{"numero_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_sha256": "9ca63fcb694d0bc5d70f56bc6d3597e78fb6878d754a003048394093521c152d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1874/10/15_01/bmtnabc_1874-10-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1874/10/15_01/bmtnabc_1874-10-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[49]", "page_fin": "53", "image_debut": 1, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.1", "titre_corps": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA", "titre_sommaire": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA", "signature_source": "RAOUL DE SAINT-ARROMAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 672, "texte": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA\n\nE me suis demandé, en réunissant les notes que\nj'ai prises durant ma visite au nouvel Opéra, si\nj'avais chance d'intéresser. Je me suis immédia-\ntement reproché cette faiblesse et j'ai la convic-\ntion que le récit détaillé des progrès des tra-\nvaux du nouvel Opéra possède au moins\nautant d'actualité que la description de la\ntoilette qui parait mademoiselle X, à telle\npremière9 ou que l'exécution d'un herboriste\nquelconque.\nVoilà pourquoi, jusqu'à son parfait achèvement, je donnerai à cette\nplace les renseignements les plus précis sur l'œuvre de M. Garnier et de\nses vaillants collaborateurs» De leurs mains laborieuses sortira un travail"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "unique au monde et qui porte en lui les diverses manifestations de l'art\nà notre époque.\nNous visiterons, avec le lecteur, les dessous, les dessus, les foyers et\nla salle, la scène et ses dégagements. Nous aurons le nombre exact des\nbecs de gaz, nous supputerons les divers styles d'architecture mis à\ncontribution, les couleurs des marbres, les tons des peintures et les gri-\nmaces des cariatides. Nous monterons ensemble les marches de l'escalier\nde marbre. Nous fouillerons enfin de fond en comble les détours de ce\ndédale et nous en dévoilerons les mystères.\nA un pareil programme, une division devient indispensable. Je com-\nmence donc le dépouillement de mes notes en jetant un coup d'oeil sur\nL'ÉTAT GÉNÉRAL DES TRAVAUX\nEn mettant le pied dans cet immense chantier, on est tout d'abord\nétourdi par un bruit indescriptible qui doit évidemment ressembler au\ntapage effroyable que faisaient les constructeurs de la tour de Babel.\nLa ressemblance s'arrête là, car tout ici se passe avec un ordre sévère.\nLa confusion des langues n'y exista jamais. Tout s'accomplit avec la\nrégularité d'un métronome, ce qui n'exclut pas la plus grande rapidité.\nNous sommes en présence d'une nuée de travailleurs se suspendant de\ntous côtés en grappes humaines. Ici les sculpteurs, plus bas les peintres ;\nà côté, les plâtriers ; en deçà, les bronziers ; au delà, les machinistes ; à\nà droite, les décorateurs; à gauche, les menuisiers. Partout l'activité, le\ntravail incessant. Les contre-maîtres vont et viennent de toutes parts; ils\nsurveillent, encouragent, admonestent. Rien n'échappe à leur œil\nvigilant.\nLes bruits étranges des marteaux, des ciseaux, des maillets, des haches,\ndes rabots, des scies, de la truelle, le bois qui craque, le bronze qui\nvibre, le fer qui grince, le gaz qui pétille, pâli par la lumière du jour\nqui pénètre par le haut du dôme; ce tout, énorme dans son ensemble et\ndans ses détails, vous fait petit et hésitant.\nDans les grands couloirs des loges de premières galeries, des hommes\naccroupis placent un à un des petits cailloux d'un centimètre carré. Ils\nraccordent la mosaïque remplaçant le parquet. Dans les loges des ar-\ntistes, 011 tapisse et on place les glaces.\nLes fenêtres du plus grand nombre de ces loges spacieuses et admira-\nblement éclairées donnent sur la rue Scribe. Chaque porte de loge ouvre\nsur un couloir se reliant à un couloir principal qui longe le fond du"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.3", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2655, "texte": "théâtre, et au milieu duquel est une porte conduisant immédiatement\nsur la scène. De cette façon, les artistes n'auront pas de détours à faire\npour s'y rendre. A l'extrémité de chacun des couloirs sont placées deux\ncuvettes en marbre dont l'une possédera un robinet d'eau chaude et\nl'autre un robinet d'eau froide. Cette partie du nouvel Opéra n'a plus\nqu'à transformer ses bois blancs en bois peints pour être totalement\nachevée. Le plancher de la salle est complètement posé. Il n'attend plus\nque ses meubles. On donne la dernière main aux ravissantes sculptures\ndes loges. Lorsque le ton rouge et or, qui doit décorer la salle, sera défi-\nnitivement arrêté, en huit jours elle sera prête.\nLe plancher de la scène est moins avancé, Nous raconterons plus tard\nson étonnante installation et ses surprenantes combinaisons.\nOn sait que le plafond de M. Lenepveu est parachevé. C'est une véri-\ntable œuvre.\nL'escalier est, lui aussi, très avancé. Il sera terminé avant peu. Les\ndivers genres de marbres dont sa rampe est composée, ses marches de\nmarbre blanc, les marbres qui forment la balustrade monumentale\nentourant le petit foyer qui précède le grand, produisent un ensemble\nde toute beauté. Le plafond de ce petit foyer ou plutôt de ce grand\ncouloir est décoré de groupes allégoriques représentant tous les corps de\nmétier qui ont et auront travaillé à la construction de l'Opéra. Il aura\ndeux glaces de six mètres cinquante de hauteur.\nJ'ai assisté à l'installation définitive de l'admirable bronze de\nmadame Marcello qui s'appuie derrière et sous le grand escalier et qui\nest le centre d'une fontaine de marbre.\nEn nous dirigeant vers la rue Scribe, nous trouverons une grande\nsalle ronde par laquelle entreront probablement les abonnés. Elle servira\naussi de salle d'attente aux domestiques. Ici, tout est fini. Seize colonnes\nde marbre soutiennent un plafond dont le centre est formé par une\nrosace de lettres entrelacées, d'un travail d'une grande finesse. J'y ai pu\nlire notamment ceci : « Charles Garnierß\ndes seize colonnes correspond une tête sculptée représentant les douze\nmois de l'année et les quatre saisons.\nRemontons le grand escalier pour entrer dans le grand foyer. De ce\ncôté tout a marché avec une égale rapidité. M. Barrias met la dernière\nmain à un panneau magnifique. Il travaille à la lueur du gaz qui l'éclairé\nà l'aide de réflecteurs. Le coup d'œil est des plus pittoresques. D'une\npart, le maître, ses pinceaux et sa palette à la main, contemple son\nœuvre, s'arrête, recommence, se porte en arrière, s'avance, pendant que,\nmélancolique, un rapin est assis? les genoux à la hauteur de la tête, sur"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2559, "texte": "l'un des nombreux échelons qui conduisent au plancher échafaudé\njusqu'au plafond.\nLa place des peintures de Baudry ne restera pas longtemps vide. Les\ngigantesques colonnes sont revêtues de leurs parures d'or vert et jaune.\nLa saillie des chapiteaux tranchera sur les vives couleurs des peintures,\net quand les dix lustres et les girandoles placées aux quatre coins inon-\nderont de lumières ces somptuosités, je ne doute pas qu'on ne soit ébloui\net qu'on ne se croie dans un palais des Mille et une nuits.\nLe foyer du chant donne sur la rue Scribe. Les panneaux sont vides\net les glaces ne sont pas encore posées. A cela près, il est fini. Un détail\nintime : Le logement du directeur est immédiatement au-dessous.\nLa bibliothèque est en pleine installation. MM. Nuitter et de Lajarte\ns'en sont emparés. Ils rangent les volumes et reconstituent les partitions\nmanuscrites non reliées dont les feuillets s'étaient éparpillés, à la suite de\nl'incendie de la salle Le Peletier. Les boiseries de chêne de la salle où se\npratique cette œuvre de Bénédictins, ne sont pas encore posées. Mais la\nsalle de travail et la rotonde de la bibliothèque sont absolument en état.\nLe tout est remarquablement éclairé et tient en entier le pavillon don-\nnant sur la rue Gluck. Il ne faut pas oublier de signaler le réservoir\nd'eau qui se trouve dans les caves du nouvel Opéra. Il contient deux\nmillions cinq cent mille litres de liquide.\nDes notes de cette première visite, il ne me reste plus que des détails\nsur\nLE FOYER DE LA DANSE\nAu moment où paraîtront ces lignes, les répétitions pourront y avoir\nlieu. La seule chose qui restât à faire, quand je l'ai visité, était la pose\nde la glace qui orne le panneau du fond.\nCette glace est composée de trois morceaux dont la soudure sera com-\nplètement dissimulée. Ils ont à eux trois une hauteur de sept mètres\nsoixante-sept centimètres et représentent une superficie de cinquante\nmètres, Ils sortent de la manufacture de Saint-Gobain. Les quatre pan-\nneaux de M. Boulanger enrichissent ce galant séjour. Au dessus de\nchacun de ces panneaux se trouve un cartouche qui portera en lettres\nd'or le nom d'une célébrité touchant à l'art chorégraphique. Sur l'un\nd'eux, on lit déjà l'inscription suivante : « 1727 Noverre— 1810. »\nLes autres attendent encore leurs propriétaires. Ils n'attendront pas\nlongtemps. Quand vous entrez dans le foyer, la glace est devant vous.\nElle est encadrée de chaque côté par deux colonnes, dont les pendants\nencadrent la porte d'entrée. Deux grandes fenêtres percées l'une à droite"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.5", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "et l'autre à gauche éclaireront le foyer pendant le jour. La nuit venue, la\nInmière d'un lustre de taille respectable permettra aux danseuses de se\nmirer aisément.\nLe foyer de la danse forme le fond du théâtre et par conséquent fait\nface à la salle. Dans les pièces qui exigeront une mise en scène où la\nperspective jouera un rôle particulièrement important, il aura une\ngrande utilité et offrira un prolongement considérable.\nCe moyen d'exagérer la perspective n'est pas nouveau. Il est actuelle-\nment en vigueur au San Carlo de Naples. Le fond de ce célèbre théâtre\ndonne sur la mer, et lorsque la pièce l'exige dans le dernier acte de\nY Africaine, par exemple le mur se déplace et le public a devant lui\nune véritable mer « immense et sans limites ». Si ce moyen extrême\nétait employé à Paris, on n'aurait, hélas ! devant soi que le boulevard\nHaussmann.\nM. Garnier a eu l'excellente idée de retracer dans ce foyer ruisselant\nde dorures, l'histoire de la Danse. On peut, en effet, la suivre pointe à\npointe, jeté-battu à jeté-battu. On n'a qu'à consulter pour cela les ins-\ncriptions des vingt médaillons charmants qui sont peints sur la corniche\ndu plafond.\nElle commence à Delafontaine (1681) et arrive à Rosati (1854), en\npassant par Subligny (1690), Prévôt (1705), La Camargo (1726), Sallé\n(1721), Vestris (1751), Guimard (1762), Heinel (1768), madame Cardel\n(1786), Clotilde (1793), Bigottini (1801), Moblet (1817), Montessu\n(1821), Julia (1823), Taglioni (1828), Duvernay (1832), Elssler (1834),\nCarlotta Grisi (1841), Cerrito (1848).\nEssayez après cela de nier l'importance qu'on accorde à l'élément\nchorégraphique. Le bataillon de la danse pourra désormais recevoir\nprincièrement ses visiteurs accoutumés. Son foyer fera plus que jamais\néchec à celui du chant, dont l'aspect est plus sévère sous tous les\nrapports*\nQuelques jours encore et le plancher de la scène sera terminé, les\npeintures de Baudry seront à leur place, et tant de choses auront marché\nqu'il me sera facile de raconter du nouveau dans le prochain numéro.\n\nRAOUL DE SAINT-ARROMAN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "54", "page_fin": "63", "image_debut": 6, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.2", "titre_corps": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE", "signature_source": "H. LAVOIX fils", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "LA MUSIQUE\nDANS\nL'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\n(IV\nE magnifique recueil des Minnesdnger, dont nous\navons reproduit une miniature dans notre dernier\nnuméro, renferme les œuvres d'un grand nombre de\npoètes allemands du quatorzième siècle.\nPresque toutes ces miniatures à pleine page, dont\nil est orné, ont quelques rapports avec la musique,\nmais il est quelques-unes qui sont plus particulièrement intéressantes et\nque nous devons mentionner. Van der Hagen, dans son ouvrage sur\nles Minnes'dnger, a publié au trait quelques-unes de ces miniatures.\ni° Konig von Boheim. A ses on voit deux musi-\nciens, dont l'un tient un hautbois; l'autre, une vielle à quatre cordes.—\nFolio 10.\n2° Markgraf Otto von Brandenburg. Aux pieds du Margrave,\njouant aux échecs, quatre musiciens font résonner deux grandes trom-\npettes , un tambourin à deux baguettes , une cornemuse basse.\nFolio i 3.\n3° Heer Hildbold von Schwangau. Une gigue à quatre cordes. Les\ncordes sont courtes; le cordier placé entre les ouïes, le chevalet près du\nmanche. Folio 83.\n\n(i) Voir les numéros des ler juillet, ier et i 5 août, et i 5 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.7", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "40 Un tournoi. Dans la galerie supérieure se tiennent un joueur de\ntambourin et un hautbois. Folio 193.\n5° Heer Otto \\um Turne. Dans ce tournoi, chacun des tenants a\nderrière lui un musicien. Ici, c'est un trompette et un tambourineur.\nNous retrouvons la même disposition dans un bas-relief du chœur de la\ncathédrale de Worcester. Un des combattants a derrière lui un timba-\nlier, et un musicien joue de la trompette derrière son adversaire.\nFolio 196.\n6° Derr Tanhuser. Cette miniature représente le maître-chanteur\ncélèbre, dont la légende a inspiré à M. R.Wagner le sujet de son opéra.\nLe poète est debout, portant le manteau et la croix de Malte. Non-seu-\nlement nous voyons ici une représentation du chevalier bavarois, mais\nencore ses poésies sont conservées. On peut en trouver un grand nombre\ndans le livre de von der Hagen, ainsi que de la musique tirée des manus-\ncrits (1). Dans le nouveau Journal de Munich (Neuer Munchener\nZeitung), 1859, les Aventures du repenti du Vensbergu sont racontées\ndans les plus grands détails, et Fauteur a su séparer l'histoire de la\nlégende. Citons encore sur ce sujet : Haupt Zeitschrift fur deutsches\nAlterthum (Leipzig, 1848) et Zander (Fried) die Tannhaùser-sage und\nder Minnes'ànger Tanliaiiser (Kœnisberg, iB5B, in-40). Folio 264.\n70 Reinmar der Vidiller (le Vielleur). Le poète joue d'une grande\nvielle à quatre cordes, semblable à celles que nous avons décrites plus\nhaut. Au-dessus de sa tête, on peut voir une vielle du même genre sur\nun écusson et un casque auquel le même instrument sert de cimier. Il\nfaut remarquer, dans ce dessin, la façon dont le musicien tient la vielle\net de quelle manière est posé l'archet. Folio 312.\n8° Master Heinrich von Meissen surnommé Frauenlob (chantre des\nfemmes.) Ici, c'est une joute musicale. Le juge est assis sur un\ntrône et semble décerner le prix à un musicien, debout sur un tapis,\njouant de la vielle. Autour du vainqueur se groupent ses concurrents.\nOn y trouve un hautbois, une vielle, une cornemuse, un tambourin et\nune flûte. Dans un coin de la miniature, deux femmes, l'une sur un\nécusson, l'autre en cimier, figurent les armes parlantes du trouvère (2).\nFolio 399.\n90 Un psaltérion à quatorze cordes. Folio 41 o.\nio° Der Vilde Alexander.~ Une harpe à douze cordes.— Folio4i2.\n\n(I)HAGEN (Friederich, Heinrich von der). Minnesinger. Leipzig. 1838. 5 vol. in-40\navec planches.\n(2) Nous avons reproduit cette miniature dans le numéro du i 5 septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2551, "texte": "ii° Meister Rumslant. Une flûte traversière, une vielle à trois\ncordes. Folio 414.\n12° Chantier. Une vielle et une flûte traversière. Folio 424.\nMalgré la sécheresse de cette énumération, nous n'avons pas cru\ndevoir négliger ce manuscrit dans lequel les historiens de la poésie alle-\nmande ont puisé à pleines mains, mais sur lequel les musiciens ont rare-\nment fixé leur attention.\nParmi les plus curieuses et les plus jolies miniatures du quatorzième\nsiècle, dans le genre familier, il faut citer celles qui se trouvent dans le\nmanuscrit de Tristan et Iseult, à la Bibliothèque nationale (n° 100 et\n101 ; fonds français). L'une d'elles, charmante de naïveté, représente un\ndéjeuner sur 1 herbe. Sur la nappe étendue au pied d'un arbre, on voit\ndes ustensiles de table. Un des personnages se prépare à prendre une\nvolaille découpée sur un plat, pendant qu'une femme, en face de lui,\npince les huit cordes d'une élégante harpe. Dans un manuscrit de Nicolas\nde Lyra (n° 364; fonds latin : Postillœ in genesim (folio 8), une\ncurieuse scène nous montre Jubal jouant des instruments qu'il vient\nd inventer. A un arbre est suspendu un luth, armé de trois cordes dou-\nbles; par terre, épars autour du père des luthiers, on voit des petites\nnacaires, un grand hautbois, une cornemuse, une lyre, une mandore et\nun psaltérion. Jubal lui-même joue de la vielle devant une petite statue\nplacée sur un autel. 11 semble remercier Dieu de lui avoir inspiré ses\ninventions. On trouve sur le tombeau de Robert Braunch et de ses deux\nfemmes Lœtitia et Marguerite, érigé en 1364 dans l'église Sainte-Mar-\nguerite, à Lynn, dans le Norfolk, une grande dalle funéraire en bronze.\nUn festin est représenté sur cette dalle. Onze personnages sont à table,\net tandis qu'un écuyer tranchant prépare les mets, cinq musiciens réjouis-\nsent les convives au son de leurs instruments (1). Un de ces musiciens\npince d un luth à cinq cordes, tandis que l'autre joue de la vielle à trois\ncordes. De l'autre côté de la table, deux grandes trompettes et une sorte\nde hautbois sonnent une fanfare. L'habitude d'exécuter de la musique\npendant les repas fut très répandue en Angleterre, et cette alliance des\ninstruments à cordes et des cuivres n'a rien qui doive nous étonner.\nSouvent aussi, on trouve une cornemuse dans la musique des festins, et\n\n(I) CARTER-Spécemens of the ancient sculpture and painting, a new édition by\nDawsau. 2 vol. in-fol. Londres. 1838, pl. 72.\nCOTTMANN-Sepulchral Brass of Norfolk and Suffolk, ed. by Turner. 2 vol. in-fol.\nLondres. iB3g."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.9", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2718, "texte": "en Angleterre particulièrement la cornemuse tenait fréquemment la\npremière place qui, en France, était généralement réservée à la vielle.\nDans les miniatures et les monuments anglais, le cornemuseur marche\nle plus souvent en tête des musiciens qui doivent jouer pendant le repas.\nOutre les figures que nous venons de citer, le tombeau cle Robert Braunch\nprésente aussi de nombreux personnages qui font de ce monument un\ndes plus curieux du siècle pour tout ce qui touche la musique : ce sont\ndes anges jouant d'un grand nombre d'instruments.\nJe ne ferai pas au lecteur l'injure de lui rappeler que c'est de la fin du\nquatorzième siècle que date la maison des musiciens à Rheims,ce monu-\nment qu'aucun musicologue n'a manqué de mentionner. Le lecteur,\ncurieux de connaître des détails sur la maison des musiciens, peut en\ntrouver un dessin d'ensemble dans l'ouvrage de Taylor. sur Rheims, et\nles détails des personnages dans les Annales archéologiques et en tête\ndes Chants de la Sainte-Chapelle (1). Dans une peinture à détrempe\net à fresque de Barnabé de Modène, exécutée au quatorzième siècle, nous\ntrouvons la représentation d'un grand nombre de musiciens formant un\nconcert autour de la Vierge. Ce tableau, d'un si grand intérêt, représente\nle couronnement de la Mère du Sauveur. Au centre, Dieu, assis sous un\ndais, pose la couronne sur la tête de Marie. Autour, les anges célèbrent\nles gloires éternelles au son des instruments. On voit une cornemuse, une\npetite flûte droite, une flûte double, un rebec, un luth, un timbalier et\nson porteur, et deux grandes trompettes. Tous ces personnages sont habi-\nlement groupés et semblent se servir d'instruments qui tous, à peu près,\nfaisaient partie des orchestres de cour (2). M. Paul Lacroix, dans le Moyen\nâge et la Renaissance (ornementation des manuscrits), a publié une\nfort curieuse miniature, faite sous le roi Jean, et qui met en scène un\nCharivari du quatorzième siècle. Rien d'amusant comme ce petit\ntableau populaire. Aux sons criards et discordants des casseroles, des\nchaudrons, des violons cassés, des tambours fêlés et des pincettes, on\nvoit danser toute une bande de figures falotes et grotesques, aux mas-\nques horrifiques, aux gestes diaboliques. Au-dessus de la miniature, un\nmalade est dans son lit, et, sous le costume d'un médecin, un âne vient\nle visiter.\n\n(1) CLÉMENT (F.). Chants de la Sainte-Chapelle avec une introduction par Didron\naîné. Paris, Didron, 1849, in~4°\nTAYLOR (J.). Reims, ses monuments, sacre des rois de France. Paris, Lemaître,\n1854, Grand in-fol., pl. 24.\n(2) Voir le dessin de ce tableau dans Seroux d'Agincourt. Histoire de i'Art.\n6 vol. in-fol. Paris, 1823. Peinture, planche 133."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "Dans les collections de la Bibliothèque Nationale relevons encore\ndeux manuscrits dont l'un est un chef-d'œuvre de finesse d'exécution et\nd'esprit. Il porte le n° 1076 (latin). Leßdu Beatusvir contient un orgue\nportatif à dix tuyaux et un David pinçant d'une harpe àla forme\nélégante. Citons dans ce manuscrit deux anges avec des guitares, un\nviolon à quatre cordes ; la plus jolie miniature du manuscrit c'est un\nroi David assis sur la barre transversale d'un E majuscule , d'un\nExultate. La peinture est aussi vive que si elle sortait des mains de\nl'enlumineur. Le petit personnage, finement dessiné, frappe avec deux\nmarteaux sur un jeu de timbre à sept cloches. Au point de vue de l'his-\ntoire instrumentale, ce timbre est un des plus complets que nous ayons\nrencontrés au moyen âge. Un autre chef-d'œuvre du quatorzième siècle\nmérite aussi d'être mentionné, [c'est la crosse donnée par William\nWikeham au collège d'Oxford, par testament du 24 juillet 1403. Cette\nbelle crosse est en argent doré, finement ornée de pierres précieuses et\nmagnifiquement émaillée. Ses ornements sont dans le style gothique et\nde nombreuses figures s'y trouvent sculptées. La mode de ces sortes\nd'ouvrages semble être venue de France en Angleterre, sous le règne\nd'Edouard 111 et particulièrement après la bataille du Crécy. Parmi les\nfigures, on distingue un orchestre complet, deux hautbois, une grande\ntrompette, un psaltérion, un orgue portatif, une cornemuse basse, une\nflûte, un crawth. Enfin, nous ne pouvons fermer ce paragraphe sur\nle quatorzième siècle sans citer le beau travail de M. Fleury, intitulé les\nManuscrits à miniatures de la Bibliothèque de Laon. Laon, 1863. Un\nvol. in-folio. En feuilletant ce livre, le lecteur trouvera quelques dessins\nrelatifs à la musique, curieux et dignes d'être notés.\nAu quinzième siècle, les manuscrits sont plus nombreux encore\nqu'au quatorzième. En face des représentations que j'ai sous les yeux,\nje suis embarrassé pour choisir celles qui me paraissent offrir le plus\nd'intérêt. Ce ne sont que troupes de musiciens célestes, que bandes de\nmenétriers, que fêtes et que marches triomphales. En Angleterre, en\nFrance, en Allemagne, partout la vie musicale se rencontre à chaque\npas. Les dessins sont corrects en même temps qu'élégants. La musique\nse rapproche de plus en plus de la nature et se prépare à sortir défini-\ntivement des limbes du premier âge. L'élément populaire perce de toutes\nparts, les instruments anciens disparaissent, mais pour se retrouver sous\nune forme plus moderne et devenir ceux que nous employons aujour-\nd'hui.\nUn des monuments du commencement du quinzième siècle, des plus\nimportants pour l'histoire de la musique et peut-être un des moins"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.11", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "connus, sans contredit, le monastère de l'église de Beverley, dans le\nYorckshire ( 1). Autour d'un des piliers de cette église, on voit cinq\nménestrels comme dans la maison des musiciens à Rheims. Ces\ncinq musiciens sont debout et richement vêtus, plusieurs portent\nune lourde chaîne au cou, et Pun d'entre eux est armé d'une épée.\nLe premier souffle dans un flûtet et frappe sur un tambourin. Le se-\ncond joue d'un rebec à trois cordes dont le manche et l'archet sont\nmalheureusement dégradés. Le troisième tient dans ses mains une\nsorte de hautbois b.is ou cromorne dont l'embouchure n'existe plus, le\nquatrième pince les six cordes d'un luth, enfin, le cinquième se sert d'un\nhautbois dont cinq trous sont parfaitement visibles, quatre sur le corps\nde l'instrument et un près de l'embouchure. A cette époque, l'église\nentretenait, à titre officiel, des musiciens, seulement ; il est difficile de\nsavoir si elle soldait à cet effet les ménestrels ordinaires, ou si elle avait\ndes officiers spécialement attachés à son service. Dans beaucoup de\nvilles de l'Angleterre, et particulièrement dans le nord, c'était l'habitude\nd'avoir des musiciens appelés ivciits, terme qui correspond à notre fran-\nçais guet. C'étaient des espèces de watchmen. L'état de surprises per-\npétuelles dans lequel vivaient nos ancêtres obligeait à placer des\nguetteurs dans les beffrois des églises et dans les donjons des châteaux,\npour donner l'éveil. Ces officiers étaient payés par les villes et par les\néglises; la preuve de cette coutume se trouve dans une vieille édition de\nTiel Ulespiegel dont un des chapitres est intitulé « comme Tiel Ules-\npiegel se loua au seigneur d'Anhalt, pour lui servir de guette et\ncourrier. » Ces guetteurs étaient pris parmi les musiciens de la ville.\nUn autre emploi de ces ménestrels était aussi d'appeler le peuple au son\ndu cor. Bientôt ils cumulèrent les fonctions de crieurs, de guetteurs de\nnuit, et de ménestrels. Ils parcouraient la ville à certaines saisons,\nappelant les heures et distrayant les habitants par leurs chants. Ce qui\nprouve que ces sonneurs étaient bien considérés comme des ménestrels,\n/\nc'est la liste des musiciens d'Edouard 111, citée par John Hawkins, dans\nlaquelle, sous le titre de ménestrels, on compte trois guetteurs. Dans\nun autre compte de dépenses des officiers du même roi, on trouve cet\narticle ainsi disposé :\n.... , ( lo each 20 sch.\nMinstrels.\n3 waits 20 sch.\n\n(I) V. CARTER. Planche 126. Voir aussi un beau dessin de la crosse de Wikeham.\nPlanche LXXXIII."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "Enfin, le livre noir de la maison d'Édouard IV est plus explicite encore,\ncar on y voit que les guetteurs devaient sonner, en hiver comme en été,\npour distraire les habitants et éloigner les voleurs, et aussi étaient tenus\nde servir aux besoins de l'église. Ce qui semblerait démontrer qu'outre\nces menétriers de ville les chantres avaient aussi des officiers musiciens,\nc'est qu'on rencontre souvent dans les églises les tombes de ces musi-\nciens, qui semblent avoir été placées dans ce lieu particulièrement\nconsacré en récompense des services rendus au culte. Deux musiciens,\nd'après Leland, furent enterrés dans le chœur de la cathédrale de Salis-\nbury. L'inscription gravée sur leurs tombeaux est en partie mutilée, mais\nvoici ce qu'on peut lire :\nHAC JACENT, IN TUMBA FI DES ALBA, TIBIA, CUNCTA\nMUSICA MENDICAT, MUTA VIOLLA DOLET,\nPSALTERIUM, CITHARE, LYRA, CISTERA-, SALES, LITUUS.,\nCONTICUERE SUO FUNERE, MESA 18E\nINSTRUMENTA (I)\nOMN. .......\nIl n'est donc pas étonnant que le sculpteur ait donné sur le pilier de\nl'église de Beverley, une place aux ménestrels qui, peut-être, ne contri-\nbuaient pas peu à la joie et à l'édification des fidèles.\nSur les colonnes de la même église, on peut voir aussi une suite de\nstatues qui, presque toutes, présentent un intérêt musical. On en\ncompte dix-huit qui jouent des instruments. Un fait qui se présente\npeut-être pour la première fois dans l'iconographie du moyen âge, c'est\nque l'artiste semble s'être préoccupé de placer à côté les uns des autres\nles instruments de même famille. C'est ainsi que nous trouvons, à peu\nde distance l'une de l'autre, deux flûtes basses dont Luscinius a donné\nla description. Dans ces manuscrits anglais et dans plusieurs autres,\nque nous aurons encore à mentionner, il faut remarquer l'embouchure\nfort large de ces flûtes hautes et basses, qui rend assez difficile à com-\nprendre comment le musicien pouvait les faire résonner. Notons encore,\ndans ces statues., une vielle à roue ou chifonie, d'une forme singulière,\ndont neuf touches sont visibles et les autres cachées par la main, deux\ncornemuses de tailles différentes, un grand psaltérion que Finstrumen-\n\n(I) Voyez CARTER, ut supra, LELAND, Itinerary, publïshed by Th. Hearn,\nOxford, 1769, in-8, et Sepulchral monuments in great Britain. Londres, 1786. in-fol.\nvol. 11, part. 1, page CLXXXVIII."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.13", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "tiste porte suspendu devant lui comme nos marchandes de fleurs portent\nleurs éventaires, un luth grave et une sorte de harpe singulière, qui est\nformée d'un cylindre creux, servant de table d'harmonie, sur lequel sont\nplacées les cordes. D'après le nombre des musiciens, le sculpteur paraît\navoir voulu représenter un orchestre céleste, mais il a mêlé aux anges\ndes musiciens armés d'épées, qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut,\nsont évidemment des ménestrels. Ces figures peuvent se rapporter au\nrègne de Henri VI (1422-1471).\nVers le milieu du quinzième siècle, il faut mentionner aussi une belle\nvignette d'un manuscrit d'une traduction de Tite Live, qui appartient à\nla bibliothèque de l'Arsenal. La miniature représente les Tarentins\nallant au devant de Pyrrhus. Une rue remplie de monde et bordée de\nmaisons pittoresques, la mer, sur laquelle se balancent des navires cou-\nverts de soldats, une foule de seigneurs et de bourgeois s'élançant vers\nle port; tel est le sujet traité par l'artiste avec une animation, un\nnaturel des plus remarquables. A gauche, on voit une estrade sur\nlaquelle sont placés les musiciens qui doivent célébrer l'arrivée du roi\nd'Épire. L'estrade est à deux étages; au premier, on voit deux trompettes\net une grande sacquebute, au dessous, sur le sol, un petit bossu souffle\nde toutes ses forces dans une cornemuse Les miniatures furent faites\npour le duc de Bourgogne.\nCe fut aussi vers la même époque, en 1467, que furent exécutées les\nstalles du chœur de la cathédrale de Rouen ; ici encore, nous voyons un\ngrand nombre de personnages, et les instruments à percussion dominent.\nQuoique ces représentations pèchent beaucoup par l'exactitude, elles\nn'en renferment pas moins de précieux renseignements. Nous remar-\nquons d'abord une grosse caisse portée à dos d'homme et sur laquelle un\nmusicien frappe avec un tampon. Cette grosse caisse est ornée de clo-\nchettes ou grelots, qui ajoutent encore à sa sonorité. Une autre figure\nnous montre un homme jouant de la flûte de la main droite et frappant\nde l'autre, non pas sur un tambourin, semblable à ceux que nous avons\nrencontrés bien des fois, mais sur un bedon ou grand tambour; le tam-\nbourineur frappe son instrument du côté du timbre (1).\nSur de belles tapisseries, qui appartenaient à Charles le Téméraire et\nqui furent apportées à Nancy, après la défaite de ce prince, par René\nd'Anjou en 1477? nous trouvons plusieurs scènes qui intéressent notre\n\n(1) LANGLOIS. Stalles de la cathédrale de Rouen. 1838. In-B°. Voir aussi les Stalles\ndu chœur de la cathédrale de Cambridge, dans CARTER, planche ni. Ces stalles sont\nde 1328."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.14", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "art et particulièrement la musique de danse. M. Achille Jubinal les a\npubliées avec un grand luxe (i). Cette suite de tableaux représente une\nmoralité qui fut très en vogue aux quatorzième et quinzième siècles :\nc'est la Condamnation des banquets, espèce de drame à plusieurs scènes\nqui montre les déplorables suites de l'intempérance. Dans cette moralité,\nDîner, Souper et Banquet sont invités par Passe-Temps et Bonne-Com-\npagnie. Après le repas, les musiciens, « placés sur l'eschafaud ou quel-\nques lieux plus hault, joueront une basse dance assez briefve. » Dîner\ninvite à son tour Bonne-Compagnie et ses gens, mais dans l'intention de\nles punir de leur gourmandise. De concert avec Souper et Banquet, il\nfait traîtreusement venir les Maladies. Pendant que les invités festoient,\nSouper fait embusquer les Maladies dans son logis. Le repas se termine;\nBonne-Compagnie dit les grâces et ordonne aux luthenaires (Joueurs de\nluth) de sonner leur musique. « Alors, T'instrument sonne et les trois\nhommes mènent les trois femmes, et donneront telle danse qu'il leur\nplaira, tandis que Bonne-Compagnie sera assise. » Banquet vient ensuite\nchercher à son tour Bonne-Compagnie et l'emmène manger dans sa\nmaison où sont embusquées les Maladies. Pendant le souper, Bonne-\nCompagnie dit aux musiciens de « fleuter une chanson » en leur indi-\nquant le premier vers de quelques-unes.\n« Savez-vous point? » dit-elle.\n« J'ai mis mon cœur, »\nOu « non pas » ou « quand ce viendra\nD'un autre aimer le serviteur,\nAdvienne qu'avenir pourra »\nJe demande, au tard aura\n« Alle% mon seul plaisir,\nJamais mon cœur joye n'aura. »\nPour joyeuseté maintenir,\nDictes, « gentil fleur de noblesse\nJ'ai prins amour. » etc.\nEt la rubrique ajoute : « Ici dessus sont nommés les commencements\nde plusieurs chansons, tant de musique que de vaudeville, et est à\nsupposer que les joueurs de bas instruments en sauront quelqu'une qu'ils\njoueront présentement' devant la table. » A ce moment, les Maladies\nentrent dans la salle, font main basse sur Bonne-Compagnie et sa suite,\net le reste de la moralité n'a plus rapport à la musique. Dans les tapis-\n\n(i) JUBINAL. Les anciennes tapisseries historiées. 1838. Un grand in-foî."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.15", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "sériés de Nancy, nous voyons ces différentes scènes représentées avec\nleurs personnages. L/orchestre de danse est tel que nous le retrouvons\nplus tard dans Arbeau Thoinot, composé de hautbois et de flûtes. Les\nménétriers chanteurs s'accompagnent eux-mêmes avec une harpe et un\nluth pendant qu'un troisième musicien souffle dans une flûte à cinq\ntrous et fait ronfler sous sa baguette la peau d'un tambourin suspendu\npar une chaîne à son bras droit. Cette représentation et cette moralité\nsont, on le comprend, des plus curieuses; non-seulement nous y voyons\nplusieurs instruments, mais encore on y trouve des détails précieux sur\nla mise en scène aux quatorzième et quinzième siècles et les timbres des\nprincipales chansons à la mode à cette époque.\nIl ne faut pas négliger non plus une charmante miniature du seizième\nsiècle représentant le comte d'Artois visitant la comtesse de Boulogne;\nelle est tirée d'un roman du très chevaleureux comte d'Artois, et con-\ntient des danseurs accompagnés par un orchestre absolument semblable\nà celui des tapisseries de Nancy.\nPour terminer le quinzième siècle, nous ne pouvons mieux faire que de\nciter la miniature qui sert de frontispice au Psautier de Réné d'Anjou,\nlivre précieux qui est à la Bibliothèque de l'Arsenal. Ce petit tableau est\nintéressant sous tous les rapports; d'abord la miniature est une œuvre\ndu roi René lui-même, dans laquelle le royal enlumineur a fait son\npropre portrait et celui de ses familiers ; ensuite il est un des plus com-\nplets spécimens de l'art de la miniature vers la fin du quinzième siècle:\nenfin, et ceci doit nous arrêter plus particulièrement, le grand nombre\nd'instruments représentés nous donne un état des orchestres de cour à\ncette époque. Un psalterion, une flûte, un orgue portatif à neuf tuyaux,\nune grande trompette, un rebec, une sorte de bedon frappé avec deux\ntampons, voilà ce que nous remarquons dans cette belle miniature.\n(La fin prochainement.)\n\nH. LAVOIX fils."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c009", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "66", "image_debut": 16, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.3", "titre_corps": "LES JOYEUSETÉS D'UN CATALOGUE", "titre_sommaire": "LES JOYEUSETÉS D'UN CATALOGUE", "signature_source": "V. 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De plus, cette gamme fort étendue pos-\nsède tous ses accidents et bémolisés, un rêve !\nConnaissez-vous la harpo-lyre, ou guitare perfectionnée? je suis sûr\ndu contraire. Uauteur de cette merveille s'appelait J. F. Salomon; au\ncostume de la gravure reproduite dans ce numéro, j'ai le droit de suppo-\nser qu'il existait à l'époque de la Restauration.\nDans sa préface, Fauteur dit : (c Depuis vingt-cinq ans, je professe la\nguitare, autant par goût que par état; j'ai toujours pensé que Ton\npouvait reculer les bornes de cet instrument et me suis sans cesse\noccupé de le perfectionner. » Quelle innocente manie! « Enfin, après de\nnombreux essais pour lesquels » il n'a « épargné ni peines, ni sacrifices, »\nM. Salomon nous donne la harpo-lyre; « c'est un instrument qui tient de\nla harpe et de la lyre antique, il est destiné à tirer la guitare de la\nposition médiocre qu'elle occupe parmi les autres instruments. Outre\nqu'il produit des sons bien supérieurs en intensité et en qualité, sa"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.18", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "forme élégante le rend susceptible de figurer avec avantage dans les\nornements d'un salon. »\nEh bien! cet ornement d'un salon consiste dans une très grande\nguitare à trois manches juchés sur un Ce piédestal tient une\ngrande place dans la combinaison; on y installe d'abord un pupitre\nhoc; puis deux ressorts, l'un grand, l'autre petit, sont adaptés au dit\npiédestal, pour tenir en respect l'instrument. Je fais grâce à nos lecteurs\nde tous les cliquets, crans, rosette et chevillet dont M. Salomon a\nenrichi sa découverte.\nQu'il vous suffise de savoir que les trois manches s'appelaient, le pre-\nmier : manche chromatique, à gauche, par abréviation, ch.; le second,\nmanche ordinaire,au milieu, par abréviation, le troisième,\ndiatonique, à droite, désigné par les lettres di. En tout vingt et une\ncordes allant du la grave (clef de fa)au (huitième de la chanterelle\ndu violon).\nCet instrument pouvait être bien imaginé ; mais il semble avoir dû\nêtre d'une difficulté extrême de mécanisme. Aussi, la bonne guitare est\nrestée maîtresse du champ de bataille et fait encore la joie des virtuoses\nde la rue; mais aussi qu'auraient-ils pu faire du fameux piédestal?\nPoursuivons nos pérégrinations dans ce catalogue à surprises :\nConnaissez-vous le ssrpent-F orveilleet la méthode élémentaire pour\ncet instrument dédié à M. Delcambe, « pensionnaire de l'A. R. de M.\nprofesseur à l'Ecole royale et premier basson de la musique du Roi, »\npar M. G. Hermenge, « ancien premier serpentiste de la Paroisse royale\nde Saint-Germain l'Auxerrois, auteur de la méthode de serpent à clefs et\nde la méthode de serpent à 1 usage des églises. » Que de serpents, mon\nDieu ! Ceci se passait en l'an de grâce 1823.\nLa figure qui accompagne la méthode indique que ce serpent, inventé\npar M. Forveille, est la première transformation de l'ophicléide, à cela\nprès que le premier était en bois et non en cuivre ; mais c'est une décou-\nverte à noter. Cet admirable serpent avait, comme étendue, (clef de\nfa) au dessous des lignes et montait au du médium.\nEt le mélophone ? C'est un instrument qui a eu de nobles destinées.\nLes musiciens quadragénaires se souviennent encore de cette espèce\nd archet à deux tiges qui faisaient agir un soufflet contenu dans le corps\nde l'instrument.\nIl paraîtrait qu'il a existé un pupitre de mélophone à l'Opéra, puisque\nla méthode que ce bienheureux catalogue nous donne est signée par\nM. L. Dessane, « mélophoniste à l'Académie royale de musique, » et la\ndédicace porte un nom illustre : Cherubini! Qui l'aurait cru?"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "Connaissiez-vous Y harmoniflûte Basson à deux mains, précurseur\nsans doute de l'harmoniflûte Marix, que l'on place sur un trépied muni\nd'une pédale? le portatif, espèce d'accordéon?\nVous connaissiez évidemment la musette,le biniou et les castagnettes,\nmais vous ne pensiez pas qu'il existât des méthodes pour ces nobles\ninstruments. Erreur ! La musette possède deux méthodes : l'une signée\nde M. Carnaud jeune, professeur!... de musette sans doute. L'autre,\ndont le titre est plus réjouissant, est : « Méthode de musette, de bignou7\ndu vèze de Bretagne, par Chateaulin, chef d'orchestre des bals cham-\npêtres. »\nQuant aux castagnettes, nous avons deux systèmes ;\nCelui del senor Castellos qui indique la pose et le doigté de cet ins-\ntrument cas... tillan. La leçon donnée en effigie par une mère à sa fille,\nsur la couverture, vaut son pesant d'or.\nL'autre système est del senor Sala, rédigé par M. J. L. Heugel,et édité\npar lui et M.. Meissonnier. Mais il y aune gamme! qui le croirait? et le\nFandango9 la Cracovienne et la Cachucha sont gravés à la fin de la\npetite plaquette, avec accompagnements, trilles, arpèges, etc. C'est\nmerveilleux!\nQue dites-vous de mon catalogue?\n\nV. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c014", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "67", "page_fin": "74", "image_debut": 20, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.4", "titre_corps": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE CONTRE LA PHTHISIE", "titre_sommaire": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE CONTRE LA PHTHISIE", "signature_source": "Dr V. BURQ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.20", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1248, "texte": "DE LA\nGYMNASTIQUE PULMONAIRE\nCONTRE LA PHTHISIE\n\n(i) Voir les numéros des ier et i 5 août, et i 5 septembre*\n\n(I)\nCHAPITRE III\n(Suite )\n. Péters, musicien fort distingué qui enseigne le chant\naux enfants de chœur de la Madeleine, nous a confirmé\nde tous points les renseignements que nous possédions\nd'ailleurs. Pour cet artiste, qui compte déjà plus de cin-\nquante années de maîtrise dans les chapelles de Rouen,\nde Chartres et de Paris,, c'est un fait incontestable que\nle chant est une gymnastique très salutaire au développement de la\npoitrine. M. Péters en est lui-même un remarquable exemple, car jamais\non ne vit une plus belle vieillesse que la sienne. Toutefois, M. Péters\nne pourrait citer, dans toute sa longue carrière, un seul cas où l'exer-\ncice du chant ait rendu la santé à une poitrine déjà malade. Dans son\nopinion, cet exercice ne saurait convenir à des poumons sériçusement\ncompromis, et il se ferait même un scrupule de jamais faire chanter une\npersonne phthisique. N'y aurait-il pas chez M. Peters, dans un reste de\npréjugé, la cause d'une opinion contraire à celle que nous avons entendu\nprofesser par d'autres maîtres non moins expérimentés ? C'est là une\nquestion que nous ne faisons que poser... Sans prétendre rien préju»"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2796, "texte": "ger, que serait-il arrivé, par exemple, si M. Feters, adoptant une toute\nautre manière de voir, eût appliqué avec mesure et persévérance son\nexcellente méthode à des enfants tuberculeux ? C'est un fait bien impor-\ntant pour le sujet dont nous nous occupons que, dans le grand nombre\nd'enfants dont il a dirigé l'éducation musicale, depuis plus de cinquante\nans, aucun ne soit devenu phthisique, tandis que tant de raisons, telles\nque l'âge de ses élèves, leur origine qui est aussi un peu celle des demoi-\nselles du Conservatoire, militaient pour qu'il en fût autrement. Nous\nn'insisterons pas, car notre but n'est point de prouver que la gymnas-\ntique pulmonaire est un moyen curatif de la phthisie.\nLe vénérable abbé qui est à la tête de la maîtrise à l'église métropo-\nlitaine de Notre-Dame et que sa longue pratique spéciale a mis à\nmême d'observer les effets de l'exercice du chant sur la santé des nom-\nbreux enfants dont il a dirigé et dirige encore l'éducation, n'a pu nous\nciter aucun cas où cette gymnastique ait été nuisible. Dernièrement, un\njeune enfant de chœur qui, comme tous les sujets de son âge, avait\napporté dans ses ébats enfantins plus d'ardeur que de prudence, se trou-\nvait souffrant, il toussait beaucoup et commençait à perdre de son\nentrain, de sa gaieté et de son appétit. M. l'abbé X..., craignant que le\nchant ne fût cause de cette indisposition, s'empressa de consulter un\nmédecin en qui il a toute confiance, pour savoir s'il ne conviendrait pas\nde suspendre les leçons de chant. Le docteur constata les symptômes\nd'une affection dont un refroidissement devait être la cause, mais il ne\ncrut pas devoir interdire l'exercice choral. L'enfant continua donc de\nchanter, il se rétablit quand même, et sa poitrine, un moment affectée,\nne s'en trouva et ne se porta que mieux depuis.\nEnfin M. Renaud, qui professe depuis vingt ans et dirige en ce\nmoment la maîtrise de Saint-Sulpice, en même temps qu'il donne des\nleçons dans plusieurs maisons d'éducation, n'a jamais vu le chant être\nnuisible, même aux poitrines délicates. Cet honorable professeur a sou-\nvent observé, au contraire, que des enfants malingres, à la poitrine\nétroite, à la voix grêle, se développaient rapidement et prenaient une\nbonne carrure sous l'influence du chant prudemment dirigé. Parmi ses\nélèves, s'en trouvait-il de tuberculeux ? C'est ce que M. Renaud ne\nsaurait affirmer, n'ayant pas eu à cet égard l'avis des médecins.\nNe faut-il point noter ici comme ressortissant au même sujet, la robuste\nsanié que présentent tous nos chantres d'église? A les voir, avec leurs\nvastes poitrines, sonores comme des tuyaux d'orgues, quel anatomiste\noserait espérer de rencontrer jamais dans leurs poumons des traces\nde la diathèse tuberculeuse? Une seule chose paraît affecter leur"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.22", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "gosier infatigable, c'est, dans les cérémonies en plein air, lorsque la voûte\nde nos basiliques n'est plus là pour répercuter leur voix, la nécessité où\nils se trouvent de faire de grands efforts, pour en maintenir le timbre\net la sonorité. Mais les indispositions qui en résultent ne sont ni dange-\nreuses ni de longue durée.\nTerminons enfin ce qui est relatit au chant par ce fait que nous\ntenons de l'un des hommes les plus érudits et les plus sympathiques de\nnotre époque. M. l'abbé Moigno a connu un prêtre que la compagnie\nde Jésus refusait d'admettre dans son ordre, parce qu'il était phthisique.\nUn médecin, dont l'opinion avait sans doute devancé la nôtre, mais\nconsulté à ce propos, conseilla de le recevoir, à la condition de le faire\nchanter beaucoup au lutrin, promettant que sa santé se rétablirait, ce\nqui arriva en effet. M. Moigno a fermé dernièrement les yeux de ce\nrévérend père qui est mort à l'âge de 94 ans.\nD. Par les médecins: MM» Bataille, Segond, Mancel, Fossati, Cabarrus et Chevé,\nNous avons dit plus haut l'opinion de M. Bataille, qui appartient,\npresque à titre égal, à l'art et à la médecine. Voici maintenant celle\nd'un homme d'une compétence non moins grande sous tous les rapports.\nM. le docteur Segond, ancien professeur agrégé de l'École de méde-\ncine, auteur du Traité de l'hygiène du chanteur, et qui est devenu\ndepuis, sous le non de Salviani, l'un des artistes en renom de la scène\nlyrique, ne fait pas de doute que la gymnastique du poumon ne soit\nutile pour renforcer cet organe, et ne puisse tout au moins retarder son\ninvasion par des tubercules. Mais il pense que, toutes choses égales\nd'ailleurs, il ne faut pas confondre une gymnastique bien dirigée avec\nle violent exercice pulmonaire auquel est forcé le chanteur d'une\nscène d'opéra, en raison des conditions d'expression et de toutes les\nautres causes qui déterminent une fatigue facile à éviter, du moment\noù cet exercice est dirigé d'une manière hygiénique et' médicale.\nIl convient d'ailleurs que, dans la classe des chanteurs encore plus que\ndans celle des artistes dramatiques, cette fatigue elle-même ne paraît\npoint avoir de fâcheuses conséquences. Il n'a connu, pour son compte,\naucun chanteur mort de phthisie pulmonaire, ou seulement obligé de\nsuspendre sa carrière pour cause de phthisie. « Je crois même, disait\nM. Segond, que l'exercice de la voix peut offrir une ressource pré-\ncieuse de traitement, lorsqu'il est bien dirigé et que le mal est à"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "son début. « Je citerai, pour exemple, un élève de M. Duprez, école où\nl'artiste n'a pas l'habitude de ménager sa voix, dont l'existence très\ncompromise par une phthisie des plus caractérisées, semble entretenue\ndepuis deux ans par le chant. »\nM. Segond, qui nous tenait ce langage à la date du 3 avril 1858, se\nplaisait encore à reconnaître que tous les virtuoses (pianistes, violo-\nnistes, harpistes, etc.), ont en général un aspect malingre, qui contraste\nsingulièrement avec l'apparence de santé florissante qu'ont presque tous\nles chanteurs.\nM. le docteur Mancel, médecin du Conservatoire depuis vingt-neuf\nannées, mais appelé à donner des soins seulement aux élèves pension-\nnaires qui sont toujours en très petit nombre, n'a pas pu faire des\nobservations très suivies sur l'influence du chant. Toutefois, il nous a\nsignalé un fait, le seul à sa connaissance, qui emprunte un certain\nintérêt à son isolement. C'est celui d'un jeune homme qui, dans la\npremière année de son séjour au pensionnat, fut pris dun crachement\nde sang. Cet élève s'en retourna aussitôt dans sa famille_, qui habitait le\nmidi de la France, et on a entendu dire, depuis, qu'il était mort de\nphthisie.\nM. le docteur Fossati est, depuis plus de trente ans, médecin du\nthéâtre des Italiens, et il n'a connu aucun cas de phthisie parmi les\nchanteurs de ce théâtre. Il professe très formellement l'opinion que le\nchant est un exercice salutaire aux poumons. L'art de respirer, pour\nnotre éminent confrère, est plus qu'on ne pourrait le penser, l'un des\npremiers principes de la santé. Aussi considère-t-il comme très funeste la\nmanie qu'adoptent de plus en plus les familles de faire chanter leurs\nenfants au piano, ce qui est absolument contraire aux lois d'une bonne\nexpansion de la poitrine.\nM. le docteur Cabarrus observe depuis vingt ans le personnel de nos\nthéâtres lyriques, et cependant il n'a vu qu'une seule chanteuse mourir\nde phthisie. C'est mademoiselle 8... enlevée, il y a deux ans, à l'Opéra-\nComique. Cette immunité des chanteurs à l'égard de la phthisie est\nd'autant plus remarquable, suivant l'observation judicieuse de notre\ntrès compétent confrère et ami, que, sur dix élèves entrant au Con-\nservatoire, il y en a au moins la moitié de phthisiques ou qui sont prêts\nà le devenir. On sait, en effet, les conditions déplorables sous tous les rap-"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.24", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "ports, dans lesquelles naissent et vivent en général ces élèves avant leur\nentrée à l'école.\nL'exemple le plus frappant de ce que peut faire le chant en pareil cas\nest, nous dit M. le Dr Cabarrus, celui de madame C..., une de nos\nplus éminentes et infatigables artistes. Cette dame, dont la jeunesse s'est\npassée dans les privations et les conditions hygiéniques les moins pro-\npres à la santé, a la poitrine tellement conformée qu'on aurait peine à\ncomprendre qu'elle pût supporter les fatigues de sa profession, si le chant\nn'était point un exercice éminemment salutaire. Mademoiselle X..., autre\ngrande cantatrice, appartient à une famille de phthisiques. Elle-même a\ndes tubercules en très grand nombre au poumon droit, dont j'ai constaté\nl'existence. Sa conformation est des plus mauvaises, et pourtant elle vit\net vivra longtemps, grâce au chant, qui la conservera pour le bonheur\ndes nombreux amateurs de son très grand talent, et de sa magnifique\nvoix.\n« Ce qui tue les voix, c'est qu'on fait chanter dans des registres trop\nélevés... On outre les moyens des chanteurs, on les surmène. »\nAvant M. Cabarrus, M. Benati, médecin du théâtre Italien, tenait la\nmême place dans le public théâtral. Pour M. Benati, dès qu'un chan-\nteur était malade, il fallait le mettre au repos. Pour M. Cabarrus, c'est\nle contraire. En vingt années, il n'a jamais arrêté un chanteur; aucun\ndirecteur ne saurait lui reprocher d'avoir fait faire une seule fois\nrelâche. M. Cabarrus pense qu'en pareil cas l'économie, c'est la ruine;\nle chant est, suivant son expression pittoresque, «la véritable huile de\nfoie de morue des phthisiques. » Aussi doit-on ordonner le chant à toutes\nles personnes qui sont faibles de poitrine. La manière de respirer et\nd'émettre le son est capitale pour le chanteur. Elle est également d'une\ngrande importance au point de vue prophylactique de la phthisie.\nPlusieurs de nos grands artistes n'ont été perdus pour la scène, disait\nnotre regretté confrère, que parce qu'on a suivi à leur égard le pré-\ncepte de M. Benati : témoins mademoiselle Falcon, et plus récemment\nM. Bonnehée.\nM. le docteur Chevé, l'honorable propagateur en France de la méthode\nde musique Galin-Paris-Chevé, nous disait : « Un jour, la musique\nvocale fera rigoureusement partie de renseignement obligatoire, et on ne\nverra plus que de larges poitrines et des visages épanouis, »"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "CHAPITRE IV\nJEU DES INSTRUMENTS A VENT\nPreuves de son utilité fournies\nA. Par les professeurs du Conservatoire • MM. Sax, Meifred, Klosé,, Dauverné,\nDorus et Tulou et par un amateur passionné de la flûte.\nM. A. Sax n'est pas seulement un maître dans la facture des instru-\nments à vent. Il est en outre, depuis quinze ans, professeur de saxo-\nphone au Conservatoire. Nous avons dit en commençant son opinion\net les preuves très remarquables qu'il a puisées dans sa propre famille\npour appuyer la thèse que nous soutenons avec lui : nous y reviendrons\nun peu plus loin.\nM. Meifred, premier cor à l'Opéra depuis plus de trente ans, est aussi\nprofesseur de cet instrument au Conservatoire. Il nous a confirmé\npleinement l'opinion de M. Sax, en y ajoutant cette remarque, intéres-\nsante au point de vue pratique, que les lèvres, chez ceux qui donnent du\ncor, se fatiguent très vite et ne permettent pas de jouer plus d'un quart\nd'heure sans se reposer. Ce repos, nécessaire pour laisser les lèvres se\nrefaire, serait lui-même un excellent préservatif contre les excès de tra-\nvail que l'élève est quelquefois porté à commettre par son désir d'arriver\nplus vite, et le danger, s'il yen avait, serait ainsi écarté. Peut-être, nous\ndisait M. Meifred, n'aurait-on pas le même avantage avec tout autre\ninstrument pour lequel il suffit de souffler. On se rappelle le fait\nrapporté plus haut, relatif au fils de M. le Dr Lachèse, que son père\nfils guérit en le faisant donner du cor.\nM. Klosé, professeur de clarinette, n'a jamais remarqué, durant la\nlongue période où il a pratiqué ou enseigné cet instrument, qu'aucun\nde ceux qui en jouent éprouve de mauvais effets. Quand nous avons\neu l'honneur de voir ce professeur, il était entouré d'une dizaine de\njeunes gens, ses élèves, dont les larges poitrines et le teint vigoureux\nattestaient l'excellente santé. De tous les instruments à vent, M. Klosé\nn'en sait qu'un seul qui pourrait être nuisible à la poitrine, c'est le\nhautbois, car, pour en jouer, il faut constamment retenir son souffle, et\ncela doit, suivant lui, fatiguer les poumons par l'arrêt forcé qu'en\néprouve le mécanisme respiratoire.\nM. Dauvernéj professeur de trompette, pense, comme tous ses collé-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.26", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "gnes, que la gymnastique du poumon est très salutaire. Il ne connaît\naucun exemple où son instrument ait été nuisible (i).\nM. Dorus, professeur de flûte, considère sa profession comme une\nexcellente gymnastique, aussi bien que le chant. Ainsi sa sœur, qui\nprofesse le chant, et lui ont dû à leur art de conserver une santé d'autant\nplus remarquable, qu'ils appartiennent à une famille de phtisiques\ndont tous les membres ont succombé. Mais M. Dorus, qui connaît\nles dangers d'un exercice abusif des organes respiratoires , insiste\nsur la nécessité de soumettre les travaux des élèves à la direction éclairée\nd'un médecin, ou tout au moins d'un professeur prudent.\nM. Tulou, professeur de flûte au Conservatoire, a joué toute sa vie de\ncet instrument. Tout le monde a pu entendre ses admirables modula-\ntions, et les imitations frappantes qu'il savait en tirer naguère à l'Opéra\nsur le chant de Philomèle.\n« Il vient de demander sa retraite, nous disait, en octobre 1859,\nM. Girard, à 7 5 ans passés, et encore dans toute la force de son\ntalent, sa santé est une des plus belles qu'on puisse citer. »\nPuisque nous en sommes sur le compte de la flûte, qu'on nous per-\nmette de rapporter en la forme un peu humoristique et familière où\nnous les a données un amateur passionné de cet instrument, quelques\nmerveilles curatives qui lui seraient dûes tout spécialement,\nM. D..., cet amateur, et de plus ancien magistrat, nous disait un jour :\n« La musique!... mais elle rend la santé et prolonge la vie, en tant qu'on\nl'emploie à exercer les organes pulmonaires. Admettons que je ne lui\ndoive pas moi-même ma santé, ce que je crois cependant : je vous citerai\nvingt personnes auxquelles le cor ou la flûte ont rendu la vie.\na Mon père était d'une faible constitution, fortement asthmatique :\nil a joué de la flûte par désœuvrement, et, le jour où il est devenu de\npremière force en musique, il est aussi devenu de première force en santé.\nM. B. a dépassé maintenant soixante-dix ans, et il continue à jouir\nde la santé la plus enviable.\n« Vous savez qu'à la vue d'un sujet grêle, chétif, on dit communé-\n\n(i) M. Fargueil, cité plus haut, faisant appel une autre fois à des souvenirs qui pa-\nraissaient remonter à plus de soixante ans, nous dit :\n« Parmi les instruments à vent, c'est la trompette qui m'a paru avoir les plus heu-\nreux résultats sur la santé générale des instrumentistes, auxquels elle fait encore ga-\ngner du côté de la voix. Ainsi Chollet, qui avait une voix si admirable et Ta conservée\ntant d'années, avait sonné de la trompette à TOdéon , et la voix la plus forte que\nj'aie jamais entendue, appartenait à un ancien trompette de l'Opéra qui, avant de\nprendre son instrument, n'avait pas le moindre filet vocal."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "a ment : « II ne vivra pas. » On le disait aussi d'un nommé Sauvage,\nque j'ai connu; et cependant il a vécu,, grâce à la flûte. »\n« Tout jeune, j'ai vu à Calais un M. Villequin, qui paraissait fort\nmenacé de la poitrine; il consulta son beau-père, le docteur Grasse, qui\nl'engagea à étudier le cornet à piston. Aussitôt ce poitrinaire se mit en\nretard pour payer sa dette à la nature; il a aujourd'hui cinquante et\nquelques années, et semble peu disposé à l'acquitter. »\n« En province, on se désennuie en faisant de la musique. Savez-vous\nqui renseigne? Des fils d'artisans, trop débiles pour exercer la profession\nde leur père. Ces gens si faibles, si malingres, prennent immédiatement\nune carrure solide et de robustes poumons. »\ncc A Boulogne-sur-Mer, un M. Routier, trop faible pour donner le coup\nde fer du chapelier qui exige une certaine force de bras, renonça à la\nprofession paternelle pour embrasser celle de professeur de musique. Il\nenseigna le cor, la flûte, la clarinette : aujourd'hui il a soixante-douze\nans et des poumons de fer; je m'étonne même qu'il ait quitté la vie\nmilitante et pris sa retraite aux Batignolles. »\n« A Boulogne encore, j'ai connu un sujet réputé poitrinaire, en tout cas\ntrop faible pour exercer la profession de charpentier, qui, à vingt-cinq\nans, se mit à étudier, puis à enseigner le cor et la clarinette. Il joue dans\nles bals de la ville, il ne tousse plus, et, à quarante-deux ans, il a une\npoitrine qu'envierait un jeune homme de vingt ans. Moi-même, j'ai eu\nà Abbeville pour professeur de flûte un homme trop débile pour em-\nbrasser une profession manuelle et qui était presque moribond ; lorsqu'il\ncommença ses études. Aujourd'hui cet homme se porte admirablement\nbien. »\n(La suite prochainement.)\n\nDr V. BURQ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c018", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "75", "page_fin": "79", "image_debut": 28, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.5", "titre_corps": "INTRODUCTION DU TROMBONE DANS L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA", "titre_sommaire": "INTRODUCTION DU TROMBONE DANS L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA", "signature_source": "TH. 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Tout\nen déplorant la façon malheureuse dont nos composi-\nteurs modernes abusent de ces forces sonores, je puis\nfaire remarquer qu'il n'existe pas, aujourd'hui, un\norchestre, si petit qu'il soit, qui ne possède au moins un tromboniste.\nJ'ai donc cru qu'il serait intéressant de rechercher à quelle époque\nprécise, ce « point d'appui » de l'instrumentation moderne a pris place\ndans les partitions de nos pères.\nIl n'y a pas encore un siècle que le trombone fit sa première apparition\nà l'Opéra. Comme la clarinette, dont je ferai peut-être aussi l'histoire\nun de ces jours, le trombone nous est venu d'Allemagne.\nComme nous l'apprend le Journal de Francœur, c'était dans ce pays\nque l'on fabriquait les instruments, et tout nous fait supposer que les\ninstrumentistes avaient la même origine.\nNous lisons dans le compte-rendu du Comité du i 5 mai 1786 :\n« Décidé qu'il sera donné quatre cents livres à M. Louis, pour faire\nvenir des trombonnes d'Allemagne. »"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "Puis, à la date du 25 juin de la même année : « Convenu que, sur la\nsomme donnée à M. Louis pour achat de trombonnes, M. Louis\nremettra, après avoir retenu le port des dits instruments, la somme\nd'environ soixante et douze livres qu'il avait reçue de trop. Cette affaire\nest totalement terminée. »\nPour savoir la nationalité des trombonistes et la date de l'introduc-\ntion du trombone à l'orchestre, nous n'avons qu'à consulter les états\nd'émargements conservés aux archives de l'Opéra.\nNous y lisons quatre noms qui ont, sauf le dernier, une physionomie\néminemment tudesque : Sieber, Moser, Braun et Nau; nous apprenons\nque Braun et Nau sont entrés à l'Opéra en 1774 et en 1775. N'ou-\nbliez pas ces deux dates.\nSuivant un usage traditionnel à l'Académie, les symphonistes étaient\nsouvent engagés à remplir simultanément plusieurs fonctions. Sieber\njouait du cor et de la harpe et ne recevait pourtant que huit cents livres\npar an, pour ces deux talents si dissemblables; tout comme un nommé\nLouis, basse du grand chœur, qui donnait du cor de chasse, aux appoin-\ntements de sept cents livres, et Le Marchand, qui émargeait six cents\nlivres « tant comme basson que pour jouer du tambourin ». Quant à un\nmembre de la célèbre dynastie des Caraffe, Caraffe 2e, premier violon,\nles]états d'émargements ajoutent au dessous de son nom : « lui pour jouer\ndu violon et battre les timballes ». Caraffe avait, lui, douze cents livres,\nPeut-être avait-il trouvé le moyen de jouer ses deux parties en même\ntemps ! Braun, un des futurs trombonistes, était entré « tant comme\ntrompette que pour jouer du cor. » Cette promiscuité nous semble\nétrange; mais lel était le règlement de l'Académie et il n'y avait à\nfaire aucune objection.\nIl est indubitable que Braun est venu à l'Opéra, en 1774, pour jouer\nla partie de trombone à\"lphigénie en Aulide, le 19 avril ; et le 2 août de\nla même année, il a tenu les trois parties de trombone d'Orphée, dans\nla magnifique scène des Enfers, avec ses deux collègues, Moser et Sieber.\nPourtant le trombone ne figure pas encore sur les états; en 1778 et en\n1779, les quatre musiciens —Nau étant entré en 1775.— sont appelés :\ncornistes; en 1780, on voit figurer cette triple dénomination, suivant le\ncumul usité à l'Opéra : cors, trombes et trompettes; mais, en 1784,\nnous nous rapprochons de la véritable appellation; on lit : deux trombons\net trompettes. Le trombone se serait donc appelé d'abord trombe et\ntrombon. Je crois qu'il est facile d'expliquer cette anomalie : Dans\ntoutes les partitions de cette époque, et même plus tard, les composi-\nteurs employaient le terme italien : tromboni, et les employés de caisse,"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.30", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "peu versés dans la langue musicale, francisaient, à leur fantaisie, le nom\ndu nouvel instrument.\nC'est donc Gluck qui nous a donné le trombone. Il n'y a pas à en\ndouter. Cette vérité est déjà venue jusqu'à nous à l'état de tradition et\nde légende; mais la date d'entrée de Braun, coïncidant avec la date de la\npremière représentation d'lphigénie en Aulide, lève toute espèce de\ndoutes.\nEn revisant les parties d'orchestre de la Bibliothèque de l'Opéra,\nj'avais cru un instant que Philidor avait été l'introducteur du trombone\nà l'orchestre, puisque trois trombones figurent dans Ernelinde ; mais\nun examen plus sérieux de la partition est venu me convaincre, tout à\nfait, que c'était à Gluck que nous devions le trombone.\nEn effet, dans le quatrième acte de la deuxième version d'Ernelinde\n(avec les paroles de Bedaine), trois trombones accompagnent piano, et en\nprocédant par entrées, le beau chœur « O mort, nous t'implorons! » Ce\nmême chœur existe dans la première version en trois actes; mais les\ntrombones n'y sont pas encore.\nCes deux dates d'Ernelinde donnent la raison de ce changement :\nErnelinde a été jouée en 1767, pour la première fois et ne fut reprise\nqu'en 1777, avec sa seconde version en cinq actes; dans cet intervalle,\nGluck avait donné trois de ses œuvres immortelles : lphigénie, Orphée,\nAie este.\nPhilidor avait profité de l'exemple du grand maître.\nGluck, en nous donnant le trombone, avait indiqué, en même temps,\nla façon dont on devait l'employer. Il réservait sa sonorité stridente et\nnerveuse aux situations dramatiques. Aussi, pendant longtemps, les\ncompositeurs eurent le bon goût de ne jamais s'en servir pour les opéras\nde demi-genre. Ce sont les compositeurs de ballet qui ont commencé le\ntapage cuivré dont nous jouissons à l'heure présente.\nLe bon Grétry a résisté, autant qu'il a pu, à l'invasion de l'instru-\nment venu d'Allemagne. A la fin de sa carrière, il a été obligé d'oublier\nses vieilles habitudes d'instrumentation timide et douce.\nCephale et Procris (1775) Andromaque (1780) la Caravane du\nCaire (1784) Panurge ( 1 yBS) Aspasie (1789) en sont encore\nréduits aux deux cors, deux trompettes et timballes.\nAnacréon clie\\ Polycrate (1797) possède ses trois trombones, comme\nles autres opéras du temps.\nPiccinni a conservé, jusqu'à lphigénie en Tauride, le vieil orchestre"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.31", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "italien. A ce dernier ouvrage seulement, il a imité son redoutable\nadversaire.\nVoici, par ordre chronologique, les partitions qui contiennent des\ntrombones, qui sont toujours écrits à trois parties : trombone haute-\ncontre, en clef d'ut, troisième ligne; trombone taille, en clef d'ut, qua-\ntrième ligne; et trombone basse, en clef de fa :\nApelles et Campaspe, ballet de Rodolphe (1776);\nEcho et Narcisse, de Gluck (1779);\nElectre, de Lemoyne (1782) ;\nAlexandre aux Indes, de Le Froid de Mereaux (1783);\nLes Danaïdes, de Salieri (1783) ;\nDidon, de Piccinni (1784);\nDardanus, de Sacchini (1784);\nPéronne sauvée, de Dezède (1785);\nPénélope, de Piccinni (1785) ;\nŒdipe à Colone, de Sacchini;\nAlcindor, de Dezède ;\nLes Deux Demophon, de Gherubini et de Vogel (1789);\nNephté, de Lemoyne (1789);\nLouis IX en Egypte, de Lemoyne (1790);\nCora et Alon^o, de Méhul (1791);\nCorisandre, de Langlé (1)\nA partir de cette époque, les trombones figurent à peu près dans toutes\nles partitions, surtout dans les ballets. Aussi, dans Bacchus et Ariane,\nballet mythologique s'il en fut, le compositeur Rochefort emploie très\nsouvent ses trois trombones.\nOrdinairement, dans les ouvrages plus sérieux, comme je le disais tout\nà l'heure, les trombonistes avaient leurs parties peu chargées ; ils pou-\nvaient très facilement se consacrer à d'autres fonctions et jouer du cor,\nde la trompette ou de la harpe, comme Braun, Sieber et Nau.\nJe vais citer un exemple qui montrera tout à la fois et la conscience\ndes compositeurs, et la bonne volonté exemplaire des symphonistes\n\n(i) Grand-père de notre sympathique confrère Fernand Langlé,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.32", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "de la génération qui nous a précédés. Nous trouvons, dans Daphnis et\nPandrose, de Méhul, la partie de trombones ainsi formulée :\nACTE PREMIER. —Du ier numéro au numéro 10, tacet. Numéro 11\n(lent, en la), deux rondes, puis trente-et-une mesures de pause.\nACTE 11. Jusqu'au numéro 19, tacet. Numéro 20 (allegro vivace),\ndix-neuf pauses. Andante : trois mesures de pause, point d'orgue.\nAllegro : soixante-quatorze mesures de pause. La mineur : douze\nmesures de pause» Ritournelle de violon : quatre mesures. Enfin, le\ntromboniste embouche son instrument; mais ce n'est que pour faire\nentendre quatre rondes et une noire fortissimo. Il attend cinq autres\nmesures, joue deux mesures et demie avec trois son rôle est\nterminé : dix notes chacun.\n« Ah! le beau temps que c'était là » pour les trombones!\n\nTH. DE LAJARTE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c022", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "80", "page_fin": "87", "image_debut": 33, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.6", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.33", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n'ART LYRIQUE. Traité complet de chant et de\ndéclamation lyrique, par E. DELLE SEDIE. La belle\net grande école italienne n'existe plus depuis long-\ntemps, et personne de la génération actuelle ne saurait\nse figurer combien étaient grands les talents de mes-\ndames Pasta, Malibran, Pisaroni, Méric-Lalande et\nSontag, ainsi que de cette brillante pléiade de chanteurs qui avaient\npour noms Galli , Pellegrini , Davide , Bordogni , Rubini , Ta m -\nburini et Lablache. Seul, parmi les hommes, M. Belle Sedie peut\naujourd'hui faire encore comprendre ce que fut le chant italien, à\nune époque où les études étaient sérieuses et où une belle voix\nsans travail n'avait que peu d'applaudissements à espérer d'un public\nrendu difficile et connaisseur par les artistes eux-mêmes ; épo-\nque où tous les chanteurs vocalisaient plus ou moins bien, et où\nTon savait apprécier l'immense parti qu'un ténor peut tirer de la voix\nde tête. C'est donc un heureux retour vers les saines traditions, et un\ngage d'un grand progrès pour l'avenir du chant, que promet une mé-\nthode méditée et écrite par cet excellent virtuose.\nSous le titre de l'Art lyrique, traité complet de chant et de décla-\nmation lyrique, M. Belle Sedie vient de publier l'un des plus importants\ntravaux qui aient jamais paru sur l'art du chant. Be même que dans\ntous les ouvrages théoriques, il a bien fallu traiter certains sujets qui\nl'ont déjà été des centaines de fois; mais la seconde partie de cette\nméthode, qui s'applique spécialement au chant dramatique, est toute\nnouvelle dans sa forme et paraît appelée à rendre de très grands services."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "M. Delle Sedie débute par des explications anatomiques sur la\nconformation des parties internes du corps où la voix prend naissance, et\nsur la manière dont le chanteur doit faire fonctionner ces parties. C'est\nM. le docteur Mandl qui lui a fourni ce travail. J'avoue, pour ma part,\nque je suis peu partisan de l'intervention de l'anatomie dans le talent\nd un chanteur. G est, je crois, Stéphen de la Madeleine, professeur de\nchant, non sans quelque mérite, qui, le premier, il y a une vingtaine\nd années, introduisit cette mode dans l'étude de l'art lyrique, dont\nn'avaient aucune idée les artistes du temps passé, qui cependant chan-\ntaient infiniment mieux que ceux d'aujourd'hui. Mais passons sur ce\nsacrifice que M. Delle Sedie a cru devoir faire à l'innocente manie du\nour. L'attaque du son est très remarquablement traitée. Au lieu de cette\nméthode fatigante de filer le son, qui consiste à donner la note très\npiano, à l'enfler et à la diminuer, M. Delle Sedie prescrit d'abord\nd'attaquer le son fort et de le diminuer, et ensuite de l'attaquer doux et\nde renfler, ce qui conduit au même but avec beaucoup plus de sûreté,\nd'autant que le même moyen est appliqué à des successions de deux et\nde trois noies. La fusion des registres occupe une place importante\ndans ce traité. L'intonation, l'homogénéité dans l'émission des sons et\nles divers exercices du chant sont parfaitement développés dans une foule\nd'exemples ; mais peut-être me sera-t-il permis ici de faire observer que\nM. Delle Sedie compte un peu trop sur les moyens pécuniaires de ses\nélèves en leur recommandant de travailler, outre sa propre méthode, les\nvocalises de Danzi et d'Alary, et les exercices de Garcia et de madame\nDamoreau.\nJ'ai hâte d'arriver à la partie la plus importante de ce remarquable\ntraité. La manière de corriger les imperfections de la voix en est l'intro-\nduction, car ce sujet n'avait jamais été abordé. Les études et les exercices\nexpressément composés par M. Delle Sedie pour parvenir à ce résultat\nsont savamment combinés, et il est très consolant pour les élèves d'ap-\nprendre que les défauts mêmes de leur organe pourront plus d'une fois\nleur servir pour produire des effets dramatiques.\nL'analyse et l'interprétation des rôles sont, de toute la méthode de\nM, Delle Sedie, ce qui peut le plus puissamment contribuer à former de\ngrands artistes. Aussi n'est-il pas de soins qu'il ne se soit donnés pour faire\npasser dans l'esprit et dans l'âme des chanteurs, les profondes ressources\nque son talent lui a fait découvrir et mettre en pratique. Des signes\nplacés au-dessus des notes indiquent de la manière la plus ingénieuse\nnon-seulement l'expression et l'accent propre qu'il faut donner à chaque\nphrase ou parcelle de phrase d'un motif, mais encore le timbre spécial"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.35", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "de voix qui peut le mieux rendre le sentiment que l'âme éprouve, suivant\nles paroles que ces phrases sont censées exprimer. Cinq vocalises de\nla composition de M. Delle Sedie et quatre vocalises de Righini sont\nconsacrées à cette analyse. Et 1 analyse des vocalises de Righini offre\ncette particularité que, destinées à être chantées avec des sentiments tout\nopposés, selon les inflexions et les accents qui sont indiqués au-dessus\ndes notes, l'élève apprendra à donner au même morceau deux couleurs\nabsolument diverses.\nPassant ensuite de la musique sans paroles à de la musique faite expres-\nsément pour être chantée et déclamée, M. Delle Sedie analyse des airs et\ndes récitatifs des opéras les plus célèbres, en enseignant comment ils\ndoivent être exécutés avec le plus de perfection possible. De précieuses\nindications sont données sur 1 articulation, la diction et la prosodie, >_t\nl'ouvrage se termine par des extraits du Traité de mélodie, de Reicha,\noù cet illustre professeur montrait comment les grands chanteurs du\nsiècle dernier s'y prenaient pour broder les motifs, et ajouter aux gra-\ncieuses inspirations du compositeur celles de leur propre goût et de leui\nprofonde science de Part du chant.\nHenry Cohen.\nART MODERNE DU PIANO. 5o études de salon, moyenne force\net progressives, par MARMONTEL. —Tous les pianistes savent par cœur\nles belles et classiques études de Cramer, Moscheles, Kalkbrenner,\nBertini et H. Herz. Voici aujourd'hui M. Marmontel qui vient de faire\nparaître un recueil de cinquante études progressives et de moyenne force,\nqui ne le cèdent en rien à celles de ses illustres devanciers . ce qui\nprouve que quand on est excellent exécutant et qu'on est doué de\nl'heureuse faculté de faire éclore des idées musicales, la création de ce\ngenre de musique, nommé Études, est une mine inépuisable, qui peut\ndonner autant de gloire à son auteur que n'importe quelle œuvre\nd'imagination. Mais, contrairement aux produits de l'invention pure, il\nne suffit pas d'être bon compositeur, il faut encore s'être adonné à l'exer-\ncice, quelquefois agréable, mais bien plus souvent aride et ingrat du\nprofessorat, pour pouvoir écrire des Études qui soient en même temps"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.36", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "utiles et attrayantes. Les preuves de M. Marmontel comme professeur\nde premier ordre sont acquises depuis longtemps : aussi, nul ne s'éton-\nnera qu'il ait bien rempli la première de ces deux conditions. Quant à\nla seconde, il suffira d'essayer ces études soi-même ou de les entendre\nJouer, pour être convaincu que jamais l'ennui ne s'emparera des élèves\nqui voudront bien leur consacrer leurs veilles.\nBertini, le premier, avait compris qu'il faut souvent cacher sous des\nfleurs ce que la sévérité du travail peut offrir de rebutant : car les études\npurement classiques de Cramer n'auraient peut-être pas grande chance de\nréussite aujourd'hui. Mais, une fois la route tracée, les compositeurs-pia-\nnistes n ont plus regardé en arrière. Les études sont devenues de véritables\nrécréations, et M. Marmontel a dramatisé le genre, si je puis m'expri-\nmei ainsi. Sans jamais sortir du vrai cadre de 1 Qtuds, dont le but est\nde perfectionner l'exécution, on ne peut rien entendre de plus passionné\nque celle qui ouvre la marche, ni de plus vaporeux et en même temps\nde plus pathétique que la 41e. Le poète qui voudrait placer des vers\nsous la 36 auiait la tâche facile. La musique exprime à merveille les\nreproches d'une amante abandonnée. Elle commence par une plainte\ndouloureuse, que rend admirablement un beau motif syncopé. S'exal-\ntant par moments, elle retombe ensuite et retourne enfin à sa première\nplainte, en baissant la voix, qui finit par s'éteindre tout à fait. La\n451 étude est une composition magistrale. C'est une sorte de marche\nfunèbre d'un superbe développement. La main droite débute par un\nchant sévere et sombre que bientôt la main gauche semble accom—\npagner par un roulement de tambours voiles. Le ton de dièse mineur,\nen même temps lugubre et éclatant, est parfaitement approprié au\ncaractère du morceau. On voit que sous tous les rapports le Recueil\nd Étuues de M. Maimontel est une oeuvre hors ligne, et je ne dois pas\nnon plus oublier de faire ressortir la magnificence de l'édition.\nH. C.\nTRAITÉ D'INSTRUMENTATION APPLIQUÉ AUX OR-\nCHESTRES D'INSTRUMENTS A VENT, par LÉON DETHOU.\nSous ce titre, M. Léon Dethou a écrit un ouvrage qui sera surtout utile"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.37", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "à ceux qui habitent en dehors des grands centres, parce qu'il renferme\ntous les renseignements nécessaires aux compositeurs, chefs et exécu-\ntants de musique militaire. Ces connaissances indispensables ne se\ntrouvent que dans les grands traités de Berlioz, Kastner et Gevaërt,\nqu'on est loin de rencontrer partout, soit à cause de l'élévation de leur\nprix, soit à cause de l'insouciance trop fréquente chez les habitants de la\nprovince. L'étendue de tous les instruments à vent y est donnée dans le\nplus grand détail, avec le tableau des traits qu'il est bon d'éviter tout à\nfait, ou clu moins de ne pas trop prodiguer, lorsqu'on écrit pour certains\nd'entre eux. Un autre point très essentiel, c'est que la nature du timbre\nde chaque instrument, surtout de ceux qu'on n'entend pas tous les jours,\nle plus ou moins de difficultés que présente leur exécution, et l'effet\nqu'on en peut tirer sont très exactement et clairement expliqués. Peut-\nêtre M. Dethou aurait-il pu se dispenser de parler de certains instru-\nments de cuivre qui existent, mais qui 11e sont point employés, tels que\nla clarinette contre-basse, le trombone basse, etc., parce que les jeunes\ncompositeurs qui, en général, ne rêvent qu'effets d'orchestre, pour-\nraient être tentés d'écrire pour des instruments qui, neuf fois sur dix,\nleur manqueront au jour de l'exécution ; mais cette légère critique n'en-\nlève rien à l'utilité incontestable du traité de M. Dethou*\nH. G\nDE L'AVENIR DES THÉORIES MUSICALES, par M. ANATOLE\nLOQUIN. —Un de nos musicologues les plus érudits, M. Anatole\nLoquin, qui, sous la signature de Paul Lavigne, tient avec autorité le\nfeuilleton musical de la Gironde, a prononcé, le 3 avril à l'Aca-\ndémie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, un discours de\nréception plein d'aperçus ingénieux et d'idées neuves. Nous extrayons\nde ce discours,qui a pour titre «De Tavenir des théories musicales, » les\npassages suivants :\nLes compositeurs, au lieu de se fatiguer la tête à apprendre de prétendus\nprincipes qui ne peuvent que les éloigner du but vers lequel ils tendent, une.\nfois qu'ils ont la mémoire meublée des grands modèles les vrais, les seuls\nmaîtres, ceux-là ! et qu'ils connaissent et pratiquent l'art de créer des"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.38", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "mélodies et des accompagnements, de la même manière que les enfants con-\nnaissent et pratiquent le langage (par instinct et par pure routine) ; les com-\npositeurs, dis-je, feraient mille fois mieux de s'abandonner tout franchement\nà leur génie créateur, en prenant leur goût personnel pour guide constant, et\nleur seule fantaisie pour règle unique. En un mot, et c'est là où je veux en\nvenir, la théorie n'est pas faite pour le praticien, qui ne doit jamais se rendre\nun compte exact de ce qu'il fait, sous peine de voir sa libre inspiration se\nrefroidir, et son talent, finalement, Vabandonner.\nDe même que l'enfant parle avant d'avoir appris la grammaire et emploie\nles verbes aux temps les plus difficiles, en créant même couramment des\nformes nouvelles et inusitées, plus logiques et plus régulières, la plupart du\ntemps, que celles qui ont prévalu; de même aussi le compositeur ignore quels\nmécanismes réguliers il met en jeu lorsque, dans ses créations, il fait usage,\npar pur instinct, de compositions tonales et rhythmiques souvent très compli-\nquées. Et je mets hardiment en fait que le jour où il arriverait à le savoir, il\ntomberait dans la recherche et le pédantisme, cesserait d'être libre et perdrait\nbien vite son imagination et sa spontanéité.\nAprès diverses considérations sur l'étude de Y harmonie et de la tona-\nlité, sur le rhythme, sur les origines de la musique religieuse; après le\nmonument traditionnel écrit, M. Loquin parle des traditions orales du\nchant populaire, aussi caractéristiques, aussi curieuses, aussi impor-\ntantes dans leur genre que les traditions écrites :\nLe vaste recueil, dit-il, de nos chants populaires français est encore une\nde ces œuvres gigantesques qui ne peut être entreprise qu'en commun, par\nune association dévouée d'hommes possédant des connaissances spéciales et\nvariées, et se recrutant tous les jours parmi les plus capables et les plus ins-\ntruits. J'entends une œuvre de science, d'archéologie et d'érudition avant\ntout, et non une collection d'albums, de livres de fantaisie, de keapsakes de\nsalon, ornés de vignettes ridicules et d'accompagnements de piano déplo-\nrables. Pour dire même ici toute notre pensée, l'entreprise que nous rêvons\nserait tout à fait comparable à Y Histoire littéraire de la France, commencée\nau siècle dernier par les Bénédictins et continuée de nos jours, avec une\nprudente et sage lenteur, par une commission de membres de l'Académie des\nInscriptions. Un ministre de l'instruction publique eut, en 1852, l'idée pré-\nmaturée de faire commencer ce recueil général; mais ceux qui en furent\nchargés, parmi lesquels il y avait cependant des érudits de premier ordre,\nsuccombèrent bientôt sous le poids d'une entreprise qui n'était pas propor-\ntionnée à leurs forces. Que l'on publie d'abord les collections des chants\nspéciaux à telles et telles de nos provinces. Le travail d'ensemble ne pourra"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.39", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2755, "texte": "venir qu'après que tous les chercheurs, dans chaque département, auront\ndepuis longtemps dit leur dernier mot.\nDéjà l'on commence , de tous côtés , à s'occuper de collectionner nos\nchants populaires anciens et modernes, citadins et ruraux. MM. de la Ville-\nmarqué, de Coussemaker, Frédéric Rivarès, J.-B. Wekerlin, Du Mersan,\nGérard de Nerval, Francisque Michel, Leroux de Lincy, J.-D.-J. Sallaberry,\nArmand Guéraud, Damase Arbaud, Max Buchon, Prosper Tarbé, Jérôme\nBujeaud et plusieurs autres ont déjà déblayé de nombreux terrains partiels et\npublié des travaux de détail importants,jalons bien précieux, et qui seront\nd'une valeur inestimable pour les érudits qui tenteront en société, quand le\nmoment sera venu, la formation savante et définitive du recueil unique et\ngénéral. Il est seulement à regretter que la majorité des auteurs que nous\nvenons de citer se soient plus occupés de la poésie que du chant, des paroles,\ncomme on dit, que de la musique.\nLa recherche des origines et des textes primitifs, celle des variantes et\ndes circonstances qui ont présidé à leur formation, constituent une vaste\nsérie d'études, d'un haut et puissant intérêt. Une phrase de chant, en passant\nde bouche en bouche, et grâce à des lois curieuses à analyser de près, devient\nforcément tout autre. Telle période mélodique finit par s'oxyder, lorsqu'elle\nreste longtemps au contact du courant populaire. Car la masse, elle aussi,\nentre souvent pour beaucoup dans la composition de ces chants, sans en avoir\nconscience, en transformant (et transformer d'instinct, n'est-ce pas com-\nposer?) les passages, trop difficiles d'intonation pour elle, en d'autres plus\nfaciles, d'après des lois aussi certaines que celles de la phonétique; lois dont\n011 pourra un jour prévoir l'action à l'avance, bien qu'elles doivent, d'ailleurs,\nvarier sensiblement avec les époques et les localités, les tonalités et les\nraces.\nLa conclusion de ces considérations, c'est que de telles recherches (qui\nparaîtront sans doute bien futiles à certains indifférents) exigent, pour être\nfaites sérieusement et complètement, des travailleurs érudits, en très grand\nnombre, armés et cuirassés à l'avance d'une patience de Bénédictins. Le\nrecueil de nos mélodies nationales et populaires ne pourra donc exister un\njour, que par suite d'efforts nombreux et souvent réitérés. On remarquera\npeut-être que je ne parle ici que de nos chants populaires français : c'est à\nchaque peuple, en effet, de s'occuper des siens en particulier»\nM. Loquin résume enfin l'étude rapide qu'il a faite sur tant de sujets\ndifférents et conclut en ces termes :\nMieux partagés que nos devanciers, nous commençons à avoir enfin\nconscience du but vers lequel nous nous dirigeons. Le phare consolateur,"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.40", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 869, "texte": "sans doute, paraît encore bien éloigné; n'importe! nous l'apercevons, par\nintervalles, briller à l'horizon à travers les tourmentes et les rafales de la\ntempête. Nous n'entrerons pas nous-mêmes dans la terre promise, nous le\nsavons; mais nous aurons du moins préparé, de loin, la voie à ceux qui en\nprendront un jour possession pleine et entière; nous avons d'ailleurs d'ores\net déjà, sur notre route, bien des fruits savoureux à cueillir; et je me sens\nheureux et fier, pour ma part, de vivre dans ce glorieux dix-neuvième siècle,\nqui, dans Tordre physique comme dans l'ordre intellectuel, et en dépit\ndes efforts en sens contraire de quelques retardataires qu'il faut plaindre, car\nils sont de bonne foi, a renouvelé la face de la Science; et pendant lequel\nnous voyons, tous les jours, tant de belles, de grandes et de nobles choses\ns'accomplir.\nV. M."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c029", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "88", "page_fin": "89", "image_debut": 41, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.7", "titre_corps": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "titre_sommaire": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "signature_source": "ARTHUR HEULHARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nTHÉATRE-VENTADOUR : Borgia. Mesdames Pozzoni et Emiliani\n[MM. Anastasi, Romani, Soto.\nE Théâtre-Ventadour s'est ouvert par Bor-\ngia, en attendant l'échéance des représentations\nfrançaises, fixée au ier janvier 1875.\nL'intérêt que m'inspire la difficile entreprise de\nM. Bagier, me commande une imperturbable fran-\nchise d'appréciation. Je ne comprends pas qu^une\ndirection nouvelle, qui tient à honneur de réparer les piperies de l'an-\ncienne, ait inauguré par Lucrezia Borgia le cours des représentations\nitaliennes. Artistiquement et administrativement, on ne pouvait être\nplus mal conseillé.\nBorgia, œuvre très secondaire de l'œuvre de Donizetti, n'a\nplus les sympathies de la génération présente. Je ne poursuis pas une\nenquête de commodo et incommodo : je constate purement et simple-\nment un fait qui ne me paraît pas niable. Cette partition dolosive est à\nla fois condamnée par la critique et par l'abonné,, sur lequel elle n'exerce\nplus aucune attraction. Ceux qui sont morts sont morts, laissons en\npaix leur cendre.\nPour ramener l'attention du public sur le Théâtre-Italien, il faut\nfrapper un grand coup et se décider à rompre avec le système des\nreprises.\nIl faut, sous peine de sombrer fatalement, fournir au dilettantisme\n;parisien le contingent d'opéras contemporains qui lui revient de droit\net que sa curiosité réclame avec insistance.\nIl faut que le goût le plus sévère préside au choix des pièces qui\nconstituent le fond du répertoire. Il faut se séparer résolument de\ntoutes celles qui ternissent, par leurs banalités outrées, la gloire sécu-\nlaire de Vécole italienne, et rien garder absolument que la fleur."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.42", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "Il faut, enfin, que Vinterprétation ne soit jamais outrageante pour\nla mémoire des maîtres, et surtout, quelle ne puisse etre exploitée\ncontre la musique italienne par ses nombreux détracteurs.\nJe sais pas encore dans quelle voie M. Bagier est décidé à se lancer.\nIl ne serait pas honnête de préjuger le sort de sa direction, et je ne veux\npas lui faire l'application rigoureuse de ces principes qui doivent, à mon\npoint de vue, régir impérieusement l'exploitation du Théâtre-Venta-\ndour, considéré comme scène italienne. Et pourtant, je crois fermement\nqu'en ouvrant par Borgia, il a dû céder, soit à une précipita-\ntion regrettable, soit à une fantaisie d'artiste compromettante.\nLes cantatrices les plus célèbres, entre autres la Grisi, la Frezzolini, la\nPenco et la Krauss, se sont senties attirées vers le rôle de Lucrèce Borgia.\nLes mêmes instincts de femme et d'artiste ont dirigé la volonté de\nmadame Pozzoni, qui s'est présentée aux Parisiens sous ce même\nmasque. Madame Pozzoni a du tempérament et même du talent. Sa\nvoix de soprano est chaude, vibrante, vaillante, et quoi qu'on ait dit, elle\nest jeune. Seulement, la cantatrice en abuse et la mène à bride abattue.\nLa note est trop souvent remplacée par le cri. A ce moment, l'oreille est\nl'objet d'une illusion fâcheuse : l'organe a l'air fatigué, usé, vieilli; il\nn'est que surmené. Tout me porte à croire que la réflexion, et l'habitude\ndu public français guériront madame Pozzoni des fréquents abus qu'elle\nfait de ses forces vocales, car elle est excellente musicienne. Ajoutons que\nsa physionomie est pleine de passion et de mobilité, que son geste est\ndramatique, et que ses défauts les plus saillants proviennent plutôt de\nqualités mal pondérées que de facultés mal organisées.\nLe ténor Anastasi possède une voix longue, sèche et rébarbative\ncomme une Anglaise sexagénaire; il a néanmoins un mérite : il ne donne\npas d'inquiétudes. M. Romani, basse chantante, a dû rendre à\nM. Giraudet le rôle d'Alphonse d'Esté qu'il n'a chanté qu'une fois. Ce\nchiffre impair ne me plaît pas moins qu'aux dieux. Soto, que nous avons\nsi souvent applaudi à l'Athénée, se drape avec beaucoup de relief dans le\nmanteau de Gubetta, le vieux complice. Le contralto, mademoiselle\nÉmiliani, s'est fait bisser son brindisi du troisième acte. Qui expliquera\njamais les caprices du public de la salle Ventadour?\nL'orchestre reste toujours confié à M. Vianesi, dont le bras terrible\ncrée peu de loisirs aux fanatiques du point d'orgue.\n\nARTHUR HEULHARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c033", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "90", "page_fin": "96", "image_debut": 43, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.8", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles\n\nFAITS DIVERS\nIMANCHE dernier, l'Opéra a donné une brillante représenta-\ntion des Huguenots, au bénéfice des Alsaciens-Lorrains.\nCette représentation, placée sous le patronage de madame\nde Mac-Mahon, tirait son principal attrait des débuts à\nParis de madame Adelina Patti, dans un rôle du réper-\ntoire français. M. Arthur Heulhard dira à nos lecteurs,\ndans notre prochain numéro, son avis sur cet essai de la célèbre cantatrice\nqui chantera aussi, prochainement, le rôle de Marguerite de Faust,\nMadame Patti a débuté dans la carrière lyrique avec le quatrième acte des\nHuguenots, chanté en français, à la Nouvelle-Orléans. C'était, raconte\nFEnlrActe, dans une représentation au bénéfice du ténor Mathieu, qui avait\ntiré d'embarras le directeur de l'Opéra Orléanais, privé inopinément de sa\npremière chanteuse, en lui faisant engager une toute jeune fille dont l'éduca-\ntion musicale était à peine faite, et à qui cependant sa rare intelligence et ses\nmoyens vocaux extraordinaires pouvaient tenir lieu d'expérience. Bien en\nprit à l'imprésario, car le succès obtenu par la jeune Patti fut immense, et il\nput terminer brillamment et fructueusement sa campagne. Peu de jours après\navoir débuté dans Lucia, qu'elle chantait en italien, Adelina joua le qua-\ntrième acte des Huguenots en français avec l'artiste qui lui avait procuré son\npremier engagement. Il y a quatorze ans qu'elle osa, pour la première fois,\ns'attaquer à cette grande page lyrique.\nDisons, pour terminer, que cette représentation extraordinaire, à laquelle\nassistait le Président de la République, a produit, en chiffres ronds, 38,000 fr.\ns\nLa maison Henry Lemoine se propose de publier sous peu, par sous-\ncription et par livraison, les œuvres complètes sur le chant (théorie et pra-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.44", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2158, "texte": "tique) de M. Stéphen de la Madelaine, un de nos chanteurs et de nos pro-\nfesseurs les plus distingués (mort en 1860).\nCet ouvrage,approuvé par l'Institut de France (section delà musique),\napprouvé également par le Conservatoire de Paris, ainsi que par tous les Con-\nservatoires de 1 Europe, sera publié en six mois, par livraisons, paraissant une\nfois par semaine. L ouvrage formera deux beaux volumes, format Lemoine,\nd une valeur de 15 francs chacun.\nLe ministère de l'instruction publique a demandé à plusieurs directeurs\nde théâtres lyriques la liste complète du répertoire moderne.\nVoici cette liste, avec la date des représentations :\nLe Barbier de Séville, de Rossini, donné en 1816, à Rome.\nOtello, de Rossini, donné en 1816, à Rome.\nGaçça Ladra, de Rossini, donnée en 1817, à Rome.\nFreischîltde Weber, donné en 1821, à Berlin.\nSemiramide, de Rossini, donnée en 1823, à Venise.\nObéron, de Weber, donné en 1826, à Londres.\nMoïse, de Rossini, donné en 1827, à d'abord à Naples.\nLa Muette de Portici, d'Auber, donnée en 1828, à Paris.\nLa Straniera, de Bellini, donnée en 1828, à Milan.\nGuillaume Tell, de Rossini, donné en 1829, à Paris.\nLa Vestale, de Pacini, donnée en i83o, à Rome.\nAnna Bolena, de Donizetti, donnée en I83I, à Milan.\nLa Sonnambula, de Bellini, donnée en 1831, à Milan.\nNorma, de Bellini, donnée en I83I, à Milan.\nChiara di Rosemberg, de Ricci, donnée en 1831, à Milan.\nRobert-le-Diable, de Meyerbeer, donné en 1831, à Paris.\nBéatrice di Tenda, de Bellini, donnée en I832, à Milan.\nL'Elis ire d'Amore, de Donizetti, donné en i832,à Naples.\nTorquato Tasso, de Donizetti, donné en 1833, à Rome.\nLe Nouveau Figaro, de Ricci, donné en 1833, à Milan.\nLucrepa Borgia,de Donizetti, donnée en 1833, à Milan.\nGemma di Vergy, de Donizetti, donnée en 1834, à Milan.\nI Puritani, de Bellini, donnée en 1834, à Paris.\nIJna Aventura di Scaramueia, de Ricci, donnée en 1834, à Paris.\nErari due Or a sono tre, de Ricci, donné en 1834, à Turin.\nLa Juive, d'Halévy, donnée en i835, à Paris.\nMarino Faliero, de Donizetti, donnée en i835, à Paris.\nLucia, de Donizetti, donnée en 1835, à Naples.\nLes Huguenots, de Meyerbeer, donnés en i836, à Paris."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "Crispino e la Comare, des frères Ricci, donné en 1837, à Naples.\nBelisario, de Donizetti, donné en 1836, à Venise.\nRoberto Devereux, de Donizetti, donné en 1837, à Napies.\nIl Giuramento, de Mercadante, donné en 1838, à Naples.\nMaria di Rudens, de Donizetti, donnée en 1838, à Venise.\nI Due Illustre Rivale, de Donizetti, donnés en 1839, à Venise.\nPoliuto, de Donizetti, donné en 1840, à Turin.\nII Templario, de Nicolaï, donné en 1840, à Turin.\nLa Fille du Régiment, de Donizetti, donnée en 1840, à Paris.\nLa Favorite, de Donizetti, donnée en 1840, à Paris.\nLinda di Chamounix, de Donizetti, donnée en 1844, à Vienne»\nNabucco, de Verdi, donné en 1842, à Milan.\nSaffo, de Pacini, donnée en 1842, à Milan.\nSaiïl, de Buzzi, donné en 1841, à Vienne.\nI Lombardi, de Verdi, donnés en 1843, à Milan.\nDon Pasquale, de Donizetti, donné en 1843, à Paris.\nMaria di Rohan, de Donizetti, donnée en 1843, à Vienne.\nDon Sébastien, de Donizetti, donné en 1843, à Paris.\nErnani, de Verdi, donné en 1844, à Venise.\nLa Corsa, Pacini, donnée en 1844, à Florence.\nI Due Foscari, de Verdi, donnés en 1844, à Rome.\nStradella, de Flotow, donnée en 1844, à Hambourg.\nAttila, de Verdi, donné en 1846, à Venise.\nMacbeth, de Verdi, donnée en 1847, à Florence.\nGiovanna d'Arco, de Verdi, donnée en 1847, à Milan.\nMarta, de Flotow, donnée en 1847, à Vienne.\nJone, de Petrella, donné en 1848, à Milan.\nLe Prophète, de Meyerbeer, donné en 1849, à Paris.\nDon Bucefalo, de Cagnoni, donné en 1848, à Milan.\nTutti in Maschera, de Pedrotti.\nLuisa Miller, de Verdi, donnée en 1849, à Naples.\nRigoletto, de Verdi, donné en i85i, à Venise.\nII Trovaiore, de Verdi, donné en i852, à Rome.\nLa Traviata, de Verdi, donnée en 1853, à Venise.\n— M. Humbert, directeur du théâtre des Galeries Saint - Hubert, à\nBruxelles, va faire jouer prochainement une opérette de MM. Bocage, Du-\nbreuil et Gœdès, intitulée le Clair de Lune.\n— Nous trouvons dans le Figaro le nom des chanteuses qui ont joué à"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.46", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "l'Opéra le rôle de Valentine, depuis la première représentation des Hugue-\nnots, jusqu'à nos jours.\nLes voici par ordre de date :\n29 Février 1836. — Première représentation, Mademoiselle Falcon;\n1838. — Madame Stolz;\n1840. — Madame Nathan Treillet;\n16 Août 1842. — Mademoiselle Méquillet;\ni3 Janvier 1845. — Mademoiselle de Beaussire;\n10 Août 1846. — Mademoiselle Rabi;\n1847. — Mademoiselle Dammeron ;\n1849. —. Mademoiselle de la Morlière;\n16 Février 1854. — Mademoiselle Cruvelli ;\n1856. — Mademoiselle Moreau-Sainti;\nier Octobre 1858. — Madame Barbot;\n1859. — Madame Laforêt;\n16 Janvier 1860. — Mademoiselle Brunet;\n26 Août 1863. — Madame Tietjens;\n1864. — Marie Sasse;\n3i Juillet 1865. — Mademoiselle Lichtmay;\n1866. — Mélanie Reboux;\n1868. — Madame Hisson;\n1872. — Ferruci;\nEnfin Madame Gueymard qui a toujours chanté le rôle et le chante encore.\nIl n'y a que la Falcon, Madame Stolz, Madame Nathan Treillet, la Cruvelli\net Marie Sasse, qui y aient laissé un grand souvenir.\nUn détail curieux que fournit le costumier de l'Opéra.\nLe premier costume de Valentine est, selon la tradition, un costume de\nvelours grenat. Deux cantatrices seulement ont fait infraction à la règle :\nmadame Cruvelli, qui avait fourni elle-même son costume, une robe de satin\ngris avec crevés cerise, et mademoiselle Dammeron, qui avait perdu sa mère\nquelques jours avant ses débuts dans Valentine et joua le rôle en noir !\n— Les examens pour l'admission aux classes du Conservatoire ont com-\nmencé par le concours de chant (hommes). Ils continueront dans Tordre sui-\nvant :\n16 Chant (femmes).\n22 Déclamation dramatique (hommes et femmes).\nPiano (hommes et femmes).\n29 Violoncelle et violon."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "NOUVELLES\n\nARIS. Opéra. Madame Adelina Patti, après avoir interprété\ntrois fois le rôle de Valentine des Huguenots, paraîtra dimanche et\nmercredi prochains dans celui de Marguerite de Faust.\nM. Halanzier vient d'engager une jeune cantatrice, mademoiselle\nSaville, élève de M. Jules Cohen. Elle débutera prochainement par le Trou-\nvère, puis elle chantera dans les Huguenots. Mademoiselle Saville a déjà\nappartenu à l'Opéra, mais en qualité d'élève danseuse.\nLe jeune ténor Vergnet continuera ses débuts par le rôle d'Ottavio de\nDon Juan. On prête au directeur de l'Opéra l'intention de reprendre le Comte\nOr y pour M. Vergnet.\nLe premier ballet que montera le nouvel Opéra sera pour le sujet de\nM. Jules Barbier, de M. Mérante pour la partie chorégraphique. M. Léo\nDelibes est chargé de la musique de ce ballet, qui a pour titre : Sylviaou la\nNymphe de Diane.\nThéâtre-Ventadour (Italiens). Le nouveau directeur, M. Bagier, a choisi,\npour inaugurer son théâtre, Borgia, dont nos lecteurs trouveront\ndans ce numéro un compte-rendu spécial. Samedi prochain, on donnera, avec\nmadame Pozzoni, la Traviata, pour les débuts de M. Verati, ténor, et de\nM. Rinaldi, baryton.\nJeudi, 22 octobre, première représentation de un Ballo in maschera, chanté\npar madame Pozzoni; M. Anastasi, ténor, et Fagotti, baryton; mademoiselle\nOrmeni, contralto, et mademoiselle Sarni.\nPuis viendront les débuts de mademoiselle Sebel dans Crispino e la\nComare et Marta.\nIl Trovatore) avec mademoiselle Lamare, élève de notre Conser*\nvatoire, et Otello pour madame Pozzoni, MM. Verati, Fernando, Giraudet,\net Ribaldi.\nOpéra-Comique. M. Du Locle va mettre à l'étude les Amoureux de\nCatherine, poème de M.Jules Barbier, musique de M. Henri Maréchal, prix\nde Rome de 1870,\n—■ Nous avons donné, dans notre numéro du i 5 septembre, la distribution"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.48", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "de Mireille, dont la première représentation est prochaine. 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Il\ndonnera un Concert instrumental tous les dimanches et un Concert avec\nchœurs, par chaque série de huit Concerts.\nL'Association dont M. Colonne est le président, est placée sous le patronage\nde membres honoraires dont la cotisation annuelle est fixée à un minimum\nde 25 francs. Les membres honoraires ont le droit d'assister à la répétition\ngénérale de chaque Concert. Quoique la souscription ne doive être ouverte\nofficiellement que le i 5 octobre, on compte déjà parmi les adhérents :\nMadame Pauline Viardot ;\nVicomtesse de Grandval ;\nMadame Galli-Marié;\nMadame R. Laborde ;\nMadame Gérard;\nMadame veuve Schaeffer\nM. et madame SchasfFer,\nMadame Oulmon;\nMadame Salvador ;\nMadame C. Saint-Satins ;\nM, G. Mathias ;\nMM. Durand et Schœneverk.\nConcerts populaires. Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro,\nl'ouverture des Concerts populaires sous la direction de M. Pasdeloup. 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Peu de jours après\navoir débuté dans Lucia, qu'elle chantait en italien, Adelina joua le qua-\ntrième acte des Huguenots en français avec l'artiste qui lui avait procuré son\npremier engagement. Il y a quatorze ans qu'elle osa, pour la première fois,\ns'attaquer à cette grande page lyrique.\nDisons, pour terminer, que cette représentation extraordinaire, à laquelle\nassistait le Président de la République, a produit, en chiffres ronds, 38,000 fr.\ns\nLa maison Henry Lemoine se propose de publier sous peu, par sous-\ncription et par livraison, les œuvres complètes sur le chant (théorie et pra-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.44", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2158, "texte": "tique) de M. Stéphen de la Madelaine, un de nos chanteurs et de nos pro-\nfesseurs les plus distingués (mort en 1860).\nCet ouvrage,approuvé par l'Institut de France (section delà musique),\napprouvé également par le Conservatoire de Paris, ainsi que par tous les Con-\nservatoires de 1 Europe, sera publié en six mois, par livraisons, paraissant une\nfois par semaine. L ouvrage formera deux beaux volumes, format Lemoine,\nd une valeur de 15 francs chacun.\nLe ministère de l'instruction publique a demandé à plusieurs directeurs\nde théâtres lyriques la liste complète du répertoire moderne.\nVoici cette liste, avec la date des représentations :\nLe Barbier de Séville, de Rossini, donné en 1816, à Rome.\nOtello, de Rossini, donné en 1816, à Rome.\nGaçça Ladra, de Rossini, donnée en 1817, à Rome.\nFreischîltde Weber, donné en 1821, à Berlin.\nSemiramide, de Rossini, donnée en 1823, à Venise.\nObéron, de Weber, donné en 1826, à Londres.\nMoïse, de Rossini, donné en 1827, à d'abord à Naples.\nLa Muette de Portici, d'Auber, donnée en 1828, à Paris.\nLa Straniera, de Bellini, donnée en 1828, à Milan.\nGuillaume Tell, de Rossini, donné en 1829, à Paris.\nLa Vestale, de Pacini, donnée en i83o, à Rome.\nAnna Bolena, de Donizetti, donnée en I83I, à Milan.\nLa Sonnambula, de Bellini, donnée en 1831, à Milan.\nNorma, de Bellini, donnée en I83I, à Milan.\nChiara di Rosemberg, de Ricci, donnée en 1831, à Milan.\nRobert-le-Diable, de Meyerbeer, donné en 1831, à Paris.\nBéatrice di Tenda, de Bellini, donnée en I832, à Milan.\nL'Elis ire d'Amore, de Donizetti, donné en i832,à Naples.\nTorquato Tasso, de Donizetti, donné en 1833, à Rome.\nLe Nouveau Figaro, de Ricci, donné en 1833, à Milan.\nLucrepa Borgia,de Donizetti, donnée en 1833, à Milan.\nGemma di Vergy, de Donizetti, donnée en 1834, à Milan.\nI Puritani, de Bellini, donnée en 1834, à Paris.\nIJna Aventura di Scaramueia, de Ricci, donnée en 1834, à Paris.\nErari due Or a sono tre, de Ricci, donné en 1834, à Turin.\nLa Juive, d'Halévy, donnée en i835, à Paris.\nMarino Faliero, de Donizetti, donnée en i835, à Paris.\nLucia, de Donizetti, donnée en 1835, à Naples.\nLes Huguenots, de Meyerbeer, donnés en i836, à Paris."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "Crispino e la Comare, des frères Ricci, donné en 1837, à Naples.\nBelisario, de Donizetti, donné en 1836, à Venise.\nRoberto Devereux, de Donizetti, donné en 1837, à Napies.\nIl Giuramento, de Mercadante, donné en 1838, à Naples.\nMaria di Rudens, de Donizetti, donnée en 1838, à Venise.\nI Due Illustre Rivale, de Donizetti, donnés en 1839, à Venise.\nPoliuto, de Donizetti, donné en 1840, à Turin.\nII Templario, de Nicolaï, donné en 1840, à Turin.\nLa Fille du Régiment, de Donizetti, donnée en 1840, à Paris.\nLa Favorite, de Donizetti, donnée en 1840, à Paris.\nLinda di Chamounix, de Donizetti, donnée en 1844, à Vienne»\nNabucco, de Verdi, donné en 1842, à Milan.\nSaffo, de Pacini, donnée en 1842, à Milan.\nSaiïl, de Buzzi, donné en 1841, à Vienne.\nI Lombardi, de Verdi, donnés en 1843, à Milan.\nDon Pasquale, de Donizetti, donné en 1843, à Paris.\nMaria di Rohan, de Donizetti, donnée en 1843, à Vienne.\nDon Sébastien, de Donizetti, donné en 1843, à Paris.\nErnani, de Verdi, donné en 1844, à Venise.\nLa Corsa, Pacini, donnée en 1844, à Florence.\nI Due Foscari, de Verdi, donnés en 1844, à Rome.\nStradella, de Flotow, donnée en 1844, à Hambourg.\nAttila, de Verdi, donné en 1846, à Venise.\nMacbeth, de Verdi, donnée en 1847, à Florence.\nGiovanna d'Arco, de Verdi, donnée en 1847, à Milan.\nMarta, de Flotow, donnée en 1847, à Vienne.\nJone, de Petrella, donné en 1848, à Milan.\nLe Prophète, de Meyerbeer, donné en 1849, à Paris.\nDon Bucefalo, de Cagnoni, donné en 1848, à Milan.\nTutti in Maschera, de Pedrotti.\nLuisa Miller, de Verdi, donnée en 1849, à Naples.\nRigoletto, de Verdi, donné en i85i, à Venise.\nII Trovaiore, de Verdi, donné en i852, à Rome.\nLa Traviata, de Verdi, donnée en 1853, à Venise.\n— M. Humbert, directeur du théâtre des Galeries Saint - Hubert, à\nBruxelles, va faire jouer prochainement une opérette de MM. Bocage, Du-\nbreuil et Gœdès, intitulée le Clair de Lune.\n— Nous trouvons dans le Figaro le nom des chanteuses qui ont joué à"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.46", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "l'Opéra le rôle de Valentine, depuis la première représentation des Hugue-\nnots, jusqu'à nos jours.\nLes voici par ordre de date :\n29 Février 1836. — Première représentation, Mademoiselle Falcon;\n1838. — Madame Stolz;\n1840. — Madame Nathan Treillet;\n16 Août 1842. — Mademoiselle Méquillet;\ni3 Janvier 1845. — Mademoiselle de Beaussire;\n10 Août 1846. — Mademoiselle Rabi;\n1847. — Mademoiselle Dammeron ;\n1849. —. Mademoiselle de la Morlière;\n16 Février 1854. — Mademoiselle Cruvelli ;\n1856. — Mademoiselle Moreau-Sainti;\nier Octobre 1858. — Madame Barbot;\n1859. — Madame Laforêt;\n16 Janvier 1860. — Mademoiselle Brunet;\n26 Août 1863. — Madame Tietjens;\n1864. — Marie Sasse;\n3i Juillet 1865. — Mademoiselle Lichtmay;\n1866. — Mélanie Reboux;\n1868. — Madame Hisson;\n1872. — Ferruci;\nEnfin Madame Gueymard qui a toujours chanté le rôle et le chante encore.\nIl n'y a que la Falcon, Madame Stolz, Madame Nathan Treillet, la Cruvelli\net Marie Sasse, qui y aient laissé un grand souvenir.\nUn détail curieux que fournit le costumier de l'Opéra.\nLe premier costume de Valentine est, selon la tradition, un costume de\nvelours grenat. Deux cantatrices seulement ont fait infraction à la règle :\nmadame Cruvelli, qui avait fourni elle-même son costume, une robe de satin\ngris avec crevés cerise, et mademoiselle Dammeron, qui avait perdu sa mère\nquelques jours avant ses débuts dans Valentine et joua le rôle en noir !\n— Les examens pour l'admission aux classes du Conservatoire ont com-\nmencé par le concours de chant (hommes). Ils continueront dans Tordre sui-\nvant :\n16 Chant (femmes).\n22 Déclamation dramatique (hommes et femmes).\nPiano (hommes et femmes).\n29 Violoncelle et violon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1874-10-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabc_1874-10-15_01#c038", "volume": "bmtnabc_1874-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "94", "page_fin": "96", "image_debut": 47, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.2.8.3", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia : Le Secrétaire de la Rédaction, O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "NOUVELLES\n\nARIS. Opéra. Madame Adelina Patti, après avoir interprété\ntrois fois le rôle de Valentine des Huguenots, paraîtra dimanche et\nmercredi prochains dans celui de Marguerite de Faust.\nM. Halanzier vient d'engager une jeune cantatrice, mademoiselle\nSaville, élève de M. Jules Cohen. Elle débutera prochainement par le Trou-\nvère, puis elle chantera dans les Huguenots. Mademoiselle Saville a déjà\nappartenu à l'Opéra, mais en qualité d'élève danseuse.\nLe jeune ténor Vergnet continuera ses débuts par le rôle d'Ottavio de\nDon Juan. On prête au directeur de l'Opéra l'intention de reprendre le Comte\nOr y pour M. Vergnet.\nLe premier ballet que montera le nouvel Opéra sera pour le sujet de\nM. Jules Barbier, de M. Mérante pour la partie chorégraphique. M. Léo\nDelibes est chargé de la musique de ce ballet, qui a pour titre : Sylviaou la\nNymphe de Diane.\nThéâtre-Ventadour (Italiens). Le nouveau directeur, M. Bagier, a choisi,\npour inaugurer son théâtre, Borgia, dont nos lecteurs trouveront\ndans ce numéro un compte-rendu spécial. Samedi prochain, on donnera, avec\nmadame Pozzoni, la Traviata, pour les débuts de M. Verati, ténor, et de\nM. Rinaldi, baryton.\nJeudi, 22 octobre, première représentation de un Ballo in maschera, chanté\npar madame Pozzoni; M. Anastasi, ténor, et Fagotti, baryton; mademoiselle\nOrmeni, contralto, et mademoiselle Sarni.\nPuis viendront les débuts de mademoiselle Sebel dans Crispino e la\nComare et Marta.\nIl Trovatore) avec mademoiselle Lamare, élève de notre Conser*\nvatoire, et Otello pour madame Pozzoni, MM. Verati, Fernando, Giraudet,\net Ribaldi.\nOpéra-Comique. M. Du Locle va mettre à l'étude les Amoureux de\nCatherine, poème de M.Jules Barbier, musique de M. Henri Maréchal, prix\nde Rome de 1870,\n—■ Nous avons donné, dans notre numéro du i 5 septembre, la distribution"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.48", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "de Mireille, dont la première représentation est prochaine. Mademoiselle Lina\nBell, qui avait été chargée du rôle de Taven, sera remplacée par madame\nGalli-Marié, et mademoiselle Chevalier chantera le rôle de Vincenette.\nChâtelet (Opéra populaire). Les répétitions générales de l'opéra de\nM. Membrée, les Parias, marchent activement : la représentation d'ouverture\naura lieu vraisemblablement le 2 5 de ce mois.\nMM. Dufau, directeur de l'Opéra populaire, et Fischer, directeur de l'Am-\nbigu, viennent, dit-on, de signer un traité d'après lequel il y aurait fusion\nentre les deux théâtres.\nPalais-Royal. Le théâtre du Palais-Royal va reprendre prochainement\nDanaé et sa bonne, opérette en un acte, -paroles de Lefebvre et musique de\nSylvain Mangeant, chef d'orchestre du théâtre de Moscou.\nConcerts de l'Association artistique. La direction du théâtre du Châtelet\n(Opéra populaire) a renoncé à exploiter elle-même les Concerts du dimanche,\nM. E. Colonne, qui a formé une association de musiciens, a loué la salle. Il\ndonnera un Concert instrumental tous les dimanches et un Concert avec\nchœurs, par chaque série de huit Concerts.\nL'Association dont M. Colonne est le président, est placée sous le patronage\nde membres honoraires dont la cotisation annuelle est fixée à un minimum\nde 25 francs. Les membres honoraires ont le droit d'assister à la répétition\ngénérale de chaque Concert. Quoique la souscription ne doive être ouverte\nofficiellement que le i 5 octobre, on compte déjà parmi les adhérents :\nMadame Pauline Viardot ;\nVicomtesse de Grandval ;\nMadame Galli-Marié;\nMadame R. Laborde ;\nMadame Gérard;\nMadame veuve Schaeffer\nM. et madame SchasfFer,\nMadame Oulmon;\nMadame Salvador ;\nMadame C. Saint-Satins ;\nM, G. Mathias ;\nMM. Durand et Schœneverk.\nConcerts populaires. Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro,\nl'ouverture des Concerts populaires sous la direction de M. Pasdeloup. Voici\nle programme du premier Concert qui aura lieu le dimanche iS octobre :"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.49", "debut_caractere": 121, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "Symphonie héroïque BEETHOVEN.\nAllegro Marche funèbre Scherzo Finale.\nPrélude VERDI.\nSuite hongroise J. MASSENET.\nN° I. Entrée en forme de danse.\nN° 2. - Intermède\nN° 3. Adieux de la Fiancée.\nN° 4. Cortège, Bénédiction nuptiale et sortie de\nl'Église.\nPièces (1720), première audition, de S.BACH.\n/\nLe Songe d'une Nuit d'Eté •. MENDELSSOHN.\nAllegro appassionato Scherzo Nocturne\nMarche.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.1", "texte": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA\n\nE me suis demandé, en réunissant les notes que\nj'ai prises durant ma visite au nouvel Opéra, si\nj'avais chance d'intéresser. Je me suis immédia-\ntement reproché cette faiblesse et j'ai la convic-\ntion que le récit détaillé des progrès des tra-\nvaux du nouvel Opéra possède au moins\nautant d'actualité que la description de la\ntoilette qui parait mademoiselle X, à telle\npremière9 ou que l'exécution d'un herboriste\nquelconque.\nVoilà pourquoi, jusqu'à son parfait achèvement, je donnerai à cette\nplace les renseignements les plus précis sur l'œuvre de M. Garnier et de\nses vaillants collaborateurs» De leurs mains laborieuses sortira un travail\n\nVI.\n4"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nunique au monde et qui porte en lui les diverses manifestations de l'art\nà notre époque.\nNous visiterons, avec le lecteur, les dessous, les dessus, les foyers et\nla salle, la scène et ses dégagements. Nous aurons le nombre exact des\nbecs de gaz, nous supputerons les divers styles d'architecture mis à\ncontribution, les couleurs des marbres, les tons des peintures et les gri-\nmaces des cariatides. Nous monterons ensemble les marches de l'escalier\nde marbre. Nous fouillerons enfin de fond en comble les détours de ce\ndédale et nous en dévoilerons les mystères.\nA un pareil programme, une division devient indispensable. Je com-\nmence donc le dépouillement de mes notes en jetant un coup d'oeil sur\nL'ÉTAT GÉNÉRAL DES TRAVAUX\nEn mettant le pied dans cet immense chantier, on est tout d'abord\nétourdi par un bruit indescriptible qui doit évidemment ressembler au\ntapage effroyable que faisaient les constructeurs de la tour de Babel.\nLa ressemblance s'arrête là, car tout ici se passe avec un ordre sévère.\nLa confusion des langues n'y exista jamais. Tout s'accomplit avec la\nrégularité d'un métronome, ce qui n'exclut pas la plus grande rapidité.\nNous sommes en présence d'une nuée de travailleurs se suspendant de\ntous côtés en grappes humaines. Ici les sculpteurs, plus bas les peintres ;\nà côté, les plâtriers ; en deçà, les bronziers ; au delà, les machinistes ; à\nà droite, les décorateurs; à gauche, les menuisiers. Partout l'activité, le\ntravail incessant. Les contre-maîtres vont et viennent de toutes parts; ils\nsurveillent, encouragent, admonestent. Rien n'échappe à leur œil\nvigilant.\nLes bruits étranges des marteaux, des ciseaux, des maillets, des haches,\ndes rabots, des scies, de la truelle, le bois qui craque, le bronze qui\nvibre, le fer qui grince, le gaz qui pétille, pâli par la lumière du jour\nqui pénètre par le haut du dôme; ce tout, énorme dans son ensemble et\ndans ses détails, vous fait petit et hésitant.\nDans les grands couloirs des loges de premières galeries, des hommes\naccroupis placent un à un des petits cailloux d'un centimètre carré. Ils\nraccordent la mosaïque remplaçant le parquet. Dans les loges des ar-\ntistes, 011 tapisse et on place les glaces.\nLes fenêtres du plus grand nombre de ces loges spacieuses et admira-\nblement éclairées donnent sur la rue Scribe. Chaque porte de loge ouvre\nsur un couloir se reliant à un couloir principal qui longe le fond du"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.3", "texte": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA\n\nthéâtre, et au milieu duquel est une porte conduisant immédiatement\nsur la scène. De cette façon, les artistes n'auront pas de détours à faire\npour s'y rendre. A l'extrémité de chacun des couloirs sont placées deux\ncuvettes en marbre dont l'une possédera un robinet d'eau chaude et\nl'autre un robinet d'eau froide. Cette partie du nouvel Opéra n'a plus\nqu'à transformer ses bois blancs en bois peints pour être totalement\nachevée. Le plancher de la salle est complètement posé. Il n'attend plus\nque ses meubles. On donne la dernière main aux ravissantes sculptures\ndes loges. Lorsque le ton rouge et or, qui doit décorer la salle, sera défi-\nnitivement arrêté, en huit jours elle sera prête.\nLe plancher de la scène est moins avancé, Nous raconterons plus tard\nson étonnante installation et ses surprenantes combinaisons.\nOn sait que le plafond de M. Lenepveu est parachevé. C'est une véri-\ntable œuvre.\nL'escalier est, lui aussi, très avancé. Il sera terminé avant peu. Les\ndivers genres de marbres dont sa rampe est composée, ses marches de\nmarbre blanc, les marbres qui forment la balustrade monumentale\nentourant le petit foyer qui précède le grand, produisent un ensemble\nde toute beauté. Le plafond de ce petit foyer ou plutôt de ce grand\ncouloir est décoré de groupes allégoriques représentant tous les corps de\nmétier qui ont et auront travaillé à la construction de l'Opéra. Il aura\ndeux glaces de six mètres cinquante de hauteur.\nJ'ai assisté à l'installation définitive de l'admirable bronze de\nmadame Marcello qui s'appuie derrière et sous le grand escalier et qui\nest le centre d'une fontaine de marbre.\nEn nous dirigeant vers la rue Scribe, nous trouverons une grande\nsalle ronde par laquelle entreront probablement les abonnés. Elle servira\naussi de salle d'attente aux domestiques. Ici, tout est fini. Seize colonnes\nde marbre soutiennent un plafond dont le centre est formé par une\nrosace de lettres entrelacées, d'un travail d'une grande finesse. J'y ai pu\nlire notamment ceci : « Charles Garnierß\ndes seize colonnes correspond une tête sculptée représentant les douze\nmois de l'année et les quatre saisons.\nRemontons le grand escalier pour entrer dans le grand foyer. De ce\ncôté tout a marché avec une égale rapidité. M. Barrias met la dernière\nmain à un panneau magnifique. Il travaille à la lueur du gaz qui l'éclairé\nà l'aide de réflecteurs. Le coup d'œil est des plus pittoresques. D'une\npart, le maître, ses pinceaux et sa palette à la main, contemple son\nœuvre, s'arrête, recommence, se porte en arrière, s'avance, pendant que,\nmélancolique, un rapin est assis? les genoux à la hauteur de la tête, sur"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nl'un des nombreux échelons qui conduisent au plancher échafaudé\njusqu'au plafond.\nLa place des peintures de Baudry ne restera pas longtemps vide. Les\ngigantesques colonnes sont revêtues de leurs parures d'or vert et jaune.\nLa saillie des chapiteaux tranchera sur les vives couleurs des peintures,\net quand les dix lustres et les girandoles placées aux quatre coins inon-\nderont de lumières ces somptuosités, je ne doute pas qu'on ne soit ébloui\net qu'on ne se croie dans un palais des Mille et une nuits.\nLe foyer du chant donne sur la rue Scribe. Les panneaux sont vides\net les glaces ne sont pas encore posées. A cela près, il est fini. Un détail\nintime : Le logement du directeur est immédiatement au-dessous.\nLa bibliothèque est en pleine installation. MM. Nuitter et de Lajarte\ns'en sont emparés. Ils rangent les volumes et reconstituent les partitions\nmanuscrites non reliées dont les feuillets s'étaient éparpillés, à la suite de\nl'incendie de la salle Le Peletier. Les boiseries de chêne de la salle où se\npratique cette œuvre de Bénédictins, ne sont pas encore posées. Mais la\nsalle de travail et la rotonde de la bibliothèque sont absolument en état.\nLe tout est remarquablement éclairé et tient en entier le pavillon don-\nnant sur la rue Gluck. Il ne faut pas oublier de signaler le réservoir\nd'eau qui se trouve dans les caves du nouvel Opéra. Il contient deux\nmillions cinq cent mille litres de liquide.\nDes notes de cette première visite, il ne me reste plus que des détails\nsur\nLE FOYER DE LA DANSE\nAu moment où paraîtront ces lignes, les répétitions pourront y avoir\nlieu. La seule chose qui restât à faire, quand je l'ai visité, était la pose\nde la glace qui orne le panneau du fond.\nCette glace est composée de trois morceaux dont la soudure sera com-\nplètement dissimulée. Ils ont à eux trois une hauteur de sept mètres\nsoixante-sept centimètres et représentent une superficie de cinquante\nmètres, Ils sortent de la manufacture de Saint-Gobain. Les quatre pan-\nneaux de M. Boulanger enrichissent ce galant séjour. Au dessus de\nchacun de ces panneaux se trouve un cartouche qui portera en lettres\nd'or le nom d'une célébrité touchant à l'art chorégraphique. Sur l'un\nd'eux, on lit déjà l'inscription suivante : « 1727 Noverre— 1810. »\nLes autres attendent encore leurs propriétaires. Ils n'attendront pas\nlongtemps. Quand vous entrez dans le foyer, la glace est devant vous.\nElle est encadrée de chaque côté par deux colonnes, dont les pendants\nencadrent la porte d'entrée. Deux grandes fenêtres percées l'une à droite"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.5", "texte": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA\n\net l'autre à gauche éclaireront le foyer pendant le jour. La nuit venue, la\nInmière d'un lustre de taille respectable permettra aux danseuses de se\nmirer aisément.\nLe foyer de la danse forme le fond du théâtre et par conséquent fait\nface à la salle. Dans les pièces qui exigeront une mise en scène où la\nperspective jouera un rôle particulièrement important, il aura une\ngrande utilité et offrira un prolongement considérable.\nCe moyen d'exagérer la perspective n'est pas nouveau. Il est actuelle-\nment en vigueur au San Carlo de Naples. Le fond de ce célèbre théâtre\ndonne sur la mer, et lorsque la pièce l'exige dans le dernier acte de\nY Africaine, par exemple le mur se déplace et le public a devant lui\nune véritable mer « immense et sans limites ». Si ce moyen extrême\nétait employé à Paris, on n'aurait, hélas ! devant soi que le boulevard\nHaussmann.\nM. Garnier a eu l'excellente idée de retracer dans ce foyer ruisselant\nde dorures, l'histoire de la Danse. On peut, en effet, la suivre pointe à\npointe, jeté-battu à jeté-battu. On n'a qu'à consulter pour cela les ins-\ncriptions des vingt médaillons charmants qui sont peints sur la corniche\ndu plafond.\nElle commence à Delafontaine (1681) et arrive à Rosati (1854), en\npassant par Subligny (1690), Prévôt (1705), La Camargo (1726), Sallé\n(1721), Vestris (1751), Guimard (1762), Heinel (1768), madame Cardel\n(1786), Clotilde (1793), Bigottini (1801), Moblet (1817), Montessu\n(1821), Julia (1823), Taglioni (1828), Duvernay (1832), Elssler (1834),\nCarlotta Grisi (1841), Cerrito (1848).\nEssayez après cela de nier l'importance qu'on accorde à l'élément\nchorégraphique. Le bataillon de la danse pourra désormais recevoir\nprincièrement ses visiteurs accoutumés. Son foyer fera plus que jamais\néchec à celui du chant, dont l'aspect est plus sévère sous tous les\nrapports*\nQuelques jours encore et le plancher de la scène sera terminé, les\npeintures de Baudry seront à leur place, et tant de choses auront marché\nqu'il me sera facile de raconter du nouveau dans le prochain numéro.\n\nRAOUL DE SAINT-ARROMAN."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.6", "texte": "LA MUSIQUE\nDANS\nL'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\n(IV\nE magnifique recueil des Minnesdnger, dont nous\navons reproduit une miniature dans notre dernier\nnuméro, renferme les œuvres d'un grand nombre de\npoètes allemands du quatorzième siècle.\nPresque toutes ces miniatures à pleine page, dont\nil est orné, ont quelques rapports avec la musique,\nmais il est quelques-unes qui sont plus particulièrement intéressantes et\nque nous devons mentionner. Van der Hagen, dans son ouvrage sur\nles Minnes'dnger, a publié au trait quelques-unes de ces miniatures.\ni° Konig von Boheim. A ses on voit deux musi-\nciens, dont l'un tient un hautbois; l'autre, une vielle à quatre cordes.—\nFolio 10.\n2° Markgraf Otto von Brandenburg. Aux pieds du Margrave,\njouant aux échecs, quatre musiciens font résonner deux grandes trom-\npettes , un tambourin à deux baguettes , une cornemuse basse.\nFolio i 3.\n3° Heer Hildbold von Schwangau. Une gigue à quatre cordes. Les\ncordes sont courtes; le cordier placé entre les ouïes, le chevalet près du\nmanche. Folio 83.\n\n(i) Voir les numéros des ler juillet, ier et i 5 août, et i 5 septembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.7", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\n40 Un tournoi. Dans la galerie supérieure se tiennent un joueur de\ntambourin et un hautbois. Folio 193.\n5° Heer Otto \\um Turne. Dans ce tournoi, chacun des tenants a\nderrière lui un musicien. Ici, c'est un trompette et un tambourineur.\nNous retrouvons la même disposition dans un bas-relief du chœur de la\ncathédrale de Worcester. Un des combattants a derrière lui un timba-\nlier, et un musicien joue de la trompette derrière son adversaire.\nFolio 196.\n6° Derr Tanhuser. Cette miniature représente le maître-chanteur\ncélèbre, dont la légende a inspiré à M. R.Wagner le sujet de son opéra.\nLe poète est debout, portant le manteau et la croix de Malte. Non-seu-\nlement nous voyons ici une représentation du chevalier bavarois, mais\nencore ses poésies sont conservées. On peut en trouver un grand nombre\ndans le livre de von der Hagen, ainsi que de la musique tirée des manus-\ncrits (1). Dans le nouveau Journal de Munich (Neuer Munchener\nZeitung), 1859, les Aventures du repenti du Vensbergu sont racontées\ndans les plus grands détails, et Fauteur a su séparer l'histoire de la\nlégende. Citons encore sur ce sujet : Haupt Zeitschrift fur deutsches\nAlterthum (Leipzig, 1848) et Zander (Fried) die Tannhaùser-sage und\nder Minnes'ànger Tanliaiiser (Kœnisberg, iB5B, in-40). Folio 264.\n70 Reinmar der Vidiller (le Vielleur). Le poète joue d'une grande\nvielle à quatre cordes, semblable à celles que nous avons décrites plus\nhaut. Au-dessus de sa tête, on peut voir une vielle du même genre sur\nun écusson et un casque auquel le même instrument sert de cimier. Il\nfaut remarquer, dans ce dessin, la façon dont le musicien tient la vielle\net de quelle manière est posé l'archet. Folio 312.\n8° Master Heinrich von Meissen surnommé Frauenlob (chantre des\nfemmes.) Ici, c'est une joute musicale. Le juge est assis sur un\ntrône et semble décerner le prix à un musicien, debout sur un tapis,\njouant de la vielle. Autour du vainqueur se groupent ses concurrents.\nOn y trouve un hautbois, une vielle, une cornemuse, un tambourin et\nune flûte. Dans un coin de la miniature, deux femmes, l'une sur un\nécusson, l'autre en cimier, figurent les armes parlantes du trouvère (2).\nFolio 399.\n90 Un psaltérion à quatorze cordes. Folio 41 o.\nio° Der Vilde Alexander.~ Une harpe à douze cordes.— Folio4i2.\n\n(I)HAGEN (Friederich, Heinrich von der). Minnesinger. Leipzig. 1838. 5 vol. in-40\navec planches.\n(2) Nous avons reproduit cette miniature dans le numéro du i 5 septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nii° Meister Rumslant. Une flûte traversière, une vielle à trois\ncordes. Folio 414.\n12° Chantier. Une vielle et une flûte traversière. Folio 424.\nMalgré la sécheresse de cette énumération, nous n'avons pas cru\ndevoir négliger ce manuscrit dans lequel les historiens de la poésie alle-\nmande ont puisé à pleines mains, mais sur lequel les musiciens ont rare-\nment fixé leur attention.\nParmi les plus curieuses et les plus jolies miniatures du quatorzième\nsiècle, dans le genre familier, il faut citer celles qui se trouvent dans le\nmanuscrit de Tristan et Iseult, à la Bibliothèque nationale (n° 100 et\n101 ; fonds français). L'une d'elles, charmante de naïveté, représente un\ndéjeuner sur 1 herbe. Sur la nappe étendue au pied d'un arbre, on voit\ndes ustensiles de table. Un des personnages se prépare à prendre une\nvolaille découpée sur un plat, pendant qu'une femme, en face de lui,\npince les huit cordes d'une élégante harpe. Dans un manuscrit de Nicolas\nde Lyra (n° 364; fonds latin : Postillœ in genesim (folio 8), une\ncurieuse scène nous montre Jubal jouant des instruments qu'il vient\nd inventer. A un arbre est suspendu un luth, armé de trois cordes dou-\nbles; par terre, épars autour du père des luthiers, on voit des petites\nnacaires, un grand hautbois, une cornemuse, une lyre, une mandore et\nun psaltérion. Jubal lui-même joue de la vielle devant une petite statue\nplacée sur un autel. 11 semble remercier Dieu de lui avoir inspiré ses\ninventions. On trouve sur le tombeau de Robert Braunch et de ses deux\nfemmes Lœtitia et Marguerite, érigé en 1364 dans l'église Sainte-Mar-\nguerite, à Lynn, dans le Norfolk, une grande dalle funéraire en bronze.\nUn festin est représenté sur cette dalle. Onze personnages sont à table,\net tandis qu'un écuyer tranchant prépare les mets, cinq musiciens réjouis-\nsent les convives au son de leurs instruments (1). Un de ces musiciens\npince d un luth à cinq cordes, tandis que l'autre joue de la vielle à trois\ncordes. De l'autre côté de la table, deux grandes trompettes et une sorte\nde hautbois sonnent une fanfare. L'habitude d'exécuter de la musique\npendant les repas fut très répandue en Angleterre, et cette alliance des\ninstruments à cordes et des cuivres n'a rien qui doive nous étonner.\nSouvent aussi, on trouve une cornemuse dans la musique des festins, et\n\n(I) CARTER-Spécemens of the ancient sculpture and painting, a new édition by\nDawsau. 2 vol. in-fol. Londres. 1838, pl. 72.\nCOTTMANN-Sepulchral Brass of Norfolk and Suffolk, ed. by Turner. 2 vol. in-fol.\nLondres. iB3g."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.9", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nen Angleterre particulièrement la cornemuse tenait fréquemment la\npremière place qui, en France, était généralement réservée à la vielle.\nDans les miniatures et les monuments anglais, le cornemuseur marche\nle plus souvent en tête des musiciens qui doivent jouer pendant le repas.\nOutre les figures que nous venons de citer, le tombeau cle Robert Braunch\nprésente aussi de nombreux personnages qui font de ce monument un\ndes plus curieux du siècle pour tout ce qui touche la musique : ce sont\ndes anges jouant d'un grand nombre d'instruments.\nJe ne ferai pas au lecteur l'injure de lui rappeler que c'est de la fin du\nquatorzième siècle que date la maison des musiciens à Rheims,ce monu-\nment qu'aucun musicologue n'a manqué de mentionner. Le lecteur,\ncurieux de connaître des détails sur la maison des musiciens, peut en\ntrouver un dessin d'ensemble dans l'ouvrage de Taylor. sur Rheims, et\nles détails des personnages dans les Annales archéologiques et en tête\ndes Chants de la Sainte-Chapelle (1). Dans une peinture à détrempe\net à fresque de Barnabé de Modène, exécutée au quatorzième siècle, nous\ntrouvons la représentation d'un grand nombre de musiciens formant un\nconcert autour de la Vierge. Ce tableau, d'un si grand intérêt, représente\nle couronnement de la Mère du Sauveur. Au centre, Dieu, assis sous un\ndais, pose la couronne sur la tête de Marie. Autour, les anges célèbrent\nles gloires éternelles au son des instruments. On voit une cornemuse, une\npetite flûte droite, une flûte double, un rebec, un luth, un timbalier et\nson porteur, et deux grandes trompettes. Tous ces personnages sont habi-\nlement groupés et semblent se servir d'instruments qui tous, à peu près,\nfaisaient partie des orchestres de cour (2). M. Paul Lacroix, dans le Moyen\nâge et la Renaissance (ornementation des manuscrits), a publié une\nfort curieuse miniature, faite sous le roi Jean, et qui met en scène un\nCharivari du quatorzième siècle. Rien d'amusant comme ce petit\ntableau populaire. Aux sons criards et discordants des casseroles, des\nchaudrons, des violons cassés, des tambours fêlés et des pincettes, on\nvoit danser toute une bande de figures falotes et grotesques, aux mas-\nques horrifiques, aux gestes diaboliques. Au-dessus de la miniature, un\nmalade est dans son lit, et, sous le costume d'un médecin, un âne vient\nle visiter.\n\n(1) CLÉMENT (F.). Chants de la Sainte-Chapelle avec une introduction par Didron\naîné. Paris, Didron, 1849, in~4°\nTAYLOR (J.). Reims, ses monuments, sacre des rois de France. Paris, Lemaître,\n1854, Grand in-fol., pl. 24.\n(2) Voir le dessin de ce tableau dans Seroux d'Agincourt. Histoire de i'Art.\n6 vol. in-fol. Paris, 1823. Peinture, planche 133."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDans les collections de la Bibliothèque Nationale relevons encore\ndeux manuscrits dont l'un est un chef-d'œuvre de finesse d'exécution et\nd'esprit. Il porte le n° 1076 (latin). Leßdu Beatusvir contient un orgue\nportatif à dix tuyaux et un David pinçant d'une harpe àla forme\nélégante. Citons dans ce manuscrit deux anges avec des guitares, un\nviolon à quatre cordes ; la plus jolie miniature du manuscrit c'est un\nroi David assis sur la barre transversale d'un E majuscule , d'un\nExultate. La peinture est aussi vive que si elle sortait des mains de\nl'enlumineur. Le petit personnage, finement dessiné, frappe avec deux\nmarteaux sur un jeu de timbre à sept cloches. Au point de vue de l'his-\ntoire instrumentale, ce timbre est un des plus complets que nous ayons\nrencontrés au moyen âge. Un autre chef-d'œuvre du quatorzième siècle\nmérite aussi d'être mentionné, [c'est la crosse donnée par William\nWikeham au collège d'Oxford, par testament du 24 juillet 1403. Cette\nbelle crosse est en argent doré, finement ornée de pierres précieuses et\nmagnifiquement émaillée. Ses ornements sont dans le style gothique et\nde nombreuses figures s'y trouvent sculptées. La mode de ces sortes\nd'ouvrages semble être venue de France en Angleterre, sous le règne\nd'Edouard 111 et particulièrement après la bataille du Crécy. Parmi les\nfigures, on distingue un orchestre complet, deux hautbois, une grande\ntrompette, un psaltérion, un orgue portatif, une cornemuse basse, une\nflûte, un crawth. Enfin, nous ne pouvons fermer ce paragraphe sur\nle quatorzième siècle sans citer le beau travail de M. Fleury, intitulé les\nManuscrits à miniatures de la Bibliothèque de Laon. Laon, 1863. Un\nvol. in-folio. En feuilletant ce livre, le lecteur trouvera quelques dessins\nrelatifs à la musique, curieux et dignes d'être notés.\nAu quinzième siècle, les manuscrits sont plus nombreux encore\nqu'au quatorzième. En face des représentations que j'ai sous les yeux,\nje suis embarrassé pour choisir celles qui me paraissent offrir le plus\nd'intérêt. Ce ne sont que troupes de musiciens célestes, que bandes de\nmenétriers, que fêtes et que marches triomphales. En Angleterre, en\nFrance, en Allemagne, partout la vie musicale se rencontre à chaque\npas. Les dessins sont corrects en même temps qu'élégants. La musique\nse rapproche de plus en plus de la nature et se prépare à sortir défini-\ntivement des limbes du premier âge. L'élément populaire perce de toutes\nparts, les instruments anciens disparaissent, mais pour se retrouver sous\nune forme plus moderne et devenir ceux que nous employons aujour-\nd'hui.\nUn des monuments du commencement du quinzième siècle, des plus\nimportants pour l'histoire de la musique et peut-être un des moins"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.11", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nconnus, sans contredit, le monastère de l'église de Beverley, dans le\nYorckshire ( 1). Autour d'un des piliers de cette église, on voit cinq\nménestrels comme dans la maison des musiciens à Rheims. Ces\ncinq musiciens sont debout et richement vêtus, plusieurs portent\nune lourde chaîne au cou, et Pun d'entre eux est armé d'une épée.\nLe premier souffle dans un flûtet et frappe sur un tambourin. Le se-\ncond joue d'un rebec à trois cordes dont le manche et l'archet sont\nmalheureusement dégradés. Le troisième tient dans ses mains une\nsorte de hautbois b.is ou cromorne dont l'embouchure n'existe plus, le\nquatrième pince les six cordes d'un luth, enfin, le cinquième se sert d'un\nhautbois dont cinq trous sont parfaitement visibles, quatre sur le corps\nde l'instrument et un près de l'embouchure. A cette époque, l'église\nentretenait, à titre officiel, des musiciens, seulement ; il est difficile de\nsavoir si elle soldait à cet effet les ménestrels ordinaires, ou si elle avait\ndes officiers spécialement attachés à son service. Dans beaucoup de\nvilles de l'Angleterre, et particulièrement dans le nord, c'était l'habitude\nd'avoir des musiciens appelés ivciits, terme qui correspond à notre fran-\nçais guet. C'étaient des espèces de watchmen. L'état de surprises per-\npétuelles dans lequel vivaient nos ancêtres obligeait à placer des\nguetteurs dans les beffrois des églises et dans les donjons des châteaux,\npour donner l'éveil. Ces officiers étaient payés par les villes et par les\néglises; la preuve de cette coutume se trouve dans une vieille édition de\nTiel Ulespiegel dont un des chapitres est intitulé « comme Tiel Ules-\npiegel se loua au seigneur d'Anhalt, pour lui servir de guette et\ncourrier. » Ces guetteurs étaient pris parmi les musiciens de la ville.\nUn autre emploi de ces ménestrels était aussi d'appeler le peuple au son\ndu cor. Bientôt ils cumulèrent les fonctions de crieurs, de guetteurs de\nnuit, et de ménestrels. Ils parcouraient la ville à certaines saisons,\nappelant les heures et distrayant les habitants par leurs chants. Ce qui\nprouve que ces sonneurs étaient bien considérés comme des ménestrels,\n/\nc'est la liste des musiciens d'Edouard 111, citée par John Hawkins, dans\nlaquelle, sous le titre de ménestrels, on compte trois guetteurs. Dans\nun autre compte de dépenses des officiers du même roi, on trouve cet\narticle ainsi disposé :\n.... , ( lo each 20 sch.\nMinstrels.\n3 waits 20 sch.\n\n(I) V. CARTER. Planche 126. Voir aussi un beau dessin de la crosse de Wikeham.\nPlanche LXXXIII."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nEnfin, le livre noir de la maison d'Édouard IV est plus explicite encore,\ncar on y voit que les guetteurs devaient sonner, en hiver comme en été,\npour distraire les habitants et éloigner les voleurs, et aussi étaient tenus\nde servir aux besoins de l'église. Ce qui semblerait démontrer qu'outre\nces menétriers de ville les chantres avaient aussi des officiers musiciens,\nc'est qu'on rencontre souvent dans les églises les tombes de ces musi-\nciens, qui semblent avoir été placées dans ce lieu particulièrement\nconsacré en récompense des services rendus au culte. Deux musiciens,\nd'après Leland, furent enterrés dans le chœur de la cathédrale de Salis-\nbury. L'inscription gravée sur leurs tombeaux est en partie mutilée, mais\nvoici ce qu'on peut lire :\nHAC JACENT, IN TUMBA FI DES ALBA, TIBIA, CUNCTA\nMUSICA MENDICAT, MUTA VIOLLA DOLET,\nPSALTERIUM, CITHARE, LYRA, CISTERA-, SALES, LITUUS.,\nCONTICUERE SUO FUNERE, MESA 18E\nINSTRUMENTA (I)\nOMN. .......\nIl n'est donc pas étonnant que le sculpteur ait donné sur le pilier de\nl'église de Beverley, une place aux ménestrels qui, peut-être, ne contri-\nbuaient pas peu à la joie et à l'édification des fidèles.\nSur les colonnes de la même église, on peut voir aussi une suite de\nstatues qui, presque toutes, présentent un intérêt musical. On en\ncompte dix-huit qui jouent des instruments. Un fait qui se présente\npeut-être pour la première fois dans l'iconographie du moyen âge, c'est\nque l'artiste semble s'être préoccupé de placer à côté les uns des autres\nles instruments de même famille. C'est ainsi que nous trouvons, à peu\nde distance l'une de l'autre, deux flûtes basses dont Luscinius a donné\nla description. Dans ces manuscrits anglais et dans plusieurs autres,\nque nous aurons encore à mentionner, il faut remarquer l'embouchure\nfort large de ces flûtes hautes et basses, qui rend assez difficile à com-\nprendre comment le musicien pouvait les faire résonner. Notons encore,\ndans ces statues., une vielle à roue ou chifonie, d'une forme singulière,\ndont neuf touches sont visibles et les autres cachées par la main, deux\ncornemuses de tailles différentes, un grand psaltérion que Finstrumen-\n\n(I) Voyez CARTER, ut supra, LELAND, Itinerary, publïshed by Th. Hearn,\nOxford, 1769, in-8, et Sepulchral monuments in great Britain. Londres, 1786. in-fol.\nvol. 11, part. 1, page CLXXXVIII."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.13", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\ntiste porte suspendu devant lui comme nos marchandes de fleurs portent\nleurs éventaires, un luth grave et une sorte de harpe singulière, qui est\nformée d'un cylindre creux, servant de table d'harmonie, sur lequel sont\nplacées les cordes. D'après le nombre des musiciens, le sculpteur paraît\navoir voulu représenter un orchestre céleste, mais il a mêlé aux anges\ndes musiciens armés d'épées, qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut,\nsont évidemment des ménestrels. Ces figures peuvent se rapporter au\nrègne de Henri VI (1422-1471).\nVers le milieu du quinzième siècle, il faut mentionner aussi une belle\nvignette d'un manuscrit d'une traduction de Tite Live, qui appartient à\nla bibliothèque de l'Arsenal. La miniature représente les Tarentins\nallant au devant de Pyrrhus. Une rue remplie de monde et bordée de\nmaisons pittoresques, la mer, sur laquelle se balancent des navires cou-\nverts de soldats, une foule de seigneurs et de bourgeois s'élançant vers\nle port; tel est le sujet traité par l'artiste avec une animation, un\nnaturel des plus remarquables. A gauche, on voit une estrade sur\nlaquelle sont placés les musiciens qui doivent célébrer l'arrivée du roi\nd'Épire. L'estrade est à deux étages; au premier, on voit deux trompettes\net une grande sacquebute, au dessous, sur le sol, un petit bossu souffle\nde toutes ses forces dans une cornemuse Les miniatures furent faites\npour le duc de Bourgogne.\nCe fut aussi vers la même époque, en 1467, que furent exécutées les\nstalles du chœur de la cathédrale de Rouen ; ici encore, nous voyons un\ngrand nombre de personnages, et les instruments à percussion dominent.\nQuoique ces représentations pèchent beaucoup par l'exactitude, elles\nn'en renferment pas moins de précieux renseignements. Nous remar-\nquons d'abord une grosse caisse portée à dos d'homme et sur laquelle un\nmusicien frappe avec un tampon. Cette grosse caisse est ornée de clo-\nchettes ou grelots, qui ajoutent encore à sa sonorité. Une autre figure\nnous montre un homme jouant de la flûte de la main droite et frappant\nde l'autre, non pas sur un tambourin, semblable à ceux que nous avons\nrencontrés bien des fois, mais sur un bedon ou grand tambour; le tam-\nbourineur frappe son instrument du côté du timbre (1).\nSur de belles tapisseries, qui appartenaient à Charles le Téméraire et\nqui furent apportées à Nancy, après la défaite de ce prince, par René\nd'Anjou en 1477? nous trouvons plusieurs scènes qui intéressent notre\n\n(1) LANGLOIS. Stalles de la cathédrale de Rouen. 1838. In-B°. Voir aussi les Stalles\ndu chœur de la cathédrale de Cambridge, dans CARTER, planche ni. Ces stalles sont\nde 1328."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.14", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nart et particulièrement la musique de danse. M. Achille Jubinal les a\npubliées avec un grand luxe (i). Cette suite de tableaux représente une\nmoralité qui fut très en vogue aux quatorzième et quinzième siècles :\nc'est la Condamnation des banquets, espèce de drame à plusieurs scènes\nqui montre les déplorables suites de l'intempérance. Dans cette moralité,\nDîner, Souper et Banquet sont invités par Passe-Temps et Bonne-Com-\npagnie. Après le repas, les musiciens, « placés sur l'eschafaud ou quel-\nques lieux plus hault, joueront une basse dance assez briefve. » Dîner\ninvite à son tour Bonne-Compagnie et ses gens, mais dans l'intention de\nles punir de leur gourmandise. De concert avec Souper et Banquet, il\nfait traîtreusement venir les Maladies. Pendant que les invités festoient,\nSouper fait embusquer les Maladies dans son logis. Le repas se termine;\nBonne-Compagnie dit les grâces et ordonne aux luthenaires (Joueurs de\nluth) de sonner leur musique. « Alors, T'instrument sonne et les trois\nhommes mènent les trois femmes, et donneront telle danse qu'il leur\nplaira, tandis que Bonne-Compagnie sera assise. » Banquet vient ensuite\nchercher à son tour Bonne-Compagnie et l'emmène manger dans sa\nmaison où sont embusquées les Maladies. Pendant le souper, Bonne-\nCompagnie dit aux musiciens de « fleuter une chanson » en leur indi-\nquant le premier vers de quelques-unes.\n« Savez-vous point? » dit-elle.\n« J'ai mis mon cœur, »\nOu « non pas » ou « quand ce viendra\nD'un autre aimer le serviteur,\nAdvienne qu'avenir pourra »\nJe demande, au tard aura\n« Alle% mon seul plaisir,\nJamais mon cœur joye n'aura. »\nPour joyeuseté maintenir,\nDictes, « gentil fleur de noblesse\nJ'ai prins amour. » etc.\nEt la rubrique ajoute : « Ici dessus sont nommés les commencements\nde plusieurs chansons, tant de musique que de vaudeville, et est à\nsupposer que les joueurs de bas instruments en sauront quelqu'une qu'ils\njoueront présentement' devant la table. » A ce moment, les Maladies\nentrent dans la salle, font main basse sur Bonne-Compagnie et sa suite,\net le reste de la moralité n'a plus rapport à la musique. Dans les tapis-\n\n(i) JUBINAL. Les anciennes tapisseries historiées. 1838. Un grand in-foî."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.15", "texte": "LA MUSIQUE DANS L'YMAGERIE DU MOYEN AGE\n\nsériés de Nancy, nous voyons ces différentes scènes représentées avec\nleurs personnages. L/orchestre de danse est tel que nous le retrouvons\nplus tard dans Arbeau Thoinot, composé de hautbois et de flûtes. Les\nménétriers chanteurs s'accompagnent eux-mêmes avec une harpe et un\nluth pendant qu'un troisième musicien souffle dans une flûte à cinq\ntrous et fait ronfler sous sa baguette la peau d'un tambourin suspendu\npar une chaîne à son bras droit. Cette représentation et cette moralité\nsont, on le comprend, des plus curieuses; non-seulement nous y voyons\nplusieurs instruments, mais encore on y trouve des détails précieux sur\nla mise en scène aux quatorzième et quinzième siècles et les timbres des\nprincipales chansons à la mode à cette époque.\nIl ne faut pas négliger non plus une charmante miniature du seizième\nsiècle représentant le comte d'Artois visitant la comtesse de Boulogne;\nelle est tirée d'un roman du très chevaleureux comte d'Artois, et con-\ntient des danseurs accompagnés par un orchestre absolument semblable\nà celui des tapisseries de Nancy.\nPour terminer le quinzième siècle, nous ne pouvons mieux faire que de\nciter la miniature qui sert de frontispice au Psautier de Réné d'Anjou,\nlivre précieux qui est à la Bibliothèque de l'Arsenal. Ce petit tableau est\nintéressant sous tous les rapports; d'abord la miniature est une œuvre\ndu roi René lui-même, dans laquelle le royal enlumineur a fait son\npropre portrait et celui de ses familiers ; ensuite il est un des plus com-\nplets spécimens de l'art de la miniature vers la fin du quinzième siècle:\nenfin, et ceci doit nous arrêter plus particulièrement, le grand nombre\nd'instruments représentés nous donne un état des orchestres de cour à\ncette époque. Un psalterion, une flûte, un orgue portatif à neuf tuyaux,\nune grande trompette, un rebec, une sorte de bedon frappé avec deux\ntampons, voilà ce que nous remarquons dans cette belle miniature.\n(La fin prochainement.)\n\nH. LAVOIX fils."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.16", "texte": "LES\nJOYEUSETÉS D'UN CATALOGUE\n\nN feuilletant ces jours-ci une assez longue liste de mé-\nthodes pour divers instruments de musique, mes yeux\nse sont portés sur une foule d'appellations bizarres,\nhétérogènes où j'ai retrouvé des noms que certes je ne\nm'attendais pas à rencontrer en semblable compagnie.\nQue d'instruments oubliés ! que de travaux ignorés!\nJe cite au hasard. Connaissez-vous, même de nom, le serpent basson\ndit serpent droit; même étendue que le basson, de Xut grave au contre-\nla (le ré suraigu par extension)? De plus, cette gamme fort étendue pos-\nsède tous ses accidents et bémolisés, un rêve !\nConnaissez-vous la harpo-lyre, ou guitare perfectionnée? je suis sûr\ndu contraire. Uauteur de cette merveille s'appelait J. F. Salomon; au\ncostume de la gravure reproduite dans ce numéro, j'ai le droit de suppo-\nser qu'il existait à l'époque de la Restauration.\nDans sa préface, Fauteur dit : (c Depuis vingt-cinq ans, je professe la\nguitare, autant par goût que par état; j'ai toujours pensé que Ton\npouvait reculer les bornes de cet instrument et me suis sans cesse\noccupé de le perfectionner. » Quelle innocente manie! « Enfin, après de\nnombreux essais pour lesquels » il n'a « épargné ni peines, ni sacrifices, »\nM. Salomon nous donne la harpo-lyre; « c'est un instrument qui tient de\nla harpe et de la lyre antique, il est destiné à tirer la guitare de la\nposition médiocre qu'elle occupe parmi les autres instruments. Outre\nqu'il produit des sons bien supérieurs en intensité et en qualité, sa"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.18", "texte": "forme élégante le rend susceptible de figurer avec avantage dans les\nornements d'un salon. »\nEh bien! cet ornement d'un salon consiste dans une très grande\nguitare à trois manches juchés sur un Ce piédestal tient une\ngrande place dans la combinaison; on y installe d'abord un pupitre\nhoc; puis deux ressorts, l'un grand, l'autre petit, sont adaptés au dit\npiédestal, pour tenir en respect l'instrument. Je fais grâce à nos lecteurs\nde tous les cliquets, crans, rosette et chevillet dont M. Salomon a\nenrichi sa découverte.\nQu'il vous suffise de savoir que les trois manches s'appelaient, le pre-\nmier : manche chromatique, à gauche, par abréviation, ch.; le second,\nmanche ordinaire,au milieu, par abréviation, le troisième,\ndiatonique, à droite, désigné par les lettres di. En tout vingt et une\ncordes allant du la grave (clef de fa)au (huitième de la chanterelle\ndu violon).\nCet instrument pouvait être bien imaginé ; mais il semble avoir dû\nêtre d'une difficulté extrême de mécanisme. Aussi, la bonne guitare est\nrestée maîtresse du champ de bataille et fait encore la joie des virtuoses\nde la rue; mais aussi qu'auraient-ils pu faire du fameux piédestal?\nPoursuivons nos pérégrinations dans ce catalogue à surprises :\nConnaissez-vous le ssrpent-F orveilleet la méthode élémentaire pour\ncet instrument dédié à M. Delcambe, « pensionnaire de l'A. R. de M.\nprofesseur à l'Ecole royale et premier basson de la musique du Roi, »\npar M. G. Hermenge, « ancien premier serpentiste de la Paroisse royale\nde Saint-Germain l'Auxerrois, auteur de la méthode de serpent à clefs et\nde la méthode de serpent à 1 usage des églises. » Que de serpents, mon\nDieu ! Ceci se passait en l'an de grâce 1823.\nLa figure qui accompagne la méthode indique que ce serpent, inventé\npar M. Forveille, est la première transformation de l'ophicléide, à cela\nprès que le premier était en bois et non en cuivre ; mais c'est une décou-\nverte à noter. Cet admirable serpent avait, comme étendue, (clef de\nfa) au dessous des lignes et montait au du médium.\nEt le mélophone ? C'est un instrument qui a eu de nobles destinées.\nLes musiciens quadragénaires se souviennent encore de cette espèce\nd archet à deux tiges qui faisaient agir un soufflet contenu dans le corps\nde l'instrument.\nIl paraîtrait qu'il a existé un pupitre de mélophone à l'Opéra, puisque\nla méthode que ce bienheureux catalogue nous donne est signée par\nM. L. Dessane, « mélophoniste à l'Académie royale de musique, » et la\ndédicace porte un nom illustre : Cherubini! Qui l'aurait cru?\n\nVI.\nLES JOYEUSETÉS D'UN CATALOGUE\n5"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.19", "texte": "LA. CHRONIQUE MUSICALE\n\nConnaissiez-vous Y harmoniflûte Basson à deux mains, précurseur\nsans doute de l'harmoniflûte Marix, que l'on place sur un trépied muni\nd'une pédale? le portatif, espèce d'accordéon?\nVous connaissiez évidemment la musette,le biniou et les castagnettes,\nmais vous ne pensiez pas qu'il existât des méthodes pour ces nobles\ninstruments. Erreur ! La musette possède deux méthodes : l'une signée\nde M. Carnaud jeune, professeur!... de musette sans doute. L'autre,\ndont le titre est plus réjouissant, est : « Méthode de musette, de bignou7\ndu vèze de Bretagne, par Chateaulin, chef d'orchestre des bals cham-\npêtres. »\nQuant aux castagnettes, nous avons deux systèmes ;\nCelui del senor Castellos qui indique la pose et le doigté de cet ins-\ntrument cas... tillan. La leçon donnée en effigie par une mère à sa fille,\nsur la couverture, vaut son pesant d'or.\nL'autre système est del senor Sala, rédigé par M. J. L. Heugel,et édité\npar lui et M.. Meissonnier. Mais il y aune gamme! qui le croirait? et le\nFandango9 la Cracovienne et la Cachucha sont gravés à la fin de la\npetite plaquette, avec accompagnements, trilles, arpèges, etc. C'est\nmerveilleux!\nQue dites-vous de mon catalogue?\n\nV. M."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.20", "texte": "DE LA\nGYMNASTIQUE PULMONAIRE\nCONTRE LA PHTHISIE\n\n(i) Voir les numéros des ier et i 5 août, et i 5 septembre*\n\n(I)\nCHAPITRE III\n(Suite )\n. Péters, musicien fort distingué qui enseigne le chant\naux enfants de chœur de la Madeleine, nous a confirmé\nde tous points les renseignements que nous possédions\nd'ailleurs. Pour cet artiste, qui compte déjà plus de cin-\nquante années de maîtrise dans les chapelles de Rouen,\nde Chartres et de Paris,, c'est un fait incontestable que\nle chant est une gymnastique très salutaire au développement de la\npoitrine. M. Péters en est lui-même un remarquable exemple, car jamais\non ne vit une plus belle vieillesse que la sienne. Toutefois, M. Péters\nne pourrait citer, dans toute sa longue carrière, un seul cas où l'exer-\ncice du chant ait rendu la santé à une poitrine déjà malade. Dans son\nopinion, cet exercice ne saurait convenir à des poumons sériçusement\ncompromis, et il se ferait même un scrupule de jamais faire chanter une\npersonne phthisique. N'y aurait-il pas chez M. Peters, dans un reste de\npréjugé, la cause d'une opinion contraire à celle que nous avons entendu\nprofesser par d'autres maîtres non moins expérimentés ? C'est là une\nquestion que nous ne faisons que poser... Sans prétendre rien préju»"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.21", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nger, que serait-il arrivé, par exemple, si M. Feters, adoptant une toute\nautre manière de voir, eût appliqué avec mesure et persévérance son\nexcellente méthode à des enfants tuberculeux ? C'est un fait bien impor-\ntant pour le sujet dont nous nous occupons que, dans le grand nombre\nd'enfants dont il a dirigé l'éducation musicale, depuis plus de cinquante\nans, aucun ne soit devenu phthisique, tandis que tant de raisons, telles\nque l'âge de ses élèves, leur origine qui est aussi un peu celle des demoi-\nselles du Conservatoire, militaient pour qu'il en fût autrement. Nous\nn'insisterons pas, car notre but n'est point de prouver que la gymnas-\ntique pulmonaire est un moyen curatif de la phthisie.\nLe vénérable abbé qui est à la tête de la maîtrise à l'église métropo-\nlitaine de Notre-Dame et que sa longue pratique spéciale a mis à\nmême d'observer les effets de l'exercice du chant sur la santé des nom-\nbreux enfants dont il a dirigé et dirige encore l'éducation, n'a pu nous\nciter aucun cas où cette gymnastique ait été nuisible. Dernièrement, un\njeune enfant de chœur qui, comme tous les sujets de son âge, avait\napporté dans ses ébats enfantins plus d'ardeur que de prudence, se trou-\nvait souffrant, il toussait beaucoup et commençait à perdre de son\nentrain, de sa gaieté et de son appétit. M. l'abbé X..., craignant que le\nchant ne fût cause de cette indisposition, s'empressa de consulter un\nmédecin en qui il a toute confiance, pour savoir s'il ne conviendrait pas\nde suspendre les leçons de chant. Le docteur constata les symptômes\nd'une affection dont un refroidissement devait être la cause, mais il ne\ncrut pas devoir interdire l'exercice choral. L'enfant continua donc de\nchanter, il se rétablit quand même, et sa poitrine, un moment affectée,\nne s'en trouva et ne se porta que mieux depuis.\nEnfin M. Renaud, qui professe depuis vingt ans et dirige en ce\nmoment la maîtrise de Saint-Sulpice, en même temps qu'il donne des\nleçons dans plusieurs maisons d'éducation, n'a jamais vu le chant être\nnuisible, même aux poitrines délicates. Cet honorable professeur a sou-\nvent observé, au contraire, que des enfants malingres, à la poitrine\nétroite, à la voix grêle, se développaient rapidement et prenaient une\nbonne carrure sous l'influence du chant prudemment dirigé. Parmi ses\nélèves, s'en trouvait-il de tuberculeux ? C'est ce que M. Renaud ne\nsaurait affirmer, n'ayant pas eu à cet égard l'avis des médecins.\nNe faut-il point noter ici comme ressortissant au même sujet, la robuste\nsanié que présentent tous nos chantres d'église? A les voir, avec leurs\nvastes poitrines, sonores comme des tuyaux d'orgues, quel anatomiste\noserait espérer de rencontrer jamais dans leurs poumons des traces\nde la diathèse tuberculeuse? Une seule chose paraît affecter leur"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.22", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\ngosier infatigable, c'est, dans les cérémonies en plein air, lorsque la voûte\nde nos basiliques n'est plus là pour répercuter leur voix, la nécessité où\nils se trouvent de faire de grands efforts, pour en maintenir le timbre\net la sonorité. Mais les indispositions qui en résultent ne sont ni dange-\nreuses ni de longue durée.\nTerminons enfin ce qui est relatit au chant par ce fait que nous\ntenons de l'un des hommes les plus érudits et les plus sympathiques de\nnotre époque. M. l'abbé Moigno a connu un prêtre que la compagnie\nde Jésus refusait d'admettre dans son ordre, parce qu'il était phthisique.\nUn médecin, dont l'opinion avait sans doute devancé la nôtre, mais\nconsulté à ce propos, conseilla de le recevoir, à la condition de le faire\nchanter beaucoup au lutrin, promettant que sa santé se rétablirait, ce\nqui arriva en effet. M. Moigno a fermé dernièrement les yeux de ce\nrévérend père qui est mort à l'âge de 94 ans.\nD. Par les médecins: MM» Bataille, Segond, Mancel, Fossati, Cabarrus et Chevé,\nNous avons dit plus haut l'opinion de M. Bataille, qui appartient,\npresque à titre égal, à l'art et à la médecine. Voici maintenant celle\nd'un homme d'une compétence non moins grande sous tous les rapports.\nM. le docteur Segond, ancien professeur agrégé de l'École de méde-\ncine, auteur du Traité de l'hygiène du chanteur, et qui est devenu\ndepuis, sous le non de Salviani, l'un des artistes en renom de la scène\nlyrique, ne fait pas de doute que la gymnastique du poumon ne soit\nutile pour renforcer cet organe, et ne puisse tout au moins retarder son\ninvasion par des tubercules. Mais il pense que, toutes choses égales\nd'ailleurs, il ne faut pas confondre une gymnastique bien dirigée avec\nle violent exercice pulmonaire auquel est forcé le chanteur d'une\nscène d'opéra, en raison des conditions d'expression et de toutes les\nautres causes qui déterminent une fatigue facile à éviter, du moment\noù cet exercice est dirigé d'une manière hygiénique et' médicale.\nIl convient d'ailleurs que, dans la classe des chanteurs encore plus que\ndans celle des artistes dramatiques, cette fatigue elle-même ne paraît\npoint avoir de fâcheuses conséquences. Il n'a connu, pour son compte,\naucun chanteur mort de phthisie pulmonaire, ou seulement obligé de\nsuspendre sa carrière pour cause de phthisie. « Je crois même, disait\nM. Segond, que l'exercice de la voix peut offrir une ressource pré-\ncieuse de traitement, lorsqu'il est bien dirigé et que le mal est à"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.23", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nson début. « Je citerai, pour exemple, un élève de M. Duprez, école où\nl'artiste n'a pas l'habitude de ménager sa voix, dont l'existence très\ncompromise par une phthisie des plus caractérisées, semble entretenue\ndepuis deux ans par le chant. »\nM. Segond, qui nous tenait ce langage à la date du 3 avril 1858, se\nplaisait encore à reconnaître que tous les virtuoses (pianistes, violo-\nnistes, harpistes, etc.), ont en général un aspect malingre, qui contraste\nsingulièrement avec l'apparence de santé florissante qu'ont presque tous\nles chanteurs.\nM. le docteur Mancel, médecin du Conservatoire depuis vingt-neuf\nannées, mais appelé à donner des soins seulement aux élèves pension-\nnaires qui sont toujours en très petit nombre, n'a pas pu faire des\nobservations très suivies sur l'influence du chant. Toutefois, il nous a\nsignalé un fait, le seul à sa connaissance, qui emprunte un certain\nintérêt à son isolement. C'est celui d'un jeune homme qui, dans la\npremière année de son séjour au pensionnat, fut pris dun crachement\nde sang. Cet élève s'en retourna aussitôt dans sa famille_, qui habitait le\nmidi de la France, et on a entendu dire, depuis, qu'il était mort de\nphthisie.\nM. le docteur Fossati est, depuis plus de trente ans, médecin du\nthéâtre des Italiens, et il n'a connu aucun cas de phthisie parmi les\nchanteurs de ce théâtre. Il professe très formellement l'opinion que le\nchant est un exercice salutaire aux poumons. L'art de respirer, pour\nnotre éminent confrère, est plus qu'on ne pourrait le penser, l'un des\npremiers principes de la santé. Aussi considère-t-il comme très funeste la\nmanie qu'adoptent de plus en plus les familles de faire chanter leurs\nenfants au piano, ce qui est absolument contraire aux lois d'une bonne\nexpansion de la poitrine.\nM. le docteur Cabarrus observe depuis vingt ans le personnel de nos\nthéâtres lyriques, et cependant il n'a vu qu'une seule chanteuse mourir\nde phthisie. C'est mademoiselle 8... enlevée, il y a deux ans, à l'Opéra-\nComique. Cette immunité des chanteurs à l'égard de la phthisie est\nd'autant plus remarquable, suivant l'observation judicieuse de notre\ntrès compétent confrère et ami, que, sur dix élèves entrant au Con-\nservatoire, il y en a au moins la moitié de phthisiques ou qui sont prêts\nà le devenir. On sait, en effet, les conditions déplorables sous tous les rap-"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.24", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nports, dans lesquelles naissent et vivent en général ces élèves avant leur\nentrée à l'école.\nL'exemple le plus frappant de ce que peut faire le chant en pareil cas\nest, nous dit M. le Dr Cabarrus, celui de madame C..., une de nos\nplus éminentes et infatigables artistes. Cette dame, dont la jeunesse s'est\npassée dans les privations et les conditions hygiéniques les moins pro-\npres à la santé, a la poitrine tellement conformée qu'on aurait peine à\ncomprendre qu'elle pût supporter les fatigues de sa profession, si le chant\nn'était point un exercice éminemment salutaire. Mademoiselle X..., autre\ngrande cantatrice, appartient à une famille de phthisiques. Elle-même a\ndes tubercules en très grand nombre au poumon droit, dont j'ai constaté\nl'existence. Sa conformation est des plus mauvaises, et pourtant elle vit\net vivra longtemps, grâce au chant, qui la conservera pour le bonheur\ndes nombreux amateurs de son très grand talent, et de sa magnifique\nvoix.\n« Ce qui tue les voix, c'est qu'on fait chanter dans des registres trop\nélevés... On outre les moyens des chanteurs, on les surmène. »\nAvant M. Cabarrus, M. Benati, médecin du théâtre Italien, tenait la\nmême place dans le public théâtral. Pour M. Benati, dès qu'un chan-\nteur était malade, il fallait le mettre au repos. Pour M. Cabarrus, c'est\nle contraire. En vingt années, il n'a jamais arrêté un chanteur; aucun\ndirecteur ne saurait lui reprocher d'avoir fait faire une seule fois\nrelâche. M. Cabarrus pense qu'en pareil cas l'économie, c'est la ruine;\nle chant est, suivant son expression pittoresque, «la véritable huile de\nfoie de morue des phthisiques. » Aussi doit-on ordonner le chant à toutes\nles personnes qui sont faibles de poitrine. La manière de respirer et\nd'émettre le son est capitale pour le chanteur. Elle est également d'une\ngrande importance au point de vue prophylactique de la phthisie.\nPlusieurs de nos grands artistes n'ont été perdus pour la scène, disait\nnotre regretté confrère, que parce qu'on a suivi à leur égard le pré-\ncepte de M. Benati : témoins mademoiselle Falcon, et plus récemment\nM. Bonnehée.\nM. le docteur Chevé, l'honorable propagateur en France de la méthode\nde musique Galin-Paris-Chevé, nous disait : « Un jour, la musique\nvocale fera rigoureusement partie de renseignement obligatoire, et on ne\nverra plus que de larges poitrines et des visages épanouis, »"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.25", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCHAPITRE IV\nJEU DES INSTRUMENTS A VENT\nPreuves de son utilité fournies\nA. Par les professeurs du Conservatoire • MM. Sax, Meifred, Klosé,, Dauverné,\nDorus et Tulou et par un amateur passionné de la flûte.\nM. A. Sax n'est pas seulement un maître dans la facture des instru-\nments à vent. Il est en outre, depuis quinze ans, professeur de saxo-\nphone au Conservatoire. Nous avons dit en commençant son opinion\net les preuves très remarquables qu'il a puisées dans sa propre famille\npour appuyer la thèse que nous soutenons avec lui : nous y reviendrons\nun peu plus loin.\nM. Meifred, premier cor à l'Opéra depuis plus de trente ans, est aussi\nprofesseur de cet instrument au Conservatoire. Il nous a confirmé\npleinement l'opinion de M. Sax, en y ajoutant cette remarque, intéres-\nsante au point de vue pratique, que les lèvres, chez ceux qui donnent du\ncor, se fatiguent très vite et ne permettent pas de jouer plus d'un quart\nd'heure sans se reposer. Ce repos, nécessaire pour laisser les lèvres se\nrefaire, serait lui-même un excellent préservatif contre les excès de tra-\nvail que l'élève est quelquefois porté à commettre par son désir d'arriver\nplus vite, et le danger, s'il yen avait, serait ainsi écarté. Peut-être, nous\ndisait M. Meifred, n'aurait-on pas le même avantage avec tout autre\ninstrument pour lequel il suffit de souffler. On se rappelle le fait\nrapporté plus haut, relatif au fils de M. le Dr Lachèse, que son père\nfils guérit en le faisant donner du cor.\nM. Klosé, professeur de clarinette, n'a jamais remarqué, durant la\nlongue période où il a pratiqué ou enseigné cet instrument, qu'aucun\nde ceux qui en jouent éprouve de mauvais effets. Quand nous avons\neu l'honneur de voir ce professeur, il était entouré d'une dizaine de\njeunes gens, ses élèves, dont les larges poitrines et le teint vigoureux\nattestaient l'excellente santé. De tous les instruments à vent, M. Klosé\nn'en sait qu'un seul qui pourrait être nuisible à la poitrine, c'est le\nhautbois, car, pour en jouer, il faut constamment retenir son souffle, et\ncela doit, suivant lui, fatiguer les poumons par l'arrêt forcé qu'en\néprouve le mécanisme respiratoire.\nM. Dauvernéj professeur de trompette, pense, comme tous ses collé-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.26", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\ngnes, que la gymnastique du poumon est très salutaire. Il ne connaît\naucun exemple où son instrument ait été nuisible (i).\nM. Dorus, professeur de flûte, considère sa profession comme une\nexcellente gymnastique, aussi bien que le chant. Ainsi sa sœur, qui\nprofesse le chant, et lui ont dû à leur art de conserver une santé d'autant\nplus remarquable, qu'ils appartiennent à une famille de phtisiques\ndont tous les membres ont succombé. Mais M. Dorus, qui connaît\nles dangers d'un exercice abusif des organes respiratoires , insiste\nsur la nécessité de soumettre les travaux des élèves à la direction éclairée\nd'un médecin, ou tout au moins d'un professeur prudent.\nM. Tulou, professeur de flûte au Conservatoire, a joué toute sa vie de\ncet instrument. Tout le monde a pu entendre ses admirables modula-\ntions, et les imitations frappantes qu'il savait en tirer naguère à l'Opéra\nsur le chant de Philomèle.\n« Il vient de demander sa retraite, nous disait, en octobre 1859,\nM. Girard, à 7 5 ans passés, et encore dans toute la force de son\ntalent, sa santé est une des plus belles qu'on puisse citer. »\nPuisque nous en sommes sur le compte de la flûte, qu'on nous per-\nmette de rapporter en la forme un peu humoristique et familière où\nnous les a données un amateur passionné de cet instrument, quelques\nmerveilles curatives qui lui seraient dûes tout spécialement,\nM. D..., cet amateur, et de plus ancien magistrat, nous disait un jour :\n« La musique!... mais elle rend la santé et prolonge la vie, en tant qu'on\nl'emploie à exercer les organes pulmonaires. Admettons que je ne lui\ndoive pas moi-même ma santé, ce que je crois cependant : je vous citerai\nvingt personnes auxquelles le cor ou la flûte ont rendu la vie.\na Mon père était d'une faible constitution, fortement asthmatique :\nil a joué de la flûte par désœuvrement, et, le jour où il est devenu de\npremière force en musique, il est aussi devenu de première force en santé.\nM. B. a dépassé maintenant soixante-dix ans, et il continue à jouir\nde la santé la plus enviable.\n« Vous savez qu'à la vue d'un sujet grêle, chétif, on dit communé-\n\n(i) M. Fargueil, cité plus haut, faisant appel une autre fois à des souvenirs qui pa-\nraissaient remonter à plus de soixante ans, nous dit :\n« Parmi les instruments à vent, c'est la trompette qui m'a paru avoir les plus heu-\nreux résultats sur la santé générale des instrumentistes, auxquels elle fait encore ga-\ngner du côté de la voix. Ainsi Chollet, qui avait une voix si admirable et Ta conservée\ntant d'années, avait sonné de la trompette à TOdéon , et la voix la plus forte que\nj'aie jamais entendue, appartenait à un ancien trompette de l'Opéra qui, avant de\nprendre son instrument, n'avait pas le moindre filet vocal."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\na ment : « II ne vivra pas. » On le disait aussi d'un nommé Sauvage,\nque j'ai connu; et cependant il a vécu,, grâce à la flûte. »\n« Tout jeune, j'ai vu à Calais un M. Villequin, qui paraissait fort\nmenacé de la poitrine; il consulta son beau-père, le docteur Grasse, qui\nl'engagea à étudier le cornet à piston. Aussitôt ce poitrinaire se mit en\nretard pour payer sa dette à la nature; il a aujourd'hui cinquante et\nquelques années, et semble peu disposé à l'acquitter. »\n« En province, on se désennuie en faisant de la musique. Savez-vous\nqui renseigne? Des fils d'artisans, trop débiles pour exercer la profession\nde leur père. Ces gens si faibles, si malingres, prennent immédiatement\nune carrure solide et de robustes poumons. »\ncc A Boulogne-sur-Mer, un M. Routier, trop faible pour donner le coup\nde fer du chapelier qui exige une certaine force de bras, renonça à la\nprofession paternelle pour embrasser celle de professeur de musique. Il\nenseigna le cor, la flûte, la clarinette : aujourd'hui il a soixante-douze\nans et des poumons de fer; je m'étonne même qu'il ait quitté la vie\nmilitante et pris sa retraite aux Batignolles. »\n« A Boulogne encore, j'ai connu un sujet réputé poitrinaire, en tout cas\ntrop faible pour exercer la profession de charpentier, qui, à vingt-cinq\nans, se mit à étudier, puis à enseigner le cor et la clarinette. Il joue dans\nles bals de la ville, il ne tousse plus, et, à quarante-deux ans, il a une\npoitrine qu'envierait un jeune homme de vingt ans. Moi-même, j'ai eu\nà Abbeville pour professeur de flûte un homme trop débile pour em-\nbrasser une profession manuelle et qui était presque moribond ; lorsqu'il\ncommença ses études. Aujourd'hui cet homme se porte admirablement\nbien. »\n(La suite prochainement.)\n\nDr V. BURQ."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.28", "texte": "INTRODUCTION DU TROMBONE\nDANS\nL'ORCHESTRE DE L'OPÉRA\n\nE n'ai nullement l'intention de faire ici une étude d'ins-\ntrumentation, ni surtout affliger mes lecteurs d'une\nméthode de trombone à coulisses ou à pistons. Tout\nen déplorant la façon malheureuse dont nos composi-\nteurs modernes abusent de ces forces sonores, je puis\nfaire remarquer qu'il n'existe pas, aujourd'hui, un\norchestre, si petit qu'il soit, qui ne possède au moins un tromboniste.\nJ'ai donc cru qu'il serait intéressant de rechercher à quelle époque\nprécise, ce « point d'appui » de l'instrumentation moderne a pris place\ndans les partitions de nos pères.\nIl n'y a pas encore un siècle que le trombone fit sa première apparition\nà l'Opéra. Comme la clarinette, dont je ferai peut-être aussi l'histoire\nun de ces jours, le trombone nous est venu d'Allemagne.\nComme nous l'apprend le Journal de Francœur, c'était dans ce pays\nque l'on fabriquait les instruments, et tout nous fait supposer que les\ninstrumentistes avaient la même origine.\nNous lisons dans le compte-rendu du Comité du i 5 mai 1786 :\n« Décidé qu'il sera donné quatre cents livres à M. Louis, pour faire\nvenir des trombonnes d'Allemagne. »"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nPuis, à la date du 25 juin de la même année : « Convenu que, sur la\nsomme donnée à M. Louis pour achat de trombonnes, M. Louis\nremettra, après avoir retenu le port des dits instruments, la somme\nd'environ soixante et douze livres qu'il avait reçue de trop. Cette affaire\nest totalement terminée. »\nPour savoir la nationalité des trombonistes et la date de l'introduc-\ntion du trombone à l'orchestre, nous n'avons qu'à consulter les états\nd'émargements conservés aux archives de l'Opéra.\nNous y lisons quatre noms qui ont, sauf le dernier, une physionomie\néminemment tudesque : Sieber, Moser, Braun et Nau; nous apprenons\nque Braun et Nau sont entrés à l'Opéra en 1774 et en 1775. N'ou-\nbliez pas ces deux dates.\nSuivant un usage traditionnel à l'Académie, les symphonistes étaient\nsouvent engagés à remplir simultanément plusieurs fonctions. Sieber\njouait du cor et de la harpe et ne recevait pourtant que huit cents livres\npar an, pour ces deux talents si dissemblables; tout comme un nommé\nLouis, basse du grand chœur, qui donnait du cor de chasse, aux appoin-\ntements de sept cents livres, et Le Marchand, qui émargeait six cents\nlivres « tant comme basson que pour jouer du tambourin ». Quant à un\nmembre de la célèbre dynastie des Caraffe, Caraffe 2e, premier violon,\nles]états d'émargements ajoutent au dessous de son nom : « lui pour jouer\ndu violon et battre les timballes ». Caraffe avait, lui, douze cents livres,\nPeut-être avait-il trouvé le moyen de jouer ses deux parties en même\ntemps ! Braun, un des futurs trombonistes, était entré « tant comme\ntrompette que pour jouer du cor. » Cette promiscuité nous semble\nétrange; mais lel était le règlement de l'Académie et il n'y avait à\nfaire aucune objection.\nIl est indubitable que Braun est venu à l'Opéra, en 1774, pour jouer\nla partie de trombone à\"lphigénie en Aulide, le 19 avril ; et le 2 août de\nla même année, il a tenu les trois parties de trombone d'Orphée, dans\nla magnifique scène des Enfers, avec ses deux collègues, Moser et Sieber.\nPourtant le trombone ne figure pas encore sur les états; en 1778 et en\n1779, les quatre musiciens —Nau étant entré en 1775.— sont appelés :\ncornistes; en 1780, on voit figurer cette triple dénomination, suivant le\ncumul usité à l'Opéra : cors, trombes et trompettes; mais, en 1784,\nnous nous rapprochons de la véritable appellation; on lit : deux trombons\net trompettes. Le trombone se serait donc appelé d'abord trombe et\ntrombon. Je crois qu'il est facile d'expliquer cette anomalie : Dans\ntoutes les partitions de cette époque, et même plus tard, les composi-\nteurs employaient le terme italien : tromboni, et les employés de caisse,"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.30", "texte": "INTRODUCTION DU TROMBONE A L'OPÉRA\n\npeu versés dans la langue musicale, francisaient, à leur fantaisie, le nom\ndu nouvel instrument.\nC'est donc Gluck qui nous a donné le trombone. Il n'y a pas à en\ndouter. Cette vérité est déjà venue jusqu'à nous à l'état de tradition et\nde légende; mais la date d'entrée de Braun, coïncidant avec la date de la\npremière représentation d'lphigénie en Aulide, lève toute espèce de\ndoutes.\nEn revisant les parties d'orchestre de la Bibliothèque de l'Opéra,\nj'avais cru un instant que Philidor avait été l'introducteur du trombone\nà l'orchestre, puisque trois trombones figurent dans Ernelinde ; mais\nun examen plus sérieux de la partition est venu me convaincre, tout à\nfait, que c'était à Gluck que nous devions le trombone.\nEn effet, dans le quatrième acte de la deuxième version d'Ernelinde\n(avec les paroles de Bedaine), trois trombones accompagnent piano, et en\nprocédant par entrées, le beau chœur « O mort, nous t'implorons! » Ce\nmême chœur existe dans la première version en trois actes; mais les\ntrombones n'y sont pas encore.\nCes deux dates d'Ernelinde donnent la raison de ce changement :\nErnelinde a été jouée en 1767, pour la première fois et ne fut reprise\nqu'en 1777, avec sa seconde version en cinq actes; dans cet intervalle,\nGluck avait donné trois de ses œuvres immortelles : lphigénie, Orphée,\nAie este.\nPhilidor avait profité de l'exemple du grand maître.\nGluck, en nous donnant le trombone, avait indiqué, en même temps,\nla façon dont on devait l'employer. Il réservait sa sonorité stridente et\nnerveuse aux situations dramatiques. Aussi, pendant longtemps, les\ncompositeurs eurent le bon goût de ne jamais s'en servir pour les opéras\nde demi-genre. Ce sont les compositeurs de ballet qui ont commencé le\ntapage cuivré dont nous jouissons à l'heure présente.\nLe bon Grétry a résisté, autant qu'il a pu, à l'invasion de l'instru-\nment venu d'Allemagne. A la fin de sa carrière, il a été obligé d'oublier\nses vieilles habitudes d'instrumentation timide et douce.\nCephale et Procris (1775) Andromaque (1780) la Caravane du\nCaire (1784) Panurge ( 1 yBS) Aspasie (1789) en sont encore\nréduits aux deux cors, deux trompettes et timballes.\nAnacréon clie\\ Polycrate (1797) possède ses trois trombones, comme\nles autres opéras du temps.\nPiccinni a conservé, jusqu'à lphigénie en Tauride, le vieil orchestre"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.31", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nitalien. A ce dernier ouvrage seulement, il a imité son redoutable\nadversaire.\nVoici, par ordre chronologique, les partitions qui contiennent des\ntrombones, qui sont toujours écrits à trois parties : trombone haute-\ncontre, en clef d'ut, troisième ligne; trombone taille, en clef d'ut, qua-\ntrième ligne; et trombone basse, en clef de fa :\nApelles et Campaspe, ballet de Rodolphe (1776);\nEcho et Narcisse, de Gluck (1779);\nElectre, de Lemoyne (1782) ;\nAlexandre aux Indes, de Le Froid de Mereaux (1783);\nLes Danaïdes, de Salieri (1783) ;\nDidon, de Piccinni (1784);\nDardanus, de Sacchini (1784);\nPéronne sauvée, de Dezède (1785);\nPénélope, de Piccinni (1785) ;\nŒdipe à Colone, de Sacchini;\nAlcindor, de Dezède ;\nLes Deux Demophon, de Gherubini et de Vogel (1789);\nNephté, de Lemoyne (1789);\nLouis IX en Egypte, de Lemoyne (1790);\nCora et Alon^o, de Méhul (1791);\nCorisandre, de Langlé (1)\nA partir de cette époque, les trombones figurent à peu près dans toutes\nles partitions, surtout dans les ballets. Aussi, dans Bacchus et Ariane,\nballet mythologique s'il en fut, le compositeur Rochefort emploie très\nsouvent ses trois trombones.\nOrdinairement, dans les ouvrages plus sérieux, comme je le disais tout\nà l'heure, les trombonistes avaient leurs parties peu chargées ; ils pou-\nvaient très facilement se consacrer à d'autres fonctions et jouer du cor,\nde la trompette ou de la harpe, comme Braun, Sieber et Nau.\nJe vais citer un exemple qui montrera tout à la fois et la conscience\ndes compositeurs, et la bonne volonté exemplaire des symphonistes\n\n(i) Grand-père de notre sympathique confrère Fernand Langlé,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.32", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nde la génération qui nous a précédés. Nous trouvons, dans Daphnis et\nPandrose, de Méhul, la partie de trombones ainsi formulée :\nACTE PREMIER. —Du ier numéro au numéro 10, tacet. Numéro 11\n(lent, en la), deux rondes, puis trente-et-une mesures de pause.\nACTE 11. Jusqu'au numéro 19, tacet. Numéro 20 (allegro vivace),\ndix-neuf pauses. Andante : trois mesures de pause, point d'orgue.\nAllegro : soixante-quatorze mesures de pause. La mineur : douze\nmesures de pause» Ritournelle de violon : quatre mesures. Enfin, le\ntromboniste embouche son instrument; mais ce n'est que pour faire\nentendre quatre rondes et une noire fortissimo. Il attend cinq autres\nmesures, joue deux mesures et demie avec trois son rôle est\nterminé : dix notes chacun.\n« Ah! le beau temps que c'était là » pour les trombones!\n\nTH. DE LAJARTE."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.33", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n'ART LYRIQUE. Traité complet de chant et de\ndéclamation lyrique, par E. DELLE SEDIE. La belle\net grande école italienne n'existe plus depuis long-\ntemps, et personne de la génération actuelle ne saurait\nse figurer combien étaient grands les talents de mes-\ndames Pasta, Malibran, Pisaroni, Méric-Lalande et\nSontag, ainsi que de cette brillante pléiade de chanteurs qui avaient\npour noms Galli , Pellegrini , Davide , Bordogni , Rubini , Ta m -\nburini et Lablache. Seul, parmi les hommes, M. Belle Sedie peut\naujourd'hui faire encore comprendre ce que fut le chant italien, à\nune époque où les études étaient sérieuses et où une belle voix\nsans travail n'avait que peu d'applaudissements à espérer d'un public\nrendu difficile et connaisseur par les artistes eux-mêmes ; épo-\nque où tous les chanteurs vocalisaient plus ou moins bien, et où\nTon savait apprécier l'immense parti qu'un ténor peut tirer de la voix\nde tête. C'est donc un heureux retour vers les saines traditions, et un\ngage d'un grand progrès pour l'avenir du chant, que promet une mé-\nthode méditée et écrite par cet excellent virtuose.\nSous le titre de l'Art lyrique, traité complet de chant et de décla-\nmation lyrique, M. Belle Sedie vient de publier l'un des plus importants\ntravaux qui aient jamais paru sur l'art du chant. Be même que dans\ntous les ouvrages théoriques, il a bien fallu traiter certains sujets qui\nl'ont déjà été des centaines de fois; mais la seconde partie de cette\nméthode, qui s'applique spécialement au chant dramatique, est toute\nnouvelle dans sa forme et paraît appelée à rendre de très grands services."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.34", "texte": "M. Delle Sedie débute par des explications anatomiques sur la\nconformation des parties internes du corps où la voix prend naissance, et\nsur la manière dont le chanteur doit faire fonctionner ces parties. C'est\nM. le docteur Mandl qui lui a fourni ce travail. J'avoue, pour ma part,\nque je suis peu partisan de l'intervention de l'anatomie dans le talent\nd un chanteur. G est, je crois, Stéphen de la Madeleine, professeur de\nchant, non sans quelque mérite, qui, le premier, il y a une vingtaine\nd années, introduisit cette mode dans l'étude de l'art lyrique, dont\nn'avaient aucune idée les artistes du temps passé, qui cependant chan-\ntaient infiniment mieux que ceux d'aujourd'hui. Mais passons sur ce\nsacrifice que M. Delle Sedie a cru devoir faire à l'innocente manie du\nour. L'attaque du son est très remarquablement traitée. Au lieu de cette\nméthode fatigante de filer le son, qui consiste à donner la note très\npiano, à l'enfler et à la diminuer, M. Delle Sedie prescrit d'abord\nd'attaquer le son fort et de le diminuer, et ensuite de l'attaquer doux et\nde renfler, ce qui conduit au même but avec beaucoup plus de sûreté,\nd'autant que le même moyen est appliqué à des successions de deux et\nde trois noies. La fusion des registres occupe une place importante\ndans ce traité. L'intonation, l'homogénéité dans l'émission des sons et\nles divers exercices du chant sont parfaitement développés dans une foule\nd'exemples ; mais peut-être me sera-t-il permis ici de faire observer que\nM. Delle Sedie compte un peu trop sur les moyens pécuniaires de ses\nélèves en leur recommandant de travailler, outre sa propre méthode, les\nvocalises de Danzi et d'Alary, et les exercices de Garcia et de madame\nDamoreau.\nJ'ai hâte d'arriver à la partie la plus importante de ce remarquable\ntraité. La manière de corriger les imperfections de la voix en est l'intro-\nduction, car ce sujet n'avait jamais été abordé. Les études et les exercices\nexpressément composés par M. Delle Sedie pour parvenir à ce résultat\nsont savamment combinés, et il est très consolant pour les élèves d'ap-\nprendre que les défauts mêmes de leur organe pourront plus d'une fois\nleur servir pour produire des effets dramatiques.\nL'analyse et l'interprétation des rôles sont, de toute la méthode de\nM, Delle Sedie, ce qui peut le plus puissamment contribuer à former de\ngrands artistes. Aussi n'est-il pas de soins qu'il ne se soit donnés pour faire\npasser dans l'esprit et dans l'âme des chanteurs, les profondes ressources\nque son talent lui a fait découvrir et mettre en pratique. Des signes\nplacés au-dessus des notes indiquent de la manière la plus ingénieuse\nnon-seulement l'expression et l'accent propre qu'il faut donner à chaque\nphrase ou parcelle de phrase d'un motif, mais encore le timbre spécial\n\nVI.\nBIBLIOGRAPHIE\nJ\n6"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.35", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nde voix qui peut le mieux rendre le sentiment que l'âme éprouve, suivant\nles paroles que ces phrases sont censées exprimer. Cinq vocalises de\nla composition de M. Delle Sedie et quatre vocalises de Righini sont\nconsacrées à cette analyse. Et 1 analyse des vocalises de Righini offre\ncette particularité que, destinées à être chantées avec des sentiments tout\nopposés, selon les inflexions et les accents qui sont indiqués au-dessus\ndes notes, l'élève apprendra à donner au même morceau deux couleurs\nabsolument diverses.\nPassant ensuite de la musique sans paroles à de la musique faite expres-\nsément pour être chantée et déclamée, M. Delle Sedie analyse des airs et\ndes récitatifs des opéras les plus célèbres, en enseignant comment ils\ndoivent être exécutés avec le plus de perfection possible. De précieuses\nindications sont données sur 1 articulation, la diction et la prosodie, >_t\nl'ouvrage se termine par des extraits du Traité de mélodie, de Reicha,\noù cet illustre professeur montrait comment les grands chanteurs du\nsiècle dernier s'y prenaient pour broder les motifs, et ajouter aux gra-\ncieuses inspirations du compositeur celles de leur propre goût et de leui\nprofonde science de Part du chant.\nHenry Cohen.\nART MODERNE DU PIANO. 5o études de salon, moyenne force\net progressives, par MARMONTEL. —Tous les pianistes savent par cœur\nles belles et classiques études de Cramer, Moscheles, Kalkbrenner,\nBertini et H. Herz. Voici aujourd'hui M. Marmontel qui vient de faire\nparaître un recueil de cinquante études progressives et de moyenne force,\nqui ne le cèdent en rien à celles de ses illustres devanciers . ce qui\nprouve que quand on est excellent exécutant et qu'on est doué de\nl'heureuse faculté de faire éclore des idées musicales, la création de ce\ngenre de musique, nommé Études, est une mine inépuisable, qui peut\ndonner autant de gloire à son auteur que n'importe quelle œuvre\nd'imagination. Mais, contrairement aux produits de l'invention pure, il\nne suffit pas d'être bon compositeur, il faut encore s'être adonné à l'exer-\ncice, quelquefois agréable, mais bien plus souvent aride et ingrat du\nprofessorat, pour pouvoir écrire des Études qui soient en même temps"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.36", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nutiles et attrayantes. Les preuves de M. Marmontel comme professeur\nde premier ordre sont acquises depuis longtemps : aussi, nul ne s'éton-\nnera qu'il ait bien rempli la première de ces deux conditions. Quant à\nla seconde, il suffira d'essayer ces études soi-même ou de les entendre\nJouer, pour être convaincu que jamais l'ennui ne s'emparera des élèves\nqui voudront bien leur consacrer leurs veilles.\nBertini, le premier, avait compris qu'il faut souvent cacher sous des\nfleurs ce que la sévérité du travail peut offrir de rebutant : car les études\npurement classiques de Cramer n'auraient peut-être pas grande chance de\nréussite aujourd'hui. Mais, une fois la route tracée, les compositeurs-pia-\nnistes n ont plus regardé en arrière. Les études sont devenues de véritables\nrécréations, et M. Marmontel a dramatisé le genre, si je puis m'expri-\nmei ainsi. Sans jamais sortir du vrai cadre de 1 Qtuds, dont le but est\nde perfectionner l'exécution, on ne peut rien entendre de plus passionné\nque celle qui ouvre la marche, ni de plus vaporeux et en même temps\nde plus pathétique que la 41e. Le poète qui voudrait placer des vers\nsous la 36 auiait la tâche facile. La musique exprime à merveille les\nreproches d'une amante abandonnée. Elle commence par une plainte\ndouloureuse, que rend admirablement un beau motif syncopé. S'exal-\ntant par moments, elle retombe ensuite et retourne enfin à sa première\nplainte, en baissant la voix, qui finit par s'éteindre tout à fait. La\n451 étude est une composition magistrale. C'est une sorte de marche\nfunèbre d'un superbe développement. La main droite débute par un\nchant sévere et sombre que bientôt la main gauche semble accom—\npagner par un roulement de tambours voiles. Le ton de dièse mineur,\nen même temps lugubre et éclatant, est parfaitement approprié au\ncaractère du morceau. On voit que sous tous les rapports le Recueil\nd Étuues de M. Maimontel est une oeuvre hors ligne, et je ne dois pas\nnon plus oublier de faire ressortir la magnificence de l'édition.\nH. C.\nTRAITÉ D'INSTRUMENTATION APPLIQUÉ AUX OR-\nCHESTRES D'INSTRUMENTS A VENT, par LÉON DETHOU.\nSous ce titre, M. Léon Dethou a écrit un ouvrage qui sera surtout utile"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.37", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nà ceux qui habitent en dehors des grands centres, parce qu'il renferme\ntous les renseignements nécessaires aux compositeurs, chefs et exécu-\ntants de musique militaire. Ces connaissances indispensables ne se\ntrouvent que dans les grands traités de Berlioz, Kastner et Gevaërt,\nqu'on est loin de rencontrer partout, soit à cause de l'élévation de leur\nprix, soit à cause de l'insouciance trop fréquente chez les habitants de la\nprovince. L'étendue de tous les instruments à vent y est donnée dans le\nplus grand détail, avec le tableau des traits qu'il est bon d'éviter tout à\nfait, ou clu moins de ne pas trop prodiguer, lorsqu'on écrit pour certains\nd'entre eux. Un autre point très essentiel, c'est que la nature du timbre\nde chaque instrument, surtout de ceux qu'on n'entend pas tous les jours,\nle plus ou moins de difficultés que présente leur exécution, et l'effet\nqu'on en peut tirer sont très exactement et clairement expliqués. Peut-\nêtre M. Dethou aurait-il pu se dispenser de parler de certains instru-\nments de cuivre qui existent, mais qui 11e sont point employés, tels que\nla clarinette contre-basse, le trombone basse, etc., parce que les jeunes\ncompositeurs qui, en général, ne rêvent qu'effets d'orchestre, pour-\nraient être tentés d'écrire pour des instruments qui, neuf fois sur dix,\nleur manqueront au jour de l'exécution ; mais cette légère critique n'en-\nlève rien à l'utilité incontestable du traité de M. Dethou*\nH. G\nDE L'AVENIR DES THÉORIES MUSICALES, par M. ANATOLE\nLOQUIN. —Un de nos musicologues les plus érudits, M. Anatole\nLoquin, qui, sous la signature de Paul Lavigne, tient avec autorité le\nfeuilleton musical de la Gironde, a prononcé, le 3 avril à l'Aca-\ndémie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, un discours de\nréception plein d'aperçus ingénieux et d'idées neuves. Nous extrayons\nde ce discours,qui a pour titre «De Tavenir des théories musicales, » les\npassages suivants :\nLes compositeurs, au lieu de se fatiguer la tête à apprendre de prétendus\nprincipes qui ne peuvent que les éloigner du but vers lequel ils tendent, une.\nfois qu'ils ont la mémoire meublée des grands modèles les vrais, les seuls\nmaîtres, ceux-là ! et qu'ils connaissent et pratiquent l'art de créer des"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.38", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nmélodies et des accompagnements, de la même manière que les enfants con-\nnaissent et pratiquent le langage (par instinct et par pure routine) ; les com-\npositeurs, dis-je, feraient mille fois mieux de s'abandonner tout franchement\nà leur génie créateur, en prenant leur goût personnel pour guide constant, et\nleur seule fantaisie pour règle unique. En un mot, et c'est là où je veux en\nvenir, la théorie n'est pas faite pour le praticien, qui ne doit jamais se rendre\nun compte exact de ce qu'il fait, sous peine de voir sa libre inspiration se\nrefroidir, et son talent, finalement, Vabandonner.\nDe même que l'enfant parle avant d'avoir appris la grammaire et emploie\nles verbes aux temps les plus difficiles, en créant même couramment des\nformes nouvelles et inusitées, plus logiques et plus régulières, la plupart du\ntemps, que celles qui ont prévalu; de même aussi le compositeur ignore quels\nmécanismes réguliers il met en jeu lorsque, dans ses créations, il fait usage,\npar pur instinct, de compositions tonales et rhythmiques souvent très compli-\nquées. Et je mets hardiment en fait que le jour où il arriverait à le savoir, il\ntomberait dans la recherche et le pédantisme, cesserait d'être libre et perdrait\nbien vite son imagination et sa spontanéité.\nAprès diverses considérations sur l'étude de Y harmonie et de la tona-\nlité, sur le rhythme, sur les origines de la musique religieuse; après le\nmonument traditionnel écrit, M. Loquin parle des traditions orales du\nchant populaire, aussi caractéristiques, aussi curieuses, aussi impor-\ntantes dans leur genre que les traditions écrites :\nLe vaste recueil, dit-il, de nos chants populaires français est encore une\nde ces œuvres gigantesques qui ne peut être entreprise qu'en commun, par\nune association dévouée d'hommes possédant des connaissances spéciales et\nvariées, et se recrutant tous les jours parmi les plus capables et les plus ins-\ntruits. J'entends une œuvre de science, d'archéologie et d'érudition avant\ntout, et non une collection d'albums, de livres de fantaisie, de keapsakes de\nsalon, ornés de vignettes ridicules et d'accompagnements de piano déplo-\nrables. Pour dire même ici toute notre pensée, l'entreprise que nous rêvons\nserait tout à fait comparable à Y Histoire littéraire de la France, commencée\nau siècle dernier par les Bénédictins et continuée de nos jours, avec une\nprudente et sage lenteur, par une commission de membres de l'Académie des\nInscriptions. Un ministre de l'instruction publique eut, en 1852, l'idée pré-\nmaturée de faire commencer ce recueil général; mais ceux qui en furent\nchargés, parmi lesquels il y avait cependant des érudits de premier ordre,\nsuccombèrent bientôt sous le poids d'une entreprise qui n'était pas propor-\ntionnée à leurs forces. Que l'on publie d'abord les collections des chants\nspéciaux à telles et telles de nos provinces. Le travail d'ensemble ne pourra"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.39", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nvenir qu'après que tous les chercheurs, dans chaque département, auront\ndepuis longtemps dit leur dernier mot.\nDéjà l'on commence , de tous côtés , à s'occuper de collectionner nos\nchants populaires anciens et modernes, citadins et ruraux. MM. de la Ville-\nmarqué, de Coussemaker, Frédéric Rivarès, J.-B. Wekerlin, Du Mersan,\nGérard de Nerval, Francisque Michel, Leroux de Lincy, J.-D.-J. Sallaberry,\nArmand Guéraud, Damase Arbaud, Max Buchon, Prosper Tarbé, Jérôme\nBujeaud et plusieurs autres ont déjà déblayé de nombreux terrains partiels et\npublié des travaux de détail importants,jalons bien précieux, et qui seront\nd'une valeur inestimable pour les érudits qui tenteront en société, quand le\nmoment sera venu, la formation savante et définitive du recueil unique et\ngénéral. Il est seulement à regretter que la majorité des auteurs que nous\nvenons de citer se soient plus occupés de la poésie que du chant, des paroles,\ncomme on dit, que de la musique.\nLa recherche des origines et des textes primitifs, celle des variantes et\ndes circonstances qui ont présidé à leur formation, constituent une vaste\nsérie d'études, d'un haut et puissant intérêt. Une phrase de chant, en passant\nde bouche en bouche, et grâce à des lois curieuses à analyser de près, devient\nforcément tout autre. Telle période mélodique finit par s'oxyder, lorsqu'elle\nreste longtemps au contact du courant populaire. Car la masse, elle aussi,\nentre souvent pour beaucoup dans la composition de ces chants, sans en avoir\nconscience, en transformant (et transformer d'instinct, n'est-ce pas com-\nposer?) les passages, trop difficiles d'intonation pour elle, en d'autres plus\nfaciles, d'après des lois aussi certaines que celles de la phonétique; lois dont\n011 pourra un jour prévoir l'action à l'avance, bien qu'elles doivent, d'ailleurs,\nvarier sensiblement avec les époques et les localités, les tonalités et les\nraces.\nLa conclusion de ces considérations, c'est que de telles recherches (qui\nparaîtront sans doute bien futiles à certains indifférents) exigent, pour être\nfaites sérieusement et complètement, des travailleurs érudits, en très grand\nnombre, armés et cuirassés à l'avance d'une patience de Bénédictins. Le\nrecueil de nos mélodies nationales et populaires ne pourra donc exister un\njour, que par suite d'efforts nombreux et souvent réitérés. On remarquera\npeut-être que je ne parle ici que de nos chants populaires français : c'est à\nchaque peuple, en effet, de s'occuper des siens en particulier»\nM. Loquin résume enfin l'étude rapide qu'il a faite sur tant de sujets\ndifférents et conclut en ces termes :\nMieux partagés que nos devanciers, nous commençons à avoir enfin\nconscience du but vers lequel nous nous dirigeons. Le phare consolateur,"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.40", "texte": "BIBLIOGRAPHIE\n\nsans doute, paraît encore bien éloigné; n'importe! nous l'apercevons, par\nintervalles, briller à l'horizon à travers les tourmentes et les rafales de la\ntempête. Nous n'entrerons pas nous-mêmes dans la terre promise, nous le\nsavons; mais nous aurons du moins préparé, de loin, la voie à ceux qui en\nprendront un jour possession pleine et entière; nous avons d'ailleurs d'ores\net déjà, sur notre route, bien des fruits savoureux à cueillir; et je me sens\nheureux et fier, pour ma part, de vivre dans ce glorieux dix-neuvième siècle,\nqui, dans Tordre physique comme dans l'ordre intellectuel, et en dépit\ndes efforts en sens contraire de quelques retardataires qu'il faut plaindre, car\nils sont de bonne foi, a renouvelé la face de la Science; et pendant lequel\nnous voyons, tous les jours, tant de belles, de grandes et de nobles choses\ns'accomplir.\nV. M."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.41", "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\n\nTHÉATRE-VENTADOUR : Borgia. Mesdames Pozzoni et Emiliani\n[MM. Anastasi, Romani, Soto.\nE Théâtre-Ventadour s'est ouvert par Bor-\ngia, en attendant l'échéance des représentations\nfrançaises, fixée au ier janvier 1875.\nL'intérêt que m'inspire la difficile entreprise de\nM. Bagier, me commande une imperturbable fran-\nchise d'appréciation. Je ne comprends pas qu^une\ndirection nouvelle, qui tient à honneur de réparer les piperies de l'an-\ncienne, ait inauguré par Lucrezia Borgia le cours des représentations\nitaliennes. Artistiquement et administrativement, on ne pouvait être\nplus mal conseillé.\nBorgia, œuvre très secondaire de l'œuvre de Donizetti, n'a\nplus les sympathies de la génération présente. Je ne poursuis pas une\nenquête de commodo et incommodo : je constate purement et simple-\nment un fait qui ne me paraît pas niable. Cette partition dolosive est à\nla fois condamnée par la critique et par l'abonné,, sur lequel elle n'exerce\nplus aucune attraction. Ceux qui sont morts sont morts, laissons en\npaix leur cendre.\nPour ramener l'attention du public sur le Théâtre-Italien, il faut\nfrapper un grand coup et se décider à rompre avec le système des\nreprises.\nIl faut, sous peine de sombrer fatalement, fournir au dilettantisme\n;parisien le contingent d'opéras contemporains qui lui revient de droit\net que sa curiosité réclame avec insistance.\nIl faut que le goût le plus sévère préside au choix des pièces qui\nconstituent le fond du répertoire. Il faut se séparer résolument de\ntoutes celles qui ternissent, par leurs banalités outrées, la gloire sécu-\nlaire de Vécole italienne, et rien garder absolument que la fleur."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.42", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nIl faut, enfin, que Vinterprétation ne soit jamais outrageante pour\nla mémoire des maîtres, et surtout, quelle ne puisse etre exploitée\ncontre la musique italienne par ses nombreux détracteurs.\nJe sais pas encore dans quelle voie M. Bagier est décidé à se lancer.\nIl ne serait pas honnête de préjuger le sort de sa direction, et je ne veux\npas lui faire l'application rigoureuse de ces principes qui doivent, à mon\npoint de vue, régir impérieusement l'exploitation du Théâtre-Venta-\ndour, considéré comme scène italienne. Et pourtant, je crois fermement\nqu'en ouvrant par Borgia, il a dû céder, soit à une précipita-\ntion regrettable, soit à une fantaisie d'artiste compromettante.\nLes cantatrices les plus célèbres, entre autres la Grisi, la Frezzolini, la\nPenco et la Krauss, se sont senties attirées vers le rôle de Lucrèce Borgia.\nLes mêmes instincts de femme et d'artiste ont dirigé la volonté de\nmadame Pozzoni, qui s'est présentée aux Parisiens sous ce même\nmasque. Madame Pozzoni a du tempérament et même du talent. Sa\nvoix de soprano est chaude, vibrante, vaillante, et quoi qu'on ait dit, elle\nest jeune. Seulement, la cantatrice en abuse et la mène à bride abattue.\nLa note est trop souvent remplacée par le cri. A ce moment, l'oreille est\nl'objet d'une illusion fâcheuse : l'organe a l'air fatigué, usé, vieilli; il\nn'est que surmené. Tout me porte à croire que la réflexion, et l'habitude\ndu public français guériront madame Pozzoni des fréquents abus qu'elle\nfait de ses forces vocales, car elle est excellente musicienne. Ajoutons que\nsa physionomie est pleine de passion et de mobilité, que son geste est\ndramatique, et que ses défauts les plus saillants proviennent plutôt de\nqualités mal pondérées que de facultés mal organisées.\nLe ténor Anastasi possède une voix longue, sèche et rébarbative\ncomme une Anglaise sexagénaire; il a néanmoins un mérite : il ne donne\npas d'inquiétudes. M. Romani, basse chantante, a dû rendre à\nM. Giraudet le rôle d'Alphonse d'Esté qu'il n'a chanté qu'une fois. Ce\nchiffre impair ne me plaît pas moins qu'aux dieux. Soto, que nous avons\nsi souvent applaudi à l'Athénée, se drape avec beaucoup de relief dans le\nmanteau de Gubetta, le vieux complice. Le contralto, mademoiselle\nÉmiliani, s'est fait bisser son brindisi du troisième acte. Qui expliquera\njamais les caprices du public de la salle Ventadour?\nL'orchestre reste toujours confié à M. Vianesi, dont le bras terrible\ncrée peu de loisirs aux fanatiques du point d'orgue.\n\nARTHUR HEULHARD."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.43", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles\n\nFAITS DIVERS\nIMANCHE dernier, l'Opéra a donné une brillante représenta-\ntion des Huguenots, au bénéfice des Alsaciens-Lorrains.\nCette représentation, placée sous le patronage de madame\nde Mac-Mahon, tirait son principal attrait des débuts à\nParis de madame Adelina Patti, dans un rôle du réper-\ntoire français. M. Arthur Heulhard dira à nos lecteurs,\ndans notre prochain numéro, son avis sur cet essai de la célèbre cantatrice\nqui chantera aussi, prochainement, le rôle de Marguerite de Faust,\nMadame Patti a débuté dans la carrière lyrique avec le quatrième acte des\nHuguenots, chanté en français, à la Nouvelle-Orléans. C'était, raconte\nFEnlrActe, dans une représentation au bénéfice du ténor Mathieu, qui avait\ntiré d'embarras le directeur de l'Opéra Orléanais, privé inopinément de sa\npremière chanteuse, en lui faisant engager une toute jeune fille dont l'éduca-\ntion musicale était à peine faite, et à qui cependant sa rare intelligence et ses\nmoyens vocaux extraordinaires pouvaient tenir lieu d'expérience. Bien en\nprit à l'imprésario, car le succès obtenu par la jeune Patti fut immense, et il\nput terminer brillamment et fructueusement sa campagne. Peu de jours après\navoir débuté dans Lucia, qu'elle chantait en italien, Adelina joua le qua-\ntrième acte des Huguenots en français avec l'artiste qui lui avait procuré son\npremier engagement. Il y a quatorze ans qu'elle osa, pour la première fois,\ns'attaquer à cette grande page lyrique.\nDisons, pour terminer, que cette représentation extraordinaire, à laquelle\nassistait le Président de la République, a produit, en chiffres ronds, 38,000 fr.\ns\nLa maison Henry Lemoine se propose de publier sous peu, par sous-\ncription et par livraison, les œuvres complètes sur le chant (théorie et pra-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.44", "texte": "VARIA\n\ntique) de M. Stéphen de la Madelaine, un de nos chanteurs et de nos pro-\nfesseurs les plus distingués (mort en 1860).\nCet ouvrage,approuvé par l'Institut de France (section delà musique),\napprouvé également par le Conservatoire de Paris, ainsi que par tous les Con-\nservatoires de 1 Europe, sera publié en six mois, par livraisons, paraissant une\nfois par semaine. L ouvrage formera deux beaux volumes, format Lemoine,\nd une valeur de 15 francs chacun.\nLe ministère de l'instruction publique a demandé à plusieurs directeurs\nde théâtres lyriques la liste complète du répertoire moderne.\nVoici cette liste, avec la date des représentations :\nLe Barbier de Séville, de Rossini, donné en 1816, à Rome.\nOtello, de Rossini, donné en 1816, à Rome.\nGaçça Ladra, de Rossini, donnée en 1817, à Rome.\nFreischîltde Weber, donné en 1821, à Berlin.\nSemiramide, de Rossini, donnée en 1823, à Venise.\nObéron, de Weber, donné en 1826, à Londres.\nMoïse, de Rossini, donné en 1827, à d'abord à Naples.\nLa Muette de Portici, d'Auber, donnée en 1828, à Paris.\nLa Straniera, de Bellini, donnée en 1828, à Milan.\nGuillaume Tell, de Rossini, donné en 1829, à Paris.\nLa Vestale, de Pacini, donnée en i83o, à Rome.\nAnna Bolena, de Donizetti, donnée en I83I, à Milan.\nLa Sonnambula, de Bellini, donnée en 1831, à Milan.\nNorma, de Bellini, donnée en I83I, à Milan.\nChiara di Rosemberg, de Ricci, donnée en 1831, à Milan.\nRobert-le-Diable, de Meyerbeer, donné en 1831, à Paris.\nBéatrice di Tenda, de Bellini, donnée en I832, à Milan.\nL'Elis ire d'Amore, de Donizetti, donné en i832,à Naples.\nTorquato Tasso, de Donizetti, donné en 1833, à Rome.\nLe Nouveau Figaro, de Ricci, donné en 1833, à Milan.\nLucrepa Borgia,de Donizetti, donnée en 1833, à Milan.\nGemma di Vergy, de Donizetti, donnée en 1834, à Milan.\nI Puritani, de Bellini, donnée en 1834, à Paris.\nIJna Aventura di Scaramueia, de Ricci, donnée en 1834, à Paris.\nErari due Or a sono tre, de Ricci, donné en 1834, à Turin.\nLa Juive, d'Halévy, donnée en i835, à Paris.\nMarino Faliero, de Donizetti, donnée en i835, à Paris.\nLucia, de Donizetti, donnée en 1835, à Naples.\nLes Huguenots, de Meyerbeer, donnés en i836, à Paris."}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nCrispino e la Comare, des frères Ricci, donné en 1837, à Naples.\nBelisario, de Donizetti, donné en 1836, à Venise.\nRoberto Devereux, de Donizetti, donné en 1837, à Napies.\nIl Giuramento, de Mercadante, donné en 1838, à Naples.\nMaria di Rudens, de Donizetti, donnée en 1838, à Venise.\nI Due Illustre Rivale, de Donizetti, donnés en 1839, à Venise.\nPoliuto, de Donizetti, donné en 1840, à Turin.\nII Templario, de Nicolaï, donné en 1840, à Turin.\nLa Fille du Régiment, de Donizetti, donnée en 1840, à Paris.\nLa Favorite, de Donizetti, donnée en 1840, à Paris.\nLinda di Chamounix, de Donizetti, donnée en 1844, à Vienne»\nNabucco, de Verdi, donné en 1842, à Milan.\nSaffo, de Pacini, donnée en 1842, à Milan.\nSaiïl, de Buzzi, donné en 1841, à Vienne.\nI Lombardi, de Verdi, donnés en 1843, à Milan.\nDon Pasquale, de Donizetti, donné en 1843, à Paris.\nMaria di Rohan, de Donizetti, donnée en 1843, à Vienne.\nDon Sébastien, de Donizetti, donné en 1843, à Paris.\nErnani, de Verdi, donné en 1844, à Venise.\nLa Corsa, Pacini, donnée en 1844, à Florence.\nI Due Foscari, de Verdi, donnés en 1844, à Rome.\nStradella, de Flotow, donnée en 1844, à Hambourg.\nAttila, de Verdi, donné en 1846, à Venise.\nMacbeth, de Verdi, donnée en 1847, à Florence.\nGiovanna d'Arco, de Verdi, donnée en 1847, à Milan.\nMarta, de Flotow, donnée en 1847, à Vienne.\nJone, de Petrella, donné en 1848, à Milan.\nLe Prophète, de Meyerbeer, donné en 1849, à Paris.\nDon Bucefalo, de Cagnoni, donné en 1848, à Milan.\nTutti in Maschera, de Pedrotti.\nLuisa Miller, de Verdi, donnée en 1849, à Naples.\nRigoletto, de Verdi, donné en i85i, à Venise.\nII Trovaiore, de Verdi, donné en i852, à Rome.\nLa Traviata, de Verdi, donnée en 1853, à Venise.\n— M. Humbert, directeur du théâtre des Galeries Saint - Hubert, à\nBruxelles, va faire jouer prochainement une opérette de MM. Bocage, Du-\nbreuil et Gœdès, intitulée le Clair de Lune.\n— Nous trouvons dans le Figaro le nom des chanteuses qui ont joué à"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.46", "texte": "VARIA\n\nl'Opéra le rôle de Valentine, depuis la première représentation des Hugue-\nnots, jusqu'à nos jours.\nLes voici par ordre de date :\n29 Février 1836. — Première représentation, Mademoiselle Falcon;\n1838. — Madame Stolz;\n1840. — Madame Nathan Treillet;\n16 Août 1842. — Mademoiselle Méquillet;\ni3 Janvier 1845. — Mademoiselle de Beaussire;\n10 Août 1846. — Mademoiselle Rabi;\n1847. — Mademoiselle Dammeron ;\n1849. —. Mademoiselle de la Morlière;\n16 Février 1854. — Mademoiselle Cruvelli ;\n1856. — Mademoiselle Moreau-Sainti;\nier Octobre 1858. — Madame Barbot;\n1859. — Madame Laforêt;\n16 Janvier 1860. — Mademoiselle Brunet;\n26 Août 1863. — Madame Tietjens;\n1864. — Marie Sasse;\n3i Juillet 1865. — Mademoiselle Lichtmay;\n1866. — Mélanie Reboux;\n1868. — Madame Hisson;\n1872. — Ferruci;\nEnfin Madame Gueymard qui a toujours chanté le rôle et le chante encore.\nIl n'y a que la Falcon, Madame Stolz, Madame Nathan Treillet, la Cruvelli\net Marie Sasse, qui y aient laissé un grand souvenir.\nUn détail curieux que fournit le costumier de l'Opéra.\nLe premier costume de Valentine est, selon la tradition, un costume de\nvelours grenat. Deux cantatrices seulement ont fait infraction à la règle :\nmadame Cruvelli, qui avait fourni elle-même son costume, une robe de satin\ngris avec crevés cerise, et mademoiselle Dammeron, qui avait perdu sa mère\nquelques jours avant ses débuts dans Valentine et joua le rôle en noir !\n— Les examens pour l'admission aux classes du Conservatoire ont com-\nmencé par le concours de chant (hommes). Ils continueront dans Tordre sui-\nvant :\n16 Chant (femmes).\n22 Déclamation dramatique (hommes et femmes).\nPiano (hommes et femmes).\n29 Violoncelle et violon."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. Madame Adelina Patti, après avoir interprété\ntrois fois le rôle de Valentine des Huguenots, paraîtra dimanche et\nmercredi prochains dans celui de Marguerite de Faust.\nM. Halanzier vient d'engager une jeune cantatrice, mademoiselle\nSaville, élève de M. Jules Cohen. Elle débutera prochainement par le Trou-\nvère, puis elle chantera dans les Huguenots. Mademoiselle Saville a déjà\nappartenu à l'Opéra, mais en qualité d'élève danseuse.\nLe jeune ténor Vergnet continuera ses débuts par le rôle d'Ottavio de\nDon Juan. On prête au directeur de l'Opéra l'intention de reprendre le Comte\nOr y pour M. Vergnet.\nLe premier ballet que montera le nouvel Opéra sera pour le sujet de\nM. Jules Barbier, de M. Mérante pour la partie chorégraphique. M. Léo\nDelibes est chargé de la musique de ce ballet, qui a pour titre : Sylviaou la\nNymphe de Diane.\nThéâtre-Ventadour (Italiens). Le nouveau directeur, M. Bagier, a choisi,\npour inaugurer son théâtre, Borgia, dont nos lecteurs trouveront\ndans ce numéro un compte-rendu spécial. Samedi prochain, on donnera, avec\nmadame Pozzoni, la Traviata, pour les débuts de M. Verati, ténor, et de\nM. Rinaldi, baryton.\nJeudi, 22 octobre, première représentation de un Ballo in maschera, chanté\npar madame Pozzoni; M. Anastasi, ténor, et Fagotti, baryton; mademoiselle\nOrmeni, contralto, et mademoiselle Sarni.\nPuis viendront les débuts de mademoiselle Sebel dans Crispino e la\nComare et Marta.\nIl Trovatore) avec mademoiselle Lamare, élève de notre Conser*\nvatoire, et Otello pour madame Pozzoni, MM. Verati, Fernando, Giraudet,\net Ribaldi.\nOpéra-Comique. M. Du Locle va mettre à l'étude les Amoureux de\nCatherine, poème de M.Jules Barbier, musique de M. Henri Maréchal, prix\nde Rome de 1870,\n—■ Nous avons donné, dans notre numéro du i 5 septembre, la distribution"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.48", "texte": "VARIA\n\nde Mireille, dont la première représentation est prochaine. Mademoiselle Lina\nBell, qui avait été chargée du rôle de Taven, sera remplacée par madame\nGalli-Marié, et mademoiselle Chevalier chantera le rôle de Vincenette.\nChâtelet (Opéra populaire). Les répétitions générales de l'opéra de\nM. Membrée, les Parias, marchent activement : la représentation d'ouverture\naura lieu vraisemblablement le 2 5 de ce mois.\nMM. Dufau, directeur de l'Opéra populaire, et Fischer, directeur de l'Am-\nbigu, viennent, dit-on, de signer un traité d'après lequel il y aurait fusion\nentre les deux théâtres.\nPalais-Royal. Le théâtre du Palais-Royal va reprendre prochainement\nDanaé et sa bonne, opérette en un acte, -paroles de Lefebvre et musique de\nSylvain Mangeant, chef d'orchestre du théâtre de Moscou.\nConcerts de l'Association artistique. La direction du théâtre du Châtelet\n(Opéra populaire) a renoncé à exploiter elle-même les Concerts du dimanche,\nM. E. Colonne, qui a formé une association de musiciens, a loué la salle. Il\ndonnera un Concert instrumental tous les dimanches et un Concert avec\nchœurs, par chaque série de huit Concerts.\nL'Association dont M. Colonne est le président, est placée sous le patronage\nde membres honoraires dont la cotisation annuelle est fixée à un minimum\nde 25 francs. Les membres honoraires ont le droit d'assister à la répétition\ngénérale de chaque Concert. Quoique la souscription ne doive être ouverte\nofficiellement que le i 5 octobre, on compte déjà parmi les adhérents :\nMadame Pauline Viardot ;\nVicomtesse de Grandval ;\nMadame Galli-Marié;\nMadame R. Laborde ;\nMadame Gérard;\nMadame veuve Schaeffer\nM. et madame SchasfFer,\nMadame Oulmon;\nMadame Salvador ;\nMadame C. Saint-Satins ;\nM, G. Mathias ;\nMM. Durand et Schœneverk.\nConcerts populaires. Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro,\nl'ouverture des Concerts populaires sous la direction de M. Pasdeloup. Voici\nle programme du premier Concert qui aura lieu le dimanche iS octobre :"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18741015-01.1.49", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nParis. Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette, 61.\nPropriétaire-Gérant : QA*7^TIIUHEULHcyJ'I^I),\n\nSymphonie héroïque BEETHOVEN.\nAllegro Marche funèbre Scherzo Finale.\nPrélude VERDI.\nSuite hongroise J. MASSENET.\nN° I. Entrée en forme de danse.\nN° 2. - Intermède\nN° 3. Adieux de la Fiancée.\nN° 4. Cortège, Bénédiction nuptiale et sortie de\nl'Église.\nPièces (1720), première audition, de S.BACH.\n/\nLe Songe d'une Nuit d'Eté •. MENDELSSOHN.\nAllegro appassionato Scherzo Nocturne\nMarche.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}