{"numero_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_sha256": "02a517cfbfb12ae84796dfde6ff94264f532f1d9fa24f3778b5b901497e0f331", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1874/05/01_01/bmtnabc_1874-05-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1874/05/01_01/bmtnabc_1874-05-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c001", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[97]", "page_fin": "103", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.1", "titre_corps": "HISTOIRE DE QUELQUES CONTES BLEUS", "titre_sommaire": "HISTOIRE DE QUELQUES CONTES BLEUS", "signature_source": "CHARLES DEULIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[97]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.1", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "HISTOIRE\nDE\nQUELQUES CONTES BLEUS\n\nOA oArthur\nous m avez tait l'amitié de me demander,\nmon cher Heulhard, comment m'était venue,\nà moi critique de théâtre, l'idée d'écrire les\npetits contes auxquels le public paraît ac-\ncorder en ce moment une bienveillante atten-\ntion. L'histoire est assez singulière et, comme\nelle touche par un certain côté à la musique,\nje vais vous la dire aussi brièvement que\npossible.\nIl y a quelque quinze ans, j'alignais force rimes à Condé-sur-I'Escaut,\nécrivant des chansons après avoir essayé d'écrire des romans en vers.\nUn jour, un vieil ouvrier mineur me conta l'aventure, arrivée au temps"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "jadis, d'un fermier qui, cherchant un homme juste pour en faire le\nparrain de son fils, ne trouva que la Mort, et tenta ensuite de corrompre\nl'impartial Faucheur, pour qu'à l'heure suprême ce dernier remît de\nl'huile dans sa lampe et prolongeât ainsi l'existence de son compère.\nLe récit me parut original, et j'en fis une chanson que j'envoyai, par\nl'intermédiaire d'un ami commun, à M. Membrée, mon compatriote.\nM. Membrée ne daigna même pas me répondre; mais Darcier, le chan-\nteur populaire, se montra plus indulgent et, sans en connaître l'auteur,\nmit la chose en musique de façon à ne me laisser aucun regret.\nQuelque temps après, je vins à Paris, où je devins le beau-frère de\nM. Francisque Sarcey. Mon beau-frère commençait alors à écrire dans\nle Figaro et, comme il habitait la campagne, il m'avait confié le soin\nd'aller au journal corriger ses épreuves. Sur son conseil, j'avais jeté mes\nvers au feu et, tout en donnant des leçons pour vivre, je m'exerçais au\nmétier de journaliste.\nUn matin, au bureau du journal, comme j'avais fini ma besogne ou\nplutôt celle de mon beau-frère, je tirai un article de ma poche et je l'offris\ntimidement à M. Bourdin,, avec prière de le remettre à M; de Ville-\nmessant. Tous les rédacteurs présents éclatèrent de rire.\nÇa ne pouvait manquer, dit mon ami Noriac. Voilà un brave garçon\nqu'on accueillait ici sans défiance, et, patatras ! parce que son beau-frère\na suivi l'exemple funeste de son ami About, il se croit forcé à son tour\nd'imiter son beau-frère.\nD'où étes-vous? me demanda Bourdin, qui était doux aux débu-\ntants, et qu'avez-vous publié jusqu'à présent?\n—Je suis de Condé en Flandre et j'ai publié chez Vieillot une\nchanson, avec musique de Darcier.\nLes éclats de rire redoublèrent.\nEst-ce que par hasard cette chanson serait le Compère de la\nMort? reprit Bourdin.\nC'est cela même... Mais comment savez-vous ?...\nDarcier nous l'a chantée l'autre soir en petit comité. Si votre prose\nn'est pas inférieure à vos vers, vous pouvez regarder votre article comme\nreçu. C'est égal, vous n'êtes pas du tout l'homme que je me figurais en\nécoutant votre Compère. Je m'attendais à voir un gros bonhomme\njoufflu....\nle maigre, le tonneau de bière et la perche à houblon, le Flamand et le\nFlandrin...\nSavez-vous ce qu'il faut faire? Mettez-moi votre chanson en prose"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.3", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "et tirez-en un conte fantastique. .Te vous le publierai dans un journal\nque je fonde en ce moment, et qui s'appellera le\nJe n'ai pas besoin de vous dire, mon cher Heulhard, avec quelle\nchaleur je remerciai cet excellent Bourdin. Le malheur, c'est qu'au\nmoment où j'opérais la transformation demandée mon beau-frère se\nbrouilla avec le Figaro,et je ne crus pas pouvoir décemment continuer\nd'écrire dans une feuille qui 1 'éreintaità la journée.\nJe portai le Compère de la Mort au Il y fut bien\naccueilli, et même on lui fit l'honneur de confier à Morin, le dessinateur\noriginal, la tâche de l'illustrer ; mais là encore le diable entra dans mon\njeu."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "pour les dessins que d'orner de dessins des légendes fantastiques. Ce mal-\nheureux conte, avec les cinq ou six bois qui 1 ne tombait\njamais bien en page. Il encombrait le journal et j'ai vu le moment,\nterrible pour un cœur de père, où l'on allait être force d en couper un\nbon tiers. Il finit pourtant par paraître en deux fois, et c'est alors que\nMorin me proposa de me conduire dans une maison où mes enfants ne\ncourraient plus le risque d'être mutilés.\nAvant de le suivre, laissez-moi, mon cher ami, vous conter un détail\nqui vous intéresse plus particulièrement. Lorsque le Compère de la\nMort était encore à l'état de chanson, je le fis lire un jour à M. Edmond\nAbout et lui dis qu'il y avait là un sujet de pièce. M. About haussa les\népaules et me répondit qu'il y voyait seulement, dans le tableau des\nlampes, un motif de décoration. Or, deux ans après, le théâtre de l'Am-\nbigu jouait l'Ange de minuit,drame en six actes par MM. Théodore\nBarrière et Edouard Plouvier, qui met en scène à peu près la même\ndonnée. L'un des auteurs, Edouard Plouvier, m'a affirmé qu'il ne s'é-\ntait pas servi du conte flamand, et je le crois sans peine. Leur drame\nsemble plutôt avoir pris son origine dans la version allemande, que j'ai\nconnue plus tard et qui m'a fourni le point de départ du\nMort.\nMais voici qui est plus curieux. Au moment où M. About haussait\nsi dédaigneusement les épaules, l'œuvre dramatique que je rêvais n'était\nplus à faire. Elle avait été écrite huit ans auparavant pour le théâtre\nBenedetto à Venise, sous le titre de Crispino e la Comare, melo'\ndramma fantastico-giocoso, par Luigi et Federico Ricci. Sept ans plus\ntard, on la représentait à Paris sur le Théâtre-Italien. L'auteur du\nlibretto, M. Piave, l'avait emprunté à une farce intitulée le Savetier\nmédecin et la Mort,qui, au dix-huitième siècle, faisait la joie du peuple\nnapolitain.\nAurai-je l'air, mon cher ami, de prêcher pour mon saint, si je vous\nconfie entre nous que la version flamande me parait mieux construite et\nd'une tout autre portée philosophique et morale que la version italienne?\nQu'est-ce, en effet, que le Crispino L'histoire d'un pauvre\nsavetier perdu de dettes qui va se jeter dans son puits, quand une femme\nvêtue de noir en sort tout à coup et lui donne un moyen infaillible de\ndevenir un médecin renommé. L'ex-savetier fait des cures incroyables\net l'emporte sur tous ses rivaux; bientôt son cœur se gonfle de vanité, il\ndevient méchant, et, comme sa bienfaitrice veut le ramener à la raison,\nil l'envoie au diable. Ils y vont ensemble. Dans l'empire de la Mort,\nCrispin est pris d'une terreur salutaire. La lui montre, en un"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.5", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1258, "texte": "tableau magique, sa femme et ses amis attristés et priant pour lui. Il\nfait amende honorable et en est quitte pour la peur.\nCombien le héros flamand est plus original! Tant que son intérêt est\nde trouver un homme juste, personne à ses yeux n'a la conscience\nassez nette. L'éternel Faucheur, qui fr\\ ppe également les jeunes et les\nvieux, les riches et les pauvres, est le seul qui lui offre des garanties suf-\nfisantes. A peine l'a-t-il choisi comme parrain de son fils que sa curio-\nsité s'allume. Il veut savoir comment son compère peut connaître l'heure\noù il doit frapper chaque mortel. Celui-ci le mène à son grand lampa-\ndaire. Le brave homme s'aperçoit alors que sa lampe est près de s'étein-\ndre; il prie son compère d'y remettre un peu d'huile : le bon Dieu n'y\nverra que du feu ! Il n'a pas plutôt découvert le Juste par excellence que,\nson intérêt changeant, il cherche à le corrompre! Montrez-moi dans le\nthéâtre ancien et moderne beaucoup d'idées qui atteignent à une pareille\nprotondeur comique.\nJe reviens à mes contes. Encouragé par le succès du Compère, je fouil-\nlai ma mémoire et celle de mes amis d'enfance, notamment de M. Alexan-\ndre Favier, de Douai, à qui j'ai dédié mon Roi Cambrinus.it fis mieux :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "l'été venu, je pris le bâton des frères Grimm et j'allai interroger les pay-\nsans du Nord de la France et du Midi de la Belgique. Je rapportai de\nmes excursions une gerbe de contes que M. Lahure, à qui Morin\nm'avait présenté, publia dans le Journal pour tous et la Semaine des\nenfants.\nPar malheur car nous ne sommes pas, hélas !au bout de nos peines,\nl'une de ces feuilles était dirigée par un vieux bonhomme dont j'ai\noublié le nom, et qui s'obstinait à corriger le patois rouchi dont, selon\nlui, je déshonorais les colonnes de son journal. Est-ce lui qui dégoûta\nM. Lahurede mes contes? Il me fut bientôt impossible d'en faire passer\nun seul.\nJ'allai partout offrir ceux qui me restaient. Personne n'en voulut, pas\nmême mon beau-frère, qui était alors rédacteur en chef du Journal litté~\nraire. M. Lahure se décida enfin à les publier, et, croyant avoir de quoi\nformer un volume, je fis sans plus de succès une tournée chez les édi-\nteurs.\nLa maison Hachette aurait peut-être accepté mon recueil pour sa\nBibliothèque rose, mais il eût fallu le dépatoiser; malgré la charmante\npréface qu'il a écrite pour le Perrault de Gustave Doré, Hetzel n'avait\nplus aucune confiance dans les contes; Michel Lévy ne voulut même pas\nentendre parler des miens. Je les jetai au fond d'un tiroir, en attendant\ndes jours meilleurs.\nUn soir que nous sortions ensemble de l'Opéra, mon ami Albert de\nLasalle me confia que, sur le simple énoncé du titre, il avait le jour même\nplacé chez Lacroix et Verboeckhoven un volume intitulé : Dictionnaire\nde la musique appliquée à Vamour. Lasalle oubliait d'ajouter que son\nnom était bien aussi pour quelque chose dans le succès de cette affaire\nsi rapidement conclue ; mais le lendemain, en m'éveillant, je m'imposai la\nconsigne de ne point sortir de mon lit que je n'eusse trouvé le mot ma-\ngique qui devait m'ouvrir la porte de la caverne enchantée. Jusqu'alors\nj'avais présenté mes historiettes sous le titre de Contes d'un bon Flamand;\nune demi-heure après, je m'arrêtais à celui-ci : Contes d'un buveur de\nbière, qui ne pouvait manquer de plaire à un éditeur belge.\nJe me rendis droit à la librairie Lacroix, dont le chef pour le moment\nétait à Bruxelles. Son représentant, M. Lequeux, grâces lui soient ren-\ndues ! accepta mon volume et le fit, non sans peine, accepter àM. La-\ncroix, qui n'en voulait à aucun prix.\nSix mois après, le volume parut et obtint un succès qui dépassa toutes\nmes espérances. La presse me traita avec une extrême indulgence, Sainte-\nBeuve m'écrivit pour m'encourager, et la Revue des Deux-Mondes me"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.7", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "fit des ouvertures. J.-J. Weiss, qui dirigeait alors le Journal de Paris,\nme demanda, de son côté, si je ne donnerais pas une suite à ce premier\nrecueil, m'offrant de la publier dans son journal.\nJe possédais à peu près la matière de cette seconde série, mais elle\nn'était pas inédite. Voici comment : j'avais pris naïvement, comme type\nde mon livre à faire, certaine édition compacte de la maison Hachette, et,\nle livre fait, il m'était resté environ les deux tiers d'un volume. Je pré-\nvins Weiss de cette circonstance, en lui annonçant que mon intention\nétait de retravailler ces contes à fond. Il voulut bien pour ce motif les\nregarder comme de la copie vierge, et ces mêmes contes qui, au Journal\npour tous, m'avaient été payés au prix modique de cinq centimes la\nligne, m'en rapportèrent vingt-cinq au Journal de Paris. Gaston de\nSaint-Valry m'offrit les mêmes conditions pour la Patrie, et les deux\njournaux se partagèrent ainsi la matière du volume qui, écrit depuis\nplus de dix ans, a paru ces jours-ci chez Dentu sous le titre de Contes du\nroi Cambrinus.\nVoilà, mon cher ami, l'histoire de mes contes bleus, et, comme à toute\nhistoire nous avons la manie, nous autres Français, de coudre une\nmoralité, elle prouvera avec votre permission que, si chez nous il faut\nquelque talent pour arriver au plus modeste résultat, il faut encore plus\nde patience et de ténacité.\nA vous,\n\nCHARLES DEULIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c004", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "99", "page_fin": "99", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.1.3", "titre_corps": "Au Monde illustré, l'habitude est bien plutôt d'écrire des légendes", "titre_sommaire": "Au Monde illustré, l'habitude est bien plutôt d'écrire des légendes", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.3", "debut_caractere": 685, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "Au Monde illustré, l'habitude est bien plutôt d'écrire des légendes"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c007", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "104", "page_fin": "109", "image_debut": 8, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.2", "titre_corps": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "titre_sommaire": "L'HISTOIRE EN CHANSONS", "signature_source": "J.-B. WEKERLIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "(0\nI 873\natrie, chœur pour voix d'hommes, par A. Lamothe.\nLes Cocardiers, P. Mérigot et V. Boullard.\nLes Voix de la plaine, J. Chocas et Ch. Liébeau ,\non pourrait ajouter : « Par un poète qui n aime pas\nles coups de fusil. * Les Immortels, Ch. Cauche\net Novelli. La Muse française, J. Peigneaux\net L. Chelu. Le Père Victoire, L. Bourdot et E.. Ouvier.\nLa Veuve de l'officier,Meynier et F. Blanc.\nque, J. Marville et A. de Runs ; on y parle un peu de tout, d'Archi-\nmède, des Romains, de Jeanne Darc, de George Sand. de Lamartine,\nde l'électricité, de la liberté, de Gutenberg, de l'Égalité, de la Fra-\nternité, de Charolais, du suffrage universel, de V. Hugo, de Musset,\nde Manon Lescaut et de la Femme de feu.— de Jean\nSaint-Martin et A. Petit. Une M pour piano,\nmémoire de lEmpereur Napoléon 111, par Cail Chesneau. Les\nDernières Cartouches,A. Perreau et J. Jacob ; cette .pièce est dédiée au\npeintre A. de Neuville. Hymne national du matechal de î\\îae~\nMahon, Président de la République, E. de Lonlay et A. Deslandres.\nLe Chien de la vivandière,L. Gabillaud et Seigneur.\npar Clever de Maldigny. La Lyre J. Béor et L.-C. De-\nsormes. Pauvre Village,Théolier et Ch. Malo.\n\nL'HISTOIRE EN CHANSONS\n\n(1) Voir bs rvrn?ros d?s i 5 juillet, ier août 1873 et ler avril 1874."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "Pauvre village, où chaque mère prie\nA F heure sainte où sonne ï'Angélus.\nEn murmurant : Ils ne reviendront plus...\nTous nos enfants sont morts pour la Patrie !\nLe Réveil, chant d'espoir, Châtelain et J. Deschamps. Le Départ\npour Vannée nationale, Brueyreet Sézille.\nVoici le moment des pèlerinages : les cantiques affluent sous tous les\nformats. Nous enregistrons donc : A Notre-Dame de Lourdes, cantique\npopulaire par l'abbé Pierre-Paul Estellé. Cantate pour le Couronne-\nment de Notre-Dame d'Arcachon, i 5 juillet 1873, A. Audoin et E.-A.\nd'E.tcheverry ; hommage aux autorités religieuses, civiles, militaires et\nmaritimesd'Arcachon.., Le garde champêtre, le donneur d'eau bénite, le\nsacristain et les pioupious d'Arcachon ont dû être joliment touchés de\ncette dédicace, Litanies de la Délivrance, cantique à Notre-Dame de\nLourdes, paroles et musique du marquis d'lvry. Le Cri de la France\nchrétienne, anonyme. Cantique à Notre-Dame de la Garde, paroles\nd'un Marseillais, musique de J.-B. de Croze. Sous ta bannière, can-\ntique à Marie, l'abbé A. Larrieu. La France a Notre-Dame de\nLourdes, Aloys Kunc. Notre-Dame des Lumières, par les abbés\nGonnet et Thomas. Dieu le veut, chant national des pèlerins catholi-\nques, A. Kunc. Rome et la France, souvenir du pèlerinage\nnational de Paray-le-Monial, A. Kunc. —A Nostro-Damo de Lourdes,\ncantique en provençal, par J. Roumanille. Chant des pèlerins, Vau-\ndenay et Ch. Cordier. Cantique à Notre-Dame de Lourdes, E.-A.\nd'Etcheverry. Cantique en l'honneur de Notre-Dame de Lourdes,\nl'abbé Gonnet et M. de Pierpont.\nLa scène change; Paris est pavoisé pendant huit jours : ce sont huit\njours de fête, et les compositeurs pour ces sortes de spécialités dédient à\nl'envi des Marches à Nasser-Eddin :\nVive le schah de Perse !\nVive Nasser-Eddin !\nQue la gloire le berce\nDans Véternel jardin !\nL'a-t-elle réellement bercé dans l'éternel jardin? Qui pourrait nous\ndire cela? On n'en entend pas plus parler que des croix ornées de dia-\nmants qu'on s'attendait à voir pleuvoir sur les compositeurs de marches\nen l'honneur du schah."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "Minuit, de Pierre Dupont, est une poésie sur la colonne de Juillet, que\nl'auteur avait composée en iBso, musique de F. Boisson. Jacques\nBonhomme apprend à lire, J. Testa et A. Fournier. L'Armée\nd'Égypte, Th. Massiac et R. Planquette.— Aux Destins de la France,\nH. Dracy et L. Benza (avec une horrible lithographie), Les Flam-\nbeaux, Lachambaudie et Collignon. Les Soldats de Vavenir, paroles\net musique de Th. Touchard. —La République, M. Clever de Maldi-\ngny et M. S***. Dormeberceuse patriotique, L. Gabillaud, A. Du-\nchêne et J. Chabrut. Restons Gaulois, sur l'air de Serre\\ les rangs,\npar F.-G. —Du même F. G., Les Rois, hélas! ont envahi la France9\navec 16 couplets. L'Avenir, valse héroïque dédiée à madame la du-\nchesse de Lesignano par A.-P. Juliano; sur le frontispice le portrait de\nHenri V. Ils sont partis, chant national de délivrance, A. Queyriaux\net L. Keller, de Belfort (ne pns confondre avec le représentant de ce\nnom). A la France, paroles et musique de P. Schiller. Voilà ce\nque je veux, Jean Saint-Martin et A. Petit. A M. Thiers. Les\nCinq Milliards de la libération, grande polka patriotique, pour\npianoy par Emilia Delannoy. M. Thiers Ta-t-il dansée, cette polka?\nOn ne le dit pas. Le Portrait d'un père (mort à la guerre), J. Saint-\nMartin et A. Petit. —Le Grand Centenaire, H. Colomb et A. Petit.\nNos Petits Soldats, paroles et musique ds E. Lhuillier. Le Vaisseau\nde l'avenir, Ch. Sorbets et G. Lucas. La Délivrance, chœur patrioti-\nque à 4 voix d'hommes, A. Theuriet et A. Yung. Les Travailleurs,\nJ. Jacob. Le Départ de Tétranger, E. Poirson et Ed. Vicq. La\nSainte Alliance des peuples, Béranger et S. Pugno.— A bas les conqué-\nrants! F. Trémel et E. Kuhn :\nC'est pour les rois que vous livre% bataille,\nC'est pour servir leurs pactes odieux ;\nA ces voleurs, qui vous nomment canaille,\nDites-leur donc qu'ils se battent entreux.\nLibération, paroles et musique de Léon la Roue. Vox populi, aux\ndéputés ultramontains, paroles et musique de V. Clément :\nSaint Loyala, du haut de sa demeure\nDoit vous bénir, ô sages députés ;\nDes monts sacrés où l'esprit saint demeure/\nIl vous sourit, Lycurgues hébétés."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "Jésus disait dans une parabole :\n« Pauvres d'esprit vous monterez au ciel! »\nEh bien ! tout droit, j'en donne ma parole,\nVous monterez, saint homme Belcastel.\nOn y parle de Godefroy de Bouillon, de la pleibe (s/c), de Parav-le-\nMonial,du Tibre, du Vatican, du Rhin, et enfin des Usurpateurs des\nvieilles libertés; l'auteur s'en donne beaucoup... de libertés. Et on crie\ncontre les lois de la presse! Que faut-il donc encore lui permettre? C'est\nde la poésie de haut goût, modèle de noblesse, d'élévation, de clarté (???),\néblouissant de clarté :\nU Espagne enfin, trop longtemps avilie.\nSur vous, tyrans, porte ses coups mortels.\nTrembledemain peut-être Vltalie,\nSatrapes noirs, brisera vos autels,\nVoici un morceau d'une opinion complètement divergente ; le titre\net les notes explicatives sont longues, mais curieuses : Hymne au souve-\nrain Maître, pour le bonheur de la France et la prospérité de son roi,\narrangé par Signoret, auteur des paroles :\nDieu protège la France\nEt son roi qui s'avance.\nIl y a un nota bene : « On pourra chanter ce morceau sur l'air de\nVive Henri IV avec accompagnement de piana (c'est sans doute piano\nau pluriel) en prenant la cantate à monseigneur le comte de Chambord\nen bissant en plus le cinquième et le sixième vers des rimes féminines de\nchaque couplet... » Et il n'est pas dç l'Académie française! Buvons un\ncoup pour oublier tout ça, Patez et Liébeau. La Revanche à venir\n(à mon père), par A. Bonnave. Encore un futur membre de l'Académie\nqui aura de la peine à arriver :\nNous voulons voguer libres sous nos nobles armes,\nQue jamais VAllemagne ne pourra violer.\nNous finirons enfin de répandre des larmes,\nLes Gaulois, espérons, sauront tous vous dompter,"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "Gloire et LAherté, H. Ryon et L. Benza. A mon pays, paroles et\nmusique de G. Nadaud. Vercingétorix, Théolier et A. Pilati. La\nCabaretière de France, J. Fauque et J. Jacob. Les Chants héroïques,\nDuvert et L. Benza ; l'image représente une femme en chemise, mais\navec une cuirasse ; on laisse voir des jambes tout ce que la censure aura\npermis. Reviens à moi, France chérie, Victor de Méri de la Canor-\ngue et S. Reynaud. \"Ce n'est plus un chant républicain :\nEn te livrant à Vétranger,\nLa République t'a flétrie;\nJ'ai le pouvoir de te venger :\nReviens à moi, France chérie!\nNe touchons pas à ça, satire comique, Blondelet, Baumaine et E. Du-\nhem. Le Premier Grenadier de France, Villemer, Labarre et\nR. Planquette. Le Père Bon-Conseil, Baumaine, Blondelet et\nE. Duhem. L'Arbre du grand domaine, chant de la France, par\nL. Cassi.—Le Bon petit Vieux, Hugelmannet A. Louis. L'image repré-\nsente M. Thiers en blouse et en sabots. Les Libre-Penseurs, chant\ndémocratique, A. Du tertre et F. Trémel :\nTous les suppôts du sombre moyen dgj\nSe sont ligués au nom du crucifix ;\nAux affranchis de l'antique servage\nIls ont jeté leurs insolents défis.\nIl y a même défit s.\nDans le reste de ce chant démocratique, on continue de traiter avec la\nmême aménité ceux qui croient encore en Dieu et qui pratiquent ses lois;\nsur l'image il y a un monsieur qui a une vilaine figure, je ne sais pas qui\nc'est. L'Ère nouvelle, Harduin et Andréoli. Quelle lithographie,\noh! la lai Les Idoles, H. Ryon et L. Benza. Les Fils des\nchevaliers, Duvert et L. Benza. VEnfant de Paris, Villemer,\nDelormel et L. Benza. Cette pièce est traitée en mélodrame, c'est-à-\n--dire que le récit déclamé est accompagné en musique. Le Faterland,\nHymne guerrier au César germanique, en réponse à une chanson alle-\nmande intitulée : Deutsche Vaterland, J. Villemain et Carlo Baldi.Nous\nferons observera M. Villemain qu'il a mal copié, et qu'à coup sûr le\ntitre allemand était Deutsches Vaterland, ou bien encore : Das deutsche\nVaterland. Faterland ne se trouve dans aucune langue. —La Charrue,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "chant rustique, d'Évrard et Ch. Pourny. Quand on est France, on se\nrelève, A. Burion et Pilati. Après le combat, A. Hardy et E. Duhem.\nLe Noël des soldats, Villemer, Delormel et R. Planquette. La\nJeune Armée, P. Du vert et L. Benza.—- Notre Siècle, Sevray,, Legris et\nL. Benza.\nL'année 1873 se termine par quelques pièces en l'honneur de\nHenri V, moins pourtant la France et Dieu, qui est dédié au maréchal\nde Mac-Mahon par les auteurs Dulong de Rosnay et madame Yan'\nDargent. Puis vient : le Roi, cantate, poésie du comte riuguste de\nMontbron, musique du comte Joseph de Montbron. Mon Dieu, r:cn\nPays et mon Roi, paroles du vicomte de Lastic Saint-Jal, musique de\nmadame la baronne de Moriès (avec le portrait de Henri V). Les\nPlaintes de Philomèle à Chambord, polka-mazurka-mélodie, par\nmadame Adeline de Saint-Armand, dédiées au comte de Chambord. Le\ntitre donne la vue du château de Chambord. Echos de Frohsdorf ',\npar Ch. Ferlus, dédiés à madame la comtesse de Chambord. C'est une\nsimple valse au piano, avec le portrait de Henri V.\nIci s'arrête, pour 1873, le dépôt des pièces relatives aux événements,\net justifiant notre titre : l'Histoire en chansons.\n\nJ.-B. WEKERLIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c011", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "110", "page_fin": "116", "image_debut": 14, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.3", "titre_corps": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES", "titre_sommaire": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES", "signature_source": "PAUL FOUCHER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1181, "texte": "LES\nCANTATRICES DRAMATIQUES\n\n(I)\nIII\nMARIE MALIBRAN\nI\n'EST une tache plus que téméraire, et je ne l'aborde pas\nsans découragement, que de donner idée à la généra-\ntion actuelle de cette prodigieuse cantatrice qui brilla\net disparut comme 1111 éclair. Ana'yse-t-on une\n/\nflamme? Ecrit-on un météore?\nLa galerie que j'ai commencée serait pourtant in-\ncomplète si je n'inscrivais dans la série des Cantatrices dramatiques ci\nnom, encore aujourd'hui environné d'un prestige auquel tout a con-\ncouru : l'éclat irrésistible du génie séduisant et varié, une vie voyageuse,\nfantasque et poétique, qu'on pourrait appeler la féerie de l'aventure,\nun roman de cœur, mieux ennobli encore parce qu'il fut unique que ra-\ncheté parce qu'il se légitima, enfin une fin douloureusement prémati lée\nqui assombrit le monde entier et navra l'univers intelligent, comme une\nlugubre éclipse au ciel de l'art.\nDisons-le d'abord avec fierté : Marie Malibran était Française, pas\ntant par un hasard de naissance qui, en 1808, dans une halte sur la route\nde ses parents, deux talents nomades, la sema et la fit éclore à Paris, —-\n\n1) Voir les numéros des iér décembre iSy3, ier janvier et iol' février 1874.'"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.15", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "que par les préférences de son cœur. Elle écrivait de Milan, au baron\nPérignon, un an avant sa mort : « Hélas ! vous m'avez mis Peau àla\nbouche en me parlant de jouer à mon cher Paris. »\nNul doute que l'enfance de la Malibran n'ait été pénible et asservie.\nGarcia, son père, crut avec elle la rigueur nécessaire. Indulgent pour la\njeune sœur de Marie, il soutenait que la nature indomptable de cette\ndernière avait besoin d'un poignet de fer. On sait la légende de Desde-\nmona, menacée d'être réellement poignardée par Othello si elle n'était\n\"pas sublime : le génie ou la mort. —Tout se réduit, je crois, en réa-\nlité, à ce qu'un jour Garcia, n'ayant pas son kandjiar de théâtre, joua le\nMore avec un véritable poignard qui épouvanta Marié lorsqu'elle le vit\nluire ; mais l'effroi de Desdemona n'en était pas moins caractéristique.\nLes brutalités incontestées de Garcia ne lui aliénèrent point cependant\ntoujours l'amour, surtout la confiance, de sa fille; elle souffrait de ces\nviolences, mais elle sentait que c'était 1 initiation au triomphe, l'école\nardue d'une immortalité. Un jour, son père avait écrit pour elle un pas-\nsage musical,—- de ceux qu'on appelle casse-cou ; Marie essaie de l'exécu-\nter et dit : « Je ne puis pas.» Garcia s'allume, regarde sa fille, qui tremble,\net s'écrie : ((Je vais le faire! » Et elle vint à bout du trait, sans savoir\ncomment elle avait pu s;en tirer. «Le regard de mon père, disaiî-elle, a\nsur moi une telle influence qu'il me ferait sauter d'un cinquième étage\ndans la rue sans me faire mal. »\nLes plus vifs admirateurs des immenses et décisives qualités de la Mali-\nbran lui ont reproché eux-mêmes un peu de mauvais goût et parfois des\naudaces malheureuses. Elle dut sans doute ses défauts à son père, de même\nqu'il avait su développer en elle de prodigieuses facultés.\nA New-York, tout enfant, elle accompagnait Garcia dans des maisons\nparticulières, où elle chantait alternativement des Sant-Antons espa-\ngnols, des charades françaises, des morceaux italiens d'une folle bouffon-\nnerie , échappés à l'imagination un peu bohème du chef de la famille. Il\ny avait de ces compositions bizarres où Ton imitait le fracas de l'intérieur\nde la boutique d'un maréchal-ferrant et l'agitation d'une ville assiégée,\net Garcia faijait exécuter à sa jeune fille la partie imitative du canon.\nC'était un rôle musical de régisseur préposé aux bruits de coulisse\nque Garcia assignait à la future Norma, à la Ninetta de l'avenir.\nOn arrivait, du reste, à des résultats surprenants, comme discipline\nmusicale, dans cette famille terrorisée. « Pendant les exercices, » dit la\nBiographie universelle, à laquelle j'emprunte ces derniers détails\n« Garcia avait coutume de se mettre au piano et de frapper un accord\npour donner le ton ; après quoi, ses enfants, sa femme et lui chantaient le"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2707, "texte": "morceau tout entier, sans accompagnement; mais, quand il était fini,\nGarcia frappait un nouvel accord, et, à l'étonnement de tous les audi-\nteurs, les voix n'avaient pas dévié d'un quart de ton. »\nMadame Garcia, comédienne et poète surtout, composa les paroles de\nbeaucoup de morceaux exécutés par Marie. Espérons pour elle qu'elle\nne participa pas trop à de puériles excentricités qui n'empêchèrent\npoint la gracieuse enfant de donner, dès ce moment, des preuves écla-\ntantes de sa vocation. Un soir, en Amérique également, elle représen-\ntait l'enfant de Saffo, l'opéra de Pacini, sur une scène que dirigeait\nGarcia et où il conduisait lui-même l'orchestre. La prima-donna se\ntrouva enrouée. Ce fut la petite Marie qui entama bravement la cava-\ntine et s'en tira aux applaudissements enthousiastes du public stupéfait.\nMême fait est cité par M. Fétis à propos d'une représentation de 1 'Agnese:\nde Paër, à Naples, où, chargée également d'un rôle d'enfant, Marie se\nmit à chanter la partie d'Agnèse dans le duo du second acte. Elle avait\ncinq ans alors.\nTout en tremblant devant son père, Marie n'en sentait pas moins sa\npropre supériorité. Un jour, Garcia, mécontent de la façon dont elle\navait pris sa leçon, lui dit avec la brusquerie inhérente à ses habitudes :\n« Vous ne serez jamais qu'une mauvaise choriste. »\nAlors Marie n'a plus peur de son père, elle tressaille, se dresse, se\npose fièrement devant Garcia, comme si 1 enfant était déjà grande de\ntoute sa destinée future :\nCette mauvaise choriste, repart-elle, aura plus de talent que vous !\nCompositeur médiocre, auteur d'une Mort du Tasse, jouée sans suc-\ncès à l'Opéra-Français, salle Louvois, Garcia, bien que chanteur habile,\nmais abusant trop des fioritures, acteur énergique surtout, aura dû, le\nfait n'est pas contestable, à sa fille son plus beau titre de gloire. Avec un\ncaractère si emporté d'une part, de l'autre si prime-sautier, les brouilles\nfurent fréquentes, surtout lorsque Marie eut conquis enfin son indépen-\ndance. Leur réconciliation se produisit un jour sur la scène, à l'Opéra-\nItalien de Paris, dans des circonstances également honorables pour tous\ndeux. Ce fut l'enthousiasme d'un succès commun qui les rejeta dans les\nbras l'un de l'autre. Ils avaient été également sublimes dans le premier\nacte d'Otello, et lorsque cet acte finit, on vit soudain, avant que la toile\nfût descendue tout à fait, les pieds du More et de Desdemona se déplacer\nsimultanément et converger vers le même point de jonction. On rappela\nles deux grands artistes, et Marie reparaît, la figure encore barbouillée\nde l'embrassement de l'Atricain postiche.\nDe ses douleurs, de ses joies, de ses terreurs, Marie Malibran, comme"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2748, "texte": "toutes les artistes exceptionnellement douées, avait tiré parti pour son\nart. Un jour, au moment de ses plus grands succès, pendant qu'elle\nchantait la romance du Saule, son émotion s'échappait à la fois en notes\nsublimes et en larmes véritables qui ruisselaient sur ses joues. La com-\ntesse Merlin, qui nous a laissé un livre curieux : Loisirs d'une femme\ndu monde, tout rempli de la Malibran, était, ce soir-là, dans une loge,\nau-dessus de la scène et assistait de près à ce drame lyrique si réel.\nComment peux-tu si bien chanter en pleurant? lui dit la comtesse\nau sortir du spectacle ; comment l'émotion vraie de ta voix ne nuit-\nelle pas à son intonation, à la pureté du son ?\nJe n'ai pas pourtant fait d'étude pour cela, répondit la Malibran\npensive; mais, lorsque.j'étais enfant., je pleurais souvent en prenant ma\nleçon, et, comme j'avais une peur excessive que papa ne s'en aperçût, je\nme plaçais derrière lui et j'avais pris l'habitude insensiblement de maî-\ntriser le son de ma voix pendant que mes larmes coulaient.\nIl y a dans cet aveu, dont l'authenticité ne peut être méconnue, une\nbien triste confirmation des souffrances de l'enfance de Marie. Hélas !\nce douloureux noviciat devait être presque aussi long que la gloire fulgu-\nrante et si rapidement éteinte qui devait la payer à peine des épreuves\nd'une si douloureuse éducation.\nCette enfance fut aussi féconde qu'attristée. Chétive, mais indompta-\nble, Marie aimait les exercices périlleux : courir sur les toits, gravir les\nrochers. Elle demandait déjà à l'air libre, aux latitudes élevées, ces émo-\ntions qu'elle devait chercher dans l'art, dont le champ n'était pas ouvert\nencore pour elle. Il semblait qu'elle dévorât déjà l'avenir dans l'espace.\nNée de parents espagnols, visitant successivement la France, l'ltalie,\nles Etats-Unis, chaque nation lui apprenait au passage son langage, qui\nse gravait dans cette tête, moule universel où toutes les impressions\ns'utilisaient comme toutes les connaissances. Ses doigts, en se promenant\nsur le piano, en faisaient jaillir presque instinctivement les accords avant\nde s'y exercer en maître.\nElle n'avait pas quinze ans que, pour la première fois, elle se fît\nentendre au public à Paris sous les auspices de Rossini, qui allait faire\névanouir les vieilles mélopées de la déclamation lyrique de notre Opéra\nnational suranné, aux premiers accords du Siège de Corinthe et du\nMoïse francisé, précurseur de Guillaume Tell. Le maestro avait com-\nposé une cantate à quatre parties. Bordogni, Pellegrini, la comtesse\nMerlin tenaient trois des parties. Restait la quatrième. Rossini était dé-\nfiant et tremblait qu'un fiasco de salon n'annonçât mal le prophète nou-\nveau ailleurs qu'en son pays. Pour cette partie vacante, Garcia démasqua"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2592, "texte": "inopinément son eleve, encore inconnue. Chez elle les sons de poitrine\navaient alors la puissance qu'on a admirée depuis, mais le reste de la\nvoix était rude et voilé. Son succès fut grand pourtant.\nDès lors, le sillon était tracé. Marie alla, avec sa famille, débuter sur\nle King's Theatre, à Londres. Ici, un incident curieux. Elle devait\nchanter avec Vellutti Romeo e Giuletta de Zingarelli. A la répétition,\nVellutti, prévenu de la faculté prodigieuse d'assimilation spontanée de\nla fille de Garcia, se garde bien d'ajouter une seule fioriture à sa partie\ndu duo avec la débutante. Il ne lance ces fioritures que le soir ; mais,\nà l'instant même, en reprenant le motif, Giuletta les saisit au vol, se les\napproprie et les couronne par une foudroyante improvisation, aux accla-\nmations de la salle. A ce moment, elle sent une griffe de fer s'enfoncer\ndans son bras, et Vellutti, furieux, accompagne de 1 epithète de bricconna,\njetée à l'oreille de la jeune cantatrice, cette brutale vengeance.\nCette audace de Marie Garcia, si souvent heureuse, dégénérait, je l'ai\ndéjà dit, par exception, en mauvais goût, plus souvent en témérités au\nmoins discutables. Un jour, en Italie, la Malibran allait entrer en\nscène, revêtue du costume de Roméo. Elle essaie dans les coulisses un\ntrait d'une agilité surhumaine.\nSa belle-sœur, madame Eugénie Garcia, digne d'être sa sœur, était là.\nÉpouvantée, elle s'écrie :\nJ'espère, Marie, que tu ne vas pas faire ce trait-là! Il y a de quoi\nte briser la voix.\nMalheureuse, lui répond Marie , tu m'as perdue. Je le manquerai\nmaintenant.\nMarie entre en scène. Mais, comme une somnambule réveillée de son\nextase qui lui donne seule la confiance, elle manque le trait, et ce n'est\nqu'à force de présence d'esprit et d'art qu'elle supplée à cette défaillance\npassagère et redresse la phrase musicale boiteuse.\nLes circonstances servirent, à Londres, Marie, alors à peine âgée de\nquinze ans ; une indisposition de madame Pasta lui permit de paraître\ndans les rôles de cette grande artiste. Elle dut également remplacer au\npied levé la Rosine d'// Barbiere, dont elle savait déjà tous les mor-\nceaux (elle apprit les récitatifs en deux jours). Le résultat de la soirée fut\nun triomphe tel que Marie fut engagée immédiatement pour le reste de\nla saison, six semaines à peine, aux appointements de cinq cents\nlivres sterling. On lui confia alors la création du rôle de Félicia dans\nCrociato in Egitto, de Meyerbeer, et elle fit merveille dans le trio de\nGiovinetto Cavalière.\nGarcia, toujours un peu faiseur, avait ouvert à Londres un cours de"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.19", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "chant qui servit du moins à compléter l'éducation de Marie. Il alla, de\nlà, prendre la direction du théâtre de New-York, après avoir fait paraî-\ntre sa fille dans les festivals de Manchester, d'York et de Liverpool.\nLe talent de Marie s'était développé complètement à New-York. Elle\ny parut dans Otello, Romeo, D. Giovanni, Tancredi (elle aimait peu\nce rôle, trouvant ce héros d'un caractère trop indécis), Cenerentola1\net son père écrivit pour elle deux opéras nouveaux : VAmante astuto et\nla Figlia del Aria. La troupe se composait de la famille Garcia et de\nquelques faibles auxiliaires que Marie, avec son infatigable force d'ex-\npansion, cherchait à animer, à qui elle réussissait parfois à donner de\nl'expression et même de la voix. Chaque soir, les acclamations de la salle\naccueillaient l'apparition de cette jeune fille, l'âme presque exclusive de\nces représentations , une captive au logis,, une fée à la scène.\nParmi les admirateurs assidus de Marie se trouvait un négociant fran-\nçais, M. Malibran. Il s'éprit à cinquante ans de la virtuose de dix-sept\net la demanda à sa famille. Garcia résista. D'égoïstes préoccupations pou-\nvaient dicter son refus. Sa fille, sa brillante élève, sa gloire et sa fortune,\nlui échappait. Pourtant il était bien inspiré pour le bonheur de celle-ci,\nen refusant ce mari millionnaire, qui n'était ni un millionnaire ni même\n—■ un mari ; mais en même temps il se trouvait la cause déterminante\nde l'acceptation de Marie, de la persistance quelle mit à se donner\nà ce prétendant. Elle échappait à un esclavage domestique dans lequel\nelle n'avait cessé de trembler. Elle croyait trouver enfin auprès de ce\ncomptable plus que mûr le calme et l'indépendance.\nDes scènes orageuses signalèrent naturellement le dissentiment entre\nMarie et un homme aussi irascible que Garcia. Ce fut à ce moment que\nse produisit au 3e acte à'Otello la scène légendaire du poignard vérita-\nble dont j'ai déjà parlé, et les dispositions violentes de son père purent\naider à comprendre que Marie se fût écriée, en voyant briller la lame du\nkandjiar dans cette main fiévreuse : « Papa, par Diou ? ne me mate !)>\nde l'espagnol que le brave public de New-York prit pour de l'italien\ndu récitatif de l'opéra de Rossini.\nMadame Garcia intervint en arbitre entre son mari et sa fille.\nM. Malibran fit à la famille des offres brillantes, Enfin,, le mariage\nfut conclu*\nQuelques semaines après, M. Malibran déposait son bilan. Ce n?étaiî?\nparaît-il, que la seconde faillite qu'il faisait à sa femme.\nPlus la comtesse Merlin,, qui reçut toutes les confidences de\nMarie, raconta que, affolée du type ravissant d'Esmeralda dans Notre-\nDame de Paris) elle soulignait surtout ce passage ou la Bohémienne sort"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.20", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1853, "texte": "des mains inoffensives de Gringoire, non pas innocence, mais pure.\nEnfin, un trait naïf et charmant échappa à Marie le soir de son ma-\nriage , qui n'était pas le premier, mais qui fut l'unique, avec Charles de\nBériot. Fut-ce une simple étourderie de la conversation dans le laisser-\naller d'une fête ?... Quoi qu'il en soit, madame Garcia engageait sa tille\nà ne pas prolonger sa veille de mariée, de crainte de fatiguer 1 actrice.\nOh î ]aisse~moi, ma mère, répondit Marie Malibran, devenue de\nBériot. Que veux-tu ? on ne se marie pas deux foisl\nJe reviens en Amérique.\nOn put comprendre la fureur de Garcia quand la ruine de son gendre\nvint justifier si promptement l'opposition qu'il avait faite au mariage. Il\npartit brusquement pour le Mexique, ayant peur, nous dit la comtesse\nMerlin, de n'être pas assez maître de lui pour ne pas tuer M. Malibran.\nEe mauvais succès de son entreprise théâtrale dut contiibuei aussi à\nle chasser de New-York.\nMarie prit, après le départ de son père, la direction de cette exploita-\ntion à la dérive. Elle improvisa un répertoire de musique anglaise sur\ncette scène américaine, et, lorsqu'il avait été légitime sans doute de croiie\nque ce fût la fortune de M. Malibran qui devait venir en aide au théâtre\nGarcia, ce fut le théâtre Garcia dont les recettes vinrent combler le\ndéficit de la caisse de M. Malibran. Mais les ressources étaient insuffi-\nsantes dans ce Paris des Yankees. La France, cette vaste capitale du\nmonde intelligent, appelait la Malibran. Son conjoint, retenu en Amé-\nrique par la laborieuse liquidation de ses affaires, laissa partir la grande\nartiste pour la ville où son génie devait être définitivement sacré, et\ndut lui permettre de mettre la mer entre eux deux.\nEntre ces époux si peu assortis, l'Océan n'était qu'un pléonasme.\n(La suite prochainement.)\n\nPAUL FOUCHER"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c015", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.4", "titre_corps": "REVUE DES CONCERTS", "titre_sommaire": "REVUE DES CONCERTS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS DU CONSERVATOIRE : Symphonie avec chœur. Symphonie en ut*mineur de\nBeethoven. Symphonie en re mineur de Schumann. Cantique de F. Halévy.\nSÉANCE SOLENNELLE DE L'ORPHEON.—CONCERTS DE MADEMOISELLE MARIE MAJDROWICZ,\nDE M. KOWALSKI, DE M. DELAHAYE, Mardi spirituel et mardi Louis XV\nde MADEMOISELLE MARIE DUMAS.\nONCERTS DU CONSERVATOIRE. La Société des Con-\ncerts aura donné, pendant la saison 1873-1874, dix-\nneuf séances, dans lesquelles est comprise celle qui\nest consacrée au bénéfice des orphelins des deux siè-\nges. Ces dix-neuf séances ont été remplies par neuf\nprogrammes qui tous n'ont pas provoqué la même\nattention. Nous avons raconté ici les premiers Concerts. Parmi les der-\nniers, nous choisissons ceux où ont apparu Berlioz, Halévy_, Schumann\net Beethoven, avec la symphonie en re mineur qui a été le couronne-\nment de la campagne 1873-1874, et qui a été redite dans les trois\ndernières séances.\nC'est M. Deldevez, auteur remarqué des Curiosités musicales {un\nvol. in-B°, Firmin-Didot, éditeur), qui a conduit la symphonie avec\nchœurs, et c'est lui aussi qui a dirigé la symphonie en ut mineur. Dans\ncette occasion, le critique musical et le chef d'orchestre s'étant trouvés\nen désaccord, nous voulons prendre à partie M. Deldevez.\nDans les Curiosités musicales, on a approuvé, entre plusieurs\ndissertations sur des sujets que le lecteur trouvera à la table de l'ouvrage,\nla discussion de certains passages douteux signalés depuis longtemps"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.22", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "dans quelques-unes des partitions qui sont la base du répertoire, et\nles conseils donnés pour l'interprétation des auteurs classiques. Le tout\nest traité avec autorité, avec sagacité et non sans attrait, par un homme\nqui s'est plu à marier quelquefois avec bonheur la technologie et la litté-\nrature. Sur ceci et sur cela, bien des réserves sont à faire dans ce volume ;\nmais il faut applaudir l'esprit d'initiative par lequel M. Deldevez est\npoussé à s'attaquer aux routines professionnelles, qu'il raille dans son\nlivre, mais qu'il a le tort de ne pas affronter décisivement quand il prend\nau Conservatoire le bâton de chef d'orchestre.\nA Haydn, à Mozart, à Beethoven est réservée la part la plus large des\nobservations de notre auteur M. Deldevez discute les passages les plus\nconnus et les plus livrés aux controverses, les plus abandonnés aux\nconjectures, et n'hésite pas à présenter ses solutions. Pourquoi, dès qu'il\na en main l'orchestre le plus capable de mettre bien en relief ses inter-\nprétations, M, Deldevez hésite-t-il à imposer les réformes que réclame le\nbon sens, qu'exige le respect de l'idée des maîtres, que le public accepte\net que la saine critique, celle qui ne compte ni avec les routines, ni avec\nles fausses traditions, ni avec les partis-pris intéressés, affirme être in-\ndispensables, semblablement à ce que fait, après d'autres et avec tant\nd'autres, M. Deldevez ? La symphonie en de Beethoven en est\nun exemple. Pourquoi notre auteur, qui a si nettement signalé dans\nson livre les mauvaises habitudes auxquelles on s'est laissé aller depuis\nlongtemps dans le scherzo, ne les corrige-t-il pas ? Pourquoi n'a-t-il pas\nrétabli « le poco ritardandode la phrase du début dont la transformation\nen molto ritardando,destructive du rhythme, choque tous les musi-\nciens, » commel'auteur des Curiosités déclare qu'il en est cho-\nqué lui-même ? M. Bannelier, qui, le premier, a mis M. Deldevez, fautif\nà l'orchestre, en face de M. Deldevez, critique autorisé, dénonçant une\nfaute, devrait être appuyé par tous les écrivains musicaux, et nous joi-\ngnons notre voix à la sienne pour réclamer que le chef du premier or-\nchestre du monde, mieux placé que tout autre pour convertir en réalité\nsesélucubrations, se décide sans retard à redresser ce que certaines tradi-\ntions ont de funeste, à s'écarter des errements de la routine et àne pas\nse déjuger lui-même.\nDans la symphonie en re mineur de Beethoven, on sépare la partie\nsymphonique de la partie chorale. Les chœurs et les solistes, restés dans\nla coulisse, viennent prendre leur place au moment où va commencer le\nrécitatif symphonique qui sert à souder la pièce instrumentale àla pièce\nchorale. Dans ce remue-ménage, l'ensemble de la composition se dissout,\net il faut un certain effort pour que l'esprit se maintienne dans le même"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.23", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "courant électrique. Si les chœurs et les solistes s'installaient devant\nl'orchestre dès le début de la partition sublime, la solution de conti-\nnuité dont nous nous plaignons serait évitée , et l'œuvre immense\nse déroulerait dans sa solennelle unité. Les chanteurs eux-mêmes y ga-\ngneraient, puisqu'ils auraient assisté au début de la symphonie dont ils\nviennent raconter l'explosion suprême.\nNous insisterons plus techniquement là-dessus en rappelant, pour ceux\nqui l'ont oublié ou qui n'y ont pas apporté assez de méditation, qu'au\nmoment où les voix vont s'unir à l'orchestre les violoncelles et les basses\nentonnent un récitatif après une ritournelle des instruments à vent,\nEntre chaque phrase du récitatif des basses réapparaissent, comme autant\nde souvenirs tenaces, des fragments des trois morceaux symphoniques\nprécédemment entendus. Chacun de ces fragments est comme un point\nd'interrogation auquel il n'est point fait de réponse, et qui s'interrompt,\nne pouvant recevoir de satisfaction. Alors, après ce récitatif entrecoupé,\nhaletant, orageux, arrive dans l'orchestre, au milieu d'une oasis d'accords\ndélicieux, le splendide thème d'allégresse que vont bientôt chanter les\nvoix sur Tode de Schiller. Ce chœur s'anime et, des basses, passe aux vio-\nlons et aux instruments à vent. Tout s'interrompt alors ; puis l'orchestre\nreprend la ritournelle dont nous avons parlé, et le récitatif vocal apparaît.\nComment s'expliquer, maintenant qu'on a devant les yeux toute l'éco-\nnomie de cette composition , que l'on fasse de l'entrée des solistes et des\nchœurs une mise en scène théâtrale qui tronçonne en deux le morceau\nsymphonique et l'ode chorale? L'audition réfléchie de cette compo-\nsition, qui est le mot suprême du génie symphonique, en reste comme\nmutilée, et nous rappelle ces statues de l'antiquité que l'on expose dans\nnos musées le corps debout sur son piédestal et la tête à côté, sur un\ntréteau.\nOn a exécuté au Conservatoire la symphonie en re mineur de Schu-\nmann pour les œuvres duquel quelques sociétaires et leur chef éprou-\nvent une répugnance mal cachée. L'exécution a témoigné de cette\nsympathie absente. Comparer Schumann à Beethoven, à Haydn, à\nMozart, à Berlioz, à Gade, à Schubert, dont les radieuses œuvres sym-\nphoniques sont inconnues à Paris, c'est déplacer la question. Le mérite\nou l'infirmité de Schumann, ce n'est pas d'être un succédané de Beetho-\nven ou d'en être la péjoration, c'est d'être autre chose, d'être lui-même,\nd'être quelqu'un et d'avoir, dans l'œuvre musical qu'il a signé, imprimé\nson caractère qu'on n'oublie pas. Mendelssohn, qui captiva si vite tant\nde musiciens, a laissé s'égrener son chapelet de fanatiques, aujourd'hui\nralliés à Schumann, qui a su les river à sa fidèle admiration. Ce n'est"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.24", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "donc pas un maître à condamner sur préjugé et à jouer en dépit des anti-\npathies qu'il rencontre au Conservatoire.\nCes défiances pour la musique de Schumann, dont il serait déplorable\nqu'on admirât tout sur parole, ne se rencontrent guère qu'en France.\nLorsque M. Danbé nous fit entendre, l'an dernier, la Vie d'une rose, la\npresse parisienne se récria, et nous vîmes chuter à Paris ce même ouvrage\nqui triomphait partout. Les échos du Nord nous apportaient dernière-\nment le succès de cette partition. Depuis quelques années, il s'est formé\nà Copenhague une Société chorale dont le Conservatoire de musique\nfournit les principaux éléments. Cette excellente réunion d'artistes vient\nd'exécuter la Vie d'une rose. L'admiration a été unanime, et tous les\nchœurs de la seconde partie ont été bissés. Cet enthousiasme à Copen-\nhague et cet insuccès à Paris prouvent-ils que la sensibilité musicale est\nsupérieure chez les peuples du Ne rd ? Non; mais il en faut conclure\nque notre instruction a été faussée, et aussi que l'exécution des œuvres\nde Schumann en France est radicalement falsifiée.\nLe Paradis et la Péri du même compositeur, qui, - il y a quelques\nannées, défaillit sans gloire au Théâtre-Italien sur les lèvres de made-\nmoiselle Krauss, devant laquelle à ce moment le public ne se proster-\nnait pas avec l'idolâtrie qu'il professe aveuglément à cette heure,\ns'est, dans toute l'Europe, maintenu avec une inaltérable faveur depuis\nsa date de venue au jour, en 1 au Gewandhaus de Leipzig, où il\nfut présenté au baptême par madame Fiege, cantatrice remarquable, qui\navait pris le rôle de la Péri, et par Schumann qui dirigea lui-même l'or-\nchestre. Jenny Lind, quand elle lut la partition, adopta la musique que\nrepoussent nos cantatrices de pacotille ; elle emporta Pœuvre de Schu-\nmann en Angleterre, et, à force de conviction et de talent, imposa à\nl'admiration des Anglais une musique suave et fascinante que la Péri\nScandinave chantait avec une autorité sans rivale. A Bruxelles, cette an-\nnée même, on a monté cette œuvre à la Société de musique, dirigée par\nM. H. Warnotz. Solistes et chœurs ont irréprochablement détaillé cette\ncomposition merveilleusement fine. Le public n'est pas resté indifférent\ncomme à Paris. Quelle en est la raison, sinon que les dilettantes de\nBruxelles n'ont pu rester réfractaires devant une interprétation exacte\net sincère d'une œuvre qui ne prête ni aux effets hasardés, ni aux person-\nnalités des virtuoses substituant leurs prétentions au génie du maître ?\nA Paris, nous voyons bien que le public accueille sans froideur la\nRêverie de Schumann ; mais cette bluette bien écrite n'est qu'un joujou\nmusical, un effet de sourdine, et ce n'est pas sur l'hospitalité accordée à\ncette courte page, coutumièrement bissée, que nous établirons les sym-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.25", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "patbies françaises pour Schumann. M. Deldevez a été bien plus louable\nlorsqu'il a voulu installer dans les programmes de la Société des Concerts\nun auteur qu'il n'admire pas de plein cœur et qu'il tance assez verte-\nment dans ses Curiosités musicales.ll s'est étonné qu'au Conservatoire\nde Paris Schumann n'eût apparu qu'une fois, il y a six armées, et pour y\nêtre assez mal représenté et très méconnu. Il a, un peu contre son goût,\nce qui est bien vaillant, engagé une partie qui, dès aujourd'hui, peut\nêtre considérée comme gagnée à brève échéance. Il a fait d'abord enten-\ndre le poëme de Manfred,et il a abordé ensuite la symphonie en\nmineur. Le premier morceau de cette symphonie n'a pas paru frapper\nbeaucoup l'auditoire, qui se souvenait de l'accueil assez froid réservé par\nlui, il y a six ans, à la symphonie en du même maître; mais\n1 andante, délicieuse romance pour violon, que M. Garcin a rendue avec\nbeaucoup de sentiment, le scherzo et le finale ont été très applaudis.\nL'œuvre eût été en entier bien plus choyée si elle eût été exécutée sans le\nsouci jaloux d'une triomphale virtuosité, avec une conviction plus réelle\net une fidèle et simple interprétation de l'œuvre étudiée sans préjugé,\nsans parti-pris, sans souvenir d'autres maîtres préférés, et sans compa-\nraison inopportune avec les musiciens qu'on est habitué d'applaudir au\nConservatoire, après les avoir, au début, mis en quarantaine.\nNous n'avons pas à célébrer Schumann. Dans la dernière partie de cette\nsymphonie, il y a deux réminiscences très accusées de Beethoven qui\ns'expliquent assez mal par l'état de folie où Schumann était quand\nil écrivit ce morceau. Nous aimons mieux motiver ces souvenances mal\nplacées par un désir pieux de rendre hommage au sublime génie qui a\nécrit la Symphonie en ut mineur et la Malheu-\nreusement, l'auditeur qui a le droit de n'avoir pas une si copieuse érudi-\ntion, n'est pas prévenu, et les deux phrases retrouvées là, hors de leur\nplace, l'étonnent et l'offusquent même. L'œuvre, néanmoins, reste origi-\nnale. personnelle et très caractérisée à côté de celles de Weber et de Men-\ndelssohn, de Schubert. Mais, à travers l'exécution compacte, un peu sa-\nbrée, menée tambour battant et avec une virtuosité cherchée, des Con-\ncerts du Conservatoire, elle oblitère son caractère ineffable de passion,\nd'élégance et de mélancolie. C'est une œuvre à fouiller de nouveau aux\nrépétitions. En l'étudiant avec plus de patience et de sincérité, les con-\ncertants du Conservatoire se prendront à aimer cette musique tendre\net délicieuse, et alors le public n'approuvera pas de sa seule bonne vo-\nlonté, il applaudira avec son cœur.\nAux deux Concerts spirituels, on a chanté le beau cantique que Ha-\nlévy a écrit sur l'ode de J.-B. Rousseau :"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.26", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "Chaque fois que nous entendons une des compositions ou un fragment\nde l'œuvre si varié de Halévy, nous nous demandons quel est le secret\ndu rajeunissement infatigable de sa musique, discutée encore par quel-\nques critiques de mauvais vouloir, mais que le public accueille toujours\navec tant de même quand le rôle important est confié à des\nchanteurs subalternes, ce qui n'est pas le cas au Conservatoire. C'est\nque F. Halévy a, d'une main heureuse, ouvert des horizons nouveaux\nà la muse française. Ce compositeur, dont l'inspiration fut toujours éle-\nvée, avait le culte de la grandeur dans le style et dans la pensée; il redou-\ntait la banalité et se préoccupa toujours de chercher des effets non con-\nnus. Halévy révèle, comme Mendelssohn et Meyerbeer, la race forte et\nmilitante à laquelle il appartenait. Pas un seul de ses ouvrages, dans la\nmusique de théâtre, de concert ou d'église, qui ne se recommande par\nquelque beauté particulière, par quelque page grandiose, solennelle,\ninattaquable dans sa forme, saisissante par l'inspiration. La pensée chez\nlui a une couleur qui lui est propre, un caractère qui lui est personnel,\nun accent qu'on n'oublie pas. La fantaisie libre, cette électricité\nbrûlante de la poésie musicale qui flotte, circule de toutes parts et\npénètre au delà de l'enveloppe matérielle des sens, des rhythmes, des ac-\ncords, revêt, chez ce maître, à la fois une certaine ampleur et une teinte\nde mélancolie. Halévy dégage les âmes des liens terrestres; il excite dans\nles cœurs je ne sais quelle douloureuse nostalgie, quelle pénétrante tris-\ntesse. Sa musique est tendre et elle est religieuse. C'est peut-être pour\ncela qu'elle fait si bien résonner la fibre populaire, et qu'à chaque re-\nprise, l'universelle sympathie se rallie universellement à la Juive, à Guido\net Ginevra, à Charles VI, à la Reine de Chypre, à VEclair et àce\nbeau cantique que chaque année nous répète la Société des Concerts\ndans les Concerts spirituels, et qui, avec une expression religieuse très\nélevée, se distingue par l'émotion la plus noble et le pathétique le plus\nendolori.\nLa saison est close. Nous avons eu beaucoup à louer, un peu à criti-\nquer : mais c'est surtout au Conservatoire que cette définition est vraie :\nLa critique est l'art d'admirer.\nMaurice Cristal.\nSÉANCE SOLENNELLE DE U ORPHÉON. Dimanche ,19 avril, la Ville\ns\nde Paris a donné, au Cirque d'Eté, une séance solennelle de l'Orphéon,\nqui réunissait tous les orphéonistes de la rive gauche, au nombre de\n1,060 chanteurs des deux sexes, sous la direction de M. François Bazin."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.27", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2518, "texte": "L'assistance, très nombreuse, comptait, en tête de la société distinguée\nqui la composait, M. le préfet de la Seine, accompagné de madame Fer-\ndinand Duval. Les chœurs ont fonctionné avec un ensemble rare et ont\nété applaudis avec enthousiasme ; et cependant il s'est chanté des mor-\nceaux fort difficiles, tels qu'un chœur fugué de Judas Machabée et une\nsymphonie vocale de Chelard, solfiée par tout l'ensemble des choristes.\nCe solfège, très remarquable comme composition, était particulièrement\nfait pour intéresser les artistes. Le chœur de s'éloigne\nun peu des habitudes de l'Orphéon ; mais les deux morceaux qui ont\nremporté la palme sont la Chanson d'été, chœur général, de M. Bazin,\net le Mois de mai,chœur à trois voix de femme, de M. Danhauser. In-\ndépendamment de leur mérite individuel, ils ont l'avantage d'avoir été\nspécialement composés pour l'Orphéon. Dans le chœur de M. Danhau-\nser, les trois parties se détachent si bien l'une de l'autre qu'on eût pu\nles écrire, rien qu'à l'audition du morceau, et il était très intéressant de\nvoir le soin et l'attention avec lequel les jeunes filles, dont quelques-unes\nne paraissent pas avoir plus de huit à dix ans, cherchaient à le faire va-\nloir. Inutile dé dire que ces deux chœurs ont été bissés, ainsi que la\nmarche des Deux Journées,de Cherubini, et le chœur du d'Ha-\nlévy. L'admirable chœur des guerriers de Philidor, n'a\nproduit aucun effet. Ce morceau, d'un diapason extrêmement élevé, et\noù les parties de ténor atteignent les dernières limites de la voix de\nhaute-contre, perd tout à être baissé. C'est un chœur à chanter tel qu'il\na été écrit ou à laisser de côté. La Cha de Grétry, n'offre\nrien de bien saillant, non plus que le chœur de la\net celui delà Kermesse,de F. Abt ; mais leur bonne exécution fait\nqu'ils n'ont pas nui au programme.\nHenry Cohen.\nCONCERT DE MADEMOISELLE AMÉLIF. Mademoiselle\nAmélie Majdrowicz est une charmante jeune Polonaise, qui possède un\nmagnifique talent de pianiste. Classique et fantaisiste tour à tour, elle a\nsuccessivement exécuté le premier solo du Concerto en la mineur de\nHummel, le Mouvement perpétuel de Weber, un adorable caprice de\nGottschalk, intitulé : Pasquinade,une idylle de Boscovitz, une fugue\nde ma composition, du nom de Tempête et Calme, que le public a bien\nvoulu accueillir avec beaucoup de faveur; enfin, le beau duo symphoni-\nque à deux pianos de Lefébure, où elle était secondée par M. Stanislas de\nKontski, et dans tous ces morceaux elle a été vivement applaudie. Made-"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.28", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "moiselle Yon a chanté avec infiniment de charme et une voix très sym-\npathique l'air des Bijoux de Faust.\nH, C.\nCONCERT DE M. KOWALSKI, aw profit des pauvres mères de famille\ndes faubourgs. Noble a été le but de ce concert et brillante sa mise à\nexécution. M. Kowalski s'y est prodigué ; mais le public lui a témoigné\npar ses applaudissements combien il appréciait le compositeur et l'ar-\ntiste. Sa scène de Jeanne Darc est très dramatique, et madame Donadio\nTa chantée avec sentiment et verve. Dieu sauve la France! inter-\nprété par M. Bonnehée, est un beau chant patriotique, dans lequel\nl'accompagnement d'orgue produit un effet grandiose. Les Cuirassiers\nde Reichshoffen, de M. Kowalski, ainsi que la Bergerie et la Marche\nhongroise, qu'il a exécutée à deux pianos avec M. Bachmann, ont vi-\nvement impressionné l'assistance, et la célèbre Tarentelle de Gottschalk,\narrangée pourdeux pianos, est une œuvre magistrale qui a enlevé le pu-\nblic. M. Lauwers est un jeune baryton dont la voix puissante et éner-\ngique mérite une mention spéciale. M. Montardon a fort bien joué une\nfantaisie d'Alard et une Rêverie de Dancla. Mais quelle manie ont les\ncompositeurs d'écrire des morceaux tout entiers avec la sourdine ! Outre\nla pauvretédu son, on dirait un violon qui chante du nez. Madame Flo-\nriani, qui a le bonheur de réunir le double charme de la beauté et du\ntalent, devrait bien perdre l'habitude de s'éventer devant le public.\nMadame Kowalski, qui depuis deux ans a quitté la scène, a dit avec un\ngrand talent trois pièces de vers, et M. Piter a terminé le concert, en\nchantant deux chansonnettes avec sa finessse et son esprit habituels.\nH. C.\nCONCERT DE M. DELAHAYE. M, Delahaye est un de nos pianistes\nles plus appréciés. Son jeu, très net et très brillant, est d'une vigueur rare,\net la plupart des compositions qu'il a fait entendre à son Concert sont\nd'une distinction et d'une originalité des plus remarquables; je citerai\nen particulier sa Valse des Océanides, excessivement difficile, Colom-\n/\nbine, menuet charmant, et la Chanson de lyEté, où le compositeur aeu\nla chance de rencontrer la perfection même dans la gracieuse artiste qui\nl'a interprétée, mademoiselle Heilbron. Malgré l'heure avancée, cette\nfraîche inspiration a été unanimement bissée. M. et madame White,\nM. Delsart, M. Salomon, de l'Opéra, M. Hermann-Léon et M. Maton,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.29", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "Fadmirable accompagnateur, ont complété l'ensemble de ce beau Con-\ncert, dans lequel mademoiselle Heilbron a encore reçu dans la cavatine\nde la Traviata les mêmes applaudissements qui 1 ont accueillie au\nThéâtre-Italien.\nH. C.\nPuisque nous avons donné les programmes des cinq premières Mati-\nnées caractéristiques de mademoiselle Marie Dumas, il convient d'y\najouter les sommaires du « mardi spirituel. » du « mardi Louis XV »\nqui ont clos la série. Le mardi saint, on a entendu mademoiselle Pau-\nline Bertin (deux cantabile de Marie-Magdeleine, de Massenet et\nPlnflammatus de Rôssini), M. Délia Rocca (l'air d'église dQ Stradella,\nPO salutaris de Mendelssohn) ; M. Antonin Marmontel, surtout ap-\nplaudi dans la « marche funèbre » de Chopin; M. Garcin, violon solo\nde l'Opéra, dont une œuvre a été bissée, et M. Hocmelle, organiste de\nSaint Philippe-du-Roule Mademoiselle Marie Dumas a dit des stances\nde Malherbe, un épisode de l'Enfer du Dante (traduction Ratisbonne),\nune lettre de saint François de Sales à une dame du monde, et des stro-\nphes diEsther adaptées à la musique de Gallia; on sait que Gounod s'est\ninspiré des mêmes versets que Racine a paraphrasés; mademoiselle\nDumas avait inauguré cette combinaison à Londres devant Gcunod\nlui-même, Saint-Saëns tenant le piano ; ici, c'était M. Dolmetsch, qui en\noutre, dans le Prélude de Bach arrangé par Gounod, a pris la partie\nd'orgue; celles de violon et de piano étaient jouées par MM. Garcin et\nA. Marmontel.\nLa matinée Louis XV a été fort gaie. M. Pagans a chanté le Tambou-\nrin de Rameau (bissé) avec les paroles adaptées par Favart, un air de\nl'opéra & Hippolyte et Aricie, une chanson de Garat; mademoiselle\nMercier, Pair de la Fauvette, de Grétry (Zémire et A\\or) et le menuet\nd'Exaudet, paroles de Favart; comme pianiste, M. Wormser, jouant du\nMozart et du Gluck; comme violoniste, M. Brindis de Salas. Mademoi-\nselle Marie Dumas a dit du Voltaire, du Gresset, et fredonné une chan-\nson de Collé (bissée).\nMademoiselle Marie Dumas reprendra Phiver prochain les Matinées\ncaractéristiques avec des programmes encore plus curieusement étudiés."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c019", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "126", "page_fin": "131", "image_debut": 30, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.5", "titre_corps": "LE MOUVEMENT MUSICAL AUX CONCERTS DE MUSIQUE CLASSIQUE 1873-1874", "titre_sommaire": "LE MOUVEMENT MUSICAL AUX CONCERTS DE MUSIQUE CLASSIQUE 1873-1874", "signature_source": "H. MARCELLO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "LE MOUVEMENT MUSICAL\nAUX\nCONCERTS DE MUSIQUE CLASSIQUE\n1873-1874\n\nu moment où les Concerts de musique classique vien-\nnent de fermer leurs portes, après avoir fourni une\nbrillante campagne artistique, nous avons pensé qu'il\npouvait être intéressant de fixer en quelques traits ra-\npides la physionomie générale de cette campagne et\nd en étudier les féconds résultats. C'est ce résumé que\nnous demandons la permission de placer aujourd'hui sous les yeux du\nlecteur, en guise d épilogue et de conclusion.\nUn fait certain, c est que les Concerts de musique classique acquièrent\nchaque jour une nouvelle importance, et je crois qu'on peut avancer sans\nexagération que c'est là, et là seulement, que s'est produit, dans ces der-\nniers temps, le mouvement musical le plus intéressant. Ce mouvement,\nnous en avions bien senti 1 importance, aussi l avons-nous suivi avec un\nsoin tout particulier, au risque même de donner à une matière, qui passe\nà tort ou à raison (à tort, selon nous) pour aride et fastidieuse, des déve-\nloppements qui auront pu paraître quelquefois d'une longueur excessive,\neu égard à la nature du sujet. Car, il faut bien le reconnaître, quoiqu'il\nait pris, depuis plusieurs années, un goût assez vif aux Concerts de mu-\nsique classique, le public n accorde pas encore à ces Concerts toute l'at-\ntention qu ils méritent, et la plupart de nos confrères de la presse, très\nattentifs à suivre au théâtre un mouvement qui se produit ailleurs, croi»\nraient sans doute déroger, s'ils daignaient s'occuper d'autre chose que des\nsolennelles et ennuyeuses reprises de l'Opéra, de l'Opéra-Comique ou"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.31", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "des Italiens. En général, un article de concert se traite comme le premier\nfait divers venu.\nNous obéissons encore au vieux préjugé français, en vertu duquel rien\nd'intéressant ne saurait se produire en dehors du théâtre. Une œuvre\nnouvelle ne fixe l'attention du public que si elle émane du théâtre; un\ncompositeur n'arrive à la renommée qu'autant qu'il a remporté des suc-\ncès au théâtre ; le théâtre et toujours Je théâtre. On s'obstine à con-\nsidérer les ouvrages de concerts, c'est-à-dire les morceaux de musique\ninstrumentale, comme des œuvres d'un genre tout à fait secondaire, et\nleurs succès ne comptent que pour des demi-succès. Le compositeur d'une\nopérette réussie devient populaire en moins de trois mois; prenez main-\ntenant un musicien. Serieux, auteur de plusieurs pièces symphoniques\nd un grand meiite el très applaudies dans nos Concerts, son nom est à\npeine connu. Un tel, vous disent bien des gens, connais pas; qu'est-\nce qu'il a fait? Mais il a donné au Concert des symphonies très remar-\nquables. Ah ! des symphonies, il n'est donc pas capable d'écrire pour\nle théâtre? Mais j'y pense, c'est probablement un musicien de la jeune\nécole, un de ces savants bourrés de contrepoint et de fugue, qui n'ont\nni idées, ni mélodie. C'est quelque Berlioz, n'est-ce pas, qui fait de\nla musique ridicule qu'on ne peut ni jouer, ni comprendre, ce que\nvous appelez, vous autres, de la grande musique,c'est-à-dire delà musi-\nque faite par le calcul, et bonne seulement pour les mathématiciens.\nAlors vous croyez à la jeune école; vous admirez Wagner!! vous défen-\ndez la musique de l'avenir! !! Je la connais, votre jeune école; je sais ce\nqu'ils valent, vos symphonistes!\n« Il existe parmi nous, depuis plusieurs années, une petite secte de\n« quakers musicaux qui s'est constituée à l'état de schisme déclaré; les\n« artistes qui en font partie sont le produit plus ou moins légitime de\n« Berlioz croisé de Wagner. Pour plusieurs d'entre eux, les plus aus-\n« tères, toute mélodie est profane et toute idée malsaine. Origènes d'un\n« nouveau genre, ils retranchent ce qui chez eux attesterait leur virilité et\n« louent Fulbert pour avoir rendu Abélard fécond seulement par l'étude\n« claustrale. Quelques-uns, il est vrai, n'ont pas grand mérite au sacri-\n« fice apparent qu'ils s'infligent, car la nature y avait pourvu d'avance,\n« mais ceux-là, cela va de soi, sont les apôtres les plus bruyants d'une\n« religion qui a érigé en dogme l'impuissance constitutionnelle qu'ils ont\n« reçue en naissant. Cette doctrine heureusement n'est pas française, et à\n« voir la répugnance qu'éprouve le public à l'adopter, elle n'a pas grande\n« chance d'obtenir de sitôt ses lettres de naturalisation. Nous la laissons\n« soigneusement aux Allemands ; c'est par là que commence pour nous"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.32", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "« la revanche et que la punition de nos vainqueurs est cruelle. Wagner\n« est le revers de Bismark! (i) »\nVous aurez beau hausser les épaules, je n'invente rien après tout; ce\nque je vous dis là, on Y a écrit, on l'a signé ! (Hélas !) Que me fait à moi\nvotre grande musique qui n'est comprise que par un petit nombre\nd'initiés; on ne fait pas de musique sans rhythme, sans mélodie, sans\nidées, et je prise bien moins toute la science de votre jeune école que le\ntalent naïf et sans prétention de ce musicien qui saura me toucher par une\nsimple romance, que je comprendrai sans effort et que je saurai par cœur\naprès l'avoir entendue une fois. Laissez donc la symphonie et tout ce\nfatras métaphysique et psychologique aux Allemands. Le théâtre, voilà\nla véritable voie du génie français; l'opéra comique, voilà le genre\néminemment national, et Dieu nous garde des wagnériens et de la\nmusique de l'avenir !\nPour ces gens-là, Qnslow, Berlioz n'existent pas, Glapisson est un\ncompositeur. M. Saint-Saëns est un musicien savant (un wagnérien pro-\nbablement) mais parfaitement incapable d'écrire un opéra comique\nqu'on puisse représenter plus de dix fois, tandis que M. Vasseur, un\nvrai compositeur celui-là (peu savant mais bien français), est l'heureux\nauteur d'une certaine Timbale d'argent qui a eu plus de 200 représen-\ntations. Conclusion : on n'écrit de symphonies que lorsqu'on est inca-\npable de faire autre chose; quand on a des idées et de la mélodie, on\narrive rapidement au théâtre; en dehors du théâtre, pas de vrai succès,\npas de vraie renommée. Très bien. Voulez-vous me dire mainte-\nnant ce que le théâtre a produit depuis un an î L'Opéra a donné un\nballet en un acte, l'Opéra-Comique a monté, contraint et forcé, le Flo-\nrentinet puis après? Rien. Quoi, nous avons parmi nous tout£ une\npléiade de jeunes compositeurs qui ont du talent et beaucoup de talent.,\nqui travaillent, qui sont tourmentés du besoin de produire et qui ont\ndéjà produit des œuvres pleines de mérite, et voilà les deux seuls ouvra-\nges que nos deux premiers théâtres lyriques ont jugé dignes d'être pré-\nsentés au public! Où sont donc tous nos musiciens, où faut-il que nous\nallions les chercher? —Aux Concerts de musique classique qui, en pré-\nsence de l'apathie et du mauvais vouloir combinés des directeurs de\nthéâtre, sont devenus le refuge et Tunique ressource des artistes con-\na\ntemporains, impatients de se faire jour et d'arriver jusqu'au public.\nAujourd'hui, les compositeurs n'ont plus que deux débouchés acces-\nsibles : l'opérette et le concert. Que ceux qui sont incapables de faire\n\n(1) Voir Paris-Journal du 27 mars 187-1*"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "mieux se jettent tête baissée dans l'opérette, je n'y saurais trouver à re-\ndire; il faut bien que tout le monde vive : ils n'auraient pas réussi ail-\nleurs s ils arrivent au succès par l'opérette, c'est pour eux un nom et\nune fortune assurés. Mais tout le monde ne brûle pas, comme M. Ser-\npette, de marcher sur les traces d'Offenbach et d'Hervé et de s'enrôler,\nprix de Rome! dans l'école des Lecocq et des Vasseur. Il est encore des\nartistes, remplis de plus nobles aspirations, pour qui la musique n'est\npas une industrie et qui, se voyant repoussés du théâtre, iront du moins\nlà où on fait encore de l'art, c'est-à-dire au Concert. Ils auraient peut-\nêtre réussi à la scène, mais il ne faut pas songer à percer de ce côté, et\ncomme en général ils connaissent à fond toutes les ressources de leur\nart, ils se dirigeront aisément vers un autre but et se tourneront vers la\nmusique instrumentale. Après quelques essais, ils y prendront .goût, ils\ntravailleront, ils feront de rapides progrès, et un beau jour ils seront\ntout étonnés eux-mêmes d'être devenus, presque à leur corps défendant,\ndes symphonistes fort estimables.\nN'est-ce pas là,, d'ailleurs, ce qui est arrivé à la plupart de nos jeunes\ncompositeurs? Après avoir donné à l'Opéra-Comique la Grand1 Tante et\nDon César de deux ouvrages fort ordinaires, M. Massenet s'est\nmis à écrire pour le concert des œuvres extrêmement remarquables,\nparmi lesquelles : Marie-Magdeleine, l'ouverture de Phèdre et ses\nSuites d'orchestre. M. Saint-Saëns s'est révélé au public dans les con-\ncerts, et sa légitime réputation n'est fondée que sur des compositions in-\nstrumentales, dont quelques-unes sont fort distinguées. M. Lalo a essayé,\nlui aussi, de l'opéra, il a trouvé toutes les portes closes; et qui sait s'il\nnous sera jamais donné d'applaudir son opéra de Fiesque qui est pour-\ntant un ouvrage d'une réelle valeur? Ne pouvant arriver au théâtre, il\ns'est tourné vers le concert, où des œuvres comme le Divertissement et\nle Concerto pour violon lui ont créé en peu de temps une réputation\ndigne de son talent. Où aurions-nous appris à connaître MM. Gouvy, de\nCastillon, Franck, Dubois, Widor, sans les concerts? Voici trois prix de\nRome : MM. Puget, Rabuteau et Salvayre; où ont-ils fait jouer leurs\npremières œuvres? Au concert. Où avons-nous entendu les dernières\ncompositions de MM. Bizet et Guiraud? Au concert. C'est encore au\nconcert qu'ont eu lieu les seules auditions intéressantes de cet hiver :\nau Cirque des Champs-Elysées, le Messie et la Passion; aux Concerts\nDanbé, la Bataille de Marignan, la Cantate de Bach, la Fête d'Alexan-\ndre, Christophe Colomb. Avais-je donc tort d'affirmer en commençant\nque, dans ces derniers temps, toutes les œuvies de quelque valeur' se\nsont produites dans les concerts, et que c'est là, et là seulement, qu'il"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.42", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2558, "texte": "faut aller chercher le mouvement musical actuel et en étudier les progrès.\nCe mouvement, on le doit aux efforts persévérants des Sociétés de mu-\nsique classique. Dans son dernier compte rendu, mon confrère M. Cohen\na résumé les travaux des Concerts populaires ; il me reste à résumer de\nla même façon les travaux du Concert national, dont je me suis particu-\nlièrement occupé dans cette revue.\nEn ouvrant ses portes toutes grandes aux compositeurs français mo-\ndernes, le Concert national a non-seulement offert un large débouché\naux œuvres nouvelles, mais encore il a forcé en quelque sorte les Con-\ncerts populaires à suivre son exemple, et à concéder aux musiciens fran-\nçais une bonne partie de la place, jadis exclusivement réservée à Schu-\nmann et à Wagner, les seuls modernes que M. Pasdeloup ait longtemps\ndaigné admettre à côté des maîtres classiques. Consultez les program-\nmes de la dernière saison et comparez-les à ceux des années précédentes,\nvous n'aurez pas de peine à constater l'exactitude de ce que j'avance.\nEn outre, le Concert national a produit plusieurs œuvres inédites remar-\nquables et il nous a fait connaître des musiciens pleins de mérite et\ndignes de tous nos encouragements. Les principales œuvres exécutées\ncet hiver, sont :\ni° Œuvres inédites : Concerto en sol pour violon, Max Bruch,\nScènes pittoresques (4e suite d'orchestre), Massenet. Pièces pour or-\nchestre, Dubois (1). Divertissement hongrois, Listz. Phaéton,\npoème symphonique, Saiot-Saëns. Concerto pour violon, Lalo. ■—\nJean le Précurseur, drame biblique (fragments), L. Gallet, Albert Ca-\nhen. Suite d'orchestre, Dubois. poème symphonique,\nListz. Symphonie en ut majeur (fragments), Gouvy, Rome et\nNaples, pièces symphoniques, Rabuteau. Ballade et Minuetto-\nScherzo, Dupont. Adagio et tempo di minuetto, Vaucorbeil.\nSérénade, Gouvy. Variations sur un thème de Beethoven pour deux\npianos, Saint-Saëns.\n20 Œuvres peu connues, restituées par le Concert national Cortège\ndes Funérailles de Saùl, Haendel. Scherzo, Chérubini. Largo,\nHaendel. Bacchanale, Chérubini, Ouverture du Corsaire, Berlioz,\nMouvement perpétuel, Paganini.\nJ'ai dit que le Concert national avait fait une large part aux œuvres\n\n(1) Nous publions dans le numéro de ce jour Y Air de Ballet extrait des Scènes\npittoresques de M. Massenet, et VAndantino-Rêverie, n° 2, des Pièces d'Orchestre\nde M. Th. Dubois. Ce dernier morceau est absolument inédit, il paraîtra incessam-\nment chez M. Hartmann qui a bien voulu nous en communiquer les planches avec\nla plus parfaite obligeance."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.43", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "des compositeurs modernes français; outre les morceaux que j'ai rangés\npius haut parmi les œuvres inédites, on y a exécuté : Y Artésienne de\nM. G. Bizet, Ruth7 églogue biblique de M. Franck ; le Divertissemeut\nde M. Lalo , la 3e suite d orchestre (Musique pour une pièce antique),\nde M. Massenet; scène lyrique de M. Puget; la Symphonie\nromantique et la Marche du Dernier jour de Pompei, de M. Joçcières;\nla Suite d orchestre, de M. Guiraud; le Rouet d*Omphale, de M. Saint-\nSaëns, et des fragments de la Symphonie en fa mineur, de M. Widor.\nQuelques-unes de ces compositions ont été exécutées jusqu'à trois fois.\nLes différentes œuvies que nous venons d énumérer ont obtenu plus ou\nmoins de succès, mais elles offrent presque toutes un réel mérite et déno-\ntent chez leuis auteuis un talent déjà très avancé et qui ne demande qu'à\ns'exercer.\nJe n ajoute rien à ce tableau, il en dit assez par lui-même. En pré-\nsence des résultats acquis qu'il nous fait toucher du doigt, nous n'hési-\ntons pas a déclaier que le Concert national a rendu de véritables services\net qu'il a bien mérité de l'art et des artistes. C'est pourquoi il me semble-\nrait juste de seconder par tous nos encouragements de si honorables ef-\nforts, et de soutenu par d importants subsides des entreprises d'une\naussi incontestable utilité. Le ministère des Beaux-A.rts a accordé cette\nannée une subvention de 2,000 francs à M. Colonne. Le principe de\ncette subvention est excellent, mais le chiffre en est dérisoire. Je sais bien\nque ce n est guèie le moment de demander de l'argent au Gouvernement\npour subventionner les beaux-arts; il est d'autres dépenses plus néces-\nsaires et malheureusement plus urgentes; mais nous pouvons du moins\nexprimer le vœu qu il s'efforce, dans la mesure de ses moyens, de favori-\nser le développement des sociétés de musique classique. Si les fonds lui\nmanquent pour cet objet, qu'il retire au besoin une partie de la subven-\ntion aitribuée à certains théâtres sous la condition de jouer des œuvres\nnouvelles, qu'ils ne jouent jamais, pour la répartir entre les Sociétés de\nConcerts, qui, sans subvention et sans autre soutien que leur dévoue-\nment aux intérêts de 1 art? ont fait mille fois plus dans ces derniers temps\npour les progrès de la musique que les théâtres lyriques les plus riche-\nment subventionnés.\n\nH. MARCELLO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c023", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 33, "image_fin": 35, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.6", "titre_corps": "ANDANTINO-RÊVERIE Th : Dubois.", "titre_sommaire": "ANDANTINO-RÊVERIE Th : Dubois.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.33", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 107, "texte": "ANDANTINO-RÊVERIE\nTh : Dubois.\nParis, G.HARTMANN Ed: 19 Boul! de la Madeleine.\nG.H. 696(9)\nE.Beauvois Geav."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 10, "texte": "G.H 696(9)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 11, "texte": "G.H. 696(9)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c024", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 36, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.7", "titre_corps": "AIR DE BALLET", "titre_sommaire": "AIR DE BALLET", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "AIR DE BALLET\ntiré des SCÈNES PITTORESQUES\n4e SUITE D'ORCHESTRE.\ntranscrit pour le PIANO\npar J. 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OPÉRA-COMIQUE\nReprise de Joconde. M. Bouhy, mademoiselle Chapuy. Gilles et Gillotin de\nM. Ambroise Thomas. MM. Ismaël, Neveu, Thierry. Mademoiselle Ducasse.\nOICI l'hiver qui s'envole à tire d'aile, tout honteux de\nses frimas et de ses pluies. Voici le printemps qui\nvient, semant sur le sol hier désolé, son manteau fleuri.\nGracieux temps est quand rosier fleurist\nEt reverdit rosier.\na dit Jehannot de Lescurel.\nAdieu,, les grands Concerts et la symphonie profonde ! Adieu, les\nsolennelles reprises et les représentations premières! Place à la nature\nendimanchée qui se réveille en sursaut, et se campe tout à coup au tra-\nvers de la vie artificielle qui enjambait sur ses droits!\nAvant de se refermer complètement, la saison musicale laisse encore\ntomber quelques bonnes heures. La lampe retrempe sa flamme à sa\ndernière goutte d'huile, et se meurt d'inanition en jetant son dernier\nsoupir dans sa dernière lueur. La quinzaine qui vient de s'écouler a été\nrelativement agitée, si l'on considère qu'elle a livré au grand jour de la\npublicité le nom de mademoiselle Jeanne Fouquet, qui a débuté à\nl'Opéra dans Guillaume Tell; la reprise de Joconde; le Gilles et\nGillotin, d'Ambroise Thomas; la translation de la troupe de la Renais-\nsance aux Bouffes-Parisiens ; la reprise de la Périchole, aux Variétés ; et\nenfin les Cent mille francs et ma fille, avec musique nouvelle de\nM. Jules Costé, aux Menus-Plaisirs. En tout ceci, je ne m'arrêterai qu'à\nce qui intéresse véritablement l'art lyrique, laissant de côté le spectacle\ndes Bouffes-Parisiens, composé d'opérettes bien connues, telles que la"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.45", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "Chanson de Fortunio et Pomme d'Api; ce'ui des Variétés, qui est la\nPérichole, revue et augmentée, mais non corrigée, hélas! par les auteurs\nMM. Meilhac, Halévy et Offenbach; et celui des Menus-Plaisirs que\nla direction de ce théâtre ne nous a pas mis à même de voir, attention\nqui vaut pour moi tous les trésors de Golconde,\nOPÉRA. Début de mademoiselle Fonquet dans GUILLAUME TELL.\nMademoiselle Jeanne Fouquet est frais émoulue du Conservatoire. Elle\nn'a fait qu'un bond de la salle de la rue Bergère à celle de l'Opéra. Au\nconcours du mois d'août dernier, elle s'était fait remarquer entre toutes\nses camarades de classe, et la Chronique musicale, par la plume de\nM. Arthur Pougin, avait salué en elle une artiste d'avenir. Elle est élève\nde M. Boulanger pour le chant, et de M. Mocker pour l'opéra-comique.\nLe jury ne lui a décerné que le second prix de chant et le premier accessit\nd'opéra-comique; il lui a préféré, pour des raisons qu'il sait peut-être,\nd'autres concurrentes qui seraient fort empêchées, selon moi, s'il leur\nfallait affronter ce soir le rôle de Mathilde de Guillaume Tell, ainsi que\nl'a fait, le 17 avril, la rivale battue par elles.\nMademoiselle Fouquet est une jeune fille dans son printemps, de taille\nsvelte et élancée, distinguée en ses manières, et d'une beauté brune\ncontresignée par des yeux à convertir le diable au bon Dieu, si ce racco-\nmodement était dans les choses orthodoxes. Sa voix de soprano, déjà\nexercée, est très franche, très souple, d'une sonorité suffisamment homo-\ngène et d'une justesse irréprochable. Le timbre en est encore un peu\ngrêle; nous ne lui croyons pas la solidité nécessaire pour s'attaquer aux\nrôles écrasants du répertoire de Meyerbeer et résister aux bruyantes\norchestrations consacrées par le goût moderne. Heureusement, ce timbre,\nqui manque de corps, est pénétrant et plein de charme. Dans le registre\nélevé, il sonne avec la pureté et la douceur du cristal. Ses ports de voix\net ses appogiatures sont rares par la correction. A l'encontre de la\nplupart des élèves du Conservatoire, elle articule avec netteté et accentue\navec sentiment. Elle chante français, pour dire le mot. Maîtresse de son\némotion dès le milieu de son récitatif d'entrée : Ils s'éloignent, enfin!\nelle a su rendre, avec une très vive intuition du grand style, les nuances\ndélicates de la romance : Sombre forêt. Dans le duo qui suit avec\nArnold, elle a montré de la chaleur.\nSi mademoiselle Fouquet ne s'endort pas au bruit flatteur des applau-\ndissements qui ont accueilli ses premiers pas sur la scène, si elle ren-\nforce sa vocation par l'étude et le travail, elle est appelée aux mêmes"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.46", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "succès que sa devancière Fidès Devriès dans les rôles de demi-caractère,\nla Marguerite de Faust et l'Qphélie ôCHamlet, qui n'appartiennent\npoint aux rôles de force proprement dits.\nOPÉRA-COMIQUE. REPRISE DE JOCONDE. L'Opéra-Comique nous\na rendu Joconde, ce chef-d'œuvre de Nicolo qui, comme son héros, a\nlongtemps parcouru le monde, et sur les mélodies duquel nos pères cour-\ntisaient jadis la brune et la blonde.\nJoconde apparut à la lumiore de la rampe le 28 février 1814, comme\nun rayon de la vieille gaieté perdu dans les sombres nuages\nque poussait devant elle l'invasion étrangère. Indiscret Joconde ! Le\ntemps n'était pas aux musettes provençales ni aux tambourins du\nRhône, les Rosières et les paysans d'opéra-comique, les comtesses et les\nbaillis n avaient pas beau jeu. Le jour meme de la première représenta-\ntion de cet ouvrage, la place de la Fère avait capitulé devant les alliés.\nPartout culbutés et partout reformés, partout décimés et partout renais-\nsants, les bataillons barbares précipitaient leur marche sur Paris. Un\nmois après, nos amis les ennemis défilaient sur nos boulevards, et cam-\npaient dans les Ghamps-Élysées.... Un jouait toujours Joconde à leur\nnez et à leur barbe. En France, le rire est souvent une forme de l'offen-\nsive. Les Parisiens coururent à Joconde.\nBien des fois, depuis cette fatale époque, Joconde a été repris à 10=\npéra-Gomique. Martin, Chollet et Faure ont laissé, dans le rôle princi-\npal, les meilleurs souvenirs. La pièce avait été inspirée à Etienne par le\nconte de La Fontaine, intitulé comme elle, et que le grand fabuliste\navait emprunte, en substance, a 1 Arioste. A. Pheure qu'il est, le livret\nd Etienne, écrit dans le plus pur style Prudhomme, se soutient parfaite-\nment a la scène, grâce à quelques situations à la vérité fort plaisantes.\nQuant àla musique de Nicolo, elle passe à bon droit pour un chef-\nd œuvre de 1 esprit français. Certains morceaux en sont populaires. Le\ncoloris de l'orchestration a pâli, il s'est estompé avec l'âge et a tourné au\npastel. Mais la mélodie a conservé toute sa grâce et tout son parfum. Je\nconfesse que le premier acte m'a paru languissant. Je fais retomber sur\nNicolo aussi bien que sur Etienne la responsabilité de mon impression.\nLe fameux rondeau lui-meme : Jai longtemps parcouru le mondey m'a\ntrouve insensible à ses charmes. Mais le second acte est une pure mer-\nveille où le sentiment et Pesprit se fondent dans une délicieuse harmonie.\nJe comprends dans cette appréciation le troisième tableau qui ne forme\nguère acte à part. La Chanson de Jeannette, reprise au duo : Ma grand'"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.47", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "mère disait souvent, avec les trilles battus sur les trois temps de ses pre-\nmières mesures; les couplets ; Que je voudrais avoir la rose ;le chœur\ndes bohémiennes ; le quatuor scénique :\nQuand on attend sa belle,\nQue Y attente est cruelle ;\nla romance célèbre des Premières amours de Joconde; le quartetto\ncommencé en notes piquées : Ah !ma petite amie, que te voilà jolie ! et\npour lier le bouquet, la scène finale du couronnement de la rosière,\nsont autant de fleurs mélodiques, fécondées par le génie de Nicolo.\nL'interprétation de Joconde est assez faible, sauf de la part de\nM. Bouhy et de mademoiselle Chapuy. Le rôle de Joconde, juché sur les\nplus hauts sommets du registre de baryton, s'étend jusqu'au sol\nen voix de poitrine. Je craignais que Bouhy, dont l'organe est d'une\nsânté irrégulière, n'échouât devant la difficulté. Mais, grâce à l'excel-\nlence de sa méthode, et à l'éclat d'une voix de tête factice, il a pu chanter\nJoconde et faire plaisir aux difficiles. Mademoiselle Chapuy,comédienne\npiquante, joue et chante Jeannette avec beaucoup de goût.\nGILLES ET GILLOTÏN.—- Mercredi 22 avril.— Dois-je vous dire la pièce?\nElle vous apprendrait si peu de chose que je crois bien faire en ne vous\nla contant pas.\nJe ne reviendrai pas non plus sur le débat irritant soulevé entre\nM. Sauvage, l'auteur du livret, et M. Ambroise Thomas, au sujet de la\nreprésentation de Gilles et Gillotin. On sait que M. Thomas avait renié\nla paternité de ce petit acte, et qu'il entendait le garder en portefeuille,\nmalgré les droits de son collaborateur. On sait aussi que le compositeur,\naprès avoir épuisé plusieurs juridictions, a perdu le procès en séparation\nde corps et de biens qu'il soutenait contre le librettiste.\nLa musique de Gilles et Gillotin date d'une quinzaine d'années\nenviron. Elle daterait d'hier qu'elle ne serait pas plus fraîche qu'elle a\nparu. Elle est, de parti pris, traitée en pasticcio italien. On dirait,\nà l'entendre, qu7Ambroise Thomas avait l'œil sur le Gilles ravisseur\nde Grisar, et qu'il voulait en faire le pendant. Dans le modèle de Grisar,\nla mélodie a plus de verve et de spontanéité : elle jaillit plus librement,\nplus généreusement. Dans l'imitation d'Ambroise Thomas, la phrase est\ntrop morcelée et hachée trop menu. Dans ses morceaux concertants\nsurtout, elle dialogue et papillote à l'excès.\nCe qui est prodigieux dans Gilles et Gillotin, c'est l'instrumentation.\nL'auteur du Caïd possède une palette d'une richesse inouïe. L'ouverture,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.48", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2123, "texte": "à elle seule, est un tour de force, et pourtant c'est une simple retraite mi-\nlitaire qui en fait tous les frais. Le motif est commencé en sourdine, et\ncomme dans le lointain, par les tambours et les petites flûtes à la tierce,\nLes violons sen emparent, et la transmettent, par un crescendo qui\nfait l'image d'un rapprochement, aux cuivres et à la caisse roulante. Sur\nle tout broche la sonnerie du triangle. Le bruit s'apaise et la marche\nregagne le large, escortée des pittoresques fioritures du basson et de la\nclarinette. Ce n est rien, mais c'est singulièrement comique et distin-\ngué. On a bissé ce charmant hors d'oeuvre symphonique.\nLa partition est très touffue. Le duo qui ouvre l'acte et qui est chanté\nsur le balcon par Rosaure et le sergent Brisacier; l'autre duo entre Ja-\nquette et Gillotin, avec sa jolie strette: Le voilà,c'est ton papa, sont deux\nmorceaux d un tour très fin. Le quatuor pour baryton et entre\nRoquentin, Gilles, Gillotin et Jaquette, est, pour mon goût, la meilleure\npage de la partition. Il est fâcheux que la partie du baryton, autrefois\ndestinée à un ténor, soit écrite trop haut, bien qu'elle ait été baissée, pour\nla voix d Ismaël. On a redemande à mademoiselle Ducasse ses couplets :\nOh ! oh! oh! quel gâteau ! et à Ismaël ses couplets entrecoupés de rires\net de pleurs : b aut~il pleurer, faut-il rire ? On a bissé aussi la chanson\ndu seigent Brisaciei? avec sa reprise en quintette, à l'imitation des rou-\nlements du tambour. Enfin, on s est fort amusé d'un quintette terminé\nen sextuor, pastiche réjouissant de la manière de Verdi.\nIsmaël a compose son roie de Gilles avec beaucoup d'art i il le chante\navec ce goût exquis qui lui est propre. Pour tenir celui de Gillotin, ma-\ndemoiselle Ducasse avait à son actif son intempérance ordinaire de gestes\net de mines, Elle mime, joue et chante Gillotin avec toute la verve et\nl'esprit de la comédie italienne. Mesdemoiselles Reine et Nadaud,\nMM. Neveu (Brisacier) et Thierry, ont prêté main forte à Gilles et à\nGillotin, pour implanter le succès de ce charmant opéra-bouffe à l'Opéra-\nGomique.\n\nARTHUR HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c029", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "137", "page_fin": "139", "image_debut": 49, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.9", "titre_corps": "CHRONOLOGIE DE L'ANNEE 1874", "titre_sommaire": "CHRONOLOGIE DE L'ANNEE 1874", "signature_source": "A. 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L'As-\nsemblée nationale adopte, par 494 voix contre 63, un projet de loi qui lui est\nprésenté par le ministre des travaux publics, et qui assure à l'Etat les sommes\nnécessaires pour l'achèvement du nouvel Opéra, dont la construction devra\nêtre entièrement terminée avant la fin de Tannée 1874.\n31. BOUFFES-PARISIENS. Première représentation des Parisiennes, opé-\nrette en cinq actes, paroles de MM. Jules Moinaux et Victor Koning (et\nErnest Blum), musique de M. Léon Vasseur. —CIRQUE DES CHAMPS-ELYSÉES.\nPremière exécution à Paris de la Passion selon saint Matthieu, oratorio de\nJean-Sébastien Bach (traduction française de M. Charles Bannelier), sous la\ndirection de M. Charles Lamoureux.\nQAV%IL\nlERIER Avril. CONCERTS DANBÉ. Exécution du Stabat Mater de madame la\ncomtesse de Grandval.\n3. CONCERTS-POPULAIRES. Première exécution du Stabat Mater (la pre-\nmière partie seulement), de M. Bourgault-Ducoudray.\n4. THÉÂTRE DU CHATELET, Première représentation de la Belle au\nbois dormant, opéra-féerie en quatre actes et douze tableaux, paroles de\nMM. Clairville et W. Busnach, musique de M. Henri Litolff. NAPLES\n(Théâtre San-Carlo). Première représentation de Bianca Orsini « melo-\ndramma lirico », en quatre actes, paroles de M. G.-T. Cimino, musique\nde M. Errico Petrella."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.50", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "5. BOUFFES-PARISIENS. Première représentation : Le Tour de Mou-\nlinet, opérette en un acte, paroles de M. Paul Avenel, musique de M. Char-\nles Hubans. (Cette pièce est donnée en quelque sorte subrepticement, un\ndimanche, 1 affiche ne portant point la mention : « Première représenta-\ntion, » et indiquant au contraire, contre l'usage, les noms des auteurs.\nFOLIES-BERGÈRE. Première représentation : Le Menu de Georgette, opé-\nrette en un acte, paroles de M. Gabriel Ferry, musique de M. Desormes.\nEGLISE SAINT-NICOLAS DU CHARDONNET. Première exécution d'une messe\nnouvelle, avec orgue et orchestre, de M. Charles Magner, maître de chapelle\nde cette église. Apparition du premier numéro des\nmalades,« petite revue bi-mensuelle de critique musicale » par Alexis Aze-\nvedo.\nBRUXELLES (Salle de la Grande-Harmonie). Première exécution\nDernier Rayon de soleil, oratorio, poème de M. Em. Hiel, musique de G.\nHuberti.\n8. FOLIES-DRAMATIQUES. 411E et dernière représentation de la Fille\nde madame Angot. (Fait sans exemple dans les annales du théâtre en France,\net probablement dans le monde entier, d une pièce jouée\nfois, c est-à-dire pendant treize mois et demi, sans une seule interruption.\nOn assure qu à cette dernièie représentation la L ille de madame Angot\nréalisait encore une recette de plus de 3.500 francs.)\n11. FOLIES-DRAMATIQUES.— Première représentation de la\nbonnaise, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Ernest Dubreuil\net Hiînri Chabrillat. musique de M. Coedès.—ELDORADO. Première représen-\ntation : le Mariage au flageolet, opérette en un acte, paroles de MM. G.\nPerrin et H. Paliard, musique de M. Charles Malo.— SOCIÉTÉ NATIONALE DE\nMUSIQUE. 35« audition (avec orchestre), dans laquelle on entend, entre autres\nœuvres inédites : 2E concerto pour piano, de M. Georges Pfeiffer; Poème\nnocturne, de M. Flenry Duparc ; Concertino pour alto, de M. J.'Garcin;\nSuite symphonique, de M. Charles Lefebvre; l'lncarnation de Jésus (frag-\nment de la deuxième partie), mystère, paroles de M. Emile Cécile, musique\nde M. Maréchal. ATHÉNÉE (dans un concert au bénéfice de M. Jules\nRuelle, ancien directeur de ce théâtre). Première audition : La Ferme de\nMu amar,opérette en un acte, paroles de M , musique de M. le mar-\nquis d'Aoust.\n12. SALLE ERARD. Première audition :\nsaynète, paroles et musique de M. Edmond Lhuillier.\n15. ELDORADO. Première représentation : Trois Pistolets dans le dos\nopérette en un acte, paroles de M. \"Théodore Duché, musique de M. Guyon fils.'\n16. FOLIES-BERGÈRE. Première représentation :\ndivertissement en un acte, de Mme Mariquita, musique de M. Olivier Métra!\nl - OPÉRA. Début de mademoiselle Fouquet, elève du Conservatoire\nans le rôle de Mathilde, de Guillaume"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.51", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "18. OPÉRA-COMIQUE. Reprise de Joconde, d'Etienne et Nicolo, qui n'a-\nvait pas été jouée depuis 1861.\n19. FOLIES-MONTHOLON. Première représentation: Mam'çelle Mariette\nopérette en un acte, paroles de M. Aurèle, musique de M. E. Bourgeois,\n21. FOLIES-BERGÈRE. Première représentation :Un Jour d'orage, opé-\nrette en un acte, paroles de M. A. de Marthold, musique de M. Olivier\nMétra.\n22. OPÉRA COMIQUE. Première représentation : Gille et Gillotin, opéra-\ncomique en un acte, en vers libres, paroles de M. Thomas Sauvage, musique\nde M. Ambroise Thomas.\n25. VARIÉTÉS. Reprise de la Périchole, opéra-bouffe de M. Jacques\nOffenbach. Pour cette reprise, la pièce, qui était primitivement en deux actes,\nest mise en trois actes, et la partition est augmentée de six morceaux nou-\nveaux.\n\nA. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-05-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-05-01_01#c032", "volume": "bmtnabc_1874-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "140", "page_fin": "144", "image_debut": 52, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.2.10", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2096, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nAMÉDÉE MÉREAUX\n\nA critique musicale française vient de perdre l'un de ses\nvétérans, peut-être son doyen. Amédée Méreaux (dont le\nnom véritable était Jean-Amédée Le Froid de Méreaux),\nfils d'un compositeur dramatique réputé au siècle der-\nnier, musicien extrêmement distingué lui-même, est\nmort le 24 de ce mois à Rouen, où il était fixé depuis\nquarante ans et où il occupait une position considérable\ncomme professeur, comme compositeur et comme feuilletonniste musical du\nJournal de Rouen. Méreaux, qui s'était fait fort jeune une brillante réputation\ncomme pianiste et compositeur pour son instrument, avait été activement\nmêlé au mouvement artistique du premier tiers de ce siècle. Lié de bonne\nheure avec ce que Paris comptait de musiciens célèbres, il était tenu particu-\nlièrement en haute estime par Boieldieu. L'excellente éducation littéraire\nqu'il avait reçue au lycée Charlemagne ne l'avait pas empêché de faire de\nsolides études musicales*, élève de son père pour le piano, de Porta et de\nReicha pour la composition, il avait à peine quatorze ans lorsque la maison\nRichault publia ses premières œuvres. Ses succès précoces lui avaient valu\nà vingt cinq ans le titre (honorifique, il est vrai) de pianiste du duc de Bor-\ndeaux, et à cette époque il acquit une véritable renommée en donnant des\nconcerts à Paris, dans les départements et en Angleterre. Comme composi-\nteur, Méreaux s'est fait connaître par une centaine d'œuvres de divers genres,\nparmi lesquelles 011 compte cinq livres de grandes études pour le piano, des\nsonates pour le même instrument, une messe solennelle à quatre voix,\nchœur et orchestre, diverses cantates, des chœurs et de nombreuses mélodies.\nComme professeur, il a formé plusieurs pianistes distingués, entre autres\nmademoiselle Clara Laveday et madame Tardieu de Malleville, et quelques\neunes compositeurs, parmi lesquels M. Lucien Dautresme, qui a fait jouer\nCardillac au Théâtre-Lyrique, et M. Camille Caron. Enfin, comme écrivain\nspécial, il a collaboré au Journal de Rouen, au Moniteur universel et au"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.53", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "Ménestrel, et s'est fait surtout apprécier par le bel ouvrage qu'il a publié sous\nce titre : Les Clavecinistes de i63y à 17go, histoire du clavecin, portraits et\nbiographies des célèbres clavecinistes, avec exemples et notes sur le style et\nl'exécution de leurs œuvres ; on lui doit aussi une excellente notice sur Pon-\nchard. On a encore imprimé de Méreaux son discours de réception à l'Aca-\ndémie des sciences, belles-lettres et arts, de Rouen,où il fut admis en ißsß,un\nrapport fait par lui à cette Académie, et un discours prononcé par lui, comme\nprésident, à la réception d'un nouveau membre, en 1865. Né à Paris en iBo3,\nMéreaux est mort âgé de soixante-onze ans. Il était chevalier de la Légion\nd'honneur. La ville de Rouen le considérait comme un de ses enfants, et lui\na fait de splendides funérailles.\n\nA. P.\n\nFAITS DIVERS\nES exercices publics des élèves du Conservatoire, supprimés depuis\nune douzaine d'années, vont recommencer. Le dimanche 3 mai, à\ndeux heures précises, aura lieu, dans la salle de la rue Bergère, une\nséance publique à grand orchestre, avec chœurs et soli, dont tous\nles exécutants seront fournis par les classes de notre École de musique.\nVoici le programme de cette séance :\nSymphonie en si bémol, d'Haydn ; Air de Fernand Cortede Spontini,\nchanté par M. Manoury ; Ave verum) de Mozart ; Trio pour piano,\nviolon et violoncelle, de Mendelssohn, exécuté par mademoiselle Poitevin,\nMM. Brindis et Leob ; Air de Fernand Cortechanté par mademoiselle\nChampion ; Gloria in excelsis, de la messe de Rossini ; Air des Abence-\nrages, de Cherubini, chanté par M. Vergnet ; Jubel-Ouverture, de Weber.\nL'exécution sera dirigée par M. Ernest Deldevez, professeur de la classe\nd'ensemble instrumental du Conservatoire.\nVoici Tordre dans lequel auront lieu, cette année, les épreuves et les\njugements du grand concours de composition musicale :\nConcours d'essai : Entrée en loges, le samedi 16 mai, à dix heures du matin,\nau Conservatoire. Sortie, le jeudi 21, à dix heures du soir.\nJugement du concours d'essai : Samedi, 23.\nConcours définitif : Entrée en loges, le samedi, 3o mai, à dix heures du\nmatin, au Conservatoire. Sortie, le mardi, 23 juin, à dix heures du soir.\nJugement préparatoire : Vendredi, 3 juillet, au Conservatoire.\nJugement définitif, par toutes les sections réunies de l'Académie des Beaux-\nArts : Samedi, 4 juillet, au Palais de l'lnstitut.\nLes concurrents peuvent se faire inscrire pour le concours d'essai, jusqu'au\n1 3 mai inclusivement, au secrétariat du Conservatoire de musique."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.54", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "A la suite d'une pétition adressée au préfet de la Seine par les habitants\ndu quartier du Châtelet, des ordres très formels viennent d'être donnés aux\nentrepreneurs du Théâtre-Lyrique pour que cette scène soit livrée au plus\ntard le i 5 octobre prochain.\nLe préfet de la Seine tient essentiellement à ce que le Théâtre-Lyrique soit\nouvert l'hiver prochain, afin de donner un peu d'animation à la place du\nChâtelet.\nL'Académie des Beaux-Arts avait à compléter le jury du concours de\ncomposition musicale pour le prix de Rome, en adjoignant trois membres à\nceux qui composent la section de musique de l'lnstitut, et qui sont\nMM. Ambroise Thomas, Reber, Félicien David, Gounod, Massé et Bazin.\nLa section de musique a présenté trois membres : MM. Reyer, Saint-Saéns\net Vaucorbeil, auxquels l'lnstitut a ajouté MM. Semet et Massenet; puis, à\n}a suite d'un tirage au sort, ont été définitivement nommés membres du jury\ndu concours : MM. Vaucorbeil, Saint-Saëns et Massenet; M. Reyer, juré sup-\npléant-\n— Le mariage religieux de madame Pauline Lucca avec M„ le baron de\nWallhofen a eu lieu le 2 5 mars à New-York.\nM» Adolphe Jullien vient de publier, à la Revue et Galette musicale,\nune longue série d'articles dans lesquels il passe en revue et étudie, comme\nil avait fait précédemment pour Gœthe et Victor Hugo, toutes les œuvres\nmusicales inspirées par les drames de Schiller. En voici la liste complète :\nLes Brigands ont fourni un sujet d'opéra à trois compositeurs : Mercadante,\nVerdi et Zayc. Il n'a été composé qu'un opéra de Fiesque, celui de M. Lalo ;\nqu'un sur Intrigue et Amour, la Luisa Miller, de Verdi, et qu'un sur Don\nCarlos, encore de Verdi. La trilogie de Wallenstein inspira cinq musiciens.\nAnselme Weber écrivit de la musique pour la Mort de Wallenstein ; Meyer-\nbeer reproduisit les tableaux du Camp dans son opéra du Camp de Silésie ;\nRheinberger composa une symphonie complète sur la trilogie ; Musone, un\nopéra italien sur la Mort de Wallenstein, et M. Vincent d'lndy, une ouver-\nture des Piccolomini. Marie Stuart tenta six compositeurs : Pietro Casella,\nMercadante, Carlo Coccia, Donizetti, Niedermayer et M. Van Zuylen Van\nNijevelt. La Pucelle d'Orléans fut mise en musique sous sa forme originale\npar Anselme Weber, MM. Damroth et Max Bruch, puis transformée en opéra\nallemand par Jean Hoven et en opéra italien par Verdi. La tragédie antique,\nla Fiancée de Messine, inspira tour à tour Anselme Weber, Chrétien Urban,\nSchumann et Bonewitz ; et la comédie de Turandot, Charles Blumenroder,\nReissiger, Jean Hoven et Charles-Marie de Weber. Enfin Guillaume Tell fut\nd'abord mis en musique par Anselme Weber et inspira à Rossini son œuvre\nmusicale."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.55", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "NOUVELLES\n\nARTS. Opéra. M. Halanzier, assure-t-on, est décidé à inaugurer\nle nouvel Opéra par la reprise de la Juive. Jeanne Darc, de Mer m et,\nserait la seconde pièce jouée sur notre nouvelle Académie de\nmusique.\nMademoiselle Rosine Bloch est réengagée à l'Opéra pour deux ans.\nM. Achard fera sa rentrée l'hiver prochain dans Edgard, de Lucie.\nItaliens. L'association de M. Strakosch, directeur du Théâtre-Italien,\navec l'imprésario russe M. Merelli, se termine le ier septembre.\nElle ne sera pas renouvelée.\nLa Lucca serait engagée par M. Strakosch pour une série de représen-\ntations.\nMademoiselle Heilbron et M. Benfratelli ont fait aujourd'hui leurs\nadieux au public parisien, dans la Traviata. La fermeture du théâtre est fixée\nau 5 mai.\nOpéra-Comique. Il est question à ce théâtre d'une prochaine reprise de\nLalla-Roukh avec mademoiselle Dalti, MM. Lhérie et Melchissédec.\nLes Noces de Figaro vont reparaître sous peu à i'Opéra-Comique,\nMadame Carvalho prend le rôle de la comtesse et abandonne celui de Ché-\nrubin, qui servira de début à mademoiselle Breton. Mademoiselle Priola\nchantera le rôle de Suzanne. M. Melchissédec et M, Bouhy conservent leurs\nanciens emplois, du comte et de Figaro.\nChâîelet. M. Louis Herz succéderait à M. Hostein au Ghâtelet : il\nannonce son intention de donner le ier septembre prochain un nouvel opéra\nde M. Massé, Paul et Virginie, dont on avait parlé autrefois pour Capoul et\nmadame Patti.\nL'opéra (?) de M. Litolff, la Belle au bois dormant, a terminé sa courte\ncarrière ; on reprend ce soir les Pilules du Diable.\nBouffes-Parisiens. On prépare aux Bouffes-Parisiens la reprise de la\nPrincesse de avec madame Théo dans le rôle créé par madame\nChaumont, et madame Peschard dans celui de mademoiselle VanghelL\nMademoiselle Bagatelle, opérette de MMO Ernest Blum. et Hector Gré-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.56", "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "mieux, musique de M. J. Offenbach, a été lue aux artistes. Voici la distri-\nbution des rôles :\nBagatelle Mmes Judic.\nGeorges de Plantevigne L. Grivot.\nPistache M. Ed. Georges.\nFinette Mlle Suzanne.\nVariétés. Il y a déjà quelque temps, on avait annoncé que les Prés-\nSaint-Gcrvais, de M. seraient repris au théâtre Déjazet, et que made-\nmoiselle Déjazet y ferait sa dernière rentrée ; il n'en était rien, car l'auteur de\nRabagas vient de transformer sa pièce en opérette. M. Lecocq doit en faire\nla musique. Cet ouvrage passera aux Variétés dans le courant du mois\nd'octobre.\nRenaissance. Giroflé-Girojla, le nouvel opéra-bouffe de M. Lecocq, sera\njoué à ce théâtre.\n/\nConcert des Champs-Elysées.—Ce soir, ier mai, inauguration des Concerts\nBesselièvre. On délivre des cartes d'abonnement pour la saison, au Con-\ncert même, derrière le Palais de l'lndustrie.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. 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Méreaux, qui s'était fait fort jeune une brillante réputation\ncomme pianiste et compositeur pour son instrument, avait été activement\nmêlé au mouvement artistique du premier tiers de ce siècle. Lié de bonne\nheure avec ce que Paris comptait de musiciens célèbres, il était tenu particu-\nlièrement en haute estime par Boieldieu. L'excellente éducation littéraire\nqu'il avait reçue au lycée Charlemagne ne l'avait pas empêché de faire de\nsolides études musicales*, élève de son père pour le piano, de Porta et de\nReicha pour la composition, il avait à peine quatorze ans lorsque la maison\nRichault publia ses premières œuvres. Ses succès précoces lui avaient valu\nà vingt cinq ans le titre (honorifique, il est vrai) de pianiste du duc de Bor-\ndeaux, et à cette époque il acquit une véritable renommée en donnant des\nconcerts à Paris, dans les départements et en Angleterre. Comme composi-\nteur, Méreaux s'est fait connaître par une centaine d'œuvres de divers genres,\nparmi lesquelles 011 compte cinq livres de grandes études pour le piano, des\nsonates pour le même instrument, une messe solennelle à quatre voix,\nchœur et orchestre, diverses cantates, des chœurs et de nombreuses mélodies.\nComme professeur, il a formé plusieurs pianistes distingués, entre autres\nmademoiselle Clara Laveday et madame Tardieu de Malleville, et quelques\neunes compositeurs, parmi lesquels M. Lucien Dautresme, qui a fait jouer\nCardillac au Théâtre-Lyrique, et M. Camille Caron. 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Il était chevalier de la Légion\nd'honneur. La ville de Rouen le considérait comme un de ses enfants, et lui\na fait de splendides funérailles.\n\nA. 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Sortie, le mardi, 23 juin, à dix heures du soir.\nJugement préparatoire : Vendredi, 3 juillet, au Conservatoire.\nJugement définitif, par toutes les sections réunies de l'Académie des Beaux-\nArts : Samedi, 4 juillet, au Palais de l'lnstitut.\nLes concurrents peuvent se faire inscrire pour le concours d'essai, jusqu'au\n1 3 mai inclusivement, au secrétariat du Conservatoire de musique."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.54", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "A la suite d'une pétition adressée au préfet de la Seine par les habitants\ndu quartier du Châtelet, des ordres très formels viennent d'être donnés aux\nentrepreneurs du Théâtre-Lyrique pour que cette scène soit livrée au plus\ntard le i 5 octobre prochain.\nLe préfet de la Seine tient essentiellement à ce que le Théâtre-Lyrique soit\nouvert l'hiver prochain, afin de donner un peu d'animation à la place du\nChâtelet.\nL'Académie des Beaux-Arts avait à compléter le jury du concours de\ncomposition musicale pour le prix de Rome, en adjoignant trois membres à\nceux qui composent la section de musique de l'lnstitut, et qui sont\nMM. Ambroise Thomas, Reber, Félicien David, Gounod, Massé et Bazin.\nLa section de musique a présenté trois membres : MM. Reyer, Saint-Saéns\net Vaucorbeil, auxquels l'lnstitut a ajouté MM. Semet et Massenet; puis, à\n}a suite d'un tirage au sort, ont été définitivement nommés membres du jury\ndu concours : MM. Vaucorbeil, Saint-Saëns et Massenet; M. Reyer, juré sup-\npléant-\n— Le mariage religieux de madame Pauline Lucca avec M„ le baron de\nWallhofen a eu lieu le 2 5 mars à New-York.\nM» Adolphe Jullien vient de publier, à la Revue et Galette musicale,\nune longue série d'articles dans lesquels il passe en revue et étudie, comme\nil avait fait précédemment pour Gœthe et Victor Hugo, toutes les œuvres\nmusicales inspirées par les drames de Schiller. En voici la liste complète :\nLes Brigands ont fourni un sujet d'opéra à trois compositeurs : Mercadante,\nVerdi et Zayc. Il n'a été composé qu'un opéra de Fiesque, celui de M. 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L'histoire est assez singulière et, comme\nelle touche par un certain côté à la musique,\nje vais vous la dire aussi brièvement que\npossible.\nIl y a quelque quinze ans, j'alignais force rimes à Condé-sur-I'Escaut,\nécrivant des chansons après avoir essayé d'écrire des romans en vers.\nUn jour, un vieil ouvrier mineur me conta l'aventure, arrivée au temps"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\njadis, d'un fermier qui, cherchant un homme juste pour en faire le\nparrain de son fils, ne trouva que la Mort, et tenta ensuite de corrompre\nl'impartial Faucheur, pour qu'à l'heure suprême ce dernier remît de\nl'huile dans sa lampe et prolongeât ainsi l'existence de son compère.\nLe récit me parut original, et j'en fis une chanson que j'envoyai, par\nl'intermédiaire d'un ami commun, à M. Membrée, mon compatriote.\nM. Membrée ne daigna même pas me répondre; mais Darcier, le chan-\nteur populaire, se montra plus indulgent et, sans en connaître l'auteur,\nmit la chose en musique de façon à ne me laisser aucun regret.\nQuelque temps après, je vins à Paris, où je devins le beau-frère de\nM. Francisque Sarcey. Mon beau-frère commençait alors à écrire dans\nle Figaro et, comme il habitait la campagne, il m'avait confié le soin\nd'aller au journal corriger ses épreuves. Sur son conseil, j'avais jeté mes\nvers au feu et, tout en donnant des leçons pour vivre, je m'exerçais au\nmétier de journaliste.\nUn matin, au bureau du journal, comme j'avais fini ma besogne ou\nplutôt celle de mon beau-frère, je tirai un article de ma poche et je l'offris\ntimidement à M. Bourdin,, avec prière de le remettre à M; de Ville-\nmessant. Tous les rédacteurs présents éclatèrent de rire.\nÇa ne pouvait manquer, dit mon ami Noriac. Voilà un brave garçon\nqu'on accueillait ici sans défiance, et, patatras ! parce que son beau-frère\na suivi l'exemple funeste de son ami About, il se croit forcé à son tour\nd'imiter son beau-frère.\nD'où étes-vous? me demanda Bourdin, qui était doux aux débu-\ntants, et qu'avez-vous publié jusqu'à présent?\n—Je suis de Condé en Flandre et j'ai publié chez Vieillot une\nchanson, avec musique de Darcier.\nLes éclats de rire redoublèrent.\nEst-ce que par hasard cette chanson serait le Compère de la\nMort? reprit Bourdin.\nC'est cela même... Mais comment savez-vous ?...\nDarcier nous l'a chantée l'autre soir en petit comité. Si votre prose\nn'est pas inférieure à vos vers, vous pouvez regarder votre article comme\nreçu. C'est égal, vous n'êtes pas du tout l'homme que je me figurais en\nécoutant votre Compère. Je m'attendais à voir un gros bonhomme\njoufflu....\nle maigre, le tonneau de bière et la perche à houblon, le Flamand et le\nFlandrin...\nSavez-vous ce qu'il faut faire? Mettez-moi votre chanson en prose"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.3", "texte": "HISTOIRE DE QUELQUES CONTES BLEUS\n\net tirez-en un conte fantastique. .Te vous le publierai dans un journal\nque je fonde en ce moment, et qui s'appellera le\nJe n'ai pas besoin de vous dire, mon cher Heulhard, avec quelle\nchaleur je remerciai cet excellent Bourdin. Le malheur, c'est qu'au\nmoment où j'opérais la transformation demandée mon beau-frère se\nbrouilla avec le Figaro,et je ne crus pas pouvoir décemment continuer\nd'écrire dans une feuille qui 1 'éreintaità la journée.\nJe portai le Compère de la Mort au Il y fut bien\naccueilli, et même on lui fit l'honneur de confier à Morin, le dessinateur\noriginal, la tâche de l'illustrer ; mais là encore le diable entra dans mon\njeu.\n\nAu Monde illustré, l'habitude est bien plutôt d'écrire des légendes"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npour les dessins que d'orner de dessins des légendes fantastiques. Ce mal-\nheureux conte, avec les cinq ou six bois qui 1 ne tombait\njamais bien en page. Il encombrait le journal et j'ai vu le moment,\nterrible pour un cœur de père, où l'on allait être force d en couper un\nbon tiers. Il finit pourtant par paraître en deux fois, et c'est alors que\nMorin me proposa de me conduire dans une maison où mes enfants ne\ncourraient plus le risque d'être mutilés.\nAvant de le suivre, laissez-moi, mon cher ami, vous conter un détail\nqui vous intéresse plus particulièrement. Lorsque le Compère de la\nMort était encore à l'état de chanson, je le fis lire un jour à M. Edmond\nAbout et lui dis qu'il y avait là un sujet de pièce. M. About haussa les\népaules et me répondit qu'il y voyait seulement, dans le tableau des\nlampes, un motif de décoration. Or, deux ans après, le théâtre de l'Am-\nbigu jouait l'Ange de minuit,drame en six actes par MM. Théodore\nBarrière et Edouard Plouvier, qui met en scène à peu près la même\ndonnée. L'un des auteurs, Edouard Plouvier, m'a affirmé qu'il ne s'é-\ntait pas servi du conte flamand, et je le crois sans peine. Leur drame\nsemble plutôt avoir pris son origine dans la version allemande, que j'ai\nconnue plus tard et qui m'a fourni le point de départ du\nMort.\nMais voici qui est plus curieux. Au moment où M. About haussait\nsi dédaigneusement les épaules, l'œuvre dramatique que je rêvais n'était\nplus à faire. Elle avait été écrite huit ans auparavant pour le théâtre\nBenedetto à Venise, sous le titre de Crispino e la Comare, melo'\ndramma fantastico-giocoso, par Luigi et Federico Ricci. Sept ans plus\ntard, on la représentait à Paris sur le Théâtre-Italien. L'auteur du\nlibretto, M. Piave, l'avait emprunté à une farce intitulée le Savetier\nmédecin et la Mort,qui, au dix-huitième siècle, faisait la joie du peuple\nnapolitain.\nAurai-je l'air, mon cher ami, de prêcher pour mon saint, si je vous\nconfie entre nous que la version flamande me parait mieux construite et\nd'une tout autre portée philosophique et morale que la version italienne?\nQu'est-ce, en effet, que le Crispino L'histoire d'un pauvre\nsavetier perdu de dettes qui va se jeter dans son puits, quand une femme\nvêtue de noir en sort tout à coup et lui donne un moyen infaillible de\ndevenir un médecin renommé. L'ex-savetier fait des cures incroyables\net l'emporte sur tous ses rivaux; bientôt son cœur se gonfle de vanité, il\ndevient méchant, et, comme sa bienfaitrice veut le ramener à la raison,\nil l'envoie au diable. Ils y vont ensemble. Dans l'empire de la Mort,\nCrispin est pris d'une terreur salutaire. La lui montre, en un"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.5", "texte": "HISTOIRE DE QUELQUES CONTES BLEUS\n\ntableau magique, sa femme et ses amis attristés et priant pour lui. Il\nfait amende honorable et en est quitte pour la peur.\nCombien le héros flamand est plus original! Tant que son intérêt est\nde trouver un homme juste, personne à ses yeux n'a la conscience\nassez nette. L'éternel Faucheur, qui fr\\ ppe également les jeunes et les\nvieux, les riches et les pauvres, est le seul qui lui offre des garanties suf-\nfisantes. A peine l'a-t-il choisi comme parrain de son fils que sa curio-\nsité s'allume. Il veut savoir comment son compère peut connaître l'heure\noù il doit frapper chaque mortel. Celui-ci le mène à son grand lampa-\ndaire. Le brave homme s'aperçoit alors que sa lampe est près de s'étein-\ndre; il prie son compère d'y remettre un peu d'huile : le bon Dieu n'y\nverra que du feu ! Il n'a pas plutôt découvert le Juste par excellence que,\nson intérêt changeant, il cherche à le corrompre! Montrez-moi dans le\nthéâtre ancien et moderne beaucoup d'idées qui atteignent à une pareille\nprotondeur comique.\nJe reviens à mes contes. Encouragé par le succès du Compère, je fouil-\nlai ma mémoire et celle de mes amis d'enfance, notamment de M. Alexan-\ndre Favier, de Douai, à qui j'ai dédié mon Roi Cambrinus.it fis mieux :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nl'été venu, je pris le bâton des frères Grimm et j'allai interroger les pay-\nsans du Nord de la France et du Midi de la Belgique. Je rapportai de\nmes excursions une gerbe de contes que M. Lahure, à qui Morin\nm'avait présenté, publia dans le Journal pour tous et la Semaine des\nenfants.\nPar malheur car nous ne sommes pas, hélas !au bout de nos peines,\nl'une de ces feuilles était dirigée par un vieux bonhomme dont j'ai\noublié le nom, et qui s'obstinait à corriger le patois rouchi dont, selon\nlui, je déshonorais les colonnes de son journal. Est-ce lui qui dégoûta\nM. Lahurede mes contes? Il me fut bientôt impossible d'en faire passer\nun seul.\nJ'allai partout offrir ceux qui me restaient. Personne n'en voulut, pas\nmême mon beau-frère, qui était alors rédacteur en chef du Journal litté~\nraire. M. Lahure se décida enfin à les publier, et, croyant avoir de quoi\nformer un volume, je fis sans plus de succès une tournée chez les édi-\nteurs.\nLa maison Hachette aurait peut-être accepté mon recueil pour sa\nBibliothèque rose, mais il eût fallu le dépatoiser; malgré la charmante\npréface qu'il a écrite pour le Perrault de Gustave Doré, Hetzel n'avait\nplus aucune confiance dans les contes; Michel Lévy ne voulut même pas\nentendre parler des miens. Je les jetai au fond d'un tiroir, en attendant\ndes jours meilleurs.\nUn soir que nous sortions ensemble de l'Opéra, mon ami Albert de\nLasalle me confia que, sur le simple énoncé du titre, il avait le jour même\nplacé chez Lacroix et Verboeckhoven un volume intitulé : Dictionnaire\nde la musique appliquée à Vamour. Lasalle oubliait d'ajouter que son\nnom était bien aussi pour quelque chose dans le succès de cette affaire\nsi rapidement conclue ; mais le lendemain, en m'éveillant, je m'imposai la\nconsigne de ne point sortir de mon lit que je n'eusse trouvé le mot ma-\ngique qui devait m'ouvrir la porte de la caverne enchantée. Jusqu'alors\nj'avais présenté mes historiettes sous le titre de Contes d'un bon Flamand;\nune demi-heure après, je m'arrêtais à celui-ci : Contes d'un buveur de\nbière, qui ne pouvait manquer de plaire à un éditeur belge.\nJe me rendis droit à la librairie Lacroix, dont le chef pour le moment\nétait à Bruxelles. Son représentant, M. Lequeux, grâces lui soient ren-\ndues ! accepta mon volume et le fit, non sans peine, accepter àM. La-\ncroix, qui n'en voulait à aucun prix.\nSix mois après, le volume parut et obtint un succès qui dépassa toutes\nmes espérances. La presse me traita avec une extrême indulgence, Sainte-\nBeuve m'écrivit pour m'encourager, et la Revue des Deux-Mondes me"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.7", "texte": "HISTOIRE DE QUELQUES CONTES BLEUS\n\nfit des ouvertures. J.-J. Weiss, qui dirigeait alors le Journal de Paris,\nme demanda, de son côté, si je ne donnerais pas une suite à ce premier\nrecueil, m'offrant de la publier dans son journal.\nJe possédais à peu près la matière de cette seconde série, mais elle\nn'était pas inédite. Voici comment : j'avais pris naïvement, comme type\nde mon livre à faire, certaine édition compacte de la maison Hachette, et,\nle livre fait, il m'était resté environ les deux tiers d'un volume. Je pré-\nvins Weiss de cette circonstance, en lui annonçant que mon intention\nétait de retravailler ces contes à fond. Il voulut bien pour ce motif les\nregarder comme de la copie vierge, et ces mêmes contes qui, au Journal\npour tous, m'avaient été payés au prix modique de cinq centimes la\nligne, m'en rapportèrent vingt-cinq au Journal de Paris. Gaston de\nSaint-Valry m'offrit les mêmes conditions pour la Patrie, et les deux\njournaux se partagèrent ainsi la matière du volume qui, écrit depuis\nplus de dix ans, a paru ces jours-ci chez Dentu sous le titre de Contes du\nroi Cambrinus.\nVoilà, mon cher ami, l'histoire de mes contes bleus, et, comme à toute\nhistoire nous avons la manie, nous autres Français, de coudre une\nmoralité, elle prouvera avec votre permission que, si chez nous il faut\nquelque talent pour arriver au plus modeste résultat, il faut encore plus\nde patience et de ténacité.\nA vous,\n\nCHARLES DEULIN."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.8", "texte": "(0\nI 873\natrie, chœur pour voix d'hommes, par A. Lamothe.\nLes Cocardiers, P. Mérigot et V. Boullard.\nLes Voix de la plaine, J. Chocas et Ch. Liébeau ,\non pourrait ajouter : « Par un poète qui n aime pas\nles coups de fusil. * Les Immortels, Ch. Cauche\net Novelli. La Muse française, J. Peigneaux\net L. Chelu. Le Père Victoire, L. Bourdot et E.. Ouvier.\nLa Veuve de l'officier,Meynier et F. Blanc.\nque, J. Marville et A. de Runs ; on y parle un peu de tout, d'Archi-\nmède, des Romains, de Jeanne Darc, de George Sand. de Lamartine,\nde l'électricité, de la liberté, de Gutenberg, de l'Égalité, de la Fra-\nternité, de Charolais, du suffrage universel, de V. Hugo, de Musset,\nde Manon Lescaut et de la Femme de feu.— de Jean\nSaint-Martin et A. Petit. Une M pour piano,\nmémoire de lEmpereur Napoléon 111, par Cail Chesneau. Les\nDernières Cartouches,A. Perreau et J. Jacob ; cette .pièce est dédiée au\npeintre A. de Neuville. Hymne national du matechal de î\\îae~\nMahon, Président de la République, E. de Lonlay et A. Deslandres.\nLe Chien de la vivandière,L. Gabillaud et Seigneur.\npar Clever de Maldigny. La Lyre J. Béor et L.-C. De-\nsormes. Pauvre Village,Théolier et Ch. Malo.\n\nL'HISTOIRE EN CHANSONS\n\n(1) Voir bs rvrn?ros d?s i 5 juillet, ier août 1873 et ler avril 1874."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.9", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nPauvre village, où chaque mère prie\nA F heure sainte où sonne ï'Angélus.\nEn murmurant : Ils ne reviendront plus...\nTous nos enfants sont morts pour la Patrie !\nLe Réveil, chant d'espoir, Châtelain et J. Deschamps. Le Départ\npour Vannée nationale, Brueyreet Sézille.\nVoici le moment des pèlerinages : les cantiques affluent sous tous les\nformats. Nous enregistrons donc : A Notre-Dame de Lourdes, cantique\npopulaire par l'abbé Pierre-Paul Estellé. Cantate pour le Couronne-\nment de Notre-Dame d'Arcachon, i 5 juillet 1873, A. Audoin et E.-A.\nd'E.tcheverry ; hommage aux autorités religieuses, civiles, militaires et\nmaritimesd'Arcachon.., Le garde champêtre, le donneur d'eau bénite, le\nsacristain et les pioupious d'Arcachon ont dû être joliment touchés de\ncette dédicace, Litanies de la Délivrance, cantique à Notre-Dame de\nLourdes, paroles et musique du marquis d'lvry. Le Cri de la France\nchrétienne, anonyme. Cantique à Notre-Dame de la Garde, paroles\nd'un Marseillais, musique de J.-B. de Croze. Sous ta bannière, can-\ntique à Marie, l'abbé A. Larrieu. La France a Notre-Dame de\nLourdes, Aloys Kunc. Notre-Dame des Lumières, par les abbés\nGonnet et Thomas. Dieu le veut, chant national des pèlerins catholi-\nques, A. Kunc. Rome et la France, souvenir du pèlerinage\nnational de Paray-le-Monial, A. Kunc. —A Nostro-Damo de Lourdes,\ncantique en provençal, par J. Roumanille. Chant des pèlerins, Vau-\ndenay et Ch. Cordier. Cantique à Notre-Dame de Lourdes, E.-A.\nd'Etcheverry. Cantique en l'honneur de Notre-Dame de Lourdes,\nl'abbé Gonnet et M. de Pierpont.\nLa scène change; Paris est pavoisé pendant huit jours : ce sont huit\njours de fête, et les compositeurs pour ces sortes de spécialités dédient à\nl'envi des Marches à Nasser-Eddin :\nVive le schah de Perse !\nVive Nasser-Eddin !\nQue la gloire le berce\nDans Véternel jardin !\nL'a-t-elle réellement bercé dans l'éternel jardin? Qui pourrait nous\ndire cela? On n'en entend pas plus parler que des croix ornées de dia-\nmants qu'on s'attendait à voir pleuvoir sur les compositeurs de marches\nen l'honneur du schah."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nMinuit, de Pierre Dupont, est une poésie sur la colonne de Juillet, que\nl'auteur avait composée en iBso, musique de F. Boisson. Jacques\nBonhomme apprend à lire, J. Testa et A. Fournier. L'Armée\nd'Égypte, Th. Massiac et R. Planquette.— Aux Destins de la France,\nH. Dracy et L. Benza (avec une horrible lithographie), Les Flam-\nbeaux, Lachambaudie et Collignon. Les Soldats de Vavenir, paroles\net musique de Th. Touchard. —La République, M. Clever de Maldi-\ngny et M. S***. Dormeberceuse patriotique, L. Gabillaud, A. Du-\nchêne et J. Chabrut. Restons Gaulois, sur l'air de Serre\\ les rangs,\npar F.-G. —Du même F. G., Les Rois, hélas! ont envahi la France9\navec 16 couplets. L'Avenir, valse héroïque dédiée à madame la du-\nchesse de Lesignano par A.-P. Juliano; sur le frontispice le portrait de\nHenri V. Ils sont partis, chant national de délivrance, A. Queyriaux\net L. Keller, de Belfort (ne pns confondre avec le représentant de ce\nnom). A la France, paroles et musique de P. Schiller. Voilà ce\nque je veux, Jean Saint-Martin et A. Petit. A M. Thiers. Les\nCinq Milliards de la libération, grande polka patriotique, pour\npianoy par Emilia Delannoy. M. Thiers Ta-t-il dansée, cette polka?\nOn ne le dit pas. Le Portrait d'un père (mort à la guerre), J. Saint-\nMartin et A. Petit. —Le Grand Centenaire, H. Colomb et A. Petit.\nNos Petits Soldats, paroles et musique ds E. Lhuillier. Le Vaisseau\nde l'avenir, Ch. Sorbets et G. Lucas. La Délivrance, chœur patrioti-\nque à 4 voix d'hommes, A. Theuriet et A. Yung. Les Travailleurs,\nJ. Jacob. Le Départ de Tétranger, E. Poirson et Ed. Vicq. La\nSainte Alliance des peuples, Béranger et S. Pugno.— A bas les conqué-\nrants! F. Trémel et E. Kuhn :\nC'est pour les rois que vous livre% bataille,\nC'est pour servir leurs pactes odieux ;\nA ces voleurs, qui vous nomment canaille,\nDites-leur donc qu'ils se battent entreux.\nLibération, paroles et musique de Léon la Roue. Vox populi, aux\ndéputés ultramontains, paroles et musique de V. Clément :\nSaint Loyala, du haut de sa demeure\nDoit vous bénir, ô sages députés ;\nDes monts sacrés où l'esprit saint demeure/\nIl vous sourit, Lycurgues hébétés."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.11", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nJésus disait dans une parabole :\n« Pauvres d'esprit vous monterez au ciel! »\nEh bien ! tout droit, j'en donne ma parole,\nVous monterez, saint homme Belcastel.\nOn y parle de Godefroy de Bouillon, de la pleibe (s/c), de Parav-le-\nMonial,du Tibre, du Vatican, du Rhin, et enfin des Usurpateurs des\nvieilles libertés; l'auteur s'en donne beaucoup... de libertés. Et on crie\ncontre les lois de la presse! Que faut-il donc encore lui permettre? C'est\nde la poésie de haut goût, modèle de noblesse, d'élévation, de clarté (???),\néblouissant de clarté :\nU Espagne enfin, trop longtemps avilie.\nSur vous, tyrans, porte ses coups mortels.\nTrembledemain peut-être Vltalie,\nSatrapes noirs, brisera vos autels,\nVoici un morceau d'une opinion complètement divergente ; le titre\net les notes explicatives sont longues, mais curieuses : Hymne au souve-\nrain Maître, pour le bonheur de la France et la prospérité de son roi,\narrangé par Signoret, auteur des paroles :\nDieu protège la France\nEt son roi qui s'avance.\nIl y a un nota bene : « On pourra chanter ce morceau sur l'air de\nVive Henri IV avec accompagnement de piana (c'est sans doute piano\nau pluriel) en prenant la cantate à monseigneur le comte de Chambord\nen bissant en plus le cinquième et le sixième vers des rimes féminines de\nchaque couplet... » Et il n'est pas dç l'Académie française! Buvons un\ncoup pour oublier tout ça, Patez et Liébeau. La Revanche à venir\n(à mon père), par A. Bonnave. Encore un futur membre de l'Académie\nqui aura de la peine à arriver :\nNous voulons voguer libres sous nos nobles armes,\nQue jamais VAllemagne ne pourra violer.\nNous finirons enfin de répandre des larmes,\nLes Gaulois, espérons, sauront tous vous dompter,"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nGloire et LAherté, H. Ryon et L. Benza. A mon pays, paroles et\nmusique de G. Nadaud. Vercingétorix, Théolier et A. Pilati. La\nCabaretière de France, J. Fauque et J. Jacob. Les Chants héroïques,\nDuvert et L. Benza ; l'image représente une femme en chemise, mais\navec une cuirasse ; on laisse voir des jambes tout ce que la censure aura\npermis. Reviens à moi, France chérie, Victor de Méri de la Canor-\ngue et S. Reynaud. \"Ce n'est plus un chant républicain :\nEn te livrant à Vétranger,\nLa République t'a flétrie;\nJ'ai le pouvoir de te venger :\nReviens à moi, France chérie!\nNe touchons pas à ça, satire comique, Blondelet, Baumaine et E. Du-\nhem. Le Premier Grenadier de France, Villemer, Labarre et\nR. Planquette. Le Père Bon-Conseil, Baumaine, Blondelet et\nE. Duhem. L'Arbre du grand domaine, chant de la France, par\nL. Cassi.—Le Bon petit Vieux, Hugelmannet A. Louis. L'image repré-\nsente M. Thiers en blouse et en sabots. Les Libre-Penseurs, chant\ndémocratique, A. Du tertre et F. Trémel :\nTous les suppôts du sombre moyen dgj\nSe sont ligués au nom du crucifix ;\nAux affranchis de l'antique servage\nIls ont jeté leurs insolents défis.\nIl y a même défit s.\nDans le reste de ce chant démocratique, on continue de traiter avec la\nmême aménité ceux qui croient encore en Dieu et qui pratiquent ses lois;\nsur l'image il y a un monsieur qui a une vilaine figure, je ne sais pas qui\nc'est. L'Ère nouvelle, Harduin et Andréoli. Quelle lithographie,\noh! la lai Les Idoles, H. Ryon et L. Benza. Les Fils des\nchevaliers, Duvert et L. Benza. VEnfant de Paris, Villemer,\nDelormel et L. Benza. Cette pièce est traitée en mélodrame, c'est-à-\n--dire que le récit déclamé est accompagné en musique. Le Faterland,\nHymne guerrier au César germanique, en réponse à une chanson alle-\nmande intitulée : Deutsche Vaterland, J. Villemain et Carlo Baldi.Nous\nferons observera M. Villemain qu'il a mal copié, et qu'à coup sûr le\ntitre allemand était Deutsches Vaterland, ou bien encore : Das deutsche\nVaterland. Faterland ne se trouve dans aucune langue. —La Charrue,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.13", "texte": "L'HISTOIRE EN CHANSONS\n\nchant rustique, d'Évrard et Ch. Pourny. Quand on est France, on se\nrelève, A. Burion et Pilati. Après le combat, A. Hardy et E. Duhem.\nLe Noël des soldats, Villemer, Delormel et R. Planquette. La\nJeune Armée, P. Du vert et L. Benza.—- Notre Siècle, Sevray,, Legris et\nL. Benza.\nL'année 1873 se termine par quelques pièces en l'honneur de\nHenri V, moins pourtant la France et Dieu, qui est dédié au maréchal\nde Mac-Mahon par les auteurs Dulong de Rosnay et madame Yan'\nDargent. Puis vient : le Roi, cantate, poésie du comte riuguste de\nMontbron, musique du comte Joseph de Montbron. Mon Dieu, r:cn\nPays et mon Roi, paroles du vicomte de Lastic Saint-Jal, musique de\nmadame la baronne de Moriès (avec le portrait de Henri V). Les\nPlaintes de Philomèle à Chambord, polka-mazurka-mélodie, par\nmadame Adeline de Saint-Armand, dédiées au comte de Chambord. Le\ntitre donne la vue du château de Chambord. Echos de Frohsdorf ',\npar Ch. Ferlus, dédiés à madame la comtesse de Chambord. C'est une\nsimple valse au piano, avec le portrait de Henri V.\nIci s'arrête, pour 1873, le dépôt des pièces relatives aux événements,\net justifiant notre titre : l'Histoire en chansons.\n\nJ.-B. WEKERLIN."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.14", "texte": "LES\nCANTATRICES DRAMATIQUES\n\n(I)\nIII\nMARIE MALIBRAN\nI\n'EST une tache plus que téméraire, et je ne l'aborde pas\nsans découragement, que de donner idée à la généra-\ntion actuelle de cette prodigieuse cantatrice qui brilla\net disparut comme 1111 éclair. Ana'yse-t-on une\n/\nflamme? Ecrit-on un météore?\nLa galerie que j'ai commencée serait pourtant in-\ncomplète si je n'inscrivais dans la série des Cantatrices dramatiques ci\nnom, encore aujourd'hui environné d'un prestige auquel tout a con-\ncouru : l'éclat irrésistible du génie séduisant et varié, une vie voyageuse,\nfantasque et poétique, qu'on pourrait appeler la féerie de l'aventure,\nun roman de cœur, mieux ennobli encore parce qu'il fut unique que ra-\ncheté parce qu'il se légitima, enfin une fin douloureusement prémati lée\nqui assombrit le monde entier et navra l'univers intelligent, comme une\nlugubre éclipse au ciel de l'art.\nDisons-le d'abord avec fierté : Marie Malibran était Française, pas\ntant par un hasard de naissance qui, en 1808, dans une halte sur la route\nde ses parents, deux talents nomades, la sema et la fit éclore à Paris, —-\n\n1) Voir les numéros des iér décembre iSy3, ier janvier et iol' février 1874.'"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.15", "texte": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES\n\nque par les préférences de son cœur. Elle écrivait de Milan, au baron\nPérignon, un an avant sa mort : « Hélas ! vous m'avez mis Peau àla\nbouche en me parlant de jouer à mon cher Paris. »\nNul doute que l'enfance de la Malibran n'ait été pénible et asservie.\nGarcia, son père, crut avec elle la rigueur nécessaire. Indulgent pour la\njeune sœur de Marie, il soutenait que la nature indomptable de cette\ndernière avait besoin d'un poignet de fer. On sait la légende de Desde-\nmona, menacée d'être réellement poignardée par Othello si elle n'était\n\"pas sublime : le génie ou la mort. —Tout se réduit, je crois, en réa-\nlité, à ce qu'un jour Garcia, n'ayant pas son kandjiar de théâtre, joua le\nMore avec un véritable poignard qui épouvanta Marié lorsqu'elle le vit\nluire ; mais l'effroi de Desdemona n'en était pas moins caractéristique.\nLes brutalités incontestées de Garcia ne lui aliénèrent point cependant\ntoujours l'amour, surtout la confiance, de sa fille; elle souffrait de ces\nviolences, mais elle sentait que c'était 1 initiation au triomphe, l'école\nardue d'une immortalité. Un jour, son père avait écrit pour elle un pas-\nsage musical,—- de ceux qu'on appelle casse-cou ; Marie essaie de l'exécu-\nter et dit : « Je ne puis pas.» Garcia s'allume, regarde sa fille, qui tremble,\net s'écrie : ((Je vais le faire! » Et elle vint à bout du trait, sans savoir\ncomment elle avait pu s;en tirer. «Le regard de mon père, disaiî-elle, a\nsur moi une telle influence qu'il me ferait sauter d'un cinquième étage\ndans la rue sans me faire mal. »\nLes plus vifs admirateurs des immenses et décisives qualités de la Mali-\nbran lui ont reproché eux-mêmes un peu de mauvais goût et parfois des\naudaces malheureuses. Elle dut sans doute ses défauts à son père, de même\nqu'il avait su développer en elle de prodigieuses facultés.\nA New-York, tout enfant, elle accompagnait Garcia dans des maisons\nparticulières, où elle chantait alternativement des Sant-Antons espa-\ngnols, des charades françaises, des morceaux italiens d'une folle bouffon-\nnerie , échappés à l'imagination un peu bohème du chef de la famille. Il\ny avait de ces compositions bizarres où Ton imitait le fracas de l'intérieur\nde la boutique d'un maréchal-ferrant et l'agitation d'une ville assiégée,\net Garcia faijait exécuter à sa jeune fille la partie imitative du canon.\nC'était un rôle musical de régisseur préposé aux bruits de coulisse\nque Garcia assignait à la future Norma, à la Ninetta de l'avenir.\nOn arrivait, du reste, à des résultats surprenants, comme discipline\nmusicale, dans cette famille terrorisée. « Pendant les exercices, » dit la\nBiographie universelle, à laquelle j'emprunte ces derniers détails\n« Garcia avait coutume de se mettre au piano et de frapper un accord\npour donner le ton ; après quoi, ses enfants, sa femme et lui chantaient le"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmorceau tout entier, sans accompagnement; mais, quand il était fini,\nGarcia frappait un nouvel accord, et, à l'étonnement de tous les audi-\nteurs, les voix n'avaient pas dévié d'un quart de ton. »\nMadame Garcia, comédienne et poète surtout, composa les paroles de\nbeaucoup de morceaux exécutés par Marie. Espérons pour elle qu'elle\nne participa pas trop à de puériles excentricités qui n'empêchèrent\npoint la gracieuse enfant de donner, dès ce moment, des preuves écla-\ntantes de sa vocation. Un soir, en Amérique également, elle représen-\ntait l'enfant de Saffo, l'opéra de Pacini, sur une scène que dirigeait\nGarcia et où il conduisait lui-même l'orchestre. La prima-donna se\ntrouva enrouée. Ce fut la petite Marie qui entama bravement la cava-\ntine et s'en tira aux applaudissements enthousiastes du public stupéfait.\nMême fait est cité par M. Fétis à propos d'une représentation de 1 'Agnese:\nde Paër, à Naples, où, chargée également d'un rôle d'enfant, Marie se\nmit à chanter la partie d'Agnèse dans le duo du second acte. Elle avait\ncinq ans alors.\nTout en tremblant devant son père, Marie n'en sentait pas moins sa\npropre supériorité. Un jour, Garcia, mécontent de la façon dont elle\navait pris sa leçon, lui dit avec la brusquerie inhérente à ses habitudes :\n« Vous ne serez jamais qu'une mauvaise choriste. »\nAlors Marie n'a plus peur de son père, elle tressaille, se dresse, se\npose fièrement devant Garcia, comme si 1 enfant était déjà grande de\ntoute sa destinée future :\nCette mauvaise choriste, repart-elle, aura plus de talent que vous !\nCompositeur médiocre, auteur d'une Mort du Tasse, jouée sans suc-\ncès à l'Opéra-Français, salle Louvois, Garcia, bien que chanteur habile,\nmais abusant trop des fioritures, acteur énergique surtout, aura dû, le\nfait n'est pas contestable, à sa fille son plus beau titre de gloire. Avec un\ncaractère si emporté d'une part, de l'autre si prime-sautier, les brouilles\nfurent fréquentes, surtout lorsque Marie eut conquis enfin son indépen-\ndance. Leur réconciliation se produisit un jour sur la scène, à l'Opéra-\nItalien de Paris, dans des circonstances également honorables pour tous\ndeux. Ce fut l'enthousiasme d'un succès commun qui les rejeta dans les\nbras l'un de l'autre. Ils avaient été également sublimes dans le premier\nacte d'Otello, et lorsque cet acte finit, on vit soudain, avant que la toile\nfût descendue tout à fait, les pieds du More et de Desdemona se déplacer\nsimultanément et converger vers le même point de jonction. On rappela\nles deux grands artistes, et Marie reparaît, la figure encore barbouillée\nde l'embrassement de l'Atricain postiche.\nDe ses douleurs, de ses joies, de ses terreurs, Marie Malibran, comme"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.17", "texte": "toutes les artistes exceptionnellement douées, avait tiré parti pour son\nart. Un jour, au moment de ses plus grands succès, pendant qu'elle\nchantait la romance du Saule, son émotion s'échappait à la fois en notes\nsublimes et en larmes véritables qui ruisselaient sur ses joues. La com-\ntesse Merlin, qui nous a laissé un livre curieux : Loisirs d'une femme\ndu monde, tout rempli de la Malibran, était, ce soir-là, dans une loge,\nau-dessus de la scène et assistait de près à ce drame lyrique si réel.\nComment peux-tu si bien chanter en pleurant? lui dit la comtesse\nau sortir du spectacle ; comment l'émotion vraie de ta voix ne nuit-\nelle pas à son intonation, à la pureté du son ?\nJe n'ai pas pourtant fait d'étude pour cela, répondit la Malibran\npensive; mais, lorsque.j'étais enfant., je pleurais souvent en prenant ma\nleçon, et, comme j'avais une peur excessive que papa ne s'en aperçût, je\nme plaçais derrière lui et j'avais pris l'habitude insensiblement de maî-\ntriser le son de ma voix pendant que mes larmes coulaient.\nIl y a dans cet aveu, dont l'authenticité ne peut être méconnue, une\nbien triste confirmation des souffrances de l'enfance de Marie. Hélas !\nce douloureux noviciat devait être presque aussi long que la gloire fulgu-\nrante et si rapidement éteinte qui devait la payer à peine des épreuves\nd'une si douloureuse éducation.\nCette enfance fut aussi féconde qu'attristée. Chétive, mais indompta-\nble, Marie aimait les exercices périlleux : courir sur les toits, gravir les\nrochers. Elle demandait déjà à l'air libre, aux latitudes élevées, ces émo-\ntions qu'elle devait chercher dans l'art, dont le champ n'était pas ouvert\nencore pour elle. Il semblait qu'elle dévorât déjà l'avenir dans l'espace.\nNée de parents espagnols, visitant successivement la France, l'ltalie,\nles Etats-Unis, chaque nation lui apprenait au passage son langage, qui\nse gravait dans cette tête, moule universel où toutes les impressions\ns'utilisaient comme toutes les connaissances. Ses doigts, en se promenant\nsur le piano, en faisaient jaillir presque instinctivement les accords avant\nde s'y exercer en maître.\nElle n'avait pas quinze ans que, pour la première fois, elle se fît\nentendre au public à Paris sous les auspices de Rossini, qui allait faire\névanouir les vieilles mélopées de la déclamation lyrique de notre Opéra\nnational suranné, aux premiers accords du Siège de Corinthe et du\nMoïse francisé, précurseur de Guillaume Tell. Le maestro avait com-\nposé une cantate à quatre parties. Bordogni, Pellegrini, la comtesse\nMerlin tenaient trois des parties. Restait la quatrième. Rossini était dé-\nfiant et tremblait qu'un fiasco de salon n'annonçât mal le prophète nou-\nveau ailleurs qu'en son pays. Pour cette partie vacante, Garcia démasqua\n\nIV.\nLES CANTATRICES DRAMATIQUES\n8"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.18", "texte": "LA. CHRONIQUE MUSICALE\n\ninopinément son eleve, encore inconnue. Chez elle les sons de poitrine\navaient alors la puissance qu'on a admirée depuis, mais le reste de la\nvoix était rude et voilé. Son succès fut grand pourtant.\nDès lors, le sillon était tracé. Marie alla, avec sa famille, débuter sur\nle King's Theatre, à Londres. Ici, un incident curieux. Elle devait\nchanter avec Vellutti Romeo e Giuletta de Zingarelli. A la répétition,\nVellutti, prévenu de la faculté prodigieuse d'assimilation spontanée de\nla fille de Garcia, se garde bien d'ajouter une seule fioriture à sa partie\ndu duo avec la débutante. Il ne lance ces fioritures que le soir ; mais,\nà l'instant même, en reprenant le motif, Giuletta les saisit au vol, se les\napproprie et les couronne par une foudroyante improvisation, aux accla-\nmations de la salle. A ce moment, elle sent une griffe de fer s'enfoncer\ndans son bras, et Vellutti, furieux, accompagne de 1 epithète de bricconna,\njetée à l'oreille de la jeune cantatrice, cette brutale vengeance.\nCette audace de Marie Garcia, si souvent heureuse, dégénérait, je l'ai\ndéjà dit, par exception, en mauvais goût, plus souvent en témérités au\nmoins discutables. Un jour, en Italie, la Malibran allait entrer en\nscène, revêtue du costume de Roméo. Elle essaie dans les coulisses un\ntrait d'une agilité surhumaine.\nSa belle-sœur, madame Eugénie Garcia, digne d'être sa sœur, était là.\nÉpouvantée, elle s'écrie :\nJ'espère, Marie, que tu ne vas pas faire ce trait-là! Il y a de quoi\nte briser la voix.\nMalheureuse, lui répond Marie , tu m'as perdue. Je le manquerai\nmaintenant.\nMarie entre en scène. Mais, comme une somnambule réveillée de son\nextase qui lui donne seule la confiance, elle manque le trait, et ce n'est\nqu'à force de présence d'esprit et d'art qu'elle supplée à cette défaillance\npassagère et redresse la phrase musicale boiteuse.\nLes circonstances servirent, à Londres, Marie, alors à peine âgée de\nquinze ans ; une indisposition de madame Pasta lui permit de paraître\ndans les rôles de cette grande artiste. Elle dut également remplacer au\npied levé la Rosine d'// Barbiere, dont elle savait déjà tous les mor-\nceaux (elle apprit les récitatifs en deux jours). Le résultat de la soirée fut\nun triomphe tel que Marie fut engagée immédiatement pour le reste de\nla saison, six semaines à peine, aux appointements de cinq cents\nlivres sterling. On lui confia alors la création du rôle de Félicia dans\nCrociato in Egitto, de Meyerbeer, et elle fit merveille dans le trio de\nGiovinetto Cavalière.\nGarcia, toujours un peu faiseur, avait ouvert à Londres un cours de"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.19", "texte": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES\n\nchant qui servit du moins à compléter l'éducation de Marie. Il alla, de\nlà, prendre la direction du théâtre de New-York, après avoir fait paraî-\ntre sa fille dans les festivals de Manchester, d'York et de Liverpool.\nLe talent de Marie s'était développé complètement à New-York. Elle\ny parut dans Otello, Romeo, D. Giovanni, Tancredi (elle aimait peu\nce rôle, trouvant ce héros d'un caractère trop indécis), Cenerentola1\net son père écrivit pour elle deux opéras nouveaux : VAmante astuto et\nla Figlia del Aria. La troupe se composait de la famille Garcia et de\nquelques faibles auxiliaires que Marie, avec son infatigable force d'ex-\npansion, cherchait à animer, à qui elle réussissait parfois à donner de\nl'expression et même de la voix. Chaque soir, les acclamations de la salle\naccueillaient l'apparition de cette jeune fille, l'âme presque exclusive de\nces représentations , une captive au logis,, une fée à la scène.\nParmi les admirateurs assidus de Marie se trouvait un négociant fran-\nçais, M. Malibran. Il s'éprit à cinquante ans de la virtuose de dix-sept\net la demanda à sa famille. Garcia résista. D'égoïstes préoccupations pou-\nvaient dicter son refus. Sa fille, sa brillante élève, sa gloire et sa fortune,\nlui échappait. Pourtant il était bien inspiré pour le bonheur de celle-ci,\nen refusant ce mari millionnaire, qui n'était ni un millionnaire ni même\n—■ un mari ; mais en même temps il se trouvait la cause déterminante\nde l'acceptation de Marie, de la persistance quelle mit à se donner\nà ce prétendant. Elle échappait à un esclavage domestique dans lequel\nelle n'avait cessé de trembler. Elle croyait trouver enfin auprès de ce\ncomptable plus que mûr le calme et l'indépendance.\nDes scènes orageuses signalèrent naturellement le dissentiment entre\nMarie et un homme aussi irascible que Garcia. Ce fut à ce moment que\nse produisit au 3e acte à'Otello la scène légendaire du poignard vérita-\nble dont j'ai déjà parlé, et les dispositions violentes de son père purent\naider à comprendre que Marie se fût écriée, en voyant briller la lame du\nkandjiar dans cette main fiévreuse : « Papa, par Diou ? ne me mate !)>\nde l'espagnol que le brave public de New-York prit pour de l'italien\ndu récitatif de l'opéra de Rossini.\nMadame Garcia intervint en arbitre entre son mari et sa fille.\nM. Malibran fit à la famille des offres brillantes, Enfin,, le mariage\nfut conclu*\nQuelques semaines après, M. Malibran déposait son bilan. Ce n?étaiî?\nparaît-il, que la seconde faillite qu'il faisait à sa femme.\nPlus la comtesse Merlin,, qui reçut toutes les confidences de\nMarie, raconta que, affolée du type ravissant d'Esmeralda dans Notre-\nDame de Paris) elle soulignait surtout ce passage ou la Bohémienne sort"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.20", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndes mains inoffensives de Gringoire, non pas innocence, mais pure.\nEnfin, un trait naïf et charmant échappa à Marie le soir de son ma-\nriage , qui n'était pas le premier, mais qui fut l'unique, avec Charles de\nBériot. Fut-ce une simple étourderie de la conversation dans le laisser-\naller d'une fête ?... Quoi qu'il en soit, madame Garcia engageait sa tille\nà ne pas prolonger sa veille de mariée, de crainte de fatiguer 1 actrice.\nOh î ]aisse~moi, ma mère, répondit Marie Malibran, devenue de\nBériot. Que veux-tu ? on ne se marie pas deux foisl\nJe reviens en Amérique.\nOn put comprendre la fureur de Garcia quand la ruine de son gendre\nvint justifier si promptement l'opposition qu'il avait faite au mariage. Il\npartit brusquement pour le Mexique, ayant peur, nous dit la comtesse\nMerlin, de n'être pas assez maître de lui pour ne pas tuer M. Malibran.\nEe mauvais succès de son entreprise théâtrale dut contiibuei aussi à\nle chasser de New-York.\nMarie prit, après le départ de son père, la direction de cette exploita-\ntion à la dérive. Elle improvisa un répertoire de musique anglaise sur\ncette scène américaine, et, lorsqu'il avait été légitime sans doute de croiie\nque ce fût la fortune de M. Malibran qui devait venir en aide au théâtre\nGarcia, ce fut le théâtre Garcia dont les recettes vinrent combler le\ndéficit de la caisse de M. Malibran. Mais les ressources étaient insuffi-\nsantes dans ce Paris des Yankees. La France, cette vaste capitale du\nmonde intelligent, appelait la Malibran. Son conjoint, retenu en Amé-\nrique par la laborieuse liquidation de ses affaires, laissa partir la grande\nartiste pour la ville où son génie devait être définitivement sacré, et\ndut lui permettre de mettre la mer entre eux deux.\nEntre ces époux si peu assortis, l'Océan n'était qu'un pléonasme.\n(La suite prochainement.)\n\nPAUL FOUCHER"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.21", "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS DU CONSERVATOIRE : Symphonie avec chœur. Symphonie en ut*mineur de\nBeethoven. Symphonie en re mineur de Schumann. Cantique de F. Halévy.\nSÉANCE SOLENNELLE DE L'ORPHEON.—CONCERTS DE MADEMOISELLE MARIE MAJDROWICZ,\nDE M. KOWALSKI, DE M. DELAHAYE, Mardi spirituel et mardi Louis XV\nde MADEMOISELLE MARIE DUMAS.\nONCERTS DU CONSERVATOIRE. La Société des Con-\ncerts aura donné, pendant la saison 1873-1874, dix-\nneuf séances, dans lesquelles est comprise celle qui\nest consacrée au bénéfice des orphelins des deux siè-\nges. Ces dix-neuf séances ont été remplies par neuf\nprogrammes qui tous n'ont pas provoqué la même\nattention. Nous avons raconté ici les premiers Concerts. Parmi les der-\nniers, nous choisissons ceux où ont apparu Berlioz, Halévy_, Schumann\net Beethoven, avec la symphonie en re mineur qui a été le couronne-\nment de la campagne 1873-1874, et qui a été redite dans les trois\ndernières séances.\nC'est M. Deldevez, auteur remarqué des Curiosités musicales {un\nvol. in-B°, Firmin-Didot, éditeur), qui a conduit la symphonie avec\nchœurs, et c'est lui aussi qui a dirigé la symphonie en ut mineur. Dans\ncette occasion, le critique musical et le chef d'orchestre s'étant trouvés\nen désaccord, nous voulons prendre à partie M. Deldevez.\nDans les Curiosités musicales, on a approuvé, entre plusieurs\ndissertations sur des sujets que le lecteur trouvera à la table de l'ouvrage,\nla discussion de certains passages douteux signalés depuis longtemps"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.22", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndans quelques-unes des partitions qui sont la base du répertoire, et\nles conseils donnés pour l'interprétation des auteurs classiques. Le tout\nest traité avec autorité, avec sagacité et non sans attrait, par un homme\nqui s'est plu à marier quelquefois avec bonheur la technologie et la litté-\nrature. Sur ceci et sur cela, bien des réserves sont à faire dans ce volume ;\nmais il faut applaudir l'esprit d'initiative par lequel M. Deldevez est\npoussé à s'attaquer aux routines professionnelles, qu'il raille dans son\nlivre, mais qu'il a le tort de ne pas affronter décisivement quand il prend\nau Conservatoire le bâton de chef d'orchestre.\nA Haydn, à Mozart, à Beethoven est réservée la part la plus large des\nobservations de notre auteur M. Deldevez discute les passages les plus\nconnus et les plus livrés aux controverses, les plus abandonnés aux\nconjectures, et n'hésite pas à présenter ses solutions. Pourquoi, dès qu'il\na en main l'orchestre le plus capable de mettre bien en relief ses inter-\nprétations, M, Deldevez hésite-t-il à imposer les réformes que réclame le\nbon sens, qu'exige le respect de l'idée des maîtres, que le public accepte\net que la saine critique, celle qui ne compte ni avec les routines, ni avec\nles fausses traditions, ni avec les partis-pris intéressés, affirme être in-\ndispensables, semblablement à ce que fait, après d'autres et avec tant\nd'autres, M. Deldevez ? La symphonie en de Beethoven en est\nun exemple. Pourquoi notre auteur, qui a si nettement signalé dans\nson livre les mauvaises habitudes auxquelles on s'est laissé aller depuis\nlongtemps dans le scherzo, ne les corrige-t-il pas ? Pourquoi n'a-t-il pas\nrétabli « le poco ritardandode la phrase du début dont la transformation\nen molto ritardando,destructive du rhythme, choque tous les musi-\nciens, » commel'auteur des Curiosités déclare qu'il en est cho-\nqué lui-même ? M. Bannelier, qui, le premier, a mis M. Deldevez, fautif\nà l'orchestre, en face de M. Deldevez, critique autorisé, dénonçant une\nfaute, devrait être appuyé par tous les écrivains musicaux, et nous joi-\ngnons notre voix à la sienne pour réclamer que le chef du premier or-\nchestre du monde, mieux placé que tout autre pour convertir en réalité\nsesélucubrations, se décide sans retard à redresser ce que certaines tradi-\ntions ont de funeste, à s'écarter des errements de la routine et àne pas\nse déjuger lui-même.\nDans la symphonie en re mineur de Beethoven, on sépare la partie\nsymphonique de la partie chorale. Les chœurs et les solistes, restés dans\nla coulisse, viennent prendre leur place au moment où va commencer le\nrécitatif symphonique qui sert à souder la pièce instrumentale àla pièce\nchorale. Dans ce remue-ménage, l'ensemble de la composition se dissout,\net il faut un certain effort pour que l'esprit se maintienne dans le même"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.23", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\ncourant électrique. Si les chœurs et les solistes s'installaient devant\nl'orchestre dès le début de la partition sublime, la solution de conti-\nnuité dont nous nous plaignons serait évitée , et l'œuvre immense\nse déroulerait dans sa solennelle unité. Les chanteurs eux-mêmes y ga-\ngneraient, puisqu'ils auraient assisté au début de la symphonie dont ils\nviennent raconter l'explosion suprême.\nNous insisterons plus techniquement là-dessus en rappelant, pour ceux\nqui l'ont oublié ou qui n'y ont pas apporté assez de méditation, qu'au\nmoment où les voix vont s'unir à l'orchestre les violoncelles et les basses\nentonnent un récitatif après une ritournelle des instruments à vent,\nEntre chaque phrase du récitatif des basses réapparaissent, comme autant\nde souvenirs tenaces, des fragments des trois morceaux symphoniques\nprécédemment entendus. Chacun de ces fragments est comme un point\nd'interrogation auquel il n'est point fait de réponse, et qui s'interrompt,\nne pouvant recevoir de satisfaction. Alors, après ce récitatif entrecoupé,\nhaletant, orageux, arrive dans l'orchestre, au milieu d'une oasis d'accords\ndélicieux, le splendide thème d'allégresse que vont bientôt chanter les\nvoix sur Tode de Schiller. Ce chœur s'anime et, des basses, passe aux vio-\nlons et aux instruments à vent. Tout s'interrompt alors ; puis l'orchestre\nreprend la ritournelle dont nous avons parlé, et le récitatif vocal apparaît.\nComment s'expliquer, maintenant qu'on a devant les yeux toute l'éco-\nnomie de cette composition , que l'on fasse de l'entrée des solistes et des\nchœurs une mise en scène théâtrale qui tronçonne en deux le morceau\nsymphonique et l'ode chorale? L'audition réfléchie de cette compo-\nsition, qui est le mot suprême du génie symphonique, en reste comme\nmutilée, et nous rappelle ces statues de l'antiquité que l'on expose dans\nnos musées le corps debout sur son piédestal et la tête à côté, sur un\ntréteau.\nOn a exécuté au Conservatoire la symphonie en re mineur de Schu-\nmann pour les œuvres duquel quelques sociétaires et leur chef éprou-\nvent une répugnance mal cachée. L'exécution a témoigné de cette\nsympathie absente. Comparer Schumann à Beethoven, à Haydn, à\nMozart, à Berlioz, à Gade, à Schubert, dont les radieuses œuvres sym-\nphoniques sont inconnues à Paris, c'est déplacer la question. Le mérite\nou l'infirmité de Schumann, ce n'est pas d'être un succédané de Beetho-\nven ou d'en être la péjoration, c'est d'être autre chose, d'être lui-même,\nd'être quelqu'un et d'avoir, dans l'œuvre musical qu'il a signé, imprimé\nson caractère qu'on n'oublie pas. Mendelssohn, qui captiva si vite tant\nde musiciens, a laissé s'égrener son chapelet de fanatiques, aujourd'hui\nralliés à Schumann, qui a su les river à sa fidèle admiration. Ce n'est"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.24", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndonc pas un maître à condamner sur préjugé et à jouer en dépit des anti-\npathies qu'il rencontre au Conservatoire.\nCes défiances pour la musique de Schumann, dont il serait déplorable\nqu'on admirât tout sur parole, ne se rencontrent guère qu'en France.\nLorsque M. Danbé nous fit entendre, l'an dernier, la Vie d'une rose, la\npresse parisienne se récria, et nous vîmes chuter à Paris ce même ouvrage\nqui triomphait partout. Les échos du Nord nous apportaient dernière-\nment le succès de cette partition. Depuis quelques années, il s'est formé\nà Copenhague une Société chorale dont le Conservatoire de musique\nfournit les principaux éléments. Cette excellente réunion d'artistes vient\nd'exécuter la Vie d'une rose. L'admiration a été unanime, et tous les\nchœurs de la seconde partie ont été bissés. Cet enthousiasme à Copen-\nhague et cet insuccès à Paris prouvent-ils que la sensibilité musicale est\nsupérieure chez les peuples du Ne rd ? Non; mais il en faut conclure\nque notre instruction a été faussée, et aussi que l'exécution des œuvres\nde Schumann en France est radicalement falsifiée.\nLe Paradis et la Péri du même compositeur, qui, - il y a quelques\nannées, défaillit sans gloire au Théâtre-Italien sur les lèvres de made-\nmoiselle Krauss, devant laquelle à ce moment le public ne se proster-\nnait pas avec l'idolâtrie qu'il professe aveuglément à cette heure,\ns'est, dans toute l'Europe, maintenu avec une inaltérable faveur depuis\nsa date de venue au jour, en 1 au Gewandhaus de Leipzig, où il\nfut présenté au baptême par madame Fiege, cantatrice remarquable, qui\navait pris le rôle de la Péri, et par Schumann qui dirigea lui-même l'or-\nchestre. Jenny Lind, quand elle lut la partition, adopta la musique que\nrepoussent nos cantatrices de pacotille ; elle emporta Pœuvre de Schu-\nmann en Angleterre, et, à force de conviction et de talent, imposa à\nl'admiration des Anglais une musique suave et fascinante que la Péri\nScandinave chantait avec une autorité sans rivale. A Bruxelles, cette an-\nnée même, on a monté cette œuvre à la Société de musique, dirigée par\nM. H. Warnotz. Solistes et chœurs ont irréprochablement détaillé cette\ncomposition merveilleusement fine. Le public n'est pas resté indifférent\ncomme à Paris. Quelle en est la raison, sinon que les dilettantes de\nBruxelles n'ont pu rester réfractaires devant une interprétation exacte\net sincère d'une œuvre qui ne prête ni aux effets hasardés, ni aux person-\nnalités des virtuoses substituant leurs prétentions au génie du maître ?\nA Paris, nous voyons bien que le public accueille sans froideur la\nRêverie de Schumann ; mais cette bluette bien écrite n'est qu'un joujou\nmusical, un effet de sourdine, et ce n'est pas sur l'hospitalité accordée à\ncette courte page, coutumièrement bissée, que nous établirons les sym-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.25", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\npatbies françaises pour Schumann. M. Deldevez a été bien plus louable\nlorsqu'il a voulu installer dans les programmes de la Société des Concerts\nun auteur qu'il n'admire pas de plein cœur et qu'il tance assez verte-\nment dans ses Curiosités musicales.ll s'est étonné qu'au Conservatoire\nde Paris Schumann n'eût apparu qu'une fois, il y a six armées, et pour y\nêtre assez mal représenté et très méconnu. Il a, un peu contre son goût,\nce qui est bien vaillant, engagé une partie qui, dès aujourd'hui, peut\nêtre considérée comme gagnée à brève échéance. Il a fait d'abord enten-\ndre le poëme de Manfred,et il a abordé ensuite la symphonie en\nmineur. Le premier morceau de cette symphonie n'a pas paru frapper\nbeaucoup l'auditoire, qui se souvenait de l'accueil assez froid réservé par\nlui, il y a six ans, à la symphonie en du même maître; mais\n1 andante, délicieuse romance pour violon, que M. Garcin a rendue avec\nbeaucoup de sentiment, le scherzo et le finale ont été très applaudis.\nL'œuvre eût été en entier bien plus choyée si elle eût été exécutée sans le\nsouci jaloux d'une triomphale virtuosité, avec une conviction plus réelle\net une fidèle et simple interprétation de l'œuvre étudiée sans préjugé,\nsans parti-pris, sans souvenir d'autres maîtres préférés, et sans compa-\nraison inopportune avec les musiciens qu'on est habitué d'applaudir au\nConservatoire, après les avoir, au début, mis en quarantaine.\nNous n'avons pas à célébrer Schumann. Dans la dernière partie de cette\nsymphonie, il y a deux réminiscences très accusées de Beethoven qui\ns'expliquent assez mal par l'état de folie où Schumann était quand\nil écrivit ce morceau. Nous aimons mieux motiver ces souvenances mal\nplacées par un désir pieux de rendre hommage au sublime génie qui a\nécrit la Symphonie en ut mineur et la Malheu-\nreusement, l'auditeur qui a le droit de n'avoir pas une si copieuse érudi-\ntion, n'est pas prévenu, et les deux phrases retrouvées là, hors de leur\nplace, l'étonnent et l'offusquent même. L'œuvre, néanmoins, reste origi-\nnale. personnelle et très caractérisée à côté de celles de Weber et de Men-\ndelssohn, de Schubert. Mais, à travers l'exécution compacte, un peu sa-\nbrée, menée tambour battant et avec une virtuosité cherchée, des Con-\ncerts du Conservatoire, elle oblitère son caractère ineffable de passion,\nd'élégance et de mélancolie. C'est une œuvre à fouiller de nouveau aux\nrépétitions. En l'étudiant avec plus de patience et de sincérité, les con-\ncertants du Conservatoire se prendront à aimer cette musique tendre\net délicieuse, et alors le public n'approuvera pas de sa seule bonne vo-\nlonté, il applaudira avec son cœur.\nAux deux Concerts spirituels, on a chanté le beau cantique que Ha-\nlévy a écrit sur l'ode de J.-B. Rousseau :"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.26", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nChaque fois que nous entendons une des compositions ou un fragment\nde l'œuvre si varié de Halévy, nous nous demandons quel est le secret\ndu rajeunissement infatigable de sa musique, discutée encore par quel-\nques critiques de mauvais vouloir, mais que le public accueille toujours\navec tant de même quand le rôle important est confié à des\nchanteurs subalternes, ce qui n'est pas le cas au Conservatoire. C'est\nque F. Halévy a, d'une main heureuse, ouvert des horizons nouveaux\nà la muse française. Ce compositeur, dont l'inspiration fut toujours éle-\nvée, avait le culte de la grandeur dans le style et dans la pensée; il redou-\ntait la banalité et se préoccupa toujours de chercher des effets non con-\nnus. Halévy révèle, comme Mendelssohn et Meyerbeer, la race forte et\nmilitante à laquelle il appartenait. Pas un seul de ses ouvrages, dans la\nmusique de théâtre, de concert ou d'église, qui ne se recommande par\nquelque beauté particulière, par quelque page grandiose, solennelle,\ninattaquable dans sa forme, saisissante par l'inspiration. La pensée chez\nlui a une couleur qui lui est propre, un caractère qui lui est personnel,\nun accent qu'on n'oublie pas. La fantaisie libre, cette électricité\nbrûlante de la poésie musicale qui flotte, circule de toutes parts et\npénètre au delà de l'enveloppe matérielle des sens, des rhythmes, des ac-\ncords, revêt, chez ce maître, à la fois une certaine ampleur et une teinte\nde mélancolie. Halévy dégage les âmes des liens terrestres; il excite dans\nles cœurs je ne sais quelle douloureuse nostalgie, quelle pénétrante tris-\ntesse. Sa musique est tendre et elle est religieuse. C'est peut-être pour\ncela qu'elle fait si bien résonner la fibre populaire, et qu'à chaque re-\nprise, l'universelle sympathie se rallie universellement à la Juive, à Guido\net Ginevra, à Charles VI, à la Reine de Chypre, à VEclair et àce\nbeau cantique que chaque année nous répète la Société des Concerts\ndans les Concerts spirituels, et qui, avec une expression religieuse très\nélevée, se distingue par l'émotion la plus noble et le pathétique le plus\nendolori.\nLa saison est close. Nous avons eu beaucoup à louer, un peu à criti-\nquer : mais c'est surtout au Conservatoire que cette définition est vraie :\nLa critique est l'art d'admirer.\nMaurice Cristal.\nSÉANCE SOLENNELLE DE U ORPHÉON. Dimanche ,19 avril, la Ville\ns\nde Paris a donné, au Cirque d'Eté, une séance solennelle de l'Orphéon,\nqui réunissait tous les orphéonistes de la rive gauche, au nombre de\n1,060 chanteurs des deux sexes, sous la direction de M. François Bazin."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.27", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nL'assistance, très nombreuse, comptait, en tête de la société distinguée\nqui la composait, M. le préfet de la Seine, accompagné de madame Fer-\ndinand Duval. Les chœurs ont fonctionné avec un ensemble rare et ont\nété applaudis avec enthousiasme ; et cependant il s'est chanté des mor-\nceaux fort difficiles, tels qu'un chœur fugué de Judas Machabée et une\nsymphonie vocale de Chelard, solfiée par tout l'ensemble des choristes.\nCe solfège, très remarquable comme composition, était particulièrement\nfait pour intéresser les artistes. Le chœur de s'éloigne\nun peu des habitudes de l'Orphéon ; mais les deux morceaux qui ont\nremporté la palme sont la Chanson d'été, chœur général, de M. Bazin,\net le Mois de mai,chœur à trois voix de femme, de M. Danhauser. In-\ndépendamment de leur mérite individuel, ils ont l'avantage d'avoir été\nspécialement composés pour l'Orphéon. Dans le chœur de M. Danhau-\nser, les trois parties se détachent si bien l'une de l'autre qu'on eût pu\nles écrire, rien qu'à l'audition du morceau, et il était très intéressant de\nvoir le soin et l'attention avec lequel les jeunes filles, dont quelques-unes\nne paraissent pas avoir plus de huit à dix ans, cherchaient à le faire va-\nloir. Inutile dé dire que ces deux chœurs ont été bissés, ainsi que la\nmarche des Deux Journées,de Cherubini, et le chœur du d'Ha-\nlévy. L'admirable chœur des guerriers de Philidor, n'a\nproduit aucun effet. Ce morceau, d'un diapason extrêmement élevé, et\noù les parties de ténor atteignent les dernières limites de la voix de\nhaute-contre, perd tout à être baissé. C'est un chœur à chanter tel qu'il\na été écrit ou à laisser de côté. La Cha de Grétry, n'offre\nrien de bien saillant, non plus que le chœur de la\net celui delà Kermesse,de F. Abt ; mais leur bonne exécution fait\nqu'ils n'ont pas nui au programme.\nHenry Cohen.\nCONCERT DE MADEMOISELLE AMÉLIF. Mademoiselle\nAmélie Majdrowicz est une charmante jeune Polonaise, qui possède un\nmagnifique talent de pianiste. Classique et fantaisiste tour à tour, elle a\nsuccessivement exécuté le premier solo du Concerto en la mineur de\nHummel, le Mouvement perpétuel de Weber, un adorable caprice de\nGottschalk, intitulé : Pasquinade,une idylle de Boscovitz, une fugue\nde ma composition, du nom de Tempête et Calme, que le public a bien\nvoulu accueillir avec beaucoup de faveur; enfin, le beau duo symphoni-\nque à deux pianos de Lefébure, où elle était secondée par M. Stanislas de\nKontski, et dans tous ces morceaux elle a été vivement applaudie. Made-"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.28", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmoiselle Yon a chanté avec infiniment de charme et une voix très sym-\npathique l'air des Bijoux de Faust.\nH, C.\nCONCERT DE M. KOWALSKI, aw profit des pauvres mères de famille\ndes faubourgs. Noble a été le but de ce concert et brillante sa mise à\nexécution. M. Kowalski s'y est prodigué ; mais le public lui a témoigné\npar ses applaudissements combien il appréciait le compositeur et l'ar-\ntiste. Sa scène de Jeanne Darc est très dramatique, et madame Donadio\nTa chantée avec sentiment et verve. Dieu sauve la France! inter-\nprété par M. Bonnehée, est un beau chant patriotique, dans lequel\nl'accompagnement d'orgue produit un effet grandiose. Les Cuirassiers\nde Reichshoffen, de M. Kowalski, ainsi que la Bergerie et la Marche\nhongroise, qu'il a exécutée à deux pianos avec M. Bachmann, ont vi-\nvement impressionné l'assistance, et la célèbre Tarentelle de Gottschalk,\narrangée pourdeux pianos, est une œuvre magistrale qui a enlevé le pu-\nblic. M. Lauwers est un jeune baryton dont la voix puissante et éner-\ngique mérite une mention spéciale. M. Montardon a fort bien joué une\nfantaisie d'Alard et une Rêverie de Dancla. Mais quelle manie ont les\ncompositeurs d'écrire des morceaux tout entiers avec la sourdine ! Outre\nla pauvretédu son, on dirait un violon qui chante du nez. Madame Flo-\nriani, qui a le bonheur de réunir le double charme de la beauté et du\ntalent, devrait bien perdre l'habitude de s'éventer devant le public.\nMadame Kowalski, qui depuis deux ans a quitté la scène, a dit avec un\ngrand talent trois pièces de vers, et M. Piter a terminé le concert, en\nchantant deux chansonnettes avec sa finessse et son esprit habituels.\nH. C.\nCONCERT DE M. DELAHAYE. M, Delahaye est un de nos pianistes\nles plus appréciés. Son jeu, très net et très brillant, est d'une vigueur rare,\net la plupart des compositions qu'il a fait entendre à son Concert sont\nd'une distinction et d'une originalité des plus remarquables; je citerai\nen particulier sa Valse des Océanides, excessivement difficile, Colom-\n/\nbine, menuet charmant, et la Chanson de lyEté, où le compositeur aeu\nla chance de rencontrer la perfection même dans la gracieuse artiste qui\nl'a interprétée, mademoiselle Heilbron. Malgré l'heure avancée, cette\nfraîche inspiration a été unanimement bissée. M. et madame White,\nM. Delsart, M. Salomon, de l'Opéra, M. Hermann-Léon et M. Maton,"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.29", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nFadmirable accompagnateur, ont complété l'ensemble de ce beau Con-\ncert, dans lequel mademoiselle Heilbron a encore reçu dans la cavatine\nde la Traviata les mêmes applaudissements qui 1 ont accueillie au\nThéâtre-Italien.\nH. C.\nPuisque nous avons donné les programmes des cinq premières Mati-\nnées caractéristiques de mademoiselle Marie Dumas, il convient d'y\najouter les sommaires du « mardi spirituel. » du « mardi Louis XV »\nqui ont clos la série. Le mardi saint, on a entendu mademoiselle Pau-\nline Bertin (deux cantabile de Marie-Magdeleine, de Massenet et\nPlnflammatus de Rôssini), M. Délia Rocca (l'air d'église dQ Stradella,\nPO salutaris de Mendelssohn) ; M. Antonin Marmontel, surtout ap-\nplaudi dans la « marche funèbre » de Chopin; M. Garcin, violon solo\nde l'Opéra, dont une œuvre a été bissée, et M. Hocmelle, organiste de\nSaint Philippe-du-Roule Mademoiselle Marie Dumas a dit des stances\nde Malherbe, un épisode de l'Enfer du Dante (traduction Ratisbonne),\nune lettre de saint François de Sales à une dame du monde, et des stro-\nphes diEsther adaptées à la musique de Gallia; on sait que Gounod s'est\ninspiré des mêmes versets que Racine a paraphrasés; mademoiselle\nDumas avait inauguré cette combinaison à Londres devant Gcunod\nlui-même, Saint-Saëns tenant le piano ; ici, c'était M. Dolmetsch, qui en\noutre, dans le Prélude de Bach arrangé par Gounod, a pris la partie\nd'orgue; celles de violon et de piano étaient jouées par MM. Garcin et\nA. Marmontel.\nLa matinée Louis XV a été fort gaie. M. Pagans a chanté le Tambou-\nrin de Rameau (bissé) avec les paroles adaptées par Favart, un air de\nl'opéra & Hippolyte et Aricie, une chanson de Garat; mademoiselle\nMercier, Pair de la Fauvette, de Grétry (Zémire et A\\or) et le menuet\nd'Exaudet, paroles de Favart; comme pianiste, M. Wormser, jouant du\nMozart et du Gluck; comme violoniste, M. Brindis de Salas. Mademoi-\nselle Marie Dumas a dit du Voltaire, du Gresset, et fredonné une chan-\nson de Collé (bissée).\nMademoiselle Marie Dumas reprendra Phiver prochain les Matinées\ncaractéristiques avec des programmes encore plus curieusement étudiés."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.30", "texte": "LE MOUVEMENT MUSICAL\nAUX\nCONCERTS DE MUSIQUE CLASSIQUE\n1873-1874\n\nu moment où les Concerts de musique classique vien-\nnent de fermer leurs portes, après avoir fourni une\nbrillante campagne artistique, nous avons pensé qu'il\npouvait être intéressant de fixer en quelques traits ra-\npides la physionomie générale de cette campagne et\nd en étudier les féconds résultats. C'est ce résumé que\nnous demandons la permission de placer aujourd'hui sous les yeux du\nlecteur, en guise d épilogue et de conclusion.\nUn fait certain, c est que les Concerts de musique classique acquièrent\nchaque jour une nouvelle importance, et je crois qu'on peut avancer sans\nexagération que c'est là, et là seulement, que s'est produit, dans ces der-\nniers temps, le mouvement musical le plus intéressant. Ce mouvement,\nnous en avions bien senti 1 importance, aussi l avons-nous suivi avec un\nsoin tout particulier, au risque même de donner à une matière, qui passe\nà tort ou à raison (à tort, selon nous) pour aride et fastidieuse, des déve-\nloppements qui auront pu paraître quelquefois d'une longueur excessive,\neu égard à la nature du sujet. Car, il faut bien le reconnaître, quoiqu'il\nait pris, depuis plusieurs années, un goût assez vif aux Concerts de mu-\nsique classique, le public n accorde pas encore à ces Concerts toute l'at-\ntention qu ils méritent, et la plupart de nos confrères de la presse, très\nattentifs à suivre au théâtre un mouvement qui se produit ailleurs, croi»\nraient sans doute déroger, s'ils daignaient s'occuper d'autre chose que des\nsolennelles et ennuyeuses reprises de l'Opéra, de l'Opéra-Comique ou"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.31", "texte": "LE MOUVEMENT MUSICAL\n\ndes Italiens. En général, un article de concert se traite comme le premier\nfait divers venu.\nNous obéissons encore au vieux préjugé français, en vertu duquel rien\nd'intéressant ne saurait se produire en dehors du théâtre. Une œuvre\nnouvelle ne fixe l'attention du public que si elle émane du théâtre; un\ncompositeur n'arrive à la renommée qu'autant qu'il a remporté des suc-\ncès au théâtre ; le théâtre et toujours Je théâtre. On s'obstine à con-\nsidérer les ouvrages de concerts, c'est-à-dire les morceaux de musique\ninstrumentale, comme des œuvres d'un genre tout à fait secondaire, et\nleurs succès ne comptent que pour des demi-succès. Le compositeur d'une\nopérette réussie devient populaire en moins de trois mois; prenez main-\ntenant un musicien. Serieux, auteur de plusieurs pièces symphoniques\nd un grand meiite el très applaudies dans nos Concerts, son nom est à\npeine connu. Un tel, vous disent bien des gens, connais pas; qu'est-\nce qu'il a fait? Mais il a donné au Concert des symphonies très remar-\nquables. Ah ! des symphonies, il n'est donc pas capable d'écrire pour\nle théâtre? Mais j'y pense, c'est probablement un musicien de la jeune\nécole, un de ces savants bourrés de contrepoint et de fugue, qui n'ont\nni idées, ni mélodie. C'est quelque Berlioz, n'est-ce pas, qui fait de\nla musique ridicule qu'on ne peut ni jouer, ni comprendre, ce que\nvous appelez, vous autres, de la grande musique,c'est-à-dire delà musi-\nque faite par le calcul, et bonne seulement pour les mathématiciens.\nAlors vous croyez à la jeune école; vous admirez Wagner!! vous défen-\ndez la musique de l'avenir! !! Je la connais, votre jeune école; je sais ce\nqu'ils valent, vos symphonistes!\n« Il existe parmi nous, depuis plusieurs années, une petite secte de\n« quakers musicaux qui s'est constituée à l'état de schisme déclaré; les\n« artistes qui en font partie sont le produit plus ou moins légitime de\n« Berlioz croisé de Wagner. Pour plusieurs d'entre eux, les plus aus-\n« tères, toute mélodie est profane et toute idée malsaine. Origènes d'un\n« nouveau genre, ils retranchent ce qui chez eux attesterait leur virilité et\n« louent Fulbert pour avoir rendu Abélard fécond seulement par l'étude\n« claustrale. Quelques-uns, il est vrai, n'ont pas grand mérite au sacri-\n« fice apparent qu'ils s'infligent, car la nature y avait pourvu d'avance,\n« mais ceux-là, cela va de soi, sont les apôtres les plus bruyants d'une\n« religion qui a érigé en dogme l'impuissance constitutionnelle qu'ils ont\n« reçue en naissant. Cette doctrine heureusement n'est pas française, et à\n« voir la répugnance qu'éprouve le public à l'adopter, elle n'a pas grande\n« chance d'obtenir de sitôt ses lettres de naturalisation. Nous la laissons\n« soigneusement aux Allemands ; c'est par là que commence pour nous"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.32", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n« la revanche et que la punition de nos vainqueurs est cruelle. Wagner\n« est le revers de Bismark! (i) »\nVous aurez beau hausser les épaules, je n'invente rien après tout; ce\nque je vous dis là, on Y a écrit, on l'a signé ! (Hélas !) Que me fait à moi\nvotre grande musique qui n'est comprise que par un petit nombre\nd'initiés; on ne fait pas de musique sans rhythme, sans mélodie, sans\nidées, et je prise bien moins toute la science de votre jeune école que le\ntalent naïf et sans prétention de ce musicien qui saura me toucher par une\nsimple romance, que je comprendrai sans effort et que je saurai par cœur\naprès l'avoir entendue une fois. Laissez donc la symphonie et tout ce\nfatras métaphysique et psychologique aux Allemands. Le théâtre, voilà\nla véritable voie du génie français; l'opéra comique, voilà le genre\néminemment national, et Dieu nous garde des wagnériens et de la\nmusique de l'avenir !\nPour ces gens-là, Qnslow, Berlioz n'existent pas, Glapisson est un\ncompositeur. M. Saint-Saëns est un musicien savant (un wagnérien pro-\nbablement) mais parfaitement incapable d'écrire un opéra comique\nqu'on puisse représenter plus de dix fois, tandis que M. Vasseur, un\nvrai compositeur celui-là (peu savant mais bien français), est l'heureux\nauteur d'une certaine Timbale d'argent qui a eu plus de 200 représen-\ntations. Conclusion : on n'écrit de symphonies que lorsqu'on est inca-\npable de faire autre chose; quand on a des idées et de la mélodie, on\narrive rapidement au théâtre; en dehors du théâtre, pas de vrai succès,\npas de vraie renommée. Très bien. Voulez-vous me dire mainte-\nnant ce que le théâtre a produit depuis un an î L'Opéra a donné un\nballet en un acte, l'Opéra-Comique a monté, contraint et forcé, le Flo-\nrentinet puis après? Rien. Quoi, nous avons parmi nous tout£ une\npléiade de jeunes compositeurs qui ont du talent et beaucoup de talent.,\nqui travaillent, qui sont tourmentés du besoin de produire et qui ont\ndéjà produit des œuvres pleines de mérite, et voilà les deux seuls ouvra-\nges que nos deux premiers théâtres lyriques ont jugé dignes d'être pré-\nsentés au public! Où sont donc tous nos musiciens, où faut-il que nous\nallions les chercher? —Aux Concerts de musique classique qui, en pré-\nsence de l'apathie et du mauvais vouloir combinés des directeurs de\nthéâtre, sont devenus le refuge et Tunique ressource des artistes con-\na\ntemporains, impatients de se faire jour et d'arriver jusqu'au public.\nAujourd'hui, les compositeurs n'ont plus que deux débouchés acces-\nsibles : l'opérette et le concert. Que ceux qui sont incapables de faire\n\n(1) Voir Paris-Journal du 27 mars 187-1*"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.33", "texte": "ANDANTINO-RÊVERIE\nTh : Dubois.\nParis, G.HARTMANN Ed: 19 Boul! de la Madeleine.\nG.H. 696(9)\nE.Beauvois Geav."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.34", "texte": "G.H 696(9)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.35", "texte": "G.H. 696(9)"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.36", "texte": "AIR DE BALLET\ntiré des SCÈNES PITTORESQUES\n4e SUITE D'ORCHESTRE.\ntranscrit pour le PIANO\npar J. MASSENET.\nParis, G. HARTMANN, éditeur,\nG. H. 732\nBould de la Madeleine 19."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.37", "texte": "G. H. 732."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.38", "texte": "G. H. 732."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.39", "texte": "G. H. 732."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.40", "texte": "P. Bertrand grav:\nG. H. 732.\nImp: AROUY rue du Delta 26."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.41", "texte": "mieux se jettent tête baissée dans l'opérette, je n'y saurais trouver à re-\ndire; il faut bien que tout le monde vive : ils n'auraient pas réussi ail-\nleurs s ils arrivent au succès par l'opérette, c'est pour eux un nom et\nune fortune assurés. Mais tout le monde ne brûle pas, comme M. Ser-\npette, de marcher sur les traces d'Offenbach et d'Hervé et de s'enrôler,\nprix de Rome! dans l'école des Lecocq et des Vasseur. Il est encore des\nartistes, remplis de plus nobles aspirations, pour qui la musique n'est\npas une industrie et qui, se voyant repoussés du théâtre, iront du moins\nlà où on fait encore de l'art, c'est-à-dire au Concert. Ils auraient peut-\nêtre réussi à la scène, mais il ne faut pas songer à percer de ce côté, et\ncomme en général ils connaissent à fond toutes les ressources de leur\nart, ils se dirigeront aisément vers un autre but et se tourneront vers la\nmusique instrumentale. Après quelques essais, ils y prendront .goût, ils\ntravailleront, ils feront de rapides progrès, et un beau jour ils seront\ntout étonnés eux-mêmes d'être devenus, presque à leur corps défendant,\ndes symphonistes fort estimables.\nN'est-ce pas là,, d'ailleurs, ce qui est arrivé à la plupart de nos jeunes\ncompositeurs? Après avoir donné à l'Opéra-Comique la Grand1 Tante et\nDon César de deux ouvrages fort ordinaires, M. Massenet s'est\nmis à écrire pour le concert des œuvres extrêmement remarquables,\nparmi lesquelles : Marie-Magdeleine, l'ouverture de Phèdre et ses\nSuites d'orchestre. M. Saint-Saëns s'est révélé au public dans les con-\ncerts, et sa légitime réputation n'est fondée que sur des compositions in-\nstrumentales, dont quelques-unes sont fort distinguées. M. Lalo a essayé,\nlui aussi, de l'opéra, il a trouvé toutes les portes closes; et qui sait s'il\nnous sera jamais donné d'applaudir son opéra de Fiesque qui est pour-\ntant un ouvrage d'une réelle valeur? Ne pouvant arriver au théâtre, il\ns'est tourné vers le concert, où des œuvres comme le Divertissement et\nle Concerto pour violon lui ont créé en peu de temps une réputation\ndigne de son talent. Où aurions-nous appris à connaître MM. Gouvy, de\nCastillon, Franck, Dubois, Widor, sans les concerts? Voici trois prix de\nRome : MM. Puget, Rabuteau et Salvayre; où ont-ils fait jouer leurs\npremières œuvres? Au concert. Où avons-nous entendu les dernières\ncompositions de MM. Bizet et Guiraud? Au concert. C'est encore au\nconcert qu'ont eu lieu les seules auditions intéressantes de cet hiver :\nau Cirque des Champs-Elysées, le Messie et la Passion; aux Concerts\nDanbé, la Bataille de Marignan, la Cantate de Bach, la Fête d'Alexan-\ndre, Christophe Colomb. Avais-je donc tort d'affirmer en commençant\nque, dans ces derniers temps, toutes les œuvies de quelque valeur' se\nsont produites dans les concerts, et que c'est là, et là seulement, qu'il\n\nIV.\nLE MOUVEMENT MUSICAL\n9"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.42", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nfaut aller chercher le mouvement musical actuel et en étudier les progrès.\nCe mouvement, on le doit aux efforts persévérants des Sociétés de mu-\nsique classique. Dans son dernier compte rendu, mon confrère M. Cohen\na résumé les travaux des Concerts populaires ; il me reste à résumer de\nla même façon les travaux du Concert national, dont je me suis particu-\nlièrement occupé dans cette revue.\nEn ouvrant ses portes toutes grandes aux compositeurs français mo-\ndernes, le Concert national a non-seulement offert un large débouché\naux œuvres nouvelles, mais encore il a forcé en quelque sorte les Con-\ncerts populaires à suivre son exemple, et à concéder aux musiciens fran-\nçais une bonne partie de la place, jadis exclusivement réservée à Schu-\nmann et à Wagner, les seuls modernes que M. Pasdeloup ait longtemps\ndaigné admettre à côté des maîtres classiques. Consultez les program-\nmes de la dernière saison et comparez-les à ceux des années précédentes,\nvous n'aurez pas de peine à constater l'exactitude de ce que j'avance.\nEn outre, le Concert national a produit plusieurs œuvres inédites remar-\nquables et il nous a fait connaître des musiciens pleins de mérite et\ndignes de tous nos encouragements. Les principales œuvres exécutées\ncet hiver, sont :\ni° Œuvres inédites : Concerto en sol pour violon, Max Bruch,\nScènes pittoresques (4e suite d'orchestre), Massenet. Pièces pour or-\nchestre, Dubois (1). Divertissement hongrois, Listz. Phaéton,\npoème symphonique, Saiot-Saëns. Concerto pour violon, Lalo. ■—\nJean le Précurseur, drame biblique (fragments), L. Gallet, Albert Ca-\nhen. Suite d'orchestre, Dubois. poème symphonique,\nListz. Symphonie en ut majeur (fragments), Gouvy, Rome et\nNaples, pièces symphoniques, Rabuteau. Ballade et Minuetto-\nScherzo, Dupont. Adagio et tempo di minuetto, Vaucorbeil.\nSérénade, Gouvy. Variations sur un thème de Beethoven pour deux\npianos, Saint-Saëns.\n20 Œuvres peu connues, restituées par le Concert national Cortège\ndes Funérailles de Saùl, Haendel. Scherzo, Chérubini. Largo,\nHaendel. Bacchanale, Chérubini, Ouverture du Corsaire, Berlioz,\nMouvement perpétuel, Paganini.\nJ'ai dit que le Concert national avait fait une large part aux œuvres\n\n(1) Nous publions dans le numéro de ce jour Y Air de Ballet extrait des Scènes\npittoresques de M. Massenet, et VAndantino-Rêverie, n° 2, des Pièces d'Orchestre\nde M. Th. Dubois. Ce dernier morceau est absolument inédit, il paraîtra incessam-\nment chez M. Hartmann qui a bien voulu nous en communiquer les planches avec\nla plus parfaite obligeance."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.43", "texte": "LE MOUVEMENT MUSICAL\n\ndes compositeurs modernes français; outre les morceaux que j'ai rangés\npius haut parmi les œuvres inédites, on y a exécuté : Y Artésienne de\nM. G. Bizet, Ruth7 églogue biblique de M. Franck ; le Divertissemeut\nde M. Lalo , la 3e suite d orchestre (Musique pour une pièce antique),\nde M. Massenet; scène lyrique de M. Puget; la Symphonie\nromantique et la Marche du Dernier jour de Pompei, de M. Joçcières;\nla Suite d orchestre, de M. Guiraud; le Rouet d*Omphale, de M. Saint-\nSaëns, et des fragments de la Symphonie en fa mineur, de M. Widor.\nQuelques-unes de ces compositions ont été exécutées jusqu'à trois fois.\nLes différentes œuvies que nous venons d énumérer ont obtenu plus ou\nmoins de succès, mais elles offrent presque toutes un réel mérite et déno-\ntent chez leuis auteuis un talent déjà très avancé et qui ne demande qu'à\ns'exercer.\nJe n ajoute rien à ce tableau, il en dit assez par lui-même. En pré-\nsence des résultats acquis qu'il nous fait toucher du doigt, nous n'hési-\ntons pas a déclaier que le Concert national a rendu de véritables services\net qu'il a bien mérité de l'art et des artistes. C'est pourquoi il me semble-\nrait juste de seconder par tous nos encouragements de si honorables ef-\nforts, et de soutenu par d importants subsides des entreprises d'une\naussi incontestable utilité. Le ministère des Beaux-A.rts a accordé cette\nannée une subvention de 2,000 francs à M. Colonne. Le principe de\ncette subvention est excellent, mais le chiffre en est dérisoire. Je sais bien\nque ce n est guèie le moment de demander de l'argent au Gouvernement\npour subventionner les beaux-arts; il est d'autres dépenses plus néces-\nsaires et malheureusement plus urgentes; mais nous pouvons du moins\nexprimer le vœu qu il s'efforce, dans la mesure de ses moyens, de favori-\nser le développement des sociétés de musique classique. Si les fonds lui\nmanquent pour cet objet, qu'il retire au besoin une partie de la subven-\ntion aitribuée à certains théâtres sous la condition de jouer des œuvres\nnouvelles, qu'ils ne jouent jamais, pour la répartir entre les Sociétés de\nConcerts, qui, sans subvention et sans autre soutien que leur dévoue-\nment aux intérêts de 1 art? ont fait mille fois plus dans ces derniers temps\npour les progrès de la musique que les théâtres lyriques les plus riche-\nment subventionnés.\n\nH. MARCELLO."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.44", "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nOPÉRA : Début de mademoiselle Fouquet dans Guillaume Tell. OPÉRA-COMIQUE\nReprise de Joconde. M. Bouhy, mademoiselle Chapuy. Gilles et Gillotin de\nM. Ambroise Thomas. MM. Ismaël, Neveu, Thierry. Mademoiselle Ducasse.\nOICI l'hiver qui s'envole à tire d'aile, tout honteux de\nses frimas et de ses pluies. Voici le printemps qui\nvient, semant sur le sol hier désolé, son manteau fleuri.\nGracieux temps est quand rosier fleurist\nEt reverdit rosier.\na dit Jehannot de Lescurel.\nAdieu,, les grands Concerts et la symphonie profonde ! Adieu, les\nsolennelles reprises et les représentations premières! Place à la nature\nendimanchée qui se réveille en sursaut, et se campe tout à coup au tra-\nvers de la vie artificielle qui enjambait sur ses droits!\nAvant de se refermer complètement, la saison musicale laisse encore\ntomber quelques bonnes heures. La lampe retrempe sa flamme à sa\ndernière goutte d'huile, et se meurt d'inanition en jetant son dernier\nsoupir dans sa dernière lueur. La quinzaine qui vient de s'écouler a été\nrelativement agitée, si l'on considère qu'elle a livré au grand jour de la\npublicité le nom de mademoiselle Jeanne Fouquet, qui a débuté à\nl'Opéra dans Guillaume Tell; la reprise de Joconde; le Gilles et\nGillotin, d'Ambroise Thomas; la translation de la troupe de la Renais-\nsance aux Bouffes-Parisiens ; la reprise de la Périchole, aux Variétés ; et\nenfin les Cent mille francs et ma fille, avec musique nouvelle de\nM. Jules Costé, aux Menus-Plaisirs. En tout ceci, je ne m'arrêterai qu'à\nce qui intéresse véritablement l'art lyrique, laissant de côté le spectacle\ndes Bouffes-Parisiens, composé d'opérettes bien connues, telles que la"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.45", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nChanson de Fortunio et Pomme d'Api; ce'ui des Variétés, qui est la\nPérichole, revue et augmentée, mais non corrigée, hélas! par les auteurs\nMM. Meilhac, Halévy et Offenbach; et celui des Menus-Plaisirs que\nla direction de ce théâtre ne nous a pas mis à même de voir, attention\nqui vaut pour moi tous les trésors de Golconde,\nOPÉRA. Début de mademoiselle Fonquet dans GUILLAUME TELL.\nMademoiselle Jeanne Fouquet est frais émoulue du Conservatoire. Elle\nn'a fait qu'un bond de la salle de la rue Bergère à celle de l'Opéra. Au\nconcours du mois d'août dernier, elle s'était fait remarquer entre toutes\nses camarades de classe, et la Chronique musicale, par la plume de\nM. Arthur Pougin, avait salué en elle une artiste d'avenir. Elle est élève\nde M. Boulanger pour le chant, et de M. Mocker pour l'opéra-comique.\nLe jury ne lui a décerné que le second prix de chant et le premier accessit\nd'opéra-comique; il lui a préféré, pour des raisons qu'il sait peut-être,\nd'autres concurrentes qui seraient fort empêchées, selon moi, s'il leur\nfallait affronter ce soir le rôle de Mathilde de Guillaume Tell, ainsi que\nl'a fait, le 17 avril, la rivale battue par elles.\nMademoiselle Fouquet est une jeune fille dans son printemps, de taille\nsvelte et élancée, distinguée en ses manières, et d'une beauté brune\ncontresignée par des yeux à convertir le diable au bon Dieu, si ce racco-\nmodement était dans les choses orthodoxes. Sa voix de soprano, déjà\nexercée, est très franche, très souple, d'une sonorité suffisamment homo-\ngène et d'une justesse irréprochable. Le timbre en est encore un peu\ngrêle; nous ne lui croyons pas la solidité nécessaire pour s'attaquer aux\nrôles écrasants du répertoire de Meyerbeer et résister aux bruyantes\norchestrations consacrées par le goût moderne. Heureusement, ce timbre,\nqui manque de corps, est pénétrant et plein de charme. Dans le registre\nélevé, il sonne avec la pureté et la douceur du cristal. Ses ports de voix\net ses appogiatures sont rares par la correction. A l'encontre de la\nplupart des élèves du Conservatoire, elle articule avec netteté et accentue\navec sentiment. Elle chante français, pour dire le mot. Maîtresse de son\némotion dès le milieu de son récitatif d'entrée : Ils s'éloignent, enfin!\nelle a su rendre, avec une très vive intuition du grand style, les nuances\ndélicates de la romance : Sombre forêt. Dans le duo qui suit avec\nArnold, elle a montré de la chaleur.\nSi mademoiselle Fouquet ne s'endort pas au bruit flatteur des applau-\ndissements qui ont accueilli ses premiers pas sur la scène, si elle ren-\nforce sa vocation par l'étude et le travail, elle est appelée aux mêmes"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.46", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nsuccès que sa devancière Fidès Devriès dans les rôles de demi-caractère,\nla Marguerite de Faust et l'Qphélie ôCHamlet, qui n'appartiennent\npoint aux rôles de force proprement dits.\nOPÉRA-COMIQUE. REPRISE DE JOCONDE. L'Opéra-Comique nous\na rendu Joconde, ce chef-d'œuvre de Nicolo qui, comme son héros, a\nlongtemps parcouru le monde, et sur les mélodies duquel nos pères cour-\ntisaient jadis la brune et la blonde.\nJoconde apparut à la lumiore de la rampe le 28 février 1814, comme\nun rayon de la vieille gaieté perdu dans les sombres nuages\nque poussait devant elle l'invasion étrangère. Indiscret Joconde ! Le\ntemps n'était pas aux musettes provençales ni aux tambourins du\nRhône, les Rosières et les paysans d'opéra-comique, les comtesses et les\nbaillis n avaient pas beau jeu. Le jour meme de la première représenta-\ntion de cet ouvrage, la place de la Fère avait capitulé devant les alliés.\nPartout culbutés et partout reformés, partout décimés et partout renais-\nsants, les bataillons barbares précipitaient leur marche sur Paris. Un\nmois après, nos amis les ennemis défilaient sur nos boulevards, et cam-\npaient dans les Ghamps-Élysées.... Un jouait toujours Joconde à leur\nnez et à leur barbe. En France, le rire est souvent une forme de l'offen-\nsive. Les Parisiens coururent à Joconde.\nBien des fois, depuis cette fatale époque, Joconde a été repris à 10=\npéra-Gomique. Martin, Chollet et Faure ont laissé, dans le rôle princi-\npal, les meilleurs souvenirs. La pièce avait été inspirée à Etienne par le\nconte de La Fontaine, intitulé comme elle, et que le grand fabuliste\navait emprunte, en substance, a 1 Arioste. A. Pheure qu'il est, le livret\nd Etienne, écrit dans le plus pur style Prudhomme, se soutient parfaite-\nment a la scène, grâce à quelques situations à la vérité fort plaisantes.\nQuant àla musique de Nicolo, elle passe à bon droit pour un chef-\nd œuvre de 1 esprit français. Certains morceaux en sont populaires. Le\ncoloris de l'orchestration a pâli, il s'est estompé avec l'âge et a tourné au\npastel. Mais la mélodie a conservé toute sa grâce et tout son parfum. Je\nconfesse que le premier acte m'a paru languissant. Je fais retomber sur\nNicolo aussi bien que sur Etienne la responsabilité de mon impression.\nLe fameux rondeau lui-meme : Jai longtemps parcouru le mondey m'a\ntrouve insensible à ses charmes. Mais le second acte est une pure mer-\nveille où le sentiment et Pesprit se fondent dans une délicieuse harmonie.\nJe comprends dans cette appréciation le troisième tableau qui ne forme\nguère acte à part. La Chanson de Jeannette, reprise au duo : Ma grand'"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.47", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nmère disait souvent, avec les trilles battus sur les trois temps de ses pre-\nmières mesures; les couplets ; Que je voudrais avoir la rose ;le chœur\ndes bohémiennes ; le quatuor scénique :\nQuand on attend sa belle,\nQue Y attente est cruelle ;\nla romance célèbre des Premières amours de Joconde; le quartetto\ncommencé en notes piquées : Ah !ma petite amie, que te voilà jolie ! et\npour lier le bouquet, la scène finale du couronnement de la rosière,\nsont autant de fleurs mélodiques, fécondées par le génie de Nicolo.\nL'interprétation de Joconde est assez faible, sauf de la part de\nM. Bouhy et de mademoiselle Chapuy. Le rôle de Joconde, juché sur les\nplus hauts sommets du registre de baryton, s'étend jusqu'au sol\nen voix de poitrine. Je craignais que Bouhy, dont l'organe est d'une\nsânté irrégulière, n'échouât devant la difficulté. Mais, grâce à l'excel-\nlence de sa méthode, et à l'éclat d'une voix de tête factice, il a pu chanter\nJoconde et faire plaisir aux difficiles. Mademoiselle Chapuy,comédienne\npiquante, joue et chante Jeannette avec beaucoup de goût.\nGILLES ET GILLOTÏN.—- Mercredi 22 avril.— Dois-je vous dire la pièce?\nElle vous apprendrait si peu de chose que je crois bien faire en ne vous\nla contant pas.\nJe ne reviendrai pas non plus sur le débat irritant soulevé entre\nM. Sauvage, l'auteur du livret, et M. Ambroise Thomas, au sujet de la\nreprésentation de Gilles et Gillotin. On sait que M. Thomas avait renié\nla paternité de ce petit acte, et qu'il entendait le garder en portefeuille,\nmalgré les droits de son collaborateur. On sait aussi que le compositeur,\naprès avoir épuisé plusieurs juridictions, a perdu le procès en séparation\nde corps et de biens qu'il soutenait contre le librettiste.\nLa musique de Gilles et Gillotin date d'une quinzaine d'années\nenviron. Elle daterait d'hier qu'elle ne serait pas plus fraîche qu'elle a\nparu. Elle est, de parti pris, traitée en pasticcio italien. On dirait,\nà l'entendre, qu7Ambroise Thomas avait l'œil sur le Gilles ravisseur\nde Grisar, et qu'il voulait en faire le pendant. Dans le modèle de Grisar,\nla mélodie a plus de verve et de spontanéité : elle jaillit plus librement,\nplus généreusement. Dans l'imitation d'Ambroise Thomas, la phrase est\ntrop morcelée et hachée trop menu. Dans ses morceaux concertants\nsurtout, elle dialogue et papillote à l'excès.\nCe qui est prodigieux dans Gilles et Gillotin, c'est l'instrumentation.\nL'auteur du Caïd possède une palette d'une richesse inouïe. L'ouverture,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.48", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nà elle seule, est un tour de force, et pourtant c'est une simple retraite mi-\nlitaire qui en fait tous les frais. Le motif est commencé en sourdine, et\ncomme dans le lointain, par les tambours et les petites flûtes à la tierce,\nLes violons sen emparent, et la transmettent, par un crescendo qui\nfait l'image d'un rapprochement, aux cuivres et à la caisse roulante. Sur\nle tout broche la sonnerie du triangle. Le bruit s'apaise et la marche\nregagne le large, escortée des pittoresques fioritures du basson et de la\nclarinette. Ce n est rien, mais c'est singulièrement comique et distin-\ngué. On a bissé ce charmant hors d'oeuvre symphonique.\nLa partition est très touffue. Le duo qui ouvre l'acte et qui est chanté\nsur le balcon par Rosaure et le sergent Brisacier; l'autre duo entre Ja-\nquette et Gillotin, avec sa jolie strette: Le voilà,c'est ton papa, sont deux\nmorceaux d un tour très fin. Le quatuor pour baryton et entre\nRoquentin, Gilles, Gillotin et Jaquette, est, pour mon goût, la meilleure\npage de la partition. Il est fâcheux que la partie du baryton, autrefois\ndestinée à un ténor, soit écrite trop haut, bien qu'elle ait été baissée, pour\nla voix d Ismaël. On a redemande à mademoiselle Ducasse ses couplets :\nOh ! oh! oh! quel gâteau ! et à Ismaël ses couplets entrecoupés de rires\net de pleurs : b aut~il pleurer, faut-il rire ? On a bissé aussi la chanson\ndu seigent Brisaciei? avec sa reprise en quintette, à l'imitation des rou-\nlements du tambour. Enfin, on s est fort amusé d'un quintette terminé\nen sextuor, pastiche réjouissant de la manière de Verdi.\nIsmaël a compose son roie de Gilles avec beaucoup d'art i il le chante\navec ce goût exquis qui lui est propre. Pour tenir celui de Gillotin, ma-\ndemoiselle Ducasse avait à son actif son intempérance ordinaire de gestes\net de mines, Elle mime, joue et chante Gillotin avec toute la verve et\nl'esprit de la comédie italienne. Mesdemoiselles Reine et Nadaud,\nMM. Neveu (Brisacier) et Thierry, ont prêté main forte à Gilles et à\nGillotin, pour implanter le succès de ce charmant opéra-bouffe à l'Opéra-\nGomique.\n\nARTHUR HEULHARD."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.49", "texte": "CHRONOLOGIE DE L'ANNEE 1874\n\n26 Mars. SALLE DES FAMILLES (Faubourg-Saint-Honoré ). Première re-\nprésentation de Paul et Pierre, opérette en un acte, paroles de M. Gabriel\nPrévost, musique de M. Emile Louis.\n28. SALONS ERARD. Première audition d'un trio en sol majeur , pour\npiano, violon et violoncelle, de M. Taudou. GAND (salle du Spiegelhove)\nPremière exécution de Brutus, tragédie lyrique en trois parties, musique de\nM. Jean Van denTeden, lauréat du Conservatoire de Bruxelles. L'As-\nsemblée nationale adopte, par 494 voix contre 63, un projet de loi qui lui est\nprésenté par le ministre des travaux publics, et qui assure à l'Etat les sommes\nnécessaires pour l'achèvement du nouvel Opéra, dont la construction devra\nêtre entièrement terminée avant la fin de Tannée 1874.\n31. BOUFFES-PARISIENS. Première représentation des Parisiennes, opé-\nrette en cinq actes, paroles de MM. Jules Moinaux et Victor Koning (et\nErnest Blum), musique de M. Léon Vasseur. —CIRQUE DES CHAMPS-ELYSÉES.\nPremière exécution à Paris de la Passion selon saint Matthieu, oratorio de\nJean-Sébastien Bach (traduction française de M. Charles Bannelier), sous la\ndirection de M. Charles Lamoureux.\nQAV%IL\nlERIER Avril. CONCERTS DANBÉ. Exécution du Stabat Mater de madame la\ncomtesse de Grandval.\n3. CONCERTS-POPULAIRES. Première exécution du Stabat Mater (la pre-\nmière partie seulement), de M. Bourgault-Ducoudray.\n4. THÉÂTRE DU CHATELET, Première représentation de la Belle au\nbois dormant, opéra-féerie en quatre actes et douze tableaux, paroles de\nMM. Clairville et W. Busnach, musique de M. Henri Litolff. NAPLES\n(Théâtre San-Carlo). Première représentation de Bianca Orsini « melo-\ndramma lirico », en quatre actes, paroles de M. G.-T. Cimino, musique\nde M. Errico Petrella."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.50", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n5. BOUFFES-PARISIENS. Première représentation : Le Tour de Mou-\nlinet, opérette en un acte, paroles de M. Paul Avenel, musique de M. Char-\nles Hubans. (Cette pièce est donnée en quelque sorte subrepticement, un\ndimanche, 1 affiche ne portant point la mention : « Première représenta-\ntion, » et indiquant au contraire, contre l'usage, les noms des auteurs.\nFOLIES-BERGÈRE. Première représentation : Le Menu de Georgette, opé-\nrette en un acte, paroles de M. Gabriel Ferry, musique de M. Desormes.\nEGLISE SAINT-NICOLAS DU CHARDONNET. Première exécution d'une messe\nnouvelle, avec orgue et orchestre, de M. Charles Magner, maître de chapelle\nde cette église. Apparition du premier numéro des\nmalades,« petite revue bi-mensuelle de critique musicale » par Alexis Aze-\nvedo.\nBRUXELLES (Salle de la Grande-Harmonie). Première exécution\nDernier Rayon de soleil, oratorio, poème de M. Em. Hiel, musique de G.\nHuberti.\n8. FOLIES-DRAMATIQUES. 411E et dernière représentation de la Fille\nde madame Angot. (Fait sans exemple dans les annales du théâtre en France,\net probablement dans le monde entier, d une pièce jouée\nfois, c est-à-dire pendant treize mois et demi, sans une seule interruption.\nOn assure qu à cette dernièie représentation la L ille de madame Angot\nréalisait encore une recette de plus de 3.500 francs.)\n11. FOLIES-DRAMATIQUES.— Première représentation de la\nbonnaise, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Ernest Dubreuil\net Hiînri Chabrillat. musique de M. Coedès.—ELDORADO. Première représen-\ntation : le Mariage au flageolet, opérette en un acte, paroles de MM. G.\nPerrin et H. Paliard, musique de M. Charles Malo.— SOCIÉTÉ NATIONALE DE\nMUSIQUE. 35« audition (avec orchestre), dans laquelle on entend, entre autres\nœuvres inédites : 2E concerto pour piano, de M. Georges Pfeiffer; Poème\nnocturne, de M. Flenry Duparc ; Concertino pour alto, de M. J.'Garcin;\nSuite symphonique, de M. Charles Lefebvre; l'lncarnation de Jésus (frag-\nment de la deuxième partie), mystère, paroles de M. Emile Cécile, musique\nde M. Maréchal. ATHÉNÉE (dans un concert au bénéfice de M. Jules\nRuelle, ancien directeur de ce théâtre). Première audition : La Ferme de\nMu amar,opérette en un acte, paroles de M , musique de M. le mar-\nquis d'Aoust.\n12. SALLE ERARD. Première audition :\nsaynète, paroles et musique de M. Edmond Lhuillier.\n15. ELDORADO. Première représentation : Trois Pistolets dans le dos\nopérette en un acte, paroles de M. \"Théodore Duché, musique de M. Guyon fils.'\n16. FOLIES-BERGÈRE. Première représentation :\ndivertissement en un acte, de Mme Mariquita, musique de M. Olivier Métra!\nl - OPÉRA. Début de mademoiselle Fouquet, elève du Conservatoire\nans le rôle de Mathilde, de Guillaume"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.51", "texte": "CHRONOLOGIE\n\n18. OPÉRA-COMIQUE. Reprise de Joconde, d'Etienne et Nicolo, qui n'a-\nvait pas été jouée depuis 1861.\n19. FOLIES-MONTHOLON. Première représentation: Mam'çelle Mariette\nopérette en un acte, paroles de M. Aurèle, musique de M. E. Bourgeois,\n21. FOLIES-BERGÈRE. Première représentation :Un Jour d'orage, opé-\nrette en un acte, paroles de M. A. de Marthold, musique de M. Olivier\nMétra.\n22. OPÉRA COMIQUE. Première représentation : Gille et Gillotin, opéra-\ncomique en un acte, en vers libres, paroles de M. Thomas Sauvage, musique\nde M. Ambroise Thomas.\n25. VARIÉTÉS. Reprise de la Périchole, opéra-bouffe de M. Jacques\nOffenbach. Pour cette reprise, la pièce, qui était primitivement en deux actes,\nest mise en trois actes, et la partition est augmentée de six morceaux nou-\nveaux.\n\nA. P."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.52", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nAMÉDÉE MÉREAUX\n\nA critique musicale française vient de perdre l'un de ses\nvétérans, peut-être son doyen. Amédée Méreaux (dont le\nnom véritable était Jean-Amédée Le Froid de Méreaux),\nfils d'un compositeur dramatique réputé au siècle der-\nnier, musicien extrêmement distingué lui-même, est\nmort le 24 de ce mois à Rouen, où il était fixé depuis\nquarante ans et où il occupait une position considérable\ncomme professeur, comme compositeur et comme feuilletonniste musical du\nJournal de Rouen. Méreaux, qui s'était fait fort jeune une brillante réputation\ncomme pianiste et compositeur pour son instrument, avait été activement\nmêlé au mouvement artistique du premier tiers de ce siècle. Lié de bonne\nheure avec ce que Paris comptait de musiciens célèbres, il était tenu particu-\nlièrement en haute estime par Boieldieu. L'excellente éducation littéraire\nqu'il avait reçue au lycée Charlemagne ne l'avait pas empêché de faire de\nsolides études musicales*, élève de son père pour le piano, de Porta et de\nReicha pour la composition, il avait à peine quatorze ans lorsque la maison\nRichault publia ses premières œuvres. Ses succès précoces lui avaient valu\nà vingt cinq ans le titre (honorifique, il est vrai) de pianiste du duc de Bor-\ndeaux, et à cette époque il acquit une véritable renommée en donnant des\nconcerts à Paris, dans les départements et en Angleterre. Comme composi-\nteur, Méreaux s'est fait connaître par une centaine d'œuvres de divers genres,\nparmi lesquelles 011 compte cinq livres de grandes études pour le piano, des\nsonates pour le même instrument, une messe solennelle à quatre voix,\nchœur et orchestre, diverses cantates, des chœurs et de nombreuses mélodies.\nComme professeur, il a formé plusieurs pianistes distingués, entre autres\nmademoiselle Clara Laveday et madame Tardieu de Malleville, et quelques\neunes compositeurs, parmi lesquels M. Lucien Dautresme, qui a fait jouer\nCardillac au Théâtre-Lyrique, et M. Camille Caron. Enfin, comme écrivain\nspécial, il a collaboré au Journal de Rouen, au Moniteur universel et au"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.53", "texte": "VARIA\n\nMénestrel, et s'est fait surtout apprécier par le bel ouvrage qu'il a publié sous\nce titre : Les Clavecinistes de i63y à 17go, histoire du clavecin, portraits et\nbiographies des célèbres clavecinistes, avec exemples et notes sur le style et\nl'exécution de leurs œuvres ; on lui doit aussi une excellente notice sur Pon-\nchard. On a encore imprimé de Méreaux son discours de réception à l'Aca-\ndémie des sciences, belles-lettres et arts, de Rouen,où il fut admis en ißsß,un\nrapport fait par lui à cette Académie, et un discours prononcé par lui, comme\nprésident, à la réception d'un nouveau membre, en 1865. Né à Paris en iBo3,\nMéreaux est mort âgé de soixante-onze ans. Il était chevalier de la Légion\nd'honneur. La ville de Rouen le considérait comme un de ses enfants, et lui\na fait de splendides funérailles.\n\nA. P.\n\nFAITS DIVERS\nES exercices publics des élèves du Conservatoire, supprimés depuis\nune douzaine d'années, vont recommencer. Le dimanche 3 mai, à\ndeux heures précises, aura lieu, dans la salle de la rue Bergère, une\nséance publique à grand orchestre, avec chœurs et soli, dont tous\nles exécutants seront fournis par les classes de notre École de musique.\nVoici le programme de cette séance :\nSymphonie en si bémol, d'Haydn ; Air de Fernand Cortede Spontini,\nchanté par M. Manoury ; Ave verum) de Mozart ; Trio pour piano,\nviolon et violoncelle, de Mendelssohn, exécuté par mademoiselle Poitevin,\nMM. Brindis et Leob ; Air de Fernand Cortechanté par mademoiselle\nChampion ; Gloria in excelsis, de la messe de Rossini ; Air des Abence-\nrages, de Cherubini, chanté par M. Vergnet ; Jubel-Ouverture, de Weber.\nL'exécution sera dirigée par M. Ernest Deldevez, professeur de la classe\nd'ensemble instrumental du Conservatoire.\nVoici Tordre dans lequel auront lieu, cette année, les épreuves et les\njugements du grand concours de composition musicale :\nConcours d'essai : Entrée en loges, le samedi 16 mai, à dix heures du matin,\nau Conservatoire. Sortie, le jeudi 21, à dix heures du soir.\nJugement du concours d'essai : Samedi, 23.\nConcours définitif : Entrée en loges, le samedi, 3o mai, à dix heures du\nmatin, au Conservatoire. Sortie, le mardi, 23 juin, à dix heures du soir.\nJugement préparatoire : Vendredi, 3 juillet, au Conservatoire.\nJugement définitif, par toutes les sections réunies de l'Académie des Beaux-\nArts : Samedi, 4 juillet, au Palais de l'lnstitut.\nLes concurrents peuvent se faire inscrire pour le concours d'essai, jusqu'au\n1 3 mai inclusivement, au secrétariat du Conservatoire de musique."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.54", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nA la suite d'une pétition adressée au préfet de la Seine par les habitants\ndu quartier du Châtelet, des ordres très formels viennent d'être donnés aux\nentrepreneurs du Théâtre-Lyrique pour que cette scène soit livrée au plus\ntard le i 5 octobre prochain.\nLe préfet de la Seine tient essentiellement à ce que le Théâtre-Lyrique soit\nouvert l'hiver prochain, afin de donner un peu d'animation à la place du\nChâtelet.\nL'Académie des Beaux-Arts avait à compléter le jury du concours de\ncomposition musicale pour le prix de Rome, en adjoignant trois membres à\nceux qui composent la section de musique de l'lnstitut, et qui sont\nMM. Ambroise Thomas, Reber, Félicien David, Gounod, Massé et Bazin.\nLa section de musique a présenté trois membres : MM. Reyer, Saint-Saéns\net Vaucorbeil, auxquels l'lnstitut a ajouté MM. Semet et Massenet; puis, à\n}a suite d'un tirage au sort, ont été définitivement nommés membres du jury\ndu concours : MM. Vaucorbeil, Saint-Saëns et Massenet; M. Reyer, juré sup-\npléant-\n— Le mariage religieux de madame Pauline Lucca avec M„ le baron de\nWallhofen a eu lieu le 2 5 mars à New-York.\nM» Adolphe Jullien vient de publier, à la Revue et Galette musicale,\nune longue série d'articles dans lesquels il passe en revue et étudie, comme\nil avait fait précédemment pour Gœthe et Victor Hugo, toutes les œuvres\nmusicales inspirées par les drames de Schiller. En voici la liste complète :\nLes Brigands ont fourni un sujet d'opéra à trois compositeurs : Mercadante,\nVerdi et Zayc. Il n'a été composé qu'un opéra de Fiesque, celui de M. Lalo ;\nqu'un sur Intrigue et Amour, la Luisa Miller, de Verdi, et qu'un sur Don\nCarlos, encore de Verdi. La trilogie de Wallenstein inspira cinq musiciens.\nAnselme Weber écrivit de la musique pour la Mort de Wallenstein ; Meyer-\nbeer reproduisit les tableaux du Camp dans son opéra du Camp de Silésie ;\nRheinberger composa une symphonie complète sur la trilogie ; Musone, un\nopéra italien sur la Mort de Wallenstein, et M. Vincent d'lndy, une ouver-\nture des Piccolomini. Marie Stuart tenta six compositeurs : Pietro Casella,\nMercadante, Carlo Coccia, Donizetti, Niedermayer et M. Van Zuylen Van\nNijevelt. La Pucelle d'Orléans fut mise en musique sous sa forme originale\npar Anselme Weber, MM. Damroth et Max Bruch, puis transformée en opéra\nallemand par Jean Hoven et en opéra italien par Verdi. La tragédie antique,\nla Fiancée de Messine, inspira tour à tour Anselme Weber, Chrétien Urban,\nSchumann et Bonewitz ; et la comédie de Turandot, Charles Blumenroder,\nReissiger, Jean Hoven et Charles-Marie de Weber. Enfin Guillaume Tell fut\nd'abord mis en musique par Anselme Weber et inspira à Rossini son œuvre\nmusicale."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.55", "texte": "VARIA\n\nNOUVELLES\n\nARTS. Opéra. M. Halanzier, assure-t-on, est décidé à inaugurer\nle nouvel Opéra par la reprise de la Juive. Jeanne Darc, de Mer m et,\nserait la seconde pièce jouée sur notre nouvelle Académie de\nmusique.\nMademoiselle Rosine Bloch est réengagée à l'Opéra pour deux ans.\nM. Achard fera sa rentrée l'hiver prochain dans Edgard, de Lucie.\nItaliens. L'association de M. Strakosch, directeur du Théâtre-Italien,\navec l'imprésario russe M. Merelli, se termine le ier septembre.\nElle ne sera pas renouvelée.\nLa Lucca serait engagée par M. Strakosch pour une série de représen-\ntations.\nMademoiselle Heilbron et M. Benfratelli ont fait aujourd'hui leurs\nadieux au public parisien, dans la Traviata. La fermeture du théâtre est fixée\nau 5 mai.\nOpéra-Comique. Il est question à ce théâtre d'une prochaine reprise de\nLalla-Roukh avec mademoiselle Dalti, MM. Lhérie et Melchissédec.\nLes Noces de Figaro vont reparaître sous peu à i'Opéra-Comique,\nMadame Carvalho prend le rôle de la comtesse et abandonne celui de Ché-\nrubin, qui servira de début à mademoiselle Breton. Mademoiselle Priola\nchantera le rôle de Suzanne. M. Melchissédec et M, Bouhy conservent leurs\nanciens emplois, du comte et de Figaro.\nChâîelet. M. Louis Herz succéderait à M. Hostein au Ghâtelet : il\nannonce son intention de donner le ier septembre prochain un nouvel opéra\nde M. Massé, Paul et Virginie, dont on avait parlé autrefois pour Capoul et\nmadame Patti.\nL'opéra (?) de M. Litolff, la Belle au bois dormant, a terminé sa courte\ncarrière ; on reprend ce soir les Pilules du Diable.\nBouffes-Parisiens. On prépare aux Bouffes-Parisiens la reprise de la\nPrincesse de avec madame Théo dans le rôle créé par madame\nChaumont, et madame Peschard dans celui de mademoiselle VanghelL\nMademoiselle Bagatelle, opérette de MMO Ernest Blum. et Hector Gré-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740501-01.1.56", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nPans. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Lalayette, 61.\nPropriétaire-Gérant : HEULHWKfD.\n\nmieux, musique de M. J. Offenbach, a été lue aux artistes. Voici la distri-\nbution des rôles :\nBagatelle Mmes Judic.\nGeorges de Plantevigne L. Grivot.\nPistache M. Ed. Georges.\nFinette Mlle Suzanne.\nVariétés. Il y a déjà quelque temps, on avait annoncé que les Prés-\nSaint-Gcrvais, de M. seraient repris au théâtre Déjazet, et que made-\nmoiselle Déjazet y ferait sa dernière rentrée ; il n'en était rien, car l'auteur de\nRabagas vient de transformer sa pièce en opérette. M. Lecocq doit en faire\nla musique. Cet ouvrage passera aux Variétés dans le courant du mois\nd'octobre.\nRenaissance. Giroflé-Girojla, le nouvel opéra-bouffe de M. Lecocq, sera\njoué à ce théâtre.\n/\nConcert des Champs-Elysées.—Ce soir, ier mai, inauguration des Concerts\nBesselièvre. On délivre des cartes d'abonnement pour la saison, au Con-\ncert même, derrière le Palais de l'lndustrie.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}