{"numero_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_sha256": "fdfd39bb6173c39f3669e9883d069ccb59ec1d964837ec9e9ab76e6063c9144c", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1873/11/15_01/bmtnabc_1873-11-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1873/11/15_01/bmtnabc_1873-11-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[145]", "page_fin": "[145]", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.1", "titre_corps": "L'OPÉRA", "titre_sommaire": "L'OPÉRA", "signature_source": "A. 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Le feu\ns'était subitement déclaré à l'Opéra.\nAvant de passer aux commentaires, nous repro-\nduisons le Procès-verbal dressé dans les bureaux\nde l'Hôtel-de-Ville au lendemain du désastre.\nM. Nuitter a été assez heureux pour en retrouver le texte, et assez obli-\ngeant pour nous le communiquer :\nLe 6 avril 1763, sur le midy, 011 apprit à l'Hôtel de Ville que le feu était à\nla salle du spectacle de l'Opéra, avec la plus grande violence. Messieurs du\nBureau s'y sont transportés, mais le mal était trop grand pour pouvoir y ap-\nporter des secours, et5 malgré tous les soins possibles, tout fut dévoré par\nles flammes en très peu de temps, et tout fut détruit de fond en comble. On\nempêcha néanmoins que le feu gagnât du côté des maisons qui donnent sur\nla rue Saint-Honoré, mais le feu gagna le Palais-Royal avec tant de violence\nque les bâtiments de la première cour, de celle du Cadran, et de celle des\nFontaines ont été fort endommagés. Les vieux bâtiments qui subsistaient\nprès le grand escalier du château ont été entièrement consumés, à peu de\nchose près.\nOn ne peut dire absolument de quelle façon le feu a pris, car c'était le\nlendemain des festes de Pasques, jour auquel il n'y a point de spectacles."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "Mais il a pu arriver qu'il s'y fesoit quelque réparation ou qu'il y ait eu une\nrépétition.\nLe Roy a chargé la Ville de construire une salle provisionnelle d'opéra au\nthéâtre des Machines du Palais des Thuilleries, le tout sur la partie du théâtre\nseulement.\nS. M., sur les représentations de Mgr le duc d'Orléans, a ordonné à la Ville\nde reconstruire une nouvelle salle d'Opéra sur les dessins qui en seroient\napprouvés par sa dite Majesté en se servant du local que donneroit Mgr le\nduc d'Orléans, qui s'est obligé de payer l'acquisition des maisons néces-\nsaires.\nComme le Roy avoit ordonné aux acteurs, actrices et employés de l'Opéra\nde ne pas sortir de Paris, de vaquer à leurs exercices ordinaires, il fut établi,\ndans la salle du Concert des Thuilleries, un concert françois, et, sur la recepte\ntotale qui s'y est faite, la Ville en a fait payer, par les directeurs de l'Opéra,\nles appointements des acteurs, actrices et employés, ainsy que les frais des\ndits concerts.\nLe plan pour la nouvelle salle d'opéra a été fait par le sieur Moreau, com-\nmis à l'exercice et fonctions de l'office de maître général des bâtiments de\nla Ville et a été approuvé par le Roy,- à jour indiqué, en may 1763, devant\nMgr le duc d'Orléans, M. le comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État de\nParis, et M, le Prévost des Marchands.\nArchives nationales. Registres de la Ville de Paris, 1762-63.\nH. 1870.\nExpédition aux Archives de l'Opéra.\nVoilà le procès-verbal dans toute sa sécheresse. Le rédacteur de la chose\nn'ose entrer dans l'explication des causes de l'incendie. Collé ne se décide\ndans son Journal Historique pour aucune des versions ayant cours de\nson temps. La Galette de France et le Mercure, les deux feuilles pério-\ndiques de l'époque, ne sont guère plus prolixes. Les cartons des Archi-\nves nationales contiennent fort peu de pièces manuscrites sur l'admi-\nnistration de l'Académie royale de musique pendant l'année 1763. Les\nMémoires secrets de Bachaumont sortent de cette silencieuse réserve\ndont Conrart est le père, et disent que le feu a pris vers huit heures du\nmatin par la faute des ouvriers employés à l'intérieur de la salle et qu'il\ns'est accru par leur négligence à appeler du secours, et leur prétention\nà le vouloir dissimuler. Ils ajoutent que, par une singulière infraction\nau règlement, les portiers avaient déserté leur loge. Castil-Blaze s'est\nemparé de ces indications sur lesquelles il a brodé, dans son Histoire de\nVAcadémie de musique, un récit fantaisiste où son imagination méridio-\nnale s'est donné carrière tout à l'aise. D'après lui, le feu venait d'une"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "petite chambre dépendant du logement de M. de Montausier, gouver-\nneur du Palais-Royal : « Il y avait un poêle dont le tuyau donnait dans\nune cheminée attenante à la loge où s'habillaient les figurantes du théâtre.\nOn avait trop poussé la chaleur du poêle : engorgé, le tuyau creva, mit le\nfeu à celui de la cheminée, et la flamme qui passait par les fentes attaqua\nla boiserie qui prit à l'instant comme une allumette. C'était pendant les\nrelâches de la quinzaine de Pâques : il n'y avait aucun ouvrier dans la\nsalle, aucun garçon de théâtre, le concierge lui-même était sorti. Un\nseul chanteur, se préparant à débuter, venu sur la scène de bon matin\npour essayer sa voix, s'aperçut du feu, se sauva criant au secours ; mais\navant que le secours fût arrivé tout était perdu. » A ce roman d ailleurs\nvraisemblable du tuyau de poêle de M. de Montausier, je préfère 1 affir-\nmation du machiniste Boullet, témoin oculaire des incendies de 1763 et\nde 1781 à l'Opéra, et témoin actif puisqu'il y fut deux fois blessé. Plus\ntard, Boullet, homme courageux et très expert en son métier, devint ma-\nchiniste en chef du Théâtre des Arts (Oçéet écrivit un intéressant\nEssai sur l'art de construire les théâtre (Germinal an IX, 180 1, in-4).\nBoullet y raconte que, dans la matinée du 6 avril, un balayeur occupé\ndans le fonds du dessous,abandonna sa tâche et sortit après avoir mis\nsa chandelle sur le contrepoids du rideau de l'avant-scène. La lumière\nmit le feu aux cordages du contrepoids : le rideau privé de son contre-\npoids s'abaissa, et les cordages, servant de véhicule à la flamme, remon-\ntèrent jusqu'aux frises qui s'embrasèrent à leur tour.\nA midi, l'incendie, radieux et sinistre, était maître de sa proie et défiait\ntoute intervention humaine, menaçant d'un côté le Palais-Royal par\nl'aile du bâtiment qui touchait à la salle de spectacle, de l'autre la rue\nSaint-Honoré par les maisons du cul-de-sac de l'Opéra. Dans le jardin\ndu Palais, deux chaînes immenses s'étaient aussitôt formées, chaînes de\nbure et de soie, composées de gens de tout état, sans distinction de\ndignité, d'âge, voire même de sexe : l'une cherchait à sauvci ies arenives\net les célèbres tableaux de la Galerie, l'autre approvisionnait d'eau les\npompes à incendie fonctionnant sans relâche. Deux mille personnes\nenviron s'y employaient. Au milieu des cours et des ailées, s étauiiciit\ndes monceaux de meubles et d'effets aux armes du duc dOileanoet\nsurveillés par ses valets. Vers une heure et demie, la coupole du grand\nescalier du palais s'effondra, puis on entendit un fracas effrayant; c'était\nla voûte de la salle de l'Opéra qui s'écroulait, et, avec elle, une partie des\ntoits avoisinants, versant incessamment leurs décombres sur le loyer de\nl'incendie. A six heures du soir, grâce à des coupures pratiquées dans les\nmurailles mitoyennes de l'Opéra, le quartier du Palais-Royal était hoiï>"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "de danger. Collé, à qui Castil-Blaze a emprunté presque mot pour mfet\nle récit de cet incendie, nous renseigne sur les dégâts occasionnés par le\nfeu au Palais lui-même : ce La salle de l'Opéra, dit-il, est brûlée rezpied\nrez terre : il n'y a pas d'exagération à dire qu'elle a été consumée en cinq\nquarts d'heure ou une heure et demie au plus, et cela n'est pas étonnant\nvu les matières sèches et combustibles auxquelles le feu avait à se pren-\ndre. Ce feu terrible n'avait point heureusement de solidité, mais le coup\nd'oeil en était effrayant... L'on en a été quitte pour quelques combles\nbrûlés; les planchers du premier étage n'ont pas même souffert; il n'y\navait dans ces parties de bâtiments ni tableaux, ni meubles précieux;\nc'est l'antichambre des valets de pied, l'escalier, une galerie et les loge-\nments au dessus de tout' cela qui ont été très maltraités par le feu. Avec\nmoins de cent mille francs on fera les réparations de tout cela. » Les\ncapucins, les cordeliers et les récollets, accourus les premiers sur le lieu\ndu désastre, selon la règle de ces ordres monastiques, organisèrent les\nsecours avec autant de dévouement que d'intelligence. Je ne veux rien\ninsinuer contre la mémoire de ces honnêtes gens ; mais leur conduite\nsoulève un cas de conscience bien piquant : est-il orthodoxe, étant\ndonné certains articles de conciles contre les spectacles et les his-\n/\ntrions, de contribuer à sauver un monument condamné par l'Eglise au\nfeu céleste ? Il y a sujet à controverse. Quoi qu'il en soit, pour avoir\nécouté leur conscience et désobéi aux conciles, les récollets et les capu-\ncins perdirent deux des leurs. « On dit qu'il est péri quinze personnes\ndans cet affreux désastre ; cela n'est pas vrai : nous en sommes quittes\npour un récollet et un capucin. » Mémoires de Favart.\nLe lendemain même de l'incendie, le comte de Saint-Florentin, mi-\nnistre et secrétaire d'Etat, adressait à Rebel et Francœur, directeurs de\nl'Académie de musique, des ordres par écrit à Veffet d'assurer aux su-\njets la continuité de leur état, en enjoignant à chacun de ne point\ns\"*écarter et de se tenir prêt à reprendre dans le lieu qui aura été\ndéterminé en attendant la construction d'une nouvelle salle.\nLe 9 avril, au soir, de petites nuées grises flottaient encore au-dessus\ndes fonds de l'Opéra ; c'était le feu qui rendait l'âme. Quelques jours\naprès, il n'est déjà plus question de l'ancien édifice. Son oraison fu-\nnèbre est faite : « Vous ne me parlez point, mes anges, écrit Voltaire\nà d'Argental, de Pincendie de l'Opéra : c'est une justice de Dieu : on dit\nque ce spectacle était si mauvais qu'il fallait tôt ou tard que la ven-\ngeance divine éclatât » Tout est bien fini, car voici les bons mots qui\ncourent-, « Mademoiselle, demande une grande dame à Sophie Arnould,\nracontez-moi ce qui' s'est passé à cette terrible incendie. »"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "réplique l'actrice, tout ce que je puis vous dire, c'est qu'incendie est du\nmasculin. »\nA défaut de l'état des pertes en décors, costumes et machines dont il\nne nous a pas été légué copie, nous avons recherché la description de la\nsalle brûlée, avec celle des changements qui y furent faits en iy32, et\nque nous reproduisons toutes deux ci-après.\nLa salle du Palais-Royal avait servi aux représentations de la troupe\nde Molière et à celles de la troupe italienne, de l'an 1661 à l'an 1673,\ndate de la mort de Molière. C'est cette année-là que Lulli y établit\nl'Académie Royale de musique.\nPREMIÈRE SALLE DU PALAIS-ROYAL. (l)\nCe lieu est une longue salle parallélogramme, large de neuf toises en\ndedans, œuvre que le cardinal de Richelieu et Mercier s'efforcèrent de rendre le\nplus admirable de l'Europe. Mais la petitesse du lieu s'y opposa, car comme ce\nministre avoit résolu de faire au roy un présent de sa maison, il étoit bien aise\nqu'il s'y trouvât quelque grande partie vet quelque chose qui fût digne d'un\ngrand monarque, et pour cela il fit faire par plusieurs divers dessins et éléva-\ntions pour ce théâtre, mais qui ne furent pas reçus pour être trop enjoués, de sorte\nqu'on s'en tint à celui de Mercier comme plus solide, plus commode et plus\nmajestueux tout ensemble. La manière de ce théâtre est moderne et occupe,\ncomme je l'ai dit, une longue salle couverte et quarrée longue. La scène est\nélevée àun des bouts et le reste occupé par vingt-sept degrés de pierre, qui\nmontent mollement et insensiblement, et qui sont terminés par une espèce\nde portique, ou trois grandes arcades. Mais cette salle est un peu défigurée\npar deux balcons dorés, posés l'un sur l'autre de chaque côté, et qui commen-\nçant au portique, viennent finir assez près du théâtre. Le tout ensemble est\ncour onné d'un plafond en perspective où Lemaire a feint une longue ordon-\nnance de colonnes corynthiennes qui portent une voûte fort haute, enrichie\nde zozons, et cela avec tant d'art, que non seulement cette voûte et le plafond\nsemblent véritables, mais rehaussent de beaucoup le couvert de la salle, et lui\ndonnent toute l'élévation qui lui manque.\n11 est constant que Mercier, dans la distribution des parties de ce théâtre,\napassé l'espérance de tout le monde, et fait beaucoup plus qu'on n'en attendoit,\nn y ayant point d'apparence qu'un quarré long, renfermé entre une rue et une\ncour, dut être si accompli, car enfin, malgré les défauts qu'on y remarque, il\nn'y a personne qui ne le trouve un grand morceau d'architecture (1).\n\n(i) Sauvai, cité par Parfait. Hist. mm. de VOpéra."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2852, "texte": "EMBELLISSEMENTS (i)\nLes embellissements qu'on a faits depuis peu dans la salle de l'Opéra, or-\ndonnés par le directeur de l'Académie Royale de musique aux 45 loges, aux\n4 balcons et à l'avant-scène qui sont la distribution de cette salle, consistent,\nsçavoir : au-dessus de la première loge à droite, qui est celle du Roy, on y a\npeint le buste d'Apollon; à celle de vis à vis, qui est celle de la Reine, celui\nde Minerve. Ils sont suivis sur la même ligne des panneaux des deuxièmes\nloges, des bustes des plus célèbres poètes et des muses, alternativement ornés\nde bas-reliefs relatifs aux bustes en médailles qui forment le milieu supérieur\nde chacune des premières loges, peints en camaïeu, enfermés par des guirlan-\ndes de fleurs de coloris et soutenus par des ornements rehaussés d'or. On\nvoit sur les bases des premières loges des cartouches entremêlés d'ornements\nrehaussés d'or aussi ornés de festons de fleurs de coloris dans lesquels sont\ndes trophées, des attributs d'Apollon, de Minerve, des Muses et des Poètes,\netc. Ce sont les principales parties qui font la décoration des premières et\ndeuxièmes loges. Les troisièmes sont décorées d'ornements convenables et\ndans le même goût des autres ornements. Toutes les loges sont séparées par\ndes palmiers sur les montants qui s'élèvent des consoles et des agrafes de\nsculpture, le tout rehaussé d'or ou doré en plein.\nLes dedans et les plafonds des loges sont feints de damas et autres riches\nétoffes, de même que les plafonds des compartiments au milieu desquels sont\ndes rosettes en saillie dorées en plein. Le grand rideau qui ferme le théâtre\nprésente à la vue un grand morceau de coloris, dont les figures sont de la\nproportion d'environ sept pieds. La bordure est rehaussée d'or composée de\nparties convenables au sujet. Apollon y paroît au milieu d'une gloire sur le\ndevant de l'autel des sacrifices. Il y est accompagné de différents génies, des\nMuses, etc. Le Dieu des vers semble ordonner au génie de l'invention dési-\ngné par le flambeau qu'il porte d'aller échauffer l'imagination de ses diffé-\nrents génies à qui Melpomène, Thalie, Erato, Terpsichore ont confié leurs\nattributs.\nLes armes du Roy font le couronnement de la bordure. Elles sont accom-\npagnées de branches de deux palmiers, dont les troncs prennent leurs racines\ndes ornements de la base de cette bordure, et en montant forment un plan\ncirculaire varié au pourtour du tableau. Aux troncs des palmiers qui sont\nentourés de branches et de feuilles de laurier sont attachés quatre différents\ntrophées, sçavoir : à droite, ceux qui désignent l'héroïque et le pastoral, et au\ncôté opposé, ceux du lyrique et du satyrique. Le serpent Pithon paroît sor-\ntir des ornements de cette base vaincu et rampant, ce qui forme le milieu du\ntableau.\n\n(1) Mercure de France, juin 1732, i* vol., p. 1193"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2258, "texte": "Telleétait l'ancienne salle de l'Opéra brûlée par l'lncendie de 1763 et\nqu'il fallait remplacer. Ilcircula divers projetssur la construction et l'em-\nplacement de la nouvelle. Les uns la voulaient au Carrousel, les autres,\nau Louvre : les propositions du duc d'Orléans parurent plus avanta-\ngeuses. Le 11 avril, M. le duc se rendit à Versailles et demanda au roi\nque l'Opéra restât au Palais-Royal, offrant sa bourse, ses terrains, plus\n100,000 écus pour ses loges. Le roi décida en faveur du duc, et lon\nne s'occupa plus que de chercher à l'Opéra un local provisoire qui lui\npermît d'attendre en paix une installation définitive.\nL'Opéra trouva un asile spacieux aux Tuileries, dans la salle dite des\nMachines, où s'ouvrirent, le 29 avril, les Concerts français donnés par\nles artistes de l'Académie de musique. Nous laissons ladite Académie\nsur le seuil de la salle des Tuileries, où nous n'avons pas àla suivre.\nT>E 1y 8 1\nLa nouvelle salle de l'Opéra, dont l'ouverture eut lieu le 26 janvier\n1770, fut construite aux frais de la Ville, d'après les dessins de Moreau,\nde l'Académie d'architecture, sur les terrains fournis par le duc d'Or-\nléans.\nOn lit dans quantité d'ouvrages qu'elle était située Cour-des-Fontaines;\nc'est une dénomination impropre, car aucune sortie, aucune entrée, soit\ndes chœurs, soit du corps de ballet, soit des comparses, ne pouvait se pra-\ntiquer de ce côté.\nElle occupait environ l'espace compris entre la rue de Valois et la rue\ndes Bons-Enfants, avec façade sur la rue Saint-Honoré. Le cul-de-sac de\nl'Opéra, ainsi que le pâté de maisons longeant autrefois la rue des Bons-\nEnfants, avaient disparu, absorbés dans le plan de l'édifice. La rue de\nValois est l'axe approximatif autour duquel ont tourné, de gauche à droite,\nles deux salles du Palais-Royal. On ne peut en déterminer plus claire-\nment la topographie à des Parisiens de 1873.\nQuant à la disposition intérieure de la salle de Moreau, en voici l'as-\npect décrit par le menu :\nDEUXIÈME SALLE DU PALAIS - ROYAL.\nL'ouverture de la scène est large de 36 pieds et haute de 32. Cette disposi-\nion avantageuse rapproche d'autant plus le fond de la salle de Pavant-scène,\net met plus d'égalité dans les différentes situations du spectateur; ia forme"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3191, "texte": "de son plan est arrondie et fournit au plafond un bel ovale, rempli par un\ntableau allégorique, dont 011 parlera à la fin de cet article, pour ne pas dé-\ntourner les yeux du lecteur de l'objet qu'on lui présente.\nL'avant-scène est décorée de quatre colonnes d'une composition riche et\nélégante, dont les cannelures sont à jour, en sorte que cette partie, pour\nl'ordinaire, consacrée seulement à la décoration, fournit des places des plus\ncommodes et des plus recherchées. Leur fût est divisé par tambours à la\nhauteur de l'appui des loges qui sont pratiquées dans leurs intervalles, ce qui\nnuit peut-être à l'élégance de l'ordre corynthien : mais, d'un autre côté,\naccuse mieux ces mêmes loges que l'architecte n'eût point employées sans\ndoute, moins encore que celles qui sont pratiquées dans leurs socles, s'il\nn'eût été forcé de concilier les raisons d'intérêt avec les moyens d'embel-\nlissements.\nL'entablement règne au-dessus de l'avant-scène, et son milieu est inter-\nrompu par un groupe de Renommées soutenant un globe parsemé de fleurs de\nlys, des enfants forment une chaîne avec des guirlandes. Cette composition\ncharmante, qui est due à M. Vassé, accompagne magnifiquement le plafond et\nréunit tous les suffrages sur cette partie de la décoration.\nLes quatre rangs de loges qui sont pratiquées ne paraissent point former\nune trop grande hauteur, et cette disposition rend la salle susceptible de\ncontenir 2.500 spectateurs, presque tous également bien placés. Ces loges,\nconstruites en fer et en bois avec un artifice ingénieux, sont très solides,\nmalgré la légèreté qu'elles semblent présenter à l'œil; les ornements en sont\nsimples, mais dessinés avec précision et distribués avec jugement. Les po-\nteaux qui divisent ordinairement les loges sont supprimés dans cette salle, et\nau lieu de paraître autant de petites cases séparées, elles forment un seul\nbalcon à chaque rang, ce qui donne beaucoup d'élégance à l'ensemble.\nFoyer.— C'est une belle galerie de 60 pieds de longueur, éclairée par cinq\ngrandes croisées qui ont vue sur la rue Saint-Honoré, accompagnées d'un\nbalcon de fer, enrichi de bronze, de près de 100 pieds de long, d'un dessin\ntrès élégant et d'une exécution parfaite de la main du sieur Deumier. Ce\nfoyer, revêtu de menuiserie dans tout son pourtour avec une cheminée de\nmarbre à chaque bout, est orné d'une belle corniche, de glaces, de sculptu-\nres et de trois bustes en marbre représentant Quinault, Lulli et Rameau.\nCes têtes, traitées avec autant de noblesse que d'expression, sont dues au ci-\nseau de M. Caffieri, sculpteur du roi. Quatre autres niches attendent les\nportraits des grands hommes dont les succès auront enrichi le théâtre.\nLes commodités publiques n'ont point été oubliées (telles que les sorties).\nLa sûreté est encore une des choses à laquelle on a apporté l'attention la\nplus scrupuleuse. Trois réservoirs contenant ensemble environ 200 muids\nd'eau sont disposés dans les endroits où ils seraient les plus utiles en cas\nd'incendie. Les loges des acteurs sont toutes voûtées en briques, et plusieurs\ndes escaliers sont en pierre.\nLa construction d'une salle dans laquelle on n'a employé que des bois lé-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2921, "texte": "gers, que des formes rondes, sans ressaut et avec le moins d'angles qu'il a\nété possible, la rendra aussi sonore qu'elle peut être, lorsque les bois, les\nplâtres et les peintures auront acquis le degré de sécheresse convenable pour\nrépercuter les sons. Effet nécessaire, mais qu'on ne peut attendre que du\ntemps. On désirerait pouvoir se flatter de semblables espérances sur le pla-\nfond de l'idée et du goût de M. du Rameau ; mais les tons jaunes et grisâtres\nqui dominent partout ne lui donneront pas vraisemblablement, par la suite,\ncette couleur céleste et aérienne qu'on y aurait désirée.\nQuelques figures, d'ailleurs, sont pesantes et d'un dessin lourd, telles que\nla Therpsichore, dont le raccourci est pénible à l'œil, et dont les formes\nsont aussi prononcées que celles du Gladiateur ou de l'Hercule Farnèse ;ce\nqui contribue encore à la faire paraître si forte, c'est la figure svelte et légère\ndu petit génie qui semble être presque sur le même plan. En général, ces\ndéfauts se font peu sentir, et c'est surtout le manque de dégradation qui nuit\nà l'effet de ce tableau, dans lequel il y a, d'ailleurs, beaucoup de choses esti-\nmables. Le sujet en est simple et convenable. Il offre les Muses et les Talents\nrassemblés par le génie des Arts qui précède le char d'Apollon qu'il annonce\net qui paraît arrivant sur son char.\nL'épisode de l'lgnorance et de l'Envie n'est pas beaucoup plus heureux ,\nces deux figures colossales ne produisant point l'effet que l'artiste s'en était\npromis. Sans faire fuir le plafond, elles paraissent seulement prêtes à tomber\nsur le parterre. Ce n'est pas que ce grand ouvrage n'ait beaucoup de mérite\ndans différentes parties ; les groupes sont bien agencés, et l'on trouve dans\nla compostion cet enchaînement ingénieux quia toujours caractérisé ceux de\nM. Boucher. On ne prétend point donner ce sentiment comme une décision\ncontraire à M. du Rameau, dont on estime beaucoup les talents. On a seu-\nlement pensé que ces observations lui auraient d'autant moins fait de peine\nque personne n'est plus que lui en état de prendre sa revanche, quand il se\nserait trompé dans quelques-unes de ses productions. On ne peut qu'applau-\ndir à celles des sieurs Machy, Guillet et Deleuze, qui ont exécuté les déco-\nrations nouvelles, d'après les dessins du sieur Moreau.\n( HURTAULT ET MAGNY ; Dictionnaire historique de la ville de Paris, t. I,\np. 182.)\nLe vendredi, 8 juin 1781, l'affiche de l'Opéra se composait d'Orphée,\nparoles de M. Moline, musique de M. le chevalier Gluck, précédée de\nl'acte d'Apollon et Coronis, remis en musique par MM. Rey; l'un maître\nde musique de la chambre du Roi, l'autre musicien ordinaire de la cha-\npelle de Sa Majesté.\nDix minutes s'étaient à peine écoulées depuis la fin du spectacle. Il\nétait huit heures et demie du soir (l'Opéra commençait à cinq heures).\nLe public était sorti. Les sujets qui avaient dansé dans le dernier ballet"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2878, "texte": "se déshabillaient tranquillement dans leurs loges. Tout à coup des cris\nd'angoisse retentirent sur la scène. Au feu! Pour la seconde fois depuis\ndix-huit ans, l'incendie allait dévorer l'Opéra.\nQuelle en fut l'origine ? On ne le sait pas au juste. « On présume, dit\nBachaumont, que c'est un simulacre du troisième acte Orphée) repré-\nsentant le feu des enfers, dont les flammèches, voltigeant jusqu'au comble,\ny auront entretenu un feu sourd, qui aura éclaté au bout d'un certain\ntemps et tout embrasé. » D'après d'autres narrations, une bougie d'un\nchâssis de côté aurait communiqué sa flamme aux toiles. Ce qui est\nconstant, c'est que le feu prit à une toile du ceintre de la famille des\nfrises, celles qui imitent le ciel. Au début, un verre d'eau eût suffi\nà l'éteindre : par une négligence inouïe, il n'y en avait pas une goutte\ndans le réservoir du théâtre. « Coupez les cordes de la frise l » cria-t-on.\nUn ouvrier machiniste y réussit d'un côté, mais d'un côté seulement:\nla frise s'inclina, traversa la scène en diagonale, et alla battre contre\nla toile de fond. Ce mouvement redoubla l'activité de la flamme qui\nenvahit la scène et la salle avec une rapidité foudroyante. Un immense\nbrasier s'alluma. Vers neuf heures et demie, la charpente de l'édifice\ns'affaissa, livrant passage à une colonne de feu de plus de trois cents\npieds de hauteur. Des lueurs horribles éclairaient tout le quartier. Au\nloin, dans les carrefours et sur les places publiques, le peuple assemblé,\nles yeux fixés sur cette trombe de flamme qui se perdait dans l'azur du\nciel, croyait à une chute d'étoiles du haut du firmament. Pendant deux\nheures, ce serpent fantastique se dressa dans l'air. Des myriades d'étin-\ncelles et de charbons ardents, des flammèches innombrables se détachaient\nde la masse, et s'en allaient, portées par un vent léger, tomber jusque\ndans la rue Saint-Martin et dans le faubourg Montmartre. Par bonheur,\nle temps se mit en humeur de pluie ; sans ce secours inattendu, Paris,\ncomme Londres, aurait peut-être eu son incendie historique.\nSur les toits de la bibliothèque royale et des bâtiments de la Douane,\nveillaient des ouvriers aux aguets. Les secours étaient dirigés par le pré-\nvôt des marchands, le lieutenant de police, les commissaires de onze\nquartiers, et le duc de Chartres en personne. Sous leurs ordres, les gar-\ndes-françaises et les gardes-suisses, la garde de Paris, nos récollets, capu-\ncins et cordeliers de 1763, firent bravement leur devoir. Une lettre\ninsérée dans le Journal de Paris du i 3 juin, paye, au nom de tous les\nhabitants de Paris, un juste tribut d'éloges au corps des pompiers com-\nmandé par Morat : « Jegagerois, dit Fauteur de la lettre, qu'il n'y a pas\nd'incendie considérable qui ne donne lieu de leur part à quelque action\nde héros; mais l'histoire ne grave point leurs noms dans ses fastes : la"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "Gazette et les papiers publics ne célèbrent point leurs actions, et ils n'en\ndeviennent par là que plus dignes de nos hommages, puisque le courage\nqui les porte chaque jour à braver la mort n'a jamais un des deux plus\npuissants véhicules qui déterminent les hommes à faire le bien, la gloire\net la fortune. Dans ce dernier incendie qui avoit jeté la capitale dans la\nconsternation, quel courage, quelle intelligence, quelle activité infatiga-\nble n'a-t-il pas fallu pour circonscrire le feu dans son premier foyer, et\nl'empêcher de se répandre au dehors ! » Grâce à eux, le Palais-Royal fut\npréservé : il n'y eut d'endommagé que les chambres adossées àla salle\ndu côté de la Cour-des-Fontaines. Des constructions de l'Opéra, il ne\nresta que les loges des premiers acteurs dans le petit foyer, ainsi que la\nsalle des comptes. Le grand foyer subit les rudes atteintes de la flamme,\nmais il ne fut point entièrement détruit. Le buste de Rameau placé\ndans le grand escalier fut brisé : ceux de Lulli et de Gluck échappèrent\nau sort de leur compagnon.\nQue deviennent au milieu de cette affreuse bagarre les danseurs et les\ndanseuses que nous avons laissés à moitié déshabillés dans leurs loges,\nau moment de l'incendie? Et les ouvriers qui travaillaient sur la scène et\ndans les coulisses? Aucuns, affolés de peur et aveuglés par la famée, ne\npurent retrouver les portes desortie et périrent dans la fournaise. Le 10\njuin, on avait découvert sous les décombres onze cadavres à demi calcinés.\nOn y reconnut ceux des sieurs :\nBeaupré et Danguy, danseurs figurants;\nMériot père, Hast dit Clermont, et la Fargue, tailleurs ;\nBlondel, Guimber, Joppé dit Berry et Lavocat, ouvriers attachés au\nthéâtre ;\nJean Auvrai, pompier;\nEt, pour clore cette douloureuse nomenclature :\nVidal, jaquet (jockey) âgé de 12 à i 3 ans, du sieur Huart, danseur.\nUne vieille femmede 78 ans, demeurant Cour-des-Fontaines, mourut\nd'effroi le dimanche 10.\nLe 20 juin, l'enlèvement des décombres était à peu près terminé :on\ndécouvrit encore quelques ossements. Les rapports conservés aux Archi-\nves ne font point mention de ce fait. Dans les premiers jours, le nombre\ndes victimes fut considérablement exagéré : on comptait pour morts tous\nles employés et artistes du théâtre que les blessures ou la prudence re-\ntenaient chez eux. Mais, après plusieurs appels faits parle régisseur, on\nacquit la certitude qu'en dehors des onze malheureux dont les corps"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.13", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "avaient été retrouvés le 10, on n'aurait guère d'autres pertes à déplorer\nparmi le personnel de l'Opéra. Gardel le Cadet, sur le sort duquel on\navait conçu des craintes, reparut bientôt sain et sauf, tout dispos pour\nla sarabande et la chaconne. Une pudeur intempestive compromit les\njours de la Guimard : presque nue dans la loge où elle changeait de toi-\nlette, elle n'osait en sortir et y allait étouffer, lorsqu'un machiniste eut\nassez de présence d'esprit pour la rouler dans des rideaux, et l'emporter\nau dehors. Beaupré s'était tué en sautant du troisième étage. Castil-\nBlaze a fait de la mort du petit Vidal un épisode singulièrement drama-\ntique : « Huart, vigoureux danseur, d'une taille élevée, n'ayant que\ndeux étages à franchir, se dirigea vers le toit d'une boutique, glissa dans\nla Cour-des-Fontaines et tomba sur ses pieds, Son jockey,\ngarçon de quinze ans, était à la fenêtre et n'osait se lancer. Huart lui\ntend les bras , l'appelle, l'encourage, disant qu'il est prêt à le recevoir, à\nlui parer le coup. Rien ne put décider ce malheureux, pas même le feu\nqui bientôt l'atteignit et le brûla vivant sous les yeux de son maître. »\nLe cas est émouvant ; mais le point faible du récit de Castil-Blaze est\nque le sieur Huart, blessé très grièvement dans sa chute, était hors d'état\nde prendre les poses athlétiques qu'il lui prête. Après l'histoire du vio-\nloniste Châlon , on croira sans peine que la Garonne coulait à Paris...\ndu temps de Castil-Blaze. « Châlon, violoniste, restait en arrière de\nquelques pas ; le volet d'une porte battante se ferme devant lui. Châlon\nfait de vains efforts pour l'ouvrir; la p clouait ce\nbattant à son cadre. Heureusement la porte jointait mal par en bas.\nDépouillé de tous ses vêtements, le musicien, couché ventre à terre,\ns'aplatit comme un chat, un lézard, passe au laminoir, et parvient à\nfranchir le barrage en y laissant la peau des muscles de son dos : plu-\nsieurs athlètes machinistes le tiraient de l'autre côté. Il en guérit; mais,\nde sa vie, Châlon ne put faire la moindre courbette : raide comme une\nstatue égyptienne, il saluait de la main. » Voilà un homme et un récit\nbien élastiques.\nLa plupart des danseurs prirent la fuite par les combles des maisons\nvoisines, sautant de gouttière en gouttière et se précipitant dans la rue\nau risque de se rompre le cou. Quelques danseuses purent retrouver les\ncouloirs de sortie sur la rue Saint-Honoré et se sauvèrent en chemise\n(oui, mesdames!) par la place du Palais-Royal. On n'en rit point trop\nsur le moment, mais bientôt on n'y tint plus. Les beaux esprits de la\nTerrasse des Feuillants se repassaient entre cent plaisanteries charita-\nbles une lettre badine attribuée à Sophie Arnould qui faisait allusion à\nla mésaventure de ces pauvres femmes et que voici :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "Paris, 26 juin 1781\n« Cet affreux incendie a laissé presque nues les divinités de l'Opéra.\nLe feu s'est communiqué aux magasins de costumes, et ce n'est pas sans\nmiracle qu'on est parvenu à en sauver quelques-uns.\n« La ceinture de Vénus (sic) est consumée. Les Grâces iront sans voiles ;\nle bonnet de Mercure, ses ailes et son caducée, néant ! Depuis longtemps\nl'Amour n'avait rien à perdre à l'Opéra, aussi ne perd-il rien. L'égide\nde Pallas et la lyre d'Apollon sont en cendres.\n«Le char du Soleil et de la Nature? qui se tenait si gracieusement en\nl'air dans le très naturel prologue de Tarare, n'a pas été épargné non\nplus que la quantité de linons qui drapaient de grosses ombres très pal-\npables, et dois-je ajouter palpées à quoi sert de médire? Je ne\nfinirais pas, chère amie, si je vous contais toutes nos pertes.\n« Mais on dit qu'avec de l'argent on répare tout. »\nDisons, d'ailleurs, que les Parisiens n'avaient pas attendu la lettre de\nSophie Arnould pour s'égayer au sujet de T'incendie.\nAu lendemain même de l'événement, la foule stationnait sur la place\ndu Palais-Royal, contemplant mélancoliquement les ruines amoncelées\nsous ses yeux. Une charrettechargée de costumes échappés aux flammes,\ntraversait la place. Un crocheteur s'avisa de se coiffer d'un casque em-\npanaché qu'il trouva sous sa main ; puis, jetant sur ses épaules un man-\nteau de pourpre, il se dressa de toute sa hauteur sur la charrette, fièrement\ndrapé dans ces oripeaux, avec la mine superbe d'un empereur romain\nmontant au Capitole. La tristesse des spectateurs se changea comme par\nenchantement en gros éclats de rire, et le crocheteur fut applaudi à\noutrance.\nLes ruines de l'Opéra fumaient encore que la grande mode, dans Pa-\nris, était l'étoffe couleur feu ou fumée cP Opéra.\nNous avons pris copie des décorations brûlées dans l'incendie de 1781,\nsur le rapport officiel déposé aux Archives nationales. Ce rapport se divise\nen trois sections comprenant l'inventaire : i° de 33 décorations, d'ail-\nleurs toutes à repeindre, pouvant être utilisées à la salle des Tuileries où\nil était déjà question de transporter l'Opéra ; 20 des décorations brûlées ;\n3° de 48 décorations intactes, mais impropres à servir aux Tuileries à\ncause de leurs dimensions."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.15", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1953, "texte": "DÉCORATIONS BRULEES.\nPalais de Ninus : servoit dans Ylphigénie de M. Gluck.\nPalais d'Aménophis dans Ylphigénie, de M. Picciny.\nLe fond du palais de Zélindor, dans le Bon Seigneur.\nHameau du Devin du Village, dans Coronis.\nEntrée des Enfers, dans Orphée.\nL'isle enchantée de Thésée, dans Orphée.\nTemple d'Amphion, dans Ylphigénie de M. Picciny.\nTemple de Jupiter, dans Hercule mourant.\nPlace publique d'Alceste : le fond est brûlé dans Andromaque.\nMontagne de Sylvie: le fond est brûlé dans Orphée.\nLes douze Ciels.\nLe rideau d'avant-scène.\nPortique du palais d'Agamemnon.\nAvant-cour du palais d'Admète, dans Andromaque.\nPalais brillant, servoit dans le Bon Seigneur.\nHameau du Bon Seigneur.\nDésert et labyrinthe, dans Orphée.\nTemple de Maspha, dans Ylphigénie, de Gluck.\nTemple souterrain d'Arimane, dans Ylphigénie de M. Picciny.\nTemple de l'Amour, de Sylvie, dans Orphée.\nChamps-Élysées, dans Castor, dans Orphée.\nLa ferme du fond de la Tente, dans Iphigénie en Aulide.\nLe décor de la salle de bal en général.\nTombeau d'Euridice (i),\nA ce relevé des pertes de l'Etat, il faut ajouter les préjudices de toute\nsorte causés aux particuliers. Les habitants du Palais- Royal et des\nrues adjacentes égarèrent ou perdirent, dans la précipitation de leur dé-\nménagement nocturne, une foule d'objets, habits et meubles, que les\nAffiches de Paris du mois de juin réclament à cor et à cris. Quant à So-\nphie Arnould, si fertile en bons mots sur les danseuses de l'Opéra, elle ne\nse sentit point en sûreté dans le quartier du Palais-Royal, et déména-\ngea sur le champ de la rue des Petits-Champs où elle occupait un appar-\ntement, à la rue Caumartin mieux située pour faire de l'esprit en\nliberté.\nL'incendie de l'Opéra, ce gagne-pain de tant de familles, portait un\ncoup terrible à tous les intéressés. Le directeur lui-même, Dauvergne,\n\n(1) ARCHIVES NATIONALES. Ancien régime. O 1 6400\nObservations sur les décorations de VOpéra"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "un honnête homme septuagénaire et chargé de nombreux enfants, fut\nobligé de demander une gratification extraordinaire pour subvenir aux\nbesoins de son ménage. J'extrais de sa lettre du 28 juin à M. de la\nFerté, l'intendant des Menus, un passage qui jette un singulier jour\nsur la situation de fortune où se trouvait alors le directeur de l'Acadé-\nmie Royale de musique :\n« J'ai reçu de l'Opéra 2,500 fr. d'appointements, n'ayant été que de\ndix mois; 1,836 fr. de partage aux bénéfices et 3,000 fr. de gratification\nextraordinaire que vous me proposez, ce qui ferait un total de 7,336 fr.,\nsur quoi j'en ai dépensé pour le service de la chose., 4,678. Reste donc\npour moi 2,658 fr. Je vous laisse à juger si cela peut m'engager à sacri-\nfier le reste de mes jours à suivre une aussi pénible carrière ? Ayez la\nbonté de comparer ce traitement avec celui des acteurs (Le sieur Lainez\na reçu en appointements, feux et gratifications, 9,278 fr. 12).»\nLettre du 28 juin à M. de La Ferté.\nDans une autre lettre en date du i 3 juillet, Dauvergne demande au\nMinistre :\n400 livres de gratification pour le sieur Huart, danseur, grièvement\nblessé et qui a perdu son domestique ;\n300 liv. pour le sieur Bernier, aide machiniste, encore malade de ses\nblessures ;\n400 liv. pour la mère du danseur Danguy ;\n400 liv. pour la mère de Beaupré, qui restait avec les six enfants de\nson fils à sa charge ;\n200 liv. pour les familles de chaque ouvrier mort.\n« Le Prévôt des marchands ainsi que le Comité recommande aussi\naux bontés du ministre le sieur Chaffaroux, qui ri a sauvé de V incendie\nque ses cinq enfants et le vêtement qu'il avait sur lui. »\nLa demoiselle Le Houx, danseuse, prétendant avoir failli périr au\nmoment de l'incendie et avoir respiré tant de fumée que sa poitrine en\nétait restée affectée, demandait sa retraite et une pension.\nLe ministre fit droit à ces réclamations formulées au nom de tant d'in-\nfortunes, et il n'est pas jusqu'à la demoiselle Le Houx dont la poitrine\naffectée n'ait reçu les soins qu'elle réclamait.\nLe roi voulut que le budget affecté à l'Opéra fût employé comme à\nl'ordinaire, et que les traitements du personnel de tout rang fussent\nexactement payés.\nVoici d'ailleurs l'actif et le passif des recettes du fatal mois de juin :\nj'y ai compris le produit des quatre concerts donnés à la salle des Tuile-\nries, où s'était provisoirement établi l'Opéra depuis le 19 du mois :"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.18", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "APPOINTEMENTS ET FEUX\nDauvergne, directeur général. 250 liv. »\nM. L'Arrivée . . . * 1,2 5O - »\nMM. les acteurs, danseurs et symphonistes . 21,862 - 10\nMM. les employés et préposés 3,050 - »\nFeux ou jettons ...... 594 - »\nPassif. . . . 2Ô,506 liv. 10\nLa recette s'élève pour\nTrois représentations d'Orphée du ler au 8\njuin à 7,280 liv. 12\nQuatre concerts aux Thuileries depuis le 19\nau 29 du dit à 6,170 - »\nActif 13,452 liv. 12\nLes Concerts des Tuileries ne furent point suivis avec cet empresse-\nment qui promet de grosses recettes. L'administration décida le transfert\nde l'Opéra dans la salle des Menus-Plaisirs où la troupe royale inaugura\nses représentations le 14 août 1781 par le Devin du village suivi de Myr-\ntil et Lycoris.\nOrdre avait été donné à Dauvergne de n'accorder congé à aucun sujet\nde l'Académie. La consigne fut rigoureusement exécutée : seuls, Noverre\net mademoiselle Ollivier obtinrent un laissez-passer du ministre pour se\nrendre, Pun à Bordeaux, l'autre à Bruxelles.\nNotre collaborateur, M. Adolphe Jullien, a publié dernièrement, dans\nla Revue de France (1), un article des plus curieux sur un complot\ntramé entre Rousseau, Lays et Ghéron pour s'enfuir à Bruxelles sans\ncongés. Ces messieurs regardaient comme indigne de leur talent de jouer\nà la petite salle des Menus, et estimaient que le contenu eût été plus\ngrand que le contenant. Lays fut arrêté à la diligence : Chéron se tint\ncoi; mais Rousseau, malgré l'échange de notes diplomatiques entre la\nBelgique et la France, gagna la frontière, déjoua la police et réussit à\nrester à Bruxelles.\nLes projets concernant la construction d'une salle d'Opéra allaient tou-\njours leur train. Les emplacements proposés étaient la Salle des Elèves\nde VOpéra sur le boulevard, le Colisée, le vieux Louvre, le Carrousel,\n\n•(1) Numéro du3i juillet 1873. Article intitulé Art, Argent et Politique."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1784, "texte": "la foire Saint-Germain, le Jardin de l'lnfante, le terrain des Filles-\nDieu que sais-je encore? Chaque Parisien avait son Opéra en tête:\n« Il paraît, écrit M. de la Ferté au Ministre, le 20 juillet, que le public\ndésire si vivement l'Opéra, qu'hier, àla Redoute-Chinoise, on disait tout\nhaut que, quand même on devrait placer l'Opéra à Pantin ou aux Anti-\npodes, on irait le chercher. Cela marque au moins une belle fureur pour\nce spectacle. »\nEnfin, l'architecte Lenoir, dont le plan avait prévalu, fut chargé de\nla construction d'une salle d'Opéra provisoire près la porte Saint-Martin.\nm\nDES l7BB\nNous avons dit que la salle des Menus-Plaisirs avait eu l'insigne hon-\nneur de recevoir l'Opéra dans ses murs en 178 x.\nLe vendredi 18 avril 1788, le feu prit dans les magasins de la salle\nS • •\ndes Menus-Plaisirs, par les greniers des Ecuries du roi, Le tiers environ\ndes magasins donnant sur les rues Poissonnière et Richer fut brûlé.\nTous les effets appartenant au roi, tentes, maisons de bois, meubles, lus-\ntres, girandoles, habits de spectacle, etc., furent sauvés; mais la plus\ngrande partie des décorations de l'Opéra, déposées aux Menus-Plai-\nsirs depuis l'incendie de 1781, devint la proie des flammes. Il n'arriva\nd'accident grave à personne.\n- i87I\nLa salle de la Porte-Saint-Martin, qui avait servi aux représentations\nde l'Opéra de 1781 à 1794, flamba dans les derniers jours de la\nCommune.\nCette salle, commencée le 2 août, fut terminée le 26 octobre 1781,\nc'est-à-dire en 80 jours 5 certains auteurs disent qu'elle le fut en 75 et\nmême en 65 jours.\nIV^CCEDsCrDIE DE LA SALLE DES TUILERIES— 1871\nCette salle, où l'Opéra, chassé par ses propres incendies, se réfugia\ndeux fois, en 1763 et en 1781, flamba (style moderne) sous la Com-\nmune de 1871."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.20", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "J imagine que les lecteurs de la Chronique musicale n'ont pas oublié\n1 excellent article de M. Nuitter sur la salle de théâtre des Tuileries,\ndans le quatrième numéro de la collection.\nIC^CCEC^DIE\n'DE LQ4 SQALLE T>E LqA HUE LE TELETIEH- - I873\nL'incendie du 29 octobre n'appartient pas encore à l'histoire. Gom-\nment le feu a-t-il pris? L/enquete ouverte à ce sujet par la préfecture de\npolice n'a jusqu'ici pas abouti.\nQuelles sont les pertes? Le rapport officiel n'est pas déposé au minis-\ntèie. Mais le lecteui en trouvera plus loin l'inventaire approximatif relevé\npar M. Charles Nuitter.\nchronique des journaux quotidiens regorge de renseignements hy-\nothétiques qui ont été avidement lus pendant la quinzaine qui vient\nde s écouler. Nous n avons pas le droit de contrôler, et force nous est\nd attendre patiemment, avec tous nos confrères de la presse, les révéla-\ntions destinées à éclaircir ces points obscurs.\nEtrange fatalité!\nDe tous les locaux définitifs ou provisoires affectés à l'Opéra, il n'en\nreste aucun qui ait échappé à l'incendie.\nLa première salle de l'Opéra, au Palais-Royal, brûle en 1763.\nLa seconde brûle en 1781.\nLa salle provisoire des Menus-Plaisirs brûle en 1788.\nCelle des Tuileries et celle de la Porte-Saint-Martin brûlent en\n1871.\nCelle de la rue Le Peletier brûle en 1873.\nAutre remarque : tous ces incendies, excepté ceux qui sont le fait de\nla malignité humaine, ont éclaté dans l'intervalle des représentations,\npar défaut de précautions suffisantes. Disons qu'avant 1781, les loges de\n1 Opéra ne s ouvraient que par le dehors, et qu'une fois entré au dedans,\nle spectateur nen pouvait sortir qu'avec l'agrément des ouvreuses qui\nseules en possédaient la cler. Supposez un incendie qui se fût déclaré\npendant le spectacle !\n\nARTHUR HEULHARD"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c008", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.2.3", "titre_corps": "L'INCENDIE DE L'OPÉRA 29 Octobre 1873.", "titre_sommaire": "L'INCENDIE DE L'OPÉRA 29 Octobre 1873.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 38, "texte": "L'INCENDIE DE L'OPÉRA\n29 Octobre 1873."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c010", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "164", "page_fin": "165", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.3", "titre_corps": "ÉTAT DES PERTES DANS L'INCENDIE DE 1873", "titre_sommaire": "ÉTAT DES PERTES DANS L'INCENDIE DE 1873", "signature_source": "CH. 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Le quatrième acte et deux tableaux de Jeanne-\nd'Arc,\nEn outre, 74 décorations diverses, dont les châssis sont rue Richer,\nmais dont les plafonds et les rideaux sont brûlés.\nINSTRUMENTS DE MUSIQUE APPARTENANT A L'ÉTAT.\n10 contre-basses. 1 grosse-caisse. 1 grosse-caisse dite Canon\n1 paire de cymbales. 2 tambours. 2 triangles. —» 3 timbales.\n2 tam-tam.\n8 cloches.\n1 orgue.\nPARTIES D'ORCHESTRE.\nOuvrages cités plus haut, à la rubrique Décorations brûlées*\nMATÉRIEL.\nTout le magasin d^accessoires."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.22", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "La tapisserie de la scène,\nUne grande partie du matériel d'éclairage à l'huile et au gaz.\nLe service d'incendie.\nL'éclairage électrique.\nLe service des armures détruit en partie; le reste très détérioré.\nLe mobilier de la salle et des toyers.\nBUSTES DU FOYER\nHomère. Molière. Racine. Quinault. Lully. Rameau.\nJ.-J. Rousseau. —Voltaire. Grétry. Gluck. Piccini. Beetho\nven. Philidor. Méhul. Lesueur. Paer. Etienne. Ha-\nie vy.\nPlusieurs de ces bustes étaient en plâtre, entre autres le Rameau dont\nle marbre avait péri dans l'incendie de 1781. Mais, à cet incendie,\navaient échappé le Gluck, le Lully et le Quinault, qui viennent d'être\ndétruits, La perte du Gluck, magnifique marbre de Houdon, est par-\nticulièrement regrettable (1).\nSTATUES.\nLa statue de Rossini, qui était derrière le contrôle, a été brisée par la\nchute d'une charpente en fer. On nla retrouvé dans les décombres que\ndes débris. Les statues de M. Duret qui étaient dans le foyer sont\négalement détruites.\nÉVALUATION DES PERTES.\nLe Bâtiment 1.000.000 »\nLe Mobilier...., 300.000 »\nLes Décors et Costumes 1.000.000 »\nTOTAL 2. 3 00.000 »\n(i) Il y a deux mois, ce buste et celui de Lully avaient été prêtés à M. Paul\npour une de ses grandes toiles destinées au nouvel Opéra, et où figurent les musi-\nciens célèbres. Ces bustes avaient été rendus il y a environ six semaines, et remis à la\nplace où ils devaient être calcinés.\n\nCH. NUITTER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c013", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "166", "page_fin": "167", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.4", "titre_corps": "SAUVETAGE DES ARCHIVES", "titre_sommaire": "SAUVETAGE DES ARCHIVES", "signature_source": "CH. NUITTER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "SAUVETAGE DES ARCHIVES\n\nUne lettre de M. Cœdès et la note de M. Nuitter qui la suit nous\nrenseignent exactement sur le sauvetage des Archives.\n'ÉTAIS dans mon lit à minuit, nous écrit M. Cœdès, quand\nj'appris l'affreuse nouvelle de l'incendie de l'Opéra.\nUn quart d'heure après, je me trouvais sur le lieu du si-\nnistre.\nMa première pensée, au milieu de la panique générale, fut de sauver\nou d'aider à sauver le bureau de la Copie, les registres de la Régie et les\nArchives.\nJe trouvai à minuit et demi MM. Obin, Gailhard, Delahaye, Cé-\nnange, Raynal et Salomon dans la cour de l'administration. M, Obin\navait pensé, de son côté, à sauver les nombreuses partitions qui se\ntrouvaient dans la Gopie ; Gailhard sauvait Jeanne-d'Arc ; Salomon, la\ncaisse; Raynal (ami de ces messieurs), les papiers de famille de\nM. Halanzier.\nJe courus à la Régie de M. Colleuille et m'emparai des registres de la\nRégie que je fis porter par un machiniste de l'Opéra au poste de police de\nla mairie Drouot. Pendant ce temps 1 Q sauvetage à la chaîne s'opérait\npour les partitions. En ce qui me concerne, je n'ai eu qu'un but, celui\nd'empêcher des personnes bien pensantes, sans doute, mais par trop\npessimistes, de déménager trop précipitamment les Archives. Après avoir\npris conseil de M. Halanzier qui, comme moi, pensait que le feu n'at-\nteindrait pas cette partie de l'Opéra, je fis mes efforts pendant deux heu-\nres au moins, pour empêcher la moindre sortie de tout objet apparte-\nnant aux Archives.\nA quatre heures du matin, tout danger disparaissait et les Archives\nétaient conservées, grâce au dévouement et au zèle déployés par MM. Des-\ntournelles, Nuitter, Perrin fils, Delion, Charles, employé chez MeMonge,\net un artiste de la Comédie-Française, dont je déplore ne pas me rappe-\nler le nom.\nA. Cœdès.\nUne partie des Archives de l'Opéra avait déjà été transportée au nou-\nveau bâtiment ; mais ce qui restait à l'ancien était encore considérable.\nCinq pièces, situées à l'entresol dans l'aile gauche du bâtiment de la rue\nDrouot, étaient pleines de livres, de cartons, de liasses de toutes sortes."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.24", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "L'archiviste avait dans son cabinet les inventaires, les répertoires, les\ncatalogues, etc. Déjà la porte avait été enfoncée à coups de hache;\nM. Coedès, souffleur du théâtre, insista heureusement pour que rien ne\nfût dérangé avant l'arrivée de M. Nuitter. M. Halanzier avait prié\nM. E. Perrin fils d'aller le chercher. Quand il arriva, l'incendie était\ndans toute sa force ; Peau n'était pas aussi abondante qu'on l'eût désiré.\nLes pompiers ne répondaient pas des bâtiments de la rue Drouot : il\nfallut commencer le sauvetage. M. Delbergue-Cormont, président de\nla Chambre des commissaires-priseurs, mit à la disposition de M. Nuitter\nle personnel si habile de l'Hôtel des ventes, les voitures et les paniers.\nPlusieurs personnes, connaissant l'importance du dépôt des Archives,\navaient offert spontanément leur concours : M. Comte, sous-chef du\nbureau des souscriptions des Beaux-Arts, M. E. Perrin fils, M. Détour-\nnelle, contrôleur général de la Comédie-Française, M. Coedès, souffleur\ndu théâtre, d'autres encore, se mirent à l'œuvre, et, en moins d'une\nheure environ, cinquante paniers furent remplis avec soin et descendus\npar la fenêtre dans des voitures qui, une fois pleines, étaient traînées à\nbras à l'angle de la rue Richelieu, où elles étaient gardées par des ser-\ngents de ville. Avant quatre heures du matin, le commandant des sa-\npeurs-pompiers déclara que les bâtiments de la rue Drouot ne couraient\nplus aucun danger. On suspendit alors le déménagement. Vers huit\nheures, les chevaux qui font le service de l'Hôtel des ventes étant arri-\nvés, les voitures furent attelées et dirigées sur le nouvel Opéra où, avant\ndix heures, tout était déposé, sans autre dommage qu'une grande confu-\nsion, facile, du reste, à réparer.\nParmi les documents les plus curieux qui ont été ainsi préservés, on\npeut citer les états d'émargement, précieux recueil autographe des signa-\ntures de tous les artistes, dont la collection remonte à 1749. Les pre-\nmières liasses ont échappé aux incendies de iy63 et 1781. Il y avait\naussi toute une série de documents copiés il y a quelques années à la Bi-\nbliothèque de l'Hôtel de Ville, qui, depuis l'incendie de 1871, sont\ndevenus uniques et constituent la partie la plus importante de ce qui a pu\nêtre conservé des travaux considérables de Beffara sur l'histoire de l'Aca-\ndémie de musique ; la collection complète des livrets d'opéra provenant\nde la Bibliothèque Soleinne ; la collection des Affiches depuis l'an XII,\netc., etc.\n\nCH. NUITTER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c016", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "168", "page_fin": "176", "image_debut": 25, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.5", "titre_corps": "INAUGURATION DE LA SALLE DE L'OPÉRA 16 Août 1821", "titre_sommaire": "INAUGURATION DE LA SALLE DE L'OPÉRA 16 Août 1821", "signature_source": "ADOLPHE JULLIEN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.25", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "INAUGURATION\nDE LA SALLE DE L'OPÉRA\n16 Août 1821\n\nE gouvernement de la Restauration, fidèle àla pro-\nmesse qu'il avait faite à l'archevêque de Paris, 'Hya-\ncinthe de Quélen, de démolir la salle de spectacle où\nil avait apporté les derniers sacrements au duc de\nBerry moribond, fit abattre, dès le lendemain du\ncrime, le magnifique théâtre de la rue de Richelieu, où\n1 Opéia était installé depuis Ise trouva alors dans une situation\nassez difficile. Gn ne pouvait laisser longtemps l'Opéra à bas, mais le\ntemps et l'argent manquant, il n'était pas possible de songer à remplacer\nle théâtre condamné par un édifice définitif, convenablement situé, et\nen rapport avec les autres monuments publics de la capitale. On restrei-\ngnit donc les piojets à 1 édification d une salle provisoire, sur le seul ter-\nrain dont le gouvernement pût disposer sans s'engager dans de coûteuses\nacquisitions, et on en confia la construction à l'architecte Debret, élève\nde Percier, qui avait déjà retouché le théâtre des Arts lorsque l'Opéra\nen avait pris possession, et qui s'était surtout fait remarquer par\nson intelligente restauration de la basilique de Saint-Denis.\nDebret devait en partie au hasard l'honneur qui lui échéait. Lorsque\nla Commune de Paris avait voulu , en 1793, s'approprier la magnifique\nsalle de la Montansiei, elle lavait accusée d avoir construit ce théâtre\navec l'argent de l'ex-reine, et de l'avoir construiten face de la Bibliothèque"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "169", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.26", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2893, "texte": "dans lintention criminelle d'y mettre le feu, La Montansier une fois\nemprisonnée, on avait transféré l'Opéra à son théâtre, comme si tout\ndanger eût subitement disparu. L'Opéra était resté là depuis lors,\nmais il était toujours dans l'intention du gouvernement de le transporter\nailleurs. Un soir, M. Courtin, administrateur de l'Opéra, exprima\nà Debret la crainte que l'autorité ne fit bientôt fermer ce théâtre:\nce Déjà, dit-il, on nous a souvent menacés de nous faire déguerpir;\nun ordre peut arriver d'un instant à l'autre, et cela serait d'autant plus\nfâcheux que, comme personne n'a songé à faire un plan à l'avance,\nil y aurait nécessairement une bien longue interruption dans les repré-\nsentations. » Debret profita de ces paroles, et. tout en poursuivant\nses autres travaux, il combina un projet d'Opéra : il se trouva donc\nle premier prêt quand la catastrophe arriva , mais il dut singulièrement\nmodifier ses plans pour les adapter au terrain choisi.\nL'emplacement mis à sa disposition se composait de l'ancien hôtel\nconstruit par Carpentier pour le financier Bouret, occupé ensuite par\nMM. de Laborde et La Reynière, et acheté par le duc de Choiseul,\nlorsqu'il avait fait bâtir le théâtre Fâvart sur la place de son palais :\ncet hôtel était situé sur la rue Grange-Batelière, aujourd'hui rue Drouot,\net les jardins s'étendaient jusqu'à la rue Le Peletier. Ces propriétés\navaient été confisquées lors de la Révolution, et avaient servi en 1793\npour le ministère de la guerre. Le gouverneur de Paris y avait logé\nen 1804. Le gouvernement l'avait acheté, en 1812, pour y placer\nle ministère du commerce et des manufactures, puis, en dernier lieu,\nFétat-major de la garde nationale de Paris : on résolut de construire la\nnouvelle salle sur les jardins, en conservant les bâtiments de l'hôtel pour\nloger l'administration et les services du théâtre.\nLes travaux ne commencèrent que le dimanche 18 août 1820, juste six\nmois après l'assassinat du duc de Berry. Par mesure d'économie, on\navait imposé à l'architecte l'obligation d'utiliser , autant que possible,\nles matériaux de la salle démolie, tels que : colonnes placées à Tinté-\nrieur de la salle, devants des loges, les corniches et la coupole; c'est ainsi\nque la nouvelle salle se trouva être la reproduction presque exacte de l'an-\ncienne (1). Mais cette économie présumée revint fort et Debret\n\n(1) Depuis son inauguration, la salle a subi quelques changements de peu d'impor-\ntance. On a enlevé les stalles de balcon du deuxième étage et avancé les loges jus-\nqu'à la balustrade; puis, sous l'Empire, on a déplacé la loge du souverain qui était de\nface pour la mettre à Favant-scène. Originairement, l'amphithéâtre, où l'on accédait\npar le milieu, n'avait que trois rangs; le parterre en avait quatorze, avec passage\nau milieu, et l'orchestre n'en avait que deux : on y arrivait par les coins."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "y dépensa quatre fois plus d'argent qu'il n'avait annoncé. Ce fut une dé-\npense totale de 2,287,000 francs, fournis en partie par l'Etat, en partie\npar la liste civile. Ell ce temps-là, les chambres n'étaient pas d'humeur\naccommodante sur le chapitre pécuniaire, et l'on tracassa fort Debret\nt\nsur ses devis dépassés.\nLe malheureux architecte n'avait même pas pour se consoler les suf-\nfrages de la foule, et les Parisiens, si enclins à tout critiquer dès l'abord,\ns'en donnaient à cœur joie sur son Opéra de bois et de moellons. Il y\navait assez longtemps qu'on reprochait au gouvernement la sage écono-\nmie qu'il avait faite en n'achetant pas toutes les maisons du boulevard\npour que la salle eût sa façade de ce côté ; sitôt que le monument de la rue\nLe Peletier prit tournure, les critiques ne cessèrent de pleuvoir sur ce-\nlui qui l'avait dessiné, Pourquoi ces huit grandes colonnes n'ont-elles\nrien à supporter? disaient ceux qui se donnaient pour experts en archi-\ntecture. Pourquoi ces colonnes d'un ordre différent, placées dans les\nentrecolonnements, lorsque des cariatides n'y auraient formé aucun dis-\nparate? Pourquoi ces larges baies de croisées dans un édifice occupé\npendant la nuit? Pourquoi huit muses seulement décorent-elles la\nfaçade? etc., etc, On fit courir aussi une foule de bons mots plus ou\nmoins piquants sur l'extrême simplicité de la façade. On remarqua\nqu'elle offrait beaucoup de rapports avec celle d'un restaurateur de la\nplace du Châtelet, à l'enseigne du Veau qui Tete. On rapportait qu'un\nplaisant à qui Ton demandait le chemin du nouvel Opéra, avait répondu :\n(( La troisième porte cochère à votre droite. » Et comme il n'y avait eu\nplace que pour huit muses, chacun allait disant que celle qui manquait\nétait la muse de l'architecture. Et pourtant cette façade dont on blaguait\ntant la simplicité, la pureté de style, était une heureuse réminiscence de\nla basilique de Vicence, la Ragione, qui passe pour le chef-d'œuvre de\nPalladio.\nIl ne faudrait pas croire qu'on s'en tînt à la décoration extérieure; la\nraillerie s'attaquait aussi aux dispositions intérieures sans en rien con-\nnaître, N'avait-on pas répandu le bruit que les spectateurs du parterre\nne pourraient pas communiquer avec les autres places et seraient exclus\ndu foyer? Le Journal de Paris relève vivement cette attaque, en disant\nque « jamais l'administration, ni l'architecte, n'avaient songé à établir\nune distinction injurieuse entre des spectateurs qui avaient tous les\nmêmes droits... Quel profit, ajoutait-il, trouve-t-on à répandre des bruits\naussi ridicules? » Aucun, mais le plaisir était précisément de les ré-\npandre pour donner du tintouin à l'architecte et à l'administration.\nL'inauguration de la nouvelle salle eut lieu le jeudi 16 août 1821 :"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.28", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2022, "texte": "on y avait donc travaillé pendant un an et trois jours (i). Voici la\ncomposition du spectacle d'ouverture :\nACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE\nPour l'ouverture\nPremière représentation de la reprise des\nBAYADÈRES\nOpéra en trois actes, de MM. DE JOUY et CATEL\nOlkar, DÉRIVIS. Demaly, NOURRIT. Narséa et Hidéram, BONEL. —-\nRutrem, ÊLOI. Rustan, LAFEUILLADE, Salcan, PRÉVOST.\nLaméa, Mraes BRANCHU.—Dévéda, LEBRUN.— Ixora, REINE, Divané, MÉNARD.\nTrio des Bayadèrës : Mmes GAILLET, MÉNARD, LEBRUN.\nPremier acte : MARINETTE BOISSIÈRE, VIRGINIE HULLIN, BERTIN,\nBROCARD.\nDeuxième acte : MM. MÉRANTE, RAGAINE, LALANDE.\nPas du Schaal : MM. MONTJOIE, PECQUEUX, FAUCHER, QUILLET,\nMrae ANATOLE GOSSELIN.\nLE RETOUR DE ZÉPHIRE\nBallet en un acte, de MM. GARDEL et STEIBELT.\nZéphire, PAUL; Apollon, SEURIOT; Esculape, GUIFFARD ;\nTerpsichore, Mme ANATOLE GOSSELIN; Flore, Mlle AIMÉE ; Diane, Mlle ADÉLAÏDE;\nLes Fleurs, M'ncs ÉLIE, HULLIN, BERTIN, BURON.\nPas de Deux :M. RICHARD, Mlle PAUL.\nDès le milieu de la journée, toutes les rues environnant l'Opéra\nétaient garnies de monde; mais c'était des curieux plutôt que des specta-\nteurs, et cette solennité n'attira pas une foule aussi grande qu'on pour-\nrait le supposer. Diverses circonstances se trouvaient concorder, qui\natténuèrent sensiblement l'attrait de cette cérémonie. D'abord la direc-\n\n(1) Je crois bon de donner ici la liste des collaborateurs de Debret dans cette vaste\nconstruction. Il s'était fait aider de MM. Guerchy et Grignon. Pour la salle, M. Bellu\navait fait la charpente; MM. Chatenet et Constant, la maçonnerie; MM. Héron et\nTravers, la serrurerie. Pour le théâtre, M. Albouy avait fait la charpente; M. Gouffier,\nla maçonnerie; M. Poullain, la menuiserie ; M. Albouy jeune, la serrurerie ; M. Ciceri,\nla peinture, et M. Hirtch, les ornements. Les moyens de chauffage, d'éclairage et\nd'assainissement étaient dus à M. Darcet, membre de l'lnstitut, M. Gingembre, ancien\ninspecteur-général des monnaies, et M. Jecker, opticien de la marine."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "tion, sachant bien que ce soir-là le public serait tout yeux et écouterait\nla musique d'une oreille distraite, avait composé le programme d'ou-\nvrages extrêmement connus; de plus, il faisait une chaleur assez forte;\non savait, en outre-, que toutes les loges étaient louées à l'avance, et l'on\npouvait craindre de ne pas trouver place. Il y avait enfin, le même soir,\nquatre premières représentations sur différents théâtres : le Philosophe\nen voyage, de Paul de Kock, musique de Kreubé et Pradher, à l'Opéra-\nComique; le Traité de Paix, de Dartois et Brizé, au Vaudeville; le\nMariage enfantiny de Scribe, au Gymnase, et les Epoux de quinze\nans, de Paul, à laGaîté. Croirait-on que des pièces aussi peu impor-\ntantes, un-opéra comique médiocre et trois vaudevilles en un acte, aient\npu faire sérieuse concurrence à l'inauguration de l'Opéra? Le goût du\npublic a singulièrement changé depuis cinquante ans, et M. Garnier n'a\nrien à craindre à cet égard pour le jour, encore éloigné, où Ton ouvrira\nla salle du boulevard des Capucines. Enfin de compte, on ne dut refuser\npersonne; à sept heures il y avait encore beaucoup de places libres, sauf\ndans les loges, et la salle ne fut complètement garnie que vers le milieu\nde la représentation. La recette s'éleva au chiffre honorable, mais peu\nextraordinaire de 9,251 fr. ioc. (i).\nLa représentation se ressentit du peu d'empressement du public et fut\nassez froide. Dès que les musiciens parurent dans l'orchestre, on ré-\nclama à grands cris l'air: Vive Henri IV, L'orchestre ne se fit pas prier\npour satisfaire à celte demande, et exécuta l'air national avec des varia-\ntions de Paër, tout comme on aurait joué, il y a quatre ans : Partant\npour la Syrie.\nLes journaux du temps consacrent chacun un article —pas davantage\n—à rendre rapidement compte de l'ouverture du théâtre.\nEn journal officiel pénétré de l'importance de sa mission, 1e Moniteur\nuniversel loue tout le monde. Il fait un historique rapide de l'opéra en\nFrance, puis défend le ministre pour le choix de l'emplacement qu'on\navait critiqué de toutes parts; il parle ensuite en termes très favorables\ndu monument de Debret, et termine ce long article en disant qu'il « ne\nblâmera pas l'administration d'avoir ouvert par un spectacle très connu;\nil faut donner quelque chose à la curiosité, à l'attrait de la nouveauté :\npour de telles représentations, l'auteur dont on donne l'ouvrage, les\n\n(i) L'Opéra jouait alors les dimanches, mardis et vendredis. Prix des places :\nBalcon, io fr ; premières loges, deuxièmes en face, avant-scène, amphithéâtre et\norchestre, 7 fr. c.; secondes de côté, troisièmes en face, baignoires, 6 fr. ; troi-\nsièmes de côté, 4 fr.; quatrièmes, cinquièmes en face et parquet, 3 fr. 50."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.30", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2767, "texte": "acteurs qui l'exécutent sont presque toujours sacrifiés. On n'est pas\nvenu pour eux, on est venu pour voir la nouvelle salle, et pour s'y faire\nvoir, »Si cette réflexion était déjà vraie à cette époque, combien ne\nl'est-elle pas davantage de nos jours !\nLe Miroir affirme ses tendances libérales dans cette phrase caractéris-\ntique : v Les piétons savaient gré àM. Debret de toutes les précautions\nqu'on a prises pour l'entrée et la sortie, des issues ménagées avec art et\ndes abris préparés avec soin; les personnes du parterre, toutes surprises\nd'avoir des places commodes, félicitaient l'architecte de ne point avoir\noublié qu'à l'époque où nous vivons, il ne suffit pas de satisfaire les pre-\nmières loges; l'opinion du parterre a bien autant d importance. »Il faut\nque nous soyons devenus singulièrement sybarites, car les places de\nparterre, qui paraissaient alors si « commodes, » nous semblaient, à nous,\nextrêmement étroites et incommodes. Le même journal se montre satis-\nfait de l'exécution : « Tous les acteurs ont rivalisé de zèle, dit-il ; ma-\ndame Branchu, Dérivis et Nourrit ont été revus avec le plus grand\nplaisir. Cependant on remarquait dans leur jeu certain embarras qui\nnaissait de la nouvelle épreuve qu'ils avaient à subir : il n'est pas si\nfacile qu'on le pense de quitter un modeste appartement pour se loger\ndans un palais, etc »Je vous fais grâce de la suite de la méta-\nphore.\nAprès avoir rendu justice à l'œuvre de Debret, le Journal de Paris\nloue Jouy d'avoir réduit son opéra en trois actes en mettant le dénoue-\nment en action, puis il ajoute :« La musique des Bayadères est l'une\ndes productions les plus remarquables de notre école : cette partition et\ncelle de Sémiramis ont placé M. Catel à côté de Cherubini et de Méhul.\nCependant l'effet général de la représentation a été froid : entre le second\net le troisième acte, madame Branchu qui, jusqu'à ce moment, avait joué\net chanté d'une manière contrainte, a fait réclamer l'indulgence du pu-\nblic pour une indisposition qui lui ôtait une partie de ses moyens... Mais\nsi Topera a été faiblement exécuté, la danse aeu tous les honneurs de la\nsoirée :le joli ballet du Retour de Zéphyre a fait le plus grand plaisir et\nla cour brillante de Terpsichore continuera d'être le plus ferme soutien\nde l'Académie royale de musique. »\nToujours bien informé, le Constitutionnel annonce le i 3 août que,\nbien qu'on travaille jour et nuit, l'Opéra ne pourra être inauguré avant\nun mois, puis le lendemain il dément sèchement cette nouvelle comme\nsi c'était un autre journal qui l'eût donnée. Au lendemain de la repré-\nsentation, Evariste Dumoulin fait un compte-rendu à la diable où il\nreproduit les doléances des danseuses, se plaignant qu'on ait supprimé"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.31", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "la porte de communication qui permettait aux abonnés de venir « les\nadmirer. » Quelques jours après, le même journaliste exprime la crainte\nque l'architecte n'ait « pas fidèlement observé les règles de l'acous-\ntique. »\nLe rédacteur des Débats, G. (ce n'était pas Castil-Blaze qui était allé\nà l'Opéra-Comique) devait être de bien ne échante humeur en entrant à\nl'Opéra, car il déclare tout mauvais. Il trouve la salle mal éclairée, il se\nplaint du vernis qui tache ses vêtements et dont l'odeur le prend à la\ngorge, il blâme le directeur pour le choix de ses pièces, Jouy pour les\nretouches qu'il a faites à son poème, il traite fort mal les chanteurs qui\nsont tous enroués et chantent faux à qui mieux mieux, il trouve enfin que\nle ballet dtZéphyre est une des moins heureuses et moins riches con-\nceptions de M. Gardel; bref, il passe là la plus désagréable soirée du\nmonde,\nLe critique de la Quotidienne est encore plus absolu, il s'est esquivé\naprès le premier acte pour ne pas « subir » encore une fois l'opéra de\nCatel. Il se gardera donc de rien juger par lui-même, il se contente, en\neffet, de rapporter tous les on-dit les mauvais seulement de ses\nconfrères, et conclut par cette plaisanterie fine que « provisoirement,\nla salle est fort mal éclairée. »\n« Le 16 août 1821 est un jour qui doit être marqué d'une pierre blan-\nche. L'inauguration du nouveau temple de Polymnie et de Terpsi-\nchore— Martinville qui parle ce beau langage au Drapeau blanc\net quatre pièces nouvelles à divers théâtres attiraient les curieux, et les\npartageaient après un moment d'indécision. On a raison de dire qu'à Pa-\nris la curiosité ne connaît ni obstacles ni saisons... Voilà donc; dans la\nmême soirée, cinq nouveautés dont aucune n'est tout à fait nouvelle,\npas même la salle de l'Opéra. »\n« Un cri général qui s'est élevé de toutes les loges de côté, dit plaisam-\nment la Galette de France, atteste que, sur dix personnes qu'elles con-\ntiennent, quatre sont condamnées à s'en rapporter au récit des autres. »\nCe journal traite sans pitié les chanteurs : « Si l'amour-propre avait\naveuglé les acteurs avant la représentation, il faut avouer du moins\nqu'ils sont bientôt revenus à un sentiment plus modeste et plus juste de\nleurs facultés. Le public se prononçait si fortement, qu'il a fallu, pour le\ncalmer, lui envoyer un ambassadeur chargé de réclamer son indulgence\npour l'actrice principale. Madame Branchu s'est noblement sacrifiée pour\ntout le harem du raja, et pour le raja lui-même. Elle a été prodigieuse-\nment faible, il est vrai; mais il n'y avait là personne qui fût meilleur\nqu'elle... Toujours accessibles aux prières directes, surtout quand elles"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.32", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "viennent de la part d'une femme, les spectateurs se sont armés de patience\npendant le reste de la représentation; mais le rideau s7est baissé au mi-\nlieu de certains murmures, 011 pourrait dire de certains bruits, qui\nattesteraient que cette patience était à bout. »\nIl résulte de cette revue rétrospective des journaux que le désaccord le\nplus complet règne entre eux sur la Valeur des Bayadèrcs et sur le mé-\nrite de l'exécution, mais, qu?à quelques restrictions près, ils s'entendent\ntous pour reconnaître la beauté et la sonorité de la salle, la commodité\nde ses abords, la magnificence du foyer, et aussi la froideur extrême\nde cette inauguration qui n'eut aucun caractère solennel.\nDeux menus détails de cette soirée. Entre l'opéra et le ballet, le li-\nbraire de FOpéra, Roullet, qui voulut aussi prendre sa part delà fête, fîr\ndistribuer gratis le prospectus d'une Botanique de J.-J. Rousseau, édi-\ntion de luxe, ornée de fleurs peintes par Redouté et qui allait paraître\nchez les frères Baudoin (n'a-t-on pas vu de nos jours des maisons de\nconfections inonder de leurs prospectus des salles de théâtre?); puis au\nfoyer l'attention générale était attirée par une pendule dont le mécanisme\ncaché excitait vivement la curiosité. On en pouvait tourner à volonté\nl'aiguille comme celle d'un jeu de loterie et la mettre sur n'importe quel\npoint du cadran ; en quelques secondes, l'aiguille se replaçait d'elle-même\nsur l'heure exacte.\nTrois jours après , un journal publiait en première page la lettre que\nvoici, d'une fantaisie grivoise et spirituelle au possible :\nÀ M. le rédacteur du JOURNAL DE PARIS.\nParis, 19 août 1821.\nMonsieur\nPermettez que nous vous adressions de justes réclamations contre les\néloges que nous entendons faire de la nouvelle salle de l'Opéra. Est-il donc\nsi intéressant que le public puisse entrer et circuler commodément, que les\nspectateurs y soient assis à leur aise?\nTous ces avantages ne suffisent pas pour constituer une bonne salle d'Opéra ;\nqu'importe que l'architecte ait songé à tous ces détails très secondaires, s'il a\noublié le principal.\nCroiriez-vous bien, monsieur, que dans le nouvel Opéra il ne se trouve pas\nune seule porte au moyen de laquelle on puisse communiquer du théâtre avec\nl'intérieur de la salle. Il y en avait une, cependant, au théâtre de la Porte-\nSaint-Martin et à celui de la rue de Richelieu. Dans le cours des représenta-\ntions, nos admirateurs habitués pénétraient par cette bienheureuse porte dans\nles coulisses; ils venaient nous féliciter de nos triomphes, admirer de plus"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1784, "texte": "près nos charmes, et convenir des conditions et de la durée de nos liai-\nsons.\nLe théâtre se trouvait transformé en un bazar où l'on voyait les envoyés de\ntous les pays de l'Europe. Que d'affaires importantes ont été traitées dans ces\nentrevues, où l'on s'occupait d'équipages, de cachemires et de sentiment! Ces\nrelations avaient même un caractère dç diplomatie qui aurait dû les faire res-\npecter. Que ces jours étaient beaux et que ceux qui leur ont succédé leur res-\nsemblent peu !\nAujourd hui, que cette petite porte n'existe plus, nous ne voyons plus\npersonne dans les coulisses, où nous sommes reléguées tristement. Nous ne\ntrouvons pas à qui parler, et nous sommes réduites à danser uniquement\npour le public. Les applaudissements du parterre ne valent pas, vous pouvez\nm en cioire, les témoignages de contentement qui étaient le prix de nos\nsuccès.\nUnissez vos eflorts aux nôtres, monsieur le rédacteur, pour obtenir que la\nbienheureuse petite porte soit rétablie. Représentez à l'administration qu'il\ny a urgence, periciilum in mord, et que le sort de nos voitures et de nos dia-\nmans en dépend. Nous proportionnerons notre reconnaissance à l'étendue\ndu service ; c est vous dire assez que vous pouvez attendre tout de\nnous.\nNous avons, monsieur, 1 honneur d'être, au nom des danseuses et figu-\nrantes de 1 Opéra, vos très soumises et très obéissantes servantes,\nFLIC-FLAC, BRISÉE, RIGAUDON, PLIÉE, PETITPAS,\nIl y a tout lieu de croire que M. de Lauriston, ministre de la maison\ndu roi, et M. Papillon de la fierté, surintendant des théâtres royaux,\naccueillirent cette requête galante et qu'on perça au plus vite la petite\nporte qui devait permettre aux demoiselles du ballet de reprendre le\ncours de leurs « affaires importantes. »\n\nADOLPHE JULLIEN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c020", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "177", "page_fin": "197", "image_debut": 34, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.6", "titre_corps": "LE RÉPERTOIRE ET LE PERSONNEL DE L'OPÉRA Du 16 Août 1821 au 29 Octobre 1873.", "titre_sommaire": "LE RÉPERTOIRE ET LE PERSONNEL DE L'OPÉRA Du 16 Août 1821 au 29 Octobre 1873.", "signature_source": "ARTHUR POUGIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.34", "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "LE RÉPERTOIRE\nET\nLE PERSONNEL DE L'OPÉRA\nDu 16 Août 1821 au 29 Octobre 1873.\n\nu 16 août 1821, jour de l'inauguration delà dernière\nsalle de l'Opéra, jusqu'au 29 octobre iBy3, date de sa\ndestruction par le feu, c'est-à-dire dans un espace de\ncinquante-deux ans, deux mois et treize jours,, il a été\ndonné sur notre première scène lyrique 162 ouvrages\ndramatiques nouveaux, dont 98 opéras et 64 ballets,\nauxquels il faut ajouter 3 oratorios et 28 cantates de divers genres. Il\nest bien entendu qu'il faut compter, dans le nombre des opéras nouveaux,\nles traductions ou les adaptations d'ouvrages étrangers, tels que Moïse,\nte Siège de Corinthe, Othello, S émir ami s, Don Juan, /e Freischut\nTannhaûser, etc. Parmi les opéras, on trouve 27 ouvrages en cinq\nactes, 18 en quatre actes, 22 en trois actes, 21 en deux actes et 10 en un\nacte; pour les ballets, il en est 3 en quatre actes, 26 en trois actes, 26\nen deux actes, et 9 en un acte. Les cantates se décomposent en deux\nparts ; l'une, comprenant les scènes lyriques couronnées par l'Acadé-\nmie des Beaux-Arts pour le concours de Rome, et qui sont au nombre\nde 6 : l'autre, se rapportant aux compositions de circonstance dont\nl'empire faisait un si grand abus pour toutes sortes de faits politiques ou\ndynastiques, et qui atteignent le chiffre de 22.\nNous allons, sans un plus long préambule, dresser ici le répertoird\ncomplet des ouvrages nouveaux représentés sur la scène que la journée\ndu 29 octobre a vu disparaître, après un demi-siècle d'une existence"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.35", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "brillante. Bien malgré lui, l'Opéra est en ce moment réduit au silence;\nil n'est que juste de constater ses beaux états de service dans le domaine\nde l'art, et de rappeler la belle série de chefs-d'œuvre qu'il a présentés au\npublic pendant cette longue période. Au courant de la plume, nous no-\nterons au passage les faits oubliés ou ignorés qui, pour certains ouvra-\nges, nous semblent dignes de quelque attention.\nAladin, ou la Lampe merveilleuse, opéra-féerie en 5 actes, paroles\nd'Etienne, musique de Nicoloet Benincori.— 6 février 1822.\nNicolo étant mort avant d'avoir pu achever la partition de cet ou-\nvrage, Benincori fut chargé de le terminer ; mais celui-ci mourut lui-\nmême avant d'avoir accompli sa tâche, et ce fut Habeneck qui écrivit\nles derniers morceaux. Habeneck, cependant, ne fut jamais nommé\ncomme l'un des auteurs d'Aladin.\nFlorestan, ou le Conseil des Dix, opéra en un acte, paroles de Delrieu,\nmusique de Garcia. 26 juin 1822.\nLe 12 juin 1819, on avait représenté à l'Opéra-Comique un ouvrage\nen trois actes, intitulé Marini, paroles de Delrieu, musique de Dourlen,\nqui n'avait obtenu aucun succès. C'est le poème de Marini, refait par son\nauteur, qui devint celui de Florestan, et fut mis en musique par Garcia.\nIl n'eut pas plus de succès que sous sa première forme.\nAlfred le Grand, ballet en 3 actes, d'Aumer, musique du comte de\nGallenberg. lB novembre 1822.\nSapho, opéra en 3 actes, paroles d'Empis et Cournol, musique de\nReicha. l6 décembre 1822.\nCendrillon, ballet en 3 actes, paroles d?Albert (Decombe), musique de\nFerdinand Sor. 3 mars 1823.\nVirginie, opéra en 3 actes, paroles de Désaugiers, musique deßerton.\nll juin 1823.\nLasthénie, opéra en un acte, paroles de Chailloo, musique d'Hérold.\n8 septembre 1823.\nAline, reine de Golconde, ballet en 3 actes, d'Aumer, musique de\nDugazon.— ier octobre 1823.\nAu mois d'avril 1766, l'Académie de musique avait représenté un\n' opéra en trois actes intitulé Aline, reine de Golconde, paroles de Sedaine,\nmusique de Monsigny. Plus tard, Berton avait repris ce sujet pour\nl'Opéra-Comique, et en avait fait l'un de ses trois chefs-d'œuvre, qui\nétait encore très populaire à l'époque où fut représenté le ballet de Du-\ngazon. Celui-ci se servit beaucoup de la musique de Berton, qui aida puis-\nsamment au succès de ce ballet.\nVendôme en Espagne, opéra en un acte, paroles d'Empis et Menne-\nchet, musique d'Auber, Boieldieu et Hérold. 5 décembre 1823."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.36", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "Le Page inconstant, ballet en trois actes, de Dauberval et Aumer,\nmusique de... 18 décembre 1823.\nGomme un grand nombre de ceux représentés à l'Opéra à cette époque,\nce ballet avait été donné précédemment à Bordeaux.\nIpsiboé, opéra en 4 actes, paroles de Moline de Saint-Yon, musique de\nRodolphe Kreutzer. 3i mars 1824.\nLes Deux Salem, opéra-féerie en un acte, paroles de Paulin de Lespi-\nnasse, musique de Daussoigne-Méhuh\n.Zémire et A\\or, ballet en 3 actes, de Dèshayes, musique de Schneittz-\nhoëffer. 20 octobre 1824.\nSchneittzhoëffer, timbalier à l'Opéra, n'était pas le dernier à trouver bar-\nbare la construction de son nom. Aussi, ses cartes de visite étaient-elles\nainsi libellées : Schneittzhoëffer, prononcez Bertrand.\nLa Belle au bois dormant, opéra-féerie en 3 actes, paroles de de Pla-\nnard, musique de Garafa. 2 mars 1825.\nPharamond, opéra en 3 actes , paroles d'Ancelot, Alexandre Gui-\nraud et Soumet, musique de Berton, Boieldieu et Kreutzer. 10 juin\n1825.\nOuvrage de circonstance, écrit à l'occasion du sacre de Charles X. On\nsait combien le Gouvernement de la Restauration aimait ces sortes de pro-\nductions, dans lesquelles l'art n'a que bien peu de chose à voir.\nDon S anche cV Aragon, ou le Château d'Amour, opéra-féerie en un\nacte, paroles de Théaulon et de Rancé, musique de Fr. Liszt. —l7 oc-\ntobre 1825.\nLe futur abbé Liszt, plus tard biographe de Chopin, compositeur ro-\nmantique et panégyriste de Richard Wagner, alors enfant prodige,\nétait à peine âgé de quatorze ans lorsqu'il écrivit la musique de Don\nS anche.\nCantate, paroles de Désaugiers, musique de —4 novembre 1825 .\nNi Castil-Blaze, ni M.Gustave Chouquet, dans leurs répertoires de l'O-\npéra, n'ont mentionné cette cantate, Elle est ainsi indiquée dans 1.4/-\nmanach des Spectacles de 1826 : «4 novembre. Gratis, à l'occasion de\nla Saint-Charles, Pharamond et les Pages du duc de Vendôme. Dans un\nentr'acte on a exécuté une cantate de M. Désaugiers. »\n(A la date du ier février 1826, se place une autre production qui n'a\njamais été mentionnée non plus et dont la trace se retrouve encore dans\nY Almanach des Spectacles. Celle-ci étant étrangère, n'a point le droit,\npeut-être, de prendre place dans le répertoire de l'Opéra, mais le\nnom de son auteur empêche pourtant qu'on le passe sous silence.\nVoici la mention de Y Almanach à son sujet: « février. Première rc-\nprésentation au bénéfice de M. Vestris, dont le début à ce théâtre\ndate du mois de mai 1771 (il avait donc près de cinquante-cinq ans de\nservice); // consiglio DeïDiletîantï, intermède de M. Rossini, exécuté par les\npremiers artistes du Théâtre-Italien ; les Jeux de ï Amour et du Hasard,\ncomédie;le troisième acte d'Oîëilo, et Paul et Virginie, ballet dans lequel\nle bénéficiaire a joué le rôle de Domingo. On a fait plus de 10,000 francs\nde recette. » Je n'ai pas le loisir de rechercher en ce moment ce-que pou-\nvait être cet intermède, et pour cela serait-il singulièrement difficile à\nretrouver. Mais le fait ne men a pas moins semblé intéressant à rap-\npeler. )"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.37", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "Mars et Vénus, ou les Filets de Vulcain, ballet en 4 actes, de Blache\npère, musique de Schneittzhoëffer. 29 mai 1826.\nCe ballet avait été représenté précédemment à Bordeaux, à Lyon et à\nMarseille.\nLe Siège de Corinthe, opéra en 3 actes, paroles de Balocchi et Soumet,\nmusique de Rossini. 9 octobre 1826.\nC'est une traduction, ou plutôt une adaptation du Maometto de Ros-\nsini. Le compositeur remania sa partition et y ajouta plusieurs morceaux\nnouveaux, entre autres la fameuse Bénédiction des drapeaux.\nAstolphe et Joconde, ou les Coureurs d'aventures, ballet en deux\nactes, d'Aumer, musique d'Hérold. 29 janvier 1827.\nMoise, opéra en 4 actes, paroles de Balocchi et de Jouy, musique de\nRossini. 26 mars 1827.\nAdaptation du Mosè italien. Rossini revit sa partition, qu'il augmenta\nde plusieurs morceaux nouveaux.\nLe Sicilien, ou VAmour peintre, ballet en un acte (d'après la pièce\nde Molière), de Petit, musique de Ferdinand Sor et Schneittzhoëffer.—\n11 juin 1827»\nMacbeth, opéra en 3 actes, paroles de Rouget de Lisle et Aug. Hix,\nmusique de Chelard. 29 juin 1827.\nChelard, artiste d'un grand talent, mais peu heureux en France, alla\nplus tard s'établir en Allemagne où son Macbeth, traduit, obtint un im-\nmense succès.\nLa Somnambule, ou l'Arrivée d'un nouveau seigneur, ballet en 3 actes,\nde Scribe et Aumer, musique d'Hérold. 19 septembre 1827.\nLa Muette de Portici) opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Germain\nDelavigne, musique d'Auber. 29 février 1828,\nLe comte Ory, opéra en 2 actes, paroles de Scribe et Delestre-Poir-\nson, musique de Rossini. 20 août 1828.\nScribe et Poirson avaient donné au Gymnase, en 1816, un joli petit\nvaudeville, intitulé le Comte Ory ; d'autre part, en 1825, Rossini avait\nécrit pour le Théâtre Italien, et à l'occasion du sacre de Charles X, un\nopéra de circonstance :Il Viaggio a Reims, ossia VAlbergo del Giglio\nd'oro. Scribe et Poirson remanièrent leur vaudeville pour l'adapter à la\nmusique du Viaggio a Reims, Rossini écrivit pour le nouvel ouvrage\ndivers nouveaux morceaux, et le tout parut à l'Opéra, avec le plus grand\nsuccès, sous le titre du Comte Ory.\nLa Fille mal gardée, ballet en 2 actes, de Dauberval et Aumer, mu-\nsique d'Hérold. 17 novembre 1828.\nReprésenté précédemment à Bordeaux.\nLa Belle au bois dormant, ballet en 4 actes, de Scribe et Aumer,\nmusique d'Hérold. 27 avril 1829.\nGuillaume Tell, opéra en 4 actes, paroles d'Hipp. Bis et de Jouy,\nmusique de Rossini. 3 août 1829."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.38", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "François /er à Chambord, opéra en 2 actes, paroles de Moline de\nSaint-Yon et Fougeraux, musique de Prosper de Ginestet. —l5 mars\niB3o.\nManon Lescaut, ballet en 3 actes, de Scribe et Aumer, musique d'Ha-\nlévy. 3 mai 1830.\nLe Dieu et la Bayadère, opéra-ballet en 2 actes, paroles de Scribe,\nmusique d'Auber. i 3 octobre iB3o.\nEuryanthe, opéra en 3 actes, paroles françaises de Castil-Blaze, musi-\nque de Karl-Maria de Weber. 6 avril 1831.\nTraduction de l'opéra de Weber, dans laquelle Castil-Blaze introduisit\ndeux morceaux d'Oberon.\nLe Philtre, opéra en 2 actes, paroles de Scribe, musique d'Auber.\n20 juin 183 r.\nL'Orgie, ballet en 3 actes, de Scribe et Coralli, musique deCarafa.\n18 juillet 1831.\nRobert-le-Diable, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Germain De-\nla vigne, musique de Meyerbeer. —-21 novembre 1831.\nLa Sylphide, ballet en 3 actes, d'Adolphe Nourrit et Taglioni, musi-\nque de Schneittzhoëffer. 12 mars 1832.\nLa Tentation, ballet-opéra en 5 actes, parole de Gavé, musique d'Ha-\nlévy et Gide. 20 juin 1832.\nHalévy écrivit toute la partie chantante de cet ouvrage, et Gide toute\nla partie dansante.\nLe Serment ou les Faux Monnayeurs, opéra en 3 actes, paroles de\nScribe et Mazères, musique d'Auber. lERIER octobre 1832.\nNathalie, ou la Laitière suisse, ballet en 2 actes, de Taglioni, musi-\nque de Gyrowetz et Carafa. 7 novembre 1832.\nCe ballet avait été représenté précédemment à Vienne, avec la musique\nde Gyrowetz. Lorsqu'on le monta à Paris, Carafa fut chargé d'en remanier\nla partition.\nGustave 111, ou le Bal masqué, opéra en 5 actes, paroles de Scribe,\nmusique d'Auber. 27 février 1833.\nAli-Baba, ou les Quarante Voleurs, opéra en 4 actes et un prologue,\nparoles de Scribe et Mélesville, musique de Cherubini. 22 juillet 1833.\nDernier ouvrage dramatique de Cherubini, et l'un des moins heureux,\nLa Révolte au Sérail, ballet en 3 actes, de Taglioni, musique de\nTh. Labarre. 4 décembre 1833.\nDon Juan, opéra en 5 actes, paroles françaises de Castil-Blaze, Henri\nBlaze et Emile Deschamps, musique de Mozart. 10 mars 1834.\nTraduction du Don Giovanni de Mozart. Lorsque l'ouvrage fut repris\nen 1866, avec Faure dans le rôle de don Juan, on y ajouta un ballet, dont\nM. Auber puisa les éléments dans diverses productions instrumentales"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.39", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "de Mozart. Le musicien français y rit entrer, entre autres, un menuet de\nsymphonie du maître, etlafameuse Marche turque, dont M. Prosper Pas-\ncal s'était servi comme entr'acte dans sa traduction de ïEnlèvement au\nSérail, donné au Théâtre Lyrique. Malgré notre respect pour le génie\nd'Auber, nous devons avouer que son instrumentation delà Marche tur-\nque nous paraît inférieure à celle de M. Prosper Pascal.\nLa Tempête, ou Vile des Génies, ballet en 2 actes, d'Ad. Nourrit et\nCoralli, musique de Schneittzhoëffer. 10 septembre 1834.\nLa Juive, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique d'Halévy\n20 février 18 35 .\nBrésilia, ou la Tribu des Femmes, ballet en i acte, deTaglioni, mu-\nsique du comte de Gallenberg. - 8 avril 183 5.\nVile des Pirates, ballet en 4 actes, d'Henri (Bonnachon) et Ad.\nmusique de Gide et Carlini. 12 août 1835.\nF\nLes Huguenots, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Emile Des-\nchamps, musique de Meyerbeer. 29 février 1836.\nLe Diable boiteux, ballet en 3 actes, d'Ad. Nourrit, Burat de Gurgy et\nCoralli, musique de Gide. ierjuin i 836.\nLa Fille du Danube, ballet en 2 actes, cle Taglioni, musique d'Adam.\n- 21 septembre 1836.\nLa Esmeralda, opéra en 4 actes, paroles de Victor Hugo, musique de\nmademoiselle Louise Bertin. - 14 novembre 1836.\nStradella, opéra en 5 actes, paroles d'Emile Deschamps et Émilien\nPacini, musique de Niedermeyer. 3 mars iB3y.\nLes Mohicans, ballet en 2 actes, de Guerra, musique d'Adam.\n5 juillet 1837.\nN'eut que trois représentations.\nLa Chatte métamorphosée en femme, ballet en 3 actes, de Ch. Du-\nveyrier et Coralli, musique de Montfort.— 16 octobre 1837.\nGuido et Ginevra, ou la Peste de Florence, opéra en 5 actes, paroles\nde Scribe, musique d'Halévy. 5 mars 1838,\nTraduit en italien, cet ouvrage fut représenté au Théâtre Italien de\nParis, en 1870.\nLa Volière, ou les Oiseaux de Boccace, ballet en 1 acte, de Thérèse\nEissler, musique de Gide. 5 mai 1838.\nN'eut que quatre représentations.\nBenvenuto Cellini, opéra en 2 actes, paroles de Léon de Wailly et\nAuguste Barbier, musique d'Hector Berlioz. 3 septembre 1838.\nLa Gipsy, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges etMazillier, musique\nde Benoist, Ambroise Thomas et Marliani. 28 janvier 1839.\nLa musique, du premier acte est de Benoist; celle du second, d'Am-\nbroise Thomas; celle du troisième, de Marliani."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.40", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2534, "texte": "Le Lac des Fées, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Mélesville,\nmusique d'Auber. icr avril 1839.\nLa Tarentule, ballet en 2 actes, de Scribe etCoralli, musique de Gide.\n24 juin 1839.\nLa Vendetta, opéra en 3 actes, paroles de Léon (Pillet) et Adolphe\n(Vaunois), musique de H. de Ruolz. 11 septembre 1839.\nM. de Ruolz, qui abandonna plus tard la musiquepour l'industrie, est\nl'inventeur du procédé de galvanoplastie, connu sous le nom de procédé\nRuolz.\nLa Xacarilla, opéra 1 acte, paroles de Scribe, musique de Marliani.\n28 octobre 1839.\nLe comte Aurelio Marliani, auteur de plusieurs opéras italiens repré-\nsentés dans sa patrie, était depuis plusieurs années fixé en France, lors-\nqu'éclatèrent les événements de ll partit pour l'ltalie, prit du\nservice et fut tué noblement, au mois de juin 1849, en défendant Bologne\ncontre les Autrichiens,\nLe Drapier, opéra en 3 actes, paroles de Scribe, musique d'Halévy.\n6 janvier 1840.\nLes Martyrs? opéra en 4 actes, paroles de Scribe et Ad. Nourrit, musi-\nque de Donizetti. 10 avril 1840.\nTraduction et adaptation du Poliuto de Donizetti.Le compositeur rema-\nnia profondément sa partition, en retrancha plusieurs morceaux et en\nécrivit un grand nombre de nouveaux.\nLe Diable amoureux, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Mazillier,\nmusique de Benoist et Henri Reber. 23 septembre 1840.\nLa musique du premier et du troisième acte est de Benoist; celle\ndu deuxième acte d'Henri Reber.\nLojrse de M ont fort, scènes lyriques, paroles d'Emile Deschamps,\nmusique de François Bazin. 7 octobre 1840.\nC'était la cantate couronnée à l'lnstitut et qui avait valu le grand prix\nde Rome à M. Bazin.\nLa Favorite, opéra en 4 actes, paroles d'Alphonse Royer et Gustave\nWaëZj musique de Donizetti. 2 décembre 1840.\nLe comte de Carmagnola, opéra en 2 actes, paroles de Scribe, musi-\ncPAmbroise Thomas. 19 avril 1841.\nLe Freischutopéra en 3 actes, paroles françaises d'Emilien Pacini et\nHector Berlioz, musique de Karl-Maria de Weber. 7 juin 1841.\nTraduction et adaptation de l'opéra allemand de Weber. Berlioz y ajoute\ndes récitatifs écrits par lui, et des airs de ballet qu'il puise dans les par-\ntitions d'Oberon et de Prcciosa, Il intercale dans le divertissement la\nmerveilleuse Invitation à la valse de Weber, qu'il instrumente d'une\nfaçon lumineuse, en la transposant en ré majeur, le ton de ré bémol étant\ntrop sourd pour l'orchestre.\nGiselle. ou les Willis, ballet en 2 actes, de de Saint-Georges er Théo-\nphile Gautier, musique d'Adolphe Adam. 28 juin 1841."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.41", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "Lionel Foscari, scène lyrique, paroles du comte de Pastoret, musi-\nque d'Aimé Maillact, i 3 octobre 1841.\nCantate avec laquelle Maillart avait remporté le grand prix à lvlnsti-\ntut.\nLa Reine de Chypre, opéra en 5 actes, paroles de de Saint-Georges,\nmusique d'Halévy.— 22 décembre 1841.\nLe Guérillero, opéra en 2 actes, paroles de Théodore Anne, musique\nd'Ambroise Thomas. 22 juin 1842.\nLa Jolie Fille de Gand, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Al-\nbert, musique d'Adolphe Adam. 22 juin 1842.\nLe Vaisseau Fantôme, opéra en 2 actes, paroles de Paul Foucher,\nmusique de Dietsch. 9 novembre 1842.\nCharles VI, opéra en 5 actes, paroles de Casimir et Germain Delà»\nvigne, musique d'Halévy. i 5 mars 1843.\nAprès avoir obtenu un très grand succès, cet opéra fut brusquement\nretiré du répertoire, à cause du fameux chant national : Guerre aux\ntyrans ! qui, disait-on, pouvait froisser les susceptibilités de nos voi-\nsins d'outre-Manche. Il fut repris au Théâtre-Lyrique il y cinq ou six ans,\nmais ne retrouva pas sa fortune première et disparut au bout de quelques\nsoirées.\nLa Péri, ballet en 2 actes, de Théophile Gautier et Coralli, musique\nde Burgmuller. 17 juillet 1843.\nDom Sébastien de Portugal, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, mu-\nsique de Donizetti.—l3 novembre 1843.\nLadjr Henriette, ou la Servante de Greemvich, ballet en 3 actes, de\nde Saint-Georges et Mazillier, musique de de Flotow, Burgmuller et\nDeidevez. 21 février 1844.\nLe opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, musique\nd'Halévy. 29 mars 1844.\nEucharis, ballet en 2 actes, de Léon Pillet et Coralli, musique de\nDeidevez. 7 août 1844.\nOthello, opéra en 3 actes, paroles françaises d'Alphonse Royer et\nGustave Waëz, musique de Rossini. —. 2 septembre 1844.\nTraduction et adaptation de 1 Otello italien, dans laquelle on fît entrer\nun air de la Donna del La&o et une cavatme de l Itahana in Al £fieri et à\nlaquelle on ajouta un divertissement composé de différents morceaux\nd Armida et de Mathilde di Shabran, arrangés par M. Benoist.\nRichard en Palestine, opéra en 3 actes, paroles de Paul Foucher,\nmusique d'Adolphe Adam. 7 octobre 1844.\nMarie Stuart) opéia en 5 actes, paroles de Théodore Anne, musi-\nque de Niedermeyer.—6 décembre 1844.\nLe Renégat, scène lyrique, paroles du marquis de Pastoret, musique\nde Victor Massé. 21 février 1845."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.42", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": ". Cantate qui avait valu à M. Victor Massé le grand prix de l'lnstitut, Le\nlivret portait pour titre : le Renégat de Tanger.\nLe Diable à Quatre, ballet en trois actes, de de Leuven et Mazillier,\nmusique d'Adolphe Adam. n août 1845.\n/\nL'Etoile de Séville, opéra en 4 actes, paroles d'Hippolyte Lucas, mu-\nsique de W. Balfe. 17 décembre 1845.\nLucie de Lamermoor, opéra en 3 actes, paroles françaises d'Alphonse\nRoyer et Gustave Waëz, musique de Donizetti. 20 février 1846.\nTraduction de la Lucia di Lamermoor, de Donizetti. C'est le premier\nexemple d'un ouvrage emprunté par l'Opéra à un autre théâtre parisien.\nLucie de Lamermoor avait, en effet, été représentée à la Renaissance le\n6 août 1839. Lorsque l'Opéra s'empara de cet ouvrage, la Renaissance\navait disparu.\nMoïse au Sincii, oratorio, paroles de Collin et Sylvain Saint-Étienne\nmusique de Félicien David. 21 mars 1846.\nPaquita, ballet en 2 actes, de Paul Foucher et Mazillier3 musique de\nDeldevez. ier avril 1846.\nDavid, opéra en 3 actes, paroles de Soumet et Félicien Mallefille,\nmusique de Mermet. 3 juin 1846.\nVAme en peine, opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, musi-\nque de de Flotow. 29 juin 1846.\nBetty, ballet en 2 actes, de Mazillier, musique d'Ambroise Thomas.\n10 juillet 1846.\nRobert Bruce, opéra en 3 actes, paroles de Gustave Waëz et Alphonse\nRoyer7 musique de Rossini. 3o décembre 1846.\nPastiche arrangé par Niedermeyer avec la plus grande partie de\nla partition de la Donna del Lago, et des fragments de Zelmira et dVlr-\nmida.\no{aï, ballet en 2 actes, de Coralli, musique de Gide, 26 avril\n1847.\nLa Bouquetière3 opéra en un acte, paroles d'Hippolyte Lucas, musi-\nque d'Adolphe Adam. 3i mai 1847.\nLa Fille de Marbre, ballet en 2 actes5 de Saint-Léon, musique de\nPugni. 21 octobre 1847.\nJérusalem, opéra en 4 actes, paroles françaises d'Alphonse Royer et\nGustave Waëz, musique de Verdi. —26 novembre 1847.\nTraduction et adaptation de l'un des premiers ouvrages de Verdi,\ni Lombardi alla prima Crociata. Le musicien ajouta plusieurs mor-\nceaux nouveaux à sa partition. Le rôle de Gaston fut la dernière créa-\ntion de Duprez, qui était surtout admirable dans la scène de la dégra-\ndation.\nGriseldis, ou les Cinq Sens, ballet en 3 actes, de Dumanoir et Mazil-\nlier, musique d'Adolphe Adam, 16 février 1848."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "L'Apparition, opéra en 2 actes, paroles de Germain Delavigne, musi-\nque de Benoist. 16 juin 1848.\nNisida, ou /es ies Scores, ballet en 2 actes, de Mabille et\nDeligny, musique de Benoist. - 21 août 1848.\nL'Eden, mystère en 2 parties, paroles de Méry, musique de Félicien\nDavid. 25 août 1848.\nLa Vivandière, ballet en un acte, de Saint-Léon, musique de Pugni.\n20 octobre 1848.\nJeanne la Folle, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Gla-\npi sson. 6 novembre 1848.\nLe Violon du Diable, ballet en 2 actes, de Saint-Léon, musique de\nPugni. 19 janvier 1849.\nLe Prophète, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Meyer-\nbeer. - 16 avril 1849.\nLe rôle de l'anabaptiste Zacharie fut la dernière création de Levasseur,\nqui, absent de l'Opéra depuis plusieurs années, y était rentré, sur la\nprière de Meyerbeer, uniquement pour jouer ce rôle, secondaire, mais\nfort important.\nLa Filleule des Fées, ballet en 3 actes et un prologue, de de Saint-\nGeorges et Perrot, musique d'Adolphe Adam et de Saint-Julien.— 8 oc-\ntobre 1849.\nLe Fanal, opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, musique\nd'Adolphe Adam. —24 décembre 1849.\nStella, ou les Contrebandiers, ballet en 2 actes, de Saint-Léon, musi-\nque de Pugni. 22 février iBso.\nL'Enfant prodigue, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique\nd'Auber. 6 décembre iBso.\nPâquerette, ballet en 3 actes, de Théophile Gautier et Saint-Léon, mu-\nsique de Benoist. i 5 janvier 1851.\nLe Démon de la Nuit, opéra en 2 actes, paroles de Bayard et Etienne\nArago, musique de Rosenhain. 17 mars 1851.\nSaphOj opéra en 3 actes, paroles d'Emile Augier, musique de Charles\nGounod. 16 avril 18 51.\nOn avu plus haut qu'une première Sapho, due au compositeur Rei-\ncha, avait été représentée à l'Opéra, le *6 décembre 1822. Elle n'avait\npas été heureuse. Celle de M. Gounod ne le fut guère davantage, mais\nles musieiens, du moins, y reconnurent la main d'un artiste d'une rare\nvaleur.\nZerline, ou la Corbeille doranges, opéra en 3 actes, paroles de Scribe,\nmusique d'Auber. —l6 mai 185 1.\nLe rôle de Zerline fut l'unique création de madame Alboni, à l'Opéra.\nCette cantatrice admirable s'était montrée pour la première fois sur la"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.44", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "scène française, peu de temps auparavant, dans celui de FiSès, du Pro-\nphète, créé par madame Viardot.\nLes Nations, cantate, paroles de Théodore de Banville, musique d'A-\ndolphe Adam, divertissement de Saint-Léon. 6 août 1851.\nVert-Vert, ballet en 3 actes, de de Leuven et Mazillier, musique de\nDeldevez et J.-B. Tolbecque. —24 novembre 1851 »\nLe Juif errant9 opéra en 5 actes, paroles de Scribe et de Saint-Georges,\nmusique d'Halévy. 23 avril 1852.\nMademoiselle EmmyLa Grua, qui ne resta que peu de temps à l'Opéra,\net qui fit plus tard une courte apparition au Théâtre-Lyrique, débute\npar le rôle d Irène. La mise en scène du Juif errant coûta, dit-on,\n142,000 francs.\nCantate, paroles de Philoxène Boyer, musique de Victor Massé,\n28 octobre 1852.\nOr/a, ballet en 2 actes, de Leroy, Trianon et Mazillier, musique\nd'Adolphe Adam, 29 décembre i 852.\nLouise Miller, opéra en 4 actes, paroles françaises d'Emilien Pacini,\nmusique de Verdi. 2 février iBs3a\nTraduction de la Luisa Miller, de Verdi.\nCantate, paroles de madame Mélanie Waldor, musique de Deldevez.\n—is février 185 3.\nLa Fronde, opéra en 5 actes, paroles d'Auguste Maquet et Jules La-\ncroix, musique de Niedermeyer. 2 mai 1853.\njElia et Mysis, ou /'Atellane, ballet en 2 actes, de Mazillier, musi-\nque d'Henri Potier. 21 septembre iB5 3.\nDébut de madame Guy-Stéphan dans le rôle de Mysis.\nLe Maître-Chanteur, opéra en 2 actes, paroles d'Henry Trianon,\nmusique de Limna rider. 17 octobre i 853.\nJovita, ou les Boucaniers, ballet en 2 actes, de Mazillier, musique de\nThéodore La barre. 11 novembre 18 53 a\nDébut de madame Rosati, danseuse de premier ordre et mime admi-\nrable.\nLe Barbier de Séville, opéra en 4 actes, paroles françaises de Castil-\nBîaze, musique de Rossini. —* 9 décembre 1853.\nC'est la traduction du chef-d'œuvre de Rossini donnée naguère à\nl'Odéon, lorsque ce théâtre était devenu une scène semi-lyrique. Elle\nn'eut à l'Opéra qu'une seule représentation.\nBettly, opéra en 2 actes, paroles françaises d'Hippolyte Lucas, mu-\nsique'de Donizetti. 27 décembre 1853,\n1 raduction et adaptation de l'opéra italien de Donizetti qui portait ce\ntitre. Les paroles de cet ouvrage avaient été écrites par Donizetti lui-\nmême, sur le sujet du Chalet : et c'est l'auteur de la partition française\ndu Chalet, Adolphe Adam, qui fut chargé d'arranger Bettly pour la\nscène de l'Opéra et d'écrire les récitatifs nécessaires. Quoique chantée"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "par l'adorable madame Bosio, morte si jeune, Bettly n'obtint qu'un mé-\ndiocre succès, et Adam n'en fut sans doute que médiocrement fâché\nIl est certain que la musique de Bettly est loin de valoir celle du\nChalet.\nGemma, ballet en 2 actes, de Théophile Gautier, musique du comte\nGabrielli. 3i mai 1854.\nHymne à la Gloire, cantate, paroles de Belmontet, musique de la\nreine Hortense.— i 5 août 1854.\nOn assure que les strophes de M. Belmontet, naguère offertes par lui\nos reiiie Hortense, avaient été mises en musique par cette princesse en\nio o, peut-être comme elle avait mis aussi en musique le trop\nfameux chant . Partant pour la Syrie, que l'on sait aujourd'hui avoir\nete compose par son... ami le flûtiste Drouet, mort récemment. Quoi\nJr7n . d instrumentation et d'arrangement de Y Hymne\na la Gloire fut fait par Georges Bousquet, ancien prix de Rome et ex-chef\nd orchestre du Théâtre-Lyrique.\nLa Nonne sanglante, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Germain\nDelavigne, musique de Charles Gounod. 18 octobre 1854.\nLa Fonti, ballet en 2 actes, de Mazilher, musique de Th. Labarre.\n8 janvier 1855.\nLes Vêpres siciliennes, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Charles\nDuveyrier, musique de Verdi. 13 juin 1855.\nSainte-Cl ait e, opeia en 3 actes, paroles de Gustave Oppelt, musique\ndu duciégnant Ferdinand deSaxe-Cobourg-Gotha.—27septembre 1855.\nComme il y aurait sans doute une suprême inconvenance à ce qu'un\nsouverain qui prétend faire de l'art le montrât aux yeux de tous\n1 de l'Opéra , en annonçant S ainte-Claire, cachait le nom du\ncompositeur sous ces initiales, d'ailleurs transparentes : F D. S. C.\nPantagj uel, opéia en 2 actes, paroles d'Henry Trianon, musique de\nTh. Labarre. 24 décembre 1855.\nL unique représentation de cet opéra eut lieu en présence de l'empereur\net de 1 impératrice, et la censure s'avisa alors d'y découvrir des allusions\npolitiques qui avaient passé complètement inaperçues pour elle à la\nlecture. 11 arriva donc ceci, que le livret fut soumis à un nouvel examen\net qu en suite de cet examen, méticuleux sans doute, la seconde repré-\nsentation de Pantagruel, annoncée pour le 26 décembre, fut interdite et\nn eut jamais lieu.\nCantate en Vhonneur de f Armée, paroles d'Henry Trianon, musique\nd'Auber. 12 janvier 18 56.\nLe Corsaire, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Mazillier, mu-\nsique d Adolphe Adam. 23 janvier 1856.\nCantate, paroles d'Emilien Pacini, musique d'Ad. Adam, 17 mars\n1856.\nDonnée à 1 occasion de la naissance du Prince Impérial.\nCantate, paioies de Bertrand de Saint-Rémy, musique de Charles\nde Bériot. 16 juin 1856.\nDonnée a 1 occasion du bapteme du Prince Impérial."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.46", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "Les Elfes, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Mazillier, musique\ndu comte Gabrielli. —ll août 1856.\nDébut de la grande danseuse Amalia Ferraris dans le rôle de Sylvia.\nLa Rose de Florence3 opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges,\nmusique d'Emmanuel Billetta. 10 novembre 1856.\nLe Trouvère, opéra en 4 actes, paroles françaises d'Emilien Pacini,\nmusique de Verdi. 12 janvier 1857.\nTraduction du Trovatore. Le compositeur ajouta seulement à sa par-\ntition quelques airs de ballet, —La date du ier avril donnée par\nM. Gustave Chouquet, dans son Histoire de la musique dramatique,\ncomme celle de la représentation du Trouvère, est erronée, et est le\nfait d'une erreur typographique.\nMarco Spada, ou la Fille du Bandit, ballet en 3 actes, de Mazillier,\nmusique d'Auber. ler avril 1 857.\nOn sait qu'Auber avait donné à l'Opéra-Comique, le 21 décembre\ni 852, un ouvrage en trois actes intitulé Marco Spada. C'est le livret de\nScribe qui fournit l'idée du nouveau ballet. La musique d'Auber ne\nfut qu'une sorte de pastiche composé de morceaux de plusieurs de\nses opéras, entre autres Marco Spada, Fra Diavolo, Zerline et la\nFiancée.\nFrançois Villon, opéra en un acte, paroles de Got, musique d'Ed-\nmond Membrée. 20 avril 1857.\nLe Cheval de bronze, opéra-ballet en 4 actes, paroles de Scribe, musi-\nque d'Auber. 21 septembre 1857.\nTransformation en grand opéra de l'ouvrage représenté sous ce titre à\nl'Opéra-Comique, le 2 3 mars 1835.\nLa Magicienne, opéra en 5 actes, paroles de de Saint-Georges, musi-\nque d'Halévy. 17 mars 1858.\nSacountala3 ballet en 2 actes, de Théophile Gautier et Petipa, musique\nd'Ernest Reyer. 14 juillet 1858.\nHerculanum, opéra en 4 actes, paroles de Méry et Hadot, musique de\nFélicien David. 4 mars 1859.\nTrois faits particuliers se rattachent à cet opéra. Le 22 mars, une\nreprésentation en fut donnée par ordre, à laquelle ne furent admis,\nà l'exclusion du public, que 6,000 orphéonistes de province venus à\nParis pour un festival. Le 27 mai, le ministère accorde à M. Félicien\nDavid, auteur de la partition à'Herculanum, une prime de 5,000 francs.\nEnfin, le 3 juillet 1867, l'lnstitut décernait à M. Félicien David, pour\nce même ouvrage, le prix de 20,000 francs fondé quelques années aupa-\nravant par l'Empereur, dans le but de récompenser « l'oeuvre ou la décou-\nverte la plus propre à honorer le pays. »\nMagenta, « chant de victoire, » paroles de Méry, musique d'Auber.\n6 juin 1859.\nVictoire, cantate, paroles de Méry, musique d'Ernest Reyer. —27\njuin 1 Ssg«"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2337, "texte": "Le Retour de l Armée, cantate, paroles d'Alphonse Royer, musique\nde Gevaërt. i 5 août 1859.\nRoméo et Juliette,opéra en 4 actes, paroles françaises de Ch. Nuitter,\nmusique de Bellini et de Vaccaj. 7 septembre jBsq,\nïaduction comprenant les trois premiers actes d'i Capuleti ed i\nMontecchi,de Bellmi, et le dernier acte de de Vac-\ncaj. Mademoiselle Vestvali, cantatrice américaine, débute dans le rôle de\nRomeo.\nPierre de Aîédicis,opéra en 4 actes, paroles de de Saint-Georges et\nEmilien Pacini, musique du prince Poniatowski. 9 mars 1860.°\nL Annexion, cantate, paroles de Méry, musique de Jules Cohen. •\nî5 juin 1860.\nFrance*6 à loCCasion de la réunion de la Savoie et du comté de Nice à la\nSémiramis,opéra en 4 actes, paroles françaises de Méry, musique de\nRossini. 9 juillet 1860.\nTraduction de Semiramide Carafa, grand ami de Rossini, était alors\nans une situation très difficile. Lorsque Roqueplan, alors directeur de\ni Opéra, vint demander à Rossini l'autorisation de représenter son ou-\nvrage, celui-ci ne consentit qu'à une condition expresse : c'est que Carafa\nserait charge d écrire les airs de ballet nécessaires pour la scène française\net que c est lui qui toucherait les droits d'auteur \"de Sémiramis. i es\ndeux sœurs Carlotta et Barbara Marchisio débutèrent dans les rôles de\nbemiramis et d Arsace, qu'elles avaient joués au Théâtre-Italien.\nLe 15 Août,cantate, paroles de Cormon, musique d'Aimé Maillart.\n15 août 1860,\nLe Papillon, ballet en 2 actes, de de Saint-Georges et madame Marie\nTaglionî, musique de Je Offenbach. 26 novembre 1860*\nIvan IVy scène, paroles de Ihéodore Anne, musique d'Emile Pala-\ndilhe. 7 décembre 1860.\nseize an? ValU PFk de R°mC àM* à peine âgé de\nTannhaûser, opéra en 3 actes, paroles françaises de Charles Nuitter,\nmusique de Richard Vv7agner. i 3 mars iB6i„\nv Traduction de 1 opéra du réformateur allemand. Nous n'avons pas\nboCrnerronsa?Sla i Sa Chfe bFuyante et caractéristique ; nous nous\nbornerons a la i appeler ici. Le ténor allemand Niemann avait été en-\nfeS WagneT IS-même? Tannha\"ser> d'aPrès les désir®\nGra\\iosa, bailet en un acte, de Derley et Petipa, musique de Th. La-\nbarre. 25 mars 1861.\nLe Marche des Innocents, ballet en unacte.de Petipa, musique de\nPugni. 29 mai 1861.\nLe 15 Août,cantate, paroles d'Emilien Pacini, musique d'Eugène\nGautier. i 5 août 1861."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.48", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "L'Etoile de Messine,ballet en 2 actes, de Paul Foucher et Borri, mu-\nsique du comte Gabrielli. - 20 novembre 1861.\nLa Voix humaine, opéra en 2 actes, paroles de Mélesville, musique\nd'Alary. 3o décembre 1861.\nLa Reine de Saba, opéra en 4 actes, paroles de Michel Carré et Jules\nBarbier, musique de Charles Gounod. 28 février 1862.\nLa Fête de Napoléon lll,cantate, paroles de Nérée Desarbres, mu-\nsique de Th. Semet. i 5 août 1862.\nLa Mule de Pedro, opéra en 2 actes, paroles de Dumanoir; musique\nde Victor Massé. 6 mars 1863.\nM. Warot, sortant de l'Opéra-Comique, débute dans le rôle de Te-\nbaldo.\nDiavolina, ballet en un acte, de Saint-Léon, musique de Pugni.\n6 juillet 1863-\nMexico, cantate, paroles d'Edouard Four nier, musique de Léon\nGastinel. i 5 août i 863.\nLa Mascheraou les Nuits de Veniballet en trois actes, de de\nSaint-Georges et Rota, musique de Paolo Giorza. - 19 février 1864.\nDébut de mademoiselle Amina Boschetti.\nLe Docteur Alagnus} opéra en un acte, paroles de Cormon et Michel\nCarré, musique d'Ernest Boulanger. —9 mars 1864.\nDébut de mademoiselle Levielli dans le rôle de Rosa.\nNéméaou l'Amour vengé,ballet en 2 actes, d'Henri Meilhac, Ludo-\nvic Halévy et Saint-Léon, musique de Minkous. 11 juillet 1864.\nCantate,paroles d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de\nDuprato. i 5 août 1864.\nRoland à Roncevaux, opéra en 5 actes, paroles et musique de Mer-\nmet. 3 octobre 1864.\nIvanhoë, cantate, paroles de Victor Roussy, musique de Victor Sieg.\n18 novembre 1864.\nCantate qui avait fait décerner à M. Sieg le prix de l'lnstitut.\nVAfricaine? opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Meyer-\nbeer. 28 avril i 865.\nLes deux auteurs de ïAfricaine étaient morts quand cet ouvrage vit\nle iour. Le ténor Naudin, d'après les dispositions testamentaires expresses\nde Meyerbeer, fut engagé spécialement pour jouer le rôle de Vasco de\nGama.\nAlger,cantate, paroles de Méry, musique de Léo Delibes. —is août\nx 86 5.\nLe Roid'Yvetot, ballet en un acte, de Petipa, musique du marquis\nPhilippe de Massa et de Th. Labarre. 29 décembre 1865"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.49", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "Paix? Charité, GÎandeur , cantate, paroles d'Edouard mu-\nsique de Wekerlin. i 5 août 1866.\nLa Source, ballet en 3 actes, de Nuitteret Saint-Léon, musique de\nLéo Delibes et Minkous. 12 novembre 1866.\nLa musique des premier et quatrième tableaux, de M. Minkous; celle\ndu second et du troisième, de M. Léo Delibes.\nDon Carlos, opéra en 5 actes, paroles de Méry et Camille du Locle,\nmusique de Verdi. 11 mars 1867.\nA Napoléon ///, cantate, paroles Pacini, musique de\nRossini. i 5 août 1867.\nCette cantate avait été exécutée déjà, le ie' juillet précédent, au palais\nde 1 Exposition universelle, pour la cérémonie de la distribution des ré-\ncompenses.\nLa Fiancée de Corinthe, opéra en un acte, paroles de Camille du\nLocle, musique de J. Duprato. 21 octobre 1867.\nHamlct, opéra en 5 actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier,\nmusique d Ambroise Thomas. g mars 1868.\nFaust, opéra en cinq actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier,\nmusique de Charles Gounod. 3 mars 1869.\nFaust avait été représenté pour la première fois au Théâtre-Lyrique\ndix ans auparavant, le 19 mars 1859, on sait avec quel succès. En s'em-\nparant de cet ouvrage, l'Opéra fit ce que la Comédie-Française avait fait\nbien des fois naguère pour un grand nombre de pièces représentées d'a-\nbord a la Comedie-Italienne, depuis pour d'autres ouvrages donnés pri-\nmittvement à 1 Odéon, au Gymnase, au Vaudeville, etc. Faust avait paru\nau 1 neatre-Lynque sous forme d'opéra dialogué ; puis, l'auteur avait ajouté\ndes récitatifs à sa partition lors de sa traduction italienne le dialogue\ne\\ant disparaître. Ces récitatifs servirent pour la représentation à l'O-\npéra, et M. Gounod fit encore subir quelques remaniements à son œuvre :\nil y ajouta, entre autres, au troisième acte, un air pour Marguerite Le\nsuccès de Faust ne fut pas moins grand à l'Opéra qu'au Théâtre-Lyri-\nque, et louvrage, qui avait obtenu plus de quatre cents représentations\nsous sa forme premièie, fit de nouveau courir le public 1 la centième en\nétait donnée le 5 novembre 1871.\ncantate, paroles d'Albéric Second, musique d'A-\ndolphe Nibelle. --- i 5 août 1869.\nLa Légende de Sainte-Cécile,oratorio, paroles françaises de Taglia-\nfîco, musique de Jules Bénédict. 3o avril 1870.\ni raduction de l'oratorio anglais portant le même titre.\nCoppélia, ou la Fille aux yeux d'émail,ballet en 2 actes, de Ch.\nNuitteret Saint-Léon, musique de Léo Delibes,—2 5 mai 1870.\nDébut _ brillant d'une toute jeune et charmante ballerine italienne\nGiuseppina Bozzacchi, morte de la variole noire pendant le siège de\nLe Rhin allemand, cantate écrite sur les vers d'Afred de Musset; par\nCharles Delioux.— 5 août 1870."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.50", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 1941, "texte": "A la frontière, cantate, paroles de J. Frey, musique de Charles\nGounod. 8 août 1870.\nErostrate, opéra en 2 actes, paroles de Méry et Emilien Pacini, mu-\nsique d'Ernest Reyer. 16 octobre 1871.\nCet ouvrage avait été représenté sur le théâtre de Bade, le 21 août 1862.\nJeanne d'Arc, cantate, paroles de Jules Barbier, musique de G. Ser-\npette. 24 novembre 1871.\nCantate qui avait valu le prix de Rome à M. Serpette.\nLa Coupe du roi de Thulé, opéra en 3 actes, paroles de Louis Gallet\net Edouard Blau, musique d'Eugène Diaz. 10 janvier 1873.\nCet ouvrage avait remporté le prix au concours ouvert en 1867 pour\ntiois ouvrages destinés à 1 Opéra, à l'Opera-Comique et au Théâtre\nLyrique.\nGretna-Green, ballet en un acte, de Charles Nuitter, musique d'Er-\nnest Guiraud. 7 mai 1873.\nIl n9est pas indifférent de savoir quels ouvrages ont obtenu le plus de\nsuccès, parmi ceux qui ont été représentés à l'Opéra depuis un demi-\nsiècle, et, d'autre part, à quel point a été infortuné le sort de cer-\ntains autres. Trois chefs-d'œuvre ont atteint leur cinq centième\nreprésentation :\nRobert-le-Diable (le ier mars 1867) ?\nGuillaume Tell (le 10 février 1868);\nLes Huguenots (le 4 avril 1872).\nLa quatre cent cinquantième représentation de la Muette a eu lieu le\n15 février 1859 ;\nLa quatre centième de la Favorite, en 1872 ;\nLa trois cent cinquantième de la Juive, le 15 novembre 1872;\nLa trois centième du Prophète, le 15 janvier 1872*\nLa deux centième du Trouvère, dans le courant de la même année.\nTreize ouvrages ont atteint et dépassé le chiffre de cent représenta-\ntions:\nAladin, ou la Lampe merveilleuse (centième le 11 février 1825);\nLe Comte Ori (25 juillet 1831) ;\nGustave 111 ou le Bal masqué (4 janvier 1837)*,\nLe Philtre (3 novembre 1887);\nLe Dieu et la Bayadère (4 juin 1838);\nMoïse (6 août 1838) ;\nLe Siège de Corinthe (4 février 1839);\nLe Serment (ier mars 1849);\nLucie de Lamermoor (2 juin i 852);"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2115, "texte": "La Reine de Chypre (19 mars 1854);\nLa Xacarilla (11 juillet 1862);\nL* Africaine (9 mars 1866);\nDon Juan (4 novembre 1872) ;\nIl serait pourtant injuste de ne point comprendre dans cette série de\ncentenaires Hamlet, dont la centième représentation était affichée pour\nle 29 octobre dernier, jour de l'incendie de l'Opéra.\nSi, par contre, nous cherchons quels ouvrages ont été les moins heu-\nreux de tous ceux représentés dans la salle de la rue Le Peletier, et si nous\nnous arrêtons à ceux qui n9ont pu atteindre leur vingtième soirée, nous\navons à citer:\nFrançois Villon, 18 représentations;\nLa Reine de Saba, le Maître Chanteur, 15 ;\nLa Voix humaine, 13 ;\nLa Nonne sanglante, le Docteur Magnus, 11;\nSapho? 10;\nSainte- Claire, 9 ;\nLa Fronde, la Rose de Florence, 5 ;\nBenvenuto Cellini, Tannhaiiser, la Mule de Pedro, 3;\nPantagruel, une seule.\nLe double personnel chantant et dansant de l'Opéra, depuis un demi-\nsiècle, comprend une foule d'artistes, dont un grand nombre étaient\nfort distingués et dont plusieurs sont parvenus à la célébrité. Nous\nallons passer rapidement ce personnel eil revue, en commençant par\nle chant. Les ténors qui se sont montrés sur la dernière scène de l'Opéra,\nsont:\nNourrit père, son fils Adolphe, dont la fin fut si tragique, Alexis Du-\npont, Lafont, Duprez, qui révolutionna la scène lyrique française, Massol,\nMario, Poultier, le tonnelier rouennais, Gardoni, Paulin Espinasse, Che-\nnet, Bettini, Ponchard fils, Portehaut, Barbot, Gueymard, Euzet, Roger,\nAymès, Chapuis, Boulo, Renard, l'ancien ouvrier ciseleur, Sapin, Michot,\nArmandi, Neri-Baraldi, Wicart, Puget, Peschard, Canaple, Nie-\nmann (spécialement engagé pour le Tannhaiiser, qui ne fut joué que\ntrois fois), Morère, Dufresne, Dulaurens, Grisy, Warot, Naudin (spécia-\nlement engagé pour Y Africaine, selon les volontés testamentaires de\nMeyerbeer, et qui ne put rester à l Opéra), Delabranche, Villaret, Collin,\nBosquin, Richard, Sylva, Léon Achard.\nPour les voix graves, barytons, basses chantantes ou basses profondes,\nnous trouvons les noms de :\nUérivis son fils Prosper Dérivis, Hennekindt (qui>"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.52", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2324, "texte": "sous le nom d'lnchindi, créa, à l'Opéra-Comique, le rôle de Max, du\nChalet), Levasseur, dont la carrière se prolongea pendant quarante ans à\nl'Opéra, Prévost, Serda, Alizard, Barroilhet, Bouché, Obin, Brémond,\nDepassio, Merly, Coulon, Morelli, Marié (père de madame Galli-Marié),\nBussine, Borchard, Bel val, Bonnehée, Cazaux, Roudil, Faure, Du-\nmestre, Castelmary, David, Caron, Ponsard, Gaspard, Devoyod,\nBouhy, Gailhard, Bataille, Echetto.\nLe côté féminin a été plus brillant encore que le côté masculin, comme\non peut le voir parla liste suivante, dont tant de noms sont devenus\ncélèbres.\nMesdames Grassari, Reine, Paulin, Jawureck, Rabit Dabadie, Bran-\nchu, Sainville, Frémont, Cmti-Damoreau, Mori, Dorus-Gras, Cornélie\nFalcon, Nau, Flécheux, Rosine Stoltz, Nathan, Caroline Heinefetter,\nWidemann, Dobrée, Elian, Méquillet, Duclos, Julian Van - Gelder,\nMuller, Masson, Courtot, Grimm, Pauline Viardot, Castellan, Poinsot'\nDameron, Petit-Brière, Laborde, Alboni, Tedesco, Emmy La Grua,\nDuez, Bosio, Marie Dussy, Wertheimber, Sophie Cruvelli, Sannier,\nGueymaid - Lauteis , Lafon , Borghi-Mamo, Delisle, Moreau-Sainti,\nTietjens, Juliette Borghèse, Donati, ;Elmire, Ribaut, Medori, Désirée\nArtôt, Rey-Balla, Godfrend, Marie Pascal, Calvo, Bedogni, Marie\nCinti-Damoreau, Vestvali, Garlotta et Barbara Marchisio, Caroline Bar-\nbot, Vandenheuvel-Duprez, Bengraff, Amélie Rey, Marie Sasse, Re-\nboux, delà Pommeraye, de Taisy, Hamackers, Levielli,E Camille de\nMaësen, Marie Battu, Rosine Bloch, Mauduit, Christine Nilsson,\nMiolan-Carvalho, Fidès Devriès, Hisson, Arnaud, Desbordes.\nSi l'on veut avoir une idée du chiffre qu'ont atteint les traitements de\nnos chanteuis, on n aura qu'à consulter ce petit tableau, qui fait con-\nnaîtie les appointements que touchaient, en 1866, les douze artistes les\nplus payés de l'Opéra :\nMM. Naudin..... 110,000 fr. MM. Belval 38,000 fr.\nFaure 90,000 Dumestre 36,000\nGueymard .. 72,000 Warot. 32,000\nVillaret..... 45,000 Mmes Gueymard... 60,000\nMorère 40,000 5a55......... 60,000\n0bin....... 38,000 Battu 60,000\nPortons nos regaids maintenant du cote de la danse. Là, nous voyons\nbriller depuis un demi-siècle les noms de :\nMesdames Bigottini, Montessu, Legallois, Nobiet (qui créa le rôle de\nbenella dans la Muette), Marie Taglioni, Pauline Leroux, Dupont,"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "Duvernay, Nathalie Fitz-James, Fanny et Thérèse Elssler, Garlotta\nGrisi, Emarot, Leblond, Adèle Dumilâtre, Louise Marquet, Plun-\nkett, Fuoco, Gerrito—Saint-Léon, Priora, Guy-Stéphan, Rosati, Cou-\nqui, Amalia Ferraris, Petipa, Zina Richard-Mérante, Emma Livry,\ndont la fin fut si malheureuse, Mourawiew, Amina Boschetti, Eu-\ngénie Fiocre, Fioretti, Laure Fonta, Marie Vernon, Beaugrand,\nSalvioni, Bozzacchi, Sangalli, puis, ceux d'Albert, Paul, Ferdinand,\nPerrot, Mazillier, Simon, Montjoie, Barrez, Élie, Saint-Léon;, àla\nfois chorégraphe, danseur, mime, violoniste et compositeur, et qui\ndéployait ces divers talents dans un ballet écrit et dansé par lui, le\nViolon du Diable, Segarelli, Mérante, Coralli, Dauty,Berthier, Coulon,\nChapuy...\nNous ne devons pas oublier de mentionner les chefs d'orchestre qui\nse sont succédé à l'Opéra depuis que ce théâtre était installé rue Le Pe-\nletier. Ceux-ci sont au nombre de sept :\nKreutzer, qui se retira en 1824;\nHabeneck, qui, de son fauteuil directorial passa à celui de chef d'or-\nchestre; il exerce ces fonctions, en partage avec Yalentino, de 1824 à\n1831, puis, seul, de 1831 à 1847 ;\nGirard, qui, en plein spectacle, est frappé d'une apoplexie foudroyante\net meurt dans la nuit sans avoir repris connaissance (1860) ;\nDietsch, qui lui succède, et cède la place, en 1863 à :\nGeorges Hainl;\nM. Deldevez, qui remplace lui-même Georges Hainl en 1873.\nBeaucoup de directions se sont succédé à l'Opéra depuis 182 t. Peu de\ntemps après son installation rue Le Peletier, le ier novembre 1821, Ha-\nbeneckdevint directeur en remplacement de Viotti; le 26 novembre 1824,\nDuplantys lui succède, et est lui-même remplacé, le 12 juillet 1827, par\nLabbert. Ces divers directeurs étaient tous placés sous la surveillance du\nsurintendantdes théâtres. Le 2 mars iß3i, le docteurVéron prend la di-\nrection à ses risques et périls, etla cède,le i 5 août 1835, à Duponchei,qui,\nle i 5 novembre 1839, s'adjoint Edouard Monnais. Ce dernier se retire\nen 1841, et, le ierjuin 1841, une société est formée entre Duponchel et\nLéon Pillet, qui prend le titre de directeur, tandis que Duponchel se\ncharge de l'administration du matériel. Le3i juillet 1847, Léon Pillet\nse retire à son tour, et le privilège passe aux mains de Duponchel et\nNestor Roqueplan, associés. Le 21 novembre 1849, Duponchel laisse\nRoqueplan livré à ses seules forces. Celui-ci est assez fort pour faire\n900,000 francs de dettes en moins de cinq ans, et assez adroit pour se\nles faire payer par TEtat. Le 3o juin 1854, un décret arrête que l'Opéra"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.54", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "sera régi par la liste civile, et Roqueplan en est nommé administrateur.\nLe 11 novembre suivant, il est remplacé en cette qualité par Crosnier,\nauquel succède, le iei> juillet 1856, M. Alphonse Royer, qui cède la place\nà M. Perrin le 20 décembre 1862. Ce dernier devient directeur respon-\nsable le 11 avril 1866, et donne sa démission le 6 septembre 1870. Le\n8 juillet 1871, M. Halanzier est nommé administrateur provisoire de\nTOpéra, dont les artistes sont alors réunis en société, et le ier novembre\nde la même année, devient directeur-entrepreneur.\nEnfin, pour 11e rien oublier, nous croyons utile de donner ici les noms\ndes décorateurs qui se sont distingués à l'Opéra depuis un demi-siècle.\nL'art de la décoration et de la mise en scène étant poussé à ce théâtre à\nses limites extrêmes, et concourant pour une immense part à la splen-\ndeur du spectacle, il nous semblerait injuste de ne pas rappeler tous ces\nnoms, qui sont ceux d'artistes extrêmement distingués :\nCicéri, Feuchères, Diéterle, Philastre, Cambon, Léger, Despléchin,\nSéchan, Delestre, Devoir, Porchet, Thierry, Rubé, Nolan, Martin,\nLavastre, Chaperon et Despléchin fils.\nEll terminant, nous allons rappeler deux faits intéressant l'histoire\nde la salle Le Peletier. C'est peu de mois après son ouverture, le 6 fé-\nvrier 1822, jour de la première représentation d'Aladin ou la Lampe\nmerveilleuse ouvrage dont la mise en scène coûta, dit-on, 170,000\nfrancs, que la lumière du gaz fut substituée à celle des quinquets à\nl'huile. D'autre part, Castil-Blaze assure que c'est le jour de l'apparition\ndu Philtre (20 juin tB3l ), que, pour la première fois, le rideau fut\nbaissé à la fin de chaque acte; depuis l'origine de l'Opéra jusqu'à ce jour,\nla coutume était, paraît-il, de ne le faire tomber qu'à la fin de chaque\npièce. Mais j'avoue que je laisse à Castil-Blaze la responsabilité de cette\nassertion, me demandant comment on faisait précédemment pour opérer\nles changements de décors sans que les regards du public en fussent offus-\nqués.\n\nARTHUR POUGIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c024", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "203", "image_debut": 55, "image_fin": 60, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.7", "titre_corps": "LES BALS DE L'OPÉRA", "titre_sommaire": "LES BALS DE L'OPÉRA", "signature_source": "MULSANE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 55, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.55", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "LES BALS DE L'OPÉRA\n\nE souvenir des bals masqués de l'Opéra est aussi de\nceux que la Chronique Musicale s'est donné la tâche\nde rechercher à travers les décombres de la rue Le Pele-\ntier. Voici donc, à ce propos, quelques notes, quelques\nnoms et quelques dates :\n8 janvier 1713. Lettres patentes de Louis XIV, accordant à son\nAcadémie de musique le privilège des bals masqués. Le projet en\navait été conçu et proposé par le chevalier de Bouillon, lequel reçut\nune pension de six mille livres pour son droit d'avis. Il avait été\nentendu que le produit des bals serait affecté à l'Hôtel de l'Opéra,, vul-\ngairement dit (c Magasin, » qui se construisait alors rue Saint-Nicaise,\net où on devait loger l'administration du théâtre, son matériel et son ser-\nvice des répétitions.\n2 décembre 1715. Le Régent confirme les lettres patentes de 1713,\net ordonne que les préparatifs du premier bal soient poussés activement.\n2 janvier 1716. Inauguration des bals de l'Opéra_, qui devaient\nse continuer jusqu'à la fin du carnaval, au nombre de trois par se-\nmaine.\n« Pour former la salle à l'usage des bals — dit La Nouvelle Histoire de\nl'Opéra— on a trouvé le moyen d'élever le parterre et l'amphithéâtre au niveau\ndu théâtre par le secours d'un cabestan d'une nouvelle invention.. . » (Détail\npiquant, ce mécanisme était dû à l'ingéniosité d'un moine, le P. Nicolas\nBourgeois, de l'ordre des Augustins). « La nouvelle salle forme une galerie\nde quatre-vingt-dix-huit pieds de long... Elle peut être divisée en trois par-\nties; la première contient les lieux que les loges occupent; la deuxième un\nsalon carré ; et la troisième un salon demi-octogone."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.56", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "« Les loges sont ornées de balustrades avec des tapis des plus riches étoffes\net des plus belles couleurs sur les appuis. Deux buffets, un de chaque côté,\nséparent par le bas les loges du salon, qui a trente pieds en carré sur vingt-\ndeux d'élévation...\n« La salle est éclairée par plus de trois cents bougies, sans compter les\nchandelles, les lampions et les pots à feu qui se mettent dans les coulisses et\nles avenues du bal.\n« Trente instruments, placés quinze à chaque extrémité de la salle, com-\nposent la symphonie pour le bal. Mais, pendant une demi-heure, avant\nqu'on commence, les instruments s'assemblent dans le salon octogone, avec\ndes timbales et des trompettes, et donnent un concert composé de grands\nmorceaux de symphonies des meilleurs maîtres. »\nDurant la majeure partie du siècle dernier, les bals de l'Opéra se don-\nnaient les lundis, mercredis et samedis des semaines de carnaval.\nLe prix d'entrée était d'un écu.\nComme bien l'on pense, les poètes du temps ont chanté ces fêtes, et\ndans un style où les allusions mythologiques n'étaient pas épargnées, té-\nmoin cette strophe :\nCe temple se consacre à la félicité;\nU Amour y fait goûter sa plus vive tendresse,\nHébé répand partout son nectar enchanté.\nTerpsichore y règne sans cesse;\nMomus y fait briller l'art en lui si vanté.\nDans ces lieux enchanteurs\nTout charme, tout engage;\nTous les dieux de la volupté\nY reçoivent sans cesse un éclatant hommage;\nLe dieu de Vhyménée est le seul maltraité.\nVoici, maintenant, les recettes que produisirent les bals de l'Opéra,\ndans les premières années de leur fondation :\n1716 livres.\n1716-171 14,225\n1717-1718. . 54,019\n1718-171 51,859\n1719-172 116,038\nL'infériorité de la recette de 1716-17 eut pour cause une concurrence\nouverte parla Comédie-Française. La grande recette de 1719-20 est\ndue à la prospérité momentanée du système financier de Law.\n1781. lncendie de l'Opéra (alors situé, comme l'on sait, entre le\nPalais-Royal et la rue des Bons-Enfants). L'Opéra se transporte à la"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.57", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "Porte-Saint-Martin, et ses bals se donnent dans la salle des Tuile-\nries.\nPériode révolutionnaire. Suppression des bals de l'Opéra.\n« La prudence du Gouvernement ayant défendu les masques pendant ces\ndernières années, les bals de l'Opéra n'ont pas eu lieu. Cependant il y a eu,\ndans tous les quartiers de Paris, de nombreuses assemblées de dames, et, de\ntoute façon, pour la santé et le plaisir des yeux, ce n'est pas un mal que l'on\ndanse à visage découvert. » (Calendrier historique).\nAn VIII. Ordre des Consuls de réouvrir les bals de l'Opéra,\nsous la condition que l'habit de ville et le domino y seraient seuls\nadmis.\n« On ne dansait pas; on se promenait platoniquement au son d'une musi-\nque qu'on n'écoutait guère. La Révolution, en passant sur la génération,\navait laissé aux esprits une allure grave qui, jusque dans les plaisirs, dominait\nles caractères. Les gens du meilleur monde fréquentaient les bals de l'Opéra.\nA peine quelques courtisanes à la mode, sous de puissants patronages, se\ntrouvaient-elles mêlées aux femmes de la plus haute société. » (NÉRÉE DES-\nARBRES: Deux siècles d V Opéra).\n1837. m^me système de bals non-dansants s'était maintenu\ndepuis Fan VIII jusqu'au règne de Louis-Philippe, en passant par l'Em-\npire et la Restauration.\nMais, en 1837, fut inauguré le bal-Musard qui s'est continué jusqu'à\nl'année dernière sous les chefs d'orchestre Musard, Strauss et Arban. Ce\nfut la période des grandes saturnales où le cancan faisait rage. On y par-\nlait l'argot des banlieues, le tutoiement y était de rigueur, et la société y\nétait tellement mêlée qu'on y rencontrait des princes et des diplomates.\nNous retrouvons fort à propos des vers publiés, il y a quelques an-\nnées, par M. Charles Joliet, dans la Vie parisienne, et qui ont la valeur\nd'un tableau peint d'après nature. Lisez et jugez vous-même de la res-\nsemblance.\nI\nCe soir, à l'Opéra, bal masqué. Vers minuit\nLe boulevard se change en noire fourmilière 7\nPrès des deux ifs de g anoyés dans la lumière,\nSont les municipaux dont le casque reluit."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.58", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "Les cafés sont bruyants. Tout s'anime, flamboie,\nEt Paris est sur pied par ces beaux soirs d'hiver\nOù la lune en son plein brille dans un ciel clair.\nAu dehors, on se groupe, on marche, on se coudoie\nDe loin la Madeleine a l'air d'un temple grec\nProfilant dans l'azur sa blanche colonnade,\nEt les sergents de ville>, errant d'un air maussade,\nDe leur pas cadencé frappent le pavé sec.\nAu milieu du courant, comme un serpent qui roule,\nQuelques masques à pied, se tenant par la main,\nAllongent leurs anneaux et se font un chemin\nEn traçant un sillon bigarré dans la foule.\nAux abords du théâtre on entend des clameurs,\nDes cris sourds, des appels, des sifflets, des huées ;\nCroisant leur double feu, mille voix enrouées\nSe répondent. La ville est pleine de rumeurs.\n%\nLes fiacres au galop arrivent à la file,\nAu milieu des et des aménités\nDes cochers rejetant, sans être épouvantés,\nDes monstres de satin au bord du péristyle.\nII\nLe règlement sévère est toujours en vigueur :\nQuatre graves messieurs, alignés au contrôle,\nSemblent là par Minos chargés du sombre rôle\nDe juger les mortels mal mis avec rigueur.\n« Dignus est intrare. » Les sombres chrysalides\nSortant du vestiaire en brillants papillons,\nEt dans les escaliers leurs légers bataillons\nS'envolent enivrés de poisons cantharides.\nPolichinelles, turcs, postillons, arlequins,\nColombines, bébés aux épaules charnues,\nNourrices de six pieds portant des filles nues,\nPierrots et gitanas aux colliers de sequins,\nMousquetaires, chinois, sauvages, canotières,\nIncroyables, gamins, cantinières, chicards,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.59", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "Pierrettes, troubadours, diables rouges, grognards,\nMoines sombres donnant le bras à des laitières ;\nMélange d'oripeaux et de sales couleurs,\nDe blasphèmes impurs, d'immondes invectives,\nDe regards enflammés et de poses lascives,\nDe glaces répétant la lumière et les fleurs\nLe tapis assourdit le bruit du flot qui monte,\nEt l'orchestre au lointain rugit comme la mer ;\nComme Dante on arrive aux portes de l'enfer :\n« Vous qui venez ici laissez là toute honte. «\nDéjà dans les couloirs, on étouffe sans air ;\nC'est un chaos bigarre, un étrange tumulte.\nUn flux ba?~iolé de masques. On s'insulte,\nOn se heurte, on s'écrase, on pétrit de la chair.\nIII\nOn parle, sans savoir, des chansons de Florence,\nDes amours de Venise et des nuits aux flambeaux ;\nLaissons dormir les morts au fond de leurs tombeaux\nOn s'amuse autrement dans notre chère France\nDe vieux mots frelatés, des quolibets vulgaires,\nForment l'esprit du lieu ; mais, s'il n'est pas très fin,\nCela tient aux progrès de l'industrie ; enfin\nOn croirait assister au congrès des notaires.\nPlus d'horloge, d'intrigue et de propos joyeux;\nL'amour se joue ici les masques sur la table.\nLe galant maquignon, si la femme est passable,\nAvant de l'emmener fait montrer les enjeux.\nO poètes ! chante% dans un rhythme sonore\nLes filles à prénom et les gandins charmants !\nAu sortir de souper, ces vertueux enfants\nAvec les balayeurs verront lever Y aurore.\nIV\nAllons voir les chrétiens dans le cirque aux danseurs\nDes costumes loués, usés, sales, difformes,\nDes cuivres, des tambours, des instruments énormes,\nGalvanisent un peu ces lugubres farceurs."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.60", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "Ils sont embrigadés par quadrille macabre ;\nIl faut gesticuler du pied et de la main,\nCrier bis et danser ainsi jusqu'à demain,\nSous l'orchestre, avoir l'air d'un cheval qui se cabre.\nQuant à ceux venus là pour leur propre plaisir,\nSi la loi les forçait à cette mascarade,\nIls s'en iraient joyeux faire une barricade\ns\nFour renverser l'Etat qui leur fait ce loisir.\nLa respiration de ces mille poitrines\nSous les lustres brumeux se condense en vapeur ;\nTous les fronts sont chargés d'une étrange rougeur ;\nUn air fiévreux, malsain, chargé, monte aux narines.\nL'immortel Gavarni peut briser son crayon.\nLa fantaisie est morte et la gaîté rend l'âme.\nTout cela ne vit plus. Je parierais, madame,\nQu'on ne mettra ce soir aucun masque au violon.\nEnfin la voilà donc la furia francese !\nJ'ai vu dans cet enfer, ivres, empoisonnés,\nMoyennant quatre francs par tête, déchaînés,\nDix mille malheureux hurlant dans la fournaise\nL'homme sage, le père et le législateur\nDiront que les anciens avaient leurs saturnales,\nQu'il faut une soupape aux passions brutales :\nJe m'en vais ine coucher Bonsoir, ami lecteur.\nGrand et féerique spectacle, après tout, que ce bal de l'Opéra, et si\nunique dans son genre, que toutes les tentatives de copie qu'on a faites\ndans les autres capitales, et même à Paris, ont échoué constamment.\nLe plus fidèle historien des bals de l'Opéra a été Gavarni. La postérité\nrestera stupéfaite en feuilletant ses recueils, où, d'un crayon affolé, le\ngrand artiste a fait grouiller tout un monde de débardeurs, de pierrots, de\nchicards, de colombines et de pierrettes en délire !\nEncore nos neveux, s'ils ont du bon sens, voudront-ils croire que nous\nayons logé sous la même clef les nobles divinités qui président au drame\nlyrique, et la fée titubante qui conduit les orgies du carnaval?\n\nMULSANE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c028", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "204", "page_fin": "207", "image_debut": 61, "image_fin": 64, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.8", "titre_corps": "ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR L'OPÉRA", "titre_sommaire": "ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR L'OPÉRA", "signature_source": "E. THOINAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.61", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR L'OPÉRA\n\nHISTOIRE\nLUDOVIC CELLER. —Les origines de l'opéra et le ballet de la reine, 1581.\nParis, Didier, 1868, in-12.\nBOINDIN. Lettres historiques sur tous les spectacles de Paris. Prault, 1719,\n2 vol. in-12.\nLa seconde partie du premier volume est spécialement consacrée à\nl'opéra.\nDUPUY. Lettre à Monsieur*** sur l'origine et le progrès des opéras en\nFrance. Paris, 1739, in-8.\nNOINVILLE. Histoire du théâtre de l'Académie royale de musique en France.\nParis, 1753 et 1758, deux part, en 1 vol. in-8.\nRédigée par Durey de Noinville, sur les notes deTravenol.\nDES ESSARTS. Les trois théâtres de Paris ou abrégé historique de rétablis-\nsement de la comédie française, de la comédie italienne et de l'opéra. Paris,\nLacombe, 1777, in-8.\nGÉRARD. Table chronologique des pièces de l'opéra, Paris, 1733, in-8.\nDE LA VALLIÈRE. —Ballets, opéras et autres ouvrages lyriques, etc., 1760,\nin-8.\nEUGÈNE BRIFFAUT. Lopéra. Paris, 1834, in-8.\nExtrait du tome quinzième du Livre des cent-et-un,\nM. KERMOYSAN. Opéra. Paris, S. D. grand in-8.\nExtrait de Y Encyclopédie moderne.\nL Opéra depuis son origine jusqu'à nos jours, 164.5 —1847. Paris, Breteau,\n1847, in-12.\nCASTIL-BLAZE. ''— Mémorial du Grand-Opéra, etc. Paris, 1847, in-8.\nCASTIL-BLAZE. L'Académie impériale de musique, etc. Paris, 1855, 2 vol.\nin-8."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.62", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "Histoire de V Académie royale de musique, depuis son établissement jusqu'en\n1709, composée et écrite par un des secrétaires de Lully. Paris, S. D.\nin-4.\nPubliée par le Constitutionnel dans sa Bibliothèque choisie.\nCHARLES DE BOIGNE. Petits mémoires de l'opéra. Paris, 1867, in-12.\nROGER DE BEAUVOIR. —L'Opéra. Paris, Gustave Havard, 1854, in-16.\nNÉRÉE DES&RBRES. - Sept ans à l'Opéra. Paris, 1864, in-12.\nNÉRÉE DESARBRES, THÉOPHILE GAUTIER, JULES JANIN, PHILARÈTE GHASLES. —\nLes Beautés de F Opéra ou chefs-d'œuvre lyriques illustrés. Paris, Soulié,\n1745, in-8. —Deux siècles à ïOpéra, 1669-1868. Paris, Dentu, 1868, in-12.\nCŒJTIQJJE ESTHÉTIQUE TOÉTIQUE\nSAINT-EVREMOND. Sur les Opéras.\nChapitre souvent cité, et qui se trouve dans le troisième volume des\nŒuvres de l'auteur.\nLE BRUN.— Théâtre lyrique, avec une préface, où l'on traite de l'Opéra.\nParis, Ribou, 1712, in-12.\nRÉMOND DE SAINT-MARD. — Réflexions sur POpéra. La Haye, 1741, in-12.\nDE MABLY. —Lettres à madame la marquise de P... sur l'Opéra. Paris, 1741\nin-12.\nMONTDOR&E.—Réflexions d'un peintre sur l'Opéra. Paris, Mérigot, 1743, in-12.\nCHASSIRON. — Réflexions sur les Tragédies-opéras. Paris, 1751, in-12.\nBÉNARD DE LA JONCHÈRE. — Théâtre Lyrique de M. de la J. Paris, 1772,\n2 vol. in-12.\nLe premier volume renferme un Essai sur l'Opéra, de 178 pages.\nLettre sur les Drames-Opéra. Paris, 1776, in-8\nRéponse à l'auteur de la lettre sur les Drames-Opéras. Londres, 1776, in-8.\nExamen des causes destructives du théâtre de ÏOpéra, etc. Paris, 1776,\nin-8.\nSAINT-MARC. — Réflexions sur l'Opéra. Paris, 1777, in-8.\nLettres sur l'Opéra, par M. C***. Paris, 1781, in-12.\nJ. T. MERLE. — Lettre à un compositeur français sur l'état actuel de l'Opéra.\nParis, Barba, 1827, in-8.\nJ. T. MERLE. — De l'Opéra. Paris, Baudouin, 1827, in-8.\nBEAUMARCHAIS. — Tarare, opéra en 5 actes, avec un discours préliminaire, etc.\nParis, 2E édition, 1787, in-8.\nEcrit peu connu, bien qu'intéressant à lire.\nCASTIL-BLAZE. — De l'Opéra en France. Paris, 1820, 2 vol. in-8. Deuxième\nédition, 1826.\nCASTIL-BLAZE. —- Sur l'Opéra français, vérités dures, mais utiles. Paris, 1856,\nin-8."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.63", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "SQ4TI11ES, FQ4 CÉT1ES, FICTIONS.\n, '\nDE VILLIERS. — Epitre sur l'Opéra. Paris, 1716,111-4.\nLe Brun répondit à cette satire dans son volume Théâtre lyrique,\ncatalogué ci-dessus.\nCHEVRIER. — La Constitution de l'Opéra. Amsterdam, 1787, in-12.\nCette brochure eut une seconde édition en 1754, sous le titre de Consti-\ntution du Patriarche de F Opéra, etc. Cette seconde édition est classée\nà tort, par les Bibliographes, parmi les brochures de la guerre des\nBouffons.\nMEUSNIER DE QUERLON. — Le Code lyrique ou règlement pour l'Opéra de\nParis. Utopie, 1743, in-12.\nCe volume, sorte de Chronique scandaleuse de l'Opéra, eut plusieurs\néditions.\nVARIGNANT. — Requête de deux actrices d'opéra à Momus avec son ordon-\nnance. La Haye, 1743, in-12.\nFacétie en réponse au Code lyrique , que Fétis donne comme une\nréfutation sérieuse opposée à un nouveau règlement de l'Opéra.\nBARTHE. — Statuts pour VAcadémie royale de musique.\nSatire en vers qui se trouve dans les diverses éditions des Œuvres de\nBarthe.\nLÉO LESPÈS. — Les Mystères du Grand Opéra. Paris, 1843, in-8.\nALBÉRIC SECOND. —Les Petits Mystères de lOpéra. Paris, 1844, in-8.\nLOUIS DESNOYERS. — De l'Opéra en 1847, à propos de Robert Bruce. Paris,\n1847, in-8.\nN. ROQUEPLAN. — Les Coulisses de l'Opéra. Paris, 1855, in-16.\nCDE VOcPÊcRoAJ\nQ/L T> TTIOZ\\\\\nProjet concernant l'Opéra. Paris, 1740, m-4.\nLettre à la grecque. — A l'isle de Tenedos et à Paris, chez Guillyn, 1764,\nin-12.\nConcernant la reconstruction de la salle de l'Opéra.\nNOVERRE. Observations sur la construction d'une nouvelle salle de VOpéra,\n1781,in-12.\nConcours pittoresque pour l'embellissement de l'Opéra. Paris, 1770, in-8.\nBONET DE TRÉICHE. De l'Opéra en l'an XII, 1808, in~4,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.64", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "P. BERNARD. Projet d'une salle d'Opéra. Paris, s. d., in-4.\nNombreuses planches intéressantes à consulter.\nSur l'Opéra et sur le danger auquel il vient d'échapper. Paris, Pihan De-\nlaforest, s. d.., in-8.\nNous n'avons voulu qu'indiquer cette dernière division en donnant\nici ces quelques titres d'ouvrages qui en font partie. Les brochures pu-\nbliées dans tous les temps sur la construction d'un Opéra et sur son\nadministration, sont en effet très nombreuses et se chiffrent par cen-\ntaines.\nCet essai bibliographique n'a, du reste, pour but que de donner aux\nlecteurs un aperçu très sommaire des différents ouvrages publiés sur\nl'Opéra. Nous n'avons touché qu'à quelques séries, car la nomenclature\ndes ouvrages appartenant à cette bibliographie spéciale est infiniment\nplus fournie. Il faut encore y comprendre les ouvrages qui, traitant des\nthéâtres de Paris en général, consacrent un ou plusieurs chapitres à\nl'Opéra, les Almanachs de théâtres, si nombreux, et dans lesquels on\ntrouve des renseignements sur le personnel et le répertoire de notre scène\nlyrique. Quant à la critique des œuvres représentées, aux biographies de\ncompositeurs, chanteurs, cantatrices, elles forment, à elles seules, plu-\nsieurs spécialités bibliographiques, comme, par exemple, la guerre des\nBouffons er celle des Gluckistes et Piccinistes, ou se fondent dans les\ndivisions multiples de la grande Bibliographie musicale.\n\nE. THOINAN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1873-11-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabc_1873-11-15_01#c031", "volume": "bmtnabc_1873-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "208", "page_fin": "208", "image_debut": 65, "image_fin": 65, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.2.9", "titre_corps": "NOTE", "titre_sommaire": "NOTE", "signature_source": "O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.65", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "NOTE\nO. LE TRIOUX.\nous reprendrons dans notre prochain numéro nos\ntravaux ordinaires sur les derniers événements\nqui intéressent le monde musical.\nNous aurons à nous occuper notamment des\nreprises de Lucrezia Borgia et de Don Giovanni,\naux Italiens-, de /'Ambassadrice ( avec\nl'Opéra-Comique ; ainsi que de la Jeanne d'Arc,\nàla Gaieté, et de la première représentation de la Quenouille\nde verre, aux Bouffes-Parisiens.\nLe Secrétaire de la Rédaction9"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[145]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.1", "texte": "L'OPÉRA\nA. H.\nINCENDIE DE L'OPÉRA\nment si douloureux\nrable, que le récit en devait remplir\nnotre livraison d'aujourd'hui. Nous\navons donc fait app\npersonnels et à Vérudition de nos\nrédacteurs, afin de\nbleau général de\ntastrophe où s'est anéanti le premier et le plus pompeux\nthéâtre du monde.\nEt comme un pareil désastre\nà sa suite, nous nous sommes fait un devoir, qui sera une\nsatisfaction de cœur, de mettre\nau profit des victimes de l'incend"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "[146]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.2", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\n1763 1781 1788 1871 1873\nDE 1763\nNTRE onze heures et midi, le 6 avril 1763, une\ncolonne de fumée, dense et noire, s'éleva au-\ndessus de l'aile droite du Palais-Royal. Le feu\ns'était subitement déclaré à l'Opéra.\nAvant de passer aux commentaires, nous repro-\nduisons le Procès-verbal dressé dans les bureaux\nde l'Hôtel-de-Ville au lendemain du désastre.\nM. Nuitter a été assez heureux pour en retrouver le texte, et assez obli-\ngeant pour nous le communiquer :\nLe 6 avril 1763, sur le midy, 011 apprit à l'Hôtel de Ville que le feu était à\nla salle du spectacle de l'Opéra, avec la plus grande violence. Messieurs du\nBureau s'y sont transportés, mais le mal était trop grand pour pouvoir y ap-\nporter des secours, et5 malgré tous les soins possibles, tout fut dévoré par\nles flammes en très peu de temps, et tout fut détruit de fond en comble. On\nempêcha néanmoins que le feu gagnât du côté des maisons qui donnent sur\nla rue Saint-Honoré, mais le feu gagna le Palais-Royal avec tant de violence\nque les bâtiments de la première cour, de celle du Cadran, et de celle des\nFontaines ont été fort endommagés. Les vieux bâtiments qui subsistaient\nprès le grand escalier du château ont été entièrement consumés, à peu de\nchose près.\nOn ne peut dire absolument de quelle façon le feu a pris, car c'était le\nlendemain des festes de Pasques, jour auquel il n'y a point de spectacles."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.3", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\nMais il a pu arriver qu'il s'y fesoit quelque réparation ou qu'il y ait eu une\nrépétition.\nLe Roy a chargé la Ville de construire une salle provisionnelle d'opéra au\nthéâtre des Machines du Palais des Thuilleries, le tout sur la partie du théâtre\nseulement.\nS. M., sur les représentations de Mgr le duc d'Orléans, a ordonné à la Ville\nde reconstruire une nouvelle salle d'Opéra sur les dessins qui en seroient\napprouvés par sa dite Majesté en se servant du local que donneroit Mgr le\nduc d'Orléans, qui s'est obligé de payer l'acquisition des maisons néces-\nsaires.\nComme le Roy avoit ordonné aux acteurs, actrices et employés de l'Opéra\nde ne pas sortir de Paris, de vaquer à leurs exercices ordinaires, il fut établi,\ndans la salle du Concert des Thuilleries, un concert françois, et, sur la recepte\ntotale qui s'y est faite, la Ville en a fait payer, par les directeurs de l'Opéra,\nles appointements des acteurs, actrices et employés, ainsy que les frais des\ndits concerts.\nLe plan pour la nouvelle salle d'opéra a été fait par le sieur Moreau, com-\nmis à l'exercice et fonctions de l'office de maître général des bâtiments de\nla Ville et a été approuvé par le Roy,- à jour indiqué, en may 1763, devant\nMgr le duc d'Orléans, M. le comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État de\nParis, et M, le Prévost des Marchands.\nArchives nationales. Registres de la Ville de Paris, 1762-63.\nH. 1870.\nExpédition aux Archives de l'Opéra.\nVoilà le procès-verbal dans toute sa sécheresse. Le rédacteur de la chose\nn'ose entrer dans l'explication des causes de l'incendie. Collé ne se décide\ndans son Journal Historique pour aucune des versions ayant cours de\nson temps. La Galette de France et le Mercure, les deux feuilles pério-\ndiques de l'époque, ne sont guère plus prolixes. Les cartons des Archi-\nves nationales contiennent fort peu de pièces manuscrites sur l'admi-\nnistration de l'Académie royale de musique pendant l'année 1763. Les\nMémoires secrets de Bachaumont sortent de cette silencieuse réserve\ndont Conrart est le père, et disent que le feu a pris vers huit heures du\nmatin par la faute des ouvriers employés à l'intérieur de la salle et qu'il\ns'est accru par leur négligence à appeler du secours, et leur prétention\nà le vouloir dissimuler. Ils ajoutent que, par une singulière infraction\nau règlement, les portiers avaient déserté leur loge. Castil-Blaze s'est\nemparé de ces indications sur lesquelles il a brodé, dans son Histoire de\nVAcadémie de musique, un récit fantaisiste où son imagination méridio-\nnale s'est donné carrière tout à l'aise. D'après lui, le feu venait d'une"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npetite chambre dépendant du logement de M. de Montausier, gouver-\nneur du Palais-Royal : « Il y avait un poêle dont le tuyau donnait dans\nune cheminée attenante à la loge où s'habillaient les figurantes du théâtre.\nOn avait trop poussé la chaleur du poêle : engorgé, le tuyau creva, mit le\nfeu à celui de la cheminée, et la flamme qui passait par les fentes attaqua\nla boiserie qui prit à l'instant comme une allumette. C'était pendant les\nrelâches de la quinzaine de Pâques : il n'y avait aucun ouvrier dans la\nsalle, aucun garçon de théâtre, le concierge lui-même était sorti. Un\nseul chanteur, se préparant à débuter, venu sur la scène de bon matin\npour essayer sa voix, s'aperçut du feu, se sauva criant au secours ; mais\navant que le secours fût arrivé tout était perdu. » A ce roman d ailleurs\nvraisemblable du tuyau de poêle de M. de Montausier, je préfère 1 affir-\nmation du machiniste Boullet, témoin oculaire des incendies de 1763 et\nde 1781 à l'Opéra, et témoin actif puisqu'il y fut deux fois blessé. Plus\ntard, Boullet, homme courageux et très expert en son métier, devint ma-\nchiniste en chef du Théâtre des Arts (Oçéet écrivit un intéressant\nEssai sur l'art de construire les théâtre (Germinal an IX, 180 1, in-4).\nBoullet y raconte que, dans la matinée du 6 avril, un balayeur occupé\ndans le fonds du dessous,abandonna sa tâche et sortit après avoir mis\nsa chandelle sur le contrepoids du rideau de l'avant-scène. La lumière\nmit le feu aux cordages du contrepoids : le rideau privé de son contre-\npoids s'abaissa, et les cordages, servant de véhicule à la flamme, remon-\ntèrent jusqu'aux frises qui s'embrasèrent à leur tour.\nA midi, l'incendie, radieux et sinistre, était maître de sa proie et défiait\ntoute intervention humaine, menaçant d'un côté le Palais-Royal par\nl'aile du bâtiment qui touchait à la salle de spectacle, de l'autre la rue\nSaint-Honoré par les maisons du cul-de-sac de l'Opéra. Dans le jardin\ndu Palais, deux chaînes immenses s'étaient aussitôt formées, chaînes de\nbure et de soie, composées de gens de tout état, sans distinction de\ndignité, d'âge, voire même de sexe : l'une cherchait à sauvci ies arenives\net les célèbres tableaux de la Galerie, l'autre approvisionnait d'eau les\npompes à incendie fonctionnant sans relâche. Deux mille personnes\nenviron s'y employaient. Au milieu des cours et des ailées, s étauiiciit\ndes monceaux de meubles et d'effets aux armes du duc dOileanoet\nsurveillés par ses valets. Vers une heure et demie, la coupole du grand\nescalier du palais s'effondra, puis on entendit un fracas effrayant; c'était\nla voûte de la salle de l'Opéra qui s'écroulait, et, avec elle, une partie des\ntoits avoisinants, versant incessamment leurs décombres sur le loyer de\nl'incendie. A six heures du soir, grâce à des coupures pratiquées dans les\nmurailles mitoyennes de l'Opéra, le quartier du Palais-Royal était hoiï>"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.5", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\nde danger. Collé, à qui Castil-Blaze a emprunté presque mot pour mfet\nle récit de cet incendie, nous renseigne sur les dégâts occasionnés par le\nfeu au Palais lui-même : ce La salle de l'Opéra, dit-il, est brûlée rezpied\nrez terre : il n'y a pas d'exagération à dire qu'elle a été consumée en cinq\nquarts d'heure ou une heure et demie au plus, et cela n'est pas étonnant\nvu les matières sèches et combustibles auxquelles le feu avait à se pren-\ndre. Ce feu terrible n'avait point heureusement de solidité, mais le coup\nd'oeil en était effrayant... L'on en a été quitte pour quelques combles\nbrûlés; les planchers du premier étage n'ont pas même souffert; il n'y\navait dans ces parties de bâtiments ni tableaux, ni meubles précieux;\nc'est l'antichambre des valets de pied, l'escalier, une galerie et les loge-\nments au dessus de tout' cela qui ont été très maltraités par le feu. Avec\nmoins de cent mille francs on fera les réparations de tout cela. » Les\ncapucins, les cordeliers et les récollets, accourus les premiers sur le lieu\ndu désastre, selon la règle de ces ordres monastiques, organisèrent les\nsecours avec autant de dévouement que d'intelligence. Je ne veux rien\ninsinuer contre la mémoire de ces honnêtes gens ; mais leur conduite\nsoulève un cas de conscience bien piquant : est-il orthodoxe, étant\ndonné certains articles de conciles contre les spectacles et les his-\n/\ntrions, de contribuer à sauver un monument condamné par l'Eglise au\nfeu céleste ? Il y a sujet à controverse. Quoi qu'il en soit, pour avoir\nécouté leur conscience et désobéi aux conciles, les récollets et les capu-\ncins perdirent deux des leurs. « On dit qu'il est péri quinze personnes\ndans cet affreux désastre ; cela n'est pas vrai : nous en sommes quittes\npour un récollet et un capucin. » Mémoires de Favart.\nLe lendemain même de l'incendie, le comte de Saint-Florentin, mi-\nnistre et secrétaire d'Etat, adressait à Rebel et Francœur, directeurs de\nl'Académie de musique, des ordres par écrit à Veffet d'assurer aux su-\njets la continuité de leur état, en enjoignant à chacun de ne point\ns\"*écarter et de se tenir prêt à reprendre dans le lieu qui aura été\ndéterminé en attendant la construction d'une nouvelle salle.\nLe 9 avril, au soir, de petites nuées grises flottaient encore au-dessus\ndes fonds de l'Opéra ; c'était le feu qui rendait l'âme. Quelques jours\naprès, il n'est déjà plus question de l'ancien édifice. Son oraison fu-\nnèbre est faite : « Vous ne me parlez point, mes anges, écrit Voltaire\nà d'Argental, de Pincendie de l'Opéra : c'est une justice de Dieu : on dit\nque ce spectacle était si mauvais qu'il fallait tôt ou tard que la ven-\ngeance divine éclatât » Tout est bien fini, car voici les bons mots qui\ncourent-, « Mademoiselle, demande une grande dame à Sophie Arnould,\nracontez-moi ce qui' s'est passé à cette terrible incendie. »"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSIGALE\n\nréplique l'actrice, tout ce que je puis vous dire, c'est qu'incendie est du\nmasculin. »\nA défaut de l'état des pertes en décors, costumes et machines dont il\nne nous a pas été légué copie, nous avons recherché la description de la\nsalle brûlée, avec celle des changements qui y furent faits en iy32, et\nque nous reproduisons toutes deux ci-après.\nLa salle du Palais-Royal avait servi aux représentations de la troupe\nde Molière et à celles de la troupe italienne, de l'an 1661 à l'an 1673,\ndate de la mort de Molière. C'est cette année-là que Lulli y établit\nl'Académie Royale de musique.\nPREMIÈRE SALLE DU PALAIS-ROYAL. (l)\nCe lieu est une longue salle parallélogramme, large de neuf toises en\ndedans, œuvre que le cardinal de Richelieu et Mercier s'efforcèrent de rendre le\nplus admirable de l'Europe. Mais la petitesse du lieu s'y opposa, car comme ce\nministre avoit résolu de faire au roy un présent de sa maison, il étoit bien aise\nqu'il s'y trouvât quelque grande partie vet quelque chose qui fût digne d'un\ngrand monarque, et pour cela il fit faire par plusieurs divers dessins et éléva-\ntions pour ce théâtre, mais qui ne furent pas reçus pour être trop enjoués, de sorte\nqu'on s'en tint à celui de Mercier comme plus solide, plus commode et plus\nmajestueux tout ensemble. La manière de ce théâtre est moderne et occupe,\ncomme je l'ai dit, une longue salle couverte et quarrée longue. La scène est\nélevée àun des bouts et le reste occupé par vingt-sept degrés de pierre, qui\nmontent mollement et insensiblement, et qui sont terminés par une espèce\nde portique, ou trois grandes arcades. Mais cette salle est un peu défigurée\npar deux balcons dorés, posés l'un sur l'autre de chaque côté, et qui commen-\nçant au portique, viennent finir assez près du théâtre. Le tout ensemble est\ncour onné d'un plafond en perspective où Lemaire a feint une longue ordon-\nnance de colonnes corynthiennes qui portent une voûte fort haute, enrichie\nde zozons, et cela avec tant d'art, que non seulement cette voûte et le plafond\nsemblent véritables, mais rehaussent de beaucoup le couvert de la salle, et lui\ndonnent toute l'élévation qui lui manque.\n11 est constant que Mercier, dans la distribution des parties de ce théâtre,\napassé l'espérance de tout le monde, et fait beaucoup plus qu'on n'en attendoit,\nn y ayant point d'apparence qu'un quarré long, renfermé entre une rue et une\ncour, dut être si accompli, car enfin, malgré les défauts qu'on y remarque, il\nn'y a personne qui ne le trouve un grand morceau d'architecture (1).\n\n(i) Sauvai, cité par Parfait. Hist. mm. de VOpéra."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.7", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPERA\n\nEMBELLISSEMENTS (i)\nLes embellissements qu'on a faits depuis peu dans la salle de l'Opéra, or-\ndonnés par le directeur de l'Académie Royale de musique aux 45 loges, aux\n4 balcons et à l'avant-scène qui sont la distribution de cette salle, consistent,\nsçavoir : au-dessus de la première loge à droite, qui est celle du Roy, on y a\npeint le buste d'Apollon; à celle de vis à vis, qui est celle de la Reine, celui\nde Minerve. Ils sont suivis sur la même ligne des panneaux des deuxièmes\nloges, des bustes des plus célèbres poètes et des muses, alternativement ornés\nde bas-reliefs relatifs aux bustes en médailles qui forment le milieu supérieur\nde chacune des premières loges, peints en camaïeu, enfermés par des guirlan-\ndes de fleurs de coloris et soutenus par des ornements rehaussés d'or. On\nvoit sur les bases des premières loges des cartouches entremêlés d'ornements\nrehaussés d'or aussi ornés de festons de fleurs de coloris dans lesquels sont\ndes trophées, des attributs d'Apollon, de Minerve, des Muses et des Poètes,\netc. Ce sont les principales parties qui font la décoration des premières et\ndeuxièmes loges. Les troisièmes sont décorées d'ornements convenables et\ndans le même goût des autres ornements. Toutes les loges sont séparées par\ndes palmiers sur les montants qui s'élèvent des consoles et des agrafes de\nsculpture, le tout rehaussé d'or ou doré en plein.\nLes dedans et les plafonds des loges sont feints de damas et autres riches\nétoffes, de même que les plafonds des compartiments au milieu desquels sont\ndes rosettes en saillie dorées en plein. Le grand rideau qui ferme le théâtre\nprésente à la vue un grand morceau de coloris, dont les figures sont de la\nproportion d'environ sept pieds. La bordure est rehaussée d'or composée de\nparties convenables au sujet. Apollon y paroît au milieu d'une gloire sur le\ndevant de l'autel des sacrifices. Il y est accompagné de différents génies, des\nMuses, etc. Le Dieu des vers semble ordonner au génie de l'invention dési-\ngné par le flambeau qu'il porte d'aller échauffer l'imagination de ses diffé-\nrents génies à qui Melpomène, Thalie, Erato, Terpsichore ont confié leurs\nattributs.\nLes armes du Roy font le couronnement de la bordure. Elles sont accom-\npagnées de branches de deux palmiers, dont les troncs prennent leurs racines\ndes ornements de la base de cette bordure, et en montant forment un plan\ncirculaire varié au pourtour du tableau. Aux troncs des palmiers qui sont\nentourés de branches et de feuilles de laurier sont attachés quatre différents\ntrophées, sçavoir : à droite, ceux qui désignent l'héroïque et le pastoral, et au\ncôté opposé, ceux du lyrique et du satyrique. Le serpent Pithon paroît sor-\ntir des ornements de cette base vaincu et rampant, ce qui forme le milieu du\ntableau.\n\n(1) Mercure de France, juin 1732, i* vol., p. 1193"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nTelleétait l'ancienne salle de l'Opéra brûlée par l'lncendie de 1763 et\nqu'il fallait remplacer. Ilcircula divers projetssur la construction et l'em-\nplacement de la nouvelle. Les uns la voulaient au Carrousel, les autres,\nau Louvre : les propositions du duc d'Orléans parurent plus avanta-\ngeuses. Le 11 avril, M. le duc se rendit à Versailles et demanda au roi\nque l'Opéra restât au Palais-Royal, offrant sa bourse, ses terrains, plus\n100,000 écus pour ses loges. Le roi décida en faveur du duc, et lon\nne s'occupa plus que de chercher à l'Opéra un local provisoire qui lui\npermît d'attendre en paix une installation définitive.\nL'Opéra trouva un asile spacieux aux Tuileries, dans la salle dite des\nMachines, où s'ouvrirent, le 29 avril, les Concerts français donnés par\nles artistes de l'Académie de musique. Nous laissons ladite Académie\nsur le seuil de la salle des Tuileries, où nous n'avons pas àla suivre.\nT>E 1y 8 1\nLa nouvelle salle de l'Opéra, dont l'ouverture eut lieu le 26 janvier\n1770, fut construite aux frais de la Ville, d'après les dessins de Moreau,\nde l'Académie d'architecture, sur les terrains fournis par le duc d'Or-\nléans.\nOn lit dans quantité d'ouvrages qu'elle était située Cour-des-Fontaines;\nc'est une dénomination impropre, car aucune sortie, aucune entrée, soit\ndes chœurs, soit du corps de ballet, soit des comparses, ne pouvait se pra-\ntiquer de ce côté.\nElle occupait environ l'espace compris entre la rue de Valois et la rue\ndes Bons-Enfants, avec façade sur la rue Saint-Honoré. Le cul-de-sac de\nl'Opéra, ainsi que le pâté de maisons longeant autrefois la rue des Bons-\nEnfants, avaient disparu, absorbés dans le plan de l'édifice. La rue de\nValois est l'axe approximatif autour duquel ont tourné, de gauche à droite,\nles deux salles du Palais-Royal. On ne peut en déterminer plus claire-\nment la topographie à des Parisiens de 1873.\nQuant à la disposition intérieure de la salle de Moreau, en voici l'as-\npect décrit par le menu :\nDEUXIÈME SALLE DU PALAIS - ROYAL.\nL'ouverture de la scène est large de 36 pieds et haute de 32. Cette disposi-\nion avantageuse rapproche d'autant plus le fond de la salle de Pavant-scène,\net met plus d'égalité dans les différentes situations du spectateur; ia forme"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.9", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\nde son plan est arrondie et fournit au plafond un bel ovale, rempli par un\ntableau allégorique, dont 011 parlera à la fin de cet article, pour ne pas dé-\ntourner les yeux du lecteur de l'objet qu'on lui présente.\nL'avant-scène est décorée de quatre colonnes d'une composition riche et\nélégante, dont les cannelures sont à jour, en sorte que cette partie, pour\nl'ordinaire, consacrée seulement à la décoration, fournit des places des plus\ncommodes et des plus recherchées. Leur fût est divisé par tambours à la\nhauteur de l'appui des loges qui sont pratiquées dans leurs intervalles, ce qui\nnuit peut-être à l'élégance de l'ordre corynthien : mais, d'un autre côté,\naccuse mieux ces mêmes loges que l'architecte n'eût point employées sans\ndoute, moins encore que celles qui sont pratiquées dans leurs socles, s'il\nn'eût été forcé de concilier les raisons d'intérêt avec les moyens d'embel-\nlissements.\nL'entablement règne au-dessus de l'avant-scène, et son milieu est inter-\nrompu par un groupe de Renommées soutenant un globe parsemé de fleurs de\nlys, des enfants forment une chaîne avec des guirlandes. Cette composition\ncharmante, qui est due à M. Vassé, accompagne magnifiquement le plafond et\nréunit tous les suffrages sur cette partie de la décoration.\nLes quatre rangs de loges qui sont pratiquées ne paraissent point former\nune trop grande hauteur, et cette disposition rend la salle susceptible de\ncontenir 2.500 spectateurs, presque tous également bien placés. Ces loges,\nconstruites en fer et en bois avec un artifice ingénieux, sont très solides,\nmalgré la légèreté qu'elles semblent présenter à l'œil; les ornements en sont\nsimples, mais dessinés avec précision et distribués avec jugement. Les po-\nteaux qui divisent ordinairement les loges sont supprimés dans cette salle, et\nau lieu de paraître autant de petites cases séparées, elles forment un seul\nbalcon à chaque rang, ce qui donne beaucoup d'élégance à l'ensemble.\nFoyer.— C'est une belle galerie de 60 pieds de longueur, éclairée par cinq\ngrandes croisées qui ont vue sur la rue Saint-Honoré, accompagnées d'un\nbalcon de fer, enrichi de bronze, de près de 100 pieds de long, d'un dessin\ntrès élégant et d'une exécution parfaite de la main du sieur Deumier. Ce\nfoyer, revêtu de menuiserie dans tout son pourtour avec une cheminée de\nmarbre à chaque bout, est orné d'une belle corniche, de glaces, de sculptu-\nres et de trois bustes en marbre représentant Quinault, Lulli et Rameau.\nCes têtes, traitées avec autant de noblesse que d'expression, sont dues au ci-\nseau de M. Caffieri, sculpteur du roi. Quatre autres niches attendent les\nportraits des grands hommes dont les succès auront enrichi le théâtre.\nLes commodités publiques n'ont point été oubliées (telles que les sorties).\nLa sûreté est encore une des choses à laquelle on a apporté l'attention la\nplus scrupuleuse. Trois réservoirs contenant ensemble environ 200 muids\nd'eau sont disposés dans les endroits où ils seraient les plus utiles en cas\nd'incendie. Les loges des acteurs sont toutes voûtées en briques, et plusieurs\ndes escaliers sont en pierre.\nLa construction d'une salle dans laquelle on n'a employé que des bois lé-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ngers, que des formes rondes, sans ressaut et avec le moins d'angles qu'il a\nété possible, la rendra aussi sonore qu'elle peut être, lorsque les bois, les\nplâtres et les peintures auront acquis le degré de sécheresse convenable pour\nrépercuter les sons. Effet nécessaire, mais qu'on ne peut attendre que du\ntemps. On désirerait pouvoir se flatter de semblables espérances sur le pla-\nfond de l'idée et du goût de M. du Rameau ; mais les tons jaunes et grisâtres\nqui dominent partout ne lui donneront pas vraisemblablement, par la suite,\ncette couleur céleste et aérienne qu'on y aurait désirée.\nQuelques figures, d'ailleurs, sont pesantes et d'un dessin lourd, telles que\nla Therpsichore, dont le raccourci est pénible à l'œil, et dont les formes\nsont aussi prononcées que celles du Gladiateur ou de l'Hercule Farnèse ;ce\nqui contribue encore à la faire paraître si forte, c'est la figure svelte et légère\ndu petit génie qui semble être presque sur le même plan. En général, ces\ndéfauts se font peu sentir, et c'est surtout le manque de dégradation qui nuit\nà l'effet de ce tableau, dans lequel il y a, d'ailleurs, beaucoup de choses esti-\nmables. Le sujet en est simple et convenable. Il offre les Muses et les Talents\nrassemblés par le génie des Arts qui précède le char d'Apollon qu'il annonce\net qui paraît arrivant sur son char.\nL'épisode de l'lgnorance et de l'Envie n'est pas beaucoup plus heureux ,\nces deux figures colossales ne produisant point l'effet que l'artiste s'en était\npromis. Sans faire fuir le plafond, elles paraissent seulement prêtes à tomber\nsur le parterre. Ce n'est pas que ce grand ouvrage n'ait beaucoup de mérite\ndans différentes parties ; les groupes sont bien agencés, et l'on trouve dans\nla compostion cet enchaînement ingénieux quia toujours caractérisé ceux de\nM. Boucher. On ne prétend point donner ce sentiment comme une décision\ncontraire à M. du Rameau, dont on estime beaucoup les talents. On a seu-\nlement pensé que ces observations lui auraient d'autant moins fait de peine\nque personne n'est plus que lui en état de prendre sa revanche, quand il se\nserait trompé dans quelques-unes de ses productions. On ne peut qu'applau-\ndir à celles des sieurs Machy, Guillet et Deleuze, qui ont exécuté les déco-\nrations nouvelles, d'après les dessins du sieur Moreau.\n( HURTAULT ET MAGNY ; Dictionnaire historique de la ville de Paris, t. I,\np. 182.)\nLe vendredi, 8 juin 1781, l'affiche de l'Opéra se composait d'Orphée,\nparoles de M. Moline, musique de M. le chevalier Gluck, précédée de\nl'acte d'Apollon et Coronis, remis en musique par MM. Rey; l'un maître\nde musique de la chambre du Roi, l'autre musicien ordinaire de la cha-\npelle de Sa Majesté.\nDix minutes s'étaient à peine écoulées depuis la fin du spectacle. Il\nétait huit heures et demie du soir (l'Opéra commençait à cinq heures).\nLe public était sorti. Les sujets qui avaient dansé dans le dernier ballet"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.11", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\nse déshabillaient tranquillement dans leurs loges. Tout à coup des cris\nd'angoisse retentirent sur la scène. Au feu! Pour la seconde fois depuis\ndix-huit ans, l'incendie allait dévorer l'Opéra.\nQuelle en fut l'origine ? On ne le sait pas au juste. « On présume, dit\nBachaumont, que c'est un simulacre du troisième acte Orphée) repré-\nsentant le feu des enfers, dont les flammèches, voltigeant jusqu'au comble,\ny auront entretenu un feu sourd, qui aura éclaté au bout d'un certain\ntemps et tout embrasé. » D'après d'autres narrations, une bougie d'un\nchâssis de côté aurait communiqué sa flamme aux toiles. Ce qui est\nconstant, c'est que le feu prit à une toile du ceintre de la famille des\nfrises, celles qui imitent le ciel. Au début, un verre d'eau eût suffi\nà l'éteindre : par une négligence inouïe, il n'y en avait pas une goutte\ndans le réservoir du théâtre. « Coupez les cordes de la frise l » cria-t-on.\nUn ouvrier machiniste y réussit d'un côté, mais d'un côté seulement:\nla frise s'inclina, traversa la scène en diagonale, et alla battre contre\nla toile de fond. Ce mouvement redoubla l'activité de la flamme qui\nenvahit la scène et la salle avec une rapidité foudroyante. Un immense\nbrasier s'alluma. Vers neuf heures et demie, la charpente de l'édifice\ns'affaissa, livrant passage à une colonne de feu de plus de trois cents\npieds de hauteur. Des lueurs horribles éclairaient tout le quartier. Au\nloin, dans les carrefours et sur les places publiques, le peuple assemblé,\nles yeux fixés sur cette trombe de flamme qui se perdait dans l'azur du\nciel, croyait à une chute d'étoiles du haut du firmament. Pendant deux\nheures, ce serpent fantastique se dressa dans l'air. Des myriades d'étin-\ncelles et de charbons ardents, des flammèches innombrables se détachaient\nde la masse, et s'en allaient, portées par un vent léger, tomber jusque\ndans la rue Saint-Martin et dans le faubourg Montmartre. Par bonheur,\nle temps se mit en humeur de pluie ; sans ce secours inattendu, Paris,\ncomme Londres, aurait peut-être eu son incendie historique.\nSur les toits de la bibliothèque royale et des bâtiments de la Douane,\nveillaient des ouvriers aux aguets. Les secours étaient dirigés par le pré-\nvôt des marchands, le lieutenant de police, les commissaires de onze\nquartiers, et le duc de Chartres en personne. Sous leurs ordres, les gar-\ndes-françaises et les gardes-suisses, la garde de Paris, nos récollets, capu-\ncins et cordeliers de 1763, firent bravement leur devoir. Une lettre\ninsérée dans le Journal de Paris du i 3 juin, paye, au nom de tous les\nhabitants de Paris, un juste tribut d'éloges au corps des pompiers com-\nmandé par Morat : « Jegagerois, dit Fauteur de la lettre, qu'il n'y a pas\nd'incendie considérable qui ne donne lieu de leur part à quelque action\nde héros; mais l'histoire ne grave point leurs noms dans ses fastes : la"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nGazette et les papiers publics ne célèbrent point leurs actions, et ils n'en\ndeviennent par là que plus dignes de nos hommages, puisque le courage\nqui les porte chaque jour à braver la mort n'a jamais un des deux plus\npuissants véhicules qui déterminent les hommes à faire le bien, la gloire\net la fortune. Dans ce dernier incendie qui avoit jeté la capitale dans la\nconsternation, quel courage, quelle intelligence, quelle activité infatiga-\nble n'a-t-il pas fallu pour circonscrire le feu dans son premier foyer, et\nl'empêcher de se répandre au dehors ! » Grâce à eux, le Palais-Royal fut\npréservé : il n'y eut d'endommagé que les chambres adossées àla salle\ndu côté de la Cour-des-Fontaines. Des constructions de l'Opéra, il ne\nresta que les loges des premiers acteurs dans le petit foyer, ainsi que la\nsalle des comptes. Le grand foyer subit les rudes atteintes de la flamme,\nmais il ne fut point entièrement détruit. Le buste de Rameau placé\ndans le grand escalier fut brisé : ceux de Lulli et de Gluck échappèrent\nau sort de leur compagnon.\nQue deviennent au milieu de cette affreuse bagarre les danseurs et les\ndanseuses que nous avons laissés à moitié déshabillés dans leurs loges,\nau moment de l'incendie? Et les ouvriers qui travaillaient sur la scène et\ndans les coulisses? Aucuns, affolés de peur et aveuglés par la famée, ne\npurent retrouver les portes desortie et périrent dans la fournaise. Le 10\njuin, on avait découvert sous les décombres onze cadavres à demi calcinés.\nOn y reconnut ceux des sieurs :\nBeaupré et Danguy, danseurs figurants;\nMériot père, Hast dit Clermont, et la Fargue, tailleurs ;\nBlondel, Guimber, Joppé dit Berry et Lavocat, ouvriers attachés au\nthéâtre ;\nJean Auvrai, pompier;\nEt, pour clore cette douloureuse nomenclature :\nVidal, jaquet (jockey) âgé de 12 à i 3 ans, du sieur Huart, danseur.\nUne vieille femmede 78 ans, demeurant Cour-des-Fontaines, mourut\nd'effroi le dimanche 10.\nLe 20 juin, l'enlèvement des décombres était à peu près terminé :on\ndécouvrit encore quelques ossements. Les rapports conservés aux Archi-\nves ne font point mention de ce fait. Dans les premiers jours, le nombre\ndes victimes fut considérablement exagéré : on comptait pour morts tous\nles employés et artistes du théâtre que les blessures ou la prudence re-\ntenaient chez eux. Mais, après plusieurs appels faits parle régisseur, on\nacquit la certitude qu'en dehors des onze malheureux dont les corps"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.13", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\navaient été retrouvés le 10, on n'aurait guère d'autres pertes à déplorer\nparmi le personnel de l'Opéra. Gardel le Cadet, sur le sort duquel on\navait conçu des craintes, reparut bientôt sain et sauf, tout dispos pour\nla sarabande et la chaconne. Une pudeur intempestive compromit les\njours de la Guimard : presque nue dans la loge où elle changeait de toi-\nlette, elle n'osait en sortir et y allait étouffer, lorsqu'un machiniste eut\nassez de présence d'esprit pour la rouler dans des rideaux, et l'emporter\nau dehors. Beaupré s'était tué en sautant du troisième étage. Castil-\nBlaze a fait de la mort du petit Vidal un épisode singulièrement drama-\ntique : « Huart, vigoureux danseur, d'une taille élevée, n'ayant que\ndeux étages à franchir, se dirigea vers le toit d'une boutique, glissa dans\nla Cour-des-Fontaines et tomba sur ses pieds, Son jockey,\ngarçon de quinze ans, était à la fenêtre et n'osait se lancer. Huart lui\ntend les bras , l'appelle, l'encourage, disant qu'il est prêt à le recevoir, à\nlui parer le coup. Rien ne put décider ce malheureux, pas même le feu\nqui bientôt l'atteignit et le brûla vivant sous les yeux de son maître. »\nLe cas est émouvant ; mais le point faible du récit de Castil-Blaze est\nque le sieur Huart, blessé très grièvement dans sa chute, était hors d'état\nde prendre les poses athlétiques qu'il lui prête. Après l'histoire du vio-\nloniste Châlon , on croira sans peine que la Garonne coulait à Paris...\ndu temps de Castil-Blaze. « Châlon, violoniste, restait en arrière de\nquelques pas ; le volet d'une porte battante se ferme devant lui. Châlon\nfait de vains efforts pour l'ouvrir; la p clouait ce\nbattant à son cadre. Heureusement la porte jointait mal par en bas.\nDépouillé de tous ses vêtements, le musicien, couché ventre à terre,\ns'aplatit comme un chat, un lézard, passe au laminoir, et parvient à\nfranchir le barrage en y laissant la peau des muscles de son dos : plu-\nsieurs athlètes machinistes le tiraient de l'autre côté. Il en guérit; mais,\nde sa vie, Châlon ne put faire la moindre courbette : raide comme une\nstatue égyptienne, il saluait de la main. » Voilà un homme et un récit\nbien élastiques.\nLa plupart des danseurs prirent la fuite par les combles des maisons\nvoisines, sautant de gouttière en gouttière et se précipitant dans la rue\nau risque de se rompre le cou. Quelques danseuses purent retrouver les\ncouloirs de sortie sur la rue Saint-Honoré et se sauvèrent en chemise\n(oui, mesdames!) par la place du Palais-Royal. On n'en rit point trop\nsur le moment, mais bientôt on n'y tint plus. Les beaux esprits de la\nTerrasse des Feuillants se repassaient entre cent plaisanteries charita-\nbles une lettre badine attribuée à Sophie Arnould qui faisait allusion à\nla mésaventure de ces pauvres femmes et que voici :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.14", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nParis, 26 juin 1781\n« Cet affreux incendie a laissé presque nues les divinités de l'Opéra.\nLe feu s'est communiqué aux magasins de costumes, et ce n'est pas sans\nmiracle qu'on est parvenu à en sauver quelques-uns.\n« La ceinture de Vénus (sic) est consumée. Les Grâces iront sans voiles ;\nle bonnet de Mercure, ses ailes et son caducée, néant ! Depuis longtemps\nl'Amour n'avait rien à perdre à l'Opéra, aussi ne perd-il rien. L'égide\nde Pallas et la lyre d'Apollon sont en cendres.\n«Le char du Soleil et de la Nature? qui se tenait si gracieusement en\nl'air dans le très naturel prologue de Tarare, n'a pas été épargné non\nplus que la quantité de linons qui drapaient de grosses ombres très pal-\npables, et dois-je ajouter palpées à quoi sert de médire? Je ne\nfinirais pas, chère amie, si je vous contais toutes nos pertes.\n« Mais on dit qu'avec de l'argent on répare tout. »\nDisons, d'ailleurs, que les Parisiens n'avaient pas attendu la lettre de\nSophie Arnould pour s'égayer au sujet de T'incendie.\nAu lendemain même de l'événement, la foule stationnait sur la place\ndu Palais-Royal, contemplant mélancoliquement les ruines amoncelées\nsous ses yeux. Une charrettechargée de costumes échappés aux flammes,\ntraversait la place. Un crocheteur s'avisa de se coiffer d'un casque em-\npanaché qu'il trouva sous sa main ; puis, jetant sur ses épaules un man-\nteau de pourpre, il se dressa de toute sa hauteur sur la charrette, fièrement\ndrapé dans ces oripeaux, avec la mine superbe d'un empereur romain\nmontant au Capitole. La tristesse des spectateurs se changea comme par\nenchantement en gros éclats de rire, et le crocheteur fut applaudi à\noutrance.\nLes ruines de l'Opéra fumaient encore que la grande mode, dans Pa-\nris, était l'étoffe couleur feu ou fumée cP Opéra.\nNous avons pris copie des décorations brûlées dans l'incendie de 1781,\nsur le rapport officiel déposé aux Archives nationales. Ce rapport se divise\nen trois sections comprenant l'inventaire : i° de 33 décorations, d'ail-\nleurs toutes à repeindre, pouvant être utilisées à la salle des Tuileries où\nil était déjà question de transporter l'Opéra ; 20 des décorations brûlées ;\n3° de 48 décorations intactes, mais impropres à servir aux Tuileries à\ncause de leurs dimensions."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.15", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\nDÉCORATIONS BRULEES.\nPalais de Ninus : servoit dans Ylphigénie de M. Gluck.\nPalais d'Aménophis dans Ylphigénie, de M. Picciny.\nLe fond du palais de Zélindor, dans le Bon Seigneur.\nHameau du Devin du Village, dans Coronis.\nEntrée des Enfers, dans Orphée.\nL'isle enchantée de Thésée, dans Orphée.\nTemple d'Amphion, dans Ylphigénie de M. Picciny.\nTemple de Jupiter, dans Hercule mourant.\nPlace publique d'Alceste : le fond est brûlé dans Andromaque.\nMontagne de Sylvie: le fond est brûlé dans Orphée.\nLes douze Ciels.\nLe rideau d'avant-scène.\nPortique du palais d'Agamemnon.\nAvant-cour du palais d'Admète, dans Andromaque.\nPalais brillant, servoit dans le Bon Seigneur.\nHameau du Bon Seigneur.\nDésert et labyrinthe, dans Orphée.\nTemple de Maspha, dans Ylphigénie, de Gluck.\nTemple souterrain d'Arimane, dans Ylphigénie de M. Picciny.\nTemple de l'Amour, de Sylvie, dans Orphée.\nChamps-Élysées, dans Castor, dans Orphée.\nLa ferme du fond de la Tente, dans Iphigénie en Aulide.\nLe décor de la salle de bal en général.\nTombeau d'Euridice (i),\nA ce relevé des pertes de l'Etat, il faut ajouter les préjudices de toute\nsorte causés aux particuliers. Les habitants du Palais- Royal et des\nrues adjacentes égarèrent ou perdirent, dans la précipitation de leur dé-\nménagement nocturne, une foule d'objets, habits et meubles, que les\nAffiches de Paris du mois de juin réclament à cor et à cris. Quant à So-\nphie Arnould, si fertile en bons mots sur les danseuses de l'Opéra, elle ne\nse sentit point en sûreté dans le quartier du Palais-Royal, et déména-\ngea sur le champ de la rue des Petits-Champs où elle occupait un appar-\ntement, à la rue Caumartin mieux située pour faire de l'esprit en\nliberté.\nL'incendie de l'Opéra, ce gagne-pain de tant de familles, portait un\ncoup terrible à tous les intéressés. Le directeur lui-même, Dauvergne,\n\n(1) ARCHIVES NATIONALES. Ancien régime. O 1 6400\nObservations sur les décorations de VOpéra"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nun honnête homme septuagénaire et chargé de nombreux enfants, fut\nobligé de demander une gratification extraordinaire pour subvenir aux\nbesoins de son ménage. J'extrais de sa lettre du 28 juin à M. de la\nFerté, l'intendant des Menus, un passage qui jette un singulier jour\nsur la situation de fortune où se trouvait alors le directeur de l'Acadé-\nmie Royale de musique :\n« J'ai reçu de l'Opéra 2,500 fr. d'appointements, n'ayant été que de\ndix mois; 1,836 fr. de partage aux bénéfices et 3,000 fr. de gratification\nextraordinaire que vous me proposez, ce qui ferait un total de 7,336 fr.,\nsur quoi j'en ai dépensé pour le service de la chose., 4,678. Reste donc\npour moi 2,658 fr. Je vous laisse à juger si cela peut m'engager à sacri-\nfier le reste de mes jours à suivre une aussi pénible carrière ? Ayez la\nbonté de comparer ce traitement avec celui des acteurs (Le sieur Lainez\na reçu en appointements, feux et gratifications, 9,278 fr. 12).»\nLettre du 28 juin à M. de La Ferté.\nDans une autre lettre en date du i 3 juillet, Dauvergne demande au\nMinistre :\n400 livres de gratification pour le sieur Huart, danseur, grièvement\nblessé et qui a perdu son domestique ;\n300 liv. pour le sieur Bernier, aide machiniste, encore malade de ses\nblessures ;\n400 liv. pour la mère du danseur Danguy ;\n400 liv. pour la mère de Beaupré, qui restait avec les six enfants de\nson fils à sa charge ;\n200 liv. pour les familles de chaque ouvrier mort.\n« Le Prévôt des marchands ainsi que le Comité recommande aussi\naux bontés du ministre le sieur Chaffaroux, qui ri a sauvé de V incendie\nque ses cinq enfants et le vêtement qu'il avait sur lui. »\nLa demoiselle Le Houx, danseuse, prétendant avoir failli périr au\nmoment de l'incendie et avoir respiré tant de fumée que sa poitrine en\nétait restée affectée, demandait sa retraite et une pension.\nLe ministre fit droit à ces réclamations formulées au nom de tant d'in-\nfortunes, et il n'est pas jusqu'à la demoiselle Le Houx dont la poitrine\naffectée n'ait reçu les soins qu'elle réclamait.\nLe roi voulut que le budget affecté à l'Opéra fût employé comme à\nl'ordinaire, et que les traitements du personnel de tout rang fussent\nexactement payés.\nVoici d'ailleurs l'actif et le passif des recettes du fatal mois de juin :\nj'y ai compris le produit des quatre concerts donnés à la salle des Tuile-\nries, où s'était provisoirement établi l'Opéra depuis le 19 du mois :"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.17", "texte": "L'INCENDIE DE L'OPÉRA\n29 Octobre 1873."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.18", "texte": "INCENDIES DES ïALLES DE L'OPERA\nIL\n11\n\nAPPOINTEMENTS ET FEUX\nDauvergne, directeur général. 250 liv. »\nM. L'Arrivée . . . * 1,2 5O - »\nMM. les acteurs, danseurs et symphonistes . 21,862 - 10\nMM. les employés et préposés 3,050 - »\nFeux ou jettons ...... 594 - »\nPassif. . . . 2Ô,506 liv. 10\nLa recette s'élève pour\nTrois représentations d'Orphée du ler au 8\njuin à 7,280 liv. 12\nQuatre concerts aux Thuileries depuis le 19\nau 29 du dit à 6,170 - »\nActif 13,452 liv. 12\nLes Concerts des Tuileries ne furent point suivis avec cet empresse-\nment qui promet de grosses recettes. L'administration décida le transfert\nde l'Opéra dans la salle des Menus-Plaisirs où la troupe royale inaugura\nses représentations le 14 août 1781 par le Devin du village suivi de Myr-\ntil et Lycoris.\nOrdre avait été donné à Dauvergne de n'accorder congé à aucun sujet\nde l'Académie. La consigne fut rigoureusement exécutée : seuls, Noverre\net mademoiselle Ollivier obtinrent un laissez-passer du ministre pour se\nrendre, Pun à Bordeaux, l'autre à Bruxelles.\nNotre collaborateur, M. Adolphe Jullien, a publié dernièrement, dans\nla Revue de France (1), un article des plus curieux sur un complot\ntramé entre Rousseau, Lays et Ghéron pour s'enfuir à Bruxelles sans\ncongés. Ces messieurs regardaient comme indigne de leur talent de jouer\nà la petite salle des Menus, et estimaient que le contenu eût été plus\ngrand que le contenant. Lays fut arrêté à la diligence : Chéron se tint\ncoi; mais Rousseau, malgré l'échange de notes diplomatiques entre la\nBelgique et la France, gagna la frontière, déjoua la police et réussit à\nrester à Bruxelles.\nLes projets concernant la construction d'une salle d'Opéra allaient tou-\njours leur train. Les emplacements proposés étaient la Salle des Elèves\nde VOpéra sur le boulevard, le Colisée, le vieux Louvre, le Carrousel,\n\n•(1) Numéro du3i juillet 1873. Article intitulé Art, Argent et Politique."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nla foire Saint-Germain, le Jardin de l'lnfante, le terrain des Filles-\nDieu que sais-je encore? Chaque Parisien avait son Opéra en tête:\n« Il paraît, écrit M. de la Ferté au Ministre, le 20 juillet, que le public\ndésire si vivement l'Opéra, qu'hier, àla Redoute-Chinoise, on disait tout\nhaut que, quand même on devrait placer l'Opéra à Pantin ou aux Anti-\npodes, on irait le chercher. Cela marque au moins une belle fureur pour\nce spectacle. »\nEnfin, l'architecte Lenoir, dont le plan avait prévalu, fut chargé de\nla construction d'une salle d'Opéra provisoire près la porte Saint-Martin.\nm\nDES l7BB\nNous avons dit que la salle des Menus-Plaisirs avait eu l'insigne hon-\nneur de recevoir l'Opéra dans ses murs en 178 x.\nLe vendredi 18 avril 1788, le feu prit dans les magasins de la salle\nS • •\ndes Menus-Plaisirs, par les greniers des Ecuries du roi, Le tiers environ\ndes magasins donnant sur les rues Poissonnière et Richer fut brûlé.\nTous les effets appartenant au roi, tentes, maisons de bois, meubles, lus-\ntres, girandoles, habits de spectacle, etc., furent sauvés; mais la plus\ngrande partie des décorations de l'Opéra, déposées aux Menus-Plai-\nsirs depuis l'incendie de 1781, devint la proie des flammes. Il n'arriva\nd'accident grave à personne.\n- i87I\nLa salle de la Porte-Saint-Martin, qui avait servi aux représentations\nde l'Opéra de 1781 à 1794, flamba dans les derniers jours de la\nCommune.\nCette salle, commencée le 2 août, fut terminée le 26 octobre 1781,\nc'est-à-dire en 80 jours 5 certains auteurs disent qu'elle le fut en 75 et\nmême en 65 jours.\nIV^CCEDsCrDIE DE LA SALLE DES TUILERIES— 1871\nCette salle, où l'Opéra, chassé par ses propres incendies, se réfugia\ndeux fois, en 1763 et en 1781, flamba (style moderne) sous la Com-\nmune de 1871."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.20", "texte": "INCENDIES DES SALLES DE L'OPÉRA\n\nJ imagine que les lecteurs de la Chronique musicale n'ont pas oublié\n1 excellent article de M. Nuitter sur la salle de théâtre des Tuileries,\ndans le quatrième numéro de la collection.\nIC^CCEC^DIE\n'DE LQ4 SQALLE T>E LqA HUE LE TELETIEH- - I873\nL'incendie du 29 octobre n'appartient pas encore à l'histoire. Gom-\nment le feu a-t-il pris? L/enquete ouverte à ce sujet par la préfecture de\npolice n'a jusqu'ici pas abouti.\nQuelles sont les pertes? Le rapport officiel n'est pas déposé au minis-\ntèie. Mais le lecteui en trouvera plus loin l'inventaire approximatif relevé\npar M. Charles Nuitter.\nchronique des journaux quotidiens regorge de renseignements hy-\nothétiques qui ont été avidement lus pendant la quinzaine qui vient\nde s écouler. Nous n avons pas le droit de contrôler, et force nous est\nd attendre patiemment, avec tous nos confrères de la presse, les révéla-\ntions destinées à éclaircir ces points obscurs.\nEtrange fatalité!\nDe tous les locaux définitifs ou provisoires affectés à l'Opéra, il n'en\nreste aucun qui ait échappé à l'incendie.\nLa première salle de l'Opéra, au Palais-Royal, brûle en 1763.\nLa seconde brûle en 1781.\nLa salle provisoire des Menus-Plaisirs brûle en 1788.\nCelle des Tuileries et celle de la Porte-Saint-Martin brûlent en\n1871.\nCelle de la rue Le Peletier brûle en 1873.\nAutre remarque : tous ces incendies, excepté ceux qui sont le fait de\nla malignité humaine, ont éclaté dans l'intervalle des représentations,\npar défaut de précautions suffisantes. Disons qu'avant 1781, les loges de\n1 Opéra ne s ouvraient que par le dehors, et qu'une fois entré au dedans,\nle spectateur nen pouvait sortir qu'avec l'agrément des ouvreuses qui\nseules en possédaient la cler. Supposez un incendie qui se fût déclaré\npendant le spectacle !\n\nARTHUR HEULHARD"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "164", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.21", "texte": "ÉTAT\nDES PERTES DANS L'INCENDIE\nDE 1873\n\nCOSTUMES BRULES.\nEnviron 5,200.\n(Les costumes sauvés ont perdu environ 60 %de leur valeur.)\nDÉCORATIONS BRULEES.\n15 ouvrages :\nLa Juive. Les Huguenots. —La Favorite. —Le Prophète.\nLe Trouvère. Don Juan. VAfricaine. Hamlet. Faust.\nFreyschut%. —La Coupe du Roi de Thulé. —La Source. Coppe-\nlia. Gretna-Green. Le quatrième acte et deux tableaux de Jeanne-\nd'Arc,\nEn outre, 74 décorations diverses, dont les châssis sont rue Richer,\nmais dont les plafonds et les rideaux sont brûlés.\nINSTRUMENTS DE MUSIQUE APPARTENANT A L'ÉTAT.\n10 contre-basses. 1 grosse-caisse. 1 grosse-caisse dite Canon\n1 paire de cymbales. 2 tambours. 2 triangles. —» 3 timbales.\n2 tam-tam.\n8 cloches.\n1 orgue.\nPARTIES D'ORCHESTRE.\nOuvrages cités plus haut, à la rubrique Décorations brûlées*\nMATÉRIEL.\nTout le magasin d^accessoires."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.22", "texte": "PERTES DANS L'INCENDIE DE 1873\n\nLa tapisserie de la scène,\nUne grande partie du matériel d'éclairage à l'huile et au gaz.\nLe service d'incendie.\nL'éclairage électrique.\nLe service des armures détruit en partie; le reste très détérioré.\nLe mobilier de la salle et des toyers.\nBUSTES DU FOYER\nHomère. Molière. Racine. Quinault. Lully. Rameau.\nJ.-J. Rousseau. —Voltaire. Grétry. Gluck. Piccini. Beetho\nven. Philidor. Méhul. Lesueur. Paer. Etienne. Ha-\nie vy.\nPlusieurs de ces bustes étaient en plâtre, entre autres le Rameau dont\nle marbre avait péri dans l'incendie de 1781. Mais, à cet incendie,\navaient échappé le Gluck, le Lully et le Quinault, qui viennent d'être\ndétruits, La perte du Gluck, magnifique marbre de Houdon, est par-\nticulièrement regrettable (1).\nSTATUES.\nLa statue de Rossini, qui était derrière le contrôle, a été brisée par la\nchute d'une charpente en fer. On nla retrouvé dans les décombres que\ndes débris. Les statues de M. Duret qui étaient dans le foyer sont\négalement détruites.\nÉVALUATION DES PERTES.\nLe Bâtiment 1.000.000 »\nLe Mobilier...., 300.000 »\nLes Décors et Costumes 1.000.000 »\nTOTAL 2. 3 00.000 »\n(i) Il y a deux mois, ce buste et celui de Lully avaient été prêtés à M. Paul\npour une de ses grandes toiles destinées au nouvel Opéra, et où figurent les musi-\nciens célèbres. Ces bustes avaient été rendus il y a environ six semaines, et remis à la\nplace où ils devaient être calcinés.\n\nCH. NUITTER."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.23", "texte": "SAUVETAGE DES ARCHIVES\n\nUne lettre de M. Cœdès et la note de M. Nuitter qui la suit nous\nrenseignent exactement sur le sauvetage des Archives.\n'ÉTAIS dans mon lit à minuit, nous écrit M. Cœdès, quand\nj'appris l'affreuse nouvelle de l'incendie de l'Opéra.\nUn quart d'heure après, je me trouvais sur le lieu du si-\nnistre.\nMa première pensée, au milieu de la panique générale, fut de sauver\nou d'aider à sauver le bureau de la Copie, les registres de la Régie et les\nArchives.\nJe trouvai à minuit et demi MM. Obin, Gailhard, Delahaye, Cé-\nnange, Raynal et Salomon dans la cour de l'administration. M, Obin\navait pensé, de son côté, à sauver les nombreuses partitions qui se\ntrouvaient dans la Gopie ; Gailhard sauvait Jeanne-d'Arc ; Salomon, la\ncaisse; Raynal (ami de ces messieurs), les papiers de famille de\nM. Halanzier.\nJe courus à la Régie de M. Colleuille et m'emparai des registres de la\nRégie que je fis porter par un machiniste de l'Opéra au poste de police de\nla mairie Drouot. Pendant ce temps 1 Q sauvetage à la chaîne s'opérait\npour les partitions. En ce qui me concerne, je n'ai eu qu'un but, celui\nd'empêcher des personnes bien pensantes, sans doute, mais par trop\npessimistes, de déménager trop précipitamment les Archives. Après avoir\npris conseil de M. Halanzier qui, comme moi, pensait que le feu n'at-\nteindrait pas cette partie de l'Opéra, je fis mes efforts pendant deux heu-\nres au moins, pour empêcher la moindre sortie de tout objet apparte-\nnant aux Archives.\nA quatre heures du matin, tout danger disparaissait et les Archives\nétaient conservées, grâce au dévouement et au zèle déployés par MM. Des-\ntournelles, Nuitter, Perrin fils, Delion, Charles, employé chez MeMonge,\net un artiste de la Comédie-Française, dont je déplore ne pas me rappe-\nler le nom.\nA. Cœdès.\nUne partie des Archives de l'Opéra avait déjà été transportée au nou-\nveau bâtiment ; mais ce qui restait à l'ancien était encore considérable.\nCinq pièces, situées à l'entresol dans l'aile gauche du bâtiment de la rue\nDrouot, étaient pleines de livres, de cartons, de liasses de toutes sortes."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.24", "texte": "SAUVETAGE DES ARCHIVES\n\nL'archiviste avait dans son cabinet les inventaires, les répertoires, les\ncatalogues, etc. Déjà la porte avait été enfoncée à coups de hache;\nM. Coedès, souffleur du théâtre, insista heureusement pour que rien ne\nfût dérangé avant l'arrivée de M. Nuitter. M. Halanzier avait prié\nM. E. Perrin fils d'aller le chercher. Quand il arriva, l'incendie était\ndans toute sa force ; Peau n'était pas aussi abondante qu'on l'eût désiré.\nLes pompiers ne répondaient pas des bâtiments de la rue Drouot : il\nfallut commencer le sauvetage. M. Delbergue-Cormont, président de\nla Chambre des commissaires-priseurs, mit à la disposition de M. Nuitter\nle personnel si habile de l'Hôtel des ventes, les voitures et les paniers.\nPlusieurs personnes, connaissant l'importance du dépôt des Archives,\navaient offert spontanément leur concours : M. Comte, sous-chef du\nbureau des souscriptions des Beaux-Arts, M. E. Perrin fils, M. Détour-\nnelle, contrôleur général de la Comédie-Française, M. Coedès, souffleur\ndu théâtre, d'autres encore, se mirent à l'œuvre, et, en moins d'une\nheure environ, cinquante paniers furent remplis avec soin et descendus\npar la fenêtre dans des voitures qui, une fois pleines, étaient traînées à\nbras à l'angle de la rue Richelieu, où elles étaient gardées par des ser-\ngents de ville. Avant quatre heures du matin, le commandant des sa-\npeurs-pompiers déclara que les bâtiments de la rue Drouot ne couraient\nplus aucun danger. On suspendit alors le déménagement. Vers huit\nheures, les chevaux qui font le service de l'Hôtel des ventes étant arri-\nvés, les voitures furent attelées et dirigées sur le nouvel Opéra où, avant\ndix heures, tout était déposé, sans autre dommage qu'une grande confu-\nsion, facile, du reste, à réparer.\nParmi les documents les plus curieux qui ont été ainsi préservés, on\npeut citer les états d'émargement, précieux recueil autographe des signa-\ntures de tous les artistes, dont la collection remonte à 1749. Les pre-\nmières liasses ont échappé aux incendies de iy63 et 1781. Il y avait\naussi toute une série de documents copiés il y a quelques années à la Bi-\nbliothèque de l'Hôtel de Ville, qui, depuis l'incendie de 1871, sont\ndevenus uniques et constituent la partie la plus importante de ce qui a pu\nêtre conservé des travaux considérables de Beffara sur l'histoire de l'Aca-\ndémie de musique ; la collection complète des livrets d'opéra provenant\nde la Bibliothèque Soleinne ; la collection des Affiches depuis l'an XII,\netc., etc.\n\nCH. NUITTER."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.25", "texte": "INAUGURATION\nDE LA SALLE DE L'OPÉRA\n16 Août 1821\n\nE gouvernement de la Restauration, fidèle àla pro-\nmesse qu'il avait faite à l'archevêque de Paris, 'Hya-\ncinthe de Quélen, de démolir la salle de spectacle où\nil avait apporté les derniers sacrements au duc de\nBerry moribond, fit abattre, dès le lendemain du\ncrime, le magnifique théâtre de la rue de Richelieu, où\n1 Opéia était installé depuis Ise trouva alors dans une situation\nassez difficile. Gn ne pouvait laisser longtemps l'Opéra à bas, mais le\ntemps et l'argent manquant, il n'était pas possible de songer à remplacer\nle théâtre condamné par un édifice définitif, convenablement situé, et\nen rapport avec les autres monuments publics de la capitale. On restrei-\ngnit donc les piojets à 1 édification d une salle provisoire, sur le seul ter-\nrain dont le gouvernement pût disposer sans s'engager dans de coûteuses\nacquisitions, et on en confia la construction à l'architecte Debret, élève\nde Percier, qui avait déjà retouché le théâtre des Arts lorsque l'Opéra\nen avait pris possession, et qui s'était surtout fait remarquer par\nson intelligente restauration de la basilique de Saint-Denis.\nDebret devait en partie au hasard l'honneur qui lui échéait. Lorsque\nla Commune de Paris avait voulu , en 1793, s'approprier la magnifique\nsalle de la Montansiei, elle lavait accusée d avoir construit ce théâtre\navec l'argent de l'ex-reine, et de l'avoir construiten face de la Bibliothèque"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "169", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.26", "texte": "INAUGURATION DE LA SALLE DE L'OPÉRA\n\ndans lintention criminelle d'y mettre le feu, La Montansier une fois\nemprisonnée, on avait transféré l'Opéra à son théâtre, comme si tout\ndanger eût subitement disparu. L'Opéra était resté là depuis lors,\nmais il était toujours dans l'intention du gouvernement de le transporter\nailleurs. Un soir, M. Courtin, administrateur de l'Opéra, exprima\nà Debret la crainte que l'autorité ne fit bientôt fermer ce théâtre:\nce Déjà, dit-il, on nous a souvent menacés de nous faire déguerpir;\nun ordre peut arriver d'un instant à l'autre, et cela serait d'autant plus\nfâcheux que, comme personne n'a songé à faire un plan à l'avance,\nil y aurait nécessairement une bien longue interruption dans les repré-\nsentations. » Debret profita de ces paroles, et. tout en poursuivant\nses autres travaux, il combina un projet d'Opéra : il se trouva donc\nle premier prêt quand la catastrophe arriva , mais il dut singulièrement\nmodifier ses plans pour les adapter au terrain choisi.\nL'emplacement mis à sa disposition se composait de l'ancien hôtel\nconstruit par Carpentier pour le financier Bouret, occupé ensuite par\nMM. de Laborde et La Reynière, et acheté par le duc de Choiseul,\nlorsqu'il avait fait bâtir le théâtre Fâvart sur la place de son palais :\ncet hôtel était situé sur la rue Grange-Batelière, aujourd'hui rue Drouot,\net les jardins s'étendaient jusqu'à la rue Le Peletier. Ces propriétés\navaient été confisquées lors de la Révolution, et avaient servi en 1793\npour le ministère de la guerre. Le gouverneur de Paris y avait logé\nen 1804. Le gouvernement l'avait acheté, en 1812, pour y placer\nle ministère du commerce et des manufactures, puis, en dernier lieu,\nFétat-major de la garde nationale de Paris : on résolut de construire la\nnouvelle salle sur les jardins, en conservant les bâtiments de l'hôtel pour\nloger l'administration et les services du théâtre.\nLes travaux ne commencèrent que le dimanche 18 août 1820, juste six\nmois après l'assassinat du duc de Berry. Par mesure d'économie, on\navait imposé à l'architecte l'obligation d'utiliser , autant que possible,\nles matériaux de la salle démolie, tels que : colonnes placées à Tinté-\nrieur de la salle, devants des loges, les corniches et la coupole; c'est ainsi\nque la nouvelle salle se trouva être la reproduction presque exacte de l'an-\ncienne (1). Mais cette économie présumée revint fort et Debret\n\n(1) Depuis son inauguration, la salle a subi quelques changements de peu d'impor-\ntance. On a enlevé les stalles de balcon du deuxième étage et avancé les loges jus-\nqu'à la balustrade; puis, sous l'Empire, on a déplacé la loge du souverain qui était de\nface pour la mettre à Favant-scène. Originairement, l'amphithéâtre, où l'on accédait\npar le milieu, n'avait que trois rangs; le parterre en avait quatorze, avec passage\nau milieu, et l'orchestre n'en avait que deux : on y arrivait par les coins."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ny dépensa quatre fois plus d'argent qu'il n'avait annoncé. Ce fut une dé-\npense totale de 2,287,000 francs, fournis en partie par l'Etat, en partie\npar la liste civile. Ell ce temps-là, les chambres n'étaient pas d'humeur\naccommodante sur le chapitre pécuniaire, et l'on tracassa fort Debret\nt\nsur ses devis dépassés.\nLe malheureux architecte n'avait même pas pour se consoler les suf-\nfrages de la foule, et les Parisiens, si enclins à tout critiquer dès l'abord,\ns'en donnaient à cœur joie sur son Opéra de bois et de moellons. Il y\navait assez longtemps qu'on reprochait au gouvernement la sage écono-\nmie qu'il avait faite en n'achetant pas toutes les maisons du boulevard\npour que la salle eût sa façade de ce côté ; sitôt que le monument de la rue\nLe Peletier prit tournure, les critiques ne cessèrent de pleuvoir sur ce-\nlui qui l'avait dessiné, Pourquoi ces huit grandes colonnes n'ont-elles\nrien à supporter? disaient ceux qui se donnaient pour experts en archi-\ntecture. Pourquoi ces colonnes d'un ordre différent, placées dans les\nentrecolonnements, lorsque des cariatides n'y auraient formé aucun dis-\nparate? Pourquoi ces larges baies de croisées dans un édifice occupé\npendant la nuit? Pourquoi huit muses seulement décorent-elles la\nfaçade? etc., etc, On fit courir aussi une foule de bons mots plus ou\nmoins piquants sur l'extrême simplicité de la façade. On remarqua\nqu'elle offrait beaucoup de rapports avec celle d'un restaurateur de la\nplace du Châtelet, à l'enseigne du Veau qui Tete. On rapportait qu'un\nplaisant à qui Ton demandait le chemin du nouvel Opéra, avait répondu :\n(( La troisième porte cochère à votre droite. » Et comme il n'y avait eu\nplace que pour huit muses, chacun allait disant que celle qui manquait\nétait la muse de l'architecture. Et pourtant cette façade dont on blaguait\ntant la simplicité, la pureté de style, était une heureuse réminiscence de\nla basilique de Vicence, la Ragione, qui passe pour le chef-d'œuvre de\nPalladio.\nIl ne faudrait pas croire qu'on s'en tînt à la décoration extérieure; la\nraillerie s'attaquait aussi aux dispositions intérieures sans en rien con-\nnaître, N'avait-on pas répandu le bruit que les spectateurs du parterre\nne pourraient pas communiquer avec les autres places et seraient exclus\ndu foyer? Le Journal de Paris relève vivement cette attaque, en disant\nque « jamais l'administration, ni l'architecte, n'avaient songé à établir\nune distinction injurieuse entre des spectateurs qui avaient tous les\nmêmes droits... Quel profit, ajoutait-il, trouve-t-on à répandre des bruits\naussi ridicules? » Aucun, mais le plaisir était précisément de les ré-\npandre pour donner du tintouin à l'architecte et à l'administration.\nL'inauguration de la nouvelle salle eut lieu le jeudi 16 août 1821 :"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.28", "texte": "INAUGURATION DE LA SALLE DE L'OPÉRA\n\non y avait donc travaillé pendant un an et trois jours (i). Voici la\ncomposition du spectacle d'ouverture :\nACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE\nPour l'ouverture\nPremière représentation de la reprise des\nBAYADÈRES\nOpéra en trois actes, de MM. DE JOUY et CATEL\nOlkar, DÉRIVIS. Demaly, NOURRIT. Narséa et Hidéram, BONEL. —-\nRutrem, ÊLOI. Rustan, LAFEUILLADE, Salcan, PRÉVOST.\nLaméa, Mraes BRANCHU.—Dévéda, LEBRUN.— Ixora, REINE, Divané, MÉNARD.\nTrio des Bayadèrës : Mmes GAILLET, MÉNARD, LEBRUN.\nPremier acte : MARINETTE BOISSIÈRE, VIRGINIE HULLIN, BERTIN,\nBROCARD.\nDeuxième acte : MM. MÉRANTE, RAGAINE, LALANDE.\nPas du Schaal : MM. MONTJOIE, PECQUEUX, FAUCHER, QUILLET,\nMrae ANATOLE GOSSELIN.\nLE RETOUR DE ZÉPHIRE\nBallet en un acte, de MM. GARDEL et STEIBELT.\nZéphire, PAUL; Apollon, SEURIOT; Esculape, GUIFFARD ;\nTerpsichore, Mme ANATOLE GOSSELIN; Flore, Mlle AIMÉE ; Diane, Mlle ADÉLAÏDE;\nLes Fleurs, M'ncs ÉLIE, HULLIN, BERTIN, BURON.\nPas de Deux :M. RICHARD, Mlle PAUL.\nDès le milieu de la journée, toutes les rues environnant l'Opéra\nétaient garnies de monde; mais c'était des curieux plutôt que des specta-\nteurs, et cette solennité n'attira pas une foule aussi grande qu'on pour-\nrait le supposer. Diverses circonstances se trouvaient concorder, qui\natténuèrent sensiblement l'attrait de cette cérémonie. D'abord la direc-\n\n(1) Je crois bon de donner ici la liste des collaborateurs de Debret dans cette vaste\nconstruction. Il s'était fait aider de MM. Guerchy et Grignon. Pour la salle, M. Bellu\navait fait la charpente; MM. Chatenet et Constant, la maçonnerie; MM. Héron et\nTravers, la serrurerie. Pour le théâtre, M. Albouy avait fait la charpente; M. Gouffier,\nla maçonnerie; M. Poullain, la menuiserie ; M. Albouy jeune, la serrurerie ; M. Ciceri,\nla peinture, et M. Hirtch, les ornements. Les moyens de chauffage, d'éclairage et\nd'assainissement étaient dus à M. Darcet, membre de l'lnstitut, M. Gingembre, ancien\ninspecteur-général des monnaies, et M. Jecker, opticien de la marine."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntion, sachant bien que ce soir-là le public serait tout yeux et écouterait\nla musique d'une oreille distraite, avait composé le programme d'ou-\nvrages extrêmement connus; de plus, il faisait une chaleur assez forte;\non savait, en outre-, que toutes les loges étaient louées à l'avance, et l'on\npouvait craindre de ne pas trouver place. Il y avait enfin, le même soir,\nquatre premières représentations sur différents théâtres : le Philosophe\nen voyage, de Paul de Kock, musique de Kreubé et Pradher, à l'Opéra-\nComique; le Traité de Paix, de Dartois et Brizé, au Vaudeville; le\nMariage enfantiny de Scribe, au Gymnase, et les Epoux de quinze\nans, de Paul, à laGaîté. Croirait-on que des pièces aussi peu impor-\ntantes, un-opéra comique médiocre et trois vaudevilles en un acte, aient\npu faire sérieuse concurrence à l'inauguration de l'Opéra? Le goût du\npublic a singulièrement changé depuis cinquante ans, et M. Garnier n'a\nrien à craindre à cet égard pour le jour, encore éloigné, où Ton ouvrira\nla salle du boulevard des Capucines. Enfin de compte, on ne dut refuser\npersonne; à sept heures il y avait encore beaucoup de places libres, sauf\ndans les loges, et la salle ne fut complètement garnie que vers le milieu\nde la représentation. La recette s'éleva au chiffre honorable, mais peu\nextraordinaire de 9,251 fr. ioc. (i).\nLa représentation se ressentit du peu d'empressement du public et fut\nassez froide. Dès que les musiciens parurent dans l'orchestre, on ré-\nclama à grands cris l'air: Vive Henri IV, L'orchestre ne se fit pas prier\npour satisfaire à celte demande, et exécuta l'air national avec des varia-\ntions de Paër, tout comme on aurait joué, il y a quatre ans : Partant\npour la Syrie.\nLes journaux du temps consacrent chacun un article —pas davantage\n—à rendre rapidement compte de l'ouverture du théâtre.\nEn journal officiel pénétré de l'importance de sa mission, 1e Moniteur\nuniversel loue tout le monde. Il fait un historique rapide de l'opéra en\nFrance, puis défend le ministre pour le choix de l'emplacement qu'on\navait critiqué de toutes parts; il parle ensuite en termes très favorables\ndu monument de Debret, et termine ce long article en disant qu'il « ne\nblâmera pas l'administration d'avoir ouvert par un spectacle très connu;\nil faut donner quelque chose à la curiosité, à l'attrait de la nouveauté :\npour de telles représentations, l'auteur dont on donne l'ouvrage, les\n\n(i) L'Opéra jouait alors les dimanches, mardis et vendredis. Prix des places :\nBalcon, io fr ; premières loges, deuxièmes en face, avant-scène, amphithéâtre et\norchestre, 7 fr. c.; secondes de côté, troisièmes en face, baignoires, 6 fr. ; troi-\nsièmes de côté, 4 fr.; quatrièmes, cinquièmes en face et parquet, 3 fr. 50."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.30", "texte": "INAUGURATION DE LA SALLE DE L'OPÉRA\n\nacteurs qui l'exécutent sont presque toujours sacrifiés. On n'est pas\nvenu pour eux, on est venu pour voir la nouvelle salle, et pour s'y faire\nvoir, »Si cette réflexion était déjà vraie à cette époque, combien ne\nl'est-elle pas davantage de nos jours !\nLe Miroir affirme ses tendances libérales dans cette phrase caractéris-\ntique : v Les piétons savaient gré àM. Debret de toutes les précautions\nqu'on a prises pour l'entrée et la sortie, des issues ménagées avec art et\ndes abris préparés avec soin; les personnes du parterre, toutes surprises\nd'avoir des places commodes, félicitaient l'architecte de ne point avoir\noublié qu'à l'époque où nous vivons, il ne suffit pas de satisfaire les pre-\nmières loges; l'opinion du parterre a bien autant d importance. »Il faut\nque nous soyons devenus singulièrement sybarites, car les places de\nparterre, qui paraissaient alors si « commodes, » nous semblaient, à nous,\nextrêmement étroites et incommodes. Le même journal se montre satis-\nfait de l'exécution : « Tous les acteurs ont rivalisé de zèle, dit-il ; ma-\ndame Branchu, Dérivis et Nourrit ont été revus avec le plus grand\nplaisir. Cependant on remarquait dans leur jeu certain embarras qui\nnaissait de la nouvelle épreuve qu'ils avaient à subir : il n'est pas si\nfacile qu'on le pense de quitter un modeste appartement pour se loger\ndans un palais, etc »Je vous fais grâce de la suite de la méta-\nphore.\nAprès avoir rendu justice à l'œuvre de Debret, le Journal de Paris\nloue Jouy d'avoir réduit son opéra en trois actes en mettant le dénoue-\nment en action, puis il ajoute :« La musique des Bayadères est l'une\ndes productions les plus remarquables de notre école : cette partition et\ncelle de Sémiramis ont placé M. Catel à côté de Cherubini et de Méhul.\nCependant l'effet général de la représentation a été froid : entre le second\net le troisième acte, madame Branchu qui, jusqu'à ce moment, avait joué\net chanté d'une manière contrainte, a fait réclamer l'indulgence du pu-\nblic pour une indisposition qui lui ôtait une partie de ses moyens... Mais\nsi Topera a été faiblement exécuté, la danse aeu tous les honneurs de la\nsoirée :le joli ballet du Retour de Zéphyre a fait le plus grand plaisir et\nla cour brillante de Terpsichore continuera d'être le plus ferme soutien\nde l'Académie royale de musique. »\nToujours bien informé, le Constitutionnel annonce le i 3 août que,\nbien qu'on travaille jour et nuit, l'Opéra ne pourra être inauguré avant\nun mois, puis le lendemain il dément sèchement cette nouvelle comme\nsi c'était un autre journal qui l'eût donnée. Au lendemain de la repré-\nsentation, Evariste Dumoulin fait un compte-rendu à la diable où il\nreproduit les doléances des danseuses, se plaignant qu'on ait supprimé"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.31", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nla porte de communication qui permettait aux abonnés de venir « les\nadmirer. » Quelques jours après, le même journaliste exprime la crainte\nque l'architecte n'ait « pas fidèlement observé les règles de l'acous-\ntique. »\nLe rédacteur des Débats, G. (ce n'était pas Castil-Blaze qui était allé\nà l'Opéra-Comique) devait être de bien ne échante humeur en entrant à\nl'Opéra, car il déclare tout mauvais. Il trouve la salle mal éclairée, il se\nplaint du vernis qui tache ses vêtements et dont l'odeur le prend à la\ngorge, il blâme le directeur pour le choix de ses pièces, Jouy pour les\nretouches qu'il a faites à son poème, il traite fort mal les chanteurs qui\nsont tous enroués et chantent faux à qui mieux mieux, il trouve enfin que\nle ballet dtZéphyre est une des moins heureuses et moins riches con-\nceptions de M. Gardel; bref, il passe là la plus désagréable soirée du\nmonde,\nLe critique de la Quotidienne est encore plus absolu, il s'est esquivé\naprès le premier acte pour ne pas « subir » encore une fois l'opéra de\nCatel. Il se gardera donc de rien juger par lui-même, il se contente, en\neffet, de rapporter tous les on-dit les mauvais seulement de ses\nconfrères, et conclut par cette plaisanterie fine que « provisoirement,\nla salle est fort mal éclairée. »\n« Le 16 août 1821 est un jour qui doit être marqué d'une pierre blan-\nche. L'inauguration du nouveau temple de Polymnie et de Terpsi-\nchore— Martinville qui parle ce beau langage au Drapeau blanc\net quatre pièces nouvelles à divers théâtres attiraient les curieux, et les\npartageaient après un moment d'indécision. On a raison de dire qu'à Pa-\nris la curiosité ne connaît ni obstacles ni saisons... Voilà donc; dans la\nmême soirée, cinq nouveautés dont aucune n'est tout à fait nouvelle,\npas même la salle de l'Opéra. »\n« Un cri général qui s'est élevé de toutes les loges de côté, dit plaisam-\nment la Galette de France, atteste que, sur dix personnes qu'elles con-\ntiennent, quatre sont condamnées à s'en rapporter au récit des autres. »\nCe journal traite sans pitié les chanteurs : « Si l'amour-propre avait\naveuglé les acteurs avant la représentation, il faut avouer du moins\nqu'ils sont bientôt revenus à un sentiment plus modeste et plus juste de\nleurs facultés. Le public se prononçait si fortement, qu'il a fallu, pour le\ncalmer, lui envoyer un ambassadeur chargé de réclamer son indulgence\npour l'actrice principale. Madame Branchu s'est noblement sacrifiée pour\ntout le harem du raja, et pour le raja lui-même. Elle a été prodigieuse-\nment faible, il est vrai; mais il n'y avait là personne qui fût meilleur\nqu'elle... Toujours accessibles aux prières directes, surtout quand elles"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.32", "texte": "INAUGURATION DE LA SALLE DE L'OPÉRA\n\nviennent de la part d'une femme, les spectateurs se sont armés de patience\npendant le reste de la représentation; mais le rideau s7est baissé au mi-\nlieu de certains murmures, 011 pourrait dire de certains bruits, qui\nattesteraient que cette patience était à bout. »\nIl résulte de cette revue rétrospective des journaux que le désaccord le\nplus complet règne entre eux sur la Valeur des Bayadèrcs et sur le mé-\nrite de l'exécution, mais, qu?à quelques restrictions près, ils s'entendent\ntous pour reconnaître la beauté et la sonorité de la salle, la commodité\nde ses abords, la magnificence du foyer, et aussi la froideur extrême\nde cette inauguration qui n'eut aucun caractère solennel.\nDeux menus détails de cette soirée. Entre l'opéra et le ballet, le li-\nbraire de FOpéra, Roullet, qui voulut aussi prendre sa part delà fête, fîr\ndistribuer gratis le prospectus d'une Botanique de J.-J. Rousseau, édi-\ntion de luxe, ornée de fleurs peintes par Redouté et qui allait paraître\nchez les frères Baudoin (n'a-t-on pas vu de nos jours des maisons de\nconfections inonder de leurs prospectus des salles de théâtre?); puis au\nfoyer l'attention générale était attirée par une pendule dont le mécanisme\ncaché excitait vivement la curiosité. On en pouvait tourner à volonté\nl'aiguille comme celle d'un jeu de loterie et la mettre sur n'importe quel\npoint du cadran ; en quelques secondes, l'aiguille se replaçait d'elle-même\nsur l'heure exacte.\nTrois jours après , un journal publiait en première page la lettre que\nvoici, d'une fantaisie grivoise et spirituelle au possible :\nÀ M. le rédacteur du JOURNAL DE PARIS.\nParis, 19 août 1821.\nMonsieur\nPermettez que nous vous adressions de justes réclamations contre les\néloges que nous entendons faire de la nouvelle salle de l'Opéra. Est-il donc\nsi intéressant que le public puisse entrer et circuler commodément, que les\nspectateurs y soient assis à leur aise?\nTous ces avantages ne suffisent pas pour constituer une bonne salle d'Opéra ;\nqu'importe que l'architecte ait songé à tous ces détails très secondaires, s'il a\noublié le principal.\nCroiriez-vous bien, monsieur, que dans le nouvel Opéra il ne se trouve pas\nune seule porte au moyen de laquelle on puisse communiquer du théâtre avec\nl'intérieur de la salle. Il y en avait une, cependant, au théâtre de la Porte-\nSaint-Martin et à celui de la rue de Richelieu. Dans le cours des représenta-\ntions, nos admirateurs habitués pénétraient par cette bienheureuse porte dans\nles coulisses; ils venaient nous féliciter de nos triomphes, admirer de plus"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.33", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nprès nos charmes, et convenir des conditions et de la durée de nos liai-\nsons.\nLe théâtre se trouvait transformé en un bazar où l'on voyait les envoyés de\ntous les pays de l'Europe. Que d'affaires importantes ont été traitées dans ces\nentrevues, où l'on s'occupait d'équipages, de cachemires et de sentiment! Ces\nrelations avaient même un caractère dç diplomatie qui aurait dû les faire res-\npecter. Que ces jours étaient beaux et que ceux qui leur ont succédé leur res-\nsemblent peu !\nAujourd hui, que cette petite porte n'existe plus, nous ne voyons plus\npersonne dans les coulisses, où nous sommes reléguées tristement. Nous ne\ntrouvons pas à qui parler, et nous sommes réduites à danser uniquement\npour le public. Les applaudissements du parterre ne valent pas, vous pouvez\nm en cioire, les témoignages de contentement qui étaient le prix de nos\nsuccès.\nUnissez vos eflorts aux nôtres, monsieur le rédacteur, pour obtenir que la\nbienheureuse petite porte soit rétablie. Représentez à l'administration qu'il\ny a urgence, periciilum in mord, et que le sort de nos voitures et de nos dia-\nmans en dépend. Nous proportionnerons notre reconnaissance à l'étendue\ndu service ; c est vous dire assez que vous pouvez attendre tout de\nnous.\nNous avons, monsieur, 1 honneur d'être, au nom des danseuses et figu-\nrantes de 1 Opéra, vos très soumises et très obéissantes servantes,\nFLIC-FLAC, BRISÉE, RIGAUDON, PLIÉE, PETITPAS,\nIl y a tout lieu de croire que M. de Lauriston, ministre de la maison\ndu roi, et M. Papillon de la fierté, surintendant des théâtres royaux,\naccueillirent cette requête galante et qu'on perça au plus vite la petite\nporte qui devait permettre aux demoiselles du ballet de reprendre le\ncours de leurs « affaires importantes. »\n\nADOLPHE JULLIEN."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.34", "texte": "IL\nI 2\n\nLE RÉPERTOIRE\nET\nLE PERSONNEL DE L'OPÉRA\nDu 16 Août 1821 au 29 Octobre 1873.\n\nu 16 août 1821, jour de l'inauguration delà dernière\nsalle de l'Opéra, jusqu'au 29 octobre iBy3, date de sa\ndestruction par le feu, c'est-à-dire dans un espace de\ncinquante-deux ans, deux mois et treize jours,, il a été\ndonné sur notre première scène lyrique 162 ouvrages\ndramatiques nouveaux, dont 98 opéras et 64 ballets,\nauxquels il faut ajouter 3 oratorios et 28 cantates de divers genres. Il\nest bien entendu qu'il faut compter, dans le nombre des opéras nouveaux,\nles traductions ou les adaptations d'ouvrages étrangers, tels que Moïse,\nte Siège de Corinthe, Othello, S émir ami s, Don Juan, /e Freischut\nTannhaûser, etc. Parmi les opéras, on trouve 27 ouvrages en cinq\nactes, 18 en quatre actes, 22 en trois actes, 21 en deux actes et 10 en un\nacte; pour les ballets, il en est 3 en quatre actes, 26 en trois actes, 26\nen deux actes, et 9 en un acte. Les cantates se décomposent en deux\nparts ; l'une, comprenant les scènes lyriques couronnées par l'Acadé-\nmie des Beaux-Arts pour le concours de Rome, et qui sont au nombre\nde 6 : l'autre, se rapportant aux compositions de circonstance dont\nl'empire faisait un si grand abus pour toutes sortes de faits politiques ou\ndynastiques, et qui atteignent le chiffre de 22.\nNous allons, sans un plus long préambule, dresser ici le répertoird\ncomplet des ouvrages nouveaux représentés sur la scène que la journée\ndu 29 octobre a vu disparaître, après un demi-siècle d'une existence"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.35", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nbrillante. Bien malgré lui, l'Opéra est en ce moment réduit au silence;\nil n'est que juste de constater ses beaux états de service dans le domaine\nde l'art, et de rappeler la belle série de chefs-d'œuvre qu'il a présentés au\npublic pendant cette longue période. Au courant de la plume, nous no-\nterons au passage les faits oubliés ou ignorés qui, pour certains ouvra-\nges, nous semblent dignes de quelque attention.\nAladin, ou la Lampe merveilleuse, opéra-féerie en 5 actes, paroles\nd'Etienne, musique de Nicoloet Benincori.— 6 février 1822.\nNicolo étant mort avant d'avoir pu achever la partition de cet ou-\nvrage, Benincori fut chargé de le terminer ; mais celui-ci mourut lui-\nmême avant d'avoir accompli sa tâche, et ce fut Habeneck qui écrivit\nles derniers morceaux. Habeneck, cependant, ne fut jamais nommé\ncomme l'un des auteurs d'Aladin.\nFlorestan, ou le Conseil des Dix, opéra en un acte, paroles de Delrieu,\nmusique de Garcia. 26 juin 1822.\nLe 12 juin 1819, on avait représenté à l'Opéra-Comique un ouvrage\nen trois actes, intitulé Marini, paroles de Delrieu, musique de Dourlen,\nqui n'avait obtenu aucun succès. C'est le poème de Marini, refait par son\nauteur, qui devint celui de Florestan, et fut mis en musique par Garcia.\nIl n'eut pas plus de succès que sous sa première forme.\nAlfred le Grand, ballet en 3 actes, d'Aumer, musique du comte de\nGallenberg. lB novembre 1822.\nSapho, opéra en 3 actes, paroles d'Empis et Cournol, musique de\nReicha. l6 décembre 1822.\nCendrillon, ballet en 3 actes, paroles d?Albert (Decombe), musique de\nFerdinand Sor. 3 mars 1823.\nVirginie, opéra en 3 actes, paroles de Désaugiers, musique deßerton.\nll juin 1823.\nLasthénie, opéra en un acte, paroles de Chailloo, musique d'Hérold.\n8 septembre 1823.\nAline, reine de Golconde, ballet en 3 actes, d'Aumer, musique de\nDugazon.— ier octobre 1823.\nAu mois d'avril 1766, l'Académie de musique avait représenté un\n' opéra en trois actes intitulé Aline, reine de Golconde, paroles de Sedaine,\nmusique de Monsigny. Plus tard, Berton avait repris ce sujet pour\nl'Opéra-Comique, et en avait fait l'un de ses trois chefs-d'œuvre, qui\nétait encore très populaire à l'époque où fut représenté le ballet de Du-\ngazon. Celui-ci se servit beaucoup de la musique de Berton, qui aida puis-\nsamment au succès de ce ballet.\nVendôme en Espagne, opéra en un acte, paroles d'Empis et Menne-\nchet, musique d'Auber, Boieldieu et Hérold. 5 décembre 1823."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.36", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nLe Page inconstant, ballet en trois actes, de Dauberval et Aumer,\nmusique de... 18 décembre 1823.\nGomme un grand nombre de ceux représentés à l'Opéra à cette époque,\nce ballet avait été donné précédemment à Bordeaux.\nIpsiboé, opéra en 4 actes, paroles de Moline de Saint-Yon, musique de\nRodolphe Kreutzer. 3i mars 1824.\nLes Deux Salem, opéra-féerie en un acte, paroles de Paulin de Lespi-\nnasse, musique de Daussoigne-Méhuh\n.Zémire et A\\or, ballet en 3 actes, de Dèshayes, musique de Schneittz-\nhoëffer. 20 octobre 1824.\nSchneittzhoëffer, timbalier à l'Opéra, n'était pas le dernier à trouver bar-\nbare la construction de son nom. Aussi, ses cartes de visite étaient-elles\nainsi libellées : Schneittzhoëffer, prononcez Bertrand.\nLa Belle au bois dormant, opéra-féerie en 3 actes, paroles de de Pla-\nnard, musique de Garafa. 2 mars 1825.\nPharamond, opéra en 3 actes , paroles d'Ancelot, Alexandre Gui-\nraud et Soumet, musique de Berton, Boieldieu et Kreutzer. 10 juin\n1825.\nOuvrage de circonstance, écrit à l'occasion du sacre de Charles X. On\nsait combien le Gouvernement de la Restauration aimait ces sortes de pro-\nductions, dans lesquelles l'art n'a que bien peu de chose à voir.\nDon S anche cV Aragon, ou le Château d'Amour, opéra-féerie en un\nacte, paroles de Théaulon et de Rancé, musique de Fr. Liszt. —l7 oc-\ntobre 1825.\nLe futur abbé Liszt, plus tard biographe de Chopin, compositeur ro-\nmantique et panégyriste de Richard Wagner, alors enfant prodige,\nétait à peine âgé de quatorze ans lorsqu'il écrivit la musique de Don\nS anche.\nCantate, paroles de Désaugiers, musique de —4 novembre 1825 .\nNi Castil-Blaze, ni M.Gustave Chouquet, dans leurs répertoires de l'O-\npéra, n'ont mentionné cette cantate, Elle est ainsi indiquée dans 1.4/-\nmanach des Spectacles de 1826 : «4 novembre. Gratis, à l'occasion de\nla Saint-Charles, Pharamond et les Pages du duc de Vendôme. Dans un\nentr'acte on a exécuté une cantate de M. Désaugiers. »\n(A la date du ier février 1826, se place une autre production qui n'a\njamais été mentionnée non plus et dont la trace se retrouve encore dans\nY Almanach des Spectacles. Celle-ci étant étrangère, n'a point le droit,\npeut-être, de prendre place dans le répertoire de l'Opéra, mais le\nnom de son auteur empêche pourtant qu'on le passe sous silence.\nVoici la mention de Y Almanach à son sujet: « février. Première rc-\nprésentation au bénéfice de M. Vestris, dont le début à ce théâtre\ndate du mois de mai 1771 (il avait donc près de cinquante-cinq ans de\nservice); // consiglio DeïDiletîantï, intermède de M. Rossini, exécuté par les\npremiers artistes du Théâtre-Italien ; les Jeux de ï Amour et du Hasard,\ncomédie;le troisième acte d'Oîëilo, et Paul et Virginie, ballet dans lequel\nle bénéficiaire a joué le rôle de Domingo. On a fait plus de 10,000 francs\nde recette. » Je n'ai pas le loisir de rechercher en ce moment ce-que pou-\nvait être cet intermède, et pour cela serait-il singulièrement difficile à\nretrouver. Mais le fait ne men a pas moins semblé intéressant à rap-\npeler. )"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.37", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nMars et Vénus, ou les Filets de Vulcain, ballet en 4 actes, de Blache\npère, musique de Schneittzhoëffer. 29 mai 1826.\nCe ballet avait été représenté précédemment à Bordeaux, à Lyon et à\nMarseille.\nLe Siège de Corinthe, opéra en 3 actes, paroles de Balocchi et Soumet,\nmusique de Rossini. 9 octobre 1826.\nC'est une traduction, ou plutôt une adaptation du Maometto de Ros-\nsini. Le compositeur remania sa partition et y ajouta plusieurs morceaux\nnouveaux, entre autres la fameuse Bénédiction des drapeaux.\nAstolphe et Joconde, ou les Coureurs d'aventures, ballet en deux\nactes, d'Aumer, musique d'Hérold. 29 janvier 1827.\nMoise, opéra en 4 actes, paroles de Balocchi et de Jouy, musique de\nRossini. 26 mars 1827.\nAdaptation du Mosè italien. Rossini revit sa partition, qu'il augmenta\nde plusieurs morceaux nouveaux.\nLe Sicilien, ou VAmour peintre, ballet en un acte (d'après la pièce\nde Molière), de Petit, musique de Ferdinand Sor et Schneittzhoëffer.—\n11 juin 1827»\nMacbeth, opéra en 3 actes, paroles de Rouget de Lisle et Aug. Hix,\nmusique de Chelard. 29 juin 1827.\nChelard, artiste d'un grand talent, mais peu heureux en France, alla\nplus tard s'établir en Allemagne où son Macbeth, traduit, obtint un im-\nmense succès.\nLa Somnambule, ou l'Arrivée d'un nouveau seigneur, ballet en 3 actes,\nde Scribe et Aumer, musique d'Hérold. 19 septembre 1827.\nLa Muette de Portici) opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Germain\nDelavigne, musique d'Auber. 29 février 1828,\nLe comte Ory, opéra en 2 actes, paroles de Scribe et Delestre-Poir-\nson, musique de Rossini. 20 août 1828.\nScribe et Poirson avaient donné au Gymnase, en 1816, un joli petit\nvaudeville, intitulé le Comte Ory ; d'autre part, en 1825, Rossini avait\nécrit pour le Théâtre Italien, et à l'occasion du sacre de Charles X, un\nopéra de circonstance :Il Viaggio a Reims, ossia VAlbergo del Giglio\nd'oro. Scribe et Poirson remanièrent leur vaudeville pour l'adapter à la\nmusique du Viaggio a Reims, Rossini écrivit pour le nouvel ouvrage\ndivers nouveaux morceaux, et le tout parut à l'Opéra, avec le plus grand\nsuccès, sous le titre du Comte Ory.\nLa Fille mal gardée, ballet en 2 actes, de Dauberval et Aumer, mu-\nsique d'Hérold. 17 novembre 1828.\nReprésenté précédemment à Bordeaux.\nLa Belle au bois dormant, ballet en 4 actes, de Scribe et Aumer,\nmusique d'Hérold. 27 avril 1829.\nGuillaume Tell, opéra en 4 actes, paroles d'Hipp. Bis et de Jouy,\nmusique de Rossini. 3 août 1829."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.38", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nFrançois /er à Chambord, opéra en 2 actes, paroles de Moline de\nSaint-Yon et Fougeraux, musique de Prosper de Ginestet. —l5 mars\niB3o.\nManon Lescaut, ballet en 3 actes, de Scribe et Aumer, musique d'Ha-\nlévy. 3 mai 1830.\nLe Dieu et la Bayadère, opéra-ballet en 2 actes, paroles de Scribe,\nmusique d'Auber. i 3 octobre iB3o.\nEuryanthe, opéra en 3 actes, paroles françaises de Castil-Blaze, musi-\nque de Karl-Maria de Weber. 6 avril 1831.\nTraduction de l'opéra de Weber, dans laquelle Castil-Blaze introduisit\ndeux morceaux d'Oberon.\nLe Philtre, opéra en 2 actes, paroles de Scribe, musique d'Auber.\n20 juin 183 r.\nL'Orgie, ballet en 3 actes, de Scribe et Coralli, musique deCarafa.\n18 juillet 1831.\nRobert-le-Diable, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Germain De-\nla vigne, musique de Meyerbeer. —-21 novembre 1831.\nLa Sylphide, ballet en 3 actes, d'Adolphe Nourrit et Taglioni, musi-\nque de Schneittzhoëffer. 12 mars 1832.\nLa Tentation, ballet-opéra en 5 actes, parole de Gavé, musique d'Ha-\nlévy et Gide. 20 juin 1832.\nHalévy écrivit toute la partie chantante de cet ouvrage, et Gide toute\nla partie dansante.\nLe Serment ou les Faux Monnayeurs, opéra en 3 actes, paroles de\nScribe et Mazères, musique d'Auber. lERIER octobre 1832.\nNathalie, ou la Laitière suisse, ballet en 2 actes, de Taglioni, musi-\nque de Gyrowetz et Carafa. 7 novembre 1832.\nCe ballet avait été représenté précédemment à Vienne, avec la musique\nde Gyrowetz. Lorsqu'on le monta à Paris, Carafa fut chargé d'en remanier\nla partition.\nGustave 111, ou le Bal masqué, opéra en 5 actes, paroles de Scribe,\nmusique d'Auber. 27 février 1833.\nAli-Baba, ou les Quarante Voleurs, opéra en 4 actes et un prologue,\nparoles de Scribe et Mélesville, musique de Cherubini. 22 juillet 1833.\nDernier ouvrage dramatique de Cherubini, et l'un des moins heureux,\nLa Révolte au Sérail, ballet en 3 actes, de Taglioni, musique de\nTh. Labarre. 4 décembre 1833.\nDon Juan, opéra en 5 actes, paroles françaises de Castil-Blaze, Henri\nBlaze et Emile Deschamps, musique de Mozart. 10 mars 1834.\nTraduction du Don Giovanni de Mozart. Lorsque l'ouvrage fut repris\nen 1866, avec Faure dans le rôle de don Juan, on y ajouta un ballet, dont\nM. Auber puisa les éléments dans diverses productions instrumentales"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.39", "texte": "LA. CHRONIQUE MUSICALE\n\nde Mozart. Le musicien français y rit entrer, entre autres, un menuet de\nsymphonie du maître, etlafameuse Marche turque, dont M. Prosper Pas-\ncal s'était servi comme entr'acte dans sa traduction de ïEnlèvement au\nSérail, donné au Théâtre Lyrique. Malgré notre respect pour le génie\nd'Auber, nous devons avouer que son instrumentation delà Marche tur-\nque nous paraît inférieure à celle de M. Prosper Pascal.\nLa Tempête, ou Vile des Génies, ballet en 2 actes, d'Ad. Nourrit et\nCoralli, musique de Schneittzhoëffer. 10 septembre 1834.\nLa Juive, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique d'Halévy\n20 février 18 35 .\nBrésilia, ou la Tribu des Femmes, ballet en i acte, deTaglioni, mu-\nsique du comte de Gallenberg. - 8 avril 183 5.\nVile des Pirates, ballet en 4 actes, d'Henri (Bonnachon) et Ad.\nmusique de Gide et Carlini. 12 août 1835.\nF\nLes Huguenots, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Emile Des-\nchamps, musique de Meyerbeer. 29 février 1836.\nLe Diable boiteux, ballet en 3 actes, d'Ad. Nourrit, Burat de Gurgy et\nCoralli, musique de Gide. ierjuin i 836.\nLa Fille du Danube, ballet en 2 actes, cle Taglioni, musique d'Adam.\n- 21 septembre 1836.\nLa Esmeralda, opéra en 4 actes, paroles de Victor Hugo, musique de\nmademoiselle Louise Bertin. - 14 novembre 1836.\nStradella, opéra en 5 actes, paroles d'Emile Deschamps et Émilien\nPacini, musique de Niedermeyer. 3 mars iB3y.\nLes Mohicans, ballet en 2 actes, de Guerra, musique d'Adam.\n5 juillet 1837.\nN'eut que trois représentations.\nLa Chatte métamorphosée en femme, ballet en 3 actes, de Ch. Du-\nveyrier et Coralli, musique de Montfort.— 16 octobre 1837.\nGuido et Ginevra, ou la Peste de Florence, opéra en 5 actes, paroles\nde Scribe, musique d'Halévy. 5 mars 1838,\nTraduit en italien, cet ouvrage fut représenté au Théâtre Italien de\nParis, en 1870.\nLa Volière, ou les Oiseaux de Boccace, ballet en 1 acte, de Thérèse\nEissler, musique de Gide. 5 mai 1838.\nN'eut que quatre représentations.\nBenvenuto Cellini, opéra en 2 actes, paroles de Léon de Wailly et\nAuguste Barbier, musique d'Hector Berlioz. 3 septembre 1838.\nLa Gipsy, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges etMazillier, musique\nde Benoist, Ambroise Thomas et Marliani. 28 janvier 1839.\nLa musique, du premier acte est de Benoist; celle du second, d'Am-\nbroise Thomas; celle du troisième, de Marliani."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.40", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nLe Lac des Fées, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Mélesville,\nmusique d'Auber. icr avril 1839.\nLa Tarentule, ballet en 2 actes, de Scribe etCoralli, musique de Gide.\n24 juin 1839.\nLa Vendetta, opéra en 3 actes, paroles de Léon (Pillet) et Adolphe\n(Vaunois), musique de H. de Ruolz. 11 septembre 1839.\nM. de Ruolz, qui abandonna plus tard la musiquepour l'industrie, est\nl'inventeur du procédé de galvanoplastie, connu sous le nom de procédé\nRuolz.\nLa Xacarilla, opéra 1 acte, paroles de Scribe, musique de Marliani.\n28 octobre 1839.\nLe comte Aurelio Marliani, auteur de plusieurs opéras italiens repré-\nsentés dans sa patrie, était depuis plusieurs années fixé en France, lors-\nqu'éclatèrent les événements de ll partit pour l'ltalie, prit du\nservice et fut tué noblement, au mois de juin 1849, en défendant Bologne\ncontre les Autrichiens,\nLe Drapier, opéra en 3 actes, paroles de Scribe, musique d'Halévy.\n6 janvier 1840.\nLes Martyrs? opéra en 4 actes, paroles de Scribe et Ad. Nourrit, musi-\nque de Donizetti. 10 avril 1840.\nTraduction et adaptation du Poliuto de Donizetti.Le compositeur rema-\nnia profondément sa partition, en retrancha plusieurs morceaux et en\nécrivit un grand nombre de nouveaux.\nLe Diable amoureux, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Mazillier,\nmusique de Benoist et Henri Reber. 23 septembre 1840.\nLa musique du premier et du troisième acte est de Benoist; celle\ndu deuxième acte d'Henri Reber.\nLojrse de M ont fort, scènes lyriques, paroles d'Emile Deschamps,\nmusique de François Bazin. 7 octobre 1840.\nC'était la cantate couronnée à l'lnstitut et qui avait valu le grand prix\nde Rome à M. Bazin.\nLa Favorite, opéra en 4 actes, paroles d'Alphonse Royer et Gustave\nWaëZj musique de Donizetti. 2 décembre 1840.\nLe comte de Carmagnola, opéra en 2 actes, paroles de Scribe, musi-\ncPAmbroise Thomas. 19 avril 1841.\nLe Freischutopéra en 3 actes, paroles françaises d'Emilien Pacini et\nHector Berlioz, musique de Karl-Maria de Weber. 7 juin 1841.\nTraduction et adaptation de l'opéra allemand de Weber. Berlioz y ajoute\ndes récitatifs écrits par lui, et des airs de ballet qu'il puise dans les par-\ntitions d'Oberon et de Prcciosa, Il intercale dans le divertissement la\nmerveilleuse Invitation à la valse de Weber, qu'il instrumente d'une\nfaçon lumineuse, en la transposant en ré majeur, le ton de ré bémol étant\ntrop sourd pour l'orchestre.\nGiselle. ou les Willis, ballet en 2 actes, de de Saint-Georges er Théo-\nphile Gautier, musique d'Adolphe Adam. 28 juin 1841."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.41", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLionel Foscari, scène lyrique, paroles du comte de Pastoret, musi-\nque d'Aimé Maillact, i 3 octobre 1841.\nCantate avec laquelle Maillart avait remporté le grand prix à lvlnsti-\ntut.\nLa Reine de Chypre, opéra en 5 actes, paroles de de Saint-Georges,\nmusique d'Halévy.— 22 décembre 1841.\nLe Guérillero, opéra en 2 actes, paroles de Théodore Anne, musique\nd'Ambroise Thomas. 22 juin 1842.\nLa Jolie Fille de Gand, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Al-\nbert, musique d'Adolphe Adam. 22 juin 1842.\nLe Vaisseau Fantôme, opéra en 2 actes, paroles de Paul Foucher,\nmusique de Dietsch. 9 novembre 1842.\nCharles VI, opéra en 5 actes, paroles de Casimir et Germain Delà»\nvigne, musique d'Halévy. i 5 mars 1843.\nAprès avoir obtenu un très grand succès, cet opéra fut brusquement\nretiré du répertoire, à cause du fameux chant national : Guerre aux\ntyrans ! qui, disait-on, pouvait froisser les susceptibilités de nos voi-\nsins d'outre-Manche. Il fut repris au Théâtre-Lyrique il y cinq ou six ans,\nmais ne retrouva pas sa fortune première et disparut au bout de quelques\nsoirées.\nLa Péri, ballet en 2 actes, de Théophile Gautier et Coralli, musique\nde Burgmuller. 17 juillet 1843.\nDom Sébastien de Portugal, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, mu-\nsique de Donizetti.—l3 novembre 1843.\nLadjr Henriette, ou la Servante de Greemvich, ballet en 3 actes, de\nde Saint-Georges et Mazillier, musique de de Flotow, Burgmuller et\nDeidevez. 21 février 1844.\nLe opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, musique\nd'Halévy. 29 mars 1844.\nEucharis, ballet en 2 actes, de Léon Pillet et Coralli, musique de\nDeidevez. 7 août 1844.\nOthello, opéra en 3 actes, paroles françaises d'Alphonse Royer et\nGustave Waëz, musique de Rossini. —. 2 septembre 1844.\nTraduction et adaptation de 1 Otello italien, dans laquelle on fît entrer\nun air de la Donna del La&o et une cavatme de l Itahana in Al £fieri et à\nlaquelle on ajouta un divertissement composé de différents morceaux\nd Armida et de Mathilde di Shabran, arrangés par M. Benoist.\nRichard en Palestine, opéra en 3 actes, paroles de Paul Foucher,\nmusique d'Adolphe Adam. 7 octobre 1844.\nMarie Stuart) opéia en 5 actes, paroles de Théodore Anne, musi-\nque de Niedermeyer.—6 décembre 1844.\nLe Renégat, scène lyrique, paroles du marquis de Pastoret, musique\nde Victor Massé. 21 février 1845."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.42", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\n. Cantate qui avait valu à M. Victor Massé le grand prix de l'lnstitut, Le\nlivret portait pour titre : le Renégat de Tanger.\nLe Diable à Quatre, ballet en trois actes, de de Leuven et Mazillier,\nmusique d'Adolphe Adam. n août 1845.\n/\nL'Etoile de Séville, opéra en 4 actes, paroles d'Hippolyte Lucas, mu-\nsique de W. Balfe. 17 décembre 1845.\nLucie de Lamermoor, opéra en 3 actes, paroles françaises d'Alphonse\nRoyer et Gustave Waëz, musique de Donizetti. 20 février 1846.\nTraduction de la Lucia di Lamermoor, de Donizetti. C'est le premier\nexemple d'un ouvrage emprunté par l'Opéra à un autre théâtre parisien.\nLucie de Lamermoor avait, en effet, été représentée à la Renaissance le\n6 août 1839. Lorsque l'Opéra s'empara de cet ouvrage, la Renaissance\navait disparu.\nMoïse au Sincii, oratorio, paroles de Collin et Sylvain Saint-Étienne\nmusique de Félicien David. 21 mars 1846.\nPaquita, ballet en 2 actes, de Paul Foucher et Mazillier3 musique de\nDeldevez. ier avril 1846.\nDavid, opéra en 3 actes, paroles de Soumet et Félicien Mallefille,\nmusique de Mermet. 3 juin 1846.\nVAme en peine, opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, musi-\nque de de Flotow. 29 juin 1846.\nBetty, ballet en 2 actes, de Mazillier, musique d'Ambroise Thomas.\n10 juillet 1846.\nRobert Bruce, opéra en 3 actes, paroles de Gustave Waëz et Alphonse\nRoyer7 musique de Rossini. 3o décembre 1846.\nPastiche arrangé par Niedermeyer avec la plus grande partie de\nla partition de la Donna del Lago, et des fragments de Zelmira et dVlr-\nmida.\no{aï, ballet en 2 actes, de Coralli, musique de Gide, 26 avril\n1847.\nLa Bouquetière3 opéra en un acte, paroles d'Hippolyte Lucas, musi-\nque d'Adolphe Adam. 3i mai 1847.\nLa Fille de Marbre, ballet en 2 actes5 de Saint-Léon, musique de\nPugni. 21 octobre 1847.\nJérusalem, opéra en 4 actes, paroles françaises d'Alphonse Royer et\nGustave Waëz, musique de Verdi. —26 novembre 1847.\nTraduction et adaptation de l'un des premiers ouvrages de Verdi,\ni Lombardi alla prima Crociata. Le musicien ajouta plusieurs mor-\nceaux nouveaux à sa partition. Le rôle de Gaston fut la dernière créa-\ntion de Duprez, qui était surtout admirable dans la scène de la dégra-\ndation.\nGriseldis, ou les Cinq Sens, ballet en 3 actes, de Dumanoir et Mazil-\nlier, musique d'Adolphe Adam, 16 février 1848."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nL'Apparition, opéra en 2 actes, paroles de Germain Delavigne, musi-\nque de Benoist. 16 juin 1848.\nNisida, ou /es ies Scores, ballet en 2 actes, de Mabille et\nDeligny, musique de Benoist. - 21 août 1848.\nL'Eden, mystère en 2 parties, paroles de Méry, musique de Félicien\nDavid. 25 août 1848.\nLa Vivandière, ballet en un acte, de Saint-Léon, musique de Pugni.\n20 octobre 1848.\nJeanne la Folle, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Gla-\npi sson. 6 novembre 1848.\nLe Violon du Diable, ballet en 2 actes, de Saint-Léon, musique de\nPugni. 19 janvier 1849.\nLe Prophète, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Meyer-\nbeer. - 16 avril 1849.\nLe rôle de l'anabaptiste Zacharie fut la dernière création de Levasseur,\nqui, absent de l'Opéra depuis plusieurs années, y était rentré, sur la\nprière de Meyerbeer, uniquement pour jouer ce rôle, secondaire, mais\nfort important.\nLa Filleule des Fées, ballet en 3 actes et un prologue, de de Saint-\nGeorges et Perrot, musique d'Adolphe Adam et de Saint-Julien.— 8 oc-\ntobre 1849.\nLe Fanal, opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges, musique\nd'Adolphe Adam. —24 décembre 1849.\nStella, ou les Contrebandiers, ballet en 2 actes, de Saint-Léon, musi-\nque de Pugni. 22 février iBso.\nL'Enfant prodigue, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique\nd'Auber. 6 décembre iBso.\nPâquerette, ballet en 3 actes, de Théophile Gautier et Saint-Léon, mu-\nsique de Benoist. i 5 janvier 1851.\nLe Démon de la Nuit, opéra en 2 actes, paroles de Bayard et Etienne\nArago, musique de Rosenhain. 17 mars 1851.\nSaphOj opéra en 3 actes, paroles d'Emile Augier, musique de Charles\nGounod. 16 avril 18 51.\nOn avu plus haut qu'une première Sapho, due au compositeur Rei-\ncha, avait été représentée à l'Opéra, le *6 décembre 1822. Elle n'avait\npas été heureuse. Celle de M. Gounod ne le fut guère davantage, mais\nles musieiens, du moins, y reconnurent la main d'un artiste d'une rare\nvaleur.\nZerline, ou la Corbeille doranges, opéra en 3 actes, paroles de Scribe,\nmusique d'Auber. —l6 mai 185 1.\nLe rôle de Zerline fut l'unique création de madame Alboni, à l'Opéra.\nCette cantatrice admirable s'était montrée pour la première fois sur la"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.44", "texte": "PERSONNKL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nscène française, peu de temps auparavant, dans celui de FiSès, du Pro-\nphète, créé par madame Viardot.\nLes Nations, cantate, paroles de Théodore de Banville, musique d'A-\ndolphe Adam, divertissement de Saint-Léon. 6 août 1851.\nVert-Vert, ballet en 3 actes, de de Leuven et Mazillier, musique de\nDeldevez et J.-B. Tolbecque. —24 novembre 1851 »\nLe Juif errant9 opéra en 5 actes, paroles de Scribe et de Saint-Georges,\nmusique d'Halévy. 23 avril 1852.\nMademoiselle EmmyLa Grua, qui ne resta que peu de temps à l'Opéra,\net qui fit plus tard une courte apparition au Théâtre-Lyrique, débute\npar le rôle d Irène. La mise en scène du Juif errant coûta, dit-on,\n142,000 francs.\nCantate, paroles de Philoxène Boyer, musique de Victor Massé,\n28 octobre 1852.\nOr/a, ballet en 2 actes, de Leroy, Trianon et Mazillier, musique\nd'Adolphe Adam, 29 décembre i 852.\nLouise Miller, opéra en 4 actes, paroles françaises d'Emilien Pacini,\nmusique de Verdi. 2 février iBs3a\nTraduction de la Luisa Miller, de Verdi.\nCantate, paroles de madame Mélanie Waldor, musique de Deldevez.\n—is février 185 3.\nLa Fronde, opéra en 5 actes, paroles d'Auguste Maquet et Jules La-\ncroix, musique de Niedermeyer. 2 mai 1853.\njElia et Mysis, ou /'Atellane, ballet en 2 actes, de Mazillier, musi-\nque d'Henri Potier. 21 septembre iB5 3.\nDébut de madame Guy-Stéphan dans le rôle de Mysis.\nLe Maître-Chanteur, opéra en 2 actes, paroles d'Henry Trianon,\nmusique de Limna rider. 17 octobre i 853.\nJovita, ou les Boucaniers, ballet en 2 actes, de Mazillier, musique de\nThéodore La barre. 11 novembre 18 53 a\nDébut de madame Rosati, danseuse de premier ordre et mime admi-\nrable.\nLe Barbier de Séville, opéra en 4 actes, paroles françaises de Castil-\nBîaze, musique de Rossini. —* 9 décembre 1853.\nC'est la traduction du chef-d'œuvre de Rossini donnée naguère à\nl'Odéon, lorsque ce théâtre était devenu une scène semi-lyrique. Elle\nn'eut à l'Opéra qu'une seule représentation.\nBettly, opéra en 2 actes, paroles françaises d'Hippolyte Lucas, mu-\nsique'de Donizetti. 27 décembre 1853,\n1 raduction et adaptation de l'opéra italien de Donizetti qui portait ce\ntitre. Les paroles de cet ouvrage avaient été écrites par Donizetti lui-\nmême, sur le sujet du Chalet : et c'est l'auteur de la partition française\ndu Chalet, Adolphe Adam, qui fut chargé d'arranger Bettly pour la\nscène de l'Opéra et d'écrire les récitatifs nécessaires. Quoique chantée"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npar l'adorable madame Bosio, morte si jeune, Bettly n'obtint qu'un mé-\ndiocre succès, et Adam n'en fut sans doute que médiocrement fâché\nIl est certain que la musique de Bettly est loin de valoir celle du\nChalet.\nGemma, ballet en 2 actes, de Théophile Gautier, musique du comte\nGabrielli. 3i mai 1854.\nHymne à la Gloire, cantate, paroles de Belmontet, musique de la\nreine Hortense.— i 5 août 1854.\nOn assure que les strophes de M. Belmontet, naguère offertes par lui\nos reiiie Hortense, avaient été mises en musique par cette princesse en\nio o, peut-être comme elle avait mis aussi en musique le trop\nfameux chant . Partant pour la Syrie, que l'on sait aujourd'hui avoir\nete compose par son... ami le flûtiste Drouet, mort récemment. Quoi\nJr7n . d instrumentation et d'arrangement de Y Hymne\na la Gloire fut fait par Georges Bousquet, ancien prix de Rome et ex-chef\nd orchestre du Théâtre-Lyrique.\nLa Nonne sanglante, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Germain\nDelavigne, musique de Charles Gounod. 18 octobre 1854.\nLa Fonti, ballet en 2 actes, de Mazilher, musique de Th. Labarre.\n8 janvier 1855.\nLes Vêpres siciliennes, opéra en 5 actes, paroles de Scribe et Charles\nDuveyrier, musique de Verdi. 13 juin 1855.\nSainte-Cl ait e, opeia en 3 actes, paroles de Gustave Oppelt, musique\ndu duciégnant Ferdinand deSaxe-Cobourg-Gotha.—27septembre 1855.\nComme il y aurait sans doute une suprême inconvenance à ce qu'un\nsouverain qui prétend faire de l'art le montrât aux yeux de tous\n1 de l'Opéra , en annonçant S ainte-Claire, cachait le nom du\ncompositeur sous ces initiales, d'ailleurs transparentes : F D. S. C.\nPantagj uel, opéia en 2 actes, paroles d'Henry Trianon, musique de\nTh. Labarre. 24 décembre 1855.\nL unique représentation de cet opéra eut lieu en présence de l'empereur\net de 1 impératrice, et la censure s'avisa alors d'y découvrir des allusions\npolitiques qui avaient passé complètement inaperçues pour elle à la\nlecture. 11 arriva donc ceci, que le livret fut soumis à un nouvel examen\net qu en suite de cet examen, méticuleux sans doute, la seconde repré-\nsentation de Pantagruel, annoncée pour le 26 décembre, fut interdite et\nn eut jamais lieu.\nCantate en Vhonneur de f Armée, paroles d'Henry Trianon, musique\nd'Auber. 12 janvier 18 56.\nLe Corsaire, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Mazillier, mu-\nsique d Adolphe Adam. 23 janvier 1856.\nCantate, paroles d'Emilien Pacini, musique d'Ad. Adam, 17 mars\n1856.\nDonnée à 1 occasion de la naissance du Prince Impérial.\nCantate, paioies de Bertrand de Saint-Rémy, musique de Charles\nde Bériot. 16 juin 1856.\nDonnée a 1 occasion du bapteme du Prince Impérial."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.46", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nLes Elfes, ballet en 3 actes, de de Saint-Georges et Mazillier, musique\ndu comte Gabrielli. —ll août 1856.\nDébut de la grande danseuse Amalia Ferraris dans le rôle de Sylvia.\nLa Rose de Florence3 opéra en 2 actes, paroles de de Saint-Georges,\nmusique d'Emmanuel Billetta. 10 novembre 1856.\nLe Trouvère, opéra en 4 actes, paroles françaises d'Emilien Pacini,\nmusique de Verdi. 12 janvier 1857.\nTraduction du Trovatore. Le compositeur ajouta seulement à sa par-\ntition quelques airs de ballet, —La date du ier avril donnée par\nM. Gustave Chouquet, dans son Histoire de la musique dramatique,\ncomme celle de la représentation du Trouvère, est erronée, et est le\nfait d'une erreur typographique.\nMarco Spada, ou la Fille du Bandit, ballet en 3 actes, de Mazillier,\nmusique d'Auber. ler avril 1 857.\nOn sait qu'Auber avait donné à l'Opéra-Comique, le 21 décembre\ni 852, un ouvrage en trois actes intitulé Marco Spada. C'est le livret de\nScribe qui fournit l'idée du nouveau ballet. La musique d'Auber ne\nfut qu'une sorte de pastiche composé de morceaux de plusieurs de\nses opéras, entre autres Marco Spada, Fra Diavolo, Zerline et la\nFiancée.\nFrançois Villon, opéra en un acte, paroles de Got, musique d'Ed-\nmond Membrée. 20 avril 1857.\nLe Cheval de bronze, opéra-ballet en 4 actes, paroles de Scribe, musi-\nque d'Auber. 21 septembre 1857.\nTransformation en grand opéra de l'ouvrage représenté sous ce titre à\nl'Opéra-Comique, le 2 3 mars 1835.\nLa Magicienne, opéra en 5 actes, paroles de de Saint-Georges, musi-\nque d'Halévy. 17 mars 1858.\nSacountala3 ballet en 2 actes, de Théophile Gautier et Petipa, musique\nd'Ernest Reyer. 14 juillet 1858.\nHerculanum, opéra en 4 actes, paroles de Méry et Hadot, musique de\nFélicien David. 4 mars 1859.\nTrois faits particuliers se rattachent à cet opéra. Le 22 mars, une\nreprésentation en fut donnée par ordre, à laquelle ne furent admis,\nà l'exclusion du public, que 6,000 orphéonistes de province venus à\nParis pour un festival. Le 27 mai, le ministère accorde à M. Félicien\nDavid, auteur de la partition à'Herculanum, une prime de 5,000 francs.\nEnfin, le 3 juillet 1867, l'lnstitut décernait à M. Félicien David, pour\nce même ouvrage, le prix de 20,000 francs fondé quelques années aupa-\nravant par l'Empereur, dans le but de récompenser « l'oeuvre ou la décou-\nverte la plus propre à honorer le pays. »\nMagenta, « chant de victoire, » paroles de Méry, musique d'Auber.\n6 juin 1859.\nVictoire, cantate, paroles de Méry, musique d'Ernest Reyer. —27\njuin 1 Ssg«"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLe Retour de l Armée, cantate, paroles d'Alphonse Royer, musique\nde Gevaërt. i 5 août 1859.\nRoméo et Juliette,opéra en 4 actes, paroles françaises de Ch. Nuitter,\nmusique de Bellini et de Vaccaj. 7 septembre jBsq,\nïaduction comprenant les trois premiers actes d'i Capuleti ed i\nMontecchi,de Bellmi, et le dernier acte de de Vac-\ncaj. Mademoiselle Vestvali, cantatrice américaine, débute dans le rôle de\nRomeo.\nPierre de Aîédicis,opéra en 4 actes, paroles de de Saint-Georges et\nEmilien Pacini, musique du prince Poniatowski. 9 mars 1860.°\nL Annexion, cantate, paroles de Méry, musique de Jules Cohen. •\nî5 juin 1860.\nFrance*6 à loCCasion de la réunion de la Savoie et du comté de Nice à la\nSémiramis,opéra en 4 actes, paroles françaises de Méry, musique de\nRossini. 9 juillet 1860.\nTraduction de Semiramide Carafa, grand ami de Rossini, était alors\nans une situation très difficile. Lorsque Roqueplan, alors directeur de\ni Opéra, vint demander à Rossini l'autorisation de représenter son ou-\nvrage, celui-ci ne consentit qu'à une condition expresse : c'est que Carafa\nserait charge d écrire les airs de ballet nécessaires pour la scène française\net que c est lui qui toucherait les droits d'auteur \"de Sémiramis. i es\ndeux sœurs Carlotta et Barbara Marchisio débutèrent dans les rôles de\nbemiramis et d Arsace, qu'elles avaient joués au Théâtre-Italien.\nLe 15 Août,cantate, paroles de Cormon, musique d'Aimé Maillart.\n15 août 1860,\nLe Papillon, ballet en 2 actes, de de Saint-Georges et madame Marie\nTaglionî, musique de Je Offenbach. 26 novembre 1860*\nIvan IVy scène, paroles de Ihéodore Anne, musique d'Emile Pala-\ndilhe. 7 décembre 1860.\nseize an? ValU PFk de R°mC àM* à peine âgé de\nTannhaûser, opéra en 3 actes, paroles françaises de Charles Nuitter,\nmusique de Richard Vv7agner. i 3 mars iB6i„\nv Traduction de 1 opéra du réformateur allemand. Nous n'avons pas\nboCrnerronsa?Sla i Sa Chfe bFuyante et caractéristique ; nous nous\nbornerons a la i appeler ici. Le ténor allemand Niemann avait été en-\nfeS WagneT IS-même? Tannha\"ser> d'aPrès les désir®\nGra\\iosa, bailet en un acte, de Derley et Petipa, musique de Th. La-\nbarre. 25 mars 1861.\nLe Marche des Innocents, ballet en unacte.de Petipa, musique de\nPugni. 29 mai 1861.\nLe 15 Août,cantate, paroles d'Emilien Pacini, musique d'Eugène\nGautier. i 5 août 1861."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.48", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nL'Etoile de Messine,ballet en 2 actes, de Paul Foucher et Borri, mu-\nsique du comte Gabrielli. - 20 novembre 1861.\nLa Voix humaine, opéra en 2 actes, paroles de Mélesville, musique\nd'Alary. 3o décembre 1861.\nLa Reine de Saba, opéra en 4 actes, paroles de Michel Carré et Jules\nBarbier, musique de Charles Gounod. 28 février 1862.\nLa Fête de Napoléon lll,cantate, paroles de Nérée Desarbres, mu-\nsique de Th. Semet. i 5 août 1862.\nLa Mule de Pedro, opéra en 2 actes, paroles de Dumanoir; musique\nde Victor Massé. 6 mars 1863.\nM. Warot, sortant de l'Opéra-Comique, débute dans le rôle de Te-\nbaldo.\nDiavolina, ballet en un acte, de Saint-Léon, musique de Pugni.\n6 juillet 1863-\nMexico, cantate, paroles d'Edouard Four nier, musique de Léon\nGastinel. i 5 août i 863.\nLa Mascheraou les Nuits de Veniballet en trois actes, de de\nSaint-Georges et Rota, musique de Paolo Giorza. - 19 février 1864.\nDébut de mademoiselle Amina Boschetti.\nLe Docteur Alagnus} opéra en un acte, paroles de Cormon et Michel\nCarré, musique d'Ernest Boulanger. —9 mars 1864.\nDébut de mademoiselle Levielli dans le rôle de Rosa.\nNéméaou l'Amour vengé,ballet en 2 actes, d'Henri Meilhac, Ludo-\nvic Halévy et Saint-Léon, musique de Minkous. 11 juillet 1864.\nCantate,paroles d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de\nDuprato. i 5 août 1864.\nRoland à Roncevaux, opéra en 5 actes, paroles et musique de Mer-\nmet. 3 octobre 1864.\nIvanhoë, cantate, paroles de Victor Roussy, musique de Victor Sieg.\n18 novembre 1864.\nCantate qui avait fait décerner à M. Sieg le prix de l'lnstitut.\nVAfricaine? opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Meyer-\nbeer. 28 avril i 865.\nLes deux auteurs de ïAfricaine étaient morts quand cet ouvrage vit\nle iour. Le ténor Naudin, d'après les dispositions testamentaires expresses\nde Meyerbeer, fut engagé spécialement pour jouer le rôle de Vasco de\nGama.\nAlger,cantate, paroles de Méry, musique de Léo Delibes. —is août\nx 86 5.\nLe Roid'Yvetot, ballet en un acte, de Petipa, musique du marquis\nPhilippe de Massa et de Th. Labarre. 29 décembre 1865"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nPaix? Charité, GÎandeur , cantate, paroles d'Edouard mu-\nsique de Wekerlin. i 5 août 1866.\nLa Source, ballet en 3 actes, de Nuitteret Saint-Léon, musique de\nLéo Delibes et Minkous. 12 novembre 1866.\nLa musique des premier et quatrième tableaux, de M. Minkous; celle\ndu second et du troisième, de M. Léo Delibes.\nDon Carlos, opéra en 5 actes, paroles de Méry et Camille du Locle,\nmusique de Verdi. 11 mars 1867.\nA Napoléon ///, cantate, paroles Pacini, musique de\nRossini. i 5 août 1867.\nCette cantate avait été exécutée déjà, le ie' juillet précédent, au palais\nde 1 Exposition universelle, pour la cérémonie de la distribution des ré-\ncompenses.\nLa Fiancée de Corinthe, opéra en un acte, paroles de Camille du\nLocle, musique de J. Duprato. 21 octobre 1867.\nHamlct, opéra en 5 actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier,\nmusique d Ambroise Thomas. g mars 1868.\nFaust, opéra en cinq actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier,\nmusique de Charles Gounod. 3 mars 1869.\nFaust avait été représenté pour la première fois au Théâtre-Lyrique\ndix ans auparavant, le 19 mars 1859, on sait avec quel succès. En s'em-\nparant de cet ouvrage, l'Opéra fit ce que la Comédie-Française avait fait\nbien des fois naguère pour un grand nombre de pièces représentées d'a-\nbord a la Comedie-Italienne, depuis pour d'autres ouvrages donnés pri-\nmittvement à 1 Odéon, au Gymnase, au Vaudeville, etc. Faust avait paru\nau 1 neatre-Lynque sous forme d'opéra dialogué ; puis, l'auteur avait ajouté\ndes récitatifs à sa partition lors de sa traduction italienne le dialogue\ne\\ant disparaître. Ces récitatifs servirent pour la représentation à l'O-\npéra, et M. Gounod fit encore subir quelques remaniements à son œuvre :\nil y ajouta, entre autres, au troisième acte, un air pour Marguerite Le\nsuccès de Faust ne fut pas moins grand à l'Opéra qu'au Théâtre-Lyri-\nque, et louvrage, qui avait obtenu plus de quatre cents représentations\nsous sa forme premièie, fit de nouveau courir le public 1 la centième en\nétait donnée le 5 novembre 1871.\ncantate, paroles d'Albéric Second, musique d'A-\ndolphe Nibelle. --- i 5 août 1869.\nLa Légende de Sainte-Cécile,oratorio, paroles françaises de Taglia-\nfîco, musique de Jules Bénédict. 3o avril 1870.\ni raduction de l'oratorio anglais portant le même titre.\nCoppélia, ou la Fille aux yeux d'émail,ballet en 2 actes, de Ch.\nNuitteret Saint-Léon, musique de Léo Delibes,—2 5 mai 1870.\nDébut _ brillant d'une toute jeune et charmante ballerine italienne\nGiuseppina Bozzacchi, morte de la variole noire pendant le siège de\nLe Rhin allemand, cantate écrite sur les vers d'Afred de Musset; par\nCharles Delioux.— 5 août 1870."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.50", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\nII.\n2 3\n\nA la frontière, cantate, paroles de J. Frey, musique de Charles\nGounod. 8 août 1870.\nErostrate, opéra en 2 actes, paroles de Méry et Emilien Pacini, mu-\nsique d'Ernest Reyer. 16 octobre 1871.\nCet ouvrage avait été représenté sur le théâtre de Bade, le 21 août 1862.\nJeanne d'Arc, cantate, paroles de Jules Barbier, musique de G. Ser-\npette. 24 novembre 1871.\nCantate qui avait valu le prix de Rome à M. Serpette.\nLa Coupe du roi de Thulé, opéra en 3 actes, paroles de Louis Gallet\net Edouard Blau, musique d'Eugène Diaz. 10 janvier 1873.\nCet ouvrage avait remporté le prix au concours ouvert en 1867 pour\ntiois ouvrages destinés à 1 Opéra, à l'Opera-Comique et au Théâtre\nLyrique.\nGretna-Green, ballet en un acte, de Charles Nuitter, musique d'Er-\nnest Guiraud. 7 mai 1873.\nIl n9est pas indifférent de savoir quels ouvrages ont obtenu le plus de\nsuccès, parmi ceux qui ont été représentés à l'Opéra depuis un demi-\nsiècle, et, d'autre part, à quel point a été infortuné le sort de cer-\ntains autres. Trois chefs-d'œuvre ont atteint leur cinq centième\nreprésentation :\nRobert-le-Diable (le ier mars 1867) ?\nGuillaume Tell (le 10 février 1868);\nLes Huguenots (le 4 avril 1872).\nLa quatre cent cinquantième représentation de la Muette a eu lieu le\n15 février 1859 ;\nLa quatre centième de la Favorite, en 1872 ;\nLa trois cent cinquantième de la Juive, le 15 novembre 1872;\nLa trois centième du Prophète, le 15 janvier 1872*\nLa deux centième du Trouvère, dans le courant de la même année.\nTreize ouvrages ont atteint et dépassé le chiffre de cent représenta-\ntions:\nAladin, ou la Lampe merveilleuse (centième le 11 février 1825);\nLe Comte Ori (25 juillet 1831) ;\nGustave 111 ou le Bal masqué (4 janvier 1837)*,\nLe Philtre (3 novembre 1887);\nLe Dieu et la Bayadère (4 juin 1838);\nMoïse (6 août 1838) ;\nLe Siège de Corinthe (4 février 1839);\nLe Serment (ier mars 1849);\nLucie de Lamermoor (2 juin i 852);"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.51", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa Reine de Chypre (19 mars 1854);\nLa Xacarilla (11 juillet 1862);\nL* Africaine (9 mars 1866);\nDon Juan (4 novembre 1872) ;\nIl serait pourtant injuste de ne point comprendre dans cette série de\ncentenaires Hamlet, dont la centième représentation était affichée pour\nle 29 octobre dernier, jour de l'incendie de l'Opéra.\nSi, par contre, nous cherchons quels ouvrages ont été les moins heu-\nreux de tous ceux représentés dans la salle de la rue Le Peletier, et si nous\nnous arrêtons à ceux qui n9ont pu atteindre leur vingtième soirée, nous\navons à citer:\nFrançois Villon, 18 représentations;\nLa Reine de Saba, le Maître Chanteur, 15 ;\nLa Voix humaine, 13 ;\nLa Nonne sanglante, le Docteur Magnus, 11;\nSapho? 10;\nSainte- Claire, 9 ;\nLa Fronde, la Rose de Florence, 5 ;\nBenvenuto Cellini, Tannhaiiser, la Mule de Pedro, 3;\nPantagruel, une seule.\nLe double personnel chantant et dansant de l'Opéra, depuis un demi-\nsiècle, comprend une foule d'artistes, dont un grand nombre étaient\nfort distingués et dont plusieurs sont parvenus à la célébrité. Nous\nallons passer rapidement ce personnel eil revue, en commençant par\nle chant. Les ténors qui se sont montrés sur la dernière scène de l'Opéra,\nsont:\nNourrit père, son fils Adolphe, dont la fin fut si tragique, Alexis Du-\npont, Lafont, Duprez, qui révolutionna la scène lyrique française, Massol,\nMario, Poultier, le tonnelier rouennais, Gardoni, Paulin Espinasse, Che-\nnet, Bettini, Ponchard fils, Portehaut, Barbot, Gueymard, Euzet, Roger,\nAymès, Chapuis, Boulo, Renard, l'ancien ouvrier ciseleur, Sapin, Michot,\nArmandi, Neri-Baraldi, Wicart, Puget, Peschard, Canaple, Nie-\nmann (spécialement engagé pour le Tannhaiiser, qui ne fut joué que\ntrois fois), Morère, Dufresne, Dulaurens, Grisy, Warot, Naudin (spécia-\nlement engagé pour Y Africaine, selon les volontés testamentaires de\nMeyerbeer, et qui ne put rester à l Opéra), Delabranche, Villaret, Collin,\nBosquin, Richard, Sylva, Léon Achard.\nPour les voix graves, barytons, basses chantantes ou basses profondes,\nnous trouvons les noms de :\nUérivis son fils Prosper Dérivis, Hennekindt (qui>"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.52", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nsous le nom d'lnchindi, créa, à l'Opéra-Comique, le rôle de Max, du\nChalet), Levasseur, dont la carrière se prolongea pendant quarante ans à\nl'Opéra, Prévost, Serda, Alizard, Barroilhet, Bouché, Obin, Brémond,\nDepassio, Merly, Coulon, Morelli, Marié (père de madame Galli-Marié),\nBussine, Borchard, Bel val, Bonnehée, Cazaux, Roudil, Faure, Du-\nmestre, Castelmary, David, Caron, Ponsard, Gaspard, Devoyod,\nBouhy, Gailhard, Bataille, Echetto.\nLe côté féminin a été plus brillant encore que le côté masculin, comme\non peut le voir parla liste suivante, dont tant de noms sont devenus\ncélèbres.\nMesdames Grassari, Reine, Paulin, Jawureck, Rabit Dabadie, Bran-\nchu, Sainville, Frémont, Cmti-Damoreau, Mori, Dorus-Gras, Cornélie\nFalcon, Nau, Flécheux, Rosine Stoltz, Nathan, Caroline Heinefetter,\nWidemann, Dobrée, Elian, Méquillet, Duclos, Julian Van - Gelder,\nMuller, Masson, Courtot, Grimm, Pauline Viardot, Castellan, Poinsot'\nDameron, Petit-Brière, Laborde, Alboni, Tedesco, Emmy La Grua,\nDuez, Bosio, Marie Dussy, Wertheimber, Sophie Cruvelli, Sannier,\nGueymaid - Lauteis , Lafon , Borghi-Mamo, Delisle, Moreau-Sainti,\nTietjens, Juliette Borghèse, Donati, ;Elmire, Ribaut, Medori, Désirée\nArtôt, Rey-Balla, Godfrend, Marie Pascal, Calvo, Bedogni, Marie\nCinti-Damoreau, Vestvali, Garlotta et Barbara Marchisio, Caroline Bar-\nbot, Vandenheuvel-Duprez, Bengraff, Amélie Rey, Marie Sasse, Re-\nboux, delà Pommeraye, de Taisy, Hamackers, Levielli,E Camille de\nMaësen, Marie Battu, Rosine Bloch, Mauduit, Christine Nilsson,\nMiolan-Carvalho, Fidès Devriès, Hisson, Arnaud, Desbordes.\nSi l'on veut avoir une idée du chiffre qu'ont atteint les traitements de\nnos chanteuis, on n aura qu'à consulter ce petit tableau, qui fait con-\nnaîtie les appointements que touchaient, en 1866, les douze artistes les\nplus payés de l'Opéra :\nMM. Naudin..... 110,000 fr. MM. Belval 38,000 fr.\nFaure 90,000 Dumestre 36,000\nGueymard .. 72,000 Warot. 32,000\nVillaret..... 45,000 Mmes Gueymard... 60,000\nMorère 40,000 5a55......... 60,000\n0bin....... 38,000 Battu 60,000\nPortons nos regaids maintenant du cote de la danse. Là, nous voyons\nbriller depuis un demi-siècle les noms de :\nMesdames Bigottini, Montessu, Legallois, Nobiet (qui créa le rôle de\nbenella dans la Muette), Marie Taglioni, Pauline Leroux, Dupont,"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDuvernay, Nathalie Fitz-James, Fanny et Thérèse Elssler, Garlotta\nGrisi, Emarot, Leblond, Adèle Dumilâtre, Louise Marquet, Plun-\nkett, Fuoco, Gerrito—Saint-Léon, Priora, Guy-Stéphan, Rosati, Cou-\nqui, Amalia Ferraris, Petipa, Zina Richard-Mérante, Emma Livry,\ndont la fin fut si malheureuse, Mourawiew, Amina Boschetti, Eu-\ngénie Fiocre, Fioretti, Laure Fonta, Marie Vernon, Beaugrand,\nSalvioni, Bozzacchi, Sangalli, puis, ceux d'Albert, Paul, Ferdinand,\nPerrot, Mazillier, Simon, Montjoie, Barrez, Élie, Saint-Léon;, àla\nfois chorégraphe, danseur, mime, violoniste et compositeur, et qui\ndéployait ces divers talents dans un ballet écrit et dansé par lui, le\nViolon du Diable, Segarelli, Mérante, Coralli, Dauty,Berthier, Coulon,\nChapuy...\nNous ne devons pas oublier de mentionner les chefs d'orchestre qui\nse sont succédé à l'Opéra depuis que ce théâtre était installé rue Le Pe-\nletier. Ceux-ci sont au nombre de sept :\nKreutzer, qui se retira en 1824;\nHabeneck, qui, de son fauteuil directorial passa à celui de chef d'or-\nchestre; il exerce ces fonctions, en partage avec Yalentino, de 1824 à\n1831, puis, seul, de 1831 à 1847 ;\nGirard, qui, en plein spectacle, est frappé d'une apoplexie foudroyante\net meurt dans la nuit sans avoir repris connaissance (1860) ;\nDietsch, qui lui succède, et cède la place, en 1863 à :\nGeorges Hainl;\nM. Deldevez, qui remplace lui-même Georges Hainl en 1873.\nBeaucoup de directions se sont succédé à l'Opéra depuis 182 t. Peu de\ntemps après son installation rue Le Peletier, le ier novembre 1821, Ha-\nbeneckdevint directeur en remplacement de Viotti; le 26 novembre 1824,\nDuplantys lui succède, et est lui-même remplacé, le 12 juillet 1827, par\nLabbert. Ces divers directeurs étaient tous placés sous la surveillance du\nsurintendantdes théâtres. Le 2 mars iß3i, le docteurVéron prend la di-\nrection à ses risques et périls, etla cède,le i 5 août 1835, à Duponchei,qui,\nle i 5 novembre 1839, s'adjoint Edouard Monnais. Ce dernier se retire\nen 1841, et, le ierjuin 1841, une société est formée entre Duponchel et\nLéon Pillet, qui prend le titre de directeur, tandis que Duponchel se\ncharge de l'administration du matériel. Le3i juillet 1847, Léon Pillet\nse retire à son tour, et le privilège passe aux mains de Duponchel et\nNestor Roqueplan, associés. Le 21 novembre 1849, Duponchel laisse\nRoqueplan livré à ses seules forces. Celui-ci est assez fort pour faire\n900,000 francs de dettes en moins de cinq ans, et assez adroit pour se\nles faire payer par TEtat. Le 3o juin 1854, un décret arrête que l'Opéra"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.54", "texte": "PERSONNEL ET RÉPERTOIRE DE L'OPÉRA\n\nsera régi par la liste civile, et Roqueplan en est nommé administrateur.\nLe 11 novembre suivant, il est remplacé en cette qualité par Crosnier,\nauquel succède, le iei> juillet 1856, M. Alphonse Royer, qui cède la place\nà M. Perrin le 20 décembre 1862. Ce dernier devient directeur respon-\nsable le 11 avril 1866, et donne sa démission le 6 septembre 1870. Le\n8 juillet 1871, M. Halanzier est nommé administrateur provisoire de\nTOpéra, dont les artistes sont alors réunis en société, et le ier novembre\nde la même année, devient directeur-entrepreneur.\nEnfin, pour 11e rien oublier, nous croyons utile de donner ici les noms\ndes décorateurs qui se sont distingués à l'Opéra depuis un demi-siècle.\nL'art de la décoration et de la mise en scène étant poussé à ce théâtre à\nses limites extrêmes, et concourant pour une immense part à la splen-\ndeur du spectacle, il nous semblerait injuste de ne pas rappeler tous ces\nnoms, qui sont ceux d'artistes extrêmement distingués :\nCicéri, Feuchères, Diéterle, Philastre, Cambon, Léger, Despléchin,\nSéchan, Delestre, Devoir, Porchet, Thierry, Rubé, Nolan, Martin,\nLavastre, Chaperon et Despléchin fils.\nEll terminant, nous allons rappeler deux faits intéressant l'histoire\nde la salle Le Peletier. C'est peu de mois après son ouverture, le 6 fé-\nvrier 1822, jour de la première représentation d'Aladin ou la Lampe\nmerveilleuse ouvrage dont la mise en scène coûta, dit-on, 170,000\nfrancs, que la lumière du gaz fut substituée à celle des quinquets à\nl'huile. D'autre part, Castil-Blaze assure que c'est le jour de l'apparition\ndu Philtre (20 juin tB3l ), que, pour la première fois, le rideau fut\nbaissé à la fin de chaque acte; depuis l'origine de l'Opéra jusqu'à ce jour,\nla coutume était, paraît-il, de ne le faire tomber qu'à la fin de chaque\npièce. Mais j'avoue que je laisse à Castil-Blaze la responsabilité de cette\nassertion, me demandant comment on faisait précédemment pour opérer\nles changements de décors sans que les regards du public en fussent offus-\nqués.\n\nARTHUR POUGIN."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.55", "texte": "LES BALS DE L'OPÉRA\n\nE souvenir des bals masqués de l'Opéra est aussi de\nceux que la Chronique Musicale s'est donné la tâche\nde rechercher à travers les décombres de la rue Le Pele-\ntier. Voici donc, à ce propos, quelques notes, quelques\nnoms et quelques dates :\n8 janvier 1713. Lettres patentes de Louis XIV, accordant à son\nAcadémie de musique le privilège des bals masqués. Le projet en\navait été conçu et proposé par le chevalier de Bouillon, lequel reçut\nune pension de six mille livres pour son droit d'avis. Il avait été\nentendu que le produit des bals serait affecté à l'Hôtel de l'Opéra,, vul-\ngairement dit (c Magasin, » qui se construisait alors rue Saint-Nicaise,\net où on devait loger l'administration du théâtre, son matériel et son ser-\nvice des répétitions.\n2 décembre 1715. Le Régent confirme les lettres patentes de 1713,\net ordonne que les préparatifs du premier bal soient poussés activement.\n2 janvier 1716. Inauguration des bals de l'Opéra_, qui devaient\nse continuer jusqu'à la fin du carnaval, au nombre de trois par se-\nmaine.\n« Pour former la salle à l'usage des bals — dit La Nouvelle Histoire de\nl'Opéra— on a trouvé le moyen d'élever le parterre et l'amphithéâtre au niveau\ndu théâtre par le secours d'un cabestan d'une nouvelle invention.. . » (Détail\npiquant, ce mécanisme était dû à l'ingéniosité d'un moine, le P. Nicolas\nBourgeois, de l'ordre des Augustins). « La nouvelle salle forme une galerie\nde quatre-vingt-dix-huit pieds de long... Elle peut être divisée en trois par-\nties; la première contient les lieux que les loges occupent; la deuxième un\nsalon carré ; et la troisième un salon demi-octogone."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.56", "texte": "LES BALS DE L'OPÉRA\n\n« Les loges sont ornées de balustrades avec des tapis des plus riches étoffes\net des plus belles couleurs sur les appuis. Deux buffets, un de chaque côté,\nséparent par le bas les loges du salon, qui a trente pieds en carré sur vingt-\ndeux d'élévation...\n« La salle est éclairée par plus de trois cents bougies, sans compter les\nchandelles, les lampions et les pots à feu qui se mettent dans les coulisses et\nles avenues du bal.\n« Trente instruments, placés quinze à chaque extrémité de la salle, com-\nposent la symphonie pour le bal. Mais, pendant une demi-heure, avant\nqu'on commence, les instruments s'assemblent dans le salon octogone, avec\ndes timbales et des trompettes, et donnent un concert composé de grands\nmorceaux de symphonies des meilleurs maîtres. »\nDurant la majeure partie du siècle dernier, les bals de l'Opéra se don-\nnaient les lundis, mercredis et samedis des semaines de carnaval.\nLe prix d'entrée était d'un écu.\nComme bien l'on pense, les poètes du temps ont chanté ces fêtes, et\ndans un style où les allusions mythologiques n'étaient pas épargnées, té-\nmoin cette strophe :\nCe temple se consacre à la félicité;\nU Amour y fait goûter sa plus vive tendresse,\nHébé répand partout son nectar enchanté.\nTerpsichore y règne sans cesse;\nMomus y fait briller l'art en lui si vanté.\nDans ces lieux enchanteurs\nTout charme, tout engage;\nTous les dieux de la volupté\nY reçoivent sans cesse un éclatant hommage;\nLe dieu de Vhyménée est le seul maltraité.\nVoici, maintenant, les recettes que produisirent les bals de l'Opéra,\ndans les premières années de leur fondation :\n1716 livres.\n1716-171 14,225\n1717-1718. . 54,019\n1718-171 51,859\n1719-172 116,038\nL'infériorité de la recette de 1716-17 eut pour cause une concurrence\nouverte parla Comédie-Française. La grande recette de 1719-20 est\ndue à la prospérité momentanée du système financier de Law.\n1781. lncendie de l'Opéra (alors situé, comme l'on sait, entre le\nPalais-Royal et la rue des Bons-Enfants). L'Opéra se transporte à la"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.57", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nPorte-Saint-Martin, et ses bals se donnent dans la salle des Tuile-\nries.\nPériode révolutionnaire. Suppression des bals de l'Opéra.\n« La prudence du Gouvernement ayant défendu les masques pendant ces\ndernières années, les bals de l'Opéra n'ont pas eu lieu. Cependant il y a eu,\ndans tous les quartiers de Paris, de nombreuses assemblées de dames, et, de\ntoute façon, pour la santé et le plaisir des yeux, ce n'est pas un mal que l'on\ndanse à visage découvert. » (Calendrier historique).\nAn VIII. Ordre des Consuls de réouvrir les bals de l'Opéra,\nsous la condition que l'habit de ville et le domino y seraient seuls\nadmis.\n« On ne dansait pas; on se promenait platoniquement au son d'une musi-\nque qu'on n'écoutait guère. La Révolution, en passant sur la génération,\navait laissé aux esprits une allure grave qui, jusque dans les plaisirs, dominait\nles caractères. Les gens du meilleur monde fréquentaient les bals de l'Opéra.\nA peine quelques courtisanes à la mode, sous de puissants patronages, se\ntrouvaient-elles mêlées aux femmes de la plus haute société. » (NÉRÉE DES-\nARBRES: Deux siècles d V Opéra).\n1837. m^me système de bals non-dansants s'était maintenu\ndepuis Fan VIII jusqu'au règne de Louis-Philippe, en passant par l'Em-\npire et la Restauration.\nMais, en 1837, fut inauguré le bal-Musard qui s'est continué jusqu'à\nl'année dernière sous les chefs d'orchestre Musard, Strauss et Arban. Ce\nfut la période des grandes saturnales où le cancan faisait rage. On y par-\nlait l'argot des banlieues, le tutoiement y était de rigueur, et la société y\nétait tellement mêlée qu'on y rencontrait des princes et des diplomates.\nNous retrouvons fort à propos des vers publiés, il y a quelques an-\nnées, par M. Charles Joliet, dans la Vie parisienne, et qui ont la valeur\nd'un tableau peint d'après nature. Lisez et jugez vous-même de la res-\nsemblance.\nI\nCe soir, à l'Opéra, bal masqué. Vers minuit\nLe boulevard se change en noire fourmilière 7\nPrès des deux ifs de g anoyés dans la lumière,\nSont les municipaux dont le casque reluit."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.58", "texte": "LES BALS DE L'OPÉRA\n\nLes cafés sont bruyants. Tout s'anime, flamboie,\nEt Paris est sur pied par ces beaux soirs d'hiver\nOù la lune en son plein brille dans un ciel clair.\nAu dehors, on se groupe, on marche, on se coudoie\nDe loin la Madeleine a l'air d'un temple grec\nProfilant dans l'azur sa blanche colonnade,\nEt les sergents de ville>, errant d'un air maussade,\nDe leur pas cadencé frappent le pavé sec.\nAu milieu du courant, comme un serpent qui roule,\nQuelques masques à pied, se tenant par la main,\nAllongent leurs anneaux et se font un chemin\nEn traçant un sillon bigarré dans la foule.\nAux abords du théâtre on entend des clameurs,\nDes cris sourds, des appels, des sifflets, des huées ;\nCroisant leur double feu, mille voix enrouées\nSe répondent. La ville est pleine de rumeurs.\n%\nLes fiacres au galop arrivent à la file,\nAu milieu des et des aménités\nDes cochers rejetant, sans être épouvantés,\nDes monstres de satin au bord du péristyle.\nII\nLe règlement sévère est toujours en vigueur :\nQuatre graves messieurs, alignés au contrôle,\nSemblent là par Minos chargés du sombre rôle\nDe juger les mortels mal mis avec rigueur.\n« Dignus est intrare. » Les sombres chrysalides\nSortant du vestiaire en brillants papillons,\nEt dans les escaliers leurs légers bataillons\nS'envolent enivrés de poisons cantharides.\nPolichinelles, turcs, postillons, arlequins,\nColombines, bébés aux épaules charnues,\nNourrices de six pieds portant des filles nues,\nPierrots et gitanas aux colliers de sequins,\nMousquetaires, chinois, sauvages, canotières,\nIncroyables, gamins, cantinières, chicards,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.59", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nPierrettes, troubadours, diables rouges, grognards,\nMoines sombres donnant le bras à des laitières ;\nMélange d'oripeaux et de sales couleurs,\nDe blasphèmes impurs, d'immondes invectives,\nDe regards enflammés et de poses lascives,\nDe glaces répétant la lumière et les fleurs\nLe tapis assourdit le bruit du flot qui monte,\nEt l'orchestre au lointain rugit comme la mer ;\nComme Dante on arrive aux portes de l'enfer :\n« Vous qui venez ici laissez là toute honte. «\nDéjà dans les couloirs, on étouffe sans air ;\nC'est un chaos bigarre, un étrange tumulte.\nUn flux ba?~iolé de masques. On s'insulte,\nOn se heurte, on s'écrase, on pétrit de la chair.\nIII\nOn parle, sans savoir, des chansons de Florence,\nDes amours de Venise et des nuits aux flambeaux ;\nLaissons dormir les morts au fond de leurs tombeaux\nOn s'amuse autrement dans notre chère France\nDe vieux mots frelatés, des quolibets vulgaires,\nForment l'esprit du lieu ; mais, s'il n'est pas très fin,\nCela tient aux progrès de l'industrie ; enfin\nOn croirait assister au congrès des notaires.\nPlus d'horloge, d'intrigue et de propos joyeux;\nL'amour se joue ici les masques sur la table.\nLe galant maquignon, si la femme est passable,\nAvant de l'emmener fait montrer les enjeux.\nO poètes ! chante% dans un rhythme sonore\nLes filles à prénom et les gandins charmants !\nAu sortir de souper, ces vertueux enfants\nAvec les balayeurs verront lever Y aurore.\nIV\nAllons voir les chrétiens dans le cirque aux danseurs\nDes costumes loués, usés, sales, difformes,\nDes cuivres, des tambours, des instruments énormes,\nGalvanisent un peu ces lugubres farceurs."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.60", "texte": "LES BALS DE L'OPÉRA\n\nIls sont embrigadés par quadrille macabre ;\nIl faut gesticuler du pied et de la main,\nCrier bis et danser ainsi jusqu'à demain,\nSous l'orchestre, avoir l'air d'un cheval qui se cabre.\nQuant à ceux venus là pour leur propre plaisir,\nSi la loi les forçait à cette mascarade,\nIls s'en iraient joyeux faire une barricade\ns\nFour renverser l'Etat qui leur fait ce loisir.\nLa respiration de ces mille poitrines\nSous les lustres brumeux se condense en vapeur ;\nTous les fronts sont chargés d'une étrange rougeur ;\nUn air fiévreux, malsain, chargé, monte aux narines.\nL'immortel Gavarni peut briser son crayon.\nLa fantaisie est morte et la gaîté rend l'âme.\nTout cela ne vit plus. Je parierais, madame,\nQu'on ne mettra ce soir aucun masque au violon.\nEnfin la voilà donc la furia francese !\nJ'ai vu dans cet enfer, ivres, empoisonnés,\nMoyennant quatre francs par tête, déchaînés,\nDix mille malheureux hurlant dans la fournaise\nL'homme sage, le père et le législateur\nDiront que les anciens avaient leurs saturnales,\nQu'il faut une soupape aux passions brutales :\nJe m'en vais ine coucher Bonsoir, ami lecteur.\nGrand et féerique spectacle, après tout, que ce bal de l'Opéra, et si\nunique dans son genre, que toutes les tentatives de copie qu'on a faites\ndans les autres capitales, et même à Paris, ont échoué constamment.\nLe plus fidèle historien des bals de l'Opéra a été Gavarni. La postérité\nrestera stupéfaite en feuilletant ses recueils, où, d'un crayon affolé, le\ngrand artiste a fait grouiller tout un monde de débardeurs, de pierrots, de\nchicards, de colombines et de pierrettes en délire !\nEncore nos neveux, s'ils ont du bon sens, voudront-ils croire que nous\nayons logé sous la même clef les nobles divinités qui président au drame\nlyrique, et la fée titubante qui conduit les orgies du carnaval?\n\nMULSANE."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.61", "texte": "ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR L'OPÉRA\n\nHISTOIRE\nLUDOVIC CELLER. —Les origines de l'opéra et le ballet de la reine, 1581.\nParis, Didier, 1868, in-12.\nBOINDIN. Lettres historiques sur tous les spectacles de Paris. Prault, 1719,\n2 vol. in-12.\nLa seconde partie du premier volume est spécialement consacrée à\nl'opéra.\nDUPUY. Lettre à Monsieur*** sur l'origine et le progrès des opéras en\nFrance. Paris, 1739, in-8.\nNOINVILLE. Histoire du théâtre de l'Académie royale de musique en France.\nParis, 1753 et 1758, deux part, en 1 vol. in-8.\nRédigée par Durey de Noinville, sur les notes deTravenol.\nDES ESSARTS. Les trois théâtres de Paris ou abrégé historique de rétablis-\nsement de la comédie française, de la comédie italienne et de l'opéra. Paris,\nLacombe, 1777, in-8.\nGÉRARD. Table chronologique des pièces de l'opéra, Paris, 1733, in-8.\nDE LA VALLIÈRE. —Ballets, opéras et autres ouvrages lyriques, etc., 1760,\nin-8.\nEUGÈNE BRIFFAUT. Lopéra. Paris, 1834, in-8.\nExtrait du tome quinzième du Livre des cent-et-un,\nM. KERMOYSAN. Opéra. Paris, S. D. grand in-8.\nExtrait de Y Encyclopédie moderne.\nL Opéra depuis son origine jusqu'à nos jours, 164.5 —1847. Paris, Breteau,\n1847, in-12.\nCASTIL-BLAZE. ''— Mémorial du Grand-Opéra, etc. Paris, 1847, in-8.\nCASTIL-BLAZE. L'Académie impériale de musique, etc. Paris, 1855, 2 vol.\nin-8."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.62", "texte": "ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR L'OPÉRA\n\nHistoire de V Académie royale de musique, depuis son établissement jusqu'en\n1709, composée et écrite par un des secrétaires de Lully. Paris, S. D.\nin-4.\nPubliée par le Constitutionnel dans sa Bibliothèque choisie.\nCHARLES DE BOIGNE. Petits mémoires de l'opéra. Paris, 1867, in-12.\nROGER DE BEAUVOIR. —L'Opéra. Paris, Gustave Havard, 1854, in-16.\nNÉRÉE DES&RBRES. - Sept ans à l'Opéra. Paris, 1864, in-12.\nNÉRÉE DESARBRES, THÉOPHILE GAUTIER, JULES JANIN, PHILARÈTE GHASLES. —\nLes Beautés de F Opéra ou chefs-d'œuvre lyriques illustrés. Paris, Soulié,\n1745, in-8. —Deux siècles à ïOpéra, 1669-1868. Paris, Dentu, 1868, in-12.\nCŒJTIQJJE ESTHÉTIQUE TOÉTIQUE\nSAINT-EVREMOND. Sur les Opéras.\nChapitre souvent cité, et qui se trouve dans le troisième volume des\nŒuvres de l'auteur.\nLE BRUN.— Théâtre lyrique, avec une préface, où l'on traite de l'Opéra.\nParis, Ribou, 1712, in-12.\nRÉMOND DE SAINT-MARD. — Réflexions sur POpéra. La Haye, 1741, in-12.\nDE MABLY. —Lettres à madame la marquise de P... sur l'Opéra. Paris, 1741\nin-12.\nMONTDOR&E.—Réflexions d'un peintre sur l'Opéra. Paris, Mérigot, 1743, in-12.\nCHASSIRON. — Réflexions sur les Tragédies-opéras. Paris, 1751, in-12.\nBÉNARD DE LA JONCHÈRE. — Théâtre Lyrique de M. de la J. Paris, 1772,\n2 vol. in-12.\nLe premier volume renferme un Essai sur l'Opéra, de 178 pages.\nLettre sur les Drames-Opéra. Paris, 1776, in-8\nRéponse à l'auteur de la lettre sur les Drames-Opéras. Londres, 1776, in-8.\nExamen des causes destructives du théâtre de ÏOpéra, etc. Paris, 1776,\nin-8.\nSAINT-MARC. — Réflexions sur l'Opéra. Paris, 1777, in-8.\nLettres sur l'Opéra, par M. C***. Paris, 1781, in-12.\nJ. T. MERLE. — Lettre à un compositeur français sur l'état actuel de l'Opéra.\nParis, Barba, 1827, in-8.\nJ. T. MERLE. — De l'Opéra. Paris, Baudouin, 1827, in-8.\nBEAUMARCHAIS. — Tarare, opéra en 5 actes, avec un discours préliminaire, etc.\nParis, 2E édition, 1787, in-8.\nEcrit peu connu, bien qu'intéressant à lire.\nCASTIL-BLAZE. — De l'Opéra en France. Paris, 1820, 2 vol. in-8. Deuxième\nédition, 1826.\nCASTIL-BLAZE. —- Sur l'Opéra français, vérités dures, mais utiles. Paris, 1856,\nin-8."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.63", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nSQ4TI11ES, FQ4 CÉT1ES, FICTIONS.\n, '\nDE VILLIERS. — Epitre sur l'Opéra. Paris, 1716,111-4.\nLe Brun répondit à cette satire dans son volume Théâtre lyrique,\ncatalogué ci-dessus.\nCHEVRIER. — La Constitution de l'Opéra. Amsterdam, 1787, in-12.\nCette brochure eut une seconde édition en 1754, sous le titre de Consti-\ntution du Patriarche de F Opéra, etc. Cette seconde édition est classée\nà tort, par les Bibliographes, parmi les brochures de la guerre des\nBouffons.\nMEUSNIER DE QUERLON. — Le Code lyrique ou règlement pour l'Opéra de\nParis. Utopie, 1743, in-12.\nCe volume, sorte de Chronique scandaleuse de l'Opéra, eut plusieurs\néditions.\nVARIGNANT. — Requête de deux actrices d'opéra à Momus avec son ordon-\nnance. La Haye, 1743, in-12.\nFacétie en réponse au Code lyrique , que Fétis donne comme une\nréfutation sérieuse opposée à un nouveau règlement de l'Opéra.\nBARTHE. — Statuts pour VAcadémie royale de musique.\nSatire en vers qui se trouve dans les diverses éditions des Œuvres de\nBarthe.\nLÉO LESPÈS. — Les Mystères du Grand Opéra. Paris, 1843, in-8.\nALBÉRIC SECOND. —Les Petits Mystères de lOpéra. Paris, 1844, in-8.\nLOUIS DESNOYERS. — De l'Opéra en 1847, à propos de Robert Bruce. Paris,\n1847, in-8.\nN. ROQUEPLAN. — Les Coulisses de l'Opéra. Paris, 1855, in-16.\nCDE VOcPÊcRoAJ\nQ/L T> TTIOZ\\\\\nProjet concernant l'Opéra. Paris, 1740, m-4.\nLettre à la grecque. — A l'isle de Tenedos et à Paris, chez Guillyn, 1764,\nin-12.\nConcernant la reconstruction de la salle de l'Opéra.\nNOVERRE. Observations sur la construction d'une nouvelle salle de VOpéra,\n1781,in-12.\nConcours pittoresque pour l'embellissement de l'Opéra. Paris, 1770, in-8.\nBONET DE TRÉICHE. De l'Opéra en l'an XII, 1808, in~4,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.64", "texte": "ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR L'OPÉRA\n\nP. BERNARD. Projet d'une salle d'Opéra. Paris, s. d., in-4.\nNombreuses planches intéressantes à consulter.\nSur l'Opéra et sur le danger auquel il vient d'échapper. Paris, Pihan De-\nlaforest, s. d.., in-8.\nNous n'avons voulu qu'indiquer cette dernière division en donnant\nici ces quelques titres d'ouvrages qui en font partie. Les brochures pu-\nbliées dans tous les temps sur la construction d'un Opéra et sur son\nadministration, sont en effet très nombreuses et se chiffrent par cen-\ntaines.\nCet essai bibliographique n'a, du reste, pour but que de donner aux\nlecteurs un aperçu très sommaire des différents ouvrages publiés sur\nl'Opéra. Nous n'avons touché qu'à quelques séries, car la nomenclature\ndes ouvrages appartenant à cette bibliographie spéciale est infiniment\nplus fournie. Il faut encore y comprendre les ouvrages qui, traitant des\nthéâtres de Paris en général, consacrent un ou plusieurs chapitres à\nl'Opéra, les Almanachs de théâtres, si nombreux, et dans lesquels on\ntrouve des renseignements sur le personnel et le répertoire de notre scène\nlyrique. Quant à la critique des œuvres représentées, aux biographies de\ncompositeurs, chanteurs, cantatrices, elles forment, à elles seules, plu-\nsieurs spécialités bibliographiques, comme, par exemple, la guerre des\nBouffons er celle des Gluckistes et Piccinistes, ou se fondent dans les\ndivisions multiples de la grande Bibliographie musicale.\n\nE. THOINAN."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18731115-01.1.65", "texte": "NOTE\nO. LE TRIOUX.\nous reprendrons dans notre prochain numéro nos\ntravaux ordinaires sur les derniers événements\nqui intéressent le monde musical.\nNous aurons à nous occuper notamment des\nreprises de Lucrezia Borgia et de Don Giovanni,\naux Italiens-, de /'Ambassadrice ( avec\nl'Opéra-Comique ; ainsi que de la Jeanne d'Arc,\nàla Gaieté, et de la première représentation de la Quenouille\nde verre, aux Bouffes-Parisiens.\nLe Secrétaire de la Rédaction9\n\nFans. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette, 6i.\nPropriétaire-Gérant : HEULHoAcBSD*"}]}