{"numero_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_sha256": "a5d2155fa48b6db7adbbf13e596eac39224256259ea42e58d12fb7cc6ca9abfe", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1874/10/01_01/bmtnabc_1874-10-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1874/10/01_01/bmtnabc_1874-10-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c001", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[5]", "page_fin": "8", "image_debut": 1, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.1", "titre_corps": "LE VIOLON DE MOZART", "titre_sommaire": "LE VIOLON DE MOZART", "signature_source": "P. LACOME", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[5]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "LE VIOLON DE MOZART\n\nANS le haut du faubourg Saint-J ose ph,À Vienne\nexistait il y a quelque quatre-vingts ans, un\npauvre marchand de bric-à-brac nommé Reu-\ntler. Son modeste commerce ne suffisait pas à\nfaire vivre sa nombreuse famille, car, chaque\njour, huit enfants roses et joufflus, échelonnés\nchacun à un an de distance environ, s'asseyaient\nautour de sa table frugale. Aussi le brave Reu-\ntler se mettait-il en quatre pour augmenter les\nressources du ménage, tandis que sa jeune femme reprisait des dentelles\net répondait aux rares clients que son humble étalage de bibelots pou-\nvait attirer. Auprès d'elle, Reutler tournait des petits objets en buis; les\njours de fête, il chantait au lutrin de sa paroisse, et, le soir, faisait une\npartie de second violon dans un bal public. Et comme, grâce à Dieu, la\nsanté brillait sur tous les visages, Reutler était heureux, et se sentant\nheureux, il était bon, à ce point que sa bienveillance était connue de\ntout le voisinage."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "Dans un des derniers jours de l'automne de 1791, un homme jeune et\ndistingué, mais que la maladie avait marqué d'un sceau fatal, passait à\npas lents devant la porte de Reutler. 11 se promenait la tête baissée et\ncomme absorbé par de tristes rêveries. Les clameurs joyeuses des enfants\nde Reutler l'arrachèrent à sa préoccupation ; il releva la tête, un rayon\nde bonté illumina son visage amaigri, mais charmant encore sous ses\npâleurs; posant doucement la main sur les jeunes chevelures blondes, il\nadressa un sourire à la mère, dont les regards ne perdaient pas de vue les\nébats de sa petite famille, et continua silencieusement son chemin. Des\nrelations ouvertes sous de semblables auspices ne pouvaient pas en rester\nlà. Le lendemain, l'étranger passa de nouveau, et Reutler le salua; le\ntroisième jour, il lui offrait de s'arrêter un instant pour se reposer devant\nsa porte; le promeneur, que ses forces défaillantes semblaient à chaque\ninstant au moment de trahir, accepta volontiers, et depuis lors, chaque\njour, à la même heure, les enfants se disputaient l'honneur d'offrir un\nescabeau à l'inconnu qui, de son côté, ne demeurait pas en reste, et leur\nportait fréquemment quelques friandises. Et là, durant une petite demi-\nheure, on causait. Reutler, par sa gaieté, essayait d'amener quelque joie\nsur le front pâli du pauvre malade; la jeune femme éclairait l'humble\nintérieur de son sourire ; les enfants s'ébattaient bruyamment aux der-\nniers rayons du soleil d'automne, et l'étranger, oubliant un instant ses\nsouffrances et ses préoccupations, repartait d'un pas plus léger, en\ndisant : à demain.\nOr, un lendemain, les enfants coururent à la rencontre de leur ami, et\nlà, tous à la fois> essoufflés et joyeux, lui crièrent : « Monsieur, monsieur,\nvenez vite, maman vient de nous donner cette nuit une petite sœur. »\nEt ce n était que pure vérité ; le brave Reutler, en bon Allemand qu'il\nétait, se voyait père pour la neuvième fois. On hâta le pas. Malgré les\npréoccupations du jour, l'escabeau était à sa place accoutumée, et\nReutler sur sa porte, le visage épanoui. « Eh ! venez vite, mon bon\n« monsieur, s'écria-t-il, c'est fête aujourd'hui chez nous; le bon Dieu\n« m'a donné une petite fille, et si elle est aussi brave et aussi bonne que\n« sa mère, elle ne sera pas de trop à la maison. Je vous attendais pour\n« vous demander de me faire l'honneur de boire avec moi un petit verre\n« de vin blanc. Nous ne sommes que de bien pauvres gens, mais c'est\n(c offert de bon cœur. »\nLe pauvre malade, tout ému, sentait ses yeux se remplir de larmes, et\npressait en silence la main de Reutler : « Brave cœur ! dit-il enfin, que\n« Dieu répande sur vous sa bénédiction ! Qu'il éloigne de votre toit la\n« maladie et ses désespoirs ! Puissiez-vous, plein de jours, voir vos"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.3", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "« enfants vous ressembler et vous rendre au centuple les soins et la\n« tendre affection dont vous les entourez. Oui, j'accepte votre invitation\noc du même cœur que vous me la faites, et je vais même vous demander\n<r une faveur : Quel est le parrain de votre fille? » « Oh! monsieur,\n« reprit Reutler, chez de pauvres gens comme nous, on prend le parrain\n« comme on a pris l'enfant, c'est-à-dire au petit bonheur. On ne le\n« choisit pas à l'avance. G est tantôt un voisin aussi pauvre que nous,\net parfois un passant. » «Eh bien î mon ami, interrompit l'inconnu,\n« c'est moi qui serai cette fois le passant que le hasard vous envoie. Je\n« serai parrain de l'enfant et nous l'appellerons Gabrielle, si vous voulez ;\n« c'est un nom que j'aime beaucoup. Je ne suis pas bien riche, moi non\n« plus, mais voilà toujours une quinzaine de florins pour faire, en atten-\nte dant mieux, honneur au repas du baptême. Plus tard, nous aviserons\n« au trousseau !... Hélas ! plus tard!... » Et soudain, ses larmes coulè-\nrent avec abondance, (c II n'y a pas de plus tard pour moi , mon\n« pauvre ami, il n'y en a plus ! Je sens très bien à ce que j éprouve que\n« mon heure est près de sonner. Je vais mourir quand la vie serait\na encore si belle, et que ma carrière semble s'offrir à moi sous d'heureux\n« auspices! Hélas! on ne peut changer sa destinee! # Reutler pleurait,\nlui aussi, sans trouver un mot de consolation pour cette souffrance si\ndéchirante et si clairvoyante. Les enfants, comprenant instinctivement\nqu'une grande douleur était devant eux, restaient muets et graves, leurs\nyeux grands ouverts fixés sur le pauvre malade. Il reprit : « Mon ami, je\n« vois un violon chez vous ; prêtez-le moi un instant, il faut que j écrive\n« quelques idées qui me trottent dans la tête. » Et il essaya de sourire.\nReutler se hâta de décrocher l'instrument et le lui remit. L étranger se\nrecueillit, et, soudain, des accents inconnus à cette humble demeure,\naccents déchirants et sublimes, se firent entendre. L'âme tout entière du\nmusicien était passée dans le violon, et ses lèvres frémissantes répétaient\nde temps en temps, et tout doucement : « Lacrymosa Dies il la, lacry*\nmosa... » Puis, il s'interrompit, tira de sa poche un petit cahier de\npapier réglé, y jeta quelques notes, remit ensuite le tout à sa place, et,\nserrant la main de l'ouvrier stupéfait : « A demain, dit-il, à demain 1\n« Nous boirons à la santé de Gabrielle !» Un pâle sourire anima son\nvisage et il s'éloigna en disant adieu de la main.\nCependant, le lendemain, Reutler attendit en vain son ami inconnu.\nNi ce jour ni les suivants, le malade ne vint s'asseoir sur 1 escabeau que\nles enfants mettaient chaque soir religieusement à sa place devant la\nporte. Au bout de quinze grands jours, n'y tenant plus et redoutant un\nmalheur, Reutler se rendit à l'adresse que lui avait indiquée 1 étranger."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "Quelques amis, sur la porte, entouraient un modeste corbillard.\nReutler s'approcha timidement d'un homme du peuple qui pleurait\namèrement, ce qui contrastait étrangement avec sa forte corpulence et sa\nbonne grosse figure rouge qui ne semblait faite que pour les joyeux épa-\nnouissements. Il lui demanda doucement qui l'on allait ainsi conduire à\nsa dernière demeure. • « C'est le grand, le cher et illustre musicien\n« Mozart, répondit le gros homme. Voici quinze jours qu'il revint pour\n« la dernière fois de sa promenade favorite. Il avait l'air d'aller mieux,\n« il était presque joyeux. Il entra chez moi, Au Serpent d'Argent,\n« rendre visite à ses anciens amis qui s'y réunissaient d'habitude ; il raconta\n« qu'il allait être parrain d'une belle petite fille, qu'il avait travaillé à sa\n« messe de Requiem. Hélas! le malheureux! c'est pour lui qu'il la com-\n« posait ! Et puis, le soir, il s'est mis au lit pour ne plus se relever. Ah !\n« monsieur, si vous saviez comme nous l'aimions tous et comme il était\n« bon et aimable ! »\nReutler pleurait, lui aussi. « Monsieur, dit-il d'une voix brisée par\n« l'émotion, je suis le père de la petite fille dont Mozart voulait être le\n« parrain. Je venais le chercher pour la fête. » Et se détournant pour\nétouffer ses larmes, il se joignit au cortège.\nLe lendemain, la petite boutique de bric à-brac était morne et silen-\ncieuse. Le père, à son établi, ne chantait pas comme de coutume; les\nenfants jouaient sans bruit. On sentait que la Douleur était passée par\nlà ; l'ami inconnu était parti pour le voyage sans fin, l'escabeau n'était\nplus à la place accoutumée au coin de la porte. Ce silence et ce recueille-\nment ne tardèrent pas à être troublés. Le brave Joseph Deiner, l'hô-\ntelier du Serpent d'Argent et l'humble ami de Mozart, avait raconté\nl'histoire de Reutler. Son récit avait fait le tour de la ville en même\ntemps que la nouvelle de la mort du maître. Les curieux, les oisifs, les\nindifférents de la veille, tous ceux qui se livrent à l'admiration, quand\nles objets souvent méconnus de la lutte, ont disparu, affluèrent à la bou-\ntique de bric-à-brac. Cette circonstance donna de la vogue au modeste\nétablissement. Reutler finit par gagner une petite fortune. Le violon de\nMozart, vendu quatre mille florins à un grand seigneur, servit à consti-\ntuer la dot de Gabrielle lorsqu'elle eut seize ans. Quant à l'escabeau,\nReutler ne voulut s'en séparer à aucun prix, et le garda comme un sou-\nvenir de sa pauvreté et de l'homme de génie qui lui avait dû sa dernière\njoie et dont il avait recueilli les derniers accents.\n\nP. LACOME."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c005", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "15", "image_debut": 5, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.2", "titre_corps": "VOLTAIRE LIBRETTISTGE", "titre_sommaire": "VOLTAIRE LIBRETTISTGE", "signature_source": "CH. BARTHÉLÉMY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1487, "texte": "VOLTAIRE LIBRETTISTGE\n\n(■)\n(1732-1769)\nOMME Rameau avait repris sa musique, il fallut se\nmettre à la recherche d'un autre compositeur ; on\nsongea un moment à Philidor, mais l'affaire n'eut pas\nde suites et le libretto demeura veuf de mélodies. Le\ndouble talent de compositeur et de joueur d'échecs de\nPhilidor valut à ce musicien, de la part de Voltaire,\nun de ces quolibets dont il était assez prodigue : « Vous croyez donc que\nles grands joueurs d'échecs peuvent faire de la musique pathétique et\nqu'ils ne seront point échec et mat ? A la bonne heure, je m'en rapporte\nà vous... »\nPhilidor venait de faire brillamment ses preuves de grand style et\nd'un remarquable souffle lyrique, dans l'opéra d'Ernelinde, représenté\npour Ja première fois le 24 novembre 1767. Comment, aux premiers\njours de l'année suivante, Voltaire pouvait-il ignorer ce fait? Il a donc\nvoulu, quand même, lancer son jeu de mots, et voilà tout. Tellum\nimbelle sine ictu\nCe n'était pas seulement le succès de Roy, de Pellegrin, de Cahusac et\nde bien d'autres paroliers qui éveillait la jalousie de l'auteur de Samson ; à\nl'étranger, un concurrent plus habile excitait son envie : nous voulons\nparler du grand Frédéric, auteur d'un libretto de Mérope, emprunté à la\ntragédie de Voltaire qui avait calqué ladite tragédie sur celle de Maffei.\nPlus le vieux Suisse comme il s'appelait lui-même, voyait fuir\nl'espoir de faire monter Samson sur la scène lyrique, plus il se dépitait\n\n(i) Voir le numéro du ior septembre."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2444, "texte": "contre tous ceux qui couraient, comme lui, la carrière de librettiste;\nsa contrariété fut au comble quand il sut que le Salomon du Nord, ou\nfrère Luc, s'en mêlait, lui aussi.\nDans le cours de Tannée 1756, cinq lettres adressées à d'Argental, au\nmaréchal de Richelieu et à Thieriot, mentionnent ce fait peu connu de\nl'histoire littéraire de Frédéric 11, assez curieux à noter et à consigner :\n« J'imagine —dit Voltaire à d'Argental, que vous seriez bien aise de voir\nles belles choses que fait le roi de Prusse. Il m'a envoyé toute la tragédie de\nMérope, mise par lui en opéra. Permettez que je vous donne les prémices de\nson travail ; je m'intéresse toujours à sa gloire. Vous pourriez confier ce\nmorceau à Thieriot, qui en chargera sans doute sa mémoire et qui sera une\ndes trompettes de la renommée de ce grand homme. »\nVoltaire, préoccupé avant tout de ce qui pouvait mettre sa propre\nrenommée en évidence, faisait de Thieriot, son courtier ordinaire, une\nde ses trompettes; car, il était plus flatté qu'il ne voulait l'avouer de\nl'honneur que Frédéric II avait fait à sa chère Mérope, en la traduisant\nen opéra.\nA la deuxième lettre, l'admiration baisse ou plutôt se tempère par\nquelque ironie, toujours sous le voile du double sens :\n«Je voudrais - dit Voltaire au maréchal de Richelieu que vous vissiez\nquelque chose de l'ouvrage du roi de Prusse, cela est curieux♦ »\nA la quatrième missive, le dépit éclate tout à fait ; ce n'est qu'un\néclair, mais très vif :\n« Je ne pouvais mieux me venger de l'auteur de Mérope, opéra, qu'en vous\nen envoyant un petit échantillon. »\nCeci est du 26 février (à d'Argental); et, le 10 du même mois,\nVoltaire écrivait à d'Alembert :\n« Les vers de Mérope vous paraîtront fort lyriques et paraissent faits avec\nfacilité. Il (Frédéric) ne m'a jamais fait un présent plus galant. »\nEnfin, l'opéra de Mérope va être représenté ; « Il ne tient qu'à moi\nd'aller le voir ; mais je n'irai pas. »\nComment expliquer la contradiction de Voltaire avec lui-même, à\nquinze jours de date environ? Comment, ce qui lui semblait bon le 10,\nlui paraît-il mauvais le 26? C'est que le 10, il écrivait à d'Alembert,\nalors en correspondance avec Frédéric, tandis que, le 26, il parlait dans\nl'intimité à d'Argental, son confident. Tout le secret de cette brusque\nvolte-face est dans la différence des correspondants du vieux Suisse....\nSi nous insistons sur tous ces détails qui peuvent sembler minuscules,"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.7", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "c'est que c'est dans les moindres choses que se révèle le mieux le carac-\ntère de l'homme étrangement bizarre et ondoyant dont bien des livres\nn'ont pu encore épuiser l'étude approfondie.\nIci, une fois de plus, Voltaire librettiste, c'est Voltaire peint par lui-\nmême, en déshabillé... au moral, comme Pigale l'a représenté... au\nphysique, en sculpture.\nII\nPANDORE (1740)\nDepuis huit ou neuf ans, Samson était sur le chantier ou plutôt sur ce\nlit de Procuste auquel on ne saurait mieux comparer la confection d'un\nopéra, travail sans nom entre le parolier et le musicien; le premier qui\ndéfend pied à pied ses rimes, le second qui allonge et plus souvent\nraccourcit la besogne de son associé, et Voltaire voyait bien que son sujet\nbiblique, tel qu'il l'avait conçu,, risquait fort de ne pas arriver à la\nscène, lorsque l'idée lui vint, délaissant les Livres saints, de se vouer à la\nmythologie transcendentale et quelque peu philosophique, en abordant\nl'allégorie de Pandore ou de Prométhée, car il hésitait entre ces deux\ntitres.\nMalheureusement, son génie lyrique ne le servit pas mieux pour ce\nlivret que pour le précédent, et, ce qui gâta tout, ce fut son incurable\nmanie de parodier, jusque sous des noms payens, les dogmes catho-\nliques; ainsi, il appelait Pandore : « le péché originel. » On voit d ici les\nallusions qui rendirent impossible cet opéra, même lorsque la contexture\nboiteuse du libretto lui-même n'aurait pas été un obstacle suffisant à sa\nmise en musique et à la scène. Mais, demandons à la correspondance de\nVoltaire l'histoire des vicissitudes que traversa Pandore, à laquelle il\ns'attachait d'autant plus, que les difficultés de toute nature se dressaient\ndevant son œuvre bien aimée. Il y a longtemps que l'on parle de la pré-\ndilection des parents pour leurs enfants malvenus, rachitiques, boiteux,\nbossus, dont ils essaient de prolonger l'existence, en l'entourant de tous\nles soins comme aussi des préférences les plus bizarres.\nVoltaire écrivait donc, en 1744, à Cideville :\n« J'espérais plus de l'opéra de Prométhée, parce que je l'ai fait pour moi.\nM. de Richelieu Ta donné à mettre en musique k Royer, et le destine pour\nune des secondes fêtes qu'il veut donner. Or, je veux sur cela, mon cher\nami, vous supplier de faire une petite négociation. J'avais, il y a quelques\nmois, confié ce Prométhée à madame Dupin, qui voulait s'en amuser et l'or-\nner de quelques croches,, avec M. de Franqueville et Jéliotte. Je crois qu'elle"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "ne me saura pas mauvais gré si M. de Richelieu y fait travailler Royer ; c'est\nun arrangement que je n'ai ni pu ni dû empêcher.\n« Je vous supplie d'en dire un petit mot à la déesse de la beauté et de la\nmusique, avec votre sagesse ordinaire. »\nToujours des contradictions causées par la vanité! Ainsi, cet opéra\nque Fauteur avait fait pour lui et qui ne devait être qu'un prétexte\nà essai lyrique pour trois amateurs, devient tout à coup un des éléments\nd'une fête princière en projet. Royer, auteur de trois opéras, était un\nassez médiocre musicien, en comparaison de Rameau; aussi Voltaire\ncomptait-il sur plus de docilité de sa part.\nBientôt, toujours fidèle à sa manie de commettre sans cesse des mots\nplus ou moins justes, Voltaire dit à un de ses confidents : « Royer n'a pas\neu la plus grande part de ce monde au larcin du feu sacré. Le génie\nest médiocre... » Cependant, il fallait bien s'en contenter; car, ainsi que\nle dit une vieille chanson, écho d'une grande vérité :\nQuand on n'a pas ce que l'on aime,\nIl faut aimer ce que l}on a.\nFidèle à ce principe éminemment philosophique, Voltaire s'attacha,\navec une rare persévérance et une non moins rare patience, à son musi-\ncien; car, dix ans s'écoulèrent depuis le jour où il en portait le jugement\nci-dessus jusqu'à celui où il lui écrivait à lui-même les choses flatteuses\nque voici :\n« J'avais eu Fhonneur de vous écrire, non seulement pour vous marquer\ntout l'intérêt que je prends à vos mérites et à vos succès, mais pour vous\nfaire voir aussi ma juste crainte que ces succès si bien mérités ne soient\nruinés par le poeme défectueux que vous avez vainement embelli. Ce poeme,\ntel qu'on l'a imprimé plus d'une fois, est peut-être moins mauvais que celui\ndont vous vous êtes chargé; mais l'un et l'autre ne sont faits ni pour le\nthéâtre ni pour la musique. Souffrez donc que je vous renouvelle mon\ninquiétude sur votre entreprise, mes souhaits pour votre réussite et ma\ndouleur de voir exposer au théâtre un poeme, qui en est indigne de toutes\nfaçons, malgré les beautés étrangères dont votre ami, M. de Sireuil, en a\ncouvert les défauts\n« Il faut une musique aussi belle que la vôtre, soutenue par la voix et les\nagréments d'une actrice principale, pour faire pardonner le vice du sujet... »\nA travers ces compliments à l'adresse de Royer, on sent percer la mau-\nvaise humeur de Voltaire, qui ne pouvait pardonner à un poète-amateur,\ntel que M. de Sireuil, d'avoir remanié son œuvre informe. Mais c'était\nchose accomplie, et il fallait bien en passer par là, sous peine de voir\nPandore rejetée dans les limbes, en compagnie de Samson. L'auteur\ncontinua donc à enrager... plus ou moins silencieusement. La réponse de\nRoyer a été perdue."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.9", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2978, "texte": "En cette même année 1754, Voltaire dans le sein de l'amitié\net il écrit à d'Argental :\n« J'ai donné mon consentement à la représentation de ce malheureux\nPrornéthée. Je souffre avec douleur ce que je ne peux empêcher... Tout ce\nque je peux faire, c'est d'exiger qu'on ne mette pas, au moins, sous mon\nnom, les embellissements dont M. de Sireuil a honoré cette bagatelle. Je\nvois qu'on est toujours puni de ses anciens péchés... On me défigure un\nvieil opéra....\n« J'ai pris la précaution d'exiger de Lambert qu'il fasse une petite édition\nde cette Pandore, ayant qu'on ait le malheur de la jouer, car la Pandore de\nRoyer est toute différente de la mienne; et je veux, du moins, que ces deux\nturpitudes soient bien distinctes. »\nTurpitudes est trop fort pour être sincère. Mais ]a colère emporte le\nlibrettiste et il ne sait plus la valeur des termes qui lui échappent ; seu-\nlement, les turpitudes sont dans sa pensée— le fait des remaniements\nde M. de Sireuil. Il eût préféré que Pandore ne fût jamais mise en\nmusique, plutôt que de la voir réhabillée par un rival à ce point auda-\ncieux...\nMadame de Fontaine, sa nièce, reçoit la suite de l'averse des récrimi-\nnations du cher oncle, au sujet de l'infortunée Pandore :\n? « C'en serait trop que d'être vilipendé à la fois, à l'Opéra et àla Comédie :\nc'est bien assez que M. Royer m'immole à ses doubles croches.\n« Ne pourriez vous point parler à ce sublime Royer et lui demander au\nmoins une copie des paroles telles qu'il les a embellies par sa divine musique ?\nVous auriez, au moins, le premier avant-goût des sifflets; c'est un droit de\nfamille qu'il ne peut vous refuser. »\nVous croyez que c est fini? Vous connaissez bien mal Voltaire. Quand\nil tient un thème quelconque, il ne l'abondonne qu'après lui avoir fait\nsubir toutes les variations imaginables et inimaginables ; c'est un cres-\ncendo formidable. Royer, de mauvais musicien, va devenir sous la\nplume de Voltaire un voleur qui démarque le linge pour mieux le\nvendre : « Royer a fait précisément de la tragédie de Pandore ce\nque Néaulme a fait de Y Histoire universelle. On me vole mon bien de\ntous côtés, et on le dénature pour le vendre.\n« Si j'en crois tout ce qu'on m'écrit, le plus grand service qu'on puisse\nrendre à Royer, est de l'empêcher de donner cet opéra. On assure que la\nmusique est aussi mauvaise que son procédé... M. de Moncrif m'a envoyé la\npièce telle qu'on la veut jouer et telle que M. Royer l'a fait refaire par un\nnommé Sireuil. Cette bizarrerie serait l'opprobre de la littérature et de la\nnation... Si on ne peut différer cet opprobre, je demande àM. le comte\nd'Argenson qu'on ne débite point l'ouvrage à l'Opéra, sans y mettre un titre\nconvenable, et qui soit dans la plus exacte vérité. Voici le titre que je pro-\npose : Prornéthée, fragments de la tragédie de Pandore, déjà imprimée, à\nlaquelle le musicien a fait substituer et ajouter ce qu'il a cru convenable au\nthéâtre lyrique, pendant Véloignement de ïauteur."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "Conçoit-on quelque chose de plus grotesque que la nature et le ton de\nces réclamations? L'opprobre de la littérature et DE LA NATION vaut sur-\ntout son pesant de ridicule poussé aux dernières limites. Après cela, il\nfaut tirer l'échelle, comme dit un des personnages de Molière. Le titre\nproposé par l'auteur en courroux rappelle la facture de ces amplifications\nemphatiques dont certains directeurs de province embellissent leurs\naffiches à sensation. C'est du suprême pathos... forain.\nMaintenant, encore au tour de Pami d'Argental à essuyer les furi-\nbondes confidences du maître, qui appelle la Pandore musiquée par\nRoyer a son détestable opéra...On a fait de ma Pandore une rapsodie de\nparoles du pont Neuf. » La conduite du musicien en tout ceci est qua-\nlifiée « de mauvais procédé » et de « bêtise. »\n<c Rien conclut Voltaire, n'est pire qu'une infortune ridicule. »\nTout l'homme est dans cet aveu à la désinvolture paradoxale.\nEt puis, le voilà qui se remet à tour de bras sur Royer, Sireuil et la\nmythologie qui n'en peut mais, elle! « Je ne sais pas si Royer sait taire\ndes croches, mais je sais bien qu'il ne sait pas lire. M. de Sireuil est un\ndigne porte-manteau du roi ; mais il aurait mieux fait de garder les man-\nteaux que de défigurer Pandore. Un des grands maux qui soient sortis\nde sa boîte est certainement cet opéra. On doit trouver au fond de cette\nboîte fatale plus de sifflets que d'espérance. Je fais ce que je peux pour\nn'avoir, au moins, que le tiers des sifflets ; les deux tiers, pour le moins,\nappartiennent à Sireuil et à Royer. »\nVoilà de la justice distributive, ou je ne m'y connais pas ; en vérité,\nc'est on ne peut plus équitable.\nComme les enfants gâtés qui, à force de pleurer, arrivent à une dou-\nleur presque vraisemblable, Voltaire s'exalte lui-même et finit par croire\nqu'il a été réellement victime du plus prémédité des guet-apens. « C'est\nune cruauté bien absurde, c'est une impertinence bien inouïe que celle\nde ce polisson de Royer. Faites en sorte, du moins, qu'on crie à Tin-\njustice et que le public plaigne un homme dont on confisque ainsi le bien\net dont on vend les effets détériorés. Je suis destiné à toutes les espèces\nde persécution. »\nLe pauvre homme !\nCeci est écrit le 29 octobre 1754, à Thieriot, et voilà que,le 19 décembre\nsuivant, toute cette grande colère tombe, comme si, sur cette soupe au\nlait en furie, on avait jeté de l'eau froide. Voici sur quel ton fort adouci\nVoltaire récrit à Thieriot :\n« Je ne savais pas que vous connussiez M. de Sireuil. Il me paraît, par ses\nlettres, un fort galant homme. Je suis persuadé que lorsqu'il s'arrangea avec\n*"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.11", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1021, "texte": "Royer pour me disséquer, il m'en aurait instruit s'il avait su où me prendre.\nIl faut que ce soit le meilleur homme du monde ; il a eu la bonté de s'asservir\nau canevas de son ami Royer; il fait dire à Jupiter :\nLes Grâces\nSont sur vos traces,\nUn tendre amour\nVeut du retour... »\nAu tour de Royer, maintenant. Quelle palinodie que celle-ci !\n« Royer est un profond génie ; il joint l'esprit de Lulli à la science de\nRameau, le tout relevé de beaucoup de modestie... »\nMais, comme Voltaire ne pense pas un traître mot de ce qu'il vient\nd'écrire et qu'il faut, à toute force, qu'il termine sa lettre par une de ces\nculbutes où il excelle, revenant sur le danger de mettre en scène les rimes\nde son arrangeur, il conclut ainsi : « 11 me prend fantaisie de vous prier\nde faire sentir à M. de Sireuil l'énormité du danger : les parodies de la\nFoire et les torche-c... de Fréron. C'est bien malgré moi que je suis\nobligé de parler encore de vers et de musique. »\n(La suite prochainement.)\n\nCH. BARTHÉLÉMY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c009", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "16", "page_fin": "21", "image_debut": 12, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.3", "titre_corps": "LES AIRS A DANSER DE L'ANCIENNE ECOLE FRANÇAISE", "titre_sommaire": "LES AIRS A DANSER DE L'ANCIENNE ECOLE FRANÇAISE", "signature_source": "TH. DE LAJARTE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.12", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "LES AIRS A DANSER\nDE\nL'ANCIENNE ECOLE FRANÇAISE\n\nV\nLA GAVOTTE\nA Gavotte et le Menuet! voilà deux noms inséparables,\nlégendaires, qui doivent inévitablement représenter à\nvotre esprit la quintessence des airs à danser du dix-\nhuitième siècle ! Vous vous figurez de suite le danseur\nen habit brodé, pirouettant sur son talon rouge, ou fai-\nsant la roue devant une belle dame en falbalas, de vastes\npaniers sur les hanches, poudrée à frimas, le visage couvert d'une épaisse\ncouche de vermillon, avec « une mouche assassine » sous l'œil droit.\nEn effet, ces danses étaient fort à la mode sous Louis XV ; mais elles ont\neu le très grand mérite de vivre longtemps, puisqu'elles étaient déjà en\ngrande faveur à la cour de Louis XIV. J'en donne ici la preuve par le\npremier air cité en regard de cette notice. Le ballet de la Raillerie était\nun « ballet du Roy » dansé devant Sa Majesté en 1659, la même année\nque Cambertfit entendre à Vincennes « la première comédie française en\nmusique » sous le nom de la Pastorale. Sous la date de 1657, un autre\nfragment de ballet nous est resté, à l'état de manuscrit, intitulé :\nl'Amour malade.Tous les deux avaient été composés par Lully.\nV Amour malade contient aussi une petite gavotte. Si l'espace ne m'a-\nvait manqué, j'aurais pu transcrire ici des gavottes de tous les composi-\nteurs du dernier siècle, en partant de Lully, et donner des gavottes de\nDestouches, de Mouret, continuer par celles de Rameau, passer ensuite\n\n(1) Voir les numéros des ler et i 5 juin, :°r juillet et i«' août."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "à la gavotte d'Armide, de Gluck, et terminer par la gavotte d'Andro-\nmaque, de Grétry, ou même par la gavotte « légère » du Jugement de\nParis, de Méhul (1794). Cette danse a victorieusement résisté à toutes\nles vicissitudes de la mode et des gouvernements. Elle a fait tout à la fois\nles délices de la Cour de France et de la Convention. Ce ne fut que sous\nle Consulat que l'on a commencé à la reléguer parmi les débris de l'an-\ncien régime. L'Empire a remplacé les vieilles danses : Gavotte, Menuet,\nMusette et Tambourin, par la Contredanse (horresco referens), l'An-\nglaise, 1 Allemande, la Polonaise et la Cosacjue. Après avoir dispersé les\nnations par les armes, il avait pris leurs danses pour ses ballets de\nl'Opéra.\nLa Gavotte était, tout a fait à son origine, un dérivé du Branle. Voici\ncomment le Dictionnaire de la Danse décrit cette figure :\n« Le Branle est une danse par où commencent tous les bals , où plu-\nsieurs personnes dansent en rond, en se tenant par la main et en sq don-\nnant un branle continuel et concerté avec des pas convenables selon la\ndifférence des airs qu'on joue alors. » Les anciennes gavottes étaient\n« une suite » de branles, comme nos valses modernes. « En ces danses on\ns'embrassait et on donnait le bouquet(?). »Le bon chanoine de Langres,\nThoinot Arbeau, donne la tablature dans son\nLa Gavotte, proprement dite, était toujours écrite à deux temps. Elle\nétait, comme sentiment mélodique, tantôt « gracieuse, » tantôt « gaye, »\nquelquefois tendre et même lente.\nComme danse, elle était composée de trois pas et d'un pas assemblé.\nLE MENUET\nDans les vieilles partitions, nous trouverons peut-être encore plus de\nmenuets que de gavottes ; seulement, le menuet a résisté moins long-\ntemps que sa contemporaine. A partir de Gluck, on trouve cette formule :\nMouvement de menuet; à partir d'Haydn et des symphonistes, le mi-\nnuetto instrumental a tué le vieux et véritable menuet.\nL'abbé Brossard prétend que cette danse nous est venue du Poitou ;\ncela peut être, mais ce qu'il y a de certain, c'est que le Menuet était\nhautement considéré par nos pères ; c'était pour eux la danse par ex-\ncellence.\nComme figure, voilà ce qu'en dit dans son\nstyle plus que fantaisiste :\n(1) Par le sieur Rameau, maître à danser des pages de S. M. C. ia reine d'Espaene.\nParis, 1734."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.22", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "« Il faut d'abord savoir que le vrai pas de menuet est composé de\nquatre pas (qui cependant, par leurs liaisons, suivant le terme de 1 air, ne\nsont qu'un seul pas). Ce pas de menuet à trois mouvements et un pas\nmarché sur la pointe du pied, sçavoir le premier en un demi-coupé du\npied drpit et un du gauche, un pas marché du pied droit, sur la pointe\net les jambes étendues. A la fin de ce pas, vou» laissez doucement poser\nle talon à terre, pour laisser plier le genouïl; qui, par ce mouvement,\nfait lever la jambe gauche, qui se passe en avant en taisant un demi-\ncoupé qui est le troisième mouvement de ce pas de menuet et un\nquatrième pas. »\nAvez-vous compris? je le désire sans 1 espérer.\nDans tous les cas, il paraîtrait que le menuet fut rendu plus facile aux\ndanseurs novices, grâce à Pécour, artiste de 1 Opéra, qui réduisit\ntoutes les positions de la figure à deux mouvements. Le menuet devint\nalors la danse à la mode et fit partie des qualités indispensables à tout\nhomme bien élevé. Pécour rendit ainsi un immense service à l'art et à\nl'esprit humain. Il en était persuadé, du reste. C était un des plus jolis\nfats que Ton ait connus et, certes, le nombre des petits-maîtres et des\nchevaliers était considérable à son époque.\nLa Bruyère ne pouvait pas voir toutes les dames de la Cour s'amou-\nracher de ce baladin. Il lui décocha une foule d'épigrammes, en 1 appe-\nlant Bathyle et lui administrant une de ces volées de bois vert dont il\navait le secret; mais un homme qui a érigé le menuet en institution,\nest au-dessus de ces petites avanies. Pécour appartient tout a fait au\nsiècle de Louis XIV, puisqu'il débuta en 1674 et mourut en 1729.\nIl y a dans l'histoire de la chorégraphie une autre amusante physiono-\nmie du « maître à danser; » c est Marcel, dont Helvétius nous paile\ndans son livre sur VEsprit, C?était une espèce d original, extravagant et\nbourru, qui voulait trouver dans la danse la synthèse de toutes les per-\nfections et imperfections morales et physiques. 11 prétendait distinguer\nle caractère homme dans sa démarche et dans ses mouvements.\nC'était un danseur-Lavater qui plaçait dans les jambes le siège de 1 in-\ntelligence. lin jour, donnant une leçon de menuet à une jeune fille, il\nreste silencieux, le front penché, l'œil perdu dans des rêveries extatiques\net murmure ces mots profonds qui sont restes à 1 état d axiome . « Que\nde choses dans un menuet ! »\nCe même Marcel, recevant la visite d un célèbre danseur anglais,\nle « tarabuste et le rabroue. » Lorsque 1 étranger veut lui pailer de\nses succès à Londres et à Dublin : « Monsieur, lui crie-t—il en le jetant"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.23", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "à la porte, ne me parlez pas de vos danses barbares ; Von saute dans\nles autres pays, mais on ne danse qu'à Paris. »\nMarcel fit son dernier entrechat en 1759.\nNous trouvons, dans une brochure imprimée à Lausanne, en 1797, et\nintitulée : Essai ou principes élémentaires de l'art de danse , la\nréflexion suivante qui indique bien que le Menuet était passé, dès le\nmilieu du dix-huitième siècle, à l'état classique : « On Va abandonné\ndepuis longtemps; mais ii est facile de démontrer qu'on ne peut parvenir\nà danser, je ne dis pas bien, mais même médiocrement, sans s'y être\nappliqué. Cette danse développe les membres, leur donne des contours\ngracieux, du moelleux et de la justesse dans les mouvements. »\nDu reste, le prototype Marcel s'exprimait à peu près de la même\nfaçon : « Le Menuet est une danse froide, mais nécessaire à Véducation ;\nlorsqu'un homme danse bien les Menuets, il a des grâces dans tout ce\nqu'il fait. »\nCHAGONE\nIl existe deux manières d'écrire le mot : chacone; avec un ou deux n ;\nmais en suivant les règles de l'étymologie, on doit, suivant moi, n'em-\nployer qu'une de ces lettres. Il est indubitable qu'on a pris le nom de\ncette danse à la langue italienne : Ciacona, du mot Cecone : aveugle,\nair d'aveugle. Maintenant, le Dictionnaire de la danse, et plusieurs\nautres glossaires, après lui,veulent que ce mouvement rhythmique ait été\ninventé par un aveugle : c'est une interprétation peu plausible. Castil-\nBlaze l'explique mieux, à mon avis ; il traite la Chacone c'c d'intermi-\nnable, comme une chanson d'aveugle. » En effet, aucun air à danser\nn'est long comme une Chacone. Au théâtre, cela pouvait être admis ;\ncomme air musical, il m'était impossible d'en citer une ici. Je me con-\ntente de renvoyer mes lecteurs à la jolie Chacone du Roland, de Lulli,\nque la Chronique musicale a donnée dans son premier numéro.\nDespréaux nous dit, dans une des notes de son poème, que la Chacone\nest pour la danse ce qu'est un concerto en musique, Il ya du vrai\ndans cette comparaison.\nA la fin de presque toutes les partitions, on peut trouver une Chacone,\npar la raison que, les pièces finissant ordinairement par une fête générale,\ncet air, de grande dimension, donnait aux maîtres de ballets l'occasion\nde faire une infinité de pas différents, en groupes et en soli.\nC'est à la demande expresse et aux supplications de Vestris que nous\ndevons la Chacone d'lphigénie en Aulide. Gluck l'écrivit pour servir d©\ncadre à « la lutte pour la danse. )>"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.24", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "Cet air a été presque toujours composé à trois temps, mouvement : assez\nvite. Floquet fut le premier qui donna une Chacone à mesure binaire.\nSon air en mi de VUnion de VAmour et des Arts (1773) est resté célèbre.\nLA BOURRÉE\nLa Bourrée a sa provenance indiquée par le fait qu'elle est restée à\nl'état de danse nationale dans l'Auvergne, sa patrie. Elle a quelques rap-\nports avec le Branle et est, comme lui, de très ancienne date; on lui\ntrouve aussi quelques analogies avec le Rigaudon. Il existait une foule\nde divergences dans la figure de cette danse : pas de Bourrée « avec\nfleuret, dessus et dessous, » pas de Bourrée « ouvert, emboîté, » etc. Le\ncompositeur qui a fait les plus jolies Bourrées, et qui les a même portées\nau théâtre, c'est Mouret, Fauteur de plusieurs divertissements, exécutés\npour les fêtes de la duchesse du Maine, dont il était surintendant de mu-\nsique. Dans une de ces «Nuits de Sceaux,» on exécuta, avec beaucoup de\nsuccès, Ragonde ou la Soirée de village. La réussite accompagna cette\nbluette à l'Opéra. Aussi, j'ai cru bien faire de donner ici, comme\nexemple, une Bourrée de Ragonde qui m'a paru charmante.\nLes musiciens delà première moitié du dix-huitième siècle, même\nLully, appellent quelquefois « loure » des airs ayant tout le caractère de\nla bourrée. Ne pourrait-on pas induire de là que l'un est un dérivé de\nl'autre ?\nLully, sous le nom ordinaire de bourrées, a écrit de très jolis airs de\ndanse: témoin la bourrée de Phaéton, citée comme exemple ici. Du\nreste, ce pas de bourrée ne paraissait pas assez noble pour ces gens, enti-\nchés de noblesse et de majesté, que l'on appelait les danseurs de l'Opéra.\nAussi, sauf Mouret, qui écrivait pour les fêtes quasi-villageoises de\nSceaux, les musiciens dramatiques ne nous ont pas laissé autant de\nbourrées que d'autres airs, usités plus fréquemment à l'Académie.\nLA MUSETTE ET LE TAMBOURIN\nNous voici, pour finir, en pleine paysannerie; les deux noms de ces\nairs vous l'indiquent assez. La Musette était écrite à deux, ou à trois\ntemps. La basse était souvent « en tenues ou point d'orgue » d'après le\nDictionnaire de la Danse, ce que nous devons traduire, je crois :« en\npédale » représentant le bourdon de la vielle.\nLes Musettes abondent dans le vieux répertoire : je pourrais dire, en\nm'excusant de la trivialité de l'expression, que je n'avais que « l'embarras"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.25", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "du choix ». J'ai pris la Musette des Fêtes de VÉté de Monteclair, parce\nqu'elle m'a semblé avoir des contours et une couleur très caractéris-\ntiques, en étant en même temps assez jolie, sous le point de vue\nmusical.\nLe Dictionnaire de la Danse nous donne, à propos de la Musette, un\nparagraphe bien amusant. Le digne danseur, qui a composé ce livre, a\nPair de croire, tout bonnement, qu'il a existé une époque heureuse où\nla Bergerie, érigée en système gouvernemental, déversait sur ses sujets\nenrubannés une avalanche de félicités à outrance. Que Ton est heureux\nde savoir l'histoire de cette façon pittoresque ! Jugez-en :\n« Dans Vancien temps, on voyait les bergers, ornés de guirlandes de\nfleurs, sur le soir, ramenant leurs troupeaux, tandis que Corydon faisait\nrésonner sa musette. Les Bergers, pour plaire à leurs belles et pour les\nengager, unissaient leurs danses à leurs sons de voix les plus doux et\nles plus flatteurs. On regrette de n'être pas habitant d'une contrée où\nl'on ne connaissait d'autre ambition que celle de plaire, et d'autre occu-\npation que celle d'aimer et d'être heureux. » Ce Virgile n'en fait jamais\nd'autres....\nLe Tambourin était moins usité que la Musette; il était trop spé-\ncial, trop typique. Seulement, il devint très à la mode, à la fin du siècle\ndernier, où l'on commençait à donner, dans les divertissements, une\ncouleur plus tranchée. Le mouvement était vif et à deux temps. C'é-\ntait la reproduction, arrangée, du rhythme des tambourinaires proven-\nçaux, avec flûte et galoubé.\nPour résumer cette étude des airs à danser, il faut se souvenir qu'au-\ntrefois il y avait deux genres de Danse : le genre grave et le genre gay :\nnous avons passé en revue toutes les figures, sauf la gigue, parce qu'elle\nn'avait pas une physionomie bien particulière et qu'elle ne représentait\nnullement le rhythme qui est en usage aujourd'hui en Angleterre;\nnous disons donc :\nLe genre grave comprenait : La Canarie, la Passacaille, le Menuet,\nle Passepied-princesse, un dérivé du Passepied ordinaire.\nLe genre gai comprenait : le Passepied simple, la Forlane, le Rigau-\ndon, la Gavotte, la Chacone, la Gigue, la Bourrée, la Musette et le\nTambourin.\n\nTH. DE LAJARTE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c013", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.4", "titre_corps": "GAVOTTE en RONDEAU du BALLET de la RAILLERIE (LULLY-1659)", "titre_sommaire": "GAVOTTE en RONDEAU du BALLET de la RAILLERIE (LULLY-1659)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 62, "texte": "GAVOTTE en RONDEAU du BALLET de la RAILLERIE\n(LULLY-1659)\n(55)"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4, "texte": "(55)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c014", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.5", "titre_corps": "MENUET en DUO d'ATYS (LULLY —1676)", "titre_sommaire": "MENUET en DUO d'ATYS (LULLY —1676)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.15", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "MENUET en DUO d'ATYS\n(LULLY —1676)\n(56)"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4, "texte": "(56)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c015", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.6", "titre_corps": "BOURRÉE de PHAËTON (LULLY-1683)", "titre_sommaire": "BOURRÉE de PHAËTON (LULLY-1683)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 36, "texte": "BOURRÉE de PHAËTON\n(LULLY-1683)\n(58)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c016", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.7", "titre_corps": "MUSETTE des FESTES de L'ÉTÉ (MONTECLAIR-1716)", "titre_sommaire": "MUSETTE des FESTES de L'ÉTÉ (MONTECLAIR-1716)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 50, "texte": "MUSETTE des FESTES de L'ÉTÉ\n(MONTECLAIR-1716)\n(57)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c017", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.8", "titre_corps": "BOURRÉES de RAGONDE (MOURET- 1742)", "titre_sommaire": "BOURRÉES de RAGONDE (MOURET- 1742)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.19", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 39, "texte": "BOURRÉES de RAGONDE\n(MOURET- 1742)\n(59)"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 58, "texte": "2e BOURRÉE\nBertrand grav:\n(59)\nImp: Arouy rue du Delta 26."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c018", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "22", "page_fin": "32", "image_debut": 26, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.9", "titre_corps": "ANDRÉ PHILIDOR", "titre_sommaire": "ANDRÉ PHILIDOR", "signature_source": "ARTHUR POUGIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.26", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\n(I)\nV\nPRÈS le grand succès du Maréchal-Jerrant, qui consa-\ncrait définitivement sa réputation et le plaçait au pre-\nmier rang des artistes qui s'étaient adonnés au genre\nnouvellement adopté, Philidor resta près d'une année\nsans reparaître au théâtre. Mais un événement impor-\ntant se préparait, qui devait exercer sur l'avenir du\njeune opéra-comique une influence décisive, et dont les suites lui furent\nsingulièrement favorables. Gomme l'histoire de ce genre de production\nthéâtrale est restée obscure en bien des points et n'a pour ainsi dire pas\nété entamée jusqu'ici, il ne sera peut-être pas inutile d'en retracer, en\nquelques mots, ce chapitre particulièrement intéressant.\nDepuis longtemps, la Comédie-Italienne jalousait l'Opéra-Comique,\nqui, ayant disparu une première fois, avait ressuscité et s'était repris à\nla vie avec une nouvelle vigueur. Les deux théâtres forains avaient tou-\njours vécu en assez mauvaise intelligence; cette mésintelligence s'accrut\nencore lorsque l'Opéra-Comique, qui avait eu le premier l'idée des\npièces à ariettes, obtint avec leur aide des succès répétés. Doué d'une\nactivité dévorante, appelant à lui les jeunes poètes et les jeunes musi-\nciens, recrutant avec soin sa troupe, qui était devenue excellente et qui\ncomprenait des artistes tels qu'Audinot, Clairval, Laruette, Bourette,\n\n(i) Voir les numéros des i 5 juin, i 5 juillet et ier septembre."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.27", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "Delisle, Paran, Aubert, mesdemoiselles Deschamps, Rosaline, Neissel,\nLuzy, Fleurigny, il se trouva bientôt porter un grave préju-\ndice à la prospérité de son orgueilleuse rivale. Malheureusement pour\nlui, les comédiens-italiens (du moins ceux que, par habitude, on con-\ntinuait d'appeler tels, car depuis longtemps ils n'avaient plus d'italien\nque le nom), placés au-dessus de lui dans la hiérarchie théâtrale, n'é-\ntaient point sans influence à la cour; ils étaient « comédiens du roi, »\ntout comme leurs camarades de la Comédie-Française, et ce titre leur\ndonnait une situation importante; ils en profitèrent pour chercher, sous\nmaints prétextes, des chicanes incessantes à l'Opéra-Comique, et, fina-\nlement, pour demander à leur profit sa suppression, qui fut prononcée\nvers la fin de 1761 ou le commencement de 1762. Comme, à cette\népoque, on se souciait médiocrement de l'intérêt de l'art ou des artistes,\nbien que sous le couvert de cet intérêt on commît les plus cruelles ini-\nquités, on ne se préoccupa guère du sort qui allait atteindre la plupart\ndes acteurs du théâtre condamné. Cinq d'entre eux seulement, pour justi-\nfier la prétendue fusion qu'on opérait car on se serait bien gardé de\nparler de suppression trouvèrent place àla Comédie-Italienne, à la-\nquelle, avec leur jeunesse et leur ardeur, ils infusèrent un sang nouveau :\nc'était Audinot, Clairval, Laruette, mesdemoiselles Deschamps et Neissel.\nBourette et mademoiselle Luzy furent engagés à la Comédie-Française;\nles autres devinrent ce qu'ils purent.\nPour célébrer ce qu'on appela bravement, à la suite d'une telle spo-\nliation, « la réunion des deux troupes, » une inauguration quasi-solen-\nnelle eut lieu à la Comédie-Italienne, où l'on joua pour la circonstance,\nle 3 février 1762, avec Biaise le Savetier et On ne s avise jamais de\ntout, un petit à-propos intitulé la Nouvelle Troupe. « Le mercredi\n3 février, jour à jamais célèbre dans les fastes du théâtre, disent pompeu-\nsement les auteurs de Y Histoire de Vopéra bouffon, se fît l'ouverture du\nspectacle du nouveau genre, par les acteurs réunis, dans Biaise le Save-\ntier et On ne s'avise jamais de tout, précédés de la Nouvelle Troupe,\npièce dans laquelle l'inimitable et honnête Caillot a commencé à déve-\nlopper ses talents. L'affluence des spectateurs fut extraordinaire ce\njour-là : toutes les loges étaient louées depuis huit jours, et, dès le matin\nde la représentation, les portes et toutes les avenues de ce théâtre étaient\nassiégées par un concours extraordinaire de gardes ou de personnes qui\nvenaient s'emparer des places qui ne peuvent ni se louer ni se retenir\nd'avance. »\nLa Comédie-Italienne avait voulu absorber l'Opéra-Comique, en tant\nque théâtre; elle y avait réussi. Mais elle ne put retrouver le succès qui"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.28", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "avait paru un instant lui échapper, qu'en suivant la voie que celui-ci\navait précisément commencé à parcourir. Le public voulait de la\nmusique, il lui en fallait offrir, et la comédie à ariettes, l'opéra comique,\npour 1 appeler de son vrai nom, prit forcément un nouvel essor àla suite\nde ce fait brutal, et devint bientôt la base même du répertoire. Les\nauteurs donnèrent peu à peu des développements plus considérables aux\npièces de ce genre; loin de se tenir aux limites d'un acte, ils en firent\nbientôt en deux et même en trois actes, dans lesquelles la musique pre-\nnait chaque jour une plus grande place. Petit à petit, on se déshabitua\ndelà parodie, qui fut laissée aux petites scènes foraines; le vaudeville\nlui-même ne parut plus que de loin en loin; la comédie italienne pro-\nprement dite fut complètement proscrite au bout de quelques années, et\nenfin la comédie à ariettes et la comédie pure se partagèrent bientôt\nexclusivement la scène jusqu'au moment, relativement peu éloigné, où\nla première resta seule souveraine. A l'aide des quelques recrues excel-\nlentes qu'elle avait faites dans le personnel de l'Opéra-Comique, la\nComédie-Italienne se trouvait en possession d'une troupe qu'on peut,\nsans exagérer, qualifier d'admirable, et qui donna au nouveau genre\ntoute la perfection, la splendeur d'interprétation dont il est susceptible :\nRochard, Champville, Colalto, Lejeune, Caillot, Laruette, Clairval,\nLobreau, Desbrosses, madame Favart, mesdemoiselles Deschamps,\nNeissel, Laruette, Piccinelli, Desglands, Savy.... De ce jour, on peut\ndire que l'opéra comique est véritablement créé, et avec de tels inter-\nprètes, avec des poètes comme Anseaume, Sedaine, Favart, Marmontel,\nMonvel, des musiciens comme Duni, Philidor, Monsigny, Grétry,\nDézèdes, il marchera bientôt de succès en succès et poursuivra sa carrière\nen triomphateur.\nLes trois premiers ouvrages lyriques qui furent donnés àla Comédie-\nItalienne, à la suite de la suppression de l'Opéra-Comique, sont Annette\net Lubin, de Laborde ; la Plaideuse ou le Procès, de Duni, et SCLYICIIO-\nPanca dans son isle, de Philidor. Sancho-Pança était une farce en un\nacte, dont Poinsinet (Poinsinet le jeune, dit le mystifié, qu'il ne faut\npas confondre, pour l'honneur de celui-ci, avec son cousin Poinsinet de\nSivry), avait écrit les paroles, et qui fut représentée le 2 juillet 1762. La\npièce était assez méchante, mais fut sauvée par la musique et obtint\nvingt-cinq représentations. Le rédacteur du Mercure s'exprime en ces\ntermes sur le compte de Philidor : ce En nommant cet auteur aimé du\npublic, il est inutile d'ajouter que la musique a été très applaudie. »On\nlit, d'autre part, dans YHistoire de l'opéra bouffon : «La musique\nde Sancho est digne de la célébrité de son auteur ; on y remarque la"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.29", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "touche fiere et savante de M. Philidor, et cette harmonie qui caractérise\nses autres ouvrages (i). »\nAvant de parler du Bûcheron et d'enregistrer un des plus grands\nsuccès qui aient marqué la carrière de Philidor, il faut que je signale la\nreprésentation d'un petit ouvrage fort malheureux, dont certains bio-\ngraphes lui ont attribué la paternité, mais qui n'est point de lui, bien\nqu'il ne soit pas resté complètement étranger à son apparition. La pièce\ndont il s'agit était intitulée la Bagarre,et fut donnée le 10 février 1763;\nmais elle fut reçue de telle façon, avec tant de bruit, de fracas, de huées,\nde sifflets, que la première représentation fut aussi la dernière, et que\njamais plus il n'en fut question. Le rédacteur des\nservir à Vhistoire de la République est, je crois, le premier\nqui ait eu l'idée d'en attribuer la musique à Philidor : «On a donné\naujourd'hui, dit-il, aux Italiens, la première et dernière représentation\nde la Bagarre, farce en un acte mêlée d'ariettes; les paroles sont de\nMM. Guichard et Poinsinet, la musique de M. Philidor. Les unes sont\ndétestables, la dernière a des beautés qui n'ont pu faire passer ce mau-\nvais drame : c'est un tissu de plaisanteries du plus mauvais genre, du\nplus vil, du plus misérable; rien de si ignoble (2). »\nLa musique de la Bagarre était l'œuvre d'un musicien flamand\nnommé Van Malder ou Maldere, violoniste fort distingué alors au service\ndu prince Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, et qui, à cette\népoque, était en congé à Paris, où il publia des sonates et des concertos\nde violon,des trios pour instruments à cordes, et même des symphonies.\nCe qui a donné lieu àla confusion,c'est que Philidor, toujours obligeant\net bon, l'aurait aidé de diverses façons en cette circonstance, en retou-\nchant plus ou moins sa partition, surtout en ce qui concerne l'instru-\nmentation, et en aidant à la mise en scène de la pièce. Les écrivains\nvenus après Bachaumont, Laporte dans ses Anecdotes dramatiques,\nChamfort dans son Dictionnaire drn'ont pas reproduit son\nerreur et ont bien mis cet ouvrage infortuné sur le compte de son véri-\ntable auteur.\n\n(1) On ne saurait se fier, en ce qui concerne l'histoire de là scène lyrique, aux\ndates qui sont indiquées sur les livrets imprimés des opéras. Plus d'une fois, j'en ai\nfait la remarque. J'en trouve une preuve nouvelle sur celui de Sancho Pança, qui\ndonne comme date de représentation le 8 février au lieu du 8 juillet 1762. L'erreur,\nassurément, est un peu forte. J'ai pu la relever à l'aide du Mercure et des Mémoires\nsecrets, les annalistes étant forcément plus exacts, puisqu'ils écrivent au jour le jour\net enregistrent les faits à mesure qu'ils se produisent.\n(2) Mémoires secrets, etc. Addition aux premiers volumes de cette collection.\nT. XVI, p. 191."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.30", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3027, "texte": "Mais quand Philidor se trouvait aux prises avec un bon poème, ses\nsuccès prenaient des proportions éclatantes. Nous Pavons vu avec Biaise\nle avec le Maréchal, nous Talions voir encore avec le Bûcheron,\nou les Trois souhaits, acte charmant qu'il donna à la Comédie-Italienne\nle 28 février 1763, et qui reçut un tel accueil que la cour voulut le voir,\nà Versailles, le i 5 mars suivant (1). Les paroles, tirées du conte fameux\nde Perrault, les Souhaits ridicules, étaient l'œuvre d'un jeune écrivain\ninconnu, nommé Castet, et avaient été retouchées par le fabuliste Gui-\nchard, de si paresseuse mémoire; la pièce, qui offrait un heureux\nmélange de sensibilité douce et de gaieté très vive, était jouée et chantée\nà merveille par ces grands artistes qui s'appelaient Caillot, Clairval,\nLaruette, madame Bérard, madame Laruette, et qui faisaient, on peut\nle dire sans emphase, la gloire de la Comédie-Italienne ; enfin la\nmusique, qui reproduisait, en les complétant, les heureuses qualités du\npoème, venait ajouter à ces éléments de succès le charme d'une inspi-\nration abondante et parfois exquise, rendue plus remarquable encore par\nune solidité de facture, une ampleur de forme et une pureté de style dont\nil n'y avait pas encore d'exemple dans le répertoire des pièces à ariettes.\nC'est ce qui faisait dire au rédacteur du Mercure : -- ce La musique de\ncette pièce fait d'autant plus d'honneur à M. Philidor, déjà si connu par\nses précédents ouvrages, qu'à la science de l'harmonie, sur laquelle il a\nreçu des éloges sans contradiction, il a joint en cette occasion l'usage du\ngoût qui assortit le genre musical aux détails des paroles. Sans cesser\nd'être aussi harmoniste, il a tourné son génie à cette mélodie agréable et\nplirazée que notre langue exige, et à laquelle on reviendra toujours,\nmalgré même quelques succès dans un genre qui dénature en même\ntemps l'esprit de la langue et celui de la musique qu'on y veut adapter. »\nCette partition du Bûcheron contient nombre de morceaux charmants,\nparmi lesquels il faut au moins signaler l'air, aussitôt fameux, de\n\n(1) A propos du Bûcheron, je ne trouve pas inutile de faire connaître l'opinion\némise sur Philidor par un de nos compositeurs actuels, qui est en même temps un\ncritique délicat, M. Eugène Gautier, titulaire de la chaire d'histoire de la musique au\nConservatoire : « Un des premiers succès obtenus par la troupe de POpéra-Co-\nmique (à la Comédie-Italienne) fut le Bûcheron ou les Trois Souhaits, paroles de\nGuichard et Castel (Castet), musique de Philidor, ce grand compositeur français\neffacé plus tard par Grétry, et dont les ouvrages oubliés renferment de remarquables\nbeautés et dénotent une véritable organisation dramatique, servie par une éducation\nmusicale bien supérieure à celle de son heureux rival; Philidor, l'auteur du Sorcier,\ndu Maréchal <errant, d'Ernelinde, et de l'ouvrage le plus fort qu'un musicien ait\npublié en France de Rameau à Méhul, le Carmen seculare! » (EUGÈNE GAUTIER:\nUn Musicien en vacances, p. 114-115.)"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.31", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "Margot : Plus de bavolet, d'une verve et d'une gaieté si entraînantes;\ncelui de Biaise :\nDès le matin\nJe prends en main\nMa lourde cognée.\nd'une facture si serrée, et de développements inconnus à cette époque ;\nle second, meilleur encore peut-être, et dans lequel le compositeur\na employé les violons con sordini ; le quatuor des créanciers, écrit en\ncanon et d'un style si excellent ; enfin le quatuor du repas et le\ngrand septuor, qui sont aussi des morceaux achevés. Mais je veux surtout\nmettre en relief deux pages dont la valeur est particulièrement caracté-\nristique, et qui donnent la mesure du tempérament musical de Philidor.\nLa première est le grand récitatif de Mercure, qui, dans les quatorze\nmesures dont il se compose, est d'une ampleur magistrale, d'un ton\nsuperbe et d'une magnifique couleur, qui laissent bien en arrière la\nmélopée traînante de Lulli et même les récits de Rameau (qui vivait\nencore) ; Philidor a fait preuve, ici, d'un génie véritable, aussi mâle\nqu'inspiré. La seconde est la romance exquise de Suzette :\nJe voudrais bien vous obéir.\nMaman, pour cela je suis faite ;\nMais si vous chérisse% Sujette,\nvoulez-vous faire mourir ?\n11 y a, dans cette courte et adorable cantilène, un sentiment si tendre,\nsi touchant, si pénétrant, on peut dire si pathétique, qu'elle soulève\naussitôt Témotion et fait verser des larmes. Monsigny n?a jamais été\nmieux inspiré, ni même Martini, qui était l'un des musiciens les mieux\ndoués de son temps au point de vue de l'émotion, témoin la romance :\nPlaisir d'amour, et certain duo admirable de l'Amoureux de quinze\nans. Fétis —un des rares écrivains qui, de nos jours, aient compris\nl'immense talent de Philidor dit que cc la partition du Sorcier,\net celles du Maréchal et de Tom Jones sont les chefs-d'œuvre » de\ncet artiste. Pour moi, je mets le Bûcheron sur la même ligne que ces\ntrois ouvrages, et je ne crois pas me tromper (i).\nJe passerai rapidement sur les Fêtes de la Paix, cc divertissement en\nun acte, à l'occasion de l'inauguration de la statue du Roi et de la\n\n(i) La partition du Bûcheron fut dédiée par Philidor au Dauphin."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.32", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "publication de la paix, » que Philidor donna en compagnie de Favart ( i),\npour en arriver précisément au Sorcier, qui fut représenté avec un\nimmense succès le 2 janvier 1764.\nCet ouvrage était en deux actes, et les paroles, qui étaient de Poin-\n(1) Le 4 juillet 1763, pour célébrer la fameuse paix honteuse, qui venait d'être si-\ngnée avec l'Angleterre et l'Espagne. F'avart s'entendait à merveille à brocher ces pe-\ntites pièces de circonstance ; aussi, Philidor aidant, celle-ci fut-elle accueillie avec une\nrare faveur. Il n'est peut-être pas sans quelque intérêt de curiosité historique de voir\ncomment on louait le monarque en semblables occasions; voici l'allocution « poé-\ntique « que Favart plaçait dans la bouche d'un précepteur parlant à ses élèves :\nO pueri, pueri, venite,\nLeve% les yeux, et plaudite.\nQu'à jamais dans votre mémoire,\nPlus encor dans vos cœurs, soient imprimés les traits\nD'un Roi qui vous donne la paix.\nLa vaste ambition, l'orgueil de la victoire,\nNe rendent point un monarque plus grand.\nUn prince pacifique efface un conquérant.\nLe Temple de la paix est celui de la gloire.\nVoye% encor ces hommes révérés\nQu'ici le marbre a consacrés.\nO mes enfants, que votre œil les contemple,*\nLes leçons n'ont jamais la force de l'exemple.\nVous voye\\ Cassini, Destouches, Crébillon,\nIls reprennent un nouvel être.\nMontesquieu, Daguesseau, Le Moine, Bouchardon,\nBouchardon qui revit dans les traits de son maître,*\nTant d'autres dont la gloire assure le renom.\nChacun d'eux en tout genre est pour vous un modèle,\nCes objets sont pour vous la meilleure leçon :\nQue leur aspect enflamme votre %èle.\nDe Louis ainsi qu'eux mérite\\ les regards,\nIl honore son règne en honorant les arts.\nQue les arts à leur tour lui rendent ce qu'il donne,\nQue vos talents, votre ardeur, votre amour,\nDe lui vous approchant un jour,\nSoient de nouveaux fleurons pour orner sa couronne.\nRegardeadmiretravaille%, mérite\nUno verbo dixi, parte%.\nVoici quelques vers d'un autre genre, et moins ambitieux. Ils sont du poète Gui-\nchard, l'un des auteurs du livret du Bûcheron, qui les faisait insérer, quelques se-\nmaines auparavant, dans le Mercure (juin 1763), pour célébrer l'heureuse délivrance\nde madame Philidor :\nLe petit Philidor un jour deviendra grand,\nC'est dire qu'il aura les talents de son père ;\nEt je prédis encor, VAmour m'en est garant,\nQu'il y joindra les charmes de sa mère."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.33", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3206, "texte": "sinet, signalèrent le retour de celui-ci dans une carrière dont l'avaient\ndégoûté des désagréments aussi nombreux que mérités. Il le dit lui-\nmême dans une dédicace adressée à un grand personnage : « Voici la\npremière fois que le public a bien voulu récompenser mon travail de son\nsuffrage, sans y mêler la moindre amertume, et vous êtes la. première\npersonne qui m'ayez voulu du bien pour le seul plaisir d'être généreux.\nEn vous offrant l'hommage d'un succès que les talents de M. Philidor\nont décidé, je remplis mon devoir, et ne m'acquitte que bien faiblement\nencore. C'est vous dont l'amitié et les bienfaits m'ont invité à rentrer\ndans la carrière que trop de chagrins me faisaient abandonner... » Il est\ncertain que le succès du Sorcier fut éclatant ; mais, il faut le dire parce\nque c'est la vérité, Poinsinet aurait mauvaise grâce à en revendiquer une\npart quelconque. Philidor obtint, le jour de la première représentation,\nun honneur qu'aucun musicien n'avait encore jamais obtenu sur une\nscène française, et que le public de la Comédie-Italienne n'avait encore\nfait à aucun'auteur, celui du rappel sur la scène, et cet honneur, rendu\nau compositeur, fut précisément une cause de confusion pour le pauvre\nPoinsinet, qui se pressa trop de croire qu'il en était l'objet. D'Origny,\ndans ses excellentes Annales du Théâtre-Italien, raconte ainsi ce sin-\ngulier incident : «... Le parterre demanda l'auteur, ce qui n'était pas\nencore arrivé à la Comédie-Italienne ; mais quand Poinsinet parut,quel-\nqu'un cria : Vautre ! Vautre! de sorte qu'il fut obligé de céder la place\nau compositeur, et de renoncer à un honneur que Voltaire reçut le pre-\nmier au Théâtre-Français, au sujet de Mérope. » Et d'Origny ajoute :\n« Le public témoigna vivement à M. Philidor le ravissement d'admi-\nration où l'avait jeté une musique intéressante, sublime et savante sans\ncesser d'être gracieuse (i). » De leur côté, les auteurs de Y Histoire\n\n(i) En 1743, à la première représentation de Mérope, Voltaire avait été appelé sur\nla scène, ce qui ne s'était encore jamais vu en France. Dix ans après la création du\nSorcier, le 7 septembre 1773, un jeune musicien de vingt-quatre ans, Floquet, re-\ncevait le même hommage à l'Opéra, à l'issue de la représentation de son premier ou-\nvrage, l'Union de l'Amour et des Arts, et c'était aussi la première fois que ce fait se\nproduisait à ce théâtre. Il est vrai que bientôt la fréquence de ces rappels en fit une\nsorte de coutume, et les rendit presque ridicules; les auteurs le comprirent, et s'abs-\ntinrent dans la plupart des cas. En le constatant, et pour bien montrer l'exagération\ndu public àce sujet, un annaliste a rapporté l'étrange anecdote que voici : « Aux\nMarionnettes de la Foire Saint-Germain, Polichinelle s'entretenant avec son com-\npère :—« Eh bien, lui dit celui-ci, vas-tu nous donner quelque pièce nouvelle?\n« Si elle est nouvelle, elle ne vaudra pas grand'chose, répond Polichinelle; tu sais que\n«je suis épuisé. Bon !tu es inépuisable, répond l'autre; donne toujours. « Tu\na le veux donc, je le veux bien aussi, ajoute Polichinelle; et je t'avouerai que j'en\n« mourois d'envie. Mais tous mes amis sont-ils là-bas ? » Alors, déboutonnant sa"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.34", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "de l'opéra bouffon comblent Philidor d'éloges au sujet du Sorcier,\net ces éloges ne sont que l'écho de l'opinion du public : «On ne peut\ntrop exalter dans cette pièce les talents de M. Philidor, qui, par l'intérêt,\nle sublime et le brillant qu'il a répandu dans la romance, le duo du pre-\nmier acte, la tempête, l'ariette de Biaise, la reconnaissance de Julien, le\nmonologue d Agathe, enfin le vaudeville, a mis le sceau à la réputation\ndont il jouit. »\nC'est pourtant à propos de cet ouvrage, dont le mérite est incontes-\ntable et qui renferme des pages d'un ordre supérieur, que Philidor fut\nl'objet d'une accusation bête, qui a été plusieurs fois renouvelée depuis,\net dont il est utile de laver sa mémoire. Un écrivain, qui avait été pen-\ndant vingt ans officier de gendarmerie, et qui ensuite s'était mis en tête,\ncomme tant d9autres, de faire de la critique musicale sans songer même\nà apprendre la musique, Sévelinges, a consacré à Philidor, dans la\nBiographie Michaud, un article qui est un chef-d'œuvre d'ignorance,\nd'ineptie et de mauvaise foi, et dans lequel il l'accuse devoir volé à\nGluck un air d'Orphée, pour le transporter dans le Sorcier. J'aurais\nvolontiers dédaigné l'article de Sévelinges, si je n'avais dû relever ce\ndernier fait, dont Berlioz s'est emparé plus tard maladroitement, et\nqu'un écrivain consciencieux et éclairé, mais dénué de connaissances\nmusicales, M. Gustave Desnoiresterres, a repris récemment à la suite de\nce dernier (1). Je signale Sévelinges, parce qu'il est, à ma connaissance,\nle premier qui ait articulé publiquement le fait en question; mais\ncomme son article a été en partie copié, avec des amplifications vérita-\nblement fantastiques, par le rédacteur de l'article Philidor dans la\nBiographie universelle et portative des contemporains (2), lequel a pris\ntexte des assertions de son devancier pour faire de Philidor une sorte de\nCuistre musical, absolument sans talent, sans connaissances,, sans inspi-\nration et sans goût, avec cela voleur et pillard de ses confrères, c'est ce\ndernier que je vais reproduire, et Ton va juger de la valeur du morceau,\n\nCulotte, et faisant sa révérence a posteriori, il lâche une pétarade au parterre ; et tout\nde suite on entend crier: Vauteur! Vauteur! Vauteur! » (V. Anecdotes drama-\ntiques, par Laporte. T. I. p. 147-148.)\n(1) Dans un livre d'ailleurs excellent et bourré de documents de toutes sortes, in-\ntitulé : Gluck et Piccini.\n(2) Publiée en iB3o sous la direction de Rabbe, de Boisjolin et Sainte-Preuve. Ce\nrecueil est pourtant un des meilleurs en son genre qui aient été publiés en France, et\nil est en général fait avec soin et merveilleusement informé, à ce point que l'on ne\npeut toucher à l'histoire politique, littéraire ou artistique de la fin du dix-huitième\nsiècle ou du commencement du dix-neuvième, sans y avoir recours. J'ignore qui\ns'est rendu coupable de ce malencontreux article sur Philidor, qui n'a paru que dans\nle Supplément, publié quelques années plus tard."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.35", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "évidemment échappé à une plume juste, aussi compétente et aussi auto-\nrisée que celle de Sévelinges :\nEn 1758, dit l'écrivain, Philidor composa quelques morceaux pour les\nPèlerins de la Mecque à la foire Saint-Laurent, et, Tannée suivante, il y\ndonna Biaise le Savetier, qui commença sa réputation. En 1764, Philidor\nlit jouer le Sorcier àla Comédie-Italienne (1). Il s'était emparé de l?air d'Or-\nphée : « Objet de mon amour, dont il possédait la partition. On ne s'aperçut\ndu plagiat que lorsque Y Orphée de Gluck fut joué à l'Académie royale de\nmusique. C'est ainsi que Devienne s'est approprié les airs d'Enfant chéri\ndes Dames et de Peuple français, peuple de frères, qui sont tous deux dérobés\nà la Flûte enchantée de Mozart (2), La musique de Philidor manque essentielle-\nment de couleur et d'originalité. Il était bon harmoniste, en ce sens qu'il\nétait correct, mais sa mélodie est d'une platitude extrême : aussi n'a-t-eJle\npas plu aux Anglais. Comme l'a fort bien dit Grétry, Philidor traitait les\nparties d'une composition comme les pièces dans les combinaisons du jeu\nd'échecs, par conséquent, le calcul devait chez lui étouffer le sentiment.\nAussi, dans ses ouvrages, jamais d'inspiration, jamais de ces motifs que les\nItaliens appellent di prima intenpone. C'est une harmonie pure, mais assou-\npissante, Voyez son Ernelinde, jouée en 1767, avec quelque succès, grâce\naux oreilles françaises qui étaient encore barbares ! Gluck, interrogé sur cet\nopéra, répondit : « C'est une montre enrichie de diamants, mais dont le\nmouvement intérieur 11e vaut rien. » Peut-on faire une critique plus san-\nglante ? C'est dire qu'il y a absence totale de génie» Ce jugement de Gluck\nsur Ernelinde est conforme à celui de Haendel sur les chœurs de la Fête\nd'Alexandre : « Ils sont bien fabriqués, mais il y manque quelque chose. »\nLe Persée de Quinault, que Marmontel avait refait pour Philidor, n'obtint\naucun succès, et Thémistocle, opéra qui fourmille de plagiats, tomba au\nbruit des sifflets, en 1785. On a beaucoup vanté le Carmen seculare ; du\nmoins, il a beaucoup réussi à Londres (et l'écrivain vient de nous dire que la\nmélodie de Philidor n'avait pas plu aux Anglais, et c'est le seul ouvrage qu'il\nait fait exécuter en Angleterre !). Les connaisseurs n'ont distingué dans cet\nouvrage que la strophe Aime so/, et celle Dianam tenerœ, dicite Virgines»\nQuant à la strophe Fertilis frugum, elle est, comme tout le reste, moins de\nla mélodie que du plain-chant mesuré.... »\n\n(1) Ici; le biographe passé négligemment sous silence les huit ouvrages de Phi-5\nlidor qui ont suivi Biaise le Savetier* et parmi lesquels se trouvent quatre de ses\nplus grands succès : le Soldat magicien, le Jardinier et son Seigneur, le Maréchal\nferrant et le Bûcheron. C'est là une façon commode d'écrire l'histoire, et qui rappelle\nl'heureuse manière du père Loriquet.\n(2) C'est ainsi que les ignorants parlent à tort et à travers, sans savoir ce qu'ils\ndisent. Dans une notice fort étendue sur Devienne, publiée en 1864 dans la Revue et\nGalette musicale, j'ai prouvé qu'il était matériellement impossible que cet artiste eût\neu connaissance de la partition de la Flûte enchantée, lorsqu'il écrivit son fameux\nair des Visitandines. D'ailleurs, en reproduisant le texte musical des deux morceaux,\nj'ai montré à quoi se pouvait réduire, même au point de vue de la ressemblance, ce\nprétendu plagiat."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.36", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "Et voilà comme on vous exécute allègrement un artiste, quand on a\nl'honneur de tenir une plume et qu'on n'a pas assez de conscience pour\nétudier les choses dont on parle. J'ai tenu à reproduire ce joli échantillon\nde critique qu'on pourrait appeler diffamatoire, dans lequel l'auteur\ndonne des preuves suffisantes de son ignorance, et fait tenir aux gens\ndes propos contraires au langage qu'ils ont tenu, ainsi que cela lui est\narrivé relativement à Grétry. Je ne m'arrêterai pourtant pas à réfuter\ncette prétendue critique, dont la suite de ce récit démontrera l'inanité et\nla sottise. Mais j'en veux retenir, du moins, ce qui a trait au plagiat\ndont Philidor se serait rendu coupable dans le Sorcier. Berlioz, en s'em-\nparant de ce fait et en le traitant avec son âpreté ordinaire (Gluck, l'un\nde ses dieux, était en cause), lui a donné une certaine importance. Je\nvais d'abord rapporter ce qu'il a dit à ce sujet, après quoi je ferai en\nsorte de disculper Philidor.\n(La suite prochainement.)\n\nARTHUR POUGIN.."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c022", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.10", "titre_corps": "Imp. A. Cadath", "titre_sommaire": "Imp. A. Cadath", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.37", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 14, "texte": "Imp. A. Cadath"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c023", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 38, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.11", "titre_corps": "PAUL BAUDRY", "titre_sommaire": "PAUL BAUDRY", "signature_source": "O. Le Trioux", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.38", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1836, "texte": "PAUL BAUDRY\nO. Le Trioux.\nE nom de Paul Baudry est désormais rivé à l'histoire du\nnouvel Opéra : il est du domaine de la littérature mu-\nsicale.\nNous avons analysé, dans notre numéro du ler septem-\nbre, l'œuvre colossale de décoration exécutée par l'artiste\npour le foyer de notre Académie de Musique. Nous offrons\naujourd'hui, avec quelques notes biographiques empruntées\nà notre collaborateur Ch. Monselet, un magnifique portrait de Paul Baudry.\n« M. Paul Jacques Baudry a quarante-six ans; il est né dans cette ville\nsingulière qui change de nom à tous les changements de règne : La\nRoche-sur-Yon, Bourbon-Vendée. Napoléon ville.\nSa taille est petite; sa figure offre un mélange sympathique d'énergie\net de douceur.\nC est un prix de Rome, cela va sans dire. Il n'a pas été longtemps à\nse faire remarquer. On se souvient du Supplice dune vestale, de Y En-\nfant et la Fortune, de la Perle et la Vague, de Charlotte Corday, etc.\nCe dernier tableau, malgré une grande habileté de facture, était conçu\nen dépit de 1 histoire : robe et coiffure ressortaient de la pure fantaisie.\nA cette meme date se rangent plusieurs portraits largement exécutés.\nJusque-là, il y avait un bon peintre, mais rien de plus. M. Baudry\nattendait une occasion souveraine pour affirmer son tempérament. Cette\noccasion s est produite dans les conditions que I on sait. Huit années\nont été consacrées par lui à un labeur pour lequel ce n'eût pas été trop\nautrefois d'une vie tout entière.\nOn peut dire que 1 École française vient de se placer très haut par les\npeintures décoratives de M. Paul Baudry.\nM. Paul Baudry s'est peint lui-même dans une de ses compositions,\na la façon d un grand nombre de maîtres. Il s'est représenté modeste-\nment dans un coin du Parnasse, à côté de son frère Ambroise Baudry et\nde son ami, Charles Garnier, 1 architecte de l'Opéra. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c026", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "34", "page_fin": "36", "image_debut": 39, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.12", "titre_corps": "LES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI", "titre_sommaire": "LES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI", "signature_source": "JOSEPH DE FILIPPI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "LES\nCOMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n\nA Drammaturgia, de Léon Allacci, renferme, comma\non sait, la nomenclature de tous les libretti d'opérés\nitaliens imprimés en Europe jusqu'à Fan 1755 exclu-\nsivement; mais le savant bibliographe et ses diligents\ncontinuateurs, qui n'étaient pas des musiciens, paraît-\nil, n'ont donné à la fin de leur volume que la table des\npoètes (des paroliers, dirait Castil-Blaze), négligeant, comme peu inté-\nressante, celle des compositeurs de la musique. par un revirement\nde plus en plus sensible dans la direction qu'ont pris depuis les re-\ncherches historiques sur les théâtres, c'est la table des compositeurs qui\nintéresse aujourd'hui les amateurs studieux, bien plus que celle des\npoètes, généralement peu remarquables, qui ont écrit pour l'Opéra.\nCette table, dressée avec soin par un patient chercheur de vieilleries,\nnous a paru d'une telle utilité pour les recherches et les études sur la\nmusique dramatique, que nous n'avons pas hésité à nous l'approprier\net à l'offrir à nos lecteurs; nous supposons que beaucoup d'entre eux\nseront nantis du précieux volume d'AllaccL Ceux qui ne le possèdent\npas le trouveront facilement dans une bibliothèque publique et pour-\nront, à l'aide de nos feuillets, tirer le plus grand profit d'un ouvrage qui,\nfaute de la table en question, restait jusqu'ici sans valeur au point de\nvue musical.\nCe qui frappe tout d'abord en parcourant ce simple index alphabé-\ntique, c'est la disparate presque constante entre le nombre des œuvres\net le renom laissé par les compositeurs. Ainsi, sur environ trois cents\nmusiciens, dont Allacci enregistre les œuvres, qui croit-on le premier"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.40", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "sur la liste par ordre de quantité? Un maître qui autrefois jouissait de\nla faveur des grands et dont aujourd'hui peu d'érudits connaissent seu-\nlement le nom : Antonio Draghi, de Ferrare, qui a laissé quatre-vingt-\nonze partitions, la plupart écrites pour la cour deVienne sur des libretti\nde Minato, de Cupeda, de Sbarra, oubliés comme lui. Avez-vous jamais\nentendu un morceau de ce compositeur si fécond et si honoré de son\ntemps ?\nAprès Draghi, nous trouvons dans le même ordre le Pollarolo (Carlo\nFrancesco), un peu plus connu dans l'histoire de l'art, mais dont les\npartitions, au nombre de soixante-dix, ne sont pas moins profondément\noubliées que celles de son illustre contemporain.\nViennent ensuite : Caldara, autre compositeur de cour, 65 opéras;\nAlbinoni, 46 ; Ziani (Marc Antonio), 42 ; Buini, 38 ; Cavalli, 38 ;\nVivaldi (Antonio), 32 ; Gasparini (Francesco), 32; Baldassare Galuppi\ndit le Buranello, 25 ; Pallavicino, 22 ; Porta, 20 ; Orlandini, 19 ; Lotti,\n18 ; Perti, 18 ; Legrenzi, 17 ; Ziani (Pietro Andréa), 14 ; Sartorio, i 3 ;\nBoniventi, 12; Ruggieri, 12;Fr. Gonti, 11; Freschi, 11; Predieri, ii;\nPolani, 10, etc., etc. A part le Buranello et Francesco Cavalli, qui a\njamais entendu parler des autres ?\nEn revanche, les maîtres dont les noms sont les plus respectés, encore\nde nos jours, ne figurent, dans le catalogue d'Allacci, que pour un petit\nnombre de partitions : Hasse en a 11 ; Porpora, 10 ; Léo, 8 ; les Bonon-\ncini, chacun 8 ; le Père Cesti, 8 ; Alexandre Scarlatti, 7; Monteverde, 5;\nBenedetto Marcello, 4; Dominique Scarlatti, 2; Haendel, 2; Merulo, 1;\nGiuck, 1 ; Jomelli, 1. Ces deux derniers, il est vrai, n'étaient encore\nqu'au début de leur carrière en 1754. Pergolese n'y est même pas men-\ntionné, sans doute parce que ses œuvres, données à Rome et à Naples,\nn étaient pas encore publiées à l'époque susdite, sauf\nreprésentée et imprimée à Venise en 1740.\nOn est également étonné, en parcourant ces tables, de la quantité de\nprêtres, d'abbés, de chanoines, qui ont écrit pour le théâtre, soit des\npoèmes, soit des partitions d'opéras, voire même des ballets, rien moins\nqu'édifiants, et cela précisément à l'époque où des théologiens s'éver-\ntuaient le plus à prêcher et à écrire contre la danse, la comédie et toute\nespèce de spectacles. Il est vrai que ce rigorisme n'a jamais trouvé faveur\nen Italie.\nOn remarque aussi que plusieurs compositeurs ont écrit en même\ntemps le poème et la musique de leurs opéras : Benedetto Ferrari, Jean-\nMarie Buini, l'abbé Pignatta et autres.\nBeaucoup de poëmes enfin, surtout ceux de Zen© et de Métastasé, ont"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.41", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "été mis en musique successivement par un grand nombre de composi-\nteurs différents. Déjà, à Fépoque où arrive le catalogue d'Allacci, ces\nrépétitions sont fréquentes ; elles le furent bien davantage dans la\nseconde moitié du dix-huitième siècle.\nAujourd'hui, la plupart de ces partitions, qui ont fait les délices de\nnos aïeux, dorment sous la poussière des bibliothèques, et c'est à peine\nsi les érudits se rappellent les noms de quelques auteurs. Ils sont si bien\noubliés, ces vieux maîtres, que les compositeurs, d'ailleurs si diligents,\ndu Dictionnaire lyrique en ont omis 76, parfaitement cités par Allacci,\navec l'indication de leurs noms, de leur patrie et de leurs œuvres.\nUne curiosité pour finir ; c'est encore l'Allacci qui nous la fournit :\nOn a cité comme des merveilles des pièces en un acte à un seul per-\nsonnage. Garcia, entre autres, étonna (en 1809) en jouant, à lui tout\nseul, Ei Poeta calculista, sur la scène des Italiens ; mais ce n'était tou-\njours qu'un petit acte. Voici qui est bien plus fort :\nIl Rodrigo, drame en musique en TROIS actes et à un seul person-\nnage ( Rome, Rinassi, 1677, in-12 ). Et notez que Fauteur du poème,\ndon Giuseppe Malatesta-Garufii, de Rimini, était membre de l'Acadé-\nmie des Inféconds de Rome. Quant à Fauteur de la musique, son nom\nn'est pas parvenu jusqu'à nous, et c'est dommage : un pareil athlète\nméritait d'être signalé.\n\nJOSEPH DE FILIPPI."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c029", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "36", "page_fin": "40", "image_debut": 41, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.13", "titre_corps": "TABLE DES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI", "titre_sommaire": "TABLE DES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.41", "debut_caractere": 1427, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "TABLE DES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n(i)\nA\nÂgostini (Cavr® Pietro Simone), 660.\nAlbergati (Pirro), 47, 642.\nAiberti (Domenico), 288.\nÂlbinoni (Tomaso), 26, 59, 94, io3, 119,\n120, 123, 132, 160, 194, 198, 209,\n261, 255, 270, 274, 281, 282, 303,\n314, 314, 333, 348, 385, 419, 428,\n446, 447, 453, 466, 478, 504, 522,\n644, 047, 656, 703, 738, 741, 764,\n766, 777, 833, 834, 87i>, 938.\nAldovrandi (Gius. Maria), 367, 631.\nAldovrandini (Gius. Maria), 67,235, 267,\n451, 780.\nAlgisi (Pâris), 56, 789.\nAmadori (Giuseppe), 510.\nAndréa (Pietro) (Ziani t)} 328.\nApolioni (Salvatore), 325, 529.\nAraya (Francesco), 143.\nArena, 764.\nAresti (Floriano), 225, 230, 291 , 793.\nAriosti (Padre Atlilio), 63, 300, 547»\n633, 768.\nArrigoni (Carlo), 309.\nAuletta, 907.\nB\nBacci (Pier Giacomo), 2.\nBadia (Carlo Agostino ) , 71, 221, 397\n547, 567, 620, 648.\nBaldassari (Pietro), 102.\nBallarotti (Francesco), 109.\nBasegio (Lorenzo), 293, 478.\nBasili (Francesco), 176.\n\n(i) Les numéros marquent les pages d'Allacci."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.42", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "Bassani (Gerolamo), 59, 145.\nBassani (Gian Battista), 19, 78, 213, 321,\n403, 53g.\nBazzani (Francesco Maria), 455, 615.\nBernasconi (Andréa), 29, 94, 252, 288,\n935.\nBertali (Antonio), 74.\nBertoni (Ferdinando), 154, 846, 893,\n901, 908, 941.\nDe Bibern (Carlo Enrico), 783.\nBiego (Carlo). ( Voir aussi Diego), 367,\n5Q2,\nBim (Antonio), 347.\nBigaglia (D. Diogenio), 400.\nBioni (Antonio), 200.\nBoniventi (Giuseppe), 34, 34, 107, 112,\n145, 193, 287, 424,453, 805, 821, 825.\nBonno (Giuseppe), 598.\nDe Bonomi (Clemente), 750.\nBontempi (Gio-Andrea), 599.\nBononcini (Antonio), 161, 242,311,764,\n797.\nBononcini (Giovani), 1, i 3, 124, 288,\n320, 333, 505, 546.\nBononcini (Marc Antonio), 154, iSB, 662.\nBoretti (Giov. Antonio), 27, 196, 239,\n261, 297, 500, 832.\nBorgognini (Bernardo), 557.\nBorzio (Don Carlo), 549, 547.\nBottoni (Don Giov. Battista), 569,\nBrasolini (Domenico), 788.\nBroschi (Ricardo), 433.\nBrusa (Francesco), 58, 519, 788.\nBuini (Gius. Maria), 8, 20, 47, 60, 62,\n112, 113, 116, 119, 151, 152, iß3t\n198, 256, 272, 287, 342, 349, 374,\n§7 7,45'» 452, 468, 498> 499, 514,\n559, sog, 587, 592, 634, 6965 7°5»\n759, 807.\nc\nCaldara (Antonio), 5, n, 85, 104, 122,\n123, 127, 140, 164, 155, 186, 197,\n288, 23G, 241, 245, 247, 268, 291,\n3iB, 327, 370, 396, 398,400, 404,\n406, 412, 418, 428, 437, 439, 457,\n490, 532, 545, 546, 561, 572, 583,\nDB3, 600, 603, 610, 628,648, 649. 665,\n703, 706, 709, 710, 725, 726, 727,\n708, 76G, 771, 790, 806, 812.\nCampelli (Carlo), 69.\nCapoilini (Michel Angelo), 477.\nCapelli (Abate pian Maria), 417, 533.\nCapello (Canonico Angelo), 299.\nCarcani (Giuseppe), 46, 209.\" \"\nCardena (Pietro Leone) , 229.\nCaroli (Angelo), 65, 714\nCarpiani (Gio/. Luca), 93.\nCasali (Giov. Battista), 1 60.\nCastelli (Paolo), 792.\nCastroviliari (Padre Daniello), 132, 199,\n602.\nCavalli (Francesco), 29, 61, 73, 95, 95,\n114, 121, 148, 157, 194, 219, 243,\n251, 264,279,281,282, 300, 30i,3i8,\n401, 546, 548, 565, 580, 580, 581, 582,\n638, 650, 6^6,683, 702, 714, 739, 770,\n8I O, 811, 819.\nCerilli (Francesco) ( Voir Cirillo), 585.\nCesarini (Carlo), 791.\nCesti (Padre Marc Antonio), ios, 181,\n263, 394, 584, 609, 769, 845.\nChelleri (Fortunato), 28,' 37, 65, 117.\ni51, 459, 592, 619.\nChiarini (Pietro), 738, 776.\nChintzer (Kintzer ?), 848.\nChiocchetti (Pietro Vincenzo)( Voir Cioc-\nchetti), 193.\nCiampi (Francesco), 575.\nCiccioni (Agostino), 372.\nCiocchetti (Pier Vincenzo) ( Voir Chioc-\nchetti), 457.\nCiriïlo (Francesco) ( Ko/r Cerillo), 65g.\nCocchi (Gioacchino), 913.\nColletli (Agostino Bonaventura) , 436,\n473,599.\nColonna (Gian Paolo), 49.\nConti (Francesco), 19,28, 102, 186, 194,\n35G, 475, 543, 619, 695, 761.\nConti (Ignazio), 259, 420.\nCordans (Don Baitolomeo), 393, 583,\n650, 675, 677, 721, 922.\nCornacchioli (Giacinto), 250.\nCortona (Antonio), 61, 291.\nCosta (Gian Maria), 108, 287, 443.\nCostanzi (Giovanni), 166.\nCourcelle (Francesco), 560, 809.\nCruciati (Maurizio), 726.\nD\nDa Capua (Leonardo), 328, 860.\nDa Capua (Rinaldo), 483, 841.\nD'Alessandro (Gennaro), 590.\nD'Anora (Giuseppe), 868.\nDegli Antoni (Pietro), 127.\nDel Gaudio (Antonio), 34.\nDe Luca (Severo). 512.\nIl Desioso, délia congrega degl'lnsipidi,\n369.\nDe YlO (Michèle), 81.\nDiego ( Voir Biego), 914.\nDraghi (Antonio), 6, 7, 11, 24, 26,42,\n60,72, 116, 126, 127, i3o, 135, 184,\n185, iB5, 188, 202, 211, 229, 244,\n289, 295, 336, 355, 355, 370, 370,\n372, 380, 385, 432, 433, 435, 446,\n477, 481, 482, 486, 497, 506, 525,\n534, 536, 537, 544, 545, 583,\n610, 611, 618, 618, 626, 626, 629, 630,\n63i, 632, 633, 650, 651, 660, 663,\n666, 667, 668, 674, 680, 691,701, 713,\n721, 741, 74-3, 744» 752> 756,\n762, 765, 783, 798, 801, 801, 807,\n816, 820, 824, 831.\nF\nFeo (Francesco, 376.\nFerrari (Benedetto), 73, 112, 384, 453,\n484, 558, 607, 645, 896."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "Fini (ou Fino) (Michèle), 147, 622, ?35.\nFiore (Andréa), 621.\nFioriilo (Ignazio), 121, 49Q, 816.\nFonte (iNicolo), 720.\nFranceschini (Petronio), 98, 118,\n584.\nFreschi (Don Domenico), 192, 281, 416,\n444, 571, 638, 694, 721, 761, 796,\n064.\nFrezza (Giovanni), 330.\nFronduti (Gian-Battista), 441.\nFuchs (Giovanni Giuseppe), 88,197,242,\n248, 283, 289, 570.\nG\nGabrieli (Domenico\\ 166, 196, 198,392,\nr 4°2'423, 517, 674, 758.\nGain (Bernardo), 460.\nGaleazzi (Antonio), 142, 781, 790.\nGalerini (Pietro-Antonio), 237.\nGaluppi (Baldassare ), 37, 45, 47, 104,\n143, 265, 272, 284, 2Q9, 332, 371,\n402, 483, 558, 56g, 584,725, 750, 838,\n841,845,864,898, 906, 911.\nGasparini (Francesco), 25, 46, 60, 65,\n87, 95, 222 290, 293, 294, 331, 333,\n36i, 377, 439, 514, 525, 52g, 543, 558,\n2> 631, 644, 646, 717, 738, 747)\n749, 763, 812, 815.\nGasparini (Michel Angelo), 116,124, 135,\n234, 477, 632, 642, 674.\nGaudio (Cavalière Antonio). Voir Del\nGaudio), 826.\nGiacobbi (Gerolamo), 86.\nGiacomelli (Geminiano), 11, 116, 181,\n292, 400,467, 491, 525.\nGiai (Giovanni Antonio), 12, 532.\nGibelli, 875.\nGluck (Cristoforo), 246.\nGonini (Giacomo), 60.\nGolliano (Marco), 317.\nGrassi (Francesco), 789.\nGrossi (Carlo), 120,404, 556.\nH\nHendel (Haendel Giorgio Federico), 18,\n702.\nHasse (Giovanni Adolfo), 28, 119, 154,\n198,212,236, 245, 317, 318, 735, 818,\n894.\nHeyningen (Giovanni Antonio), 156, 604,\nJ\nJomelli (Nicolo), 525.\nK\nKintzer. Voir Chintzer.\nL\nLampugnani (Giovanni Battista), 88,160,\n247, 320.\nLapi, ou Lapis (Santo), 331, 3g3, 650.\nLatilla, 385, 843,880, 891, 896. 907, 913.\nLaurenti (Pietro Paolo), 129, 2DÔ, 308.\nLaurenzi (Filiberto), 308.\nLeardini (Alexandro), ios.\nLegrenzi (Giovanni), 5, 10, 81, 95, 229,\n260, 267, 311, 395, 419, 487, 589, 609,\n624, 767, 775, 833.\nLe Mixte (Nicolo), 375,794.\nLéo (Leonardo), 104, 135, 172, 197,424,\n720, 749, 764.\nLeonardo. Voir Da Capua.\nLombardini (Don Antonio), 441.\nLonati (Carlo Ambrogio), 108,\nLotti (Antonio), 5, 29, 37, 205, 365, 374,\n447» 47J, 473,568, 635, 63g, 719, 763,\n767, 776, 786, 816.\nLucchini (Matteo), 59.\nLuccio (Francesco), 72, 316.\nLuzzo (Francesco), 520, 622.\nM\nMaccari (Giacomo), g, 110, 214,365, 4y2,\n909.\nMagni (Giuseppe), 242.\nMagni (Paolo), 109, 762.\nManara (Fr. Giov. Antonio), 234.\nMancini (Francesco), 172.\nManelli (Francesco), 20, 86, 296, 495,\n660, 707.\nManza (Carlo), 28, 599.\nMarazzuoli (Mario), 76, 790.\nMarcello (Benedetto), 107, 413, 652, 753.\nMarchi (Gian Maria), 3g3.\nMariani (Giov. Battista), 70.\nMarotta (Erasmoj, si.\nMartini (Giov. Mario), 99.\nMattioli (Andréa), 195, 251, 308, 596,\n623, 65g, 719.\nMattioli (Antonio), 655.\nMazzocchi (Domenico), 510.\nMazzoleni (Giacomo), 226.\nMelani (Alessandro), 165.\nMengozzi, sgg.\nMerulo (Claudio), 777.\nMicheli (Benedetto), 208.\nMolinari (Don Pietro), 13 470.\nMonari (Bartolomeo), 172.\nMonari (Clemente), 762.\nMonteverde (Claudio), 10, 106, 445, 649,\ngos.\nMuraton-Scannabecchi (Angela Teresa),\n232.\nN\nNavara (Francesco), i3B, 281.\nNegri (Antonio), 127.\nNeivi (Gius. Maria), 65,56 g.\nNovi (Francesco Antonio), iBi, 255, 625."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.44", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "O\nOrgiani (Teofilo), 114, 254, 283, 385,\n574, 766, 825.\nOrlandi (Vincenzo Maria), 773.\nOiiandini (Gius. Maria), 8, g 3, 143, 167,\n262, 326, 333,4i3, 428,437, 460,490,\n515, 525, 554, 583, 584, 590, 938.\nP\nPaceïli (Don Antonio), 59, 358, 564.\nPacieri (Giuseppe Priore), 609.\nPaganello (Gius. Antonio), 97, 120, i 53,\n347, 374, 548.\nPagliardi (Giov. Maria), isy, 487, 566.\nPallavicino (Carlo), 44, 62, i3i, 139, 167,\n245, 252, 254, 285, 290, 383, 396, 484,\n5i6, 528, 554, 619, 661, 666, 766, 813.\nPampano (Gaetano Antonio), 120, i 52.\nPampino, 934.\nParadies (Domenico), 30, 243, 544.\nPartenio (Don Giov. Domenico), 227,255,\n362,394.\nPaschioni (Antonio),424.\nPasquini (Bernardo), 204.\nPaulati (Andréa), 811.\nPellegrini (Pietro), ig3.\nPergolesi, 715.\nPen (Jacopo), 235, 3iy:\nPerti (Giacomo Antonio), 97, 109, 127,\n149, 36x, 38i, 397,445,454,478,491,\n513, 540, 555, 661, 680, 758, 805.\nPescetti (Giov. Battista), 28, 162, 265,\n725,781,795,797,906.\nPietragrua (Garlo Luigi), 676.\nPignatta (Abate Pietro Romolo), 227,\n454, 584, 598, 720, 800.\nPistocchi (Francesco Antonio), dit aussi\nPistocchino), 411, 479, 510, 548, 668.\nPolani (Gerolamo), 142, 182, 189, 229,\n641,681, 776, 807, 817, 821.\nPolini (Gian. Battista), 30.\nPollaroli (Antonio), 222, 246, 428, 482,\n490, 553, 634, 744.\nPollaroli (Carlo Francesco), 20, 25, 32,\n33, 37, 47, 57, 62, 96, 109, 110, 114,\n121, 124, 132, 162, 172, ig3, 204,\n223, 236, 245, 247, 290, 291, 294, 295,\n300, 324, 326, 327, 332, 350, 362, 367,\n37I, 375, 395, 406, 4.14, 432, 434,\n4,47, 451, 467, 471, 485, 4QI, 5i3, 000,\n575, 590, 593, 604, 6i3, 625, 662, 667,\n682, 700, 704, 709, 737, 769, 788, 805,\n806, 827.\nPollaroli (Orazio), 582.\nPorfiri (Don Pietro), 834.\nPorpora (Nicolo), 91, 107, 320, 439, 482\n524, 680, 710, 720, 905.\nPorsile (Giuseppe), 270, 418, 524, 726,\n733.\nPorta (Giovanni), i 5, 27, 58, 59, 65, 94,\nios, 224, 264, 327, 328, 476, 552, 670,\n715, 731, 759, 793, 826.\nPredieri (Luc. Antonio), 123, 428, 473,\n490, 525, 601, 690, 703, 793, 855.\nPull'i, 155.\nQ\nQuerini (Padre Giulio Cesare), 350.\nQuesdena (Francisco), 387.\nR\nRampini, (Don Giacomo), 113, 298,422,\n788.\nReali (Giovanni), 664.\nResta (Natale), 937.\nReutter (Giorgio), 145, 370, 502.\nReutter (Giorgio junior), 260, 610, 669.\nRighi (Francesco), 461.\nRighi (Giuseppe Maria), 144.\nRinaldo. Voir Da Capua.\nRistori (Alberto), 582, 595.\nRiva (Giulio), 8.\nRossi (Abate Francesco), 219, 618, 708.\nRossi, ou Di Rossi (Francesco), 558.\nRossi (Gian Battista), 336.\nRossi (Michel Angelo), 304.\nRovetta (Giovanni), ios, 297.\nRovettino (Giov. Battista), 73, 227, 681.\nRuggieri (Giov. Maria), 42,101, 112,118,\n284, 386, 450, 504, 530, 562, 692, 860.\nS\nSabadini (Don Bernardo), 25y, 294, 329,\n421\nSacrati (Francesco), 142, 356, 649, 710,\n808, 826.\nSacrati (Paolo), 244.\nSajon (Carlo), 185, 302.\nSalvolini (Prete Alessandroj, 440.\nSances (Félice), m.\nSantorio (Antonio). Voir aussi Sartorio,\n271, 650.\nSarro (Domenico), 252, 770.\nSarti, 921.\nSartorio (Antonio), 8, 76, 81, 96, Isî,\n303, 363, 416, 5i5, 579, 708.\nSartorio (Gasparo), 299, 581.\nSbacci (\"Don Guglielmo), 833.\nScarlatti (Alessandro), 167, 194, soi, 533,\n754,787,797._ _\nScarlatti (Domenico), 161, 58i.\nScarlatti (Giuseppe), 917.\nScarpari (Don Pietro), 436.\nSchiassi (Gaetano Maria), 28, 63, 63, 247,\n252, 332.\nScolari (Giuseppe), 328, 857, 94:.\nSebenico (Don Giovanni), 575.\nSellitti (ou Selliti) (Giuseppe), 403, 561.\nSerini (Giuseppe), 394.\nSibelli (Gio. Antonio), 256, 284.\nSmelzer (Gio. Enrico), iB5.\nStefani (Agostino), 716.\nStriglioni (Filippo), 55.\nStuck (Gio. Battista), 187."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1262, "texte": "T\nTarelli (Luigi), 66, 500.\nïenaglia (Ant. Francesco), 196.\nTommasi (Gîo. Battista), 717.\nTorelli (Gaspare), 145,\nTosi (Gius.-Felice), 20, 80, 127, 3oi,\n3n, 4r7 445, 577, 631, 778.\nTncarico (Giuseppe), 287, 392.\nU\nUccellini (Don Marco), 313,410, 551.\nUrio, (Padre Franccsco Antonio), 694.\nV\nValentini (Pîer* Francesco)s 52q, 778\nValentini (Don Bomenico), 53g.\nVannarelli (Francesco), 336.\nVarischino (Giovanni), 39, bio*\nVernizzi (Ottaviano), 77, 220.\nVignati (Giuseppe), 671.\nVignoîa (Giuseppe), 241.\nVinaeesï (Benedetto), 41, 234, 460, 718.\nVinchioni (Cintio), 508. J\nVinci (Leonardo), 4683, 725.\nVitali (Don Angelo), 772.\nVivaldi (Antonio), 112, 117, uB, 172,\n224, 234, 264, 327, 334, 339, 34I,\n35°, 403, 428, 445, 452, 455, 538,\n56g, b72, 582, 582, sgi, 682, 71g,\n763, 812, go 3, go 7, gog.\n\\ iviani (Giov. Bonaventura), 702.\nZ\nZanetti, 755.\nZanettini (Antonio), 119, 131, 472, 519,\noîo.\nZecchini (Angeîo) 724.\nZiani (Marc Antonio), 20, 25, 28, 38, 58,\n75, 127, 184, 225, 228, 237, 261, 272,\n279, 3og, 314, 324, 356, 363, 397,\n415, 423, 425, 454, 476, 481, 507,\n522, 533, 558, 569 570, 593, 676,\n678, 755, 75g, 797, 820, 821.\nZiani (Don Pietro Andréa), 25, 61, 91,\n9l' 'I8?, l6°' 294 v 316, 369, 430, 446,\n7IO.\nZuccari (Giovanni), 7OB,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c031", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "41", "page_fin": "43", "image_debut": 46, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.14", "titre_corps": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874", "titre_sommaire": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874", "signature_source": "A. P", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874\n\n(0\nJUILLET\nJuillet (Derniers jours de). BRUXELLES (Église Sainte-Gudule). Exécution,\nà la cérémonie commémorative de l'anniversaire du couronnement de Léo-\npold lER,IER, d'un grand Te Deum pour soli, chœurs et orchestre, de M. F. Riga»\noAOUT\nlERIER Août. VARIÉTÉS. Reprise de la Vie Parisienne, opéra bouffe de\nMM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Jacques Offenbach,\n4. CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE ET DE DÉCLAMATION. Distribution\ndes prix. A cette occasion, M. Deldevez, professeur de la classe d'orchestre au\nConservatoire, chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société des Concerts, re-\nçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur.\n14. GAITÉ. Un acte nouveau, intitulé le Royaume de Neptune, est ajouté\nà Topéra-féerie Orphée aux Enfers, musique de M.Jacques Offenbach.\n15. CARPI. Première représentation : Giovanna di Castiglia, opéra sé-\nrieux, musique de M. Giovanni Magnanini.\n27. OPÉRA-COMIQUE. Reprise du Pardon de Ploermel, opéra comique en\ntrois actes, de Meyerbeer, qui n'avait pas été joué depuis 1861. Les trois rôles\nprincipaux, ceux de Dinorah, de Hoël et de Corentin, créés naguère par ma-\n(1) Une absence nous ayant empêché de publier ces tablettes à la fin du mois passé,\nnous en reprenons aujourd'hui la publication, et nous donnons cette fois une double\nsérie, comprenant deux mois, du 2 5 juillet au 2 5 septembre. La lacune sera ainsi\ncomblée."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "dame Marie Cabel, MM. Faure et Sainte-Foy, sont tenus par mademoiselle\nZina Dalti, MM. Bouhy et Lhérie. Les personnages épisodiques du troisième\nacte sont représentés par MM. Charelli (le faucheur), Dufriche (le chasseur),\nmesdemoiselles Ducasse, Zina Bell, Chevalier et Reine (pâtres et chevrières).\nOn intercale au troisième acte deux couplets : La Chanson s'envole, écrits\npar Meyerbeer pour la version italienne de son œuvre (Dinorah), et qui,\nchantés pour la première fois à Londres par madame Nantier-Didiée, le sont\nici par mademoiselle Zina Bell.\n3i. Un arrêté du ministre de l'lnstruction publique, des Cultes et des\nBeaux-Arts, accorde le privilège du « troisième théâtre lyrique » àM. Bagier,\naucien directeur du Théâtre-Italien, avec la subvention annuelle de cent\nmille francs afférente à l'exploitation de cette entreprise. M. Bagier n'adopte\npas la dénomination employée dans l'arrêté ministériel, et décide que son\nthéâtre, prenant le nom de la salle où il est situé, s'appellera Théâtre-Ven-\ntadour.\nSETTEmcBcIIE\nIERIER Septembre. THÉÂTRE DU CHATEAU-D'EAU. Première représentation :\nle i3e Coup de Minuit, légende lyrique en trois actes, paroles de MM. Clair-\nville et Gaston Marot, musique de M. J. J. Debillemont.\n2. OPÉRA. Premier début de M. Vergnet (Raimbaut) et continuation des\ndébuts de mademoiselle Belval (Isabelle) dans Robert le Diable BOUFFES-\nPARISIENS (pour la réouverture). Première représentation, à ce théâtre, de la\nJolie Parfumeuse, opéra comique en trois actes, paroles de MM. Hector Cré-\nmieux et Ernest Blum, musique de M. J. Offenbach (joué primitivement àla\nRenaissance).\n3. DÉLASSEMENTS-COMIQUES. Première représentation :le Rhinocéros et\nson Enfant, « excentricité musicale » en un acte, paroles de M. Saint-Fargeau,\nmusique de M. Charles de Sivry.\n6. LOUVAIN. A l'occasion de la kermesse de cette ville, le Cercle des XXV\nfait exécuter une cantate nouvelle le Vallon, paroles de M musique de\nM. J.-B. Delannoy, professeur de musique à Wavre.\nLONDRES (Alhambra). Première représentation : The Démon s Bride\n(la Fiancée du Diable), opérette bouffe, paroles (traduites en anglais) de\nMM. Leterrier et Wanloo, musique de M. Georges Jacoby.\n9. OPÉRA. Premier début de M. Manoury dans le rôle d'Alphonse, de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.48", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "la Favorite. Comme M. Vergnet, qui avait débuté juste une semaine avant\nlui, M. Manoury avait obtenu cette année, au Conservatoire, les deux pre-\nmiers prix de chant et d'opéra et le second prix d'opéra comique.\n10. RENAISSANCE Première représentation :la Famille Trouillat, opérette\nbouffe en trois actes, paroles de MM. Hector Crémieux et Ernest Blum, mu-\nsique de M. Léon Vasseur.\nI 5 FOLIES-BERGÈRE. Première représentation: les Deux Cocottes du\n72° 22, opérette en un acte, paroles et musique de M. Edé.\n\nA. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c034", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "48", "image_debut": 49, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.15", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.49", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits Nouvelles. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nA rentrée des classes au Conservatoire de musique aura lieu le\nlundi 5 octobre.\nLes examens d'admission commenceront le mercredi 14 oc-\ntobre.\nLes aspirants doivent déposer un extrait de leur acte de nais-\nsance et un certificat de vaccination.\nAvant son admission dans les classes, tout aspirant reçu élève pour le chant\nou pour la déclamation doit s'engager envers le directeur du Conservatoire :\ni° A se conformer rigoureusement aux règlements et arrêtés qui régissent\nle Conservatoire ;\n2° A ne contracter d'engagement, pendant la durée de ses études et pendant\nle mois qui suivra leur clôture, avec aucun théâtre ou tout autre établis-\nsement public, sans une autorisation du ministre de l'instruction publique,\ndes cultes et des beaux-arts, accordée sur la demande du directeur du\nConservatoire ;\n3° Dans le cas où, à la fin de ses études, son concours serait réclamé\npar 1 un des théâtres subventionnés, à contracter un engagement de deux ans\navec le directeur de ce théâtre, aux conditions déterminées par arrêté minis-\ntériel.\n— Le baryton Solon est mort, cette semaine, au château de Carloville,\ndans l'Eure. Il avait débuté au Théâtre-Italien, et avait joué ensuite à\nl'Athénée.\nDans ces derniers temps, il avait suppléé Bataille dans sa classe de chant\nau Conservatoire. Solon avait trente-deux ans.\n— Nous ne consacrons pas d'article spécial à la rentrée de M. Faure à"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.50", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "l'Opéra, dans Guillaume Tell. Ces rentrées d'artistes, et en particulier celle\nde M. Faure, ne sont plus que des rubriques d'affiche, toute question\nde talent mise à part.\nLa fête organisée par le journal le Gaulois, au bénéfice de Déjazet, a eu\nlieu dimanche 27 septembre, dans la salle Ventadour.\nCette solennité sans pareille, à laquelle tous les artistes des théâtres de\nParis ont voulu prendre part, ne fût-ce qu'à titre de figurants, a produit cin-\nquante deux mille francs ; c'est dire quels ont été l'empressement et le succès\nde la soirée.\nLa partie musicale du programme était composée :\ni° De l'ouverture de la.Muette de Portici;\n20 Du premier acte de Monsieur Garat, dont les couplets étaient accom-\npagnés par l'orchestre de l'Opéra ;\n3° Du duo des Huguenots, par madame Gueymard-Lauters et M. Villaret ;\n40 Du trio de Guillaume Tell, par MM. Tamberlick, Faure et Belval.\n5° D'intermèdes divers : entre autres, un trio sur la messe de Verdi, com-\nposé pour violon, piano et orgue par M. Jules Cohen, et exécuté par l'auteur,\nM. Garcin, et M. Ritter; d'une chansonnette chantée par madame Judic,\nd'une tarentelle composée et exécutée par M. Ritter;\n6° Le deuxième acte du ballet de Coppelia, avec mademoiselle Beaugrand et\nle corps de ballet de l'Opéra;\n70 De la Lisette de Béranger, avec Déjazet et un chœur, composé de toutes\nles actrices de Paris;\n8° De Y Hommage de la Chanson à Déjazet, par la Société du Caveau,\ncouplets par M. Eugène Grangé, chantés par M. Anatole Lyonnet.\nEnfin, d'un défilé général de tous les théâtres de la capitale.\nM. Adolphe Jullien, qui est pourtant un Wagnériste convaincu, mais\nqui sépare dans son admiration l'homme du musicien, a dévoilé, dans son\ndernier feuilleton du Français, un assez vilain procédé de Wagner vis-à-vis\nde Meyerbeer. Cette curieuse révélation vient à propos des fragments criti-\nques de Wagner, traduits par M. de Charnacé, dont notre collaborateur avait\nà rendre compte. Nous laissons la parole à M. Jullien :\n« M. de Charnacé aurait pu se dispenser de traduire les chapitres sur la\nMusique allemande et sur l'Ouverture, car ils font partie des articles que\nWagner écrivit pour notre Galette musicale, lors de son premier séjour\nà Paris et qui se trouvent dans le recueil du journal, de 1840 à 1842.\nEn relisant la Musique allemande dans le livre de M. de Charnacé, j ai été\nfrappé de trouver un manque absolu de logique entre les deux derniers para-\ngraphes. La phrase finale de Pavant-dernier semble en effet attendre un\nexemple qui ne vient pas, et laisse le lecteur en suspens. Je me suis reporté\nau texte de 1840, et j'ai découvert alors un petit trait assez mesquin de\nWagner..."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "« Lorsqu'il vint pour la première fois à Paris, ce fut grâce aux lettres de\nrecommandation de Meyerbeer que Wagner fut favorablement reçu par\nAnténor Joly, Léon Pillet, Habeneck et par l'éditeur Schlesinger qui lui\ndemanda quelques articles pour la Galette musicale. Le musicien, encore\nanimé d'une vive reconnaissance pour les bons procédés de Meyerbeer, lui\nconsacra tout un paragraphe qui suivait et expliquait la phrase : « ... C'est\naussi pour cela qu'il est plus facile à un Allemand qu'à tout autre de\nconduire au sommet le plus élevé un genre artistique de nationalité étran-\ngère et de lui donner une valeur universelle. »\n« Depuis lors, Wagner a montré une animosité très vive contre l'auteur de\nRobert et contre les compositeurs dont le renom l'offusquait; il les a attaqués\nen termes violents et, voulant se mettre d'accord avec lui-même, a supprimé\ndans l'édition définitive de ses écrits, le passage laudatif sur Meyerbeer. Je le\nrecopie dans le texte de 1840 :\n« Hsendel et Gluck l'ont prouvé surabondamment, et de nos jours un autre\nAilemand, Meyerbeer, nous en offre un nouvel exemple. Arrivé au point\nd'une perfection complète et absolue, le système français n'avait plus d'autre\nprogrès à espérer que de se voir généralement adopté et de se perpétuer au\nmême degré de splendeur ; mais c'était aussi la tâche la plus difficile à accom-\nplir. Or, pour qu'un Allemand en ait tenté l'épreuve et obtenu la gloire, il\nfallait sans contredit qu'il fût doué de cette bonne foi désintéressée, qui pré-\nvaut tellement chez ses compatriotes, qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier leur\npropre scène lyrique pour admettre et cultiver un genre étranger plus riche\nd'avenir et qui s'adresse plus directement aux sympathies universelles. En\nserait-il autrement quand la raison aurait anéanti la barrière des préjugés qui\nséparent les différents peuples, et quand tous les habitants du globe seraient\nd'accord pour ne plus parler qu'une seule et même langue ? »\n« J'aurais eu scrupule de taire ce vilain procédé, bien qu'il dût faire crier à\nla bassesse d'esprit, à l'ingratitude : toutes les attaques qu'on dirige contre\nl'homme, et qu'il mérite en grande partie, n'enlèveront pas une parcelle de\ngénie au compositeur. »"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "NOUVELLES\n\nARISt Opéra. M. Halanzier prépare une grande solennité\nmusicale au bénéfice des Alsaciens-Lorrains, sous le haut patro-\nnage de madame la maréchale de Mac-Mahon.\nMadame Adelina Patti chantera en français le rôle de Valentine,\ndes Huguenots.\nLa Lucca aurait signé son engagement à l'Opéra, à partir du ier janvier\nprochain.\nOpéra-Comique. Les répétitions de Mireille se poursuivent activement;\nla reprise de cette pièce aura lieu sous peu de jours.\nL'Opéra-Comique donnera prochainement le Domino noir, avee une dis-\ntribution tout à fait nouvelle.\nLes rôles seront tenus par MM. Lhérie, Duvernois, Melchissédec, mes-\ndames Ghapuy et Breton.\nThéâtre-Ventadour. M. Constantin est nommé chef d'orchestre pour la\nreprésentation des ouvrages français; le maestro Vianesi conserve la direction\ndes opéras italiens.\nM. Bagier vient d'engager, pour cinq années, l'excellente basse bouffe\nSoto.\nRenaissance. Pierrot-Fantôme, opéra bouffe en un acte, de M . Wercken\npour la musique, et de MM. Dubreuil et Stapleaux pour les paroles, précé-\ndemment représenté à l'Athénée, doit passer à ce théâtre.\nA Giroflée-Girofia, que répète activement la Renaissance, succéderont :\nUne opérette de MM. Tréfeu et Nuitter, musique de M. Vizentini ;\nEt une autre de MM. Crémieux et Blum, musique de M. Jonas.\nFolies-Dramatiques. Mademoiselle Van-Ghell a été engagée spécialement\npour créer le rôle destiné primitivement à mademoiselle de Bogdani dans\nle Roi de Garbes, de M. Littolf»"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.53", "debut_caractere": 121, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "Concerts populaires. L'Administration des Concerts populaires de\nMusique classique nous informe que la réouverture des Concerts aura lieu le\ndimanche 18 octobre prochain, à deux heures, au Cirque d'Hiver, sous\nla direction de Kl. Pasdeloup.\nA partir de cette année, des chœurs seront ajoutés à l'orchestre pour le\nhuitième Concert de chaque série et cette séance sera consacrée à l'exécution\nd'un oratorio.\nPar suite de cette modification, qui augmente les frais dans une proportion\nconsidérable, le prix de l'abonnement d'une série de huit Concerts, qui était\nde 32 francs, sera porté à 35 francs pour les premières, et de 48 francs à\n52 francs pour les stalles de parquet.\nLes abonnements seront distribués dans les bureaux de location à partir du\nier octobre jusqu'au lundi 12 octobre. Passé ce délai, l'Administration en dis-\nposera.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c036", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "46", "image_debut": 49, "image_fin": 51, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.15.2", "titre_corps": "FAITS DIVERS", "titre_sommaire": "FAITS DIVERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.49", "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "FAITS DIVERS\nA rentrée des classes au Conservatoire de musique aura lieu le\nlundi 5 octobre.\nLes examens d'admission commenceront le mercredi 14 oc-\ntobre.\nLes aspirants doivent déposer un extrait de leur acte de nais-\nsance et un certificat de vaccination.\nAvant son admission dans les classes, tout aspirant reçu élève pour le chant\nou pour la déclamation doit s'engager envers le directeur du Conservatoire :\ni° A se conformer rigoureusement aux règlements et arrêtés qui régissent\nle Conservatoire ;\n2° A ne contracter d'engagement, pendant la durée de ses études et pendant\nle mois qui suivra leur clôture, avec aucun théâtre ou tout autre établis-\nsement public, sans une autorisation du ministre de l'instruction publique,\ndes cultes et des beaux-arts, accordée sur la demande du directeur du\nConservatoire ;\n3° Dans le cas où, à la fin de ses études, son concours serait réclamé\npar 1 un des théâtres subventionnés, à contracter un engagement de deux ans\navec le directeur de ce théâtre, aux conditions déterminées par arrêté minis-\ntériel.\n— Le baryton Solon est mort, cette semaine, au château de Carloville,\ndans l'Eure. Il avait débuté au Théâtre-Italien, et avait joué ensuite à\nl'Athénée.\nDans ces derniers temps, il avait suppléé Bataille dans sa classe de chant\nau Conservatoire. Solon avait trente-deux ans.\n— Nous ne consacrons pas d'article spécial à la rentrée de M. Faure à"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.50", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "l'Opéra, dans Guillaume Tell. Ces rentrées d'artistes, et en particulier celle\nde M. Faure, ne sont plus que des rubriques d'affiche, toute question\nde talent mise à part.\nLa fête organisée par le journal le Gaulois, au bénéfice de Déjazet, a eu\nlieu dimanche 27 septembre, dans la salle Ventadour.\nCette solennité sans pareille, à laquelle tous les artistes des théâtres de\nParis ont voulu prendre part, ne fût-ce qu'à titre de figurants, a produit cin-\nquante deux mille francs ; c'est dire quels ont été l'empressement et le succès\nde la soirée.\nLa partie musicale du programme était composée :\ni° De l'ouverture de la.Muette de Portici;\n20 Du premier acte de Monsieur Garat, dont les couplets étaient accom-\npagnés par l'orchestre de l'Opéra ;\n3° Du duo des Huguenots, par madame Gueymard-Lauters et M. Villaret ;\n40 Du trio de Guillaume Tell, par MM. Tamberlick, Faure et Belval.\n5° D'intermèdes divers : entre autres, un trio sur la messe de Verdi, com-\nposé pour violon, piano et orgue par M. Jules Cohen, et exécuté par l'auteur,\nM. Garcin, et M. Ritter; d'une chansonnette chantée par madame Judic,\nd'une tarentelle composée et exécutée par M. Ritter;\n6° Le deuxième acte du ballet de Coppelia, avec mademoiselle Beaugrand et\nle corps de ballet de l'Opéra;\n70 De la Lisette de Béranger, avec Déjazet et un chœur, composé de toutes\nles actrices de Paris;\n8° De Y Hommage de la Chanson à Déjazet, par la Société du Caveau,\ncouplets par M. Eugène Grangé, chantés par M. Anatole Lyonnet.\nEnfin, d'un défilé général de tous les théâtres de la capitale.\nM. Adolphe Jullien, qui est pourtant un Wagnériste convaincu, mais\nqui sépare dans son admiration l'homme du musicien, a dévoilé, dans son\ndernier feuilleton du Français, un assez vilain procédé de Wagner vis-à-vis\nde Meyerbeer. Cette curieuse révélation vient à propos des fragments criti-\nques de Wagner, traduits par M. de Charnacé, dont notre collaborateur avait\nà rendre compte. Nous laissons la parole à M. Jullien :\n« M. de Charnacé aurait pu se dispenser de traduire les chapitres sur la\nMusique allemande et sur l'Ouverture, car ils font partie des articles que\nWagner écrivit pour notre Galette musicale, lors de son premier séjour\nà Paris et qui se trouvent dans le recueil du journal, de 1840 à 1842.\nEn relisant la Musique allemande dans le livre de M. de Charnacé, j ai été\nfrappé de trouver un manque absolu de logique entre les deux derniers para-\ngraphes. La phrase finale de Pavant-dernier semble en effet attendre un\nexemple qui ne vient pas, et laisse le lecteur en suspens. Je me suis reporté\nau texte de 1840, et j'ai découvert alors un petit trait assez mesquin de\nWagner..."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.51", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "« Lorsqu'il vint pour la première fois à Paris, ce fut grâce aux lettres de\nrecommandation de Meyerbeer que Wagner fut favorablement reçu par\nAnténor Joly, Léon Pillet, Habeneck et par l'éditeur Schlesinger qui lui\ndemanda quelques articles pour la Galette musicale. Le musicien, encore\nanimé d'une vive reconnaissance pour les bons procédés de Meyerbeer, lui\nconsacra tout un paragraphe qui suivait et expliquait la phrase : « ... C'est\naussi pour cela qu'il est plus facile à un Allemand qu'à tout autre de\nconduire au sommet le plus élevé un genre artistique de nationalité étran-\ngère et de lui donner une valeur universelle. »\n« Depuis lors, Wagner a montré une animosité très vive contre l'auteur de\nRobert et contre les compositeurs dont le renom l'offusquait; il les a attaqués\nen termes violents et, voulant se mettre d'accord avec lui-même, a supprimé\ndans l'édition définitive de ses écrits, le passage laudatif sur Meyerbeer. Je le\nrecopie dans le texte de 1840 :\n« Hsendel et Gluck l'ont prouvé surabondamment, et de nos jours un autre\nAilemand, Meyerbeer, nous en offre un nouvel exemple. Arrivé au point\nd'une perfection complète et absolue, le système français n'avait plus d'autre\nprogrès à espérer que de se voir généralement adopté et de se perpétuer au\nmême degré de splendeur ; mais c'était aussi la tâche la plus difficile à accom-\nplir. Or, pour qu'un Allemand en ait tenté l'épreuve et obtenu la gloire, il\nfallait sans contredit qu'il fût doué de cette bonne foi désintéressée, qui pré-\nvaut tellement chez ses compatriotes, qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier leur\npropre scène lyrique pour admettre et cultiver un genre étranger plus riche\nd'avenir et qui s'adresse plus directement aux sympathies universelles. En\nserait-il autrement quand la raison aurait anéanti la barrière des préjugés qui\nséparent les différents peuples, et quand tous les habitants du globe seraient\nd'accord pour ne plus parler qu'une seule et même langue ? »\n« J'aurais eu scrupule de taire ce vilain procédé, bien qu'il dût faire crier à\nla bassesse d'esprit, à l'ingratitude : toutes les attaques qu'on dirige contre\nl'homme, et qu'il mérite en grande partie, n'enlèveront pas une parcelle de\ngénie au compositeur. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-01_01#c038", "volume": "bmtnabc_1874-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "47", "page_fin": "48", "image_debut": 52, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.2.15.3", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia : Le Secrétaire de la Rédaction, O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "NOUVELLES\n\nARISt Opéra. M. Halanzier prépare une grande solennité\nmusicale au bénéfice des Alsaciens-Lorrains, sous le haut patro-\nnage de madame la maréchale de Mac-Mahon.\nMadame Adelina Patti chantera en français le rôle de Valentine,\ndes Huguenots.\nLa Lucca aurait signé son engagement à l'Opéra, à partir du ier janvier\nprochain.\nOpéra-Comique. Les répétitions de Mireille se poursuivent activement;\nla reprise de cette pièce aura lieu sous peu de jours.\nL'Opéra-Comique donnera prochainement le Domino noir, avee une dis-\ntribution tout à fait nouvelle.\nLes rôles seront tenus par MM. Lhérie, Duvernois, Melchissédec, mes-\ndames Ghapuy et Breton.\nThéâtre-Ventadour. M. Constantin est nommé chef d'orchestre pour la\nreprésentation des ouvrages français; le maestro Vianesi conserve la direction\ndes opéras italiens.\nM. Bagier vient d'engager, pour cinq années, l'excellente basse bouffe\nSoto.\nRenaissance. Pierrot-Fantôme, opéra bouffe en un acte, de M . Wercken\npour la musique, et de MM. Dubreuil et Stapleaux pour les paroles, précé-\ndemment représenté à l'Athénée, doit passer à ce théâtre.\nA Giroflée-Girofia, que répète activement la Renaissance, succéderont :\nUne opérette de MM. Tréfeu et Nuitter, musique de M. Vizentini ;\nEt une autre de MM. Crémieux et Blum, musique de M. Jonas.\nFolies-Dramatiques. Mademoiselle Van-Ghell a été engagée spécialement\npour créer le rôle destiné primitivement à mademoiselle de Bogdani dans\nle Roi de Garbes, de M. Littolf»"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.53", "debut_caractere": 121, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "Concerts populaires. L'Administration des Concerts populaires de\nMusique classique nous informe que la réouverture des Concerts aura lieu le\ndimanche 18 octobre prochain, à deux heures, au Cirque d'Hiver, sous\nla direction de Kl. Pasdeloup.\nA partir de cette année, des chœurs seront ajoutés à l'orchestre pour le\nhuitième Concert de chaque série et cette séance sera consacrée à l'exécution\nd'un oratorio.\nPar suite de cette modification, qui augmente les frais dans une proportion\nconsidérable, le prix de l'abonnement d'une série de huit Concerts, qui était\nde 32 francs, sera porté à 35 francs pour les premières, et de 48 francs à\n52 francs pour les stalles de parquet.\nLes abonnements seront distribués dans les bureaux de location à partir du\nier octobre jusqu'au lundi 12 octobre. Passé ce délai, l'Administration en dis-\nposera.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[5]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.1", "texte": "LE VIOLON DE MOZART\n\nANS le haut du faubourg Saint-J ose ph,À Vienne\nexistait il y a quelque quatre-vingts ans, un\npauvre marchand de bric-à-brac nommé Reu-\ntler. Son modeste commerce ne suffisait pas à\nfaire vivre sa nombreuse famille, car, chaque\njour, huit enfants roses et joufflus, échelonnés\nchacun à un an de distance environ, s'asseyaient\nautour de sa table frugale. Aussi le brave Reu-\ntler se mettait-il en quatre pour augmenter les\nressources du ménage, tandis que sa jeune femme reprisait des dentelles\net répondait aux rares clients que son humble étalage de bibelots pou-\nvait attirer. Auprès d'elle, Reutler tournait des petits objets en buis; les\njours de fête, il chantait au lutrin de sa paroisse, et, le soir, faisait une\npartie de second violon dans un bal public. Et comme, grâce à Dieu, la\nsanté brillait sur tous les visages, Reutler était heureux, et se sentant\nheureux, il était bon, à ce point que sa bienveillance était connue de\ntout le voisinage."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDans un des derniers jours de l'automne de 1791, un homme jeune et\ndistingué, mais que la maladie avait marqué d'un sceau fatal, passait à\npas lents devant la porte de Reutler. 11 se promenait la tête baissée et\ncomme absorbé par de tristes rêveries. Les clameurs joyeuses des enfants\nde Reutler l'arrachèrent à sa préoccupation ; il releva la tête, un rayon\nde bonté illumina son visage amaigri, mais charmant encore sous ses\npâleurs; posant doucement la main sur les jeunes chevelures blondes, il\nadressa un sourire à la mère, dont les regards ne perdaient pas de vue les\nébats de sa petite famille, et continua silencieusement son chemin. Des\nrelations ouvertes sous de semblables auspices ne pouvaient pas en rester\nlà. Le lendemain, l'étranger passa de nouveau, et Reutler le salua; le\ntroisième jour, il lui offrait de s'arrêter un instant pour se reposer devant\nsa porte; le promeneur, que ses forces défaillantes semblaient à chaque\ninstant au moment de trahir, accepta volontiers, et depuis lors, chaque\njour, à la même heure, les enfants se disputaient l'honneur d'offrir un\nescabeau à l'inconnu qui, de son côté, ne demeurait pas en reste, et leur\nportait fréquemment quelques friandises. Et là, durant une petite demi-\nheure, on causait. Reutler, par sa gaieté, essayait d'amener quelque joie\nsur le front pâli du pauvre malade; la jeune femme éclairait l'humble\nintérieur de son sourire ; les enfants s'ébattaient bruyamment aux der-\nniers rayons du soleil d'automne, et l'étranger, oubliant un instant ses\nsouffrances et ses préoccupations, repartait d'un pas plus léger, en\ndisant : à demain.\nOr, un lendemain, les enfants coururent à la rencontre de leur ami, et\nlà, tous à la fois> essoufflés et joyeux, lui crièrent : « Monsieur, monsieur,\nvenez vite, maman vient de nous donner cette nuit une petite sœur. »\nEt ce n était que pure vérité ; le brave Reutler, en bon Allemand qu'il\nétait, se voyait père pour la neuvième fois. On hâta le pas. Malgré les\npréoccupations du jour, l'escabeau était à sa place accoutumée, et\nReutler sur sa porte, le visage épanoui. « Eh ! venez vite, mon bon\n« monsieur, s'écria-t-il, c'est fête aujourd'hui chez nous; le bon Dieu\n« m'a donné une petite fille, et si elle est aussi brave et aussi bonne que\n« sa mère, elle ne sera pas de trop à la maison. Je vous attendais pour\n« vous demander de me faire l'honneur de boire avec moi un petit verre\n« de vin blanc. Nous ne sommes que de bien pauvres gens, mais c'est\n(c offert de bon cœur. »\nLe pauvre malade, tout ému, sentait ses yeux se remplir de larmes, et\npressait en silence la main de Reutler : « Brave cœur ! dit-il enfin, que\n« Dieu répande sur vous sa bénédiction ! Qu'il éloigne de votre toit la\n« maladie et ses désespoirs ! Puissiez-vous, plein de jours, voir vos"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.3", "texte": "LE VIOLON DE MOZART\n\n« enfants vous ressembler et vous rendre au centuple les soins et la\n« tendre affection dont vous les entourez. Oui, j'accepte votre invitation\noc du même cœur que vous me la faites, et je vais même vous demander\n<r une faveur : Quel est le parrain de votre fille? » « Oh! monsieur,\n« reprit Reutler, chez de pauvres gens comme nous, on prend le parrain\n« comme on a pris l'enfant, c'est-à-dire au petit bonheur. On ne le\n« choisit pas à l'avance. G est tantôt un voisin aussi pauvre que nous,\net parfois un passant. » «Eh bien î mon ami, interrompit l'inconnu,\n« c'est moi qui serai cette fois le passant que le hasard vous envoie. Je\n« serai parrain de l'enfant et nous l'appellerons Gabrielle, si vous voulez ;\n« c'est un nom que j'aime beaucoup. Je ne suis pas bien riche, moi non\n« plus, mais voilà toujours une quinzaine de florins pour faire, en atten-\nte dant mieux, honneur au repas du baptême. Plus tard, nous aviserons\n« au trousseau !... Hélas ! plus tard!... » Et soudain, ses larmes coulè-\nrent avec abondance, (c II n'y a pas de plus tard pour moi , mon\n« pauvre ami, il n'y en a plus ! Je sens très bien à ce que j éprouve que\n« mon heure est près de sonner. Je vais mourir quand la vie serait\na encore si belle, et que ma carrière semble s'offrir à moi sous d'heureux\n« auspices! Hélas! on ne peut changer sa destinee! # Reutler pleurait,\nlui aussi, sans trouver un mot de consolation pour cette souffrance si\ndéchirante et si clairvoyante. Les enfants, comprenant instinctivement\nqu'une grande douleur était devant eux, restaient muets et graves, leurs\nyeux grands ouverts fixés sur le pauvre malade. Il reprit : « Mon ami, je\n« vois un violon chez vous ; prêtez-le moi un instant, il faut que j écrive\n« quelques idées qui me trottent dans la tête. » Et il essaya de sourire.\nReutler se hâta de décrocher l'instrument et le lui remit. L étranger se\nrecueillit, et, soudain, des accents inconnus à cette humble demeure,\naccents déchirants et sublimes, se firent entendre. L'âme tout entière du\nmusicien était passée dans le violon, et ses lèvres frémissantes répétaient\nde temps en temps, et tout doucement : « Lacrymosa Dies il la, lacry*\nmosa... » Puis, il s'interrompit, tira de sa poche un petit cahier de\npapier réglé, y jeta quelques notes, remit ensuite le tout à sa place, et,\nserrant la main de l'ouvrier stupéfait : « A demain, dit-il, à demain 1\n« Nous boirons à la santé de Gabrielle !» Un pâle sourire anima son\nvisage et il s'éloigna en disant adieu de la main.\nCependant, le lendemain, Reutler attendit en vain son ami inconnu.\nNi ce jour ni les suivants, le malade ne vint s'asseoir sur 1 escabeau que\nles enfants mettaient chaque soir religieusement à sa place devant la\nporte. Au bout de quinze grands jours, n'y tenant plus et redoutant un\nmalheur, Reutler se rendit à l'adresse que lui avait indiquée 1 étranger."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nQuelques amis, sur la porte, entouraient un modeste corbillard.\nReutler s'approcha timidement d'un homme du peuple qui pleurait\namèrement, ce qui contrastait étrangement avec sa forte corpulence et sa\nbonne grosse figure rouge qui ne semblait faite que pour les joyeux épa-\nnouissements. Il lui demanda doucement qui l'on allait ainsi conduire à\nsa dernière demeure. • « C'est le grand, le cher et illustre musicien\n« Mozart, répondit le gros homme. Voici quinze jours qu'il revint pour\n« la dernière fois de sa promenade favorite. Il avait l'air d'aller mieux,\n« il était presque joyeux. Il entra chez moi, Au Serpent d'Argent,\n« rendre visite à ses anciens amis qui s'y réunissaient d'habitude ; il raconta\n« qu'il allait être parrain d'une belle petite fille, qu'il avait travaillé à sa\n« messe de Requiem. Hélas! le malheureux! c'est pour lui qu'il la com-\n« posait ! Et puis, le soir, il s'est mis au lit pour ne plus se relever. Ah !\n« monsieur, si vous saviez comme nous l'aimions tous et comme il était\n« bon et aimable ! »\nReutler pleurait, lui aussi. « Monsieur, dit-il d'une voix brisée par\n« l'émotion, je suis le père de la petite fille dont Mozart voulait être le\n« parrain. Je venais le chercher pour la fête. » Et se détournant pour\nétouffer ses larmes, il se joignit au cortège.\nLe lendemain, la petite boutique de bric à-brac était morne et silen-\ncieuse. Le père, à son établi, ne chantait pas comme de coutume; les\nenfants jouaient sans bruit. On sentait que la Douleur était passée par\nlà ; l'ami inconnu était parti pour le voyage sans fin, l'escabeau n'était\nplus à la place accoutumée au coin de la porte. Ce silence et ce recueille-\nment ne tardèrent pas à être troublés. Le brave Joseph Deiner, l'hô-\ntelier du Serpent d'Argent et l'humble ami de Mozart, avait raconté\nl'histoire de Reutler. Son récit avait fait le tour de la ville en même\ntemps que la nouvelle de la mort du maître. Les curieux, les oisifs, les\nindifférents de la veille, tous ceux qui se livrent à l'admiration, quand\nles objets souvent méconnus de la lutte, ont disparu, affluèrent à la bou-\ntique de bric-à-brac. Cette circonstance donna de la vogue au modeste\nétablissement. Reutler finit par gagner une petite fortune. Le violon de\nMozart, vendu quatre mille florins à un grand seigneur, servit à consti-\ntuer la dot de Gabrielle lorsqu'elle eut seize ans. Quant à l'escabeau,\nReutler ne voulut s'en séparer à aucun prix, et le garda comme un sou-\nvenir de sa pauvreté et de l'homme de génie qui lui avait dû sa dernière\njoie et dont il avait recueilli les derniers accents.\n\nP. LACOME."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.5", "texte": "VOLTAIRE LIBRETTISTGE\n\n(■)\n(1732-1769)\nOMME Rameau avait repris sa musique, il fallut se\nmettre à la recherche d'un autre compositeur ; on\nsongea un moment à Philidor, mais l'affaire n'eut pas\nde suites et le libretto demeura veuf de mélodies. Le\ndouble talent de compositeur et de joueur d'échecs de\nPhilidor valut à ce musicien, de la part de Voltaire,\nun de ces quolibets dont il était assez prodigue : « Vous croyez donc que\nles grands joueurs d'échecs peuvent faire de la musique pathétique et\nqu'ils ne seront point échec et mat ? A la bonne heure, je m'en rapporte\nà vous... »\nPhilidor venait de faire brillamment ses preuves de grand style et\nd'un remarquable souffle lyrique, dans l'opéra d'Ernelinde, représenté\npour Ja première fois le 24 novembre 1767. Comment, aux premiers\njours de l'année suivante, Voltaire pouvait-il ignorer ce fait? Il a donc\nvoulu, quand même, lancer son jeu de mots, et voilà tout. Tellum\nimbelle sine ictu\nCe n'était pas seulement le succès de Roy, de Pellegrin, de Cahusac et\nde bien d'autres paroliers qui éveillait la jalousie de l'auteur de Samson ; à\nl'étranger, un concurrent plus habile excitait son envie : nous voulons\nparler du grand Frédéric, auteur d'un libretto de Mérope, emprunté à la\ntragédie de Voltaire qui avait calqué ladite tragédie sur celle de Maffei.\nPlus le vieux Suisse comme il s'appelait lui-même, voyait fuir\nl'espoir de faire monter Samson sur la scène lyrique, plus il se dépitait\n\n(i) Voir le numéro du ior septembre."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncontre tous ceux qui couraient, comme lui, la carrière de librettiste;\nsa contrariété fut au comble quand il sut que le Salomon du Nord, ou\nfrère Luc, s'en mêlait, lui aussi.\nDans le cours de Tannée 1756, cinq lettres adressées à d'Argental, au\nmaréchal de Richelieu et à Thieriot, mentionnent ce fait peu connu de\nl'histoire littéraire de Frédéric 11, assez curieux à noter et à consigner :\n« J'imagine —dit Voltaire à d'Argental, que vous seriez bien aise de voir\nles belles choses que fait le roi de Prusse. Il m'a envoyé toute la tragédie de\nMérope, mise par lui en opéra. Permettez que je vous donne les prémices de\nson travail ; je m'intéresse toujours à sa gloire. Vous pourriez confier ce\nmorceau à Thieriot, qui en chargera sans doute sa mémoire et qui sera une\ndes trompettes de la renommée de ce grand homme. »\nVoltaire, préoccupé avant tout de ce qui pouvait mettre sa propre\nrenommée en évidence, faisait de Thieriot, son courtier ordinaire, une\nde ses trompettes; car, il était plus flatté qu'il ne voulait l'avouer de\nl'honneur que Frédéric II avait fait à sa chère Mérope, en la traduisant\nen opéra.\nA la deuxième lettre, l'admiration baisse ou plutôt se tempère par\nquelque ironie, toujours sous le voile du double sens :\n«Je voudrais - dit Voltaire au maréchal de Richelieu que vous vissiez\nquelque chose de l'ouvrage du roi de Prusse, cela est curieux♦ »\nA la quatrième missive, le dépit éclate tout à fait ; ce n'est qu'un\néclair, mais très vif :\n« Je ne pouvais mieux me venger de l'auteur de Mérope, opéra, qu'en vous\nen envoyant un petit échantillon. »\nCeci est du 26 février (à d'Argental); et, le 10 du même mois,\nVoltaire écrivait à d'Alembert :\n« Les vers de Mérope vous paraîtront fort lyriques et paraissent faits avec\nfacilité. Il (Frédéric) ne m'a jamais fait un présent plus galant. »\nEnfin, l'opéra de Mérope va être représenté ; « Il ne tient qu'à moi\nd'aller le voir ; mais je n'irai pas. »\nComment expliquer la contradiction de Voltaire avec lui-même, à\nquinze jours de date environ? Comment, ce qui lui semblait bon le 10,\nlui paraît-il mauvais le 26? C'est que le 10, il écrivait à d'Alembert,\nalors en correspondance avec Frédéric, tandis que, le 26, il parlait dans\nl'intimité à d'Argental, son confident. Tout le secret de cette brusque\nvolte-face est dans la différence des correspondants du vieux Suisse....\nSi nous insistons sur tous ces détails qui peuvent sembler minuscules,"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.7", "texte": "VOLTAIRE LIBRETTISTE\n\nc'est que c'est dans les moindres choses que se révèle le mieux le carac-\ntère de l'homme étrangement bizarre et ondoyant dont bien des livres\nn'ont pu encore épuiser l'étude approfondie.\nIci, une fois de plus, Voltaire librettiste, c'est Voltaire peint par lui-\nmême, en déshabillé... au moral, comme Pigale l'a représenté... au\nphysique, en sculpture.\nII\nPANDORE (1740)\nDepuis huit ou neuf ans, Samson était sur le chantier ou plutôt sur ce\nlit de Procuste auquel on ne saurait mieux comparer la confection d'un\nopéra, travail sans nom entre le parolier et le musicien; le premier qui\ndéfend pied à pied ses rimes, le second qui allonge et plus souvent\nraccourcit la besogne de son associé, et Voltaire voyait bien que son sujet\nbiblique, tel qu'il l'avait conçu,, risquait fort de ne pas arriver à la\nscène, lorsque l'idée lui vint, délaissant les Livres saints, de se vouer à la\nmythologie transcendentale et quelque peu philosophique, en abordant\nl'allégorie de Pandore ou de Prométhée, car il hésitait entre ces deux\ntitres.\nMalheureusement, son génie lyrique ne le servit pas mieux pour ce\nlivret que pour le précédent, et, ce qui gâta tout, ce fut son incurable\nmanie de parodier, jusque sous des noms payens, les dogmes catho-\nliques; ainsi, il appelait Pandore : « le péché originel. » On voit d ici les\nallusions qui rendirent impossible cet opéra, même lorsque la contexture\nboiteuse du libretto lui-même n'aurait pas été un obstacle suffisant à sa\nmise en musique et à la scène. Mais, demandons à la correspondance de\nVoltaire l'histoire des vicissitudes que traversa Pandore, à laquelle il\ns'attachait d'autant plus, que les difficultés de toute nature se dressaient\ndevant son œuvre bien aimée. Il y a longtemps que l'on parle de la pré-\ndilection des parents pour leurs enfants malvenus, rachitiques, boiteux,\nbossus, dont ils essaient de prolonger l'existence, en l'entourant de tous\nles soins comme aussi des préférences les plus bizarres.\nVoltaire écrivait donc, en 1744, à Cideville :\n« J'espérais plus de l'opéra de Prométhée, parce que je l'ai fait pour moi.\nM. de Richelieu Ta donné à mettre en musique k Royer, et le destine pour\nune des secondes fêtes qu'il veut donner. Or, je veux sur cela, mon cher\nami, vous supplier de faire une petite négociation. J'avais, il y a quelques\nmois, confié ce Prométhée à madame Dupin, qui voulait s'en amuser et l'or-\nner de quelques croches,, avec M. de Franqueville et Jéliotte. Je crois qu'elle"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nne me saura pas mauvais gré si M. de Richelieu y fait travailler Royer ; c'est\nun arrangement que je n'ai ni pu ni dû empêcher.\n« Je vous supplie d'en dire un petit mot à la déesse de la beauté et de la\nmusique, avec votre sagesse ordinaire. »\nToujours des contradictions causées par la vanité! Ainsi, cet opéra\nque Fauteur avait fait pour lui et qui ne devait être qu'un prétexte\nà essai lyrique pour trois amateurs, devient tout à coup un des éléments\nd'une fête princière en projet. Royer, auteur de trois opéras, était un\nassez médiocre musicien, en comparaison de Rameau; aussi Voltaire\ncomptait-il sur plus de docilité de sa part.\nBientôt, toujours fidèle à sa manie de commettre sans cesse des mots\nplus ou moins justes, Voltaire dit à un de ses confidents : « Royer n'a pas\neu la plus grande part de ce monde au larcin du feu sacré. Le génie\nest médiocre... » Cependant, il fallait bien s'en contenter; car, ainsi que\nle dit une vieille chanson, écho d'une grande vérité :\nQuand on n'a pas ce que l'on aime,\nIl faut aimer ce que l}on a.\nFidèle à ce principe éminemment philosophique, Voltaire s'attacha,\navec une rare persévérance et une non moins rare patience, à son musi-\ncien; car, dix ans s'écoulèrent depuis le jour où il en portait le jugement\nci-dessus jusqu'à celui où il lui écrivait à lui-même les choses flatteuses\nque voici :\n« J'avais eu Fhonneur de vous écrire, non seulement pour vous marquer\ntout l'intérêt que je prends à vos mérites et à vos succès, mais pour vous\nfaire voir aussi ma juste crainte que ces succès si bien mérités ne soient\nruinés par le poeme défectueux que vous avez vainement embelli. Ce poeme,\ntel qu'on l'a imprimé plus d'une fois, est peut-être moins mauvais que celui\ndont vous vous êtes chargé; mais l'un et l'autre ne sont faits ni pour le\nthéâtre ni pour la musique. Souffrez donc que je vous renouvelle mon\ninquiétude sur votre entreprise, mes souhaits pour votre réussite et ma\ndouleur de voir exposer au théâtre un poeme, qui en est indigne de toutes\nfaçons, malgré les beautés étrangères dont votre ami, M. de Sireuil, en a\ncouvert les défauts\n« Il faut une musique aussi belle que la vôtre, soutenue par la voix et les\nagréments d'une actrice principale, pour faire pardonner le vice du sujet... »\nA travers ces compliments à l'adresse de Royer, on sent percer la mau-\nvaise humeur de Voltaire, qui ne pouvait pardonner à un poète-amateur,\ntel que M. de Sireuil, d'avoir remanié son œuvre informe. Mais c'était\nchose accomplie, et il fallait bien en passer par là, sous peine de voir\nPandore rejetée dans les limbes, en compagnie de Samson. L'auteur\ncontinua donc à enrager... plus ou moins silencieusement. La réponse de\nRoyer a été perdue."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.9", "texte": "VOLTAIRE LIBRETTISTE\n\nEn cette même année 1754, Voltaire dans le sein de l'amitié\net il écrit à d'Argental :\n« J'ai donné mon consentement à la représentation de ce malheureux\nPrornéthée. Je souffre avec douleur ce que je ne peux empêcher... Tout ce\nque je peux faire, c'est d'exiger qu'on ne mette pas, au moins, sous mon\nnom, les embellissements dont M. de Sireuil a honoré cette bagatelle. Je\nvois qu'on est toujours puni de ses anciens péchés... On me défigure un\nvieil opéra....\n« J'ai pris la précaution d'exiger de Lambert qu'il fasse une petite édition\nde cette Pandore, ayant qu'on ait le malheur de la jouer, car la Pandore de\nRoyer est toute différente de la mienne; et je veux, du moins, que ces deux\nturpitudes soient bien distinctes. »\nTurpitudes est trop fort pour être sincère. Mais ]a colère emporte le\nlibrettiste et il ne sait plus la valeur des termes qui lui échappent ; seu-\nlement, les turpitudes sont dans sa pensée— le fait des remaniements\nde M. de Sireuil. Il eût préféré que Pandore ne fût jamais mise en\nmusique, plutôt que de la voir réhabillée par un rival à ce point auda-\ncieux...\nMadame de Fontaine, sa nièce, reçoit la suite de l'averse des récrimi-\nnations du cher oncle, au sujet de l'infortunée Pandore :\n? « C'en serait trop que d'être vilipendé à la fois, à l'Opéra et àla Comédie :\nc'est bien assez que M. Royer m'immole à ses doubles croches.\n« Ne pourriez vous point parler à ce sublime Royer et lui demander au\nmoins une copie des paroles telles qu'il les a embellies par sa divine musique ?\nVous auriez, au moins, le premier avant-goût des sifflets; c'est un droit de\nfamille qu'il ne peut vous refuser. »\nVous croyez que c est fini? Vous connaissez bien mal Voltaire. Quand\nil tient un thème quelconque, il ne l'abondonne qu'après lui avoir fait\nsubir toutes les variations imaginables et inimaginables ; c'est un cres-\ncendo formidable. Royer, de mauvais musicien, va devenir sous la\nplume de Voltaire un voleur qui démarque le linge pour mieux le\nvendre : « Royer a fait précisément de la tragédie de Pandore ce\nque Néaulme a fait de Y Histoire universelle. On me vole mon bien de\ntous côtés, et on le dénature pour le vendre.\n« Si j'en crois tout ce qu'on m'écrit, le plus grand service qu'on puisse\nrendre à Royer, est de l'empêcher de donner cet opéra. On assure que la\nmusique est aussi mauvaise que son procédé... M. de Moncrif m'a envoyé la\npièce telle qu'on la veut jouer et telle que M. Royer l'a fait refaire par un\nnommé Sireuil. Cette bizarrerie serait l'opprobre de la littérature et de la\nnation... Si on ne peut différer cet opprobre, je demande àM. le comte\nd'Argenson qu'on ne débite point l'ouvrage à l'Opéra, sans y mettre un titre\nconvenable, et qui soit dans la plus exacte vérité. Voici le titre que je pro-\npose : Prornéthée, fragments de la tragédie de Pandore, déjà imprimée, à\nlaquelle le musicien a fait substituer et ajouter ce qu'il a cru convenable au\nthéâtre lyrique, pendant Véloignement de ïauteur."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nConçoit-on quelque chose de plus grotesque que la nature et le ton de\nces réclamations? L'opprobre de la littérature et DE LA NATION vaut sur-\ntout son pesant de ridicule poussé aux dernières limites. Après cela, il\nfaut tirer l'échelle, comme dit un des personnages de Molière. Le titre\nproposé par l'auteur en courroux rappelle la facture de ces amplifications\nemphatiques dont certains directeurs de province embellissent leurs\naffiches à sensation. C'est du suprême pathos... forain.\nMaintenant, encore au tour de Pami d'Argental à essuyer les furi-\nbondes confidences du maître, qui appelle la Pandore musiquée par\nRoyer a son détestable opéra...On a fait de ma Pandore une rapsodie de\nparoles du pont Neuf. » La conduite du musicien en tout ceci est qua-\nlifiée « de mauvais procédé » et de « bêtise. »\n<c Rien conclut Voltaire, n'est pire qu'une infortune ridicule. »\nTout l'homme est dans cet aveu à la désinvolture paradoxale.\nEt puis, le voilà qui se remet à tour de bras sur Royer, Sireuil et la\nmythologie qui n'en peut mais, elle! « Je ne sais pas si Royer sait taire\ndes croches, mais je sais bien qu'il ne sait pas lire. M. de Sireuil est un\ndigne porte-manteau du roi ; mais il aurait mieux fait de garder les man-\nteaux que de défigurer Pandore. Un des grands maux qui soient sortis\nde sa boîte est certainement cet opéra. On doit trouver au fond de cette\nboîte fatale plus de sifflets que d'espérance. Je fais ce que je peux pour\nn'avoir, au moins, que le tiers des sifflets ; les deux tiers, pour le moins,\nappartiennent à Sireuil et à Royer. »\nVoilà de la justice distributive, ou je ne m'y connais pas ; en vérité,\nc'est on ne peut plus équitable.\nComme les enfants gâtés qui, à force de pleurer, arrivent à une dou-\nleur presque vraisemblable, Voltaire s'exalte lui-même et finit par croire\nqu'il a été réellement victime du plus prémédité des guet-apens. « C'est\nune cruauté bien absurde, c'est une impertinence bien inouïe que celle\nde ce polisson de Royer. Faites en sorte, du moins, qu'on crie à Tin-\njustice et que le public plaigne un homme dont on confisque ainsi le bien\net dont on vend les effets détériorés. Je suis destiné à toutes les espèces\nde persécution. »\nLe pauvre homme !\nCeci est écrit le 29 octobre 1754, à Thieriot, et voilà que,le 19 décembre\nsuivant, toute cette grande colère tombe, comme si, sur cette soupe au\nlait en furie, on avait jeté de l'eau froide. Voici sur quel ton fort adouci\nVoltaire récrit à Thieriot :\n« Je ne savais pas que vous connussiez M. de Sireuil. Il me paraît, par ses\nlettres, un fort galant homme. Je suis persuadé que lorsqu'il s'arrangea avec\n*"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.11", "texte": "VOLTAIRE LIBRETTISTE\n\nRoyer pour me disséquer, il m'en aurait instruit s'il avait su où me prendre.\nIl faut que ce soit le meilleur homme du monde ; il a eu la bonté de s'asservir\nau canevas de son ami Royer; il fait dire à Jupiter :\nLes Grâces\nSont sur vos traces,\nUn tendre amour\nVeut du retour... »\nAu tour de Royer, maintenant. Quelle palinodie que celle-ci !\n« Royer est un profond génie ; il joint l'esprit de Lulli à la science de\nRameau, le tout relevé de beaucoup de modestie... »\nMais, comme Voltaire ne pense pas un traître mot de ce qu'il vient\nd'écrire et qu'il faut, à toute force, qu'il termine sa lettre par une de ces\nculbutes où il excelle, revenant sur le danger de mettre en scène les rimes\nde son arrangeur, il conclut ainsi : « 11 me prend fantaisie de vous prier\nde faire sentir à M. de Sireuil l'énormité du danger : les parodies de la\nFoire et les torche-c... de Fréron. C'est bien malgré moi que je suis\nobligé de parler encore de vers et de musique. »\n(La suite prochainement.)\n\nCH. BARTHÉLÉMY."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.12", "texte": "LES AIRS A DANSER\nDE\nL'ANCIENNE ECOLE FRANÇAISE\n\nV\nLA GAVOTTE\nA Gavotte et le Menuet! voilà deux noms inséparables,\nlégendaires, qui doivent inévitablement représenter à\nvotre esprit la quintessence des airs à danser du dix-\nhuitième siècle ! Vous vous figurez de suite le danseur\nen habit brodé, pirouettant sur son talon rouge, ou fai-\nsant la roue devant une belle dame en falbalas, de vastes\npaniers sur les hanches, poudrée à frimas, le visage couvert d'une épaisse\ncouche de vermillon, avec « une mouche assassine » sous l'œil droit.\nEn effet, ces danses étaient fort à la mode sous Louis XV ; mais elles ont\neu le très grand mérite de vivre longtemps, puisqu'elles étaient déjà en\ngrande faveur à la cour de Louis XIV. J'en donne ici la preuve par le\npremier air cité en regard de cette notice. Le ballet de la Raillerie était\nun « ballet du Roy » dansé devant Sa Majesté en 1659, la même année\nque Cambertfit entendre à Vincennes « la première comédie française en\nmusique » sous le nom de la Pastorale. Sous la date de 1657, un autre\nfragment de ballet nous est resté, à l'état de manuscrit, intitulé :\nl'Amour malade.Tous les deux avaient été composés par Lully.\nV Amour malade contient aussi une petite gavotte. Si l'espace ne m'a-\nvait manqué, j'aurais pu transcrire ici des gavottes de tous les composi-\nteurs du dernier siècle, en partant de Lully, et donner des gavottes de\nDestouches, de Mouret, continuer par celles de Rameau, passer ensuite\n\n(1) Voir les numéros des ler et i 5 juin, :°r juillet et i«' août."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.13", "texte": "GAVOTTE en RONDEAU du BALLET de la RAILLERIE\n(LULLY-1659)\n(55)"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.14", "texte": "(55)"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.15", "texte": "MENUET en DUO d'ATYS\n(LULLY —1676)\n(56)"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.16", "texte": "(56)"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.17", "texte": "BOURRÉE de PHAËTON\n(LULLY-1683)\n(58)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.18", "texte": "MUSETTE des FESTES de L'ÉTÉ\n(MONTECLAIR-1716)\n(57)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.19", "texte": "BOURRÉES de RAGONDE\n(MOURET- 1742)\n(59)"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.20", "texte": "2e BOURRÉE\nBertrand grav:\n(59)\nImp: Arouy rue du Delta 26."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.21", "texte": "à la gavotte d'Armide, de Gluck, et terminer par la gavotte d'Andro-\nmaque, de Grétry, ou même par la gavotte « légère » du Jugement de\nParis, de Méhul (1794). Cette danse a victorieusement résisté à toutes\nles vicissitudes de la mode et des gouvernements. Elle a fait tout à la fois\nles délices de la Cour de France et de la Convention. Ce ne fut que sous\nle Consulat que l'on a commencé à la reléguer parmi les débris de l'an-\ncien régime. L'Empire a remplacé les vieilles danses : Gavotte, Menuet,\nMusette et Tambourin, par la Contredanse (horresco referens), l'An-\nglaise, 1 Allemande, la Polonaise et la Cosacjue. Après avoir dispersé les\nnations par les armes, il avait pris leurs danses pour ses ballets de\nl'Opéra.\nLa Gavotte était, tout a fait à son origine, un dérivé du Branle. Voici\ncomment le Dictionnaire de la Danse décrit cette figure :\n« Le Branle est une danse par où commencent tous les bals , où plu-\nsieurs personnes dansent en rond, en se tenant par la main et en sq don-\nnant un branle continuel et concerté avec des pas convenables selon la\ndifférence des airs qu'on joue alors. » Les anciennes gavottes étaient\n« une suite » de branles, comme nos valses modernes. « En ces danses on\ns'embrassait et on donnait le bouquet(?). »Le bon chanoine de Langres,\nThoinot Arbeau, donne la tablature dans son\nLa Gavotte, proprement dite, était toujours écrite à deux temps. Elle\nétait, comme sentiment mélodique, tantôt « gracieuse, » tantôt « gaye, »\nquelquefois tendre et même lente.\nComme danse, elle était composée de trois pas et d'un pas assemblé.\nLE MENUET\nDans les vieilles partitions, nous trouverons peut-être encore plus de\nmenuets que de gavottes ; seulement, le menuet a résisté moins long-\ntemps que sa contemporaine. A partir de Gluck, on trouve cette formule :\nMouvement de menuet; à partir d'Haydn et des symphonistes, le mi-\nnuetto instrumental a tué le vieux et véritable menuet.\nL'abbé Brossard prétend que cette danse nous est venue du Poitou ;\ncela peut être, mais ce qu'il y a de certain, c'est que le Menuet était\nhautement considéré par nos pères ; c'était pour eux la danse par ex-\ncellence.\nComme figure, voilà ce qu'en dit dans son\nstyle plus que fantaisiste :\n(1) Par le sieur Rameau, maître à danser des pages de S. M. C. ia reine d'Espaene.\nParis, 1734.\n\nVI.\nLES AIRS A DANSER, ETC.\n2"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.22", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n« Il faut d'abord savoir que le vrai pas de menuet est composé de\nquatre pas (qui cependant, par leurs liaisons, suivant le terme de 1 air, ne\nsont qu'un seul pas). Ce pas de menuet à trois mouvements et un pas\nmarché sur la pointe du pied, sçavoir le premier en un demi-coupé du\npied drpit et un du gauche, un pas marché du pied droit, sur la pointe\net les jambes étendues. A la fin de ce pas, vou» laissez doucement poser\nle talon à terre, pour laisser plier le genouïl; qui, par ce mouvement,\nfait lever la jambe gauche, qui se passe en avant en taisant un demi-\ncoupé qui est le troisième mouvement de ce pas de menuet et un\nquatrième pas. »\nAvez-vous compris? je le désire sans 1 espérer.\nDans tous les cas, il paraîtrait que le menuet fut rendu plus facile aux\ndanseurs novices, grâce à Pécour, artiste de 1 Opéra, qui réduisit\ntoutes les positions de la figure à deux mouvements. Le menuet devint\nalors la danse à la mode et fit partie des qualités indispensables à tout\nhomme bien élevé. Pécour rendit ainsi un immense service à l'art et à\nl'esprit humain. Il en était persuadé, du reste. C était un des plus jolis\nfats que Ton ait connus et, certes, le nombre des petits-maîtres et des\nchevaliers était considérable à son époque.\nLa Bruyère ne pouvait pas voir toutes les dames de la Cour s'amou-\nracher de ce baladin. Il lui décocha une foule d'épigrammes, en 1 appe-\nlant Bathyle et lui administrant une de ces volées de bois vert dont il\navait le secret; mais un homme qui a érigé le menuet en institution,\nest au-dessus de ces petites avanies. Pécour appartient tout a fait au\nsiècle de Louis XIV, puisqu'il débuta en 1674 et mourut en 1729.\nIl y a dans l'histoire de la chorégraphie une autre amusante physiono-\nmie du « maître à danser; » c est Marcel, dont Helvétius nous paile\ndans son livre sur VEsprit, C?était une espèce d original, extravagant et\nbourru, qui voulait trouver dans la danse la synthèse de toutes les per-\nfections et imperfections morales et physiques. 11 prétendait distinguer\nle caractère homme dans sa démarche et dans ses mouvements.\nC'était un danseur-Lavater qui plaçait dans les jambes le siège de 1 in-\ntelligence. lin jour, donnant une leçon de menuet à une jeune fille, il\nreste silencieux, le front penché, l'œil perdu dans des rêveries extatiques\net murmure ces mots profonds qui sont restes à 1 état d axiome . « Que\nde choses dans un menuet ! »\nCe même Marcel, recevant la visite d un célèbre danseur anglais,\nle « tarabuste et le rabroue. » Lorsque 1 étranger veut lui pailer de\nses succès à Londres et à Dublin : « Monsieur, lui crie-t—il en le jetant"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.23", "texte": "LES AIRS A DANSER, ETC.\n\nà la porte, ne me parlez pas de vos danses barbares ; Von saute dans\nles autres pays, mais on ne danse qu'à Paris. »\nMarcel fit son dernier entrechat en 1759.\nNous trouvons, dans une brochure imprimée à Lausanne, en 1797, et\nintitulée : Essai ou principes élémentaires de l'art de danse , la\nréflexion suivante qui indique bien que le Menuet était passé, dès le\nmilieu du dix-huitième siècle, à l'état classique : « On Va abandonné\ndepuis longtemps; mais ii est facile de démontrer qu'on ne peut parvenir\nà danser, je ne dis pas bien, mais même médiocrement, sans s'y être\nappliqué. Cette danse développe les membres, leur donne des contours\ngracieux, du moelleux et de la justesse dans les mouvements. »\nDu reste, le prototype Marcel s'exprimait à peu près de la même\nfaçon : « Le Menuet est une danse froide, mais nécessaire à Véducation ;\nlorsqu'un homme danse bien les Menuets, il a des grâces dans tout ce\nqu'il fait. »\nCHAGONE\nIl existe deux manières d'écrire le mot : chacone; avec un ou deux n ;\nmais en suivant les règles de l'étymologie, on doit, suivant moi, n'em-\nployer qu'une de ces lettres. Il est indubitable qu'on a pris le nom de\ncette danse à la langue italienne : Ciacona, du mot Cecone : aveugle,\nair d'aveugle. Maintenant, le Dictionnaire de la danse, et plusieurs\nautres glossaires, après lui,veulent que ce mouvement rhythmique ait été\ninventé par un aveugle : c'est une interprétation peu plausible. Castil-\nBlaze l'explique mieux, à mon avis ; il traite la Chacone c'c d'intermi-\nnable, comme une chanson d'aveugle. » En effet, aucun air à danser\nn'est long comme une Chacone. Au théâtre, cela pouvait être admis ;\ncomme air musical, il m'était impossible d'en citer une ici. Je me con-\ntente de renvoyer mes lecteurs à la jolie Chacone du Roland, de Lulli,\nque la Chronique musicale a donnée dans son premier numéro.\nDespréaux nous dit, dans une des notes de son poème, que la Chacone\nest pour la danse ce qu'est un concerto en musique, Il ya du vrai\ndans cette comparaison.\nA la fin de presque toutes les partitions, on peut trouver une Chacone,\npar la raison que, les pièces finissant ordinairement par une fête générale,\ncet air, de grande dimension, donnait aux maîtres de ballets l'occasion\nde faire une infinité de pas différents, en groupes et en soli.\nC'est à la demande expresse et aux supplications de Vestris que nous\ndevons la Chacone d'lphigénie en Aulide. Gluck l'écrivit pour servir d©\ncadre à « la lutte pour la danse. )>"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.24", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCet air a été presque toujours composé à trois temps, mouvement : assez\nvite. Floquet fut le premier qui donna une Chacone à mesure binaire.\nSon air en mi de VUnion de VAmour et des Arts (1773) est resté célèbre.\nLA BOURRÉE\nLa Bourrée a sa provenance indiquée par le fait qu'elle est restée à\nl'état de danse nationale dans l'Auvergne, sa patrie. Elle a quelques rap-\nports avec le Branle et est, comme lui, de très ancienne date; on lui\ntrouve aussi quelques analogies avec le Rigaudon. Il existait une foule\nde divergences dans la figure de cette danse : pas de Bourrée « avec\nfleuret, dessus et dessous, » pas de Bourrée « ouvert, emboîté, » etc. Le\ncompositeur qui a fait les plus jolies Bourrées, et qui les a même portées\nau théâtre, c'est Mouret, Fauteur de plusieurs divertissements, exécutés\npour les fêtes de la duchesse du Maine, dont il était surintendant de mu-\nsique. Dans une de ces «Nuits de Sceaux,» on exécuta, avec beaucoup de\nsuccès, Ragonde ou la Soirée de village. La réussite accompagna cette\nbluette à l'Opéra. Aussi, j'ai cru bien faire de donner ici, comme\nexemple, une Bourrée de Ragonde qui m'a paru charmante.\nLes musiciens delà première moitié du dix-huitième siècle, même\nLully, appellent quelquefois « loure » des airs ayant tout le caractère de\nla bourrée. Ne pourrait-on pas induire de là que l'un est un dérivé de\nl'autre ?\nLully, sous le nom ordinaire de bourrées, a écrit de très jolis airs de\ndanse: témoin la bourrée de Phaéton, citée comme exemple ici. Du\nreste, ce pas de bourrée ne paraissait pas assez noble pour ces gens, enti-\nchés de noblesse et de majesté, que l'on appelait les danseurs de l'Opéra.\nAussi, sauf Mouret, qui écrivait pour les fêtes quasi-villageoises de\nSceaux, les musiciens dramatiques ne nous ont pas laissé autant de\nbourrées que d'autres airs, usités plus fréquemment à l'Académie.\nLA MUSETTE ET LE TAMBOURIN\nNous voici, pour finir, en pleine paysannerie; les deux noms de ces\nairs vous l'indiquent assez. La Musette était écrite à deux, ou à trois\ntemps. La basse était souvent « en tenues ou point d'orgue » d'après le\nDictionnaire de la Danse, ce que nous devons traduire, je crois :« en\npédale » représentant le bourdon de la vielle.\nLes Musettes abondent dans le vieux répertoire : je pourrais dire, en\nm'excusant de la trivialité de l'expression, que je n'avais que « l'embarras"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.25", "texte": "LES AIRS A DANSER, ETC.\n\ndu choix ». J'ai pris la Musette des Fêtes de VÉté de Monteclair, parce\nqu'elle m'a semblé avoir des contours et une couleur très caractéris-\ntiques, en étant en même temps assez jolie, sous le point de vue\nmusical.\nLe Dictionnaire de la Danse nous donne, à propos de la Musette, un\nparagraphe bien amusant. Le digne danseur, qui a composé ce livre, a\nPair de croire, tout bonnement, qu'il a existé une époque heureuse où\nla Bergerie, érigée en système gouvernemental, déversait sur ses sujets\nenrubannés une avalanche de félicités à outrance. Que Ton est heureux\nde savoir l'histoire de cette façon pittoresque ! Jugez-en :\n« Dans Vancien temps, on voyait les bergers, ornés de guirlandes de\nfleurs, sur le soir, ramenant leurs troupeaux, tandis que Corydon faisait\nrésonner sa musette. Les Bergers, pour plaire à leurs belles et pour les\nengager, unissaient leurs danses à leurs sons de voix les plus doux et\nles plus flatteurs. On regrette de n'être pas habitant d'une contrée où\nl'on ne connaissait d'autre ambition que celle de plaire, et d'autre occu-\npation que celle d'aimer et d'être heureux. » Ce Virgile n'en fait jamais\nd'autres....\nLe Tambourin était moins usité que la Musette; il était trop spé-\ncial, trop typique. Seulement, il devint très à la mode, à la fin du siècle\ndernier, où l'on commençait à donner, dans les divertissements, une\ncouleur plus tranchée. Le mouvement était vif et à deux temps. C'é-\ntait la reproduction, arrangée, du rhythme des tambourinaires proven-\nçaux, avec flûte et galoubé.\nPour résumer cette étude des airs à danser, il faut se souvenir qu'au-\ntrefois il y avait deux genres de Danse : le genre grave et le genre gay :\nnous avons passé en revue toutes les figures, sauf la gigue, parce qu'elle\nn'avait pas une physionomie bien particulière et qu'elle ne représentait\nnullement le rhythme qui est en usage aujourd'hui en Angleterre;\nnous disons donc :\nLe genre grave comprenait : La Canarie, la Passacaille, le Menuet,\nle Passepied-princesse, un dérivé du Passepied ordinaire.\nLe genre gai comprenait : le Passepied simple, la Forlane, le Rigau-\ndon, la Gavotte, la Chacone, la Gigue, la Bourrée, la Musette et le\nTambourin.\n\nTH. DE LAJARTE."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.26", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\n(I)\nV\nPRÈS le grand succès du Maréchal-Jerrant, qui consa-\ncrait définitivement sa réputation et le plaçait au pre-\nmier rang des artistes qui s'étaient adonnés au genre\nnouvellement adopté, Philidor resta près d'une année\nsans reparaître au théâtre. Mais un événement impor-\ntant se préparait, qui devait exercer sur l'avenir du\njeune opéra-comique une influence décisive, et dont les suites lui furent\nsingulièrement favorables. Gomme l'histoire de ce genre de production\nthéâtrale est restée obscure en bien des points et n'a pour ainsi dire pas\nété entamée jusqu'ici, il ne sera peut-être pas inutile d'en retracer, en\nquelques mots, ce chapitre particulièrement intéressant.\nDepuis longtemps, la Comédie-Italienne jalousait l'Opéra-Comique,\nqui, ayant disparu une première fois, avait ressuscité et s'était repris à\nla vie avec une nouvelle vigueur. Les deux théâtres forains avaient tou-\njours vécu en assez mauvaise intelligence; cette mésintelligence s'accrut\nencore lorsque l'Opéra-Comique, qui avait eu le premier l'idée des\npièces à ariettes, obtint avec leur aide des succès répétés. Doué d'une\nactivité dévorante, appelant à lui les jeunes poètes et les jeunes musi-\nciens, recrutant avec soin sa troupe, qui était devenue excellente et qui\ncomprenait des artistes tels qu'Audinot, Clairval, Laruette, Bourette,\n\n(i) Voir les numéros des i 5 juin, i 5 juillet et ier septembre."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.27", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\nDelisle, Paran, Aubert, mesdemoiselles Deschamps, Rosaline, Neissel,\nLuzy, Fleurigny, il se trouva bientôt porter un grave préju-\ndice à la prospérité de son orgueilleuse rivale. Malheureusement pour\nlui, les comédiens-italiens (du moins ceux que, par habitude, on con-\ntinuait d'appeler tels, car depuis longtemps ils n'avaient plus d'italien\nque le nom), placés au-dessus de lui dans la hiérarchie théâtrale, n'é-\ntaient point sans influence à la cour; ils étaient « comédiens du roi, »\ntout comme leurs camarades de la Comédie-Française, et ce titre leur\ndonnait une situation importante; ils en profitèrent pour chercher, sous\nmaints prétextes, des chicanes incessantes à l'Opéra-Comique, et, fina-\nlement, pour demander à leur profit sa suppression, qui fut prononcée\nvers la fin de 1761 ou le commencement de 1762. Comme, à cette\népoque, on se souciait médiocrement de l'intérêt de l'art ou des artistes,\nbien que sous le couvert de cet intérêt on commît les plus cruelles ini-\nquités, on ne se préoccupa guère du sort qui allait atteindre la plupart\ndes acteurs du théâtre condamné. Cinq d'entre eux seulement, pour justi-\nfier la prétendue fusion qu'on opérait car on se serait bien gardé de\nparler de suppression trouvèrent place àla Comédie-Italienne, à la-\nquelle, avec leur jeunesse et leur ardeur, ils infusèrent un sang nouveau :\nc'était Audinot, Clairval, Laruette, mesdemoiselles Deschamps et Neissel.\nBourette et mademoiselle Luzy furent engagés à la Comédie-Française;\nles autres devinrent ce qu'ils purent.\nPour célébrer ce qu'on appela bravement, à la suite d'une telle spo-\nliation, « la réunion des deux troupes, » une inauguration quasi-solen-\nnelle eut lieu à la Comédie-Italienne, où l'on joua pour la circonstance,\nle 3 février 1762, avec Biaise le Savetier et On ne s avise jamais de\ntout, un petit à-propos intitulé la Nouvelle Troupe. « Le mercredi\n3 février, jour à jamais célèbre dans les fastes du théâtre, disent pompeu-\nsement les auteurs de Y Histoire de Vopéra bouffon, se fît l'ouverture du\nspectacle du nouveau genre, par les acteurs réunis, dans Biaise le Save-\ntier et On ne s'avise jamais de tout, précédés de la Nouvelle Troupe,\npièce dans laquelle l'inimitable et honnête Caillot a commencé à déve-\nlopper ses talents. L'affluence des spectateurs fut extraordinaire ce\njour-là : toutes les loges étaient louées depuis huit jours, et, dès le matin\nde la représentation, les portes et toutes les avenues de ce théâtre étaient\nassiégées par un concours extraordinaire de gardes ou de personnes qui\nvenaient s'emparer des places qui ne peuvent ni se louer ni se retenir\nd'avance. »\nLa Comédie-Italienne avait voulu absorber l'Opéra-Comique, en tant\nque théâtre; elle y avait réussi. Mais elle ne put retrouver le succès qui"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.28", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\navait paru un instant lui échapper, qu'en suivant la voie que celui-ci\navait précisément commencé à parcourir. Le public voulait de la\nmusique, il lui en fallait offrir, et la comédie à ariettes, l'opéra comique,\npour 1 appeler de son vrai nom, prit forcément un nouvel essor àla suite\nde ce fait brutal, et devint bientôt la base même du répertoire. Les\nauteurs donnèrent peu à peu des développements plus considérables aux\npièces de ce genre; loin de se tenir aux limites d'un acte, ils en firent\nbientôt en deux et même en trois actes, dans lesquelles la musique pre-\nnait chaque jour une plus grande place. Petit à petit, on se déshabitua\ndelà parodie, qui fut laissée aux petites scènes foraines; le vaudeville\nlui-même ne parut plus que de loin en loin; la comédie italienne pro-\nprement dite fut complètement proscrite au bout de quelques années, et\nenfin la comédie à ariettes et la comédie pure se partagèrent bientôt\nexclusivement la scène jusqu'au moment, relativement peu éloigné, où\nla première resta seule souveraine. A l'aide des quelques recrues excel-\nlentes qu'elle avait faites dans le personnel de l'Opéra-Comique, la\nComédie-Italienne se trouvait en possession d'une troupe qu'on peut,\nsans exagérer, qualifier d'admirable, et qui donna au nouveau genre\ntoute la perfection, la splendeur d'interprétation dont il est susceptible :\nRochard, Champville, Colalto, Lejeune, Caillot, Laruette, Clairval,\nLobreau, Desbrosses, madame Favart, mesdemoiselles Deschamps,\nNeissel, Laruette, Piccinelli, Desglands, Savy.... De ce jour, on peut\ndire que l'opéra comique est véritablement créé, et avec de tels inter-\nprètes, avec des poètes comme Anseaume, Sedaine, Favart, Marmontel,\nMonvel, des musiciens comme Duni, Philidor, Monsigny, Grétry,\nDézèdes, il marchera bientôt de succès en succès et poursuivra sa carrière\nen triomphateur.\nLes trois premiers ouvrages lyriques qui furent donnés àla Comédie-\nItalienne, à la suite de la suppression de l'Opéra-Comique, sont Annette\net Lubin, de Laborde ; la Plaideuse ou le Procès, de Duni, et SCLYICIIO-\nPanca dans son isle, de Philidor. Sancho-Pança était une farce en un\nacte, dont Poinsinet (Poinsinet le jeune, dit le mystifié, qu'il ne faut\npas confondre, pour l'honneur de celui-ci, avec son cousin Poinsinet de\nSivry), avait écrit les paroles, et qui fut représentée le 2 juillet 1762. La\npièce était assez méchante, mais fut sauvée par la musique et obtint\nvingt-cinq représentations. Le rédacteur du Mercure s'exprime en ces\ntermes sur le compte de Philidor : ce En nommant cet auteur aimé du\npublic, il est inutile d'ajouter que la musique a été très applaudie. »On\nlit, d'autre part, dans YHistoire de l'opéra bouffon : «La musique\nde Sancho est digne de la célébrité de son auteur ; on y remarque la"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.29", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\ntouche fiere et savante de M. Philidor, et cette harmonie qui caractérise\nses autres ouvrages (i). »\nAvant de parler du Bûcheron et d'enregistrer un des plus grands\nsuccès qui aient marqué la carrière de Philidor, il faut que je signale la\nreprésentation d'un petit ouvrage fort malheureux, dont certains bio-\ngraphes lui ont attribué la paternité, mais qui n'est point de lui, bien\nqu'il ne soit pas resté complètement étranger à son apparition. La pièce\ndont il s'agit était intitulée la Bagarre,et fut donnée le 10 février 1763;\nmais elle fut reçue de telle façon, avec tant de bruit, de fracas, de huées,\nde sifflets, que la première représentation fut aussi la dernière, et que\njamais plus il n'en fut question. Le rédacteur des\nservir à Vhistoire de la République est, je crois, le premier\nqui ait eu l'idée d'en attribuer la musique à Philidor : «On a donné\naujourd'hui, dit-il, aux Italiens, la première et dernière représentation\nde la Bagarre, farce en un acte mêlée d'ariettes; les paroles sont de\nMM. Guichard et Poinsinet, la musique de M. Philidor. Les unes sont\ndétestables, la dernière a des beautés qui n'ont pu faire passer ce mau-\nvais drame : c'est un tissu de plaisanteries du plus mauvais genre, du\nplus vil, du plus misérable; rien de si ignoble (2). »\nLa musique de la Bagarre était l'œuvre d'un musicien flamand\nnommé Van Malder ou Maldere, violoniste fort distingué alors au service\ndu prince Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, et qui, à cette\népoque, était en congé à Paris, où il publia des sonates et des concertos\nde violon,des trios pour instruments à cordes, et même des symphonies.\nCe qui a donné lieu àla confusion,c'est que Philidor, toujours obligeant\net bon, l'aurait aidé de diverses façons en cette circonstance, en retou-\nchant plus ou moins sa partition, surtout en ce qui concerne l'instru-\nmentation, et en aidant à la mise en scène de la pièce. Les écrivains\nvenus après Bachaumont, Laporte dans ses Anecdotes dramatiques,\nChamfort dans son Dictionnaire drn'ont pas reproduit son\nerreur et ont bien mis cet ouvrage infortuné sur le compte de son véri-\ntable auteur.\n\n(1) On ne saurait se fier, en ce qui concerne l'histoire de là scène lyrique, aux\ndates qui sont indiquées sur les livrets imprimés des opéras. Plus d'une fois, j'en ai\nfait la remarque. J'en trouve une preuve nouvelle sur celui de Sancho Pança, qui\ndonne comme date de représentation le 8 février au lieu du 8 juillet 1762. L'erreur,\nassurément, est un peu forte. J'ai pu la relever à l'aide du Mercure et des Mémoires\nsecrets, les annalistes étant forcément plus exacts, puisqu'ils écrivent au jour le jour\net enregistrent les faits à mesure qu'ils se produisent.\n(2) Mémoires secrets, etc. Addition aux premiers volumes de cette collection.\nT. XVI, p. 191."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.30", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nMais quand Philidor se trouvait aux prises avec un bon poème, ses\nsuccès prenaient des proportions éclatantes. Nous Pavons vu avec Biaise\nle avec le Maréchal, nous Talions voir encore avec le Bûcheron,\nou les Trois souhaits, acte charmant qu'il donna à la Comédie-Italienne\nle 28 février 1763, et qui reçut un tel accueil que la cour voulut le voir,\nà Versailles, le i 5 mars suivant (1). Les paroles, tirées du conte fameux\nde Perrault, les Souhaits ridicules, étaient l'œuvre d'un jeune écrivain\ninconnu, nommé Castet, et avaient été retouchées par le fabuliste Gui-\nchard, de si paresseuse mémoire; la pièce, qui offrait un heureux\nmélange de sensibilité douce et de gaieté très vive, était jouée et chantée\nà merveille par ces grands artistes qui s'appelaient Caillot, Clairval,\nLaruette, madame Bérard, madame Laruette, et qui faisaient, on peut\nle dire sans emphase, la gloire de la Comédie-Italienne ; enfin la\nmusique, qui reproduisait, en les complétant, les heureuses qualités du\npoème, venait ajouter à ces éléments de succès le charme d'une inspi-\nration abondante et parfois exquise, rendue plus remarquable encore par\nune solidité de facture, une ampleur de forme et une pureté de style dont\nil n'y avait pas encore d'exemple dans le répertoire des pièces à ariettes.\nC'est ce qui faisait dire au rédacteur du Mercure : -- ce La musique de\ncette pièce fait d'autant plus d'honneur à M. Philidor, déjà si connu par\nses précédents ouvrages, qu'à la science de l'harmonie, sur laquelle il a\nreçu des éloges sans contradiction, il a joint en cette occasion l'usage du\ngoût qui assortit le genre musical aux détails des paroles. Sans cesser\nd'être aussi harmoniste, il a tourné son génie à cette mélodie agréable et\nplirazée que notre langue exige, et à laquelle on reviendra toujours,\nmalgré même quelques succès dans un genre qui dénature en même\ntemps l'esprit de la langue et celui de la musique qu'on y veut adapter. »\nCette partition du Bûcheron contient nombre de morceaux charmants,\nparmi lesquels il faut au moins signaler l'air, aussitôt fameux, de\n\n(1) A propos du Bûcheron, je ne trouve pas inutile de faire connaître l'opinion\némise sur Philidor par un de nos compositeurs actuels, qui est en même temps un\ncritique délicat, M. Eugène Gautier, titulaire de la chaire d'histoire de la musique au\nConservatoire : « Un des premiers succès obtenus par la troupe de POpéra-Co-\nmique (à la Comédie-Italienne) fut le Bûcheron ou les Trois Souhaits, paroles de\nGuichard et Castel (Castet), musique de Philidor, ce grand compositeur français\neffacé plus tard par Grétry, et dont les ouvrages oubliés renferment de remarquables\nbeautés et dénotent une véritable organisation dramatique, servie par une éducation\nmusicale bien supérieure à celle de son heureux rival; Philidor, l'auteur du Sorcier,\ndu Maréchal <errant, d'Ernelinde, et de l'ouvrage le plus fort qu'un musicien ait\npublié en France de Rameau à Méhul, le Carmen seculare! » (EUGÈNE GAUTIER:\nUn Musicien en vacances, p. 114-115.)"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.31", "texte": "ANDRE PHILIDOR\n\nMargot : Plus de bavolet, d'une verve et d'une gaieté si entraînantes;\ncelui de Biaise :\nDès le matin\nJe prends en main\nMa lourde cognée.\nd'une facture si serrée, et de développements inconnus à cette époque ;\nle second, meilleur encore peut-être, et dans lequel le compositeur\na employé les violons con sordini ; le quatuor des créanciers, écrit en\ncanon et d'un style si excellent ; enfin le quatuor du repas et le\ngrand septuor, qui sont aussi des morceaux achevés. Mais je veux surtout\nmettre en relief deux pages dont la valeur est particulièrement caracté-\nristique, et qui donnent la mesure du tempérament musical de Philidor.\nLa première est le grand récitatif de Mercure, qui, dans les quatorze\nmesures dont il se compose, est d'une ampleur magistrale, d'un ton\nsuperbe et d'une magnifique couleur, qui laissent bien en arrière la\nmélopée traînante de Lulli et même les récits de Rameau (qui vivait\nencore) ; Philidor a fait preuve, ici, d'un génie véritable, aussi mâle\nqu'inspiré. La seconde est la romance exquise de Suzette :\nJe voudrais bien vous obéir.\nMaman, pour cela je suis faite ;\nMais si vous chérisse% Sujette,\nvoulez-vous faire mourir ?\n11 y a, dans cette courte et adorable cantilène, un sentiment si tendre,\nsi touchant, si pénétrant, on peut dire si pathétique, qu'elle soulève\naussitôt Témotion et fait verser des larmes. Monsigny n?a jamais été\nmieux inspiré, ni même Martini, qui était l'un des musiciens les mieux\ndoués de son temps au point de vue de l'émotion, témoin la romance :\nPlaisir d'amour, et certain duo admirable de l'Amoureux de quinze\nans. Fétis —un des rares écrivains qui, de nos jours, aient compris\nl'immense talent de Philidor dit que cc la partition du Sorcier,\net celles du Maréchal et de Tom Jones sont les chefs-d'œuvre » de\ncet artiste. Pour moi, je mets le Bûcheron sur la même ligne que ces\ntrois ouvrages, et je ne crois pas me tromper (i).\nJe passerai rapidement sur les Fêtes de la Paix, cc divertissement en\nun acte, à l'occasion de l'inauguration de la statue du Roi et de la\n\n(i) La partition du Bûcheron fut dédiée par Philidor au Dauphin."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.32", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npublication de la paix, » que Philidor donna en compagnie de Favart ( i),\npour en arriver précisément au Sorcier, qui fut représenté avec un\nimmense succès le 2 janvier 1764.\nCet ouvrage était en deux actes, et les paroles, qui étaient de Poin-\n(1) Le 4 juillet 1763, pour célébrer la fameuse paix honteuse, qui venait d'être si-\ngnée avec l'Angleterre et l'Espagne. F'avart s'entendait à merveille à brocher ces pe-\ntites pièces de circonstance ; aussi, Philidor aidant, celle-ci fut-elle accueillie avec une\nrare faveur. Il n'est peut-être pas sans quelque intérêt de curiosité historique de voir\ncomment on louait le monarque en semblables occasions; voici l'allocution « poé-\ntique « que Favart plaçait dans la bouche d'un précepteur parlant à ses élèves :\nO pueri, pueri, venite,\nLeve% les yeux, et plaudite.\nQu'à jamais dans votre mémoire,\nPlus encor dans vos cœurs, soient imprimés les traits\nD'un Roi qui vous donne la paix.\nLa vaste ambition, l'orgueil de la victoire,\nNe rendent point un monarque plus grand.\nUn prince pacifique efface un conquérant.\nLe Temple de la paix est celui de la gloire.\nVoye% encor ces hommes révérés\nQu'ici le marbre a consacrés.\nO mes enfants, que votre œil les contemple,*\nLes leçons n'ont jamais la force de l'exemple.\nVous voye\\ Cassini, Destouches, Crébillon,\nIls reprennent un nouvel être.\nMontesquieu, Daguesseau, Le Moine, Bouchardon,\nBouchardon qui revit dans les traits de son maître,*\nTant d'autres dont la gloire assure le renom.\nChacun d'eux en tout genre est pour vous un modèle,\nCes objets sont pour vous la meilleure leçon :\nQue leur aspect enflamme votre %èle.\nDe Louis ainsi qu'eux mérite\\ les regards,\nIl honore son règne en honorant les arts.\nQue les arts à leur tour lui rendent ce qu'il donne,\nQue vos talents, votre ardeur, votre amour,\nDe lui vous approchant un jour,\nSoient de nouveaux fleurons pour orner sa couronne.\nRegardeadmiretravaille%, mérite\nUno verbo dixi, parte%.\nVoici quelques vers d'un autre genre, et moins ambitieux. Ils sont du poète Gui-\nchard, l'un des auteurs du livret du Bûcheron, qui les faisait insérer, quelques se-\nmaines auparavant, dans le Mercure (juin 1763), pour célébrer l'heureuse délivrance\nde madame Philidor :\nLe petit Philidor un jour deviendra grand,\nC'est dire qu'il aura les talents de son père ;\nEt je prédis encor, VAmour m'en est garant,\nQu'il y joindra les charmes de sa mère."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.33", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\nsinet, signalèrent le retour de celui-ci dans une carrière dont l'avaient\ndégoûté des désagréments aussi nombreux que mérités. Il le dit lui-\nmême dans une dédicace adressée à un grand personnage : « Voici la\npremière fois que le public a bien voulu récompenser mon travail de son\nsuffrage, sans y mêler la moindre amertume, et vous êtes la. première\npersonne qui m'ayez voulu du bien pour le seul plaisir d'être généreux.\nEn vous offrant l'hommage d'un succès que les talents de M. Philidor\nont décidé, je remplis mon devoir, et ne m'acquitte que bien faiblement\nencore. C'est vous dont l'amitié et les bienfaits m'ont invité à rentrer\ndans la carrière que trop de chagrins me faisaient abandonner... » Il est\ncertain que le succès du Sorcier fut éclatant ; mais, il faut le dire parce\nque c'est la vérité, Poinsinet aurait mauvaise grâce à en revendiquer une\npart quelconque. Philidor obtint, le jour de la première représentation,\nun honneur qu'aucun musicien n'avait encore jamais obtenu sur une\nscène française, et que le public de la Comédie-Italienne n'avait encore\nfait à aucun'auteur, celui du rappel sur la scène, et cet honneur, rendu\nau compositeur, fut précisément une cause de confusion pour le pauvre\nPoinsinet, qui se pressa trop de croire qu'il en était l'objet. D'Origny,\ndans ses excellentes Annales du Théâtre-Italien, raconte ainsi ce sin-\ngulier incident : «... Le parterre demanda l'auteur, ce qui n'était pas\nencore arrivé à la Comédie-Italienne ; mais quand Poinsinet parut,quel-\nqu'un cria : Vautre ! Vautre! de sorte qu'il fut obligé de céder la place\nau compositeur, et de renoncer à un honneur que Voltaire reçut le pre-\nmier au Théâtre-Français, au sujet de Mérope. » Et d'Origny ajoute :\n« Le public témoigna vivement à M. Philidor le ravissement d'admi-\nration où l'avait jeté une musique intéressante, sublime et savante sans\ncesser d'être gracieuse (i). » De leur côté, les auteurs de Y Histoire\n\n(i) En 1743, à la première représentation de Mérope, Voltaire avait été appelé sur\nla scène, ce qui ne s'était encore jamais vu en France. Dix ans après la création du\nSorcier, le 7 septembre 1773, un jeune musicien de vingt-quatre ans, Floquet, re-\ncevait le même hommage à l'Opéra, à l'issue de la représentation de son premier ou-\nvrage, l'Union de l'Amour et des Arts, et c'était aussi la première fois que ce fait se\nproduisait à ce théâtre. Il est vrai que bientôt la fréquence de ces rappels en fit une\nsorte de coutume, et les rendit presque ridicules; les auteurs le comprirent, et s'abs-\ntinrent dans la plupart des cas. En le constatant, et pour bien montrer l'exagération\ndu public àce sujet, un annaliste a rapporté l'étrange anecdote que voici : « Aux\nMarionnettes de la Foire Saint-Germain, Polichinelle s'entretenant avec son com-\npère :—« Eh bien, lui dit celui-ci, vas-tu nous donner quelque pièce nouvelle?\n« Si elle est nouvelle, elle ne vaudra pas grand'chose, répond Polichinelle; tu sais que\n«je suis épuisé. Bon !tu es inépuisable, répond l'autre; donne toujours. « Tu\na le veux donc, je le veux bien aussi, ajoute Polichinelle; et je t'avouerai que j'en\n« mourois d'envie. Mais tous mes amis sont-ils là-bas ? » Alors, déboutonnant sa"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.34", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nde l'opéra bouffon comblent Philidor d'éloges au sujet du Sorcier,\net ces éloges ne sont que l'écho de l'opinion du public : «On ne peut\ntrop exalter dans cette pièce les talents de M. Philidor, qui, par l'intérêt,\nle sublime et le brillant qu'il a répandu dans la romance, le duo du pre-\nmier acte, la tempête, l'ariette de Biaise, la reconnaissance de Julien, le\nmonologue d Agathe, enfin le vaudeville, a mis le sceau à la réputation\ndont il jouit. »\nC'est pourtant à propos de cet ouvrage, dont le mérite est incontes-\ntable et qui renferme des pages d'un ordre supérieur, que Philidor fut\nl'objet d'une accusation bête, qui a été plusieurs fois renouvelée depuis,\net dont il est utile de laver sa mémoire. Un écrivain, qui avait été pen-\ndant vingt ans officier de gendarmerie, et qui ensuite s'était mis en tête,\ncomme tant d9autres, de faire de la critique musicale sans songer même\nà apprendre la musique, Sévelinges, a consacré à Philidor, dans la\nBiographie Michaud, un article qui est un chef-d'œuvre d'ignorance,\nd'ineptie et de mauvaise foi, et dans lequel il l'accuse devoir volé à\nGluck un air d'Orphée, pour le transporter dans le Sorcier. J'aurais\nvolontiers dédaigné l'article de Sévelinges, si je n'avais dû relever ce\ndernier fait, dont Berlioz s'est emparé plus tard maladroitement, et\nqu'un écrivain consciencieux et éclairé, mais dénué de connaissances\nmusicales, M. Gustave Desnoiresterres, a repris récemment à la suite de\nce dernier (1). Je signale Sévelinges, parce qu'il est, à ma connaissance,\nle premier qui ait articulé publiquement le fait en question; mais\ncomme son article a été en partie copié, avec des amplifications vérita-\nblement fantastiques, par le rédacteur de l'article Philidor dans la\nBiographie universelle et portative des contemporains (2), lequel a pris\ntexte des assertions de son devancier pour faire de Philidor une sorte de\nCuistre musical, absolument sans talent, sans connaissances,, sans inspi-\nration et sans goût, avec cela voleur et pillard de ses confrères, c'est ce\ndernier que je vais reproduire, et Ton va juger de la valeur du morceau,\n\nCulotte, et faisant sa révérence a posteriori, il lâche une pétarade au parterre ; et tout\nde suite on entend crier: Vauteur! Vauteur! Vauteur! » (V. Anecdotes drama-\ntiques, par Laporte. T. I. p. 147-148.)\n(1) Dans un livre d'ailleurs excellent et bourré de documents de toutes sortes, in-\ntitulé : Gluck et Piccini.\n(2) Publiée en iB3o sous la direction de Rabbe, de Boisjolin et Sainte-Preuve. Ce\nrecueil est pourtant un des meilleurs en son genre qui aient été publiés en France, et\nil est en général fait avec soin et merveilleusement informé, à ce point que l'on ne\npeut toucher à l'histoire politique, littéraire ou artistique de la fin du dix-huitième\nsiècle ou du commencement du dix-neuvième, sans y avoir recours. J'ignore qui\ns'est rendu coupable de ce malencontreux article sur Philidor, qui n'a paru que dans\nle Supplément, publié quelques années plus tard."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.35", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\névidemment échappé à une plume juste, aussi compétente et aussi auto-\nrisée que celle de Sévelinges :\nEn 1758, dit l'écrivain, Philidor composa quelques morceaux pour les\nPèlerins de la Mecque à la foire Saint-Laurent, et, Tannée suivante, il y\ndonna Biaise le Savetier, qui commença sa réputation. En 1764, Philidor\nlit jouer le Sorcier àla Comédie-Italienne (1). Il s'était emparé de l?air d'Or-\nphée : « Objet de mon amour, dont il possédait la partition. On ne s'aperçut\ndu plagiat que lorsque Y Orphée de Gluck fut joué à l'Académie royale de\nmusique. C'est ainsi que Devienne s'est approprié les airs d'Enfant chéri\ndes Dames et de Peuple français, peuple de frères, qui sont tous deux dérobés\nà la Flûte enchantée de Mozart (2), La musique de Philidor manque essentielle-\nment de couleur et d'originalité. Il était bon harmoniste, en ce sens qu'il\nétait correct, mais sa mélodie est d'une platitude extrême : aussi n'a-t-eJle\npas plu aux Anglais. Comme l'a fort bien dit Grétry, Philidor traitait les\nparties d'une composition comme les pièces dans les combinaisons du jeu\nd'échecs, par conséquent, le calcul devait chez lui étouffer le sentiment.\nAussi, dans ses ouvrages, jamais d'inspiration, jamais de ces motifs que les\nItaliens appellent di prima intenpone. C'est une harmonie pure, mais assou-\npissante, Voyez son Ernelinde, jouée en 1767, avec quelque succès, grâce\naux oreilles françaises qui étaient encore barbares ! Gluck, interrogé sur cet\nopéra, répondit : « C'est une montre enrichie de diamants, mais dont le\nmouvement intérieur 11e vaut rien. » Peut-on faire une critique plus san-\nglante ? C'est dire qu'il y a absence totale de génie» Ce jugement de Gluck\nsur Ernelinde est conforme à celui de Haendel sur les chœurs de la Fête\nd'Alexandre : « Ils sont bien fabriqués, mais il y manque quelque chose. »\nLe Persée de Quinault, que Marmontel avait refait pour Philidor, n'obtint\naucun succès, et Thémistocle, opéra qui fourmille de plagiats, tomba au\nbruit des sifflets, en 1785. On a beaucoup vanté le Carmen seculare ; du\nmoins, il a beaucoup réussi à Londres (et l'écrivain vient de nous dire que la\nmélodie de Philidor n'avait pas plu aux Anglais, et c'est le seul ouvrage qu'il\nait fait exécuter en Angleterre !). Les connaisseurs n'ont distingué dans cet\nouvrage que la strophe Aime so/, et celle Dianam tenerœ, dicite Virgines»\nQuant à la strophe Fertilis frugum, elle est, comme tout le reste, moins de\nla mélodie que du plain-chant mesuré.... »\n\n(1) Ici; le biographe passé négligemment sous silence les huit ouvrages de Phi-5\nlidor qui ont suivi Biaise le Savetier* et parmi lesquels se trouvent quatre de ses\nplus grands succès : le Soldat magicien, le Jardinier et son Seigneur, le Maréchal\nferrant et le Bûcheron. C'est là une façon commode d'écrire l'histoire, et qui rappelle\nl'heureuse manière du père Loriquet.\n(2) C'est ainsi que les ignorants parlent à tort et à travers, sans savoir ce qu'ils\ndisent. Dans une notice fort étendue sur Devienne, publiée en 1864 dans la Revue et\nGalette musicale, j'ai prouvé qu'il était matériellement impossible que cet artiste eût\neu connaissance de la partition de la Flûte enchantée, lorsqu'il écrivit son fameux\nair des Visitandines. D'ailleurs, en reproduisant le texte musical des deux morceaux,\nj'ai montré à quoi se pouvait réduire, même au point de vue de la ressemblance, ce\nprétendu plagiat."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.36", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nEt voilà comme on vous exécute allègrement un artiste, quand on a\nl'honneur de tenir une plume et qu'on n'a pas assez de conscience pour\nétudier les choses dont on parle. J'ai tenu à reproduire ce joli échantillon\nde critique qu'on pourrait appeler diffamatoire, dans lequel l'auteur\ndonne des preuves suffisantes de son ignorance, et fait tenir aux gens\ndes propos contraires au langage qu'ils ont tenu, ainsi que cela lui est\narrivé relativement à Grétry. Je ne m'arrêterai pourtant pas à réfuter\ncette prétendue critique, dont la suite de ce récit démontrera l'inanité et\nla sottise. Mais j'en veux retenir, du moins, ce qui a trait au plagiat\ndont Philidor se serait rendu coupable dans le Sorcier. Berlioz, en s'em-\nparant de ce fait et en le traitant avec son âpreté ordinaire (Gluck, l'un\nde ses dieux, était en cause), lui a donné une certaine importance. Je\nvais d'abord rapporter ce qu'il a dit à ce sujet, après quoi je ferai en\nsorte de disculper Philidor.\n(La suite prochainement.)\n\nARTHUR POUGIN.."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.37", "texte": "Imp. A. Cadath"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.38", "texte": "PAUL BAUDRY\nO. Le Trioux.\nE nom de Paul Baudry est désormais rivé à l'histoire du\nnouvel Opéra : il est du domaine de la littérature mu-\nsicale.\nNous avons analysé, dans notre numéro du ler septem-\nbre, l'œuvre colossale de décoration exécutée par l'artiste\npour le foyer de notre Académie de Musique. Nous offrons\naujourd'hui, avec quelques notes biographiques empruntées\nà notre collaborateur Ch. Monselet, un magnifique portrait de Paul Baudry.\n« M. Paul Jacques Baudry a quarante-six ans; il est né dans cette ville\nsingulière qui change de nom à tous les changements de règne : La\nRoche-sur-Yon, Bourbon-Vendée. Napoléon ville.\nSa taille est petite; sa figure offre un mélange sympathique d'énergie\net de douceur.\nC est un prix de Rome, cela va sans dire. Il n'a pas été longtemps à\nse faire remarquer. On se souvient du Supplice dune vestale, de Y En-\nfant et la Fortune, de la Perle et la Vague, de Charlotte Corday, etc.\nCe dernier tableau, malgré une grande habileté de facture, était conçu\nen dépit de 1 histoire : robe et coiffure ressortaient de la pure fantaisie.\nA cette meme date se rangent plusieurs portraits largement exécutés.\nJusque-là, il y avait un bon peintre, mais rien de plus. M. Baudry\nattendait une occasion souveraine pour affirmer son tempérament. Cette\noccasion s est produite dans les conditions que I on sait. Huit années\nont été consacrées par lui à un labeur pour lequel ce n'eût pas été trop\nautrefois d'une vie tout entière.\nOn peut dire que 1 École française vient de se placer très haut par les\npeintures décoratives de M. Paul Baudry.\nM. Paul Baudry s'est peint lui-même dans une de ses compositions,\na la façon d un grand nombre de maîtres. Il s'est représenté modeste-\nment dans un coin du Parnasse, à côté de son frère Ambroise Baudry et\nde son ami, Charles Garnier, 1 architecte de l'Opéra. »\n\nVL\n3"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.39", "texte": "LES\nCOMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n\nA Drammaturgia, de Léon Allacci, renferme, comma\non sait, la nomenclature de tous les libretti d'opérés\nitaliens imprimés en Europe jusqu'à Fan 1755 exclu-\nsivement; mais le savant bibliographe et ses diligents\ncontinuateurs, qui n'étaient pas des musiciens, paraît-\nil, n'ont donné à la fin de leur volume que la table des\npoètes (des paroliers, dirait Castil-Blaze), négligeant, comme peu inté-\nressante, celle des compositeurs de la musique. par un revirement\nde plus en plus sensible dans la direction qu'ont pris depuis les re-\ncherches historiques sur les théâtres, c'est la table des compositeurs qui\nintéresse aujourd'hui les amateurs studieux, bien plus que celle des\npoètes, généralement peu remarquables, qui ont écrit pour l'Opéra.\nCette table, dressée avec soin par un patient chercheur de vieilleries,\nnous a paru d'une telle utilité pour les recherches et les études sur la\nmusique dramatique, que nous n'avons pas hésité à nous l'approprier\net à l'offrir à nos lecteurs; nous supposons que beaucoup d'entre eux\nseront nantis du précieux volume d'AllaccL Ceux qui ne le possèdent\npas le trouveront facilement dans une bibliothèque publique et pour-\nront, à l'aide de nos feuillets, tirer le plus grand profit d'un ouvrage qui,\nfaute de la table en question, restait jusqu'ici sans valeur au point de\nvue musical.\nCe qui frappe tout d'abord en parcourant ce simple index alphabé-\ntique, c'est la disparate presque constante entre le nombre des œuvres\net le renom laissé par les compositeurs. Ainsi, sur environ trois cents\nmusiciens, dont Allacci enregistre les œuvres, qui croit-on le premier"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.40", "texte": "LES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n\nsur la liste par ordre de quantité? Un maître qui autrefois jouissait de\nla faveur des grands et dont aujourd'hui peu d'érudits connaissent seu-\nlement le nom : Antonio Draghi, de Ferrare, qui a laissé quatre-vingt-\nonze partitions, la plupart écrites pour la cour deVienne sur des libretti\nde Minato, de Cupeda, de Sbarra, oubliés comme lui. Avez-vous jamais\nentendu un morceau de ce compositeur si fécond et si honoré de son\ntemps ?\nAprès Draghi, nous trouvons dans le même ordre le Pollarolo (Carlo\nFrancesco), un peu plus connu dans l'histoire de l'art, mais dont les\npartitions, au nombre de soixante-dix, ne sont pas moins profondément\noubliées que celles de son illustre contemporain.\nViennent ensuite : Caldara, autre compositeur de cour, 65 opéras;\nAlbinoni, 46 ; Ziani (Marc Antonio), 42 ; Buini, 38 ; Cavalli, 38 ;\nVivaldi (Antonio), 32 ; Gasparini (Francesco), 32; Baldassare Galuppi\ndit le Buranello, 25 ; Pallavicino, 22 ; Porta, 20 ; Orlandini, 19 ; Lotti,\n18 ; Perti, 18 ; Legrenzi, 17 ; Ziani (Pietro Andréa), 14 ; Sartorio, i 3 ;\nBoniventi, 12; Ruggieri, 12;Fr. Gonti, 11; Freschi, 11; Predieri, ii;\nPolani, 10, etc., etc. A part le Buranello et Francesco Cavalli, qui a\njamais entendu parler des autres ?\nEn revanche, les maîtres dont les noms sont les plus respectés, encore\nde nos jours, ne figurent, dans le catalogue d'Allacci, que pour un petit\nnombre de partitions : Hasse en a 11 ; Porpora, 10 ; Léo, 8 ; les Bonon-\ncini, chacun 8 ; le Père Cesti, 8 ; Alexandre Scarlatti, 7; Monteverde, 5;\nBenedetto Marcello, 4; Dominique Scarlatti, 2; Haendel, 2; Merulo, 1;\nGiuck, 1 ; Jomelli, 1. Ces deux derniers, il est vrai, n'étaient encore\nqu'au début de leur carrière en 1754. Pergolese n'y est même pas men-\ntionné, sans doute parce que ses œuvres, données à Rome et à Naples,\nn étaient pas encore publiées à l'époque susdite, sauf\nreprésentée et imprimée à Venise en 1740.\nOn est également étonné, en parcourant ces tables, de la quantité de\nprêtres, d'abbés, de chanoines, qui ont écrit pour le théâtre, soit des\npoèmes, soit des partitions d'opéras, voire même des ballets, rien moins\nqu'édifiants, et cela précisément à l'époque où des théologiens s'éver-\ntuaient le plus à prêcher et à écrire contre la danse, la comédie et toute\nespèce de spectacles. Il est vrai que ce rigorisme n'a jamais trouvé faveur\nen Italie.\nOn remarque aussi que plusieurs compositeurs ont écrit en même\ntemps le poème et la musique de leurs opéras : Benedetto Ferrari, Jean-\nMarie Buini, l'abbé Pignatta et autres.\nBeaucoup de poëmes enfin, surtout ceux de Zen© et de Métastasé, ont"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.41", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nété mis en musique successivement par un grand nombre de composi-\nteurs différents. Déjà, à Fépoque où arrive le catalogue d'Allacci, ces\nrépétitions sont fréquentes ; elles le furent bien davantage dans la\nseconde moitié du dix-huitième siècle.\nAujourd'hui, la plupart de ces partitions, qui ont fait les délices de\nnos aïeux, dorment sous la poussière des bibliothèques, et c'est à peine\nsi les érudits se rappellent les noms de quelques auteurs. Ils sont si bien\noubliés, ces vieux maîtres, que les compositeurs, d'ailleurs si diligents,\ndu Dictionnaire lyrique en ont omis 76, parfaitement cités par Allacci,\navec l'indication de leurs noms, de leur patrie et de leurs œuvres.\nUne curiosité pour finir ; c'est encore l'Allacci qui nous la fournit :\nOn a cité comme des merveilles des pièces en un acte à un seul per-\nsonnage. Garcia, entre autres, étonna (en 1809) en jouant, à lui tout\nseul, Ei Poeta calculista, sur la scène des Italiens ; mais ce n'était tou-\njours qu'un petit acte. Voici qui est bien plus fort :\nIl Rodrigo, drame en musique en TROIS actes et à un seul person-\nnage ( Rome, Rinassi, 1677, in-12 ). Et notez que Fauteur du poème,\ndon Giuseppe Malatesta-Garufii, de Rimini, était membre de l'Acadé-\nmie des Inféconds de Rome. Quant à Fauteur de la musique, son nom\nn'est pas parvenu jusqu'à nous, et c'est dommage : un pareil athlète\nméritait d'être signalé.\n\nJOSEPH DE FILIPPI.\n\nTABLE DES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n(i)\nA\nÂgostini (Cavr® Pietro Simone), 660.\nAlbergati (Pirro), 47, 642.\nAiberti (Domenico), 288.\nÂlbinoni (Tomaso), 26, 59, 94, io3, 119,\n120, 123, 132, 160, 194, 198, 209,\n261, 255, 270, 274, 281, 282, 303,\n314, 314, 333, 348, 385, 419, 428,\n446, 447, 453, 466, 478, 504, 522,\n644, 047, 656, 703, 738, 741, 764,\n766, 777, 833, 834, 87i>, 938.\nAldovrandi (Gius. Maria), 367, 631.\nAldovrandini (Gius. Maria), 67,235, 267,\n451, 780.\nAlgisi (Pâris), 56, 789.\nAmadori (Giuseppe), 510.\nAndréa (Pietro) (Ziani t)} 328.\nApolioni (Salvatore), 325, 529.\nAraya (Francesco), 143.\nArena, 764.\nAresti (Floriano), 225, 230, 291 , 793.\nAriosti (Padre Atlilio), 63, 300, 547»\n633, 768.\nArrigoni (Carlo), 309.\nAuletta, 907.\nB\nBacci (Pier Giacomo), 2.\nBadia (Carlo Agostino ) , 71, 221, 397\n547, 567, 620, 648.\nBaldassari (Pietro), 102.\nBallarotti (Francesco), 109.\nBasegio (Lorenzo), 293, 478.\nBasili (Francesco), 176.\n\n(i) Les numéros marquent les pages d'Allacci."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.42", "texte": "LES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n\nBassani (Gerolamo), 59, 145.\nBassani (Gian Battista), 19, 78, 213, 321,\n403, 53g.\nBazzani (Francesco Maria), 455, 615.\nBernasconi (Andréa), 29, 94, 252, 288,\n935.\nBertali (Antonio), 74.\nBertoni (Ferdinando), 154, 846, 893,\n901, 908, 941.\nDe Bibern (Carlo Enrico), 783.\nBiego (Carlo). ( Voir aussi Diego), 367,\n5Q2,\nBim (Antonio), 347.\nBigaglia (D. Diogenio), 400.\nBioni (Antonio), 200.\nBoniventi (Giuseppe), 34, 34, 107, 112,\n145, 193, 287, 424,453, 805, 821, 825.\nBonno (Giuseppe), 598.\nDe Bonomi (Clemente), 750.\nBontempi (Gio-Andrea), 599.\nBononcini (Antonio), 161, 242,311,764,\n797.\nBononcini (Giovani), 1, i 3, 124, 288,\n320, 333, 505, 546.\nBononcini (Marc Antonio), 154, iSB, 662.\nBoretti (Giov. Antonio), 27, 196, 239,\n261, 297, 500, 832.\nBorgognini (Bernardo), 557.\nBorzio (Don Carlo), 549, 547.\nBottoni (Don Giov. Battista), 569,\nBrasolini (Domenico), 788.\nBroschi (Ricardo), 433.\nBrusa (Francesco), 58, 519, 788.\nBuini (Gius. Maria), 8, 20, 47, 60, 62,\n112, 113, 116, 119, 151, 152, iß3t\n198, 256, 272, 287, 342, 349, 374,\n§7 7,45'» 452, 468, 498> 499, 514,\n559, sog, 587, 592, 634, 6965 7°5»\n759, 807.\nc\nCaldara (Antonio), 5, n, 85, 104, 122,\n123, 127, 140, 164, 155, 186, 197,\n288, 23G, 241, 245, 247, 268, 291,\n3iB, 327, 370, 396, 398,400, 404,\n406, 412, 418, 428, 437, 439, 457,\n490, 532, 545, 546, 561, 572, 583,\nDB3, 600, 603, 610, 628,648, 649. 665,\n703, 706, 709, 710, 725, 726, 727,\n708, 76G, 771, 790, 806, 812.\nCampelli (Carlo), 69.\nCapoilini (Michel Angelo), 477.\nCapelli (Abate pian Maria), 417, 533.\nCapello (Canonico Angelo), 299.\nCarcani (Giuseppe), 46, 209.\" \"\nCardena (Pietro Leone) , 229.\nCaroli (Angelo), 65, 714\nCarpiani (Gio/. Luca), 93.\nCasali (Giov. Battista), 1 60.\nCastelli (Paolo), 792.\nCastroviliari (Padre Daniello), 132, 199,\n602.\nCavalli (Francesco), 29, 61, 73, 95, 95,\n114, 121, 148, 157, 194, 219, 243,\n251, 264,279,281,282, 300, 30i,3i8,\n401, 546, 548, 565, 580, 580, 581, 582,\n638, 650, 6^6,683, 702, 714, 739, 770,\n8I O, 811, 819.\nCerilli (Francesco) ( Voir Cirillo), 585.\nCesarini (Carlo), 791.\nCesti (Padre Marc Antonio), ios, 181,\n263, 394, 584, 609, 769, 845.\nChelleri (Fortunato), 28,' 37, 65, 117.\ni51, 459, 592, 619.\nChiarini (Pietro), 738, 776.\nChintzer (Kintzer ?), 848.\nChiocchetti (Pietro Vincenzo)( Voir Cioc-\nchetti), 193.\nCiampi (Francesco), 575.\nCiccioni (Agostino), 372.\nCiocchetti (Pier Vincenzo) ( Voir Chioc-\nchetti), 457.\nCiriïlo (Francesco) ( Ko/r Cerillo), 65g.\nCocchi (Gioacchino), 913.\nColletli (Agostino Bonaventura) , 436,\n473,599.\nColonna (Gian Paolo), 49.\nConti (Francesco), 19,28, 102, 186, 194,\n35G, 475, 543, 619, 695, 761.\nConti (Ignazio), 259, 420.\nCordans (Don Baitolomeo), 393, 583,\n650, 675, 677, 721, 922.\nCornacchioli (Giacinto), 250.\nCortona (Antonio), 61, 291.\nCosta (Gian Maria), 108, 287, 443.\nCostanzi (Giovanni), 166.\nCourcelle (Francesco), 560, 809.\nCruciati (Maurizio), 726.\nD\nDa Capua (Leonardo), 328, 860.\nDa Capua (Rinaldo), 483, 841.\nD'Alessandro (Gennaro), 590.\nD'Anora (Giuseppe), 868.\nDegli Antoni (Pietro), 127.\nDel Gaudio (Antonio), 34.\nDe Luca (Severo). 512.\nIl Desioso, délia congrega degl'lnsipidi,\n369.\nDe YlO (Michèle), 81.\nDiego ( Voir Biego), 914.\nDraghi (Antonio), 6, 7, 11, 24, 26,42,\n60,72, 116, 126, 127, i3o, 135, 184,\n185, iB5, 188, 202, 211, 229, 244,\n289, 295, 336, 355, 355, 370, 370,\n372, 380, 385, 432, 433, 435, 446,\n477, 481, 482, 486, 497, 506, 525,\n534, 536, 537, 544, 545, 583,\n610, 611, 618, 618, 626, 626, 629, 630,\n63i, 632, 633, 650, 651, 660, 663,\n666, 667, 668, 674, 680, 691,701, 713,\n721, 741, 74-3, 744» 752> 756,\n762, 765, 783, 798, 801, 801, 807,\n816, 820, 824, 831.\nF\nFeo (Francesco, 376.\nFerrari (Benedetto), 73, 112, 384, 453,\n484, 558, 607, 645, 896."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nFini (ou Fino) (Michèle), 147, 622, ?35.\nFiore (Andréa), 621.\nFioriilo (Ignazio), 121, 49Q, 816.\nFonte (iNicolo), 720.\nFranceschini (Petronio), 98, 118,\n584.\nFreschi (Don Domenico), 192, 281, 416,\n444, 571, 638, 694, 721, 761, 796,\n064.\nFrezza (Giovanni), 330.\nFronduti (Gian-Battista), 441.\nFuchs (Giovanni Giuseppe), 88,197,242,\n248, 283, 289, 570.\nG\nGabrieli (Domenico\\ 166, 196, 198,392,\nr 4°2'423, 517, 674, 758.\nGain (Bernardo), 460.\nGaleazzi (Antonio), 142, 781, 790.\nGalerini (Pietro-Antonio), 237.\nGaluppi (Baldassare ), 37, 45, 47, 104,\n143, 265, 272, 284, 2Q9, 332, 371,\n402, 483, 558, 56g, 584,725, 750, 838,\n841,845,864,898, 906, 911.\nGasparini (Francesco), 25, 46, 60, 65,\n87, 95, 222 290, 293, 294, 331, 333,\n36i, 377, 439, 514, 525, 52g, 543, 558,\n2> 631, 644, 646, 717, 738, 747)\n749, 763, 812, 815.\nGasparini (Michel Angelo), 116,124, 135,\n234, 477, 632, 642, 674.\nGaudio (Cavalière Antonio). Voir Del\nGaudio), 826.\nGiacobbi (Gerolamo), 86.\nGiacomelli (Geminiano), 11, 116, 181,\n292, 400,467, 491, 525.\nGiai (Giovanni Antonio), 12, 532.\nGibelli, 875.\nGluck (Cristoforo), 246.\nGonini (Giacomo), 60.\nGolliano (Marco), 317.\nGrassi (Francesco), 789.\nGrossi (Carlo), 120,404, 556.\nH\nHendel (Haendel Giorgio Federico), 18,\n702.\nHasse (Giovanni Adolfo), 28, 119, 154,\n198,212,236, 245, 317, 318, 735, 818,\n894.\nHeyningen (Giovanni Antonio), 156, 604,\nJ\nJomelli (Nicolo), 525.\nK\nKintzer. Voir Chintzer.\nL\nLampugnani (Giovanni Battista), 88,160,\n247, 320.\nLapi, ou Lapis (Santo), 331, 3g3, 650.\nLatilla, 385, 843,880, 891, 896. 907, 913.\nLaurenti (Pietro Paolo), 129, 2DÔ, 308.\nLaurenzi (Filiberto), 308.\nLeardini (Alexandro), ios.\nLegrenzi (Giovanni), 5, 10, 81, 95, 229,\n260, 267, 311, 395, 419, 487, 589, 609,\n624, 767, 775, 833.\nLe Mixte (Nicolo), 375,794.\nLéo (Leonardo), 104, 135, 172, 197,424,\n720, 749, 764.\nLeonardo. Voir Da Capua.\nLombardini (Don Antonio), 441.\nLonati (Carlo Ambrogio), 108,\nLotti (Antonio), 5, 29, 37, 205, 365, 374,\n447» 47J, 473,568, 635, 63g, 719, 763,\n767, 776, 786, 816.\nLucchini (Matteo), 59.\nLuccio (Francesco), 72, 316.\nLuzzo (Francesco), 520, 622.\nM\nMaccari (Giacomo), g, 110, 214,365, 4y2,\n909.\nMagni (Giuseppe), 242.\nMagni (Paolo), 109, 762.\nManara (Fr. Giov. Antonio), 234.\nMancini (Francesco), 172.\nManelli (Francesco), 20, 86, 296, 495,\n660, 707.\nManza (Carlo), 28, 599.\nMarazzuoli (Mario), 76, 790.\nMarcello (Benedetto), 107, 413, 652, 753.\nMarchi (Gian Maria), 3g3.\nMariani (Giov. Battista), 70.\nMarotta (Erasmoj, si.\nMartini (Giov. Mario), 99.\nMattioli (Andréa), 195, 251, 308, 596,\n623, 65g, 719.\nMattioli (Antonio), 655.\nMazzocchi (Domenico), 510.\nMazzoleni (Giacomo), 226.\nMelani (Alessandro), 165.\nMengozzi, sgg.\nMerulo (Claudio), 777.\nMicheli (Benedetto), 208.\nMolinari (Don Pietro), 13 470.\nMonari (Bartolomeo), 172.\nMonari (Clemente), 762.\nMonteverde (Claudio), 10, 106, 445, 649,\ngos.\nMuraton-Scannabecchi (Angela Teresa),\n232.\nN\nNavara (Francesco), i3B, 281.\nNegri (Antonio), 127.\nNeivi (Gius. Maria), 65,56 g.\nNovi (Francesco Antonio), iBi, 255, 625."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.44", "texte": "LES COMPOSITEURS CITÉS PAR ALLACCI\n\nO\nOrgiani (Teofilo), 114, 254, 283, 385,\n574, 766, 825.\nOrlandi (Vincenzo Maria), 773.\nOiiandini (Gius. Maria), 8, g 3, 143, 167,\n262, 326, 333,4i3, 428,437, 460,490,\n515, 525, 554, 583, 584, 590, 938.\nP\nPaceïli (Don Antonio), 59, 358, 564.\nPacieri (Giuseppe Priore), 609.\nPaganello (Gius. Antonio), 97, 120, i 53,\n347, 374, 548.\nPagliardi (Giov. Maria), isy, 487, 566.\nPallavicino (Carlo), 44, 62, i3i, 139, 167,\n245, 252, 254, 285, 290, 383, 396, 484,\n5i6, 528, 554, 619, 661, 666, 766, 813.\nPampano (Gaetano Antonio), 120, i 52.\nPampino, 934.\nParadies (Domenico), 30, 243, 544.\nPartenio (Don Giov. Domenico), 227,255,\n362,394.\nPaschioni (Antonio),424.\nPasquini (Bernardo), 204.\nPaulati (Andréa), 811.\nPellegrini (Pietro), ig3.\nPergolesi, 715.\nPen (Jacopo), 235, 3iy:\nPerti (Giacomo Antonio), 97, 109, 127,\n149, 36x, 38i, 397,445,454,478,491,\n513, 540, 555, 661, 680, 758, 805.\nPescetti (Giov. Battista), 28, 162, 265,\n725,781,795,797,906.\nPietragrua (Garlo Luigi), 676.\nPignatta (Abate Pietro Romolo), 227,\n454, 584, 598, 720, 800.\nPistocchi (Francesco Antonio), dit aussi\nPistocchino), 411, 479, 510, 548, 668.\nPolani (Gerolamo), 142, 182, 189, 229,\n641,681, 776, 807, 817, 821.\nPolini (Gian. Battista), 30.\nPollaroli (Antonio), 222, 246, 428, 482,\n490, 553, 634, 744.\nPollaroli (Carlo Francesco), 20, 25, 32,\n33, 37, 47, 57, 62, 96, 109, 110, 114,\n121, 124, 132, 162, 172, ig3, 204,\n223, 236, 245, 247, 290, 291, 294, 295,\n300, 324, 326, 327, 332, 350, 362, 367,\n37I, 375, 395, 406, 4.14, 432, 434,\n4,47, 451, 467, 471, 485, 4QI, 5i3, 000,\n575, 590, 593, 604, 6i3, 625, 662, 667,\n682, 700, 704, 709, 737, 769, 788, 805,\n806, 827.\nPollaroli (Orazio), 582.\nPorfiri (Don Pietro), 834.\nPorpora (Nicolo), 91, 107, 320, 439, 482\n524, 680, 710, 720, 905.\nPorsile (Giuseppe), 270, 418, 524, 726,\n733.\nPorta (Giovanni), i 5, 27, 58, 59, 65, 94,\nios, 224, 264, 327, 328, 476, 552, 670,\n715, 731, 759, 793, 826.\nPredieri (Luc. Antonio), 123, 428, 473,\n490, 525, 601, 690, 703, 793, 855.\nPull'i, 155.\nQ\nQuerini (Padre Giulio Cesare), 350.\nQuesdena (Francisco), 387.\nR\nRampini, (Don Giacomo), 113, 298,422,\n788.\nReali (Giovanni), 664.\nResta (Natale), 937.\nReutter (Giorgio), 145, 370, 502.\nReutter (Giorgio junior), 260, 610, 669.\nRighi (Francesco), 461.\nRighi (Giuseppe Maria), 144.\nRinaldo. Voir Da Capua.\nRistori (Alberto), 582, 595.\nRiva (Giulio), 8.\nRossi (Abate Francesco), 219, 618, 708.\nRossi, ou Di Rossi (Francesco), 558.\nRossi (Gian Battista), 336.\nRossi (Michel Angelo), 304.\nRovetta (Giovanni), ios, 297.\nRovettino (Giov. Battista), 73, 227, 681.\nRuggieri (Giov. Maria), 42,101, 112,118,\n284, 386, 450, 504, 530, 562, 692, 860.\nS\nSabadini (Don Bernardo), 25y, 294, 329,\n421\nSacrati (Francesco), 142, 356, 649, 710,\n808, 826.\nSacrati (Paolo), 244.\nSajon (Carlo), 185, 302.\nSalvolini (Prete Alessandroj, 440.\nSances (Félice), m.\nSantorio (Antonio). Voir aussi Sartorio,\n271, 650.\nSarro (Domenico), 252, 770.\nSarti, 921.\nSartorio (Antonio), 8, 76, 81, 96, Isî,\n303, 363, 416, 5i5, 579, 708.\nSartorio (Gasparo), 299, 581.\nSbacci (\"Don Guglielmo), 833.\nScarlatti (Alessandro), 167, 194, soi, 533,\n754,787,797._ _\nScarlatti (Domenico), 161, 58i.\nScarlatti (Giuseppe), 917.\nScarpari (Don Pietro), 436.\nSchiassi (Gaetano Maria), 28, 63, 63, 247,\n252, 332.\nScolari (Giuseppe), 328, 857, 94:.\nSebenico (Don Giovanni), 575.\nSellitti (ou Selliti) (Giuseppe), 403, 561.\nSerini (Giuseppe), 394.\nSibelli (Gio. Antonio), 256, 284.\nSmelzer (Gio. Enrico), iB5.\nStefani (Agostino), 716.\nStriglioni (Filippo), 55.\nStuck (Gio. Battista), 187."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nT\nTarelli (Luigi), 66, 500.\nïenaglia (Ant. Francesco), 196.\nTommasi (Gîo. Battista), 717.\nTorelli (Gaspare), 145,\nTosi (Gius.-Felice), 20, 80, 127, 3oi,\n3n, 4r7 445, 577, 631, 778.\nTncarico (Giuseppe), 287, 392.\nU\nUccellini (Don Marco), 313,410, 551.\nUrio, (Padre Franccsco Antonio), 694.\nV\nValentini (Pîer* Francesco)s 52q, 778\nValentini (Don Bomenico), 53g.\nVannarelli (Francesco), 336.\nVarischino (Giovanni), 39, bio*\nVernizzi (Ottaviano), 77, 220.\nVignati (Giuseppe), 671.\nVignoîa (Giuseppe), 241.\nVinaeesï (Benedetto), 41, 234, 460, 718.\nVinchioni (Cintio), 508. J\nVinci (Leonardo), 4683, 725.\nVitali (Don Angelo), 772.\nVivaldi (Antonio), 112, 117, uB, 172,\n224, 234, 264, 327, 334, 339, 34I,\n35°, 403, 428, 445, 452, 455, 538,\n56g, b72, 582, 582, sgi, 682, 71g,\n763, 812, go 3, go 7, gog.\n\\ iviani (Giov. Bonaventura), 702.\nZ\nZanetti, 755.\nZanettini (Antonio), 119, 131, 472, 519,\noîo.\nZecchini (Angeîo) 724.\nZiani (Marc Antonio), 20, 25, 28, 38, 58,\n75, 127, 184, 225, 228, 237, 261, 272,\n279, 3og, 314, 324, 356, 363, 397,\n415, 423, 425, 454, 476, 481, 507,\n522, 533, 558, 569 570, 593, 676,\n678, 755, 75g, 797, 820, 821.\nZiani (Don Pietro Andréa), 25, 61, 91,\n9l' 'I8?, l6°' 294 v 316, 369, 430, 446,\n7IO.\nZuccari (Giovanni), 7OB,"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.46", "texte": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874\n\n(0\nJUILLET\nJuillet (Derniers jours de). BRUXELLES (Église Sainte-Gudule). Exécution,\nà la cérémonie commémorative de l'anniversaire du couronnement de Léo-\npold lER,IER, d'un grand Te Deum pour soli, chœurs et orchestre, de M. F. Riga»\noAOUT\nlERIER Août. VARIÉTÉS. Reprise de la Vie Parisienne, opéra bouffe de\nMM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Jacques Offenbach,\n4. CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE ET DE DÉCLAMATION. Distribution\ndes prix. A cette occasion, M. Deldevez, professeur de la classe d'orchestre au\nConservatoire, chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société des Concerts, re-\nçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur.\n14. GAITÉ. Un acte nouveau, intitulé le Royaume de Neptune, est ajouté\nà Topéra-féerie Orphée aux Enfers, musique de M.Jacques Offenbach.\n15. CARPI. Première représentation : Giovanna di Castiglia, opéra sé-\nrieux, musique de M. Giovanni Magnanini.\n27. OPÉRA-COMIQUE. Reprise du Pardon de Ploermel, opéra comique en\ntrois actes, de Meyerbeer, qui n'avait pas été joué depuis 1861. Les trois rôles\nprincipaux, ceux de Dinorah, de Hoël et de Corentin, créés naguère par ma-\n(1) Une absence nous ayant empêché de publier ces tablettes à la fin du mois passé,\nnous en reprenons aujourd'hui la publication, et nous donnons cette fois une double\nsérie, comprenant deux mois, du 2 5 juillet au 2 5 septembre. La lacune sera ainsi\ncomblée."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndame Marie Cabel, MM. Faure et Sainte-Foy, sont tenus par mademoiselle\nZina Dalti, MM. Bouhy et Lhérie. Les personnages épisodiques du troisième\nacte sont représentés par MM. Charelli (le faucheur), Dufriche (le chasseur),\nmesdemoiselles Ducasse, Zina Bell, Chevalier et Reine (pâtres et chevrières).\nOn intercale au troisième acte deux couplets : La Chanson s'envole, écrits\npar Meyerbeer pour la version italienne de son œuvre (Dinorah), et qui,\nchantés pour la première fois à Londres par madame Nantier-Didiée, le sont\nici par mademoiselle Zina Bell.\n3i. Un arrêté du ministre de l'lnstruction publique, des Cultes et des\nBeaux-Arts, accorde le privilège du « troisième théâtre lyrique » àM. Bagier,\naucien directeur du Théâtre-Italien, avec la subvention annuelle de cent\nmille francs afférente à l'exploitation de cette entreprise. M. Bagier n'adopte\npas la dénomination employée dans l'arrêté ministériel, et décide que son\nthéâtre, prenant le nom de la salle où il est situé, s'appellera Théâtre-Ven-\ntadour.\nSETTEmcBcIIE\nIERIER Septembre. THÉÂTRE DU CHATEAU-D'EAU. Première représentation :\nle i3e Coup de Minuit, légende lyrique en trois actes, paroles de MM. Clair-\nville et Gaston Marot, musique de M. J. J. Debillemont.\n2. OPÉRA. Premier début de M. Vergnet (Raimbaut) et continuation des\ndébuts de mademoiselle Belval (Isabelle) dans Robert le Diable BOUFFES-\nPARISIENS (pour la réouverture). Première représentation, à ce théâtre, de la\nJolie Parfumeuse, opéra comique en trois actes, paroles de MM. Hector Cré-\nmieux et Ernest Blum, musique de M. J. Offenbach (joué primitivement àla\nRenaissance).\n3. DÉLASSEMENTS-COMIQUES. Première représentation :le Rhinocéros et\nson Enfant, « excentricité musicale » en un acte, paroles de M. Saint-Fargeau,\nmusique de M. Charles de Sivry.\n6. LOUVAIN. A l'occasion de la kermesse de cette ville, le Cercle des XXV\nfait exécuter une cantate nouvelle le Vallon, paroles de M musique de\nM. J.-B. Delannoy, professeur de musique à Wavre.\nLONDRES (Alhambra). Première représentation : The Démon s Bride\n(la Fiancée du Diable), opérette bouffe, paroles (traduites en anglais) de\nMM. Leterrier et Wanloo, musique de M. Georges Jacoby.\n9. OPÉRA. Premier début de M. Manoury dans le rôle d'Alphonse, de"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.48", "texte": "CHRONOLOGIE\n\nla Favorite. Comme M. Vergnet, qui avait débuté juste une semaine avant\nlui, M. Manoury avait obtenu cette année, au Conservatoire, les deux pre-\nmiers prix de chant et d'opéra et le second prix d'opéra comique.\n10. RENAISSANCE Première représentation :la Famille Trouillat, opérette\nbouffe en trois actes, paroles de MM. Hector Crémieux et Ernest Blum, mu-\nsique de M. Léon Vasseur.\nI 5 FOLIES-BERGÈRE. Première représentation: les Deux Cocottes du\n72° 22, opérette en un acte, paroles et musique de M. Edé.\n\nA. P."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.49", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits Nouvelles. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nA rentrée des classes au Conservatoire de musique aura lieu le\nlundi 5 octobre.\nLes examens d'admission commenceront le mercredi 14 oc-\ntobre.\nLes aspirants doivent déposer un extrait de leur acte de nais-\nsance et un certificat de vaccination.\nAvant son admission dans les classes, tout aspirant reçu élève pour le chant\nou pour la déclamation doit s'engager envers le directeur du Conservatoire :\ni° A se conformer rigoureusement aux règlements et arrêtés qui régissent\nle Conservatoire ;\n2° A ne contracter d'engagement, pendant la durée de ses études et pendant\nle mois qui suivra leur clôture, avec aucun théâtre ou tout autre établis-\nsement public, sans une autorisation du ministre de l'instruction publique,\ndes cultes et des beaux-arts, accordée sur la demande du directeur du\nConservatoire ;\n3° Dans le cas où, à la fin de ses études, son concours serait réclamé\npar 1 un des théâtres subventionnés, à contracter un engagement de deux ans\navec le directeur de ce théâtre, aux conditions déterminées par arrêté minis-\ntériel.\n— Le baryton Solon est mort, cette semaine, au château de Carloville,\ndans l'Eure. Il avait débuté au Théâtre-Italien, et avait joué ensuite à\nl'Athénée.\nDans ces derniers temps, il avait suppléé Bataille dans sa classe de chant\nau Conservatoire. Solon avait trente-deux ans.\n— Nous ne consacrons pas d'article spécial à la rentrée de M. Faure à"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.50", "texte": "VARIA\n\nl'Opéra, dans Guillaume Tell. Ces rentrées d'artistes, et en particulier celle\nde M. Faure, ne sont plus que des rubriques d'affiche, toute question\nde talent mise à part.\nLa fête organisée par le journal le Gaulois, au bénéfice de Déjazet, a eu\nlieu dimanche 27 septembre, dans la salle Ventadour.\nCette solennité sans pareille, à laquelle tous les artistes des théâtres de\nParis ont voulu prendre part, ne fût-ce qu'à titre de figurants, a produit cin-\nquante deux mille francs ; c'est dire quels ont été l'empressement et le succès\nde la soirée.\nLa partie musicale du programme était composée :\ni° De l'ouverture de la.Muette de Portici;\n20 Du premier acte de Monsieur Garat, dont les couplets étaient accom-\npagnés par l'orchestre de l'Opéra ;\n3° Du duo des Huguenots, par madame Gueymard-Lauters et M. Villaret ;\n40 Du trio de Guillaume Tell, par MM. Tamberlick, Faure et Belval.\n5° D'intermèdes divers : entre autres, un trio sur la messe de Verdi, com-\nposé pour violon, piano et orgue par M. Jules Cohen, et exécuté par l'auteur,\nM. Garcin, et M. Ritter; d'une chansonnette chantée par madame Judic,\nd'une tarentelle composée et exécutée par M. Ritter;\n6° Le deuxième acte du ballet de Coppelia, avec mademoiselle Beaugrand et\nle corps de ballet de l'Opéra;\n70 De la Lisette de Béranger, avec Déjazet et un chœur, composé de toutes\nles actrices de Paris;\n8° De Y Hommage de la Chanson à Déjazet, par la Société du Caveau,\ncouplets par M. Eugène Grangé, chantés par M. Anatole Lyonnet.\nEnfin, d'un défilé général de tous les théâtres de la capitale.\nM. Adolphe Jullien, qui est pourtant un Wagnériste convaincu, mais\nqui sépare dans son admiration l'homme du musicien, a dévoilé, dans son\ndernier feuilleton du Français, un assez vilain procédé de Wagner vis-à-vis\nde Meyerbeer. Cette curieuse révélation vient à propos des fragments criti-\nques de Wagner, traduits par M. de Charnacé, dont notre collaborateur avait\nà rendre compte. Nous laissons la parole à M. Jullien :\n« M. de Charnacé aurait pu se dispenser de traduire les chapitres sur la\nMusique allemande et sur l'Ouverture, car ils font partie des articles que\nWagner écrivit pour notre Galette musicale, lors de son premier séjour\nà Paris et qui se trouvent dans le recueil du journal, de 1840 à 1842.\nEn relisant la Musique allemande dans le livre de M. de Charnacé, j ai été\nfrappé de trouver un manque absolu de logique entre les deux derniers para-\ngraphes. La phrase finale de Pavant-dernier semble en effet attendre un\nexemple qui ne vient pas, et laisse le lecteur en suspens. Je me suis reporté\nau texte de 1840, et j'ai découvert alors un petit trait assez mesquin de\nWagner..."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.51", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n« Lorsqu'il vint pour la première fois à Paris, ce fut grâce aux lettres de\nrecommandation de Meyerbeer que Wagner fut favorablement reçu par\nAnténor Joly, Léon Pillet, Habeneck et par l'éditeur Schlesinger qui lui\ndemanda quelques articles pour la Galette musicale. Le musicien, encore\nanimé d'une vive reconnaissance pour les bons procédés de Meyerbeer, lui\nconsacra tout un paragraphe qui suivait et expliquait la phrase : « ... C'est\naussi pour cela qu'il est plus facile à un Allemand qu'à tout autre de\nconduire au sommet le plus élevé un genre artistique de nationalité étran-\ngère et de lui donner une valeur universelle. »\n« Depuis lors, Wagner a montré une animosité très vive contre l'auteur de\nRobert et contre les compositeurs dont le renom l'offusquait; il les a attaqués\nen termes violents et, voulant se mettre d'accord avec lui-même, a supprimé\ndans l'édition définitive de ses écrits, le passage laudatif sur Meyerbeer. Je le\nrecopie dans le texte de 1840 :\n« Hsendel et Gluck l'ont prouvé surabondamment, et de nos jours un autre\nAilemand, Meyerbeer, nous en offre un nouvel exemple. Arrivé au point\nd'une perfection complète et absolue, le système français n'avait plus d'autre\nprogrès à espérer que de se voir généralement adopté et de se perpétuer au\nmême degré de splendeur ; mais c'était aussi la tâche la plus difficile à accom-\nplir. Or, pour qu'un Allemand en ait tenté l'épreuve et obtenu la gloire, il\nfallait sans contredit qu'il fût doué de cette bonne foi désintéressée, qui pré-\nvaut tellement chez ses compatriotes, qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier leur\npropre scène lyrique pour admettre et cultiver un genre étranger plus riche\nd'avenir et qui s'adresse plus directement aux sympathies universelles. En\nserait-il autrement quand la raison aurait anéanti la barrière des préjugés qui\nséparent les différents peuples, et quand tous les habitants du globe seraient\nd'accord pour ne plus parler qu'une seule et même langue ? »\n« J'aurais eu scrupule de taire ce vilain procédé, bien qu'il dût faire crier à\nla bassesse d'esprit, à l'ingratitude : toutes les attaques qu'on dirige contre\nl'homme, et qu'il mérite en grande partie, n'enlèveront pas une parcelle de\ngénie au compositeur. »"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.52", "texte": "VARIA\n\nNOUVELLES\n\nARISt Opéra. M. Halanzier prépare une grande solennité\nmusicale au bénéfice des Alsaciens-Lorrains, sous le haut patro-\nnage de madame la maréchale de Mac-Mahon.\nMadame Adelina Patti chantera en français le rôle de Valentine,\ndes Huguenots.\nLa Lucca aurait signé son engagement à l'Opéra, à partir du ier janvier\nprochain.\nOpéra-Comique. Les répétitions de Mireille se poursuivent activement;\nla reprise de cette pièce aura lieu sous peu de jours.\nL'Opéra-Comique donnera prochainement le Domino noir, avee une dis-\ntribution tout à fait nouvelle.\nLes rôles seront tenus par MM. Lhérie, Duvernois, Melchissédec, mes-\ndames Ghapuy et Breton.\nThéâtre-Ventadour. M. Constantin est nommé chef d'orchestre pour la\nreprésentation des ouvrages français; le maestro Vianesi conserve la direction\ndes opéras italiens.\nM. Bagier vient d'engager, pour cinq années, l'excellente basse bouffe\nSoto.\nRenaissance. Pierrot-Fantôme, opéra bouffe en un acte, de M . Wercken\npour la musique, et de MM. Dubreuil et Stapleaux pour les paroles, précé-\ndemment représenté à l'Athénée, doit passer à ce théâtre.\nA Giroflée-Girofia, que répète activement la Renaissance, succéderont :\nUne opérette de MM. Tréfeu et Nuitter, musique de M. Vizentini ;\nEt une autre de MM. Crémieux et Blum, musique de M. Jonas.\nFolies-Dramatiques. Mademoiselle Van-Ghell a été engagée spécialement\npour créer le rôle destiné primitivement à mademoiselle de Bogdani dans\nle Roi de Garbes, de M. Littolf»"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741001-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nParis. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayelte, 61»\nPropriétaire-Gérant : Q4cRILHUc HEULHZJcl{\"L\\\n\nConcerts populaires. L'Administration des Concerts populaires de\nMusique classique nous informe que la réouverture des Concerts aura lieu le\ndimanche 18 octobre prochain, à deux heures, au Cirque d'Hiver, sous\nla direction de Kl. Pasdeloup.\nA partir de cette année, des chœurs seront ajoutés à l'orchestre pour le\nhuitième Concert de chaque série et cette séance sera consacrée à l'exécution\nd'un oratorio.\nPar suite de cette modification, qui augmente les frais dans une proportion\nconsidérable, le prix de l'abonnement d'une série de huit Concerts, qui était\nde 32 francs, sera porté à 35 francs pour les premières, et de 48 francs à\n52 francs pour les stalles de parquet.\nLes abonnements seront distribués dans les bureaux de location à partir du\nier octobre jusqu'au lundi 12 octobre. Passé ce délai, l'Administration en dis-\nposera.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}