{"numero_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_sha256": "0af6bd33e74529b59933c54550339f3c3b0acc31925e43889b7560b8a500c6a4", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1874/04/01_01/bmtnabc_1874-04-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1874/04/01_01/bmtnabc_1874-04-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c001", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[5]", "page_fin": "11", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.1", "titre_corps": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL", "titre_sommaire": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL", "signature_source": "S. BLONDEL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[5]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL\n\nE Concert spirituel qui a lieu tous les ans,\nle Vendredi-Saint, au Conservatoire, aux\nItaliens et à la salle des Concerts populai-\nres, etc., se donnait jadis plusieurs fois dans\nl'année. Il était destiné à remplacer les re-\nprésentations théâtrales pendant le temps\nde Pâques et à certaines fêtes. Le Concert\nfrançais des Mélophilètes, établi le 10 jan-\nvier 1722, et le Concert italien des Ama-\nteurs., organisé la même année par la mar-\nquise de Prie, unie d'intérêt avec le financier Croizat, en firent naître\nl'idée.\nCette solennité musicale fut fondée en 1725, par privilège du roi,\nLouis XV avait accordé ce privilège en faveur d'Anne Danican Philidor,\nhautbois de la Chapelle royale, et frère consanguin aîné du célèbre com-\npositeur de musique et joueur d'échecs François André, à condition que"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2328, "texte": "le Concert « dépendroit toujours de l'Opéra, » et que Philidor payerait à\nl'Académie de Musique 6,000 livres par an.\nL'inauguration du Concert spirituel eut lieu le dimanche de la Pas-\nsion (18 mars 1725) dans la salle des Cent-Suisses, connue depuis sous\nle nom de Salle des Maréchaux, au château des Tuileries. « Il com-\nmença, dit Hurtaut, dans son Dictionnaire historique de la ville de\nParis (1776), a par une suite d'airs de violon, de La Lande ; par un\nCaprice du même auteur, suivi de son Confitebor4 On joua, après cela,\nun Concerto, de Corelli, intitulé la Nuit de Noël, et le Concert finit\npar le Cantate Domine, de La Lande. Il dura depuis six heures jusqu'à\nhuit, avec l'applaudissement général de toute l'assemblée, qui fut très\nnombreuse. »\nPendant le cours de la première année, on vit figurer au Concert spi-\nrituel, différents instrumentistes de talent, ainsi que plusieurs virtuoses\ntels que mesdemoiselles Antier, Le Maure et Eremans, soprani ; le té-\nnor Tribou, le baryton Chassé, etc. Ce dernier, qui en prenait parfois trop\nà son aise avec le public, fut chansonné, selon la mode du temps, sur la\nfaçon dont il ménageait sa voix :\nentendu Chassé\nDans la pastorale i'lssé?\nCe n'est plus cette voix tonnante, r\nCe ne sont plus ces grands éclats,\nC'est un gentilhomme qui chante\nEt qui ne se fatigue pas.\nLa célèbre Marie de Fel, qui tint pendant plus de vingt-cinq ans le\npremier emploi à l'Opéra, débuta au Concert spirituel en 1732. De tou-\ntes les cantatrices qui en consacrèrent le souvenir, cette dernière y brilla\nle plus souvent et le plus longtemps. Elle prononçait également bien le\nfrançais, le latin, l'espagnol et l'italien.\nA la mort de Philidor, la direction du Concert spirituel fut confiée à\nJoseph Mouret, conjointement avec Simart. Mais le sieur Thuret, ayant\nobtenu le privilège de l'Opéra, jugea à propos de rentrer dans ses droits ;\nil en remit le soin à Rebel, jusqu en 17415 époque à laquelle le nouveau\ndirecteur l'afferma 6,000 livres par an au sieur Royer, artiste ordinaire\nde la Chambre du roi, et maître de musique des Enfants de France.\nCelui-ci s'attacha le sieur Capperon, de l'Académie royale de musique.\nPar les soins et l'intelligence de ces deux associés, le Concert spirituel\nattira un grand nombre d'auditeurs. On y exécutait des symphonies, des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.3", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "sonates, des concertos, des motets, ainsi que les oratorios des maîtres\ncélèbres qui avaient travaillé sur des paroles latines.\nLa salle où se donnait le Concert spirituel changea plusieurs fois de\ndécoration. Il n'y avait, dès le début, que des banquettes et quelques gra-\ndins élevés autour des murs. La seconde année, on y construisit des loges.\nLorsque le roi vint à Paris, après la campagne de 1744, il alla s'ins-\ntaller aux Tuileries ; circonstance qui nécessita la destruction de toutes\nles loges et des décorations de la salle du Concert-. Le jour de la Toussaint\nde la même année, comme cette salle était occupée, on avait affiché que\nle Concert s'exécuterait dans celle de l'Opéra ; mais Monseigneur de\nVintimille, alors archevêque de Paris, ne voulut point qu'il eût lieu\ndans cet endroit profane, et on ne fit point de concert ce jour-là. Ri-\ngueur, par parenthèse, qui fit dire aux Parisiens qu'on ne retrouverait\npas un archevêque comme son prédécesseur, en vint-il mille. Le 8 dé-\ncembre suivant, jour de la Conception de la Vierge, le Concert spiri-\ntuel se tint dans la salle des Tuileries; il n'y avait point de loges , seu-\nlement on avait dressé des banquettes et placé des chaises dans le\nparterre. Enfin, en 1748, sous la direction de Royer, cette salle prit une\nforme toute nouvelle.\nVers les premières années du règne de Louis XVI, la salle du Concert\ncontenait un grand orgue, touché habituellement par Daquin, organiste\ndu roi ; l'orchestre fut mieux disposé, et un rang de loges, surmonté\nd'une galerie, s'étendit agréablement autour de la salle. Lorsque, par\nhasard, le roi et la famille royale venaient habiter aux Tuileries,— on sait\nque la Cour restait à Versailles , le tout pouvait s'enlever en cinq\nheures et se replacer dans le même espace de temps. Après Royer, le\nsieur Capperon, resté seul, s'associa Mondonville, compositeur et auteur\nde plusieurs opérasentre autres Titon et VAurore ; ce fut alors que le\nConcert spirituel acquit une nouvelle réputation, jusqu'au jour où ces\ndeux directeurs abandonnèrent l'entreprise, qui passa par la suite aux\nsieurs d'Auvergne et Le Breton.\nEn 1776, les sieurs Gaviniès, Le Duc et Gossec, « dont les talents chéris\ndu public faisaient le charme de ce Concert, « devinrent les directeurs\ndu Concert spirituel.\nLe Concert spirituel était une institution utile, nécessaire au progrès\nde l'art. « Mais, dit M. Castil-Blaze, elle fut, dès son origine, dégradée\npar ce mot privilège, mot odieux, estampé sur tous nos établissements\ndramatiques et musicaux. Le Concert spirituel opposait son privilège\nexclusif à tous les artistes assez impertinents pour vouloir chanter en\npublic sur d'autres points de la capitale. Tous étaient contraints d'e^ca-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2746, "texte": "lader l'estrade élevée dans la salle des Tuileries. Quelques instrumen-\ntistes de grand talent firent connaître aux Parisiens les richesses et les\nnouveautés de leur génie et de leur exécution ; mais, la partie vocale étant\nconfiée aux acteurs de l'Opéra, tout progrès devenait impossible. Les\nviolonistes, les violoncellistes français, étrangers, les frères Besozzi, de\nTurin, avaient montré comment on pouvait plaire, séduire en jouant des\ninstruments à archet, du hautbois, du basson; les effets obtenus par ces\nvirtuoses étaient ignorés du plus grand nombre des auditeurs. Les voix\nétaient les mêmes que l'on entendait à l'Opéra ; ces voix chantaient en\nlatin au lieu de chanter en français, telle était la seule différence que Ton\npût remarquer à l'égard de la musique vocale produite au Concert spi-\nrituel de 1725 à 1753. »\nLe nombre des auditions, pendant toute la quinzaine de Pâques et les\njours de fêtes solennelles dont la célébration interdisait le spectacle, était\nde vingt-quatre ou vingt-cinq par année. « On ferme l'Opéra le jour\ndu Vendredi-Saint, de Pâques, de Noël, de la Pentecôte, » dit l'auteur\ndu Tableau de Paris ; « mais l'orchestre de l'Opéra, les chanteurs et\nles chanteuses vont sur un autre théâtre qu'on appelle Concert spirituel,\net, sous de nouvelles affiches en lettres rouges, débitent toutes les modu-\nlations de leur gosier harmonieux. Ils n'ont pas leur habit de théâtre;\nvoilà toute la différence. On chante le Miserere et le De profondis à\ngrand chœur, » ajoute le philosophe Mercier; « mais cela ne touche per-\nsonne, religieusement parlant. Lorsque la même voix qui a chanté le\nrôle d'Armide ou d'lphigénie, chante un verset d'un psaume du roi\nDavid, le roi David a l'air un peu profane. Quinault et le Psalmiste,\ndans la bouche de la même actrice, font sourire l'imagination. Tous ces\nmotets deviennent des représentations vraiment théâtrales. On bat des\nmains et l'on parle d'un cantique sacré comme d'une ariette dans le goût\nitalien. »\nEn effet, c'est aux Concerts spirituels donnés pendant la quinzaine de\nPâques surtout, temps de repos pour les spectateurs, qu'avaient lieu les\ndébuts des acteurs. Jélyotte, Poirier, La Tour, Pilot, Muguet, Legros\net beaucoup d'autres ténors ou hautes-contres, furent engagés à l'Opéra\naprès avoir satisfait à ce curieux usage, c'est-à-dire après s'être fait\nentendre dans des airs français, dans des airs d'opéra, comme le ténor\nDuparc, par exemple, qui, en 1764, débuta par l'air : fières\ntrompettes, de Castor et Pollux, revêtu d'une cuirasse, coiffé d'un cas-\nque et portant l'épée au côté.\nIl n'était pas moins étrange de voir des cantatrices en costume d'impé-\nratrice, de bacchante ou de simple bergère, venir, poudrées à frimas, avec"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.5", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2711, "texte": "le sceptre, le thyrse ou la houlette à la main, réciter des oraisons, des lita-\nnies et des psaumes à ce concert, pour se préparer aux scènes émou-\nvantes et passionnées du Drame lyrique.\nParmi les célébrités du Concert spirituel, on remarqua plusieurs\nartistes italiens, tels que Caffarelli et Guadagni; mais le plus grand\nnombre était composé de chanteurs français, d'un mérite reconnu. Le\nriche abbé Malines entre autres, basse excellente, laissa de vifs souvenirs.\nIl légua à sa mort, arrivée en 1778, à ses anciens compagnons les chan-\ntres de Notre-Dame de Paris, tout le vin de ses caves, lesquelles étaient,\ndit-on, parfaitement garnies. Jamais ces virtuoses, si souvent tourmen-\ntés de la soif, n'avaient été si largement abreuvés.\nLe mardi de Pâques de l'année 1784, le Concert spirituel eut, contre\nson ordinaire, un succès de fou rire. Ces transports de gaieté furent\nexcités par une symphonie d'Haydn qui termina la séance. Chaque\nmusicien, après avoir exécuté sa partie, la mettait dans sa poche, étei-\ngnait son luminaire, prenait son instrument sous le bras et s'en allait.\nTous les exécutants avaient opéré leur retraite successivement de la\nmême façon. C'était une énigme pour l'assemblée, qui, n'y voyant que\nle côté comique, riait à se tordre.\nVoici l'explication qu'en donnent à la fois la Biographie d'Haydn,\npubliée en allemand par Diez, le Haydine, recueil de lettres par Giu-\nseppe Carpani (Padoue, 1828) et la Notice sur Joseph Haydn, par\nFrâmery (Paris, 1810). Les musiciens du prince Nicolas Esterhazy, à\nl'exemple d'Haydn leur chef d'orchestre, donnèrent un jour leur démis-\nsion, sauf un vieillard sourd et infirme qui jouait du basson, et un autre\ndes plus médiocres parmi les seconds violons, lesquels se tinrent sur la\nréserve. La démission acceptée, il fut convenu qu'ils ne resteraient plus\nque huit jours. Dans ces circonstances, Haydn s'avisa d'un expédient\nassez bizarre, qui a laissé des traces dans ses œuvres, et que Framery\nraconte en ces termes :\n« Le jour fixé pour le départ, il va trouver le prince, et lui dit qu'a-\nvant de le quitter, son orchestre et lui désireraient lui donner une der-\nnière marque de leur reconnaissance pour toutes ses bontés passées, en\nexécutant devant lui une symphonie nouvelle qu'il avait composée\nexprès pour cette circonstance : le prince y consent avec joie, et même\navec attendrissement. La salle est éclairée comme en un jour de concert;\nchacun prend sa place accoutumée, et la symphonie commence.\n(c Le premier morceau, d'un style très brillant, d'un mouvement vif\net gai, semblable pour la forme au début de la plupart des sympho-\nnies, mais moins étendu, fait entendre tous les instruments marchant"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "ensemble; suit un récit de violon exécuté par Haydn seul, qui condui-\nsait l'orchestre, et après lequel il se lève, renferme tranquillement son\nviolon dans l'étui, le met sur son épaule, et s'en va. Le prince, étonné,\ns'inquiète, et craint qu'il ne soit arrivé au maître quelque chose de\nfâcheux; il envoie avec beaucoup d'empressement savoir la cause d'un\ndépart si extraordinaire au milieu d'une symphonie : Haydn charge le\nmessager de remercier le prince de cette preuve d'intérêt, de le prier de\nne point s'alarmer, et d'entendre le reste de l'exécution. Elle continue.\n« Le chef des seconds violons joue un récit seul, comme l'avait fait le\npremier, serre ensuite son instrument, se lève et s'en va, suivi de toute\nsa bande; après lui et successivement le premier des hautbois, des flûtes,\ndes clarinettes, des cors, des bassons, chacun après son récit, se retire de\nla même manière, dont le prince comprit fort bien l'intention, jusqu'à\nce qu'enfin il ne reste plus dans l'orchestre que les deux pauvres hères\nqui n'avaient pas signé l'adresse, et qui terminent la symphonie par un\nlamentable duo.\ncc Le souverain d'Esterhazy_, dont la bonté naturelle avait vaincu la\nfierté, le cœur gonflé, se précipita dans la salle où s'était rasssemblé\nl'orchestre, et les yeux pleins de larmes : « Mes amis, leur cria-t-il, mes\nvieux amis! est-ce ainsi que vous m'abandonnez ! Et pourquoi m'aban-\ndonnez-vous? Comme votre prince, vous sentez que je ne puis vous de-\nmander grâce; je sens également qu'en votre qualité d'artistes vous ne\npouvez pas non plus me la demander : n'y aurait-il pas moyen de tout\nconcilier, et de faire comme s'il ne s'était rien passé de part et d'autre ? »\nLa réponse du maître et de tout son monde fut de tomber aux genoux\ndu prince, qui le reçut dans ses bras, et tout fut à jamais oublié. »\nTelle est l'origine de la symphonie facétieuse que Ton fit entendre au\nConcert spirituel de 1784, avec la mise en scène réglée par Fauteur. La-\nhoussaye et Guénin, qui faisaient les rôles des deux musiciens récalci-\ntrants, restèrent seuls dans l'orchestre et terminèrent le finale.\nPendant la Révolution, les événements politiques reléguèrent le Con-\ncert spirituel dans la salle du Panthéon, bâtie sur la place où fut construit,\ndepuis, l'ancien Vaudeville, rue de Chartres. En 1790, les auditions\nfurent réduites à quinze par année; en 1791, à six, qui eurent lieu dans\nune salle de la rue Dauphine. La sixième et dernière se produisit le 24\navril 1791. Le théâtre Italien les renouvela en ißos.\nMadame de Genlis, qui écrivait encore à cette époque, dit à ce sujet,\ndans son Dictionnaire des Etiquettes : « Nous avions avant la Révo-\nlution, pendant la semaine sainte, un très beau concert religieux, qu'on\nappelait le Concert spirituel. On n'y chantait que des hymnes et des"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.7", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "psaumes en musique. Le genre religieux est le plus beau de tous, parce\nqu'il est le plus majestueux et le plus imposant. Ainsi, sous le seul\nrapport de l'art, il serait à désirer que l'on rétablît ce concert, qui four-\nnirait aux habiles musiciens les plus nobles sujets de composition. »\nComme on l'a vu, le vœu de madame de Genlis se réalisa de son vivant,\nun an après l'élévation de Bonaparte au trône. Aujourd'hui, le Concert\nspirituel est une solennité artistique consacrée, comme autrefois, à l'au-\ndition des chefs-d'œuvre religieux, tels que le de Pergolèse, les\nSept Paroles d'Haydn, \\e Requiem de Mozart, la Rédemption d'Emilien\nPacini, Y Oratoriod'Alary, ou les fragments et morceaux bien connus\nde Bach, de Beethoven, de Mercadante, de Mendelssohn, etc.. que ne\nmanquent pas d'aller applaudir chaque année les véritables amis de\nl'art.\nRapportons, pour finir, une anecdote du siècle dernier, tirée de Mer-\ncier. « Que ferons-nous, demandait une femme de qualité à une autre ?\nVoici la semaine sainte; il faut cependant faire quelque acte de piété.\nEh bien! répondit l'autre, nous irons au Concert spirituel, et pendant\nce temps-là, nous laisserons jeûner nos gens. »\n\nS. BLONDEL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c005", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "17", "image_debut": 8, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.2", "titre_corps": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "titre_sommaire": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "signature_source": "J. B. WEKERLIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1402, "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\n(0\n1873\nVANT de reprendre la suite du travail, peu littéraire,\nque la Chronique musicale a donné dans ses premiers\nnuméros_, et comme preuve de notre désir d'être au\nmoins un compilateur consciencieux, nous citerons\nd'abord les oubliés; oubliés n'est pas le mot. Il s'agit\nde pièces qui nous ont échappé à cause de la confor-\nmité de leur titre avec d'autres pièces semblables, ou dont la lithographie\navait déjà passé sous nos yeux, mais avec un titre différent.\nSous la date de 1870, nous trouvons : Français aux armes, paroles\nde Fernand Strauss, musique de A. Pilati. 1871, deux chansons sur\nl'Alsace : Là ils ont fusillé notre mère, et : la Force et le courage,\ntoutes deux avec paroles de F. Duvert et Ed. Potier, musique de A. Pi-\nlati;— Mourir ou vaincre pour la France, paroles et musique de\nM. A. D.; VAssiette an beurre, de P. Burani et Ch. Pourny ;\nAux armes, Paysans, de A. Philibert, H. Chatelin et Ch. Pourny;\nSalut aux marins delà France, mêmes auteurs que pour la chanson\nprécédente; J'aim\" pas les lâches, de A. Philibert et Ch. Pourny.\n1872, Délivrance, paroles et musique de Léon Paliard; le Fusil de\nla Liberté, musique de J. C. Thorel; Alsace et Lorraine, Deuil et\nEspoir, par Ostian de Saint-Aule; sur le titre se trouve le portrait de\nHenri V; Les six rois de Candide, à M. Laurent Pichat, par Elie\n\n(1) Voir les numéros des i 5 juillet et ier août 1873."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "Remignard et A. Tac-Cohen; Vive l'armée, chant de victoire, de Paul\nBurani (lisez Urbain) et Ch. Pourny ; cette dernière pièce avait été faite,\nlors de la fausse nouvelle de la victoire de Wœrth; elle n?a point été\nchantée, quant aux paroles, mais elle reparut plus tard sous le titre :\nQu'on se souvienne-, naturellement la musique seule fut conservée;\nLes Momies, par Rémignard et Tac-Cohen.\n1 B^3\nLes premières pièces parues sont en l'honneur de Henri V : « Foi et\nEspérance, dédiée à M. le général de S., le brave entre les braves » ; les\nauteurs se sont méfiés de leur chef-d'œuvre, ils ont signé H. C. et C. M.,\ncela vient de Rennes. Ce sont également deux auteurs *** qui ont\ncomposé Hymne à la France*, le mot cantique eût été plus vrai (An-\ngers) ; le Drapeau blanc, paroles de J. Blanchon, musique de A.\nde B. (Lyon). Deux anonymes ont publié à Angers A ma fleur de lys ;\nd'après le titre ils avaient composé cela en 1871 ; Il régnera, « chant\nroyaliste, à M. le général baron A. de Charette, » paroles de X., musique\nde E. du Rocher; VHymne français, à Monseigneur le comte de\nChambord, paroles et musique du marquis d'lvry. L'auteur a dû être\nsatisfait des vers suivants :\nIl a maintenu, sans for faire,\nTes droits, 6 bannière\nDe Reims et d'lvry, etc\nVive le roi, de J. Rolly et E. de Penaranda. Tous ces morceaux por-\ntent ou le portrait d'Henri V, ou la couronne avec fleurs de lys, l'ori-\nflamme de Saint-Denis, le portrait du pape, etc.\nNous retombons dans le café-concert : Instituteur et général, chan-\nson démocratique, A. Bosc et F. Trémel; Y Orpheline de\nV. Anselme et A. Petit; Adoption (pour les orphelins de la guerre),\nparoles de mademoiselle Mélanie Bourotte, musique de G. Desmoulins;\n- Les deux Sœurs (Paris et Lyon) R. Doutre et V. Pons; —Place aux\nhonnêtes gens, chant républicain de F. Trémel.\nLe refrain est tourné avec beaucoup de grâce :\nHolà, tyrans, tueurs d'hommes et cuistres,\nDisparaisse\\ du monde des vivants ;\nSoyef maudits, saltimbanques sinistres,\nRois éhontes, place aux honnêtes gens !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "Il y a aussi un joli couplet qui commence par :\nHurrah, héros qui vendes la patrie,\nPitres abjects, complices des tyrans, etc.\nMusset lui-même s'est rarement exprimé avec plus d'élégance. M. Fré-\ndéric Trémel est encore l'auteur (musique et paroles), de : A bas les\nconquérants et Béranger au Paradis; Le Paysan de 1872 ou le\nbon Dieu républicain, P. Avenel et Ch. Hubans ; —La vraie\nRevanche, Villemer et Ben-Tayoux; le Rural, Ribault, Duhem\net P. Bernicat;— les Déserteurs de la patrie, Villemer, Delormel et\nL. Benza; le Volontaire d'un an, A. Philibert, Siégel et Ch. Moreau;\nil y a du parlé : « Plus de raie dans le milieu de la téte, ni de gilet à\nm\ncœur!... ayons plus de cœur et moins de gilet; » La Rançon de la\nFrance, C. Déa et L. Demortreux; le Barde des Vosges. A. Brody ;\nTen suis fi ère, par René Gry et L. Benza; la pensée de cette chanson\na un but moral qui fait l'éloge du poète : un mobile, nouveau marié,\nmeurt à la guerre; sa jeune femme répète :\nD'un héros mort pour son pays\nJe Suis fiere d'être la femme !\nLa France à VAlsace et à la Lorraine, A. M. Neveu et J. B. Rachet;\nc'est une chaude pièce de la revanche :\nEt nous irons au fond de son empire,\nCriant partout : vengeance et liberté!\nTrois grands noms (Kléber, Hoche et Marceau (i)), par Ch. Théolier\net L. Benza; GrandisseJ. H. Bonin et J. Chabrut; Episode de\nVarmée de la Loire, C. Déa et L. Demortreux; Tout français est\nsoldat9 Max et Andréol, musique de L* Demortreux; La Républicaine\nd'Alsace, Villemer et Delormel, musique de F. Chassaigne. L'image du\ntitre n'est et quant au sujet, c'est une scène de cabaret, où des\nPrussiens veulent forcer une Alsacienne à chanter et à boire à la santé\nde Guillaume. La jeune patriote répond qu'elle ne sait que la Marseil-\nlaise :\nCe chant, vous deve\\ le connaître,\nA vos rois nous l'avons appris ;\n\n(i) Le générai Marceau, mort à vingts-sept ans, a été mainte fois chanté sous îa\npremière République ; voyez la gravure qui reproduit un de ces souvenirs."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1540, "texte": "La République l'a fait naître\nDans la poitrine de ses fils.\nNous l'avons, dans vos capitales,\nHurlé jadis à tous les vents,\nQuand sous nos marches triomphales\nCroulaient les trônes allemands :\nJe suis Française,\nMon pays est républicain,\nJe ne connais qu'un seul refrain,\nC'est celui de la Marseillaise.\nLe Chant du Départ des Alsaciens-Lorrains, par Lacoste et A. Despa-\ngne; là Patrie, par Urbain Pineau; ■— Voici la liberté,\nhymne à la République, Ghatelin et A. Blangy; Adieux à la France;\nsur le titre une Alsacienne :\nPar la faute d'un traître,\nChef nous l'Allemand désormais\nSera notre seul maître,\nC'est vrai mais notre ami jamais !\nCe morceau est gravé en français et en italien, paroles de Battaille,\nmusique de Dubost.\nCe n'est plus mon Drapeau, Vatimel et Domergue, Là, ils ont tué\nma mère, Ghatelin et Chassaigne ; ce doit être une seconde édition, le\nmême titre a déjà été cité. —La France n'est pas morte, Chatelin et\nChassaigne.— L'lnstruction obligatoire, G. Poyaut et J. Chabrut*—La\nDélivrance, polka militaire, par L. Dufils. Paysan, travailleur et\nsoldat, Delormel et O. Fouque. —Au nom de la Lorraine, Burguy et\nPaul Henrion.\n(Refrain.)\nJe hais tout refrain éclatant,\nCar il faut que je vous l'apprenne,\nOn ne chante plus en Lorraine :\nOn prie, on espèrey on attend.\nLe Vieux Drapeau, Villemer et A. d'Hack. Voici la première strophe :\nPrès d'un chemin de la vieille Lorraine,\nSilencieux> deux hommes à genoux,\nCreusent des mains la terre auprès d'un chêne,\nEn se disant : le retrouverons-nous ?"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "C'est bien ici, que pendant la bataille,\nDit l'un des deux, l'avons enterre..\nm\nAmi, je sens tout mon cœur qui tressaille,\nFo/a les plis de ce lambeau sacré :\nJe te retrouve après deux ans d'absence !\nEn revoyant tes brillantes couleurs\nMes yeux sur toi laissent tomber des pleurs,\nMon vieux drapeau de France !\nLa Tache noire, A. Chérié et F. Knorr. —La Taverne alsacienne\nde Sedan, E. Hupin et L. Pierrard. Prions pour lui, Ch. Pougier et\nDeflers. Le Drapeau de MetVillemer et Delormel, musique de\nL. Benza. Marceau, J. Ichaunard et R. Planquette ;ce doit être une\nseconde édition, titre et image nous ont déjà passé sous les yeux. —La\nMarseillaise des Travailleurs, Villemer et Ben Tayoux.— Le Drapeau\ntricolore, Brigliano et L. Chelu. —La France nouvelle, Vatinel et\nPaul Henrion. Les Mandataires de Dieu, E. Fvemignard et Tac-\nCohen :\nQue de gens, maîtres, rois, apôtres,\nInvoquent la grâce de Dieu,\nPour vivre du travail des autres !\nBlagueurs, qui par état\nRecueille% ce qu'un autre sème,\nMontrez-nous donc votre mandat\nSigné par Dieu lui-même.\nExcusez du peu ! voilà un autographe qui serait recherché dans les\nventes !\nJ'apporte Vespérance, J. Fauque et F. Boissière. L Esprit fran-\nçais, Théolier et R. Planquette. En parlant de La Fontaine, Fauteur\ndit :\nEt pourtant dans ses bêtes\nOn trouve plus d'esprit\nQu'au fond des blanches têtes\nQue l'lnstitut fleurit.\nCela n'est pas très gracieux pour les membres de l'Académie ;on voit,\nau reste, par ce quatrain, que l'auteur n'en est pas ; s'il y aspire,\ncela lui fera bien du tort. La Fiancée du Conscrit, paroles et\nmusique de F. Granier. C'est beaucoup de faire ainsi tout àla fois ;"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 897, "texte": "malgré cela, je crains bien que M. Granier n'arrive pas non plus à\nl'Académie :\nEt pourtant il serait possible\nQu'une mort prompte Veut frappé,\nOu que par quelque balle hostile\nIl eût déjà été tué.....\nLe fiancé revient, et la cinquième strophe commence par ce noble cri\nde joie, entièrement nouveau : Merci, mon Dieu! —Le Coup de ca-\nnon est une fantaisie mazurke, de D. Bourgoin. Le Serment du\nGriitli, chant national, de Nicolo Ansaldi, musique arrangée par ma-\ndame Ansaldi. Comme c est une dame, nous ne dirons rien de cette\nmusique arrangée. La Mère du soldat, Delormel et Maly, mu-\nsique de L. Benza. Gloire aux Martyrs, A. Michel et J.-C. Thorel,\nLe Fusil de la Liberté, par Thorel. Masques et Visages, Maly et\nmusique de L. Benza :\nEt vous, o sinistres rôdeuses,\nO marchandes de volupté,\nDe vos longues robes fangeuses\nN'insulte% plus notre cité.\nLa suite prochainement.)\n\nJ. B. WEKERLIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c008", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.2.3", "titre_corps": "AU RHIN !... AU RHIN !...", "titre_sommaire": "AU RHIN !... 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Gade est pour le Danemark ce que\nLinblad est pour la Suède. Ce compositeur est né à\nCopenhague le 22 octobre 1817. Son père était fabri-\ncant d'instruments de musique; il favorisa chez l'en-\nfant des penchants qui firent plus tard sa fortune et sà gloire. Des\nmaîtres obscurs enseignèrent assez mal au petit mélomane le piano,\nle violon et la guitare, instrument alors fort en vogue, et qui a\nrendu familiers dans tout le Nord, à cette époque , les rhythmes\nimportés d'Espagne et les populaires inspirations de 1 Europe méridio-\nnale. Les favorables dispositions de l'enfant suffirent à réparer\" tout ce\nque son éducation musicale présentait d'incomplet et de défectueux, et,\njeune encore, il mérita d'être admis comme violoniste dans l'orchestre\nde la chapelle royale. Vers le même temps, commencèrent ses travaux\ndans la composition sous la direction de Weyse. La lecture des parti-\ntions des grands maîtres acheva son éducation et détermina sa vocation\nde compositeur.\nEn 1841, Gade prit part au concours ouvert dans sa ville natale par\n\n(t) Voir les numéros des i 5 janvier, lel'1e1' février et iCi mars."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.16", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2814, "texte": "une société d amateurs, pour la meilleure ouverture à grand orchestre.\nOssian futlesujet qu'il choisit pour sa composition à visée romantique.\nSpohr et Frédéric Schneider, élus juges du concours, décernèrent le prix à\nson ouvrage. Encouragé par ce succès, le triomphateur, encore à son dé-\nbut, chercha à se créer au cœur même de l'Allemagne musicale une noto-\nriété qui lui permît ensuite de s'imposer victorieusement hors de son\npays, Il écrivit la première de ses quatre symphonies (en ut mineur) et\n1 envoya à Leipsick où Mendelssohn trônait comme directeur des con-\ncerts du Gewandhaus. Mendelssohn lut la lettré du compositeur enthou-\nsiaste, il lut aussi la partition dont il fut charmé, et il fit au jeune mai\"\ntre cette réponse bien inattendue : ce Vous commencez par où j'ai fini. »\nLe compliment était sincère. Pour preuve, Mendelssohn mit la sympho-\nnie en étude à ses concerts, et tout ce que Leipsick comptait de con-\nnaisseurs applaudit impartialement le compositeur étranger. L'impres-\nsion que l'œuvre produisit dans les séances multiples où elle reparut,\nfut très favorable. On entendit de Copenhague le succès immense au-\nquel ne nuisit pas le tapage des journalistes, et le roi de Danemarck\noctroya un subside pour que Gade entreprît une de ces excursions en\nItalie d'où les génies du Nord ont toujours rapporté la chaude et lumi-\nneuse effluve qui manque à leurs contrées déshéritées. Ce voyage fut de\ncourte durée. Gade voulait jouir dans son pays de sa réputation gran-\ndissante. Il rentra donc à Copenhague, mais ce fut pour être'rappelé à\nLeipsick, et se voir offrir la direction des concerts du Gewandhaus en\nremplacement de Mendelssohn à qui le roi de Prusse venait d'assurer\nune position honorable à Berlin. Un pareil poste en Allemagne était\nsignificatif, et la succession du compositeur qui a écrit Paulus, la Sym-\nphonie écossaise et le Songe d'une nuit d'Eté, était pour le maître da-\nnois d autant plus honorable que c'était Mendelssohn lui-même qui le\nnommait son héritier.\nPendant son séjour à Leipsick, Gade fit preuve de beaucoup d'activité,\nd'intelligence et d'invention. Il composa et fit exécuter sa seconde et sa\ntroisième symphonie, deux ouvertures, une grande cantate de fête, une\nsonate pour piano et violon, un quintette et un ottetto pour des instru-\nments à cordes, diverses pièces pour le piano, des chants à voix seule\navec piano et a plusieurs voix, et enfin un poème dramatique intitulé\nComa la pour voix seules, chœur et orchestre, « Ces compositions,—a écrit\nFétis, malveillant écho de malveillantes critiques, n'indiquent pas\nen Niels Gade la faculté de création. La nature des idées de ce maître,\nl'enchaînement des périodes, le style enfin dérivent évidemment de\nla manière de Mendelssohn et de Schumann et l'engouement de Leipsick"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.17", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2823, "texte": "au moment où l'Allemagne disputait le compositeur danois àsa patrie,\nl'enthousiasme de la Saxe pour les œuvres du compositeur de Copen-\nhague, ne pouvait que se dissiper bien vite quand la monotonie de ce\nstyle épuisa enfin la patience des dilettantes. » *\nFétis attribue ici au public contre Gade, son inconcevable antipa-\nthie pour Mendelssohn, et son dédain, plus juste et plus motivé, pour\ntoute cette nuée de parasites compositeurs dont tout homme en vogue\ndevient le modèle, et qui, se dispersant ensuite dans toutes les voies\nbanales, ne laissent aucune trace. Gade procède de Mendelssohn, et il\na été dépassé par Schumann. Sa place est entre les deux compositeurs,\net il n'est ni le plagiaire de l'un, ni le modèle de 1 autre. Entie ces deux\nmaîtres, auxquels il confine, il est resté lui-même. Non, Gade ne fut\njamais un imitateur. Si, un moment, par suite des circonstances de sa\nvie, il sembla flotter dans le sillage de Mendelssohn, il reprit bientôt\nsa route à lui, en hardi navigateur qui porte, sur son navire, et sa\nboussole et sa fortune. Fétis, semblablement à ce qu ont fait dans\ntous les temps les critiques à courte vue, s'attaquait à des tendances\nqui le contrariaient, à des théories dont il ne se rendait pas compte,\net qui, à tort ou avec raison, lui étaient incompatibles. Niels Gade,\nMendelssohn, Berlioz, Schumann, Wagner, sont les têtes de turc\nsur lesquelles frappent à tour de bras, et sans bien regarder ce qu ils frap-\npent, certains esthéticiens qui ne veulent écouter qu'avec le cornet\nacoustique, auquel sont habituées leur partiales oreilles, Ils amalgament\ndans leurs implacables réprobations ce qui ne doit pas être confondu, ce\nqui n'a ni ressemblance ni parenté, ni même origine ni meme destinée.\nWagner, Berlioz, Schumann, Mendelssohn, n'ont de ressemblance que\npour les sens obtus devant lesquels se confondent tous les temps et\ntous les horizons. Chacun de ces maîtres est revendiqué par des par-\ntisans fort divergents. L'école de l'avenir, elle est aussi multiple,\naussi infinitésimalement divisible que l'école du passé. Cette menaçante\nmusique de l'avenir ne s'est-elle pas dressée provocante et outragée dans\ntoutes les époques et iVa-t-elle pas toujours démérité soit les blâmes, soit\nles éloges qu'on lui distribue avec une si grande maladresse et une si\npetite opportunité? Cette poussée invincible de la réforme des idées,\nrajeunies, renouvelées, souvent ressaisies sur le passé que les savants\nignorent avec tant d'impudence, elle blesse les gens dont la marotte\nest de ne connaître, de n'aimer, de n'accepter que les moules vieillis,\nque les procédés connus, que les formes accommodées, vulgaiisées,\nfourbues, que ce qu'on apprend aux conservatoires, que ce qu'on entend\naux académies, aux instituts, que ce qu'on enseigne chez les prolesseurs"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.18", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "les plus abêtis, que ce qui s'achète chez le falsificateur le plus officiel des\ndrogues doctrinales. Ces braves gens sont aidés dans leurs préventions\npar le fait heureux que ces antiques procédés, ces formules au joui-\nd'hui démodées, ont à leur heure accompagné de bonnes choses; mais,\nil ne faut pas plus les louer de ce qu'ils ont, par inadvertance, travaillé\nà la manifestation du beau, qu'il ne faut leur pardonner leur goût pei-\nverti pour ce qui est ranci, gâté, vicié, pourri à la moelle, dépenaillé par\nl'usure et la vétusté. Il ne faut jamais oublier que c'est le renouveau\nqui les effraie, le printemps qui les offusque, le soleil renaissant qui leur\nbrûle les yeux, les chantantes statues de Memnon qui leur abasouidis-\nsent les oreilles et qui les font, sans qu'ils sachent pourquoi, aboyer de\nde leurs museaux sans dents contre tous les efforts héroïques ou imbé-\nciles des novateurs badauds ou des trouveurs insatiables, des tripoteuis\nd'inventions insensées ou des pionniers de génie. Incapables et envieux, ils\nne savent ni procéder au bien ni s'utiliser contre le mal. C'est le mal\nqui les attire; c'est contre le bien qu'ils font leur police. Les ennemis de\ntout progrès, ce sont ces jocrisses malfaisants, et il faut les dénoncer\npartout et toujours, car c'est à eux que les places sont données, à eux que\nles honneurs sont accordés, devant eux que les chapeaux se lèvent avec\nrespect. Les uns insultent Wagner, outragent Beethoven; les autres s'at-\ntaquent à Bcccherini, à Paisiello ; nient Rossini, Halévy, Verdi, Félicien\nDavid. L'un aime le Nord et voudrait qu'on supprimât tout ce qui pal-\npite au soleil ; l'autre préfère les écoles méridionales et anéantirait Bach,\nHaendel, Spohr, Schumann. Voici un badaud qui ne jure que pai Ra-\nphaël ; il n'aime pas Shakespeare, ni Byron, ni Dante, ni Eschyle. Voilà\nun sot qui n'admire qu'Albert Durer et qui proscrit l'Arioste, Cervantes,\nRabelais, George Sand et Michelet, qui sans doute en est mort. Cegail-\nlard-ci n'admet que Boucher, et, là, ce monsieur vous prouvera que dans\nQffenbach se trouve toute la bible musicale. Haro sur ces baudets !\nPuisque de leur regard louche ils ne voient qu'un côté de 1 horizon, c est\nqu'ils sont borgnes; qu'on leur bouche cet œil mauvais qui ne veut pas\ntour à tour legarder au couchant et au levant ! Qu on leur crève le\ntympan, à ces musiciens qui radotent mélodie, harmonie, enharmonie,\nrhythmes, sonorité, composition, transposition, école italienne, école\nallemande, et qui n'ont jamais éprouvé une sincère ivresse d'art, de litté-\nrature, d'esthétique ou même de sport dans la libre campagne ! L impor-\ntant n'est-il pas de jouir au lieu de se casser à des sornettes sa bête de\ntête ! Que ce soit Palestrina, Haendel, Mendelssohn, Bellini, Rossini ou\nWagner qui, près du ruisseau jaseur, sous les verdoyants halliers, nous\nait préparé le repas dans la halte de chasse, faut-il se chagriner et refu-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "ser les plats assortis pour notre vaillant appétit ? Et ne faut-il pas remer-\ncier la nature prodigue qui nous donne le jour éblouissant et laborieux,\npuis la nuit pacifiante et peuplée de tremblantes étoiles, le Nord nua-\ngeux et le Midi splendide, Albert Durer, Holbein, Rembrandt, Ruys-\ndaël, Téniers, Le Titien, Léonard de Vinci, Andréa del Sarto, Le\nCorrége, Velasquez, Zurbarân, Ribera, Goya, et aussi notre Le Poussin,\nnotre Claude Lorrain, et notre Prudhon, avec son sourire trempé d'in-\nconsolables désespérances, et aussi notre Vatteau, l'idéal et mélancolique\npeintre des galantes allégresses? Bénie sois-tu nature qui nous as libéra-\nlement octroyé la vieillesse vénérable et l'enfance divinement gracieuse,\nla fiancée désirable et l'épouse aux seins gonflés, et lés vieux grands pa-\nrents dont les mains versent sur nous les solennelles bénédictions! Bénie\nà jamais sois-tu nature généreuse et féconde qui nous as donné les astres,\nles fleurs, les fruits, l'amour et l'amitié, les virginales réjouissances et\nles cuisantes voluptés,, et les rires et aussi les larmes saintes pour pleurer\nceux que nous aimons, quand l'infidélité, l'absence, le tombeau nous les\nont ravis. Ah ! prenons toutes les joies et ne les comptons pas ; ne refusons\npas même la tristesse! Dans un grand cœur, dans un noble esprit, il y a\nplace pour tout comprendre, pour tout aimer, pour tout sentir. Quant\naux cerveaux étroits, aux coeurs aigres, aux critiques châtrés, laissons-\nles pérorer dans leur désert. Vivons ! Eux, ils ne savent pas vivre. Ai-\nmons ! Pendant toute leur existence, tout ce qui est aimable a passé\ndevant eux, et ils n'ont pas aimé. Ils n'aiment pas, ils ne vivent pas, ils\nne savent même pas mourir. Ils savent blasphémer, blasphémer contre\nl'art, la nature et la vie, le bonheur et la lumière. En vérité, ces gens-là\nsont naïfs, s'ils ne sont pas insensés. C'est un motif pour les plaindre.\nMais aussi ils sont méchants, et c'est un motif non pas pour les haïr, ils\nn'en valent pas la peine, mais pour les dédaigner... et les écarter de\nnotre chemin.\nNiels Gade n'appartient que par la tangente à l'école de Berlioz,\nde Mendelssoha, que Fétis poursuivait faute d'être assez jeune pour se\nratrapper sur Wagner. Ses compositions sont restées vivantes dans les\nfaveurs du public allemand et Scandinave, et l'on se rappelle qu'elles ont\nété très bienveillamment accueillies lorsque M. Pasdeloup nous les révéla\ndans ses concerts populaires, où tant de musique étrangère a été expo-\nsée au jugement éclairé d'un public évidemment d'élite. C'est un natu-\nraliste que Gade, pour nous exprimer commeM, Blaze de Bury qui l'a\nétudié à Leipsick même, et que nous reproduirons ici dans tout son\ncommentaire. C'est un naturaliste en ce sens que le chef contempo-\nrain de l'école danoise apporte au plus haut degré dans ses compositions"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.20", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "le caractère et la couleur du sol où il est né, et que Ton entend à travers\nsa musique passer ce souffle qui est, dans l'art, l'indispensable élément\nde la vie d'un peuple. Son style respire, en effet, la grandeur sauvage un\npeu abrupte qui est comme le caractère particulier des races du Nord et\nc'est le principal mérite de cet auteur d'avoir su garder l'empreinte Scan-\ndinave dans ses œuvres diverses, dans ses symphonies et surtout dans sa\nComala, qui est son œuvre capitale par la puissance de l'instrumenta-\ntion, la verve mélodique, l'originalité de la composition et l'inattendu\ndes effets.\nComala est un intermède-symphonie, une de ces œuvres instrumenta-\nles mêlées de récits, de cavatines et de chœurs, espèce d'oratorio, moins\nTidée religieuse, comme en écrivaient à cette époque tous les sympho-\nnistes occupés à chercher de ce côté des chemins non piétinés par les\nbottines en vernis, machinées à la confection pour les petits crevés de la\nmusique. Ossian en est le héros. Gade a mis en musique l'oeuvre même\nde l'Homère calédonien, sujet national, s'il en fut en Scandinavie, puis-\nqu'au dire des archéologues et des commentateurs, une ode symphoni-\nque du même acabit, avec variante si l'on veut dans les instruments, et la\nmélopée, se chantait avec les formes du temps, en action.et non théâtra-\nlement dans un fade concert, devant les chefs rassemblés dans leurs pa-\nlais, dans les occasions solennelles.\nAprès avoir quitté Leipsick, Mendelssohn, dans ses nouveaux em-\nplois de directeur général de la musique du roi de Prusse, se trouva dès\nl'abord très entouré et très fier. Il s'établit à Berlin et écrivit pour le\nservice de la cour, la musique intercalée dans les tragédies antiques,\nY Antigone, Y Œdipe roi et Athalie. Ce fut aussi à Berlin qu'il composa\nles morceaux introduits dans le Songe d'une Nuit d'été, de Shakes-\npeare, dont l'ouverture avait été écrite environ dix ans auparavant.\nCependant les honneurs et la faveur dont il jouissait près du roi\nne purent le retenir dans la capitale de la Prusse, où il ne trouvait\npa& la sympathie que lui avaient unanimement montrée les dilettantes\nde Leipsick. La froide bienveillance des Berlinois le décida sans doute\nà retourner dans la ville où tous les bonheurs lui avaient souri.\nDès son arrivée, la musique avait, jadis, pris un nouvel essor à\nLeipsick. Son heureuse influence s'y était fait sentir non-seulement\ndans les concerts, mais dans les sociétés de chant et de musique de\nchambre. Les musiciens de Leipsick réclamaient de lui qu'il se fît aussi\nentendre comme virtuose sur le piano, et ses facultés diverses d'artiste,\nde virtuose, de compositeur et de chef d'orchestre, comme aussi d'hon-\nnête homme ayant un cœur ouvert aux délicieuses joies de la famille, y"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2793, "texte": "étaient toutes satisfaites avec amitié et dévouement. Par reconnaissance\npour la situation florissante qui avait été faite à la musique, grâce à Men-\ndelssohn, dans cette ville importante delà Saxe, l'Université lui avait con-\nféréle grade de docteur en philosophie et beaux-arts, et le roi de Saxe Pa-\nvait nommé son maître de chapelle honoraire. Enfin, Mendelssohn,à cette\népoque, épousait la fille d'un pasteur réformé de Francfort sur-le-Mein,\nfemme aimable, dont la bonté, l'esprit et la grâce firent le bonheur de\nla vie trop courte du poète musicien d'Elie et de Paulus. On conçoit\ndonc l'ivresse qu'il éprouva à quitter la ville gourmée de Berlin pour\nrentrer à Leipsick, où tant de ferventes sympathies l'attendaient, et où\navec déférence lui fut rendue la position de directeur des concerts. Mais\npour Niels Gade, dès ce moment, la situation devint difficile, délicate\net fausse. Quoiqu'on lui eût offert une place de professeur au Conserva-\ntoire de Leipsick, et que lui-même il se fût désisté en faveur de Men-\ndelssohn, il sentit la nécessité de quitter la ville et de rentrer dans son\npays. Il accepta à Copenhague une place d'organiste de la cour et la direc-\ntion de l'orchestre de la Société des concerts. Quand Mendelssohn mou-\nrut, Leipsick lui rendit de nouveau la direction de ses concerts et c'est\ndans ce poste qu'il s'établit jusqu'au moment où la guerre du Shleswig\nle rappela en Danemarck.\nLes autres compositions de Gade sont des morceaux pour piano, pour\npiano et violon, des chants pour des voix d'hommes à quatre parties, et\nsurtout des chants nationaux, des chants populaires Scandinaves arran-\ngés pour piano, des chants d'amour, un chœur avec orchestre, la Fille\ndu roi, tirée d'une ballade populaire du Danemarck, des lieder dans le\nstyle populaire danois pour deux sopranos avec piano, une ouverture\nécossaise (en ré) à grand orchestre, intitulée Dans les montagnes, un\npoème dramatique d'Andersen en langue danoise, une ballade sur les\ntraditions populaires du Danemarck pour des voix seules, orchestre et\nchœur, et enfin YOssian, qui signala ses débuts et qui avec Comala reste\nl'œuvre capitale du maître. Cette œuvre couronnée à un concours formé\npar une société de dilettantes copenhaguais fut publiée aux frais de\nl'association. Elle reste le dernier mot de la génération musicale et spon-\ntanément émise dans le Danemarck, et peut-être dans toute la Scandi-\nnavie. C'est l'opinion de l'éminent critique qui a signalé Gade àla\nFrance, à l'Allemagne et à l'Angleterre,* et nous la ratifions trente ans\naprès qu'elle a été émise.\nAu moment où paraît cet article, notre compositeur danois, Niels\nGade, dont la musique est très goûtée en Hollande, dirige en personne\nl'exécution de quelques-unes de ses œuvres les plus importantes aux"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.22", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "Concerts de la Société Cœcilia et Félix Méritis. Niels Gade est d'ail-\nleurs toujours prisé à Leipzig. Dans le neuvième concert du Gewan-\nhaus consacré à la mémoire de Weber, le programme ne parlait que des\nouvrages du compositeur romantique par excellence. Une seule excep\ntion a été faite, et c'est pour une symphonie de Niels Gade. En outre,\nNiels Gade inspire les compositeurs de son pays. Au premier Concert du\nGurzenich, à Cologne, on a exécuté une Nordische suite (suite du Nord)\npour orchestre, composition nouvelle d'un musicien danois, Asger Ha-\nmerik. On a beaucoup goûté le coloris particulier dont l'auteur a su\nrevêtir son œuvre, grâce au choix des motifs et à l'instrumentation. Le\nmeilleur éloge qu'on en ait fait, c'est de reconnaître dans cette œuvre\nl'inspiration et l'influence de Schulz et de\"Niels Gade.\nVI.\nLes échos d'Ossian, les Nachklânge Von Ossian et cette ravissante\nouverture qui s'appelle in the Highlands, sont le résumé poétique et\nplein d'intérêt des mélodieuses impressions de l'Ecole romantique.\nOssian, remarque M. Blazede Bury, Ossian et les Montagnes d'Ecosse\nsont la préoccupation du Scandinave cherchant, à travers l'espace et les\nsiècles, ses affinités originelles. Walter Scott a écrit d'excellentes pages\nsur les traces que les peuples de la Scandinavie ont laissées de leur occupa-\ntion dans les points extrêmes de la Calédonie, dans les îles Orkney, par\nexemple, et c'est une tendance familière au genre des artistes du Nord\nde s'approprier ces traditions ossianiques, d'y revenir à toute occasion,\net de s'oublier même à les revendiquer sans trop d'injustice comme leur\nappartenance propre.\n\nMAURICE CRISTAL"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c014", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "29", "image_debut": 23, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.4", "titre_corps": "VOLTAIRE, PIRON ET SÉMIRAMIS", "titre_sommaire": "VOLTAIRE, PIRON ET SÉMIRAMIS", "signature_source": "E. MULSANE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1160, "texte": "VOLTAIRE, PIRON ET SÉMIRAMIS\n\nLa reprise de Semiramide, au Théâtre-Italien, nous a mis en chasse\nà travers nos collections de documents.\nLe libretto du célèbre opéra de Rossini est imité de celui que Des-\nriaux avait rimé pour Catel, et qui fut joué à l'Opéra en 1802. Mais la\ntragédie lyrique de Desriaux n'était elle-même qu'un décalque plus ou\nmoins adroit de la Sémiramis de Voltaire, représentée à la Comédie-\nFrançaise, en 1748.\nDéjà la reine de Babylone avait inspiré plusieurs poètes dramatiques :\n1647. Sémiramis, tragédie de Gilbert ;\n1647. La véritable Sémiramis, tragédie de Desfontaines (Th. du\nMarais) ;\n1716. Sémiramis, tragédie de madame de Gomez;\n1717. Sémiramis, tragédie de Crébillon ;\n1718. Sémiramis, opéra en 5 actes de Roy, musique de Destou-\nches ; avec un prologue intitulé Y Education d'Hercule.\nCette tragédie lyrique fut, à la vérité, peu goûtée; et on en critiqua\nles vers, aussi bien que la musique dans le couplet suivant :\nSémiramis,\nAu rapport de ceux qui Vont vue,\nSémiramis\nNe meurt pas des coups de son fils.\nLes vers lavaient fort abattue,\nMais c'est le mauvais air qui tue\nSémiramis.\n1748. Sémiramis, tragédie de Voltaire."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.24", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "Les divers poèmes dramatiques de Voltaire avaient été mis à 1 épreuve\nde la parodie. Les comédiens italiens n'en manquaient pas un ; et ils\navaient donné successivement :\nM, Bolus, parodie de Brutus;\nLes Enfants trouvés, parodie de Zaïre:\nLe Mauvais ménage, parodie d'Hérode et Mariamne;\nŒdipe travesti, parodie d'Œdipe ;\nLes Dommages, parodie d'Attire.\nMais M. de Voltaire n'entendait point être turlupiné de cette sorte ;\net les plaisanteries des Italiens mettaient son orgueil au supplice. Lors-\nqu'en 1748, il donna sa S émir amis, les Bouffons de l'Hôtel de Bourgo-\ngne s'apprêtèrent comme de coutume à lui décocher de leurs traits; et ils\nauraient joué leur parodie à Fontainebleau devant la cour, si la reine\nn était intervenue à temps.\nVoltaire, en effet, avait écrit à cette princesse une lettre où il se mon-\ntra affolé de dépit. Voici cette épître éplorée où le caractère d'un grand\nhomme se décèle par ses plus petits côtés\n« Madame,\n«Je me jette aux pieds de Votre Majesté. Vous n'assistez aux spectacles\nque par condescendance pour votre auguste rang ; et c'est un sacrifice que\nvotre vertu fait aux bienséances du monde. J'implore cette vertu même; et je\nla conjure avec la plus vive douleur de ne pas souffrir que ces spectacles soient\ndéshonorés par une satire odieuse qu'on veut faire contre moi, à Fontaine-\nbleau, sous vos yeux. La tragédie de S émir ami s est fondée d'un bout à l'autre\nsur la morale la plus pure, et, par là du moins, elle peut s'attendre à votre\nprotection. Daignez considérer, Madame, que je suis domestique du Roy, et\npar conséquent le vôtre. Mes camarades, les gentilshommes ordinaires du\nRoy dont plusieurs sont employés dans des Cours étrangères, et d'autres\ndans des places très honorables, m'obligeront à me défaire de ma charge, si\nje subis devant eux et devant toute la famille royale un avilissement aussi\ncruel. Je conjure Votre Majesté, par la grandeur et la bonté de son âme, et\npar sa piété\\ de ne pas me livrer ainsi à mes ennemis ouverts et cachés qui,\naprès m'avoir poursuivi parles calomnies les plus atroces, veulent me perdre\npar une flétrissure publique. Daignez envisager, Madame, que ces parodies\nsatiriques ont été défendues à Paris pendant plusieurs années. Faut-il qu'on\nles renouvelle pour moi seul-sous les yeux de Votre Majesté? Elle ne souffre\npas la médisance dans son cabinet, l'autorisera-t-elle devant toute la Cour ?\nNon, Madame, votre cœur est trop juste pour ne pas se laisser toucher par\nmes prières, et par ma douleur, et pour faire mourir de chagrin et de honte\nun ancien serviteur, et le premier sur qui sont tombées vos bontés. Un mot"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "de votre bouche, Madame, à M. le duc de Fleury et à M. de Maurepas, suf-\nfira pour empêcher un scandale dont les suites me perdraient. J'espère de votre\nhumanité qu'elle sera touchée, et qu'après avoir peint la vertu, je serai pro\ntégé par elle.\n« Je suis, etc\n« VOLTAIRE. »\nLa lettre fît tout l'effet que son auteur en attendait. La représenta-\ntion de la parodie de S émir amis fut contremandée. Voltaire put se croire\nà l'abri des morsures de la satire. Mais sa quiétude fut de courte durée.\nBientôt il sentit qu'on lui enfonçait des aiguilles entre chair et cuir.\nC'était Piron, son tourmenteur juré, qui rimait une chanson, que tout\nParis répétait quelques jours après sur l'air : Laissons-nous charmer...\nde l'opéra de Pyrame et Thisbé. Voici ces couplets :\nL'INVENTAIRE.\nQue n'a-t-on pas mis\nDans Sém ira mis ?\nQue dites-vous, amis,\nDe ce beau salmis?\nBlasphèmes nouveaux,\nVieux dictons dévots,\nHapelourdes, pavots,\nEt brides à veaux,\nMauvais rêve,\nSacré glaive,\nBillet, cassette et bandeau,\nVieux oracle,\nFaux miracle,\nPrêtres et bedeaux,\nChapelle et tombeaux.\nQue n'a-t-on pas mis\nDans Sémiramis?\nTous les diables en l'air,\n. Une nuit, un éclair\nLe Fantôme du Festin de Pierre,\nCris sous terre,"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.26", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 797, "texte": "Grand tonnerre,\nFoudres et carreaux,\n/\nEtats-généraux.\nQiie na-t-on pas mis\nDans Sémiramis ?\nReconnaissance au bout,\nAmphigouris partout,\nInceste, mort-aux-rats, homicide,\nParricide,\nMatricide,\nBeaux imbroglios,\nCharmants quiproquos.\nn'a t-on pas mis\nDans Sémiramis?\nOn a pu juger par la lettre de Voltaire à la reine, de l'état d'esprit\ndans lequel il se trouvait. On jugera aussi aisément des cuisantes dou-\nleurs que la chanson de Piron dut causer à Fauteur de Sémiramis.\nMais quel abîme sépare donc nos mœurs actuelles de celles d'il y a\ncent ans? Les auteurs d'aujourd'hui, loin de redouter la parodie de leurs\nœuvres, la considèrent comme une preuve de succès, et parfois en solli-\ncitent l'honneur avec un empressement qui étonnerait bien Voltaire!\n\nE. MULSANE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c017", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "30", "page_fin": "36", "image_debut": 27, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.5", "titre_corps": "REVUE DES CONCERTS", "titre_sommaire": "REVUE DES CONCERTS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS POPULAIRES : Symphonie en ut majeur de Schumann. Ouverture sympho-\nnique de M. Salvayre. La Madeleine au désert de M. E. Reyer. CONCERT NATIO-\nNAL : Adagio et Tempo di minuetto de M. Vaucorbeil. Sérénade de M. Gouvy.\nAndante et finale d'une symphonie de M. Widor. Scènes pittoresques de M. Jules\nMassenet. CONCERT DANBÉ : La Fête d^Alexandre de Haendel. SÉANCE DE\nM. MORTIER DE FONTAINE SALLE HERZ : Concert organisé par M. Verger.\nMATINÉES CARACTÉRISTIQUES DE MADEMOISELLE MARIE DUMAS.\nONCERTS POPULAIRES* Sixième Concert de la troi-\nsième série. Ce Concert, extrêmement nourri,\nabondait en belles choses; mais, selon mon habitude,\net vu l'espace restreint qui m'est réservé pour rendre\ncompte des divers Concerts, je me bornerai à parler de\nla première audition de la symphonie en ut majeur^\nde Schumann. Cette symphonie est de bien loin la plus claire et la plus\nfacile à comprendre de toutes les œuvres que j'ai entendues de ce maître,\nsans excepter même son quintette. Il s'y trouve de très grandes beautés.\nLe premier allegro et le scherzo qui le suit, précédant landante, sont\nremplis de chaleur. Schumann n'y tombe que très rarement dans la\nconfusion, et encore n'est-ce jamais pour longtemps. L'andante est fort\nbeau, surtout au commencement, qui est en ut mineur9 auquel succède\nun superbe chant en mi bémol majeur. la fin de ce\nmorceau est longue et se perd en divagations ; mais le finale, qui se ratta-\nche à l'andante par un attacca subito5 débute par un motif d'un rhythme\nbien marqué et très chantant. Ce motif se développe parfaitement au\nmilieu d'une instrumentation soignée et brillante, et le finale se termine\nsur une belle cadence plagale.\nSeptième Concert. Les anciens ont eu les honneurs de la séance ;"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.28", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2582, "texte": "Beethoven, avec sa symphonie en ut majeur, Gluck,, avec un fragment\nà' Orphée, Meyerbeer, avec sa magnifique marche intitulée : Schiller, et\nSpontini, avec un air de Fernand CorteCet air, écrit pour baryton,\na été supérieurement chanté par M. Bouhy, qui Fa empreint d'une\ndouceur et d'une mélancolie tout à fait touchantes.\nL'actif des jeunes à ce Concert se composait d'une ouverture sympho-\nnique, de M. Salvayre, et de la « Madeleine au désert, » de M. Reyer,\npremières auditions toutes deux. L'ouverture débute par un beau chant,\nlarge et franc-: malheureusement, la suite ne répond pas au début. Le\nprincipal motif de l'allégro manque d'originalité, de brillant et de verve.\nAussi, malgré certains effets des cuivres, l'ouverture n'a-t-elle produit\naucune sensation. La « Madeleine au désert » est une scène pour bary-\nton et non pour basse, quoi qu'en ait dit le programme. Ecrite dans un\ndiapason extrêmement élevé, M. Bouhy, tout en l'ayant bien chantée, a\nparfois eu un peu de chevrotement dans la voix. Il y a une jolie phrase\nmusicale sur les paroles : « Les parfums essuyés sur les pieds de Jésus, »\net un motif assez bien inspiré sur le vers : « Et si tu pleures Christ, il\nest vivant là-haut. » Mais le défaut de la musique de la Madeleine au\ndésert est d'être plutôt de la mélopée que du chant. On y chercherait en\nvain ces belles phrases, ces beaux rhythmes carrés qu'on admire tant\ndans Rossini, Meyerbeer et Auber.\nHenry Cohen.\n*\nCONCERT NATIONAL. Les deux derniers concerts ont été\nment consacrés à l'exécution d'œuvres de compositeurs français moder-\nnes. Parmi ces œuvres, les unes nous étaient déjà connues,, nous n'y\nreviendrons pas; d'autres sont nouvelles, nous allons les passer rapide-\nment en revue. Je mentionnerai d'abord deux fragments, Adagio et\nTempo di Mimietto tirés du quatuor en ré de M. Vaucorbeil et exécutés\npar tous les instruments à cordes Ces deux morceaux n'ont rien que de\ntrès ordinaire : peu d'idées et encore moins d'originalité, quelques imi-\ntations plus ou moins curieuses du style des vieux maîtres et en parti-\nculier des formes de Gluck et de Rameau, facture correcte d'un musicien\nqui sait bien son métier et qui connaît à fond ses classiques; en un mot,\nune de ces œuvres honnêtes et médiocres pour lesquelles il faudrait\ninventer le succès d'estime, s'il n'existait déjà. Je préfère de beaucoup\nà cette composition sans intérêt la Sérénade pour instruments à cordes\nde'M. Gouvy, conçue également dans le style classique. C'est peu de\nchose, mais c'est charmant, et je m'associe tout à fait au sentiment du"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "public qui a voulu entendre une seconde fois cette petite page si fine et\nsi délicatement tournée.\nLAndante et le Finale de la symphonie en fa mineur de M. Widor,\nprécédemment exécutés aux concerts du Conservatoire, sont deux mor-\nceaux très distingués. Ce n'est pas que les idées de M. Widor soient bien\nremarquables : elles manquent en général de souffle et d'inspiration, mais,\ntelles qu'elles sont, ie musicien sait les traiter avec une rare facilité et\nmême avec une certaine richesse de développement, et il manie l'orches-\ntre avec une grande sûreté de main. M. et madame Jaëll ont exécuté\ndans la perfection des Variations sur un thème de Beethoven, écrites\npour deux pianos par M. Saint-Saëns ; la première et la sixième va-\nriation, ainsi que le finale, m'ont paru particulièrement jolis. Le concert\nterminé par la troisième audition des Scènes pittoresques, de\nM. Massenet, l'un des plus grands succès du Concert national. Cette\nsuite d'orchestre se divise en quatre épisodes : Marche, Air de\nBallet, Angélus, Fête Bohémienne. Le thème de la marche est franc de\nrhythme et d'allures, le développement en est sobre et bien conduit.\nLair de Ballet, qui compose le deuxième épisode, débute par une\nphrase large et ondulante, dont la mélodie, confiée aux'violoncelles et\nsoutenue par lespi\\\\icati des instruments à cordes, semble empruntée à\nune vieille romance espagnole avec l'accompagnement de guitare tradi-\ntionnel. Tout ce morceau est extrêmement réussi, il est plein d'élégance\net empreint d'une poésie délicieuse ; on l'a bissé à Punanimité. La troisième\npartie, Angélus, est une grande page plutôt scénique que vraiment sym-\nphonique; c'est un ensemble d'un beau caractère et qui renferme de cu-\nrieux détails d'instrumentation, entre autres un carillon et des imitations\nd'orgue. Je préfère les trois épisodes qui précèdent, au dernier, Fête\nBohémienne, qui m'a paru beaucoup moins achevé que les autres. Ce\nn'est pas que le tableau manque de vie ni de mouvement, mais on y\ntrouve des abus de sonorités et des négligences de style qui en déparen\nun peu l'ensemble. En résumé, les Scènes pittoresques (i); de même que\nles Scènes de bal, les Scènes hongroises et la Musique pour une pièce\nantique forment une de ces suites de tableaux de genre que M, Masse-\nnet sait disposer avec tant d'habileté. Le jeune musicien a beaucoup\ngagné à s'exercer dans ce genre aimable, qui d'ailleurs plaît beaucoup\nau public; mais je crois que maintenant, au point où il en est arrivé, il\nest de [son devoir de viser plus haut et d'aborder franchement la sym-\n\n(i) Les Scènes pittoresquesj réduites pour le piano, ont été publiées par M. G.\nHartmann."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "phonie; les qualités très sérieuses dont il vient de faire preuve dans son\nouverture de Phèdre,nous sont un sûr garant des succès qu'il peut\nremporter dans un genre de compositions beaucoup plus élevé que celui\nauquel il s'est tenu modestement jusqu'ici.\nVoici les concerts nationaux terminés, après avoir fourni une brillante\ncampagne artistique. Dans mon prochain article, Représenterai, en guise\nde conclusion, un rapide résumé de cette campagne, dont il sera intéres-\nsant, je crois, de fixer la physionomie générale et de constater les féconds\nrésultats.\nCONCERT DANBÉ. Après quatre brillantes exécutions consécutives\nde Christophe Colomb,M. Danbé, aidé de M. Bourgault-Ducoudray\npour la partie vocale, nous a donné cette immortelle cantate que Haen-\ndel écrivit en 1J36, et qui a nom : La Fête d'Alexandre. Mais, à la\nseconde audition, vaincu sans doute par la fatigue que tant de travaux\nartistiques lui ont occasionnée dans le courant de cet hiver, M. Danbé a\ndû renoncer à conduire lui-même son excellent orchestre et laisser à\nM. Bourgault-Ducoudray la double tâche de diriger en même temps les\nchœurs et les instrumentistes. Chaque fois que j'assiste à un des concerts\nde M. Ducoudray, je ne sais qu'admirer le plus, de son courage et sa\npersévérance à surmonter tous les obstacles qui surgissent à chaque mi-\nnute, lorsqu'on veut organiser des morceaux d'ensemble, ou de l'ardent\namour de la musique qui anime les amateurs qu'il dirige et leur grande\nintelligence.\nLa Fete d Alexandre a été parfaitement rendue •M. Bosquin a\nchanté toute sa partie avec* une grande supériorité, et surtout l'air:\n« Chants d'amour, » que M. Loys a admirablement accompagné sur le\nvioloncelle. Mademoiselle Lorenz a interprété avec une belle voix et un\nprofond accent dramatique l'air de la mort de Darius, et une basse-ama«\nteur, dont le programme n a point donné le nom, s'est fait chaudement\napplaudir dans le grand air : « A mort tous ces infâmes. »\nAnalyser dans une demi-page toutes les beautés de cette musique si\npompeuse, si passionnée, si gracieuse et si pleine encore de jeunesse, est\nimpossible. Je rappelerai seulement les chœurs : « Gloire à toi, » « Vivez\nheureux » et « Sors des ombres, » où la trompette produit un si magni-\nfique effet avec 1 exécution de M. Teste, enfin, l'air « Belle et superbe. »\nM. Saint-Saëns et M. César Frank ont vigoureusement soutenu les voix\nsur le piano et sur l'orgue."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.39", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2485, "texte": "SÉANCE T>E M. MORTIER DE FONTAINE. Cette séance de musique\nhistorique aeu lieu dans les salons de M. Oscar Comettant, le 15 de ce\nmois. M. Mortier de Fontaine qui, en outre d'un très beau talent, est\ndoué d'une mémoire des plus extraordinaires, a exécuté par cœur de\ndouze à quatorze morceaux de piano, depuis Froberger, né en i 633, jus-\nqu'aux compositeurs contemporains. Sans m/arrêter à ceux-ci, qui sont\nconnus de reste, je signalerai comme ayant eu du succès une Passaca-\nglia, de Muffat, charmante et d'un beau développement pour 1 époque où\nil vivait ; un allegro très brillant, de Scarlatti, et un lavissant menuet,\nd'Haydn. Le quatuor des dames suédoises et Y air de la Prise de Jét icho\nchanté par une jeune personne dont le nom n'était pas sui le pro-\ngramme, ont agréablement varié le concert.\nSALLE HERZ. Un superbe concert, organisé par M. Verger, avec le\nconcours d'artistes de premier ordre, a été donné dans cetce salle le i 7.\nMadame Peralta, cantatrice mexicaine qui est venue à Paris pour faire\nsoigner sa vue, possède un beau soprano sfogato, parfaitement juste, et\njoint à ces dons naturels un talent qui aborde sans souicillei les plus\ngrandes difficultés, dont elle se tire toujours avec bonheur. Bissée après\nune valse, d'Ascher, elle s'est accompagnée elle-même une valse de sa\ncomposition? encore plus ardue que la première. Madame Volpini, dont\nla' réputation est européenne, a chanté avec entraînement le boléro des\nVêpres siciliennes, et avec un magnifique accent dramatique le duo de\nla Lucia, où, du reste, M. Cellini Fa supérieurement secondée. M. Gar-\ndoni, toujours charmant, a fait entendre la Mandolinata et un duo de la\nTraviata avec madame Volpini. Mademoiselle Morensi était sur le pro-\ngramme et, en effet, a tenté de chanter un duo ; mais, malheureusement,\nla grippe avait implanté sur sa voix ses gritîes ciochues, et le quatuor de\nRigoletto a été supprimé, MM. Daniel, Bergamaschi et Fom Holiler ont\naussi recueilli leur part d'applaudissements.\nMATINÉES CARACTÉRISTIQUES DE MADEMOISELLE MARIE DUMAS. La\nmusique prend une si curieuse part aux Matinées caractéristiques de\nmademoiselle Marie Dumas, que la Chronique musicale veut en re-\ncueillir les programmes. La spirituelle et déjà célébré comédienne, qui\npromène son répertoire de saynètes inédites, de Trouville à Saint-Péters-\nbourg et de Monaco à n'avait pas encoie fait une véritable saison\nparisienne. Elle commence par une fondation» Chacun de ses piogrammes"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.40", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "doit donner, littérairement et musicalement, la sensation d'une époque,\nd une nationalité. Il y a eu le mardi Louis le mardi russe, le mardi\nanglais, le gauiois, il y aura le mardi Louis XV... Bornons-nous aux\nsommaires, ils ont leur éloquence et leur esprit d'à-propos. *\nLa première matinée tombant un mardi gras devait être <( carnava-\nlesque. » Mademoiselle Dumas a dit, pour sa part, trois sonnets qu'Ar-\nsène Houssaye lui a dédiés : masques, loups, dominos ; une saynète\nbouffe imitée de 1 anglais, les Bœufs gras, de Monselet, avec variante\nfinale, et les Variations sur le Carnaval de Venise, de Théophile Gau\ntier, aussitôt suivies des f aviations sur le Carnaval de Venise, de\nnini, que jouait M. de la Rancheraye. La giovinetta Joséphine Ronzi\nchantait la canzone d Un ballo in maschera et la Calesera, d'Yradier.\nOn applaudissait Antonin Marmontel dans le Carnaval romain, de\nGuiraud, et la Tarentelle, de Duprato ; puis, Lack et sa Boîte à mu-\nsique et le Galop à huit mains, de Lavignac (première audition), par\n1 auteur et trois autres pianistes maigres 5 les quatre fils Aymon du cla-\nvier ! Pour finir, Madame de Thurlure à Versailles, scène du carnaval\npolitique.\nLe second mardi était dédié au Grand Siècle, et mademoiselle Marie\nDumas le faisait même remonter à 1620, avec une curieuse et chaude\npoésie de Théophile de Viau. La partie littéraire se complétait avec du\nMoliète, du Boileau, du La une lettre etincelante de madame\nde Sévigné... Madame Lacombe a chanté, d'un grand style, un air\nd Isséy pastorale de Destouches (1697), et des fables de La Fontaine\nmises en musique par Louis Lacombe, et M. Valdec, un air du Méde-\ncin malgré lui, de Gounod. MM. Lacombe et Antonin Marmontel,\nn ayant pu se procurer un clavecin du temps, se contentaient d'un excel-\nlent Eiard , 011 a ainsi entendu une chacone, de Lulli • les deux me-\nnuets, de Maimontel, à madame de Sévigné et à mademoiselle de La\nVallière; une sarabande, de Chambonnières (1640), etc.\nLe troisième maidi était le mardi russe. Grâce au superbe contralto\nde madame et au soprano élégant de mademoiselle Marie La-\ngorio, on a entendu dans la langue originale un duo de Dargomijski, un\naii de 1 opéra la Roussalka, une élégie de Jakovlef, le Soir de Moniousko,\n1 admiiable mélodie de Glinka, le Chant de Marguerite. Le Rossi-\ngnol, d Alabieff, a seul été chanté en français. Mademoiselle Marie\nDumas a\\ait lu les vers destinés à l'édition française de la Mar guerite,\nde Glinka. 'Elle a dit encore des fabliaux traduits,, et lu à toute verve un\nchapitre de l'illustre conteur Ivan Tourguéneff. Louis Diémer a mis à\nperfection une rêverie du moscovite Rubinstein, et la rapsodie, de Liszt;"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.41", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "M. Marsik a partagé soa succès dans une sonate de Rubinstein. Deux\nautres violonistes étaient de la fête, M. Alterman (de Moscou) , qui a\njoué une-romance de sa composition, et M. de La Rancheraye, avec les\nvariations .de Wieniawski sur le théâtre populaire « Krasnié sara-\nfane (La Chronique Musicale a publié cet air ainsi que le Rossignol,\nd'Alabieff). » L'hymne national russe, brillamment exécuté par M. Dol-\nmetsch,, ouvrait et fermait le programme.\nA la matinée anglaise, M. Jules Lefort a chanté, avec sa maestria\naccoutumée, deux romances anglaises en anglais, puis, le monologue et\nYArioso d'Hamlet (Ambr. Thomas). M. Wormser, un des meilleurs\nélèves de Marmontel, avait choisi une sarabande de Haendel, ïHiron-\ndelle tfOsborne et la Funeral Mareh of a Marionette, de Gounod ;\nM. Dolmetch, un nocturne de Field et des airs écossais; et tous deux\nensemble, l'ouverture de Lurline (Wallace) et la Jubel-Ouverture, où,\ncomme on sait, Weber a enclavé le God save the Queen• Mademoiselle\nDumas disait sa fantaisie shakespearienne : La Reine Mab, sur un\naccompagnement quasi - symphonique ? composé expressément par\nM. Jules Cohen, exécuté par lui au piano ; elle lisait un chapitre bouffon\nde Dickens, et jouait la séance célèbre de Garrick che\\ mademoiselle\nClairon.\nA la matinée gauloise, elle vient de dire la farce du Cuvier (environ en\nFan 15oo), uneépîtrede Clément Marot, une ballade de François Vil-\nlon, une autre de Banville, etc. M. Lafont chantait deux des « Joyeuse-\ntés de bonne compagnie, » de Pessard (paroles de Jean Passerat et de\nGilles Durand, 1590); M. Vaucorbeil accompagnait lui-même au piano ;\nmademoiselle Ch*** chantait la délicieuse mélodie qu'il a écrite sur le\nRondel de Charles d'Orléans (141 5). La Pavane venait d'être exécutée\nsur l'alto par MM. Telesinski et Dolmetch. Le même Telesinski a joué\nde la viole d'amour, puis sur le violon une fantaisie sur la Romanesque\n(air de danse du seizième siècle). Ce n'est pas l'arrangement mis à la\nmode il y a quarante-cinq ans par Baillot, mais un travail tout nouveau,\nA ce titre, nous en offrons la primeur aux lecteurs de la Chronique mu-\nsicale, et nous faisons de même pour la Marche du roi René, réharmoni-\nsée pour la circonstance par un de nos collaborateurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c021", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.6", "titre_corps": "MATINÉES CARACTÉRISTIQUES DE Melle MARIE DUMAS. 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OPÉRA : Hamlet\nA quinzaine qui vient de s'écouler n'a été signalée\n*\npar aucune première représentation proprement dite.\nLes directeurs de théâtre se préparent, eux aussi, par\nle jeûne et l'abstinence, aux pieuses pratiques de la\nSemaine-Sainte. Je sais bien que ceux des Bouffes\net du Châtelet, Pharisiens endurcis pour qui la macé-\nration n'est qu'un vain mot, ne craignent point d'inaugurer le Carême\npar de profanes exercices tels que les répétitions de la Belle au bois dor-\nmant et des Parisiennes, mais en regard de ces sacrifices aux faux dieux de\nl'opérette, voyez le vigoureux retour offensif que va tenter le vieux monde\ncatholique contre l'invasion païenne ! Le Théâtre-Italien, fanatico per\nla Madona, a donné mardi dernier le Stabat mater et la Messe Solen-\nnelle de Rossini. Le même soir, M. Lamoureux nous offrait, au Cirque\nd'Été, la Passion selon saint Mathieu de Jean-Sébastien Bach, avec des\nfragments du Messie d'Haendel. Les Concerts populaires annoncent des\nragments du Stabat de Rossini et de celui de M. Bourgault Ducoudray.\nEnfin, on attend au Concert Danbé un autre Stabat dû à madame de\nGrandval. Si notre cœur n'est point touché de la grâce, il nous faudra\nn'en accuser que nous.\nL'Opéra-Comique a devancé l'heure des concerts spirituels en nous"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2815, "texte": "rendant, dès le 24 mars, la Marie-Magdeleine de M. Massenet. O Made-\nleines ! serez-vous toujours battues par les destins contraires et vouées aux\nexistences vagabondes! A son tour, la Marie-Magdeleine de M. Mas-\nsenet a passé les ponts,déserté le quartier herbeux de l'Odéon, et est venue\nchercher fortune sur la rive droite. Comme les très illustres et très\nprécieux étudiants de Rabelais, comme la Musette de Murger et beaucoup\nd autres Musettes, elle a transfrété la Séquane et tout en déambulant par\nles quadrivies de Turbe, elle a fait choix d'un gîte à l'Opéra-Comique où\nelle demeure depuis une semaine avec d'étranges compagnons, Girot et\nGaveston, Georges Brown et Cantarelli, Pygmalion et le petit Horace de\nMassaréna. Le plus piquant de l'aventure est que cette société mêlée vit\ndans la meilleure entente, et qu'on accourt de toutes parts pour voir Ma-\nrie-Magdeleine en son nouveau ménage. La Chronique Musicale ayant\nlonguement apprécié, dans un de ses derniers numéros, la valeur musi-\ncale de Marie-Magdeleine, je ne reviendrai pas sur cette analyse. A\nc'est madame Carvalho qui chante de rôle de Magde-\nleine, et avec le grand style que Ton sait. Mademoiselle Franck tient, à\nses côtés, le personnage épisodique de Marthe : elle porte le costume des\nfemmes de Béthanie avec une grâce que relève encore son air de tête is-\nraélite très accentué : sa voix est malheureusement moins souple que sa\ntaille. La partie de Judas est restée confiée à Bouhy, qui y fait sonner sa\nbelle voix dèbaryton avecungoût extrême. J'avouequ'il m'est impossi-\nble de saisir le sens intime que M. Duchesne (Jésus) attache au trille per-\npétuel, dont il agrémente chacune de ses notes. La ligne déjà très ténue du\nchant de M. Massenet perd beaucoup de netteté sous cette fioriture mo-\nnotone. L'orchestre et les chœurs habilement dirigés par M. Colonne,\nrétablissent dans l'exécution de Marie-Magdeleine l'équilibre un peu\ncompromis par les soli.\nQuelques jours avant Marie-Magdeleine, l'Opéra-Comique avait fait\nreprise de Mignon, pour les débuts de mademoiselle Chapuy, dans le\nrôle délicat de la poétique héroïne de Gœthe. Importunée pendant tout\nle cours de la représentation parles souvenirs écrasants de sa devancière,\nmadame Galli-Marié, la nouvelle interprète de Mignon, a péché par\nexcès d'intention en sens contraire : elle a trop noblement caractérisé\ncette physionomie ondoyante, qui a gardé de son séjour parmi les Bohé-\nmiens, cette pointe de sauvagerie qui doit se trahir malgré elle dans tous\nses actes. Elle m'a rappelé ces enfants trop curieux qui grattent l'émail\ndes objets trouvés pour savoir ce qu'il y a dessous. A part ce défaut im-\nputable à une conscience d'artiste très scrupuleuse, mademoiselle Cha-\npuy a souvent rencontré le charme et l'émotion sincère. Sa voix prend"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.44", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "chaque jour du timbre et de l'élasticité : il lui reste à relier le registre\ngrave au registre élevé par un fil plus soyeux et plus résistant.\nOPÉRA. Centième dC HAMLET.\nmusicaux conservent précieusement le service qui leur fut adressé pour\nla centième représentation à'Hamlet, fixée au mercredi 23 octobre 1873.\nCe chiffon de papier leur rappellera toute leur vie la date de l'incendie\nde l'Opéra dans la nuit du mardi au mercredi. Cette nuit-là, les flam-\nmes se mirent à chanter, en crépitant sur la salle de la rue Le Peletier,\nle terrible monologue Être ou ne pas être! Par une fatalité singulière,\nle feu occupe dans l'histoire de l'œuvre de Shakspeare une place déso-\nlante. En 161 3, son théâtre, Le Globe, est consumé et plusieurs de ses\nmanuscrits réduits en cendre. Peu de temps après, un incendie qui\néclate à Strafford, brûle une partie de sa correspondance. Un autre dé-\nvore chez Ben Jonson les lettres qu'il avait écrites à celui-ci. Le grand\nincendie de 1666 à Londres, embrasant des rues entières, nous enlève\nquantité de documents qui lui étaient relatifs. Enfin, après deux siècles,\nle feu n'est point apaisé, et le voici qui, la veille même d'une centième\nreprésentation ày Hamlet, se dresse devant le génie de Shakspeare\ncomme le spectre de la rancune. M. Halanzier, qui n'entre point dans\nles méchants calculs du Destin, nous a rendu Hamlet qui a doublé au-\njourd'hui son cap centenaire. La décoration de cet opéra avait été brûlée\ntout entière. Il a fait repeindre le tableau de l'esplanade et celui du\nlac, et dans une fouille faite aux magasins du Théâtre-Italien, il a dé-\ncouvert quelques toiles banales avec lesquelles il a complété sa mise en\nscène. A mon avis, M. Faure n'a pas dans tout son répertoire de meil-\nleur rôle qu'Hamlet : ses défauts se sont joints à ses qualités pour le servir\ndans cette création achevée. On se fait, en général, une idée très fausse\ndu caractère d'Hamlet qu'on se figure volontiers comme étant mon-\nstrueux.\nJe ne sais si Faure s'est inspiré du jugement magistral de Goethe sur\nHamlet; mais son jeu concorde absolument avec les précieuses indications\ndu poëte allemand, sur la [manière dont un acteur doit comprendre et\ncomposer le personnage d'Hamlet «une âme qui n'était point faite pour\nagir, et qui est chargée d'une action terrible. » Le type dramatique créé\npar Shakspeare et si bien défini par Goethe, demandait toute cette intelli-\ngence. Le chant d'Ambroise Thomas qui incline sensiblement à la mé-\nlopée, avait besoin de cette diction nerveuse dans le récitatif, de cette"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 721, "texte": "accentuation pleine de nuances, de ces inflexions de voix toujours justes\net toujours proportionnées à l'effet. Faure est un Hamlet admirable.\nMadame Gueymard déploie en liberté son bel organe dans le rôle de la\nreine. Mademoiselle Devriès est non-seulement une virtuose accomplie\net maîtresse d'elle-même, c'est aussi une Ophélie fort touchante. On la\nrappelle chaudement après sa belle scène des bords du lac. Mais aussi,\nexiste-t-il rien de plus suave et de plus pénétrant que le court récit de\nla mort d'Ophélie dans VHamlet original? En plaçant la réalité sur la\nscène devant l'œil du spectateur, MM. Michel Carré et Barbier n'étaient-\nils pas sûrs de frapper un grand coup ?\n\nARTHUR HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c027", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "41", "page_fin": "42", "image_debut": 46, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.9", "titre_corps": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874", "titre_sommaire": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874", "signature_source": "A. 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Wekerlin, écrit\nsur des paroles de Gilbert.— CONCERTS POPULAIRES. Première exécution\nd'une ouverture de concert, de M. Ernest Guiraud(i).\n3. THÉATRE-ITALIEN. Reprise de Semiramide, de Rossini.\n6. BOUFFES-PARISIENS. Premières représentations : le Bouton perdu, opé-\nrette en un acte, paroles de MM. Eugène Grangé et Victor Bernard, musique\nde M. Adrien Talexy ; Mariée depuis midi, opérette en un acte, paroles de\nMM. William Busnach et Armand Liorat, musique de M. Georges Jacoby.\n7. MILAN (Théâtre de la Scala). Première représentation de i Lituanie\nopéra sérieux en quatre actes, paroles de M. Ghislanzoni, musique de M. Amil-\ncare Ponchielli.\n8. CONCERTS POPULAIRES. Première audition des Esquisses symphoniques,\nde madame la comtesse de Grandval. CONCERT NATIONAL. Premières audi-\ntions : Rome et Naples, pièces symphoniques de M. Alfred Rabuteau , pre-\nmier grand prix de Rorfte de 1868 ; Ballade et Minuetto-Scherço pour piano et\norchestre, de M. Auguste Dupont, professeur au Conservatoire de Bruxelles,\nqui exécute la partie de piano.\n11. DÉLASSEMENTS-COMIQUES. Première représentation de Paille d'à-\n\n(i) Dans les derniers jours de Février ou dans les premiers jours de Mars, on\ndonne, au Théâtre-Royal de Liège, la première représentation de la Posada ou le\nSouper du Roi, opéra comique en un acte, paroles de MM. Stanislaus et Rodem-\nbourg, musique de M» Eugène Huto)^."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2328, "texte": "voine, opéra comique en un acte, paroles de MM. A. Jaime et A.\nLemonnier, musique de M. Robert Planquette.\n14. ELDORADO. Première représentation du Trésor de Cassandre,\nopérette - pantomime en un acte, paroles de M. H. Bedeau, musique de\nM. Frédéric Barbier.\n18. OPÉRA-COMIQUE. Reprise et 3oie représentation de Mignon. FO-\nLIES-BERGÈRE. Première représentation de la Folie espagnole, ballet-diver-\ntissement en un acte, de M. Francesco, musique de M. Pénavaire.\n20. SALLE HERZ (Concert de M. Albert Sowinski). Le Carillon de\nNotre-Dame de Cléry, opéra comique en un acte, musique de M. Francis\nThomé.\n21. ELDORADO, Première représentation du Professeur de tyrolienne,\nopérette bouffe en un acte, paroles de MM. Villemer et Delormel, musique\nde M. Francis Chassaigne.\n22 SOCIÉTÉ DES CONCERTS. Première audition de l'ouverture de Marie\nStuart, de M. Zuylen de Nyevelt. CONCERTS POPULAIRES. Premières audi-\ntions : Ouverture symphonique de M. Salvayre, grand prix de Rome de 1873 ;\nla Madelaine au désert, scène pour voix de basse, de M. Ernest Reyer, chan-\ntée par M. Bouhy.\n23. OPÉRA (salle Ventadour). Centième représentation d'Hamlet (On se\nrappelle sans doute que le 29 octobre 1873, jour de la destruction de l'Opéra,\nles affiches de ce théâtre annonçaient pour le soir même cette centième re-\nprésentation d'Hamlet, qui s'est ainsi trouvée retardée de cinq mois).\n24. - OPÉRA-COMIQUE. Première exécution de Marie-Magdeleine, drame\nsacré en trois actes et quatre tableaux, poème de M. Louis Gallet, musique\nde M. Jules Massenet. (Cet ouvrage avait été exécuté primitivement à l'O-\ndéon).— MENUS-PLAISIRS. Réouverture, avec une nouvelle direction, et reprise\ndu Petit-Faust, opéra bouffe de M. Hervé.\n25- Exécution, en l'église de Notre-Dame, de la messe solennelle en la,\nde Cherubini (1).\n\nA. P.\n\n(1) Mentionnons ici trois ouvrages qui se sont produits en Belgique. Au théâtre\nroyal d'Anvers, le 17 mars, la Mort du Tasse, grande scène de musique, paroles de\nM. Jules Guilliaume, musique de M. Franz Servais, grand pjix de Rome de 1873; à\nMons, Vlllusion, opéra comique en un acte, musique d'un lieutenant dans l'armée\nbelge, M. Toussaint, qui s'est servi du livret jadis mis en musique, sous ce titre, par\nHérold; à Tournai, le Déraillement, opéra comique en un acte, musique de M. 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Halanzier à prélever sur les 300,000 fr. réservés, les fonds nécessités par\nles dépenses de mise en scène de Y Esclave, d'Edmond Membrée, qui, pour\nêtre joué à la salle Ventadour, coûtera, d'après une première évaluation, la\nsomme de 84,000 fr.\nUne singulière trouvaille a été faite le mois dernier à la bibliothèque\nSainte-Geneviève.\nDans un casier renfermant divers manuscrits, on a découvert la copie ori-\nginale de l'opéra Jonathas, que Charpentier, l'auteur de la musique du\nMalade imaginaire, de Molière, avait composé pour la maison professe des\nJésuites, située alors à l'endroit où est maintenant le lycée Louis-le-Grand.\nCet opéra, œuvre médiocre à tous les points de vue, sert à marquer nette-\nment l'époque où la musique profane se mêla sans scrupule, dans les églises,\nà la musique sacrée. Les révérends pères firent jouer Jonathas sur leur théâ-\ntre car il y avait un théâtre et leurs acteurs, ceux de l'Académie royale\nde musique, n'avaient qu'à quitter leur costume de théâtre et à franchir un\ncouloir pour aller exécuter des motets à l'église.\n« Cette église est quasiment l'église de l'Opéra,dit Fréneuse delà Vieuville,\ncar ceux qui ne vont point à l'un s'en consolent en allant à vêpres en l'autre,\noù ils retrouvent les mêmes chanteurs à meilleur marché; aujourd'hui, un\nacteur nouvellement reçu ne se croirait qu'à demi possesseur de son rang et\nde son emploi, s'il n'avait joué chez les grands jésuites. »\nLes actrices y allaient aussi, surtout pendant la semaine sainte et les fêtes\nde Pâques. Alors, l'église des Jésuites ne pouvait suffire à .contenir la\nfoule. 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Philippe Spilta, ayant pour titre :\nJean-Sébastien Bach, 1 .vol. de 784 pages, a paru chez Breitkopf et Hartel,\nà Leipzig, La Neue Zeitschrift fur mupk (n° du 6 février), qui lanaly.se\nlonguement, en fait le plus grand éloge..\nUne excentricité de haute saveur vient de paraître chez Mackar, passage\ndes Panoramas. C'est une polka de A. Cœdès, intitulée Revolver-Polka, dé-\ndiée à M. Alexandre Duval, et illustrée d'un titre magnifique.\nCette polka renferme des passages dans lesquels on fait entendre des déto-\nnations de pistolet. D'ici peu, cette polka sera sur tous les pianos.\n—M. Hurand, le chef des chœurs du Théâtre-Italien, a été déclaré adju-\n/ •\ndicataire de la location du concert de l'Horloge, aux Champs-Elysées, qui va\ndevenir les Bouffes-Italiens.\nLa misç à prix de 12,000 fr. est montée à 40,200 fr.\nOn annonce la mort du compositeur danois Lumbye, dont notre colla-\nborateur M. Maurice Cristal a parlé, dans ses articles récents, sur la musique\nen Scandinavie, le Danemarck et la Norwége.\nL'Arte de Trieste rend compte de l'effet produit à Venise par le\nde Wagner, représenté ces jours derniers à la Fenice.\nNotre correspondant constate tout d'abord qu'il n'y a pas eu de succès.\nLa première représentation a eu lieu devant un public choisi, et pénétré\nde la gravité du jugement qu'il allait rendre, jugement attendu avec anxiété\npar l'ltalie tout entière. On a accueilli avec des applaudissements très accen-\ntués la symphonie, le septuor concertant du deuxième acte, et le finale du\nmême acte.\nOn a encore applaudi, mais moins chaudement, le premier récitatif du\nténor, le choeur des messagers de paix, la danse pyrrhique et la scène sui-\nvante.\nQuelques autres morceaux, clairsemés dans le premier et le second acte,\nont encore été bien accueillis. Le reste a été l'objet d'un éloquent et glacial\nsilence.\nLa musique du dit Je correspondant, rappelle celle du Tannhauser\net du Lohengrin, quelquefois mélodique àla manière italienne, la plupart du\ntemps manquant d'inspiration.\nLa partie instrumentale, extraordinairement travaillée, n'est pas homogène,\net se distingue par un abus d'unissons ou d'accompagnements, de basses à\nl'octave sans aucun effet.\nLes idées nouvelles sont rares, mal exprimées et mal liées les unes aux au-\ntrès, affectant, parfois, le caractère purement italien, et ailleurs n'en ayant\naucun de déterminé. Et, ajoute-t-il, il ne faudrait pas attribuer le quasi insuc-\ncès du Rièn\\i à l'insuffisance de l'exécution. Le public savait à quels artistes"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "il avait affaire, et ne s'occupait que de l'œuvre musicale. II s'est même\nabstenu de siffler tels ou tels artistes qui l'eussent bien mérité.\nEn somme, le succès du Rienp peut se traduire par ce fait significatif: La\ndirection avait pour les deux premières soirées élevé à 5 livres le prix des\nbillets, à la troisième elle les a remis à 3 livres.\n\nNOUVELLES\n\naris. Opéra. Voici la distribution exacte de l'Esclave, telle\nqu'elle a été arrêtée définitivement dimanche soir, après une der-\nnière entrevue entre MM. Halanzier et Carvalho, d'une part, et\nMM. Membrée, Barbier, Got et Foussier, d'autre part :\nLe prince Kaledji MM. Sylva,\nDimitri Lassalle.\nLe Pope Gailhard.\nMoraskefï Bataille.\nConstantin Grisy.\nPau la Mmes Mauduit.\nPrascovia Rosine Bloch.\nVoici la nomenclature des tableaux :\nier acte : Chez Paulus le Pope ;\n2e acte : Le Lac des Roses, ballet ;\n3e acte : Le Palais du comte Dimitri ; divertissement ;\n4e acte : L'intérieur d'une église russe ;\n5e acte : ier tableau : même décor qu'au premier acte ;\n2e tableau : devant les murs de la ville*\nLes décors sont peints par MM. Fromont et Daran, sauf celui du deuxième\nacte, le Lac des Roses, qui sera de Chéret.\nLes ballets sont réglés par M. Mérante.\nEnfin, Faction se passe au quatorzième siècle, à Batchi-Séraï, dans la Russie\nd'Asie*\nItaliens. Mademoiselle Heilbron doit ouvrir la saison du théâtre de\nCovent-Garden, à Londres, par la Traviata.\nMademoiselle de Belocca chantera à Covent-Garden le 14 avril, mais elle\nsera de retour à Paris, ainsi que mademoiselle Heilbron, pour jouer au\nThéâtre-Italien le No\\%e di Figaro, opéra qui clora la saison. *\nLe baryton Padilla vient de quitter les Italiens pour remplir son enga-\ngement au Théâtre-Impérial de Berlin.\nFiorini lui a succédé dans Assur, laissant à Tagliafîco le rôle d'Oroë.\nMademoiselle Donadio, qui vient de finir sa tournée à l'étranger, fait sa\nrentrée dans la Sonnambula."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "Opéra-Comique. Gille et Gillotin, l'opéra comique de M. Ambroise\nThomas, doit passer immédiatement après Pâques, en même temps que Jo-\nconde, distribué comme suit :\nJoconde MM. Bouhy.\nLe prince Coppel.\nJanetta Mlle Chapuy.\nLes autres rôles, par mesdemoiselles Thibault et Isaac.\nOn annonce la réception des Amoureux de Catherine, opéra comique de\nMM. Jules Barbier, et Henri Maréchal, grand prix de Rome.\nM. du Locle a reçu, de Londres, l'autorisation de Charles Gounod, né-\ncessaire pour que Mireille puisse être jouée à l'Opéra-Comique.\nLes études de Mireille vont commencer.\nMadame Carvalho chantera le rôle de Mireille; M. Duchesne, celui de\nVincent.\nM. Ismaël reprendra le rôle d'Ourrias qu'il a créé.\nLa symphonie du Rhône, coupée au Théâtre-Lyrique après quelques repré-\nsentations, sera rétablie.\nChàtelet. —Très prochainement, la Belle au bois dormant, l'opéra-féerie de\nMM. Clairville, Busnach et Litolff. Voici la distribution exacte et définitive\nde cette pièce :\nSylvéa Mme* M. Reboux.\nNérida P. Marié.\nAzoline Labat.\nLa reine des fées Berthelot.\nMuguet . MM. Laurent.\nCoquelicot Guillot.\nAbaltaman René Jullien.\nAlcofribas Donato.\nLe roi Malaquin Crambade.\nFolies-Dramatiques. La Belle Bourbonnaise passera aux F( lies-Drama-\ntiques le 9 avril.\nLe lundi de Pâques aura lieu la 409e et dernière représentation de la Fille\nde madame Angot.\nLes principaux interprètes de la Belle-Bourbonnaise sont : MM. Sainte-Foy,\nMilheret Villars; Mesdames Desclauzas et Tassilly.\nBRUXELLES. La première représentation de Giroflé-Girojla, du maestro\nLecocq, a été, à l'Alcazar, une véritable solennité.\nMeyerbeer, Gounod, Félicien David, Ambroise Thomas, Wagner, dit le\nGuide Musical belge, quand ils sont venus à Bruxelles présider à l'exécution"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.53", "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "de leurs œuvres, n'ont jamais reçu d'ovation comparable à celle dont les\ndilettanti de l'Alcazar viennent de gratifier l'immortel auteur de perruque\nblonde.\nTous les soirs, la foule se bouscule pour entrer aux Folies-Parisiennes, et\nelle applaudit, elle bisse les principaux morceaux de la partition de Lecocq\navec un enthousiasme délirant. Les couplets de Boléro, l'air de Giroflé, le\nchœur des Pirates, l'ariette de Marasquin, la chanson deMoursouck, les fina-\nles et le grand duo transportent la salle. Giroflé-Girofla en a chez M. HUM-\nbert pour ses cent représentations.\nM. Brandus a acheté, après la première représentation, la partition de\nGiroflé -Girojla.\nSAINT-PÉTERSBOURG. Quelques journaux russes, parlant de l'opéra de\nMireille de Gounod chanté en ce moment à Saint-Pétersbourg, prétendent\nque c'est un véritable soporifique, que seul peut combattre le grand talent de\na Patti.\n\nPour l'article Varia:\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. 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Les révérends pères firent jouer Jonathas sur leur théâ-\ntre car il y avait un théâtre et leurs acteurs, ceux de l'Académie royale\nde musique, n'avaient qu'à quitter leur costume de théâtre et à franchir un\ncouloir pour aller exécuter des motets à l'église.\n« Cette église est quasiment l'église de l'Opéra,dit Fréneuse delà Vieuville,\ncar ceux qui ne vont point à l'un s'en consolent en allant à vêpres en l'autre,\noù ils retrouvent les mêmes chanteurs à meilleur marché; aujourd'hui, un\nacteur nouvellement reçu ne se croirait qu'à demi possesseur de son rang et\nde son emploi, s'il n'avait joué chez les grands jésuites. »\nLes actrices y allaient aussi, surtout pendant la semaine sainte et les fêtes\nde Pâques. Alors, l'église des Jésuites ne pouvait suffire à .contenir la\nfoule. 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Philippe Spilta, ayant pour titre :\nJean-Sébastien Bach, 1 .vol. de 784 pages, a paru chez Breitkopf et Hartel,\nà Leipzig, La Neue Zeitschrift fur mupk (n° du 6 février), qui lanaly.se\nlonguement, en fait le plus grand éloge..\nUne excentricité de haute saveur vient de paraître chez Mackar, passage\ndes Panoramas. C'est une polka de A. Cœdès, intitulée Revolver-Polka, dé-\ndiée à M. Alexandre Duval, et illustrée d'un titre magnifique.\nCette polka renferme des passages dans lesquels on fait entendre des déto-\nnations de pistolet. D'ici peu, cette polka sera sur tous les pianos.\n—M. Hurand, le chef des chœurs du Théâtre-Italien, a été déclaré adju-\n/ •\ndicataire de la location du concert de l'Horloge, aux Champs-Elysées, qui va\ndevenir les Bouffes-Italiens.\nLa misç à prix de 12,000 fr. est montée à 40,200 fr.\nOn annonce la mort du compositeur danois Lumbye, dont notre colla-\nborateur M. Maurice Cristal a parlé, dans ses articles récents, sur la musique\nen Scandinavie, le Danemarck et la Norwége.\nL'Arte de Trieste rend compte de l'effet produit à Venise par le\nde Wagner, représenté ces jours derniers à la Fenice.\nNotre correspondant constate tout d'abord qu'il n'y a pas eu de succès.\nLa première représentation a eu lieu devant un public choisi, et pénétré\nde la gravité du jugement qu'il allait rendre, jugement attendu avec anxiété\npar l'ltalie tout entière. On a accueilli avec des applaudissements très accen-\ntués la symphonie, le septuor concertant du deuxième acte, et le finale du\nmême acte.\nOn a encore applaudi, mais moins chaudement, le premier récitatif du\nténor, le choeur des messagers de paix, la danse pyrrhique et la scène sui-\nvante.\nQuelques autres morceaux, clairsemés dans le premier et le second acte,\nont encore été bien accueillis. Le reste a été l'objet d'un éloquent et glacial\nsilence.\nLa musique du dit Je correspondant, rappelle celle du Tannhauser\net du Lohengrin, quelquefois mélodique àla manière italienne, la plupart du\ntemps manquant d'inspiration.\nLa partie instrumentale, extraordinairement travaillée, n'est pas homogène,\net se distingue par un abus d'unissons ou d'accompagnements, de basses à\nl'octave sans aucun effet.\nLes idées nouvelles sont rares, mal exprimées et mal liées les unes aux au-\ntrès, affectant, parfois, le caractère purement italien, et ailleurs n'en ayant\naucun de déterminé. Et, ajoute-t-il, il ne faudrait pas attribuer le quasi insuc-\ncès du Rièn\\i à l'insuffisance de l'exécution. Le public savait à quels artistes"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "il avait affaire, et ne s'occupait que de l'œuvre musicale. II s'est même\nabstenu de siffler tels ou tels artistes qui l'eussent bien mérité.\nEn somme, le succès du Rienp peut se traduire par ce fait significatif: La\ndirection avait pour les deux premières soirées élevé à 5 livres le prix des\nbillets, à la troisième elle les a remis à 3 livres."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c034", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "48", "image_debut": 51, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.10.3", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia: Le Secrétaire de la Rédaction, O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.51", "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "NOUVELLES\n\naris. Opéra. Voici la distribution exacte de l'Esclave, telle\nqu'elle a été arrêtée définitivement dimanche soir, après une der-\nnière entrevue entre MM. Halanzier et Carvalho, d'une part, et\nMM. Membrée, Barbier, Got et Foussier, d'autre part :\nLe prince Kaledji MM. Sylva,\nDimitri Lassalle.\nLe Pope Gailhard.\nMoraskefï Bataille.\nConstantin Grisy.\nPau la Mmes Mauduit.\nPrascovia Rosine Bloch.\nVoici la nomenclature des tableaux :\nier acte : Chez Paulus le Pope ;\n2e acte : Le Lac des Roses, ballet ;\n3e acte : Le Palais du comte Dimitri ; divertissement ;\n4e acte : L'intérieur d'une église russe ;\n5e acte : ier tableau : même décor qu'au premier acte ;\n2e tableau : devant les murs de la ville*\nLes décors sont peints par MM. Fromont et Daran, sauf celui du deuxième\nacte, le Lac des Roses, qui sera de Chéret.\nLes ballets sont réglés par M. Mérante.\nEnfin, Faction se passe au quatorzième siècle, à Batchi-Séraï, dans la Russie\nd'Asie*\nItaliens. Mademoiselle Heilbron doit ouvrir la saison du théâtre de\nCovent-Garden, à Londres, par la Traviata.\nMademoiselle de Belocca chantera à Covent-Garden le 14 avril, mais elle\nsera de retour à Paris, ainsi que mademoiselle Heilbron, pour jouer au\nThéâtre-Italien le No\\%e di Figaro, opéra qui clora la saison. *\nLe baryton Padilla vient de quitter les Italiens pour remplir son enga-\ngement au Théâtre-Impérial de Berlin.\nFiorini lui a succédé dans Assur, laissant à Tagliafîco le rôle d'Oroë.\nMademoiselle Donadio, qui vient de finir sa tournée à l'étranger, fait sa\nrentrée dans la Sonnambula."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "Opéra-Comique. Gille et Gillotin, l'opéra comique de M. Ambroise\nThomas, doit passer immédiatement après Pâques, en même temps que Jo-\nconde, distribué comme suit :\nJoconde MM. Bouhy.\nLe prince Coppel.\nJanetta Mlle Chapuy.\nLes autres rôles, par mesdemoiselles Thibault et Isaac.\nOn annonce la réception des Amoureux de Catherine, opéra comique de\nMM. Jules Barbier, et Henri Maréchal, grand prix de Rome.\nM. du Locle a reçu, de Londres, l'autorisation de Charles Gounod, né-\ncessaire pour que Mireille puisse être jouée à l'Opéra-Comique.\nLes études de Mireille vont commencer.\nMadame Carvalho chantera le rôle de Mireille; M. Duchesne, celui de\nVincent.\nM. Ismaël reprendra le rôle d'Ourrias qu'il a créé.\nLa symphonie du Rhône, coupée au Théâtre-Lyrique après quelques repré-\nsentations, sera rétablie.\nChàtelet. —Très prochainement, la Belle au bois dormant, l'opéra-féerie de\nMM. Clairville, Busnach et Litolff. Voici la distribution exacte et définitive\nde cette pièce :\nSylvéa Mme* M. Reboux.\nNérida P. Marié.\nAzoline Labat.\nLa reine des fées Berthelot.\nMuguet . MM. Laurent.\nCoquelicot Guillot.\nAbaltaman René Jullien.\nAlcofribas Donato.\nLe roi Malaquin Crambade.\nFolies-Dramatiques. La Belle Bourbonnaise passera aux F( lies-Drama-\ntiques le 9 avril.\nLe lundi de Pâques aura lieu la 409e et dernière représentation de la Fille\nde madame Angot.\nLes principaux interprètes de la Belle-Bourbonnaise sont : MM. Sainte-Foy,\nMilheret Villars; Mesdames Desclauzas et Tassilly.\nBRUXELLES. La première représentation de Giroflé-Girojla, du maestro\nLecocq, a été, à l'Alcazar, une véritable solennité.\nMeyerbeer, Gounod, Félicien David, Ambroise Thomas, Wagner, dit le\nGuide Musical belge, quand ils sont venus à Bruxelles présider à l'exécution"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.53", "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "de leurs œuvres, n'ont jamais reçu d'ovation comparable à celle dont les\ndilettanti de l'Alcazar viennent de gratifier l'immortel auteur de perruque\nblonde.\nTous les soirs, la foule se bouscule pour entrer aux Folies-Parisiennes, et\nelle applaudit, elle bisse les principaux morceaux de la partition de Lecocq\navec un enthousiasme délirant. Les couplets de Boléro, l'air de Giroflé, le\nchœur des Pirates, l'ariette de Marasquin, la chanson deMoursouck, les fina-\nles et le grand duo transportent la salle. Giroflé-Girofla en a chez M. HUM-\nbert pour ses cent représentations.\nM. Brandus a acheté, après la première représentation, la partition de\nGiroflé -Girojla.\nSAINT-PÉTERSBOURG. Quelques journaux russes, parlant de l'opéra de\nMireille de Gounod chanté en ce moment à Saint-Pétersbourg, prétendent\nque c'est un véritable soporifique, que seul peut combattre le grand talent de\na Patti.\n\nPour l'article Varia:\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-01_01#c037", "volume": "bmtnabc_1874-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[49]", "page_fin": "[49]", "image_debut": 54, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.2.11", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.54", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 342, "texte": "TV-\nV\n? '\n>-\nm—\n-4-,\nm\n4.-\ni .. \\^-»\n5\n«J\nr^X>\n-H\nl^1.\nirfÇSsà\n:^>\ni IPT^\na a»\nrm\nU r\nÎ\"ÎS^'\n-\nr=\nÙt-\ni\nw •*\n(4i\nm\nA\nr\n»\nî^\nr~-\n-•s§i\nïpT»\nw-\n«L#- Élfl'**\nr\nTP\nsim\n-\nmk\nm\n&\n»»\n:*r^3c\n*vP. s ?M\n' P.„ • ,-, J®3\n'/,\nIMmLI. '/\n\\\n<tcct\nk4\nSÊlr\nL 7I\n/\\3\n£m4MK\nSPWCjSÉ\nr^\nBmIH\nv >\ns_: '\n•S\"l >\nipîTwiijniiitifijj\n—■—\n• C\n4\nws=r\nr-yi\n, \\\nm\n>Mg\np.<=»l"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[5]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.1", "texte": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL\n\nE Concert spirituel qui a lieu tous les ans,\nle Vendredi-Saint, au Conservatoire, aux\nItaliens et à la salle des Concerts populai-\nres, etc., se donnait jadis plusieurs fois dans\nl'année. Il était destiné à remplacer les re-\nprésentations théâtrales pendant le temps\nde Pâques et à certaines fêtes. Le Concert\nfrançais des Mélophilètes, établi le 10 jan-\nvier 1722, et le Concert italien des Ama-\nteurs., organisé la même année par la mar-\nquise de Prie, unie d'intérêt avec le financier Croizat, en firent naître\nl'idée.\nCette solennité musicale fut fondée en 1725, par privilège du roi,\nLouis XV avait accordé ce privilège en faveur d'Anne Danican Philidor,\nhautbois de la Chapelle royale, et frère consanguin aîné du célèbre com-\npositeur de musique et joueur d'échecs François André, à condition que"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nle Concert « dépendroit toujours de l'Opéra, » et que Philidor payerait à\nl'Académie de Musique 6,000 livres par an.\nL'inauguration du Concert spirituel eut lieu le dimanche de la Pas-\nsion (18 mars 1725) dans la salle des Cent-Suisses, connue depuis sous\nle nom de Salle des Maréchaux, au château des Tuileries. « Il com-\nmença, dit Hurtaut, dans son Dictionnaire historique de la ville de\nParis (1776), a par une suite d'airs de violon, de La Lande ; par un\nCaprice du même auteur, suivi de son Confitebor4 On joua, après cela,\nun Concerto, de Corelli, intitulé la Nuit de Noël, et le Concert finit\npar le Cantate Domine, de La Lande. Il dura depuis six heures jusqu'à\nhuit, avec l'applaudissement général de toute l'assemblée, qui fut très\nnombreuse. »\nPendant le cours de la première année, on vit figurer au Concert spi-\nrituel, différents instrumentistes de talent, ainsi que plusieurs virtuoses\ntels que mesdemoiselles Antier, Le Maure et Eremans, soprani ; le té-\nnor Tribou, le baryton Chassé, etc. Ce dernier, qui en prenait parfois trop\nà son aise avec le public, fut chansonné, selon la mode du temps, sur la\nfaçon dont il ménageait sa voix :\nentendu Chassé\nDans la pastorale i'lssé?\nCe n'est plus cette voix tonnante, r\nCe ne sont plus ces grands éclats,\nC'est un gentilhomme qui chante\nEt qui ne se fatigue pas.\nLa célèbre Marie de Fel, qui tint pendant plus de vingt-cinq ans le\npremier emploi à l'Opéra, débuta au Concert spirituel en 1732. De tou-\ntes les cantatrices qui en consacrèrent le souvenir, cette dernière y brilla\nle plus souvent et le plus longtemps. Elle prononçait également bien le\nfrançais, le latin, l'espagnol et l'italien.\nA la mort de Philidor, la direction du Concert spirituel fut confiée à\nJoseph Mouret, conjointement avec Simart. Mais le sieur Thuret, ayant\nobtenu le privilège de l'Opéra, jugea à propos de rentrer dans ses droits ;\nil en remit le soin à Rebel, jusqu en 17415 époque à laquelle le nouveau\ndirecteur l'afferma 6,000 livres par an au sieur Royer, artiste ordinaire\nde la Chambre du roi, et maître de musique des Enfants de France.\nCelui-ci s'attacha le sieur Capperon, de l'Académie royale de musique.\nPar les soins et l'intelligence de ces deux associés, le Concert spirituel\nattira un grand nombre d'auditeurs. On y exécutait des symphonies, des"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.3", "texte": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL\n\nsonates, des concertos, des motets, ainsi que les oratorios des maîtres\ncélèbres qui avaient travaillé sur des paroles latines.\nLa salle où se donnait le Concert spirituel changea plusieurs fois de\ndécoration. Il n'y avait, dès le début, que des banquettes et quelques gra-\ndins élevés autour des murs. La seconde année, on y construisit des loges.\nLorsque le roi vint à Paris, après la campagne de 1744, il alla s'ins-\ntaller aux Tuileries ; circonstance qui nécessita la destruction de toutes\nles loges et des décorations de la salle du Concert-. Le jour de la Toussaint\nde la même année, comme cette salle était occupée, on avait affiché que\nle Concert s'exécuterait dans celle de l'Opéra ; mais Monseigneur de\nVintimille, alors archevêque de Paris, ne voulut point qu'il eût lieu\ndans cet endroit profane, et on ne fit point de concert ce jour-là. Ri-\ngueur, par parenthèse, qui fit dire aux Parisiens qu'on ne retrouverait\npas un archevêque comme son prédécesseur, en vint-il mille. Le 8 dé-\ncembre suivant, jour de la Conception de la Vierge, le Concert spiri-\ntuel se tint dans la salle des Tuileries; il n'y avait point de loges , seu-\nlement on avait dressé des banquettes et placé des chaises dans le\nparterre. Enfin, en 1748, sous la direction de Royer, cette salle prit une\nforme toute nouvelle.\nVers les premières années du règne de Louis XVI, la salle du Concert\ncontenait un grand orgue, touché habituellement par Daquin, organiste\ndu roi ; l'orchestre fut mieux disposé, et un rang de loges, surmonté\nd'une galerie, s'étendit agréablement autour de la salle. Lorsque, par\nhasard, le roi et la famille royale venaient habiter aux Tuileries,— on sait\nque la Cour restait à Versailles , le tout pouvait s'enlever en cinq\nheures et se replacer dans le même espace de temps. Après Royer, le\nsieur Capperon, resté seul, s'associa Mondonville, compositeur et auteur\nde plusieurs opérasentre autres Titon et VAurore ; ce fut alors que le\nConcert spirituel acquit une nouvelle réputation, jusqu'au jour où ces\ndeux directeurs abandonnèrent l'entreprise, qui passa par la suite aux\nsieurs d'Auvergne et Le Breton.\nEn 1776, les sieurs Gaviniès, Le Duc et Gossec, « dont les talents chéris\ndu public faisaient le charme de ce Concert, « devinrent les directeurs\ndu Concert spirituel.\nLe Concert spirituel était une institution utile, nécessaire au progrès\nde l'art. « Mais, dit M. Castil-Blaze, elle fut, dès son origine, dégradée\npar ce mot privilège, mot odieux, estampé sur tous nos établissements\ndramatiques et musicaux. Le Concert spirituel opposait son privilège\nexclusif à tous les artistes assez impertinents pour vouloir chanter en\npublic sur d'autres points de la capitale. Tous étaient contraints d'e^ca-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nlader l'estrade élevée dans la salle des Tuileries. Quelques instrumen-\ntistes de grand talent firent connaître aux Parisiens les richesses et les\nnouveautés de leur génie et de leur exécution ; mais, la partie vocale étant\nconfiée aux acteurs de l'Opéra, tout progrès devenait impossible. Les\nviolonistes, les violoncellistes français, étrangers, les frères Besozzi, de\nTurin, avaient montré comment on pouvait plaire, séduire en jouant des\ninstruments à archet, du hautbois, du basson; les effets obtenus par ces\nvirtuoses étaient ignorés du plus grand nombre des auditeurs. Les voix\nétaient les mêmes que l'on entendait à l'Opéra ; ces voix chantaient en\nlatin au lieu de chanter en français, telle était la seule différence que Ton\npût remarquer à l'égard de la musique vocale produite au Concert spi-\nrituel de 1725 à 1753. »\nLe nombre des auditions, pendant toute la quinzaine de Pâques et les\njours de fêtes solennelles dont la célébration interdisait le spectacle, était\nde vingt-quatre ou vingt-cinq par année. « On ferme l'Opéra le jour\ndu Vendredi-Saint, de Pâques, de Noël, de la Pentecôte, » dit l'auteur\ndu Tableau de Paris ; « mais l'orchestre de l'Opéra, les chanteurs et\nles chanteuses vont sur un autre théâtre qu'on appelle Concert spirituel,\net, sous de nouvelles affiches en lettres rouges, débitent toutes les modu-\nlations de leur gosier harmonieux. Ils n'ont pas leur habit de théâtre;\nvoilà toute la différence. On chante le Miserere et le De profondis à\ngrand chœur, » ajoute le philosophe Mercier; « mais cela ne touche per-\nsonne, religieusement parlant. Lorsque la même voix qui a chanté le\nrôle d'Armide ou d'lphigénie, chante un verset d'un psaume du roi\nDavid, le roi David a l'air un peu profane. Quinault et le Psalmiste,\ndans la bouche de la même actrice, font sourire l'imagination. Tous ces\nmotets deviennent des représentations vraiment théâtrales. On bat des\nmains et l'on parle d'un cantique sacré comme d'une ariette dans le goût\nitalien. »\nEn effet, c'est aux Concerts spirituels donnés pendant la quinzaine de\nPâques surtout, temps de repos pour les spectateurs, qu'avaient lieu les\ndébuts des acteurs. Jélyotte, Poirier, La Tour, Pilot, Muguet, Legros\net beaucoup d'autres ténors ou hautes-contres, furent engagés à l'Opéra\naprès avoir satisfait à ce curieux usage, c'est-à-dire après s'être fait\nentendre dans des airs français, dans des airs d'opéra, comme le ténor\nDuparc, par exemple, qui, en 1764, débuta par l'air : fières\ntrompettes, de Castor et Pollux, revêtu d'une cuirasse, coiffé d'un cas-\nque et portant l'épée au côté.\nIl n'était pas moins étrange de voir des cantatrices en costume d'impé-\nratrice, de bacchante ou de simple bergère, venir, poudrées à frimas, avec"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.5", "texte": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL\n\nle sceptre, le thyrse ou la houlette à la main, réciter des oraisons, des lita-\nnies et des psaumes à ce concert, pour se préparer aux scènes émou-\nvantes et passionnées du Drame lyrique.\nParmi les célébrités du Concert spirituel, on remarqua plusieurs\nartistes italiens, tels que Caffarelli et Guadagni; mais le plus grand\nnombre était composé de chanteurs français, d'un mérite reconnu. Le\nriche abbé Malines entre autres, basse excellente, laissa de vifs souvenirs.\nIl légua à sa mort, arrivée en 1778, à ses anciens compagnons les chan-\ntres de Notre-Dame de Paris, tout le vin de ses caves, lesquelles étaient,\ndit-on, parfaitement garnies. Jamais ces virtuoses, si souvent tourmen-\ntés de la soif, n'avaient été si largement abreuvés.\nLe mardi de Pâques de l'année 1784, le Concert spirituel eut, contre\nson ordinaire, un succès de fou rire. Ces transports de gaieté furent\nexcités par une symphonie d'Haydn qui termina la séance. Chaque\nmusicien, après avoir exécuté sa partie, la mettait dans sa poche, étei-\ngnait son luminaire, prenait son instrument sous le bras et s'en allait.\nTous les exécutants avaient opéré leur retraite successivement de la\nmême façon. C'était une énigme pour l'assemblée, qui, n'y voyant que\nle côté comique, riait à se tordre.\nVoici l'explication qu'en donnent à la fois la Biographie d'Haydn,\npubliée en allemand par Diez, le Haydine, recueil de lettres par Giu-\nseppe Carpani (Padoue, 1828) et la Notice sur Joseph Haydn, par\nFrâmery (Paris, 1810). Les musiciens du prince Nicolas Esterhazy, à\nl'exemple d'Haydn leur chef d'orchestre, donnèrent un jour leur démis-\nsion, sauf un vieillard sourd et infirme qui jouait du basson, et un autre\ndes plus médiocres parmi les seconds violons, lesquels se tinrent sur la\nréserve. La démission acceptée, il fut convenu qu'ils ne resteraient plus\nque huit jours. Dans ces circonstances, Haydn s'avisa d'un expédient\nassez bizarre, qui a laissé des traces dans ses œuvres, et que Framery\nraconte en ces termes :\n« Le jour fixé pour le départ, il va trouver le prince, et lui dit qu'a-\nvant de le quitter, son orchestre et lui désireraient lui donner une der-\nnière marque de leur reconnaissance pour toutes ses bontés passées, en\nexécutant devant lui une symphonie nouvelle qu'il avait composée\nexprès pour cette circonstance : le prince y consent avec joie, et même\navec attendrissement. La salle est éclairée comme en un jour de concert;\nchacun prend sa place accoutumée, et la symphonie commence.\n(c Le premier morceau, d'un style très brillant, d'un mouvement vif\net gai, semblable pour la forme au début de la plupart des sympho-\nnies, mais moins étendu, fait entendre tous les instruments marchant"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nensemble; suit un récit de violon exécuté par Haydn seul, qui condui-\nsait l'orchestre, et après lequel il se lève, renferme tranquillement son\nviolon dans l'étui, le met sur son épaule, et s'en va. Le prince, étonné,\ns'inquiète, et craint qu'il ne soit arrivé au maître quelque chose de\nfâcheux; il envoie avec beaucoup d'empressement savoir la cause d'un\ndépart si extraordinaire au milieu d'une symphonie : Haydn charge le\nmessager de remercier le prince de cette preuve d'intérêt, de le prier de\nne point s'alarmer, et d'entendre le reste de l'exécution. Elle continue.\n« Le chef des seconds violons joue un récit seul, comme l'avait fait le\npremier, serre ensuite son instrument, se lève et s'en va, suivi de toute\nsa bande; après lui et successivement le premier des hautbois, des flûtes,\ndes clarinettes, des cors, des bassons, chacun après son récit, se retire de\nla même manière, dont le prince comprit fort bien l'intention, jusqu'à\nce qu'enfin il ne reste plus dans l'orchestre que les deux pauvres hères\nqui n'avaient pas signé l'adresse, et qui terminent la symphonie par un\nlamentable duo.\ncc Le souverain d'Esterhazy_, dont la bonté naturelle avait vaincu la\nfierté, le cœur gonflé, se précipita dans la salle où s'était rasssemblé\nl'orchestre, et les yeux pleins de larmes : « Mes amis, leur cria-t-il, mes\nvieux amis! est-ce ainsi que vous m'abandonnez ! Et pourquoi m'aban-\ndonnez-vous? Comme votre prince, vous sentez que je ne puis vous de-\nmander grâce; je sens également qu'en votre qualité d'artistes vous ne\npouvez pas non plus me la demander : n'y aurait-il pas moyen de tout\nconcilier, et de faire comme s'il ne s'était rien passé de part et d'autre ? »\nLa réponse du maître et de tout son monde fut de tomber aux genoux\ndu prince, qui le reçut dans ses bras, et tout fut à jamais oublié. »\nTelle est l'origine de la symphonie facétieuse que Ton fit entendre au\nConcert spirituel de 1784, avec la mise en scène réglée par Fauteur. La-\nhoussaye et Guénin, qui faisaient les rôles des deux musiciens récalci-\ntrants, restèrent seuls dans l'orchestre et terminèrent le finale.\nPendant la Révolution, les événements politiques reléguèrent le Con-\ncert spirituel dans la salle du Panthéon, bâtie sur la place où fut construit,\ndepuis, l'ancien Vaudeville, rue de Chartres. En 1790, les auditions\nfurent réduites à quinze par année; en 1791, à six, qui eurent lieu dans\nune salle de la rue Dauphine. La sixième et dernière se produisit le 24\navril 1791. Le théâtre Italien les renouvela en ißos.\nMadame de Genlis, qui écrivait encore à cette époque, dit à ce sujet,\ndans son Dictionnaire des Etiquettes : « Nous avions avant la Révo-\nlution, pendant la semaine sainte, un très beau concert religieux, qu'on\nappelait le Concert spirituel. On n'y chantait que des hymnes et des"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.7", "texte": "ORIGINE DU CONCERT SPIRITUEL\n\npsaumes en musique. Le genre religieux est le plus beau de tous, parce\nqu'il est le plus majestueux et le plus imposant. Ainsi, sous le seul\nrapport de l'art, il serait à désirer que l'on rétablît ce concert, qui four-\nnirait aux habiles musiciens les plus nobles sujets de composition. »\nComme on l'a vu, le vœu de madame de Genlis se réalisa de son vivant,\nun an après l'élévation de Bonaparte au trône. Aujourd'hui, le Concert\nspirituel est une solennité artistique consacrée, comme autrefois, à l'au-\ndition des chefs-d'œuvre religieux, tels que le de Pergolèse, les\nSept Paroles d'Haydn, \\e Requiem de Mozart, la Rédemption d'Emilien\nPacini, Y Oratoriod'Alary, ou les fragments et morceaux bien connus\nde Bach, de Beethoven, de Mercadante, de Mendelssohn, etc.. que ne\nmanquent pas d'aller applaudir chaque année les véritables amis de\nl'art.\nRapportons, pour finir, une anecdote du siècle dernier, tirée de Mer-\ncier. « Que ferons-nous, demandait une femme de qualité à une autre ?\nVoici la semaine sainte; il faut cependant faire quelque acte de piété.\nEh bien! répondit l'autre, nous irons au Concert spirituel, et pendant\nce temps-là, nous laisserons jeûner nos gens. »\n\nS. BLONDEL."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.8", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\n(0\n1873\nVANT de reprendre la suite du travail, peu littéraire,\nque la Chronique musicale a donné dans ses premiers\nnuméros_, et comme preuve de notre désir d'être au\nmoins un compilateur consciencieux, nous citerons\nd'abord les oubliés; oubliés n'est pas le mot. Il s'agit\nde pièces qui nous ont échappé à cause de la confor-\nmité de leur titre avec d'autres pièces semblables, ou dont la lithographie\navait déjà passé sous nos yeux, mais avec un titre différent.\nSous la date de 1870, nous trouvons : Français aux armes, paroles\nde Fernand Strauss, musique de A. Pilati. 1871, deux chansons sur\nl'Alsace : Là ils ont fusillé notre mère, et : la Force et le courage,\ntoutes deux avec paroles de F. Duvert et Ed. Potier, musique de A. Pi-\nlati;— Mourir ou vaincre pour la France, paroles et musique de\nM. A. D.; VAssiette an beurre, de P. Burani et Ch. Pourny ;\nAux armes, Paysans, de A. Philibert, H. Chatelin et Ch. Pourny;\nSalut aux marins delà France, mêmes auteurs que pour la chanson\nprécédente; J'aim\" pas les lâches, de A. Philibert et Ch. Pourny.\n1872, Délivrance, paroles et musique de Léon Paliard; le Fusil de\nla Liberté, musique de J. C. Thorel; Alsace et Lorraine, Deuil et\nEspoir, par Ostian de Saint-Aule; sur le titre se trouve le portrait de\nHenri V; Les six rois de Candide, à M. Laurent Pichat, par Elie\n\n(1) Voir les numéros des i 5 juillet et ier août 1873."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.9", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nRemignard et A. Tac-Cohen; Vive l'armée, chant de victoire, de Paul\nBurani (lisez Urbain) et Ch. Pourny ; cette dernière pièce avait été faite,\nlors de la fausse nouvelle de la victoire de Wœrth; elle n?a point été\nchantée, quant aux paroles, mais elle reparut plus tard sous le titre :\nQu'on se souvienne-, naturellement la musique seule fut conservée;\nLes Momies, par Rémignard et Tac-Cohen.\n1 B^3\nLes premières pièces parues sont en l'honneur de Henri V : « Foi et\nEspérance, dédiée à M. le général de S., le brave entre les braves » ; les\nauteurs se sont méfiés de leur chef-d'œuvre, ils ont signé H. C. et C. M.,\ncela vient de Rennes. Ce sont également deux auteurs *** qui ont\ncomposé Hymne à la France*, le mot cantique eût été plus vrai (An-\ngers) ; le Drapeau blanc, paroles de J. Blanchon, musique de A.\nde B. (Lyon). Deux anonymes ont publié à Angers A ma fleur de lys ;\nd'après le titre ils avaient composé cela en 1871 ; Il régnera, « chant\nroyaliste, à M. le général baron A. de Charette, » paroles de X., musique\nde E. du Rocher; VHymne français, à Monseigneur le comte de\nChambord, paroles et musique du marquis d'lvry. L'auteur a dû être\nsatisfait des vers suivants :\nIl a maintenu, sans for faire,\nTes droits, 6 bannière\nDe Reims et d'lvry, etc\nVive le roi, de J. Rolly et E. de Penaranda. Tous ces morceaux por-\ntent ou le portrait d'Henri V, ou la couronne avec fleurs de lys, l'ori-\nflamme de Saint-Denis, le portrait du pape, etc.\nNous retombons dans le café-concert : Instituteur et général, chan-\nson démocratique, A. Bosc et F. Trémel; Y Orpheline de\nV. Anselme et A. Petit; Adoption (pour les orphelins de la guerre),\nparoles de mademoiselle Mélanie Bourotte, musique de G. Desmoulins;\n- Les deux Sœurs (Paris et Lyon) R. Doutre et V. Pons; —Place aux\nhonnêtes gens, chant républicain de F. Trémel.\nLe refrain est tourné avec beaucoup de grâce :\nHolà, tyrans, tueurs d'hommes et cuistres,\nDisparaisse\\ du monde des vivants ;\nSoyef maudits, saltimbanques sinistres,\nRois éhontes, place aux honnêtes gens !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nIl y a aussi un joli couplet qui commence par :\nHurrah, héros qui vendes la patrie,\nPitres abjects, complices des tyrans, etc.\nMusset lui-même s'est rarement exprimé avec plus d'élégance. M. Fré-\ndéric Trémel est encore l'auteur (musique et paroles), de : A bas les\nconquérants et Béranger au Paradis; Le Paysan de 1872 ou le\nbon Dieu républicain, P. Avenel et Ch. Hubans ; —La vraie\nRevanche, Villemer et Ben-Tayoux; le Rural, Ribault, Duhem\net P. Bernicat;— les Déserteurs de la patrie, Villemer, Delormel et\nL. Benza; le Volontaire d'un an, A. Philibert, Siégel et Ch. Moreau;\nil y a du parlé : « Plus de raie dans le milieu de la téte, ni de gilet à\nm\ncœur!... ayons plus de cœur et moins de gilet; » La Rançon de la\nFrance, C. Déa et L. Demortreux; le Barde des Vosges. A. Brody ;\nTen suis fi ère, par René Gry et L. Benza; la pensée de cette chanson\na un but moral qui fait l'éloge du poète : un mobile, nouveau marié,\nmeurt à la guerre; sa jeune femme répète :\nD'un héros mort pour son pays\nJe Suis fiere d'être la femme !\nLa France à VAlsace et à la Lorraine, A. M. Neveu et J. B. Rachet;\nc'est une chaude pièce de la revanche :\nEt nous irons au fond de son empire,\nCriant partout : vengeance et liberté!\nTrois grands noms (Kléber, Hoche et Marceau (i)), par Ch. Théolier\net L. Benza; GrandisseJ. H. Bonin et J. Chabrut; Episode de\nVarmée de la Loire, C. Déa et L. Demortreux; Tout français est\nsoldat9 Max et Andréol, musique de L* Demortreux; La Républicaine\nd'Alsace, Villemer et Delormel, musique de F. Chassaigne. L'image du\ntitre n'est et quant au sujet, c'est une scène de cabaret, où des\nPrussiens veulent forcer une Alsacienne à chanter et à boire à la santé\nde Guillaume. La jeune patriote répond qu'elle ne sait que la Marseil-\nlaise :\nCe chant, vous deve\\ le connaître,\nA vos rois nous l'avons appris ;\n\n(i) Le générai Marceau, mort à vingts-sept ans, a été mainte fois chanté sous îa\npremière République ; voyez la gravure qui reproduit un de ces souvenirs."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.11", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nLa République l'a fait naître\nDans la poitrine de ses fils.\nNous l'avons, dans vos capitales,\nHurlé jadis à tous les vents,\nQuand sous nos marches triomphales\nCroulaient les trônes allemands :\nJe suis Française,\nMon pays est républicain,\nJe ne connais qu'un seul refrain,\nC'est celui de la Marseillaise.\nLe Chant du Départ des Alsaciens-Lorrains, par Lacoste et A. Despa-\ngne; là Patrie, par Urbain Pineau; ■— Voici la liberté,\nhymne à la République, Ghatelin et A. Blangy; Adieux à la France;\nsur le titre une Alsacienne :\nPar la faute d'un traître,\nChef nous l'Allemand désormais\nSera notre seul maître,\nC'est vrai mais notre ami jamais !\nCe morceau est gravé en français et en italien, paroles de Battaille,\nmusique de Dubost.\nCe n'est plus mon Drapeau, Vatimel et Domergue, Là, ils ont tué\nma mère, Ghatelin et Chassaigne ; ce doit être une seconde édition, le\nmême titre a déjà été cité. —La France n'est pas morte, Chatelin et\nChassaigne.— L'lnstruction obligatoire, G. Poyaut et J. Chabrut*—La\nDélivrance, polka militaire, par L. Dufils. Paysan, travailleur et\nsoldat, Delormel et O. Fouque. —Au nom de la Lorraine, Burguy et\nPaul Henrion.\n(Refrain.)\nJe hais tout refrain éclatant,\nCar il faut que je vous l'apprenne,\nOn ne chante plus en Lorraine :\nOn prie, on espèrey on attend.\nLe Vieux Drapeau, Villemer et A. d'Hack. Voici la première strophe :\nPrès d'un chemin de la vieille Lorraine,\nSilencieux> deux hommes à genoux,\nCreusent des mains la terre auprès d'un chêne,\nEn se disant : le retrouverons-nous ?"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nC'est bien ici, que pendant la bataille,\nDit l'un des deux, l'avons enterre..\nm\nAmi, je sens tout mon cœur qui tressaille,\nFo/a les plis de ce lambeau sacré :\nJe te retrouve après deux ans d'absence !\nEn revoyant tes brillantes couleurs\nMes yeux sur toi laissent tomber des pleurs,\nMon vieux drapeau de France !\nLa Tache noire, A. Chérié et F. Knorr. —La Taverne alsacienne\nde Sedan, E. Hupin et L. Pierrard. Prions pour lui, Ch. Pougier et\nDeflers. Le Drapeau de MetVillemer et Delormel, musique de\nL. Benza. Marceau, J. Ichaunard et R. Planquette ;ce doit être une\nseconde édition, titre et image nous ont déjà passé sous les yeux. —La\nMarseillaise des Travailleurs, Villemer et Ben Tayoux.— Le Drapeau\ntricolore, Brigliano et L. Chelu. —La France nouvelle, Vatinel et\nPaul Henrion. Les Mandataires de Dieu, E. Fvemignard et Tac-\nCohen :\nQue de gens, maîtres, rois, apôtres,\nInvoquent la grâce de Dieu,\nPour vivre du travail des autres !\nBlagueurs, qui par état\nRecueille% ce qu'un autre sème,\nMontrez-nous donc votre mandat\nSigné par Dieu lui-même.\nExcusez du peu ! voilà un autographe qui serait recherché dans les\nventes !\nJ'apporte Vespérance, J. Fauque et F. Boissière. L Esprit fran-\nçais, Théolier et R. Planquette. En parlant de La Fontaine, Fauteur\ndit :\nEt pourtant dans ses bêtes\nOn trouve plus d'esprit\nQu'au fond des blanches têtes\nQue l'lnstitut fleurit.\nCela n'est pas très gracieux pour les membres de l'Académie ;on voit,\nau reste, par ce quatrain, que l'auteur n'en est pas ; s'il y aspire,\ncela lui fera bien du tort. La Fiancée du Conscrit, paroles et\nmusique de F. Granier. C'est beaucoup de faire ainsi tout àla fois ;"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.13", "texte": "AU RHIN !... AU RHIN !..."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.14", "texte": "malgré cela, je crains bien que M. Granier n'arrive pas non plus à\nl'Académie :\nEt pourtant il serait possible\nQu'une mort prompte Veut frappé,\nOu que par quelque balle hostile\nIl eût déjà été tué.....\nLe fiancé revient, et la cinquième strophe commence par ce noble cri\nde joie, entièrement nouveau : Merci, mon Dieu! —Le Coup de ca-\nnon est une fantaisie mazurke, de D. Bourgoin. Le Serment du\nGriitli, chant national, de Nicolo Ansaldi, musique arrangée par ma-\ndame Ansaldi. Comme c est une dame, nous ne dirons rien de cette\nmusique arrangée. La Mère du soldat, Delormel et Maly, mu-\nsique de L. Benza. Gloire aux Martyrs, A. Michel et J.-C. Thorel,\nLe Fusil de la Liberté, par Thorel. Masques et Visages, Maly et\nmusique de L. Benza :\nEt vous, o sinistres rôdeuses,\nO marchandes de volupté,\nDe vos longues robes fangeuses\nN'insulte% plus notre cité.\nLa suite prochainement.)\n\nJ. B. WEKERLIN.\n\nIV.\nL'HISTOIRE EN CHANSONS\n2"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.15", "texte": "LA MUSIQUE EN SUÈDE\nEN ISLANDE, EN NORWÈGE ET DANS LE DANEMARK\nHISTOIRE ET MONOGRAPHIE\nLE DANEMARK\n\n(0\nV\nVEC Schulz et Kuhlau, Niels-Guillaume Gade est de\ntous les compositeurs danois celui qui a le plus préoc-\ncupé l'Europe. Gade est pour le Danemark ce que\nLinblad est pour la Suède. Ce compositeur est né à\nCopenhague le 22 octobre 1817. Son père était fabri-\ncant d'instruments de musique; il favorisa chez l'en-\nfant des penchants qui firent plus tard sa fortune et sà gloire. Des\nmaîtres obscurs enseignèrent assez mal au petit mélomane le piano,\nle violon et la guitare, instrument alors fort en vogue, et qui a\nrendu familiers dans tout le Nord, à cette époque , les rhythmes\nimportés d'Espagne et les populaires inspirations de 1 Europe méridio-\nnale. Les favorables dispositions de l'enfant suffirent à réparer\" tout ce\nque son éducation musicale présentait d'incomplet et de défectueux, et,\njeune encore, il mérita d'être admis comme violoniste dans l'orchestre\nde la chapelle royale. Vers le même temps, commencèrent ses travaux\ndans la composition sous la direction de Weyse. La lecture des parti-\ntions des grands maîtres acheva son éducation et détermina sa vocation\nde compositeur.\nEn 1841, Gade prit part au concours ouvert dans sa ville natale par\n\n(t) Voir les numéros des i 5 janvier, lel'1e1' février et iCi mars."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.16", "texte": "LA MUSIQUE EN SUÈDE, ETC.\n\nune société d amateurs, pour la meilleure ouverture à grand orchestre.\nOssian futlesujet qu'il choisit pour sa composition à visée romantique.\nSpohr et Frédéric Schneider, élus juges du concours, décernèrent le prix à\nson ouvrage. Encouragé par ce succès, le triomphateur, encore à son dé-\nbut, chercha à se créer au cœur même de l'Allemagne musicale une noto-\nriété qui lui permît ensuite de s'imposer victorieusement hors de son\npays, Il écrivit la première de ses quatre symphonies (en ut mineur) et\n1 envoya à Leipsick où Mendelssohn trônait comme directeur des con-\ncerts du Gewandhaus. Mendelssohn lut la lettré du compositeur enthou-\nsiaste, il lut aussi la partition dont il fut charmé, et il fit au jeune mai\"\ntre cette réponse bien inattendue : ce Vous commencez par où j'ai fini. »\nLe compliment était sincère. Pour preuve, Mendelssohn mit la sympho-\nnie en étude à ses concerts, et tout ce que Leipsick comptait de con-\nnaisseurs applaudit impartialement le compositeur étranger. L'impres-\nsion que l'œuvre produisit dans les séances multiples où elle reparut,\nfut très favorable. On entendit de Copenhague le succès immense au-\nquel ne nuisit pas le tapage des journalistes, et le roi de Danemarck\noctroya un subside pour que Gade entreprît une de ces excursions en\nItalie d'où les génies du Nord ont toujours rapporté la chaude et lumi-\nneuse effluve qui manque à leurs contrées déshéritées. Ce voyage fut de\ncourte durée. Gade voulait jouir dans son pays de sa réputation gran-\ndissante. Il rentra donc à Copenhague, mais ce fut pour être'rappelé à\nLeipsick, et se voir offrir la direction des concerts du Gewandhaus en\nremplacement de Mendelssohn à qui le roi de Prusse venait d'assurer\nune position honorable à Berlin. Un pareil poste en Allemagne était\nsignificatif, et la succession du compositeur qui a écrit Paulus, la Sym-\nphonie écossaise et le Songe d'une nuit d'Eté, était pour le maître da-\nnois d autant plus honorable que c'était Mendelssohn lui-même qui le\nnommait son héritier.\nPendant son séjour à Leipsick, Gade fit preuve de beaucoup d'activité,\nd'intelligence et d'invention. Il composa et fit exécuter sa seconde et sa\ntroisième symphonie, deux ouvertures, une grande cantate de fête, une\nsonate pour piano et violon, un quintette et un ottetto pour des instru-\nments à cordes, diverses pièces pour le piano, des chants à voix seule\navec piano et a plusieurs voix, et enfin un poème dramatique intitulé\nComa la pour voix seules, chœur et orchestre, « Ces compositions,—a écrit\nFétis, malveillant écho de malveillantes critiques, n'indiquent pas\nen Niels Gade la faculté de création. La nature des idées de ce maître,\nl'enchaînement des périodes, le style enfin dérivent évidemment de\nla manière de Mendelssohn et de Schumann et l'engouement de Leipsick"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.17", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\\\n\nau moment où l'Allemagne disputait le compositeur danois àsa patrie,\nl'enthousiasme de la Saxe pour les œuvres du compositeur de Copen-\nhague, ne pouvait que se dissiper bien vite quand la monotonie de ce\nstyle épuisa enfin la patience des dilettantes. » *\nFétis attribue ici au public contre Gade, son inconcevable antipa-\nthie pour Mendelssohn, et son dédain, plus juste et plus motivé, pour\ntoute cette nuée de parasites compositeurs dont tout homme en vogue\ndevient le modèle, et qui, se dispersant ensuite dans toutes les voies\nbanales, ne laissent aucune trace. Gade procède de Mendelssohn, et il\na été dépassé par Schumann. Sa place est entre les deux compositeurs,\net il n'est ni le plagiaire de l'un, ni le modèle de 1 autre. Entie ces deux\nmaîtres, auxquels il confine, il est resté lui-même. Non, Gade ne fut\njamais un imitateur. Si, un moment, par suite des circonstances de sa\nvie, il sembla flotter dans le sillage de Mendelssohn, il reprit bientôt\nsa route à lui, en hardi navigateur qui porte, sur son navire, et sa\nboussole et sa fortune. Fétis, semblablement à ce qu ont fait dans\ntous les temps les critiques à courte vue, s'attaquait à des tendances\nqui le contrariaient, à des théories dont il ne se rendait pas compte,\net qui, à tort ou avec raison, lui étaient incompatibles. Niels Gade,\nMendelssohn, Berlioz, Schumann, Wagner, sont les têtes de turc\nsur lesquelles frappent à tour de bras, et sans bien regarder ce qu ils frap-\npent, certains esthéticiens qui ne veulent écouter qu'avec le cornet\nacoustique, auquel sont habituées leur partiales oreilles, Ils amalgament\ndans leurs implacables réprobations ce qui ne doit pas être confondu, ce\nqui n'a ni ressemblance ni parenté, ni même origine ni meme destinée.\nWagner, Berlioz, Schumann, Mendelssohn, n'ont de ressemblance que\npour les sens obtus devant lesquels se confondent tous les temps et\ntous les horizons. Chacun de ces maîtres est revendiqué par des par-\ntisans fort divergents. L'école de l'avenir, elle est aussi multiple,\naussi infinitésimalement divisible que l'école du passé. Cette menaçante\nmusique de l'avenir ne s'est-elle pas dressée provocante et outragée dans\ntoutes les époques et iVa-t-elle pas toujours démérité soit les blâmes, soit\nles éloges qu'on lui distribue avec une si grande maladresse et une si\npetite opportunité? Cette poussée invincible de la réforme des idées,\nrajeunies, renouvelées, souvent ressaisies sur le passé que les savants\nignorent avec tant d'impudence, elle blesse les gens dont la marotte\nest de ne connaître, de n'aimer, de n'accepter que les moules vieillis,\nque les procédés connus, que les formes accommodées, vulgaiisées,\nfourbues, que ce qu'on apprend aux conservatoires, que ce qu'on entend\naux académies, aux instituts, que ce qu'on enseigne chez les prolesseurs"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.18", "texte": "LA MUSIQUE EN SUÈDE, ETC.\n\nles plus abêtis, que ce qui s'achète chez le falsificateur le plus officiel des\ndrogues doctrinales. Ces braves gens sont aidés dans leurs préventions\npar le fait heureux que ces antiques procédés, ces formules au joui-\nd'hui démodées, ont à leur heure accompagné de bonnes choses; mais,\nil ne faut pas plus les louer de ce qu'ils ont, par inadvertance, travaillé\nà la manifestation du beau, qu'il ne faut leur pardonner leur goût pei-\nverti pour ce qui est ranci, gâté, vicié, pourri à la moelle, dépenaillé par\nl'usure et la vétusté. Il ne faut jamais oublier que c'est le renouveau\nqui les effraie, le printemps qui les offusque, le soleil renaissant qui leur\nbrûle les yeux, les chantantes statues de Memnon qui leur abasouidis-\nsent les oreilles et qui les font, sans qu'ils sachent pourquoi, aboyer de\nde leurs museaux sans dents contre tous les efforts héroïques ou imbé-\nciles des novateurs badauds ou des trouveurs insatiables, des tripoteuis\nd'inventions insensées ou des pionniers de génie. Incapables et envieux, ils\nne savent ni procéder au bien ni s'utiliser contre le mal. C'est le mal\nqui les attire; c'est contre le bien qu'ils font leur police. Les ennemis de\ntout progrès, ce sont ces jocrisses malfaisants, et il faut les dénoncer\npartout et toujours, car c'est à eux que les places sont données, à eux que\nles honneurs sont accordés, devant eux que les chapeaux se lèvent avec\nrespect. Les uns insultent Wagner, outragent Beethoven; les autres s'at-\ntaquent à Bcccherini, à Paisiello ; nient Rossini, Halévy, Verdi, Félicien\nDavid. L'un aime le Nord et voudrait qu'on supprimât tout ce qui pal-\npite au soleil ; l'autre préfère les écoles méridionales et anéantirait Bach,\nHaendel, Spohr, Schumann. Voici un badaud qui ne jure que pai Ra-\nphaël ; il n'aime pas Shakespeare, ni Byron, ni Dante, ni Eschyle. Voilà\nun sot qui n'admire qu'Albert Durer et qui proscrit l'Arioste, Cervantes,\nRabelais, George Sand et Michelet, qui sans doute en est mort. Cegail-\nlard-ci n'admet que Boucher, et, là, ce monsieur vous prouvera que dans\nQffenbach se trouve toute la bible musicale. Haro sur ces baudets !\nPuisque de leur regard louche ils ne voient qu'un côté de 1 horizon, c est\nqu'ils sont borgnes; qu'on leur bouche cet œil mauvais qui ne veut pas\ntour à tour legarder au couchant et au levant ! Qu on leur crève le\ntympan, à ces musiciens qui radotent mélodie, harmonie, enharmonie,\nrhythmes, sonorité, composition, transposition, école italienne, école\nallemande, et qui n'ont jamais éprouvé une sincère ivresse d'art, de litté-\nrature, d'esthétique ou même de sport dans la libre campagne ! L impor-\ntant n'est-il pas de jouir au lieu de se casser à des sornettes sa bête de\ntête ! Que ce soit Palestrina, Haendel, Mendelssohn, Bellini, Rossini ou\nWagner qui, près du ruisseau jaseur, sous les verdoyants halliers, nous\nait préparé le repas dans la halte de chasse, faut-il se chagriner et refu-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nser les plats assortis pour notre vaillant appétit ? Et ne faut-il pas remer-\ncier la nature prodigue qui nous donne le jour éblouissant et laborieux,\npuis la nuit pacifiante et peuplée de tremblantes étoiles, le Nord nua-\ngeux et le Midi splendide, Albert Durer, Holbein, Rembrandt, Ruys-\ndaël, Téniers, Le Titien, Léonard de Vinci, Andréa del Sarto, Le\nCorrége, Velasquez, Zurbarân, Ribera, Goya, et aussi notre Le Poussin,\nnotre Claude Lorrain, et notre Prudhon, avec son sourire trempé d'in-\nconsolables désespérances, et aussi notre Vatteau, l'idéal et mélancolique\npeintre des galantes allégresses? Bénie sois-tu nature qui nous as libéra-\nlement octroyé la vieillesse vénérable et l'enfance divinement gracieuse,\nla fiancée désirable et l'épouse aux seins gonflés, et lés vieux grands pa-\nrents dont les mains versent sur nous les solennelles bénédictions! Bénie\nà jamais sois-tu nature généreuse et féconde qui nous as donné les astres,\nles fleurs, les fruits, l'amour et l'amitié, les virginales réjouissances et\nles cuisantes voluptés,, et les rires et aussi les larmes saintes pour pleurer\nceux que nous aimons, quand l'infidélité, l'absence, le tombeau nous les\nont ravis. Ah ! prenons toutes les joies et ne les comptons pas ; ne refusons\npas même la tristesse! Dans un grand cœur, dans un noble esprit, il y a\nplace pour tout comprendre, pour tout aimer, pour tout sentir. Quant\naux cerveaux étroits, aux coeurs aigres, aux critiques châtrés, laissons-\nles pérorer dans leur désert. Vivons ! Eux, ils ne savent pas vivre. Ai-\nmons ! Pendant toute leur existence, tout ce qui est aimable a passé\ndevant eux, et ils n'ont pas aimé. Ils n'aiment pas, ils ne vivent pas, ils\nne savent même pas mourir. Ils savent blasphémer, blasphémer contre\nl'art, la nature et la vie, le bonheur et la lumière. En vérité, ces gens-là\nsont naïfs, s'ils ne sont pas insensés. C'est un motif pour les plaindre.\nMais aussi ils sont méchants, et c'est un motif non pas pour les haïr, ils\nn'en valent pas la peine, mais pour les dédaigner... et les écarter de\nnotre chemin.\nNiels Gade n'appartient que par la tangente à l'école de Berlioz,\nde Mendelssoha, que Fétis poursuivait faute d'être assez jeune pour se\nratrapper sur Wagner. Ses compositions sont restées vivantes dans les\nfaveurs du public allemand et Scandinave, et l'on se rappelle qu'elles ont\nété très bienveillamment accueillies lorsque M. Pasdeloup nous les révéla\ndans ses concerts populaires, où tant de musique étrangère a été expo-\nsée au jugement éclairé d'un public évidemment d'élite. C'est un natu-\nraliste que Gade, pour nous exprimer commeM, Blaze de Bury qui l'a\nétudié à Leipsick même, et que nous reproduirons ici dans tout son\ncommentaire. C'est un naturaliste en ce sens que le chef contempo-\nrain de l'école danoise apporte au plus haut degré dans ses compositions"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.20", "texte": "LA MUSIQUE EN SUÈDE, ETC.\n\nle caractère et la couleur du sol où il est né, et que Ton entend à travers\nsa musique passer ce souffle qui est, dans l'art, l'indispensable élément\nde la vie d'un peuple. Son style respire, en effet, la grandeur sauvage un\npeu abrupte qui est comme le caractère particulier des races du Nord et\nc'est le principal mérite de cet auteur d'avoir su garder l'empreinte Scan-\ndinave dans ses œuvres diverses, dans ses symphonies et surtout dans sa\nComala, qui est son œuvre capitale par la puissance de l'instrumenta-\ntion, la verve mélodique, l'originalité de la composition et l'inattendu\ndes effets.\nComala est un intermède-symphonie, une de ces œuvres instrumenta-\nles mêlées de récits, de cavatines et de chœurs, espèce d'oratorio, moins\nTidée religieuse, comme en écrivaient à cette époque tous les sympho-\nnistes occupés à chercher de ce côté des chemins non piétinés par les\nbottines en vernis, machinées à la confection pour les petits crevés de la\nmusique. Ossian en est le héros. Gade a mis en musique l'oeuvre même\nde l'Homère calédonien, sujet national, s'il en fut en Scandinavie, puis-\nqu'au dire des archéologues et des commentateurs, une ode symphoni-\nque du même acabit, avec variante si l'on veut dans les instruments, et la\nmélopée, se chantait avec les formes du temps, en action.et non théâtra-\nlement dans un fade concert, devant les chefs rassemblés dans leurs pa-\nlais, dans les occasions solennelles.\nAprès avoir quitté Leipsick, Mendelssohn, dans ses nouveaux em-\nplois de directeur général de la musique du roi de Prusse, se trouva dès\nl'abord très entouré et très fier. Il s'établit à Berlin et écrivit pour le\nservice de la cour, la musique intercalée dans les tragédies antiques,\nY Antigone, Y Œdipe roi et Athalie. Ce fut aussi à Berlin qu'il composa\nles morceaux introduits dans le Songe d'une Nuit d'été, de Shakes-\npeare, dont l'ouverture avait été écrite environ dix ans auparavant.\nCependant les honneurs et la faveur dont il jouissait près du roi\nne purent le retenir dans la capitale de la Prusse, où il ne trouvait\npa& la sympathie que lui avaient unanimement montrée les dilettantes\nde Leipsick. La froide bienveillance des Berlinois le décida sans doute\nà retourner dans la ville où tous les bonheurs lui avaient souri.\nDès son arrivée, la musique avait, jadis, pris un nouvel essor à\nLeipsick. Son heureuse influence s'y était fait sentir non-seulement\ndans les concerts, mais dans les sociétés de chant et de musique de\nchambre. Les musiciens de Leipsick réclamaient de lui qu'il se fît aussi\nentendre comme virtuose sur le piano, et ses facultés diverses d'artiste,\nde virtuose, de compositeur et de chef d'orchestre, comme aussi d'hon-\nnête homme ayant un cœur ouvert aux délicieuses joies de la famille, y"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.21", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nétaient toutes satisfaites avec amitié et dévouement. Par reconnaissance\npour la situation florissante qui avait été faite à la musique, grâce à Men-\ndelssohn, dans cette ville importante delà Saxe, l'Université lui avait con-\nféréle grade de docteur en philosophie et beaux-arts, et le roi de Saxe Pa-\nvait nommé son maître de chapelle honoraire. Enfin, Mendelssohn,à cette\népoque, épousait la fille d'un pasteur réformé de Francfort sur-le-Mein,\nfemme aimable, dont la bonté, l'esprit et la grâce firent le bonheur de\nla vie trop courte du poète musicien d'Elie et de Paulus. On conçoit\ndonc l'ivresse qu'il éprouva à quitter la ville gourmée de Berlin pour\nrentrer à Leipsick, où tant de ferventes sympathies l'attendaient, et où\navec déférence lui fut rendue la position de directeur des concerts. Mais\npour Niels Gade, dès ce moment, la situation devint difficile, délicate\net fausse. Quoiqu'on lui eût offert une place de professeur au Conserva-\ntoire de Leipsick, et que lui-même il se fût désisté en faveur de Men-\ndelssohn, il sentit la nécessité de quitter la ville et de rentrer dans son\npays. Il accepta à Copenhague une place d'organiste de la cour et la direc-\ntion de l'orchestre de la Société des concerts. Quand Mendelssohn mou-\nrut, Leipsick lui rendit de nouveau la direction de ses concerts et c'est\ndans ce poste qu'il s'établit jusqu'au moment où la guerre du Shleswig\nle rappela en Danemarck.\nLes autres compositions de Gade sont des morceaux pour piano, pour\npiano et violon, des chants pour des voix d'hommes à quatre parties, et\nsurtout des chants nationaux, des chants populaires Scandinaves arran-\ngés pour piano, des chants d'amour, un chœur avec orchestre, la Fille\ndu roi, tirée d'une ballade populaire du Danemarck, des lieder dans le\nstyle populaire danois pour deux sopranos avec piano, une ouverture\nécossaise (en ré) à grand orchestre, intitulée Dans les montagnes, un\npoème dramatique d'Andersen en langue danoise, une ballade sur les\ntraditions populaires du Danemarck pour des voix seules, orchestre et\nchœur, et enfin YOssian, qui signala ses débuts et qui avec Comala reste\nl'œuvre capitale du maître. Cette œuvre couronnée à un concours formé\npar une société de dilettantes copenhaguais fut publiée aux frais de\nl'association. Elle reste le dernier mot de la génération musicale et spon-\ntanément émise dans le Danemarck, et peut-être dans toute la Scandi-\nnavie. C'est l'opinion de l'éminent critique qui a signalé Gade àla\nFrance, à l'Allemagne et à l'Angleterre,* et nous la ratifions trente ans\naprès qu'elle a été émise.\nAu moment où paraît cet article, notre compositeur danois, Niels\nGade, dont la musique est très goûtée en Hollande, dirige en personne\nl'exécution de quelques-unes de ses œuvres les plus importantes aux"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.22", "texte": "LA MUSIQUE EN SUÈDE, ETC.\n\nConcerts de la Société Cœcilia et Félix Méritis. Niels Gade est d'ail-\nleurs toujours prisé à Leipzig. Dans le neuvième concert du Gewan-\nhaus consacré à la mémoire de Weber, le programme ne parlait que des\nouvrages du compositeur romantique par excellence. Une seule excep\ntion a été faite, et c'est pour une symphonie de Niels Gade. En outre,\nNiels Gade inspire les compositeurs de son pays. Au premier Concert du\nGurzenich, à Cologne, on a exécuté une Nordische suite (suite du Nord)\npour orchestre, composition nouvelle d'un musicien danois, Asger Ha-\nmerik. On a beaucoup goûté le coloris particulier dont l'auteur a su\nrevêtir son œuvre, grâce au choix des motifs et à l'instrumentation. Le\nmeilleur éloge qu'on en ait fait, c'est de reconnaître dans cette œuvre\nl'inspiration et l'influence de Schulz et de\"Niels Gade.\nVI.\nLes échos d'Ossian, les Nachklânge Von Ossian et cette ravissante\nouverture qui s'appelle in the Highlands, sont le résumé poétique et\nplein d'intérêt des mélodieuses impressions de l'Ecole romantique.\nOssian, remarque M. Blazede Bury, Ossian et les Montagnes d'Ecosse\nsont la préoccupation du Scandinave cherchant, à travers l'espace et les\nsiècles, ses affinités originelles. Walter Scott a écrit d'excellentes pages\nsur les traces que les peuples de la Scandinavie ont laissées de leur occupa-\ntion dans les points extrêmes de la Calédonie, dans les îles Orkney, par\nexemple, et c'est une tendance familière au genre des artistes du Nord\nde s'approprier ces traditions ossianiques, d'y revenir à toute occasion,\net de s'oublier même à les revendiquer sans trop d'injustice comme leur\nappartenance propre.\n\nMAURICE CRISTAL"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.23", "texte": "VOLTAIRE, PIRON ET SÉMIRAMIS\n\nLa reprise de Semiramide, au Théâtre-Italien, nous a mis en chasse\nà travers nos collections de documents.\nLe libretto du célèbre opéra de Rossini est imité de celui que Des-\nriaux avait rimé pour Catel, et qui fut joué à l'Opéra en 1802. Mais la\ntragédie lyrique de Desriaux n'était elle-même qu'un décalque plus ou\nmoins adroit de la Sémiramis de Voltaire, représentée à la Comédie-\nFrançaise, en 1748.\nDéjà la reine de Babylone avait inspiré plusieurs poètes dramatiques :\n1647. Sémiramis, tragédie de Gilbert ;\n1647. La véritable Sémiramis, tragédie de Desfontaines (Th. du\nMarais) ;\n1716. Sémiramis, tragédie de madame de Gomez;\n1717. Sémiramis, tragédie de Crébillon ;\n1718. Sémiramis, opéra en 5 actes de Roy, musique de Destou-\nches ; avec un prologue intitulé Y Education d'Hercule.\nCette tragédie lyrique fut, à la vérité, peu goûtée; et on en critiqua\nles vers, aussi bien que la musique dans le couplet suivant :\nSémiramis,\nAu rapport de ceux qui Vont vue,\nSémiramis\nNe meurt pas des coups de son fils.\nLes vers lavaient fort abattue,\nMais c'est le mauvais air qui tue\nSémiramis.\n1748. Sémiramis, tragédie de Voltaire."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.24", "texte": "VOLTAIRE, PIRON ET SÉMIRAMIS\n\nLes divers poèmes dramatiques de Voltaire avaient été mis à 1 épreuve\nde la parodie. Les comédiens italiens n'en manquaient pas un ; et ils\navaient donné successivement :\nM, Bolus, parodie de Brutus;\nLes Enfants trouvés, parodie de Zaïre:\nLe Mauvais ménage, parodie d'Hérode et Mariamne;\nŒdipe travesti, parodie d'Œdipe ;\nLes Dommages, parodie d'Attire.\nMais M. de Voltaire n'entendait point être turlupiné de cette sorte ;\net les plaisanteries des Italiens mettaient son orgueil au supplice. Lors-\nqu'en 1748, il donna sa S émir amis, les Bouffons de l'Hôtel de Bourgo-\ngne s'apprêtèrent comme de coutume à lui décocher de leurs traits; et ils\nauraient joué leur parodie à Fontainebleau devant la cour, si la reine\nn était intervenue à temps.\nVoltaire, en effet, avait écrit à cette princesse une lettre où il se mon-\ntra affolé de dépit. Voici cette épître éplorée où le caractère d'un grand\nhomme se décèle par ses plus petits côtés\n« Madame,\n«Je me jette aux pieds de Votre Majesté. Vous n'assistez aux spectacles\nque par condescendance pour votre auguste rang ; et c'est un sacrifice que\nvotre vertu fait aux bienséances du monde. J'implore cette vertu même; et je\nla conjure avec la plus vive douleur de ne pas souffrir que ces spectacles soient\ndéshonorés par une satire odieuse qu'on veut faire contre moi, à Fontaine-\nbleau, sous vos yeux. La tragédie de S émir ami s est fondée d'un bout à l'autre\nsur la morale la plus pure, et, par là du moins, elle peut s'attendre à votre\nprotection. Daignez considérer, Madame, que je suis domestique du Roy, et\npar conséquent le vôtre. Mes camarades, les gentilshommes ordinaires du\nRoy dont plusieurs sont employés dans des Cours étrangères, et d'autres\ndans des places très honorables, m'obligeront à me défaire de ma charge, si\nje subis devant eux et devant toute la famille royale un avilissement aussi\ncruel. Je conjure Votre Majesté, par la grandeur et la bonté de son âme, et\npar sa piété\\ de ne pas me livrer ainsi à mes ennemis ouverts et cachés qui,\naprès m'avoir poursuivi parles calomnies les plus atroces, veulent me perdre\npar une flétrissure publique. Daignez envisager, Madame, que ces parodies\nsatiriques ont été défendues à Paris pendant plusieurs années. Faut-il qu'on\nles renouvelle pour moi seul-sous les yeux de Votre Majesté? Elle ne souffre\npas la médisance dans son cabinet, l'autorisera-t-elle devant toute la Cour ?\nNon, Madame, votre cœur est trop juste pour ne pas se laisser toucher par\nmes prières, et par ma douleur, et pour faire mourir de chagrin et de honte\nun ancien serviteur, et le premier sur qui sont tombées vos bontés. Un mot"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.25", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nde votre bouche, Madame, à M. le duc de Fleury et à M. de Maurepas, suf-\nfira pour empêcher un scandale dont les suites me perdraient. J'espère de votre\nhumanité qu'elle sera touchée, et qu'après avoir peint la vertu, je serai pro\ntégé par elle.\n« Je suis, etc\n« VOLTAIRE. »\nLa lettre fît tout l'effet que son auteur en attendait. La représenta-\ntion de la parodie de S émir amis fut contremandée. Voltaire put se croire\nà l'abri des morsures de la satire. Mais sa quiétude fut de courte durée.\nBientôt il sentit qu'on lui enfonçait des aiguilles entre chair et cuir.\nC'était Piron, son tourmenteur juré, qui rimait une chanson, que tout\nParis répétait quelques jours après sur l'air : Laissons-nous charmer...\nde l'opéra de Pyrame et Thisbé. Voici ces couplets :\nL'INVENTAIRE.\nQue n'a-t-on pas mis\nDans Sém ira mis ?\nQue dites-vous, amis,\nDe ce beau salmis?\nBlasphèmes nouveaux,\nVieux dictons dévots,\nHapelourdes, pavots,\nEt brides à veaux,\nMauvais rêve,\nSacré glaive,\nBillet, cassette et bandeau,\nVieux oracle,\nFaux miracle,\nPrêtres et bedeaux,\nChapelle et tombeaux.\nQue n'a-t-on pas mis\nDans Sémiramis?\nTous les diables en l'air,\n. Une nuit, un éclair\nLe Fantôme du Festin de Pierre,\nCris sous terre,"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.26", "texte": "VOLTAIRE, PIRON ET SÉMIRAMIS\n\nGrand tonnerre,\nFoudres et carreaux,\n/\nEtats-généraux.\nQiie na-t-on pas mis\nDans Sémiramis ?\nReconnaissance au bout,\nAmphigouris partout,\nInceste, mort-aux-rats, homicide,\nParricide,\nMatricide,\nBeaux imbroglios,\nCharmants quiproquos.\nn'a t-on pas mis\nDans Sémiramis?\nOn a pu juger par la lettre de Voltaire à la reine, de l'état d'esprit\ndans lequel il se trouvait. On jugera aussi aisément des cuisantes dou-\nleurs que la chanson de Piron dut causer à Fauteur de Sémiramis.\nMais quel abîme sépare donc nos mœurs actuelles de celles d'il y a\ncent ans? Les auteurs d'aujourd'hui, loin de redouter la parodie de leurs\nœuvres, la considèrent comme une preuve de succès, et parfois en solli-\ncitent l'honneur avec un empressement qui étonnerait bien Voltaire!\n\nE. MULSANE"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.27", "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS POPULAIRES : Symphonie en ut majeur de Schumann. Ouverture sympho-\nnique de M. Salvayre. La Madeleine au désert de M. E. Reyer. CONCERT NATIO-\nNAL : Adagio et Tempo di minuetto de M. Vaucorbeil. Sérénade de M. Gouvy.\nAndante et finale d'une symphonie de M. Widor. Scènes pittoresques de M. Jules\nMassenet. CONCERT DANBÉ : La Fête d^Alexandre de Haendel. SÉANCE DE\nM. MORTIER DE FONTAINE SALLE HERZ : Concert organisé par M. Verger.\nMATINÉES CARACTÉRISTIQUES DE MADEMOISELLE MARIE DUMAS.\nONCERTS POPULAIRES* Sixième Concert de la troi-\nsième série. Ce Concert, extrêmement nourri,\nabondait en belles choses; mais, selon mon habitude,\net vu l'espace restreint qui m'est réservé pour rendre\ncompte des divers Concerts, je me bornerai à parler de\nla première audition de la symphonie en ut majeur^\nde Schumann. Cette symphonie est de bien loin la plus claire et la plus\nfacile à comprendre de toutes les œuvres que j'ai entendues de ce maître,\nsans excepter même son quintette. Il s'y trouve de très grandes beautés.\nLe premier allegro et le scherzo qui le suit, précédant landante, sont\nremplis de chaleur. Schumann n'y tombe que très rarement dans la\nconfusion, et encore n'est-ce jamais pour longtemps. L'andante est fort\nbeau, surtout au commencement, qui est en ut mineur9 auquel succède\nun superbe chant en mi bémol majeur. la fin de ce\nmorceau est longue et se perd en divagations ; mais le finale, qui se ratta-\nche à l'andante par un attacca subito5 débute par un motif d'un rhythme\nbien marqué et très chantant. Ce motif se développe parfaitement au\nmilieu d'une instrumentation soignée et brillante, et le finale se termine\nsur une belle cadence plagale.\nSeptième Concert. Les anciens ont eu les honneurs de la séance ;"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.28", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nBeethoven, avec sa symphonie en ut majeur, Gluck,, avec un fragment\nà' Orphée, Meyerbeer, avec sa magnifique marche intitulée : Schiller, et\nSpontini, avec un air de Fernand CorteCet air, écrit pour baryton,\na été supérieurement chanté par M. Bouhy, qui Fa empreint d'une\ndouceur et d'une mélancolie tout à fait touchantes.\nL'actif des jeunes à ce Concert se composait d'une ouverture sympho-\nnique, de M. Salvayre, et de la « Madeleine au désert, » de M. Reyer,\npremières auditions toutes deux. L'ouverture débute par un beau chant,\nlarge et franc-: malheureusement, la suite ne répond pas au début. Le\nprincipal motif de l'allégro manque d'originalité, de brillant et de verve.\nAussi, malgré certains effets des cuivres, l'ouverture n'a-t-elle produit\naucune sensation. La « Madeleine au désert » est une scène pour bary-\nton et non pour basse, quoi qu'en ait dit le programme. Ecrite dans un\ndiapason extrêmement élevé, M. Bouhy, tout en l'ayant bien chantée, a\nparfois eu un peu de chevrotement dans la voix. Il y a une jolie phrase\nmusicale sur les paroles : « Les parfums essuyés sur les pieds de Jésus, »\net un motif assez bien inspiré sur le vers : « Et si tu pleures Christ, il\nest vivant là-haut. » Mais le défaut de la musique de la Madeleine au\ndésert est d'être plutôt de la mélopée que du chant. On y chercherait en\nvain ces belles phrases, ces beaux rhythmes carrés qu'on admire tant\ndans Rossini, Meyerbeer et Auber.\nHenry Cohen.\n*\nCONCERT NATIONAL. Les deux derniers concerts ont été\nment consacrés à l'exécution d'œuvres de compositeurs français moder-\nnes. Parmi ces œuvres, les unes nous étaient déjà connues,, nous n'y\nreviendrons pas; d'autres sont nouvelles, nous allons les passer rapide-\nment en revue. Je mentionnerai d'abord deux fragments, Adagio et\nTempo di Mimietto tirés du quatuor en ré de M. Vaucorbeil et exécutés\npar tous les instruments à cordes Ces deux morceaux n'ont rien que de\ntrès ordinaire : peu d'idées et encore moins d'originalité, quelques imi-\ntations plus ou moins curieuses du style des vieux maîtres et en parti-\nculier des formes de Gluck et de Rameau, facture correcte d'un musicien\nqui sait bien son métier et qui connaît à fond ses classiques; en un mot,\nune de ces œuvres honnêtes et médiocres pour lesquelles il faudrait\ninventer le succès d'estime, s'il n'existait déjà. Je préfère de beaucoup\nà cette composition sans intérêt la Sérénade pour instruments à cordes\nde'M. Gouvy, conçue également dans le style classique. C'est peu de\nchose, mais c'est charmant, et je m'associe tout à fait au sentiment du"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npublic qui a voulu entendre une seconde fois cette petite page si fine et\nsi délicatement tournée.\nLAndante et le Finale de la symphonie en fa mineur de M. Widor,\nprécédemment exécutés aux concerts du Conservatoire, sont deux mor-\nceaux très distingués. Ce n'est pas que les idées de M. Widor soient bien\nremarquables : elles manquent en général de souffle et d'inspiration, mais,\ntelles qu'elles sont, ie musicien sait les traiter avec une rare facilité et\nmême avec une certaine richesse de développement, et il manie l'orches-\ntre avec une grande sûreté de main. M. et madame Jaëll ont exécuté\ndans la perfection des Variations sur un thème de Beethoven, écrites\npour deux pianos par M. Saint-Saëns ; la première et la sixième va-\nriation, ainsi que le finale, m'ont paru particulièrement jolis. Le concert\nterminé par la troisième audition des Scènes pittoresques, de\nM. Massenet, l'un des plus grands succès du Concert national. Cette\nsuite d'orchestre se divise en quatre épisodes : Marche, Air de\nBallet, Angélus, Fête Bohémienne. Le thème de la marche est franc de\nrhythme et d'allures, le développement en est sobre et bien conduit.\nLair de Ballet, qui compose le deuxième épisode, débute par une\nphrase large et ondulante, dont la mélodie, confiée aux'violoncelles et\nsoutenue par lespi\\\\icati des instruments à cordes, semble empruntée à\nune vieille romance espagnole avec l'accompagnement de guitare tradi-\ntionnel. Tout ce morceau est extrêmement réussi, il est plein d'élégance\net empreint d'une poésie délicieuse ; on l'a bissé à Punanimité. La troisième\npartie, Angélus, est une grande page plutôt scénique que vraiment sym-\nphonique; c'est un ensemble d'un beau caractère et qui renferme de cu-\nrieux détails d'instrumentation, entre autres un carillon et des imitations\nd'orgue. Je préfère les trois épisodes qui précèdent, au dernier, Fête\nBohémienne, qui m'a paru beaucoup moins achevé que les autres. Ce\nn'est pas que le tableau manque de vie ni de mouvement, mais on y\ntrouve des abus de sonorités et des négligences de style qui en déparen\nun peu l'ensemble. En résumé, les Scènes pittoresques (i); de même que\nles Scènes de bal, les Scènes hongroises et la Musique pour une pièce\nantique forment une de ces suites de tableaux de genre que M, Masse-\nnet sait disposer avec tant d'habileté. Le jeune musicien a beaucoup\ngagné à s'exercer dans ce genre aimable, qui d'ailleurs plaît beaucoup\nau public; mais je crois que maintenant, au point où il en est arrivé, il\nest de [son devoir de viser plus haut et d'aborder franchement la sym-\n\n(i) Les Scènes pittoresquesj réduites pour le piano, ont été publiées par M. G.\nHartmann."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.30", "texte": "MATINÉES CARACTÉRISTIQUES DE Melle MARIE DUMAS.\nLA ROMANESCA\nAIR de DANSE du XVIe SIÈCLE.\nJoseph TELESINSKI.\n(28)"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.31", "texte": "(28)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.32", "texte": "(28)"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.33", "texte": "(28)"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.34", "texte": "(28)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.35", "texte": "(28)"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.36", "texte": "(28)"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.37", "texte": "MARCHE DU ROI RÉNÉ\n(XVe. SIÈCLE)\nG. B.\nP. Bertrand grav:\n(29)\nImp: Arouy rue du Delta 26."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.38", "texte": "phonie; les qualités très sérieuses dont il vient de faire preuve dans son\nouverture de Phèdre,nous sont un sûr garant des succès qu'il peut\nremporter dans un genre de compositions beaucoup plus élevé que celui\nauquel il s'est tenu modestement jusqu'ici.\nVoici les concerts nationaux terminés, après avoir fourni une brillante\ncampagne artistique. Dans mon prochain article, Représenterai, en guise\nde conclusion, un rapide résumé de cette campagne, dont il sera intéres-\nsant, je crois, de fixer la physionomie générale et de constater les féconds\nrésultats.\nCONCERT DANBÉ. Après quatre brillantes exécutions consécutives\nde Christophe Colomb,M. Danbé, aidé de M. Bourgault-Ducoudray\npour la partie vocale, nous a donné cette immortelle cantate que Haen-\ndel écrivit en 1J36, et qui a nom : La Fête d'Alexandre. Mais, à la\nseconde audition, vaincu sans doute par la fatigue que tant de travaux\nartistiques lui ont occasionnée dans le courant de cet hiver, M. Danbé a\ndû renoncer à conduire lui-même son excellent orchestre et laisser à\nM. Bourgault-Ducoudray la double tâche de diriger en même temps les\nchœurs et les instrumentistes. Chaque fois que j'assiste à un des concerts\nde M. Ducoudray, je ne sais qu'admirer le plus, de son courage et sa\npersévérance à surmonter tous les obstacles qui surgissent à chaque mi-\nnute, lorsqu'on veut organiser des morceaux d'ensemble, ou de l'ardent\namour de la musique qui anime les amateurs qu'il dirige et leur grande\nintelligence.\nLa Fete d Alexandre a été parfaitement rendue •M. Bosquin a\nchanté toute sa partie avec* une grande supériorité, et surtout l'air:\n« Chants d'amour, » que M. Loys a admirablement accompagné sur le\nvioloncelle. Mademoiselle Lorenz a interprété avec une belle voix et un\nprofond accent dramatique l'air de la mort de Darius, et une basse-ama«\nteur, dont le programme n a point donné le nom, s'est fait chaudement\napplaudir dans le grand air : « A mort tous ces infâmes. »\nAnalyser dans une demi-page toutes les beautés de cette musique si\npompeuse, si passionnée, si gracieuse et si pleine encore de jeunesse, est\nimpossible. Je rappelerai seulement les chœurs : « Gloire à toi, » « Vivez\nheureux » et « Sors des ombres, » où la trompette produit un si magni-\nfique effet avec 1 exécution de M. Teste, enfin, l'air « Belle et superbe. »\nM. Saint-Saëns et M. César Frank ont vigoureusement soutenu les voix\nsur le piano et sur l'orgue.\n\nIV.\nREVUE DES CONCERTS\n3"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.39", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nSÉANCE T>E M. MORTIER DE FONTAINE. Cette séance de musique\nhistorique aeu lieu dans les salons de M. Oscar Comettant, le 15 de ce\nmois. M. Mortier de Fontaine qui, en outre d'un très beau talent, est\ndoué d'une mémoire des plus extraordinaires, a exécuté par cœur de\ndouze à quatorze morceaux de piano, depuis Froberger, né en i 633, jus-\nqu'aux compositeurs contemporains. Sans m/arrêter à ceux-ci, qui sont\nconnus de reste, je signalerai comme ayant eu du succès une Passaca-\nglia, de Muffat, charmante et d'un beau développement pour 1 époque où\nil vivait ; un allegro très brillant, de Scarlatti, et un lavissant menuet,\nd'Haydn. Le quatuor des dames suédoises et Y air de la Prise de Jét icho\nchanté par une jeune personne dont le nom n'était pas sui le pro-\ngramme, ont agréablement varié le concert.\nSALLE HERZ. Un superbe concert, organisé par M. Verger, avec le\nconcours d'artistes de premier ordre, a été donné dans cetce salle le i 7.\nMadame Peralta, cantatrice mexicaine qui est venue à Paris pour faire\nsoigner sa vue, possède un beau soprano sfogato, parfaitement juste, et\njoint à ces dons naturels un talent qui aborde sans souicillei les plus\ngrandes difficultés, dont elle se tire toujours avec bonheur. Bissée après\nune valse, d'Ascher, elle s'est accompagnée elle-même une valse de sa\ncomposition? encore plus ardue que la première. Madame Volpini, dont\nla' réputation est européenne, a chanté avec entraînement le boléro des\nVêpres siciliennes, et avec un magnifique accent dramatique le duo de\nla Lucia, où, du reste, M. Cellini Fa supérieurement secondée. M. Gar-\ndoni, toujours charmant, a fait entendre la Mandolinata et un duo de la\nTraviata avec madame Volpini. Mademoiselle Morensi était sur le pro-\ngramme et, en effet, a tenté de chanter un duo ; mais, malheureusement,\nla grippe avait implanté sur sa voix ses gritîes ciochues, et le quatuor de\nRigoletto a été supprimé, MM. Daniel, Bergamaschi et Fom Holiler ont\naussi recueilli leur part d'applaudissements.\nMATINÉES CARACTÉRISTIQUES DE MADEMOISELLE MARIE DUMAS. La\nmusique prend une si curieuse part aux Matinées caractéristiques de\nmademoiselle Marie Dumas, que la Chronique musicale veut en re-\ncueillir les programmes. La spirituelle et déjà célébré comédienne, qui\npromène son répertoire de saynètes inédites, de Trouville à Saint-Péters-\nbourg et de Monaco à n'avait pas encoie fait une véritable saison\nparisienne. Elle commence par une fondation» Chacun de ses piogrammes"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.40", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\ndoit donner, littérairement et musicalement, la sensation d'une époque,\nd une nationalité. Il y a eu le mardi Louis le mardi russe, le mardi\nanglais, le gauiois, il y aura le mardi Louis XV... Bornons-nous aux\nsommaires, ils ont leur éloquence et leur esprit d'à-propos. *\nLa première matinée tombant un mardi gras devait être <( carnava-\nlesque. » Mademoiselle Dumas a dit, pour sa part, trois sonnets qu'Ar-\nsène Houssaye lui a dédiés : masques, loups, dominos ; une saynète\nbouffe imitée de 1 anglais, les Bœufs gras, de Monselet, avec variante\nfinale, et les Variations sur le Carnaval de Venise, de Théophile Gau\ntier, aussitôt suivies des f aviations sur le Carnaval de Venise, de\nnini, que jouait M. de la Rancheraye. La giovinetta Joséphine Ronzi\nchantait la canzone d Un ballo in maschera et la Calesera, d'Yradier.\nOn applaudissait Antonin Marmontel dans le Carnaval romain, de\nGuiraud, et la Tarentelle, de Duprato ; puis, Lack et sa Boîte à mu-\nsique et le Galop à huit mains, de Lavignac (première audition), par\n1 auteur et trois autres pianistes maigres 5 les quatre fils Aymon du cla-\nvier ! Pour finir, Madame de Thurlure à Versailles, scène du carnaval\npolitique.\nLe second mardi était dédié au Grand Siècle, et mademoiselle Marie\nDumas le faisait même remonter à 1620, avec une curieuse et chaude\npoésie de Théophile de Viau. La partie littéraire se complétait avec du\nMoliète, du Boileau, du La une lettre etincelante de madame\nde Sévigné... Madame Lacombe a chanté, d'un grand style, un air\nd Isséy pastorale de Destouches (1697), et des fables de La Fontaine\nmises en musique par Louis Lacombe, et M. Valdec, un air du Méde-\ncin malgré lui, de Gounod. MM. Lacombe et Antonin Marmontel,\nn ayant pu se procurer un clavecin du temps, se contentaient d'un excel-\nlent Eiard , 011 a ainsi entendu une chacone, de Lulli • les deux me-\nnuets, de Maimontel, à madame de Sévigné et à mademoiselle de La\nVallière; une sarabande, de Chambonnières (1640), etc.\nLe troisième maidi était le mardi russe. Grâce au superbe contralto\nde madame et au soprano élégant de mademoiselle Marie La-\ngorio, on a entendu dans la langue originale un duo de Dargomijski, un\naii de 1 opéra la Roussalka, une élégie de Jakovlef, le Soir de Moniousko,\n1 admiiable mélodie de Glinka, le Chant de Marguerite. Le Rossi-\ngnol, d Alabieff, a seul été chanté en français. Mademoiselle Marie\nDumas a\\ait lu les vers destinés à l'édition française de la Mar guerite,\nde Glinka. 'Elle a dit encore des fabliaux traduits,, et lu à toute verve un\nchapitre de l'illustre conteur Ivan Tourguéneff. Louis Diémer a mis à\nperfection une rêverie du moscovite Rubinstein, et la rapsodie, de Liszt;"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.41", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nM. Marsik a partagé soa succès dans une sonate de Rubinstein. Deux\nautres violonistes étaient de la fête, M. Alterman (de Moscou) , qui a\njoué une-romance de sa composition, et M. de La Rancheraye, avec les\nvariations .de Wieniawski sur le théâtre populaire « Krasnié sara-\nfane (La Chronique Musicale a publié cet air ainsi que le Rossignol,\nd'Alabieff). » L'hymne national russe, brillamment exécuté par M. Dol-\nmetsch,, ouvrait et fermait le programme.\nA la matinée anglaise, M. Jules Lefort a chanté, avec sa maestria\naccoutumée, deux romances anglaises en anglais, puis, le monologue et\nYArioso d'Hamlet (Ambr. Thomas). M. Wormser, un des meilleurs\nélèves de Marmontel, avait choisi une sarabande de Haendel, ïHiron-\ndelle tfOsborne et la Funeral Mareh of a Marionette, de Gounod ;\nM. Dolmetch, un nocturne de Field et des airs écossais; et tous deux\nensemble, l'ouverture de Lurline (Wallace) et la Jubel-Ouverture, où,\ncomme on sait, Weber a enclavé le God save the Queen• Mademoiselle\nDumas disait sa fantaisie shakespearienne : La Reine Mab, sur un\naccompagnement quasi - symphonique ? composé expressément par\nM. Jules Cohen, exécuté par lui au piano ; elle lisait un chapitre bouffon\nde Dickens, et jouait la séance célèbre de Garrick che\\ mademoiselle\nClairon.\nA la matinée gauloise, elle vient de dire la farce du Cuvier (environ en\nFan 15oo), uneépîtrede Clément Marot, une ballade de François Vil-\nlon, une autre de Banville, etc. M. Lafont chantait deux des « Joyeuse-\ntés de bonne compagnie, » de Pessard (paroles de Jean Passerat et de\nGilles Durand, 1590); M. Vaucorbeil accompagnait lui-même au piano ;\nmademoiselle Ch*** chantait la délicieuse mélodie qu'il a écrite sur le\nRondel de Charles d'Orléans (141 5). La Pavane venait d'être exécutée\nsur l'alto par MM. Telesinski et Dolmetch. Le même Telesinski a joué\nde la viole d'amour, puis sur le violon une fantaisie sur la Romanesque\n(air de danse du seizième siècle). Ce n'est pas l'arrangement mis à la\nmode il y a quarante-cinq ans par Baillot, mais un travail tout nouveau,\nA ce titre, nous en offrons la primeur aux lecteurs de la Chronique mu-\nsicale, et nous faisons de même pour la Marche du roi René, réharmoni-\nsée pour la circonstance par un de nos collaborateurs."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.42", "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nOPÉRA-COMIQUE : Marie-Magdeleine Mignon. OPÉRA : Hamlet\nA quinzaine qui vient de s'écouler n'a été signalée\n*\npar aucune première représentation proprement dite.\nLes directeurs de théâtre se préparent, eux aussi, par\nle jeûne et l'abstinence, aux pieuses pratiques de la\nSemaine-Sainte. Je sais bien que ceux des Bouffes\net du Châtelet, Pharisiens endurcis pour qui la macé-\nration n'est qu'un vain mot, ne craignent point d'inaugurer le Carême\npar de profanes exercices tels que les répétitions de la Belle au bois dor-\nmant et des Parisiennes, mais en regard de ces sacrifices aux faux dieux de\nl'opérette, voyez le vigoureux retour offensif que va tenter le vieux monde\ncatholique contre l'invasion païenne ! Le Théâtre-Italien, fanatico per\nla Madona, a donné mardi dernier le Stabat mater et la Messe Solen-\nnelle de Rossini. Le même soir, M. Lamoureux nous offrait, au Cirque\nd'Été, la Passion selon saint Mathieu de Jean-Sébastien Bach, avec des\nfragments du Messie d'Haendel. Les Concerts populaires annoncent des\nragments du Stabat de Rossini et de celui de M. Bourgault Ducoudray.\nEnfin, on attend au Concert Danbé un autre Stabat dû à madame de\nGrandval. Si notre cœur n'est point touché de la grâce, il nous faudra\nn'en accuser que nous.\nL'Opéra-Comique a devancé l'heure des concerts spirituels en nous"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nrendant, dès le 24 mars, la Marie-Magdeleine de M. Massenet. O Made-\nleines ! serez-vous toujours battues par les destins contraires et vouées aux\nexistences vagabondes! A son tour, la Marie-Magdeleine de M. Mas-\nsenet a passé les ponts,déserté le quartier herbeux de l'Odéon, et est venue\nchercher fortune sur la rive droite. Comme les très illustres et très\nprécieux étudiants de Rabelais, comme la Musette de Murger et beaucoup\nd autres Musettes, elle a transfrété la Séquane et tout en déambulant par\nles quadrivies de Turbe, elle a fait choix d'un gîte à l'Opéra-Comique où\nelle demeure depuis une semaine avec d'étranges compagnons, Girot et\nGaveston, Georges Brown et Cantarelli, Pygmalion et le petit Horace de\nMassaréna. Le plus piquant de l'aventure est que cette société mêlée vit\ndans la meilleure entente, et qu'on accourt de toutes parts pour voir Ma-\nrie-Magdeleine en son nouveau ménage. La Chronique Musicale ayant\nlonguement apprécié, dans un de ses derniers numéros, la valeur musi-\ncale de Marie-Magdeleine, je ne reviendrai pas sur cette analyse. A\nc'est madame Carvalho qui chante de rôle de Magde-\nleine, et avec le grand style que Ton sait. Mademoiselle Franck tient, à\nses côtés, le personnage épisodique de Marthe : elle porte le costume des\nfemmes de Béthanie avec une grâce que relève encore son air de tête is-\nraélite très accentué : sa voix est malheureusement moins souple que sa\ntaille. La partie de Judas est restée confiée à Bouhy, qui y fait sonner sa\nbelle voix dèbaryton avecungoût extrême. J'avouequ'il m'est impossi-\nble de saisir le sens intime que M. Duchesne (Jésus) attache au trille per-\npétuel, dont il agrémente chacune de ses notes. La ligne déjà très ténue du\nchant de M. Massenet perd beaucoup de netteté sous cette fioriture mo-\nnotone. L'orchestre et les chœurs habilement dirigés par M. Colonne,\nrétablissent dans l'exécution de Marie-Magdeleine l'équilibre un peu\ncompromis par les soli.\nQuelques jours avant Marie-Magdeleine, l'Opéra-Comique avait fait\nreprise de Mignon, pour les débuts de mademoiselle Chapuy, dans le\nrôle délicat de la poétique héroïne de Gœthe. Importunée pendant tout\nle cours de la représentation parles souvenirs écrasants de sa devancière,\nmadame Galli-Marié, la nouvelle interprète de Mignon, a péché par\nexcès d'intention en sens contraire : elle a trop noblement caractérisé\ncette physionomie ondoyante, qui a gardé de son séjour parmi les Bohé-\nmiens, cette pointe de sauvagerie qui doit se trahir malgré elle dans tous\nses actes. Elle m'a rappelé ces enfants trop curieux qui grattent l'émail\ndes objets trouvés pour savoir ce qu'il y a dessous. A part ce défaut im-\nputable à une conscience d'artiste très scrupuleuse, mademoiselle Cha-\npuy a souvent rencontré le charme et l'émotion sincère. Sa voix prend"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.44", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nchaque jour du timbre et de l'élasticité : il lui reste à relier le registre\ngrave au registre élevé par un fil plus soyeux et plus résistant.\nOPÉRA. Centième dC HAMLET.\nmusicaux conservent précieusement le service qui leur fut adressé pour\nla centième représentation à'Hamlet, fixée au mercredi 23 octobre 1873.\nCe chiffon de papier leur rappellera toute leur vie la date de l'incendie\nde l'Opéra dans la nuit du mardi au mercredi. Cette nuit-là, les flam-\nmes se mirent à chanter, en crépitant sur la salle de la rue Le Peletier,\nle terrible monologue Être ou ne pas être! Par une fatalité singulière,\nle feu occupe dans l'histoire de l'œuvre de Shakspeare une place déso-\nlante. En 161 3, son théâtre, Le Globe, est consumé et plusieurs de ses\nmanuscrits réduits en cendre. Peu de temps après, un incendie qui\néclate à Strafford, brûle une partie de sa correspondance. Un autre dé-\nvore chez Ben Jonson les lettres qu'il avait écrites à celui-ci. Le grand\nincendie de 1666 à Londres, embrasant des rues entières, nous enlève\nquantité de documents qui lui étaient relatifs. Enfin, après deux siècles,\nle feu n'est point apaisé, et le voici qui, la veille même d'une centième\nreprésentation ày Hamlet, se dresse devant le génie de Shakspeare\ncomme le spectre de la rancune. M. Halanzier, qui n'entre point dans\nles méchants calculs du Destin, nous a rendu Hamlet qui a doublé au-\njourd'hui son cap centenaire. La décoration de cet opéra avait été brûlée\ntout entière. Il a fait repeindre le tableau de l'esplanade et celui du\nlac, et dans une fouille faite aux magasins du Théâtre-Italien, il a dé-\ncouvert quelques toiles banales avec lesquelles il a complété sa mise en\nscène. A mon avis, M. Faure n'a pas dans tout son répertoire de meil-\nleur rôle qu'Hamlet : ses défauts se sont joints à ses qualités pour le servir\ndans cette création achevée. On se fait, en général, une idée très fausse\ndu caractère d'Hamlet qu'on se figure volontiers comme étant mon-\nstrueux.\nJe ne sais si Faure s'est inspiré du jugement magistral de Goethe sur\nHamlet; mais son jeu concorde absolument avec les précieuses indications\ndu poëte allemand, sur la [manière dont un acteur doit comprendre et\ncomposer le personnage d'Hamlet «une âme qui n'était point faite pour\nagir, et qui est chargée d'une action terrible. » Le type dramatique créé\npar Shakspeare et si bien défini par Goethe, demandait toute cette intelli-\ngence. Le chant d'Ambroise Thomas qui incline sensiblement à la mé-\nlopée, avait besoin de cette diction nerveuse dans le récitatif, de cette"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\naccentuation pleine de nuances, de ces inflexions de voix toujours justes\net toujours proportionnées à l'effet. Faure est un Hamlet admirable.\nMadame Gueymard déploie en liberté son bel organe dans le rôle de la\nreine. Mademoiselle Devriès est non-seulement une virtuose accomplie\net maîtresse d'elle-même, c'est aussi une Ophélie fort touchante. On la\nrappelle chaudement après sa belle scène des bords du lac. Mais aussi,\nexiste-t-il rien de plus suave et de plus pénétrant que le court récit de\nla mort d'Ophélie dans VHamlet original? En plaçant la réalité sur la\nscène devant l'œil du spectateur, MM. Michel Carré et Barbier n'étaient-\nils pas sûrs de frapper un grand coup ?\n\nARTHUR HEULHARD."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.46", "texte": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874\n\nFÉV%IE%\n28 Février. OPÉRA - COMIQUE. 3ooe représentation de Gal athée, de\nM. Victor Massé. -TOULON. Première représentation du Légataire de\nGrenade, drame lyrique en quatre actes, paroles de M. Maurice Bouquet,\nmusique de M. Hugh-Cass. Cet ouvrage, dû à la plume de deux auteurs mar-\nseillais, avait pris part au concours ouvert en 1867 au Théâtre-Lyrique, et à\nla suite duquel avait été couronné le Magnifique, paroles de M. Jules Barbier,\nmusique de M. Philippot.\ncÎMQ4%S\nlERIER Mars. SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE. Première exécution\ndu Chœur des Élus, tiré du Jugement dernier, oratorio de M. Wekerlin, écrit\nsur des paroles de Gilbert.— CONCERTS POPULAIRES. Première exécution\nd'une ouverture de concert, de M. Ernest Guiraud(i).\n3. THÉATRE-ITALIEN. Reprise de Semiramide, de Rossini.\n6. BOUFFES-PARISIENS. Premières représentations : le Bouton perdu, opé-\nrette en un acte, paroles de MM. Eugène Grangé et Victor Bernard, musique\nde M. Adrien Talexy ; Mariée depuis midi, opérette en un acte, paroles de\nMM. William Busnach et Armand Liorat, musique de M. Georges Jacoby.\n7. MILAN (Théâtre de la Scala). Première représentation de i Lituanie\nopéra sérieux en quatre actes, paroles de M. Ghislanzoni, musique de M. Amil-\ncare Ponchielli.\n8. CONCERTS POPULAIRES. Première audition des Esquisses symphoniques,\nde madame la comtesse de Grandval. CONCERT NATIONAL. Premières audi-\ntions : Rome et Naples, pièces symphoniques de M. Alfred Rabuteau , pre-\nmier grand prix de Rorfte de 1868 ; Ballade et Minuetto-Scherço pour piano et\norchestre, de M. Auguste Dupont, professeur au Conservatoire de Bruxelles,\nqui exécute la partie de piano.\n11. DÉLASSEMENTS-COMIQUES. Première représentation de Paille d'à-\n\n(i) Dans les derniers jours de Février ou dans les premiers jours de Mars, on\ndonne, au Théâtre-Royal de Liège, la première représentation de la Posada ou le\nSouper du Roi, opéra comique en un acte, paroles de MM. Stanislaus et Rodem-\nbourg, musique de M» Eugène Huto)^."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nvoine, opéra comique en un acte, paroles de MM. A. Jaime et A.\nLemonnier, musique de M. Robert Planquette.\n14. ELDORADO. Première représentation du Trésor de Cassandre,\nopérette - pantomime en un acte, paroles de M. H. Bedeau, musique de\nM. Frédéric Barbier.\n18. OPÉRA-COMIQUE. Reprise et 3oie représentation de Mignon. FO-\nLIES-BERGÈRE. Première représentation de la Folie espagnole, ballet-diver-\ntissement en un acte, de M. Francesco, musique de M. Pénavaire.\n20. SALLE HERZ (Concert de M. Albert Sowinski). Le Carillon de\nNotre-Dame de Cléry, opéra comique en un acte, musique de M. Francis\nThomé.\n21. ELDORADO, Première représentation du Professeur de tyrolienne,\nopérette bouffe en un acte, paroles de MM. Villemer et Delormel, musique\nde M. Francis Chassaigne.\n22 SOCIÉTÉ DES CONCERTS. Première audition de l'ouverture de Marie\nStuart, de M. Zuylen de Nyevelt. CONCERTS POPULAIRES. Premières audi-\ntions : Ouverture symphonique de M. Salvayre, grand prix de Rome de 1873 ;\nla Madelaine au désert, scène pour voix de basse, de M. Ernest Reyer, chan-\ntée par M. Bouhy.\n23. OPÉRA (salle Ventadour). Centième représentation d'Hamlet (On se\nrappelle sans doute que le 29 octobre 1873, jour de la destruction de l'Opéra,\nles affiches de ce théâtre annonçaient pour le soir même cette centième re-\nprésentation d'Hamlet, qui s'est ainsi trouvée retardée de cinq mois).\n24. - OPÉRA-COMIQUE. Première exécution de Marie-Magdeleine, drame\nsacré en trois actes et quatre tableaux, poème de M. Louis Gallet, musique\nde M. Jules Massenet. (Cet ouvrage avait été exécuté primitivement à l'O-\ndéon).— MENUS-PLAISIRS. Réouverture, avec une nouvelle direction, et reprise\ndu Petit-Faust, opéra bouffe de M. Hervé.\n25- Exécution, en l'église de Notre-Dame, de la messe solennelle en la,\nde Cherubini (1).\n\nA. P.\n\n(1) Mentionnons ici trois ouvrages qui se sont produits en Belgique. Au théâtre\nroyal d'Anvers, le 17 mars, la Mort du Tasse, grande scène de musique, paroles de\nM. Jules Guilliaume, musique de M. Franz Servais, grand pjix de Rome de 1873; à\nMons, Vlllusion, opéra comique en un acte, musique d'un lieutenant dans l'armée\nbelge, M. Toussaint, qui s'est servi du livret jadis mis en musique, sous ce titre, par\nHérold; à Tournai, le Déraillement, opéra comique en un acte, musique de M. Edouard\nVaucampt."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.48", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nOICI les dispositions du projet de loi concernant l'achève-\nment des travaux de l'Opéra et qui a été adopté par 484\nvoix contre 60.\nArt. ier. —Le ministre des travaux publics est autorisé\nà accepter les offres qui lui seraient faites, soit par des\nréunions de propriétaires, soit par des Sociétés de crédit,\nd'avancer à l'État, en 1874, la somme de 3,900,000 francs,\nen 1875 la somme de 1 million de francs, nécessaires à l'achèvement du nou-\nvel Opéra et à l'acquisition du matériel.\nLe taux d'intérêt ne pourra dépasser, tout compris, 6 p. 100.\nArt. 2. Les avances qui seront faites seront remboursées en sept annuités,\nà partir du ler janvier 1876.\nArt. 3. Une somme de 1 million de francs sera inscrite annuellement\nau budget du ministère des travaux publics pour le payement de l'annuité.\nArt. 4. Le traité passsé par le ministre des travaux publics devra être\napprouvé par un décret du président de la République.\nArt. 5. Dans le cas où il ne serait pas fait d'offres à l'Etat dans les ter-\nmes des articles précédents, ou, dans le cas où ces offres seraient insuffisantes,\nil sera pourvu à la totalité ou à partie des dépenses autorisées par la présente\nloi, suivant les cas, à l'aide des ressources du budget.\nUn crédit de 3,900,000 francs est inscrit éventuellement à cet effet au bud-\nget du ministère des travaux publics en 1874, et de 1,000,000 de francs en\n1875 par addition au crédit de 1 million qui est déjà porté pour 1874 et au\ncrédit égal qui est proposé pour 1875.\nArt. 6. Il est ouvert au ministère des travaux publics, sur l'exercice 1873,\npour les travaux de déblaiement de l'ancien Opéra, un crédit de 60,000 francs.\n« Dans l'opinion de MM. Lefuel, Duc et Questel, trois architectes, dont le\ntalent et l'expérience ne sont contestés par personne, le nouvel Opéra peut"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\net doit être achevé dès le mois d'octobre ou de novembre de cette année,\ncomme il est indispensable que cela soir, pour donner des représentations à\nla fin de décembre 1874 ou au commencement de janvier 1875.\nImmédiatement après le vote, le Ministre des Beaux-Arts doit autoriser\nM. Halanzier à prélever sur les 300,000 fr. réservés, les fonds nécessités par\nles dépenses de mise en scène de Y Esclave, d'Edmond Membrée, qui, pour\nêtre joué à la salle Ventadour, coûtera, d'après une première évaluation, la\nsomme de 84,000 fr.\nUne singulière trouvaille a été faite le mois dernier à la bibliothèque\nSainte-Geneviève.\nDans un casier renfermant divers manuscrits, on a découvert la copie ori-\nginale de l'opéra Jonathas, que Charpentier, l'auteur de la musique du\nMalade imaginaire, de Molière, avait composé pour la maison professe des\nJésuites, située alors à l'endroit où est maintenant le lycée Louis-le-Grand.\nCet opéra, œuvre médiocre à tous les points de vue, sert à marquer nette-\nment l'époque où la musique profane se mêla sans scrupule, dans les églises,\nà la musique sacrée. Les révérends pères firent jouer Jonathas sur leur théâ-\ntre car il y avait un théâtre et leurs acteurs, ceux de l'Académie royale\nde musique, n'avaient qu'à quitter leur costume de théâtre et à franchir un\ncouloir pour aller exécuter des motets à l'église.\n« Cette église est quasiment l'église de l'Opéra,dit Fréneuse delà Vieuville,\ncar ceux qui ne vont point à l'un s'en consolent en allant à vêpres en l'autre,\noù ils retrouvent les mêmes chanteurs à meilleur marché; aujourd'hui, un\nacteur nouvellement reçu ne se croirait qu'à demi possesseur de son rang et\nde son emploi, s'il n'avait joué chez les grands jésuites. »\nLes actrices y allaient aussi, surtout pendant la semaine sainte et les fêtes\nde Pâques. Alors, l'église des Jésuites ne pouvait suffire à .contenir la\nfoule. Il était d'usage, dans le beau monde, de donner pour la chaise le prix\nd'une entrée à l'Opéra.\n1» <\n—Voici, d'après la musicale, de Milan, l'âge de quelques journaux\nd'art :\nA Milan, le Cosmorama pittorico est entré dans sa trente-neuvième année\nd'existence; la Fama, dans sa trente troisième; Il Trovatore compte 21 ans;\nÏAmico degli artisti en compte 10; le Monitore dei Theatri, 14; Il Mondo\nartistico, 18; à.Florence, Yltalia artistica a i 5 ans; Il Carrière di\n11 ; Y Arlecchino, 8; Il Bellini, 3; à Gênes, La Liguria artistica court sa 18e\nannée; à Turin, le Pirate compte 41 ans; à Rome, Il Liuto a 4 ans; la\nPalestra musicale, 4; Arte et\nRivista settimanale. 10; La Staffetta, 8; Il Napoli musicale, 7 ; Il Mefistofele,\n5 ; YAlciom, 2 ; à Vérone, YAlbo de'i Giovanni, 2 ; à Urbin, Il Raffaello, 6 ;\nà Livourne, la Fanfara, 2 ; à Palerme, la artistica, 10; Il Dio-\ngene, 17; Rigoletto, 5 ; La Lince, 4; la Rivista italiana, 4; Il Gustavo Mo-\ndena, 2 ; à Trieste, la Maschera, 10; F Arte, 5 ; à Paris, la Galette musicale,\n41 ; l'Europe artiste, 22: le Ménestrel, 41 ; VArt musical, 13 ;le Monde ar-"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.50", "texte": "VARIA\n\ntiste, 12; à Bruxelles, le Guide musical, 20 ; à Barcelone, La Espana mu-\nsical, 9.\n—Un ouvrage très important de M. Philippe Spilta, ayant pour titre :\nJean-Sébastien Bach, 1 .vol. de 784 pages, a paru chez Breitkopf et Hartel,\nà Leipzig, La Neue Zeitschrift fur mupk (n° du 6 février), qui lanaly.se\nlonguement, en fait le plus grand éloge..\nUne excentricité de haute saveur vient de paraître chez Mackar, passage\ndes Panoramas. C'est une polka de A. Cœdès, intitulée Revolver-Polka, dé-\ndiée à M. Alexandre Duval, et illustrée d'un titre magnifique.\nCette polka renferme des passages dans lesquels on fait entendre des déto-\nnations de pistolet. D'ici peu, cette polka sera sur tous les pianos.\n—M. Hurand, le chef des chœurs du Théâtre-Italien, a été déclaré adju-\n/ •\ndicataire de la location du concert de l'Horloge, aux Champs-Elysées, qui va\ndevenir les Bouffes-Italiens.\nLa misç à prix de 12,000 fr. est montée à 40,200 fr.\nOn annonce la mort du compositeur danois Lumbye, dont notre colla-\nborateur M. Maurice Cristal a parlé, dans ses articles récents, sur la musique\nen Scandinavie, le Danemarck et la Norwége.\nL'Arte de Trieste rend compte de l'effet produit à Venise par le\nde Wagner, représenté ces jours derniers à la Fenice.\nNotre correspondant constate tout d'abord qu'il n'y a pas eu de succès.\nLa première représentation a eu lieu devant un public choisi, et pénétré\nde la gravité du jugement qu'il allait rendre, jugement attendu avec anxiété\npar l'ltalie tout entière. On a accueilli avec des applaudissements très accen-\ntués la symphonie, le septuor concertant du deuxième acte, et le finale du\nmême acte.\nOn a encore applaudi, mais moins chaudement, le premier récitatif du\nténor, le choeur des messagers de paix, la danse pyrrhique et la scène sui-\nvante.\nQuelques autres morceaux, clairsemés dans le premier et le second acte,\nont encore été bien accueillis. Le reste a été l'objet d'un éloquent et glacial\nsilence.\nLa musique du dit Je correspondant, rappelle celle du Tannhauser\net du Lohengrin, quelquefois mélodique àla manière italienne, la plupart du\ntemps manquant d'inspiration.\nLa partie instrumentale, extraordinairement travaillée, n'est pas homogène,\net se distingue par un abus d'unissons ou d'accompagnements, de basses à\nl'octave sans aucun effet.\nLes idées nouvelles sont rares, mal exprimées et mal liées les unes aux au-\ntrès, affectant, parfois, le caractère purement italien, et ailleurs n'en ayant\naucun de déterminé. Et, ajoute-t-il, il ne faudrait pas attribuer le quasi insuc-\ncès du Rièn\\i à l'insuffisance de l'exécution. Le public savait à quels artistes"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.51", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nil avait affaire, et ne s'occupait que de l'œuvre musicale. II s'est même\nabstenu de siffler tels ou tels artistes qui l'eussent bien mérité.\nEn somme, le succès du Rienp peut se traduire par ce fait significatif: La\ndirection avait pour les deux premières soirées élevé à 5 livres le prix des\nbillets, à la troisième elle les a remis à 3 livres.\n\nNOUVELLES\n\naris. Opéra. Voici la distribution exacte de l'Esclave, telle\nqu'elle a été arrêtée définitivement dimanche soir, après une der-\nnière entrevue entre MM. Halanzier et Carvalho, d'une part, et\nMM. Membrée, Barbier, Got et Foussier, d'autre part :\nLe prince Kaledji MM. Sylva,\nDimitri Lassalle.\nLe Pope Gailhard.\nMoraskefï Bataille.\nConstantin Grisy.\nPau la Mmes Mauduit.\nPrascovia Rosine Bloch.\nVoici la nomenclature des tableaux :\nier acte : Chez Paulus le Pope ;\n2e acte : Le Lac des Roses, ballet ;\n3e acte : Le Palais du comte Dimitri ; divertissement ;\n4e acte : L'intérieur d'une église russe ;\n5e acte : ier tableau : même décor qu'au premier acte ;\n2e tableau : devant les murs de la ville*\nLes décors sont peints par MM. Fromont et Daran, sauf celui du deuxième\nacte, le Lac des Roses, qui sera de Chéret.\nLes ballets sont réglés par M. Mérante.\nEnfin, Faction se passe au quatorzième siècle, à Batchi-Séraï, dans la Russie\nd'Asie*\nItaliens. Mademoiselle Heilbron doit ouvrir la saison du théâtre de\nCovent-Garden, à Londres, par la Traviata.\nMademoiselle de Belocca chantera à Covent-Garden le 14 avril, mais elle\nsera de retour à Paris, ainsi que mademoiselle Heilbron, pour jouer au\nThéâtre-Italien le No\\%e di Figaro, opéra qui clora la saison. *\nLe baryton Padilla vient de quitter les Italiens pour remplir son enga-\ngement au Théâtre-Impérial de Berlin.\nFiorini lui a succédé dans Assur, laissant à Tagliafîco le rôle d'Oroë.\nMademoiselle Donadio, qui vient de finir sa tournée à l'étranger, fait sa\nrentrée dans la Sonnambula."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.52", "texte": "VARIA\n\nOpéra-Comique. Gille et Gillotin, l'opéra comique de M. Ambroise\nThomas, doit passer immédiatement après Pâques, en même temps que Jo-\nconde, distribué comme suit :\nJoconde MM. Bouhy.\nLe prince Coppel.\nJanetta Mlle Chapuy.\nLes autres rôles, par mesdemoiselles Thibault et Isaac.\nOn annonce la réception des Amoureux de Catherine, opéra comique de\nMM. Jules Barbier, et Henri Maréchal, grand prix de Rome.\nM. du Locle a reçu, de Londres, l'autorisation de Charles Gounod, né-\ncessaire pour que Mireille puisse être jouée à l'Opéra-Comique.\nLes études de Mireille vont commencer.\nMadame Carvalho chantera le rôle de Mireille; M. Duchesne, celui de\nVincent.\nM. Ismaël reprendra le rôle d'Ourrias qu'il a créé.\nLa symphonie du Rhône, coupée au Théâtre-Lyrique après quelques repré-\nsentations, sera rétablie.\nChàtelet. —Très prochainement, la Belle au bois dormant, l'opéra-féerie de\nMM. Clairville, Busnach et Litolff. Voici la distribution exacte et définitive\nde cette pièce :\nSylvéa Mme* M. Reboux.\nNérida P. Marié.\nAzoline Labat.\nLa reine des fées Berthelot.\nMuguet . MM. Laurent.\nCoquelicot Guillot.\nAbaltaman René Jullien.\nAlcofribas Donato.\nLe roi Malaquin Crambade.\nFolies-Dramatiques. La Belle Bourbonnaise passera aux F( lies-Drama-\ntiques le 9 avril.\nLe lundi de Pâques aura lieu la 409e et dernière représentation de la Fille\nde madame Angot.\nLes principaux interprètes de la Belle-Bourbonnaise sont : MM. Sainte-Foy,\nMilheret Villars; Mesdames Desclauzas et Tassilly.\nBRUXELLES. La première représentation de Giroflé-Girojla, du maestro\nLecocq, a été, à l'Alcazar, une véritable solennité.\nMeyerbeer, Gounod, Félicien David, Ambroise Thomas, Wagner, dit le\nGuide Musical belge, quand ils sont venus à Bruxelles présider à l'exécution"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nParis. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette 61,\nPropriétaire-Gérant : HEULHQAcBSD,\n\nde leurs œuvres, n'ont jamais reçu d'ovation comparable à celle dont les\ndilettanti de l'Alcazar viennent de gratifier l'immortel auteur de perruque\nblonde.\nTous les soirs, la foule se bouscule pour entrer aux Folies-Parisiennes, et\nelle applaudit, elle bisse les principaux morceaux de la partition de Lecocq\navec un enthousiasme délirant. Les couplets de Boléro, l'air de Giroflé, le\nchœur des Pirates, l'ariette de Marasquin, la chanson deMoursouck, les fina-\nles et le grand duo transportent la salle. Giroflé-Girofla en a chez M. HUM-\nbert pour ses cent représentations.\nM. Brandus a acheté, après la première représentation, la partition de\nGiroflé -Girojla.\nSAINT-PÉTERSBOURG. Quelques journaux russes, parlant de l'opéra de\nMireille de Gounod chanté en ce moment à Saint-Pétersbourg, prétendent\nque c'est un véritable soporifique, que seul peut combattre le grand talent de\na Patti.\n\nPour l'article Varia:\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740401-01.1.54", "texte": "TV-\nV\n? '\n>-\nm—\n-4-,\nm\n4.-\ni .. \\^-»\n5\n«J\nr^X>\n-H\nl^1.\nirfÇSsà\n:^>\ni IPT^\na a»\nrm\nU r\nÎ\"ÎS^'\n-\nr=\nÙt-\ni\nw •*\n(4i\nm\nA\nr\n»\nî^\nr~-\n-•s§i\nïpT»\nw-\n«L#- Élfl'**\nr\nTP\nsim\n-\nmk\nm\n&\n»»\n:*r^3c\n*vP. s ?M\n' P.„ • ,-, J®3\n'/,\nIMmLI. '/\n\\\n<tcct\nk4\nSÊlr\nL 7I\n/\\3\n£m4MK\nSPWCjSÉ\nr^\nBmIH\nv >\ns_: '\n•S\"l >\nipîTwiijniiitifijj\n—■—\n• C\n4\nws=r\nr-yi\n, \\\nm\n>Mg\np.<=»l"}]}