{"numero_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_sha256": "159383d800acfd1d98f615be840326fd5f47d872bf8782470d7c417f3a63ae7d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1875/01/01_01/bmtnabc_1875-01-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1875/01/01_01/bmtnabc_1875-01-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c001", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[5]", "page_fin": "9", "image_debut": 1, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.1", "titre_corps": "UN CONCERT MONSTRE", "titre_sommaire": "UN CONCERT MONSTRE", "signature_source": "EDMOND NEUKOMM", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[5]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "UN CONCERT MONSTRE\n\n'ÉTAIT en 1615, à Dresde, sous le règne du\nprince éclairé Jean-George I, de la maison de\nWittin ou de Misnie...\nA la vérité, Bouillet nous apprend qu'en\n1615, la couronne ducale de Saxe paraissait\nencore assez solidement posée sur la tête du\nprince, également éclairé, Christian 11, lequel\nne se départit de son autorité, en faveur de son\nfils Jean-George, qu'après sa mort? survenue en\ni 650... Mais entre Bouillet et le rédacteur d'un journal allemand que\nnous avons sous les yeux, et qui nous sert de guide pour cette page d'his-\ntoire de la musique, nous ne saurions hésiter ; car, depuis la dernière\nguerre, il est de mode et de bon ton (hélas!) d'attribuer à nos envahis-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "seurs toutes les vertus, toutes les sciences. Hâtons-nous donc de\ndéclarer urbi et orbi, en dépit de notre vieux et scholastique Bouillet,\nque c'était bien Jean-George I qui régnait à Dresde en 1615, et non\nChristian 11, dont le règne n'a d'ailleurs fourni aucun événement bien\nmarquant, tandis que celui de Jean-George...\nJugez-en plutôt !\nC'était donc en 1615. En cette année, le désir vint au duc Jean-George\nd'offrir àsa cour un spectacle sans précédent, nous voulons dire\nune audition sans pareille, car c'était d'un concert qu'il s'agissait,\nmais d'un concert comme n'en a jamais rêvé l'organisateur par excellence\ndes festivals, le grand Jullien en personne, de bruyante renommée.\nL'époque choisie par le duc-électeur, pour cette manifestation artis-\ntique, était le 9 juillet, jour de Saint-Cyrille.\nJean-George était, comme nous l'avons dit, un prince éclairé. Il\naimait le faste, les grandes lignes et la bonne musique. Aussi ne\nrecula-t-il devant aucun sacrifice pour donner aux réjouissances pro-\njetées tout l'éclat désirable.\nPour commencer, il fit commande d'une sorte d'oratorio à son maître\nde chapelle, le cantor Hilarius Grundmaus, musicien d'ailleurs com-\nplètement oublié de nos jours, car on ne trouve aucune trace de son\nnom dans les recueils de biographies. Le sujet, choisi par le duc, était\nHolopherne ; l'épopée du lieutenant de Nabuchodonosor devant Bé-\nthulie, et sa fin malheureuse, devant fournir, suivant le Mécène saxon,\nmatière à 1 inspiration du poète favori de sa cour, qui avait nom le\ndocteur Matheseus Pflaumenkern.\nCe dernier se mit promptement à l'œuvre. Il tira tout [le parti\npossible des mésaventures de l'illustre décapité, insista sur la grande\nmorale de cette exécution sommaire, et quand son libretto fut terminé\ncomplètement, il le porta, tout humide encore, tant son inspiration\navait été rapide, à son collaborateur Hilarius Grundmaus. Celui-ci,\nde son côté, ne voulut point demeurer en retour avec son parolier. De\ntelle sorte que les deux auteurs purent faire admirer les beautés de leur\nœuvre à leur royal protecteur, bien avant l'époque fixée par Jean-George\npour la livraison de l'oratorio.\nL'accueil fait par ce prince au poëme et à la musique ày Holopherne\ndépassa l'attente du poète et du musicien. Il faut bien dire, pour être\néquitable, que cinq tonneaux de bière de Mars, mis libéralement à\nleur disposition, avaient influé salutairement sur leurs facultés produc-\ntives. Mais qu'importent les moyens, lorsque le but est atteint : l'ora-\ntorio était parfait ; c était 1 essentiel. Aussi, dans son contentement,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.3", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "rélecteur accorda-t-il deux tonneaux de supplément aux heureux colla-\nborateurs pour qu'ils busssent royalement à sa santé et au succès\nde leur ouvrage.\nAussitôt qu'il fut en possession de la partition tfHolopherne, Jean-\nGeorge invita tous les musiciens « d'Allemagne, de Suisse, du pays de\nVaud, de Pologne et d'ltalie » à se rendre & avec leurs élèves » à la grande\nfête de Dresde. Le nombre de ceux qui répondirent à cet appel fut\nconsidérable ; car les chroniques du temps nous apprennent qu'au jour\nfixé, il n'arriva pas moins de cinq cent soixante-seize instrumentistes et\nneuf cent quatre-vingt-dix chanteurs dans la capitale du duché de Saxe.\nEt quels instrumentistes ! et quels chanteurs ! Qu'il nous suffise de dire\nque parmi les premiers, il s'en trouvait qui apportaient des instruments\ntout à fait inconnus, ou tout à fait extraordinaires parleurs dimensions.\nUne contrebasse gigantesque attirait notamment tous les regards; elle\nfit son entrée en ville, couchée sur une charrette attelée de huit mules.\nLorsque ce Léviathan des instruments à cordes s'arrêta devant la maison\ndu bourgmestre, les bourgeois de Dresde le mesurèrent : il accusait une\nlongueur de sept aunes et trois pouces. On fit une ovation à son pro*\npriétaire, un certain Rapotzky, de Cracovie*\nNon moins solennelle fut la réception d'un étudiant de Wittenberg,\ndu nom de Rumpler, dont la voix était de nature à lutter avantageu-\nsement contre les ronflements monstrueux de la contrebasse de Rapotzky.\nInutile de dire que Rumpler avait été chargé de la partie d' Holopherne.\nLes délégués des corps de métiers saxons lui offrirent le vin d'hon-\nneur, à l'entrée de la ville; puis ils le conduisirent à l'auberge du\nVeau d'Or, où le duc Jean-George avait donné des ordres pour qu'il fût\nbien traité, et surtout pour qu'on mît à sa disposition de la bière à dis-\ncrétion, et de la meilleure, afin qu'au jour de l'exécution sa voix fût\n« convenablement saturée» »\nCe jour de l'exécution fut retardé. Il ne put coïncider avec la Sainte-\nCyrille, comme l'avait espéré le duc, et fut remis âu i 3 juillet. L'étu-\ndiant Rumpler fut cause de ce retard, non que la bière du Veau d'or\nlui eût ôté ses moyens, comme on pourrait le croire,—mais bien au con-\ntraire parce que l'état de « saturation » de sa voix était tel, que la\ncontre-basse de Rapotzky ne suffisait point à raccompagner.\nPour la renforcer, Grundmaus fit tendre sur les ailes d'un moulin\nà vent, un câble de quatre pouces d'épaisseur , que faisaient vibrer\ndeux musiciens de la chapelle ducale, à l'aide d'une scie de charpentier,\ndont on avait préalablement émoussé les dents,\nHâtons-nous de dire que, même avant cette adjonction, la musique de"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2546, "texte": "Grundmaus fut goûtée des dilettantes saxons, et que dès la première\nrépétition, l'on admira les exercices de voltige auxquels se livrait le\ncontrebassiste Rapotzky, pour exécuter des passages difficiles sur son\ngigantesque instrument. Une échelle avait été fixée le long du manche\nde celui-ci, et c'était plaisir de voir le virtuose en gravir les degrés ou les\nredescendre, en même temps que ses mains donnaient la vie à une basse\naussi sévère que sonore.\nLe jour de l'exécution vint enfin. L'effet produit par cette masse ins-\ntrumentale et vocale fut saisissant. Il faut dire que pour en augmenter\nencore la probabilité, Grundmaus avait fait placer, au milieu des chan-\nteurs, un orgue monumental, dont le R. P. Sérapion, musicien con-\nsommé, frappait les touches à grand tour de bras, et qu'il avait remplacé\nles timbales par des chaudrons-géants, empruntés aux cuisines de l'élec-\nteur.\nEn outre, l'on avait placé en batterie trois pièces de canon, à proxi-\nmité des exécutants, et s'il faut en croire les auditeurs, ces engins assour-\ndissants, loin de demeurer inactifs, prêtèrent un concours efficace aux\nmoyens employés pour charmer l'assistance.\nL'exécution, nous n'avons point besoin de le dire, avait lieu en\nplein air. L'endroit choisi pour cette solennité artistique était situé\nderrière leTinkenbusch, au pied d'une colline qui forme le premier con-\ntrefort de la Suisse saxonne.\nLe journal qui nous sert de guide pour cette narration (i) donne un\ncompte-rendu détaillé de cette mémorable audition. L'étudiant Rumpler,\nsoutenu par la contrebasse de Rapotzky et par le câble tendu sur les\nailes du moulin, chanta son grand air d'une voix « si terriblement belle,\nque tout tremblait autour de lui. » Puis vint une double fugue, qui\ntémoignait des sévérités scholastiques de son auteur; puis un air de\nbravoure, enlevé avec un brio infini par la Bigozzi, de Milan, l'une des\ncantatrices les plus renommées de l'époque; et finalement, un grand\nchœur, traduisant la victoire décisive des Juifs sur les Assyriens.\nMalheureusement, un incident inattendu vint troubler la fin de\n1 exécution. Il est vrai que les contemporains s'accordent à dire qu'il\ndonna plus de vérité et plus de chaleur au dénouement de Voratorio.\nVoici cet incident : La chapelle du duc Jean-George I s'était discour-\ntoisement chargée du rôle des Juifs vainqueurs, tandis que les chan-\nteurs étrangers figuraient les Assyriens vaincus. Il en résulta\n\n(i) Les faits relatés en cet article paru dans le journal Die Gartenlaube,\nannée 1872, n° 29."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.5", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "que ces derniers, vexés de jouer un rôle aussi désavantageux et,\nsans doute aussi, excités par les accents dramatiques des inspi-\nrations de Grundmaus, firent pleuvoir une grêle de pommes vertes\nsur leurs audacieux confrères. Comme on le pense, ceux-ci ne\ndemeurèrent point en arrière ; ils ramassèrent des pommes de pin,\net dès lors une lutte acharnée s'engagea entre les Assyriens et les\nIsraélites, lutte bien autrement terrible que celle qui marqua la déli-\nvrance de Béthulie, car les détonations de l'artillerie, jointes aux mugis-\nsements de la contrebasse de Rapostzky, ne purent arriver à couvrir les\ncris des combattants. Une charge de cavalerie, commandée par le propre\nfrère de Jean-George ler,Ier, eut raison de la mutinerie des chanteurs.\nLe duc rit aux larmes de ce spectacle, qui ne figurait point au pro-\ngramme. Il manda Grundmaus auprès de lui pour le complimenter sur\nles effets merveilleux de sa musique; et pour lui prouver toute sa satis-\nfaction, il lui envoya le soir même un petit fût de vin blanc de\nNiersteinep et cinquante florins de Misnie.\nNous avons raconté les splendeurs de cette fête généralement ignorée.\nIl est juste que nous parlions aussi de son triste épilogue.\nPour figurer avec avantage dans ce concert monstre, la Bigozzi s'était\ntellement répandue en trilles, en traits et en ornements de toute sorte,\nqu'elle en mourut le surlendemain.\nLe 16 juillet, les Assyriens et les Juifs, réconciliés, conduisaient à sa\ndernière demeure cette infortunée victime de son art et de\nses efforts, pour atteindre les dernières limites de ce qu'on est convenu\nd'appeler : la perfection vocale.\n\nEDMOND NEUKOMM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c005", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "18", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.2", "titre_corps": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA", "titre_sommaire": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA", "signature_source": "RAOUL DE SAINT-ARROMAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.14", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1370, "texte": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA\nESSAI DE L'ÉCLAIRAGE\n\n1\"\nA dernière visite à notre Académie nationale de\nMusique est loin de ressembler aux précédentes. Il y a\nun mois à peine, les plâtras couvraient les mosaïques,\nles blocs de marbre obstruaient les couloirs, de lon-\ngues échelles étaient dressées dans le grand foyer, tel\npanneau n'était pas revêtu de sa glace, telle peinture\nn'était pas achevée, un bout de corde traînait ici, et là-bas un faisceau\nd'outils était posé lourdement sur une légère corniche. J'ajouterai que\nmes pérégrinations se faisaient de jour, et que la salle et ses dépen-\ndances étaient éclairées par des becs de gaz placés seulement aux points\noù le travail marchait. Le jour pénétrant par le haut du dôme donnait\nune couleur blafarde à la lueur du gaz, et dénaturait le ton de ce que\nl'on pouvait examiner.\nDans les deux soirées que M. Garnier a offertes au public parisien,\ntout, au contraire, était à sa place; le lustre delà salle, celui du foyer de\nla danse et ceux du grand foyer du public, projetaient leurs innombra-\nbles lumières.\nEn réalité, ces deux soirées peuvent être considérées comme de véri-\ntables premières. Un seul point, un seul, n'a pas permis qu'on établît un\njugement définitif sur l'aspect de la salle. La rampe n'était pas allumée.\n\n(i) Voir les numéros des i 5 septembre, i 5 octobre, iw et i 5 novembre et î5 dé-\ncembré."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.15", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "Il le fallait, paraît-il, pour donner aux dix mille visiteurs la faculté de\npasser de plain-pied de la salle sur la scène.\nQuoi qu'il en soit, voici le résultat de mes observations. Le lustre, qui\nest magnifique, est insuffisant pour éclairer la vaste salle dont les dorures\nnombreuses font très bon effet. Leur éclat est tempéré par le velours\nrouge des tapisseries. Les loges sont tristes et obscures. Il sera très\nfacile de remédier à cet inconvénient en plaçant à 1 intérieur, des becs de\ngaz entourés de verres dépolis, et en restituant aux loges d entre-colonnes\nles girandoles qui existaient à la salle Le Peletier.\nA la lueiir du lustre, le plafond de M. Lenepveu perd beaucoup de sa\nfraîcheur. Ce qui était foncé est devenu noir, et forme des taches dans\nun ciel qui était pur. Quelques coups de pinceau suffiront pour rendre à\nl'œuvre du grand peintre son aspect primitif et parfait.\nAu foyer delà danse, les peintures de M. Boulanger subissent, elles\naussi, une désagréable transformation quand elles sont éclairées. Elles\nsont fades et ternes, alors qu'elles étaient à la lumière du jour vigoureu-\nsement colorées. L'éclairage de la loggia est charmant. Il est très dis-\ncret et n'en fait que mieux ressortir les féeries du grand foyer. Ici, les\ntentures d'or, les colonnes d'or éblouissent les yeux et scintillent mei-\nveilleusement sous les mille lueurs des lustres. L oeuvre de M. Baudry\napparaît dans toute sa grandeur, C est superbe et assuiéncient unique au\nmonde. Lorsque la lumière aura un peu terni cet éclat peut-être trop\nvif, le foyer du nouvel Opéra demeurera comme la réalisation d'un\nconte des Mille et une Nuits. Le monde entier voudra le venir visiter.\nSans la moindre restriction, je trouve l'éclairage de l'escalier monu-\nmental, également parfait. Les couleurs de tous les marores dont j ai\ndonné la nomenclature se fondent et s'harmonisent admirablement.\nLes dégagements font, eux aussi, un excellent effet à la lumière.\nBref, l'œuvre de M. Garnier peut compter parmi les plus belles créa-\ntions modernes, et si quelques imperfections ont été découveitcs en ce\nqui concerne l'éclairage, je suis persuadé que déjà elles sont coirigées.\n\nRAOUL DE SAINT-ARROMAN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c009", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 6, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.3", "titre_corps": "ANDRÉ PHILIDOR", "titre_sommaire": "ANDRÉ PHILIDOR", "signature_source": "ARTHUR POUGIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.6", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\n0\nVII\nPRÈS avoir fait cette première incursion sur le domaine\nde l'Opéra, Philidor revint sur ses terres de la Comé-\ndie-Italienne, toujours pour lui fertiles en succès. Il\ndonna à ce théâtre, le 18 juillet 1768, la première re-\nprésentation d'un élégant ouvrage en deux actes, le\nJardinier de Sidon, qui fut très bien reçu du public,\nainsi que nous l'apprend le Mercure, en dépit des deux faits fâcheux\nsignalés par ce journal : un livret d'une fâcheuse qualité (il était de\nPleinchêne), et une température qui était loin d'être favorable au\nthéâtre. Grimm, qui n'est jamais tendre pour la musique française,\nprodigue, dans sa correspondance, des éloges sans réserve et singulière-\nment accentués à la partition du Jardinier de Sidon et à son auteur :\n« La musique m'a paru charmante; c'est peut-être une des pièces de Phi-\nlidor écrite avec le plus de soin. Il a un peu jeté son feu dans le premier\nacte, comme il arrive volontiers aux compositeurs; le second est moins\nfourni. Philidor prouve bien la vérité du proverbe, qu'à force de forger on\ndevient forgeron ; il a fait en dix ans de temps, du côté du métier, des pro-\ngrès immenses; son style était lourd et pesant, il est devenu léger et plein de\ngrâce ; quant au nerf, il en a toujours eu, mais il produisait ses effets labo-\nrieusement ; s'il arrivait à son but, c'était par des efforts d'un athlète à la vé-\n\n(i) Voir les numéros des i 5 juin, i 5 juillet, iev septembre, ier octobre, ler no-\nvembre et ier décembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.7", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "rité plein de vigueur, mais dont la vue harassait votre imagination. Aujour-\nd'hui l'on voit un maître qui se joue de son métier, et qui compose avec\nd'autant plus de sûreté qu'il lui en coûte moins de peine; la chaleur de son\nstyle et la magie de son coloris vous dérobent ce que ses idées peuvent avoir\nquelquefois de mesquin et de trivial. Une langue aussi ingrate pour la mu-\nsique que la langue française permet rarement à un compositeur de nous pré-\nsenter de ces idées neuves et précieuses qui nous enchantent dans les ou-\nvrages des maîtres italiens ; et quand par bonheur un compositeur français\na trouvé quelque idée de cette espèce, il est obligé bien vite de la laisser là,\nla roideur de sa langue s'opposant à tout développement : c'est avoir son\nenfer en ce monde que d'être condamné à faire de la musique sur des paroles\nfrançaises (i). Une autre espèce de damnation, c'est d'avoir pour juges des\noreilles françaises. Il y a tel air dans le Jardinier de Sidon qui aurait suffi\nailleurs pour faire la fortune de la pièce, c'est-à-dire que, pour le plaisir d'en-\ntendre cet air vingt fois de suite, on aurait porté la pièce aux nues; et ici\ntoute la magie du musicien n'a pas pu faire supporter la platitude du poète.\nIl y a un air que chante madame Laruette, accompagné d'un violon, d'un\nhautbois et d'un cor de chasse obligés : on n'a encore rien entendu en France\ndans ce goût-là. Presque tous les airs de Caillot, et ceux de madame Laruette\nsont charmants. On a reproché à Philidor quelques réminiscences de son\nopéra d'Ernelinde, et Ton a eu raison ; il y a surtout un duo où la réminis-\ncence est sensible. Mais quest-ce que cela fait? »\nIl est assurément difficile d'accorder à un artiste des éloges plus com-\nplets, et mieux motivés. Philidor, on peut le dire, les méritait absolu-\nment ; on pourrait ajouter qu'il lui fallait les mériter doublement pour\nles arracher à Grimm.\nPhilidor mit bientôt en musique deux pièces qui avaient paru précé-\ndemment à la scène sous forme de comédies. Rarement ce procédé est\nfavorable aux compositeurs, les conditions du théâtre littéraire étant\nloin d'être semblables à celles du théâtre musical, les unes, même, com-\nbattant souvent les autres. C'est une expérience que chacun a pu faire,\nmême de nos jours. La première de ces deux pièces, donnée treize ans\nauparavant sous le titre de la Plaisanterie de campagne, fut reproduite*\nainsi remaniée, le 2 septembre 1769 ; elle était en un acte, et, cette fois5\n\n(1) C'était là le dada de Grimm, comme de Rousseau, et tous deux ont brodé d'in-\nterminables variations sur ce thème, qu'ils ont ressassé jusqu'à la banalité. Nous sa-\nvons aujourd'hui, et depuis longtemps, à quoi nous en tenir sur ce prétendu vice de\nla langue française, sur son impuissance à se marier avec la musique. Notre langue,\nsi claire, si sonore, si admirable (qui a, d'ailleurs, donné naissance à l'opéra-co-\nmique), n'a point paru si dure ni si fâcheuse aux musiciens étrangers qui, depuis\nun siècle, ont en si grand nombre sollicité l'honneur de l'employer. Il suffira de rap-\npeler, à ce sujet, les noms de Gluck, de Piccinni, de Salieri, de Sacchini, de Mar-\ntini, de Cherubini, de Spontini, de Rossini, de Meyerbeer, de Donizetti, de Verdi,\nsans compter les moins glorieux et les moins connus."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2026, "texte": "ainsi intitulée : VAmant déguisé, ou Favart, qui\nen était l'auteur, fit précéder la nouvelle édition de l'avertissement que\nvoici : « Cette bagatelle fut représentée au Théâtre-Italien au mois\nde juin 1756, sous le titre de la Pl fut\nreçue avec plaisir ; son succès fut interrompu par la maladie et la mort\nde mademoiselle Silvia. On a cru pouvoir remettre cette pièce au\nthéâtre, en y ajoutant des ariettes pour se conformer au goût dominant.\nM. Philidor a bien voulu se prêter à cette tentative, et nous espérons\nque le public aura assez de bonté pour nous savoir gré des efforts que\nnous avons faits pour contribuer à son amusement. »\nLa pièce, écrite en vers libres et lestement tournés, comme Favart\nsavait les manquait d'action et de situations musicales; elle fut\nbien reçue pourtant, et Grimm dit encore : « La musique du Jardinier\nsupposé est fort agréable, et si elle n'est pas de la force des autres\nouvrages de Philidor, c'est la faute de son poète, qui lui a fourni le\nmoins d'occasions possible pour faire de la musique. » D'ailleurs,\nJardinier supposé était joué à ravir par Trial, Laruette, madame Trial,\net surtout madame Favart, qui était tout à la fois d'une grâce et d'un\ncomique achevés dans un rôle de Provençale où elle faisait tourner toutes\nles têtes. On lui adressa à ce sujet les vers suivants :\nQiie de bon cœur tu m'as fait rire,\nFavart. Cet ouvrage est charmant;\nTon jeu naturel et plaisant\nM'inspire ton joyeux délire.\nJe te dois nn remercîment :\nHélas! on rit si rarement!\nSous tes crêpes ensevelie,\nChei nos froids et tristes auteurs,\nLa vive et riante Thalie\nEst une veuve, dont les pleurs\nFlétrissent la mine jolie :\nLe feu piquant de la saillie\nLui rend son éclat, ses couleursy\nL'enjouement, la coquetterie\nFont briller ses traits enchanteurs ;\nC'est une fille qu'on marie,\nQue l'amour couronne de fleurs.\nOui, nos plaisirs sont ton ouvrage ;\nL'esprit, les talens, la gaîté,\nFavart, dans ton heureux ménagé,\nSont nn bien de communauté\nDont au public tu fais hommage."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.9", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "Jouis de tes succès flatteurs ;\nChaque jour tu nous es plus chère :\nL'art d'amuser et Fart de plaire,\nJe te réponds de tous les cœurs.\nAvant de parler du second ouvrage que Philidor écrivit dans les\nmêmes conditions, il me faut dire quelques mots d'une production\nà laquelle il ne prit, du reste, qu'une part très secondaire, sorte de pas-\ntiche composé pour une part de musique nouvelle écrite par divers\nartistes, pour une autre part de morceaux connus et qui n'étaient même\npas toujours destinés au chant. Cette œuvre quelque peu informe, dont\nles paroles avaient Favart pour auteur, était intitulée la Rosière de\nSalency, et fut représentée à la Comédie-Italienne- le 14 décembre\n1769 (1). C'est encore à Grimm que nous allons avoir recours, car lui\nseul peut nous renseigner à ce sujet : « La Rosière de Salency, dit-il, a\nparu hier pour la première fois sur le théâtre de la Comédie-Italienne ;\nle parterre l'a reçue à merveille. Des couplets sans fin, une chacone de\nRameau, le menuet d'Exaudet parodiés, et d'autres chefs-d'œuvre de\ncette espèce l'ont transporté de plaisir ; et vous espérez que ces gens-ci\nse connaissent jamais en musique ! Jamais , jamais, cela est sans\nressource. Comptez que celui qui s'extasie pour de si insupportables\npauvretés ne sait ce qu'il fait quand il lui arrive d'applaudir à une vrai-\nment belle chose. La musique de cette Rosière est une insigne rapsodie.\nOn prétend que le baron Van Swieten (?), Monsigny et Philidor ont\nfourni des morceaux • mais à l'exception de ce dernier, qu'on reconnaît\naisément à son faire et à la vigueur de son style, on peut attribuer le\nreste à qui l'on voudra, cela est également bon ou également mauvais,\nsuivant les gens qui écoutent. Les airs de Philidor même ne sont rien,\net Ton s'aperçoit bien qu'il n'a compté en tirer ni profit ni gloire. »\nIl n'en tira guère plus de la Nouvelle Ecole des Femmes, qu'il donna\nau même théâtre le 22 janvier 1770. Celle-ci, comme le Jardinier\nsupposé, avait paru d'abord, non sans quelque succès, sous forme de\ncomédie (2) ; mais, comme son titre l'indique, c'était une comédie de\n\n(1) Il ne faut pas confondre cette Rosière de Salency avec celle qui fut donnée au\nmême théâtre quatre ans après, au mois de février 1774. Cette dernière, qui obtint\nun très grand succès, était de Grétry pour la musique, et, pour les paroles, d'un\nnommé Masson, qui prit en cette circonstance le pseudonyme de marquis de Pezay.\n(2) Au même théâtre, le 6 avril 1758. Sous sa première et sa seconde forme, la\npièce avait trois actes. L'auteur était de Moissy. « Geite pièce, dit-il dans l'Avertis-\nsement de sa comédie transformée, a déjà eu le bonheur d'obtenir les suffrages du\npublic; mais elle seroit tombée dans l'oubli, si je n'avois pas pris le parti de la faire"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "caractère, par conséquent d'un genre absolument hostile à la musique.\nL œuvre ne lit que passeï, et je crois quelle ne resta pas au répertoire,\nmalgré le talent de ses interprètes, qui n'étaient autres que Clairval,\nTrial, Nainville, madame Trial, madame Laruette et mademoiselle Des-\nglands.\nVIII\nDepuis le 9 mars 1759, date de son début au théâtre, c'est-à-dire\ndans un espace de moins de onze ans, Philidor avait produit quinze\nouvrages dramatiques, formant un ensemble de vingt-sept actes d'opéra,\nsans compter la part plus ou moins importante qu'il avait prise à la\nRosière de Salency et même à la Bagarre. On peut donc dire qu'à\ncette époque il avait fourni une carrière considérable et brillante. Sen-\ntait-il les premières atteintes de la fatigue, et est-ce à cela qu'il faut\nattribuer le repos complet qu'on lui voit prendre alors pendant trois\nannées, ou bien est-ce un réveil de sa passion pour les échecs qui lui fit\npendant ce temps oublier la musique? Il est fort difficile de le dire, car,\nde 1770 à 1773, les renseignements sur le grand artiste font absolument\ndéfaut. Fut-il malade? Fit-il un second voyage en Angleterre? Toutes\nles conjectures sont permises, puisqu'on n'a même pas. pendant le cours\nde ces trois années, un indice de son existence. Nous allons donc, sans\nplus nous piéoccuper de ce qu'il put faire à cette époque, reprendre le\nrécit de sa carrière à la suite de ce long silence.\nIl repaiut àla Comédie-Italienne, le 11 janvier 1773, avec un acte\nassez fâcheux au point de vue du poème, et intitulé le Bon Fils, que\nsa musique, jugée resta impuissante cependant à faire réussir.\n« Les paroles, dit Bachaumont, sont d'un certain abbé Le Monnier (1),\nqui a traduit Térence, mais ne s'entend en rien au théâtre. Indépendam-\n\nrevivie, en quelque façon, eu lui donnant une nouvelle forme, par les âgrémens de\nde la musique, sans en changer le fond. Ce sera pour moi un nouveau motif de re-\nconnaissance, si lon icçoit favorablement le nouveau travail que j'ai fait pour rendre\ncet ouvrage plus agréable. «\n(1) Ce personnage avait pris pour la circonstance le pseudonyme de De Vaux. On\nlit a ce sujet dans les Mémoires secrets (5 février 1773): « L'abbé Le Monnier,\nauteur u on Fils, est chapelain de la Sainte-Chapelle. Il a pris un nom postiche,\net sin es 11.1 prîmés on lit : par M. De Vaux. Cependant, comme il est notoirement\nconnu pour le pèie de cette mauvaise pièce, le Chapitre est furieux contre ce suppôt\nprévaricateur, et l'Archevêque de Paris exige, dit-on, qu'il soit destitué de sa place.\nCe seroit payer bien cher la honte d'avoir produit une aussi détestable drogue. »"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.11", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "ment des vices de construction, la forme n'a aucunes beautés; il n'y a\npas une scène qui vaille quelque chose. Les ariettes même (c'est-à-dire\nles vers des ariettes) sont détestables. La musique du sieur Philidor n'a\npu compenser tant de défauts, et si le Bon Fils n'est pas absolument\ntombé, il n'est guère possible qu'il aille bien loin. » Le Mercure adresse\nde grands éloges au compositeur : « La musique ajoute à la réputation\nde M. Philidor ; elle est de génie, et d'un style mâle et plein d'expression.\nLes chants en sont variés, les motifs bien choisis et traités avec beau-\ncoup d'art et d'effets d'orchestre. »\nLe 3o octobre de la même année, les comédiens italiens donnaient\ndevant la Cour, à Fontainebleau, la première représentation d'un\nouvrage en deux actes, Zémire et Mélide, dont les auteurs étaient An-\nseaume pour les paroles, et Philidor pour la musique. La Cour aimait\nassez se donner ainsi la primeur d'ouvrages qui ne paraissaient qu'en-\nsuite à Paris. Précisément en cette année 1773, le Mercure n'ayant pas,\nainsi qu'il le faisait à l'ordinaire, rendu compte des spectacles de Fon-\ntainebleau (c'était à chaque saison, pendant les chasses du roi, toute\nune série de pièces inédites, qui prenaient ensuite leur vol à la Comédie-\nFrançaise et à la Comédie-Italienne, quelquefois même à l'Opéra), nous\nn'avons aucune nouvelle de l'accueil qui fut fait à Zémire et Mélide.\nIl était joué par Clairval, Suin, madame Trial et mademoiselle Bil-\nlioni (1).\nSedaine avait tiré d'un des plus jolis contes de La Fontaine, les Rémois,\nune comédie musicale en un acte et en vers libres qui devait d'abord\nêtre représentée sous ce titre. Il choisit Philidor pour collaborateur,\nmais il changea le titre de l'ouvrage, qui fut représenté à la Comédie-\nItalienne, le 20 mars sous celui-ci : les Femmes vengées. Le poète\navait fait, dans cette pièce, un essai qui pouvait alors passer pour auda-\ncieux: « J'ai hasardé, dit-il dans sa préface, j'ai hasardé cet opéra-\n\n(1) L'histoire de Cette pièce est singulièrement embrouillée. Fétis, qui\nZeluiie et Mélide, dit qu elle lut donnée à la. Comédie—ltalienne en 1764, commettant\nen peu de mots une triple erreur, puisqu'elle ne fut jamais représentée à ce théâtre;\nles Annales dramatiques en attribuent les paroles à Fenouillot de Falbaire, tandis\nque le livret imprimé pour la Cour, chez Ballard, « par exprès commandement de Sa\nMajesté, » porte le seul nom d'Anseaume pour les paroles. D'autre part, la partition,\nqui a été publiée aussi, porte ce titre, différent de celui du livret : Mélide ou le Na<*\nvigateu). Nous verrons plus loin que Fenouillot de Falbaire était réellement Fauteur\ndes paroles, paroles qu'Anseaume avait seulement arrangées sans doute, et nous ver-\nrons aussi comment l'ouvrage, considérablement modifié pour la Comédie-Italienne,\npuis entièrement retait en vue de l'Opéra, finit par n'être représenté ni sur l'un ni\nsur l'autre de ces deux théâtres."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "comique pour essayer l'effet que pourrait produire, sur le théâtre, trois\nscènes à la fois, en trois lieux différents. Je crois, cependant, qu'elles ne\nsont admissibles qu'en observant l'unité d'action, c'est-à-dire en don-\nnant aux personnages occupés dans les parties latérales l'application à la\nscène qui remplit le milieu du théâtre. » Sedaine était un romantique\npour son temps; il l'a prouvé en plus d'une occasion, au moins dans son\nthéâtre lyrique. On sait combien le moyen employé ici par lui pour la\npremière fois, au point de vue comique, a été depuis une source d'effets,\nnon-seulement en ce genre, mais dans le genre sérieux et dramatique\nproprement et cet essai donne une idée de son intelligence et surtout\nde son sentiment de l'effet théâtral.\nSans obtenir un succès éclatant, les Femmes vengées furent cependant\nfort bien accueillies. La pièce était vive, amusante, alerte et pleine de\ngaieté; la partition, pour ne point compter parmi les meilleures de Phi-\nlidor, était loin toutefois d'être sans valeur, et l'on y retrouvait la touche\nsolide et ferme du maître, son style magistral, son orchestre brillant et\ncoloré. L'ouvrage était avec cela fort bien joué et fort bien chanté par\nClairval, Laruette et Nainville, par madame Moulinghem, mademoi-\nselle Colombe et mademoiselle Beaupré. Mademoiselle Colombe, qui\nfut, on peut le dire, la première artiste de la Comédie-Italienne à qui\nl'on pût donner véritablement le nom de cantatrice, donna même au\ncompositeur l'occasion d'écrire un grand air di bravura, qu'elle chantait\navec une rare maestria et dans lequel elle enlevait de vive force les\napplaudissements de la salle.\nLes Femmes vengées, qui furent l'avant-dernier ouvrage donné par\nPhilidor à la Comédie-Italienne, furent reprises avec succès, au théâtre\nFavart, le 23 vendémiaire an VII (i 5 octobre 1798). Dix ans après\ncependant, la partition de Philidor tut délaissée, et le 22 octobre 1808,\nrOpéra-Comique reproduisait la pièce de Sedaine avec une musique\nnouvellement écrite par Blangini. Il est juste d'ajouter que celle-ci\nn'obtint aucun succès.\n(La suite prochainement»)\n\nARTHUR POUGIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c013", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.3.4", "titre_corps": "Décor des FEMMES VENGÉES. d'aprés une vignette de Cocbin.", "titre_sommaire": "Décor des FEMMES VENGÉES. d'aprés une vignette de Cocbin.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.13", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 57, "texte": "Décor des FEMMES VENGÉES. d'aprés une vignette de Cocbin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c014", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "24", "image_debut": 16, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.4", "titre_corps": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES", "titre_sommaire": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES", "signature_source": "PAUL FOUCHER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.16", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "LES\nCANTATRICES DRAMATIQUES\n\n(I)\nIV\nCATARINA GABRIELLI\nIII\ncette date le vice-roi de Sicile, marquis de Fogliano,\nétait un homme distingué, influent, dont Brydone fait\nun grand éloge, et qui sans doute avait provoqué sur\nla scène de Palerme l'engagement de la Gabrielli.\nQuoiqu il en soit, la fantasque Catarina avait été invi-\ntée à un banquet de cérémonie chez ce haut person-\nnage, avec la principale noblesse de Palerme. La noblesse fut exacte.\nL'heure du dîner passe ; le vice-roi s'impatiente, il envoie chez la can-\ntatrice, on la trouve au lit, un livre à la main, prétextant une indisposi\ntion, et avouant qu'elle avait oublié cet engagement. Toutes les instances\nsont inutiles pour la déterminer à se rendre aux vœux de l'illustre com-\npagnie à laquelle on l'avait promise. Elle maintient ses excuses, et elle\nse lève toutefois pour se rendre au théâtre. Là, elle chante ; mais sotto\nvoce, avec un talent à dessein modéré, un charme tout juste officiel.\nLe Foi-1 Évéque était à cette époque dans les traditions de tous les\n\n(i) \\oir les numéros des ier décembre 1878, ief janvier, i«* février, te» mai, i\" et\ni 5 juin, i 5 juillet, 1\"' août, i 5 novembre et i 5 décembre 1874."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "gouvernements civilisés. Le vice-roi fait menacer de la prison la capri-\ncieuse prima donna. On peut me faire crier, répond-elle au messager\ndu gouvernement; chanter, jamais.\nLe vice-roi ne pouvait en avoir le démenti : A la fin du spectacle, la\nGabrielli fut envoyée, mais avec tous les égards dus à son talent et à\nses caprices, —en prison. Elle y resta douze jours; mais là, fantaisie\nbien autrement extraordinaire, elle s'avisa de faire du bien ; paya les\ndettes de ses co-détenus, tint table ouverte pour les compagnons devenus\nvolontaires de sa captivité, leur prodiguant tous les morceaux les plus\nbrillants de son répertoire avec ce luxe de talent et de voix qu'elle avait\nrefusé aux ordres du vice-roi. On ne voulait plus sortir de ce lieu de\ndétention où elle avait transformé littéralement les fers des prisonniers\nen chaînes dorées. Sa générosité s'était étendue même au dehors de la\ngeôle, et lorsqu'elle sortit enfin, la voix publique ayant littéralement\nexigé son élargissement, la foule des pauvres qu'elle avait secourus, et\nqui l'attendaient à la porte, la conduisit en triomphe jusqu'à son hôtel.\nCatarina avait été demandée plusieurs fois par les directeurs des théâ-\ntres de l'Angleterre 5 mais voici la raison qu'elle donnait pour ne pas y\naccepter d'engagement, raison que l'on comprendra surtout après ses\naventures connues : « Je ne puis pas commander à mon caprice ; il\n« m'entraîne le plus souvent, et sur les théâtres anglais, je ne serais pas\n« la maîtresse de faire toutes mes volontés. Si je me mettais dans la tête\n<t de ne pas chanter, on dit que la populace m'insulterait, et que peut-\n« être on m'assommerait. J'aime mieux dormir ici en bonne santé,\n« quand même ce serait çn prison. »\nIl n'y a pas à douter ici du propos que rapporte également Brydone,\nmais en définitive cette déclaration n'a pas servi à la Gabrielli de règle\nde conduite constante, car nous empruntons à\nde Burney, des détails curieux et caractéristiques sur l'apparition de la\nGabrielli en 1775 à Londres.\nC'était depuis son départ de Palerme qu'elle avait passé trois années\nen Russie. Les lettres de Mistriss Goudar, que j'ai déjà citées, ne\nlaissent à cet égard aucun doute. Cette Anglaise mélomane en attestant\nl'empire que la Gabrielli conservait encore sur le public, déplore qu'il\nn'y ait plus que la Russie qui soit assez riche pour payer la grande\nchanteuse. Mais on ne sait rien d'ailleurs sur ce nouveau séjour de la\nGabrielli dans le Nord.\nLe plus remarquable événement de la saison de 1775 à 1776, dit\nBurney, a été l'arrivée à Londres de la fascinatrice et capricieuse Cata-\nrina Gabrielli, appelée dès ses débuts dans la vie la petite cuisinière,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.18", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2744, "texte": "étant la fille d'une cuisinière et d'un grand personnage. Elle n'avait\ncependant aucun indice de basse naissance dans sa contenance; les\nexcentricités les plus singulières de sa conduite conservaient meme la\ngrâce, la dignité d'une matrone romaine. Sa réputation et comme can-\ntatrice habile, et comme coquette aventureuse, était si grande, avant\nson arrivée en Angleterre, que le public, peut-être attendant trop de\nl'un et de l'autre, ne semôntrait pas disposé à lui accorder l'éloge que\nson talent méritait, et se hâtait trop d'attribuer toute action, toute\nparole de sa part, à l'orgueil ou à l'outrecuidance.\nComme il avait été rapporté que souvent elle avait feint la maladie,\nou chanté mal quand il ne tenait qu'à elle d'enchanter ses spectateurs,\npeu voulurent admettre qu'elle pouvait être malade, même dans un\nclimat qui ne lui convenait guère, ou qu'elle chantât jamais de son\nmieux. On voit que la Gabrielli fut exposée à rencontrer dans ce pays\nnouveau le châtiment de ses dangereux égarements, de sa volonté trop\nchangeante.\nDans ces mauvaises dispositiohs, on n'était pas éloigné de décider que\ndéjà la Gabrielli était dans la période de déchéance, et que la renommée\navait beaucoup exagéré la valeur réelle de ses succès. Catarina triompha\npourtant de ces préventions. Sa voix, selon le jugement de Londres,\nquoique d'une qualité exquise, n'avait pas beaucoup de force; son prin-\ncipal mérite consistait dans la rapidité et l'élégance de l'exécution. On\ntrouva de grands rapports entre la nouvelle venue et mademoiselle Davies,\nune virtuose contemporaine qui sous le nom de la petite Anglaise avait\nparcouru triomphalement les grandes scènes d'Europe, et chantait les\nmêmes airs que la Gabrielli, avec un degré d'élégance si approximative-\nment égal que d'abord on n'y trouva aucune différence. Cependant, et\nen approfondissant la comparaison, quelques critiques compétents\ndécouvrirent dans la voix de la Gabrielli une habileté supérieure dans la\nfin de ses périodes musicales, une distinction, et enfin un accent, une\nprécision dans les divisions du chant non seulement supérieurs à made-\nmoiselle Davies, mais à toute autre cantatrice.\nCet éloge de la Gabrielli sous la plume d'un critique estimé est un\ntitre de noblesse pour cette patricienne du chant, et confirme cette\nsuprématie, qui lui est reconnue partout. La rapidité de son exécution,\najoute Burney, ne l'empêchait jamais d'être claire et agréable. Il ne\nparaît pas que dans les mouvements lents, elle conservât la même supé-\nriorité. Les détails que Burney donne sur son talent de comédienne\nainsi que sur la nature de ses relations privées n'ont pas moins d'inté-\nrêt. « Comme actrice, quoique petite, elle mettait tant de grâce et de"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "dignité dans ses gestes et dans son attitude scénique, que non seulement\nelle gagnait tous les spectateurs exempts de prévention, mais encore\nqu'elle semblait remplir la scène et qu'elle absorbait la pensée, et ne\npermettait pas que l'attention du public pût se distraire d'elle un seul\nmoment. »\nDans la conversation, cette Gabrielli si célèbre par ses frasques, était\nune personne bien élevée, intelligente, non seulement en ce qui concer-\nnait la musique, mais sur tout sujet où une femme qui a reçu une bonne\néducation et qui a vu le monde, peut avoir acquis des connaissances.\nL'influence de lage peut avoir contribué à cette heureuse modification\nchez la cantatrice. On remarquait surtout que de son séjour récent de\ntrois ans en Russie, aucune particularité de caractère individuel de\nmœurs nationales, ou d'étiquette de cour, n'avait échappé à son esprit\nd'observation.\nA ce moment, la Gabrielli, née en 1730, avait au moins quarante-\ncinq ans. Mais sa beauté attestait encore la vraisemblance de toutes les\naventures qui l'avaient rendue si célèbre, et du délire qu'elle avait excité\nen Italie et à Vienne.\nLes opéras dans lesquels la Gabrielli se fit entendre durant son séjour\nen Angleterre furent la Didone abbandonnata, cette fois musique de\nSacchini, Caio Mario, de Piccinni, et la Vestale, de Venta.\nIl faut croire que ces opéras, puisqu'ils ont été choisis, devaient beau-\ncoup au talent de la cantatrice. La Didone de Sacchini est restée tout\nà fait inconnue, et c est à Piccinni que ce même sujet, traité de par\nVinci et Jomelli, sans compter d'autres peut-être, a dû exclusivement de\njeter un véritable éclat sur la scène lyrique. De même que la Didone,\nCaio Mario (singulier sujet que Caius Marius pour un opéra italien !)\nn est pas citée sur la liste des œuvres de son auteur dans les biographies;\net quant à Venta, auteur, à ce qu'il paraît, d'une Vestale, l'œuvre et le\ncompositeur sont aujourd'hui aussi complètement ignorés.\nBurney dit qu après ses succès en Angleterre, la Gabrielli se retira à\nBologne, heureuse d'échapper à tous les orages que sa beauté et ses\ntalents avaient fait naître. La Gabrielli n'aurait pourtant pas renoncé\naux luttes qu'un cœur d'artiste n'abandonne qu'avec tant de peine. Les\nbrillantes facultés de la cantatrice ne pouvaient cependant être éter-\nnelles, et lorsqu'en 1780 (elle avait alors, par conséquent, cinquante ans)\nelle voulut engager la bataille avec le célèbre chanteur Luigi Marchesi,\nà Milan, pour la première fois la victoire demeura indécise.\nLuigi Marchesi brillait par le goût, la flexibilité de la voix. Le charme\net la beauté de sa personne, la grâce et la convenance de ses gestes"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.20", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "ajoutaient à l'effet produit par la perfection de son chante II avait débuté\nà Rome en 1774, dans un rôle de femme, l'usage étant alors de confier\nces rôles à un jeune chanteur dont la voix de soprano, la personne élé-\ngante ou délicate pouvaient se prêter à l'illusion de cette transformation.\nEn 1775, il avait joué les seconds rôles d'homme avec Pacchiarotti pour\nchef de file. A Milan, il avait bien vite passé au premier rang, puis au\nthéâtre de San Carlo de Naples, alors le poste d'honneur d'un chanteur\nd'opéra. Les trois grands chanteurs d'ltalie, à cette fin de siècle* étaient\nPacchiarotti, Rubinelli et Marchesi.\nMarchesi n'avait donc que six ans de théâtre ; il était dans tout l'éclat\nde la jeunesse et du talent, et dans la condition si désavantageuse pour\nelle, la Gabrielli maintint encore sa position. On siffla, on applaudit\navec la même énergie des deux parts, et la lutte commencée au théâtre\nse continua dans les rues et dans les cafés de Milan. La Gabrielli, comme\nsi elle avait dû être toute sa vie prédestinée aux aventures, après avoir\ntroublé tant de cœurs, au péril même de sa propre vie, parut devenir\npresque un danger pour la paix publique.\nIl est probable, toutefois, que s'étant vue en butte à une opposition\nqui ne s'était jamais jusqu'alors manifestée, même en fût-elle demeurée\nvictorieuse, la fantasque cantatrice comprit qu'il ne fallait pas attendre\nque le prestige diminué disparût tout à fait. On ne signale plus aucune\napparition sur la scène de cette Mélusine lyrique, postérieurement à\ncette année 1780.\nCatarina se retira à Rome ; ses dépenses, inconsidérées comme toute\nsa conduite, avaient borné ses revenus à 2,000 écus romains. Elle dut\nréduire son train, et on ne la vit plus sans doute voyager avec de nom-\nbreux domestiques, un courrier la précédant, remplissant la route de\nbruii comme elle avait rempli l'Europe de son nom. Elle eut la gloire\nd'un proverbe resté appliqué à tous les fastueux. On disait de quelqu'un\nqui voulait afficher de la magnificence et des prétentions extravagantes :\nChichi è ? La Gabrielli ? Qui est-il donc ? La Gabrielli ?\nCatarina Gabrielli n'aimait à faire souffrir que ses amants ; elle était\ncharitable, et prodiguait sa richesse comme ses caprices. Elle conserva\njusqu'à la fin de sa vie, auprès d'elle, sa sœur aînée, Anna, qui l'avait\naccompagnée dans toutes ses excursions lyriques, en qualité de seconda\ndonna. Elle fit donner également àun frère une éducation qui ne suffit\npas à décrasser ce fils de cuisinière.\nQuant à elle, elle fut un des exemples les plus frappants de cette mer-\nveilleuse faculté de transformation dont une femme, fût-elle fille du\npeuple, est capable. La princesse de théâtre avait voulu rester telle à la"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "ville et était parvenue à faire illusion à la meilleure société, à ce degré\nque malgré le scandale de ses anciennes amours, elle put, dans ses der-\nnières années, former et garder des relations avec la classe élevée de\nRome. La Gabrielli donnait alors des concerts, mais n'y chantait plus\nguère elle-même. Elle mettait encore trop haut dans sa pensée la Ga-\nbrielli pour la faire entendre dans sa décadence, même à de simples\ninvités.\nCe n'était pas seulement dans sa conversation, mais dans ses pro-\ncédés, qu'elle était fine et ingénieuse. Elle n'aimait pas les avares, et sut\nen punir un cruellement, quoique délicatement. Les Florentins passent\npour être très économes ; un seigneur de Florence vint rendre visite à\nla Gabrielli, et une de ses manchettes s'étant accrochée à une épingle de\nl'habit de la cantatrice, se déchira. Le seigneur parut troublé outre\nmesure de cet incident. La Gabrielli lui envoya le lendemain six bou-\nteilles de vin d'Espagne, et, à la place du bouchon, étaient six des plus\nbelles dentelles de Flandre,\nLes suites d'un rhume négligé terminèrent, en avril 1796, cette bril-\nlante et aventureuse carrière. Pour résumer ce que les contemporains\nnous ont rapporté sur ce talent, c'était surtout dans les notes élevées,\nd'une flexibilité et d'une étendue surprenantes, que la Gabrielli avait\nfait admirer sa voix. Le violon seul pouvait réaliser de semblables pro-\ndiges ; mais ces qualités de prestidigitation du gosier, si on peut em-\nployer ce terme, n'étaient pas exclusives, j'ai déjà eu l'occasion de le\ndire, de remarquables facultés d'expression.\nTelle fut la Gabrielli. J'ai cherché avec plus de labeur que de succès\npeut-être à donner un corps à cette étincelante légende, à faire connaître\nplus intimement, plus sérieusement, cette personnification fantasque\ndes gloires et des faiblesses, des succès et des caprices du talent uni au\ncharme et à la beauté. Il semble que la Gabrielli, dans son illustration\nnomade, ait promené avec elle partout la Bohême; mais du moins à\naucun moment elle n'a cessé d'en être la reine.\n\nPAUL FOUCHER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c018", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "30", "image_debut": 22, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.5", "titre_corps": "REVUE DES CONCERTS", "titre_sommaire": "REVUE DES CONCERTS", "signature_source": "H. 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L'an dernier, je ne sais quelle mésaventure de\npodagre le retint éloigné des concerts pendant qu'on\nexécutait la symphonie en ré mineur de Schumann.\nCette année, il est encore emprisonné chez lui quand\nla Société donne le concerto en la mineur pour le\npiano, du même auteur. M. Deldevez, qui n'est guère partisan de\nSchumann, mais qui a eu le courage de réclamer, au Conservatoire,\nl'exécution des œuvres de ce grand homme encore méconnu en France,\nest peut-être, comme chef d'orchestre, un peu froid, un peu mou, un\npeu ankilosé ; mais il a le sentiment des finesses poétiques, des mala-\ndives suavités, des prestigieuses mélancolies du compositeur infortuné\nqui vit la folie s'asseoir à sa table de travail et qui termina sa vie par le\nsuicide. M. Lamoureux est également un chef d'orchestre de mérite. Il a\nde l'initiative, et il l'a prouvé en créant ses séances d'harmonie sacrée. La\ngloire de cette innovation lui revient tout entière, pourvu qu'on n'ou-\nblie point qu'il bénéficie des efforts de ses devanciers et récolte une\nmoisson que d'autres ont semée. M. Lamoureux a eu aussi la chance de\nvoir la mode collaborer avec lui. En effet, Haendel est en ce moment en\npleine vogue. On ne jure que par Haendel,et le public français est en ce"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "moment voué au partitionnaire saxon comme nos enfants sont voués au\nbleu. Tout cela est louable et M. Lamoureux a le droit de couvrir son\nchef de tous les lauriers qu'on voudra lui octroyer, puisque, après tout,\nc'est lui qui a fait accepter Haendel aux auditoires capricieux de la capi-\ntale. Mais, au Conservatoire, M. Lamoureux est-il un chef d'orchestre\nparfait, irréprochable, un deus ex machina, un Moïse sur son Sinaï ?\nCela mérite d'être étudié.\nM. Lamoureux ne bronche pas lorsque Elwart lui lance en plein\nvisage son panégyrique en sonnets. C'est du courage, cela; mais il ne\nbronche pas non plus devant Beethoven, Schumann et les autres\nmaîtres. Il conduit son orchestre intrépidement, presque avec témérité.\nC'est un cocher exact, actif, et qui toujours fait galoper ses chevaux.\nLa malle-poste lui est confiée; ne doutez pas qu'à la minute réglemen-\ntaire, et même presque toujours en avance, son attelage ne touche à la\nbarre de station. Sa qualité est de maintenir la mesure ; on ne parle pas\ndu rhythme, et pour cause. Dare dare, l'orchestre part à toute volée; il\ncourt, bondit, traverse les obstacles, piétine sur les fleurs, sur les prés\nverts, sur les fraîches eaux, cahote sur les pierres et s'arrête à point, et\nmême avant l'heure, quand le papier réglé ne contient plus aucune note.\nC'est que le conducteur veut arriver vite et frapper fort : n'applaudissez\npoint, puisque toujours il y réussit.\nM. Lamoureux a le bras du chef d'orchestre. Il rappelle Hainl pour\nl'élan de ce bras levé sur son armée sonnante. Mais un chef d'orchestre\nn'est-il qu'un bras, un bâton? N'est-il pas aussi un cerveau, n'est-il pas\nun esthéticien, un metteur en scène d'œuvres nouvelles ? Avec les exécu-\ntants du Conservatoire qui vont tout seuls et qui, pour bien faire, ne\ndemandent que d'être livrés à leur propre impulsion, M. Lamoureux est\nplus que suffisant, surtout quand il s'agit d'œuvres traditionnellement\nacquises à la manipulation orchestrale de ces instrumentistes incompa-\nrables; mais s'il fallait créer, pousser à îa lumière une œuvre inconnue,\nen mettre en relief l'âme, la pensée, la vie, M. Lamoureux aurait-il la\nconception, l'initiative, et, comme Habeneck ou Vianesi, tiendrait-il\ndans sa main ferme tout son personnel instrumental calme et discipliné?\nDans certaines parties d'Haendel, on dirait qu'il dirige un opéra\ncomique, non pas qu'Haendel réclame l'allure de Palestrina et la mono-\ntone ampleur des pédantismes académiques; mais il y a un rhythme, un\ntempérament, une nuance qui, parfois, lui échappent et qui n'échap-\npent pas toujours à M. Deldevez, qui pourtant commande moins cava-\nlièrement son armée tout entière attentive, confiante et docile. M. Del-\ndevez n'est pas sans défaut, mais on tremble en songeant qu'en réalité"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.24", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2596, "texte": "il n'a guère de remplaçant qui le vaille. Au reste, l'auditoire du Conser-\nvatoire le comprend bien; aussi lui a-t-il fait une ovation lorsque\nM. Deldevez, guéri, a repris le bâton de chef d'orchestre au concert du\n27 décembre dans lequel ses instrumentistes ont été merveilleux.\nMaurice Cristal,\nCONCERTS POPULAIRES. —On a exécuté au ier Concert de la 2e série\nune œuvre nouvelle : l'ouverture de Richard 111, de M. Robert Volk-\nmann, professeur de composition à l'Académie royale de musique de\nPesth. Si nous considérons l'ouverture comme une préface symphonique,\nayant pour but d'exposer et de développer la pensée principale du drame,\nsaisie dans ses traits généraux et rendue en musique avec une étroite\nunité et beaucoup de clarté, nous ne pouvons reconnaître à l'œuvre de\nM. Volkmann le caractère distinctif de ce genre de composition. En\ndépit de son titre, l'ouverture de Richard 111 n'est, au fond, qu'une\nfantaisie dramatique, un morceau d'harmonie, appartenant au style\ndescriptif et dans lequel le musicien a entrepris de raconter le drame de\nShakespeare, depuis l'exposition jusqu'au dénouement. Il y a donc un\npeu de tout dans cette œuvre trop touffue qui reproduit tour à\ntour les épisodes les plus marquants du drame anglais. L'ensemble est\nassez confus et il n'est pas toujours facile d'en dégager l'idée dirigeante ;\nnéanmoins, je crois avoir à peu près saisi le plan du compositeur, grâce\nà la précaution que j'avais prise de relire le drame de Shakespeare la\nveille même du concert. Mais, parmi les 4,000 personnes qui ont\nentendu l'ouverture de Richard ///, combien s'en trouvait-il qui\neussent connaissance suffisante du sujet pour découvrir, sans l'aide\nd aucun programme, tout ce que le compositeur a voulu faire entrer\ndans ce cadre symphonique ? Fort peu, si j'en juge par l'accueil très\nfroid que le public a fait à cette œuvre, qui n'est pas sans beaucoup\nde mérite, mais qui manque généralement de souffle et de puissance,\ndont les développements sont étriqués et le style tendu, morcelé et fort\ninégal. A mon sens, l'ouverture de M. Volkmann est une double erreur:\nD abord, en tant qu'ouverture ne devant jamais suivre exactement la\nmarche des événements d'un drame, sous peine de perdre le caractère\nessentiel d unité que doit revêtir tout morceau d'harmonie ; ensuite,\nconnue symphonie descriptive, l'auditeur étant, en thèse générale,\nincapable de saisir les rapports exacts d'un morceau purement sympho-\nnique avec le drame qui lui sert de canevas, lorsque ce morceau\nn accompagne pas l'action scénique qui peut seule le rendre intelligible."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2550, "texte": "Dans ce même concert, qui comprenait encore la symphonie en ré\nmajeur (n° 49) d'Haydn et la symphonie en la de Beethoven, M. Al-\nphonse Duvernoy a exécuté avec succès le Concert-Stiick de Weber.\nAla rigueur, je n'aurais rien à dire du 2e Concert qui ne présentait\naucune œuvre nouvelle ; cependant je ne puis m'empêcher de faire une\ncourte remarque au sujet delà Suite d'orchestre en sol de M. Ten-Brink.\nCe morceau me semble absolument déplacé sur les programmes d'une\ninstitution consacrée tout entière à la musique symphonique sérieuse.\nNon-seulement la musique de M. Ten-Brink n'a aucun caractère sym-\nphonique, mais en outre elle est d'un style qui manque absolument de\ntenue et qui paraît tout à fait choquant dans la maison de Beethoven et\nde Mozart. Le Chapeau de paille d'ltalie nous amuse fort sur la scène\ndes Variétés, mais nous serions révoltés de le voir jouer dans la maison\nde Molière. Nous éprouvons à peu près le même sentiment à entendre\nexécuter aux Concerts Populaires, entre une pièce de Bach et une\nsymphonie de Beethoven, un morceau, dont la vraie place serait à\nFrascati, entre une valse de Métra et des variations d'Arban pour\ncornet à pistons.\nH. Marcello.\nCONCERT NATIONAL. L'espace me manque pour entrer dans de longs\ndétails sur le cinquième concert du Châtelet. D'ailleurs, la symphonie\nen ut majeur d'Haydn, la gavotte d'lphigénie et le Songe d'une Nuit\nd'été, de Mendelssohn, n'ont plus besoin d'autres éloges que sous le rap-\nport de l'exécution qui a été parfaite de tout point.\nLa Marche funèbre, composée en 1785 pour les obsèques d'un franc-\nmaçon, est peut-être un des morceaux où Mozart a le plus déployé de\ncette sensibilité qui débordait en lui. Elle est d'une mélancolie douce et\ncalme, et le motif principal est d'une grande suavité. Néanmoins, la vé-\nrité m'oblige à dire qu'elle a produit peu de sensation. Immédiatement\naprès, madame Alfred Jaëll a paru sur l'estrade dans une toilette des plus\nélégantes. A peine assise, les premiers accords qu'elle a fait entendre fai-\nsaient déjà pressentir le succès qui l'attendait. Non, il n'est pas possible\nde se figurer le magnétisme que cette grande artiste a su exercer sur son\nauditoire, qu'elle a tenu, pendant toute la durée du concerto en sol mi-\nneur de M. Saint-Saëns, sous un charme mêlé d'une sorte de stupeur.\nTour à tour légers comme un souffle aérien ou rapides comme la foudre,\nses doigts ont par momens atteint une puissance de son à dominer tout\nl'orchestre de M. Colonne. Aussi, lorsqu'elle s'est levée, cinq mille mains"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.26", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "enthousiastes ont à trois reprises témoigné à madame Jaëll l'immense\neffet que son talent avait produit.\nHenry Cohen.\nCONCERTS DANBÉ. Le 143e Concert-Danbé, le second dans la salle\nTaitbout, a attiré une foule énorme. Pendant l'entr'acte, très heureuse\ninnovation que M. Danbé a introduite dans ses concerts, la circulation a\nété par instants presque impossible. Le programme, du reste, autant\nque la beauté de la salle, justifiait cette affluence. Une charmante ga-\nvotte de Lully, composée en 16 et bissée à l'unanimité, a été certai-\nment bien mieux exécutée qu'elle ne le fut dans l'origine par les vingt-\nquatre violons du roi. Les bourrées de Ragonde, écrites par Mouret\nen 1712, ont aussi fait beaucoup de plaisir. Ces deux morceaux ont été\npubliés par M. Lajarte dans la Chronique 7nusicale du lerIer octobre der-\nnier. M. Lavignac a parfaitement exécuté son concerto en sol mineur de\nMendelssohn; le public le lui a bien prouvé par ses applaudissements\nréitérés. Madame Barthe-Banderali a fait entendre avec sa voix et son\ntalent si sympathique un très joli air de Pergolèse, une vilanelle d'Auber,\nplus originale qu'agréable, et la cavatine de la Fiancée d'Abydos, opéra\nde son mari, M. Barthe, qui mériterait à tous égards d'être repris sur\nl'un de nos théâtres lyriques. Le ravissant air de ballet du Prophète, en\nmi majeur, a brillamment terminé la séance.\nLe 144 e concert a été très intéressant sous plus d'un rapport. Il faut\nsignaler d'abord un quintette pour flûte, hautbois, clarinette, cor et\nbasson, de Reicha, admirablement exécuté par MM. Donjon, Turban,\nTriébert, Garigue et Lalande. Ce compositeur d'un très grand talent,\nmais bien plus célèbre encore comme professeur d'harmonie, de contre-\npoint et de fugue, a écrit une série de quintettes pour ces mêmes instru-\nments. Connaissant à fond les ressources de chacun d'eux, il a plutôt\nfait des œuvres d'étude que d'inspiration. La vie leur manque trop sou-\nvent, et il arrive qu'en les écoutant on se prend à tout moment à re-\ngretter, tout en les admirant, qu'ils ne remuent en nous aucune des\ncordes sensibles. Tel a été l'effet mardi dernier de l'Andante et du Scherzo\nque M. Danbé nous a donnés. Il faut cependant ajouter que lors de leur\napparition, il y a une soixantaine d'années, ils ont fait beaucoup de sen-\nsation.\nMadame Viguier a une exécution très brillante et y joint beaucoup\nd'expression, mais le concerto de Beethoven, en ut mineur, n'est pas une\ncomposition à faire valoir un pianiste. L'orchestre y joue un rôle trop"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "considérable et relègue au second plan l'instrument solo, sauf dans TAn-\ndante. Et puis, il faut avoir le courage de le dire : depuis l'époque où\nBeethoven écrivait, l'exécution sur le piano a tellement fait de progrès\net l'instrument lui-même a reçu de si immenses perfectionnements,\nqu'un concerto qui date d'une soixantaine d'années ne peut plus faire\ngrande impression sur la génération actuelle. Voilà encore un exemple\nde ce fétichisme en faveur de Beethoven, contre lequel je me suis élevé\ndans mon compte-rendu du i5 décembre.\nLe Menuet du cinquième quintette de Boccherini, joué par tous les\ninstruments à cordes, a fait beaucoup de plaisir et a été bissé. La Bru-\nnette et la chanson bachique, par des auteurs inconnus du dix-septième\nsiècle, chantées par le quatuor vocal, sont si courts qu'on n'a pas le\ntemps de juger de leur effet. La Suite d'orchestre de M. Gounod, les\nBacchantes, a été applaudie. L'ouverture de la Fête du Village voisin\net la Marche turque de Mozart, placées l'une au commencement et\nl'autre à la fin du Concert, l'ont parfaitement encadré.\nH. C.\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE PARIS. — J'ignore qui est mademoiselle\nLaure Lemaire, de quelle école elle sort et qui est son professeur. Ce\nque je sais,, c'est qu'elle est très jeune et d'une beauté remarquable; que\nsa voix, quoique un peu voilée encore, est un soprano franc et plein de\ncharme ; que sa prononciation est pure et nette, et que son chant, tout\nen trahissant encore quelque inexpérience, promet un talent des plus\nélevés dans un court avenir. Elle a obtenu un succès mérité dans un air\nde Mendelssohn et surtout dans celui du Freyschutqu'elle a eu bien\nraison de chanter avec la traduction si musicale de Castil-Blaze. Le\nprincipal motif de la barcarolle de M. L. Gastinel est fort beau, mais\nil n'est pas très bien encadré. Il est entouré de choses confuses et indé-\ncises. Néanmoins, c'est un morceau à effet. La Danse tsigane ne m'a\npas paru très heureuse. Le Concertstiicke de Weber est toujours d'une\nréussite sûre, surtout quand il est exécuté par un artiste tel que M. Al-\nphonse Duvernoy. Dans sa belle symphonie en sol de Haydn (la Sur-\nprise), l'Andante si connu a été rendu avec une grâce et une délicatesse\nqui lui manquent malheureusement souvent. Presque toujours on le\njoue trop fort,\n\nH. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c022", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "31", "page_fin": "39", "image_debut": 28, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.6", "titre_corps": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES", "titre_sommaire": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES", "signature_source": "O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.28", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1727, "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nOPÉRA : Robert le Diable, Débuts de madame Fursch-Madier. THÉÂTRE-VENT A-\nDOUR : Débuts de M. Lepers dans un Ballo in Maschera, et de mademoiselle Mo-\nrian dans la Sonnambula, BOUFFES-PARISIENS : Première représentation de : Un\nMariage en Chine.\nous ce masque : l'histoire officielle, se cache cette\nfigure : l'histoire vraie. Aimable et souriant, le masque,\ntoujours le même, charme les gens superficiels, les\nniais, les badauds; la figure, sombre, farouche, sou-\nvent désolée et couverte de larmes, n'est guère connue\nque d'un petit nombre d'initiés. Le masque représente\nles grands artistes comme des êtres privilégiés que le succès et la gloire\naccompagnent nécessairement, qui jouissent de la vie, qu'une auréole\ncouronne, que les bravos et les applaudissements suivent partout, que\nles peuples acclament et que le monde considère comme autant de demi-\ndieux ; la figure les montre tristes, inquiets, souffrants, tourmentés par\nles envieux, écrasés de travail, honnis par la foule qui les supporte à\npeine, ridiculisés par leurs contemporains , bafoués par la critique,\nsifflés, injuriés par la cabale, incompris, connaissant le public qu'ils\nméprisent, et cependant doutant d'eux-mêmes tant que ce public ne les\na pas reconnus pour ce qu'ils sont; hantés par la misère, louve har-\ngneuse qui, leur laissant voir dans l'ombre ses longues dents blanches\nprêtes à les dévorer, les poursuit jusqu'à ce qu'ils se heurtent au\ntombeau, et se demandant enfin, au moment d'entrer dans l'inconnu,\néternité ou néant, si le talent qu'ils s'attribuaient est bien réel, si ce\nn'était pas une chimère, une pure illusion de l'amour-propre.\nLe masque et la figure, on le voit, ne disent pas absolument la même"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "chose. Le masque prononce avec éclat ces noms : Homère, Dante, Cer-\nvantès, Shakespeare, Beethoven, Schubert, Chopin, Berlioz; la figure\ndit : Homère mendiait, Dante fuyait dans l'exil la persécution et la\nmort; Cervantès subissait la prison, endurait la faim, Shakespeare se\nvoyait préférer des littérateurs infimes, Beethoven recueillait des sous-\ncriptions pour décider quelque éditeur à publier ses dernières partitions,\nSchubert vendait le Roi des Aulnes à Diabelli pour cinq francs et mou-\nrait dans une détresse profonde, on se cotisait pour enterrer Chopin,\nBerlioz succombait au désespoir de se sentir méconnu.\nEt le masque continue à sourire, et la figure continue à pleurer. Ce\nsont des triomphateurs, s'écrie l'un ; ce sont des martyrs, murmure\nl'autre.\nDisposant d'une fortune considérable, Meyerbeer n'eut pas à subir le\nsort ordinaire des hommes supérieurs. Heureusement doué, secondé par\nun talent sérieux, il n'aperçut jamais d'obstacles invincibles entre son\ndésir et le but qu'il visait. Sa clef d'or ouvrait toutes les portes ; son\nsavoir-faire l'aidait à réaliser ses rêves les plus ambitieux. La presse\nn'avait rien à lui refuser; la fière dame s'humanisait pour lui. Etait-ce\nvraiment pour lui? Les yeux du maestro, petits, mais très beaux, furent-\nils en effet pour quelque chose dans les éloges dont elle le combla ?\nHé! hé!\nQuoi qu'il en soit, Meyerbeer conquit, grâce à Robert le Diable, une\nréputation colossale, solidement établie, durable, universelle ; il s'em-\npara d'une position inexpugnable qui allait être encore fortifiée par un\nchef-d'œuvre sans précédents : les Huguenots. Aujourd'hui, comme jadis,\nMeyerbeer domine le théâtre contemporain.\nA Paris seulement, Robert compte environ six cents représen-\ntations (1). On l'a joué dans toutes les villes importantes où il y a un\norchestre et des chœurs. Que dis-je ? on l'a joué dans de simples bour-\ngades, avec ou sans orchestre, avec ou sans chœurs, au piano !! ! La\nrenommée est implacable.\nS'imagine-t-on cependant que Robert le Diable soit arrivé sans diffi-\nculté à sa première représentation qui eut lieu, comme on sait, à XAca-\ndémie royale de musique le 29 novembre 1831 ? Si on le supposait, on\nse tromperait grandement et, puisque l'occasion s'en présente, je veux\nfaire l'historique de cette pièce (2).\n\n(1) La Dame blanche en compte pîus de miile.\n(2) Les détails suivants, que je tiens de Scribe, m'ont été confirmés par madame\nDamoreau et par Levasseun"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.42", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "Conçu primitivement en trois actes, destiné d'abord à l'Opéra-\nComique, y fut présenté. Là, le poëme attendit patiemment pendant\ndeux ans le bon vouloir directorial. La popularité dont jouissait Scribe\nne parvenait pas à vaincre les résistances qu'on opposait au musicien.\nMeyerbeer n'était pourtant pas le premier venu. Émule de Rossini, il\navait obtenu des succès en Italie, et sa Muse, beaucoup moins germa-\nnique qu'ultramontaine, passait à tort pour une Allemande renforcée.\nCes deux années étant écoulées et le poëme ayant été reçu, on se décida à\nmettre la musique à l'étude. L'heure de la répétition générale sonna.\nMeyerbeer, l'air triste et résigné, écouta l'ouvrage d'un bout à l'autre ;\npuis il quitta la scène, sortit, prit le bras de Scribe et lui dit : Je retire\nma partition. Vous retirez votre partition? Oui. Sérieusement?\nSérieusement.— Pourquoi donc ? Parce que ces artistes-là ne peu-\nvent pas chanter ma musique; ils en sont (1). Mais le\ndédit? (2) Je le paierai. Que comptez-vous faire alors? Je vous\nle dirai demain.\nLe lendemain, de grand matin, Meyerbeer sonnait à la porte du meil-\nleur de ses collaborateurs (3). Il demanda à Scribe d'ajouter deux actes\nà Robert le Diable,de transformer le dialogue en récitatif et de pré-\nsenter le libretto ainsi modifié à l'Opéra dès que lui, Meyerbeer, aurait\nachevé sa musique. Scribe jeta les hauts cris; mais le compositeur était\npressant, obstiné, il avait à sa disposition des moyens de persuasion\npuissants... Scribe céda. Meyerbeer employa deux ou trois ans à rema-\nnier et à terminer Robert qui, porté à l'Opéra et confiné dans les cartons\nde la direction, y fit une nouvelle station de deux ans. M.Véron ne vou-\nlait pas entendre parler de cet ouvrage. Meyerbeer ouvrit son porte-\nfeuille, en sortit soixante mille francs et les présenta à M.Véron, qui\ns'adoucit d'autant plus volontiers qu'une somme égale lui était déjà\naccordée par le ministère, soit disant pour réparer la salle. Cent-vingt\nmille francs, c'était plus qu'il ne fallait, en 1831, pour monter magnifi-\nquement un opéra. M. Véron qui, sous certains rapports, ressemblait un\npeu, dit-on, au tailleur de M. Jourdain (4), se réserva, je pense, outre\n\n(1) Il voulait dire incapables.\n(2) Il était, je crois, de dix mille francs.\n(3) L'autre était Germain Delavigne.\n.(4) M. JOURDAIN, regardant\nAh! ah! monsieur le tailleur, voilà de mon étoffe du dernier habit q';e vous\nm avez fait. Je la reconnois bien.\nLE MAITRE TAILLEUR\nC'est que l'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu lever un habit pour moi.\n(Molière, Bourgeois gentilhomme, acte 11, scène Vill.J"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.43", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "une poire pour la soif, de quoi se faire faire un habit. Mes bénédictions\nà l'industrialisme !\nM. Véron conservait une arrière-pensée; il espérait échapper aux\nobligations contractées envers les auteurs. En dépit de ces interminables\nhésitations, fort respectables sans doute, il fallut pourtant prendre un\nparti. Véron-Fontanorose, qui avait probablement des données plus pré-\ncises sur la nature des pâtes que sur les merveilles de l'art, se décida, en\napparence du moins; au fond, il demeura flottant, indécis. Bref, apiès\nbien des pourparlers et beaucoup de temps perdu, les études de Robert\net la première répétition générale arriva. Chanteurs et\nexécutants partageaient les appréhensions du docteur. Ils raillaient\nMeyerbeer, et lorsque, dans la fameuse marche des nonnes, les bassons\nexécutent seuls certaine phrase que je qualifierai de cadavéreuse tant elle\nsentie sépulcre, les artistes de l'orchestre éclatèrent de rire. Ils trou-\nvaient la chose drôle. Plus tard, on la trouva terrible.\nLes craintes de M. Véron redoublèrent, et notre Bourgeois de Paris,\nhésitant jusqu'au dernier moment,- ne dissimulait pas ses inquiétudes à\nson entourage. Il pâlissait à vue d'œil sous les roses dont il couronnait\njournellement son front. Évidemment Thyrsis allait maigrir.\nAppelé à la dernière répétition, le célèbre Fétis fut consulté; mais\nFétis avait son siège fait; il combla la musique d'éloges et termina son\ndiscours en affirmant que Robert ferait le tour du monde; en quoi il ne\nse trompa point.\nLe public ne mordit pas d'abord à cette splendide partition; il ne\ncomprit pas d'emblée les nouveautés dont elle fourmille. Il y avait bien\nla Valse infernale, le beau décor du cloître, la danse des nonnes, le\nrameau enchanté, les démons, la cathédrale de Palerme; mais tout cela\nn'attirait pas une foule assez compacte. Meyerbeer s'avisa d'un moyen\nexcellent, maintes fois employé depuis et qui réussit souvent. Il acheta,\npendant les trente premières représentations, toutes les places qui, la\nveille, n'étaient pas louées, et les distribua à des personnages influents.\nOn apprit bientôt qu'il était difficile de se procurer des loges, des stalles\nau bureau de location; alors les moutons de Panurge s'y précipitèrent,\ns'y ruèrent à l'envi, et la vogue un instant hésitante s'établit définiti-\nvement.\nJe me hâte d'ajouter que Robert le Diable méritait les sacrifices\nmomentanés que s'imposait Meyerbeer. Toutefois, l'illustre maître\nauquel 011 doit les Huguenots et Struensée, ouvrit une ère fatale pour le\ngénie sans fortune» De plus, il a donné un exemple qui n'est que trop\nsuivi, Maintenant le premier venu, s'il a de l'argent, se faufile à la scène,"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.44", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "au concert, partout. La plupart des directeurs, ne voyant que le gain\nimmédiat, acceptent des productions quelconques à la condition que les\nauteurs, au lieu de recevoir le prix de leur travail, dédommageront\nd'avance les entrepreneurs des frais plus ou moins fictifs qu'ils font.\nAinsi le commerce se substitue à l'art, l'argent prend la place du mérite,\net tandis que le billet de banque écarte les obstacles, renverse les bar-\nrières, le talent conspué attend à la porte et y reste. On accueille le\ncharlatanisme armé d'une bourse, on chasse l'artiste indigent. Et on ne\ncomprend pas que ce système ravale, outrage et blesse l'art qui, déjà\ndangereusement malade, se tourne et se retourne en soupirant sur son\nlit de douleur !\nCréé par MM. Nourrit, Levasseur, Lafont, Révial, Wartel et Couder,\npar mesdames Damoreau, Dorus et Taglioni, n'a\npresque pas quitté l'affiche depuis quarante-trois ans. Je ne l'avais par\nvu depuis très longtemps lorsque je fus convoqué à la représentation du\n16 décembre dernier à l'occasion du début de madame Fursch-Madier\ndans le rôle d'Alice. Arrivé à 1 heure indiquée, je gagnai ma stalle sans\npeine, toutes les places étant inoccupées. Que de vides aux fauteuils,\ndans les baignoires, aux premières ! G est navrant. Ah! voilà madame\nFursch-Madier. Vite, je prends ma lorgnette; je ne me contente plus\nd'écouter, je regarde et dois-je l'avouer ? —je regarde avec plaisir. La\ndébutante est charmante dans son joli costume; sa tenue me plaît et j'ai\nla lachete me laisser seduiie... pas assez complètement toutefois pour\noublier que je dois apprécier avec impartialité cette gracieuse et intéres-\nsante cantatrice.\nJe remarque donc qu'elle traîne la voix du mi au sol, puis du si au mi\nsur le premier mot de ce vers :\nVa, dit-elle, va,\nJe remarque aussi qu'elle presse le commencement du deuxième cou-\nplet, quoique Meyerbeer ait donné une indication précieuse en écrivant\nen cet endroit l'adverbe significatif, ; au lieu de chanter cette\nphrase :\nDis-lui, dis-lui...\ndun ton solennel et d'en rendre fidèlement le rhythme imposant et\ngrandiose, elle la débite mollement : elle ne tient compte ni des valeurs\nrespectives nés notes ni de 1 importance des paroles qu'elle va prononcer :\nDis-lui qu'un pouvoir ténébreux\nyeut le pousser au précipice"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.45", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2364, "texte": "Au troisième acte, je voudrais plus de naïveté dans ce passage :\nQiiarrd je quittai ma Normandie...\net dans les deux couplets suivants plus d'angoisse, surtout au moment\noù une partie du motif, joué par la flûte, revient dans le mode mineur\nau-dessus d'un trémolo, exécuté par les violons et les altos, auxquels se\njoignent un instant après les violoncelles et les contrebasses mêlant leurs\nrhythmes divers. Madame Madier dit avec ampleur le duo entre Ber-\nîram et Alice et le trio sans accompagnement (Alice, Robert, Bertram .\nJe lui ferai également mon compliment sur l'interprétation du superbe\ntrio qui précède le chœur final du cinquième acte.\nMais une belle voix, du talent, de l'intelligence, suffisent-ils pour\nrendre dignement la pensée de Meyerbeer ? Hélas ! non. Robert, Ber-\ntram, Alice, sont des types qui exigent impérieusement la réunion d'ar-\ntistes exceptionnels. Éternellement jeunes et beaux, ils veulent le cœur\nqui déborde, l'esprit qui s'élève, la passion qui gronde, grandit, éclate.\nIls ne sauraient se passer de cet élément : le sentiment dramatique; ils\ndemandent non-seulement des chanteurs rares, mais encore d'excellents\nacteurs. Sur la scène comme à l'orchestre, chaque fragment mélodique a\nsa valeur, son expression propre; chaque note traduit avec un singulier\nbonheur une pensée, un mot, un geste. Ce qui n'est qu'indiqué dans le\nlibretto s'affirme magistralement dans la musique.\nCette œuvre, immense conception où pleure la terre, où hurle l'enfer,\noù le ciel rayonîie, sera-t-elle jamais parfaitement représentée? J'en\ndoute. Pourtant j'aime à croire que l'exécution de Robert ne demeurera\npas indéfiniment aussi défectueuse quelle l'est actuellement. O mon\npauvre Robert ! on t'a changé en nourrice. Que sont devenus les mou-\nvements d'autrefois i Tes adagios se hâtent, tes andantçs se pressent,\ntes allégrettos tournent à M allegro vivace et tes allégros au presto. Je\nvois avec effroi l'archet affolé de M. Altès tournoyer au-dessus du pupitre\nprincipal. On croirait que cet archet est une épée étincelante et que le\nchef d'orchestre conduit à l'assaut instrumentistes, choristes et chan-\nteurs. Je plains mademoiselle Belval roucoulant dans un mouvement\nimpossible :\nIl me délaisse...\net obligée de suivre l'archet à vapeur de M. Altès dans Vallegretto\nmolto moderato qui suit :\nÉcoute, jeune amie*.*"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.46", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2019, "texte": "Mon âme est attendrie,gazouille la voix; répond\nl'archet.\nLes airs de ballet conservent à peu près seuls leur allure accoutume'e,\nLe reste se perd dans un tourbillon de sons où exécutants et auditeurs\nne se retrouvent que par miracle.\nLe rôle du paysan normand, Raimbaud, dévolu jadis à Lafont qui\nétait gras, est agréablement rempli maintenant par M. Vergnet qui n'est\npas maigre.\nDoué d'une voix médiocrement étendue, mais forte, éclatante et\nfacile, M.Sylva se fait applaudir souvent et chaleureusement. Il attaque\navec vigueur le fier motif :\nDes chevaliers\net il supporte bravement la tâche écrasante qui lui incombe.\nQuant à M. Belval, il a plutôt l'air d'un bon diable que d'un diable.\nC'est un Bertram somptueusement vulgaire. Ale voir, on dirait le\nBourgeois gentilhomme des démons.\nUne dernière observation.\nL'orchestration de Robert, un peu brutale et remplie d'effets heurtés,\nmais voulus, oblige le chef d'orchestre et les exécutants à des précau-\ntions infinies. Ces précautions, il faudra les prendre le jour où on\nvoudra restituer à cette partition, aujourd'hui presque méconnaissable,\nson ancienne et véritable physionomie.\nLOUIS LACOMBE.\nLes débuts se succèdent au Théâtre-Ventadour avec une fréquence et\nune rapidité absolument invraisemblables. C'est, dans cet infortuné\nthéâtre, singulièrement déchu de sa splendeur passée, un continuel chas-\nsez-croisez d'artistes, dont les uns paraissent un instant pour disparaître\naussitôt et faire place à d'autres, qui disparaissent à leur tour avec une\négale promptitude. Quant à une troupe réelle, fixe, solide, il n'en faut\npoint parler, et ce n'est sans doute là que la moindre préoccupation de\nM. Bagier, qui semble traiter le Théâtre-Italien de Paris comme il pour-\nrait le faire de celui de Malte ou d'Ajaccio.\nToujours est-il que la quinzaine qui vient de s'écouler nous a valu\nencore deux débuts nouveaux, qui sont loin d'offrir rien de particulière-\nment remarquable. Le premier en date est celui de M. Lepers, un jeune"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.47", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "baryton sorti naguère du Conservatoire, s'il nous en souvient bien,\navant d'avoir achevé complètement ses études, ce qui ne l'empêcha pas\nde débuter à l'Opéra-Comique dans une reprise des Voitures versées.\nAprès avoir végété quelque temps à ce théâtre, M. Lepers s'en alla tâter\nun peu de la province et de l'étranger, puis il revint à Paris, et entra à\nF Athénée où il créa, avec une certaine désinvolture, le rôle de Turlupin\ndans le joli petit opéra de M. Ernest Guiraud, Madame Turlupin. L'A-\nthénée fermé, M. Lepers retourna, je crois, à l'étranger, et le voici qui\nnous revient de nouveau, cette fois, au Théâtre-Ventadour, où il aborde\nl'opéra italien avant de se montrer dans l'opéra français.\nPar malheur, le rôle qu'il a choisi pour son début ne convient guère\nàla nature de son talent, non plus qu'à son physique. Physiquement,\nen effet, M. Lepers est un bon gros garçon, aux formes rebondies, àla\nphysionomie joviale, à l'air bon enfant et réjoui, et son talent, qui se\nressent tout naturellement de ses allures extérieures, le porte bien plutôt\naux rôles gais qu'aux rôles dramatiques. Or, et tout esprit de raillerie\nmis à part, on conviendra que rien n'est moins gai qu'un Ballo in mas-\nchera, et que le rôle de Renato ne contient pas .le plus petit mot pour\nrire. M. Lepers a certainement fait preuve de bonne volonté dans ce\nrôle, mais je persiste à dire qu'il ne lui convient pas, et que pour bien\njuger l'artiste, il faut l'attendre à une nouvelle épreuve faite dans de\nmeilleures conditions.\nLe second début est celui de mademoiselle Moriani, qui n'a pas\ncraint de se montrer dans le personnage d'Amina,, de la Sonnambula.\nM. Lepers est un Italien de Paris, mademoiselle Moriani est une\nItalienne de Rio-Janeiro, De son vrai nom, la nouvelle Amina s'ap-\npelle de Corvaïa, et elle appartient, paraît-il, à l'une des plus aristocra-\ntiques familles du Brésil, naguère opulente, mais aujourd'hui presque\nabsolument ruinée. Avant de travailler le chant, mademoiselle de\nCorvaïa était une excellente pianiste et faisait le plus grand honneur à\nson maître, M. Henri Ravina; avant de paraître au théâtre, elle\navait déjà chanté dans les concerts, notamment, l'an passé, aux Concerts\nPopulaires, sous un premier pseudonyme, celui de mademoiselle\nMincio. C'est le jeudi 23 décembre que mademoiselle Moriani (puisque\ntel est le nouveau nom choisi par elle) foulait pour la première fois les\nplanches d'un théâtre, celui de Ventadour, et abordait sans peur,\nsinon sans reproche, ce rôle d'Amina, si difficile à divers points de\nvue.\nLa débutante ne manque point de certaines qualités. Très bonne\nmusicienne, elle a, plus que quelques-unes de ses émules, le sentiment"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.48", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "du rhythme et de la mesure ; de plus, la voix est juste et d'un timbre\nagréable, quoique manquant de corps et d'étoffe dans le médium.\nQuant au style, au phrasé, mademoiselle Moriani paraît encore bien\njeune, bien inexpérimentée, et son chant manque à la fois de relief, de\nnerf et d'accent. Il lui faudra, sous ce rapport, travailler beaucoup\nencore pour acquérir les qualités nécessaires à une chanteuse dramati-\nque. Quant à ses facultés scéniques, je n'ai pas besoin de dire, sans\ndoute, qu'elles sont pour le moment absolument nulles, et que la jeune\nartiste a considérablement à faire aussi à ce point de vue. A tout pren-\ndre, cependant, on sent que mademoiselle Moriani est une jeune femme\nintelligente, douée de volonté, et qui n'est pas sans mériter quelques\nencouragements.\nNéanmoins, je ne crois pas que ce soient de tels essais qui ramènent\nla foule au Théâtre-Italien, et il me semble difficile de traiter le public\nde ce théâtre —si tant est qu'il possède encore un public, avec plus de\nnégligence et de sans-façon que ne le fait la direction actuelle.\nLe théâtre des Bouffes-Parisiens a donné, le samedi 26 décembre, la\npremière représentation d9Un Mariage en Chine, un acte de MM.Clerc\nfrères, musique de M. Léopold Dauphin.\nCette petite pièce, qui doit servir de lever de rideau à Madame VAr-\nchiduc, a été fort bien accueillie par le public; elle est, du reste, très\namusante, et la musique de M. Dauphin est gracieuse et facile. On nous\nassure que la direction a l'intention de confier un ouvrage plus impor-\ntant à ce jeune compositeur.\n\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c026", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 30, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.7", "titre_corps": "OUVERTURE DU KOBOLD OPÉRA — BALLET.", "titre_sommaire": "OUVERTURE DU KOBOLD OPÉRA — BALLET.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.30", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "OUVERTURE DU KOBOLD\nOPÉRA — BALLET.\nE . 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THÉATRE-VENTADOUR. Reprise de Poliuto, de Donizetti.\n30. OPÉRA. Continuation, dans Faust, des débuts de MM. Vergnet\n(Faust), et Manoury (Valentin). OPÉRA-COMIQUE. Première représentation .\nBeppo, opéra comique en un acte, paroles de M. Louis Gallet, musique de\nM. Jean Conte (1).\n<DÉCEm(BcKE\nier Décembre. Premier essai d'acoustique fait dans la salle du nouvel\nOpéra. Des invitations sont adressées à la presse, ainsi qu à un assez grand\nnombre d'artistes, et à huit heures et demie du soir, plus de deux mille per-\nsonnes sont réunies dans l'admirable salle du boulevard des Capucines pour\nassistera cette expérience. Les morceaux exécutés sont : l'ouverture de la\nMuette de Portici, le chœur des soldats de Faust ; l'ouverture du Freischiltç,\net la bénédiction des poignards des Huguenots. LODI. Première représen-\ntation : Loremçino de Medici, opéra sérieux, paroles de M. Perosio, musi-\nque de M. R. Marenco.\n4. OPÉRA. Début de madame Fursch-Madier dans le rôle de Marguerite,\nde Faust. Madame Fursch-Madier, que nous avons connue au Conservatoire\nsous le nom de mademoiselle Fourche, qui fit ensuite une apparition aux\nFantaisies-Parisiennes, puis à l'Opéra même, et s'en alla à l'étranger, est la\nbru de M. Madier de Montjau, représentant de l'lsère à l'Assemblée natio-\nnale. ELDORADO. Première représentation: Le Serment de madame Gré-\ngoire:, opérette en un acte, paroles de MM. de Lormelle et Péricaud, musique\nde M. Robert Planquette.\n6, CONCERTS POPULAIRES. Exécution d'hlie, oratorio de Mendelssohn\n(paroles françaises de M. Maurice Bourges). ASSOCIATION ARTISTIQUE. Pre-\nmière audition d'un air de ballet, de M. Ernest Guiraud. ANVERS (église\nSaint-Amand). Première exécution d'une messe solennelle, avec so/z, chœur\net orchestre, de M. Pierre Benoit, directeur du Conservatoire de cette ville.\n\n(1) Nous avons omis de mentionner, a la date du 21 novembre, 1 apparition du\npremier numéro de « la Chanson du jour illustrée, contenant la nouveauté a succès,\nromances, mélodies, chansons, nocturnes,-chansonnettes comiques, chansons, airs\nd'opéras, etc., avec les airs notés, et une chronique musicale, artistique et littéraire.»\nLe directeur-éditeur de cette publication hebdomadaire est M. Gustave Avocat."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.50", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "8. THÉATRE-VENTADOUR. Début de madame Sbolgi dans le rôle d'A-\nzucena, du Trovatore. Inauguration de la salle Taitbout, nouvelle salle\nde spectacle et concert, construite au numéro de la rue Taitbout. A cette\nséance d ouverture, M. Danbé reprend ses excellents concerts, et lon donne\nla première représentation de la Tolédane, opérette en un acte, paroles de\nM. Lopez, musique de H. Magnus. TOULOUSE. Apparition du premier\nnuméro de la « Musica sacra, revue du chant liturgique et de la musique re-\nligieuse. » Le directeur de ce journal est M. Aloys Kunc, l'administrateur est\nM.J.-B. Labat, ancien organiste à Montauban,-connu par diverses publica-\ntions relatives à la musique.\nQ ALCAZAR. Première représentation : VAvocat noir, opérette en un\nacte, paroles de MM. Emile Faure et Fontaine, musique de M. Octave\nFouque.\n10. OPÉRA-COMIQUE. Reprise et 884E représentation du Domino noir,\nd'Auber. THÉATRE-VENTADOUR. Début de mademoiselle Morio dans le rôle\nde Desdemona, d'Otello.\n12. NAPLES (Théâtre du Fondo). Première représentation: VUltimo\nde' Mori in lspagna, opéra bouffe en trois actes, paroles de M. Guiseppe\nInglese, musique de M. Gostantino Parravano. BRUXELLES (Théâtre des\nFantaisies-Parisiennes). Première représentation : les Dernières Grisettes,\nopéra bouffe en trois actes, paroles de MM. Nuitter et Beaumont, musique\nde M. Legouix.\n— OPÉRA POPULAIRE (Théâtre du Châtelet). Dernière représentation\ndes Amours du Diable et de la troupe lyrique. Après quelques semaines d une\nexpérience faite sans foi, sans adresse et sans courage, ce théâtre reprend son\nancienne appellation et abandonne le genre lyrique pour retourner à la féerie.\nCONCERT POPULAIRE. Première audition de l'ouverture de Richard 111\n(tragédie de Shakespeare), de M. Robert Volkmann, professeur de compo-\nsition de l'Académie royale de musique de Pesth.\nÏG. OPÉRA. Continuation des débuts de madame Fursch-Madier,\ndans le rôle d'Alice de Robert le Diable.\n17. THÉATRE-VENTADOUR. Débuts de M. Lepers, baryton, dans un Ballo\nin maschera. M. Lepers, ancien élève du Conservatoire, avait fait, en sortant\nde cet établissement, un court passage à l'Opéra-Comique, avait appartenu\nensuite, un instant, au théâtre de l'Athénée, puis s'en était allé *n province et\nà l'étranger.\n18. Premier essai officiel d'éclairage de la salle du nouvel Opéra, fait\nen présence d'un grand nombre d'invités. Cet essai paraît généralement sa-\ntisfaisant, et est renouvelé dans les conditions plus complètes, le lundi 21.\n19. FOLIES-BERGÈRE. Première représentation : Tata che% Toto ,\nopérette en un acte, paroles de M. Craon, musique de M. F. Wachs.\n22. THÉATRE-VENTADOUR* Reprise de la Sonnambula, de Bellini,\npour les débuts~de mademoiselle Moriani, dans le rôle d'Amina.\n\nA P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c030", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "42", "page_fin": "48", "image_debut": 51, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.9", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.51", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nOTRE collaborateur, M. J. B. Wekerlin, a découvert un\nouvrage de Gluck, que M . Bagier doit nous faire entendre\nprochainement au Théâtre-Ventadour. Cet opéra comique\nen trois actes, paroles de Dancourt, s'appelle Répa, on la\nRencontre imprévue. Gluck l'écrivit en 1764 pour la Cour\nde Vienne, où on l'exécuta avec un très grand succès.\nBerlin et Vienne s'en emparèrent après la représentation\nde la Cour, et le succès ne perdit rien de son éclat, il se prolongea même\njusqu'au commencement de 1800. Quelques journaux ont annoncé un rema-\nniement, il n'en est rien, nous le savons de source certaine; M. Wekerlin,\nqui doit diriger les études de cet ouvrage, tient à ce que l'œuvre de Gluck\nsoit donnée telle que le grand artiste l'a écrite. C'est même cette persistance\nde sa part qui a mis du retard dans les répétitions. Or, M. Bagier voulant\nêtre prêt le plus tôt possible, va probablement commencer ses représentations\nfrançaises avec le Freyschïitqu'on répète activement.\nIl faut convenir que cette ouverture ne sera pas d'un attrait bien grand.\nL'œuvre de Weber a été donnée au Théâtre-Lyrique et à l'Opéra avec un\nluxe, que M. Bagier n'y mettra certes pas, et l'inauguration faite avec le\nFreyschutjjr, n'aura pas le même attrait que la production d'un opéra de\nGluck, inconnu jusqu'ici en France.\n•\nM. Halanzier vient d'obtenir l'autorisation d'augmenter le prix des\nplaces au nouvel Opéra, Voici le nouveau tarif :\nABONNEMENTS\n(Comprenant 156 représentations)\nPour Pour les\nun jour trois jours\npar semaine par semaine\nFauteuils Orchestre 600 fr. 1.800\nAmphithéâtre 700 2.100"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "Baignoires Avant-scène (10 places) 6.000 18.000\nid, (6 places) 4.800 14.000\nDe côté (6 places) 3.300 9.900\n'id (5 places) 2.750 8.250\nPremières loges. Avant-scène (10 places) 7.000 21.000\nid. (8 places) 5.600 16.800\nEntre-colonnes 8.400 25.200\nDe face 4.200 12.600\nDe côté 3.600 10.800\nDeuxièmes loges Avant-scène (10 places) 5.000 i 5.000\nid (8 places) 4,000 12.000\nEntre-colonnes 6.000 18.000\nDe côté 3.000 9.000\nPRIX DES PLACES AU BUREAU ET EN LOCATION\nAu bureau En location\npar place par place\nStalles de parterre 7 » 9 »\nFauteuils d'orchestre i 3 » i 5 »\nFauteuils d'amphithéâtre i 5 » 17 »\nBaignoires d'avant-scène i 3 » i 5 »\nid. de côté 12 » 14 »\nAvant-scènes, premières i 5 » 17 »\nEntre-colonnes, premières i 5 » 17 »\nLoges de face, premières. i 5 » 17 »\nLoges de côté, premières i 3 » i 5 »\nAvant-scènes, deuxièmes 12 » 14 »\nEntre-colonnes, deuxièmes 12 » 14 »\nLoges de face, deuxièmes 12 » 14 »\nLoges de côté, deuxièmes 10 » 12 »\nAvant-scènes, troisièmes 6 » 8 »\nLoges de face, troisièmes 8 » 10 »\nEntre-colonnes, troisièmes 8 » 10 »\nLoges de côté, troisièmes 6 » 8 »\nLoges de face, quatrièmes 4 » 6 »\nAvant-scènes, quatrièmes. 2 5o 3 »\nLoges de côté, quatrièmes 2 5o 3 »\nAmphithéâtre de face, quatrièmes 2 5o 3 »\nid de côté, quatrièmes 2 5o 3 »\nLoges, cinquièmes 2 5o 3 ?\nMais en raison de cette augmentation, des clauses nouvelles vont être\nintroduites dans le cahier des charges. Les principales sont :\ni° Il y aura désormais partage des bénéfices, après un certain chiffre, par\nmoitiés égales, Tune attribuée au directeur, l'autre réservée et tenue par lui\nà la disposition du ministre pour remonter d'après ses ordres les chefs-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "d'œuvre de l'ancien répertoire, et pour être appliquée à toutes les amélio-\nrations qui seront jugées nécessaires à la prospérité artistique de l'Opéra.\n20 La conservation des Archives sera àla charge de l'Opéra.\n3° Le nombre des musiciens de Forchestre sera augmenté de huit au\nmoins.\n4° Les appointements des petits emplois d'administration seront élevés\ndans une proportion convenable.\nLe grand chancelier de l'empire d'Allemagne interdit, dans l'Alsace et\nla Lorraine, à partir du ier janvier, toutes pièces, chansons, etc., en français.\nNous avons donné dans -notre numéro du i 5 mai dernier la nomencla-\nture des opéras nouveaux représentés en Italie pendant le carnaval et le\ncarême. Nous donnons aujourd'hui le recensement des pièces nouvelles, en\nitalien, jouées dans le courant de Tannée qui vient de s'écouler. Ce sont :\n1. Re Manfredi, de Montuoro, io janvier, au théâtre Regio de Turin;\n2. LaMoglie perwi Migiiaccio, 14 janvier, au théâtre Fondo de\nNaples ;\n3. Edita di Belçourt, d'Obiols (compositeur espagnol), 28 janvier, au théâtre\ndu Liceo de Barcelone;\n4. La Confessa di Mons, de Lauro Rossi, 3r janvier, au théâtre Regio de\nTurin ;\n5. Tripilla, de Luzzi, .7 février, au théâtre Cocciade Novare;\n6. Maso il Montanaro,de Garacciolo, 7 février, au théâtre Piccinni de Bari ;\n7. La Canîante, de Cipollone, i 3 février, au Collegio Santo Gosimo de\nSolmona ;\n8. Carmola, de del Corona, i 5 février, au théâtre Manzoni de Pistoja;\n9. La Capricciosa, de Valensin, 28 février, au théâtre delle Loggie de\nFlorence ;\n10. La Rinnegata, de Reparez (compositeur portugais), ler mars, au théâtre\nSan-Joao d'Oporto:\n11. 7 Lituanie de Ponchielli, 7 mars, à la Scala de Milan ;\n12. La Cacciata del Duca d'Atene, de Bacchini, 14 mars, au théâtre\nPagliano de Florence;\n13. Salvator Rosa, de Gomes (compositeur hispano-américain), 2t mars, au\nthéâtre Garlo-Felice de Gênes;\n14. L'ldolo Cinese, de Felici, Dechamps, Cialdini et Tacchinardi, 2 5 mars,\nau théâtre delle Loggie de Florence;\n15. Bianca Orsini, de Petrella, 4 avril, à San Carlo de Naples;\n16. La Fanciulla romantica, de Piaggio, 11 avril, au théâtre Doria de\nGênes;\n17. L'Ultimo degli Abencerragi, de Pedrell (compositeur espagnol), 14 avril,\nau Liceo de Barcelone ; .\n18. La Sposa di Messina, de Bonawitz, 22 avril, à l'Académie.de musique\nde Philadelphie ;\n19. Maria Siuart, de Palumbo, 23 avril, à San Carlo de Naples;."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "20. Mariulitfa, de Cortesi, 23 avril, à la Pergola de Florence;\n21. Il Figlio dei Signor Sindaco, de Rispoli, 6 mai, au théâtre Nuovo de\nNaples;\n22. Don Fabiano dei Corbelli, de Camerana, io juin, au théâtre Balbo de\nTurin ;\n23. Romilda de Bardi> de deir Orifice, 24 juin, au théâtre Mercadante de\nNaples ;\n24. Cola di Rienço, de Persichini, 28 juin, au Politeama de Rome;\n23. Celeste, de Stefani, ier juillet, au théâtre Manzoni de Milan;\n26. Giovanna di Castiglia, de Magnanini, r5 août, au théâtre Sociale de\nCarpi ;\n27. I Pitfenti, de Canepa, 21 septembre, à la Scala de Milan;\n28. Raffaello e la Fornarina, de Chissoti, 3o septembre, au théâtre Alfïeri\nde Turin ; •\n29. Il Dnca di TapiglianOy de Cagnoni, 10 octobre, au théâtre Sociale de\nLecco;\n30. La Contessa di San Romano, de Frangini, en octobre, au théâtre\nAlfieri de Florence; > > -\n31. Piccarda Donati, de Barali-Forti, 3i octobre,«au théâtre Petrarca\nd'Arezzo ; :\n32. (J Me go per for\\a, de Novaro, en octobre, au théâtre Nazionale de\nGênes;\n33. Velleda, de Cajani, en novembre, au théâtre de Fojano;\n34. de Medici, de Marenco, iov décembre, au théâtre de Lodi;\n35. LUltimo dei Mori in Ispagna, de Parravano, 12 décembre, au théâtre\nMercadante de Naples.\nParmi ces trente-cinq ouvrages, cinq seulement ont obtenu un véritable\nsuccès. Ce sont : la Contessa di Mons, 1 Lituanie Salvator Rosa, Bianco\nOrsini, dont le rôle principal a été créé par madame Krauss, et il Duca di\nTàpigliano.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. —La dernière représentation de l'Opéra, à la salle\nVentadour, a eu lieu, mercredi, 3o décembre. La première repré-\nsentation au nouvel Opéra est fixée au 6 janvier.\nMademoiselle Nilsson, qui voulait rompre son engagement, se ravise, et\ncédant à d'amicales instances, inaugurera l'Opéra avec le spectacle coupé\nqu'on s'est décidé à donner. Mademoiselle Nilsson paraîtra dans deux actes\nd'Hamlet; M. Gailhard chantera le rôle du roi, et M, Dieu débutera dans\ncelui de Polonais."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.55", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "Mademoiselle Krauss, qui vient d'arriver à Paris, s'est mise à la disposi-\ntion de M. Halanzier pour les répétitions de la Juive, dont le premier et le\nsecond actes feront partie du spectacle d'ouverture. On compléterait avec\nl'ouverture de la Muette, la scène de l'eglise de Faust, avec mademoiselle\nNilsson, et le deuxième acte du ballet de la Source. Dans ce nouveau pro-\ngramme, il n'y a pas place pour Meyerbeer et Rossini, deux compositeurs\nétrangers, il est vrai ; mais ce projet n'est peut-être pas le dernier.\nOpéra-Comique. M. Nicot a signé un engagement avec la direction; il\nera sa rentrée dans le Caïd.\nTheâtre-Ventadour [ltaliens). Madame Destin, dont le départ de Milan\navait été retardé depuis un mois par indisposition, est arrivée à Paris,\net commencera très prochainement ses représentations par l'opéra de Roméo\net Juliette.\nM. Ch. Carrière, ex-pensionnaire de l'Opéra-Populaire, est engagé par\nM. Bagier pour trois années. Il fera ses débuts dans Guido et Ginevra.\nMadame Mélanie Reboux débutera dans le Freyschïltqui sera donné du\n6 au 9 janvier. Cet opéra servira définitivement de pièce d'ouverture ; on\njouera après la Clé d'Or.\nParmi les ouvrages français que compte donner M. Bagier, nous pouvons\nciter un opéra comique nouveau, en trois actes, de MM. Dennery, Brésil et\nLitolff, VEscadron volant de |la reine. L'affiche annonce encore Ninon et\nNinette, Manche à manche, le Freyschiit^; Guido et Ginevra, la Perle du\nBrésil, le Val d'Andorre.\nOn va monter sous peu un ouvrage inédit de Gluck, Répo, que notre col-\nlaborateur Wekerlin a découvert.\nGaîté. Le drame de M. Sardou, la Haine, a cédé l'affiche à une reprise\nd'Orphée aux Enfers, en attendant Geneviève de Brabant, dont voici la dis-\ntribution complète :\nSifroy MM. Habory\nGolo Christian\nNarcisse Montaubry\nVan der Prout Grivot\nCharles Martel Gravier\n2 gendarmes \\ Legrenay\n( Gabel\nMme Golo Mmes Thérésa\nGeneviève Perret\nDrogan Matz-Ferrare\nBrigitte Angèle\nMesdames Castello, Albouy et les autres pensionnaires de la Gaîté, joue-\nront les rôles moins importants."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.56", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2344, "texte": "Variétés. M, Offenbach va écrire, pour le théâtre des Variétés, la mu-\nsique d'une opérette en trois actes, de MM. H. Meilhac et L. Halévy. Cet\nouvrage, qui aura pour titre : la Boulangère a des écus, sera interprété par\nMM. Dupuis, Berthelier, Baron, mesdames Schneider, Ghaumont et Paola\nMarié.\nFolies-Dramatiques. Dimanche, 27 décembre, cinq centième représenta-\ntion de la Fille de madame Angot.\nM. Gœdès, l'auteur de la Belle Bourbonnaise, vient de terminer la parti-\ntion de Clair de lune, opérette en trois actes, paroles de MM. Dubreuil et\nBocage. Cette pièce passera aux Folies, après les Blanchisseuses de Rotterdam.\nAthénée. La réouverture de l'Athénée, redevenu théâtre musical, aura\nlieu du i 5 au 20 janvier, avec la Belle Lina, opérette en trois actes, paroles\nde MM. Avenel et Mahalin, musique de M. Ch. Hubans; cet ouvrage sera\ninterprété par MM. Guillot, Chaudesaigues, mesdames Sichel, Géraldine et\nSylvana.\n/\nM. Emile Bourgeois, compositeur, premier prix du Conservatoire et pro-\nfesseur de chant à l'école Duprez, passe en qualité de chef d'orchestre.\nRenaissance. —M. Thibault remplacera M. Ch. Constantin, lorsque celui-\nci ira prendre le bâton de chef d'orchestre au Théâtre-Ventadour pour les\nreprésentations françaises.\nBouffes-Parisiens. Il est question de l'engagement de Suzanne Lagier\naux Bouffes pour jouer, dans la reprise de la Princesse de Trébiqonde, le rôle\nque créa madame Thierret.\nLille {Grand-Théâtre). On répète en ce moment au Grand-Théâtre de\nLille, replacé cette année sous la direction d'un artiste connu et aimé du pu-\nblic, M. Bonnefoy, un opéra comique en trois actes : Jeanne Maillote, poème\nde M. Faure, musique de M. Reynaud, chef de musique d'un de nos régi-\nments de ligne.\nOn dit le plus grand bien de cette œuvre nouvelle. La Chronique Musicale\napplaudit à cet essai de décentralisation artistique et souhaite aux auteurs et\nà la direction un franc succès. Le compte-rendu de cette œuvre nous sera\nenvoyé au lendemain de la première représentation par notre correspondant\nspécial à Lille.\nRouen [Théâtre-des-Arts). Puisque nous sommes en province, signalons\nle grand succès d'interprétation que vient d'obtenir le Prophète dans cette\nville. Nous avons assisté à une représentation de cet opéra; l'exécution en\nétait parfaite comme ensemble et comme mise en scène. M. Eyraud (Jean de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.57", "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "Leyde), promet de devenir un véritable chanteur. Sa voix est pure, chaude,\nsonore, mais elle manque d'homogénéité. L'étude seule pourra, en déve-\nloppant les qualités de l'artiste, amoindrir ce défaut. Mademoiselle Barbot\n(Fidès) a eu un grand succès; nous signalons dès aujourd'hui cette jeune\ncantatrice, dont la place est à Paris.\nMadrid. La Correspondencia teatral du 8 décembre est pleine des\ntriomphes que vient d'y remporter mademoiselle Alice Bernardi, élève de\nBattaille, et premier prix du Conservatoire en 1870. Après avoir successive-\nment joué les rôles d'Azucena et d'Urbain, dans Gli Ugonotti, elle doit, à\nl'heure qu'il est, chanter celui de Pîtaliana in Algieri. Les Madrilènes disent\nqu'à une des plus belles voix de contralto qu'on puisse entendre, elle joint\ntoute l'agilité du soprano.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c032", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "42", "page_fin": "45", "image_debut": 51, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.9.2", "titre_corps": "FAITS DIVERS", "titre_sommaire": "FAITS DIVERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.51", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "FAITS DIVERS\nOTRE collaborateur, M. J. B. Wekerlin, a découvert un\nouvrage de Gluck, que M . Bagier doit nous faire entendre\nprochainement au Théâtre-Ventadour. Cet opéra comique\nen trois actes, paroles de Dancourt, s'appelle Répa, on la\nRencontre imprévue. Gluck l'écrivit en 1764 pour la Cour\nde Vienne, où on l'exécuta avec un très grand succès.\nBerlin et Vienne s'en emparèrent après la représentation\nde la Cour, et le succès ne perdit rien de son éclat, il se prolongea même\njusqu'au commencement de 1800. Quelques journaux ont annoncé un rema-\nniement, il n'en est rien, nous le savons de source certaine; M. Wekerlin,\nqui doit diriger les études de cet ouvrage, tient à ce que l'œuvre de Gluck\nsoit donnée telle que le grand artiste l'a écrite. C'est même cette persistance\nde sa part qui a mis du retard dans les répétitions. Or, M. Bagier voulant\nêtre prêt le plus tôt possible, va probablement commencer ses représentations\nfrançaises avec le Freyschïitqu'on répète activement.\nIl faut convenir que cette ouverture ne sera pas d'un attrait bien grand.\nL'œuvre de Weber a été donnée au Théâtre-Lyrique et à l'Opéra avec un\nluxe, que M. Bagier n'y mettra certes pas, et l'inauguration faite avec le\nFreyschutjjr, n'aura pas le même attrait que la production d'un opéra de\nGluck, inconnu jusqu'ici en France.\n•\nM. Halanzier vient d'obtenir l'autorisation d'augmenter le prix des\nplaces au nouvel Opéra, Voici le nouveau tarif :\nABONNEMENTS\n(Comprenant 156 représentations)\nPour Pour les\nun jour trois jours\npar semaine par semaine\nFauteuils Orchestre 600 fr. 1.800\nAmphithéâtre 700 2.100"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.52", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "Baignoires Avant-scène (10 places) 6.000 18.000\nid, (6 places) 4.800 14.000\nDe côté (6 places) 3.300 9.900\n'id (5 places) 2.750 8.250\nPremières loges. Avant-scène (10 places) 7.000 21.000\nid. (8 places) 5.600 16.800\nEntre-colonnes 8.400 25.200\nDe face 4.200 12.600\nDe côté 3.600 10.800\nDeuxièmes loges Avant-scène (10 places) 5.000 i 5.000\nid (8 places) 4,000 12.000\nEntre-colonnes 6.000 18.000\nDe côté 3.000 9.000\nPRIX DES PLACES AU BUREAU ET EN LOCATION\nAu bureau En location\npar place par place\nStalles de parterre 7 » 9 »\nFauteuils d'orchestre i 3 » i 5 »\nFauteuils d'amphithéâtre i 5 » 17 »\nBaignoires d'avant-scène i 3 » i 5 »\nid. de côté 12 » 14 »\nAvant-scènes, premières i 5 » 17 »\nEntre-colonnes, premières i 5 » 17 »\nLoges de face, premières. i 5 » 17 »\nLoges de côté, premières i 3 » i 5 »\nAvant-scènes, deuxièmes 12 » 14 »\nEntre-colonnes, deuxièmes 12 » 14 »\nLoges de face, deuxièmes 12 » 14 »\nLoges de côté, deuxièmes 10 » 12 »\nAvant-scènes, troisièmes 6 » 8 »\nLoges de face, troisièmes 8 » 10 »\nEntre-colonnes, troisièmes 8 » 10 »\nLoges de côté, troisièmes 6 » 8 »\nLoges de face, quatrièmes 4 » 6 »\nAvant-scènes, quatrièmes. 2 5o 3 »\nLoges de côté, quatrièmes 2 5o 3 »\nAmphithéâtre de face, quatrièmes 2 5o 3 »\nid de côté, quatrièmes 2 5o 3 »\nLoges, cinquièmes 2 5o 3 ?\nMais en raison de cette augmentation, des clauses nouvelles vont être\nintroduites dans le cahier des charges. Les principales sont :\ni° Il y aura désormais partage des bénéfices, après un certain chiffre, par\nmoitiés égales, Tune attribuée au directeur, l'autre réservée et tenue par lui\nà la disposition du ministre pour remonter d'après ses ordres les chefs-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.53", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "d'œuvre de l'ancien répertoire, et pour être appliquée à toutes les amélio-\nrations qui seront jugées nécessaires à la prospérité artistique de l'Opéra.\n20 La conservation des Archives sera àla charge de l'Opéra.\n3° Le nombre des musiciens de Forchestre sera augmenté de huit au\nmoins.\n4° Les appointements des petits emplois d'administration seront élevés\ndans une proportion convenable.\nLe grand chancelier de l'empire d'Allemagne interdit, dans l'Alsace et\nla Lorraine, à partir du ier janvier, toutes pièces, chansons, etc., en français.\nNous avons donné dans -notre numéro du i 5 mai dernier la nomencla-\nture des opéras nouveaux représentés en Italie pendant le carnaval et le\ncarême. Nous donnons aujourd'hui le recensement des pièces nouvelles, en\nitalien, jouées dans le courant de Tannée qui vient de s'écouler. Ce sont :\n1. Re Manfredi, de Montuoro, io janvier, au théâtre Regio de Turin;\n2. LaMoglie perwi Migiiaccio, 14 janvier, au théâtre Fondo de\nNaples ;\n3. Edita di Belçourt, d'Obiols (compositeur espagnol), 28 janvier, au théâtre\ndu Liceo de Barcelone;\n4. La Confessa di Mons, de Lauro Rossi, 3r janvier, au théâtre Regio de\nTurin ;\n5. Tripilla, de Luzzi, .7 février, au théâtre Cocciade Novare;\n6. Maso il Montanaro,de Garacciolo, 7 février, au théâtre Piccinni de Bari ;\n7. La Canîante, de Cipollone, i 3 février, au Collegio Santo Gosimo de\nSolmona ;\n8. Carmola, de del Corona, i 5 février, au théâtre Manzoni de Pistoja;\n9. La Capricciosa, de Valensin, 28 février, au théâtre delle Loggie de\nFlorence ;\n10. La Rinnegata, de Reparez (compositeur portugais), ler mars, au théâtre\nSan-Joao d'Oporto:\n11. 7 Lituanie de Ponchielli, 7 mars, à la Scala de Milan ;\n12. La Cacciata del Duca d'Atene, de Bacchini, 14 mars, au théâtre\nPagliano de Florence;\n13. Salvator Rosa, de Gomes (compositeur hispano-américain), 2t mars, au\nthéâtre Garlo-Felice de Gênes;\n14. L'ldolo Cinese, de Felici, Dechamps, Cialdini et Tacchinardi, 2 5 mars,\nau théâtre delle Loggie de Florence;\n15. Bianca Orsini, de Petrella, 4 avril, à San Carlo de Naples;\n16. La Fanciulla romantica, de Piaggio, 11 avril, au théâtre Doria de\nGênes;\n17. L'Ultimo degli Abencerragi, de Pedrell (compositeur espagnol), 14 avril,\nau Liceo de Barcelone ; .\n18. La Sposa di Messina, de Bonawitz, 22 avril, à l'Académie.de musique\nde Philadelphie ;\n19. Maria Siuart, de Palumbo, 23 avril, à San Carlo de Naples;."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.54", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "20. Mariulitfa, de Cortesi, 23 avril, à la Pergola de Florence;\n21. Il Figlio dei Signor Sindaco, de Rispoli, 6 mai, au théâtre Nuovo de\nNaples;\n22. Don Fabiano dei Corbelli, de Camerana, io juin, au théâtre Balbo de\nTurin ;\n23. Romilda de Bardi> de deir Orifice, 24 juin, au théâtre Mercadante de\nNaples ;\n24. Cola di Rienço, de Persichini, 28 juin, au Politeama de Rome;\n23. Celeste, de Stefani, ier juillet, au théâtre Manzoni de Milan;\n26. Giovanna di Castiglia, de Magnanini, r5 août, au théâtre Sociale de\nCarpi ;\n27. I Pitfenti, de Canepa, 21 septembre, à la Scala de Milan;\n28. Raffaello e la Fornarina, de Chissoti, 3o septembre, au théâtre Alfïeri\nde Turin ; •\n29. Il Dnca di TapiglianOy de Cagnoni, 10 octobre, au théâtre Sociale de\nLecco;\n30. La Contessa di San Romano, de Frangini, en octobre, au théâtre\nAlfieri de Florence; > > -\n31. Piccarda Donati, de Barali-Forti, 3i octobre,«au théâtre Petrarca\nd'Arezzo ; :\n32. (J Me go per for\\a, de Novaro, en octobre, au théâtre Nazionale de\nGênes;\n33. Velleda, de Cajani, en novembre, au théâtre de Fojano;\n34. de Medici, de Marenco, iov décembre, au théâtre de Lodi;\n35. LUltimo dei Mori in Ispagna, de Parravano, 12 décembre, au théâtre\nMercadante de Naples.\nParmi ces trente-cinq ouvrages, cinq seulement ont obtenu un véritable\nsuccès. Ce sont : la Contessa di Mons, 1 Lituanie Salvator Rosa, Bianco\nOrsini, dont le rôle principal a été créé par madame Krauss, et il Duca di\nTàpigliano."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-01_01#c034", "volume": "bmtnabc_1875-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "45", "page_fin": "48", "image_debut": 54, "image_fin": 57, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.2.9.3", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia : Le Secrétaire de la Rédaction, O. 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Gailhard chantera le rôle du roi, et M, Dieu débutera dans\ncelui de Polonais."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.55", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "Mademoiselle Krauss, qui vient d'arriver à Paris, s'est mise à la disposi-\ntion de M. Halanzier pour les répétitions de la Juive, dont le premier et le\nsecond actes feront partie du spectacle d'ouverture. On compléterait avec\nl'ouverture de la Muette, la scène de l'eglise de Faust, avec mademoiselle\nNilsson, et le deuxième acte du ballet de la Source. Dans ce nouveau pro-\ngramme, il n'y a pas place pour Meyerbeer et Rossini, deux compositeurs\nétrangers, il est vrai ; mais ce projet n'est peut-être pas le dernier.\nOpéra-Comique. M. Nicot a signé un engagement avec la direction; il\nera sa rentrée dans le Caïd.\nTheâtre-Ventadour [ltaliens). Madame Destin, dont le départ de Milan\navait été retardé depuis un mois par indisposition, est arrivée à Paris,\net commencera très prochainement ses représentations par l'opéra de Roméo\net Juliette.\nM. Ch. Carrière, ex-pensionnaire de l'Opéra-Populaire, est engagé par\nM. Bagier pour trois années. Il fera ses débuts dans Guido et Ginevra.\nMadame Mélanie Reboux débutera dans le Freyschïltqui sera donné du\n6 au 9 janvier. Cet opéra servira définitivement de pièce d'ouverture ; on\njouera après la Clé d'Or.\nParmi les ouvrages français que compte donner M. Bagier, nous pouvons\nciter un opéra comique nouveau, en trois actes, de MM. Dennery, Brésil et\nLitolff, VEscadron volant de |la reine. L'affiche annonce encore Ninon et\nNinette, Manche à manche, le Freyschiit^; Guido et Ginevra, la Perle du\nBrésil, le Val d'Andorre.\nOn va monter sous peu un ouvrage inédit de Gluck, Répo, que notre col-\nlaborateur Wekerlin a découvert.\nGaîté. Le drame de M. Sardou, la Haine, a cédé l'affiche à une reprise\nd'Orphée aux Enfers, en attendant Geneviève de Brabant, dont voici la dis-\ntribution complète :\nSifroy MM. Habory\nGolo Christian\nNarcisse Montaubry\nVan der Prout Grivot\nCharles Martel Gravier\n2 gendarmes \\ Legrenay\n( Gabel\nMme Golo Mmes Thérésa\nGeneviève Perret\nDrogan Matz-Ferrare\nBrigitte Angèle\nMesdames Castello, Albouy et les autres pensionnaires de la Gaîté, joue-\nront les rôles moins importants."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.56", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2344, "texte": "Variétés. M, Offenbach va écrire, pour le théâtre des Variétés, la mu-\nsique d'une opérette en trois actes, de MM. H. Meilhac et L. Halévy. Cet\nouvrage, qui aura pour titre : la Boulangère a des écus, sera interprété par\nMM. Dupuis, Berthelier, Baron, mesdames Schneider, Ghaumont et Paola\nMarié.\nFolies-Dramatiques. Dimanche, 27 décembre, cinq centième représenta-\ntion de la Fille de madame Angot.\nM. Gœdès, l'auteur de la Belle Bourbonnaise, vient de terminer la parti-\ntion de Clair de lune, opérette en trois actes, paroles de MM. Dubreuil et\nBocage. Cette pièce passera aux Folies, après les Blanchisseuses de Rotterdam.\nAthénée. La réouverture de l'Athénée, redevenu théâtre musical, aura\nlieu du i 5 au 20 janvier, avec la Belle Lina, opérette en trois actes, paroles\nde MM. Avenel et Mahalin, musique de M. Ch. Hubans; cet ouvrage sera\ninterprété par MM. Guillot, Chaudesaigues, mesdames Sichel, Géraldine et\nSylvana.\n/\nM. Emile Bourgeois, compositeur, premier prix du Conservatoire et pro-\nfesseur de chant à l'école Duprez, passe en qualité de chef d'orchestre.\nRenaissance. —M. Thibault remplacera M. Ch. Constantin, lorsque celui-\nci ira prendre le bâton de chef d'orchestre au Théâtre-Ventadour pour les\nreprésentations françaises.\nBouffes-Parisiens. Il est question de l'engagement de Suzanne Lagier\naux Bouffes pour jouer, dans la reprise de la Princesse de Trébiqonde, le rôle\nque créa madame Thierret.\nLille {Grand-Théâtre). On répète en ce moment au Grand-Théâtre de\nLille, replacé cette année sous la direction d'un artiste connu et aimé du pu-\nblic, M. Bonnefoy, un opéra comique en trois actes : Jeanne Maillote, poème\nde M. Faure, musique de M. Reynaud, chef de musique d'un de nos régi-\nments de ligne.\nOn dit le plus grand bien de cette œuvre nouvelle. La Chronique Musicale\napplaudit à cet essai de décentralisation artistique et souhaite aux auteurs et\nà la direction un franc succès. Le compte-rendu de cette œuvre nous sera\nenvoyé au lendemain de la première représentation par notre correspondant\nspécial à Lille.\nRouen [Théâtre-des-Arts). Puisque nous sommes en province, signalons\nle grand succès d'interprétation que vient d'obtenir le Prophète dans cette\nville. Nous avons assisté à une représentation de cet opéra; l'exécution en\nétait parfaite comme ensemble et comme mise en scène. M. Eyraud (Jean de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.57", "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "Leyde), promet de devenir un véritable chanteur. Sa voix est pure, chaude,\nsonore, mais elle manque d'homogénéité. L'étude seule pourra, en déve-\nloppant les qualités de l'artiste, amoindrir ce défaut. Mademoiselle Barbot\n(Fidès) a eu un grand succès; nous signalons dès aujourd'hui cette jeune\ncantatrice, dont la place est à Paris.\nMadrid. La Correspondencia teatral du 8 décembre est pleine des\ntriomphes que vient d'y remporter mademoiselle Alice Bernardi, élève de\nBattaille, et premier prix du Conservatoire en 1870. Après avoir successive-\nment joué les rôles d'Azucena et d'Urbain, dans Gli Ugonotti, elle doit, à\nl'heure qu'il est, chanter celui de Pîtaliana in Algieri. Les Madrilènes disent\nqu'à une des plus belles voix de contralto qu'on puisse entendre, elle joint\ntoute l'agilité du soprano.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[5]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.1", "texte": "UN CONCERT MONSTRE\n\n'ÉTAIT en 1615, à Dresde, sous le règne du\nprince éclairé Jean-George I, de la maison de\nWittin ou de Misnie...\nA la vérité, Bouillet nous apprend qu'en\n1615, la couronne ducale de Saxe paraissait\nencore assez solidement posée sur la tête du\nprince, également éclairé, Christian 11, lequel\nne se départit de son autorité, en faveur de son\nfils Jean-George, qu'après sa mort? survenue en\ni 650... Mais entre Bouillet et le rédacteur d'un journal allemand que\nnous avons sous les yeux, et qui nous sert de guide pour cette page d'his-\ntoire de la musique, nous ne saurions hésiter ; car, depuis la dernière\nguerre, il est de mode et de bon ton (hélas!) d'attribuer à nos envahis-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nseurs toutes les vertus, toutes les sciences. Hâtons-nous donc de\ndéclarer urbi et orbi, en dépit de notre vieux et scholastique Bouillet,\nque c'était bien Jean-George I qui régnait à Dresde en 1615, et non\nChristian 11, dont le règne n'a d'ailleurs fourni aucun événement bien\nmarquant, tandis que celui de Jean-George...\nJugez-en plutôt !\nC'était donc en 1615. En cette année, le désir vint au duc Jean-George\nd'offrir àsa cour un spectacle sans précédent, nous voulons dire\nune audition sans pareille, car c'était d'un concert qu'il s'agissait,\nmais d'un concert comme n'en a jamais rêvé l'organisateur par excellence\ndes festivals, le grand Jullien en personne, de bruyante renommée.\nL'époque choisie par le duc-électeur, pour cette manifestation artis-\ntique, était le 9 juillet, jour de Saint-Cyrille.\nJean-George était, comme nous l'avons dit, un prince éclairé. Il\naimait le faste, les grandes lignes et la bonne musique. Aussi ne\nrecula-t-il devant aucun sacrifice pour donner aux réjouissances pro-\njetées tout l'éclat désirable.\nPour commencer, il fit commande d'une sorte d'oratorio à son maître\nde chapelle, le cantor Hilarius Grundmaus, musicien d'ailleurs com-\nplètement oublié de nos jours, car on ne trouve aucune trace de son\nnom dans les recueils de biographies. Le sujet, choisi par le duc, était\nHolopherne ; l'épopée du lieutenant de Nabuchodonosor devant Bé-\nthulie, et sa fin malheureuse, devant fournir, suivant le Mécène saxon,\nmatière à 1 inspiration du poète favori de sa cour, qui avait nom le\ndocteur Matheseus Pflaumenkern.\nCe dernier se mit promptement à l'œuvre. Il tira tout [le parti\npossible des mésaventures de l'illustre décapité, insista sur la grande\nmorale de cette exécution sommaire, et quand son libretto fut terminé\ncomplètement, il le porta, tout humide encore, tant son inspiration\navait été rapide, à son collaborateur Hilarius Grundmaus. Celui-ci,\nde son côté, ne voulut point demeurer en retour avec son parolier. De\ntelle sorte que les deux auteurs purent faire admirer les beautés de leur\nœuvre à leur royal protecteur, bien avant l'époque fixée par Jean-George\npour la livraison de l'oratorio.\nL'accueil fait par ce prince au poëme et à la musique ày Holopherne\ndépassa l'attente du poète et du musicien. Il faut bien dire, pour être\néquitable, que cinq tonneaux de bière de Mars, mis libéralement à\nleur disposition, avaient influé salutairement sur leurs facultés produc-\ntives. Mais qu'importent les moyens, lorsque le but est atteint : l'ora-\ntorio était parfait ; c était 1 essentiel. Aussi, dans son contentement,"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.3", "texte": "UN CONCERT MONSTRE\n\nrélecteur accorda-t-il deux tonneaux de supplément aux heureux colla-\nborateurs pour qu'ils busssent royalement à sa santé et au succès\nde leur ouvrage.\nAussitôt qu'il fut en possession de la partition tfHolopherne, Jean-\nGeorge invita tous les musiciens « d'Allemagne, de Suisse, du pays de\nVaud, de Pologne et d'ltalie » à se rendre & avec leurs élèves » à la grande\nfête de Dresde. Le nombre de ceux qui répondirent à cet appel fut\nconsidérable ; car les chroniques du temps nous apprennent qu'au jour\nfixé, il n'arriva pas moins de cinq cent soixante-seize instrumentistes et\nneuf cent quatre-vingt-dix chanteurs dans la capitale du duché de Saxe.\nEt quels instrumentistes ! et quels chanteurs ! Qu'il nous suffise de dire\nque parmi les premiers, il s'en trouvait qui apportaient des instruments\ntout à fait inconnus, ou tout à fait extraordinaires parleurs dimensions.\nUne contrebasse gigantesque attirait notamment tous les regards; elle\nfit son entrée en ville, couchée sur une charrette attelée de huit mules.\nLorsque ce Léviathan des instruments à cordes s'arrêta devant la maison\ndu bourgmestre, les bourgeois de Dresde le mesurèrent : il accusait une\nlongueur de sept aunes et trois pouces. On fit une ovation à son pro*\npriétaire, un certain Rapotzky, de Cracovie*\nNon moins solennelle fut la réception d'un étudiant de Wittenberg,\ndu nom de Rumpler, dont la voix était de nature à lutter avantageu-\nsement contre les ronflements monstrueux de la contrebasse de Rapotzky.\nInutile de dire que Rumpler avait été chargé de la partie d' Holopherne.\nLes délégués des corps de métiers saxons lui offrirent le vin d'hon-\nneur, à l'entrée de la ville; puis ils le conduisirent à l'auberge du\nVeau d'Or, où le duc Jean-George avait donné des ordres pour qu'il fût\nbien traité, et surtout pour qu'on mît à sa disposition de la bière à dis-\ncrétion, et de la meilleure, afin qu'au jour de l'exécution sa voix fût\n« convenablement saturée» »\nCe jour de l'exécution fut retardé. Il ne put coïncider avec la Sainte-\nCyrille, comme l'avait espéré le duc, et fut remis âu i 3 juillet. L'étu-\ndiant Rumpler fut cause de ce retard, non que la bière du Veau d'or\nlui eût ôté ses moyens, comme on pourrait le croire,—mais bien au con-\ntraire parce que l'état de « saturation » de sa voix était tel, que la\ncontre-basse de Rapotzky ne suffisait point à raccompagner.\nPour la renforcer, Grundmaus fit tendre sur les ailes d'un moulin\nà vent, un câble de quatre pouces d'épaisseur , que faisaient vibrer\ndeux musiciens de la chapelle ducale, à l'aide d'une scie de charpentier,\ndont on avait préalablement émoussé les dents,\nHâtons-nous de dire que, même avant cette adjonction, la musique de"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nGrundmaus fut goûtée des dilettantes saxons, et que dès la première\nrépétition, l'on admira les exercices de voltige auxquels se livrait le\ncontrebassiste Rapotzky, pour exécuter des passages difficiles sur son\ngigantesque instrument. Une échelle avait été fixée le long du manche\nde celui-ci, et c'était plaisir de voir le virtuose en gravir les degrés ou les\nredescendre, en même temps que ses mains donnaient la vie à une basse\naussi sévère que sonore.\nLe jour de l'exécution vint enfin. L'effet produit par cette masse ins-\ntrumentale et vocale fut saisissant. Il faut dire que pour en augmenter\nencore la probabilité, Grundmaus avait fait placer, au milieu des chan-\nteurs, un orgue monumental, dont le R. P. Sérapion, musicien con-\nsommé, frappait les touches à grand tour de bras, et qu'il avait remplacé\nles timbales par des chaudrons-géants, empruntés aux cuisines de l'élec-\nteur.\nEn outre, l'on avait placé en batterie trois pièces de canon, à proxi-\nmité des exécutants, et s'il faut en croire les auditeurs, ces engins assour-\ndissants, loin de demeurer inactifs, prêtèrent un concours efficace aux\nmoyens employés pour charmer l'assistance.\nL'exécution, nous n'avons point besoin de le dire, avait lieu en\nplein air. L'endroit choisi pour cette solennité artistique était situé\nderrière leTinkenbusch, au pied d'une colline qui forme le premier con-\ntrefort de la Suisse saxonne.\nLe journal qui nous sert de guide pour cette narration (i) donne un\ncompte-rendu détaillé de cette mémorable audition. L'étudiant Rumpler,\nsoutenu par la contrebasse de Rapotzky et par le câble tendu sur les\nailes du moulin, chanta son grand air d'une voix « si terriblement belle,\nque tout tremblait autour de lui. » Puis vint une double fugue, qui\ntémoignait des sévérités scholastiques de son auteur; puis un air de\nbravoure, enlevé avec un brio infini par la Bigozzi, de Milan, l'une des\ncantatrices les plus renommées de l'époque; et finalement, un grand\nchœur, traduisant la victoire décisive des Juifs sur les Assyriens.\nMalheureusement, un incident inattendu vint troubler la fin de\n1 exécution. Il est vrai que les contemporains s'accordent à dire qu'il\ndonna plus de vérité et plus de chaleur au dénouement de Voratorio.\nVoici cet incident : La chapelle du duc Jean-George I s'était discour-\ntoisement chargée du rôle des Juifs vainqueurs, tandis que les chan-\nteurs étrangers figuraient les Assyriens vaincus. Il en résulta\n\n(i) Les faits relatés en cet article paru dans le journal Die Gartenlaube,\nannée 1872, n° 29."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.5", "texte": "UN CONCERT MONSTRE\n\nque ces derniers, vexés de jouer un rôle aussi désavantageux et,\nsans doute aussi, excités par les accents dramatiques des inspi-\nrations de Grundmaus, firent pleuvoir une grêle de pommes vertes\nsur leurs audacieux confrères. Comme on le pense, ceux-ci ne\ndemeurèrent point en arrière ; ils ramassèrent des pommes de pin,\net dès lors une lutte acharnée s'engagea entre les Assyriens et les\nIsraélites, lutte bien autrement terrible que celle qui marqua la déli-\nvrance de Béthulie, car les détonations de l'artillerie, jointes aux mugis-\nsements de la contrebasse de Rapostzky, ne purent arriver à couvrir les\ncris des combattants. Une charge de cavalerie, commandée par le propre\nfrère de Jean-George ler,Ier, eut raison de la mutinerie des chanteurs.\nLe duc rit aux larmes de ce spectacle, qui ne figurait point au pro-\ngramme. Il manda Grundmaus auprès de lui pour le complimenter sur\nles effets merveilleux de sa musique; et pour lui prouver toute sa satis-\nfaction, il lui envoya le soir même un petit fût de vin blanc de\nNiersteinep et cinquante florins de Misnie.\nNous avons raconté les splendeurs de cette fête généralement ignorée.\nIl est juste que nous parlions aussi de son triste épilogue.\nPour figurer avec avantage dans ce concert monstre, la Bigozzi s'était\ntellement répandue en trilles, en traits et en ornements de toute sorte,\nqu'elle en mourut le surlendemain.\nLe 16 juillet, les Assyriens et les Juifs, réconciliés, conduisaient à sa\ndernière demeure cette infortunée victime de son art et de\nses efforts, pour atteindre les dernières limites de ce qu'on est convenu\nd'appeler : la perfection vocale.\n\nEDMOND NEUKOMM."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.6", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\n0\nVII\nPRÈS avoir fait cette première incursion sur le domaine\nde l'Opéra, Philidor revint sur ses terres de la Comé-\ndie-Italienne, toujours pour lui fertiles en succès. Il\ndonna à ce théâtre, le 18 juillet 1768, la première re-\nprésentation d'un élégant ouvrage en deux actes, le\nJardinier de Sidon, qui fut très bien reçu du public,\nainsi que nous l'apprend le Mercure, en dépit des deux faits fâcheux\nsignalés par ce journal : un livret d'une fâcheuse qualité (il était de\nPleinchêne), et une température qui était loin d'être favorable au\nthéâtre. Grimm, qui n'est jamais tendre pour la musique française,\nprodigue, dans sa correspondance, des éloges sans réserve et singulière-\nment accentués à la partition du Jardinier de Sidon et à son auteur :\n« La musique m'a paru charmante; c'est peut-être une des pièces de Phi-\nlidor écrite avec le plus de soin. Il a un peu jeté son feu dans le premier\nacte, comme il arrive volontiers aux compositeurs; le second est moins\nfourni. Philidor prouve bien la vérité du proverbe, qu'à force de forger on\ndevient forgeron ; il a fait en dix ans de temps, du côté du métier, des pro-\ngrès immenses; son style était lourd et pesant, il est devenu léger et plein de\ngrâce ; quant au nerf, il en a toujours eu, mais il produisait ses effets labo-\nrieusement ; s'il arrivait à son but, c'était par des efforts d'un athlète à la vé-\n\n(i) Voir les numéros des i 5 juin, i 5 juillet, iev septembre, ier octobre, ler no-\nvembre et ier décembre."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.7", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\nrité plein de vigueur, mais dont la vue harassait votre imagination. Aujour-\nd'hui l'on voit un maître qui se joue de son métier, et qui compose avec\nd'autant plus de sûreté qu'il lui en coûte moins de peine; la chaleur de son\nstyle et la magie de son coloris vous dérobent ce que ses idées peuvent avoir\nquelquefois de mesquin et de trivial. Une langue aussi ingrate pour la mu-\nsique que la langue française permet rarement à un compositeur de nous pré-\nsenter de ces idées neuves et précieuses qui nous enchantent dans les ou-\nvrages des maîtres italiens ; et quand par bonheur un compositeur français\na trouvé quelque idée de cette espèce, il est obligé bien vite de la laisser là,\nla roideur de sa langue s'opposant à tout développement : c'est avoir son\nenfer en ce monde que d'être condamné à faire de la musique sur des paroles\nfrançaises (i). Une autre espèce de damnation, c'est d'avoir pour juges des\noreilles françaises. Il y a tel air dans le Jardinier de Sidon qui aurait suffi\nailleurs pour faire la fortune de la pièce, c'est-à-dire que, pour le plaisir d'en-\ntendre cet air vingt fois de suite, on aurait porté la pièce aux nues; et ici\ntoute la magie du musicien n'a pas pu faire supporter la platitude du poète.\nIl y a un air que chante madame Laruette, accompagné d'un violon, d'un\nhautbois et d'un cor de chasse obligés : on n'a encore rien entendu en France\ndans ce goût-là. Presque tous les airs de Caillot, et ceux de madame Laruette\nsont charmants. On a reproché à Philidor quelques réminiscences de son\nopéra d'Ernelinde, et Ton a eu raison ; il y a surtout un duo où la réminis-\ncence est sensible. Mais quest-ce que cela fait? »\nIl est assurément difficile d'accorder à un artiste des éloges plus com-\nplets, et mieux motivés. Philidor, on peut le dire, les méritait absolu-\nment ; on pourrait ajouter qu'il lui fallait les mériter doublement pour\nles arracher à Grimm.\nPhilidor mit bientôt en musique deux pièces qui avaient paru précé-\ndemment à la scène sous forme de comédies. Rarement ce procédé est\nfavorable aux compositeurs, les conditions du théâtre littéraire étant\nloin d'être semblables à celles du théâtre musical, les unes, même, com-\nbattant souvent les autres. C'est une expérience que chacun a pu faire,\nmême de nos jours. La première de ces deux pièces, donnée treize ans\nauparavant sous le titre de la Plaisanterie de campagne, fut reproduite*\nainsi remaniée, le 2 septembre 1769 ; elle était en un acte, et, cette fois5\n\n(1) C'était là le dada de Grimm, comme de Rousseau, et tous deux ont brodé d'in-\nterminables variations sur ce thème, qu'ils ont ressassé jusqu'à la banalité. Nous sa-\nvons aujourd'hui, et depuis longtemps, à quoi nous en tenir sur ce prétendu vice de\nla langue française, sur son impuissance à se marier avec la musique. Notre langue,\nsi claire, si sonore, si admirable (qui a, d'ailleurs, donné naissance à l'opéra-co-\nmique), n'a point paru si dure ni si fâcheuse aux musiciens étrangers qui, depuis\nun siècle, ont en si grand nombre sollicité l'honneur de l'employer. Il suffira de rap-\npeler, à ce sujet, les noms de Gluck, de Piccinni, de Salieri, de Sacchini, de Mar-\ntini, de Cherubini, de Spontini, de Rossini, de Meyerbeer, de Donizetti, de Verdi,\nsans compter les moins glorieux et les moins connus."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nainsi intitulée : VAmant déguisé, ou Favart, qui\nen était l'auteur, fit précéder la nouvelle édition de l'avertissement que\nvoici : « Cette bagatelle fut représentée au Théâtre-Italien au mois\nde juin 1756, sous le titre de la Pl fut\nreçue avec plaisir ; son succès fut interrompu par la maladie et la mort\nde mademoiselle Silvia. On a cru pouvoir remettre cette pièce au\nthéâtre, en y ajoutant des ariettes pour se conformer au goût dominant.\nM. Philidor a bien voulu se prêter à cette tentative, et nous espérons\nque le public aura assez de bonté pour nous savoir gré des efforts que\nnous avons faits pour contribuer à son amusement. »\nLa pièce, écrite en vers libres et lestement tournés, comme Favart\nsavait les manquait d'action et de situations musicales; elle fut\nbien reçue pourtant, et Grimm dit encore : « La musique du Jardinier\nsupposé est fort agréable, et si elle n'est pas de la force des autres\nouvrages de Philidor, c'est la faute de son poète, qui lui a fourni le\nmoins d'occasions possible pour faire de la musique. » D'ailleurs,\nJardinier supposé était joué à ravir par Trial, Laruette, madame Trial,\net surtout madame Favart, qui était tout à la fois d'une grâce et d'un\ncomique achevés dans un rôle de Provençale où elle faisait tourner toutes\nles têtes. On lui adressa à ce sujet les vers suivants :\nQiie de bon cœur tu m'as fait rire,\nFavart. Cet ouvrage est charmant;\nTon jeu naturel et plaisant\nM'inspire ton joyeux délire.\nJe te dois nn remercîment :\nHélas! on rit si rarement!\nSous tes crêpes ensevelie,\nChei nos froids et tristes auteurs,\nLa vive et riante Thalie\nEst une veuve, dont les pleurs\nFlétrissent la mine jolie :\nLe feu piquant de la saillie\nLui rend son éclat, ses couleursy\nL'enjouement, la coquetterie\nFont briller ses traits enchanteurs ;\nC'est une fille qu'on marie,\nQue l'amour couronne de fleurs.\nOui, nos plaisirs sont ton ouvrage ;\nL'esprit, les talens, la gaîté,\nFavart, dans ton heureux ménagé,\nSont nn bien de communauté\nDont au public tu fais hommage."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.9", "texte": "ANDRE PHILIDOR\n\nJouis de tes succès flatteurs ;\nChaque jour tu nous es plus chère :\nL'art d'amuser et Fart de plaire,\nJe te réponds de tous les cœurs.\nAvant de parler du second ouvrage que Philidor écrivit dans les\nmêmes conditions, il me faut dire quelques mots d'une production\nà laquelle il ne prit, du reste, qu'une part très secondaire, sorte de pas-\ntiche composé pour une part de musique nouvelle écrite par divers\nartistes, pour une autre part de morceaux connus et qui n'étaient même\npas toujours destinés au chant. Cette œuvre quelque peu informe, dont\nles paroles avaient Favart pour auteur, était intitulée la Rosière de\nSalency, et fut représentée à la Comédie-Italienne- le 14 décembre\n1769 (1). C'est encore à Grimm que nous allons avoir recours, car lui\nseul peut nous renseigner à ce sujet : « La Rosière de Salency, dit-il, a\nparu hier pour la première fois sur le théâtre de la Comédie-Italienne ;\nle parterre l'a reçue à merveille. Des couplets sans fin, une chacone de\nRameau, le menuet d'Exaudet parodiés, et d'autres chefs-d'œuvre de\ncette espèce l'ont transporté de plaisir ; et vous espérez que ces gens-ci\nse connaissent jamais en musique ! Jamais , jamais, cela est sans\nressource. Comptez que celui qui s'extasie pour de si insupportables\npauvretés ne sait ce qu'il fait quand il lui arrive d'applaudir à une vrai-\nment belle chose. La musique de cette Rosière est une insigne rapsodie.\nOn prétend que le baron Van Swieten (?), Monsigny et Philidor ont\nfourni des morceaux • mais à l'exception de ce dernier, qu'on reconnaît\naisément à son faire et à la vigueur de son style, on peut attribuer le\nreste à qui l'on voudra, cela est également bon ou également mauvais,\nsuivant les gens qui écoutent. Les airs de Philidor même ne sont rien,\net Ton s'aperçoit bien qu'il n'a compté en tirer ni profit ni gloire. »\nIl n'en tira guère plus de la Nouvelle Ecole des Femmes, qu'il donna\nau même théâtre le 22 janvier 1770. Celle-ci, comme le Jardinier\nsupposé, avait paru d'abord, non sans quelque succès, sous forme de\ncomédie (2) ; mais, comme son titre l'indique, c'était une comédie de\n\n(1) Il ne faut pas confondre cette Rosière de Salency avec celle qui fut donnée au\nmême théâtre quatre ans après, au mois de février 1774. Cette dernière, qui obtint\nun très grand succès, était de Grétry pour la musique, et, pour les paroles, d'un\nnommé Masson, qui prit en cette circonstance le pseudonyme de marquis de Pezay.\n(2) Au même théâtre, le 6 avril 1758. Sous sa première et sa seconde forme, la\npièce avait trois actes. L'auteur était de Moissy. « Geite pièce, dit-il dans l'Avertis-\nsement de sa comédie transformée, a déjà eu le bonheur d'obtenir les suffrages du\npublic; mais elle seroit tombée dans l'oubli, si je n'avois pas pris le parti de la faire"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncaractère, par conséquent d'un genre absolument hostile à la musique.\nL œuvre ne lit que passeï, et je crois quelle ne resta pas au répertoire,\nmalgré le talent de ses interprètes, qui n'étaient autres que Clairval,\nTrial, Nainville, madame Trial, madame Laruette et mademoiselle Des-\nglands.\nVIII\nDepuis le 9 mars 1759, date de son début au théâtre, c'est-à-dire\ndans un espace de moins de onze ans, Philidor avait produit quinze\nouvrages dramatiques, formant un ensemble de vingt-sept actes d'opéra,\nsans compter la part plus ou moins importante qu'il avait prise à la\nRosière de Salency et même à la Bagarre. On peut donc dire qu'à\ncette époque il avait fourni une carrière considérable et brillante. Sen-\ntait-il les premières atteintes de la fatigue, et est-ce à cela qu'il faut\nattribuer le repos complet qu'on lui voit prendre alors pendant trois\nannées, ou bien est-ce un réveil de sa passion pour les échecs qui lui fit\npendant ce temps oublier la musique? Il est fort difficile de le dire, car,\nde 1770 à 1773, les renseignements sur le grand artiste font absolument\ndéfaut. Fut-il malade? Fit-il un second voyage en Angleterre? Toutes\nles conjectures sont permises, puisqu'on n'a même pas. pendant le cours\nde ces trois années, un indice de son existence. Nous allons donc, sans\nplus nous piéoccuper de ce qu'il put faire à cette époque, reprendre le\nrécit de sa carrière à la suite de ce long silence.\nIl repaiut àla Comédie-Italienne, le 11 janvier 1773, avec un acte\nassez fâcheux au point de vue du poème, et intitulé le Bon Fils, que\nsa musique, jugée resta impuissante cependant à faire réussir.\n« Les paroles, dit Bachaumont, sont d'un certain abbé Le Monnier (1),\nqui a traduit Térence, mais ne s'entend en rien au théâtre. Indépendam-\n\nrevivie, en quelque façon, eu lui donnant une nouvelle forme, par les âgrémens de\nde la musique, sans en changer le fond. Ce sera pour moi un nouveau motif de re-\nconnaissance, si lon icçoit favorablement le nouveau travail que j'ai fait pour rendre\ncet ouvrage plus agréable. «\n(1) Ce personnage avait pris pour la circonstance le pseudonyme de De Vaux. On\nlit a ce sujet dans les Mémoires secrets (5 février 1773): « L'abbé Le Monnier,\nauteur u on Fils, est chapelain de la Sainte-Chapelle. Il a pris un nom postiche,\net sin es 11.1 prîmés on lit : par M. De Vaux. Cependant, comme il est notoirement\nconnu pour le pèie de cette mauvaise pièce, le Chapitre est furieux contre ce suppôt\nprévaricateur, et l'Archevêque de Paris exige, dit-on, qu'il soit destitué de sa place.\nCe seroit payer bien cher la honte d'avoir produit une aussi détestable drogue. »"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.11", "texte": "ANDRÉ PHILIDOR\n\nment des vices de construction, la forme n'a aucunes beautés; il n'y a\npas une scène qui vaille quelque chose. Les ariettes même (c'est-à-dire\nles vers des ariettes) sont détestables. La musique du sieur Philidor n'a\npu compenser tant de défauts, et si le Bon Fils n'est pas absolument\ntombé, il n'est guère possible qu'il aille bien loin. » Le Mercure adresse\nde grands éloges au compositeur : « La musique ajoute à la réputation\nde M. Philidor ; elle est de génie, et d'un style mâle et plein d'expression.\nLes chants en sont variés, les motifs bien choisis et traités avec beau-\ncoup d'art et d'effets d'orchestre. »\nLe 3o octobre de la même année, les comédiens italiens donnaient\ndevant la Cour, à Fontainebleau, la première représentation d'un\nouvrage en deux actes, Zémire et Mélide, dont les auteurs étaient An-\nseaume pour les paroles, et Philidor pour la musique. La Cour aimait\nassez se donner ainsi la primeur d'ouvrages qui ne paraissaient qu'en-\nsuite à Paris. Précisément en cette année 1773, le Mercure n'ayant pas,\nainsi qu'il le faisait à l'ordinaire, rendu compte des spectacles de Fon-\ntainebleau (c'était à chaque saison, pendant les chasses du roi, toute\nune série de pièces inédites, qui prenaient ensuite leur vol à la Comédie-\nFrançaise et à la Comédie-Italienne, quelquefois même à l'Opéra), nous\nn'avons aucune nouvelle de l'accueil qui fut fait à Zémire et Mélide.\nIl était joué par Clairval, Suin, madame Trial et mademoiselle Bil-\nlioni (1).\nSedaine avait tiré d'un des plus jolis contes de La Fontaine, les Rémois,\nune comédie musicale en un acte et en vers libres qui devait d'abord\nêtre représentée sous ce titre. Il choisit Philidor pour collaborateur,\nmais il changea le titre de l'ouvrage, qui fut représenté à la Comédie-\nItalienne, le 20 mars sous celui-ci : les Femmes vengées. Le poète\navait fait, dans cette pièce, un essai qui pouvait alors passer pour auda-\ncieux: « J'ai hasardé, dit-il dans sa préface, j'ai hasardé cet opéra-\n\n(1) L'histoire de Cette pièce est singulièrement embrouillée. Fétis, qui\nZeluiie et Mélide, dit qu elle lut donnée à la. Comédie—ltalienne en 1764, commettant\nen peu de mots une triple erreur, puisqu'elle ne fut jamais représentée à ce théâtre;\nles Annales dramatiques en attribuent les paroles à Fenouillot de Falbaire, tandis\nque le livret imprimé pour la Cour, chez Ballard, « par exprès commandement de Sa\nMajesté, » porte le seul nom d'Anseaume pour les paroles. D'autre part, la partition,\nqui a été publiée aussi, porte ce titre, différent de celui du livret : Mélide ou le Na<*\nvigateu). Nous verrons plus loin que Fenouillot de Falbaire était réellement Fauteur\ndes paroles, paroles qu'Anseaume avait seulement arrangées sans doute, et nous ver-\nrons aussi comment l'ouvrage, considérablement modifié pour la Comédie-Italienne,\npuis entièrement retait en vue de l'Opéra, finit par n'être représenté ni sur l'un ni\nsur l'autre de ces deux théâtres."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncomique pour essayer l'effet que pourrait produire, sur le théâtre, trois\nscènes à la fois, en trois lieux différents. Je crois, cependant, qu'elles ne\nsont admissibles qu'en observant l'unité d'action, c'est-à-dire en don-\nnant aux personnages occupés dans les parties latérales l'application à la\nscène qui remplit le milieu du théâtre. » Sedaine était un romantique\npour son temps; il l'a prouvé en plus d'une occasion, au moins dans son\nthéâtre lyrique. On sait combien le moyen employé ici par lui pour la\npremière fois, au point de vue comique, a été depuis une source d'effets,\nnon-seulement en ce genre, mais dans le genre sérieux et dramatique\nproprement et cet essai donne une idée de son intelligence et surtout\nde son sentiment de l'effet théâtral.\nSans obtenir un succès éclatant, les Femmes vengées furent cependant\nfort bien accueillies. La pièce était vive, amusante, alerte et pleine de\ngaieté; la partition, pour ne point compter parmi les meilleures de Phi-\nlidor, était loin toutefois d'être sans valeur, et l'on y retrouvait la touche\nsolide et ferme du maître, son style magistral, son orchestre brillant et\ncoloré. L'ouvrage était avec cela fort bien joué et fort bien chanté par\nClairval, Laruette et Nainville, par madame Moulinghem, mademoi-\nselle Colombe et mademoiselle Beaupré. Mademoiselle Colombe, qui\nfut, on peut le dire, la première artiste de la Comédie-Italienne à qui\nl'on pût donner véritablement le nom de cantatrice, donna même au\ncompositeur l'occasion d'écrire un grand air di bravura, qu'elle chantait\navec une rare maestria et dans lequel elle enlevait de vive force les\napplaudissements de la salle.\nLes Femmes vengées, qui furent l'avant-dernier ouvrage donné par\nPhilidor à la Comédie-Italienne, furent reprises avec succès, au théâtre\nFavart, le 23 vendémiaire an VII (i 5 octobre 1798). Dix ans après\ncependant, la partition de Philidor tut délaissée, et le 22 octobre 1808,\nrOpéra-Comique reproduisait la pièce de Sedaine avec une musique\nnouvellement écrite par Blangini. Il est juste d'ajouter que celle-ci\nn'obtint aucun succès.\n(La suite prochainement»)\n\nARTHUR POUGIN."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.13", "texte": "Décor des FEMMES VENGÉES. d'aprés une vignette de Cocbin."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.14", "texte": "LES TRAVAUX DU NOUVEL OPÉRA\nESSAI DE L'ÉCLAIRAGE\n\n1\"\nA dernière visite à notre Académie nationale de\nMusique est loin de ressembler aux précédentes. Il y a\nun mois à peine, les plâtras couvraient les mosaïques,\nles blocs de marbre obstruaient les couloirs, de lon-\ngues échelles étaient dressées dans le grand foyer, tel\npanneau n'était pas revêtu de sa glace, telle peinture\nn'était pas achevée, un bout de corde traînait ici, et là-bas un faisceau\nd'outils était posé lourdement sur une légère corniche. J'ajouterai que\nmes pérégrinations se faisaient de jour, et que la salle et ses dépen-\ndances étaient éclairées par des becs de gaz placés seulement aux points\noù le travail marchait. Le jour pénétrant par le haut du dôme donnait\nune couleur blafarde à la lueur du gaz, et dénaturait le ton de ce que\nl'on pouvait examiner.\nDans les deux soirées que M. Garnier a offertes au public parisien,\ntout, au contraire, était à sa place; le lustre delà salle, celui du foyer de\nla danse et ceux du grand foyer du public, projetaient leurs innombra-\nbles lumières.\nEn réalité, ces deux soirées peuvent être considérées comme de véri-\ntables premières. Un seul point, un seul, n'a pas permis qu'on établît un\njugement définitif sur l'aspect de la salle. La rampe n'était pas allumée.\n\n(i) Voir les numéros des i 5 septembre, i 5 octobre, iw et i 5 novembre et î5 dé-\ncembré.\n\nVII.\n2"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.15", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nIl le fallait, paraît-il, pour donner aux dix mille visiteurs la faculté de\npasser de plain-pied de la salle sur la scène.\nQuoi qu'il en soit, voici le résultat de mes observations. Le lustre, qui\nest magnifique, est insuffisant pour éclairer la vaste salle dont les dorures\nnombreuses font très bon effet. Leur éclat est tempéré par le velours\nrouge des tapisseries. Les loges sont tristes et obscures. Il sera très\nfacile de remédier à cet inconvénient en plaçant à 1 intérieur, des becs de\ngaz entourés de verres dépolis, et en restituant aux loges d entre-colonnes\nles girandoles qui existaient à la salle Le Peletier.\nA la lueiir du lustre, le plafond de M. Lenepveu perd beaucoup de sa\nfraîcheur. Ce qui était foncé est devenu noir, et forme des taches dans\nun ciel qui était pur. Quelques coups de pinceau suffiront pour rendre à\nl'œuvre du grand peintre son aspect primitif et parfait.\nAu foyer delà danse, les peintures de M. Boulanger subissent, elles\naussi, une désagréable transformation quand elles sont éclairées. Elles\nsont fades et ternes, alors qu'elles étaient à la lumière du jour vigoureu-\nsement colorées. L'éclairage de la loggia est charmant. Il est très dis-\ncret et n'en fait que mieux ressortir les féeries du grand foyer. Ici, les\ntentures d'or, les colonnes d'or éblouissent les yeux et scintillent mei-\nveilleusement sous les mille lueurs des lustres. L oeuvre de M. Baudry\napparaît dans toute sa grandeur, C est superbe et assuiéncient unique au\nmonde. Lorsque la lumière aura un peu terni cet éclat peut-être trop\nvif, le foyer du nouvel Opéra demeurera comme la réalisation d'un\nconte des Mille et une Nuits. Le monde entier voudra le venir visiter.\nSans la moindre restriction, je trouve l'éclairage de l'escalier monu-\nmental, également parfait. Les couleurs de tous les marores dont j ai\ndonné la nomenclature se fondent et s'harmonisent admirablement.\nLes dégagements font, eux aussi, un excellent effet à la lumière.\nBref, l'œuvre de M. Garnier peut compter parmi les plus belles créa-\ntions modernes, et si quelques imperfections ont été découveitcs en ce\nqui concerne l'éclairage, je suis persuadé que déjà elles sont coirigées.\n\nRAOUL DE SAINT-ARROMAN."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.16", "texte": "LES\nCANTATRICES DRAMATIQUES\n\n(I)\nIV\nCATARINA GABRIELLI\nIII\ncette date le vice-roi de Sicile, marquis de Fogliano,\nétait un homme distingué, influent, dont Brydone fait\nun grand éloge, et qui sans doute avait provoqué sur\nla scène de Palerme l'engagement de la Gabrielli.\nQuoiqu il en soit, la fantasque Catarina avait été invi-\ntée à un banquet de cérémonie chez ce haut person-\nnage, avec la principale noblesse de Palerme. La noblesse fut exacte.\nL'heure du dîner passe ; le vice-roi s'impatiente, il envoie chez la can-\ntatrice, on la trouve au lit, un livre à la main, prétextant une indisposi\ntion, et avouant qu'elle avait oublié cet engagement. Toutes les instances\nsont inutiles pour la déterminer à se rendre aux vœux de l'illustre com-\npagnie à laquelle on l'avait promise. Elle maintient ses excuses, et elle\nse lève toutefois pour se rendre au théâtre. Là, elle chante ; mais sotto\nvoce, avec un talent à dessein modéré, un charme tout juste officiel.\nLe Foi-1 Évéque était à cette époque dans les traditions de tous les\n\n(i) \\oir les numéros des ier décembre 1878, ief janvier, i«* février, te» mai, i\" et\ni 5 juin, i 5 juillet, 1\"' août, i 5 novembre et i 5 décembre 1874."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.17", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ngouvernements civilisés. Le vice-roi fait menacer de la prison la capri-\ncieuse prima donna. On peut me faire crier, répond-elle au messager\ndu gouvernement; chanter, jamais.\nLe vice-roi ne pouvait en avoir le démenti : A la fin du spectacle, la\nGabrielli fut envoyée, mais avec tous les égards dus à son talent et à\nses caprices, —en prison. Elle y resta douze jours; mais là, fantaisie\nbien autrement extraordinaire, elle s'avisa de faire du bien ; paya les\ndettes de ses co-détenus, tint table ouverte pour les compagnons devenus\nvolontaires de sa captivité, leur prodiguant tous les morceaux les plus\nbrillants de son répertoire avec ce luxe de talent et de voix qu'elle avait\nrefusé aux ordres du vice-roi. On ne voulait plus sortir de ce lieu de\ndétention où elle avait transformé littéralement les fers des prisonniers\nen chaînes dorées. Sa générosité s'était étendue même au dehors de la\ngeôle, et lorsqu'elle sortit enfin, la voix publique ayant littéralement\nexigé son élargissement, la foule des pauvres qu'elle avait secourus, et\nqui l'attendaient à la porte, la conduisit en triomphe jusqu'à son hôtel.\nCatarina avait été demandée plusieurs fois par les directeurs des théâ-\ntres de l'Angleterre 5 mais voici la raison qu'elle donnait pour ne pas y\naccepter d'engagement, raison que l'on comprendra surtout après ses\naventures connues : « Je ne puis pas commander à mon caprice ; il\n« m'entraîne le plus souvent, et sur les théâtres anglais, je ne serais pas\n« la maîtresse de faire toutes mes volontés. Si je me mettais dans la tête\n<t de ne pas chanter, on dit que la populace m'insulterait, et que peut-\n« être on m'assommerait. J'aime mieux dormir ici en bonne santé,\n« quand même ce serait çn prison. »\nIl n'y a pas à douter ici du propos que rapporte également Brydone,\nmais en définitive cette déclaration n'a pas servi à la Gabrielli de règle\nde conduite constante, car nous empruntons à\nde Burney, des détails curieux et caractéristiques sur l'apparition de la\nGabrielli en 1775 à Londres.\nC'était depuis son départ de Palerme qu'elle avait passé trois années\nen Russie. Les lettres de Mistriss Goudar, que j'ai déjà citées, ne\nlaissent à cet égard aucun doute. Cette Anglaise mélomane en attestant\nl'empire que la Gabrielli conservait encore sur le public, déplore qu'il\nn'y ait plus que la Russie qui soit assez riche pour payer la grande\nchanteuse. Mais on ne sait rien d'ailleurs sur ce nouveau séjour de la\nGabrielli dans le Nord.\nLe plus remarquable événement de la saison de 1775 à 1776, dit\nBurney, a été l'arrivée à Londres de la fascinatrice et capricieuse Cata-\nrina Gabrielli, appelée dès ses débuts dans la vie la petite cuisinière,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.18", "texte": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES\n\nétant la fille d'une cuisinière et d'un grand personnage. Elle n'avait\ncependant aucun indice de basse naissance dans sa contenance; les\nexcentricités les plus singulières de sa conduite conservaient meme la\ngrâce, la dignité d'une matrone romaine. Sa réputation et comme can-\ntatrice habile, et comme coquette aventureuse, était si grande, avant\nson arrivée en Angleterre, que le public, peut-être attendant trop de\nl'un et de l'autre, ne semôntrait pas disposé à lui accorder l'éloge que\nson talent méritait, et se hâtait trop d'attribuer toute action, toute\nparole de sa part, à l'orgueil ou à l'outrecuidance.\nComme il avait été rapporté que souvent elle avait feint la maladie,\nou chanté mal quand il ne tenait qu'à elle d'enchanter ses spectateurs,\npeu voulurent admettre qu'elle pouvait être malade, même dans un\nclimat qui ne lui convenait guère, ou qu'elle chantât jamais de son\nmieux. On voit que la Gabrielli fut exposée à rencontrer dans ce pays\nnouveau le châtiment de ses dangereux égarements, de sa volonté trop\nchangeante.\nDans ces mauvaises dispositiohs, on n'était pas éloigné de décider que\ndéjà la Gabrielli était dans la période de déchéance, et que la renommée\navait beaucoup exagéré la valeur réelle de ses succès. Catarina triompha\npourtant de ces préventions. Sa voix, selon le jugement de Londres,\nquoique d'une qualité exquise, n'avait pas beaucoup de force; son prin-\ncipal mérite consistait dans la rapidité et l'élégance de l'exécution. On\ntrouva de grands rapports entre la nouvelle venue et mademoiselle Davies,\nune virtuose contemporaine qui sous le nom de la petite Anglaise avait\nparcouru triomphalement les grandes scènes d'Europe, et chantait les\nmêmes airs que la Gabrielli, avec un degré d'élégance si approximative-\nment égal que d'abord on n'y trouva aucune différence. Cependant, et\nen approfondissant la comparaison, quelques critiques compétents\ndécouvrirent dans la voix de la Gabrielli une habileté supérieure dans la\nfin de ses périodes musicales, une distinction, et enfin un accent, une\nprécision dans les divisions du chant non seulement supérieurs à made-\nmoiselle Davies, mais à toute autre cantatrice.\nCet éloge de la Gabrielli sous la plume d'un critique estimé est un\ntitre de noblesse pour cette patricienne du chant, et confirme cette\nsuprématie, qui lui est reconnue partout. La rapidité de son exécution,\najoute Burney, ne l'empêchait jamais d'être claire et agréable. Il ne\nparaît pas que dans les mouvements lents, elle conservât la même supé-\nriorité. Les détails que Burney donne sur son talent de comédienne\nainsi que sur la nature de ses relations privées n'ont pas moins d'inté-\nrêt. « Comme actrice, quoique petite, elle mettait tant de grâce et de"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndignité dans ses gestes et dans son attitude scénique, que non seulement\nelle gagnait tous les spectateurs exempts de prévention, mais encore\nqu'elle semblait remplir la scène et qu'elle absorbait la pensée, et ne\npermettait pas que l'attention du public pût se distraire d'elle un seul\nmoment. »\nDans la conversation, cette Gabrielli si célèbre par ses frasques, était\nune personne bien élevée, intelligente, non seulement en ce qui concer-\nnait la musique, mais sur tout sujet où une femme qui a reçu une bonne\néducation et qui a vu le monde, peut avoir acquis des connaissances.\nL'influence de lage peut avoir contribué à cette heureuse modification\nchez la cantatrice. On remarquait surtout que de son séjour récent de\ntrois ans en Russie, aucune particularité de caractère individuel de\nmœurs nationales, ou d'étiquette de cour, n'avait échappé à son esprit\nd'observation.\nA ce moment, la Gabrielli, née en 1730, avait au moins quarante-\ncinq ans. Mais sa beauté attestait encore la vraisemblance de toutes les\naventures qui l'avaient rendue si célèbre, et du délire qu'elle avait excité\nen Italie et à Vienne.\nLes opéras dans lesquels la Gabrielli se fit entendre durant son séjour\nen Angleterre furent la Didone abbandonnata, cette fois musique de\nSacchini, Caio Mario, de Piccinni, et la Vestale, de Venta.\nIl faut croire que ces opéras, puisqu'ils ont été choisis, devaient beau-\ncoup au talent de la cantatrice. La Didone de Sacchini est restée tout\nà fait inconnue, et c est à Piccinni que ce même sujet, traité de par\nVinci et Jomelli, sans compter d'autres peut-être, a dû exclusivement de\njeter un véritable éclat sur la scène lyrique. De même que la Didone,\nCaio Mario (singulier sujet que Caius Marius pour un opéra italien !)\nn est pas citée sur la liste des œuvres de son auteur dans les biographies;\net quant à Venta, auteur, à ce qu'il paraît, d'une Vestale, l'œuvre et le\ncompositeur sont aujourd'hui aussi complètement ignorés.\nBurney dit qu après ses succès en Angleterre, la Gabrielli se retira à\nBologne, heureuse d'échapper à tous les orages que sa beauté et ses\ntalents avaient fait naître. La Gabrielli n'aurait pourtant pas renoncé\naux luttes qu'un cœur d'artiste n'abandonne qu'avec tant de peine. Les\nbrillantes facultés de la cantatrice ne pouvaient cependant être éter-\nnelles, et lorsqu'en 1780 (elle avait alors, par conséquent, cinquante ans)\nelle voulut engager la bataille avec le célèbre chanteur Luigi Marchesi,\nà Milan, pour la première fois la victoire demeura indécise.\nLuigi Marchesi brillait par le goût, la flexibilité de la voix. Le charme\net la beauté de sa personne, la grâce et la convenance de ses gestes"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.20", "texte": "LES CANTATRICES DRAMATIQUES\n\najoutaient à l'effet produit par la perfection de son chante II avait débuté\nà Rome en 1774, dans un rôle de femme, l'usage étant alors de confier\nces rôles à un jeune chanteur dont la voix de soprano, la personne élé-\ngante ou délicate pouvaient se prêter à l'illusion de cette transformation.\nEn 1775, il avait joué les seconds rôles d'homme avec Pacchiarotti pour\nchef de file. A Milan, il avait bien vite passé au premier rang, puis au\nthéâtre de San Carlo de Naples, alors le poste d'honneur d'un chanteur\nd'opéra. Les trois grands chanteurs d'ltalie, à cette fin de siècle* étaient\nPacchiarotti, Rubinelli et Marchesi.\nMarchesi n'avait donc que six ans de théâtre ; il était dans tout l'éclat\nde la jeunesse et du talent, et dans la condition si désavantageuse pour\nelle, la Gabrielli maintint encore sa position. On siffla, on applaudit\navec la même énergie des deux parts, et la lutte commencée au théâtre\nse continua dans les rues et dans les cafés de Milan. La Gabrielli, comme\nsi elle avait dû être toute sa vie prédestinée aux aventures, après avoir\ntroublé tant de cœurs, au péril même de sa propre vie, parut devenir\npresque un danger pour la paix publique.\nIl est probable, toutefois, que s'étant vue en butte à une opposition\nqui ne s'était jamais jusqu'alors manifestée, même en fût-elle demeurée\nvictorieuse, la fantasque cantatrice comprit qu'il ne fallait pas attendre\nque le prestige diminué disparût tout à fait. On ne signale plus aucune\napparition sur la scène de cette Mélusine lyrique, postérieurement à\ncette année 1780.\nCatarina se retira à Rome ; ses dépenses, inconsidérées comme toute\nsa conduite, avaient borné ses revenus à 2,000 écus romains. Elle dut\nréduire son train, et on ne la vit plus sans doute voyager avec de nom-\nbreux domestiques, un courrier la précédant, remplissant la route de\nbruii comme elle avait rempli l'Europe de son nom. Elle eut la gloire\nd'un proverbe resté appliqué à tous les fastueux. On disait de quelqu'un\nqui voulait afficher de la magnificence et des prétentions extravagantes :\nChichi è ? La Gabrielli ? Qui est-il donc ? La Gabrielli ?\nCatarina Gabrielli n'aimait à faire souffrir que ses amants ; elle était\ncharitable, et prodiguait sa richesse comme ses caprices. Elle conserva\njusqu'à la fin de sa vie, auprès d'elle, sa sœur aînée, Anna, qui l'avait\naccompagnée dans toutes ses excursions lyriques, en qualité de seconda\ndonna. Elle fit donner également àun frère une éducation qui ne suffit\npas à décrasser ce fils de cuisinière.\nQuant à elle, elle fut un des exemples les plus frappants de cette mer-\nveilleuse faculté de transformation dont une femme, fût-elle fille du\npeuple, est capable. La princesse de théâtre avait voulu rester telle à la"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.21", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nville et était parvenue à faire illusion à la meilleure société, à ce degré\nque malgré le scandale de ses anciennes amours, elle put, dans ses der-\nnières années, former et garder des relations avec la classe élevée de\nRome. La Gabrielli donnait alors des concerts, mais n'y chantait plus\nguère elle-même. Elle mettait encore trop haut dans sa pensée la Ga-\nbrielli pour la faire entendre dans sa décadence, même à de simples\ninvités.\nCe n'était pas seulement dans sa conversation, mais dans ses pro-\ncédés, qu'elle était fine et ingénieuse. Elle n'aimait pas les avares, et sut\nen punir un cruellement, quoique délicatement. Les Florentins passent\npour être très économes ; un seigneur de Florence vint rendre visite à\nla Gabrielli, et une de ses manchettes s'étant accrochée à une épingle de\nl'habit de la cantatrice, se déchira. Le seigneur parut troublé outre\nmesure de cet incident. La Gabrielli lui envoya le lendemain six bou-\nteilles de vin d'Espagne, et, à la place du bouchon, étaient six des plus\nbelles dentelles de Flandre,\nLes suites d'un rhume négligé terminèrent, en avril 1796, cette bril-\nlante et aventureuse carrière. Pour résumer ce que les contemporains\nnous ont rapporté sur ce talent, c'était surtout dans les notes élevées,\nd'une flexibilité et d'une étendue surprenantes, que la Gabrielli avait\nfait admirer sa voix. Le violon seul pouvait réaliser de semblables pro-\ndiges ; mais ces qualités de prestidigitation du gosier, si on peut em-\nployer ce terme, n'étaient pas exclusives, j'ai déjà eu l'occasion de le\ndire, de remarquables facultés d'expression.\nTelle fut la Gabrielli. J'ai cherché avec plus de labeur que de succès\npeut-être à donner un corps à cette étincelante légende, à faire connaître\nplus intimement, plus sérieusement, cette personnification fantasque\ndes gloires et des faiblesses, des succès et des caprices du talent uni au\ncharme et à la beauté. Il semble que la Gabrielli, dans son illustration\nnomade, ait promené avec elle partout la Bohême; mais du moins à\naucun moment elle n'a cessé d'en être la reine.\n\nPAUL FOUCHER."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.22", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nCONCERTS DU CONSERVATOIRE. CONCERTS POPULAIRES : Ouverture de Richard 111,\nSymphonie en ré majeur, d'Haydn. Symphonie en la, de Beethoven. Suite d'or-\nchestre en sol, de M. Ten-Brink. • CONCERT NATIONAL : Symphonie en ut majeur,\nd'Haydn. Gavotte d*lphigénie et le Songe d'une Nuit d'été, de Mendelssohn.\nSALLE TAITBOUT (CONCERTS DANBÉ). SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE PARIS,\nONCERTS DU CONSERVATOIRE. —M. Deldevez a été ma-\nlade. L'an dernier, je ne sais quelle mésaventure de\npodagre le retint éloigné des concerts pendant qu'on\nexécutait la symphonie en ré mineur de Schumann.\nCette année, il est encore emprisonné chez lui quand\nla Société donne le concerto en la mineur pour le\npiano, du même auteur. M. Deldevez, qui n'est guère partisan de\nSchumann, mais qui a eu le courage de réclamer, au Conservatoire,\nl'exécution des œuvres de ce grand homme encore méconnu en France,\nest peut-être, comme chef d'orchestre, un peu froid, un peu mou, un\npeu ankilosé ; mais il a le sentiment des finesses poétiques, des mala-\ndives suavités, des prestigieuses mélancolies du compositeur infortuné\nqui vit la folie s'asseoir à sa table de travail et qui termina sa vie par le\nsuicide. M. Lamoureux est également un chef d'orchestre de mérite. Il a\nde l'initiative, et il l'a prouvé en créant ses séances d'harmonie sacrée. La\ngloire de cette innovation lui revient tout entière, pourvu qu'on n'ou-\nblie point qu'il bénéficie des efforts de ses devanciers et récolte une\nmoisson que d'autres ont semée. M. Lamoureux a eu aussi la chance de\nvoir la mode collaborer avec lui. En effet, Haendel est en ce moment en\npleine vogue. On ne jure que par Haendel,et le public français est en ce"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.23", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nmoment voué au partitionnaire saxon comme nos enfants sont voués au\nbleu. Tout cela est louable et M. Lamoureux a le droit de couvrir son\nchef de tous les lauriers qu'on voudra lui octroyer, puisque, après tout,\nc'est lui qui a fait accepter Haendel aux auditoires capricieux de la capi-\ntale. Mais, au Conservatoire, M. Lamoureux est-il un chef d'orchestre\nparfait, irréprochable, un deus ex machina, un Moïse sur son Sinaï ?\nCela mérite d'être étudié.\nM. Lamoureux ne bronche pas lorsque Elwart lui lance en plein\nvisage son panégyrique en sonnets. C'est du courage, cela; mais il ne\nbronche pas non plus devant Beethoven, Schumann et les autres\nmaîtres. Il conduit son orchestre intrépidement, presque avec témérité.\nC'est un cocher exact, actif, et qui toujours fait galoper ses chevaux.\nLa malle-poste lui est confiée; ne doutez pas qu'à la minute réglemen-\ntaire, et même presque toujours en avance, son attelage ne touche à la\nbarre de station. Sa qualité est de maintenir la mesure ; on ne parle pas\ndu rhythme, et pour cause. Dare dare, l'orchestre part à toute volée; il\ncourt, bondit, traverse les obstacles, piétine sur les fleurs, sur les prés\nverts, sur les fraîches eaux, cahote sur les pierres et s'arrête à point, et\nmême avant l'heure, quand le papier réglé ne contient plus aucune note.\nC'est que le conducteur veut arriver vite et frapper fort : n'applaudissez\npoint, puisque toujours il y réussit.\nM. Lamoureux a le bras du chef d'orchestre. Il rappelle Hainl pour\nl'élan de ce bras levé sur son armée sonnante. Mais un chef d'orchestre\nn'est-il qu'un bras, un bâton? N'est-il pas aussi un cerveau, n'est-il pas\nun esthéticien, un metteur en scène d'œuvres nouvelles ? Avec les exécu-\ntants du Conservatoire qui vont tout seuls et qui, pour bien faire, ne\ndemandent que d'être livrés à leur propre impulsion, M. Lamoureux est\nplus que suffisant, surtout quand il s'agit d'œuvres traditionnellement\nacquises à la manipulation orchestrale de ces instrumentistes incompa-\nrables; mais s'il fallait créer, pousser à îa lumière une œuvre inconnue,\nen mettre en relief l'âme, la pensée, la vie, M. Lamoureux aurait-il la\nconception, l'initiative, et, comme Habeneck ou Vianesi, tiendrait-il\ndans sa main ferme tout son personnel instrumental calme et discipliné?\nDans certaines parties d'Haendel, on dirait qu'il dirige un opéra\ncomique, non pas qu'Haendel réclame l'allure de Palestrina et la mono-\ntone ampleur des pédantismes académiques; mais il y a un rhythme, un\ntempérament, une nuance qui, parfois, lui échappent et qui n'échap-\npent pas toujours à M. Deldevez, qui pourtant commande moins cava-\nlièrement son armée tout entière attentive, confiante et docile. M. Del-\ndevez n'est pas sans défaut, mais on tremble en songeant qu'en réalité"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.24", "texte": "REVUE DES CONGERTS\n\nil n'a guère de remplaçant qui le vaille. Au reste, l'auditoire du Conser-\nvatoire le comprend bien; aussi lui a-t-il fait une ovation lorsque\nM. Deldevez, guéri, a repris le bâton de chef d'orchestre au concert du\n27 décembre dans lequel ses instrumentistes ont été merveilleux.\nMaurice Cristal,\nCONCERTS POPULAIRES. —On a exécuté au ier Concert de la 2e série\nune œuvre nouvelle : l'ouverture de Richard 111, de M. Robert Volk-\nmann, professeur de composition à l'Académie royale de musique de\nPesth. Si nous considérons l'ouverture comme une préface symphonique,\nayant pour but d'exposer et de développer la pensée principale du drame,\nsaisie dans ses traits généraux et rendue en musique avec une étroite\nunité et beaucoup de clarté, nous ne pouvons reconnaître à l'œuvre de\nM. Volkmann le caractère distinctif de ce genre de composition. En\ndépit de son titre, l'ouverture de Richard 111 n'est, au fond, qu'une\nfantaisie dramatique, un morceau d'harmonie, appartenant au style\ndescriptif et dans lequel le musicien a entrepris de raconter le drame de\nShakespeare, depuis l'exposition jusqu'au dénouement. Il y a donc un\npeu de tout dans cette œuvre trop touffue qui reproduit tour à\ntour les épisodes les plus marquants du drame anglais. L'ensemble est\nassez confus et il n'est pas toujours facile d'en dégager l'idée dirigeante ;\nnéanmoins, je crois avoir à peu près saisi le plan du compositeur, grâce\nà la précaution que j'avais prise de relire le drame de Shakespeare la\nveille même du concert. Mais, parmi les 4,000 personnes qui ont\nentendu l'ouverture de Richard ///, combien s'en trouvait-il qui\neussent connaissance suffisante du sujet pour découvrir, sans l'aide\nd aucun programme, tout ce que le compositeur a voulu faire entrer\ndans ce cadre symphonique ? Fort peu, si j'en juge par l'accueil très\nfroid que le public a fait à cette œuvre, qui n'est pas sans beaucoup\nde mérite, mais qui manque généralement de souffle et de puissance,\ndont les développements sont étriqués et le style tendu, morcelé et fort\ninégal. A mon sens, l'ouverture de M. Volkmann est une double erreur:\nD abord, en tant qu'ouverture ne devant jamais suivre exactement la\nmarche des événements d'un drame, sous peine de perdre le caractère\nessentiel d unité que doit revêtir tout morceau d'harmonie ; ensuite,\nconnue symphonie descriptive, l'auditeur étant, en thèse générale,\nincapable de saisir les rapports exacts d'un morceau purement sympho-\nnique avec le drame qui lui sert de canevas, lorsque ce morceau\nn accompagne pas l'action scénique qui peut seule le rendre intelligible."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.25", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDans ce même concert, qui comprenait encore la symphonie en ré\nmajeur (n° 49) d'Haydn et la symphonie en la de Beethoven, M. Al-\nphonse Duvernoy a exécuté avec succès le Concert-Stiick de Weber.\nAla rigueur, je n'aurais rien à dire du 2e Concert qui ne présentait\naucune œuvre nouvelle ; cependant je ne puis m'empêcher de faire une\ncourte remarque au sujet delà Suite d'orchestre en sol de M. Ten-Brink.\nCe morceau me semble absolument déplacé sur les programmes d'une\ninstitution consacrée tout entière à la musique symphonique sérieuse.\nNon-seulement la musique de M. Ten-Brink n'a aucun caractère sym-\nphonique, mais en outre elle est d'un style qui manque absolument de\ntenue et qui paraît tout à fait choquant dans la maison de Beethoven et\nde Mozart. Le Chapeau de paille d'ltalie nous amuse fort sur la scène\ndes Variétés, mais nous serions révoltés de le voir jouer dans la maison\nde Molière. Nous éprouvons à peu près le même sentiment à entendre\nexécuter aux Concerts Populaires, entre une pièce de Bach et une\nsymphonie de Beethoven, un morceau, dont la vraie place serait à\nFrascati, entre une valse de Métra et des variations d'Arban pour\ncornet à pistons.\nH. Marcello.\nCONCERT NATIONAL. L'espace me manque pour entrer dans de longs\ndétails sur le cinquième concert du Châtelet. D'ailleurs, la symphonie\nen ut majeur d'Haydn, la gavotte d'lphigénie et le Songe d'une Nuit\nd'été, de Mendelssohn, n'ont plus besoin d'autres éloges que sous le rap-\nport de l'exécution qui a été parfaite de tout point.\nLa Marche funèbre, composée en 1785 pour les obsèques d'un franc-\nmaçon, est peut-être un des morceaux où Mozart a le plus déployé de\ncette sensibilité qui débordait en lui. Elle est d'une mélancolie douce et\ncalme, et le motif principal est d'une grande suavité. Néanmoins, la vé-\nrité m'oblige à dire qu'elle a produit peu de sensation. Immédiatement\naprès, madame Alfred Jaëll a paru sur l'estrade dans une toilette des plus\nélégantes. A peine assise, les premiers accords qu'elle a fait entendre fai-\nsaient déjà pressentir le succès qui l'attendait. Non, il n'est pas possible\nde se figurer le magnétisme que cette grande artiste a su exercer sur son\nauditoire, qu'elle a tenu, pendant toute la durée du concerto en sol mi-\nneur de M. Saint-Saëns, sous un charme mêlé d'une sorte de stupeur.\nTour à tour légers comme un souffle aérien ou rapides comme la foudre,\nses doigts ont par momens atteint une puissance de son à dominer tout\nl'orchestre de M. Colonne. Aussi, lorsqu'elle s'est levée, cinq mille mains"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.26", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nenthousiastes ont à trois reprises témoigné à madame Jaëll l'immense\neffet que son talent avait produit.\nHenry Cohen.\nCONCERTS DANBÉ. Le 143e Concert-Danbé, le second dans la salle\nTaitbout, a attiré une foule énorme. Pendant l'entr'acte, très heureuse\ninnovation que M. Danbé a introduite dans ses concerts, la circulation a\nété par instants presque impossible. Le programme, du reste, autant\nque la beauté de la salle, justifiait cette affluence. Une charmante ga-\nvotte de Lully, composée en 16 et bissée à l'unanimité, a été certai-\nment bien mieux exécutée qu'elle ne le fut dans l'origine par les vingt-\nquatre violons du roi. Les bourrées de Ragonde, écrites par Mouret\nen 1712, ont aussi fait beaucoup de plaisir. Ces deux morceaux ont été\npubliés par M. Lajarte dans la Chronique 7nusicale du lerIer octobre der-\nnier. M. Lavignac a parfaitement exécuté son concerto en sol mineur de\nMendelssohn; le public le lui a bien prouvé par ses applaudissements\nréitérés. Madame Barthe-Banderali a fait entendre avec sa voix et son\ntalent si sympathique un très joli air de Pergolèse, une vilanelle d'Auber,\nplus originale qu'agréable, et la cavatine de la Fiancée d'Abydos, opéra\nde son mari, M. Barthe, qui mériterait à tous égards d'être repris sur\nl'un de nos théâtres lyriques. Le ravissant air de ballet du Prophète, en\nmi majeur, a brillamment terminé la séance.\nLe 144 e concert a été très intéressant sous plus d'un rapport. Il faut\nsignaler d'abord un quintette pour flûte, hautbois, clarinette, cor et\nbasson, de Reicha, admirablement exécuté par MM. Donjon, Turban,\nTriébert, Garigue et Lalande. Ce compositeur d'un très grand talent,\nmais bien plus célèbre encore comme professeur d'harmonie, de contre-\npoint et de fugue, a écrit une série de quintettes pour ces mêmes instru-\nments. Connaissant à fond les ressources de chacun d'eux, il a plutôt\nfait des œuvres d'étude que d'inspiration. La vie leur manque trop sou-\nvent, et il arrive qu'en les écoutant on se prend à tout moment à re-\ngretter, tout en les admirant, qu'ils ne remuent en nous aucune des\ncordes sensibles. Tel a été l'effet mardi dernier de l'Andante et du Scherzo\nque M. Danbé nous a donnés. Il faut cependant ajouter que lors de leur\napparition, il y a une soixantaine d'années, ils ont fait beaucoup de sen-\nsation.\nMadame Viguier a une exécution très brillante et y joint beaucoup\nd'expression, mais le concerto de Beethoven, en ut mineur, n'est pas une\ncomposition à faire valoir un pianiste. L'orchestre y joue un rôle trop"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.27", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nconsidérable et relègue au second plan l'instrument solo, sauf dans TAn-\ndante. Et puis, il faut avoir le courage de le dire : depuis l'époque où\nBeethoven écrivait, l'exécution sur le piano a tellement fait de progrès\net l'instrument lui-même a reçu de si immenses perfectionnements,\nqu'un concerto qui date d'une soixantaine d'années ne peut plus faire\ngrande impression sur la génération actuelle. Voilà encore un exemple\nde ce fétichisme en faveur de Beethoven, contre lequel je me suis élevé\ndans mon compte-rendu du i5 décembre.\nLe Menuet du cinquième quintette de Boccherini, joué par tous les\ninstruments à cordes, a fait beaucoup de plaisir et a été bissé. La Bru-\nnette et la chanson bachique, par des auteurs inconnus du dix-septième\nsiècle, chantées par le quatuor vocal, sont si courts qu'on n'a pas le\ntemps de juger de leur effet. La Suite d'orchestre de M. Gounod, les\nBacchantes, a été applaudie. L'ouverture de la Fête du Village voisin\net la Marche turque de Mozart, placées l'une au commencement et\nl'autre à la fin du Concert, l'ont parfaitement encadré.\nH. C.\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE PARIS. — J'ignore qui est mademoiselle\nLaure Lemaire, de quelle école elle sort et qui est son professeur. Ce\nque je sais,, c'est qu'elle est très jeune et d'une beauté remarquable; que\nsa voix, quoique un peu voilée encore, est un soprano franc et plein de\ncharme ; que sa prononciation est pure et nette, et que son chant, tout\nen trahissant encore quelque inexpérience, promet un talent des plus\nélevés dans un court avenir. Elle a obtenu un succès mérité dans un air\nde Mendelssohn et surtout dans celui du Freyschutqu'elle a eu bien\nraison de chanter avec la traduction si musicale de Castil-Blaze. Le\nprincipal motif de la barcarolle de M. L. Gastinel est fort beau, mais\nil n'est pas très bien encadré. Il est entouré de choses confuses et indé-\ncises. Néanmoins, c'est un morceau à effet. La Danse tsigane ne m'a\npas paru très heureuse. Le Concertstiicke de Weber est toujours d'une\nréussite sûre, surtout quand il est exécuté par un artiste tel que M. Al-\nphonse Duvernoy. Dans sa belle symphonie en sol de Haydn (la Sur-\nprise), l'Andante si connu a été rendu avec une grâce et une délicatesse\nqui lui manquent malheureusement souvent. Presque toujours on le\njoue trop fort,\n\nH. C."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.28", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nOPÉRA : Robert le Diable, Débuts de madame Fursch-Madier. THÉÂTRE-VENT A-\nDOUR : Débuts de M. Lepers dans un Ballo in Maschera, et de mademoiselle Mo-\nrian dans la Sonnambula, BOUFFES-PARISIENS : Première représentation de : Un\nMariage en Chine.\nous ce masque : l'histoire officielle, se cache cette\nfigure : l'histoire vraie. Aimable et souriant, le masque,\ntoujours le même, charme les gens superficiels, les\nniais, les badauds; la figure, sombre, farouche, sou-\nvent désolée et couverte de larmes, n'est guère connue\nque d'un petit nombre d'initiés. Le masque représente\nles grands artistes comme des êtres privilégiés que le succès et la gloire\naccompagnent nécessairement, qui jouissent de la vie, qu'une auréole\ncouronne, que les bravos et les applaudissements suivent partout, que\nles peuples acclament et que le monde considère comme autant de demi-\ndieux ; la figure les montre tristes, inquiets, souffrants, tourmentés par\nles envieux, écrasés de travail, honnis par la foule qui les supporte à\npeine, ridiculisés par leurs contemporains , bafoués par la critique,\nsifflés, injuriés par la cabale, incompris, connaissant le public qu'ils\nméprisent, et cependant doutant d'eux-mêmes tant que ce public ne les\na pas reconnus pour ce qu'ils sont; hantés par la misère, louve har-\ngneuse qui, leur laissant voir dans l'ombre ses longues dents blanches\nprêtes à les dévorer, les poursuit jusqu'à ce qu'ils se heurtent au\ntombeau, et se demandant enfin, au moment d'entrer dans l'inconnu,\néternité ou néant, si le talent qu'ils s'attribuaient est bien réel, si ce\nn'était pas une chimère, une pure illusion de l'amour-propre.\nLe masque et la figure, on le voit, ne disent pas absolument la même"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nchose. Le masque prononce avec éclat ces noms : Homère, Dante, Cer-\nvantès, Shakespeare, Beethoven, Schubert, Chopin, Berlioz; la figure\ndit : Homère mendiait, Dante fuyait dans l'exil la persécution et la\nmort; Cervantès subissait la prison, endurait la faim, Shakespeare se\nvoyait préférer des littérateurs infimes, Beethoven recueillait des sous-\ncriptions pour décider quelque éditeur à publier ses dernières partitions,\nSchubert vendait le Roi des Aulnes à Diabelli pour cinq francs et mou-\nrait dans une détresse profonde, on se cotisait pour enterrer Chopin,\nBerlioz succombait au désespoir de se sentir méconnu.\nEt le masque continue à sourire, et la figure continue à pleurer. Ce\nsont des triomphateurs, s'écrie l'un ; ce sont des martyrs, murmure\nl'autre.\nDisposant d'une fortune considérable, Meyerbeer n'eut pas à subir le\nsort ordinaire des hommes supérieurs. Heureusement doué, secondé par\nun talent sérieux, il n'aperçut jamais d'obstacles invincibles entre son\ndésir et le but qu'il visait. Sa clef d'or ouvrait toutes les portes ; son\nsavoir-faire l'aidait à réaliser ses rêves les plus ambitieux. La presse\nn'avait rien à lui refuser; la fière dame s'humanisait pour lui. Etait-ce\nvraiment pour lui? Les yeux du maestro, petits, mais très beaux, furent-\nils en effet pour quelque chose dans les éloges dont elle le combla ?\nHé! hé!\nQuoi qu'il en soit, Meyerbeer conquit, grâce à Robert le Diable, une\nréputation colossale, solidement établie, durable, universelle ; il s'em-\npara d'une position inexpugnable qui allait être encore fortifiée par un\nchef-d'œuvre sans précédents : les Huguenots. Aujourd'hui, comme jadis,\nMeyerbeer domine le théâtre contemporain.\nA Paris seulement, Robert compte environ six cents représen-\ntations (1). On l'a joué dans toutes les villes importantes où il y a un\norchestre et des chœurs. Que dis-je ? on l'a joué dans de simples bour-\ngades, avec ou sans orchestre, avec ou sans chœurs, au piano !! ! La\nrenommée est implacable.\nS'imagine-t-on cependant que Robert le Diable soit arrivé sans diffi-\nculté à sa première représentation qui eut lieu, comme on sait, à XAca-\ndémie royale de musique le 29 novembre 1831 ? Si on le supposait, on\nse tromperait grandement et, puisque l'occasion s'en présente, je veux\nfaire l'historique de cette pièce (2).\n\n(1) La Dame blanche en compte pîus de miile.\n(2) Les détails suivants, que je tiens de Scribe, m'ont été confirmés par madame\nDamoreau et par Levasseun"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.30", "texte": "OUVERTURE DU KOBOLD\nOPÉRA — BALLET.\nE . GUIRAUD.\nAllegro non troppo.\nParis G.HARTMANN Ed. 19 Roult de la Madeteine.\nG. H.\nE.Beauvois Grave."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.31", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.32", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.33", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.34", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.35", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.36", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.37", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.38", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.39", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.40", "texte": "G. H."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.41", "texte": "G. H.\nImp.Michelet 6 r.du Hasard."}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.42", "texte": "Conçu primitivement en trois actes, destiné d'abord à l'Opéra-\nComique, y fut présenté. Là, le poëme attendit patiemment pendant\ndeux ans le bon vouloir directorial. La popularité dont jouissait Scribe\nne parvenait pas à vaincre les résistances qu'on opposait au musicien.\nMeyerbeer n'était pourtant pas le premier venu. Émule de Rossini, il\navait obtenu des succès en Italie, et sa Muse, beaucoup moins germa-\nnique qu'ultramontaine, passait à tort pour une Allemande renforcée.\nCes deux années étant écoulées et le poëme ayant été reçu, on se décida à\nmettre la musique à l'étude. L'heure de la répétition générale sonna.\nMeyerbeer, l'air triste et résigné, écouta l'ouvrage d'un bout à l'autre ;\npuis il quitta la scène, sortit, prit le bras de Scribe et lui dit : Je retire\nma partition. Vous retirez votre partition? Oui. Sérieusement?\nSérieusement.— Pourquoi donc ? Parce que ces artistes-là ne peu-\nvent pas chanter ma musique; ils en sont (1). Mais le\ndédit? (2) Je le paierai. Que comptez-vous faire alors? Je vous\nle dirai demain.\nLe lendemain, de grand matin, Meyerbeer sonnait à la porte du meil-\nleur de ses collaborateurs (3). Il demanda à Scribe d'ajouter deux actes\nà Robert le Diable,de transformer le dialogue en récitatif et de pré-\nsenter le libretto ainsi modifié à l'Opéra dès que lui, Meyerbeer, aurait\nachevé sa musique. Scribe jeta les hauts cris; mais le compositeur était\npressant, obstiné, il avait à sa disposition des moyens de persuasion\npuissants... Scribe céda. Meyerbeer employa deux ou trois ans à rema-\nnier et à terminer Robert qui, porté à l'Opéra et confiné dans les cartons\nde la direction, y fit une nouvelle station de deux ans. M.Véron ne vou-\nlait pas entendre parler de cet ouvrage. Meyerbeer ouvrit son porte-\nfeuille, en sortit soixante mille francs et les présenta à M.Véron, qui\ns'adoucit d'autant plus volontiers qu'une somme égale lui était déjà\naccordée par le ministère, soit disant pour réparer la salle. Cent-vingt\nmille francs, c'était plus qu'il ne fallait, en 1831, pour monter magnifi-\nquement un opéra. M. Véron qui, sous certains rapports, ressemblait un\npeu, dit-on, au tailleur de M. Jourdain (4), se réserva, je pense, outre\n\n(1) Il voulait dire incapables.\n(2) Il était, je crois, de dix mille francs.\n(3) L'autre était Germain Delavigne.\n.(4) M. JOURDAIN, regardant\nAh! ah! monsieur le tailleur, voilà de mon étoffe du dernier habit q';e vous\nm avez fait. Je la reconnois bien.\nLE MAITRE TAILLEUR\nC'est que l'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu lever un habit pour moi.\n(Molière, Bourgeois gentilhomme, acte 11, scène Vill.J\n\nVil.\nREVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n3"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.43", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nune poire pour la soif, de quoi se faire faire un habit. Mes bénédictions\nà l'industrialisme !\nM. Véron conservait une arrière-pensée; il espérait échapper aux\nobligations contractées envers les auteurs. En dépit de ces interminables\nhésitations, fort respectables sans doute, il fallut pourtant prendre un\nparti. Véron-Fontanorose, qui avait probablement des données plus pré-\ncises sur la nature des pâtes que sur les merveilles de l'art, se décida, en\napparence du moins; au fond, il demeura flottant, indécis. Bref, apiès\nbien des pourparlers et beaucoup de temps perdu, les études de Robert\net la première répétition générale arriva. Chanteurs et\nexécutants partageaient les appréhensions du docteur. Ils raillaient\nMeyerbeer, et lorsque, dans la fameuse marche des nonnes, les bassons\nexécutent seuls certaine phrase que je qualifierai de cadavéreuse tant elle\nsentie sépulcre, les artistes de l'orchestre éclatèrent de rire. Ils trou-\nvaient la chose drôle. Plus tard, on la trouva terrible.\nLes craintes de M. Véron redoublèrent, et notre Bourgeois de Paris,\nhésitant jusqu'au dernier moment,- ne dissimulait pas ses inquiétudes à\nson entourage. Il pâlissait à vue d'œil sous les roses dont il couronnait\njournellement son front. Évidemment Thyrsis allait maigrir.\nAppelé à la dernière répétition, le célèbre Fétis fut consulté; mais\nFétis avait son siège fait; il combla la musique d'éloges et termina son\ndiscours en affirmant que Robert ferait le tour du monde; en quoi il ne\nse trompa point.\nLe public ne mordit pas d'abord à cette splendide partition; il ne\ncomprit pas d'emblée les nouveautés dont elle fourmille. Il y avait bien\nla Valse infernale, le beau décor du cloître, la danse des nonnes, le\nrameau enchanté, les démons, la cathédrale de Palerme; mais tout cela\nn'attirait pas une foule assez compacte. Meyerbeer s'avisa d'un moyen\nexcellent, maintes fois employé depuis et qui réussit souvent. Il acheta,\npendant les trente premières représentations, toutes les places qui, la\nveille, n'étaient pas louées, et les distribua à des personnages influents.\nOn apprit bientôt qu'il était difficile de se procurer des loges, des stalles\nau bureau de location; alors les moutons de Panurge s'y précipitèrent,\ns'y ruèrent à l'envi, et la vogue un instant hésitante s'établit définiti-\nvement.\nJe me hâte d'ajouter que Robert le Diable méritait les sacrifices\nmomentanés que s'imposait Meyerbeer. Toutefois, l'illustre maître\nauquel 011 doit les Huguenots et Struensée, ouvrit une ère fatale pour le\ngénie sans fortune» De plus, il a donné un exemple qui n'est que trop\nsuivi, Maintenant le premier venu, s'il a de l'argent, se faufile à la scène,"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.44", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nau concert, partout. La plupart des directeurs, ne voyant que le gain\nimmédiat, acceptent des productions quelconques à la condition que les\nauteurs, au lieu de recevoir le prix de leur travail, dédommageront\nd'avance les entrepreneurs des frais plus ou moins fictifs qu'ils font.\nAinsi le commerce se substitue à l'art, l'argent prend la place du mérite,\net tandis que le billet de banque écarte les obstacles, renverse les bar-\nrières, le talent conspué attend à la porte et y reste. On accueille le\ncharlatanisme armé d'une bourse, on chasse l'artiste indigent. Et on ne\ncomprend pas que ce système ravale, outrage et blesse l'art qui, déjà\ndangereusement malade, se tourne et se retourne en soupirant sur son\nlit de douleur !\nCréé par MM. Nourrit, Levasseur, Lafont, Révial, Wartel et Couder,\npar mesdames Damoreau, Dorus et Taglioni, n'a\npresque pas quitté l'affiche depuis quarante-trois ans. Je ne l'avais par\nvu depuis très longtemps lorsque je fus convoqué à la représentation du\n16 décembre dernier à l'occasion du début de madame Fursch-Madier\ndans le rôle d'Alice. Arrivé à 1 heure indiquée, je gagnai ma stalle sans\npeine, toutes les places étant inoccupées. Que de vides aux fauteuils,\ndans les baignoires, aux premières ! G est navrant. Ah! voilà madame\nFursch-Madier. Vite, je prends ma lorgnette; je ne me contente plus\nd'écouter, je regarde et dois-je l'avouer ? —je regarde avec plaisir. La\ndébutante est charmante dans son joli costume; sa tenue me plaît et j'ai\nla lachete me laisser seduiie... pas assez complètement toutefois pour\noublier que je dois apprécier avec impartialité cette gracieuse et intéres-\nsante cantatrice.\nJe remarque donc qu'elle traîne la voix du mi au sol, puis du si au mi\nsur le premier mot de ce vers :\nVa, dit-elle, va,\nJe remarque aussi qu'elle presse le commencement du deuxième cou-\nplet, quoique Meyerbeer ait donné une indication précieuse en écrivant\nen cet endroit l'adverbe significatif, ; au lieu de chanter cette\nphrase :\nDis-lui, dis-lui...\ndun ton solennel et d'en rendre fidèlement le rhythme imposant et\ngrandiose, elle la débite mollement : elle ne tient compte ni des valeurs\nrespectives nés notes ni de 1 importance des paroles qu'elle va prononcer :\nDis-lui qu'un pouvoir ténébreux\nyeut le pousser au précipice"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.45", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nAu troisième acte, je voudrais plus de naïveté dans ce passage :\nQiiarrd je quittai ma Normandie...\net dans les deux couplets suivants plus d'angoisse, surtout au moment\noù une partie du motif, joué par la flûte, revient dans le mode mineur\nau-dessus d'un trémolo, exécuté par les violons et les altos, auxquels se\njoignent un instant après les violoncelles et les contrebasses mêlant leurs\nrhythmes divers. Madame Madier dit avec ampleur le duo entre Ber-\nîram et Alice et le trio sans accompagnement (Alice, Robert, Bertram .\nJe lui ferai également mon compliment sur l'interprétation du superbe\ntrio qui précède le chœur final du cinquième acte.\nMais une belle voix, du talent, de l'intelligence, suffisent-ils pour\nrendre dignement la pensée de Meyerbeer ? Hélas ! non. Robert, Ber-\ntram, Alice, sont des types qui exigent impérieusement la réunion d'ar-\ntistes exceptionnels. Éternellement jeunes et beaux, ils veulent le cœur\nqui déborde, l'esprit qui s'élève, la passion qui gronde, grandit, éclate.\nIls ne sauraient se passer de cet élément : le sentiment dramatique; ils\ndemandent non-seulement des chanteurs rares, mais encore d'excellents\nacteurs. Sur la scène comme à l'orchestre, chaque fragment mélodique a\nsa valeur, son expression propre; chaque note traduit avec un singulier\nbonheur une pensée, un mot, un geste. Ce qui n'est qu'indiqué dans le\nlibretto s'affirme magistralement dans la musique.\nCette œuvre, immense conception où pleure la terre, où hurle l'enfer,\noù le ciel rayonîie, sera-t-elle jamais parfaitement représentée? J'en\ndoute. Pourtant j'aime à croire que l'exécution de Robert ne demeurera\npas indéfiniment aussi défectueuse quelle l'est actuellement. O mon\npauvre Robert ! on t'a changé en nourrice. Que sont devenus les mou-\nvements d'autrefois i Tes adagios se hâtent, tes andantçs se pressent,\ntes allégrettos tournent à M allegro vivace et tes allégros au presto. Je\nvois avec effroi l'archet affolé de M. Altès tournoyer au-dessus du pupitre\nprincipal. On croirait que cet archet est une épée étincelante et que le\nchef d'orchestre conduit à l'assaut instrumentistes, choristes et chan-\nteurs. Je plains mademoiselle Belval roucoulant dans un mouvement\nimpossible :\nIl me délaisse...\net obligée de suivre l'archet à vapeur de M. Altès dans Vallegretto\nmolto moderato qui suit :\nÉcoute, jeune amie*.*"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.46", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nMon âme est attendrie,gazouille la voix; répond\nl'archet.\nLes airs de ballet conservent à peu près seuls leur allure accoutume'e,\nLe reste se perd dans un tourbillon de sons où exécutants et auditeurs\nne se retrouvent que par miracle.\nLe rôle du paysan normand, Raimbaud, dévolu jadis à Lafont qui\nétait gras, est agréablement rempli maintenant par M. Vergnet qui n'est\npas maigre.\nDoué d'une voix médiocrement étendue, mais forte, éclatante et\nfacile, M.Sylva se fait applaudir souvent et chaleureusement. Il attaque\navec vigueur le fier motif :\nDes chevaliers\net il supporte bravement la tâche écrasante qui lui incombe.\nQuant à M. Belval, il a plutôt l'air d'un bon diable que d'un diable.\nC'est un Bertram somptueusement vulgaire. Ale voir, on dirait le\nBourgeois gentilhomme des démons.\nUne dernière observation.\nL'orchestration de Robert, un peu brutale et remplie d'effets heurtés,\nmais voulus, oblige le chef d'orchestre et les exécutants à des précau-\ntions infinies. Ces précautions, il faudra les prendre le jour où on\nvoudra restituer à cette partition, aujourd'hui presque méconnaissable,\nson ancienne et véritable physionomie.\nLOUIS LACOMBE.\nLes débuts se succèdent au Théâtre-Ventadour avec une fréquence et\nune rapidité absolument invraisemblables. C'est, dans cet infortuné\nthéâtre, singulièrement déchu de sa splendeur passée, un continuel chas-\nsez-croisez d'artistes, dont les uns paraissent un instant pour disparaître\naussitôt et faire place à d'autres, qui disparaissent à leur tour avec une\négale promptitude. Quant à une troupe réelle, fixe, solide, il n'en faut\npoint parler, et ce n'est sans doute là que la moindre préoccupation de\nM. Bagier, qui semble traiter le Théâtre-Italien de Paris comme il pour-\nrait le faire de celui de Malte ou d'Ajaccio.\nToujours est-il que la quinzaine qui vient de s'écouler nous a valu\nencore deux débuts nouveaux, qui sont loin d'offrir rien de particulière-\nment remarquable. Le premier en date est celui de M. Lepers, un jeune"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.47", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nbaryton sorti naguère du Conservatoire, s'il nous en souvient bien,\navant d'avoir achevé complètement ses études, ce qui ne l'empêcha pas\nde débuter à l'Opéra-Comique dans une reprise des Voitures versées.\nAprès avoir végété quelque temps à ce théâtre, M. Lepers s'en alla tâter\nun peu de la province et de l'étranger, puis il revint à Paris, et entra à\nF Athénée où il créa, avec une certaine désinvolture, le rôle de Turlupin\ndans le joli petit opéra de M. Ernest Guiraud, Madame Turlupin. L'A-\nthénée fermé, M. Lepers retourna, je crois, à l'étranger, et le voici qui\nnous revient de nouveau, cette fois, au Théâtre-Ventadour, où il aborde\nl'opéra italien avant de se montrer dans l'opéra français.\nPar malheur, le rôle qu'il a choisi pour son début ne convient guère\nàla nature de son talent, non plus qu'à son physique. Physiquement,\nen effet, M. Lepers est un bon gros garçon, aux formes rebondies, àla\nphysionomie joviale, à l'air bon enfant et réjoui, et son talent, qui se\nressent tout naturellement de ses allures extérieures, le porte bien plutôt\naux rôles gais qu'aux rôles dramatiques. Or, et tout esprit de raillerie\nmis à part, on conviendra que rien n'est moins gai qu'un Ballo in mas-\nchera, et que le rôle de Renato ne contient pas .le plus petit mot pour\nrire. M. Lepers a certainement fait preuve de bonne volonté dans ce\nrôle, mais je persiste à dire qu'il ne lui convient pas, et que pour bien\njuger l'artiste, il faut l'attendre à une nouvelle épreuve faite dans de\nmeilleures conditions.\nLe second début est celui de mademoiselle Moriani, qui n'a pas\ncraint de se montrer dans le personnage d'Amina,, de la Sonnambula.\nM. Lepers est un Italien de Paris, mademoiselle Moriani est une\nItalienne de Rio-Janeiro, De son vrai nom, la nouvelle Amina s'ap-\npelle de Corvaïa, et elle appartient, paraît-il, à l'une des plus aristocra-\ntiques familles du Brésil, naguère opulente, mais aujourd'hui presque\nabsolument ruinée. Avant de travailler le chant, mademoiselle de\nCorvaïa était une excellente pianiste et faisait le plus grand honneur à\nson maître, M. Henri Ravina; avant de paraître au théâtre, elle\navait déjà chanté dans les concerts, notamment, l'an passé, aux Concerts\nPopulaires, sous un premier pseudonyme, celui de mademoiselle\nMincio. C'est le jeudi 23 décembre que mademoiselle Moriani (puisque\ntel est le nouveau nom choisi par elle) foulait pour la première fois les\nplanches d'un théâtre, celui de Ventadour, et abordait sans peur,\nsinon sans reproche, ce rôle d'Amina, si difficile à divers points de\nvue.\nLa débutante ne manque point de certaines qualités. Très bonne\nmusicienne, elle a, plus que quelques-unes de ses émules, le sentiment"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.48", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\ndu rhythme et de la mesure ; de plus, la voix est juste et d'un timbre\nagréable, quoique manquant de corps et d'étoffe dans le médium.\nQuant au style, au phrasé, mademoiselle Moriani paraît encore bien\njeune, bien inexpérimentée, et son chant manque à la fois de relief, de\nnerf et d'accent. Il lui faudra, sous ce rapport, travailler beaucoup\nencore pour acquérir les qualités nécessaires à une chanteuse dramati-\nque. Quant à ses facultés scéniques, je n'ai pas besoin de dire, sans\ndoute, qu'elles sont pour le moment absolument nulles, et que la jeune\nartiste a considérablement à faire aussi à ce point de vue. A tout pren-\ndre, cependant, on sent que mademoiselle Moriani est une jeune femme\nintelligente, douée de volonté, et qui n'est pas sans mériter quelques\nencouragements.\nNéanmoins, je ne crois pas que ce soient de tels essais qui ramènent\nla foule au Théâtre-Italien, et il me semble difficile de traiter le public\nde ce théâtre —si tant est qu'il possède encore un public, avec plus de\nnégligence et de sans-façon que ne le fait la direction actuelle.\nLe théâtre des Bouffes-Parisiens a donné, le samedi 26 décembre, la\npremière représentation d9Un Mariage en Chine, un acte de MM.Clerc\nfrères, musique de M. Léopold Dauphin.\nCette petite pièce, qui doit servir de lever de rideau à Madame VAr-\nchiduc, a été fort bien accueillie par le public; elle est, du reste, très\namusante, et la musique de M. Dauphin est gracieuse et facile. On nous\nassure que la direction a l'intention de confier un ouvrage plus impor-\ntant à ce jeune compositeur.\n\nO. LE TRIOUX."}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.49", "texte": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1874\n\nV^OVEWBRE\n28 Novembre. THÉATRE-VENTADOUR. Reprise de Poliuto, de Donizetti.\n30. OPÉRA. Continuation, dans Faust, des débuts de MM. Vergnet\n(Faust), et Manoury (Valentin). OPÉRA-COMIQUE. Première représentation .\nBeppo, opéra comique en un acte, paroles de M. Louis Gallet, musique de\nM. Jean Conte (1).\n<DÉCEm(BcKE\nier Décembre. Premier essai d'acoustique fait dans la salle du nouvel\nOpéra. Des invitations sont adressées à la presse, ainsi qu à un assez grand\nnombre d'artistes, et à huit heures et demie du soir, plus de deux mille per-\nsonnes sont réunies dans l'admirable salle du boulevard des Capucines pour\nassistera cette expérience. Les morceaux exécutés sont : l'ouverture de la\nMuette de Portici, le chœur des soldats de Faust ; l'ouverture du Freischiltç,\net la bénédiction des poignards des Huguenots. LODI. Première représen-\ntation : Loremçino de Medici, opéra sérieux, paroles de M. Perosio, musi-\nque de M. R. Marenco.\n4. OPÉRA. Début de madame Fursch-Madier dans le rôle de Marguerite,\nde Faust. Madame Fursch-Madier, que nous avons connue au Conservatoire\nsous le nom de mademoiselle Fourche, qui fit ensuite une apparition aux\nFantaisies-Parisiennes, puis à l'Opéra même, et s'en alla à l'étranger, est la\nbru de M. Madier de Montjau, représentant de l'lsère à l'Assemblée natio-\nnale. ELDORADO. Première représentation: Le Serment de madame Gré-\ngoire:, opérette en un acte, paroles de MM. de Lormelle et Péricaud, musique\nde M. Robert Planquette.\n6, CONCERTS POPULAIRES. Exécution d'hlie, oratorio de Mendelssohn\n(paroles françaises de M. Maurice Bourges). ASSOCIATION ARTISTIQUE. Pre-\nmière audition d'un air de ballet, de M. Ernest Guiraud. ANVERS (église\nSaint-Amand). Première exécution d'une messe solennelle, avec so/z, chœur\net orchestre, de M. Pierre Benoit, directeur du Conservatoire de cette ville.\n\n(1) Nous avons omis de mentionner, a la date du 21 novembre, 1 apparition du\npremier numéro de « la Chanson du jour illustrée, contenant la nouveauté a succès,\nromances, mélodies, chansons, nocturnes,-chansonnettes comiques, chansons, airs\nd'opéras, etc., avec les airs notés, et une chronique musicale, artistique et littéraire.»\nLe directeur-éditeur de cette publication hebdomadaire est M. Gustave Avocat."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.50", "texte": "CHRONOLOGIE\n\n8. THÉATRE-VENTADOUR. Début de madame Sbolgi dans le rôle d'A-\nzucena, du Trovatore. Inauguration de la salle Taitbout, nouvelle salle\nde spectacle et concert, construite au numéro de la rue Taitbout. A cette\nséance d ouverture, M. Danbé reprend ses excellents concerts, et lon donne\nla première représentation de la Tolédane, opérette en un acte, paroles de\nM. Lopez, musique de H. Magnus. TOULOUSE. Apparition du premier\nnuméro de la « Musica sacra, revue du chant liturgique et de la musique re-\nligieuse. » Le directeur de ce journal est M. Aloys Kunc, l'administrateur est\nM.J.-B. Labat, ancien organiste à Montauban,-connu par diverses publica-\ntions relatives à la musique.\nQ ALCAZAR. Première représentation : VAvocat noir, opérette en un\nacte, paroles de MM. Emile Faure et Fontaine, musique de M. Octave\nFouque.\n10. OPÉRA-COMIQUE. Reprise et 884E représentation du Domino noir,\nd'Auber. THÉATRE-VENTADOUR. Début de mademoiselle Morio dans le rôle\nde Desdemona, d'Otello.\n12. NAPLES (Théâtre du Fondo). Première représentation: VUltimo\nde' Mori in lspagna, opéra bouffe en trois actes, paroles de M. Guiseppe\nInglese, musique de M. Gostantino Parravano. BRUXELLES (Théâtre des\nFantaisies-Parisiennes). Première représentation : les Dernières Grisettes,\nopéra bouffe en trois actes, paroles de MM. Nuitter et Beaumont, musique\nde M. Legouix.\n— OPÉRA POPULAIRE (Théâtre du Châtelet). Dernière représentation\ndes Amours du Diable et de la troupe lyrique. Après quelques semaines d une\nexpérience faite sans foi, sans adresse et sans courage, ce théâtre reprend son\nancienne appellation et abandonne le genre lyrique pour retourner à la féerie.\nCONCERT POPULAIRE. Première audition de l'ouverture de Richard 111\n(tragédie de Shakespeare), de M. Robert Volkmann, professeur de compo-\nsition de l'Académie royale de musique de Pesth.\nÏG. OPÉRA. Continuation des débuts de madame Fursch-Madier,\ndans le rôle d'Alice de Robert le Diable.\n17. THÉATRE-VENTADOUR. Débuts de M. Lepers, baryton, dans un Ballo\nin maschera. M. Lepers, ancien élève du Conservatoire, avait fait, en sortant\nde cet établissement, un court passage à l'Opéra-Comique, avait appartenu\nensuite, un instant, au théâtre de l'Athénée, puis s'en était allé *n province et\nà l'étranger.\n18. Premier essai officiel d'éclairage de la salle du nouvel Opéra, fait\nen présence d'un grand nombre d'invités. Cet essai paraît généralement sa-\ntisfaisant, et est renouvelé dans les conditions plus complètes, le lundi 21.\n19. FOLIES-BERGÈRE. Première représentation : Tata che% Toto ,\nopérette en un acte, paroles de M. Craon, musique de M. F. Wachs.\n22. THÉATRE-VENTADOUR* Reprise de la Sonnambula, de Bellini,\npour les débuts~de mademoiselle Moriani, dans le rôle d'Amina.\n\nA P."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.51", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nOTRE collaborateur, M. J. B. Wekerlin, a découvert un\nouvrage de Gluck, que M . Bagier doit nous faire entendre\nprochainement au Théâtre-Ventadour. Cet opéra comique\nen trois actes, paroles de Dancourt, s'appelle Répa, on la\nRencontre imprévue. Gluck l'écrivit en 1764 pour la Cour\nde Vienne, où on l'exécuta avec un très grand succès.\nBerlin et Vienne s'en emparèrent après la représentation\nde la Cour, et le succès ne perdit rien de son éclat, il se prolongea même\njusqu'au commencement de 1800. Quelques journaux ont annoncé un rema-\nniement, il n'en est rien, nous le savons de source certaine; M. Wekerlin,\nqui doit diriger les études de cet ouvrage, tient à ce que l'œuvre de Gluck\nsoit donnée telle que le grand artiste l'a écrite. C'est même cette persistance\nde sa part qui a mis du retard dans les répétitions. Or, M. Bagier voulant\nêtre prêt le plus tôt possible, va probablement commencer ses représentations\nfrançaises avec le Freyschïitqu'on répète activement.\nIl faut convenir que cette ouverture ne sera pas d'un attrait bien grand.\nL'œuvre de Weber a été donnée au Théâtre-Lyrique et à l'Opéra avec un\nluxe, que M. Bagier n'y mettra certes pas, et l'inauguration faite avec le\nFreyschutjjr, n'aura pas le même attrait que la production d'un opéra de\nGluck, inconnu jusqu'ici en France.\n•\nM. Halanzier vient d'obtenir l'autorisation d'augmenter le prix des\nplaces au nouvel Opéra, Voici le nouveau tarif :\nABONNEMENTS\n(Comprenant 156 représentations)\nPour Pour les\nun jour trois jours\npar semaine par semaine\nFauteuils Orchestre 600 fr. 1.800\nAmphithéâtre 700 2.100"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.52", "texte": "VARIA\n\nBaignoires Avant-scène (10 places) 6.000 18.000\nid, (6 places) 4.800 14.000\nDe côté (6 places) 3.300 9.900\n'id (5 places) 2.750 8.250\nPremières loges. Avant-scène (10 places) 7.000 21.000\nid. (8 places) 5.600 16.800\nEntre-colonnes 8.400 25.200\nDe face 4.200 12.600\nDe côté 3.600 10.800\nDeuxièmes loges Avant-scène (10 places) 5.000 i 5.000\nid (8 places) 4,000 12.000\nEntre-colonnes 6.000 18.000\nDe côté 3.000 9.000\nPRIX DES PLACES AU BUREAU ET EN LOCATION\nAu bureau En location\npar place par place\nStalles de parterre 7 » 9 »\nFauteuils d'orchestre i 3 » i 5 »\nFauteuils d'amphithéâtre i 5 » 17 »\nBaignoires d'avant-scène i 3 » i 5 »\nid. de côté 12 » 14 »\nAvant-scènes, premières i 5 » 17 »\nEntre-colonnes, premières i 5 » 17 »\nLoges de face, premières. i 5 » 17 »\nLoges de côté, premières i 3 » i 5 »\nAvant-scènes, deuxièmes 12 » 14 »\nEntre-colonnes, deuxièmes 12 » 14 »\nLoges de face, deuxièmes 12 » 14 »\nLoges de côté, deuxièmes 10 » 12 »\nAvant-scènes, troisièmes 6 » 8 »\nLoges de face, troisièmes 8 » 10 »\nEntre-colonnes, troisièmes 8 » 10 »\nLoges de côté, troisièmes 6 » 8 »\nLoges de face, quatrièmes 4 » 6 »\nAvant-scènes, quatrièmes. 2 5o 3 »\nLoges de côté, quatrièmes 2 5o 3 »\nAmphithéâtre de face, quatrièmes 2 5o 3 »\nid de côté, quatrièmes 2 5o 3 »\nLoges, cinquièmes 2 5o 3 ?\nMais en raison de cette augmentation, des clauses nouvelles vont être\nintroduites dans le cahier des charges. Les principales sont :\ni° Il y aura désormais partage des bénéfices, après un certain chiffre, par\nmoitiés égales, Tune attribuée au directeur, l'autre réservée et tenue par lui\nà la disposition du ministre pour remonter d'après ses ordres les chefs-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.53", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nd'œuvre de l'ancien répertoire, et pour être appliquée à toutes les amélio-\nrations qui seront jugées nécessaires à la prospérité artistique de l'Opéra.\n20 La conservation des Archives sera àla charge de l'Opéra.\n3° Le nombre des musiciens de Forchestre sera augmenté de huit au\nmoins.\n4° Les appointements des petits emplois d'administration seront élevés\ndans une proportion convenable.\nLe grand chancelier de l'empire d'Allemagne interdit, dans l'Alsace et\nla Lorraine, à partir du ier janvier, toutes pièces, chansons, etc., en français.\nNous avons donné dans -notre numéro du i 5 mai dernier la nomencla-\nture des opéras nouveaux représentés en Italie pendant le carnaval et le\ncarême. Nous donnons aujourd'hui le recensement des pièces nouvelles, en\nitalien, jouées dans le courant de Tannée qui vient de s'écouler. Ce sont :\n1. Re Manfredi, de Montuoro, io janvier, au théâtre Regio de Turin;\n2. LaMoglie perwi Migiiaccio, 14 janvier, au théâtre Fondo de\nNaples ;\n3. Edita di Belçourt, d'Obiols (compositeur espagnol), 28 janvier, au théâtre\ndu Liceo de Barcelone;\n4. La Confessa di Mons, de Lauro Rossi, 3r janvier, au théâtre Regio de\nTurin ;\n5. Tripilla, de Luzzi, .7 février, au théâtre Cocciade Novare;\n6. Maso il Montanaro,de Garacciolo, 7 février, au théâtre Piccinni de Bari ;\n7. La Canîante, de Cipollone, i 3 février, au Collegio Santo Gosimo de\nSolmona ;\n8. Carmola, de del Corona, i 5 février, au théâtre Manzoni de Pistoja;\n9. La Capricciosa, de Valensin, 28 février, au théâtre delle Loggie de\nFlorence ;\n10. La Rinnegata, de Reparez (compositeur portugais), ler mars, au théâtre\nSan-Joao d'Oporto:\n11. 7 Lituanie de Ponchielli, 7 mars, à la Scala de Milan ;\n12. La Cacciata del Duca d'Atene, de Bacchini, 14 mars, au théâtre\nPagliano de Florence;\n13. Salvator Rosa, de Gomes (compositeur hispano-américain), 2t mars, au\nthéâtre Garlo-Felice de Gênes;\n14. L'ldolo Cinese, de Felici, Dechamps, Cialdini et Tacchinardi, 2 5 mars,\nau théâtre delle Loggie de Florence;\n15. Bianca Orsini, de Petrella, 4 avril, à San Carlo de Naples;\n16. La Fanciulla romantica, de Piaggio, 11 avril, au théâtre Doria de\nGênes;\n17. L'Ultimo degli Abencerragi, de Pedrell (compositeur espagnol), 14 avril,\nau Liceo de Barcelone ; .\n18. La Sposa di Messina, de Bonawitz, 22 avril, à l'Académie.de musique\nde Philadelphie ;\n19. Maria Siuart, de Palumbo, 23 avril, à San Carlo de Naples;."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.54", "texte": "VARIA\n\n20. Mariulitfa, de Cortesi, 23 avril, à la Pergola de Florence;\n21. Il Figlio dei Signor Sindaco, de Rispoli, 6 mai, au théâtre Nuovo de\nNaples;\n22. Don Fabiano dei Corbelli, de Camerana, io juin, au théâtre Balbo de\nTurin ;\n23. Romilda de Bardi> de deir Orifice, 24 juin, au théâtre Mercadante de\nNaples ;\n24. Cola di Rienço, de Persichini, 28 juin, au Politeama de Rome;\n23. Celeste, de Stefani, ier juillet, au théâtre Manzoni de Milan;\n26. Giovanna di Castiglia, de Magnanini, r5 août, au théâtre Sociale de\nCarpi ;\n27. I Pitfenti, de Canepa, 21 septembre, à la Scala de Milan;\n28. Raffaello e la Fornarina, de Chissoti, 3o septembre, au théâtre Alfïeri\nde Turin ; •\n29. Il Dnca di TapiglianOy de Cagnoni, 10 octobre, au théâtre Sociale de\nLecco;\n30. La Contessa di San Romano, de Frangini, en octobre, au théâtre\nAlfieri de Florence; > > -\n31. Piccarda Donati, de Barali-Forti, 3i octobre,«au théâtre Petrarca\nd'Arezzo ; :\n32. (J Me go per for\\a, de Novaro, en octobre, au théâtre Nazionale de\nGênes;\n33. Velleda, de Cajani, en novembre, au théâtre de Fojano;\n34. de Medici, de Marenco, iov décembre, au théâtre de Lodi;\n35. LUltimo dei Mori in Ispagna, de Parravano, 12 décembre, au théâtre\nMercadante de Naples.\nParmi ces trente-cinq ouvrages, cinq seulement ont obtenu un véritable\nsuccès. Ce sont : la Contessa di Mons, 1 Lituanie Salvator Rosa, Bianco\nOrsini, dont le rôle principal a été créé par madame Krauss, et il Duca di\nTàpigliano.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. —La dernière représentation de l'Opéra, à la salle\nVentadour, a eu lieu, mercredi, 3o décembre. La première repré-\nsentation au nouvel Opéra est fixée au 6 janvier.\nMademoiselle Nilsson, qui voulait rompre son engagement, se ravise, et\ncédant à d'amicales instances, inaugurera l'Opéra avec le spectacle coupé\nqu'on s'est décidé à donner. Mademoiselle Nilsson paraîtra dans deux actes\nd'Hamlet; M. Gailhard chantera le rôle du roi, et M, Dieu débutera dans\ncelui de Polonais."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.55", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nMademoiselle Krauss, qui vient d'arriver à Paris, s'est mise à la disposi-\ntion de M. Halanzier pour les répétitions de la Juive, dont le premier et le\nsecond actes feront partie du spectacle d'ouverture. On compléterait avec\nl'ouverture de la Muette, la scène de l'eglise de Faust, avec mademoiselle\nNilsson, et le deuxième acte du ballet de la Source. Dans ce nouveau pro-\ngramme, il n'y a pas place pour Meyerbeer et Rossini, deux compositeurs\nétrangers, il est vrai ; mais ce projet n'est peut-être pas le dernier.\nOpéra-Comique. M. Nicot a signé un engagement avec la direction; il\nera sa rentrée dans le Caïd.\nTheâtre-Ventadour [ltaliens). Madame Destin, dont le départ de Milan\navait été retardé depuis un mois par indisposition, est arrivée à Paris,\net commencera très prochainement ses représentations par l'opéra de Roméo\net Juliette.\nM. Ch. Carrière, ex-pensionnaire de l'Opéra-Populaire, est engagé par\nM. Bagier pour trois années. Il fera ses débuts dans Guido et Ginevra.\nMadame Mélanie Reboux débutera dans le Freyschïltqui sera donné du\n6 au 9 janvier. Cet opéra servira définitivement de pièce d'ouverture ; on\njouera après la Clé d'Or.\nParmi les ouvrages français que compte donner M. Bagier, nous pouvons\nciter un opéra comique nouveau, en trois actes, de MM. Dennery, Brésil et\nLitolff, VEscadron volant de |la reine. L'affiche annonce encore Ninon et\nNinette, Manche à manche, le Freyschiit^; Guido et Ginevra, la Perle du\nBrésil, le Val d'Andorre.\nOn va monter sous peu un ouvrage inédit de Gluck, Répo, que notre col-\nlaborateur Wekerlin a découvert.\nGaîté. Le drame de M. Sardou, la Haine, a cédé l'affiche à une reprise\nd'Orphée aux Enfers, en attendant Geneviève de Brabant, dont voici la dis-\ntribution complète :\nSifroy MM. Habory\nGolo Christian\nNarcisse Montaubry\nVan der Prout Grivot\nCharles Martel Gravier\n2 gendarmes \\ Legrenay\n( Gabel\nMme Golo Mmes Thérésa\nGeneviève Perret\nDrogan Matz-Ferrare\nBrigitte Angèle\nMesdames Castello, Albouy et les autres pensionnaires de la Gaîté, joue-\nront les rôles moins importants."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.56", "texte": "VARIA\n\nVariétés. M, Offenbach va écrire, pour le théâtre des Variétés, la mu-\nsique d'une opérette en trois actes, de MM. H. Meilhac et L. Halévy. Cet\nouvrage, qui aura pour titre : la Boulangère a des écus, sera interprété par\nMM. Dupuis, Berthelier, Baron, mesdames Schneider, Ghaumont et Paola\nMarié.\nFolies-Dramatiques. Dimanche, 27 décembre, cinq centième représenta-\ntion de la Fille de madame Angot.\nM. Gœdès, l'auteur de la Belle Bourbonnaise, vient de terminer la parti-\ntion de Clair de lune, opérette en trois actes, paroles de MM. Dubreuil et\nBocage. Cette pièce passera aux Folies, après les Blanchisseuses de Rotterdam.\nAthénée. La réouverture de l'Athénée, redevenu théâtre musical, aura\nlieu du i 5 au 20 janvier, avec la Belle Lina, opérette en trois actes, paroles\nde MM. Avenel et Mahalin, musique de M. Ch. Hubans; cet ouvrage sera\ninterprété par MM. Guillot, Chaudesaigues, mesdames Sichel, Géraldine et\nSylvana.\n/\nM. Emile Bourgeois, compositeur, premier prix du Conservatoire et pro-\nfesseur de chant à l'école Duprez, passe en qualité de chef d'orchestre.\nRenaissance. —M. Thibault remplacera M. Ch. Constantin, lorsque celui-\nci ira prendre le bâton de chef d'orchestre au Théâtre-Ventadour pour les\nreprésentations françaises.\nBouffes-Parisiens. Il est question de l'engagement de Suzanne Lagier\naux Bouffes pour jouer, dans la reprise de la Princesse de Trébiqonde, le rôle\nque créa madame Thierret.\nLille {Grand-Théâtre). On répète en ce moment au Grand-Théâtre de\nLille, replacé cette année sous la direction d'un artiste connu et aimé du pu-\nblic, M. Bonnefoy, un opéra comique en trois actes : Jeanne Maillote, poème\nde M. Faure, musique de M. Reynaud, chef de musique d'un de nos régi-\nments de ligne.\nOn dit le plus grand bien de cette œuvre nouvelle. La Chronique Musicale\napplaudit à cet essai de décentralisation artistique et souhaite aux auteurs et\nà la direction un franc succès. Le compte-rendu de cette œuvre nous sera\nenvoyé au lendemain de la première représentation par notre correspondant\nspécial à Lille.\nRouen [Théâtre-des-Arts). Puisque nous sommes en province, signalons\nle grand succès d'interprétation que vient d'obtenir le Prophète dans cette\nville. Nous avons assisté à une représentation de cet opéra; l'exécution en\nétait parfaite comme ensemble et comme mise en scène. M. Eyraud (Jean de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750101-01.1.57", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nPar:s.~ Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette, 61*\nPropriétaire-Gérant : QAcRfIHUcl{ HEULHQdIfZ*.\n\nLeyde), promet de devenir un véritable chanteur. Sa voix est pure, chaude,\nsonore, mais elle manque d'homogénéité. L'étude seule pourra, en déve-\nloppant les qualités de l'artiste, amoindrir ce défaut. Mademoiselle Barbot\n(Fidès) a eu un grand succès; nous signalons dès aujourd'hui cette jeune\ncantatrice, dont la place est à Paris.\nMadrid. La Correspondencia teatral du 8 décembre est pleine des\ntriomphes que vient d'y remporter mademoiselle Alice Bernardi, élève de\nBattaille, et premier prix du Conservatoire en 1870. Après avoir successive-\nment joué les rôles d'Azucena et d'Urbain, dans Gli Ugonotti, elle doit, à\nl'heure qu'il est, chanter celui de Pîtaliana in Algieri. Les Madrilènes disent\nqu'à une des plus belles voix de contralto qu'on puisse entendre, elle joint\ntoute l'agilité du soprano.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}