{"numero_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_sha256": "8be466db1d5ca5c925493c3487083ea4b0adee178fd9de843477896b8c07e86a", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1874/04/15_01/bmtnabc_1874-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1874/04/15_01/bmtnabc_1874-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "couv. 1", "page_fin": "couv. 1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.1", "titre_corps": "AVRIL", "titre_sommaire": "AVRIL", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "couv. 1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "AVRIL\nChanson de Remy Belleau\nEMY BELLEAU naquit en 1520, Â Nogent-le-\nRotrou, au pays du Perche. Il fut une des\ngloires de « la pléiade des poètes » où brillaient\nde l'éclat des plus belles rimes Ronsard, Baïf\net du Bellay. Pendant le temps que lui lais-\nsait sa charge de secrétaire de Charles de\nLorraine, il composa des élégies, des églogues,\ndes épithalames, etc.... Il donna aussi une\ntraduction d'Anacréon, et un poème intitulé :\nLes Amours et Echanges de pierres précieuses. L'auteur de la Chan-\nson d'Avril est mort à Paris le 6 mars 1577, et a été enterré aux Au-\ngustins."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c004", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[49]", "page_fin": "51", "image_debut": 2, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.2", "titre_corps": "VRIL, Vhonneur et des mois", "titre_sommaire": "VRIL, Vhonneur et des mois", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "VRIL, Vhonneur et des mois\nEt des bois;\nAvril, la douce espérance\nDes fruits qui, sous le coton\nDu bouton,\nNourrissent leur jeune enfance;\nAvril, l'honneur des soupirs\nDes \\êphirs,\nQui, sous le vent de leur aile,\nDressent encore aux forêts\nDe doux rets\nPour ravir Flore la belle;\nAvril, c'est ta douce main\nQui du sein\nDe la nature desserre\nUne moisson de senteurs\nEt de fleurs\nEmbaumant Vair et la terre."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.4", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 351, "texte": "C'est toi, courtois\nQui d'exi\nRetire ces passagères,\nCes arondelles qui pont,\nEt qui\nDes beaux jours les messagères.\nLe gentil rossignole\nDoucelet,\nDécoupe dessous\nM il le fred ons gazou\nEt brilla\nAu doux chant de son ramage.\nC'est à ton heure\nQue l\nSouffle à doucettes haleines\nUn feu discret et couvert\nQue l\nRecelait dedans"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c013", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[50]", "page_fin": "[50]", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.3", "titre_corps": "AVRIL! 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Voici\nla liste de celles que la direction offrit successivement à son nouveau\npublic :\nLe Sourd, opéra-comique en trois actes, d'après Desforges, musique\nd'Adolphe Adam. 27 mars 1869.\nLe Sourd est une ancienne comédie de Desforges, jouée jadis au théâtre\nMontansier. MM. de Leuven et F. Langlé l'avaient transformée en opéra\ncomique, et l'ouvrage, mis en musique par Adam, fut représenté à la salle\nFavart le 2 février i 853.\nLes Rendez-vous bourgeois, opéra-comique en un acte, paroles\nd Hoffmann, musique de Nicolo. 27 mai 1869.\nDeuxième emprunt fait à TOpéra-Comique. Les Rendez-vous bourgeois\navaient été représentés à ce théâtre le 9 mai 1807.\nLe théâtre fait sa clôture d'été le 1 5 juin. Pendant cette clôture, trois\nreprésentations sont données, avec l'autorisation de M. Martinet, par les\n\n(1) Voir les numéros des lel1e1 février et îcr mars."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.6", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "artistes de divers théâtres, au bénéfice d'une troupe de pauvres comé-\ndiens espagnols qui, venus à Paris dans l'espoir de s'y produire, n'avaient\ntrouvé aucun engagement, et n'avaient même pas de quoi retourner dans\nleur pays. La Comédie-Française elle-même prit part à l'une de ces re-\nprésentations, et vint jouer le Duc Job à l'Athénée. La réouverture\neut lieu dans les premiers jours de septembre.\nLe Docteur Crispin (traduction de Crispino e la Comare), opéra-\nbouffe en quatre actes, paroles françaises de MM. Nuitter et Beaumont,\nmusique des frères Ricci. 18 septembre 1869.\nDébuts de MM. Raoult, Jamet, Peters, de mesdames Marimon, Berdet\net Formi.\nLes Masques (traduction de Tutti in Maschera), opéra-bouffe en trois\nactes, paroles françaises de MM. Nuitter et Beaumont, musique de\nM. Carlo Pedrotti. 23 septembre 1869.\nDébuts de M. Jourdan, de mesdemoiselles Louisa Singelée et Biarini.\nLe livret de Tutti in Maschera avait été écrit par Marco Marcelliano\nMarcello, et cet ouvrage, dont la musique est charmante et pleine de\nbelle humeur, fut représenté au théâtre Nuovo, de Vérone, patrie de\nM. Pedrotti, en 1856. Son succès fut très grand, et depuis lors il fait par -\ntie du répertoire de tous les théâtres d'ltalie.\nLa Fête de Piedigrotta (traduction de Piedigrotta), opéra-bouffe en\ntrois actes, paroles françaises de M. Victor Wilder, musique de Luigi\nRicci. 23 décembre 1869.\nPiedigrotta (ou la Festa di Piedigrotta) fut représentée pour la première\nfois à Naples, au théâtre Nuovo, en 1852. C'est l'une des œuvres les moins\nbien venues de Luigi Ricci.\nLes Brigands (traduction d'/ Masnadieri), opéra en trois actes et sept\ntableaux, paroles françaises de M. Jules R.uelle, musique de Verdi.\n3 février 1870.\nNeuvième opéra écrit par Verdi. I Masnadieri, dont le livret avait pour\nauteur le poète Andréa Maffei, qui s'était inspiré des Brigands, de\nSchiller, furent représentés à Londres au mois de juillet 1847, et ne pa-\nrurent que plus tard en Italie.\nLes Deux Billets, opéra-comique en un acte, d'après Florian, musique\nde M. Ferdinand Poise. 19 février 1870.\nValse et Menuet, opéra-comique en un acte, paroles de Méry, mu-\nsique de M. Louis Deffès. 16 avril 1870.\nCe petit ouvrage avait été joué pour la première fois sur le Kursaal"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.7", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "d'Ems, au mois de juillet 1865. Mademoiselle Louisa Singelée y obtient\nun succès d'un genre particulier en exécutant, avec beaucoup d'assurance\net un talent véritable, un solo de violon fort difficile»\nLe Secret de l'oncle Vincent, opéra-comique en un acte, paroles\nu Henri Boissaux, musique de M. Théodore de Lajarte.— 16 avril 1870.\nReprise d'un ouvrage créé au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple,\nle 24 novembre ï855.\nCalonice, opéra-comique en un acte, paroles de M. Emile de Najac,\nmusique de M. Ten-Brink. l9 mai 1870.\nLe Toréador, opéra-comique en deux actes, paroles de M, Sauvage,\nmusique d'Adolphe Adam. 2 juin 1870.\nNouvel emprunt fait au répertoire de l'Opéra-Comique. Le Toréador,\nqui devait porter d'abord le titre de l'Accord parfait, fut représenté pour\nla première fois à ce théâtre le 18 mai 1849.\nL Athénée fait sa clôture annuelle le i 5 juin. Peu de temps aupara-\nvant, dans les derniers jours de mai, M 0 Martinet avait été nommé\ndirecteur du Théâtre-Lyrique, devenu libre par suite de la déconfiture\nde M. Pasdeloup. Il comptait donc abandonner la salle de l'Athénée et\nprendre possession de celle de la place du Châtelet. Mais la guerre sur-\nvint, suivie bientôt des événements de la Commune. Le Théâtre-Lyrique\nfut détruit par les incendiaires, à la fin de mai 1871, en même temps\nque la Porte-Saint-Martin et les Délassements-Comiques, et M, Mar-\ntinet dut, à la suite de ces terribles événements, se contenter de rouvrir\nla salle de l'Athénée sous le titre de : Théâtre-Lyrique. Après de telles\nsecousses d'ailleurs, tout était remis en question, et, bien qu'avant la\nguerre il eût obtenu le privilège du Théâtre-Lyrique, auquel était affé-\nrente une subvention annuelle de cent mille francs, M. Martinet, qui\nne pouvait plus jouir de la salle consacrée à l'exploitation de ce théâtre,\nse vit refuser par l'Assemblée nationale la subvention à laquelle il\ncroyait avoir droit. Il lui fallut donc continuer simplement, et dans les\nmêmes conditions que précédemment, son entreprise de l'Athénée.\nCependant, espérant que l'Assemblée nationale reviendrait plus tard\nsur sa décision, M. Martinet se mit en mesure de mériter, par de nou-\nveaux efforts, la subvention qu'on ne lui avait d'ailleurs refusée que par\ndes motifs d économie dictés par l'état fâcheux des finances du pays après\ndes événements aussi désastreux que ceux de 1870-1871. Il réunit donc\nquelques-uns de ses anciens artistes, et leur adjoignit de nouvelles et\nsolides recrues en les personnes de mesdames Ugalde, Balbi-Verdier,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.8", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "Ganetti, Bernard, Douau, Morosini ; de MM. Solon, du Wast, Aujac,\nOdezenne. D'autre part, pour maintenir ses droits au privilège qui lui\navait été accordé avant la guerre, il inscrivit ainsi, en tête de ses affi-\nches, le nom de son théâtre :\nTHEATRE - LYRIQUE\n(Salle de VAthénée.)\nPuis il fit sa réouverture, le n septembre 1871, et joua successive-\nment les ouvrages dont les titres suivent :\nMartha, opéra en quatre actes, paroles de M. de Saint-Georges, mu-\nsique de M. de Flotow. —ll septembre 1871.\nMartha était la traduction d'un opéra italien qui portait le même titre,\net dont le sujet avait été tiré d'un ballet intitulé Lady Henriette, repré-\nsenté à l'Opéra en 1844. Le scénario de Lady Henriette était de M. de\nSaint-Georges lui-même, et la partition était l'œuvre de trois musiciens,\nMM. de Flotow, Deldevez et Burgmiïller. La Martha française avait été\njouée au Théâtre-Lyrique de la place du Châtelet le 18 décembre 1865,\nNe touche% pas à la Reine, opéra-comique en trois actes, paroles de\nScribe et Gustave Waëz, musique de M. X. Boisselot. l2 septembre\n1871.\nOuvrage créé à l'Opéra-Comique le 16 janvier 1847, pour le début de\nM. Boisselot, grand prix de Rome, aujourd'hui chef d'une importante fa-\nbrique de pianos, à Marseille.\nJavotte, opéra-comique en trois actes, paroles françaises de MM***\n(Nuitter et Tréfeu), musique de M. Emile Jonas.—22 décembre 1871.\n*\nM. Emile Jonas avait écrit pour le Gaity-Theatre, de Londres, la mu-\nsique d'un opéra-comique intitulé Cinderella (Gendrilion), sur un livret de\nM. Thompson. C'est cet ouvrage, joué à Londres peu de mois aupara-\nvant, dont la traduction fut faite par MM. Nuitter et Tréfeu, et qui parut\nà l'Athénée sous le titre de Javotte. Madame Ugalde y fit à l'improviste\nses débuts dans le rôle du prince Charmant, primitivement distribué à une\nautre artiste, et qu'elle avait appris en deux jours pour remplacer celle-ci,\nmalade au point de ne pouvoir jouer.\nUne Fête à Venise, opéra-comique en quatre actes, paroles de\nMM. Nuitter et Beaumont, musique de M. Federico Ricci. 1 5 fé-\nvrier 1872.\nLa partition d'Une Fête à Venise n'était pas une œuvre entièrement nou-\nvelle. M. Ricci y avait placé un certain nombre de morceaux d'un de ses\nanciens opéras italiens : il Marito e l'Amante."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.9", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "Sylvana, opéra-comique en quatre actes, paroles françaises de\nMM. Mestépès et Victor Wilder, musique de Weber. 3 avril 1872.\nTraduction et adaptation d'un des ouvrages de la jeunesse de Weber,\ncomplètement inconnu en France, et d'une valeur incontestable.\nM. Martinet n'avait pas été plus heureux dans l'exploitation de\nTAthénée que son prédécesseur M. Busnach, quoique s'étant aidé de\ntout autres éléments et ayant complètement transformé le genre primi-\ntivement adopté. Sous sa direction, en effet, l'opérette avait fait place à\nun genre musical plus sérieux, plus relevé, mais qui, il faut bien le dire,\ncadrait mal avec la nature et les proportions du théâtre. Le grand\nopéra, même bouffe, faisait craquer la petite salle de l'Athénée, et des\nouvrages tels que les Masques, le Docteur Cris-pin3 étaient trop impor-\ntants pour une scène aussi mignonne; c'était bien pis encore lorsqu'il\ns'agissait d'oeuvres sérieuses ou d'un caractère aussi dramatique que\nMartha, les Brigands et Sylvana. D'ailleurs, les frais de personnel\nétaient en disproportion énorme avec les ressources restreintes de la\nsalle, et en peu de temps le déficit de l'exploitation s'éleva àun chiffre\nconsidérable. M. Martinet fut obligé de se retirer, et le théâtre dut fer-\nmer une seconde fois.\nCroit-on que cela découragea les candidats, toujours si nombreux, à\ntoute direction théâtrale? On se tromperait grandement. Il s'en présenta\nplus d'un, tout disposé à prendre la succession du directeur dépossédé.\nCe fut M. Jules Ruelle, ancien rédacteur en chef du Messager des Théâ-\ntres, ancien secrétaire du Théâtre-Lyrique et de l'Athénée, auteur de\nquelques ouvrages dramatiques, qui arriva premier dans cette course au\nclocher. M. Ruelle forma une Société en commandite pour l exploitation\nde l'Athénée, réunit le capital nécessaire, forma un nouveau personnel, et\nfut en état d'ouvrir son théâtre dans les premiers jours d'octobre 1872.\nLe nouveau directeur fit un nouvel essai, et changea encore le genre\ndu répertoire. De ses deux prédécesseurs, l'un s'était ruiné en cultivant\nl'opérette, le second avait fait de même en visant trop au drame lyrique ;\nM. Ruelle jugea qu'il serait sage à lui de se tenir entre les deux et de\ncourtiser simplement la muse de lopéra-comique. Hélas !ce nouvel\nessai ne devait pas être plus heureux que les précédents. L'Athénée était\ndécidément enguignonné, et son nouveau maître devait rester impuis-\nsant à le tirer du bourbier où il était plongé.\nLa troupe rassemblée par M. Ruelle était ainsi composée :\nMM. Gabriel Bonnet, Géraizer, Lary, Galabert, Lepers, Montjauze,\nVautier, Dhert, Gabriel; puis Dereims, Staveni, Girardot; mesdemoi-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.10", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "selles Girard, Daram, Marietti, Bonnefoy, Mary Nelly, Louisa Singelée,\nWanda de Bogdani, Deleu.\nPremier chef d'orchestre : M. Ch. Constantin ; deuxième : M. Placet.\nVoici la liste des ouvrages représentés sous cette troisième direction :\nL'Alibi, opéra-comique en trois actes, paroles de M. Jules Moinaux,\nmusique de M. Adolphe Nibelle. ll octobre 1872.\nDimanche et Lundi, opéra-comique en un acte, paroles de M. Henri\nGillet, musique de M. Adolphe Deslandres. 2l octobre 1872.\nMadame Turlupin, opéra-comique en deux actes, paroles de MM. Cor-\nmon et Grandvallet, musique de M. Ernest Guiraud. 23 novembre\n18 72.\nDébut de mademoiselle Daram. Grand succès pour le compositeur et\npour la cantatrice.\nDans la Forêt, opéra-comique en un acte, paroles de M*A* (Jules\nRuelle), musique de M. Charles Constantin. —2 décembre 1872.\nLe Péché de Géronte, opéra-comique en un acte, paroles de\nMM. Pagès de Noyez, Mandville et Malcamps., musique de M. William\nChaumet. 3o décembre 1872.\nLa Farce de maistre Villon, opéra-comique en un acte, paroles de\nM. Fernand Langlé, musique de M. Théodore de Lajarte. 3o dé-\ncembre 1872.\nMonsieur Polichinelle, opéra-comique en deux actes, en vers, paroles\nde MM. Vatier et Morand,, musique de M. Deléhelle.—ls janvier 1873.\nLes Rendez-vous galants, opéra comique en un acte, paroles de\nM. Fernand Langlé, musique de madame de Sainte-Croix. 25 janvier\n1873.\nLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. de\nSaint-Georges et de Leuven, musique de Clapisson. l9 février 1873.\nCet ouvrage avait été créé à l'ancien Théâtre-Lyrique, le ier mars 1856,\npour les débuts de madame Carvalho.\nLa Dot mal placée, « fantaisie espagnole » en trois actes, paroles de\nM. Georges Mancel, musique de M. Paul Lacome. 2B février 1873.\nLa Gu\\la de VEmir, opéra-comique en un acte, paroles de Michel\nCarré et M. Jules Barbier, musique de M. Théodore Dubois. ier mai\n1873.\nOuvrage reçu à l'Opéra-Comique depuis six ans, et signé du nom d'un\nde nos prix de Rome les plus distingués. Impatienté d'attendre un tour de\nreprésentation qui menaçait de ne jamais arriver, l'auteur retira sa parti-\ntion pour aller la portera l'Athénée, où elle obtint tout le succès que mé-\nritait une œuvre si fine, si aimable et si distinguée."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.11", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "Ninette et Ninon, opéra-comique en un acte, paroles de madame Her-\nmance Lesguillon, musique de M. Penavaire. 28 avril 1873*\nRaphaël, opéra en cinq actes, paroles de Méry (?), musique de\nM. Giunti Bellini. 3i mai iBy3.\nL'un des plus grands succès de fou rire qui se soient jamais vus dans\nun théâtre lyrique.\nSaint-Nicolas, opérette en un acte, paroles et musique de M. Henri\nde Mortarieu. 6 juin 1873.\nPierrot Fantôme, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Ernest\nDubreuil et Léopold Stapleaux, musique de M. Lionel (Léon Wrcken).\n6 juin 1873.\nJaloux de soi, opéra-comique en un acte, paroles et musique de ma-\ndame Anaïs Marcelli (comtesse Perrière-Filté). —6 juin 1873.\nRoyal-Champagne, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Cou-\nturier et Saint-Geniès, musique de M. Lemarié. 28 juin 1873.\nFermeture annuelle. Pendant cette fermeture, dans les premiers jours\nd'août, une troupe anglaise vient donner des représentations à l'A-\nthénée et fait ses débuts par Y H ami et de Shakespeare, bientôt suivi\nà\"Othello. Il y avait un certain courage aux comédiens anglais à venir\nbraver les spectateurs parisiens pendant les jours brûlants de l'été, qui\nfont justement fuir de Paris les comédiens français. La troupe anglaise\nne lut pas heureuse et dut, au bout de peu de jours, suspendre ses re-\nprésentations. Le 20 septembre, l'Athénée fait sa réouverture.\nLe Barbier de Séville, paroles françaises de Castil-Blaze, musique de\nRossini. 20 septembre 1873.\nC'est la traduction du chef-d'œuvre de Rossini donnée jadis à l'Odéon,\nquand ce théâtre devint une scène semi-lyrique. Trois débuts ont lieu\ndans cet ouvrage : Mademoiselle Wanda de Bogdani (Rosine), MM. De-\nreims (Almaviva), Staveni (Basile).\nLe Déserteur, opéra comique en trois actes, paroles de Sedaine, mu-\nsique de Monsigny. 22 septembre 1873.\nDébut de M. Girardot (Alexis) et de mademoiselle Deleu (Louise).\nOn sait que le chef-d'œuvre de Monsigny fut représenté pour la première\nfois à 1 Opéra-Comique le 6 mars 1769* Depuis lors, il a été souvent re-\npris à l'Opéra-Comique.\nLe Bijou perdu, opéra-comique en trois actes5 paroles de MM. dè\nLeuven et de Forges, musique d'Adolphe Adam. Octobre 1873.\nil y avait vingt ans que cet ouvrage avait été créé au Théâtre-Lyrique,\nle 6 octobre r853, avec madame Cabel dans le rôle de Toinon."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.12", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2497, "texte": "Le Bijou perdu est le dernier ouvrage que M. Jules Ruelle ait monté\nà TAthénée, le dernier qui ait été représenté à ce théâtre, dont les portes,\nnous l'avons dit plus haut, se fermèrent le mercredi 3 décembre 1873.\nM. Ruelle avait lutté longtemps contre une situation intolérable, résul-\ntant des conditions singulièrement fâcheuses dans lesquelles il avait pris\nla direction de l'Athénée et rouvert ce théâtre. Dans ces conditions, et en\ndépit d'efforts répétés, il ne pouvait réussir et ne pouvait que retarder\nplus ou moins une chute inévitable dès les premiers jours de son admi-\nnistration.\nQuelque malheureux qu'ait été le sort de FAthénée depuis sa nais-\nsance, on assure pourtant qu'un homme courageux va se dévouer à lui\net entreprendre sa résurrection. Peut-être ce nouveau venu réussira-t-il,\ncar il a, nous dit-on, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait certaine-\nment, une somme de cent mille francs à consacrer au relèvement de ce\nthéâtre. S'il en est ainsi, peut-être, en effet, sera-t-il plus heureux, car il\naura les moyens d'attendre l'inauguration du nouvel Opéra, qui, après\nle sinistre de la rue Le Peletier, ne saurait tarder beaucoup plus d une\nannée. Or, une fois l'Opéra ouvert, les conditions, jusqu'ici fâcheuses,\nde l'Athénée deviendront excellentes, puisque le quartier presque désert\ndans lequel il se trouve situé deviendra, au contraire, l'un des plus fré-\nquentés de Paris, et que, de plus, il pourra plus d'une fois profiter du\ntrop plein de son grand confrère.\nPuisse donc l'Athénée reprendre une nouvelle vie. On a vu qu'en\nsomme ce gentil petit théâtre avait rendu de véritables services au jeune\nart français et à nos compositeurs. Combien plus ne serait-il pas appelé\nà en rendre dans ces conditions nouvelles et beaucoup plus favorables !\nM. Jules Ruelle laisse inédits un assez grand nombre d'ouvrages re-\nçus par lui, et que son administration n'aura pas eu le loisir de produire\nau grand jour de la rampe» Nous citerons, entre autres, les suivants :\nGa\\ouillette, un acte, paroles de MM. Cormon et Monrose, musique\nde M. Duprato ;\nLa Fille de Figaro, un acte, paroles de MM. Cardoze et Fernand\nLanglé, musique de M. J.-B* de Coninck;\nMaures et Castillans, trois actes, musique de M. Danhauser ;\nLes Surprises de lAmour, deux actes, musique de M. Ferdinand\nPoise;\nLe Dompteur, un acte, musique de M. Miramon;\nLa Tartane, un acte de M. Legouix;\nUn ouvrage en trois actes, paroles de M. Georges Mancel, musique\nde M. Paul Lacome ;"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.13", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 921, "texte": "Le Fruit vert, trois actes, paroles et musique de madame Pauline\nThys;\n/\nLEtincelle, deux actes, paroles de M. Narcisse Fournier, musique de\nM. Decourcelles ;\nDufrény, un acte, paroles de M. Paul Saunière, musique de M. Ar-\nmand Roux;\nLe Marocain, un acte, paroles de M. J. Denizet, musique de M. Paul\nPuget;\nLa Cour de Tulipano, 3 actes, paroles de MM. de Saint-Georges et\nJules Adenis_, musique de M. J.-J. Debillemont;\nUn ouvrage en un acte, paroles de MM. Blau et Louis Gallet, mu-\nsique de M. Alfred Mutel, etc., etc.\nLa liste qu'on vient de lire clôt ce petit chapitre d'histoire théâtrale et\nmusicale. Nous ferons seulement remarquer, en terminant, que le fon-\ndateur de l'Athénée, M. Bischoffsheim, est mort juste au moment où\ncet établisssement, poursuivi par la malechance, allait fermer ses portes\npour la quatrième fois, c'est-à-dire dans les derniers jours de novembre.\n\nARTHUR POUGIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c018", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "61", "page_fin": "65", "image_debut": 14, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.5", "titre_corps": "LES TRANSFORMATIONS D'UN OPÉRA AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE", "titre_sommaire": "LES TRANSFORMATIONS D'UN OPÉRA AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE", "signature_source": "TH. DE LAJARTE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "LES\nTRANSFORMATIONS D'UN OPÉRA\nAU DIX-HUITIÈME SIÈCLE\n\nous croyons fermement qu'il serait difficile, aujour-\nd'hui, d'imposer au public les Mystères d'lsis avec le\npetit arrangement de Lachnith, qui osa glisser sour-\nnoisement ses élucubrations musicales dans la partition\nde Mozart. Lorsque, au Théâtre-Lyrique, on exé-\ncuta les Noces de Figaro et que l'on plaça, comme\nentr'actes, des fragments de symphonie ou de quintette du maître, ne\nvit-on pas des aristarques froncer le sourcil et crier au sacrilège ? Que\ndiraient ils donc ces féroces archaïstes, s'ils savaient que l'Opéra n'a\nvécu, au dix-huitième siècle, qu'en refaisant sans cesse les ouvrages à\nsuccès, à l'aide des procédés les plus étranges?\nLully, du reste, a passé la seconde moitié de sa vie à replacer, avec de\nnouvelles appellations,, la musique qu'il avait composée dans sa jeunesse.\nIl a surtout pratiqué cette petite manœuvre pour ses airs de ballet.\nAprès Lully, cela devint une habitude constante. Les pastiches et les\nfragments tinrent le haut bout dans le répertoire de l'Académie Royale\nde musique. Nous pouvons citer entre autres :\nLes Fragments de Lully i composés de la Feste marine, la Sérénade\nvénitienne, la Bergerie et Cariselli (1702);\nTélémaque, « fragments des modernes » (1704);\nAutres Fragments de Lully, composés de la Bergerie, la Sérénade\nvénitienne, les Bohémiens et le Bal interrompu (1708);"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.15", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "Les Fcstes vénitiennes, opéra-ballet en trois actes, de Danchet et\nCampra (1710), ont une existence bien agitée ;\nLe 17 juin, on joue, sous ce titre : Le Triomphe de la Folie, prolo-\ngue, la Feste des Barquerolles, les Sérénades et les Joueurs, puis les\nSaltimbanques ;\nLe 8 juillet, la Feste marine a remplacé la Feste des Barquerolles ;\nLe 8 août, on ajoute le Bah ou le Maître à danser ;\nLe 5 septembre, les Devins de la place Saint-Marc font leur appa-\nrition ;\nLe 14 octobre, c'est le tour de VOpéra ou le Maître à chanter ;\nLe 6 décembre, nouvelle combinaison : Le Carnaval dans Venise, la\nFeste marine, le Bal et VOpéra.\nPar ce moyen, aussi simple qu'ingénieux, l'administration de l'Aca-\ndémie pouvait, sous un même titre, changer indéfiniment la composition\nde son spectacle.\nPuis les Fragments de Lully recommencent leur carrière pendant\nquatre années, 171 x, 1717, 1718 et 1731. De 1748 à 1782 une quin-\nzaine de fragments, dûs à la plume des compositeurs du temps, viennent\nprendre place dans le répertoire.\nSeulement, cette façon peu recommandable de faire un ouvrage lyri-\nque n était pas seule en faveur à l'Opéra. On avait la coutume barbare\nde changer, au fur et à mesure, les morceaux d'une partition célèbre,\nsurtout aux divertissements. On avait bien soin de laisser le titre et les\nnoms d'auteurs, mais, sous ce couvert, tous les compositeurs du moment\nse donnaient la satisfaction de faire jouer leur musique.\nLa Bibliothèque musicale de TOpéra possède plusieurs exemplaires où\nl'on retrouve les traces de cette curieuse coutume. Nous avons cru plaire\naux lecteurs de la Chronique musicale en leur en donnant un des plus\nintéressants spécimens.\nAlcjrone, de la Motte et Marais, fut jouée à Paris en 1706, avec un\ngrand succès. Le chœur « des matelots » du 3e acte et « la tempeste »\ndu 4e acte sont restés célèbres. Tous les écrivains du temps racontent à\nTenvi l'immense effet produit par cette merveille symphonique. On en\ntrouvera le récit pompeux dans les ((Anecdotes dramatiques » de Clément\net l'abbé de la Porte; aussi, pour édifier nos contemporains sur la\nplus que naïve, dont on dépeignait musicalement « la mer en courroux »\nsous Louis XIV, nous avons fait graver le morceau symphonique tïAl-\ncyon e, en lui laissant tout son cachet archaïque. Le remplissage du\ntemps n'est point parvenu jusqu'à n^pus.\nL'on remarquera que, suivant un usage qui s'est continué jusqu'à"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.16", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "Rameau, les dessus lisent sur la clef de sol, première ligne. On évitait\nainsi les lignes supplémentaires, puisque les violons ne démanchaient\nque fort rarement. Quant aux basses de violon et à la basse continue,\nelles descendent jusqu'au si bémol grave.\nNous ne regrettons qu'une chose, c'est que l'outillage moderne nous\nait empêché de rendre exactement la physionomie pittoresque de cet\nembryon de « morceau de scène » : notes carrées, ondoiement aux bar-\nres des triples croches dont le graveur avait enrichi son œuvre, pour indi-\nquer sans doute le balancement des flots.\nTelle qu'elle est, la tempête d'Alcyone a fait, pendant tout le siècle\ndernier, l'admiration de nos pères. Cet ouvrage a été repris cinq fois à la\nscène. La dernière remise date du 3o avril 1771. C'est à cette date que\nnous allons nous reporter, pour voir dans quel état on donnait au public\nl'œuvre de la Motte et Marais.\nLe commencement du premier acte était joué à peu près comme au-\ntrefois. Mais, à partir de la scène 11, les innovateurs vont s'en donner à\ncœur-joie. On intercalait de vive force un menuet, une polonaise (!), et\nnous trouvons sur la partition ces notes amusantes :\n« Après la polonaise, mettre les gavottes en a mi la de M. Berton; ce\nsont celles qu'il avait faites pour l'acte de Tibule (sic) des Festes\ngrecques et romaines, On passera les passepieds en a mi la qui finis-\nsaient le divertissement de cet acte. Après les gavottes, on ira à l'ariette\ngaye et gracieuse du troisième acte de Camille (1) et à la gigue ( ! ! ) qui\nsuit cette ariette; après la gigue, au récitatif : « On approche, » etc.\nNous voici donc revenus à bon port; ce n'est pas sans peine.\nAu second acte, il y a des changements et des additions sans nombre ;\nnous trouvons d'abord à la page 79 de la partition, l'indication sui-\nvante : « Mettre icy l'air des Magiciens un ton plus haut, c'est-à-dire en\nfa. Cet air est de cet acte, page 91 ; il faut en prendre la première partie,\ncomme M. Rebel l'a accomodé (sic) avec des bassons, et la seconde res-\ntera avec les parties du milieu, telle qu elle est dans Alcione, et les\nbassons joueront la même partie à la moitié viste de cet air.\nQuelques remords ont dû saisir le cœur du metteur en scène, puisque\nnous trouvons plus loin cette note, au chœur lent : « Phorbas et Ismène\nchanteront ce chœur; le remettre comme il était et en supprimer toutes\nles additions dernièrement faîtes, tant dans les parties d'orchestre que\ndans celle du chant. »\nMais ce bon mouvement ne dure guère, comme nous l'apprend la\n\n(1 ) Le Triomphe de Camille, pot-pourri"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "page suivante : « Après ce chœur, mettre Pair de démons en mi et à\ndeux temps viste du 4e acte de S cilla et Glaucus de M. Lecler (1) et le\nchœur qui suit cet air Après le chœur du 4e acte de Scilla et Glau-\ncus, il faut aller immédiatement au morceau \\ garde au retran-\nchement du prélude et au changement du chant. Les parties du milieu\nsont accomodées » (par M. Rebel, sans doute). Enfin l'on revient\naprès toutes ces pérégrinations à la musique du vieux violiste Marais.\nAu troisième acte, nous trouvons une matelote et un prélude ajoutés,\npuis un récit et un chœur du Carnaval et la Folie, de Destouches, un\nair de Médée et Jason, de Salomon, deux tambourins, l'un des Plaisirs\nchampêtres (2), l'autre de la Proserpine de Lulli.\nNous ne pouvons citer tous les changements dont est chargée cette\npauvre partition d'Alcyone. Nous nous contenterons de citer les deux\nnotes suivantes qui sont curieuses au point de vue historique :\nAu quatrième acte, « allez à la symphonie à trois temps des flûtes et\nviolons, à la page 259, du 4e acte de Pirrhus, opéra de M. Royer, et\nsuivez jusqu'à la fin de la page 261. Observez bien les changements de\nparoles du petit chœur de femmes et la reprise de ce petit chœur à l'en-\ndroit où elle est marquée,., on yra à la gavotte, en sol mineur, meslée de\nflûtes et bassons, qui est de M. Rebel et qu'il avait ajoustée au second\nacte d'Amadis, dans l'enchantement.\n«On reviendra ensuite au morceau.... Après qu'on aurachanté entiè-\nrement ce morceau, on finira le divertissement des prêtresses de Junon\npar Pair de M. Berton, qui est en six-huit, en sol mineur, et qui était\najouté au 4e acte d'lphigénie. Après Pair de M. Berton, on reviendra à\nla simphonie d'Alcione. » C'est bien heureux !\nL'acte cinquième nous donne le bouquet : « Après ce morceau : Ai-\nmons-nous (que l'on a, du reste, fort amélioré au point de vue de la\nmesure et du rhythme) , après ce morceau, allés au chœur à trois temps\nen sol tierce mineur, qui finit l'acte de Phillis et Demofon (sic); après\nce chœur, mettre Pair de M. Granier que j'ai donné à M. Durand (3) et\nqui est remis en partition par M. Berton.\n« Après cet air, et sans aucune interruption, 011 ira à Pair en mi du\n3e acte du prince de Noisy (4) qui est à deux temps et qui sera suivi\n\n(1) Leclerc. L'orthographe fantaisiste de toutes ces notes nous les fait attribuer\nà Francœur, qui était coutumier du fait. Voyez comme exemple son journal manu-\nscrit de 1785 à 1790. (Archives de l'Opéra.)\n(2) Autrement appelés : Plaisirs de la Campagne, de Berlin.\n(3) Le copiste de F Académie.\n(4) De Rebel et Francœur."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.24", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "de l'ariette de M. Garnier, qui était à la fin de Tancrède, et que M. Re-\nbel donnera à M. Durand, lorsque les paroles de cette ariette, par\nques changements,pourront être dans la bouche de Ceix qui la chantera.\nAprès cette ariette, on mettra la chacone qui finissait le prince de Noisy,\net par laquelle on finira l'opéra d'Alcione ,\n« M.Durand voit que tout ce qui suit cette indication devient nul\ndans le reste de la partition d'Alcione. »\nN'est-ce pas amusant au possible ? et, pour rendre la chose plus pi-\nquante, on n'a qu'à se souvenir que Berton était un des quatre directeurs\nde l'Opéra, à cette époque; que Francœur était « maître de musique »,\nc'est-à-dire chef d'orchestre, et que Rebel, ancien directeur, pensionné\nde 9.000 livres, était l'ami et le collaborateur des deux autres. Ces admi-\nnistrateurs trouvaient cionc ainsi 1G moyen de jouer des fragments de\nleurs opéras sur le dos de ce pauvre Marais, qui n'avait plus la faculté,\ndepuis 1728, de faire entendre la moindre réclamation.\nLes directeurs de notre époque qui se font jouer sur leur théâtre ne\nconstituent donc pas une actualité. Le dix-huitième siècle leur a donné\nl'exemple.\nLa critique du temps trouve la chose fort à son gré. Nous n'avons,\npour nous en convaincre, qu'à lire le Mercure de France du mois de\nuin 1771 :\n« Les talents distingués dont ce théâtre (l'Opéra) est orné ont\nautant qu il était possible, les charmes que le temps ôte souvent aux arts\nagréables. »\nPuis, après avoir raconté la douleur, plus ou moins récréative, de la\nfille d'Eole, le Mercure jette les plus odorantes fleurs de sa rhétorique\nsous les pas de MM. Legros, 1 Arrivée, Gardel et Vestris, et de mesde-\nmoiselles de Beaumesnil, Guimard et Heynel.\nLe tout lu par ordre de Monseigneur le chancelier et approuvé avec\nprivilège du Roy.\n\nTH. DE LAJARTE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c023", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.6", "titre_corps": "ALCYONE", "titre_sommaire": "ALCYONE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 173, "texte": "ALCYONE\nTempeste du IVe. 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Bertrand gran:\n(31)\nImp: Arouy rue du Delta 26."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c024", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "66", "page_fin": "71", "image_debut": 25, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.7", "titre_corps": "HISTOIRE DU THÉATRE DE MADAME DE POMPADOUR DIT THÉATRE DES PETITS-CABINETS", "titre_sommaire": "HISTOIRE DU THÉATRE DE MADAME DE POMPADOUR DIT THÉATRE DES PETITS-CABINETS", "signature_source": "ADOLPHE JULLIEN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.25", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1184, "texte": "HISTOIRE\nDU\nTHÉATRE DE MADAME DE POMPADOUR\nDIT\nTHÉATRE DES PETITS-CABINETS\n\nSeptième article (1).\n•\nCHAPITRE VI\nTHÉÂTRE DE BELLEVUE\n27 Janvier 1751. 6 éMars ijbd.\nI s'en fallait bien que le théâtre de Bellevue, malgré\nson éclatante décoration à la chinoise, fût aussi bril-\nlant et aussi commode que les deux salles précédentes.\nII était extrêmement petit, et Pon dut, par suite, res-\ntreindre le nombre des élus. La société intime de\nLouis XV et de madame de Pompadour y était seule\nadmise : c'étaient les acteurs ordinaires qui ne\njouaient pas dans la pièce, puis quelques favoris du roi, comme MM. de\nSoubise, de Luxembourg, de Richelieu. Ce dernier avait fini par s'im-\nposer à la marquise, qui, de guerre lasse, avait été obligée de supporter\nsa présence. Le Roi ne lui avait-il pas dit avec malice, un jour qu'elle\nne voulait pas inviter le duc à un voyage au petit château : « Vous ne\nconnaissez pas M. de Richelieu ; si vous le chassez par la porte, il ren-\ntrera par la cheminée. »\nCe fut le mercredi 27 janvier 1751 qu'eut lieu l'inauguration du nou-\n\n(1) Voir les numéros des iel\" septembre, ier octobre, ier novembre, lel'Ie1' décembre\n1873, i 5 janvier et i®1' mars 1874."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.26", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "veau théâtre. On joua d'abord l'Homme de fortune, comédie en cinq\nactes, que La Chaussée avait composée à cette intention, puis un ballet\nallégorique, l'Amour architecte, avec changements à vue. La comédie\nn'eut aucun succès, pas même celui d'indulgence, qu'unepièce a com-\nmunément quand elle est représentée en société,\nA défaut du duc de Luynes, qui garde sur cette soirée un silence dis-\ncret, Collé dévoile les raisons de ce double échec :\nSuivant ce qu'on m'en dit, et ce que j'en ai ouï dire à La Chaussée lui-\nmême, cette pièce n'a pas trop réussi : les acteurs ne savoient pas leur rôle.\nLe duc de Chartres n'étoit pas sûr du sien; la tête tourna au duc de La Val-\nlière; la mémoire de la Marquise travailla aussi; bref, tous ces honnêtes co-\nmédiens n'étoient pas, à beaucoup près, aussi fermes sur leurs étriers qu'ils\nauroient dû l'être, pour soutenir une pièce qui n'est pas trop bonne par elle-\nmême, à ce qu'on dit, et qui auroit, au contraire, eu grand besoin du prestige\nde la représentation.\nOn ne conçoit pas quelle a été la fureur de madame de Pompadour de jouer\ncette comédie, où je sais qu'il y a des traits dont on n'a pas manqué de faire\ndes applications, du moins pendant qu'on la répétoit. On en a pourtant re-\ntranché des vers tels que celui-ci, qui n'a été ôté qu'à l'avant-dernière répé-\ntition :\nVous, fille, femme et sœur de bourgeois, quelle horreur !\nCe vers étoit dans le rôle du duc de Chartres; il a été supprimé, ainsi que\nquelques endroits qui attaquoient l'injustice des fortunes faites par la voie de\nla finance.\nMais on y a laissé la scène du généalogiste qui s'engage à faire descendre\nun bon bourgeois, qui a acquis et qui porte le nom d'une terre titrée, des sei-\ngneurs à qui cette terre appartenoit autrefois.\nL'application qu'on en peut faire à la situation présente et future de ma-\ndame de Pompadour est si naturelle, qu'il n'y a point de courtisan, si bas et\nsi asservi qu'il soit, qui ait pu s'en tenir\nAprès cette comédie on exécuta un ballet intitulé : l'Amour architecte. Le\nthéâtre représentoit Meudon; dans le lointain et sur le devant, la montagne\nsur laquelle on a bâti Belle-Vue. Des amours, après avoir admiré cette situa-\ntion, bâtirent ce château et dansèrent de joie après cette équipée.\nIl est étonnant que madame de Pompadour ait été assez mal conseillée\npour donner au Roi un ballet aussi indécent, dans des circonstances où tout\nle monde crie que c'est elle qui inspire au Roi la fureur des bâtimens et des\nautres dépenses inutiles qu'il fait. Ce ballet n'a point du tout pris à la Cour;\nil n'a été donné que cette seule fois; on peut juger ce qu'on en a dit en\nville (i).\n\n(1) Journal de Colle (janvier 1751)»"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "La seconde représentation eut lieu le samedi 20 février. On joua la\nMère coquette, de Quinault, suivie des Trois Cousines, de Dancourt,\net de M. de Pourceaugnac : le Roi parut beaucoup s'amuser.\nPuis vint la visite du duc des Deux-Ponts à Bellevue, qu'on célébra\npar un divertissement auquel le Roi assista après avoir tenu un conseil\nd'État dans la journée. Cette fête eut lieu le jeudi 6 mai 1751. « Il y a\naujourd'hui comédie à Bellevue écrit d'Argenson, c'est pour régaler\nle duc des Deux-Ponts. L'on dit que l'on songe à le convertir à la foi ca-\ntholique, et que, pour cela,, on lui donne la comédie; qu'on va aussi le\ntâter pour le cordon bleu. »\nOn représenta un nouvel opéra en trois actes, Zélisca, et le Préjugé\nà la mode. La comédie fut jouée tout au mieux par le duc de Duras-\nDurval et madame de Pompadour-Constance. L'opéra de Zélisca avait\nété composé par Lanoue pour les fêtes du mariage du Dauphin, en 1746.\nVoltaire écrivait alors pour la même fête sa Princesse de Navarre; mais\nl'ouvrage de Lanoue eut la palme. Jélyotte le mit en musique, et il fut\nreprésenté à Versailles avec succès. Le Roi témoigna lui-même à l'auteur\ntout le plaisir qu'il y avait pris, et le duc d'Orléans le nomma directeur\nde son théâtre de Saint-Cloud. Cette nouvelle représentation de l'œuvre\nde Lanoue et Jélyotte ne fit pas moins de plaisir celte fois que la pre-\nmière, et le duc des Deux-Ponts s'en montra charmé.\nLe 28 novembre 1751, on célébra la naissance du duc de Bourgogne\nen représentant un divertissement comique, Vlmpromptu de la Cour de\nmarbre, où l'auteur du poème, Favart, n'avait eu d'autre projet que de\ncopier fidèlement quelques-unes des scènes qu'avaient produites le zèle et\nla joie du peuple sous les fenêtres du roi, pendant tout le jour et toute la\nnuit qui suivirent la naissance du prince. Dehesse avait composé les\ndanses, et Lagarde la musique. Les trois auteurs jouaient le rôle de trois\nécrivains publics. Tribou représentait une savetière; mademoiselle Foul-\nquier, une bouquetière; et madame Favard, une Savoyarde (1).\nLa troupe chantante de Bellevue représenta, le 11 avril 1752, un\ngrand opéra-ballet, les Fêtes de Thalie, dont le sujet était le triomphe\nde l'amour « dans les trois différents états du beau sexe : fille, femmevet\nveuve. Cela forme trois fêtes différentes que Thalie donne sur le théâtre\nde TOpéra, par l'ordre d'Apollon. » Les paroles étaient de Lafont; les\ndanses, de Dehesse ; et la musique, de Lagarde. Mesdames de Pompadour,\n\n(1) Luynes et Moufle d'Angerville ne notent cette pièce que le 27 avril suivant.\nNous suivons le répertoire du théâtre, bien qu'un contre-temps ait pu faire retarder\ncette pièce, sans que la date fût changée sur le poème, imprimé d'avance."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.28", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "de Marchais, de Choiseul, Fontaine, MM. de la Salle, de Turenne, de\nClermont et de Chabot, interprétaient ces trois entrées, ainsi qu'une qua-\ntrième, intitulée la Provençale. Tout le corps de ballet dansait dans\nchaque acte, avec les quatre nobles premiers danseurs (1).\nPlus tard, il fallut consoler le Roi de la mort prématurée de sa fille\nchérie, Madame Henriette. La marquise organisa alors un spectacle qui\ndevait d'abord avoir lieu le jeudi 25 avril 1752, mais qu'un rhume de\nmadame de Pompadour fit remettre au samedi. Le programme compre-\nnait, outre rlmpromptu de la Cour de marbre, un ballet héroïque,\ncomposé exprès pour cette fête, Vénus et Adonis, paroles de Collé, mu-\nsique de Mondonville : la marquise y était désignée sous le nom de reine\nde beauté, et le Roi sous cette périphrase élégante : le plus tendre des\nmortels (2).\nVénus Madame de Pompadour.\nCari te Madame de Marchais.\nMars M. de Clermont, remplaçant M. de la Salle, indisposé.\nAdonis Le vicomte de Chabot.\nAprès l'opéra, il y eut un concert donné par deux hautbois italiens\nd'une grande habileté; puis vint le ballet, dans lequel dansèrent MM.de\nCourtenvaux, de Beuvron, de Melfort. Tout finit par un feu d'artifice\nsur le théâtre, qui devint Luynes ne dit pas comment une illumi-\nnation ondoyante et transparente.\nA quelques jours de là, M. delà Salle, qui avait dû bien regretter de\nne pouvoir paraître dans cette soirée, reçut une preuve de la générosité\nde la marquise : son rare talent de chanteur fut récompensé par le don du\ngouvernement de la Marche. Voici ce qu'en dit le marquis d'Argenson,\nle 3i mai 1752 : « Le gouvernement d'une petite province nommée la\nMarche, qui vaquoit par la mort du marquis de Saint-Germain, vient\nd'être donné au marquis de la Salle. Des maréchaux de France et quan-\ntité de plus anciens lieutenants-généraux le demandoient, mais M. de la\n\n(1) Aucun mémoraliste ne parle de cet opéra, qui figure imprimé dans le recueil à\ncette date; dans le doute, nous l'indiquons. Il y a dans le recueil des pièces de ma-\ndame de Pompadour plusieurs erreurs, qui tiennent à l'habitude qu'on avait d'impri-\nmer les ouvrages d'avance. C'est ainsi que le Prince de Noisy porte mention d'une\nreprise le 25 avril 1752; or nous verrons qu'une indisposition de la marquise fit re-\nculer le spectacle de deux jours, et que, finalement, on ne joua pas cette pièce.\n(2) Vie privée de Louis XV, par Moufle d'Angerville. (t. 111, p. 3.)"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "Salle est très agréable dans les cabinets et chante supérieurement bien\ndans les opéras qu'on y a donnés. »\nLes spectacles de Bellevue touchaient à leur fin, et la clôture «e fit en\nmars 175 3 par les représentations de deux opéras. Les dimanche 4et\nmardi 6 mars, les acteurs de la troupe représentèrent Zélindor, roi\ndes Sylphes, paroles de Moncrif, musique de Rebel et Francœur, et le\nDevin de Village, de J.-J. Rousseau.\nL'ouvrage de Rebel et Francœur avait été joué à l'Académie de mu-\nsique le 10 août 1745.\nZélindor, roi des Sylphes (Jélyotte ) M™ de Pompadour.\nZirphée (Mlle Chevalier).. Mme de Marchais\nZulim, confident de Zélindor.. (Albert) Le comte de Clermont.\nUne Nymphe .. )\nUne Sylphide...! (M11* Coupé)\nLe Devin de Village venait d'être joué à l'Opéra le i«r mars i? 53.\nVoici comment il était chanté à Paris et à Bellevue :\nColette Fel) M™\nColin (Jélyotte)\nLe Devin (Cuvillier) M. de la Salle.\nI\nCet opéra, qui était une nouveauté pour Paris, n'en était plus une pour\nla Cour. L année précédente, les acteurs de l'Opéra étaient allés le re-\nprésenter à Fontainebleau. Ces représentations (18 et 24 octobre ijs2)\navaient obtenu le plus vif succès. Nous n'en ferons pas à nouveau le ré-\ncit après Rousseau (i),nous dirons simplement ce qu'elles avaient coûté,\nd'après d'Argenson.\nOn ne paye plus aucuns gages dans la maison du Roi. Il est déclaré que\nles gages du conseil ne seront désormais payés qu'au bout de trois ans et les\nbureaux au bout de cinq ans. Cependant les ballets de la Cour coûtent pro-\ndigieusement : on donne des habits neufs aux acteurs; le Devin de village a\ncoûté au Roi plus de cinquante mille écus (2).\nLes deux divertissements qui terminaient les spectacles de Bellevue\nfurent exécutés aussi bien qu'on pouvait le désirer, surtout à la seconde\n\n(1) Tout le monde se rappelle le charmant récit que Rousseau a laissé de cette re-\nprésentation et de sa fuite quand on voulut le présenter au Roi (Concessions, 1. VIII).\n(2) Mémoires du marquis d'Argenson, 10 novembre 17D2."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.30", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "ois. Ce soir-là, le spectacle finit par un brillant feu d'artifice tiré sur le\nthéâtre. La réussite du Devin de village et le succès qu'elle obtint\nelle-même dans le rôle de Colin décidèrent la marquise à envoyer à l'au-\nteur une somme de cinquante louis en témoignage de sa satisfaction.\nJean-Jacques la remercia en ces termes :\nParis, 7 mars 1753.\nMadame,\nEn acceptant le présent qui m'a été remis de votre part, je crois avoir té-\nmoigné mon respect pour la main dont il vient, et j'ose ajouter, sur l'hon-\nneur que vous avez fait à mon ouvrage, que des deux épreuves où vous met-\ntez ma modération, l'intérêt n'est pas la plus dangereuse.\nJe suis avec respect, etc.\nLa troupe du théâtre des petits cabinets n'avait pas retrouvé à Bel-\nlevue la vogue qu'elle obtenait à Versailles. La salle, beaucoup plus pe-\ntite, ne permettait d'admettre que bien peu de spectateurs; et les acteurs,\nqui avaient acquis peu à peu une certaine aisance, ne voulaient plus\njouer pour eux seuls ; ils prétendaient avoir un auditoire véritable et\nassez nombreux : ce public venant à manquer, les représentations per-\ndirent à leurs yeux une grande partie de leur charme.\nDès lors ces spectacles ne firent que languir. C'est le propre des es-\nprits légers de se lasser promptement des distractions qui leur ont paru\nd'abord les plus charmantes. Ces illustres personnes s'étaient données de\ntout cœur à leur joyeux passe-temps et avaient pris très au sérieux leur\nnouveau métier d'acteurs, chantants et dansants; au bout de trois et\nquatre ans, elles se relâchèrent peu à peu de ce beau zèle. Les représen-\ntations, qui, durant ce temps de ferveur, s'étaient succédé à des inter-\nvalles très rapprochés, devenaient de plus en plus éloignées. La troupe,\nqui s'était déjà amoindrie quand on avait transporté les spectacles à Bel-\nlevue, allait diminuant à vue d'œil. Un beau jour, les représentations\ncessèrent : il n'y avait plus d'acteurs.\nLe théâtre des petits cabinets avait duré six ans pleins.\n\nADOLPHE JULLIEN.\n\n(La fin prochainement.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c028", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "72", "page_fin": "78", "image_debut": 31, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.8", "titre_corps": "LA MUSIQUE", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE", "signature_source": "JULES BONNASSIES", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.31", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1389, "texte": "LA MUSIQUE\nA LA COMÉDIE-FRANÇAISE\n\n(0\n'ordonnance de 1673, on s'en souvient, permettait\naux comédiens deux voix et six violons. Le premier\ndes almanachs Duchesne (iys2 pour 1751) rappelle\nincidemment cet acte, qui était toujours en vigueur, et\nnéanmoins la composition de Porchestre de la Comé-\ndie, cette année-là, n'est pas conforme aux disposi-\ntions qu'il renferme : Dupré, basson ; Masse, Chabrun, violoncelles ou\nbasses; Branche, Sénéchal, Perrin, Pifaict, Chartier, violons; total :\ncinq violons et trois autres instrumentistes. Celui de 1753 (pour 1752)\nne mentionne pas le personnel de la Comédie, sans doute parce qu'il\nn'y avait pas eu de changements.\nL'année suivante (1754 pour 1753), nous voyons cités : Sandy, maître\ndes ballets, six danseurs, sept danseuses, un danseur et une danseuse ita-\nliens, huit violons et une flûte. La Comédie avait donc obtenu récem-\nment la modification des ordonnances? Nous avons rencontré, dans nos\nrecherches, la mention d'un arrêt du Conseil de 1753 qui interdit for-\nmellement les ballets aux Comédiens, sous peine de 10,000 livres d'amende.\nNous n'avons pas retrouvé l'arrêt même, mais il est certain qu'il fut\nrendu, car il donna lieu à cette réclamation burlesque en vers qui est\nbien connue et qui est datée de 1753. De Mouhy ne parle pas d'arrêt,\n\n(1) Voir les numéros des i 5 décembre 1873, i 5 janvier, i 5 février et i 5 mars 1874."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.32", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "mais il dit que, le 7 août, un ordre supérieur supprima les ballets,\npreuve qu'ils venaient d'être autorisés, grâce probablement à l'interven-\ntion des gentilshommes de la Chambre, que les comédiens fermèrent\nle théâtre, députèrent à la Cour quelques-uns des leurs et obtinrent, le\n18, l'annulation de la mesure. Voilà donc abrogée la clause de l'ordon-\nnance de 1675 relative à la danse. Mais la faculté d'augmenter l'orchestre\net, on va le voir, de prendre des voix externes, quel acte l'avait donnée ?\nLes comédiens l'avaient-ils obtenue avec l'autre, en invoquant, comme\nen 1718, la différence des temps et des locaux ? C'est probable.\nA partir de ce moment, leur personnel lyrique va s'accroître sans\ncesse. En 1755 (1754), nous relevons un maître des ballets, Dourdet; un\nmaître de musique, Giraud ; un répétiteur, Delaunay; huit danseurs,\nneuf danseuses, sept violons, une flûte. Deux ans après : La Rivière et\nBourqueton, maîtres et compositeurs des ballets et premiers danseurs ;\nGirault, compositeur de la musique; Delaunay, danseur et répétiteur;\nhuit danseurs ; mademoiselle Allard, première danseuse, et neuf autres,\nparmi lesquelles mesdemoiselles Cazenove et Camargo ; cinq violons,\ndeux- flûte et hautbois., un basson , deux violoncelles. En 1758 (1757),\nl'orchestre reste le même ; La Rivière et Allard sont maîtres et composi-\nteurs des ballets et premiers danseurs; Girault, compositeur de la mu-\nsique ; Dehault, répétiteur; huit danseurs ; deux premières danseuses,\nmesdemoiselles Allard et Ray, et huit danseuses.\nD'après le registre de dépenses de la Comédie en 1757,, la sym-\nphonie coûte par mois 3g5 livres, 16 sols, 8 deniers; les dan-\nseurs, i,605 liv., 6 s., 6 d., dont Allard touche 200 liv., La Rivière,\n291 liv., i 3 s., 4 d.; d'autres, 56 liv.; d'autres, enfin, 35 liv. Dehault,\nrépétiteur, a 25 liv. Certains mois, les danseurs reviennent à i,555 liv.,\n6 s., 8 d.. ou à i,588 livres. Les figurants changent souvent.\nA cette époque, il y eut de profondes modifications dans l'organisation\nintérieure de la Comédie-Française ; tous les règlements de ce théâtre\nfurent renouvelés. Celui que firent les gentilshommes de la Chambre le\n23 décembre 1757 attribua au second semainier l'inspection du maître\ndes ballets et de l'orchestre, le soin de dresser les états et mémoires des\ndécorations, machines et habits pour les pièces et ballets, et de les\nremettre au premier semainier, pour que celui-ci en fît rapport à l'as-\nsemblée. Disons tout de suite que tous les règlements subséquents trans-\nportèrent, en termes formels ou implicitement, ces soins au Comité\n(règlements des ter juillet 1766, 18 mai 1781, 18 novembre 179r, dé-"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "cret de Moscou, ordonnance du 14 décembre 1816 ) ; celle du 29 août\n1847 et le décret du 27 avril ißso mettent définitivement le personnel\nmusical, avec tous les employés du théâtre, à la nomination de l'admi-\nnistrateur général et sous la surveillance de tel délégué qu'il lui plaît\nd'y commettre.\nLe contrat de société passé par les comédiens le 9 juin 1758 régla le\nbudget de la Comédie dans ce tableau, chef-d'œuvre de calligraphie, an-\nnexé à la minute de l'acte, que nous avons trouvée chez M° Sébert. Voici\nla partie musicale de ce document :\nà. ...\nORCHESTRE.\nLe premier 650 livres. ]\nLe second 600 . r ~\n> 5,i00 livres.\nTrois à 500 liv i,500 l\nSept à 400 liv 2,800 )\nBALLETS.\nMaître de musique\nMaître de danse\n\\ Danseurs c r\n, • \\ 2 5,000 livres.\nDanseuses j\nj Figurants 1\n! Figurantes J\nLe détail n'a pas été fixé pour les ballets. Il ne le fut que quelques mois\nplus tard, ainsi qu'on le verra plus bas.\nA la minute du même contrat est jointe celle d'un règlement pour les\nemployés et gagistes (1). Voici l'analyse des chapitres relatifs aux ballets\net à l'orchestre :\n\n(i) Il n'est pas daté, mais nous y trouvons la preuve qu'il n'est pas postérieur à\njanvier 1758. De Mouhy en cite un du ier avril iysB que nous n'avons retrouvé nulle\npart, et qui doit être celui dont nous parlons.\nLa Comédie en avait déjà fait un, le 9 avril 1753, ordonnant aux musiciens : de se\ntrouver à cinq heures précises à l'orchestre et de jouer dès que l'on commencera de\nmoucher les lustres et même auparavant, sous peine d'une amende de 3 livres; de ne\npas se faire doubler dans les pièces d'agréments; d'être exacts aux répétitions,\nsous la même peine ; de ne pas s'absenter pendant les entr'actes, sous peine d'une\namende de 1 livre, 10 sols. A la troisième contravention sans motif légitime, ils"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.34", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2004, "texte": "BALLETS. La danse, le maître de musique, le répétiteur, les fournitures\nde marchandises pour habits et décorations des ballets, toutes les dépenses,\nen un mot, relatives à cette partie sont arrêtées annuellement à 2 5,000 livres.\nORCHESTRE. i 0 II sera composé de douze musiciens ;\n2° Les musiciens se rendent à l'orchestre à cinq heures moins un quart en\nété, à cinq heures en hiver, pour la symphonie, qui se fera à cinq heures pré-\ncises en été, à cinq heures et quart en hiver;\n3° Ceux qui seront empêchés pourront envoyer un remplaçant, pourvu\nqu'il soit capable ;\n4° Lorsqu'il viendra quelque prince ou princesse du sang, ils ne commen-\nceront qu'à leur arrivée ;\n5° Ils ne s'absenteront pas de l'orchestre pendant la représentation ;\n6° Ils se trouveront aux répétitions générales des divertissements nouveaux\nindiquées par le maître des ballets ;\n7° Ils paraîtront sur le théâtre dans les représentations des Précieuses, du\nGrondeur, du Galant Jardinier, etc. , sans recevoir de rétribution extraordi-\nnaire ;\nb° Chaque contravention sera punie d'une amende de 3 livres, perçue par le\npremier semainier en exercice.\nLes places seront données, au concours, à la supériorité des talents et non\nà la protection. Le chef d'orchestre sera responsable de toute musique appar-\ntenant aux comédiens *, on lui en donnera tous les ans un nouvel état, et il\nen délivrera chaque fois un récépissé.\nL'orchestre et les appointemens sont arrêtés comme il suit :\nBranche 600 livres. '\nDupré 650\nMadron 500 ■\nBécare 500 I\nPatoir 400 ! '\nPerin 500 ) livres.\nPisset 400\nDescombles 400\nBlondeau 400\nChartier 400 /\nCe sont deux musiciens à 400 livres de moins qu'au budget de ijsy,.\n\nseront îemeiciés. Branche est changé « du détail total » de l'orchestre ; il aura\n500 livres d'appointements et 100 livres pour les répétitions, lesquelles 100 livres\nlui seront supprimées si les ballets le sont (c'était l'affaire dont nous avens parlé, qu\nétait alors en suspens). (Arch. Com.-Fr.)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.35", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3030, "texte": "De Mouhy reproduit, à la date du 21 avril 1759, un ordre, dont nous\nn'avons pas retrouvé l'original à la Comédie, du duc d'Aumont, fixant\nl'orchestre à six violons, parmi lesquels le répétiteur, deux haut-\nbois, trois violoncelles, une basse, et prescrivant de servir une pension\nde 200 livres à trois musiciens qui sont mis à la retraite (1). Mais ces\ndispositions ne durent pas longtemps, car, en 1 760, l'almanach Duchesne\nsignale, en plus, un cor de chasse et un timbalier. Cette même année,\nselon le registre des dépenses, Vestris est maître des ballets et premier\ndanseur, avec 3,000 livres par an; les figurants ont 3, 4et 500 liv.; en\n(1) Pour ne pas interrompre le fil de notre récit, nous reproduirons en note des\nArrangements-pour les ballets que fit le duc d'Aumont le icr juillet 1759,'et que nous\navons retrouvés, dans un registre des délibérations, aux Archives de la Comédie.\nART. PREMIER. Le sieur Hus sera engagé, en qualité de maître des ballets, pour\nledit composer, jusqu'à Pâques prochain, sur le pied de i,500 livres d'appointe-\nmens, qui lui sont accordés, ainsy qu'aux sieurs Tavalaigo et La Rivière, pour\ndanser les ballets du sieur Hus.\nART. 2.— Il sera fait un état double des habits composant actuellement le magazin\npour la danse, en marge duquel le maître des ballets fera mention des habits qu'il\nfera faire ou dénaturer, en indiquant l'usage qui en aura été fait; il ajoutera aussi au\nbas de l'état les habits neufs qu'il aura fait faire.\nART 3. Il lui sera remis un état des fonds employés jusqu'à ce jour tant pour\nle payement des appointemens que pour les autres dépenses du ballet, et le restant\ndesdits fonds, jusqu'à la concurrence de 25,000 livres, sera mis tous les mois à part\npar le caissier pour être employé au payement des appointemens et autres dépenses.\n$\nART. 4. Les mémoires des différents fournisseurs seront arrêtés par le maître\ndes ballets et payés en suitte par le caissier sur l'ordre du sieur Bellecour.\nART. 5. Le caissier payera les appointemens des danseurs et danseuses sur l'état\nqui luy en sera remis par le maître des ballets, qui aura soin de le prévenir des\nchangemens qui pourront survenir et des amendes à retenir.\nART. G. Le maître des ballets pourra prendre à l'avenir et renvoyer lesdits dan-\nseurs et danseuses à sa volonté, et sera le maître de régler leurs appointemens, à\nl'exception de ceux des sieurs Tavalaigo et La Rivière et des sieurs Allart et Gui-\nmart, lesquels seront soumis, comme les autres, aux amendes portées par le règle-\nment qui sera fait, mais qui ne pourront être renvoyés que par notre ordre.\nART. 7. Les danseurs et danseuses actuellement engagés se soumettront au rè-\nglement qui sera fait et le signeront.\nART. 8. Le sieur Hus ne pourra porter la dépense des ballets que jusqu'à ia\nsomme de 25,000 livres, y compris ce qui a été dépensé jusqu'à présent\nART. g. Il sera obligé de mettre deux ballets nouveaux toutes les semaines, soit\nballets séparés, soit divertissemens attachés aux pièces.\nLE DUC D'AUMONT."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.36", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2653, "texte": "tout : 7,300 livres. Mademoiselle Allard, première danseuse, a 3,200 li-\nvres; mademoiselle Guimard, seconde, r,500 liv. ; les figurants, 350 et\n300 liv.; en tout : 13,700 liv. Total : 21,000 liv.\nEn 1764, le personnel est : un maître des un premier danseur,\nneuf figurants, un répétiteur, deux surnuméraires, un enfant, une pre-\nmière danseuse , huit figurantes, cinq surnuméraires, trois enfants ;\ntotal : 32 ; quatre premiers violons, quatre seconds, deux hautbois et\nflûte, deux cor et timbale, trois violoncelles, un basson, une contre-\nbasse, un alto ; total : 18 (1). En 1766, d'après les registres du théâtre,\nles appointements des symphonistes montent à 9,750 liv.; ceux des dan-\nseurs et danseuses, à i 5,300 liv.; les frais d'habits des ballets, à 7,500\nlivres ; total : 32,5501 iv. A la nouvelle salle (Odéon actuel), qui est plus\nvaste, ce personnel est encore augmenté : il comprend 36 personnes pour\nla danse et 3o instrumentistes. En 1792, la danse est restée la même;\nl'orchestre comprend 34 musiciens.\nA la reconstitution de la Comédie-Française, les ballets furent aban-\ndonnés ; l'orchestre se composa de : six premiers violons, six seconds,\ndeux alto et timbale, quatre basses, deux basson et flûte, deux contre-\nbasses (une première, une deuxième), un premier cor, un second, et deux\nviolons surnuméraires; total : 28 exécutants. En 1815 : un chef d'or-\nchestre, huit violons, trois basses, deux quinte et timbale, deux contre-\nbasses, deux basson et flûte, deux clarinettes, deux cors et six surnumé-\nraires ; total : 28. En iB3o : un chef d'orchestre, trois premiers violons,\nquatre seconds, deux quintes, deux basses, deux contre-basses, une flûte,\ndeux clarinettes, deux bassons, deux cors; total : 21. En dernier lieu, il\nn'y avait plus que dix-huit à vingt exécutants.\nOn a vu que les comédiens accordaient aux musiciens des pensions de\nretraite; mais cette concession était purement bénévole. En 1765, ils\neurent un procès avec Branche, qu'ils avaient employé de 1754 à 1764.\nIl était entré comme premier violon à 400 liv., puis il avait été mis à 600\nlivres. Quand il voulut se retirer, 011 lui offrit 650 liv. pour le retenir.\n\n(1) L'orchestre avait été réglé de la sorte par an ordre des Premiers Gentilshommes\ndu :e,i avril 1764 que nous voyons cité dans le règlement pour les employés et ga-\ngistes de 1769, mais que nous avons cherché vainement aux Archives du théâtre et\naux Archives Nationales. Comparer, pour la synonymie des noms d'instruments, le\ntexte de l'Almanach avec celui du règlement. Notons cependant une différence : en\n1 f 69, il n'est parlé ni de flûte ni de timbale."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.37", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "Il les refusa et fit, en justice, la demande d'une pension. Inutile de dire\nqu'il en fut débouté. L'on trouve plusieurs passages relatifs à cette\naffaire dans le Registre des délibérations du Conseil, 1766-1791.\nLe 25 février 1768,, les comédiens régitnt, en comité, que les musi-\nciens ne pourront faire entrer personne à l'orchestre, si ce n'est pour les\nremplacer, et que le premier violon ne pourra donner que deux billets,\nsignés de lui, pour les mêmes places. Mais il paraît que le rédacteur s'é-\ntait trompé, car, le 21 mai suivant, il est déclaré que les billets doivent\nêtre signés du semainier. En outre, comme on se plaignait que les musi-\nciens dérangeassent les spectateurs par le bruit qu'ils faisaient en entrant\net en sortant sans cesse, on décide qu'on fera fermer la communication\nde l'orchestre sous le parquet, que les musiciens n'entreront plus que\npar la porte du milieu (au-dessous du souffleur), et que le premier vio-\nlon leur enjoindra de ne pas sortir pendant le spectacle, à peine de 3 liv\nd'amende.\n(La fin prochainement.}\n\nJULES BONNASSIES."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c032", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "79", "page_fin": "84", "image_debut": 38, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.9", "titre_corps": "REVUE DES CONCERTS", "titre_sommaire": "REVUE DES CONCERTS", "signature_source": "H. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nCONCERTS-POPULAIRES : Fragments du Stabat de M. Bourgault-Ducoudray. Neuvième\nSymphonie de Beethoven. CIRQUE D'ETÉ : Audition de la Passion de Jean-Sé-\nbastien Bach. CONCERT DANBÉ : Stabat de madame de Grand val. CONCERTS DE\nM. LOPEZ. —DE MADEMOISELLE MARIE SECRETAIN, —DE MADAME RO'NZI,— DE M. AL-\nBERT SOWINSKI, DE MADAME PAULINE BOUTIN.\nONCERTS'POPULAIRES. c( Pasques, jour saint, veut\nautre poésie, » comme a dit Clément Marot. Aussi,\nM. Pasdeloup, M. Danbé et M* Lamoureux nous ont-\nils tous trois donné des Concerts spirituels. La nou-\nveauté que M. Pasdeloup a présentée à son public est\ncelle de quelques fragments de la première partie du\nStabat de M. Bourgault-Ducoudray. Ce qui distingue ce Stabat de tous\nles autres, c'est le caractère particulièrement sombre et lugubre dont son\nauteur l'a empreint, et je ne crois pas que ni dans celui de la liturgie, ni\ndans les trois plus célèbres connus, ceux de Pergolese, de Haydn et de\nRossini, la douleur ait atteint des accents aussi déchirants. L'accable-\nment se peint dans l'introduction :« Stabat Matera, et le désespoir dans\nle chœur : « Quis est homo » et dans le duo : « Quis non posset. » On\nse sent comme respirant sous un ciel de plomb. Il est à regretter que\nl'exécution se soit bornée à ces courts fragments, car les chœurs : ce Fac\nut ardeat » et « Fac ut animœ donetur », que je cite entre autres,, dia-\nprés la partition, eussent un peu allégé le sentiment d'oppression que les\npremiers morceaux avaient fait éprouver."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.39", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "Dans la Neuvième Symphonie de Beethoven, les chœurs ont irrépro-\nchablement chanté, ainsi que les solistes, Devriès et\nArmandi, et MM. Gailhard et Vergnet. Trois fragments du Stabat de\nRossini ont aussi valu de longs applaudissements à ces mêmes artistes.\nLes Concerts-Populaires sont fermés jusqu'au mois d'octobre pro-\nchain ; et depuis le mois de décembre 1873, date des premiers comptes\nrendus de concerts dans la Chronique musicale, M. Pasdeloup ale mé-\nrite d'avoir lait connaître, si je ne me trompe, douze œuvres nouvelles\nou inédites, qui sont : une Symphonie brève, de Th. Gouvy ; une Sym-\nphonie en si bémol, de Niels Gade ; l'ouverture des Piccolomini, de\nV. d'lndy; une suite d'orchestre, de Ten Brink; l'ouverture de Phèdre,\nde Massenet; Patrie, de Bizet; une Ouverture de concert, de Gui-\nraud ; des Esquisses symphoniques, de madame de Grandval ; une Ou-\nverture symphonique, de Salvayre; la Symphonie en ut majeur, de\nSchumann ; Madeleine au désert, de Reyer; enfin, le Stabat de Bour-\ngault-Ducoudray.\nHenry Cohen.\nCIRQUE D ETÉ. Audition de la Passion, selon saint Mathieu.\nFidèle à son amour des résurrections musicales, M. Lamoureux nous a\nconviés à l'audition de la Passion de Jean-Sébastien Bach. Cet oratorio,\n%\nqui fut exécuté pour la première fois à Leipzig, le Vendredi-Saint de\n1729, ne fut plus repris que cent ans plus tard, et était à peine connu en\nFrance, malgré l'exécution de quelques fragments qu'en fit M. Pasde-\nloup en 1868. Cette fois-ci, c'est la plus grande partie de l'ouvrage qui\nvient d'être chantée, et, quelle que soit la beauté, quel que soit le mérite\nmusical ou dramatique de la Passion, il faut le constater, cette œuvre\nn'a point excité la profonde admiration qu'avait fait naître l'audi-\ntion du Messie. Je n'en veux pour témoins que la satisfaction et l'allége-\nment que le public a paru éprouver lorsque, la Passion étant terminée,\nles artistes se sont remis en place pour l'exécution de quatre morceaux\ndu Messie, et les vifs applaudissements qui les ont accueillis. Mais tâ-\nchons de nous rendre compte du peu d'effet qu'a produit la Passion.\nM. Lamoureux est toujours l'excellent chef d'orchestre que l'on sait ;\nses chœurs ont chanté avec la même précision et la même intelligence mu-\nsicales que d'habitude; les solistes, MM. Auguez, Vergnet, Couturier,\nDufriche et Miquel, et mesdemoiselles Arnaud, Armandi et Puisais\nont tous rivalisé de zèle et de talent, et cependant le public est resté"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.40", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2389, "texte": "froid. C'est que l'instrumentation est terne, et l'harmonie souvent dure.\nLes mélodies ne sont pas toujours assez rhythmées, l'ensemble enfin est\nmonotone. Ensuite, le genie de l'oratorio en général et de celui-ci en\nparticulier, mi-parti histoire racontée et entrée en scène du personnage,\ns'il a pu paraître très beau il y a cent cinquante ans, est d'un effet glacial\naujouid hui. Ainsi, le texte dans la partition porte « Judas prit la parole\naprès ces mots et dit : Est-ce moi, maître ? Il ( Jésus j répondit :\nToi-même. » Or, comment Bach a-t-il mis ce récitatif en musique? L'é-\nvangéliste récite : « Judas prit la parole après ces mots et dit... » Ici Ju-\ndas vient pour dire . « Est-ce moi maître? » L'évangéliste reprend : « Il\nrépondit... » et Jésus paraît pour dire : « Toi-même. » Et, depuis le com-\nmencement jusqu'à la fin de l'oratorio, le récitatif est toujours coupé de\nla même façon.\nLes morceaux qui ont le plus produit d'effet sont : l'introduction, où\nles deux chœurs qui chantent simultanément pendant tout l'ouvrage\nsont parfaitement distincts, 1 air Le remords, » chante par mademoi-\nselle Armandi, l'air. « Cœur sacré, » chanté par mademoiselle Arnaud ;\nl'air de ténor, avec hautbois obligé, « Auprès de Jésus, » chanté par\nM. Vergnet et accompagné par M. Lalliet; la plupart des chorals, et\nenfin le duo des deux femmes, qui se termine par un choeur vigoureux,\net qui seul, dans toute lu Passion, a provoque d'unanimes applaudis-\nsements.\nM. Bannelier, le traducteur de cet oratorio, a cru bien laire en le tra-\nduisant en prose. Je ne puis partager son opinion. La langue française\nexige impérieusement le rhythme et la meme quand des paroles se\nchantent.\nH. C.\nCONCERTS DANBÉ. En écoutant le Stabat de, madame de Grand-\nval, je faisais cette observation très curieuse, étant appliquée à de la mu-\nsique composée par une femme , que la partie la mieux réussie est la\npaitie symphonique, qui est la plus abstraite, Ensuite viennent les\nchœurs. Les morceaux où les voix sont traitées en solo sont ceux qui\nont le moins satisfait le public. On ne peut certainement refuser à ma-\ndame de Grandval ni 1 imagination ni la mélodie; mais il semblerait que\n1 esprit de la musique vocale (si je puis m'exprimer ainsi) soit moins\ndéveloppé chez elle que Y esprit de la musique instrumentale. Ainsi, Fin»\ntroduction symphonique du Stabat est noble et chantante, ainsi que le"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.41", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "sont les ritournelles de tous les versets, et les chœurs sont à eft>wt. Celui\nnotamment qui commence le Pro peccatis est d'un très beau caractère,\net le chœur final est brillant; mais, quant aux solos, j'aurais de la peine\nà en citer, sauf l'air Juxta crucem, qui est mélodieux et expressif, et a\nété parfaitement chanté par madame Trélat, et le quatuor qui fait par-\ntie de Flnflammatus, et qu'a relevé du reste le splendide soprano de\nmadame de Caters. En somme, le Stabat de madame de Grand val est\nune œuvre de valeur, qui dénote de sérieuses études, et qu'il 11 était pas\ndonné au premier venu de composer.\nH. C.\nCONCERT DE M. LOPEZ. M. Lopez, connu comme ténor de beau-\ncoup de talent, s'est révélé à son concert co.nme compositeur sérieux. Il\ny a fait entendre, outre une jolie chanson espagnole, chantée par made-\nmoiselle Vestri, et un boléro en duo, chanté par lui-même et M. De-\nbassini, des fragments d'une messe solennelle, parmi lesquels le Sanc-\ntus est un chœur d'une grande beaujté, et le Benedictus un trio très re-\nmarquable, qui a été chanté par mesdames de Lagrange, Brunet-Latleur\net Fournier-Louis. On a beaucoup applaudi également un trio poui tiois\nténors, de M. Alary, intitulé : le Serment des Horaces.\nh\nCONCERT DE MADEMOISELLE MARIE SECRETAIN, —Cette éminente pia-\nniste, la meilleure peut-être de toutes les élèves de M. Henri Herz, a joué\nà son concert trois fantaisies de sa composition , sur la Fille du régi-\nment, Mignon et Faust. Cette dernière, la plus remarquable des trois,\navait été déjà entendue à son concert de l'année dernière ; mais made-\nmoiselle Secretain y a fait des changements très considéiables, qui en\nfont un morceau de concert des plus brillants et des mieux iéussiss\nH. C>\nCONCERT DE MADAME RONZI. Salle Lemoin— Je n'ai point à faire\nici l'éloge d'artistes de la trempe de madame Ronzi, et de MM. Gardoni,\nDelle Sedie, Scalese et Bonnehee. lout 1 intérêt du concert se repoitait\nsur la jeune et .sympathique tille de la bénéficiaire, mademoiselle José-"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.42", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "phine Ronzi, dont c'était le premier début en public. Sa voix n'est pas\nencore bien forte, mais elle est pleine de charme. Douée d'un grand\nsentiment musical, elle vocalise en outre très bien; et,soit qu'elle chante\nen italien ou en français, qu'elle prononce comme une Française,\non reconnaît toujours en elle les traditions de la belle école italienne.\nSon plus grand succès a été dans l'air des Bijoux de Faust t 1 dans le duo\nde 1 Ehsir d'amore, où elle a rivalisé de verve avec l'excellent bouffe\nScalese, et reçu une véritable ovation.\nM. Lack est un jeune pianiste d'un très grand talent, et la charmante\net si originale artiste mademoiselle Marie Dumas a parfaitement joué\nune scène d Edouard Stell, intitulée « Une Tempête sous un cache-\npeigne. »\nH. C.\nCONCERT DE M. ALBERT SOWINSKI. M. Sowinski, ce vétéran du\npiano qui, depuis quarante-cinq ans, est toujours sur la brèche, a donné\nson concert, le 20 mars, dans la salle Herz. Dans l'impossibilité de\npouvoir rendre compte de tous les nombreux morceaux qui y entraient,\nje me bornerai à citer parmi ceux de sa composition un Nonetto, dont le\npublic a particulièrement applaudi le beau et chaleureux andante en air\nvarié, le Carillon de Notre-Dame de Clérjr, fantaisie fort originale, et\nun duo espagnol, chanté avec un ensemble parfait par les deux char-\nmantes mesdemoiselles Waldteufel.\nMademoiselle Nyon de la Source a chanté l'air des Puritani, pas tout\nà fait peut-être dans le vrai style italien, mais avec beaucoup de grâce, et\nla très difficile Leçon de chant du Rossignol, de madame Eugénie Gar-\ncia. La Société chorale de TOdéon, dans laquelle j'ai remarqué une belle\nvoix de vraie haute-contre, a fort bien rendu les Gais Musiciens, de\nKucken, et la Noce au village, de Laurent de Rillé. M. Sowinski a\ntrop donné de preuves d'un véritable talent dans sa longue carrière mu-\nsicale pour s'offenser si je viens lui dire que, dans son chœur la Vapeur1\nil n a pas bien saisi le genre de l'Orphéon. Pour y réussir, il faut cher-\ncher de certaines combinaisons et de certains effets que je ni\nne désapprouve, mais que je constate, et que comprennent admirable-\nment MM. de Rillé, Ernest Boulanger, Kucken et d'autres.\nM. Lebouc a exécuté une jolie fantaisie de sa composition sur les airs\nde Schubert. M. Des Roseaux a, comme toujours, obtenu un succès de\nfou rire, et l'accompagnateur, M. Lowenthal, a été excellent; mais, à"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 943, "texte": "mon grand regret, l'heure avancée ne m'a pas permis d'assister à l'opéra-\ncomique de M. F. Thomé, qui devait être chanté par deux des meilleurs\nélèves du Conservatoire, mademoiselle Marcus et M. Taskin.\nCONCERT DE MADAME PAULINE BOU Madame Pauline Boutin\njeune et très jolie femme, possède un soprano élevé d'une grande fraî-\ncheur. Elle a bien vocalisé l'air de et chanté d'une\nmanière irréprochable le duo de Crispino avec cet excellent Mercuriali,\ndont la place au Théâtre-Italien est toujours vacante. Madame Four-\nnier-Louis a dit avec brio le rôle de Maddalena dans le quatuor de\nRigoletto, et M. Lopez a su se faire bisser dans une chanson espagnole\nde sa composition. La jeune et éminente pianiste mademoiselle Berthe\nMarx et M. Lowenthal ont tous deux eu beaucoup de succès, ainsi que\nM. Alterman sur le violon et M. Toby sur l'orgue.\nAu même concert a été chanté l'air de la Jetons\ndessus un voile noir.\n\nH. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c036", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "85", "page_fin": "92", "image_debut": 44, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.10", "titre_corps": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "titre_sommaire": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "signature_source": "ARTHUR HEULHARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nBOUFFES-PARISIENS: Les Parisiennes, opérette en quatre actes, paroles de MM. J. Moi-\nnaux et Koning, musique de M. L. Yasseur. CHATELET : La Belle au bois dor-\nmant, opéra-féerie en quatre actes, paroles de MM. Clairville et Busnach, musique\nde M. LitolfF. FOLIES-DRAMATIQUES : La Belle Bourbonnaise, opéra-comique\nen trois actes, paroles MM. E. Dubreuil et H. Chabrillat, musique de\nM. Gœdès.\nOUFFES-PARISIENS. LES PARISIENNES, Mardi\n3o mars. Les espérances que la direction des\nBouffes - Parisiens fondait sur les Parisiennes se\nsont évanouies comme la rosée du matin. Arri-\nvée devant le public, la pièce et la musique ont\nsombré.\nIl faut convenir que les marins qui montaient les Parisiennes n'ont\nrien ménagé pour faire échouer la frêle nef qui les portait, eux et leur\nfortune. MM. Jules Moinaux et Koning, les auteurs du livret, avaient la\nprétention de nous montrer la vie parisienne sous trois faces : le demi-\nmonde., le monde bourgeois et le monde. Un jeune prince étranger, suivi\nde son consul, était le guide qu'ils avaient choisi pour nous conduire\ndans la salle à manger de Blanche de Velours, dans la boutique de\nValérie Commercy, et dans le salon de la Duchesse, au faubourg Saint-\nGermain. Ils ont étrangement forcé la note, et singulièrement noirci le\ntableau des mœurs de la capitale. Leur demi-monde est du ressort de\nParent-Duchâtelet. Leurs bourgeois sont de la famille de Jocrisse. Leur\ngrand monde est de la société de M. Choufleuri. Ils n'ont tiré aucun\nprofit de ces exagérations devant des spectateurs très édifiés sur le véri-\ntable caractère des existences parisiennes, par l'expérience qu'ils en ont"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.45", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "d'abord, et par les charmantes fantaisies inscrites au grand-livre de\nla Vie parisienne, par Meilhac et Halévy, par Gustave Droz et\nGondinet.\nSi j'ajoute que le style de MM. Moinaux et Koning fait pendant àla\nbanalité de leur scénario, que leurs mots ont blanchi sous le harnois du\ntemps, que leurs scènes sont mal coupées, mal amenées et mal dévelop-\npées, vous aurez une idée complète du libretto des Parisiennes. Depuis\nle Borgne de M. Loyau de Lacy à TAmbigu-Comique, on n'avait rien\nvu qui fût plus lamentable et plus fastidieux. Depuis la démolition des\nFunambules et du Petit-Lazari, de tabarinique mémoire, on n'avait\nrien ouï qui se rapprochât plus de la littérature foraine. « J'entends nos\ninvités qui montent les escaliers, » ainsi s'exprime le domestique de\nBlanche de Velours, « Les voitures des invités de madame la duchesse\ncommencent à arriver dans la cour, » ainsi parlent les valets de la\nduchesse du noble faubourg. La Parisienne y est traitée quelque part de\ncouleuvre en bottines. L'image a paru un peu forte à ceux qui connais-\nsent l'organisation des reptiles et la constitution des dames de Paris. Je\nsais bien qu'un romancier célèbre terminait un jour un feuilleton par\ncette phrase épique : « Sa main était froide et glacée comme celle d'un\nserpent, » mais cette autorité peut-être déclinée. Quand l'imagination\nfertile de MM. Jules Moinaux et Koning se trouve à court de saillies,\nelle a recours à ses souvenirs, et campe en plein dialogue la réplique\nsuivante, textuellement empruntée àHenry Monnier : « Vous n'êtes point\nM; Frbmageot? Non, répond-on, mais j'ai toujours désiré l'être.»\nLe public ne s'est pas laissé prendre à ces divers subterfuges, et a verte-\nment sifflé les Parisiennes. On affirme que la section du troisième acte\na été opérée en entier, et que la pièce en est d'autant plus allégée :je\nveux bien le croire, mais je doute que ce moyen violent sauve le patient,\nqui est bien malade, bien malade.\nLa musique des Parisiennes est de M. Léon Vasseur, le signataire de\nla Timbale d'argent. Elle a ressenti le contre-coup des orages qu'a sus-\ncités la prose de MM. Moinaux et Koning, et, bien que je l'aie écoutée\nde mon mieux, au milieu des rires titaniques qui éclataient dans la\nsalle à chaque instant, j'avoue qu'elle m'a paru aussi froide et aussi\nmonotone que le livret, avec la prétention en plus.\nJ'ai noté, au premier acte, après l'ouverture, qui est d'une faiblesse\nextrême, un chœur dialogué dépourvu de caractère; les couplets de Nina-\nCaprice au public; un trio mal écrit; un duo d'où s'évade péniblement\nun petit mouvement de valse assez coquet; un chœur de consuls, traité\nen imitation de fugue ; et le même petit mouvement ternaire arrangé en"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.46", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "finale. Le second acte vaut mieux. Il contient un assez joli trio, avec un\neffet persistant sur les syllabes « oh! yes ! » ; les couplets des Pari-\nsiennes> chantés par madame Peschard ; enfin, la chanson de l'Auver-\ngnate :\nFaut d: la discrétion\nDans la profession...\négalement bien tournée par le musicien et bien détaillée par Judic.\nOn bisse, au troisième acte, les couplets du Pifferaro. Au quatrième,\nqui est absolument vide, on ne bisse pas la chanson du Dragon du roi,\net les couplets de la vicomtesse Cazadorès.\nC'est madame Judic qui a sauvé la pièce du naufrage instantané. C'est\nelle qui la maintiendra pendant quelques représentations encore sur\nl'affiche des Bouffes. Elle- est demeurée chanteuse pleine de charme, et\ns'est hissée, petit à petit, au ton de la comédie dans les six déguisements\nsous lesquels elle se montre.\nCHATELET. LA BELLE AU BOIS DORMANT.—Samedi 4 AVRIL.\nMM. Clairville et Busnach ont mis leur nez dans le conte de la Belle\nau bois dormant, du regretté Perrault, pour en extraire une féerie. Ils\ny auraient cherché des truffes qu'ils n'auraient pas mis plus d'acharne-\nment à bouleverser le gracieux récit de nos grand'mères. Finalement,\naprès bien des entorses infligées à l'intrigue du naïf historien, ils ont\naccouché d'une pièce bâtarde, tenant le milieu entre la féerie et 1 opéra,\nsans avoir aucune qualité requise par chaque genre. Je jette par-dessus\nbord la part de culpabilité qui incombe aux librettistes dans la confec-\ntion de la Belle au bois dormant, pour passer plus vite aux nombreux\ngriefs que j'ai contre l'auteur de la partition, M. Litolff.\nAprès la Boîte de Pandore et Héloïse et Abélard, les deux opérettes\nde ce compositeur représentées aux Folies-Dramatiques, on ne pouvait\ndécemment avoir foi en lui comme compositeur bouffe. On attribuait\ncette infériorité tant à la nature vulgaire des sujets sur lesquels il avait-\nécrit sa musique, qu'au genre peu relevé auquel ces sujets appartenaient\npar eux-mêmes. On y avait remarqué, dans le chant, une certaine ten-\ndance à la mélopée, et, dans l'orchestre, un coloris qui indiquait une\ngrande habileté de manipulation instrumentale. Il semblait donc qu'un\nopéra féerie, confinant au drame fantastique d'une part, et tenant de l'autre\nà la rêverie symphonique, eût fourni à cette organisation incomplète, et\nqui n'a jamais brillé par le plan et le développement de l'idée, un cadre\noù elle eût pu se mouvoir plus à l'aise."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "La désillusion a été grande. Je cherche en vain dans la musique de la\nBelle au bois dormant le charme de l'idée et le prestige de la forme.\nL'ouverture est conçue'dans le goût des mauvaises compositions de Schu-\nmann : je veux dire que le sens n'en est pas saisissable. L'instrumenta-\ntion y est papillotante, et la batterie qui frappe à coups redoublés sur les\ndernières mesures tente inutilement d'en dissimuler la pauvreté. Le\nprologue, avec sa prière et son chœur de fées, console un peu de ce pé-\nnible début. L'ariette de Nérida : Dans cent ans, comme tout change àla\nronde, et les couplets d'entrée de la princesse Sylvéa tombent en loques.\nIls sont jetés dans le moule banal où Litolff précipite indifféremment\ntous ses couplets. Décidément, l'art du couplet est d'essence toute fran-\nçaise et non autre. Ceux que l'enchanteur Abaldaman, déguisé en pèle-\nrin, commence dans la coulisse, et qui sont accompagnés par une imita-\ntion d'orgue, ont quelque couleur. Le duo qui suit :\nC'est un conte du bon vieux temps,\nBon pour amuser les enfants,\ndénonce outrageusement l'incapacité du compositeur en matière d'ex-\npression vocale. Tous les morceaux concertants de la partition sont\naffligés du même vice organique. Il n'y a pas un finale qui soit conçu\nselon la règle dramatique.\nLe second acte est préférable au premier. L'introduction en est ani-\nmée. Le chœur des batteurs de blé : Youp,youp, gens du village, tra-\nvaillons et chantons ! est sonore et d'un style facile. Il a été bissé. Les\ncouplets de Coquelicot : Berger Cupidon , finis donc, la romance du\nténor, la ballade de la fée Azoline et la ronde finale sont de piètres ins-\npirations. Le troisième acte, qui est très chargé, renferme un air\nd'Abaldaman, précédé d'un court récitatif, un chœur d'Esprits, bruyant\net absconse, un trio entre Abaldaman et les deux diablesses, qui con-\ntient une assez jolie phrase : Me voilà, je suis prête, la chanson du Bri-\nquet, un quintette à l'italienne (école Petrella), et le ballet. La chanson\ndu Briquet, à trois voix, ade la tournure. Le troisième motif en est fort\njoli, et je regrette que le refrain :\nZim, %im, cela ne va guères,\nZim, %im, cela ne va pas!\nen soit si commun. Il est bissé d'acclamation. Le quintette se développe\npéniblement faute de moelle mélodique. On entend, dans le ballet, une\nmarche des Gardes, une valse, qui manque de franchise, où j'ai perçu de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.48", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "jolis de violons sur une pédale de pistons, et enfin un galop\nfinal qui apu plaire à quelques habitués de bals publics. Le qua-\ntrième acte est faible parmi les faibles. Aussi s'est-on fâché tout rouge\nquand M. Litolff est venu sur la scène quémander une ovation, escorté\nd'un régisseur.\nMademoiselle Mélanie Reboux, ancienne pensionnaire de l'Opéra et\ndes Folies-Dramatiques, a créé le rôle de la princesse Sylvéa qu'elle a\nchanté avec ce que les déhanchements de l'opérette lui ont laissé de bon\ndans la voix. A ses côtés, Paola Marié représente la suivante Nérida.\nM. Réné Julien, un baryton que j'ai vu autrefois à l'Opéra-Comique\ndans l'exempt du Pré-aux-Clercs, s'est chargé les épaules du rôle\nimportant de l'enchanteur Abaldaman. On eût pu l'en exempter. Le\nténorino Laurent est supportable, et le trial Guillot assez gai.\nNous avons retrouvé, à la tête de l'orchestre du Châtelet, M. Cons-\ntantin, qui a dirigé autrefois celui de l'Athénée et celui de la Renaissance.\nIl mérite tous nos éloges pour l'intelligence et la fermeté qu'il apporte à\nses fonctions. On répand de toutes parts le bruit que M. Hostein veut\ntransformer le Châtelet en théâtre lyrique, C'est là une tentative difficile,\ntéméraire même, dans laquelle nous le soutiendrons de toutes nos forces\ndu jour où il apportera un soin plus scrupuleux dans le choix de ses\npartitions et de ses artistes.\nFOLIES-DRAMATIQUES. LA BELLE BOURBONNAISE. Samedi N\navril. A l'ombre d'une tonnelle d'auberge, à l'enseigne du Soleil\nd'or, sur le quai de la Ferraille et dans un charmant décor du vieux\nParis, le sergent Brindamour et le baron de Cotignac vident gaîment\nune bouteille de bourgogne. Mais sous leurs saillies gauloises se cachent\nde graves préoccupations. Brindamour est à la recherche d'un fifre pour\nle régiment des gardes françaises. Cotignac attend l'arrivée du coche du\nBourbonnais, d'où doit descendre Manon, dite la Belle Bourbonnaise,\nque le ministère Choiseul, dont il est l'agent, a comploté de donner pour\nrivale à la Dubarry auprès du roi Louis XV. Il advient que Manon, la\nvraie Belle Bourbonnaise, est enlevée en route par Grison, un diplomate\nà la solde de la Dubarry. Il ne reste plus en pâture à Cotignac qu'une\ncertaine'Billette, une Bourbonnaise amie de Manon, qu'il enrôle sous la\nbannière du parti Choiseul et qu'il emmène à Trianon pour la présenter\nau roi comme la Belle Bourbonnaise. Dans l'intervalle, Biaise, l'amou-\nreux de Manon, est racolé par Brindamour, qui l'engage en qualité de\nfifre au régiment des gardes françaises. Voilà le coche du Bourbonnais\nlivré à tous les orages de la politique."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.49", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "Lorsque Cotignac, fier de son intrigue, arrive à Trianonavec Billette,\nqui trouve-t-ii installés avant lui dans le château ? Grison et .Manon,\ncette dernière gagnée par l'agent de la Dubarry à la cause de la maî-\ntresse du roi. Usant et abusant de sa ressemblance avec la Dubarry,\nManon déjoue les manoeuvres de Cotignac, et le menace de la Bastille.\nLe pauvre baron, fou de désespoir, s'enfuit dans la forêt de Saint-Ger-\nmain, où il erre à l'aventure pendant des journées. Billette, démasquée\npar la vraie Belle Bourbonnaise, avoue sa faute. Biaise, qui est venu\navec son régiment prendre la garde à Trianon, perd la tête en recon-\nnaissant Manon sous le toquet de velours de la Dubarry, et déserte.\nEnfin, au troisième acte, nous retrouvons tous nos personnages à la fête\ndes Loges. Manon, grassement payée par la Dubarry, fait partager sa\nfortune à Billette, à Biaise et à tout le coche du Bourbonnais. Cotignac,\nen perdant la partie, recouvre la raison, ce qui est bien une compensa-\ntion. .. et ainsi finit le livret d'opéra-comique écrit par MM. Ernest\nDubreuil et Henri Chabrillat pour la scène des Folies-Dramatiques.\nL'intrigue de la Belle Bourbonnaise, que j'ai réduite à sa plus simple\nexpression pour l'intelligence des rôles, est loin d'être aussi claire qu'elle\nle paraît dans ce canevas. Elle est, au contraire, assez confuse, et j'ai eu\ngrand'peine à en suivre le fil. Le mal, toutefois, n'est pas irréparable,\net je crois que par des coupures et des raccords adroits on peut y porter\ndès aujourd'hui remède.\nL'idée première de la Belle Bourbonnaises, été inspirée à MM. Ernest\nDubreuil et Chabrillat par le célèbre vaudeville ainsi intitulé. La chan-\nson de la Belle Bourbonnaise était primitivement une sorte de charivari-\naubade dirigée, on ne sait par qui, contre une courtisane d'origine bour-\nbonnaise sans doute, et tombée dans la misère, après avoir ébloui de son\nluxe et la cour et la ville :\nDans Paris la grand,'ville,\nGarçons, femmes et-filles,\nGarçons, femmes et filles,\nOnt tous le cœur débile,\nEt poussent des hélas!\nAh ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah !\nLa belle Bourbonnaise,\nLa maîtresse de Biaise,\nEst bien mal à son aise ;\nElle est sur an grabat, (On rit.)\nEst bien mal à son aise,\nElle est sur un grabat."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.50", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "Ce refrain gouailleur était devenu rapidement populaire. Lors de l'élé-\nvation de la Dubarry au poste (c'était un poste) de favorite de LouisXV,\nle dpc de Choiseul, qui la détestait profondément, ressuscita la Belle\nBourbonnaise, qui, appliquée à la Dubarry, obtint une nouvelle vogue.\nBientôt même, l'allusion ne paraissant plus assez transparente aux\nennemis de la comtesse, on inventa la Nouvelle Bourbonnaise, infini-\nment plus directe et plus licencieuse que l'ancienne. Le cas de la Belle\nBourbonnaise a souvent été mis au théâtre. En 1839, à ces mêmes\nFolies-Dramatiques où elle revit depuis quelques jours, la fameuse\nchanson eut un regain de succès, par la bouche de l'acteur Heuzey, qui\nla mimait à miracle.\nSur le libretto qui lui a été fourni, M. Cœdès a brodé une musique\nqui en rachète bien des défauts. J'ai déjà dit aux lecteurs de Y Evénement\nce que je pensais du talent de M Cœdès, et, au moment de donner mon\nopinion à mes confidents ordinaires de la Chronique musicale, je ne\nvois rien à retrancher du jugement que j'ai porté sur lui le lendemain\nde la première représentation de la Belle Bourbonnaise.\nM. Cœdès est, avant tout, un musicien de souche gauloise : son rire\nest très franc : il a la verdeur et la rondeur, ces deux pôles de la gaieté\nfrançaise. Sa mélodie n'est pas toujours suffisamment développée. Il est\ntourmenté de la soif des rhythmes, auxquels il sacrifie volontiers les\nautres qualités du chant. Mais il possède une intuition très vive de la\ncouleur et de l'à-propos. On sent qu'il a vécu dans l'intimité de nos\nvieux maîtres français, auxquels il tend furtivement la main par derrière,\ntout en lançant une œillade aux modernes par devant, et dans ces deux\nactes contradictoires il reste toujours de bonne foi, ce qui est rare. Son\norchestration est encore un peu lourde, un peu sourde. Il n'a pas encore\nsu en dégager la facture élégante et distinguée que réclame l'opéra-\ncomique (car la Belle Bourbonnaise n'est point une opérette), et de ce\ncôté il y a bien des réserves à faire. Tout se sauve par cette verve fami-\nlière qu'on appelle communément le diable au corps.\nLe premier motif de l'ouverture de la Belle Bourbonnaise est un\ningénieux rappel de l'ancien vaudeville. J'aime beaucoup aussi l'intro-\nduction du premier acte, avec sa discrète sonnerie de cloches. Le chœur\nde la Patrouille ; les couplets de Brindamour : Le régiment prend le\nservice ; le chœur de l'Arrivée du coche et les couplets de Billerte, tous\nmorceaux applaudis, ne valent pas, à mon sens, Ventrée symphonique\nde Grison, et le joli duo entre Billette et Cotignac :\nJe suis un haut baron ;\nCotignac est mon nom."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "Mais la pièce capitale de l'acte est le chœur des Métiers, à quatre\nparties, dont la reprise en contre-point fleuri a provoqué une brillante\novation. Les choristes ont dû tout recommencer. De ces quatre motifs,\nles plus intéressants m'ont paru le premier, celui dts gardes françaises,\net le troisième, celui des maraîchères, ponctué par les pizzicati des vio-\nlons. Il est fâcheux que les ténors, se trouvant infiniment plus nom-\nbreux que les basses, aient rompu, pour leur compte, l'équilibre néces-\nsaire à l'harmonie de la reprise. Ce chœur produirait plus d'effet encore\nsi Ton pouvait porter remède à cette disproportion dans la balance\ndes voix.\nJe n'ai pas le loisir d'analyser en particulier, et selon Tordre de la\ntable thématique, tous les morceaux de cette partition touffue. Je signa-\nlerai comme étant écrit dans le plus pur style Pompadour tout le com-\nmencement du second acte jusqu'au chœur des Bergers-trumeaux\ninclusivement. On a bissé chaleureusement les couplets de l'abbé\nCamerlet :\nMadame Dubarry, tu tomberas,\nTu danseras, tu sauteras!\nsur le rhythme ternaire. L'effet en est irrésistible. Le quintette, chanté\nsur un motif de vieille allemande ; la marche des Gardes, relevée parle\nfifre solo ; le menuet et le divertissement des bergers forment un tableau\nspirituellement pastiché de la musique du siècle.\nAu troisième acte, qui est moins bien venu que les précédents, j'ai\nremarqué un chœur d'introduction plein de mouvement : les couplets\niV, i, ni, c'est fini! et d'autres couplets, coupés d'éclats de rire, qu'on a\nvoulu entendre deux fois.\nLe succès de la Belle Bourbonnaise est incontestablement dû au com-\npositeur, d'ailleurs bien secondé par une mise en scène qui révèle un\ngrand goût chez M. Cantin, et par une bonne interprétation.\nOn a vu avec plaisir le vieux Sainte-Foy, qui joue Cotignac, ainsi\nque Milher, qui a des jeux de physionomie uniques. M. Raoult, échappé\nde rOpéra-Comique, s'est fait bisser deux morceaux. Mesdemoiselles\nDesclozas et Tassilly, deux Bourbonnaises carrées par la base, ont tou-\njours réjoui nos yeux et quelquefois nos oreilles.\n\nARTHUR HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c040", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "96", "image_debut": 52, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.11", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1910, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nE ministre de l'instruction publique et des beaux-arts\nvient d'autoriser le Conservatoire de musique de Lyon,\nfondé en 1872, par M. Mangin, l'ancien chef d'orchestre\ndu Théâtre-Lyrique, à prendre pour sous-titre : « Suc-\ncursale du Conservatoire de Paris. » Cette décision sera\nfavorablement accueillie par tous ceux qui connaissent\nles efforts que fait M. Mangin pour la propagation de la\nbonne musique à Lyon.\nLe même ministère vient d'accorder un encouragement de 400 fr. à la\nSociété de musique de chambre dirigée par M. Camille Lelong. C est une li-\nbéralité administrative qui ne pouvait recevoir une meilleure destination.\nLe docteur Mandl inaugure le lundi 20 avril, à quatre heures, au Con-\nservatoire de musique, un cours public sur l'hygiène de la voix.\nCe cours continuera les lundis suivants, à la même heure.\nOn a vendu, à l'hôtel Drouot, les costumes, décors et matériel de ce\npauvre théâtre de l'Athénée qui, malgré les efforts et le zèle de plusieurs di-\nrecteurs, n'a pas pu parvenir encore à attirer le public.\nIl y avait là les décors de la de l'Emir, de Y Alibi, de la Fcinchonnette,\nde Raphaël, des Rendez-Vous galants, du Déserteur, de Madame Turlupin,\ndu Bijou perdu, etc., ainsi qu'un grand nombre de costumes à peu près neufs .\ncar ils n'avaient servi, hélas ! que pour un petit nombre de représentations.\nCette vente avait été fixée au Vendredi-Saint, parce que ce jour-là tous les\ndirecteurs des théâtres de province se trouvent à Paris, la semaine de Pâques\nétant consacrée aux engagements des artistes.\nMalgré ce concours de circonstances favorables, malgré de nombreuses\naffiches et des annonces insérées dans plusieurs journaux, cette vente a misé-\nrablement échoué.\nCependant les costumes d'hommes et de femmes, au nombre de trois cent\ndix, ont produit une somme de 5,200 fr.; mais les décors de onze pièces, que"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "les experts avaient estimés près de 6,000 francs, ont été adjugés à différentes\npersonnes pour des prix excessivement réduits, représentant le total dérisoire\nde neuf cents francs !\nCinq ou six partitions, des objets dits accessoires, quelques meubles et un\ncoffre-fort ayant peu servi, ont complété cette vente, dont l'ensemble a pro-\nduit 9,600 francs !\nM. Catulle Mendès s'occupe à tirer du roman de Gustave Flaubert\nSalammbô le livret d'un opéra en cinq actes , dont M. Ernest Reyer doit\nécrire la musique.\nLa troisième édition des Mélodies de Léopold Dauphin, avec eau-forte de\nBenassit, vient de paraître ; elle comprend la Chanson de Printemps et la\nJeune Femme mourante, de Léon Charly, et Ma mie Annette, de H. Murger.\nOn ne saurait rien voir de plus coquet ni de plus artistique.\n♦\nIl est très question de l'engagement en Russie de l'excellent chef d'or-\nchestre que les Italiens ont laissé engager à Covent-Garden, le maestro\nVianesi.\nOn travaille beaucoup au nouvel Opéra, qu'on espère terminer pour la\nfin de Tannée.\nLe Journal officiel a publié l'avis suivant :\n« Le public est prévenu que, dans l'intérêt des travaux urgents qui s'exécu-\ntent actuellement au nouvel Opéra, toutes les visites du chantier sont et de-\nmeurent rigoureusement interdites.\n« Il ne pourra, sous aucun prétexte, être dérogé à cette mesure indispensable\nà la marche rapide des opérations, et toute demande de visite devra dès lors\nêtre considérée comme non avenue. »\nLe succès de la Belle Bourbonnaise s'affirme aux Folies-Dramatiques.\nLa partition a été achetée par M. Leduc, éditeur, moyennant i5,000fr.,\npayables : 6,000 fr. le jour de la première, 6,000 fr. à la cinquantième et\n3,000 fr. à la centième.\nLe marché a été conclu entre M. Cantin et l'éditeur , car le directeur des\nFolies-Dramatiques a passé avec M. Cœdès un traité par lequel ce dernier lui\ncède ses cinq-premières partitions, moyennant un maximum de 12,000 fr.\nchacune.\nAu cas ou M. Cantin n'estimerait pas que l'œuvre fût appelée à un grand\nsuccès, ii s'est réservé le droit de n'en pas faire l'acquisition; mais quelque\nprix qu'en offre un éditeur, il a toujours la faculté de demander la préférence\nà prix égal.\nCetteclause n'apas eu son application, car/a Belle Bourbonnaise a été payée\n12,000 fr. aux auteurs par M. Cantin, qui l'a revendue 15,000 à M. Leduc."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "NOUVELLES\n\nARTS. Opéra. Aujourd'hui I 5 avril, dernière représentation de\nmademoiselle Fidès Devriès dans Hamlet. L'engagement de la char-\nmante cantatrice expire à cette date, et elle annonce l'intention\nbien formelle de renoncer au théâtre. On sait que mademoiselle\nDevriès se marie avec M. Adler, le célèbre dentiste.\nM. Halanzier yient de signer deux engagements : celui de mademoiselle\nBelval, que M. Strakosch a consenti à lui céder, et avec laquelle le directeur\nde l'Opéra espère combler le vide laissé par le départ de mademoiselle De-\nvriès; et celui de M. Vergnet, le jeune ténor dont la belle voix a été remar-\nquée cet hiver aux concerts Pasdeloup. Mademoiselle Belval débutera dans\nle rôle de Marguerite des Huguenots.\nMademoiselle Fouquet fera prochainement son début à l'Opéra dans le\nrôle de Mathilde, de Guillaume Tell.\nMademoiselle Krauss ne débutera pas à l'Opéra dans un ouvrage\nnouveau.\nElle a choisi le rôle de Valentine des Huguenots, et il est probable que la\nreprise de ce chef-d'œuvre inaugurera la nouvelle salle.\nItaliens.*— M. Gye, directeur du théâtre de Covent-Garden, a autorisé,\nsur la demande de M. Strakosch, mademoiselle de Belocca à rester au\nThéâtre-Italien jusqu'à la fin de la saison. Mademoiselle de Belocca se rendra\nà Londres le 10 mai et chantera à Covent-Garden pour la première fois dans\nla représentation de gala qui sera offerte à l'empereur de Russie.\nOpéra-Comique. —■ Sous peu, reprise à l'Opéra-Comique de Joeonde.\nParmi les nouveautés que M. Du Locle compte nous donner, citons un opéra-\ncomique en un acte, dont les paroles sont de M. Gondinet et la musique de\nM. Gouzien.\nMentionnons également le Bravo, pièce en trois actes, paroles de M. Emile\nBlavet, et musique de M. Salvayre, jeune compositeur qui obtint le prix de\nRome en 1872.\nSans compter Carmen, l'Escadron volant de la Reine et quelques autres\nouvrages reçus par M. de Leuven avant son départ.\nLe baryton Melchissédec, qui, depuis sa sortie du Conservatoire, ap-\npartient à l'Opéra-Comique, et qui avait songé un moment à embrasser la\ncarrière italienne, vient de renouveler son engagement avec M. Du Locle."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.55", "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "Chdtelet. M. Hostein doit monter auChâtelet Dimitri, l'opéra de notre\nconfrère V. Joncières, de la Liberté. A propos de ce théâtre, le bruit court\nque MM. Ph. Herz et Desgranges en deviendraient propriétaires au ier sep-\ntembre.\nBouffes-Parisiens. Il est question de l'engagement, aux Bouffes-Pari-\nsiens, de la troupe lyrique de laGaîté, qui n'a plus son emploi depuis la fin du\ntraité qui la mettait à la disposition du directeur de la Renaissance. Elle se\ncompose de mesdames Dartaux, Théo, Laurence Grivot, de MM. Bonnet,\nDaubray, Habay, etc. Si cette combinaison se réalise, les Bouffes ne ferme-\nront pas de l'été.\nPorte-Saint-Martin. —Le Pied de mouton succédera immédiatement aux\nDeux Orphelines, dans un ou deux mois.\nLe Don Juan de Casimir Delavigne est à l'étude, mais pour une époque\nencore indéterminée.\nFolie s-Dramatique s. Hier, M. Cantin a signé un nouveau traité avec\nles auteurs de la Belle Bourbonnaise, MM. Cœdès, Dubreuil et Chabrillat,\nqui se sont engagés à fournir pour l'hiver prochain aux Folies-Dramatiques\nun opéra-bouffe en trois actes, ayant pour titre : May eux.\nLe rôle de Mayeux est destiné à Milher.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. 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Mangin, l'ancien chef d'orchestre\ndu Théâtre-Lyrique, à prendre pour sous-titre : « Suc-\ncursale du Conservatoire de Paris. » Cette décision sera\nfavorablement accueillie par tous ceux qui connaissent\nles efforts que fait M. Mangin pour la propagation de la\nbonne musique à Lyon.\nLe même ministère vient d'accorder un encouragement de 400 fr. à la\nSociété de musique de chambre dirigée par M. Camille Lelong. C est une li-\nbéralité administrative qui ne pouvait recevoir une meilleure destination.\nLe docteur Mandl inaugure le lundi 20 avril, à quatre heures, au Con-\nservatoire de musique, un cours public sur l'hygiène de la voix.\nCe cours continuera les lundis suivants, à la même heure.\nOn a vendu, à l'hôtel Drouot, les costumes, décors et matériel de ce\npauvre théâtre de l'Athénée qui, malgré les efforts et le zèle de plusieurs di-\nrecteurs, n'a pas pu parvenir encore à attirer le public.\nIl y avait là les décors de la de l'Emir, de Y Alibi, de la Fcinchonnette,\nde Raphaël, des Rendez-Vous galants, du Déserteur, de Madame Turlupin,\ndu Bijou perdu, etc., ainsi qu'un grand nombre de costumes à peu près neufs .\ncar ils n'avaient servi, hélas ! que pour un petit nombre de représentations.\nCette vente avait été fixée au Vendredi-Saint, parce que ce jour-là tous les\ndirecteurs des théâtres de province se trouvent à Paris, la semaine de Pâques\nétant consacrée aux engagements des artistes.\nMalgré ce concours de circonstances favorables, malgré de nombreuses\naffiches et des annonces insérées dans plusieurs journaux, cette vente a misé-\nrablement échoué.\nCependant les costumes d'hommes et de femmes, au nombre de trois cent\ndix, ont produit une somme de 5,200 fr.; mais les décors de onze pièces, que"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "les experts avaient estimés près de 6,000 francs, ont été adjugés à différentes\npersonnes pour des prix excessivement réduits, représentant le total dérisoire\nde neuf cents francs !\nCinq ou six partitions, des objets dits accessoires, quelques meubles et un\ncoffre-fort ayant peu servi, ont complété cette vente, dont l'ensemble a pro-\nduit 9,600 francs !\nM. Catulle Mendès s'occupe à tirer du roman de Gustave Flaubert\nSalammbô le livret d'un opéra en cinq actes , dont M. Ernest Reyer doit\nécrire la musique.\nLa troisième édition des Mélodies de Léopold Dauphin, avec eau-forte de\nBenassit, vient de paraître ; elle comprend la Chanson de Printemps et la\nJeune Femme mourante, de Léon Charly, et Ma mie Annette, de H. Murger.\nOn ne saurait rien voir de plus coquet ni de plus artistique.\n♦\nIl est très question de l'engagement en Russie de l'excellent chef d'or-\nchestre que les Italiens ont laissé engager à Covent-Garden, le maestro\nVianesi.\nOn travaille beaucoup au nouvel Opéra, qu'on espère terminer pour la\nfin de Tannée.\nLe Journal officiel a publié l'avis suivant :\n« Le public est prévenu que, dans l'intérêt des travaux urgents qui s'exécu-\ntent actuellement au nouvel Opéra, toutes les visites du chantier sont et de-\nmeurent rigoureusement interdites.\n« Il ne pourra, sous aucun prétexte, être dérogé à cette mesure indispensable\nà la marche rapide des opérations, et toute demande de visite devra dès lors\nêtre considérée comme non avenue. »\nLe succès de la Belle Bourbonnaise s'affirme aux Folies-Dramatiques.\nLa partition a été achetée par M. Leduc, éditeur, moyennant i5,000fr.,\npayables : 6,000 fr. le jour de la première, 6,000 fr. à la cinquantième et\n3,000 fr. à la centième.\nLe marché a été conclu entre M. Cantin et l'éditeur , car le directeur des\nFolies-Dramatiques a passé avec M. Cœdès un traité par lequel ce dernier lui\ncède ses cinq-premières partitions, moyennant un maximum de 12,000 fr.\nchacune.\nAu cas ou M. Cantin n'estimerait pas que l'œuvre fût appelée à un grand\nsuccès, ii s'est réservé le droit de n'en pas faire l'acquisition; mais quelque\nprix qu'en offre un éditeur, il a toujours la faculté de demander la préférence\nà prix égal.\nCetteclause n'apas eu son application, car/a Belle Bourbonnaise a été payée\n12,000 fr. aux auteurs par M. Cantin, qui l'a revendue 15,000 à M. Leduc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-04-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-04-15_01#c044", "volume": "bmtnabc_1874-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "96", "image_debut": 54, "image_fin": 55, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.2.11.3", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia : Le Secrétaire de la Rédaction, O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "NOUVELLES\n\nARTS. Opéra. Aujourd'hui I 5 avril, dernière représentation de\nmademoiselle Fidès Devriès dans Hamlet. L'engagement de la char-\nmante cantatrice expire à cette date, et elle annonce l'intention\nbien formelle de renoncer au théâtre. On sait que mademoiselle\nDevriès se marie avec M. Adler, le célèbre dentiste.\nM. Halanzier yient de signer deux engagements : celui de mademoiselle\nBelval, que M. Strakosch a consenti à lui céder, et avec laquelle le directeur\nde l'Opéra espère combler le vide laissé par le départ de mademoiselle De-\nvriès; et celui de M. Vergnet, le jeune ténor dont la belle voix a été remar-\nquée cet hiver aux concerts Pasdeloup. Mademoiselle Belval débutera dans\nle rôle de Marguerite des Huguenots.\nMademoiselle Fouquet fera prochainement son début à l'Opéra dans le\nrôle de Mathilde, de Guillaume Tell.\nMademoiselle Krauss ne débutera pas à l'Opéra dans un ouvrage\nnouveau.\nElle a choisi le rôle de Valentine des Huguenots, et il est probable que la\nreprise de ce chef-d'œuvre inaugurera la nouvelle salle.\nItaliens.*— M. Gye, directeur du théâtre de Covent-Garden, a autorisé,\nsur la demande de M. Strakosch, mademoiselle de Belocca à rester au\nThéâtre-Italien jusqu'à la fin de la saison. Mademoiselle de Belocca se rendra\nà Londres le 10 mai et chantera à Covent-Garden pour la première fois dans\nla représentation de gala qui sera offerte à l'empereur de Russie.\nOpéra-Comique. —■ Sous peu, reprise à l'Opéra-Comique de Joeonde.\nParmi les nouveautés que M. Du Locle compte nous donner, citons un opéra-\ncomique en un acte, dont les paroles sont de M. Gondinet et la musique de\nM. Gouzien.\nMentionnons également le Bravo, pièce en trois actes, paroles de M. Emile\nBlavet, et musique de M. Salvayre, jeune compositeur qui obtint le prix de\nRome en 1872.\nSans compter Carmen, l'Escadron volant de la Reine et quelques autres\nouvrages reçus par M. de Leuven avant son départ.\nLe baryton Melchissédec, qui, depuis sa sortie du Conservatoire, ap-\npartient à l'Opéra-Comique, et qui avait songé un moment à embrasser la\ncarrière italienne, vient de renouveler son engagement avec M. Du Locle."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.55", "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "Chdtelet. M. Hostein doit monter auChâtelet Dimitri, l'opéra de notre\nconfrère V. Joncières, de la Liberté. A propos de ce théâtre, le bruit court\nque MM. Ph. 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L'auteur de la Chan-\nson d'Avril est mort à Paris le 6 mars 1577, et a été enterré aux Au-\ngustins.\n\nÏV.\n4"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.2", "texte": "VRIL, Vhonneur et des mois\nEt des bois;\nAvril, la douce espérance\nDes fruits qui, sous le coton\nDu bouton,\nNourrissent leur jeune enfance;\nAvril, l'honneur des soupirs\nDes \\êphirs,\nQui, sous le vent de leur aile,\nDressent encore aux forêts\nDe doux rets\nPour ravir Flore la belle;\nAvril, c'est ta douce main\nQui du sein\nDe la nature desserre\nUne moisson de senteurs\nEt de fleurs\nEmbaumant Vair et la terre."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "[50]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.3", "texte": "AVRIL!\nChanson pastorale du 16me siècle\nAllº. moderato.\n(30)"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.4", "texte": "CHANSON DE REMY BELLEAU\n\nC'est toi, courtois\nQui d'exi\nRetire ces passagères,\nCes arondelles qui pont,\nEt qui\nDes beaux jours les messagères.\nLe gentil rossignole\nDoucelet,\nDécoupe dessous\nM il le fred ons gazou\nEt brilla\nAu doux chant de son ramage.\nC'est à ton heure\nQue l\nSouffle à doucettes haleines\nUn feu discret et couvert\nQue l\nRecelait dedans"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.5", "texte": "LE THÉATRE DE L'ATHÉNÉE\n\n10\nous n'énumérerons pas ici les pièces jouées primitive\nment aux Fantaisies-Parisiennes et qui, faisant partie\ndu répertoire de ce théâtre, furent reprises par la di-\nrection de l'Athénée; elles sont d'ailleurs peu nom-\nbreuses, car, le personnel et le genre s'étant\nle répertoire fut presque entièrement renouvelé. Voici\nla liste de celles que la direction offrit successivement à son nouveau\npublic :\nLe Sourd, opéra-comique en trois actes, d'après Desforges, musique\nd'Adolphe Adam. 27 mars 1869.\nLe Sourd est une ancienne comédie de Desforges, jouée jadis au théâtre\nMontansier. MM. de Leuven et F. Langlé l'avaient transformée en opéra\ncomique, et l'ouvrage, mis en musique par Adam, fut représenté à la salle\nFavart le 2 février i 853.\nLes Rendez-vous bourgeois, opéra-comique en un acte, paroles\nd Hoffmann, musique de Nicolo. 27 mai 1869.\nDeuxième emprunt fait à TOpéra-Comique. Les Rendez-vous bourgeois\navaient été représentés à ce théâtre le 9 mai 1807.\nLe théâtre fait sa clôture d'été le 1 5 juin. Pendant cette clôture, trois\nreprésentations sont données, avec l'autorisation de M. Martinet, par les\n\n(1) Voir les numéros des lel1e1 février et îcr mars."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.6", "texte": "LE THÉÂTRE DE UATHÉNÉE\n\nartistes de divers théâtres, au bénéfice d'une troupe de pauvres comé-\ndiens espagnols qui, venus à Paris dans l'espoir de s'y produire, n'avaient\ntrouvé aucun engagement, et n'avaient même pas de quoi retourner dans\nleur pays. La Comédie-Française elle-même prit part à l'une de ces re-\nprésentations, et vint jouer le Duc Job à l'Athénée. La réouverture\neut lieu dans les premiers jours de septembre.\nLe Docteur Crispin (traduction de Crispino e la Comare), opéra-\nbouffe en quatre actes, paroles françaises de MM. Nuitter et Beaumont,\nmusique des frères Ricci. 18 septembre 1869.\nDébuts de MM. Raoult, Jamet, Peters, de mesdames Marimon, Berdet\net Formi.\nLes Masques (traduction de Tutti in Maschera), opéra-bouffe en trois\nactes, paroles françaises de MM. Nuitter et Beaumont, musique de\nM. Carlo Pedrotti. 23 septembre 1869.\nDébuts de M. Jourdan, de mesdemoiselles Louisa Singelée et Biarini.\nLe livret de Tutti in Maschera avait été écrit par Marco Marcelliano\nMarcello, et cet ouvrage, dont la musique est charmante et pleine de\nbelle humeur, fut représenté au théâtre Nuovo, de Vérone, patrie de\nM. Pedrotti, en 1856. Son succès fut très grand, et depuis lors il fait par -\ntie du répertoire de tous les théâtres d'ltalie.\nLa Fête de Piedigrotta (traduction de Piedigrotta), opéra-bouffe en\ntrois actes, paroles françaises de M. Victor Wilder, musique de Luigi\nRicci. 23 décembre 1869.\nPiedigrotta (ou la Festa di Piedigrotta) fut représentée pour la première\nfois à Naples, au théâtre Nuovo, en 1852. C'est l'une des œuvres les moins\nbien venues de Luigi Ricci.\nLes Brigands (traduction d'/ Masnadieri), opéra en trois actes et sept\ntableaux, paroles françaises de M. Jules R.uelle, musique de Verdi.\n3 février 1870.\nNeuvième opéra écrit par Verdi. I Masnadieri, dont le livret avait pour\nauteur le poète Andréa Maffei, qui s'était inspiré des Brigands, de\nSchiller, furent représentés à Londres au mois de juillet 1847, et ne pa-\nrurent que plus tard en Italie.\nLes Deux Billets, opéra-comique en un acte, d'après Florian, musique\nde M. Ferdinand Poise. 19 février 1870.\nValse et Menuet, opéra-comique en un acte, paroles de Méry, mu-\nsique de M. Louis Deffès. 16 avril 1870.\nCe petit ouvrage avait été joué pour la première fois sur le Kursaal"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.7", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nd'Ems, au mois de juillet 1865. Mademoiselle Louisa Singelée y obtient\nun succès d'un genre particulier en exécutant, avec beaucoup d'assurance\net un talent véritable, un solo de violon fort difficile»\nLe Secret de l'oncle Vincent, opéra-comique en un acte, paroles\nu Henri Boissaux, musique de M. Théodore de Lajarte.— 16 avril 1870.\nReprise d'un ouvrage créé au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple,\nle 24 novembre ï855.\nCalonice, opéra-comique en un acte, paroles de M. Emile de Najac,\nmusique de M. Ten-Brink. l9 mai 1870.\nLe Toréador, opéra-comique en deux actes, paroles de M, Sauvage,\nmusique d'Adolphe Adam. 2 juin 1870.\nNouvel emprunt fait au répertoire de l'Opéra-Comique. Le Toréador,\nqui devait porter d'abord le titre de l'Accord parfait, fut représenté pour\nla première fois à ce théâtre le 18 mai 1849.\nL Athénée fait sa clôture annuelle le i 5 juin. Peu de temps aupara-\nvant, dans les derniers jours de mai, M 0 Martinet avait été nommé\ndirecteur du Théâtre-Lyrique, devenu libre par suite de la déconfiture\nde M. Pasdeloup. Il comptait donc abandonner la salle de l'Athénée et\nprendre possession de celle de la place du Châtelet. Mais la guerre sur-\nvint, suivie bientôt des événements de la Commune. Le Théâtre-Lyrique\nfut détruit par les incendiaires, à la fin de mai 1871, en même temps\nque la Porte-Saint-Martin et les Délassements-Comiques, et M, Mar-\ntinet dut, à la suite de ces terribles événements, se contenter de rouvrir\nla salle de l'Athénée sous le titre de : Théâtre-Lyrique. Après de telles\nsecousses d'ailleurs, tout était remis en question, et, bien qu'avant la\nguerre il eût obtenu le privilège du Théâtre-Lyrique, auquel était affé-\nrente une subvention annuelle de cent mille francs, M. Martinet, qui\nne pouvait plus jouir de la salle consacrée à l'exploitation de ce théâtre,\nse vit refuser par l'Assemblée nationale la subvention à laquelle il\ncroyait avoir droit. Il lui fallut donc continuer simplement, et dans les\nmêmes conditions que précédemment, son entreprise de l'Athénée.\nCependant, espérant que l'Assemblée nationale reviendrait plus tard\nsur sa décision, M. Martinet se mit en mesure de mériter, par de nou-\nveaux efforts, la subvention qu'on ne lui avait d'ailleurs refusée que par\ndes motifs d économie dictés par l'état fâcheux des finances du pays après\ndes événements aussi désastreux que ceux de 1870-1871. Il réunit donc\nquelques-uns de ses anciens artistes, et leur adjoignit de nouvelles et\nsolides recrues en les personnes de mesdames Ugalde, Balbi-Verdier,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.8", "texte": "LE THÉÂTRE DE L'ATHÉNÉE\n\nGanetti, Bernard, Douau, Morosini ; de MM. Solon, du Wast, Aujac,\nOdezenne. D'autre part, pour maintenir ses droits au privilège qui lui\navait été accordé avant la guerre, il inscrivit ainsi, en tête de ses affi-\nches, le nom de son théâtre :\nTHEATRE - LYRIQUE\n(Salle de VAthénée.)\nPuis il fit sa réouverture, le n septembre 1871, et joua successive-\nment les ouvrages dont les titres suivent :\nMartha, opéra en quatre actes, paroles de M. de Saint-Georges, mu-\nsique de M. de Flotow. —ll septembre 1871.\nMartha était la traduction d'un opéra italien qui portait le même titre,\net dont le sujet avait été tiré d'un ballet intitulé Lady Henriette, repré-\nsenté à l'Opéra en 1844. Le scénario de Lady Henriette était de M. de\nSaint-Georges lui-même, et la partition était l'œuvre de trois musiciens,\nMM. de Flotow, Deldevez et Burgmiïller. La Martha française avait été\njouée au Théâtre-Lyrique de la place du Châtelet le 18 décembre 1865,\nNe touche% pas à la Reine, opéra-comique en trois actes, paroles de\nScribe et Gustave Waëz, musique de M. X. Boisselot. l2 septembre\n1871.\nOuvrage créé à l'Opéra-Comique le 16 janvier 1847, pour le début de\nM. Boisselot, grand prix de Rome, aujourd'hui chef d'une importante fa-\nbrique de pianos, à Marseille.\nJavotte, opéra-comique en trois actes, paroles françaises de MM***\n(Nuitter et Tréfeu), musique de M. Emile Jonas.—22 décembre 1871.\n*\nM. Emile Jonas avait écrit pour le Gaity-Theatre, de Londres, la mu-\nsique d'un opéra-comique intitulé Cinderella (Gendrilion), sur un livret de\nM. Thompson. C'est cet ouvrage, joué à Londres peu de mois aupara-\nvant, dont la traduction fut faite par MM. Nuitter et Tréfeu, et qui parut\nà l'Athénée sous le titre de Javotte. Madame Ugalde y fit à l'improviste\nses débuts dans le rôle du prince Charmant, primitivement distribué à une\nautre artiste, et qu'elle avait appris en deux jours pour remplacer celle-ci,\nmalade au point de ne pouvoir jouer.\nUne Fête à Venise, opéra-comique en quatre actes, paroles de\nMM. Nuitter et Beaumont, musique de M. Federico Ricci. 1 5 fé-\nvrier 1872.\nLa partition d'Une Fête à Venise n'était pas une œuvre entièrement nou-\nvelle. M. Ricci y avait placé un certain nombre de morceaux d'un de ses\nanciens opéras italiens : il Marito e l'Amante."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.9", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nSylvana, opéra-comique en quatre actes, paroles françaises de\nMM. Mestépès et Victor Wilder, musique de Weber. 3 avril 1872.\nTraduction et adaptation d'un des ouvrages de la jeunesse de Weber,\ncomplètement inconnu en France, et d'une valeur incontestable.\nM. Martinet n'avait pas été plus heureux dans l'exploitation de\nTAthénée que son prédécesseur M. Busnach, quoique s'étant aidé de\ntout autres éléments et ayant complètement transformé le genre primi-\ntivement adopté. Sous sa direction, en effet, l'opérette avait fait place à\nun genre musical plus sérieux, plus relevé, mais qui, il faut bien le dire,\ncadrait mal avec la nature et les proportions du théâtre. Le grand\nopéra, même bouffe, faisait craquer la petite salle de l'Athénée, et des\nouvrages tels que les Masques, le Docteur Cris-pin3 étaient trop impor-\ntants pour une scène aussi mignonne; c'était bien pis encore lorsqu'il\ns'agissait d'oeuvres sérieuses ou d'un caractère aussi dramatique que\nMartha, les Brigands et Sylvana. D'ailleurs, les frais de personnel\nétaient en disproportion énorme avec les ressources restreintes de la\nsalle, et en peu de temps le déficit de l'exploitation s'éleva àun chiffre\nconsidérable. M. Martinet fut obligé de se retirer, et le théâtre dut fer-\nmer une seconde fois.\nCroit-on que cela découragea les candidats, toujours si nombreux, à\ntoute direction théâtrale? On se tromperait grandement. Il s'en présenta\nplus d'un, tout disposé à prendre la succession du directeur dépossédé.\nCe fut M. Jules Ruelle, ancien rédacteur en chef du Messager des Théâ-\ntres, ancien secrétaire du Théâtre-Lyrique et de l'Athénée, auteur de\nquelques ouvrages dramatiques, qui arriva premier dans cette course au\nclocher. M. Ruelle forma une Société en commandite pour l exploitation\nde l'Athénée, réunit le capital nécessaire, forma un nouveau personnel, et\nfut en état d'ouvrir son théâtre dans les premiers jours d'octobre 1872.\nLe nouveau directeur fit un nouvel essai, et changea encore le genre\ndu répertoire. De ses deux prédécesseurs, l'un s'était ruiné en cultivant\nl'opérette, le second avait fait de même en visant trop au drame lyrique ;\nM. Ruelle jugea qu'il serait sage à lui de se tenir entre les deux et de\ncourtiser simplement la muse de lopéra-comique. Hélas !ce nouvel\nessai ne devait pas être plus heureux que les précédents. L'Athénée était\ndécidément enguignonné, et son nouveau maître devait rester impuis-\nsant à le tirer du bourbier où il était plongé.\nLa troupe rassemblée par M. Ruelle était ainsi composée :\nMM. Gabriel Bonnet, Géraizer, Lary, Galabert, Lepers, Montjauze,\nVautier, Dhert, Gabriel; puis Dereims, Staveni, Girardot; mesdemoi-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.10", "texte": "LE THÉÂTRE DE L'ATHÉNÉE\n\nselles Girard, Daram, Marietti, Bonnefoy, Mary Nelly, Louisa Singelée,\nWanda de Bogdani, Deleu.\nPremier chef d'orchestre : M. Ch. Constantin ; deuxième : M. Placet.\nVoici la liste des ouvrages représentés sous cette troisième direction :\nL'Alibi, opéra-comique en trois actes, paroles de M. Jules Moinaux,\nmusique de M. Adolphe Nibelle. ll octobre 1872.\nDimanche et Lundi, opéra-comique en un acte, paroles de M. Henri\nGillet, musique de M. Adolphe Deslandres. 2l octobre 1872.\nMadame Turlupin, opéra-comique en deux actes, paroles de MM. Cor-\nmon et Grandvallet, musique de M. Ernest Guiraud. 23 novembre\n18 72.\nDébut de mademoiselle Daram. Grand succès pour le compositeur et\npour la cantatrice.\nDans la Forêt, opéra-comique en un acte, paroles de M*A* (Jules\nRuelle), musique de M. Charles Constantin. —2 décembre 1872.\nLe Péché de Géronte, opéra-comique en un acte, paroles de\nMM. Pagès de Noyez, Mandville et Malcamps., musique de M. William\nChaumet. 3o décembre 1872.\nLa Farce de maistre Villon, opéra-comique en un acte, paroles de\nM. Fernand Langlé, musique de M. Théodore de Lajarte. 3o dé-\ncembre 1872.\nMonsieur Polichinelle, opéra-comique en deux actes, en vers, paroles\nde MM. Vatier et Morand,, musique de M. Deléhelle.—ls janvier 1873.\nLes Rendez-vous galants, opéra comique en un acte, paroles de\nM. Fernand Langlé, musique de madame de Sainte-Croix. 25 janvier\n1873.\nLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. de\nSaint-Georges et de Leuven, musique de Clapisson. l9 février 1873.\nCet ouvrage avait été créé à l'ancien Théâtre-Lyrique, le ier mars 1856,\npour les débuts de madame Carvalho.\nLa Dot mal placée, « fantaisie espagnole » en trois actes, paroles de\nM. Georges Mancel, musique de M. Paul Lacome. 2B février 1873.\nLa Gu\\la de VEmir, opéra-comique en un acte, paroles de Michel\nCarré et M. Jules Barbier, musique de M. Théodore Dubois. ier mai\n1873.\nOuvrage reçu à l'Opéra-Comique depuis six ans, et signé du nom d'un\nde nos prix de Rome les plus distingués. Impatienté d'attendre un tour de\nreprésentation qui menaçait de ne jamais arriver, l'auteur retira sa parti-\ntion pour aller la portera l'Athénée, où elle obtint tout le succès que mé-\nritait une œuvre si fine, si aimable et si distinguée."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.11", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nNinette et Ninon, opéra-comique en un acte, paroles de madame Her-\nmance Lesguillon, musique de M. Penavaire. 28 avril 1873*\nRaphaël, opéra en cinq actes, paroles de Méry (?), musique de\nM. Giunti Bellini. 3i mai iBy3.\nL'un des plus grands succès de fou rire qui se soient jamais vus dans\nun théâtre lyrique.\nSaint-Nicolas, opérette en un acte, paroles et musique de M. Henri\nde Mortarieu. 6 juin 1873.\nPierrot Fantôme, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Ernest\nDubreuil et Léopold Stapleaux, musique de M. Lionel (Léon Wrcken).\n6 juin 1873.\nJaloux de soi, opéra-comique en un acte, paroles et musique de ma-\ndame Anaïs Marcelli (comtesse Perrière-Filté). —6 juin 1873.\nRoyal-Champagne, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Cou-\nturier et Saint-Geniès, musique de M. Lemarié. 28 juin 1873.\nFermeture annuelle. Pendant cette fermeture, dans les premiers jours\nd'août, une troupe anglaise vient donner des représentations à l'A-\nthénée et fait ses débuts par Y H ami et de Shakespeare, bientôt suivi\nà\"Othello. Il y avait un certain courage aux comédiens anglais à venir\nbraver les spectateurs parisiens pendant les jours brûlants de l'été, qui\nfont justement fuir de Paris les comédiens français. La troupe anglaise\nne lut pas heureuse et dut, au bout de peu de jours, suspendre ses re-\nprésentations. Le 20 septembre, l'Athénée fait sa réouverture.\nLe Barbier de Séville, paroles françaises de Castil-Blaze, musique de\nRossini. 20 septembre 1873.\nC'est la traduction du chef-d'œuvre de Rossini donnée jadis à l'Odéon,\nquand ce théâtre devint une scène semi-lyrique. Trois débuts ont lieu\ndans cet ouvrage : Mademoiselle Wanda de Bogdani (Rosine), MM. De-\nreims (Almaviva), Staveni (Basile).\nLe Déserteur, opéra comique en trois actes, paroles de Sedaine, mu-\nsique de Monsigny. 22 septembre 1873.\nDébut de M. Girardot (Alexis) et de mademoiselle Deleu (Louise).\nOn sait que le chef-d'œuvre de Monsigny fut représenté pour la première\nfois à 1 Opéra-Comique le 6 mars 1769* Depuis lors, il a été souvent re-\npris à l'Opéra-Comique.\nLe Bijou perdu, opéra-comique en trois actes5 paroles de MM. dè\nLeuven et de Forges, musique d'Adolphe Adam. Octobre 1873.\nil y avait vingt ans que cet ouvrage avait été créé au Théâtre-Lyrique,\nle 6 octobre r853, avec madame Cabel dans le rôle de Toinon."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.12", "texte": "LE THÉÂTRE DE L'ATHÉNÉE\n\nLe Bijou perdu est le dernier ouvrage que M. Jules Ruelle ait monté\nà TAthénée, le dernier qui ait été représenté à ce théâtre, dont les portes,\nnous l'avons dit plus haut, se fermèrent le mercredi 3 décembre 1873.\nM. Ruelle avait lutté longtemps contre une situation intolérable, résul-\ntant des conditions singulièrement fâcheuses dans lesquelles il avait pris\nla direction de l'Athénée et rouvert ce théâtre. Dans ces conditions, et en\ndépit d'efforts répétés, il ne pouvait réussir et ne pouvait que retarder\nplus ou moins une chute inévitable dès les premiers jours de son admi-\nnistration.\nQuelque malheureux qu'ait été le sort de FAthénée depuis sa nais-\nsance, on assure pourtant qu'un homme courageux va se dévouer à lui\net entreprendre sa résurrection. Peut-être ce nouveau venu réussira-t-il,\ncar il a, nous dit-on, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait certaine-\nment, une somme de cent mille francs à consacrer au relèvement de ce\nthéâtre. S'il en est ainsi, peut-être, en effet, sera-t-il plus heureux, car il\naura les moyens d'attendre l'inauguration du nouvel Opéra, qui, après\nle sinistre de la rue Le Peletier, ne saurait tarder beaucoup plus d une\nannée. Or, une fois l'Opéra ouvert, les conditions, jusqu'ici fâcheuses,\nde l'Athénée deviendront excellentes, puisque le quartier presque désert\ndans lequel il se trouve situé deviendra, au contraire, l'un des plus fré-\nquentés de Paris, et que, de plus, il pourra plus d'une fois profiter du\ntrop plein de son grand confrère.\nPuisse donc l'Athénée reprendre une nouvelle vie. On a vu qu'en\nsomme ce gentil petit théâtre avait rendu de véritables services au jeune\nart français et à nos compositeurs. Combien plus ne serait-il pas appelé\nà en rendre dans ces conditions nouvelles et beaucoup plus favorables !\nM. Jules Ruelle laisse inédits un assez grand nombre d'ouvrages re-\nçus par lui, et que son administration n'aura pas eu le loisir de produire\nau grand jour de la rampe» Nous citerons, entre autres, les suivants :\nGa\\ouillette, un acte, paroles de MM. Cormon et Monrose, musique\nde M. Duprato ;\nLa Fille de Figaro, un acte, paroles de MM. Cardoze et Fernand\nLanglé, musique de M. J.-B* de Coninck;\nMaures et Castillans, trois actes, musique de M. Danhauser ;\nLes Surprises de lAmour, deux actes, musique de M. Ferdinand\nPoise;\nLe Dompteur, un acte, musique de M. Miramon;\nLa Tartane, un acte de M. Legouix;\nUn ouvrage en trois actes, paroles de M. Georges Mancel, musique\nde M. Paul Lacome ;"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.13", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLe Fruit vert, trois actes, paroles et musique de madame Pauline\nThys;\n/\nLEtincelle, deux actes, paroles de M. Narcisse Fournier, musique de\nM. Decourcelles ;\nDufrény, un acte, paroles de M. Paul Saunière, musique de M. Ar-\nmand Roux;\nLe Marocain, un acte, paroles de M. J. Denizet, musique de M. Paul\nPuget;\nLa Cour de Tulipano, 3 actes, paroles de MM. de Saint-Georges et\nJules Adenis_, musique de M. J.-J. Debillemont;\nUn ouvrage en un acte, paroles de MM. Blau et Louis Gallet, mu-\nsique de M. Alfred Mutel, etc., etc.\nLa liste qu'on vient de lire clôt ce petit chapitre d'histoire théâtrale et\nmusicale. Nous ferons seulement remarquer, en terminant, que le fon-\ndateur de l'Athénée, M. Bischoffsheim, est mort juste au moment où\ncet établisssement, poursuivi par la malechance, allait fermer ses portes\npour la quatrième fois, c'est-à-dire dans les derniers jours de novembre.\n\nARTHUR POUGIN."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.14", "texte": "LES\nTRANSFORMATIONS D'UN OPÉRA\nAU DIX-HUITIÈME SIÈCLE\n\nous croyons fermement qu'il serait difficile, aujour-\nd'hui, d'imposer au public les Mystères d'lsis avec le\npetit arrangement de Lachnith, qui osa glisser sour-\nnoisement ses élucubrations musicales dans la partition\nde Mozart. Lorsque, au Théâtre-Lyrique, on exé-\ncuta les Noces de Figaro et que l'on plaça, comme\nentr'actes, des fragments de symphonie ou de quintette du maître, ne\nvit-on pas des aristarques froncer le sourcil et crier au sacrilège ? Que\ndiraient ils donc ces féroces archaïstes, s'ils savaient que l'Opéra n'a\nvécu, au dix-huitième siècle, qu'en refaisant sans cesse les ouvrages à\nsuccès, à l'aide des procédés les plus étranges?\nLully, du reste, a passé la seconde moitié de sa vie à replacer, avec de\nnouvelles appellations,, la musique qu'il avait composée dans sa jeunesse.\nIl a surtout pratiqué cette petite manœuvre pour ses airs de ballet.\nAprès Lully, cela devint une habitude constante. Les pastiches et les\nfragments tinrent le haut bout dans le répertoire de l'Académie Royale\nde musique. Nous pouvons citer entre autres :\nLes Fragments de Lully i composés de la Feste marine, la Sérénade\nvénitienne, la Bergerie et Cariselli (1702);\nTélémaque, « fragments des modernes » (1704);\nAutres Fragments de Lully, composés de la Bergerie, la Sérénade\nvénitienne, les Bohémiens et le Bal interrompu (1708);"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.15", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLes Fcstes vénitiennes, opéra-ballet en trois actes, de Danchet et\nCampra (1710), ont une existence bien agitée ;\nLe 17 juin, on joue, sous ce titre : Le Triomphe de la Folie, prolo-\ngue, la Feste des Barquerolles, les Sérénades et les Joueurs, puis les\nSaltimbanques ;\nLe 8 juillet, la Feste marine a remplacé la Feste des Barquerolles ;\nLe 8 août, on ajoute le Bah ou le Maître à danser ;\nLe 5 septembre, les Devins de la place Saint-Marc font leur appa-\nrition ;\nLe 14 octobre, c'est le tour de VOpéra ou le Maître à chanter ;\nLe 6 décembre, nouvelle combinaison : Le Carnaval dans Venise, la\nFeste marine, le Bal et VOpéra.\nPar ce moyen, aussi simple qu'ingénieux, l'administration de l'Aca-\ndémie pouvait, sous un même titre, changer indéfiniment la composition\nde son spectacle.\nPuis les Fragments de Lully recommencent leur carrière pendant\nquatre années, 171 x, 1717, 1718 et 1731. De 1748 à 1782 une quin-\nzaine de fragments, dûs à la plume des compositeurs du temps, viennent\nprendre place dans le répertoire.\nSeulement, cette façon peu recommandable de faire un ouvrage lyri-\nque n était pas seule en faveur à l'Opéra. On avait la coutume barbare\nde changer, au fur et à mesure, les morceaux d'une partition célèbre,\nsurtout aux divertissements. On avait bien soin de laisser le titre et les\nnoms d'auteurs, mais, sous ce couvert, tous les compositeurs du moment\nse donnaient la satisfaction de faire jouer leur musique.\nLa Bibliothèque musicale de TOpéra possède plusieurs exemplaires où\nl'on retrouve les traces de cette curieuse coutume. Nous avons cru plaire\naux lecteurs de la Chronique musicale en leur en donnant un des plus\nintéressants spécimens.\nAlcjrone, de la Motte et Marais, fut jouée à Paris en 1706, avec un\ngrand succès. Le chœur « des matelots » du 3e acte et « la tempeste »\ndu 4e acte sont restés célèbres. Tous les écrivains du temps racontent à\nTenvi l'immense effet produit par cette merveille symphonique. On en\ntrouvera le récit pompeux dans les ((Anecdotes dramatiques » de Clément\net l'abbé de la Porte; aussi, pour édifier nos contemporains sur la\nplus que naïve, dont on dépeignait musicalement « la mer en courroux »\nsous Louis XIV, nous avons fait graver le morceau symphonique tïAl-\ncyon e, en lui laissant tout son cachet archaïque. Le remplissage du\ntemps n'est point parvenu jusqu'à n^pus.\nL'on remarquera que, suivant un usage qui s'est continué jusqu'à"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.16", "texte": "LES TRANSFORMATIONS D'UN OPÉRA\n\nRameau, les dessus lisent sur la clef de sol, première ligne. On évitait\nainsi les lignes supplémentaires, puisque les violons ne démanchaient\nque fort rarement. Quant aux basses de violon et à la basse continue,\nelles descendent jusqu'au si bémol grave.\nNous ne regrettons qu'une chose, c'est que l'outillage moderne nous\nait empêché de rendre exactement la physionomie pittoresque de cet\nembryon de « morceau de scène » : notes carrées, ondoiement aux bar-\nres des triples croches dont le graveur avait enrichi son œuvre, pour indi-\nquer sans doute le balancement des flots.\nTelle qu'elle est, la tempête d'Alcyone a fait, pendant tout le siècle\ndernier, l'admiration de nos pères. Cet ouvrage a été repris cinq fois à la\nscène. La dernière remise date du 3o avril 1771. C'est à cette date que\nnous allons nous reporter, pour voir dans quel état on donnait au public\nl'œuvre de la Motte et Marais.\nLe commencement du premier acte était joué à peu près comme au-\ntrefois. Mais, à partir de la scène 11, les innovateurs vont s'en donner à\ncœur-joie. On intercalait de vive force un menuet, une polonaise (!), et\nnous trouvons sur la partition ces notes amusantes :\n« Après la polonaise, mettre les gavottes en a mi la de M. Berton; ce\nsont celles qu'il avait faites pour l'acte de Tibule (sic) des Festes\ngrecques et romaines, On passera les passepieds en a mi la qui finis-\nsaient le divertissement de cet acte. Après les gavottes, on ira à l'ariette\ngaye et gracieuse du troisième acte de Camille (1) et à la gigue ( ! ! ) qui\nsuit cette ariette; après la gigue, au récitatif : « On approche, » etc.\nNous voici donc revenus à bon port; ce n'est pas sans peine.\nAu second acte, il y a des changements et des additions sans nombre ;\nnous trouvons d'abord à la page 79 de la partition, l'indication sui-\nvante : « Mettre icy l'air des Magiciens un ton plus haut, c'est-à-dire en\nfa. Cet air est de cet acte, page 91 ; il faut en prendre la première partie,\ncomme M. Rebel l'a accomodé (sic) avec des bassons, et la seconde res-\ntera avec les parties du milieu, telle qu elle est dans Alcione, et les\nbassons joueront la même partie à la moitié viste de cet air.\nQuelques remords ont dû saisir le cœur du metteur en scène, puisque\nnous trouvons plus loin cette note, au chœur lent : « Phorbas et Ismène\nchanteront ce chœur; le remettre comme il était et en supprimer toutes\nles additions dernièrement faîtes, tant dans les parties d'orchestre que\ndans celle du chant. »\nMais ce bon mouvement ne dure guère, comme nous l'apprend la\n\n(1 ) Le Triomphe de Camille, pot-pourri"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.17", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npage suivante : « Après ce chœur, mettre Pair de démons en mi et à\ndeux temps viste du 4e acte de S cilla et Glaucus de M. Lecler (1) et le\nchœur qui suit cet air Après le chœur du 4e acte de Scilla et Glau-\ncus, il faut aller immédiatement au morceau \\ garde au retran-\nchement du prélude et au changement du chant. Les parties du milieu\nsont accomodées » (par M. Rebel, sans doute). Enfin l'on revient\naprès toutes ces pérégrinations à la musique du vieux violiste Marais.\nAu troisième acte, nous trouvons une matelote et un prélude ajoutés,\npuis un récit et un chœur du Carnaval et la Folie, de Destouches, un\nair de Médée et Jason, de Salomon, deux tambourins, l'un des Plaisirs\nchampêtres (2), l'autre de la Proserpine de Lulli.\nNous ne pouvons citer tous les changements dont est chargée cette\npauvre partition d'Alcyone. Nous nous contenterons de citer les deux\nnotes suivantes qui sont curieuses au point de vue historique :\nAu quatrième acte, « allez à la symphonie à trois temps des flûtes et\nviolons, à la page 259, du 4e acte de Pirrhus, opéra de M. Royer, et\nsuivez jusqu'à la fin de la page 261. Observez bien les changements de\nparoles du petit chœur de femmes et la reprise de ce petit chœur à l'en-\ndroit où elle est marquée,., on yra à la gavotte, en sol mineur, meslée de\nflûtes et bassons, qui est de M. Rebel et qu'il avait ajoustée au second\nacte d'Amadis, dans l'enchantement.\n«On reviendra ensuite au morceau.... Après qu'on aurachanté entiè-\nrement ce morceau, on finira le divertissement des prêtresses de Junon\npar Pair de M. Berton, qui est en six-huit, en sol mineur, et qui était\najouté au 4e acte d'lphigénie. Après Pair de M. Berton, on reviendra à\nla simphonie d'Alcione. » C'est bien heureux !\nL'acte cinquième nous donne le bouquet : « Après ce morceau : Ai-\nmons-nous (que l'on a, du reste, fort amélioré au point de vue de la\nmesure et du rhythme) , après ce morceau, allés au chœur à trois temps\nen sol tierce mineur, qui finit l'acte de Phillis et Demofon (sic); après\nce chœur, mettre Pair de M. Granier que j'ai donné à M. Durand (3) et\nqui est remis en partition par M. Berton.\n« Après cet air, et sans aucune interruption, 011 ira à Pair en mi du\n3e acte du prince de Noisy (4) qui est à deux temps et qui sera suivi\n\n(1) Leclerc. L'orthographe fantaisiste de toutes ces notes nous les fait attribuer\nà Francœur, qui était coutumier du fait. Voyez comme exemple son journal manu-\nscrit de 1785 à 1790. (Archives de l'Opéra.)\n(2) Autrement appelés : Plaisirs de la Campagne, de Berlin.\n(3) Le copiste de F Académie.\n(4) De Rebel et Francœur."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.18", "texte": "ALCYONE\nTempeste du IVe. ACTE.\nOpéra de MARAIS (1706)\nA l'époque de Marais la clef de sol était teujours placée sur la ligue, pour éviter les ligues supple—\nment aires. (31)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.19", "texte": "(31)"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.20", "texte": "(31)"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.21", "texte": "(31)"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.22", "texte": "P. Bertrand gran:\n(31)\nImp: Arouy rue du Delta 26."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.24", "texte": "IV.\nLES TRANSFORMATIONS D'UN OPÉRA\n5\n\nde l'ariette de M. Garnier, qui était à la fin de Tancrède, et que M. Re-\nbel donnera à M. Durand, lorsque les paroles de cette ariette, par\nques changements,pourront être dans la bouche de Ceix qui la chantera.\nAprès cette ariette, on mettra la chacone qui finissait le prince de Noisy,\net par laquelle on finira l'opéra d'Alcione ,\n« M.Durand voit que tout ce qui suit cette indication devient nul\ndans le reste de la partition d'Alcione. »\nN'est-ce pas amusant au possible ? et, pour rendre la chose plus pi-\nquante, on n'a qu'à se souvenir que Berton était un des quatre directeurs\nde l'Opéra, à cette époque; que Francœur était « maître de musique »,\nc'est-à-dire chef d'orchestre, et que Rebel, ancien directeur, pensionné\nde 9.000 livres, était l'ami et le collaborateur des deux autres. Ces admi-\nnistrateurs trouvaient cionc ainsi 1G moyen de jouer des fragments de\nleurs opéras sur le dos de ce pauvre Marais, qui n'avait plus la faculté,\ndepuis 1728, de faire entendre la moindre réclamation.\nLes directeurs de notre époque qui se font jouer sur leur théâtre ne\nconstituent donc pas une actualité. Le dix-huitième siècle leur a donné\nl'exemple.\nLa critique du temps trouve la chose fort à son gré. Nous n'avons,\npour nous en convaincre, qu'à lire le Mercure de France du mois de\nuin 1771 :\n« Les talents distingués dont ce théâtre (l'Opéra) est orné ont\nautant qu il était possible, les charmes que le temps ôte souvent aux arts\nagréables. »\nPuis, après avoir raconté la douleur, plus ou moins récréative, de la\nfille d'Eole, le Mercure jette les plus odorantes fleurs de sa rhétorique\nsous les pas de MM. Legros, 1 Arrivée, Gardel et Vestris, et de mesde-\nmoiselles de Beaumesnil, Guimard et Heynel.\nLe tout lu par ordre de Monseigneur le chancelier et approuvé avec\nprivilège du Roy.\n\nTH. DE LAJARTE."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.25", "texte": "HISTOIRE\nDU\nTHÉATRE DE MADAME DE POMPADOUR\nDIT\nTHÉATRE DES PETITS-CABINETS\n\nSeptième article (1).\n•\nCHAPITRE VI\nTHÉÂTRE DE BELLEVUE\n27 Janvier 1751. 6 éMars ijbd.\nI s'en fallait bien que le théâtre de Bellevue, malgré\nson éclatante décoration à la chinoise, fût aussi bril-\nlant et aussi commode que les deux salles précédentes.\nII était extrêmement petit, et Pon dut, par suite, res-\ntreindre le nombre des élus. La société intime de\nLouis XV et de madame de Pompadour y était seule\nadmise : c'étaient les acteurs ordinaires qui ne\njouaient pas dans la pièce, puis quelques favoris du roi, comme MM. de\nSoubise, de Luxembourg, de Richelieu. Ce dernier avait fini par s'im-\nposer à la marquise, qui, de guerre lasse, avait été obligée de supporter\nsa présence. Le Roi ne lui avait-il pas dit avec malice, un jour qu'elle\nne voulait pas inviter le duc à un voyage au petit château : « Vous ne\nconnaissez pas M. de Richelieu ; si vous le chassez par la porte, il ren-\ntrera par la cheminée. »\nCe fut le mercredi 27 janvier 1751 qu'eut lieu l'inauguration du nou-\n\n(1) Voir les numéros des iel\" septembre, ier octobre, ier novembre, lel'Ie1' décembre\n1873, i 5 janvier et i®1' mars 1874."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.26", "texte": "THÉÂTRE DE MADAME DE POMPADOUR\n\nveau théâtre. On joua d'abord l'Homme de fortune, comédie en cinq\nactes, que La Chaussée avait composée à cette intention, puis un ballet\nallégorique, l'Amour architecte, avec changements à vue. La comédie\nn'eut aucun succès, pas même celui d'indulgence, qu'unepièce a com-\nmunément quand elle est représentée en société,\nA défaut du duc de Luynes, qui garde sur cette soirée un silence dis-\ncret, Collé dévoile les raisons de ce double échec :\nSuivant ce qu'on m'en dit, et ce que j'en ai ouï dire à La Chaussée lui-\nmême, cette pièce n'a pas trop réussi : les acteurs ne savoient pas leur rôle.\nLe duc de Chartres n'étoit pas sûr du sien; la tête tourna au duc de La Val-\nlière; la mémoire de la Marquise travailla aussi; bref, tous ces honnêtes co-\nmédiens n'étoient pas, à beaucoup près, aussi fermes sur leurs étriers qu'ils\nauroient dû l'être, pour soutenir une pièce qui n'est pas trop bonne par elle-\nmême, à ce qu'on dit, et qui auroit, au contraire, eu grand besoin du prestige\nde la représentation.\nOn ne conçoit pas quelle a été la fureur de madame de Pompadour de jouer\ncette comédie, où je sais qu'il y a des traits dont on n'a pas manqué de faire\ndes applications, du moins pendant qu'on la répétoit. On en a pourtant re-\ntranché des vers tels que celui-ci, qui n'a été ôté qu'à l'avant-dernière répé-\ntition :\nVous, fille, femme et sœur de bourgeois, quelle horreur !\nCe vers étoit dans le rôle du duc de Chartres; il a été supprimé, ainsi que\nquelques endroits qui attaquoient l'injustice des fortunes faites par la voie de\nla finance.\nMais on y a laissé la scène du généalogiste qui s'engage à faire descendre\nun bon bourgeois, qui a acquis et qui porte le nom d'une terre titrée, des sei-\ngneurs à qui cette terre appartenoit autrefois.\nL'application qu'on en peut faire à la situation présente et future de ma-\ndame de Pompadour est si naturelle, qu'il n'y a point de courtisan, si bas et\nsi asservi qu'il soit, qui ait pu s'en tenir\nAprès cette comédie on exécuta un ballet intitulé : l'Amour architecte. Le\nthéâtre représentoit Meudon; dans le lointain et sur le devant, la montagne\nsur laquelle on a bâti Belle-Vue. Des amours, après avoir admiré cette situa-\ntion, bâtirent ce château et dansèrent de joie après cette équipée.\nIl est étonnant que madame de Pompadour ait été assez mal conseillée\npour donner au Roi un ballet aussi indécent, dans des circonstances où tout\nle monde crie que c'est elle qui inspire au Roi la fureur des bâtimens et des\nautres dépenses inutiles qu'il fait. Ce ballet n'a point du tout pris à la Cour;\nil n'a été donné que cette seule fois; on peut juger ce qu'on en a dit en\nville (i).\n\n(1) Journal de Colle (janvier 1751)»"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa seconde représentation eut lieu le samedi 20 février. On joua la\nMère coquette, de Quinault, suivie des Trois Cousines, de Dancourt,\net de M. de Pourceaugnac : le Roi parut beaucoup s'amuser.\nPuis vint la visite du duc des Deux-Ponts à Bellevue, qu'on célébra\npar un divertissement auquel le Roi assista après avoir tenu un conseil\nd'État dans la journée. Cette fête eut lieu le jeudi 6 mai 1751. « Il y a\naujourd'hui comédie à Bellevue écrit d'Argenson, c'est pour régaler\nle duc des Deux-Ponts. L'on dit que l'on songe à le convertir à la foi ca-\ntholique, et que, pour cela,, on lui donne la comédie; qu'on va aussi le\ntâter pour le cordon bleu. »\nOn représenta un nouvel opéra en trois actes, Zélisca, et le Préjugé\nà la mode. La comédie fut jouée tout au mieux par le duc de Duras-\nDurval et madame de Pompadour-Constance. L'opéra de Zélisca avait\nété composé par Lanoue pour les fêtes du mariage du Dauphin, en 1746.\nVoltaire écrivait alors pour la même fête sa Princesse de Navarre; mais\nl'ouvrage de Lanoue eut la palme. Jélyotte le mit en musique, et il fut\nreprésenté à Versailles avec succès. Le Roi témoigna lui-même à l'auteur\ntout le plaisir qu'il y avait pris, et le duc d'Orléans le nomma directeur\nde son théâtre de Saint-Cloud. Cette nouvelle représentation de l'œuvre\nde Lanoue et Jélyotte ne fit pas moins de plaisir celte fois que la pre-\nmière, et le duc des Deux-Ponts s'en montra charmé.\nLe 28 novembre 1751, on célébra la naissance du duc de Bourgogne\nen représentant un divertissement comique, Vlmpromptu de la Cour de\nmarbre, où l'auteur du poème, Favart, n'avait eu d'autre projet que de\ncopier fidèlement quelques-unes des scènes qu'avaient produites le zèle et\nla joie du peuple sous les fenêtres du roi, pendant tout le jour et toute la\nnuit qui suivirent la naissance du prince. Dehesse avait composé les\ndanses, et Lagarde la musique. Les trois auteurs jouaient le rôle de trois\nécrivains publics. Tribou représentait une savetière; mademoiselle Foul-\nquier, une bouquetière; et madame Favard, une Savoyarde (1).\nLa troupe chantante de Bellevue représenta, le 11 avril 1752, un\ngrand opéra-ballet, les Fêtes de Thalie, dont le sujet était le triomphe\nde l'amour « dans les trois différents états du beau sexe : fille, femmevet\nveuve. Cela forme trois fêtes différentes que Thalie donne sur le théâtre\nde TOpéra, par l'ordre d'Apollon. » Les paroles étaient de Lafont; les\ndanses, de Dehesse ; et la musique, de Lagarde. Mesdames de Pompadour,\n\n(1) Luynes et Moufle d'Angerville ne notent cette pièce que le 27 avril suivant.\nNous suivons le répertoire du théâtre, bien qu'un contre-temps ait pu faire retarder\ncette pièce, sans que la date fût changée sur le poème, imprimé d'avance."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.28", "texte": "THÉÂTRE DE MADAME DE POMPADOUR\n\nde Marchais, de Choiseul, Fontaine, MM. de la Salle, de Turenne, de\nClermont et de Chabot, interprétaient ces trois entrées, ainsi qu'une qua-\ntrième, intitulée la Provençale. Tout le corps de ballet dansait dans\nchaque acte, avec les quatre nobles premiers danseurs (1).\nPlus tard, il fallut consoler le Roi de la mort prématurée de sa fille\nchérie, Madame Henriette. La marquise organisa alors un spectacle qui\ndevait d'abord avoir lieu le jeudi 25 avril 1752, mais qu'un rhume de\nmadame de Pompadour fit remettre au samedi. Le programme compre-\nnait, outre rlmpromptu de la Cour de marbre, un ballet héroïque,\ncomposé exprès pour cette fête, Vénus et Adonis, paroles de Collé, mu-\nsique de Mondonville : la marquise y était désignée sous le nom de reine\nde beauté, et le Roi sous cette périphrase élégante : le plus tendre des\nmortels (2).\nVénus Madame de Pompadour.\nCari te Madame de Marchais.\nMars M. de Clermont, remplaçant M. de la Salle, indisposé.\nAdonis Le vicomte de Chabot.\nAprès l'opéra, il y eut un concert donné par deux hautbois italiens\nd'une grande habileté; puis vint le ballet, dans lequel dansèrent MM.de\nCourtenvaux, de Beuvron, de Melfort. Tout finit par un feu d'artifice\nsur le théâtre, qui devint Luynes ne dit pas comment une illumi-\nnation ondoyante et transparente.\nA quelques jours de là, M. delà Salle, qui avait dû bien regretter de\nne pouvoir paraître dans cette soirée, reçut une preuve de la générosité\nde la marquise : son rare talent de chanteur fut récompensé par le don du\ngouvernement de la Marche. Voici ce qu'en dit le marquis d'Argenson,\nle 3i mai 1752 : « Le gouvernement d'une petite province nommée la\nMarche, qui vaquoit par la mort du marquis de Saint-Germain, vient\nd'être donné au marquis de la Salle. Des maréchaux de France et quan-\ntité de plus anciens lieutenants-généraux le demandoient, mais M. de la\n\n(1) Aucun mémoraliste ne parle de cet opéra, qui figure imprimé dans le recueil à\ncette date; dans le doute, nous l'indiquons. Il y a dans le recueil des pièces de ma-\ndame de Pompadour plusieurs erreurs, qui tiennent à l'habitude qu'on avait d'impri-\nmer les ouvrages d'avance. C'est ainsi que le Prince de Noisy porte mention d'une\nreprise le 25 avril 1752; or nous verrons qu'une indisposition de la marquise fit re-\nculer le spectacle de deux jours, et que, finalement, on ne joua pas cette pièce.\n(2) Vie privée de Louis XV, par Moufle d'Angerville. (t. 111, p. 3.)"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nSalle est très agréable dans les cabinets et chante supérieurement bien\ndans les opéras qu'on y a donnés. »\nLes spectacles de Bellevue touchaient à leur fin, et la clôture «e fit en\nmars 175 3 par les représentations de deux opéras. Les dimanche 4et\nmardi 6 mars, les acteurs de la troupe représentèrent Zélindor, roi\ndes Sylphes, paroles de Moncrif, musique de Rebel et Francœur, et le\nDevin de Village, de J.-J. Rousseau.\nL'ouvrage de Rebel et Francœur avait été joué à l'Académie de mu-\nsique le 10 août 1745.\nZélindor, roi des Sylphes (Jélyotte ) M™ de Pompadour.\nZirphée (Mlle Chevalier).. Mme de Marchais\nZulim, confident de Zélindor.. (Albert) Le comte de Clermont.\nUne Nymphe .. )\nUne Sylphide...! (M11* Coupé)\nLe Devin de Village venait d'être joué à l'Opéra le i«r mars i? 53.\nVoici comment il était chanté à Paris et à Bellevue :\nColette Fel) M™\nColin (Jélyotte)\nLe Devin (Cuvillier) M. de la Salle.\nI\nCet opéra, qui était une nouveauté pour Paris, n'en était plus une pour\nla Cour. L année précédente, les acteurs de l'Opéra étaient allés le re-\nprésenter à Fontainebleau. Ces représentations (18 et 24 octobre ijs2)\navaient obtenu le plus vif succès. Nous n'en ferons pas à nouveau le ré-\ncit après Rousseau (i),nous dirons simplement ce qu'elles avaient coûté,\nd'après d'Argenson.\nOn ne paye plus aucuns gages dans la maison du Roi. Il est déclaré que\nles gages du conseil ne seront désormais payés qu'au bout de trois ans et les\nbureaux au bout de cinq ans. Cependant les ballets de la Cour coûtent pro-\ndigieusement : on donne des habits neufs aux acteurs; le Devin de village a\ncoûté au Roi plus de cinquante mille écus (2).\nLes deux divertissements qui terminaient les spectacles de Bellevue\nfurent exécutés aussi bien qu'on pouvait le désirer, surtout à la seconde\n\n(1) Tout le monde se rappelle le charmant récit que Rousseau a laissé de cette re-\nprésentation et de sa fuite quand on voulut le présenter au Roi (Concessions, 1. VIII).\n(2) Mémoires du marquis d'Argenson, 10 novembre 17D2."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.30", "texte": "THÉÂTRE DE MADAME DE POMPADOUR\n\nois. Ce soir-là, le spectacle finit par un brillant feu d'artifice tiré sur le\nthéâtre. La réussite du Devin de village et le succès qu'elle obtint\nelle-même dans le rôle de Colin décidèrent la marquise à envoyer à l'au-\nteur une somme de cinquante louis en témoignage de sa satisfaction.\nJean-Jacques la remercia en ces termes :\nParis, 7 mars 1753.\nMadame,\nEn acceptant le présent qui m'a été remis de votre part, je crois avoir té-\nmoigné mon respect pour la main dont il vient, et j'ose ajouter, sur l'hon-\nneur que vous avez fait à mon ouvrage, que des deux épreuves où vous met-\ntez ma modération, l'intérêt n'est pas la plus dangereuse.\nJe suis avec respect, etc.\nLa troupe du théâtre des petits cabinets n'avait pas retrouvé à Bel-\nlevue la vogue qu'elle obtenait à Versailles. La salle, beaucoup plus pe-\ntite, ne permettait d'admettre que bien peu de spectateurs; et les acteurs,\nqui avaient acquis peu à peu une certaine aisance, ne voulaient plus\njouer pour eux seuls ; ils prétendaient avoir un auditoire véritable et\nassez nombreux : ce public venant à manquer, les représentations per-\ndirent à leurs yeux une grande partie de leur charme.\nDès lors ces spectacles ne firent que languir. C'est le propre des es-\nprits légers de se lasser promptement des distractions qui leur ont paru\nd'abord les plus charmantes. Ces illustres personnes s'étaient données de\ntout cœur à leur joyeux passe-temps et avaient pris très au sérieux leur\nnouveau métier d'acteurs, chantants et dansants; au bout de trois et\nquatre ans, elles se relâchèrent peu à peu de ce beau zèle. Les représen-\ntations, qui, durant ce temps de ferveur, s'étaient succédé à des inter-\nvalles très rapprochés, devenaient de plus en plus éloignées. La troupe,\nqui s'était déjà amoindrie quand on avait transporté les spectacles à Bel-\nlevue, allait diminuant à vue d'œil. Un beau jour, les représentations\ncessèrent : il n'y avait plus d'acteurs.\nLe théâtre des petits cabinets avait duré six ans pleins.\n\nADOLPHE JULLIEN.\n\n(La fin prochainement.)"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.31", "texte": "LA MUSIQUE\nA LA COMÉDIE-FRANÇAISE\n\n(0\n'ordonnance de 1673, on s'en souvient, permettait\naux comédiens deux voix et six violons. Le premier\ndes almanachs Duchesne (iys2 pour 1751) rappelle\nincidemment cet acte, qui était toujours en vigueur, et\nnéanmoins la composition de Porchestre de la Comé-\ndie, cette année-là, n'est pas conforme aux disposi-\ntions qu'il renferme : Dupré, basson ; Masse, Chabrun, violoncelles ou\nbasses; Branche, Sénéchal, Perrin, Pifaict, Chartier, violons; total :\ncinq violons et trois autres instrumentistes. Celui de 1753 (pour 1752)\nne mentionne pas le personnel de la Comédie, sans doute parce qu'il\nn'y avait pas eu de changements.\nL'année suivante (1754 pour 1753), nous voyons cités : Sandy, maître\ndes ballets, six danseurs, sept danseuses, un danseur et une danseuse ita-\nliens, huit violons et une flûte. La Comédie avait donc obtenu récem-\nment la modification des ordonnances? Nous avons rencontré, dans nos\nrecherches, la mention d'un arrêt du Conseil de 1753 qui interdit for-\nmellement les ballets aux Comédiens, sous peine de 10,000 livres d'amende.\nNous n'avons pas retrouvé l'arrêt même, mais il est certain qu'il fut\nrendu, car il donna lieu à cette réclamation burlesque en vers qui est\nbien connue et qui est datée de 1753. De Mouhy ne parle pas d'arrêt,\n\n(1) Voir les numéros des i 5 décembre 1873, i 5 janvier, i 5 février et i 5 mars 1874."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.32", "texte": "LA MUSIQUE A LA COMÉDIE-FRANÇAISE\n\nmais il dit que, le 7 août, un ordre supérieur supprima les ballets,\npreuve qu'ils venaient d'être autorisés, grâce probablement à l'interven-\ntion des gentilshommes de la Chambre, que les comédiens fermèrent\nle théâtre, députèrent à la Cour quelques-uns des leurs et obtinrent, le\n18, l'annulation de la mesure. Voilà donc abrogée la clause de l'ordon-\nnance de 1675 relative à la danse. Mais la faculté d'augmenter l'orchestre\net, on va le voir, de prendre des voix externes, quel acte l'avait donnée ?\nLes comédiens l'avaient-ils obtenue avec l'autre, en invoquant, comme\nen 1718, la différence des temps et des locaux ? C'est probable.\nA partir de ce moment, leur personnel lyrique va s'accroître sans\ncesse. En 1755 (1754), nous relevons un maître des ballets, Dourdet; un\nmaître de musique, Giraud ; un répétiteur, Delaunay; huit danseurs,\nneuf danseuses, sept violons, une flûte. Deux ans après : La Rivière et\nBourqueton, maîtres et compositeurs des ballets et premiers danseurs ;\nGirault, compositeur de la musique; Delaunay, danseur et répétiteur;\nhuit danseurs ; mademoiselle Allard, première danseuse, et neuf autres,\nparmi lesquelles mesdemoiselles Cazenove et Camargo ; cinq violons,\ndeux- flûte et hautbois., un basson , deux violoncelles. En 1758 (1757),\nl'orchestre reste le même ; La Rivière et Allard sont maîtres et composi-\nteurs des ballets et premiers danseurs; Girault, compositeur de la mu-\nsique ; Dehault, répétiteur; huit danseurs ; deux premières danseuses,\nmesdemoiselles Allard et Ray, et huit danseuses.\nD'après le registre de dépenses de la Comédie en 1757,, la sym-\nphonie coûte par mois 3g5 livres, 16 sols, 8 deniers; les dan-\nseurs, i,605 liv., 6 s., 6 d., dont Allard touche 200 liv., La Rivière,\n291 liv., i 3 s., 4 d.; d'autres, 56 liv.; d'autres, enfin, 35 liv. Dehault,\nrépétiteur, a 25 liv. Certains mois, les danseurs reviennent à i,555 liv.,\n6 s., 8 d.. ou à i,588 livres. Les figurants changent souvent.\nA cette époque, il y eut de profondes modifications dans l'organisation\nintérieure de la Comédie-Française ; tous les règlements de ce théâtre\nfurent renouvelés. Celui que firent les gentilshommes de la Chambre le\n23 décembre 1757 attribua au second semainier l'inspection du maître\ndes ballets et de l'orchestre, le soin de dresser les états et mémoires des\ndécorations, machines et habits pour les pièces et ballets, et de les\nremettre au premier semainier, pour que celui-ci en fît rapport à l'as-\nsemblée. Disons tout de suite que tous les règlements subséquents trans-\nportèrent, en termes formels ou implicitement, ces soins au Comité\n(règlements des ter juillet 1766, 18 mai 1781, 18 novembre 179r, dé-"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.33", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncret de Moscou, ordonnance du 14 décembre 1816 ) ; celle du 29 août\n1847 et le décret du 27 avril ißso mettent définitivement le personnel\nmusical, avec tous les employés du théâtre, à la nomination de l'admi-\nnistrateur général et sous la surveillance de tel délégué qu'il lui plaît\nd'y commettre.\nLe contrat de société passé par les comédiens le 9 juin 1758 régla le\nbudget de la Comédie dans ce tableau, chef-d'œuvre de calligraphie, an-\nnexé à la minute de l'acte, que nous avons trouvée chez M° Sébert. Voici\nla partie musicale de ce document :\nà. ...\nORCHESTRE.\nLe premier 650 livres. ]\nLe second 600 . r ~\n> 5,i00 livres.\nTrois à 500 liv i,500 l\nSept à 400 liv 2,800 )\nBALLETS.\nMaître de musique\nMaître de danse\n\\ Danseurs c r\n, • \\ 2 5,000 livres.\nDanseuses j\nj Figurants 1\n! Figurantes J\nLe détail n'a pas été fixé pour les ballets. Il ne le fut que quelques mois\nplus tard, ainsi qu'on le verra plus bas.\nA la minute du même contrat est jointe celle d'un règlement pour les\nemployés et gagistes (1). Voici l'analyse des chapitres relatifs aux ballets\net à l'orchestre :\n\n(i) Il n'est pas daté, mais nous y trouvons la preuve qu'il n'est pas postérieur à\njanvier 1758. De Mouhy en cite un du ier avril iysB que nous n'avons retrouvé nulle\npart, et qui doit être celui dont nous parlons.\nLa Comédie en avait déjà fait un, le 9 avril 1753, ordonnant aux musiciens : de se\ntrouver à cinq heures précises à l'orchestre et de jouer dès que l'on commencera de\nmoucher les lustres et même auparavant, sous peine d'une amende de 3 livres; de ne\npas se faire doubler dans les pièces d'agréments; d'être exacts aux répétitions,\nsous la même peine ; de ne pas s'absenter pendant les entr'actes, sous peine d'une\namende de 1 livre, 10 sols. A la troisième contravention sans motif légitime, ils"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.34", "texte": "LA MUSIQUE A LA COMÉDIE-FRANÇAISE\n\nBALLETS. La danse, le maître de musique, le répétiteur, les fournitures\nde marchandises pour habits et décorations des ballets, toutes les dépenses,\nen un mot, relatives à cette partie sont arrêtées annuellement à 2 5,000 livres.\nORCHESTRE. i 0 II sera composé de douze musiciens ;\n2° Les musiciens se rendent à l'orchestre à cinq heures moins un quart en\nété, à cinq heures en hiver, pour la symphonie, qui se fera à cinq heures pré-\ncises en été, à cinq heures et quart en hiver;\n3° Ceux qui seront empêchés pourront envoyer un remplaçant, pourvu\nqu'il soit capable ;\n4° Lorsqu'il viendra quelque prince ou princesse du sang, ils ne commen-\nceront qu'à leur arrivée ;\n5° Ils ne s'absenteront pas de l'orchestre pendant la représentation ;\n6° Ils se trouveront aux répétitions générales des divertissements nouveaux\nindiquées par le maître des ballets ;\n7° Ils paraîtront sur le théâtre dans les représentations des Précieuses, du\nGrondeur, du Galant Jardinier, etc. , sans recevoir de rétribution extraordi-\nnaire ;\nb° Chaque contravention sera punie d'une amende de 3 livres, perçue par le\npremier semainier en exercice.\nLes places seront données, au concours, à la supériorité des talents et non\nà la protection. Le chef d'orchestre sera responsable de toute musique appar-\ntenant aux comédiens *, on lui en donnera tous les ans un nouvel état, et il\nen délivrera chaque fois un récépissé.\nL'orchestre et les appointemens sont arrêtés comme il suit :\nBranche 600 livres. '\nDupré 650\nMadron 500 ■\nBécare 500 I\nPatoir 400 ! '\nPerin 500 ) livres.\nPisset 400\nDescombles 400\nBlondeau 400\nChartier 400 /\nCe sont deux musiciens à 400 livres de moins qu'au budget de ijsy,.\n\nseront îemeiciés. Branche est changé « du détail total » de l'orchestre ; il aura\n500 livres d'appointements et 100 livres pour les répétitions, lesquelles 100 livres\nlui seront supprimées si les ballets le sont (c'était l'affaire dont nous avens parlé, qu\nétait alors en suspens). (Arch. Com.-Fr.)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.35", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDe Mouhy reproduit, à la date du 21 avril 1759, un ordre, dont nous\nn'avons pas retrouvé l'original à la Comédie, du duc d'Aumont, fixant\nl'orchestre à six violons, parmi lesquels le répétiteur, deux haut-\nbois, trois violoncelles, une basse, et prescrivant de servir une pension\nde 200 livres à trois musiciens qui sont mis à la retraite (1). Mais ces\ndispositions ne durent pas longtemps, car, en 1 760, l'almanach Duchesne\nsignale, en plus, un cor de chasse et un timbalier. Cette même année,\nselon le registre des dépenses, Vestris est maître des ballets et premier\ndanseur, avec 3,000 livres par an; les figurants ont 3, 4et 500 liv.; en\n(1) Pour ne pas interrompre le fil de notre récit, nous reproduirons en note des\nArrangements-pour les ballets que fit le duc d'Aumont le icr juillet 1759,'et que nous\navons retrouvés, dans un registre des délibérations, aux Archives de la Comédie.\nART. PREMIER. Le sieur Hus sera engagé, en qualité de maître des ballets, pour\nledit composer, jusqu'à Pâques prochain, sur le pied de i,500 livres d'appointe-\nmens, qui lui sont accordés, ainsy qu'aux sieurs Tavalaigo et La Rivière, pour\ndanser les ballets du sieur Hus.\nART. 2.— Il sera fait un état double des habits composant actuellement le magazin\npour la danse, en marge duquel le maître des ballets fera mention des habits qu'il\nfera faire ou dénaturer, en indiquant l'usage qui en aura été fait; il ajoutera aussi au\nbas de l'état les habits neufs qu'il aura fait faire.\nART 3. Il lui sera remis un état des fonds employés jusqu'à ce jour tant pour\nle payement des appointemens que pour les autres dépenses du ballet, et le restant\ndesdits fonds, jusqu'à la concurrence de 25,000 livres, sera mis tous les mois à part\npar le caissier pour être employé au payement des appointemens et autres dépenses.\n$\nART. 4. Les mémoires des différents fournisseurs seront arrêtés par le maître\ndes ballets et payés en suitte par le caissier sur l'ordre du sieur Bellecour.\nART. 5. Le caissier payera les appointemens des danseurs et danseuses sur l'état\nqui luy en sera remis par le maître des ballets, qui aura soin de le prévenir des\nchangemens qui pourront survenir et des amendes à retenir.\nART. G. Le maître des ballets pourra prendre à l'avenir et renvoyer lesdits dan-\nseurs et danseuses à sa volonté, et sera le maître de régler leurs appointemens, à\nl'exception de ceux des sieurs Tavalaigo et La Rivière et des sieurs Allart et Gui-\nmart, lesquels seront soumis, comme les autres, aux amendes portées par le règle-\nment qui sera fait, mais qui ne pourront être renvoyés que par notre ordre.\nART. 7. Les danseurs et danseuses actuellement engagés se soumettront au rè-\nglement qui sera fait et le signeront.\nART. 8. Le sieur Hus ne pourra porter la dépense des ballets que jusqu'à ia\nsomme de 25,000 livres, y compris ce qui a été dépensé jusqu'à présent\nART. g. Il sera obligé de mettre deux ballets nouveaux toutes les semaines, soit\nballets séparés, soit divertissemens attachés aux pièces.\nLE DUC D'AUMONT."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.36", "texte": "LA MUSIQUE A LA COMÉDIE-FRANÇAISE\n\ntout : 7,300 livres. Mademoiselle Allard, première danseuse, a 3,200 li-\nvres; mademoiselle Guimard, seconde, r,500 liv. ; les figurants, 350 et\n300 liv.; en tout : 13,700 liv. Total : 21,000 liv.\nEn 1764, le personnel est : un maître des un premier danseur,\nneuf figurants, un répétiteur, deux surnuméraires, un enfant, une pre-\nmière danseuse , huit figurantes, cinq surnuméraires, trois enfants ;\ntotal : 32 ; quatre premiers violons, quatre seconds, deux hautbois et\nflûte, deux cor et timbale, trois violoncelles, un basson, une contre-\nbasse, un alto ; total : 18 (1). En 1766, d'après les registres du théâtre,\nles appointements des symphonistes montent à 9,750 liv.; ceux des dan-\nseurs et danseuses, à i 5,300 liv.; les frais d'habits des ballets, à 7,500\nlivres ; total : 32,5501 iv. A la nouvelle salle (Odéon actuel), qui est plus\nvaste, ce personnel est encore augmenté : il comprend 36 personnes pour\nla danse et 3o instrumentistes. En 1792, la danse est restée la même;\nl'orchestre comprend 34 musiciens.\nA la reconstitution de la Comédie-Française, les ballets furent aban-\ndonnés ; l'orchestre se composa de : six premiers violons, six seconds,\ndeux alto et timbale, quatre basses, deux basson et flûte, deux contre-\nbasses (une première, une deuxième), un premier cor, un second, et deux\nviolons surnuméraires; total : 28 exécutants. En 1815 : un chef d'or-\nchestre, huit violons, trois basses, deux quinte et timbale, deux contre-\nbasses, deux basson et flûte, deux clarinettes, deux cors et six surnumé-\nraires ; total : 28. En iB3o : un chef d'orchestre, trois premiers violons,\nquatre seconds, deux quintes, deux basses, deux contre-basses, une flûte,\ndeux clarinettes, deux bassons, deux cors; total : 21. En dernier lieu, il\nn'y avait plus que dix-huit à vingt exécutants.\nOn a vu que les comédiens accordaient aux musiciens des pensions de\nretraite; mais cette concession était purement bénévole. En 1765, ils\neurent un procès avec Branche, qu'ils avaient employé de 1754 à 1764.\nIl était entré comme premier violon à 400 liv., puis il avait été mis à 600\nlivres. Quand il voulut se retirer, 011 lui offrit 650 liv. pour le retenir.\n\n(1) L'orchestre avait été réglé de la sorte par an ordre des Premiers Gentilshommes\ndu :e,i avril 1764 que nous voyons cité dans le règlement pour les employés et ga-\ngistes de 1769, mais que nous avons cherché vainement aux Archives du théâtre et\naux Archives Nationales. Comparer, pour la synonymie des noms d'instruments, le\ntexte de l'Almanach avec celui du règlement. Notons cependant une différence : en\n1 f 69, il n'est parlé ni de flûte ni de timbale."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.37", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nIl les refusa et fit, en justice, la demande d'une pension. Inutile de dire\nqu'il en fut débouté. L'on trouve plusieurs passages relatifs à cette\naffaire dans le Registre des délibérations du Conseil, 1766-1791.\nLe 25 février 1768,, les comédiens régitnt, en comité, que les musi-\nciens ne pourront faire entrer personne à l'orchestre, si ce n'est pour les\nremplacer, et que le premier violon ne pourra donner que deux billets,\nsignés de lui, pour les mêmes places. Mais il paraît que le rédacteur s'é-\ntait trompé, car, le 21 mai suivant, il est déclaré que les billets doivent\nêtre signés du semainier. En outre, comme on se plaignait que les musi-\nciens dérangeassent les spectateurs par le bruit qu'ils faisaient en entrant\net en sortant sans cesse, on décide qu'on fera fermer la communication\nde l'orchestre sous le parquet, que les musiciens n'entreront plus que\npar la porte du milieu (au-dessous du souffleur), et que le premier vio-\nlon leur enjoindra de ne pas sortir pendant le spectacle, à peine de 3 liv\nd'amende.\n(La fin prochainement.}\n\nJULES BONNASSIES."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.38", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nCONCERTS-POPULAIRES : Fragments du Stabat de M. Bourgault-Ducoudray. Neuvième\nSymphonie de Beethoven. CIRQUE D'ETÉ : Audition de la Passion de Jean-Sé-\nbastien Bach. CONCERT DANBÉ : Stabat de madame de Grand val. CONCERTS DE\nM. LOPEZ. —DE MADEMOISELLE MARIE SECRETAIN, —DE MADAME RO'NZI,— DE M. AL-\nBERT SOWINSKI, DE MADAME PAULINE BOUTIN.\nONCERTS'POPULAIRES. c( Pasques, jour saint, veut\nautre poésie, » comme a dit Clément Marot. Aussi,\nM. Pasdeloup, M. Danbé et M* Lamoureux nous ont-\nils tous trois donné des Concerts spirituels. La nou-\nveauté que M. Pasdeloup a présentée à son public est\ncelle de quelques fragments de la première partie du\nStabat de M. Bourgault-Ducoudray. Ce qui distingue ce Stabat de tous\nles autres, c'est le caractère particulièrement sombre et lugubre dont son\nauteur l'a empreint, et je ne crois pas que ni dans celui de la liturgie, ni\ndans les trois plus célèbres connus, ceux de Pergolese, de Haydn et de\nRossini, la douleur ait atteint des accents aussi déchirants. L'accable-\nment se peint dans l'introduction :« Stabat Matera, et le désespoir dans\nle chœur : « Quis est homo » et dans le duo : « Quis non posset. » On\nse sent comme respirant sous un ciel de plomb. Il est à regretter que\nl'exécution se soit bornée à ces courts fragments, car les chœurs : ce Fac\nut ardeat » et « Fac ut animœ donetur », que je cite entre autres,, dia-\nprés la partition, eussent un peu allégé le sentiment d'oppression que les\npremiers morceaux avaient fait éprouver."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.39", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDans la Neuvième Symphonie de Beethoven, les chœurs ont irrépro-\nchablement chanté, ainsi que les solistes, Devriès et\nArmandi, et MM. Gailhard et Vergnet. Trois fragments du Stabat de\nRossini ont aussi valu de longs applaudissements à ces mêmes artistes.\nLes Concerts-Populaires sont fermés jusqu'au mois d'octobre pro-\nchain ; et depuis le mois de décembre 1873, date des premiers comptes\nrendus de concerts dans la Chronique musicale, M. Pasdeloup ale mé-\nrite d'avoir lait connaître, si je ne me trompe, douze œuvres nouvelles\nou inédites, qui sont : une Symphonie brève, de Th. Gouvy ; une Sym-\nphonie en si bémol, de Niels Gade ; l'ouverture des Piccolomini, de\nV. d'lndy; une suite d'orchestre, de Ten Brink; l'ouverture de Phèdre,\nde Massenet; Patrie, de Bizet; une Ouverture de concert, de Gui-\nraud ; des Esquisses symphoniques, de madame de Grandval ; une Ou-\nverture symphonique, de Salvayre; la Symphonie en ut majeur, de\nSchumann ; Madeleine au désert, de Reyer; enfin, le Stabat de Bour-\ngault-Ducoudray.\nHenry Cohen.\nCIRQUE D ETÉ. Audition de la Passion, selon saint Mathieu.\nFidèle à son amour des résurrections musicales, M. Lamoureux nous a\nconviés à l'audition de la Passion de Jean-Sébastien Bach. Cet oratorio,\n%\nqui fut exécuté pour la première fois à Leipzig, le Vendredi-Saint de\n1729, ne fut plus repris que cent ans plus tard, et était à peine connu en\nFrance, malgré l'exécution de quelques fragments qu'en fit M. Pasde-\nloup en 1868. Cette fois-ci, c'est la plus grande partie de l'ouvrage qui\nvient d'être chantée, et, quelle que soit la beauté, quel que soit le mérite\nmusical ou dramatique de la Passion, il faut le constater, cette œuvre\nn'a point excité la profonde admiration qu'avait fait naître l'audi-\ntion du Messie. Je n'en veux pour témoins que la satisfaction et l'allége-\nment que le public a paru éprouver lorsque, la Passion étant terminée,\nles artistes se sont remis en place pour l'exécution de quatre morceaux\ndu Messie, et les vifs applaudissements qui les ont accueillis. Mais tâ-\nchons de nous rendre compte du peu d'effet qu'a produit la Passion.\nM. Lamoureux est toujours l'excellent chef d'orchestre que l'on sait ;\nses chœurs ont chanté avec la même précision et la même intelligence mu-\nsicales que d'habitude; les solistes, MM. Auguez, Vergnet, Couturier,\nDufriche et Miquel, et mesdemoiselles Arnaud, Armandi et Puisais\nont tous rivalisé de zèle et de talent, et cependant le public est resté"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.40", "texte": "froid. C'est que l'instrumentation est terne, et l'harmonie souvent dure.\nLes mélodies ne sont pas toujours assez rhythmées, l'ensemble enfin est\nmonotone. Ensuite, le genie de l'oratorio en général et de celui-ci en\nparticulier, mi-parti histoire racontée et entrée en scène du personnage,\ns'il a pu paraître très beau il y a cent cinquante ans, est d'un effet glacial\naujouid hui. Ainsi, le texte dans la partition porte « Judas prit la parole\naprès ces mots et dit : Est-ce moi, maître ? Il ( Jésus j répondit :\nToi-même. » Or, comment Bach a-t-il mis ce récitatif en musique? L'é-\nvangéliste récite : « Judas prit la parole après ces mots et dit... » Ici Ju-\ndas vient pour dire . « Est-ce moi maître? » L'évangéliste reprend : « Il\nrépondit... » et Jésus paraît pour dire : « Toi-même. » Et, depuis le com-\nmencement jusqu'à la fin de l'oratorio, le récitatif est toujours coupé de\nla même façon.\nLes morceaux qui ont le plus produit d'effet sont : l'introduction, où\nles deux chœurs qui chantent simultanément pendant tout l'ouvrage\nsont parfaitement distincts, 1 air Le remords, » chante par mademoi-\nselle Armandi, l'air. « Cœur sacré, » chanté par mademoiselle Arnaud ;\nl'air de ténor, avec hautbois obligé, « Auprès de Jésus, » chanté par\nM. Vergnet et accompagné par M. Lalliet; la plupart des chorals, et\nenfin le duo des deux femmes, qui se termine par un choeur vigoureux,\net qui seul, dans toute lu Passion, a provoque d'unanimes applaudis-\nsements.\nM. Bannelier, le traducteur de cet oratorio, a cru bien laire en le tra-\nduisant en prose. Je ne puis partager son opinion. La langue française\nexige impérieusement le rhythme et la meme quand des paroles se\nchantent.\nH. C.\nCONCERTS DANBÉ. En écoutant le Stabat de, madame de Grand-\nval, je faisais cette observation très curieuse, étant appliquée à de la mu-\nsique composée par une femme , que la partie la mieux réussie est la\npaitie symphonique, qui est la plus abstraite, Ensuite viennent les\nchœurs. Les morceaux où les voix sont traitées en solo sont ceux qui\nont le moins satisfait le public. On ne peut certainement refuser à ma-\ndame de Grandval ni 1 imagination ni la mélodie; mais il semblerait que\n1 esprit de la musique vocale (si je puis m'exprimer ainsi) soit moins\ndéveloppé chez elle que Y esprit de la musique instrumentale. Ainsi, Fin»\ntroduction symphonique du Stabat est noble et chantante, ainsi que le\n\n!V.\nREVUE DES CONCERTS\n6"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.41", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nsont les ritournelles de tous les versets, et les chœurs sont à eft>wt. Celui\nnotamment qui commence le Pro peccatis est d'un très beau caractère,\net le chœur final est brillant; mais, quant aux solos, j'aurais de la peine\nà en citer, sauf l'air Juxta crucem, qui est mélodieux et expressif, et a\nété parfaitement chanté par madame Trélat, et le quatuor qui fait par-\ntie de Flnflammatus, et qu'a relevé du reste le splendide soprano de\nmadame de Caters. En somme, le Stabat de madame de Grand val est\nune œuvre de valeur, qui dénote de sérieuses études, et qu'il 11 était pas\ndonné au premier venu de composer.\nH. C.\nCONCERT DE M. LOPEZ. M. Lopez, connu comme ténor de beau-\ncoup de talent, s'est révélé à son concert co.nme compositeur sérieux. Il\ny a fait entendre, outre une jolie chanson espagnole, chantée par made-\nmoiselle Vestri, et un boléro en duo, chanté par lui-même et M. De-\nbassini, des fragments d'une messe solennelle, parmi lesquels le Sanc-\ntus est un chœur d'une grande beaujté, et le Benedictus un trio très re-\nmarquable, qui a été chanté par mesdames de Lagrange, Brunet-Latleur\net Fournier-Louis. On a beaucoup applaudi également un trio poui tiois\nténors, de M. Alary, intitulé : le Serment des Horaces.\nh\nCONCERT DE MADEMOISELLE MARIE SECRETAIN, —Cette éminente pia-\nniste, la meilleure peut-être de toutes les élèves de M. Henri Herz, a joué\nà son concert trois fantaisies de sa composition , sur la Fille du régi-\nment, Mignon et Faust. Cette dernière, la plus remarquable des trois,\navait été déjà entendue à son concert de l'année dernière ; mais made-\nmoiselle Secretain y a fait des changements très considéiables, qui en\nfont un morceau de concert des plus brillants et des mieux iéussiss\nH. C>\nCONCERT DE MADAME RONZI. Salle Lemoin— Je n'ai point à faire\nici l'éloge d'artistes de la trempe de madame Ronzi, et de MM. Gardoni,\nDelle Sedie, Scalese et Bonnehee. lout 1 intérêt du concert se repoitait\nsur la jeune et .sympathique tille de la bénéficiaire, mademoiselle José-"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.42", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nphine Ronzi, dont c'était le premier début en public. Sa voix n'est pas\nencore bien forte, mais elle est pleine de charme. Douée d'un grand\nsentiment musical, elle vocalise en outre très bien; et,soit qu'elle chante\nen italien ou en français, qu'elle prononce comme une Française,\non reconnaît toujours en elle les traditions de la belle école italienne.\nSon plus grand succès a été dans l'air des Bijoux de Faust t 1 dans le duo\nde 1 Ehsir d'amore, où elle a rivalisé de verve avec l'excellent bouffe\nScalese, et reçu une véritable ovation.\nM. Lack est un jeune pianiste d'un très grand talent, et la charmante\net si originale artiste mademoiselle Marie Dumas a parfaitement joué\nune scène d Edouard Stell, intitulée « Une Tempête sous un cache-\npeigne. »\nH. C.\nCONCERT DE M. ALBERT SOWINSKI. M. Sowinski, ce vétéran du\npiano qui, depuis quarante-cinq ans, est toujours sur la brèche, a donné\nson concert, le 20 mars, dans la salle Herz. Dans l'impossibilité de\npouvoir rendre compte de tous les nombreux morceaux qui y entraient,\nje me bornerai à citer parmi ceux de sa composition un Nonetto, dont le\npublic a particulièrement applaudi le beau et chaleureux andante en air\nvarié, le Carillon de Notre-Dame de Clérjr, fantaisie fort originale, et\nun duo espagnol, chanté avec un ensemble parfait par les deux char-\nmantes mesdemoiselles Waldteufel.\nMademoiselle Nyon de la Source a chanté l'air des Puritani, pas tout\nà fait peut-être dans le vrai style italien, mais avec beaucoup de grâce, et\nla très difficile Leçon de chant du Rossignol, de madame Eugénie Gar-\ncia. La Société chorale de TOdéon, dans laquelle j'ai remarqué une belle\nvoix de vraie haute-contre, a fort bien rendu les Gais Musiciens, de\nKucken, et la Noce au village, de Laurent de Rillé. M. Sowinski a\ntrop donné de preuves d'un véritable talent dans sa longue carrière mu-\nsicale pour s'offenser si je viens lui dire que, dans son chœur la Vapeur1\nil n a pas bien saisi le genre de l'Orphéon. Pour y réussir, il faut cher-\ncher de certaines combinaisons et de certains effets que je ni\nne désapprouve, mais que je constate, et que comprennent admirable-\nment MM. de Rillé, Ernest Boulanger, Kucken et d'autres.\nM. Lebouc a exécuté une jolie fantaisie de sa composition sur les airs\nde Schubert. M. Des Roseaux a, comme toujours, obtenu un succès de\nfou rire, et l'accompagnateur, M. Lowenthal, a été excellent; mais, à"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmon grand regret, l'heure avancée ne m'a pas permis d'assister à l'opéra-\ncomique de M. F. Thomé, qui devait être chanté par deux des meilleurs\nélèves du Conservatoire, mademoiselle Marcus et M. Taskin.\nCONCERT DE MADAME PAULINE BOU Madame Pauline Boutin\njeune et très jolie femme, possède un soprano élevé d'une grande fraî-\ncheur. Elle a bien vocalisé l'air de et chanté d'une\nmanière irréprochable le duo de Crispino avec cet excellent Mercuriali,\ndont la place au Théâtre-Italien est toujours vacante. Madame Four-\nnier-Louis a dit avec brio le rôle de Maddalena dans le quatuor de\nRigoletto, et M. Lopez a su se faire bisser dans une chanson espagnole\nde sa composition. La jeune et éminente pianiste mademoiselle Berthe\nMarx et M. Lowenthal ont tous deux eu beaucoup de succès, ainsi que\nM. Alterman sur le violon et M. Toby sur l'orgue.\nAu même concert a été chanté l'air de la Jetons\ndessus un voile noir.\n\nH. C."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.44", "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nBOUFFES-PARISIENS: Les Parisiennes, opérette en quatre actes, paroles de MM. J. Moi-\nnaux et Koning, musique de M. L. Yasseur. CHATELET : La Belle au bois dor-\nmant, opéra-féerie en quatre actes, paroles de MM. Clairville et Busnach, musique\nde M. LitolfF. FOLIES-DRAMATIQUES : La Belle Bourbonnaise, opéra-comique\nen trois actes, paroles MM. E. Dubreuil et H. Chabrillat, musique de\nM. Gœdès.\nOUFFES-PARISIENS. LES PARISIENNES, Mardi\n3o mars. Les espérances que la direction des\nBouffes - Parisiens fondait sur les Parisiennes se\nsont évanouies comme la rosée du matin. Arri-\nvée devant le public, la pièce et la musique ont\nsombré.\nIl faut convenir que les marins qui montaient les Parisiennes n'ont\nrien ménagé pour faire échouer la frêle nef qui les portait, eux et leur\nfortune. MM. Jules Moinaux et Koning, les auteurs du livret, avaient la\nprétention de nous montrer la vie parisienne sous trois faces : le demi-\nmonde., le monde bourgeois et le monde. Un jeune prince étranger, suivi\nde son consul, était le guide qu'ils avaient choisi pour nous conduire\ndans la salle à manger de Blanche de Velours, dans la boutique de\nValérie Commercy, et dans le salon de la Duchesse, au faubourg Saint-\nGermain. Ils ont étrangement forcé la note, et singulièrement noirci le\ntableau des mœurs de la capitale. Leur demi-monde est du ressort de\nParent-Duchâtelet. Leurs bourgeois sont de la famille de Jocrisse. Leur\ngrand monde est de la société de M. Choufleuri. Ils n'ont tiré aucun\nprofit de ces exagérations devant des spectateurs très édifiés sur le véri-\ntable caractère des existences parisiennes, par l'expérience qu'ils en ont"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.45", "texte": "LA. CHRONIQUE MUSICALE\n\nd'abord, et par les charmantes fantaisies inscrites au grand-livre de\nla Vie parisienne, par Meilhac et Halévy, par Gustave Droz et\nGondinet.\nSi j'ajoute que le style de MM. Moinaux et Koning fait pendant àla\nbanalité de leur scénario, que leurs mots ont blanchi sous le harnois du\ntemps, que leurs scènes sont mal coupées, mal amenées et mal dévelop-\npées, vous aurez une idée complète du libretto des Parisiennes. Depuis\nle Borgne de M. Loyau de Lacy à TAmbigu-Comique, on n'avait rien\nvu qui fût plus lamentable et plus fastidieux. Depuis la démolition des\nFunambules et du Petit-Lazari, de tabarinique mémoire, on n'avait\nrien ouï qui se rapprochât plus de la littérature foraine. « J'entends nos\ninvités qui montent les escaliers, » ainsi s'exprime le domestique de\nBlanche de Velours, « Les voitures des invités de madame la duchesse\ncommencent à arriver dans la cour, » ainsi parlent les valets de la\nduchesse du noble faubourg. La Parisienne y est traitée quelque part de\ncouleuvre en bottines. L'image a paru un peu forte à ceux qui connais-\nsent l'organisation des reptiles et la constitution des dames de Paris. Je\nsais bien qu'un romancier célèbre terminait un jour un feuilleton par\ncette phrase épique : « Sa main était froide et glacée comme celle d'un\nserpent, » mais cette autorité peut-être déclinée. Quand l'imagination\nfertile de MM. Jules Moinaux et Koning se trouve à court de saillies,\nelle a recours à ses souvenirs, et campe en plein dialogue la réplique\nsuivante, textuellement empruntée àHenry Monnier : « Vous n'êtes point\nM; Frbmageot? Non, répond-on, mais j'ai toujours désiré l'être.»\nLe public ne s'est pas laissé prendre à ces divers subterfuges, et a verte-\nment sifflé les Parisiennes. On affirme que la section du troisième acte\na été opérée en entier, et que la pièce en est d'autant plus allégée :je\nveux bien le croire, mais je doute que ce moyen violent sauve le patient,\nqui est bien malade, bien malade.\nLa musique des Parisiennes est de M. Léon Vasseur, le signataire de\nla Timbale d'argent. Elle a ressenti le contre-coup des orages qu'a sus-\ncités la prose de MM. Moinaux et Koning, et, bien que je l'aie écoutée\nde mon mieux, au milieu des rires titaniques qui éclataient dans la\nsalle à chaque instant, j'avoue qu'elle m'a paru aussi froide et aussi\nmonotone que le livret, avec la prétention en plus.\nJ'ai noté, au premier acte, après l'ouverture, qui est d'une faiblesse\nextrême, un chœur dialogué dépourvu de caractère; les couplets de Nina-\nCaprice au public; un trio mal écrit; un duo d'où s'évade péniblement\nun petit mouvement de valse assez coquet; un chœur de consuls, traité\nen imitation de fugue ; et le même petit mouvement ternaire arrangé en"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.46", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nfinale. Le second acte vaut mieux. Il contient un assez joli trio, avec un\neffet persistant sur les syllabes « oh! yes ! » ; les couplets des Pari-\nsiennes> chantés par madame Peschard ; enfin, la chanson de l'Auver-\ngnate :\nFaut d: la discrétion\nDans la profession...\négalement bien tournée par le musicien et bien détaillée par Judic.\nOn bisse, au troisième acte, les couplets du Pifferaro. Au quatrième,\nqui est absolument vide, on ne bisse pas la chanson du Dragon du roi,\net les couplets de la vicomtesse Cazadorès.\nC'est madame Judic qui a sauvé la pièce du naufrage instantané. C'est\nelle qui la maintiendra pendant quelques représentations encore sur\nl'affiche des Bouffes. Elle- est demeurée chanteuse pleine de charme, et\ns'est hissée, petit à petit, au ton de la comédie dans les six déguisements\nsous lesquels elle se montre.\nCHATELET. LA BELLE AU BOIS DORMANT.—Samedi 4 AVRIL.\nMM. Clairville et Busnach ont mis leur nez dans le conte de la Belle\nau bois dormant, du regretté Perrault, pour en extraire une féerie. Ils\ny auraient cherché des truffes qu'ils n'auraient pas mis plus d'acharne-\nment à bouleverser le gracieux récit de nos grand'mères. Finalement,\naprès bien des entorses infligées à l'intrigue du naïf historien, ils ont\naccouché d'une pièce bâtarde, tenant le milieu entre la féerie et 1 opéra,\nsans avoir aucune qualité requise par chaque genre. Je jette par-dessus\nbord la part de culpabilité qui incombe aux librettistes dans la confec-\ntion de la Belle au bois dormant, pour passer plus vite aux nombreux\ngriefs que j'ai contre l'auteur de la partition, M. Litolff.\nAprès la Boîte de Pandore et Héloïse et Abélard, les deux opérettes\nde ce compositeur représentées aux Folies-Dramatiques, on ne pouvait\ndécemment avoir foi en lui comme compositeur bouffe. On attribuait\ncette infériorité tant à la nature vulgaire des sujets sur lesquels il avait-\nécrit sa musique, qu'au genre peu relevé auquel ces sujets appartenaient\npar eux-mêmes. On y avait remarqué, dans le chant, une certaine ten-\ndance à la mélopée, et, dans l'orchestre, un coloris qui indiquait une\ngrande habileté de manipulation instrumentale. Il semblait donc qu'un\nopéra féerie, confinant au drame fantastique d'une part, et tenant de l'autre\nà la rêverie symphonique, eût fourni à cette organisation incomplète, et\nqui n'a jamais brillé par le plan et le développement de l'idée, un cadre\noù elle eût pu se mouvoir plus à l'aise."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa désillusion a été grande. Je cherche en vain dans la musique de la\nBelle au bois dormant le charme de l'idée et le prestige de la forme.\nL'ouverture est conçue'dans le goût des mauvaises compositions de Schu-\nmann : je veux dire que le sens n'en est pas saisissable. L'instrumenta-\ntion y est papillotante, et la batterie qui frappe à coups redoublés sur les\ndernières mesures tente inutilement d'en dissimuler la pauvreté. Le\nprologue, avec sa prière et son chœur de fées, console un peu de ce pé-\nnible début. L'ariette de Nérida : Dans cent ans, comme tout change àla\nronde, et les couplets d'entrée de la princesse Sylvéa tombent en loques.\nIls sont jetés dans le moule banal où Litolff précipite indifféremment\ntous ses couplets. Décidément, l'art du couplet est d'essence toute fran-\nçaise et non autre. Ceux que l'enchanteur Abaldaman, déguisé en pèle-\nrin, commence dans la coulisse, et qui sont accompagnés par une imita-\ntion d'orgue, ont quelque couleur. Le duo qui suit :\nC'est un conte du bon vieux temps,\nBon pour amuser les enfants,\ndénonce outrageusement l'incapacité du compositeur en matière d'ex-\npression vocale. Tous les morceaux concertants de la partition sont\naffligés du même vice organique. Il n'y a pas un finale qui soit conçu\nselon la règle dramatique.\nLe second acte est préférable au premier. L'introduction en est ani-\nmée. Le chœur des batteurs de blé : Youp,youp, gens du village, tra-\nvaillons et chantons ! est sonore et d'un style facile. Il a été bissé. Les\ncouplets de Coquelicot : Berger Cupidon , finis donc, la romance du\nténor, la ballade de la fée Azoline et la ronde finale sont de piètres ins-\npirations. Le troisième acte, qui est très chargé, renferme un air\nd'Abaldaman, précédé d'un court récitatif, un chœur d'Esprits, bruyant\net absconse, un trio entre Abaldaman et les deux diablesses, qui con-\ntient une assez jolie phrase : Me voilà, je suis prête, la chanson du Bri-\nquet, un quintette à l'italienne (école Petrella), et le ballet. La chanson\ndu Briquet, à trois voix, ade la tournure. Le troisième motif en est fort\njoli, et je regrette que le refrain :\nZim, %im, cela ne va guères,\nZim, %im, cela ne va pas!\nen soit si commun. Il est bissé d'acclamation. Le quintette se développe\npéniblement faute de moelle mélodique. On entend, dans le ballet, une\nmarche des Gardes, une valse, qui manque de franchise, où j'ai perçu de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.48", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\njolis de violons sur une pédale de pistons, et enfin un galop\nfinal qui apu plaire à quelques habitués de bals publics. Le qua-\ntrième acte est faible parmi les faibles. Aussi s'est-on fâché tout rouge\nquand M. Litolff est venu sur la scène quémander une ovation, escorté\nd'un régisseur.\nMademoiselle Mélanie Reboux, ancienne pensionnaire de l'Opéra et\ndes Folies-Dramatiques, a créé le rôle de la princesse Sylvéa qu'elle a\nchanté avec ce que les déhanchements de l'opérette lui ont laissé de bon\ndans la voix. A ses côtés, Paola Marié représente la suivante Nérida.\nM. Réné Julien, un baryton que j'ai vu autrefois à l'Opéra-Comique\ndans l'exempt du Pré-aux-Clercs, s'est chargé les épaules du rôle\nimportant de l'enchanteur Abaldaman. On eût pu l'en exempter. Le\nténorino Laurent est supportable, et le trial Guillot assez gai.\nNous avons retrouvé, à la tête de l'orchestre du Châtelet, M. Cons-\ntantin, qui a dirigé autrefois celui de l'Athénée et celui de la Renaissance.\nIl mérite tous nos éloges pour l'intelligence et la fermeté qu'il apporte à\nses fonctions. On répand de toutes parts le bruit que M. Hostein veut\ntransformer le Châtelet en théâtre lyrique, C'est là une tentative difficile,\ntéméraire même, dans laquelle nous le soutiendrons de toutes nos forces\ndu jour où il apportera un soin plus scrupuleux dans le choix de ses\npartitions et de ses artistes.\nFOLIES-DRAMATIQUES. LA BELLE BOURBONNAISE. Samedi N\navril. A l'ombre d'une tonnelle d'auberge, à l'enseigne du Soleil\nd'or, sur le quai de la Ferraille et dans un charmant décor du vieux\nParis, le sergent Brindamour et le baron de Cotignac vident gaîment\nune bouteille de bourgogne. Mais sous leurs saillies gauloises se cachent\nde graves préoccupations. Brindamour est à la recherche d'un fifre pour\nle régiment des gardes françaises. Cotignac attend l'arrivée du coche du\nBourbonnais, d'où doit descendre Manon, dite la Belle Bourbonnaise,\nque le ministère Choiseul, dont il est l'agent, a comploté de donner pour\nrivale à la Dubarry auprès du roi Louis XV. Il advient que Manon, la\nvraie Belle Bourbonnaise, est enlevée en route par Grison, un diplomate\nà la solde de la Dubarry. Il ne reste plus en pâture à Cotignac qu'une\ncertaine'Billette, une Bourbonnaise amie de Manon, qu'il enrôle sous la\nbannière du parti Choiseul et qu'il emmène à Trianon pour la présenter\nau roi comme la Belle Bourbonnaise. Dans l'intervalle, Biaise, l'amou-\nreux de Manon, est racolé par Brindamour, qui l'engage en qualité de\nfifre au régiment des gardes françaises. Voilà le coche du Bourbonnais\nlivré à tous les orages de la politique."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLorsque Cotignac, fier de son intrigue, arrive à Trianonavec Billette,\nqui trouve-t-ii installés avant lui dans le château ? Grison et .Manon,\ncette dernière gagnée par l'agent de la Dubarry à la cause de la maî-\ntresse du roi. Usant et abusant de sa ressemblance avec la Dubarry,\nManon déjoue les manoeuvres de Cotignac, et le menace de la Bastille.\nLe pauvre baron, fou de désespoir, s'enfuit dans la forêt de Saint-Ger-\nmain, où il erre à l'aventure pendant des journées. Billette, démasquée\npar la vraie Belle Bourbonnaise, avoue sa faute. Biaise, qui est venu\navec son régiment prendre la garde à Trianon, perd la tête en recon-\nnaissant Manon sous le toquet de velours de la Dubarry, et déserte.\nEnfin, au troisième acte, nous retrouvons tous nos personnages à la fête\ndes Loges. Manon, grassement payée par la Dubarry, fait partager sa\nfortune à Billette, à Biaise et à tout le coche du Bourbonnais. Cotignac,\nen perdant la partie, recouvre la raison, ce qui est bien une compensa-\ntion. .. et ainsi finit le livret d'opéra-comique écrit par MM. Ernest\nDubreuil et Henri Chabrillat pour la scène des Folies-Dramatiques.\nL'intrigue de la Belle Bourbonnaise, que j'ai réduite à sa plus simple\nexpression pour l'intelligence des rôles, est loin d'être aussi claire qu'elle\nle paraît dans ce canevas. Elle est, au contraire, assez confuse, et j'ai eu\ngrand'peine à en suivre le fil. Le mal, toutefois, n'est pas irréparable,\net je crois que par des coupures et des raccords adroits on peut y porter\ndès aujourd'hui remède.\nL'idée première de la Belle Bourbonnaises, été inspirée à MM. Ernest\nDubreuil et Chabrillat par le célèbre vaudeville ainsi intitulé. La chan-\nson de la Belle Bourbonnaise était primitivement une sorte de charivari-\naubade dirigée, on ne sait par qui, contre une courtisane d'origine bour-\nbonnaise sans doute, et tombée dans la misère, après avoir ébloui de son\nluxe et la cour et la ville :\nDans Paris la grand,'ville,\nGarçons, femmes et-filles,\nGarçons, femmes et filles,\nOnt tous le cœur débile,\nEt poussent des hélas!\nAh ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah !\nLa belle Bourbonnaise,\nLa maîtresse de Biaise,\nEst bien mal à son aise ;\nElle est sur an grabat, (On rit.)\nEst bien mal à son aise,\nElle est sur un grabat."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.50", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nCe refrain gouailleur était devenu rapidement populaire. Lors de l'élé-\nvation de la Dubarry au poste (c'était un poste) de favorite de LouisXV,\nle dpc de Choiseul, qui la détestait profondément, ressuscita la Belle\nBourbonnaise, qui, appliquée à la Dubarry, obtint une nouvelle vogue.\nBientôt même, l'allusion ne paraissant plus assez transparente aux\nennemis de la comtesse, on inventa la Nouvelle Bourbonnaise, infini-\nment plus directe et plus licencieuse que l'ancienne. Le cas de la Belle\nBourbonnaise a souvent été mis au théâtre. En 1839, à ces mêmes\nFolies-Dramatiques où elle revit depuis quelques jours, la fameuse\nchanson eut un regain de succès, par la bouche de l'acteur Heuzey, qui\nla mimait à miracle.\nSur le libretto qui lui a été fourni, M. Cœdès a brodé une musique\nqui en rachète bien des défauts. J'ai déjà dit aux lecteurs de Y Evénement\nce que je pensais du talent de M Cœdès, et, au moment de donner mon\nopinion à mes confidents ordinaires de la Chronique musicale, je ne\nvois rien à retrancher du jugement que j'ai porté sur lui le lendemain\nde la première représentation de la Belle Bourbonnaise.\nM. Cœdès est, avant tout, un musicien de souche gauloise : son rire\nest très franc : il a la verdeur et la rondeur, ces deux pôles de la gaieté\nfrançaise. Sa mélodie n'est pas toujours suffisamment développée. Il est\ntourmenté de la soif des rhythmes, auxquels il sacrifie volontiers les\nautres qualités du chant. Mais il possède une intuition très vive de la\ncouleur et de l'à-propos. On sent qu'il a vécu dans l'intimité de nos\nvieux maîtres français, auxquels il tend furtivement la main par derrière,\ntout en lançant une œillade aux modernes par devant, et dans ces deux\nactes contradictoires il reste toujours de bonne foi, ce qui est rare. Son\norchestration est encore un peu lourde, un peu sourde. Il n'a pas encore\nsu en dégager la facture élégante et distinguée que réclame l'opéra-\ncomique (car la Belle Bourbonnaise n'est point une opérette), et de ce\ncôté il y a bien des réserves à faire. Tout se sauve par cette verve fami-\nlière qu'on appelle communément le diable au corps.\nLe premier motif de l'ouverture de la Belle Bourbonnaise est un\ningénieux rappel de l'ancien vaudeville. J'aime beaucoup aussi l'intro-\nduction du premier acte, avec sa discrète sonnerie de cloches. Le chœur\nde la Patrouille ; les couplets de Brindamour : Le régiment prend le\nservice ; le chœur de l'Arrivée du coche et les couplets de Billerte, tous\nmorceaux applaudis, ne valent pas, à mon sens, Ventrée symphonique\nde Grison, et le joli duo entre Billette et Cotignac :\nJe suis un haut baron ;\nCotignac est mon nom."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.51", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nMais la pièce capitale de l'acte est le chœur des Métiers, à quatre\nparties, dont la reprise en contre-point fleuri a provoqué une brillante\novation. Les choristes ont dû tout recommencer. De ces quatre motifs,\nles plus intéressants m'ont paru le premier, celui dts gardes françaises,\net le troisième, celui des maraîchères, ponctué par les pizzicati des vio-\nlons. Il est fâcheux que les ténors, se trouvant infiniment plus nom-\nbreux que les basses, aient rompu, pour leur compte, l'équilibre néces-\nsaire à l'harmonie de la reprise. Ce chœur produirait plus d'effet encore\nsi Ton pouvait porter remède à cette disproportion dans la balance\ndes voix.\nJe n'ai pas le loisir d'analyser en particulier, et selon Tordre de la\ntable thématique, tous les morceaux de cette partition touffue. Je signa-\nlerai comme étant écrit dans le plus pur style Pompadour tout le com-\nmencement du second acte jusqu'au chœur des Bergers-trumeaux\ninclusivement. On a bissé chaleureusement les couplets de l'abbé\nCamerlet :\nMadame Dubarry, tu tomberas,\nTu danseras, tu sauteras!\nsur le rhythme ternaire. L'effet en est irrésistible. Le quintette, chanté\nsur un motif de vieille allemande ; la marche des Gardes, relevée parle\nfifre solo ; le menuet et le divertissement des bergers forment un tableau\nspirituellement pastiché de la musique du siècle.\nAu troisième acte, qui est moins bien venu que les précédents, j'ai\nremarqué un chœur d'introduction plein de mouvement : les couplets\niV, i, ni, c'est fini! et d'autres couplets, coupés d'éclats de rire, qu'on a\nvoulu entendre deux fois.\nLe succès de la Belle Bourbonnaise est incontestablement dû au com-\npositeur, d'ailleurs bien secondé par une mise en scène qui révèle un\ngrand goût chez M. Cantin, et par une bonne interprétation.\nOn a vu avec plaisir le vieux Sainte-Foy, qui joue Cotignac, ainsi\nque Milher, qui a des jeux de physionomie uniques. M. Raoult, échappé\nde rOpéra-Comique, s'est fait bisser deux morceaux. Mesdemoiselles\nDesclozas et Tassilly, deux Bourbonnaises carrées par la base, ont tou-\njours réjoui nos yeux et quelquefois nos oreilles.\n\nARTHUR HEULHARD."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.52", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nE ministre de l'instruction publique et des beaux-arts\nvient d'autoriser le Conservatoire de musique de Lyon,\nfondé en 1872, par M. Mangin, l'ancien chef d'orchestre\ndu Théâtre-Lyrique, à prendre pour sous-titre : « Suc-\ncursale du Conservatoire de Paris. » Cette décision sera\nfavorablement accueillie par tous ceux qui connaissent\nles efforts que fait M. Mangin pour la propagation de la\nbonne musique à Lyon.\nLe même ministère vient d'accorder un encouragement de 400 fr. à la\nSociété de musique de chambre dirigée par M. Camille Lelong. C est une li-\nbéralité administrative qui ne pouvait recevoir une meilleure destination.\nLe docteur Mandl inaugure le lundi 20 avril, à quatre heures, au Con-\nservatoire de musique, un cours public sur l'hygiène de la voix.\nCe cours continuera les lundis suivants, à la même heure.\nOn a vendu, à l'hôtel Drouot, les costumes, décors et matériel de ce\npauvre théâtre de l'Athénée qui, malgré les efforts et le zèle de plusieurs di-\nrecteurs, n'a pas pu parvenir encore à attirer le public.\nIl y avait là les décors de la de l'Emir, de Y Alibi, de la Fcinchonnette,\nde Raphaël, des Rendez-Vous galants, du Déserteur, de Madame Turlupin,\ndu Bijou perdu, etc., ainsi qu'un grand nombre de costumes à peu près neufs .\ncar ils n'avaient servi, hélas ! que pour un petit nombre de représentations.\nCette vente avait été fixée au Vendredi-Saint, parce que ce jour-là tous les\ndirecteurs des théâtres de province se trouvent à Paris, la semaine de Pâques\nétant consacrée aux engagements des artistes.\nMalgré ce concours de circonstances favorables, malgré de nombreuses\naffiches et des annonces insérées dans plusieurs journaux, cette vente a misé-\nrablement échoué.\nCependant les costumes d'hommes et de femmes, au nombre de trois cent\ndix, ont produit une somme de 5,200 fr.; mais les décors de onze pièces, que"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nles experts avaient estimés près de 6,000 francs, ont été adjugés à différentes\npersonnes pour des prix excessivement réduits, représentant le total dérisoire\nde neuf cents francs !\nCinq ou six partitions, des objets dits accessoires, quelques meubles et un\ncoffre-fort ayant peu servi, ont complété cette vente, dont l'ensemble a pro-\nduit 9,600 francs !\nM. Catulle Mendès s'occupe à tirer du roman de Gustave Flaubert\nSalammbô le livret d'un opéra en cinq actes , dont M. Ernest Reyer doit\nécrire la musique.\nLa troisième édition des Mélodies de Léopold Dauphin, avec eau-forte de\nBenassit, vient de paraître ; elle comprend la Chanson de Printemps et la\nJeune Femme mourante, de Léon Charly, et Ma mie Annette, de H. Murger.\nOn ne saurait rien voir de plus coquet ni de plus artistique.\n♦\nIl est très question de l'engagement en Russie de l'excellent chef d'or-\nchestre que les Italiens ont laissé engager à Covent-Garden, le maestro\nVianesi.\nOn travaille beaucoup au nouvel Opéra, qu'on espère terminer pour la\nfin de Tannée.\nLe Journal officiel a publié l'avis suivant :\n« Le public est prévenu que, dans l'intérêt des travaux urgents qui s'exécu-\ntent actuellement au nouvel Opéra, toutes les visites du chantier sont et de-\nmeurent rigoureusement interdites.\n« Il ne pourra, sous aucun prétexte, être dérogé à cette mesure indispensable\nà la marche rapide des opérations, et toute demande de visite devra dès lors\nêtre considérée comme non avenue. »\nLe succès de la Belle Bourbonnaise s'affirme aux Folies-Dramatiques.\nLa partition a été achetée par M. Leduc, éditeur, moyennant i5,000fr.,\npayables : 6,000 fr. le jour de la première, 6,000 fr. à la cinquantième et\n3,000 fr. à la centième.\nLe marché a été conclu entre M. Cantin et l'éditeur , car le directeur des\nFolies-Dramatiques a passé avec M. Cœdès un traité par lequel ce dernier lui\ncède ses cinq-premières partitions, moyennant un maximum de 12,000 fr.\nchacune.\nAu cas ou M. Cantin n'estimerait pas que l'œuvre fût appelée à un grand\nsuccès, ii s'est réservé le droit de n'en pas faire l'acquisition; mais quelque\nprix qu'en offre un éditeur, il a toujours la faculté de demander la préférence\nà prix égal.\nCetteclause n'apas eu son application, car/a Belle Bourbonnaise a été payée\n12,000 fr. aux auteurs par M. Cantin, qui l'a revendue 15,000 à M. Leduc."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.54", "texte": "VARIA\n\nNOUVELLES\n\nARTS. Opéra. Aujourd'hui I 5 avril, dernière représentation de\nmademoiselle Fidès Devriès dans Hamlet. L'engagement de la char-\nmante cantatrice expire à cette date, et elle annonce l'intention\nbien formelle de renoncer au théâtre. On sait que mademoiselle\nDevriès se marie avec M. Adler, le célèbre dentiste.\nM. Halanzier yient de signer deux engagements : celui de mademoiselle\nBelval, que M. Strakosch a consenti à lui céder, et avec laquelle le directeur\nde l'Opéra espère combler le vide laissé par le départ de mademoiselle De-\nvriès; et celui de M. Vergnet, le jeune ténor dont la belle voix a été remar-\nquée cet hiver aux concerts Pasdeloup. Mademoiselle Belval débutera dans\nle rôle de Marguerite des Huguenots.\nMademoiselle Fouquet fera prochainement son début à l'Opéra dans le\nrôle de Mathilde, de Guillaume Tell.\nMademoiselle Krauss ne débutera pas à l'Opéra dans un ouvrage\nnouveau.\nElle a choisi le rôle de Valentine des Huguenots, et il est probable que la\nreprise de ce chef-d'œuvre inaugurera la nouvelle salle.\nItaliens.*— M. Gye, directeur du théâtre de Covent-Garden, a autorisé,\nsur la demande de M. Strakosch, mademoiselle de Belocca à rester au\nThéâtre-Italien jusqu'à la fin de la saison. Mademoiselle de Belocca se rendra\nà Londres le 10 mai et chantera à Covent-Garden pour la première fois dans\nla représentation de gala qui sera offerte à l'empereur de Russie.\nOpéra-Comique. —■ Sous peu, reprise à l'Opéra-Comique de Joeonde.\nParmi les nouveautés que M. Du Locle compte nous donner, citons un opéra-\ncomique en un acte, dont les paroles sont de M. Gondinet et la musique de\nM. Gouzien.\nMentionnons également le Bravo, pièce en trois actes, paroles de M. Emile\nBlavet, et musique de M. Salvayre, jeune compositeur qui obtint le prix de\nRome en 1872.\nSans compter Carmen, l'Escadron volant de la Reine et quelques autres\nouvrages reçus par M. de Leuven avant son départ.\nLe baryton Melchissédec, qui, depuis sa sortie du Conservatoire, ap-\npartient à l'Opéra-Comique, et qui avait songé un moment à embrasser la\ncarrière italienne, vient de renouveler son engagement avec M. Du Locle."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740415-01.1.55", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nPropriétaire-Gérant : QdcI^THUcli HEULH^^D.\nPans. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette, 61»\n\nChdtelet. M. Hostein doit monter auChâtelet Dimitri, l'opéra de notre\nconfrère V. Joncières, de la Liberté. A propos de ce théâtre, le bruit court\nque MM. Ph. Herz et Desgranges en deviendraient propriétaires au ier sep-\ntembre.\nBouffes-Parisiens. Il est question de l'engagement, aux Bouffes-Pari-\nsiens, de la troupe lyrique de laGaîté, qui n'a plus son emploi depuis la fin du\ntraité qui la mettait à la disposition du directeur de la Renaissance. Elle se\ncompose de mesdames Dartaux, Théo, Laurence Grivot, de MM. Bonnet,\nDaubray, Habay, etc. Si cette combinaison se réalise, les Bouffes ne ferme-\nront pas de l'été.\nPorte-Saint-Martin. —Le Pied de mouton succédera immédiatement aux\nDeux Orphelines, dans un ou deux mois.\nLe Don Juan de Casimir Delavigne est à l'étude, mais pour une époque\nencore indéterminée.\nFolie s-Dramatique s. Hier, M. Cantin a signé un nouveau traité avec\nles auteurs de la Belle Bourbonnaise, MM. Cœdès, Dubreuil et Chabrillat,\nqui se sont engagés à fournir pour l'hiver prochain aux Folies-Dramatiques\nun opéra-bouffe en trois actes, ayant pour titre : May eux.\nLe rôle de Mayeux est destiné à Milher.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}