{"numero_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_sha256": "c5c984e5fcb46ccde98de84918208ec021fbf052805facddc526640b355fa1ac", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1875/01/15_01/bmtnabc_1875-01-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1875/01/15_01/bmtnabc_1875-01-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[49]", "page_fin": "54", "image_debut": 1, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.1", "titre_corps": "HISTOIRE DES ARCHIVES ET DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA", "titre_sommaire": "HISTOIRE DES ARCHIVES ET DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA", "signature_source": "THÉODORE DE LAJARTE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "HISTOIRE\nDES ARCHIVES ET DE LA BIBLIOTHÈQUE\nDE\nL'OPÉRA\n\nAINTENANT que tous les organes de la publicité\ns'occupent à Penvi du Nouvel Opéra, nous\navons cru qu'il serait bon de faire connaître au\npublic que le splendide monument de M. Gar-\nnier contient non seulement une salle, une\nscène, un escalier et un foyer magnifiques, mais\nqu'au cinquième étage de ce temple élevé à la\nMusique, il existe une bibliothèque et des ar-\nchives qui deviendront plus tard une des eu-\nriosités artistiques de Paris.\nDans une série d'articles fort intéressants sur le nouvel Opéra, parus"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "il y a quelque temps dans la Chronique Musicale, M. Raoul de Saint-\nArroman a parlé incidemment des Archives et de la Bibliothèque ;il a\nbien voulu adresser des félicitations aux courageux « bénédictins » qui\nont entrepris la laborieuse tâche de mettre un peu d'ordre dans cet\namas de documents et de registres, de cartons et de livres, de partitions\net de parties séparées.\nL'un de ces hommes est M. Charles Nuitter, Paimable et accueillant\narchiviste que tout le monde estime et apprécie, dont la calme activité\nest prodigieuse. Jugez-en :\nM. Nuitter est, à la fois, aux Archives nationales, copiant un docu-\nment qui lui manque, et, à l'Opéra, cherchant un renseignement\ndemandé ; il fait le catalogue de ses archives et un ouvrage pour Offen-\nbach, et pendant qu'il fait jouer une opérette à Bruxelles, il en écrit une\nautre pour les Variétés, ce qui ne l'empêche pas de remplir, mieux que\npersonne, ses devoirs de fils,, d'ami et de confrère. S'il était resté au\nPalais, il eût trouvé encore le temps d'aller gagner des procès, au milieu\nde toutes ses occupations diverses.\nC'est à M. Charles Nuitter, souvenir à noter, que PQpéra doit le\nbonheur d'avoir des archives constituées, une bibliothèque drama-\ntique et un grand choix de dessins, d'estampes et de photographies.\nL'autre « bénédictin » est le signataire de cet article, que le ministère\ndes Beaux-Arts a chargé, depuis un an, d'inventorier et de cataloguer\nles partitions d'opéras et de ballets, les parties d'orchestre, de chœurs, et\nles rôles qui composent la Bibliothèque musicale.\nLa première partie de son travail est déjà menée à bonne fin pour ce\nqui regarde le vieux répertoire, jusqu'à iB3o, c'est-à-dire jusqu'au\nmoment où le format des parties et partitions change, et que l'in-quarto\ndevient in-folio. Toute la catégorie d'ouvrages qui ont été joués depuis\nLully jusqu'à la Muette de Portici est inventoriée complètement. Il est\ndonc possible de connaître maintenant les richesses artistiques du\ndernier siècle que possède l'Opéra.\nMais, avant tout, il faut savoir l'histoire de ces Archives et de cette\nBibliothèque. Nous allons tâcher de la raconter ici.\nLa musicologie date de quelques années à peine; aussi les docu-\nments ne viendront-ils que peu à peu prendre leur place dans les\ncartons des musiciens chercheurs.\nPour nos devanciers, tout ce qui n'était pas du répertoire courant\ndevait être jeté au panier, aussi bien la musique que les comptes et regis-\ntres. Nous ne pourrions nous faire une idée du laisser-aller et de l'in-\ncurie qui présidaient aux destinées de l'ancienne Académie royale de"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.3", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "musique, si nous n'en avions pas les preuves dans l'absence des papiers\nde régie et d'administration remontant aux premiers âges de l'Opéra.\nDu reste, ce théâtre a subi tant de liquidations malheureuses, tant\nd'incendies et de déprédations, que les causes les plus surabondantes\nn'ont pas manqué pour appauvrir ses Archives.\nIl est vraiment inconcevable qu'elles soient encore si riches, car nous\npouvons remonter jusqu'à l'inventaire de 1748; sans la Révolution\nqui, dans sa brutale ignorance, fit détruire beaucoup de pièces de comp-\ntabilité, sous le prétexte absurde qu'elles rappelaient, par leurs emblèmes,\nl'époque de la tyrannie, nous aurions de précieux moyens de reconstituer\ncomplètement l'histoire administrative du premier théâtre lyrique de\nFrance.\nEn 1749, la Ville prend possession de l'Opéra. C'est le prévôt des\nmarchands qui en est administrateur. Grâce àce changement, la comp-\ntabilité s'asseoit sur des bases solides et un contrôle sérieux est établi\nsur la gestion du directeur.\nIl n'existait pas d'archiviste en titre, ou du moins les états d'émarge-\nment ne le laissent pas supposer. Le secrétaire de l'administration en\nremplissait souvent les fonctions, et le titre d'archiviste est quelquefois\najouté à la principale dénomination de son emploi.\nQuand l'Opéra était installé au Palais-Royal, les pièces d'archives\nétaient jetées pêle-mêle dans un magasin , rue Saint-Nicaise. Sous\nl'Empire, on les réunit au théâtre, dans la rue Louvois. Du reste,\nc'est sous l'Empire et sous la Restauration, alors que l'empereur\net le roi après lui, avaient placé l'Opéra dans les attributions de leur\nMaison, que les Archives ont commencé à être régulièrement consti-\ntuées. Il en est toujours ainsi dans l'histoire de l'Opéra : la régie vient\nredonner à ce théâtre Tordre et la splendeur que des directeurs impré-\nvoyants ou besoigneux lui avaient fait perdre.\nSous Louis-Philippe, on avait eu l'idée, plus qu'étrange, de placer\nles Archives, sans ordre aucun, dans un magasin situé aux quatrièmes\nloges, au-dessus du foyer. Comme ce magasin était ouvert à tout venant\net que l'on n'en faisait aucun catalogue régulier, il s'ensuivait que les\nvieux papiers servaient à tous les usages, même à constituer une collec-\ntion d'autographes pour un administrateur de M. Véron.\nEn 1859, I£S Archives étaient encore déposées en tas, dans les maga-\nsins des quatrièmes loges. On se décida pourtant à les déménager et on\nles transporta dans une petite cuisine du rez-de-chaussée, donnant dans"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "la cour de la rue Pinon, aujourd'hui rue Rossini. (Les cuisines,\nvous le verrez, jouent un très grand rôle dans l'histoire des Archives et\nde la Bibliothèque.)\nC'est dans cette cuisine, où tous ces papiers précieux seraient bientôt\ndevenus la proie des souris et de la moisissure, que M. Charles Nuitter\neut l'heureuse pensée de mettre en ordre les Archives de l'Opéra.\nSon offre obligeante fut parfaitement accueillie par M. Alphonse\nRoyer, alors directeur, et son secrétaire général M. Félix Martin. On\ninstalla, dans la cuisine, des rayons et des planches. On donna, au\nnouvel archiviste, un employé, qui devint plus tard caissier de l'Opéra,\nM. Bleynie, et le travail de classement fut mis en train, après l'inven-\ntaire achevé.\nEn 1861, lors du programme à établir pour les services du nouvel\nOpéra, M. Martin n'oublia pas de stipuler un emplacement pour les\nArchives et la Bibliothèque. M. Garnier dut penser, heureusement, que\nles Archives étaient considérables et que la Bibliothèque contenait\ndes milliers de volumes. Aussi consacra-t-il une immense galerie\net une vaste rotonde à ce service important, Hélas ! les Archives\nétaient confinées dans la petite cuisine et il n'existait pas un livre\ndans la Bibliothèque dramatique de l'Opéra. Les pièces même du\nrépertoire n'y étaient pas rassemblées. Heureusement que le bibliophile\net archiviste, Charles Nuitter, veillait à tout ; et bientôt, grâce aux attri-\nbutions des ministères de l'instruction publique, de la marine (livres de\nvoyages), des Archives de l'Empire et surtout du ministère de l'Empe-\nreur, les ouvrages touchant les questions théâtrales et musicales,\naffluèrent bientôt à l'Opéra. Le ministère d'État fit même, pour la Biblio-\nthèque, une acquisition des plus précieuses, le Répertoire des opéras,\nprovenant de la collection de Soleinne, ouvrage à peu près unique, puis-\nqu'on ne lui connaît que deux exemplaires.\nCe fut Roqueplan qui le revendit à PEtat après l'avoir acheté àla\nvente de Soleinne.\nPlusieurs personnes ont enrichi la Bibliothèque de dons importants.\nM. Emile Perrin fut un de ses plus généreux donateurs; mais, avant\ntout, l'archiviste lui-même, qui n'a cessé de parcourir les librairies et\nles ventes pour tâcher d'avoir un exemplaire rare ou précieux à offrir à\nsa chère bibliothèque.\nLes archives de l'Opéra possèdent aujourd'hui trois cent quarante\ncartons, onze cent cinquante registres et neuf cents liasses et porte-\nfeuilles.\nLa bibliothèque littéraire et dramatique comprend déjà plus de quatre"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.5", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "mille volumes ou brochures, plus de trente mille estampes; elle sera sur-\ntout destinée à Fart de la décoration et du costume. Aussi trouvera-t-on\nune grande variété de documents touchant l'architecture, la géographie,\nl'histoire de la musique, de la facture instrumentale et de la danse.\nLes dessinateurs de théâtre pourront y étudier avec intérêt une série\nde deux mille dessins originaux, exécutés pour les deux cents opéras et\nballets représentés depuis Fan XII.\nLa bibliothèque musicale eut, à peu de chose près, le sort des archives.\nOn négligea complètement ces précieuses reliques d'un passé, glorieux\ndans son temps.\nComme les archives, les partitions et parties d'orchestre furent relé-\nguées dans le magasin de la rue Saint-Nicaise. Nous ne pouvons résister\nau désir de reproduire ce que Castil-Blaze écrivit, à ce propos, avec la\nverve méridionale qu'on lui connaît.\ncc Dans un vestibule ouvert à tous les vents, quelquefois à la pluie, à\nsix pouces de la rue,, après avoir franchi le seuil de la porte-cochère de ce\nmagasin, on voyait à droite un tas de livres couverts de poussière et de\ntoiles d'araignée : c'était la bibliothèque de la royale Académie !« Négli-\ngence damnable, atroce vandalisme! Cambert, Lulli, Campra, Des-\ntouches, Rameau, Gluck, etc., etc._, sous une porte cochère! ayant le\ndos ou le nez écorché toutes les fois qu'une charrette mal dirigée venait\nles râcler, les insulter avec sa roue noircie de fange et de cambouis! »\ndira-t-on. Je répondrai sur une autre gamme et m'écrierai : « Négligence\nfavorable ! précieux vandalisme ! Si l'on avait logé cette collection sous\nles lambris du Palais-Royal, à côté du théâtre, elle aurait été deux fois\nattaquée, dévorée par l'incendie. » Vous voyez que le mépris comme le\nmalheur peut être bon à quelque chose» La bibliothèque de l'Académie\nest maintenant placée à l'abri de l'intempérie des saisons, dans la cuisine\nsouterraine de l'ancien hôtel ChoiseuL »\nLe plus ancien des chefs de copie dont nous voyons le nom relaté dans\nles états d'émargement est un nommé Lallemand, mort en juin 1751,\naux appointements de six cents livres.\nIl était déjà à l'Académie en iy3B, et remplissait les doubles fonctions\nde bibliothécaire et de copiste.\nDurand lui succède au mois de juillet 1751 dans les mêmes emplois ;\nmais on lui double ses appointements. Ce Durand est resté très long-\ntemps à TOpéra. Dans une étude que j'ai faite dans la (chronique musi-\ncale, à propos des transformations de VAlcyone, de Mirais, son nom\nest revenu très souvent."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "Durand a copié les derniers ouvrages de Rameau, ceux de Dauvergne\nle Devin du village,les opéras de Rebel et Francœur, et\nde Philidor,\nMalheureusement, pour sa mémoire, ce fut son successeur auquel\néchut la glorieuse mission de copier les parties des opéras de Gluck. Ce\nsuccesseur, dont le nom est resté célèbre à l'Opéra, s'appelait Lefebvre,\net ce nom est resté sur les registres de l'Académie jusqu'en 1829, puisque\nson fils n'a quitté le bureau de copie qu'à cette époque.\nLe premier Lefebvre s'appelait : Jean-Baptiste-François-Augustin, né\nà Mareuille (Aisne) en 1738. Il fut nommé copiste et bibliothécaire de\nl'Académie, le lel'1e1' avril 1774, aux appointements de quinze cents livres.\nEntre Durand et lui, il y avait eu un intérimaire dont le nom fût\nresté totalement inconnu sans les éil se nommait\nMarvereaux, et n'est resté que peu de temps au bureau de copie.\nLe fils de J.-8.-F.-A. Lefebvre, dont Fétis parle dans sa\ndes musiciens,ne succéda à son père qu'en 1814. Avant cette date, il a\nécrit plusieurs partitions de ballet qui ne manquèrent pas de mérite,\ncomme valeur mélodique et comme intelligente instrumentation.\nIl était élève de Gossec, et depuis 1794 il appartenait à l'orchestre du\nThéâtre-des-Artsen qualité d'alto.\nSes prénoms étaient : François-Charlemagne, et nous les relatons ici\npour éviter à l'avenir aux musicologues une erreur inévitable. L'or-\nchestre de l'Opéra possédait, en même temps que lui, un de ses homo-\nnymes, nommé Xavier Lefebvre, clarinettiste.\nFrançois-Charlemagne Lefebvre succéda, comme nous l'avons dit, à\nson père, en 1814.\nEn 1829, il remit ses fonctions à son gendre, Aimé-Ambroise-Simon\nLeborne, dont je m honore d'avoir suivi la classe de haute composition,\nau Conservatoire, et qui mourut en 186 5.\nA sa mort, il y eut partage de ses deux fonctions de bibliothécaire et\nde chef du bureau de copie.\nM. Ernest Reyer fut nommé bibliothécaire, • titre qu'il possède\nencore, et M. Justin Cadeaux, qui vient de mourir récemment, fut\nchargé du bureau de copie.\nDepuis 1869, M. S. Mahieur, artiste très intelligent et très sérieux,\nest chef de ce dernier service, un des plus importants de l'Opéra.\n(A suivre.)\n\nTHÉODORE DE LAJARTE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "55", "page_fin": "64", "image_debut": 7, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.2", "titre_corps": "HISTOIRE DE L'IMPRESSION DE LA MUSIQUE PRINCIPALEMENT EN FRANCE", "titre_sommaire": "HISTOIRE DE L'IMPRESSION DE LA MUSIQUE PRINCIPALEMENT EN FRANCE", "signature_source": "J.-B. WEKERLIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.7", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "HISTOIRE\nDE\nL'IMPRESSION DE LA MUSIQUE\nPRINCIPALEMENT EN FRANCE\nJUSQU'AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE\n\n(I)\nII\nous entrons maintenant dans le domaine des graveurs\nfrançais, qui, s'ils n'ont pas eu l'honneur de graver et\nde fondre les premiers caractères de musique, ne res-\ntèrent pas en arrière sur les autres pays, quant à la\npropagation de la gravure des notes, et rivalisèrent\ndignement avec l'Allemagne et l'ltalie.\nPIERRE HAUTIN OU HAULTIN, graveur, fondeur et imprimeur à Paris,\ndans la première moitié du seizième siècle, doit être considéré comme le\ncréateur de l'impression de la musique en France. On ignore la date\nexacte de sa naissance; quant à sa mort, M. Fétis la met à isBo, date\nqui me paraît douteuse. Quoi qu'il en soit, on sait que Pierre Hautin\nétablit ses premiers poinçons de musique en 1525. Il grava dès son début\ndifférentes grosseurs de notes. La note et les filets (fragment de portée)\nse trouvaient sur le même poinçon, différant en cela du procédé de\nPetrucci, dont l'impression se faisait en deux fois, comme on l'a\nportées, puis les notes.\n\n(i) Voir le numéro du i 5 décembre 1874,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "Les caractères de Hautin ont moins d'élégance que ceux de Petrucci,\nil est vrai; pourtant, ils se distinguent par une grande netteté.\nDans le Catalogue de Lottin, P. Hautin n'est cité comme imprimeur\nqu'à partir de 1549. était natif de La Rochelle, et paraît être retourné\nau lieu de sa naissance vers la fin de ses jours, d'après le titre des deux\nRecueils suivants : Jean Pasquier : la Lettre profane des Chansons\ndes meslanges d'Orlando, changée en Lettre spirituelle à quatre, cinq\net huit parties, à La Rochelle, Pierre Haultin, 1575 et 1576. Jean\nPasquier : Cantique et Chansons spirituelles pour chanter soub\\ la\nmusique des Chansons profanes d'Orlando de Lassus à quatre et cinq\nparties, à La Rochelle, Pierre Haultin, 1578.\nUne édition des Psaumes de David, publiée par P. Hautin, porte la\ndate de 1567, tandis que les Motets d'Orlando de Lassus (in-40 oblique),\nparus en 1576, ont la signature de Robert Hautin, fils du précédent, ce\nqui fait supposer qu'en 1576 Pierre Hautin s'était établi à La\naprès avoir cédé son établissement de Paris à son fils (1).\nCet artiste habile (P. Hautin) contribua puissamment à répandre la\nmusique en France à une époque où l'imprimerie, quoique inventée\ndepuis un demi-siècle, n'avait encore fourni qu'un nombre limité d'ou-\nvrages de musique (2) et se trouvait presqu'à l'état d'enfance, comparée\naux progrès qu'elle avait déjà réalisés pour les lettres. Pierre Hautin\nimprimait non-seulement avec ses caractères de musique, mais il en\nvendait des assortiments à ses confrères imprimeurs.\nParmi ces derniers, on distingue surtout Pierre Attaignanty à Paris ;\nJacobus Modernus de Pinguento, à Lyon; Tylmann Susato, à Anvers.\nLa ville de Lyon, qui a toujours tenu une place importante dans\nl'imprimerie dès son origine, possédait, outre le Jacques Moderne que\nnous venons de citer, et qui était compositeur de musique et imprimeur\nà la fois, Godefroy et Marcelin Beringen, éditeurs des Cinquante\npsaumes de David, mis en musique par Bourgeoys en 1547 (3)« Puis\nparut, dans la même ville, Robert Granjon, graveur et fondeur de carac-\ntères, vers 1572, dont nous parlerons plus loin.\nPierre Attaignant, artiste habile et laborieux, sut faire valoir les\npremiers poinçons de Hautin, en donnant au public une suite nom-\n\n(1) Ce qui confirme cette assertion, c'est qu'en 1577 Pierre Hautin publia à La\nRochelle une édition des Psaumes de Marot, avec les airs, édition que je possède.\n(2) Abstraction faite des publications de Petrucci.\n(3) Ajoutons à ces noms d'imprimeurs de musique lyonnais ceux de Simon Gor-\nier, Guillaume Rouilly, Thomas Straton."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.9", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "breuse d'éditions musicales. L'une des plus remarquables est la belle\ncollection de Chansons musicales à quatre parties, Paris_, i 530, petit\nin-40 gothique (1). Il y a dix livres dans cette collection ; le troisième et\nle neuvième livre portent la date 1529, ce qui ferait croire que cet\nouvrage est le même que l'édition de 1527 citée par Brunet.\nLes différentes suites de ces chansons se vendant séparément, tel ou\ntel livre pouvait s'épuiser plus vivement que les autres ; on en tirait de\nnouveaux exemplaires en changeant la date.\nL'exemplaire de la Bibliothèque Richelieu des Chansons musicales à\nquatre parties contient à la fin un recueil de chansons à quatre voix de\nClément Janequin, puis encore deux livres de Motets.\nLa plupart de ces chansons ne portent pas de nom d'auteur. Les\nnoms cités sont : Beaumont (2), Claudin, Consilium9 H. Le Heurteur,\nLupi, Jennequin, Jacotin, R. Renes (2), Wassereau (2), Dulot (2),\nGascogne, Gohier (i),Ph. Deslonges, Hesdin, Clermont (2), Courtoys,\nJ. de Bechefort ou Bouchefort (2), Robert Lochet (2), Francoys (2),\nLybos ou Cybot{2), Ysore ou Yso\\e (2), Woulu (2), Dorleou Drôle (2),\nDucroc (2), Mouton (3).\nA part les nombreux recueils de chansons édités par Attaignant, il y\na encore de lui un livre de Danceries à six parties, par Consilium, 1543,\npetit in-40 oblong.\nAvant d'aller plus loin, qu'il me soit permis d'ouvrir une large paren-\nthèse.\nDès le commencement de ce travail, le désir et même l'espoir de\nretrouver quelques anciens poinçoins de notes s'étaient présentés à mon\nesprit; en un mot, je rêvais un témoin authentique des premiers temps.\nIl y avait pourtant de quoi se décourager, en lisant dans le Traité de\nFournier le Jeune la note suivante : « Tous les poinçons, moules et\nmatrices pour les notes de musique, achetés et rassemblés par les diffé-\nrents propriétaires des privilèges, étaient tellement tombés en discrédit,\ndans l'esprit même de la famille de M. Ballard, qu'à la mort du dernier\nprivilégié ces objets ont été adjugés pour une somme au-dessous de deux\ncents livres. »\nHeureusement que les Observations de MM. Gando père et fils,\n\n(1) Tylmann Susato, à Anvers, fit une contrefaçon de cet ouvrage en 1543 ;on\nvoit que les contrefaçons belges ne datent pas d'hier.\n(2) Non cités par M. Fétis.\n(3) Les noms de quelques-uns de ces compositeurs sont orthographiés différem-\nment dans ce recueil."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "publiées en réponse au Traité de Fournier le Jeune, étaient là pour me\ndonner quelque espoir. La vente dont parle Fournier le Jeune n'a dû se\ncomposer que d'anciens clichés hors de service et d'autre ferraille.\nOr, le dernier Ballard imprimeur avait épousé madame veuve Vin-\nchon ; ce Ballard est mort le 16 octobre 1825. L'imprimerie resta àsa\nveuve qui continua d'imprimer, et mourut au mois de novembre 1829,\nlaissant un fils de son premier mariage.\nM. Vinchon, peintre distingué et célèbre, s'occupa bien plus de son\nart que de l'imprimerie qu'il eut en héritage de sa mère. Il mourut en\nx 855, après avoir cédé son établissement à MM. de Mourgues frères,\npropriétaires actuels.\nC'est là que j'allai frapper.\nDans une première entrevue, on m'assura qu'il n'existait absolument\nrien des anciens caractères de musique des Ballard, que le tout avait été\nvendu comme ferraille et vieux cuivre par M. Vinchon, avant la cession\nde son établissement.\nPourquoi ne pas l'avouer, les Alsaciens sont entêtés comme des\nBretons. Je renouvelai mes instances pour qu'on fît des recherches dans\ntous les coins et recoins de l'imprimerie. M. Charles de Mourgues, avec\nune grâce parfaite que je me plais à reconnaître, voulut bien donner des\nordres en conséquence, et ces recherches furent couronnées d'un plein\nsuccès, car on trouva dans une encoignure de mur deux sacs dont je\nvérifiai le contenu, et reconnus sans peine les poinçons de Guillaume Le\nBé, avec une partie de ceux qu'y avaient joints successivement la longue\ngénération des Ballard. Le nombre de ces poinçons est de cinq à six\ncents. Les séries n'en sont pas toujours complètes; mais tels que, ce\nsont des spécimens curieux dont j'ai fait reproduire les plus caractéris-\ntiques. Une des plus anciennes de ces séries se trouvait enveloppée dans\nun fragment du Roman de la Rose sur parchemin, manuscrit du quin-\nzième siècle, avec une miniature malheureusement dégradée. De nos jours\non y regarderait a deux fois avant de se servir de pareilles enveloppes.\nIl était indispensable d'expliquer la provenance de ces spécimens de\nnotes, que nous placerons en leurs lieux respectifs, c'est-à-dire avec\nles graveurs auxquels elles sont attribuées par Gando, et sur la foi du\nprocès-verbal qui fut fait le 3o novembre 1639, après le décès de Pierre\nBallard. Ce procès-verbal est signé par Vitré, imprimeur du Roi et du\nclergé de France, Blaisot, marchand libraire, et Jacques Cottin, fondeur\nen caractères. Tous les noms des graveurs qui ont travaillé àla musique"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.11", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "des Ballard y sont cités à côté de chaque sorte de musique (1). On pourra\ncomparer ces spécimens avec ceux reproduits par Gando, en 1766.\nGuillaume le Bé, graveur, fondeur et imprimeur, né en i 525 à\nTroyes, où son père possédait une papeterie assez importante, exerça\nson talent à Paris, entre les années 1 539 1 555 (2). D'après ces deux\ndernières dates, données par Lottin, celle de 15 25, indiquée dans la\nBiographie universelle de Michaud, est inadmissible pour la naissance\nde Le Bé, puisqu'elle le ferait imprimeur à l'âge de quatorze ans.\nLe Bé grava non-seulement des poinçons pour les notes en 1540,\nmais aussi des tablatures de luth (3) en 1544 et 1545. Il suivit en cela\nle procédé inventé par Hautin, en faisant adhérer à chaque note ou\nsigne musical leur fragment de portée, ce qui n'exigeait qu'une seule\nopération au tirage.\nSpécimens de Guillaume le Bé\nA.\nB\n\n(1) Observations sur le traité historique et pratique de M. Fournier le Jeune, par\nMM. Gando père et fils, Berne et Paris, 1766, in-40.\n(2) Catalogue chronologique des libraires et des libraires-imprimeurs de Paris, etc.,\npar Lottin, Paris, 1789.\n(3) Tablature. On donnait ce nom à un système de notation appliqué plus spé-\ncialement aux pièces de luth, de théorbe, de guitare, de basse de viole, etc. On mar-\nquait sur plusieurs lignes parallèles, dont chacune représentait une des cordes de\nl'instrument, certaines lettres de l'alphabet : PA indiquait la corde à vide; le B indi-\nquait la pose du doigt sur la première touche depuis le sillet; le G la seconde, etc.,\nDictionnaire de musique deßrossard. —ll y avait encore d'autres signes de tablature,\ndont la longue énumcration serait ici un hors-d'œuvre."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 26, "texte": "C\nD"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.13", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "E\nLa forme.barbare des poinçons séries A et B, évasée aux deux bouts,,\nnous induit à croire que c'était là le premier essai de Le Bé, peut-être\nmême ces poinçons proviennent-ils de P. Hautin, l'antique créateur\ndes caractères de musique en France.\nLes petits caractères des séries D et E sont probablement postérieurs à\nGuillaume Le Bé. Ce graveur établit, entre 1554 et 155 5, des poinçons\noù les notes étaient isolées, c'est-à-dire sans portées, ce qui nécessitait\ndeux opérations : l'impression des portées d'abord, puis celle des notes\npar rentrées. Dans cette opération double de Le Bé, les portées elles-\nmêmes n'étaient pas d'une seule pièce, mais formées par un assemblage\nde filets appelés cadrats.\nCe procédé devait être, à peu de chose près, celui que nous avons cité\nà propos du Psautier de Schoffer.\nCaractères isolés de Guillaume Le Bé"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.14", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "D'après Gando, les petites notes et les petits signes ci-dessus doi-\nvent être attribués à Logis (1), les grosses notes seulement sont de\nLe Bé (2).\nCet homme de talent (Le Bé) fut choisi par François lerIer pour exécuter\nles remarquables caractères orientaux qui ont servi aux impressions de\n/\nRobert Etienne. Philippe II le chargea également de la fonte des carac-\ntères destinés à l'impression de la Bible polyglotte d'Anvers (1569),\nconfiée à Ch. Plantin.\nA la mort de Garamond, en 1561, Guillaume Le Bé, nommé arbitre\nde l'inventaire de cette superbe fonderie, acquit la plus grande partie des\npoinçons et matrices, qu'il ajouta à son fonds. On n'ignore pas que les\nElzevirs imprimaient avec les caractères de Garamond.\nGuillaume Le Bé mourut en 1598.\nLa famille des Le Bé fournit plusieurs générations de graveurs, fon-\ndeurs et imprimeurs. Guillaume Le Bé II succéda à son père; puis\nvint Henri Le Bé, libraire en 1581 ; Jacques Le Bé, imprimeur en 1610,\nGuillaume Le Bé 111 exerça de 1636 à 1685 ;il perfectionna les poin-\nçons de musique. A son talent de graveur il joignait la connaissance\ndes langues orientales. D'après Chaudon et Delandine, il donna ses soins\nà l'édition des Figures de la Sainte-Bible, accompagnées de briefs dis-\ncours', du libraire Jean Leclerc, son beau-père.\nSa veuve lui succéda pour l'imprimerie, et il y eut après elle plusieurs\ndemoiselles Le Bé s'occupant de gravure et du commerce de la librairie.\nNous parlerons plus loin des Ballard; constatons, en attendant, que\nGuillaume Le Bé I leur fournit leurs premiers caractères de musique.\nROBERT GRANJON, graveur et fondeur de caractères, était né à Paris,\noù son frère aîné, Jean Granjon, exerçait déjà la librairie en i 506 (3).\nRobert quitta Paris pour aller s'établir à Lyon.\nLes années actives de Robert Granjon furent de 152 3 à 1573\nOu même 1582. Cet homme de talent introduisit une modification\ncaractéristique dans la forme des notes en les arrondissant, de carrées\nqu'elles étaient jusque-là.\nCette innovation se trouve dans l'ouvrage suivant : Premier trophée\nde musique, composé des plus harmonieuses et excellentes chansons\nchoisies entre la fleur et composition des plus fameux et excellents\nmusiciens, tant anciens quemodernes, le tout à quatre parties, en quatre\n\n(t) î-râ note carrée de la deuxieiiie ligrie de cè specimen a été mise à l'envers à la\nreproduction.\n(2) Gando, Observations sur le traité de Fournier le -Jeum, p, g 6\n(3) Catalogue chronologique, de Lottin*"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.15", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "volumes. —A Lyon, de Vimpression de Robert Granjon, 1559 (petit\nin-8° oblong).\nCe Premier trophée est suivi du Second trophée, qui est la continua-\ntion du même ouvrage. Les notes sont arrondies en bas seulement et le\nhaut se termine en forme de flèche ; le poinçon porte la note et ses frag-\nments de portée de chaque côté. Les paroles sont en caractères de civi-\nlité et s'harmonisent merveilleusement avec les notes. Au point de vue\ntypographique, cet ouvrage est incontestablement l'œuvre d'un homme\nde talent. L'exemplaire de la Bibliothèque Richelieu n'est malheureuse-\nment pas complet, il y manque la partie de ténor. Voici Vextrait du\nprivilège tel qu'il se trouve dans cette publication :\n(( Il ha pieu au Roy nostre sire, de donner privilège et permission à\nRobert Granjon, marchand libraire et imprimeur demeurant à Lion,\nd)imprimer chansons, messes, motetç en musique, tabulatures de lut^9\nguiternes et autres instrumens; et sont faittes deffences à tous autres\nlibraires, imprimeurs, tailleurs de caractères, sur certaines et grandes\npeines, de n 1 imprimer ou faire imprimer la musicque ne les tabulatures\nde lut%, guiternes et autres instruments imprimées par ledit Granjon,\nne sur ses copies, et ce jusques au terme de six ans, à commencer du\njour que lesdits livres seront achevé% d'imprimer comme plus à plain\nest contenu par les lettres royaux sur ce despeschées à Paris le\ndouzième jour de febvrier 1549 et signées Bassourdy. »\nLes noms des compositeurs du premier et du second trophée sont :\nArcadelt, Boy vin, Cadeac, Certon, Claudin, Gentian (1), Godard,\nGondeau (1), Gombert, Jaquet (1), Lupi second, Lupus, Maillard,\nMornable, Philibert Jambe de Fer, Roussel, Sandrin, Viliers.\nMalgré l'amélioration réelle dans la forme des notes, inventée et mise\nau jour par R. Granjon, ses contemporains ne paraissent pas en avoir\nprofité, puisque nous voyons, en 1765 et 1766, Fournier le Jeune et\nGando se disputer la priorité de cette invention. Les publications musi-\ncales des seizième et dix-septième siècles sont là d'ailleurs pour affirmer\nque 1 on continua à se servir des notes carrées et en losange.\nRobert Granjon fit des perfectionnements bien plus importants\nen supprimant les ligatures et les signes si bizarres de la notation pro-\nportionnelle pour les ramener à la division binaire. L'usage de ces\nimportants perfectionnements paraît ne dater que de 155 g? soit que\nl'inventeur ne les eût faits qu'à cette époque, soit qu'il n'eût pas trouvé\nd'autre imprimeur que lui pour se servir de ses nouveaux caractères.\n\n(1) Non cités par M. Fétis»"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "Un autre recueil parut la même année chez Granjon, ce sont : les\nChansons nouvelles, composées par Barthélémy Beaulaigne, excellent\nmusicien et par luy mises en musique à quatre parties, et en quatre\nlivres. Ce recueil est dédié à Très illustre, haute et puissante princesse\nMadame Diane de Poictiers, duchesse de Valentinois, par Barthélémy\nBaulaigne, enfant de cueur en Véglise majeure de Marseille, son très\nobéissant serviteur, et prospérité, 155 g. Il y a même le portrait de\nBeaulaigne, L'épître dédicatoire est curieuse, sa longueur seule nous a\nempêché de la produire. Ces chansons de Beaulaigne sont suivies de\nmottet% à quatre, cinq, six, sept et huit parties. L'auteur continue à s'y\nappeler excellent musicien.\nGranjon fut appelé à Rome par le pape, afin d'y graver et fondre des\ncaractères pour un alphabet grec.\n. Dans un livre bien connu des bibliophiles, le Directorium chori de\nGuidetti, 011 lit : Permissu superiorum, Romœ apud Robertum Granjon,\nParisiens, 1582. Ce livre n'est point fait avec les caractères de Granjon,\net, en admettant que cet artiste travaillât déjà en 1523, est-il probable\nque, passé octogénaire, il eût créé de nouveaux poinçons à Rome?\n(La suite prochainement.)\n\nJ.-B. WEKERLIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c017", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "73", "image_debut": 18, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.4", "titre_corps": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE CONTRE LA PHTHISIE", "titre_sommaire": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE CONTRE LA PHTHISIE", "signature_source": "Dr V. 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Nous y avons compulsé avec le plus grand\nsoin les divers états et registres des décès, mis partout très gracieuse-\nment par l'Administration à notre disposition, et, après avoir retire de\nces documents tout ce qu'ils pouvaient nous fournir, nous avons\n\n(i) Voir les numéros des ler et i 5 août, i 5 septembre i 5 octobre et i 5 novembre."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.19", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1960, "texte": "dressé pour chaque hôpital un tableau comprenant la mortalité générale,\net la mortalité par phthisie pulmonaire chez les soldats de toutes armes,\net chez les musiciens et les trompettes ou clairons, durant toute une pé-\nriode de vingt-six années. Environ une année après, ayant trouvé que\nce n'était point encore assez, nous sommes revenu sur nos pas pour\najouter à notre premier travail un deuxième tableau relatif à tous\nles cas de réformes ou de simples congés accordés, pendant cette même\npériode de temps, pour la même maladie.\nÀ l'hôpital de Versailles, tout a marché à souhait. Directeur et\ncins mirent à nouveau le plus grand empressement à nous faciliter notre\nentreprise; mais à Paris, au Val-de-Grâce, les choses ont été tout autres.\nNous y étions à peine de retour que nous recevions de l'lntendance la\nlettre qu'on va lire.\nParis, 7 octobre 1859.\nMonsieur le docteur Burq,\nMessieurs les médecins de l'hospice du Val-de-Grâce ayant fait quelques\nobjections au sujet de l'autorisation qui vous avait été donnée par mon pré-\ndécesseur, et que j'ai renouvelée Tannée dernière, de compulser les registres\ndu Val-de-Grâce pour le travail statistique que vous avez entrepris, j'ai l'hon-\nneur de vous faire connaître que je ne puis renouveler cette autorisation.\nAgréez, monsieur, etc.\nCORREÀRD,\nCette lettre, qui n'étonnera aucun des médecins qui ont connu le\n*\nconfrère omnipotent qui dirigeait alors l'Ecole du Val-de-Grâce, nous\nn'eussions pas mieux demandé que de la taire, mais il était nécessaire de\nla produire pour donner la raison des regrettables lacunes que l'on trou-\nvera dans le n° 2 des deux tableaux ci-après.\nCes tableaux sont l'expression condensée du long et très vétilleux travail\nde dépouillement auquel nous nous sommes livré. Nous y avons mis\nl'ensemble de tous les éléments qui s'y prêtaient, et nous en avons élagué\ntout ce qui était trop incomplet, ou eût été trop spécial pour la Revue où\nnous écrivons;"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.20", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "N° i. TABLEAU COMPARATIF\nDE LA MORTALITÉ PAR PHTHISIE PULMONAIRE\nChe{ les soldats de toutes armes, et cheç les musiciens ou les trompettes\net clairons de toute la garnison des première et deuxième Division\nmilitaire, pendant 26 années.\nMORTALITÉ\nI GÉNÉRALE | PAR PHTHISIE\n5 I (non compris les I\n< I cholériques.) I Soldats Musiciens\nI ir« div. U« div. I rediv. 2ediv. irediv. 2ediv.\ni 833 1 824 991 100 27 Im. 1 tr.\n18341 648 381 91 14 Im. o\n1835 I 622 50l 68 90 o\n1836 1 460 731 49 21 2m- o\n18371 783 91 I 127 12 o o\n1838 1 1,147 2161 80 3l Im. o\n18391 900 1541 123 16 1 ni. o\n18401 1,037 1881 iso i 5 I j o\n1841 I 1,264 3041 186 39} o\n18421 R,085 137| 130 22 O O\n18431 789 1101 104 22 2m. o\n18441 515 43 1 104 80 o\n18451 564 61 I 75 i 3 Im. o\n1846 1 520 491 85 19 Im. o\n18471 725 861 129 19 o o\n1848 1 853 921 112 17 Im. o\n18491 102 203 1 134 •5I Im. o\niBso I 5i2 701 86 71 ; t™' o\n185 1 I 542 891 87 241 \\ o\n18521 486 56 I 126 11 ( | 0\n1853 I 620 1071 111 i 5 o o\n18541 610 1171 107 6 Im. o\n1855 I 1,271 1141 141 7 2m. o\n1856 1 534 75 I 71 11 o 1 tr.\n18571 540 52 1 76 9 Im. o\n1858 1 331 741 77 17 1 tr- 1 tr-\n-19,344 2,818 j 2,749 459 35 3\nTOTAL. 22,162 I 3,206 38\nMoyenne. 852 I 125 I^7\nRapport ( par toutes!\nsur ) les causes.! .149 1,85\n1,000 j par\ndécès [ phthisie | ... 11,87\nCORPS\nrespectifs\nDES DÉCÉDÉS\n38e de ligne, ier hussards.\n16e de ligne.\n6« et 41* de ligne.\n32e de ligne.\n9e de ligne.\n39% 14e et 10e de ligne.\n2e, 18e, 21e de ligne. ieret\n21e léger.\n18e et 23e de ligne.\n28e de ligne.\n16e de ligne.\n55e de ligne.\n55e de ligne.\n5e de ligne. 6* d'artillerie.\nZouaves.\n10e d'artillerie. 57e de ligne\n3e et 43e de ligne.\n37eet36edeligne. i5eléger\n21* léger.\n9e d'artillerie. t Grenadiers\n! de la garde impériale.\n17e hussards.\n46e de ligne. #\n( 14e d'artillerie. Artilleur\nde la garde impériale."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.21", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "N° 2. - TABLEAU COMPARATIF\nDES CONGÉS DE REFORME OU DE CONVALESCENCE POUR PHTHISIE\nChe\\ les soldats de toutes armes,et che\\ les musiciens ou les trompettes\net clairons, accordés à ïhôpital de Versailles, pendant les mêmes\n26 années, et au Val-de-Grâce?pendant g années seulement de cette\npériode.\nMORTALITÉ\nAnnées VERSAILLES VAL des deux hôpitaux\nDE GRACE ...\n— — GÉNÉRALE PAR PHTHISIE\nSoldats Musiciens Soldats I Music. SoldatsIMusic.\n1833 80 o 536 80 2\n1834 66 o „ 387 66 1\n1835 29 o s 386 35 o\n1836 51 2° de'ligné. S 328 48 ,\n1837 36 o o 0\n1838 39 12e d'artillerie 5 864 87\n1839 27 5e dragons C 594 60 1\n1 840 92 ° 667 77 i\n1Ô4X 88 0 899 13 3 1\n94 o c 468 63 o\n1843 116 9e cuirassiers S * 3l8 62 2\n1844 97 11 » dé ligne 252 57 O\n1845 84 o - 226 52 1\n1846 IOO O M 280 60 o\n1847 114 O c 45 I 121 O\n1848 -10 Chas'seurs 0:1 671 97 1\n■849 77 0 1,070 13 2 1\n1850 3i o 83 2 3i2 40 2\n1851 57 o 107 2 3O7 61\n1852 56 o 125 o 281 72 3\n- i853 76 o 140 o | 367 73 0\ni854 °4 28e de ligne 116 0 7'9 55 o\n18 5 5 56 o 17 580 74 o\ni856 06 o 173 o 3qq 59 I\ni8:>7 03 0 140 o 389 59 1\n1858 75 o 51 o 269 66 1\nTOTAL, V/o(j 7 1,112 8 12,627 1,69r 24\nMoyenne... 68,3 0,27 ' I23 0,89 ~ I ëT'\nRapport sur I\n1,000 décès. 637,6 12,5o 373 ) 15 t-t I"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.22", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "Le tableau n° I montre que dans toute la garnison des ire et 2e Divi-\nsion militaire, la mortalité, non comprise celle par le choléra, s'est\nélevée, pour les hôpitaux du Val-de-Grâce, du Gros-Caillou, du Roule,\nde Popincourt, de Picpus, de Sceaux et de Saint-Denis, à un total de\n19,344 décès, dont 2,749 par phthisie pulmonaire; et pour l'hôpital de\nVersailles à 2,818, dont 459 par phthisie;—ensemble : 22,162 décès sur\nlesquels 3,308 phthisiques.\nQuelle a été la part des divers instrumentistes, musiciens proprement\ndits et trompettes ou clairons, dans ce dernier chiffre ?\nPour la première division de 29 musiciens.\nS trompettes.\n3 clairons.\nPour la deuxième division de 3 trompettes.\nTotal 38\nComparant les chiffres de Benoiston de Châteauneuf avec les nôtres,\nque nous avons tenu, nous, à bien spécifier dans leur partie la plus\nessentielle, afin de tenir la porte ouverte à une vérification, l'on trouve :\ni° D'une part, pour une période de six années 120,624 hommes\nayant donné 2,352 décès, dont 102 par phthisie, sur lesquels 17 étaient\nafférents aux musiciens ;\n20 Et d'autre part, pour une période de vingt-six autres années\n961,376 hommes (la garnison de Paris seule) qui ont offert 19,344 décès,\ndont 2,711 par phthisie sur lesquels 29 seulement pour les musiciens\nproprement dits. Divisant les trois chiffres ci-dessus 19,344,-2,711\net 29, les deux premiers par l'effectif moyen 36,942, qui résulte des chif-\nfres officiels que nous donnerons tout à l'heure, et par 26, et le troi-\nsième, 29, par 2,711, l'on obtiendra d'un côté, pour la mortalité géné-\nrale, une moyenne de 744 ou de 2 millièmes, c'est-à-dire à très peu près\ncelle indiquée par Benoiston, qui est de 0,00194, et de l'autre, pour la\nmortalité par phthisie de la garnison entière, tout près de 3 millièmes\n(0,0028) de l'effectif total et 0,143 de la mortalité générale, ail lieu\ndei/i4 oude 0,071, et m fine seulement 0,0106 de décès pour les\ntubercules au compte des musiciens, au lieu de 0,140.\nEst-ce assez pour montrer enfin tout ce que vaut cette statistique\nfameuse de Benoiston de Châteauneuf, universellement acceptée si à la\nlégère? et que faut-il de plus pour démontrer à tous ceux qui pour-\nraient être tentés d'en épouvanter encore ceux que leur goût porte vers le\njeu des instruments à vent, qu'elle est de fantaisie pure, tout au moins"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.23", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "en ce qui concerne la mortalité par phthisie des joueurs de ces instru-\nments ?\nQuittons donc, pour ne plus y revenir, les assertions de notre contra-\ndicteur anticipé, et serrons maintenant de près la statisque qui nous\nest propre.\nEt d'abord, quels ont été pour chacune des vingt-six années sur lesquelles\na porté notre enquête : i° Le chiffre précis de l'effectif de la garnison;\n2° le nombre de musiciens et de trompettes ou clairons qui faisaient\npartie de cet effectif?\nAprès les avoir cherchés vainement l'un et l'autre dans les docu-\nments mis à notre disposition, nous les avons demandés au Ministre\néclairé qui avait autorisé nos recherches, en le priant de vouloir bien\ny ajouter, si faire se pouvait, la nature de l'instrument dont jouaient les\ndécédés. Il nous fut répondu :\n« Que le Département de la guerre se trouvait, à regret, dans l'impos-\nsibilité de nous fournir les renseignements demandés. »\nIl était très fâcheux, sans doute, qu'il ne pût en être tout autrement,\nmais fort heureusement que d'abord nous avions pu nous procurer divers\nchiffres officiels, parmi lesquels se trouvaient ceux de la garnison de\nParis, au commencement de diverses périodes quinquennales, et qu'il\nnous restait ensuite le précieux manuel de Kastner pour nous éclairer\nsur la composition des musiques de l'armée. Voyons donc ce que nous\navons appris à ces différentes sources :\nEffectif de la garnison de Paris (Officiel) :\nAnnées 1833 31.5cp hommes.\n1836 20,532\n1841 40,152\n1846 33,240\n\"\" lBsï 49,7 57\n1856 46,581\nTotal 221.654 hommes.\nDivisant le total de ces effectifs par le nombre d'années auxquels ils\ncorrespondent, lon obtient, comme moyenne de la garnison, le chiffre\nde 36,942 hommes, lequel multiplié ensuite par 26, donne, comme\nexpression très probable de tous les effectifs,depuis l'année 1833 jusqu'à\ncelle de 1858 inclusivement, un total de 960,482.\nSur la composition des divers corps de musique de l'armée, voici main-\n■z"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.24", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "tenant ce que nous enseigne Kastner, et ce que nous avons pu ajouter\npersonnellement sur des documents authentiques.\nSous la première République, après la fondation du Conservatoire,\nles musiques militaires comptèrent jusqu'à quarante exécutants.\nSous l'empire, otx l'on eut plus besoin de soldats que de musiciens, le\nnombre de ces derniers ne dépassa presque jamais celui de vingt par\nrégiment.\nSous la Restauration, il y eut à l'effectif total de l'armée 1,393,778,\nsur lesquels, comme il a été dit précédemment, 7,625 musiciens et6,B3i\ntrompettes ou clairons, ensemble—l4,4s6,ou un peu plus de 1 pour 100\nseulement d'instrumentistes, mais répartis par rapport à Paris, ainsi\nqu'on le verra quelques lignes plus loin.\nAprès la révolutionne iB3o, on augmenta beaucoup les musiques\nmilitaires.\nLe 22 avril 1845, il y eut à Paris un grand concours. Plusieurs\nmusiques militaires s'y firent entendre ; voici quelle était leur com-\nposition»\ni° Musique du iei de ligne 49 exécutants dont 9 pour la batterie.\n20 —» du 1ie —— 38\n3° du 62e\n4e du 74e\nTotal 172\nMoyenne»,. 43\nSi aux musiciens proprement dits nous ajoutons les trompettes et\nclairons qui, sous la Restauration, formaient déjà près de la moitié des\ninstrumentistes, nous arrivons pour les musiques et sonneries de la ligne,\navant 1845, à une moyenne d'environ 55 à 60 exécutants.\nEn retranchant les gagistes civils, qui ne pouvaient figurer sur le\nregistre des décès des hôpitaux militaires, restent encore au moins\n45 musiciens trompettes ou clairons par régiment.\nD'autre part, en temps de paix, un régiment, musiciens compris, ne\ncomptait pas à l'effectif plus de 1,800 hommes au maximum, répartis en\ntrois bataillons, dont deux seulement (le troisième restait en dépôt en\nprovince) venaient tenir garnison à Paris. La musique suivant toujours\nle drapeau; c'est donc environ 45 instrumentistes sur 1,200 hommes de\nla ligne, ou i/ 2 qu'il y avait dans la première Division militaire avant\nl'année 1845.\nLes chasseurs à pied, chez lesquels le clairon avait remplacé le tam-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.25", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "bour, comptaient plus d'instrumentistes, et ce n'est point exagérer que\nde les porter chez eux, toujours bien entendu pour la garnison de Paris,\nà i/ 25e de l'effectif réel.\nLa cavalerie se composait de six escadrons dont un de dépôt en\nprovince.\nChaque escadron ne comptait pas plus de 120 hommes présents, ce\nqui donne pour 5 escadrons 600 hommes à l'effectif.\nChaque régiment avait sa fanfare, composée en moyenne de trente\nexécutants, et chaque escadron n'avait pas moins de quatre trompettes,—\nsoit donc, si Ton veut, 1 instrumentiste pour i 5 hommes.\nL'artillerie comptait :\ni° Par régiment monté,—l,loo hommes, en 10 batteries, 25 musiciens\nréglementaires et 3 trompettes par batterie,— soit 1 instrumentiste sur\n20 hommes et même moins, si l'on tient compte encore ici des batteries\nrestées en dépôt dans les Départements.\n20 Par régiment à pied, i,300 hommes, en 16 batteries, 20 à 25 musi-\nciens et 2 trompettes par batterie, soit encore 1 instrumentiste par\n25 hommes.\nEn 1845, les musiques militaires, par décision ministérielle insérée\nau Moniteur du 1 o septembre, furent organisées de la manière suivante :\ni° Musique d'un régiment d'infanterie 5o exécutants.\n2o\n3°\n4°\nEn retranchant encore les éléments qui ne pouvaient figurer sur les\nregistres des décès, les gagistes civils et les élèves inscrits sur ces registres\nsous la seule désignation de fusiliers, on peut donc porter, après 1845, la\nmoyenne des exécutants de toute sorte à i/ 2oe de l'effectif total, et en\nélevant cette moyenne à i/ 25e pour toute la période de i 832 à 1858,\npour Paris et pour la deuxième Division, où elle est encore moindre,\npar la raison que la garnison de Versailles, de Saint-Germain, etc., est en\ngrande partie composée de cavalerie et d'artillerie, tous les gens compé-\ntents que nous avons consultés, facteurs, chefs de musique, chefs d'état-\nmajor de la place, etc., nous ont affirmé que nous serions en dessous\nplutôt qu'en-dessus de la vérité. Les très rares renseignements officiels,,\nque nous avons retrouvés sur ce point, donnent d'ailleurs plus que raison\nà cette évaluation. Pour les années 1846, 1851 et 1856, il y eut en effet\nun total de 3,329 musiciens (gagistes et élèves musiciens compris) cor-\nrespondant à un effectif total de 129,558 hommes. En y ajoutant à peu"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.26", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "près un même nombre de trompettes ou clairons, qui ne saurait avoir\nété moindre à ces époques que sous la Restauration, puisque dans plu-\nsieurs corps de troupe ils avaient déjà remplacé les tambours, nous\narrivons à un total de 6,000 instrumentistes, c'est-à-dire à i/ 2 environ\nde la garnison.\nSi donc i musicien trompette ou clairon par 2 5 hommes de garnison,\ntant à Paris qu'à Versailles, à mortalité seulement égale par phthisie\npulmonaire, nous aurions dû trouver 3,208.\nc'est-à-dire 128 décès au lieu de 38! !\nFaisons encore remarquer que parmi les trente-huit victimes dont\nnous avons pris soin de recueillir les noms, aussi bien que celui de leurs\ncorps respectifs, il n'est pas bien sûr qu'il n'y en eût point qui fît par-\ntie de la batterie, et fût par conséquent sans aucun droit à bénéficier\npour sa part de sa qualité de Musicien.\nCette différence dans la mortalité par phthisie, tout en faveur des\ninstrumentistes, trouve d'ailleurs sa confirmation dans les mârnes docu-\nments administratifs qui nous ont fait connaître au juste le chiffre res-\npectif des hommes et des musiciens en garnison à Paris, pendant les\nannées 1846-1851 et i 856.\nSur cet effectif de 129,556 hommes, dont 3,329 musiciens seuls, com-\nbien y eut-il, en effet, de décès par phthisie?\n244 ou 1 >B9 pour les premiers,\n2 ou 0,66 pour les seconds.\n( La fin prochainement.)\n\nDr V. BURQ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c021", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "74", "page_fin": "78", "image_debut": 27, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.5", "titre_corps": "INAUGURATION", "titre_sommaire": "INAUGURATION", "signature_source": "O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.27", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1087, "texte": "INAUGURATION\nDU NOUVEL OPÉRA\n\nE Nouvel Opéra a été inauguré le mardi, 5 janvier 1875,\npar une représentation de gala, et, contrairement à\nl'usage, les personnages invités à cette solennité ont dû\npayer leurs places. Une exception cependant a été faite\nen faveur de la presse ; quelques fauteuils de parterre\nlui ont été réservés. On assure que M. Garnier. l'archi-\ntecte éminent qui a construit l'Opéra, se serait vu dans la nécessité de\npayer 120 fr. la loge qu'il occupait. En tout état de cause, il est certain\nque la recette, s'élevant au chiffre brut de 36,282 francs, a été encaissée\npar le direvteur. Cette représentation ne peut être considérée comme une\nsoirée donnée par l'État.\nM, Halanzier avait eu plusieurs mois pour préparer la composition\nde ce spectacle, qui devait être, à juste titre, regardé comme une fête\nnationale, et le programme suivant avait été définitivement arrêté :\nOUVERTURE DE LA MUE\n(Dirigée par M. Deldevez)\nPremier et deuxième actes de\nla juive\nElecteur MM. Villaret\nBroeni -n 1 1\nT , 0 ~ * Belval\nLeopola D\nr> rT 7 Bosquin\n,ie Mm<« Krauss\nEud°** Bdval"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.28", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2006, "texte": "Scène de l'Église de\nFAUST\nMarguerite Mœ<! Nilsson\nMéphistophélès M. Gailhard\nTroisième et quatrième actes de\nHAMLET\nHamlet MM. Faure\nLe Roi Gailhara\nOphélie Mmes Nilsson\nLa Reine Gueymard\nDIVERTISSEMENTS\nMesdemoiselles Fiocre et Beaugrand\nDeuxième acte de\nLA SOURCE\nMademoiselle Sangalli et M. Mérante\nCette distribution a subi au dernier moment une première modifica-\ntion. Madattie Nilsson, pour éviter, dit-on, des répétitions fati-\ngantes, demandait à chanter avec M. Faure la scène de l'Église, de\nFaust; et, sur sa prière, on dépossédait M. Gailhard du rôle de Méphisto-\nphélès, qu'il interprète cependant avec une incontestable autorité.\nLe dimanche, 3 janvier, la presse était conviée à une répétition géné-\nrale; on commençait à chanter Hamlet, lorsque tout fut brusquement\ninterrompu. Madame Nilsson ne devait pas paraître; les uns la\ndisaient malade, les autres prétendaient qu'elle refusait de répéter devant\nla presse, dans un local dont l'acoustique lui était inconnue.\nQuoi qu'il en soit, les journaux publiaient le 5 janvier cette note :\nLe programme de la représentation se trouve modifié par une indisposition\nde madame Nilsson que le Certificat du docteur Jules Guérin constate ainsi :\n« Madame Nilsson, par suite d'un refroidissement, a été prise d'enrouement ;\n« son état n'a rien d'inquiétant, mais elle était hier et elle est encore aujour-\n« d'hui hors d'état de chanter. Un repos de quelques jours et des soins appro-\n« priés permettront à madame Nilsson de reprendre son service à l'Opéra. »\n« Paris, 4 janvier 1875.\n« JULES GUÉRIN. »\nLa teneur même de ce certificat et le vague qu'il laisse planer sur le point\nessentiel de savoir quand madame Nilsson sera en état de faire son service à\nl'Opéra, ne permettent pas à M. Halanzier de retarder une soirée pour\nlaquelle de nombreuses invitations ont été lancées à tous les grands corps de\nl'État.\nLes portes du nouvel Opéra s'ouvriront donc ce soir; voici le programme\ndéfinitif de la représentation :"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.29", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "OUVERTURE DE LA MUETTE DE PORT ICI\nPremier et deuxième actes de\nLA JUIVE\nOpéra en cinq actes, Scribe, F. Halévy.\nMM. Villaret\nBrogni Belval\nLéopold Bosquin\nRuggiero Gaspard\nCrieur Dieu\nAlbert Auguez\nRachel Mmes Krauss\nEadoxie Belval\nVALSE\nMesdemoiselles Pallier, Bartoletti, Piron, Sanlaville, Millie,\nRobert, Lapy, Ribet, Bussy, A. Parent.\nr\nOUVERTURE DE GUILLAUME TELL\nLa Bénédiction des poignards de\nLES HUGUENOTS\nSaint-Bris M. Gailhard\nDeuxième tableau de\nLA SOURCE\nBallet-pantomime en deux actes et quatre tableaux\nNuitter, Saint-Lêbn, Minkous, Léo Delibes.\nNaïla Mmes Sangalli\nNonredda Fiocre\nDadje Mérante\nMorgab Marquet\nDjelma Aline\nDjémil MM. Mérante\nMoçdock Pluque\nLe Khan Cornet\nSindjar F. Mérante\nIsmaël * Montfallet\nLA GUZLA : Mademoiselle Fiocre\nPAS DES VOILES\nMesdemoiselles Mérante, Robert, Piron, Millie, Montaubry, Stoïkoff,\nRibert, Bussy, A. Parent, Leroy, Larieu, Moïse, Ridel.\nPAS D'ACTION : Les sujets.\nCe programme a été exécuté. Il est si banal, qu'il n'appelle aucun\ncommentaire.\nLe spectacle était annoncé pour huit heures. Dès six heures, la foule"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.30", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "envahissait les grands boulevards et les rues avoisinantes, pour contem-\npler l'Opéra nouveau dans toute la splendeur de ses illuminations. La\ndéception a été grande. Les candélabres qui entouraient le monument\nne donnaient aucune clarté, et sans les maisons de commerce et les cer-\ncles voisins, qui tous avaient illuminé, on n'aurait pu rien distinguer.\nOn s'était laissé aller à l'hypothèse la plus naturelle, en accusant\nM. Halanzier de parcimonie ; mais une lettre de M. Garnier est venu le\nlaver de ce grief complémentaire. Le budget accordé à l'architecte ne lui\na pas permis d'établir actuellement des appareils assez puissants pour\nl'éclairage extérieur, et dont la construction aurait nécessité une dépense\nde 200,000 francs.\nLa place de l'Opéra avait été sablée. C'est de ce côté que devaient\nentrer les invités officiels : Le lord-maire de Londres, sirStone; le bourg-\nmestre d'Amsterdam, M. Van der Meulen ; la reine Isabelle d'Espagne\net son fils Alphonse XII; le Maréchal-Président, les ministres, le conseil\nmunicipal; deux cent cinquante députés, etc.\nLe Maréchal, dont la voiture était escortée par un peloton de cui-\nrassiers, est arrivé à huit heures moins le quart. Il a été reçu par\nM. Halanzier.\nPeu après est arrivé le lord-maire, dont le cortège, débouchant de la\nrue de la Paix, était précédé de quatre hérauts sonnant de la trompette.\nCes hérauts, vêtus de rouge et coiffés d'une toque noire, auraient l'as-\npect tout à fait moyen âge, s'ils ne portaient des pantalons.\nLe lord-maire, sir Stone, revêtu de son costume d'apparat, a été reçu\na sa descente de voiture par le préfet de la Seine et les ministres. Il a\nmonté lentement le grand escalier d'honneur, précédé de ses massiers,\nsuivi de ses shérifs en robes rouges, de son porte-glaive et autres digni-\ntaires attachés à sa personne. Aussitôt mis en possession de son avant-\nscène, le spectacle a commencé.\nIl ne convient pas d'apprécier ici, au point de vue musical, cette repré-\nsentation, dans laquelle aucun élément de progrès n'est entré. Nos lec-\nteurs trouveront, à la Revue des théâtres lyriques, le compte-rendu de\nla Juive, chantée le 8 janvier par mademoiselle Krauss; sa santé et sa\nbonne grâce ont bien mérité du public parisien. M. Gailhard, en inter-\nprétant dans la Bénédiction des poignards la partie effacée de Saint-\nBris, a prouvé que la modestie pouvait parfois faire alliance avec le\ntalent. Il a été l'objet d'une ovation significative.\nCette soirée, loii} d'apaiser la critique, a exaspéré les plus ardents et\nenhardi les plus timides.\nNous avons toujours considéré la personnalité de M. Halanzier"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.31", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "comme néfaste, entre toutes celles qui président souverainement aux\ndestinées de la musique. Mais nous nous refusons absolument au coup\nde pied de l'âne, et nous récusons toute solidarité avec ceux qui, après\navoir encouragé par leur faiblesse ou leur silence les calculs mercantiles\nde ce directeur, nous assourdissent aujourd'hui des cris insolites d'une\npudeur artistique qui a été tant de fois violée.\nSi quelque argument pouvait jamais plaider en faveur de M. Halan-\nzier, ce serait la coalition de tous les journaux qui ont attendu, pour\ncrier haro, qu'une combinaison de prime ait été entamée entre une offi-\ncine rivale et l'imprésario de l'Opéra.\nNous ne nous laisserons pas traîner à la remorque de ces indignations\nfactices, dues à la belle discipline des intérêts privés.\nDégageons donc la personne de M. Halanzier du débat. Nous y revien-\ndrons plus tard, sur le terrain brûlant de l'administration pure.\nL'inauguration du nouvel Opéra n'a rien inauguré.\nElle n'est ni une manifestation de l'art national, ni une féte de l'art\ninternational, c'est-à-dire humain. Elle n'est ni un hommage pieux\nrendu à la tradition, ni un gage hardi donné au progrès. On n'y a\ncélébré ni le passé, ni le présent, ni l'avenir.\nC'est l'apothéose du vide.\n\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c025", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "79", "page_fin": "85", "image_debut": 32, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.6", "titre_corps": "REVUE DES CONCERTS", "titre_sommaire": "REVUE DES CONCERTS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS POPULAIRES : Fantaisie pour orchestre en ut mineur, de M. Bourgault-»\nDucoudray. Ouverture de Phèdre, de M. J. Massenet. Divertissement, de M. Lalo.\nEntr'acte de l'opéra de Fiesque, de M. Lalo. CONCERT NATIONAL : Première audi-\ntion de VEnfance du Christ. SALLE TAITBOUT (CONCERTS DANBÉ). CONCERT\nDONNÉ AU PROFIT DE LA CRÈCHE SAINT-JOSEPH.\nONCERTS POPULAIRES. 3e et 4e Concerts de ta\n2e série.— M. Bourgault-Ducoudray est un\ncien de la bonne école. Grand prix de Rome, di-\nrecteur d'une Société chorale bien digne d'être prise\npour modèle par toutes les associations du même\ngenre, il a rendu de réels services à Part, en propa-\ngéant, l'un des premiers, la connaissance des chefs-d'œuvre du ré-\npertoire classique. On n'a pas oublié les belles séances qu'il a don-\nnées avec tant de succès pour l'audition d'oeuvres chorales presque\ninconnues de Jannequin, d'Orlando di Lasso, de Palestrina, de\nLulli, de Rameau, de Bach, d'Haendel et de Mendelssohn.\nM. Bourgault-Ducoudray est donc un artiste d'une instruction solide\net d'un réel mérite, un esprit éclairé et naturellement porté vers ce qui est\nbeau et grand en musique; il a toutes les qualités d?un excellent musi-\ncien, mais il lui manque cette étincelle du feu sacré que la nature avare\na déposée au fond de certaines organisations privilégiées, qui commu-\nnique à l'esprit la faculté créatrice et fait seule les vrais compositeurs.\nL'année dernière,, le jour du vendredi saint, M. Bourgault-Ducoudray\nnous faisait entendre, à l'église de la Trinité et aux Concerts Populaires,\nles fragments d'un Stabat mater, dans lequel il s'était efforcé de réagir"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.33", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "contre les tendances dramatiques de la musique religieuse moderne et de\nramener celle-ci aux saines traditions de l'école de Palestrina.. Cette\nimportante composition passa presque inaperçue. C'est qu'en effet on y\nretrouvait la main d'un musicien de talent, mais ce n'était pas là une\nœuvre, c'est-à-dire une de ces créations frappantes qui font événement\ndans l'art, qui s'imposent dès le premier jour à l'attention du public et\ndont la place est marquée d'avance parmi ces belles productions de\nl'esprit humain, qui font la gloire d'une époque et que la postérité con-\nsacre chefs-d'œuvre.\nLa Fantaisie pour orchestre en ut mineur, que M. Bourgault-\nDucoudray a fait exécuter pour la première fois au 3e Concert de la\n2e série, ne possède même plus, comme le Stabat, ces qualités de fond,\nsans portée sur la masse du public, mais qui suffisent à recommander\nun ouvrage à l'attention des artistes ; c'est un morceau absolument mau-\nvais, qui devait échouer, et que musiciens et public ont unanimement\ncondamné. Cette Fantaisie se compose de quatre parties. Les deux pre-\nmières, Introduction et danse et Andante, renferment, au milieu d'iné-\ngalités choquantes, quelques bons passages, notamment l'introduction\nqui ne manque pas d'un certain caractère et la belle phrase chantée sans\naccompagnement par les violoncelles divisés au début de Y andante;\nl'orchestration de ces deux morceaux est ferme, serrée et d'une brillante\nsonorité. Les deux dernières parties sont détestables : le scherzo se déve-\nloppe sur un pont-neul ridicule, qui rappelle les inspirations pru-\nd'hommesques de Bérat et de Loïsa Puget; le final m'a paru sans queue\nni tête. Je n'insisterai pas davantage sur Terreur déplorable d'un musi-\ncien qui adroit à toute notre estime. M. Bourgault-Ducoudray est un\nartiste très entier dans ses opinions et qui n'admet pas de concessions ;\nje lui devais donc la vérité sans ménagement, et j'ai constaté brutalement\nson échec, duquel il ressort, à mon sens, une grande et utile leçon, à\nsavoir que M. Bourgault-Ducoudray aurait tort de persévérer dans une\nvoie qu'on ne peut parcourir avec succès si l'on n'est doué de certaines\nqualités indispensables, qui lui font absolument défaut.\nDans le même concert, M. Wienawski a exécuté le Concerto en la\nmineur, de M. Vieuxtemps. M. Wienawski est un violoniste de talent,\nil vient d'être nommé professeur au Conservatoire de Bruxelles. Son jeu\nmanque de légèreté et d'élégance, mais il rachète ces défauts par une\nsolidité et une justesse irréprochables. Le public a fait un très grand\nsuccès au virtuose ainsi qu'à l'œuvre de Vieuxtemps. Pour ma part, je\nm'y associe bien volontiers, à condition qu'on me permettra la petite\nremarque suivante : les Belges ont certainement beaucoup de talent,"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.39", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "mais je suis heureux de constater une fois de plus que nous avons une\nécole française qui n'a rien à leur envier et que le Concerto de M. Lalo,\nexécuté par M. Sarasate, laisse sensiblement en arrière le Concerto de\nM. Vieuxtemps, exécuté par M. Wienawski.\nLe dimanche suivant, M. Wienawski a joué avec le même succès la\nRomance en fa de Beethoven, suivie d'une Polonaise de sa composition.\nLes deux morceaux ont été également applaudis. Le concert avait com-\nmencé par l'ouverture de Phèdre de M. Massenet. Je n'ai pas à revenir\nsur cette œuvre, dont il a été rendu compte l'année dernière; je consta-\nterai seulement que l'ouverture de Phèdre est conçue dans le style clas-\nsique et que le talent symphonique du jeune maître y prend plus libre-\nment son essor et s'élève à des hauteurs qu'il n'avait pas encore atteintes\ndans ces fantaisies charmantes, qu'on appelle Suites d'orchestre.\nM. Massenet a l'intention d'achever l'œuvre musicale dont cette ouver-\nture est la préface ; il doit écrire pour Phèdre des entr'actes et des mélo-\ndrames qui pourraient bien être exécutés l'an prochain au théâtre de\nPOdéon, dans une solennelle reprise du chef-d'œuvre de Racine. Mais\nauparavant, nous entendrons deux ouvrages nouveaux de l'auteur de\nMarie-Magdeleine : les Scènes dramatiques, 5e Suite d'orchestre, qui\ndoivent être jouées aux Concerts populaires le 24 de ce mois, après avoir\nété données au Conservatoire le dimanche précédent, et une ouverture de\nMéduse que l'on dit très remarquable.\nLe Divertissement de M. Lalo, qui occupait une place importante sur\nle programme de cette même séance, où M. Pasdeloup avait fait une\nlarge part à nos compositeurs modernes (ce dont nous ne saurions trop\nle féliciter), nous est déjà connu et nous ne ferons que signaler cette\nreprise d'une œuvre aujourd'hui classée et fort appréciée de tous les\nmusiciens. La Chronique Musicale en a déjà publié un fragment :\nYandantino, et le succès de cette première publication nous engage à\ndonner aujourd'hui un entr'acte de l'opéra de Fiesque, que l'auteur a\najouté à son Divertissement, à l'occasion de cette dernière reprise. Ce\nmorceau est à la hauteur des précédents, c'est le meilleur éloge que j'en\npuisse faire. Il est extrait d'une œuvre importante (1), qui concentre en\nelle les qualités les plus marquantes du talent si original, à qui nous\ndevons le beau Concerto de violon exécuté l'année dernière par M. Sara-\nsate et dont un nouvel ouvrage, la Symphonie espagnole avec violon\n\n(1) L'opéra de Fiesque et le Divertissement ont été publiés par l'éditeur Hartmann."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.40", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "principal, sera exécuté chez M. Pasdeloup dans la premièic quinzaine\nde février.\nH. Marcello.\nCONCERT NATIONAL. ( Théâtre du Châtelet.) — Depuis le 12 décem-\nbre 1854, jour de la première audition tel Enfance du Christ, les\noreilles du public ont fait de notables progrès dans l'intuition de ce\ngenre spécial de musique, dont Berlioz fut le créateur, et que plus tard\nont mis à la mode Schumann, MM. Liszt, Gounod, Wagner, et les\nadeptes de ce dernier. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, qu on poite\nau septième ciel cette absence de rhythmes francs et de mélodies bien\ndéveloppées, ou qu'on lui préféré cette exubérance de chants tour a toui\ngracieux, légers ou passionnes, mais toujours faciles à xetenir, dont\nabondent les œuvres de Haendel, Haydn, Mozart, Monsigny, Grétry,\nRossini, Hérold et Auber, toujours est-il qu'à force de l'entendre, on la\nsaisit mieux aujourd'hui qu'il y a une vingtaine d années*, et le public\nde l'heure présente ne prétendra plus comme les mauvais plaisants de\ni83o, lors de l'apparition de la première œuvre importante de Berlioz,\nsa Symphonie fantastique, qu'à un certain endroit, 1 auteui avait mis\nsur toutes les parties d'orchestre, au lieu de musique notée, cette indi-\ncation r « Pendant vingt mesures, faites ce que vous voudrez. »\nM. Colonne nous a donc donné le 9 de ce mois une audition de\nVEnfance du Christ, qui a pleinement réussi. La parfaite exécution y a\nété pour beaucoup, mais cette Trilogie, — on ne peut le nier, ien-\nferme des beautés de premier ordre. Ce qu'on pourrait lui reprocher,\n— j'ai hâte de me débarrasser de la tâche ingrate de critique, non certes\nde détracteur, — c'est d'être écrite, au moins pour les deux tiers, aans\nune demi-teinte constante, comme si Berlioz avait voulu se lavei de\nl'imputation qui lui fut souvent faite, de chercher des effets tiop\nbruyants. Cette demi-teinte, dans certains endroits, est poussée à un\ntel point, que l'orchestre est comme s'il n'existait pas. Le résultat en est\nde la monotonie et de la fatigue pour l'auditeur. En outre, la partie\nsymphonique coupe trop souvent et pendant trop longtemps la paitîe\nvocale, ce qui nuit à l'intérêt du drame. Enfin, la mélopée se substitue\ntrop souvent à la mélodie.\nCes défauts relevés, je dois signaler, dans la première partie, le Songe\nd'Hérode, la magnifique marche de la patrouille* les évolutions caba-\nlistiques, écrites dans un rhythme où la mesure alterne constamment de\ntrois temps à quatre temps, et excessivement difficile à exécuter correc-"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.41", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "tement; l'air d'He'rode interprété avec beaucoup de verve par M.Taskin,\net terminé par un splendide effet de cuivres, et enfin le chœur des anges,\nchanté par des voix de femmes dans la coulisse. Les dames des chœurs\nl'ont exécuté avec une telle perfection qu'on leur a fait une ovation,\nlorsqu'elles sont venues plus tard prendre leurs places sur l'estrade.\nLa seconde partie, la Fuite en Egypte, est la mieux réussie, Dans les\nAdieux des Bergers, le chant est bien rhythmé, doux et touchant, et\ntout à fait àla manière de Gluck. Le récit « les pèlerins étant venus »,\nchanté par M. Prunet avec une grâce et une suavité indicibles, qui lui\nont valu les honneurs du bis (monstruosité, selon moi, de la part du\npublic, dans un tel moment) est une mélodie large, pure et du carac-\ntère religieux le plus élevé.\nLa troisième partie, VArrivée à Saïs, dans laquelle cou-\npures ont été pratiquées, est la moins saillante. Il ne s'y trouve de vrai-\nment remarquable qu'un admirable trio symphonique pour harpe et\ndeux flûtes, exécuté avec une rare perfection, et le chœur mystique, qui\ntermine loratorio ou trilogie ; car le récit qui commence cette partie est\nune mélopée longue et froide, et la scène entre la Vierge Marie, le\nvieillard et saint Joseph manque totalement d'effet.\nMadame Galli Marié a chanté avec autant de talent que de charme le\nrôle bien effacé de la Vierge Marie. Elle a cependant trouvé l'occasion de\nse faire vivement applaudir dans son duo de la première partie avec\nsaint Joseph (M. Taskin), ainsi que dans la phrase de Y Arrivée à Saïs,\n(c Pitié, pitié, secourez-nous ! » En somme, très grand succès, et salle\nremplie jusqu'aux combles.\nHenry Cohen.\nCONCERTS DANBÉ. Salle Taitbout. 5e concert, mélangé. Du\nbon et du médiocre. La Société Armand Chevé? hommes et femmes,\na chanté un chœur des Fêtes d'Hébé, sans accompagnement. Rameau\nl'a-t-il bien écrit sans accompagnement? J'ai parcouru la partition,\net n'ai point rencontré de chœurs dans ces conditions. Mesdemoiselles\nSarah Lewyné et Philippine Lévy, deux jeunes Russes, ont chanté le\nduo du troisième acte, du FreyschutCe duo dans un concert est une\nerreur. On les a entendues ensuite dans un duo de Rubinstein, intitulé :\nles Colombes. Le parfait ensemble avec lequel il a été dit leur a valu\nde nombreux applaudissements. Un prélude pour orchestre, de M. Fou-\nque, est un morceau d'un caractère large et sévère, qui figurerait par-\nfaitement dans une messe, comme offertoire. Le chœur des Buveurs,du"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.42", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "Comte Ory, qui a terminé le concert, n'a pas été chanté avec toute la\nprécision désirable, et le public s'est demandé pourquoi les dames et les\ndemoiselles de la Société Armand Chevé, qui n'avaient rien à faire dans ce\nchœur, ont dû rester en place depuis l'ouverture du concert jusqu'à\nla fin.\nM. Edouard Reméry, violon solo de S. M. l'empereur d'Autriche, qui\ns'est fait entendre au 146e concert, est un artiste d'un très grand talent.\nJustesse parfaite jusque dans les traits les plus ardus en doubles cordes,\nhardiesse poussée jusqu'à la témérité, et montrant en même temps tout ce\nque le violon peut offrir de charme et de dureté, il rappelle par sa fou-\ngue, qui l'emporte parfois un peu trop loin, le célèbre Alexandre Bou-\ncher, et donne une idée parfaite de ce grand violoniste à ceux qui sont\ntrop jeunes pour l'avoir entendu. M. Remény a été applaudi avec\ntransport à la suite d'un point d'orgue monstre, qui termine le\nrondo final du bizarre et très peu agréable cinquième concerto de\nBernard Molique. La marche orientale de M. Wekerlin est instru-\nmentée d'une manière distinguée, fort originale, et remplie d'effets\nnouveaux. Voilà de la vraie et bonne couleur locale. Pourquoi\nMM. Miquel, Girard, Masson et Mouret (le quatuor vocal), au lieu de\nchanter des morceaux d'auteurs inconnus du seizième siècle, peu intéres-\nsants comme composition et nuls comme mélodie, ne puisent-ils pas plu-\ntôt dans le riche répertoire des Glees anglais, qui sont des trios, quatuors\net quintettes fuguéset canoniques, souvent d'un grand mérite? C'est une\nmine à exploiter, qui leur rapporterait à la fois honneur et profit.\nMademoiselle Rousseil, qui s'était vivement fait applaudir au concert\nde bienfaisance, dont il sera question plus loin, est encore venue dire\navec une grâce et un charme tout particuliers, et\nde Victor Hugo, et l'Agonie, de Sully Prud'homme, au 147e concert\nDanbé. Mesdemoiselles Lory, de l'Opéra, ont chanté avec un ensemble\nparfait le duo des Diamants de la Couronne et celui des Noces de\nFigaro. Leurs voix sont si absolument homogènes, que dans ce dernier\nduo on n'aurait jamais pu, les yeux fermés, distinguer une sœur de\nl'autre. Mme de Grandval, qui possède à un degré éminent la science de\nl'instrumentation, a fait entendre une adorable L'interpréta-\ntion si fins et si distinguée de M. Danbé, lui a encore prêté un charme\nde plus. Le solo de violoncelle, dans la de Dunkler, a été supé-\nrieurement exécuté par M. Loys."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.43", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "CONCERT DONNÉ AU PROFIT DE LA CRÈCHE SAINT-JOSEPH, La char-\nmante salle Taitbout a encore ouvert ses portes cette semaine pour une\nœuvre de bienfaisance, organisée par madame Ratazzi, qui est coutu-\nmière de faits de cette nature. Le public a largement répondu à son\nappel, car la chambrée était complète; mais l'ordonnance de la soirée a\nlaissé à désirer. En voici au surplus le bilan.\nAnnoncé pour neuf heures très précises, le concert n'a commencé\nqu'à dix heures moins vingt minutes. Programme bouleversé de\nfond en comble, et comme à plaisir. Entr'acte de trois quarts d'heure\npour faire une quête, qui a produit 285 fr. Absents, madame de\nNar, amateur, indisposée ; mademoiselle Favart, peu disposée; M. Pilati,\navec son opérette, mal disposé; la Société chorale de l'Qdéon, point dis-\nposée du tout. Présents : mademoiselle Rousseil, grand succès dans la\nfable des Deux Pigeons, et dans la Crèche, de madame Rattazzi, poésie\npleine de sentiment; mademoiselle Gabrielle Darcier, grand succès dans\nl'air des Noces de Jeannette. Comment les directeurs de théâtre, qui\nengagent tant de médiocrités, la laissent-t-ils sans emploi? Madame\nDreyfus, la Paganini de l'orgue, grand succès; M. Castets, grand succès\ndans l'air de la Juive ; M. Collongues, grand succès, sauf une parenthèse\nà ouvrir. M. Collongues se permettrait-il de jouer à l'orchestre de\nl'Opéra, où il est premier violon, en cravate noire ? Mesdemoiselles\nCarlottina et Antonietta Badia, aussi jolies que jeunes, grand succès\négalement dans le duo du Giuramento ; Mme Ziegler, cithariste.—Autre\nparenthèse. La cithare n'a jamais fait d'effet que dans les odes d'Anacréon\net d'Horace;—enfin, M.Tresvaux de la Roselaye, amateur qui a osé s'at-\ntaquer au cor, le plus difficile de tous les instruments, et avec succès\nencore. Dernière parenthèse. M, de Lorbac, le directeur, qui, certes, s'est\nmultiplié sur tous les points autant qu'il était humainement possible,\nn'a cependant pas dû remarquer un individu assis juste derrière l'entrée\ndes premières loges, et fumant sa pipe. Au reste, il était minuit passé, et\nl'on chantait toujours.\nH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c029", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 34, "image_fin": 38, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.7", "titre_corps": "ENTR'ACTE de FIESQUE Opéra de LALO.", "titre_sommaire": "ENTR'ACTE de FIESQUE Opéra de LALO.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.34", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 161, "texte": "ENTR'ACTE de FIESQUE\nOpéra de LALO.\nLe théàtre représente une place de Genês. A droite une auberge; une table et des sièges. Des bonquetières vendent\ndes fleurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c030", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "86", "page_fin": "91", "image_debut": 44, "image_fin": 49, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.8", "titre_corps": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "titre_sommaire": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\nOPÉRA : la Juive. Débuts de mademoiselle Krauss. THÉÂTRE-VENTADOUR : Crispino\ne la Comare. Inauguration des représentations françaises.\nPÉRA. La Juive. Le véritable début de made-\nmoiselle Krauss à l'Opéra a eu lieu seulement le ven-\ndredi 8 janvier, jour où l'on donnait en son\nentier, et où la grande artiste se montrait pour la pre-\nmière fois dans le rôle de Rachel, qui semble avoir\nété créé pour elle et dans lequel elle peut déployer les\nélans de la passion brûlante qui l'anime.\nIl me souvient encore que, lorsqu'il y a quelque dix ans, mademoi-\nselle Krauss, venant de Vienne, fut engagée au Théâtre-Italien, quel-\nques-uns d'entre nous seulement la comprirent, à première audition,\net découvrirent qu'il y avait en elle l'étoffe d'une artiste de premier\nordre. L orchestre, lui , ne s y était pas trompe, et, dès les pre~\nmières répétitions, avait acclamé la Krauss avec une sorte d'enthou-\nsiasme. Mais, il faut bien l'avouer, parce que c'est la vérité,\nM. Bagier ne s était pas doute un instant de la valeur de sa nouvelle\npensionnaire ; il était même fâché, sacrifiant tout alors àla vogue de\nmademoiselle Patti, qu'on lui trouvât quelque talent, et les manifesta-\ntions de l'orchestre lui déplurent à ce point qu'il alla jusqu'à faire affi-\ncher, au foyer du théâtre, un avis par lequel il interdisait aux artistes\nd'applaudir mademoiselle Krauss.\nQuelque burlesque que puisse paraître une telle façon d'agir, —le\nfait que je mentionne ici est absolument historique, M. Bagier ne put"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.45", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "empêcher la critique de se déclarer en faveur de mademoiselle Krauss, ni\nle public de l'applaudir avec frénésie lorsqu'il eut appris à la connaître.\nIl y aurait là la matière d'une petite étude originale, qu'on pourrait\nintituler le directeur heureux malgré lui. Toujours est-il que made-\nmoiselle Krauss fut classée au bout de peu de temps, lorsqu'on lui eut\nentendu chanter Norma, Don Giovanni, Borgia, Il Trovatore,\net surtout Fidelio, où elle se montra si admirable et si sublime, et dont\nelle nous dévoila les incomparables beautés.\nAjoutons que mademoiselle Krauss, qui était restée incomprise de ses\ncompatriotes, est demeurée reconnaissante au public parisien de l'accueil\nqu'elle en avait reçu et de la renommée qu'il lui avait faite.\nDès avant la guerre, il était question de son engagement à l'Opéra, et\nlorsque M. Halanzier voulut reprendre avec elle, en vue de l'inaugura-\ntion de la nouvelle salle, des négociations, que nos désastres avaient une\npremière fois empêché d'aboutir, elle se montra on ne peut mieux dis-\nposée, et ne recula devant aucun travail, devant aucun sacrifice pour\npouvoir paraître sur une scène française, en renouvelant sa carrière et\nen la recommençant à nouveaux frais.\nLa réception qui lui a été faite à son début dans la Juive a pu lui\nprouver que ses efforts n'étaient pas en pure perte* et que la carrière nou-\nvelle qui s'ouvrait devant elle s'annonçait comme fertile en succès. Il est\ncertain quedepuis mademoiselle Falcon, la créatrice du rôle, Rachel n'avait\njamais eu une interprète plus passionnée, plus émouvante, plus chaleu-\nreuse, plus admirable à tous les points de vue. On sait ce qu'est la voix de\nla Krauss : parfois voilée, mais jamais faible 5 souvent mais tou-\njours conduite d'une façon magistrale. Cette voix, pour incomplète\nqu'elle soit, l'artiste s'en sert avec tant d'intelligence, avec un talent si\nparfait, un art si accompli., qu'elle en tire des effets incomparables et\nqu'elle émeut l'auditoire jusqu'aux larmes. En tant que on\npeut dire que la Krauss est inimitable, et il est certain que dans le réper-\ntoire de l'Opéra, nouveau pour elle, sa renommée ne peut que grandir\nencore et s'accroître chaque jour. Quelle belle Valentine cela fera, et\nquelle belle Armide cela ferait, si l'on voulait se décider à remonter pour\nelle le chef-d'œuvre de Gluck, dont depuis si longtemps on nous promet\nune reprise brillante!\nNous donnons dans ce numéro un portrait très réussi de Gabrielle\nKrauss, dans lequel on retrouvera sa physionomie intelligente, l'éclat de\nses yeux pleins de flamme, et jusqu'à l'expression de modestie fière dont\nson visage est empreint."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.46", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": ". THÉÂTRE VENTADOUR. Crispino ela Comare. Continuant les\ncoutumes si fâcheusement inaugurées par lui cette année, M. Bagier\nnous a offert de nouveau, il y a quelques jours, les débuts d'une jeune\nartiste qui, croyons-nous, n'avait encore paru sur aucun théâtre. La nou-\nvelle venue s'appelle ou se fait appeler mademoiselle d'Angerly, et elle n'a\npas craint de se montrer ainsi pour la première fois, dans le rôle fort\nagréable, assurément, mais aussi fort difficile, d'Annetta, de Crispino ela\nComare, qui exige à la fois une comédienne adroite et une cantatrice\nexercée.\nL'épreuve, il faut le dire, n'a pas été tout à son avantage, ce qui se\npeut concevoir aisément. Mademoiselle d'Angerly, en effet, a beaucoup\nà faire sous le rapport des qualités acquises, tandis qu'au point de vue\nnaturel elle est médiocrement douée. Sa voix, courte et sans portée,\naurait besoin d'être considérablement assouplie et travaillée, et la canta-\ntrice devra se donner beaucoup de peine encore pour acquérir la justesse,\nle goût et le style qui lui font presque absolument défaut; quant àla\ncomédienne, elle est d'une inexpérience accomplie, et elle n'a point\nl'air de se douter des difficultés de l'art scénique et du travail qu'il com-\nporte. Tout compte fait, il nous semble qu'il faut être doué d'une sin-\ngulière dose d'amour-propre ou de naïveté pour oser se montrer sur un\ntel théâtre et dans un tel rôle, lorsqu'on possède si peu des qualités néces-\nsaires. Heureusement, le public du Théâtre-Italien est bien élevé,\npétri d'indulgence, et incapable de se livrer à des écarts de caractère qui\npourtant seraient justifiées par de semblables essais. Mais nous pensons\nque la prospérité de l'entreprise doit être singulièrement compromise par\nde telles façons d'agir. Ceci, à la vérité, est l'affaire delà direction et non\nla nôtre. C'est, ou jamais, le cas de dire : Qui vivra verra. Nous ne\nvoulons pas, cependant, en finir avec Crispino sans adresser àM. Soto\nles éloges qui lui sont dus. La succession qu'il avait à recueillir était\nlourde à porter, et le souvenir d'un artiste tel que Zucchini n'est point\nde ceux qui s'effacent aisément.\nIl n'en a que plus de mérite pour avoir su s'imposer au public dans\nun rôle aussi écrasant, et être parvenu à provoquer des applaudissements\nmérités en plus d'une occasion. Constatons aussi que le fameux trio du\ntroisième acte a produit son effet accoutumé, et que l'excellent Mercu-\nriali a eu sa part légitime du succès dans cette page si réussie et d'un\ncaractère si exhilarant.\nArthur Pougin.\nLe Freyschût— Les directeurs de nos théâtres lyriques sont fort in-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.47", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "ventifs. Ils abondent en idées ingénieuses. Leur imagination ne se repose\njamais. Rien n'égale leur génie si ce n'est leur vénération pour Part. Fins\nconnaisseurs, généreux, instruits, pleins d'enthousiasme pour le beau, ils\nont cette ardeur juvénile qui caractérise les nobles intelligences; ils s'a-\ncharnent au dévouement, ils se hâtent vers les hauteurs immaculées, leurs\npieds n'osent se poser sur la neige éternelle qui couvre les monts, de peur\nde la souiller. D'ailleurs ils connaissent à fond les innombrables rubri-\nques de leur métier, ils savent guetter une subvention, l'attraper, et, à\nleur guise, la garder ou la dépenser; ils savent encore s'endetter en moins\nde rien de quatre ou cinq cent mille francs. Quels hommes î Je ne puis\nm'empêcher de les admirer, soit qu'ils courent les ministères, soit que,\ns'enfermant dans leur cabinet et fumant d'excellents cigares, ils devisent\navec quelque ami de la pluie et du beau temps. On se montre souvent\ninjuste envers ces êtres supérieurs, devant qui les siècles devraient se\nprosterner. On les trouble dans leur petit manège, on les dénigre à tort,\non les calomnie, on les irrite mal à propos, on blesse leur exquise déli-\ncatesse, on ne ménage pas assez leurs nerfs. Quelle ingratitude! O vous\nqui les attaquez incessamment, compositeurs de talent, artistes éminents\nqui frappez inutilement depuis vingt ans à leur porte, plaignez-les! S'ils\nne vous jouent pas, ce n'est pas par malice.\nOh! non.\nHomme de rien et musicien de peu, j'appréhende toujours de ne pas\npriser suffisamment leurs étonnantes facultés, et je mets volontiers une\nsourdine à ma critique lorsque, par hasard, je crois avoir quelque\nreproche à leur adresser. Dans ces cas-là, cas excessivement rares, je tire\nde ma poche une paire de gants paille, je soulève mon chapeau avec ce\ngrain d'impertinence qui n'appartient qu'aux gens bien élevés, je leur\nadresse mon sourire le plus poli et je leur dis : Permettez, messieurs. Et\nsi ce début imposant ne les fâche pas trop, j'émets carrément une opinion\nqui, n'étant pas absolument mauvaise, leur semble naturellement\ndétestable.\nA toutes les époques, les directeurs de notre première scène lyrique\nécartèrent adroitement nos compositeurs pour mettre en avant des étran-\ngers. C'est un certain Jules Strozzi, qui, en 1645, donne Achille à Scy-\nros. En 1661, un drôle, Lulli, devient surintendant de la musique du\nroi (Louis XIV). Gluck et Piccinni luttent ensemble; ils s'emparent à\npeu près complètement de l'attention publique au bénéfice de l'art, c'est\nvrai, mais au détriment de nos compositeurs, et ils voient éclater entre\nleurs partisans respectifs une querelle fameuse; aux Bouffes, on applaudit\nles Sarti, les Anfossi, les Paisiello, Sacchini, Grétry, un Belge, Salieri,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.48", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "♦\nle Salzbourgeois Mozart, viennent aussi réclamer le baptême parisien.\nCherubini compose Anacréon ou VAmour fugitif, Spontini offre sa\nVestale. Puis voilà Rossini, Beethoven, Weber, Marschner, Donizetti,\nBellini, Meyerbeer, Niedermeyer, Verdi. L'envahissement est complet.\nAujourd'hui même, les frères Ricci succèdent à Rossini, M. Offenbach\nremplace Gluck, et Orphée aux Enfers ose se montrer à côté d'1 Orphée\ntout courr. Ainsi l'excellente tradition qui consiste à chasser les maîtres\nfrançais de chez eux se continue à la plus grande satisfaction de nos\nvoisins, lesquels, Allemands, Italiens et Belges, daignent nous traiter\navec bienveillance dès qu'il nous ont mis le talon sur la gorge.\nEn sa qualité de parfait patriote, M. Bagier pensa qu'il était conve-\nnable de ne pas laisser mourir le Théâtre-Lyrique destiné, dans l'origine,\nà représenter des ouvrages français. Le voyant sans asile, il lui offrit\nl'hospitalité, salle Ventadour, et il fit bien.\nMais on n'accomplit pas tout ce qu'on se propose.\nEt le chemin est long du projet à la chose.\nM. Bagier chercha des pièces françaises, de la musique française; il\nsupplia les passants de lui en déterrer, de lui en apporter. Comment n'en\ndécouvrit-on nulle part? On Fignore. Las de tant de recherches infruc-\ntueuses, de tant de travaux superflus, M. Bagier se dit un matin que\nnous n'avions décidément pas un seul librettiste, pas un seul musicien\nprésentable; alors il prit une résolution héroïque, désespérée. Il monta\nle FreyschiXt\\! Et il eut le courage de le monter sans les récitatifs de\nBerlioz, un simple Lyonnais.\nLe patriotisme de M. Bagier dut beaucoup souffrir de la détermination\nqu'il fut obligé de prendre. Mais quoi! en matières littéraire et musicale,\nnotre nullité est patente. Pour le nier, il faudrait tourner le dos à l'évi-\ndence et tutoyer la vérité.\nSérieusement, M. Bagier a commis deux fautes : i° Il ne devait, sous\naucun prétexte, ouvrir des représentations dites françaises par un\nouvrage allemand ; 2° Il était inconvenant de livrer la merveilleuse par-\ntition de Weber à des chanteurs remplis de bonnes intentions, sans\ndoute, mais incapables à coup sûr de s'attaquer à une œuvre de cette\ntaille. Le FreyschiXt\\ réclame des artistes de premier ordre, des voix\nexceptionnelles, des talents rompus à toutes les difficultés musicales et\nvocales, des intelligences accoutumées à frayer avec les inspirations les\nplus hautes et assez sûres d'elles pour ne pas accumuler contre-sens\nsur contre-sens.\nM. Jourdan (Max) ne manque ni de sentiment ni de chaleur ; malheu-\nreusement, les défectuosités de son organe le desservent, Il faudrait un"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.49", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "mi et un fa aigus à M. Giraudet pour qu'il pût aborder le rôle de\nGaspar. Madame Reboux avait assez bien chanté son premier duo et le\ncommencement de son air; mais madame Reboux, au point de vue\nvocal, est de la nature des colombes dont elle paraît avoir la douceur.\nElle ne chante pas, elle roucoule ; elle remplace les tenues par des trilles.\nC'est curieux. En l'écoutant, je me croyais à la campagne et je m'ima-\nginais entendre le ramier... Madame Sablayrolles prend les sons dans la\ngorge, et sa physionomie spirituelle, avenante, ne peut me faire oublier\nqu'elle est là surtout pour chanter.\nMadame Sablayrolles et M. Giraudet débitent avec naturel la partie\nparlée de leurs rôles.\nJe reconnais en M. Maton un bon musicien, un accompagnateur\nexcellent, un chef-d7orchestre d'une incontestable valeur. Pourtant, il\nm'est impossible de ne pas lui faire une observation au sujet des modifi-\ncations de mouvement qu'il introduit dans l'ouverture du Freyschiit\nCes fluctuations ne conviennent point au magnifique morceau dont il\ns'agit : elles entravent son allure sombre et grandiose, elles lui enlèvent\nen partie son énergie, elles retardent en les gênant sa marche impé-\ntueuse et ses superbes développements, elles arrêtent ses élans ; l'auteur\nne les a pas voulues, puisqu'il ne les a pas indiquées, et la tradition, à\nlaquelle il ne faut pas toujours croire, ne les légitime pas davantage.\nCela dit, j'ajouterai que l'exécution de cette belle ouverture mérite des\néloges et que j'y ai applaudi chaleureusement,\nM. Bagier parviendra-l-il à mettre la main* sur un ouvrage français?\nPrendra-t-il une éclatante revanche? Je le désire, je l'espère. Qu'il\ndaigne se souvenir des besoins du pays, des intérêts nationaux, des aspi-\nrations de la France, et tout ira bien.\nLouis Lacombe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c034", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "96", "image_debut": 50, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.9", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.50", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2021, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nAR décret du 5 janvier, ont été promus et nommés dans\nl'ordre de la Légion d'honneur : Au grade d'officier:\nM. Garnier (Charles), architecte de l'Opéra, membre de\nl'Académie des Beaux-Arts (chevalier du 9 août 1864).\nAu grade de chevalier : M. Jourdain (Jean), inspecteur\nprincipal des bâtiments civils a pris une grande part aux\ntravaux de l'Opéra, services exceptionnels. M. Louvet\n(Louis-Victor), inspecteur principal des bâtiments civils a pris une grande\npart aux travaux de l'Opéra, services exceptionnels.\nPar un arrêté du ministre des travaux publics, M. Charles Garnier\navait été nommé, quelques jours auparavant, architecte du Conservatoire de\nmusique, en remplacement de M. Lance, décédé.\nA propos de l'année nouvelle, le ministre de l'instruction publique a\nnommé,officiers d'Académie : MM. Vaucorbeïl, commissaire du gouverne-\nment près les théâtres subventionnés, M. Deloffre, chef d'orchestre de l'Opéra-\nComique ; M. Henry Duvernoy, professeur au Conservatoire; M. Guillot de\nSainbris et M. Lancien, le premier violon solo des Concerts populaires.\nM. François Bazin, qui était déjà officier d'Académie, a été nommé officier\nde l'instruction publique.\nNous avons donné dans le précédent numéro la liste des opéras nou-\nveaux représentés au cours de l'année 1874, en Italie.\nVoici maintenant un relevé des opéras qui ont été joués en Allemagne.\n1. Faust, musique pour le drame de Gœthe, d'Ed. Lassen (Weimar).\n2. Œdipe, musique pour la tragédie de Sophocle, d'Ed. Lassen (Weimar).\n3. La Saint-André, opéra comique, de Ch. Zabel (Brunswick.)\n4. Le Page du roi, opéra comique, de Th. Henschel (Brème).\n5. Die Folkunger, de Kretschner (Dresde).\n6. Agnès de Hohenstauffen, de Fred. Marpurg (Fribourg).\n7. Diane de Solange, du duc Ernest de Saxe-Cobourg (Rotterdam).\n8. La Chauve-Souris, opérette, de John Strauss (Vienne et Berlin).\n9. Philippine Welser, du baron de Knigge, sous le pseudonyme de Polak-\nDaniels (Munich, Kœnigsberg et Rotterdam)."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.51", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "-10. Les Monkguter, de Robecke, un acte (Berlin).\n11. Les Deux Avares, de L. Schubert (Wiesbaden et Breslau).\n12. La Belle Mélusine, de Th. Henschel (Brème).\n13. Cœsario, de W. Taubert (Berlin).\n14. La Sauvage apprivoisée, opéra comique, de Herm. Gœtz (Manheim,\nVienne).\n15. Le Pèlerin, opérette, de Wolft (Berlin).\n16. Pierre Robin, de Oscar Bolck (Altenbourg).\nCinquante-sept partitions sont arrivées au ministère des Beaux-Arts pour\nle concours Cressent. Beaucoup de concurrents ont choisi comme texte le\npoëme couronné, Bathyle, de M. Edouard Blau. Le jury ne tardera pas à\nrendre son verdict.\nVoici un tableau comparatif des principaux théâtres de l'Europe au\npoint de vue de l'importance de leurs constructions :\nÉtendue Mètres\nsuperficielle. cubes.\nNouvel Opéra 11.237 m. 428.666\nGrand-Théâtre de Saint-Pétersbourg 4-^9\n114.288\nGrand-Théâtre de Munich 4.522 129.480\nThéâtre Alexandra, à Saint-Pétersbourg , .... 4.018 128.576\nThéâtre Carlo Felice, à Gênes 3.988 100.132\nGrand-Théâtre de Bordeaux *. 3.776 105.732\nGrand-Théâtre de Turin 3.676 102.942\nNouveau-Théâtre de Berlin 3.317 86.014\nThéâtre de Versailles 2.119 65.787\nThéâtre de Marseille 1.921 57.703\nOpéra de Berlin 1.891 3 5.000\nThéâtre de TOdéon 1.886 29.000\nIl résulte de ces chiffres que le nouvel Opéra de Paris laisse loin derrière\nlui, comme importance au point de vue du bâtiment, les plus grands théâtres\nde l'Europe; mais il ne faudrait pas en conclure que la salle de spectacle pro-\nprement dite soit la plus grande de l'Europe. Sous ce rapport, l'Opéra de\nParis, malgré toutes ses magnificences, n'entre pas le premier en ligne.\nM. Charles Constantin renonce définitivement à la position de chef d'or-\nchestre du Théâtre-Ventadour et reste attaché à la Renaissance. C'est\nM. Maton qui prend la place abandonnée par M. Constantin. Le maestro\nVianesi a quitté le Théâtre-Ventadour pour aller reprendre la direction de\nl'orchestre du théâtre de Covent-Garden à Londres.\nM. le juge de paix du deuxième arrondissement vient de se prononcer\nsur une question qui intéresse à la fois le public et les directeurs de théâtre.\nDernièrement, M. X... se présente au bureau de location des Bouffes et\nprend une loge d'avant-scène pour voir Madame VArchiduc.\nAu jour dit, il arrive : la loge était occupée ; il y avait double emploi ; im-\npossible de trouver à placer dans la salle M. X... et les personnes qui Taccom-"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.52", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "pagnaient. Le commissaire de police constata le fait et dressa procès-verbal,\npuis M. X... et ses amis s'en allèrent.\nM. X... a assigné M. Charles Comte devant le juge de paix; il lui réclame,\nen sus du remboursement de la loge, une somme de cent francs à titre de\ndommages-intérêts.\nL'affaire est venue à l'audience, et M. le juge de paix, après avoir\nentendu contradictoirement M. X..., assisté de son avoué, et M. Comte\njugeant en droit, a déclaré que le porteur du coupon d'une loge louée en\ndouble et qu'il trouve occupée, n'avait pas droit à des dommages-intérêts;\nqu'il pouvait seulement réclamer une indemnité proportionnée à la perte\nmatérielle éprouvée par lui, mais qu'il ne saurait y avoir lieu à une indemnité\nà raison du préjudice moral qu'il invoquait; et, dans l'espèce, attendu que\nM. Comte avait offert à M. X..., pour réparer le préjudice matériel qu'il pou-\nvait avoir éprouvé, une somme de 5o francs, a déclaré ces offres plus que\nsuffisantes, et, en conséquence, condamné M. Comte à payer à M. X..., en\nsus du remboursement de la loge, la somme de 5o fr. par lui offerte;\nattendu que M. X... avait refusé ces offres préalablement faites, il a condamné\nM. X... à tous les frais et dépens.\nLe Journal de Saint-Pétersbourg reproduit les intéressantes données que\nvoici, obtenues par M. le docteur Hiïbner dans ses expériences sur l'altéra-\ntion progressive de l'air, dans la salle du théâtre Marie, un soir de représen-\ntation.\nL'expérience aeu lieu le ier décembre dans une loge du deuxième rang\nfaisant face à la scène. La température s'élevait de quart d'heure en quart\nd'heure, bien que le mouvement du public sortant dans les entr'actes dût\ncontribuer à rafraîchir la salle par la communication de l'air intérieur avec\ncelui des couloirs. Au lever du rideau, la température était de iß° (centi-\ngrades). Elle avait monté à 240 à la fin du premier acte et à 25° au commen-\ncement du second.\nLa quantité d'humidité croissait moins rapidement. Cependant en deux\nheures elle avait augmenté de 3o pour 100, et vers la fin du quatrième acte\nelle était devenue plus considérable que l'humidité de l'air extérieur. D'après\ndes observations hygrométriques faites au commencement du spectacle, l'hu-\nmidité de l'air dans la salle était de 40 à 60 pour 100, c'est-à-dire correspon-\ndant à l'humidité de l'air dans des logements salubres et bien aérés. A la\nfin du spectacle, elle était de 85 pour 100, c'est-à-dire qu elle égalait l'humi-\ndité des logements malsains et exerçant une influence pernicieuse sur leurs\nhabitants.\nPour ce qui est de la saturation de l'air par l'acide carbonique, elle dépas-\nsait déjà au second acte de six fois la quantité normale de ce gaz dans l'air\net était de 1.9 pour mille mètres cubes. A la fin du spectacle, elle\narrivait à 4.3 pour mille, ce qui constitue une altération de l'air respirable\npouvant produire une action toxique sur les poumons des gens habitués à\nrespirer un air pur.\nHier jeudi, 14 janvier, à 8 heures et demie, a eu lieu la reprise des\nséances de l'Harmonie sacrée par le Messie, exécuté au Cirque des Champs-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.53", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "Élysées, sous la direction de M. Ch, Lamoureux, avec madame Patey, le cé-\nlèbre contralto de Londres, madame Brunet-Lafleur9 mesdemoiselles Jenny\nHowe et Baldi, MM. Prunet et Lauwers pour solistes. Cette audition a été\ndonnée, sur la demande de madame la maréchale de Mac-Mahon, au profit de\nla maison de la Providence de Sainte-Marie ; en raison de ce but charitable,\nle prix ordinaire des places a été doublé. Le Cirque a été transformé à cette\noccasion en jardin d'hiver par les soins de l'administration municipale. Nous\nrendrons compte de cette solennité dans notre prochain numéro.\nL'orchestre des Tsiganes vient de quitter les Folies-Bergère pour aller\ns'installer à la salle Oller, boulevard des Italiens, 28.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. M. Halanzier va, dit-on, monter le Polyeucte, de\nM. Gounod ; il s'occuperait aussi de la Psyché, d'Ambroise\nThomas, complètement remaniée.\nMadame Nilsson serait toujours malade. Voici le certificat que trois\ndocteurs ont rédigé àla date du 12 janvier :\n« L'irritation bronchique et l'enrouement qui ont retenu madame Nilsson\njusqu'à ce jour, ont nécessité, par leur persistance, l'emploi des moyens les\nplus actifs.\n-< Des altérations de la voix qui ont mis la malade tout à fait hors d'état de\nchanter, il reste un peu de raucité et quelque difficulté dans l'émission des\nsons, difficulté qui ne lui permettra pas de reprendre son service à l'Opéra\navant une quinzaine de jours.\n« A. GUBLER.\n« MAGNIN, docteur de l'Opéra.\n« JULES GUÉRIN. »\nMadame Nilsson se rendrait à Cannes pour se rétablir ; si cela était, elle ne\npourrait pas chanter à l'Opéra, car un engagement la lie à M. Ullman pour\nune série de vingt représentations, dont la première doit être donnée le\n11 février à Bruxelles.\nOpéra-Comique. La reprise du Cctid aura lieu lundi prochain. Voici la\ndistribution de l'opéra bouffe de MM. Sauvage et Ambroise Thomas.\nVirginie Mlles Dalti (début)\nFatma Lina Bell (début)\nBirotteau MM. Nicot (début)\nMichel Melchissédec\nAli-Bajou Barnolt\nAboulifar Thierry"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.54", "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "On va monter à TOpéra-Comique, pour être représenté avec le Caïd, un\nouvrage nouveau en deux actes de M. Legouvé, musique de M. Paladilhe.\nInterprètes : Madame Carvalho, MM. Duchesne et Melchissédec.\nThéâtre-Ventadour. Madame Maria Destin, qu'une maladie avait retenue\nen Italie au delà de l'époque fixée pour son début au Théâtre-Ventadour, est\narrivée ces jours derniers à Paris; mais n'ayant pu s'entendre avec M. Bagier,\nà cause des conséquences de ce retard, elle a résilié son engagement et est\nrepartie pour Milan.\nL'opéra comique en un acte Manche à manche, que le Théâtre-Venta-\ndour annonce pour ses représentations françaises, change son titre en celui\nde : Après Fontenoy. Il est de M. Wekerlin.\nFolies-Dramatiques. La Blanchisseuse d'Amsterdam, le nouvel opéra\nbouffe de MM. Chivot, Duru et Vasseur, est en pleine répétition, et sera\nprêt sous peu de jours. Le titre définitif de cet ouvrage est : La Perle des\nBlanchisseuses.\n\nPour l'article Varia:\nLe Secrétaire de Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c036", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "95", "image_debut": 50, "image_fin": 53, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.9.2", "titre_corps": "FAITS DIVERS", "titre_sommaire": "FAITS DIVERS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.50", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2021, "texte": "FAITS DIVERS\nAR décret du 5 janvier, ont été promus et nommés dans\nl'ordre de la Légion d'honneur : Au grade d'officier:\nM. Garnier (Charles), architecte de l'Opéra, membre de\nl'Académie des Beaux-Arts (chevalier du 9 août 1864).\nAu grade de chevalier : M. Jourdain (Jean), inspecteur\nprincipal des bâtiments civils a pris une grande part aux\ntravaux de l'Opéra, services exceptionnels. M. Louvet\n(Louis-Victor), inspecteur principal des bâtiments civils a pris une grande\npart aux travaux de l'Opéra, services exceptionnels.\nPar un arrêté du ministre des travaux publics, M. Charles Garnier\navait été nommé, quelques jours auparavant, architecte du Conservatoire de\nmusique, en remplacement de M. Lance, décédé.\nA propos de l'année nouvelle, le ministre de l'instruction publique a\nnommé,officiers d'Académie : MM. Vaucorbeïl, commissaire du gouverne-\nment près les théâtres subventionnés, M. Deloffre, chef d'orchestre de l'Opéra-\nComique ; M. Henry Duvernoy, professeur au Conservatoire; M. Guillot de\nSainbris et M. Lancien, le premier violon solo des Concerts populaires.\nM. François Bazin, qui était déjà officier d'Académie, a été nommé officier\nde l'instruction publique.\nNous avons donné dans le précédent numéro la liste des opéras nou-\nveaux représentés au cours de l'année 1874, en Italie.\nVoici maintenant un relevé des opéras qui ont été joués en Allemagne.\n1. Faust, musique pour le drame de Gœthe, d'Ed. Lassen (Weimar).\n2. Œdipe, musique pour la tragédie de Sophocle, d'Ed. Lassen (Weimar).\n3. La Saint-André, opéra comique, de Ch. Zabel (Brunswick.)\n4. Le Page du roi, opéra comique, de Th. Henschel (Brème).\n5. Die Folkunger, de Kretschner (Dresde).\n6. Agnès de Hohenstauffen, de Fred. Marpurg (Fribourg).\n7. Diane de Solange, du duc Ernest de Saxe-Cobourg (Rotterdam).\n8. La Chauve-Souris, opérette, de John Strauss (Vienne et Berlin).\n9. Philippine Welser, du baron de Knigge, sous le pseudonyme de Polak-\nDaniels (Munich, Kœnigsberg et Rotterdam)."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.51", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "-10. Les Monkguter, de Robecke, un acte (Berlin).\n11. Les Deux Avares, de L. Schubert (Wiesbaden et Breslau).\n12. La Belle Mélusine, de Th. Henschel (Brème).\n13. Cœsario, de W. Taubert (Berlin).\n14. La Sauvage apprivoisée, opéra comique, de Herm. Gœtz (Manheim,\nVienne).\n15. Le Pèlerin, opérette, de Wolft (Berlin).\n16. Pierre Robin, de Oscar Bolck (Altenbourg).\nCinquante-sept partitions sont arrivées au ministère des Beaux-Arts pour\nle concours Cressent. Beaucoup de concurrents ont choisi comme texte le\npoëme couronné, Bathyle, de M. Edouard Blau. Le jury ne tardera pas à\nrendre son verdict.\nVoici un tableau comparatif des principaux théâtres de l'Europe au\npoint de vue de l'importance de leurs constructions :\nÉtendue Mètres\nsuperficielle. cubes.\nNouvel Opéra 11.237 m. 428.666\nGrand-Théâtre de Saint-Pétersbourg 4-^9\n114.288\nGrand-Théâtre de Munich 4.522 129.480\nThéâtre Alexandra, à Saint-Pétersbourg , .... 4.018 128.576\nThéâtre Carlo Felice, à Gênes 3.988 100.132\nGrand-Théâtre de Bordeaux *. 3.776 105.732\nGrand-Théâtre de Turin 3.676 102.942\nNouveau-Théâtre de Berlin 3.317 86.014\nThéâtre de Versailles 2.119 65.787\nThéâtre de Marseille 1.921 57.703\nOpéra de Berlin 1.891 3 5.000\nThéâtre de TOdéon 1.886 29.000\nIl résulte de ces chiffres que le nouvel Opéra de Paris laisse loin derrière\nlui, comme importance au point de vue du bâtiment, les plus grands théâtres\nde l'Europe; mais il ne faudrait pas en conclure que la salle de spectacle pro-\nprement dite soit la plus grande de l'Europe. Sous ce rapport, l'Opéra de\nParis, malgré toutes ses magnificences, n'entre pas le premier en ligne.\nM. Charles Constantin renonce définitivement à la position de chef d'or-\nchestre du Théâtre-Ventadour et reste attaché à la Renaissance. C'est\nM. Maton qui prend la place abandonnée par M. Constantin. Le maestro\nVianesi a quitté le Théâtre-Ventadour pour aller reprendre la direction de\nl'orchestre du théâtre de Covent-Garden à Londres.\nM. le juge de paix du deuxième arrondissement vient de se prononcer\nsur une question qui intéresse à la fois le public et les directeurs de théâtre.\nDernièrement, M. X... se présente au bureau de location des Bouffes et\nprend une loge d'avant-scène pour voir Madame VArchiduc.\nAu jour dit, il arrive : la loge était occupée ; il y avait double emploi ; im-\npossible de trouver à placer dans la salle M. X... et les personnes qui Taccom-"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.52", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "pagnaient. Le commissaire de police constata le fait et dressa procès-verbal,\npuis M. X... et ses amis s'en allèrent.\nM. X... a assigné M. Charles Comte devant le juge de paix; il lui réclame,\nen sus du remboursement de la loge, une somme de cent francs à titre de\ndommages-intérêts.\nL'affaire est venue à l'audience, et M. le juge de paix, après avoir\nentendu contradictoirement M. X..., assisté de son avoué, et M. Comte\njugeant en droit, a déclaré que le porteur du coupon d'une loge louée en\ndouble et qu'il trouve occupée, n'avait pas droit à des dommages-intérêts;\nqu'il pouvait seulement réclamer une indemnité proportionnée à la perte\nmatérielle éprouvée par lui, mais qu'il ne saurait y avoir lieu à une indemnité\nà raison du préjudice moral qu'il invoquait; et, dans l'espèce, attendu que\nM. Comte avait offert à M. X..., pour réparer le préjudice matériel qu'il pou-\nvait avoir éprouvé, une somme de 5o francs, a déclaré ces offres plus que\nsuffisantes, et, en conséquence, condamné M. Comte à payer à M. X..., en\nsus du remboursement de la loge, la somme de 5o fr. par lui offerte;\nattendu que M. X... avait refusé ces offres préalablement faites, il a condamné\nM. X... à tous les frais et dépens.\nLe Journal de Saint-Pétersbourg reproduit les intéressantes données que\nvoici, obtenues par M. le docteur Hiïbner dans ses expériences sur l'altéra-\ntion progressive de l'air, dans la salle du théâtre Marie, un soir de représen-\ntation.\nL'expérience aeu lieu le ier décembre dans une loge du deuxième rang\nfaisant face à la scène. La température s'élevait de quart d'heure en quart\nd'heure, bien que le mouvement du public sortant dans les entr'actes dût\ncontribuer à rafraîchir la salle par la communication de l'air intérieur avec\ncelui des couloirs. Au lever du rideau, la température était de iß° (centi-\ngrades). Elle avait monté à 240 à la fin du premier acte et à 25° au commen-\ncement du second.\nLa quantité d'humidité croissait moins rapidement. Cependant en deux\nheures elle avait augmenté de 3o pour 100, et vers la fin du quatrième acte\nelle était devenue plus considérable que l'humidité de l'air extérieur. D'après\ndes observations hygrométriques faites au commencement du spectacle, l'hu-\nmidité de l'air dans la salle était de 40 à 60 pour 100, c'est-à-dire correspon-\ndant à l'humidité de l'air dans des logements salubres et bien aérés. A la\nfin du spectacle, elle était de 85 pour 100, c'est-à-dire qu elle égalait l'humi-\ndité des logements malsains et exerçant une influence pernicieuse sur leurs\nhabitants.\nPour ce qui est de la saturation de l'air par l'acide carbonique, elle dépas-\nsait déjà au second acte de six fois la quantité normale de ce gaz dans l'air\net était de 1.9 pour mille mètres cubes. A la fin du spectacle, elle\narrivait à 4.3 pour mille, ce qui constitue une altération de l'air respirable\npouvant produire une action toxique sur les poumons des gens habitués à\nrespirer un air pur.\nHier jeudi, 14 janvier, à 8 heures et demie, a eu lieu la reprise des\nséances de l'Harmonie sacrée par le Messie, exécuté au Cirque des Champs-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.53", "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 724, "texte": "Élysées, sous la direction de M. Ch, Lamoureux, avec madame Patey, le cé-\nlèbre contralto de Londres, madame Brunet-Lafleur9 mesdemoiselles Jenny\nHowe et Baldi, MM. Prunet et Lauwers pour solistes. Cette audition a été\ndonnée, sur la demande de madame la maréchale de Mac-Mahon, au profit de\nla maison de la Providence de Sainte-Marie ; en raison de ce but charitable,\nle prix ordinaire des places a été doublé. Le Cirque a été transformé à cette\noccasion en jardin d'hiver par les soins de l'administration municipale. Nous\nrendrons compte de cette solennité dans notre prochain numéro.\nL'orchestre des Tsiganes vient de quitter les Folies-Bergère pour aller\ns'installer à la salle Oller, boulevard des Italiens, 28."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-01-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-01-15_01#c038", "volume": "bmtnabc_1875-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "96", "image_debut": 53, "image_fin": 54, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.2.9.3", "titre_corps": "NOUVELLES", "titre_sommaire": "NOUVELLES", "signature_source": "Pour l'article Varia: Le Secrétaire de Rédaction, O. LE TRIOUX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.53", "debut_caractere": 726, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "NOUVELLES\n\nARIS. Opéra. M. Halanzier va, dit-on, monter le Polyeucte, de\nM. Gounod ; il s'occuperait aussi de la Psyché, d'Ambroise\nThomas, complètement remaniée.\nMadame Nilsson serait toujours malade. Voici le certificat que trois\ndocteurs ont rédigé àla date du 12 janvier :\n« L'irritation bronchique et l'enrouement qui ont retenu madame Nilsson\njusqu'à ce jour, ont nécessité, par leur persistance, l'emploi des moyens les\nplus actifs.\n-< Des altérations de la voix qui ont mis la malade tout à fait hors d'état de\nchanter, il reste un peu de raucité et quelque difficulté dans l'émission des\nsons, difficulté qui ne lui permettra pas de reprendre son service à l'Opéra\navant une quinzaine de jours.\n« A. GUBLER.\n« MAGNIN, docteur de l'Opéra.\n« JULES GUÉRIN. »\nMadame Nilsson se rendrait à Cannes pour se rétablir ; si cela était, elle ne\npourrait pas chanter à l'Opéra, car un engagement la lie à M. Ullman pour\nune série de vingt représentations, dont la première doit être donnée le\n11 février à Bruxelles.\nOpéra-Comique. La reprise du Cctid aura lieu lundi prochain. Voici la\ndistribution de l'opéra bouffe de MM. Sauvage et Ambroise Thomas.\nVirginie Mlles Dalti (début)\nFatma Lina Bell (début)\nBirotteau MM. Nicot (début)\nMichel Melchissédec\nAli-Bajou Barnolt\nAboulifar Thierry"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.54", "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "On va monter à TOpéra-Comique, pour être représenté avec le Caïd, un\nouvrage nouveau en deux actes de M. Legouvé, musique de M. Paladilhe.\nInterprètes : Madame Carvalho, MM. Duchesne et Melchissédec.\nThéâtre-Ventadour. Madame Maria Destin, qu'une maladie avait retenue\nen Italie au delà de l'époque fixée pour son début au Théâtre-Ventadour, est\narrivée ces jours derniers à Paris; mais n'ayant pu s'entendre avec M. Bagier,\nà cause des conséquences de ce retard, elle a résilié son engagement et est\nrepartie pour Milan.\nL'opéra comique en un acte Manche à manche, que le Théâtre-Venta-\ndour annonce pour ses représentations françaises, change son titre en celui\nde : Après Fontenoy. Il est de M. Wekerlin.\nFolies-Dramatiques. La Blanchisseuse d'Amsterdam, le nouvel opéra\nbouffe de MM. Chivot, Duru et Vasseur, est en pleine répétition, et sera\nprêt sous peu de jours. Le titre définitif de cet ouvrage est : La Perle des\nBlanchisseuses.\n\nPour l'article Varia:\nLe Secrétaire de Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[49]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.1", "texte": "HISTOIRE\nDES ARCHIVES ET DE LA BIBLIOTHÈQUE\nDE\nL'OPÉRA\n\nAINTENANT que tous les organes de la publicité\ns'occupent à Penvi du Nouvel Opéra, nous\navons cru qu'il serait bon de faire connaître au\npublic que le splendide monument de M. Gar-\nnier contient non seulement une salle, une\nscène, un escalier et un foyer magnifiques, mais\nqu'au cinquième étage de ce temple élevé à la\nMusique, il existe une bibliothèque et des ar-\nchives qui deviendront plus tard une des eu-\nriosités artistiques de Paris.\nDans une série d'articles fort intéressants sur le nouvel Opéra, parus\n\nVIL\n4"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nil y a quelque temps dans la Chronique Musicale, M. Raoul de Saint-\nArroman a parlé incidemment des Archives et de la Bibliothèque ;il a\nbien voulu adresser des félicitations aux courageux « bénédictins » qui\nont entrepris la laborieuse tâche de mettre un peu d'ordre dans cet\namas de documents et de registres, de cartons et de livres, de partitions\net de parties séparées.\nL'un de ces hommes est M. Charles Nuitter, Paimable et accueillant\narchiviste que tout le monde estime et apprécie, dont la calme activité\nest prodigieuse. Jugez-en :\nM. Nuitter est, à la fois, aux Archives nationales, copiant un docu-\nment qui lui manque, et, à l'Opéra, cherchant un renseignement\ndemandé ; il fait le catalogue de ses archives et un ouvrage pour Offen-\nbach, et pendant qu'il fait jouer une opérette à Bruxelles, il en écrit une\nautre pour les Variétés, ce qui ne l'empêche pas de remplir, mieux que\npersonne, ses devoirs de fils,, d'ami et de confrère. S'il était resté au\nPalais, il eût trouvé encore le temps d'aller gagner des procès, au milieu\nde toutes ses occupations diverses.\nC'est à M. Charles Nuitter, souvenir à noter, que PQpéra doit le\nbonheur d'avoir des archives constituées, une bibliothèque drama-\ntique et un grand choix de dessins, d'estampes et de photographies.\nL'autre « bénédictin » est le signataire de cet article, que le ministère\ndes Beaux-Arts a chargé, depuis un an, d'inventorier et de cataloguer\nles partitions d'opéras et de ballets, les parties d'orchestre, de chœurs, et\nles rôles qui composent la Bibliothèque musicale.\nLa première partie de son travail est déjà menée à bonne fin pour ce\nqui regarde le vieux répertoire, jusqu'à iB3o, c'est-à-dire jusqu'au\nmoment où le format des parties et partitions change, et que l'in-quarto\ndevient in-folio. Toute la catégorie d'ouvrages qui ont été joués depuis\nLully jusqu'à la Muette de Portici est inventoriée complètement. Il est\ndonc possible de connaître maintenant les richesses artistiques du\ndernier siècle que possède l'Opéra.\nMais, avant tout, il faut savoir l'histoire de ces Archives et de cette\nBibliothèque. Nous allons tâcher de la raconter ici.\nLa musicologie date de quelques années à peine; aussi les docu-\nments ne viendront-ils que peu à peu prendre leur place dans les\ncartons des musiciens chercheurs.\nPour nos devanciers, tout ce qui n'était pas du répertoire courant\ndevait être jeté au panier, aussi bien la musique que les comptes et regis-\ntres. Nous ne pourrions nous faire une idée du laisser-aller et de l'in-\ncurie qui présidaient aux destinées de l'ancienne Académie royale de"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.3", "texte": "ARCHIVES ET BIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA\n\nmusique, si nous n'en avions pas les preuves dans l'absence des papiers\nde régie et d'administration remontant aux premiers âges de l'Opéra.\nDu reste, ce théâtre a subi tant de liquidations malheureuses, tant\nd'incendies et de déprédations, que les causes les plus surabondantes\nn'ont pas manqué pour appauvrir ses Archives.\nIl est vraiment inconcevable qu'elles soient encore si riches, car nous\npouvons remonter jusqu'à l'inventaire de 1748; sans la Révolution\nqui, dans sa brutale ignorance, fit détruire beaucoup de pièces de comp-\ntabilité, sous le prétexte absurde qu'elles rappelaient, par leurs emblèmes,\nl'époque de la tyrannie, nous aurions de précieux moyens de reconstituer\ncomplètement l'histoire administrative du premier théâtre lyrique de\nFrance.\nEn 1749, la Ville prend possession de l'Opéra. C'est le prévôt des\nmarchands qui en est administrateur. Grâce àce changement, la comp-\ntabilité s'asseoit sur des bases solides et un contrôle sérieux est établi\nsur la gestion du directeur.\nIl n'existait pas d'archiviste en titre, ou du moins les états d'émarge-\nment ne le laissent pas supposer. Le secrétaire de l'administration en\nremplissait souvent les fonctions, et le titre d'archiviste est quelquefois\najouté à la principale dénomination de son emploi.\nQuand l'Opéra était installé au Palais-Royal, les pièces d'archives\nétaient jetées pêle-mêle dans un magasin , rue Saint-Nicaise. Sous\nl'Empire, on les réunit au théâtre, dans la rue Louvois. Du reste,\nc'est sous l'Empire et sous la Restauration, alors que l'empereur\net le roi après lui, avaient placé l'Opéra dans les attributions de leur\nMaison, que les Archives ont commencé à être régulièrement consti-\ntuées. Il en est toujours ainsi dans l'histoire de l'Opéra : la régie vient\nredonner à ce théâtre Tordre et la splendeur que des directeurs impré-\nvoyants ou besoigneux lui avaient fait perdre.\nSous Louis-Philippe, on avait eu l'idée, plus qu'étrange, de placer\nles Archives, sans ordre aucun, dans un magasin situé aux quatrièmes\nloges, au-dessus du foyer. Comme ce magasin était ouvert à tout venant\net que l'on n'en faisait aucun catalogue régulier, il s'ensuivait que les\nvieux papiers servaient à tous les usages, même à constituer une collec-\ntion d'autographes pour un administrateur de M. Véron.\nEn 1859, I£S Archives étaient encore déposées en tas, dans les maga-\nsins des quatrièmes loges. On se décida pourtant à les déménager et on\nles transporta dans une petite cuisine du rez-de-chaussée, donnant dans"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nla cour de la rue Pinon, aujourd'hui rue Rossini. (Les cuisines,\nvous le verrez, jouent un très grand rôle dans l'histoire des Archives et\nde la Bibliothèque.)\nC'est dans cette cuisine, où tous ces papiers précieux seraient bientôt\ndevenus la proie des souris et de la moisissure, que M. Charles Nuitter\neut l'heureuse pensée de mettre en ordre les Archives de l'Opéra.\nSon offre obligeante fut parfaitement accueillie par M. Alphonse\nRoyer, alors directeur, et son secrétaire général M. Félix Martin. On\ninstalla, dans la cuisine, des rayons et des planches. On donna, au\nnouvel archiviste, un employé, qui devint plus tard caissier de l'Opéra,\nM. Bleynie, et le travail de classement fut mis en train, après l'inven-\ntaire achevé.\nEn 1861, lors du programme à établir pour les services du nouvel\nOpéra, M. Martin n'oublia pas de stipuler un emplacement pour les\nArchives et la Bibliothèque. M. Garnier dut penser, heureusement, que\nles Archives étaient considérables et que la Bibliothèque contenait\ndes milliers de volumes. Aussi consacra-t-il une immense galerie\net une vaste rotonde à ce service important, Hélas ! les Archives\nétaient confinées dans la petite cuisine et il n'existait pas un livre\ndans la Bibliothèque dramatique de l'Opéra. Les pièces même du\nrépertoire n'y étaient pas rassemblées. Heureusement que le bibliophile\net archiviste, Charles Nuitter, veillait à tout ; et bientôt, grâce aux attri-\nbutions des ministères de l'instruction publique, de la marine (livres de\nvoyages), des Archives de l'Empire et surtout du ministère de l'Empe-\nreur, les ouvrages touchant les questions théâtrales et musicales,\naffluèrent bientôt à l'Opéra. Le ministère d'État fit même, pour la Biblio-\nthèque, une acquisition des plus précieuses, le Répertoire des opéras,\nprovenant de la collection de Soleinne, ouvrage à peu près unique, puis-\nqu'on ne lui connaît que deux exemplaires.\nCe fut Roqueplan qui le revendit à PEtat après l'avoir acheté àla\nvente de Soleinne.\nPlusieurs personnes ont enrichi la Bibliothèque de dons importants.\nM. Emile Perrin fut un de ses plus généreux donateurs; mais, avant\ntout, l'archiviste lui-même, qui n'a cessé de parcourir les librairies et\nles ventes pour tâcher d'avoir un exemplaire rare ou précieux à offrir à\nsa chère bibliothèque.\nLes archives de l'Opéra possèdent aujourd'hui trois cent quarante\ncartons, onze cent cinquante registres et neuf cents liasses et porte-\nfeuilles.\nLa bibliothèque littéraire et dramatique comprend déjà plus de quatre"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.5", "texte": "ARCHIVES ET BIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA\n\nmille volumes ou brochures, plus de trente mille estampes; elle sera sur-\ntout destinée à Fart de la décoration et du costume. Aussi trouvera-t-on\nune grande variété de documents touchant l'architecture, la géographie,\nl'histoire de la musique, de la facture instrumentale et de la danse.\nLes dessinateurs de théâtre pourront y étudier avec intérêt une série\nde deux mille dessins originaux, exécutés pour les deux cents opéras et\nballets représentés depuis Fan XII.\nLa bibliothèque musicale eut, à peu de chose près, le sort des archives.\nOn négligea complètement ces précieuses reliques d'un passé, glorieux\ndans son temps.\nComme les archives, les partitions et parties d'orchestre furent relé-\nguées dans le magasin de la rue Saint-Nicaise. Nous ne pouvons résister\nau désir de reproduire ce que Castil-Blaze écrivit, à ce propos, avec la\nverve méridionale qu'on lui connaît.\ncc Dans un vestibule ouvert à tous les vents, quelquefois à la pluie, à\nsix pouces de la rue,, après avoir franchi le seuil de la porte-cochère de ce\nmagasin, on voyait à droite un tas de livres couverts de poussière et de\ntoiles d'araignée : c'était la bibliothèque de la royale Académie !« Négli-\ngence damnable, atroce vandalisme! Cambert, Lulli, Campra, Des-\ntouches, Rameau, Gluck, etc., etc._, sous une porte cochère! ayant le\ndos ou le nez écorché toutes les fois qu'une charrette mal dirigée venait\nles râcler, les insulter avec sa roue noircie de fange et de cambouis! »\ndira-t-on. Je répondrai sur une autre gamme et m'écrierai : « Négligence\nfavorable ! précieux vandalisme ! Si l'on avait logé cette collection sous\nles lambris du Palais-Royal, à côté du théâtre, elle aurait été deux fois\nattaquée, dévorée par l'incendie. » Vous voyez que le mépris comme le\nmalheur peut être bon à quelque chose» La bibliothèque de l'Académie\nest maintenant placée à l'abri de l'intempérie des saisons, dans la cuisine\nsouterraine de l'ancien hôtel ChoiseuL »\nLe plus ancien des chefs de copie dont nous voyons le nom relaté dans\nles états d'émargement est un nommé Lallemand, mort en juin 1751,\naux appointements de six cents livres.\nIl était déjà à l'Académie en iy3B, et remplissait les doubles fonctions\nde bibliothécaire et de copiste.\nDurand lui succède au mois de juillet 1751 dans les mêmes emplois ;\nmais on lui double ses appointements. Ce Durand est resté très long-\ntemps à TOpéra. Dans une étude que j'ai faite dans la (chronique musi-\ncale, à propos des transformations de VAlcyone, de Mirais, son nom\nest revenu très souvent."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nDurand a copié les derniers ouvrages de Rameau, ceux de Dauvergne\nle Devin du village,les opéras de Rebel et Francœur, et\nde Philidor,\nMalheureusement, pour sa mémoire, ce fut son successeur auquel\néchut la glorieuse mission de copier les parties des opéras de Gluck. Ce\nsuccesseur, dont le nom est resté célèbre à l'Opéra, s'appelait Lefebvre,\net ce nom est resté sur les registres de l'Académie jusqu'en 1829, puisque\nson fils n'a quitté le bureau de copie qu'à cette époque.\nLe premier Lefebvre s'appelait : Jean-Baptiste-François-Augustin, né\nà Mareuille (Aisne) en 1738. Il fut nommé copiste et bibliothécaire de\nl'Académie, le lel'1e1' avril 1774, aux appointements de quinze cents livres.\nEntre Durand et lui, il y avait eu un intérimaire dont le nom fût\nresté totalement inconnu sans les éil se nommait\nMarvereaux, et n'est resté que peu de temps au bureau de copie.\nLe fils de J.-8.-F.-A. Lefebvre, dont Fétis parle dans sa\ndes musiciens,ne succéda à son père qu'en 1814. Avant cette date, il a\nécrit plusieurs partitions de ballet qui ne manquèrent pas de mérite,\ncomme valeur mélodique et comme intelligente instrumentation.\nIl était élève de Gossec, et depuis 1794 il appartenait à l'orchestre du\nThéâtre-des-Artsen qualité d'alto.\nSes prénoms étaient : François-Charlemagne, et nous les relatons ici\npour éviter à l'avenir aux musicologues une erreur inévitable. L'or-\nchestre de l'Opéra possédait, en même temps que lui, un de ses homo-\nnymes, nommé Xavier Lefebvre, clarinettiste.\nFrançois-Charlemagne Lefebvre succéda, comme nous l'avons dit, à\nson père, en 1814.\nEn 1829, il remit ses fonctions à son gendre, Aimé-Ambroise-Simon\nLeborne, dont je m honore d'avoir suivi la classe de haute composition,\nau Conservatoire, et qui mourut en 186 5.\nA sa mort, il y eut partage de ses deux fonctions de bibliothécaire et\nde chef du bureau de copie.\nM. Ernest Reyer fut nommé bibliothécaire, • titre qu'il possède\nencore, et M. Justin Cadeaux, qui vient de mourir récemment, fut\nchargé du bureau de copie.\nDepuis 1869, M. S. Mahieur, artiste très intelligent et très sérieux,\nest chef de ce dernier service, un des plus importants de l'Opéra.\n(A suivre.)\n\nTHÉODORE DE LAJARTE."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.7", "texte": "HISTOIRE\nDE\nL'IMPRESSION DE LA MUSIQUE\nPRINCIPALEMENT EN FRANCE\nJUSQU'AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE\n\n(I)\nII\nous entrons maintenant dans le domaine des graveurs\nfrançais, qui, s'ils n'ont pas eu l'honneur de graver et\nde fondre les premiers caractères de musique, ne res-\ntèrent pas en arrière sur les autres pays, quant à la\npropagation de la gravure des notes, et rivalisèrent\ndignement avec l'Allemagne et l'ltalie.\nPIERRE HAUTIN OU HAULTIN, graveur, fondeur et imprimeur à Paris,\ndans la première moitié du seizième siècle, doit être considéré comme le\ncréateur de l'impression de la musique en France. On ignore la date\nexacte de sa naissance; quant à sa mort, M. Fétis la met à isBo, date\nqui me paraît douteuse. Quoi qu'il en soit, on sait que Pierre Hautin\nétablit ses premiers poinçons de musique en 1525. Il grava dès son début\ndifférentes grosseurs de notes. La note et les filets (fragment de portée)\nse trouvaient sur le même poinçon, différant en cela du procédé de\nPetrucci, dont l'impression se faisait en deux fois, comme on l'a\nportées, puis les notes.\n\n(i) Voir le numéro du i 5 décembre 1874,"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLes caractères de Hautin ont moins d'élégance que ceux de Petrucci,\nil est vrai; pourtant, ils se distinguent par une grande netteté.\nDans le Catalogue de Lottin, P. Hautin n'est cité comme imprimeur\nqu'à partir de 1549. était natif de La Rochelle, et paraît être retourné\nau lieu de sa naissance vers la fin de ses jours, d'après le titre des deux\nRecueils suivants : Jean Pasquier : la Lettre profane des Chansons\ndes meslanges d'Orlando, changée en Lettre spirituelle à quatre, cinq\net huit parties, à La Rochelle, Pierre Haultin, 1575 et 1576. Jean\nPasquier : Cantique et Chansons spirituelles pour chanter soub\\ la\nmusique des Chansons profanes d'Orlando de Lassus à quatre et cinq\nparties, à La Rochelle, Pierre Haultin, 1578.\nUne édition des Psaumes de David, publiée par P. Hautin, porte la\ndate de 1567, tandis que les Motets d'Orlando de Lassus (in-40 oblique),\nparus en 1576, ont la signature de Robert Hautin, fils du précédent, ce\nqui fait supposer qu'en 1576 Pierre Hautin s'était établi à La\naprès avoir cédé son établissement de Paris à son fils (1).\nCet artiste habile (P. Hautin) contribua puissamment à répandre la\nmusique en France à une époque où l'imprimerie, quoique inventée\ndepuis un demi-siècle, n'avait encore fourni qu'un nombre limité d'ou-\nvrages de musique (2) et se trouvait presqu'à l'état d'enfance, comparée\naux progrès qu'elle avait déjà réalisés pour les lettres. Pierre Hautin\nimprimait non-seulement avec ses caractères de musique, mais il en\nvendait des assortiments à ses confrères imprimeurs.\nParmi ces derniers, on distingue surtout Pierre Attaignanty à Paris ;\nJacobus Modernus de Pinguento, à Lyon; Tylmann Susato, à Anvers.\nLa ville de Lyon, qui a toujours tenu une place importante dans\nl'imprimerie dès son origine, possédait, outre le Jacques Moderne que\nnous venons de citer, et qui était compositeur de musique et imprimeur\nà la fois, Godefroy et Marcelin Beringen, éditeurs des Cinquante\npsaumes de David, mis en musique par Bourgeoys en 1547 (3)« Puis\nparut, dans la même ville, Robert Granjon, graveur et fondeur de carac-\ntères, vers 1572, dont nous parlerons plus loin.\nPierre Attaignant, artiste habile et laborieux, sut faire valoir les\npremiers poinçons de Hautin, en donnant au public une suite nom-\n\n(1) Ce qui confirme cette assertion, c'est qu'en 1577 Pierre Hautin publia à La\nRochelle une édition des Psaumes de Marot, avec les airs, édition que je possède.\n(2) Abstraction faite des publications de Petrucci.\n(3) Ajoutons à ces noms d'imprimeurs de musique lyonnais ceux de Simon Gor-\nier, Guillaume Rouilly, Thomas Straton."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.9", "texte": "HISTOIRE DE L'IMPRESSION DE LA MUSIQUE\n\nbreuse d'éditions musicales. L'une des plus remarquables est la belle\ncollection de Chansons musicales à quatre parties, Paris_, i 530, petit\nin-40 gothique (1). Il y a dix livres dans cette collection ; le troisième et\nle neuvième livre portent la date 1529, ce qui ferait croire que cet\nouvrage est le même que l'édition de 1527 citée par Brunet.\nLes différentes suites de ces chansons se vendant séparément, tel ou\ntel livre pouvait s'épuiser plus vivement que les autres ; on en tirait de\nnouveaux exemplaires en changeant la date.\nL'exemplaire de la Bibliothèque Richelieu des Chansons musicales à\nquatre parties contient à la fin un recueil de chansons à quatre voix de\nClément Janequin, puis encore deux livres de Motets.\nLa plupart de ces chansons ne portent pas de nom d'auteur. Les\nnoms cités sont : Beaumont (2), Claudin, Consilium9 H. Le Heurteur,\nLupi, Jennequin, Jacotin, R. Renes (2), Wassereau (2), Dulot (2),\nGascogne, Gohier (i),Ph. Deslonges, Hesdin, Clermont (2), Courtoys,\nJ. de Bechefort ou Bouchefort (2), Robert Lochet (2), Francoys (2),\nLybos ou Cybot{2), Ysore ou Yso\\e (2), Woulu (2), Dorleou Drôle (2),\nDucroc (2), Mouton (3).\nA part les nombreux recueils de chansons édités par Attaignant, il y\na encore de lui un livre de Danceries à six parties, par Consilium, 1543,\npetit in-40 oblong.\nAvant d'aller plus loin, qu'il me soit permis d'ouvrir une large paren-\nthèse.\nDès le commencement de ce travail, le désir et même l'espoir de\nretrouver quelques anciens poinçoins de notes s'étaient présentés à mon\nesprit; en un mot, je rêvais un témoin authentique des premiers temps.\nIl y avait pourtant de quoi se décourager, en lisant dans le Traité de\nFournier le Jeune la note suivante : « Tous les poinçons, moules et\nmatrices pour les notes de musique, achetés et rassemblés par les diffé-\nrents propriétaires des privilèges, étaient tellement tombés en discrédit,\ndans l'esprit même de la famille de M. Ballard, qu'à la mort du dernier\nprivilégié ces objets ont été adjugés pour une somme au-dessous de deux\ncents livres. »\nHeureusement que les Observations de MM. Gando père et fils,\n\n(1) Tylmann Susato, à Anvers, fit une contrefaçon de cet ouvrage en 1543 ;on\nvoit que les contrefaçons belges ne datent pas d'hier.\n(2) Non cités par M. Fétis.\n(3) Les noms de quelques-uns de ces compositeurs sont orthographiés différem-\nment dans ce recueil."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npubliées en réponse au Traité de Fournier le Jeune, étaient là pour me\ndonner quelque espoir. La vente dont parle Fournier le Jeune n'a dû se\ncomposer que d'anciens clichés hors de service et d'autre ferraille.\nOr, le dernier Ballard imprimeur avait épousé madame veuve Vin-\nchon ; ce Ballard est mort le 16 octobre 1825. L'imprimerie resta àsa\nveuve qui continua d'imprimer, et mourut au mois de novembre 1829,\nlaissant un fils de son premier mariage.\nM. Vinchon, peintre distingué et célèbre, s'occupa bien plus de son\nart que de l'imprimerie qu'il eut en héritage de sa mère. Il mourut en\nx 855, après avoir cédé son établissement à MM. de Mourgues frères,\npropriétaires actuels.\nC'est là que j'allai frapper.\nDans une première entrevue, on m'assura qu'il n'existait absolument\nrien des anciens caractères de musique des Ballard, que le tout avait été\nvendu comme ferraille et vieux cuivre par M. Vinchon, avant la cession\nde son établissement.\nPourquoi ne pas l'avouer, les Alsaciens sont entêtés comme des\nBretons. Je renouvelai mes instances pour qu'on fît des recherches dans\ntous les coins et recoins de l'imprimerie. M. Charles de Mourgues, avec\nune grâce parfaite que je me plais à reconnaître, voulut bien donner des\nordres en conséquence, et ces recherches furent couronnées d'un plein\nsuccès, car on trouva dans une encoignure de mur deux sacs dont je\nvérifiai le contenu, et reconnus sans peine les poinçons de Guillaume Le\nBé, avec une partie de ceux qu'y avaient joints successivement la longue\ngénération des Ballard. Le nombre de ces poinçons est de cinq à six\ncents. Les séries n'en sont pas toujours complètes; mais tels que, ce\nsont des spécimens curieux dont j'ai fait reproduire les plus caractéris-\ntiques. Une des plus anciennes de ces séries se trouvait enveloppée dans\nun fragment du Roman de la Rose sur parchemin, manuscrit du quin-\nzième siècle, avec une miniature malheureusement dégradée. De nos jours\non y regarderait a deux fois avant de se servir de pareilles enveloppes.\nIl était indispensable d'expliquer la provenance de ces spécimens de\nnotes, que nous placerons en leurs lieux respectifs, c'est-à-dire avec\nles graveurs auxquels elles sont attribuées par Gando, et sur la foi du\nprocès-verbal qui fut fait le 3o novembre 1639, après le décès de Pierre\nBallard. Ce procès-verbal est signé par Vitré, imprimeur du Roi et du\nclergé de France, Blaisot, marchand libraire, et Jacques Cottin, fondeur\nen caractères. Tous les noms des graveurs qui ont travaillé àla musique"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.11", "texte": "HISTOIRE DE L'IMPRESSION DE LA MUSIQUE\n\ndes Ballard y sont cités à côté de chaque sorte de musique (1). On pourra\ncomparer ces spécimens avec ceux reproduits par Gando, en 1766.\nGuillaume le Bé, graveur, fondeur et imprimeur, né en i 525 à\nTroyes, où son père possédait une papeterie assez importante, exerça\nson talent à Paris, entre les années 1 539 1 555 (2). D'après ces deux\ndernières dates, données par Lottin, celle de 15 25, indiquée dans la\nBiographie universelle de Michaud, est inadmissible pour la naissance\nde Le Bé, puisqu'elle le ferait imprimeur à l'âge de quatorze ans.\nLe Bé grava non-seulement des poinçons pour les notes en 1540,\nmais aussi des tablatures de luth (3) en 1544 et 1545. Il suivit en cela\nle procédé inventé par Hautin, en faisant adhérer à chaque note ou\nsigne musical leur fragment de portée, ce qui n'exigeait qu'une seule\nopération au tirage.\nSpécimens de Guillaume le Bé\nA.\nB\n\n(1) Observations sur le traité historique et pratique de M. Fournier le Jeune, par\nMM. Gando père et fils, Berne et Paris, 1766, in-40.\n(2) Catalogue chronologique des libraires et des libraires-imprimeurs de Paris, etc.,\npar Lottin, Paris, 1789.\n(3) Tablature. On donnait ce nom à un système de notation appliqué plus spé-\ncialement aux pièces de luth, de théorbe, de guitare, de basse de viole, etc. On mar-\nquait sur plusieurs lignes parallèles, dont chacune représentait une des cordes de\nl'instrument, certaines lettres de l'alphabet : PA indiquait la corde à vide; le B indi-\nquait la pose du doigt sur la première touche depuis le sillet; le G la seconde, etc.,\nDictionnaire de musique deßrossard. —ll y avait encore d'autres signes de tablature,\ndont la longue énumcration serait ici un hors-d'œuvre."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nC\nD"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.13", "texte": "HISTOIRE DE L'IMPRESSION DE LA MUSIQUE\n\nE\nLa forme.barbare des poinçons séries A et B, évasée aux deux bouts,,\nnous induit à croire que c'était là le premier essai de Le Bé, peut-être\nmême ces poinçons proviennent-ils de P. Hautin, l'antique créateur\ndes caractères de musique en France.\nLes petits caractères des séries D et E sont probablement postérieurs à\nGuillaume Le Bé. Ce graveur établit, entre 1554 et 155 5, des poinçons\noù les notes étaient isolées, c'est-à-dire sans portées, ce qui nécessitait\ndeux opérations : l'impression des portées d'abord, puis celle des notes\npar rentrées. Dans cette opération double de Le Bé, les portées elles-\nmêmes n'étaient pas d'une seule pièce, mais formées par un assemblage\nde filets appelés cadrats.\nCe procédé devait être, à peu de chose près, celui que nous avons cité\nà propos du Psautier de Schoffer.\nCaractères isolés de Guillaume Le Bé"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.14", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n9\n\nD'après Gando, les petites notes et les petits signes ci-dessus doi-\nvent être attribués à Logis (1), les grosses notes seulement sont de\nLe Bé (2).\nCet homme de talent (Le Bé) fut choisi par François lerIer pour exécuter\nles remarquables caractères orientaux qui ont servi aux impressions de\n/\nRobert Etienne. Philippe II le chargea également de la fonte des carac-\ntères destinés à l'impression de la Bible polyglotte d'Anvers (1569),\nconfiée à Ch. Plantin.\nA la mort de Garamond, en 1561, Guillaume Le Bé, nommé arbitre\nde l'inventaire de cette superbe fonderie, acquit la plus grande partie des\npoinçons et matrices, qu'il ajouta à son fonds. On n'ignore pas que les\nElzevirs imprimaient avec les caractères de Garamond.\nGuillaume Le Bé mourut en 1598.\nLa famille des Le Bé fournit plusieurs générations de graveurs, fon-\ndeurs et imprimeurs. Guillaume Le Bé II succéda à son père; puis\nvint Henri Le Bé, libraire en 1581 ; Jacques Le Bé, imprimeur en 1610,\nGuillaume Le Bé 111 exerça de 1636 à 1685 ;il perfectionna les poin-\nçons de musique. A son talent de graveur il joignait la connaissance\ndes langues orientales. D'après Chaudon et Delandine, il donna ses soins\nà l'édition des Figures de la Sainte-Bible, accompagnées de briefs dis-\ncours', du libraire Jean Leclerc, son beau-père.\nSa veuve lui succéda pour l'imprimerie, et il y eut après elle plusieurs\ndemoiselles Le Bé s'occupant de gravure et du commerce de la librairie.\nNous parlerons plus loin des Ballard; constatons, en attendant, que\nGuillaume Le Bé I leur fournit leurs premiers caractères de musique.\nROBERT GRANJON, graveur et fondeur de caractères, était né à Paris,\noù son frère aîné, Jean Granjon, exerçait déjà la librairie en i 506 (3).\nRobert quitta Paris pour aller s'établir à Lyon.\nLes années actives de Robert Granjon furent de 152 3 à 1573\nOu même 1582. Cet homme de talent introduisit une modification\ncaractéristique dans la forme des notes en les arrondissant, de carrées\nqu'elles étaient jusque-là.\nCette innovation se trouve dans l'ouvrage suivant : Premier trophée\nde musique, composé des plus harmonieuses et excellentes chansons\nchoisies entre la fleur et composition des plus fameux et excellents\nmusiciens, tant anciens quemodernes, le tout à quatre parties, en quatre\n\n(t) î-râ note carrée de la deuxieiiie ligrie de cè specimen a été mise à l'envers à la\nreproduction.\n(2) Gando, Observations sur le traité de Fournier le -Jeum, p, g 6\n(3) Catalogue chronologique, de Lottin*"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.15", "texte": "HISTOIRE DE L'IMPRESSION DE LA MUSIQUE\n\nvolumes. —A Lyon, de Vimpression de Robert Granjon, 1559 (petit\nin-8° oblong).\nCe Premier trophée est suivi du Second trophée, qui est la continua-\ntion du même ouvrage. Les notes sont arrondies en bas seulement et le\nhaut se termine en forme de flèche ; le poinçon porte la note et ses frag-\nments de portée de chaque côté. Les paroles sont en caractères de civi-\nlité et s'harmonisent merveilleusement avec les notes. Au point de vue\ntypographique, cet ouvrage est incontestablement l'œuvre d'un homme\nde talent. L'exemplaire de la Bibliothèque Richelieu n'est malheureuse-\nment pas complet, il y manque la partie de ténor. Voici Vextrait du\nprivilège tel qu'il se trouve dans cette publication :\n(( Il ha pieu au Roy nostre sire, de donner privilège et permission à\nRobert Granjon, marchand libraire et imprimeur demeurant à Lion,\nd)imprimer chansons, messes, motetç en musique, tabulatures de lut^9\nguiternes et autres instrumens; et sont faittes deffences à tous autres\nlibraires, imprimeurs, tailleurs de caractères, sur certaines et grandes\npeines, de n 1 imprimer ou faire imprimer la musicque ne les tabulatures\nde lut%, guiternes et autres instruments imprimées par ledit Granjon,\nne sur ses copies, et ce jusques au terme de six ans, à commencer du\njour que lesdits livres seront achevé% d'imprimer comme plus à plain\nest contenu par les lettres royaux sur ce despeschées à Paris le\ndouzième jour de febvrier 1549 et signées Bassourdy. »\nLes noms des compositeurs du premier et du second trophée sont :\nArcadelt, Boy vin, Cadeac, Certon, Claudin, Gentian (1), Godard,\nGondeau (1), Gombert, Jaquet (1), Lupi second, Lupus, Maillard,\nMornable, Philibert Jambe de Fer, Roussel, Sandrin, Viliers.\nMalgré l'amélioration réelle dans la forme des notes, inventée et mise\nau jour par R. Granjon, ses contemporains ne paraissent pas en avoir\nprofité, puisque nous voyons, en 1765 et 1766, Fournier le Jeune et\nGando se disputer la priorité de cette invention. Les publications musi-\ncales des seizième et dix-septième siècles sont là d'ailleurs pour affirmer\nque 1 on continua à se servir des notes carrées et en losange.\nRobert Granjon fit des perfectionnements bien plus importants\nen supprimant les ligatures et les signes si bizarres de la notation pro-\nportionnelle pour les ramener à la division binaire. L'usage de ces\nimportants perfectionnements paraît ne dater que de 155 g? soit que\nl'inventeur ne les eût faits qu'à cette époque, soit qu'il n'eût pas trouvé\nd'autre imprimeur que lui pour se servir de ses nouveaux caractères.\n\n(1) Non cités par M. Fétis»"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nUn autre recueil parut la même année chez Granjon, ce sont : les\nChansons nouvelles, composées par Barthélémy Beaulaigne, excellent\nmusicien et par luy mises en musique à quatre parties, et en quatre\nlivres. Ce recueil est dédié à Très illustre, haute et puissante princesse\nMadame Diane de Poictiers, duchesse de Valentinois, par Barthélémy\nBaulaigne, enfant de cueur en Véglise majeure de Marseille, son très\nobéissant serviteur, et prospérité, 155 g. Il y a même le portrait de\nBeaulaigne, L'épître dédicatoire est curieuse, sa longueur seule nous a\nempêché de la produire. Ces chansons de Beaulaigne sont suivies de\nmottet% à quatre, cinq, six, sept et huit parties. L'auteur continue à s'y\nappeler excellent musicien.\nGranjon fut appelé à Rome par le pape, afin d'y graver et fondre des\ncaractères pour un alphabet grec.\n. Dans un livre bien connu des bibliophiles, le Directorium chori de\nGuidetti, 011 lit : Permissu superiorum, Romœ apud Robertum Granjon,\nParisiens, 1582. Ce livre n'est point fait avec les caractères de Granjon,\net, en admettant que cet artiste travaillât déjà en 1523, est-il probable\nque, passé octogénaire, il eût créé de nouveaux poinçons à Rome?\n(La suite prochainement.)\n\nJ.-B. WEKERLIN."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.18", "texte": "DE LA\nGYMNASTIQUE PULMONAIRE\nCONTRE LA PHTHISIE\n\n(I)\nCHAPITRE IV\n( Suite)\nNE vérification sévère et bien authentique étant né-\ncessaire pour faire enfin bonne et entière justice d'as-\nsertions qui n'ont régné que trop longtemps dans la\nscience en souveraines, sur l'autorisation qui nous\nen avait été accordée par le ministre compétent, nous\nnous sommes rendu d'abord aux Archives delà guerre,\npuis successivement dans tous les Hôpitaux de la piemièie et de la\ndeuxième Division militaire. Nous y avons compulsé avec le plus grand\nsoin les divers états et registres des décès, mis partout très gracieuse-\nment par l'Administration à notre disposition, et, après avoir retire de\nces documents tout ce qu'ils pouvaient nous fournir, nous avons\n\n(i) Voir les numéros des ler et i 5 août, i 5 septembre i 5 octobre et i 5 novembre.\n\nVII.\n5"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.19", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndressé pour chaque hôpital un tableau comprenant la mortalité générale,\net la mortalité par phthisie pulmonaire chez les soldats de toutes armes,\net chez les musiciens et les trompettes ou clairons, durant toute une pé-\nriode de vingt-six années. Environ une année après, ayant trouvé que\nce n'était point encore assez, nous sommes revenu sur nos pas pour\najouter à notre premier travail un deuxième tableau relatif à tous\nles cas de réformes ou de simples congés accordés, pendant cette même\npériode de temps, pour la même maladie.\nÀ l'hôpital de Versailles, tout a marché à souhait. Directeur et\ncins mirent à nouveau le plus grand empressement à nous faciliter notre\nentreprise; mais à Paris, au Val-de-Grâce, les choses ont été tout autres.\nNous y étions à peine de retour que nous recevions de l'lntendance la\nlettre qu'on va lire.\nParis, 7 octobre 1859.\nMonsieur le docteur Burq,\nMessieurs les médecins de l'hospice du Val-de-Grâce ayant fait quelques\nobjections au sujet de l'autorisation qui vous avait été donnée par mon pré-\ndécesseur, et que j'ai renouvelée Tannée dernière, de compulser les registres\ndu Val-de-Grâce pour le travail statistique que vous avez entrepris, j'ai l'hon-\nneur de vous faire connaître que je ne puis renouveler cette autorisation.\nAgréez, monsieur, etc.\nCORREÀRD,\nCette lettre, qui n'étonnera aucun des médecins qui ont connu le\n*\nconfrère omnipotent qui dirigeait alors l'Ecole du Val-de-Grâce, nous\nn'eussions pas mieux demandé que de la taire, mais il était nécessaire de\nla produire pour donner la raison des regrettables lacunes que l'on trou-\nvera dans le n° 2 des deux tableaux ci-après.\nCes tableaux sont l'expression condensée du long et très vétilleux travail\nde dépouillement auquel nous nous sommes livré. Nous y avons mis\nl'ensemble de tous les éléments qui s'y prêtaient, et nous en avons élagué\ntout ce qui était trop incomplet, ou eût été trop spécial pour la Revue où\nnous écrivons;"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.20", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nN° i. TABLEAU COMPARATIF\nDE LA MORTALITÉ PAR PHTHISIE PULMONAIRE\nChe{ les soldats de toutes armes, et cheç les musiciens ou les trompettes\net clairons de toute la garnison des première et deuxième Division\nmilitaire, pendant 26 années.\nMORTALITÉ\nI GÉNÉRALE | PAR PHTHISIE\n5 I (non compris les I\n< I cholériques.) I Soldats Musiciens\nI ir« div. U« div. I rediv. 2ediv. irediv. 2ediv.\ni 833 1 824 991 100 27 Im. 1 tr.\n18341 648 381 91 14 Im. o\n1835 I 622 50l 68 90 o\n1836 1 460 731 49 21 2m- o\n18371 783 91 I 127 12 o o\n1838 1 1,147 2161 80 3l Im. o\n18391 900 1541 123 16 1 ni. o\n18401 1,037 1881 iso i 5 I j o\n1841 I 1,264 3041 186 39} o\n18421 R,085 137| 130 22 O O\n18431 789 1101 104 22 2m. o\n18441 515 43 1 104 80 o\n18451 564 61 I 75 i 3 Im. o\n1846 1 520 491 85 19 Im. o\n18471 725 861 129 19 o o\n1848 1 853 921 112 17 Im. o\n18491 102 203 1 134 •5I Im. o\niBso I 5i2 701 86 71 ; t™' o\n185 1 I 542 891 87 241 \\ o\n18521 486 56 I 126 11 ( | 0\n1853 I 620 1071 111 i 5 o o\n18541 610 1171 107 6 Im. o\n1855 I 1,271 1141 141 7 2m. o\n1856 1 534 75 I 71 11 o 1 tr.\n18571 540 52 1 76 9 Im. o\n1858 1 331 741 77 17 1 tr- 1 tr-\n-19,344 2,818 j 2,749 459 35 3\nTOTAL. 22,162 I 3,206 38\nMoyenne. 852 I 125 I^7\nRapport ( par toutes!\nsur ) les causes.! .149 1,85\n1,000 j par\ndécès [ phthisie | ... 11,87\nCORPS\nrespectifs\nDES DÉCÉDÉS\n38e de ligne, ier hussards.\n16e de ligne.\n6« et 41* de ligne.\n32e de ligne.\n9e de ligne.\n39% 14e et 10e de ligne.\n2e, 18e, 21e de ligne. ieret\n21e léger.\n18e et 23e de ligne.\n28e de ligne.\n16e de ligne.\n55e de ligne.\n55e de ligne.\n5e de ligne. 6* d'artillerie.\nZouaves.\n10e d'artillerie. 57e de ligne\n3e et 43e de ligne.\n37eet36edeligne. i5eléger\n21* léger.\n9e d'artillerie. t Grenadiers\n! de la garde impériale.\n17e hussards.\n46e de ligne. #\n( 14e d'artillerie. Artilleur\nde la garde impériale."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.21", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nN° 2. - TABLEAU COMPARATIF\nDES CONGÉS DE REFORME OU DE CONVALESCENCE POUR PHTHISIE\nChe\\ les soldats de toutes armes,et che\\ les musiciens ou les trompettes\net clairons, accordés à ïhôpital de Versailles, pendant les mêmes\n26 années, et au Val-de-Grâce?pendant g années seulement de cette\npériode.\nMORTALITÉ\nAnnées VERSAILLES VAL des deux hôpitaux\nDE GRACE ...\n— — GÉNÉRALE PAR PHTHISIE\nSoldats Musiciens Soldats I Music. SoldatsIMusic.\n1833 80 o 536 80 2\n1834 66 o „ 387 66 1\n1835 29 o s 386 35 o\n1836 51 2° de'ligné. S 328 48 ,\n1837 36 o o 0\n1838 39 12e d'artillerie 5 864 87\n1839 27 5e dragons C 594 60 1\n1 840 92 ° 667 77 i\n1Ô4X 88 0 899 13 3 1\n94 o c 468 63 o\n1843 116 9e cuirassiers S * 3l8 62 2\n1844 97 11 » dé ligne 252 57 O\n1845 84 o - 226 52 1\n1846 IOO O M 280 60 o\n1847 114 O c 45 I 121 O\n1848 -10 Chas'seurs 0:1 671 97 1\n■849 77 0 1,070 13 2 1\n1850 3i o 83 2 3i2 40 2\n1851 57 o 107 2 3O7 61\n1852 56 o 125 o 281 72 3\n- i853 76 o 140 o | 367 73 0\ni854 °4 28e de ligne 116 0 7'9 55 o\n18 5 5 56 o 17 580 74 o\ni856 06 o 173 o 3qq 59 I\ni8:>7 03 0 140 o 389 59 1\n1858 75 o 51 o 269 66 1\nTOTAL, V/o(j 7 1,112 8 12,627 1,69r 24\nMoyenne... 68,3 0,27 ' I23 0,89 ~ I ëT'\nRapport sur I\n1,000 décès. 637,6 12,5o 373 ) 15 t-t I"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.22", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nLe tableau n° I montre que dans toute la garnison des ire et 2e Divi-\nsion militaire, la mortalité, non comprise celle par le choléra, s'est\nélevée, pour les hôpitaux du Val-de-Grâce, du Gros-Caillou, du Roule,\nde Popincourt, de Picpus, de Sceaux et de Saint-Denis, à un total de\n19,344 décès, dont 2,749 par phthisie pulmonaire; et pour l'hôpital de\nVersailles à 2,818, dont 459 par phthisie;—ensemble : 22,162 décès sur\nlesquels 3,308 phthisiques.\nQuelle a été la part des divers instrumentistes, musiciens proprement\ndits et trompettes ou clairons, dans ce dernier chiffre ?\nPour la première division de 29 musiciens.\nS trompettes.\n3 clairons.\nPour la deuxième division de 3 trompettes.\nTotal 38\nComparant les chiffres de Benoiston de Châteauneuf avec les nôtres,\nque nous avons tenu, nous, à bien spécifier dans leur partie la plus\nessentielle, afin de tenir la porte ouverte à une vérification, l'on trouve :\ni° D'une part, pour une période de six années 120,624 hommes\nayant donné 2,352 décès, dont 102 par phthisie, sur lesquels 17 étaient\nafférents aux musiciens ;\n20 Et d'autre part, pour une période de vingt-six autres années\n961,376 hommes (la garnison de Paris seule) qui ont offert 19,344 décès,\ndont 2,711 par phthisie sur lesquels 29 seulement pour les musiciens\nproprement dits. Divisant les trois chiffres ci-dessus 19,344,-2,711\net 29, les deux premiers par l'effectif moyen 36,942, qui résulte des chif-\nfres officiels que nous donnerons tout à l'heure, et par 26, et le troi-\nsième, 29, par 2,711, l'on obtiendra d'un côté, pour la mortalité géné-\nrale, une moyenne de 744 ou de 2 millièmes, c'est-à-dire à très peu près\ncelle indiquée par Benoiston, qui est de 0,00194, et de l'autre, pour la\nmortalité par phthisie de la garnison entière, tout près de 3 millièmes\n(0,0028) de l'effectif total et 0,143 de la mortalité générale, ail lieu\ndei/i4 oude 0,071, et m fine seulement 0,0106 de décès pour les\ntubercules au compte des musiciens, au lieu de 0,140.\nEst-ce assez pour montrer enfin tout ce que vaut cette statistique\nfameuse de Benoiston de Châteauneuf, universellement acceptée si à la\nlégère? et que faut-il de plus pour démontrer à tous ceux qui pour-\nraient être tentés d'en épouvanter encore ceux que leur goût porte vers le\njeu des instruments à vent, qu'elle est de fantaisie pure, tout au moins"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.23", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nen ce qui concerne la mortalité par phthisie des joueurs de ces instru-\nments ?\nQuittons donc, pour ne plus y revenir, les assertions de notre contra-\ndicteur anticipé, et serrons maintenant de près la statisque qui nous\nest propre.\nEt d'abord, quels ont été pour chacune des vingt-six années sur lesquelles\na porté notre enquête : i° Le chiffre précis de l'effectif de la garnison;\n2° le nombre de musiciens et de trompettes ou clairons qui faisaient\npartie de cet effectif?\nAprès les avoir cherchés vainement l'un et l'autre dans les docu-\nments mis à notre disposition, nous les avons demandés au Ministre\néclairé qui avait autorisé nos recherches, en le priant de vouloir bien\ny ajouter, si faire se pouvait, la nature de l'instrument dont jouaient les\ndécédés. Il nous fut répondu :\n« Que le Département de la guerre se trouvait, à regret, dans l'impos-\nsibilité de nous fournir les renseignements demandés. »\nIl était très fâcheux, sans doute, qu'il ne pût en être tout autrement,\nmais fort heureusement que d'abord nous avions pu nous procurer divers\nchiffres officiels, parmi lesquels se trouvaient ceux de la garnison de\nParis, au commencement de diverses périodes quinquennales, et qu'il\nnous restait ensuite le précieux manuel de Kastner pour nous éclairer\nsur la composition des musiques de l'armée. Voyons donc ce que nous\navons appris à ces différentes sources :\nEffectif de la garnison de Paris (Officiel) :\nAnnées 1833 31.5cp hommes.\n1836 20,532\n1841 40,152\n1846 33,240\n\"\" lBsï 49,7 57\n1856 46,581\nTotal 221.654 hommes.\nDivisant le total de ces effectifs par le nombre d'années auxquels ils\ncorrespondent, lon obtient, comme moyenne de la garnison, le chiffre\nde 36,942 hommes, lequel multiplié ensuite par 26, donne, comme\nexpression très probable de tous les effectifs,depuis l'année 1833 jusqu'à\ncelle de 1858 inclusivement, un total de 960,482.\nSur la composition des divers corps de musique de l'armée, voici main-\n■z"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.24", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\ntenant ce que nous enseigne Kastner, et ce que nous avons pu ajouter\npersonnellement sur des documents authentiques.\nSous la première République, après la fondation du Conservatoire,\nles musiques militaires comptèrent jusqu'à quarante exécutants.\nSous l'empire, otx l'on eut plus besoin de soldats que de musiciens, le\nnombre de ces derniers ne dépassa presque jamais celui de vingt par\nrégiment.\nSous la Restauration, il y eut à l'effectif total de l'armée 1,393,778,\nsur lesquels, comme il a été dit précédemment, 7,625 musiciens et6,B3i\ntrompettes ou clairons, ensemble—l4,4s6,ou un peu plus de 1 pour 100\nseulement d'instrumentistes, mais répartis par rapport à Paris, ainsi\nqu'on le verra quelques lignes plus loin.\nAprès la révolutionne iB3o, on augmenta beaucoup les musiques\nmilitaires.\nLe 22 avril 1845, il y eut à Paris un grand concours. Plusieurs\nmusiques militaires s'y firent entendre ; voici quelle était leur com-\nposition»\ni° Musique du iei de ligne 49 exécutants dont 9 pour la batterie.\n20 —» du 1ie —— 38\n3° du 62e\n4e du 74e\nTotal 172\nMoyenne»,. 43\nSi aux musiciens proprement dits nous ajoutons les trompettes et\nclairons qui, sous la Restauration, formaient déjà près de la moitié des\ninstrumentistes, nous arrivons pour les musiques et sonneries de la ligne,\navant 1845, à une moyenne d'environ 55 à 60 exécutants.\nEn retranchant les gagistes civils, qui ne pouvaient figurer sur le\nregistre des décès des hôpitaux militaires, restent encore au moins\n45 musiciens trompettes ou clairons par régiment.\nD'autre part, en temps de paix, un régiment, musiciens compris, ne\ncomptait pas à l'effectif plus de 1,800 hommes au maximum, répartis en\ntrois bataillons, dont deux seulement (le troisième restait en dépôt en\nprovince) venaient tenir garnison à Paris. La musique suivant toujours\nle drapeau; c'est donc environ 45 instrumentistes sur 1,200 hommes de\nla ligne, ou i/ 2 qu'il y avait dans la première Division militaire avant\nl'année 1845.\nLes chasseurs à pied, chez lesquels le clairon avait remplacé le tam-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.25", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nbour, comptaient plus d'instrumentistes, et ce n'est point exagérer que\nde les porter chez eux, toujours bien entendu pour la garnison de Paris,\nà i/ 25e de l'effectif réel.\nLa cavalerie se composait de six escadrons dont un de dépôt en\nprovince.\nChaque escadron ne comptait pas plus de 120 hommes présents, ce\nqui donne pour 5 escadrons 600 hommes à l'effectif.\nChaque régiment avait sa fanfare, composée en moyenne de trente\nexécutants, et chaque escadron n'avait pas moins de quatre trompettes,—\nsoit donc, si Ton veut, 1 instrumentiste pour i 5 hommes.\nL'artillerie comptait :\ni° Par régiment monté,—l,loo hommes, en 10 batteries, 25 musiciens\nréglementaires et 3 trompettes par batterie,— soit 1 instrumentiste sur\n20 hommes et même moins, si l'on tient compte encore ici des batteries\nrestées en dépôt dans les Départements.\n20 Par régiment à pied, i,300 hommes, en 16 batteries, 20 à 25 musi-\nciens et 2 trompettes par batterie, soit encore 1 instrumentiste par\n25 hommes.\nEn 1845, les musiques militaires, par décision ministérielle insérée\nau Moniteur du 1 o septembre, furent organisées de la manière suivante :\ni° Musique d'un régiment d'infanterie 5o exécutants.\n2o\n3°\n4°\nEn retranchant encore les éléments qui ne pouvaient figurer sur les\nregistres des décès, les gagistes civils et les élèves inscrits sur ces registres\nsous la seule désignation de fusiliers, on peut donc porter, après 1845, la\nmoyenne des exécutants de toute sorte à i/ 2oe de l'effectif total, et en\nélevant cette moyenne à i/ 25e pour toute la période de i 832 à 1858,\npour Paris et pour la deuxième Division, où elle est encore moindre,\npar la raison que la garnison de Versailles, de Saint-Germain, etc., est en\ngrande partie composée de cavalerie et d'artillerie, tous les gens compé-\ntents que nous avons consultés, facteurs, chefs de musique, chefs d'état-\nmajor de la place, etc., nous ont affirmé que nous serions en dessous\nplutôt qu'en-dessus de la vérité. Les très rares renseignements officiels,,\nque nous avons retrouvés sur ce point, donnent d'ailleurs plus que raison\nà cette évaluation. Pour les années 1846, 1851 et 1856, il y eut en effet\nun total de 3,329 musiciens (gagistes et élèves musiciens compris) cor-\nrespondant à un effectif total de 129,558 hommes. En y ajoutant à peu"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.26", "texte": "DE LA GYMNASTIQUE PULMONAIRE\n\nprès un même nombre de trompettes ou clairons, qui ne saurait avoir\nété moindre à ces époques que sous la Restauration, puisque dans plu-\nsieurs corps de troupe ils avaient déjà remplacé les tambours, nous\narrivons à un total de 6,000 instrumentistes, c'est-à-dire à i/ 2 environ\nde la garnison.\nSi donc i musicien trompette ou clairon par 2 5 hommes de garnison,\ntant à Paris qu'à Versailles, à mortalité seulement égale par phthisie\npulmonaire, nous aurions dû trouver 3,208.\nc'est-à-dire 128 décès au lieu de 38! !\nFaisons encore remarquer que parmi les trente-huit victimes dont\nnous avons pris soin de recueillir les noms, aussi bien que celui de leurs\ncorps respectifs, il n'est pas bien sûr qu'il n'y en eût point qui fît par-\ntie de la batterie, et fût par conséquent sans aucun droit à bénéficier\npour sa part de sa qualité de Musicien.\nCette différence dans la mortalité par phthisie, tout en faveur des\ninstrumentistes, trouve d'ailleurs sa confirmation dans les mârnes docu-\nments administratifs qui nous ont fait connaître au juste le chiffre res-\npectif des hommes et des musiciens en garnison à Paris, pendant les\nannées 1846-1851 et i 856.\nSur cet effectif de 129,556 hommes, dont 3,329 musiciens seuls, com-\nbien y eut-il, en effet, de décès par phthisie?\n244 ou 1 >B9 pour les premiers,\n2 ou 0,66 pour les seconds.\n( La fin prochainement.)\n\nDr V. BURQ."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.27", "texte": "INAUGURATION\nDU NOUVEL OPÉRA\n\nE Nouvel Opéra a été inauguré le mardi, 5 janvier 1875,\npar une représentation de gala, et, contrairement à\nl'usage, les personnages invités à cette solennité ont dû\npayer leurs places. Une exception cependant a été faite\nen faveur de la presse ; quelques fauteuils de parterre\nlui ont été réservés. On assure que M. Garnier. l'archi-\ntecte éminent qui a construit l'Opéra, se serait vu dans la nécessité de\npayer 120 fr. la loge qu'il occupait. En tout état de cause, il est certain\nque la recette, s'élevant au chiffre brut de 36,282 francs, a été encaissée\npar le direvteur. Cette représentation ne peut être considérée comme une\nsoirée donnée par l'État.\nM, Halanzier avait eu plusieurs mois pour préparer la composition\nde ce spectacle, qui devait être, à juste titre, regardé comme une fête\nnationale, et le programme suivant avait été définitivement arrêté :\nOUVERTURE DE LA MUE\n(Dirigée par M. Deldevez)\nPremier et deuxième actes de\nla juive\nElecteur MM. Villaret\nBroeni -n 1 1\nT , 0 ~ * Belval\nLeopola D\nr> rT 7 Bosquin\n,ie Mm<« Krauss\nEud°** Bdval"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.28", "texte": "INAUGURATION DU NOUVEL OPÉRA\n\nScène de l'Église de\nFAUST\nMarguerite Mœ<! Nilsson\nMéphistophélès M. Gailhard\nTroisième et quatrième actes de\nHAMLET\nHamlet MM. Faure\nLe Roi Gailhara\nOphélie Mmes Nilsson\nLa Reine Gueymard\nDIVERTISSEMENTS\nMesdemoiselles Fiocre et Beaugrand\nDeuxième acte de\nLA SOURCE\nMademoiselle Sangalli et M. Mérante\nCette distribution a subi au dernier moment une première modifica-\ntion. Madattie Nilsson, pour éviter, dit-on, des répétitions fati-\ngantes, demandait à chanter avec M. Faure la scène de l'Église, de\nFaust; et, sur sa prière, on dépossédait M. Gailhard du rôle de Méphisto-\nphélès, qu'il interprète cependant avec une incontestable autorité.\nLe dimanche, 3 janvier, la presse était conviée à une répétition géné-\nrale; on commençait à chanter Hamlet, lorsque tout fut brusquement\ninterrompu. Madame Nilsson ne devait pas paraître; les uns la\ndisaient malade, les autres prétendaient qu'elle refusait de répéter devant\nla presse, dans un local dont l'acoustique lui était inconnue.\nQuoi qu'il en soit, les journaux publiaient le 5 janvier cette note :\nLe programme de la représentation se trouve modifié par une indisposition\nde madame Nilsson que le Certificat du docteur Jules Guérin constate ainsi :\n« Madame Nilsson, par suite d'un refroidissement, a été prise d'enrouement ;\n« son état n'a rien d'inquiétant, mais elle était hier et elle est encore aujour-\n« d'hui hors d'état de chanter. Un repos de quelques jours et des soins appro-\n« priés permettront à madame Nilsson de reprendre son service à l'Opéra. »\n« Paris, 4 janvier 1875.\n« JULES GUÉRIN. »\nLa teneur même de ce certificat et le vague qu'il laisse planer sur le point\nessentiel de savoir quand madame Nilsson sera en état de faire son service à\nl'Opéra, ne permettent pas à M. Halanzier de retarder une soirée pour\nlaquelle de nombreuses invitations ont été lancées à tous les grands corps de\nl'État.\nLes portes du nouvel Opéra s'ouvriront donc ce soir; voici le programme\ndéfinitif de la représentation :"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.29", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nOUVERTURE DE LA MUETTE DE PORT ICI\nPremier et deuxième actes de\nLA JUIVE\nOpéra en cinq actes, Scribe, F. Halévy.\nMM. Villaret\nBrogni Belval\nLéopold Bosquin\nRuggiero Gaspard\nCrieur Dieu\nAlbert Auguez\nRachel Mmes Krauss\nEadoxie Belval\nVALSE\nMesdemoiselles Pallier, Bartoletti, Piron, Sanlaville, Millie,\nRobert, Lapy, Ribet, Bussy, A. Parent.\nr\nOUVERTURE DE GUILLAUME TELL\nLa Bénédiction des poignards de\nLES HUGUENOTS\nSaint-Bris M. Gailhard\nDeuxième tableau de\nLA SOURCE\nBallet-pantomime en deux actes et quatre tableaux\nNuitter, Saint-Lêbn, Minkous, Léo Delibes.\nNaïla Mmes Sangalli\nNonredda Fiocre\nDadje Mérante\nMorgab Marquet\nDjelma Aline\nDjémil MM. Mérante\nMoçdock Pluque\nLe Khan Cornet\nSindjar F. Mérante\nIsmaël * Montfallet\nLA GUZLA : Mademoiselle Fiocre\nPAS DES VOILES\nMesdemoiselles Mérante, Robert, Piron, Millie, Montaubry, Stoïkoff,\nRibert, Bussy, A. Parent, Leroy, Larieu, Moïse, Ridel.\nPAS D'ACTION : Les sujets.\nCe programme a été exécuté. Il est si banal, qu'il n'appelle aucun\ncommentaire.\nLe spectacle était annoncé pour huit heures. Dès six heures, la foule"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.30", "texte": "INAUGURATION DU NOUVEL OPÉRA\n\nenvahissait les grands boulevards et les rues avoisinantes, pour contem-\npler l'Opéra nouveau dans toute la splendeur de ses illuminations. La\ndéception a été grande. Les candélabres qui entouraient le monument\nne donnaient aucune clarté, et sans les maisons de commerce et les cer-\ncles voisins, qui tous avaient illuminé, on n'aurait pu rien distinguer.\nOn s'était laissé aller à l'hypothèse la plus naturelle, en accusant\nM. Halanzier de parcimonie ; mais une lettre de M. Garnier est venu le\nlaver de ce grief complémentaire. Le budget accordé à l'architecte ne lui\na pas permis d'établir actuellement des appareils assez puissants pour\nl'éclairage extérieur, et dont la construction aurait nécessité une dépense\nde 200,000 francs.\nLa place de l'Opéra avait été sablée. C'est de ce côté que devaient\nentrer les invités officiels : Le lord-maire de Londres, sirStone; le bourg-\nmestre d'Amsterdam, M. Van der Meulen ; la reine Isabelle d'Espagne\net son fils Alphonse XII; le Maréchal-Président, les ministres, le conseil\nmunicipal; deux cent cinquante députés, etc.\nLe Maréchal, dont la voiture était escortée par un peloton de cui-\nrassiers, est arrivé à huit heures moins le quart. Il a été reçu par\nM. Halanzier.\nPeu après est arrivé le lord-maire, dont le cortège, débouchant de la\nrue de la Paix, était précédé de quatre hérauts sonnant de la trompette.\nCes hérauts, vêtus de rouge et coiffés d'une toque noire, auraient l'as-\npect tout à fait moyen âge, s'ils ne portaient des pantalons.\nLe lord-maire, sir Stone, revêtu de son costume d'apparat, a été reçu\na sa descente de voiture par le préfet de la Seine et les ministres. Il a\nmonté lentement le grand escalier d'honneur, précédé de ses massiers,\nsuivi de ses shérifs en robes rouges, de son porte-glaive et autres digni-\ntaires attachés à sa personne. Aussitôt mis en possession de son avant-\nscène, le spectacle a commencé.\nIl ne convient pas d'apprécier ici, au point de vue musical, cette repré-\nsentation, dans laquelle aucun élément de progrès n'est entré. Nos lec-\nteurs trouveront, à la Revue des théâtres lyriques, le compte-rendu de\nla Juive, chantée le 8 janvier par mademoiselle Krauss; sa santé et sa\nbonne grâce ont bien mérité du public parisien. M. Gailhard, en inter-\nprétant dans la Bénédiction des poignards la partie effacée de Saint-\nBris, a prouvé que la modestie pouvait parfois faire alliance avec le\ntalent. Il a été l'objet d'une ovation significative.\nCette soirée, loii} d'apaiser la critique, a exaspéré les plus ardents et\nenhardi les plus timides.\nNous avons toujours considéré la personnalité de M. Halanzier"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.31", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncomme néfaste, entre toutes celles qui président souverainement aux\ndestinées de la musique. Mais nous nous refusons absolument au coup\nde pied de l'âne, et nous récusons toute solidarité avec ceux qui, après\navoir encouragé par leur faiblesse ou leur silence les calculs mercantiles\nde ce directeur, nous assourdissent aujourd'hui des cris insolites d'une\npudeur artistique qui a été tant de fois violée.\nSi quelque argument pouvait jamais plaider en faveur de M. Halan-\nzier, ce serait la coalition de tous les journaux qui ont attendu, pour\ncrier haro, qu'une combinaison de prime ait été entamée entre une offi-\ncine rivale et l'imprésario de l'Opéra.\nNous ne nous laisserons pas traîner à la remorque de ces indignations\nfactices, dues à la belle discipline des intérêts privés.\nDégageons donc la personne de M. Halanzier du débat. Nous y revien-\ndrons plus tard, sur le terrain brûlant de l'administration pure.\nL'inauguration du nouvel Opéra n'a rien inauguré.\nElle n'est ni une manifestation de l'art national, ni une féte de l'art\ninternational, c'est-à-dire humain. Elle n'est ni un hommage pieux\nrendu à la tradition, ni un gage hardi donné au progrès. On n'y a\ncélébré ni le passé, ni le présent, ni l'avenir.\nC'est l'apothéose du vide.\n\nO. LE TRIOUX."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.32", "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS POPULAIRES : Fantaisie pour orchestre en ut mineur, de M. Bourgault-»\nDucoudray. Ouverture de Phèdre, de M. J. Massenet. Divertissement, de M. Lalo.\nEntr'acte de l'opéra de Fiesque, de M. Lalo. CONCERT NATIONAL : Première audi-\ntion de VEnfance du Christ. SALLE TAITBOUT (CONCERTS DANBÉ). CONCERT\nDONNÉ AU PROFIT DE LA CRÈCHE SAINT-JOSEPH.\nONCERTS POPULAIRES. 3e et 4e Concerts de ta\n2e série.— M. Bourgault-Ducoudray est un\ncien de la bonne école. Grand prix de Rome, di-\nrecteur d'une Société chorale bien digne d'être prise\npour modèle par toutes les associations du même\ngenre, il a rendu de réels services à Part, en propa-\ngéant, l'un des premiers, la connaissance des chefs-d'œuvre du ré-\npertoire classique. On n'a pas oublié les belles séances qu'il a don-\nnées avec tant de succès pour l'audition d'oeuvres chorales presque\ninconnues de Jannequin, d'Orlando di Lasso, de Palestrina, de\nLulli, de Rameau, de Bach, d'Haendel et de Mendelssohn.\nM. Bourgault-Ducoudray est donc un artiste d'une instruction solide\net d'un réel mérite, un esprit éclairé et naturellement porté vers ce qui est\nbeau et grand en musique; il a toutes les qualités d?un excellent musi-\ncien, mais il lui manque cette étincelle du feu sacré que la nature avare\na déposée au fond de certaines organisations privilégiées, qui commu-\nnique à l'esprit la faculté créatrice et fait seule les vrais compositeurs.\nL'année dernière,, le jour du vendredi saint, M. Bourgault-Ducoudray\nnous faisait entendre, à l'église de la Trinité et aux Concerts Populaires,\nles fragments d'un Stabat mater, dans lequel il s'était efforcé de réagir"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.33", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncontre les tendances dramatiques de la musique religieuse moderne et de\nramener celle-ci aux saines traditions de l'école de Palestrina.. Cette\nimportante composition passa presque inaperçue. C'est qu'en effet on y\nretrouvait la main d'un musicien de talent, mais ce n'était pas là une\nœuvre, c'est-à-dire une de ces créations frappantes qui font événement\ndans l'art, qui s'imposent dès le premier jour à l'attention du public et\ndont la place est marquée d'avance parmi ces belles productions de\nl'esprit humain, qui font la gloire d'une époque et que la postérité con-\nsacre chefs-d'œuvre.\nLa Fantaisie pour orchestre en ut mineur, que M. Bourgault-\nDucoudray a fait exécuter pour la première fois au 3e Concert de la\n2e série, ne possède même plus, comme le Stabat, ces qualités de fond,\nsans portée sur la masse du public, mais qui suffisent à recommander\nun ouvrage à l'attention des artistes ; c'est un morceau absolument mau-\nvais, qui devait échouer, et que musiciens et public ont unanimement\ncondamné. Cette Fantaisie se compose de quatre parties. Les deux pre-\nmières, Introduction et danse et Andante, renferment, au milieu d'iné-\ngalités choquantes, quelques bons passages, notamment l'introduction\nqui ne manque pas d'un certain caractère et la belle phrase chantée sans\naccompagnement par les violoncelles divisés au début de Y andante;\nl'orchestration de ces deux morceaux est ferme, serrée et d'une brillante\nsonorité. Les deux dernières parties sont détestables : le scherzo se déve-\nloppe sur un pont-neul ridicule, qui rappelle les inspirations pru-\nd'hommesques de Bérat et de Loïsa Puget; le final m'a paru sans queue\nni tête. Je n'insisterai pas davantage sur Terreur déplorable d'un musi-\ncien qui adroit à toute notre estime. M. Bourgault-Ducoudray est un\nartiste très entier dans ses opinions et qui n'admet pas de concessions ;\nje lui devais donc la vérité sans ménagement, et j'ai constaté brutalement\nson échec, duquel il ressort, à mon sens, une grande et utile leçon, à\nsavoir que M. Bourgault-Ducoudray aurait tort de persévérer dans une\nvoie qu'on ne peut parcourir avec succès si l'on n'est doué de certaines\nqualités indispensables, qui lui font absolument défaut.\nDans le même concert, M. Wienawski a exécuté le Concerto en la\nmineur, de M. Vieuxtemps. M. Wienawski est un violoniste de talent,\nil vient d'être nommé professeur au Conservatoire de Bruxelles. Son jeu\nmanque de légèreté et d'élégance, mais il rachète ces défauts par une\nsolidité et une justesse irréprochables. Le public a fait un très grand\nsuccès au virtuose ainsi qu'à l'œuvre de Vieuxtemps. Pour ma part, je\nm'y associe bien volontiers, à condition qu'on me permettra la petite\nremarque suivante : les Belges ont certainement beaucoup de talent,"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.34", "texte": "ENTR'ACTE de FIESQUE\nOpéra de LALO.\nLe théàtre représente une place de Genês. A droite une auberge; une table et des sièges. Des bonquetières vendent\ndes fleurs."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.39", "texte": "mais je suis heureux de constater une fois de plus que nous avons une\nécole française qui n'a rien à leur envier et que le Concerto de M. Lalo,\nexécuté par M. Sarasate, laisse sensiblement en arrière le Concerto de\nM. Vieuxtemps, exécuté par M. Wienawski.\nLe dimanche suivant, M. Wienawski a joué avec le même succès la\nRomance en fa de Beethoven, suivie d'une Polonaise de sa composition.\nLes deux morceaux ont été également applaudis. Le concert avait com-\nmencé par l'ouverture de Phèdre de M. Massenet. Je n'ai pas à revenir\nsur cette œuvre, dont il a été rendu compte l'année dernière; je consta-\nterai seulement que l'ouverture de Phèdre est conçue dans le style clas-\nsique et que le talent symphonique du jeune maître y prend plus libre-\nment son essor et s'élève à des hauteurs qu'il n'avait pas encore atteintes\ndans ces fantaisies charmantes, qu'on appelle Suites d'orchestre.\nM. Massenet a l'intention d'achever l'œuvre musicale dont cette ouver-\nture est la préface ; il doit écrire pour Phèdre des entr'actes et des mélo-\ndrames qui pourraient bien être exécutés l'an prochain au théâtre de\nPOdéon, dans une solennelle reprise du chef-d'œuvre de Racine. Mais\nauparavant, nous entendrons deux ouvrages nouveaux de l'auteur de\nMarie-Magdeleine : les Scènes dramatiques, 5e Suite d'orchestre, qui\ndoivent être jouées aux Concerts populaires le 24 de ce mois, après avoir\nété données au Conservatoire le dimanche précédent, et une ouverture de\nMéduse que l'on dit très remarquable.\nLe Divertissement de M. Lalo, qui occupait une place importante sur\nle programme de cette même séance, où M. Pasdeloup avait fait une\nlarge part à nos compositeurs modernes (ce dont nous ne saurions trop\nle féliciter), nous est déjà connu et nous ne ferons que signaler cette\nreprise d'une œuvre aujourd'hui classée et fort appréciée de tous les\nmusiciens. La Chronique Musicale en a déjà publié un fragment :\nYandantino, et le succès de cette première publication nous engage à\ndonner aujourd'hui un entr'acte de l'opéra de Fiesque, que l'auteur a\najouté à son Divertissement, à l'occasion de cette dernière reprise. Ce\nmorceau est à la hauteur des précédents, c'est le meilleur éloge que j'en\npuisse faire. Il est extrait d'une œuvre importante (1), qui concentre en\nelle les qualités les plus marquantes du talent si original, à qui nous\ndevons le beau Concerto de violon exécuté l'année dernière par M. Sara-\nsate et dont un nouvel ouvrage, la Symphonie espagnole avec violon\n\n(1) L'opéra de Fiesque et le Divertissement ont été publiés par l'éditeur Hartmann.\n\nVil.\nREVUE DES CONCERTS\n6"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.40", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nprincipal, sera exécuté chez M. Pasdeloup dans la premièic quinzaine\nde février.\nH. Marcello.\nCONCERT NATIONAL. ( Théâtre du Châtelet.) — Depuis le 12 décem-\nbre 1854, jour de la première audition tel Enfance du Christ, les\noreilles du public ont fait de notables progrès dans l'intuition de ce\ngenre spécial de musique, dont Berlioz fut le créateur, et que plus tard\nont mis à la mode Schumann, MM. Liszt, Gounod, Wagner, et les\nadeptes de ce dernier. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, qu on poite\nau septième ciel cette absence de rhythmes francs et de mélodies bien\ndéveloppées, ou qu'on lui préféré cette exubérance de chants tour a toui\ngracieux, légers ou passionnes, mais toujours faciles à xetenir, dont\nabondent les œuvres de Haendel, Haydn, Mozart, Monsigny, Grétry,\nRossini, Hérold et Auber, toujours est-il qu'à force de l'entendre, on la\nsaisit mieux aujourd'hui qu'il y a une vingtaine d années*, et le public\nde l'heure présente ne prétendra plus comme les mauvais plaisants de\ni83o, lors de l'apparition de la première œuvre importante de Berlioz,\nsa Symphonie fantastique, qu'à un certain endroit, 1 auteui avait mis\nsur toutes les parties d'orchestre, au lieu de musique notée, cette indi-\ncation r « Pendant vingt mesures, faites ce que vous voudrez. »\nM. Colonne nous a donc donné le 9 de ce mois une audition de\nVEnfance du Christ, qui a pleinement réussi. La parfaite exécution y a\nété pour beaucoup, mais cette Trilogie, — on ne peut le nier, ien-\nferme des beautés de premier ordre. Ce qu'on pourrait lui reprocher,\n— j'ai hâte de me débarrasser de la tâche ingrate de critique, non certes\nde détracteur, — c'est d'être écrite, au moins pour les deux tiers, aans\nune demi-teinte constante, comme si Berlioz avait voulu se lavei de\nl'imputation qui lui fut souvent faite, de chercher des effets tiop\nbruyants. Cette demi-teinte, dans certains endroits, est poussée à un\ntel point, que l'orchestre est comme s'il n'existait pas. Le résultat en est\nde la monotonie et de la fatigue pour l'auditeur. En outre, la partie\nsymphonique coupe trop souvent et pendant trop longtemps la paitîe\nvocale, ce qui nuit à l'intérêt du drame. Enfin, la mélopée se substitue\ntrop souvent à la mélodie.\nCes défauts relevés, je dois signaler, dans la première partie, le Songe\nd'Hérode, la magnifique marche de la patrouille* les évolutions caba-\nlistiques, écrites dans un rhythme où la mesure alterne constamment de\ntrois temps à quatre temps, et excessivement difficile à exécuter correc-"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.41", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\ntement; l'air d'He'rode interprété avec beaucoup de verve par M.Taskin,\net terminé par un splendide effet de cuivres, et enfin le chœur des anges,\nchanté par des voix de femmes dans la coulisse. Les dames des chœurs\nl'ont exécuté avec une telle perfection qu'on leur a fait une ovation,\nlorsqu'elles sont venues plus tard prendre leurs places sur l'estrade.\nLa seconde partie, la Fuite en Egypte, est la mieux réussie, Dans les\nAdieux des Bergers, le chant est bien rhythmé, doux et touchant, et\ntout à fait àla manière de Gluck. Le récit « les pèlerins étant venus »,\nchanté par M. Prunet avec une grâce et une suavité indicibles, qui lui\nont valu les honneurs du bis (monstruosité, selon moi, de la part du\npublic, dans un tel moment) est une mélodie large, pure et du carac-\ntère religieux le plus élevé.\nLa troisième partie, VArrivée à Saïs, dans laquelle cou-\npures ont été pratiquées, est la moins saillante. Il ne s'y trouve de vrai-\nment remarquable qu'un admirable trio symphonique pour harpe et\ndeux flûtes, exécuté avec une rare perfection, et le chœur mystique, qui\ntermine loratorio ou trilogie ; car le récit qui commence cette partie est\nune mélopée longue et froide, et la scène entre la Vierge Marie, le\nvieillard et saint Joseph manque totalement d'effet.\nMadame Galli Marié a chanté avec autant de talent que de charme le\nrôle bien effacé de la Vierge Marie. Elle a cependant trouvé l'occasion de\nse faire vivement applaudir dans son duo de la première partie avec\nsaint Joseph (M. Taskin), ainsi que dans la phrase de Y Arrivée à Saïs,\n(c Pitié, pitié, secourez-nous ! » En somme, très grand succès, et salle\nremplie jusqu'aux combles.\nHenry Cohen.\nCONCERTS DANBÉ. Salle Taitbout. 5e concert, mélangé. Du\nbon et du médiocre. La Société Armand Chevé? hommes et femmes,\na chanté un chœur des Fêtes d'Hébé, sans accompagnement. Rameau\nl'a-t-il bien écrit sans accompagnement? J'ai parcouru la partition,\net n'ai point rencontré de chœurs dans ces conditions. Mesdemoiselles\nSarah Lewyné et Philippine Lévy, deux jeunes Russes, ont chanté le\nduo du troisième acte, du FreyschutCe duo dans un concert est une\nerreur. On les a entendues ensuite dans un duo de Rubinstein, intitulé :\nles Colombes. Le parfait ensemble avec lequel il a été dit leur a valu\nde nombreux applaudissements. Un prélude pour orchestre, de M. Fou-\nque, est un morceau d'un caractère large et sévère, qui figurerait par-\nfaitement dans une messe, comme offertoire. Le chœur des Buveurs,du"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.42", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nComte Ory, qui a terminé le concert, n'a pas été chanté avec toute la\nprécision désirable, et le public s'est demandé pourquoi les dames et les\ndemoiselles de la Société Armand Chevé, qui n'avaient rien à faire dans ce\nchœur, ont dû rester en place depuis l'ouverture du concert jusqu'à\nla fin.\nM. Edouard Reméry, violon solo de S. M. l'empereur d'Autriche, qui\ns'est fait entendre au 146e concert, est un artiste d'un très grand talent.\nJustesse parfaite jusque dans les traits les plus ardus en doubles cordes,\nhardiesse poussée jusqu'à la témérité, et montrant en même temps tout ce\nque le violon peut offrir de charme et de dureté, il rappelle par sa fou-\ngue, qui l'emporte parfois un peu trop loin, le célèbre Alexandre Bou-\ncher, et donne une idée parfaite de ce grand violoniste à ceux qui sont\ntrop jeunes pour l'avoir entendu. M. Remény a été applaudi avec\ntransport à la suite d'un point d'orgue monstre, qui termine le\nrondo final du bizarre et très peu agréable cinquième concerto de\nBernard Molique. La marche orientale de M. Wekerlin est instru-\nmentée d'une manière distinguée, fort originale, et remplie d'effets\nnouveaux. Voilà de la vraie et bonne couleur locale. Pourquoi\nMM. Miquel, Girard, Masson et Mouret (le quatuor vocal), au lieu de\nchanter des morceaux d'auteurs inconnus du seizième siècle, peu intéres-\nsants comme composition et nuls comme mélodie, ne puisent-ils pas plu-\ntôt dans le riche répertoire des Glees anglais, qui sont des trios, quatuors\net quintettes fuguéset canoniques, souvent d'un grand mérite? C'est une\nmine à exploiter, qui leur rapporterait à la fois honneur et profit.\nMademoiselle Rousseil, qui s'était vivement fait applaudir au concert\nde bienfaisance, dont il sera question plus loin, est encore venue dire\navec une grâce et un charme tout particuliers, et\nde Victor Hugo, et l'Agonie, de Sully Prud'homme, au 147e concert\nDanbé. Mesdemoiselles Lory, de l'Opéra, ont chanté avec un ensemble\nparfait le duo des Diamants de la Couronne et celui des Noces de\nFigaro. Leurs voix sont si absolument homogènes, que dans ce dernier\nduo on n'aurait jamais pu, les yeux fermés, distinguer une sœur de\nl'autre. Mme de Grandval, qui possède à un degré éminent la science de\nl'instrumentation, a fait entendre une adorable L'interpréta-\ntion si fins et si distinguée de M. Danbé, lui a encore prêté un charme\nde plus. Le solo de violoncelle, dans la de Dunkler, a été supé-\nrieurement exécuté par M. Loys."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.43", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\nCONCERT DONNÉ AU PROFIT DE LA CRÈCHE SAINT-JOSEPH, La char-\nmante salle Taitbout a encore ouvert ses portes cette semaine pour une\nœuvre de bienfaisance, organisée par madame Ratazzi, qui est coutu-\nmière de faits de cette nature. Le public a largement répondu à son\nappel, car la chambrée était complète; mais l'ordonnance de la soirée a\nlaissé à désirer. En voici au surplus le bilan.\nAnnoncé pour neuf heures très précises, le concert n'a commencé\nqu'à dix heures moins vingt minutes. Programme bouleversé de\nfond en comble, et comme à plaisir. Entr'acte de trois quarts d'heure\npour faire une quête, qui a produit 285 fr. Absents, madame de\nNar, amateur, indisposée ; mademoiselle Favart, peu disposée; M. Pilati,\navec son opérette, mal disposé; la Société chorale de l'Qdéon, point dis-\nposée du tout. Présents : mademoiselle Rousseil, grand succès dans la\nfable des Deux Pigeons, et dans la Crèche, de madame Rattazzi, poésie\npleine de sentiment; mademoiselle Gabrielle Darcier, grand succès dans\nl'air des Noces de Jeannette. Comment les directeurs de théâtre, qui\nengagent tant de médiocrités, la laissent-t-ils sans emploi? Madame\nDreyfus, la Paganini de l'orgue, grand succès; M. Castets, grand succès\ndans l'air de la Juive ; M. Collongues, grand succès, sauf une parenthèse\nà ouvrir. M. Collongues se permettrait-il de jouer à l'orchestre de\nl'Opéra, où il est premier violon, en cravate noire ? Mesdemoiselles\nCarlottina et Antonietta Badia, aussi jolies que jeunes, grand succès\négalement dans le duo du Giuramento ; Mme Ziegler, cithariste.—Autre\nparenthèse. La cithare n'a jamais fait d'effet que dans les odes d'Anacréon\net d'Horace;—enfin, M.Tresvaux de la Roselaye, amateur qui a osé s'at-\ntaquer au cor, le plus difficile de tous les instruments, et avec succès\nencore. Dernière parenthèse. M, de Lorbac, le directeur, qui, certes, s'est\nmultiplié sur tous les points autant qu'il était humainement possible,\nn'a cependant pas dû remarquer un individu assis juste derrière l'entrée\ndes premières loges, et fumant sa pipe. Au reste, il était minuit passé, et\nl'on chantait toujours.\nH."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.44", "texte": "REVUE DES THÉATRES LYRIQUES\nOPÉRA : la Juive. Débuts de mademoiselle Krauss. THÉÂTRE-VENTADOUR : Crispino\ne la Comare. Inauguration des représentations françaises.\nPÉRA. La Juive. Le véritable début de made-\nmoiselle Krauss à l'Opéra a eu lieu seulement le ven-\ndredi 8 janvier, jour où l'on donnait en son\nentier, et où la grande artiste se montrait pour la pre-\nmière fois dans le rôle de Rachel, qui semble avoir\nété créé pour elle et dans lequel elle peut déployer les\nélans de la passion brûlante qui l'anime.\nIl me souvient encore que, lorsqu'il y a quelque dix ans, mademoi-\nselle Krauss, venant de Vienne, fut engagée au Théâtre-Italien, quel-\nques-uns d'entre nous seulement la comprirent, à première audition,\net découvrirent qu'il y avait en elle l'étoffe d'une artiste de premier\nordre. L orchestre, lui , ne s y était pas trompe, et, dès les pre~\nmières répétitions, avait acclamé la Krauss avec une sorte d'enthou-\nsiasme. Mais, il faut bien l'avouer, parce que c'est la vérité,\nM. Bagier ne s était pas doute un instant de la valeur de sa nouvelle\npensionnaire ; il était même fâché, sacrifiant tout alors àla vogue de\nmademoiselle Patti, qu'on lui trouvât quelque talent, et les manifesta-\ntions de l'orchestre lui déplurent à ce point qu'il alla jusqu'à faire affi-\ncher, au foyer du théâtre, un avis par lequel il interdisait aux artistes\nd'applaudir mademoiselle Krauss.\nQuelque burlesque que puisse paraître une telle façon d'agir, —le\nfait que je mentionne ici est absolument historique, M. Bagier ne put"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.45", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nempêcher la critique de se déclarer en faveur de mademoiselle Krauss, ni\nle public de l'applaudir avec frénésie lorsqu'il eut appris à la connaître.\nIl y aurait là la matière d'une petite étude originale, qu'on pourrait\nintituler le directeur heureux malgré lui. Toujours est-il que made-\nmoiselle Krauss fut classée au bout de peu de temps, lorsqu'on lui eut\nentendu chanter Norma, Don Giovanni, Borgia, Il Trovatore,\net surtout Fidelio, où elle se montra si admirable et si sublime, et dont\nelle nous dévoila les incomparables beautés.\nAjoutons que mademoiselle Krauss, qui était restée incomprise de ses\ncompatriotes, est demeurée reconnaissante au public parisien de l'accueil\nqu'elle en avait reçu et de la renommée qu'il lui avait faite.\nDès avant la guerre, il était question de son engagement à l'Opéra, et\nlorsque M. Halanzier voulut reprendre avec elle, en vue de l'inaugura-\ntion de la nouvelle salle, des négociations, que nos désastres avaient une\npremière fois empêché d'aboutir, elle se montra on ne peut mieux dis-\nposée, et ne recula devant aucun travail, devant aucun sacrifice pour\npouvoir paraître sur une scène française, en renouvelant sa carrière et\nen la recommençant à nouveaux frais.\nLa réception qui lui a été faite à son début dans la Juive a pu lui\nprouver que ses efforts n'étaient pas en pure perte* et que la carrière nou-\nvelle qui s'ouvrait devant elle s'annonçait comme fertile en succès. Il est\ncertain quedepuis mademoiselle Falcon, la créatrice du rôle, Rachel n'avait\njamais eu une interprète plus passionnée, plus émouvante, plus chaleu-\nreuse, plus admirable à tous les points de vue. On sait ce qu'est la voix de\nla Krauss : parfois voilée, mais jamais faible 5 souvent mais tou-\njours conduite d'une façon magistrale. Cette voix, pour incomplète\nqu'elle soit, l'artiste s'en sert avec tant d'intelligence, avec un talent si\nparfait, un art si accompli., qu'elle en tire des effets incomparables et\nqu'elle émeut l'auditoire jusqu'aux larmes. En tant que on\npeut dire que la Krauss est inimitable, et il est certain que dans le réper-\ntoire de l'Opéra, nouveau pour elle, sa renommée ne peut que grandir\nencore et s'accroître chaque jour. Quelle belle Valentine cela fera, et\nquelle belle Armide cela ferait, si l'on voulait se décider à remonter pour\nelle le chef-d'œuvre de Gluck, dont depuis si longtemps on nous promet\nune reprise brillante!\nNous donnons dans ce numéro un portrait très réussi de Gabrielle\nKrauss, dans lequel on retrouvera sa physionomie intelligente, l'éclat de\nses yeux pleins de flamme, et jusqu'à l'expression de modestie fière dont\nson visage est empreint."}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.46", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n. THÉÂTRE VENTADOUR. Crispino ela Comare. Continuant les\ncoutumes si fâcheusement inaugurées par lui cette année, M. Bagier\nnous a offert de nouveau, il y a quelques jours, les débuts d'une jeune\nartiste qui, croyons-nous, n'avait encore paru sur aucun théâtre. La nou-\nvelle venue s'appelle ou se fait appeler mademoiselle d'Angerly, et elle n'a\npas craint de se montrer ainsi pour la première fois, dans le rôle fort\nagréable, assurément, mais aussi fort difficile, d'Annetta, de Crispino ela\nComare, qui exige à la fois une comédienne adroite et une cantatrice\nexercée.\nL'épreuve, il faut le dire, n'a pas été tout à son avantage, ce qui se\npeut concevoir aisément. Mademoiselle d'Angerly, en effet, a beaucoup\nà faire sous le rapport des qualités acquises, tandis qu'au point de vue\nnaturel elle est médiocrement douée. Sa voix, courte et sans portée,\naurait besoin d'être considérablement assouplie et travaillée, et la canta-\ntrice devra se donner beaucoup de peine encore pour acquérir la justesse,\nle goût et le style qui lui font presque absolument défaut; quant àla\ncomédienne, elle est d'une inexpérience accomplie, et elle n'a point\nl'air de se douter des difficultés de l'art scénique et du travail qu'il com-\nporte. Tout compte fait, il nous semble qu'il faut être doué d'une sin-\ngulière dose d'amour-propre ou de naïveté pour oser se montrer sur un\ntel théâtre et dans un tel rôle, lorsqu'on possède si peu des qualités néces-\nsaires. Heureusement, le public du Théâtre-Italien est bien élevé,\npétri d'indulgence, et incapable de se livrer à des écarts de caractère qui\npourtant seraient justifiées par de semblables essais. Mais nous pensons\nque la prospérité de l'entreprise doit être singulièrement compromise par\nde telles façons d'agir. Ceci, à la vérité, est l'affaire delà direction et non\nla nôtre. C'est, ou jamais, le cas de dire : Qui vivra verra. Nous ne\nvoulons pas, cependant, en finir avec Crispino sans adresser àM. Soto\nles éloges qui lui sont dus. La succession qu'il avait à recueillir était\nlourde à porter, et le souvenir d'un artiste tel que Zucchini n'est point\nde ceux qui s'effacent aisément.\nIl n'en a que plus de mérite pour avoir su s'imposer au public dans\nun rôle aussi écrasant, et être parvenu à provoquer des applaudissements\nmérités en plus d'une occasion. Constatons aussi que le fameux trio du\ntroisième acte a produit son effet accoutumé, et que l'excellent Mercu-\nriali a eu sa part légitime du succès dans cette page si réussie et d'un\ncaractère si exhilarant.\nArthur Pougin.\nLe Freyschût— Les directeurs de nos théâtres lyriques sont fort in-"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.47", "texte": "REVUE DES THEATRES LYRIQUES\n\nventifs. Ils abondent en idées ingénieuses. Leur imagination ne se repose\njamais. Rien n'égale leur génie si ce n'est leur vénération pour Part. Fins\nconnaisseurs, généreux, instruits, pleins d'enthousiasme pour le beau, ils\nont cette ardeur juvénile qui caractérise les nobles intelligences; ils s'a-\ncharnent au dévouement, ils se hâtent vers les hauteurs immaculées, leurs\npieds n'osent se poser sur la neige éternelle qui couvre les monts, de peur\nde la souiller. D'ailleurs ils connaissent à fond les innombrables rubri-\nques de leur métier, ils savent guetter une subvention, l'attraper, et, à\nleur guise, la garder ou la dépenser; ils savent encore s'endetter en moins\nde rien de quatre ou cinq cent mille francs. Quels hommes î Je ne puis\nm'empêcher de les admirer, soit qu'ils courent les ministères, soit que,\ns'enfermant dans leur cabinet et fumant d'excellents cigares, ils devisent\navec quelque ami de la pluie et du beau temps. On se montre souvent\ninjuste envers ces êtres supérieurs, devant qui les siècles devraient se\nprosterner. On les trouble dans leur petit manège, on les dénigre à tort,\non les calomnie, on les irrite mal à propos, on blesse leur exquise déli-\ncatesse, on ne ménage pas assez leurs nerfs. Quelle ingratitude! O vous\nqui les attaquez incessamment, compositeurs de talent, artistes éminents\nqui frappez inutilement depuis vingt ans à leur porte, plaignez-les! S'ils\nne vous jouent pas, ce n'est pas par malice.\nOh! non.\nHomme de rien et musicien de peu, j'appréhende toujours de ne pas\npriser suffisamment leurs étonnantes facultés, et je mets volontiers une\nsourdine à ma critique lorsque, par hasard, je crois avoir quelque\nreproche à leur adresser. Dans ces cas-là, cas excessivement rares, je tire\nde ma poche une paire de gants paille, je soulève mon chapeau avec ce\ngrain d'impertinence qui n'appartient qu'aux gens bien élevés, je leur\nadresse mon sourire le plus poli et je leur dis : Permettez, messieurs. Et\nsi ce début imposant ne les fâche pas trop, j'émets carrément une opinion\nqui, n'étant pas absolument mauvaise, leur semble naturellement\ndétestable.\nA toutes les époques, les directeurs de notre première scène lyrique\nécartèrent adroitement nos compositeurs pour mettre en avant des étran-\ngers. C'est un certain Jules Strozzi, qui, en 1645, donne Achille à Scy-\nros. En 1661, un drôle, Lulli, devient surintendant de la musique du\nroi (Louis XIV). Gluck et Piccinni luttent ensemble; ils s'emparent à\npeu près complètement de l'attention publique au bénéfice de l'art, c'est\nvrai, mais au détriment de nos compositeurs, et ils voient éclater entre\nleurs partisans respectifs une querelle fameuse; aux Bouffes, on applaudit\nles Sarti, les Anfossi, les Paisiello, Sacchini, Grétry, un Belge, Salieri,"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.48", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n♦\nle Salzbourgeois Mozart, viennent aussi réclamer le baptême parisien.\nCherubini compose Anacréon ou VAmour fugitif, Spontini offre sa\nVestale. Puis voilà Rossini, Beethoven, Weber, Marschner, Donizetti,\nBellini, Meyerbeer, Niedermeyer, Verdi. L'envahissement est complet.\nAujourd'hui même, les frères Ricci succèdent à Rossini, M. Offenbach\nremplace Gluck, et Orphée aux Enfers ose se montrer à côté d'1 Orphée\ntout courr. Ainsi l'excellente tradition qui consiste à chasser les maîtres\nfrançais de chez eux se continue à la plus grande satisfaction de nos\nvoisins, lesquels, Allemands, Italiens et Belges, daignent nous traiter\navec bienveillance dès qu'il nous ont mis le talon sur la gorge.\nEn sa qualité de parfait patriote, M. Bagier pensa qu'il était conve-\nnable de ne pas laisser mourir le Théâtre-Lyrique destiné, dans l'origine,\nà représenter des ouvrages français. Le voyant sans asile, il lui offrit\nl'hospitalité, salle Ventadour, et il fit bien.\nMais on n'accomplit pas tout ce qu'on se propose.\nEt le chemin est long du projet à la chose.\nM. Bagier chercha des pièces françaises, de la musique française; il\nsupplia les passants de lui en déterrer, de lui en apporter. Comment n'en\ndécouvrit-on nulle part? On Fignore. Las de tant de recherches infruc-\ntueuses, de tant de travaux superflus, M. Bagier se dit un matin que\nnous n'avions décidément pas un seul librettiste, pas un seul musicien\nprésentable; alors il prit une résolution héroïque, désespérée. Il monta\nle FreyschiXt\\! Et il eut le courage de le monter sans les récitatifs de\nBerlioz, un simple Lyonnais.\nLe patriotisme de M. Bagier dut beaucoup souffrir de la détermination\nqu'il fut obligé de prendre. Mais quoi! en matières littéraire et musicale,\nnotre nullité est patente. Pour le nier, il faudrait tourner le dos à l'évi-\ndence et tutoyer la vérité.\nSérieusement, M. Bagier a commis deux fautes : i° Il ne devait, sous\naucun prétexte, ouvrir des représentations dites françaises par un\nouvrage allemand ; 2° Il était inconvenant de livrer la merveilleuse par-\ntition de Weber à des chanteurs remplis de bonnes intentions, sans\ndoute, mais incapables à coup sûr de s'attaquer à une œuvre de cette\ntaille. Le FreyschiXt\\ réclame des artistes de premier ordre, des voix\nexceptionnelles, des talents rompus à toutes les difficultés musicales et\nvocales, des intelligences accoutumées à frayer avec les inspirations les\nplus hautes et assez sûres d'elles pour ne pas accumuler contre-sens\nsur contre-sens.\nM. Jourdan (Max) ne manque ni de sentiment ni de chaleur ; malheu-\nreusement, les défectuosités de son organe le desservent, Il faudrait un"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.49", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nmi et un fa aigus à M. Giraudet pour qu'il pût aborder le rôle de\nGaspar. Madame Reboux avait assez bien chanté son premier duo et le\ncommencement de son air; mais madame Reboux, au point de vue\nvocal, est de la nature des colombes dont elle paraît avoir la douceur.\nElle ne chante pas, elle roucoule ; elle remplace les tenues par des trilles.\nC'est curieux. En l'écoutant, je me croyais à la campagne et je m'ima-\nginais entendre le ramier... Madame Sablayrolles prend les sons dans la\ngorge, et sa physionomie spirituelle, avenante, ne peut me faire oublier\nqu'elle est là surtout pour chanter.\nMadame Sablayrolles et M. Giraudet débitent avec naturel la partie\nparlée de leurs rôles.\nJe reconnais en M. Maton un bon musicien, un accompagnateur\nexcellent, un chef-d7orchestre d'une incontestable valeur. Pourtant, il\nm'est impossible de ne pas lui faire une observation au sujet des modifi-\ncations de mouvement qu'il introduit dans l'ouverture du Freyschiit\nCes fluctuations ne conviennent point au magnifique morceau dont il\ns'agit : elles entravent son allure sombre et grandiose, elles lui enlèvent\nen partie son énergie, elles retardent en les gênant sa marche impé-\ntueuse et ses superbes développements, elles arrêtent ses élans ; l'auteur\nne les a pas voulues, puisqu'il ne les a pas indiquées, et la tradition, à\nlaquelle il ne faut pas toujours croire, ne les légitime pas davantage.\nCela dit, j'ajouterai que l'exécution de cette belle ouverture mérite des\néloges et que j'y ai applaudi chaleureusement,\nM. Bagier parviendra-l-il à mettre la main* sur un ouvrage français?\nPrendra-t-il une éclatante revanche? Je le désire, je l'espère. Qu'il\ndaigne se souvenir des besoins du pays, des intérêts nationaux, des aspi-\nrations de la France, et tout ira bien.\nLouis Lacombe."}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.50", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nAR décret du 5 janvier, ont été promus et nommés dans\nl'ordre de la Légion d'honneur : Au grade d'officier:\nM. Garnier (Charles), architecte de l'Opéra, membre de\nl'Académie des Beaux-Arts (chevalier du 9 août 1864).\nAu grade de chevalier : M. Jourdain (Jean), inspecteur\nprincipal des bâtiments civils a pris une grande part aux\ntravaux de l'Opéra, services exceptionnels. M. Louvet\n(Louis-Victor), inspecteur principal des bâtiments civils a pris une grande\npart aux travaux de l'Opéra, services exceptionnels.\nPar un arrêté du ministre des travaux publics, M. Charles Garnier\navait été nommé, quelques jours auparavant, architecte du Conservatoire de\nmusique, en remplacement de M. Lance, décédé.\nA propos de l'année nouvelle, le ministre de l'instruction publique a\nnommé,officiers d'Académie : MM. Vaucorbeïl, commissaire du gouverne-\nment près les théâtres subventionnés, M. Deloffre, chef d'orchestre de l'Opéra-\nComique ; M. Henry Duvernoy, professeur au Conservatoire; M. Guillot de\nSainbris et M. Lancien, le premier violon solo des Concerts populaires.\nM. François Bazin, qui était déjà officier d'Académie, a été nommé officier\nde l'instruction publique.\nNous avons donné dans le précédent numéro la liste des opéras nou-\nveaux représentés au cours de l'année 1874, en Italie.\nVoici maintenant un relevé des opéras qui ont été joués en Allemagne.\n1. Faust, musique pour le drame de Gœthe, d'Ed. Lassen (Weimar).\n2. Œdipe, musique pour la tragédie de Sophocle, d'Ed. Lassen (Weimar).\n3. La Saint-André, opéra comique, de Ch. Zabel (Brunswick.)\n4. Le Page du roi, opéra comique, de Th. Henschel (Brème).\n5. Die Folkunger, de Kretschner (Dresde).\n6. Agnès de Hohenstauffen, de Fred. Marpurg (Fribourg).\n7. Diane de Solange, du duc Ernest de Saxe-Cobourg (Rotterdam).\n8. La Chauve-Souris, opérette, de John Strauss (Vienne et Berlin).\n9. Philippine Welser, du baron de Knigge, sous le pseudonyme de Polak-\nDaniels (Munich, Kœnigsberg et Rotterdam)."}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.51", "texte": "VARIA\n\n-10. Les Monkguter, de Robecke, un acte (Berlin).\n11. Les Deux Avares, de L. Schubert (Wiesbaden et Breslau).\n12. La Belle Mélusine, de Th. Henschel (Brème).\n13. Cœsario, de W. Taubert (Berlin).\n14. La Sauvage apprivoisée, opéra comique, de Herm. Gœtz (Manheim,\nVienne).\n15. Le Pèlerin, opérette, de Wolft (Berlin).\n16. Pierre Robin, de Oscar Bolck (Altenbourg).\nCinquante-sept partitions sont arrivées au ministère des Beaux-Arts pour\nle concours Cressent. Beaucoup de concurrents ont choisi comme texte le\npoëme couronné, Bathyle, de M. Edouard Blau. Le jury ne tardera pas à\nrendre son verdict.\nVoici un tableau comparatif des principaux théâtres de l'Europe au\npoint de vue de l'importance de leurs constructions :\nÉtendue Mètres\nsuperficielle. cubes.\nNouvel Opéra 11.237 m. 428.666\nGrand-Théâtre de Saint-Pétersbourg 4-^9\n114.288\nGrand-Théâtre de Munich 4.522 129.480\nThéâtre Alexandra, à Saint-Pétersbourg , .... 4.018 128.576\nThéâtre Carlo Felice, à Gênes 3.988 100.132\nGrand-Théâtre de Bordeaux *. 3.776 105.732\nGrand-Théâtre de Turin 3.676 102.942\nNouveau-Théâtre de Berlin 3.317 86.014\nThéâtre de Versailles 2.119 65.787\nThéâtre de Marseille 1.921 57.703\nOpéra de Berlin 1.891 3 5.000\nThéâtre de TOdéon 1.886 29.000\nIl résulte de ces chiffres que le nouvel Opéra de Paris laisse loin derrière\nlui, comme importance au point de vue du bâtiment, les plus grands théâtres\nde l'Europe; mais il ne faudrait pas en conclure que la salle de spectacle pro-\nprement dite soit la plus grande de l'Europe. Sous ce rapport, l'Opéra de\nParis, malgré toutes ses magnificences, n'entre pas le premier en ligne.\nM. Charles Constantin renonce définitivement à la position de chef d'or-\nchestre du Théâtre-Ventadour et reste attaché à la Renaissance. C'est\nM. Maton qui prend la place abandonnée par M. Constantin. Le maestro\nVianesi a quitté le Théâtre-Ventadour pour aller reprendre la direction de\nl'orchestre du théâtre de Covent-Garden à Londres.\nM. le juge de paix du deuxième arrondissement vient de se prononcer\nsur une question qui intéresse à la fois le public et les directeurs de théâtre.\nDernièrement, M. X... se présente au bureau de location des Bouffes et\nprend une loge d'avant-scène pour voir Madame VArchiduc.\nAu jour dit, il arrive : la loge était occupée ; il y avait double emploi ; im-\npossible de trouver à placer dans la salle M. X... et les personnes qui Taccom-"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.52", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\npagnaient. Le commissaire de police constata le fait et dressa procès-verbal,\npuis M. X... et ses amis s'en allèrent.\nM. X... a assigné M. Charles Comte devant le juge de paix; il lui réclame,\nen sus du remboursement de la loge, une somme de cent francs à titre de\ndommages-intérêts.\nL'affaire est venue à l'audience, et M. le juge de paix, après avoir\nentendu contradictoirement M. X..., assisté de son avoué, et M. Comte\njugeant en droit, a déclaré que le porteur du coupon d'une loge louée en\ndouble et qu'il trouve occupée, n'avait pas droit à des dommages-intérêts;\nqu'il pouvait seulement réclamer une indemnité proportionnée à la perte\nmatérielle éprouvée par lui, mais qu'il ne saurait y avoir lieu à une indemnité\nà raison du préjudice moral qu'il invoquait; et, dans l'espèce, attendu que\nM. Comte avait offert à M. X..., pour réparer le préjudice matériel qu'il pou-\nvait avoir éprouvé, une somme de 5o francs, a déclaré ces offres plus que\nsuffisantes, et, en conséquence, condamné M. Comte à payer à M. X..., en\nsus du remboursement de la loge, la somme de 5o fr. par lui offerte;\nattendu que M. X... avait refusé ces offres préalablement faites, il a condamné\nM. X... à tous les frais et dépens.\nLe Journal de Saint-Pétersbourg reproduit les intéressantes données que\nvoici, obtenues par M. le docteur Hiïbner dans ses expériences sur l'altéra-\ntion progressive de l'air, dans la salle du théâtre Marie, un soir de représen-\ntation.\nL'expérience aeu lieu le ier décembre dans une loge du deuxième rang\nfaisant face à la scène. La température s'élevait de quart d'heure en quart\nd'heure, bien que le mouvement du public sortant dans les entr'actes dût\ncontribuer à rafraîchir la salle par la communication de l'air intérieur avec\ncelui des couloirs. Au lever du rideau, la température était de iß° (centi-\ngrades). Elle avait monté à 240 à la fin du premier acte et à 25° au commen-\ncement du second.\nLa quantité d'humidité croissait moins rapidement. Cependant en deux\nheures elle avait augmenté de 3o pour 100, et vers la fin du quatrième acte\nelle était devenue plus considérable que l'humidité de l'air extérieur. D'après\ndes observations hygrométriques faites au commencement du spectacle, l'hu-\nmidité de l'air dans la salle était de 40 à 60 pour 100, c'est-à-dire correspon-\ndant à l'humidité de l'air dans des logements salubres et bien aérés. A la\nfin du spectacle, elle était de 85 pour 100, c'est-à-dire qu elle égalait l'humi-\ndité des logements malsains et exerçant une influence pernicieuse sur leurs\nhabitants.\nPour ce qui est de la saturation de l'air par l'acide carbonique, elle dépas-\nsait déjà au second acte de six fois la quantité normale de ce gaz dans l'air\net était de 1.9 pour mille mètres cubes. A la fin du spectacle, elle\narrivait à 4.3 pour mille, ce qui constitue une altération de l'air respirable\npouvant produire une action toxique sur les poumons des gens habitués à\nrespirer un air pur.\nHier jeudi, 14 janvier, à 8 heures et demie, a eu lieu la reprise des\nséances de l'Harmonie sacrée par le Messie, exécuté au Cirque des Champs-"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.53", "texte": "VARIA\n\nÉlysées, sous la direction de M. Ch, Lamoureux, avec madame Patey, le cé-\nlèbre contralto de Londres, madame Brunet-Lafleur9 mesdemoiselles Jenny\nHowe et Baldi, MM. Prunet et Lauwers pour solistes. Cette audition a été\ndonnée, sur la demande de madame la maréchale de Mac-Mahon, au profit de\nla maison de la Providence de Sainte-Marie ; en raison de ce but charitable,\nle prix ordinaire des places a été doublé. Le Cirque a été transformé à cette\noccasion en jardin d'hiver par les soins de l'administration municipale. Nous\nrendrons compte de cette solennité dans notre prochain numéro.\nL'orchestre des Tsiganes vient de quitter les Folies-Bergère pour aller\ns'installer à la salle Oller, boulevard des Italiens, 28.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. M. Halanzier va, dit-on, monter le Polyeucte, de\nM. Gounod ; il s'occuperait aussi de la Psyché, d'Ambroise\nThomas, complètement remaniée.\nMadame Nilsson serait toujours malade. Voici le certificat que trois\ndocteurs ont rédigé àla date du 12 janvier :\n« L'irritation bronchique et l'enrouement qui ont retenu madame Nilsson\njusqu'à ce jour, ont nécessité, par leur persistance, l'emploi des moyens les\nplus actifs.\n-< Des altérations de la voix qui ont mis la malade tout à fait hors d'état de\nchanter, il reste un peu de raucité et quelque difficulté dans l'émission des\nsons, difficulté qui ne lui permettra pas de reprendre son service à l'Opéra\navant une quinzaine de jours.\n« A. GUBLER.\n« MAGNIN, docteur de l'Opéra.\n« JULES GUÉRIN. »\nMadame Nilsson se rendrait à Cannes pour se rétablir ; si cela était, elle ne\npourrait pas chanter à l'Opéra, car un engagement la lie à M. Ullman pour\nune série de vingt représentations, dont la première doit être donnée le\n11 février à Bruxelles.\nOpéra-Comique. La reprise du Cctid aura lieu lundi prochain. Voici la\ndistribution de l'opéra bouffe de MM. Sauvage et Ambroise Thomas.\nVirginie Mlles Dalti (début)\nFatma Lina Bell (début)\nBirotteau MM. Nicot (début)\nMichel Melchissédec\nAli-Bajou Barnolt\nAboulifar Thierry"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18750115-01.1.54", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\nPar;f.— Imprimerie Alcan-Lévy, rue de Latayette, 6t.\nIropriétaire-Gérant : <2ACRJTHU\n\nOn va monter à TOpéra-Comique, pour être représenté avec le Caïd, un\nouvrage nouveau en deux actes de M. Legouvé, musique de M. Paladilhe.\nInterprètes : Madame Carvalho, MM. Duchesne et Melchissédec.\nThéâtre-Ventadour. Madame Maria Destin, qu'une maladie avait retenue\nen Italie au delà de l'époque fixée pour son début au Théâtre-Ventadour, est\narrivée ces jours derniers à Paris; mais n'ayant pu s'entendre avec M. Bagier,\nà cause des conséquences de ce retard, elle a résilié son engagement et est\nrepartie pour Milan.\nL'opéra comique en un acte Manche à manche, que le Théâtre-Venta-\ndour annonce pour ses représentations françaises, change son titre en celui\nde : Après Fontenoy. Il est de M. Wekerlin.\nFolies-Dramatiques. La Blanchisseuse d'Amsterdam, le nouvel opéra\nbouffe de MM. Chivot, Duru et Vasseur, est en pleine répétition, et sera\nprêt sous peu de jours. Le titre définitif de cet ouvrage est : La Perle des\nBlanchisseuses.\n\nPour l'article Varia:\nLe Secrétaire de Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}