{"numero_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_sha256": "f463f200fa4db8d63e70c95cd22e1b3fadd0c4d4d33bec48c81852105f291861", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabc/issues/1875/12/15_01/bmtnabc_1875-12-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabc/issues/1875/12/15_01/bmtnabc_1875-12-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c001", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "[241]", "page_fin": "242", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.1", "titre_corps": "AVIS", "titre_sommaire": "AVIS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[241]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.1", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 565, "texte": "AVIS\nVEG ce dernier numéro de iSy5, la Chro-\nnique Musicale termine\nDu même coup, elle su\npendant le premier trime\nla reprendre le i\" avril prochain.\nCette interruption,\nest nécessaire pour in\nœuvre des améliorations longtemps rêvées.\nDepuis trois ans, nous poursuivons ce but au milieu de difficultés\nsans nombre, dont nous ne pouvons livrer ici la clef à nos lecteurs:\nmai s nous avons toujours gardé la\net nous sommes, aujourd'hui plus que jamais, résolus à la faire\ntriompher. Nous emploierons le délai de trois mois que la Chro-\nnique Musicale s'impose avant d"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "242", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.2", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "d'elle tous les éléments de rajeunissement et d'embellissement que\nnous offrent les progrès de la gravure et de la typographie.\nNous nous mettons dès maintenant en quête d'estampes, telles\nque portraits, allégories, caricatures et scènes de comédie, toutes\nrelatives àla musique, o/m que notre illustration ne chôme jamais.\nmême temps, /zoz/s avons commandé une série de lettres ornées,\nde culs-de-lampe et de fleurons pour notre usage spécial, ainsi\nqu'une suite cTen-tête de pages du plus haut style, d'après les\nmaîtres italiens, flamands et français. Certains d'entre eux con-\nstituent de véritables reproductions de gravures anciennes dont\nles originaux sont eux-mêmes d'une extrême rareté. Cet attirail\nartistique nous est formellement promis par nos graveurs à la\ndate fixée pour notre réapparition, et la Chronique Musicale aura\nainsi revêtu des aspects plus variés.\nLe lecteur pourra lire, dans le numéro du lerIer avril, les comptes\nrendus complets des nouveautés données par les concerts et par\nles théâtres pendant le trimestre précédent ; il y trouvera aussi la\nsuite des matières commencées.\nAu point de vue de l'abonné comme à celui du bibliophile, la\ncollection de la Chronique Musicale n'en sera désormais que plus\nprécieuse.\nRien ne sera changé dans le plan ni dans la rédaction de notre\nRevue, qui restera ce qu'elle était par le passé : le seul organe de\nla* musique en France qui soit impartial et libre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c005", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "243", "page_fin": "253", "image_debut": 3, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.2", "titre_corps": "LES THEATRES A PARIS", "titre_sommaire": "LES THEATRES A PARIS", "signature_source": "ARTHUR POUGIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "243", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "LES THEATRES A PARIS\nPENDANT LA RÉVOLUTION\n\n(i)\nOUT d'abord, Joigny se retira, et ses artistes se mirent\nen société. Ceux-ci fermèrent le théâtre le 6 janvier\n'799? pour avoir le temps de former une nouvelle\nadministration, et le rouvrirent le 20 du même mois,\nen donnant deux premières représentations :\nAmants siciliens, comédie en deux actes de Chazel,\net le Tuteur original,opéra comique en trois actes de Joigny et Gres-\nnich. Le lendemain même, 21 janvier, ils en donnaient deux autres : Le\nMort par spéculation, opéra comique en un acte de Ségur et Kalkbren-\nner, et une comédie en cinq actes et en vers libres, l'Auberge allemande,\nou le Traître puni, de Chazel. Enfin, le 25, ils donnaient encore une\npièce nouvelle, la Prévoyance en défaut, vaudeville en un acte de Du-\nmas, qui, comme Chazel, était artiste de ce théâtre (2).\nVoici comment l'auteur de VAnnée théâtrale en parlait à cette époque :\n« Une réunion de jeunes gens, qui, après avoir joué longtemps la\n\n(1) Voir les numéros des i 5 novembre et ier décembre.\n(2) Voici la liste des autres pièces nouvelles représentées à cette époque. Comédies\nla T eille des noces (en vers), de Dorvo; VHeureuse supercherie (en vers libres), de\n1 atrat; Julio (en vers), de Delrieu; les Effets de la pièce de Misanthropie et repentir,\nde***;— Opéras comiques :le Menteur maladroit, d'Hennequin et Lebrun; August eet\nMarianne, de,...; Vaudevilles : la Rue Saint-Martin, de Bizet et Sautray ; le Re-\ntour à Vespérance, de Bonel et Patrat; Rosenthal, d'Armand etHenrion; la Soubrette\npai occasion, de Briant; les Amours de la rue Quincampoix, de Bizet et Sautray;\nRelâche pour la répétition générale d'une vantomime, de.,..."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "244", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.4", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2638, "texte": "comédie sur les théâtres de société, avait peut-être besoin de la jouer en\npublic, prit ce théâtre sous le nom de Société des Amis des Arts. La\nhaute comédie et quelques ouvrages nouveaux formaient le répertoire.\nLa modicité du prix des places, le talent de quelques sujets, y amenaient\ndes spectateurs. Les citoyens Bosset, dans les grands rôles, Fleurot dans\nles amoureux, Chazel dans les pères, offraient en effet une réunion vrai-\nment remarquable, et les femmes suppléaient par un ton décent à ce qui\nleur manquait du côté de l'expression. Mais la discorde se mêla dans la\ntroupe, et elle se divisa d7abord; ce qui donna lieu à ce qu'on appelle la\ndirection du Théâtre du Marais. Ensuite, la subdivision restée au\nThéâtre de Molière se trouva trop faible, et se dispersa. Le théâtre fut\nfermé (i). »\nVoici comment les choses se passèrent. La troupe occupant alors le\nthéâtre Molière était formée de deux groupes, l'un jouant la comédie,\nl'autre l'opéra comique. Les artistes chantants se retirèrent, et donnèrent\n« pour leur clôture et à leur bénéfice, » le 20 Germinal an VII (10 avril\n1799), un spectacle composé du Nouveau Don Quichotte, de Biaise et\nBabet, et de VAmour filial. Ces artistes s'en furent ressusciter pour un\ninstant le théâtre du Marais, alors complètement abandonné, tandis que\nleurs camarades de la comédie continuaient de donner spectacle à la salle\nMolière. Mais ceux-ci, devenus trop peu nombreux pour satisfaire les\nexigences du public, durent bientôt se dissoudre, après quelques jours\nd'efforts infructueux. Ils clôturèrent à leur tour, le 3o Germinal, et le\nlendemain le théâtre fermait ses portes. Il allait les rouvrir au bout\nde quinze jours, avec une autre troupe et sous un autre titre.\nUn acteur du Vaudeville, Léger, auteur lui-même de pièces très\nagréables, s'était brouillé avec son directeur, le fameux vaudevilliste\nBarré. Il songea à lui créer une concurrence, et, s'associant avec Piis,\nse mit en devoir de fonder le théâtre des Troubadours. Ils s'entendirent\navec les propriétaires de la salle Louvois, mais_, avant de s'installer à ce\nthéâtre, dont il ne pouvaient prendre immédiatement possession, ils\ninaugurèrent leur administration à la salle Molière, qu'ils ouvrirent, le\ni 5 Floréal an VII (5 mai 1799), par un spectacle ainsi composé : Nous\nverrons, prologue de Léger; le Billet de logement, du même, et Ziste\net Zeste, ou les Imposteurs, encore du même et de Cailhava.\nCette installation n'étant que provisoire n'empêchait pas de nouvelles\nentreprises au théâtre Molière. Une autre se forma bientôt, et le 15 Prai-\n\n(1) Année théâtrale, almanach pour l'an IX."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "245", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.5", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2824, "texte": "rial, le Courrier des Spectacles insérait sous cette rubrique : Théâtre\nMolière, l'annonce suivante : « Les administrateurs de cette nouvelle\nentreprise préviennent leurs concitoyens qu'une réunion d'artistes dis-\ntingués va régulièrement jouer sur ce théâtre tous les jours pairs. L'ou-\nverture aura lieu le j 8 Prairial. »\nEn effet, le 18 Prairial an VII (7 juin 1799), l'ouverture s'effectue, le\nprogramme étant ainsi conçu : « Aujourd'hui, pour l'ouverture, la\nMélomanie, précédée de la Colonie. La citoyenne Balasser, célèbre\ncantatrice du ci-devant Concert spirituel, débutera par le rôle de Bélinde.»\nLes Troubadours occupant encore la salle Molière, où ils jouaient les jours\nimpairs, la nouvelle administration donna, concurremment avec eux,\ns\ndeux représentations, et ce fut tout. C'était évidemment les « Elèves\nde l'Opéra-Comique, » séparés des « Amis des Arts, » tous précédem-\nment au même théâtre, qui venaient essayer de s'y raccrocher seuls,\ntandis que juste en même temps leurs anciens camarades, abandonnés\npar eux, s'étaient réorganisés et jouaient au Marais, après avoir vaine-\nment tenté de se maintenir à Molière.\nCependant, les Troubadours ayant, le 14 Thermidor (2 août 1799),\npris possession de la salle de Louvois, celle de Molière restait libre de nou-\nveau. C'est alors, pendant environ deux années, un va-et-vient incessant,\nun chassez-croisez vraiment burlesque, dans cette pauvre salle enguignon-\nnée. D'abord, les artistes de la Cité, qui partageaient la leur avec ceux\nde l'Odéon, dont le théâtre venait d'être détruit par un incendie, ont\n1 idée de venir jouer à Molière les jours où l'Odéon occupait la Cité. Au\nbout de cinq ou six soirées, l'indifférence du public les engage à s'arrêter.\nPresque aussitôt, au commencement de Fructidor, les comédiens du\nthéâtre des Victoires-Nationales se trouvant sans asile, par suite des\nréparations qu'il fallait faire à leur salle, viennent à leur tour occuper\nmomentanément celle de Molière; cinq ou six représentations leur suf-\nfisent, et ils se reposent ensuite en attendant que leur théâtre soit prêt à\nles recevoir de nouveau. Dans le courant du même mois, les anciens\nAmis des Arts, qui n'avaient point réussi à galvaniser le Marais, revien-\nnent à leur premier bercail. « La Société des Amis des Arts (disait le\nCourrier des Spectacles àu 18 Fructidor), de retour au Théâtre Molière,\nrue Martin, où elle a pris naissance, fera l'ouverture de ce théâtre le 21\nde ce mois. Les membres de cette société promettent au public le même\nzèle qu'ils ont montré précédemment, variété dans le répertoire, exacti-\ntude dans les promesses qu'ils lui feront. » Ils affichent en effet le 21 à\nMolière (après avoir joué la veille Tancrède au Marais], la première\nreprésentation de la Rue Martin, ou le Retour, prologue de Bizet et***,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "246", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.6", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "le Bourru bienfaisant, et /'Avocat Pathelin; mais cette ouverture ne\ns'effectue que le 24, d'ailleurs avec le spectacle annoncé. C'est un nommé\nBornet, qui était alors directeur de la Société.\nBornet et sa troupe sont obligés de cesser leurs représentations au bout\nde quelques semaines, et le théâtre ferme alors ses portes, qui restent\ncloses pendant presque tout le cours de l'an VIII. Elles ne se rouvrent\nqu'aux premiers jours de l'an IX, le 12 Vendémiaire (4 octobre 1800),\navec une nouvelle troupe et un spectacle composé de trois premières re-\nprésentations : le Répertoire, prologue d'ouverture de Patrat ; un Trait\nd Helvétius, vaudeville en un acte, de Bonnel ; et Jacques dans la\nForêt, pièce a spectacle en deux actes, de Les deux premières sont\ntrès bien accueillies, la troisième tombe misérablement.\nAprès dix semaines environ, c'est-à-dire vers le 20 Frimaire, le théâtre\nest de nouveau fermé, mais presque aussitôt il se trouve encore une\nadministration héroïque pour succéder à celle qui vient de disparaître.\nDans les premiers jours de Nivôse, le Courrier des Spectacles publie la\n•note suivante : « Les nouveaux administrateurs du théâtre de Molière\npréviennent le public qu'ils feront l'ouverture de leur spectacle dans le\ncourant de la décade prochaine. Ils espèrent que le choix de leurs sujets\net de leurs pièces pourra fixer l'attention générale. » En ce qui concerne\nces dernières, la nouvelle direction ne se mettait pourtant pas en grands\nfrais, car elle ouvrit le 9 Nivôse (3o décembre 1800) par deux pièces\nconnues, Un trait d'Helvétius, joué peu auparavant au même théâtre,\net Aymar et Avalais, ou le Château de Serdar, mélodrame en trois\nactes, créé précédemment àla Cité ; le spectacle était complété par un\nprologue inédit en vers, intitulé Nicodème orateur, Quant aux acteurs,\nj'ignore ce qu'ils valaient; mais tout leur talent, s'ils en avaient, n'em-\npêcha point le pauvre théâtre Molière de disparaître encore au bout de\npeu de temps.\nCe n'est que le 29 Fructidor suivant (27 août 1801), qu'un comédien\nde grand talent, particulièrement connu dans le Midi, où les amateurs\n1 avaient surnommé le Molé de la Provence, espérant conjurer la mau-\nvaise fortune qui semblait s'acharner à cette salle vraiment maudite,\nla rouvrit dans l'intention d'y jouer exclusivement le haut répertoire\nclassique, tragédie et comédie. Cet excellent comédien, qui était aussi\nun écrivain distingué, s'appelait Honoré-Antoine Richaud-Martelly,\net mérite qu'on rappelle son souvenir.\nIl était né à Aix, le 27 octobre 1751, de parents nobles, son aïeul,\nqui était médecin, ayant obtenu des lettres de noblesse en récompense\ndu dévouement dont il avait fait preuve pendant la peste de Marseille."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.7", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "Il avait fait d'excellentes études chez les jésuites d'Aix, qui l'avaient\nsollicité d'entrer dans leur ordre; mais il avait préféré embrasser la\ncarrière du barreau, et s'était fait recevoir avocat au Parlement de Pro-\nvence. Cependant, il avait l'amour du théâtre, que Lekain, avec qui il\ns'était trouvé à Marseille, lui avait communiqué, et le soir même du jour\noù il gagnait sa première cause, il se montrait dans Tancrède, n'ayant\nencore que vingt-trois ans. Cette singularité hardie ne le fit pourtant point\nrayer du tableau des avocats d'Aix;; mais bientôt il quitta le barreau\npour se livrer entièrement à sa nouvelle vocation, et appartint succes-\nsivement aux théâtres de Marseille, de Lyon, de Bordeaux, de Tou-\nlouse, etc., faisant preuve d'un talent remarquable, surtout dans la co-\nmédie. Ce fut ce talent même qui l'empêcha de parvenir où il eût dû\nespérer, c'est-à-dire jusqu'à la Comédie-Française. En effet, se trouvant\nà Versailles, où la Cour l'avait pris en grande affection, il reçut, en\n1782, un ordre de début pour ce théâtre; mais comme la Cour l'aurait\nvu avec peine quitter Versailles, on intrigua auprès du duc de Duras\npour que Saint-Prix lût envoyé à sa place au Théâtre-Français, ce qui\nfut fait.\nMartelly continua donc sa carrière en province, ce qui ne l'empêcha\npas de faire jouer àla Comédie-Française, en 1790, une excellente co-\nmédie, les Deux Figaros, qui, écrite avec chaleur, d'un dialogue vit\net animé, se faisait encore remarquer par une grande entente de la\nscène et de rares qualités comiques; cet ouvrage obtint un grand\nsuccès, et se maintint longtemps au répertoire. Martelly l'avait écrit\nà la suite d'une querelle avec Beaumarchais.\nLe 7 juillet 1801, il reparaissait comme auteur à la Comédie-Fran-\nçaise, avec une nouvelle comédie, Vlntrigant dupé par lui-même, et\nc'est alors qu'il songea à exploiter, à l'aide d'une troupe formée par lui\navec le plus grand soin, l'infortuné théâtre Molière (1). 11 avait, nous\nl'avons vu, l'intention de n'y jouer que le grand répertoire classique.\nL'entreprise pouvait sembler périlleuse, pour peu que Ton se rappelle\nla situation de ce théâtre, placé au centre d'un quartier populeux et *\n\n(i) Comme comédien, Richaud-Martelly avait de la chaleur, de lame, une diction\njuste et fort élégante; comme auteur, il a écrit encore quelques autres pièces : Une\nheure de Jocrisse, comédie en deux actes et en prose, donnée en 1801 au théâtre\nMontansier ; le Maladroit, comédie en trois actes et en vers, jouée à Bordeaux; les\nAmours supposés, comédie en deux actes et en prose, et les Trois rivaux, comédie\nen vers, qui n'ont pas été représentées. Il joignait, dit-on, à une probité austère,\ndes mœurs inattaquables et un caractère plein d'aménité. Retiré, sur la fin de ses\nours, dans une maison de campagne près de Marseille, il|y mourut le 11 juillet 1817\nsa veuve mourut cinq ans après, au mois de mars 1822."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "ouvrier. La tentative, du reste, était faite d'une façon intelligente, et le\npersonnel réuni par Richaud-Martelly était composé d'artistes remar-\nquables pour la plupart : c'était Martelly lui-même, Ernest Vanhove et\nJ. B. Vanhove, frères de celui qui brilla longtemps à la Comédie-Fran-\nçaise, Jaclier, Thénard, fils de la célèbre duègne du Théâtre-Français,\nMorel, Morizet; puis, du côté des femmes, mesdames Lecoutre, Joly,\nLiédet, Vazelle, qui sortait de l'Odéon, mademoiselle Valeyrie, qui\navait passé dix ans à la Comédie-Française, et mademoiselle Delètre.\nCes artistes étaient, selon la coutume assez généralement adoptée à\ncette époque, réunis en société, sous la direction de Martelly, et ils dé-\nbutèrent au théâtre Molière par un prologue-monologue en vers, F Ac-\nteur embarrassé, par la Coquette corrigée, comédie de Lanoue, et par\nle Début dramatique, épilogue en un acte et en vers. Le prologue et\nl'épilogue étaient d'Aude, et la troupe obtint un succès très-vif. Pen-\ndant près de trois mois, elle vécut uniquement sur le répertoire, et se\ndécida seulement, à partir du milieu de novembre, à donner quelques\nnouveautés. La première fut un grand drame, Abelino, que Lamarte-\nlière, l'auteur de Robert, chef de brigands, avait imité de l'allemand,\net qui ne fut pas très heureux ; puis vint le Philinte de Destouches, ou\nla Suite du glorieux, comédie en cinq actes de Dumolard, qui fut, au\ncontraire, fort bien accueillie, ainsi qu'une autre comédie intitulée\nLaure et Fernande, et la Grande Ville, ou les Parisiens vengés,\ncontre-partie adroite et spirituelle de la Petite Ville de Picard.\nCependant, malgré leurs efforts, leur conscience, leurs soins, leur\ntalent, les artistes réunis par Martelly ne parvenaient pas à vaincre\nl'apathie du public. Ils faisaient à peine deux ou trois cents francs de\npart chaque mois, alors que dans les grandes villes de province, ils eus\nsent gagné peut-être le double. Ils se fatiguèrent de sacrifier leurs avan-\ntages matériels au plaisir d'être à Paris, et après un peu plus de sept\nmois d'exploitation de la salle Molière, le 5 avril 1802, ils firent leurs\nadieux à ce public inhospitalier en jouant pour la dernière fois Laure et\n* Fernande et /'Habitant de la Guadeloupe. Peu de jours auparavant,\nle Courrier des spectacles, qui se faisait en cette circonstance l'inter-\nprète des sentiments cjes vrais amateurs, annonçait ainsi leur prochain\ndépart: «Les artistes sociétaires de ce théâtre vont cesser leurs re-\nprésentations le 1 5 de ce mois. On leur doit la justice de dire qu'aucune\ntroupe n'avait peut-être occupé cette salle avec plus de titres àlà bien-\nveillance du public. Avec les chefs-d'œuvre de nos grands poètes, avec\ndes nouveautés remplies de gaîté ou d'intérêt, ils avaient réussi à attirer\nun public désabusé des pantomimes et des pièces à fracas. Leur absence"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "249", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.9", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "sera regrettée, à moins que leurs successeurs ne présentent les mêmes\nchefs-d'œuvre, les mêmes talents et le même ensemble. »\nCes successeurs ne furent pas longs à trouver, et étaient d'ailleurs de\nvieilles connaissances pour les habitués s'il yen avait du théâtre\nMolière. Quelques jours seulement après le départ des comédiens de\nRichaud-Martelly, le 25 avril 1802, les acteurs d'opéra-comique qui,\nen l'an VII, avaient fait scission avec leurs camarades pour aller se ré-\nfugier au théâtre du Marais, revinrent prendre possession de ces\nplanches qu'ils avaient volontairement abandonnées. Donnant au\nthéâtre le titre de Variétés nationales et étrangères, ils avaient formé\nle projet d'y jouer des vaudevilles originaux et des traductions; c'est là\nce qui devait justifier la dénomination par eux adoptée. Que firent-ils\ncependant ? Après avoir débuté, avec un succès médiocre, par un spec-\ntacle composé de deux pièces archi-connues, le Français à Londres et\nBiaise et Babet, accompagnées de l'éternel prologue de réouverture,\nintitulé cette fois VApothéose de Molière, ils reprirent successivement\nquantité de vieux vaudevilles et d'opéras-comiques, charmants à la vé-\nrité, mais usés jusqu'à la corde : l'Epreuve villageoise, les Visitan-\ndines, le Déserteur, les Sabots, Robert-le-Bossu, la Belle Arsène,\nTom Jones, la Fête de Colette, Alexis et Justine, les Ailes de l'A-\nmour, Sylvain, les Deux Chasseurs et la Laitière, le Devin du vil-\nlage, etc., etc.; puis ils produisirent, àde longs intervalles, quelques\nvaudevilles inédits et médiocres : la Petite Revue, de Simonin; le Mi-\nsanthrope au village, de Desprez-Valmont; la Belle Egyptienne...\nLe chef de cette nouvelle administration, trouvant sans doute insuffi-\nsantes les ressources du théâtre, s'avisa, à l'instar de quelques autres,\ntels que les Jeunes-Artistes et les Jeunes-Elèves, de dédoubler sa troupe,\net de jouer simultanément à Versailles et à Paris; grâce peut-être à ce\nprocédé, il put se soutenir pendant un certain temps, et opéra ce prodige\nde tenir le théâtre ouvert pendant un peu plus d'une année. Cependant\nil Fdu, aut bout de ce temps d'épreuve, cesser son exploitation, et, le 2\nmai iBo3, les Variétés nationales et étrangères donnaient leur dernier\nspectacle.\nOn croit peut-être que c'est fini ? Point. Cinqsemaines après, le 9 juin,\nune nouvelle administration décidément, c'était de la folie ! rouvre\nle théâtre sous son ancien titre de théâtre Molière, mais pour le fermer\nau bout de quinze jours. Un mois se passe. La Porte-Saint-Martin\nvenait de subir un désastre et de suspendre ses représentations; les\ncréanciers de la direction avaient fait mettre la salle en vente, saisir\ndécors et magasins, et les artistes n'avaient pu même obtenir l'autorisa-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "250", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.10", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "tion de jouer pour leur propre compte. Ils songent alors au théâtre\nMolière, s'y réunissent, en annoncent l'ouverture, et, le 28 juillet, y\ndonnent un spectacle formé de VErmite de Saverne et de Vernon de\nKergarlec ; mais leur déception est complète en présence du peu d'em-\npressement du public, et trois ou quatre représentations suffisent à les\nconvaincre de l'inutilité de leurs efforts.\nPendant un peu plus de trois mois, la salle resta alors fermée. Pense-\nt-on pour cela que les spéculateurs fussent découragés? Il n'en est rien.\nLe 14 novembre iBo3, des affiches conviaient le public àla réouverture,\nqui s'effectuait le soir, par les soins d'une nouvelle administration. On\ndonnait les premières représentations d'un mélodrame de Rougemont,\nles Deux Borgnes, et naturellement d'un prologue nouveau, inti-\ntulé : Espérons ! Il fallait, en vérité, un espoir bien tenace pour essayer\nencore de ramener à ce théâtre un public toujours si rebelle. La soirée\nfut assez médiocre, et, en en rendant compte, le Courrier des Specta-\ncles faisait les réflexions suivantes : ((Cent fois ouvert, cent fois aban-\ndonné, un jour rempli, un autre jour vide, discrédité par ses pièces,\npar ses acteurs, par ses administrateurs, ce théâtre va-t-il enfin sortir de\nl'oubli auquel tout a semblé jusqu'ici le condamner? Placé au centre de\nParis, dans un quartier populeux, il semble promettre des monceaux\nd'or à ceux qui lui sacrifient et leurs soins et leurs fonds; mais les apa-\nthiques bourgeois des rues Saint-Denis et Saint-Martin, moins théâtro-\nmanes que calculateurs, aiment mieux régler le soir, au coin de leur feu,\nLurs registres et les affaires qu'ils ont terminées dans le jour, que d'aller\ns'enterrer dans un théâtre dont l'affiche les a plusieurs fois induits en\nerreur. Il fut un temps néanmoins 011 ils venaient offrir à Thalie le pro-\nduit de leurs épargnes. Alors, Martelly justifiait cet empressement. Mais\ndepuis... quelle différence! Le lugubre mélodrame, quelques acteurs\nmédiocres échappés du Marais, des directeurs sans conduite, tout a con-\ntribué à rendre la salle déserte. » Les nouveaux venus n'étaient pas de\ntaille à lutter contre la fâcheuse renommée qui s'était attachée au théâtre\nMolière ; ils n'y demeurèrent pas longtemps, et bientôt désertèrent.\nMais on se tromperait si l'on supposait que ce fût là le dernier acte de\nl'existence orageuse et précaire de cet établissement mal chanceux. Bien-\ntôt un commerçant nommé Gouraincourt et un journaliste du nom de\nBruno, s'étant associés, essayèrent de le rendre à la vie. On remarquait\ndans leur troupe, entre autres sujets distingués, l'excellent Moessard,\nGenest, Gazot, Joly, Saint-Preux, Villars, Lecoutre, Lequien, madame\nBras, qui se fit plus tard au Vaudeville une grande réputation de talent\net de beauté, mademoiselle Cartigny, sœur du remarquable artiste de la"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "251", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.11", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "Comédie-Française, madame Montariol, mademoiselle Montano, etc. Les\njeunes auteurs étaient recherchés par la direction, et l'on joua successi-\nvement un assez grand nombre de pièces signées des noms encore peu\nconnus de Brazier, Armand GoufFé, Henrion, Dumersan, Gosse,\nArmand Gharlemagne ; c'était la Petite Revue, Monsieur Botte, Il\nfaut un mariage, le Nouveau Débarqué, Madame de Pompadour...\nCependant, malgré les efforts consciencieux d'une administration\nintelligente, le théâtre Molière ne réussit guère plus cette fois que les\nprécédentes à attirer le public. Au bout d'un certain temps d'exploita-\ntion, il se vit encore obligé de fermer ses portes. C'était décidément une\nfatalité !\nEnfin, son fondateur se mit de la partie, et voulut lui faire reprendre\nun rang honorable parmi les autres établissements dramatiques de Paris.\nRéfléchissant que Ducis, en mettant à la scène plusieurs pièces imitées\nde Shakespeare, avait donné au public un cerain goût de la littérature\ndramatique étrangère, Boursault-Malherbe pensa qu'un théâtre exclu-\nsivement consacré aux traductions pourrait offrir quelques chances de\nsuccès. 11 était resté propriétaire de la salle Molière; il la rouvrit le\n29 novembre 1806, sous le nouveau titre de Variétés étrangères, après\navoir placé à la tête de l'entreprise un nommé Belleval, qui était direc-\nteur de nom, tandis que lui, Boursault, était directeur de fait. Dans un\nprologue ad hoc, on fit connaître aux spectateurs la voie nouvelle dans\nlaquelle le théâtre était décidé à s'engager ; on leur apprit qu'on ferait\npasser successivement sous leurs yeux les grandes œuvres de Shakes-\npeare, Sheridan, Garrick, Schiller, Kotzebue, Lope de Vega, Calderon,\nMoratin, Alfieri, Goldoni, etc., et on les pria, en conséquence, de ne\npoint trop s'étonner si leurs habitudes littéraires étaient appelées à subir\nquelques surprises, de 11e point s'alarmer au cas où ils verraient plus\nsouvent violée que respectée la fameuse unité d'Aristote.\nLes premiers pas dans ce genre ne furent heureux qu'à moitié, et les\npremières pièces représentées : A quoi cela tient, les deux Klinsberg,\n/\nla Fille de quinze ans, /'Epigramme, le Atari d'autrefois, le Père de\nFamille, le Valet menteur, n'obtinrent qu'un médiocre succès. L'une\nd'elles même, tirée de l'espagnol et intitulée la Maison vide et occupée,\ntomba lourdement et donna l'occasion à Boursault d'écrire la lettre sui-\nvante, adressie par lui au Journal de Paris, qui la publiait le lende-\nmain : -\n« Monsieur le rédacteur,\n1\n« La Maison vide et occupée, tirée du théâtre espagnol, n'a pas eu de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "252", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.12", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "succès; nous vous prions d'annoncer qu'elle ne paraîtra plus sur l'affiche.\nL'admin:stration s'est décidée à retirer le soir même tous les ouvrages\nqui n'auront point obtenu une faveur marquée. En empruntant aux étrangers\nleurs comédies, il serait difficile, jusqu'à un certain point, de juger d'avance\nl'effet qu'elles produiront sur des spectateurs français : on sera sûr, au\nmoins, que l'on n'offrira plus au public des pièces que son goût aura ré-\nprouvées.\n« Nous ayons l'honneur de vous saluer,\n« Les Administrateurs, etc. »\nLa troupe des Variétés étrangères avait été recrutée avec soin, et l'on\ny signalait particulièrement, entre autres artistes distingués, une femme\nd'un talent tout à fait remarquable, madame Dacosta,qui créa plusieurs\nrôles d'une façon supérieure. Ce qui est certain, c'est que le personnel du\nthéâtre était excellent. Brazier l'affirme dans son Histoire des petits\nThéâtres de Paris, et il rapporte le fait suivant à l'appui de son dire :\nne jouait pas à la Comédie-Française, elle assistait aux représentations\ndes Variétés étrangères; elle encourageait les artistes, et on l'a souvent\nentendue dire, en frappant de son éventail sur le bord de la loge :Il y\na de Vavenir dans ce théâtre-là ! »\nLes deux traducteurs les plus actifs de ce théâtre étaient Alexandre\nDuval, l'ami d'Elleviou et l'ennemi de Napoléon ler,Ier, et Alissan de Chazet.\nJe crois que c'est à l'un des deux qu'il faut attribuer l'imitation d'une\npièce de Schiller, représentée aux Variétés étrangères sous le titre de\nLouise et Ferdinand, et contre laquelle protestait cette lettre, insérée\ndans le numéro du Journal de Paris du i 3 août 1807 :\n« Monsieur le rédacteur,\n« Le théâtre des Variétés étrangères expire ce soir. Mon intention n'est\npas, assurément, d'insulter à ses derniers moments; mais je crois devoir à\nma patrie et aux grands hommes qui l'ont illustrée quelques observations,\nque je bornerai ici à une seule, pour ne pas abuser de la place que je vous\ndemande. On vient de donner au théâtre dont il s'agit Louise et Ferdinand,\ncomédie en trois actes de Schiller. J'y ai couru, croyant que c'était une\nœuvre posthume de ce grand poète; mais jugez de mon désappointement; à\nforce d'attention, j'ai démêlé que cette comédie était fabriquée avec la tra-\ngédie de Schiller, Kabale und Liebe. Tout y est interverti, dénaturé, falsifié,\net le dénouement si terrible est remplacé par un morceau de papier, que\ntous les personnages se passent les uns aux autres, à peu près comme àun\ncertain jeu innocent, que vous appelez, je crois, Petit bon-homme vit\nencore !...\n« Et cette rapsodie porte le nom de Schiller !\n« Que diriez-vous, Messieurs, d'un Allemand qui mutilerait, qui dépècerait"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "253", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.13", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1857, "texte": "ainsi une tragédie de Corneille, et intitulerait effrontément son monstrueux\ngâchis : comédie de Pierre Corneille? Le journaliste de Vienne et Berlin\nne pourrait-il pas aussi, avec votre Corneille, égayer le peuple des fau-\nbourgs ?\n« J'ai l'honneur de vous saluer,\n« GERMANICUS. »\nOn a vu, par cette lettre, que le théâtre des Variétés étrangères fermait\nses portes précisément le i 3 août 1807. Mais cette fois, ce n'était point\npar suite de la mauvaise veine qui l'avait si longtemps poursuivi * c'était\npar obéissance au décret impérial du 8 août précédent, qui, d'un trait de\nplume, supprimait à Paris douze théâtres à la fois, plongeait deux mille\nfamilles dans la misère en dépit de tous contrats, de tous traités conclus,\nen donnant aux administrations théâtrales un délai dérisoire de huit\njours pour obéir. Les Variétés étrangères étaient au nombre des théâtres\nsupprimés. « Peut-être, dit à ce sujet Brazier, cette entreprise méritait-\nelle d'être encouragée et protégée; mais le sabre qui gouvernait ne s'in-\nquiétait guère ni de Calderon ni de Schiller. » Le théâtre fondé par\nBoursault-Malherbe avait vécu un peu plus de seize ans_, dans des condi-\ntions bien difficiles, bien orageuses et bien précaires ; sous le titre de\nVariétés étrangères, sa dernière administration avait eu une existence de\nhuit mois et quatorze jours.\nJusqu'à la révolution de iB3o, il servit tour à tour à donner des séances\nde physique amusante, des assauts d'armes, des bals, des concerts et des\nbanquets. Le 9 juin 1831 il fut rouvert, grâce à une liberté provisoire,\nsous la direction de M. Lemétayer. Fermé le 3i octobre suivant, il passa,\nle I 3 mars 1832, dans les mains d'un nouveau directeur, pour être\ndéfinitivement clos huit mois après, le 5 novembre. Depuis ce temps,\nnous l'avons dit, on en a fait une salle de bal.\n\nARTHUR POUGIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c009", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "254", "page_fin": "258", "image_debut": 14, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.3", "titre_corps": "LE MÉCANISME. VOCAL ET LE CHANT", "titre_sommaire": "LE MÉCANISME. 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Ma poitrine ne put résister aux efforts in-\ncessants qu'on exigeait d'elle.\nPendant deux ans, je demeurai presque aphone, je souffrais horrible-\nment d une laryngite granuleuse; je crachais le sang, je n'osais articuler\nun son, je pouvais à peine respirer, à peine parler; je ne faisais pas un\npas sans tousser. Condamnée par les notabilités de l'art médical, je me\nsentais mourii, et chacun autour de moi s'étonnait que je vécusse encore,\nlorsque le desii de vivre me saisissant violemment, j'abandonnai tout\nespèce de traitement et je résolus de savoir comment on s'y était pris\npour épuiser mes pauvres poumons. Ayant eu l'occasion de faire de\nlanatomie, j'en profitai. 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A l'aide d'exercices vocaux raisonnés, j'ar-\nrivai tout doucement, d'abord en tâtonnant, ensuite avec plus d'assu-\nrance, à établir une sorte de gymnastique interne qui est aujourd'hui\nl'objet d'un travail succinct et que je me réserve de publier prochaine-\nment. Enfin, mes poumons redevenus sains et solides, fonctionnèrent\ntant et si bien qu'au bout d'un an je ne crachais plus le sang. J'étais\nguérie, je ne souffrais plus, je pouvais marcher deux ou trois.heures\nsans fatigue, je m'étais reconstitué une voix forte, juste et belle que je\nmanie à ma guise, et qui, chaque jour, se développe et gagne en puis-\nsance, malgré la fatigue inhérente à la carrière du professorat à laquelle\nje me suis vouée. »\nJe renouvelai sur autrui les expériences tentées sur moi-même et j'ob-\ntins des résultats si complets, si concluants, que je considère comme un\ndevoir de ne pas garder pour moi seule ce qui est encore un secret pour\ntout le monde : la Science du mécanisme vocal.\nDès que cette science sera connue, on fabriquera une voix comme on\nfabrique un piano, une harpe, une clarinette : à coup sûr. Mais avant\nqu'elle le soit, on l'attaquera, on la combattra, on la condamnera. Il y\na, il y aura toujours des gens qui ne comprennent pas. Qu'importe?\nComme le Dante, j'en appelle au temps!\nRéfléchissez, messieurs.\nLes luthiers nous fournissent des violons, des altos, des violoncelles,\nles facteurs d'instruments nous livrent des cors, des hautbois, des flûtes,\net nous, nous à qui la nature donne un organe, nous ne parviendrions\npas à accoucher les poitrines, à obliger les voix à sortir pures, puissantes,\nsympathiques de leur enveloppe de chair?\nQuoi! le corps serait moins malléable que le bois, le fer et le cuivre ?\nNe clabaudons pas contre la Providence. Notre impuissance est bien\nà nous. Heureusement, elle n'est pas éternelle, irrémédiable. Chaque\nheure voit luire un nouveau rayon, chaque jour accomplit un nouveau\nprogrès. Travaillons, laissons dire les sots et les rieurs, ils n'ont pas\ntoujours raison si souvent qu'on le croit. Rien ne prévaut contre les faits."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "256", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "Je n'ajoute plus qu'un mot. Armé de la science du mécanisme vocal,\non aura de la voix quand on le voudra.\nOn chantera juste quand on le voudra.\nAvec un bon instinct, un bon sentiment musical et de l'intelligence,\non deviendra un chanteur hors ligne quand on le voudra.\nEt maintenant, messieurs, agissez sans retard, vous pouvez beaucoup\npour la régénération du chant en Europe; je vous confie ma découverte,\nfaites en sorte qu'elle nous fournisse promptement ce qui nous manque :\ndes voix. Si d ailleurs le présent repoussait mon système, je m'en conso-\nlerais en songeant qu'il a pour lui l'avenir (i).\nTROISIÈME PARTIE.\nQuand l'élève sera en possession complète de ce que j'ai appelé la\nscience du mécanisme vocal3 quand il aura appliqué avec succès cette\nscience — moins ardue, moins longue à acquérir qu'on pourrait le\nsupposer — à l'étude du chant, il nuancera le son avec sûreté, il maniera\nsa voix comme il le voudra, il connaîtra les passages usités (trilles,\ngammes, sons filés, etc.). Sûr désormais de tous ces moyens d'exécution,\nil pourra aborder les vocalises les plus compliquées et s'occuper enfin\ndu style.\nQu'est-ce que le style ?\nC'est, pour le chanteur comme pour l'instrumentiste, l'art de rendre\nfidèlement, mais avec originalité, la pensée d'autrui ; c'est, pour l'artiste\ndramatique, l'art de composer un rôle, de mettre en relief l'idée, la\nphrase, la mélodie, le mot qui doit porter, la note intéressante ; c'est\nl'art de faire valoir les beautés d'un ouvrage et de prêter une valeur à\ndes choses parfois incolores en leur donnant le caractère et en leur\ncommuniquant la vie qui leur manque.\nL'interprète doit posséder deux qualités qui semblent s'exclure : il\nfaut qu'il reste lui tout en traduisant une œuvre littéraire et musicale\n\n(i) La deuxième partie de cet ouvrage contient l'application de la méthode et cer-\ntains exercices vocaux propres à faire surmonter rapidement à l'élève tous les genres\nde difficultés. C'est la mise en pratique du système d'après lequel l'émission du son\nsoumise désormais à un ensemble de mouvements raisonnés, devient une science\npositive, mathématique. N'ayant pas le droit de la publier, nous passons à la troi-\nsième partie et, pour 1 e reste, nous renvoyons le lecteur à l'œuvre magistrale que\nmadame Andrée Lacombe va faire paraître très prochainement sous ce titre : La\nScience du Mécanisme vocal et l'Art du Chant.\nO. LE T."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.17", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "I\nPRIÈRE.\n\nSONS LIÉS ET FILÉS.\nLent, mais pas trop."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.21", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 35, "texte": "II\nLA BRISE.\n\nPRÉPARATION AU TRILIP"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "J . PERRIN. Graveur."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "257", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.25", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "quelconque ; il faut qu'à force de talent il fasse vivre en bonne intelli-\ngence deux individualités distinctes, souvent très accentuées en sens\ninverse : celle de l'auteur et la sienne.\nQuand la fidélité manque à l'interprétation, l'auteur est trahi ;\nQuand l'artiste ne reste pas lui-même, il est perdu.\nPoui échapper à ce double danger, 1 élève s'appliquera premièrement\nà suivie avec docilité les indications des maîtres, à maintenir scrupuleu-\nsement les nuances à leur place, à n'en pas chercher de nouvelles qui\npounaient avoir pour effet de dénaturer p]us ou moins les intentions\ndu compositeur ; en un mot il ne se substituera pas à celui dont il a\npour mission d'interpréter l'œuvre, soit en y faisant des changements,\nsoit en y ajoutant des traits; il s'efforcera de comparer les écoles entre\nelles, les maîtres entre eux, il cherchera à se rendre compte de leurs\ntendances, de leur esprit, de leur procédé; il apprendra par cœur, outre\nles mélodies, les accompagnements; ces derniers lui révéleront souvent\nla pensée intime de l'auteur.\nLe chant n'est pas tout dans la grande musique; tel motif, telle\nphrase; telle note fait si bien corps avec l'harmonie que, sans celle-là,\nl'expression mélodique paraît absolument insuffisante. L'harmonie ne\nsaurait être considérée comme une simple ressource servant à rehausser\nl'idée musicale; elle n'est pas seulement la monture du diamant, elle en\nest une facette; l'édifice mélodique repose sur elle; sans les ressources\ndiverses du contre-point, des imitations, des accompagnements variés\nqui lui donnent le mouvement et la vie et qui la complètent, la mélodie\nparaîtrait bientôt terne, languissante, monotone à l'excès. Ces constata-\ntions imposent au chanteur la nécessité de savoir la musique; qu'il\nl'apprenne ! qu'il l'apprenne, s'il veut chanter Gluck, Mozart, Spontini,\nMéhul, Weber, Cherubini, Meyerbeer, Halévy, Schubert, Beethoven,\nMendtlssohn, Schumann, Berlioz. Les ouvrages de ces hommes émi-\nnents constitueront en quelque sorte le creuset d'où sortira l'indi\\i-\ndualité du chanteur, s'il en a une. L'individualité, non celle de parti\npris qui touche presque inévitablement à la bizarrerie, mais la vraie,\nl'individualité qui résulte de certaines dispositions naturelles développées\npar le travail, par la réflexion, par la méditation ; elle se manifeste, elle\ngrandit lentement; elle ne parvient à son entière éclosion que secondée\npar une instruction solide et par une volonté persévérante; si elle se\ntrahit de bonne heure, cas excessivement rare elle est d'abord en-\nveloppée, effacée, absorbée par le bagage dont la mémoire des enfants ou\ndes jeunes gens est chargée; puis quand les études sont terminées, elle\nse montre de nouveau et tend à s'affirmer de plus en plus."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "258", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.26", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "Imitateur, l'artiste reste au second rang; original, il se pousse au\npremier, il maîtrise l'opinion publique et il fait l'admiration de ses\ncontemporains quand les circonstances le favorisent et le mettent en\névidence.\nLe chanteur perd assez communément de vue que la musique a sa\nsignification propre. Accoutumé à la voir se poser toujours sur des\nparoles, il s'imagine volontiers que si la poésie ne l'aidait pas à éclore,\nelle n'existerait pas.\nIl s'ingénie parfois à découvrir le caractère d'une mélodie par celui\ndes mots, et il oublie que les vers ou, si l'on veut, la prose rimée dont se\nservent ordinairement les compositeurs a eu fort peu de part à l'inspira-\ntion musicale qui se borne souvent, trop souvent, mais forcément,\nhélas ! à traduire un sentiment plus ou moins mal exprimé dans des\nrimes insignifiantes, redondantes, ridicules, dénuées de grâce, d'éner-\ngie, d'idées, de couleur. Comment procède le compositeur obligé\nd'écrire une partition sur de pareilles élucubrations? Il s'inspire de la\nsituation et ne s'occupe pas du reste. De là des malentendus.\nLes symphonies de Beethoven, les ouvertures de Weber excitent par-\ntout un prodigieux enthousiasme. Nul ne regrette que ces magnifiques\nconceptions soient purement instrumentales. En les écoutant on pleure,\non sourit, on se sent transporté dans les régions invisibles où l'âme\ns'abreuve aux sources les plus nobles.\nLes instrumentistes ne se trompent pas sur le caractère de ces\nœuvres colossales et ils n'ont pas besoin d'un programme pour les inter-\npréter dans la perfection. Eh bien ! je voudrais que ce qui est possible\nà l'instrumentiste le fût au chanteur; je voudrais que le chanteur\ns'habituât à donner exactement à un morceau son caractère particulier\nsans qu'il soit nécessaire de fixer ses idées par un texte.\nLes vocalises qui terminent ma méthode ont précisément pour but\nd'aider l'élève à dire avec l'expression voulue, sans le secours des paroles,\ndes mélodies caractéristiques, de le faire réfléchir, songer, sentir, méditer,\nd'éveiller son imagination. Ces vocalises contiennent des difficultés de\ntous genres. Celui qui les saura parfaitement pourra aborder sans\nappréhension les rôles les plus dangereux des opéras anciens et mo-\ndernes.\n\nANDRÉE LACOMBE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c013", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "n. p.", "page_fin": "4", "image_debut": 17, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.3.4", "titre_corps": "SONS LIÉS ET FILÉS.", "titre_sommaire": "SONS LIÉS ET FILÉS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.17", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "SONS LIÉS ET FILÉS.\nLent, mais pas trop."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c014", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "n. p.", "image_debut": 21, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.3.5", "titre_corps": "PRÉPARATION AU TRILIP", "titre_sommaire": "PRÉPARATION AU TRILIP", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 35, "texte": "PRÉPARATION AU TRILIP"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.24", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "J . 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Saint-Saëns, par M. Lasserre. Concerto en sol majeur pour piano de Bee-\nthoven, par M. Bretner. —Pièces pour orchestre de J, S. Bach. CONCERT DU\nCHATELET : Concert-Stuck, de Louis Diémer. CIRQUE FERNANDO.\nONCERTS DU CONSERVATOIRE. Le 5 décembre\na été inaugurée la nouvelle saison 1875-1876 de la Société\ndes concerts. Les programmes, cet hiver, se conformeront\nà la partialité décisive du public qui se rétrécit de plus en\nplus et se réserve désormais pour les morts illustres. L'an\ndernier, on s'est égaré hors des sentiers accoutumés ; on a\nvoulu jouer Massenet, Bizet, Saint-Saëns, Gounod, Reyer\nl'auditoire est resté froid. Il a déclaré qu'il ne venait aux concerts du Conser-j\nvatoire que pour écouter Beethoven, Haydn, Mendelssohn, Mozart, Bach,\nHaendel, tous les morts que la gloire a consacrés, mais non pour assister aux\njuvéniles élucubrations des échappés de l'école, et pour juger à leurs débuts\nles disciples symphoniques de la réforme musicale. Les concerts du Conser-\nvatoire, a-t-on dit, sont le musée du Louvre de la symphonie. Les essais de\nnos jeunes musiciens doivent se faire ailleurs. Cette observation est fort juste,\net après l'avoir prise en défaveur, nous avons changé d'avis, et, expérience\nfaite, nous nous y rangeons. Nous allons donner nos raisons.\nLa Société des concerts donne dix-huit séances par an. Ces séances durent\ndeux heures chacune, ce qui fournit, au bout de la campagne actuelle, une\nmoyenne de trente-six heures consacrées pour toute la saison à la musique\nclassique. Trente-six heures, c'est tout et c'est bien peu. En limitant les\nprogrammes aux quatre héros de la symphonie, on n'arrive même pas à\nouer le quart de leur œuvre total. Dans la dernière saison, où nos débutants"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "260", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.28", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "symphonistes ont pris la belle place dans les programmes, on n a meme pas\ndonné le contingent habituel de Beethoven, qui se réduit d habitude à une\nmoyenne de six à sept symphonies et ouvertures. Mendelssohn a été com-\nplètement sacrifié. Le résultat a été que 1 ensemble des concerts a paru froid,\nmême insignifiant. Comme il fallait s'y attendre, il y a eu protestation, et il\nconvient que cette protestation ne soit pas éludée, sinon la déchéance des\nconcerts du Conservatoire semblerait acceptée par le comité même qui est\nchargé de veiller à ce que leur marche triomphale ne soit pas entravée.\nBerlioz et Gounod complétaient, dans le premier concert de la campagne\nqui vient de s'ouvrir, un programme composé pour la première part de la\nsymphonie en si bémol de Beethoven, d un motet de Bach et d un conceito\nde Haendel pour orgue et orchestre. La symphonie en si bémol de Beetho-\nven, telle qu'on la joue au Conservatoire, se révèle comme une des plus\ncurieuses fantaisies du grand compositeur. L'introduction pompeuse, solen-\nnelle, est suivie d'un allegro brillant, varié, avec de saisissants effets d ombre\net de lumière, de mélancoliques accents et de joyeux retours, qu'on ne re-\ntrouve guère dans les autres compositions de Beethoven. L adagio est d un\ngrand style et les proportions en sont très larges. Le menuet est d'un invin-\ncible attrait, et le finale, bien fouillé, réveille sans cesse 1 attention. On y re-\ntrouve les mêmes effets d'ombre et de lumière, d accents joyeux et de mé-\nlancoliques accents qui ont captivé 1 oreille et le cœur des la première partie\nde la symphonie qui, en résumé, est une œuvre claire, gaie, fantaisiste, et\ndans laquelle on peut affirmer que se trouve le point de départ du génie\ndramatique de Weber avec quelques unes de ses formules les plus caracté-\nrisées.\nOn a renoncé à nous faire entendre des solistes aux concerts du Conserva-»\ntoire. mais, avec de bons concertos, les virtuoses y sont encore admis. Le\nconcerto d'orgue, avec M. Alex. Guilmant pour soliste et loichestre poui\naccompagner l'orgue, a fait son introduction dans les séances solennelles par\nune œuvre de Haendel dont le largo a été surtout apprécié et applaudi.\nQuand Haendel file sur le sublime, il nous intéresse, il nous enlève, il nous\nravit. Mais quelle laborieuse audition lorsqu'il faut tout subir, en une traite,\net la part sublime, et la part de formule et de remplissage. Au second con-\ncerto, nous ne doutons pas qu'une grande lassitude ne saisisse 1 auditoire et\nqu'il exige qu'un triage soit fait dans ces longs ouvrages où la trace du génie\nn'est pas partout également visible, et qui brillent surtout par leur curiosité\narchéologique.\nLe motet de Bach a fourni aux chœurs l'occasion d'une terrible déroute.\nLa conclusion est que notre enseignement musical est à refaire. La bonne mé-\nthode n'est pas de commencer par exécuter Wagner pour terminer par Bach.\nC'est, tout au contraire, de débuter par la classique exécution de Bach, et\nde suivre la filière historique. Au piano, à l'orchestre, au chant et au chœur,\nla méthode est toujours la même. Le musicien qui a commencé par Bach se"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "261", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.29", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "trouve ensuite à Taise pour jouer Schumann, Brahms et les autres. Qui a\ndit cela ? Madame Szarvady. Que les professeurs et les élèves profitent de\nl'enseignement qui leur est donné par le docte professeur et par la char-\nmeresse artiste.\nMaurice Cristal,\nCONCERTS POPULAIRES— Huitième concert de la première série.—\nM. Lasserre a exécuté dans cette séance le concerto pour violoncelle de\nM. Saint-Saëns. Ancien lauréat du Conservatoire, M. Lasserre nous a quittés\nen 1870 pour aller se fixer à Londres, où ses brillants succès lui ont assuré\nen quelques mois une situation artistique qu'il eût mis plusieurs années à\nconquérir chez nous. C'est là un fait qu'il nous est toujours fort pénible de\nconstater; mais enfin il existe, il se répète chaque jour et il faut bien que,\nbon gré, mal gré, nous nous rendions à l'évidence des choses. Nous produi-\nsons des artistes, nous les formons, nous encourageons leurs débuts, nous\nleur donnons le baptême de la popularité, et, dès qu'ils ont acquis une per-\nsonnalité artistique, l'étranger est là qui les guette, qui nous les enlève à\nprix d'or, qui récolte ce que nous avons semé. Qu'un artiste se fasse un nom\nsur l'une de nos grandes scènes parisiennes et il ne tardera pas à nous\nquitter : Londres, Pétersbourg et l'Amérique se le disputeront à grand\nrenfort de roubles ou de dollars, et nous, qui ne voulons ou ne pouvons\nrien faire pour les retenir, nous qui ne saurions trouver à l'étranger ce que\nl'étranger vient chercher chez nous, nous voilà réduits à nous contenter de\nla deuxième catégorie, alors que nos voisins, plus riches ou plus habiles, se\nréservent le dessus du panier. Ce sont encore les étrangers qui achètent nos\nmeilleurs tableaux, nos plus belles statues, ce sont eux qui accaparent nos\nplus rares collections artistiques, et qui sait si, après nous avoir enlevé nos\nplus remarquables productions, ils n'en arriveront pas à nous enlever les\nproducteurs eux-mêmes, en leur offrant chez eux une position que nous\nn'aurons pas su leur faire chez nous. Et, en exprimant cette crainte qui est\nmoins chimérique au fond qu'on pourrait le croire au premier abord, je lais\nmoins allusion aux auteurs dramatiques, qui trouvent encore à se produire\nassez facilement sur nos scènes parisiennes, qu'à nos compositeurs, réduits à\nlutter sans relâche contre le mauvais vouloir des directeurs et contre l'insuf-\nfisance des moyens mis à leur disposition pour exercer un art que l'Etat leur\na appris dans ses écoles et pour lequel il leur a même décerné des brevets de\ncapacité. Vous ne pouvez pourtant pas condamner un Prix de Rome à\nmonter la garde pendant vingt ou trente ans (les trente meilleures années de\nsa vie) devant une porte qui reste obstinément fermée ! Que trouverez-vous\nà dire, qu'aurez-vous à lui reprocher le jour où il ira porter à l'étranger les\nœuvres dont vous n'aurez pas voulu et faire applaudir sur une scène russe\nou autrichienne un talent que ses compatriotes seuls refusent d'apprécier à\nsa véritable valeur? Cette tentative de dénationalisation a déjà réussi pour"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "262", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.30", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "quelques opérettes (et ceci nous importe peu), mais prenez garde qu'elle ne\ns'étende à des œuvres vraiment dignes d'intérêt et qu'elle ne finisse par\ns'attaquer aux sources de l'art français lui même. Prenez garde, je vous le\nrépète, la situation est fort tendue. Nous avons au milieu de nous toute une\npléiade de jeunes compositeurs qui sont pleins de talent, qui ne demandent\nqu à produire et qui ont le plus grand besoin d'être soutenus et encouragés.\nVous ne faites rien pour eux : ils travailleront pour d'autres, ils chercheront\nà 1 étianger les débouchés qu ils ne trouvent pas dans leur propre pays, et\nleur talent, plein de sève et de vigueur, ira s'épanouir dans un milieu plus\néclairé, où lon n attend pas que les compositeurs soient morts depuis vingt\nans pour s'apercevoir, qu'après tout, ils ne manquaient peut-être pas de quel-\nque mérite !\nMais, me voilà lancé sur une question dont ce n'est pas ici la place, ne\npoussons pas plus loin cette trop longue digression et rentrons bien vite\ndans notre sujet. Je disais donc en commençant que M. Lasserre nous est\nre\\ enu de Londres après cinq ans d'absence, et qu'il a exécuté le concerto\npoui violoncelle de M. Saint-Saèns, avec un jeu large et ferme, avec une\nsimplicité de moyens et une ampleur de sonorité qui lui font le plus grand\nhonneur. Le public des Concerts populaires a fait un accueil très sympa-\nthique au virtuose, il s'est montré plus froid pour le concerto qui est pour-\ntant une œu\\ie de valeur. Le premier morceau est développé avec un réel\ntalent symphonique, le Scherzo est charmant.\nPremier concert de la deuxième série. Encore un concerto sur le pro-\ngramme; c'est le septième que nous entendons depuis le 3i octobre! Cette\nfois, c est M. Bretner (de Trieste) qui a exécuté le quatrième concerto en\nsol majeur, pour piano, de Beethoven. M. Bretner n'est pas un inconnu\npour nous, il s est déjà lait entendre à Paris, et cette nouvelle audition nous\na permis d apprécier les sensibles progrès qu'il a réalisés depuis quelques\nannées. Je ne prise pas beaucoup, pour ma part, la manière de M. Bretner ;\nje dois reconnaître néanmoins qu'il a fait preuve de talent, bien qu'il joue\navec plus d'élégance que de véritable sentiment. En somme, c'est un sous-\nPlanté, mais un sous-Planté fort acceptable.\nLL gtand succès de la séance a été pour l'admirable Suite d orchestre de\nLach, dont jai déjà parlé avec détail 1 année dernière, lors de la première\naudition.\nLe public a presque fait une ovation à M. Chavanne pour l'assurance et la\ncorrection vraiment peu communes avec lesquelles il a joué la partie très\ndifficile de trompette qui couronne d'une manière si originale le finale de ce\nchef-d'œuvre.\nEncore une réflexion à ce propos. Il est vraiment singulier que nos direc-\nteurs de concerts sachent si peu tirer parti des immenses richesses du réper-\ntoire classique, et qu'ils nous condamnent à entendre sans cesse les mêmes\nchefs-d œuvre, consacrés par une longue admiration, au lieu de tenter avec"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "263", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.31", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "discernement quelques excursions dans les œuvres des grands maîtres dont\nnous soupçonnons à peine l'existence et qu'il serait si intéressant de nous\nfaire connaître. Le répertoire de J.-S. Bach, pour ne parler que de celui-là,\nest considérable, on le joue couramment en Allemagne; chez nous, c'est à\npeine si nous connaissons quelques rares œuvres (et des moins importantes)\nde ce maître des maîtres qui a ouvert l'art moderne, dont son génie avait\nélaboré tous les éléments.\nH. Marcello.\nCONCERT DU CHATELET. M. Louis Diémer a fait entendre pour la\npremière fois un Concert-Stiick de sa composition à la séance du dimanche\n12 courant. Quand un artiste aussi illustre que Weber a inventé un nom\npour qualifier une de ses œuvres, c'est un tort, selon moi, ou du moins une\ntémérité, de la part d'un jeune compositeur de s'approprier ce nom. Et plus\nce compositeur a de mérite, plus le tort semble apparent. Mais passons, car\nM. Diémer n'a sans doute pas songé à mal en choisissant ce titre. Son Con-\ncert-Stiick se compose donc d'un andantino et d'un allegro giocoso. L'andan-\ntino est élégant, gracieux, bien instrumenté, mais n'offre rien de remarqua-\nblement saillant. L'allégro giocoso, au contraire, débute par un motif franc,\nbien accentué et original. Après les motifs secondaires et les développements\nd'usage, il est bien ramené, et la péroraison du morceau est brillante et à\neffet. Comme pianiste, la réputation de M. Diémer n'est pas à faire. On sait\nque Rossini le tenait en grande estime.\nCIRQUE FERNANDO. Le charmant andante et menuet, dont j'ai parlé\nprécédemment avec les plus grands éloges, est de M. Anthiome, premier prix\nde Rome. Dans les concerts du 5 et du 12, M. Henri Chollet a eu l'heureuse\ninspiration de présenter au public une jeune élève de M. Wicart, de Bruxelles,\nmademoiselle Ida Milton. Cette cantatrice a chanté le grand air de la Reine de\nla nuit, de la Flûte enchantée, et mieux encore, m'a-t-on dit, au second con-\ncert, auquel je n'ai pu assister, qu'au premier. Cet air, qui exige une prodi-\ngieuse étendue de voix, puisqu'il parcourt plus de deux octaves, est d'une\ndifficulté formidable. Dramatique et léger à la fois, il faut pour y produire\nde l'effet posséder un beau médium et les notes les plus élevées du soprano.\nMademoiselle Ida Milton atteint sans peine lofa suraigu. Elle fait le piqué\ndans la perfection. Ses roulades ont beaucoup de netteté ; ses triolets lais-\nsent peut-être un peu à désirer; mais, en général, le sentiment musical,\nqu'elle possède au plus haut degré, et la beauté de sa voix lui promettent un\ngrand avenir.\nHenri Cohen."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c019", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "264", "page_fin": "266", "image_debut": 32, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.5", "titre_corps": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES", "titre_sommaire": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES", "signature_source": "R. DE SAINT-ARROMAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "264", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1626, "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nOPÉRA : Don Juan (reprise). OPÉRA-COMIQUE : Hayrdce. Début de M. Stéphane.\nONSIEUR Halanzier vient de tenir plus que ne l'espérait\nle public en remontant le chef-d'œuvre de Mozart. Il\na fait de cette reprise une véritable solennité artistique,\net la première scène lyrique du monde s'est fièrement\nélevée au sommet dont elle ne doit jamais descendre.\nQuatre noms de grands artistes étaient sur le prc-\ngramme; ceux de mesdames Krausset Carvalho et ceux de MM. Faure\net Gailhard.. Sur la scène, des décors magnifiques peints par MM. La-\nvastre et Despléchin, et des costumes délicieux composés par M. Grévin.\nLa plastique de cette représentation a été au-dessus de tout éloge et les\nintentions directoriales ne peuvent être contestées.\nEh! bien, malgré tout cela, malgré des efforts évidents, indéniables,\nje ne sais quelle lourdeur planait sur l'interprétation de Don Juan.\nCette œuvre colossale et rayonnante semblait étouffée par un génie\ningrat et malfaisant. La pureté du style, la grâce puissante des idées,\nétaient comme enveloppées d'une gaze qui en voilait l'éclat merveilleux.\nJamais peut-être on n'avait ressenti plus péniblement la sécheresse inha-\nbile d'un livret décousu.\nSerait-ce à la manière empesée et gourmée dont les grands artistes que\nj'ai nommés au début de ces lignes interprètent Don Juan qu'il faut\nattribuer cette impression mauvaise? L'hypothèse est vraisemblable.\nEn effet, si Dona El'vire doit être pathétique, si Don Ottavio est un\npersonnage un peu sombre, si la malheureuse Dona Anna laisse tou-\njours couler ses larmes, il n'en est pas moins vrai que Don Juan est"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "265", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.33", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "un débauché sceptique et rieur, et Leporello un bouffon doublé d'un\ngrotesque; que Zerline personnifie la jeunesse pleine de soleil, de coquet-\nterie, de rires argentins, de fraîcheur piquante; et que Mazetto est le\nplus comique des maris trompés.\nMazetto et Zerline, Leporello et Don Juan, jusqu'au moment où le\ndrame absorbe seul la scène ont été conçus pour s'agiter au milieu d'une\njoie, d'un rire, d'une gaîtécomplète.\nCe n est pas ainsi que M. Faure a compris son rôle. Il nous a offert\nl'image compassée d'un Don Juan grave jusqu'à la majesté. Caron semble\nterrifié par les malheurs conjugaux qu'il craint. Ce n'est pas là Mazetto.\nMadame Carvalho prête à la sémillante Zerline la poésie nuageuse de\nla plie Ophélie et les effluves amoureuses de la Marguerite de Faust.\nDe l'interprétation particulière de ces trois rôles provient une lacune\nque l'art admet difficilement, le manque de contraste.\nM. Gailhard seul a donné sa véritable physionomie au rôle dont il est\nchargé. Il interprète Leporello avec un grand talent. Il le chante et il le\ndit avec une verve achevée. M. Faure a obtenu comme de coutume les\napplaudissements les plus chaleureux à la suite de la sérénade. S'il n'al-\ntérait pas quelquefois les mouvements et s'il chantait toujours la note\nécrite, notre grand baryton serait incomparable.\nMadame Krauss a mis toute son âme d'artiste dans l'interprétation de\nl'admirable trio des Masques, qui a été chanté magistralement et que la\nsalle entière a voulu entendre une seconde fois.\nLe finale du second acte m'a paru en revanche exécuté mollement.\nMadame Carvalho, je ne l'apprendrai à personne, est toujours impec-\ncable au point de vue l'art du chant. Elle manie sa voix, qui compte\ntant de victoires, avec une habileté parfaite; mais l'automne succède au\nprintemps qui ne peut être éternel, et les moyens de madame Carvalho\nn'échappent pas à cette rigueur du temps.\nL'orchestre et les chœurs ont daigné jouer et chanter juste et en me-\nsure. Il m'est doux de les en féliciter.\nOPERA-COMIQUE. On parlait, depuis un certain temps,, d'un\noiseau rare, d'un ténor que M. du Locle avait découvert en province.\nCe phénix a débuté dans Haydée, et n'a pas répondu à l'éloge anti-\ncipé que l'on avait fait de lui.\nM. Stéphane est tout à fait un débutant. Il a vingt-six ans et une\nvoix superbe; mais le professeur qui l'a dirigé jusqu'ici n'a pas mis à\nprofit les qualités que la nature a données à son élève.\nAvec une voix puissante et d'un timbre agréable, M. Stéphane attaque"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "266", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.34", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 570, "texte": "le plus souvent faux. Il respire mal et traîne lourdement sur la note.\nCes défauts ne proviennent absolument que d'un manque d'études\nmusicales.\n11 sera facile de les corriger avec un travail sérieux.\nComme comédien, le nouveau ténor laisse beaucoup à désirer. Il a\nun certain aplomb provincial qui gêne plutôt qu'il ne rassure le specta-\nteur.\nToutes ces menues imperfections disparaîtront certainement, si\nM. Stéphane a la sagesse de comprendre qu'il n est encore qu'un élève,\nà même de rendre tiers ses professeurs futurs.\n\nR. DE SAINT-ARROMAN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c023", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "267", "page_fin": "274", "image_debut": 35, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.6", "titre_corps": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1875", "titre_sommaire": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1875", "signature_source": "A. 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Première représentation : Le Dompteur de Bougi-\nval, opérette en un acte, paroles de MM. Delilia et Le Senne, musique de\nM. Ben-Tayoux.\n14. MILAN (Théâtre Castelli) Première représentation : Marchionn di\ngamb avert (Marchionn aux jambes torses), opéra bouffe en quatre actes, pa-\nroles de M. Fontana, d'après une nouvelle bien connue de Porta, musique de\nM. Enrico Bernardi. Le principal rôle de cet ouvrage est écrit en dialecte\nmilanais, tandis que tous les autres sont écrits en italien.\n17 ELDORADO. Première représentation : Madame le Docteur, opérette\nen un acte, paroles de MM. Péricaud et Villemer, musique de M. Frédéric\nWachs.\n\n(1) On avait donné, dans le mois de juin, les premières représentations suivantes :\nFOLIES-MARIGNY (le 29) : Oh! c' Paladin, opérette en un acte, paroles de MM. Seurat\net Waldy, musique de M. Georges Douay. —MILAN (Théâtre Castelli. le 28) : i Viaggi,\nopéra bouffe, paroles de M. Almerindo Spadetta, musique de M. Nicola d'Arienzo.—\nROME (Théâtre Quirino) : la Vendetta d'un Folletto, opérette, musique de MM. Mili-\nlotti frères. CINGOLI (Théâtre Condominio) : i Due Metastasiani, opéra bouffe, MU,\nsique de M. Antolisei, et Lisetta, farce, musique du même."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "268", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.36", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2045, "texte": "19; MILAN (pour les exercices du Conservatoire). Première représenta-\ntion : La Falce, opérette en un acte, paroles de M. Arrigo Boito, musique\nde M. Catalani.\n26. NAPLES (Théâtre Nuovo). Première représentation : La Mamma\nAngot a Costantinopoli, opérette.\n27. FOLIES-MARIGNY. Première représentation : Le Ménage Pavernay,\nparoles de M. Tahbray, musique de M. Charles de Sivry.\nSans date précise. BERLIN (Théâtre Kroll). Première représentation :\nEckehard, opéra, paroles de M. L. Bussler, musique de M. Moritz-Jaffé.\nQAOUT\n3 Août. MILAN (pour les exercices du Conservatoire). Première exécu-\ntion : Il Perdono, scène dramatique, paroles de M. Mazzucato, musique de\nM. Maggi.\n*\n4. CONSERVATOIRE. Distribution des Prix. M. Augustin Savard, profes-\nseur d'harmonie, est nommé chevalier de la Légion d'honneur. CABOURG.\nPremière représentation : AIL Port, opérette en un acte, paroles de MM. Jules\nRuelle et Gaston Escudier, musique de M. Étienne Rey.\n9. CONTREXEVILLE (Casino). Première représentation : Le Meunier, son\nfils et... l'autre, opérette en un acte, paroles de M. Francis Tourte, musique\nde M. Emile Ettling.\n17. NAPLES (Théâtre Nuovo). Première représentation : La Figlia di\nDomenico « scherzo comico » en deux actes, paroles de M. Domenico Bolo-\ngnese, d'après un ancien vaudeville français, musique de M. Carlo Alberti.\n21.— ANVERS. Première représentation : Liederick de Rentmeester, opéra\nflamand en trois actes, paroles de M. Paul Billiet, musique de M. Joseph\nMertens.\n29. PARIS. Grand festival orphéonique donné dans le jardin des Tuile-\nries, en présence de 25,000 auditeurs, au profit des inondés du Midi. Pre-\nmière exécution de la Charité, cantate chorale, paroles de M. Saint-Félix,\nmusique de M. Léon Gastinel.\nSans dates précises.— ALCAZAR D'ÉTÉ. Première représentation :La clé du\nSérail, opérette en un acte, paroles de M musique de MM. Robert\nPlanquette et Frédéric Barbier. CATANE (Circolo Opérai). Première repré-\nsentation : Il Bersagliere di Palestro, opérette, musique de M. P. Vinci."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "269", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.37", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2325, "texte": "SET TE£M Œïl^E\nIER Septembre. — RENAISSANCE. Première représentation : Marianne et\nJeannot, opérette en un acte, paroles et musique de M. Eugène Moniot. —\nFOLIES-DRAMATIQUES. Première représentation (à ce théâtre) : Les Cent\nVierges, opéra bouffe de M. Charles Lecocq.\n3. — Ouverture des Concerts modernes au Cirque Fernando. L'affiche an-\nnonce la première exécution d'une symphonie inédite, et porte cette men-\ntion étrange : « Le nom de l'auteur de toute œuvre inédite exécutée aux Con-\ncerts modernes, n'est porté au programme qu'à la troisième audition. » Le\nchef d'orchestre de ces Concerts est M. Henri Chollet.\n5. —MAJOLATI. Célébration du Centenaire de Spontini, et première exécu-\ntion d'une cantate expressément composée pour la circonstance par M. Emilio\nStacchini.\n8. — LONDRES. On pose la première brique du nouvel Opéra anglais, sur\nles nouveaux quais de la Tamise. Cet honneur revient à la célèbre cantatrice\nmadame Tietjens, qui la scelle « avec une truelle d'or. » — COURTRAI. Pre-\nmière exécution, dans un concert de gala donné en présence du roi et de la\nreine de Belgique, de De Leye, cantate flamande, paroles de M. Adolphe\nVerriest, musique de M. Pierre Benoît.\nIL. — ELDORADO. Première représentation : Les deux Choristes, saynète,\nparoles de MM. Péricaud et Delormel, musique de M. Frédéric Barbier.\ni3. BERGAME (Théâtre Ricciardi). A l'occasion des fêtes célébrées en cette\nville, les 12, i3 et 14 de ce mois, pour la translation, dans la basilique de\nSanta Maria Maggiore, des cendres de Mayr et de Donizetti, première exé-\ncution d'une cantate expressément écrite pour la circonstance, A Gaetano\nDonizetti, paroles de M. Ghislanzoni, musique de M. Amilcare Ponchielli.\nÏ5. —FOLIES-BERGÈRE. Première représentation: Un Truc d'amoureux,\nopérette en un acte, paroles de M. A. d'Huot, musique de M. J. Lafitte.\nJ6. __ Réapparition du journal YAvenir musical, dont la publication a été\ninterrompue depuis plusieurs années.\n18. - FLORENCE (Théâtre Pagliano). Dans un concert donné par la société\nOrfeo, à l'occasion des fêtes de Michel-Ange, première exécution d'une Ode\nsymphonique à la mémoire de Michel-Ange, de M. Teodulo Mabellini, et\nd'une marche solennelle pour orchestre et bande militaire, de M. Venceslao\nFumi.\nai. - FLORENCE (Théâtre du prince Humbert). Première représentation :"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "270", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.38", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "La Rosa di Firençe, opéra sérieux, musique de x\\I. Emmanuel Biletta. Cet\nouvrage avait été écrit pour l'Opéra de Paris, et représenté à ce théâtre le\n10 novembre 1856.\n2 5. — NAPLES (Théâtre Mercadante). Première représentation : La Cam-\npana dclï Eremitaggio, opéra semi-sérieux en trois actes, paroles de M. E.\nCofino (d'après les Dragons de Villars), musique de M. Sarria.—VIESBADEN.\nPremière représentation : Mélusine, opéra, musique de M. Gramann.\nOCTO'B^E\nIER Octobre. — MADRID (Théâtre Breton). Premières représentations : Maese\nTallarïnes, zarzuela en un acte, paroles de M. Palomino de Guzman, mu-\nsique de M. Isidoro Hernandez ; Fresco de Jordan, zarzuela en un acte, Pa-\nroles de M. Granés, musique de M. Isidoro Hernandez.\n4. — Mort de M. Léon Ehrhart, premier grand prix de Rome de 1874.\n5. — ELDORADO. Première représentation : Les Canotiers de la rigolade,\nopérette en un acte, paroles de MM. Péricaud, Villemer et Delormel, musi-\nque de MM. Frédéric Barbier, A. Dubois, Frantz Liouville, Charles Malo,\nde Villebichot et Frédéric Wachs.\n6. — ROVEREDO. Première représentation : Merlino da Patone, opéra semi-\nsérieux, musique de M. Calderoni.\n10 — CONCERTS MODERNES. Première exécution : petite marche\nde M. *** (Henri Chollet).\n11. — BRUXELLES (grande église de Laeken). Pour le 2 5e anniversaire de la\nmort de la reine des Belges, première exécution d'une Messe funèbre à huit\nvoix, de M. Alfred Tilman.\n14. — OPÉRA-COMIQUE. Reprise du Val d'Andorre, d'Halévy, pour les dé-\nbuts de M. Obin, ancien artiste de l'Opéra. — Arrêté du Ministre de l'Ins-\ntruction publique et des Beaux-Arts, qui rétablit au Conservatoire les deux\nClasses préparatoires de violon supprimées depuis plus de vingt ans, et qui\nnomme titulaires de ces deux classes MM. Jules Garcin, premier violon solo\nde l'Opéra, et Eugène Chaîne, tous deux anciens premiers prix de l'établis-\nsement.\n— ROME (Théâtre Quirino). Première représentation : Un Sogno nella\nLuna) opérette, musique de MM. Mililotti frères.\n17. — Réouverture des Concerts populaires."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "271", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.39", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "R9- VARIÉTÉS. Première représentation :La Boulangère a des écus, opéra\nbouile en trois actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, mu-\nsique de M. Jacques Offenbach.\n22. ALGAZAR D'HIVER. Première représentation : Le chevalier Bijou, opé-\nrette en un acte, poroles de MM. Henri Millé et d'Hervillé, musique de\nM. Adolphe Deslandres. Mademoiselle Caroline Girard, ancienne artiste du\nThéâtre-Lyrique et de l'Opéra-Comique, joue dans un ouvrage.\n23- RENAISSANCE. Première représentation : La Filleule du Roi, opéra\ncomique en trois actes, paroles de MM. Gormon et Raymond Deslandes, mu-\nsique de M. Vogel, représenté précédemment à Bruxelles.\n25. OPÉRA. Début de M. Couturier dans Guillaume Tell. GAITÉ. Pre-\nmière représentation : Le Voyage dans la Lune, grande féerie musicale, pa-\nroles de MM. Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de M. Jacques\nOffenbach.\n30. Séance publique annuelle de l'Académie des Beaux-Arts. Exécution\nd'une ouverture de M. Gaston Serpette, pensionnaire de l'Académie de\nFrance à Rome, premier grand prix de composition musicale de 1871 ; exé-\ncution de la cantate de M. Wormser, qui a obtenu cette année le grand prix\nde Rome; Éloge d'Auber, prononcé par M. le vicomte Henri Delaborde, se-\ncrétaire perpétuel de l'Académie.\n31. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Réouverture. Premières exécutions : A la\nmémoire de Georges « lamento « de M. Jules Massenet; Souvenir,\npoésie de M. Louis Gallet, dite par madame Galli-Marié; 4E Concerto pour\npiano, avec accompagnement d'orchestre, de M. Camille Saint-Saèns, exécuté\npar l'auteur.\nSans dates précises. Premières représentations : FOLIES-BERGÈRE. Quand\non n'a pas de parapluie, saynète en un acte, paroles et musique de M. Edé.\nTURIN (théâtre Victor-Emmanuel) : Claretta Angot, « ballet brillant, »\nscénario de M. Smeroldi, musique de M.Borelli; MADRID (théâtre de la\nZarzuela) : El Hidalguillo de Ronda, zarzuela en trois actes, paroles de\nMM. Retés et Echevarria, musique et premier ouvrage de M» Almagro.\nV^OVE£McBcKE\n'2 Novembre. RENAISSANCE. Première repiesentation . Deujc\nopérette en un acte, paroles de M. Charles Raymond, musique de M. Sauvage\nTrudin."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "272", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.40", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "3. BOUFFES-PARISIENS. Première représentation : La Créole, opcra\nbouffe en trois actes, paroles de M. Albert Millaud, musique de M. Jacques\nOffenbach.\n6. BOLOGNE (théâtre Communal). Première représentation : Ettore Fie-\nramosca, opéra sérieux, parole de M. Panzacchi, musique de M. Dali' Olio ;\ncet ouvrage n'obtient que quatre représentations.\n7. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Première exécution : Pastorale pour orchestre,\nde M. Paul Lacombe.\n10. FOLIES-DRAMATIQUES. Première représentation : Le Pompon, opéra\nbouffe en trois actes, paroles de MM.Chivot et Duru, musique de M. Charles\nLecocq.\n12. OPÉRA-COMIQUE. Début de M. Stéphane, ténor, dans le rôle de\nLorédan, d'Haydée.\n1 '3. FLORENCE (théâtre Pagliano). Première représentation : Wanda,\nopéra sérieux, paroles de M. Interdonato, musique de M. MaxWogrich.\nCet ouvrage n'obtient que deux représentations.\n14. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Première exécution : Le Sacrifice, chant\nbiblique, paroles de M. G. Boyer, musique de M. Théodore Ritter, chanté\npar M. Gailhard.\n. *\n22. ROME. M. Verdi, nommé sénateur du royaume, prend place dans\ncette assemblée et prête le serment exigé.\n2J. GÈNES (théâtre Paganini). Première représentation : Atahualpa,\nopéra sérieux en quatre actes, paroles de M. Ghislanzoni, musique de\nM. Enrico Pasta.\n24.—MADRID (théâtre de la Zarzuela). Première représentation : La Monja\nAlfereç, zarzuela en trois actes, paroles de M. Carlos Coello, musique de\nM. Miguel Marqués.\n25. BOLOGNE (théâtre Communal). Première représentation : Luce, opéra\nsérieux en cinq actes, paroles de M. Stefano Interdonato, musique de\nM. Stefano Gobatti. Grand succès.\n27. ROME (théâtre Argentina). Première représentation : Diana di Cha-\nvemy, opéra sérieux en quatre actes, paroles de M. Carlo d'Ormeville, musi-\nque de M. Filipo Sangiorgi.\n28. PARIS. Vente de la collection d'instruments de musique de M. Mau-\nlaz. Un alto d'Antoine Stradivarius, daté de 1727, est vendu 7,000 francs;\nun violon du même luthier (1714), 7,000 francs ;un autre violon du même\n(1712), 2,200 francs; une basse de Lupo atteint le chiffre de i,550; et une\nbasse italienne marquée Amati est adjugée à 2,050 francs."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "273", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.41", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "Î9\" SALLE-VENTADOUR. Une troupe italienne débute àce théâtre par\nune représentation de Rigoletto. Le succès est tel que la seconde représen-\ntation, annoncée pour le surlendemain, n'a pas encore eu lieu à l'heure où\nces lignes sont écrites.\nSans dates précises. Premières représentations. ALCAZAR D'HIVER.\nMonsieur Auguste,opérette en un acte, paroles de M. Derieux, musique de\nM. Francis Chassaigne; Les Grignotteuses, opérette en un acte, paroles de\nM. Paul Avenel, musique de M. Charles Hubans; - FOLIES-BERGÈRE:\nAbsalon, opérette en un acte, paroles de MM. Burani et Pouillon, musique\nde M. Campisiano.\ncE)ÊCEqMcBcR<E\nlERIER Décembre. ASSOCIATION POLYTECHNIQUE. Ouverture d'un cours de\nmusique instrumentale par M. Hervé (ne pas confondre avec l'auteur du\nPetit Faust), qui se propose de traiter, dans une série de leçons, de l'histoire\nde 1 art, de l acoustique, de la notation, de l'orchestre, de la musique mili-\ntaire et de la tablature des différents instruments.\n4- FOLIES-BERGÈRE. Première représentation : Cabinet N° 26, opérette\nen un acte, paroles de M. Th. Massiac, musique de M. Firmin Bernicat.\nBERLIN (théâtre Friedrich-Wilhelmstadt). Première représentation : Der\nLiebesring (1 Anneau de Y Amour), opéra en trois actes, musique de M. Bial.\n6. Le jury du concours Gressent, réuni pour la dernière fois, couronne\nla partition portant le n° 27 et les initiales H. O. Cette partition, écrite sur\nle poème de Bathyle, qui avait été couronné précédemment et offert aux\nconcurrents sans qu'ils fussent tenus de s'en servir, est l'œuvre de M. Wil-\nliam Chaumet, organiste, connu par un petit ouvrage joué naguère au théâtre\nde l'Athénée, le Péché de Géronte.\n7. OPÉRA-COMIQUE. Début de M. Caisso, lauréat du Conservatoire, par\nle rôle de Saturnin du Val d'Andorre.\n12. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Première exécution, par M. Louis Diémer,\nd'un Concert-Stiïck de sa composition, avec accompagnement d'orchestre.\n14 BOUFFES-PARISIENS. Première représentation : Tarte à la crème,\n< valse » en un acte, paroles de M. Albert Millaud, musique de M. Lange.—\nNAPLES (théâtre Mercadante). Première représentation : Rita, opéra, musique\nde M. Alfonso Guercia.\n16. ROUEN (Théâtre-des-Arts). Nouvelle célébration, à sa date\ndu centième anniversaire de la naissance de Boieldieu. A cette occasion, on"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "274", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.42", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1473, "texte": "donne la première représentation de la opéra comique en un\nacte, paroles de M. Charles Nuitter, musique de M. Adrien Boieldieu.\n18. OPÉRA-COMIQUE. Spectacle extraordinaire, pour fêter le centenaire\nde Boieldieu. On joue le Calife de Bagdad, le premier acte de la Dame\nblanche,et le Nouveau Seigneur du Vaccompagnés d'une pièce de\nvers de M. Louis Gallet, qui devient le poète ordinaire de ces sortes de\ncirconstances. Il n'est pas inutile de faire remarquer que le centenaire de\nBoieldieu est fêté non seulement dans plusieurs villes de France, mais jus-\nqu'en Allemagne, où plusieurs théâtres donnent des spectacles spéciaux. A\nFrancfort, entre autres, le i 5 décembre on joue la Dame blanche en l'hon-\nneur de son auteur. BATACLAN. Première représentation :\ndu Château,pièce en un acte, mêlée de chant.\n21. RENAISSANCE. Première représentation : opéra\nbouffe en trois actes, paroles de MM. Emile Leterrier et Vanloo, musique de\nM. Charles Lecocq.\nSans dates précises.— Première représentation : ALCAZAR. Les Suites d'une\npolka, opérette en un acte, paroles de MM. René Gry et Léon Laroche,\nmusique de M. Paul Henrion TUKIN (Théâtre-Rossini) ; Ara pai tiad cassa\n(Une Partie de chasse),opérette en dialecte piémontais, musique de M. Ca-\nsiraghi. MILAN (Théâtre-Castelli). Première exécution : lllustra\\ioni mu-\nsicali sur la Divine Comédie du Dante (prélude symphonique, troisième et\ncinquième chants de l'Enfer),musique de M. Emilio Bozzano.\n\nA. P."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabc-1875-12-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabc_1875-12-15_01#c026", "volume": "bmtnabc_1875-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "275", "page_fin": "279", "image_debut": 43, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.2.7", "titre_corps": "VARIA", "titre_sommaire": "VARIA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "275", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.43", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nE Ministre de l'instruction publique s'est rendu au sein de\nla commission du budget pour conférer au sujet du Théâtre-\nLyrique.\nM. Wallon a annoncé qu'il a négocié avec le directeur\nactuel de la Gaîté pour transformer ce théâtre en Théâtre-\nLyrique subventionné par l'Etat. Il est sur le point de\nsigner définitivement le traité.\nUne condition, toutefois, doit être approuvée législativement pour que les\nsignatures définitives puissent être échangées. Il s'agit d'accorder au direc-\nteur de la Gaîté, à titre de frais de premier établissement, les 97,000 francs\nformant le reliquat non employé de la subvention de 1875.\nLa commission du budget s'est montrée favorable à cette destination,\nmais elle a conseillé au ministre de s'adresser, pour obtenir l'autorisation, non\nà elle, mais à'la Chambre, en déposant un projet de loi spécial pour trans-\nporter ce crédit de l'exercice 1875 à l'exercice 1876.\nVoici quelques détails sur le traité qui est sur ie point d'être signé :\nLa subvention de l'Etat est assurée au théâtre de la Gaîté pour quatre ans,\nde 1876 à 1880.\nLe directeur devra jouer chaque année 12 actes nouveaux en pièces de 5,\n3 et 1 acte* Les pièces de 5 actes ne comptant que pour 4.\nPour l'ancien répertoire, ou pour les traductions du répertoire nouveau,\nil ne pourra être repris que les ouvrages représentés à l'ancien Théâtre-\nLyrique, à moins d'autorisations spéciales.\nAla même séance de la commission du budget, M. Tirard a lu son\nrapport sur la réduction du droit des pauvres. M. Tirard propose de réduire\nle droit sur la recette des théâtres de 9 0/0 à 5 0/0, comme pour\nles concerts."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "276", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.44", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3294, "texte": "La commission, avant de prendre une résolution, a décidé d'entendre le\nministre des finances, qui pourra lui donner des explications, et comme\nministre et comme ancien préfet de la Seine.\nLa préfecture de police vient d'accorder l'autorisation de fonder dans\nle quartier latin une société de musique instrumentale.\nLa Symphonie des écoles, c'est le nom sous lequel se forme cette nou-\nvelle société, comprendra la partie dite orchestre, et, si nous en croyons\nses premiers débuts, elle est appelée à un succès qui ne fera que progresser.\nLes jeunes gens qui voudraient en faire partie sont priés de s'adresser, soit\nchez le chef, M. Robineau, 59, rue Cardinal-Lemoine, soit au café de l'Er-\nmitage, 29, rue de Jussieu, où les répétitions ont lieu tous les mardis soir.\nUne des plus grandes artistes de ce temps vient de disparaître : Virginie\nDéjazet est morte le ier décembre. Elle était née à Paris le 3o août 1797,\nla treizième enfant d'un pauvre tailleur de la rue Saint-André-des-Arts. A\npeine âgée de cinq ans elle montait « sur les planches » et débutait au théâtre\ndes Jeunes-Comédiens (boulevard des Capucines), d'où elle passait à celui\ndes Jeunes-Elèves, pour aller ensuite au Vaudeville et de là passer plu-\nsieurs années en province. C'est de son entrée au Gymnase, en 1821, que\ndatent ses premiers grands succès, qu'elle retrouva par la suite aux Nou-\nveautés, au Vaudeville, au Palais-Royal et aux Variétés. Nous ne raconte-\nrons pas cette longue carrière de triomphes d'une actrice qui fut inimitable.\nQuoique excellente musicienne, Déjazet n'appartient d'ailleurs qu'indi-\nrectement à la musique, puisque, à part les Nouveautés, où son séjour fut\nde courte durée, elle n'a jamais appartenu à aucune scène lyrique. Mais\nsa voix, frêle et menue, avait un charme inexprimable ; elle chantait avec\nune grâce exquise, et détaillait le couplet avec un talent merveilleux. 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Mademoiselle Paola Marié est engagée pour jouer\ndans la reprise de la Timbale d'argent le rôle de Muller créé par madame\nPeschard.\nEnsuite viendront les Trois Margot, deMM.Cœdès, Bocage et Chabrillat,\net enfin l'opérette de MM. Offenbach et Paul Ferrier.\nRenaissance. —Madame Peschard quitte la Renaissance, elle va remplacer\nmadame Boufïar dans le rôle du prince Caprice du Voyage dans la Lune.\nPar suite, relâche demain et les jours suivants à la Renaissance, et samedi 20,\npremière représentation de la Petite Mariée avec la distribution suivante :\nSan-Carlo MM. Puget\nRodolfo Vauthier\nMontéfiasco Dailly\nGraziella * Mmes J. Granier\nThéobaldo * Renée Carli\nLucrezia Alphonsine\nMademoiselle Carli est une débutante qui arrive de Belgique.\nDélassements-Comiques. On vient de recevoir à ce théâtre une opérette\nen un acte, paroles de M. Paul Meyer, musique de M. Léon Dufils. Titre :\nla Fillette de Plouhinec.\nBRUXELLES. 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LE TRIOUX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "[241]", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.1", "texte": "AVIS\nVEG ce dernier numéro de iSy5, la Chro-\nnique Musicale termine\nDu même coup, elle su\npendant le premier trime\nla reprendre le i\" avril prochain.\nCette interruption,\nest nécessaire pour in\nœuvre des améliorations longtemps rêvées.\nDepuis trois ans, nous poursuivons ce but au milieu de difficultés\nsans nombre, dont nous ne pouvons livrer ici la clef à nos lecteurs:\nmai s nous avons toujours gardé la\net nous sommes, aujourd'hui plus que jamais, résolus à la faire\ntriompher. Nous emploierons le délai de trois mois que la Chro-\nnique Musicale s'impose avant d\n\nX.\n16"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "242", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.2", "texte": "LA CHRONIQUË MUSICALE\n\nd'elle tous les éléments de rajeunissement et d'embellissement que\nnous offrent les progrès de la gravure et de la typographie.\nNous nous mettons dès maintenant en quête d'estampes, telles\nque portraits, allégories, caricatures et scènes de comédie, toutes\nrelatives àla musique, o/m que notre illustration ne chôme jamais.\nmême temps, /zoz/s avons commandé une série de lettres ornées,\nde culs-de-lampe et de fleurons pour notre usage spécial, ainsi\nqu'une suite cTen-tête de pages du plus haut style, d'après les\nmaîtres italiens, flamands et français. Certains d'entre eux con-\nstituent de véritables reproductions de gravures anciennes dont\nles originaux sont eux-mêmes d'une extrême rareté. Cet attirail\nartistique nous est formellement promis par nos graveurs à la\ndate fixée pour notre réapparition, et la Chronique Musicale aura\nainsi revêtu des aspects plus variés.\nLe lecteur pourra lire, dans le numéro du lerIer avril, les comptes\nrendus complets des nouveautés données par les concerts et par\nles théâtres pendant le trimestre précédent ; il y trouvera aussi la\nsuite des matières commencées.\nAu point de vue de l'abonné comme à celui du bibliophile, la\ncollection de la Chronique Musicale n'en sera désormais que plus\nprécieuse.\nRien ne sera changé dans le plan ni dans la rédaction de notre\nRevue, qui restera ce qu'elle était par le passé : le seul organe de\nla* musique en France qui soit impartial et libre."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "243", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.3", "texte": "LES THEATRES A PARIS\nPENDANT LA RÉVOLUTION\n\n(i)\nOUT d'abord, Joigny se retira, et ses artistes se mirent\nen société. Ceux-ci fermèrent le théâtre le 6 janvier\n'799? pour avoir le temps de former une nouvelle\nadministration, et le rouvrirent le 20 du même mois,\nen donnant deux premières représentations :\nAmants siciliens, comédie en deux actes de Chazel,\net le Tuteur original,opéra comique en trois actes de Joigny et Gres-\nnich. Le lendemain même, 21 janvier, ils en donnaient deux autres : Le\nMort par spéculation, opéra comique en un acte de Ségur et Kalkbren-\nner, et une comédie en cinq actes et en vers libres, l'Auberge allemande,\nou le Traître puni, de Chazel. Enfin, le 25, ils donnaient encore une\npièce nouvelle, la Prévoyance en défaut, vaudeville en un acte de Du-\nmas, qui, comme Chazel, était artiste de ce théâtre (2).\nVoici comment l'auteur de VAnnée théâtrale en parlait à cette époque :\n« Une réunion de jeunes gens, qui, après avoir joué longtemps la\n\n(1) Voir les numéros des i 5 novembre et ier décembre.\n(2) Voici la liste des autres pièces nouvelles représentées à cette époque. Comédies\nla T eille des noces (en vers), de Dorvo; VHeureuse supercherie (en vers libres), de\n1 atrat; Julio (en vers), de Delrieu; les Effets de la pièce de Misanthropie et repentir,\nde***;— Opéras comiques :le Menteur maladroit, d'Hennequin et Lebrun; August eet\nMarianne, de,...; Vaudevilles : la Rue Saint-Martin, de Bizet et Sautray ; le Re-\ntour à Vespérance, de Bonel et Patrat; Rosenthal, d'Armand etHenrion; la Soubrette\npai occasion, de Briant; les Amours de la rue Quincampoix, de Bizet et Sautray;\nRelâche pour la répétition générale d'une vantomime, de.,..."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "244", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.4", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ncomédie sur les théâtres de société, avait peut-être besoin de la jouer en\npublic, prit ce théâtre sous le nom de Société des Amis des Arts. La\nhaute comédie et quelques ouvrages nouveaux formaient le répertoire.\nLa modicité du prix des places, le talent de quelques sujets, y amenaient\ndes spectateurs. Les citoyens Bosset, dans les grands rôles, Fleurot dans\nles amoureux, Chazel dans les pères, offraient en effet une réunion vrai-\nment remarquable, et les femmes suppléaient par un ton décent à ce qui\nleur manquait du côté de l'expression. Mais la discorde se mêla dans la\ntroupe, et elle se divisa d7abord; ce qui donna lieu à ce qu'on appelle la\ndirection du Théâtre du Marais. Ensuite, la subdivision restée au\nThéâtre de Molière se trouva trop faible, et se dispersa. Le théâtre fut\nfermé (i). »\nVoici comment les choses se passèrent. La troupe occupant alors le\nthéâtre Molière était formée de deux groupes, l'un jouant la comédie,\nl'autre l'opéra comique. Les artistes chantants se retirèrent, et donnèrent\n« pour leur clôture et à leur bénéfice, » le 20 Germinal an VII (10 avril\n1799), un spectacle composé du Nouveau Don Quichotte, de Biaise et\nBabet, et de VAmour filial. Ces artistes s'en furent ressusciter pour un\ninstant le théâtre du Marais, alors complètement abandonné, tandis que\nleurs camarades de la comédie continuaient de donner spectacle à la salle\nMolière. Mais ceux-ci, devenus trop peu nombreux pour satisfaire les\nexigences du public, durent bientôt se dissoudre, après quelques jours\nd'efforts infructueux. Ils clôturèrent à leur tour, le 3o Germinal, et le\nlendemain le théâtre fermait ses portes. Il allait les rouvrir au bout\nde quinze jours, avec une autre troupe et sous un autre titre.\nUn acteur du Vaudeville, Léger, auteur lui-même de pièces très\nagréables, s'était brouillé avec son directeur, le fameux vaudevilliste\nBarré. Il songea à lui créer une concurrence, et, s'associant avec Piis,\nse mit en devoir de fonder le théâtre des Troubadours. Ils s'entendirent\navec les propriétaires de la salle Louvois, mais_, avant de s'installer à ce\nthéâtre, dont il ne pouvaient prendre immédiatement possession, ils\ninaugurèrent leur administration à la salle Molière, qu'ils ouvrirent, le\ni 5 Floréal an VII (5 mai 1799), par un spectacle ainsi composé : Nous\nverrons, prologue de Léger; le Billet de logement, du même, et Ziste\net Zeste, ou les Imposteurs, encore du même et de Cailhava.\nCette installation n'étant que provisoire n'empêchait pas de nouvelles\nentreprises au théâtre Molière. Une autre se forma bientôt, et le 15 Prai-\n\n(1) Année théâtrale, almanach pour l'an IX."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "245", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.5", "texte": "LES THÉÂTRES A PARIS\n\nrial, le Courrier des Spectacles insérait sous cette rubrique : Théâtre\nMolière, l'annonce suivante : « Les administrateurs de cette nouvelle\nentreprise préviennent leurs concitoyens qu'une réunion d'artistes dis-\ntingués va régulièrement jouer sur ce théâtre tous les jours pairs. L'ou-\nverture aura lieu le j 8 Prairial. »\nEn effet, le 18 Prairial an VII (7 juin 1799), l'ouverture s'effectue, le\nprogramme étant ainsi conçu : « Aujourd'hui, pour l'ouverture, la\nMélomanie, précédée de la Colonie. La citoyenne Balasser, célèbre\ncantatrice du ci-devant Concert spirituel, débutera par le rôle de Bélinde.»\nLes Troubadours occupant encore la salle Molière, où ils jouaient les jours\nimpairs, la nouvelle administration donna, concurremment avec eux,\ns\ndeux représentations, et ce fut tout. C'était évidemment les « Elèves\nde l'Opéra-Comique, » séparés des « Amis des Arts, » tous précédem-\nment au même théâtre, qui venaient essayer de s'y raccrocher seuls,\ntandis que juste en même temps leurs anciens camarades, abandonnés\npar eux, s'étaient réorganisés et jouaient au Marais, après avoir vaine-\nment tenté de se maintenir à Molière.\nCependant, les Troubadours ayant, le 14 Thermidor (2 août 1799),\npris possession de la salle de Louvois, celle de Molière restait libre de nou-\nveau. C'est alors, pendant environ deux années, un va-et-vient incessant,\nun chassez-croisez vraiment burlesque, dans cette pauvre salle enguignon-\nnée. D'abord, les artistes de la Cité, qui partageaient la leur avec ceux\nde l'Odéon, dont le théâtre venait d'être détruit par un incendie, ont\n1 idée de venir jouer à Molière les jours où l'Odéon occupait la Cité. Au\nbout de cinq ou six soirées, l'indifférence du public les engage à s'arrêter.\nPresque aussitôt, au commencement de Fructidor, les comédiens du\nthéâtre des Victoires-Nationales se trouvant sans asile, par suite des\nréparations qu'il fallait faire à leur salle, viennent à leur tour occuper\nmomentanément celle de Molière; cinq ou six représentations leur suf-\nfisent, et ils se reposent ensuite en attendant que leur théâtre soit prêt à\nles recevoir de nouveau. Dans le courant du même mois, les anciens\nAmis des Arts, qui n'avaient point réussi à galvaniser le Marais, revien-\nnent à leur premier bercail. « La Société des Amis des Arts (disait le\nCourrier des Spectacles àu 18 Fructidor), de retour au Théâtre Molière,\nrue Martin, où elle a pris naissance, fera l'ouverture de ce théâtre le 21\nde ce mois. Les membres de cette société promettent au public le même\nzèle qu'ils ont montré précédemment, variété dans le répertoire, exacti-\ntude dans les promesses qu'ils lui feront. » Ils affichent en effet le 21 à\nMolière (après avoir joué la veille Tancrède au Marais], la première\nreprésentation de la Rue Martin, ou le Retour, prologue de Bizet et***,"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "246", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.6", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nle Bourru bienfaisant, et /'Avocat Pathelin; mais cette ouverture ne\ns'effectue que le 24, d'ailleurs avec le spectacle annoncé. C'est un nommé\nBornet, qui était alors directeur de la Société.\nBornet et sa troupe sont obligés de cesser leurs représentations au bout\nde quelques semaines, et le théâtre ferme alors ses portes, qui restent\ncloses pendant presque tout le cours de l'an VIII. Elles ne se rouvrent\nqu'aux premiers jours de l'an IX, le 12 Vendémiaire (4 octobre 1800),\navec une nouvelle troupe et un spectacle composé de trois premières re-\nprésentations : le Répertoire, prologue d'ouverture de Patrat ; un Trait\nd Helvétius, vaudeville en un acte, de Bonnel ; et Jacques dans la\nForêt, pièce a spectacle en deux actes, de Les deux premières sont\ntrès bien accueillies, la troisième tombe misérablement.\nAprès dix semaines environ, c'est-à-dire vers le 20 Frimaire, le théâtre\nest de nouveau fermé, mais presque aussitôt il se trouve encore une\nadministration héroïque pour succéder à celle qui vient de disparaître.\nDans les premiers jours de Nivôse, le Courrier des Spectacles publie la\n•note suivante : « Les nouveaux administrateurs du théâtre de Molière\npréviennent le public qu'ils feront l'ouverture de leur spectacle dans le\ncourant de la décade prochaine. Ils espèrent que le choix de leurs sujets\net de leurs pièces pourra fixer l'attention générale. » En ce qui concerne\nces dernières, la nouvelle direction ne se mettait pourtant pas en grands\nfrais, car elle ouvrit le 9 Nivôse (3o décembre 1800) par deux pièces\nconnues, Un trait d'Helvétius, joué peu auparavant au même théâtre,\net Aymar et Avalais, ou le Château de Serdar, mélodrame en trois\nactes, créé précédemment àla Cité ; le spectacle était complété par un\nprologue inédit en vers, intitulé Nicodème orateur, Quant aux acteurs,\nj'ignore ce qu'ils valaient; mais tout leur talent, s'ils en avaient, n'em-\npêcha point le pauvre théâtre Molière de disparaître encore au bout de\npeu de temps.\nCe n'est que le 29 Fructidor suivant (27 août 1801), qu'un comédien\nde grand talent, particulièrement connu dans le Midi, où les amateurs\n1 avaient surnommé le Molé de la Provence, espérant conjurer la mau-\nvaise fortune qui semblait s'acharner à cette salle vraiment maudite,\nla rouvrit dans l'intention d'y jouer exclusivement le haut répertoire\nclassique, tragédie et comédie. Cet excellent comédien, qui était aussi\nun écrivain distingué, s'appelait Honoré-Antoine Richaud-Martelly,\net mérite qu'on rappelle son souvenir.\nIl était né à Aix, le 27 octobre 1751, de parents nobles, son aïeul,\nqui était médecin, ayant obtenu des lettres de noblesse en récompense\ndu dévouement dont il avait fait preuve pendant la peste de Marseille."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.7", "texte": "LES THÉÂTRES A PARIS\n\nIl avait fait d'excellentes études chez les jésuites d'Aix, qui l'avaient\nsollicité d'entrer dans leur ordre; mais il avait préféré embrasser la\ncarrière du barreau, et s'était fait recevoir avocat au Parlement de Pro-\nvence. Cependant, il avait l'amour du théâtre, que Lekain, avec qui il\ns'était trouvé à Marseille, lui avait communiqué, et le soir même du jour\noù il gagnait sa première cause, il se montrait dans Tancrède, n'ayant\nencore que vingt-trois ans. Cette singularité hardie ne le fit pourtant point\nrayer du tableau des avocats d'Aix;; mais bientôt il quitta le barreau\npour se livrer entièrement à sa nouvelle vocation, et appartint succes-\nsivement aux théâtres de Marseille, de Lyon, de Bordeaux, de Tou-\nlouse, etc., faisant preuve d'un talent remarquable, surtout dans la co-\nmédie. Ce fut ce talent même qui l'empêcha de parvenir où il eût dû\nespérer, c'est-à-dire jusqu'à la Comédie-Française. En effet, se trouvant\nà Versailles, où la Cour l'avait pris en grande affection, il reçut, en\n1782, un ordre de début pour ce théâtre; mais comme la Cour l'aurait\nvu avec peine quitter Versailles, on intrigua auprès du duc de Duras\npour que Saint-Prix lût envoyé à sa place au Théâtre-Français, ce qui\nfut fait.\nMartelly continua donc sa carrière en province, ce qui ne l'empêcha\npas de faire jouer àla Comédie-Française, en 1790, une excellente co-\nmédie, les Deux Figaros, qui, écrite avec chaleur, d'un dialogue vit\net animé, se faisait encore remarquer par une grande entente de la\nscène et de rares qualités comiques; cet ouvrage obtint un grand\nsuccès, et se maintint longtemps au répertoire. Martelly l'avait écrit\nà la suite d'une querelle avec Beaumarchais.\nLe 7 juillet 1801, il reparaissait comme auteur à la Comédie-Fran-\nçaise, avec une nouvelle comédie, Vlntrigant dupé par lui-même, et\nc'est alors qu'il songea à exploiter, à l'aide d'une troupe formée par lui\navec le plus grand soin, l'infortuné théâtre Molière (1). 11 avait, nous\nl'avons vu, l'intention de n'y jouer que le grand répertoire classique.\nL'entreprise pouvait sembler périlleuse, pour peu que Ton se rappelle\nla situation de ce théâtre, placé au centre d'un quartier populeux et *\n\n(i) Comme comédien, Richaud-Martelly avait de la chaleur, de lame, une diction\njuste et fort élégante; comme auteur, il a écrit encore quelques autres pièces : Une\nheure de Jocrisse, comédie en deux actes et en prose, donnée en 1801 au théâtre\nMontansier ; le Maladroit, comédie en trois actes et en vers, jouée à Bordeaux; les\nAmours supposés, comédie en deux actes et en prose, et les Trois rivaux, comédie\nen vers, qui n'ont pas été représentées. Il joignait, dit-on, à une probité austère,\ndes mœurs inattaquables et un caractère plein d'aménité. Retiré, sur la fin de ses\nours, dans une maison de campagne près de Marseille, il|y mourut le 11 juillet 1817\nsa veuve mourut cinq ans après, au mois de mars 1822."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.8", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nouvrier. La tentative, du reste, était faite d'une façon intelligente, et le\npersonnel réuni par Richaud-Martelly était composé d'artistes remar-\nquables pour la plupart : c'était Martelly lui-même, Ernest Vanhove et\nJ. B. Vanhove, frères de celui qui brilla longtemps à la Comédie-Fran-\nçaise, Jaclier, Thénard, fils de la célèbre duègne du Théâtre-Français,\nMorel, Morizet; puis, du côté des femmes, mesdames Lecoutre, Joly,\nLiédet, Vazelle, qui sortait de l'Odéon, mademoiselle Valeyrie, qui\navait passé dix ans à la Comédie-Française, et mademoiselle Delètre.\nCes artistes étaient, selon la coutume assez généralement adoptée à\ncette époque, réunis en société, sous la direction de Martelly, et ils dé-\nbutèrent au théâtre Molière par un prologue-monologue en vers, F Ac-\nteur embarrassé, par la Coquette corrigée, comédie de Lanoue, et par\nle Début dramatique, épilogue en un acte et en vers. Le prologue et\nl'épilogue étaient d'Aude, et la troupe obtint un succès très-vif. Pen-\ndant près de trois mois, elle vécut uniquement sur le répertoire, et se\ndécida seulement, à partir du milieu de novembre, à donner quelques\nnouveautés. La première fut un grand drame, Abelino, que Lamarte-\nlière, l'auteur de Robert, chef de brigands, avait imité de l'allemand,\net qui ne fut pas très heureux ; puis vint le Philinte de Destouches, ou\nla Suite du glorieux, comédie en cinq actes de Dumolard, qui fut, au\ncontraire, fort bien accueillie, ainsi qu'une autre comédie intitulée\nLaure et Fernande, et la Grande Ville, ou les Parisiens vengés,\ncontre-partie adroite et spirituelle de la Petite Ville de Picard.\nCependant, malgré leurs efforts, leur conscience, leurs soins, leur\ntalent, les artistes réunis par Martelly ne parvenaient pas à vaincre\nl'apathie du public. Ils faisaient à peine deux ou trois cents francs de\npart chaque mois, alors que dans les grandes villes de province, ils eus\nsent gagné peut-être le double. Ils se fatiguèrent de sacrifier leurs avan-\ntages matériels au plaisir d'être à Paris, et après un peu plus de sept\nmois d'exploitation de la salle Molière, le 5 avril 1802, ils firent leurs\nadieux à ce public inhospitalier en jouant pour la dernière fois Laure et\n* Fernande et /'Habitant de la Guadeloupe. Peu de jours auparavant,\nle Courrier des spectacles, qui se faisait en cette circonstance l'inter-\nprète des sentiments cjes vrais amateurs, annonçait ainsi leur prochain\ndépart: «Les artistes sociétaires de ce théâtre vont cesser leurs re-\nprésentations le 1 5 de ce mois. On leur doit la justice de dire qu'aucune\ntroupe n'avait peut-être occupé cette salle avec plus de titres àlà bien-\nveillance du public. Avec les chefs-d'œuvre de nos grands poètes, avec\ndes nouveautés remplies de gaîté ou d'intérêt, ils avaient réussi à attirer\nun public désabusé des pantomimes et des pièces à fracas. Leur absence"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "249", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.9", "texte": "LES THÉÂTRES A PARIS\n\nsera regrettée, à moins que leurs successeurs ne présentent les mêmes\nchefs-d'œuvre, les mêmes talents et le même ensemble. »\nCes successeurs ne furent pas longs à trouver, et étaient d'ailleurs de\nvieilles connaissances pour les habitués s'il yen avait du théâtre\nMolière. Quelques jours seulement après le départ des comédiens de\nRichaud-Martelly, le 25 avril 1802, les acteurs d'opéra-comique qui,\nen l'an VII, avaient fait scission avec leurs camarades pour aller se ré-\nfugier au théâtre du Marais, revinrent prendre possession de ces\nplanches qu'ils avaient volontairement abandonnées. Donnant au\nthéâtre le titre de Variétés nationales et étrangères, ils avaient formé\nle projet d'y jouer des vaudevilles originaux et des traductions; c'est là\nce qui devait justifier la dénomination par eux adoptée. Que firent-ils\ncependant ? Après avoir débuté, avec un succès médiocre, par un spec-\ntacle composé de deux pièces archi-connues, le Français à Londres et\nBiaise et Babet, accompagnées de l'éternel prologue de réouverture,\nintitulé cette fois VApothéose de Molière, ils reprirent successivement\nquantité de vieux vaudevilles et d'opéras-comiques, charmants à la vé-\nrité, mais usés jusqu'à la corde : l'Epreuve villageoise, les Visitan-\ndines, le Déserteur, les Sabots, Robert-le-Bossu, la Belle Arsène,\nTom Jones, la Fête de Colette, Alexis et Justine, les Ailes de l'A-\nmour, Sylvain, les Deux Chasseurs et la Laitière, le Devin du vil-\nlage, etc., etc.; puis ils produisirent, àde longs intervalles, quelques\nvaudevilles inédits et médiocres : la Petite Revue, de Simonin; le Mi-\nsanthrope au village, de Desprez-Valmont; la Belle Egyptienne...\nLe chef de cette nouvelle administration, trouvant sans doute insuffi-\nsantes les ressources du théâtre, s'avisa, à l'instar de quelques autres,\ntels que les Jeunes-Artistes et les Jeunes-Elèves, de dédoubler sa troupe,\net de jouer simultanément à Versailles et à Paris; grâce peut-être à ce\nprocédé, il put se soutenir pendant un certain temps, et opéra ce prodige\nde tenir le théâtre ouvert pendant un peu plus d'une année. Cependant\nil Fdu, aut bout de ce temps d'épreuve, cesser son exploitation, et, le 2\nmai iBo3, les Variétés nationales et étrangères donnaient leur dernier\nspectacle.\nOn croit peut-être que c'est fini ? Point. Cinqsemaines après, le 9 juin,\nune nouvelle administration décidément, c'était de la folie ! rouvre\nle théâtre sous son ancien titre de théâtre Molière, mais pour le fermer\nau bout de quinze jours. Un mois se passe. La Porte-Saint-Martin\nvenait de subir un désastre et de suspendre ses représentations; les\ncréanciers de la direction avaient fait mettre la salle en vente, saisir\ndécors et magasins, et les artistes n'avaient pu même obtenir l'autorisa-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "250", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.10", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ntion de jouer pour leur propre compte. Ils songent alors au théâtre\nMolière, s'y réunissent, en annoncent l'ouverture, et, le 28 juillet, y\ndonnent un spectacle formé de VErmite de Saverne et de Vernon de\nKergarlec ; mais leur déception est complète en présence du peu d'em-\npressement du public, et trois ou quatre représentations suffisent à les\nconvaincre de l'inutilité de leurs efforts.\nPendant un peu plus de trois mois, la salle resta alors fermée. Pense-\nt-on pour cela que les spéculateurs fussent découragés? Il n'en est rien.\nLe 14 novembre iBo3, des affiches conviaient le public àla réouverture,\nqui s'effectuait le soir, par les soins d'une nouvelle administration. On\ndonnait les premières représentations d'un mélodrame de Rougemont,\nles Deux Borgnes, et naturellement d'un prologue nouveau, inti-\ntulé : Espérons ! Il fallait, en vérité, un espoir bien tenace pour essayer\nencore de ramener à ce théâtre un public toujours si rebelle. La soirée\nfut assez médiocre, et, en en rendant compte, le Courrier des Specta-\ncles faisait les réflexions suivantes : ((Cent fois ouvert, cent fois aban-\ndonné, un jour rempli, un autre jour vide, discrédité par ses pièces,\npar ses acteurs, par ses administrateurs, ce théâtre va-t-il enfin sortir de\nl'oubli auquel tout a semblé jusqu'ici le condamner? Placé au centre de\nParis, dans un quartier populeux, il semble promettre des monceaux\nd'or à ceux qui lui sacrifient et leurs soins et leurs fonds; mais les apa-\nthiques bourgeois des rues Saint-Denis et Saint-Martin, moins théâtro-\nmanes que calculateurs, aiment mieux régler le soir, au coin de leur feu,\nLurs registres et les affaires qu'ils ont terminées dans le jour, que d'aller\ns'enterrer dans un théâtre dont l'affiche les a plusieurs fois induits en\nerreur. Il fut un temps néanmoins 011 ils venaient offrir à Thalie le pro-\nduit de leurs épargnes. Alors, Martelly justifiait cet empressement. Mais\ndepuis... quelle différence! Le lugubre mélodrame, quelques acteurs\nmédiocres échappés du Marais, des directeurs sans conduite, tout a con-\ntribué à rendre la salle déserte. » Les nouveaux venus n'étaient pas de\ntaille à lutter contre la fâcheuse renommée qui s'était attachée au théâtre\nMolière ; ils n'y demeurèrent pas longtemps, et bientôt désertèrent.\nMais on se tromperait si l'on supposait que ce fût là le dernier acte de\nl'existence orageuse et précaire de cet établissement mal chanceux. Bien-\ntôt un commerçant nommé Gouraincourt et un journaliste du nom de\nBruno, s'étant associés, essayèrent de le rendre à la vie. On remarquait\ndans leur troupe, entre autres sujets distingués, l'excellent Moessard,\nGenest, Gazot, Joly, Saint-Preux, Villars, Lecoutre, Lequien, madame\nBras, qui se fit plus tard au Vaudeville une grande réputation de talent\net de beauté, mademoiselle Cartigny, sœur du remarquable artiste de la"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "251", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.11", "texte": "LES THÉÂTRES A PARIS\n\nComédie-Française, madame Montariol, mademoiselle Montano, etc. Les\njeunes auteurs étaient recherchés par la direction, et l'on joua successi-\nvement un assez grand nombre de pièces signées des noms encore peu\nconnus de Brazier, Armand GoufFé, Henrion, Dumersan, Gosse,\nArmand Gharlemagne ; c'était la Petite Revue, Monsieur Botte, Il\nfaut un mariage, le Nouveau Débarqué, Madame de Pompadour...\nCependant, malgré les efforts consciencieux d'une administration\nintelligente, le théâtre Molière ne réussit guère plus cette fois que les\nprécédentes à attirer le public. Au bout d'un certain temps d'exploita-\ntion, il se vit encore obligé de fermer ses portes. C'était décidément une\nfatalité !\nEnfin, son fondateur se mit de la partie, et voulut lui faire reprendre\nun rang honorable parmi les autres établissements dramatiques de Paris.\nRéfléchissant que Ducis, en mettant à la scène plusieurs pièces imitées\nde Shakespeare, avait donné au public un cerain goût de la littérature\ndramatique étrangère, Boursault-Malherbe pensa qu'un théâtre exclu-\nsivement consacré aux traductions pourrait offrir quelques chances de\nsuccès. 11 était resté propriétaire de la salle Molière; il la rouvrit le\n29 novembre 1806, sous le nouveau titre de Variétés étrangères, après\navoir placé à la tête de l'entreprise un nommé Belleval, qui était direc-\nteur de nom, tandis que lui, Boursault, était directeur de fait. Dans un\nprologue ad hoc, on fit connaître aux spectateurs la voie nouvelle dans\nlaquelle le théâtre était décidé à s'engager ; on leur apprit qu'on ferait\npasser successivement sous leurs yeux les grandes œuvres de Shakes-\npeare, Sheridan, Garrick, Schiller, Kotzebue, Lope de Vega, Calderon,\nMoratin, Alfieri, Goldoni, etc., et on les pria, en conséquence, de ne\npoint trop s'étonner si leurs habitudes littéraires étaient appelées à subir\nquelques surprises, de 11e point s'alarmer au cas où ils verraient plus\nsouvent violée que respectée la fameuse unité d'Aristote.\nLes premiers pas dans ce genre ne furent heureux qu'à moitié, et les\npremières pièces représentées : A quoi cela tient, les deux Klinsberg,\n/\nla Fille de quinze ans, /'Epigramme, le Atari d'autrefois, le Père de\nFamille, le Valet menteur, n'obtinrent qu'un médiocre succès. L'une\nd'elles même, tirée de l'espagnol et intitulée la Maison vide et occupée,\ntomba lourdement et donna l'occasion à Boursault d'écrire la lettre sui-\nvante, adressie par lui au Journal de Paris, qui la publiait le lende-\nmain : -\n« Monsieur le rédacteur,\n1\n« La Maison vide et occupée, tirée du théâtre espagnol, n'a pas eu de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "252", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.12", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nsuccès; nous vous prions d'annoncer qu'elle ne paraîtra plus sur l'affiche.\nL'admin:stration s'est décidée à retirer le soir même tous les ouvrages\nqui n'auront point obtenu une faveur marquée. En empruntant aux étrangers\nleurs comédies, il serait difficile, jusqu'à un certain point, de juger d'avance\nl'effet qu'elles produiront sur des spectateurs français : on sera sûr, au\nmoins, que l'on n'offrira plus au public des pièces que son goût aura ré-\nprouvées.\n« Nous ayons l'honneur de vous saluer,\n« Les Administrateurs, etc. »\nLa troupe des Variétés étrangères avait été recrutée avec soin, et l'on\ny signalait particulièrement, entre autres artistes distingués, une femme\nd'un talent tout à fait remarquable, madame Dacosta,qui créa plusieurs\nrôles d'une façon supérieure. Ce qui est certain, c'est que le personnel du\nthéâtre était excellent. Brazier l'affirme dans son Histoire des petits\nThéâtres de Paris, et il rapporte le fait suivant à l'appui de son dire :\nne jouait pas à la Comédie-Française, elle assistait aux représentations\ndes Variétés étrangères; elle encourageait les artistes, et on l'a souvent\nentendue dire, en frappant de son éventail sur le bord de la loge :Il y\na de Vavenir dans ce théâtre-là ! »\nLes deux traducteurs les plus actifs de ce théâtre étaient Alexandre\nDuval, l'ami d'Elleviou et l'ennemi de Napoléon ler,Ier, et Alissan de Chazet.\nJe crois que c'est à l'un des deux qu'il faut attribuer l'imitation d'une\npièce de Schiller, représentée aux Variétés étrangères sous le titre de\nLouise et Ferdinand, et contre laquelle protestait cette lettre, insérée\ndans le numéro du Journal de Paris du i 3 août 1807 :\n« Monsieur le rédacteur,\n« Le théâtre des Variétés étrangères expire ce soir. Mon intention n'est\npas, assurément, d'insulter à ses derniers moments; mais je crois devoir à\nma patrie et aux grands hommes qui l'ont illustrée quelques observations,\nque je bornerai ici à une seule, pour ne pas abuser de la place que je vous\ndemande. On vient de donner au théâtre dont il s'agit Louise et Ferdinand,\ncomédie en trois actes de Schiller. J'y ai couru, croyant que c'était une\nœuvre posthume de ce grand poète; mais jugez de mon désappointement; à\nforce d'attention, j'ai démêlé que cette comédie était fabriquée avec la tra-\ngédie de Schiller, Kabale und Liebe. Tout y est interverti, dénaturé, falsifié,\net le dénouement si terrible est remplacé par un morceau de papier, que\ntous les personnages se passent les uns aux autres, à peu près comme àun\ncertain jeu innocent, que vous appelez, je crois, Petit bon-homme vit\nencore !...\n« Et cette rapsodie porte le nom de Schiller !\n« Que diriez-vous, Messieurs, d'un Allemand qui mutilerait, qui dépècerait"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "253", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.13", "texte": "LES THÉÂTRES A PARIS\n\nainsi une tragédie de Corneille, et intitulerait effrontément son monstrueux\ngâchis : comédie de Pierre Corneille? Le journaliste de Vienne et Berlin\nne pourrait-il pas aussi, avec votre Corneille, égayer le peuple des fau-\nbourgs ?\n« J'ai l'honneur de vous saluer,\n« GERMANICUS. »\nOn a vu, par cette lettre, que le théâtre des Variétés étrangères fermait\nses portes précisément le i 3 août 1807. Mais cette fois, ce n'était point\npar suite de la mauvaise veine qui l'avait si longtemps poursuivi * c'était\npar obéissance au décret impérial du 8 août précédent, qui, d'un trait de\nplume, supprimait à Paris douze théâtres à la fois, plongeait deux mille\nfamilles dans la misère en dépit de tous contrats, de tous traités conclus,\nen donnant aux administrations théâtrales un délai dérisoire de huit\njours pour obéir. Les Variétés étrangères étaient au nombre des théâtres\nsupprimés. « Peut-être, dit à ce sujet Brazier, cette entreprise méritait-\nelle d'être encouragée et protégée; mais le sabre qui gouvernait ne s'in-\nquiétait guère ni de Calderon ni de Schiller. » Le théâtre fondé par\nBoursault-Malherbe avait vécu un peu plus de seize ans_, dans des condi-\ntions bien difficiles, bien orageuses et bien précaires ; sous le titre de\nVariétés étrangères, sa dernière administration avait eu une existence de\nhuit mois et quatorze jours.\nJusqu'à la révolution de iB3o, il servit tour à tour à donner des séances\nde physique amusante, des assauts d'armes, des bals, des concerts et des\nbanquets. Le 9 juin 1831 il fut rouvert, grâce à une liberté provisoire,\nsous la direction de M. Lemétayer. Fermé le 3i octobre suivant, il passa,\nle I 3 mars 1832, dans les mains d'un nouveau directeur, pour être\ndéfinitivement clos huit mois après, le 5 novembre. Depuis ce temps,\nnous l'avons dit, on en a fait une salle de bal.\n\nARTHUR POUGIN."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "254", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.14", "texte": "LE\nMÉCANISME. VOCAL ET LE CHANT\n\n(0\nXII\nCONCLUSION\nE disais, dans une lettre adressée, le 24 août 1874, À\nM. le Directeur de la Chronique musicale, et publiée\ndans cette Revue le ier septembre de la même année :\n« Jadis, étudiant le chant, je fus tellement surmenée\npar des professeurs ignorants ou ineptes, que ma car-\nrière théâtrale fut brisée. Ma poitrine ne put résister aux efforts in-\ncessants qu'on exigeait d'elle.\nPendant deux ans, je demeurai presque aphone, je souffrais horrible-\nment d une laryngite granuleuse; je crachais le sang, je n'osais articuler\nun son, je pouvais à peine respirer, à peine parler; je ne faisais pas un\npas sans tousser. Condamnée par les notabilités de l'art médical, je me\nsentais mourii, et chacun autour de moi s'étonnait que je vécusse encore,\nlorsque le desii de vivre me saisissant violemment, j'abandonnai tout\nespèce de traitement et je résolus de savoir comment on s'y était pris\npour épuiser mes pauvres poumons. Ayant eu l'occasion de faire de\nlanatomie, j'en profitai. Je parvins à me rendre exactement compte de\n\n(1) Voir les numéros des i 5 novembre et ier décembre."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "255", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.15", "texte": "LE MÉCANISME VOCAL ET LE CHANT\n\nla manière dont s'accomplissent les diverses fonctions du thorax, et, en\napprenant comment le divin mécanicien avait construit la machine\nhumaine, je fus sauvée. Le mécanisme de la respiration m'étant connu,\nje le fis jouer. Respirer est une science. On ne me l'avait jamais dit et je\nne m'en doutais point. On m'avait fait chanter de poitrine tous les\nsons du médium : c'était insensé, et je comprenais que ce déplorable\nsystème m avait enflammé le larynx, les bronches, le poumon droit, et\nqu'il avait amené l'aphonie. Alors je cessai de me renfermer, je marchai,\nj allai respirer au grand air. A l'aide d'exercices vocaux raisonnés, j'ar-\nrivai tout doucement, d'abord en tâtonnant, ensuite avec plus d'assu-\nrance, à établir une sorte de gymnastique interne qui est aujourd'hui\nl'objet d'un travail succinct et que je me réserve de publier prochaine-\nment. Enfin, mes poumons redevenus sains et solides, fonctionnèrent\ntant et si bien qu'au bout d'un an je ne crachais plus le sang. J'étais\nguérie, je ne souffrais plus, je pouvais marcher deux ou trois.heures\nsans fatigue, je m'étais reconstitué une voix forte, juste et belle que je\nmanie à ma guise, et qui, chaque jour, se développe et gagne en puis-\nsance, malgré la fatigue inhérente à la carrière du professorat à laquelle\nje me suis vouée. »\nJe renouvelai sur autrui les expériences tentées sur moi-même et j'ob-\ntins des résultats si complets, si concluants, que je considère comme un\ndevoir de ne pas garder pour moi seule ce qui est encore un secret pour\ntout le monde : la Science du mécanisme vocal.\nDès que cette science sera connue, on fabriquera une voix comme on\nfabrique un piano, une harpe, une clarinette : à coup sûr. Mais avant\nqu'elle le soit, on l'attaquera, on la combattra, on la condamnera. Il y\na, il y aura toujours des gens qui ne comprennent pas. Qu'importe?\nComme le Dante, j'en appelle au temps!\nRéfléchissez, messieurs.\nLes luthiers nous fournissent des violons, des altos, des violoncelles,\nles facteurs d'instruments nous livrent des cors, des hautbois, des flûtes,\net nous, nous à qui la nature donne un organe, nous ne parviendrions\npas à accoucher les poitrines, à obliger les voix à sortir pures, puissantes,\nsympathiques de leur enveloppe de chair?\nQuoi! le corps serait moins malléable que le bois, le fer et le cuivre ?\nNe clabaudons pas contre la Providence. Notre impuissance est bien\nà nous. Heureusement, elle n'est pas éternelle, irrémédiable. Chaque\nheure voit luire un nouveau rayon, chaque jour accomplit un nouveau\nprogrès. Travaillons, laissons dire les sots et les rieurs, ils n'ont pas\ntoujours raison si souvent qu'on le croit. Rien ne prévaut contre les faits."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "256", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.16", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nJe n'ajoute plus qu'un mot. Armé de la science du mécanisme vocal,\non aura de la voix quand on le voudra.\nOn chantera juste quand on le voudra.\nAvec un bon instinct, un bon sentiment musical et de l'intelligence,\non deviendra un chanteur hors ligne quand on le voudra.\nEt maintenant, messieurs, agissez sans retard, vous pouvez beaucoup\npour la régénération du chant en Europe; je vous confie ma découverte,\nfaites en sorte qu'elle nous fournisse promptement ce qui nous manque :\ndes voix. Si d ailleurs le présent repoussait mon système, je m'en conso-\nlerais en songeant qu'il a pour lui l'avenir (i).\nTROISIÈME PARTIE.\nQuand l'élève sera en possession complète de ce que j'ai appelé la\nscience du mécanisme vocal3 quand il aura appliqué avec succès cette\nscience — moins ardue, moins longue à acquérir qu'on pourrait le\nsupposer — à l'étude du chant, il nuancera le son avec sûreté, il maniera\nsa voix comme il le voudra, il connaîtra les passages usités (trilles,\ngammes, sons filés, etc.). Sûr désormais de tous ces moyens d'exécution,\nil pourra aborder les vocalises les plus compliquées et s'occuper enfin\ndu style.\nQu'est-ce que le style ?\nC'est, pour le chanteur comme pour l'instrumentiste, l'art de rendre\nfidèlement, mais avec originalité, la pensée d'autrui ; c'est, pour l'artiste\ndramatique, l'art de composer un rôle, de mettre en relief l'idée, la\nphrase, la mélodie, le mot qui doit porter, la note intéressante ; c'est\nl'art de faire valoir les beautés d'un ouvrage et de prêter une valeur à\ndes choses parfois incolores en leur donnant le caractère et en leur\ncommuniquant la vie qui leur manque.\nL'interprète doit posséder deux qualités qui semblent s'exclure : il\nfaut qu'il reste lui tout en traduisant une œuvre littéraire et musicale\n\n(i) La deuxième partie de cet ouvrage contient l'application de la méthode et cer-\ntains exercices vocaux propres à faire surmonter rapidement à l'élève tous les genres\nde difficultés. C'est la mise en pratique du système d'après lequel l'émission du son\nsoumise désormais à un ensemble de mouvements raisonnés, devient une science\npositive, mathématique. N'ayant pas le droit de la publier, nous passons à la troi-\nsième partie et, pour 1 e reste, nous renvoyons le lecteur à l'œuvre magistrale que\nmadame Andrée Lacombe va faire paraître très prochainement sous ce titre : La\nScience du Mécanisme vocal et l'Art du Chant.\nO. LE T."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.17", "texte": "I\nPRIÈRE.\n\nSONS LIÉS ET FILÉS.\nLent, mais pas trop.\n\n~ 0 _"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.18", "texte": "2\n-9 -"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.19", "texte": "V\n3"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.20", "texte": "4"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.21", "texte": "II\nLA BRISE.\n\nPRÉPARATION AU TRILIP\n\n~ l 2"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.22", "texte": "- <2-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.23", "texte": "o .„\n+*\n7"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "n. p.", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.24", "texte": "J . PERRIN. Graveur.\n\n8\n-4-"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "257", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.25", "texte": "quelconque ; il faut qu'à force de talent il fasse vivre en bonne intelli-\ngence deux individualités distinctes, souvent très accentuées en sens\ninverse : celle de l'auteur et la sienne.\nQuand la fidélité manque à l'interprétation, l'auteur est trahi ;\nQuand l'artiste ne reste pas lui-même, il est perdu.\nPoui échapper à ce double danger, 1 élève s'appliquera premièrement\nà suivie avec docilité les indications des maîtres, à maintenir scrupuleu-\nsement les nuances à leur place, à n'en pas chercher de nouvelles qui\npounaient avoir pour effet de dénaturer p]us ou moins les intentions\ndu compositeur ; en un mot il ne se substituera pas à celui dont il a\npour mission d'interpréter l'œuvre, soit en y faisant des changements,\nsoit en y ajoutant des traits; il s'efforcera de comparer les écoles entre\nelles, les maîtres entre eux, il cherchera à se rendre compte de leurs\ntendances, de leur esprit, de leur procédé; il apprendra par cœur, outre\nles mélodies, les accompagnements; ces derniers lui révéleront souvent\nla pensée intime de l'auteur.\nLe chant n'est pas tout dans la grande musique; tel motif, telle\nphrase; telle note fait si bien corps avec l'harmonie que, sans celle-là,\nl'expression mélodique paraît absolument insuffisante. L'harmonie ne\nsaurait être considérée comme une simple ressource servant à rehausser\nl'idée musicale; elle n'est pas seulement la monture du diamant, elle en\nest une facette; l'édifice mélodique repose sur elle; sans les ressources\ndiverses du contre-point, des imitations, des accompagnements variés\nqui lui donnent le mouvement et la vie et qui la complètent, la mélodie\nparaîtrait bientôt terne, languissante, monotone à l'excès. Ces constata-\ntions imposent au chanteur la nécessité de savoir la musique; qu'il\nl'apprenne ! qu'il l'apprenne, s'il veut chanter Gluck, Mozart, Spontini,\nMéhul, Weber, Cherubini, Meyerbeer, Halévy, Schubert, Beethoven,\nMendtlssohn, Schumann, Berlioz. Les ouvrages de ces hommes émi-\nnents constitueront en quelque sorte le creuset d'où sortira l'indi\\i-\ndualité du chanteur, s'il en a une. L'individualité, non celle de parti\npris qui touche presque inévitablement à la bizarrerie, mais la vraie,\nl'individualité qui résulte de certaines dispositions naturelles développées\npar le travail, par la réflexion, par la méditation ; elle se manifeste, elle\ngrandit lentement; elle ne parvient à son entière éclosion que secondée\npar une instruction solide et par une volonté persévérante; si elle se\ntrahit de bonne heure, cas excessivement rare elle est d'abord en-\nveloppée, effacée, absorbée par le bagage dont la mémoire des enfants ou\ndes jeunes gens est chargée; puis quand les études sont terminées, elle\nse montre de nouveau et tend à s'affirmer de plus en plus.\n\nX.\nLE MÉCANISME VOCAL ET LE CHANT\n17"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "258", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.26", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nImitateur, l'artiste reste au second rang; original, il se pousse au\npremier, il maîtrise l'opinion publique et il fait l'admiration de ses\ncontemporains quand les circonstances le favorisent et le mettent en\névidence.\nLe chanteur perd assez communément de vue que la musique a sa\nsignification propre. Accoutumé à la voir se poser toujours sur des\nparoles, il s'imagine volontiers que si la poésie ne l'aidait pas à éclore,\nelle n'existerait pas.\nIl s'ingénie parfois à découvrir le caractère d'une mélodie par celui\ndes mots, et il oublie que les vers ou, si l'on veut, la prose rimée dont se\nservent ordinairement les compositeurs a eu fort peu de part à l'inspira-\ntion musicale qui se borne souvent, trop souvent, mais forcément,\nhélas ! à traduire un sentiment plus ou moins mal exprimé dans des\nrimes insignifiantes, redondantes, ridicules, dénuées de grâce, d'éner-\ngie, d'idées, de couleur. Comment procède le compositeur obligé\nd'écrire une partition sur de pareilles élucubrations? Il s'inspire de la\nsituation et ne s'occupe pas du reste. De là des malentendus.\nLes symphonies de Beethoven, les ouvertures de Weber excitent par-\ntout un prodigieux enthousiasme. Nul ne regrette que ces magnifiques\nconceptions soient purement instrumentales. En les écoutant on pleure,\non sourit, on se sent transporté dans les régions invisibles où l'âme\ns'abreuve aux sources les plus nobles.\nLes instrumentistes ne se trompent pas sur le caractère de ces\nœuvres colossales et ils n'ont pas besoin d'un programme pour les inter-\npréter dans la perfection. Eh bien ! je voudrais que ce qui est possible\nà l'instrumentiste le fût au chanteur; je voudrais que le chanteur\ns'habituât à donner exactement à un morceau son caractère particulier\nsans qu'il soit nécessaire de fixer ses idées par un texte.\nLes vocalises qui terminent ma méthode ont précisément pour but\nd'aider l'élève à dire avec l'expression voulue, sans le secours des paroles,\ndes mélodies caractéristiques, de le faire réfléchir, songer, sentir, méditer,\nd'éveiller son imagination. Ces vocalises contiennent des difficultés de\ntous genres. Celui qui les saura parfaitement pourra aborder sans\nappréhension les rôles les plus dangereux des opéras anciens et mo-\ndernes.\n\nANDRÉE LACOMBE."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "259", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.27", "texte": "REVUE DES CONCERTS\nCONCERTS DU CONSERVATOIRE, CONCERTS POPULAIRES : Concerto pour violoncelle de\nM. Saint-Saëns, par M. Lasserre. Concerto en sol majeur pour piano de Bee-\nthoven, par M. Bretner. —Pièces pour orchestre de J, S. Bach. CONCERT DU\nCHATELET : Concert-Stuck, de Louis Diémer. CIRQUE FERNANDO.\nONCERTS DU CONSERVATOIRE. Le 5 décembre\na été inaugurée la nouvelle saison 1875-1876 de la Société\ndes concerts. Les programmes, cet hiver, se conformeront\nà la partialité décisive du public qui se rétrécit de plus en\nplus et se réserve désormais pour les morts illustres. L'an\ndernier, on s'est égaré hors des sentiers accoutumés ; on a\nvoulu jouer Massenet, Bizet, Saint-Saëns, Gounod, Reyer\nl'auditoire est resté froid. Il a déclaré qu'il ne venait aux concerts du Conser-j\nvatoire que pour écouter Beethoven, Haydn, Mendelssohn, Mozart, Bach,\nHaendel, tous les morts que la gloire a consacrés, mais non pour assister aux\njuvéniles élucubrations des échappés de l'école, et pour juger à leurs débuts\nles disciples symphoniques de la réforme musicale. Les concerts du Conser-\nvatoire, a-t-on dit, sont le musée du Louvre de la symphonie. Les essais de\nnos jeunes musiciens doivent se faire ailleurs. Cette observation est fort juste,\net après l'avoir prise en défaveur, nous avons changé d'avis, et, expérience\nfaite, nous nous y rangeons. Nous allons donner nos raisons.\nLa Société des concerts donne dix-huit séances par an. Ces séances durent\ndeux heures chacune, ce qui fournit, au bout de la campagne actuelle, une\nmoyenne de trente-six heures consacrées pour toute la saison à la musique\nclassique. Trente-six heures, c'est tout et c'est bien peu. En limitant les\nprogrammes aux quatre héros de la symphonie, on n'arrive même pas à\nouer le quart de leur œuvre total. Dans la dernière saison, où nos débutants"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "260", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.28", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nsymphonistes ont pris la belle place dans les programmes, on n a meme pas\ndonné le contingent habituel de Beethoven, qui se réduit d habitude à une\nmoyenne de six à sept symphonies et ouvertures. Mendelssohn a été com-\nplètement sacrifié. Le résultat a été que 1 ensemble des concerts a paru froid,\nmême insignifiant. Comme il fallait s'y attendre, il y a eu protestation, et il\nconvient que cette protestation ne soit pas éludée, sinon la déchéance des\nconcerts du Conservatoire semblerait acceptée par le comité même qui est\nchargé de veiller à ce que leur marche triomphale ne soit pas entravée.\nBerlioz et Gounod complétaient, dans le premier concert de la campagne\nqui vient de s'ouvrir, un programme composé pour la première part de la\nsymphonie en si bémol de Beethoven, d un motet de Bach et d un conceito\nde Haendel pour orgue et orchestre. La symphonie en si bémol de Beetho-\nven, telle qu'on la joue au Conservatoire, se révèle comme une des plus\ncurieuses fantaisies du grand compositeur. L'introduction pompeuse, solen-\nnelle, est suivie d'un allegro brillant, varié, avec de saisissants effets d ombre\net de lumière, de mélancoliques accents et de joyeux retours, qu'on ne re-\ntrouve guère dans les autres compositions de Beethoven. L adagio est d un\ngrand style et les proportions en sont très larges. Le menuet est d'un invin-\ncible attrait, et le finale, bien fouillé, réveille sans cesse 1 attention. On y re-\ntrouve les mêmes effets d'ombre et de lumière, d accents joyeux et de mé-\nlancoliques accents qui ont captivé 1 oreille et le cœur des la première partie\nde la symphonie qui, en résumé, est une œuvre claire, gaie, fantaisiste, et\ndans laquelle on peut affirmer que se trouve le point de départ du génie\ndramatique de Weber avec quelques unes de ses formules les plus caracté-\nrisées.\nOn a renoncé à nous faire entendre des solistes aux concerts du Conserva-»\ntoire. mais, avec de bons concertos, les virtuoses y sont encore admis. Le\nconcerto d'orgue, avec M. Alex. Guilmant pour soliste et loichestre poui\naccompagner l'orgue, a fait son introduction dans les séances solennelles par\nune œuvre de Haendel dont le largo a été surtout apprécié et applaudi.\nQuand Haendel file sur le sublime, il nous intéresse, il nous enlève, il nous\nravit. Mais quelle laborieuse audition lorsqu'il faut tout subir, en une traite,\net la part sublime, et la part de formule et de remplissage. Au second con-\ncerto, nous ne doutons pas qu'une grande lassitude ne saisisse 1 auditoire et\nqu'il exige qu'un triage soit fait dans ces longs ouvrages où la trace du génie\nn'est pas partout également visible, et qui brillent surtout par leur curiosité\narchéologique.\nLe motet de Bach a fourni aux chœurs l'occasion d'une terrible déroute.\nLa conclusion est que notre enseignement musical est à refaire. La bonne mé-\nthode n'est pas de commencer par exécuter Wagner pour terminer par Bach.\nC'est, tout au contraire, de débuter par la classique exécution de Bach, et\nde suivre la filière historique. Au piano, à l'orchestre, au chant et au chœur,\nla méthode est toujours la même. Le musicien qui a commencé par Bach se"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "261", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.29", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\ntrouve ensuite à Taise pour jouer Schumann, Brahms et les autres. Qui a\ndit cela ? Madame Szarvady. Que les professeurs et les élèves profitent de\nl'enseignement qui leur est donné par le docte professeur et par la char-\nmeresse artiste.\nMaurice Cristal,\nCONCERTS POPULAIRES— Huitième concert de la première série.—\nM. Lasserre a exécuté dans cette séance le concerto pour violoncelle de\nM. Saint-Saëns. Ancien lauréat du Conservatoire, M. Lasserre nous a quittés\nen 1870 pour aller se fixer à Londres, où ses brillants succès lui ont assuré\nen quelques mois une situation artistique qu'il eût mis plusieurs années à\nconquérir chez nous. C'est là un fait qu'il nous est toujours fort pénible de\nconstater; mais enfin il existe, il se répète chaque jour et il faut bien que,\nbon gré, mal gré, nous nous rendions à l'évidence des choses. Nous produi-\nsons des artistes, nous les formons, nous encourageons leurs débuts, nous\nleur donnons le baptême de la popularité, et, dès qu'ils ont acquis une per-\nsonnalité artistique, l'étranger est là qui les guette, qui nous les enlève à\nprix d'or, qui récolte ce que nous avons semé. Qu'un artiste se fasse un nom\nsur l'une de nos grandes scènes parisiennes et il ne tardera pas à nous\nquitter : Londres, Pétersbourg et l'Amérique se le disputeront à grand\nrenfort de roubles ou de dollars, et nous, qui ne voulons ou ne pouvons\nrien faire pour les retenir, nous qui ne saurions trouver à l'étranger ce que\nl'étranger vient chercher chez nous, nous voilà réduits à nous contenter de\nla deuxième catégorie, alors que nos voisins, plus riches ou plus habiles, se\nréservent le dessus du panier. Ce sont encore les étrangers qui achètent nos\nmeilleurs tableaux, nos plus belles statues, ce sont eux qui accaparent nos\nplus rares collections artistiques, et qui sait si, après nous avoir enlevé nos\nplus remarquables productions, ils n'en arriveront pas à nous enlever les\nproducteurs eux-mêmes, en leur offrant chez eux une position que nous\nn'aurons pas su leur faire chez nous. Et, en exprimant cette crainte qui est\nmoins chimérique au fond qu'on pourrait le croire au premier abord, je lais\nmoins allusion aux auteurs dramatiques, qui trouvent encore à se produire\nassez facilement sur nos scènes parisiennes, qu'à nos compositeurs, réduits à\nlutter sans relâche contre le mauvais vouloir des directeurs et contre l'insuf-\nfisance des moyens mis à leur disposition pour exercer un art que l'Etat leur\na appris dans ses écoles et pour lequel il leur a même décerné des brevets de\ncapacité. Vous ne pouvez pourtant pas condamner un Prix de Rome à\nmonter la garde pendant vingt ou trente ans (les trente meilleures années de\nsa vie) devant une porte qui reste obstinément fermée ! Que trouverez-vous\nà dire, qu'aurez-vous à lui reprocher le jour où il ira porter à l'étranger les\nœuvres dont vous n'aurez pas voulu et faire applaudir sur une scène russe\nou autrichienne un talent que ses compatriotes seuls refusent d'apprécier à\nsa véritable valeur? Cette tentative de dénationalisation a déjà réussi pour"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "262", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.30", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nquelques opérettes (et ceci nous importe peu), mais prenez garde qu'elle ne\ns'étende à des œuvres vraiment dignes d'intérêt et qu'elle ne finisse par\ns'attaquer aux sources de l'art français lui même. Prenez garde, je vous le\nrépète, la situation est fort tendue. Nous avons au milieu de nous toute une\npléiade de jeunes compositeurs qui sont pleins de talent, qui ne demandent\nqu à produire et qui ont le plus grand besoin d'être soutenus et encouragés.\nVous ne faites rien pour eux : ils travailleront pour d'autres, ils chercheront\nà 1 étianger les débouchés qu ils ne trouvent pas dans leur propre pays, et\nleur talent, plein de sève et de vigueur, ira s'épanouir dans un milieu plus\néclairé, où lon n attend pas que les compositeurs soient morts depuis vingt\nans pour s'apercevoir, qu'après tout, ils ne manquaient peut-être pas de quel-\nque mérite !\nMais, me voilà lancé sur une question dont ce n'est pas ici la place, ne\npoussons pas plus loin cette trop longue digression et rentrons bien vite\ndans notre sujet. Je disais donc en commençant que M. Lasserre nous est\nre\\ enu de Londres après cinq ans d'absence, et qu'il a exécuté le concerto\npoui violoncelle de M. Saint-Saèns, avec un jeu large et ferme, avec une\nsimplicité de moyens et une ampleur de sonorité qui lui font le plus grand\nhonneur. Le public des Concerts populaires a fait un accueil très sympa-\nthique au virtuose, il s'est montré plus froid pour le concerto qui est pour-\ntant une œu\\ie de valeur. Le premier morceau est développé avec un réel\ntalent symphonique, le Scherzo est charmant.\nPremier concert de la deuxième série. Encore un concerto sur le pro-\ngramme; c'est le septième que nous entendons depuis le 3i octobre! Cette\nfois, c est M. Bretner (de Trieste) qui a exécuté le quatrième concerto en\nsol majeur, pour piano, de Beethoven. M. Bretner n'est pas un inconnu\npour nous, il s est déjà lait entendre à Paris, et cette nouvelle audition nous\na permis d apprécier les sensibles progrès qu'il a réalisés depuis quelques\nannées. Je ne prise pas beaucoup, pour ma part, la manière de M. Bretner ;\nje dois reconnaître néanmoins qu'il a fait preuve de talent, bien qu'il joue\navec plus d'élégance que de véritable sentiment. En somme, c'est un sous-\nPlanté, mais un sous-Planté fort acceptable.\nLL gtand succès de la séance a été pour l'admirable Suite d orchestre de\nLach, dont jai déjà parlé avec détail 1 année dernière, lors de la première\naudition.\nLe public a presque fait une ovation à M. Chavanne pour l'assurance et la\ncorrection vraiment peu communes avec lesquelles il a joué la partie très\ndifficile de trompette qui couronne d'une manière si originale le finale de ce\nchef-d'œuvre.\nEncore une réflexion à ce propos. Il est vraiment singulier que nos direc-\nteurs de concerts sachent si peu tirer parti des immenses richesses du réper-\ntoire classique, et qu'ils nous condamnent à entendre sans cesse les mêmes\nchefs-d œuvre, consacrés par une longue admiration, au lieu de tenter avec"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "263", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.31", "texte": "REVUE DES CONCERTS\n\ndiscernement quelques excursions dans les œuvres des grands maîtres dont\nnous soupçonnons à peine l'existence et qu'il serait si intéressant de nous\nfaire connaître. Le répertoire de J.-S. Bach, pour ne parler que de celui-là,\nest considérable, on le joue couramment en Allemagne; chez nous, c'est à\npeine si nous connaissons quelques rares œuvres (et des moins importantes)\nde ce maître des maîtres qui a ouvert l'art moderne, dont son génie avait\nélaboré tous les éléments.\nH. Marcello.\nCONCERT DU CHATELET. M. Louis Diémer a fait entendre pour la\npremière fois un Concert-Stiick de sa composition à la séance du dimanche\n12 courant. Quand un artiste aussi illustre que Weber a inventé un nom\npour qualifier une de ses œuvres, c'est un tort, selon moi, ou du moins une\ntémérité, de la part d'un jeune compositeur de s'approprier ce nom. Et plus\nce compositeur a de mérite, plus le tort semble apparent. Mais passons, car\nM. Diémer n'a sans doute pas songé à mal en choisissant ce titre. Son Con-\ncert-Stiick se compose donc d'un andantino et d'un allegro giocoso. L'andan-\ntino est élégant, gracieux, bien instrumenté, mais n'offre rien de remarqua-\nblement saillant. L'allégro giocoso, au contraire, débute par un motif franc,\nbien accentué et original. Après les motifs secondaires et les développements\nd'usage, il est bien ramené, et la péroraison du morceau est brillante et à\neffet. Comme pianiste, la réputation de M. Diémer n'est pas à faire. On sait\nque Rossini le tenait en grande estime.\nCIRQUE FERNANDO. Le charmant andante et menuet, dont j'ai parlé\nprécédemment avec les plus grands éloges, est de M. Anthiome, premier prix\nde Rome. Dans les concerts du 5 et du 12, M. Henri Chollet a eu l'heureuse\ninspiration de présenter au public une jeune élève de M. Wicart, de Bruxelles,\nmademoiselle Ida Milton. Cette cantatrice a chanté le grand air de la Reine de\nla nuit, de la Flûte enchantée, et mieux encore, m'a-t-on dit, au second con-\ncert, auquel je n'ai pu assister, qu'au premier. Cet air, qui exige une prodi-\ngieuse étendue de voix, puisqu'il parcourt plus de deux octaves, est d'une\ndifficulté formidable. Dramatique et léger à la fois, il faut pour y produire\nde l'effet posséder un beau médium et les notes les plus élevées du soprano.\nMademoiselle Ida Milton atteint sans peine lofa suraigu. Elle fait le piqué\ndans la perfection. Ses roulades ont beaucoup de netteté ; ses triolets lais-\nsent peut-être un peu à désirer; mais, en général, le sentiment musical,\nqu'elle possède au plus haut degré, et la beauté de sa voix lui promettent un\ngrand avenir.\nHenri Cohen."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "264", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.32", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nOPÉRA : Don Juan (reprise). OPÉRA-COMIQUE : Hayrdce. Début de M. Stéphane.\nONSIEUR Halanzier vient de tenir plus que ne l'espérait\nle public en remontant le chef-d'œuvre de Mozart. Il\na fait de cette reprise une véritable solennité artistique,\net la première scène lyrique du monde s'est fièrement\nélevée au sommet dont elle ne doit jamais descendre.\nQuatre noms de grands artistes étaient sur le prc-\ngramme; ceux de mesdames Krausset Carvalho et ceux de MM. Faure\net Gailhard.. Sur la scène, des décors magnifiques peints par MM. La-\nvastre et Despléchin, et des costumes délicieux composés par M. Grévin.\nLa plastique de cette représentation a été au-dessus de tout éloge et les\nintentions directoriales ne peuvent être contestées.\nEh! bien, malgré tout cela, malgré des efforts évidents, indéniables,\nje ne sais quelle lourdeur planait sur l'interprétation de Don Juan.\nCette œuvre colossale et rayonnante semblait étouffée par un génie\ningrat et malfaisant. La pureté du style, la grâce puissante des idées,\nétaient comme enveloppées d'une gaze qui en voilait l'éclat merveilleux.\nJamais peut-être on n'avait ressenti plus péniblement la sécheresse inha-\nbile d'un livret décousu.\nSerait-ce à la manière empesée et gourmée dont les grands artistes que\nj'ai nommés au début de ces lignes interprètent Don Juan qu'il faut\nattribuer cette impression mauvaise? L'hypothèse est vraisemblable.\nEn effet, si Dona El'vire doit être pathétique, si Don Ottavio est un\npersonnage un peu sombre, si la malheureuse Dona Anna laisse tou-\njours couler ses larmes, il n'en est pas moins vrai que Don Juan est"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "265", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.33", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\nun débauché sceptique et rieur, et Leporello un bouffon doublé d'un\ngrotesque; que Zerline personnifie la jeunesse pleine de soleil, de coquet-\nterie, de rires argentins, de fraîcheur piquante; et que Mazetto est le\nplus comique des maris trompés.\nMazetto et Zerline, Leporello et Don Juan, jusqu'au moment où le\ndrame absorbe seul la scène ont été conçus pour s'agiter au milieu d'une\njoie, d'un rire, d'une gaîtécomplète.\nCe n est pas ainsi que M. Faure a compris son rôle. Il nous a offert\nl'image compassée d'un Don Juan grave jusqu'à la majesté. Caron semble\nterrifié par les malheurs conjugaux qu'il craint. Ce n'est pas là Mazetto.\nMadame Carvalho prête à la sémillante Zerline la poésie nuageuse de\nla plie Ophélie et les effluves amoureuses de la Marguerite de Faust.\nDe l'interprétation particulière de ces trois rôles provient une lacune\nque l'art admet difficilement, le manque de contraste.\nM. Gailhard seul a donné sa véritable physionomie au rôle dont il est\nchargé. Il interprète Leporello avec un grand talent. Il le chante et il le\ndit avec une verve achevée. M. Faure a obtenu comme de coutume les\napplaudissements les plus chaleureux à la suite de la sérénade. S'il n'al-\ntérait pas quelquefois les mouvements et s'il chantait toujours la note\nécrite, notre grand baryton serait incomparable.\nMadame Krauss a mis toute son âme d'artiste dans l'interprétation de\nl'admirable trio des Masques, qui a été chanté magistralement et que la\nsalle entière a voulu entendre une seconde fois.\nLe finale du second acte m'a paru en revanche exécuté mollement.\nMadame Carvalho, je ne l'apprendrai à personne, est toujours impec-\ncable au point de vue l'art du chant. Elle manie sa voix, qui compte\ntant de victoires, avec une habileté parfaite; mais l'automne succède au\nprintemps qui ne peut être éternel, et les moyens de madame Carvalho\nn'échappent pas à cette rigueur du temps.\nL'orchestre et les chœurs ont daigné jouer et chanter juste et en me-\nsure. Il m'est doux de les en féliciter.\nOPERA-COMIQUE. On parlait, depuis un certain temps,, d'un\noiseau rare, d'un ténor que M. du Locle avait découvert en province.\nCe phénix a débuté dans Haydée, et n'a pas répondu à l'éloge anti-\ncipé que l'on avait fait de lui.\nM. Stéphane est tout à fait un débutant. Il a vingt-six ans et une\nvoix superbe; mais le professeur qui l'a dirigé jusqu'ici n'a pas mis à\nprofit les qualités que la nature a données à son élève.\nAvec une voix puissante et d'un timbre agréable, M. Stéphane attaque"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "266", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.34", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nle plus souvent faux. Il respire mal et traîne lourdement sur la note.\nCes défauts ne proviennent absolument que d'un manque d'études\nmusicales.\n11 sera facile de les corriger avec un travail sérieux.\nComme comédien, le nouveau ténor laisse beaucoup à désirer. Il a\nun certain aplomb provincial qui gêne plutôt qu'il ne rassure le specta-\nteur.\nToutes ces menues imperfections disparaîtront certainement, si\nM. Stéphane a la sagesse de comprendre qu'il n est encore qu'un élève,\nà même de rendre tiers ses professeurs futurs.\n\nR. DE SAINT-ARROMAN."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "267", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.35", "texte": "CHRONOLOGIE DE L'ANNÉE 1875\n\nJUILLET (i)\nlERIER Juillet. VERSAILLES (Chapelle du Château). Première exécution d'une\nMesse solennelle de M. Paul Rougnon; les soli sont chantés par madame\nFursch-Madier, MM. Grisy et Caron\n!0. PALAIS DE L'INDUSTRIE (pour l'inauguration de l'Exposition des in-\ndustries maritimes et fluviales). Première exécution : Hymne à la mer,\ncantate pour chœur et orchestre, paroles de M. Fabius Boitai, musique de\nM. Adrien Boieldieu. ELDORADO. Première représentation : Stores et Ja-\nlousie, opérette en un acte, paroles de MM. Gaston Marot et Jonathan, mu-\nsique de M. Victor Robiilard.\n12. FOLIES-MARIGNY. Première représentation : Le Dompteur de Bougi-\nval, opérette en un acte, paroles de MM. Delilia et Le Senne, musique de\nM. Ben-Tayoux.\n14. MILAN (Théâtre Castelli) Première représentation : Marchionn di\ngamb avert (Marchionn aux jambes torses), opéra bouffe en quatre actes, pa-\nroles de M. Fontana, d'après une nouvelle bien connue de Porta, musique de\nM. Enrico Bernardi. Le principal rôle de cet ouvrage est écrit en dialecte\nmilanais, tandis que tous les autres sont écrits en italien.\n17 ELDORADO. Première représentation : Madame le Docteur, opérette\nen un acte, paroles de MM. Péricaud et Villemer, musique de M. Frédéric\nWachs.\n\n(1) On avait donné, dans le mois de juin, les premières représentations suivantes :\nFOLIES-MARIGNY (le 29) : Oh! c' Paladin, opérette en un acte, paroles de MM. Seurat\net Waldy, musique de M. Georges Douay. —MILAN (Théâtre Castelli. le 28) : i Viaggi,\nopéra bouffe, paroles de M. Almerindo Spadetta, musique de M. Nicola d'Arienzo.—\nROME (Théâtre Quirino) : la Vendetta d'un Folletto, opérette, musique de MM. Mili-\nlotti frères. CINGOLI (Théâtre Condominio) : i Due Metastasiani, opéra bouffe, MU,\nsique de M. Antolisei, et Lisetta, farce, musique du même."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "268", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.36", "texte": "REVUE DES THÉÂTRES LYRIQUES\n\n19; MILAN (pour les exercices du Conservatoire). Première représenta-\ntion : La Falce, opérette en un acte, paroles de M. Arrigo Boito, musique\nde M. Catalani.\n26. NAPLES (Théâtre Nuovo). Première représentation : La Mamma\nAngot a Costantinopoli, opérette.\n27. FOLIES-MARIGNY. Première représentation : Le Ménage Pavernay,\nparoles de M. Tahbray, musique de M. Charles de Sivry.\nSans date précise. BERLIN (Théâtre Kroll). Première représentation :\nEckehard, opéra, paroles de M. L. Bussler, musique de M. Moritz-Jaffé.\nQAOUT\n3 Août. MILAN (pour les exercices du Conservatoire). Première exécu-\ntion : Il Perdono, scène dramatique, paroles de M. Mazzucato, musique de\nM. Maggi.\n*\n4. CONSERVATOIRE. Distribution des Prix. M. Augustin Savard, profes-\nseur d'harmonie, est nommé chevalier de la Légion d'honneur. CABOURG.\nPremière représentation : AIL Port, opérette en un acte, paroles de MM. Jules\nRuelle et Gaston Escudier, musique de M. Étienne Rey.\n9. CONTREXEVILLE (Casino). Première représentation : Le Meunier, son\nfils et... l'autre, opérette en un acte, paroles de M. Francis Tourte, musique\nde M. Emile Ettling.\n17. NAPLES (Théâtre Nuovo). Première représentation : La Figlia di\nDomenico « scherzo comico » en deux actes, paroles de M. Domenico Bolo-\ngnese, d'après un ancien vaudeville français, musique de M. Carlo Alberti.\n21.— ANVERS. Première représentation : Liederick de Rentmeester, opéra\nflamand en trois actes, paroles de M. Paul Billiet, musique de M. Joseph\nMertens.\n29. PARIS. Grand festival orphéonique donné dans le jardin des Tuile-\nries, en présence de 25,000 auditeurs, au profit des inondés du Midi. Pre-\nmière exécution de la Charité, cantate chorale, paroles de M. Saint-Félix,\nmusique de M. Léon Gastinel.\nSans dates précises.— ALCAZAR D'ÉTÉ. Première représentation :La clé du\nSérail, opérette en un acte, paroles de M musique de MM. Robert\nPlanquette et Frédéric Barbier. CATANE (Circolo Opérai). Première repré-\nsentation : Il Bersagliere di Palestro, opérette, musique de M. P. Vinci."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "269", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.37", "texte": "CHRONOLOGIE\n\nSET TE£M Œïl^E\nIER Septembre. — RENAISSANCE. Première représentation : Marianne et\nJeannot, opérette en un acte, paroles et musique de M. Eugène Moniot. —\nFOLIES-DRAMATIQUES. Première représentation (à ce théâtre) : Les Cent\nVierges, opéra bouffe de M. Charles Lecocq.\n3. — Ouverture des Concerts modernes au Cirque Fernando. L'affiche an-\nnonce la première exécution d'une symphonie inédite, et porte cette men-\ntion étrange : « Le nom de l'auteur de toute œuvre inédite exécutée aux Con-\ncerts modernes, n'est porté au programme qu'à la troisième audition. » Le\nchef d'orchestre de ces Concerts est M. Henri Chollet.\n5. —MAJOLATI. Célébration du Centenaire de Spontini, et première exécu-\ntion d'une cantate expressément composée pour la circonstance par M. Emilio\nStacchini.\n8. — LONDRES. On pose la première brique du nouvel Opéra anglais, sur\nles nouveaux quais de la Tamise. Cet honneur revient à la célèbre cantatrice\nmadame Tietjens, qui la scelle « avec une truelle d'or. » — COURTRAI. Pre-\nmière exécution, dans un concert de gala donné en présence du roi et de la\nreine de Belgique, de De Leye, cantate flamande, paroles de M. Adolphe\nVerriest, musique de M. Pierre Benoît.\nIL. — ELDORADO. Première représentation : Les deux Choristes, saynète,\nparoles de MM. Péricaud et Delormel, musique de M. Frédéric Barbier.\ni3. BERGAME (Théâtre Ricciardi). A l'occasion des fêtes célébrées en cette\nville, les 12, i3 et 14 de ce mois, pour la translation, dans la basilique de\nSanta Maria Maggiore, des cendres de Mayr et de Donizetti, première exé-\ncution d'une cantate expressément écrite pour la circonstance, A Gaetano\nDonizetti, paroles de M. Ghislanzoni, musique de M. Amilcare Ponchielli.\nÏ5. —FOLIES-BERGÈRE. Première représentation: Un Truc d'amoureux,\nopérette en un acte, paroles de M. A. d'Huot, musique de M. J. Lafitte.\nJ6. __ Réapparition du journal YAvenir musical, dont la publication a été\ninterrompue depuis plusieurs années.\n18. - FLORENCE (Théâtre Pagliano). Dans un concert donné par la société\nOrfeo, à l'occasion des fêtes de Michel-Ange, première exécution d'une Ode\nsymphonique à la mémoire de Michel-Ange, de M. Teodulo Mabellini, et\nd'une marche solennelle pour orchestre et bande militaire, de M. Venceslao\nFumi.\nai. - FLORENCE (Théâtre du prince Humbert). Première représentation :"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "270", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.38", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa Rosa di Firençe, opéra sérieux, musique de x\\I. Emmanuel Biletta. Cet\nouvrage avait été écrit pour l'Opéra de Paris, et représenté à ce théâtre le\n10 novembre 1856.\n2 5. — NAPLES (Théâtre Mercadante). Première représentation : La Cam-\npana dclï Eremitaggio, opéra semi-sérieux en trois actes, paroles de M. E.\nCofino (d'après les Dragons de Villars), musique de M. Sarria.—VIESBADEN.\nPremière représentation : Mélusine, opéra, musique de M. Gramann.\nOCTO'B^E\nIER Octobre. — MADRID (Théâtre Breton). Premières représentations : Maese\nTallarïnes, zarzuela en un acte, paroles de M. Palomino de Guzman, mu-\nsique de M. Isidoro Hernandez ; Fresco de Jordan, zarzuela en un acte, Pa-\nroles de M. Granés, musique de M. Isidoro Hernandez.\n4. — Mort de M. Léon Ehrhart, premier grand prix de Rome de 1874.\n5. — ELDORADO. Première représentation : Les Canotiers de la rigolade,\nopérette en un acte, paroles de MM. Péricaud, Villemer et Delormel, musi-\nque de MM. Frédéric Barbier, A. Dubois, Frantz Liouville, Charles Malo,\nde Villebichot et Frédéric Wachs.\n6. — ROVEREDO. Première représentation : Merlino da Patone, opéra semi-\nsérieux, musique de M. Calderoni.\n10 — CONCERTS MODERNES. Première exécution : petite marche\nde M. *** (Henri Chollet).\n11. — BRUXELLES (grande église de Laeken). Pour le 2 5e anniversaire de la\nmort de la reine des Belges, première exécution d'une Messe funèbre à huit\nvoix, de M. Alfred Tilman.\n14. — OPÉRA-COMIQUE. Reprise du Val d'Andorre, d'Halévy, pour les dé-\nbuts de M. Obin, ancien artiste de l'Opéra. — Arrêté du Ministre de l'Ins-\ntruction publique et des Beaux-Arts, qui rétablit au Conservatoire les deux\nClasses préparatoires de violon supprimées depuis plus de vingt ans, et qui\nnomme titulaires de ces deux classes MM. Jules Garcin, premier violon solo\nde l'Opéra, et Eugène Chaîne, tous deux anciens premiers prix de l'établis-\nsement.\n— ROME (Théâtre Quirino). Première représentation : Un Sogno nella\nLuna) opérette, musique de MM. Mililotti frères.\n17. — Réouverture des Concerts populaires."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "271", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.39", "texte": "CHRONOLOGIE\n\nR9- VARIÉTÉS. Première représentation :La Boulangère a des écus, opéra\nbouile en trois actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, mu-\nsique de M. Jacques Offenbach.\n22. ALGAZAR D'HIVER. Première représentation : Le chevalier Bijou, opé-\nrette en un acte, poroles de MM. Henri Millé et d'Hervillé, musique de\nM. Adolphe Deslandres. Mademoiselle Caroline Girard, ancienne artiste du\nThéâtre-Lyrique et de l'Opéra-Comique, joue dans un ouvrage.\n23- RENAISSANCE. Première représentation : La Filleule du Roi, opéra\ncomique en trois actes, paroles de MM. Gormon et Raymond Deslandes, mu-\nsique de M. Vogel, représenté précédemment à Bruxelles.\n25. OPÉRA. Début de M. Couturier dans Guillaume Tell. GAITÉ. Pre-\nmière représentation : Le Voyage dans la Lune, grande féerie musicale, pa-\nroles de MM. Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de M. Jacques\nOffenbach.\n30. Séance publique annuelle de l'Académie des Beaux-Arts. Exécution\nd'une ouverture de M. Gaston Serpette, pensionnaire de l'Académie de\nFrance à Rome, premier grand prix de composition musicale de 1871 ; exé-\ncution de la cantate de M. Wormser, qui a obtenu cette année le grand prix\nde Rome; Éloge d'Auber, prononcé par M. le vicomte Henri Delaborde, se-\ncrétaire perpétuel de l'Académie.\n31. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Réouverture. Premières exécutions : A la\nmémoire de Georges « lamento « de M. Jules Massenet; Souvenir,\npoésie de M. Louis Gallet, dite par madame Galli-Marié; 4E Concerto pour\npiano, avec accompagnement d'orchestre, de M. Camille Saint-Saèns, exécuté\npar l'auteur.\nSans dates précises. Premières représentations : FOLIES-BERGÈRE. Quand\non n'a pas de parapluie, saynète en un acte, paroles et musique de M. Edé.\nTURIN (théâtre Victor-Emmanuel) : Claretta Angot, « ballet brillant, »\nscénario de M. Smeroldi, musique de M.Borelli; MADRID (théâtre de la\nZarzuela) : El Hidalguillo de Ronda, zarzuela en trois actes, paroles de\nMM. Retés et Echevarria, musique et premier ouvrage de M» Almagro.\nV^OVE£McBcKE\n'2 Novembre. RENAISSANCE. Première repiesentation . Deujc\nopérette en un acte, paroles de M. Charles Raymond, musique de M. Sauvage\nTrudin."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "272", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.40", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\n3. BOUFFES-PARISIENS. Première représentation : La Créole, opcra\nbouffe en trois actes, paroles de M. Albert Millaud, musique de M. Jacques\nOffenbach.\n6. BOLOGNE (théâtre Communal). Première représentation : Ettore Fie-\nramosca, opéra sérieux, parole de M. Panzacchi, musique de M. Dali' Olio ;\ncet ouvrage n'obtient que quatre représentations.\n7. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Première exécution : Pastorale pour orchestre,\nde M. Paul Lacombe.\n10. FOLIES-DRAMATIQUES. Première représentation : Le Pompon, opéra\nbouffe en trois actes, paroles de MM.Chivot et Duru, musique de M. Charles\nLecocq.\n12. OPÉRA-COMIQUE. Début de M. Stéphane, ténor, dans le rôle de\nLorédan, d'Haydée.\n1 '3. FLORENCE (théâtre Pagliano). Première représentation : Wanda,\nopéra sérieux, paroles de M. Interdonato, musique de M. MaxWogrich.\nCet ouvrage n'obtient que deux représentations.\n14. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Première exécution : Le Sacrifice, chant\nbiblique, paroles de M. G. Boyer, musique de M. Théodore Ritter, chanté\npar M. Gailhard.\n. *\n22. ROME. M. Verdi, nommé sénateur du royaume, prend place dans\ncette assemblée et prête le serment exigé.\n2J. GÈNES (théâtre Paganini). Première représentation : Atahualpa,\nopéra sérieux en quatre actes, paroles de M. Ghislanzoni, musique de\nM. Enrico Pasta.\n24.—MADRID (théâtre de la Zarzuela). Première représentation : La Monja\nAlfereç, zarzuela en trois actes, paroles de M. Carlos Coello, musique de\nM. Miguel Marqués.\n25. BOLOGNE (théâtre Communal). Première représentation : Luce, opéra\nsérieux en cinq actes, paroles de M. Stefano Interdonato, musique de\nM. Stefano Gobatti. Grand succès.\n27. ROME (théâtre Argentina). Première représentation : Diana di Cha-\nvemy, opéra sérieux en quatre actes, paroles de M. Carlo d'Ormeville, musi-\nque de M. Filipo Sangiorgi.\n28. PARIS. Vente de la collection d'instruments de musique de M. Mau-\nlaz. Un alto d'Antoine Stradivarius, daté de 1727, est vendu 7,000 francs;\nun violon du même luthier (1714), 7,000 francs ;un autre violon du même\n(1712), 2,200 francs; une basse de Lupo atteint le chiffre de i,550; et une\nbasse italienne marquée Amati est adjugée à 2,050 francs."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "273", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.41", "texte": "Î9\" SALLE-VENTADOUR. Une troupe italienne débute àce théâtre par\nune représentation de Rigoletto. Le succès est tel que la seconde représen-\ntation, annoncée pour le surlendemain, n'a pas encore eu lieu à l'heure où\nces lignes sont écrites.\nSans dates précises. Premières représentations. ALCAZAR D'HIVER.\nMonsieur Auguste,opérette en un acte, paroles de M. Derieux, musique de\nM. Francis Chassaigne; Les Grignotteuses, opérette en un acte, paroles de\nM. Paul Avenel, musique de M. Charles Hubans; - FOLIES-BERGÈRE:\nAbsalon, opérette en un acte, paroles de MM. Burani et Pouillon, musique\nde M. Campisiano.\ncE)ÊCEqMcBcR<E\nlERIER Décembre. ASSOCIATION POLYTECHNIQUE. Ouverture d'un cours de\nmusique instrumentale par M. Hervé (ne pas confondre avec l'auteur du\nPetit Faust), qui se propose de traiter, dans une série de leçons, de l'histoire\nde 1 art, de l acoustique, de la notation, de l'orchestre, de la musique mili-\ntaire et de la tablature des différents instruments.\n4- FOLIES-BERGÈRE. Première représentation : Cabinet N° 26, opérette\nen un acte, paroles de M. Th. Massiac, musique de M. Firmin Bernicat.\nBERLIN (théâtre Friedrich-Wilhelmstadt). Première représentation : Der\nLiebesring (1 Anneau de Y Amour), opéra en trois actes, musique de M. Bial.\n6. Le jury du concours Gressent, réuni pour la dernière fois, couronne\nla partition portant le n° 27 et les initiales H. O. Cette partition, écrite sur\nle poème de Bathyle, qui avait été couronné précédemment et offert aux\nconcurrents sans qu'ils fussent tenus de s'en servir, est l'œuvre de M. Wil-\nliam Chaumet, organiste, connu par un petit ouvrage joué naguère au théâtre\nde l'Athénée, le Péché de Géronte.\n7. OPÉRA-COMIQUE. Début de M. Caisso, lauréat du Conservatoire, par\nle rôle de Saturnin du Val d'Andorre.\n12. ASSOCIATION ARTISTIQUE. Première exécution, par M. Louis Diémer,\nd'un Concert-Stiïck de sa composition, avec accompagnement d'orchestre.\n14 BOUFFES-PARISIENS. Première représentation : Tarte à la crème,\n< valse » en un acte, paroles de M. Albert Millaud, musique de M. Lange.—\nNAPLES (théâtre Mercadante). Première représentation : Rita, opéra, musique\nde M. Alfonso Guercia.\n16. ROUEN (Théâtre-des-Arts). Nouvelle célébration, à sa date\ndu centième anniversaire de la naissance de Boieldieu. A cette occasion, on\n\nX.\nCHRONOLOGIE\n18"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "274", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.42", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndonne la première représentation de la opéra comique en un\nacte, paroles de M. Charles Nuitter, musique de M. Adrien Boieldieu.\n18. OPÉRA-COMIQUE. Spectacle extraordinaire, pour fêter le centenaire\nde Boieldieu. On joue le Calife de Bagdad, le premier acte de la Dame\nblanche,et le Nouveau Seigneur du Vaccompagnés d'une pièce de\nvers de M. Louis Gallet, qui devient le poète ordinaire de ces sortes de\ncirconstances. Il n'est pas inutile de faire remarquer que le centenaire de\nBoieldieu est fêté non seulement dans plusieurs villes de France, mais jus-\nqu'en Allemagne, où plusieurs théâtres donnent des spectacles spéciaux. A\nFrancfort, entre autres, le i 5 décembre on joue la Dame blanche en l'hon-\nneur de son auteur. BATACLAN. Première représentation :\ndu Château,pièce en un acte, mêlée de chant.\n21. RENAISSANCE. Première représentation : opéra\nbouffe en trois actes, paroles de MM. Emile Leterrier et Vanloo, musique de\nM. Charles Lecocq.\nSans dates précises.— Première représentation : ALCAZAR. Les Suites d'une\npolka, opérette en un acte, paroles de MM. René Gry et Léon Laroche,\nmusique de M. Paul Henrion TUKIN (Théâtre-Rossini) ; Ara pai tiad cassa\n(Une Partie de chasse),opérette en dialecte piémontais, musique de M. Ca-\nsiraghi. MILAN (Théâtre-Castelli). Première exécution : lllustra\\ioni mu-\nsicali sur la Divine Comédie du Dante (prélude symphonique, troisième et\ncinquième chants de l'Enfer),musique de M. Emilio Bozzano.\n\nA. P."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "275", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.43", "texte": "VARIA\nCorrespondance. — Faits divers. — Nouvelles.\n\nFAITS DIVERS\nE Ministre de l'instruction publique s'est rendu au sein de\nla commission du budget pour conférer au sujet du Théâtre-\nLyrique.\nM. Wallon a annoncé qu'il a négocié avec le directeur\nactuel de la Gaîté pour transformer ce théâtre en Théâtre-\nLyrique subventionné par l'Etat. Il est sur le point de\nsigner définitivement le traité.\nUne condition, toutefois, doit être approuvée législativement pour que les\nsignatures définitives puissent être échangées. Il s'agit d'accorder au direc-\nteur de la Gaîté, à titre de frais de premier établissement, les 97,000 francs\nformant le reliquat non employé de la subvention de 1875.\nLa commission du budget s'est montrée favorable à cette destination,\nmais elle a conseillé au ministre de s'adresser, pour obtenir l'autorisation, non\nà elle, mais à'la Chambre, en déposant un projet de loi spécial pour trans-\nporter ce crédit de l'exercice 1875 à l'exercice 1876.\nVoici quelques détails sur le traité qui est sur ie point d'être signé :\nLa subvention de l'Etat est assurée au théâtre de la Gaîté pour quatre ans,\nde 1876 à 1880.\nLe directeur devra jouer chaque année 12 actes nouveaux en pièces de 5,\n3 et 1 acte* Les pièces de 5 actes ne comptant que pour 4.\nPour l'ancien répertoire, ou pour les traductions du répertoire nouveau,\nil ne pourra être repris que les ouvrages représentés à l'ancien Théâtre-\nLyrique, à moins d'autorisations spéciales.\nAla même séance de la commission du budget, M. Tirard a lu son\nrapport sur la réduction du droit des pauvres. M. Tirard propose de réduire\nle droit sur la recette des théâtres de 9 0/0 à 5 0/0, comme pour\nles concerts."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "276", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.44", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\nLa commission, avant de prendre une résolution, a décidé d'entendre le\nministre des finances, qui pourra lui donner des explications, et comme\nministre et comme ancien préfet de la Seine.\nLa préfecture de police vient d'accorder l'autorisation de fonder dans\nle quartier latin une société de musique instrumentale.\nLa Symphonie des écoles, c'est le nom sous lequel se forme cette nou-\nvelle société, comprendra la partie dite orchestre, et, si nous en croyons\nses premiers débuts, elle est appelée à un succès qui ne fera que progresser.\nLes jeunes gens qui voudraient en faire partie sont priés de s'adresser, soit\nchez le chef, M. Robineau, 59, rue Cardinal-Lemoine, soit au café de l'Er-\nmitage, 29, rue de Jussieu, où les répétitions ont lieu tous les mardis soir.\nUne des plus grandes artistes de ce temps vient de disparaître : Virginie\nDéjazet est morte le ier décembre. Elle était née à Paris le 3o août 1797,\nla treizième enfant d'un pauvre tailleur de la rue Saint-André-des-Arts. A\npeine âgée de cinq ans elle montait « sur les planches » et débutait au théâtre\ndes Jeunes-Comédiens (boulevard des Capucines), d'où elle passait à celui\ndes Jeunes-Elèves, pour aller ensuite au Vaudeville et de là passer plu-\nsieurs années en province. C'est de son entrée au Gymnase, en 1821, que\ndatent ses premiers grands succès, qu'elle retrouva par la suite aux Nou-\nveautés, au Vaudeville, au Palais-Royal et aux Variétés. Nous ne raconte-\nrons pas cette longue carrière de triomphes d'une actrice qui fut inimitable.\nQuoique excellente musicienne, Déjazet n'appartient d'ailleurs qu'indi-\nrectement à la musique, puisque, à part les Nouveautés, où son séjour fut\nde courte durée, elle n'a jamais appartenu à aucune scène lyrique. Mais\nsa voix, frêle et menue, avait un charme inexprimable ; elle chantait avec\nune grâce exquise, et détaillait le couplet avec un talent merveilleux. Nous\nciterons seulement quelques unes de ses innombrables créations, dans les-\nquelles les auteurs n'avaient garde de négliger ce talent particulier de la grande\ncomédienne : La Petite Sœur, le Mariage enfantin, Bonaparte à Brienne, le\nPhiltre champenois, Vert-Vert, Frétillon, les Premières armes de Richelieu,\nIndiana et Charlemagne, Gentil-Bernard, le Moulin à Paroles, le Marquis\nde Laupin, le Vicomte de Létorières, le Capitaine Charlotte, la Douairière de\nBrionne, les Trois Gamins, la Fille de Dominique, le Baiser au porteur, la\nMarquise de Prétintaille, la Comtesse du Tonneau, la Gardeuse de Dindons,\nles Premières armes de Figaro, M. Garat... A l'époque où il était de mode,\ndans les théâtres de genre, de faire chanter des chansonnettes dans les\nentr'actes d'une pièce à l'autre, Déjazet obtint d'immenses succès en chantant\nainsi le Petit Savoyard, la Noce à mon frère André, Bibi, le Trompette de\nMarengo} le Petit Cochon de Barbarie.... Mais son triomphe, sous ce rapport,\nfut la Lisette de Béranger, de Frédéric Bérat, qu'elle disait avec une simpli-\ncité et un sentiment ému qui tiraient des larmes de tous les yeux. Nous\navons dit que Déjazet était excellente musicienne : c'était, en effet, presque\nune virtuose sur le piano.\nLe concours Cressent, qui aura lieu en 1876, a pour objet la composi-\ntion d'un ouvrage lyrique, bouffe, de demi-caractère ou dramatique, opéra"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "277", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.45", "texte": "VARIA\n\nou opéra comique, en un ou deux actes, avec chœurs et ouverture. Cette\nouverture devra être un des morceaux capitaux de l'ouvrage. L'acte unique\npourra être divisé en deux tableaux.\nNe seront admis à concourir que des compositeurs et littérateurs français\nou naturalisés comme tels.\nLes partitions devront renfermer cinq morceaux au moins, dont l'ouver-\nture, avec orchestration complète.\nChaque ouvrage devra être présenté du ier juin au ler juillet 1876, àla\ndirection des Beaux-Arts, 1, rue de Valois, dans une enveloppe qui contien-\ndra le poème, la partition et un pli renfermant les nom, prénoms et domicile\nde l'auteur.\nLe ministre nommera un jury de neuf membres, composé de trois littéra-\nteurs et de six compositeurs de musique.\nSix des membres de ce jury, trois littérateurs et trois compositeurs, seront\nspécialement chargés du concours préalable des poèmes et de l'examen des\npoèmes fournis par les concurrents.\nL'auteur du livret choisi dans le concours préalable des poèmes recevra\nd'abord une prime de 1,000 francs.\nSi la partition couronnée a été écrite sur le poème choisi dans le concours\npréalable, l'auteur des paroles ayant déjà reçu une prime de 1,000 francs,\nrecevra un supplément de i,500 francs ; le compositeur recevra, de son côté,\nla prime entière de 2,500 francs.\nUne somme de 10,000 francs sera allouée au théâtre lyrique qui aura\nmonté l'ouvrage et qui, par une belle exécution, se sera montré à la hauteur\ndu but que s'est proposé le fondateur. Cette subvention ne lui sera néan-\nmoins acquise et comptée qu'après la cinquième représentation publique.\nLes auteurs couronnés devront faire exécuter leur œuvre sur un théâtre\naccepté par l'administration et dans un délai d'un an, à partir du jugement\nrendu, sous peine de perdre le bénéfice de la prime de 10,000 francs, exclu-\nsivement réservée à cette exécution. Sous aucun prétexte, les auteurs ne\npourront bénéficier personnellement de cette prime.\nM. Adolphe Jullien vient de publier en une brochure des plus élégantes\n(chez Détaillé, 10, rue des Beaux-Arts), sa piquante étude sur le Théâtre des\nDemoiselles Verrières, que les lecteurs de la Chronique Musicale n'ont pas\ndû oublier. Le sous-titre : la Comédie de société dans le mênde galant du\nsiècle dernier, dit assez clairement ce qu'il veut dire, et attirera sans nul\ndoute tous les curieux ou amateurs du dix-huitième siècle, dont la curiosité\nne sera pas trompée à la lecture de cet amusant tableau de mœurs faciles.\nC'est le samedi i 5 janvier que seront vendus les six lots restants de\nl'ancien Opéra.\nDeux vacations ont déjà eu lieu. La première, le 17 juillet dernier, a pro-\nduit une somme de 1,679,600 francs pour 2,706 mètres, ce qui a mis le prix"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "278", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.46", "texte": "LA CHRONIQUE MUSICALE\n\ndu mètre carré à 617 francs; la deuxième, le 6 novembre, a produit 5i6,500\nfrancs pour 842 mètres, soit 625 francs le mètre carré.\nQuatre des lots restant à vendre se trouvent situés dans l'îlot n° 1, les deux\nautres appartiennent à l'îlot n° 2.\nVoici la mise à prix de ces lots :\nSuperficie. Mise à prix.\nIlot n° 1. Lot 4e 373m o5 209,000 fr.\nLot 5e 471 88 302,0c0\nLot 6e 450 12 248,000\nLot 7« 491 48 271,000\nIlot n° 2. Lot 9e 418 98 231,000\nLot 10e 400 06 2 56,000\nLa superficie totale des terrains est donc de 2,605 m. 57, à adjuger sur une\nmise à prix de 1,517,000 francs.\n\nNOUVELLES\n\nARIS. Opéra. Mademoiselle Vergin, lauréate des derniers\nconcours du Conservatoire de musique, vient de signer avec\nM. Halanzier un engagement de deux ans. Mademoiselle Vergin\navait été remarquée aux deux auditions de Roméo et Juliette oui\nont eu lieu récemment au Chatelet. Son début aura lieu prochainement dans\nla Juive.\nMademoiselle Mauduit quitte l'Opéra pour embrasser la carrière italienne.\nEn présence du grand succès qu'obtient Don Juan) on vient de distribuer\nles rôles en double.\nVoici la distribution :\nDona Elvire jVJmes Fursch-Madier\nDona Anna Ferrucci\nZerline Daram\nDon Juan MM. Manoury\nOttavio Bosquin\nLeporello Bataille\nMazetto Auguez\nThéâtre-Lyrique. M. Vizentini compte inaugurer son théâtre en avril,\navec le Dimitri de M. Joncières. Cet opéra alternera avec la Statue de\nM. Reyer jusqu'à la fin de la saison.\nEn septembre on rouvrira avec le Timbre d'argent de M. Saint-Saëns,\npuis viendra Paul et Virginie, et enfin le Bravo, paroles de M. Emile Blavet,\nmusique de M. Salvayre.\nM. Cœdès remplira au Théâtre-Lyrique les fonctions de chef de chant."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "279", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabc18751215-01.1.47", "texte": "VARIA\n\nOpéra-Comique. M. Sardou a lu la semaine dernière aux artistes son\nPiccolino remanié. Cet ouvrage sera interprété par : Mesdames Galli-Marié\nDecroix, Franck-Duvernoy, Lina Bell, Nadaud, Thibaut; MM. Duchesne,\nMelchissédec, Duvernoy, Nathan, Bernard, Barnolt et Dufriche.\nM. Nuitter, qui dirige l'Opéra-Comique en l'absence de M. de Locle, a fait\ndébuter il y a quelques juurs, au pied levé, le jeune ténor Gaisso, lauréat du\nConservatoire,dans le rôle de Saturnin du Val d} Andorre.\nBouffes-Parisiens. Mademoiselle Paola Marié est engagée pour jouer\ndans la reprise de la Timbale d'argent le rôle de Muller créé par madame\nPeschard.\nEnsuite viendront les Trois Margot, deMM.Cœdès, Bocage et Chabrillat,\net enfin l'opérette de MM. Offenbach et Paul Ferrier.\nRenaissance. —Madame Peschard quitte la Renaissance, elle va remplacer\nmadame Boufïar dans le rôle du prince Caprice du Voyage dans la Lune.\nPar suite, relâche demain et les jours suivants à la Renaissance, et samedi 20,\npremière représentation de la Petite Mariée avec la distribution suivante :\nSan-Carlo MM. Puget\nRodolfo Vauthier\nMontéfiasco Dailly\nGraziella * Mmes J. Granier\nThéobaldo * Renée Carli\nLucrezia Alphonsine\nMademoiselle Carli est une débutante qui arrive de Belgique.\nDélassements-Comiques. On vient de recevoir à ce théâtre une opérette\nen un acte, paroles de M. Paul Meyer, musique de M. Léon Dufils. Titre :\nla Fillette de Plouhinec.\nBRUXELLES. Voici la distribution de la Mandragore, opéra comique en\ntrois actes, de M. Brésil, musique de M. Litolff, qui passera à Bruxelles le\n25 de ce mois.\nBalsamo MM. Falchieri\nSilvio Raoult\nUn moine Geraizer\nLa princesse Mme Olga Levine\nGraziella Mlle Luigini.\nM. Humbert, directeur des Fantaisies-Parisiennes, vient de commandei\nun opéra bouffe en trois actes à MM. Serpette et Brésil, sous le titre suivant *\nle Dey d'Alger.\n\nPour l'article Varia :\nLe Secrétaire de la Rédaction,\nO. LE TRIOUX."}]}