{"numero_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_sha256": "64f31c925a0d35f6c884e25622d465cff52a5b53c515f56336677b8f7f9c83b7", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1874/08/15_01/bmtnabc_1874-08-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1874/08/15_01/bmtnabc_1874-08-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[145]", "page_fin": "153", "image_debut": 1, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.1", "titre_corps": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "titre_sommaire": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE", "signature_source": "ARTHUR POUGIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[145]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 725, "texte": "LES\nCONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nVANT d'aborder le compte rendu détaillé des concours\npublics du Conservatoire qui ont occupé les huit\nou dix dernières journées du mois de juillet, on me\npermettra d'entrer dans quelques considérations\nqu'il ne me semble pas superflu de présenter,, et\nd'adresser à la direction de notre grande école de\nmusique, avec les éloges qui lui sont légitimement\ndus, les critiques qu'elle me semble mériter encore.\nJ'espère qu'on voudra bien ne voir, en ce qui concerne ces dernières,\n/\naucune pensée d'hostilité de ma part. Elevé au Conservatoire, y ayant\nfait la plus grande partie de mes études, je l'aime comme un vieil ami, et\nc'est parce que je Faime du fond du cœur que je voudrais le voir aussi"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "parfait que possible,, que mon plus grand désir serait de le sentir\ninattaquable.\nTout d'abord, il n'est que juste de constater que les concours ont été,\ncette année, presque aussi brillants que possible, et que leur ensemble a\nprouvé que le niveau des études s'était élevé d'une façon très sensible.\nNon-seulement les classes de piano, de violon et de violoncelle - qui\nn'ont, d'ailleurs, jamais cessé d'être la gloire de rétablissement ont été\nabsolument supérieures er ont produit des sujets hors ligne; non-seule-\nment certaines classes d'ïnstruments à vent, en particulier celles de\nhautbois et de trombone, sont dignes des plus grands éloges, mais\nles classes vocales elles-mêmes ont donné une moyenne excellente et ont\nmontré qu'elles étaient en grand progrès. Il est certain que la création\ndes cours de solfège spéciaux aux élèves chanteurs création due àla\nnouvelle direction a exercé une influence très heureuse sur les études\nvocales, et que nos jeunes chanteurs sont aujourd'hui, par le fait\ndes études théoriques auxquelles on les oblige, bien plus sûrs d'eux-\nmêmes au point de vue du rhythme, de la mesure, de l'intonation,\net parfois même du style. C'est là, il faut le répéter, un grand progrès\nréalisé. D'autre part, on a pu remarquer, cette année, que le nombre\ndes élèves admis aux concours était beaucoup moins considérable\nque par le passé, et qu'on avait été beaucoup plus sévère dans les choix.\nIl en est résulté que les épreuves étaient moins fatigantes et pour\nles jurys et pour les concurrents eux-mêmes ; que tous les élèves\nprésentés étaient réellement dignes d'entrer en lutte, et qu'on n'avait plus\nle spectacle affligeant de nullités absolues venant indéfiniment allonger\nles séances et donnant une médiocre opinion de leurs aptitudes et\ndes soins de leurs professeurs.\nCette part faite à l'éloge, passons à celle de la critique.\nPour commencer, j'exprimerai un regret, c'est qu'on ne rende pas\npublics tous les concours qui ne sont pas absolument théoriques, et qui,\npar conséquent, n'ont aucune raison d'être faits à huis clos. Il va de soi\nque le public ne peut être admis aux séances concernant le solfège, l'har-\nmonie écrite, l'harmonie accompagnée et la fugue. (Encore serais-je un\npeu de l'avis d'un de mes confrères, qui désirerait que les leçons d'har-\nmonie et de fugue fussent exposées, et que chacun en pût prendre con-\nnaissance.) Mais quelle raison valable peut-on donner pour entourer de\nmystère les concours de d'étude du clavier (piano élémentaire),\nde contrebasse et d'orgue? Les séances d'orgue sont à coup sûr extrê-\nmement intéressantes, tant au point de vue de la pratique de l'ins-\ntrument que des connaissances théoriques et techniques dont peuvent"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.3", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "faire preuve les élèves ; les concours d'étude du clavier, avec des enfants\nqui, comme cette année, exécutent un fragment de concerto, n'ont pas\nplus de raisons d'être tenus secrets que ceux de piano : il n'y a pas\nsi longtemps que ceux de harpe étaient publics, et je ne vois pas\npar suite de quelle nécessité on a jugé à propos de les faire rentrer dans\nl'ombre de l'huis clos ; enfin, le concours de contrebasse ne me semble\npas, à tout prendre, devoir être plus ennuyeux ou moins intéressant que\ncelui de basson, par exemple, ou celui de trombone. Je crois donc,\nencore un coup, que Ton ferait bien de rendre publics tous les concours\nd'instruments, quels qu'ils soient, et il me semble qu'il n'existe, en\ndehors de la routine, aucune raison valable pour combattre cette\nopinion.\nJ'en viens maintenant à certaines observations que j'ai déjà présentées\nl'année dernière, à cette même place. Entre autres choses, je demandais\npourquoi le nouveau directeur du Conservatoire n'avait point jugé à\npropos de rétablir les classes spéciales et les concours spéciaux de voca-\nlisation, qui existaient naguère, et qu'Auber> avec sa nonchalance habi-\ntuelle, avait laissé disparaître. Nous nous sommes aperçu, cette année,\nque l'habileté et la pratique de la vocalisation n'étaient pas généralement\nle côté fort de nos élèves chanteurs, et, chose assez singulière, ce n'est\nque dans les concours d'opéra et d'opéra-comique que nous avons\npu l'observer, car dans le concours de chant proprement dit, les morceaux\navaient été si maladroitement choisis que pas un seul élève n'avait même\nune demi-mesure de vocalise à faire. Je me trompe, un d'entre eux, un\nseul, doit être excepté : c'est M. Manoury, qui a chanté l'air fameux de\nZaira, de Mercadante, dans lequel il a pu faire preuve de son habileté\nsous ce rapport. Je vois bien d'ici les objections que Ton m'opposera; on\nme dira que les élèves chanteurs ont déjà beaucoup à faire au Conserva-\ntoire; qu'il leur faut suivre une classe de solfège une classe de chant,\nune classe d'opéra et une classe d'opéra comique, et que les obliger\nà suivre encore une classe de vocalisation serait trop exiger d'eux. Mais\nque font donc, s'il vous plaît, les élèves des classes instrumentales? Est-\nce que les jeunes violonistes ne suivent pas aussi une classe de sollége,\nqu'ils échangent ensuite contre une classe d'harmonie , le tout en\ndonnant des leçons et en faisant le service d'un théâtre qui leur prend\ntoutes leurs soirées? Est-ce que la plupart des jeunes pianistes, api es\navoir quitté la classe de solfège, ne prennent pas aussi une classe d har-\nmonie, puis une classe de fugue, souvent une classe d orgue ? Est-ce que,\nà tout prendre, les études de ceux-ci ne sont pas encore beaucoup plus\nlongues et beaucoup plus difficiles que celles qu on impose aux chan-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "teurs? Ils ne s'en plaignent pas cependant, et ne quittent l'école que\nlorsqu'ils ont complètement terminé leurs cours. Qu'on soit donc aussi\nexigeant pour les uns que les autres sont exigeants pour eux-mêmes, et\nje crois que tout ira mieux.\nEnfin, il est une question surtout qui me tient à cœur, c'est celle\nqui concerne l'emploi du costume, emploi si essentiel, aux yeux de tous\nles esprits sensés, dans les concours d'opéra et d'opéra comique. Ici je\ndemande la permission de reproduire textuellement ce que je disais à ce\nsujet Tan dernier : ce n'est qu'à force de frapper sur un clou qu'on ren-\nfonce ; ce n'est qu'à force de répéter les choses qu'on finit par les faire\ncomprendre.\nconcours d'opéra et d'opéra comique, paraît vraiment élémentaire : en\neffet, vous formez un élève pour le théâtre, vous lui faites subir un\nconcours de chant appliqué à la scène, vous devez donc l'accoutumer,\nle briser à toutes les exigences, à tous les besoins, à toutes les difficultés\nde la scène. Or, est-il, pour un comédien, besoin plus impérieux que\ncelui de savoir se costumer ? On sait combien le costume est une chose\ndiverse, variée, complexe, puisqu'il comprend le vêtement proprement\ndit, puis la coiffure (qui à elle seule est une science) , la chaussure, l'art\nde se grimer, de se draper, de se mouvoir avec une tunique, une veste,\nun pourpoint, un habit brodé, un frac, une cuirasse, que sais-je ? Com-\nment connaîtra-t-il, non-seulement au point de vue pratique, mais\naussi au point de vue historique, comment connaîtra-t-il, si vous ne\nles lui rendez pas familiers, les mille détails des mille costumes qu'il\npeut être appelé à endosser, et qui varient avec chaque siècle, avec cha-\nque époque, avec chaque règne ? Comment saura-t-il former les plis\nd une robe ou d'un manteau, mettre une fraise ou une collerette, coiffer\nun casque, une toque,, un claque ou un chapeau, placer des rubans ou\ndes aiguillettes, se servir d'un poignard, d'une dague ou d'une épée ; en-\nfin, marcher convenablement avec l'attirail horriblement compliqué du\nplus mince costume, et donner à sa démarche, à ses allures, à ses ma-\nnières, le caractère qui convient à chacun d'eux?... »\nJe sais que ce n'est pas au nouveau Directeur du Conservatoire qu'on\ndoit la suppression, à mes yeux si fâcheuse, du costume dans les con-\ncours de déclamation. Je sais que cette mesure a été prise, dans les pre-\nmiers mois de 1870, sur l'avis unanime du Comité des études de\n1 établissement. Mais je persiste à croire que le Comité des études a eu\ncomplètement, absolument tort en cette circonstance, et j'insiste de nou-\nveau pour le rétablissement d'une ancienne et excellente coutume."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.5", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "Ceci dit, nous allons maintenant aborder les concours proprement\ndits, et passer en revue les élèves qui s'y sont le plus distingués.\nPour le piano, dans les classes masculines, c'est M. Chabeaux qui a\nenlevé le premier prix. M. Chabeaux est entré dans la classe de M. Ma-\nthias, il y a, je ciois, six ou sept mois; son éducation était donc faite, et\n1 on ne peut guère dire qu il soit élève de l école ; je ne suis pas très par-\ntisan, je l'avoue, de ces réceptions tardives qui permettent à un artiste\ndéjà formé de venir enlever leur premier prix à des jeunes gens qui ont\nfait toutes leurs études dans les classes, comme cela a eu lieu, cette an-\nj •\nnee, pour MM. Espinosa et Rouveirolis. Pour ma part, il m'est difficile\nde considérer M. Chabeaux comme élève du Conservatoire, où il n'a fait\nque passer pour obtenir un diplôme. Ces réserves faites, je constate que\nce jeune homme est déjà un artiste presque hors ligne, et que sa supério-\nrité sur tous ses rivaux est incontestable.\nLes classes féminines se sont montrées extrêmement et\nabondent en excellents sujets. Aussi le jury a-t-il cru devoir décerner\ntrois premiers prix, trois seconds et six accessits. Des trois premiers prix,\nmesdemoiselles Poitevin, Manotte et de Pressensé, je donnerais peut-\nêtre la préférence à la dernière. Le jeu de mademoiselle de Pressensé est en\neffet élégant et corsé, relevé par de jolies nuances, le son est limpide et\nexpansif; qu'on joigne à cela une grâce aimable qui n'exclut pas la soli-\ndité, un goût sûr et sans faiblesse, un doigté brillant et délicat, et l'on se\nfera une idée du talent de cette jeune personne. Mademoiselle Manotte a\ndu goût, de l'élégance, delà délicatesse, un excellent mécanisme, un jeu\nferme et sûr de lui. Le doigté de mademoiselle Poitevin est fin et d'une\nrare égalité, le son, joli dans la douceur, est un peu dur dans la force,\nles détails sont faits avec goût, et l'exécution est très nette; mais l'en-\nsemble est un peu froid et le style fait défaut. Les trois seconds\nprix, mesdemoiselles Debillemont, Dandeville et Taravant, ne le cèdent\nguère aux premiers. Chez la première ,le doigté est excellent, le méca-\nnisme déjà expérimenté, le jeu plein et bien empâté, le son nerveux et\nsolide, les détails sont remarquables ; là manquent peut-être encore la\nfinesse et la grâce, mais l'ensemble mérite de grands éloges. Mademoi-\nselle Dandeville chante avec expression ; elle a un doigté très fondu, un\nson bien nourri, un mécanisme délicat, un jeu sympathique, élégant et\nsolide à la fois, avec cela de la grâce, du goût et des nuances charmantes.\nA un degré peut-être un peu moindre , les mêmes qualités se reprodui-\nsent chez mademoiselle Taravant, à qui Ton peut reprocher de presser\nun peu trop les mouvements, mais dont l'exécution d'ensemble est très\nsatisfaisante. Parmi les accessits, j'ai surtout distingué mademoiselle"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "Pottier, dont la grâce aimable et délicate, le doigté élégant, le son trans-\nparent et pur, le goût très fin et le mécanisme solide laissent peu à dési-\nrer, _ Enfin , parmi les jeunes filles qui n'ont point obtenu de récom-\npense, je citerai mademoiselle Cellier, dont le sentiment distingué et la\ngrâce gentille manquent malheureusement un peu de personnalité ;\nmademoiselle Miclos, qui se fait remarquer par son goût expressif, la\nprécision et la netteté de son jeu ; mademoiselle Borel, dont le joli son,\npur et expansif, le jeu assuré et élégant, les nuances mignonnes sont\nparfois gâtés par un peu trop de précipitation. En résumé, ce concours,\nexceptionnellement brillant, a été excellent à tous les points de vue;\nmais il convient surtout de tirer de pair la classe de M. Le Couppey,\nqui s'est montrée tout à fait supérieure et qui a conquis deux premiers\nprix, les trois seconds prix et trois accessits.\nLe concours de violon, lui aussi, a été des plus remarquables, bien\nque, par une exception singulière, le jury se soit montré avare de ré-\ncompenses. L'unique premier prix a été remporté par M. Lefort, élève\nde M. Massart, qui avait obtenu Tan dernier le premier accessit. M. Le-\nfort a le jeu noble et plein de vaillance, un son puissant et pur, une\njustesse d'intonation parfaite, un archet souple et vigoureux , du senti-\nment et du style : c'est un véritable artiste. Mais j'en dirai autant de\nM. Alterman, qui me semblait mériter la même récompense, et qui se\nfait remarquer par un son limpide, nerveux et transparent, un poignet\nadmirable, un archet superbe et bien posé, une justesse absolue, un mé-\ncanisme parfait, un style très châtié,, un jeu bien égal et bien net. M. Brin-\ndis, qui, ainsi que M. Alterman, avait obtenu précédemment un second\nprix, s'est beaucoup corrigé de l'exubérance qu'il déployait naguère; il a\nmontré de la vigueur et de la grâce, une grande sûreté de mécanisme, de\nla justesse et un joli son. Le second prix , unique aussi, a été décerné\nà mademoiselle Pommereul,, une fillette dont les qualités sont incontes-\ntables, mais dont le style est encore un peu petit, un peu mignon, un\npeu étroit ; le jeu de cette jeune fille est élégant, gracieux ; le son est cares-\nsant ; la justesse très satisfaisante. Mais j'avoue que j'ai trouvé ces\nqualités reproduites à un degré bien plus remarquable chez un élève de\nM. Sauzay, M. Gibier, que le jury n'a pourtant jugé digne que du second\naccessit ; -M. Gibier a un son superbe et plein d'éclat, un bon style, un\narchet ferme et vigoureux ; il chante avec expression, et joint à la force\net à la vigueur la grâce et la délicatesse. C'est un vrai tempérament\nd'artiste, plein de flamme et d'élan. Les deux premiers accessits,\nMM. Heymann et Haguenauer, ne se distinguent par aucune qualité\npersonnelle et particulière, quo'qu'ils ne soient pas sans mérite. J'ai"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.7", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "remarqué, parmi les élèves non couronnés, M. Naegelin, dont le jeu\nencore inexpérimenté indique néanmoins une nature d'artiste avec\nlaquelle il faudra compter un jour.\nAvec moins de supériorité que celui de violon, le concours de violon-\ncelle a pourtant été très satisfaisant. Le premier prix, M. Gillet, ne man-\nque ni de style, ni de mécanisme ; on peut cependant lui reprocher deux\nou trois faiblesses dans l'exécution de son morceau. M. Bruneau, qui\ns'est vu décerner l'un des deux seconds prix, est déjà un artiste au jeu\nvaillant et sûr, au tempérament vif et bien doué. Le jury m'a semblé\nbien exigeant en n'accordant qu'un second accessit à M. Hussonmorel,\nun jeune homme rempli de bonnes qualités, et qui me paraissait mériter\nmieux.\nDans les classes d'instruments à vent, plusieurs personnalités remar-\nquables se sont révélées : M. Molé, premier prix de flûte, dont l'exécution\nest élégante, le son très pur et le style digne d'éloges; M. Schmidt, pre-\nmier prix de hautbois, duquel on peut presque dire qu'il n'a plus rien à\napprendre, tellement son jeu est fini, soigné, distingué, parfait à tous les.\npoints de vue ; M. Campion, premier prix de cor, qui, malgré quelques\ndéfaillances, a fait preuve de bonnes qualités, particulièrement d'un son\ncharmant; enfin, MM. Souchon et Allard, premier et second prix de\ntrombone, qui promettent deux artistes distingués.\nNous arrivons enfin aux trois séances de chant, d'opéra et d'opéra\ncomique. Le concours de chant proprement dit a donné lieu, en ce qui\nconcerne les femmes, à quelques incidents. Tout d'abord la première qui\ndevait se présenter devant le jury, mademoiselle Schad, ne s'étant pas\ntrouvée à l'heure fixée pour la séance, a été déclarée hors concours par\nM. Ambroise Thomas. Quelques instants après, une autre concurrente,\nmademoiselle Belgirard, arrivant juste au moment où venait son tour,\net ne trouvant rien de mieux que de prier une de ses camarades de la\ndevancer afin d'avoir le temps de se reposer un peu, s'est attiré une\nalgarade assez vive de la part du Directeur. Enfin, à l'issue même du\nconcours et lors de la proclamation des récompenses, l'auditoire a jugé à\npropos de protester à sa façon contre le premier accessit décerné à made-\nmoiselle Larochelle, qui lui semblait mériter beaucoup mieux; cette\nprotestation s'est produite sous forme d'applaudissements chaleureux et\nprolongés qui accueillirent cette jeune fille à son entrée en scène. Com-\nprenant le sens de ces bravos, qu'il était impuissant à faire cesser, le\nDirecteur, a trouvé bon, de son côté, de lever brusquement la séance\nsans proclamer officiellement les dernières récompenses. Je ne prétends\nen aucune façon m'ériger en juge de ce petit conflit, que je me borne a"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "constater. On verra plus loin ce que je pense de l'élève qui l'a occa-\nsionné.\nLes deux héros des concours de cette année sont MM. Vergnet\net Manoury, qui, tous deux, se sont vu décerner un premier prix de\nchant, un premier prix d'opéra et un second prix d'opéra comique (ce\ndernier concours n'a donné lieu à aucun premier prix). Le ténor de\nM. Vergnet est charmant, plein de grâce et de fraîcheur, d'une justesse\nparfaite et d'une grande égalité, avec cela bien timbré et très suffisam-\nment vigoureux ; 1 artiste conduit bien sa voix et n'est nullement mala-\ndroit au point de vue de la scène. M. Vergnet est déjà engagé à l'Opéra.\nM. Manoury est doué d'un beau baryton, franc et robuste, à qui la dou-\nceur et la tendresse ne font point défaut, et dont la justesse aussi\nest irréprochable ; ce jeune chanteur vocalise avec goût et agilité, et\njoint à ces qualités déjà nombreuses un physique agréable et une\ndémarche élégante et aisée. Un second prix de chant et un second prix\nd opéia ont été décernés à M. Couturier, dont la voix de basse chantante,\nchaude et sympathique, déjà bien posée, ferait merveille s'il ne voulait\nparfois la pousser trop, de façon à la faire chevroter; il fera bien de\nse mettre en garde contre ce défaut très grave, qui pourrait briser en peu\nde temps un organe si facilement destructible.\nM. Dieu, qui a obtenu un second prix d'opéra et un premier accessit\nde chant, possède une basse profonde, sonore, très belle et assez juste ;\nmais il a bien à faire encore pour apprendre à s'en servir. Parmi les\nautres élèves, j'ai remarqué M. Taskin (premier accessit d'opéra\ncomique), qui a fait preuve d'intelligence dans une scène du Val d'An-\ndorre, et M. Pellin (deuxième accessit dopéra comique), dont la voix est\nmalheuieusement bien petite, mais qui me semblait mériter mieux par\nla façon dont il a joué un fragment du premier acte du Songe d'une\nnuit d'été.\nUn unique premier prix de chant a été décerné à mademoiselle Duvi-\nvier, qui a déployé les belles qualités d'un mezzo-soprano très franc, très\nbien timbré dans son étendue de deux octaves ; mademoiselle Duvivier\naccentue et articule bien, chante avec fermeté, ne vocalise point mal et\ndonne de séiieuses espérances. Pourquoi cette jeune personne n'a-t-elle\npoint pris part au concours d'opéra ? Mademoiselle Bilbaut-Vauchelet,\nqu'on a récompensée par un second prix de chant et un premier accessit\ndopéra comique, est une jeune fille charmante, à la physionomie fine et\neveillee, au minois intelligent, à la voix chaude, sympathique et suffi-\nsamment étoffée ; à ces qualités naturelles, elle joint un bon sentiment\nmusical, une grande justesse d'intonation, beaucoup de distinction dans"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.9", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "le phrasé, un trille très net, une vocalisation légère quoique un peu iné-\ngale, enfin une grâce charmante, l'instinct de la scène et une certaine\nadresse dans le débit du dialogue. Voilà pour l'avenir une aimable\nDugazon,à qui je reprocherai seulement les changements qu'elle apporte\nau texte musical d'Hérold, qui n'a nullement besoin d'être corrigé.\nOn sent en mademoiselle Champion, à qui a été décerné un second\nprix d'opéra comique, une jeune femme intelligente et bien douée ; elle\nn'a cependant fait preuve d'aucune qualité personnelle et originale ;\nla voix est ample et corsée, mais l'exécution est un peu étriquée, et\nil semble que jusqu'ici le sentiment soit plus développé que le talent.\nQuant à mademoiselle Larochelle, dont la voix est assez juste et déjà\nbien posée, elle articule bien, phrase avec goût, chante avec assurance\net fermeté, et se fait surtout remarquer par une excellente vocalisation,\ntrès détaillée, très distincte, très fine et très nette ; cette jeune personne\nn'a sans doute pas atteint encore le terme de ses études, mais on est en\ndroit d'espérer pour elle un prochain et brillant avenir.\nJ'ai encore à signaler : mademoiselle Montibert (premier accessit de\nchant), dont le mezzo-soprano est admirable, mais qui a fort à travailler\nencore; mademoiselle Vergin (deuxième accessit de chant et premier\naccessit d'opéra comique), qui ne manque pas de quelques qualités et\nqui paraît avoir l'intelligence de la scène ; mademoiselle Belgirard\n(deuxième prix de chant), dont la voix étendue et flexible, bien timbrée,\nest conduite avec goût; mademoiselle Bâtard, qui me semble avoir été\noubliée à tort par le jury, et dont la voix pleine, corsée, pleine d'am-\npleur, est vraiment superbe.\nTel est le résumé de nos impressions sur les concours de 1874.\nEn somme, nous l'avons dit, ces concours nous ont paru, au point de vue\ngénéral, extrêmement satisfaisants, et nous souhaiterions que le Conser-\nvatoire pût, chaque année, mettre en évidence un aussi grand nombre\nde jeunes artistes déjà formés ou bien près de l'être. En tous cas, il nous\nparaît bien certain que ce n'est pas le hasard qui a pu amener les résul-\ntats très brillants que chacun a pu constater cette année,, et nous pensons\nqu'il n'est que juste de féliciter sincèrement de tels résultats M. le direc-\nteur du Conservatoire, d'abord, ensuite tous ses coopérateurs. Sous la\nréserve des observations qui ont été présentées en tête de cet article, nous\npouvons, en toute conscience et en toute sincérité, adresser à tous les\néloges les plus mérités.\n\nARTHUR POUGIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "154", "page_fin": "161", "image_debut": 10, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.2", "titre_corps": "PALMARÈS", "titre_sommaire": "PALMARÈS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "PALMARÈS\nDU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE POUR L'ANNÉE 1874\n\nFUGUE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); Barbereau, Benoist,\nBi\\et, Jules Cohen, Théodore Dubois, Fissot, César Franck et Eugène\nGautier.\n( 14 concurrents. )\nler prix :M. E. Génin (élève de M. Reber) ;\n2e prix : M. Dutacq (élève du même).\nier accessit :M. Verschneider (élève de M. V. Massé); 2e accessit : Mlle Renaud\n(Marie), (élève de M. F. Bazin).\nHARMONIE *\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; François Léo\nDelibes, Duprato, Emile Durand, Henry Duvernoy, Elwart, Le\nCouppey et (Drtolan.\n(11 concurrents.)\nier prix :M. Alary (élève de M. A. Savard);\n2e prix : M. Karren (élève de M. Th. Dubois).\nlel1e1 accessit :M. Garier (élève de M. A. Savard); 2e accessit : MM. Caillebotte et\nTaskin (élèves de M. Th, Dubois).\nHARMONIE ET ACCOMPAGNEMENT.\nJURY: MM. Ambroise Thomas (président); Benoist, Babille, Charles\nColin, Deldeve\\, Théodore Dubois,\nClasse des hommes ( 7 concurrents) :\nPas de premier prix.\n2e prix : MM. Broutin et Lapuchin (élèves de M. Émile Durand).\nlE'IE' accessit : M. Blanc (élève de M. Duprato); 2e accessit :M. Cressonnois."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.11", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2052, "texte": "Classe des femmes (8 concurrentes).\nPas de premier prix.\n2e prix : Mlle Guinard (élève de M. Édouard Batiste).\nler accessit : Mlle Papot (élève de Mme Dufresne) ;2e accessit : M\"e Cotta (élève de\nM. Batiste).\nSOLFEGE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); François Ba\\in, Ernest\nBoulanger, Charles Colin, Danhauser, Moulin, Georges Pfeiffery\nPrumier et Hector Salomon.\nClasse des hommes (35 concurrents) :\nires médailles : MM. Duchéron (élève de M. Napoléon Alkan); Pierné\n(élève de M. Lavignac) ; Stupuy (élève du même) ; Franck (élève de M.\nAlkan); Guyon (élève du même); Heymann (élève de M. Decombes).\n2mes médailles : MM. Destefani (élève de M. Lavignac); Marty (élève\nde M. Gillette); Caron (élève de M. Alkan); Piffaretti (élève du même).\n3mes médailles : MM. Prioré (élève de M. Lavignac}; Debussy (élève du\nmême) ; Thomas (élève du même); Sablon (élève de M. Alkan) ; O'Kelly\n(élève de M. Lavignac).\nClasse des femmes (44 concurrentes) :\nires médailles : M,le Burton (élève de Mlle Roulle) ; Mlle Ackermann\n( élève de MUe Donne) ; Mlle Vacher-Gras (élève de la même) ; M,le Mi-\ngette (élève de M. Le Bel) ; Mlle Desmazes (élève de MUe Mercié-\nPorte) ; Mlle Hunger (élève de Mlle Doumic) ; Mlle Collin (élève de\nM. Le Bel) ; Mlle Dallemagne (élève de Mme Tarpet).\n2mes médailles : Mlle Maillochon (élève de Mlle Donne) ; M1!t\" Baluze\n(élève de Mme Doumic) ; Mlle Vivien (élève de Ml,e Mercié-Porte) ;\nMlle Blum (élève de Mlle Doumic) ; Mlle Chrétien (élève de M. Le Bel) ;\nMlle Potel (élève de Mlle Roulle) ; Mlle Barreau (élève de M. Le Bel);\nMlle Rousseau-Longwelt (élève de Mlle Roulle).\n3mes médailles : Mlle Archainbaud (élève de MHe Doumic) ; MUe Gon-\nzalès (élève de M,le Doulle) ; Mlle Thuillier (élève de M. Le Bel) ;\nMUe Kin (élève du même) ; Mlle Bellot (élève de M\",e Deurainne) ;\nMllO Dupuy (Marie) (élève de Mil 3 Doulle).\nSOLFEGE DES CHANTEURS\nJURY : MMO Ambroise Thomas (président) ; François Ba{in, Napo-\nléon Alkan, Oscar Comettant, Croharé, Gastinely Augustin Savard,\nVervoitte et Wekerlin."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "Classe des hommes (i 5 concurrents) :\nProfesseur-agrégé : M. DANHAUSER.\nire médaille, :M. Pellin, à l'unanimité;\n2mes médailles : MM. Roques et Couturier ;\n3mes médailles : MM. Dieu, Salzedo, Manoury.\nClasse des femmes (19 concurrentes :\nier médaille, à l'unanimité : Mlle Vergin (élève de M. Mouzin) ;\n2mes médailles : Mlle Du vivier (élève de M. Mouzin); Mlle Gélabart\n(élève de M. Henry Duvernoy) ;\n3mes médailles : Mlle Montibert (élève de M. Mouzin); Mlle Schad (élève\ndu même).\nCHANT\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Victor Massé et Fran-\ncois membres de l'lnstitut, Bonnehée, DeldeveEugène Gau-\ntier, Théophile Semet, Wartelet Wekerlin.\nClasse des hommes (14 concurrents) :\niers prix :M. Vergnet (élève de M. Saint-Yves-Bax) ; M. Manoury\n(élève de M. Grosset);\n2me prix :M. Couturier (élève de M. Roger) ;\niers accessits :M. Dieu (élève de M. Masset) ;M. Dufriche (élève du même).\n2mes accessits :M, Caisso (élève de M. Romain Bussine); M. Pellin (élève du même).\nClasse des femmes (17 concurrentes) :\nlerIer prix : Mlle Duvivier (élève de Mme Pauline Viardot) ;\n2mes prix : Ml,c Belgirard (élève de Mme Viardot) ; MllB Bilbaut-Vau-\nchelet (élève de M. Bax) ; Mlle Marcus de Beaucourt (élève de M. Bou-\nlanger).\niers accessits : Mllc Larochelle (élève de M. Grosset); Mlle Montibert (élève de\nMme Viardot); 2mes accessits : Mlle Vergin (élève de M. Laget) ; Mlle Girard (élève de\nM. Bax); MllO Baron (élève de M. Romain Bussine).\nOPÉRA\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); A. de Beauplan, chef du\nbureau des théâtres; Victor Massé, François Ba\\in, Halan^ier7\nBonnehée, Eugène Gautier et de Saint-Georges.\nProfesseur : ISMAEL\niers prix : MMc Vergnet, Manoury.\n2es prix : MM. Couturier, Dieu.\nPas de premier accessit.\n2e accessit : M. Gally."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.13", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1493, "texte": "OPERA-COMIQUE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; A. de Beauplan, Victor\nMassé, François Ba^in, de Saint-Georges , de Leuven, du Locle,\nEugène Gautier et Théophile Semet.\nHOMMES\nPas de premier prix.\n2esprix : M. Manoury (élève de M. Mocker); M. Vergnet (élève de\nM. Ponchard).\nie accessit : M. Taskin (élève de M. Ponchard).\n2CS accessits :M. Gaisso (élève de M. Ponchard); M. Pellin (élève de M. Mocker).\nFEMMES\nPas de premier prix.\n2e prix : MllO Champion (élève de M. Mocker).\nierS accessits : M 1 Bilbaut-Vauchelet (élève de M. Ponchard) ; Mlle Vergin (élève de\nM. Mocker).\nORGUE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président);\nAuguste Babille, Benoist, Georges\nmant et Widor.\nProfesseur : M. C. FRANCK.\n(4 concurrents.)\nPas de premier prix.\n2e prix : M. Humblot.\nPas de premier accessit; 2e accessit : MM. d'lndy et Verschneider.\nPIANO\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); Georges Bi\\et, Jules\nCohen, Léo Delibes, Delioux, Henri Fissot, Paladilhe, Ritter et Saint-\nSaëns.\nClasses des hommes (i 3 concurrents) .\nlel'1e1' prix :M. Chabeaux (élève de M. G. Mathias);\n2e prix MM. Torrent (élève de M. Mathias); Desgranges (élève de\nM. Marmontel).\n,« accessit :M. Falkenberg (élève de M. Mathias) ; accessit :M. Lemoine (élève\nde M. Marmontel); M. Dusautoy (élève de M. Mathias); M. Debussy (éleve de\nM. Marmontel).\nClasses des femmes (27 concurrentes) :\nier prix : MUes Poitevin (élève de M. Del aborde) ; Manotte et de Près-\nsensé (élève de M. Le Couppey)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "2E prix : Mlles Debillemont, Dandeville et Taravant (élèves de M. Le\nCouppey).\nlerIer accessit : Mlle Leonardo (élève de Mmc Massart et d'abord de M. Henri Herz) ;\nPottier rélève de M. Le Couppey); 2e accessit : Mlle Decagny (élève de M. Le\nCouppey); Mllc Schmidt (élève de Mmc Massart et d'abord de M. Henri Herz) ;\nMllc Chauveau (élève de M. Le Couppey) ; Mlle Mouzin (élève de M. Delaborde).\nÉTUDE DU CLAVIER\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); Napoléon Alkan, Jules\nCohen) Henri Fissot, Marmontel, Mathias, Henri Potier, Georges\nPfeiffer et Valenti.\n(3i concurrents.)\nires médailles : Mlles Orsolini (élève de Mme Emile Rety) ; Vacher-Gras\n(élève de Mme Chéné) ; Migette (élève de Mme Émile Rety) ; Bandel et\nDemeyer (élèves de Mme Philipon) ; Rousseau (élève de Mme Rety);\nAckermann (élève de Mnie Philipon).\n2MES médailles : Mllcs Barreau et Germain (élèves de Mme Rety) ; Hunger\n(élève de Mme Chéné) ; Maillochon (élève de Mme Rety) ; Plé (élève de\nMme Philipon); Givry et Reidemeister (élèves de Mme Rety) ; Schnecken-\nburger (élève de Mme Philipon).\n3mes médailles : Mlles Baluze, Rivière et Mège (élèves de Mmc Chéné);\nMoresco (élève de Mme Philipon); M. Sujol (élève de M. Croharé).\nHARPE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); François Léo\nDelibes, Duprato, Émile Durand, Henry Duvernoy, Elivart, Le\nCouppey et Ortolan,\n(2 concurrents.)\nPas de prix.\nicr accessit :M. Boussagol.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président), Ernest Altès, Armin-\ngaud, Croisilles, Deloffre, Jacquard, Lamoureux, Maurin et\nSarasate.\nVIOLON (18 concurrents.)\nier prix :M. Lefort (élève de M. Massart).\n2E prix : Mlle Pommereul (élève de M. Allard).\nlerIer accessit :M. Heymann (élève de M. Allard); M. Hagucnauer (élève de M.Dancla) ;\n2e accessit :M. Janssen (élève de M. Sauzay) ; M. Gibier (élève du même)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.15", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1228, "texte": "VIOLONCELLE (IO concurrents.)\nler prix : M. GilJet (élève de M. Franch o m m e ) ;\n2e prix :M. Bruneau (élève de M. Franchomme) ; Mlle Hillemacher\n(élève du même).\nlerIer accessit : MlleS Maleyx, Gatineau (élèves de M. Franchomme); 2 e accessit :\nM. Hussonmorel (élève de M. Chevillard).\nCONTRE-BASSE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; François Che-\nvillard,, DeldeveDeloffre, Franchomme, Lamoureux, Rabaud et\nVerrimst.\nProfesseur : M. LABRO.\n(6 concurrents.)\nlERIER prix :M. Florus (Louis) ;\n2e prix : M. Beaugrand.\nier accessit :M. Florus (Gérard); 2« accessit :M. Morel et M. Godallier.\nINSTRUMENTS A VENT\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Dauverné, Deloffre, Jan-\ncourt, Pasdeloup, Paulus, Rose, Rousselot et TaffaneU\nFLUTE\nProfesseur : M. Henry ALTÈS.\n(5 concurrents.)\nler prix :M. Molé;\n2e prix : M. Bertram.\nPas de premier accessit ; 2e accessit : M. Michel.\nCLARINETTE\nProfesseur : M. LEROY\n(6 concurrents.)\nPas de premier prix.\n2e prix : MM. Prouven, Bourdin.\nPas de premier accessit; 2e accessit : M. Perpignan.\nHAUTBOIS\nProfesseur : M. Charles COLIN\n(7 concurrents.)\niet>prix: M. Schmidt.\n2e prix : M. Klein.\nier accessit :M. Silenne; 2e accessit ; MM. Balbrech, Specht,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 731, "texte": "BASSON\nProfesseur : M, COKKEN.\n(4 concurrents.)\nior prix :M. Schubert.\nPas de deuxième prix.\nier accessit :M. Jacot.\nCOR\nProfesseur : M. MOHR (3 concurrents) :\nier prix : M. Campion.\n2E prix :M. Bonvoust.\nPas de premier accessit; 2e accessit : M. Penable.\nCORNET A PISTONS\nProfesseur : M. MAURY (5 concurrents) :\ni*1 prix : M. Lachanaud.\n2E prix : M. Leroux,\niev accessit :M. Jaussaud; 2e accessit : M.Franquin.\nTROMPETTE\nProfesseur : M. CERCLIER (7 concurrents) ;\nPas de premier prix.\n2E prix : M. Bâton.\niev accessit :M. Dubois; 2e accessit :M. Auriaux.\nTROMBONE\nProfesseur : M. DELISSE (5 concurrents) :\nlerIer prix :M. Souchon.\n2E prix : M. Louis Allard.\niev accessit :M. Pothier; 2e accessit :M. Legros."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c008", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "161", "page_fin": "161", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.2.3", "titre_corps": "La Musique, d'aprés une miniature tirée des amoureux, XVIe Siécle.", "titre_sommaire": "La Musique, d'aprés une miniature tirée des amoureux, XVIe Siécle.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 66, "texte": "La Musique,\nd'aprés une miniature tirée des amoureux, XVIe Siécle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c009", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "162", "page_fin": "165", "image_debut": 18, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.3", "titre_corps": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE", "signature_source": "H. LAVOIX fils", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "LA MUSIQUE\nDANS\nL'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nI')\nANS l'ordre philosophique et moral, la musique et ses\nserviteurs sont généralement considérés comme l'em-\nblème de la volupté et du libertinage. Toutes les scènes\nqui représentent des festins joyeux, des orgies, contien-\nnent des musiciens. Lorsque l'enfant prodigue oublie\nson père abandonné, c'est le son de la harpe ou du rebec qui fait taiie ses\nremords. Bonne chère, volupté, gourmandise sont toujours accompagnées\nde jongleurs et ménestrels. Dans un des vitraux de la tant îegiettée\nbibliothèque de Strasbourg, daté de 1589 et reproduit dans le Moyen\nAge et la Renaissance (Universités), le vitrail représente la citadelle de\nMinerve, dont les candidats aux différents grades assiègent les murs.\nMais avant d'arriver à la bienheureuse enceinte, où ils vont recevoir les\nlauriers universitaires, qu'ils se gardent bien de faire étape dans les tentes\nqui se trouvent sur leur chemin ; dans celle-ci habite la Paresse, plus\nloin la Timidité, adroite l'lgnorance, à gauche la Volupté. A la porte de\nla tente de Volupté, se tient un ménestrel, qui semble appeler le jeune\ncandidat et le détourner du droit chemin au son d'un luth trompeur.\nLes Bestiaires du moyen âge sont remplis d'allégories semblables.\nDans la cathédrale de Strasbourg, une frise extérieure du quatorzième\nsiècle représente les dangers du vice, et le démon tentateur se montre sous\n\n(1) Voir les numéros des ler juillet et 1\" août»"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "la forme de sirènes jouant de plusieurs instruments. Ici un jeune centaure\nsemble apprendre la musique en face d'une sirène qui chante en s'accom-\npagnant sur le luth . Plus loin, ce sont les mêmes personnages. Le cen-\ntaure, initié par l'enchanteresse, joint aux accords du luth le son de sa\nflûte; il est vaincu, il a cédé aux désirs charnels et à la tentation, mais\nil ne tarde pas à recevoir le châtiment de sa faute ; dans un des groupes\nsuivants, nous le voyons, une corde au cou, danser sous la forme d'un\nanimal immonde. La sirène est son maître, elle le mène à sa guise, non\nplus dans des plaisirs toujours renaissants, mais dans un cruel esclavage.\nLe cruel regard de la sirène, qui tient la corde et frappe sur un tambou-\nrin pour accélérer, sans trêve ni pitié, la danse du malheureux, rend\ntrès bien l'intention de l'artiste (1).\nC'est encore un sens mystique et allégorique qu'il taut attribuer aux\ntapisseries qui ornent l'église Saint-Maurice, cathédrale d'Angers. Ces\ntapisseries du quinzième siècle furent lacérées à l'époque de la Révolu-\ntion. Mais, lorsqu'après ces troubles sanglants, la paix fut rétablie, les\névêques d'Angers s'occupèrent de reconstituer ces tapisseries et c'est à\nces prélats que nous devons la conservation de ce précieux monument.\nCes tapisseries représentent les diverses scènes de l'Apocalypse, et chaque\ntableau renferme, comme on peut le comprendre, un sens allégorique.\nParmi ces nombreux personnages, nous trouvons beaucoup d'anges\nmusiciens qui présentent de l'intérêt, et par leur sens mystique, et sur-\ntout à notre point de vue, par les instruments dont ils jouent. Nous y\ntrouvons une gigue à trois cordes, un grand tambourin, deux timbales\ncurieuses, un orgue portatif à double clavier et une sorte de trompette\nmarine à deux cordes d'un modèle rare (2).\nCette personnification théorique de la musique et des sons se rencontre\nà chaque pas dans les manuscrits et dans les monuments du moyen âge,\net même quelquefois vient s'y mêler le souvenir bien altéré mais pédant\ndes œuvres de l'antiquité. A côté des symboles religieux se formèrent\ndes allégories profanes dans lesquelles se trouve un singulier assemblage\ndu mysticisme sacré et des fables profanes. Un des plus remarquables\nexemples de ce genre est un magnifique dessin du manuscrit du treizième\nsiècle, tiré d'un Liber Pontijicalis,qui appartient à la bibliothèque de\nReims. Ce dessin, déjà décrit en détail dans un autre travail, représente\n\n(1) Voir les dessins de CAHIER : Nouveaux mélanges d'archéologie. 1874. In-\nfolio. Paris-Didot. Page isg.\n(2) Voir pour la description de ces tapisseries : L. DE JOANNIS :\nl'Apocalypse de la Cathédrale d'Angers, dites tapisseries du roi René. Angers et\nParis. Un vol. in-folio. 1864."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.20", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "la musique sous la figure de Pair, lelément producteur du sou. C'est un\npersonnage barbu, entouré par Pythagore, Orphée, Arion et les neuf\nmuses. De ses mains et de ses pieds, il gouverne à sa guise les quatre\nvents, le Zéphyr, FAuster, l'Aquilon et PEurus(i). Nous avons vu plus\nhaut comment la musique, sous les traits de la mélodie, inspirait David.\nPendant tout le moyen âge, nous trouvons la musique personnifiée par\nune femme jeune et belle, élégamment vêtue. Une des plus remarquables\nde ces représentations se trouve parmi les peintures des arts libéraux du\nquinzième siècle, découvertes il y a quelques années par le Comité des\nmonuments historiques, dans une annexe de la cathédrale du Puy-en-\nVelay, sous une épaisse couche de badigeon. La Musique est assise dah*»\nune sorte de chaise, elle est jeune, richement vêtue, et joue d'un orgue\nportatif à huit tuyaux ; sa tête porte un diadème et, derrière son oreille\ngauche, se dresse coquettement un petit bouquet de fleurs; auprès d'elle,\nTubal écoute les dernières résonnances des deux marteaux avec lesquels\nil vient de frapper une enclume (2).\nLe manuscrit des Échecs amoureux, du commencement du seizième\nsiècle, exécuté pour le jeune comte d'Angoulême, plus tard François ler,Ier,\nsur lequel nous aurons à revenir encore, nous offre une superbe figure\nde la Musique que nous reproduisons ici. C'est une femme jeune et\ncouverte de riches habits; elle est assise sur deux cygnes et frappe sur\nun psaltérion à baguettes. A ses pieds, on voit une lyre, un orgue à\ndix-neuf tuyaux visibles et vingt-deux touches, et une flûte à cinq\ntrous ; derrière elle, sur une estrade, deux chanteurs, trois musiciens\njouent de la flûte, du hautbois, de la cornemuse; trois enfants de\nchœur et leurs maîtres exécutent un concert. Cette miniature, remar-\nquable par l'exécution et aussi par la fidélité des instruments qui y\nsont peints, est placée en tête d'un traité de musique.\nDans un livre à l'usage des écoliers, intitulé : Margarita Pliiloso«\nphica, de Reichs (Strasbourg, isoB, 40), et qui eut une grande vogue\npendant tout le seizième siècle, on voit encore une remarquable repré-\nsentation delà Musique. Nous aurons à reparler de cette figure qui, au\npoint de vue historique, n'est point sans présenter quelque intérêt, et\nque nous reproduirons dans la suite de ce travail.\nNon contents de donner à la Musique des attributs et un costume\nallégorique, les artistes du moyen âge sont allés jusqu'à lui trouver un\n\n(1) LAVOIX fils. La Musique dans la nature, une brochure in-B°. Paris, 1873.\n(2) Voir le dessin de ces peintures : GAHIF.R : Nouveaux mélanges d'archéologie.\n1874.— Page 293*"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "164", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "blason et M. Merlin cite un manuscrit de la bibliothèque Mazarine qui\ncontient le blason et la figure des arts libéraux dans lequel on trouve ces\nlignes relatives à la Musique : « Une jeune dame en cheveux bien\nadorné... assise sur une signe (cygne).,, une orgue, un luth et plu-\nsieurs autres instruments auprès d'elle... Porte de Sind, à deux glaivez\n(flageolets) d'argent (i). »\nPendant tout le seizième siècle, et au commencement du dix-septième,\nces allégories musicales tinrent une grande place dans les peintures,, les\nsculptures , les poésies et les romans. Ce fut comme une épidémie de\nconcetti et de jeux d'esprit, qui régna sur la gent savante et roman-\ncière , toute bourrée de pédanterie , toute reluisante de grâces de\ncollèges. Un seul exemple suffira pour montrer jusqu'où pouvait aller ce\ngoût pour les calembours en allégories et en images, dont se régalaient\nles beaux esprits du commencement du dix-septième siècle , encore tout\nimbus des tendances littéraires de l'ltalie. C'est Charles Sorel qui parle\ndans son Histoire comique de Francion : voulant donner un tableau\nde nos vertus, de nos vices, et caractériser chacune de nos passions\nbonnes ou mauvaises par un trait incisif et ingénieux, l'auteur ne\ntrouva rien de mieux que de chercher ses comparaisons dans la musique\net de nous montrer ce qu'il appelle l'orchestre des passions. L'Humilité\nchante la basse, l'Ambition le dessus , la Colère fait la taille, la Ven-\ngeance la contre-taille, la Modestie tient le tacet, la Prudence bat la\nmesure et conduit le concert, la Prudence fait le plain-chant, l'Artifice\nfredonne, la Douleur fait des soupirs, la Dissimulation l:s feintes et\nles dièzes. Dans ce bel ensemble, les instruments ne restent pas muets;\nl'Avarice joue de la harpe en véritable Harpagon, « la Prodigalité du\ncornet, non point du cornet à bouquin, mais bien de celui à jeter les\ndés, l'Amour joue de la vielle, parce qu'il fait violer les filles, la Trahi-\nson joue de la trompe parce qu'elle trompe, la Justice du hautbois, par-\nce qu'elle fait élever des potences. » Cette liste présente à la vérité un\nautre intérêt que celui de quelques calembours d'un goût douteux,\nmais nous y voyons aussi jusqu'à un certain point la composition d'un\norchestre en 1633.\nIl faut rapporter aussi à la même époque une autre manie, pour dire le\nmot, qui n'était guère moins ridicule que celle dont nous venons de\ndonner un exemple, et qui fut fort répandue surtout en Italie. Je veux\nparler des rébus dans lesquels nous trouvons un nombre infini d'in-\n\n(1) MERLIN : Origines des caries à jouer. In-B°. 1870"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.22", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "struments de musique, dont le dessin exprimait un mot ou une pensée.\nDes pièces de vers étaient écrites de cette façon, et il est des ouvrages\nentiers, complètement composés sous cette forme bizarre et figurée. Dans\nun ouvrage curieux intitulé : Opéra jocunda, Johannis Georgii Alioni\nastensis, métro maeharonico, maternoet gallico Ast, 15 21,\non voit des sonnets de ce genre. Verrier, Sélim, Ménétrier en ont aussi\npublié, et la Bibliothèque nationale possède dans son département des\nmanuscrits, deux volumes pleins de ces sortes de facéties. Je laisse à\npenser si les violes, les musettes et les trompes jouent un grand rôle\ndans cette langue hétéroclite, où le calembour et le coq-à-lane se ma-\nrient dans la plus grotesque union. De pareils travaux, si tant est qu'ils\nméritent ce nom, peignent l'état intellectuel d'un peuple ou d'une\népoque ; mais, croyez-moi, cher lecteur, une courte mention est tout ce\nqu'ils méritent dans un travail de ce genre, et les étudier en détail se-\nrait aussi fastidieux qu'inutile (1).\n(La suite prochainement.)\n\nH. LAVOIX fils\n\n(1) DELEPIERRE : Essai historique et bibliographique sur les rébus. Londres, 1870\nUne brochure in-8° avec planches."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c013", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "166", "page_fin": "173", "image_debut": 23, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.4", "titre_corps": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE CONTRE LA PHTHISIE", "titre_sommaire": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE CONTRE LA PHTHISIE", "signature_source": "Dr V. BURQ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "DE LA\nGYMNASTIQUE PULMONAIRE\nCONTRE LA PHTHISIE\n\n(I)\n. Lombard, après s'être livré de son côté à des recher-\nches comparatives dans la ville de Genève, dit au con-\ntraire :\n« L'exercice constant de la voix est une circonstance\nà laquelle l'on a souvent attribué la fréquence de la\nphthisie.\na Malgré tout ce que ce raisonnement paraît réunir de probabilités,\nil résulte néanmoins des recherches statistiques que cette influence n'est\npoint nuisible, autant qu'elle le paraît au premier abord; loin de là, elle\nsemble plutôt diminuer qu'augmenter le nombre des phthisiques. »\n« Voici quelle est, pour la ville de Genève,, la proportion des phthi-\nsiques dans les professions qui demandent un exercice constant des or-\nganes vocaux :\nNombre total Nombre\ndes décès. des phthisiques.\nInstituteurs 7 1\nMinistres du culte protestant 52 6\nMaîtres d'arithmétique 9 1\nOfficiers 89 4\nMusiciens 27 1\nAvocats 12 i\nProfesseurs * 37 1\nInstitutrices 21 4\n254 19 (2)\n\n(1) Voir le numéro du lerIer août.\n(2) De l'influence des professions sur la phthisie pulmonaire, par H.-G. Lombard,\nde Genève; Annales d'hygiène, année 1834, t. XI, p. 35."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.24", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "« En résumant ces tableaux, on trouve que la proportion moyenne de\nla phthisie sur la généralité des décès est de 114 pour 1,000. Pour les\nprofessions qui demandent un exercice constant des organes vocaux,\nelle n'est plus que de pour 1,000 ;et encore faut-il remarquer que,\ndans les éléments qui constituent cette moyenne de 75, les musiciens\nne donneraient que 1 décès par phthisie sur 27. »\nD'après M. Lombard, on peut donc conclure négativement quant à\nl'influence supposée pernicieuse du jeu des instruments à vent.\nM. Louis, tout en reconnaissant le mérite des deux auteurs qui pré-\ncèdent, croit devoir restreindre la portée de leurs conclusions : « De ce\nqu'ils n'ont pas tenu compte de toutes les circonstances de milieu et\nautres, le résultat de leurs travaux ne peut être, dit-il, considéré que\ncomme provisoire. »\nLe Dr Barallier, dans le tome XVI du Recueil des Mémoires de\nmédecine et de chirurgie militaire, page 66; De iinfluence des instru-\nments à vent et en cuivre, s'exprime ainsi :\n« D'après les notions physiologiques qui précèdent, il est aisé de\npressentir que, parmi les effets pathologiques qui peuvent résulter de\nl'exercice prolongé du clairon, du cornet et de la trompette, les uns ont\nlieu dans les organes de la respiration, et les autres dans ceux de la cir-\nculation.\n<L Ainsi les jeunes gens robustes et qui ont une large poitrine s'y habi-\ntuent facilement et n'en souffrent pas ; mais ceux qui sont d'une faible\nconstitution, dont la poitrine est étroite, qui ont le cou court, qui sont\ntrès sanguins, et qui sont gras et ramassés, éprouvent, après avoir donné\nlongtemps des instruments à vent, de l'oppression, des étouffements,\ncomme s'ils venaient de faire une course.\n« Ces effets ne viennent pas seulement de la (atigue qu'éprouvent les\nagents de la respiration pendant cet exercice, mais encore de la stase\ndu sang, qui a lieu dans le poumon durant les longues aspirations, et de\nl'embarras qui existe dans la circulation à sang noir.\n« Cette stase du sang dans la poitrine, ainsi que le passage fréquent et\nrapide de l'air à travers les bronches, peut devenir une prédisposition et\nmême une cause de catharre, de pneumonie et, par suite, de phthisie.»\nSelon M. Michel Lévy: « Les individus faibles, à respiration courte et\ngênée, prédisposés aux affections de poitrine, ne soutiendraient pas les\nprofessions où les poumons sont en jeu ; ils s'en éloigneraient après les\navoir essayées, et tel doit être l'avis du médecin a leur égard; car si les\nefforts de la voix sont supportés par les gens bien constitués, si le chant\net la déclamation favorisent chez eux le pariait développement des pou-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "mons, ceux qui présentent quelques signes de prédisposition tubercu-\nleuse ou d'irritation pulmonaire, ne pourraient gagner, à ces exercices,\nque des irritations fâcheuses, promptes à récidiver et à s'aggraver.» Nous\nne nous chargeons pas d'expliquer comment M. Michel Lévy peut\ns'exprimer ainsi après avoir écrit : « Dans l'exercice des organes de la\nvoix, les poumons, réservoirs de l'air, en reçoivent davantage par des\ninspirations plus fréquentes et plus profondes; ils sont directement\nexercés,; ils augmentent de volume, et le thorax se prononce en propor-\ntion. L'exercice modéré de la lecture à haute voix et du chant doivent\nfaire partie du système de gymnastique, qui tend à compléter chez les\njeunes gens le développement plus ou moins arrêté de la poitrine et du\npoumon. » (Michel Lévy, Traité d'hygiène, t. 11, p. 441.)\nEt combien qui, ne pouvant pas non plus méconnaître les avantages\nde la gymnastique en général, se sont, comme M. Michel-Lévy, refusés\nà étendre ces avantages à la gymnastique partielle des poumons ! C'est\nen quelque sorte comme si l'on disait que l'exercice fortifie tous les orga-\nnes débiles sauf un seul, le poumon.\nM. le docteur Bennati, qui fut longtemps médecin de nos premières\nscènes lyriques, s'exprimait ainsi en 1831, devant l'Académie des\nsciences :\n« Dès que l'atonie est diminuée par ce premier traitement, je cher-\nche a exercer la voix, de même que, dans la photophobie, après la cessa-\ntion des symptômes dominants, je conseille la lumière du jour. Ainsi,\nj'engage le malade, s'il est chanteur, à faire graduellement plusieurs\ngammes de suite, et je lui indique en même temps le moyen de régler\nson haleine.\ncc Si, au contraire, le malade n'est pas musicien, je le prie de déclamer\nà haute voix, ou bien d'émettre différents sons analogues , autant que\npossible, a ceux de la gamme chantante; c'est par suite d'un pareil exer-\ncice, pendant la convalescence, que je suis parvenu à faire chanter des\npersonnes qui, sous le rapport de la voix et de l'oreille, ne se croyaient\naucune disposition pour le chant.\n« Il est important pour un chanteur d'avoir le plus grand développe-\nment possible dans 1 ensemble des organes respiratoires.\n« Ne sait-on pas que si la plupart des sourds-muets succombent à la\nphthisie pulmonaire, c est que leurs poumons, s'affaiblissant, éprouvent\nun arrêt de développement, et tendent même à s'atrophier par le seul\nfait de leur inaction à parler? »\n( Rech. sur les maladies qui affectent les organes de la voix humaine.)"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "169", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.26", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "Aub. Roche. On signale parmi les causes occasionnelles de la phthisie\nles cris forcés, la déclamation, le chant mal dirigé et le jeu des instru-\nments à vent (Dict. de méd. et de chir. pratique. Phthisie).\nMM. Monneret et Fleury (Compendium). On a considéré, comme\nparticulièrement exposés à contracter la phthisie, les individus obligés\nde faire de grands efforts de voix ou de respiration, les acteurs, les chan-\nteurs, les avocats, les verriers , les coureurs, les joueurs d'instruments à\nvent, etc.\nGrisolle s'exprime ainsi dans la septième édition de son Traité de pa-\nthologie interne :\naOn a recherché si certaines professions ne prédisposaient pas à la\nphthisie. MM. Lombard et Benoiston de Châteauneuf ont fait de loua-\nbles efforts pour résoudre ce problème important; mais il est impossible\nde tirer de leurs travaux, qui offrent bien quelque intérêt, aucune conclu-\nsion rigoureuse... » Et plus loin le même auteur ajoute :\n(c L'excitation non inflammatoire du poumon ou la fatigue de cet organe\naurait-elle plus d'influence que sa phlegmasie (sur le développement de\nla phthisie)? C'est un point qui n'est point encore éclairci. Toutefois,\nje dois rappeler ici un fait curieux, signalé par M. Benoiston de Châ-\nteauneuf : c'est que la mortalité par tuberculisation pulmonaire a été\ntrouvée de i sur 14 chez les soldats , et de 1 sur 7 chez les musiciens...\nMais il a semblé au même auteur que l'exercice de la voix, sans abus\npourtant, paraissait plutôt diminuer qu'augmenter la proportion des\nphthisiques. Cette opinion, que des faits précis n'ont pas encore mis\nhors de doute, nous semble cependant bien probable. »\nEnfin, M. le docteur Mandl a présenté, le 12 mars 1855, à l'Académie\ndes sciences, un mémoire intitulé : La fatigue de la voix dans ses rap-\nports avec le mode de respiration.\nDans ce travail qui n'a de commun avec le nôtre que d'avoir même\norigine, c'est-à-dire d'avoir, lui aussi, pris naissance dans des conversa-\ntions particulières avec des professeurs émérites comme MM. Delsarte et\nMassé, qui ont fait de l'art de respirer une étude toute particulière,\nl'auteur ne dit rien absolument qui ait trait à la question médicale dont\nnous nous occupons. Il ne traite que du mode de fonctionnement du\nlarynx dans le chant, et des moyens de conserver les voix à l'aide d'une\nbonne respiration.\nOPINION DES AUTEURS ANGLAIS\nLe Dr Autenrieth, de Tubingen, selon M. Alexandre Crichton, a re-\ncommandé le premier d'améliorer le rétrécissement et l'état contracté de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "la poitrine par de profondes et fréquentes inspirations. Il conseillait à\nses patients de placer les mains sur un support solide , et de s'exercer\neux-mêmes à faire de profondes inspirations, mais il avait soin de les\nprévenir contre le danger de pousser cet exercice jusqu'à la fatigue.\nAprès Autenrieth, des médecins, en Angleterre, partant de ce fait uni-\nversellement accepté que l'emphysème pulmonaire (l'asthme) ne coïn-\ncide jamais avec laphthisie, dont il est comme l'antagoniste, ont cherché\nà placer, non-seulement les poitrines menacées, mais les poitrines déjà\nmalades, dans les conditions qui développent cette maladie.\nDe là l'usage des inhalations forcées, que Ramadge d'abord, puis\nSteinbrenner, Cricliton, Cardvvell, etc., obtenaient, à l'aide d'un appa-\nreil spécial, disposé de manière à obliger le malade à faire de grands\nefforts pour respirer, et que, plus tard, Talmedo a prétendu obtenir\nmieux encore en obligeant le patient (patient est ici le véritable mot) h\nrespirer dans une horrible atmosphère d'huile de Dippel (i).\nM, Steinbrenner assure qu'il a vu la méthode des inhalations forcées\nproduire des résultats fort remarquables. « Des personnes à respiration\ncourte et irrégulière, essoufflées à la moindre fatigue, ont été délivrées\nde ces incommodités. Des bruits respiratoires faibles, rares, rudes, ont\nrepris leurs caractères normaux, la dépression et la matité des régions\nsous-clavières disparaissent, les mouvements d'élévation et d'abaisse-\nment des côtes supérieures sont plus prononcés, la circonférence supé-\nrieure de la poitrine devient plus considérable, et augmente de 6, 8, 12\net même T 7 centimètres. )) Nous acceptons très volontiers les faits..., mais,\npar la méthode anglaise , le malade, s'il a le courage de persister dans le\ntraitement, se guérit en s'ennuyant, tandis que nous voudrions, nous,\nqu'il se guérît en s'amusant.\nM. Clark, « La lecture à haute voix et la déclamation, quand elles\nsont prudemment employées, peuvent être utiles pour fortifiera la fois\nles poumons et ks organes digestifs, ainsi que pour tonifier la voix. La\nclaire et distincte énonciation qui s'acquiert par une longue pratique\n\n(i) Voici, d'après ces médecins, comment s'opérerait la guérison :\nL'emphysème pulmonaire, par suite de la dilatation des cellules aériennes et du\nvolume plus considérable du tissu pulmonaire qui en est l'effet immédiat, produit une\npression constante, exercée du dehors en dedans sur les parois des cavernes, qui se\ntrouvent ainsi mises en contact et se réunissent par première intention. Après la ci-\ncatrisation de la caverne, la guérison esc souvent solide et définitive, parce que l'em-\nphysème, qui a produit la cicatrisation prévient les éruptions nouvelles de tuber-\ncules, et rend inoffensifs les tubercules déjà existants, puisque ceux-ci, chez les\nemphysémateux ou asthmatiques, sont bientôt séquestrés par une mati re noire\nqui les entoure de toutes parts."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.28", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "seulement, se trouve rarement associée avec la phthisie pulmonaire.\nC'est pourquoi j'ai l'habitude de recommander la pleine expansion de la\npoitrine aux jeunes personnes qui sont dans cet état (affaiblissement de\nla poitrine), de jeter les bras et les épaules en arrière et, dans cette posi-\ntion, d'inhaler lentement autant d'air qu'elles peuvent, et de répéter cet\nexercice à de courts intervalles et dans des séances successives. Quand\ncela peut être fait en plein air, cela est bien préférable, car on obtient\nun double avantage. »\nOn voit par ces seules citations de combien diffèrent les auteurs an-\nglais d'avec les auteurs français sur la question qui nous occupe. Et\nmaintenant, que nous devons avoir suffisamment édifié le lecteur sur le\npassé de cette question, entrons sans plus tarder dans les détails de l'en-\nquête qui a été dite, avec cette espérance que_, vu l'importance dn sujet\net la grande notoriété de la plupart des noms que nous invoquerons,\naucun ne sera lu sans intérêt.\nCHAPITRE II\nDéclamation. Opinions exprimées par les professeurs du Conservatoire :\nMM. Samson, Provost, Régnier, Beauvallet, et par M. Ricourt, professeur libre.\nM. Samson, dont la juste célébrité nous faisait espérer quelques ren-\nseignements utiles, n'a fait aucune observation qui puisse éclairer notre\nsujet. Cet honorable professeur se borne à constater que tous les artistes\nde sa connaissance au théâtre possèdent d'excellentes poitrines ; mais\nil ne saurait dire s'ils doivent cet avantage à leur art,ou simplement à\nune faveur particulière de la nature.\nM. Provost considère, en thèse générale, la gymnastique du poumon\ncomme salutaire, de même que l'exercice des autres organes ; mais rien\nne l'autorise à penser qu'une personne dont l'organe vocal serait taible\ndût aborder la carrière théâtrale.\nM. Régnier n'a pas fait d'observations qui lui permettent de formuler\nune opinion à l'égard de l'influence prophylactique de la déclamation sur\nlaphthisie; mais il ne se rappelle aucunement avoir vu ses camarades\nde théâtre devenir poitrinaires par suite de l'exercice de sa profession,\nqu'il considère comme l'une de celles qui sont le mieux favorables à une\nbonne hygiène.\nAvant d'entrer au théâtre, M. Régnier se destinait à l'architecture;\nl'un de ses camarades d'études, fils du docteur Lachèze, dépérissait a"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2653, "texte": "vue d'œil; tout indiquait chez lui la diathèse tuberculeuse ; son père lui\nfit apprendre à donner du cor, et bientôt le jeune homme revint à la\nsanté, se développa, et il est encore aujourd'hui plein de vie.\nM. Beauvallet n'a pas d'observations particulières pouvant servir à\nformuler une opinion catégorique sur la question. Cependant cet honora-\nble professeur croit pouvoir affirmer que le théâtre ne saurait convenir à\nceux dont la poitrine est faible et qui sont prédisposés à l'affection\ntuberculeuse. Il fonde cette assertion sur la fatigue que comporte la car-\nrière du tragédien, non-seulement quant à l'organe vocal, mais aussi,\net surtout, par rapport au système nerveux que les émotions de la scène\nébranlent profondément. Dans le débit et l'action tragique, pour attein-\ndre à l'expression voulue, il faut faire une dépense de forces dont une\npoitrine faible ne serait point capable.\nIl y a dans cette manière d'envisager la question un point de vue très\njuste en soi, et qui n'est point contradictoire avec notre thèse.\n« Je regarde, dit M. Ricourt, directeur de l'École lyrique de la rue de\nla Tour-d'Auvergne, la déclamation comme éminemment favorable au\njeu des poumons.\n« J'en ai de nombreux exemples, et parmi mes élèves et parmi les\nartistes. En ce moment, je pourrais présenter une jeune personne qui\nm'est arrivée pâle, chétive, avec une respiration courte, haletante, et qui,\naujourd'hui, a le teint coloré, la constitution forte et robuste* Il a suffi\nde quelques mois de déclamation pour lui développer le thorax, lui\ndonner une respiration puissante : c'est le temps nécessaire pour guérir\ntous ces essoufflés qui ne peuvent dire deux vers de suite sans s'arrêter\nquatre fois, et leur faire prononcer de longues tirades sans la moindre\nfatigue.\n« La déclamation exerce une action des plus heureuses sur le système\nrespiratoire ; tous les jours, je suis à même de le constater dans la pra-\ntique. Les organes respiratoires prennent des forces comme tous les\nautres organes, et leur état de santé réagit en bien sur toute l'économie.\nJe suis un exemple des sujets entretenus dans une santé enviable\npar l'exercice de la déclamation : j'ai aujourd'hui soixante-deux ans ;\nme les donnerait-on? Je dis, sans me fatiguer, une tirade de cinq cents\nvers, je vais de Paris à Versailles pour une promenade ordinaire, tandis\nque je vois tous les jours des jeunes gens qui prennent une voiture pour\nfaire la plus petite course, ou qui sont essoufflés pour prononcer deux\nmots.\n« Mais il faut savoir enseigner, c'est-à-dire apprendre à respirer ;\nmalheureusement, c'est un art que, depuis quarante ans, Ton néglige et"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.30", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1218, "texte": "qui semble inconnu à beaucoup de professeurs de déclamation. Aussi,\nqu'arrive-t-il? c'est que des élèves, pleins de santé, dépérissent à vue\net risquent de succomber s'ils ne changent de profession ou de pro-\nfesseur... Tout récemment, j'ai vu mourir une belle jeune fille sous\nla méthode vicieuse d'un professeur que je ne puis citer publiquement.\nUn étranger, qui suivait les mêmes leçons, a dû renoncer au théâtre,\ntellement sa poitrine s'affaiblissait.\n« L'essentiel, pour le tragédien, est de savoir respirer, c'est-à-dire de\nprendre un approvisionnement d'air suffisant et à propos, et c'est là\nsurtout ce que j'enseigne à mes élèves. Mesdames Risrori et Salviani\nsavent respirer; Rachel ne le savait pas : aussi était-elle brisée au sortir\nde la scène... Que de fois je lui ai dit : « Mais, ma pauvre enfant, vous\nvous tuez!... » Avec cela, Rachel forçait sa voix, c'est-à-dire qu'elle\najoutait à un premier défaut, au grand détriment de sa santé.\n« Il ne suffit pas de forcer sa voix pour accentuer richement, c'est une\nerreur commune à nombre d'acteurs, et il faut penser avec Monvel que\nle public entend toujours assez, lorsqu'il entend. »\n(La suite prochainement.)\n\nDr V. BURQ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c017", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "174", "page_fin": "185", "image_debut": 31, "image_fin": 50, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.5", "titre_corps": "LE SONNET", "titre_sommaire": "LE SONNET", "signature_source": "LOUIS L'ACOMBE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.31", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "LE SONNET\n\nOTRE illustré symphoniste Hector Berlioz, entendant\nun jour raconter diversement ce qui s'était passé la\nveille à la Chambre,s'écriait : Ecrivez donc l'histoire!\nEt il accompagnait son exclamation d'un de ces gestes\ntragi-comiques qui lui étaient familiers.\nEn effet, il n'est pas facile d'écrire l'histoire, voire une histoire parti-\nculière ou même une simple monographie, celle du sonnet, par exemple.\nOn ne s'entend pas sur l'origine de ce petit poème. Les populations\nultramontaines s'en attribuèrent l'invention ; l'auteur de Y Apollon ita-\nlien prétend que Pétrarque en est le père ; dans son art poétique, Jacques\nPelletier déclare que le sonnet naquit au delà des Alpes; Joachim du\nBellay l'affirme également, car il écrivait jadis dans unerde ses belles\nodes :\nPar moi les grâces divines\nOnt fait sonner assez bien,\nSur les rives angevines\nLe sonnet italien.\nSous la plume d'un auteur aussi instruit que du Bellay, cette assertion\ndevrait être concluante : elle ne Test pas. Thibaut VI, et non Thi-\nbaut VII, ainsi que l'avance Guillaume Colletet, Thibaut, comte de\nChampagne, devenu roi de Navarre en 1234 du chef de sa mère Blan-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.32", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "che, nous a laissé, dans une de ses soixante-six chansons, le décasyllabe\nque voici :\nEt maint sonnet, et mainte recovdie.\nLe sonnet existait donc avant Thibaut. Or, Thibaut, sorte de gi-\nrouette politique tout à fait à la mode de notre temps, florissait un siècle\navant Pétrarque. Et cependant, s'il est vrai que le moine allemand Raban\nMaur, né à Mayence en 776, ait donné les patrons de certains sonnets\npédantesques_, me voilà obligé de convenir que l'Allemagne nous a pré-\ncédés dans ce genre de composition. Constatation désagréable. Oui, mais\nRabanus Maurus, qui étudia d'abord à l'abbaye de Fulde, continua ses\nétudes à Saint-Martin-de-Tours, sous Alcuin, et il paraît constant, si\nTon s'en rapporte à l'opinion du loyal Colletet, opinion appuyée sur des\nrecherches sérieuses, que le sonnet prit naissance sous nos premiers rois.\nD'après cela, le sonnet serait de création française, et Maurus, qui prit\nles ordres en 814, l'année même où mourut Charlemagne, n'aurait fait\nqu'importer le sonnet dans son pays. Cette version me plaît, je m'y\ntiens, et je laisse à quelque archéologue le soin de défricher plus avant le\nterrain historique du passé remis en jachère par les événements, et tout\ncouvert de ténèbres et de ruines.\nLe sonnet, négligé, puis oublié en France, traversa les monts, illustra\nPétrarque et nous revint. Le moyen âge et la Renaissance en abusèrent.\nL'ltalie seule produisit, au seizième siècle, six cent soixante et un fai-\nseurs de sonnets ; Crescimboni le constate. Se figure-t-on le nombre de\nrimes amoncelées par ces six cent soixante et un poètes, poétereaux et\nrimailleurs courant après la gloire, rêvant le triomphe et s'évanouissant\nau souffle de l'oubli ? Le sonnet tourna la tête à tout le monde ; il éblouit\nles sages et les fous, les artistes et les savants ; il s'introduisit dans les\nchâteaux avec les trouvères ; il se glissa à la Cour avec les courtisans , il\nmonta sur la trône avec les rois. Surrey, dont Henri VIII fut le bour-\nreau, et le brillant Spencer pillé par les révoltés de Tyrone ; sir W alter\nRaleigh, un des vainqueurs de l'Armada, et la reine-vierge (! ) Élisabeth\nfirent des sonnets; la poétesse Gaspara iempa, dont la sœur Cassandie\npublia les œuvres, en fit ; Paterno en fit ; Claudio lolomei en fit,\ngens de lettres autrefois renommés, aujourd'hui inconnus : Caro, Pelle-\ngrini, Baldi luttèrent contre les difficultés du sonnet. En France, les\nsonnets fourmillèrent. Etienne de La Boëtie, qui, à 1 âge de seize ans>\navait traduit plusieurs ouvrages de Xénophon et de Plutarque, ne dédai-\ngna pas de marcher sur les brisées de du Bellay et de Ronsaid. Olivier"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "de Magny affola Henri II et sa Cour par ce dialogue entre le poète et\nCaron :\nOLIVIER. Holà, Char on, Char on, nautonier infernal.\nCHARON. Quel est cet importun qui si pressé m'appelle?\nC'est le cœur éploré d'un amoureux fidelle,\nLequel pour bien aimer n'eut jamais que du mal.\nQue cherches-tu de moy? Le passage fatal.\nQuel est ton homicide? O demande cruelle :\nAmour m'a fait mourir. Jamais dans ma nacelle\nNul sujet de Vamour je ne conduis à val.\nEt de grâce, Charon, conduy-moy dans ta barque.\nCherche un autre nocher, car ny moy, ni la Parque\nNentreprenons jamais sur ce maistre des Dieux.\nJ'irai donc malgré toy, car je porte dans l'âme\nTant de traits amoureux, tant de larmes aux yeux\nQue je ferai le fleuve et la barque et la rame.\nCe style mièvre, affecté, précieux et faux, ces images forcées et préten-\ntieuses étaient du goût du roi Henri ; ils charmaient le prince indolent\net prodigue, dont le père, François ler,Ier, personnifiait la bravoure, et dont\nle fils, Charles IX, personnifia le fanatisme et le meurtre.\n• Dès longtemps le pédaritisme, qui glisse partout son museau hargneux\net puant, avait fabriqué des sonnets doubles,, rétrogrades, acrostiches,\nmésostiches, à queue, continus, serpentins, retournés, enchaînés, estram-\nbots, septénaires, en losange, par répétition , en croix de Saint-André :\nc'était très joli. Ces puérilités ridicules, bonnes tout au plus pour des cuis-\ntres en goguette, correspondaient à l'ordre d'idées d'où sortirent les\nmesses à neuf chœurs, les morceaux à soixante, à quatre-vingt-seize par-\nties et les canons énigmatiques, exercices déplorables fort prisés par les\nimbéciles qui s'y livraient, et si justement décriés par Beethoven, qui\nvoyait dans la musique autre chose que des billevesées privées de chant,\nde poésie, de goût et de sens. Casa, en Italie, et, en France,\nqui trouvait la rime difficile, voulurent, l'un et l'autre, modifier les rè-\ngles du sonnet et les rendre moins sévères; à son tour, Antonio Tempo\najouta un ou deux vers au sonnet et l'appela : Il sonnetto con ritornello.\nLaudun d'Aigaliers, lui, inventa des demi-sonnets : grâce à lui, on eut\ndes demi-sonnets comme on a des demi-glaces. En revanche, Jean de"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2796, "texte": "Boissière de Monferrand s'avisa d'écrire des sonnets doubles, c'est-à-dire\nquatre quatrains sur deux fois huit rimes semblables, et quatre tercets\négalement construits sur les mêmes rimes. C'était substituer la gymnas-\ntique à la poésie et préférer la difficulté à l'expression naïve de la pensée.\nRessuscité, en France, vers l'époque de François lerIer et de Henri 11, le\nsonnet ne tendit à rien moins qu'à remplacer rondeaux, ballades, lais,\nvirelais, triolets, chants royaux, etc., ce qui fit jeter les hauts cris à\nCharles Fontaine, antagoniste de du Bellay. Encore assez en vogue au\ndix-septième siècle, le sonnet, au dix-huitième, tomba dans le dis-\ncrédit. Voltaire, Jean-Jacques Rousseau eurent des préoccupations\ngraves qui éloignèrent d'eux sans doute jusqu'à l'envie de ciseler qua-\ntorze vers pour y glisser une plainte élégiaque ou une pointe quel-\nconque ; esprits vastes, ils démasquèrent les préjugés, ils traquèrent\nl'erreur, ils dénoncèrent les abus_, ils soutinrent le droit, ils combatti-\nrent pour la liberté, ils flétrirent le mensonge, ils souffletèrent l'égoïsme\nsanguinaire, le bon plaisir et l'impudeur assis sur tous les trônes de la\nterre et s'y prélassant orgueilleusement ; ils déchirèrent les voiles qui\ncouvraient les plaies immondes du pouvoir ; ils mirent à nu ce cancer :\nla royauté; ils évoquèrent et firent apparaître la vérité qui, chaste et\nrayonnante, le pied sur le globe, le front dans les cieux, laissa tomber de\nsages paroles de ses lèvres divines ; ils appelèrent tous les déshérités au-\ntour d'elle; ils la montrèrent; ils dirent aux peuples qui les écoutaient :\nvoilàla reine future du monde ; suivez-la, servez-la, n'aimez qu'elle. Ces\nvastes poursuivant un but sublime, se souciaient médiocrement,\nje suppose, d'enfermer dans un cadre, d'ailleurs, mesquin, des idées qui\nl'eussent brisé.\nCependant, et malgré sa forme bizarre, étriquée, le sonnet tenta les\nmeilleurs poètes. Dante coula sa pensée dans ce moule ; Shakespeare\naussi; Pétrarque y jeta la sienne; Torquato Tasso, Ronsard, Remy\nBelleau, Pietro Metastasio, qui s'éteignit à Vienne cinq ans avant l'heure\noù devait éclater la Révolution française; le naïf Uhland; Gœthe, qui\nentendit de loin, avant de mourir, la réponse brutale mais concluante\nfaite par les Parisiens aux ordonnances de Charles X ; tous ces auteurs,\net mille autres également renommés, durent en partie leur célébrité\nau sonnet. Le sonnet justifie-t-il donc la vogue prodigieuse dont il a joui\net la recrudescence d'enthousiasme qu'il provoque? Faut-il le considéiei\ncomme une merveille? est-il, ainsi qu'on osa 1 affirmer naguèie, le plus\ngrand effort de l'esprit humain ? J'en doute.\n(( La rime avec deux sons frappant huit fois l'oreille » manque de\ngrâce ; les tercets boitent ; avec des prétentions à la 1 ensemble"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "choque l'ouïe autant que la vue par son irrégularité ; la mélodieuse\nmonotonie des quadruples rimes fait songer aux six rimes en ore soit\ndit sans calembour de certains vers adressés à Elvire par Lamartine,\nle rêveur à l'imagination amoureuse et catholique :\nOui, VAnio murmure encore\nLe doux nom de Cinthie aux rochers de Tibur,\nVaucluse a retenu le nom chéri de Laure ;\nEt Ferrare au siècle futur\n/\nMurmurera toujours^celui d'Eléonore.\nHeureuse la beauté que le poète adore !\nHeureux le nom qu'il a chanté!\nToi qu'en secret son culte honore\nTu peux, tu peux mourir!...\nJ'ignore jusqu'à quel point Elvire dut se sentir heureuse de pouvoir\nmourir après avoir été chantée par Alphonse. Quoi qu'il en soit, je prise\npeu ce début : outre que la fatuité y domine l'amour, il me rappelle un\ndes côtés désagréables du sonnet auquel je reviens en avouant que, si sa\nforme me déplaît, j'admire volontiers ce qu'elle contient parfois; 1 étran-\ngeté du flacon ne m'empêche point de goûter la liqueur ; j'oublie le vase\naussitôt qu'il disparaît sous le tas charmant des fleurs.\nO Tasso, ô Ronsard, ô Pétrarque, ô rayonnements faits hommes,\nne m'en veuillez pas si, détournant mes regards de vous, je les fixe\nun moment sur un penseur longtemps perdu dans les brouillards\ndu Nord! Ce penseur, Shakespeare, composa, comme vous, des sonnets.\nVous dépasse-t-il, maîtres glorieux, ou se place-t-il seulement à votre\nhauteur ? Le colosse britannique parle. Que dit-il? Ecoutons :\n« La satisfaction de la luxure, c'est l'épuisement de 1 âme en pro-\ndigalité de honte : jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite, la luxure est parjure,\nmeurtrière, sanguinaire, infâme, sauvage, extrême, brutale, cruelle,\ndéloyale.\ncc Aussitôt assouvie, aussitôt méprisée. Poursuivi hors de raison, à\npeine son désir est il atteint qu'il est maudit hors de raison, comme une\nfatale amorce mise exprès pour rendre fou celui qui l'avale.\ncc Folle dans la poursuite, elle l'est aussi dans la possession : ayant eu,\nelle veut encore, extrême dans son exigence : béatitude, à l'épreuve ;\naprès l'épreuve, vraie douleur ; d'abord, joyeux projet ; rêve ensuite !\n« Le monde sait tout cela, et pourtant nul ne sait éviter le ciel\nqui mène les hommes à cet enfer, »\nVeut-on savoir comment Shakespeare comprenait l'amour?"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.44", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "« L'amour, dit-il, est un fanal permanent qui regarde les tempêtes\nsans être ébranlé par elles ; c'est l'étoile brillant pour toute barque\nerrante, dont la valeur est inconnue de celui même qui en consulte\nla hauteur.\n« L'amour n'est pas le jouet du Temps, bien que les lèvres et les joues\nroses soient dans le cercle de sa faux recourbée ; l'amour ne change pas\navec les heures et les semaines éphémères, mais il reste immuable\njusqu'au jour du jugement. »\nQuelle profondeur ! quelle superbe virilité de sentiment et d'expres-\nsion ! Se figure-t-on ce qu'a dû souffrir celui qui comprenait l'amour\nainsi ?\nLes traits sublimes, encore rehaussés par l'éclat des images, abondent\ndans les sonnets du dramaturge anglais. Preuve :\n« Les rides, que ta glace te montrera fidèlement, te feront souvenir des\ntombes béantes : le pas furtif de l'ombre sur le cadran te fera connaître\nla marche clandestine du Temps vers l'éternité (i). »\nEh bien! Ronsard, Tasso, Pétrarque, ceci ne vaut-il pas une élégie\nérotique ?\nEt toi, Gœthe,toi qui empruntas aux Anglais leur système dramatique\net qui, à l'occasion, t'es inspiré de Shakespeare, ne demeures-tu pas au-\ndessous de ce modèle? Va, lorsque je te compare à lui, lorsque je com-\npare tes sonnets aux siens, je me dis que le vieux William est ton maître.\nDepuis peu la manie, ou, si l'on veut, le goût du sonnet se réveille.\nL'excellent Théophile Gautier, Edmond Arnould qui, de son vivant,\ncacha son commerce avec la Muse, l'excentrique Baudelaire, mes amis\nFrançois Barrillot et Zacharie Astruc, MM. Leconte de Lisle, Théodore\nde Banville, Spinelli, Sylvestre, Sully Prudhomme, quelques autres\nencore en ont fait d'exquis. Moi-même, hélas! j'ai cédé à l'entraînement\ngénéral, j'en ai griffonné un certain nombre. Léon Kreutzer, ayant\nappris, je ne sais comment, que je me livrais à cette dangereuse passion,\nm'écrivit un matin : « Faites-vous toujours des sonnets? » Je lui\nrépondis en lui envoyant ce sonnet affreusement libertin :\nHélas ! mon cher ami, ciseler un sonnet\nEst un travail ingrat, je vous le dis tout net.\nPlutôt que d'en voir un revêtu de ma griffe,\nJ'aimerais mieux rouler le rocher de Sisyphe.\n\n(1) Traduction de F.-V. Hugo."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "J'aimerais mieux apprendre à jouer du cornet,\nDevenir sénateur ou même baronnet,\nComposer pour les sots un ouvrage apocryphe\nOu pâlir sans espoir sur un hiéroglyphe.\nJe hais décidément ces deux affreux quatrains\nSuivis de deux tercets qui cassèrent les reins\nAu bataillon nombreux des Pétrarques en herbe.\nC'est bien asseç, vraiment! d'être un musicien,\nC'est-à-dire un rêveur, un fou ! de n'être rien !\nSans chercher à lier quatorze vers en gerbe.\nOn ne se demande plus guère à cette heure si les sonnets qu'on s'avise\nde produire sont orthodoxes ou hétérodoxes; le pauvre Gautier s'en\nplaignait amèrement. Casa, Maynard ont fait école : chacun traite qua-\ntrains et tercets comme il l'entend. Charles Nodier n'a recours qu'à deux\nrimes pour coucher, en 1828, quatorze vers bien venus sur 1 album\nd'Émile Deschamps. Ce dernier, trop poli pour casser les vitres, trop\nconciliant pour ne pas chercher à mettre la paix entre les partis extrêmes,\nménage adroitement les classiques et les romantiques; il ne se sert pas\nde rimes plates à l'intérieur du quatrain ; mais, pour le reste, il s'exécute.\nAntoni, qu'un mal terrible avait frappé et qui sentit souvent sa raison\nosciller vaguement au contact de la Muse, Antoni Deschamps, frère\nd'Émile, consentit à passer sous ce niveau, la règle; mais ses rimes sont\nassez pauvres et il fait rimer sans vergogne amis avec ennemis dans un\nsonnet fort touchant qui commence ainsi :\nDepuis longtemps, je suis entre deux ennemis ;\nL'un s appelle la Mort et l autre la Folie ;\nL'un m'a pris ma raison, l'autre prendra ma vie...\nPétrarque, à la vérité, avait fait rimer viso avec viso, ce qui était au\nmoins hardi; mais une faute en excuse-t-elle une autres\nAu grand désespoir de Théophile Gautier, son ami et son maître,\nBaudelaire, qu'on accusait à tort probablement d'être un man-\ngeur de haschich , saute à pieds joints dans l'hétérodoxie littéraire.\nJugez-en :\nLE REVENANT\nComme les anges à l'œil fauvj,\nJe reviendrai dans ton alcôve"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.46", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "Et vers toi glisserai sans bmit\nAvec les ombres de la nuit ;\nEt je te donnerai, ma brune,\nDes baisers froids comme la lune\nEt des caresses de serpent\nAutour d'une fosse rampant.\nQiiand viendra le matin livide,\nTu trouveras ma place vide,\nOù jusqu'au soir il fera froid.\nComme d'autres par la tendresse,\nSur ta vie et sur ta jeunesse,\nMoi, je veux régner par Veffroi!\nLe fougueux Auguste Barbier, le piocheur Sainte-Beuve, Gautier,\nJoséphin Soulary, dont il faut admirer sans réserve les Deux Cortèges,\nM. Leconte de Lisle, dans les beaux vers intitulés : Aux Morts. Madame\nde Girardin (Delphine Gay), spirituelle et correcte. M. Théodore de\nBanville, qui m'a tout l'air d'avoir connu la lydienne Omphale, tant le\nportrait qu'il en trace est ressemblant, M. Amédée Pommier, qui joue\navec le vers comme Auriol avec son cheval ou un faiseur de tours avec\nsa muscade, tous ces auteurs se soumettent courageusement aux exi-\ngences du sonnet. L'excellent, le sympathique Gérard de Nerval se range\négalement parmi les soutiens, les défenseurs, les héros de l'orthodoxie et\nil prouve, par parenthèse, que la vraie poésie peut se mouvoir à 1 aise\nsans rompre les liens invisibles qui l'attachent à la légalité. Le sonnet de\nsa composition, que je transcris ci-après, contient une idée religieuse, un\npoint de vue philosophique, un sentiment profond exprimé dune ma-\nnière heureuse et dramatique, une appréciation où perce 1 amour de la\nnature, de la vie, de l'esprit, le respect de soi-même et la crainte de foire\nsouffrir l'âme, cachée en toute matière. Voici ce beau sonnet.\nVERS DORÉS\nEh quoi! tout est sensible\nPYTHAGORE\nHomme, libre penseur, te crois-tu seul pensant\nDans ce monde où la vie éclate en toute chose?\nDes forces que tu tiens ta. liberté dispose,\nMais de tous tes conseils l'univers est absent ;"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2467, "texte": "Respecte dans la bête un esp\nChaque fleur est une âme à la Nature éclose ;\nUn mystère d'amour dans le métal repose ;\n« Tout est sensible!» et tout\nCrains, dans le mur aveugle, lin regard qui t'épie,\nA la matière même un verbe est attaché...\nNe la fais pas servir à quelque usage impie!\nSouvent, dans l'être obscur, habite un dieu caché ;\nEt comme un œil naissant couvert par ses paupières,\nUn pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres.\nIl faut à certains génies l'étendue où se meut la création immense :il\nleur faut l'illimité, l'infini, Dieu même; ils ne respirent à l'aise que dans\nles plaines azurées où roulent les astres. Tandis que l'astronome cherche\net découvre quelque nouvelle planète, eux, ils franchissent les fron-\ntières célestes, ils s'élancent hors du monde visible, ils sondent l'incréé\nauquel ils confinent; attentifs, ils écoutent la voix mystérieuse qui sort\nde l'inconnu, de l'impalpable, de l'incompréhensible; ils assistent àce\nspectacle : l'écroulement, la diffusion, la projection de la lumière éternelle\nd'où jaillissent les âmes, étincelles divines. Mais les âmes animent la\nsimple fleur comme le chêne rugueux où circule à flots la séve ; elles\naniment l'infusoire comme le mastodonte, l'oiseau mouche comme l'aigle\net le vautour, le grain de sable comme Saturne ou Jupiter; partout le\nsouffle impérissable de vie développe les innombrables formes qu'il\nhabite un moment avant d'en revêtir d'autres, pour reprendre sa marche\nprogressive vers celui qui est au moyen de transformations successives\ndues à la mort. Aussi sûrement confinées dans l'imperceptible que dans\nl'incommensurable, elles remplissent partout leurs fonctions sacrées, at-\ntirées qu'elles sont vers le foyer commun. De son côté, l'idéal contenu\ndans une oeuvre peut s'y affirmer avec une égale force, que cette oeuvre\nsoit courte ou longue. Le sublime se révèle souvent dans un vers, dans\nun mot. Voilà comment il est possible d'expliquer que des hommes tels que\nShakespeare et Dante aient sacrifié quelques-uns de leurs moments au\nsonnet. Victor Hugo, qui a besoin de tant d'espace pour déployer ses\nvastes ailes, ne les a enfermées qu'une fois dans les limites où Pétrarque\ns'est si fréquemment mis à la gêne. Il a eu raison.\nCependant le sonnet est-il réellement contraire aux suprêmes élans de\nla poésie? Résiste-t-il aux aspirations hautes et sévères ? Sa structure\npermet-elle l'explosion de ces cris qui, partis du cœur, se répercutent"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.48", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2078, "texte": "dans toutes les poitrines, retentissent dans tous les cerveaux et remuent\njusqu'en leurs profondeurs les nations étonnées? Shakespeare, Gérard de\nNerval viennent de répondre à ces questions ; Edmond Arnould, auquel\nj'emprunte la page suivante, y répond à son tour victorieusement :\nSi j'invoque ton nom, Liberté, si je t'aime\nDe cet ardent amour plus puissant que la mort ;\nSi vers toi je m'élance avec un fier transport,\nSûr que nous affranchir est notre fin suprême,\nCe n'est pas que pour nous ta main robuste sème\nDes bonheurs sans combat et des gains sans efforts;\nC'est que seule tu fais de V homme un être fort,\nPlus grand que la fortune et maître de lui-même.\nL'esclave insoucieux peut traîner à loisir\nSes jours vils et souillés de plaisir en plaisir :\nNul ne lui défendra ce qui flétrit son âme ;\nToi, tu veux un cœur noble, impossible à ployer,\nQue la lutte grandit, que le devoir enflamme,\nEt si tes biens sont doux, c'est qu'il faut les payer.\nTel qu'il est, ce sonnet me plaît, et je l'aime parce qu'il fait vibrer en\nmoi les nobles instincts, les fiers enthousiasmes, les passions généreuses.\nEt ne pas que cela vaut bien mieux\nQue ces colifichets dont le bon sens murmure?...\nCertes, mon brave Alceste, je le vois. Par malheur, le sonnet, trop\nsouvent émasculé par les écrivains mièvres, emphatiques et stériles, se\nprête merveilleusement aux rêvasseries sans but de la gente trotte-menu\nlittéraire et des beaux esprits qui, n ayant rien à tirer de leur précieuse\npersonne, tiennent pourtant à parler, à écrire, à chanter. Ces gens-là\nouvrent la bouche, et il ne sort que du vent de leurs lèvres \\ ils prennent\nune plume, et les becs de fer tracent des phrases sans couleur, sans\nsaveur, sans signification. Ils façonnent, ils façonnent, ils façonnent...\nquoi ? Nous allons le savoir : voilà qu'il sort de leurs mains une robe de\npoupée. Mais la poupée, où est-elle? On ne la trouve nulle part. Hélas!\nelle n'existe même pas et ils ont travaillé en pure perte; ils ont vaine-\nment tiré le fil et l'aiguille. J'estime beaucoup la beauté, la pureté de la"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.49", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "forme; toutefois, la forme;, en matière d'art, me laisse singulièrement\nindifférent lorsqu'elle ne m'offre que la combinaison matérielle des\néléments divers dont l'artiste dispose. O belle fille, si tu restes muette,\nsi tu te contentes de me présenter ton corps blanc et rose, bientôt je\nne t'admirerai plus, je détournerai les yeux peut-être et je dédaignerai\ntes charmes. Que me disent-ils, ces charmes?— Volupté. Est-ce tout?\nOui. Ce n'est pas assez. Ecoute ; Les attraits sans l'intelligence,\nle vêtement sans la personne, la monture sans le diamant, la coupe sans\nle vin ne me semblent pas autrement précieux. Les grandes langues de\nl'humanité : la peinture, la sculpture, l'architecture, la poésie, la\nmusique n'auront jamais le droit ni le pouvoir de réclamer l'attention\npour la fixer sur un meuble vide, sur une porte fermée, sur une gravure\nde mode, sur des colifichets, ou des chiffons, ou des ornements futiles,\nou des mots alignés comme les militaires à la parade. J'adresserais volon-\ntiers la recommandation suivante à ceux qui passent leurs temps à limer\ndes phrases creuses, à arrondir des périodes éblouissantes, à caresser le\nnéant :\nPoètes, ce n'est pas Vheure des rimes vaines,\nDes languissants refrains, des inutiles vers.\nLes riens harmonieux sont des choses malsaines,\nAlors que sous le joug se courbe Vunivers.\nAu Nord, au Sud, partout s 1 entend un bruit de chaînes ;\nDes cris de désespoir s'élèvent dans les airs y\nLe sang des nations rougit toutes les plaines :\nIl engraisse le sol, il empourpre les mers.\nMaîtres, si vous saveç d'énergiques paroles\nPour flétrir les tyrans, ces menteuses idoles,\nEt pour les écraser d'un immense courroux,\nParleparleç toujours! Chantechante% encore!\nMais si vous n'ajuste% qu'un mot au mot sonore\nEt si vous n'aveç rien à dire, taisez-vous !\nParmi les célébrités qui, au dix-neuvième ont tenté de remettre\nle sonnet en honneur, il en est plusieurs que je n'ai pas citées. On con-\nnaît Guttinguer, à qui Victor Hugo dédia une ode ; Musset, qui rima à\nla façon de La Fontaine je veux dire chichement; Louis Bouilhet,\nqui se plaisait à chanter les vers du tombeau en attendant que ceux-ci le"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.50", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "dévorassent; Edmond Roche, mort prématurément ; Coran, qui n'est\npas aussi sévère que son nom ; Arsène Houssaye, le poète millionnaire ;\nle sceptique et mordant Augier; le délicat Félix Arvers ; Autran, un\namant de la nature , dont les rimes sentent bon ; l'aimable auteur de :\nPages intimes, Eugene Manuel, Charles Grandmougin, Fiancois Cop-\npée, qui, aspirant à s'élever au rang de parnassien, y réussit sans doute\nen construisant cette fin de sonnet : ce O femme ! » s'écrie-t-il,\nSi tu t'offres ainsi, lubrique, à ces vainqueurs,\nC'est qu'ils ont, comme toi, versé le sang des cœurs,\nC'est que ta lèvre rouge est pareille à des traces\nSanglantes sur l'épée aux sinistres éclairs,\nEt que, mieux qu'un miroir, dans l acier des cuii assesy\nTu te plais à mirer tes yeux cruels et clairs.\nIl y a encore M. le comte de Gramont, vanté par Théophile Gautier,\net enfin (? ? ? ) M. Louis Veuillot, qui dit, se parlant à lui-même .\nJe doute, quand je m'examine,\nSi je suis un blessé géant,\nOu bien le drôle fainéant\nQui gratte au soleil sa vermine.\nAh ! monsieur Veuillot, on peut avoir de l'esprit et du talent sans\nêtre un géant ou un drôle !\n(La suite prochainement.)\n\nLOUIS L'ACOMBE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c021", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.6", "titre_corps": "A la Princesse Marie MESTCHERSKY ASPIRATION", "titre_sommaire": "A la Princesse Marie MESTCHERSKY ASPIRATION", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "A la Princesse Marie MESTCHERSKY\nASPIRATION\nSonnet de\nZacharie ASTRUC\nMusique de\nLouis LACOMBE\n(51)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.35", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4, "texte": "(51)"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.36", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4, "texte": "(51)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c022", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.7", "titre_corps": "A Madame Marie de MONTENON LA BERCEUSE DE LA MORT", "titre_sommaire": "A Madame Marie de MONTENON LA BERCEUSE DE LA MORT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.37", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 153, "texte": "A Madame Marie de MONTENON\nLA BERCEUSE DE LA MORT\nSonnet de\nFrançois BARRILLOT\nMusique de\nLouis LACOMBE\nTrès lentement, avec une profonde tristesse.\n(52)"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4, "texte": "(52)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c023", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 39, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.8", "titre_corps": "A Madame J. 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Gustave Lefèvre, a eu lieu, le lundi 27 juillet,\nsous la présidence de monseigneur de Marguerye, ancien\névêque d'Autun, et du délégué du ministre de l'lnstruction\npublique et des Cultes.\nAprès une allocution du Directeur et un chaleureux\ndiscours de M. l'abbé Gilbert, aumônier de l'École, on a procédé à la distri-\nbution des prix.\nVoici les noms des lauréats :\nSOLFÈGE. 3E division. Prix ex œquo : Baichère, Gougelet ; accessit :\nFerlus.— 2e division. Prix ex œquo : Létang, Meyer; ier accessit :\nBoncourt, Héutin ;2e accessit : Martin, Linglin. ire division : Prix :\nBaille ; accessit : Bellenot.\nHARMONIE PRATIQUE. Mention : Bellenot.\nHARMONIE ÉCRITE. Prix : Bockler; 2e prix ex œquo : Hétuin, Mu-\nnier. ier accessit : Guignard ;2e accessit : Létang. 2e division. Men-\ntion : Ellminger, Linglin.\nFUGUE. lERIER prix : Boidin; 2e prix : Dieudonné.\nCONTRE-POINT. Mention : Bocker ; Létang.\nCOMPOSITION MUSICALE. Mention : Bockler.\nPIANO. 3E division. Prix : Bettinger ; accessit : Guthmann ; mention :\nFerlus. 2e division. ier prix ex œquo : Meyer, Bellenot; 2e prix:\nBoncourt; ier accessit: Gougelet, Dunster; 2e accessit : Munier, Mar-\ntin. ire division. 2e prix : Baille ; accessit : Guignard; mention :\nLenormand.\nPLAIN-CHANT. Prix du Ministre de l'lnstruction publique : G. Boidin ;\n2e prix : Létang ; ier accessit : Guignard.\nORGUE. 2e division. Prix ex œquo : Martin et Bellenot ; 2e prix : Le-\nnormand ; ier accessit : Meyer, Munier ;2e accessit : Boncourt. ire di-\nvision. ier prix du Ministre : Dieudonné; 2e Prix : Baille ; mention :\nGuignard.\nPRIX D'HONNEUR : Munier. Rappel du prix d'honneur de 1872 :\nHétuin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c028", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "187", "page_fin": "192", "image_debut": 52, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.10", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.52", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nDISTRIBUTION DES PRIX\nAU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE — ANNÉE 1873-74\nARDI 4 août, a eu lieu la distribution des prix du Conser-\nvatoire national de musique et de déclamation, à la suite\ndes concours de Tannée scolaire 1873-1874.\nA cette occasion, M. le Ministre de l'lnstruction pu-\nblique, des Cultes et des Beaux-Arts a prononcé un dis-\ncours, dont nous extrayons quelques passages :\nAprès avoir payé un juste tribut de regrets à la\nmémoire de M. Beauvallet, réminent professeur, et à la retraite de M. Herz,\nM. le Ministre continue :\n« Et puis sur cette riche et féconde terre de France, où les moissons se\nsuccèdent sans jamais s'épuiser, ne voyons-nous pas se succéder aussi les\ntalents qui l'honorent et maintiennent toujours sa gloiie au meme niveau?\nVous n oublierez. assurément, ni M. Beauvallet ni M. Herz, noms aimés et\nrespectés, mais vous entourerez du meme respect et des mêmes sympathies\nceux de madame Massart et de M. Ismael, qui sont, je ne dit ai pas leurs\nremplaçants, mais leurs continuateurs.\n« Tout se prépare, Messieurs, pour vous offrir sur la plus vaste scène de\nl'Europe un but digne de vos courageux efforts. Quels que soient les embar-\nras de l'heure présente et l'exiguïté de nos ressources, 1 Assemblée nationale\nn'a pas hésité néanmoins, et grâce à ses généreux sacrifices , grâce à 1 infati-\ngable activité d'un architecte éminent et de 1 armée d artistes et d ouvriers\nà laquelle-il a l'honneur de commander, nous verrons bientôt, àla fin de\nla présente année, je l'espère, l'achèvement de cette œuvre colossale dont\nnous pourrons dire qu'elle est sans rivale dans le monde, et qu aucune autre\nne peut lui être comparée.\n«Je le répète, messieurs, j'espère qu'au début de 1 année 1875, nous pour-\nrons inaugurer le nouvel Opéra ; l inaugurer comme il convient à la France,\nc'est-à-dire avec des chefs-d'œuvre nationaux, avec les chefs-d œuvre de cette\ngrande école française dont nous sommes justement fiers.\n* Travaillez donc, jeunes élèves, travaillez avec ardeui et persévérance,\nl'avenir vous appartient à ce prix. Ne vous laissez pas arrêter pai la pensée\ndécourageante que vos labeurs pourraient rester sans récompenses, vos tra-\nvaux sans résultats, votre mérite sans emploi. Pour remplir cette salle im-\nmense de l'Opéra, ne faudra-t-il pas plus de musiciens à 1 orchestre, plus de\nvoix dans les masses chorales, un plus grand nombre de chanteurs et de can-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "tatrices? Vous le voyez, il n'est pas à craindre que la place manque aux vrais\ntalents »\nEt plus loin :\n/\n« Etudiez les maîtres qui écrivent le mieux pour la voix ; écartez, au con-\ntraire, ceux qui la fatiguent et la brisent, en lui imposant des tours de force\nque n'exécuterait pas l'archet le plus expérimenté. N'entrez pas trop dans\nles classes d'opéra comique ou d'opéra ; apprenez d'abord à chanter avant\nd'apprendre des rôles, et défiez-vous des promesses trompeuses de ceux qui\nprétendent posséder le secret de faire de vous du jour au lendemain des\nartistes.\n« Parmi les améliorations dont je vous parlais tout à l'heure, il convient\nde signaler l'organisation d'une classe d'orchestre et le rétablissement des\nexercices publics. Je ne saurais trop en remercier votre digne chef.\n« Soyons donc, nous en avons le droit, fiers de nos succès, fiers de nos\nartistes, fiers de nos gloires nationales; mais soyons justes aussi, et dans\ncette revue des maîtres et de leurs chefs-d'œuvre, n'oublions pas nos voisins;\nn'oublions pas l'accueil si enthousiaste et si mérité qui a été fait à l'auteur\nde Rigoîetto, du Trovatore et à'Aida. Cette grande page du Requiem de Man-\nzoni, toute pleine de douleur et de foi, aurait mérité mieux qu'un théâtre,\nmais Paris manque dune salle de Concert, et il a fallu, par exception,\nautoriser l'Opéra-Comique à offrir son hospitalité au chef-d'œuvre du maître\nitalien. J'ai dit par exception, messieurs, car l'Opéra-Comique, avant\ntout, se doit exclusivement au genre si national des Grétry, des Hérold, des\nBoieldieu, des Halévy, pour citer seulement ceux qui ne sont plus et ne pas\nembarrasser les vivants. »\nEnfin, et après une courte biographie de M. Deldevez :\n« Aujourd'hui, après plus de trente ans de labeur, il occupe le fauteuil de\nson ancien maître (M. Habeneck); il dirige la classe d'orchestre du Conser-\nvatoire, et, comme Habeneck encore, il tient en sa main le redoutable bâton\nqui suspend ou qui entraîne l'orchestre sans rival de la Société des Concerts.\n« C'est en lui, messieurs, en lui dont la vie doit vous servir d'exemple et\ncalmer vos jeunes impatiences, c'est en M. Deldevez que je suis heureux de\nrécompenser le compositeur, le professeur, le chef d'orchestre enfin, en atta-\nchant sur sa poitrine la croix de la Légion d'honneur. »\n\nFAITS DIVERS\nM.ADOLPHE JULLIENA publié dernièrement dans sa revue musicale du Fran-\nçais, une lettre familière de M. Membrée, où l'auteur de l'Esclave raconte ses\nespérances et ses déboires pendant vingt-trois ans. Cette odyssée bizarre\nd'un homme et d'une œuvre mérite d'être connue. Elle enseignera, mieux"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "que de longs discours, quels obstacles insurmontables se dressent, à\nl'entrée de la carrière, devant les jeunes compositeurs, eussent-ils. comme\ncelui-ci, passé la cinquantaine; comment les directeurs, avec l'idée bien\narrêtée de ne jamais les jouer, les leurrent de vaines promesses, leur impo-\nsent les corrections les plus saugrenues, et trompent leur impatience en leur\nfaisant recommencer sans fin leur travail. Voici la première partie de cette\nlettre in extenso :\n« L'Esclave était d'abord une tragédie en cinq actes que Foussier avait\nprésentée au Théâtre-Français et qui avait été reçue à corrections. Got, qui\nme connaissait depuis un ou deux ans, proposa à Foussier de quitter le\nThéâtre-Français et de faire un grand opéra avec sa pièce ; il y consentit.\nJe commençai l'Esclave le 2 décembre 185 1 !... La date est assez singulière\npour que je me la rappelle. Il fut terminé en 1852. Got et moi nous\nallâmes trouver Roqueplan, qui entendit la chose. 11 fit venir Got seul et\nlui proposa telle somme qu'il voudrait pour la pièce sans le musicien, Got re-\nfusa. « Ah! que vous êtes enfant! » lui dit-il. 11 me fit venir seul ensuite\net me pria de passer chez Scribe, qui devait arranger la pièce. Scribe re-\nfusa d'entrer troisième dans une collaboration, alléguant qu'on lui reprochait\nd'accaparer les pièces des auteurs nouveaux et de se les approprier ; que, si\nje le voulais, on pourrait choisir les meilleurs morceaux de la partition et\nqu'il me bâtirait dessus un scénario en trois actes. « Il me semble difficile...\nPas difficile du tout. Je l'ai fait vingt fois! Vous vous méprenez sur le\nsens de ma phrase... Il me semble difficile de planter là mes collabo... Ah !\nque vous êtes jeune ! Le pendant de « Que vous êtes enfant ! » de Roque-\nplan. Affaire manquée.\n« Crosnier devient directeur de l'Opéra. Je vais le trouver, et ce brave\nhomme me dit : « Je n'ose pas... cinq actes, c'est trop gros... faites-moi un\nacte; s'il réussit, je jouerai VEsclave après. » Je fis François Villon, mais\nquand on le joua, Crosnier n'était déjà plus directeur, c'était Royer. L'acte\nréussit, mais Crosnier n'était plus là pour tenir sa promesse et Rcyer n'avait\nrien promis. Affaire manquée. M. Perrin devint directeur. Got le con-\nnaissait un peu, je me fis recommander à lui par Gérôme, pour lequel il a une\ngrande estime. Je lui fais entendre mon ouvrage, qui lui convient. « Je\ntrouve la chose bonne, me dit-il. Eh bien, me jouerez-vous ? Non-seu-\nlement je veux, mais je dois vous jouer, car vous êtes un des rares composi-\nteurs de ce temps-ci qui fassiez ASSEZ GRAND pour l'Opéra. Seulement, comme\nil ne faut pas que ni vous ni moi donnions un coup d'épée dans l'eau, laissez-\nmoi juge du moment où il sera bon de lancer l'ouvrage, et je vous donne ma\nparole que je vous jouerai. » En ce moment-là il était question de l'Africaine.\nMeyerbeer voulait qu'on jouât un compositeur français avant lui pour qu'il\nne fût pas éternellement répété qu'on livrait exclusivement la grande scène\nfrançaise aux étrangers. —Je recommence mes visites à Perrin, mon ouvrage\nétait tout prêt, j'espère que je vais passer.\n« On joue Roland... Affaire manquée.\n« Je vais retrouver Perrin. Je lui fais de doux reproches; je lui rappelle sa\nparole donnée : Oh! c'était une parole momentanée, me répond-il, et d'ail-\nleurs je trouve l'ouvrage trop long en cinq actes ; j'en ai parlé à Got qui va le\nmettre en trois actes. » En effet, Got le remet en trois actes; je remanie ma"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.55", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "partition entièrement. Six mois de travail! Nous la rapportons à Perrin qui\nnous dit: « Ah! comme c'est écourté!.,. Faction ne se comprend plus î... Les\ndeux amoureux s'aiment sans se le chanter (ce qui ne s'est jamais vu! ). Enfin\nla pièce n'existe plus. Mais c'est vous qui avez indiqué les coupures, lui\ndit Got. Oui, c'est vrai, mais je ne savais pas que ça donnerait ce résultat\ntronqué; je vais voir Barbier et lui demander de voir s'il peut arranger cela. »\nBarbier refait la pièce et ce qu'il y .a de bon, c'est qu'il la refait presque\ncomme elle était : cinq actes, la même coupe de morceaux, et, sauf deux ou\ntrois scènes très bonnes qu'il y a introduites, c'est la même pièce. Je re-\nrecommence ma partition; six mois de travail au moins. Perrin me soumet\nde nouveau à de telles attentes que sur ces entrefaites, Martinet est nommé\ndirecteur du Théâtre-Lyrique. Je lui offre l'Esclave, il accepte! Enfin! me\nvoilà en répétition !... La guerre éclate, Paris bloqué »\nM. Jullien résume ainsi la seconde partie de la lettre de M. Membrée :\nAprès la guerre, la Commune. Au mois de mai 1871, le théâtre est incen-\ndié. M. Membrée croit avoir perdu sa chère partition, dont il n'a pas de\ndouble, dont il ne se rappelle pas une note; il a le bonheur miraculeux de la\nretrouver saine et sauve dans une chambre des combles que le feu avait épar-\ngnée. Il s'empresse de porter son opéra à M. Halanzier, il lui joue sa parti-\ntion; celui-ci déclare hautement qu'il ne connaît que deux opéras aussi dra-\nmatiques, la Juive et les Huguenots, mais il se montre plus réservé sur la\nmusique et va pour évincer le compositeur. M. Vaucorbeil, commis saire du\ngouvernement près les théâtres subventionnés, vient alors à la rescousse de\nM. Membrée qui est un de ses meilleurs amis, et demande à M. Halanzier\nd'accorder désormais aux compositeurs, et à M. Membrée tout le premier,\ndes auditions de leurs œuvres, non plus au piano, mais avec solistes,\nchœurs et orchestre. Il ne s'agissait pour le directeur que de payer les frais\nde copie : M. Halanzier ne pouvait refuser ce léger sacrifice à l'administra-\ntion. L'audition projetée eut lieu avec le concours obligeant des principaux\nartistes, Faure et mademoiselle Bloch avaient' seuls refusé leur aide au\nmusicien, et cet essai parut dissiper en partie les hésitations du directeur\nqui fit entrevoir au compositeur que son opéra pourrait bien être joué quel-\nque jour. Pour le moment, il ne s'occupait que de la Jeanne Darc de\nM. Mermet.\nSurvint l'incendie de l'Opéra qui ruina les espérances de ce dernier. Il\nétait impossible, d'une part, de combiner sur la scène de Ventadour les ma-\ngnifiques décorations qui devaient assurer le succès de Jeanne Darc ; d'autre\npart, M. Halanzier ne pouvait laisser passer une année entière sans jouer un\nnouvel ouvrage pour satisfaire quelque peu l'impatience du public. Il décida\ndonc de monter l'Esclave, après avoir obtenu du ministre la permission de\nprélever tous les frais sur la somme votée par l'Assemblée pour reconstituer\nle matériel incendié. 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Delle-Sedie a quitté Paris pour se rendre en Italie. Avant son\ndépart, il a corrigé les dernières épreuves de l'important ouvrage qu'il\npubliera au mois de septembre, sous le titre : L'ART LYRIQUE, traité com-\nplet de chant et de déclamation lyrique.\nA Londres, pendant les quelques mois qui constituent toute la saison\nmusicale anglaise, le théâtre de Covent-Garden, dirigé par M. Gye, a donné\nquatre-vingt-deux représentations du 3i mars au 18 juillet, et, pendant ces\nseize semaines d'exercice, trente et un opéras ont été successivement inter-\nprétés.\nEn voici l'énumération complète :\nTraviata, Crispino, Figlia del regimento, Africana, Barbiere, Favorita,\nGuglielmo Tell, Ugonotti, Lucia, Sonnambula, Ballo, Trovatore, Flauto,\nFausto, Puritani ,Guarany, Rigoletto, Dinorah, Amleto, Don Juan, Franco-\nArcère, Catarina (les Diamants), Ernani, Norma, Lucrepa, Linda, Roberto\nil Diavolo, Marta, la Stella del Nord, Mignon et Luisa Miller (Les deux\nderniers ouvrages , nouveaux à Covent-Garden).\n\nNOUVELLES\n\naris. Opéra„ Les Huguenots ont été repris le 12 pour la ren-\ntrée de M. Léon Achard et de mademoiselle Belval.\nSous peu de jours, on donnera Robert le Diable, pour les\ndébuts de M. Vergnet. Mademoiselle Mauduit reprend le rôle d'Alice. Elle\nsera remplacée dans l'Esclave par mademoiselle Fouquet.\n—Le jeune baryton Manoury, qui a obtenu ex œquo, avec le ténor Ver-\ngnet, le premier prix de chant et le premier prix d'opéra au dernier concours\ndu Conservatoire, vient d'être engagé par M. Halanzier. Nous avons déjà\nannoncé, dans un de nos précédents numéros, rengagement de M. Vergnet.\nL'engagement de M. Lassalle, qui expire à la fin de l'année, est aussi\nrenouvelé avec de belles conditions.\nOpéra-Comique. Un ouvrage en un acte, intitulé : Beppo, vient d'être\nlu aux artistes Les paroles sont de M. Louis Gallet, la musique de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.57", "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "M. J. Comte, prix de Rome. Les rôles sont distribués à mesdemoiselles\nFrank, Lina Bell, MM. Charelli et Neveu.\nC'nâtclct (Opéra populaire). 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Beauvallet, réminent professeur, et à la retraite de M. Herz,\nM. le Ministre continue :\n« Et puis sur cette riche et féconde terre de France, où les moissons se\nsuccèdent sans jamais s'épuiser, ne voyons-nous pas se succéder aussi les\ntalents qui l'honorent et maintiennent toujours sa gloiie au meme niveau?\nVous n oublierez. assurément, ni M. Beauvallet ni M. Herz, noms aimés et\nrespectés, mais vous entourerez du meme respect et des mêmes sympathies\nceux de madame Massart et de M. Ismael, qui sont, je ne dit ai pas leurs\nremplaçants, mais leurs continuateurs.\n« Tout se prépare, Messieurs, pour vous offrir sur la plus vaste scène de\nl'Europe un but digne de vos courageux efforts. 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Ne vous laissez pas arrêter pai la pensée\ndécourageante que vos labeurs pourraient rester sans récompenses, vos tra-\nvaux sans résultats, votre mérite sans emploi. Pour remplir cette salle im-\nmense de l'Opéra, ne faudra-t-il pas plus de musiciens à 1 orchestre, plus de\nvoix dans les masses chorales, un plus grand nombre de chanteurs et de can-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "tatrices? Vous le voyez, il n'est pas à craindre que la place manque aux vrais\ntalents »\nEt plus loin :\n/\n« Etudiez les maîtres qui écrivent le mieux pour la voix ; écartez, au con-\ntraire, ceux qui la fatiguent et la brisent, en lui imposant des tours de force\nque n'exécuterait pas l'archet le plus expérimenté. N'entrez pas trop dans\nles classes d'opéra comique ou d'opéra ; apprenez d'abord à chanter avant\nd'apprendre des rôles, et défiez-vous des promesses trompeuses de ceux qui\nprétendent posséder le secret de faire de vous du jour au lendemain des\nartistes.\n« Parmi les améliorations dont je vous parlais tout à l'heure, il convient\nde signaler l'organisation d'une classe d'orchestre et le rétablissement des\nexercices publics. Je ne saurais trop en remercier votre digne chef.\n« Soyons donc, nous en avons le droit, fiers de nos succès, fiers de nos\nartistes, fiers de nos gloires nationales; mais soyons justes aussi, et dans\ncette revue des maîtres et de leurs chefs-d'œuvre, n'oublions pas nos voisins;\nn'oublions pas l'accueil si enthousiaste et si mérité qui a été fait à l'auteur\nde Rigoîetto, du Trovatore et à'Aida. Cette grande page du Requiem de Man-\nzoni, toute pleine de douleur et de foi, aurait mérité mieux qu'un théâtre,\nmais Paris manque dune salle de Concert, et il a fallu, par exception,\nautoriser l'Opéra-Comique à offrir son hospitalité au chef-d'œuvre du maître\nitalien. J'ai dit par exception, messieurs, car l'Opéra-Comique, avant\ntout, se doit exclusivement au genre si national des Grétry, des Hérold, des\nBoieldieu, des Halévy, pour citer seulement ceux qui ne sont plus et ne pas\nembarrasser les vivants. »\nEnfin, et après une courte biographie de M. Deldevez :\n« Aujourd'hui, après plus de trente ans de labeur, il occupe le fauteuil de\nson ancien maître (M. Habeneck); il dirige la classe d'orchestre du Conser-\nvatoire, et, comme Habeneck encore, il tient en sa main le redoutable bâton\nqui suspend ou qui entraîne l'orchestre sans rival de la Société des Concerts.\n« C'est en lui, messieurs, en lui dont la vie doit vous servir d'exemple et\ncalmer vos jeunes impatiences, c'est en M. Deldevez que je suis heureux de\nrécompenser le compositeur, le professeur, le chef d'orchestre enfin, en atta-\nchant sur sa poitrine la croix de la Légion d'honneur. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-08-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-08-15_01#c032", "volume": "bmtnabc_1874-08-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "188", "page_fin": "191", "image_debut": 53, "image_fin": 56, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.2.10.3", "titre_corps": "FAITS DIVERS", "titre_sommaire": "FAITS DIVERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.53", "debut_caractere": 2321, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "FAITS DIVERS\nM.ADOLPHE JULLIENA publié dernièrement dans sa revue musicale du Fran-\nçais, une lettre familière de M. Membrée, où l'auteur de l'Esclave raconte ses\nespérances et ses déboires pendant vingt-trois ans. Cette odyssée bizarre\nd'un homme et d'une œuvre mérite d'être connue. Elle enseignera, mieux"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "que de longs discours, quels obstacles insurmontables se dressent, à\nl'entrée de la carrière, devant les jeunes compositeurs, eussent-ils. comme\ncelui-ci, passé la cinquantaine; comment les directeurs, avec l'idée bien\narrêtée de ne jamais les jouer, les leurrent de vaines promesses, leur impo-\nsent les corrections les plus saugrenues, et trompent leur impatience en leur\nfaisant recommencer sans fin leur travail. Voici la première partie de cette\nlettre in extenso :\n« L'Esclave était d'abord une tragédie en cinq actes que Foussier avait\nprésentée au Théâtre-Français et qui avait été reçue à corrections. Got, qui\nme connaissait depuis un ou deux ans, proposa à Foussier de quitter le\nThéâtre-Français et de faire un grand opéra avec sa pièce ; il y consentit.\nJe commençai l'Esclave le 2 décembre 185 1 !... La date est assez singulière\npour que je me la rappelle. Il fut terminé en 1852. Got et moi nous\nallâmes trouver Roqueplan, qui entendit la chose. 11 fit venir Got seul et\nlui proposa telle somme qu'il voudrait pour la pièce sans le musicien, Got re-\nfusa. « Ah! que vous êtes enfant! » lui dit-il. 11 me fit venir seul ensuite\net me pria de passer chez Scribe, qui devait arranger la pièce. Scribe re-\nfusa d'entrer troisième dans une collaboration, alléguant qu'on lui reprochait\nd'accaparer les pièces des auteurs nouveaux et de se les approprier ; que, si\nje le voulais, on pourrait choisir les meilleurs morceaux de la partition et\nqu'il me bâtirait dessus un scénario en trois actes. « Il me semble difficile...\nPas difficile du tout. Je l'ai fait vingt fois! Vous vous méprenez sur le\nsens de ma phrase... Il me semble difficile de planter là mes collabo... Ah !\nque vous êtes jeune ! Le pendant de « Que vous êtes enfant ! » de Roque-\nplan. Affaire manquée.\n« Crosnier devient directeur de l'Opéra. Je vais le trouver, et ce brave\nhomme me dit : « Je n'ose pas... cinq actes, c'est trop gros... faites-moi un\nacte; s'il réussit, je jouerai VEsclave après. » Je fis François Villon, mais\nquand on le joua, Crosnier n'était déjà plus directeur, c'était Royer. L'acte\nréussit, mais Crosnier n'était plus là pour tenir sa promesse et Rcyer n'avait\nrien promis. Affaire manquée. M. Perrin devint directeur. Got le con-\nnaissait un peu, je me fis recommander à lui par Gérôme, pour lequel il a une\ngrande estime. Je lui fais entendre mon ouvrage, qui lui convient. « Je\ntrouve la chose bonne, me dit-il. Eh bien, me jouerez-vous ? Non-seu-\nlement je veux, mais je dois vous jouer, car vous êtes un des rares composi-\nteurs de ce temps-ci qui fassiez ASSEZ GRAND pour l'Opéra. Seulement, comme\nil ne faut pas que ni vous ni moi donnions un coup d'épée dans l'eau, laissez-\nmoi juge du moment où il sera bon de lancer l'ouvrage, et je vous donne ma\nparole que je vous jouerai. » En ce moment-là il était question de l'Africaine.\nMeyerbeer voulait qu'on jouât un compositeur français avant lui pour qu'il\nne fût pas éternellement répété qu'on livrait exclusivement la grande scène\nfrançaise aux étrangers. —Je recommence mes visites à Perrin, mon ouvrage\nétait tout prêt, j'espère que je vais passer.\n« On joue Roland... Affaire manquée.\n« Je vais retrouver Perrin. Je lui fais de doux reproches; je lui rappelle sa\nparole donnée : Oh! c'était une parole momentanée, me répond-il, et d'ail-\nleurs je trouve l'ouvrage trop long en cinq actes ; j'en ai parlé à Got qui va le\nmettre en trois actes. » En effet, Got le remet en trois actes; je remanie ma"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.55", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "partition entièrement. Six mois de travail! Nous la rapportons à Perrin qui\nnous dit: « Ah! comme c'est écourté!.,. Faction ne se comprend plus î... Les\ndeux amoureux s'aiment sans se le chanter (ce qui ne s'est jamais vu! ). Enfin\nla pièce n'existe plus. Mais c'est vous qui avez indiqué les coupures, lui\ndit Got. Oui, c'est vrai, mais je ne savais pas que ça donnerait ce résultat\ntronqué; je vais voir Barbier et lui demander de voir s'il peut arranger cela. »\nBarbier refait la pièce et ce qu'il y .a de bon, c'est qu'il la refait presque\ncomme elle était : cinq actes, la même coupe de morceaux, et, sauf deux ou\ntrois scènes très bonnes qu'il y a introduites, c'est la même pièce. Je re-\nrecommence ma partition; six mois de travail au moins. Perrin me soumet\nde nouveau à de telles attentes que sur ces entrefaites, Martinet est nommé\ndirecteur du Théâtre-Lyrique. Je lui offre l'Esclave, il accepte! Enfin! me\nvoilà en répétition !... La guerre éclate, Paris bloqué »\nM. Jullien résume ainsi la seconde partie de la lettre de M. Membrée :\nAprès la guerre, la Commune. Au mois de mai 1871, le théâtre est incen-\ndié. M. Membrée croit avoir perdu sa chère partition, dont il n'a pas de\ndouble, dont il ne se rappelle pas une note; il a le bonheur miraculeux de la\nretrouver saine et sauve dans une chambre des combles que le feu avait épar-\ngnée. Il s'empresse de porter son opéra à M. Halanzier, il lui joue sa parti-\ntion; celui-ci déclare hautement qu'il ne connaît que deux opéras aussi dra-\nmatiques, la Juive et les Huguenots, mais il se montre plus réservé sur la\nmusique et va pour évincer le compositeur. M. Vaucorbeil, commis saire du\ngouvernement près les théâtres subventionnés, vient alors à la rescousse de\nM. Membrée qui est un de ses meilleurs amis, et demande à M. Halanzier\nd'accorder désormais aux compositeurs, et à M. Membrée tout le premier,\ndes auditions de leurs œuvres, non plus au piano, mais avec solistes,\nchœurs et orchestre. Il ne s'agissait pour le directeur que de payer les frais\nde copie : M. Halanzier ne pouvait refuser ce léger sacrifice à l'administra-\ntion. 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Delle-Sedie a quitté Paris pour se rendre en Italie. Avant son\ndépart, il a corrigé les dernières épreuves de l'important ouvrage qu'il\npubliera au mois de septembre, sous le titre : L'ART LYRIQUE, traité com-\nplet de chant et de déclamation lyrique.\nA Londres, pendant les quelques mois qui constituent toute la saison\nmusicale anglaise, le théâtre de Covent-Garden, dirigé par M. 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La Vie parisienne a servi de pièce de réouverture , avec une\ndébutante, mademoiselle Julia Georges, dans le rôle de Métella. Les nou-\nvelles théâtrales de la presse parisienne s'accordent avec une touchante una-\nnimité à lui donner beaucoup de talent.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[145]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.1", "texte": "LES\nCONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nVANT d'aborder le compte rendu détaillé des concours\npublics du Conservatoire qui ont occupé les huit\nou dix dernières journées du mois de juillet, on me\npermettra d'entrer dans quelques considérations\nqu'il ne me semble pas superflu de présenter,, et\nd'adresser à la direction de notre grande école de\nmusique, avec les éloges qui lui sont légitimement\ndus, les critiques qu'elle me semble mériter encore.\nJ'espère qu'on voudra bien ne voir, en ce qui concerne ces dernières,\n/\naucune pensée d'hostilité de ma part. Elevé au Conservatoire, y ayant\nfait la plus grande partie de mes études, je l'aime comme un vieil ami, et\nc'est parce que je Faime du fond du cœur que je voudrais le voir aussi\n\nV,\n10"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nparfait que possible,, que mon plus grand désir serait de le sentir\ninattaquable.\nTout d'abord, il n'est que juste de constater que les concours ont été,\ncette année, presque aussi brillants que possible, et que leur ensemble a\nprouvé que le niveau des études s'était élevé d'une façon très sensible.\nNon-seulement les classes de piano, de violon et de violoncelle - qui\nn'ont, d'ailleurs, jamais cessé d'être la gloire de rétablissement ont été\nabsolument supérieures er ont produit des sujets hors ligne; non-seule-\nment certaines classes d'ïnstruments à vent, en particulier celles de\nhautbois et de trombone, sont dignes des plus grands éloges, mais\nles classes vocales elles-mêmes ont donné une moyenne excellente et ont\nmontré qu'elles étaient en grand progrès. Il est certain que la création\ndes cours de solfège spéciaux aux élèves chanteurs création due àla\nnouvelle direction a exercé une influence très heureuse sur les études\nvocales, et que nos jeunes chanteurs sont aujourd'hui, par le fait\ndes études théoriques auxquelles on les oblige, bien plus sûrs d'eux-\nmêmes au point de vue du rhythme, de la mesure, de l'intonation,\net parfois même du style. C'est là, il faut le répéter, un grand progrès\nréalisé. D'autre part, on a pu remarquer, cette année, que le nombre\ndes élèves admis aux concours était beaucoup moins considérable\nque par le passé, et qu'on avait été beaucoup plus sévère dans les choix.\nIl en est résulté que les épreuves étaient moins fatigantes et pour\nles jurys et pour les concurrents eux-mêmes ; que tous les élèves\nprésentés étaient réellement dignes d'entrer en lutte, et qu'on n'avait plus\nle spectacle affligeant de nullités absolues venant indéfiniment allonger\nles séances et donnant une médiocre opinion de leurs aptitudes et\ndes soins de leurs professeurs.\nCette part faite à l'éloge, passons à celle de la critique.\nPour commencer, j'exprimerai un regret, c'est qu'on ne rende pas\npublics tous les concours qui ne sont pas absolument théoriques, et qui,\npar conséquent, n'ont aucune raison d'être faits à huis clos. Il va de soi\nque le public ne peut être admis aux séances concernant le solfège, l'har-\nmonie écrite, l'harmonie accompagnée et la fugue. (Encore serais-je un\npeu de l'avis d'un de mes confrères, qui désirerait que les leçons d'har-\nmonie et de fugue fussent exposées, et que chacun en pût prendre con-\nnaissance.) Mais quelle raison valable peut-on donner pour entourer de\nmystère les concours de d'étude du clavier (piano élémentaire),\nde contrebasse et d'orgue? Les séances d'orgue sont à coup sûr extrê-\nmement intéressantes, tant au point de vue de la pratique de l'ins-\ntrument que des connaissances théoriques et techniques dont peuvent"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.3", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nfaire preuve les élèves ; les concours d'étude du clavier, avec des enfants\nqui, comme cette année, exécutent un fragment de concerto, n'ont pas\nplus de raisons d'être tenus secrets que ceux de piano : il n'y a pas\nsi longtemps que ceux de harpe étaient publics, et je ne vois pas\npar suite de quelle nécessité on a jugé à propos de les faire rentrer dans\nl'ombre de l'huis clos ; enfin, le concours de contrebasse ne me semble\npas, à tout prendre, devoir être plus ennuyeux ou moins intéressant que\ncelui de basson, par exemple, ou celui de trombone. Je crois donc,\nencore un coup, que Ton ferait bien de rendre publics tous les concours\nd'instruments, quels qu'ils soient, et il me semble qu'il n'existe, en\ndehors de la routine, aucune raison valable pour combattre cette\nopinion.\nJ'en viens maintenant à certaines observations que j'ai déjà présentées\nl'année dernière, à cette même place. Entre autres choses, je demandais\npourquoi le nouveau directeur du Conservatoire n'avait point jugé à\npropos de rétablir les classes spéciales et les concours spéciaux de voca-\nlisation, qui existaient naguère, et qu'Auber> avec sa nonchalance habi-\ntuelle, avait laissé disparaître. Nous nous sommes aperçu, cette année,\nque l'habileté et la pratique de la vocalisation n'étaient pas généralement\nle côté fort de nos élèves chanteurs, et, chose assez singulière, ce n'est\nque dans les concours d'opéra et d'opéra-comique que nous avons\npu l'observer, car dans le concours de chant proprement dit, les morceaux\navaient été si maladroitement choisis que pas un seul élève n'avait même\nune demi-mesure de vocalise à faire. Je me trompe, un d'entre eux, un\nseul, doit être excepté : c'est M. Manoury, qui a chanté l'air fameux de\nZaira, de Mercadante, dans lequel il a pu faire preuve de son habileté\nsous ce rapport. Je vois bien d'ici les objections que Ton m'opposera; on\nme dira que les élèves chanteurs ont déjà beaucoup à faire au Conserva-\ntoire; qu'il leur faut suivre une classe de solfège une classe de chant,\nune classe d'opéra et une classe d'opéra comique, et que les obliger\nà suivre encore une classe de vocalisation serait trop exiger d'eux. Mais\nque font donc, s'il vous plaît, les élèves des classes instrumentales? Est-\nce que les jeunes violonistes ne suivent pas aussi une classe de sollége,\nqu'ils échangent ensuite contre une classe d'harmonie , le tout en\ndonnant des leçons et en faisant le service d'un théâtre qui leur prend\ntoutes leurs soirées? Est-ce que la plupart des jeunes pianistes, api es\navoir quitté la classe de solfège, ne prennent pas aussi une classe d har-\nmonie, puis une classe de fugue, souvent une classe d orgue ? Est-ce que,\nà tout prendre, les études de ceux-ci ne sont pas encore beaucoup plus\nlongues et beaucoup plus difficiles que celles qu on impose aux chan-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nteurs? Ils ne s'en plaignent pas cependant, et ne quittent l'école que\nlorsqu'ils ont complètement terminé leurs cours. Qu'on soit donc aussi\nexigeant pour les uns que les autres sont exigeants pour eux-mêmes, et\nje crois que tout ira mieux.\nEnfin, il est une question surtout qui me tient à cœur, c'est celle\nqui concerne l'emploi du costume, emploi si essentiel, aux yeux de tous\nles esprits sensés, dans les concours d'opéra et d'opéra comique. Ici je\ndemande la permission de reproduire textuellement ce que je disais à ce\nsujet Tan dernier : ce n'est qu'à force de frapper sur un clou qu'on ren-\nfonce ; ce n'est qu'à force de répéter les choses qu'on finit par les faire\ncomprendre.\nconcours d'opéra et d'opéra comique, paraît vraiment élémentaire : en\neffet, vous formez un élève pour le théâtre, vous lui faites subir un\nconcours de chant appliqué à la scène, vous devez donc l'accoutumer,\nle briser à toutes les exigences, à tous les besoins, à toutes les difficultés\nde la scène. Or, est-il, pour un comédien, besoin plus impérieux que\ncelui de savoir se costumer ? On sait combien le costume est une chose\ndiverse, variée, complexe, puisqu'il comprend le vêtement proprement\ndit, puis la coiffure (qui à elle seule est une science) , la chaussure, l'art\nde se grimer, de se draper, de se mouvoir avec une tunique, une veste,\nun pourpoint, un habit brodé, un frac, une cuirasse, que sais-je ? Com-\nment connaîtra-t-il, non-seulement au point de vue pratique, mais\naussi au point de vue historique, comment connaîtra-t-il, si vous ne\nles lui rendez pas familiers, les mille détails des mille costumes qu'il\npeut être appelé à endosser, et qui varient avec chaque siècle, avec cha-\nque époque, avec chaque règne ? Comment saura-t-il former les plis\nd une robe ou d'un manteau, mettre une fraise ou une collerette, coiffer\nun casque, une toque,, un claque ou un chapeau, placer des rubans ou\ndes aiguillettes, se servir d'un poignard, d'une dague ou d'une épée ; en-\nfin, marcher convenablement avec l'attirail horriblement compliqué du\nplus mince costume, et donner à sa démarche, à ses allures, à ses ma-\nnières, le caractère qui convient à chacun d'eux?... »\nJe sais que ce n'est pas au nouveau Directeur du Conservatoire qu'on\ndoit la suppression, à mes yeux si fâcheuse, du costume dans les con-\ncours de déclamation. Je sais que cette mesure a été prise, dans les pre-\nmiers mois de 1870, sur l'avis unanime du Comité des études de\n1 établissement. Mais je persiste à croire que le Comité des études a eu\ncomplètement, absolument tort en cette circonstance, et j'insiste de nou-\nveau pour le rétablissement d'une ancienne et excellente coutume."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.5", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nCeci dit, nous allons maintenant aborder les concours proprement\ndits, et passer en revue les élèves qui s'y sont le plus distingués.\nPour le piano, dans les classes masculines, c'est M. Chabeaux qui a\nenlevé le premier prix. M. Chabeaux est entré dans la classe de M. Ma-\nthias, il y a, je ciois, six ou sept mois; son éducation était donc faite, et\n1 on ne peut guère dire qu il soit élève de l école ; je ne suis pas très par-\ntisan, je l'avoue, de ces réceptions tardives qui permettent à un artiste\ndéjà formé de venir enlever leur premier prix à des jeunes gens qui ont\nfait toutes leurs études dans les classes, comme cela a eu lieu, cette an-\nj •\nnee, pour MM. Espinosa et Rouveirolis. Pour ma part, il m'est difficile\nde considérer M. Chabeaux comme élève du Conservatoire, où il n'a fait\nque passer pour obtenir un diplôme. Ces réserves faites, je constate que\nce jeune homme est déjà un artiste presque hors ligne, et que sa supério-\nrité sur tous ses rivaux est incontestable.\nLes classes féminines se sont montrées extrêmement et\nabondent en excellents sujets. Aussi le jury a-t-il cru devoir décerner\ntrois premiers prix, trois seconds et six accessits. Des trois premiers prix,\nmesdemoiselles Poitevin, Manotte et de Pressensé, je donnerais peut-\nêtre la préférence à la dernière. Le jeu de mademoiselle de Pressensé est en\neffet élégant et corsé, relevé par de jolies nuances, le son est limpide et\nexpansif; qu'on joigne à cela une grâce aimable qui n'exclut pas la soli-\ndité, un goût sûr et sans faiblesse, un doigté brillant et délicat, et l'on se\nfera une idée du talent de cette jeune personne. Mademoiselle Manotte a\ndu goût, de l'élégance, delà délicatesse, un excellent mécanisme, un jeu\nferme et sûr de lui. Le doigté de mademoiselle Poitevin est fin et d'une\nrare égalité, le son, joli dans la douceur, est un peu dur dans la force,\nles détails sont faits avec goût, et l'exécution est très nette; mais l'en-\nsemble est un peu froid et le style fait défaut. Les trois seconds\nprix, mesdemoiselles Debillemont, Dandeville et Taravant, ne le cèdent\nguère aux premiers. Chez la première ,le doigté est excellent, le méca-\nnisme déjà expérimenté, le jeu plein et bien empâté, le son nerveux et\nsolide, les détails sont remarquables ; là manquent peut-être encore la\nfinesse et la grâce, mais l'ensemble mérite de grands éloges. Mademoi-\nselle Dandeville chante avec expression ; elle a un doigté très fondu, un\nson bien nourri, un mécanisme délicat, un jeu sympathique, élégant et\nsolide à la fois, avec cela de la grâce, du goût et des nuances charmantes.\nA un degré peut-être un peu moindre , les mêmes qualités se reprodui-\nsent chez mademoiselle Taravant, à qui Ton peut reprocher de presser\nun peu trop les mouvements, mais dont l'exécution d'ensemble est très\nsatisfaisante. Parmi les accessits, j'ai surtout distingué mademoiselle"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nPottier, dont la grâce aimable et délicate, le doigté élégant, le son trans-\nparent et pur, le goût très fin et le mécanisme solide laissent peu à dési-\nrer, _ Enfin , parmi les jeunes filles qui n'ont point obtenu de récom-\npense, je citerai mademoiselle Cellier, dont le sentiment distingué et la\ngrâce gentille manquent malheureusement un peu de personnalité ;\nmademoiselle Miclos, qui se fait remarquer par son goût expressif, la\nprécision et la netteté de son jeu ; mademoiselle Borel, dont le joli son,\npur et expansif, le jeu assuré et élégant, les nuances mignonnes sont\nparfois gâtés par un peu trop de précipitation. En résumé, ce concours,\nexceptionnellement brillant, a été excellent à tous les points de vue;\nmais il convient surtout de tirer de pair la classe de M. Le Couppey,\nqui s'est montrée tout à fait supérieure et qui a conquis deux premiers\nprix, les trois seconds prix et trois accessits.\nLe concours de violon, lui aussi, a été des plus remarquables, bien\nque, par une exception singulière, le jury se soit montré avare de ré-\ncompenses. L'unique premier prix a été remporté par M. Lefort, élève\nde M. Massart, qui avait obtenu Tan dernier le premier accessit. M. Le-\nfort a le jeu noble et plein de vaillance, un son puissant et pur, une\njustesse d'intonation parfaite, un archet souple et vigoureux , du senti-\nment et du style : c'est un véritable artiste. Mais j'en dirai autant de\nM. Alterman, qui me semblait mériter la même récompense, et qui se\nfait remarquer par un son limpide, nerveux et transparent, un poignet\nadmirable, un archet superbe et bien posé, une justesse absolue, un mé-\ncanisme parfait, un style très châtié,, un jeu bien égal et bien net. M. Brin-\ndis, qui, ainsi que M. Alterman, avait obtenu précédemment un second\nprix, s'est beaucoup corrigé de l'exubérance qu'il déployait naguère; il a\nmontré de la vigueur et de la grâce, une grande sûreté de mécanisme, de\nla justesse et un joli son. Le second prix , unique aussi, a été décerné\nà mademoiselle Pommereul,, une fillette dont les qualités sont incontes-\ntables, mais dont le style est encore un peu petit, un peu mignon, un\npeu étroit ; le jeu de cette jeune fille est élégant, gracieux ; le son est cares-\nsant ; la justesse très satisfaisante. Mais j'avoue que j'ai trouvé ces\nqualités reproduites à un degré bien plus remarquable chez un élève de\nM. Sauzay, M. Gibier, que le jury n'a pourtant jugé digne que du second\naccessit ; -M. Gibier a un son superbe et plein d'éclat, un bon style, un\narchet ferme et vigoureux ; il chante avec expression, et joint à la force\net à la vigueur la grâce et la délicatesse. C'est un vrai tempérament\nd'artiste, plein de flamme et d'élan. Les deux premiers accessits,\nMM. Heymann et Haguenauer, ne se distinguent par aucune qualité\npersonnelle et particulière, quo'qu'ils ne soient pas sans mérite. J'ai"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.7", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nremarqué, parmi les élèves non couronnés, M. Naegelin, dont le jeu\nencore inexpérimenté indique néanmoins une nature d'artiste avec\nlaquelle il faudra compter un jour.\nAvec moins de supériorité que celui de violon, le concours de violon-\ncelle a pourtant été très satisfaisant. Le premier prix, M. Gillet, ne man-\nque ni de style, ni de mécanisme ; on peut cependant lui reprocher deux\nou trois faiblesses dans l'exécution de son morceau. M. Bruneau, qui\ns'est vu décerner l'un des deux seconds prix, est déjà un artiste au jeu\nvaillant et sûr, au tempérament vif et bien doué. Le jury m'a semblé\nbien exigeant en n'accordant qu'un second accessit à M. Hussonmorel,\nun jeune homme rempli de bonnes qualités, et qui me paraissait mériter\nmieux.\nDans les classes d'instruments à vent, plusieurs personnalités remar-\nquables se sont révélées : M. Molé, premier prix de flûte, dont l'exécution\nest élégante, le son très pur et le style digne d'éloges; M. Schmidt, pre-\nmier prix de hautbois, duquel on peut presque dire qu'il n'a plus rien à\napprendre, tellement son jeu est fini, soigné, distingué, parfait à tous les.\npoints de vue ; M. Campion, premier prix de cor, qui, malgré quelques\ndéfaillances, a fait preuve de bonnes qualités, particulièrement d'un son\ncharmant; enfin, MM. Souchon et Allard, premier et second prix de\ntrombone, qui promettent deux artistes distingués.\nNous arrivons enfin aux trois séances de chant, d'opéra et d'opéra\ncomique. Le concours de chant proprement dit a donné lieu, en ce qui\nconcerne les femmes, à quelques incidents. Tout d'abord la première qui\ndevait se présenter devant le jury, mademoiselle Schad, ne s'étant pas\ntrouvée à l'heure fixée pour la séance, a été déclarée hors concours par\nM. Ambroise Thomas. Quelques instants après, une autre concurrente,\nmademoiselle Belgirard, arrivant juste au moment où venait son tour,\net ne trouvant rien de mieux que de prier une de ses camarades de la\ndevancer afin d'avoir le temps de se reposer un peu, s'est attiré une\nalgarade assez vive de la part du Directeur. Enfin, à l'issue même du\nconcours et lors de la proclamation des récompenses, l'auditoire a jugé à\npropos de protester à sa façon contre le premier accessit décerné à made-\nmoiselle Larochelle, qui lui semblait mériter beaucoup mieux; cette\nprotestation s'est produite sous forme d'applaudissements chaleureux et\nprolongés qui accueillirent cette jeune fille à son entrée en scène. Com-\nprenant le sens de ces bravos, qu'il était impuissant à faire cesser, le\nDirecteur, a trouvé bon, de son côté, de lever brusquement la séance\nsans proclamer officiellement les dernières récompenses. Je ne prétends\nen aucune façon m'ériger en juge de ce petit conflit, que je me borne a"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nconstater. On verra plus loin ce que je pense de l'élève qui l'a occa-\nsionné.\nLes deux héros des concours de cette année sont MM. Vergnet\net Manoury, qui, tous deux, se sont vu décerner un premier prix de\nchant, un premier prix d'opéra et un second prix d'opéra comique (ce\ndernier concours n'a donné lieu à aucun premier prix). Le ténor de\nM. Vergnet est charmant, plein de grâce et de fraîcheur, d'une justesse\nparfaite et d'une grande égalité, avec cela bien timbré et très suffisam-\nment vigoureux ; 1 artiste conduit bien sa voix et n'est nullement mala-\ndroit au point de vue de la scène. M. Vergnet est déjà engagé à l'Opéra.\nM. Manoury est doué d'un beau baryton, franc et robuste, à qui la dou-\nceur et la tendresse ne font point défaut, et dont la justesse aussi\nest irréprochable ; ce jeune chanteur vocalise avec goût et agilité, et\njoint à ces qualités déjà nombreuses un physique agréable et une\ndémarche élégante et aisée. Un second prix de chant et un second prix\nd opéia ont été décernés à M. Couturier, dont la voix de basse chantante,\nchaude et sympathique, déjà bien posée, ferait merveille s'il ne voulait\nparfois la pousser trop, de façon à la faire chevroter; il fera bien de\nse mettre en garde contre ce défaut très grave, qui pourrait briser en peu\nde temps un organe si facilement destructible.\nM. Dieu, qui a obtenu un second prix d'opéra et un premier accessit\nde chant, possède une basse profonde, sonore, très belle et assez juste ;\nmais il a bien à faire encore pour apprendre à s'en servir. Parmi les\nautres élèves, j'ai remarqué M. Taskin (premier accessit d'opéra\ncomique), qui a fait preuve d'intelligence dans une scène du Val d'An-\ndorre, et M. Pellin (deuxième accessit dopéra comique), dont la voix est\nmalheuieusement bien petite, mais qui me semblait mériter mieux par\nla façon dont il a joué un fragment du premier acte du Songe d'une\nnuit d'été.\nUn unique premier prix de chant a été décerné à mademoiselle Duvi-\nvier, qui a déployé les belles qualités d'un mezzo-soprano très franc, très\nbien timbré dans son étendue de deux octaves ; mademoiselle Duvivier\naccentue et articule bien, chante avec fermeté, ne vocalise point mal et\ndonne de séiieuses espérances. Pourquoi cette jeune personne n'a-t-elle\npoint pris part au concours d'opéra ? Mademoiselle Bilbaut-Vauchelet,\nqu'on a récompensée par un second prix de chant et un premier accessit\ndopéra comique, est une jeune fille charmante, à la physionomie fine et\neveillee, au minois intelligent, à la voix chaude, sympathique et suffi-\nsamment étoffée ; à ces qualités naturelles, elle joint un bon sentiment\nmusical, une grande justesse d'intonation, beaucoup de distinction dans"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.9", "texte": "LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE\n\nle phrasé, un trille très net, une vocalisation légère quoique un peu iné-\ngale, enfin une grâce charmante, l'instinct de la scène et une certaine\nadresse dans le débit du dialogue. Voilà pour l'avenir une aimable\nDugazon,à qui je reprocherai seulement les changements qu'elle apporte\nau texte musical d'Hérold, qui n'a nullement besoin d'être corrigé.\nOn sent en mademoiselle Champion, à qui a été décerné un second\nprix d'opéra comique, une jeune femme intelligente et bien douée ; elle\nn'a cependant fait preuve d'aucune qualité personnelle et originale ;\nla voix est ample et corsée, mais l'exécution est un peu étriquée, et\nil semble que jusqu'ici le sentiment soit plus développé que le talent.\nQuant à mademoiselle Larochelle, dont la voix est assez juste et déjà\nbien posée, elle articule bien, phrase avec goût, chante avec assurance\net fermeté, et se fait surtout remarquer par une excellente vocalisation,\ntrès détaillée, très distincte, très fine et très nette ; cette jeune personne\nn'a sans doute pas atteint encore le terme de ses études, mais on est en\ndroit d'espérer pour elle un prochain et brillant avenir.\nJ'ai encore à signaler : mademoiselle Montibert (premier accessit de\nchant), dont le mezzo-soprano est admirable, mais qui a fort à travailler\nencore; mademoiselle Vergin (deuxième accessit de chant et premier\naccessit d'opéra comique), qui ne manque pas de quelques qualités et\nqui paraît avoir l'intelligence de la scène ; mademoiselle Belgirard\n(deuxième prix de chant), dont la voix étendue et flexible, bien timbrée,\nest conduite avec goût; mademoiselle Bâtard, qui me semble avoir été\noubliée à tort par le jury, et dont la voix pleine, corsée, pleine d'am-\npleur, est vraiment superbe.\nTel est le résumé de nos impressions sur les concours de 1874.\nEn somme, nous l'avons dit, ces concours nous ont paru, au point de vue\ngénéral, extrêmement satisfaisants, et nous souhaiterions que le Conser-\nvatoire pût, chaque année, mettre en évidence un aussi grand nombre\nde jeunes artistes déjà formés ou bien près de l'être. En tous cas, il nous\nparaît bien certain que ce n'est pas le hasard qui a pu amener les résul-\ntats très brillants que chacun a pu constater cette année,, et nous pensons\nqu'il n'est que juste de féliciter sincèrement de tels résultats M. le direc-\nteur du Conservatoire, d'abord, ensuite tous ses coopérateurs. Sous la\nréserve des observations qui ont été présentées en tête de cet article, nous\npouvons, en toute conscience et en toute sincérité, adresser à tous les\néloges les plus mérités.\n\nARTHUR POUGIN."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.10", "texte": "PALMARÈS\nDU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE POUR L'ANNÉE 1874\n\nFUGUE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); Barbereau, Benoist,\nBi\\et, Jules Cohen, Théodore Dubois, Fissot, César Franck et Eugène\nGautier.\n( 14 concurrents. )\nler prix :M. E. Génin (élève de M. Reber) ;\n2e prix : M. Dutacq (élève du même).\nier accessit :M. Verschneider (élève de M. V. Massé); 2e accessit : Mlle Renaud\n(Marie), (élève de M. F. Bazin).\nHARMONIE *\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; François Léo\nDelibes, Duprato, Emile Durand, Henry Duvernoy, Elwart, Le\nCouppey et (Drtolan.\n(11 concurrents.)\nier prix :M. Alary (élève de M. A. Savard);\n2e prix : M. Karren (élève de M. Th. Dubois).\nlel1e1 accessit :M. Garier (élève de M. A. Savard); 2e accessit : MM. Caillebotte et\nTaskin (élèves de M. Th, Dubois).\nHARMONIE ET ACCOMPAGNEMENT.\nJURY: MM. Ambroise Thomas (président); Benoist, Babille, Charles\nColin, Deldeve\\, Théodore Dubois,\nClasse des hommes ( 7 concurrents) :\nPas de premier prix.\n2e prix : MM. Broutin et Lapuchin (élèves de M. Émile Durand).\nlE'IE' accessit : M. Blanc (élève de M. Duprato); 2e accessit :M. Cressonnois."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.11", "texte": "PALMARÈS DU CONSERVATOIRE (1874)\n\nClasse des femmes (8 concurrentes).\nPas de premier prix.\n2e prix : Mlle Guinard (élève de M. Édouard Batiste).\nler accessit : Mlle Papot (élève de Mme Dufresne) ;2e accessit : M\"e Cotta (élève de\nM. Batiste).\nSOLFEGE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); François Ba\\in, Ernest\nBoulanger, Charles Colin, Danhauser, Moulin, Georges Pfeiffery\nPrumier et Hector Salomon.\nClasse des hommes (35 concurrents) :\nires médailles : MM. Duchéron (élève de M. Napoléon Alkan); Pierné\n(élève de M. Lavignac) ; Stupuy (élève du même) ; Franck (élève de M.\nAlkan); Guyon (élève du même); Heymann (élève de M. Decombes).\n2mes médailles : MM. Destefani (élève de M. Lavignac); Marty (élève\nde M. Gillette); Caron (élève de M. Alkan); Piffaretti (élève du même).\n3mes médailles : MM. Prioré (élève de M. Lavignac}; Debussy (élève du\nmême) ; Thomas (élève du même); Sablon (élève de M. Alkan) ; O'Kelly\n(élève de M. Lavignac).\nClasse des femmes (44 concurrentes) :\nires médailles : M,le Burton (élève de Mlle Roulle) ; Mlle Ackermann\n( élève de MUe Donne) ; Mlle Vacher-Gras (élève de la même) ; M,le Mi-\ngette (élève de M. Le Bel) ; Mlle Desmazes (élève de MUe Mercié-\nPorte) ; Mlle Hunger (élève de Mlle Doumic) ; Mlle Collin (élève de\nM. Le Bel) ; Mlle Dallemagne (élève de Mme Tarpet).\n2mes médailles : Mlle Maillochon (élève de Mlle Donne) ; M1!t\" Baluze\n(élève de Mme Doumic) ; Mlle Vivien (élève de Ml,e Mercié-Porte) ;\nMlle Blum (élève de Mlle Doumic) ; Mlle Chrétien (élève de M. Le Bel) ;\nMlle Potel (élève de Mlle Roulle) ; Mlle Barreau (élève de M. Le Bel);\nMlle Rousseau-Longwelt (élève de Mlle Roulle).\n3mes médailles : Mlle Archainbaud (élève de MHe Doumic) ; MUe Gon-\nzalès (élève de M,le Doulle) ; Mlle Thuillier (élève de M. Le Bel) ;\nMUe Kin (élève du même) ; Mlle Bellot (élève de M\",e Deurainne) ;\nMllO Dupuy (Marie) (élève de Mil 3 Doulle).\nSOLFEGE DES CHANTEURS\nJURY : MMO Ambroise Thomas (président) ; François Ba{in, Napo-\nléon Alkan, Oscar Comettant, Croharé, Gastinely Augustin Savard,\nVervoitte et Wekerlin."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nClasse des hommes (i 5 concurrents) :\nProfesseur-agrégé : M. DANHAUSER.\nire médaille, :M. Pellin, à l'unanimité;\n2mes médailles : MM. Roques et Couturier ;\n3mes médailles : MM. Dieu, Salzedo, Manoury.\nClasse des femmes (19 concurrentes :\nier médaille, à l'unanimité : Mlle Vergin (élève de M. Mouzin) ;\n2mes médailles : Mlle Du vivier (élève de M. Mouzin); Mlle Gélabart\n(élève de M. Henry Duvernoy) ;\n3mes médailles : Mlle Montibert (élève de M. Mouzin); Mlle Schad (élève\ndu même).\nCHANT\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Victor Massé et Fran-\ncois membres de l'lnstitut, Bonnehée, DeldeveEugène Gau-\ntier, Théophile Semet, Wartelet Wekerlin.\nClasse des hommes (14 concurrents) :\niers prix :M. Vergnet (élève de M. Saint-Yves-Bax) ; M. Manoury\n(élève de M. Grosset);\n2me prix :M. Couturier (élève de M. Roger) ;\niers accessits :M. Dieu (élève de M. Masset) ;M. Dufriche (élève du même).\n2mes accessits :M, Caisso (élève de M. Romain Bussine); M. Pellin (élève du même).\nClasse des femmes (17 concurrentes) :\nlerIer prix : Mlle Duvivier (élève de Mme Pauline Viardot) ;\n2mes prix : Ml,c Belgirard (élève de Mme Viardot) ; MllB Bilbaut-Vau-\nchelet (élève de M. Bax) ; Mlle Marcus de Beaucourt (élève de M. Bou-\nlanger).\niers accessits : Mllc Larochelle (élève de M. Grosset); Mlle Montibert (élève de\nMme Viardot); 2mes accessits : Mlle Vergin (élève de M. Laget) ; Mlle Girard (élève de\nM. Bax); MllO Baron (élève de M. Romain Bussine).\nOPÉRA\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); A. de Beauplan, chef du\nbureau des théâtres; Victor Massé, François Ba\\in, Halan^ier7\nBonnehée, Eugène Gautier et de Saint-Georges.\nProfesseur : ISMAEL\niers prix : MMc Vergnet, Manoury.\n2es prix : MM. Couturier, Dieu.\nPas de premier accessit.\n2e accessit : M. Gally."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.13", "texte": "PALMARÈS DU CONSERVATOIRE (1874)\n\nOPERA-COMIQUE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; A. de Beauplan, Victor\nMassé, François Ba^in, de Saint-Georges , de Leuven, du Locle,\nEugène Gautier et Théophile Semet.\nHOMMES\nPas de premier prix.\n2esprix : M. Manoury (élève de M. Mocker); M. Vergnet (élève de\nM. Ponchard).\nie accessit : M. Taskin (élève de M. Ponchard).\n2CS accessits :M. Gaisso (élève de M. Ponchard); M. Pellin (élève de M. Mocker).\nFEMMES\nPas de premier prix.\n2e prix : MllO Champion (élève de M. Mocker).\nierS accessits : M 1 Bilbaut-Vauchelet (élève de M. Ponchard) ; Mlle Vergin (élève de\nM. Mocker).\nORGUE.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président);\nAuguste Babille, Benoist, Georges\nmant et Widor.\nProfesseur : M. C. FRANCK.\n(4 concurrents.)\nPas de premier prix.\n2e prix : M. Humblot.\nPas de premier accessit; 2e accessit : MM. d'lndy et Verschneider.\nPIANO\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); Georges Bi\\et, Jules\nCohen, Léo Delibes, Delioux, Henri Fissot, Paladilhe, Ritter et Saint-\nSaëns.\nClasses des hommes (i 3 concurrents) .\nlel'1e1' prix :M. Chabeaux (élève de M. G. Mathias);\n2e prix MM. Torrent (élève de M. Mathias); Desgranges (élève de\nM. Marmontel).\n,« accessit :M. Falkenberg (élève de M. Mathias) ; accessit :M. Lemoine (élève\nde M. Marmontel); M. Dusautoy (élève de M. Mathias); M. Debussy (éleve de\nM. Marmontel).\nClasses des femmes (27 concurrentes) :\nier prix : MUes Poitevin (élève de M. Del aborde) ; Manotte et de Près-\nsensé (élève de M. Le Couppey)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.14", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n2E prix : Mlles Debillemont, Dandeville et Taravant (élèves de M. Le\nCouppey).\nlerIer accessit : Mlle Leonardo (élève de Mmc Massart et d'abord de M. Henri Herz) ;\nPottier rélève de M. Le Couppey); 2e accessit : Mlle Decagny (élève de M. Le\nCouppey); Mllc Schmidt (élève de Mmc Massart et d'abord de M. Henri Herz) ;\nMllc Chauveau (élève de M. Le Couppey) ; Mlle Mouzin (élève de M. Delaborde).\nÉTUDE DU CLAVIER\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); Napoléon Alkan, Jules\nCohen) Henri Fissot, Marmontel, Mathias, Henri Potier, Georges\nPfeiffer et Valenti.\n(3i concurrents.)\nires médailles : Mlles Orsolini (élève de Mme Emile Rety) ; Vacher-Gras\n(élève de Mme Chéné) ; Migette (élève de Mme Émile Rety) ; Bandel et\nDemeyer (élèves de Mme Philipon) ; Rousseau (élève de Mme Rety);\nAckermann (élève de Mnie Philipon).\n2MES médailles : Mllcs Barreau et Germain (élèves de Mme Rety) ; Hunger\n(élève de Mme Chéné) ; Maillochon (élève de Mme Rety) ; Plé (élève de\nMme Philipon); Givry et Reidemeister (élèves de Mme Rety) ; Schnecken-\nburger (élève de Mme Philipon).\n3mes médailles : Mlles Baluze, Rivière et Mège (élèves de Mmc Chéné);\nMoresco (élève de Mme Philipon); M. Sujol (élève de M. Croharé).\nHARPE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président); François Léo\nDelibes, Duprato, Émile Durand, Henry Duvernoy, Elivart, Le\nCouppey et Ortolan,\n(2 concurrents.)\nPas de prix.\nicr accessit :M. Boussagol.\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président), Ernest Altès, Armin-\ngaud, Croisilles, Deloffre, Jacquard, Lamoureux, Maurin et\nSarasate.\nVIOLON (18 concurrents.)\nier prix :M. Lefort (élève de M. Massart).\n2E prix : Mlle Pommereul (élève de M. Allard).\nlerIer accessit :M. Heymann (élève de M. Allard); M. Hagucnauer (élève de M.Dancla) ;\n2e accessit :M. Janssen (élève de M. Sauzay) ; M. Gibier (élève du même)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.15", "texte": "PALMARÈS DU CONSERVATOIRE (1874)\n\nVIOLONCELLE (IO concurrents.)\nler prix : M. GilJet (élève de M. Franch o m m e ) ;\n2e prix :M. Bruneau (élève de M. Franchomme) ; Mlle Hillemacher\n(élève du même).\nlerIer accessit : MlleS Maleyx, Gatineau (élèves de M. Franchomme); 2 e accessit :\nM. Hussonmorel (élève de M. Chevillard).\nCONTRE-BASSE\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; François Che-\nvillard,, DeldeveDeloffre, Franchomme, Lamoureux, Rabaud et\nVerrimst.\nProfesseur : M. LABRO.\n(6 concurrents.)\nlERIER prix :M. Florus (Louis) ;\n2e prix : M. Beaugrand.\nier accessit :M. Florus (Gérard); 2« accessit :M. Morel et M. Godallier.\nINSTRUMENTS A VENT\nJURY : MM. Ambroise Thomas (président) ; Dauverné, Deloffre, Jan-\ncourt, Pasdeloup, Paulus, Rose, Rousselot et TaffaneU\nFLUTE\nProfesseur : M. Henry ALTÈS.\n(5 concurrents.)\nler prix :M. Molé;\n2e prix : M. Bertram.\nPas de premier accessit ; 2e accessit : M. Michel.\nCLARINETTE\nProfesseur : M. LEROY\n(6 concurrents.)\nPas de premier prix.\n2e prix : MM. Prouven, Bourdin.\nPas de premier accessit; 2e accessit : M. Perpignan.\nHAUTBOIS\nProfesseur : M. Charles COLIN\n(7 concurrents.)\niet>prix: M. Schmidt.\n2e prix : M. Klein.\nier accessit :M. Silenne; 2e accessit ; MM. Balbrech, Specht,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nBASSON\nProfesseur : M, COKKEN.\n(4 concurrents.)\nior prix :M. Schubert.\nPas de deuxième prix.\nier accessit :M. Jacot.\nCOR\nProfesseur : M. MOHR (3 concurrents) :\nier prix : M. Campion.\n2E prix :M. Bonvoust.\nPas de premier accessit; 2e accessit : M. Penable.\nCORNET A PISTONS\nProfesseur : M. MAURY (5 concurrents) :\ni*1 prix : M. Lachanaud.\n2E prix : M. Leroux,\niev accessit :M. Jaussaud; 2e accessit : M.Franquin.\nTROMPETTE\nProfesseur : M. CERCLIER (7 concurrents) ;\nPas de premier prix.\n2E prix : M. Bâton.\niev accessit :M. Dubois; 2e accessit :M. Auriaux.\nTROMBONE\nProfesseur : M. DELISSE (5 concurrents) :\nlerIer prix :M. Souchon.\n2E prix : M. Louis Allard.\niev accessit :M. Pothier; 2e accessit :M. Legros."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.17", "texte": "La Musique,\nd'aprés une miniature tirée des amoureux, XVIe Siécle."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.18", "texte": "LA MUSIQUE\nDANS\nL'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nI')\nANS l'ordre philosophique et moral, la musique et ses\nserviteurs sont généralement considérés comme l'em-\nblème de la volupté et du libertinage. Toutes les scènes\nqui représentent des festins joyeux, des orgies, contien-\nnent des musiciens. Lorsque l'enfant prodigue oublie\nson père abandonné, c'est le son de la harpe ou du rebec qui fait taiie ses\nremords. Bonne chère, volupté, gourmandise sont toujours accompagnées\nde jongleurs et ménestrels. Dans un des vitraux de la tant îegiettée\nbibliothèque de Strasbourg, daté de 1589 et reproduit dans le Moyen\nAge et la Renaissance (Universités), le vitrail représente la citadelle de\nMinerve, dont les candidats aux différents grades assiègent les murs.\nMais avant d'arriver à la bienheureuse enceinte, où ils vont recevoir les\nlauriers universitaires, qu'ils se gardent bien de faire étape dans les tentes\nqui se trouvent sur leur chemin ; dans celle-ci habite la Paresse, plus\nloin la Timidité, adroite l'lgnorance, à gauche la Volupté. A la porte de\nla tente de Volupté, se tient un ménestrel, qui semble appeler le jeune\ncandidat et le détourner du droit chemin au son d'un luth trompeur.\nLes Bestiaires du moyen âge sont remplis d'allégories semblables.\nDans la cathédrale de Strasbourg, une frise extérieure du quatorzième\nsiècle représente les dangers du vice, et le démon tentateur se montre sous\n\n(1) Voir les numéros des ler juillet et 1\" août»\n\nV.\n11"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nla forme de sirènes jouant de plusieurs instruments. Ici un jeune centaure\nsemble apprendre la musique en face d'une sirène qui chante en s'accom-\npagnant sur le luth . Plus loin, ce sont les mêmes personnages. Le cen-\ntaure, initié par l'enchanteresse, joint aux accords du luth le son de sa\nflûte; il est vaincu, il a cédé aux désirs charnels et à la tentation, mais\nil ne tarde pas à recevoir le châtiment de sa faute ; dans un des groupes\nsuivants, nous le voyons, une corde au cou, danser sous la forme d'un\nanimal immonde. La sirène est son maître, elle le mène à sa guise, non\nplus dans des plaisirs toujours renaissants, mais dans un cruel esclavage.\nLe cruel regard de la sirène, qui tient la corde et frappe sur un tambou-\nrin pour accélérer, sans trêve ni pitié, la danse du malheureux, rend\ntrès bien l'intention de l'artiste (1).\nC'est encore un sens mystique et allégorique qu'il taut attribuer aux\ntapisseries qui ornent l'église Saint-Maurice, cathédrale d'Angers. Ces\ntapisseries du quinzième siècle furent lacérées à l'époque de la Révolu-\ntion. Mais, lorsqu'après ces troubles sanglants, la paix fut rétablie, les\névêques d'Angers s'occupèrent de reconstituer ces tapisseries et c'est à\nces prélats que nous devons la conservation de ce précieux monument.\nCes tapisseries représentent les diverses scènes de l'Apocalypse, et chaque\ntableau renferme, comme on peut le comprendre, un sens allégorique.\nParmi ces nombreux personnages, nous trouvons beaucoup d'anges\nmusiciens qui présentent de l'intérêt, et par leur sens mystique, et sur-\ntout à notre point de vue, par les instruments dont ils jouent. Nous y\ntrouvons une gigue à trois cordes, un grand tambourin, deux timbales\ncurieuses, un orgue portatif à double clavier et une sorte de trompette\nmarine à deux cordes d'un modèle rare (2).\nCette personnification théorique de la musique et des sons se rencontre\nà chaque pas dans les manuscrits et dans les monuments du moyen âge,\net même quelquefois vient s'y mêler le souvenir bien altéré mais pédant\ndes œuvres de l'antiquité. A côté des symboles religieux se formèrent\ndes allégories profanes dans lesquelles se trouve un singulier assemblage\ndu mysticisme sacré et des fables profanes. Un des plus remarquables\nexemples de ce genre est un magnifique dessin du manuscrit du treizième\nsiècle, tiré d'un Liber Pontijicalis,qui appartient à la bibliothèque de\nReims. Ce dessin, déjà décrit en détail dans un autre travail, représente\n\n(1) Voir les dessins de CAHIER : Nouveaux mélanges d'archéologie. 1874. In-\nfolio. Paris-Didot. Page isg.\n(2) Voir pour la description de ces tapisseries : L. DE JOANNIS :\nl'Apocalypse de la Cathédrale d'Angers, dites tapisseries du roi René. Angers et\nParis. Un vol. in-folio. 1864."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.20", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nla musique sous la figure de Pair, lelément producteur du sou. C'est un\npersonnage barbu, entouré par Pythagore, Orphée, Arion et les neuf\nmuses. De ses mains et de ses pieds, il gouverne à sa guise les quatre\nvents, le Zéphyr, FAuster, l'Aquilon et PEurus(i). Nous avons vu plus\nhaut comment la musique, sous les traits de la mélodie, inspirait David.\nPendant tout le moyen âge, nous trouvons la musique personnifiée par\nune femme jeune et belle, élégamment vêtue. Une des plus remarquables\nde ces représentations se trouve parmi les peintures des arts libéraux du\nquinzième siècle, découvertes il y a quelques années par le Comité des\nmonuments historiques, dans une annexe de la cathédrale du Puy-en-\nVelay, sous une épaisse couche de badigeon. La Musique est assise dah*»\nune sorte de chaise, elle est jeune, richement vêtue, et joue d'un orgue\nportatif à huit tuyaux ; sa tête porte un diadème et, derrière son oreille\ngauche, se dresse coquettement un petit bouquet de fleurs; auprès d'elle,\nTubal écoute les dernières résonnances des deux marteaux avec lesquels\nil vient de frapper une enclume (2).\nLe manuscrit des Échecs amoureux, du commencement du seizième\nsiècle, exécuté pour le jeune comte d'Angoulême, plus tard François ler,Ier,\nsur lequel nous aurons à revenir encore, nous offre une superbe figure\nde la Musique que nous reproduisons ici. C'est une femme jeune et\ncouverte de riches habits; elle est assise sur deux cygnes et frappe sur\nun psaltérion à baguettes. A ses pieds, on voit une lyre, un orgue à\ndix-neuf tuyaux visibles et vingt-deux touches, et une flûte à cinq\ntrous ; derrière elle, sur une estrade, deux chanteurs, trois musiciens\njouent de la flûte, du hautbois, de la cornemuse; trois enfants de\nchœur et leurs maîtres exécutent un concert. Cette miniature, remar-\nquable par l'exécution et aussi par la fidélité des instruments qui y\nsont peints, est placée en tête d'un traité de musique.\nDans un livre à l'usage des écoliers, intitulé : Margarita Pliiloso«\nphica, de Reichs (Strasbourg, isoB, 40), et qui eut une grande vogue\npendant tout le seizième siècle, on voit encore une remarquable repré-\nsentation delà Musique. Nous aurons à reparler de cette figure qui, au\npoint de vue historique, n'est point sans présenter quelque intérêt, et\nque nous reproduirons dans la suite de ce travail.\nNon contents de donner à la Musique des attributs et un costume\nallégorique, les artistes du moyen âge sont allés jusqu'à lui trouver un\n\n(1) LAVOIX fils. La Musique dans la nature, une brochure in-B°. Paris, 1873.\n(2) Voir le dessin de ces peintures : GAHIF.R : Nouveaux mélanges d'archéologie.\n1874.— Page 293*"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "164", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.21", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nblason et M. Merlin cite un manuscrit de la bibliothèque Mazarine qui\ncontient le blason et la figure des arts libéraux dans lequel on trouve ces\nlignes relatives à la Musique : « Une jeune dame en cheveux bien\nadorné... assise sur une signe (cygne).,, une orgue, un luth et plu-\nsieurs autres instruments auprès d'elle... Porte de Sind, à deux glaivez\n(flageolets) d'argent (i). »\nPendant tout le seizième siècle, et au commencement du dix-septième,\nces allégories musicales tinrent une grande place dans les peintures,, les\nsculptures , les poésies et les romans. Ce fut comme une épidémie de\nconcetti et de jeux d'esprit, qui régna sur la gent savante et roman-\ncière , toute bourrée de pédanterie , toute reluisante de grâces de\ncollèges. Un seul exemple suffira pour montrer jusqu'où pouvait aller ce\ngoût pour les calembours en allégories et en images, dont se régalaient\nles beaux esprits du commencement du dix-septième siècle , encore tout\nimbus des tendances littéraires de l'ltalie. C'est Charles Sorel qui parle\ndans son Histoire comique de Francion : voulant donner un tableau\nde nos vertus, de nos vices, et caractériser chacune de nos passions\nbonnes ou mauvaises par un trait incisif et ingénieux, l'auteur ne\ntrouva rien de mieux que de chercher ses comparaisons dans la musique\net de nous montrer ce qu'il appelle l'orchestre des passions. L'Humilité\nchante la basse, l'Ambition le dessus , la Colère fait la taille, la Ven-\ngeance la contre-taille, la Modestie tient le tacet, la Prudence bat la\nmesure et conduit le concert, la Prudence fait le plain-chant, l'Artifice\nfredonne, la Douleur fait des soupirs, la Dissimulation l:s feintes et\nles dièzes. Dans ce bel ensemble, les instruments ne restent pas muets;\nl'Avarice joue de la harpe en véritable Harpagon, « la Prodigalité du\ncornet, non point du cornet à bouquin, mais bien de celui à jeter les\ndés, l'Amour joue de la vielle, parce qu'il fait violer les filles, la Trahi-\nson joue de la trompe parce qu'elle trompe, la Justice du hautbois, par-\nce qu'elle fait élever des potences. » Cette liste présente à la vérité un\nautre intérêt que celui de quelques calembours d'un goût douteux,\nmais nous y voyons aussi jusqu'à un certain point la composition d'un\norchestre en 1633.\nIl faut rapporter aussi à la même époque une autre manie, pour dire le\nmot, qui n'était guère moins ridicule que celle dont nous venons de\ndonner un exemple, et qui fut fort répandue surtout en Italie. Je veux\nparler des rébus dans lesquels nous trouvons un nombre infini d'in-\n\n(1) MERLIN : Origines des caries à jouer. In-B°. 1870"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.22", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nstruments de musique, dont le dessin exprimait un mot ou une pensée.\nDes pièces de vers étaient écrites de cette façon, et il est des ouvrages\nentiers, complètement composés sous cette forme bizarre et figurée. Dans\nun ouvrage curieux intitulé : Opéra jocunda, Johannis Georgii Alioni\nastensis, métro maeharonico, maternoet gallico Ast, 15 21,\non voit des sonnets de ce genre. Verrier, Sélim, Ménétrier en ont aussi\npublié, et la Bibliothèque nationale possède dans son département des\nmanuscrits, deux volumes pleins de ces sortes de facéties. Je laisse à\npenser si les violes, les musettes et les trompes jouent un grand rôle\ndans cette langue hétéroclite, où le calembour et le coq-à-lane se ma-\nrient dans la plus grotesque union. De pareils travaux, si tant est qu'ils\nméritent ce nom, peignent l'état intellectuel d'un peuple ou d'une\népoque ; mais, croyez-moi, cher lecteur, une courte mention est tout ce\nqu'ils méritent dans un travail de ce genre, et les étudier en détail se-\nrait aussi fastidieux qu'inutile (1).\n(La suite prochainement.)\n\nH. LAVOIX fils\n\n(1) DELEPIERRE : Essai historique et bibliographique sur les rébus. Londres, 1870\nUne brochure in-8° avec planches."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.23", "texte": "DE LA\nGYMNASTIQUE PULMONAIRE\nCONTRE LA PHTHISIE\n\n(I)\n. Lombard, après s'être livré de son côté à des recher-\nches comparatives dans la ville de Genève, dit au con-\ntraire :\n« L'exercice constant de la voix est une circonstance\nà laquelle l'on a souvent attribué la fréquence de la\nphthisie.\na Malgré tout ce que ce raisonnement paraît réunir de probabilités,\nil résulte néanmoins des recherches statistiques que cette influence n'est\npoint nuisible, autant qu'elle le paraît au premier abord; loin de là, elle\nsemble plutôt diminuer qu'augmenter le nombre des phthisiques. »\n« Voici quelle est, pour la ville de Genève,, la proportion des phthi-\nsiques dans les professions qui demandent un exercice constant des or-\nganes vocaux :\nNombre total Nombre\ndes décès. des phthisiques.\nInstituteurs 7 1\nMinistres du culte protestant 52 6\nMaîtres d'arithmétique 9 1\nOfficiers 89 4\nMusiciens 27 1\nAvocats 12 i\nProfesseurs * 37 1\nInstitutrices 21 4\n254 19 (2)\n\n(1) Voir le numéro du lerIer août.\n(2) De l'influence des professions sur la phthisie pulmonaire, par H.-G. Lombard,\nde Genève; Annales d'hygiène, année 1834, t. XI, p. 35."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.24", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\n« En résumant ces tableaux, on trouve que la proportion moyenne de\nla phthisie sur la généralité des décès est de 114 pour 1,000. Pour les\nprofessions qui demandent un exercice constant des organes vocaux,\nelle n'est plus que de pour 1,000 ;et encore faut-il remarquer que,\ndans les éléments qui constituent cette moyenne de 75, les musiciens\nne donneraient que 1 décès par phthisie sur 27. »\nD'après M. Lombard, on peut donc conclure négativement quant à\nl'influence supposée pernicieuse du jeu des instruments à vent.\nM. Louis, tout en reconnaissant le mérite des deux auteurs qui pré-\ncèdent, croit devoir restreindre la portée de leurs conclusions : « De ce\nqu'ils n'ont pas tenu compte de toutes les circonstances de milieu et\nautres, le résultat de leurs travaux ne peut être, dit-il, considéré que\ncomme provisoire. »\nLe Dr Barallier, dans le tome XVI du Recueil des Mémoires de\nmédecine et de chirurgie militaire, page 66; De iinfluence des instru-\nments à vent et en cuivre, s'exprime ainsi :\n« D'après les notions physiologiques qui précèdent, il est aisé de\npressentir que, parmi les effets pathologiques qui peuvent résulter de\nl'exercice prolongé du clairon, du cornet et de la trompette, les uns ont\nlieu dans les organes de la respiration, et les autres dans ceux de la cir-\nculation.\n<L Ainsi les jeunes gens robustes et qui ont une large poitrine s'y habi-\ntuent facilement et n'en souffrent pas ; mais ceux qui sont d'une faible\nconstitution, dont la poitrine est étroite, qui ont le cou court, qui sont\ntrès sanguins, et qui sont gras et ramassés, éprouvent, après avoir donné\nlongtemps des instruments à vent, de l'oppression, des étouffements,\ncomme s'ils venaient de faire une course.\n« Ces effets ne viennent pas seulement de la (atigue qu'éprouvent les\nagents de la respiration pendant cet exercice, mais encore de la stase\ndu sang, qui a lieu dans le poumon durant les longues aspirations, et de\nl'embarras qui existe dans la circulation à sang noir.\n« Cette stase du sang dans la poitrine, ainsi que le passage fréquent et\nrapide de l'air à travers les bronches, peut devenir une prédisposition et\nmême une cause de catharre, de pneumonie et, par suite, de phthisie.»\nSelon M. Michel Lévy: « Les individus faibles, à respiration courte et\ngênée, prédisposés aux affections de poitrine, ne soutiendraient pas les\nprofessions où les poumons sont en jeu ; ils s'en éloigneraient après les\navoir essayées, et tel doit être l'avis du médecin a leur égard; car si les\nefforts de la voix sont supportés par les gens bien constitués, si le chant\net la déclamation favorisent chez eux le pariait développement des pou-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.25", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmons, ceux qui présentent quelques signes de prédisposition tubercu-\nleuse ou d'irritation pulmonaire, ne pourraient gagner, à ces exercices,\nque des irritations fâcheuses, promptes à récidiver et à s'aggraver.» Nous\nne nous chargeons pas d'expliquer comment M. Michel Lévy peut\ns'exprimer ainsi après avoir écrit : « Dans l'exercice des organes de la\nvoix, les poumons, réservoirs de l'air, en reçoivent davantage par des\ninspirations plus fréquentes et plus profondes; ils sont directement\nexercés,; ils augmentent de volume, et le thorax se prononce en propor-\ntion. L'exercice modéré de la lecture à haute voix et du chant doivent\nfaire partie du système de gymnastique, qui tend à compléter chez les\njeunes gens le développement plus ou moins arrêté de la poitrine et du\npoumon. » (Michel Lévy, Traité d'hygiène, t. 11, p. 441.)\nEt combien qui, ne pouvant pas non plus méconnaître les avantages\nde la gymnastique en général, se sont, comme M. Michel-Lévy, refusés\nà étendre ces avantages à la gymnastique partielle des poumons ! C'est\nen quelque sorte comme si l'on disait que l'exercice fortifie tous les orga-\nnes débiles sauf un seul, le poumon.\nM. le docteur Bennati, qui fut longtemps médecin de nos premières\nscènes lyriques, s'exprimait ainsi en 1831, devant l'Académie des\nsciences :\n« Dès que l'atonie est diminuée par ce premier traitement, je cher-\nche a exercer la voix, de même que, dans la photophobie, après la cessa-\ntion des symptômes dominants, je conseille la lumière du jour. Ainsi,\nj'engage le malade, s'il est chanteur, à faire graduellement plusieurs\ngammes de suite, et je lui indique en même temps le moyen de régler\nson haleine.\ncc Si, au contraire, le malade n'est pas musicien, je le prie de déclamer\nà haute voix, ou bien d'émettre différents sons analogues , autant que\npossible, a ceux de la gamme chantante; c'est par suite d'un pareil exer-\ncice, pendant la convalescence, que je suis parvenu à faire chanter des\npersonnes qui, sous le rapport de la voix et de l'oreille, ne se croyaient\naucune disposition pour le chant.\n« Il est important pour un chanteur d'avoir le plus grand développe-\nment possible dans 1 ensemble des organes respiratoires.\n« Ne sait-on pas que si la plupart des sourds-muets succombent à la\nphthisie pulmonaire, c est que leurs poumons, s'affaiblissant, éprouvent\nun arrêt de développement, et tendent même à s'atrophier par le seul\nfait de leur inaction à parler? »\n( Rech. sur les maladies qui affectent les organes de la voix humaine.)"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "169", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.26", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nAub. Roche. On signale parmi les causes occasionnelles de la phthisie\nles cris forcés, la déclamation, le chant mal dirigé et le jeu des instru-\nments à vent (Dict. de méd. et de chir. pratique. Phthisie).\nMM. Monneret et Fleury (Compendium). On a considéré, comme\nparticulièrement exposés à contracter la phthisie, les individus obligés\nde faire de grands efforts de voix ou de respiration, les acteurs, les chan-\nteurs, les avocats, les verriers , les coureurs, les joueurs d'instruments à\nvent, etc.\nGrisolle s'exprime ainsi dans la septième édition de son Traité de pa-\nthologie interne :\naOn a recherché si certaines professions ne prédisposaient pas à la\nphthisie. MM. Lombard et Benoiston de Châteauneuf ont fait de loua-\nbles efforts pour résoudre ce problème important; mais il est impossible\nde tirer de leurs travaux, qui offrent bien quelque intérêt, aucune conclu-\nsion rigoureuse... » Et plus loin le même auteur ajoute :\n(c L'excitation non inflammatoire du poumon ou la fatigue de cet organe\naurait-elle plus d'influence que sa phlegmasie (sur le développement de\nla phthisie)? C'est un point qui n'est point encore éclairci. Toutefois,\nje dois rappeler ici un fait curieux, signalé par M. Benoiston de Châ-\nteauneuf : c'est que la mortalité par tuberculisation pulmonaire a été\ntrouvée de i sur 14 chez les soldats , et de 1 sur 7 chez les musiciens...\nMais il a semblé au même auteur que l'exercice de la voix, sans abus\npourtant, paraissait plutôt diminuer qu'augmenter la proportion des\nphthisiques. Cette opinion, que des faits précis n'ont pas encore mis\nhors de doute, nous semble cependant bien probable. »\nEnfin, M. le docteur Mandl a présenté, le 12 mars 1855, à l'Académie\ndes sciences, un mémoire intitulé : La fatigue de la voix dans ses rap-\nports avec le mode de respiration.\nDans ce travail qui n'a de commun avec le nôtre que d'avoir même\norigine, c'est-à-dire d'avoir, lui aussi, pris naissance dans des conversa-\ntions particulières avec des professeurs émérites comme MM. Delsarte et\nMassé, qui ont fait de l'art de respirer une étude toute particulière,\nl'auteur ne dit rien absolument qui ait trait à la question médicale dont\nnous nous occupons. Il ne traite que du mode de fonctionnement du\nlarynx dans le chant, et des moyens de conserver les voix à l'aide d'une\nbonne respiration.\nOPINION DES AUTEURS ANGLAIS\nLe Dr Autenrieth, de Tubingen, selon M. Alexandre Crichton, a re-\ncommandé le premier d'améliorer le rétrécissement et l'état contracté de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nla poitrine par de profondes et fréquentes inspirations. Il conseillait à\nses patients de placer les mains sur un support solide , et de s'exercer\neux-mêmes à faire de profondes inspirations, mais il avait soin de les\nprévenir contre le danger de pousser cet exercice jusqu'à la fatigue.\nAprès Autenrieth, des médecins, en Angleterre, partant de ce fait uni-\nversellement accepté que l'emphysème pulmonaire (l'asthme) ne coïn-\ncide jamais avec laphthisie, dont il est comme l'antagoniste, ont cherché\nà placer, non-seulement les poitrines menacées, mais les poitrines déjà\nmalades, dans les conditions qui développent cette maladie.\nDe là l'usage des inhalations forcées, que Ramadge d'abord, puis\nSteinbrenner, Cricliton, Cardvvell, etc., obtenaient, à l'aide d'un appa-\nreil spécial, disposé de manière à obliger le malade à faire de grands\nefforts pour respirer, et que, plus tard, Talmedo a prétendu obtenir\nmieux encore en obligeant le patient (patient est ici le véritable mot) h\nrespirer dans une horrible atmosphère d'huile de Dippel (i).\nM, Steinbrenner assure qu'il a vu la méthode des inhalations forcées\nproduire des résultats fort remarquables. « Des personnes à respiration\ncourte et irrégulière, essoufflées à la moindre fatigue, ont été délivrées\nde ces incommodités. Des bruits respiratoires faibles, rares, rudes, ont\nrepris leurs caractères normaux, la dépression et la matité des régions\nsous-clavières disparaissent, les mouvements d'élévation et d'abaisse-\nment des côtes supérieures sont plus prononcés, la circonférence supé-\nrieure de la poitrine devient plus considérable, et augmente de 6, 8, 12\net même T 7 centimètres. )) Nous acceptons très volontiers les faits..., mais,\npar la méthode anglaise , le malade, s'il a le courage de persister dans le\ntraitement, se guérit en s'ennuyant, tandis que nous voudrions, nous,\nqu'il se guérît en s'amusant.\nM. Clark, « La lecture à haute voix et la déclamation, quand elles\nsont prudemment employées, peuvent être utiles pour fortifiera la fois\nles poumons et ks organes digestifs, ainsi que pour tonifier la voix. La\nclaire et distincte énonciation qui s'acquiert par une longue pratique\n\n(i) Voici, d'après ces médecins, comment s'opérerait la guérison :\nL'emphysème pulmonaire, par suite de la dilatation des cellules aériennes et du\nvolume plus considérable du tissu pulmonaire qui en est l'effet immédiat, produit une\npression constante, exercée du dehors en dedans sur les parois des cavernes, qui se\ntrouvent ainsi mises en contact et se réunissent par première intention. Après la ci-\ncatrisation de la caverne, la guérison esc souvent solide et définitive, parce que l'em-\nphysème, qui a produit la cicatrisation prévient les éruptions nouvelles de tuber-\ncules, et rend inoffensifs les tubercules déjà existants, puisque ceux-ci, chez les\nemphysémateux ou asthmatiques, sont bientôt séquestrés par une mati re noire\nqui les entoure de toutes parts."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.28", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nseulement, se trouve rarement associée avec la phthisie pulmonaire.\nC'est pourquoi j'ai l'habitude de recommander la pleine expansion de la\npoitrine aux jeunes personnes qui sont dans cet état (affaiblissement de\nla poitrine), de jeter les bras et les épaules en arrière et, dans cette posi-\ntion, d'inhaler lentement autant d'air qu'elles peuvent, et de répéter cet\nexercice à de courts intervalles et dans des séances successives. Quand\ncela peut être fait en plein air, cela est bien préférable, car on obtient\nun double avantage. »\nOn voit par ces seules citations de combien diffèrent les auteurs an-\nglais d'avec les auteurs français sur la question qui nous occupe. Et\nmaintenant, que nous devons avoir suffisamment édifié le lecteur sur le\npassé de cette question, entrons sans plus tarder dans les détails de l'en-\nquête qui a été dite, avec cette espérance que_, vu l'importance dn sujet\net la grande notoriété de la plupart des noms que nous invoquerons,\naucun ne sera lu sans intérêt.\nCHAPITRE II\nDéclamation. Opinions exprimées par les professeurs du Conservatoire :\nMM. Samson, Provost, Régnier, Beauvallet, et par M. Ricourt, professeur libre.\nM. Samson, dont la juste célébrité nous faisait espérer quelques ren-\nseignements utiles, n'a fait aucune observation qui puisse éclairer notre\nsujet. Cet honorable professeur se borne à constater que tous les artistes\nde sa connaissance au théâtre possèdent d'excellentes poitrines ; mais\nil ne saurait dire s'ils doivent cet avantage à leur art,ou simplement à\nune faveur particulière de la nature.\nM. Provost considère, en thèse générale, la gymnastique du poumon\ncomme salutaire, de même que l'exercice des autres organes ; mais rien\nne l'autorise à penser qu'une personne dont l'organe vocal serait taible\ndût aborder la carrière théâtrale.\nM. Régnier n'a pas fait d'observations qui lui permettent de formuler\nune opinion à l'égard de l'influence prophylactique de la déclamation sur\nlaphthisie; mais il ne se rappelle aucunement avoir vu ses camarades\nde théâtre devenir poitrinaires par suite de l'exercice de sa profession,\nqu'il considère comme l'une de celles qui sont le mieux favorables à une\nbonne hygiène.\nAvant d'entrer au théâtre, M. Régnier se destinait à l'architecture;\nl'un de ses camarades d'études, fils du docteur Lachèze, dépérissait a"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nvue d'œil; tout indiquait chez lui la diathèse tuberculeuse ; son père lui\nfit apprendre à donner du cor, et bientôt le jeune homme revint à la\nsanté, se développa, et il est encore aujourd'hui plein de vie.\nM. Beauvallet n'a pas d'observations particulières pouvant servir à\nformuler une opinion catégorique sur la question. Cependant cet honora-\nble professeur croit pouvoir affirmer que le théâtre ne saurait convenir à\nceux dont la poitrine est faible et qui sont prédisposés à l'affection\ntuberculeuse. Il fonde cette assertion sur la fatigue que comporte la car-\nrière du tragédien, non-seulement quant à l'organe vocal, mais aussi,\net surtout, par rapport au système nerveux que les émotions de la scène\nébranlent profondément. Dans le débit et l'action tragique, pour attein-\ndre à l'expression voulue, il faut faire une dépense de forces dont une\npoitrine faible ne serait point capable.\nIl y a dans cette manière d'envisager la question un point de vue très\njuste en soi, et qui n'est point contradictoire avec notre thèse.\n« Je regarde, dit M. Ricourt, directeur de l'École lyrique de la rue de\nla Tour-d'Auvergne, la déclamation comme éminemment favorable au\njeu des poumons.\n« J'en ai de nombreux exemples, et parmi mes élèves et parmi les\nartistes. En ce moment, je pourrais présenter une jeune personne qui\nm'est arrivée pâle, chétive, avec une respiration courte, haletante, et qui,\naujourd'hui, a le teint coloré, la constitution forte et robuste* Il a suffi\nde quelques mois de déclamation pour lui développer le thorax, lui\ndonner une respiration puissante : c'est le temps nécessaire pour guérir\ntous ces essoufflés qui ne peuvent dire deux vers de suite sans s'arrêter\nquatre fois, et leur faire prononcer de longues tirades sans la moindre\nfatigue.\n« La déclamation exerce une action des plus heureuses sur le système\nrespiratoire ; tous les jours, je suis à même de le constater dans la pra-\ntique. Les organes respiratoires prennent des forces comme tous les\nautres organes, et leur état de santé réagit en bien sur toute l'économie.\nJe suis un exemple des sujets entretenus dans une santé enviable\npar l'exercice de la déclamation : j'ai aujourd'hui soixante-deux ans ;\nme les donnerait-on? Je dis, sans me fatiguer, une tirade de cinq cents\nvers, je vais de Paris à Versailles pour une promenade ordinaire, tandis\nque je vois tous les jours des jeunes gens qui prennent une voiture pour\nfaire la plus petite course, ou qui sont essoufflés pour prononcer deux\nmots.\n« Mais il faut savoir enseigner, c'est-à-dire apprendre à respirer ;\nmalheureusement, c'est un art que, depuis quarante ans, Ton néglige et"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.30", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nqui semble inconnu à beaucoup de professeurs de déclamation. Aussi,\nqu'arrive-t-il? c'est que des élèves, pleins de santé, dépérissent à vue\net risquent de succomber s'ils ne changent de profession ou de pro-\nfesseur... Tout récemment, j'ai vu mourir une belle jeune fille sous\nla méthode vicieuse d'un professeur que je ne puis citer publiquement.\nUn étranger, qui suivait les mêmes leçons, a dû renoncer au théâtre,\ntellement sa poitrine s'affaiblissait.\n« L'essentiel, pour le tragédien, est de savoir respirer, c'est-à-dire de\nprendre un approvisionnement d'air suffisant et à propos, et c'est là\nsurtout ce que j'enseigne à mes élèves. Mesdames Risrori et Salviani\nsavent respirer; Rachel ne le savait pas : aussi était-elle brisée au sortir\nde la scène... Que de fois je lui ai dit : « Mais, ma pauvre enfant, vous\nvous tuez!... » Avec cela, Rachel forçait sa voix, c'est-à-dire qu'elle\najoutait à un premier défaut, au grand détriment de sa santé.\n« Il ne suffit pas de forcer sa voix pour accentuer richement, c'est une\nerreur commune à nombre d'acteurs, et il faut penser avec Monvel que\nle public entend toujours assez, lorsqu'il entend. »\n(La suite prochainement.)\n\nDr V. BURQ."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.31", "texte": "LE SONNET\n\nOTRE illustré symphoniste Hector Berlioz, entendant\nun jour raconter diversement ce qui s'était passé la\nveille à la Chambre,s'écriait : Ecrivez donc l'histoire!\nEt il accompagnait son exclamation d'un de ces gestes\ntragi-comiques qui lui étaient familiers.\nEn effet, il n'est pas facile d'écrire l'histoire, voire une histoire parti-\nculière ou même une simple monographie, celle du sonnet, par exemple.\nOn ne s'entend pas sur l'origine de ce petit poème. Les populations\nultramontaines s'en attribuèrent l'invention ; l'auteur de Y Apollon ita-\nlien prétend que Pétrarque en est le père ; dans son art poétique, Jacques\nPelletier déclare que le sonnet naquit au delà des Alpes; Joachim du\nBellay l'affirme également, car il écrivait jadis dans unerde ses belles\nodes :\nPar moi les grâces divines\nOnt fait sonner assez bien,\nSur les rives angevines\nLe sonnet italien.\nSous la plume d'un auteur aussi instruit que du Bellay, cette assertion\ndevrait être concluante : elle ne Test pas. Thibaut VI, et non Thi-\nbaut VII, ainsi que l'avance Guillaume Colletet, Thibaut, comte de\nChampagne, devenu roi de Navarre en 1234 du chef de sa mère Blan-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.32", "texte": "LE SONNET\n\nche, nous a laissé, dans une de ses soixante-six chansons, le décasyllabe\nque voici :\nEt maint sonnet, et mainte recovdie.\nLe sonnet existait donc avant Thibaut. Or, Thibaut, sorte de gi-\nrouette politique tout à fait à la mode de notre temps, florissait un siècle\navant Pétrarque. Et cependant, s'il est vrai que le moine allemand Raban\nMaur, né à Mayence en 776, ait donné les patrons de certains sonnets\npédantesques_, me voilà obligé de convenir que l'Allemagne nous a pré-\ncédés dans ce genre de composition. Constatation désagréable. Oui, mais\nRabanus Maurus, qui étudia d'abord à l'abbaye de Fulde, continua ses\nétudes à Saint-Martin-de-Tours, sous Alcuin, et il paraît constant, si\nTon s'en rapporte à l'opinion du loyal Colletet, opinion appuyée sur des\nrecherches sérieuses, que le sonnet prit naissance sous nos premiers rois.\nD'après cela, le sonnet serait de création française, et Maurus, qui prit\nles ordres en 814, l'année même où mourut Charlemagne, n'aurait fait\nqu'importer le sonnet dans son pays. Cette version me plaît, je m'y\ntiens, et je laisse à quelque archéologue le soin de défricher plus avant le\nterrain historique du passé remis en jachère par les événements, et tout\ncouvert de ténèbres et de ruines.\nLe sonnet, négligé, puis oublié en France, traversa les monts, illustra\nPétrarque et nous revint. Le moyen âge et la Renaissance en abusèrent.\nL'ltalie seule produisit, au seizième siècle, six cent soixante et un fai-\nseurs de sonnets ; Crescimboni le constate. Se figure-t-on le nombre de\nrimes amoncelées par ces six cent soixante et un poètes, poétereaux et\nrimailleurs courant après la gloire, rêvant le triomphe et s'évanouissant\nau souffle de l'oubli ? Le sonnet tourna la tête à tout le monde ; il éblouit\nles sages et les fous, les artistes et les savants ; il s'introduisit dans les\nchâteaux avec les trouvères ; il se glissa à la Cour avec les courtisans , il\nmonta sur la trône avec les rois. Surrey, dont Henri VIII fut le bour-\nreau, et le brillant Spencer pillé par les révoltés de Tyrone ; sir W alter\nRaleigh, un des vainqueurs de l'Armada, et la reine-vierge (! ) Élisabeth\nfirent des sonnets; la poétesse Gaspara iempa, dont la sœur Cassandie\npublia les œuvres, en fit ; Paterno en fit ; Claudio lolomei en fit,\ngens de lettres autrefois renommés, aujourd'hui inconnus : Caro, Pelle-\ngrini, Baldi luttèrent contre les difficultés du sonnet. En France, les\nsonnets fourmillèrent. Etienne de La Boëtie, qui, à 1 âge de seize ans>\navait traduit plusieurs ouvrages de Xénophon et de Plutarque, ne dédai-\ngna pas de marcher sur les brisées de du Bellay et de Ronsaid. Olivier"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.33", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nde Magny affola Henri II et sa Cour par ce dialogue entre le poète et\nCaron :\nOLIVIER. Holà, Char on, Char on, nautonier infernal.\nCHARON. Quel est cet importun qui si pressé m'appelle?\nC'est le cœur éploré d'un amoureux fidelle,\nLequel pour bien aimer n'eut jamais que du mal.\nQue cherches-tu de moy? Le passage fatal.\nQuel est ton homicide? O demande cruelle :\nAmour m'a fait mourir. Jamais dans ma nacelle\nNul sujet de Vamour je ne conduis à val.\nEt de grâce, Charon, conduy-moy dans ta barque.\nCherche un autre nocher, car ny moy, ni la Parque\nNentreprenons jamais sur ce maistre des Dieux.\nJ'irai donc malgré toy, car je porte dans l'âme\nTant de traits amoureux, tant de larmes aux yeux\nQue je ferai le fleuve et la barque et la rame.\nCe style mièvre, affecté, précieux et faux, ces images forcées et préten-\ntieuses étaient du goût du roi Henri ; ils charmaient le prince indolent\net prodigue, dont le père, François ler,Ier, personnifiait la bravoure, et dont\nle fils, Charles IX, personnifia le fanatisme et le meurtre.\n• Dès longtemps le pédaritisme, qui glisse partout son museau hargneux\net puant, avait fabriqué des sonnets doubles,, rétrogrades, acrostiches,\nmésostiches, à queue, continus, serpentins, retournés, enchaînés, estram-\nbots, septénaires, en losange, par répétition , en croix de Saint-André :\nc'était très joli. Ces puérilités ridicules, bonnes tout au plus pour des cuis-\ntres en goguette, correspondaient à l'ordre d'idées d'où sortirent les\nmesses à neuf chœurs, les morceaux à soixante, à quatre-vingt-seize par-\nties et les canons énigmatiques, exercices déplorables fort prisés par les\nimbéciles qui s'y livraient, et si justement décriés par Beethoven, qui\nvoyait dans la musique autre chose que des billevesées privées de chant,\nde poésie, de goût et de sens. Casa, en Italie, et, en France,\nqui trouvait la rime difficile, voulurent, l'un et l'autre, modifier les rè-\ngles du sonnet et les rendre moins sévères; à son tour, Antonio Tempo\najouta un ou deux vers au sonnet et l'appela : Il sonnetto con ritornello.\nLaudun d'Aigaliers, lui, inventa des demi-sonnets : grâce à lui, on eut\ndes demi-sonnets comme on a des demi-glaces. En revanche, Jean de"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.34", "texte": "A la Princesse Marie MESTCHERSKY\nASPIRATION\nSonnet de\nZacharie ASTRUC\nMusique de\nLouis LACOMBE\n(51)"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.35", "texte": "(51)"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.36", "texte": "(51)"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.37", "texte": "A Madame Marie de MONTENON\nLA BERCEUSE DE LA MORT\nSonnet de\nFrançois BARRILLOT\nMusique de\nLouis LACOMBE\nTrès lentement, avec une profonde tristesse.\n(52)"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.38", "texte": "(52)"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.39", "texte": "A Madame J. BARIQUAND nee ALPHAND\nUNE PAQUERETTE\nSonnet de\nFrançois BARRILLON\nMusique de\nLouis LACOMBE\n(53)"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.40", "texte": "(53)"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.41", "texte": "(53)"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.42", "texte": "Boissière de Monferrand s'avisa d'écrire des sonnets doubles, c'est-à-dire\nquatre quatrains sur deux fois huit rimes semblables, et quatre tercets\négalement construits sur les mêmes rimes. C'était substituer la gymnas-\ntique à la poésie et préférer la difficulté à l'expression naïve de la pensée.\nRessuscité, en France, vers l'époque de François lerIer et de Henri 11, le\nsonnet ne tendit à rien moins qu'à remplacer rondeaux, ballades, lais,\nvirelais, triolets, chants royaux, etc., ce qui fit jeter les hauts cris à\nCharles Fontaine, antagoniste de du Bellay. Encore assez en vogue au\ndix-septième siècle, le sonnet, au dix-huitième, tomba dans le dis-\ncrédit. Voltaire, Jean-Jacques Rousseau eurent des préoccupations\ngraves qui éloignèrent d'eux sans doute jusqu'à l'envie de ciseler qua-\ntorze vers pour y glisser une plainte élégiaque ou une pointe quel-\nconque ; esprits vastes, ils démasquèrent les préjugés, ils traquèrent\nl'erreur, ils dénoncèrent les abus_, ils soutinrent le droit, ils combatti-\nrent pour la liberté, ils flétrirent le mensonge, ils souffletèrent l'égoïsme\nsanguinaire, le bon plaisir et l'impudeur assis sur tous les trônes de la\nterre et s'y prélassant orgueilleusement ; ils déchirèrent les voiles qui\ncouvraient les plaies immondes du pouvoir ; ils mirent à nu ce cancer :\nla royauté; ils évoquèrent et firent apparaître la vérité qui, chaste et\nrayonnante, le pied sur le globe, le front dans les cieux, laissa tomber de\nsages paroles de ses lèvres divines ; ils appelèrent tous les déshérités au-\ntour d'elle; ils la montrèrent; ils dirent aux peuples qui les écoutaient :\nvoilàla reine future du monde ; suivez-la, servez-la, n'aimez qu'elle. Ces\nvastes poursuivant un but sublime, se souciaient médiocrement,\nje suppose, d'enfermer dans un cadre, d'ailleurs, mesquin, des idées qui\nl'eussent brisé.\nCependant, et malgré sa forme bizarre, étriquée, le sonnet tenta les\nmeilleurs poètes. Dante coula sa pensée dans ce moule ; Shakespeare\naussi; Pétrarque y jeta la sienne; Torquato Tasso, Ronsard, Remy\nBelleau, Pietro Metastasio, qui s'éteignit à Vienne cinq ans avant l'heure\noù devait éclater la Révolution française; le naïf Uhland; Gœthe, qui\nentendit de loin, avant de mourir, la réponse brutale mais concluante\nfaite par les Parisiens aux ordonnances de Charles X ; tous ces auteurs,\net mille autres également renommés, durent en partie leur célébrité\nau sonnet. Le sonnet justifie-t-il donc la vogue prodigieuse dont il a joui\net la recrudescence d'enthousiasme qu'il provoque? Faut-il le considéiei\ncomme une merveille? est-il, ainsi qu'on osa 1 affirmer naguèie, le plus\ngrand effort de l'esprit humain ? J'en doute.\n(( La rime avec deux sons frappant huit fois l'oreille » manque de\ngrâce ; les tercets boitent ; avec des prétentions à la 1 ensemble\n\nV.\nLE SONNET\n12"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nchoque l'ouïe autant que la vue par son irrégularité ; la mélodieuse\nmonotonie des quadruples rimes fait songer aux six rimes en ore soit\ndit sans calembour de certains vers adressés à Elvire par Lamartine,\nle rêveur à l'imagination amoureuse et catholique :\nOui, VAnio murmure encore\nLe doux nom de Cinthie aux rochers de Tibur,\nVaucluse a retenu le nom chéri de Laure ;\nEt Ferrare au siècle futur\n/\nMurmurera toujours^celui d'Eléonore.\nHeureuse la beauté que le poète adore !\nHeureux le nom qu'il a chanté!\nToi qu'en secret son culte honore\nTu peux, tu peux mourir!...\nJ'ignore jusqu'à quel point Elvire dut se sentir heureuse de pouvoir\nmourir après avoir été chantée par Alphonse. Quoi qu'il en soit, je prise\npeu ce début : outre que la fatuité y domine l'amour, il me rappelle un\ndes côtés désagréables du sonnet auquel je reviens en avouant que, si sa\nforme me déplaît, j'admire volontiers ce qu'elle contient parfois; 1 étran-\ngeté du flacon ne m'empêche point de goûter la liqueur ; j'oublie le vase\naussitôt qu'il disparaît sous le tas charmant des fleurs.\nO Tasso, ô Ronsard, ô Pétrarque, ô rayonnements faits hommes,\nne m'en veuillez pas si, détournant mes regards de vous, je les fixe\nun moment sur un penseur longtemps perdu dans les brouillards\ndu Nord! Ce penseur, Shakespeare, composa, comme vous, des sonnets.\nVous dépasse-t-il, maîtres glorieux, ou se place-t-il seulement à votre\nhauteur ? Le colosse britannique parle. Que dit-il? Ecoutons :\n« La satisfaction de la luxure, c'est l'épuisement de 1 âme en pro-\ndigalité de honte : jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite, la luxure est parjure,\nmeurtrière, sanguinaire, infâme, sauvage, extrême, brutale, cruelle,\ndéloyale.\ncc Aussitôt assouvie, aussitôt méprisée. Poursuivi hors de raison, à\npeine son désir est il atteint qu'il est maudit hors de raison, comme une\nfatale amorce mise exprès pour rendre fou celui qui l'avale.\ncc Folle dans la poursuite, elle l'est aussi dans la possession : ayant eu,\nelle veut encore, extrême dans son exigence : béatitude, à l'épreuve ;\naprès l'épreuve, vraie douleur ; d'abord, joyeux projet ; rêve ensuite !\n« Le monde sait tout cela, et pourtant nul ne sait éviter le ciel\nqui mène les hommes à cet enfer, »\nVeut-on savoir comment Shakespeare comprenait l'amour?"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.44", "texte": "LE SONNET\n\n« L'amour, dit-il, est un fanal permanent qui regarde les tempêtes\nsans être ébranlé par elles ; c'est l'étoile brillant pour toute barque\nerrante, dont la valeur est inconnue de celui même qui en consulte\nla hauteur.\n« L'amour n'est pas le jouet du Temps, bien que les lèvres et les joues\nroses soient dans le cercle de sa faux recourbée ; l'amour ne change pas\navec les heures et les semaines éphémères, mais il reste immuable\njusqu'au jour du jugement. »\nQuelle profondeur ! quelle superbe virilité de sentiment et d'expres-\nsion ! Se figure-t-on ce qu'a dû souffrir celui qui comprenait l'amour\nainsi ?\nLes traits sublimes, encore rehaussés par l'éclat des images, abondent\ndans les sonnets du dramaturge anglais. Preuve :\n« Les rides, que ta glace te montrera fidèlement, te feront souvenir des\ntombes béantes : le pas furtif de l'ombre sur le cadran te fera connaître\nla marche clandestine du Temps vers l'éternité (i). »\nEh bien! Ronsard, Tasso, Pétrarque, ceci ne vaut-il pas une élégie\nérotique ?\nEt toi, Gœthe,toi qui empruntas aux Anglais leur système dramatique\net qui, à l'occasion, t'es inspiré de Shakespeare, ne demeures-tu pas au-\ndessous de ce modèle? Va, lorsque je te compare à lui, lorsque je com-\npare tes sonnets aux siens, je me dis que le vieux William est ton maître.\nDepuis peu la manie, ou, si l'on veut, le goût du sonnet se réveille.\nL'excellent Théophile Gautier, Edmond Arnould qui, de son vivant,\ncacha son commerce avec la Muse, l'excentrique Baudelaire, mes amis\nFrançois Barrillot et Zacharie Astruc, MM. Leconte de Lisle, Théodore\nde Banville, Spinelli, Sylvestre, Sully Prudhomme, quelques autres\nencore en ont fait d'exquis. Moi-même, hélas! j'ai cédé à l'entraînement\ngénéral, j'en ai griffonné un certain nombre. Léon Kreutzer, ayant\nappris, je ne sais comment, que je me livrais à cette dangereuse passion,\nm'écrivit un matin : « Faites-vous toujours des sonnets? » Je lui\nrépondis en lui envoyant ce sonnet affreusement libertin :\nHélas ! mon cher ami, ciseler un sonnet\nEst un travail ingrat, je vous le dis tout net.\nPlutôt que d'en voir un revêtu de ma griffe,\nJ'aimerais mieux rouler le rocher de Sisyphe.\n\n(1) Traduction de F.-V. Hugo."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nJ'aimerais mieux apprendre à jouer du cornet,\nDevenir sénateur ou même baronnet,\nComposer pour les sots un ouvrage apocryphe\nOu pâlir sans espoir sur un hiéroglyphe.\nJe hais décidément ces deux affreux quatrains\nSuivis de deux tercets qui cassèrent les reins\nAu bataillon nombreux des Pétrarques en herbe.\nC'est bien asseç, vraiment! d'être un musicien,\nC'est-à-dire un rêveur, un fou ! de n'être rien !\nSans chercher à lier quatorze vers en gerbe.\nOn ne se demande plus guère à cette heure si les sonnets qu'on s'avise\nde produire sont orthodoxes ou hétérodoxes; le pauvre Gautier s'en\nplaignait amèrement. Casa, Maynard ont fait école : chacun traite qua-\ntrains et tercets comme il l'entend. Charles Nodier n'a recours qu'à deux\nrimes pour coucher, en 1828, quatorze vers bien venus sur 1 album\nd'Émile Deschamps. Ce dernier, trop poli pour casser les vitres, trop\nconciliant pour ne pas chercher à mettre la paix entre les partis extrêmes,\nménage adroitement les classiques et les romantiques; il ne se sert pas\nde rimes plates à l'intérieur du quatrain ; mais, pour le reste, il s'exécute.\nAntoni, qu'un mal terrible avait frappé et qui sentit souvent sa raison\nosciller vaguement au contact de la Muse, Antoni Deschamps, frère\nd'Émile, consentit à passer sous ce niveau, la règle; mais ses rimes sont\nassez pauvres et il fait rimer sans vergogne amis avec ennemis dans un\nsonnet fort touchant qui commence ainsi :\nDepuis longtemps, je suis entre deux ennemis ;\nL'un s appelle la Mort et l autre la Folie ;\nL'un m'a pris ma raison, l'autre prendra ma vie...\nPétrarque, à la vérité, avait fait rimer viso avec viso, ce qui était au\nmoins hardi; mais une faute en excuse-t-elle une autres\nAu grand désespoir de Théophile Gautier, son ami et son maître,\nBaudelaire, qu'on accusait à tort probablement d'être un man-\ngeur de haschich , saute à pieds joints dans l'hétérodoxie littéraire.\nJugez-en :\nLE REVENANT\nComme les anges à l'œil fauvj,\nJe reviendrai dans ton alcôve"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.46", "texte": "LE SONNET\n\nEt vers toi glisserai sans bmit\nAvec les ombres de la nuit ;\nEt je te donnerai, ma brune,\nDes baisers froids comme la lune\nEt des caresses de serpent\nAutour d'une fosse rampant.\nQiiand viendra le matin livide,\nTu trouveras ma place vide,\nOù jusqu'au soir il fera froid.\nComme d'autres par la tendresse,\nSur ta vie et sur ta jeunesse,\nMoi, je veux régner par Veffroi!\nLe fougueux Auguste Barbier, le piocheur Sainte-Beuve, Gautier,\nJoséphin Soulary, dont il faut admirer sans réserve les Deux Cortèges,\nM. Leconte de Lisle, dans les beaux vers intitulés : Aux Morts. Madame\nde Girardin (Delphine Gay), spirituelle et correcte. M. Théodore de\nBanville, qui m'a tout l'air d'avoir connu la lydienne Omphale, tant le\nportrait qu'il en trace est ressemblant, M. Amédée Pommier, qui joue\navec le vers comme Auriol avec son cheval ou un faiseur de tours avec\nsa muscade, tous ces auteurs se soumettent courageusement aux exi-\ngences du sonnet. L'excellent, le sympathique Gérard de Nerval se range\négalement parmi les soutiens, les défenseurs, les héros de l'orthodoxie et\nil prouve, par parenthèse, que la vraie poésie peut se mouvoir à 1 aise\nsans rompre les liens invisibles qui l'attachent à la légalité. Le sonnet de\nsa composition, que je transcris ci-après, contient une idée religieuse, un\npoint de vue philosophique, un sentiment profond exprimé dune ma-\nnière heureuse et dramatique, une appréciation où perce 1 amour de la\nnature, de la vie, de l'esprit, le respect de soi-même et la crainte de foire\nsouffrir l'âme, cachée en toute matière. Voici ce beau sonnet.\nVERS DORÉS\nEh quoi! tout est sensible\nPYTHAGORE\nHomme, libre penseur, te crois-tu seul pensant\nDans ce monde où la vie éclate en toute chose?\nDes forces que tu tiens ta. liberté dispose,\nMais de tous tes conseils l'univers est absent ;"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nRespecte dans la bête un esp\nChaque fleur est une âme à la Nature éclose ;\nUn mystère d'amour dans le métal repose ;\n« Tout est sensible!» et tout\nCrains, dans le mur aveugle, lin regard qui t'épie,\nA la matière même un verbe est attaché...\nNe la fais pas servir à quelque usage impie!\nSouvent, dans l'être obscur, habite un dieu caché ;\nEt comme un œil naissant couvert par ses paupières,\nUn pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres.\nIl faut à certains génies l'étendue où se meut la création immense :il\nleur faut l'illimité, l'infini, Dieu même; ils ne respirent à l'aise que dans\nles plaines azurées où roulent les astres. Tandis que l'astronome cherche\net découvre quelque nouvelle planète, eux, ils franchissent les fron-\ntières célestes, ils s'élancent hors du monde visible, ils sondent l'incréé\nauquel ils confinent; attentifs, ils écoutent la voix mystérieuse qui sort\nde l'inconnu, de l'impalpable, de l'incompréhensible; ils assistent àce\nspectacle : l'écroulement, la diffusion, la projection de la lumière éternelle\nd'où jaillissent les âmes, étincelles divines. Mais les âmes animent la\nsimple fleur comme le chêne rugueux où circule à flots la séve ; elles\naniment l'infusoire comme le mastodonte, l'oiseau mouche comme l'aigle\net le vautour, le grain de sable comme Saturne ou Jupiter; partout le\nsouffle impérissable de vie développe les innombrables formes qu'il\nhabite un moment avant d'en revêtir d'autres, pour reprendre sa marche\nprogressive vers celui qui est au moyen de transformations successives\ndues à la mort. Aussi sûrement confinées dans l'imperceptible que dans\nl'incommensurable, elles remplissent partout leurs fonctions sacrées, at-\ntirées qu'elles sont vers le foyer commun. De son côté, l'idéal contenu\ndans une oeuvre peut s'y affirmer avec une égale force, que cette oeuvre\nsoit courte ou longue. Le sublime se révèle souvent dans un vers, dans\nun mot. Voilà comment il est possible d'expliquer que des hommes tels que\nShakespeare et Dante aient sacrifié quelques-uns de leurs moments au\nsonnet. Victor Hugo, qui a besoin de tant d'espace pour déployer ses\nvastes ailes, ne les a enfermées qu'une fois dans les limites où Pétrarque\ns'est si fréquemment mis à la gêne. Il a eu raison.\nCependant le sonnet est-il réellement contraire aux suprêmes élans de\nla poésie? Résiste-t-il aux aspirations hautes et sévères ? Sa structure\npermet-elle l'explosion de ces cris qui, partis du cœur, se répercutent"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.48", "texte": "LE SONNET\n\ndans toutes les poitrines, retentissent dans tous les cerveaux et remuent\njusqu'en leurs profondeurs les nations étonnées? Shakespeare, Gérard de\nNerval viennent de répondre à ces questions ; Edmond Arnould, auquel\nj'emprunte la page suivante, y répond à son tour victorieusement :\nSi j'invoque ton nom, Liberté, si je t'aime\nDe cet ardent amour plus puissant que la mort ;\nSi vers toi je m'élance avec un fier transport,\nSûr que nous affranchir est notre fin suprême,\nCe n'est pas que pour nous ta main robuste sème\nDes bonheurs sans combat et des gains sans efforts;\nC'est que seule tu fais de V homme un être fort,\nPlus grand que la fortune et maître de lui-même.\nL'esclave insoucieux peut traîner à loisir\nSes jours vils et souillés de plaisir en plaisir :\nNul ne lui défendra ce qui flétrit son âme ;\nToi, tu veux un cœur noble, impossible à ployer,\nQue la lutte grandit, que le devoir enflamme,\nEt si tes biens sont doux, c'est qu'il faut les payer.\nTel qu'il est, ce sonnet me plaît, et je l'aime parce qu'il fait vibrer en\nmoi les nobles instincts, les fiers enthousiasmes, les passions généreuses.\nEt ne pas que cela vaut bien mieux\nQue ces colifichets dont le bon sens murmure?...\nCertes, mon brave Alceste, je le vois. Par malheur, le sonnet, trop\nsouvent émasculé par les écrivains mièvres, emphatiques et stériles, se\nprête merveilleusement aux rêvasseries sans but de la gente trotte-menu\nlittéraire et des beaux esprits qui, n ayant rien à tirer de leur précieuse\npersonne, tiennent pourtant à parler, à écrire, à chanter. Ces gens-là\nouvrent la bouche, et il ne sort que du vent de leurs lèvres \\ ils prennent\nune plume, et les becs de fer tracent des phrases sans couleur, sans\nsaveur, sans signification. Ils façonnent, ils façonnent, ils façonnent...\nquoi ? Nous allons le savoir : voilà qu'il sort de leurs mains une robe de\npoupée. Mais la poupée, où est-elle? On ne la trouve nulle part. Hélas!\nelle n'existe même pas et ils ont travaillé en pure perte; ils ont vaine-\nment tiré le fil et l'aiguille. J'estime beaucoup la beauté, la pureté de la"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nforme; toutefois, la forme;, en matière d'art, me laisse singulièrement\nindifférent lorsqu'elle ne m'offre que la combinaison matérielle des\néléments divers dont l'artiste dispose. O belle fille, si tu restes muette,\nsi tu te contentes de me présenter ton corps blanc et rose, bientôt je\nne t'admirerai plus, je détournerai les yeux peut-être et je dédaignerai\ntes charmes. Que me disent-ils, ces charmes?— Volupté. Est-ce tout?\nOui. Ce n'est pas assez. Ecoute ; Les attraits sans l'intelligence,\nle vêtement sans la personne, la monture sans le diamant, la coupe sans\nle vin ne me semblent pas autrement précieux. Les grandes langues de\nl'humanité : la peinture, la sculpture, l'architecture, la poésie, la\nmusique n'auront jamais le droit ni le pouvoir de réclamer l'attention\npour la fixer sur un meuble vide, sur une porte fermée, sur une gravure\nde mode, sur des colifichets, ou des chiffons, ou des ornements futiles,\nou des mots alignés comme les militaires à la parade. J'adresserais volon-\ntiers la recommandation suivante à ceux qui passent leurs temps à limer\ndes phrases creuses, à arrondir des périodes éblouissantes, à caresser le\nnéant :\nPoètes, ce n'est pas Vheure des rimes vaines,\nDes languissants refrains, des inutiles vers.\nLes riens harmonieux sont des choses malsaines,\nAlors que sous le joug se courbe Vunivers.\nAu Nord, au Sud, partout s 1 entend un bruit de chaînes ;\nDes cris de désespoir s'élèvent dans les airs y\nLe sang des nations rougit toutes les plaines :\nIl engraisse le sol, il empourpre les mers.\nMaîtres, si vous saveç d'énergiques paroles\nPour flétrir les tyrans, ces menteuses idoles,\nEt pour les écraser d'un immense courroux,\nParleparleç toujours! Chantechante% encore!\nMais si vous n'ajuste% qu'un mot au mot sonore\nEt si vous n'aveç rien à dire, taisez-vous !\nParmi les célébrités qui, au dix-neuvième ont tenté de remettre\nle sonnet en honneur, il en est plusieurs que je n'ai pas citées. On con-\nnaît Guttinguer, à qui Victor Hugo dédia une ode ; Musset, qui rima à\nla façon de La Fontaine je veux dire chichement; Louis Bouilhet,\nqui se plaisait à chanter les vers du tombeau en attendant que ceux-ci le"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.50", "texte": "LE SONNET\n\ndévorassent; Edmond Roche, mort prématurément ; Coran, qui n'est\npas aussi sévère que son nom ; Arsène Houssaye, le poète millionnaire ;\nle sceptique et mordant Augier; le délicat Félix Arvers ; Autran, un\namant de la nature , dont les rimes sentent bon ; l'aimable auteur de :\nPages intimes, Eugene Manuel, Charles Grandmougin, Fiancois Cop-\npée, qui, aspirant à s'élever au rang de parnassien, y réussit sans doute\nen construisant cette fin de sonnet : ce O femme ! » s'écrie-t-il,\nSi tu t'offres ainsi, lubrique, à ces vainqueurs,\nC'est qu'ils ont, comme toi, versé le sang des cœurs,\nC'est que ta lèvre rouge est pareille à des traces\nSanglantes sur l'épée aux sinistres éclairs,\nEt que, mieux qu'un miroir, dans l acier des cuii assesy\nTu te plais à mirer tes yeux cruels et clairs.\nIl y a encore M. le comte de Gramont, vanté par Théophile Gautier,\net enfin (? ? ? ) M. Louis Veuillot, qui dit, se parlant à lui-même .\nJe doute, quand je m'examine,\nSi je suis un blessé géant,\nOu bien le drôle fainéant\nQui gratte au soleil sa vermine.\nAh ! monsieur Veuillot, on peut avoir de l'esprit et du talent sans\nêtre un géant ou un drôle !\n(La suite prochainement.)\n\nLOUIS L'ACOMBE."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.51", "texte": "ÉCOLE DE MUSIQUE RELIGIEUSE\nPALMARÈS POUR L'ANNÉE 1874\nA distribution des prix de l'École de musique religieuse, di-\nrigée par M. Gustave Lefèvre, a eu lieu, le lundi 27 juillet,\nsous la présidence de monseigneur de Marguerye, ancien\névêque d'Autun, et du délégué du ministre de l'lnstruction\npublique et des Cultes.\nAprès une allocution du Directeur et un chaleureux\ndiscours de M. l'abbé Gilbert, aumônier de l'École, on a procédé à la distri-\nbution des prix.\nVoici les noms des lauréats :\nSOLFÈGE. 3E division. Prix ex œquo : Baichère, Gougelet ; accessit :\nFerlus.— 2e division. Prix ex œquo : Létang, Meyer; ier accessit :\nBoncourt, Héutin ;2e accessit : Martin, Linglin. ire division : Prix :\nBaille ; accessit : Bellenot.\nHARMONIE PRATIQUE. Mention : Bellenot.\nHARMONIE ÉCRITE. Prix : Bockler; 2e prix ex œquo : Hétuin, Mu-\nnier. ier accessit : Guignard ;2e accessit : Létang. 2e division. Men-\ntion : Ellminger, Linglin.\nFUGUE. lERIER prix : Boidin; 2e prix : Dieudonné.\nCONTRE-POINT. Mention : Bocker ; Létang.\nCOMPOSITION MUSICALE. Mention : Bockler.\nPIANO. 3E division. Prix : Bettinger ; accessit : Guthmann ; mention :\nFerlus. 2e division. ier prix ex œquo : Meyer, Bellenot; 2e prix:\nBoncourt; ier accessit: Gougelet, Dunster; 2e accessit : Munier, Mar-\ntin. ire division. 2e prix : Baille ; accessit : Guignard; mention :\nLenormand.\nPLAIN-CHANT. Prix du Ministre de l'lnstruction publique : G. Boidin ;\n2e prix : Létang ; ier accessit : Guignard.\nORGUE. 2e division. Prix ex œquo : Martin et Bellenot ; 2e prix : Le-\nnormand ; ier accessit : Meyer, Munier ;2e accessit : Boncourt. ire di-\nvision. ier prix du Ministre : Dieudonné; 2e Prix : Baille ; mention :\nGuignard.\nPRIX D'HONNEUR : Munier. Rappel du prix d'honneur de 1872 :\nHétuin."}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.52", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nDISTRIBUTION DES PRIX\nAU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE — ANNÉE 1873-74\nARDI 4 août, a eu lieu la distribution des prix du Conser-\nvatoire national de musique et de déclamation, à la suite\ndes concours de Tannée scolaire 1873-1874.\nA cette occasion, M. le Ministre de l'lnstruction pu-\nblique, des Cultes et des Beaux-Arts a prononcé un dis-\ncours, dont nous extrayons quelques passages :\nAprès avoir payé un juste tribut de regrets à la\nmémoire de M. Beauvallet, réminent professeur, et à la retraite de M. Herz,\nM. le Ministre continue :\n« Et puis sur cette riche et féconde terre de France, où les moissons se\nsuccèdent sans jamais s'épuiser, ne voyons-nous pas se succéder aussi les\ntalents qui l'honorent et maintiennent toujours sa gloiie au meme niveau?\nVous n oublierez. assurément, ni M. Beauvallet ni M. Herz, noms aimés et\nrespectés, mais vous entourerez du meme respect et des mêmes sympathies\nceux de madame Massart et de M. Ismael, qui sont, je ne dit ai pas leurs\nremplaçants, mais leurs continuateurs.\n« Tout se prépare, Messieurs, pour vous offrir sur la plus vaste scène de\nl'Europe un but digne de vos courageux efforts. Quels que soient les embar-\nras de l'heure présente et l'exiguïté de nos ressources, 1 Assemblée nationale\nn'a pas hésité néanmoins, et grâce à ses généreux sacrifices , grâce à 1 infati-\ngable activité d'un architecte éminent et de 1 armée d artistes et d ouvriers\nà laquelle-il a l'honneur de commander, nous verrons bientôt, àla fin de\nla présente année, je l'espère, l'achèvement de cette œuvre colossale dont\nnous pourrons dire qu'elle est sans rivale dans le monde, et qu aucune autre\nne peut lui être comparée.\n«Je le répète, messieurs, j'espère qu'au début de 1 année 1875, nous pour-\nrons inaugurer le nouvel Opéra ; l inaugurer comme il convient à la France,\nc'est-à-dire avec des chefs-d'œuvre nationaux, avec les chefs-d œuvre de cette\ngrande école française dont nous sommes justement fiers.\n* Travaillez donc, jeunes élèves, travaillez avec ardeui et persévérance,\nl'avenir vous appartient à ce prix. Ne vous laissez pas arrêter pai la pensée\ndécourageante que vos labeurs pourraient rester sans récompenses, vos tra-\nvaux sans résultats, votre mérite sans emploi. Pour remplir cette salle im-\nmense de l'Opéra, ne faudra-t-il pas plus de musiciens à 1 orchestre, plus de\nvoix dans les masses chorales, un plus grand nombre de chanteurs et de can-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntatrices? Vous le voyez, il n'est pas à craindre que la place manque aux vrais\ntalents »\nEt plus loin :\n/\n« Etudiez les maîtres qui écrivent le mieux pour la voix ; écartez, au con-\ntraire, ceux qui la fatiguent et la brisent, en lui imposant des tours de force\nque n'exécuterait pas l'archet le plus expérimenté. N'entrez pas trop dans\nles classes d'opéra comique ou d'opéra ; apprenez d'abord à chanter avant\nd'apprendre des rôles, et défiez-vous des promesses trompeuses de ceux qui\nprétendent posséder le secret de faire de vous du jour au lendemain des\nartistes.\n« Parmi les améliorations dont je vous parlais tout à l'heure, il convient\nde signaler l'organisation d'une classe d'orchestre et le rétablissement des\nexercices publics. Je ne saurais trop en remercier votre digne chef.\n« Soyons donc, nous en avons le droit, fiers de nos succès, fiers de nos\nartistes, fiers de nos gloires nationales; mais soyons justes aussi, et dans\ncette revue des maîtres et de leurs chefs-d'œuvre, n'oublions pas nos voisins;\nn'oublions pas l'accueil si enthousiaste et si mérité qui a été fait à l'auteur\nde Rigoîetto, du Trovatore et à'Aida. Cette grande page du Requiem de Man-\nzoni, toute pleine de douleur et de foi, aurait mérité mieux qu'un théâtre,\nmais Paris manque dune salle de Concert, et il a fallu, par exception,\nautoriser l'Opéra-Comique à offrir son hospitalité au chef-d'œuvre du maître\nitalien. J'ai dit par exception, messieurs, car l'Opéra-Comique, avant\ntout, se doit exclusivement au genre si national des Grétry, des Hérold, des\nBoieldieu, des Halévy, pour citer seulement ceux qui ne sont plus et ne pas\nembarrasser les vivants. »\nEnfin, et après une courte biographie de M. Deldevez :\n« Aujourd'hui, après plus de trente ans de labeur, il occupe le fauteuil de\nson ancien maître (M. Habeneck); il dirige la classe d'orchestre du Conser-\nvatoire, et, comme Habeneck encore, il tient en sa main le redoutable bâton\nqui suspend ou qui entraîne l'orchestre sans rival de la Société des Concerts.\n« C'est en lui, messieurs, en lui dont la vie doit vous servir d'exemple et\ncalmer vos jeunes impatiences, c'est en M. Deldevez que je suis heureux de\nrécompenser le compositeur, le professeur, le chef d'orchestre enfin, en atta-\nchant sur sa poitrine la croix de la Légion d'honneur. »\n\nFAITS DIVERS\nM.ADOLPHE JULLIENA publié dernièrement dans sa revue musicale du Fran-\nçais, une lettre familière de M. Membrée, où l'auteur de l'Esclave raconte ses\nespérances et ses déboires pendant vingt-trois ans. Cette odyssée bizarre\nd'un homme et d'une œuvre mérite d'être connue. Elle enseignera, mieux"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.54", "texte": "VARIA\n\nque de longs discours, quels obstacles insurmontables se dressent, à\nl'entrée de la carrière, devant les jeunes compositeurs, eussent-ils. comme\ncelui-ci, passé la cinquantaine; comment les directeurs, avec l'idée bien\narrêtée de ne jamais les jouer, les leurrent de vaines promesses, leur impo-\nsent les corrections les plus saugrenues, et trompent leur impatience en leur\nfaisant recommencer sans fin leur travail. Voici la première partie de cette\nlettre in extenso :\n« L'Esclave était d'abord une tragédie en cinq actes que Foussier avait\nprésentée au Théâtre-Français et qui avait été reçue à corrections. Got, qui\nme connaissait depuis un ou deux ans, proposa à Foussier de quitter le\nThéâtre-Français et de faire un grand opéra avec sa pièce ; il y consentit.\nJe commençai l'Esclave le 2 décembre 185 1 !... La date est assez singulière\npour que je me la rappelle. Il fut terminé en 1852. Got et moi nous\nallâmes trouver Roqueplan, qui entendit la chose. 11 fit venir Got seul et\nlui proposa telle somme qu'il voudrait pour la pièce sans le musicien, Got re-\nfusa. « Ah! que vous êtes enfant! » lui dit-il. 11 me fit venir seul ensuite\net me pria de passer chez Scribe, qui devait arranger la pièce. Scribe re-\nfusa d'entrer troisième dans une collaboration, alléguant qu'on lui reprochait\nd'accaparer les pièces des auteurs nouveaux et de se les approprier ; que, si\nje le voulais, on pourrait choisir les meilleurs morceaux de la partition et\nqu'il me bâtirait dessus un scénario en trois actes. « Il me semble difficile...\nPas difficile du tout. Je l'ai fait vingt fois! Vous vous méprenez sur le\nsens de ma phrase... Il me semble difficile de planter là mes collabo... Ah !\nque vous êtes jeune ! Le pendant de « Que vous êtes enfant ! » de Roque-\nplan. Affaire manquée.\n« Crosnier devient directeur de l'Opéra. Je vais le trouver, et ce brave\nhomme me dit : « Je n'ose pas... cinq actes, c'est trop gros... faites-moi un\nacte; s'il réussit, je jouerai VEsclave après. » Je fis François Villon, mais\nquand on le joua, Crosnier n'était déjà plus directeur, c'était Royer. L'acte\nréussit, mais Crosnier n'était plus là pour tenir sa promesse et Rcyer n'avait\nrien promis. Affaire manquée. M. Perrin devint directeur. Got le con-\nnaissait un peu, je me fis recommander à lui par Gérôme, pour lequel il a une\ngrande estime. Je lui fais entendre mon ouvrage, qui lui convient. « Je\ntrouve la chose bonne, me dit-il. Eh bien, me jouerez-vous ? Non-seu-\nlement je veux, mais je dois vous jouer, car vous êtes un des rares composi-\nteurs de ce temps-ci qui fassiez ASSEZ GRAND pour l'Opéra. Seulement, comme\nil ne faut pas que ni vous ni moi donnions un coup d'épée dans l'eau, laissez-\nmoi juge du moment où il sera bon de lancer l'ouvrage, et je vous donne ma\nparole que je vous jouerai. » En ce moment-là il était question de l'Africaine.\nMeyerbeer voulait qu'on jouât un compositeur français avant lui pour qu'il\nne fût pas éternellement répété qu'on livrait exclusivement la grande scène\nfrançaise aux étrangers. —Je recommence mes visites à Perrin, mon ouvrage\nétait tout prêt, j'espère que je vais passer.\n« On joue Roland... Affaire manquée.\n« Je vais retrouver Perrin. Je lui fais de doux reproches; je lui rappelle sa\nparole donnée : Oh! c'était une parole momentanée, me répond-il, et d'ail-\nleurs je trouve l'ouvrage trop long en cinq actes ; j'en ai parlé à Got qui va le\nmettre en trois actes. » En effet, Got le remet en trois actes; je remanie ma"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.55", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npartition entièrement. Six mois de travail! Nous la rapportons à Perrin qui\nnous dit: « Ah! comme c'est écourté!.,. Faction ne se comprend plus î... Les\ndeux amoureux s'aiment sans se le chanter (ce qui ne s'est jamais vu! ). Enfin\nla pièce n'existe plus. Mais c'est vous qui avez indiqué les coupures, lui\ndit Got. Oui, c'est vrai, mais je ne savais pas que ça donnerait ce résultat\ntronqué; je vais voir Barbier et lui demander de voir s'il peut arranger cela. »\nBarbier refait la pièce et ce qu'il y .a de bon, c'est qu'il la refait presque\ncomme elle était : cinq actes, la même coupe de morceaux, et, sauf deux ou\ntrois scènes très bonnes qu'il y a introduites, c'est la même pièce. Je re-\nrecommence ma partition; six mois de travail au moins. Perrin me soumet\nde nouveau à de telles attentes que sur ces entrefaites, Martinet est nommé\ndirecteur du Théâtre-Lyrique. Je lui offre l'Esclave, il accepte! Enfin! me\nvoilà en répétition !... La guerre éclate, Paris bloqué »\nM. Jullien résume ainsi la seconde partie de la lettre de M. Membrée :\nAprès la guerre, la Commune. Au mois de mai 1871, le théâtre est incen-\ndié. M. Membrée croit avoir perdu sa chère partition, dont il n'a pas de\ndouble, dont il ne se rappelle pas une note; il a le bonheur miraculeux de la\nretrouver saine et sauve dans une chambre des combles que le feu avait épar-\ngnée. Il s'empresse de porter son opéra à M. Halanzier, il lui joue sa parti-\ntion; celui-ci déclare hautement qu'il ne connaît que deux opéras aussi dra-\nmatiques, la Juive et les Huguenots, mais il se montre plus réservé sur la\nmusique et va pour évincer le compositeur. M. Vaucorbeil, commis saire du\ngouvernement près les théâtres subventionnés, vient alors à la rescousse de\nM. Membrée qui est un de ses meilleurs amis, et demande à M. Halanzier\nd'accorder désormais aux compositeurs, et à M. Membrée tout le premier,\ndes auditions de leurs œuvres, non plus au piano, mais avec solistes,\nchœurs et orchestre. Il ne s'agissait pour le directeur que de payer les frais\nde copie : M. Halanzier ne pouvait refuser ce léger sacrifice à l'administra-\ntion. L'audition projetée eut lieu avec le concours obligeant des principaux\nartistes, Faure et mademoiselle Bloch avaient' seuls refusé leur aide au\nmusicien, et cet essai parut dissiper en partie les hésitations du directeur\nqui fit entrevoir au compositeur que son opéra pourrait bien être joué quel-\nque jour. Pour le moment, il ne s'occupait que de la Jeanne Darc de\nM. Mermet.\nSurvint l'incendie de l'Opéra qui ruina les espérances de ce dernier. Il\nétait impossible, d'une part, de combiner sur la scène de Ventadour les ma-\ngnifiques décorations qui devaient assurer le succès de Jeanne Darc ; d'autre\npart, M. Halanzier ne pouvait laisser passer une année entière sans jouer un\nnouvel ouvrage pour satisfaire quelque peu l'impatience du public. Il décida\ndonc de monter l'Esclave, après avoir obtenu du ministre la permission de\nprélever tous les frais sur la somme votée par l'Assemblée pour reconstituer\nle matériel incendié. Cette opération était un coup de maître de la part du\ndirecteur, qui paraissait ainsi risquer une partie importante et protéger un\ncompositeur recommandable, sans dépenser un sou. C'est l'État qui paie,\ncomme au bon temps où l'Opéra était en régie, et non pas aux risques et pé-\nrils du directeur."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.56", "texte": "VARIA\n\nVoici le tableau des subventions des Théâtres et des Conservatoires de\nmusique votées par Y Assemblée nationale pour l'année 1875 :\nGrand Opéra, 800,000 francs; Caisse des retraites de l'Opéra, 20,000 fr. ;\nThéâtre-Français, 240,000 fr. ; Opéra-Comique, 140,000 fr. ; Théâtre-\nLyrique, 100,000 fr. ; Odéon, 60,000 fr. ; Conservatoire et succursales de pro-\nvince, 220,000 fr. ; nouvelle subvention au Conservatoire de Dijon, 4,000 fr.;\ndivers, 20,000 francs.\nM. Delle-Sedie a quitté Paris pour se rendre en Italie. Avant son\ndépart, il a corrigé les dernières épreuves de l'important ouvrage qu'il\npubliera au mois de septembre, sous le titre : L'ART LYRIQUE, traité com-\nplet de chant et de déclamation lyrique.\nA Londres, pendant les quelques mois qui constituent toute la saison\nmusicale anglaise, le théâtre de Covent-Garden, dirigé par M. Gye, a donné\nquatre-vingt-deux représentations du 3i mars au 18 juillet, et, pendant ces\nseize semaines d'exercice, trente et un opéras ont été successivement inter-\nprétés.\nEn voici l'énumération complète :\nTraviata, Crispino, Figlia del regimento, Africana, Barbiere, Favorita,\nGuglielmo Tell, Ugonotti, Lucia, Sonnambula, Ballo, Trovatore, Flauto,\nFausto, Puritani ,Guarany, Rigoletto, Dinorah, Amleto, Don Juan, Franco-\nArcère, Catarina (les Diamants), Ernani, Norma, Lucrepa, Linda, Roberto\nil Diavolo, Marta, la Stella del Nord, Mignon et Luisa Miller (Les deux\nderniers ouvrages , nouveaux à Covent-Garden).\n\nNOUVELLES\n\naris. Opéra„ Les Huguenots ont été repris le 12 pour la ren-\ntrée de M. Léon Achard et de mademoiselle Belval.\nSous peu de jours, on donnera Robert le Diable, pour les\ndébuts de M. Vergnet. Mademoiselle Mauduit reprend le rôle d'Alice. Elle\nsera remplacée dans l'Esclave par mademoiselle Fouquet.\n—Le jeune baryton Manoury, qui a obtenu ex œquo, avec le ténor Ver-\ngnet, le premier prix de chant et le premier prix d'opéra au dernier concours\ndu Conservatoire, vient d'être engagé par M. Halanzier. Nous avons déjà\nannoncé, dans un de nos précédents numéros, rengagement de M. Vergnet.\nL'engagement de M. Lassalle, qui expire à la fin de l'année, est aussi\nrenouvelé avec de belles conditions.\nOpéra-Comique. Un ouvrage en un acte, intitulé : Beppo, vient d'être\nlu aux artistes Les paroles sont de M. Louis Gallet, la musique de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18740815-01.1.57", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nP ans. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette, 61.\nPropriétaire-Gérant : HEULHai\n\nM. J. Comte, prix de Rome. Les rôles sont distribués à mesdemoiselles\nFrank, Lina Bell, MM. Charelli et Neveu.\nC'nâtclct (Opéra populaire). Voici la distribution complète du\nMaya, Mmes Fursch-Madier\nMalika, Champion\nSita, Filiati\nSaphi ( ténor), MM. Prunet\nFrançois Xavier (basse), Petit\nGrand brahme (basse), Brion d'Orgeval\nTous les rôles sont déjà doublés pour assurer la continuité des représen-\ntations.\nL'Opéra populaire donnera , cet hiver, des Concerts, sous la direction\nde notre collaborateur et ami M. Arthur Pougin.\nVariétés. La Vie parisienne a servi de pièce de réouverture , avec une\ndébutante, mademoiselle Julia Georges, dans le rôle de Métella. Les nou-\nvelles théâtrales de la presse parisienne s'accordent avec une touchante una-\nnimité à lui donner beaucoup de talent.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}