds prix ont été décernés à\nMM. Espinosa et Rouveirolis, deux tout jeunes gens, presque deux en-\nfants, qui donnent beaucoup à espérer pour leur avenir. Des autres con-\ncurrents, je ne vois pas grand'choseà dire.\nVingt élèves ont pris part au concours de violon. Dans le nombre se\ntrouvaient deux jeunes filles, dont l'une, mademoiselle Boulanger, a ob-\ntenu le premier prix, en compagnie de M. Hollander. Mademoiselle\nBoulanger aie son large et pur, l'archet bien posé, des doigts agiles, un\nstaccato net et mesuré ; avec cela un trille excellent, de la largeur dans le\njeu et de la vigueur dans l'exécution ; pourtant il manque encore à cette\njeune personne l'élan, la flamme et ce je ne sais quoi qui fait l'artiste.—\nM. Hollander pèche particulièrement sous le rapport du style et de la\njustesse, et il joue presque toujours trop haut; le son chez lui manque\nd'expression ; l'archet est ferme et le jeu brillant."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.7", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "MM. Brindis et Diaz-Albertini ont obtenu les seconds prix. M, Brin-\ndis est un nègre de Cuba qui se distingue par un joli son, un archet bien\nà la corde, un chant expressif et une certaine largeur d'exécution; avec\nun peu d'inexpérience encore, on sent là l'étoffe d'un artiste. M. Diaz-\nAlbertini a de la un jeu aimable où le chant est bien conduit, une\njustesse à peu près satisfaisante, et un bon staccato, dont par malheur\nil fait abus.\nLes deux premiers accessits ont été adjugés à MM. Kapp et Lefort, les\nseconds à M. Heyman et à mademoiselle Pommereul. Il y a chez ces\njeunes gens, surtout chez les deux premiers, quelques bonnes qualités\nqui demandent à être développées par un travail consciencieux, surtout\nen ce qui concerne l'intonation. Le défaut de justesse a été en effet la\nplaie du concours de violon de cette année.\nLe concours de violoncelle a été satisfaisant, mais sans grande supé-\nriorité. Les deux premiers MM. Tolbecque et Frémaux, ont fait\npreuve de qualités solides et promettent deux artistes distingués. M. Gil-\nlet, à qui est revenu le second prix, est déjà en possession d'un talent\ntrès pur et très formé. Parmi les élèves non couronnés, il faut citer\nM. Husson-Morel, qui semble appelé à un heureux avenir et qui ne\npeut manquer d'être plus fortuné Tannée prochaine.\nNous voici arrivés aux trois concours de chant, d'opéra et d'opéra-\ncomique, dont le premier, nous l'avons vu plus haut, a été sensiblement\nsupérieur aux deux autres. Le sujet sur lequel on comptait le plus était\nM. Dereims, qui l'année dernière avait remporté les trois seconds prix.\nCe jeune homme n'a pourtant réussi à enlever que le premier prix d'o-\npéra-comique ; sa voix de ténor est d'une assez jolie couleur, ne man-\nquant ni de puissance ni d'étendue, mais elle vient trop souvent de la\ngorge et ne brille pas par une justesse absolue. Comme comédien,\nM. Dereims a encore diantrement à faire et devra tâcher de mettre à pro-\nfit les leçons et les conseils de ses maîtres. Deux seconds prix de chant\nont été donnés à MM. Vergnetet Manoury, le premier, ténor, le second\nbaryton. M. Vergnet est doué d'une voix charmante, pleineet onctueuse,\nparfaitement juste, et il a chanté avec style et avec goût l'air admirable\nde Joseph; trop maladroit danrs le débit du dialogue, il a échoué au con-\ncours d'opéra-comique. Le baryton de M. Manoury est très égal, très\nplein, très juste, coloré et étendu ;ce jeune homme chante avec goût et\ndans le concours d'opéra-comique, qui lui a valu un premier accessit, il\na dit avec intelligence et sobriété une scène du Caïd. M. Dufriche,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "qui a échoué dans le concours de chant, a obtenu un second prix d'opéra-\ncomique ; une jolie voix de basse chantante, guidée avec un certain\ngoût, mais bien de l'inexpérience encore. M. Heuschling, premier\naccessit de chant et premier accessit d'opéra-comique, est doué aussi\nd'une belle voix de basse chantante, et fera peut-être un artiste lorsqu'il\naura acquis un peu plus de chaleur. M. Couturier, premier accessit\nde chant et premier accessit d'opéra, est encore une basse à la voix pleine,\nsonore, ample, facile et très juste; il articule nettement, phrase bien et\npromet un vrai chanteur. MM. Queulain, Meyronnet, Pitiot, Dieu,\nont mérité les encouragements que le jury leur a donnés sous forme\nd'accessits.\nDu côté des femmes nous avons trois premiers prix de chant, mesde-\nmoiselles Tapon, Bureau et Chevalier, doublés, pour les deux dernières\nde deux premiers prix d'opéra-comique. Mademoiselle Tapon possède\nune voix de forte chanteuse étendue, pleine de franchise et de caractère,\nmais son chant ne se distingue par aucune qualité particulière; elle a\nmanqué le premier prix d'opéra, auquel son second prix de l'an passé la\nmettait en droit de prétendre. Mademoiselle Bureau est un soprano\naigu d'un joli timbre, conduit déjà avec goût et non sans charme. Ma-\ndemoiselle Chevalier vocalise assez bien, fait parfaitement le trille, mais\nne chante pas toujours absolument juste. Comme comédienne, elle me\nsemble encore bien novice.\nPeut-être, aux trois premiers prix de chant, préférerais-je l'un des se-\nconds prix, mademoiselle Fouquet, jolie et élégante personne, douée\nd'une voix très juste, chaude et sympathique, qui a chanté l'air d'Ham-\nlet avec un goût très fin, qui vocalise avec audace et facilité, bat parfai-\ntement le trille, et en qui l'on sent une femme intelligente et une artiste\nà venir. Mademoiselle Fouquet a fait, dans la scène de l'ombre du Par-\ndon de Ploërmel, un excellent concours d'opéra-comique, qui lui a valu\nun premier accessit. Mademoiselle Champion, second prix de chant\net deuxième accessit d'opéra comique, a fait apprécier une voix assez\nbien timbrée, d'une justesse absolue, une exécution sobre et sage et des\nqualités d'ensemble auxquelles manque encore la flamme et l'élan.\nMademoiselle Breton, second prix de chant et second prix d'opéra-co-\nmique, a la voix fraîche, facile et juste, du goût) une heureuse vocali-\nsation ; au point de vue de la scène on doit lui reconnaître de la grâce\net de la légèreté. Mais que de cocotes, grand dieu! que de cocotes !\nDes diverses jeunes filles qui ont remporté des accessits, mesdemoiselles\nWagner, Huet, Montibert, Marcus de Beaucourt, je ne vois guère à\ntirer de jpair que mademoiselle Wagner, chez qui l'on sent un travail"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.9", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "intelligent, un talent en train de se former, mais qui manque de chaleur\net d'expansion.\nIci se tei minent nos notes sur les concours de 18y 3. Nous nous sommes\nefforcé, non-seulement d'être juste, mais courtois et bienveillant dans\nnos appiéciations. On. ne doit jamais oublier, en effet, que les élèves du\nConservatoiie ne sont pas encore des artistes, qu'ils sont seulement\nappelés a ledevenii, et que si la critique doit s'exercer à leur égard, elle\nne le peut faire a\\cc picfit et utilité qu'à la condition de se montrer in-\ndulgente , et de ne point porter le découragement dans de jeunes esprits\nqu une impiession un peu dure, un peu trop sévère, pourrait chagriner\net blesser d une façon fâcheuse pour leur avenir, pour le bien même de\nleurs études. Kn un mot, la critique n'a affaire ici qu'à des écoliers plus\nou moins heureusement doués, plus ou moins avancés, et qui ont be-\nsoin, avant tout, d'encouragements et de conseils, à la condition que ces\nencouicigements ne soient pas donnés hors de propos, que ces conseils\nsoient fondés sur l'examen attentif des facultés de chacun, de ses qualités\net de ses défauts, C est pénétré de ces idées que nous avons donné no-\ntie avis motivé sui les concours de et nous pensons avoir rempli\nnotre devoir, aussi bien envers les futurs artistes que nous avons vu dé-\nfi lei devant nous en si grand nombre, qu'envers ceux qui nous font\nl'honneur de nous lire.\n\nARTHUR POUGIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "154", "page_fin": "159", "image_debut": 10, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.2", "titre_corps": "PALMARÈS", "titre_sommaire": "PALMARÈS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "PALMARÈS\nDU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE POUR L'ANNÉE 1873\nCONTREPOINT ET FUGUE.\nJURY : MM, Ambroise Thomas (président); Benoist, J. Cohen,\nDuprato, 2s. Gautier, Fissot, Massenet, Saint-Saëns.\nPas de lERIER prix.\n2e prix : MM. Koenig (élève de M. V. Massé], et Hillemacher (élève\nde M. Bazin).\ni*r accessit :M. Dutacq (élève de M. Reber) ; 2e accessit: MM. Vergnion (élève de\nM. Reber) et Wormser (élève de M. Bazin).\nHARMONIE ÉCRITE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Ba\\in, Barbereau, Louis\nDeffès, Léo Delibes, Henry Duvernoy, Guiraud, Le Couppey, Mem-\nbrée.\nier prix :M. Mancini (élève de M. Th. Dubois) ;\n2e prix : M. Charpentier (élève du même).\nier accessit : M. Karren (élève de M. Th. Dubois); 2e accessit: M. Couen (élève\ndu même); 3e accessit : M. Chimène (élève de M. Augustin Savard).\nHARMONIE ET ACCOMPAGNEMENT PRATIQUE.\nJURY : ÀfM. Ambroise Thomas (président) ; Benoist, Ernest Boulan-\nger, DeldeveSemet, Barthe, Babille, Collin, Paladilhe.\nClasses des hommes.\nler prix :M. Marie (Gabriel) (élève de M. Émile Durand) ;\n2e prix : M. Pop (élève de M. Duprato).\nter accessit :M. Lapucliin (élève de M. E. Durand) ; 2°accessit :M. Rousseau (élève\nde M. E, Durand) ; 3e accessit : M. Blanc (élève de M. Duprato).\nClasses des femmes.\nlERIER prix : Mlte Renaud (élève de M. Batiste);\n2e prix : Mlle Gentil (élève de Mme Dulresne)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.11", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "ier accessit : Mlle Roucher (élève de Mme Dufresne) ; accessit: Mlle Papot (éltve\nde la même).\nSOLFEGE DES CHANTEURS.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Ba\\in7 Napoléon Alkan,\nAdrien Boieldieu, Colin, Comettant, Savard, Valenti, Vervoitte.\nClasses des hommes :\nires médailles : MM. Dufriche, Mouret (élèves de M. Danhauser);\n2e médaille : M Pellin (élève du même) ;\n3mes médailles : MM. Pitiot, Heuschling (élèves du même).\nClasses des femmes :\nires médailles : Mlles Assémat, Bilbaut-Vauçhelet, Duvernoy (élèves\nde M. Henri Duvernoy); Baron (élève de M. Mouzin).\n2mes médailles : Mlle Belgirard (élève de M. Mouzin); M,le Levasseur,\n(élève de M. H. Duvernoy);\n3mes médailles : Mlle Kéraval (élève de M. H. Duvernoy); Mlle Vergin\n(élève de M. Mouzin).\nSOLFEGE\nClasses des hommes :\nJURY : MM. Ambroise Thomas, Danhauser, Gastinel, Mou-\nlin, Pasdeloup, Prumier, Salomon, Savard.\nPas de ire médaille ;\n2es médailles : MM. Guyon (élève de M. Alkan); Heymann (élève de\nM. Decombes) ; Duchéron et Franck (élèves de M. Alkan).\n3es médaille : MM. Pierné, Yasseur ,Desteiani (élèves de M. Lavignac) ;\nMarty (élève de M. Gillette).\nClasses des femmes :\nires médailles : Mlles Lœwenhoff (élève de Mlle Roulle); Jungmann\n(élève de Mlle Gaillard) ; Demayer (élève de Mlle Mercié-Porte) ; Dieck-\nmann (élève de Mlle Doumic) ; Mahin (élève de Mlie Gaillard) ; Reide-\nmester (élève de M. Lebel) ; Marx (Valentine) (élève de MUe Mercié-\nPorte); Mège, Germain (élèves de Mlle Gaillard); Lamartine (élève de\nM. Le Bel).\n2mes médailles : Mlles Dallemagne (élève de Mme Tarpet); Jallet (élève\nde M. Le Bel); Poitevin, Ackermânn (élèves de Mlle Gaillard) ; Thorcy,\nHunger (élèves de Mme Doumic).\n3mes médailles : Mlles Liottel (Cécile) (élèves de Mlle Gaillard) ;\nBaluze, Blum (élèves de Mme Doumic), Maillochon (élève de Mlle Gail«\nlard)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "CHANT\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Victor Massé, Vaucor-\nbeil, Deldevez, Eug. Gautier, Guillot de Sainbris, i?. Membrée,\nTh. Semet, Wartel.\nClasses des hommes :\nPas de iel' prix.\n2e prix : MM. Manoury (élève de M. Grosset), et Vergnet (élève de\nM. Saint-Yves Bax).\nler accessit : MM. Couturier et Heuschling (élèves de M. Roger) ; 2e accessit :\nMM. Queulain et Meyronnet (élèves de M. Grosset) ; Pitiot (élève de M. Boulanger).\nClasses des femmes :\nier prix : Mlles Bureau, Chevalier et Tapon (élèves de M. Saint-Yves\nBax).\n2e prix : Mlles Fouquet (élève de M. Boulanger) ; Champion (élève\nde M. Bussine) ; Breton (élève de M. Roger). â\nlerIer accessit : MlleS Wagner (élève de M. Bussine); Bière (élève de M. Saint-Yves\nBax) ;2e accessit : Mnes Huet (élève de M. Bussine); Montibert (élève de Mme Pau-\nline ViardotJ.\nOPÉRA\nJURY: MM. Ambroise Thomas {président); Charles Blanc, Félicien\nDavid, V. Massé, F. Vaucorbeil, de Saint-Georges,\nBonnehée.\nClasse des hommes :\nPas de ier ni de 2e prix.\niel accessit : MM. Couturier et Dieu ;2e accessit :M. Garnier (élèves de M. Obin).\nClasse des femmes :\nPas de ier ni de 2e prix.\nier accessit : Mlle Huet (élève de M. Obin).\nOPÉRA-COMIQUE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Membrée, Gau-\ntier, de Leuven, de Saint-Georges, A. de Beauplan, Vaucorbeil, Du\nLocle.\nClasses des hommes :\nier prix :M. Dereims (élève de MM. Couderc et Ponchard).\n2e prix. M. Dufriche (élève de M. Ponchard).\nieV accessit : MM. Heuschling et Manoury (élèves de M. MockerJ ;2e accessit :\nM. Taskin (élève de M. Ponchard)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.13", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1759, "texte": "Classes des femmes :\nIERIER prix : Mlles Chevalier et Bureau (élèves de MM. Couderc et\nCharles Ponchard).\n2e prix : Mlle Breton (élève de M. Mocker).\nler accessit : MlleS Fouquet (élève de M. Mocker), et Marcus de Beaucourt (élève de\nMM. Couderc et Ponchard); 2e accessit : MUe Champion félève de M. Mocker).\nORGUE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Benoist, Georges\nJules Cohen, Duprato, Eug. Gautier, Henri Fissot) Jules Massenet,\nCamille Saint-Saëns.\nPas de ier ni de 2e prix.\nier accessit : MM. Humblot et Tolbecque (élèves de M. César Franck).\nÉTUDE DU CLAVIER\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Marmontel, Georges\nMathias, N. Alkan, Emile Decombes, H. Potier, G. Pfeiffery\nH, Fissot, Pasdeloup.\nires médailles : Mlles Brzezicka, Domicent, Libersac (élèves de\nMme Émile Réty) ; Mlle Coste (élève de Mme Philipon) ; Mlles Blum et\nGuintrange (élèves de Mme Chéné).\n2mes médailles : Mlle Vacher-Gras (élève de Mme Chéné) ; Mlle Orsolini\n(élève de Mme E. Réty); Mlle Lefèvre (élève de Mme Chéné); Mllc Migette,\n(élève de Mme E. Réty) ; Mlle Léger (élève de Mme Chéné).\n3 mes médailles : Mlle Germain (élève de Mme E. Réty); Mlles Desmazes,\nHunger (élèves de Mme Chéné); Mlles Redemeiste, Rousseau (élèves de\nMme E. Réty) ; Mlle Gentil (élève de Mme Chéné).\nPIANO\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; V. Massé, C. Franck,\nH. Fissot, Massenet7 Paladilhe, Aug. Wolff\\ Vidor, is. Sau^ay.\nClasses des hommes :\nPas de lerIer prix.\n2e prix : MM. Espinosa (élève de M. G. Mathias) ; Rouveirolis (élève\nde M. Marmontel).\niel' accessit: M. Dûlmetsch (élève de M. Marmontel); 2e accessit : M. Desgranges\n(élève de M. Marmontel).\nClasses des femmes :\nier prix : Mlle Marx (élève de M. Henri Herz) ; Mège-Benon (élève de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "M. Le Couppey) ; Donne (élève de M. Herz ) ; Loire (élève de M. De-\nla borde).\n2' prix : M,hsGenty, Poitevin (élèves de M. Delaborde); de Pressensé\n(élève de M. Le Couppey).\nie accessit . MlleS Debiliemont; laravant, Manot (élèves de M. Le Couppey) j2e ac-\ncessit : Mlles Pottier (elève de M. Le Couppey) ;de Filippi (élève de M. Herz); Pénan\n(élève de M. Le Couppey).\nVIOLON\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Victor Massé, Barbe-\nreau, Lebouc, Deloffre, Cuvillon, Lamoureux. Dubois, Maurin,\nSarasate.\nier prix : M11(3 Boulanger (élève de M. Alard) ;M. Hollander (élève\nde M. Massard).\n20 prix : MM. Diaz-Albertini (élève de M. Alard) ; Brindio (élève de\nM. Dancla).\ni 01\" accessit : MM. Kapp (élève de M. Dancla) ; Lefort (élève de M. Massart) ;2 e ac-\ncessit :M. Heymann et Mlle Pommereul (élèves de M. Alard.)\nVIOLONCELLE\nMême jury que pour le concours de violon.\nier prix: MM. Tolbecque (élève de M. Franchomme); Frémaux\n(élève de M. Chevillard).\n2e prix. M. Giliet (élève de M. Franchomme .\nPas de ier accessit ;2e accessit :M. Gatineau (élève de M. Chevillard) ; MlleS Hille-\nmacher et Maleyx (élèves de M. Franchomme).\nCONTRE-BASSE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Franchomme, Chevillard,\nDeloffre, Gouffé, Lebouc, Rabaud\\ Verrimst.\nier prix :M. Lefebvre (élève de M. Labro);\n2e prix : MM. Bousquet (Édouard) et Florus (Louis) (élèves du même).\nier accessit :M. Beaugrand (élève de M. Labro).\nHARPE.\nJURY: MM. A. Thomas (président)\\ Marmontel, Mathias, Pasdc-\nloup y Potier, Alkan, Decombes, Fissot, Pfeiffer.\nPas de ier prix.\n2e prix : Mlle Jallet (élève de M* Prumier).\nFLUTE;\nJURY (de tous les concours d'instruments à vent) : MM, Ambroise"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.15", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "7'homas, F. Baillot, Dauverné, Deloffre^Jancourt, Prumier7\neZ TaffaneU\nPas de ier prix.\n2(' prix : M. Molé (élève de M. Altès).\nicl accessit: M. Mancini (élève du même).\nHAUTBOIS.\ni(r prix :M. Rousselot (élève de M. Colin).\n2° prix : M. Boullard (élève du même).\nler accessit :M. Preux (élève de M. Colin); accessit :M. Silenne (élève du\nmême).\nCLARINETTE.\niel prix :M. Grafeuille (élève de M. Leroy).\n2( prix : M. Caubère (élève du même).\nie* accessit: M. Bourdin (élève de M. Leroy); 2e accessit: M. Mayer (élève du\nmême).\nBASSON.\nPas de lerIer prix,\nprix : M. Schubert (élève de M. Cocken).\niel accessit: M. Philibert (élève de M. Cocken); 2e accessit : M. Jacot (élève du\nmême).\nCORNET A PISTONS.\nicl prix : MM. Silvestre et Senée (élèves de M. Arban) ;\n2( prix :M. Cuelenaere (élève du même).\nPas de iel' accessit ; accessit :M. Joussaud (élève de M. Arban).\nTROMPETTE.\nPas de ier ni de 2 e prix.\nier accessit : M. Bâton; 2« accessit : M. Dubois (élèves de M. Cordier).\nCOR..\nPas de ier prix.\n2r prix : M. Lachaise (élève de M. Mohr).\nTROMBONE.\nler prix :M. Allard (Auguste) (élève de M. Delisse).\n2e prix : M, Blachère (élève du même).\nlel1e1 accessit :M. Souchon (élève de M. Delisse); 2e accessit :M. Allard (Louis) (élève\ndu même)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c008", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "168", "image_debut": 16, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.3", "titre_corps": "LA SALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES", "titre_sommaire": "LA SALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES", "signature_source": "CH. NUITTER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "LA\nSALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES\n\nA pioche des démolisseurs fait tomber en ce moment\nune partie du château des Tuileries dont la Chro-\nnique musicale a le droit de retracer l'histoire, car\nl'Opéra, l'Opéra-Comique, l'Opéra-Italien, y ont\ndonné tour à tour leurs représentations. Il s'agit de\nl'aile nord du palais qui s'étendait entre le pavillon\nMarsan et les constructions élevées par Catherine de Médicis.\nIl fallait une salle convenable pour les grandes fêtes qui devaient\ncharmer la jeunesse de Louis XIV. Le cardinal Mazarin avait formé\ndifférents projets. Yigarani, gentilhomme italien, qui plus tard devait\nconstruire une salle d'opéra pour Lulli, « proposa de bâtir une salle\ngrande et spacieuse dans les alignements du dessein du Louvre, dont les\nalignements du dehors symmétriques avec le reste de la façade, l'affran-\nchiraient de toute ruine et de tous changemens »\nL'intention était excellente, maison va voir combien de changements\net de ruines se succédèrent à cette même place pendant l'espace de deux\nsiècles !\n« Le Roy agréa tort cette proposition et les ordres furent donnés à\nM. Ratabon (contrôleur des bâtiments du Roy) de hâter l'ouvrage et au\nsieur Yigarani de préparer les machines (i).\n\n(I) DE PURE, Idée des spectacles anciens et nouveaux, 1668, in-12."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.18", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2620, "texte": "Les proportions de la scène dépassaient tout ce qui avait été fait\njusqu'alors. Les machines théâtrales les plus compliquées pouvaient s'y\nmouvoir à l'aise, et produire les plus grands effets. Quant àla décoration\nde la salle, les peintures, les sculptures, les bronzes et les marbres y\nfurent prodigués. On ale devis de ces travaux, en date du 13 août 1661,\ndressé par devant Levasseur et Debeauvais, notaires (i).\n« Par-devant les notaires garde-nottes du Roy notre sire, en son\nchatelet de Paris, soubsignez, fut présent le Sr Charles Errard, peintre\nordinaire du Roy et de la Royne, demeurant à Paris aux galleries du\nLouvre, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, lequel a volontairement\nrecogneu et confessé avoir faict marché, promis et promet au Roy,\nstipulant pour Sa Majesté maître Anthoine Ratabon, chevallier, con-\nseiller du Roy en tous ses conseils, surintendant et ordonnateur général\ndes bâtiments de Sa Majesté, et maître Pierre Cocquart, sieur de la\nMothe, conseiller du Roy en ses dits conseils, intendant et ordonnateur\nde ses bâtiments, en la présence de noble homme André Le Nostre,\nconseiller du Roy et contrôleur général des susdits bâtiments, de faire\net parfaire bien etduement au dire d'ouvriers et gens à ce cognoissant, et\nsous bonne Visitation et emploi tous les ouvrages de peinture et dorure\nà taire à la salle du Peuple, de la grande salle nouvellement construitte\nau Palais des Thuilleries pour les grands ballets et comédies à ma-\nchines.,.. ce présent marché faict moyennant la somme de 32 000\nlivres... etc. » .\nOn entrait dans la salle par deux portes donnant, Tune sur la cour,\n1 autre sur le jardin des Tuileries» « Ces entrées ont des deux côtés des\ncolonnes sur des piédestaux et des pilastres quarrés élevés à la hauteur\ndu Théâtre ; on monte ensuite sur un haut dais réservé pour les places\ndes personnes Royales et de ce qu'il y a de plus considérable à la cour.\nCet espace est bordé d'une balustrade par devant et de degrés en Amphi-\nthéâtre tout à l'entour, des colomn.es posées sur le haut de ces degrés\nsoutiennent des galeries sur lesquelles, entre les colomnes, on a placé des\nbalcons qui sont ornés ainsi que le plafond et tout ce qui paroit dans\nla salle, de tout ce que l'architecture, la sculpture, la peinture et la\ndorure ont de plus beau, de plus riche et de plus éclatant (2). »\nC'est là qu'eut lieu la représentation de Psyché, tragédie-comédie-\nballet, en vers libres, précédée d'un prologue, de MM. Corneille l'aîné,\n\n(1) L'Amateur d'autographes, 2e année, n° du janvier 1863.\n(2) Programme du Ballet de Psyché, in-40."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "Molière et Quinault. La musique et les paroles de la plainte italienne\nétaient de Lulli.\nOn n'a pas de renseignements exacts sur les autres ouvrages qui purent\nêtre joués ensuite dans cette salle. Une lettre de l'abbé Dubos nous ap-\nprend que J.-B. Moreau, dont madame de Maintenon s'était servie pour\nmettre en musique Esther et..Athalie, avait obtenu du roi le privilège\nde faire représenter ses pièces à Paris. « Le Roy même lui accorde la\nsalle des Machines des Thuilleries et la permission de se servir de ses\nmusiciens dans ses représentations, ce qu'il avoit toujours refusé à\nLulli (1). » Nous ne savons si ce projet a été réalisé. D'après Parfait,\nla salle fut abandonnée jusqu'en 1716, époque à laquelle on y exécuta\ndes ballets pour l'amusemeut de Louis XV enfant (2).\nEn 1738, Servandoni, chevalier de Tordre du Christ, peintre et ar-\nchitecte de Sa Majesté et de son Académie royale, obtint la permission\nde donner des spectacles en décorations dans la salle des Tuileries. Ces\nreprésentations avaient lieu les fêtes et dimanches et pendant la clôture\ndes théâtres. C'étaient des pantomimes accompagnées de musique et\ndont de grands effets de décors et de machines constituaient le principal\nattrait.\nVoici une partie du répertoire de Servandoni.\n1738. Représentation de l'église de Saint-Pierre de Rome,\n1739. La boîte de Pandore.\n1740. La descente d'Enée aux enfers.\n1741. Les travaux d'Ulysse.\n1742. Léandre et Héro.\n1754,. La Forêt enchantée (sujet tiré de la Jérusalem délivrée), mu-\nsique de Geminiani.\n1755. Le Triomphe de Vamour conjugal.\niys6. La Conquête de Thamas-Kouli-Khan.\n1757. La Constance couronnée, musique de Sodi.\nCe répertoire est fort peu connu. M. de Soleinne possédait quelques-\nuns des programmes de Servandoni (3).\nCes représentations avaient cessé et la salle des Machines était inoc-\ncupée, quand le théâtre de l'Opéra, situé au Palais-Royal, fut incendié\n\n(1) L'Amateur d'autographes, 4E année, p, 76.\n(2) PARFAIT, Histoire du Théâtre françois, t. XI, p. 126.\n(3) Catalogue Soleinne, t. 111, p. 243."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.20", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2630, "texte": "le 6 avril ij6i (i). On donna des concerts français dans la salle de con-\ncert des Tuileries, située dans le pavillon de Flore, qui avait déjà servi\nau concert spirituel, et pendant ce temps on fit construire par Soufflot,\narchitecte du Panthéon, une salle provisoire sur l'emplacement du théâ-\ntr, des Machines. Cette salle reproduisait à peu près les dispositions de\ncelle qui venait d'être détruite. On avait tenu à ce que le nombre des\nloges fût le même afin d'éviter toute difficulté avec les abonnés. Le seul\nplan que nous en connaissions, et qui est reproduit ci-contre, est un\nplan manuscrit de Brebion faisant partie d'un projet d'établissement de\n1 Opeia sur la place du Carrousel (2). Brébion avait, en qualité d'inspec-\nteui, aidé Soufflot dans la construction de cette salle.\nOn voit par le plan que la salle et la scène furent édifiées sur le seul\nemplacement de l'immense scène du théâtre des Machines, dont la salle\nlut conserves et séparée par un mur de l'Opéra provisoire. Les frais de\nconstruction, d'abord évalués à 250,000 livres, s'élevèrent à 409,555\nlivres.\nL ouveituie eut lieu le 5 janvier 1764. Elle était impatiemment atten-\ndue et déjà, depuis quelque temps, tout était retenu d'avance pour plu-\nsieurs mois (3). Il y avait trois rangs de loges surmontés d'un amphithéâ-\ntre, la décoration était à fond vert tendre avec ornements rehaussés d'or.\nLa scene était plus vaste que celle des différents théâtres qui avaient été\nconstruits jusqu'alors à Paris. On trouva plusieurs défauts à la salle.\nLe parterre était trop élevé, les premières loges avançaient trop, etc.\nPendant la clôture annuelle on fit diverses améliorations, et en somme,\n1 édification du théâtre des Tuileries constitua un progrès réel sur celui\ndu Palais-Royal. La sonorité y était excellente, ce que l'on attribuait au\npeu d espace laissé entre les murs et les parois de la salle.\n\n(1) \\Ol ci l'indication des différentes salles occupées par l'Opéra depuis son origine\n19 mars 1671. 3o mars 1672. Jeu de Paume de la Bouteille, rue Guénégaud.\n1672. Jeu de Paume du Bel-Air, rue de Vaugirard.\n1673-1763. Première salle du Palais-Royal (incendiée)..\n1/64-1770. Salle provisoire des Tuileries.\n1770-1781. Deuxième salle du Palais-Royal (incendiée).\n1781. Salle provisoire aux Menus-Plaisirs.\n1781-1794. Salle de la Porte-Saint-Martin.\n1794-1820. Salle de la rue Richelieu.\nDe 1820 à 1821, quelques représentations furent données dans la salle Favart et\ndans la salle Louvois.\n1821. Salle de la rue Lepelletier.\n(2) Archives nationales, 01,Ol, 1707.\n(3) Mémoires secrets de Bacliaumont, t. I, p. 341#"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.22", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "Parmi les ouvrages nouveaux qui furent représentés aux Tuileries,\nnous citerons :\nAline, 7 eine de Golconde, de Sedaineet Monsigny (i 5 avril 1766).\nSylvie, de Laujon, musique de Berton et Trial, C'est dans cet opéra\nque d Auberval et mademoiselle Allard obtinrent le plus vif succès en\ndansant le pas de deux qui fait le sujet de la gravure reproduite par la\nChronique musicale. Cette curieuse estampe fera comprendre mieux\nque toutes les descriptions ce qu'étaient à cette époque la danse et le cos-\ntume à l'Opéra (1).\nThésée, musique nouvelle de Mondonville (i 3 janvier\n1767).\nErnelinde, princesse de Norvège, de Poinsinet et Philidor (24 no-\nvembre 1767).\nDaphnis et Alcimadure, traduit en français par Mondonville (7 juin\n1768). La première représentation avait eu lieu en 1754, avec des paro-\nles languedociennes. Mondonville était également l'auteur de la musi-\nque. M. Jeliotte et mademoiselle Fel chantèrent ce patois harmonieux\ndont l'air de Daphnis pourra donner une idée :\nPoulido Pastourelo,\nPerléto das amous,\nDe la roso noubelo\nEsfaçats las coulons ;\nPerqué siéts vous tan belo,\nE'yéu tan amourous,\nPoulido Pastourelo,\nPerléto das amous,\nBen que me siats cruélo\nYéu n'aymaréy que bous.\nIl paraît toutefois, par la reprise de 1768, que Ton crut bon d'en re-\nvenir aux paroles françaises.\nOmphale, de Lamotte, nouvelle musique de Cardone (2 mai 1769).\nPsyché, de Molière et Corneille, nouvelle musique de Mondonville.\nier octobre 1769. —Il est assez curieux de retrouver sur ce théâtre le\npremier ouvrage qui ait été joué pour l'inauguration de la salle des\n\n(i) Dans cette année 1767, le 9 mars, les spectacles fermèrent pour les prières de\nquarante heures ordonnées pour Madame la Dauphine. Le registre de l'Opéra fait\nremarquer que c'est la première fois que l'on ferma pour les prières dans les mala-\ndies des princes."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "T uileries, sous Louis XIV. Ce fut aussi l'un des derniers que l'Opéra y\nreprésenta. La clôture delà salle provisoire eut lieu le 23 janvier 1770.\nElle avait donné asile à l'Académie royale de musiquependant six ans.\nA 1 Opéra succéda alors la Comédie-Française, qui abandonna son\nthéâtre de la rue Neuve-des-Fossés, depuis rue de l'Ancienne-Comédie.\nOn lit dans les Mémoires secrets :\n« 24 avril 1770. Les comédiens françois ont ouvert hier leur théâtre\nsur la salle des Tuileries que quitte l'Académie Royale de musique;\ncette translation qu'on croyoit devoir être fort tumultueuse dans ce\npavs-ci, où tout fait époque et excite la curiosité, n'a eu rien d'extraor-\ndinaire, que beaucoup de critiques auxquelles elle a donné lieu. La dif-\nférence du genre des spectacles exigeoit naturellement du changement\net l'on a jugé digne de la magnificence Royale de faire supporter ces frais\nà S. M. La précipitation que l'on a mise à ce bouleversement peut seule\nexcuser les restaurateurs de la salle. On leur reproche des bévues énor-\nmes de toute espèce, mais surtout d'avoir rompu l'harmonie qui régnoit\ndans la disposition des loges pour en augmenter le nombre, d'avoir\nreculé le théâtre, ce qui produit l'effet le plus révoltant, prolonge trop\nla salle et la rend très sourde pour le fond de l'amphithéâtre. Ce sont les\nMenus qui ont présidé à ces changements, de concert avec les comé-\ndiens que l'intérêt seul a guidés (1). »\nLe répertoire de la Comédie-Française n'est pas du domaine de la\nChronique Musicale ; aussi, parmi les nombreux ouvrages représentés à\nla salle des Tuileries nous nous contenterons de citer\nde Diderot (1771); Le Barbier de Sév qui devait inspirer\nplus tard le génie de Paisiello et de Rossini; de Voltaire f 1778),\ndont la représentation fut signalée par le triomphe décerné publique-\nment à l'auteur et le couronnement de son buste en sa présence.\nAu mois d'avril 1782, la Comédie-Française quitta les Tuileries pour\nprendre possession du nouveau théâtre qu'on venait de lui construire\nsur les terrains de l'hôtel de Condé : c'est la salle de l'Odéon actuelle.\nPendant quelques années, la salle des Tuileries resta inoccupée de\nnouveau, puis la musique y fit sa rentrée.\n« Antié (Léonard) coiffeur de la reine, profite de son crédit auprès de\ncette princesse, pour obtenir le privilège d'un théâtre d'opéra italien\ndont il confia l'organisation et la direction au célèbre violoniste et com-\npositeur Viotti. L'Académie Royale de Musique s'alarme de cette riva-\nlité naissante, elle en écrit au baron de Breteuil. Ce ministre lui répond,\n\n(i) Mémoires secrets, t. V. p. 121."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.24", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "le 9 juillet 1788, que ce théâtre doit être établi d'abord aux Tuileries,\nen attendant la construction d'une salle projetée, mais qu'il sera tribu-\ntaire de l'Académie Royale, comme les autres entreprises dramatiques\nde Paris, et lui paiera chaque année une redevance de 30,000 livres.\nCette nouvelle société s'appuya du patronage de Monsieur, frère du\nroi » (1).\nLes principaux artistes de la compagnie italienne étaient Raffanelli,\nbuffo caricato, Rovedino, buffo cantante ? Mandini, Viganoni, Men-\ngozzi, Mesdames Morichelli, Baletti, Mandini.\nCherubini, Ferrari, qui tenait le piano dans l'orchestre, furent char-\ngés par Viotti de composer des morceaux nouveaux intercalés dans les\nopéras italiens. D'après Gastil Blaze, Cherubini fournit quarante-trois\ncompositions de ce genre.\nLes Italiens ouvrirent leur spectacle le 26 janvier 1789, par le Vicende\namorose, de Tritto.\nUne société française alternait à ce même théâtre avec la troupe\nlienne. Elle jouait des opéras ou traduits ou nouveaux. Voici quel fut\nson répertoire :\nLe Marquis de Tulipano, de Paisiello, traduit par Gourbillon, 28\njanvier 1789.\nLa Feinte jardinière, d'Anfossi, traduite par Bralle, 5 février.\nL'Antiquaire, d'Anfossi, traduit par M***, 9 mars.\nOrgon dans la lune, de Paisiello [Il credulo burlato) , 27 avril, tra-\nduit par Lépidor.\nLe Nouveau Don Quichotte, 3 actes, paroles de Boissel, musique de\nChampein, 25 mai.\nLlnfante de Zamora, parodiée sur la musique de la Frascatana, de\nPaisiello, par Framery, 22 juin.\nPandore, paroles de Daumale de Corsenville, musique de Beck,\n2 juillet.\nVile enchantée, de Sedaine de Sarci, dit le petit Sedaine, musique de\nBruni, 3 août.\nLes Fourberies de Marine ou le Tuteur juge et partie, de Rosoy,\nmusique de Piccini, 21 septembre.\nLe privilège de ce théâtre avait été accordé pour trente ans, et les ac-\ntionnaires avaient dépensé 250,000 livres pour réparer la salle ; au bout\nde huit mois et demi, le 6 octobre 1789, l'arrivée de Louis XVÏ à Paris\neut pour conséquence la fermeture du théâtre. La troupe se réfugia pen-\n\n(1) CASTIL BLAZE, l'Opéra-Italien, p. 260"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "dant quelque temps à la salle de Nicolet, foire Saint-Germain. Elle\noccupa ensuite le théâtre Feydeau, construit pour elle.\nOn trouvera dans Y Opéra italien de Castil Blaze (pages 263 et sui-\nvantes) des détails sur les pièces italiennes qui furent représentées pen-\ndant ces huit mois. Nous citerons seulement les principales :\nTeodoro (lévrier 1789), la Serva (mars),\nangustie (mai), Il Barbiere di Sivigde Paisiello (juillet). Nous\navons déjà fait remarquer que la pièce française avait été représentée\npour la première fois sur ce même théâtre des Tuileries.\nLes événements politiques se précipitaient. Après la journée du 10\naoût 1792, la salle des Machines, transformée, conformément au décret\nde l'Assemblée législative du i 5 septembre 1792, devint la salle des\nséances de la Convention nationale. Il ne nous appartient plus de re-\ntracer les événements qui s'accomplirent dans cette enceinte. On y pro-\nclama la République, on y prononça la sentence de mort de Louis XVI ;\nla Convention y tint ses séances jusqu'au 4 brumaire an IV.\nIl nous était réservé de voir, à Versailles, une salle de spectacle con-\nstruite de même dans le palais du souverain, transformée, de même aussi,\nen salle d'Assemblée nationale.\nEn 1804, les gradins, la tribune, qui existaient encore avec les emblèmes\ndu temps, faisceaux,, haches de licteurs,, etc., furent détruits sous la\ndirection de MM. Percier et Fontaine. C'est alors que furent construites,\nsur cet emplacement, la chapelle des Tuileries, la salle d'assemblée du\nConseil d'État, où fut élaboré le code Napoléon, et enfin la salle de\nspectacle des Tuileries; on revenait ainsi, en partie, à la destination\npremière et les chanteurs, ainsi que les comédiens de l'Empereur ou du\nRoi, jouèrent sur ce théâtre dans les représentations de la cour.\nDans les dernières années de l'Empire, on avait le projet de refaire\ntoute cette partie et de reporter la salle de spectacle dans l'aile nord,\nentre la rue de Rivoli et la place du Carrousel. On sait ce qui est arrivé\ndepuis: l'incendie a détruit tout ce qui pouvait rester à l'intérieur de\ntant de constiuctions diverses 5 on démolit maintenant les gros murs\nqui, seuls, avaient résisté 5 déjà la façade qui donnait sur le Carrousel\nest tombée; celle qui donne sui le jardin tombera dans quelques jours,\net, de cette vaste salle des Machines, où, pendant deux siècles, résonnè-\nrent tant de voix et se succédèrent tant de spectacles, il ne restera plus\nque des souvenirs.\n\nCH. NUITTER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c011", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.3.3", "titre_corps": "DAUBERVAL ET Mlle ALLARD dans le second acte de Sylvie. (1767)", "titre_sommaire": "DAUBERVAL ET Mlle ALLARD dans le second acte de Sylvie. 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Il semblait que jamais on ne pourrait trouver plus\nde profondeur et de finesse, plus de soin, et plus de perfection, plus\nd'harmonie et un contrepoint plus riche que dans le début du troisième\nacte. Un violon, capable d'exécuter sans faute l'entr'aete d'Atjrs, tenait\nle premier rang parmi les virtuoses , pourvu, toutefois, qu'il poussât\nl'amour de l'art jusqu'à vouloir bien ôter ses gants pour jouer.\nUn jour, le roi, désireux de connaître tout ce qui, en Europe , avait\nquelque renom et quelque gloire, apprit qu'un certain violoniste saxon,\nnommé WhestofF, se faisait fort applaudir en Allemagne et en Angleterre.\nIl le fit venir près de lui, et celui-ci donna une séance musicale à la cour\nau mois de décembre 1682. Son succès fut immense; le roi le félicita vive-\nment, et voulut bien donner lui-même le nom de La guerre à un pas-\nsage de sa sonate en la. On parla beaucoup de l'artiste, et le Mercure\ngalant publia deux de ses morceaux, la sonate que nous avons citée plus"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "haut et une suite pour violon que nous reproduisons d'après Y original\ndans ce numéro.\nIl faut le dire, ces deux morceaux durent avoir un vif succès, même\ndans les pays où la musique de violon était plus avancée qu'en France.\nLa sonate,, écrite pour violon seul avec basse chiffrée, est d'un très bon\nstyle et d'un très bon sentiment mélodique; la basse est ferme, em-\npreinte d'une certaine majesté et d'une harmonie variée et nombreuse ;\nquant à la partie de violon, elle commence par un andante en la et en\nquatre temps, fort mélodiquement dessiné, qui se développe ensuite en\nvariations charmantes et très bien écrites; puis vient un adagio en trois-\ndeux, puis le passage en quatre temps, appelé La guerre par le roi ( La\nguerra, cosi nominata di Sua Maesta). Le morceau se terminepar un\ncontrepoint à deux parties en six-quatre, écrit avec un grand soin et\nune grande pureté.\nLa suite de violon qui accompagne cette notice est presque toute\nécrite en contrepoint à deux et à trois parties. A part quelques licences\nqui trouvent leur excuse dans la difficulté de l'exécution, le style est\npur et correct.\nJohann Paul von Whestoff était né à Dresde en 16 56. Son père, un\nancien capitaine de cavalerie suédoise, était, dans cette ville, musicien\nde chambre et violoniste. Whestoff, tout en développant son talent de\nmusicien et de violoniste sous la direction de son père, apprit l'italien, le\nfrançais et l'espagnol, et, en 1671, il était suffisamment versé dans la\nconnaissance de ces trois idiomes pour prendre auprès de l'électeur de\nSaxe l'emploi de maître de langues. Il quitta cette place en 1674 et se\nrendit à Lubeck, ville natale de son père, puis il remplit à la cour de\nDresde les fonctions de musicien de la chambre de Jean-Georges 11.\nChassé par la peste en 1679, il fit un voyage en Suède ; mais, dans cette\nmême année, il fut nommé, par le général impérial de Schultz, enseigne\naux gardes du corps et en cette qualité combattit contre les Turcs. Après\nla guerre, il vint reprendre sa place auprès de l'électeur Jean-Georges,\nmais pour peu de temps, et commença un premier voyage musical en\nAngleterre, en France et en Italie, voyage où il reçut le meilleur accueil,\nparticulièrement du roi de France et du grand-duc de Toscane. Il arriva\nà Yienn.e en 1684, et, là, l'empereur lui mit autour du cou une lourde\nchaîne d'or. Bientôt il reprit ses voyages à travers l'Angleterre, la\nHollande, la basse Allemagne, le Brabant et les Flandres, pour reve-\nnir à Dresde en 1685. Il alla ensuite à Wittemberg y remplir les fonc-\ntions de professeur de langues étrangères. Lorsqu'il mourut, en avril\n1705, il était secrétaire de chambre et musicien du grand-duc de Wei-"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.28", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "mar. On a de sa composition six sonates pour solo et basse\ncontinue, publiées à Dresde à ses frais, en 1694.\nFëtis n'a pas nommé ce musicien dans sa biographie, mais Gerber,\nWalther et Wolf en parlent dans leurs dictionnaires, et c'est à eux que\nj'ai emprunté les détails qui précèdent.\nAu moment où Whestoff faisait son voyage en Europe, l'étude du\nviolon entrait en pleine voie de progrès ; seule, la France restait en ar-\nrière et ne fît que peu de progrè.s jusqu'au jour où les Duval, les Se-\nnaillé, les Le Clerc, les Baptiste et les Guignon, s'inspirant deCorelli et\ndes grandes traditions italiennes, vinrent créer l'école française de vio-\nlon, une des gloires de notre musique. Depuis Baltazarini, dit Beau-\nJoyeux (1582) , le violon avait fait son entrée définitive dans les\ngrandes représentations de cour, mais il était toujours resté relégué\nentre les mains des musiciens médiocres et des ménétriers. Lulli avait\nessayé de le relever, mais soit qu'il ne fût pas suffisamment versé dans\nson art, soit que les Français fussent trop arriérés pour profiter de ses\nleçons, les progrès avaient été bien lents, et, à l'époque qui nous oc-\ncupe, nous ne trouvons pas de violonistes que nous puissions citer avec\nhonneur. Vingt-cinq ans après Lulli, Montéclair publia la première\nméthode de violon en français, en 1712; cette méthode, bien petite\ndans ses proportions, nous donne une pauvre idée des instrumentistes\nde la fin du dix-septième et du commencement du dix-huitième siècle.\nD'après Montéclair, la limite du violon est fixée à Yut au-dessus de la\nportée, et les plus timides arpèges sont considérés comme de réelles\ndifficultés.\nOn voit que nous ne sommes pas encore bien loin de penser comme\nMersenne, qui, en 1656, citait avec admiration et considérait comme\nexcellents violons, maîtrisant bien leur instrument, ceux qui pouvaient\nfaire monter chaque corde à l'octave par le moyen du manche.\nPendant longtemps l'Angleterre avait marché du même pas que la\nFrance dans la science du violon. Charles 11, qui avait longtemps\nvécu dans notre pays résolut, à son retour en Angleterre, d'imiter le\ngrand roi et d'établir une bande de violons ténors et basses à côté de\nl'orchestre de violes, luths et cornets dont on usait à cette époque à la\ncour.\nLe premier maître de la bande de Charles II fut Nicolas Lanière, un\nItalien, qui ne survécut que peu de temps à la restauration. A sa mort,\nMatthews Lock remplit ces fonctions aux appointements de deux cents\nlivres par an ; mais, en 1673, Cambert, l'auteur de Pomone, celui qui,\non le sait, avait précédé Lulli dans la surintendance de l'Académie de"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "musique à Paris, vint en Angleterre et prit le titre de maître de la\nBande du roi Charles 11. A partir de cette époque, la musique de vio-\nlon prit une plus grande importance et conquit une place honorable au\nthéâtre, à la cour et dans la chambre. Bientôt, une phalange de vir-\ntuoses s'élança dans l'arène qui était ouverte, et le violon ne tarda pas\nà se montrer sous son véritable jour.\nIl faut le dire, cette révolution qui s'était opérée par degrés était due\nen grande partie aux artistes italiens et allemands qui étaient venus en\nAngleterre. A la fin du règne de Charles 11, une violente réaction s'était\nfaite contre la France, contre sa politique, contre les arts qui venaien\nd'elle, en un mot, contre tout ce qui touchait, de près ou de loin, à\nnotre pays. Ce fut alors que la musique française perdit définitivement\ntoute la faveur publique pour faire place à la musique italienne et alle-\nmande.\nDéjà en 1658, il était venu en Angleterre un Allemand de Lubeck,\nnommé Baltzar. Cet artiste s'était fait entendre à Oxford et avait excité\nl'admiration des plus savants docteurs en musique. Burney (i), en citant\ndes mémoires du temps, nous donne une idée de l'effet produit par Bal-\ntzar: « Alors on le vit faire courir ses doigts jusqu'à l'extrémité du man-\nche et les ramener insensiblement en arrière, le tout rapidement et avec\nune grande justesse, ce que jamais on n'avait vu en Angleterre. » Son\ndoigter, la justesse et la rapidité de son exécution, tout parut merveil-\nleux et Wilson, professeur de musique à l'Université et l'une des plus\ngrandes autorités musicales de l'époque, se baissa, en plaisantant, pour\nvoir si le virtuose n'avait pas le pied fourchu. Jusqu'à Baltzar, Davis\nMell avait été considéré comme le premier violon de l'Angleterre, mais\nil perdit rapidement de son prestige, bien qu'il eût sur le violoniste alle-\nmand l'avantage de jouer avec plus de sentiment et de ne pas s'enivrer,\najoute Burney. Baltzar mourut à Londres des suites de ses excès et fut\nenterré dans le cloître de l'abbaye de Westminster,le 27 juillet i 663.\nHawkins (History of Theory and Pratice ofmusic, p. 682, éd. 1853)\na donné une sarabande de Baltzar pour violon seul, sans basse continue.\nMalgré l'énorme succès de Baltzar, son talent n'était pas de ceux qui\ndevaient exercer unegrandeinfluence sur l'école de violon en Angleterre.\nIl n'avait encore rien publié, et les difficultés qu'il se plaisait à surmonter\nétaient plus faites pour étonner que pour charmer; il eut donc peu d'i-\nmitateurs. Nous aurons à reparler de cet artiste au sujet des musiciens\nallemands, mais nous ne pouvons finir cette courte esquisse de l'histoire\n\n(1) BURNEY, A général History of music, t. 111."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.30", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2758, "texte": "du violon en Angleterre sans nous arrêter un instant sur Nicolas\nMattheis, un Italien, qui créa véritablement l'artdu violon chez nosvoi-\nsins d'outre-Manche. Nicolas Mattheis était arrivé en Angleterre fort\npauvre vers la fin du règnedeCharles 11. Malgré de puissantes protec-\ntions, son caractère difficile, sa fierté quelquefois mal placée, retardèrent\nbeaucoup son succès. Cependant des amis, parmi lesquels on comptait\nle duc de Richmond, Walgran, le prodigieux archiluth, sir Roger l'Es-\ntrange, habile violiste et le sous-secrétaire Bridgmann « qui accompa-\ngnait si bien sur le harpsichorde » finirent par triompher du public et de\nl'artiste lui-même qui tint pendant longtemps le premier rang en An-\ngleterre. Mattheis opéra une véritable révolution; ce que Corelli fit plus\ntard en Italie, il le fit dans son pays d'adoption. Son coup d'archet, sa\nmanière de triller, et surtout son style, étaient surprenants. Ses compo-\nsitions qui avaient le plus grand succès étaient très bien écrites, et Burney\ndit qu'il ne fut dépassé en ce genre que par Corelli. Il eut un très grand\nnombre d'élèves qui popularisèrent sa méthode et pour lesquels il écrivait\nsa musique. Ses pièces sont les premières qui aient été gravées en Angle*\nterre.\nAprès Mattheis, l'Allemand Finger, venu sous le règne de Jacques 11,\ncontinua chez les Anglais les bonnes traditions du violon.\nOn le voit, au moment où Westhoff faisait dans ce pays son voyage\nmusical, le violon y était cultivé avec éclat, et son talent, bien que fort\napprécié, ne dut pas paraître, comme en France, une nouveauté tout à\nfait extraordinaire.\nC'était à l'ltalie que l'Angleterre et la France devaient, à deux degrés\nbien différents, l'art et la science du violon. I] serait trop long\nd'étudier ici les violonistes qui, insensiblement, par des efforts con-\ntinus, avaient su amener l'art du violon des essais timides de Baltaza-\nrini et de Monteverde aux œuvres fermes, bien conduites et bien com-\nposées de Corelli. Montaigne, dans son voyage en Italie en isßo, avait\nentendu à Vérone la messe, le jour delà Toussaint, exécutée avec orgue\net violons. Quagliati passe pour avoir le premier, à Rome, employé le\nviolon dans l'église, en 1606. Carlo Forina, de Mantoue, violoniste au\nservice de l'électeur de Saxe, avait écrit des pavanes et des sonates pour\nle violon, en 1628. A l'époque d'Allegri, le violon était très répandu en\nItalie et ce maître ne contribua pas peu à ses progrès. A ce moment les\nnoms célèbres se pressent en foule sous la plume de l'historien. Legrenzi,\nStradella, non-seulement chanteur et compositeur de génie, mais\nvioloniste remarquable qui écrivit beaucoup pour son instrument, Giu-\nseppe Torelli, de Vérone, Giuseppe Valentini, Antonio Veracini, oncle"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.31", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2819, "texte": "et maître du célèbre Maria Veracini. Enfin Giambatista Bassani, de\nBologne. Ce dernier fut un des plus grands violonistes de son temps e,\nle maître de Corelli. Il avait introduit dans ses sonates,, dit Burney,\nbeaucoup des nouveautés qu'on attribua depuis à Corelli, comme le\npizzicato et le staccato. Enfin Corelli, né en i653_, termine avec éclat la\npériode d'enfantement d'où devait sortir une si brillante école, et inau-\ngure une ère nouvelle dans Fart du 'violon. En enseignant le premier la\nvraie position de la main, en fixant des lois sur la manière détenir l'ar-\nchet, il avait donné au doigter cette légèreté et cette indépendance sans\nlaquelle toute exécution est impossible. Dans ses compositions, il sut\nécrire pour son instrument sans tomber dans des exagérations de diffi-\ncultés dont nous trouvons des exemples dansßiber, dans Baltzar et dans\nWesthoff, et en créant définitivement le concerto, il avait ouvert à l'art\nune voie inconnue.\nLorsque Corelli écrivit ses concerti grossi, en 1712, ce n'était pas la\npremière fois que ce mot faisait son apparition dans la langue musicale.\nAgostino Agazzari, d'une noble famille de Sienne et élève de Viadana, un\ndes créateurs delà basse continue, avait donné à ses œuvres, au commen-\ncement du dix-septième siècle, le titre de concerti, mais ce mot signifiait\nseulement psaumes concertants ou psaumes avec accompagnement de\nviolon. Beaucoup d'autres compositeurs avaient employé cette expres-\nsion pour désigner des œuvres vocales avec accompagnement. Le mot\nconcerto, dans le sens propre de pièce pour un instrument principal,\navait été employé pour la première fois pas Bargaglia, violoniste napo-\nlitain dont parle Ceretto et qui vivait pendant la seconde moitié du\nseizième siècle. C'est dans une œuvre instrumentale de ce compositeur\nintitulée Trait anime nti ossia divertimenti da suonare (Venise, 1587) que\nle mot concerto est pris dans le sens que nous lui connaissons. Ce\nne fut qu'en 1709, avec Torelli, que le concerto commença à prendre la\nforme moderne. Les pièces de Torelli sont intitulées Concerti grossi\ncon una pastoraleper il santissimo natale, mais c'est de 1712, époque\nde la publication des concerti grossi de Corelli, que date véritablement\nce genre de composition. La musique de ce maître n'est pas rare dans\nles bibliothèques, et Y Art du violon de Cartier contient plusieurs frag-\nments de ses œuvres. Il est à remarquer que ces pièces contiennent plus\nde difficultés de style que de difficultés d'exécution, surtout si on les\ncompare aux œuvres de Baltzar, de Whestoff et de Biber, bien qu'elles\nsoient d'une date plus récente. Le style du grand maître est peu sur-\nchargé de formules scholastiques sans pour cela être moins pur et moins\ncorrect, et surtout la mélodie plus allégée et plus vive? gagne en élé-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.32", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2526, "texte": "gance et en expression, ce qu'elle semble perdre en accompagnements.\nEn Allemagne, les progrès de Part du violon s'étaient opérés en aehors\ndes maîtres italiens, et pendant tout le dix-septième siècle, cet instrument\ny avait été plus en honneur que dans toute autre partie de l'Europe.\nOn peut en juger par le nombre de virtuoses, de compositeurs et de\ncompositions que Walther a mis dans son dictionnaire. De 1640 à 1644,\nJean Schopp publia des pavanes (paduanas), des gaillardes, des alle-\nmandes, etc. C'étaient des compositions vocales accompagnées de vio-\nlons. Knerler, Conrad Stenecken, Dietrich Becker, Jean-Jacob Walther,\nJacob Schweiffelbut remplirent l'Allemagne de leur renommée. De tous\nles violonistes allemands du dix-septième siècle, Biber paraît avoir été\nle plus original, on peut même dire le plus fantasque. A une époque\noù Pemploi des doubles, triples et quadruples cordes était tant à la mode,\nil exagéra encore ce genre d'effet. Pour faciliter la lecture de sa musi-\nque, il avait imaginé de l'écrire sur trois portées, de telle sorte qu'un\nmorceau pour violon seul était disposé graphiquement comme une pièce\npour deux violons et basse. Un ouvrage de ce musicien, intitulé Fidici-\nnum sacroprophanum, consiste en 12 sonates à quatre et à cinq parties\nqui doivent être jouées par trois instruments seulement. Son troisième\nœuvre qui a pour titre : Harmonia artificioso-curiosa, publié à Nurem-\nberg, est tout entier composé de pièces à six parties écrites pour trois\ninstruments à cordes. On appelait ce dernier genre Dapifer, c'est-à-dire\nporte-drapeau. Un autre violoniste, Finger, né vers 1660, tint aussi\nen Allemagne un rang distingué, et passa, en 1685, en Angleterre où\nsa réputation égala presque celle de Baltzar qui Pavait précédé. Ses\ncompositions demandaient une moins grande habileté d'exécution que\ncelles de Baltzar, et elles produisaient peut-être moins d'effet, mais\nelles étaient plus mélodiques et se rapprochaient davantage de celles de\nCorelli et de Bassani.\nVoilà en quelques mots quelle était la situation du violon en Europe\nlorsque Whestoff vint à la cour de France et lorsqu'il publia la suite\nque nous reproduisons.\nCet artiste tenait en Allemagne et en Angleterre un rang des plus dis-\ntingués, son talent de virtuose était remarquable, ses compositions\ningénieuses et bien écrites, aussi explique-t-on facilement le brillant\nsuccès qu'il obtint à la cour du roi Louis XIV.\nH. LAVOIX fils.\nAvant de mettre la composition de Whesthoff sous les yeux de nos"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "lecteurs, il ne sera peut-être pas inutile de donner quelques explications\nsur l'exécution du morceau. Autorisé par une note du Mercure qui\ndit que l'auteur n'a pas pu corriger ses épreuves et que plusieurs\nerreurs se sont glissées dans la gravure, nous avons cru pouvoir faire\ndisparaître quelques fautes trop évidentes sans changer le caractère du\nmorceau. Aidés dans ce travail par M. Giraudie, violoniste de l'Opéra-\nComique, qui a bien voulu se charger de marquer le doigter dans quel-\nques passages, nous avons fait des changements purement graphiques,\nqui, sans altérer l'original, étaient nécessaires pour en faciliter la\nlecture.\nToutes les notes syncopées au premier temps de la mesure, particu-\nlièrement dans le prélude et dans la courante, sont représentées dans le\nMercure par des points qui ont dans la mesure leur valeur rhythmique\nsuivant la valeur de la note réelle qui les suit.\nLe sol dièze porte toujours son signe d'altération. Ce surcroît\nde précaution était généralement adopté pour les sensibles de tous les\ntons.\nDans l'original, les bécarres qui suivent une note altérée sont réguliè-\nrement remplacés par des bémols, comme dans le prélude et dans sa\ndiminution, qui n'en est que la reproduction mélodique sous forme d'ar-\npéges. Nous avons préféré ces signes modernes à cette écriture un peu\ncompliquée.\nLa croix placée sous une note signifie tremblement et non trille.\nLa mesure en -j—indiquée pour la sarabande est fréquente dans la\nmusique de ce temps. Les Italiens l'appelaient tripola maggiore et les\nFrançais triple majeur, ou grand ou triple de ronde ou triple de\ntrois pour une ainsi nommée, parce que les brèves ou carrées et les semi-\nbrèves ou rondes qui sont des notes de longue valeur y dominent et qu'on\ndoit en battre la mesure gravement et lentement. Dans cette mesure,\nl'unité de temps est la carrée pointée qui vaut trois rondes.\nNous ne pouvons mieux finir ce paragraphe qu'en remerciant de\nnouveau M. Giraudie, qui a bien voulu nous prêter le concours de son\nexpérience de virtuose.\n\nH. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c017", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.5", "titre_corps": "SUITE pour le VIOLONS(*) SANS BASSE CONTINUE", "titre_sommaire": "SUITE pour le VIOLONS(*) SANS BASSE CONTINUE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 113, "texte": "SUITE pour le VIOLONS(*)\nSANS BASSE CONTINUE\npar M. 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CH. MEERENS. Edition fac-\nsimile des chansons de Ronsard, mises en musique par Nicolas de la Grotte, par\nM. A. DE ROCHAMBEAU. Un Musicien en vacances, par M. EUGÈNE GAUTIER.\nANS une substantielle brochure intitulée : Le Diapason\net la notation musicale simplifiés, M. Charles Meerens\nprésente au public une série de réformes constitution-\nnelles qu'il avait originairement soumises à l'exa-\nmen des Académies de Bruxelles et de Lille. Une\nmousqueterie assez nourrie qui s'est engagée entre\nChai les Bannelier et Meerens dans la Galette musicale a déjà prévenu\nles didacticiens de l'apparition de cet intéressant opuscule.\nM. Meerens essaye d'abord d'éclaircir la question du diapason.\nRésumons brièvement l'ensemble des considérations qu'il expose en\nlaveur de sa thèse. D après lui, la Commission réunie à Paris en x 858\npour déterminer un étalon sonore universel, loin d'avoir atteint son\nbut, n'a fait qu'augmenter la discorde dans le camp des musiciens. Le\ndiapason ancien et le diapason nouveau sont en querelle perpétuelle :\ntelle société musicale s'en tient à l'ancien diapason parce qu elle ne\ncroit pas à l'orthodoxie du moderne; tel virtuose, accompagné par un"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.39", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2572, "texte": "orchestre, est obligé de déposer au dernier moment l'instrument qui lui\nest familier pour un instrument d'emprunt; tel chanteur perd la tra-\nmontane devant un la qui lui paraît excentrique; tel facteur de piano\nse voit retourner l'envoi qu'il avait fait la veille : autre ville, autre\ndiapason.\nAvant 1858, la différence d'intonation des la généralement employés\nvariait de 890 à 910 vibrations par seconde : l'écart extrême était de\n20 vibrations, et la moyenne presque imperceptible. Aujourd'hui\nque le diapason normal a été fixé à 870 vibrations, la difficulté de mettre\nd'accord deux orchestres jouant l'un à l'ancien diapason, 1 autre au\nnouveau, s'est accrue de vingt degrés en plus. Il était urgent, dira-t-on,\nde mettre un frein à l'ascension croissante du diapason; il était conforme\naux intérêts d'une sage sonorité de le baisser d'un quart de ton :\nM. Meerens ne conteste pas le point, mais il nie qu'on ait eu le droit de\nl'arrêter au chiffre de 870 vibrations par seconde : « Ce nombre de\n870 vibrations, dit-il, ne provient que d'une circonstance toute fortuite.\nParmi les spécimens soumis à l'examen de la Commission se trouvait\nun vieux diapason de Carlsruhe ; il était le moins élevé, et le nombre de\n870 vibrations qu'il donnait par h\ntonalité qui devait régler l'art dans le monde entier. Et telle est la\nseule raison d'être de ce nombre typique. » Le vrai diapason théorique,\nd'après M. Meerens, est de 864 vibrations, et il en coûtait peu d'être\nlogique avec la science, car la différence de 864 à 870 vibrations se ré-\nduit à un demi comma, valeur inappréciable.\nMathématiquement et physiquement, voici comment M. Meerens\ndéduit la raison d'être du diapason qu'il propose. Rien n'argumente\nplus vigoureusement que les chiffres.\nLe diapason repose sur une triple base : le le et la\nnote, puisque la note est le résultat d'un nombre de vibrations exécutées\npendant un temps donné. La mesure conventionnelle du temps est la\nseconde; le point de départ du nombre est 1 unité, la tonique ut de la\ngamme est évidemment la note-type de l'intonation primordiale.\nLe son qui proviendrait d'une vibration par seconde, s'il était percep-\ntible, serait un ut.L'octave de cet u serait puissance 2 vibrations,\nl'octave suivant ut 4 v., puis utB v., puis 16 v., 32 v.; 64 v.,\nut 128 v., et ainsi de-suite. On arrive ainsi à 1 octave comprise entre\nl'ut 512 et Yut 1024.\nLe problème serait déjà résolu si Yut était la note requise pour servir\nde diapason; cette note étant le la,c'est le ela dixième octave qui est\nle la du véritable diapason."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.40", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "Or, ce la correspond à la quarante-cinquième fourchette du tonomètre,\nétabli par Kœnig d'après l'invention de Scheibler, et sonne précisément\nà 864 vibrations. Tel est le système auquel M. Meerens a déjà rallié un\ngrand nombre de savants. Et il ajoute à sa démonstration un exemple\nfrappant : « Pourquoi, dit-il, les musiciens voudraient-ils que le mètre,\nqui constitue le principe de tout le système des poids et mesures, vaille\nexceptionnellement pour eux un mètre et une fraction comme 1 m. o5 ? »\nNotez dans tout ceci que M. Meerens ne prend pas des façons de révo-\nlutionnaire; c'est simplement un comptable formaliste qui ne veut pas\nd'additions arbitraires, Terreur ne dût-elle rouler que sur des millièmes,\net qui cuide bonnement qu'en harmonie comme en comptabilité les bons\ncomptes font les bons amis.\nDans la seconde partie de son travail, M. Meerens réclame formelle-\nment la suppression des quatre clefs qui ont survécu à l'ancien régime\ndes huit clefs. Quatre d'entre elles ont déjà disparu de la notation mo-\nderne qui y supplée par Femploi du signeS0 haussant les notes d'une\noctave entière. M. Meerens rejette également les quatre autres comme\nune source de complications dans la lecture des partitions d'orchestre et\ndans l'étude des instruments à clavier, tels que le piano, l'orgue et l'har-\nmonium pour lesquels la main droite et la main gauche sont différem-\nment notées. Les violoncellistes sont plus à plaindre encore : aucune\nconvention ne détermine l'octave des notes d'un passage de violoncelle\ndans lequel la clef de sol vient à succéder à la clef d'ut ou à la clef de fa :\nc'est l'exécutant qui doit deviner la région dans laquelle les auteurs ont\nentendu placer leurs notes. C'est pour obvier à ces inconvénients capi-\ntaux que M. Meerens voudrait éliminer les quatre clefs restantes et les\nremplacer par un chiffre indiquant le rang de Voctave à laquelle ap-\npartiennent les notes de la portée : c'est le système des clefs numéri-\nques, dont l'adoption entraînerait avec elle la suppression de la transpo-\nsition au moyen des clefs.\nGomme corollaire de cette réforme, M. Meerens expose en dernier\nlieu un système abréviatif pour indiquer la mesure des mouvements\nde la musique. Il ne considère comme précise que l'indication métrono-\nmique placée en tête du morceau. Quant aux autres signes qui ont la\nprétention de désigner le mouvement, ce ne sont, pour M. Meerens, que\nfestons, astragales et futilités.\nNous ne pouvions suivre l'auteur dans toutes les explications, calculs\nacoustiques et preuves mathématiques dont il accompagne ses démons-\ntrations : la théorie de M. Meerens sur le diapason , la suppression des\nclefs, et l'indication de la mesure constitue un tout homogène ayant,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.41", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "comme le système des poids et mesures, Puni-té pour principe générateur,\net la simplification pour but.\nIl eût fallu citer toute la brochure; en tirant sur le fil on eût amené\ntoute la pelote.\nRenvoyons donc à M. Meerens lui-même ceux que passionne la\ngrande lutte entre les anciennes et les nouvelles formules de la pédago-\ngie musicale, et constatons, à notre honneur, que jamais le souci des\nintérêts de cet enseignement n'a été plus vif qu'en notre siècle.\nM. de Rochambeau , officier d'Académie, correspondant dit-minis-\ntère de l'instruction publique et membre de plusieurs Sociétés sa-\nvantes, vient de rééditer en fac-similé un recueil, devenu fort rare dans\nles collections particulières, qu'il a retrouvé à la réserve de la Biblio-\nthèque nationale. Il s'agit des CHANSONS DE P. DE RONSARD, P. DESPORTES\nET AUTRES, mises en musique par Nicolas de la Grotte, vallet de chambre\net organiste du Roy (Paris, 15y par Adrian le Roy et Robert Ballard,\nimprimeurs du Roy, avec privilège de Sa Majesté pour dix ans) , car\nvoilà, transcrit tout au long, le titre exact de l'édition originale. C est une\ncharmante plaquette, dont la forme oblongue est si chère aux biblio-\nphiles qui recherchent les recueils musicaux du seizième siècle. Que ce\nrappel inespéré d'un format original à peu près disparu soit le bienvenu\nparmi nous ! Notre signe de tête le plus gracieux au frontispice et au\ncartouche final, où grimacent enfants et satires bouffis, s escrimant qui\ndes doigts, qui des joues sur les instruments en vogue au temps des\nValois ! C'est, parait-il, l'œuvre de notre grand artiste Jean Cousin. La\nmusique des chansons nous est rendue avec les notes losangées de lé-\npoque. Elle est, le titre le dit, de Nicolas de la Grotte, valet de chambre\net organiste du roy Henri 111 : ce musicien, auquel plusieurs poètes,\nses contemporains, ont rendu justice, vécut à Paris depuis 1565 envi-\nron jusqu'en isBy. C'était, à en croire Lacroix du Maine, le plus habile\njoueur d'orgue et d'épinette de son temps.\nOn ade lui, outre la musique du recueil qui nous occupe, des airs\net chansons à trois, quatre, cinq et six parties, imprimés à Paiis par\nJean Cavellat (i 583, in-4). Une chanson de Nicolas de la Grotte,\n(C'est mon ami) a été insérée sous le nom de Nicolas dans le premier\nlivre des Chansons à trois parties composées par plusieurs auteurs,\nimprimées en trois volumes, à Paris, chez Adrian le Roy et Robert Bal-\nlard en 1 syB. Ce sont les seuls détails que M. de Rochambeau nous donne\nsur lui dans sa notice : il y ajoute un catalogue de neuf volumes d'œu-"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.42", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "vres de Ronsard mises en musique, au seizième et au dix-septième siè-\ncle par Pierre Cléreau, A. de Bertrand, natif de Fontanges en Auver-\ngne, François Philippe de Monte, maistre de la chapelle de\nl'empereur, et Guillaume Boni. Mais voici qui trouble mon plaisir. Un\nmusicien distingué, un collectionneur à qui rien de ce qui touche la\nchanson n'échappe, me dénonce M. de Rochambeau comme un icono-\nclaste ou tout au moins un mutilateur : « Il fallait, m'écrit-il, nous don-\nner la musique complète de Nicolas de la Grotte, c'est-à-dire Valto,\nle ténor et la basse qui, avec le supérius publié par M. de Rochambeau,\nreprésenteraient ces chansons au complet. C'est absolument comme si\nl'on réimprimait la quatrième partie d'un roman sans donner les trois\nautres! Quel est le bibliophile s'occupantde chansons qui n'ait eu entre\nles mains ce fragment des œuvres de Nicolas de la Grotte? Or, c'est pré-\ncisément parce que ce n'est qu'un fragment qu'aucun d'eux n'a jamais\npu s'en servir. M. de Rochambeau cite neuf volumes d'œuvres de Ron-\nsard mises en musique, et parmi celles ci, les numéros 4, 5, 6 et 7,\ncomme étant de G. Boni; mais ces numéros réunis ne représentent pas\nà eux quatre un seul exemplaire complet, puisqu'il y manquerait en-\ncore le supérius. » Le catalogue de M. de Rochambeau ne serait donc\npas seulement erroné, mais incomplet, puisqu'il a omis, dans sa nomen-\nclature des musiciens qui ont travaillé sur les chansons de Ronsard, les\nplus célèbres d'entre eux, Jannequin, Gouditnel etCerton.\nUn Musicien en vacances : tel est le titre d'un charmant volume que\nnous envoie M. Alphonse Leduc, un éditeur vigilant qui a foi dans la\nlittérature musicale, et semble décidé à joindre à sa nombreuse collec-\ntion de partitions une série de livres sur la musique dont nous devons\naugurer merveille, si l'on en juge d'après les échantillons qui nous sont\narrivés cette quinzaine.\nCe Musicien en vacances n'est autre que M. Eugène Gautier, le pro-\nfesseur d'esthétique musicale du Conservatoire, l'auteur du Mariage\nextravagant, un joli petit acte que l'affiche de l'Opéra-Comique place\nsouvent en vedette devant la pièce de résistance, à la plus grande joie des\nhabitués du lieu. Sac au bâton en main, M. Eugène Gautier s'en est\nallé fouillant dans ses souvenirs de théâtre, de presse et de littérature; et\nde cette excursion il a rapporté une vingtaine de chapitres détachés, pleins\nd'une aimable érudition et de piquante fantaisie. Il y a dans M. Gautier\nun véritable tempérament d'archéologue et d'historien : cela se voit dans\nle Cabinet d}Armes, le Chanteur Néron, Une page de la légende d'At-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "tila, la Répétition générale d'une Comédie de Térence. Et à la façon\ndont il compose le cadre de ses tableaux, on devine l'homme qui réus-\nsirait à miracle la nouvelle et le roman de courte haleine ; lisez les Frag-\nments du journal dun musicien de l'Opéra (1762), un pastiche ingé-\nnieux de la manière de Collé, La Mort de Zerline, les Paysans d\"* opéra-\ncomique, les Voyages deDaphnis, VHistoire d'un inconnu, et d'autres\nencore. C est un régal de délicat et de lettré. Il y a bien cà et là dans le\nstyle doré de M. Gautier quelques paillettes fausses, des images outrées,\nun luxe d'épithètes qui émousse souvent le trait, une affectation de\npréciosité qui dépare les détails intimes : mais tel qu'il est, le livre de\nM.Gautier est de la famille rare de ceux qu'on commence et qu'on finit.\nNous remettons à l'un de nos plus prochains numéros le compte-\nrendu de diverses publications qui nous sont arrivées de France et d'l-\ntalie. Nous regrettons que ce silence momentané s'étende au\ntés musicales de bonne compagnie de M. Emile Pessard ; nous ne pou-\nvons résister au plaisir d'annoncer, ne fût-ce qu'incidemment, ce frais\nbouquet de mélodies alla francese•\n\nARTHUR HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c022", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "183", "page_fin": "184", "image_debut": 44, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.7", "titre_corps": "LE PRIX DE ROME", "titre_sommaire": "LE PRIX DE ROME", "signature_source": "E. MULSANE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "LE PRIX DE ROME\n\nBeaucoup de personnes n'ont peut-être pas une idée bien nette de ce qu'on\nentend par le Prix de Rome , et le commun préjugé est de prendre cette\ninstitution pour une dépendance du Conservatoire.\nLe concours pour le prix de Rome est ouvert entre tous les Français âgés\nde moins de trente et un ans. Mais il est vrai que la majeure partie des con-\ncurrents a passé par le Conservatoire; de là la confusion.\nLes épreuves à subir pour l'obtention du prix sont de deux degrés. Les\nconcurrents doivent d'abord faire preuve d'aptitude en composant une fu-\ngue vocale et un chœur. Ceux qui ont réussi dans ce premier essai sont\ni # *\nadmis à « entrer en loge ; » c'est-à-dire qu'on les enferme pendant un mois\ndans une chambre où ils doivent mettre en musique les paroles d'une can-\ntate dramatique à trois personnages.\nC'est l'Académie des Beaux-Arts qui est juge du tournoi, dont le vain-\nqueur est envoyé pour cinq ans à Rome avec une pension de 3,000 francs de\nl'Etat, plus le logement au Palais de Médicis.\nVoici, pour l'année 1873, le résultat du concours :\nJURY : MM. Ambroise Thomas, Félicien David, Victor Massé, Henri\nReber et F. Ba\\in, membres de l'lnstitut; Georges Bi\\et, Boulanger\net Duprato, membres adjoints par l'administration des Beaux-Arts.\nORDRE D'EXÉCUTION DES CANTATES :\nCantate de M. Ehrhart, chantée par Mme Furchs-Madier, MM. Nicot\net Lassalle.\nCantate de M. Véronge de La Nux : Mlle Bloch, MM. Villaret et\nBelval.\nCantate de M. Marmontel : Mlle Mauduit, MM. Silva et Staveni."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "Cantate de M. Wormser : Mme Barthe-Banderali, MM. Salomon et\nAubéry.\nCantate de M. Hillemacher : Mlle Arnaud, MM. Grisy et Menu\nCantate de M. Puget : Mlle Fidès Devriès, MM. Bosquin et Bouhy.\nPremier grand prix. M. Puget (élève de M. Victor Massé).\nSecond grand prix. M. Hillemacher (élève de M. F, Bazin).\nMention honorable. M. Corbaz-Marmontel (élève de M. F. Bazin).\nC'est à leur retour de Rome que pour la plupart des lauréats commence\nune série de déceptions dont les journaux retracent tous les ans le navrant\ntableau.\nIl existe bien des règlements qui donnent au prix de Rome le droit de faire\njouer leur musique à l'Opéra-Comique. Mais ce droit est caduc depuis long-\ntemps. Ainsi, depuis iBo3 (année où fut fondée l'institution), on est con-\nsterné d'y rencontrer tant de noms inconnus.\nNous voulions rompre cçt incognito et donner quelques renseignements\nsur ces artistes injustement dédaignés. Mais nous n'avons que des données\nassez vagues sur la plupart d'entre eux.\nCe que nous savons c'est que :\nBouteiller (prix de 1806) a fini dans les contributions directes ;\nBlondeau (1808) est devenu alto à l'Opéra ;\n(1812) professe la musique ;\nTurina (1819) s'est retiré en Italie;\nGuillon (1825) a fait jouer un opéra à Venise en iB3o ;\nBesofâi (1837) professe la musique ;\nEtc\nEt si nous ne poussons pas plus loin la série, c'est que tout espoir de suc-\ncès n'est pas encore perdu pour les plus jeunes et les plus récents lauréats.\n\nE. MULSANE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c025", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "185", "page_fin": "186", "image_debut": 46, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.8", "titre_corps": "ÉCOLE DE MUSIQUE RELIGIEUSE", "titre_sommaire": "ÉCOLE DE MUSIQUE RELIGIEUSE", "signature_source": "MULSANE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "ÉCOLE DE MUSIQUE RELIGIEUSE\n\n(SON PALMARÈS POUR L'ANNÉE 1873)\nIl y a vingt ans, dans le mois où nous sommes, qu'avec l'appui de l'épisco-\npat et du ministère de l'instruction publique, Niedermeyer fonda à Paris\n/\nEcole de musique religieuse. Le but de ce conservatoire spécial était de for-\nmer des musiciens de chapelle, des compositeurs de musique sacrée, des\norganistes et des chanteurs d'église, tous artistes devenus rares depuis la\nsuppression des maîtrises à la fin du siècle dernier.\nChoron avait bien créé, en 1824, une école du même genre (quoique à vrai\ndire, le programme d'enseignement en fût plus large); mais depuis iB3o\nl'école Choron n'existait plus, et il devenait urgent d'y suppléer par une\ninstitution nouvelle.\nUne particularité infiniment piquante à relever, c'est que Niedermeyer\nétait protestant. Mais grâce à la loyauté de son caractère, et à ses mérites\ncomme artiste, il n'en sut pas moins conquérir l'estime du clergé catholique\nde Paris. M. l'abbé Lagacé a même prononcé son éloge le 28 du mois dernier\npendant la cérémonie de la distribution des prix aux élèves de l'École de musi-\nque religieuse.\nNiedermeyer, qui est mort à Paris en 1861, étaitné en 1802, à Nyon, sur\nles bords du lac de Genève. Après avoir étudié la musique d'abord à Vienne,\npuis à Naples, il fit représenter dans cette dernière ville, en' 1811, un opéra\nintitulé : Il Re per amore. Ensuite il se retira en Suisse, où il composa sa\ncélèbre et très populaire mélodie du Lac.Puis il vint à Paris où, grâce aux\nbons offices de Rossini, il put faire jouer au Théâtre-Italien la Casa nel\nBosco dont le livret était imité de celui de Deux mots ou Une Nuit dans la\nforêt, opéra-comique de Marsollier et de Dalayrac.\nEnfin on a encore trois partitions importantes de Niedermeyer, toutes les\ntrois exécutées à l'Opéra de Paris, et qui, à vrai dire, n'ontpas obtenu de grands\nsuccès: Stradella, en iB3y; Marie Stuart, en 1844; et la Fronde, en 18 53.\nEntre temps, l'auteur du Lac publia aussi de nombreux morceaux de musi-\nque vocale et instrumentale, parmi lesquels il importe de signaler le Soir et\nVAutomne. On lui doit encore (détail généralement ignoré) la réduction au\npiano de l'opéra de Guillaume Tell."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "Ce n'est que vers la fin de sa vie, et revenu de ses ambitions de composi-\nteur dramatique, que Niedermeyer tourna ses idées du côté de l'art. Presque\ndans le même temps il fonda Y École de musique religieuse et le journal La\nMaîtrise.\nLa Maitrise a cessé de paraître; mais l'Ecole de musique religieuse existe\ntoujours, et est très prospère si on en juge par le palmarès suivant qui est\ncelui de l'année scolaire 1872-73 :\nPRIX D'HONNEUR : M. Xavier Oberlé.\nSOLFÈGE, professeur, M. Bollaert. 3ME division. Prix :M» Létang;\naccessit : MM. Ch. Martin, Boncourt et Puisais. 2me division. Prix\nex œquo : MM. Puzenat et Ph. Bellenot; accessit: MM. Bresselle,\nGuignard.- ire division, Prix :M. André Messager ; accessit : MM. Dieu-\ndonné et Thomas.\nHARMONIE, professeur, M. Gigout. 2medivision. Prix: M. A. Hétuin;\nmention :M, Létang; ire division. ier prix :M. Bresselle; 2me prix\nex œquo : MM. Messager et Bockler ; mention : M. Dornbirrer. Rappel\ndu ier prix de 1872, M. Dieudonné.\nFUGUE, mention : M. Dieudonné.\nHARMONIE PRATIQUE, professeur, le directeur. iei> prix ex œquo\nMM. Messager et Boidin; accessit : M. Dieudonné.\nHISTOIRE DE LA MUSIQUE, professeur, le directeur. Prix : M. Lenor-\nmand ; accessit : MM. A. Rapp et Létang.\nPIANO, 3ME division, professeur, M. Alix Georges. Prix: M. Bon-\ncour; accessit : MM. Linglin, Cottin; mention : M. Ellminger;\n2me division. ier prix ex œquo : MM. J. Guignard et H Lenormand;\n2me prix :M. Dornbirrer; accessit : MM. Boidin et Ph. Bellenot.\nPLAIN-CHANT, professeur, M. Gigout.— lERIER prix donné par le ministre\nde l'instruction publique et des cultes :M. Michel Boidin; 2me prix ex\nœquo : MM. Thomas et Bockler; accessit : MM. Dieudonné, Guignard,\nORGUE, professeur AT. Loret.— indivision. ier prix donné par le minis-\ntre de l'instruction publique et des cultes: M. Michel Boidin ; 2meprix :\nM. Messager; mention: M. Thomas; 2me division; ierprix ex œquo:\nMM. Xavier Oberlé et Dornbirrer; 2me prix : M. Bresselle; accessit :\nMM. F. de Monge, R. Leibner; mention : M. Bockler.\nL'École de musique religieuse est située rue des Beaux-Arts, à Montmar-\ntre, proche la place Pigalle. Son directeur actuel est M. Gustave Lefèvre.\n\nMULSANE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-08-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-08-15_01#c027", "volume": "bmtnabc_1873-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "187", "page_fin": "192", "image_debut": 48, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.2.9", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.48", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nL nous arrive de plusieurs côtés, même d'lrlande, diver-\nses lettres très pesantes qui contiennent des articles desti-\nnés à notre publication :\na Belfast, 27 juillet.\n« Monsieur,\n« J'ai l'honneur de vous soumettre un travail très étudié\nsur Y Emploi de la Harpe dans les festins de noces »\na La Rochelle, dimanche.\n« Monsieur le rédacteur,\n« Je ne doute pas que vous n'imprimiez dans votre plus prochain numéro\nles douze biographies ci-jointes qui sont celles des membres de notre\norphéon avec qui je suis le plus lié. .Je vous remercie d'avance p0ur..... »\n« Saumur, 8 août.\n« Monsieur le directeur,\n« C'est un pari que j'ai fait avec ma belle-soeur que vous accueillerez\nl'essai musico-technologique que j'ai l'honneur de vous faire parvenir. Vous\nne voudriez pas, en lui refusant l'hospitalité de votre excellente revue, me\ncondamner à »\nTels sont les couplets que la poste nous chante tous les matins. —■ Nous\nne voulons point décourager les littérateurs et les éruditsqui ont la bonté de\npenser à nous, mais nous les supplions de nous communiquer à l'avance le\ntitre et le sujet de leurs articles. Nous pourrons de la sorte nous entendre\nà l'amiable ; et ils éviteront de se donner une peine inutile en écrivant des\narticles que nous aurions le déplaisir de ne point accepter."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.49", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "FAITS DIVERS\nOICI la liste des Conservatoires de musique de province avec la\ndate de leur fondation :\nAix (fondé en i85o); —Angers ( 1857) ; Besançon (1861 ) ;\nBordeaux ( 1852) ; Boulogne (1829) ; Caen (1835) ; Cambrai\n(1821) ; Douai (1799); Dunkerque (1863) ; Lille ( 1801 ); Marseille\n(1820); Nantes 4.4) \\ Nîmes (1864); Toulon (1866); Toulouse\n(i83o); Valenciennes (1836); Dijon, de création plus récente.\nLa dernière quinzaine musicale a été d'une stérilité désespérante ; pas\nun opéra ! pas une opérette ! pas une chanson ! pas huit mesures de musique\ninédite l pas même une double-croche l Rien ! 1 !\nLes directeurs de nos théâtres lyriques prendraient-ils au sérieux cette ex-\nclamation annuelle des journaux du high-life : « Il n'y a plus personne à\nParis! » Nous ne sommes pas fâché d'apprendre à ces messieurs que la\ncapitale de la France renferme encore à l'heure qu'il est 1,953,897 paires\nd'oreilles aussi friandes de bonne musique en août qu'en février.\nOn objecte la chaleur. Mauvais prétexte ! car, en cette saison, le thermo-\nmètre, placé dans un théâtre, ne marque que trois degrés de plus que ceux\ndu dehors. Ce n'est donc pas un grand sacrifice à demander aux sybarites que\nde les exposer à ce petit surcroît de gêne. En hiver, ils en supportent bien\nd'autres, quand, dans une même soirée, vous les condamnez deux fois à su-\nbir deux grandes secousses de température; la première fois, entre le dîner\net le spectacle; la seconde, enire le spectacle et le coucher.\nLe bon sens dirait, au contraire, ceci qui est mathématique : étant donnée\nune cause de répulsion agissant sur la clientèle des théâtres, nous allons la\ncombattre par une cause d'attraction, et l'équilibre sera rétabli. Le public\nfait mine de ne plus aller au théâtre ; nous allons donc l'y contraindre en\nlui composant des spectacles irrésistibles.\nMais il y a beau temps qu'on n'écoute plus le bon sens, qu'on prend pour\nun vieux radoteur.\nOn a connu des époques cependant où les directeurs de théâtre n'hési-\ntaient pas à jouer de bonnes pièces au moment où le soleil voulait leur faire\nsa vilaine farce.\nLe Solitaire fut donné en août,\nLe Barbier de Séville (traduction) en mai ;\nOthello (traduction) ! en juillet ;\nMarie.... : » en août;\nZampa en mai ;\nLucie de Lamermoor en août;\nGuillaume Tell en août ;\nEtc\nMais c'est fini! On ne nous régale plus en été, ni même en hiver, de ces\nopéras triomphants. Les lauriers sont coupés I"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.50", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "—Le chroniqueur du Temps reproduit, d'après un journal de grammaire,\nle Courrier de Vaugelas, l'origine du mot brioche, employé dans le sens\nd'erreur. Le mot est dû aux artistes de l'orchestre de l'Opéra. Ces sympho-\nnistes étaient jadis d'une telle maladresse que le parterre ne leur ménageait\npas les injures et les pommes cuites. Ils résolurent, un beau jour, d'être plus\nattentifs et ils taxèrent à six sous chacune les fautes commises devant le pu-\nblic. Avec le total de ces amendes, on achetait une énorme brioche, que\nl'on croquait à la fin du mois. Les coupables figuraient à la séance avec une\npetite brioche en carton pendue à la boutonnière.\nBientôt les régals de ce genre devinrent si nombreux que le public en fut\ninstruit. Il appela ces artistes repentants des croque-brioches, des faiseurs de\nbrioches, et le mot brioche fut bientôt considéré comme le synonyme de\nfaute, bévue. Malheureusement l'amour-propre blessé se mit de la partie.\nLes musiciens résolurent d'en finir avec ces festins naïfs, et ils décidèrent\nqu'à l'avenir ils pourraient faire un nombre infini de brioches sans en payer\naucune. Le mot n'en avait pas moins passé dans la langue populaire et de là\ndans la langue usuelle.\n—Le théâtre de l'Athénée est occupé en ce moment par une troupe an-\nglaise qui joue les tragédies de Shakespeare. Et, suivant l'usage établi dans\nles trois royaumes, chaque soirée se termine par le God save the Queen,\nchanté en chœur.\nDe qui est l'air national anglais? La duchesse de Perth, dans ses Mémoi-\nres, affirme qu'il est de Lulli,\nD'autre part, les Anglais l'attribuent à Henri Garrey, fils naturel de Georges\nSaville, marquis d'Halifax. On peut consulter, à ce propos, la lettre du doc-\nteur Harrington, insérée dans le Monthly Magasine (volume XI, page 386).\n—Le journal l'A rte de Trieste publie une histoire intéressante, celle de\nKerlino, inventeur des instruments à cordes.\nLa France avait pu revendiquer la gloire d'avoir vu naître le célèbre lu-\nthier. On a, en effet, retrouvé une viole d'amour signée Kerlin et nommée la\nBretagne.\nMais il paraît que Giovanni Kerlino est né à Brescia d'un père italien du\nTyrol, et que ce n'est que parce qu'il avait des parents en Bretagne, qu'il a\nvécu et travaillé dans ce pays, où il est mort en ou 1451.\nLe premier instrument à cordes a été la viole d'amour à 5, 7 et 9 cordes.\nPlus tard, Kerlin inventa l'archet et les quatre instruments à quatre cordes,\ndont l'apparition fut accueillie avec enthousiasme par l'Europe entière.\nC'étaient : il violino (petite viole, notre violon actuel ) ; la viola (viole d'a-\nmour, l'alto); il violone (grosse viole, contre-basse) et il violoncello (violon-\ncelle, petite contre-basse).\nChose étrange 1 alors que tout progresse, il faut retourner en arrière pour\nretrouver la perfection dans la musique et dans l'art du luthier, dont l'habi-\nleté consiste surtout à ramener à leur état primitif (m pristinum) les anciens\ninstruments.\n—En attendant les travaux sur l'acoustique et la physiologie de l'oreille des-\ntinés à la Chronique Musicale, nous profitons de la reprise de Y Africaine pour"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 4215, "texte": "en donner un léger avant-goût. Nous sommes remonté aux comptes-rendus\npubliés en 1865 sur l'ouvrage posthume de Meyerbeer, nous les avons compa-\nrés les uns aux autres, et nous avons extrait des deux plus opposés, ceux de\nMM. Alexis Azevedo et Blaze de Bury, les passages où ils expriment leur opi-\nnion sur l'ensemble de cette œuvre. Nous n'y mettons aucune malice d'ail-\nleurs, et ne voulons prouver qu'une chose : c'est qu'il y a dans la critique\nmusicale des oreilles anatomiquement irréconciliables.\nA gauche, l'impression produite chez M. H. Blaze de Bury, par l'audition-\nde Y Africaine. A droite, celle de M. Azevedo.\nCe n'est pas seulement de ses forces,\nmais aussi de ses faiblesses qu'un esprit\nvraiment progressif prend conseil. On\navait tant dit à Meyerbeer : ce Vous n'êtes\npoint un mélodiste, » qu'à la fin il se\nlassa de l'objection et voulut répondre\npar une de ces évolutions de la dernière\nheure qui sont faites pour confondre la\ncritique en lui venant montrer sous un\npoint de vue tout nouveau, l'artiste qu'elle\ns'imaginait avoir une fois pour toutes ca-\nractérisé. Qui jamais aurait cru avant\nGuillaume Tell que le Rossini de Tan-\ncrède et d'Otello, serait capable de s'élever\nà ce sentiment de la vérité dramatique.\nDe même du Meyerbeer de VAfricaine\nouvrant l'écluse à des flots de mélodies\nqui ne tarissent plus. Ampleur, élégance,\nune variété de rhythmes, un luxe de\ntimbres dans l'orchestre à vous éblouir!...\nSi quelque chose en cette œuvre de tant\nde vie et de force pouvait trahir la vieil-\nlesse d'un maître, ce serait l'entassement\ndes beautés qu'on y rencontre. Les idées\ns'y enroulent avec une luxuriance de forêt\nvierge... Ce génie oubliant la mort, thé-\nsaurisait en se disant qu'après tout il en\nserait quitte à un moment donné pour\njeter à la mer quelques poignées d'or.\nLa sève débordant d'abondance et de force\nSortait en gouttes d'or des fentes de l'écorce\nSéve trop puissante, trop vigoureusement\nproductive, et dont en même temps que\nle chêne superbe se nourrissait le gui.\nL'émondeur de la dernière heure a man-\nqué. Là est le mal...\nJ'ignore encore aujourdhui si Y Afri-\ncaine n'est pas le chef-d'œuvre de Meyer-\nbeer, mais je sens que c'est un chef-\nd'œuvre .\nF. DE LAGENEVAIS (BLAZE DE BURY).\nRevue des Deux-Mondes, mai\ni 865.)\nNous serions désolé, pour cause d'utilité\npublique, si les thuriféraires de la veille et\nde l'avant-veille , perdant tout à coup le\ncourage de leurs opinions, s'avisaient de\nne pas continuer leur odoriférante besogne\nle lendemain; la fumée de leur encens est\nindispensable pour noircir les verres qui\npermettent de contempler, sans s'abîmer\nles yeux, cette prodigieuse éclipse de\nl'inspiration musicale et du sens théâtral\nqu'on nomme VAfricaine\nA part quelques fragments trop rares\net quelques fragments trop clair-semés,\noù la griffe du lion épuisé, mais encore\nlion, se fait un peu sentir; que trouvons-\nnous dans cette exorbitante et accablante\npartition ? D'interminables kyrielles de\nrécitatifs, des mélopées informes..., des\nmodulations inutiles, prétentieuses et fa-\ntigantes, dont la présence intempestive\nrompt sans cesse le fil du discours musi-\ncal ; des airs qui n'ont presque jamais Vair\nd'être des airs, car on ne sait trop com-\nment ils finissent.\nDes duos et des trios sans forme bien\nsaisissable, des ensembles où le fracas\ndissimule assez mal la pénurie d'idées\npremières, quelques phrases de musique\nitalienne qui semblent provenir des ro-\ngnures du Crociato ; des effets d'orchestre\npresque toujours plus ingénieux que bien\nappliqués aux situations ; des cris au\nlieu d'accents, des choses bizarres, là où\nil en faudrait d'originales, un style heurté,\nsans courant et sans vie, des formules\ninexpressives dans des passages qui ré-\nclamaient la plus vive sensibilité, des ca-\nractères que la musique ne peint pas du\ntout, et d'autres qu'elle veut peindre sans\ny parvenir, et, pour tout dire en quel-\nques mots, une absence à peu près com-\nplète d'inspiration et de sens dramatique\net théâtral.\nUAfricaine dépasse en longueur tous\nles opéras connus, et n'est, tout le prouve,\nni un chef-d'œuvre, ni même ce qu'on\npeut appeler véritablement une œuvre.\nALEXIS AZEVEDO. (Opinion natio\nnale, mai ?865.)"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "NOUVELLES\n\nARIS - Opéra. M. Halanzier a encore engagé de nouvelles\nchanteuses : mademoiselle Girius, qui débutera dans la Juive, et\nmademoiselle Alice Hustache, fille du chef des chœurs de l'Opéra,\nqui a signé pour trois ans. Mademoiselle Dérivis, une charmante\nchanteuse d'opéra-comique que nous avons entendue en Italie dans l'Ombre\net dans le Barbier, débutera prochainement dans Faust; mademoiselle Fe-\nrucci chantera la Valentine des Huguenots. Vers la fin de septembre, ren-\ntrée de Faure, dans Don Juan ou la Coupe du roi de Thulé.\nOpéra-Comique. Un chef-d'œuvre de Grétry, Richard Cœur-de-Lion,\nsera aussi très prochainement rendu au répertoire de la salle Favart.\nMelchissédec, chantera le rôle de Blondel, et Duchesne celui de Richard.\nLes répétitions de Joconde sont menées avec la plus grande activité. Le\nrôle de Joconde est confié à Bouhy, celui de Jeannette à mademoiselle Cha~\npuy. La reprise du chef-d'œuvre de Nicolo aura lieu dès que la canicule vou-\ndra bien le permettre.\nGaîté. L'organisation des représentations musicales se poursuit sans\nrelâche à ce théâtre.\nVoici comment M. Offenbach a organisé l'orchestre ;\nChef d'orchestre, M. Albert Vizentmi;\nDeuxième chef d'orchestre, M. Godin ;\nChef des chœurs, M. G. Bourdeau ;\nLes choristes seront au nombre de 73;\nL'orchestre; composé de 55 musiciens, aura pour solistes: MM. Miramont\n(flûte), Boulu (hautbois), Parés (clarinette), Lalande (basson), Garrigue (cor),\nBello (piston), Roger (trombone), Weber (timbalier), Billoir et Frémaux\n(violoncelles), Gianini et Jouet (violons).\nLe 17 commenceront les répétitions de Jeanne d'Arc, grand drame en\nvers, où l'élément musical occupe une large place.\nMademoiselle Lia Félix créera le rôle de Jeanne d'Arc, et mademoiselle\nTeyssandier celui d'Agnès Sorel. Le personnage de LoysdeContis aura pour\ninterprète mademoiselle Brunet, de POpéra-Comique.\nLe rôle de Lahire est dévolu à M. Clément Just; M. Desrieux représen-\ntera le vicomte de Thouars, favori de Charles VII. M. Stuart remplira le rôle\ndu roi.\nLa partition de Gounod, qui est entièrement terminée, se compose des\nquinze morceaux suivants :\n1. Introduction d'orchestre; 2. Chœur de paysans ; 3. Scène des voix;\n4. Romance de Charles d'Orléans; 5. Chant religieux; 6. Menuet ;\n7. Chœur des Chevaliers; 8. 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Oswald :\nDepuis bien des années , les publications musicales déposées par les édi-\nteurs de Paris ou provenant de souscriptions ministérielles encombraient\nsans but et sans utilité, les combles des bâtiments des Beaux-Arts, à ce point\nqu on ne savait plus où placer les nouvelles publications.\nFort heureusement, par une initiative tardive mais intelligente, une exeel-\nlente destination a été affectée à toute cette musique. Des dons en sont faits\naux Conservatoires et Ecoles de musique de France, aux Sociétés philhar-\nmoniques, aux Maîtrises et, enfin, aux artistes, aux littérateurs qui s'occu-\npent sérieusement de l'art musical.\nAinsi, cette semaine encore, le ministre de l'instruction publique, des\ncultes et des beaux-arts, a fait don à la bibliothèque de la Société des com-\npositeurs de musique d'un très beau choix de partitions à grand orchestre\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. 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Mauvais prétexte ! car, en cette saison, le thermo-\nmètre, placé dans un théâtre, ne marque que trois degrés de plus que ceux\ndu dehors. Ce n'est donc pas un grand sacrifice à demander aux sybarites que\nde les exposer à ce petit surcroît de gêne. En hiver, ils en supportent bien\nd'autres, quand, dans une même soirée, vous les condamnez deux fois à su-\nbir deux grandes secousses de température; la première fois, entre le dîner\net le spectacle; la seconde, enire le spectacle et le coucher.\nLe bon sens dirait, au contraire, ceci qui est mathématique : étant donnée\nune cause de répulsion agissant sur la clientèle des théâtres, nous allons la\ncombattre par une cause d'attraction, et l'équilibre sera rétabli. Le public\nfait mine de ne plus aller au théâtre ; nous allons donc l'y contraindre en\nlui composant des spectacles irrésistibles.\nMais il y a beau temps qu'on n'écoute plus le bon sens, qu'on prend pour\nun vieux radoteur.\nOn a connu des époques cependant où les directeurs de théâtre n'hési-\ntaient pas à jouer de bonnes pièces au moment où le soleil voulait leur faire\nsa vilaine farce.\nLe Solitaire fut donné en août,\nLe Barbier de Séville (traduction) en mai ;\nOthello (traduction) ! en juillet ;\nMarie.... : » en août;\nZampa en mai ;\nLucie de Lamermoor en août;\nGuillaume Tell en août ;\nEtc\nMais c'est fini! On ne nous régale plus en été, ni même en hiver, de ces\nopéras triomphants. Les lauriers sont coupés I"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.50", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "—Le chroniqueur du Temps reproduit, d'après un journal de grammaire,\nle Courrier de Vaugelas, l'origine du mot brioche, employé dans le sens\nd'erreur. Le mot est dû aux artistes de l'orchestre de l'Opéra. Ces sympho-\nnistes étaient jadis d'une telle maladresse que le parterre ne leur ménageait\npas les injures et les pommes cuites. Ils résolurent, un beau jour, d'être plus\nattentifs et ils taxèrent à six sous chacune les fautes commises devant le pu-\nblic. Avec le total de ces amendes, on achetait une énorme brioche, que\nl'on croquait à la fin du mois. Les coupables figuraient à la séance avec une\npetite brioche en carton pendue à la boutonnière.\nBientôt les régals de ce genre devinrent si nombreux que le public en fut\ninstruit. Il appela ces artistes repentants des croque-brioches, des faiseurs de\nbrioches, et le mot brioche fut bientôt considéré comme le synonyme de\nfaute, bévue. Malheureusement l'amour-propre blessé se mit de la partie.\nLes musiciens résolurent d'en finir avec ces festins naïfs, et ils décidèrent\nqu'à l'avenir ils pourraient faire un nombre infini de brioches sans en payer\naucune. Le mot n'en avait pas moins passé dans la langue populaire et de là\ndans la langue usuelle.\n—Le théâtre de l'Athénée est occupé en ce moment par une troupe an-\nglaise qui joue les tragédies de Shakespeare. Et, suivant l'usage établi dans\nles trois royaumes, chaque soirée se termine par le God save the Queen,\nchanté en chœur.\nDe qui est l'air national anglais? La duchesse de Perth, dans ses Mémoi-\nres, affirme qu'il est de Lulli,\nD'autre part, les Anglais l'attribuent à Henri Garrey, fils naturel de Georges\nSaville, marquis d'Halifax. On peut consulter, à ce propos, la lettre du doc-\nteur Harrington, insérée dans le Monthly Magasine (volume XI, page 386).\n—Le journal l'A rte de Trieste publie une histoire intéressante, celle de\nKerlino, inventeur des instruments à cordes.\nLa France avait pu revendiquer la gloire d'avoir vu naître le célèbre lu-\nthier. On a, en effet, retrouvé une viole d'amour signée Kerlin et nommée la\nBretagne.\nMais il paraît que Giovanni Kerlino est né à Brescia d'un père italien du\nTyrol, et que ce n'est que parce qu'il avait des parents en Bretagne, qu'il a\nvécu et travaillé dans ce pays, où il est mort en ou 1451.\nLe premier instrument à cordes a été la viole d'amour à 5, 7 et 9 cordes.\nPlus tard, Kerlin inventa l'archet et les quatre instruments à quatre cordes,\ndont l'apparition fut accueillie avec enthousiasme par l'Europe entière.\nC'étaient : il violino (petite viole, notre violon actuel ) ; la viola (viole d'a-\nmour, l'alto); il violone (grosse viole, contre-basse) et il violoncello (violon-\ncelle, petite contre-basse).\nChose étrange 1 alors que tout progresse, il faut retourner en arrière pour\nretrouver la perfection dans la musique et dans l'art du luthier, dont l'habi-\nleté consiste surtout à ramener à leur état primitif (m pristinum) les anciens\ninstruments.\n—En attendant les travaux sur l'acoustique et la physiologie de l'oreille des-\ntinés à la Chronique Musicale, nous profitons de la reprise de Y Africaine pour"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 4215, "texte": "en donner un léger avant-goût. 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On\navait tant dit à Meyerbeer : ce Vous n'êtes\npoint un mélodiste, » qu'à la fin il se\nlassa de l'objection et voulut répondre\npar une de ces évolutions de la dernière\nheure qui sont faites pour confondre la\ncritique en lui venant montrer sous un\npoint de vue tout nouveau, l'artiste qu'elle\ns'imaginait avoir une fois pour toutes ca-\nractérisé. Qui jamais aurait cru avant\nGuillaume Tell que le Rossini de Tan-\ncrède et d'Otello, serait capable de s'élever\nà ce sentiment de la vérité dramatique.\nDe même du Meyerbeer de VAfricaine\nouvrant l'écluse à des flots de mélodies\nqui ne tarissent plus. Ampleur, élégance,\nune variété de rhythmes, un luxe de\ntimbres dans l'orchestre à vous éblouir!...\nSi quelque chose en cette œuvre de tant\nde vie et de force pouvait trahir la vieil-\nlesse d'un maître, ce serait l'entassement\ndes beautés qu'on y rencontre. Les idées\ns'y enroulent avec une luxuriance de forêt\nvierge... Ce génie oubliant la mort, thé-\nsaurisait en se disant qu'après tout il en\nserait quitte à un moment donné pour\njeter à la mer quelques poignées d'or.\nLa sève débordant d'abondance et de force\nSortait en gouttes d'or des fentes de l'écorce\nSéve trop puissante, trop vigoureusement\nproductive, et dont en même temps que\nle chêne superbe se nourrissait le gui.\nL'émondeur de la dernière heure a man-\nqué. Là est le mal...\nJ'ignore encore aujourdhui si Y Afri-\ncaine n'est pas le chef-d'œuvre de Meyer-\nbeer, mais je sens que c'est un chef-\nd'œuvre .\nF. DE LAGENEVAIS (BLAZE DE BURY).\nRevue des Deux-Mondes, mai\ni 865.)\nNous serions désolé, pour cause d'utilité\npublique, si les thuriféraires de la veille et\nde l'avant-veille , perdant tout à coup le\ncourage de leurs opinions, s'avisaient de\nne pas continuer leur odoriférante besogne\nle lendemain; la fumée de leur encens est\nindispensable pour noircir les verres qui\npermettent de contempler, sans s'abîmer\nles yeux, cette prodigieuse éclipse de\nl'inspiration musicale et du sens théâtral\nqu'on nomme VAfricaine\nA part quelques fragments trop rares\net quelques fragments trop clair-semés,\noù la griffe du lion épuisé, mais encore\nlion, se fait un peu sentir; que trouvons-\nnous dans cette exorbitante et accablante\npartition ? D'interminables kyrielles de\nrécitatifs, des mélopées informes..., des\nmodulations inutiles, prétentieuses et fa-\ntigantes, dont la présence intempestive\nrompt sans cesse le fil du discours musi-\ncal ; des airs qui n'ont presque jamais Vair\nd'être des airs, car on ne sait trop com-\nment ils finissent.\nDes duos et des trios sans forme bien\nsaisissable, des ensembles où le fracas\ndissimule assez mal la pénurie d'idées\npremières, quelques phrases de musique\nitalienne qui semblent provenir des ro-\ngnures du Crociato ; des effets d'orchestre\npresque toujours plus ingénieux que bien\nappliqués aux situations ; des cris au\nlieu d'accents, des choses bizarres, là où\nil en faudrait d'originales, un style heurté,\nsans courant et sans vie, des formules\ninexpressives dans des passages qui ré-\nclamaient la plus vive sensibilité, des ca-\nractères que la musique ne peint pas du\ntout, et d'autres qu'elle veut peindre sans\ny parvenir, et, pour tout dire en quel-\nques mots, une absence à peu près com-\nplète d'inspiration et de sens dramatique\net théâtral.\nUAfricaine dépasse en longueur tous\nles opéras connus, et n'est, tout le prouve,\nni un chef-d'œuvre, ni même ce qu'on\npeut appeler véritablement une œuvre.\nALEXIS AZEVEDO. 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LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[145]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.1", "texte": "LES\nCONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nA Chronique musicale a pensé qu'il serait\nplus sage pour elle d'attendre la fin des\nconcours pour en rendre compte, afin de\npouvoir d'un seul coup envisager l'ensem-\nble de ces séances intéressantes, que de par-\ntager en deux le récit des impressions sug-\ngérées par elles. Il nous a semblé que, de\ncette façon, nous pourrions résumer d'une\nfaçon plus complète et plus exacte le ré-\nsultat des sensations suscitées en nous par\nla série des épreuves auxquelles ont pris part, cette année comme les\nprécédentes, les élèves de notre grande école de musique. Mais, avant\nd'entrer dans les détails du compte rendu, qu'on nous permette quelques\n\nI.\n10"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nobservations générales sur l'état de renseignement au Conservatoire,\nquelques critiques sur certains points qui nous semblent appeler des ré-\nformes indispensables.\nNous avons déjà demandé ailleurs, et nous demanderons ici de nou-\nveau, pourquoi la nouvelle administration du Conservatoire n'a pas\nencore jugé à propos de rétablir l'excellente coutume des exercices pu-\nblics, abandonnée à tort depuis près de quinze ans par la précédente\ndirection. Les règlements d'organisation et de fonctionnement du Con-\nservatoire sont excellents, et il suffirait de les appliquer strictement pour\nque notre école fût la première du monde ; elle l'a prouvé pendant un\ndemi-siècle. Or, ces règlements établissaient précisément que chaque\nannée auraient lieu un certain nombre d'exercices dramatiques et lyri-\nques, dans lesquels les élèves destinés au théâtre, joignant la pratique à\nla théorie, acquerraient l'expérience de la scène en jouant, devant le\npublic, certains ouvrages ou fragments d'ouvrages comiques ou musi-\ncaux. On comprend combien cet usage était excellent, puisque, à leur\nsortie de l'école, les élèves savaient déjà ce que c'est que d'apprendre et\nde travailler un rôle en son entier, et s'étaient jusqu'à un certain point\nfamiliarisés avec ces deux choses si terribles pour les jeunes comédiens :\nla rampe et le public.\nNous demanderons aussi pourquoi l'on n'a pas encore jugé à propos\nde rétablir l'emploi, si essentiel, du costume dans les concours scéniques,\nc'est-à-dire ceux d'opéra et d'opéra-comique. Ici, nous sommes obligé de\nconstater, à notre grand étonnement et à notre grand regret, que le nou-\nveau directeur du Conservatoire, M. Ambroise Thomas, a trouvé le\nmoyen d'être inférieur à M. Auber, qui peut jusqu'à un certain point\npasser pour le destructeur de cet établissement. En effet, M. Auber avait\nmaintenu l'usage du costume dans les concours spéciaux, et c'est à son\nsuccesseur que nous devons de voir les élèves se présenter à ces concours,\nceux-ci en collant et en frac, celles-là en robe de ville. Rien n'est plus\ncontraire, évidemment, aux conditions les plus élémentaires de ces\népreuves difficiles et d'un genre tout particulier. Mais comme il est fort\nmalaisé de dire deux fois les mêmes choses, exactement et dans des termes\ndifférents, je demanderai la permission de répéter ici, à ce sujet, les ob-\nservations que j'ai déjà produites ailleurs :\ncc ..... La condition du costume, pour les deux concours d'opéra et\nd'opéra-comique, paraît vraiment élémentaire : en effet, vous formez un\nélève pour le théâtre, vous lui faites subir un concours de chant appli-\nqué à la scène, vous devez donc l'accoutumer, le briser à toutes les exi-\ngences, à tous les besoins, à toutes les difficultés de la scène. Or, est-il,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.3", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\npour un comédien, besoin plus impérieux que celui de savoir se costu-\nmer ? On sait combien le costume est une chose diverse, variée, com-\nplexe, puisqu'il comprend le vêtement proprement dit, puis la coiffure\n(qui à elle seule est une science), la chaussure, l'art de se grimer, de se\ndraper, de se mouvoir avec une tunique, une veste, un pourpoint, un\nhabit brodé, un frac, une cuirasse, que sais-je? Comment connaîtra-t-il\nnon-seulement au point de vue pratique, mais aussi au point de vue\nhistorique, comment connaîtra-t-il, si vous ne les lui rendez pas fa-\nmiliers, les mille détails des mille costumes qu'il peut être appelé à en-\ndosser, et qui varient avec chaque siècle, avec chaque époque, avec\nchaque règne? Comment saura-t-il former les plis d'une robe ou d'un\nmanteau, mettre une fraise ou une collerette, coiffer un casque, une\ntoque, un claque ou un chapeau, placer des rubans ou des aiguillettes,\nse servir d'un poignard, d'une dague ou d'une épée, enfin marcher con-\nvenablement avec l'attirail horriblement compliqué du plus mince cos-\ntume, et donner à sa démarche, à ses allures, à ses manières, le caractère\nqui convient à chacun d'eux?... «\nPuisque j'en suis sur les desiderata que les amis de la musique et du bel\nart du chant voudraient voir se réaliser au Conservatoire, je regretterai\nla suppression des études et des classes spéciales de vocalisation, et si je\npouvais espérer que mes vœux fussent exaucés, j'en demanderais bien\nhumblement le rétablissement. La suppression de ces classes remonte,\nil est vrai, à plus de trente-cinq ans, mais pendant plus de vingt an-\nnées elles avaient fait honneur à notre école , où elles furent tenues,\nsimultanément ou successivement, par Boulanger, Alexis de Garaudé,\nBerton fils, Gérard, Ponchard, Blangini, Bordogni, Henry, Panseron,\net mademoiselle Nélia Maillard (i).\n\n(i) Pour comprendre à quel point renseignement était mieux entendu au Conser-\nvatoire dans les premières années de son existence qu'aujourd'hui, il suffira de lire\nces renseignements relatifs au pensionnat, publiés naguère par Ponchard : « A la\ndate du ler janvier 1808, écrivait le célèbre chanteur, au moment où venait d'être\nétabli un pensionnat pour les élèves hommes, le nombre des admissions ne pouvait\nexcéder douze, Ces pensionnaires étaient logés, nourris, entretenus aux frais du\ngouvernement, d'après un décret rendu par l'empereur Napoléon ler.Ier. Les élèves à\nl'égard desquels les règlements étaient sévères, recevaient la plus grande partie de\nleur éducation dans l'intérieur du pensionnat; ils y avaient professeurs de solfège,\nde vocalisation et de chant, une classe de musique d'ensemble et de lecture de la\npartition, sans compter l'étude accessoire du clavier pour l'accompagnement ; voilà\npour la musique» Ils recevaient, en outie* le soir et trois fois par semaine, des le-\nçons de langue française et italienne, de géographie et d'histoire, et, en dehors de\ncelles de déclamation, il y avait des exercices de tenue et d'escrime. Comme on lé"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nEnfin, je me permettrai de blâmer la liberté beaucoup trop grande\nqu'on laisse à nos jeunes chanteurs dans le choix des morceaux ou\ndes scènes qu'ils exécutent aux différents concours de chant, d'opéra ou\nd'opéra-comique. On impose aux élèves des classes instrumentales un\nmorceau unique, que tous doivent exécuter, et ce morceau est choisi,\ntrès judicieusement, dans le nombre des oeuvres des maîtres considérés\ncomme classiques : pour les pianistes, c'est un fragment de Hummel,\nde Mendelssohn, de Moschelès ou de Chopin; pour les violonistes, de\nRode, de Viotti, de Kreutzer ou de Baillot; pour les violoncellistes, de\nRomberg. On ne peut songer à donner un morceau unique aux élèves\nchanteurs, la différence du caractère des voix rendant ce système impossi-\nble. Mais du moins voudrais-je qu'on les obligeât, eux aussi, à faire\nchoix d'œuvres classiques pour les concours, et que, quelle que soit Ja\nvaleur des modernes, on leur interdît absolument de venir chanter ou\njouer des morceaux ou des scènes tirés des opéras de Verdi, de Meyer-\nbeer, d'Auber, d'Adam, de Grisar, d'Halévy, de MM. Ambroise Tho-\nmas, Gounod, Victor Massé ou autres. Ce n'est point par l'étude des\nmodernes que Ton forme le style et le goût, et, ce qui se passe aux con-\ncours n'étant que le reflet de ce qui se produit dans les classes, nous\nvoyons, malheureusement, que cette étude est à peu près la seule à la-\nquelle se livrent nos jeunes chanteurs, ce qui est justement le contraire\nde la logique, de la vérité et du sens commun.\nCes réflexions terminées, nous allons passer à l'examen des concours\nde cette année, qui, il faut bien le constater, sont loin d'avoir été bril-\nlants. Le concours de chant, qui n'avait point été mauvais, bien que le\njury ait décidé fort sagement qu'il n'y avait point lieu à décerner de pre-\nmier prix en ce qui concerne les hommes, avait fait concevoir, pour\nles séances d'opéra et d'opéra-comique, des espérances qui ont été sin-\n\nvoit; rien n'était négligé pour faire de ces élèves des artistes distingués en même\ntemps que des hommes du monde. Les élèves ne sortaient que munis de permis-\nsions et devaient rentrer à heure fixe ; les journées étaient bien remplies par de\nnombreuses études, de façon à empêcher le goût des distractions extérieures. Les\ninfractions au règlement étaient d'ailleurs rigoureusement punies, et comme l'admis-\nsion au pensionnat exemptait de la conscription, le gouvernement avait d autant\nplus de droit de se montrer exigeant à l'égard des règles établies, qui ne l'étaient, du\nreste, qu'en vue de la santé et de l'intérêt des élèves. »\nHélas! qui nous rendra cet âge d'or de l'enseignement musical i Qui nous rendra le\nConservatoire de 1808 ?"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.5", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\ngulièrement déçues; c'est à ce point que, pour F opéra, il n'a pas été pos-\nsible d'adjuger un prix, premier ou soit pour les hommes, soit\npour les femmes. D'autre part, le concours de violon a été Fun des plus\nfaibles auquel nous ayons jamais assisté, tandis que celui de piano, pour\nles classes masculines, n'a pu, lui non plus, fournir un premier prix.\nLa seule séance vraiment brillante de cette année, mais celle-là a été\nmagnifique est le concours de piano pour les femmes ; ici, il n'y avait,\non peut le dire, pas une seule élève faible, et celles même qui n'ont pas\nété couronnées méritent pour la plupart des éloges et se sont montrées par-\nfaitement dignes de prendre part à l'épreuve. Le jury, cette fois, a pu\nsans danger se montrer généreux, et n'a pas décerné moins de quatre\npremiers et trois seconds prix, trois premiers et trois seconds accessits.\nAussi bien nous pouvons commencer notre revue par cette intéres-\nsante séance, qui a laissé dans notre esprit le meilleur souvenir. Des qua-\ntre jeunes filles qui ont obtenu chacune un premier prix, mesdemoiselles\nBerthe Marx, Mège-Benon, Donne et Loire, la troisième, je Favoue,\nréunit toutes mes sympathies. Mademoiselle Donne, en effet, se fait remar-\nquer par un beau son, à la fois moelleux et corsé, par des doigts délicats\net vigoureux, un goût exercé,, une grande.finesse dans les détails en même\ntemps qu'une grande largeur de phrasé, un style très pur; c'est une ar-\ntiste enfin, au jeu plein de correction, de chaleur et d'ampleur. Chez\nmademoiselle Marx Fexécution est fine et soignée, les doigts sont déliés,\nles détails faits avec netteté; mais l'ensemble, parfois encore un peu\nlourd, se distingue plus par la vigueur que par la grâce. Mademoi-\nselle Loire a le jeu serré et vigoureux, solide et corsé, mais manquant un\npeu de charme et de délicatesse. Mademoiselle Mège-Benon est douée\nd'un vrai tempérament d'artiste, elle a, si l'on peut dire, l'expérience jointe\nà l'inspiration, et un jeu brillant et coloré, plein de crânerie, met surtout\nen relief un beau son bien expansif et une rare sûreté de mécanisme.\nTrois seconds prix ont été adjugés, en toute justice, à mesdemoiselles\nGenty, Poitevin et de Pressensé. C'est par la grâce que pèche mademoi-\nselle Genty, mais son jeu, un peu sec, est nerveux et sûr, et le méca-\nnisme solide. Les qualités de mademoiselle de Pressensé sont à peu\nprès semblables, et chez elle les traits sont d'une netteté irréprochable.\nAvec une correction un peu froide peut-être, le jeu de mademoiselle\nPoitevin, sage, bien posé, offre des détails élégants, un doigté net et un\nheureux phrasé.\nTrois premiers accessits : Mademoiselle Debiliemont, aux doigts sou-\nples et solides, aux traits perlés et pleins de finesse, au jeu varié, à l'exé-\ncution pleine de charme et parfois empreinte d'une certaine grandeur ;"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.6", "texte": "LA. CHRONIQUE MUSICALE\n\nmademoiselle Taravant, une enfant qui ira loin, qui a du goût, de la\nfinesse, delà grâce, un bon doigté, une exécution très satisfaisante, par-\nfois charmante, empreinte de couleur et d'une rare délicatesse ; made-\nmoiselle Manotte, au jeu élégant et expressif, varié, coloré et entraînant,\nà l'exécution serrée et solide, au tempérament plein d'ardeur.\nMesdemoiselles Pottier, de Filippi et Penau se sont vu décerner les\n'seconds accessits. Mademoiselle Pottier a le jeu ample et fourni, le son\nbien expansif, la délicatesse et la vigueur, le goût et la grâce; made-\nmoiselle Penau attaque bien la note, donne au son une grande transpa-\nrence ; elle a des traits fins et perlés, des détails charmants; l'ensemble\nest aimable et distingué, mais le doigté manque un peu d'égalité.\nMademoiselle de Filippi ne manque pas de certaines qualités, mais ces\nqualités manquent absolument d'équilibre.\nParmi les jeunes filles qui n'ont point été couronnées, j'ai remarqué,\nà des titres divers : mademoiselle Perey, qui n'a pas mal joué et qui a\ndéchiffré admirablement; mademoiselle Cellier, qui se distingue par\nla finesse, l'agilité et la vigueur; mademoiselle Dandeville, dont le\nson plein d'éclat, le mécanisme très sûr, le jeu élégant et serré me sem-\nblaient dignes d'intéresser le jury ;—-mademoiselle Gaildrau, qui joue\nen artiste, et dont l'exécution pleine de style est empreinte de qualités\ntoutes personnelles; enfin, mademoiselle Barozzi, dont le jeu, quoi-\nque un peu confus, n'est pas cependant sans mériter des éloges.\nJ'ai dit que le concours masculin avait été beaucoup moins brillant;\nil était d'ailleurs moins nombreux. En l'absence d'un lutteur capable\nde remporter le premier prix, deux seconds prix ont été décernés à\nMM. Espinosa et Rouveirolis, deux tout jeunes gens, presque deux en-\nfants, qui donnent beaucoup à espérer pour leur avenir. Des autres con-\ncurrents, je ne vois pas grand'choseà dire.\nVingt élèves ont pris part au concours de violon. Dans le nombre se\ntrouvaient deux jeunes filles, dont l'une, mademoiselle Boulanger, a ob-\ntenu le premier prix, en compagnie de M. Hollander. Mademoiselle\nBoulanger aie son large et pur, l'archet bien posé, des doigts agiles, un\nstaccato net et mesuré ; avec cela un trille excellent, de la largeur dans le\njeu et de la vigueur dans l'exécution ; pourtant il manque encore à cette\njeune personne l'élan, la flamme et ce je ne sais quoi qui fait l'artiste.—\nM. Hollander pèche particulièrement sous le rapport du style et de la\njustesse, et il joue presque toujours trop haut; le son chez lui manque\nd'expression ; l'archet est ferme et le jeu brillant."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.7", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nMM. Brindis et Diaz-Albertini ont obtenu les seconds prix. M, Brin-\ndis est un nègre de Cuba qui se distingue par un joli son, un archet bien\nà la corde, un chant expressif et une certaine largeur d'exécution; avec\nun peu d'inexpérience encore, on sent là l'étoffe d'un artiste. M. Diaz-\nAlbertini a de la un jeu aimable où le chant est bien conduit, une\njustesse à peu près satisfaisante, et un bon staccato, dont par malheur\nil fait abus.\nLes deux premiers accessits ont été adjugés à MM. Kapp et Lefort, les\nseconds à M. Heyman et à mademoiselle Pommereul. Il y a chez ces\njeunes gens, surtout chez les deux premiers, quelques bonnes qualités\nqui demandent à être développées par un travail consciencieux, surtout\nen ce qui concerne l'intonation. Le défaut de justesse a été en effet la\nplaie du concours de violon de cette année.\nLe concours de violoncelle a été satisfaisant, mais sans grande supé-\nriorité. Les deux premiers MM. Tolbecque et Frémaux, ont fait\npreuve de qualités solides et promettent deux artistes distingués. M. Gil-\nlet, à qui est revenu le second prix, est déjà en possession d'un talent\ntrès pur et très formé. Parmi les élèves non couronnés, il faut citer\nM. Husson-Morel, qui semble appelé à un heureux avenir et qui ne\npeut manquer d'être plus fortuné Tannée prochaine.\nNous voici arrivés aux trois concours de chant, d'opéra et d'opéra-\ncomique, dont le premier, nous l'avons vu plus haut, a été sensiblement\nsupérieur aux deux autres. Le sujet sur lequel on comptait le plus était\nM. Dereims, qui l'année dernière avait remporté les trois seconds prix.\nCe jeune homme n'a pourtant réussi à enlever que le premier prix d'o-\npéra-comique ; sa voix de ténor est d'une assez jolie couleur, ne man-\nquant ni de puissance ni d'étendue, mais elle vient trop souvent de la\ngorge et ne brille pas par une justesse absolue. Comme comédien,\nM. Dereims a encore diantrement à faire et devra tâcher de mettre à pro-\nfit les leçons et les conseils de ses maîtres. Deux seconds prix de chant\nont été donnés à MM. Vergnetet Manoury, le premier, ténor, le second\nbaryton. M. Vergnet est doué d'une voix charmante, pleineet onctueuse,\nparfaitement juste, et il a chanté avec style et avec goût l'air admirable\nde Joseph; trop maladroit danrs le débit du dialogue, il a échoué au con-\ncours d'opéra-comique. Le baryton de M. Manoury est très égal, très\nplein, très juste, coloré et étendu ;ce jeune homme chante avec goût et\ndans le concours d'opéra-comique, qui lui a valu un premier accessit, il\na dit avec intelligence et sobriété une scène du Caïd. M. Dufriche,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nqui a échoué dans le concours de chant, a obtenu un second prix d'opéra-\ncomique ; une jolie voix de basse chantante, guidée avec un certain\ngoût, mais bien de l'inexpérience encore. M. Heuschling, premier\naccessit de chant et premier accessit d'opéra-comique, est doué aussi\nd'une belle voix de basse chantante, et fera peut-être un artiste lorsqu'il\naura acquis un peu plus de chaleur. M. Couturier, premier accessit\nde chant et premier accessit d'opéra, est encore une basse à la voix pleine,\nsonore, ample, facile et très juste; il articule nettement, phrase bien et\npromet un vrai chanteur. MM. Queulain, Meyronnet, Pitiot, Dieu,\nont mérité les encouragements que le jury leur a donnés sous forme\nd'accessits.\nDu côté des femmes nous avons trois premiers prix de chant, mesde-\nmoiselles Tapon, Bureau et Chevalier, doublés, pour les deux dernières\nde deux premiers prix d'opéra-comique. Mademoiselle Tapon possède\nune voix de forte chanteuse étendue, pleine de franchise et de caractère,\nmais son chant ne se distingue par aucune qualité particulière; elle a\nmanqué le premier prix d'opéra, auquel son second prix de l'an passé la\nmettait en droit de prétendre. Mademoiselle Bureau est un soprano\naigu d'un joli timbre, conduit déjà avec goût et non sans charme. Ma-\ndemoiselle Chevalier vocalise assez bien, fait parfaitement le trille, mais\nne chante pas toujours absolument juste. Comme comédienne, elle me\nsemble encore bien novice.\nPeut-être, aux trois premiers prix de chant, préférerais-je l'un des se-\nconds prix, mademoiselle Fouquet, jolie et élégante personne, douée\nd'une voix très juste, chaude et sympathique, qui a chanté l'air d'Ham-\nlet avec un goût très fin, qui vocalise avec audace et facilité, bat parfai-\ntement le trille, et en qui l'on sent une femme intelligente et une artiste\nà venir. Mademoiselle Fouquet a fait, dans la scène de l'ombre du Par-\ndon de Ploërmel, un excellent concours d'opéra-comique, qui lui a valu\nun premier accessit. Mademoiselle Champion, second prix de chant\net deuxième accessit d'opéra comique, a fait apprécier une voix assez\nbien timbrée, d'une justesse absolue, une exécution sobre et sage et des\nqualités d'ensemble auxquelles manque encore la flamme et l'élan.\nMademoiselle Breton, second prix de chant et second prix d'opéra-co-\nmique, a la voix fraîche, facile et juste, du goût) une heureuse vocali-\nsation ; au point de vue de la scène on doit lui reconnaître de la grâce\net de la légèreté. Mais que de cocotes, grand dieu! que de cocotes !\nDes diverses jeunes filles qui ont remporté des accessits, mesdemoiselles\nWagner, Huet, Montibert, Marcus de Beaucourt, je ne vois guère à\ntirer de jpair que mademoiselle Wagner, chez qui l'on sent un travail"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.9", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nintelligent, un talent en train de se former, mais qui manque de chaleur\net d'expansion.\nIci se tei minent nos notes sur les concours de 18y 3. Nous nous sommes\nefforcé, non-seulement d'être juste, mais courtois et bienveillant dans\nnos appiéciations. On. ne doit jamais oublier, en effet, que les élèves du\nConservatoiie ne sont pas encore des artistes, qu'ils sont seulement\nappelés a ledevenii, et que si la critique doit s'exercer à leur égard, elle\nne le peut faire a\\cc picfit et utilité qu'à la condition de se montrer in-\ndulgente , et de ne point porter le découragement dans de jeunes esprits\nqu une impiession un peu dure, un peu trop sévère, pourrait chagriner\net blesser d une façon fâcheuse pour leur avenir, pour le bien même de\nleurs études. Kn un mot, la critique n'a affaire ici qu'à des écoliers plus\nou moins heureusement doués, plus ou moins avancés, et qui ont be-\nsoin, avant tout, d'encouragements et de conseils, à la condition que ces\nencouicigements ne soient pas donnés hors de propos, que ces conseils\nsoient fondés sur l'examen attentif des facultés de chacun, de ses qualités\net de ses défauts, C est pénétré de ces idées que nous avons donné no-\ntie avis motivé sui les concours de et nous pensons avoir rempli\nnotre devoir, aussi bien envers les futurs artistes que nous avons vu dé-\nfi lei devant nous en si grand nombre, qu'envers ceux qui nous font\nl'honneur de nous lire.\n\nARTHUR POUGIN."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.10", "texte": "PALMARÈS\nDU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE POUR L'ANNÉE 1873\nCONTREPOINT ET FUGUE.\nJURY : MM, Ambroise Thomas (président); Benoist, J. Cohen,\nDuprato, 2s. Gautier, Fissot, Massenet, Saint-Saëns.\nPas de lERIER prix.\n2e prix : MM. Koenig (élève de M. V. Massé], et Hillemacher (élève\nde M. Bazin).\ni*r accessit :M. Dutacq (élève de M. Reber) ; 2e accessit: MM. Vergnion (élève de\nM. Reber) et Wormser (élève de M. Bazin).\nHARMONIE ÉCRITE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Ba\\in, Barbereau, Louis\nDeffès, Léo Delibes, Henry Duvernoy, Guiraud, Le Couppey, Mem-\nbrée.\nier prix :M. Mancini (élève de M. Th. Dubois) ;\n2e prix : M. Charpentier (élève du même).\nier accessit : M. Karren (élève de M. Th. Dubois); 2e accessit: M. Couen (élève\ndu même); 3e accessit : M. Chimène (élève de M. Augustin Savard).\nHARMONIE ET ACCOMPAGNEMENT PRATIQUE.\nJURY : ÀfM. Ambroise Thomas (président) ; Benoist, Ernest Boulan-\nger, DeldeveSemet, Barthe, Babille, Collin, Paladilhe.\nClasses des hommes.\nler prix :M. Marie (Gabriel) (élève de M. Émile Durand) ;\n2e prix : M. Pop (élève de M. Duprato).\nter accessit :M. Lapucliin (élève de M. E. Durand) ; 2°accessit :M. Rousseau (élève\nde M. E, Durand) ; 3e accessit : M. Blanc (élève de M. Duprato).\nClasses des femmes.\nlERIER prix : Mlte Renaud (élève de M. Batiste);\n2e prix : Mlle Gentil (élève de Mme Dulresne)."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.11", "texte": "PALMARÈS DU CONSERVATOIRE (I 873)\n\nier accessit : Mlle Roucher (élève de Mme Dufresne) ; accessit: Mlle Papot (éltve\nde la même).\nSOLFEGE DES CHANTEURS.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Ba\\in7 Napoléon Alkan,\nAdrien Boieldieu, Colin, Comettant, Savard, Valenti, Vervoitte.\nClasses des hommes :\nires médailles : MM. Dufriche, Mouret (élèves de M. Danhauser);\n2e médaille : M Pellin (élève du même) ;\n3mes médailles : MM. Pitiot, Heuschling (élèves du même).\nClasses des femmes :\nires médailles : Mlles Assémat, Bilbaut-Vauçhelet, Duvernoy (élèves\nde M. Henri Duvernoy); Baron (élève de M. Mouzin).\n2mes médailles : Mlle Belgirard (élève de M. Mouzin); M,le Levasseur,\n(élève de M. H. Duvernoy);\n3mes médailles : Mlle Kéraval (élève de M. H. Duvernoy); Mlle Vergin\n(élève de M. Mouzin).\nSOLFEGE\nClasses des hommes :\nJURY : MM. Ambroise Thomas, Danhauser, Gastinel, Mou-\nlin, Pasdeloup, Prumier, Salomon, Savard.\nPas de ire médaille ;\n2es médailles : MM. Guyon (élève de M. Alkan); Heymann (élève de\nM. Decombes) ; Duchéron et Franck (élèves de M. Alkan).\n3es médaille : MM. Pierné, Yasseur ,Desteiani (élèves de M. Lavignac) ;\nMarty (élève de M. Gillette).\nClasses des femmes :\nires médailles : Mlles Lœwenhoff (élève de Mlle Roulle); Jungmann\n(élève de Mlle Gaillard) ; Demayer (élève de Mlle Mercié-Porte) ; Dieck-\nmann (élève de Mlle Doumic) ; Mahin (élève de Mlie Gaillard) ; Reide-\nmester (élève de M. Lebel) ; Marx (Valentine) (élève de MUe Mercié-\nPorte); Mège, Germain (élèves de Mlle Gaillard); Lamartine (élève de\nM. Le Bel).\n2mes médailles : Mlles Dallemagne (élève de Mme Tarpet); Jallet (élève\nde M. Le Bel); Poitevin, Ackermânn (élèves de Mlle Gaillard) ; Thorcy,\nHunger (élèves de Mme Doumic).\n3mes médailles : Mlles Liottel (Cécile) (élèves de Mlle Gaillard) ;\nBaluze, Blum (élèves de Mme Doumic), Maillochon (élève de Mlle Gail«\nlard)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCHANT\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Victor Massé, Vaucor-\nbeil, Deldevez, Eug. Gautier, Guillot de Sainbris, i?. Membrée,\nTh. Semet, Wartel.\nClasses des hommes :\nPas de iel' prix.\n2e prix : MM. Manoury (élève de M. Grosset), et Vergnet (élève de\nM. Saint-Yves Bax).\nler accessit : MM. Couturier et Heuschling (élèves de M. Roger) ; 2e accessit :\nMM. Queulain et Meyronnet (élèves de M. Grosset) ; Pitiot (élève de M. Boulanger).\nClasses des femmes :\nier prix : Mlles Bureau, Chevalier et Tapon (élèves de M. Saint-Yves\nBax).\n2e prix : Mlles Fouquet (élève de M. Boulanger) ; Champion (élève\nde M. Bussine) ; Breton (élève de M. Roger). â\nlerIer accessit : MlleS Wagner (élève de M. Bussine); Bière (élève de M. Saint-Yves\nBax) ;2e accessit : Mnes Huet (élève de M. Bussine); Montibert (élève de Mme Pau-\nline ViardotJ.\nOPÉRA\nJURY: MM. Ambroise Thomas {président); Charles Blanc, Félicien\nDavid, V. Massé, F. Vaucorbeil, de Saint-Georges,\nBonnehée.\nClasse des hommes :\nPas de ier ni de 2e prix.\niel accessit : MM. Couturier et Dieu ;2e accessit :M. Garnier (élèves de M. Obin).\nClasse des femmes :\nPas de ier ni de 2e prix.\nier accessit : Mlle Huet (élève de M. Obin).\nOPÉRA-COMIQUE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Membrée, Gau-\ntier, de Leuven, de Saint-Georges, A. de Beauplan, Vaucorbeil, Du\nLocle.\nClasses des hommes :\nier prix :M. Dereims (élève de MM. Couderc et Ponchard).\n2e prix. M. Dufriche (élève de M. Ponchard).\nieV accessit : MM. Heuschling et Manoury (élèves de M. MockerJ ;2e accessit :\nM. Taskin (élève de M. Ponchard)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.13", "texte": "PALMARÈS DU CONSERVATOIRE (I 873)\n\nClasses des femmes :\nIERIER prix : Mlles Chevalier et Bureau (élèves de MM. Couderc et\nCharles Ponchard).\n2e prix : Mlle Breton (élève de M. Mocker).\nler accessit : MlleS Fouquet (élève de M. Mocker), et Marcus de Beaucourt (élève de\nMM. Couderc et Ponchard); 2e accessit : MUe Champion félève de M. Mocker).\nORGUE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Benoist, Georges\nJules Cohen, Duprato, Eug. Gautier, Henri Fissot) Jules Massenet,\nCamille Saint-Saëns.\nPas de ier ni de 2e prix.\nier accessit : MM. Humblot et Tolbecque (élèves de M. César Franck).\nÉTUDE DU CLAVIER\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Marmontel, Georges\nMathias, N. Alkan, Emile Decombes, H. Potier, G. Pfeiffery\nH, Fissot, Pasdeloup.\nires médailles : Mlles Brzezicka, Domicent, Libersac (élèves de\nMme Émile Réty) ; Mlle Coste (élève de Mme Philipon) ; Mlles Blum et\nGuintrange (élèves de Mme Chéné).\n2mes médailles : Mlle Vacher-Gras (élève de Mme Chéné) ; Mlle Orsolini\n(élève de Mme E. Réty); Mlle Lefèvre (élève de Mme Chéné); Mllc Migette,\n(élève de Mme E. Réty) ; Mlle Léger (élève de Mme Chéné).\n3 mes médailles : Mlle Germain (élève de Mme E. Réty); Mlles Desmazes,\nHunger (élèves de Mme Chéné); Mlles Redemeiste, Rousseau (élèves de\nMme E. Réty) ; Mlle Gentil (élève de Mme Chéné).\nPIANO\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; V. Massé, C. Franck,\nH. Fissot, Massenet7 Paladilhe, Aug. Wolff\\ Vidor, is. Sau^ay.\nClasses des hommes :\nPas de lerIer prix.\n2e prix : MM. Espinosa (élève de M. G. Mathias) ; Rouveirolis (élève\nde M. Marmontel).\niel' accessit: M. Dûlmetsch (élève de M. Marmontel); 2e accessit : M. Desgranges\n(élève de M. Marmontel).\nClasses des femmes :\nier prix : Mlle Marx (élève de M. Henri Herz) ; Mège-Benon (élève de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.14", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nM. Le Couppey) ; Donne (élève de M. Herz ) ; Loire (élève de M. De-\nla borde).\n2' prix : M,hsGenty, Poitevin (élèves de M. Delaborde); de Pressensé\n(élève de M. Le Couppey).\nie accessit . MlleS Debiliemont; laravant, Manot (élèves de M. Le Couppey) j2e ac-\ncessit : Mlles Pottier (elève de M. Le Couppey) ;de Filippi (élève de M. Herz); Pénan\n(élève de M. Le Couppey).\nVIOLON\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Victor Massé, Barbe-\nreau, Lebouc, Deloffre, Cuvillon, Lamoureux. Dubois, Maurin,\nSarasate.\nier prix : M11(3 Boulanger (élève de M. Alard) ;M. Hollander (élève\nde M. Massard).\n20 prix : MM. Diaz-Albertini (élève de M. Alard) ; Brindio (élève de\nM. Dancla).\ni 01\" accessit : MM. Kapp (élève de M. Dancla) ; Lefort (élève de M. Massart) ;2 e ac-\ncessit :M. Heymann et Mlle Pommereul (élèves de M. Alard.)\nVIOLONCELLE\nMême jury que pour le concours de violon.\nier prix: MM. Tolbecque (élève de M. Franchomme); Frémaux\n(élève de M. Chevillard).\n2e prix. M. Giliet (élève de M. Franchomme .\nPas de ier accessit ;2e accessit :M. Gatineau (élève de M. Chevillard) ; MlleS Hille-\nmacher et Maleyx (élèves de M. Franchomme).\nCONTRE-BASSE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Franchomme, Chevillard,\nDeloffre, Gouffé, Lebouc, Rabaud\\ Verrimst.\nier prix :M. Lefebvre (élève de M. Labro);\n2e prix : MM. Bousquet (Édouard) et Florus (Louis) (élèves du même).\nier accessit :M. Beaugrand (élève de M. Labro).\nHARPE.\nJURY: MM. A. Thomas (président)\\ Marmontel, Mathias, Pasdc-\nloup y Potier, Alkan, Decombes, Fissot, Pfeiffer.\nPas de ier prix.\n2e prix : Mlle Jallet (élève de M* Prumier).\nFLUTE;\nJURY (de tous les concours d'instruments à vent) : MM, Ambroise"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.15", "texte": "PALMARÈS DU CONSERVATOIRE (I 873)\n\n7'homas, F. Baillot, Dauverné, Deloffre^Jancourt, Prumier7\neZ TaffaneU\nPas de ier prix.\n2(' prix : M. Molé (élève de M. Altès).\nicl accessit: M. Mancini (élève du même).\nHAUTBOIS.\ni(r prix :M. Rousselot (élève de M. Colin).\n2° prix : M. Boullard (élève du même).\nler accessit :M. Preux (élève de M. Colin); accessit :M. Silenne (élève du\nmême).\nCLARINETTE.\niel prix :M. Grafeuille (élève de M. Leroy).\n2( prix : M. Caubère (élève du même).\nie* accessit: M. Bourdin (élève de M. Leroy); 2e accessit: M. Mayer (élève du\nmême).\nBASSON.\nPas de lerIer prix,\nprix : M. Schubert (élève de M. Cocken).\niel accessit: M. Philibert (élève de M. Cocken); 2e accessit : M. Jacot (élève du\nmême).\nCORNET A PISTONS.\nicl prix : MM. Silvestre et Senée (élèves de M. Arban) ;\n2( prix :M. Cuelenaere (élève du même).\nPas de iel' accessit ; accessit :M. Joussaud (élève de M. Arban).\nTROMPETTE.\nPas de ier ni de 2 e prix.\nier accessit : M. Bâton; 2« accessit : M. Dubois (élèves de M. Cordier).\nCOR..\nPas de ier prix.\n2r prix : M. Lachaise (élève de M. Mohr).\nTROMBONE.\nler prix :M. Allard (Auguste) (élève de M. Delisse).\n2e prix : M, Blachère (élève du même).\nlel1e1 accessit :M. Souchon (élève de M. Delisse); 2e accessit :M. Allard (Louis) (élève\ndu même)."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.16", "texte": "LA\nSALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES\n\nA pioche des démolisseurs fait tomber en ce moment\nune partie du château des Tuileries dont la Chro-\nnique musicale a le droit de retracer l'histoire, car\nl'Opéra, l'Opéra-Comique, l'Opéra-Italien, y ont\ndonné tour à tour leurs représentations. Il s'agit de\nl'aile nord du palais qui s'étendait entre le pavillon\nMarsan et les constructions élevées par Catherine de Médicis.\nIl fallait une salle convenable pour les grandes fêtes qui devaient\ncharmer la jeunesse de Louis XIV. Le cardinal Mazarin avait formé\ndifférents projets. Yigarani, gentilhomme italien, qui plus tard devait\nconstruire une salle d'opéra pour Lulli, « proposa de bâtir une salle\ngrande et spacieuse dans les alignements du dessein du Louvre, dont les\nalignements du dehors symmétriques avec le reste de la façade, l'affran-\nchiraient de toute ruine et de tous changemens »\nL'intention était excellente, maison va voir combien de changements\net de ruines se succédèrent à cette même place pendant l'espace de deux\nsiècles !\n« Le Roy agréa tort cette proposition et les ordres furent donnés à\nM. Ratabon (contrôleur des bâtiments du Roy) de hâter l'ouvrage et au\nsieur Yigarani de préparer les machines (i).\n\n(I) DE PURE, Idée des spectacles anciens et nouveaux, 1668, in-12."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.17", "texte": "DAUBERVAL ET Mlle ALLARD\ndans le second acte de Sylvie.\n(1767)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.18", "texte": "I.\nLA SALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES\n11\n\nLes proportions de la scène dépassaient tout ce qui avait été fait\njusqu'alors. Les machines théâtrales les plus compliquées pouvaient s'y\nmouvoir à l'aise, et produire les plus grands effets. Quant àla décoration\nde la salle, les peintures, les sculptures, les bronzes et les marbres y\nfurent prodigués. On ale devis de ces travaux, en date du 13 août 1661,\ndressé par devant Levasseur et Debeauvais, notaires (i).\n« Par-devant les notaires garde-nottes du Roy notre sire, en son\nchatelet de Paris, soubsignez, fut présent le Sr Charles Errard, peintre\nordinaire du Roy et de la Royne, demeurant à Paris aux galleries du\nLouvre, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, lequel a volontairement\nrecogneu et confessé avoir faict marché, promis et promet au Roy,\nstipulant pour Sa Majesté maître Anthoine Ratabon, chevallier, con-\nseiller du Roy en tous ses conseils, surintendant et ordonnateur général\ndes bâtiments de Sa Majesté, et maître Pierre Cocquart, sieur de la\nMothe, conseiller du Roy en ses dits conseils, intendant et ordonnateur\nde ses bâtiments, en la présence de noble homme André Le Nostre,\nconseiller du Roy et contrôleur général des susdits bâtiments, de faire\net parfaire bien etduement au dire d'ouvriers et gens à ce cognoissant, et\nsous bonne Visitation et emploi tous les ouvrages de peinture et dorure\nà taire à la salle du Peuple, de la grande salle nouvellement construitte\nau Palais des Thuilleries pour les grands ballets et comédies à ma-\nchines.,.. ce présent marché faict moyennant la somme de 32 000\nlivres... etc. » .\nOn entrait dans la salle par deux portes donnant, Tune sur la cour,\n1 autre sur le jardin des Tuileries» « Ces entrées ont des deux côtés des\ncolonnes sur des piédestaux et des pilastres quarrés élevés à la hauteur\ndu Théâtre ; on monte ensuite sur un haut dais réservé pour les places\ndes personnes Royales et de ce qu'il y a de plus considérable à la cour.\nCet espace est bordé d'une balustrade par devant et de degrés en Amphi-\nthéâtre tout à l'entour, des colomn.es posées sur le haut de ces degrés\nsoutiennent des galeries sur lesquelles, entre les colomnes, on a placé des\nbalcons qui sont ornés ainsi que le plafond et tout ce qui paroit dans\nla salle, de tout ce que l'architecture, la sculpture, la peinture et la\ndorure ont de plus beau, de plus riche et de plus éclatant (2). »\nC'est là qu'eut lieu la représentation de Psyché, tragédie-comédie-\nballet, en vers libres, précédée d'un prologue, de MM. Corneille l'aîné,\n\n(1) L'Amateur d'autographes, 2e année, n° du janvier 1863.\n(2) Programme du Ballet de Psyché, in-40."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nMolière et Quinault. La musique et les paroles de la plainte italienne\nétaient de Lulli.\nOn n'a pas de renseignements exacts sur les autres ouvrages qui purent\nêtre joués ensuite dans cette salle. Une lettre de l'abbé Dubos nous ap-\nprend que J.-B. Moreau, dont madame de Maintenon s'était servie pour\nmettre en musique Esther et..Athalie, avait obtenu du roi le privilège\nde faire représenter ses pièces à Paris. « Le Roy même lui accorde la\nsalle des Machines des Thuilleries et la permission de se servir de ses\nmusiciens dans ses représentations, ce qu'il avoit toujours refusé à\nLulli (1). » Nous ne savons si ce projet a été réalisé. D'après Parfait,\nla salle fut abandonnée jusqu'en 1716, époque à laquelle on y exécuta\ndes ballets pour l'amusemeut de Louis XV enfant (2).\nEn 1738, Servandoni, chevalier de Tordre du Christ, peintre et ar-\nchitecte de Sa Majesté et de son Académie royale, obtint la permission\nde donner des spectacles en décorations dans la salle des Tuileries. Ces\nreprésentations avaient lieu les fêtes et dimanches et pendant la clôture\ndes théâtres. C'étaient des pantomimes accompagnées de musique et\ndont de grands effets de décors et de machines constituaient le principal\nattrait.\nVoici une partie du répertoire de Servandoni.\n1738. Représentation de l'église de Saint-Pierre de Rome,\n1739. La boîte de Pandore.\n1740. La descente d'Enée aux enfers.\n1741. Les travaux d'Ulysse.\n1742. Léandre et Héro.\n1754,. La Forêt enchantée (sujet tiré de la Jérusalem délivrée), mu-\nsique de Geminiani.\n1755. Le Triomphe de Vamour conjugal.\niys6. La Conquête de Thamas-Kouli-Khan.\n1757. La Constance couronnée, musique de Sodi.\nCe répertoire est fort peu connu. M. de Soleinne possédait quelques-\nuns des programmes de Servandoni (3).\nCes représentations avaient cessé et la salle des Machines était inoc-\ncupée, quand le théâtre de l'Opéra, situé au Palais-Royal, fut incendié\n\n(1) L'Amateur d'autographes, 4E année, p, 76.\n(2) PARFAIT, Histoire du Théâtre françois, t. XI, p. 126.\n(3) Catalogue Soleinne, t. 111, p. 243."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.20", "texte": "LA SALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES\n\nle 6 avril ij6i (i). On donna des concerts français dans la salle de con-\ncert des Tuileries, située dans le pavillon de Flore, qui avait déjà servi\nau concert spirituel, et pendant ce temps on fit construire par Soufflot,\narchitecte du Panthéon, une salle provisoire sur l'emplacement du théâ-\ntr, des Machines. Cette salle reproduisait à peu près les dispositions de\ncelle qui venait d'être détruite. On avait tenu à ce que le nombre des\nloges fût le même afin d'éviter toute difficulté avec les abonnés. Le seul\nplan que nous en connaissions, et qui est reproduit ci-contre, est un\nplan manuscrit de Brebion faisant partie d'un projet d'établissement de\n1 Opeia sur la place du Carrousel (2). Brébion avait, en qualité d'inspec-\nteui, aidé Soufflot dans la construction de cette salle.\nOn voit par le plan que la salle et la scène furent édifiées sur le seul\nemplacement de l'immense scène du théâtre des Machines, dont la salle\nlut conserves et séparée par un mur de l'Opéra provisoire. Les frais de\nconstruction, d'abord évalués à 250,000 livres, s'élevèrent à 409,555\nlivres.\nL ouveituie eut lieu le 5 janvier 1764. Elle était impatiemment atten-\ndue et déjà, depuis quelque temps, tout était retenu d'avance pour plu-\nsieurs mois (3). Il y avait trois rangs de loges surmontés d'un amphithéâ-\ntre, la décoration était à fond vert tendre avec ornements rehaussés d'or.\nLa scene était plus vaste que celle des différents théâtres qui avaient été\nconstruits jusqu'alors à Paris. On trouva plusieurs défauts à la salle.\nLe parterre était trop élevé, les premières loges avançaient trop, etc.\nPendant la clôture annuelle on fit diverses améliorations, et en somme,\n1 édification du théâtre des Tuileries constitua un progrès réel sur celui\ndu Palais-Royal. La sonorité y était excellente, ce que l'on attribuait au\npeu d espace laissé entre les murs et les parois de la salle.\n\n(1) \\Ol ci l'indication des différentes salles occupées par l'Opéra depuis son origine\n19 mars 1671. 3o mars 1672. Jeu de Paume de la Bouteille, rue Guénégaud.\n1672. Jeu de Paume du Bel-Air, rue de Vaugirard.\n1673-1763. Première salle du Palais-Royal (incendiée)..\n1/64-1770. Salle provisoire des Tuileries.\n1770-1781. Deuxième salle du Palais-Royal (incendiée).\n1781. Salle provisoire aux Menus-Plaisirs.\n1781-1794. Salle de la Porte-Saint-Martin.\n1794-1820. Salle de la rue Richelieu.\nDe 1820 à 1821, quelques représentations furent données dans la salle Favart et\ndans la salle Louvois.\n1821. Salle de la rue Lepelletier.\n(2) Archives nationales, 01,Ol, 1707.\n(3) Mémoires secrets de Bacliaumont, t. I, p. 341#"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "164", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.21", "texte": "C. Scène du théâtre\nde l'Opéra.\nB. Salle du théâtre\nde l'Opéra.\nD. Entrée par la Cour\ndes Suisses.\nE. Entrée par le jar-\ndin des Tuileries.\nA. Salle du théâtre\ndes machines."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.22", "texte": "LA SALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES\n\nParmi les ouvrages nouveaux qui furent représentés aux Tuileries,\nnous citerons :\nAline, 7 eine de Golconde, de Sedaineet Monsigny (i 5 avril 1766).\nSylvie, de Laujon, musique de Berton et Trial, C'est dans cet opéra\nque d Auberval et mademoiselle Allard obtinrent le plus vif succès en\ndansant le pas de deux qui fait le sujet de la gravure reproduite par la\nChronique musicale. Cette curieuse estampe fera comprendre mieux\nque toutes les descriptions ce qu'étaient à cette époque la danse et le cos-\ntume à l'Opéra (1).\nThésée, musique nouvelle de Mondonville (i 3 janvier\n1767).\nErnelinde, princesse de Norvège, de Poinsinet et Philidor (24 no-\nvembre 1767).\nDaphnis et Alcimadure, traduit en français par Mondonville (7 juin\n1768). La première représentation avait eu lieu en 1754, avec des paro-\nles languedociennes. Mondonville était également l'auteur de la musi-\nque. M. Jeliotte et mademoiselle Fel chantèrent ce patois harmonieux\ndont l'air de Daphnis pourra donner une idée :\nPoulido Pastourelo,\nPerléto das amous,\nDe la roso noubelo\nEsfaçats las coulons ;\nPerqué siéts vous tan belo,\nE'yéu tan amourous,\nPoulido Pastourelo,\nPerléto das amous,\nBen que me siats cruélo\nYéu n'aymaréy que bous.\nIl paraît toutefois, par la reprise de 1768, que Ton crut bon d'en re-\nvenir aux paroles françaises.\nOmphale, de Lamotte, nouvelle musique de Cardone (2 mai 1769).\nPsyché, de Molière et Corneille, nouvelle musique de Mondonville.\nier octobre 1769. —Il est assez curieux de retrouver sur ce théâtre le\npremier ouvrage qui ait été joué pour l'inauguration de la salle des\n\n(i) Dans cette année 1767, le 9 mars, les spectacles fermèrent pour les prières de\nquarante heures ordonnées pour Madame la Dauphine. Le registre de l'Opéra fait\nremarquer que c'est la première fois que l'on ferma pour les prières dans les mala-\ndies des princes."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.23", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nT uileries, sous Louis XIV. Ce fut aussi l'un des derniers que l'Opéra y\nreprésenta. La clôture delà salle provisoire eut lieu le 23 janvier 1770.\nElle avait donné asile à l'Académie royale de musiquependant six ans.\nA 1 Opéra succéda alors la Comédie-Française, qui abandonna son\nthéâtre de la rue Neuve-des-Fossés, depuis rue de l'Ancienne-Comédie.\nOn lit dans les Mémoires secrets :\n« 24 avril 1770. Les comédiens françois ont ouvert hier leur théâtre\nsur la salle des Tuileries que quitte l'Académie Royale de musique;\ncette translation qu'on croyoit devoir être fort tumultueuse dans ce\npavs-ci, où tout fait époque et excite la curiosité, n'a eu rien d'extraor-\ndinaire, que beaucoup de critiques auxquelles elle a donné lieu. La dif-\nférence du genre des spectacles exigeoit naturellement du changement\net l'on a jugé digne de la magnificence Royale de faire supporter ces frais\nà S. M. La précipitation que l'on a mise à ce bouleversement peut seule\nexcuser les restaurateurs de la salle. On leur reproche des bévues énor-\nmes de toute espèce, mais surtout d'avoir rompu l'harmonie qui régnoit\ndans la disposition des loges pour en augmenter le nombre, d'avoir\nreculé le théâtre, ce qui produit l'effet le plus révoltant, prolonge trop\nla salle et la rend très sourde pour le fond de l'amphithéâtre. Ce sont les\nMenus qui ont présidé à ces changements, de concert avec les comé-\ndiens que l'intérêt seul a guidés (1). »\nLe répertoire de la Comédie-Française n'est pas du domaine de la\nChronique Musicale ; aussi, parmi les nombreux ouvrages représentés à\nla salle des Tuileries nous nous contenterons de citer\nde Diderot (1771); Le Barbier de Sév qui devait inspirer\nplus tard le génie de Paisiello et de Rossini; de Voltaire f 1778),\ndont la représentation fut signalée par le triomphe décerné publique-\nment à l'auteur et le couronnement de son buste en sa présence.\nAu mois d'avril 1782, la Comédie-Française quitta les Tuileries pour\nprendre possession du nouveau théâtre qu'on venait de lui construire\nsur les terrains de l'hôtel de Condé : c'est la salle de l'Odéon actuelle.\nPendant quelques années, la salle des Tuileries resta inoccupée de\nnouveau, puis la musique y fit sa rentrée.\n« Antié (Léonard) coiffeur de la reine, profite de son crédit auprès de\ncette princesse, pour obtenir le privilège d'un théâtre d'opéra italien\ndont il confia l'organisation et la direction au célèbre violoniste et com-\npositeur Viotti. L'Académie Royale de Musique s'alarme de cette riva-\nlité naissante, elle en écrit au baron de Breteuil. Ce ministre lui répond,\n\n(i) Mémoires secrets, t. V. p. 121."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.24", "texte": "LA SALLE DE SPECTACLE DES TUILERIES\n\nle 9 juillet 1788, que ce théâtre doit être établi d'abord aux Tuileries,\nen attendant la construction d'une salle projetée, mais qu'il sera tribu-\ntaire de l'Académie Royale, comme les autres entreprises dramatiques\nde Paris, et lui paiera chaque année une redevance de 30,000 livres.\nCette nouvelle société s'appuya du patronage de Monsieur, frère du\nroi » (1).\nLes principaux artistes de la compagnie italienne étaient Raffanelli,\nbuffo caricato, Rovedino, buffo cantante ? Mandini, Viganoni, Men-\ngozzi, Mesdames Morichelli, Baletti, Mandini.\nCherubini, Ferrari, qui tenait le piano dans l'orchestre, furent char-\ngés par Viotti de composer des morceaux nouveaux intercalés dans les\nopéras italiens. D'après Gastil Blaze, Cherubini fournit quarante-trois\ncompositions de ce genre.\nLes Italiens ouvrirent leur spectacle le 26 janvier 1789, par le Vicende\namorose, de Tritto.\nUne société française alternait à ce même théâtre avec la troupe\nlienne. Elle jouait des opéras ou traduits ou nouveaux. Voici quel fut\nson répertoire :\nLe Marquis de Tulipano, de Paisiello, traduit par Gourbillon, 28\njanvier 1789.\nLa Feinte jardinière, d'Anfossi, traduite par Bralle, 5 février.\nL'Antiquaire, d'Anfossi, traduit par M***, 9 mars.\nOrgon dans la lune, de Paisiello [Il credulo burlato) , 27 avril, tra-\nduit par Lépidor.\nLe Nouveau Don Quichotte, 3 actes, paroles de Boissel, musique de\nChampein, 25 mai.\nLlnfante de Zamora, parodiée sur la musique de la Frascatana, de\nPaisiello, par Framery, 22 juin.\nPandore, paroles de Daumale de Corsenville, musique de Beck,\n2 juillet.\nVile enchantée, de Sedaine de Sarci, dit le petit Sedaine, musique de\nBruni, 3 août.\nLes Fourberies de Marine ou le Tuteur juge et partie, de Rosoy,\nmusique de Piccini, 21 septembre.\nLe privilège de ce théâtre avait été accordé pour trente ans, et les ac-\ntionnaires avaient dépensé 250,000 livres pour réparer la salle ; au bout\nde huit mois et demi, le 6 octobre 1789, l'arrivée de Louis XVÏ à Paris\neut pour conséquence la fermeture du théâtre. La troupe se réfugia pen-\n\n(1) CASTIL BLAZE, l'Opéra-Italien, p. 260"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.25", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndant quelque temps à la salle de Nicolet, foire Saint-Germain. Elle\noccupa ensuite le théâtre Feydeau, construit pour elle.\nOn trouvera dans Y Opéra italien de Castil Blaze (pages 263 et sui-\nvantes) des détails sur les pièces italiennes qui furent représentées pen-\ndant ces huit mois. Nous citerons seulement les principales :\nTeodoro (lévrier 1789), la Serva (mars),\nangustie (mai), Il Barbiere di Sivigde Paisiello (juillet). Nous\navons déjà fait remarquer que la pièce française avait été représentée\npour la première fois sur ce même théâtre des Tuileries.\nLes événements politiques se précipitaient. Après la journée du 10\naoût 1792, la salle des Machines, transformée, conformément au décret\nde l'Assemblée législative du i 5 septembre 1792, devint la salle des\nséances de la Convention nationale. Il ne nous appartient plus de re-\ntracer les événements qui s'accomplirent dans cette enceinte. On y pro-\nclama la République, on y prononça la sentence de mort de Louis XVI ;\nla Convention y tint ses séances jusqu'au 4 brumaire an IV.\nIl nous était réservé de voir, à Versailles, une salle de spectacle con-\nstruite de même dans le palais du souverain, transformée, de même aussi,\nen salle d'Assemblée nationale.\nEn 1804, les gradins, la tribune, qui existaient encore avec les emblèmes\ndu temps, faisceaux,, haches de licteurs,, etc., furent détruits sous la\ndirection de MM. Percier et Fontaine. C'est alors que furent construites,\nsur cet emplacement, la chapelle des Tuileries, la salle d'assemblée du\nConseil d'État, où fut élaboré le code Napoléon, et enfin la salle de\nspectacle des Tuileries; on revenait ainsi, en partie, à la destination\npremière et les chanteurs, ainsi que les comédiens de l'Empereur ou du\nRoi, jouèrent sur ce théâtre dans les représentations de la cour.\nDans les dernières années de l'Empire, on avait le projet de refaire\ntoute cette partie et de reporter la salle de spectacle dans l'aile nord,\nentre la rue de Rivoli et la place du Carrousel. On sait ce qui est arrivé\ndepuis: l'incendie a détruit tout ce qui pouvait rester à l'intérieur de\ntant de constiuctions diverses 5 on démolit maintenant les gros murs\nqui, seuls, avaient résisté 5 déjà la façade qui donnait sur le Carrousel\nest tombée; celle qui donne sui le jardin tombera dans quelques jours,\net, de cette vaste salle des Machines, où, pendant deux siècles, résonnè-\nrent tant de voix et se succédèrent tant de spectacles, il ne restera plus\nque des souvenirs.\n\nCH. NUITTER."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "169", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.26", "texte": "UN VIRTUOSE EN 1682\n\nu mois de décembre 1682, la cour était à Versailles.\nParmi les divertissements que le roi donnait à ses\ninvités et à ses courtisans, la musique tenait une\nplace considérable. Lulli ne laissait jamais son pro-\ntecteur manquer de ses plaisirs habituels, et chaque\nannée, dans l'hiver et au carnaval, Versailles\nvoyait éclore quelque nouvelle merveille, tragédie\nen musique, ballet ou comédie avec entrées. On était encore sous\nl'impression produite par le Persée, le dernier opéra paru: chacun admi-\nrait l'habileté et la science avec lesquelles le maître florentin savait\ncharmer ses auditeurs. Il semblait que jamais on ne pourrait trouver plus\nde profondeur et de finesse, plus de soin, et plus de perfection, plus\nd'harmonie et un contrepoint plus riche que dans le début du troisième\nacte. Un violon, capable d'exécuter sans faute l'entr'aete d'Atjrs, tenait\nle premier rang parmi les virtuoses , pourvu, toutefois, qu'il poussât\nl'amour de l'art jusqu'à vouloir bien ôter ses gants pour jouer.\nUn jour, le roi, désireux de connaître tout ce qui, en Europe , avait\nquelque renom et quelque gloire, apprit qu'un certain violoniste saxon,\nnommé WhestofF, se faisait fort applaudir en Allemagne et en Angleterre.\nIl le fit venir près de lui, et celui-ci donna une séance musicale à la cour\nau mois de décembre 1682. Son succès fut immense; le roi le félicita vive-\nment, et voulut bien donner lui-même le nom de La guerre à un pas-\nsage de sa sonate en la. On parla beaucoup de l'artiste, et le Mercure\ngalant publia deux de ses morceaux, la sonate que nous avons citée plus"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nhaut et une suite pour violon que nous reproduisons d'après Y original\ndans ce numéro.\nIl faut le dire, ces deux morceaux durent avoir un vif succès, même\ndans les pays où la musique de violon était plus avancée qu'en France.\nLa sonate,, écrite pour violon seul avec basse chiffrée, est d'un très bon\nstyle et d'un très bon sentiment mélodique; la basse est ferme, em-\npreinte d'une certaine majesté et d'une harmonie variée et nombreuse ;\nquant à la partie de violon, elle commence par un andante en la et en\nquatre temps, fort mélodiquement dessiné, qui se développe ensuite en\nvariations charmantes et très bien écrites; puis vient un adagio en trois-\ndeux, puis le passage en quatre temps, appelé La guerre par le roi ( La\nguerra, cosi nominata di Sua Maesta). Le morceau se terminepar un\ncontrepoint à deux parties en six-quatre, écrit avec un grand soin et\nune grande pureté.\nLa suite de violon qui accompagne cette notice est presque toute\nécrite en contrepoint à deux et à trois parties. A part quelques licences\nqui trouvent leur excuse dans la difficulté de l'exécution, le style est\npur et correct.\nJohann Paul von Whestoff était né à Dresde en 16 56. Son père, un\nancien capitaine de cavalerie suédoise, était, dans cette ville, musicien\nde chambre et violoniste. Whestoff, tout en développant son talent de\nmusicien et de violoniste sous la direction de son père, apprit l'italien, le\nfrançais et l'espagnol, et, en 1671, il était suffisamment versé dans la\nconnaissance de ces trois idiomes pour prendre auprès de l'électeur de\nSaxe l'emploi de maître de langues. Il quitta cette place en 1674 et se\nrendit à Lubeck, ville natale de son père, puis il remplit à la cour de\nDresde les fonctions de musicien de la chambre de Jean-Georges 11.\nChassé par la peste en 1679, il fit un voyage en Suède ; mais, dans cette\nmême année, il fut nommé, par le général impérial de Schultz, enseigne\naux gardes du corps et en cette qualité combattit contre les Turcs. Après\nla guerre, il vint reprendre sa place auprès de l'électeur Jean-Georges,\nmais pour peu de temps, et commença un premier voyage musical en\nAngleterre, en France et en Italie, voyage où il reçut le meilleur accueil,\nparticulièrement du roi de France et du grand-duc de Toscane. Il arriva\nà Yienn.e en 1684, et, là, l'empereur lui mit autour du cou une lourde\nchaîne d'or. Bientôt il reprit ses voyages à travers l'Angleterre, la\nHollande, la basse Allemagne, le Brabant et les Flandres, pour reve-\nnir à Dresde en 1685. Il alla ensuite à Wittemberg y remplir les fonc-\ntions de professeur de langues étrangères. Lorsqu'il mourut, en avril\n1705, il était secrétaire de chambre et musicien du grand-duc de Wei-"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.28", "texte": "UN VIRTUOSE EN 1682\n\nmar. On a de sa composition six sonates pour solo et basse\ncontinue, publiées à Dresde à ses frais, en 1694.\nFëtis n'a pas nommé ce musicien dans sa biographie, mais Gerber,\nWalther et Wolf en parlent dans leurs dictionnaires, et c'est à eux que\nj'ai emprunté les détails qui précèdent.\nAu moment où Whestoff faisait son voyage en Europe, l'étude du\nviolon entrait en pleine voie de progrès ; seule, la France restait en ar-\nrière et ne fît que peu de progrè.s jusqu'au jour où les Duval, les Se-\nnaillé, les Le Clerc, les Baptiste et les Guignon, s'inspirant deCorelli et\ndes grandes traditions italiennes, vinrent créer l'école française de vio-\nlon, une des gloires de notre musique. Depuis Baltazarini, dit Beau-\nJoyeux (1582) , le violon avait fait son entrée définitive dans les\ngrandes représentations de cour, mais il était toujours resté relégué\nentre les mains des musiciens médiocres et des ménétriers. Lulli avait\nessayé de le relever, mais soit qu'il ne fût pas suffisamment versé dans\nson art, soit que les Français fussent trop arriérés pour profiter de ses\nleçons, les progrès avaient été bien lents, et, à l'époque qui nous oc-\ncupe, nous ne trouvons pas de violonistes que nous puissions citer avec\nhonneur. Vingt-cinq ans après Lulli, Montéclair publia la première\nméthode de violon en français, en 1712; cette méthode, bien petite\ndans ses proportions, nous donne une pauvre idée des instrumentistes\nde la fin du dix-septième et du commencement du dix-huitième siècle.\nD'après Montéclair, la limite du violon est fixée à Yut au-dessus de la\nportée, et les plus timides arpèges sont considérés comme de réelles\ndifficultés.\nOn voit que nous ne sommes pas encore bien loin de penser comme\nMersenne, qui, en 1656, citait avec admiration et considérait comme\nexcellents violons, maîtrisant bien leur instrument, ceux qui pouvaient\nfaire monter chaque corde à l'octave par le moyen du manche.\nPendant longtemps l'Angleterre avait marché du même pas que la\nFrance dans la science du violon. Charles 11, qui avait longtemps\nvécu dans notre pays résolut, à son retour en Angleterre, d'imiter le\ngrand roi et d'établir une bande de violons ténors et basses à côté de\nl'orchestre de violes, luths et cornets dont on usait à cette époque à la\ncour.\nLe premier maître de la bande de Charles II fut Nicolas Lanière, un\nItalien, qui ne survécut que peu de temps à la restauration. A sa mort,\nMatthews Lock remplit ces fonctions aux appointements de deux cents\nlivres par an ; mais, en 1673, Cambert, l'auteur de Pomone, celui qui,\non le sait, avait précédé Lulli dans la surintendance de l'Académie de"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmusique à Paris, vint en Angleterre et prit le titre de maître de la\nBande du roi Charles 11. A partir de cette époque, la musique de vio-\nlon prit une plus grande importance et conquit une place honorable au\nthéâtre, à la cour et dans la chambre. Bientôt, une phalange de vir-\ntuoses s'élança dans l'arène qui était ouverte, et le violon ne tarda pas\nà se montrer sous son véritable jour.\nIl faut le dire, cette révolution qui s'était opérée par degrés était due\nen grande partie aux artistes italiens et allemands qui étaient venus en\nAngleterre. A la fin du règne de Charles 11, une violente réaction s'était\nfaite contre la France, contre sa politique, contre les arts qui venaien\nd'elle, en un mot, contre tout ce qui touchait, de près ou de loin, à\nnotre pays. Ce fut alors que la musique française perdit définitivement\ntoute la faveur publique pour faire place à la musique italienne et alle-\nmande.\nDéjà en 1658, il était venu en Angleterre un Allemand de Lubeck,\nnommé Baltzar. Cet artiste s'était fait entendre à Oxford et avait excité\nl'admiration des plus savants docteurs en musique. Burney (i), en citant\ndes mémoires du temps, nous donne une idée de l'effet produit par Bal-\ntzar: « Alors on le vit faire courir ses doigts jusqu'à l'extrémité du man-\nche et les ramener insensiblement en arrière, le tout rapidement et avec\nune grande justesse, ce que jamais on n'avait vu en Angleterre. » Son\ndoigter, la justesse et la rapidité de son exécution, tout parut merveil-\nleux et Wilson, professeur de musique à l'Université et l'une des plus\ngrandes autorités musicales de l'époque, se baissa, en plaisantant, pour\nvoir si le virtuose n'avait pas le pied fourchu. Jusqu'à Baltzar, Davis\nMell avait été considéré comme le premier violon de l'Angleterre, mais\nil perdit rapidement de son prestige, bien qu'il eût sur le violoniste alle-\nmand l'avantage de jouer avec plus de sentiment et de ne pas s'enivrer,\najoute Burney. Baltzar mourut à Londres des suites de ses excès et fut\nenterré dans le cloître de l'abbaye de Westminster,le 27 juillet i 663.\nHawkins (History of Theory and Pratice ofmusic, p. 682, éd. 1853)\na donné une sarabande de Baltzar pour violon seul, sans basse continue.\nMalgré l'énorme succès de Baltzar, son talent n'était pas de ceux qui\ndevaient exercer unegrandeinfluence sur l'école de violon en Angleterre.\nIl n'avait encore rien publié, et les difficultés qu'il se plaisait à surmonter\nétaient plus faites pour étonner que pour charmer; il eut donc peu d'i-\nmitateurs. Nous aurons à reparler de cet artiste au sujet des musiciens\nallemands, mais nous ne pouvons finir cette courte esquisse de l'histoire\n\n(1) BURNEY, A général History of music, t. 111."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.30", "texte": "UN VIRTUOSE EN 1682\n\ndu violon en Angleterre sans nous arrêter un instant sur Nicolas\nMattheis, un Italien, qui créa véritablement l'artdu violon chez nosvoi-\nsins d'outre-Manche. Nicolas Mattheis était arrivé en Angleterre fort\npauvre vers la fin du règnedeCharles 11. Malgré de puissantes protec-\ntions, son caractère difficile, sa fierté quelquefois mal placée, retardèrent\nbeaucoup son succès. Cependant des amis, parmi lesquels on comptait\nle duc de Richmond, Walgran, le prodigieux archiluth, sir Roger l'Es-\ntrange, habile violiste et le sous-secrétaire Bridgmann « qui accompa-\ngnait si bien sur le harpsichorde » finirent par triompher du public et de\nl'artiste lui-même qui tint pendant longtemps le premier rang en An-\ngleterre. Mattheis opéra une véritable révolution; ce que Corelli fit plus\ntard en Italie, il le fit dans son pays d'adoption. Son coup d'archet, sa\nmanière de triller, et surtout son style, étaient surprenants. Ses compo-\nsitions qui avaient le plus grand succès étaient très bien écrites, et Burney\ndit qu'il ne fut dépassé en ce genre que par Corelli. Il eut un très grand\nnombre d'élèves qui popularisèrent sa méthode et pour lesquels il écrivait\nsa musique. Ses pièces sont les premières qui aient été gravées en Angle*\nterre.\nAprès Mattheis, l'Allemand Finger, venu sous le règne de Jacques 11,\ncontinua chez les Anglais les bonnes traditions du violon.\nOn le voit, au moment où Westhoff faisait dans ce pays son voyage\nmusical, le violon y était cultivé avec éclat, et son talent, bien que fort\napprécié, ne dut pas paraître, comme en France, une nouveauté tout à\nfait extraordinaire.\nC'était à l'ltalie que l'Angleterre et la France devaient, à deux degrés\nbien différents, l'art et la science du violon. I] serait trop long\nd'étudier ici les violonistes qui, insensiblement, par des efforts con-\ntinus, avaient su amener l'art du violon des essais timides de Baltaza-\nrini et de Monteverde aux œuvres fermes, bien conduites et bien com-\nposées de Corelli. Montaigne, dans son voyage en Italie en isßo, avait\nentendu à Vérone la messe, le jour delà Toussaint, exécutée avec orgue\net violons. Quagliati passe pour avoir le premier, à Rome, employé le\nviolon dans l'église, en 1606. Carlo Forina, de Mantoue, violoniste au\nservice de l'électeur de Saxe, avait écrit des pavanes et des sonates pour\nle violon, en 1628. A l'époque d'Allegri, le violon était très répandu en\nItalie et ce maître ne contribua pas peu à ses progrès. A ce moment les\nnoms célèbres se pressent en foule sous la plume de l'historien. Legrenzi,\nStradella, non-seulement chanteur et compositeur de génie, mais\nvioloniste remarquable qui écrivit beaucoup pour son instrument, Giu-\nseppe Torelli, de Vérone, Giuseppe Valentini, Antonio Veracini, oncle"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.31", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\net maître du célèbre Maria Veracini. Enfin Giambatista Bassani, de\nBologne. Ce dernier fut un des plus grands violonistes de son temps e,\nle maître de Corelli. Il avait introduit dans ses sonates,, dit Burney,\nbeaucoup des nouveautés qu'on attribua depuis à Corelli, comme le\npizzicato et le staccato. Enfin Corelli, né en i653_, termine avec éclat la\npériode d'enfantement d'où devait sortir une si brillante école, et inau-\ngure une ère nouvelle dans Fart du 'violon. En enseignant le premier la\nvraie position de la main, en fixant des lois sur la manière détenir l'ar-\nchet, il avait donné au doigter cette légèreté et cette indépendance sans\nlaquelle toute exécution est impossible. Dans ses compositions, il sut\nécrire pour son instrument sans tomber dans des exagérations de diffi-\ncultés dont nous trouvons des exemples dansßiber, dans Baltzar et dans\nWesthoff, et en créant définitivement le concerto, il avait ouvert à l'art\nune voie inconnue.\nLorsque Corelli écrivit ses concerti grossi, en 1712, ce n'était pas la\npremière fois que ce mot faisait son apparition dans la langue musicale.\nAgostino Agazzari, d'une noble famille de Sienne et élève de Viadana, un\ndes créateurs delà basse continue, avait donné à ses œuvres, au commen-\ncement du dix-septième siècle, le titre de concerti, mais ce mot signifiait\nseulement psaumes concertants ou psaumes avec accompagnement de\nviolon. Beaucoup d'autres compositeurs avaient employé cette expres-\nsion pour désigner des œuvres vocales avec accompagnement. Le mot\nconcerto, dans le sens propre de pièce pour un instrument principal,\navait été employé pour la première fois pas Bargaglia, violoniste napo-\nlitain dont parle Ceretto et qui vivait pendant la seconde moitié du\nseizième siècle. C'est dans une œuvre instrumentale de ce compositeur\nintitulée Trait anime nti ossia divertimenti da suonare (Venise, 1587) que\nle mot concerto est pris dans le sens que nous lui connaissons. Ce\nne fut qu'en 1709, avec Torelli, que le concerto commença à prendre la\nforme moderne. Les pièces de Torelli sont intitulées Concerti grossi\ncon una pastoraleper il santissimo natale, mais c'est de 1712, époque\nde la publication des concerti grossi de Corelli, que date véritablement\nce genre de composition. La musique de ce maître n'est pas rare dans\nles bibliothèques, et Y Art du violon de Cartier contient plusieurs frag-\nments de ses œuvres. Il est à remarquer que ces pièces contiennent plus\nde difficultés de style que de difficultés d'exécution, surtout si on les\ncompare aux œuvres de Baltzar, de Whestoff et de Biber, bien qu'elles\nsoient d'une date plus récente. Le style du grand maître est peu sur-\nchargé de formules scholastiques sans pour cela être moins pur et moins\ncorrect, et surtout la mélodie plus allégée et plus vive? gagne en élé-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.32", "texte": "UN VIRTUOSE EN 1682\n\ngance et en expression, ce qu'elle semble perdre en accompagnements.\nEn Allemagne, les progrès de Part du violon s'étaient opérés en aehors\ndes maîtres italiens, et pendant tout le dix-septième siècle, cet instrument\ny avait été plus en honneur que dans toute autre partie de l'Europe.\nOn peut en juger par le nombre de virtuoses, de compositeurs et de\ncompositions que Walther a mis dans son dictionnaire. De 1640 à 1644,\nJean Schopp publia des pavanes (paduanas), des gaillardes, des alle-\nmandes, etc. C'étaient des compositions vocales accompagnées de vio-\nlons. Knerler, Conrad Stenecken, Dietrich Becker, Jean-Jacob Walther,\nJacob Schweiffelbut remplirent l'Allemagne de leur renommée. De tous\nles violonistes allemands du dix-septième siècle, Biber paraît avoir été\nle plus original, on peut même dire le plus fantasque. A une époque\noù Pemploi des doubles, triples et quadruples cordes était tant à la mode,\nil exagéra encore ce genre d'effet. Pour faciliter la lecture de sa musi-\nque, il avait imaginé de l'écrire sur trois portées, de telle sorte qu'un\nmorceau pour violon seul était disposé graphiquement comme une pièce\npour deux violons et basse. Un ouvrage de ce musicien, intitulé Fidici-\nnum sacroprophanum, consiste en 12 sonates à quatre et à cinq parties\nqui doivent être jouées par trois instruments seulement. Son troisième\nœuvre qui a pour titre : Harmonia artificioso-curiosa, publié à Nurem-\nberg, est tout entier composé de pièces à six parties écrites pour trois\ninstruments à cordes. On appelait ce dernier genre Dapifer, c'est-à-dire\nporte-drapeau. Un autre violoniste, Finger, né vers 1660, tint aussi\nen Allemagne un rang distingué, et passa, en 1685, en Angleterre où\nsa réputation égala presque celle de Baltzar qui Pavait précédé. Ses\ncompositions demandaient une moins grande habileté d'exécution que\ncelles de Baltzar, et elles produisaient peut-être moins d'effet, mais\nelles étaient plus mélodiques et se rapprochaient davantage de celles de\nCorelli et de Bassani.\nVoilà en quelques mots quelle était la situation du violon en Europe\nlorsque Whestoff vint à la cour de France et lorsqu'il publia la suite\nque nous reproduisons.\nCet artiste tenait en Allemagne et en Angleterre un rang des plus dis-\ntingués, son talent de virtuose était remarquable, ses compositions\ningénieuses et bien écrites, aussi explique-t-on facilement le brillant\nsuccès qu'il obtint à la cour du roi Louis XIV.\nH. LAVOIX fils.\nAvant de mettre la composition de Whesthoff sous les yeux de nos"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.33", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nlecteurs, il ne sera peut-être pas inutile de donner quelques explications\nsur l'exécution du morceau. Autorisé par une note du Mercure qui\ndit que l'auteur n'a pas pu corriger ses épreuves et que plusieurs\nerreurs se sont glissées dans la gravure, nous avons cru pouvoir faire\ndisparaître quelques fautes trop évidentes sans changer le caractère du\nmorceau. Aidés dans ce travail par M. Giraudie, violoniste de l'Opéra-\nComique, qui a bien voulu se charger de marquer le doigter dans quel-\nques passages, nous avons fait des changements purement graphiques,\nqui, sans altérer l'original, étaient nécessaires pour en faciliter la\nlecture.\nToutes les notes syncopées au premier temps de la mesure, particu-\nlièrement dans le prélude et dans la courante, sont représentées dans le\nMercure par des points qui ont dans la mesure leur valeur rhythmique\nsuivant la valeur de la note réelle qui les suit.\nLe sol dièze porte toujours son signe d'altération. Ce surcroît\nde précaution était généralement adopté pour les sensibles de tous les\ntons.\nDans l'original, les bécarres qui suivent une note altérée sont réguliè-\nrement remplacés par des bémols, comme dans le prélude et dans sa\ndiminution, qui n'en est que la reproduction mélodique sous forme d'ar-\npéges. Nous avons préféré ces signes modernes à cette écriture un peu\ncompliquée.\nLa croix placée sous une note signifie tremblement et non trille.\nLa mesure en -j—indiquée pour la sarabande est fréquente dans la\nmusique de ce temps. Les Italiens l'appelaient tripola maggiore et les\nFrançais triple majeur, ou grand ou triple de ronde ou triple de\ntrois pour une ainsi nommée, parce que les brèves ou carrées et les semi-\nbrèves ou rondes qui sont des notes de longue valeur y dominent et qu'on\ndoit en battre la mesure gravement et lentement. Dans cette mesure,\nl'unité de temps est la carrée pointée qui vaut trois rondes.\nNous ne pouvons mieux finir ce paragraphe qu'en remerciant de\nnouveau M. Giraudie, qui a bien voulu nous prêter le concours de son\nexpérience de virtuose.\n\nH. L."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.34", "texte": "SUITE pour le VIOLONS(*)\nSANS BASSE CONTINUE\npar M. J. P. WESTHOFF.\nMusicien de chambre de S.A.l'Electeur de Saxe"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.38", "texte": "BIBLIOGRAPHIE MUSICALE\n\nLe Diapason et la notation musicale simplifiés, par M. CH. MEERENS. Edition fac-\nsimile des chansons de Ronsard, mises en musique par Nicolas de la Grotte, par\nM. A. DE ROCHAMBEAU. Un Musicien en vacances, par M. EUGÈNE GAUTIER.\nANS une substantielle brochure intitulée : Le Diapason\net la notation musicale simplifiés, M. Charles Meerens\nprésente au public une série de réformes constitution-\nnelles qu'il avait originairement soumises à l'exa-\nmen des Académies de Bruxelles et de Lille. Une\nmousqueterie assez nourrie qui s'est engagée entre\nChai les Bannelier et Meerens dans la Galette musicale a déjà prévenu\nles didacticiens de l'apparition de cet intéressant opuscule.\nM. Meerens essaye d'abord d'éclaircir la question du diapason.\nRésumons brièvement l'ensemble des considérations qu'il expose en\nlaveur de sa thèse. D après lui, la Commission réunie à Paris en x 858\npour déterminer un étalon sonore universel, loin d'avoir atteint son\nbut, n'a fait qu'augmenter la discorde dans le camp des musiciens. Le\ndiapason ancien et le diapason nouveau sont en querelle perpétuelle :\ntelle société musicale s'en tient à l'ancien diapason parce qu elle ne\ncroit pas à l'orthodoxie du moderne; tel virtuose, accompagné par un\n\nI.\nI 2"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.39", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\norchestre, est obligé de déposer au dernier moment l'instrument qui lui\nest familier pour un instrument d'emprunt; tel chanteur perd la tra-\nmontane devant un la qui lui paraît excentrique; tel facteur de piano\nse voit retourner l'envoi qu'il avait fait la veille : autre ville, autre\ndiapason.\nAvant 1858, la différence d'intonation des la généralement employés\nvariait de 890 à 910 vibrations par seconde : l'écart extrême était de\n20 vibrations, et la moyenne presque imperceptible. Aujourd'hui\nque le diapason normal a été fixé à 870 vibrations, la difficulté de mettre\nd'accord deux orchestres jouant l'un à l'ancien diapason, 1 autre au\nnouveau, s'est accrue de vingt degrés en plus. Il était urgent, dira-t-on,\nde mettre un frein à l'ascension croissante du diapason; il était conforme\naux intérêts d'une sage sonorité de le baisser d'un quart de ton :\nM. Meerens ne conteste pas le point, mais il nie qu'on ait eu le droit de\nl'arrêter au chiffre de 870 vibrations par seconde : « Ce nombre de\n870 vibrations, dit-il, ne provient que d'une circonstance toute fortuite.\nParmi les spécimens soumis à l'examen de la Commission se trouvait\nun vieux diapason de Carlsruhe ; il était le moins élevé, et le nombre de\n870 vibrations qu'il donnait par h\ntonalité qui devait régler l'art dans le monde entier. Et telle est la\nseule raison d'être de ce nombre typique. » Le vrai diapason théorique,\nd'après M. Meerens, est de 864 vibrations, et il en coûtait peu d'être\nlogique avec la science, car la différence de 864 à 870 vibrations se ré-\nduit à un demi comma, valeur inappréciable.\nMathématiquement et physiquement, voici comment M. Meerens\ndéduit la raison d'être du diapason qu'il propose. Rien n'argumente\nplus vigoureusement que les chiffres.\nLe diapason repose sur une triple base : le le et la\nnote, puisque la note est le résultat d'un nombre de vibrations exécutées\npendant un temps donné. La mesure conventionnelle du temps est la\nseconde; le point de départ du nombre est 1 unité, la tonique ut de la\ngamme est évidemment la note-type de l'intonation primordiale.\nLe son qui proviendrait d'une vibration par seconde, s'il était percep-\ntible, serait un ut.L'octave de cet u serait puissance 2 vibrations,\nl'octave suivant ut 4 v., puis utB v., puis 16 v., 32 v.; 64 v.,\nut 128 v., et ainsi de-suite. On arrive ainsi à 1 octave comprise entre\nl'ut 512 et Yut 1024.\nLe problème serait déjà résolu si Yut était la note requise pour servir\nde diapason; cette note étant le la,c'est le ela dixième octave qui est\nle la du véritable diapason."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.40", "texte": "BIBLIOGRAPHIE MUSICALE\n\nOr, ce la correspond à la quarante-cinquième fourchette du tonomètre,\nétabli par Kœnig d'après l'invention de Scheibler, et sonne précisément\nà 864 vibrations. Tel est le système auquel M. Meerens a déjà rallié un\ngrand nombre de savants. Et il ajoute à sa démonstration un exemple\nfrappant : « Pourquoi, dit-il, les musiciens voudraient-ils que le mètre,\nqui constitue le principe de tout le système des poids et mesures, vaille\nexceptionnellement pour eux un mètre et une fraction comme 1 m. o5 ? »\nNotez dans tout ceci que M. Meerens ne prend pas des façons de révo-\nlutionnaire; c'est simplement un comptable formaliste qui ne veut pas\nd'additions arbitraires, Terreur ne dût-elle rouler que sur des millièmes,\net qui cuide bonnement qu'en harmonie comme en comptabilité les bons\ncomptes font les bons amis.\nDans la seconde partie de son travail, M. Meerens réclame formelle-\nment la suppression des quatre clefs qui ont survécu à l'ancien régime\ndes huit clefs. Quatre d'entre elles ont déjà disparu de la notation mo-\nderne qui y supplée par Femploi du signeS0 haussant les notes d'une\noctave entière. M. Meerens rejette également les quatre autres comme\nune source de complications dans la lecture des partitions d'orchestre et\ndans l'étude des instruments à clavier, tels que le piano, l'orgue et l'har-\nmonium pour lesquels la main droite et la main gauche sont différem-\nment notées. Les violoncellistes sont plus à plaindre encore : aucune\nconvention ne détermine l'octave des notes d'un passage de violoncelle\ndans lequel la clef de sol vient à succéder à la clef d'ut ou à la clef de fa :\nc'est l'exécutant qui doit deviner la région dans laquelle les auteurs ont\nentendu placer leurs notes. C'est pour obvier à ces inconvénients capi-\ntaux que M. Meerens voudrait éliminer les quatre clefs restantes et les\nremplacer par un chiffre indiquant le rang de Voctave à laquelle ap-\npartiennent les notes de la portée : c'est le système des clefs numéri-\nques, dont l'adoption entraînerait avec elle la suppression de la transpo-\nsition au moyen des clefs.\nGomme corollaire de cette réforme, M. Meerens expose en dernier\nlieu un système abréviatif pour indiquer la mesure des mouvements\nde la musique. Il ne considère comme précise que l'indication métrono-\nmique placée en tête du morceau. Quant aux autres signes qui ont la\nprétention de désigner le mouvement, ce ne sont, pour M. Meerens, que\nfestons, astragales et futilités.\nNous ne pouvions suivre l'auteur dans toutes les explications, calculs\nacoustiques et preuves mathématiques dont il accompagne ses démons-\ntrations : la théorie de M. Meerens sur le diapason , la suppression des\nclefs, et l'indication de la mesure constitue un tout homogène ayant,"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.41", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncomme le système des poids et mesures, Puni-té pour principe générateur,\net la simplification pour but.\nIl eût fallu citer toute la brochure; en tirant sur le fil on eût amené\ntoute la pelote.\nRenvoyons donc à M. Meerens lui-même ceux que passionne la\ngrande lutte entre les anciennes et les nouvelles formules de la pédago-\ngie musicale, et constatons, à notre honneur, que jamais le souci des\nintérêts de cet enseignement n'a été plus vif qu'en notre siècle.\nM. de Rochambeau , officier d'Académie, correspondant dit-minis-\ntère de l'instruction publique et membre de plusieurs Sociétés sa-\nvantes, vient de rééditer en fac-similé un recueil, devenu fort rare dans\nles collections particulières, qu'il a retrouvé à la réserve de la Biblio-\nthèque nationale. Il s'agit des CHANSONS DE P. DE RONSARD, P. DESPORTES\nET AUTRES, mises en musique par Nicolas de la Grotte, vallet de chambre\net organiste du Roy (Paris, 15y par Adrian le Roy et Robert Ballard,\nimprimeurs du Roy, avec privilège de Sa Majesté pour dix ans) , car\nvoilà, transcrit tout au long, le titre exact de l'édition originale. C est une\ncharmante plaquette, dont la forme oblongue est si chère aux biblio-\nphiles qui recherchent les recueils musicaux du seizième siècle. Que ce\nrappel inespéré d'un format original à peu près disparu soit le bienvenu\nparmi nous ! Notre signe de tête le plus gracieux au frontispice et au\ncartouche final, où grimacent enfants et satires bouffis, s escrimant qui\ndes doigts, qui des joues sur les instruments en vogue au temps des\nValois ! C'est, parait-il, l'œuvre de notre grand artiste Jean Cousin. La\nmusique des chansons nous est rendue avec les notes losangées de lé-\npoque. Elle est, le titre le dit, de Nicolas de la Grotte, valet de chambre\net organiste du roy Henri 111 : ce musicien, auquel plusieurs poètes,\nses contemporains, ont rendu justice, vécut à Paris depuis 1565 envi-\nron jusqu'en isBy. C'était, à en croire Lacroix du Maine, le plus habile\njoueur d'orgue et d'épinette de son temps.\nOn ade lui, outre la musique du recueil qui nous occupe, des airs\net chansons à trois, quatre, cinq et six parties, imprimés à Paiis par\nJean Cavellat (i 583, in-4). Une chanson de Nicolas de la Grotte,\n(C'est mon ami) a été insérée sous le nom de Nicolas dans le premier\nlivre des Chansons à trois parties composées par plusieurs auteurs,\nimprimées en trois volumes, à Paris, chez Adrian le Roy et Robert Bal-\nlard en 1 syB. Ce sont les seuls détails que M. de Rochambeau nous donne\nsur lui dans sa notice : il y ajoute un catalogue de neuf volumes d'œu-"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.42", "texte": "BIBLIOGRAPHIE MUSICALE\n\nvres de Ronsard mises en musique, au seizième et au dix-septième siè-\ncle par Pierre Cléreau, A. de Bertrand, natif de Fontanges en Auver-\ngne, François Philippe de Monte, maistre de la chapelle de\nl'empereur, et Guillaume Boni. Mais voici qui trouble mon plaisir. Un\nmusicien distingué, un collectionneur à qui rien de ce qui touche la\nchanson n'échappe, me dénonce M. de Rochambeau comme un icono-\nclaste ou tout au moins un mutilateur : « Il fallait, m'écrit-il, nous don-\nner la musique complète de Nicolas de la Grotte, c'est-à-dire Valto,\nle ténor et la basse qui, avec le supérius publié par M. de Rochambeau,\nreprésenteraient ces chansons au complet. C'est absolument comme si\nl'on réimprimait la quatrième partie d'un roman sans donner les trois\nautres! Quel est le bibliophile s'occupantde chansons qui n'ait eu entre\nles mains ce fragment des œuvres de Nicolas de la Grotte? Or, c'est pré-\ncisément parce que ce n'est qu'un fragment qu'aucun d'eux n'a jamais\npu s'en servir. M. de Rochambeau cite neuf volumes d'œuvres de Ron-\nsard mises en musique, et parmi celles ci, les numéros 4, 5, 6 et 7,\ncomme étant de G. Boni; mais ces numéros réunis ne représentent pas\nà eux quatre un seul exemplaire complet, puisqu'il y manquerait en-\ncore le supérius. » Le catalogue de M. de Rochambeau ne serait donc\npas seulement erroné, mais incomplet, puisqu'il a omis, dans sa nomen-\nclature des musiciens qui ont travaillé sur les chansons de Ronsard, les\nplus célèbres d'entre eux, Jannequin, Gouditnel etCerton.\nUn Musicien en vacances : tel est le titre d'un charmant volume que\nnous envoie M. Alphonse Leduc, un éditeur vigilant qui a foi dans la\nlittérature musicale, et semble décidé à joindre à sa nombreuse collec-\ntion de partitions une série de livres sur la musique dont nous devons\naugurer merveille, si l'on en juge d'après les échantillons qui nous sont\narrivés cette quinzaine.\nCe Musicien en vacances n'est autre que M. Eugène Gautier, le pro-\nfesseur d'esthétique musicale du Conservatoire, l'auteur du Mariage\nextravagant, un joli petit acte que l'affiche de l'Opéra-Comique place\nsouvent en vedette devant la pièce de résistance, à la plus grande joie des\nhabitués du lieu. Sac au bâton en main, M. Eugène Gautier s'en est\nallé fouillant dans ses souvenirs de théâtre, de presse et de littérature; et\nde cette excursion il a rapporté une vingtaine de chapitres détachés, pleins\nd'une aimable érudition et de piquante fantaisie. Il y a dans M. Gautier\nun véritable tempérament d'archéologue et d'historien : cela se voit dans\nle Cabinet d}Armes, le Chanteur Néron, Une page de la légende d'At-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntila, la Répétition générale d'une Comédie de Térence. Et à la façon\ndont il compose le cadre de ses tableaux, on devine l'homme qui réus-\nsirait à miracle la nouvelle et le roman de courte haleine ; lisez les Frag-\nments du journal dun musicien de l'Opéra (1762), un pastiche ingé-\nnieux de la manière de Collé, La Mort de Zerline, les Paysans d\"* opéra-\ncomique, les Voyages deDaphnis, VHistoire d'un inconnu, et d'autres\nencore. C est un régal de délicat et de lettré. Il y a bien cà et là dans le\nstyle doré de M. Gautier quelques paillettes fausses, des images outrées,\nun luxe d'épithètes qui émousse souvent le trait, une affectation de\npréciosité qui dépare les détails intimes : mais tel qu'il est, le livre de\nM.Gautier est de la famille rare de ceux qu'on commence et qu'on finit.\nNous remettons à l'un de nos plus prochains numéros le compte-\nrendu de diverses publications qui nous sont arrivées de France et d'l-\ntalie. Nous regrettons que ce silence momentané s'étende au\ntés musicales de bonne compagnie de M. Emile Pessard ; nous ne pou-\nvons résister au plaisir d'annoncer, ne fût-ce qu'incidemment, ce frais\nbouquet de mélodies alla francese•\n\nARTHUR HEULHARD."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.44", "texte": "LE PRIX DE ROME\n\nBeaucoup de personnes n'ont peut-être pas une idée bien nette de ce qu'on\nentend par le Prix de Rome , et le commun préjugé est de prendre cette\ninstitution pour une dépendance du Conservatoire.\nLe concours pour le prix de Rome est ouvert entre tous les Français âgés\nde moins de trente et un ans. Mais il est vrai que la majeure partie des con-\ncurrents a passé par le Conservatoire; de là la confusion.\nLes épreuves à subir pour l'obtention du prix sont de deux degrés. Les\nconcurrents doivent d'abord faire preuve d'aptitude en composant une fu-\ngue vocale et un chœur. Ceux qui ont réussi dans ce premier essai sont\ni # *\nadmis à « entrer en loge ; » c'est-à-dire qu'on les enferme pendant un mois\ndans une chambre où ils doivent mettre en musique les paroles d'une can-\ntate dramatique à trois personnages.\nC'est l'Académie des Beaux-Arts qui est juge du tournoi, dont le vain-\nqueur est envoyé pour cinq ans à Rome avec une pension de 3,000 francs de\nl'Etat, plus le logement au Palais de Médicis.\nVoici, pour l'année 1873, le résultat du concours :\nJURY : MM. Ambroise Thomas, Félicien David, Victor Massé, Henri\nReber et F. Ba\\in, membres de l'lnstitut; Georges Bi\\et, Boulanger\net Duprato, membres adjoints par l'administration des Beaux-Arts.\nORDRE D'EXÉCUTION DES CANTATES :\nCantate de M. Ehrhart, chantée par Mme Furchs-Madier, MM. Nicot\net Lassalle.\nCantate de M. Véronge de La Nux : Mlle Bloch, MM. Villaret et\nBelval.\nCantate de M. Marmontel : Mlle Mauduit, MM. Silva et Staveni."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCantate de M. Wormser : Mme Barthe-Banderali, MM. Salomon et\nAubéry.\nCantate de M. Hillemacher : Mlle Arnaud, MM. Grisy et Menu\nCantate de M. Puget : Mlle Fidès Devriès, MM. Bosquin et Bouhy.\nPremier grand prix. M. Puget (élève de M. Victor Massé).\nSecond grand prix. M. Hillemacher (élève de M. F, Bazin).\nMention honorable. M. Corbaz-Marmontel (élève de M. F. Bazin).\nC'est à leur retour de Rome que pour la plupart des lauréats commence\nune série de déceptions dont les journaux retracent tous les ans le navrant\ntableau.\nIl existe bien des règlements qui donnent au prix de Rome le droit de faire\njouer leur musique à l'Opéra-Comique. Mais ce droit est caduc depuis long-\ntemps. Ainsi, depuis iBo3 (année où fut fondée l'institution), on est con-\nsterné d'y rencontrer tant de noms inconnus.\nNous voulions rompre cçt incognito et donner quelques renseignements\nsur ces artistes injustement dédaignés. Mais nous n'avons que des données\nassez vagues sur la plupart d'entre eux.\nCe que nous savons c'est que :\nBouteiller (prix de 1806) a fini dans les contributions directes ;\nBlondeau (1808) est devenu alto à l'Opéra ;\n(1812) professe la musique ;\nTurina (1819) s'est retiré en Italie;\nGuillon (1825) a fait jouer un opéra à Venise en iB3o ;\nBesofâi (1837) professe la musique ;\nEtc\nEt si nous ne poussons pas plus loin la série, c'est que tout espoir de suc-\ncès n'est pas encore perdu pour les plus jeunes et les plus récents lauréats.\n\nE. MULSANE."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.46", "texte": "ÉCOLE DE MUSIQUE RELIGIEUSE\n\n(SON PALMARÈS POUR L'ANNÉE 1873)\nIl y a vingt ans, dans le mois où nous sommes, qu'avec l'appui de l'épisco-\npat et du ministère de l'instruction publique, Niedermeyer fonda à Paris\n/\nEcole de musique religieuse. Le but de ce conservatoire spécial était de for-\nmer des musiciens de chapelle, des compositeurs de musique sacrée, des\norganistes et des chanteurs d'église, tous artistes devenus rares depuis la\nsuppression des maîtrises à la fin du siècle dernier.\nChoron avait bien créé, en 1824, une école du même genre (quoique à vrai\ndire, le programme d'enseignement en fût plus large); mais depuis iB3o\nl'école Choron n'existait plus, et il devenait urgent d'y suppléer par une\ninstitution nouvelle.\nUne particularité infiniment piquante à relever, c'est que Niedermeyer\nétait protestant. Mais grâce à la loyauté de son caractère, et à ses mérites\ncomme artiste, il n'en sut pas moins conquérir l'estime du clergé catholique\nde Paris. M. l'abbé Lagacé a même prononcé son éloge le 28 du mois dernier\npendant la cérémonie de la distribution des prix aux élèves de l'École de musi-\nque religieuse.\nNiedermeyer, qui est mort à Paris en 1861, étaitné en 1802, à Nyon, sur\nles bords du lac de Genève. Après avoir étudié la musique d'abord à Vienne,\npuis à Naples, il fit représenter dans cette dernière ville, en' 1811, un opéra\nintitulé : Il Re per amore. Ensuite il se retira en Suisse, où il composa sa\ncélèbre et très populaire mélodie du Lac.Puis il vint à Paris où, grâce aux\nbons offices de Rossini, il put faire jouer au Théâtre-Italien la Casa nel\nBosco dont le livret était imité de celui de Deux mots ou Une Nuit dans la\nforêt, opéra-comique de Marsollier et de Dalayrac.\nEnfin on a encore trois partitions importantes de Niedermeyer, toutes les\ntrois exécutées à l'Opéra de Paris, et qui, à vrai dire, n'ontpas obtenu de grands\nsuccès: Stradella, en iB3y; Marie Stuart, en 1844; et la Fronde, en 18 53.\nEntre temps, l'auteur du Lac publia aussi de nombreux morceaux de musi-\nque vocale et instrumentale, parmi lesquels il importe de signaler le Soir et\nVAutomne. On lui doit encore (détail généralement ignoré) la réduction au\npiano de l'opéra de Guillaume Tell."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCe n'est que vers la fin de sa vie, et revenu de ses ambitions de composi-\nteur dramatique, que Niedermeyer tourna ses idées du côté de l'art. Presque\ndans le même temps il fonda Y École de musique religieuse et le journal La\nMaîtrise.\nLa Maitrise a cessé de paraître; mais l'Ecole de musique religieuse existe\ntoujours, et est très prospère si on en juge par le palmarès suivant qui est\ncelui de l'année scolaire 1872-73 :\nPRIX D'HONNEUR : M. Xavier Oberlé.\nSOLFÈGE, professeur, M. Bollaert. 3ME division. Prix :M» Létang;\naccessit : MM. Ch. Martin, Boncourt et Puisais. 2me division. Prix\nex œquo : MM. Puzenat et Ph. Bellenot; accessit: MM. Bresselle,\nGuignard.- ire division, Prix :M. André Messager ; accessit : MM. Dieu-\ndonné et Thomas.\nHARMONIE, professeur, M. Gigout. 2medivision. Prix: M. A. Hétuin;\nmention :M, Létang; ire division. ier prix :M. Bresselle; 2me prix\nex œquo : MM. Messager et Bockler ; mention : M. Dornbirrer. Rappel\ndu ier prix de 1872, M. Dieudonné.\nFUGUE, mention : M. Dieudonné.\nHARMONIE PRATIQUE, professeur, le directeur. iei> prix ex œquo\nMM. Messager et Boidin; accessit : M. Dieudonné.\nHISTOIRE DE LA MUSIQUE, professeur, le directeur. Prix : M. Lenor-\nmand ; accessit : MM. A. Rapp et Létang.\nPIANO, 3ME division, professeur, M. Alix Georges. Prix: M. Bon-\ncour; accessit : MM. Linglin, Cottin; mention : M. Ellminger;\n2me division. ier prix ex œquo : MM. J. Guignard et H Lenormand;\n2me prix :M. Dornbirrer; accessit : MM. Boidin et Ph. Bellenot.\nPLAIN-CHANT, professeur, M. Gigout.— lERIER prix donné par le ministre\nde l'instruction publique et des cultes :M. Michel Boidin; 2me prix ex\nœquo : MM. Thomas et Bockler; accessit : MM. Dieudonné, Guignard,\nORGUE, professeur AT. Loret.— indivision. ier prix donné par le minis-\ntre de l'instruction publique et des cultes: M. Michel Boidin ; 2meprix :\nM. Messager; mention: M. Thomas; 2me division; ierprix ex œquo:\nMM. Xavier Oberlé et Dornbirrer; 2me prix : M. Bresselle; accessit :\nMM. F. de Monge, R. Leibner; mention : M. Bockler.\nL'École de musique religieuse est située rue des Beaux-Arts, à Montmar-\ntre, proche la place Pigalle. Son directeur actuel est M. Gustave Lefèvre.\n\nMULSANE."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.48", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nL nous arrive de plusieurs côtés, même d'lrlande, diver-\nses lettres très pesantes qui contiennent des articles desti-\nnés à notre publication :\na Belfast, 27 juillet.\n« Monsieur,\n« J'ai l'honneur de vous soumettre un travail très étudié\nsur Y Emploi de la Harpe dans les festins de noces »\na La Rochelle, dimanche.\n« Monsieur le rédacteur,\n« Je ne doute pas que vous n'imprimiez dans votre plus prochain numéro\nles douze biographies ci-jointes qui sont celles des membres de notre\norphéon avec qui je suis le plus lié. .Je vous remercie d'avance p0ur..... »\n« Saumur, 8 août.\n« Monsieur le directeur,\n« C'est un pari que j'ai fait avec ma belle-soeur que vous accueillerez\nl'essai musico-technologique que j'ai l'honneur de vous faire parvenir. Vous\nne voudriez pas, en lui refusant l'hospitalité de votre excellente revue, me\ncondamner à »\nTels sont les couplets que la poste nous chante tous les matins. —■ Nous\nne voulons point décourager les littérateurs et les éruditsqui ont la bonté de\npenser à nous, mais nous les supplions de nous communiquer à l'avance le\ntitre et le sujet de leurs articles. Nous pourrons de la sorte nous entendre\nà l'amiable ; et ils éviteront de se donner une peine inutile en écrivant des\narticles que nous aurions le déplaisir de ne point accepter."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nFAITS DIVERS\nOICI la liste des Conservatoires de musique de province avec la\ndate de leur fondation :\nAix (fondé en i85o); —Angers ( 1857) ; Besançon (1861 ) ;\nBordeaux ( 1852) ; Boulogne (1829) ; Caen (1835) ; Cambrai\n(1821) ; Douai (1799); Dunkerque (1863) ; Lille ( 1801 ); Marseille\n(1820); Nantes 4.4) \\ Nîmes (1864); Toulon (1866); Toulouse\n(i83o); Valenciennes (1836); Dijon, de création plus récente.\nLa dernière quinzaine musicale a été d'une stérilité désespérante ; pas\nun opéra ! pas une opérette ! pas une chanson ! pas huit mesures de musique\ninédite l pas même une double-croche l Rien ! 1 !\nLes directeurs de nos théâtres lyriques prendraient-ils au sérieux cette ex-\nclamation annuelle des journaux du high-life : « Il n'y a plus personne à\nParis! » Nous ne sommes pas fâché d'apprendre à ces messieurs que la\ncapitale de la France renferme encore à l'heure qu'il est 1,953,897 paires\nd'oreilles aussi friandes de bonne musique en août qu'en février.\nOn objecte la chaleur. Mauvais prétexte ! car, en cette saison, le thermo-\nmètre, placé dans un théâtre, ne marque que trois degrés de plus que ceux\ndu dehors. Ce n'est donc pas un grand sacrifice à demander aux sybarites que\nde les exposer à ce petit surcroît de gêne. En hiver, ils en supportent bien\nd'autres, quand, dans une même soirée, vous les condamnez deux fois à su-\nbir deux grandes secousses de température; la première fois, entre le dîner\net le spectacle; la seconde, enire le spectacle et le coucher.\nLe bon sens dirait, au contraire, ceci qui est mathématique : étant donnée\nune cause de répulsion agissant sur la clientèle des théâtres, nous allons la\ncombattre par une cause d'attraction, et l'équilibre sera rétabli. Le public\nfait mine de ne plus aller au théâtre ; nous allons donc l'y contraindre en\nlui composant des spectacles irrésistibles.\nMais il y a beau temps qu'on n'écoute plus le bon sens, qu'on prend pour\nun vieux radoteur.\nOn a connu des époques cependant où les directeurs de théâtre n'hési-\ntaient pas à jouer de bonnes pièces au moment où le soleil voulait leur faire\nsa vilaine farce.\nLe Solitaire fut donné en août,\nLe Barbier de Séville (traduction) en mai ;\nOthello (traduction) ! en juillet ;\nMarie.... : » en août;\nZampa en mai ;\nLucie de Lamermoor en août;\nGuillaume Tell en août ;\nEtc\nMais c'est fini! On ne nous régale plus en été, ni même en hiver, de ces\nopéras triomphants. Les lauriers sont coupés I"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.50", "texte": "VARIA\n\n—Le chroniqueur du Temps reproduit, d'après un journal de grammaire,\nle Courrier de Vaugelas, l'origine du mot brioche, employé dans le sens\nd'erreur. Le mot est dû aux artistes de l'orchestre de l'Opéra. Ces sympho-\nnistes étaient jadis d'une telle maladresse que le parterre ne leur ménageait\npas les injures et les pommes cuites. Ils résolurent, un beau jour, d'être plus\nattentifs et ils taxèrent à six sous chacune les fautes commises devant le pu-\nblic. Avec le total de ces amendes, on achetait une énorme brioche, que\nl'on croquait à la fin du mois. Les coupables figuraient à la séance avec une\npetite brioche en carton pendue à la boutonnière.\nBientôt les régals de ce genre devinrent si nombreux que le public en fut\ninstruit. Il appela ces artistes repentants des croque-brioches, des faiseurs de\nbrioches, et le mot brioche fut bientôt considéré comme le synonyme de\nfaute, bévue. Malheureusement l'amour-propre blessé se mit de la partie.\nLes musiciens résolurent d'en finir avec ces festins naïfs, et ils décidèrent\nqu'à l'avenir ils pourraient faire un nombre infini de brioches sans en payer\naucune. Le mot n'en avait pas moins passé dans la langue populaire et de là\ndans la langue usuelle.\n—Le théâtre de l'Athénée est occupé en ce moment par une troupe an-\nglaise qui joue les tragédies de Shakespeare. Et, suivant l'usage établi dans\nles trois royaumes, chaque soirée se termine par le God save the Queen,\nchanté en chœur.\nDe qui est l'air national anglais? La duchesse de Perth, dans ses Mémoi-\nres, affirme qu'il est de Lulli,\nD'autre part, les Anglais l'attribuent à Henri Garrey, fils naturel de Georges\nSaville, marquis d'Halifax. On peut consulter, à ce propos, la lettre du doc-\nteur Harrington, insérée dans le Monthly Magasine (volume XI, page 386).\n—Le journal l'A rte de Trieste publie une histoire intéressante, celle de\nKerlino, inventeur des instruments à cordes.\nLa France avait pu revendiquer la gloire d'avoir vu naître le célèbre lu-\nthier. On a, en effet, retrouvé une viole d'amour signée Kerlin et nommée la\nBretagne.\nMais il paraît que Giovanni Kerlino est né à Brescia d'un père italien du\nTyrol, et que ce n'est que parce qu'il avait des parents en Bretagne, qu'il a\nvécu et travaillé dans ce pays, où il est mort en ou 1451.\nLe premier instrument à cordes a été la viole d'amour à 5, 7 et 9 cordes.\nPlus tard, Kerlin inventa l'archet et les quatre instruments à quatre cordes,\ndont l'apparition fut accueillie avec enthousiasme par l'Europe entière.\nC'étaient : il violino (petite viole, notre violon actuel ) ; la viola (viole d'a-\nmour, l'alto); il violone (grosse viole, contre-basse) et il violoncello (violon-\ncelle, petite contre-basse).\nChose étrange 1 alors que tout progresse, il faut retourner en arrière pour\nretrouver la perfection dans la musique et dans l'art du luthier, dont l'habi-\nleté consiste surtout à ramener à leur état primitif (m pristinum) les anciens\ninstruments.\n—En attendant les travaux sur l'acoustique et la physiologie de l'oreille des-\ntinés à la Chronique Musicale, nous profitons de la reprise de Y Africaine pour"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.51", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nen donner un léger avant-goût. Nous sommes remonté aux comptes-rendus\npubliés en 1865 sur l'ouvrage posthume de Meyerbeer, nous les avons compa-\nrés les uns aux autres, et nous avons extrait des deux plus opposés, ceux de\nMM. Alexis Azevedo et Blaze de Bury, les passages où ils expriment leur opi-\nnion sur l'ensemble de cette œuvre. Nous n'y mettons aucune malice d'ail-\nleurs, et ne voulons prouver qu'une chose : c'est qu'il y a dans la critique\nmusicale des oreilles anatomiquement irréconciliables.\nA gauche, l'impression produite chez M. H. Blaze de Bury, par l'audition-\nde Y Africaine. A droite, celle de M. Azevedo.\nCe n'est pas seulement de ses forces,\nmais aussi de ses faiblesses qu'un esprit\nvraiment progressif prend conseil. On\navait tant dit à Meyerbeer : ce Vous n'êtes\npoint un mélodiste, » qu'à la fin il se\nlassa de l'objection et voulut répondre\npar une de ces évolutions de la dernière\nheure qui sont faites pour confondre la\ncritique en lui venant montrer sous un\npoint de vue tout nouveau, l'artiste qu'elle\ns'imaginait avoir une fois pour toutes ca-\nractérisé. Qui jamais aurait cru avant\nGuillaume Tell que le Rossini de Tan-\ncrède et d'Otello, serait capable de s'élever\nà ce sentiment de la vérité dramatique.\nDe même du Meyerbeer de VAfricaine\nouvrant l'écluse à des flots de mélodies\nqui ne tarissent plus. Ampleur, élégance,\nune variété de rhythmes, un luxe de\ntimbres dans l'orchestre à vous éblouir!...\nSi quelque chose en cette œuvre de tant\nde vie et de force pouvait trahir la vieil-\nlesse d'un maître, ce serait l'entassement\ndes beautés qu'on y rencontre. Les idées\ns'y enroulent avec une luxuriance de forêt\nvierge... Ce génie oubliant la mort, thé-\nsaurisait en se disant qu'après tout il en\nserait quitte à un moment donné pour\njeter à la mer quelques poignées d'or.\nLa sève débordant d'abondance et de force\nSortait en gouttes d'or des fentes de l'écorce\nSéve trop puissante, trop vigoureusement\nproductive, et dont en même temps que\nle chêne superbe se nourrissait le gui.\nL'émondeur de la dernière heure a man-\nqué. Là est le mal...\nJ'ignore encore aujourdhui si Y Afri-\ncaine n'est pas le chef-d'œuvre de Meyer-\nbeer, mais je sens que c'est un chef-\nd'œuvre .\nF. DE LAGENEVAIS (BLAZE DE BURY).\nRevue des Deux-Mondes, mai\ni 865.)\nNous serions désolé, pour cause d'utilité\npublique, si les thuriféraires de la veille et\nde l'avant-veille , perdant tout à coup le\ncourage de leurs opinions, s'avisaient de\nne pas continuer leur odoriférante besogne\nle lendemain; la fumée de leur encens est\nindispensable pour noircir les verres qui\npermettent de contempler, sans s'abîmer\nles yeux, cette prodigieuse éclipse de\nl'inspiration musicale et du sens théâtral\nqu'on nomme VAfricaine\nA part quelques fragments trop rares\net quelques fragments trop clair-semés,\noù la griffe du lion épuisé, mais encore\nlion, se fait un peu sentir; que trouvons-\nnous dans cette exorbitante et accablante\npartition ? D'interminables kyrielles de\nrécitatifs, des mélopées informes..., des\nmodulations inutiles, prétentieuses et fa-\ntigantes, dont la présence intempestive\nrompt sans cesse le fil du discours musi-\ncal ; des airs qui n'ont presque jamais Vair\nd'être des airs, car on ne sait trop com-\nment ils finissent.\nDes duos et des trios sans forme bien\nsaisissable, des ensembles où le fracas\ndissimule assez mal la pénurie d'idées\npremières, quelques phrases de musique\nitalienne qui semblent provenir des ro-\ngnures du Crociato ; des effets d'orchestre\npresque toujours plus ingénieux que bien\nappliqués aux situations ; des cris au\nlieu d'accents, des choses bizarres, là où\nil en faudrait d'originales, un style heurté,\nsans courant et sans vie, des formules\ninexpressives dans des passages qui ré-\nclamaient la plus vive sensibilité, des ca-\nractères que la musique ne peint pas du\ntout, et d'autres qu'elle veut peindre sans\ny parvenir, et, pour tout dire en quel-\nques mots, une absence à peu près com-\nplète d'inspiration et de sens dramatique\net théâtral.\nUAfricaine dépasse en longueur tous\nles opéras connus, et n'est, tout le prouve,\nni un chef-d'œuvre, ni même ce qu'on\npeut appeler véritablement une œuvre.\nALEXIS AZEVEDO. (Opinion natio\nnale, mai ?865.)"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.52", "texte": "VARIA\n\nNOUVELLES\n\nARIS - Opéra. M. Halanzier a encore engagé de nouvelles\nchanteuses : mademoiselle Girius, qui débutera dans la Juive, et\nmademoiselle Alice Hustache, fille du chef des chœurs de l'Opéra,\nqui a signé pour trois ans. Mademoiselle Dérivis, une charmante\nchanteuse d'opéra-comique que nous avons entendue en Italie dans l'Ombre\net dans le Barbier, débutera prochainement dans Faust; mademoiselle Fe-\nrucci chantera la Valentine des Huguenots. Vers la fin de septembre, ren-\ntrée de Faure, dans Don Juan ou la Coupe du roi de Thulé.\nOpéra-Comique. Un chef-d'œuvre de Grétry, Richard Cœur-de-Lion,\nsera aussi très prochainement rendu au répertoire de la salle Favart.\nMelchissédec, chantera le rôle de Blondel, et Duchesne celui de Richard.\nLes répétitions de Joconde sont menées avec la plus grande activité. Le\nrôle de Joconde est confié à Bouhy, celui de Jeannette à mademoiselle Cha~\npuy. La reprise du chef-d'œuvre de Nicolo aura lieu dès que la canicule vou-\ndra bien le permettre.\nGaîté. L'organisation des représentations musicales se poursuit sans\nrelâche à ce théâtre.\nVoici comment M. Offenbach a organisé l'orchestre ;\nChef d'orchestre, M. Albert Vizentmi;\nDeuxième chef d'orchestre, M. Godin ;\nChef des chœurs, M. G. Bourdeau ;\nLes choristes seront au nombre de 73;\nL'orchestre; composé de 55 musiciens, aura pour solistes: MM. Miramont\n(flûte), Boulu (hautbois), Parés (clarinette), Lalande (basson), Garrigue (cor),\nBello (piston), Roger (trombone), Weber (timbalier), Billoir et Frémaux\n(violoncelles), Gianini et Jouet (violons).\nLe 17 commenceront les répétitions de Jeanne d'Arc, grand drame en\nvers, où l'élément musical occupe une large place.\nMademoiselle Lia Félix créera le rôle de Jeanne d'Arc, et mademoiselle\nTeyssandier celui d'Agnès Sorel. Le personnage de LoysdeContis aura pour\ninterprète mademoiselle Brunet, de POpéra-Comique.\nLe rôle de Lahire est dévolu à M. Clément Just; M. Desrieux représen-\ntera le vicomte de Thouars, favori de Charles VII. M. Stuart remplira le rôle\ndu roi.\nLa partition de Gounod, qui est entièrement terminée, se compose des\nquinze morceaux suivants :\n1. Introduction d'orchestre; 2. Chœur de paysans ; 3. Scène des voix;\n4. Romance de Charles d'Orléans; 5. Chant religieux; 6. Menuet ;\n7. Chœur des Chevaliers; 8. Chœur et ronde des soldats et des ribau-\ndes; —9. Prière ( Veni Creator), 10. Chœur de femmes dialogué; 11.\nMarche et chœur du sacre ; 12. Chœur de soldats et duo des saintes ;\ni 3. Marche funèbre; 14. Scène du bûcher."}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18730815-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\ni aris Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Lafayette, 61.\nPropriétaire-Gérant : oAIyTIIU<7\\ HE ULHd4\n\n- Falchieri, l'excellente basse, vient d'être engagée par J. Offenbach pour\ntrois ans et aux appointements de 30,000 fr. pour dix mois par année.\n- Le marquis d'lvry a présenté à M. Offenbach son opéra : les Amants de\nVerone, qui a ete reçu pour être joué à l'époque où ce théâtre abordera\nlopéra.\nVoici une excellente nouvelle que nous trouvons dans le Gaulois sous\nla signature de M. Oswald :\nDepuis bien des années , les publications musicales déposées par les édi-\nteurs de Paris ou provenant de souscriptions ministérielles encombraient\nsans but et sans utilité, les combles des bâtiments des Beaux-Arts, à ce point\nqu on ne savait plus où placer les nouvelles publications.\nFort heureusement, par une initiative tardive mais intelligente, une exeel-\nlente destination a été affectée à toute cette musique. Des dons en sont faits\naux Conservatoires et Ecoles de musique de France, aux Sociétés philhar-\nmoniques, aux Maîtrises et, enfin, aux artistes, aux littérateurs qui s'occu-\npent sérieusement de l'art musical.\nAinsi, cette semaine encore, le ministre de l'instruction publique, des\ncultes et des beaux-arts, a fait don à la bibliothèque de la Société des com-\npositeurs de musique d'un très beau choix de partitions à grand orchestre\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}